Stratégie Nationale pour la Conservation et l’Utilisation Durable de la Diversité Biologique
颁布于 2004 · 文本截至 2026-10-01
以研究形式发布的公开法律与官方指引,不构成法律、税务或金融建议。
研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。
关于这部法律
- 语言
- French
- 类型
- policy
- 组织
- European Union
- 国家
- 摩洛哥
- 主题
- Fisheries and aquaculture, Wild species and ecosystems
- 关键词
- fishery management and conservation, biodiversity, aquaculture, ecosystem conservation, management/conservation, wetlands, public participation, sustainable use, genetic resources
在哪里阅读
该法律没有记录来源链接。
文本
所收录的法律原文,按条款排列。每个条款都有自己的链接。
Royaume du Maroc Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement Secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement Stratégie nationale pour la conservation et l’utilisation durable de la Diversité Biologique Illustrations : Dahssi H., Dakki M., E.F., El Agbani M., Falaki H., Revue des FAR, Ibn Tattou M., Jaafar B., Maghnouj M., G.E.M. 2004 PréfacePréfacePréfacePréface Depuis le "Sommet de la terre" à Rio, la protection de l'environnement a été hissée au rang des priorités stratégiques internationales pour accompagner le développement socio-économique. La Biodiversité, composante vivante de cet environnement, et plus particulièrement la menace qui pèse sur cette diversité biologique, a été l'une des principales questions négociées lors de ce sommet et qui a abouti à l’adoption, entre autres, de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB). La signature, par le Maroc, de cette convention lors de ce sommet, témoigne de l'importance capitale qu'accorde notre pays à son patrimoine vivant et à ses ressources biologiques, écosystémiques et paysagères. Ces ressources constituent, en effet, les piliers de son développement économique et social puisque, le Maroc, pays agricole, avec un taux de boisement de 8%, dispose d'un espace maritime estimé à près de 3500 km de côtes et d'un million de Km² de superficie. L’agriculture, les forêts et les ressources halieutiques, avec les phosphates (eux-mêmes d'origine "biodiversitaire") et le tourisme (diversité paysagère) constituent l'assise sur laquelle repose pratiquement toute la politique économique et sociale du Royaume. Le Maroc, privilégié par sa position géographique, par son histoire climatique et géologique et par la très grande diversité de ses écosystèmes, constitue une partie de la mémoire universelle. Le Maroc est aussi un refuge pour plusieurs formes de vies ayant disparu de nombreuses régions du monde (Exemple : le Phoque moine de la Méditerranée, l’Ibis chauve, l’Arganier, etc.). C’est dans un souci d’équilibre écologique de la durabilité pour les besoins nationaux, mais aussi pour contribuer à l’effort international de conservation des espèces et des écosystèmes, que le Maroc a initié une stratégie et un plan d’action national pour la préservation durable de ses ressources biologiques. Cette stratégie et ce plan d’action national pour la conservation de la diversité biologique marocaine ont pour principal objectif d’identifier les voies et moyens pour protéger ce patrimoine biologique et écologique en tenant compte des pratiques sociales, les conditions économiques des usagers de ce patrimoine, mais aussi de la capacité de sa régénération. A ce travail, préparé sous l'égide du Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement, ont contribué tous les départements ministériels concernés par les ressources biologiques au Maroc, ainsi que des organisations non gouvernementales et des représentants du secteur privé. Le but étant de donner à cette approche une dimension nationale et permettre à chacune des institutions concernées d’intégrer ses préoccupations et ses propositions pour harmoniser les points de vues et concilier les intérêts pour assurer la pérennité des ressources vivantes nationales et améliorer la qualité de vie de leurs utilisateurs. Mon souhait est que ce présent travail puisse, informer sur l'état de la biodiversité nationale, mais aussi aider, à travers les objectifs définis, les orientations formulées et, surtout ses nombreuses actions, divers gestionnaires, décideurs, utilisateurs ou simples citoyens, à une meilleure conservation et une meilleure utilisation de ce patrimoine. 1 La stratégie pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marocaine constitue une deuxième phase dans le processus de la mise en oeuvre, à l’échelle nationale, de la Convention sur la Divesité Biologique signée par le Maroc en 1992 et ratifiée en 1995. Cette stratégie est fondée sur une multititude d’infor mations provenant d’analyses, de diagnostics et de stratégies nationales et sectorielles relatives aux ressources naturelles du pays. La première étape correspondait à l’Etude Nationale sur la Biodiversité, supervisée par le Département de l’Environnement et réalisée, en 13 rapports thé matiques, par une équipe d’experts nationaux. Ces rapports se rapportent aux domaines de: la Microbiologie, biotechnologie et transfert de technologie ; les Algues et phytoplanctons marins ; la Botanique ; la Faune Marine ; la Faune aquatique continentale ; les Invertébrés terrestres ; les Reptiles et amphibiens ; les Oiseaux ; les Mammifères ; l’Ecologie et gestion des ressources naturelles ; l’Evaluation économique de la biodiversité ; les Institutions et législation ; le Rapport de synthèse . La stratégie et le plan d’action ont été réalisés en quatre étapes correspondant à quatre rap ports thématiques différents que sont : La Biodiversité terrestre . La Biodiversité marine et côtière La Biodiversité des zones humides Les Indicateurs de surveillance Cette étude stratégique a été financée par le Fonds de l’Environnement Mondial (FEM) avec l’appui du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Elle a été élaborée par Monsieur MENIOUI Mohamed, consultant dans le cadre du projet GEF/1200 96, et supervisé par : Monsieur Jâafar BOULEJIOUCH, directeur du projet et Messieurs M. MADBOUHI et H. FALAKI, chargés de la coor dination du projet. Le Département de l’Environnement a été assis té, tout au long de ce processus de réalisation de cette stratégie et du plan d’action, par un Comité National sur la Biodiversité constitué d’un cer tain nombre de départements, d’institutions et d’ONG. Ce comité comporte les Départements de l’Environnement, des Eaux et Forêts, de l’Agriculture, des Pêches Maritimes, de l’Enseignement Supérieur, de l’Education Nationale, de l’Equipement (Eau), des Affaires Culturelles, de l’Intérieur, du Tourisme et des Affaires Etrangères. Il comporte également cer taines institutions que sont l’Institut Scientifique, l’IAV Hassan II, l’INRA, l’ENFI, le CNRF, l’INRH, le CNCPRST et le CDER ainsi que deux ONG que sont la SPANA et l’AMAB. Les priorités nationales en matière de conserva tion et d’utilisation durable, les objectifs, les orientations ainsi que les actions pour atteindre ces objectifs ont été présentés, analysés, dis cutés et validés lors d’ateliers auxquels ont par ticipé tous les départements concernés par les ressources naturelles du pays. Ces ateliers ont été organisés dans les villes de Rabat (Biodiversité terrestre), Casablanca (Biodiversité marine et côtière) et Marrakech (Biodiversité des zones humides et indicateurs). PREAMBULE 2 ABOUELABBAS B. Eaux et forêts AÏT BEN OUISSADEN A. Département de l'Environnement ALAOUI M. MADRPM/DE ALAOUI MHAMDI M. Fac.Sc. Dhar El Mehraz Fès ALIFRIOUI M. Fac.Sci Marrakech AMANE A. CRRF Marrakech (CRRF) AMRAOUI A. Département de l'Industrie ARAHOU M. Institut Scientifique de Rabat ATERE M. Faculté des Sciences de Tétouan AZZIOUI S. DAT BALALI A. MCEF/DRE Haut Atlas BANI AMEN F. Faculté des Sciences d'Agadir BARRADA M. Gendarmerie Royale BASSO M. MAEC BAYED A. Instiut Scientifique BAZAIRI H. Fac. Sc. Aïn Chock Casablanca BEKKOUCHE J. Département de Tourisme BELMLIH A. SPANA BEN DAANOUNN M. M.A.D.R.P.M BEN RAHMOUNE M. ENFI BEN SOUDA M. MADRPM BENBRAHIM S I.N.R.H BENHADDOUCH M. Ministère de l'Industrie BENHIBA A. MCEF/ Direction Régionale, Marrakech BENHISSOUN S. Fac. Sc. Agadir BENJALLOUN F. Département de l'Environnement BENRADI F. ESI Salé BENZAHRA M. Département de l'Environnement BERNICHI M. Gendarmerie Royal BERRAHO A. INRH BIROUK A. IAV Hassan II BOUAB R.E. Institut Scientifique de Rabat BOUAHIA M. El Likae Essiassi BOUALAM M. Brig. Env. Gendarmerie Royale BOUAZZA F. MCC / Direction du Patrimoine BOUCHAFRA A. SPANA BOUKILI M. MAEC/DCM BOULEJIOUCH J. Département de l'Environnement BOULNAOUR Z. IGC BOUYA D. Faculté des Sciences de Fès CHAIR A. Wilaya de Casablanca CHAOUI A. Département Environnement CHARROUF M. F.S Benmsik Casa CHAVOIN O GEME CHELOUATI M. DAT/MATEUH CHERKAOUI I. SPANA CHETOU S. Ministère du Tourisme CHIAHOU B. Faculté des Sciences El Jadida CHIHAB .B. A. Département de l'environnement CHILLASSE L Fac. Sc. Meknès DAKKI M. Institut Scientifique/GREPOM DAKKINA A. CDER DMNATI-ADIB N. Département de l'Environnement DOUMI M. Département de l'Environnement DOUXIB M. L'Economiste EL AGBANI M..A. Institut Scientifique GREPOM EL AYACHI S. IAV Hassan II EL AYOUBI A. A.T.O.D Rabat El BACHA E. Pêches Maritime EL BAKKARI M. Département de l'Environnement EL BEKKAOUI R. ONP de Casa EL BOURI A. Gendarmerie Royale El HAMOUMI R. Fac.Sci.Ben Msik Casablanca EL MOUHTADI M. Faculté des Sciences d'Agadir EL MOUNIR M. MESFCRS ELOUAIRI M. INRH FAHIM A. ONEP Marrakech FALAKI H. Département de l'Environnement FEKHAOUI M. Institut Scientifique de Rabat FELLAT F. MAEEC/DCM FRANCHIMONT J. GOMAC GHAMIZI M. Fac Sc Semlalia Marrakech GHAZI A. DAT GHAZI M. Fac Sc. Ain Choc Casa GIVERNAUD Th Setexam GMIRA N. Fac. Sc. Kénitra HABIBI L. MEH/SG HADDANE B. ASMAPE/Parc zoologique HADDAOUI A. Marine Royale HADDOU Z. Pêches Maritime HAFFANE M. Ministère chargé des Eaux et Forêts HAFID M. IAV Hassan II HAJIB S. Ministère chargé des Eaux et Forêts HAMIDI S. Fac Sci-Oujda-GREPOM HAMMADA S. Fac. Sc. Technique Beni Mellal HANNOM M. MATEUH/ DAT HARDOUZA M. MATEUH HASSAN M. UNESCO HDIDOU B. Gendarmerie Royale HILIMI K. INRH HURDUS H. USAID IBN TATTOU M. Institut Scientifique JAAFAR B. Département de l'Environnement JAZIRI H. Fac Science Rabat KACIMI M. MPM Aquaculture KADIRI A. Ministère de l'Education Nationale KADIRI ATAY Z. Faculté des Sciences de Rabat KAHOUAJI S.M. Département de l'Environnement KESSA R. DREF-HA KHEYYALI D. IAV Hassan II LAGHZAOUI A. Département de l'Environnement LAKHMILI K. Ministère de l'Intérieur / DAR LAMRINI A. IAV Hassan II LEBBAR N. Setexam LEMSEFFER H. Agriculture LJOUAD L. Ministère de l'Agriculture / AGR/DAF LOTFI M. Parc Zoologique LOUDIKI M. Fac. Sc. Marrakech MAAROUF R. Département de l'Environnement MADBOUHI M. Département de l'Environnement MAGHNOUJ M. CNRF.Eaux et fôrets Rabat MAMOUNI S. DGH MARRAHA M. MCEF MELLAS H. INRA MENIOUI M. Institut Scientifique MERZOUK A Essada Essiassi MESBAH H. MCEF MESFIOUI A. INRH MESSOULI M. Fac. Sc. Marrakech MOHATTANE M. IAV Hassan II MOUNA M. Institut Scientifique de Rabat MOURADI A. F.S.Kénitra MZIBRI M. DPUCTRE NACIRI L. PMF/FEM/PNUD NAGGAR M. Ministère chargé des Eaux et Forêts NAJI M. IAV Hassan II NAJI S. M.E.S.F.C.R.S NAZIH R. Département de l'Environnement NEHNAHI L. DAT ORBI A. INRH OUHAMMOU A. Fac. Sc. Semlalia Marrakech QNINBA A. Fac Sc Kénitra (GREPOM) RADI M. GREPOM RAISSOUNI B. Université Al Akhawain RATTAL A. Environnement RAYMOND C. MCI REGRAGUI A. Département de l'Environnement RETTAL A. Département de l'Environnement RHAZI L. Fac.Sc Aïn Chak Casablanca SAADI A. Fac.Sc.Semlalia SAGHI M. Institut. Scientifique Rabat SBAI L. Ministère des Pêches Maritimes SBAY M CNRF-AMAB SEBBATA D. Ministère de la Justise / Marrakech SERATI M. AESTV, Maroc SGHIR TALEB M. CNRF - Eaux et Forêts SKALI S. C.N.C.P.R.S.T TAI I. INRH TALEB S. INRH TALIBI H. Ministère de l'Equipement TIJANI N "LARATES" Gendarmerie-Royale YAHYAOUI A. Dép. Biologie Fac. Sc. Rabat YOUSMI H. IRGC ZAID E. Fac.Siences Rabat ZARBAT M. Presse ZEJLI D. C.N.C.P.R.S.T ZIDANE H. INRH ZINE .E. Fac-Sc.Meknès ZINE ELABIDINE F. INRA, Rabat LISTE DES PARTICIPANTS 3 PNB : Produit National Brut GEM : Grande Encyclopédie du Maroc MAROST : Société Marocaine d’Ostréiculture SAM : Société d’Aquaculture de la Moulouya INRA: Institut National de Recherche Agronomique ICARDA : Centre internationl de la recherhe agricole dans les zones arides UNESCO : Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Dh : Dirham WRI : Institut Mondial des Ressources PAM : Plan d’Action pour la Méditerranée EA : Extrait aromatique SIBE : Site d’Intérêt Biologique et Ecologique CNUED : Conférence des Nations Unies pour l’Environnement et le Dévelopement ONCF : Office National des Chemins de Fer MAB : Man and Biosphere ENFI : Ecole Nationale Forestière des Ingénnieurs ENA: Ecole Nationale d’Agriculture IAV : Institut Agronomique et Vétérinaire CITES : Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages menacéees IUCN : Union Internationale pour la Protection de la Nature ONG : Organisations Non Gouvernementales IS : Institut Scientifique CNRF : Centre National de la Recherche Forestière CNCPRST : Centre National de Coordination et de Planification de la Recherche Scientifique et Technique (actuel CNRST) CDER : Centre de Développement des Energies Renouvelables SPANA : Société de Protection des Animaux et de la Nature MedWetCoast : Projet Zones humides Méditerranéennes Côtières AMAB : Association Marocaine de Biodiversité PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement FEM : Fonds Mondial pour l’Environnement EF : Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et la lutte conte la Désertification ACRONYMES 4 PREAMBULE 1 LISTE DES PARTICIPANTS 2 ACRONYMES 3 SOMMAIRE 4 INTRODUCTION 7 ORIGINALITÉS DE LA BIODIVERSITÉ MAROCAINE 9 BESOIN NATIONAL EN MESURES DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ 10 LE MAROC ET LA CONVENTION SUR LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE 11 PARTIE I : CONTEXTES GEOMORPHOLOGIQUE, BIOCLIMATIQUE ET BIOGEOGRAPHIQUE 13 I-A. CONTEXTE GÉOGRAPHIQUE 15 I-B. CONTEXTE GÉOMORPHOLOGIQUE 15 I-C. CONTEXTE PÉDOLOGIQUE 15 I-D. CONTEXTE GÉOLOGIQUE 16 I-E. CONTEXTES CLIMATIQUE ET BIOCLIMATIQUE 17 I-F. CONTEXTE BIOGÉOGRAPHIQUE 18 PARTIE II : DONNEES SUR LA BIODIVERSITE AU MAROC 21 II.A - ETAT DE LA BIODIVERSITE AU MAROC 23 II.A -1 DIVERSITE ECOSYSTEMIQUE 23 II.A -1-1 Ecosystèmes forerstiers et steppiques 23 II.A -1-2 Ecosystèmes sahariens 24 II.A -1-3 Ecosystèmes marins et côtiers 24 II.A -1-4 Ecosystèmes des zones humides continentales 25 II.A -5-5 Ecosystèmes des grottes 26 II.A -2 DIVERSITE SPECIFIQUE 26 IIA-2-1 Flore 26 IIA-2-2 Faune 26 II.A-2-3 Microorganismes 28 II.A-2-4 Flore cultivée et faune domestiquée 28 II.A -2-4-a Flore cultivée 28 II.A -2-4-b Faune domestiquée 28 IIA-2-5 Endémisme 32 II.A-3 DIVERSITE GENETIQUE 33 II.A-3-1 Flore 33 II.A-3-2 Faune 35 II.A-4 DIVERSITE CULTURELLE 35 II.B - IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA BIODIVERSITE AU MAROC 37 II.C - BIODIVERSITE MENACEE DU MAROC 44 II.C-1 COMPOSANTES MENACEES DE LA BIODIVERSITE DU MAROC 44 II.C-1-1 Flore 44 II.C-1-2 Faune 45 II.C-1-3 Plantes cultivées et espèces animales élevées 45 II.C-1-4 Habitats 46 SOMMAIRE 5 II.C-2 MENACES QUI PESENT SUR LA BIODIVERSITE MAROCAINE 46 II.C-2-1 Déforestation 47 II.C-2-2 Littoralisation, urbanisation et industrialisation 47 II.C-2-3 Agriculture 49 II.C-2-4 Elevage et surpâturage 49 II.C-2-5 Surpêche 50 II.C-2-6 Introductions d’espèces exotiques 51 II.C-2-7 Incendies 52 II.C-2-8 Tourisme 52 II.C-2-9 Transport 52 II.D - EFFORTS ACTUELS DE LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE 54 II.D -1 PROGRAMMES DE CONSERVATION IN SITU 54 II.D -2 PROGRAMMES DE CONSERVATION EX SITU 57 II.D -3 RESTAURATION / REHABILITATION 59 II.D -4 PRATIQUES TRADITIONNELLES DE CONSERVATION 59 II.E - CONTEXTES LEGISLATIF ET INSTITUTIONNEL 60 II.E -1 CADRE LEGISLATIF 60 II.E -1-1 Espèces réglementées 61 II.E -1-1-a Flore 61 II.E -1-1-b Faune 61 II.E -1-2 Espaces protégés 62 II.E -2 CADRE INSTITUTIONNEL 63 II.E -2-1 Organes de décision 63 II.E -2-2 Organes de consultation 65 II.E -2-3 Organisations non gouvernementales 65 PARTIE III : PRIORITES NATIONALES 67 PARTIE IV : STRATEGIE NATIONALE 73 IV-.A - PRESENTATION DE LA STRATEGIE NATIONALE 75 IV-.B - OBJECTIFS DE LA STRATEGIE NATIONALE 76 IV-.C - INSTRUMENTS DE LA MISE EN OEUVRE DE LA STRATEGIE NATIONALE 78 IV-C.1 - INSTRUMENTS DE GESTION 79 IV-C.1.1 - Conservation in situ 79 IV-C.1.2 - Conservation ex situ 81 IV-C.1.3 - Intégrer conservation et utilisation durable de la biodiversité 83 IV-C.1.3.a - Approche participative 83 IV-C.1.3.b - Approche préventive et écologique : bio-agriculture 84 IV-C.1.4 - Préservation des ressources génétiques 84 IV-C.1.5 - Aquaculture 87 IV-C.2 - INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES 89 IV-C.2.1 - Recherche ciblée et performante 89 IV-C.2.2 - Compétences humaines suffisantes et spécialisée 91 IV-C.2.3 - Information scientifique accessible et utilisable 92 IV-C.3- INSTRUMENTS DEL’IEC (INFORMATION-EDUCATION-COMMUNICATION) 93 IV-C.3.1 - Programmes spécifiques des populations - cibles 93 IV-C.3.2 - Programmes d’éducation adaptés aux conditions locales 93 IV-C.3.3 - Structures et moyens de sensibilisation / éducation adéquats 94 IV-C.4 - INSTRUMENTS ECONOMIQUES 94 IV-C.4.1 - Projets alternatifs incitatifs 94 IV-C.4.1.a - Cultures et élevages alternatifs 95 IV-C.4.1.b - Pratiques traditionnelles 95 IV-C.4.2 - Mesures fiscales incitatives 95 6 IV-C.5 - INSTRUMENTS FINANCIERS 96 IV-C.6 - INSTRUMENTS INSTITUTIONNELS ET LEGISLATIFS 96 IV-C.6.1 - Législation actualisée et textes dissuasifs 96 IV-C.6.1.a - Textes dissuasifs 96 IV-C.6.1.b - Textes préventifs : Biosécurité 97 IV-C.6.2 - Législation répondant à l’engagement international du Maroc 97 IV-C.6-3 - Institutions spécifiques et autonomes 97 IV-C.7 -INSTRUMENTS DE COOPERATION 98 IV-C.7.1 - Coopération et partenariat 98 IV-C.7.2 - Coopération pour la sauvegarde du patrimoine international 99 IV-C.8 -INSTRUMENTS DE SURVEILLANCE (INDICATEURS) 100 IV-C.8.1 - Généralités sur les indicateurs 100 IV-C.8.2 - Indicateurs adoptés pour la stratégie marocaine 104 PARTIE V : LE MAROC ET LA CNUED - BILAN ET SYNERGIE 114 V-.A - BILAN DES INVESTIGATIONS DU MAROC DANS LE CADRE DE LA CNUED 116 V-A.1 - CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE 116 V-A.2 - CONVENTION SUR LA DESERTIFICATION 117 V-A.3 - CONVENTION CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES 118 V-A.4 - DECLARATION DE PRINCIPE SUR LA PROTECTION DES FORETS 119 V-.B - SYNERGIES ENTRE LA CONVENTION SUR LA BIODIVERSITE ET LES AUTRES ACCORDS DE RIO 119 BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE 121 INTRODUCTION La Diversité Biologique ou Biodiversité cor-respond à une grande multitude de formes de vie (microorganismes, végétaux et animaux), de leurs variabilités génétiques ainsi que des conditions qui façonnent leurs habitats et leurs écosystèmes. Les principaux mots clés de cette notion sont, donc, les gènes, les espèces et les écosystèmes. L’état actuel de ces trois composantes, aussi bien dans notre pays qu’ailleurs, constitue la résultante, d’une part, de plusieurs millions d'années de spéciation, d'évolution et d'adaptation aux différents change ments climatiques et géologiques qu'a connue la terre et, d’autre part, des changements récents plus ou moins délibérés dus aux activités humaines régies par leurs diversités culturelles et de traditions. La dégradation des écosystèmes, la fréquence de la disparition des espèces et l’appauvrissement de la variabilité génétique de nombreuses formes de vie, en particulier celles exploitées, ont sucité une prise de conscience, aussi bien chez les utilisateurs que chez les décideurs. La Convention sur la Diversité Biologique est venue traduire ces préoccupations nationales, sous forme d’une réplique internationale à la dégradation et la disparition de plus en plus fréquentes d'habitats, d'espèces et de variabilité génétique. Le cas des forêts est certainement le plus médiatisé; mais, les ressources halieutiques, les espèces-gibiers, les plages, les coraux, les herbiers marins, les zones humides ne sont que quelques uns des exemples, parmi des milliers d'autres, pouvant être cités. Le Maroc, comme partout dans le monde, a vu ses ressources bio logiques se dégrader à cause, principalement, des acti vités humaines et de la surexploitation de ces res sources. Cette réplique a commencé vers la fin des années 80 lorsque le World Ressources Institute (WRI), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'Alliance Mondiale pour la Nature (IUCN) avaient établi un programme conjoint sur la Diversité Biologique; pro gramme qui a abouti, avec un certain nom bre d'organismes, à l'élaboration d'une stra tégie mondiale sur la biodiversité et, enfin de compte, à l'élaboration de la Convention sur la Diversité Biologique. Cette dernière a été signée lors du Sommet de Rio (1992), par plus de 157 pays et est rentrée en vigueur le 29 septembre 1995. Le Maroc l'a signée en 1992 et l'a ratifiée en 1995. ORIGINALITES DE LA BIODIVERSITE MAROCAINE La situation géographique privilégiée du Marocentre l'Europe et l'Afrique et entre la Méditerranée et l'Atlantique, ainsi que son histoire paléobiogéographique (mélange et brassage entre la faune éthiopienne et européenne) ont en fait une région singulière, à plus d’un titre, et plus particu lièrement sur le plan biodiversitaire. Les événe ments géologiques et climatiques qui s'y sont succé dés l'ont façonné en une mosaïque, très hétérogène et complexe, d'écosystèmes et d’habitats, allant des hautes montagnes couvertes de forêts et de neige aux fins confins du désert apparemment pratique ment azoique, en passant par les vastes plaines allu viales, les cours d'eaux, les lacs, les milieux para liques, les eaux marines, les régions steppiques. Mais, il y a aussi des "néo-écosystèmes" que cons tituent les retenues artificielles des barrages ayant un impact important dans l'évolution récente de la biodiversité nationale, en particulier celle des zones humides continentales et côtières. C'est donc, autant de caractéristiques abiotiques, bio tiques et écologiques particulières qui ont permis la mise en place et l’épanouissement d'une flore et d'une faune très diversifiées et, pour une bonne partie, endémiques. Dans le Regne végétal, à titre d'exemple, parmi 27 espèces d’Avena connues dans le monde, 20 sont pré sentes au Maroc avec des caractéristiques agri coles particulières contribuant à l’a mélioration génétique des espè ces fourragères dans de nom breux autres pays. Toujours parmi les végétaux qui comptent quelques 7000 espèces, 930 sont endémiques. Chez les animaux, parmi les 92 espèces de reptiles que compte le Maroc, 21 y sont endémiques; nombre considéré comme étant le plus important de toute la zone paléarctique occi dentale (8 pour l'Italie, 3 pour l'Algérie et l'Espagne, etc.). Les invertébrés terrestres, ne manquent pas non plus d’originalités puisqu’ils comportent également un nom bre considérable d'endémiques; nombre estimé à plus de 2280 espèces si on ne tient compte que des 15293 espèces recensées dans le cadre de l'Etude Nationale sur la Biodiversité et qui, dans tous les cas, est considéré comme une sous estimation dans la mesure où de nombreux écosys tèmes restent encore à explorer. 9 Dans l'Etude Nationale sur la Biodiversité relative aux zones humides continentales, on peut lire que "Parmi les 1575 taxa connus du Maroc, 136 espèces et sous-espèces sont endémiques du pays, soit un taux moyen d'environ 8,63%. Une aussi forte pro portion donne certainement une originalité et un grand intérêt à la faune des eaux continentales du Maroc". Le domaine marin est certainement l'un des milieux les moins étudiés à l'échelle nationale. Pourtant, une première compilation bibliographique fait état de 236 espèces statuées comme inféodées aux seules eaux marocaines; chiffre appelé à être revu en haus se avec les études en cours et celles en projet. Sur le plan régional, L'Etude Nationale sur la Biodiversité a montré que si on s'intéresse à certains groupes étu diés aussi bien au Maroc qu'en Méditerranée, la liste des espèces recensées le long des côtes marocaines serait bien plus longue que celle de toute la Méditerranée y compris la mer Noire. Le rapport entre le nombre des espèces identifiées dans les eaux marocaines et celui de l'ensemble de la Méditerranée serait supérieur à 30%. De plus, le Maroc dispose encore, avec la Mauritanie, de la plus grande colonie mondiale de phoque moine grave ment menacée à l’échelle planétaire. Le Maroc présente également un intérêt capital pour certaines espèces à distribution mondiale extrême ment réduite. En effet, parmi les oiseaux, par exem ple, bien qu'aucune espèce n'est naturellement endé mique du Maroc, au sens strict, nombreuses celles qui y trouvent des conditions propices pour une sta bilité relative et le maintien de leurs populations. Ces conditions, particulières, leur permettent un développement préferentiel, parfois unique. Dans ce cadre, le très rare Ibis chauve (Geronticus eremita) qui ne semble nicher, à l'état naturel, qu'au Maroc, Le Milan royal (Milvus milvus), la Sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris), l'Outarde houbara (Chlamydotis undulata), etc. sont des espèces, parmi bien d'autres, qui, rares à l'échelle planétaire, disposent encore de populations plus ou moins importantes au Maroc. Dans les zones humides continentales et selon tou jours l'Etude Nationale sur la Biodiversité, “les lis tes des espèces rencontrées ne reflètent pas, toutes les originalités de la faune de nos eaux continenta les; les endémiques nord-africaines et ouest-médi terranéennes sont également bien représentées au Maroc et certains sites nationaux seraient parmi les derniers refuges de celles-ci". BESOIN NATIONAL EN MESURES DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE C’est cette originalité même de la biodiversitémarocaine qui impose, en premier lieu, la nécessité et le besoin de protéger ce patrimoine si précieux, qu’est la diversité biologique nationale, de le conserver et de planifier sa gestion rationnelle, son utilisation et son développement durables et ce, non seulement parce qu’il fait partie du patrimoine national; mais aussi parce que sa rareté, fait partie du patrimoine biologique mondial. Le Maroc a également besoin de protéger certaines espèces qui, sans être rares ni endémiques, sont soit d’un certain intérêt socio-économique (et il faut alors les préserver pour pourvoir en profiter de façon dura ble), soit parce que ce sont des espèces jouant un rôle écologique primordial (et, dans ce cas, il faut les conserver pour préserver notre environnement). Les mesures de conservation sont également une priorité stratégique dans la mesure où l’essentiel de l'économie du pays repose sur diverses composantes de la biodiversité nationale dont : le secteur des phosphates (d'origine biodiversitaire, bien qu'extrait du sol) est un important pour voyeur de devises et générateurs d'emplois; 10 Le phoque moine Monachus monachus, espèce gravement menacée dans le monde, constitue au Maroc l’une de ses plus importantes colonies. 11 les secteurs de la foresterie, de l'agriculture et de la pêche sont stratégiques pour les équili bres socio-économiques et assurent nourritu re, devises, emplois et stabilité sociale; le secteur du tourisme, fondé essentielle ment sur un capital naturel; de paysages et d’écosystèmes; etc. Sur le plan écologique, la situation est telle qu’un très grand nombre d’espèces est actuellement menacé. Certaines sont même au bord de l’extinction. En effet, dans le règne végétal, 21 algues (de 489 espèces) et 1641 taxa de plantes vasculaires (de près de 7000 espèces) sont plus ou moins gravement menacées. Dans le monde animal, et à titre d’exemple seulement, 137 des 1575 espèces vivant dans les eaux douces sont menacées et 21 endémiques. Parmi les 92 espèces de reptiles recensées à l’échelle nationale, 17 sont menacées. Concernant les mammifères terrestres, on peut lire dans l’Etude Nationale sur la Biodiversité que “la plupart des espèces qui survivent encore sur notre territoire se sont considérablement raréfiées”. Les causes en sont nombreuses; pression démogra phique, déforestation, urbanisation anarchique, pol lution, surexploitation des ressources et insuffisance de contrôle et de textes législatifs spécifiques et dis suasifs en sont les principales; mais, il ne faut pas minimiser le rôle de certains autres facteurs tels que le taux d’analphabétisme, le manque de program mes de sensibilisation et d’éducation, etc. LE MAROC ET LA CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE L'intérêt que porte le Maroc à cette convention,ainsi qu'aux autres accords proposés lors de la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, s’est traduit, tout d'abord, par l'importance de la délégation nationale représentant le Maroc au Sommet de Rio; délégation qui était présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, alors Prince Héritier. Juste après le retour de cette déléga tion au pays, un Département d'Etat (Secrétariat d'Etat) a été crééd’une part pour gérer les problèmes environnementaux au Maroc et, d’autre part, pour la mise en œuvre des diverses conventions signées lors de ce sommet, dont celles des changements clima tiques, de la désertification ou les principes sur les forêts. Pour l’ensemble de ces accords, et comme convennu, le Maroc a réalisé ses rapports nationaux. Dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique, le Maroc a accompli la première phase de sa mise en oeuvre qui consiste en la réalisation d'une Etude Nationale sur la Biodiversité. Cette der nière, achevée en 1997, a permis l'élaboration de 14 documents sur divers domaines de la biodiversité. La deuxième et la troisième phases, correspondant à l'élaboration de la stratégie et le plan d'action natio naux, ont été entamées juste après la restitution des documents relatifs à l'Etude Nationale sur la Biodiversité. Ces deux phases, élaborées en parallè le, avaient, cependant, été réalisés en 4 étapes cor respondants à 4 thèmes différents (Stratégie et Plan d'Action pour la Biodiversité terrestre; Stratégie et plan d'Action pour la Biodiversité Marine et côtière; Stratégie et Plan d'Action pour la Biodiversité des Zones Humides; et enfin, Indicateurs de surveillan ce de la biodiversité nationale). La présente Stratégie et le présent Plan d'Action, constituent une synthèse, en un document national, de ces 4 straté gies et de ces 4 plans d'actions thématiques. Andryala marrocana endémique marocaine de la région des Trois Fourches (Ibn Tattou) CONTEXTES GEOMORPHOLOGIQUE, BIOCLIMATIQUE ET BIOGEOGRAPHIQUE PARTIE I 13 I.A - CONTEXTE GEOGRAPHIQUE Le Maroc occupe une position géostratégique toutà fait particulière sur le plan régional et interna tional. Imprégné par les conditions méditerranéennes au nord, océanique à l'ouest, saharienne au sud et sub saharienne à l'est, le Maroc est en même temps, un pays méditerranéen, océanique et saharien. C'est, de plus, le pays le plus proche, géographiquement de l'Europe puisqu'il n'en est séparé que par quelques 14 kilomètres à travers le détroit de Gibraltar. I.B - CONTEXTE GEOMORPHOLOGIQUE Le Maroc comporte une grande diversité d'unitésgéomorphologiques qui pourraient, cependant, être regroupées en cinq unités majeurs : Une unité montagneuse comportant les trois chaînes de l’Atlas (Haut, Moyen et Anti Atlas) et du Rif qui occupent, ensemble, quelques 100000 km². Le Haut Atlas s'étire sur près de 700 Km. avec un sommet culminant à 4165m au niveau de Jbel Toubkal. Le Moyen Atlas est formé principa lement de hauts plateaux dont le sommet culmine à 3340m au niveau de Jbel Bou Naceur; alors que l'Anti-Atlas, ne dépassant guère les 2712 mètres d'altitude à Jbel Amoulou n'mansour, comporte des chaînes arides bordant le désert. Quant au Rif, il culmine à 2456m au niveau de Jbel Tidighine. L’unité atlantique, comporte des plaines côtières ainsi que des reliefs plats ou tabulaires surélevés entre 100 et 1500m. Une unité aride faite des hauts plateaux et de vas tes espaces sahariens et pré-sahariens dont les grands hamadas, les regs, les ergs, les gours, les Sebkhas, les oasis. Un domaine maritime qui s'étire sur près de 3450 km sur deux façades atlantique (2850 km) et médi ter ranéenne (600 km.). La côte atlantique, plus ou moins sinueuse, comprend des plages sableuses, des platiers rocheux ainsi que des falaises plus ou moins abruptes. En Méditerranée, la côte est relativement rectiligne avec des Caps plus ou moins proéminents. Un réseau hydrographique constitué de lacs per manents, essentiellement concentrés au Moyen Atlas dont certains atteignent les 300 hectares de superficie (Aguelmane Sidi Ali) et 92 mètres de profondeurs (lac Isly), des Marais côtiers, des Merjas et de vastes marécages asséchés. Il comporte également des lacs de barrages, correspondant à des écosystèmes artifi ciels, des zones humides temporaires, concentrées principalement dans les zones arides, des cours d'eau, ainsi que des sources qui sont les plus abondantes au Moyen Atlas, du Haut Atlas et du Rif. I.C - CONTEXTE PEDOLOGIQUE Les sols marocains sont très diversifiés et dépen-dent, dans leurs origines et leurs évolutions, de plusieurs facteurs tels que la nature de la roche mère, les étages bioclimatiques, l'histoire géologique, l'action anthropique, etc.. Cependant, on distin gue, globalement, quatre grands types de sols : 15 Carte géomorphologique du Maroc (GEM) Les sols calcaires couvrant à peine la roche et qui caractérisent les surfaces structurales, les fortes pentes et de nombreux replats de zones calacaro dolomitiques. Les sols rouges avec des composés oxydés de fer et qui sont relativement abondants dans pratique ment tout le Maroc depuis les hautes montagnes jusqu'aux plaines alluviales. Les sols noirs (tirs) couvrent de grandes surfaces dans les principales plaines marocaines et dans les zones planes ou faiblement ondulées de certains bassins versants. Les sols salés s'étendent le long des côtes, dans les basses plaines littorales, à proximité des com plexes laguno-estuariens; mais, aussi, dans les zones arides présahariennes et sahariennes du pays. I.D - CONTEXTE GEOLOGIQUE On distingue trois grands ensembles que sont: - l'arcmontagneux; - les plaines et plateaux du Maroc atlantique central et; - les vastes zones présahariennes et sahariennes. Le Rif, essentiellement d'âges secondaire et tertiai re, comporte un domaine interne issu de phénomè nes de compression et comportant une phase méta morphique d’empilements de nappes. Son domaine externe se caractérise par deux phases de déforma tion. Le domaine interne est en coulissage important sur le domaine externe. Le domaine atlasique comprend plusieurs grands ensembles structuraux : les chaînes atlasiques (Haut-Atlas et Moye-Atlas), les dépressions subat lasiques (et accidents bordiers sud et nord-atla siques), la Meseta occidentale et la Meseta orienta le. La géologie du Sud s'organise autour de deux unités principales à matériel très ancien: la chaîne de l'Anti-Atlas et la dorsale reguibate, qui appar 16 Carte géologique du Maroc (GEM) une grande diversité hydrogéologique tiennent à la plate-forme africaine dont la structura tion s'est achevée à la fin du Précambrien supérieur. La chaîne de l'Anti-Atlas correspond à un grand bom bement de l'écorce terrestre ("pli de fond") formé en deux temps au Carbonifère puis au Miocène. L'axe de la chaîne comporte des boutonnières découvrant des matériaux Précambrien et Cambrien inférieur. Le domaine du Sud se distingue par son Précambrien et son association aux mouvements orogéniques ayant structuré le socle panafricain. Il se prolonge vers l'ouest africain jusqu'en Mauritanie via la dorsale Reguibate, partie intégrante du craton ouest-africain. I.E - CONTEXTE CLIMATIQUE ET BIOCLIMATIQUE Fondamentalement, le climat au Maroc est detype “méditerranéen” caractérisé par un été chaud et sec et un hiver froid et humide. Cependant, les conditions particulières qui règnent dans la région marocaine font du Maroc l'unique pays de tous ceux à climat méditerranéen qui offre une gamme aussi complète et complexe de nuances; mais, qu'il est possible de regrouper en 4 grands types: - un climat atlantique, adouci par l'humidité de l'océan; - un climat montagnard comportant les principaux sommets caractérisés par le froid, la pluie, le gel, la neige et les orages coexistent; - un climat oriental, très continental, comportant le sud intérieur et les hauts plateaux et; - un climat saha rien où le total annuel des précipitations n'excède pas 200 mm et avec des écarts thermiques très importants. On distingue au Maroc six étages bioclimatiques que sont les étages: Saharien, Aride, Semi-aride, de Haute montage, Subhumide et Humide. L'étage saharien s'étend sur tout le sud et sud-est du pays où la végétation, pérenne, n’est jamais dense. L'étage aride s'étend sur tout le Maroc oriental, les piémonts sud des chaînes de l'Atlas et, aussi, dans le Haouz. C’est un étage qui est occupé essentielle ment par les steppes; mais, aussi, par certaines for mations forestières telles que l'arganeraie. L'étage semi-aride couvrirait toutes les plaines atlantiques entre Rabat et Agadir, ainsi que les piémonts de tou tes les chaînes de montagnes; il est essentiellement 17 Carte climatique du Maroc (GEM) La diversité géo graphique, géo morologique et clima tique au Maroc a généré une grande diversité bio climatique à base de formations préforestières de Thuya, Genévrier, Oléastre, etc. Le Bioclimat de Hautes montagnes, froid ou très froid, occupe les sommets des hautes montagnes, surtout atlasiques, avec des xérophytes, des thuyas et des Genévriers rouge et thurifère. Quand aux étages sub-humide et humide, ils correspondent aux espaces qu'occupent les forêts dans les Atlas et le Rif. I.F - CONTEXTE BIOGEOGRAPHIQUE La grande diversité des caractéristiques physiquesdu Maroc a engendré, une tout aussi grande diver sité de milieux, d'écosystèmes et, surtout, d'habitats. Dans le milieu terrestre, en se basant sur les formations végétales, le Maroc a été subdivisé en 11 grandes uni tés biogéographiques que sont le Maroc atlantique Nord (Man), le Maroc atlantique moyen (Mam), le Moyen Atlas (MA), le Haut Atlas (HA), l'Anti-Atlas (AA), le Maroc saharien (Ms), l'Atlas saharien (As), les Plaines et Plateaux du Maroc oriental (Op), les Monts du Maroc Oriental (Om), le Littoral Méditerranéen (LM) et le Rif. (R). En ce qui concerne les invertébrés des milieux continentaux, peu d'études ont été consacrées à leur biogéographie et, à l'intérieur du Maroc, il ne sem ble pas qu'il est possible, du moins à l'état actuel des connaissances, de pouvoir y discerner des zones biogéographiques bien individualisées, sinon les 18 Subdivision biogéographique du domaine terresre du Maroc (Fennane M. & Ibn Tattou M. 1998.) Man : Maroc atlantique nord Man-1 : Prérif et Moyen Sebou Man-2 : Rharb Man-3 : Maâmora-Zemmour-Zaër Man-4 : Zaïane Mam : Maroc atlantique moyen Mam-1 : Chaouïa et Doukkala Mam-2 : Abda et Haha Mam-3 : Souss Mam-4 : Haouz et Rehamna Mam-5 : Moyen Oum-Rbiâ MA : Moyen Atlas MA-1 : Tazekka MA-2 : MA nord oriental MA-3 : MA central MA-4 : MA sud-occidental HA : Haut Atlas HA-1 : Ida-ou-Tanane HA-2 : Seksaoua HA-3 : HA central HA-4 : Mgoun HA-5 : Ayachi HA-6 : HA oriental AA : Anti Atlas AA-1 : AA occidental AA-2 : Kest AA-3 : AA central AA-4 : Siroua AA-5 : Saghro (AA oriental) Ms : Maroc saharien Ms-1 : est désertique Ms-2 : ouest désertique Ms-3 : Sahara As : Atlas saharien Op : Plaines et plateaux du Maroc oriental Op-1 : basse Moulouya Op-2 : haute Moulouya Op-3 : Hauts Plateaux Om : Monts du Maroc oriental Om-1 : Bni Snassène Om-2 : Jerada Om-3 : Debdou LM : Littoral de la Méditerranée LM-1 : Boccoya - Nekkor LM-2 : Triffas - Moulouya R : Rif R-1 : Tangérois R-2 : Rif centro-occidental R-3 : Rif oriental 19 hautes montagnes qui, chacune, dispose d'un cortè ge plus ou moins important d'espèces endémiques. Cependant, certains avis s'accordent sur la prédomi nance, au sein des communautés d'arthropodes, (qui sont, de loin, les mieux représentés sur le plan qua litatif) de la composante lusitanienne (méditerra néenne et atlanto-méditerranéenne) qui constitue, chez certains groupes tels que les coléoptères, près de 50% du total des espèces. Cet élément lusitanien est suivi, qualitativement, par l'élément paléarctique ou eurosibérien, réparti en Europe, en Asie septen trionale et en Afrique du Nord, puis, de l'élément pontique ou méditerrano-asiatique. Malgré la prépondérance de ces groupements d'espè ces à distribution plus ou moins large, la faune des invertébrés continentaux du Maroc est caractérisée par un endémisme relativement fort. Selon l’Etude Nationale sur la Biodiversité, "La faune actuelle du Maroc serait ainsi issue, en grande partie, des for mes nordiques (Eurasie) dont certains ont évolué sous des climats différents aboutissant à l'apparition des espèces méditerranéennes. Le fort taux d'endé misme enregistré en Afrique du Nord reflète une telle évolution. Certaines espèces européennes et paléarctiques, reliques glacières, se sont bien conservées en hautes altitudes". Pour la faune et la flore marines marocaines, il a été établi que celles-ci sont essentiellement dominées par l'élément à large répartition géographique, puis celles à