跳到主要内容
Nelum
塞内加尔的法律

Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Elevage 2022-2026

颁布于 2022-05 · 文本截至 2026-10-01

以研究形式发布的公开法律与官方指引,不构成法律、税务或金融建议。

研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。

关于这部法律

语言
French
类型
policy
组织
Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel (CILSS)
国家
塞内加尔
主题
Livestock, Food and nutrition, Forestry, Cultivated plants, General
关键词
decentralization, animal production, agroecology, animal feed/feedstuffs, animal health, animal welfare, capacity building, classification/declassification, credit, emissions, environmental impact assessment (EIA), equipment, equity, gender, genetic resources, governance, hygiene/sanitary procedures, innovation, inspection, insurance, international trade, invasive alien species, investment, livestock water use, monitoring, One Health approach, pastoralism, pests/diseases, poultry, public health, public private partnership (PPP), research, slaughtering, sustainable development, vaccination, youth, zoning, birds, apiculture/sericulture, food security, meat, milk/dairy products, nutrition, poultry products, fire management, hazards, seeds/planting material, plant production
类别
*, agriculture

在哪里阅读

    该法律没有记录来源链接。

文本

所收录的法律原文,按条款排列。每个条款都有自己的链接。

  1. 1. INTRODUCTION _________________________________________________________ 1

  2. 2. CONTEXTE _____________________________________________________________ 1

  3. 3. Situation de l’élevage dans le monde et en Afrique ____________________________ 3

  4. 4. DIAGNOSTIC DU SECTEUR DE L’ELEVAGE au Senegal ___________________________ 4 4.1. Forces du secteur de l’élevage ______________________________________________ 4 4.2. Faiblesses du secteur de l’élevage ___________________________________________ 7 4.3. Opportunités et menaces _________________________________________________ 13 4.4. Résultats du secteur de l’élevage entre 2017 et 2021 ___________________________ 14

  5. 5. BILAN DES programmes budgétaires du MEPA _______________________________ 19 5.1. Origine du financement public _____________________________________________ 19 5.2. Crédit _________________________________________________________________ 23 5.3. Besoins en financement __________________________________________________ 25

  6. 6. CADRE STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT _________________________________ 26 6.1. Vision _________________________________________________________________ 26 6.2. Mission________________________________________________________________ 27 6.3. Valeurs et principes d’actions ______________________________________________ 27 6.4. Objectif de développement du secteur ______________________________________ 31 6.5. Axes stratégiques _______________________________________________________ 32 6.6. Objectifs spécifiques _____________________________________________________ 32 6.7. Programmes et lignes d’actions ____________________________________________ 34

  7. 7. PROJECTIONS BUDGÉTAIRES DU MEPA 2022-2026 ____________________________ 45

  8. 8. CADRE DE PILOTAGE ET DE SUIVI-EVALUATION ______________________________ 47 8.1. Cadre d'exécution _______________________________________________________ 47 8.2. Rôles et responsabilités des acteurs_________________________________________ 48 8.3. Organes de pilotage _____________________________________________________ 48 8.4. Mécanismes de suivi-évaluation ___________________________________________ 49

  9. 9. CONCLUSION ____________________________________________________________ 49

  10. 10. Références bibliographiques ______________________________________________ 50

  11. 10. ANNEXES ______________________________________________________________ 52 ii Liste des tableaux Tableau 1. Bases de la stratification structurante de l’élevage au Sénégal 25 Tableau 2. Objectifs spécifiques des productions 2021-2026 29 Tableau 3. Objectifs spécifiques et Programmes dédiés pour 2022-2026 31 Tableau 4. Projections budgétaires du MEPA 2022-2026 (FCFA) 40 Tableau 5. Projections budgétaires du MEPA 2022-2026 – Totaux (FCFA) 40

  12. 1. LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES ADPME Agence pour le Développement des Petites et Moyennes Entreprises ANCAR Agence Nationale du Conseil Agricole et Rural ANIPL Association Nationale pour l’Intensification de la Production Laitière ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie APE Accords de Partenariat Economique APIX Agence pour la Promotion de l’Investissement et des Grands Travaux ASUFOR Association des Usagers des Forages AVSF Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières BNDE Banque Nationale pour le Développement des Entreprises BCI Budget Consolidé d’Investissement BFPE Bureau de la Formation Professionnelle en Élevage BID Banque Islamique de Développement BOS-PSE Bureau Opérationnel de Suivi du Plan Sénégal Émergent CAR Conseil Agricole et Rural CASE Cadre harmonisé de Suivi - Évaluation CDSMT Cadre de Dépenses Sectorielles à Moyen Terme CEDEAO Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest CEPSE Cellule d’Etude, de Planification et de Suivi-Evaluation CFP Centre de Formation Professionnelle et Technique CIMEL Centre d’Impulsion pour la Modernisation de l’Élevage CLM Cellule de Lutte contre la Malnutrition COVID-19 Maladie à Coronavirus 2019 CMS Crédit Mutuel du Sénégal CNAAS Compagnie Nationale d’Assurances Agricoles du Sénégal CNCAS Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal CNCR Conseil National de Concertation et Coopération de Ruraux CNFTEIA Centre National de Formation des Techniciens de l’Élevage et des Industries Animales CRETEF Centres Régionaux d’Enseignement Technique Féminin CRZ Centre de Recherches Zootechniques CSE Centre de Suivi Écologique DAGE Direction de l’Administration Générale et de l’Équipement DAOA Denrées Alimentaires et d’Origine Animale DDPD Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses DDE Direction du Développement des Équidés DDSP Direction de Développement du Secteur Privé DER-FJ Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes DIA Direction des Industries Animales DINFEL Directoire National des Femmes en Elevage DIREL Direction de l’Élevage DRDR Direction Régionale du Développement Rural DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DSV Direction des Services vétérinaires ECOWAP Politique Agricole de la CEDEAO Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 EISMV Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires ENSA Ecole Nationale Supérieure d’Agriculture FADR Fonds d’Appui au Développement du Secteur rural FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture FKSA Fonds koweitien pour la Sécurité Alimentaire FNCF Fonds National de Crédit aux Femmes FNDASP Fonds National de Développement Agrosylvopastoral FNRAA Fonds National de Recherches sur l’Agriculture et l’Agroalimentaire FONAMIF Fonds National de la Microfinance FONSTAB Fonds d’Appui de Stabulation FONGIP Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires FONSIS Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques FtF Feed the Future GAR Gestion Axée sur les Résultats GES Gaz à Effets de Serre GIE Groupement d’Intérêt Economique GOANA Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance ISEP Institut Supérieur d’Enseignement Professionel IFSA Institut de Formation Supérieure en Agriculture ISFAR Institut Supérieur de Formation Agricole et Rurale ISRA Institut Sénégalais de Recherches Agricoles ITA Institut de Technologie Alimentaire HCNSSM Haut-Conseil National pour la Sécurité Sanitaire Mondiale LB Laiterie du Berger LBA La Banque Agricole LNERV Laboratoire National de l’Élevage et de Recherches vétérinaires LOASP Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale LP Lettre de Politique LPDE Lettre de Politique de Développement de l’Élevage LPSD Lettre de Politique Sectorielle de Développement LPSDEL Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage MAER Ministère de l’Agriculture et de l’Equipement Rural MDE Maison des Eleveurs MEPA Ministère de l’Élevage et des Productions Animales MEPCI Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale MFB Ministère des Finances et du Budget NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique NMA Nouvelles Minoteries Africaines - Sanders OAC Ouefs à Couver ODD Objectifs de Développement Durable ODVS Ordre des Docteurs Vétérinaires du Sénégal OH One health – Une seule santé OIE Organisation Mondiale de la Santé Animale OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement ONG Organisation Non Gouvernementale ii Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 OPE Organisation des Professions en Élevage ONFP Office National de Formation professionnelle PADAER Projet d’Appui au Développement Agricole et à l’Entreprenariat Rural PADV Projet d’Aménagement et de Développement Villageois PAPEL Projet d’Appui à l’Élevage PAP2A Plan d’Actions Prioritaires Ajusté et Accéléré PAPF Projet d’Auto-Promotion Pastorale dans le Ferlo PARC Campagne Panafricaine de Lutte contre la Peste Bovine PASA Programme d’Ajustement Sectoriel de l’Agriculture PCAE Programme de Compétitivité de l’Agriculture et l’Elevage PDDAA Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture en Afrique PDESOC Projet de Développement de l’Élevage au Sénégal Oriental et en Haute Casamance PGIES Projet de Gestion Intégré des Écosystèmes du Sénégal PIB Produit Intérieur Brut PNDE Plan National de Développement de l’Elevage PNDN Politique Nationale de Développement de la Nutrition PNIA Plan National d’Investissement Agricole POAS Plan d’Aménagement et d’Occupation des Sols PRADELAIT Projet d’Appui au Développement de la Filière Lait PRAPS Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel PRODAM Projet de Développement Agricole de Matam PROGEBE Projet de Gestion durable du Bétail ruminant endémique PRONAM Projet National d’Autosuffisance en Moutons PSAOP Programme des Services Agricoles et Organisations de Producteurs PSE Plan Sénégal Emergent PSE-J Programme Sénégalais de l’Entrepreneuriat des Jeunes PSIA Programme Spécial d’Insémination Artificielle PSMN Plan Stratégique Multisectoriel nutritionnel PSP Projet de Sécurisation de l’Élevage Pastoral dans la région de Matam PSS Projet d’Appui aux Réformes et Politiques Agricoles PTA Programme de Travail Annuel PVS Performances des Services Vétérinaires RCSA Revue conjointe du Secteur agricole REDISSE Renforcement des Systèmes de Surveillance des Maladies en Afrique de l'Ouest RGPHAE Recensement Général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage RNA Recensement Général de l’Agriculture RNAE Recensement National de l’Agriculture et de l’Élevage RNE Recensement National de l’Élevage RSI Règlement Sanitaire International SECNSA Secrétariat Exécutif du Conseil National de la Sécurité Alimentaire SENTA Sénégal Tannerie SEDIMA Sénégalaise de Distribution de Matériel Agricole SFD Services Financiers Décentralisés SIGEL Système d’Information et de Gestion de l’Élevage SNSE Système National de Surveillance Epidémiologique iii Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 SNSSA Stratégie Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments SNPS Stratégie Nationale de Protection Sociale SNSAR Stratégie Nationale de Sécurité Alimentaire et de Résilience SRP Stratégie de Réduction de la Pauvreté STD Services Techniques Décentralisés TCI Taxe Conjoncturelle à l’Importation TDP Taxe Dégressive de Protection TEC Tarif Extérieur Commun 3FTP Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique UA Union Africaine UAM Université Amadou Makhtar Mbow UASZ Université Assane Seck de Ziguinchor UCAD Université Cheikh Anta Diop UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine UIMCEC Union des Institutions Mutualistes Communautaires d'Epargne et de Crédit UGB Université Gaston Berger USAID United States Agency for International Development USSEIN Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niasse VA Valeur Ajoutée ZLECAF Zone de Libre-Échange Continentale Africaine iv

  13. 2. AVANT-PROPOS L’élevage demeure pour le Sénégal un secteur essentiel de l’économie nationale. Il est structuré en filières stratégiques avec des segments à différents niveaux de développement, de professionnalisation et d’intégration horizontale et verticale. Or, les capacités de réponse de l’offre nationale à la demande en produits animaux et d’origine animale des populations sont toujours fluctuantes et incertaines face au changement climatique, aux risques sanitaires, aux incertitudes de l’environnement institutionnel qui peuvent être entretenues par la faiblesse générale des interprofessions et organisations d’acteurs dans les filières animales1. Dans ce contexte il est fondamental de mettre en œuvre des politiques publiques en adéquation avec les nombreux défis qui se posent à l’élevage sénégalais en termes de souveraineté alimentaire, nutrition, durabilité, contribution à la croissance économique et en particulier de création d’emplois et de niches d’insertion socio-économique des couches vulnérables notamment des jeunes et des femmes en en tenant compte des orientations du Gouvernement du Sénégal, du PSE/PAP2A et des conséquences de la COVID-19 dans le secteur de l’élevage. A ce titre, la présente version de la Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage (LPSDEL)2 2022-2026, a été élaborée avec l’appui du Projet USAID Feed the Future Sénégal - Appui aux Réformes et aux Politiques Agricoles (FtF-PSS) qui a permis le recrutement de consultants. Dans le cadre de l’élaboration de cette LPSDEL, il s’est agi de : 1. de dresser un diagnostic inclusif et participatif du secteur de l’Élevage sur la base : (i) de l’évaluation de la Lettre de Politique de Développement (LPDE) 2017-2021, (ii) d’études thématiques telles que les études d’impact de la Covid-19 sur les filières animales, (iii) de l’évaluation de la mise en œuvre des réformes et des mesures engagées entre 2014-2021. 2. de définir de manière participative et inclusive les stratégies à mettre en œuvre entre 2022 et 2026 basées sur le diagnostic, articulées au Plan National de Développement de l’Élevage réajusté et prenant en compte le contexte local (territorial), sous-régional, continental comme international des systèmes alimentaires 3. d’identifier les résultats prioritaires, les indicateurs y afférents ainsi que des mécanismes de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Un travail de proximité et de consultations a été mené avec les acteurs clés non-étatiques des filières prioritaires du secteur de l’élevage (secteur privé, interprofessions et catégories socioprofessionnelles, etc. au niveau central comme celui local). Des mécanismes flexibles de consultation, partage et appropriation ont été utilisés pour impliquer les partenaires du secteur privé, les organisations professionnelles et interprofessionnelles en plus des consultations avec le Comité de pilotage et le Comité technique créés par le MEPA respectivement par arrêtés n° 023638 et n° 023639 du 7 juillet 2021. Outre les entretiens avec les services centraux, structures partenaires, de larges consultations multi-acteurs et régionales ont été organisées suivant les zones agro-écologiques avec les 1 Pour ce travail, il ne sera pas fait de différence entre chaîne de valeur et filière. Cependant le terme filière est préféré car il est plus connu et utilisé par les acteurs du secteur de l’élevage 2 Étant donné que le sigle LPSDE est déjà utilisé par un autre ministère le sigle LPSDEL sera utilisé pour la lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage. Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 acteurs des filières dont les agents des structures déconcentrées du MEPA pour mieux tenir compte des spécificités tant des filières que des zones agro-écologiques du Sénégal. La présente LPSDEL est déclinée à partir de : i) l’identification du contexte du PSE, du PAP2A, du Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes et du PNDE afin de garder le cadrage des politiques publiques nationales de même que les orientations des politiques sous- régionales, continentales et internationales en lien avec les systèmes alimentaires et l’élevage. ii) La revue de la littérature à partir de la documentation de projets/programmes du MEPA (PRAVIS, PRADELAIT, PRONAM….), de IPAR sur l’impact de la COVID 19 sur les filières animales et autres documents, dans le but de rassembler les données secondaires disponibles sur le secteur de l’élevage, les systèmes d’élevage et les filières. iii) l’analyse des résultats de la LPDE 2017-2021, des programmes budgétaires et des programmes et projets exécutés, la mise en œuvre des réformes et mesures engagées entre 2017 et 2021, des données de la comptabilité nationale en relation avec l’élevage, des informations et prévisions statistiques de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), des statistiques douanières, du Commerce, et celles relatives au financement public consenti dans le secteur pour la période 2017- 2021 et le niveau de mobilisation des ressources financières en comparaison aux besoins d’investissement identifiés en 2017, l’évaluation du niveau de l’investissement privé pour la période 2017-2021, les crédits accordés durant la même période par les structures de crédit (LBA, CM, DER, FONSTAB, etc.) ; Il a été ainsi procédé à un diagnostic et une analyse inclusifs et participatifs du secteur en s’appuyant sur le dispositif central et déconcentré du MEPA, les organisations de producteurs et leurs interprofessions afin de veiller à une prise en compte des besoins spécifiques des systèmes d’élevage et des principales filières. Les filières retenues après validation par le comité de pilotage pour orienter la collecte d’information et le diagnostic et focaliser la LPSDEL sont les filières prioritaires, à savoir i) bétail-viande (bovins, petits ruminants) ; ii) lait et produits laitiers ; iii) aviculture (familiale, industrielle, moderne, semi-industrielle) ; iv) équidés ; v) cuirs et peaux ; vi) porciculture ; et vii) apiculture. Les intrants principalement l’alimentation et les prestations vétérinaires et zootechniques ont été pris en compte au niveau des filières de produits. Le processus a permis de dégager une vision et un objectif global et un listing argumenté des axes stratégiques, programmes, lignes d’actions et actions qui découlent du diagnostic et de l’analyse des forces, faiblesses, opportunités, menaces et qui permettent de pouvoir maximiser les forces et les opportunités et minimiser les faiblesses et les risques. A la suite de la validation de la LPSDEL, un plan d’action pour 2022-2026 sera développé avec les résultats attendus, des actions et activités ou projets, les acteurs responsables, les acteurs impliqués, les durées spécifiques, un chronogramme et un projet de budget.

  14. 3. REMERCIEMENTS Le MEPA remercie les consultants pour l’excellent travail réalisé et le projet FtF-PSS pour leur appui. Il remercie également les membres du Comité de pilotage et du Comité technique ainsi que toutes celles et tous ceux qui ont contribué à l’élaboration de ce document. ii Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026

  15. 4. RÉSUMÉ L’élevage est pour le Sénégal un secteur essentiel de l’économie nationale. Il est structuré en filières stratégiques avec des segments à différents niveaux de développement, de professionnalisation et d’intégration horizontale et verticale. Or, les capacités de réponse de l’offre nationale à la demande en produits animaux et d’origine animale des populations sont toujours fluctuantes et incertaines face au changement climatique, aux risques sanitaires, aux incertitudes de l’environnement institutionnel qui peuvent être entretenues par la faiblesse générale des interprofessions et organisations d’acteurs dans les filières animales. Dans ce contexte il est fondamental de mettre en œuvre des politiques publiques en adéquation avec les nombreux défis qui se posent à l’élevage sénégalais en termes de souveraineté alimentaire, nutrition, durabilité, contribution à la croissance économique et en particulier de création d’emplois et de niches d’insertion socio-économique des couches vulnérables notamment des jeunes et des femmes en en tenant compte des orientations du Gouvernement du Sénégal, du PSE/PAP2A et des conséquences de la COVID-19. Vision En référence aux orientations de la politique économique et sociale définies dans le PSE, en ligne avec le Plan National de Développement de l’Élevage (2017-2031), la vision de l’Élevage à l’horizon 2035 est : « Un secteur de l’Élevage compétitif, contribuant de manière durable à la souveraineté alimentaire et à la croissance de l'économie nationale». La vision décline pour l’élevage la nécessité d’une satisfaction durable des besoins alimentaires et nutritionnels du Sénégal, d’une contribution positive des productions animales à l’équilibre de sa balance des paiements, d’une gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité et d’une optimisation des ressources des systèmes d'élevage et du fonctionnement des filières animales. Ainsi la LPSDEL se veut résolument plus explicite en termes de i) souveraineté alimentaire ; ii) création et consolidation d’emplois ; iii) insertion socio-économique inclusive surtout pour les femmes et les jeunes ; iv) promotion d’un entreprenariat profitable et porteur de croissance ; v) gestion intelligente des ressources naturelles et de la biodiversité pour leur durabilité. Par ailleurs, en ligne avec le PAP2A, des programmes territorialisés doivent répondre, intégrer et exploiter les supports et mécanismes locaux de gouvernance découlant de l’Acte III de la décentralisation en exploiter pleinement les opportunités de développement des systèmes de production et des filières au niveau local ou territorial des communes et des régions. La PSDE doit ainsi refléter les avantages et différences agro-écologiques mais aussi, matérialiser les choix publics de gouvernance et d’aménagement du territoire. Mission Le pilotage du secteur de l’élevage est assuré par le Ministère de l’Élevage et des Productions Animales (MEPA) qui doit: « Mettre en place des stratégies et programmes visant l’augmentation et la sécurisation des productions animales et l’amélioration de leur qualité et promouvoir l’identification et le développement de filières porteuses, afin de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ». Dans le prolongement des valeurs inscrites dans la Constitution du Sénégal, la LPSDEL articule i. la performance et la rentabilité des interventions dans le sous-secteur, ii. la solidarité de ses acteurs et de ceux des autres secteurs connexes, iii. l’équité sociale et l’inclusion pour le développement humain et la répartition des ressources ; iv. la bonne gouvernance du secteur, v. la gestion déconcentrée et décentralisée pour valoriser les avantages agro-écologiques, et, iii Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 vi. la prise en compte des stratégies nationales transversales notamment celles relatives à la Nutrition, à la Sécurité alimentaire, au Développement durable et au Genre. Principes d’actions La politique sectorielle de développement de l'élevage repose fondamentalement sur la promotion de filières d’élevage porteuses et motrices selon les zones agro-écologiques d’une part et d’autre part sur le renforcement des systèmes pastoraux et agropastoraux pour les rendre plus efficaces, inclusifs et résilients. Dans le cadre de l’augmentation de la productivité, il s’agit de lever les contraintes majeures au développement, de porter les productions au niveau des pays africains les plus performants, tout en améliorant l’efficacité et la qualité pour induire une baisse des coûts de production et de transformation des produits d’origine animale, et obtenir des gains de compétitivité en tenant compte de la gestion optimale des écosystèmes. Pour ce faire, une stratification structurante de l’élevage au Sénégal est projetée en 3 zones principales avec chacune une orientation prioritaire spécifique et des systèmes et spéculations qui en découlent. i) les territoires sylvo-pastoraux orientés vers la sécurisation et la réduction de la vulnérabilité par l’appui à la résilience et la gestion durable de systèmes extensifs ; ii) les territoires agricoles orientés vers la consolidation et la diversification pour promouvoir des systèmes agro-pastoraux avec une intégration spatiale et fonctionnelle de l'élevage familial mixte et intégré mais aussi l’amélioration des élevages à cycle court de type traditionnel ; iii) les territoires périurbains tournés vers l’intensification et l’expansion de systèmes intensifs et commerciaux de productions animales renforcés par une intégration verticale production-transformation-distribution de l’aviculture intensive et de niche, la production laitière intensive, l’embouche ovine, caprine et bovine et l’élevage porcin en intensif. Chaque zone pourra être scindée en sous-zones pour affiner la stratification, faciliter le choix des activités et les mettre en cohérence suivant les réalités locales et enfin cibler les bénéficiaires prioritaires selon leurs savoirs endogènes, leur savoir-faire, leurs compétences acquises grâce aux projets et structures d’encadrement et également leurs aspirations. Un environnement régional favorable aux affaires et à l’entrepreneuriat en élevage et un environnement des affaires mobilisateur pour les investisseurs, entrepreneurs, néo-entrepreneurs jeunes et femmes complètent le paradigme. Objectif global et objectifs spécifiques L’objectif global sectoriel est de « Contribuer à la souveraineté alimentaire et à une croissance inclusive de l'économie nationale par l'accroissement durable des productions animales, l'amélioration de la compétitivité des filières et le renforcement de la gouvernance du secteur ». Du fait des enjeux en cours dans le secteur de l’élevage, six objectifs spécifiques sont fixés à travers la mise en œuvre des axes stratégiques de la présente politique sectorielle :  Objectif spécifique 1 : Améliorer la sécurisation et la gestion des systèmes d'élevage pastoraux, agropastoraux et périurbains ;  Objectif spécifique 2 : Accroître durablement la productivité et les productions animales ;  Objectif spécifique 3 : Renforcer la santé animale et la santé publique vétérinaire ;  Objectif spécifique 4 : Améliorer la valorisation des produits animaux ;  Objectif spécifique 5 : Améliorer l'accès aux marchés ; iv Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  Objectif spécifique 6 : Renforcer la gouvernance, le partenariat et la coopération dans le secteur. Programmes et lignes d’action Selon la logique renouvelée par le MEPA, la LPSDEL se décline en 4 programmes avec des lignes d’actions prioritaires. La prise en compte des zones agro-écologiques découlera du croisement entre les spécificités et avantages comparatifs de chaque zone d’une part et d’autre part le type de filière ou segment de filière à considérer. Programme 1. Productions animales et gestion durable des systèmes d’élevage  Renforcement des infrastructures et équipements de production ;  Amélioration du potentiel et de l’utilisation des ressources génétiques animales ;  Promotion des pratiques d’élevage adaptées, améliorées et intensives ;  Renforcement de la gestion concertée des ressources pastorales ;  Amélioration des parcours naturels du bétail et de l’accès aux aliments concentrés ;  Renforcement des aménagements, infrastructures et équipements pastoraux ;  Renforcement de la sécurité alimentaire du cheptel ;  Renforcement de la résilience des systèmes d’élevage Gestion de l’impact environnemental de l’élevage ;  Renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations pastorales vulnérables. Programme 2. Santé animale et santé publique vétérinaire  Amélioration de la santé animale ;  Protection de la santé publique ;  Promotion du bien-être animal. Programme 3. Valorisation et mise en marché des produits animaux  Renforcement des infrastructures et équipements de commercialisation ;  Amélioration de la commercialisation de produits de l’élevage, des intrants en santé animale et zootechniques, du matériel d’élevage ;  Développement et diffusion des techniques et technologies pour la diversification et l’innovation. Programme 4. Gouvernance, Pilotage, gestion et coordination  Renforcement des capacités d’intervention des services d’élevage ;  Amélioration de l’environnement des affaires et de l’entrepreneuriat ;  Appui à la professionnalisation des acteurs des filières animales ;  Amélioration des investissements en faveur du secteur ;  Amélioration de l’accès à un crédit adapté et à l’assurance ;  Adaptation du cadre législatif et réglementaire du secteur ;  Renforcement du système d’information et de communication, de planification, de suivi-évaluation ;  Renforcement de l’intégration du genre dans les interventions sectorielles. Financement Le budget total du MEPA durant la période de mise en œuvre de la LPSDE 2022-2026 est évalué à 242,138 milliards de FCFA. Ce montant est très ambitieux en comparaison des niveaux de financement public dans la LPSDE précédente. Il reste cependant réaliste compte tenu du v Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 dynamisme du secteur et des opportunités de ressources attendues avec l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz. Le soutien aux productions animales concentre 77% des investissements contre 18% prévus pour la santé animale et la santé publique vétérinaire et 3% pour la coordination et la gestion. Cadre d’exécution L’existence du MEPA est un atout qui permet un ordonnancement cohérent de l’intervention des institutions publiques nationales et de la participation de toutes les entités impliquées et partenaires. Cet ordonnancement sert de socle pour la coordination des interventions entre les différentes filières et zones d'élevage ainsi que pour la coopération sous-régionale et l'intégration. Il reste cependant que l’exécution optimale des actions de la présente LPSDEL dépend de la conduite de refontes institutionnelles pour mieux intégrer la politique de décentralisation, la prise en compte des spécificités agro-écologiques, la responsabilisation des organisations des producteurs acteurs des filières et de leurs interprofessions, des mécanismes décentralisés de promotion du secteur privé au niveau décentralisé et du rééquilibrage des missions de services publics. La mise en œuvre de la LPSDEL s’appuiera sur le dispositif du MEPA et sur toutes les autres parties impliquées dans les activités d’élevage aux niveaux local et territorial, national, régional (UEMOA, CEDEAO, Union africaine) et international, avec pour souci de développer des synergies dans le cadre d’une démarche systémique. La supervision sera faite par un Comité de pilotage présidé par le MEPA dans lequel siégeront ses services techniques et ceux des ministères et organes partenaires. Le comité de pilotage s’appuiera sur un comité technique de suivi-évaluation. L’information à collecter sera remontée de façon ascendante de structures déconcentrées du MEPA au niveau central ainsi que des structures des partenaires. La CEPSE, qui a en charge la coordination du système statistique et le suivi-évaluation sera responsable de la coordination, de la collecte, du traitement, de l’analyse et du stockage des données, en rapport avec l’ensemble des services du MEPA impliqués dans la mise en œuvre du Système d’information et de Gestion de l’Élevage (SIGEL) et en exploitant les autres sources d’information disponibles. vi Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026

