La Politique Nationale de la Protection Civile Horizon 2030
颁布于 2016-12-27 · 文本截至 2026-10-01
以研究形式发布的公开法律与官方指引,不构成法律、税务或金融建议。
研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。
关于这部法律
- 语言
- French
- 类型
- policy
- 国家
- 多哥
- 主题
- Environment, Sea, General
- 关键词
- governance, institution, investment, policy/planning, sustainable development, environmental planning, protection of environment, climate change, water shortage/drought, maritime zone, hazards, early warning system, navigation, criminal code
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1. A l’instar d’autres pays de la sous-région, le Togo est confronté à la recrudescence des catastrophes naturelles, anthropiques et aux risques de tout genre. Tirant les leçons des expériences des différentes situations de catastrophe ayant causé beaucoup de dégâts matériels et pertes en vies humaines dû aux lacunes constatées dans la prévention, planification et coordination et gestion des risques et catastrophes, le Togo se doit de disposer d’un document unique de référence en matière de politique de protection civile.
2. Cette préoccupation répond également à la volonté de se conformer aux directives internationales (se doter d’un mécanisme indispensable à la sécurité des populations et au développement).
3. L’analyse de l’existant dans le cadre de la protection civile au Togo montre une multitude d’initiatives pilotées par plusieurs structures du gouvernement dont le contour des missions n’est pas clairement délimité. Ce qui cause une redondance des actions et un manque d’efficacité dans les actions. Les préventions et ripostes face à des événements de catastrophe sont alors confrontés à un triple défi (institutionnel, organisationnel et de moyens) afin d’atteindre les objectifs fixés dans la SCAPE, les accords de Hyogo/Sendaï du point de vue de RRC et des ODD pour lesquels le Togo a ratifié.
4. Face à l’évolution de la situation, il apparait nécessaire au gouvernement de se conformer à la demande de la CEDEAO de mettre en place une structure autonome de la protection civile (Agence Nationale de la Protection Civile) dont il serait préférable que la tutelle soit assurée par un ministère doté des capacités réelles et des moyens de prévention et de riposte face à la menace grandissante des catastrophes quitte à mobiliser davantage de moyens au profit du secteur. Cette agence pourrait convenablement être portée par une instance nationale de très haut niveau dont l’emprise est transversale (Présidence, Primature) comme le cas de certains pays tel que le Nigeria, le Mali, le Madagascar etc.
5. Les leçons tirées du diagnostic du secteur ont permis de formuler la vision du secteur et d’énoncer la politique de protection selon les termes suivants :
6. La Vision du secteur de la protection civile est alors de permettre au Togo de devenir un pays où sont garanties la sécurité et la protection des personnes et des biens en réduisant les risques liés aux catastrophes de tout genre en 2030. Pour atteindre cette vision trois (3) principales missions sont assignées au secteur : i) garantir durablement la meilleure condition de vie et de travail de la population vivant au Togo avec un accent porté sur la couche la plus vulnérable en contribuant à la réduction des facteurs de vulnérabilité par rapport aux catastrophes et risques, ii) contribuer durablement à la croissance économique et à l’inclusion sociale à travers la promotion de la paix, de le sécurité et de la sérénité, iii) contribuer à la mobilisation des 4 ressources nécessaires pour faire face aux phénomènes de catastrophes d’origine naturelle et humaine.
7. L’objectif global de cette politique est d’assurer les conditions et de renouer avec une croissance accélérée durable et inclusive à travers une préparation sure du pays face aux catastrophes et aux menaces.
8 — Cinq(5) objectifs spécifiques découlent du principal : i) contribuer sensiblement à la réduction
8. Cinq(5) objectifs spécifiques découlent du principal : i) contribuer sensiblement à la réduction des mortalités liées aux catastrophes, ii) contribuer sensiblement à la réduction des biens des ménages, iii) contribuer sensiblement à la réduction des dégâts sur les infrastructures économiques, sociales et collectives, iv) contribuer sensiblement à l’atténuation des aléas environnementaux liés aux changements climatiques et à l’amélioration des capacités techniques d’intervention, v) Contribuer sensiblement à la lutte contre les nouveaux fléaux causés par l’homme (piraterie maritime, terrorisme, cybercriminalité et grand banditisme) en assurant la planification de la gestion des crises et la prise en charge des victimes de ce fléau.
9. Le meilleur ancrage institutionnel pour la mise en œuvre da la politique nationale de la protection civile à l’instar de plusieurs pays d’Afrique et conformément aux recommandations de la CEDEAO est de faire porter cette mission par une Agence transversale qui sera créée et logée dans un ministère dont les attributions sont plus conformes ou par une haute instance à emprise transversale. Dans le cas togolais, il s’agira après analyse des contours et appréciation des avantages et contraintes, de confier la tutelle au Ministère chargé de la protection civile. Il appartient à ce ministère de veiller à assurer une bonne coordination des actions en collaboration avec les autres ministères techniques (ministère chargé de l’environnement, santé, action sociale et humanitaire etc.) en vue de l’atteinte des objectifs.
10. Ainsi, en contribuant à l’atteinte de cette vision du gouvernement dans le secteur, l’agence permettra alors d’asseoir une politique et une bonne stratégie en matière de protection civile au Togo afin de réduire les risques de catastrophe et des pertes en vies humaines, les moyens de subsistance et de préservation de la santé, biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux privés (les personnes, les entreprises, les collectivités) et publics.
11. La mise en œuvre de la politique nationale de la protection civile (PNPC) nécessiterait à cet effet, un mécanisme durable permettant de mobiliser un financement plus conséquent. Une estimation pour la première année de mise en œuvre de la PNPC (à partir de janvier 2017) s’élève selon les scénarios : Scénario 1: hypothèse catastrophique ou à catastrophes dévastateurs dont la situation est presque similaire à celle de 2010, pour un montant global d’une trentaine de milliards de Franc CFA ; Scénario 2 ou moyen à catastrophes maitrisées pour un montant global de 17, 05 milliards ; Scénario 3 donc optimiste où l’année ne connait pas de catastrophes majeures, pour un montant global d’environ six milliards1 de FCFA. 1 Voir annexe 3 5
12. Cependant, un plan d’action bien structuré à long terme devra être élaboré pour une bonne appréciation des coûts réels à supporter par l’organisme durant les cinq premières années de mise en œuvre de la politique. Divers sources de revenus seront scrutés dont le plus important proviendra des investissements pérennes sur base des subventions de l’Etat et de ses Partenaires techniques et financiers sensibles à cette problématique et des partenariats publics et privés qui devront être constitués en comptant sur l’évolution de l’assainissement du climat d’affaire au Togo. 6 INTRODUCTION
1. Le besoin pour le Togo d’élaborer une Politique nationale de la Protection Civile Horizon 2030 assortie d’un plan d’action 2016-2020 procède de la nécessité et de l’urgence pour le pays de se doter d’un instrument stratégique de pilotage et de coordination afin de mieux se préparer à la prévision et à toute riposte nécessaire, le cas échéant, à la résilience des communautés face aux menaces et conséquences plus ou moins prévisibles des crises et catastrophes.
2. L’exposition aux catastrophes naturelles et à leurs risques associés est exacerbée par la croissance démographique, l’urbanisation rapide et désordonnée, la détérioration de l’environnement, la gestion médiocre des ressources et le changement climatique.
3. Le Togo n’est en effet pas à l’abri des catastrophes en lien avec les aléas naturels de tout genre.
4. Le défi est de taille par rapport à la fréquence et l’ampleur des catastrophes devenues récurrentes et l’ampleur des dégâts économiques et humains causés par ces phénomènes.
5. En effet, chaque année, plus de 300 millions de personnes dans le monde sont affectées par des catastrophes. Au cours des 10 années, des catastrophes ont cependant continué de faire de nombreuses victimes, compromettant le bien-être et la sécurité des personnes, des collectivités et des pays entiers. Plus de 700 000 personnes ont péri, plus de 1,4 million ont été blessées et environ 23 millions sont devenues sans-abri. Au total, plus de 1,5 milliard d’êtres humains ont été victimes de catastrophes d’une manière ou d’une autre, les femmes, les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité ayant été les plus touchés. Les pertes économiques totales se sont chiffrées à plus de 1 300 milliards de dollars. Qui plus est, entre 2008 et 2012, 144 millions de personnes ont été déplacées du fait de catastrophes. Ces dernières, souvent exacerbées par les changements climatiques, ne cessent de croître en fréquence et en intensité et entravent les progrès réalisés sur le plan du développement durable. Certains faits indiquent que dans tous les pays, le degré d’exposition des personnes et des biens augmente plus vite que le rythme auquel il est possible de réduire leur vulnérabilité, ce qui entraîne de nouveaux risques et une augmentation constante des pertes et a d’importantes répercussions dans les domaines économique, social, culturel et environnemental et sur le plan de la santé à court, moyen et long terme, en particulier sur la population locale. Les catastrophes récurrentes à petite échelle et celles dont l’évolution est lente touchent surtout les collectivités, les ménages et les petites et moyennes entreprises, représentant une part importante de toutes les pertes causées. Tous les pays, en particulier les pays en développement, où les pertes économiques et humaines causées par les catastrophes 7 sont extrêmement élevées, se heurtent à la possibilité que les coûts cachés soient de plus en plus élevés... (UNISDR, 2015, Cadre d’action de Sendaï, 2015-2030).