répartition atlantico-méditerranéenne. La zone sud marocaine (Sahara) constituerait pour la faune marine marocaine, un centre important de “spéciation”. Le Maroc se trouve ainsi au carrefour de trois régions biogéographiques: la région méditerranéenne, la région marocaine et la région ouest africaine. Subdivision biogéographique du domaine marin du Maroc (Menioui 1988.) DONNEES SUR LA BIODIVERSITE AU MAROC PARTIE II 21 II.A -1 DIVERSITE ECOSYSTEMIQUE La diversité écosystémique du Maroc est consti-tuée par cinq unités majeures : II.A -1-1 - LES ECOSYSTEMES FORESTIERS ET STEPPIQUES Ils sont formés principalement de formations natu relles de feuillus (chêne vert, chêne liège, chêne tau zin, arganier, etc.) et de résineux (Pin, thuya, cèdre, etc.), mais, aussi, de steppes d'Alfa qui occupent d’importantes étendues (3.186.000ha). Les 21 essences constituant les principaux écosystèmes forestiers du Maroc seraient: les Cédraies, les Pinèdes, les Tétraclinaies, les Oxycédraies, les Junipéraies rouges, les Thuriféraies, les Sapinières, les Cupressaies, les Chênaies vertes, les Subéraies, les Chênaies caducifoliées, les Cocciféraies, les Oléastraies, les Cératoniaies, les Pistaciaies, les Arganeraies, les Acaciaies, les Rétamaies et Adénocarpaies, les Steppes à xerophytes épineux, les Steppes à Alfa et, enfin, les Steppes à armoise. Ce sont des milieux dont les cortèges floristiques et faunistiques diffèrent, parfois considérablement, avec les conditions du milieu, en particulier, la tem pérature, les précipitations, l’altitude, etc. II.A -1-2 - LES ECOSYSTEMES SAHARIENS Constitués principalement de regs et d'ergs, les écosys tèmes sahariens, de par leurs formations végétales, sont très souvent rattachés aux écosystèmes forestiers et steppiques. Les formations végétales arborées y sont à base d'Acacia (A. radiana, A.ehrensbergiana, A.albi da). Les regs, qui sont des reliefs plats caillouteux, sont souvent occupés par des Chaméphytes très clairsemés et plus particulièrement des Chénopodiacées (Hamada, Anabis, Nucula, etc.). Quant aux ergs, formés essentiel lement de dunes de sables, ceux-ci sont plutôt pauvres, aussi bien en espèces végétales qu’animales. PRINCIPALES ESSENCES FORESTIERES DU MAROC (5 813 860 HECTARES) CONIFERES Cèdre de l’Atlas 131 800 hectares Pins 95 100 hectares Thuya de Berbie 607 900 hectares Genévrier rouge et thurifère 326 100 hectares Cyprès de l’Atlas 6000 hectares Sapin du Maroc 6000 hectares TOTAL DES RÉSINEUX 1 172 960 HECTARES FEUILLUES Chêne liège 384 200 hectares Le chêne à feuilles caduques 25 000 hectares Le chêne vert 1 364 100 hectares l’Arganier 828 300 hectares Acacias sahariens 1 000 000 hectares Essences secondaires 10 640 900 TOTAL DES FEUILLUES 4 640 900 HECTA RES II.A - ETAT DE LA BIODIVERSITE AU MAROC 23 II. A -1-3 - ECOSYSTEMES MARINS ET COTIERS C'est un milieu qui compte près de 3.450 kilomètres s'étendant sur deux façades : une atlantique avec environ 2.850 km. de longueur et une méditerra néenne (près de 600 km). Les études consacrées au domaine maritime maro cain, et plus particulièrement à sa composante éco systémique sont relativement peu nombreuses. Certes, un grand nombre de campagnes scienti fiques y a été organisé, et ce , depuis le 18ième siè cle; mais c'étaient, souvent des études ponctuelles systématiques ou hydrolo giques. Ce n'est que récemment, qu'on commençait à s'intéresser au fonctionnement des eaux du large et de leurs rela tions avec les richesses biologiques en particulier les ressources halieutiques. Selon ces études, très ponctuelles, toutes les compo santes biotiques (pratiquement tous les groupes zoo logiques, différents types d'algues, phanérogames marines, etc.) et abiotiques (fonds sableux, vaseux rocheux, avec ou sans métaphytes, coralligènes, etc.) seraient présents et même très développés. L'Etude Nationale sur la Biodiversité a, d'ailleurs, montré que les côtes marocaines seraient plus diver sifiées et plus riches que la Méditerranée toute entière y compris la mer noire. L'origine de ces richesses vivantes des eaux marocaines résiderait principalement dans le phénomène de remontées d'eaux profondes riches en sels nutritifs dites "Upwellings". La région marocaine est l'une des cinq principales zones influencées par le phénomè ne d'upwelling produit, maintenu et entretenu par certaines particularités géomorphologiques et cli matiques. Les milieux paraliques, autrement dit les zones côtières plus ou moins piégées entre terre et mer, saumâtres, fermées ou adoucies par des eaux conti nentales (estuaires et lagunes, principalement), font également partie, malgré leurs particularités, des écosystèmes côtiers. Un grand nombre d’espèces viennent s’y développer, s’y reproduire, s’y nourrir ou tout simplement s’y abriter ou s’y reposer. Les estuaires du Maroc sont ceux de l'Oued (Rivière) Moulouya, sur la côte méditerranéenne, et les Oueds Sebou et Oum-Er-Rbiâ, sur la côte atlan tique. Sur la façade méditerranéenne, d'autres oueds (Oueds Martil, Laou, Ghis, Nkor et Kert) se comportent plutôt en torrents; ils reçoivent peu d'affluents et drainent des bassins versants de dimensions modestes. Sur la façade atlantique, les autres principaux cours d'eau sont le Loukkos, le Bou Regreg, le Tensift et le Souss. D'autres cours d’eau (Massa, Draâ, etc.), beaucoup moins impor tants, sont assez souvent fermés à leurs embouchures par des bouchons sablonneux, comme beaucoup d'autres oueds sahariens. Ce sont des milieux très peu étudiés, à l'exception de celui de l'Oued Bou Regreg. Ils sont généralement peu profonds (une dizaine de mètres, environ); mais, qui s'avèrent d'une grande richesse floristique et faunistique (plus de 400 espèces déter minées dans l'esuaire du Bou Regreg) et, surtout, d'un grand intérêt socio-économique pour les popu lations locales (pêche, ramassage de coquillages, etc.). La côte marocaine abrite également de nombreuses lagunes et merjas dont les plus importantes sont la lagune de Nador (115 km²) prolongée vers l'Est par les salines de Qariat Arekmane, et la lagune de Restinga-Smir. Sur le littoral atlantique, les plus importantes sont la lagune de Moulay Bousselham, la Merja de Sidi Bougnaba, le complexe lagunaire de Oualidia-Sidi Moussa, la lagune de Khnifiss et la 24 Ecosystèmes marin et côtier: Cap des Trois Fourches. Ecosystèmes marin et côtier: Estuaire de la Moulouya Ecosystèmes marin et côtier: Lagune de Nador. baie de Dakhla. Cette dernière, qui s'étire sur près de 37 km. de long et 10 à 12 km. de large dispose d'un potentiel extraordinaire de production biologique non seulement pour le Maroc; mais, pour la région toute entière. II.A -1-4 - ECOSYSTEMES DES ZONES HUMIDES CONTINENTALES Le Maroc est le pays qui possède les rivières et les fleuves permanents les plus importants du Maghreb. Il s'individualise également, en Afrique du Nord, par l'existence des seuls vrais lacs permanents avec des lacs naturels permanents concentrés essentiellement dans le Moyen Atlas et dont le plus grand est celui de l'Aguelmame Sidi Ali, atteignant 300 ha de superficie et 40 m de profondeur. Certains lacs du Haut Atlas sont encore plus profonds, atteignant par exemple 61 mètres au moins pour le lac d'Ifni et 92m. pour le lac d'Isly. Aux zones humides naturelles, on peut associer, des milieux créés artificiellement que sont les retenues des barrages. Ces derniers ont été créés essentielle ment pour des fins agricoles, hydro-électriques, ou pour l'alimentation en eau potable des populations. L'intérieur du pays comporte également un grand nombre de zones humides temporaires localisées surtout en bioclimats aride, semi-aride et subhumi de. La durée de mise en eau est comprise entre 4 et 11 mois, débutant en général dans la seconde moi tié de l'automne avec les premières pluies, parfois même plus tardivement. En ce qui concerne les cours d'eau, les chaînes de montagnes en constituent des châteaux dont le plus important reste le Moyen Atlas, qui donne naissan ce aux trois principaux cours d'eau du pays (Oueds Moulouya, Oum-er-Rbiâ et Sebou). 25 Carte des zones humides du Maroc (Dakki et Hamzaoui, 1998) Le Haut Atlas donne naissance aux Oueds Dadès, Ghériss, Guir, Souss, Tensift et Ziz, et en partie Draâ. Il alimente également les grands affluents de l'Oum-er Rbiâ (Oueds Abid, Lakhdar et Tassaout); et les affluents du Souss (Aoulouz, Assif n'Aït Moussa, Assif n'Ait AI Haj) et du Tensift (Chichaoua, N'fis, Ourika), ainsi que certains affluents de la Moulouya. Le Rif alimente, entre autres, les Oueds Ghiss, Kert, Laou, Loukkos, Nkor et Oueea. Oued Beht, affluent du Sebou, et Oued Bou Regreg et ses affluents pren nent naissance dans le Plateau Central. Les sources, connues pour leur fraîcheur et la stabi lité de leurs températures sont les plus abondantes au Moyen Atlas, puis au Haut atlas et au Rif. Pratiquement chaque source a ses propres particula rités physico-chimiques, ce qui explique les cortè ges d'espèces endémiques, inféodées à chacune d'el les. Sur le plan biodiversitaire, les sources les plus importantes au point de vue faunistique sont : au Moyen Atlas : Aghbalou Abekhbakh, Aïn Soltane, Aïn Taoutaou, Sources de l'Oued lfrane, Ras El Ma d'Azrou et Ras El Ma de Taza; au Rif : Beni Snassen: Bou Abdel et leur émissaire; El Anacer. II.A -1-5 - ECOSYSTEME DES GROTTES Les Grottes constituent un autre type d'écosystèmes humides particulier qui enrichit le paysage écolo gique du Maroc. Plus de 60 grottes existent au Maroc, plusieurs d'entre elles présente un intérêt préhisto rique, en plus de leur intérêt bioécologique. Ces milieux, caractérisés par la stabilité de leurs paramè tres abiotiques (faibles températures, faibles quantités de lumière, etc.), comportent une faune particulière constituée, essentiellement, à base d'invertébrés. Des poissons, des mammifères (chauves souris essentiel lement) peuvent y être des composantes stables. II.A -2 DIVERSITE SPECIFIQUE La biodiversité marocaine est riche et diversifiée.Le nombre total d’espèces inventoriées dépasse les 32000 taxa et on pense que c’est un chiffre qui reste bien en deça de la richesse spécifique réelle du Maroc, au vue du nombre important de régions non encore explorées et, aussi, du nombre de groupes systématiques très peu ou pas étudiés. II.A -2-1- FLORE La flore marocaine comporte, à l'état actuel desconnaissances, quelques 8000 espèces et ce n'est encore qu'une sous estimation dans la mesure où la flore, aussi bien terrestre qu'aquatique, n'est pas connue dans ses caractéristiques géographiques et biologiques. Même pour certains groupes de grand intérêt écologique et socio-économique, tel que le phytoplancton, par exemple, très peu d'informations sont disponibles,. De plus, de nombreux sites tels que le sud du Maroc n'ont presque jamais été prospectés. La structure de la flore marocaine, illustrée par la figure ci-dessous, montre une nette prédominance des phanérogames terrestres avec près de 4500 espèces; les espèces marines ne comptent que 4 espèces dont une (Posidonia oceanica) semble avoir disparu de nos côtes. Les champignons et les lichens sont également rela tivement bien représentés avec, respectivement, près de 820 et 700 espèces. L'un des groupes végétaux également les mieux représentés du Maroc est constitué par les algues plu ricellulaires dont près de 700 espèces ont été recen sées, avec 489 macro-algues et près de 200 espèces appartenant au phytoplancton. II.A -2-2-FAUNE La faune marocaine, comparée à celles d'autrespays voisins peut être considérée comme relati vement riche et diversifiée. 24602 espèces ont été identifiées jusqu'à présent, mais, on pense que ce chif fre demeure bien en deça de ce qui s’y trouve réell ment et ce pour trois raisons principales : les études concernant la majorité des écosystèmes restent, malgré tout, relativement peu nombreuses (en raison du manque de moyens matériels ou de compétences nationales); de nombreux groupes systématiques sont très peu connus, sinon jamais étudiés au Maroc; 26 Grotte des Chameaux au Beni Snassen (MedWetCoast) nombreuses régions du Maroc restent encore à explorer et à étudier aussi bien sur les plans systé matique qu'écologique. Le graphique ci-dessus montre que la faune nationale est très largement dominée par les arthropodes qui constituent 73 % du total des espèces recensées, soit 17893 espèces. Parmi ces 17893 arthropodes, 13461 27 Structure, par grands types de milieux, de la biodiverité specifique du Maroc Structure, par groupes systématiques, de la flore du Maroc sont des insectes, soit un pourcentage de près de 75%. Très loin derrière les arthropodes, se situent les mol lusques et les vertébrés, qui, avec 2249 et 1718 espè ces, constituent respectivement 9% et 7% du total de la biodiversité spécifique nationale. II.A -2-3-MICROORGANISMES C 'est l'un des groupes qui, malgré sonimportance capitale sur les plans écolo gique, scientifique et socio-économique, est très mal connu et très peu étudié au Maroc. On estime à près de 1.120.000 espèces dans le monde dont 143.000 espèces recensées. L'étude Nationale sur la Biodiversité a révélé la présence de 226 espèces au Maroc; mais avec des centaines d'isolats. C'est un chiffre qui montre l'importance de la lacune qui caractérise les études microbiologiques dans notre pays. De cet inventaire, très sommaire, il semble que les microorganismes sont étu diés dans notre pays essentiellement pour leur impacts socio-économiques (phytopathogè nes, agro-alimentaires, agricoles, etc.). II.A -2-4- FLORE CULTIVEE ET FAUNE DOMESTIQUEE II.A -2-4-a- FLORE CULTIVEE L’agriculture est une activité stratégique dans lepays. Elle occupe près de 50 % de la population active, mais sa part dans le PNB n’est que de 17 % (en 1994). Deux formes de cultures se juxtaposent: un secteur traditionnel de consommation, tourné vers les cultures de subsistance et; - un secteur moderne, mécanisé et industrialisé orienté vers l'ex portation. Cultures de consommation : L’art culinaire du Maroc, fait appel à une multitude de combinaisons complexes d'épices, de légumes et de fruits. Certains sont autochtones et d’autres “exotique”. Les végétaux entrant dans les habitudes de consom mation des marocains servent dans des préparations liquides (thé, café, jus, menthe, thyms, verveine, etc.). L'une des boissons les plus communes et appré ciées au Maroc reste le "thé” (à la menthe), produit dans notre pays et dont la recette consiste à préparer une boisson chaude à base de Camellia sinensisqu'on aromatise, à la fin de la préparation, par de la menthe. Cultures industrielles : Les principaux végétaux fai sant partie des cultures dites industrielles sont, entre autres, les plantes sucrières, dont la culture est très ancienne dans notre pays (déjà au XVIième siècle pour la canne à sucre à Chichaoua et Sous ). Les deux espè ces concernées par cette industrie sont la canne à sucre (Saccharum officinarum) et la betterave à sucre (Beta vulgaris). Le coton (Gossypium arboreum), les oléagi neux, surtout le tournesol (Helianthus annuus), le Colza (Brassica Rapa), le Carthame (Carthamus tinc torius), etc., sont également cultivées régulièrement dans certaines régions du pays, alors que “l’Arachidiculture” peut être considérée comme relati vement récente au Maroc. La tabaculture est également pratiquée dans certaines régions au Nord du Maroc par la Régie de Tabac notamment le tabac noir et, certains essais, semblent indiquer que le tabac blond pourrait y être introduit avec succès. l’Horticulture est une autre activité agricole qui a pris un grand essort ces dernières décénnies puisque, actuellement, elle occupe quelques 10% de la Surface Agricole Utile (SAU), juste derrière la céréaliculture. De nombreuses autres espèces de variétés végétales (légumes et fruits essentiellement), non autochtones, sont actuellement cultivées au Maroc soit pour leur rentabilité soit encore pour des besoins alimentaires. II.A -2-4-b- FAUNE DOMESTIQUEE La faune domestiquée au Maroc correspond essen-tiellement à des espèces de consommation (vian des, laits, œufs, etc.); mais aussi, à certaines formes ayant leurs valeurs historique et/ou culturelle (che veaux). Parmi les principales espèces domestiquées. Bovins : Le cheptel bovin compte dans le pays 2.383.113 têtes répartis en : 1.450.101 têtes du type “beldi”, autrement dit, “du pays” ou “de la ferme” et qui correspondent donc aux races locales (60.84%). C'est le type le plus dominant au Maroc avec 80% des effectifs et peu vent se rencontrer partout dans le pays. On y comp te deux races plus ou moins bien identifiées: - la blonde d'Oulmès avec une zone de dispersion très restreinte autour du cercle d'Oulmès et qui compte quelques 80 000 têtes et la Brune de l'Atlas très répandue dans le pays. 661.496 du type croisé (27.76%) qui sont des for mes améliorées entre des races pures (mâles) et des femelles locales. 28 271.516 têtes de race pure (11.39%). Les princi pales races pures exploitées au Maroc sont: la Frisonne Pie-Noire (Europe occidentale), la Holstein (Etats Unis et Canada), la Tarentaise, la Montbéliarde (France), la Fleckviech ou Simmental (Allemagne), la Santa Gertrudris (Etats Unis) et, aussi, la Charolaise et la Limousine (France). Ovins : Les ovins exploités au Maroc comptent 16726675 têtes, essentiellement des races locales, dont : Sardi, avec 2.154.194 têtes soit 12.88% répartis dans les plateaux du Chaouia, Settat, Khouribga et El Kalâ; Timahdite avec 1.910.881 têtes soit 11.42% et qui se trouvesnt dans les régions du Moyen Atlas, Meknès, Khenifra, Ifrane et Khémisset; Beni Guil avec 1.500.881 têtes (8,.97%); race connue des plateaux de l'oriental, Oujda, Figuig, Boulmane, Guercif, Taza; D'Man qui compte 616.966 têtes (3.69 %) qui est spécifique des oasis du sud (Draâ, Ouarzazate et Tafilalt); Beni Hsein, avec 385.390 têtes (2.3%) restreints à la région de la Maâmora et du Gharb; Boujaade, qui compte quelques 237.219 têtes (1.4%) et qui est également restreinte dans sa dis tribution au seul cercle de Boujaade; Oulad Jellal, avec 718.767 têtes (4.3%) réparties dans la région de Oulad Jellal; Atlas, race répartie aux Moyen et Haut Atlas et qui est représenté par 2018 364 têtes (12.07%). Le cheptel ovin national compte quelques 7.184.011 autres têtes peu identifiées et qui sont dispersées un peu partout au Maroc. D’autres races non locales ont également été récem ment introduites dans le pays pour des fins d’amé liorations de production. Il s’agit, entre autres, des races “Ile de France”, “Merinos précoce” et “Lacaune”. Caprins : L'effectif total des caprins s'élève à 5.703.509 têtes. L'appréciation du matériel génétique caprin reste à faire dans la mesure où, jusqu'à présent, on est pas encore arrivé à identifier, de façon précise, les diffé rentes races du pays. Cependant, selon les données existantes les principales popu lations caprines au Maroc sont: la population locale dite aussi de montagne et de parcours. Elle est répartie surtout dans les montagnes de l'Atlas. Elle est exploitée essentiellement pour la production des viandes. On note deux variétés à savoir la variété Yahiaouia et la variété Attaouia. La seconde population est dite du Nord ou d'Andalousie. Elle est issue d'un croisement avec 29 Quelques races bovines utilisées au Maroc (GEM) Santa Gertrudis Blonde d’Oulmès Brune de l’Atlas Tarentaise Pie-Noire Quelques races ovines, camélines et caprines utilisées au Maroc D’man Timahdite Sardi Race caprine locale Rguibi les variétés espagnoles introduites depuis le protec torat dans les provinces du Nord. On remarque trois variétés : la Murcie, la Grenada et la variété Malaga. La troisième population est dite D'mane, la seule race standardisée et dont l’élevage est connu dans toute la vallée du Draâ (Province de Ouarzazate). D'autres races ont été introduites au Maroc telles que la race Maltaise et la race Alpine. Races camélines : L'effectif total de la race cameli ne s'élève à 149.406 têtes. On y distingue deux grands types (Jebli et Sahraoui) et quelques races telles que : l’Aît Khebbach, connue dans les plaines, qui est de grande taille et qui y est utilisée comme animal de trait; Rguibi, Rahali et Mamya qui sont des races saharienne de selle; - la race Gerzini est, essentiellement saharienne, de bât. Equidés : Les effectifs des équidés sont de 139 845 têtes pour les chevaux, 516 357 têtes de mulets et de 1 026 303 têtes pour les ânes. Cheval : Les races chevalines exploitées au Maroc sont: - Le Pur-Sang Arabe, introduit au Maroc depuis plus de 14 siècles; - le Barbe, connu du Maroc depuis l'antiquité; - L'Arabe Barbe, cor respondant à un croisement entre le Pure-Sang Arabe et le Barbe (près de 90% de l'effectif total); le Pure-Sang Anglais qui n'a fait son apparition au Maroc qu'au début du siècle dernier et qui semble comporter parmi ses ancêtres un Pure-Sang Arabe d'origine marocaine; - l'Anglo-Arabe-Barbe fruit de croisement clandestin entre le Pure-Sang Anglais et l'Arabe-Barbe. Mule : C'est une race sobre et rustique dont les servi ces sont très sollicités dans les zones de montagnes. Âne : C'est également une race très utilisée dans le monde rural pour des traits ou pour les déplacements. Races canines : Il esxiste au Maroc deux principa les races canines autochtones : L'Aïdi, ou “Berger de l’Atlas” est une race naturelle autochtone des régions montagneuses de l’Atlas du Maroc qui en détient le standard de la race. Si le phénotype de cette race est d'une remarquable homogénéité, son éventail génétique, par contre, est très ouvert comme l'ont prouvé les premières études réalisées sur ce sujet. Le Sloughi est un descendant des lévriers royaux égyp tiens. Sa terre natale est l'Afrique du Nord. On le trou ve surtout au Maroc, où les nomades l'emploient à la chasse au lièvre et à la gazelle, ainsi qu'à la garde. Avifaune : Les principales espèces de volailles uti lisées dans le pays sont les poulets et les dindes. On y distingue essentiellement trois variétés de poulet (“beldi” de ferme, croisé ou “blanc” ou industriel”) et deux variétés de dinde (“beldi” ou de ferme et le “blanc”. Cela n’empêche pas que d’autres élevages pour des buts particuliers y sont pratiqués comme pour les cailles ou les pintades. La production industrielle des viandes blanches (essentiellement le poulet, et à un plus faible degré la dinde) est passé de moins de 17.500 tonnes en 1960 à plus de 230.000 tonnes en 1999 et celle des œufs de 232 millions à 3 milliards 200 millions. Le secteur traditionnel a toujours gardé une place importante dans le milieu rural. Récemment, il s’est instalée dans la région de Témara, une unité d’élevage d’autruches. Quelques races locales de pigeons sont également élevées par de nombreux particuliers. Lapins : L'élevage du lapin au Maroc relève princi palement du secteur traditionnel rural; puisque le lapin, comme le poulet et la dinde beldis, ont toujours fait partie de la basse-cour rurale. Malgré la prolifici té de cette espèce, il y a très peu de tentatives d'in dustrialisation du secteur de la production lapine. 30 Quelques races de chevaux élevées au Maroc Pure-Sang Arabe Pure-Sang Anglais El Aidi (gauche) et le Sloughi (droite), deux races canines locales Barbe Barbe Abeilles : L'espèce utilisée en élevage au Maroc est l'Apis mellifera, la seule d'ailleurs du genre existant au Maroc, cependant elle compte trois races indigè nes que sont: - Apis mellifera intermista; - A. melli fera sahariensis et A.mellifera major. De nom breues autres races ont été également importées , en particulier de l'Europe. La région du Gharb (près de kenitra) constitue le principal centre mellifère du Maroc, se basant sur la variété A.m.intermista et, comme nourriture, principalement sur les deux espèces d’Eucalyptus: E. camaldulensis et E. gom phocephala. Poissons : Les poissons domestiqués au Maroc sont soit marins soit dulcicoles. Parmi ces espèces : Thon rouge (Thunnus thynnus), ayant fait l'objet, d'un projet d'élevage de repeuplement au large de M'diq. Daurade ( Sparus aurata), élevée dans la lagune de Nador; Loup (Dicentrarchus labrax), domestiqué dans la lagune de Nador; Sar (Puntazzo puntazzo), domestiqué dans la même lagune; Anguille (Anguilla anguilla), faisant l’objet seule ment d’un grossissement en race-ways; dans la lagune de Nador; Carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), produite dans la station de Deroua à Beni Mellal pour lutter contre l’eutrophisation et pour promou voir la pêche dans les eaux douces, surtout les rete nues des barrages et les canaux d’irrigation; Carpe herbivore (Ctenophar-yngodon idella) pré disposée à constituer une espèce de choix pour lutter contre la prolifération des végétaux dans les canaux d’irrigation et, aussi, pour promouvoir la pêche et la consommation du poisson dans les milieux ruraux; Carpe commune (Cyprinus carpio), également domesti quée pour des fins écolo giques (lutte contre l’eutro phisation) et socio-écono miques (promotion de la production et la consomma tion du poisson); * Brochet (Esox lucinus) développé à Amghass pour des fins de pêche sportive, pêche commerciale et, pour la régulation des populations des autres espèces. Black-Bass (Micropterus salmoides), introduit pour la promotion de la pêche sportive dans les lacs d’Afoughal, sidi ali et ahouli. Il s’est, par la suite, acclimaté; Sandre (Lucioperca lucioperca), introduite dans les lacs du Moyen Atlas, des rivières et retenues de barrages; Truite fario (Salmo fario) dont l’élevage est très ancien au Maroc; Truite Arc en Ciel (Salmo irideus), introduite en 1934 et utilisée en pisciculture de repeuplement dans la station d’Azrou; Truite verte (Salmo macrostigma), domestiquée dans le but de maîtriser son cycle de reproduction et l’utiliser pour diversifier la valorisation piscico le de certains écosystèmes aquatiques. C’ est éga lement le cas des barbeaux (Barbus sp.) et de la perche Perca fluvialtilis. 31 Apiculture, activité propre et lucrative. Ruchs dans la forêt de la Maamora Aquaculture à Nador, l’un des principaux centres aquacoles du Maroc Apiculture moderne apiculture traditionnelle Année 1986 Gharb National Part-Gharb 1998 Gharb National Part-Gharb 220 558 40% 813 1.600 51% 25.777 65.677 40% 59.200 80.000 74% 721 24.216 3% 320 25.400 1% 25.303 282.283 9% 7.419 320.000 2% Nb apiculteurs Nb ruches Nb apiculteurs Nb ruches la Gambusie, Gambusia affinis et Brachidarnio rerio sont deux poissons exploités pour leur vora cité et sont utilisés pour la lutte contre les mous tiques. Mollusques : La conchyliculture est une activité qui concerne quelques espèces seulement : les Huitres : C'est l'huître creuse Crassostrea gigas qui, pour sa rentabilité, constitue l'essentiel de l'os treiculture marocaine. D'autres huîtres (Ostrea edulis, Crassostrea angulata, C. rhizophorae) ont été domestiquées dans le passé mais sans résultats. Une autre huître, la perlière (Pinctada martensis), a été élevée, à titre d'expérimentation, dans la lagune de Oualidia. la Palourde : Il n'existe pas de vénériculture pro prement dite et l’élevage de cette espèce est actuellement au stade expérimental dans de nomb reux sites; les Moules : Il s'agit de M. galloprovincialis et P. picta actuellement élevées dans des conditions expérimentales en Atlantique et Méditerranée; les coquilles Saint Jacques: Deux espèces sont actuellement domestiquées au Maroc: la forme indigène (Pecten jacobensis) dans la baie d'Agadir et l'espèce japonaise (Pectinopecten yes soensis) dans la lagune de Khnifiss. Crustacés : L’élevage des crustacés au Maroc concerne essentiellement les espèces suivantes : Crevette japonaise : Penaeus japonicus est la seule espèce de crevette qui était mise en culture dans les deux sociétés MAROST (à Nador) et SAM (estua ire de la Moulouya). C'est une activité actuellement abandonnée par insufisance d'investisse ment et de rentabilité. l’Ecrevisse à pieds rouges Astacus astacus a été introduite au Maroc dès 1914 dans le Moyen Atlas. Son élevage n’est qu’au stade expérimental. II.A -2-5-ENDEMISME L e taux d'endémisme au Marocpourrait être considéré comme relativement important. En effet, 3624 espèces endémiques ont été recensées, ce qui représente 14.68% du total des espèces; ce qui place le Maroc parmi les pays ayant un taux d’endémisme relativement fort. L'endémisme par milieu montre une nette dominance des formes terrestres, puisque 15% des organismes recensés dans le milieu terrestre (3252 espèces d'entre 21741) sont endémiques. Ce taux, relativement fort, reflè te la particularité et l'originalité biogéogra phique des hautes altitudes marocaines qui comptent un grand nombre de végétaux et d'a nimaux inféodés aux sommets des montagnes. Le nombre relativement important (930 espè ces) de formes végétales strictement inféo dées au Maroc (sur un total de 7619 espèces, soit 12,20%) permet de mettre en évidence l'origine autochtone de ces plantes, essentiel lement méditerranéennes ou mésogéennes. Elle permet également de mettre en relief, d'une part, l'importance de l'endémisme des végétaux parmi les pays méditerranéens et d'autre part, la particularité biogéographique du Haut Atlas considéré comme l'un des prin cipaux refuges aux taxa holarctiques. En ce qui concerne la faune, ce sont principa lement les arthropodes, et plus particulière ment les insectes, qui montrent le plus fort taux d'endémisme. Ce dernier, semble égale ment trouver son explication dans la grande diversité des écosystèmes terrestres maro cains et les limites, souvent franches entre leurs composantes, ne permettant ainsi pas à nombreuses espèces, de s'étendre vers d'aut res aires biogéographiques. 32 Milieu marin Zones Humides continentales Milieu terrestre 33 II.A -3 DIVERSITE GENETIQUE II.A -3-1- FLORE L e Maroc comporte des ressources phyto-génétiques et génétiques animales impor tantes. Il est, en effet, considéré comme un centre important de diversité génétique pour un grand nombre d'espèces cultivées et leurs formes sauvages apparentées. A titre d’exem ple, le Maroc comporte 20 des 27 espèces fourragères, connues dans le monde, du genre Avena, . Cette diversité phytogénétique se trouve actuellement compromise à cause, essentiellement, des activités anthropiques qui occasionnent des disparitions d'habitats. En effet, l’érosion génétique est manifeste au Maroc, puisque, par exemple, des 18 espèces de Medicago recensées en 1959, on ne retro uve plus que 14 , ce qui suggère la disparition ou, du moins, la raréfaction de certaines res sources phytogénétiques nationales. Même le rendement de certaines espèces, celui-ci a diminué considérablement, ce qui est expli qué, selon certains spécialistes, comme étant un signe d’érosion génétique. Ainsi, si nos marchés regorgent de fruits aux parfums et aux odeurs exotiques, ce n'est malheureuse ment pas un signe de bonne santé pour la bio diversité nationale dans la mesure où il s’agit d’espèces/ races/ variétés qui prolifèrent au dépens du patrimoine phytogénétique autoch tone, délaissé en faveur de formes plus lucra tives. Pourtant, le patrimoine biologique marocain est recherché par de nombreux pays; c’est ainsi que quelques unes de nos luzernes, par exemple, donnent certaines de leurs carac téristiques écologiques, très appréciées, à des variétés américaines, canadiennes ou austra liennes. Pour les ressources phytosylvatiques, la conservation se fait principalement in situ et porte sur des formes aussi bien indigènes qu'exotiques sous forme de 40 arboreta, sur 400 ha, comportant 114 populations. En ce qui concerne les plantes cultivées et fourragères, la conservation ex-situ et la col lection du germoplasme ont débuté dès les années 1920, mais ne se sont intensifiées que lors de ces dernières décades. L’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), par exemple, dispose d’un patrimoine phyto génétique de près de 2720 variétés, 13219 populations et 1318 clones, l’ensemble repré sentant quelques 317 espèces. Ceci qui est extrêmement peu par rapport à la richesse de notre pays en ressources phytogénétiques et au vue des menaces qui pèsent sur ce patri moine. La cause incombe principalement à la quasi-inexistence d’infrastructures adéquates de conservation (espèces annuelles), et même quand les infrastructures existent, celles ci 34 demeurent aléatoires. Les collec tions sont, donc, maintenues par des semis périodiques, souvent annuelles qui, non seulement reviennent trop chers en temps et en coût, mais peuvent aussi être sour ces de contamination par des croi sements exterieurs, de pressions de sélections indésirables et d’erreurs durant les manipulations. La qualité du patrimoine génétique marocain est reconnu à l’échelle internationale et de nombreuses missions ont été effectuées, par divers laboratoires européens, australiens, etc. pour faire profiter des cultures de ces pays, des particularités écologiques des varié tés marocaines. C’est ainsi que, par exemple, 110 populations d’orge marocain sont stoc kées depuis les années 1970 à Montpelier et nombreuses duplicata d’orge et de blé tendre sont maintenues à l’ICARDA et à Bari (Italie). La variété d’orge Barlis628 est utili sée à travers le monde comme exemple de variété fourragère et est une bonne source de résistance aux rouilles, alors que les variétés Rabat071 et Merzaga077 ont montré une grande tolérance au Cystnématode en Australie. Les grandes performances écologiques des populations fourragères et pastorales du Maroc sont essentiellement dues à leurs importantes potentialités d’adapatation aux caractéris tiques difficiles du milieu, en particulier le climat, dont la dormance estivale permet tant aux espèces de passer la periode d’été, sèche et chau de sans grands dangers. C’est ainsi qu’en Australie, par exemple, la survie de plantes de fétuque cultivée a été de 97% pour des popula tions d’origine marocaine et seulement 59% pour celles européennes. Un autre exemple d’adapta tion à la secheresse est celui de la dureté des graines marocaines des légumineuses annuelles, telles que les trèfles souterrains et les luzernes annuelles qui sont également utilisés, en Australie, comme source de dureté des grai nes. Plusieurs autres caractères d’interêt écolo gique ou agronomique sont associés au maté riel génétique marocain, comme les écotypes marocains de fétuque qui, comparés a ceux européens, s’en distinguent par une bonne croissance hivernale, une dormance élevée en été et une plus grande résistance aux maladies cryptogamiques. Une bonne croissance hivernale et une dor mance estivale caractérisent aussi les écoty pes marocains de Dactylis, Phalaris et Medicago sativa. Des populations de luzerne de Draa ont montré, aux USA par exemple, un niveau de tolérance à la salinité équivalent à celui du matériel le plus tolérant. Species Varieties Clones/Genotypes Canne à sucre 1 133 arbres fruitiers 12 665 172 Oliviers 1 200 15 agrumes 11 250 palmier 1 42 1131 ptes fourragères 20 5 espèces sauvages 100 Total 146 1295 1318 Nombre Espèces Variétés Populations Total (accessions) Type de collection INRA Winter Cereals 4 64 4800 4864 MT Spring Cereals 3 1009 152 1161 MT plantes fourragères 270 27 8130 8157 MT, LT espèces textiles 6 6 - 6 MT plantes oléagineuses 4 36 52 88 MT légumineuses 4 18 2134 2152 MT IAV Hassan II Cereals (DW, BW, Wild sp.) 5 30 370 400 MT Forages (Alfalfa,..) 7 55 835 890 MT, LT Food legumes 1700 1700 MT Vegetables 5 - 104 104 MT Direction de l'Elevage (CPSP) Forage & past. plants 322 154 1200 1354 ENA MEKNES Cereals (Durum Wh) 1 500 500 MT DPVCTRF (Ref.) 700 - 700 MT, LT Total 630 2 099 19 977 22 076 Conservation ex-situ des ressources phytosylvatiques Species Arboreta + collection Provenance Test Nb. Populat. Surface (ha) Nb. Populat. Surface (ha) Introduced species Acacia sp 9 40 - Eucalyptus sp. 38 180 4 30 Pinus pinea 8 15 4 9 Pinus canariensis 14 22 2 5 Indigenous species Pinus maritima 13 35 6 32 Pinus halepensis 14 28 4 19 Cupressus atlantica 4 8 1 2 Cedrus atlantica 1 .5 - Abies pinsapo 7 15 - Quercus suber 2 1 - Tetraclinis articulata 4 2 1 1 Total 114 346.5 22 98 II.A -3-2-FAUNE En ce qui concerne les ressources animales, leMaroc recèle un patrimoine génétique d'une grande importance, adapté, presque chacune, à des conditions particulières. C’est ainsi que, par exem ple, pour le cheptel ovin, le Maroc dispose de plus de 8 races locales cantonnées, chacune, dans une région plus ou moins restreinte et, par conséquent, adaptées aux conditions souvent rigoureuses de la région à laquelle elles appartiennent. De plus, certaines de nos races disposent de caractéristiques presque uniques à l'échelle mondiale. C'est le cas, pae exemple, la race D'Man, parfaite ment adaptée et résistante aux conditions rigoureu ses de sécheresse des oasis du sud marocain. Elle est l'une des races ovines les plus prolifiques dans le monde, pouvant donner naissance à six agneaux viables lors de la même portée. Chez les oiseaux, certaines races de pigeons ont été standardisées et sont reconnues actuellement comme des races locales. Il s’agit, entre autres, des races Beldi, Guendi, El yamani, Taoussi, voyageur, etc. II.A -4 - DIVERSITE CULTURELLE De par son passé millénaire, le Royaume duMaroc a cumulé une richesse historique et cul turelle d’une grande diversité et d’une singulière originalité. L’"homme de Rabat" (première trace humaine au Maroc - 50000 ans) a dû s’adapter à divers modes de vie de diverses civilisa tions préhistoi riques : berbère, phénicienne, Carthaginoise, Sicilienne, Romaine, Vandale, Byzantine, arabo muslmane avec les Idrissides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, les wat tassides, les Saadiens, puis les Alaouites. L’un des aspects culturels qui caractérisent le Maroc est l’outil de communica tion, la langue. L’arabe est la langue officielle; mais, dans la pratique, elle est substituée dans certaines régions, par l’hassania, Rifia, Tachlhit ou Tamazight. Comme langues étrangères, le français est parlé par une bonne partie de la population. L'espagnol est encore utilisé dans le Nord du pays, surtout par des personnes âgées. L'anglais s’impose comme langue étrangère de communication techno logique et scientifique, alors que l’allemand, le russe, etc. sont des langues proposées dans diveres institu tions d’enseignement et dans des centres étrangers. La musique est également une autre forme d’ex pression très diversifiée. Le Melhoun, l’Andaloussi, Cheikhats, Gnawa, Ghiwane, Hassani, Chaabi, Assri, et bien d’autres, sont des “couleurs” venues d’ailleurs ou des fins fonds de la tradition marocai ne et où la nature et ses composantes sont les sujets de chants. Les instruments utilisés sont tous aussi diversifiés allant des Qraqeb (Crotales) à la guitarre électrique en passant pas Rbab, El oud, Gambri, etc., et dont nombreux sont confectionnés à partir de certains élements de la biodiversité (Carapaces, peaux, bois spécifiques, etc.). L'artisanat a, de tous les temps, été lié à l'histoire du Maroc du fait de la richesse culturelle de cette der nière et, pratiquement, chaque ville ou région, a sa culture artisanale: Safi (Poterie), Fès (Tapis et cuir), Essaouira (Bois), etc...C'est ainsi que, depuis des siècles, hom mes et femmes, s'inspirant de leurs héritages tradi tionnels respectifs, tra vaillent des matériaux tels que le bois, le cuivre, le métal, la laine ou la pierre, pour acquérire un savoir faire unique où se mêlent amour des traditions, 35 Une diversité culturelle fondée en grande partie sur la nature et ses composantes idéalisation de l'artisa nat et qualité aux fini tions irréprochables. Ces métiers artisanaux ont, d’ailleurs, fait de certaines villes un rayonnement civilisa tionnel. Le classement, par exemple, de la ville de Fès par l'UNESCO comme “patrimoine universel” est une réelle reconnaissance de la communauté internationale de la valeur des apports de cette cité au patrimoi ne universel dans le domaine des arts traditionnels et, aussi, des œuvres architectu rales qui abondent dans la capi tale spirituelle et culturelle du Royaume. Cette architecture est, en fait, une synthèse originale des influences andalouse et orientale ayant produit un patri moine fait des plus beaux monuments de l'art isla mique; une richesse qui se déploie également en milieu rural, avec une architecture berbère basée sur la pierre et la terre crue, se matérialisant, entre aut res, par les ksours, villages fortifiés de la vallée du Draa, et les greniers collectifs du Haut Atlas. L’art culinaire du Maroc est une autre particularité et une autre forme d’expression et de culture, de renommée internationale. Nombreux de ses plats typiques sont, en effet, retrouvés actuellement dans les rayons des magasins occidentaux. Cette cuisine reflète également toute une histoire, un passé, un certain art de vivre et un art de rece voir des invités. Le lait et les dattes, les cornes de gazelle, ghoriba (sablé), le thé sucré au kaleb (sucre en cône), le m'semmen (crêpes feuille tées), le beghrir, arrosés de beurre frais fondu et de miel, la harira, la pastilla, le cou scous, les divers tajines, etc. constituent une identité marocaine qui s'est forgée et individualisée tout au long des siècles passés. La littérature est une importante composante de la culture maro caine faite d’une littérature berbère très vivante, mais essentiellement dans les contes, les légendes ou les chants poé tiques, d’une lit térature arabe écrite qui s'est développée plus tardivement ainsi que d’une littérature écrite, rédigée en langue française, ayant acquis, avec certaines oeuvres (Ahmed Sefrioui, Driss Chraïbi, Abdellatif Laabi, Tahar Ben Jelloun, etc.) une renommée internationale. 