  16. 5. INTRODUCTION Assurer d’une manière durable une alimentation suffisante pour nourrir une population estimée en 2050, à plus de 9,73 milliards3 de personnes reste le principal défi partagé par tous les pays de la planète. En Afrique subsaharienne où la faim touche près de 235 millions de personnes4, l’acuité de la question est encore plus poussée et les États ont l’obligation de garantir aux populations l’accès à des denrées alimentaires en quantité et en qualité suffisantes et aux moyens nécessaires pour se nourrir correctement. Au Sénégal, la volonté politique a été clairement exprimée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), qui a été adopté en février 2014, avec comme ambition de favoriser une croissance économique à fort impact sur le développement humain. La vision du PSE doit être traduite en résultats concrets, dont la transformation de la structure de l’économie pour soutenir une dynamique de croissance forte et durable.

  17. 6. CONTEXTE Le secteur de l’élevage joue un rôle socio-économique de premier plan au Sénégal comme source d’aliments, d’emplois et de richesses. Avec des effectifs de 3,7 millions de bovins, 7,7 millions d’ovins et 6,0 millions de caprins en 2020 (MEPA, 2021), il contribue à hauteur de 3,4% et de 21,0%, respectivement, à la valeur ajoutée du secteur primaire et au PIB (ANSD, 2021). Au Sénégal, l’activité d’élevage est pratiquée par près d’un tiers des ménages sénégalais, soit 550 000 ménages (MEPA, 2019) auxquels elle offre de grandes opportunités en termes de revenus, d’emplois et de renforcement de leur résilience face aux différents chocs et crises. En cela, le secteur de l’élevage contribue à la couverture des besoins en protéines et autres nutriments d’origine animale, mais également aux dépenses liées notamment à la santé, l’éducation et autres besoins domestiques. Toutefois, les performances du secteur de l’élevage sont en dessous des attentes. Il en est de même pour la consommation des denrées d’origine animale qui est encore très faible en comparaison aux normes internationales. Le potentiel de création d’emplois et de résorption du chômage des populations notamment des jeunes qui, en 2018, représentaient 62,6% des chômeurs sénégalais (ANSD, 2021), est également sous-exploité. Ainsi, pour l’année 2020, la consommation nationale de viande par habitant est estimée à 18 kg contre une moyenne mondiale de 42,9 kg alors que pour le lait, la consommation nationale par habitant est de 42 l en 2020 contre 90 l par habitant selon les recommandations de la FAO. Cette consommation de produits animaux reste fortement tributaire des importations qui ont représenté en 2020 62% des produits laitiers consommés au Sénégal. Pour la viande, l’essentiel des importations est composé d’animaux sur pied provenant des pays de la sous- région (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina) notamment lors d’évènement comme la Tabaski (MEPA, 2021). La valeur du cheptel sur pied du Sénégal est estimée à 847,48 milliards de francs CFA, dont près de 585 milliards de francs CFA concerne le seul cheptel ruminant5. Les indicateurs macroéconomiques font état d’une augmentation de la valeur ajoutée de l’élevage de 2,7% 3 Estimations des Nations Unis-Révision 2019 4 FAO,2019 5 PNDE, décembre 2016. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 1 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 en 2018 en termes réels après des hausses de 3,5% en 2017 et de 8,7% en 2016. Toutefois, son poids dans le secteur primaire a connu de légers replis entre 2016 et 2018. En effet, estimé à 27,9% de la valeur ajoutée globale du secteur primaire en volume, le poids de l’élevage s’est situé en 2017 et en 2018 à 25,4% et 23,7%, respectivement. Comme dans le secteur primaire, la part de l’élevage dans le Produit Intérieur Brut (PIB) a enregistré des baisses, passant de 4,0% du PIB nominal en 2016 à 3,8% en 2017, puis à 3,6% en 2018 et 4,4% en 2019 alors que la contribution à la valeur ajoutée (VA) de l’agriculture au sens large a été de 24,3% en 2020. En terme nominal, la VA créée par le secteur de l’élevage s’est établie à 460 milliards de FCFA en 2018. Les importations de produits laitiers ont augmenté en 2017, en effet, elles sont passées de 29 773 tonnes à 30 618 tonnes entre 2016 et 2017, soit une augmentation de 2,8%. Cette dernière est principalement imputable au lait en poudre qui représente l’essentiel des importations de produits laitiers avec plus de 93%6. L’élevage est un moyen de subsistance déterminant pour les populations. Il revêt une importance stratégique pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’où les efforts fournis pour augmenter le niveau de sa part dans les investissements pour le secteur de l’agriculture à au moins 10% du budget national, conformément aux engagements des Chefs d’État à Maputo, en 2003 et à Malabo, en 2014. L’analyse de l’évolution de la Formation Brute de Capital Fixe privée du secteur de l’Élevage qui est passée de 800 milliards de FCFA à 1421 milliards de FCFA entre 2005 et 2014, soit une hausse de 78% montre l’engouement des acteurs pour l’élevage au Sénégal notamment pour les chaînes de valeur « produits animaux », comme le lait, les produits avicoles et la viande rouge. Le secteur de l’élevage fait face à des difficultés qui ralentissent son développement. En effet, son poids dans le PIB (3,6% en 2018) ainsi que sa contribution à la croissance (0,1% pour un PIB qui a progressé de 6,4%) reste relativement faible par rapport au potentiel du secteur. C’est pourquoi l’élevage figure parmi les secteurs prioritaires et un moteur de la croissance du Plan Sénégal Émergent (PSE). Le dynamisme des filières locales pourrait s’expliquer ainsi en partie par l’accompagnement du secteur privé même si la faiblesse de la structuration des interprofessions ne permet pas encore de disposer de statistiques propres à leurs activités. C’est ce qui explique que l’accompagnement du secteur privé doit être une priorité plus affirmée du MEPA qui devrait renforcer les filières classiques (viande, lait, volaille, miel) et surtout les segments de filières émergentes (élevage des moutons de race, apiculture, transformation des produits animaux, production de denrées alimentaires d’origine animale, etc.). Des allocations budgétaires sont nécessaires après une bonne identification des leviers qui permettent d’accompagner ces filières. Aujourd’hui, le secteur de l’élevage est en pleine mutation et on note une véritable dynamique organisationnelle chez les acteurs qui s’impliquent davantage dans le développement dudit secteur. En rapport avec le désengagement de l’Etat des activités productives et marchandes, la nouvelle dynamique de territorialisation des politiques publiques y est impulsée par l’acte III de la décentralisation. 6 ANSD, 2018. Situation Économique et Sociale du Sénégal Ed. 2017/2018, Élevage LPSDEL 2022-2026 – MEPA 2 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Depuis 2013, le MEPA s’est doté d’un Plan national de développement de l’élevage (PNDE) qui est une disposition de la LOASP qui a ensuite fait l’objet d’une actualisation en vue d’une meilleure articulation avec le PSE. Le degré de mise en œuvre des politiques d’élevage et la nature des investissements publics et privés dans le secteur reposent sur l’option prise dans le PNDE du scénario 3 « Élevage des filières productives »7 qui semble le mieux en phase avec le PSE. Pour la composante « Élevage », les orientations stratégiques définies visent à accélérer le développement des filières animales. A cet effet, il a été retenu qu’une approche intégrée favorisant le développement des filières animales soit adoptée et appuyé par une promotion accélérée des filières appuyée sur :  l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières animales ;  la création d’un environnement favorable au développement des systèmes d’élevage ;  le renforcement des infrastructures de transformation, de conservation et de commercialisation des produits animaux, avec une meilleure intégration de la filière industrielle ;  l’amélioration de la structuration et de la connexion des segments industriels et familiaux des filières lait local, bétail-viande, aviculture et cuirs et peaux. Sur la base du PNDE, le MEPA a élaboré au dernier trimestre 2016 la Lettre de Politique de Développement de l’Élevage (LPDE) pour la période 2017-21, conformément aux nouvelles dispositions de l’UEMOA. Ladite lettre a été le fondement des interventions dans le secteur. La crise sanitaire liée à la COVID -19, dont les premiers cas au Sénégal ont été identifiés en mars 2020, a mis en exergue plus que par le passé la forte dépendance à l’extérieur du Sénégal pour satisfaire ses besoins alimentaires. La pandémie a également impacté l’économie nationale, dont le taux de croissance est passé de 6,2% (sur la période 2014-2019) à 1,5% en 2020 (MEPC, 2020), et plus particulièrement l’ensemble des filières animales (Missohou, 2020 ; Ly, 2020). La présente lettre de politique sectorielle de développement (LPSDEL) prend le relais pour la période 2022-26 en intégrant les actualisations découlant de la situation du sous-secteur de l’élevage et de ses performances ainsi que les objectifs généraux de développement et différents cadres de référence en objectifs sectoriels de moyen terme, notamment le PSE. La LPSDEL 2022-26 trace la voie pour atteindre les résultats qui sont assignés au secteur de l’élevage pour la réalisation des objectifs de développement définis dans le PNDE et le PSE.

  18. 7. SITUATION DE L’ÉLEVAGE DANS LE MONDE ET EN AFRIQUE En 2020, la production mondiale de viande a été de 333 millions de tonnes et a connu une croissance de 1% de 2017 à 2020, du fait entre autres, d’une contraction de 1,7% entre 2019 et 2020 due à la pandémie de la COVID-19. Le croît annuel de la production de lait a été plus marqué de 837 à 906 millions de tonnes soit 2,4% de même que celui de la production d’œufs de 74,2 en 2017 à 82 millions de tonnes en 2019, soit 3,5%. Ces performances sont surtout portées par les pays en développement, puisque dans les pays développés la demande en denrées d’origine animale stagne, à un niveau cependant élevé. Cette évolution devrait se maintenir pendant les prochaines années et ainsi accroitre la pression sur les ressources naturelles et la demande en provendes qui absorbe déjà plus de 40% des céréales récoltées dans le monde, sans compter les oléagineux (le tourteau de soja en particulier) et les autres 7 Plan National de Développement de l’Élevage (PNDE), décembre 2016. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 3 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 sous-produits agricoles et agro-industriels. L’augmentation de la demande devrait également renforcer la part des productions animales au changement climatique, qui, à son tour, pourrait accroitre la vulnérabilité de l’élevage. Dans ces conditions, l’atteinte de l’objectif du millénium de doublement de la production alimentaire mondiale deviendrait impossible sans une amélioration notable de l’efficacité alimentaire des animaux et de profonds changements dans les systèmes d’élevage. Aussi, Bruinisma (2003) estime-t-il qu’à l’horizon 2030, plus de 75% de la croissance des productions animales se produira dans les systèmes intensifs d’élevage. En Afrique subsaharienne, l’élevage joue un rôle socio-économique de premier plan car il contribue à hauteur de 35% au PIB agricole en plus de ses nombreux services non marchands (épargne, renforcement de liens sociaux, traction, fumier, etc.). De 2017 à 2020, la production de viande en Afrique est passée de 16 546 000 à 17 324 000 tonnes soit un croit annuel de 1,6% contre 42 952 000 à 46 446 000 tonnes (croit annuel de 2,7%) pour le lait et 3 328 000 à 3 549 000 tonnes (croît annuel de 2,2%) pour les œufs. En 2020, l’Afrique de l’ouest a représenté 17% de la production africaine de viande et est positionnée en 4ième place derrière l’Afrique du nord (29%), l’Afrique de l’est (24%) et l’Afrique australe (20%) mais devant l’Afrique centrale (10%). En ce qui concerne le lait, la production de l’Afrique de l’ouest a été de 10% contre 2% pour l’Afrique centrale, 10% pour l’Afrique australe, 33% pour l’Afrique du nord et 45% pour l’Afrique de l’est. Quant aux œufs, l’Afrique de l’ouest a occupé la 2nde position (28%) derrière l’Afrique du nord (40%) et a devancé l’Afrique australe (17%), l’Afrique de l’est (14%) et l’Afrique centrale (1%).