6. Face à ces différents défis, le Togo s’est engagé dans la formulation d’une politique de protection civile arrimée aux documents d’orientation du gouvernement (la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) qui sera relayé à partir de 2018 par le Plan National de Développement (PND) à son tour arrimé aux objectifs de développement durable (ODD)). Les ODD visent à assurer la dignité pour tous à l’horizon 2030 à travers la mise en œuvre des actions qui concourent à l’atteinte de ces objectifs mondiaux notamment éliminer la pauvreté, transformer nos vies et protéger la planète2. La politique de protection civile permettra aux décideurs de circonscrire les actions en lien avec les catastrophes et risques de vaste ampleur, les planifier et assurer une meilleure coordination de ces actions. Cette politique qui se veut plus rassurante témoigne des ambitions du secteur à jouer sa partition pour inscrire le Togo sur la voie de l’émergence.
7. Cette initiative vient à point nommé combler le vide existant dans la protection civile. Elle est aussi une réponse à l’invitation de la communauté internationale de voir tous les pays du monde se doter dudit instrument indispensable à la sécurité des populations et au développement.
8. La conception d’un tel document, qui aurait voulu procéder par une consultation participative, en impliquant plusieurs parties prenantes, sera constituée de représentants des structures gouvernementales et d’acteurs non étatiques du secteur privé, des organisations non gouvernementales ainsi que des partenaires au développement. La méthodologie empruntée a consisté à élaborer un diagnostic du secteur en identifiant les principaux problèmes clefs et de façon hiérarchisée, de même que les objectifs associés. Ce qui a permis conformément au guide d’élaboration de la politique sectorielle adopté par le gouvernement en 2013 (Guide élaboré par le CADERT) d’énoncer les éléments de la politique de la protection civile du Togo dont la validation et l’adoption a suivi le processus souvent utilisé.
9. La présente politique nationale de protection civile a pris en compte les nombreuses recommandations des conférences mondiales sur le sujet, l’expérience internationale et nationale et a suivi la démarche classique d’élaboration de politique ou document de stratégie au Togo.
10. Le document s’articule autour de huit grands chapitres : (i) contexte, justification et description de l’approche méthodologique, (ii) le diagnostic du secteur de la protection civile, leçons apprises et principaux défis, (iii) énoncé de la vision, mission, objectifs et principales orientations stratégiques, 2« Rapport de synthèse du Secrétaire général des Nations Unies (ONU) sur le programme de développement durable pour l’après- 2015 » 8 (iv) énoncé des principes, (v) modalités de mise en œuvre, (vi)matrice des actions prioritaires, estimation du coût de mise en œuvre de la première année de la PNPC et autres annexes. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
11. L’élaboration de la politique nationale de la protection civile s’inscrit dans un contexte où il est plus que nécessaire pour le Togo de disposer d’un document unique de référence en matière de politique de protection civile et de confier sa mise en œuvre à des acteurs habiletés à travers une agence nationale dédiée dont l’emprise est transversale (Agence Nationale de la Protection Civile du Togo). Cette initiative est celle des plus hautes autorités du pays dont le souci est de mieux contenir les urgences liées à la fois aux catastrophes naturelles, anthropiques et aux risques de tout genre. Le défi est d’autant plus grand qu’une attention particulière de la part des autorités doit être accordée à la question de Réduction de Risque et Catastrophe (RRC) au vu de la fréquence et l’ampleur des dégâts liés à ces catastrophes dont certaines telles que les inondations sont devenues récurrentes au Togo. Les dégâts liés aux catastrophes sont de natures économiques et parfois humaines compromettant les efforts en vue d’atteindre les objectifs du développement durable. En effet, le bien-être des populations, la croissance économique et le développement sont parfois compromis.
12 — Cette initiative vient à point nommé combler un vide dans le domaine de la Protection civile au
12. Cette initiative vient à point nommé combler un vide dans le domaine de la Protection civile au Togo alors qu’un ou plusieurs ministères interviennent assez efficacement mais de façon disparate dans le domaine de réduction de risque des catastrophes : notamment, le ministère de la sécurité et de la protection civile qui porte en son sein une direction de la protection civile, le ministère de l’environnement qui abrite la plateforme nationale pour la réduction des risques de catastrophes (PNRRC) et qui gère le Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGICT), le ministère de l’action sociale qui porte en son sein la direction de la gestion des catastrophes. Plusieurs actions complémentaires viennent d’autres ministères : ministères chargés de l’urbanisme, de la santé, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’éducation etc.).
13. Elle est aussi une réponse à l'invitation de la communauté internationale de voir tous les pays du monde se doter d’un mécanisme indispensable à la sécurité des populations et au développement. En effet, les risques de catastrophes naturels sont souvent mis en exergue à différentes occasions importantes : les trois conférences successives sur la prévention des catastrophes3ou 3 Yokohama, Japon, du 23 au 27 mai 1994, pour un monde plus sûr ; du 18 au 22 janvier 2005 à Kobe, Hyōgo - 2015: pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes après une série de séismes suivis de tsunami ; mars 2015 à Sendai, Miyagi (Japon) pour la réduction des risques de catastrophes. 9 les autres foras autour des questions de l'environnement ou des changements climatiques à l’échelle africaine ou internationale tout comme celles organisées à l'initiative des Nations-Unies sur le climat, dont la dernière correspond à la COP22 tenue en Novembre 2016 à Marrakech au Maroc succédant la COP214 tenue en Décembre 2015 à Paris pour laquelle le Togo vient de procéder à la ratification.
14. Par rapport à ces grands rendez-vous, sept objectifs mondiaux ont été convenus pour appuyer l'évaluation des progrès d'ici 2030 en matière de réduction des effets liés aux catastrophes : (i) réduire sensiblement la mortalité en cas de catastrophe mondiale d'ici 2030, visant à abaisser la moyenne par 100 000 mortalités mondiales entre 2020 et 2030 par rapport à 2005-2015 ; (ii) réduire sensiblement le nombre de personnes touchées dans le monde en 2030, visant à abaisser le chiffre global moyen pour 100 000 habitants entre 2020 et 2030 par rapport à 2005-2015 ; (iii) réduire la perte économique directe en cas de catastrophe en ce qui concerne le produit intérieur brut mondial (PIB) d'ici 2030 ; (iv) réduire sensiblement les dommages en cas de catastrophe aux infrastructures essentielles et de perturbation des services de base, parmi eux la santé et des établissements d'enseignement, y compris en développant leur capacité de résistance à l'horizon 2030 ; (v) sensiblement augmenter le nombre de pays avec les stratégies de réduction de risque de catastrophe nationale et locale en 2020 ; (vi) renforcer considérablement la coopération internationale aux pays en développement grâce à un appui adéquat et durable pour complèter leurs actions nationales pour la mise en œuvre de ce cadre en 2030 ; (vii) augmenter sensiblement la disponibilité et l'accès aux systèmes d'alerte précoce multi-danger et information sur les risques en cas de catastrophe et les évaluations à la population en 2030.
15. L’Union Africaine a adopté la Stratégie Régionale Africaine de Réduction des Risques de Catastrophes (SRARRC) en 2004, document cadre auquel est annexé un Plan d’actions qui a été élaboré par la Conférence ministérielle africaine organisée à Addis-Abeba en décembre 2005. Ce plan d’action a été actualisé en avril 2009. Les buts visés par cette stratégie sont d’assurer un engagement politique accru envers la réduction des risques de catastrophes de part une meilleure gestion des connaissances et une prise de conscience accrue de la réduction des risques de catastrophes au sein de la population. La CEDEAO a aussi préparé une stratégie pour ses pays membres intitulé « Politique et mécanismes de la CEDEAO sur la réduction des risques de catastrophes ». Sa vision est d’avoir des pays de la sous-région et des communautés résilients 4 L’accord de Paris fixe un cadre général à la lutte contre le réchauffement. La communauté internationale s’est engagée à limiter la hausse de la température « bien en deçà de 2°C » et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5°C ». Des objectifs ambitieux au regard du niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre. Les experts du climat, regroupés dans le GIEC, estiment qu’il faudra réduire les émissions de 40 à 70% entre 2010 et 2050 pour rester en dessous de 2°C. Il ressort que le Togo est un petit pollueur avec 0,02% d’émission de gaz à effets de serre. 10 dans lesquels les risques normaux n'affectent pas négativement le développement et où les procédés de développement ne mènent pas à l'accumulation des risques de catastrophes à partir des aléas naturels. Cette politique n’est pas une recette détaillée à appliquer au niveau national mais l’expression d’un consensus autour de principes, d’objectifs, de priorités et d’aspects institutionnels axés sur le développement d’un système sous régional de réduction des risques de catastrophe qui soit efficace, efficient et viable. Le Togo a, par ailleurs, ratifié plusieurs de ces accords régionaux et internationaux qui militent en faveur de l’environnement, de la réduction des changements climatiques et en faveur de la gestion durable des ressources naturelles.
16. Sur le plan national, plusieurs mécanismes dans le cadre de la prévention, la gestion et la réponse face aux catastrophes ont été initiés et déjà expérimentés sur le terrain avec l’implication de plusieurs ministères et acteurs non gouvernementaux tels que les Organisations internationales et ou humanitaires, le secteur privé, le Système des Nations Unies et les autres partenaires techniques et financiers. On cite comme exemple de mécanismes : le PGICT, le plan d'organisation des secours en cas de catastrophe (ORSEC), le plan national de contingence multirisque (PNC, PRC), le système national d’analyse et de couverture des risques (SNACR), etc. Mais le défi reste élevé pour atteindre les objectifs fixés dans la SCAPE et dans les accords de Hyogo/Sendaï du point de vue de RRC et des ODD pour lesquels le Togo a ratifié. Force est de constater que l’efficacité du dispositif institutionnel et des outils de coordination laisse encore à désirer, compte tenu de nombreux dysfonctionnements, de la faible capacité organisationnelle et des moyens assez limités (moyens humains, techniques et financiers).