36 Les ressources naturelles vivantes nationalesjouent un rôle vital dans le développement socio-économique du Maroc. Cet intérêt réside, pour la biodiversité marine dans les faits que : la mer assure une grande partie des protéines d'o rigine animale; elle assure des emplois directs et des revenus plus ou moins stables pour un grand pourcentage de la main d'œuvre nationale (marins, ramasseurs, fonc tionnaires, investisseurs, etc.); elle fournit une grande part de matière première pour certaines industries (engrais, conserverie de poisson, farine de poisson, produits pharmaceu tiques, aliments pour bétail, etc..); malheuresement, la mer sert aussi d’exutoire de plus d’un milliard de mètre cube d’eau usée non traitée. L'espace maritime national, plus vaste que celui ter restre, joue un rôle stratégique sur les plans écono mique et social. Sa façade atlantique joue aujourd' hui le rôle de pôle structurant de l'économie natio nale, compte tenu de son poids démographique, économique et de sa fonction dans l'organisation de l'espace national (61% de la population urbaine des grandes villes, 80% des effectifs permanents des industries, 78% de l’ensemble des investissements industriels du pays, 67% de la valeur ajoutée, 53% de la capacité touristique, 92% du trafic maritime, etc.). Elle concentre les principales agglomérations du pays (Casablanca, Rabat, Kénitra, Agadir, Safi, Tanger, Tan Tan, Laâyoune, Dakhla, etc.), les densi tés démographiques urbaines et rurales les plus éle vées, les réseaux d'infrastructures et de communica tion les plus denses, ainsi que les principales activi tés économiques. Cependant, la forte littoralisation que connaît le Maroc depuis ces dernières décades y a engendré un important dysfonctionnement et de profondes dégradations de l'environnement marin. En effet, la population urbaine du littoral atlantique qui ne représentait que 19,4% en 1936, est passée à 29% en 1960, 35% en 1971 et 42,8% en 1982 pour atteindre 49,8% en 1998 et environ 54% en l'an 2000. La population marocaine atteindra 60 à 80 millions en l’an 2025 et l’urbanisation serait de 75 à 77%. Dans ce grand espace maritime national, le potentiel biologique exploitable a été estimé à 500.000 tonnes pour les espèces demersales et 1.500.000 tonnes pour les espèces pélagiques. La production halieu tique du Maroc a atteint en 1999 plus de 758000 tonnes; correspondant à une valeur de 4.884 Milliards de Dirhams dont 1.818 Milliards de Dirhams pour la pêche côtière et 2.888 Milliards de Dirhams pour la pêche hauturière. 37 II.B - IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DE LA BIODIVERSITE AU MAROC Cette production a dépassé les 1000000 de tonnes en l’an 2000. La pêche côtière qui constitue la princi pale composante de la production halieutique du Maroc (85%) est essentiellement dirigée vers l'exploitation de la sardine; alors que la pêche hauturière est orientée principalement vers les prises céphalopodières. Pour cette dernière, bien qu'elle ne représente que moins de 15% de la production nationale, son importance réside essentiellement dans le chiffre d'affaire qu'elle permet de réaliser et qui dépasse les 50%. L'évolution de l'ef fort de pêche côtière par ports, depuis 1988 jusqu'en 1997, montre qu'il y a une migration des activités de pêche vers le sud du Royaume. C'est ainsi que, d'une part, le port d'Agadir a perdu de son intérêt depuis l'an née 1988 au profit des ports du sud en particulier Tan Tan, puis Laâyoune et, d'autre part, l'effort de pêche durant cette décennie a augmenté de près de 50%. Il est extrêmement difficile de se prononcer sur l’impact du non renouvellement des accords de pêche entre le Maroc et la communauté européenne. Déjà en 2001, date d’expiration de cet accord, les produits de la pêche ont dépassé, pour la première fois, la barre d'un million de tonnes, avec une crois sance de 22 %; mais rien ne permet de confirmer, qu’en si peu de temps, la nature a repris ses droits. La restructuration du secteur et sa modernisation étaient des préoccupations majeurs du département de tutelle. Aussi, Une enveloppe de 200 M.DH a été allouée sur 5 ans (1997-2001) au secteur de la pêche maritime pour le financement du programme de mise à niveau de sa flottille (préservation des ressources, redéploiement des unités, équipement en système de réfrigération des cales, amélioration des techniques de manutention du poisson à bord; remplacement des navires âgés de plus de 15 ans, etc.). Le plan quin quennal 1999-2003 s'est fixé comme principal objec tif de placer le Maroc parmi les I5 puissances mon diales sur le plan halieutique en oeuvrant pour : une production halieutique de 1,5 millions de ton nes; avec un taux de croissance moyen de I7%; une valeur ajoutée de 13 milliards de dirhams, avec un taux de croissance annuel moyen de 11%; un chiffre d'affaire à l'export de 14 milliards de dir hams, avec un taux de croissance moyen de 14%; une consommation nationale de12 kg de pois sons/hab/an; 7,7 milliards de dirhams d’investissements; la création de 40.000 nouveaux emplois. la création de 5 villages de pêche (300 millions de dirhams) et 60 points de débarquement (600 millions de dirhams). L'aquaculture, bien qu'elle possède de réelles poten tialités de développement, n'a actuellement qu'une part infime dans le développement des ressources halieutiques nationales (0.1% en tonnage et 1.6% en valeur). Cette activité a permis de produire quelques 1200 tonnes en 1998 correspondant à près de 87 millions de Dirhams. A côté des pêches côtière et hauturière et de l'aquacul ture, il existe d'autres activités littorales telles que le ramassage des algues, ou de certaines autres espèces animales telles que les moules, les palourdes, les coques et les pieds de biches. L'exploitation de ces res sources reste souvent intensive et non contrôlée. Pour les algues, par exemple, le ramassage a permis l'exploi tation de 8600 tonnes en 1998; alors que pour le corail, la production était de 3000 Kg. en 1998 pour une valeur de 80 Millions de Dirhams, contre 7000 Kg. en 1992. Quant aux autres espèces, il est quasiment impossible d'estimer la production, et ce, à cause de l’insuffisance des données. Un autre indice socio-économique est celui du niveau des exportations des res sources halieutiques à l'état brut (pois son frais) ou transformées. Ces exporta tions ont, en effet, augmenté de façon notable pour constituer actuellement près de 15% du total des exportations marocaines globales et environ la moitié des produits agro-alimentaires. Parmi ces exportations, les mollusques, très largement dominés par les céphalopo des, constituent un peu plus de la moitié et sont destinés au marché japonais, 38 L’écosystème marin, pourvoyeur d’emplois, source de protéines et espace de loisirs, essentiellement, alors que les poissons, en partie sous forme de conserves prennent plutôt le chemin de l'Europe. De l'analyse, de l'évolution de la pêche et de la des tinée de ses produits, l'enseignement majeur pou vant être tiré est que l'essentiel de cette pêche va aux sous produits, non valorisants, ce qui sous entend, donc, qu'une valorisation de ces produits est plus que nécessaire. En effet, malgré l'importance straté gique de ce secteur dans la vie socio-économique et culturelle du Maroc, le secteur maritime et ses res sources ne sont malheureusement pas encore appré ciés à leur juste valeur puisque : un important pourcentage (60%) de la production côtière est voué à une transformation en sous pro duits destinés à nourrir d'autres animaux certaine ment de moindre valeur alimentaire et économique; la presque totalité de la pêche hauturière est "expé diée" sans aucune valeur ajoutée; le faible taux de consommation nationale expri mant un certain désintéressement de la population dont chaque membre ne consomme en moyenne que 7.4 kilogrammes de produits de la mer par an. Sur le plan social, le secteur des pêches maritimes génère un volume important d'emplois directs et indirects de près de 400000 personnes. En ce qui concerne l’écosystème forestier, bien que celui-ci n'occupe que 12%, environ, du territoire national, il est stratégique en raison de ses divers rôles économique (recettes, matière première, res sources énergétiques, etc.), écologique (lutte contre l'érosion, l'envasement des barrages, puit de carbo ne, etc.) et social (source de revenus pour plus de 114000 familles, etc.). L'importance de l'impact socio-économique de l'écosystème forestier réside dans ses deux principales fonctions: - protectrice (écologique) et, - productrice (socio-économique). Sa fonction productrice réside dans les quantités de bois d'œuvre et d'industrie (600 000 m3), de bois de feu (10 500 000 m3, soit 30% du bilan énergétique national), de bois de liège (19.000 tonnes) et d'uni tés fourragères (plus de 1.500.000.000 annuelle ment, soit 11% du bilan fourrager national). La pro duction non marchande de bois ramassé est évaluée à quelques 4 415 000 Dh, alors que celle du charbon de bois à 29.350.000 Dh. La forêt fournit également 15.000 emplois permanents (donc des ressources financières pour, au moins, autant de familles) et des 40 millions de jours de travail; ce qui peut se tra duire par quelques 114.000 personnes actives dans ce domaine. On estime, ainsi, que plus de 17% de la population active dans le domaine rural vit entière ment ou partiellement de la forêt et de ses produits. La forêt marocaine contribue pour 2% au PIB agri cole et 0.4% au PIB national; mais, sa contribution réelle serait de près de 10% du P.I.B. agricole, si on 39 Quantités et valeurs du bois prélevées entre 1994 et 1999 Diverses utilisations de la forêt marocaine prend en considération du pâturage, du bois combus tible et de menus produits. La déforestation fait perd re annuellement au Maroc quelques 119 millions de Dirhams, soit 0,03% du PIB, somme colossale qu'il est possible d’investir, au moins en partie pour la conservation et le développement de ce secteur. Sa fonction protectrice se traduit, entre autres, par l'a bri que la forêt offre à: - plus de 4700 espèces végé tales dont nombreuses sont endémiques; - près de 90 mammifères; - plus de 320 espèces d'oiseaux; un très grand nombre d'invertébrés, etc.; mais, aussi, par sa contribution dans la lutte contre l'érosion, la régula tion du régime des eaux, la protection des barrages contre l'envasement, etc.. La forêt constitue, de plus, une solution idéale et naturelle pour les problèmes de l'érosion éolienne et, donc, la désertification. En effet, rien que dans la région de 250 000 ha sont menacés par la désertification qui "dévore" les cultures, les palmerais, les voies de communications, etc. et anéantit, donc, des efforts considérables d'investisse ments. La fprêt est considérée également comme un remède idéal contre l'érosion hydrique et, donc, la perte du sol; ce qui entraîne, entre autres, la baisse de la fertilité, l'envasement des barrages et réduit, par conséquent, les surfaces arables, etc., sans parler du fait que la forêt englobe des aires naturelles pour la conservation in situ de la biodiversité sauvage et un moyen pour l'amélioration des conditions de l'envi ronnement et la lutte contre la pollution. D'autres rôles écologico-économiques sont assurés par la forêt dont l'épuration des eaux et la régulation du cli mat. "Elle constitue l'équipement essentiel du château d'eau qu'est la montagne en économisant l'eau, en amé liorant sa qualité, en régularisant les débits des rivières, en protégeant le bas-pays des crues et en en protégeant les sols et les infrastructures, sans parler du fait qu'elle constitue un conservatoire naturel et un réservoir irremplaçable de ressources génétiques". Au milieu forestier, proprement dit, on a souvent arti culé les parcours qui couvrent quelques 53 millions d'ha. C'est une très importante ressource fourragère pour un cheptel d'environ 25080000 têtes. Ces par cours assurent, en moyenne, 26% des besoins fourra gers (90% dans certaines régions). En fait, la couver ture des besoins du cheptel national est passée de 60% les années 70 à moins de 26% aujourd'hui. Les défrichements, l'augmentation du cheptel sur les par cours, l'extension de la durée de pacage et l'arrachage délibéré des essences ligneuses ont fait, qu'actuelle ment, tous nos parcours sont dégradés: 12% sont for tement dégradés, 81% moyennement dégradés et le reste, seulement 6,6%, faiblement dégradés. Cette dégradation se traduit, entre autres, par: - le rempla cement de la végétation pérenne par une autre annuel le peu appétable; - des sols dénudés; - l'apparition de sables et dunes et; - en terme de biodiversité, la raré faction/disparition d'espèces. L’agrosystème national est également un domaine prioritaire, non seulement en tant que principal pourvoyeur de notre nourriture; mais, aussi, en tant qu'élément stratégique de l'économie nationale. En effet, dès l'indépendance, le Maroc a assigné à l'a griculture un rôle déterminant comme secteur d'a justement et de financement de la croissance écono mique nationale et, aujourd'hui encore, elle reste l'un des secteurs déterminants de cette économie. Cependant, il importe de préciser que la majorité des formes utilisée dans cette agriculture n’est malheureu sement pas autochtone et est constituée par des espèces, variétés et races introduites pour leur intérêt lucratif. L’ importance de l’agrosystème ne se limite pas seu lement à ses rôles de "grenier" (cultures) et d'"éta ble" (élevage), mais, aussi, à ses vocations d'em ployeur de la main d'œuvre, de fournisseur de devi ses et d'important secteur productif, sachant que près de la moitié de la population marocaine est rurale et que l'agriculture est son activité principale. Le Maroc est, en effet, un pays agricole dont 11,8% (8456 000 ha) de sa superficie est cultivable. Plus du 1/3 de la population active du Maroc (4,8 millions) travaille dans le secteur agricole, 2,2 millions de ménages dépendent de l'agriculture et 50% d'entre eux vivent des cultures pluviales associées à l'éleva ge. La production agricole constituait au début des années 60 près de 30% du Produit Intérieur Brut et ne dépassait plus les 17% en 1993. Les revenus de cette production finançaient environ la moitié des importations totales jusque en 1973; mais, ce taux n'a cessé de régresser, depuis, pour atteindre à peine les 11% en 1990. 40 Agriculture et élevage, principales utilisations de l’agroécosystème L'apport en devises des produits de l’écosystème agricole était, par exemple, de 8 milliards de Dirhams en 1994, correspondant à 20% du total des exportations, soit le deuxième rang après les phosphates et avant les pêches maritimes. Les sur faces irriguées contribuent à 90% des exportations agricoles proviennent des surfaces irriguées. L'écosystème agricole avec ses espèces cultivables et ses ressources génétiques constitue donc un élé ment clé pour le développement socio-économique de notre pays. La mise en place d'une stratégie pour sa conservation, son développement la réalisation de l'autosuffisance alimentaire économiserait au Maroc quelques 9 milliards de Dirhams dépensés pour l'importation de denrées alimentaires (16% des importations), diminuerait, ou du moins, stabilise rait l'exode rurale, garantirait davantage d'emplois et de sécurité socio-économique pour la population, surtout rurale, et, aussi, garantirait la conservation pour une utilisation durable de nos ressources géné tiques végétales et animales. L'élevage comptant pour près du 1/3 du PIB agricole, fait travailler quelques 40% de la population active rurale, pour un cheptel de plus de 22000000 têtes de bétail qui fournit 90% des besoins en produits laitiers. On estime actuellement à 130 milliards de DH, le coût de perte dû à l'érosion du sol arable, chiffre qui, avec la célérité de la dégradation du sol ne fait qu'augmenter. Les zones humides n'ont, certes, pas de grandes superficies ni les productions des écosystèmes marin, forestier ou agricole; mais elles sont dotées d'autres richesses, réelles ou occultes, qui leur confèrent des rôles social et économique local d'une importance capitale. Les zones humides du Maroc constituent, en effet, une source de revenues de sub sistance très importante pour un grand nombre de familles riveraines; mais, aussi, de richesses non négligeables pouvant contribuer au développement socio-économique des zones et des régions où elles sont situées. Parmi ces secteurs, les zones humides se prêtent parfaitement bien à l'écotourisme et à l'a quaculture du fait de leurs accessibilités et de l'a bondance de l'eau nécessaire pour le développement de l'une ou de l'autre de ces activités. D'autres avantages socio-économiques sont offerts par les zones humides dont : avantages récréatifs (chasse, pêche, planche à voile, sports nautiques, randonnées, pique-niques et promenades, baignade, etc.; avantages agricoles du fait qu'elles constituent d'ex cellentes zones de pâturages et, aussi, d'agriculture surtout dans les sites déjà asséchés où les rende ments sont importants. Ce sont des zones qui four nissent également de nombreuses plantes utilisées à diverses fins; avantages piscicoles et conchylicoles en fournis sant, via les activités aquacoles, des poissons et des coquillages; donc des protéines d’origine animale; avantages énergétiques par l'utilisation du bois ou la production de méthane (fermentation de végétaux); avantages éducatifs en fournissant d'excellents instru ments d'illustration pédagogique pour les enseigne ments primaires, secondaires et universitaires. En dehors des extractions effectuées directement dans divers écosystèmes nationaux, la diversité de la faune terrestre engendre une importante activité de chasse qui prélève, chaque année, près de 500 000 unités de gibier constitué principalement du lièvre, du lapin, du sanglier, du renard, de la caille, de la bécasse, la bécas sine, la tourterelle, etc.. Cependant, l'évolution des ressources cynégétiques se caractérise par une tendan ce inquiétante de régression due, au moins pour les espèces terrestres, à l'extension des terres arables au détriment de la végétation arbustive servant d'abris au gibier; mais, aussi, au braconnage (piégeage, ramassa ge des œufs, etc.), sans compter l'augmentation rapide du nombre de chasseurs. Une autre nuisance générée par le secteur de la chasse est “la régulation des popu lations des espèces prédatrices des espèces-gibiers”. C’est ainsi, par exemple, que lors de la saison 2000 2001, 889 renards, 259 chacals, 37 corbeaux et 36 pies ont été tués “officiellement” pour protéger le gibier (qui, dans tous les cas, allait être tué.). Pour le secteur de la pêche dans les eaux intérieures, chaque année, près de 25 000 tonnes de poissons sont prélevés des eaux douces nationales. La pêche contrô lée devient de plus en plus régie par des accords entre l'administration et le privé, soit sous forme d'amodia 41 Quelques services fournis par les zones humides nationales tions visant une pêche sportive organisée, soit encore pour la mise en place d'activités aquacoles de type industriel. C'est une activité qui se pratique aussi bien dans les cours d'eau naturels que dans les retenues artificielles des barrages. Les plantes aromatiques, les épices et les huiles essentielles (HE) constituent d’autres ressources jouant également un rôle important sur les plans économique et social. Les plantes aromatiques spontanées fournissent plus de 100 produits dont certains sont relativement peu connus comme les tiges des menthes et les feuilles d'oliviers. En fait il n'y a que 5 ou 6 produits essentiels qui sont cueillis au Maroc: Le romarin, le thym, la sauge, l'armoise, la feuille de laurier-sauce et l'origan. Cette matière première est exploitée par envi ron 15 unités d'extraction des HE et de prépa ration de plantes séchées. Les activités de transformation et de valorisation des Plantes Aromatiques et Médicinales permettent une exportation de plus de 1.000 tonnes d'HE et d'extraits divers et, environ, 400 tonnes d'her bes séchées pour une valeur totale d'environ 300 millions de Dh. Au niveau de l'emploi, ces activités pourraient créer annuellement environ 500.000 journées de travail pour des populations locales. Ce pendant, lors de cette dernière décennie, les exportations marocai nes en HE et extraits aromatiques (EA) n'ont cessé de baisser: 47 % en 1994, 35 % en 95 et, seu lement, 29 % en 1996, 32 % en 1998. Les recettes des exportations classées dans la catégorie des épi ces, notamment les piments rouge et doux et leurs dérivés, la coriandre, le safran et le fenouil grec, ont passé de 169 millions de Dh/an pour la campagne 1990-1993 à 128 millions entre 1994 et 1998, ce qui semble dû à des difficultés de production. Pour cer tains produits tels que l'armoise blanche, le Maroc est l’un des premiers fournisseur du marché mondial en huile essentielle avec près de 30 tonnes (soit 9000 tonnes de matière verte) et un apport de 1 300 000 Dh de recettes et 37 000 jours de travail. 42 Espèces 1988 1989 1990 1991 1992 1993 Thym entier 445 568 375 486 377 Laurie entier 140 146 152 39 199 Origan 156 95 169 Romarin 305 438 188 Sauge 124 139 82 Racine d'Iris 96 112 199 Feuilles d'oranges 173 99 180 Feuilles niora 25 43 24 Feuilles diverses 74 86 77 Racines diverses 130 196 179 Fleurs diverses 157 220 91 Graines diverses 85 26 201 Plantes diverses 1000 1596 877 Exportation des plantes aromatiques (office des changes) Espèces 1987 1988 1989 1990 1991 Coriandre 11.6 11.9 8.3 7.9 8.3 Fenugrec 1.5 2.9 922 617 920 Cumin 47 105 6 5 Fenouil 3 52 anis 18 2.3 Exportation de graines entières (tonnes) Espèces 1988 1989 1990 1991 1992 Romarin 55 58 69.5 48 57.7 Menthe 48 116 5 39 84 Myrthe 5 9 7 17.4 3.5 pouillot 23.1 18.5 15 8.5 16.5 Exportation huiles essentielles(tonnes) Espèces 1988 1989 1990 1991 1992 Néroli 47 151 137 238 189 Géranium 595 760 552 504 240 Jasmin 1309 770 434 564 684 Huil de rose 42 95 11 39 200 Concentré 4632 1184 736 1525 1333 Orange (tonnes) 17.2 137 364 329 Microorganismes d’intérêt économique du Maroc Pour la rose, surtout de la vallée de Dades, elle est exploitée pour la préparation des absolus (extrait de solvant). En 1991, la quantité traitée était de 3000 tonnes, soit 186 000 jours de travail. En ce qui concerne le romarin, il est surtout produit dans la région de l'oriental, avec 60 tonnes d'huiles essentielles (équivalent de 20 000 tonnes de matière verte), nécessitant 86 000 jours de travail. Les semences non spontanées et, donc, cultivées qui comprennent l'anis, le cumin, la coriandre, l'aneth et le fenouil, ceux ci poussent en grande partie en zones arides. Les autres plantes comprennent la verveine, le safran, la menthe, le persil et la caroube. Le Maroc exporte également des extraits de fleurs (néroli, Géranium, Jasmin, Huile de rose et des concentrés et de l'orange en particulier). Une autre composante de la biodiversité nationale, les microorganismes, bien qu’insuffisamment étudiés au Maroc, elle revêt un intérêt particulier, puisque les applications de la microbiologie s’éten dent actuellement sur plusieurs domaines dont les industries de fermentation, pharmaceutique, chimique, médicale, agro-alimentaire, agricole, production des alcools et des biogazs, la lutte contre la pollution et le traitement des minéraux. Il n’existe pas de données chiffrées de l’impact de cette catégorie de patrimoine vivant sur les plans économique et sociale, mais, selon les formes recensées au Maroc, celles ayant un intérêt économique, commercial ou social ont été hierarchi sées selon le modèle suivant du graphique ci-dessus. 43 44 Bien que plusieurs espèces végétales et animales,ainsi que des ressources phytogénétiques et zoogénétiques soient plus ou moins gravement menacées, il n’existe pas, à l’échelle nationale, de liste rouge officielle reconnue comme telle. II.C-1- COMPOSANTES MENACEES DE LA BIODIVERSITE DU MAROC II.C-1-1- FLORE La flore marocaine comporte un grand nombred’espèces menacées. Parmi la flore algale, la principale espèce menacée demeure Gelidium ses quipedale, exploitée (surexploitée) un peu partout dans la région d'El Jadida-Safi (et actuellement dans la région de Dakhla) et ce, malgré sa grande capaci té de régénération. La menace qui pèse sur cette espèce consiste à sa surexploitation, le mode de son arrachage, la pollution qui sévit dans la principale zone où elle se développe (El Jadida-Safi); mais, aussi, le non respect, par les exploitants et les popu lations locales, de certains programmes d'interdic tion de ramassage conçus pour permettre à l'espèce de reconstituer ses stocks. D'autres espèces, en particulier les laminaires (Laminaria sp., Sacchoriza sp. et Phyllariopsis sp.), commencent à se faire rares dans les zones où elles pullulaient auparavant. Ce sont des espèces indica trices des eaux pures et la réduction de leurs champs est expliqué par la dégradation de la qualité des eaux le long du littoral atlantique marocain. Peut on parler, enfin, de menace pour une phanéro game marine ayant disparu de nos côtes, et qui est la Posidonie ?. C'est, en tout cas, l'une des rares espè ces qui contribue à l'auto-épuration du milieu et qui, en même temps, constitue un abris pour un grand nombre d'espèces animales et végétales. Pour les végétaux terrestres, 1641 plantes parmi les quelques 4500 espèces vasculaires du Maroc sont considérées comme rares ou menacées. Les deux Structure, par groupes, de la flore menacée du Maroc II.C - BIODIVERSITE MENACEE AU MAROC tiers de ces 1641 espèces sont même considérées comme très rares, autrement dit, que le nombre de localités où elles ont été rencontrées dans tout le Maroc sont inférieures à 5. Ces 1641 espèces se répartissant sur 1141 espèces très rares, 421 espèces rares, 28 espèces vulnérables et 51 espèces soup çonnées rares (selon la classification donnée dans l'Etude Nationale sur la Biodiversité). Les foyers menacés ne sont pas encore connus avec précision; cependant, il s'agit principalement des hautes mon tagnes et les plaines atlantiques, autrement dit, que les raisons des menaces qui pèsent sur cette flore seraient très vraisemblablement liées à la déforesta tion et à la dégradation du couvert végétale dues au surpâturage, aux défrichements, aux incendies, à l’érosion, etc.. II.C-1-2- FAUNE La faune menacée du Maroc, qui comptequelques 590 espèces et sous espèces, est carac térisée par la grande dominance de trois groupes systématiques que sont : les arthropodes, avec 239 espèces (40.5%) dont 123 dulcicoles (51%), 93 lépidoptères terrestres (38%) et 23 crustacés marins (9%). Le taux relati vement fort des espèces menacées des eaux douces est principalement formé d'insectes (63.5%) puis des crustacés (20.4%). La menace qui pèse sur ces espèces est essentiellement due à leur vulnérabilité en tant qu'endémiques, pour leur grande majorité et, par conséquent, disposant d'un habitat et d'un espa ce vital très réduits. La quasi totalité des lépidoptères listés en tant que menacés le sont à cause de leur endémisme et leur vulnérabilité. La liste donnée dans l'Etude Nationale sur la Biodiversité n'est que provisoire et d'autres espèces pourraient y être adjointes. Quand aux crustacés marins, la principale menace qui pèse sur eux, c'est essentiellement leur surex ploitation. les vertébrés, avec 212 espèces (36% de toutes cel les menacées), sont réparties sur 112 vertébrés marins (dont 85 poissons, 6 tortues et 21 mammifè res marins), 11 poissons d'eaux douces (8.5%), 13 reptiles (6.1%) dont les fameux Varan du désert, la tortue grecque et le fouette-queue, 58 oiseaux (27.5%) dont l'Ibis Chauve, de nombreux rapaces, l'Outarde houbara, etc. et 18 mammifères terrestres (8.5%) avec comme principaux représentants des gazelles, l'Hyène, etc. les coraux, avec 108 espèces, comptent près de 18% du total de la faune menacée. Ce sont des espè ces pratiquement toutes menacées à l'échelle mon diale et le sont également sur nos côtes. Le corail rouge, seule espèce exploitée dans nos eaux, a vu ses statistiques de pêche chuter de façon dramatique (Cf. Etude Nationale sur la Biodiversité). Ces trois groupes constituent l'essentiel de la faune menacée du Maroc, puisqu'ils constituent, ensemble, près de 95 % du total des espèces menacées. Les aut res groupes sont relativement peu représentés. II.C-1-3- PLANTES CULTIVEES ET ESPECES ANIMALES ELEVEES La proliération des animaux actuellementdomestiqués, la diversité, l’abondance et la disponibilité des légumes et des fruits dans nos mar chés, ne sont forcement pas synonymes de “Biodiversité en bonne santé” car, une grande par tie des espèces/variétés produites ne font pas partie 45 Structures, par groupes, de la faune menacée du Maroc Quelques exemples d’éléments menacés de la biodiver sité nationale: Orques, Lions, Tortues de notre patrimoine et proviennent de “parents” introduits pour leurs particularités lucratives et ce, au dépend d’une large gamme de variétés et de races locales. En effet : on ne voit pratiquement que des vaches “tâchetées en noir et blanc” (Pie-noire) aussi bien dans les élevages traditionnels que modernes; “les poules blanches” ou “croisées” ont inondé le marché avien; tous nos fruits “beldis” moins gros, certes, et moins juteux, mais cultivés naturellement ont, pour la plu part, cédé le marché à une multitude de variétés plus productives et plus attrayantes. Un grand nombre, donc, de variétés végétales et de races animales locales, ont tendance à disparaitre par le manque d’intérêt; phénomène aggravé par l’i nadéquation de nos structures agraires, par la suc cession des périodes de sécheresse, par la faiblesse et, parfois, l’inexistence des liaisons entre la recher che scientifique, la valorisation et la vulgarisation / sensibilisation/ éducation et, aussi, par le fort taux d’analphabétisme qui sevit dans les populations rurales principales concernées par l’agriculture et l’élevage. II.C-1-4- HABITATS Comme pour les espèces et certains éléments dupatrimoine génétique national, de nombreux biotopes sont également plus ou moins gravement altérés. Cependant, par rapport aux autres compo santes de la biodiversité marocaine, les écosystèmes menacés ont fait l’objet de nombreux inventaires dont le plus important reste celui des “aires proté gées” qui a inventorié 158 Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE) à protéger dont 48 de priorité “1”, 50 sites de priorité “2” et 60 autres de priorité “3”. Il s’agit d’une liste de milieux plus ou moins grave ment menacées par les activités anthropogéniques qui se situent aussi bien dans le milieu terrestre, dans les eaux continentales que sur le littoral. Certains autres habitats ont également été listés dans l’Etude Nationale sur la Biodiversité. Le paragraphe suivant énumère certaines des causes de ces menaces. II.C-2- MENACES QUI PESENT SUR LA BIODIVERSITE MAROCAINE Le Maroc est un pays jouissant, de par son his-toire géologique et climatique, d'un patrimoi ne biodiversitaire exceptionnel à l'échelle de la Méditerranée qui, elle même, s'in dividualise à l'échelle mondiale par la particularité de sa faune et sa flore. Cependant, comme par tout ailleurs, les activités humai nes (pression démographique, urbanisation, littoralisation, sur exploitation, etc.) ont fait que la célérité de dégradation des taxa a considérablement augmenté, compromettant leur pérennité. En effet, on pense qu'au moins une dizaine d'espè-ces d'oiseaux ont disparu du Maroc depuis le début du siècle et une trentaine d'autres (près de 10 % de l'avifaune nationale) est menacée de disparition. La situation des mammifères n'est guère plus brillan te puisque six espèces terrestres et deux marines ont disparu: l'Oryx, l'Addax, la Gazelle leptocère, le buba le, le légendaire Lion de l'Atlas et le Serval sont des 46 Quelques formes de la biodiversité de grande consommation provenant de parents exotiques Quelques aspects de la destruction d’habitats dans les régions dEl Jadida (Bas) et Nador (Haut) mammifères qu'on est sûr de ne plus rencontrer dans la nature et, parmi les mammifères marins, la grande baleine bleue et la baleine franche (qui se reproduisait pourtant dans nos eaux) font partie de l’histoire ancienne. Un simple calcul montre que le taux de disparition des mammifères du Maroc a été multiplié par près de 200% lors de ce dernier siècle que lors des 139 siècles passés. Dans le monde végétal, il suffit de savoir que, parmi les quelques 6900 espèces de végétaux vasculaires présentes sur le territoire national, près de 1000 sont menacées, pour se rendre compte de la gravité de la situation. Parmi les principales menaces qui pèsent sur la diversité biologique nationale. II.C-2-1 LA DEFORESTATION L'un des facteurs majeurs contribuant à l'érosionde la biodiversité terrestre est la perte des forma tions forestières. Les prélèvements du bois de feu et les défrichements sont des pratiques très courantes chez les populations locales riveraines et, ce, au pro fit des extensions des cultures, en particulier dans les zones où les terres de culture sont rares. Ce phéno mène s'est particulièrement aggravé lors des derniè res décennies, surtout dans les régions isolées où la surveillance par les services forestiers est insuffisan te. Il s'agit de zones de développement d'une agro culture traditionnelle au détriment de formations préforestières de près de 31.000 ha qui disparaissent chaque année. Ces défrichements délictueux n'af fectent pas les seules écosystèmes forestiers, mais bien d'autres milieux tels que ceux des dunes (régions d'Essaouira) ou des zones humides (surex ploitation de joncs, roseaux, etc. sur les bords des lacs, merjas, lagunes, rives des cours d'eau de mon tagne, etc. ). En plus, la forêt doit satisfaire, au moins en partie, aux besoins en énergie des popula tions. Les prélèvements en bois de feu s'évaluent à 11.000.000 m3, soit 30% des besoins énergétiques du pays, ce qui dépasse largement les possibilités de regéniration de la forêt marocaine. Ces mises à nue des espaces forestiers et ces utilisa tions abusives des ressources forestières entraînent souvent de graves perturbations du fonctionnement de cet écosystème (absence de régénération, fragili sation des espèces, etc.); mais, aussi, sur d'autres écosystèmes tels que l'agro-système (perturbation du cycle de l'eau, érosion du sol, pollution des eaux souterraines, inondations et mort du cheptel, etc.). Cependant, ce qui est encore plus grave dans ces pratiques de déforestations, c'est : • la perte d'habitats pour les milliers d'espèces anima les et végétales, parfois endémiques, qu'héberge la forêt, et par conséquent la perte de ces espèces; • la fragilisation écologique et physiologique des essences forestières qui, devenant vulnérables, peu vent facilement être attaquées par des ravageurs, tou chées par les conséquences de la sécheresse, etc. Un exemple de destruction d'écosystème forestier entier peut être observé dans le Rif Central où l'éco système à Chêne-liège a été pratiquement anéanti, ce qui est également le cas de la suberaie de la plai ne du Ghrab, très gravement menacée par les activi tés humaines. II.C-2-2- LITTORALISATION, URBANISATION ET INDUSTRIALISATION La population urbaine du littoral marocain n'a cesséd'augmenter depuis l'indépendance. Celle de l'Atlantique, par exemple, est passée de 19.4% en 1936 à 54% en l'an 2000. Ces populations sont, de plus, concentrées dans un nombre réduits d'agglomérations. Les deux wilayas de Casablanca et de Rabat-Salé 47 La déforestation une cause majeure de la dégradation de la biodiversité et de la perte des habitats Zemmour-Zair accumulent, à elles seules, près de 62% de la population littorale nationale. En Méditerranée, la population littorale a également connu, ces dernières décennies, un rythme de crois sance assez rapide (2.3%), surtout en milieux urbains (4.1%); alors qu’à l'échelle nationale, ces pourcentages ne sont respectivement que de 2.1% et 3.6%. Les quatre grandes villes de Tanger, Tétouan, Oujda et Nador concentrent à elles seules les 2/3 de toute la population urbaine de la zone Nord. Pour des raisons de commodité, et plus particulière ment pour les facilités qu'offre le littoral pour l'éva cuation des eaux usées, la côte marocaine compor te l'essentiel de ses activités industrielles. Le littoral atlantique concentrait, en 1990, 77% des unités d'in dustries et 80% des emplois, surtout dans l'axe Casablanca-Kénitra considéré comme l'espace structurant qui façonne le tissu industriel national et qui a contribué, en 1990, pour plus de la moitié des l'investissement au Maroc. En Méditerranée, ce sont les deux villes de Tanger et Nador qui sont les plus industrialisées de la région Nord, notamment par l'industrie sidérurgique, textile, et par les moyennes et petites entreprises. Les pollutions et les nuisances constituent les signes les plus manifestes et proviennent des rejets, directs ou indirects, de déchets industriels, urbains ou agri coles, sans parler des accidents de navires transpor tant des substances potentiellement polluantes ((2000 chimiquiers, 5250 pétroliers, etc. transitent annuellement par le détroit de Gibraltar). Les quelques 100.000 tonnes de matières oxydables déversées chaque année en milieu marin, les 68.000 tMO/an reçues par les cours d'eau (surtout Sebou, Oum Er Rbia et Moulouya), les quelques 50.000 t MO/an reçues par le sol et le sous-sol et la nappe phréatique, etc., ne peuvent être sans conséquences sur la diversité biologique et la santé humaine. A l'échelle du littoral atlantique, trois zones sont particulièrement concernées : - l'embouchure de Oued Sebou qui draine tous les rejets des industries localisées dans les principales villes situées sur les deux rives de son cours d’eau: Fès, Meknès, Sidi Kacem, Sidi Slimane, Sidi Yahya, Kénitra; - le litto ral allant de l'agglomération de Rabat-Salé à Safi, comportant les complexes industriels de Mohammédia, Jorf Lasfar, industries du phosphate et conserveries de Safi et; - la ville d'Agadir en rai son de son importante activité portuaire. Au niveau du littoral méditerranéen, il s'agit de: - la ville de Tanger, où les effluents de la zone indus trielle située sur la route Tanger-Tétouan, des rejets industriels de la zone de Moghorha, du quartier Moulay Ismail, et de Oued Lihoud, sont déversés en mer sans aucun traitement préalable; - la ville de Tétouan, avec l'oued Martil qui sert de déversoir à toutes les usines situées dans sa vallée; - la ville d'AI Hoceima dont la station d’épuration demeure insuf fisante pour le traitement des eaux de la ville et, enfin; - la ville de Nador où la Mar Chica reçoit la majorité des effluents industriels et urbains. Un seul exemple, parmi bien d'autres, des répercus sions de cette littoralisation sur la biodiversité en Méditerranée, est la lagune de Smir, autrefois un 48 Une démographie galopante à l’origine des principaux problèmes environnementaux L’urbanisation, la littoralisation, l’industrialisation sont à l’origine des principales sources de pollution au Maroc milieu des plus riches du pays, est irrémédiablement perdue. Il s'agissait d'un lieu de haltes migratoires du rarissime Courlis à bec grêle (Numenitis tenui rostris), espèce d'intérêt mondial aujourd'hui quasi ment éteinte. Avec la perte de ce patrimoine, la région de Tétouan perd un espace écologique, mais aussi récréatif, éducatif, social et touristique, d'une qualité unique. II.C-2-3- AGRICULTURE La pollution d'origine agricole, autre activitéanthropique nuisible pour la biodiversité, bien qu'elle soit relativement limitée au Maroc et que les quantités d'intrants utilisées actuellement restent relativement faibles par rapport aux niveaux atteints dans les pays développés, il est attendu qu'avec l'in tensification de l'agriculture, leur emploi connaisse un développement certain (Rapport National CNUED, 1992). On estime actuellement que 8 à 10% de la quantité d'azote utilisée comme engrais en agriculture migre vers les nappes par lessivage ou vers les eaux superficielles sous l'effet du ruis sellement, soit une quantité de l'ordre de 10 760 à 13500 t/an dont 6 150 t/an proviendraient des zones irriguées. Les régions des grandes plaines ont connu depuis les années 1930 le développement d'une agriculture moderne avec de nouvelles cultures orientées vers l'industrie, l'élevage intensif, le ravitaillement des grandes villes du Maroc ou l'exportation (canne à sucre, betterave à sucre, plantes fourragères, fruits et légumes de primeurs, notamment ). Ces régions ont connu l'introduction de techniques modernes qui ont, certes, permis des augmentations très importantes de la productivité du secteur agricole, mais qui ont, malheureusement, également appauvri la biodiversi té, en particulier la diversité génétique. L'introduction de nouvelles variétés, plus lucrative et généralement plus fragiles, a, en outre, entraîné une utilisation souvent anarchique de produits phytosani taires, ce qui a engendré un certain nombre de pro blèmes tels que l'apparition de parasites résistants. L'application de doses de plus en plus fortes a engen dré des effets néfastes sur les ressources naturelles et spécialement les ressources biologiques. L'usage d'engrais et de pesticides est appelé à aug menter durant les années à venir, ce qui ne manque ra pas d'augmenter le degré de pollution des sols et des eaux, et par conséquent, d'aggraver la détériora tion des ressources naturelles et d'une manière géné rale de la biodiversité. De telles catastrophes ont en fait déjà eu lieu, par exemple, dans la plaine du Souss où, du fait de l'extension des cultures moder nes (avec irrigation), l'écosystème à Arganier a été très altéré; le sol, complètement détruit, a été aban donné à l'érosion éolienne; les niveaux de la nappe phréatique qui ont baissé d’une manière spectacu laire. Nombreux autres problèmes affectant la biodiversi té sont inhérents aux activités agricoles: - l'exten sion des terres cultivées; exemples de zones tou chées forêts, marais de Chararba sur le littoral médi terranéen, complexe lagunaire Sidi Moussa Oualidia sur le littoral atlantique, etc.; - les infras tructures agricoles: drainage de zones humides (Gharb), irrigation, constructions de bassins, cap tage des sources pour alimenter les villes et les péri mètres de cultures, etc; - les constructions des bar rages, empêchent les migrations, entre autres, des aloses et anguilles entre les eaux douces et la mer. II.C-2-4- ELEVAGE ET SURPATURAGE Les effectifs des troupeaux (bovins, ovins etcaprins) au niveau national connaissent de très importantes fluctuations qui sont dues principale ment aux aléas climatiques. Mais, en règle générale, il y a unanimité sur l'importance et la gravité des dégâts causés par le surpâturage aux niveaux des écosystèmes sylvo-pastoraux et de leur biodiversité, surtout dans les régions qui connaissent de fortes concentrations de cheptel. Ses prélèvements directs ou par émondage, les piétinements des semis, etc., réduisent considérablement le taux de recouvrement du sol et empêche la régénération naturelle de la végétation, ce qui contribue à la dénudation des sols et entame les processus de désertification. Le problè me du surpâturage est aggravé par la réduction pro gressive des surfaces laissées en jachères et des terrains de parcours (collectifs et forestiers), conséquence de besoins sans cesse croissants en céréales nécessitant l'extension des terres cultivées. Le problème du sur pâturage est aggravé durant les années de sécheres se pendant lesquelles les ventes massives du cheptel des zones où sévit la sécheresse viennent alourdir 49 Pollution des zones humides par les intrants une charge déjà excessive pour les régions relative ment arrosées. Le surpâturage est donc une menace grandissante qui constitue la principale cause de dégradation des écosystèmes forestiers, car le chep tel prélève, directement ou indirectement par émon dage effectué par les bergers, une quantité très importante de biomasse, et empêche, par le broutage ou le piétinement des semis, toute régénération naturelle des essences sylvatiques. Le surpâturage engendré se traduit, ainsi, par la disparition ou la réduction considérable d'un grand nombre d'espè ces appétées. Il finit par déclencher les processus d'érosion qui ont déjà atteint une surface importan te des montagnes dénudées. Pour le Maroc, le surpâturage, constitue actuelle ment l'une des préoccupations fondamentales des aménagistes sylvo-pastoraux et des gestionnaires des aires protégées. Et, de toutes les espèces anima les composant le cheptel, la chèvre, qui est la plus rustique, est la plus nuisible puisqu'elle se nourrit du feuillage des arbres et arbustes qui constituent l'ossa ture des structures et architectures des écosystèmes sylvo-pastoraux. II.C-2-5- SURPECHE Les ressources halieutiques connaissent partoutune quasi-stagnation, sinon une diminution des captures, même dans les zones réputées les plus pois sonneuses du monde comme nos côtes. En effet, tous les spécialistes sont unanimes, que les ressources marines naturelles, partout dans le monde, sont à pré sent pleinement exploitées et que tout effort de pêche ne peut se faire qu'au dépend de la pérennité de ces ressources. Au Maroc, pays maritime par excellence, même si ses eaux sont considérées parmi les plus pois sonneuses du monde, plusieurs indices montrent que ses ressources ne sont pas inépuisables comme on s'entendait à considérer; mais qu'elles souffrent, comme toute autre ressource biologique, des réper cussions des activités anthropiques. Parmi ces indices: la translation de l'effort de pêche du nord vers le sud. En effet, c'était tout d'abord la pêcherie du Nord (Tanger-El Jadida) qui a démarré au début du siècle et avait comme principal port, celui de Casablanca. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, c'est la zone Safi-Sidi Ifni qui a pris la relève, atteignant des prises de 300 000 tonnes en 1973 et seulement 50 000 tonnes en 1991-1992. Ensuite, les pêcheries se sont déplacées vers la zone Sidi Ifni Laâyoune où elles ont débuté vers les années 60 avec un maximum de 130 000 tonnes en 1977 et, seulement, 100 000 en 1990 1992 et puis on est actuellement dans l'extrême sud où de nombreuses flottes (nationale, européenne, russe, asiatique, etc.) opéraient. En dehors des espèces visées par la pêche, de nom breuses ressources marines sont au bord de l'extinc tion ou complètement disparues. La baleine bleue ou la baleine franche (qui se reproduisait sur nos côtes) ont complètement disparu du Maroc. Le phoque moine survit très difficilement au sud du Maroc et le mérou constitue la cible de chasseurs sous marins qui s'approvisionnent, à volonté, en toute impunité; les grandes nacres 50 Le surpâturage, un fléau pour la biodiver sité forestière et agricole surtout quand le bétail ne se contente pas de brouter au sol. La surpêche contribue à la dégradation de la biodiversité marine et de l’appauvrissement de sa variabilité génétique. menacées dans toute la Méditerranée sont égale ment la cible de ramasseurs armées de scaphandres autonomes dans la lagune de Nador; les algues, en particulier Gelidium sesquipedale, malgré la régle mentation qui la régit, est également récoltée en toute saison et toute impunité. Et pour ne donner qu'un chiffre, la palourde qui était, il y a quelques années, très abondante dans la baie de Dakhla (sud du Maroc), elle n'y est actuellement présente que dans quelques sites et avec des tailles très réduite; en trois années les prises ont diminué de plus de 150 tonnes à moins de 30 tonnes. II.C-2-6- INTRODUCTIONS D'ESPECES EXOTIQUES De nombreux végétaux et animaux ont été introduitsau Maroc pour diverses raisons: rentabilité, lutte contre des espèces ou des conditions nuisibles, orne mentation, etc. Parmi les arbres, nombreux ont été importés et nom breux sont encore à l'essai dans des arboretum. Plus de 200 arbres, surtout des Eucalyptus, ont été intro duites de l'Australie et utilisées soit comme arbres d'alignement, soit des arbres d'ornement soit encore de reboisement. Parmi ces espèces les plus impor tantes sont: Eucalyptus camaldulensis, E. gompho cephala, E. globulus, E. grandis, E. saligna, E. sideroxylon, E. cladocalyx, E. occidentalis, E. astringens, E. sargenti, E.torquata, E. brockwayi, E.salmonophloia, E. salubris, Acacia cyanophylla, A. cyclops, A. mollissima, Pinus pinaster maritima, P. canariensis, P. pinea, etc.). Dans le domaine agricole, un grand nombre d’espè ces et variétés (céréales, légumes, fruits, etc.) a éga lement été introduit et produit au Maroc et ce essen tiellement dans un but lucratif ; exemple : les bana nes, les Kiwis, les avocats, etc. Parmi les espèces animales terrestres ce sont princi palement les bovins qui sont concernés, important essentiellement surtout pour s’assurer une certaine auto-suffisance en lait et en viandes. Le milieu aquatique n’échappe pas à cet engouement “vers l’exotique”. Aussi, dans les eaux douces conti nentales de nombreuses espèces sont introduites à des fins aquacoles soit de production, soit d’aquariophilie, soit de lutte contre l’eutrophisation ou la prolifération d’espèces nuisibles. Il s’agit principalement de la Carpe argentée (Hypophthal-michthys molitrix), la Carpe her bivore (Ctenophar-yngodon idella), la Carpe commune (Cyprinus carpio), le Brochet (Esox lucinus), le Black Bass (Micropterus salmoides), les Sandres (Lucioperca lucioperca), la Truite Arc en Ciel (Salmo irideus), l’ Ecrevisse à pieds rouges Astacus astacus, etc. Dans le milieu marin, les introductions concernent quelques espèces dont les Huitres, principalement l'huître creuse Crassostrea gigas, les coquilles Saint Jacques (Patinopecten yessoensis) et les crevettes telle que la Crevette japonaise (Penaeus japonicus). Si ces introductions peuvent, en effet, per mettre des bénéfices financiers (de plus grandes productions et de meilleurs reve nus) ou écologiques (lutte contre l’eutro phisation) immédiats, elles peuvent, néa moins, causer deux grands types de mena ce pour la biodiversité du pays : supplantation des espèces indigènes qui, à la longue, peuvent disparaître ou, du moins s’appauvrir génétiquement par insuffisance de brassage, ce qui est observé pour de nombreuses variétés/ races dites “beldi” (légumes, fruits, bovins, poulets, etc.); un risque de pollution génétique de cette biodiversité. L’érosion génétique pouvant être due à une manque d’intérêt du pro duit national pourrait être aggravé par une pollution génétique due à des croisements involontaires et incontrôlés des espèces autochtones avec des variétés introduites. 51 Pour des raisons de rentabilité, de nombreuses espèces, variétés ou races ont été introduites au Maroc dans les domaines du sylvopastoralisme ou de l’aquaculture. II.C-2-7- INCENDIES Bien que relativement rares, les incendies, quandils se déclarent provoquent des dégâts considé rables et en un temps très réduit. Il est certain que les essences forestières réagissent différemment au feu; mais, il n'en demeure pas moins que, chaque année, les espaces forestiers perdus s'estiment à quelques 2000 ha et, avec ces superficies, un nomb re considérable de microhabitats. C'est essentielle ment la région nord (Rif) qui est la plus touchée par ces incendies. II.C-2-8- TOURISME Si le tourisme est une activité sociale relativementrécente, il a pris très vite une dimension mon diale créant des échanges culturels. Les recettes qu'il engendre en a fait un secteur stratégique pour le développement socio-économique de certains pays, dont le Maroc. Développer ce secteur, au moins dans sa philosophie classique, suggère plus d'infrastructures d'accueil, dans des sites naturels et attrayants; autrement dit,au détriment de milieux naturels souvent riche en faune et flore indispensa bles pour l'équilibre écologique local et régional. Par l'ancienneté de son histoire et de ses traditions, la beauté et la diversité de sa nature, le Maroc, attire de nombreux touristes en provenance du monde entier. Le balnéaire reste une des principales catégories du tourisme national, cependant, les particularités histo riques, culturelles et le potentiel paysager du Maroc attirent d'autres catégories de touristes développant d'autres pôles touristiques en particulier culturel, sportif et, plus recemment, naturel et écologique. C'est un secteur stratégique dans le développement socio-économique du Maroc puisqu'il constitue de 3 à 4% du P.I.B. et de 7 à 10% des recettes en devises. Le tourisme assure également plus de 260.000 emplois et, dans le mouvement de reprise de l'activi té touristique, on prévoit 6 millions de touristes en l'an 2005 et 10 millions en 2010, ce qui l’amène à jouer un rôle de plus en plus important et, de toute évidence, générer de plus en plus de nuisances pour l'environnement et la biodiversité. Cependant, si le tourisme, au moins dans sa philosophie actuelle, peut avoir des effets nuisibles (fragmentation et perte d'habitats, pollutions, etc.), il ne mérite pas pour autant d'être diabolisé car c'est, en grande partie, la carence de gestion qui est la cause des dégâts décou lant de la fréquentation touristique. Le Maroc est doté d'importantes potentialités naturelles, suscepti bles d’être mises à profit du tourisme écologique qu’il faut protéger. II.C-2-9- TRANSPORT Le secteur des transports constitue un maillon clédans le développement socio-économique du Maroc. En effet, en 1995 : le secteur des transports apporte environ 6% de la valeur ajoutée du P.I.B. ; il participe à hauteur de 15% aux recettes du budget de l'Etat. ; il absorbe 26% de la consommation nationale d'é nergie. ; il assure environ 9% des emplois de la population active. Le réseau routier était en 1995 de 60.449 km dont 30. 374 km revêtus. Il comporte des routes princi pales (10.888 km dont 9.575 km revêtus), des routes secondaires (9.494 km dont 6.587 km revêtus) et des chemins tertiaires (40.067 km dont 14.212 km revêtus). Le parc automobile global en circulation comptait, en 1995 quelques 1.295.999 véhicules 52 Le tourisme, surtout de masse, peut parfois por ter préjudice à divers éléments de la biodiversité nationale 53 dont 944.021 voitures de tourisme, 332.124 véhicu les utilitaires et 19.854 motos. Le parc des autocars, destinés au transport en commun de voyageurs, fait l'objet de 5.000 autorisations d'autocars offrant une capacité de 300.000 places. Toutes ces nuisances ont des effets directs ou indirects sur la biodiversité mais les plus spectaculaires restent certainement les fragmentations et les disparitions d'habitats qu'occasionnent les constructions de routes. L'ONCF (l'Office National des Chemins de Fer) gère et exploite un réseau de 1.907 km de lignes, dont 1.003 km électrifiés et 271 km à double voie. Ce réseau relie le sud ( Marrakech) à l'est (Oujda) et va vers le nord (Tanger). Cependant, 98% des échanges commerciaux du Maroc avec l'étranger sont assurés par mer (27 ports), un chiffre qui mon tre l'importance du transport maritime pour le pays. en effet, hormis les quelques échanges par voie aérienne ou terrestre, tous les produits empruntent la mer, pour une portion au moins de leur trajet, ne serait-ce que pour franchir le détroit de Gibraltar. Le transport aérien est assuré par une trentaine d'ap pareils qui lui ont permis d'effectuer en 1995 près de 7.000 heures de vol, de transporter 2,2 millions de passagers et 27.000 tonnes de fret. Le Maroc possè de actuellement 11 aéroports de dimension interna tionale et 8 aéroports de dimension nationale. Ce secteur a trois principales incidences sur l'envi ronnement de par ses émissions : - il est responsable des émissions de composés actifs ; - il entraîne des émissions de composés qui appauvrissent la couche d'ozone stratosphérique et provoquent l'infiltration dommageable de rayons ultraviolets et, - il pro voque la production de polluants organiques qui ont des effets nuisibles sur les systèmes biologiques. Ce secteur contribue également, malgré ses nombreux avantages sur le plan économique et social, à la pol lution atmosphérique, aquatique et acoustique . Tout un éventail d'activités, donc, qui exercent des pres sions sur l'environnement dans diverses opérations de construction d'infrastructures, d'exploitation et d'entretien. Comme partout dans le monde, et en particulierdans les pays en voie de développement, les besoins sans cesse croissants en ressources biolo giques, l'industrialisation, l'urbanisation, l'ancienne té, l'inadéquation et l'inefficacité du système législa tif, l'absence de surveillance et de contrôle, etc. ont indubitablement un impact sur la santé de l'environ nement, en général, et la viabilité de la diversité bio logique, en particulier. Il en résulte que la majorité de nos écosystèmes et de nos ressources biologiques se trouvent, à un degré ou à un autre, dégradées; cer taines de nos espèces et nos ressources génétiques se sont même éteintes. Satisfaire nos besoins et ceux des générations futu res tel que stipulé par les conventions internationa les que le Maroc a ratifié, en particulier celle relati ve à la diversité biologique qui exige la planification et l'utilisation de ces ressources pour en assurer l'é quilibre et la pérennité. Il importe, donc, d'adopter des approches et des mécanismes de prévention, d’utilisation rationnelle et promouvoir la restaura tion et la réhabilitation des ressources détruites, leur valorisation; - la mise en place et en œuvre de mesu res incitatives et recueillir la participation et l’enga gement de la population. Les deux grands axes stratégiques peuvent être soit in-situ (prioritaire), soit ex-situ. Cependant, l'une ou l'autre des approches ne peut se montrer efficiente que s’elle est accompagnée de mesures de sensibili sation / éducation, de recherche / développement, de coopération, etc. II.D -1. PROGRAMMES DE CONSERVATION IN SITU Les principaux efforts consentis par le Maroc enmatière de conservation in situ peuvent être résumés en : PARCS NATIONAUX ET PARCS NATURELS Comme l'indique leur nom, ce sont des sites dont les valeurs biodiversitaires (espèces endémiques, mena cées, etc.) imposent une plus ou moins grande res triction des activités humaines pour permettre la conservation, sur place (in situ), de ces valeurs. C'est une approche qui ne date pas d'aujourd'hui au Maroc. En effet, les principales disposions, en particulier législatives, ont été mises en place dès le début du siècle dernier (1917, pour la conservation des forêts, 1922 pour la pêche, 1923 pour la police de chasse, etc.) pour la conservation de certaines composantes de ceux qui allaient être qualifiés dès 1934 de "parcs nationaux". C'est, en effet, à partir du 11 septembre 1934 que la création de ces espaces est devenue pos sible grâce aux procédures fixées par le Dahir portant la même date et, dès les années 1942 et 1950, on assiste déjà à la création de deux parcs nationaux : "Toubkal" et "Tazekka". Sur le plan international, le Maroc a également pris tôt ses dispositions et a signé plusieurs accords et conventions (La Convention Africaine pour la Conservation de la Nature, 1968; la Convention sur le Commerce International des Espèces Sauvages 54 II.D - EFFORTS ACTUELS DE LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE Menacées d'Extinction ou CITES, 1973; La Convention du Patrimoine Mondial Culturel et Naturel de l'UNESCO, 1975; la Convention de RAMSAR sur la Conservation des Zones Humides, 1980; la Convention sur la Biodiversité, 1992; etc.) qui permettent au Maroc l’accès au soutien financier et scientifique pour la mise en place de telles structures de conservation. Créés par décret dans des régions naturellement attrayantes sur les plans biologique, scientifique, touristique ou social, les parcs nationaux “doivent être maintenus dans leur état initial et préservés contre toutes les formes d'atteintes” (dahir de 1934 et textes d'application). Dans ces zones, sont donc interdites toutes sortes d'opérations susceptibles de transformer ou de dégrader les lieux. La chasse et la pêche peuvent y être prohibées, en vue de garantir la préservation et, si possible, la reconstitution de la faune. Il existe au Maroc 8 Parcs Nationaux et 2 Parcs Naturels, dont certains déjà mis sur pied et d'autres en prévision. Parmi ceux ci : • Parc National du Toubkal créé dès 1942 sur 38 000 ha dans le Haut Atlas; • Parc National du Tazekka créé en 1950 sur 680 ha pour protéger la cédraie du sommet de cette montagne; • Parc National du Souss-Massa créé sur 34000 ha pour protéger de nombreu ses formations du sud marocain; • Parc National de Talassemtane créé sur 60000 ha, avec les uniques sapinières marocaines. • Parc National d'Al Hoceima seul Parc National méditerranéen du Maroc et le seul couvrant une partie marine, avec 47 000 ha de superficie. • Parc Naturel d'Ifrane avec plus de 53 000 ha de cédraie. Certains parcs sont toujours en projet dont: • Parc National du Haut Atlas Oriental prévu sur 49 000 ha de massifs monta gneux pour la réintroduction de Mouflons à manchettes, des Gazelles de Cuvier et de Panthères. • Parc National d'Iriqui représentant l'écosystème subdésertique avec une steppe arborée autour du lac Iriqui; • Parc du Bas Draâ. Situé dans la vallée du Draâ, ce parc offre une grande diversité d'habitats où se juxtaposent sable, roche, oasis, forêts d'acacia, etc. • Parc National de Dakhla. Situé à l'extrême sud du Maroc, il est destiné à la regéniration de la faune saharienne. RESERVES BIOLOGIQUES Le Maroc compte également un certain nombre de Réserves dont : • Réserve Biologique de Takherkhort. Elle a été créée en 1967 sur 1230 ha dans une forêt de Chêne vert du Haut Atlas où sont protégés des Mouflons à manchettes; 55 La lagune de Moulay Bousselham, l’un des quatre sites RAMSAR Réseau d’aires protégées du Maroc (EF) Parc nationaux 1 Toubkal 2 Tazekka 3 Souss-Massa 4 Al Hoceima 5 Talassemtane* 6 Ifrane* 7 Haut-Atlas oriental* 8 Iriqui 9 Bas Draa* 10 Dakhla côte des phoques* 10 bis Dakhla Sahara* *En projet • Réserve Biologique de Sidi Chiker ou M'sabih Talaâ créée dès 1952 sur 1237 ha pour préserver la dernière population de Gazelles dorcas des plaines du Haouz (quelques 200 têtes); • Réserve Biologique de Bouârfa datant de 1967 sur 22 000 ha pour la protection de l'Outarde houbara et la Gazelle dorcas des Hauts Plateaux de l'Oriental. • Réserve Biologique de l'Archipel d'Essaouira Créée en 1962 autour de l'îlot du Pharaon sur 28 ha pour conserver une importante colonie de Faucons d'éléonore. RESRVES RAMSAR Quatre zones humides marocaines ont été classés sites RAMSAR en 1980. Il s’agit de : • Réserve de Merja Zerga Créée en 1978 sur 3500 ha, elle a été inscrite sur la liste RAMSAR en 1980; • Réserve de Sidi Bou Ghaba instituée Réserve Permanente dès 1946 et établie Réserve Biologique sur 150 ha; mais dans une réserve per manente de 5.600 ha; • Réserve de la lagune de Khnifiss: Créée en 1962 sur 6.500 ha; • Réserve du lac Aguelmame Afenourir de 380 ha instituée "Réserve permanente" depuis 1948 dans le Moyen Atlas. Actuellement les potentialités d’une vingtaine d’au tres sites sont en cours d’études dans l’objectif de les inscrire sur la liste Ramsar. RESEAU SIBE’s Sites d'Intérêt Biologique et Ecologique Ce sont des milieux identifiés par l’Etude Nationale sur les Aires Protégées pour leurs valeurs écologique, scientifique, socio-économique ou patrimoniale. Ils sont au nombre de 160 SIBE's dont 48 considérés "de priorité 1", 50 "de priorité 2" et 62 "de priorité 3". Ceux classés "priorité 1", comportant des écosystè mes originaux, les plus représentatifs et les plus riches en biodiversité, qui doivent être rapidement placés sous un statut de protection (type réserve natu relle) dans un délai ne dépassant pas 5 ans; alors que les autres dans un délai ne dépassant pas 10 ans. PARCELLES PORTE-GRAINES Près de 837 hectares sont couverts par des forma tions génétiques forestières autochtones qui sont répartis sur 137 parcelles classées en guise de peu plements porte-graine in situ pour des espèces dont le pin d'Alep, le pin maritime du Maghreb, le cèdre 56 Sites d’Intérêt Ecologique et Biologique: SIBE’s (AEFCS 1996) Quelques richesses protégées du Maroc: Sebkha de sidi Boughaba, lagune de khni fiss et l’arganeraie de l'Atlas, le Cyprès de l'Atlas et le sapin du Maroc. Mais à côté de ces ressources génétiques autochto nes, il y a, bien sûr, l'Arganeraie, le chêne liège et le Thuya. Moins nombreux sont les cultivars où sont protégées les cultures des variétés locales. RESERVES MAB Deux écosystèmes patrimoniaux plus ou moins grave ment menacés à l’échelle nationale ont été programmés pour constituer des réserves MAB (Man and Biosphere). Le premier, l’arganeraie, du sud marocain a déjà bénéficié recemment de ce statut; alors que la second (palmeraie) est en cours de négociations. II.D -2 PROGRAMMES DE CONSERVATION EX SITU FLORE Acôté des dispositions visant la conservation insitu de ses ressources vivantes, le Maroc est doté de nombreuses institutions essayant, dans les limites de leurs moyens, de soutenir animaux et végétaux dans leurs efforts de survie. Cependant, en dehors d'espèces pastorales et fourragères ayant atti ré l'attention de certains améliorateurs, la conserva tion ex-situ de la biodiversité des espèces sauvages reste peu développée : • Jardins botaniques : qui concernent principalement les collections d'espèces exotiques et ornementales. Les jardins exotique de Salé et d'essaie de Rabat peu vent être pris comme exemples. Certains autres jar dins, plutôt pédagogiques tels que ceux de l'ENFI ou l'IAV Hassan II comportent également un certain nombre d'espèces rares ou menacées du Maroc. • Arboreta : Il s'agit d'une quarantaine de sites-test de comportement d'espèces végétales indigènes et exotiques qui datent de près de 60 ans et qui sont dispersés sur pratiquement l'ensemble du territoire national. • Banques de semences : Certaines "banques" de semences sont entretenues par des institutions de recherche botanique telles que l'Ecole Nationale Forestière des Ingénieurs, l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, l'Institut National de Recherche Agronomique, l'Administration des Eaux et Forêts et de la Conservation des Sols, etc.); mais, il s'agit essentiellement de collections de recherches dans des buts d'amélioration. Faute de moyens humains et matériels permettant l'entretien de plus vastes collections et de l'ensemble du patrimoine végétal du Maroc, on ne peut parler de véritables banques de semences au Maroc. FAUNE • Jardins zoologiques: La principale collection d'espèces marocaines conservées en captivité est maintenue au Parc Zoologique National de Témara, les autres jardins zoologiques du Maroc n'hébergeant que des collections fort modestes; mais la contribu tions de ces parcs zoologiques dans la conservation des espèces indigènes reste très limitée dans la mesu re où le milieu naturel où ces espèces devraient être introduites n'en profite que très peu. • Banque de sperme: Ce sont des infrastructures principalement destinées à l’amélioration géné tique des animaux domestiques, en particulier le cheptel ovin, et bovin. COLLECTIONS Ce sont essentiellement des animaux et des végé taux morts, témoins de leur appartenance marocai ne, stockés sous forme de collections de recherche ou d'expositions. Il s'agit, certes, d'un patrimoine biologique, mais qui ne peut être utilisé pour des opérations de reproduction, de repeuplement, de restauration et de réhabilitation. L’une des plus grandes collections du Maroc et de l’Afrique est domiciliée actuelle ment à l’Institut Scientifique de Rabat; elle comporte des milliers de spécimens d’animaux de référen ce, 25 armoires de Spongiaires, de Cœlentérés, Echinodermes, 57 Jardins botaniques et parcs zoologiques, les deux principales approches de la conservation ex situ Mollusques, Myriapodes, Poissons, Oiseaux (25 armoires), Coléoptères, Lépidoptères et Orthoptères (2462 boites), Coccidés, Insectes divers et galles (1 armoire) ainsi que 65 boites de lames et lamelles d'entomologie agricole. De par son ancienneté, cette institut a pu constituer également une importante collection de plantes qu'il conserve sous forme d'herbier (champignons, lichens, algues, plantes vasculaires), le plus impor tant au Maroc (presque 95% de toutes les plantes vasculaires du Maroc). D'autres institutions, telles que l'ENFI, l'ENA, l'IAV Hassan II, l'INRA détiennent également des herbiers; mais ceux ci sont beaucoup plus réduits en nombre et en diversité. Il importe également de préciser que des spécimens appartenant à la faune et la flore du Maroc sont maintenus dans des collections de nombreux musées à travers le monde (Royaume Uni, Espagne, France, Allemagne, Irlande, Japon, etc.). MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE Hébergé à l'Institut Scientifique (Université Mohammed V, Rabat), Ce musée des sciences natu relles comporte un grand nombre de collections d'a nimaux, de végétaux et de roches. C'est une collec tion destinée à la sensibilisation et l'éducation (grand public, élèves, étudiants, etc.) et comporte: 139 spécimens de végétaux, 292 spécimens d'inver tébrés marins, plus de 43 boites d’arthropodes ter restres (papillons, coléoptères, etc.), 194 spécimens de poissons, 9 spécimens d'amphibiens, 55 spéci mens de reptiles, 37 spécimens de mammifères empaillés, 283 spécimens d'oiseaux, 86 fossiles et ossements de tortues et mammifères marins et un grand nombre de roches volcaniques, sédimentaires, etc., provenant de diverses régions du pays. 58 PRINCIPAUX GROUPES/ESPECES ENTRETENUS DANS LE PARC ZOOLOGIQUE NATIONAL (TEMARA) Reptiles: Testudo graeca graeca, Varanus griseus griseus, Acanthodactylus spp. (diverses espèces), Eumeces algerien sis, Lacertidae (diverses espèces), Coluber monspessulanus, Naja haje legionis, Macrovipera mauritanica, Cerastes ceras tes, Cerastes vipera. Oiseaux: Struthio camelus, Phalacrocorax carbo, Bubulcus ibis, Ciconia ciconia, Geronticus eremita, Phoenicopterus ruber, Anser anser, Tadorna tadorna, Tadorna ferruginea, Anas penelope, Anas platyrhynchos, Anas strepera, Anas acuta, Anas clypeata, Anas crecca, Marmaronetta angusti rostris, Aytha ferina, Milvus migrans, Neophron percnopte rus, Gyps fulvus, Torgos tracheliotus., Circaetus gallicus, Circus aeruginosus, Buteo buteo, Buteo rufinus cirtensis, Aquila chrysaetos, Hieraetus fasciatus, Falco tinnunculus, Numida meleagris, Alectors barbara, Coturnix coturnix, Francolinus bicalcaratus, Gallinula chloropus, Fulica atra, Fulica sp., Anthropoides virgo, Chlamydotis undulata, Burhinus oedicnemus, Himantopus himantopus, Recurvirostra avosetta, Pluvialis squatarola, Arenaria inter pres, Calidris alpina, Limosa sp., Numenius arquata, Tringa sp., Larus cachinnans, Larus ridibundus, Columba palum bus, Streptopelia turtus, Streptopelia senegalensis, Oena capensis, Tyto alba, Bubo (bubo) ascalaphus, Asio capensis. Strix aluco, Turdus merula, Pycnonotus barbatus, Pica pica mauretanica, Corvus corax tingitanus, Coccothraustes coc cothraustes, Loxia curvirostra. Mammifères: Macaca sylvanus, Hystrix cristata, Atlantoxerus getulus, Canis aureus, Vulpes vulpes, Vulpes rueppeli, Fennecus zerda, Mustele putorius, Genetta genetta, Hyaena hyaena, Felis caracal, Panthera leo, Panthera par dus, Sus scrofa, Oryx dammah, Addax nasomaculatus, Gazella dorcas, Gazella cuvieri, Ammotragus lervia, Cervus elaphus barbarus. Museums d’histoire naturelle, mémoire du passé et témoin des répercussions des acti vités anthropiques Les jardins zoologiques, une approche scientifique pour aider les animaux, sur tout les plus menacés, à assurer leur pérennité. II.D-3 RESTAURATION / REHABILITATION La réintroduction, qui consiste à replacer uneespèce animale ou végétale dans le lieu d'où elle a disparu est une approche également utilisée au Maroc pour restaurer ou réhabiliter certains élé ments de la biodiversité nationale ayant disparu de notre pays. Il s'agit particulièrement du Cerf de Berbérie (Cervus elaphus barbarus), disparu du Maroc au Néolithique et qui a été importé de Tunisie où il est encore relativement abondant et réintroduit dans le Parc National du Tazekka et dans la Réserve Naturelle d'Aïn Leuh qui fera partie du Parc National d'Ifrane. Il s’agit aussi de la Gazelle dama (Gazella dama), l'Oryx (Oryx dammah), l'Addax (Addax nasomacu latus), et l'Autruche (Struthio camelus) dont les trois premières proviennet de parcs zoologiques allemands et dont la dernière provient du Tchad. Ces quatre espèces ont été réin troduites dans le Parc National du Souss-Massa, qui est perçu comme réservoir pour les Parcs Nationaux en prévision des zones sahariennes (Bas Draâ et Dakhla). Des essais d’introduction du moufflon à manchettes sont également en cours dans le SIBE des Beni Snassen. II.D -4 PRATIQUES TRADITIONNELLES DE LA CONSERVATION L’usage de la biodiversité est très ancré dans lestraditions sociales au Maroc. En effet, il n’y a pas un seul “Medina” où on ne trouve pas des her boristes exposant “mille et une plantes” desséchées et de nombreuses espèces animales, surtout terrest res allant de la petite mouche verte (cantharide) ou “Debbana Hendya” jusqu’aux peaux ou cornes de grands mammifères, en passant par les tortues, les serpents, les rongeurs, les lézards, etc. presque tou tes aussi menacées les unes que les autres; certaines même inscrites dans des listes rouges internationa les. C’est dire, combien l’utilisation de la biodiver sité est ancrée dans les pra tiques traditionnelles culi naire, médicinales du citoyen marocain. Parfois pour assurer lescroyants des esprits malifiques les éléments de la biodiversité sont utilisés dans la Cependant, il ne faut pas négliger, par ailleurs, les infor mations, les connaissances, l’expériences et les traditions détenues par des populations locales et qui pourraient être capitalisées pour des fins de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité. C’est, entre autres, le cas de la végéta tion naturelle maraboutique et de sa faune associée, conservée grâce au respect de ces lieux saints et où le ramassage des espèces, même d’in térêt socio-économique, sont moralement interdits. C’est l’exemple aussi d’une formation végétale d’Accacia radiana dans la région Sud Est de Zagora; les populations riveraines ont instauré, de façon spontanée, une réglementation qui interdit les coupes des branches (50 dh d’amende pour une branche coupée) et des arbres (500 dh pour un arbre coupé). 59 Les marabouts et les cimetières constituent des lieux sacrés où sont conservées, de façon naturelle, nombreuses espèces et races autochtones Repeuplements et réhabilitations sont des approches largement utilisées pour sauver des espèces et leurs habitats. II.E-1 CADRE LEGISLATIF Sur le plan environnemental, ce ne sont pas les tex-tes législatifs qui font défaut au Maroc puisque l'ar senal juridique national est bien fourni et ce, depuis déjà le début du siècle dernier. Il s'agit, entre autres, du Dahir de 1917 sur l'exploitation et la conservation de la forêt ou encore le Dahir de 1934 sur les parcs natio naux. Cependant, la pertinence de ces textes est tou jours restée proportionnelle à l'intérêt accordé, à l'é poque, à chacune des composantes de la biodiversité nationale et, aussi, au degré de compréhension et de perception de la problématique biodiversitaire. Les textes concernaient donc davantage la chasse, la pêche fluviale, la protection du gibier, les paysages, la créa tion d'espaces (pour la détente), etc. Les problèmes étaient peu aigûs et les dispositions législatives, en conséquence, étaient peu agressives et peu dissuasi ves comparées, bien sûr, aux risques qu'encourent actuellement aussi bien les espèces que les espaces. L'Etude Nationale sur la Biodiversité a recensé plus de 240 textes législatifs relatifs à la diversité biolo gique nationale; les plantes (végétaux, semences et forêts) y paraissent les plus réglementées (138 des 243 textes répertoriés, soit près de 47%), ce qui ne veut absolument pas dire que les plantes sont les plus protégées puisque, effectivement, aucune des espèces végétales n'est réglementée par aucun texte législatif national. Paradoxe !. C'est, en fait, un armada de textes qui ne consti tuent pas une réelle protection pour la biodiversité marocaine; cependant, avec la surexploitation des ressources biologiques, aussi bien continentales que marines, avec la disparition de nombreuses espèces qui faisaient la renommée de notre pays, avec la raréfaction de nombreuses espèces et la réduction de nombreux espaces (forestiers, agrico les, etc.), avec l'industrialisation et les polluants qu'elle génère, avec la croissance démographique et les besoins sans cesse croissants en nourriture, etc. et, aussi, avec l'engagement international et régional du Maroc, pour sa contribution dans la conservation et l'utilisation durable du patrimoine mondial, il a été procédé progressivement à certai nes modifications de textes nationaux régissant notre environnement. Récemment, un processus de refonte et d'actualisa tion de l'arsenal juridique a été entamé en concer tation avec divers départements et nombreux pro jets de lois ont été initiés, développés ou même adoptés et qui sont relatifs aux domaines suivant: le littoral, la lutte contre la pollution marine, plan d'urgence national, la lutte contre la pollution atmosphérique, la pollution de l'air dans le secteur cimentier, gestion des déchets et leur élimination, l'eau, les aires protégées, etc. 60 II.E - CADRES LEGISLATIF ET INSTITUTIONNEL A côté de ces textes de loi, le Maroc a signé et/ou ratifié un certain nombre de conventions et d'ac cords bilatéraux, régionaux et internationaux se rap portant, pour nombreux d'entre eux, au domaine de la biodiversité, sa protection et sa conservation. On compte actuellement une cinquantaine d'accords et de conventions dont la plus spécifique et la plus appropriée reste la Convention sur la Diversité Biologique qu'il a signée en 1992 et qu'il a ratifiée, trois ans plus tard, en 1995. II.E -1-1 ESPECES REGLEMENTEES II.E -1-1-a FLORE La flore marine du Maroc compte une seuleespèce réglementée qui est l'algue rouge Gelidium sesquipedale, et ce, par des arrêtés du Département chargé des pêches maritimes qui imposent des restrictions, dans le temps, de l'exploi tation de cette espèce. Pour la flore terrestre, malgré le grand nombre d'espèces menacées et malgré le grand nombre de formes ayant un intérêt socio-économique qui sont, pour certaines, surexploitées, aucune autre n'est pro tégée, et par aucun texte national. Cependant, de nombreuses espèces présentes au Maroc figurent dans des listes à protéger sur le plan international (annexe II de la CITES). II.E -1-1-b FAUNE La répartition, par groupes systématiques, de lafaune réglementée du Maroc montre que cette dernière est très largement dominée par les oiseaux (333 espèces, soit 52% du total des espèces régle mentées). Elles sont réglementées aussi bien par des textes nationaux qu'internationaux. La législation relative aux oiseaux est focalisée autour de quatre textes majeurs: - le dahir de 1923 sur la police de chasse; l'arrêté de 1962 sur la réglementation per manente de la chasse; - le dahir de 1922 sur l'expor tation des œufs de gibiers et; - l'arrêté annuel sur l'ouverture et la clôture de la chasse. Quant aux textes internationaux, ce sont essentielle ment des listes d'espèces à protéger proposées dans certaines conventions (CITES, IUCN, Bonn) aux quelles adhère notre pays. Ce sont principalement des espèces migratrices faisant partie d'un patrimoi ne international que tous les pays se doivent de pro téger lors des "escales" effectuées par ces oiseaux dans lesdits pays. Le deuxième groupe important du patrimoine natio nal vivant légiféré est celui des coraux (106 espèces, 16%) qui n'est malheureusement régi par aucun texte national, sauf pour le corail rouge, dont la seule protection correspond à une limitation du nombre de licences délivrés aux corailleurs. Pour cette dernière, ainsi que pour le reste des coraux, la protection est surtout internationale (CITES et IUCN). Les poissons réglementés (85 espèces, 13%), pour la plupart marins (seulement 3 amphihalines et 1 d'eau douce), sont principalement régis par des tex tes nationaux: les Arrêtés du département des pêches de 1936, 1988, 1996, 1995 et le rapport annuel du département de l'agriculture relatif aux aloses et l'anguille. Il s'agit, soit d'une interdiction totale (grande alose), temporaire (anguille, mérou) ou de fixation des tailles de capture et de commer cialisation (espèces marines). Les espèces figurant dans des réglementations internationales auxquelles adhère le Maroc sont au nombre de 3: Acipenser sturio, Cethorinus maximus et Carcharodon carcha rias; figurant toutes les trois dans la liste de l'IUCN. Les mammifères (21 marins et 17 terrestres, soit 6% au total) sont tous considérés comme menacés et figurent dans des listes internationales de protection en particulier la CITES pour les formes terrestres et IUCN, CITES, Bonn, pour celles marines (à l'ex ception de Balaenoptera edeniqui ne fait partie que des listes CITES et Bonn). La réglementation nationale relative à la protection des mammifères est extrêmement réduite, limitée à l'arrêté de 1993 pour la protection du phoque moine et les espèces de mammifères marins dans la région du sud et, pour les espèces terrestres, à certains textes encourageant la production animale (1975, 1991, 1992), la restriction de l'abattage de femelles camélines et bovines (1939, 1993,) ou la création de zones dites "berceaux de races” (1984). Pour le phoque moine, en plus des conventions sus-citées, celui-ci figure dans la liste de la convention d'Alger. 