  19. 8. DIAGNOSTIC DU SECTEUR DE L’ELEVAGE AU SENEGAL Pour la période 2017-2021, la LPDE a contribué à l’évolution du secteur et les enseignements qui en sont tirés permettent de procéder à la formulation de la présente LPSDEL pour la période 2022-2026 afin de poursuivre les efforts et permettre d’atteindre les résultats assignés au secteur. 8.1. Forces du secteur de l’élevage Le secteur de l’élevage est caractérisé par des forces d’origine intrinsèque qui jouent sur son évolution. Ces forces sont de divers ordres.  Volonté politique de développer l’élevage La volonté politique de développer l’élevage est régulièrement renouvelée à travers les documents de politique et de stratégies (PNDE, LPDE 2017-2021) et en particulier dans le PSE qui a retenu l’élevage comme un secteur prioritaire. Cette volonté se manifeste dans le maintien d’un ministère plein dédié, avec un budget quasiment triplé entre 2008 et 2021 passant de moins de 10 à plus de 27 milliards de FCFA. Depuis 2014, l’institutionnalisation d’une Journée Nationale de l’Élevage offre l’occasion d’un dialogue direct entre le Président de la République et les acteurs du secteur. De plus, une Journée du Lait et plus récemment un Forum sur les opportunités d’investissements en élevage représentent des évènements majeurs dans le calendrier gouvernemental. Par ailleurs, suite à la pandémie de la COVID-19, le Plan d’Actions Prioritaires Ajusté et Accéléré (PAP2A), a réaffirmé le rôle essentiel de l’élevage dans la souveraineté alimentaire et dans la création d’emplois. Ainsi, les acteurs du secteur de l’élevage ont été rendues éligibles au fonds d’autonomisation et d’entreprenariat du Programme d’urgence pour l’insertion socio-économique des jeunes. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 4 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  Traditions pastorales confirmées et un cheptel important et variée La pratique de l’élevage est une tradition fortement ancrée au Sénégal et basée sur l’exploitation d’importants effectifs de cheptel et de volailles. En 2020, les bovins ont été estimés à 3 658 000, les ovins à 7 670 000, les caprins à 6 490 000, les équins à 579 000 et les volailles à 85 073 000 de têtes. Ce cheptel regroupe de nombreuses races locales, rustiques et bien adaptées aux différentes zones agro-écologiques, mais aussi des produits de croisement et des races exotiques. Les races exotiques sont rencontrées dans les systèmes semi-intensifs/intensifs qui sont en plein essor autour des grandes villes du Sénégal où certaines (cas de la volaille) donnent des résultats techniques proches de ceux rapportés dans leur pays d’origine.  Demande croissante en produits animaux Le Sénégal connait une croissance démographique marquée (2,7% en 2020) et une urbanisation forte (42% des sénégalais vivent dans les villes) qui sont les principaux moteurs d’une demande croissante en produits animaux (lait et produits laitiers, viande, œufs, miel). S’y ajoutent les exportations vers les pays de la sous-région (porcs, poussins, aliment bétail) et au-delà (cuirs et peaux, miel, cire). L’UEMOA, la CEDEAO et même l’Union Africaine (UA) à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constituent autant d’espaces potentiels d’exportation des produits animaux sénégalais.  Contribution avérée à la souveraineté alimentaire et nutritionnelle La nutrition, la protection sociale et la sécurité alimentaire sont parmi les priorités du Sénégal inscrites dans le PSE à partir duquel sont déclinés la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (SNSAR) (janvier 2016), le Programme National d’Appui à la Sécurité Alimentaire et la Résilience (PNASAR), la Stratégie Nationale de Protection Sociale (SNPS) élaborée en mai 2016 et le Plan Stratégique Multisectoriel de la Nutrition (PSMN) (juin 2017) qui est l’outil d’opérationnalisation de la Politique Nationale de Développement de la Nutrition (PNDN), la Stratégie Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments au Sénégal (2018-2035). Les denrées d’origine animale sont d’importantes sources d’énergie et de protéines indispensables au bon fonctionnement de l’organisme et à une croissance harmonieuse de l’enfant. Ces denrées sont également riches en micronutriments capables de combattre les carences nutritionnelles, en particulier, l’anémie qui touche 71% des enfants de 6 à 59 mois d’âge (MSAS, 2020) et la carence en zinc présente chez 58% des femmes et 42,8% des enfants. Ces raisons justifient la place centrale qui est accordée aux denrées d’origine animale dans la Politique Nationale de Développement de la Nutrition (PNDN).  Situation zoosanitaire assez satisfaisante Sur le plan zoosanitaire, le Sénégal a été déclaré indemne de Peste Bovine le 21 mai 2003. Par ailleurs, le MEPA organise des campagnes annuelles de vaccination de masse contre les maladies jugées prioritaires que sont la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la dermatose nodulaire contagieuse bovine, la peste équine et la maladie de Newcastle. Grace à son réseau d’épidémiosurveillance, un rapportage assez satisfaisant de la prévalence des principales maladies animales est réalisé. A cela il faut ajouter le bon maillage du pays par des services d’élevage publics avec 5 Directions au niveau central, 14 directions régionales de l’élevage et des productions animales, 45 services départementaux et 256 postes vétérinaires au niveau des Communes auxquels s’ajoutent les professionnels vétérinaires installés en clientèle privé. En 2020 ces derniers regroupaient 326 acteurs dont 155 agents techniques d’élevage, 45 ingénieurs des travaux d’élevage et 126 docteurs en médecine vétérinaire (MEPA, 2021). Par ailleurs, les services vétérinaires sénégalais disposent d’un Laboratoire national de l’Elevage et de Recherches vétérinaires (LNERV) et de 6 laboratoires régionaux de diagnostic et ont fait régulièrement l’objet d’évaluation et d’analyse des écarts LPSDEL 2022-2026 – MEPA 5 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 dans le cadre de missions d’évaluation des Performances des Services Vétérinaires (PVS) de l’OIE avec d’importants efforts mis en œuvre pour une mise en conformité avec les normes internationales.  Existence d’organisations professionnelles et interprofessionnelles Le secteur de l’élevage regorge d’une multitude d’organisations professionnelles intervenant à l’échelle nationale ou faitière, régionale, locale ou par filière. L’Interprofession Avicole du Sénégal (IPAS) est désormais enregistrée comme interprofession pour l’aviculture alors que dans les filières lait et bétail-viande, le processus de création est toujours en cours. Avec un renforcement approprié de leurs capacités, les organisations professionnelles pourraient jouer un rôle clé dans le développement de l’élevage. L'Association Nationale pour l'Intensification de la Production Laitière (ANIPL) en est un exemple qui, grâce à un partenariat public privé avec le MEPA a réalisé 3 opérations d’importation d’animaux à haut potentiel laitier de 1032 génisses gestantes en 2017, 1080 génisses gestantes et 173 caprins en 2019 et 1248 génisses gestantes et 300 caprins en 2021.  Présence de structures d’enseignement zootechnique et vétérinaire Le Sénégal abrite un important réseau d’instituts (EISMV, ENSA) et de facultés d’enseignements zootechniques et vétérinaires dans différentes universités (UGB, UAM, USSEIN, ISFA, UASZ, UCAD) ainsi que les Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel (ISEPs) de Thiès, Bignona, Matam et Richard-Tool qui forment les différentes catégories de cadres supérieurs, cadres intermédiaires et agents de base mis à la disposition du secteur de l’élevage. Cette offre de formation est étoffée par celles en productions animales des Centres Régionaux d’Enseignement Technique Féminin (CRETEF) présents dans tous les départements du Sénégal et redevenus CFP (centre de formation professionnelle) en 2016. Les autres parties prenantes de la formation agricole sont le Centre National de Formation des Techniciens en Élevage et en Industries Animales qui relève directement de la tutelle du MEPA et les Centres d’Impulsion et de Modernisation de l’Elevage (CIMEL)8 qui ont en charge la formation continue en production et en transformation animales. Notons que dans le cadre du PSE, a été mis en place le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT) doté de 20 milliards de francs CFA et qui offre à tous les jeunes sénégalais porteurs de projets ou souhaitant renforcer ses capacités, l’opportunité de pouvoir s’inscrire dans des programmes de formation professionnelle continue ou qualifiante avec une subvention à hauteur de 95 % du coût global de la formation.  Cadre de recherche zootechnique et vétérinaire diversifié L’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), à travers ses démembrements (Laboratoire Nationale d’Elevage et de recherches vétérinaires (LNERV), Centre de recherches zootechniques (CRZ) de Dahra et de Kolda) joue un rôle de premier plan dans la recherche zootechnique et vétérinaire. C’est notamment le cas du Laboratoire National de l’Élevage et de Recherches Vétérinaires (LNERV) qui est un laboratoire de référence de la FAO pour certaines pathologies animales et qui est spécialisé en production de vaccins. Le CRZ de Dahra abrite en son sein le CNAG en charge de la politique d’amélioration génétique bovine et de développement des biotechnologies de la reproduction d’une part, et, d’autre part, le Haras de Dahra spécialisé en insémination artificielle équine. De nombreuses autres institutions (Institut de Technologie Alimentaire (ITA), EISMV et facultés zootechniques de certaines universités) sont également impliquées dans la problématique de la recherche zootechnique et vétérinaire qui, au cours de cette dernière décennie, a été en partie financée par le Fonds National de Recherches sur l’Agriculture et l’Agroalimentaire (FNRAA). 8 Les CIMELs n’ont pas encore de statut formel. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 6 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  Marché en intrants zootechniques et vétérinaires et en équipement d’élevage bien approvisionné Le Sénégal dispose d’un marché fourni en intrants zootechniques où importateurs et industriels locaux se côtoient. Les importations concernent les céréales et tourteaux d’oléagineux destinés à l’alimentation animale, les œufs à couver pour la production de poussins d’un jour, les semences animales et hormones pour l’insémination artificielle et des animaux sur pied à haut rendement pour les systèmes intensifs. Certains de ces acteurs sont également spécialisés dans l’importation de matériel d’élevage parfois de pointe. De nombreuses centrales d’achat de médicaments vétérinaires assurent à travers les praticiens vétérinaires privés un accès correct des éleveurs aux médicaments vétérinaires. Quant aux industriels, ce sont surtout les provenderies et les couvoirs, essentiellement basés dans les Niayes mais dont la production est ventilée dans la plupart des localités du pays à travers des réseaux de dépôts de distribution. Certains industriels exportent leurs produits dans la sous-région. L’agriculture et l’agro-industrie génèrent de nombreux sous-produits agricoles (paille de céréales, fanes d’arachide) et agro-industriels (mélasse, graine de coton, tourteaux et coques d’arachide, sons de céréales, issues de cannes à sucre). A titre d’exemple, la quantité de paille de céréales (sorgho et mil) est estimée à 2,8 millions de tonnes sur la base de la production (140 000 et 570 000 tonnes, respectivement en 2017)9. Correctement valorisé, cette importante biomasse devrait couvrir une part non négligeable des besoins nutritionnels des animaux. 8.2. Faiblesses du secteur de l’élevage Plusieurs faiblesses d’ordre structurelle interagissent et contribuent à la faiblesse des performances du secteur. Elles peuvent être regroupées en 10 catégories.  Contraintes alimentaires Chez les herbivores, la faible disponibilité fourragère constitue la principale contrainte à l’amélioration de leur productivité. En effet, le fourrage abondant voire excédentaire pendant l’hivernage, devient rare et de faible qualité nutritionnelle pendant la saison sèche, avec comme conséquence une chute des productions. Le déficit fourrager est accentué par différents phénomènes à savoir : i. les feux de brousse qui consument une partie non négligeable du stock fourrager sur pied et qui sont unanimement décriés par les éleveurs ; ii. la réduction des terres de parcours en relation avec l’avancée du front agricole et les aménagements hydro-agricoles et qui est une source de conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs ; iii. l’insuffisance, l’obsolescence et les pannes récurrentes des infrastructures hydrauliques qui limitent l’exploitation optimale du disponible fourrager et iv. la prolifération au cours de ces dernières années dans la zone sylvopastorale d’une espèce envahissante du nom de Diodia scandens qui a tendance à coloniser et à appauvrir la quasi-totalité des pâturages situés sur l’axe Dahra-Doli, Boulal- Linguère. Pour combler le déficit fourrager, en plus des initiatives développées autour de la constitution de réserves fourragères, de l’amélioration de la qualité des fourrages grossiers (traitement à l’urée, bloc mélasse-urée), un accent particulier est, de plus en plus, mis sur les cultures fourragères. Dans les grandes fermes laitières elles constituent une pratique courante alors 9 Avec un ratio paille/grain compris entre 3 et 5 (Dugué, 1985) LPSDEL 2022-2026 – MEPA 7 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 que chez les petits éleveurs, les problèmes de logistique, de maitrise d’itinéraires techniques de production et de conservation de fourrages en ensilage à petite échelle, d’accès au foncier et à l’eau à moindre coût, pourraient en limiter le développement. Par ailleurs, le Sénégal dispose en grandes quantités de sous-produits agricoles et agro-industriels qui sont cependant insuffisamment valorisés en alimentation animale du fait de retards technologiques, d’une inaccessibilité fréquente pour les utilisateurs potentiels et des pertes post-récolte non négligeables. Quant à la production de provendes, elle fait appel à des matières premières qui, à l’exception du tourteau d’arachide et de la farine de poisson, sont importées. La cherté des matières premières sur le marché international, en particulier à la suite de la pandémie à COVID 19 s’est aggravée avec la crise en Ukraine et elle se répercute sur le prix des provendes et les prix de revient à la ferme des productions et accentue la compétitivité faible et incertaine de certaines filières animales au Sénégal.  Contraintes sanitaires Malgré les importants efforts consentis au Sénégal sur le plan sanitaire, l’élevage, continue de payer un lourd tribut aux maladies animales a) enzootiques (peste des petits ruminants, péripneumonie contagieuse bovine, charbon symptomatique, fièvre charbonneuse, rage, maladie de Newcastle, maladie de Marek, bronchite infectieuse, variole aviaire, peste porcine africaine, entérotoxémie ; b) émergentes et ré-émergentes (influenza aviaire hautement et faiblement pathogène, fièvre de la vallée du Rift) ; c) hydriques (distomatose le long des cours d’eau) et d) métaboliques (chez les laitières à haut rendement). Pour le diagnostic de ces pathologies, le Sénégal dispose du LNERV, qui ne relève de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et de 6 laboratoires régionaux au sein des services déconcentrés du MEPA qui ne sont pas pleinement opérationnels (PVS, 2019) et. Il s’y ajoute l’insuffisance de ressources humaines (au niveau public central et déconcentré), infrastructurelles (parcs de vaccination, enclavement des exploitations pastorales et agropastorales) et financières. De plus, le taux de couverture du programme de vaccination contre les maladies prioritaires a été en moyenne de 65% en 2018 avec des niveaux faibles comme pour la maladie de Newcastle avec 16% à très élevés comme pour la maladie nodulaire contagieuse bovine avec 110% (MEPA, 2019). En outre les contraintes sanitaires sont entretenues par l’absence de programme de déparasitage de masse (interne comme externe). Le Sénégal met en œuvre la stratégie mondiale d’éradication de la peste des petits ruminants (PPR) qui vise l’éradication de cette maladie en 2030. Une campagne nationale de vaccination des ovins et des caprins est organisée annuellement avec des résultats en progrès. La présence de maladies zoonotiques (tuberculose et brucellose) dans certaines localités et de mycotoxines dans des aliments pour bétail constituent aussi un problème de santé publique dans un contexte de faible contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et de non- systématisation de l’autorisation de fabrication et de mise en vente (code FRA). Le développement du marché illicite des médicaments associés à l’automédication sont des sources d’antibiorésistance considérée comme l’une des pires menaces sur la santé de l’humanité. Certaines de ces insuffisances relèvent de la vétusté et de la non-application des textes règlementaires des services vétérinaires. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 8 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  Contraintes génétiques Les races locales exploitées sont rustiques et bien adaptées à leur environnement mais leur productivité est faible. Pour combler cette faible productivité, des programmes de sélection animale ont été mis en place aux CRZ de Kolda et de Dahra avec des résultats plutôt mitigés. Quant au croisement pour la production laitière, il est confronté au faible nombre d’inséminateurs formés, à la qualité insuffisante de la formation et à l’absence de programmes de recyclage des inséminateurs. La traduction en est le faible taux de fertilité (42%) observé lors des campagnes d’insémination artificielle. Aussi, au cours de ces dernières années, un recours à l’importation d’animaux à haut potentiel laitier est fait mais les résultats (statut des animaux introduits et des métis, performances de production) sont peu connus du fait d’un système de suivi-évaluation des animaux importés peu fonctionnel. Le Sénégal fait partie des quelques rares pays de la sous-région à avoir promulgué une loi sur l’amélioration génétique10 et pris son décret11 d’application. Il a également mis en place le Centre National d’Amélioration Génétique (CNAG). Malgré ces efforts, le Sénégal ne dispose pas encore d’un programme national d’amélioration génétique et aucune stratégie de conservation des races animales locales n’est en place.  Contraintes liées à la commercialisation et à la transformation Les marchés à bétail, le plus souvent desservis par des pistes, sont en nombre insuffisant et sont sous-équipés (absence de clôtures, de quais de débarquement et d’embarquement) avec la vente des animaux largement réalisée à l’estime. De nombreux acteurs sont rencontrés le long de la filière bétail-viande rouge (intermédiaires comme les dioula, téfanké, chevillards, bouchers, distributeurs, dibitiers et autres gargotiers) et réalisent des marges confortables au niveau des différents maillons de la filière ce qui en grève la compétitivité. La transformation se limite le plus souvent à l’abattage dans les tueries, les aires d’abattage ou dans des abattoirs. Les quelques abattoirs disponibles se trouvent dans un état de vétusté très avancé qui nécessite d’importants investissements pour les réhabiliter. L’abattoir de Dakar, l’un des plus importants du pays est aujourd’hui rejoint par la ville et mérite d’être délocalisé. Les équipements de base (chaines d’abattage et de froid) mis en place depuis les temps coloniaux sont mal entretenus et peu renouvelés. Les abattoirs sauf ceux récemment mis en place comme à Dahra sont en voie de délabrement faute d’entretien et par manque de formation des usagers (USAID, 2011). Par insuffisance de personnel vétérinaire, des pans entiers de l’inspection des viandes (ante mortem par exemple) ne sont pas pratiqués systématiquement et peuvent même être abandonnés. Une telle situation entrainent des risques non négligeables pour la la santé publique. De même, les techniciens de surface sont en effectif réduit, ce qui retentit sur la qualité du nettoyage des abattoirs. Concernant les bouchers, faute de formation spécialisée en boucherie, la découpe se pratique de façon grossière car la viande est généralement ni désossée et ni dénervée). Le transport des carcasses vers les lieux de distribution se fait dans des conditions de transport peu hygiéniques (camions isothermes, taxis-brousse, véhicules personnels) avec des carcasses souvent posées à même le plancher des véhicules. Au niveau de la distribution de la viande, l’environnement des étals des bouchers et l’équipement ne permettent pas d’assurer une qualité hygiénique satisfaisante de la viande. Des défaillances dans l’application des mesures d’hygiène ont également été observées au niveau des dibiteries avec un taux élevé de viandes grillées contaminées et exposant ainsi les populations à des 10 Loi n° 2002-24 du 9 décembre 2002 portant sur l’amélioration génétique des espèces animales domestiques 11 Décret n° 2007-544 du 24 avril 2007 LPSDEL 2022-2026 – MEPA 9 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 risques de toxi-infection non négligeables (Yougbaré, 2014). Du fait de ses rigidités et de sa dispersion qui ne favorisent pas les économies d’échelles et la mutualisation des coûts de commercialisation en plus des aléas climatiques qui jouent sur la qualité des animaux, les prix de la viande rouge sont en hausse constante. Quant à la commercialisation des poulets sur pied, elle est largement dominée par les réseaux courts de commerçants du secteur informel (bana bana) qui servent d’interface entre les producteurs et les grossistes/détaillants des centres de consommation. Des abattoirs modernes ont été installés dans le triangle périurbain de Dakar-Thiès-Mbour et leur expansion se fait au rythme de celle des capacités de stockage et de transformation et de distribution auprès des supermarchés/superettes, hôtels, restaurants et autres points de vente de marchés et de quartiers. En ce qui concerne le lait, seulement 7% du lait cru produit en milieu rural est collecté (Duteurtre, 2007) à cause d’une offre atomisée, saisonnière, géographiquement éloignée de la demande (Ferrari, 2019). Ce faible volume laitier est la résultante de l’intégration faible entre structures de collecte et système de production car les bassins laitiers potentiels sont mobiles et les rares infrastructures de collecte sont largement sous-utilisés pendant plus de 6 mois sur 12. En outre les animaux gardés hors des circuits de transhumance ne sont pas destinés à la production laitière bien qu’elle soit un des principaux objectif de l’exploitation familiale pastorale. La transformation du lait cru est, en partie l’œuvre des mini-laiteries dont la répartition dans le pays est très inégale avec des localités où les centres de collecte et de transformation tournent en dessous de leur capacité faute de matières premières et d’autres où ces infrastructures sont absentes. De plus, d’après différents transformateurs, le prix de revient du lait cru rendu à l’usine (400-500 FCFA/litre) est très élevé par rapport à celui du lait reconstitué (240 FCFA/l) et justifierait le recours massif de ces industriels à l’importation du lait en poudre ré-engraissé en matières grasses. Le manque de compétitivité du lait cru par rapport au lait en poudre et de façon plus globale des produits animaux comme le poulet de chair en particulier par rapport au marché international découle aussi de l’application du Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO. Par ailleurs, il existe toute une filière des cuirs et peaux incluant des collecteurs, de grands collecteurs et des tanneries (artisanales et industrielles). Toutefois, les volumes exportés sont en déclin (car de qualité non satisfaisante) et ceux transformés localement ne représentent qu’un faible pourcentage de la production.  Contraintes professionnelles En amont des filières animales se trouve une multitude d’organisations professionnelles d’éleveurs peu structurées et dont les capacités organisationnelles et de plaidoyer sont très limitées (Fall et al., 2016). Ces organisations sont peu impliquées dans la gestion des filières et elles sont focalisées sur leur représentation et leur massification pour que leur voix puisse porter plus auprès des administrations publiques et partenaires au développement. Aussi, peinent-elles à s’affirmer dans l’organisation et la gouvernance des filières dont elles relèvent. En l’occurrence, la Maison des Éleveurs peine à jouer pleinement son rôle du fait de la multiplicité de ses missions, de l’insuffisance de ses ressources et de la mise en cause de sa gestion par une frange des éleveurs. L’IPAS reste dominée par des faiblesses organisationnelles, une massification insuffisante et des mécanismes d’action concertée qui sont relativement inopérants. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 10 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Si l’offre de formation formelle en productions animales et vétérinaire est très étoffée au Sénégal, en revanche la formation continue au bénéfice des acteurs (producteurs, transformateurs, encadrement) reste généralement insuffisante.  Problème d’accès au financement Malgré les nombreuses opportunités de crédit disponibles au Sénégal, l’accès au crédit reste difficile aux acteurs du secteur de l’élevage. En 2018, le FONSTAB n’a financé que 72 projets (embouche bovine à 82%) pour une enveloppe de 236 516 000 FCFA (FONSTAB, 2022). L’absence de modèle d’affaires dans certaines filières, la méconnaissance des différentes institutions financières et de leurs procédures pourraient partiellement expliquer cette situation. Les autres raisons possibles sont l’inexistence de structure de financement de proximité, la lenteur dans la mise à disposition des fonds comme pour les opérations Tabaski dont le crédit doit être mis en place deux mois au moins avant la Tabaski, les échéances trop courtes pour des spéculations animales et la faiblesse des montants alloués pour couvrir les besoins en fonds de roulement, les infrastructures de base et les équipements. À cela, il s’ajoute la non-reconnaissance de l’animal comme garantie auprès des institutions financières. Par ailleurs, le problème de recouvrement des créances se pose. Selon le FONSTAB (2022), au cours des 5 dernières années seulement 62% des créances ont été recouvrées. A signaler que le MEPA, en partenariat avec le Bureau Opérationnel de Suivi du PSE (BOS- PSE), l’Agence pour la promotion de l’Investissement et des Grands travaux (APIX), le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) et la Direction du Développement du Secteur privé (DDSP) du Ministère de l’Économie du Plan et de la Coopération (Internationale MEPCI) et avec l’appui du Projet Feed the Future d’Appui aux réformes et politiques agricoles (FtF-PSS) financé par l’United States Agency for International Development (USAID) a organisé en novembre 2021 un forum sur les opportunités d’investissements dans le secteur de l’élevage au cours duquel les offres de services financiers et non financiers ont été présentées.  Faible niveau de ressources allouées au MEPA La hausse importante du budget du MEPA au cours de ces dernières années n’est pas encore suffisante pour être à la hauteur des enjeux dans le secteur de l’élevage. Pour illustration, le montant du budget du MEPA en 2019 ne représentait que 8,3% du budget de l’Agriculture au sens large. Ce taux est en dessous des 30% de la part pour l’élevage des 10 % des budgets nationaux alloués au minimum pour l'agriculture au sens large comme recommandés par les ministres en charge des ressources animales de l’UA réunis à Abidjan en 2013, pour augmenter et soutenir les investissements dans le secteur de l’élevage.  Faible prise en compte du genre Pour pallier la faible prise en compte de la dimension genre dans la mise en œuvre des politiques d’élevage au Sénégal, ont été mis en place le DINFEL (Directoire National des Femmes en Élevage) et, en mars 2019, la Cellule Genre et Équité au MEPA. La mission de cette dernière est de veiller à l’intégration de la dimension genre dans toutes les activités du Ministère et à sa prise en compte dans les politiques, programmes et projets de développement du secteur. Le genre est intégré dans tous les projets et programmes avec 2300 relais communautaires formés dans le cadre du Projet de Renforcement des Systèmes de Surveillance des Maladies en Afrique de l'Ouest (REDISSE) avec d'autres organisations professionnels en élevage (OPE) LPSDEL 2022-2026 – MEPA 11 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 féminines notamment le réseau des femmes en élevage. En 2021, dans le cadre de l’exécution des projets ou programmes (Projet National d’Autosuffisance en Moutons (PRONAM), Projet d’Appui au Développement de la filière lait (PRADELAIT), Projet cuirs et peaux), les femmes et les groupements féminins ont été ciblés à travers la formation et l’octroi d’infrastructures de transformation de produits animaux. Toutefois, la prise en compte de la dimension genre en élevage est confrontée, entre autres, au faible accès des femmes au foncier pastoral, au crédit et à la faible représentation des femmes dans les organisations professionnelles en élevage.  Vol de bétail Malgré les dispositions réglementaires12 prises pour réprimer plus sévèrement le vol du bétail au Sénégal, sa recrudescence est loin de connaitre une accalmie. Cependant les informations disponibles sur le vol du bétail restent fragmentaires et disparates. Il s’agit d’un phénomène de grande ampleur avec des pertes estimées à quelques 2 milliards FCFA (Le Soleil, 2014). Si traditionnellement le vol du bétail est perpétré par les populations pastorales elles-mêmes, de nos jours le profil des voleurs de bétail a beaucoup évolué. Les voleurs contemporains sont organisés en véritables bandes criminelles disposant d’armes et de moyens sophistiqués. En plus de l’insécurité grandissante dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest, les causes possibles du vol du bétail sont ; i. l’isolement des zones d’élevage, loin des forces de sécurité et de leur faible connexion aux réseaux de communication (Ndambi et al., 2008) ; ii. le type d’élevage en divagation sans surveillance faisant du bétail une proie facile pour les voleurs (Bouy, 2015) ; iii. le caractère transfrontalier de l’élevage pastoral faisant des zones frontalières les lieux de prédilection du vol de bétail ; iv. l’absence de système formel d’identification des animaux, les abattages clandestins constituant les moyens privilégiés de blanchiment des animaux volés.  Faible fiabilité des statistiques d’élevage En l’absence de recensement du cheptel prévu à partir de 2022, les statistiques d’élevage sont généralement produites par estimation ou extrapolation et elles sont donc sujettes à caution. Des statistiques d’élevage fiables constituent pourtant un outil extrêmement important dans la planification et le suivi des performances du secteur car elles sont indispensables à la prise de décisions idoines. Dans le cadre du Programme de Compétitivité de l’Agriculture et de l’Élevage (PCAE), le MEPA va réaliser un recensement du cheptel en collaboration avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). Cette dernière va également appuyer le MEPA pour l’élaboration d’un compte satellite de l’élevage qui permettra de suivre l’évolution globale du secteur, d’appréhender ses performances en termes de soutenabilité de l’offre en produits animaux par rapport à la demande et d’évaluer sa contribution réelle à l’activité économique et la création d’emplois.  Approches différentes entre acteurs des sociétés pastorales et les dispositifs publics d’appui technique Plusieurs forums des organisations d’éleveurs ont porté sur les stratégies de valorisation des productions animales et ont abouti à des pistes d’amélioration de la productivité grâce à des centres mobiles de collecte et le renforcement de la sécurité fourragère pour l’alimentation du 12 Loi n° 2017-22 du 22 mai 2017 modifiant la loi n° 65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal LPSDEL 2022-2026 – MEPA 12 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 cheptel. Cependant, des modèles différents dominent les choix avec, en particulier, l’acquisition de races importées à haut potentiel malgré les conditions climatiques et les contraintes techniques qui prévalent. 8.3. Opportunités et menaces L’environnement du secteur de l’élevage joue un grand rôle sur son évolution et l’efficacité des actions spécifiques entreprises par les acteurs publics et privés. Malgré des menaces certaines découlant de l’environnement éco-climatique, macro-économique, le secteur de l’élevage offre des opportunités qui conjuguées à ses forces confirment son statut de secteur porteur de croissance.  Opportunités L’environnement des affaires soutenu par l’APIX, le PAP2A et les mécanismes de soutien à l’investissement et à la création d’entreprises sont soutenus par des mécanismes d’appui qui sont progressivement plus accessibles aux opérateurs du secteur. L’existence d’espaces économiques communautaires en Afrique de l’Ouest (UEMOA, CEDEAO) et dans le continent (ZLECAF) facilite le commerce intra-régional pour lequel les avantages comparatifs et la position géographique du Sénégal donnent des opportunités de débouchés pour les produits de l’élevage sénégalais. A ce titre, le commerce transfrontalier de porcins bien qu’informel de la Casamance vers la Guinée Bissau et accessoirement vers la Gambie constitue une opportunité réelle qui est renforcée par la réduction des problèmes sécuritaires dans le sud du Sénégal. La Direction régionale de l’élevage et des productions animales de Ziguinchor rapporte des exportations de porcs en 2015 à 8 600 têtes (Gueye, 2016). Ces exportations se poursuivent et font de l’élevage porcin une opportunité de revenus à l’export comme dans le commerce intérieur avec un prix au détail de plus de 3000 FCFA/kg. Les opportunités commerciales sont renforcées par les consensus autour d’une politique d’élevage commune au niveau continental (LiDeSA) et les initiatives régionales pour le commerce équitable des produits d’origine animale comme le lait. L’offensive lait de la CEDEAO contribue à un commerce international dont les réajustements peuvent être mis à profit. Il en est de même des engagements des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) depuis la Déclaration de Nouakchott en 2013 en faveur du pastoralisme et l’implication des partenaires financiers multilatéraux dans le secteur de l’élevage que sont la Banque mondiale, la Banque Islamique de développement et la banque Africaine de Développement.  Menaces Comme les autres secteurs de l’agriculture au sens large, l’élevage est confronté à des menaces d’intensité variable qui doivent être mises en perspective. Peuvent être citées :  la vulnérabilité aux changements climatiques et à leur aggravement en l’absence de mesures de mitigation significatives (pluies hors saison, inondations, réchauffement, sécheresse);  les conflits et tensions sécuritaires dans le Sahel dont les épicentres sont fréquemment dans les zones d’élevage ;  les maladies émergentes, ré-émergentes et transfrontalières entretenues par la porosité des frontières, l’intensification des échanges commerciaux qui favorisent la diffusion transfrontalière des pathogènes ;  la COVID-19 qui en réduisant la croissance du PIB de 5,3 (2019) à -0,7% (2020) entraine des perturbations imprévisibles dans l’allocation des ressources publiques. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 13 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  les effets d’une mondialisation inéquitable et de certains accords internationaux (APE) qui aggravent la situation des filières locales encore insuffisamment compétitives. Par ailleurs, les confrontations géostratégiques en Europe de l’Est ont engendré des incertitudes et menaces additionnelles pour les pays dépendants d’importations de produits et de matières premières agro-alimentaires. Les perturbations récentes du commerce international et en particulier des approvisionnements en maïs, œufs à couver et autres intrants vétérinaires et d’élevage augmentent les pressions auxquelles le secteur de l’élevage est soumis. 8.4. Résultats du secteur de l’élevage entre 2017 et 2021 Malgré les contraintes, le secteur de l’élevage a enregistré durant la mise en œuvre de la dernière LPDE des résultats qui confirment son importance dans l’économie nationale. 8.4.1. Résultats selon les filières animales prioritaires i. Bétail-viande rouge et abats La production de viande rouge et d’abats est passée de 135 500 tonnes en 2017 à 145 000 tonnes en 2020 soit un croit annuel de 2,2%. Elle a, cependant, du fait d’un certain nombre d’aléas climatiques connu des contre-performances entre 2017 et 2019 et ne représente plus que 51% de la production totale de viande en 2020. La production de viande rouge et abats est dominée par la viande bovine (60,5%) suivie de la viande de mouton (26,9%) et de la viande caprine (12,6%). Elle est assurée par le système pastoral, le système agropastoral et accessoirement le système périurbain. La consommation de viande (toute viande confondue) a été de 18 kg/an/habitant en 2020 et elle est très en dessous de celle mondiale évaluée à 42,9 kg/habitant/an et elle est couverte en 2020 à 95% (contre 92% en 2017) par la production locale. La même année, les importations ne représentant que 5% du marché. ii. Viande blanche La production de viande blanche est assurée par les porcins et surtout la volaille. De 2017 à 2020, la production de viande de porc est passée de 16 000 à 18 600 tonnes, ce qui correspond à un croit annuel de 5,4% et elle représente, en 2020, 6,4% de la production totale de viande assurée par les systèmes d’élevage traditionnel et semi-intensif. Le premier est basé sur l’exploitation des races locales à faible rendement et la divagation des animaux dans et autour des concessions (Sow et al., 2007). Le second exploite des métis qui sont nourris à base de sous-produits agricoles et agroindustriels et des restes culinaires autour des grandes villes (Sambou, 2008). Quant à l’aviculture, les effectifs ont fortement progressé (8,4%/an) entre 2017 (67,9 millions de têtes) et 2020 (85 millions de têtes) ce qui en fait la principale viande consommée au Sénégal (42,7% de part de marché). Sa composante familiale exploite la race locale rustique mais peu productive (près de 6 mois pour atteindre un poids vif de 1,4 kg) surtout en milieu rural. Sa part dans la filière avicole ne cesse de baisser passant de 34,2% en 2017 à 33,9% en 2020. La production de viande commerciale de poulet (poulet de chair et reforme) connait une croissance plus vigoureuse, le nombre de poussins chair mis en place étant passé de 45,3 LPSDEL 2022-2026 – MEPA 14 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 en 2017 à 57,8 millions en 2020, soit un croit annuel de 9,2%. En production commerciale de viande de poulet, des techniques modernes sont utilisées avec des souches importées à haut rendement et un recours massif aux intrants zootechniques et vétérinaires ainsi qu’à des prestations de services zootechniques et vétérinaires fournies par des privés. L’aviculture commerciale regroupe une bonne partie de petits producteurs exploitant entre 1000 et 2000 sujets/bande mais, également de gros producteurs de plus en plus nombreux. Le prix d’un poulet nettoyé de 1,4 kg est d’environ 2 500 FCFA (soit 1 750 FCFA/kg) sur le marché, mais la préférence va aux poulets plus gros (2,5 kg vif, 2 kg nettoyé) plus adaptés à la taille des unités de consommation familiales. Ce prix a très peu évolué depuis 2001. L’efficacité de la mesure d’interdiction13 des importations de produits et matériels usagers avicoles a permis à la production locale de couvrir 90% de la demande. Les poussins sont produits à partir d’œufs de parentaux locaux ou d’œufs à couver (OAC) importés du Brésil, de l’Inde ou d’Afrique du Sud par AFITEX, Univers Volailles et FARMEX qui à eux trois représentent 82,5% des OAC importés. Une multitude de couvoirs en assurent l’éclosion dont les 4 principaux, à savoir, SEDIMA (35%), AVIBOYE (14,5%), PRODAS (12%) et AMAR (11,3%) assurent 72,7% de la production de poussins (CNAM, 2019). Une dizaine de provenderies ont permis de produire 195 000 t d’aliment de volailles en 2019 à partir de maïs et de tourteau de soja (80% des rations) importés du Brésil et d’Argentine. Les intrants et suivis vétérinaires sont l’œuvre de praticiens vétérinaires privés qui s’approvisionnement en médicament auprès de 15 centrales vétérinaires parmi lesquelles SENEVET est leader avec 56,2% des parts de marché (DSV, 2021). iii. Œufs La production d’œufs de consommation a fortement augmenté entre 2017 et 2020 passant de 719 millions d’unités à 1191 millions d’unités, ce qui correspond à un croit annuel de 22%. Cette situation est allée de pair avec l’augmentation de la consommation qui est passée de 35 unités en 2010 à 55 unités/habitant /an en 2019 tout en restant inférieure à celle de la sous- région (67 œufs en Côte d’Ivoire, 70 œufs au Nigéria et 128 œufs au Ghana) et des pays développés (230 en UE et aux USA). Le secteur commercial exploite des races exotiques à l’aide de techniques modernes (production en batterie et en pad cooling). Le marché des œufs est dominé en 2016 par 3 sociétés (SEDIMA, AVIBOYE, JAI LAX MI) qui représenteraient 82% des parts du marché avec des fermes de plus de 300 000 pondeuses (Micheiel et al., 2021). Les bana bana sont également actifs dans la commercialisation des œufs, le prix au détail étant de 77 FCFA/unité (CNAM, 2019). iv. Lait La production de lait cru a plus que doublé au cours de ces deux dernières décennies passant de 119 millions de litres en 2000 à 267,8 millions de litres en 2020. Entre 2017 et 2020, la production de lait a connu une croissance de 3,3% contre 1,2% entre 2019 et 2020, sans doute du fait de l’impact négatif de la COVID-19 sur la filière. Les exploitations familiales (systèmes pastoraux et agropastoraux) assurent, à travers la valorisation de races locales à faible potentiel laitier et de parcours naturels, 55% de la production compte tenu de l’importance des effectifs. Dans ces exploitations familiales, le lait joue un rôle essentiel dans la réduction de la vulnérabilité des populations (Corniaux et al., 2009) en particulier des femmes qui sont en charge de la traite et de la commercialisation du lait (Ba Diao, 2002). Le 13 Arrêté ministériel n° 7717 en date du 24 novembre 2005 portant interdiction d'importer des produits de l'aviculture et de matériels avicoles usagés LPSDEL 2022-2026 – MEPA 15 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 lait issu de ce type d’élevage est avant tout destiné à l’autoconsommation (30-80%) (Dia, 2013). Les systèmes semi-intensifs basés sur l’exploitation de métisses (36%) et dans une moindre mesure, les systèmes intensifs exploitant les races à haut rendement de production assurent le restant de la production de lait cru (9%). Sous l’impulsion des pouvoirs publics et des ONG et à la faveur du regain de compétitivité conféré au lait cru par la dévaluation du FCFA en 1994, on assiste à l’émergence d’un tissu industriel autour des villes secondaires du Sénégal sous la forme de minilaiteries. De capacité de transformation du lait variable (20 à 1 000 litres de lait par jour), leur principal produit est le lait caillé mais certaines minilaiteries offrent également du lait pasteurisé, yaourt en pot, huile de beurre voire des fromages. La collecte du lait cru est assurée par les producteurs eux- mêmes ou par des collecteurs à vélo ou en mobylette. A côté de ces minilaiteries se développent des industries laitières en général spécialisées dans la transformation du lait en poudre. Au nombre de 4 en 1990, on en dénombrait 16 en 2015. La consommation totale de lait et de produits laitiers augmente au Sénégal depuis les années 60 et est actuellement 4-5 fois supérieure à celle avant l’Indépendance. Toutefois, la consommation per capita stagne voire est en légère baisse. La consommation de 42,18 litres per capita en 2020 est relativement élevée en comparaison à la sous-région (11-12 litres per capita au Nigeria, en Côte d’Ivoire et au Ghana) mais est très en dessous des recommandations de la FAO de 90 litres per capita, voire de la consommation en Mauritanie (150 litres/habitant). La couverture de la demande en lait et produits laitiers est assurée en 2020 à 38% par la production locale et à 62% par les importations qui ont connu une forte augmentation pendant la pandémie à COVID-19. La forme de consommation la plus courante est le lait en poudre au petit déjeuner et le yaourt à boire communément appelé lait caillé produit à partir du lait cru et/ou du lait en poudre. Les prix bord ferme sont en moyenne de 350 FCFA/litre mais varient en fonction des localités et peuvent atteindre 600 FCFA/litre autour de Dakar. v. Cuirs, peaux et phanères Les cuirs et peaux et phanères collectées en 2014 ont été de 13,5 millions d’unités provenant essentiellement d’ovins (8,5 millions d’unités), de caprins (3,9 millions d’unités) et de bovins (1,1 million d’unités) (Thecogas, 2015). Avec 31% des peaux collectées en 2013, le pôle centre nord (Diourbel et Louga) joue un rôle de premier plan dans la production de cuirs et peaux au Sénégal. La filière cuirs et peaux est la première filière d’exportation du secteur de l’élevage avec une contribution annuelle au PIB de l’ordre de 20 milliards de FCFA. Les exportations sont cependant en baisse, passant de 7 400 en 2014 à 5 191 tonnes en 2019 malgré l’adoption du décret n° 2016-1082 du 03 août 2016, relatif à la production, à la conservation, au traitement et à la commercialisation des cuirs, peaux et phanères. Les peaux d’ovins (47%) constituent l’essentiel des exportations, exportations qui se font de plus en plus sous la forme de Wet Blue. Les principales destinations sont l’Italie (40%), la Chine (24%) et le Ghana (16%). En outre, des cuirs et peaux bruts sont exportés vers les pays de la sous-région (surtout Nigéria) à des fins alimentaires. Les principaux acteurs sont les producteurs de peaux vertes au niveau des abattoirs, aires d’abattage et tueries, les collecteurs et grands collecteurs (traitement de la peau avant la vente aux tanneries et exportateurs), les tanneries et les artisans. Les artisans, les cordonniers et les maroquiniers, dont les plus connus sont ceux de Ngaye Mékhé et du quartier Médina (Dakar), produisent à partir du cuir des sacs à main, des cartables, des pochettes et des LPSDEL 2022-2026 – MEPA 16 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 chaussures. Sénégal Tannerie (SENTA SA), spécialisée dans la production de Wet Blue détient les ¾ du marché des exportations à côté des autres exportateurs. vi. Miel et cire Le marché du miel et de la cire représentait en 2018 une valeur de 12,6 milliards FCFA et est essentiellement dominé par le miel ; la cire ne représentant qu’une valeur de 700 millions de FCFA. Il se décompose en miel vendu localement pour 9,5 milliards FCFA, en miel exporté (2,4 milliards de FCFA) et en cire dont la quasi-totalité est exportée vers le Japon. La production est en pleine expansion passant pour le miel de 2 300 t en 2009 à 4600 tonnes en 2018 (taux de croit annuel de 11,1%) et pour la cire de 450 à 1 250 tonnes (taux de croit annuel de 19,67%). Le kg de miel est vendu à 2 500 FCFA sur le marché local, à 4 000 FCFA à l’exportation (Maghreb et Mauritanie), contre 3 500 FCFA pour la cire à l’exportation. La production se fait par cueillette (20% de la production), mais aussi à l’aide de ruches traditionnelles (3-8 kg de miel/colonie), de ruches semi-modernes (30% de la production) et modernes (50% de la production) nettement plus performantes (20-25 kg de miel/colonie). La récolte consiste à chasser les abeilles, à récolter le gâteau de miel qui est ensuite pressé (éventuellement à l’aide de presse-miel). Lorsqu’il s’agit de ruches à cadres mobiles, ces derniers sont retirés et emmenés à la miellerie où ils sont mis dans des extracteurs pour la récolte du miel. Les principales régions mellifères sont Ziguinchor, Kolda, Sédhiou et Kédougou qui ont réalisé en 2019, 79,1% de la production. Les principaux acteurs sont les apiculteurs (traditionnels et modernes), les collecteurs, les transformateurs (dont des mielleries) et les distributeurs/exportateurs. vii. Equidés Les effectifs de 579 000 têtes pour les chevaux et de 455 000 têtes pour les ânes en 2020 sont concentrés à plus de 50% dans le bassin arachidier (Régions de Thiès, de Fatick, Diourbel, de Kaolack, Kaffrine, de Kébémer et de Louga) suivi de la zone sylvopastorale (9,3%). Le croit annuel relativement faible est de 1% tant pour les chevaux que pour les ânes. Les races locales majoritaires et très rustiques sont essentiellement utilisées pour le trait et la traction attelée alors que les races pures et leurs produits de croisement avec les races locales (environ 2000 têtes) sont destinées à l’équitation et aux courses hippiques. Les équidés jouent un rôle socio-économique important à travers la traction attelée, le transport des personnes et des biens, en particulier, dans les travaux champêtres et dans l’approvisionnement en eau des populations. Pour contribuer au développement équin, a été adopté le décret n° 00489 du 26 février 2018 portant modification du cahier de charge de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) et qui instaure un prélèvement de 2 % sur les encaissements bruts issus du PMU au profit de la filière. Par ailleurs, des haras régionaux dotés d’étalons de race et de service d’insémination artificielle ont été mis en place de même que l’organisation de la traction hippomobile et la formation aux métiers du cheval. Un programme pilote d’identification électronique des chevaux a été expérimenté. 8.4.2. Enjeux La situation et les perspectives du secteur de l’élevage au Sénégal découlent des dynamiques entretenues par des forces, faiblesses, opportunités et menaces décrites ci-dessus et selon les filières (cf. FFOM en annexe). Les enjeux qui en découlent se déclinent comme suit : i. Amélioration de la sécurisation et de la productivité des systèmes d'élevage LPSDEL 2022-2026 – MEPA 17 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 La sécurisation des bases productives de l’élevage sénégalais est un requis sur le plan stratégique et elle conditionne l’augmentation de ses productions brutes et transformées ainsi que l’amélioration de sa productivité. Des systèmes d’élevage plus productifs, plus résilients et plus compétitifs quand orientés vers le marché sont indispensables et ce grâce à des infrastructures structurantes, des investissements contre la précarité, le renforcement des capacités des acteurs et la gestion rationnelle des ressources naturelles. ii. Renforcement de la santé animale et de la santé publique vétérinaire La préservation du capital bétail et l’amélioration de la qualité sanitaire et hygiénique des productions et des denrées d’origine animale restent des défis incontournables qui dépendent du renforcement des capacités des services d’élevage et des productions animales qui doivent être hissés au niveau des normes internationales et l’application de textes règlementaires mis à jour. iii. Amélioration de la mise en marché, de la transformation et de l'accès à des produits animaux sains et de qualité Sur le plan stratégique, les performances du secteur de l’élevage dépend d’une intégration horizontale des systèmes de production reliées aux segments de la transformation et de la commercialisation des filières d’élevage grâce à des mécanismes et conditions de mise en marché qui soient rentables et compétitifs afin de faciliter l’ouverture des systèmes traditionnels, l’implantation de PME spécialisées dans la valorisation de produits animaux, d’unités industrielles, et semi-industrielles aux normes et la diversification des produits animaux mis sur le marché sur la base des résultats de la recherche. iv. Renforcement du cadre institutionnel, du partenariat et de la coopération Pour faire aux trois enjeux ci-dessus, il est nécessaire de disposer d’un cadre institutionnel et opérationnel idoine de même que de mécanismes de partenariat et de coopération pour organiser les interventions du secteur public, du privé ainsi que faciliter les synergies et les complémentarités. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 18 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026