17. C’est pour faire face à ce triple défi (institutionnel, organisationnel et de moyens) que le Gouvernement a décidé de procéder à la mise à jour de sa politique nationale de la protection civile et d’axer sa stratégie dans la mise en place d’une Agence Nationale de la Protection Civile. DIAGNOSTIC DU SECTEUR
18. Sur le plan historique, différents événements montrent que le Togo n’est pas à l’abri des risques et de catastrophes. Selon le bilan établi par les experts de la Banque Mondiale et du PNUD dans le cadre de l’évaluation de l’impact des catastrophes en 2010 5, le Togo a connu de 1860 à 1940 quatre tremblements de terre, de 1940 à 1985 trois importantes sécheresses, de 1925 à 2015 plus de 60 inondations urbaines et rurales, des feux de végétation et des vents violents tous les ans. Les dommages résultant des principales catastrophes survenues au Togo occasionnent de pertes en vies humaines, de traumatismes sur les êtres humains et les communautés surtout vulnérables, 5 Rapport national : évaluation des dommages et pertes des inondations de 2010 au Togo (Rapport PDNA-Togo 2010) 11 de dégâts économiques qui ont un impact extrêmement négatif et qui affecte ou compromet négativement le bien-être des populations, la croissance économique et le développement du pays. Ces dégâts sont évalués à plusieurs milliards de FCFA6.
19. Bien qu’au Togo six (06) aléas soient considérés comme majeurs de fait de leur fréquence (inondations, l'érosion côtière, glissements de terrain, feux de végétation et vents violents, ainsi que la sécheresse), de nombreux autres formes d'aléas sont à prendre en compte. Il s’agit de risques d’épidémie, les conflits sociaux, les incendies en milieu urbain ; le terrorisme et la piraterie (essentiellement maritime), les accidents technologiques ou radioactifs, le risque de salinisation des eaux douces sur la côte, les risques d'envasement généralisé des cours d'eau et bas-fonds, le risque de pollution sur l'ensemble du territoire.
20. Devant l'ampleur des dégâts causés, plusieurs instruments ont été développés par le gouvernement avec l'appui des partenaires techniques et financiers pour y faire face : l'élaboration et l'opérationnalisation du plan d'organisation des secours en cas de catastrophe (plan ORSEC) depuis 1997 et son actualisation tous les deux ans sous l’initiative du Ministère chargé de la protection civile; l'élaboration et l'opérationnalisation du plan national de contingence multirisques (PNC) depuis 2009 et son actualisation tous les ans; l’élaboration et la mise en œuvre de Cinq (05) Plans de contingences régionaux ; la mise en place de la plateforme nationale pour la réduction des risques de catastrophes (PNRRC) en 2007 et qui constitue un cadre de synergie au niveau des acteurs et de mise en commun des moyens ; l’élaboration de la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophes naturelles (SRRC) adoptée en 2009 et actualisée en 2013, inscrite dans le Programme Nationale d’Investissement pour l’Environnement et les Ressources Naturelles (PNIERN) élaboré en 2010 sous l’égide du Ministère de l’environnement et des ressources forestières ; et enfin le développement de quelques outils requis, notamment, le Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGICT), la cartographie des risques etc.
21. En effet, le Plan ORSEC est un outil établi et mis en œuvre sous la responsabilité du ministre chargé de la protection civile à l’échelon national, du préfet du chef-lieu de la région au niveau 6 L’effort du gouvernement pour la réhabilitation, la reconstruction et le relèvement économique et social après les inondations de 2010 devra couvrir l’ensemble des secteurs affectés dont les besoins se chiffrent à dix-neuf milliards sept cent soixante-dix millions trois cent soixante-quatorze mille cent soixante-dix (19.770.374.170) francs CFA, soit $ US 43.934.1652 (PDNA, 2010). 12 régional, du préfet au niveau préfectoral et du maire au niveau communal. Il a pour objectif de définir une procédure de gestion des catastrophes encourues par les sinistrés lors de la survenue d’une catastrophe.
22. Ce plan dont la principale mission est de jeter les bases d’une coordination efficace aussi bien dans le domaine de la prévention, la communication et la coordination de la riposte en cas de catastrophe ou sinistre a fonctionné normalement au tout début, mais s’est, à moment donné révélé inefficace devant l’ampleur des dégâts des inondations notamment celles de 2007,2008 et 2010.
23. Ces limites sont trait essentiellement à deux raisons: (i) absence de budget conséquent en permanence ; (ii) mobilisation insuffisante des organes qui le composent depuis le niveau d'alerte (niveau central) jusqu'à l'intervention (niveau local), où les préfets qui devaient jouer un rôle directeur dans la préparation et dans la réponse ne le font pas correctement faute de moyens, de connaissances, de formations et d'entraînements.
24. A titre illustratif, selon le bilan établi par le Plan ORSEC version 2015, il existe au Togo deux casernes de sapeurs-pompiers opérationnelles mais sous-équipées dont une à Lomé et une autre à Kara. Ce qui pose déjà un problème de couverture de réponse face aux dangers ou risques. Sur le plan sanitaire, le Togo compte trois Centres hospitaliers Universitaires CHU, six Centres Hospitaliers régionaux CHR, trente-cinq districts sanitaires, trois hôpitaux confessionnels, des cliniques et des unités de soins périphériques qui de façon générale sont de même sous équipés.
25. Le Plan National de Contingence Multirisques (PNC) est élaboré par le Ministère chargé de la protection civile avec la collaboration de plusieurs acteurs du domaine. Le PNC vise à renseigner sur les niveaux de risque du pays, les compétences et les ressources disponibles ainsi que leurs localisations, les sources de financement des urgences et à mettre en synergie les acteurs du Plan ORSEC, de la société civile et des partenaires techniques avant, pendant et après les crises. L’objectif final de ce instrument est d’apporter le secours aux sinistrés et l’assistance aux sujets affectés et vulnérables, de la manière la plus rapide et la plus efficace possible en évitant les pertes de temps, la duplication des interventions, les omissions, voire les injustices, conformément aux principes humanitaires universels.
26 — Du Plan National de Contingence découleront les plans de contingence régionaux, préfectoraux ou
26. Du Plan National de Contingence découleront les plans de contingence régionaux, préfectoraux ou locaux, multirisques de préparation et de réponse aux catastrophes. Les régions ayant les mêmes spécificités peuvent élaborer des plans prioritaires communs. 13
27. A la différence du Plan ORSEC qui est un outil de préparation à la riposte en cas de catastrophe, le PNC est un instrument d’évaluation des capacités, de mobilisation des acteurs et des ressources. Les deux instruments sont complémentaires et s’appuient sur le PGICT pour leur actualisation et leur opérationnalité.
28. N’ayant pas pu anticiper par rapport aux inondations de 2007 devenu récurrentes les trois années qui ont suivi, le Plan ORSEC pris isolement s’est révélé inapproprié pendant cette période. Face à ce constat, le Gouvernement avec l’appui de ses partenaires et sous l’initiative du Ministère chargé de l’environnement a décidé conformément aux recommandations des structures spécialisées Onusiennes et de la CEDEAO de mettre en place une structure interministérielle pour s’attaquer à la question de réduction des risques et des catastrophes d’où la création de la plateforme nationale pour la réduction des risques de catastrophes (PNRRC). En effet, le mécanisme a bénéficié de l'appui des bailleurs internationaux notamment la Banque Mondiale, les agences de la coopération régionale et plusieurs agences de la coopération bilatérale. La mise en place de cette plateforme constitue un cadre de synergie au niveau des acteurs et de mise en commun des moyens avec le développement de quelques outils requis, notamment, le PGICT (un projet de gestion intégrée des catastrophes et des terres. Ce qui semble évident par rapport à l’urgence de l’époque bien que l’ancrage institutionnel de ces mécanismes et les responsabilités des acteurs restent à débattre.
29. Le développement du PGICT vise la réduction des risques d’inondation et de dégradation des terres à travers l’amélioration des conditions de prévention et de gestion des inondations et la gestion durable des terres. Dans le cadre de ce projet, il est prévu : (i) le renforcement des capacités institutionnelles pour la gestion durable des terres et la préparation aux risques d’inondation, (ii) le soutien aux activités de développement local afin de réduire la vulnérabilité à l’inondation et d’amplifier les bonnes pratiques de Gestion Durable des Terres (GDT), (iii) la sensibilisation et la communication et (iv) l’appui à la gestion du projet.
30. Cinq ans après la création de la plateforme et la mise en œuvre du PGICT, il faut reconnaître que le Togo a pu atténuer sa situation de vulnérabilité aux inondations et les dégâts qu’elles causent. L’ampleur de ces dégâts n’est plus celle connue entre 2007 et 2010 ayant entrainé l’évacuation de plusieurs habitants ou localités entières du pays.
31. Comme actions menées dans le cadre de la mise en œuvre du PGICT, un dispositif de gestion des crues des fleuves (balises, hydrologie, échelles millimétriques, météorologie 7, pluviomètres) est installé sur les différents cours d’eau avec l’appui de la Croix Rouge ; plusieurs sensibilisations ont 7 Réhabilitation du dispositif météo à hauteur de 700 millions sur 2 milliards. Treize (13) parcs météorologiques sont en train d’être construits et équipés sur l’ensemble du territoire. Le dispositif devient aussi numérique et automatique et donc permet de collecter des données fiables 14 été faites dans des écoles des zones à risques (35.000 élèves ont été touchés) pour s’approprier des ouvrages et adapter leur comportement. Ce travail est accompli en collaboration avec les ONG dont la mission est en cours. Le Corps des sapeurs-pompiers(CSP) a été renforcé dans les cinq chefs lieu de région et des unités de secours dans les autres localités en cours de préparation. Le CSP a bénéficié des équipements en motopompes de grande capacité pour l’évacuation des eaux en cas de situation critique de pluies inondables pouvant bloquer la circulation et causer des dégâts. Un centre opérationnel du système d’alerte précoce équipé est en construction pour permettre le traitement rapide des données. Dans le domaine de la foresterie, il y a eu des opérations de reboisement et le développement des techniques modernes de conservation du sol (GIFS/GIFERC).