61 Espèces réglementées de la flore marocaine Les reptiles comptent 28 espèces légiférées (22 ter restres et 6 tortues marines, soit 4%) et les amphi biens 8 (1%). Aucune de ces espèces n'est régie par aucun texte national. Toutes les tortues marines figurent dans les conventions de Bonn, CITES, IUCN et d'Alger. Tous les amphibiens figurent dans les listes de l'IUCN, ce qui est également le cas des 22 reptiles terrestres; cependant, certains d'entre eux (Testudo graeca, Hemidactylus turcicus, Tarentola mauritanica, Eryx jaculus, Coluber hippocrepis), figurant dans celle de la CITES. Les mollusques (tous marins) et les échinodermes, représentés respectivement par 17 et 1 espèces, ne sont régis que par des textes nationaux limi tant leurs tailles de capture ou rédui sant la durée de leur pêche, surtout au sud du Maroc. Les six éponges n'étaient "protégées" que par l'ac cord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne qui interdisait leur récolte à des profondeurs situées entre la surface et 6 mètres. Quant aux arthropodes, ils comptent 21 crustacés marins, une araignée (Macrothele calpetana), deux coléoptères (Calosoma sycophanta, Cerambyx cerdo) et deux lépidoptères (Saturnia pyri, Proserpinus proserpina). Les crustacés sont pour la plupart régis par le dahir de 1973 réglementant la pêche maritime. Les homards et langoustes sont régis par le texte de 1924 interdisant leur capture durant les mois d'octobre, novembre, décembre et janvier; mais, sont, en plus, inscrits dans la liste de l'IUCN ou, du moins, pour les deux espèces Hommarus gammarus et Nephrops norvegicus. Pour les formes terrestres, toutes les espèces régle mentées le sont par le fait qu’elles figurent sur la liste rouge établie par l'IUCN en 1990, et ne sont régies par aucun texte législatif national. II.E -1-2 ESPACES PROTEGES L'arsenal juridique national, est riche et diver-sifié mais insuffisant. Il a permis de créer des parcs nationaux, des réserves biologiques, des réserves de chasse, des SIBE’s, etc. et s’enrichira davantage avec la loi sur les aires protégées en cours de ‘gestation”. Cet arsenal s'est enrichi, également, avec la signature par le Maroc de nombreux accords et conventions régio 62 Espèces réglementées de la faune marocaine Parc Nat iona l Sou s Ma ssa nales et internationales se rapportant, d'une façon ou d'une autre, à la protection du patrimoine naturel. Ce sont des instruments complémentaires, variés et qui tendent vers l'exhaustif en ce qui concerne diverses composantes du monde vivant, en particulier, et l'environnement, en général. Ils concernent, en effet, la forêt, la biosécurité, le sol, la désertification, l'at mosphère, le domaine maritime, etc. et pourraient contribuer, s'ils sont pris en considération, à une meilleure protection et une meilleure conservation de notre diversité biologique. II.E - 2 CADRE INSTITUTIONNEL La diversité biologique nationale est gérée parune multitude de départements ministériels et leurs organes spécifiques. C’est, en fait, une gestion polycéphalique qui a, certes, des avantages; mais, souvent, des inconvénients entravent la mise en place rapide et la réalisation d'actions de conservation urgentes. Parmi les avantages : • l'implication et la responsabilisation de pratique ment tous les départements d'état et, par conséquent, toutes les administrations nationales; • la mise en commun des moyens et des compéten ces pour résoudre les problèmes complexes et pluri disciplinaires de la conservation et de l'utilisation durable de la biodiversité. Quant aux inconvénients, ils sont plus nombreux, mais, les plus importants sont : • le désengagement des responsabilités; • le temps, parfois trop long, que prennent les décisions pour la concrétisation d’actions de conservation; • les discordances et la mltiplicité des intervenants dans les actions de consevation et de réhabilitation. La diversité biologique nationale est également sou mise à la gestion de plusieurs types d'utilisateurs / gestionnaires dont la perception des notions de "bio diversité", de "conservation", de "l'utilisation dura ble", etc., n'est toujours pas la même et n'est tou jours pas compatible avec la pérennité des écosystè mes, des espèces et des ressources génétiques. Parmi ces intervenants dans la gestion de la biodi versité nationale, citons, entre autres: II.E -2-1 ORGANES DE DECISION Les instances gouvernementales constituent, àpriori, les principaux acteurs dans la gestion des ressources naturelles du pays (exploitation, préser vation et conservation, planification, etc.). Elles sont pratiquement toutes, à un degré ou un autre, concernées par la gestion des ressources biologiques du pays. En effet : • le Ministère chargé de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement, et plus particulièrement le Secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement, est responsable de la coordina tion des actions relatives à l’Environnement en général et la diversité biologique, en particulier. Ce Ministère comporte d'autres départements (Eau, aménagement du territoire) qui sont égale ment concernés par la conservation des paysages, des écosystèmes naturels, etc. et, par conséquent, des espèces et des ressources vivantes que com portent ces paysages et ces écosystèmes. Dans cette dernière tâche est associé le Ministère chargé du logement et de l’urbanisme; • le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, est dépositaire de la souveraineté nationale vis à vis de l’étranger. Il constiue le point focal de la CDB au Maroc et est habilité à suivre, au nom du Maroc, les décisions prises à l'échelle inter nationale. Il est habilité, aussi, à veiller à la partici pation et la contribution de notre pays, chaque fois qu'il l'estime opportun, aux rencontres internationa les ayant, pour le Maroc, un certain intérêt; 63 Garde forestière montée (EF) • le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural, l'un des ministère - clés dans la gestion de la biodiversité agricole nationale. • Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et la lutte contre la Désertification avec ses diverses unités techniques et institutions de recherche et de for mation (ENFI, CNRF, etc.), il est l'un des départe ments les plus concernés par la gestion et la conservation de la diversité biologique, surtout continentale; • le Ministère des Pêches maritimes est le plus habilité à élaborer des programmes/plans et des politiques de la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine (exploitation rationnelle des ressources halieutiques, aména gements des pêcheries, protection de l'environnement marin, etc.); • le Ministère de l'Equipement et du Transport dont les spécificités (climatologie, édifices hydrauliques, milieux portuaires, domaine public national, grands travaux comme les auto routes, les aéroports, etc.) ont, d'une manière ou d'une autre, un impact sur les ressources biologiques marines; • le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique dont la tâche est fonda mentale pour une meilleure connaissance et, donc, une meilleure conservation de la biodiversité nationale, surtout que la composante Recherche/Formation qui relève de leurs préroga tives est l'une des priorités dans la stratégie natio nale sur la conservation de notre biodiversité; • le Ministère de l'Education Nationale et de la Jeunesse est incontournable dans les program mes de sensibilisation-éducation, surtout avec sa dimension géographique (présent dans tout le territoire national) et structurelle (enseignants et jeunes générations aptes à recevoir et à réagir); • les Ministères de l'Industrie, du Commerce, des Télécommunications ainsi que ceux de l’Artisanat, de l'Energie et des Mines et de l'Economie Sociale sont des départements chargés de gérer des sec teurs potentiellement pollueurs. Ils sont, par conséquent, appelés à surveiller aussi bien en amont qu'en aval, la conformité de leurs diverses unités de production avec les normes nationales et internationales; • le Ministère des Finances et de la Privatisation qui a toutes les compétences pour développer des pro grammes d'incitation à la conservation de la natu re et de l'environnement, et ce, par des facilités fis cales au profit de personnes physiques ou morales contribuant d'une façon efficace à protéger l'envi ronnement en général et la biodiversité en particu lier. C'est aussi de ce département que relève l’or gane de contrôle (Douanes), département et instru ment vital dans le domaine de la biosécurité et du contrôle du commerce international illicite des espèces menacées; • le Ministère du Tourisme appelé à jouer un rôle primordial dans la valorisation de la biodiversité nationale. En effet, les infrastructures touristiques mises en place et les déchets qu'elles génèrent affectent de façon directe aussi bien les écosystè mes/paysages que les espèces. Son rôle ne se limi te pas à veiller sur la sauvegarde et le respect de tous les paramètres naturels dans tout projet d'in vestissement touristique; mais devrait promouvoir des options génératrices d'activités écotouristiques; • le Ministère de la Culture qui est d'une grande importance pour la sauvegarde et la conservation du patrimoine naturel, en particulier biodiversitai re. Il est chargé de préserver et mettre en valeur le patrimoine culturel et, en liaison avec d'autres administrations, est appelé à contribuer à la pré servation de l'environnement et notamment au classement des sites naturels; • le Ministère de la Communication. Ce départe ment gère également l'un des outils les plus répan dus et les plus efficace dans les opérations de sen sibilisation/éducation qu'est le secteur audio visuel; secteur qui pourrait être capitalisé pour des programmes visant l'information, la sensibilisation et l'éducation; • le Ministère de la Santé. C'est un Ministère qui, gérant les problèmes épidémiologiques et d'hy giène, est appelé à contribuer, avec d'autres administrations, à assainir des écosystèmes infectés ou à lutter contre certaines formes de vie nuisibles pour la santé humaine. Ce départe ment est également connu pour ses divers rejets, réputés “très nocifs” pour l'environnement et la biodiversité (produits radio-actifs, substances hautement toxiques, etc.) et dont la gestion serait une contribution importante dans la protection de l'environnement en général et de la biodiversité en particulier; • le Ministère de l'Intérieur qui joue, via les collec tivités locales, un rôle déterminant dans la gestion des ressources naturelles et aura un rôle certaine ment encore plus important dans les divers program mes de régionalisation de la décision, en particulier environnementale; • le Secrétariat général du gouvernement. Même si son "intitulé" ne reflète aucun lien avec le domaine 64 de la biodiversité ni de l’environnement, c'est un département-clé jouant un rôle également détermi nant en assurant, d'une manière continue, un suivi de la législation nationale, de sa conformité avec les principes généraux du droit interne marocain et du droit international, de l'harmonie entre ces deux niveaux et de l'harmonie avec différents lois et règlements proposés par chaque département et par les membres du parlement; • le Ministère de la Justice. C'est au niveau des tri bunaux que sont déposées les demandes de créa tion d'associations y comprises celles relatives à l'environnement, que sont jugés les braconniers, que sont jugés les différents de propriétés de ter rains forestiers, etc. En s'adaptant aux nouvelles donnes environnementales et en spécialisant cer taines de ses sections, ce Minitère pourrait jouer un rôle plus efficient dans la protection de notre environnement et notre patrimoine naturel; • le Ministère des Habous et des Affaires isla miques. Son rôle est loin d'être négligeable dans la conservation du patrimoine naturel si, d'une part, on tient compte des terrains, donc des paysages/écosystèmes (legs) qui sont sous sa responsabilité et dont la gestion nécessite son approbation et, d'autre part, du rôle qu'il pourrait jouer en matière de sensibilisation; • les Administrations militaires et paramilitaires. La Marine Royale, la Gendarmerie Royale, la Protection Civile, les Gardes Forestiers, les Douaniers, etc. jouent un rôle décisif dans la pro tection et la conservation du patrimoine vivant national. La surveillance du littoral, les "patrouillages", le contrôle routier, les contrôles douaniers, la maîtrise des incendies de forêts, le contrôle et la surveillance des braconnages, etc. sont des mesures utiles et nécessaires pour sanc tionner toute action qui porte préjudice à l'envi ronnement, en générale, et sa composante biodi versitaire, en particulier. II.E -2-2 ORGANES DE CONSULTATION Acôté des différents départements d'état chargés deprendre des décisions fondées sur des avis scien tifiques de leurs organes de recherche, il existe de nombreux organes de réflexions correspondant aux conseils nationaux comportant des administrateurs, des scientifiques et, aussi, des professionnels-opéra teurs. Cet enrichissement qualitatif, sans stress hiérar chiques, conduit souvent grâce à la liberté des opi nions, à des discussions plus sereines et des avis plus fondés. Les résultats des assises de ces conseils consti tuent, d'ailleurs souvent, des bases pour des stratégies ou des actions relatives au domaine concerné et se transforment, par la même occasion, à de véritables décisions politiques. Les Conseils Nationaux en matiè re de ressources biologiques naturelles sont : n le Conseil Supérieur de l'Eau; n le Conseil National des Forêts; n le Conseil National de l'Environnement; n le Conseil Supérieur de la Culture; n le Conseil Supérieur de la Chasse; n le Conseil Supérieur pour la Sauvegarde et l'Exploitation du Patrimoine Halieutique; n le Conseil National de la Sélection des Semences et des Plantes; n le Comité Consultatif des Parcs Nationaux; n la Commission de Distraction du Régime Forestier; n le Conseil National de la Chasse; n le Conseil National de l'Energie Nucléaire; n la Commission Interministérielle de Coordination des problèmes concernant les Eaux Alimentaires. n le Comité Marocain de l'IUCN; n le Comité National de la biodiversité; n le Comité National des zones humides; n le Comité National de la pêche. Certains de ces organes disposent de représentants régionaux à l’échelle de chaque région administrative du pays. II.E -2-3 ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES Les ONG’s ou Organisations Non Gouvernementales,constituent de nos jours de véritables "pseudo institutions" et des acteurs déterminants dans la politique de leurs pays. Au Maroc, le développe ment de telles organisations n'est encore qu'à ses débuts et l’insuffisance de moyens, de compétences, d'objectifs précis et clairs, de stratégies de dévelop pement et, parfois, de bonnes volontés, font qu'un grand nombre de ces ONG meurent avant leur nais sance effective et, pour la grande majorité, sont très limités dans leurs actions. Ces associations sont aujourd'hui au nombre d'une soixantaine et la signa ture, en 1996, entre le département d'Etat chargé de l'environnement et certaines ONG, d'une convention de coopération pourrait peut être aider à soutenir ces associations dans leurs actions et à encourager d'au tres volontés à en créer d'autres. 65 PRIORITES STRATEGIQUES NATIONALES PARTIE III La stratégie nationale du Maroc en matière debiodiversité devrait tenir compte et prendre en considération trois faits importants : 1- le besoin des populations en matière de biodiver sité qu’il faut œuvrer pour satisfaire); 2- l'état dénaturé et délabrée de nombreuses de nos ressources biologiques; tel qu’il ressort ce qui a été traduit par les conclusions de l'Etude Nationale sur la Biodiversité, celle des Aires Protégées et de nombreuses autres études sectorielles; 3- le Maroc est l'un des signataires de la Convention sur la Diversité Biologique et qu'il est censé appli quer les différentes clauses de cette dernière, bien sûr "dans la mesure du possible ; De l'analyse de ces faits, il découle qu'il faut œuvrer pour CONSERVER NOS RESSOURCES BIOLO GIQUES pour pouvoir les UTILISER de façon DURABLE et les transmettre aux générations futu res dans un état aussi INDEMNE que possible. En effet, toute la stratégie socio-économique du Royaume du Maroc repose, en tout premier lieu, sur le système agro-sylvatique et sur la pêche maritime, en tant que ressources vivantes et, sur le phosphate, en tant que ressource minière, elle aussi, d'origine organique et biodiversitaire. Le tourisme est aussi un secteur stratégique qui prend de plus en plus d’intérêt dans les programmes de développement socio-économique du pays. C’est un secteur qui uti lise comme matière première la diversité des paysa ges et des écosystèmes. C'est dire combien le déve loppement socio-économique du Maroc est tributai re de ses végétaux, animaux, micro-organis, que notre pays se doit, par conséquent, de conserver et d'en assurer la pérennité, tout en continuant, bien sûr, à profiter de leurs avantages. Mais, comment s'y prendre quand nous ignorons quasiment tout sur ces éléments constitutifs de la biodiversité nationale? Certes, de nombreuses étu des systématiques et écologiques ont été réalisées au Maroc; mais, de nombreuses questions se rapportant à ces éléments et leurs fonctionnements restent sans réponses. En effet, que savons nous sur l'écologie et les interactions entre les quelques 30000 espèces recensées jusqu'à présent?; que savons nous des interactions entre ces espèces et leurs habitats respectifs ?; que savons nous des fonctionnements des différents écosystèmes terrestres?. Il faut recon naître que notre savoir sur ces aspects est extrême ment limité. Pourtant, c'est dans les éléments de réponse à ce genre de questions que réside la clé du succès de toute approche de conservation puisque, protéger une espèce ou un écosystème, suggère la connaissance de leurs exigences écologiques et, donc, de leurs autoécologies et de leurs synécolo gies. La stratégie nationale en matière de conserva tion devrait donc avoir parmi ses priorités: L'AME LIORATION DES CONNAISSANCES" sur ces ressources biologiques terrestres; connaissances sans lesquelles aucune préservation ni aucune action ne seraient efficientes. D’un autre côté, il est actuellement communément admis que rien ne peut se faire dans le domaine de la préservation des ressources naturelles sans la par ticipation, la contribution et l’intégration des popu lations locales et que tout investissement de conser vation resterait infructueux sans l'appui des utilisa teurs. En effet, comment persuader, par exemple, un paysan d'arrêter des pratiques jugées illicites de défrichement si celui-ci n'a aucune idée, même sim plifiée, des répercussions de ses actes sur la qualité de sa vie future, sur celle de sa famille et celle de ses enfants, sur l'environnement du pays et son avenir socio-économique. Et ce qui est valable pour le défrichement l'est aussi pour les autres nuisances et causes de dégradation du milieu dont la pollution, le déboisement, la chasse, le braconnage, etc. Il faut donc mettre à la disposition de divers utilisa teurs, toute L'INFORMATION disponible, mais simplifiée pour pouvoir les SENSIBILISER à ce problème crucial et pouvoir leur prodiguer une EDUCATION environnementale et biodiversitaire. La sensibilisation de la population et son informa tion sur les répercussions néfastes de la perte de la biodiversité ne peuvent suffire pour la conservation de la biodiversité, surtout quand les éléments de cette dernière, constituent des besoins vitaux pour cette population. En effet, comment persuader des ruraux, même avertis et sensibilisés, de se priver du 69 Des besoins de subsistance à satisfaire ramassage du bois de feu, de se passer des parcours pour les quelques têtes de bétail dont ils disposent, de s'abstenir de collecter et de vendre les tortues, les renards, les fouette-queues, grecques",, etc., si on ne les met pas à l'abri de ces besoins, si on ne leur offre rien en échange et si on ne leur propose pas de projets incitatifs leur permettant de subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. Une stratégie, pour être efficace, devrait donc TENIR COMPTE DES BESOINS DES POPULATIONS et des com munautés locales en biodiversité et, en même temps, de la nécessité de préservation et de conservation de cette biodiversité. Chaque élément de la biodiversité est le centre d'in térêt d'un certain nombre d'utilisateurs. La forêt, par exemple, même si sa gestion relève du département des Eaux et Forêts, ses acteurs sont nombreux, avec des intérêts convergents mais souvent antagonistes: les usagers correspondant aux populations locales ont un droit d'usage pour prélever ce dont ils ont besoin. Les communes locales ont droit à une partie des recettes conformément à la loi. Les industriels exploitants et entrepreneurs, les promoteurs touris tiques ou immobiliers, payent des droits d’exploita tion, etc. Il en découle que pour une seule ressource, voir une seule essence, les intérêts et les interve nants sont multiples et, pour conserver cette res source, il s’impose une concertation, une COORDI NATION et le concours des différents intervenants publics et privés. Et ce qui est valable pour la forêt l'est aussi pour l'agriculture, pour la pêche ou, à une plus faible échelle, pour des espè ces tels que des oiseaux, des serpents, etc. Le Maroc pourrait profiter des expériences des aut res pays pour améliorer et renforcer ses capacités financières et scientifiques, ses ressources géné tiques pour améliorer les siennes, etc., d'où la néces sité du développement de la coopération internationa le avec d'autres pays et des organismes internationaux. Tous ces efforts devront être capitalisés et optimi sés; mais sans des cadres juridiques adéquats et dis suasifs, ils resteraient inefficaces. On n'irait pas jus qu'à dire que nous n'avons pas de lois régissant le domaine des ressources naturelles; bien au contrai re, des lois existent, et depuis le début de ce siècle, et touchent à divers domaines de la nature; mais, pas en terme de biodiversité telle qu'elle est perçue actuellement. Cependant, usés par le temps et par l'évolution des approches, nombreux de ces textes ont perdu de leur efficacité. Un arsenal législatif actualisé et dissuasif devrait faire partie de la stratégie globale visant la conser vation et l'utilisation durable des ressources biolo giques de notre pays; des textes qui devraient être souples pour faciliter la mise en œuvre de cette stra tégie de conservation; mais, en même temps, agres sifs et dissuasifs pour en assurer l'efficience. Cependant, allons nous attendre jusqu'à former le nombre suffisant de spécialistes, avoir suffisamment de connaissances, avoir sensibilisé divers concer nés, actualisé notre arsenal juridique, etc. pour com mencer à protéger nos ressources biologiques et la mise en œuvre de la Convention sur la Diversité Biologique?. Il est certain, que d'ici là, avec la 70 Des écosystèmes et des ressources à conserver cadence actuelle de l'érosion de la biodiversité nationale, il sera trop tard pour bon nombre de res sources génétiques, d'espèces et d'écosystèmes vul nérables, surtout que nombreux éléments (reptiles, oiseaux, mammifères, invertébrés, algues, herbiers, etc.) figurent déjà dans des listes rouges internatio nales d'espèces menacées et que nombreux, aussi, sont candidats pour ces listes. La sagesse veut que soient capitalisés "les moyens de bord", aussi minimes soient-ils, pour s'attaquer aux sources de dégradation en intégrant “la conser vation de la biodiversité” et “développement dura ble” et, ce, en adoptant une approche large et pré ventive visant la conservation d'un maximum d'espèces et d'écosystèmes et en assurer la pérenni té pour une utilisation durable de leurs avantages. La meilleure approche actuellement recommandée est celle de la Conservation in-situ aussi bien à l'in térieur de zones protégées qu'à l'extérieur de celles ci. La conservation ex-situ pourrait être envisagée dans certains cas extrêmes, surtout pour des multi plications et reproductions assistées visant la restau ration d'une espèce au bord de l'extinction ou la réhabilitation d'un écosystème fortement dégradé. Ces approches devraient être accompagnés de mesures incitatives qui consistent à intégrer en amont des projets de préservation et de conserva tion, la dimension socio-économique. Cette inté gration peut se traduire selon différentes formes pour intéresser la population matérialement et faire de sorte que le maintien et la valorisation de la bio diversité lui deviennent rentable (projet de tourisme écologique; etc.). Ces différents points sus cités méritent d’être clas sés au rang des priorités stratégiques, et hiérarchiés. Il est, en effet, impossible de prétendre pouvoir conserver simultanément toutes les espèces et tous les écosystèmes ni d'établir des stratégies spéci fiques pour chacune des quelques 30000 espèces animales et végétales recensées dans le pays et dont nombreuses sont menacées. Aussi, des différentes études consultées, des besoins socio-économiques du pays en matière de biodiversité et de dévelop pement, certaines priorités se dégagent : 1 - Les ESPECES ENDEMIQUES. Elles sont hautement prioritaires parce que : ce sont des espèces qui existent au Maroc et pas ailleurs, ce qui signifie un important patrimoine mondial et, - aucune possibilité d'introduction n'est permise, ni possible, au cas d'une éventuelle perte; des formes sur lesquelles très peu de choses sont connues; toute perte serait définitive et irréversible. 2 - les ESPECES SAUVAGES MENACEES. La priorité parmi les espèces menacées devrait être donnée à celles qui sont au bord de l'extinction. Elles sont moins prioritaires que les endémiques parcequ'elles peuvent, éventuellement, être intro duites. Elles sont prioritaires parce que : leur perte serait une perte d'une partie du patrimo ne national, et mondial par la même occasion; on ne pourra jamais prévoir l'impact écologique de leur disparition sur le fonctionnement de l'écosys tème dans lequel elles ont vécu; la restauration et la réintroduction coûtent sou venttinfiniment plus cheres que l'entretien et la préservation; même après la réintroduction d'une espèce donnée, et avec une population viable, les individus intro duits auraient vécu toute leur vie dans un microcli mat différent de celui où ils seront introduits. Ceci laisse toujours une marge d'incertitude quant au succès de l’opération de réintroduction. 3 - Certains ECOSYSTEMES TRES FRAGILISES par les activités humaines tels que : L'ensemble des FORMATIONS FORESTIERES, en commençant par les autochtones (du Pin Maritime du Maghreb, le Pin d'Alep, le Cèdre de l'Atlas, le Cyprès de l'Atlas, le Sapin du Maroc; l'Arganeraie, le Chêne-liège et le Thuya), puis les autres formations naturelles, avant les autres forêts. La priorité donnée aux forêts est amplement justifiée par le fait : qu'elles recèlent de grandes diversités biologiques aussi bien animales, végétales que microbiennes; la plupart des espèces menacées terrestres du Maroc y vivent et la protection de ces forêts serait une protection in situ, simultanée pour l'ensemble de ces espèces; 71 Des connaissances à améliorer une grande partie des espèces endémiques et de ressources phytogénétiques qui y vivent; les forêts ont un intérêt socio-économique majeur dans notre pays; les forêts ont également un intérêt écologique et environnemental protecteur capital pour notre pays. Leur protection permet la protection des ressources en terres, en sol et en eau; trois éléments détermi nants pour la conservation et le développement de la biodiversité terrestre. les ZONES HUMIDES INTERIEURES en parti culier en tant que mileiux pourvoyeurs d'eau pota ble et d'irrigation; mais, aussi, en tant que réservoi res de richesses biologiques. les ZONES AGRICOLES en tant qu'écosystème pourvoyeur d’aliments aux populations humaines et en tant qu'habitat et abris pour de nombreuses espèces de la faune et la flore nationale. les ZONES MARINES ET COTIERES, égale ment en tant que milieux comportant de grandes richesses biologiques . 4 - DIVERSITE DES RES SOURCES GENETIQUES DES PLANTES CULTIVEES ET DES RACES ANIMALES LOCALES, DES POISSONS DES EAUX DOUCES ET DES RESSOURCES HALIEUTIQUES. Ces res sources sont prioritaires puisque : pour les plantes, les variétés traditionnelles ainsi que les espèces spontanées apparentées aux plan tes cultivées continuent d'être la source de nou veaux caractères recherchés pour l'amélioration de la production agricole, sylvatique et pastorale; pour les races animales locales, c'est un patrimoine biologique et culturel national que, dans tous les cas, il faudrait protéger; pour les poissons des eaux douces, c'est une res source très gravement menacée par la pollution, la surpêche, l'introduction d'espèces exotiques et la sécheresse, etc. alors que pour les ressources halieutiques, malgré l'immensité de l'espace maritime national, on com mence à sentir l'impact des activités humaines sur ces ressources et sur leur diversité. 5 - ECOSYSTEMES SOUS CLIMAX STEP PIQUE: Ils sont également prioritaires parce qu'ils jouent un double rôle écologique et socio-écono mique extrêmement important: ils couvrent des surfaces très étendues du territoire national et sont constitués par une végétation par faitement adaptée aux conditions extrêmes du milieu et, de ce fait, constituent le moyen idéal pour lutter contre la perte du sol et la désertification; ils abritent une faune et une flore moins diversifiées, certes, que les milieux forestiers, mais très spéci fique et caractérisée par un grand endémisme; ils constituent d'excellents terrains de parcours où abondent les plantes fourragères. De l’analyse de l’état de la diversité biologique natio nale, des problèmes encourus par cette biodiversité et des menaces qui pèsent sur elle, il découle que : le Royaume du Maroc dispose d’une diversité bio logique d’une grande importance écologique et économique sur les plans national et international; diversité qu’il faut préserver et, surtout, valoriser; la biodiversité nationale est dégradée, parfois même menacée par des activités anthropiques ou des conditions climatiques défavorables (sécheresse principalement); les conditions écono miques et sociales précai res des populations loca les sont souvent identi fiées comme principale cause et handicap pour la conservation et la préser vation de la biodiversité; les connaissances sur l’état de la diversité biolo gique nationale sont, pour la majorité des groupes, lacunaires; il est très peu ou pas tenu compte de l’intérêt de la diversité biologique pour la sensibilisation des populations par les aménageurs de l’espace; une approche de conservation, de pérservation et de valorisation doit concilier entre les réalités éco nomiques et sociales et les besoins écologiques. Ainsi, elle peut avoir plus de chances d’être sup portée par les pouvoirs publics, mais aussi soute nue par la population usagères; la stratégie doit permettre de promouvoir à la fois la connaissance de la biodiversité, les cadres régle mentaire et institutionnel chargés de son application et les conditions économiques. 72 Des utilisateurs à éduquer et à sensibiliser 74 PARTIE IV STRATEGIE NATIONALE La stratégie nationale en matière de conservationet d’utilisation durable de la biodiversité repo se sur certaines logiques dont : le souci de protéger les ressources biologiques nationales, en intégrant conservation, utilisation et développement durables de ces ressources; la volonté de contribuer à la protection du patri moine international via la conservation de sa bio diversité national, parfois unique dans le monde . le souci de concilier entre les réalités économiques et sociales et les besoins écologiques; seul moyen de la rendre supportable aussi bien les investis seurs dans le domaine de la protection que les util isateurs traditionnels pouvant se transformer en “conservateurs”; le souci de développer des mesures d’accompag nement telles que la promotion, entre autres, de la connaissance de la biodiversité, des cadres régle mentaire et institutionnel chargés de son applica tion, de a sensibilisation, etc. Le besoin de sauvegarder nos ressources écosysté miques, spécifiques et génétiques, se fait de plus en plus sentir, surtout avec l’ampleur des impacts des activités anthropiques de plus en plus alarmante à cause, essentiellement, des activités anthropiques. C'est ainsi que, par exemple: des 7000 espèces environ de plantes connues du Maroc, près de 1000 sont menacées de disparition; les ressources halieutiques sont surexploitées; 6 espèces de grands mammifères ont disparu entre les années 1925 et 1956; rythme qui s’est multiplié par 32 le siècle dernier , pour les ongulés (par rap port aux 139 siècles passés) et par 182 pour les carnivores; 31000 ha de forêts disparaissent chaque année; etc. Les raisons sont, en fait, plus nombreuses et sont exposées, en détail, dans chacun des documents thématiques de cette stratégie et dans les stratégies sectorielles. La volonté de contribuer à la sauvegarde du patri moine vivant mondial est également l’une des priorités nationales sachant que le Maroc dispose encore de populations d'espèces (Ibis Chauve, Arganeraie, phoque moine, corail rouge, alose, anguille, loutre, etc.), très gravement menacées à l'échelle régionale et/ou mondiale. le Maroc se trouve, de ce fait responsable de la protection d'un bien international. Cependant, si ces deux logiques constituent les principales raisons qui ont animé le Maroc à signer, dès 1992, la Convention sur la Diversité Biologique et à la ratifier dès 1995, ses spécificités écologiques et culturelles et le rôle socio-écono mique joué par la biodiversité ont fait que les objectifs stratégiques entérinés par divers spécia listes et les orientations et les priorités choisies pour atteindre l’objectif de conservation du patri moine national et international. Il importe de préciser que les objectifs et les orien tations adoptées dans cette stratégie pour la conservation et l’utilisation durable et rationnelle de sa biodiversité ont été arrêtées lors d’ateliers thématiques auxquels ont participé tous les dépar tements publics concernés par le problème de la biodiversité marocaine, mais, aussi, le secteur privé, des opérateurs économiques et des ONG. Ces objectifs et ces orientations, fixés pour chacun des grands types d’écosystèmes (milieux terrest res, milieux marins et côtiers et les zones humides) figurent dans le paragraphe qui suit 75 IV.A - PRESENTATION DE LA STRATEGIE NATIONALE BIODIVERSITE TERRESTRE OBJECTIF I: Conservation et utilisation durable de la Biodiversité. ORIENTATION I.1: Conserver en donnant la priorité à l’approche in situ. ORIENTATION I.2: Renforcer les capacités nationales de conservation ex situ. ORIENTATION I.3: Intégrer conservation et utili sation durable de la Biodiversité. OBJECTIF II: Amélioration des connaissances. ORIENTATION II.1: Promotion de la recherche scientifique - formation. ORIENTATION II.2: Organisation et gestion de l’information scientifique. ORIENTATION II.3: Formation de scientifiques et de techniciens spécialisés. OBJECTIF III: Sensibilisation - Education. ORIENTATION III.1: Elaboration d’une véritable politique nationale de sensibilisation. ORIENTATION III.2 : Elaboration de program mes de sensibilisation pour des population-cibles. OBJECTIF IV: Renforcement des cadres législatif et institutionnel. ORIENTATION IV.1: Acualisation des textes législatifs nationaux pour répondre aux nouveaux besoins du pays. OBJECTIF V: Renforcement de la coordination inter ne et de la coopération internationale. ORIENTATION V.1: Elaboration d’une politique de coopération internationale en matière de biodiversité. BIODIVERSITE MARINE OBJECTIF I: Gestion rationnelle des ressources biologiques marines. ORIENTATION I.1: Conserver en donnant la priorité à l’approche écosystémique (in situ). ORIENTATION I.2: Développer les capacités nationa les de conservation ex situ. ORIENTATION I.3: Intégrer conservation et utilisation durable de la Biodiversité. ORIENTATION I.4: Préservation de la variabilité génétique. OBJECTIF II: Recherche scientifique et formation. ORIENTATION II.1: Promotion de la recherche scientifique. ORIENTATION II.2: Formation de scientifiques et de techniciens spécialisés. ORIENTATION II.3: Gestion de l’information scientifique. OBJECTIF III: Sensibilisation - Education. ORIENTATION III.1: Renforcement des programmes de sensibilisation. ORIENTATION III.2 : Réalisation de programmes édu catifs relatifs à la conservation et l’utilisation durable de la Biodiversité. OBJECTIF IV: Aquaculture. ORIENTATION IV.1 : Faire un dioagnostic des poten tialités aquacoles des eaux marocaines. ORIENTATION IV.2 : Développer l’aquaculture de pro duction. ORIENTATION IV.3 :Promouvoir l’aquaculture de soutien. ORIENTATION IV.4 :Promouvoir l’aquaculture préventive OBJECTIF V: Législation - Institutions . ORIENTATION V.1: Actualisation des textes législatifs en matière de Biodiversité. ORIENTATION V.2: Harmonisation entre la législation nationale et l’engagement international du Maroc. OBJECTIF VI: Coopération internationale. ORIENTATION VI.1: Renforcement des liens de coopération sur la biodiversité entre le Maroc et les autres pays et organismes internationaux. 76 IV.B - OBJECTIFS DE LA STRATEGIE NATIONALE 77 BIODIVERSITE DES ZONES HUMIDES OBJECTIF I : Amélioration des connaissances. • Orientation I.1 : Promotion de la recherche scientifique. • Orientation I.2 : Gestion de l’information scientifique. • Orientation I.3 : Formation des chercheurs et des techni ciens spécialisés. OBJECTIF II : Gestion rationnelle de la biodiver sité des zones humides. • Orientation II.1 : Faire participer les populations loca les dans les processus de conservation. • Orientation II.2 : Elaborer des projets incitatifs pour les populations locales. • Orientation II.3 : Surveillance et suivi. • Orientation II.4 : Conservation in-situ. • Orientation II.5 : Réhabilitation / Restauration des zones humides. OBJECTIFIII : Sensibilisation et Education. • Orientation III.1 : Elaborer et renforcer les program mes de sensibilisation pour des populations-cibles. • Orientation III.2 : Renforcer les structures et les pro grammes pédagogiques d'éducation environnementale sur les zones humides. • Orientation III.3 : Renforcer les moyens humains nationaux en sensibilisateurs qualifiés. OBJECTIF IV : Renforcement des cadres législatif et institutionnel. • Orientation IV.1 : Mise en place d’une structure insti tutionnelle unique chargée de la gestion des zones humides. • Orientation IV.2 : Analyse périodique et régulière de la législation nationale pour en améliorer l’efficience. • Orientation IV.3 :Création et adoption de nouveaux textes pour une meilleure protection des zones humi des. • Orientation V.4: Inscription de nouveaux sites dans les listes internationales. • Orientation V.5: Se doter des structures institutionnel les (conservatoire) et textes legislatifs adéquats pour l’u tilisation de politique foncière d’aquisition et de maîtrise d’usage des zones humides. OBJECTIF V : Renforcement de la coopération internationale. • Orientation V.1 : Développer les échanges avec d’autres pays dans le but d’améliorer les connaissan ces, les compétences et les expériences des scienti fiques nationaux. • Orientation V.2 : Développer des programmes et contribuer aux initiatives scientifiques internationales de protection des espèces migratrices. INDICATEURS DE LA SURVEILLANCE DE LA BIODIVERSITE NATIONALE INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE FORESTIERE *Indicateurs de la Biodiversité. *Indicateurs des paramètres écologiques. *Indicateurs de la productivité. *Indicateurs socio-économiques. INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE AGRICOLE *Indicateurs de la Biodiversité. *Indicateurs des paramètres écologiques. *Indicateurs de la productivité. *Indicateurs socio-économiques. INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DES ZONES ARIDES *Indicateurs de la Biodiversité. *Indicateurs des paramètres écologiques. *Indicateurs de la productivité. *Indicateurs socio-économiques. INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLO GIQUE MARINE ET COTIERE *Indicateurs de la Biodiversité. *Indicateurs des paramètres écologiques. *Indicateurs de la productivité. *Indicateurs socio-économiques. INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DES ZONES HUMIDES *Indicateurs de la Biodiversité. *Indicateurs des paramètres écologiques. *Indicateurs de la productivité. *Indicateurs socio-économiques. INDICATEURS RELATIFS AUX ESPECES VULNERABLES INDICATEURS RELATIFS A LA SENSIBILISA TION - EDUCATION INDICATEURS RELATIFS A LA RECHERCHE INDICATEURS RELATIFS A LA LEGISLATION INDICATEURS RELATIFS A LA COOPERATION AUTRES INDICATEURS La stratégie marocaine en matière de conservationet d’utilisation de la diversité biologique devrait prendre en considération trois faits importants : 1- le besoin des populations humaines (aussi bien les populations actuelles que celles des générations futures) en matière de biodiversité et il faut œuvrer pour satisfaire ces besoins), 2- l'état dégradé, sinon délabré de nombreuses de nos ressources biologiques; état traduit par les conclusions de nombreuses études sectorielles d'évaluation sur les différentes composantes de l'environnement au Maroc; 3- le Maroc a signé et ratifié la Convention sur la Diversité Biologique et qu'il est censé "dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra", d’ap pliquer les différentes clauses de cette dernière. De l'analyse de ces trois faits, il s’impose l’adoption d’une approche intégrée visant la protection de ces ressources et leur conservation. Les réunions et les ateliers thématiques ayant été organisés autour des sujets “Biodiversité terrestre”, “Biodiversité marine et côtière”, “Biodiversité des zones humides” et “indicateurs de surveillance” ont abouti à l’élabora tion de quatre stratégies thématiques relatives à cha cune de ces composantes de la biodiversité nationale. Ces approches stratégiques pourraient cependant être traduites en une stratégie nationale fondée sur un certain nombre de dispositifs et d’instruments permettant d’atteindre les divers objectifs et orienta tions entérinés par les institutions nationales concer nées par la biodiversité, et ce, lors de divers ateliers 78 “Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont le droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.” Déclaration de Rio - Principe 1 ARTICLE 6 : MESURES GENERALES EN VUE DE LA CONSERVATION ET DE L'UTILISATION DURABLE Chacune des parties contractantes, en fonction des conditions et des moyens qui lui sont propres : a- Elabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant à assurer la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique ou adap te à cette fin ses stratégies, plans ou programmes existants qui tiendront compte, entre autres, des mesures énoncées dans la présente Convention qui la concernent. b - Intègre dans toute la mesure possible et comme il convient, la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique dans ses plans, pro grammes et politiques sectoriels ou intersectoriels pertinents. ARTICLE 8 : CONSERVATION IN SITU Chaque partie contractante, (…) : i - S'efforce d'instaurer les conditions nécessaires pour assurer la compatibilité entre les utilisations actuelles et la conservation de la diversité biologique et l'utilisation durable de ses éléments constitutifs; ARTICLE 10 : UTILISATION DURABLE DES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE Chaque partie contractante, (…) : a- protège et encourage l'usage coutumier des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur utilisation durable; b- intègre les considérations relatives à la conservation et à l'utilisation durable des ressources biologiques dans le processus décisionnel national; c -adopte des mesures concernant l'utilisation des ressources biologiques pour éviter ou atténuer les effets défavorables sur la diversité biologique; d- aide les populations locales à concevoir et à appliquer des mesures correctives dans les zones dégradées où la diversité biologique a été appauvrie; Convention sur la Diversité Biologique (CDB) I.V.C - INSTRUMENTS DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE NATIONALE thématiques (Biodiversité terrestre, Biodiversité marine et côtière, Biodiversité des zones humides, Indicateurs de surveillance). Parmi ces instruments : instruments de gestion; instruments scientifiques; instruments de l’IEC; instruments économiques; instruments financiers; instruments législatifs et institutionnels ; instruments de coopération; instruments de surveillance. IV-C.1- INSTRUMENTS DE GESTION Ce sont des dispositifs, des approches et desinstruments essentiellement destinés à assurer “la conservation, la gestion et l’utilisation ration nelle des ressources biologiques”. Ils permettaient l’atteinte de l’un des principaux objectifs mis en exergue dans diverses stratégies thématiques. En effet, l’essentiel de la stratégie socio-économique du Royaume du Maroc repose sur les ressources biolo giques qu’elles soient minéralisées tel le phosphate ou vivantes des systèmes agro-sylvatique et marin. Un autre écosytème, les zones humides, bien qu’il n’ait pas l’envergure spatiale des autres écosystèmes nationaux, il joue un rôle déterminant dans cette stra tégie socio-économique en fournissant inestimables services tels que l’eau, les protéines, le pâturage, des emplois, etc., à des populations riveraines, souvent démunies. Le développement socio-économique du Maroc paraît, donc, tributaire des végétaux, des animaux et des micro-organismes qui y vivent; éléments biodi versitaires qu’il faudrait protéger, conserver, gérer de façon rationnelle et, donc, en assurer la pérennité, tout en continuant, bien sûr, à profiter de leurs avantages. Parmi ces dispositifs pouvant permettre d’atteindre cet objectif. IV-C.1.1 - CONSERVATION IN SITU La conservation in situ est un moyen, un instru-ment de gestion et, aussi, une mesure préventi ve permettant d’appréhender des mesures de conservation au moindre risque pour des espèces / populations souvent menacées. Une analyse des dif férentes études sur la biodiversité nationale au Maroc montre, en effet, que nos connaissances res tent, malgré tout ce qui a été fait, très limitées. On ne connaît par exemple que très peu de choses sur : les exigences de la majorité des formes de vie vul nérables et du patrimoine endémique de notre pays; le fonctionnement des principaux écosystèmes; etc. pour certaines espèces ou écosystèmes surexploi tées, il manque encore des informations déterminan tes, comme la dynamique de population, la migra tion, l'impact de l'action anthropique sur cette dyna mique, etc.; des lacunes importantes pour l'élabora tion de stratégies et d'actions de conservation fon dées et efficaces. 