  20. 9. BILAN DES PROGRAMMES BUDGÉTAIRES DU MEPA 9.1. Origine du financement public Les objectifs assignés au sous-secteur de l’élevage sont d’accroître la productivité, de réaliser la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté. Aujourd’hui, le secteur de l’élevage connaît un regain d’intérêt notoire et un important engouement aussi bien en milieu rural que dans les villes où des initiatives individuelles naissent avec l’émergence des entrepreneurs orientés vers l’embouche bovine et ovine commerciale, l’aviculture, la production et la transformation du lait et l’élevage de prestige ou d’ornement. Dans le Plan Sénégal Émergent (PSE), l’élevage est parmi les secteurs identifiés pour servir de moteurs à la croissance inclusive et à la transformation de la structure de l’économie. En effet, pour le PSE, « les actions dans le domaine des activités agro-pastorales visent à mettre en œuvre une approche intégrée favorisant le développement de chaînes de valeur et la structuration des filières. Elles s’inscrivent dans une dynamique de valorisation des ressources et potentialités agro-écologiques des différentes zones du pays. Ces actions permettent de mettre en valeur le potentiel de l’agriculture commerciale tout en favorisant le développement de l’agriculture familiale. Elles devront également assurer la relance des filières de production et des industries animales. En termes d’articulation, la LPDE a été la déclinaison pour le moyen terme du PNDE qui reste, pour un plus long terme de 15 ans, le cadre de référence pour les interventions en direction du développement du secteur de l’élevage du Sénégal et de mise en cohérence des différentes initiatives qui se développent au sein dudit secteur. Les deux documents sectoriels sont conçus pour être opérationnalisés à travers de programmes déclinés suivant les objectifs spécifiques se rapportant aux quatre axes stratégiques retenus pour atteindre l’objectif global poursuivi. Pour mieux appréhender les investissements du secteur, il convient donc de rappeler qu’en plus de la LPDE, les interventions du MEPA ont été articulées dans le Document de programmation pluriannuel des dépenses (DPPD) dudit ministère qui est une planification sur trois ans et qui détermine en avance les ressources affectées au secteur de l’élevage et les programmes concernés. Le DPPD a été mis en place en application des mesures relatives aux réformes introduites par l’UEMOA en matière de gestion des finances publiques. Les programmes sont mis en œuvre suivant des lignes d’actions prioritaires, telles que définies dans le PNDE. Dans la logique du PNDE14, quatre axes stratégiques ont été retenus pour l’orientation de la LPDE 2017-21 :  Axe 1. Accroissement de la productivité et des productions animales ;  Axe 2. Création d’un environnement favorable au développement durable des systèmes d’élevage;  Axe 3. Amélioration de la mise en marché des produits animaux ;  Axe 4. Renforcement du cadre institutionnel d’intervention. Cinq programmes budgétaires avaient été retenus pour les Documents de Programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD) du MEPA entre 2017 et 2019, à savoir le Programme 1. Productions animales, le Programme 2. Santé animale, le Programme 3. Sécurisation de l’élevage. le Programme 4. Industries animales et le Programme 5. Pilotage, gestion et coordination administrative. Cependant, pour pouvoir mieux opérationnaliser les axes du PNDE 14 Disposition de la loi d’orientation agrosylvopastorale promulguée en 2004 LPSDEL 2022-2026 – MEPA 19 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 et, en application des réformes introduites en matière de gestion des finances publiques, quatre programmes budgétaires ont finalement été retenus dans le DPPD du MEPA pour faciliter leur mise en œuvre, leur financement et leur suivi-évaluation. Les actions de modernisation et d’intensification ainsi que la sécurisation de l’élevage ont été intégrées au Programme « Productions animales ». Ainsi, les quatre programmes suivants ont été retenus :  Programme 1. Productions animales, qui vise à accroître la productivité et les productions animales par la modernisation et l’intensification progressive des exploitations d’élevage dans un environnement favorisant des systèmes durables ;  Programme 2. Santé animale et Santé publique vétérinaire, qui a pour objectifs de contrôler voire éradiquer les maladies prioritaires et de renforcer la sécurité sanitaire des denrées d'origine animale ;  Programme 3. Mise en marché des produits animaux, qui vise à promouvoir la valorisation des produits animaux et à faciliter l’accès des acteurs aux marchés ;  Programme 4. Pilotage, gestion et coordination administrative, qui a pour objectif d’améliorer la gouvernance du secteur. Les budgets sont élaborés et votés selon l’approche de budget programme, en droite ligne des réformes sur les finances publiques. L’approche programme de formulation d’une politique sectorielle a pour objectif de permettre un passage facile de la politique sectorielle au budget- programme. La détermination des programmes d’actions obéit aux critères suivants : i. la pertinence par rapport aux objectifs du secteur; ii. le coût ; iii. la faisabilité ; iv. l’efficacité (effectivité et impact) ; et v. la cohérence par rapport aux autres propositions de programmes. 5.2. Évolution des investissements publics 5.2.1. Allocations budgétaires Les investissements publics en faveur du secteur de l’élevage ont évolué positivement depuis