32. Les difficultés ne sont pas du reste dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet. Certains chantiers de reboisement n’ont pas réussi à cause de l’irrégularité des pluies et il y a la menace des feux de végétation qu’il va falloir intégrer dans les actions futures à mener. Le respect des mesures de sauvegarde environnementale par les populations a été également problématique. Le projet est parfois confronté à des réticences de l’utilisation des mesures de protection de la part de la population faute de sensibilisation.
33. Malgré tout, la volonté politique dont fait preuve le gouvernement est à apprécier de même que l’implication d’une bonne frange de la population dans la mise en œuvre des actions dudit projet. C’est la conjugaison de ces efforts en plus de ce qui est fait dans le cadre des projets ou programmes connexes sur les infrastructures, l’urbanisme et l’habitat et la santé (PAUT, PEUL, PURISE, projets de l’ANASAP, du ministère de la santé, ADAPT pour l’agriculture etc. et progressivement le PUDC) qui font du Togo d’aujourd’hui un pays de référence en matière de bonnes pratiques dans la prévention et la gestion des catastrophes. Ce qui se traduit par la sollicitation de l’expérience togolaise à travers des voyages d’échange au Togo, organisés par des pays d’Afrique dont le Congo, le Bénin, la Guinée Bissau etc.
34. Bien que la phase d'urgence semble être bien maîtrisée, il va falloir penser à un instrument permanent, afin d’assurer la durabilité des actions entreprises et à un mécanisme qui répond mieux aux standards internationaux en la matière étant donné que le PGICT, le principal pilier du PNRRC arrive bientôt à terme (2017).
35. Sur le plan de risques et catastrophes liés à la circulation routière dont on ne prend pas suffisamment en compte dans la stratégie du RRC malgré les dégâts et pertes en vies humaines causés par ce sous-secteur, il est à remarquer que les efforts souvent déployés par les deux ministères de tutelle (ministère chargé des transports et ministère chargé de la sécurité) ne 15 couvrent pas suffisamment les besoins du domaine. Le Togo reste un des pays où les accidents de la route sont en général élevés8. La principale cause est liée à l'état défectueux des routes bien que les efforts ont été prouvés et sont en cours dans le domaine d’amélioration d’infrastructures routière et des indications du code de la route (balisage, panneaux de signalisation, feux tricolores etc.). Les autres causes non négligeables constituent l’excès de vitesse (effet inattendus de construction des voies rapides), la circulation des gros porteurs sur les voies non adaptées, l’excès de parc moto, l'incivilité de certains conducteurs (le non-respect du code de la route connu chez les conducteurs de Zémidjans, la non institutionnalisation de permis moto, la circulation sans permis, le manque de formation et de répression des fauteurs etc.).
36. Outre les catastrophes naturelles et accidents de circulation, la nouvelle dimension des fléaux sociaux en vogue moins maitrisé et pouvant prendre des allures de catastrophe d’origine humaine constitue la piraterie maritime, le terrorisme et la cybercriminalité. Le Togo est l’un des pays de la sous-région frappés ou susceptibles de l’être par ces phénomènes. Plusieurs réflexions sont en cours en vue des solutions durables pour freiner ce fléau. Le sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité maritime tenu octobre 2016 à Lomé sous l’impulsion du S.E.M. le Président de la République Togolaise est un exemple. Les enseignements doivent être tirés des conclusions de cette assise qui a vu la participation des grands acteurs du sous-secteur dans le monde entier sur l’économie de la mer et des océans.
37. Bien que la sècheresse, les feux de brousse sont plus ou moins pris en compte par les autres sectoriels (ministères chargés de l’environnement, de l’agriculture, etc.) il y a au Togo et en milieu urbain, de plus en plus d’incendies criminels ou accidentels causant également des dégâts et parfois des pertes en vies non négligeables. Ce phénomène connait une recrudescence avec la manipulation des objets dangereux ou vente illégal de l’essence communément appelé boudé etc. PRINCIPALES LEÇONS DU DIAGNOSTIC
38. L’ambition du Gouvernement d’asseoir une politique et une bonne stratégie en matière de protection civile repose sur une bonne identification des problèmes et leur hiérarchisation. Les 8 Selon le ministère de la sécurité et de la protection civile, 2851 accidents ont été recensés en 2015 dont 473 décès soit 39 à 40 décès /mois. Ce bilan est plus élevé pour 2016.Selon un rapport, trois mille personnes, dont 500 enfants, sont tuées chaque jour sur les routes de notre planète. Plus de huit décès sur dix surviennent dans les pays à revenu faible ou moyen. Cela représente 1,2 million de décès par an, auxquels s’ajoutent près de 50 millions de blessés graves dont beaucoup resteront handicapés à vie (Guide pratique de la sécurité élaboré en 2007 par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge). 16 contraintes relevées ont trait essentiellement à trois raisons: (i) l’arrangement institutionnel inadéquat qui ne permet pas une bonne synergie et une bonne coordination aussi bien en termes de prévention que de riposte ; (ii) l’absence de mécanisme de financement durable permettant d’assurer chaque année et en tout moment un budget conséquent; (iii) les faibles capacités techniques et organisationnelles qui conduisent à une mobilisation insuffisante des organes aussi bien au niveau central que local de tous les acteurs.
39. Ceci conduit de manière récurrente à d’énormes dégâts économiques et humains qui affectent ou compromettent négativement le bien-être des populations, la croissance économique et le développement du pays.
40. Vouloir prévenir les catastrophes au Togo revient à mettre en place une structure pérenne assorti d’un système de financement durable, de manière à renforcer les capacités d'évaluation et d'expertise des risques, à définir une politique de prévention qui s'appuie sur le développement des ressources humaines et de capacités de coordination. Cette structure doit pouvoir ensuite assurer le renforcement organisationnel et institutionnel des différentes structures qui interviennent dans la gestion des risques tant naturels qu'anthropiques à travers des stratégies sectorielles de protection civile et à améliorer les mécanismes d'information des populations des zones vulnérables.
41. La formulation d’une politique nationale de la protection civile a le souci d’intégrer les leçons du passé, de l’arrimer aux documents d’orientation du gouvernement : la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) qui sera relayé à partir de 2018 par le Plan National de Développement (PND) dont l’arrimage aux objectifs de développement durable (ODD) est assuré.
42. Cette initiative est finalement une réponse à l’invitation de la communauté internationale de voir tous les pays du monde se doter de cet instrument indispensable à la sécurité des populations et au développement. La CEDEAO recommande que la structure à créer pour s’occuper de la RRC soit portée par une institution de haut niveau selon les cas soit par la Présidence (modèle nigérian où l’agence est portée par la vice-présidence), la Primature (modèle malien) ou par le ministère répondant à ces prérogatives (le ministère de l’intérieur ou chargé de la sécurité et de la protection civile pour la plupart des cas (exemple du Bénin, du Ghana, etc.). La réunion des experts et des ministres de la CEDEAO tenue à Accra, du 21 au 24 octobre 2015, pour adopter le modèle d’agence, à laquelle le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile du Togo a personnellement pris part, tend à privilégier la formule de tutelle par le Ministère chargé de la sécurité publique. L’une des principales conclusions de ce sommet est d’exhorter les pays qui ne l’ont pas encore fait 17 de disposer d’une agence spécialisée sur les questions de gestion des catastrophes avant
2017.C’est ainsi que le Togo s’attèle à la création d’une agence dédiée pour la gestion des catastrophes et risques de tout genre.
43. L’étude diagnostic a permis d’identifier trois paquets de problèmes qui minent le sous-secteur et pour lesquels il est difficile d’atteindre la vision du gouvernement togolais à travers la SCAPE : assurer une croissance accélérée, durable et incluse: il s’agit de : a. les problèmes d’ordre institutionnel et organisationnel, b. les problèmes d’insuffisance de capacités techniques des structures en matière de gestion des catastrophes et risques de tout genre, c. les problèmes d’insuffisances de moyens pour y faire face.