79 ARTICLE 8: CONSERVATION IN SITU Chaque partie contractante (…) : d- Favorise la protection des écosystèmes et des habitats naturels ainsi que le maintien de populations viables d'espèces dans leur milieu naturel; ARTICLE 8: CONSERVATION IN SITU Chaque partie contractante (…) : a- Etablit un système de zones protégées ou de zones ou des mesures spéciales doivent être prises pour conserver la diversité biologiques; b- Elabore si nécessaire, des lignes directrices pour le choix, la création et la gestion de zones protégées ou de zones où des mesures spéciales doivent être prises pour conserver la diversité biologiques; CDB Un milieu d’une exceptionnelle richesse biologique, la baie de Dakhla Dans le milieu terrestre, si on prend, par exemple, les milieux forestiers et steppiques, nous connais sons peut être assez bien la biologie, la production, l'état de conservation des principales essences en tant qu'espèces de production; mais, on ne peut en dire autant sur ces essences en tant qu'éléments de l'écosystème forestier, sur les interactions entre cha cune de ces essences et toutes les autres formes végétales, animales ou microbiennes appartenant à la même biocœnose, ni encore sur les actions des produits chimiques et des polluants sur l'éco physiologie de ces essences. Un autre exemple, d'un autre écosystème, est celui du phoque moine de la Méditerranée, espèce grave ment menacée à l'échelle mondiale. Les informa tions relatives à cette espèce dans notre pays sont vétustes ne permettant pas de planifier la protection d’un patrimoine si menacé figurant même dans pra tiquement toutes les listes rouges de pratiquement toutes les organisations internationales protectrices de l'environnement et dans pratiquement toutes les conventions. Pour les ressources génétiques, dans le milieu marin par exemple, 99% des produits de la mer sont préle vés directement des populations sauvages, ce qui constitue, de toute évidence un élément important d'érosion génétique; mais on ne dispose pas d’un seul indice nous permettant d’estimer cette érosion. Il en découle que, pour la grande majorité des éco systèmes, nos connaissances sur l'aspect synécolo gique de la biodiversité nationale se réduisent sou vent au fait que "notre patrimoine génétique réside dans nos espèces et notre patrimoine spécifique rési de dans nos écosystèmes". De là, la prudence reste de mise et toute conservation devrait, en premier lieu, être préventive jusqu'à avoir toutes les infor mations nécessaires pour passer à la phase curative. Cette mesure préventive réside essentiellement dans l’approche écosystémique (in situ) de la conserva tion qui aurait au moins un triple avantage : 1- permettre aux espèces d'évoluer dans leurs cadres naturels; 2- conserver un nombre maximum de taxa; et 3- permettre également de conserver des espèces peu connues, mal connues ou pas connues et qui vivent au sein du même habitat. Si ces instruments de conservation in situ sont rela tivement faciles à mettre en oeuvre dans un écosys tème terrestre ou pour certaines zones humides, la situation est toute différente pour le milieu marin où il est moins évident de délimiter les zones à conser ver et de les surveiller, où les espèces sont plus mobiles et sans "points d'attache”, où l’accès est plus difficile et demandant des moyens spécifiques et honereux aussi bien sur les plans humain que matériel. Ce pendant, c'est une approche qui y demeure la meilleure même s'elle est transposée du domaine terrestre et si le pourcentage de son efficience y est moindre. A quelques exceptions près, la conservation in situ reste la seule alternative et constitue une évidence qui ne nécessite même pas d'être évoquée en tant qu'objectif. En effet, les espèces des zones humides, par exemple, surtout celles les plus menacées en particulier, ont des exigences très rigoureuses et tel lement particulières qu'il est difficile, sinon impos sible, dans l'état actuel des choses, de faire reconsti tuer dans les conditions expérimentales et à petites échelles. Parmi ces espèces, la grande alose, par exemple, ou l'anguille, sont des espèces migratrices et la migration est une composante intégrante de leurs cycles biologiques respectifs. On peut, par exemple, faire le grossissement des anguilles; mais on pourra pas dans l'état actuel des connaissances en assurer la multiplication. L’autre exemple est celui des oiseaux migrateurs qui transitent par notre pays et qui caractérisent nom breuses zones humide. Ceux ci ont également des cycles marqués par cette phase cruciale dans leur vie qu’est la phase migratoire. C'est, de plus, un patri moine partagé et qui, dans tous les cas, difficile à mettre sous acclimatation pour le faire proliférer. Au Maroc, l'approche écosystémique, autrement dit la conservation in-situ, est une ancienne pratique au Maroc; puisque déjà en 1917, une loi a été adoptée sur la conservation des forêts et que, quelques années plus tard, en 1922, 1923 et 1934, d'autres lois sur la pêche continentale, la police de chasse et la création des parcs nationaux ont également été adop tées. Aujourd'hui, 168 Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique (continentaux, littoraux, et humides) ont été institués “aires protégées” ou proposés pour leur protection, et où est visée la conservation d'écosystè mes entiers bien que, évidemment, les espèces qui y sont ciblées, les procédures de création et de gestion varient avec la diversité de leurs raisons d'être. Mais, l'analyse de cette étude montre que l'identification de la grande majorité de ces sites, s'est faite selon une approche "mégascopique" établie presque exclusive ment sur les statuts d'espèces de grandes tailles dont des plantes, des mammifères, des oiseaux, des repti les et des batraciens. 80 La conservation in situ des éléments prioritaires de la biodiversité nationale, devrait permettre la mise en fonction des aires protégées déjà instituées, de renforcer ces dernières; mais, aussi, d'en créer d'au tres, proposées par l'Etude Nationale sur la Biodiversité, qui n'ont peut être pas l'envergure de celles identifiées par l'Etude des Aires Protégées. Elles sont localisées autour d'habitats d'invertébrés endémiques ou en péril, "des petites forêts uniques" menacées de disparition, de sols productifs pour l'é cosystème les espèces agricoles, des plantes sauva ges apparentées aux plantes cultivées, des gisements naturels d’espèces marines ou côtières, des poissons endémiques des eaux douces, des sources uniques en leur genre, etc. L’utilisation de cet insrument de conservation in-situ devrait être basée sur une hiérarchisation des sites et des espèces à conserver. Le degré de dégradation n’est effectivement pas le même pour l’ensemble des composantes de la biodiversité nationale, ni même à l’intérieur d’une même composante. Aussi, faut-il établir des priorités pour optimiser les approches, les moyens et l’efficience. C’est ainsi que de nombreux milieux sont encore plus ou moins épargnés et protégés, de part leurs situations géographiques (trop loin ou inaccessibles) ou de part leurs intérêt socio-économiques (retenues de barra ges, etc.) et il importe que leur soit donnée la priorité pour les préserver et éviter qu'ils subissent les mêmes perturbations que la grande majorité des autres sites. Pour certaines espèces , certains stades de la vie sont plus vulnérables que d’autres (Anguilles / civelles) et il devrait y avoir une hiérarchisation aussi bien dans le choix des espèces / écosystèmes cibles ou dans les actions à mener. Par quoi commencer alors?. Un certain nombre d’espèces / sites prioritaires ont été définis dans l'Etude sur les Aires Protégées, l’Etude Nationale sur la Biodiversité ou certaines stratégies sectorielles; mais on ne dispose pas encore d'une liste nationale hiérarchisée montrant le degré de priorité des sites par rapport aux autres. Pour les zones humides, par exemple, l’étude natio nale sur la biodiversité propose, par exemple, la pré servation, en priorité (priorité 1), des sources, des cours d'eau froides d'altitudes, des eaux phréatiques, des ruisseaux temporaires de montagne, des rivières chaudes et des lacs et mares naturels, et ce, en se basant sur le nombre d'espèces endémiques ou vul nérables ainsi que sur les lacunes persistantes en matière d'inventaires. Mais, ce degré de priorité pourrait être complètement inversé si on utilise d'au tres critères. Ceci montre la difficulté qui s'impose quant au choix et la hiérarchisation des priorités dans la conservation des espèces/espaces nationaux. D'autres sites sont dans un état plus ou moins avancé d'altération et doivent, en vertu de l'article 8, alinéa f de la convention sur la diversité biologique, être remis en état, leur biodiversité dégradée restaurée et leurs espèces réhabilitées. De nombreuses forêts, côtes, lagunes, estuaires, etc., font parties de ce cas et méritent que des plans de restauration et de réhabi litation soient mis en place et réalisés en leur faveur. Pour ne citer que quelques exemples de zones humi des et côtiers, parmi tant d’autres, il importe de signa ler que les sites d'Iriqui, les Merjas du Gharb, l'es tuaire du Sebou, la lagune de Nador, etc. sont des sites rentrant tous dans ce cadre de milieux à reconsi dérer dans la mesure où ils peuvent être remis en état. Parmi les espèces des eaux douces, il y a lieu de citer essentiellement des poissons tels que l'alose, l'an guille, la truite, voire des barbeaux endémiques et des Tilapies; mais aussi certains mollusques des zones humides littorales (palourdes, grandes nacres, etc.) dont les stocks ont brusquement chuté à cause de la surexploitation ou d’autres activités humaines. Certains végétaux sont également à placer dans ce cas; il s’agit, entre autres, des posidonies connues jadis de la lagune méditerranéenne de Nador et qui n'y sont plus aujourd'hui. De nombreux oiseaux ont également souffert des assèchements prolongés et de l'intensité des activités humaines. cinq sont considé rées comme prioritaires dans des actions de réhabili tation / restauration; il s'agit, entre autres, de l'Ibis chauve, de la Sarcelle marbrée, de la poule sultane et de l'Erismature à tête blanche et le balbuzard pêcheur. IV-C.1.2 - CONSERVATION EX SITU L’un des principaux instruments utilisés poursoustraire des espèces gravaement menacées à l’extinction est la conservation ex situ. Reproduction assistée, réduction de l’intensité de la prédation, enrichissement de la diversité génétique, etc. autant d’approches qui nécessitent la mise en place d’infrastructures spécialisées où les conditions sont adaptées au mode de vie de l’espèce considérée et qui permettent dans tous les cas d’aider l’espèce à subsister et à reconstituer ses populations. La fina lité, en est de "mettre de l'ordre dans le milieu", c'est à dire "remettre" les espèces là où elles étaient avant leur raréfaction ou leur disparition et "arranger" au 81 mieux les conditions du milieu pour que ces espèces puissent s'y reproduire et s'y épanouir. Les défrichements, la surexploitation des forêts et des espaces pastoraux, l'érosion, la désertification, la surpêche et les déséquilibres écologiques et tro phiques, les dessèchements et les détournements des sources et des cours d'eau, etc. ont fait que de nom breuses espèces ne trouvent plus d'abris et d’habitats naturels pour maintenir des populations viables et évoluer convenablement. Les dernières statistiques ont montré, par exemple, que la forêt marocaine a régressé de 245350 ha au cours des 10 dernières années et que la moyenne de disparition du couvert végétal de l'écosystème forestier à cause des défri chements illicites et la surexploitation, serait actuel lement d'environ 31000 ha chaque année. Quant aux terres agricoles, on estime déjà à 90% le pourcen tage des sols menacés au Maroc. Dans le domaine marin, même si la mise en eau est de 100%, sa “désertification” est d'un autre genre et gagne du terrain à cause de la surexploitation des ressources marines (un effort de pêche considérable, ramassage anarchique des fruits de mer, pollution incontrôlée par des émissaires industriels et urbains, chasse sous mari ne illicite des espèces, arrachage inadéquat des algues et d'autres espèces par un personnel non qualifié, etc.). Il en découle que le milieu a été privé, dans certaines zones, de plusieurs maillons de sa chaîne écologique, et certaines espèces sont actuellement incapables de régénérer ce qu'elles avaient perdu. La quantité ramas sée de la palourde, par exemple, est passée de plus de 150 tonnes en 1997 dans la baie de Dakhla à moins de 30 tonnes deux années après, en 1999; et ce n’est pas par diminution de l’effort de pêche; mais parcequ’il les stocks ont été anéantis. Dans les zones humides, la problématique est toute autre, et la conservation ex-situ ne revêt pas la même importance. Chaque zone humide revêt sou vent un caractère stratégique local sur le plan socio économique (en tant que source d'eau potable, sour ce de revenus et d'emplois pour des milliers de rive rains, etc.). La solution ne peut être donc trouvée que dans un cadre global intégrant tous les utilisa teurs et tous leurs besoins. L'approche écologique de la gestion demeure presque souvent la seule alternative. De plus de nombreuses espèces y sont endémiques qu’on ne peut élever dans des milieux artificiels. Nombreuses également sont migratrices et le gestionnaire doit tenir compte de cette étape cruciale de leur cycle de vie. L’approche ex situ s’impose donc pour améliorer les statuts : 82 ARTICLE 9: CONSERVATION EX SITU Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra, et au premier chef afin de compléter les mesures de conservation in situ: a-adopte des mesures pour conserver ex situ des éléments constitutifs de la diversité biologique, de préférence dans le pays d'origine de ces éléments; b-Met en place et entretient des installations de conservation ex situ et de recherche pour les plantes, les animaux et les micro-organismes de préférence dans le pays d'origine des ressources génétiques; c-Adopte des mesures en vue d'assurer la reconstitution et la régéné ration des espèces menacées et la réintroduction de ces espèces dans leur habitat naturel dans de bonnes conditions; d-Réglemente et gère la collecte des ressources biologiques dans les habitats naturels aux fins de la conservation ex situ de manière à évi ter que soient menacés les écosystèmes et les populations d'espèces in situ, excepté lorsque des mesures ex situ particulières sont tempo rairement nécessaires, conformément à l'alinéa c) ci dessus; e-Coopère à l'octroi d'un appui financier et autre pour la conservation ex situ visée aux alinéas a) à d) ci dessus et à la création et au main tien de moyens de conservation ex situ dans les pays en développe ment. CDB Diverses moyens pour aider les espèces menacées à reconstituer leurs populations des espèces endémiques qui, si elles disparaissent ne sont plus jamais récupérables; des espèces gravement menacées qui , s'elles sont perdues demandent des budgets colossaux pour leur introduction, leur maintien et leur entretien; des races locales qui, s'effacent au profit d'autres varié tés importées plus productives et plus lucratives et; des variétés végétales sauvages apparentées aux plantes cultivées qui, chez nous comme ailleurs, sont la source de nouveaux caractères recherchés pour l'amélioration de la production agricole et, donc, de notre sécurité alimentaire. Les méthodes in situ devraient être privilégiées pour des populations viables; mais, en parallèle, il faut faire recours à tous les moyens y compris la conservation ex situ, pour assister leurs populations à se reconstituer. Nombreux exemples pourraient être cités. Pour les invertébrés, par exemple, et plus particulière ment les papillons à caractère esthétique, certains, dont Polyommatus escheri ahmar, Pieris mannii haroldi ou Pieris napi atlantis, sont complètement éteints alors que nombreux sont déjà au bord de l'extinction. Les reptiles, autre exemple, constituant dans notre pays l'un des groupes favoris en médecine tradition nelle, souffrent d'une pression anthropique telle, que de nombreuses espèces sont déjà au bord de l'ex tinction. A titre d'exemple, la tortue mauresque, a été exportée à 75000 spécimens durant les années 65-67 et, même figurant dans les listes de la CITES et de l'IUCN, elle continue d'être proposée et expo sée en nombres considérables aux routiers et aux touristes. Les oiseaux comptent pas moins de 92 espèces menacées dont certaines comme l'Ibis chau ve sont au bord de l'extinction. Quant aux mammifères, il semble que c'est le groupe qui a souffert le plus de l'action anthropique et, ce qui est certain, c'est que jamais la cadence de leur dispa rition n'a été aussi élevée. Dans les zones humides, de nombreux milieux ont été complètement desséchés et leurs espèces disparues et même si rares sont les espèces des eaux continentales qui sont inscrites sur des listes rouges internationales nombreuses sont celles qui sont gravement menacées à l'échelle nationale. Pour ces éléments de la biodiversité nationale, il est évident que la conservation in situ n'est plus suffisan te pour assurer leur pérennité et il est capital de faire appel à des technologies plus avancées de reproduc tion assistée ou de réintroduction (Conservation ex situ) pour améliorer la viabilité de ces espèces et pour en repeupler le milieu naturel; encore faut-il que les conditions écologiques soient favorables dans le milieu récepteur. IV-C.1.3 - INTEGRER CONSERVATION ET UTILISATION DURABLE DE LA BIODIVERSITE IV-C.1.3.a - APPROCHE PARTICIPATIVE La conservation était souvent interprétée par lespopulations locales comme une "mise en conserve" et non pas comme une "mise en réserve" d’une ressource visée par des programmes de pro tection qu’on cherche à utiliser de façon rationnelle et durable. C’est ainsi que la création d'une "aire protégée" pour soustraire une espèce ou une res source à l’extinction était souvent synonyme d"interdiction de l'accès à cette ressource et, parfois même, le "transfert" des populations locales vers d'autres sites. Les nouvelles approches veulent que toute conser vation intègre la prise en considération des besoins des populations locales et, donc, l'utilisation, bien sûr, concertée et maîtrisée, des ressources par ces populations, ce qui évite bien des actes de “ven geance” dont les répercussions ne peuvent avoir qu'un impact négatif sur la conservation. En effet, si le monde tout entier se donne tant "de peine" pour évaluer les ressources biologiques, pour établir des programmes souvent coûteux de conser vation, de restauration et de réhabilitation d'espèces et d'écosystèmes, c'est pour pouvoir continuer à pro fiter des avantages de cette biodiversité. 83 L’intégration des populations locales dans divers processus de la conservation consti tue une étape incontournable dans tout projet d’utilisation durable de la biodiversité (GEM) IV-C.1.3.b - APPROCHE PRÉVENTIVE ET ÉCOLOGIQUE : BIO-AGRICULTURE Dans le cas de la biodiversité nationale, il s'agit principalement de l'utilisation des produits agro-syl vatiques, des parcours, des ressources halieutiques, des fruits de mer ramassées sur le littoral, de certai nes plantes des zones humides comme le jonc et, à une plus "faible échelle", de certaines espèces sauva ges souvent menacées telles que des tortues, renards, varans, serpents, papillons, etc.) et qui, dans tous les cas, ont leurs rôles à jouer dans l’équilibre de leurs écosystèmes respectifs. Ceux qui profitent de ces res sources sont soit de grands utilisateurs (grands agri culteurs, industriels dans le secteur du bois, grands éleveurs, des mareyeurs, des sociétés d'exportation des produits de la mer, etc.) soit des petits utilisateurs (populations locales) et qui sont bien plus importants par leurs effectifs et, souvent, par l’impact de leurs activités souvent anarchiques et non organisées. Pour les premiers (grands utilisateurs), il est impé ratif que soit prise en considération, dans tout pro jet d’investissement et dans toute mise en place d’infrastructures socio-économique, l'intégration de la biodiversité, son utilisation et son développe ment durable, autrement dit, tenir compte de l'im pact desdits projets sur la pérennité de la ressource et des écosystèmes voisins et c'est à dire, aussi, inci ter les autorités gouvernementales à se doter des moyens législatifs et institutionnels pour imposer à tout projet, public ou privé, une étude d’impact des répercussions sur la diversité biologique. Ce qui est valable pour les projets proposés, l'est également pour ceux en cours ou déjà mis en place pour les quels il faut mettre en place des mécanismes d'éva luation environnementale permettant d’éliminer ou du moins, atténuer, dans des proportions raisonna bles, d'éventuels impacts négatifs sur la biodiversité. Pour des fins de conservation de la biodiversité et préservation de la santé humaine, les efforts investis dans les études d’impacts (visant la caractérisation d’une source de nuisanes), pour raient être capitalisés, rentabilisés et renforcés par des pratiques d’exploitation plus saines, visant la réductiion ou l’élimination de ces nuis sances à la source. La bioagriculture, l’aquacul ture extensive sans aliments synthétiques ajoutés et l’élevage “sans hormones” sont certaines de ces pratiques qui font éviter de nombreuses nuis sances à l’environnement et prévoient de nom breuses maladies et atteintes à la santé humaines. IV-C.1.4 - PRESERVATION DES RESSOURCES GENETIQUES Pratiquement tous nos écosystèmes souffrent de cefléau, qu'est la perte et la dégradation de la varia bilité génétique, et dont on connaît pas les réelles 84 QUELQUES UTILISATIONS TRADITIONNELLES DE LA BIODIVERSITE TERRESTRE Animaux: Caméléon: Sa chaire est très appréciée pour les furonculo ses. On lui confère également un rôle surnaturel chassant les mauvais esprits; Cantharide: Pourtant toxique à cause de sa teneur en Canthéride, est réduite en poudre et mélangée au miel pour ses "vertus" aphrodisiaques; Chouette: a un grand intérêt magico-sorcellaire, utilisée entre autres contre les perseccusions des Djinn; Chauve-souris: utilisées en poudre pour jeter les mauvais sorts; Corbeau: Utilisé pour attirer les pires nuisance à un ennemi; Hyène: Sa cervelle est très "réputée" pour rendre docile une personne; Lézard: préparé, il est utilisé comme pendentif contre les mau vais Djinns; Végétaux: Henné: très connu pour décorer les mains et pieds des fem mes, mais aussi contre des dermatoses; Osceille: utilisée comme apéritif et laxatif; Coloquinte: ses graines sont prescrits comme un puissant "raticide" les rats Stramoine: Très connue des sorciers; Dentelaire: préscrite contre les maux de tête; etc. ARTICLE 14: ETUDE D'IMPACT ET REDUCTION DES EFFETS NOCIFS Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra : a- adopte des procédures permettant d'exiger l'évaluation des impacts sur l'environnement des projets qu'elle a proposés et qui sont susceptible de nuire sensiblement à la diversité biologique (…); b- prend les dispositions voulues pour qu'il soit dûment tenu compte des effets sur l'environnement de ses programmes et politiques susceptibles de nuire sensiblement à la diversité biologique; d- dans le cas d'un danger (…) menaçant la diversité biologique (…), prend les mesures propres à prévenir ce danger (…) ou en atténuer autant que possible les effets; e- facilite les arrangements nationaux aux fins de l'adoption de mesures d'urgence au cas où des activités ou des événements, d'origine naturelle ou autre, présenterait un danger grave ou imminent pour la diversité biologique. CDB ARTICLE 10: UTILISATION DURABLE DES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE d-aide les populations locales à concevoir et à appliquer des mesures correctives dans les zones dégradées où la diversité biologique a été appauvrie; CDB conséquences à long terme. En effet, chaque espèce et chaque individu est un patrimoine en soi. Chaque spe cimen est, en effet, une association de gènes ayant évolué dans les conditions environnementales maro caines et c’est, aussi, une association complexe de particularités morphométriques, physiologiques, com portementales, etc. Chacun de ces individus constitue donc un patrimoine génétique inestimable potentielle ment apte à s'adapter, à influencer les autres organis mes et être influencé et ce, en parfaite harmonie et en parfait équilibre avec les changements des conditions du milieu. Diminuer le nombre des individus à l'inté rieur d'une même population équivaut une diminution du pouvoir d'adaptation et de résistance de l’espèce toute entière aux changements que subit l'habitat. Il en découle qu'à un certain seuil, l'espèce, étant incapable de résister / s'adapter, aux changements naturels ou, souvent anthropiques, de l'écosystème, finit par dispa raître et, par "effet de chaîne", entraîne le déséquilibre écolo gique de son écosystème et éven tuellement la disparition d'autres espèces. Sur le plan national, la déforestation, la désertification, le surpâturage, la surex ploitation des ressources halieutiques, etc., font disparaître, chaque année, des milliers d'hectares couverts d'espèces végétales, de ressources phytogénétiques, de ressources zoogénétiques, de gènes halieutiques sauvages, donc, un patrimoine ayant mis des milliers d’années pour atteindre ce qu’il est actuellement. Pour les écosystèmes aquatiques, et indépendamment du manque incontestable de connaissances sur leurs caractéristiques génétiques, ces dernières sont bien plus exposées à l'érosion que le domaine terrestre. En effet, si la production agricole, par exemple, repose essentiellement sur un petit nombre d'espèces cultivées souvent "exotiques", ne faisant donc pas partie de notre patrimoine biodiversitaire, près de 85% de la produc tion des secteurs des pêches dans le monde provien nent de populations sauvages; ce pourcentage est de près de 99% à l'échelle nationale, sachant que l'aqua culture ne représente que près de 1% de la production aquatique (moins de 2000 tonnes). De plus, la diversi té génétique aquatique est soumise à toute une série de nuisances anthropogéniques (pollution, destruction d'habitats, "hybridations forcées", etc.), souvent inter dépendantes qui sont générées sur la terre ferme, mais pour lesquelles on utilise l’élément “eau” pour les véhiculer loin du lieu où elles ont été produites. Même les organismes aménagés aux fins de l'aquacultu re de production ou de repeuplement (soutien) des stocks naturels, ceux ci ont tendance à souffrir tôt ou tard de la consanguinité, de la dérive et de la pollution géné tique, surtout quand ces opérations se font sans études d'impacts et sans mesures des conséquences. Le patrimoine génétique national compte aujourd'hui plus de 4100 espèces endémiques, dominées à plus de 90% par des formes ter restres constituant un pool géné tique considérable; mais, aussi, par un important nombre d’espèces éle vées et de variétés culti vées utilisées pour leurs spécificités génétiques 85 SUR LE MAROC "L'érosion génétique en général et particulièrement pour le blé a été plus élevée que nous avions pensé" (Perrino et al, 1984) "La pression de pâturage est en train de causer de l'érosion génétique particulièrement pour les espèces vulnérables telles que Lupinus et Vicia" (Francis, 1987) "L'équipe de collecte a conclu que le potentiel pour l'érosion génétique des légumineuses au Maroc est élevée" (Bouselank et al. 1989). "En dépit de la prise de conscience croissante quant à la nécessité de sau vegarder les ressources naturelles marocaines et des efforts entrepris dans ce sens (…), le patrimoine fourrager et pastoral autochtone est loin d'êt re totalement échantillonnée et à l'abris de perte qui serait dommagea ble" (Bounejmate, 1997) Entre formes exotiques importées pour leurs particularités lucratives et les formes indigènes, parfaitement adaptées aux conditions locales, la compétion est rude. aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. En effet, le Maroc est considéré comme l'un des centres de la diversité génétique pour plusieurs plantes cultivées et leurs espèces sauvages apparentées, en particulier fourragères et pastorales. Certaines d'entre elles appartenant, par exemple, aux genres Medicago, Lupinus, etc., et qui étaient décrites dans le passé se sont raréfiées ou même disparues de certaines zones. Les efforts d'amélioration agro-génétique, entrepris au Maroc, ont abouti à la création et l'ins cription, au Catalogue officiel des plantes cultiva bles, de 152 variétés appartenant aux différentes espèces économiquement et socialement importan tes dont certaines sont actuellement utilisées à l'é chelle internationale. Mais, une trentaine seulement (23 de grandes cultures et une dizaine d'arbres frui tiers) sont considérées comme des espèces cibles pour la conservation de leurs patrimoines géné tiques et pour leur valorisation. Il s'agit de l'orge, le blé dur, le blé tendre, le Maïs, le Soghro, la luzerne, l'avoine, Vesce, Lathyrus, Maïs fourrager, Soghro fourrager, Fève, Pois - chiche, petits pois, lentille, haricots, carotte, navet, aubergine, oignon, chou, fleur local, rosier local, safran, menthe, palmier dat tier, amandier, prunier, abricotier, olivier, figuier, grenadier, vignes, ainsi que leurs espèces sponta nées sauvages apparentées. Près de 837 hectares sont couverts par des formations génétiques fores tières autochtones qui sont répartis sur 137 parcelles classées en guise de peuplement porte-graine in situ. Il s’agit du pin d'Alep, le pin maritime du Maghreb, le cèdre de l'Atlas, le Cyprès de l'Atlas et le sapin du Maroc; mais à côté de ces ressources génétiques autochtones, il y a, bien sûr, l'Arganeraie, le chêne liège et le Thuya. En milieu aquatique, les populations de poissons, par exemple, qui sont aménagées aux fins de la produc tion alimentaire ou de la reconstitution des stocks naturels ont tendance à souffrir tôt ou tard de consan guinité et de la dérive et pollution génétique qui se produisent lorsque la sélection initiale de stocks de reproducteurs dans une écloserie n'est pas représenta tive de toute la variabilité génétique disponible en milieu naturel. Lorsque ces stocks de géniteur sont sur-utilisés en tant que reproducteurs, la consanguini té qui en résulte érode encore plus la valeur adaptati ve. Les effets de cette "contraction du stock de "repro ducteurs" en pisciculture et en élevage extensif dans l'océan sont progressifs mais dévastateurs et ils sont particulièrement difficiles à évaluer dans les program mes de reconstitution des stocks qui libèrent en milieu naturel des nombres considérables d'alevins produits en écloseries. Il est primordial, donc, que la conservation des res sources génétiques aussi bien terrestres qu’aquatiques soit considérée comme un dispositif national straté gique et prioritaire. Les moyens sont divers (banques de graines, banques de sperme, cryoconservation, amélioration des races, etc.) et il importe que ces diverses approches soient explorées et/ou exploitées pour améliorer la viabilité de notre patrimoine vivant. Conserver et utliser de façon durable, c’est aussi préserver contre les sources de pollution génétique et les nuisances provenant d’autres milieux et d’au tres pays. En effet, l'introduction d'espèces exo tiques sans contrôle et sans quarantaine peut être considéré non seulement comme une mesure, mais comme une approche et une orientation susceptibles de contribuer à la protection des ressources nationa les surtout face à l’engouement et la ruée vers l'im portation de races animales et végétales allochtones importées pour leurs prolificité, leur grande produc tivité et, donc, pour leurs particularités lucratives. Il importe donc d'élaborer des programmes de contrô le et de l’évaluation de l’impact de toutes les espè ces exotiques importées et le risque qu'elles pour raient engendrer pour les races, les variétés, les espèces et les écosystèmes indigènes, mais, aussi pour leur risque de nocivité vis à vis de l'environne ment et de santé humaine. En effet, si l'introduction au Maroc d'espèces exotiques date de 1929 (Ooencyrtus kuwanae et Ageniaspis citricol, etc.) a été plus ou moins bénéfique pour lutter contre des ravageurs du chêne liège et des agrumes; les désast res causés par les introductions dans différentes régions du monde incite à une plus grande vigilance et la prise de mesures de contrôle et de surveillance de l'entrée d'éventuels ravageurs dans les denrées 86 ARTICLE 8: CONSERVATION IN SITU Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra: g - Met en place ou maintient des moyens pour réglementer, gérer ou maîtriser les risques associés à l'utilisation et la libération d'organis mes vivants et modifiés résultant de la biotechnologie qui risquent d'avoir sur l'environnement des impacts défavorables qui pourraient influer sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biolo gique, compte tenu également des risques pour la santé humaine; h - empêche d'introduire, contrôle ou éradique les espèces exotiques qui menacent des écosystèmes, des habitats ou des espèces; ARTICLE 19: GESTION DE LA BIOTECHNOLOGIE ET REPARTITION DE SES AVANTAGES 3- les parties examinent s'il convient de prendre des mesures (…) définissant les procédures appropriées dans le domaine de transfert, de la manutention et de l'utilisation en toute sécurité de tout organis me vivant modifié (…); CDB 87 alimentaires, le bois importé, des animaux domesti quées d'élevage, sans oublier, les formes modifiées génétiquement. En milieu marin ces introductions peuvent être dés astreuses pour les populations et les peuplements autochtones. En effet, non loin de nos côtes, l'algue tueuse Caulerpa taxifolia continue toujours de gagner du terrain et d'étouffer les espèces animales et végétales locales pour les supplanter. Les introductions, sans études d'impact, par exem ple, des coquilles saint Jacques japonaises (Tarfaya), des huîtres (Dakhla), etc. pourraient s'a vérer lourdes de conséquences sur les plans écolo gique et biodiversitaire. Dans les eaux continentales, si l'introduction d'espè ces exotiques (carpes chinoises en particulier) dans les retenues de barrages, semble avoir donné des résultats intéressants dans l’effort de la lutte contre l'eutrophisation et dans la valorisation de ces rete nues (production de poissons pour la consommation et la pêche sportive), cela n'empêche qu'une retenue de barrage est elle même un milieu artificiel et toutes les précautions doivent, par contre, être prises pour d'éventuelles introductions dans des milieux naturels. IV-C.1.5 - L’AQUACULTURE Il est évident que cette approche et cet instrumentde conservation ne concerne que les milieux aquatiques, plus le marin que le continental. C’est un instrument stratégique pour un pays aussi maritime que le Maroc. Il est d’autant plus important que, d’une part, l’essentiel des espèces aquatiques continentales sont plus ou moins gravement menacées et, d’autre part, la pression sur les ressources halieu tiques est telle qu’il faut recourire à des mesures pré ventives. L’aquaculture est justement une activité qui peut être avantageusement utilisée comme moyen de préven tion; mais aussi comme paramètre d’incitation et de développement socio-économique. Elle n'a pratique ment que des avantages dont : l'approvisionnement en protéines d'origine animal qui contribuent à améliorer la nutrition et la santé; la création de revenus et d'emplois; la diversification de la production primaire; l'augmentation des recettes en devises grâce à l'ex por-tation de produits à valeur élevée; la compensation du faible taux de croissance des pêches de capture; le repeuplement des eaux côtières par des organismes en provenance d'écloseries; la prévention et la réduction de la pollution aquatique dans la mesure où elle ne peut être basée qu'en eau de bonne qualité; l'élevage de mollusques et d'algues peut, dans cer tains cas, lutter contre l'eutrophisation et, inverse ment, des zones comportant des eaux oligotrophes peuvent être améliorées par les éléments nutritifs et les déchets organiques en provenance desinstal lations aquacoles. Quant à ses inconvénients, par contre, elles sont limi tés pratiquement à des risques de pollution de l'envi ronnement par les produits utilisés ou produits par cette aquaculture (fertilisants, aliments, excréments, antibiotiques, antifoulings, etc.). Le développement de l’aquaculture est également une priorité parce que nos ressources aquatiques sont plei nement exploitées et qu'il faudrait, d’une part, trouver d'autres alternatives pour s'assurer l'approvisionne ment en protéines animales d'origine aquatique et, aussi, pour assurer la pérennité des espèces. Actuellement, la production ne dépasse souvent pas 1% de la production nationale totale, pourtant, le Maroc dispose de nombreux sites (lagunes, estuaires, retenues de barrages, lacs intérieures, cours d'eau, etc.) où des activités aquacoles peuvent être pratiquées. De l'ensemble de ces sites potentiels, très peu sont exploi tés (lagunes de Oualidia, lagune de Nador, etc.). L'aquaculture constitue également une approche lar gement utilisée dans le monde pour assister artifi ciellement et sauver, de l'extinction, des espèces Crustacés, mollusques ou arbres, certaines de ces espèces, importées pour leur valeur lucrative, finiront peut être par supplanter leurs homolgues autochtones menacées ou en voie de disparition. Actuellement, l'aquaculture ou, plus précisément, la mariculture permet d'assurer une importante production de res sources halieutiques (19 millions de tonnes sur 110 millions de tonnes produites environ en 1994, soit près de 17% de la production totale en ressources halieutiques). Pour certains pays comme la chine, la production aquacole constitue l'essentiel de toute leur production en ressources aquacoles. L'importance de l’instrument aquacole dans le domaine de la sécurité alimentaire et comme moyen pour la protection de l'environnement marin et de sa diversité biologique en a fait une priorité de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), de la Convention sur la Diversité Biologique, de la Conférence de COFI, de la déclaration de Kyoto et bien d'autres conventions et organismes internationaux. Pourtant, malgré, l'importance accordée à cette aquaculture sur les plans socio-économique et environnemental, les activités aquacoles restent focalisées sur un nombre réduit d'espèces, très largement dominées, quantitativement, par les poissons (68%), puis les mollusques (25%) et les crustacés (7%). Au Maroc, les espèces pour lesquelles l'aquaculture peut être considérée comme maîtrisée et pratiquée sont le loup et la daurade (pour les poissons), l'huît re et la palourde (pour les mollusques) et la crevette japonaise (pour les crustacés); une diversité extrême ment limitée, qualitativement, compte tenu des gran des richesses biologiques marines de notre pays et, quantitativement, puisque la production ne dépasse souvent pas le 1% de la production nationale totale. Pourtant, le Maroc ne manque pas d'atouts et d'avan tages naturels (la longueur des côtes marocaines et de la diversité de ses caractéristiques environnementa les, un faible marnage, etc.) pour séduire les promo teurs nationaux et étrangers et les inciter à investir dans un domaine aussi intéressant et aussi peu déve loppé dans notre pays que l’aquaculture. Trois principaux axes pourraient être privilégiés dans cet objectif : DIAGNOSTIC DU POTENTIEL AQUACOLE DES EAUX ET DES ESPECES MAROCAINES Toute action stratégique et toute gestion intégrée dans le domaine de l'aquaculture ne peuvent être efficientes que si elles sont basées sur des données récentes, suffisantes et fiables. Aussi, il faut, pour chaque activité aquacole disposer de données sur : a - la physico-chimie des milieux récepteurs; b - leur caractéristiques biotiques; c - les données socio-économiques et culturelles; d - les mécanismes juridiques et institutionnels nationaux, régionaux et locaux etc. et répondre, avec précision, à la question “quel site pour quelle espèce?”