  21. 2008. En effet, ils sont passés de 9,901 milliards de FCFA en 2008 à 22,305 milliards de FCFA en 2017, soit une hausse de 125%. En moyenne, ces investissements ont augmenté durant cette période, de 11,1% par an. L’analyse des ressources par type de dépenses laisse apparaître, sur la même période 2008-2017, une augmentation annuelle moyenne de 4,5% pour le personnel, de 7,6% pour le fonctionnement et de 12,8% pour les investissements. Durant la période de mise en œuvre de la LPDE 2017-2021, le budget annuel alloué au MEPA a continué sa tendance haussière de 22,300 à 25,809 milliards de FCFA en 2020 avec 84% d’investissements, 9% en personnel et 6% en fonctionnement. Pour l’année 2020, le budget du MEPA a été de 25 809 776 253 FCFA. Le budget du personnel était de 2 210 464 744 FCFA en 2020 contre 2 173 308 340 FCFA en 2019, soit une hausse de 2% liée au recrutement de nouveaux agents. Le budget de fonctionnement a été de 1 519 594 400 FCFA, en 2020 contre 1 596 338 000 FCFA en 2019, soit une baisse de 4%. Il est réparti, selon la nature des dépenses, entre les biens et services pour un montant de 990 452 400 FCFA et les transferts courants pour 529 142 000 FCFA. Quant au budget d’investissement, qui représente 86% de l’allocation budgétaire globale, il est passé de 21 155 651 600 FCFA en 2019 à 22 079 717 109 FCFA en 2020, soit une hausse de 4%. Pour l’année 2021, le budget du MEPA s’élève à 27 104 615 459 FCFA. Par rapport à 2020, il connaît une hausse de 1 294 839 206 FCFA, soit 5%. Le Programme 1. Productions LPSDEL 2022-2026 – MEPA 20 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 animales a concentré l’essentiel du budget avec un taux entre 80 et 85%. Le programme « Pilotage, coordination et gestion administrative » vient en deuxième position avec une part relative de 11%. Le budget de fonctionnement qui atteint 4 013 259 607 FCFA en 2021, est réparti entre les dépenses de personnel pour 2 515 347 647 FCFA, les biens et services pour 958 769 960 FCFA et les transferts courants pour 539 142 000 FCFA. Quant aux dépenses d’investissements, ils représentent 85% du budget global, passant de 22 079 717 109 FCFA en 2020 à 23 091 355 852 FCFA en 2021. Elles ont augmenté de 1 011 638 743 FCFA, correspondant à 5 %. Le soutien aux productions animales concentre 77% des investissements contre 18% prévus pour la santé animale et la santé publique vétérinaire et seulement 3% pour la coordination et la gestion. On note que le Programme 3. Mise en marché est le parent pauvre des allocations dans un contexte où le développement des filières est jugé stratégique. Il est de ce fait impératif de pouvoir améliorer les investissements dans la mise en marché des produits animaux pour assurer la durabilité et maintenir la motivation des opérateurs à investir dans le secteur. Le volume global du budget du MEPA a pratiquement triplé entre 2011 et 2018, passant de 8,89 à 23,78 milliards de FCFA. Sur la période 2013 à 2018, le volume total des investissements publics dans le secteur de l’élevage, a atteint 80,12 milliards de FCFA correspondant à une couverture des besoins dudit secteur en investissements de 47%. En effet, le plan d’investissement 2013-2017 du PNDE a été chiffré à 170,78 milliards de FCFA. Cette faiblesse de la couverture des besoins est reflétée par le déficit de dotation des projets inscrits dans le PAP 2014-2018 du PSE. En outre pour faire face aux effets induits par la situation sanitaire consécutive à la pandémie COVID 19 sur le secteur de l’élevage, un plan de riposte a été élaboré. Les actions à court terme, pour 2020, ont fait l’objet d’une proposition portant sur une enveloppe de 8 246 201 429 FCFA, pour la mise en œuvre d’une réponse immédiate basée sur deux activités à savoir : (i) l’organisation d’une opération de sauvegarde du bétail et (ii) l’appui aux éleveurs transhumants très affectés par la fermeture des marchés hebdomadaires. L’évolution des ressources affectées au secteur de l’élevage permet de voir l’effort consenti par l’État pour renforcer les acquis et développer ledit secteur. Les ressources publiques affectées au secteur ont évolué positivement de 2017 à 2021 confortant la dynamique d’amélioration des investissements. Le budget annuel alloué au MEPA a donc connu une hausse régulière de 2017 à 2021. Ainsi, son volume global a pratiquement triplé entre 2011 et 2018, passant de 8,89 à 23,78 milliards de FCFA. Ce budget a été destiné pour plus de 82% aux investissements. Les investissements ont connu la plus importante hausse, avec près de 8 milliards de FCFA entre 2017 et 2021. La part affectée au personnel et au fonctionnement ayant très peu varié, conforte un constat partagé au sein du département, celui de la faiblesse des ressources humaines en charge de mettre en œuvre les politiques publiques. Même si, de 2018 à 2021, des efforts ont été faits pour le recrutement et le renforcement de capacités du personnel, il n’en demeure pas moins que la multiplicité des activités et filières à suivre nécessite une analyse approfondie des besoins de manière à déterminer les besoins en ressources humaines supplémentaires pour le secteur. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 21 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 5.2.2. Taux d’exécution budgétaire De 2017 à 2020, les efforts ont été poursuivis par les services de la Direction de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du MEPA pour améliorer la mobilisation des crédits malgré quelques difficultés. En effet, il arrive quelque fois qu’après les engagements, les lignes de crédits ne soient pas dotées au niveau du Ministère des Finances et du Budget (MFB). L’analyse de la mobilisation des crédits en 2017, sur la base de l’ordonnancement, a fait ressortir un taux d’exécution moyen du budget de 53%. Ce taux est monté à 78% en 2018 et 96% en 2019 et il s’est stabilisé à 44% en 2020 du fait des restrictions budgétaires liées à la COVID. Le taux d’exécution moyen du budget durant la période 2011 à 2021, est en moyenne 80%. Il témoigne des efforts certains d’amélioration de l’absorption des ressources par rapport à 2011 qui a été à 54,8%. Malgré des ponctions, notamment en 2019, et des difficultés de mobilisation des crédits, pour obtenir les titres de créances, l’exécution du budget s’est améliorée jusqu’en 2019 avant un fléchissement noté en 2020 avec un taux qui a chuté à 44%. Globalement, le montant total du budget exécuté au titre de l’année 2019 s’élève à 10,4 milliards de FCFA, correspondant à un taux d’exécution de 86%. Ce résultat dépasse la cible de l’année (85%) mais aussi la moyenne des cinq dernières années (70%). Par rapport à 2018, ce taux a augmenté de 24 points. Ces progrès s’expliquent par l’allégement des procédures d’exécution au niveau interne et par l’amélioration de l’organisation de la passation des marchés. Les années 2018 et 2019 ont connu des taux d’exécution assez satisfaisants. Toutefois, il convient de noter que les budgets d’investissement ont été ponctionnés en 2019 à hauteur de 1 586 174 154 FCFA, 31% du montant global. Cette amélioration dans l’exécution globale du budget du MEPA jusqu’en 2019 confirme les efforts réalisés dans le renforcement des procédures notamment dans la période 2017-2021 même si l’année 2017 a connu un taux d’exécution relativement faible de 58,2%. La raison de cette faiblesse du taux en 2017 réside dans les problèmes de mobilisation de crédits sur les appels d’offres. En effet, après les engagements, les lignes de crédits ne soient pas dotées au niveau du MFP. En 2021, les modulations opérées sur le budget (15 à 20%) ainsi que certains marchés qui n’avaient pas encore de titres et par conséquent, ne pouvaient pas être exécutés d’où un taux d’exécution budgétaire prévu aussi faible qu’en 2020. L’analyse par année montre une évolution en dents de scie liée à différentes contraintes suivantes :  difficultés de mobilisation des ressources internes à la suite de la mise en place tardive du budget pour certaines années et aux ponctions subies notamment en 2018 ;  retard dans la mise en place des ressources externes du fait entre autres des lenteurs du processus de renouvellement du fonds de roulement des projets externes ;  déficit en moyens logistiques réduisant la mobilité des agents et retardant la mise en œuvre ;  déficit quantitatif en ressources humaines ;  retard dans l'exécution des travaux relatifs aux infrastructures liées à la défaillance des prestataires et la longueur des procédures de marché ;  ponctions imprévues des ressources dédiées aux statistiques d’élevage et au suivi- évaluation et ;  blocages de lignes budgétaires. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 22 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 En dépit des efforts importants consentis pour améliorer le volume des ressources allouées au secteur de l’élevage, l’état des investissements n’est pas encore à la hauteur des besoins pour une prise en charge idoine des problématiques structurelles et émergentes auxquelles le secteur de l’élevage est confronté pour mettre en exergue son potentiel. Pour rappel, le coût du plan d’investissement du PNDE initial (2013-2017) était de 170,776 milliards de FCFA, donc un gap de 119,747 milliards de FCFA. Une telle situation illustre la forte dépendance du secteur de l’élevage aux financements externes. Depuis 2012, le Sénégal a réussi à hisser le niveau de ses investissements dans le secteur de l’Agriculture à au moins 10% du budget national, conformément aux engagements des Chefs d’État à Maputo, en 2003 et à Malabo, en 2014. Le budget global alloué au secteur de l’Agriculure est passé de 143 milliards de FCFA en 2011 à 225,65 milliards de FCFA en 2015 (RCSA, 2015). Malgré une telle hausse significative, la part allouée à l’élevage reste cependant toujours faible, avec une moyenne, entre 2011 et 2015, de 6,8% du budget global consacré à l’agriculture. (RCSA 2015). Ce taux reste largement en dessous des 30% recommandés par les ministres en charge des ressources animales de l’Union Africaine réunis à Abidjan en 2013, pour augmenter et soutenir les investissements dans le secteur de l’élevage, qui a le potentiel de catalyser la croissance axée sur l’agriculture et la transformation socioéconomique préconisées dans la Déclaration de Malabo. Il faut souligner qu’en plus des projets sous la responsabilité du MEPA, divers projets concernant directement l’élevage sont enregistrés au niveau du MAER, du MEFPT (cf. Document annexe). 5.3. Évolution des financements privés 5.3.1. Intérêt du secteur privé Un intérêt grandissant des promoteurs privés pour les filières « produits animaux », notamment le lait, les produits avicoles, la viande rouge, a été noté ces dernières années à travers l’analyse de l’évolution de la Formation Brute de Capital Fixe privée du secteur de l’élevage qui est passée de 800 milliards de FCFA à 1421 milliards de FCFA entre 2005 et 2014, soit une hausse de 78%. Parmi les promoteurs importants du secteur, on peut citer notamment la Sénégalaise de Distribution de Matériel Avicole (SEDIMA), les Nouvelles Minoteries Africaines (NMA), la Laiterie du Berger (LDB), l’Association nationale pour l'intensification de la filière laitière (ANIPL). Le dynamisme des filières locales pourrait s’expliquer en partie par l’accompagnement du secteur privé même si la faiblesse de la structuration des interprofessions ne permet pas de disposer de statistiques propres à leurs activités. 9.2. Crédit En effet, en dépit d’un potentiel important, certaines filières souffrent encore de la faiblesse des investissements. Les banques classiques et autres structures financières sont peu enclines à financer les activités de l’élevage. Les difficultés d’accès au crédit des acteurs du secteur de l’élevage demeurent car le secteur est toujours considéré à risque par les institutions financières, les taux d’intérêt trop élevés, l’inadéquation persistante des différés par rapport aux cycles de productions animales), il a été mis en place le Fonds d’Appui à la Stabulation (FONSTAB) comme l’une des réponses LPSDEL 2022-2026 – MEPA 23 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 institutionnelles apportées par l’État du Sénégal15. Le FONSTAB vise à promouvoir la modernisation des filières animales, notamment par l’intensification des productions animales à travers la facilitation de l’accès au crédit aux professionnels de l’élevage. Le FONSTAB qui a démarré ses activités en juin 2009, se veut une réponse coordonnée à long terme face au manque de financement du secteur de l’élevage. Les instruments de financement du FONSTAB comprennent un fonds de garantie, un fonds de bonification, un fonds de crédit et une ligne de crédit basée sur la finance islamique héritée du PDESOC, qui avait été financée par la BID. Pour les cinq années de mise en œuvre de la LPDE, plusieurs opérateurs ont été financés dans différentes filières sur l’ensemble du territoire national à travers l’offre de crédit16 du FONSTAB assurée à travers les trois instruments de financement que sont les protocoles d’accord avec La Banque Agricole (LBA) ex-Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal (CNCAS) dont celui pour une ligne de crédit basée sur la finance islamique, la convention de refinancement avec le Crédit Mutuel du Sénégal (CMS) et la convention de refinancement avec l’Union des Institutions Mutualistes Communautaires d'Epargne et de Crédit (UIMCEC). Cette politique de facilitation de l’accès au crédit est aussi soutenue par d’autres institutions comme les Fonds National de la Microfinance (FONAMIF), Fonds d’Impulsion de la Microfinance (FIMF), Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP), Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), Fonds National de Développement Agro-sylvo-pastoral (FNDASP), Fonds koweitien pour la Promotion de la Sécurité Alimentaire (FKSA). Mention spéciale doit être faite à la Délégation Générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER-FJ) qui pourrait, dans le cadre des projets d’autonomie et d’entreprenariat des jeunes, bénéficier d’une rallonge de 121 milliards de FCFA pour la période 2021-2023. Il en est de même des fonds koweïtiens devenus Fonds National de Crédit aux Femmes (FNCF) pour leur ancrage dans l’approche genre. On peut ainsi relever l’intérêt grandissant des promoteurs privés à travers les crédits octroyés et retenir que le secteur de l’élevage est dans une dynamique de progression régulière durant les cinq dernières années. Cependant le secteur est toujours confronté à des contraintes, liées notamment à la faible valorisation des ressources pastorales du fait de la prédominance de modes d’élevage extensifs, des faibles capacités techniques et organisationnelles des différentes filières, de l’insuffisance des infrastructures et équipements pastoraux, du vol fréquent de bétail et de la faible valorisation des résultats de recherches. En somme, les différents instruments existants ont permis de financer 2 224 projets pour un montant de 4 281 561 409 FCFA entre 2017 et le 31 août 202117 soit près de 1000 projets de plus par rapport à la période 2012-2016 et un financement correspondant de près de 1 500 000 000 FCFA18. Il convient de rappeler que toutes les activités d’élevage légalement reconnues au Sénégal sont éligibles au crédit accordé par les institutions de financement partenaires du FONSTAB. Il s’agit des activités de production (embouche bovine et ovine, élevage porcin, production laitière et avicoles (viande et œufs), miel et cires; aliment de bétail ou de volaille), de transformation et valorisation (lait, viandes, œufs et miel, cuirs et peaux) et commerciales (produits pastoraux, intrants alimentaires, etc.). Toutefois, on peut noter que la plupart des financements ont été accordés aux opérations Tabaski. A titre d’exemple, pour un financement global en 2020 de 419 projets pour un 15 Décret n° 2007-1353 du 6 novembre 2007, logé au MEPA 16 Offre des crédits à taux réduit (3-5%) avec un apport personnel de 10%. 17 Rapport Diagnostic sur la situation du financement jusqu’au 31 Aout 2021 - Annexe 2 18 Calculs effectués à partir des situations annuelles par instrument de financement au niveau du FONSTAB LPSDEL 2022-2026 – MEPA 24 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 montant global de 1 040 249 367 FCFA, la LBA a accordé 376 crédits pour un montant de 922 584 587 FCFA soit près de 88,7% des crédits accordés pour l’année à l’opération Tabaski. Une telle situation ne favorise pas le développement des autres filières qui se sont partagées le reste du financement. On constate aussi une prédominance des demandes relatives à l’embouche bovine et à la commercialisation au détriment d’investissements réellement structurants pour assurer le développement des filières tel que souhaité dans l’esprit qui a présidé à la création du FONSTAB. Il est désormais prévu une réorientation des investissements en faveur des autres filières par un meilleur rééquilibrage des crédits. C’est pourquoi, le FONSTAB envisage de mettre à profit les opportunités de fonctionnement de divers fonds, programmes et projets offrant des services techniques et financiers, pour promouvoir l’emploi et l’entreprenariat dans le secteur de l’élevage. Dans ce cadre, un responsable de l’entrepreneuriat a été recruté pour mieux accompagner les filières dans les investissements. Aujourd’hui, la dynamique enclenchée s’oriente vers l’identification de niches d’emplois potentiels pour avoir des entreprises pastorales améliorées à travers l’établissement de nouveaux partenariats avec les structures comme l’ONFP, l’ADEPME et 3 FTP, pour l’investissement et l’accompagnement. Le FONSTAB devrait aussi jouer également le rôle de facilitateur des volets de financement de conventions de partenariat conclues par le MEPA avec des intervenants dans le secteur de l’élevage, comme récemment avec le Programme Sénégalais pour l’Entreprenariat des Jeunes (PSE-J). En effet, une attention particulière est accordée aux jeunes et aux femmes. Les données désagrégées en 2018 sur les crédits débloqués par le Crédit Mutuel du Sénégal (CMS), permettent d’appréhender l’effort accompli en direction de ces deux catégories. Enfin, le secteur de l’élevage porte un intérêt grandissant à la couverture des risques agricoles en s’inscrivant de plus en plus auprès de la Caisse Nationale d’Assurances Agricoles du Sénégal (CNAAS). Ainsi, le nombre des inscrits (essentiellement pasteurs, chevillards, aviculteurs) est passé de 8 977 en 2020 à 10 225 en 2021 ce qui correspond à une progression annuelle de 13,9% (CNAAS, 2022). 9.3. Besoins en financement Les actions programmées pour la période 2017-2021 avaient été inscrites dans une perspective de réalisation des conditions préalables au développement accéléré des filières de production, conformément aux objectifs du PSE. Ces préalables portent sur i) la mise en place des infrastructures et équipements pastoraux, ii) l’amélioration de la mise en marché des produits par le renforcement des équipements de transformation et de commercialisation, iii) l’amélioration de la santé animale et des conditions sécuritaires, iv) l’organisation et la professionnalisation des acteurs, v) la disponibilité de financements appropriés, et vi) l’application effective du code pastoral. Les années 2020-2021 ont été marquées par la crise sanitaire qui a bouleversé les économies, les modes de vie et les équilibres sociaux. Au Sénégal, la gestion de la crise sanitaire a eu pour conséquence un réaménagement des budgets, un resserrement du marché financier intérieur, un fléchissement des investissements et un assouplissement des engagements financiers internationaux. Aussi, les actions devraient conduire à des résultats tangibles qui, dans le court terme, impacteront positivement les conditions de vie des populations, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’amélioration des revenus et la création d’emplois. Ces actions sont ainsi prévues dans le cadre des filières bétail-viande (bovins et petits ruminants), aviculture familiale et valorisation du lait local qui offrent des opportunités, pratiquement, au niveau de tous les maillons de la chaîne de valeur. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 25 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026