44. Ces problèmes d’ordre majeur regroupés en deux grandes catégories (‘Cat1 : La prévention est insuffisante’ ; et ‘Cat 2 : La gestion et riposte sont inefficaces’), induisent cinq problèmes en général reconnus comme conséquences liées à une situation de catastrophe d’ampleur ou de mauvaise gestion des risques et catastrophes (voir le cadre d’action de Sendaï, 2015): i. les mortalités dues aux catastrophes sont élevés, ii. les biens des personnes et des ménages sont détruits, iii. les dégâts sur les infrastructures économiques collectives sont élevés, iv. les dégâts sur les infrastructures sociales collectives sont élevés, v. les aléas liés aux changements climatiques sont élevés. ENONCE DE LA POLITIQUE Vision
45. La Vision du secteur de la protection civile s’énonce : «d’ici 2030, le Togo doit devenir un pays où sont garanties la sécurité et la protection des personnes et des biens en réduisant les risques liés aux catastrophes de tout genre dans un environnement politique serein, dans le respect des droits humains, du jeu démocratique, de la justice sociale et économique et dans une stabilité pérenne favorable à la croissance économique et à la création d’emplois. Cette vision doit s’accomplir dans le cadre des missions dévolues au ministère de la sécurité et de la protection civile afin d’atteindre les objectifs fixés, en collaboration avec tous les autres ministères partenaires concernés. Mission
46. Afin d’asseoir la vision, 3 missions sont assignées au secteur de la protection civile : 18 - Garantir durablement la meilleure condition de vie et de travail de la population vivant au Togo avec un accent porté sur la couche la plus vulnérable en contribuant à la réduction des facteurs de vulnérabilité par rapport aux catastrophes et risques; - Contribuer durablement à la croissance économique et à l’inclusion sociale à travers la promotion de la paix, de la sécurité et de la sérénité; - Contribuer à la mobilisation des ressources nécessaires pour faire face aux phénomènes de catastrophes d’origine naturelle et humaine. PRINCIPES DIRECTEURS
47 — La mise en œuvre de la politique nationale de la protection civile est fondée sur les principes
47. La mise en œuvre de la politique nationale de la protection civile est fondée sur les principes directeurs suivants :
48. Préoccupation commune pour chaque État (selon le principe 1 du Cadre d’action de Sendaï) : le gouvernement a la responsabilité principale de prévenir et réduire les risques de catastrophe ajouté à celle qui incombe la population civile;
49. La protection des personnes, de leurs biens, de leur santé, de leurs moyens de subsistance et de leurs avoirs productifs, ainsi que de leurs richesses culturelles et environnementales, en garantissant la promotion et la protection de tous les droits de l’homme, y compris le droit au développement ;
50 — Assurer une forte coordination dans un même secteur et d’un secteur à l’autre et de dispositifs
50. Assurer une forte coordination dans un même secteur et d’un secteur à l’autre et de dispositifs de concertation avec les intervenants concernés à tous les niveaux. Elle suppose la participation sans réserve de tous les organes exécutifs et législatifs de l’État aux niveaux national et local et la répartition claire des responsabilités entre les intervenants du secteur public et ceux du secteur privé, y compris les entreprises et les universités, pour garantir le resserrement des relations, la collaboration, la complémentarité des attributions et responsabilités et le suivi ;
51. Mieux reconstruire après une éventuelle catastrophe :durant la phase de relèvement, de remise en état et de reconstruction au lendemain d’une catastrophe, il est essentiel de prévenir l’apparition de risques de catastrophe et de réduire les risques existants en appliquant le principe qui consiste à « mieux reconstruire » tout en informant et en sensibilisant le public ;
52. Responsabilités partagées par les administrations centrales et des autorités nationales décentralisées ou déconcentrées, des secteurs et des parties prenantes, en fonction de leur situation nationale et un système de gouvernance. Pour que la gestion des risques de catastrophe 19 soit efficace, il faut établir un véritable partenariat mondial efficace et renforcer la coopération internationale, notamment faire en sorte que les pays développés s’acquittent des engagements qu’ils ont pris en matière d’aide publique au développement.
53. Bonne gouvernance, meilleure coopération: L’Etat s’engage à créer les conditions d’exercice de l’autorité économique, politique et administrative en vue de gérer de manière efficace et efficiente le secteur de la protection civile. Ce principe englobe les mécanismes, les processus et les institutions par le biais desquels les acteurs du secteur expriment leurs intérêts, exercent leurs droits juridiques, assument leurs obligations et auxquels ils s’adressent en vue de régler leurs différends. La mise en œuvre se fera dans le cadre de l’approche sectorielle. Le Gouvernement s’engage à lutter contre la corruption, à éviter les conflits d’intérêts et à garantir la transparence et la compétition dans les marchés publics. Le soutien apporté par les partenaires en développement en cas de catastrophe ou dans la stratégie de prévention doit être adapté aux besoins et aux priorités définis par l’Etat togolais. L’Etat créera les conditions d’une collaboration avec les différents acteurs du secteur, notamment les opérateurs privés, les ONG, la société civile en vue de profiter des complémentarités et des synergies pour une plus grande efficacité dans la mise en œuvre des actions.
54. Promouvoir également les investissements privés à travers le partenariat public privés dans la stratégie de réduction des facteurs de risque sous-jacents que de privilégier seulement les interventions et les mesures de relèvement mises en œuvre au lendemain des catastrophes. Cette façon de procéder contribue également au développement durable ;
55. Respect de l’environnement : Toutes les activités du secteur sont mises en œuvre dans le souci de la préservation de l’environnement et de la conservation des ressources naturelles. Il s’agit notamment de la prise en compte des aspects de changement climatique, de la préservation des ressources marines, des forêts et de la faune ; de la conservation des eaux et sols (CES), et de la lutte contre toutes les formes de pollution due aux activités du secteur.
56. L’engagement et la coopération de la société dans son ensemble. Elle suppose aussi de donner à tous, sans exclusion et sans discrimination, les moyens et la possibilité de participer, une attention particulière devant être accordée aux populations les plus touchées par les catastrophes, en particulier les plus pauvres et promouvoir le genre et l’emploi des jeunes. Un système efficace de suivi et évaluation et de gestion axée sur les résultats des opérations est institutionnalisé permettant l’imputation des résultats à travers un contrat de performances entre le subordonné et sa hiérarchie. 20 CADRE LOGIQUE
57. Fort du diagnostic précédent et de l’énoncé de la vision et mission du secteur, le cadre logique de la politique nationale de la protection civile se présente comme suit : INDICATEURS SOURCE DE LOGIQUE D’INTERVENTION OBJECTIVEMENT HYPOTHESE VERIFICATION VERIFIABLES Volonté politique, Les conditions de renouer • PIB Evaluation de la engagement de l’Etat OBJECTIF avec une croissance • % Pauvreté SCAPE/PND, ODD, et des partenaires, GENERAL accélérée durable et • Nombre d’emplois créés enquêtes QUIBB disponibilité des inclusive sont assurées ressources Le pourcentage de mortalité dû Les mortalités liées aux Rapports d’activité ou Mobilisation des OBJECTF aux catastrophes a baissé par catastrophes naturelles ont de suivi et évaluation de ressources et des SPECIFIQUE 1 rapport à 2005 et 2015 à partir de sensiblement diminuées la PNPC compétences requises 2020 Le pourcentage des pertes de Rapports d’activité ou Mobilisation des OBJECTF Les pertes de biens des bien des ménages a baissé par de suivi et évaluation de ressources et des SPECIFIQUE 2 ménages ont diminuées rapport à 2005 et 2015 à partir de la PNPC compétences requises 2020 Les dégâts sur les Le pourcentage des pertes Rapports d’activité ou Mobilisation des OBJECTF infrastructures économiques, économiques ont diminué par de suivi et évaluation du ressources et des SPECIFIQUE 3 sociales et collectives ont rapport au PIB PNPC compétences requises diminués Le pourcentage des pertes en Les aléas environnementaux vies humaines dû aux troubles Rapports d’activité ou Mobilisation des OBJECTF liés aux changements environnementaux a baissé par de suivi et évaluation du ressources et des SPECIFIQUE 4 climatiques sont atténués rapport à 2005 et 2015 à partir de PNPC compétences requises 2020 La protection civile a contribué à la lutte contre les nouveaux fléaux causés par l’homme Nombre d’interventions de la (piraterie maritime, terrorisme, Mobilisation des OBJECTIF protection civile en cas de cybercriminalité et grand Rapport d’activité ressources et des SPECIFIQUE 5 pirateries, terrorisme ou banditisme) en assurant la compétences requises cybercriminalité a augmenté planification de la gestion des crises et la prise en charge des victimes de ce fléau 21 Objectif global
58. L’objectif global de la politique nationale de la protection civile, prise dans ses interactions avec les autres secteurs de croissance économique, est d’assurer les conditions de renouer avec une croissance accélérée durable et inclusive à travers une préparation sûre du pays face aux catastrophes et aux menaces. Objectif de développement
59 — Comme objectif de développement, la protection civile a contribué à l’objectif de la croissance
59. Comme objectif de développement, la protection civile a contribué à l’objectif de la croissance accélérée et inclusive. Objectifs spécifiques
60. Cinq objectifs spécifiques sont ainsi déclinés : OS1 : Contribuer sensiblement à la réduction des mortalités liées aux catastrophes, OS2 : Contribuer sensiblement à la réduction des pertes de biens des ménages, OS3 : Contribuer sensiblement à la réduction des dégâts sur les infrastructures économiques, sociales et collectives, OS4 : Contribuer sensiblement à l’atténuation des aléas environnementaux liés aux changements climatiques et à l’amélioration des capacités techniques d’intervention. OS5 : Contribuer sensiblement à la lutte contre les nouveaux fléaux causés par l’homme (piraterie maritime, terrorisme, cybercriminalité et grand banditisme) en assurant la planification de la gestion des crises et la prise en charge des victimes de ce fléau.
61. La réalisation de cet objectif nécessite l'engagement fort et l’implication des dirigeants politiques à tous les niveaux dans la mise en œuvre et le suivi de cette politique et à la création de l'environnement propice. Axes stratégiques
62 — La politique nationale de la protection civile se décline en trois principaux axes stratégiques
62. La politique nationale de la protection civile se décline en trois principaux axes stratégiques : - S1 : Promouvoir la stratégie de la prévention contre les catastrophes et les risques ; - S2 : Promouvoir la stratégie de riposte face aux catastrophes et risques; - S3 : Renforcer les capacités de résilience face aux catastrophes notamment la réhabilitation et le redressement. 22 Résultats intermédiaires
63. L’un des résultats clés est la mise en place d’une agence nationale de la protection civile avant 2017 ayant des capacités et des moyens pour assurer la prévention et la riposte.