. Mais, avant tout, il faut connaître avec précision les potentialités des eaux marocaines, en particulier les lagunes, les estuaires, les baies et les calanques, les zones basses en bordure de mer, sans oublier l'Off schore où l'aquaculture pourrait être pratiquée. Il importe également, dans cette orientation, de mener des études biologiques, pour connaître la liste des espèces qui se prêtent le mieux à des acti vités aquacoles, les potentialités et les performances de ces espèces, ainsi que les sites les mieux adaptés à chacune des espèces. DEVELOPPER L’AQUACULTURE DE PRODUCTION Au Maroc, l'aquaculture produit annuellement moins de 2000 tonnes; production dominée par deux poissons (loup et daurade) en milieu marin et prin cipalement la truite et les carpes dans les eaux dou ces. La conchyliculture (élevage des mollusques) est pratiquement limitée à la vénériculture (palour de) et l'ostréiculture (huîtres). Alors que l'algocultu re, la coralliculture, la crevetticulture, la carcino culture (crustacés) ne sont pour la majorité qu’à des stades d’expérimentation. Le développement de l’a quaculture de production permettrait de diversifier la production aquacole, la diminution de la pression de prise sur certaines espèces classiques, résoudre de grands problèmes socio-économiques locaux et régionaux, valoriser nombreux sites et nombreuses zones humides nationales et contribuer au dévelop pement de certaines régions du pays sur les plans économique et social. 88 Exemples d’activités aquacoles dans les eaux marocaines PROMOTION DE L’AQUACULTURE DE REPEUPLEMENT (OU DE SOUTIEN) L'aquaculture de soutien ou "aquaculture de repeu plement" est une activité aquacole qui vise plus ou moins urgente qu'il faut mener pour réhabiliter une espèce ou/et un écosystème réellement menacés. Dans ce sens, un certain nombre d'espèces marines et dulcicoles est plus ou moins gravement menacé sur nos côtes, dans les zones humides ou dans les eaux intérieures et pour lequel des mesures urgentes de multiplication assistée sont à prendre en considé ration pour pouvoir le soustraire à l'extinction. Le corail rouge, les posidonies, les aloses, les anguilles, les palourdes, les barbeaux endémiques, les tilapies, etc. sont parmi de nombreuses espèces listées dans l’Etude Nationale sur la Biodiversité (et autres études sectorielles) très menacées. Pour ces espèces, il urge de mener des actions aquacoles pour reconstituer les stocks ou en repeupler les milieux. Il est évident que, pour certaines espèces, en particulier les amphihalines migratrices (alose, anguilles, etc), il est moins évident de parler d’a quaculture dans la mesure où une partie de leurs cycles de développement se fait dans des conditions difficiles à reconstituer artificiellement; cependant, et dans ces cas le terme aquaculture peut désigner “lassistance” de ces espèces à mener une partie de leurs cycles dans les meilleures conditions. PROMOTION DE L’AQUACULTURE PREVENTIVE L'aquaculture préventive est souvent préconisée pour maîtriser l'élevage de certaines espèces qui, actuellement exploitées, pourraient, éventuellement, avoir des difficultés d'existence. Il s’agit de mener des recherches scientifiques dans le domaine de l'a quaculture relative à des espèces exploitées, soumi ses à une quelconque pollution, dont les populations sont vulnérables et qui pourraient, dans le futur, être menacées. A titre d'exemple, le corail rouge était dans le temps relativement abondant se rencontrant à moins de 15 mètres de profondeur; actuellement c’est à plus de 80 mètres qu’on peut le récolter. Il est très menacé et rien ne peut être fait pour le sauver à part la mise en défens. Or si des recherches avaient été menées et l’élevage maîtrisé, nous serions actuellement en mesure de mener des actions aqua coles pour le sauver et reconstituer ses populations. Et ce qui est valable pour le corail, l’est également pour toutes les espèces menacées des eaux douces, pour les nacres, les posidonies, etc. un grand nomb re d’espèces dont certaines sont devenues très rares, alors que d’autres ont disparu. Toutes ces espèces ont un rôle essentiel à jouer dans leurs milieux respectifs et la disparition de l’une d’entre elles cau serait certainement des dégâts écologiques irrémé diables dont on ne peut évaluer l'ampleur. L'aquaculture préventive devrait également concer ner des espèces prédatrices ou parasites qui, de part leurs actions nuisibles vis à vis des ressources halieutiques, pourraient avoir un impact socio-éco nomique négatif sur les populations (exploitants et utilisateurs). Des études approfondies de ces espèces et des élevages devraient permettre de connaître, avec précision, leurs cycles de développement, leurs faiblesses et, par conséquent, les moyens appropriés pour lutter contre leurs nuisances. IV-C.2- INSTRUMENTS SCIENTIFIQUES IV-C.2.1- RECHERCHE CIBLEE ET PERFORMANTE Le domaine de la biodiversité, bien qu'il comportecertains aspects classiques de la biologie et de l'é cologie, peut être considéré, dans sa philosophie moderne et dans sa perception de l'espèce et de son environnement, comme un domaine relativement récent, auquel il faut donner une attention particulière pour pouvoir être mieux compris et, donc, mieux géré, surtout qu'il comporte toutes les composantes vitales pour notre existence (espèces, écosystèmes, ressour ces génétiques, environnement, etc.) et pour tout développement socio-économique. L'Etude Nationale sur la Biodiversité, l'Etude sur les Aires Protégées ainsi que de nombreux travaux secto riels ont fourni, certes, une quantité inestimable d'in formations sur la biodiversité marocaine; mais, la majorité de ces études ne constitue qu'une approche macroscopique de l'un ou l'autre élément de cette bio 89 ARTICLE 12: RECHERCHE ET FORMATION Les parties contractantes, tenant compte des besoins particuliers du pays en développement : b-favorisent et encouragent la recherche qui contribue à conserver la diversité biologique et ses éléments constitutifs et en assurer l'utilisa tion durable, en particulier dans les pays en développement en se conformant entre autres aux décisions de la Conférence des Parties faisant suite aux recommandations de l'organe subsidaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques; c- Conformément aux dispositions des articles 16, 18 et 20, encoura geant l'exploitation des progrès de la recherche scientifique sur la diversité biologique pour mettre au point des méthodes de conserva tion et d'utilisation durable des ressources biologiques, et coopèrent à cet effet. CDB diversité et la majorité ne permet pas, non plus, d'avoir des données directement utilisables pour la conserva tion et l'utilisation durable de cette biodiversité. En effet, si pour de nombreux groupes systématiques il y a une quasi-absence de recherches et de données, et si de nombreux milieux restent à explorer, en particulier marins, la plupart des recherches récentes ont un carac tère "fondamental" (systématique, typologique, etc.). Ces derniers ne permettent donc pas de mettre en relief, des problématiques qu'encourt cette biodiversité ou de donner des précisions (dynamique, productivité, etc.) permettant de comprendre la fonction de chacun des éléments de cette biodiversité. Il reste alors, une grande lacune relative au fonctionnement de la biodi versité, avec ses peuplements et ses populations, ainsi que son rôle dans l'équilibre des écosystèmes naturels dont toutes les formes de vie, y compris celle de l'espè ce humaine, restent étroitement tributaires. C'est cette méconnaissance des ces éléments fondamen taux de la biodiversité qui a incité les instances nationa les et internationales, pour se manifester dans le but de lever ces incertitudes et pour donner une plus grande chance de succès aux projets de protection prévus dans des stratégies de conservations "la Conservation in situ" ou "Conservation écosystémique". Les informations scientifiques sur les formes endé miques sont encore plus rares, se limitant pratiquement aux seuls noms de ces espèces, ceux de leurs descrip teurs, les dates de leurs descriptions et les lieux de leurs découvertes. Quant aux espèces menacées, on les clas se ainsi parce qu'elles n'ont pas été signalées, pour une raison ou pour une autre, pendant une certaine pério de donnée ou parce que lors d'un recensement un cer tain pourcentage de leurs effectifs n'y est plus; cepen dant, les données les concernant sont très limitées. Même pour les espèces les plus exploitées, en parti culier marines, on manque cruellement de données relatives à la dynamique de population, de migration, de variabilité génétique, etc. qui sont toutes des infor mations aussi importantes les unes que les autres pour des stratégies harmonieuses, fiables et efficientes. La question qui s'impose alors c'est "Comment gérer efficacement Ce patrimoine vivant avec si peu d'informations ?". Il est, certes, plus sage de commencer avec ce dont on dispose, mais, il est prioritaire de chercher à en savoir plus aussi bien sur l'état de la biodiversité elle même (recherche fondamentale) que sur les technologies nouvelles pour améliorer la viabilité de la biodiversité et la nôtre (recherche appliquée). L’Etude Nationale sur la Biodiversité" et celle des "Aires Protégées", entre autres, ont permis, certes, d'inventorier un très grand nombre d'espèces anima les, végétales et microbiennes et de préciser les statuts d'un certain nombre d'écosystèmes marocains; mais, d'autres travaux bibliographiques, de laboratoire et de terrain, sur des groupes peu étudiés et dans des régions peu explorées, permettraient très certainement de mieux connaître notre patrimoine biodiversitaire et avoir plus de données pour pouvoir mieux le gérer. Dans la perspective d'avoir plus de précisions sur les interactions entre différentes composantes de la bio diversité, il s'impose de poursuivre ce travail d'éva luation. Mais, si la première étape de l'évaluation réalisée principalement dans les cadres de l'Etude sur les Aires Protégées et l'Etude Nationale sur la Biodiversité", consistait à chercher les informations de base pour une meilleure compréhension et une première approche gestionnaire de la diversité biolo gique, il est, fondamental d'établir des programmes analytiques et de surveillance de l'évolution des indi cateurs de cette biodiversité pour en connaître les tendances. Ceci permet d’ajuster, chaque fois que nécessaire, les mesures gestionnaires et conservatri ces de ses composantes. Pour le domaine marin et côtier, la situation est moins évidente car le Maroc, depuis 1982, a hérité de la gestion et la conservation des ressources mari nes se trouvant dans les 200 miles marins de sa Zone Economique Exlusive (ZEE). Le nombre de scienti fiques nationaux extremement limité, l’information reste trop insuffisante pour une planification effi ciente de la préservation des ressources biologiques marines nationales. Une attention particulière dans l'élaboration des pro grammes de recherche scientifique devrait être accordée à : l'actualisation des informations sur les espèces endémiques puis les espèces menacées, (répartition géographique, densité, etc.) et, aussi, à certains aut res aspects de leur écologie, en particulier la dyna mique de leurs populations, les interactions avec les divers paramètres de leurs environnements, ainsi que sur les possibilités d'une éventuelle repro duction assistée et un éventuel repeuplement de leurs habitats. La priorité parmi ces espèces endé miques (puis menacées) devrait être donnée aux formes les moins abondantes, les plus vulnérables ainsi que celles dotées d'un intérêt socio-écono mique ou écologique et qui sont exploitées; 90 l’élaboration de vastes programmes de recher che, pluridisciplinaires et multisectoriels sur la biologie des différentes essences, des différen tes ressources halieutiques, etc., leurs exigen ces écologiques, leurs dynamiques, les impacts des diverses activités anthropiques, les impacts spécifiques des produits chimiques; mais, surtout; mener des études précises sur les espèces nuisi bles (espèces ravageuses et pathogènes) qui détruisent les principales sources de nourritures, qui ruinent les forêts, les parcours et les espèces aquacoles. Il s'agit, entre autres, du criquet pèlerin, des tordeu ses, des processionnaires, des xylophages, des para sites des poissons et des crustacés, etc. qui consti tuent de véritables hantises pour les agriculteurs, les aquaculteurs et les forestiers et de véritables fléaux. Ces ravageurs et ces parasites constituent souvent un facteur biotique limitant pour la production agro sylvatique, pastorale et aquacole ainsi que pour le développement socio-économique (près du 1/3 de la production agricole mondiale est perdue chaque année à cause des ravageurs). Mais, il ne faut pas négliger, non plus, de nombreux vecteurs de maladies chez les animaux et chez l'Homme, dont la bilharziose, la gale, les myiases, le typhus, les dermatoses, etc.; ainsi que des araignées et, surtout des scorpions dont, les piqûres, parfois mortelles, causent chaque année des dizaines de milliers de victimes. Les serpents constituent égale ment une hantise, là où elles abondent, pour les populations. A côté des ravageurs, animaux, on dénombre pas moins de 578 espèces de plantes nuisibles, particu lièrement des "mauvaises herbes" qui nuisent aux productions des cultures et de l'écosystème sylvo pastoral. Des programmes de recherche sur les écosystèmes sylvo-pastoraux, agricoles, marins et des zones humides devraient, en principe, fournir des préci sions sur une autre importante composante de la biodiversité terrestre nationale, à savoir les espèces cultivées et domestiquées et des espèces sauvages apparentées. C'est une composante si décisive dans notre stratégie socio-économique, qu'elle devrait prendre la place qu'elle mérite dans la politique nationale de la recherche scientifique et dans la stra tégie nationale sur la conservation de la biodiversité. IV-C.2.2- COMPETENCES HUMAINES SUFFISANTES ET SPECIALISEES L'une des principales lacunes évoquées dans pra-tiquement tous les rapports relatifs à la gestion de l'environnement et des ressources biologiques, c'est l'insuffisance des compétences nationales et de spécialistes en matière de biodiversité et de la conservation de cette dernière. A titre d'exemple, et pour ne parler que de l'un des domaines prioritaires, en l'occurrence celui des forêts, nous reprenons la phrase mise en relief dans le Programme Forestier National qui cite: "100 chercheurs, c'est peu eu égard à la grande étendue de l'espace, à ses diversi tés multiples et à ses contraintes spécifiques". Ce nombre correspond, environ, à 10 000 à 20 000 ha par ingénieur, alors que les normes internationales sont respectivement de 3000 à 6000 ha. Cette cita tion pourrait être appliquée, avec peut être plus d'a cuité, aux autres domaines prioritaires dont celui des invertébrés terrestres où le nombre de spécialis tes est extrêmement réduit pour plus de 15 000 taxa identifiées jusqu'à présent (dont plus de 2200 d'ent re eux sont endémiques et sur les quelles rien n'est pratiquement connu). La situation dans le domaine marin n'est guère meilleur, puisque, à l'exception des équipes de l'Institut National de Recherche Halieutiques qui sont organisés autour des quelques espèces d'intérêt socio-écono mique et de certains milieux d'intérêt aquacole, on recèle très peu de compétences nationales en matière de biodiversité marine eu égard à l'importance de son espace maritime et la richesse de ses ressources consi dérables, mais, surtout, l'ampleur des problèmes qu'en court la biodiversité marine, côtière et des zones humi des dans notre pays. Pour les zones humides, si le nombre de spécialistes est assez important, on manque toujours de spécialistes en conservation, gestion, restauration, réhabilitation, et de certains systématiciens spécialisés. Cataloguer toutes les potentialités humaines suscep tibles de contribuer à la conservation de la biodiver sité marine est donc un premier pas à franchir. 91 ARTICLE 12: RECHERCHE ET FORMATION Les parties contractantes, tenant compte des besoins particuliers du pays en développement: a- Mettent en place et poursuivent des programmes d'éducation et de formation scientifiques et techniques pour identifier et conserver la diversité biologique et ses éléments constitutifs et en assurer l'utilisation durable, et apportent un appui à l'éducation et à la formation répondant aux besoins particuliers des pays en développement. CDB Se basant sur cette évaluation, sur les résultats de l'Etude Nationale sur la Biodiversité, ceux de l'Etude des Aires Protégées, des stratégies établies par divers départements gérant ou s'intéressant aux différents domaines de la biodiversité terrestre, et sur les autres études mettant en évidence les problè mes encourus par la biodiversité marocaine sous ses différents aspects, il est possible de déterminer avec précision les besoins pour les quels des formations sont nécessaires et le nombre de scientifiques et techniciens qu'il est nécessaire de former pour répondre à ces besoins. Connaissant les besoins en moyens humains, les lacunes en matière de connaissances en biodiversité nationale et le potentiel national en matière de for mateurs; il est possible d'organiser et d'autoriser par les différents départements compétents (Ministère de l'Enseignements supérieur, Ministère de l'Agriculture, etc.) des formations doctorales visant le "ravitaillement" et le renforcement du secteur de la recherche scientifique biodiversitaire en moyens humains spécialisés. Ces formations pourraient éga lement être organisées dans le cadre de coopération entre le Maroc et d'autres pays avancés dans ce domaine. Cependant, en moyens humains, le Maroc a besoin également de techniciens spécialisés dont le rôle est tout aussi déterminant que celui des scientifiques. C'est ainsi que le soutien au scientifique, l'animation de rencontres de sensibilisation, l'éducation des futures générations en matière de conservation de divers écosystèmes, le contrôle aussi bien sur le ter rain que transfrontalier, la verbalisation, etc. suggè rent un personnel "formateur" qualifié, compétent, connaisseur en biodiversité nationale, expérimenté et maîtrisant, d'une part, les principes de la commu nication et, d'autre part, de la conservation, de l'uti lisation durable et de la Convention sur la Biodiversité en général. Cela suggère également des programmes de formation hautement spécifiques et de grande qualité. IV-C.2.3- INFORMATION SCIENTIFIQUE ACCESSIBLE ET UTILISABLE L'organisation et la gestion de l'information est labase de toute recherche scientifique efficiente et fiable pouvant être valorisée dans des program mes de conservation et d'utilisation durable. A l'échelle nationale, pratiquement chaque départe ment dispose de son propre stock d'informations (bases de données, banques de données, collections scientifiques, etc.); un ensemble, donc, d'informa tions sectorielles dont les contenus pourraient être capitalisés pour la constitution d'une base de donnée nationale sur la biodiversité, base susceptible de profiter à tous les utilisateurs et qui, de plus, aiderait et faciliterait la réalisation d'actions de sauvegarde, de protection et de conservation d'espèces et d'espa ces plus ou moins gravement menacés. En effet, le Département des Eaux et Forêts a, durant des décennies, compilé des statistiques et des données sur les milieux forestières et sur la biodiversité nationale. Le Département chargé de l'Environnement, mal gré sa relative jouvence, a commandité de nom breuses études stratégiques sur l'environnement dont l'Etude Nationale sur la Biodiversité. le Département de l'Agriculture a, à son actif, d'ines timables renseignements sur la biodiversité agrico le, sur les espèces cultivées et les races améliorées élevées. Le Département chargé de la Recherche Scientifique empile, depuis les années 20, de nom breuses études sur les écosystèmes naturels maro cains et leur écologie. Les données sur différentes composantes de la biodiversité marocaine, bien que lacunaires, sont donc nombreuses et complé mentaires, mais devraient être mises en commun, gérées et capitalisées pour le grand intérêt de la biodiversité nationale, sa conservation et son utilisation durable. Dans le cadre de l'Etude Nationale sur la Biodiversité, une base de données "BIODIV" a été également réalisée; cependant, nombreux facteurs ont fait que cette base de données n'ait pu être ali mentée, même pas par les informations de base compilées par l'Etude Nationale sur la Biodiversité. Néanmoins, c'est une base de données qui pourrait être hissée au rang de "Base de Données Nationale sur la Biodiversité" (BDNB), mise à la disposition des différents utilisateurs, complétée et alimentée par différents départements concernés. Actuellement, un autre instrument d’information sur la biodiversité est en cours d’élaboration (phase finale) au sein du Secrétariat d’Etat à l’Environnement. Il s’agit du CHM, le Clearing House Mechanism, correspondant à une base de données sur la biodiversité. C’est une base de don nées où sont stockées, classées et hierarchisées, tou tes les données relatives à la biodiversité marocaine; des données sur les espèces, les ressources; mais, aussi, divers rapports stratégiques élaborés dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique. 92 IV-C.3 - INSTRUMENTS DE SENSIBILISA TION IEC (INFORMATION-EDUCATION COMMUNICATION) IV-C.3.1- PROGRAMMES SPECIFIQUES POUR DES POPULATIONS-CIBLES La sensibilisation est une composante essentielledans toute stratégie relative à la protection des res sources biologiques vivantes. En effet, la Biodiversité est un concept nouveau; nouveau par sa conception, nouveau par sa perception des éléments vivants de la nature et nouveau par ses approches de leur conserva tion. Il est tout a fait logique à ce qu'il soit accompa gné, dans son exercice, de programmes d'informa tions, d'explications, de vulgarisations, etc. Ce sont des programmes d'une importance vitale au le Maroc dans la mesure où, le niveau d’analphabétisme, de plus de 50%, ne permet pas à la moitié donc de la population une assimilation facile de ces nouveaux . D’autre part, la plus grande partie des ressources biologiques (forêts, agro-systèmes, hydro-systèmes, ressources phytogé nétiques et zoogénétiques, zones humides, ressour ces halieutiques, etc.) se trouve entre les mains et à la portée de populations locales rurales et consti tuant l’essentiel de leurs moyens de subsistance. Même pour les plus instruits et les plus avisés (scienti fiques, gestionnaires, animateurs, sensibilisateurs, déci deurs, etc.), la Convention sur la Diversité Biologique, dans sa philosophie, préconise une nouvelle façon de voir les espèces et les espaces, de nouvelles approches d'utilisation et, surtout, de nouvelles recettes de gestion. Une contrainte imposant des programmes de sensi bilisation est que, chaque élément de la biodiversité est le centre d'intérêt d'un certain nombre d'utilisa teurs. Pour la forêt, par exemple, même si celle ci relè ve, pour sa gestion, du département des Eaux et Forêts, les acteurs sont nombreux, avec des intérêts souvent antagonistes: les usagers correspondant aux popula tions locales qui ont un droit d'usage pour prélever ce dont elles ont besoin, les communes locales qui ont droit à une partie des recettes conformément à la loi, les industriels exploitants et entrepreneurs, les promo teurs touristiques ou immobiliers, etc. Il en découle que pour une seule ressource, voir une seule espèce, les intérêts et les intervenants sont multiples et, pour conserver cette ressource, il faut une concertation, une coordination et le concourt des différents intervenants publics et privés. Et ce qui est valable pour la forêt l'est aussi pour l'agriculture, la pêche maritime, les zones humides, etc. Il s'impose alors l’élaboration de pro grammes d'information / sensibilisation "taillés sur mesure" pour chacune de ces populations-cibles. Pour les zones humides, le problème se pose avec encore plus d’acuité dans la mesure où : ce sont des milieux d’une grande vulnérabilité; ce sont souvent des milieux loin des zones urbai nes, donc de l’administration et du contrôle; c’est le gagne-pain d’un grand nombre de populations rurales souvent démunies; chaque année, ces zones reçoivent un patrimoine bio logique d’intérêt international constitué par des oiseaux migrateurs. La conservation de ces zones ne peut se faire, donc, qu’à travers ces populations utili satrices rurales et à travers leur participation et, pour celà, il faut qu’elles soient informées et sensibilisées. IV-C.3.2- PROGRAMMES D’EDUCATION ADAPTES AUX CONDITIONS LOCALES Si la sensibilisation d'une population est une sorted'invitation à l'adhésion à une cause donnée (ici la conservation et l'utilisation durable de la biodiver sité), l'éducation vise l'ancrage de ses principes dans la culture de cette population et dans celle de ses généra tions futures. L'importance des problèmes est actuellement telle que, outre les program mes de sensibilisation qui devraient être conçus pour chaque catégorie de popula tion, il est capital d'enraciner les notions de la lutte contre la dégradation des forêts, des sols, des ressources génétiques 93 ARTICLE 13: EDUCATION ET SENSIBILISATION DU PUBLIC Les parties contractantes : a- favorisent et encouragent une prise de conscience de l'importance de la conservation de la diversité biologique et des mesures nécessaires à cet effet et en assurent la pro motion par les médias, ainsi que la prise en compte de ces questions dans les programmes d'enseignement. b- coopèrent, selon qu'il conviendra, avec d'autres états et des organisations internationales, pour mettre au point des programmes d'éducation et de sensibilisation du public concernant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique CDB Exemples d’activités éducatives et de sensibilisation pour diver ses populations-cibles menacées, de la protection des ressources halieutiques, des ressources en eau, du patrimoine et héritage natu rels, etc. dans le savoir et l'acquis des générations futu res. Ceci pourrait se réaliser par l'intégration de ces notions dans les systèmes éducatifs scolaires, parasco laires, universitaires, etc. Cependant, un programme éducatif, scolaire ou uni versitaire, ne pourrait être efficient que s’il tienne compte aussi bien du niveau de l’instruction de la population-cible que du cadre local. Il est, en effet, peu utile, par exemple, de proposer un programme éducatif, même bien élaboré et financé, sur l’éco système marin, pour des élèves vivant dans une montagne ou prédominent des forêts. IV-C.3.3- STRUCTURES ET MOYENS DE SENSIBILISATION / EDUCATION ADEQUATS Informer les usagers de l’importance de la biodi-versité est, certes, une étape importante pour une approche participative visant l’adhésion des popula tions locales à la conception et la réalisation des programmes de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité. Cependant, les différences de niveaux d’instruction et d’assimilisation des problè mes, la dispersion spatiale de ces populations, les différences d’intérêt, l’insuffisance des moyens disponibles pour la mise en place des programmes de sensibilisation etc. font que ces programmes ne peuvent permettre l’atteinte de leurs objectifs que si les structures existantes (nombre d’ONGs, centres éducatifs, moyens pédagogiques, etc.) sont renfor cés. Faciliter et encourager la création davantage d’organisations non gouvernementales spécialisées dans l’environnement pour encadrer les populations locales, assurer la formation continue et l’encadre ment de ces ONGs, multiplier les centres éducatifs, au moins à l’échelle de la région, si non dans cha cune des provinces, équiper ces centres par des moyens didactiques et pédagogiques, concevoir et produire des dépliants ou brochures relatifs à chacu ne des principales composantes de notre biodiversi té, etc. sont certaines des actions à entreprendre dans le sens d’un reonforcement des moyens locaux, régionaux et nationaux, permettant de mieux informer, pour mieux sensibiliser et, par conséquent, pour mieux intégrer les populations locales dans les processus de conservation et d’uti lisation durable de la biodiversité nationale. Le renforcement des compétences nationales et la for mation d'un personnel suffisant qualifié aussi bien dans les administrations (centrales, régionales et loca les) concernées que sur le terrain (sensibilisateurs) est une nécessité vitale et primordiale pour atteindre les objectifs de conservation et d'utilisation durable des ressources biologiques et des valeurs des zones humi des nationales. IV-C.4- INSTRUMENTS ECONOMIQUES IV-C.4.1- PROJETS ALTERNATIFS INCITATIFS Rallier les usagers à des causes de conservation,suggère, logiquement, leur intégration dans tou tes les étapes de l’élaboration du projet. L’importance de cette approche est d’autant plus vitale quand les usagers correspondent à des populations riveraines et locales pour lesquels les prélèvements effectués au sein des espèces animales ou végétales sont générale ment faits soit dans un but de subsistance, soit encore à la recherche de recettes et de sources de revenus, facilitant et améliorant leurs conditions d’une vie rura le très précaire. Mettre à contribution ces populations dans les proces sus de conservation et d’utilisation durable de la bio diversité, c’est tout d’abord les mettre à l'abris de ces besoins soit : 1 - Quand l'état de la ressource à conserver le permet, intégrer ces populations, après leur organisation, en tant que partenaires, à part entière, dans la conception des programmes de conservation, dans la gestion et la réali sation de ces derniers et dans l'exploitation rationnelle et l'utilisation durable des ressources à protéger. Autrement dit, responsabiliser ces populations pour leur bien être et celui de la biodiversité; 94 Les enfants, les décideurs de demain: l’investissement dans l’éducation ARTICLE 11: MESURES D'INCITATION Chaque partie contractante adopte, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra, des mesures économiquement et socialement rationnelles incitant à conserver et à utiliser durablement les éléments constitutifs de la diversité biologique. CDB 2 - Parfois, le degré de dégradation d'un écosystème ou d'une ressource est tel que s'imposent des mesu res plus rigoureuses de conservation. Cela a souvent des répercussions socio-économiques négatives sur les populations locales; mais, il faut y remédier par la mise en place de projets incitatifs générateurs de recettes. C'est faire en sorte que les populations loca les qui supportent le coût des mesures de conserva tion bénéficient de projets de développement en échange du respect de la réglementation appliquée à ces écosystèmes ou ressources à protéger. IV-C.4.1.a - CULTURE ET ELEVAGE ALTERNATIFS Les pouvoirs publics doivent axer leur stratégie sur la recherche et la promotion d’avtivités alternatives pour minimiser la pression sur les ressources biodivérsitaires et en asuurer leur utilisation durable; et en mobilisant les moyens financiers, institutionnels et législatifs encoura geant ces populations à ne plus détruire la forêt et les ter res agricoles, à préserver les espèces menacées et endé miques, à développer les races locales et les ressources génétiques des plantes, etc. Dans ce sens, le secteur privé s'impose donc comme un partenaire incontournable avec qui il faut concerter des conditions incitatives lui permet tant de contribuer avec efficience à la protection, la conservation, la valorisation, le développement et l'utili sation durables de nos ressources biologiques (contrats d'exploitations de parcelles boisées, reboisées par eux même pour les besoins énergétiques de populations loca les, contrats d'aménagements touristiques de la forêt, des entreprises de développement des produits sous utilisés, des stocks de palourdes ou autre espèce à gérer et renta biliser dans le cadre de coopératives, etc.). Orienter ce secteur, le développer et l'organiser autour de ressources animales (escargots, abeilles, volaille, bétail, gibier, reptiles d'intérêt pharmaceutique), végi tales (plantes médicinales, espèces aromatiques, plan tes ornementales, etc), ou paysagers (itinéraires éco touristiques, itinéraires éducatifs, randonnées, etc.) serait de nature à: - diminuer la pression de la surex ploitation sur les essences forestières classiques et leurs diversités biologiques; - valoriser ces ressources; créer des emplois et des revenus pour de nombreu ses familles rurales; avoir la confiance des populations et leur adhésion aux programmes de conservation; etc. IV-C.4.1.b - PRATIQUES TRADITIONNELLES Pour encourager l'approche participative des popula tions locales aux projets de conservation, la Convention sur la Diversité Biologique a également relevé, entre autres, l'importance de capitaliser les uti lisations traditionnelles et locales dans les processus de conservation et de l'utilisation durable de la biodi versité. Cette dernière et son usage sont, en effet, très ancrés dans les traditions sociales au Maroc et, il n'y a pas un seul "Médina" où on ne trouve pas des her boristes exposant "mille et une" espèces de plantes desséchées et de nombreuses espèces animales, sur tout terrestres allant de la petite mouche verte (can tharide) ou "Debbana Hendiya" jusqu'aux peaux ou cornes de grands mammifères en passant par les tor tues, les serpents, les rongeurs, les grands lézards, etc., presque toutes aussi menacées les unes que les autres et dont certaines sont même inscrites dans des listes rouges internationales. C'est dire combien l'uti lisation de la biodiversité est ancrée dans les pra tiques traditionnelles médicinales, culinaires, etc du citoyen marocain. Mais, il y a "pratiques" et "pra tiques" et, en dehors de nombreux charlatans utili sant des éléments de la biodiversité dans leurs char lataneries ou leurs sorcelleries, bien d'autres person nes sont détenteurs de pratiques, d'informations, de connaissances, d'expériences et de traditions pouvant être capitalisées dans la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité. C'est le cas de la végéta tion naturelle maraboutique et de sa faune associée conservée grâce au respect de ces lieux saints où le ramassage des espèces, même d'intérêt socio-écono mique, est généralement interdit. C'est l'exemple aussi, d'une formation végétale à Acacia raddiana, dans la région sud est de Zagora. Les populations riveraines ont instauré de manière spontanée une réglementation qui interdit les coupes des branches (50 DH d'amende pour une branche coupée) et des arbres (500 DH pour un arbre coupé). IV-C.4.2- MESURES FISCALES INCITATIVES Dans la gestion de toute ressource et de toutpatrimoine communs, faire recours à des règles d’exploitation, de protection, etc., est toujours de nature à optimiser et rationnaliser l’utilisation de cette ressource ou ce patrimoine. C’est, en premier lieu, le rôle des textes législatifs; cependant, d’autres 95 Des financements par des microcrédits, peuvent per mettre à des populations de subvenir à leurs besoins et d’aider à une gestion rationnelle des ressources vivantes mesures, incitatives ou repressives, nature écono mique ou fiscale pourraient contribuer à atteindre cet objectif. La fiscalité est, en effet, un outil d’une grande impor tance et d’une grande efficacité à mettre à contribution pour limiter la pression sur des ressources à protéger ou sur leurs environnements. Ce sont des approches pouvant être utilisées, par exemple, pour des activités d’exploitation des ressources biologiques (surpêche, surpâturage, surexploitaion des ressources forestières, etc.), des activités de production polluantes (industriel les ou artisanales), des aménagements urbains et tou ristiques (créations d’espaces verts, boisements, cons tructions), etc.. Il s’agit, donc, d’activités anthropiques pouvant avoir un impact sur les écosytèmes, sur les espèces ou sur la variabilité génétique de ces dernières. Imposer des écotaxes contre des unités polluantes ou, au contraire, alléger les charges fiscales sur les entreprises valorisant les ressources biologiques ou utilisant des approches “écologiques” rationnelles d’exploitation devrait, comme il a été prouvé dans de nombreux pays, aider à une meilleure prise de conscience de la valeur écologique et socio-écono mique de la biodiversité et à encourager à une plus grande utilisation des méthodes protectrices de l’en vironnement et de la nature. IV-C.5- INSTRUMENTS FINANCIERS La conservation in situ ou ex situ, les projets alter-natifs ou incitatifs, la valorisation des ressources biologiques, les programmes de sensibilisation ou d’éducation, la recherche, la formation, etc., nécessi tent tous des infrastructures, des moyens matériels, des compétences humaines, etc. Tous ces procédés requièrent des moyens financiers permettant de tra duire les stratégies, les programmes et les plans d’ac tions en projets concrets et harmonieux intégrant conservation et utilisation durable et rationnelle de diverses composantes de la biodiversité nationale. Les sources de financement sont diverses : le budget de l’état qui devrait être essentiellement consacré au financement des grands projets struc turels et organisationnels (formation, éducation, infrastructures, etc.). les budgets des collectivités locales qui pourraient être investis, au moins en partie, dans des opérations de réhabilitation et de restauration, surtout que les bud gets de certaines de ces collectivités proviennent de recettes de ressources biologiques, entre autres fores tières. Les financements de ces opérations, constitue raient, en fait, des investissements permettant à ces collecvtivités locales de s’assurer des revenus plus ou moins permanents à travers le