  22. 10. CADRE STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT 10.1. Vision En référence aux orientations de la politique économique et sociale définies dans le PSE, en ligne avec le Plan National de Développement de l’Élevage (2017-2031), la vision de l’Élevage à l’horizon 2035 est : « Un secteur de l’Élevage compétitif, contribuant de manière durable à la souveraineté alimentaire et à la croissance de l'économie nationale ». La vision pour 2022-26 découle d’une filiation directe du PSE et de celle de 2017-21 mais elle est ajustée selon les paradigmes qui ont évolué en 2020 du fait des crises économiques et sociales engendrées par la crise sanitaire de la COVID-19 et ses impacts aux plan local et international. L’actualisation subséquente des orientations et des révisions sur le plan stratégique ont conduit le Sénégal à concevoir désormais les politiques publiques selon le PAP2A qui, du fait des circonstances, vise le développement endogène de filières plus résilientes et compétitives, portées par un secteur privé national fort, centrées sur des pôles de développement au sein des territoires et zones agro-écologiques. L’accent est mis aussi sur une plus grande efficacité et cohérence des politiques publiques dans le sens d’une dynamique durable et résiliente en les adossant aux visions du PSE, de la politique agricole de la CEDEAO 2020, du Programme Détaillée de Développement Durable de l’Agriculture Africaine (PDDAA) de l’Union Africaine 2063 et des Objectifs du Développement Durable (ODD.) La vision décline pour l’élevage la nécessité d’une satisfaction durable des besoins alimentaires et nutritionnels du Sénégal, d’une contribution positive des productions animales à l’équilibre de sa balance des paiements, d’une gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité et d’une optimisation des ressources des systèmes d'élevage et du fonctionnement des filières qui leur sont liées. Combinées à la diffusion du progrès technique et aux aménagements institutionnels, des mesures d’accompagnement économique intéressant les agents des filières, les produits et les consommations intermédiaires doivent nécessairement compléter le dispositif de mise en œuvre du PNDE et de la LPSDEL. En effet, les contraintes macro-économiques doivent être prises en compte et elles requièrent la mise en œuvre de leviers macro-économiques et réglementaires découlant de la cohérence des politiques monétaires, budgétaires et de crédit de l’État. Il est aussi capital de veiller à : i) l’application des textes adoptés par les autorités compétentes pour exécuter les actions issues de la stratégie de développement ; ii) la réalisation de bases structurantes dans les zones d’élevage et les territoires concernés ; iii) l’efficacité des filières sur les plans économique, social et environnemental. Ainsi la LPSDEL se veut résolument plus explicite en termes de i) souveraineté alimentaire ; ii) création et consolidation d’emplois ; iii) insertion socio-économique inclusive surtout pour les femmes et les jeunes ; iv) promotion d’un entreprenariat profitable et porteur de croissance ; v) gestion intelligente des ressources naturelles et de la biodiversité pour leur durabilité. Par ailleurs, en ligne avec le PAP2A, la politique sectorielle de développement de l’élevage (PSDE) doit désormais être déclinée de 2022 à 2026 en composantes, axes et programmes territorialisés pour pouvoir intégrer et exploiter les supports et mécanismes locaux de gouvernance découlant de l’Acte III de la décentralisation en vigueur au Sénégal. Il s’agit de mieux identifier, exploiter pleinement et tirer efficacement avantage des opportunités de développement des systèmes de production et des filières au niveau local ou territorial des communes et des régions. La PSDE doit ainsi refléter les avantages et différences agro- LPSDEL 2022-2026 – MEPA 26 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 écologiques mais aussi, matérialiser les choix publics de gouvernance et d’aménagement du territoire. 10.2. Mission Le pilotage du secteur de l’élevage est assuré par le Ministère de l’Élevage et des Productions Animales (MEPA), dont la mission se décline ainsi qu’il suit : « Mettre en place des stratégies et programmes visant l’augmentation et la sécurisation des productions animales et l’amélioration de leur qualité et promouvoir l’identification et le développement de filières porteuses, afin de contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ». Une telle mission doit se refléter dans les valeurs et principes d'action et être matérialisée par les axes retenus et les programmes de mise en œuvre. La mission s’inscrit aussi dans une logique d’action publique continue selon des options pérennes de l’État du Sénégal qui dépassent les enjeux politiques conjoncturels et à court terme. 10.3. Valeurs et principes d’actions  Valeurs La vision découle des valeurs inscrites dans la Constitution du Sénégal en articulant i. la performance et la rentabilité des interventions dans le sous-secteur, ii. la solidarité de ses acteurs et de ceux des autres secteurs connexes, iii. l’équité sociale et l’inclusion pour le développement humain et la répartition des ressources ; iv. la bonne gouvernance du secteur, v. la gestion déconcentrée et décentralisée pour valoriser les avantages agro-écologiques, et, vi. la prise en compte des stratégies nationales transversales notamment celles relatives à la Nutrition, à la Sécurité alimentaire, au Développement durable et au Genre.  Les principes d’action Les principes d’actions de la politique sectorielle de développement de l'élevage reposent fondamentalement sur la promotion de filières d’élevage porteuses et motrices selon les zones agro-écologiques, d’une part, et d’autre part, sur le renforcement des systèmes pastoraux et agropastoraux pour les rendre plus efficaces, inclusifs et résilients. Dans le cadre de l’augmentation de la productivité, il s’agit de lever les contraintes majeures au développement, de porter les productions au niveau des pays africains les plus performants, tout en améliorant l’efficacité et la qualité pour induire une baisse des coûts de production et de transformation des produits d’origine animale, et obtenir des gains de compétitivité en tenant compte de la gestion optimale des écosystèmes.  Des filières performantes Pour la valorisation des ressources animales et leur commercialisation, une approche filière équilibrée et informée sera suivie en l’appuyant par des systèmes d’information performants sur les marchés, l’intelligence économique en élevage, le développement des infrastructures de mise en marché, la structuration et la professionnalisation des acteurs dont les professions vétérinaires et zootechniques pour qu’elles jouent plus efficacement leurs rôles dans les différents segments des filières pour une intégration plus effective. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 27 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Le développement de la fourniture de services et d’appui-conseils aux acteurs des filières sera orienté par des actions de promotion des métiers spécifiques et innovants autour des besoins des acteurs au cœur du fonctionnement des filières d’élevage. Dans cette perspective, il est primordial que soit développé et renforcé un marché national des produits animaux pour les échanges domestiques, mais favorablement ouvert pour des échanges intra-régionaux et intra-africains. L'avènement d'un tel marché requiert des choix et des arrangements pour une approche opérationnelle des marchés internationaux afin que soient garanties des ripostes commerciales appropriées contre les importations subventionnées, la concurrence déloyale et les freins aux actions prioritaires de développement de l'élevage. Il s’agit également de conquérir des niches à l’exportation en valorisant la position et les avantages comparatifs du Sénégal, surtout dans la sous-région Afrique de l’Ouest. Une politique de commerce extérieur ferme et vigilante se justifie par la nécessaire sécurisation des espaces productifs du pays et le soutien aux pôles de développement économique locaux et aux segments de l'économie les plus porteurs. Ce marché aura une structure très fortement déterminée par les phénomènes de croît démographique et d'urbanisation accélérée qui sont enregistrés au Sénégal et les réponses qui leur seront apportées en termes de développement des pôles économiques, agricoles et urbains, des espaces péri-urbains et d'aménagement du territoire. Il est donc essentiel que la LPSDEL et sa conduite par filière et zone agro-écologique répondent à des aspirations largement partagées et assumées par les partenaires intervenant dans le sous-secteur de l'élevage afin de favoriser les alliances grâce à des arbitrages et négociations équitables. Seule l'adéquation stratégique entre les actions matérialisant la LPSDEL et les aspirations et comportements des acteurs socio-économiques directement impliqués peut garantir son succès.  Une stratification territoriale structurante La LPSDEL intègre la territorialisation des systèmes de production et des circuits locaux des filières de produits animaux qui pourra permettre d’être plus efficace pour atteindre les résultats. La configuration des systèmes de production animale commande une stratification des principales zones d’élevage pour que les contraintes et les potentialités agro-écologiques soient bien prises en compte dans la conception et la réalisation des actions choisies. Les zones d'actions et les choix stratégiques pour l'élevage doivent être cohérents. Il s’agit de bien intégrer les zones sylvopastorales, domaines de l’extensif, les zones agricoles spécialisées en élevage familial de type mixte et domaine de l’intégration agriculture-élevage et les zones périurbaines spécialisées en élevage intensif ou semi-intensif. Les délimitations agro-écologiques sont déjà connues et convenues pour permettre leur appropriation active dans les dynamiques de territorialisation du développement des filières d’élevage (Tableau 1, Annexes 1 et 2). Pour ce faire, 3 zones principales sont retenues avec des orientations prioritaires spécifiques. Chaque zone pourra être scindée en sous-zones pour affiner la stratification, faciliter le choix des activités et les mettre en cohérence suivant les réalités locales et enfin cibler les bénéficiaires prioritaires selon leurs savoirs endogènes, leur savoir-faire, leurs compétences acquises grâce aux projets et structures d’encadrement et également leurs aspirations (Annexe 1 et 2). LPSDEL 2022-2026 – MEPA 28 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Tableau 1. Bases de la stratification structurante de l’élevage au Sénégal Territoires Orientation Systèmes/Spéculations  Résilience et gestion durable des systèmes Sécurisation et réduction Sylvo-pastoraux extensifs dans les espaces pastoraux et sylvo- de la vulnérabilité pastoraux  Promotion de systèmes agro-pastoraux avec Agricoles Consolidation et une intégration spatiale et fonctionnelle de diversification l'élevage familial mixte et intégré  Amélioration des élevages à cycle court de type traditionnel  Expansion de systèmes intensifs et commerciaux de productions animales avec une intégration verticale production-transformation- Périurbains Intensification distribution o Aviculture intensive et de niche o Production laitière o Embouche ovine/caprine et bovine o Élevage porcin en intensif La LPSDEL conserve de manière explicite le pastoralisme comme un mode reconnu d’appropriation et d’utilisation des terres et donc comme un système d’élevage à part entière dans les plans d’occupation et d’aménagement des sols (POAS), dans les droits fonciers d’usage communautaire, individuel et/ou familial, dans les modes d’exploitation agricole, dans le marché foncier, la conception des agropoles, l’aménagement et l’équipement rural. Un tel choix articule l’appropriation et la gestion durable des parcours pastoraux à l’accès équitable aux ressources en eau pour sécuriser les systèmes d’élevage pastoral et transhumant et réduire leur vulnérabilité et à la valorisation du potentiel des productions animales. Quant aux systèmes agro-pastoraux, ils sont des composantes des zones agricoles où se pratique une intégration spatiale et fonctionnelle de l'élevage familial mixte, intégré à l’agriculture et propice à une amélioration des élevages à cycle court et de type traditionnel. Des gains de productivité y sont possibles grâce à des sources alimentaires pour animaux in situ à collecter, conserver et transformer, de meilleures pratiques d’élevage et le recours à l’amélioration génétique des ressources animales locales par l’insémination artificielle principalement, sans exclure la sélection toujours pratiquée grâce aux savoirs locaux. Les systèmes péri-urbains intensifs et commerciaux connaissent les plus fortes progressions dans le sous-secteur de l’élevage du fait de leur proximité avec les pôles de demande et une offre d’intrants et d’équipement d’élevage intensif et semi-intensif à haute valeur ajoutée. L’intensification en aviculture, production laitière, embouche bovine et ovine, élevage porcin y est avancée et entretenue par un vigoureux secteur de la transformation des produits d’origine animale malgré les faiblesses en matière de sécurité sanitaire des aliments d’origine animale et les risques de santé publique. Les pressions foncières y imposent des élevages hors sol et à cycle court qui profitent de leur proximité avec les marchés de consommation malgré la précarité de leur fonctionnement à long terme en l’absence d’aménagements territoriaux dédiés à l’élevage. Les zones péri-urbaines sont des sites privilégiés d’implantation de nouveaux élevages commerciaux promus par des acteurs non traditionnels et urbains. La production laitière y est devenue fortement dépendante d’importation circonstancielle de sang étranger pour développer des noyaux exotiques d’élite et modernes avec des rendements élevés mais une profitabilité incertaine. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 29 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 A travers les zones agro-écologiques, l’amélioration génétique restera un levier stratégique pour atteindre les objectifs fixés en améliorant les bases productives constituées par le capital productif animal. La LPSDEL considère cependant que l’exploitation durable et la valorisation des races locales en élevage bovin et ovin devraient être les principes d’orientation de l’amélioration génétique pour répartir de manière équitable et profitable la sélection, l’insémination artificielle et l’importation de noyaux laitiers exotiques suivant les zones agro-écologiques.  Un environnement régional favorable aux affaires et à l’entrepreneuriat en élevage Les lignes d'actions et les actions spécifiques qui découlent de la stratification dans la mise en œuvre des actions ne pourront être traduites dans la réalité de manière efficace et opérationnelle que grâce à une bonne synergie entre opérateurs et un accompagnement par les institutions nationales et régionales agissant comme agents de facilitation et celui des producteurs et autres acteurs du secteur privé. La LPSDEL compte exploiter l’amélioration de l’environnement des affaires, de la gouvernance sectorielle et du partenariat régional. Cela incitera à plus de valorisation commerciale du capital animal et de sa production par les éleveurs et investisseurs privés qui décident de saisir les opportunités offertes par le secteur, à contribuer à son développement et à créer des emplois. L'intervention des institutions publiques nationales est incontournable pour garantir et arbitrer le partenariat. Cette intervention devra servir de socle à la coordination entre les différentes zones d'élevage ainsi que pour la coopération sous-régionale et l'intégration. Cependant, les interventions de l'État devraient, autant que possible, être maintenues hors des sphères de la production et de la commercialisation. Ces interventions devraient surtout être axées sur le contrôle, l'arbitrage, la régulation, l'incubation et la promotion des incitations pour le maintien des capacités productives et le développement des segments de filières fragilisés. Le développement de l’élevage dépend d’investissements structurants et transformateurs ou de mise à niveau faite de manière planifiée et organisée pour rendre réalisables les conditions de facilitation de la résilience, de la croissance et du développement des exploitations pastorales, des fermes d’élevage, des unités de collecte, de transformation, de conditionnement, de conditionnement et de distribution, des nano-, micro- et méso-entreprises de prestations de services d’appui technique et organisationnel, de conseil, financiers et d’assurances, fonds de garantie, bonification des taux d’intérêt, etc. L’environnement des affaires favorable à l’élevage concerne également les interfaces avec les stratégies et politiques nationales de formation et de recherche agricole, scientifique et technique, de maîtrise de l’eau à usage multiple et selon un maillage national. Face aux contraintes, il est essentiel que soient reflétées dans la présente LPSDEL des options fortes et volontaires pour doter le pays d’une stratégie nationale d'accroissement, de facilitation de la mise à disposition et de sécurisation de l'accessibilité et de l'utilisation des intrants vétérinaires et d’élevage de qualité (vaccins contre les maladies prioritaires, antiparasitaires, médicaments essentiels, matériel génétique animal d’amélioration (vif comme en paillettes), semences de cultures fourragères, matières premières de base pour la fabrication des aliments concentrés pour animaux d’élevage. L’environnement des affaires doit également être conforté par des règlementations en phase avec les engagements internationaux du Sénégal pour le développement d’un élevage respectueux de la lutte contre le changement climatique et les gaz à effet de serre, pour la LPSDEL 2022-2026 – MEPA 30 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 séquestration du carbone, la sécurité sanitaire mondiale, la lutte antimicrobienne. L’environnement des affaires et de l’entrepreneuriat en élevage doit impérativement être propice à des investissements responsables et évitant les externalités négatives environnementales, sociales et de gouvernance qui nuisent à la performance des portefeuilles d'investissement dans le pays.  Un environnement des affaires mobilisateur pour les investisseurs, entrepreneurs, néo-entrepreneurs jeunes et femmes En parallèle aux investissements structurants, réformes et politiques publiques adaptées pour rendre plus attractives les filières animales, le secteur privé devrait prendre en charge les plus importants efforts de développement de ce secteur. Même s’il contribue fortement à l’investissement et à l’appui des acteurs suivant des options socio-économiques données, l’État, est d’abord responsable fondamentalement de la facilitation du fonctionnement des filières en y exerçant ses fonctions régaliennes de contrôle, d’arbitrage et de compensation au service de l’intérêt général au sein des filières et entre les différents types d’acteurs. Bien que leurs motivations soient duales entre l’autoconsommation et le gain monétaire, les éleveurs qui sont majoritairement villageois et ruraux constituent les premiers investisseurs du secteur. Leurs choix et décisions conditionnent finalement les performances et résultats macro- économiques des filières et l’efficacité de leur fonctionnement. Les investisseurs nationaux et internationaux, quant à eux, peuvent intervenir dans la fourniture de services de proximité et d’intrants aux exploitations familiales et aux unités de transformation qui leur sont liées mais aussi dans la promotion de systèmes agro-alimentaires territorialisés dits modernes, intensifs et à orientation commerciale. Parmi les services les plus attendus du secteur privé et les niches les plus opportunes pour l’entrepreneuriat, figurent la fourniture d’appui-conseil, d’intrants vétérinaires, zootechniques et d’équipements et matériel d’élevage, les assurances, le crédit, la promotion d’entreprises de collecte, de stockage, de transformation pour valoriser les productions locales, la distribution et la commercialisation. L’environnement des affaires doit concourir à la multiplication rapide de formules de partenariat public-privé (3P) et surtout de partenariat public-privé-producteurs (4P), spécialement en production et transformation laitière, production et transformation avicole, embouche bovine et ovine, porciculture et valorisation de l’apiculture. 10.4. Objectif de développement du secteur L’objectif global sectoriel est de « Contribuer à la souveraineté alimentaire et à une croissance inclusive de l'économie nationale par l'accroissement durable des productions animales, l'amélioration de la compétitivité des filières et le renforcement de la gouvernance du secteur ». Pour la présente LPSD, il s’agit de maintenir le rôle prééminent de l’élevage dans la création de richesses au Sénégal en s’appuyant sur les filières qui le structurent en augmentant leur contribution au Produit Intérieur Brut du pays, à la souveraineté alimentaire, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, de même que leurs parts respectives dans le revenu et les emplois offerts aux ménages, aux jeunes et aux femmes, et en misant sur leur potentiel d’accélération de la croissance. Il s’agit aussi de créer les conditions d’insertion dans des niches porteuses de commerce sous- régional et international, de booster les segments de filières propices à la création d’emplois, LPSDEL 2022-2026 – MEPA 31 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 l’amélioration des revenus des actifs en élevage et, enfin, leur contribution à un développement inclusif et équilibré des zones agro-écologiques. 10.5. Axes stratégiques En phase avec le PNDE19, quatre axes stratégiques ont été retenus pour la LPSDEL 2022- 202620, à savoir : i. l’amélioration de la sécurisation et de la productivité des systèmes d'élevage ; ii. le renforcement de la santé animale et de la santé publique vétérinaire ; iii. l’amélioration de l'accès à des produits animaux de qualité ; et, iv. Le renforcement du cadre institutionnel, du partenariat et de la coopération. Ces axes découlent de l’articulation de la LPSDEL sur le moyen terme avec le PNDE qui est suivi depuis 2017 pour un pas de temps de 15 ans. Elle est ainsi le cadre de référence pour les interventions, les réformes et politiques publiques et la mise en cohérence des initiatives au sein du secteur pour la période de 5 années à venir. Les LPS sont opérationnalisées successivement grâce à des programmes déclinés en fonction des objectifs spécifiques selon les enjeux du secteur et les axes préconisés pour leur apporter des solutions. 10.6. Objectifs spécifiques Du fait des enjeux en cours dans le secteur de l’élevage, six objectifs spécifiques sont fixés à travers la mise en œuvre des axes stratégiques de la présente politique sectorielle :  Objectif spécifique 1 : améliorer la sécurisation et la gestion des systèmes d'élevage pastoraux, agropastoraux et périurbains ;  Objectif spécifique 2 : accroître durablement la productivité et les productions animales ;  Objectif spécifique 3 : renforcer la santé animale et la santé publique vétérinaire ;  Objectif spécifique 4 : améliorer la valorisation des produits animaux ;  Objectif spécifique 5 : améliorer l'accès aux marchés ;  Objectif spécifique 6 : renforcer la gouvernance, le partenariat et la coopération dans le secteur. Lesdits objectifs se déclinent en indicateurs qui servent de repères pour le suivi et l’évaluation de la LPSDEL. L’année 2021 servant de base, les projections des indicateurs reflètent une option optimiste corrélative aux ambitions des acteurs du secteur et à la volonté politique assumée de l’Etat (Tableau 2). 19 Disposition de la loi d’orientation agrosylvopastorale promulgué en 2004 20 Les axes de la précédente LPDSE 16-21 sont Axe 1 « Accroissement de la productivité et des productions animales » ; Axe 2 « Création d’un environnement favorable au développement durable des systèmes d’élevage » ; Axe 3 « Amélioration de la mise en marché des produits animaux » ; Axe 4 « Renforcement du cadre institutionnel d’intervention ». LPSDEL 2022-2026 – MEPA 32 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Tableau 2. Objectifs des productions de l’élevage, 2021-2026 (à réviser par CEPSE MEPA) Indicateurs annuels 2021 2022 2023 2024 2025 2026 Production nationale de viande rouge et 145 164, 285 186, 135 210,891 238,939 269, 930 d'abats (milliers de tonnes) Production nationale de lait (millions de 270 305, 910 346 ,596 392, 693 465, 145 549, 360 litres) Importations de produits laitiers (millions 359 388,259 419,902 454,126 486, 457 519,575 d’équivalents-litres) Production nationale d'œufs de 1 000 1 133 1 284 1 454 1 722 2 035 consommation (millions) Production de viande de volaille (milliers 100 113 128 145 165 186 de tonnes) Production de miel et cires (kg) 5 800 6 571 7 445 8 436 9 992 11 808 Exportations de cuirs et peaux (en tonnes) 2 600 3 380 4 394 5 932 8 008 10 811 Population sénégalaise (x 1000) 17 215 000 17 731 450 18 263 18 811 295 19 375 19 898 776 394 634 Cons/habitant viande rouge et abats - kg 8,4 9,3 10,2 11,2 12,3 13,6 Cons/habitant lait - litre 15,7 17,3 19,0 20,9 24,0 27,6 Cons/habitant produits laitiers importés 20,9 21,9 23,0 24,1 25,1 26,1 équivalents- litres Cons/habitant d'œufs - unité 58,1 63,9 70,3 77,3 88,9 102,3 Cons/habitant viande de volaille - kg 5,8 6,4 7,0 7,7 8,5 9,4 Cons/habitant de miel - kg 0,3 0,4 0,4 0,4 0,5 0,6 Évolution (%)* 2021 2022 2023 2024 2025 2026 Population 3% 3% 3% 3% 2,7% 2,7% Cons/habitant viande rouge et abats - kg 10% 10% 10% 10% 10% 10% Cons/habitant lait - litres 10% 10% 10% 15% 15% 15% Cons/habitant produits laitiers importés 5% 5% 5% 4% 4% 3% équivalent litres Cons/habitant d'œufs - unités 10% 10% 10% 15% 15% 15% Cons/habitant viande de volaille - kg 10% 10% 10% 10% 10% 10% Cons/habitant de miel - kg 10% 10% 10% 15% 15% 15% Exportation cuirs et peaux - tonnes 30% 30% 35% 35% 35% 35% NB: * = scenario à progression positive modérée 22-26 Source : MEPA pour 2021 LPSDEL 2022-2026 – MEPA 33 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 10.7. Programmes et lignes d’actions La LPSDEL est opérationnalisée par des programmes déclinés suivant les objectifs spécifiques prioritaires se rapportant aux 4 axes stratégiques retenus pour atteindre l’objectif global poursuivi. Ces programmes découlent de la PNDE et des Documents de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD) du MEPA en vigueur et en application des mesures relatives aux réformes introduites par l’UEMOA en matière de gestion des finances publiques. Des ajustements idoines découlant du contexte en cours et des évolutions prévues y sont intégrés. 10.7.1. Programmes Les programmes se différentient selon les effets directs attendus qui peuvent être transversaux ou concernent directement les systèmes de production et les filières dans leur globalité. Les programmes structurants et d’accompagnement des systèmes de production et des filières sont destinés à améliorer les performances selon les zones agro-écologiques considérées. La structure des programmes de 2021 est adoptée pour la présente lettre avec 4 programmes comme suit (Tableau 3) :

  23. 1. Productions animales et gestion durable des systèmes d’élevage ;

  24. 2. Santé animale et santé publique « une seule santé » ;