64. Les risques de catastrophe et des pertes en vies, moyens de subsistance et de préservation de la santé, biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux privés (les personnes, les entreprises, les collectivités) et publics ont été considérablement réduits. Principales actions et feuille de route A. ACTIONS PRIORITAIRES
65. Pour ce qui est de la promotion de la stratégie de la prévention contre les catastrophes et les risques, les actions prioritaires sont: i. Développer de meilleures capacités de prévention et de préparation en matière de réduction des risques de catastrophes : Améliorer les méthodes d’identification, d’évaluation, de suivi et d’alerte précoce concernant les catastrophes ; Former et sensibiliser les acteurs : organiser les campagnes d’éducation et de sensibilisation des populations sur les gestes de premiers secours en cas de sinistre ou de catastrophe ; Développer une culture de prévention, une compréhension et une conscience des risques au niveau des populations ; Améliorer la gestion des connaissances et pratiques relatives à la réduction des risques de catastrophes ii. Réduction des facteurs de risque sous-jacents : Analyser et évaluer des risques en vue d’en déterminer les probabilités et d’en estimer la vulnérabilité des populations et/ou de l’environnement face aux aléas ; Mettre en place une banque de données de sinistres et de catastrophes, qui vise à connaître le type de sinistre leur fréquence et les localités récurrentes. Faire l’inventaire des risques, la cartographie des zones à risques et les schémas directeurs d’aménagement tels que ceux portant sur les prévisions des crues et des inondations ou procéder à leur réactualisation et leur mise à disposition du public. Mettre en isolement les zones à risques et le déguerpissement des populations habitant sous les collines et aux abords des cours d’eaux. iii. Inscrire définitivement la question de réduction des risques et catastrophe dans la vision du gouvernement et renforcer la coordination institutionnelle entre les différents acteurs de la réduction des risques de catastrophes à tous les échelons : 23 Elaborer une stratégie en 2017 et plan d’action détaillé (Actions de prévention et plan de riposte) pour 2017 ; Faire des revues des documents de politique et de stratégie ; Poursuivre plus efficacement la coordination de la plateforme nationale de réduction des catastrophes et assurer régulièrement son animation; Mettre en place des mécanismes institutionnels adéquats assurant la coordination et l’harmonisation des activités de tous les intervenants dans le processus de réduction des risques.
66. Pour ce qui est de la promotion de la stratégie de riposte face aux catastrophes et risques, les actions prioritaires sont : iv. Développer de meilleures capacités de réponse en matière de gestion des risques de catastrophes : sauvetage, évacuation, fourniture d’aide d’urgence etc. Capacités techniques, équipements et matériels, denrées alimentaires, produits pharmaceutiques et soins médicaux, ressources humaines compétentes qualifiées et ou volontaires. v. Piloter efficacement l’organisation et la mise en œuvre des secours en cas de sinistres ou de catastrophes; vi. Créer un centre opérationnel national et des centres régionaux de gestion interministériel de crise ; vii. Mettre sur pied les dispositifs de prévention des sinistres et catastrophes et d’alerte précoce en renforçant l’existant avec plus de créativité et d’innovation ; Réactualiser et tester les dispositifs de gestion efficace de sinistres et de catastrophes : plan d’organisation de secours (ORSEC), Plan National de Contingence multirisques. Réactualiser le Schéma National d'Analyse et de Couverture des Risques SNACR (au moins tous les cinq ans). viii. Préparer la réponse en termes d’évaluation des besoins, d’opérations de recherche et de sauvetage ; ix. Recenser et prendre en charge les sinistrés en cas de sinistre.
67. Pour ce qui concerne le renforcement des capacités de résilience face aux catastrophes notamment la réhabilitation et le redressement, les actions prioritaires sont : i. Prise en charge des sinistrés (indemnisation des sinistrés, distribution des vivres et facilités d’accès aux soins de santé requis, préparation au retour à la situation normale) ; 24 ii. Réinstallation et appui au développement des activités économiques ou génératrices de revenus ; iii. Reconstruction des infrastructures. B. LA MISE EN ŒUVRE DE LA POLITIQUE DEVRAIT S’APPUYER SUR LE CHRONOGRAMME SUIVANT : Adoption en Conseil des ministres du document de politique nationale de la protection civile et du décret portant création de l’Agence nationale de la protection civile, Révision des tests et lois régissant le fonctionnement des structures chargées de la protection civile au Togo (à partir de Janvier 2017), Mise en place des organes de l’Agence et recrutement du personnel (Janvier à Mars 2017), Elaboration et validation du plan stratégique de la politique nationale de la protection civile et ou plan d’action de l’Agence (à partir de Juin 2017), Opérationnalisation des actions du plan stratégique de la PNPC (à partir de Septembre 2017). MODALITES DE MISE EN ŒUVRE
68. Certaines conditions doivent être réunies pour garantir une réalisation satisfaisante des objectifs stratégiques. Ces conditions portent notamment sur la disponibilité de financements en quantité suffisante et inscrits dans la durée, sur l’investissement en équipement et infrastructures adéquats, sur une bonne coordination entre les acteurs et institutions vu qu’il s’agit d’un secteur assez transversal, mais aussi sur certaines réformes institutionnelles allant de la réorganisation du secteur à la création de l’agence nationale de la protection civile en passant par les orientations clefs à travers la révision de la loi portant organisation du secteur de la protection civile au Togo. Les principaux risques d’échec de la politique nationale de la protection civile sont également envisagés. Il s’agit notamment :
1. Evaluation des risques et des mesures d’atténuation :
69. Cinq types de risques ont été identifiés pour l’atteinte des objectifs visés dans la nouvelle politique nationale de la protection civile :(i) risques liés à la mauvaise gouvernance, (ii) risques liés à la dégradation de l’environnement politique du pays, (iii) risques liés à la non disponibilité des ressources, (iv) risques liés aux perturbations climatiques plus graves, (v) risques liés aux facteurs technico-économiques non maîtrisés. 25
70. Les risques liés à la mauvaise gouvernance sont transversaux et impactent tout le secteur. Ils sont relatifs aux politiques directives, pas assez participative et la réticence des acteurs à mieux s’organiser pour instituer des règles de bonne gouvernance dont la transparence dans la gestion, le suivi évaluation, l’implémentation du genre.
71. Risques liés à la dégradation de l’environnement politique du pays et à la non implication des acteurs : toute perturbation sociopolitique du pays pourrait entraver sévèrement les actions prévues en termes de mobilisation des ressources financières et des acteurs et de la coordination des actions de façon générale ; Il faut noter qu’après une longue traversée de troubles sociopolitiques ayant sapé sévèrement l’économie du Togo, le pays a retrouvé progressivement sa stabilité et l’économie s’est plus ou moins normalisée. Le Togo s’est donc engagé définitivement dans une réforme structurelle. La poursuite de la mise en œuvre de cette réforme qui devrait se manifester par l’engagement du pays dans la voie de la décentralisation mérite d’être soutenu et prise en compte. Ce qui permettra aux collectivités territoriales décentralisées de jouir effectivement de leur autonomie administrative et financière afin de participer activement aux actions de prévention et de gestion des risques et des catastrophes au niveau local. Par ailleurs, le manque d’adhésion de la politique par les acteurs de terrain peut également être une limite pour la réussite de cette politique. Pour pallier à cela, il faut une stratégie de communication et de mobilisation des acteurs pour une bonne adhésion de la vision du gouvernement.
72 — Faible mobilisation des ressources financières : la mobilisation des ressources financières est
72. Faible mobilisation des ressources financières : la mobilisation des ressources financières est basée à la fois sur les sources internes et les sources externes. Le besoin budgétaire pour le financement des interventions suite aux catastrophes de 2010 s’élevait à environ vingt milliards de FCFA. Ce serait une erreur d’appréciation de croire que le Togo à lui seul peut mobiliser les ressources nécessaires. La capacité du pays à mobiliser des ressources internes reste faible par rapport aux besoins pressants de la lutte contre la pauvreté et du développement dans les différents secteurs. La crise économique mondiale et ses implications au niveau de la gestion des dépenses dans les pays industrialisés potentiels donateurs des pays d’Afrique pourraient amener les PTF à réduire davantage et de façon drastique leur assistance comme cela a été le cas depuis
2008.Ce risque ne pourra être évité que si l’Etat et les PTF ne dérogent pas à la priorité qu’ils accordent à la réduction des risques et la gestion des catastrophes.
73. Perturbations climatiques extrêmes: Les catastrophes naturelles et anthropiques portent en elles- mêmes les germes d’échec de la politique et sa stratégie si on n’y prend pas garde. Les perturbations climatiques extrêmes éventuelles notamment, les pluies diluviennes avec leurs conséquences (risque d’inondation), les sécheresses, au-delà des cas survenus jusque-là, pourront occasionner davantage de dommages (pertes de cultures, destruction d’infrastructures, 26 perte en vie humaine) qu’il sera plus difficile de gérer dans un contexte économique national et international un peu fragile.
74. Les risques liés aux facteurs technico-économiques se manifestent par les catastrophes socio- économiques dues à l’introduction de technologies mal maitrisées. Vu le caractère endogène de la plupart de ces risques, sauf en cas des catastrophes plutôt chimiques ou nucléaires, il est plus facile de pouvoir les maîtriser.
75. Les risques énumérés ci-dessus pourraient saper l’efficacité de la future politique nationale de la protection civile et il convient donc d’être vigilant pour que la politique atteigne ses objectifs et produise au mieux les résultats escomptés. La vigilance consiste tout d’abord à éviter dans la mesure du possible que les risques de type endogène ne se réalisent, et ensuite à réagir de manière rapide et adaptée si certains risques se produisent malgré tout, surtout ceux de nature exogène. En annexes 8, il est proposé les mesures d’atténuation de ces risques qui entreront dans les actions prioritaires à mener.