  25. 3. Valorisation et mise en marché des produits animaux ; et,

  26. 4. Gouvernance, Pilotage, gestion et coordination administrative. 10.7.2. Lignes d’actions Les lignes d'actions permettent des actions et activités à coordonner de manière cohérente et à articuler dans le cadre de projets et initiatives avec les acteurs et partenaires en tenant compte de la hiérarchisation des priorités suivant les régions et des actions qui en découlent du niveau local au national. Les lignes d’actions prioritaires sont réunies autour de programme et chaque ligne d’actions est à son tour déclinée en actions prioritaires pour opérationnaliser le programme concerné. La prise en compte des zones agro-écologiques découlera du croisement entre les spécificités et avantages comparatifs de chaque zone, d’une part et, d’autre part, le type de filière ou segment de filière à considérer (Annexe 1). LPSDEL 2022-2026 – MEPA 34 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Tableau 3. Objectifs spécifiques et Programmes dédiés pour 2022-2026  Programme 1. Productions animales et gestion durable des systèmes d’élevage Le programme 1 vise la sécurisation de l’élevage ainsi que sa modernisation, son intensification pour améliorer les volumes et types de production, la productivité des systèmes d’élevage tout en préservant l'environnement. Ce programme doit développer un environnement sécurisé et favorable au développement durable des systèmes d’élevage, à l’accès et l’amélioration des ressources alimentaires (fourrage des parcours, résidus de culture et sous-produits agro- industriels) et à la réduction des contraintes d’accès à l’eau pour les animaux et les populations pastorales. Le développement, la réhabilitation et la mise à niveau des bases productives matérielles sont visés comme leviers nécessaires pour augmenter de manière durable les productions animales en valorisant les races locales bien adaptées aux conditions des différentes zones agroécologiques du pays, malgré des limites au plan génétique en termes de productivité pour la production laitière. Dans les différentes zones agroécologiques et périurbaines, il s’agira également d’actionner les savoirs engogènes, les savoir-faire et les compétences, pratiques, techniques et technologies permettant de mieux exploiter et valoriser les bases productives grâce à un capital humain dont les capacités sont renforcées. La gestion durable devra se traduire dans des actions de renforcement de la résilience21 des systèmes d’élevage. En outre, l’élevage qui est un pourvoyeur par excellence de protéines nobles et de micronutriments est un secteur clé pour lutter contre les carences et améliorer la situation nutritionnelle des groupes vulnérables. Le Programme 1 s’inscrit ainsi dans la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (SNSAR) articulé à la Stratégie nationale de gestion des risques agricoles. La LPSDEL intègre ainsi le positionnement institutionnel de la nutrition au niveau du secteur de l’élevage à travers son inclusion et la prise en compte de la coordination multisectorielle de la nutrition, le renforcement de capacités en nutrition et 21 Selon la FAO, la résilience est la capacité à prévenir les catastrophes et les crises ainsi qu’à anticiper, absorber les chocs et adapter ou rétablir la situation d'une manière rapide, efficace et durable. Cela comprend la protection, la restauration et l'amélioration des systèmes des moyens d'existence face à des menaces ayant un impact sur l'agriculture, la sécurité nutritionnelle et alimentaire et la sécurité des aliments LPSDEL 2022-2026 – MEPA 35 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 l’affermissement de la résilience des communautés en soutenant la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la promotion des productions à haute valeur nutritive et la consommation des produits locaux. A cet effet, le programme 1 est déroulé en 10 lignes d’actions comme suit : i. Renforcement des infrastructures et équipements de production  faciliter l’équipement des producteurs de base ;  accompagner la construction, la mise à disposition, la réhabilitation et la gestion durable des infrastructures et des équipements d’élevage (forages, unités pastorales, pistes de production et rurales) ;  appuyer la mise en place de modèles améliorés d'infrastructures et d’équipement de production, (poulaillers villageois, bergeries, porcheries, écuries) ;  soutenir l’artisanat rural pour la fourniture des matériels et équipement d’élevage et de traction animale. ii. Amélioration du potentiel et de l’utilisation des ressources génétiques animales  valoriser les ressources génétiques locales grâce à des modèles d’amélioration, de sélection et de croisement qui soient durables, économiques et transférables au niveau local ;  mettre en oeuvre un plan national d’amélioration génétique approprié et valorisant les races locales ;  conserver les races locales et préserver la biodiversité de la volaille rurale et des petits ruminants ;  promouvoir et accompagner l’insémination artificielle ;  soutenir l’accès à des géniteurs, reproducteurs et produits à haut potentiel génétique ;  multiplier les élevages d’espèces à cycle court avec les ressources génétiques animales locales ;  développer la filière des équidés en articulation avec le haras national et les haras régionaux par l’insémination artificielle et le renouvellement du cheptel équin de race ;  identifier le cheptel équin par pose de puces électroniques. iii. Promotion des pratiques d’élevage adaptées, améliorées et intensives  valoriser les résidus de récolte et les fourrages pauvres ;  faciliter l’accès aux intrants alimentaires pour animaux ;  généraliser la pratique des réserves fourragères et du traitement de fourrages grossiers ;  promouvoir les cultures fourragères ;  capitaliser et diffuser les systèmes d’élevage et pratiques d'alimentation animale respectueux de l’environnement et contribuant à la réduction de l’émission des gaz à effet de serre ;  intensifier l’appui-conseil pour la diffusion et la vulgarisation des bonnes pratiques d’élevage ;  développer les productions avicoles en milieu familial villageois ;  améliorer les productions apicoles en milieu familial villageois, la formation des apiculteurs, la vulgarisation des ruches modernes. iv. Renforcement de la gestion concertée des ressources pastorales  appuyer la mise en place de conventions locales, notamment pour la consolidation et la démultiplication des unités pastorales et des plans d’occupation et d’aménagement LPSDEL 2022-2026 – MEPA 36 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 des sols (POAS) ainsi que l’identification des couloirs de passage et zones de concentration des troupeaux transhumants ;  suivre avec le Centre de Suivi Ecologique (CSE) l’inventaire des ressources pastorales, agro-pastorales et sylvicoles disponibles, utilisables et accessibles aux animaux et procéder à l’établissement annuel des bilans fourragers et alimentaires animaux ;  suivre et évaluer les ressources naturelles, notamment les pâturages et les disponibilités en eau ;  jauger la mobilité pastorale et la dynamique des troupeaux dans les zones de transhumance pour un meilleur suivi de l’élevage pastoral. v. Amélioration des parcours naturels du bétail et de l’accès aux aliments concentrés  améliorer les pâturages par l'introduction d'espèces fourragères appropriées et la lutte contre les espèces végétales envahissantes ;  faciliter l'accès aux aliments usinés ;  renforcer le partenariat public-privé pour la promotion de cultures céréalières destinées à l’approvisionnement des industries de fabrique d’aliments pour animaux, notamment la volaille ;  prévenir et lutter contre les feux de brousse en réhabilitant, aménageant et entretenant les pare- feux. vi. Renforcement des aménagements, infrastructures et équipements pastoraux  poursuivre et renforcer la réhabilitation et la construction des infrastructures pastorales et parcs de vaccination  renforcer le maillage des points d’eau et leur accès pour l’abreuvement dans les zones pastorales et agropastorales ;  améliorer l’accès à l’eau en élevage extensif pour l’abreuvement ;  appuyer la mise en place d’infrastructures de stockage et de traitement et de conditionnement du fourrage. vii. Renforcement de la sécurité alimentaire du cheptel  poursuivre la promotion des cultures fourragères sous pluie et en irriguée avec la mise en place d'espaces fourragers communautaires, de fermes fourragères individuelles ou collectives ;  améliorer l'accès aux ressources pastorales au sein des unités pastorales, autour des forages et aménagements pastoraux ;  consolider le statut de refuge et valoriser le ranch de Dolly ;  faciliter l'accès des exploitations d'élevage aux aliments usinés en renforcant le maillage des réseaux de magasins d’aliment de bétail ;  renforcer et valoriser le maillage du réseau de magasins d’aliment de bétail ;  étendre le contrôle de qualité aux aliments pour animaux. viii. Renforcement de la résilience des systèmes d’élevage  prévenir et lutter contre le vol de bétail ;  promouvoir l'assurance en élevage ;  mettre en place et renforcer les mesures de protection sociale des pasteurs et des agropasteurs ;  mettre en place des structures sanitaires et scolaires adaptées au mode de vie pastorale, en rapport avec les départements ministériels en charge de la santé et de l’éducation; LPSDEL 2022-2026 – MEPA 37 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  promouvoir l'éducation nutritionnelle auprès des ménages dans les territoires agro- sylvo-pastoraux. ix. Gestion de l’impact environnemental de l’élevage  accompagner la mise aux normes des élevages périurbains conformément au Code de l’environnement et à la règlementation sur l’hygiène publique ;  promouvoir la formation, les métiers et industries spécialisées en gestion des effluents d'élevage ;  développer des pratiques d’élevage moins émettrices de gaz à effet de serre, en capitalisant sur les expériences réussies au niveau continental et international ;  renforcer les capacités en évaluation et réduction des gaz à effet de serre issus de l’élevage. x. Renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations  relayer le Plan d’action multisectoriel de la nutrition dans le secteur élevage et renforcer la disponibilité des aliments diversifiés, sains et à haute valeur nutritive ;  participer à la gouvernance de la nutrition à travers ses plateformes et mécanismes de coordination inter- et intra-sectoriels en matière de recherche, formation et innovation;  institutionnaliser la nutrition au sein du secteur élevage en veillant au ciblage équitable des communautés et groupes vulnérables ;  fournir des moyens durables de production aux petits producteurs vulnérables en vue d´améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle ;  intégrer des priorités nutritionnelles et de prévention des crises nutritionnelles dans les Plans de développement locaux au profit des populations pastorales ;  contribuer à la prévention de la malnutrition, les maladies non transmissibles d’origine alimentaire, les carences en micronutriments à travers la disponibilité d’aliments diversifiés, sains et nutritifs, la diversification alimentaire, la fortification/enrichissement des aliments et l'éducation nutritionnelle.  accroitre la part de l’élevage dans l’approche intersectorielle de la protection sociale  promouvoir un paquet de services intégrés (filets sociaux, sécurité alimentaire, nutrition) en faveur des populations pastorales en situation de pauvreté et/ou de vulnérabilité.  Programme 2. Santé animale et santé publique vétérinaire La santé animale est un bien public majeur au centre des responsabilités régaliennes de l’État. La préservation et l’amélioration de la santé animale sont des requis incontournables pour sécuriser le capital animal productif mais aussi protéger les consommateurs de produits animaux et assurer la qualité et la salubrité des denrées alimentaires d’origine animale. Ce programme concentre les activités de gestion et de protection sanitaire du cheptel pour sécuriser les productions animales, garantir la productivité du cheptel et préserver la santé publique face aux maladies animales et zoonotiques, prioritaires et transfrontalières, émergentes et ré-émergentes. La santé publique est précieuse pour tout pays. La protection active et passive de la santé humaine engage également le secteur de l’élevage où doivent être systématiquement pris en charge les risques en santé publique. L’approche «Une seule santé/one health » est adoptée comme cadre de référence et de coordination avec les programmes de santé humaine et d’environnement en s’appuyant sur la coopération intersectorielle et interdisciplinaire, le LPSDEL 2022-2026 – MEPA 38 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 partenariat public-privé et en exploitant le mandat sanitaire pour les campagnes de vaccination et l’amélioration de la santé sanitaire des aliments d’origine animale. La santé animale intègre le bien-être animal comme un requis pour tenir un bon élevage, productif et durable tout en confortant les valeurs humaines respectueuses de la sensibilité des animaux et en leur évitant des souffrances incompatibles. Le respect du bien-être animal fait l’objet d’engagements internationaux du Sénégal qui y souscrit mais aussi des croyances culturelles, cultuelles, religieuses et philosophiques qui sont partagées dans le pays. Le bien- être animal doit donc être promu et soutenu concrètement grâce aux actions prévues. Le programme 2 est opérationnalisé à travers trois lignes d’actions prioritaires : i. Amélioration de la santé animale  assurer un approvisionnement régulier et durable en vaccins courantes et en stocks d’urgence de vaccins, d’équipement, de matériel d’urgence et de gestion des foyers ;  poursuivre la lutte active contre les maladies animales prioritaires et leurs vecteurs (peste des petits ruminants, dermatose nodulaire contagieuse bovine, péripneumonie contagieuse bovine, maladie de Newcastle, peste équine, peste porcine africaine, rage, tuberculose, trypanosomose animale africaine) ;  améliorer l'organisation des campagnes nationales de vaccination et la gestion des risques sanitaires  renforcer le mandat sanitaire pour les vaccinations et l’inspection des denrées d’origine animale et actionner le partenariat public-privé pour assurer les couvertures vaccinales adéquates et le déparasitage ;  renforcer le système national de surveillance épidémiologique des maladies animales ;  maintenir la surveillance épidémiologique de proximité et le suivi de la situation zoosanitaire nationale ;  mettre en place et exécuter des plans de surveillance des troupeaux, fermes, exploitation d’animaux et de produits animaux ;  mettre en vigueur un code vétérinaire et faire respecter les mesures sanitaires courantes et d’urgence ;  renforcer le maillage des filières par les prestataires de services vétérinaires publics et privés qualifiés et collaborateurs reconnus par l’administration vétérinaire ;  renforcer les interfaces et la répartition des rôles et interventions entre les vétérinaires installés en privé et ceux du public. ii. Protection de la santé publique  systématiser l'inspection des animaux vifs et des viandes aux abattoirs et aires d'abattage,  opérationnaliser l’approche « One Health - une seule santé » en collaboration avec les acteurs concernés ;  prévenir et lutter contre les zoonoses ;  prévenir et lutter contre la résistance aux antimicrobiens dans les produits laitiers et avicoles ;  communiquer sur la santé publique vétérinaire basée sur l’approche « une seule santé »;  renforcer les mesures d’inspection, de contrôle et de suivi de l’assainissement du marché des médicaments vétérinaires ;  élaborer, vulgariser et suivre l’adoption des normes sanitaires pour les denrées d’origine animale ;  mettre à niveau la législation sur la surveillance des aliments. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 39 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 iii. Promotion du bien-être animal  sensibiliser et vulgariser le respect et les bonnes pratiques du bien-être animal et de la bien-traitance des animaux ;  mettre en place un cadre réglementaire pour le transport et l’abattage des animaux conformément aux normes de l’OIE ;  mettre aux normes les établissements d’élevage et d’abattage ;  soutenir la filière des équidés en articulation avec l’utilisation de la traction animale dans l’agriculture, le transport des biens et des personnes en milieu rural et urbain ;  identifier les chevaux par puçage et encadrer leurs propriétaires et utilisateurs.  Programme 3. Valorisation et mise en marché des produits animaux La commercialisation des produits et intrants est indispensable pour prolonger les acquis obtenus par l’amélioration de la production et la sécurisation de l’élevage. Tout ce qui est produit, une fois les besoins d’autoconsommation satisfaits doit être mis en marché pour satisfaire la demande en produits animaux. Les conditions de collecte, de conservation, de transformation, de transport et de distribution des produits animaux doivent être améliorées pour que les productions animales soient valorisées et mises en marché le long des filières animales efficaces pour satisfaire la demande en produits animaux sains, nutritifs et de qualité et garantir l’efficacité de la production et de la transformation ainsi que le retour sur investissement. L’évolution des marchés doit être accompagnée par la diversification des produits et services offerts pour être en phase avec l’évolution des besoins. L’innovation est également un facteur de croissance pour améliorer la productivité et la satisfaction des consommateurs, voire conquérir des niches au niveau national et des parts de marchés au niveau sous régional. Pour produire, il faut des intrants de qualité pour améliorer la productivité et qui doivent être rendus plus accessibles pour la production et la transformation. Il s’agit donc de faciliter un accès durable et profitable aux intrants vétérinaires et d’élevage. A cet effet, 3 lignes d’actions prioritaires ont été définies afin de structurer les activités nécessaires. i. Renforcement des infrastructures et équipements de commercialisation  accompagner la construction, la mise à disposition, la réhabilitation des infrastructures commerciales structurantes (abattoirs, marchés, chambres froides, unités de transformation et de conditionnement, foirails, marchés à bestiaux)  mettre en place un système durable de gestion des infrastructures et des équipements de commercialisation aux différents échelons des filières animales ;  augmenter les capacités de transformation des produits animaux (abattoirs, unités de traitement et de transformation) ;  contrôler les unités de transformation et de commercialisation des produits animaux selon des procédures normées d’hygiène et de qualité ; ii. Amélioration de la commercialisation de produits de l’élevage, des intrants en santé animale et zootechniques, du matériel d’élevage  améliorer les conditions de collecte, de conservation, de transformation, de transport et de distribution des produits animaux ;  améliorer la sécurité sanitaire et la traçabilité des denrées d’origine animale ;  appuyer la valorisation et la promotion de produits animaux sains, nutritifs et de qualité LPSDEL 2022-2026 – MEPA 40 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  appuyer la création et la promotion de produits innovants, adaptés à la demande courante et celle de niche ;  assainir les circuits de commercialisation du bétail et de la viande. iii. Développement et diffusion des techniques et technologies pour la diversification et l’innovation  promouvoir la diffusion de techniques et de technologies générées par la recherche et les sciences de la production et de la transformation des produits animaux ;  faciliter les prestations de services de proximité et l’offre de services spécialisés aux acteurs pour le suivi des exploitations laitières et avicoles, l’insémination, la valorisation du lait, la production et la valorisation du miel ;  promouvoir des startups et centres multi-services, d’appui-conseil, de création de produits et services innovants et adaptés à la demande ;  renforcer les capacités en techniques de transformation hygiénique et conservatrice de toutes leurs valeurs nutritives ;  promouvoir des produits animaux de label « national » et le « consommer local.  Programme 4. Gouvernance, Pilotage, gestion et coordination Les défis actuels auxquels fait face le secteur demandent des services d’élevage efficaces et adaptés au contexte et pouvant être mobiles, informés, positionnés en fonction des risques et opérationnels. Il s’agit donc de formuler, discuter, négocier et adopter des réformes et procéder aux mises en cohérence institutionnelle et inter-sectorielle pour améliorer l’environnement institutionnel et le climat des affaires qui touche directement l’élevage et ses filières. Le programme 4 vise à améliorer le pilotage sectoriel et à renforcer les capacités d’intervention des services d’élevage, des acteurs des filières et de leurs organisations professionnelles et interprofessionnelles. Ce programme vise également la facilitation et le dialogue pour instaurer un environnement des affaires et de l’entreprenariat propice au développement de l’élevage et motivant pour les acteurs le long des filières d’élevage. Ce programme concerne les réformes, mises en cohérence et mises à niveau des politiques publiques et des règlementations qui déterminent l’environnement des affaires qui concerne l’élevage. Pour relever le défi de la satisfaction d’une demande croissante en produits animaux, les investissements (publics et privés) dans le secteur doivent nécessairement être améliorés et répondre aux besoins d’efficacité et d’efficience des investissements publics. L’accès au crédit est cependant un maillon faible dans le développement des activités d’élevage au Sénégal. Étant le seul dispositif directement dédié à l’élevage, le FONSTAB doit être renforcé avec un statut lui permettant de se doter d’un personnel de qualité et de mieux se déployer dans la mobilisation des ressources financières nécessaires aux opérations de crédit. Les opportunités des institutions de financement (FONGIP, FONSIS, BNDE, FNDASP, FADSR, DER/FJ etc.) doivent être potentialisées pour élargir leur portefeuille élevage. La finalité est de renforcer les incitations à l’investissement et à l’entreprenariat en élevage et d’augmenter les performances techniques, économiques, financières, sociales et environnementales dans les filières animales. Par ailleurs, une action inclusive sur le genre doit être promue pour renforcer la formation et l’implication des femmes impliquées dans les filières animales. L’approche genre doit être matérialisée grâce aux méthodes d’ingénierie sociale pour l’autonomisation des femmes et des conditions favorables à l'accès des femmes aux marchés des intrants, services et produits. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 41 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Les 8 lignes d’actions prioritaires sont les suivantes : i. Renforcement des capacités d’intervention des services d’élevage  instituer une architecture institutionnelle et opérationnelle tout en préservant les bases du dispositif administratif et d’organisation du MEPA pour l’adapter au contexte de la territorialisation ;  relever la part des ressources publiques allouées ;  améliorer l’efficacité des services vétérinaires et d’encadrement publics et privés dans les mandats de police sanitaire, la réglementation de la médecine et de la pharmacie vétérinaires, le contrôle et la supervision de l’exercice vétérinaire privé ou privatisé, le contrôle de l’amélioration génétique, l’épidémiosurveillance des maladies animales, les interventions d’urgence ;  renforcer le capital humain par la formation et le recyclage des différentes catégories de personnel et par l’amélioration de la mobilité des agents ;  réhabiliter, construire et équiper les services d’élevage.  renforcer le recentrage de l’État sur ses missions essentielles et son partenariat avec les acteurs des filières animales ;  dérouler des initiatives et réformes conformément aux enjeux et à la configuration actuelle de l’économie sénégalaise ainsi que des tensions ou opportunités dans les filières animales. ;  renforcer la collaboration et la communication entre les départements ministériels concernés, les laboratoires vétérinaires et d’analyse des DAOA, les opérateurs des différentes filières, les associations de défense des consommateurs, en vue de mieux gérer les risques ; ii. Amélioration de l’environnement des affaires et de l’entrepreneuriat  procéder au benchmarking des opportunités et conditions d’entrée, de lancement et de déploiement des investisseurs et entrepreneurs suivant les filières d’élevage, leurs segments de production, transformation brute, agro-industrielle, alimentaire et de distribution suivant le type d’élevage (familial, villageois et rural, à capitaux intelligents) et de services en élevage.  consolider et structurer les dialogues et négociations au sein et entre groupes d’acteurs22 pour préparer les réformes, les appliquer et les évaluer ;  faire internaliser les réformes structurelles par les acteurs grâce à une communication adaptée  consolider le cadre juridique et réglementaire du développement de l’élevage (renforcement de l’application des engagements de la LOASP, appropriation foncière pour l’élevage, valorisation foncière par l’élevage, sécurisation des investissements structurants) ;  renforcer la diffusion et l’appropriation des normes et bonnes pratiques en matière de traçabilité, contrôle, assurance-qualité des intrants, services et produits. iii. Appui à la professionnalisation des acteurs des filières animales  renforcer les capacités techniques, organisationnelles et de gestion des organisations professionneles des acteurs des filières animales suivant une évaluation participative de leurs besoins ;  appuyer l’intégration participative des filières et les plate forme d’innovations constituées par les acteurs ; 22 État, acteurs de filières et leurs organisations professionnelles et interprofessionnelles, secteur privé, société civile et Partenaires Techniques et Financiers LPSDEL 2022-2026 – MEPA 42 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026  appuyer la structuration horizontale et verticale des filières, avec la mise en place d’interprofessions représentatives et leur massification ;  appuyer les organisations communautaires dans la réalisation d’infrastructures de collecte, de transformation et de commerce des produits animaux (centres de collecte de lait, infrastructures d’abattage, mini laiteries, tanneries, industries des cuirs et peaux, marchés à bestiaux, miellerie). iv. Amélioration des investissements en faveur du secteur  Assurer un plaidoyer politique fort auprès de l’exécutif et du parlement pour améliorer les allocations destinées au MEPA tout en l’épargnant des ponctions opérées chaque année.  réaliser et actualiser des études de filières pour une meilleure connaissance de leur situation, de leur histoire et perspectives et de leur performances techniques, sociales et économiques ;  produire des fiches de présentation sur les avantages socioéconomiques comparatifs des filières et mettre en œuvre des plaidoyers pour les investissements en élevage ;  élaborer des propositions de mesures incitatives pour favoriser les investissements et l’entrepreunariat dans les filières animales en collaboration avec les ministères concernés ;  renforcer la collaboration entre les secteurs, notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l’environnement ;  renforcer le partenariat avec les collectivités locales pour tirer parti des possibilités de financement local ;  renforcer les plaidoyers pour mobiliser des ressources extérieures et faciliter l’accès aux ressources financières ;  explorer toutes les opportunités offertes par le Fonds Vert Climat pour l’élevage face aux changements climatiques23 ;  développer toutes les opportunités d’établissement de contrats de partenariat public- privé, notamment pour les infrastructures de tranformation et de mise en marché en impliquant le secteur privé local grâace à des foras d’informations ciblés ;  renforcer les moyens de fonctionnement et d’intervention du FONSTAB en diversifiant et en multipliant les sources de financement en direction des opérateurs tout en mettant le focus davantage sur les opérations relatives à l’investissement ;  Renforcer le positionnement institutionnel et le fonctionnement du FONSTAB. v. Amélioration de l’accès à un crédit adapté et à l’assurance  structurer les offres de crédit du FONSTAB vers un portefeuille porteur de projets structurants, inclusifs touchant des segments diversifiés dans les filières et non être dominées par les opérations commerciales ou de visibilité (opérations tabaski, etc.) ;  faciliter l'accès au crédit par la mise en relation avec les institutions de financement (FONGIP, FONSIS, BNDE, FNDASP, FADR, etc.) ;  identifier de nouvelles Mutuelles d’Epargne et de Crédit des Eleveurs pour développer le service financier de proximité ;  étendre les opportunités de crédit dans les régions et zones agro-écologiques avec des avantages comparatifs en élevage avec un crédit adapté au cycle de production des différentes spéculations animales et un système de garantie approprié.  mobiliser un crédit adapté aux productions animales et à leur commercialisation ;  accompagner les porteurs de projet avec des appuis non-financiers, des programmes d’incubation et de renforcement des capacités d'entreprendre ; 23 en droite ligne de la déclaration des Chefs d’État africains, lors de la COP 22 à Marrakech LPSDEL 2022-2026 – MEPA 43 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 vi. Adaptation du cadre législatif et réglementaire du secteur  opérationnaliser un comité de révision des textes législatifs et réglementaires relatifs à l’élevage ;  élaborer des textes sur les mécanismes de planification et de suivi-évaluation du secteur élevage ;  faire adopter des dispositions règlementaires pour faciliter la sécurisation foncière des systèmes d’élevage. vii. Renforcement du système d’information et de communication, de planification, de suivi-évaluation  élaborer et mettre en œuvre de plans de communication internes et externes sur la LPSDEL ;  internaliser la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) à tous les niveaux du MEPA ;  renforcer les capacités des acteurs en élaboration et exécution des manuels des procédures de planification, d’exécution et de suivi-évaluation des activités et des résultats intégrant la GAR ;  développer un système d’information sur les marchés de produits animaux, d’intrants et matériels d’élevage, les risques sanitaires nationaux et internationaux, les interfaces élevage /environnement ;  monter un Observatoire consacré aux produits animaux et intrants d’élevage (lait, volaille, œufs, miel, intrants vétérinaires et zootechniques ;  finaliser la mise en œuvre du recensement national de l’élevage ;  développer les activités de collecte, traitement et analyse des statistiques sur l’élevage par le renforcement des capacités des services d’élevage ;  mettre en œuvre de manière effective et durable le Système d’information de gestion de l’élevage (SIGEL) au moyen d’un financement pérenne. viii. Renforcement de l’intégration du genre dans les interventions sectorielles  cibler les bénéficiaires de projet en tenant compte de manière équitable des femmes et jeunes filles dans l’accès aux ressources, aux équipements, aux opportunités de renforcement de capacités ;  privilégier les segments des filières ayant les impacts les plus significatifs sur l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes ;  établir les faits probants sur les performances et compiler régulièrement des données désagrégées pour alimenter le système sectoriel d’informations. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 44 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026