2. Mesures de gestion des risques éventuels
76. La prévention et la réduction des risques ci-dessus identifiés exigent l’intégration de ces risques dans les politiques sectorielles telles que (l’aménagement du territoire, environnement et changement climatique, agriculture, pêche et élevage, ressources en eau, infrastructures, urbanisme et habitat, le foncier, population et protection sociale, assainissement et cadre de vie, transport, sécurité et sécurité routière, plan national de développement sanitaire du ministère de la santé etc.).
77 — Les prévisions budgétaires de l’État devront prendre en compte ces risques. En outre, il faudra
77. Les prévisions budgétaires de l’État devront prendre en compte ces risques. En outre, il faudra veiller à la mise en œuvre de ces politiques, à l’application et au respect des cadres juridiques adoptés corrélativement à ces politiques.
3. Financement de la politique nationale de la protection civile
78. Le financement adéquat des différentes mesures de la politique nationale de la protection civile est la première condition. Une estimation du coût de la première année de mise en œuvre de la politique nationale de la protection civile à l’horizon 2030 a été effectuée (cf. tableau de costing en annexe 3).Ce montant est estimé selon trois scénarios : Scénario 1: catastrophique ou à catastrophes dévastateurs pour un montant global d’une trentaine de milliards de Franc CFA ; Scénario 2 ou moyen à catastrophes maitrisées pour un montant global de 17, 05 milliards ; Scénario 3 donc optimiste (pas de catastrophes majeurs) pour un montant global d’environ six 27 milliards9 de FCFA. Il sera procédé à partir de janvier 2017 à l’élaboration d’un plan stratégique long terme afin d’avoir une bonne appréciation du coût des actions à mener. Les principaux postes de dépenses de la première année de mise en œuvre sont les suivants :
79 — La principale source de financement sera constituée des aides extérieures et des subventions de
79. La principale source de financement sera constituée des aides extérieures et des subventions de l’Etat. On peut compter sur le financement additionnel pouvant provenir des capitaux privés adossés au schéma de partenariat public privé.
80. La mise en place de mécanismes de financement stables et pérennes permet de sécuriser le fonctionnement de certaines activités. Des mécanismes innovants de financement de services ou d’investissements structurants sont à mettre en place afin de contribuer à la pérennisation de ceux- ci.
81. L’amélioration de la traçabilité du financement est un impératif pour améliorer son pilotage et son efficacité. Le Plan stratégique de la politique nationale de la protection civile (PSPNPC) assorti des manuels de procédures et de suivi évaluation en vue, sera l’outil destiné à assurer cette traçabilité. Il servira de cadre de comptabilisation de l’intégralité des décaissements des différentes sources de financement, ce qui permettra d’avoir une vue d’ensemble exhaustive des domaines correctement financés ex post et ceux qui ne le sont pas.
4. Mesures importantes d’accompagnement de la mise en œuvre et du suivi évaluation
82. Création et opérationnalisation d’une agence nationale de la protection civile (adoption de texte juridique portant création, attribution et fonctionnement de l’agence et des nouvelles structures qui l’accompagnent, mise à disposition des locaux nécessaires). Cette création devra être suivie dans les premiers mois du transfert de certaines compétences et du transfert de certains personnels issus des ministères techniques clefs afin de renforcer l’équipe.
83. Mise en place d’une stratégie de communication. A travers cette stratégie, on peut d’une part, faire le plaidoyer pour une prise de conscience des dirigeants sur l’imminence de la problématique doublée d’une ferme volonté politique et d’autre part, promouvoir un mécanisme durable de mobilisation des ressources de l’Etat, des bailleurs et du financement privé. Ce qui veut dire qu’il faut penser à la création d’un fond dédié à la gestion des catastrophes (FNRRCS par exemple), au développement d’un partenariat public-privé. On peut par exemple s’inspirer également de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNPML10) élaborée en 2O15 ou de se référer à des 9 Voir annexe 3 10 La SNPLM vise à renforcer la sûreté et la sécurité maritimes, promouvoir les opportunités d’emplois et le partenariat public-privé, moderniser le tourisme maritime, développer l’économie bleue et gérer durablement l’environnement marin. 28 orientations données par les hauts responsables de l’Union Africaine à travers le sommet de la sécurité sur la mer tenue à Lomé en octobre 2016 pour traiter les questions de lutte contre la piraterie maritime.
84. Elaboration d’une législation Claire en faveur de la RRC.
5. Suivi des indicateurs
85. Les principaux indicateurs Les mortalités liées aux catastrophes ont sensiblement diminué, Les pertes des biens des ménages ont diminué, Les dégâts sur les infrastructures économiques, sociales collectives ont diminué, Les aléas environnementaux liés aux changements climatiques sont atténués et les capacités techniques sont améliorées. Les nouvelles menaces de la population telles que la piraterie (maritime, cybernétique etc.), le grand banditisme, le terrorisme et autres fléaux ont drastiquement diminué etc. L’agence est mise place et opérationnelle, La coordination de la plateforme est plus efficace.
6. Ancrage institutionnel :
86. Le meilleur ancrage institutionnel pour la mise en œuvre de la politique nationale de la protection civile à l’instar de plusieurs pays d’Afrique et conformément aux recommandations de la CEDEAO est de faire porter cette mission par une Agence transversale qui sera créée et logée dans un ministère dont les attributions sont plus conformes ou par une haute instance à emprise transversale. Dans le cas togolais, il s’agira après analyse des contours et appréciation des avantages et contraintes, de confier la tutelle au Ministère chargé de la protection civile. Il appartient à ce ministère de veiller à assurer une bonne coordination des actions en collaboration avec les autres ministères techniques (ministères chargés de l’environnement, de la santé, de l’action sociale etc.) en vue de l’atteinte des objectifs (voir annexe 1).
7. Procédure de révision de la Politique :
87. Il est important de faire en sorte que les enseignements tirés des activités de suivi soient mis à profit pour assurer la bonne gestion de la Politique, ce qui pourra en favoriser la révision effective. Cette opération sera effectivement effectuée tous les cinq ans en suivant le rythme de révision des documents de stratégie nationale du Togo. 29 ANNEXES Annexe 1 : Tableau comparatif du cadre institutionnel Option C : Option A : L’agence est sous la tutelle du Ministère de la Option B : L’agence est sous la tutelle du Ministère de l’environnement rattachement au PR Sécurité et de la Protection Civile ou au PM I- PREVENTION
1. Cette option est plus cohérente avec les recommandations du cadre d’action de Hyogo (2èmeconf. Japon 2005); 1. Dispose de personnel pour des questions liées à l’environnement – réduction des causes surtout d’origine naturelle (gaz à effet de serre ou tout risque de Le ministère : changement climatique) et le cadre de vie (aménagements des espaces) etc. 2. a un spectre de domaine d’intervention plus large sur les risques Etude de cas :
2. S’occupe déjà des questions de déforestation, feux de brousse, inondations etc.), et catastrophes qu’ils soient d’origine humaine, naturelle ou Plans directeurs etc. accidentelle ; - Vice-présidence
3. Développe déjà et peut mieux faire dans le développement des technologies du Nigeria 3. dispose de plusieurs années d’expérience en la matière et tire préventives en matière de préservation du climat, AVANTAGES son expérience des exemples d’autres pays :
4. Bonne expérience dans la mise en œuvre du PGICT (dispositif qui répond mieux - Primature au ANPC (Agence Nationale de la Protection civile) au Bénin, aux inondations, érosion côtière), Mali NADMO (Disaster Management Organisation au Ghana),
5. Peut à tout moment développer les outils d’évaluation et d’appréciation des ONPC (Office National de la Protection Civile) en Tunisie est sous risques (cartographie des zones à risque etc., évaluation des besoins), tutelle du ministère de l’intérieur
6. Avantages globalement sur les questions de prévention sur le climat. 4. a un avantage globalement sur les questions de sécurité
1. Le PGICT est un dispositif provisoire et le projet arrive à terme en 2017, rien n’est
1. Recours aux compétences extérieures essentiellement INCONVENIENTS pour le moment envisagé pour la suite environnementales et en SIG pour des questions de prévention et de maîtrise des espaces (d’où le besoin de mettre en place 30 Option C : Option A : L’agence est sous la tutelle du Ministère de la Option B : L’agence est sous la tutelle du Ministère de l’environnement rattachement au PR Sécurité et de la Protection Civile ou au PM une agence II- RIPOSTE
1. A des spécialistes de plusieurs questions de riposte (Plan ORSEC, éventuellement le Plan national de contingence AVANTAGES multirisque),
2. Présence du corps des sapeurs-pompiers)
1. Equipements assez réduits pour faire la riposte donc besoin des équipements,
2. A besoin du corps médical pour la riposte (besoin de 2. Expérience réduite pour la riposte donc dépend de : INCONVENIENTS collaboration avec le Ministère de la santé) corps des sapeurs-pompiers logé au niveau de la sécurité civile, corps médical est sous contrôle du ministère de la santé, expertises nationale et internationale pour couvrir d’autres domaines de protection civile III. CAS PARTICULIER DE NOUVEAUX PHENOMENES (Terrorisme ou grand banditisme, Piraterie maritime, Cybercriminalité, Accidents de circulation, etc.) AVANTAGES Plusieurs fonctions répondent parfaitement aux attributions du Ministère Doté de peu de moyens et de personnel pour la gestion efficace de toutes INCONVENIENTS N’a pas cette composante dans ses prérogatives ces questions 31
Annexe 2 : Matrice des actions prioritaires phares de la politique nationale de la protection civile Valeur Unité Référence Proposition de l'évolution réalisation Désignation des N° actions Année Valeur 2016-2020 2021-2025 2026-2030 l’agence est L’agence nationale de la l’agence est opérationnelle et Création d’une protection civile est créée opérationnelle et dotée 1 dotée d’une grande capacité de agence nationale de 2016 PNRRC avant fin 2016 et d’une grande capacité de la protection civile opérationnelle à partir de gestion en vue de la RRC gestion en vue de la RRC 2017 Mise en place d’un Une stratégie de mobilisation Mise en œuvre de la mécanisme durable des ressources est élaboré stratégie de mobilisation Mise en œuvre de la stratégie Subventions de de mobilisation des dans la première année, un 2 l’état et des des ressources, de mobilisation des ressources, ressources, création 2016 fonds RRC est créé dans la PTF, appui des Opérationnalisation du Opérationnalisation du fonds d’un fond dédié à la deuxième année et rendue ONG gestion de opérationnelle à partir de la fonds catastrophe (FNRRC) troisième année Diagnostic et élaboration d’une loi et textes d’application sur la RRC dès opérationnalisation des opérationnalisation des textes Décrets et lois Elaboration d’une la deuxième année, faire 3 antérieurs à la textes d’application dès d’application dès l’adoption de législation Claire en 2016 voter la loi à partir de la création de l’adoption de la loi la loi faveur de la RRC troisième année, l’agence opérationnalisation des textes d’application dès l’adoption de la loi 32 Annexe 3 : Estimation des coûts de la première année de mise en œuvre de la PNPC COUT TOTAUX EN FCFA COUTS Scénario 1: UNITAIRES en scénario 2: moyen scénario 3: optimiste catastrophique FCFA (catastrophes (pas de catastrophes (catastrophes maitrisées) majeurs) dévastateurs) MISE EN PLACE DE L'AGENCE/ BUDGET DE I FONCTIONNEMENT 1.1 Charge du personnel de l'agence 425 000 000 1.1.1 DIRECTION GENERALE 50 000 000 1 50 000 000 1.1.2 DIRECTION TECHNIQUES 25 000 000 5 125 000 000 1.1.3 DIRECTION REGIONALES 20 000 000 5 100 000 000 1.1.4 PRESTATIONS INTELLECTUELLES 100 000 000 1 100 000 000 ORGANES D'APPUI ET PASSATION DE MARCHE / Y COMRI 1.1.5 50 000 000 1 50 000 000 LE BUDGET LIE AU FONCTIONNEMENT DU PNRRC Matériels – équipement de bureaux et crédit de 12 200 000 000 1 200 000 000 fonctionnement sous total 1 625 000 000 625 000 000 625 000 000 CHARGES OPERATIONNELLES/BUDGET II D'INVESTISSEMENT 2.1.2 PRESTATIONS INTELLECTUELLES 2.1.3 FORMATIONS ET STAGES 80 000 000 1 80 000 000 2.1.4 CAMPAGNES DE SENSIBILISATION 100 000 000 1 100 000 000 2.1.5 ETUDES 300 000 000 1 300 000 000 33 COUT TOTAUX EN FCFA COUTS Scénario 1: UNITAIRES en scénario 2: moyen scénario 3: optimiste catastrophique FCFA (catastrophes (pas de catastrophes (catastrophes maitrisées) majeurs) dévastateurs) 2.1.6 VOYAGES/EXCURTIONS 50 000 000 1 50 000 000 2.1.7 AUTRES CONFERENCES ET TRAVAUX 30 000 000 1 30 000 000 sous total 2 560 000 000 560 000 000 560 000 000 III ACQUISITION DE GROS EQUIPEMENTS/ IMMOBILISATIONS 3.1 VEHICULES DE FONCTION 100 000 000 1 100 000 000 VEHICULES DE TERRAIN/AMBULANCES/SAPEURS 3.2 1 000 000 000 1 1 000 000 000 POMPIERS 3.3 MOTOS 100 000 000 1 100 000 000 BATIMENT ET PARC VEHICULES - construction et 3.4 2 000 000 000 1 2 000 000 000 réhabilitation à Lomé et en région (pour deux ans) sous total 3 3 200 000 000 3 200 000 000 3 200 000 000 SIMULATION SC 1 SC 2 SC 3 4.1 DEPENSES POUR PREVENTION ET RISPOTE 4.2 OPERATION DE PREVENTION 4.3 ALERTE PRECOCE 50 000 000 1 50 000 000 4.4 SIMULATION DU PLAN ORSEC 70 000 000 1 70 000 000 4.4 SIMULATION DU PLAN DE CONTINGENCE 50 000 000 1 50 000 000 sous total 4 170 000 000 170 000 000 170 000 000 4.1 OPERATIONS DE RIPOSTE 4.1.1 EVACUATION 100% 50% 5% 4.1.2 INFRASTRUCTURES, RELOGEMEN, ABRIS PROVISOIRES 34 COUT TOTAUX EN FCFA COUTS Scénario 1: UNITAIRES en scénario 2: moyen scénario 3: optimiste catastrophique FCFA (catastrophes (pas de catastrophes (catastrophes maitrisées) majeurs) dévastateurs) 4.1.3 SOINS DE SANTE 4.1.4 VIVRES 4.1.5 EQUIPEMENTS D'URGENCE 4.1.6 VOUCHERS 4.1.7 AUTRE PRISE EN CHARGE DES VICTIMES sous total 5 5 000 000 000 1 5 000 000 000 2 500 000 000 250 000 000 OPERATIONS DE RELEVEMENT/RESILIENCE ET DE 4.2 RECONSTRUCTION 4.2.1 EVALUATION DES DEGATS PM 4.2.2 REINSTALLATION 4.2.3 INDEMNISATION DES VICTIMES 4.2.2.1 activités économiques 4.2.2.2 agriculture 100% 50% 5% 4.2.2.3 environnement 4.2.4 APPUI A LA RELANCE DES ACTIVITES 4.2.5 RECONSTRUCTION DES INFRASTRUCTURES 20 000 000 sous total 6 1 20 000 000 000 10 000 000 000 1 000 000 000 000 TOTAL GLOBAL 29 555 000 000 17 055 000 000 5 805 000 000 35 Annexe 4 : projet de décret portant approbation de la politique nationale de la protection civile (disponible en fichier séparé) Annexe 5 : Références clefs Les 5 priorités du Cadre d’Action de Hyogo (CAH) : (i) Garantir que la réduction des risques de catastrophe reste une priorité nationale et locale assortie d’une base institutionnelle solide pour assurer la mise en œuvre. (ii) Identifier, évaluer et surveiller les risques de catastrophe et améliorer les systèmes d’alerte rapide. (iii) Utiliser les savoirs, l’innovation et l’enseignement pour développer une culture de sécurité et de résilience à tous les niveaux. (iv) Atténuer les facteurs de risque sous-jacents. (v) Renforcer la préparation aux catastrophes pour une réactivité efficace à tous les niveaux. L’Objectif de la Stratégie RRC de la FAO L’objectif général de cette stratégie est de renforcer la résilience des communautés et de réduire leur vulnérabilité aux différents chocs afin que les pays de la sous-région assurent leur sécurité alimentaire et nutritionnelle et se concentrent sur le développement de systèmes alimentaires et agricoles durables. Des objectifs spécifiques et des activités prioritaires ont été déterminés sur la base des vulnérabilités et défis identifiés. Cette stratégie sous régionale couvre les pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, la Sierra Leone, le Tchad, le Togo. Prévention des risques de catastrophes – Rôle de l’éducation selon l’UNESCO Les récentes catastrophes survenues en 2010 en Haïti et au Pakistan ont démontré la nécessité d’utiliser « les connaissances, les innovations et l’éducation pour instaurer une culture de sécurité et de résilience à tous les niveaux », ainsi que l’énonce le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015. En ce sens, le rôle de l’éducation dans l’adoption de stratégies de réduction des risques de catastrophes est triple : (1) sauver des vies et éviter les dégâts humains ; (2) éviter l’interruption des activités d’enseignement ou assurer leur prompte reprise ; et (3) rendre la population résiliente pour qu’elle soit capable de réduire l’impact économique, social et culturel de la survenue d’un aléa. L’éducation à la réduction des risques liés aux catastrophes (ERRC) considère les liens entre société, environnement, économie et culture ainsi que leurs impacts. Elle promeut également la réflexion critique et la résolution de problèmes, de même que les compétences sociales et émotionnelles cruciales pour l’autonomisation des groupes menacés ou touchés par une catastrophe. Réduction des risques de catastrophes – Politique du PAM La politique de réduction des risques de catastrophe du PAM vise à renforcer la résilience et les capacités des personnes, des communautés et des pays les plus vulnérables, en œuvrant pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle tout en réduisant les risques de catastrophe, en protégeant les vies et en améliorant les moyens de subsistance. 36
Annexe 6 : organigramme simplifié de l’agence nationale de la protection civile CONSEILDE SURVEILLANCE CONSEIL D’ADMINISTRATION DIRECTEUR GENERAL PNRCC (Plateforme nationale de réduction des risques et catastrophes Direction de la planification, Direction des affaires des études, évaluation et de administratives et financières suivi évaluation Secrétariat de la plateforme Direction des opérations, de la Direction des urgences et Direction de la coopération, de gestion des catastrophes du Corps des sapeurs- des affaires humanitaires et formation et du volontariat et des risques pompiers de la protection des réfugiés Direction régionale- Direction régionale- Direction régionale- Direction régionale- Direction régionale- Région Maritime Région des Plateaux 37 Région Centrale Région de la Kara Région des Savanes