  27. 11. PROJECTIONS BUDGÉTAIRES DU MEPA 2022-2026 Les projections budgétaires ont été calculées en tenant compte du DPPD du MEPA, du document de cadrage global du MEPA réalisé avec le Ministère des Finances et du Budget (MFB) et du plan d’investissement prioritaire du secteur, base 2022-2024. Le calcul du ratio de progression du budget a été utilisé pour rester dans la dynamique qui a servi de base aux calculs établis dans le cadre des deux documents précités. Le taux de croit annuel du budget tourne en moyenne autour de 1,1 à 1,2%. Ainsi, sur la base de ces projections, le budget total du MEPA durant la période de mise en œuvre de la LPSDE 2022-2026 est de 242,138 milliards de FCFA (Tableaux 3 et 4). Ces chiffres sont très ambitieux en comparaison des niveaux de financement public dans la LPSDE précédente. Ils restent cependant réaliste compte tenu du dynamisme du secteur et des opportunités de ressources attendues avec l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz. Le soutien aux productions animales concentre 77% des investissements contre 18% prévus pour la santé animale et la santé publique vétérinaire et 3% pour la coordination et la gestion. On note que la mise en marché est le parent pauvre des allocations dans un contexte où on promeut le développement des filières. Il est impératif d’améliorer les investissements dans la mise en marché des produits animaux pour assurer la durabilité et maintenir la motivation des opérateurs à investir dans le secteur. Il convient aussi de souligner que les ponctions opérées régulièrement sur les allocations du MEPA peuvent expliquer que les budgets initiaux des Lois de finances initiales de la période 2017-2021 soient relativement faibles parce que revues chaque année à la baisse. L’un des défis du MEPA est justement un plaidoyer politique fort en faveur du maintien et de l’amélioration des allocations publiques au secteur pour lui permettre de réaliser les investissements favorables au développement de toutes les filières de l’élevage. Tableau 3. Projections budgétaires du MEPA 2022-2026 (FCFA) LFI 2021 Programmes LFI 2021 2022 2023 2024 2025 2026 AJUSTEE Pilotage, Coordination et 7 815 000 1 560 971 734 1 564 721 734 1 547 534 234 1 551 251 952 1 554 978 602 Gestion administrative Productions 16 117 105 979 24 142 242 105 29 458 940 048 35 389 162 544 42 513 166 581 51 071 265 971 animales Santé animale et Santé publique 7 152 271 279 1 174 271 279 8 375 513 079 8 748 391 004 9 251 988 410 9 784 575 186 10 347 820 094 vétérinaire Mise en marché des 434 145 555 10 000 000 813 949 085 807 141 197 985 115 712 1 202 333 581 1 467 447 959 produits animaux TOTAL 23 703 522 813 1 192 086 279 34 892 676 003 40 579 193 983 47 173 800 900 55 051 327 300 64 441 512 626 GENERAL LPSDEL 2022-2026 – MEPA 45 Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Élevage 2022-2026 Tableau 4. Projections budgétaires du MEPA 2022-2026 : Totaux (FCFA) Programmes 2022-2026 Moy 2022-2026 % moyen Pilotage, Coordination et Gestion 7 779 458 256 1 555 891 651 administrative 3% Productions animales 182 574 777 249 36 514 955 450 75% Santé animale et Santé publique 46 508 287 773 9 301 657 555 vétérinaire 19% Mise en marché des produits 5 275 987 534 1 055 197 507 animaux 2% TOTAL GENERAL 242 138 510 812 48 427 702 162 100% LPSDEL 2022-2026 – MEPA 46

  28. 12. CADRE DE PILOTAGE ET DE SUIVI-EVALUATION 12.1. Cadre d'exécution L’existence du MEPA est atout pour l’exécution d’une politique de développement de l’élevage. Le MEPA permet un ordonnancement cohérent de l’intervention des institutions publiques nationales et de la participation de toutes les entités impliquées et partenaires. Cet ordonnancement sert de socle pour la coordination des interventions entre les différentes filières et zones d'élevage ainsi que pour la coopération sous-régionale et l'intégration. Cependant, les interventions de l'État devraient, autant que possible, être maintenues hors des sphères de la production et de la commercialisation. Ces interventions devraient surtout être axées sur les fonctions régaliennes de contrôle, arbitrage, règlementation, régulation, incubation et promotion des incitations pour le développement des capacités productives et des segments fragilisés des filières stratégiques. Le MEPA permet de maîtriser les contours et les modalités d’une stratégie opérationnelle dans le secteur de l’élevage et d’assurer une coopération entre les ministères dont les périmètres respectifs touchent l’élevage et qui doivent donc impérativement être associés à la conception et à l’élaboration de toute politique de développement de l’élevage et des productions animales. Le dispositif du MEPA doit permettre de relever les défis de l’efficacité, la synergie, la coordination institutionnelle et la communication au profit, au premier chef, des éleveurs, des divers acteurs des filières de produits animaux et de celles des intrants et matériels d’élevage. Il est essentiel que la structuration et la logique des chaînes de commandement et d’administration facilitent les actions et éliminent les rigidités afin que la politique sectorielle de développement de l’élevage soit opérationnalisée grâce à des actions tant au niveau central que décentralisé. L’architecture institutionnelle actuelle du MEPA doit permettre une gestion plus efficace et rapide de la grande complexité des besoins et solutions qui interpellent plusieurs centres institutionnels de décision qui concernent l’élevage, la transformation des produits d’élevage, la santé publique, l’environnement des affaires l’agriculture, l’environnement, les eaux et forêts, la chasse et la conservation des sols, l’hydraulique pastorale, la formation agricole, vétérinaire et zootechnique, la formation professionnelle et aux métiers de l’élevage, le développement humain et la protection sociale, etc.). En effet, la présente LPSDEL pourra contribuer à la mise en œuvre d’une stratégie de développement rural qui concerne directement l’élevage tout en réduisant le morcellement éventuel des processus de prises de décision et en articulant les choix et priorités connexes qui ne reflètent pas nécessairement une même vision. Il reste que l’exécution optimale des actions qui découlent de la présente LPSDEL dépend de la conduite de refontes et innovations institutionnelles pour mieux intégrer la politique de décentralisation, la prise en compte des spécificités de l’élevage suivant les zones agro- écologiques, la responsabilisation des organisations de producteurs et autres acteurs des filières d’élevage et de leurs interprofessions de même que des mécanismes décentralisés de promotion et de partenariat avec le secteur privé au niveau décentralisé et du rééquilibrage des missions de services publics. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 47 12.2. Rôles et responsabilités des acteurs La mise en œuvre de la LPSDEL s’appuiera sur le dispositif du MEPA et sur toutes les autres parties impliquées dans les activités d’élevage aux niveaux local et territorial, national, sous- régional (UEMOA, CEDEAO) et international, avec pour souci de développer des synergies dans le cadre d’une démarche systémique. Les parties prenantes peuvent ainsi être classées en acteurs internationaux, acteurs non- étatiques et acteurs de la sphère publique sénégalaise :  les acteurs internationaux : organisations internationales (FAO, OIE, etc.) et partenaires techniques et financiers contribuant au développement du secteur ;  les acteurs nationaux o les acteurs du secteur public : ministères chargés de l’élevage, de l’agriculture, l’hydraulique, de la pêche et de l’aquaculture, de l’environnement, du développement durable, du commerce, des finances et du budget, de l’économie, du plan et de la coopération internationale, de l’industrie, BOS-PSE, APIX SA, des collectivités locales, de l’administration territoriale et de l’aménagement du territoire, de la femme, de la jeunesse, et des institutions de recherche (Institut de Technologie Alimentaire (ITA), ISRA) et de formation, Haut Conseil National de la Sécurité sanitaire mondiale (HCNSSM) « une Seule Santé », Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM), Secrétariat Exécutif du Conseil National de la Sécurité Alimentaire, (SECNSA), etc. ; o les acteurs non étatiques : les ONG, les organisations de producteurs, les réseaux d’acteurs le long des filières, du niveau des productions aux industries animales et à la distribution agro-alimentaire, les interprofessions des filières animales, les acteurs et entrepreneurs privés (industriels, commerçants), les associations de consommateurs. L’ensemble de ces acteurs seront associés, à des niveaux de responsabilité différents, à la mise en œuvre de la LPSDEL (Annexe 3). 12.3. Organes de pilotage La mise en œuvre de la LPSDEL sera supervisée par un Comité de pilotage présidé par le MEPA, dans lequel siégeront ses services techniques, les ministères en charge de l’Économie, des Finances, du Budget, du Plan et de la Coopération internationale, de l’Agriculture et de l’Équipement Rural, de l’Environnement et du Développement Durable, du Commerce, le BOS- PSE, le Secteur privé, les Organisations de producteurs, les Partenaires techniques et financiers, la CLM, le SECNSA), le HCNSSM « une Seule Santé ». La Cellule des Études, Planification et Suivi-Évaluation (CEPSE) du MEPA assurera le secrétariat du comité de pilotage24. L’approche inclusive et participative guidera les activités du comité de pilotage, en vue de développer les synergies nécessaires pour l’efficacité et l’efficience dans les interventions. Le comité de pilotage s’appuiera sur un comité technique de suivi-évaluation regroupant les représentants des services techniques du MEPA et des partenaires-clés. Le Comité de pilotage et le Comité technique seront mis en place par arrêté. 24 Conformément au décret 543-2012 du 24 mai 2012 relatif à la création, la généralisation et les modalités de la planification stratégique par les CEPSE des différents ministères LPSDEL 2022-2026 – MEPA 48 Le comité technique de suivi sera présidé par le Secrétaire Général du MEPA et le Coordonnateur de la CEPSE en assurera le secrétariat. Le comité technique aura en charge, entre autres, le suivi des indicateurs identifiés dans le Cadre de mesure des résultats du secteur25. L’information à collecter sera remontée de façon ascendante de structures déconcentrées du MEPA au niveau central ainsi que des structures des partenaires. La CEPSE, qui a en charge la coordination du système statistique et le suivi-évaluation du département ministériel sera responsable de la coordination, de la collecte, du traitement, de l’analyse et du stockage des données, en rapport avec l’ensemble des services du MEPA impliqués dans la mise en œuvre du Système d’information et de Gestion de l’Élevage (SIGEL) mis en place par le MEPA et en exploitant les autres sources d’information disponibles. Les rapports produits dans le cadre du suivi seront soumis au comité de pilotage pour validation. 12.4. Mécanismes de suivi-évaluation Le mécanisme de suivi-évaluation permettra, d’une part, de fournir les informations requises sur l’état de mise en œuvre de la stratégie et sur le niveau d’atteinte des résultats, afin de pouvoir impulser les ajustements et réorientations nécessaires et, d’autre part, d’améliorer le processus de gestion des savoirs. Le Cadre de suivi-évaluation de la LPSDEL sera articulé à celui mis en place au niveau national dans le cadre du suivi de PSE, conformément à l’esprit du Cadre harmonisé créé par le décret 2015-679 du 26 mai 2015 portant création du Cadre harmonisé de Suivi-évaluation (CASE). Un manuel de suivi évaluation sera élaboré pour préciser les mécanismes de fonctionnement du suivi-évaluation, ainsi que les outils et rapports à produire. Dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de la LPSDEL, deux évaluations seront réalisées, à savoir, une évaluation à mi-parcours en 2024, en vue d’un recadrage et d’un réajustement de la stratégie nécessaires à opérer et une évaluation finale en 2026, pour apprécier le niveau d’atteinte des objectifs qui étaient visés. 13. 9. CONCLUSION L’élaboration de la LPSDEL est importante dans le processus d’internalisation sectorielle des réformes des finances publiques, le suivi de la Lettre de Politique Sectorielle précédente en cohérence avec le PNDE, les réformes et réponses à la crise COVID-19 et aux perturbations consécutives au conflit Ukraine-Russie. Cette élaboration constitue une étape cruciale dans la mise en cohérence des investissements et des interventions dans le secteur lors des cinq prochaines années de 2022 à 2026. La LPSDEL est adossée sur le Plan national de développement de l’élevage (PNDE), qui reste une disposition de la Loi d’orientation agrosylvopastorale (LOASP) depuis juillet 2013. Les traditions de l’approche participative et inclusive qui sont fortement ancrées dans le secteur ont donné l’opportunité à tous les acteurs de s’impliquer dans le processus d’élaboration de la présente LPSDEL avec les actualisations nécessaires pour une meilleure articulation avec le PSE, le PAP1 et le PAP2A. 25 Cadre de Mesure des Résultats tiré du Plan National de Développement de l’Élevage LPSDEL 2022-2026 – MEPA 49 14. 10. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

  29. 1. ANSD, MEFP. Février 2013. Situation économique et sociale du Sénégal.

  30. 2. Ba Diao M., Senghor C.D., Diao B., 2002. Les femmes dans la filière lait périurbaine au Sénégal. Cas de la région de Kolda. Revue Elev. Méd. Vet. Pays trop., 55 (4), 299-304.

  31. 3. Cheikh F. Analyse de la filière du lait dans les régions de Dakar et de Thiès. Thèse de doctorat vétérinaire, EISMV, N° 10.

  32. 4. CNAM,2019, 2020. Statistiques avicoles modernes, Sénégal

  33. 5. Corniaux, C., Alary V., Cloarec M., 2009. Poids de l’élevage dans l’économie monétaire des ménages et vulnérabilité des agro-éleveurs en zone “Office du Niger” (Mali). Rencontres autour des recherches sur les ruminants 16 : 341–344.

  34. 6. Corniaux, C., Duteurtre, G., et Broutin, C. Filières laitières et développement de l’élevage en Afrique de l’Ouest – L’essor des minilaiteries, Editions Karthala, 2014, 242 p.

  35. 7. Dia D. 2013. Etude relative à la formulation du programme d’actions détaillé de développement de la filière lait en zone UEMOA. Annexe 7 : Rapport Sénégal. Dakar, UEMOA/CIRAD.

  36. 8. DIA, 2018. Rapport d’activités 2018. MEPA.

  37. 9. Diouf M., 2002. La filière apicole au Sénégal. Thèse vétérinaire, Dakar N° 4.

  38. 10. DSV, 2021. Rapport annuel 2020 sur l’exercice privé de la médecine et de la pharmacie vétérinaires. MEPA

  39. 11. Duteurtre G., 2007. Commerce et développement de l’élevage laitier en Afrique de l’Ouest: une synthèse. Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux 60 (1-4): 209-223.

  40. 12. FAO, 2015. FAO. 2015. FAOSTAT, base de données de la FAO.

  41. 13. Ferrari S., 2017. La viabilité des chaînes laitières industrielles au Sénégal Une analyse en termes de gouvernance. Thèse d’université, ULG, faculté de philosophie et des sciences sociales.

  42. 14. Gueye A., 2016. Chaines de valeur porcine et petits ruminants au Sénégal : revue bibliographique. USAID.

  43. 15. Ly C., 2020. Aviculture et Covid 19 au Sénégal : situation et perspectives. Note d’information et d’analyse. Octobre 2020.

  44. 16. Marshall K., Salmon G.R., Tebug S., Juga J., MacLeod M., Poole J., Baltenweck I., Missohou A., 2020. Net benefits of smallholder dairy cattle arms in Senegal can be significantly increased through the use of better dairy cattle breeds and improved management. Journal of Dairy Science, 103,8197–8217.

  45. 17. Missohou A., 2020. Chaine de valeurs du lait et des produits laitiers : situation face à la Covid 19 et stratégie s des acteurs au Sénégal.

  46. 18. MEPA, 2018,2019. Rapport d’activités.

  47. 19. MEPA-Document de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD 2021-2023).

  48. 20. MEPA-Document de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD 2022-2024).

  49. 21. MEPA, Sénégal. 2020 : Revue du secteur de l’Élevage 2020. Version finale

  50. 22. MEPA, Sénégal, 2019 : Revue annuelle du secteur de l’Élevage

  51. 23. MEPA, avril 2018. Ministère de l’Élevage et des Productions Animales – Rapport de revue sectorielle 2017

  52. 24. MEPA, Sénégal. Mars 2019 : Rapport d’activités du Ministère de l’Élevage et des Productions animales

  53. 25. MEPA, 2012. Lettre de Politique Sectorielle de développement de l’Élevage (LPSDEL) 2017-2021.

  54. 26. MEPA/BOS. Réunion interministérielle sur le financement de l’élevage. Rapport introductif. Novembre 2017

  55. 27. MEPA, BOS. Novembre 2017. Réunion interministérielle sur le financement de l’élevage. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 50

  56. 28. Rapport Cadrage budgétaire 2022-2024. Version finale, Avril 2021.

  57. 29. RCSA, 2015

  58. 30. MEPC, 2020. PAP 2 Ajusté et Accéléré (PAP 2A) pour la Relance de l’Economie

  59. 31. Michiel A., Kerry K., Pierre C., Floris v.d. P., Barry C., 2021. Senegal Value chain study- poultry. RVO, the Nederland

  60. 32. PDCEJ, 2020. Etude de faisabilité du projet de centre de formation professionnelle aux métiers des cours et peau. Ministère de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion.

  61. 33. Sambou G., 2008. Analyse des impacts de la décharge de M’beubeuss (Dakar) sur les élevages porcins environnants. Thèse vétérinaire, Dakar, 21.

  62. 34. Sénégal, 2021. Un programme d’urgence pour l’insertion socio-économique et l’emploi des jeunes.

  63. 35. SOS Faim, 2015. The Sahel Livestock Paradox: High Stakes, Low Support. Food Sovereignity Brief, N° 16, April 2015.

  64. 36. SOW R.S., Boye C.M., Guèye F.E.H., Missohou A., 2007. La viande. Bilan de la recherche agricole et agroalimentaire au Sénégal, ISRA, ITA, CIRAD, Montpellier, France

  65. 37. Tecogas, 2015. Etude de faisabilité du projet de création d’une zone industrielle et artisanale et spécialisée cuirs et phanères. Rapport N° 2. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 51 15. 10. ANNEXES

  66. Annexe 1. Filières prioritaires par zone agro-écologique Sur la base des consultations régionales, une projection des filières prioritaires peut guider l’opérationnalisation des programmes de la LPSDEL pour tenir compte de la territorialisation des systèmes de production et segments de filières porteuses suivant les spécificités agro- écologiques 1. Zone du Fleuve Sénégal  Production et transformation de lait  Production de viande (embouche ovine et bovine)  Développement de la culture fourragère  Aviculture (production, couvoir, abattoir) 2. Zone sud : Kolda, Vélingara, Ziguinchor et Sédhiou  Production et transformation de lait  Production et transformation de viande porcine  Aviculture (production, couvoir, abattoir)  Apiculture 3. Zone du Bassin arachidier nord et sud : Diourbel, Kaolack, Nioro, Fatick, Kaffrine  Production et transformation de lait  Production de viande rouge  Aviculture (provenderies, production, couvoirs, abattoirs)  Production et transformation porcine 4. Zone Sud-Est : Tambacounda, Kédougou  Apiculture  Aviculture (production) 5. Zone sylvo-pastorale : Louga, Dahra, Linguère, Ranérou  Production et transformation de lait  Aviculture (production, couvoir, abattoir)  Production de viande/ cuirs et peaux 6. Zones des Niayes : Dakar, Thiès, Kébémer  Aviculture (production, couvoir, abattoir)  Production et transformation de porc  Production et transformation de lait LPSDEL 2022-2026 – MEPA 52

  67. Annexe 2. Actualisation du découpage et de la caractérisation des zones éco- géographiques du Sénégal Source : Direction de l’environnement et des établissements classés, MEDD LPSDEL 2022-2026 – MEPA 53

  68. Annexe 3. Dispositif institutionnel Structures du MEPA  Direction de l’élevage  Direction des industries animales  Direction des services vétérinaires  Services déconcentrés du MEPA : SRELPAS, SDELPAS, Postes Vétérinaires ; Postes d'inspection frontalier (service vétérinaire du port et service vétérinaire de l'aéroport; service de l'inspection sanitaire des abattoirs de Dakar)  Projets, centres, structures spécialisées du MEPA et COPIL présidés o BOS-PSE (Desk Élevage) o CIMEL : Dahra, Mbakhana, Mbao, Niakhar o CNAG o FONSTAB o PRAPS o Cellule genre o PRADELAIT o PRONAM o PRAVIS o PCRAS (construction et réhabilitation d'abattoirs (et d’aires d'abattage) du Sénégal o VALOX Programme de valorisation des produis animaux o PROPAS o PDEPS o Ranch de Dolly o PNDIES Projets, centres et structures spécialisées connexes  DPES  Cluster Aviculture (ONFP)  PUDC  DER  PADEF  Chambre des métiers  Force COVID – PRES  DGPSN  SECNSA  CLM  …… Institutions partenaires  SECSNA  ISRA o LNERV o UPV  CSE  PPZS  IPAR  Ordre des docteurs vétérinaires du Sénégal  DER, FONGIP, FONSIS, LBA, CNAAS  EISMV LPSDEL 2022-2026 – MEPA 54  IPD  Chambres des métiers  Chambres de commerce  Association Sénégalaise de Normalisation  Associations de défense des consommateurs  Agences d’exécution communautaire des projets nutrition des collectivités territoriales/opérateurs sociaux  Médias  Réseaux des acteurs des filières et leurs organisations et interprofessions o DIRFEL, DINFEL, MDE, UNOES o APESS, RBM o IPAS o ANIPEL o Comité Ad hoc pour l’interprofession laitière o Laiterie du Berger o Kirène o Filières o Zones agro-écologiques o Villes, départements, communes, collectivités territoriales o …….  ILRI Afrique de l’ouest  Hub Rural  ONG avec des activités en élevage o OXFAM o VASF o IED-Afrique o GRET o UICN o ……. LPSDEL 2022-2026 – MEPA 55

Lettre de Politique Sectorielle de Développement de l’Elevage 2022-2026 · Nelum