développement de ces ressources pour des fins d’exploitation durable. investissements du secteur privé, surtout dans certai nes opérations de valorisation de la biodiversité (écotourisme, aquaculture, reboisements, élevages de races locales, etc.). Ces projets, s’ils permettent de créer des emplois, d’augmenter la consommation d’espace et de ressources, etc. favorisent aussi le développement des espèces, des races et des écosys tèmes visés dans ces investissements. les budgets extérieurs, sous forme de dons ou de cré dits, devraient, de par leur nature et leur importance, être destinés au financement des “grandes oeuvres” de conservation dont des études de grandes envergu res, la mise en place de sanctuaires, d’aires protégées, la mise en place d’actions associatives ciblées, etc. IV-C.6- INSTRUMENTS LEGISLATIFS ET INSTITUTIONNELS IV-C.6-1- LEGISLATION ACTUALISEE ET TEXTES DISSUASIFS IV-C.6.1.a - TEXTES DISSUASIFS Disposer d’un arsenal juridique national actualisépour répondre aux nouveaux besoins de protection et de conservation des ressources biologiques forestiè res, agricoles, marines, des zones humides, etc., c’est disposer d’un instrument qui est actuellement non seu lement stratégique mais urgent et vital. C’est un dispo sitif qui est susceptible de contribuer à une meilleure conservation et à une meilleure gestion et utilisation des espèces et des espaces. En effet, pratiquement tou tes les études relatives aux ressources biologiques nationales, aussi bien continentales que marines, sont unanimes sur l'ancienneté d’un grand nombre de textes législatifs, sur leur dépassement par l’évolution de l’impact des activités anthropiques, sur leur inadéqua tion et leur incompatibilité avec le contexte actuel, sur leur passivité, leur manque d'agressivité et de dissua sion, sur le manque de textes d'applications, sur le manque de rigueur dans le contrôle, etc. Certains 96 ARTICLE 8: CONSERVATION IN SITU Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra c- Réglemente ou gère les ressources biologiques présentant une impor tance pour la conservation de la diversité biologique à l'intérieur comme à l'extérieur des zones protégées afin d'assurer leur conservation et leur utilisation durable; k- formule ou maintient en vigueur les dispositions législatives et autres dispositions réglementaires nécessaires pour protéger les espèces et populations menacées; l-lorsqu'un effet défavorable important sur la diversité biologique a été déterminé conformément à l'article 7, réglemente ou gère les processus pertinents ainsi que les catégories d'activités; CDB de ces textes sont même considérés comme complète ment dépassés et fortement érodés. IV-C.6.1.b - TEXTES PREVENTIFS : BIOSECURITE Si les organismes génétiquement modifiés consti-tuent de nouveaux produits dont les enjeux socio-économiques, d'une importance capitale, sus citent des débats à l'échelle planétaire, leur impact écologique sur l'environnement, sur la biodiversité et sur la santé humaine, reste presque totalement inconnu. En effet, abstraction faite de leur prolifici té, leur résistance aux maladies, leur plasticité adap tative à des conditions climatiques rigoureuses, qui en font des produits plus rentables et plus compéti tifs vis-à-vis des formes autochtones dont ils pour raient induire la disparition et, aussi, hormis les risques d'apparitions de formes nouvelles dont on ne peut contrôler d'éventuelles proliféra tions, on ne connaît aux OGM, prati quement aucun autre impact négatif. Cependant, si ces OGM constituent, certes, une avancée notable dans le domaine de l'agro-alimentaire, il n'en demeure pas moins qu'ils posent de nombreuses questions fondamentales qui nécessitent la recherche de répon ses appropriées. Aussi, face aux risques divers qu'ils sont susceptibles d'induire, la vigilance doit rester de mise et des textes réglementaires et juridiques doivent prémunir le pays d'éventuelles nuisances. IV-C. 6-2- LEGISLATION REPONDANT A L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DU MAROC Avoir de textes legislatifs actuali-sés, spécifiques, agressifs et effi cient est, certes une étape vitale pour la réduction de l’impact des activités anthropiques nuisibles sur diverses composantes de la biodiversité natio nale. Cependant, il est tout aussi pri mordial de s’armer de textes d’ampleur internationale, permettant de protéger certains éléments de la biodiversité nationale ayant un intérêt international et, en même, temps rester en harmonie avec divers engagements internatio naux du Maroc dans le domaine de l'environnement, en général, et de la biodiversité en particulier. L'ancienneté des textes législatifs marocains en matière de protection des ressources biologiques, témoignent que la prise de conscience au Maroc de la conservation des élé ments de la nature ne date pas d'aujourd'hui, mais, la ratification, entre autres, de la Convention sur la Diversité Biologique, la Convention de Ramsar, et bien d’autres, suggère un effort national supplémen taire de mise au diapason et à niveau de nos textes par rapport à l'évolution internationale des concepts environnementaux, en général, et en matière de bio diversité, en particulier. IV-C.6-3- INSTITUTIONS SPECIFIQUES ET AUTONOMES La polycéphalie qui régit la gestion administra-tive / scientifique, etc. de la biodiversité natio nale, l’insufisance des moyens humains et de com pétences nationales, déjà dispersées entre plusieurs départe ments, l’insuffisance des moyens de contrôle, la lenteur dans la prise de déci 97 Plusieurs types de menaces qui pèsent sur la biodi versité nationale et qui ont besoin d’une législation actualisée et dissuasive. Prélévement de sable Défrichements Surexploitation de la végétation des zones humides Pollutions diverses Gaspillage de l’eau surpâturage Mauvaise utilisation des ressources Braconnage: tortues grecques Dérangements des espèces dans leurs habitats sions qui demande une multitude de relais admi nistratifs, l’état parfois délabré de nombreuses composantes de la biodiversité nationale, l’urgen ce des actions à prendre, etc. imposent certaines restructurations et réorganisations administratives. En effet, si on prend l’exemple les zones humides nationales, les chenaux intertidaux (eau de surface) font partie du domaine maritime, une partie des vasières dépendent du département de l'équipe ment, la flore et la faune ainsi que le sol ne peuvent être gérés que par les Eaux et Forêts, la majorité des terres agricoles entourant la lagune dépendent de l'administration de l'Intérieur, certaines terres appartiennent au département des Habbous et des Affaires Islamiques,d’autres à des particuliers, etc. Il en découle que même si des plans de gestion d'une zone humide existent ce qui est le cas, par exemple, de la Merja Zerga, la multitude d'interve nants rend pratiquement impossible toute interven tion urgente de conservation, pourtant ce milieu est touché par toutes sortes de nuisances, pour la plu part, d'origines anthropiques. La solution résiderait dans l'institution d'une struc ture administrative unique habilitée à statuer (avec un comité restreint) sur les mesures à prendre pour chacune des zones humides nationales. Et ce qui est le cas pour les zones humides l’est également pour les autres écosystèmes et ressources naturelles. D’autre part, s’il urge de procéder à des réorganisa tions institutionnelles pour faire face à la dégrada tion de plus en plus prononcée de certains éléments de la biodiversité, il est tout aussi urgent, de s’ar mer d’instruments institutionnels spécifiques et efficients dans d’autres domaines tout aussi vitaux tels que la recherche scientifique, la sensi bilisation, le financement, etc. L’un des exemples est celui de la recherche scien tifique dans le domaine de la biodiversité marine: près de 3500 km de côtes, un secteur stratégique sur le plan socio-économique, un nombre extrê mement réduit de spécialistes, des compétences dispersées dans diverses institutions et dans diverses villes, des moyens rédimentaires répar tis, en plus, sur diverses institutions, etc.; autant d’anomalies qui vont à l’encontre d’une recher che ciblée et efficace pour une meilleure connais sance et une meilleure gestion de la biodiversité marine nationale. La solution résiderait, là égale ment, dans l’institution d’un Centre d’Océanographie National regroupant les diver ses compétences nationales et optimisant les efforts humains et financiers. D’autres exemples pourraient être également cités du domaine terrestre, mais l’objectif demeu re le même, c’est à dire mieux s’organiser pour mieux optimiser les moyens et mieux cibler les objectifs de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité. IV-C.7- INSTRUMENTS DE COOPERATION IV-C.7.1-COOPERATION ET PARTENARIAT La coopération est un instrument méthodolo-gique international et primordial pour l'acquisi tion de l'expérience, de la compétence, des nouvel les technologies et des soutiens financiers en matiè re de conservation, de gestion et d’utilsation durable de la biodiversité, de l'appui scientifique et finan cier, etc.. C’est un moyen d’acquisition, donc, des moyens indispensables pour la réalisation des pro grammes de protection des ressources génétiques, des espèces et des espaces. L'article 5 de la Convention sur la Diversité Biologique est, d'ailleurs, très explicite dans ce sens. De plus, la perte de la biodiversité dans un pays donné à des incidences non seulement sur ses systè mes écologiques et économiques, mais sur ceux du monde entier. Aussi, conscient de l’internationalité des problèmes environnementaux, en général, et biodiversitaires en particulier, et de l'importance de la coopération dans la réalisation de ses stratégies de conservation de son patrimoine naturel, le Maroc a signé plus de 30 accords internationaux (conven tions, protocoles, accords, etc.) et 19 autres régio 98 PRINCIPE 7 Les états doivent coopérer dans un esprit de partenariat maondial en vue de conserver, de protéger et de rétablir la santé et l'intégrité de l'écosystème terrestre PRINCIPE 9 Les Etats doivent coopérer en vue d'accentuer le renforcement des capacités endogènes aux fins du développement durable en améliorant la compréhen sion scientifique et technologiques en et en facilitant la mise au point, l'adap tation , le diffusion et le transfert de techniques y compris de techniques nou velles et novatrices Déclaration de Rio ARTICLE 18: COOPERATION SCIENTIFIQUE ET TECH NIQUE 1-Les parties contractantes encouragent la coopération technique et scientifique internationale dans le domaine de la conservation et l'u tilisation durable de la diversité biologique (…); 2-Chaque partie encourage la coopération technique et scientifique avec d'autres parties contractantes (…); 3-La conférence des parties (…) pour encourager et faciliter la coopération technique et scientifique; 4-Conformément à la législation (…) les parties contractantes encouragent (…) des modalités de coopération (…); Les parties contractantes encouragent (…)l'établissement de pro grammes de recherche conjoints (…). CDB 99 naux, se rapportant, d'une manière ou d'une autre, au domaine de la biodiversité. Encourager la coopération scientifique et technique pourrait aider notre pays à former des spécialistes, à s'informer sur les expériences des autres et les tech niques nouvelles, à profiter des ressources géné tiques des autres pays, etc. La communauté internationale, de par la Convention sur la Diversité Biologique, convoite également un profit équitable international des avantages des ressources génétiques mondiales et, dans ce sens, et pour ne parler que des groupes ter restres très largement dominés par les ressources végétales, il importe de signaler que le Maroc a signé plusieurs conventions internationales dont "la Convention Internationale pour la Protection des Obtentions Végétales", dite UPOV, et a des coopé rations bilatérales avec de nombreux organismes spécialisés dont l'ICARDA, l'IPGRI, le Royal Botanic Garden, etc.). Il fait également partie de réseaux phytogénétiques régionaux dont celui de l'Afrique du Nord et de l'Asie. Le résultat de cette coopération est, par exemple, que des ressources génétiques nationales sont utilisées par un grand nombre de pays étrangers dont l'Australie, les Etats Unis d'Amérique, etc.). Le Royaume du Maroc a également signé un accord avec la FAO portant création de collections phyto génétiques de base placées sous les auspices de cette dernière et qui intègre le réseau international d'é changes de collections de base conservées dans des banques génétiques. IV-C.7.2- COOPERATION POUR LA SAUVE GARDE DU PATRIMOINE INTERNATIONAL Les espèces migratrices constituent un patrimoinemondial ou, du moins international, et sa conser vation et son utilisation durable et rationnelle nécessi tent des efforts internationaux, une coopération et une collaboration de tous les pays ou du moins ceux “visi tés” par ces espèces. Les aloses ou les anguilles qui, selon le stade de leurs vies, se rencontrent en mer ou en eaux douces dans diverses régions différentes du monde ou encore les oiseaux migrateurs qui survolent des continents et des pays qui se nourrissent, se repro duisent et se reposent dans des pays différents, sont cer tains de ces exemples d'espèces autour desquelles une coopération internationale devrait être développée, d'une part, pour assurer la pérennité de leurs espèces et, d'autre part, pour en assurer l’utilisation rationnelle et durable (pêche chasse, etc.). ARTICLE 7: IDENTIFICATION ET SURVEILLANCE Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra, notamment, aux fins des articles 8 à 10: d-Conserve et structure à l'aide d'un système de données résultant des activités d'identification et de surveillance entreprises conformé ment aux alinéas a), b) et c) ci dessus. CDB ARTICLE 5: COOPERATION Chaque partie contractante, dans la mesure du possible et selon qu'il conviendra, coopère avec d'autres parties contractantes, direc tement ou, le cas échéant, par l'intermédiaire d'organisations internationales compétentes, dans des domaines ne relevant pas de la juridiction nationale et dans d'autres domaines d'intérêt mutuel, pour la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique. ARTICLE 14: ETUDE D'IMPACT ET REDUCTION DES EFFETS NOCIFS Chaque partie contractante, dans la mesure du possible te selon qu'il conviendra: c - Encourage sur une base de réciprocité, la notification, l'échange de renseignenemt et les consultations au sujet des activités rele vant de sa juridiction ou de son autorité et susceptibles de nuire sensiblement à la diversité biologique d'autres états ou de zones situées hors des limites de la juridiction nationale, en encourageant la conclusion d'accords bilatéraux, régionaux ou multilatéraux, selon qu'il conviendra. ARTICLE 17: ECHANGE D'INFORMATIONS 1 - les parties contractantes facilitent l'échan,ge d'informations, provenant de toutes les sources accessibles au public, interessant la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique en tenant compte des besoins spéciaux des pays en développement. 2 - Cet échange comprend l'échange d'informations sur les résultats des recherches techniques, scientifiques et socio-économiques ainsi que d'informations sur les programmes de formation et d'études, les connaissances spécialisées et les connaissances autoch tones et traditionnelles en tant que telles ou associées aux technologies visées au paragraphe 1 de l'article 16. Cet échange com prend aussi, lorsque c'est possible, le rapatriement des informations. ARTICLE 19: GESTION DE LA BIOTECHNOLOGIE ET REPARTITION DE SES AVANTAGES 1 - chaque partie contractante prend les mesures législatives, administratives et politiques voulues pour assurer la participation effective aux activités de recherche biotechnologique des parties contractantes, en particulier les payys en développemment, qui fournissent les ressources génétiques pour ces activités de recherche, si possible dans ces parties contractantes. CDB IV-C.8- INSTRUMENTS DE SURVEILLANCE (INDICATEURS) IV-C.8.1- GENERALITES SUR LES INDICATEURS IV-C.8.1.1- “Surveillance” et “Suivi” Maintenir la diversité des êtres vivants dans unpays ou dans un écosystème donné, nécessite des instruments méthodologiques de base, d'une part, pour suivre, pas-à-pas, les changements de l'é tat de son patrimoine vivant et, d'autre part, pour le contrôle de l'efficacité aussi bien de l'utilisation de cette biodiversité que des instruments et dispositifs adoptés pour sa conservation et sa protection. Ces instruments méthodologiques correspondent géné ralement au "suivi" et la "surveillance" (communé ment appelée Monitoring) de la biodiversité. Ce sont, en fait, deux approches différentes qui, s'el les ambitionnent toutes les deux à se procurer de l'information, la qualité requise de cette dernière n'est pas la même. En effet, on parle de "suivi" qand les objectifs sont précis. Le suivi se trouve, ainsi, appliqué à des activités à but spécifique et est, par conséquent, étroitement lié à des programmes, des mesures et des projets concrets (Ex: dégâts causés par un ravageur dans une forêt donnée). Quant à la surveillance, elle consiste plutôt en des observations, régulières et à long terme, du compor tement de l'une des composantes de l'environnement pour en déceler les tendances. Contrairement au suivi, le monitoring n'est forcément pas lié à un pro jet précis limité dans le temps; il permet, surtout, à travers une observation continue, de déceler à une phase précoce, des problèmes écologiques qui devraient, par la suite, être analysés et résolus par les méthodes appropriées qui s'imposent. La sur veillance est d'ailleurs un volet clairement stipulé dans l'article 7 de la Convention sur la Diversité Biologique. Cependant, dans la mesure où, en raison des moyens souvent limités et de la grande diversité des facteurs interagissant dans un écosystème donné, il est impossible de surveiller toutes les composantes de cet écosystème. On a ainsi toujours fait recours à un monitoring se basant essentiellement sur le sys tème des "indicateurs" qui sont des indices choisis pour déceler les réactions biologiques, physiques ou chimiques quantifiables à un stress particulier, pré cédant éventuellement l'apparition d'effets défavo rables sur le système concerné. Dans le contexte de l'engagement du Maroc pour la mise en œuvre de la Convention sur la Biodiversité, et dans le cadre de l'élaboration de sa stratégie et son plan d'action nationaux pour sa conservation et son utilisation durable, l'i dentification d'indicateurs permettant de rendre compte des changements de l'état du patrimoine vivant, ne peut que contribuer à mieux gérer ce patrimoine. Ces indicateurs sont indispensables pour : IV-C.8.1.1- Intérêts de la surveillance MIEUX RENDRE COMPTE DE L'EVOLUTION DES ELEMENTS DE LA BIODIVERSITE Faire une évaluation globale de la richesse bio-logique d'un écosystème donné est un travail de base pour l'élaboration de toute approche de conservation. Mais, aussi précise que soit cette évaluation, la nature du système, fait d'espèces et de peuplements, dynamiques et mouvants dans le temps et dans l'espace, ainsi que l'action anthro pique de plus en plus croissante, imprévisible et aléatoire, suggèrent des approches préventives qui visent l'évaluation temporelle des tendances de cette dynamique et, par conséquent, une meilleure connaissance de ces tendances et une meilleure orientation des approches de conservation. L'exemple des quantités de thonidés capturées annuellement (1986 à 1995) le long des côtes marocaines montre l'importance de la sur veillance pour d'éventuelles nouvelles approches dans l'exploitation normale de cette ressource ou d'éventuels problèmes intrinsèques aux populations. En effet, les thonidés, ont vu leur taux de capture quadrupler en une dizaine d'années, ce qui veut dire soit que le nombre de pêcheurs et/ou la qua lité d'infrastructures a augmenté soit, encore, que l'effectif des thonidés a augmenté dans notre pays et que les mêmes moyens ont permis d'en captu rer de plus grandes quantités. L'indicateur "quan tité pêchée annuellement", comme tout indica teur, donne des informations précieuses, mais qui restent toujours insuffisantes pour résoudre un problème donné. Il permet surtout de se poser un certain nombre de questions sur le devenir d'une ressource et trouver, en utilisant d'autres indica teurs complémentaires, des éléments de réponses et des scénarios pratiques pouvant réduire la menace qui pèse sur une ressource donnée. 100 CONSTITUER DES BASES SCIENTIFIQUES FIA BLES POUR LA PRISE DES DECISIONS Prendre une décision claire, et au moment oppor-tun, nécessite, logiquement, des informations précises, fiables et actualisées. Cependant, une information, aussi précise soit elle, ne peut permett re d'élaborer une stratégie à moyen et long termes sans un cumul historique de données. Les informations cumulées lors de la surveillance constitue un outil précieux pour l'élaboration d'une politique générale (ou sectorielle), harmonieuse et intégrée pour la conservation et la gestion rationnel le des ressources biologiques naturelles du pays. Et, de tous les secteurs de l'environnement (eau, sol, pollutions diverses, etc.), le domaine de la biodiver sité est celui où le manque en données scientifiques historiques se fait le plus sentir. Il y a, certes, des statistiques des pêches, par exemple, la quantité de gibier chassé, la quantité de jonc prélevé dans une zone humide, etc.; mais, dans la majorité des cas, ce sont des informations relatives à une seule espèce (ou un groupe limité d'espèces), ne provenant pas d'observations directes, mais de recensements, par fois sous évalués, et sur lesquels une stratégie rationnelle ne peut être fondée. L'autre exemple simple, traduisant la quantité d'une espèce de mollusque récoltée dans une lagune maro caine, montre que même si les données ne concer nent que trois années, l'espèce est soumise à une charge anthropique intense qui menace son existen ce dans ce milieu. Les données sur cette espèce, et sur bien d'autres espèces et d'autres milieux, devraient constituer une base d'informations per mettant d'évaluer, de façon directe, et à chaque moment l'état de la ressource et l'ampleur des efforts investis en faveur du maintien de ses populations et la durabilité de sa production. EVALUATION DE LA POLITIQUE DE LA CONSER VATION ET DES APPROCHES ADOPTEES Même quand on dispose d'informations histo-riques suffisantes, qu'on utilise d'autres indicateurs complémentaires pour élaborer une stratégie et des actions jugées cohérentes, rien ne garantit la pertinence et l'efficience des approches adoptées pour conserver une composante mena cée donnée de la biodiversité nationale. Observer la réaction de cette composante et surveiller ses tendances constitue le moyen le plus sûr pour vérifier, sur le terrain, l'efficience des méthodes et les moyens mis en œuvre pour la conservation de cet élément. C'est aussi le moyen le plus sûr pour vérifier l'har monie entre les résultats obtenus sur le terrain et les objectifs fixés. C'est ainsi que la poursuite de la dégradation de cette composante, par exemple, après lui avoir appliqué des scénarios et des actions de protection, témoignerait que l'approche adoptée n'est probablement pas la plus appropriée (soit que d'autres éléments n'ont pas été pris en considération dans la stratégie soit encore que la méthode elle même n'est pas adaptée au problème considéré). Dans ce cas, on ne peut que se mettre à l'évidence et être résigné à constater et à conclure que les objec tifs arrêtés ne peuvent être atteints et, s'imposera alors, une reconsidération et une réorientation plus intégrée des approches. IV-C.8.1.1- Indicateurs et contextes CONTEXTE INTERNATIONAL Le Maroc était parmi les premiers pays signatai-res de la Convention sur la Diversité Biologique (PNUE, 1992). Trois ans après, (août 1995), il a ratifié cette convention et a, par consé quent, a pris l'engagement de tenir en considération la composante biodiversitaire dans ses plans de développement durable, de concevoir et de réaliser des stratégies et des actions nationales pour la conservation et l'utilisation durable de son propre patrimoine faunistique, floristique, écosystémique et génétique, considéré également comme un patri moine mondial. L'article 7 de cette convention, très clair dans ses propos, énonce l'engagement des diverses parties signataires quant à la surveillance de la biodiversité et les activités connexes. Le Maroc est également signataire de plusieurs aut res conventions et accords internationaux (Ramsar, Bonn, Alger, etc.) l’engageant à prendre en considé ration la composante environnementale dans sa politique de développement socio-économique. Cependant, la CDB, de par l’éventail de son champs d’action, constitue le cadre idéal pour répondre à une grande partie de cet engagement. CONTEXTE NATIONAL Réponse officielle du Maroc à la Convention,l'Etude Nationale sur la Biodiversité, la Stratégie et le Plan d'Action nationaux, dans leurs orientations stratégiques, insistent sur l'importance de poursuivre l'évaluation, et ce de façon continue, des statuts des espèces, des tendances de leurs populations ainsi que les causes des changements des peuplements. C'est, 101 d'ailleurs, la seule façon de pouvoir élaborer des stra tégies judicieuses, scientifiquement et statistiquement valables, pour la conservation de la biodiversité et l'u tilisation durable de ses diverses composantes. Certaines de ces orientations, précisées implicitement ou explicitement dans la stratégie, sont particulière ment importantes. Parmi ces orientations : · L'amélioration des connaissances sur la biodiversi té, l'élaboration et la réalisation de programmes de recherche pour mieux comprendre les fonctionne ments des écosystèmes, mieux évaluer la réussite ou l'échec des politiques et programmes de conser vation et d'utilisation durable et mieux intégrer la surveillance des paramètres biologiques et autres; · La poursuite de l'évaluation pour l'amélioration des approches de la collecte, la mise en commun, l'analyse et la diffusion de l'information requise; · L'élaboration et l'utilisation des indicateurs de la biodiversité qui sont susceptibles de rendre comp te des changements de la biodiversité nationale et de l'impact des différents facteurs anthropogé niques sur les espèces, les écosystèmes et le patri moine génétique national. CONTEXTE CONCEPTUEL DISPOSITIONS GENERALES DE LA SURVEILLANCE La surveillance est une approche et une méthodo-logie engageant tous les pays signataires de la Convention sur la Diversité Biologique; cependant, les éléments à surveiller et les problèmes suggérant cette surveillance diffèrent considérablement d'un pays à l'autre, voir même à l'intérieur du même pays d'une région à l'autre ou d'un écosystème à l'autre. Cependant, l'approche reste la même et consiste à observer et à analyser les différents éléments de cette biodiversité pour en extraire les tendances. L'Etude Nationale sur la Biodiversité et les différen tes stratégies sectorielles élaborées par divers dépar tements concernés (Eaux et Forêts, Pêche maritime, Environnement, etc.), ont permis de mettre en évi dence la grande richesse, l'originalité et la diversité des ressources biologiques vivantes du Maroc. Cependant, on ne peut prétendre pouvoir utiliser toute cette masse de données pour des fins de conservation et d'utilisation durable. Ainsi, s'il est quasiment impossible de pouvoir com prendre et mesurer toutes les relations et interactions à l'intérieur d'un seul écosystème donné; alors, quand il s'agit d'un complexe d'écosystèmes, constituant tout un pays comme le Maroc, façonné par des fac teurs climatiques, géologiques, historiques, culturel les, etc., tous aussi diversifiés que riches, la tâche est encore plus difficile. En effet, la diversité de ces para mètres concepteurs de cette mosaïque de paysages, et la diversité de leurs interactions, se sont traduites au niveau biodiversitaire par une multitude d'écosystè mes, très différents les uns des autres, allant des habi tats désertiques, arides et presque azoïques, aux forêts d'altitudes, denses, humides et très riches en faune et flore, en passant par des plaines, des zones humides continentales, des estuaires, des lagunes et, environ, un million de km2 d'eaux marine. C'est une véritable mosaïque paysagère qui caracté rise notre pays et qui explique la diversité et l'origi nalité de sa faune et sa flore. Cette diversité de milieux et de cultures s'est traduite également par une diversité de comportements et de traditions dans l'utilisation de divers éléments de la biodiversité par les populations locales. Il en découle que, tout en tenant compte des parti cularités de la diversité biologique nationale et des normes utilisées à l'échelle internationale, il faut faire un choix, d'entre les données existantes, d'in formations ou de groupes d'informations, pouvant refléter aussi fidèlement que possible, les tendances de la santé de notre patrimoine vivant. Il s'agit des "indicateurs" qui, surveillés sur un certain laps de temps, devraient renseigner, indirectement, aussi bien sur l'état de l'écosystème, que sur l'efficacité des approches et des politiques suivies dans les pro cessus de conservation. Toutefois, le domaine de la biodiversité ayant un carac tère national, plurirégionale, multisectoriel et géré par pratiquement tous les départements d'Etat, suggère la mobilisation de moyens humains et matériels apparte nant à toutes les régions du pays et requiert une infor mation comparable dans le temps et dans l'espace. Il est donc vital qu'avant le démarrage des program mes de surveillance, que trois éléments de base soient déjà mis en place : des groupes d'experts, d'observateurs, de techni ciens régionaux et/ou de bénévoles, travaillant sous l'égide d'un réseau national, pour assurer la surveillance des changements de divers éléments de la biodiversité nationale; des protocoles standards pour le plan des études, des méthodes d'échantillonnage, d'analyse des 102 échantillons et des données ainsi que la communi cation des résultats. Ceci sous entend la préparation de méthodes de surveillances adaptées à notre bio diversité, à nos problèmes environnementaux et à notre contexte socio-économique. Ces approches doivent être : utilisables sur une grande échelle dans notre pays; généralement simples à utiliser (avec peu de forma tion), mais si nécessaire, faire appel à des approches nécessitant des compétences spécialisées; applicables non seulement à une seule espèce, mais au moins à des groupements d'espèces; sauf pour des espèces particulières; mesurent des attributs indiqués explicitement par les gestionnaires et les populations locales. DISPOSITIONS PARTICULIERES DE LA SURVEILLANCE. Une fois les réseaux constitués et les méthodes etles procédures de surveillance arrêtées et adoptés, il faudrait que soient : définis pour chacun des groupes ses "raisons de sur veillance", c'est à dire, la délimitation de la zone et des éléments de la biodiversité à surveiller (il est évident que "l'Etude Nationale sur la Biodiversité" et "l'Etude Nationale sur les Aires Protégées" constitueraient des outils majeurs pour la définition de ces raisons); élaborés des calendriers précis d'exécution dans diverses régions du Maroc; définies, avec précision, clairement et définitivement, les tâches de chacun des acteurs participant à ces opérations de surveillance. CONSIDERATIONS DANS LE CHOIX DES INDICATEURS Quand on sait qu'il est difficile, du fait desinteractions entre ses diverses composantes de la biodiversité (diversité écosystémique, diver sité spécifique, diversité génétique, aspects socio économiques, etc.), d'établir à l'intérieur d'un même écosystème des indicateurs fiables de sur veillance des changements de la biodiversité, on est en droit de penser qu'il doit être bien plus dif ficile de trouver des paramètres communs, dans un pays comme le Maroc, fait d'écosystèmes très différents les uns des autres (désert, forêts de hau tes montagnes, fonds marins, retenues de barra ges, etc.) pour rendre compte des changements subis et des risques encourus par les uns et les autres de ces écosystèmes. Ainsi, au lieu d'utiliser des indicateurs communs à tous les types d'écosystèmes, comme il a été le cas dans certains pays, nous avons cru opportun et utile de donner des indicateurs correspondant à chacun de divers niveaux de la biodiversité, sachant, évi demment, que la biodiversité se situe à des échelles multiples et elle doit, par conséquent, être mesurée selon une gamme d'échelles. Nous avons ainsi pro posé des indicateurs pour les unités suivantes : chacun des quatre grands types d'écosystèmes nationaux (forestier et steppique, marin, agricole, aride, et celui des zones humides); l'ensemble des espèces menacées, endémiques, en voie de disparition, etc., c'est à dire, les espèces à risque qui nécessitent des interventions urgentes, des approches différentes et une attention particu lière. Ces formes de vie constituent, effectivement, la pièce maîtresse dans la Convention sur la Diversité Biologique; les mesures d’accompagnement correspondant aux aspects scientifiques, législatifs, etc. et qui, dans l'un ou l'autre des écosystèmes, exprimeraient la même nature d'informations, c'est à dire évaluer l'intérêt que porte le pays à divers aspects de la biodiversité et, enfin; certains autres facteurs environnementaux qui, s'ils ne dépendent pas directement de la diversité biologique peuvent avoir des effets sur cette der nière (pollution, pauvreté, démographie, etc. Aussi, et afin que les indicateurs soient comparables avec ceux utilisés par la communauté scientifique internationale, nous avons adopté le système "PSR" (Pressure-State-Response), fréquemment employé dans les programmes de surveillance et qui consiste à subdiviser les indicateurs en trois grands types : • les indicateurs d'état qui renseignent sur la situa tion d'un élément biodiversitaire donné, tel est l'exemple de la "densité d'une espèce"; • les indicateurs de pression qui rendent compte de la pression naturelle (sécheresse, ravageurs, etc.) ou anthropique (surpêche, pollution, etc.) exercées par les activités humaines sur la biodiversité, telles que la quantité de métaux lourds dans un égout industriel d'une usine; • les indicateurs de réponse qui rendent compte des efforts consentis pour répondre à une problématique donnée (exemple de crédits alloués au reboisement). CARACTERISTIQUES D'UN INDICATEUR Une fois que les critères de choix des indicateursdéfinis, il faut que ces derniers répondent à des normes requises de fiabilité et d'efficacité. Ainsi 103 pour qu'un indicateur soit efficace, il faut qu'il soit : • facile à mesurer pour pouvoir être utilisé par des observateurs, volontaires non spécialistes; • correspondant à une procédure normalisée réputée fia ble, avec une grande précision; • facile à comprendre même par un profane; • prévisionnel, fournissant une indication d'un effet défavorable quelconque avant que l'environne ment ne subisse un dommage grave; • sensible aux faibles perturbations ou aux premiè res étapes du problème; • diagnostique, donc suffisamment spécifique à un problème pour augmenter la certitude de mettre en évidence la cause d'un effet; • opportun et d'un bon rapport coût-efficacité, c'est à dire, doit fournir des informations assez rapide ment pour que l'on puisse prendre des mesures de gestion avant qu'il n'y ait des répercussions graves sur l'environnement et doit être également peu coûteux à mesurer tout en fournissant le plus pos sible d'informations par unité d'effort; • non destructif, autrement dit, que sa mesure ne doit pas être destructive pour l'élément biodiversitaire à évaluer. IV-C.8.2- INDICATEURS ADOPTES POUR LA STRATEGIE MAROCAINE IV-C.8.2-1- Indicateurs de la Biodiversité forestière INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE INDICATEURS D'ETAT F1-DB - Variation de la superficie de la forêt marocaine. F2-DB - Variation de la superficie de chaque essence par rapport à la superficie totale de la foret marocaine. F3-DB - Variation de la structure, par classes d'âge, de la forêt marocaine et de ses différentes essences. F4-DB - Variation de la richesse spécifique totale (Flore et Faune) de la forêt marocaine. F5-DB - Variation de la richesse spécifique dans chacune des formations forestières nationales et le pourcentage de chacune de ces listes par rapport à la liste forestière nationale. F6-DB - Variation de la densité de l'essence principale dans chacune des forêts marocaines. F7-DB - variation du nombre, par essence forestière, des espèces endémiques et leurs densités. F8-DB - variation des superficies destinées à la conservation des ressources génétiques forestières autochtones. INDICATEURS DE PRESSION F9-DB - Variation, par formation forestière, du nombre et de la densité d'espèces ayant un intérêt socio-économique. F10-DB- Variation, par formation forestière, de la quantité prélevée par espèce d'intérêt socio-économique. F11-DB -Variation par formation du nombre des espèces animales et végétales menacées. INDICATEURS DES FACTEURS ECOLOGIQUES DE LA FORET INDICATEURS D'ETAT F12-FA - variation du QIS (Indice de Qualité Inhérente au sol). F 13-FA -Variation de la quantité de sol. F14-FA -Variation du bilan hydrique. INDICATEURS DE PRESSION F15-FA -Variation de l'érosion hydrique. F16-FA -Variation de l'érosion éolienne. F17-FA-Variation de la superficie des sols forestiers dégradés. F18-FA-Variation du niveau de la nappe phréatique. F19-FA -Variation de la qualité des eaux. INDICATEURS DE LA PRODUCTIVITE DE LA FORET INDICATEURS D'ETAT F20-P- Variation du pourcentage et du taux de régénération des essences forestières et des peuplements boisés. F21-P- Variation de la biomasse par essence forestière et par classe d'âge. F22-P- Variation de la densité du tapis végétal (indice foliaire). F23-P- Variation du taux de recouvrement du sol. 104 L’état de santé d’une forêt se mesure, entre autres, à son étendue, sa densité, la diversité de ses composantes et son inté rêt socio-économique INDICATEURS DE PRESSION F24-P- Variation du pourcentage de la superficie forestière avec un sol dégradé. F25-P- Variation du nombre et de la densité des ravageurs. F26-P- Variation, par essence, du nombre et de l'ampleur des maladies (exprimée en %). F27-P - Variation de la fréquence annuelle des incendie et des superficies forestières brûlées. F28-P- Variation de la charge pastorale, par formation forestière. F29-P- Variation, par formation, de la superficie anthropisée. F30-P- Variation du degré de fragmentation de la forêt. INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA FORET INDICATEURS D'ETAT F31-SE- Variation de la contribution au produit intérieur brut du secteur forestier. F32-SE- Variation de la superficie destinée pour la production de bois. F33-SE- Variation du nombre d'espèces et de la densité des populations d'intérêt économique. F34-SE- Variation des bénéfices tirés des ressources forestières au profit des populations riveraines. F35-SE- Variation du nombre d'emplois généré par le secteur forestier. F36-SE- Variation de l'importance de l'industrie en rapport avec les ressources forestières. INDICATEURS DE PRESSION F37-SE- Variation du bénéfice net. F38-SE- L'utilisation de la forêt pour les biens et les services non commerciaux. F39-SE- Variation du nombre de personnes / familles bénéficiant effectivement des droits d'usage ou dont l'économie s'appuie largement sur la forêt. F40-SE- Variation des superficies forestières utilisées à des fins de culture par rapport à la surface de la formation forestière concernée. INDICATEURS DE REPONSE DE LA BIODIVERSITE FORESTIERE F41-FR- Variation du nombre d'espèces et de variétés animales et végétales appartenant à l'écosystème forestier qui sont conservées. F42-FR - Variation de la nature et de la qualité des structures désignées pour la conservation des germoplasmes et des ressources phytogénétiques. F43-FR- Variation du nombre de taxa présents dans des structure de conservation ex-situ (jardins botaniques, parcs zoologiques, etc.) sujets à des plans de réhabilitation / restauration. F44-FR- Variation de la superficie protégée de la forêt et de son pourcentage par rapport à la surface forestière totale. F45-FR- Mesures prises pour la conservation de la quantité et la qualité des sols et des eaux. F46-FR- Variation du pourcentage d'utilisation des énergies autres que le bois. F47-FR - Variation de la superficie des terres reboisées par an pour remplacer le bois de feu et d'industrie utilisé. F48-FR- Variation des superficies réhabilitées et reconstituées des zones forestières dégradées. F49-FR- Degré de l'engagement de l'état dans des programmes d'introduction des énergies de substitution. F50-FR- L'existence, promulgation, et révision par les pouvoirs publics de lois / textes d'application sur la gestion du domaine forestier. F51-FR- Variation des dépenses consacrées à la surveillance, à l'aménagement, au développement et à la mise en valeur du domaine forestier. F52-FR- Variation du budget annuel consacré à la recherche sur la biodiversité dans le domaine forestier F53-FR- Participation du Maroc aux conventions relatives au domaine forestier. V-C.8.2-2-Indicateurs de la Biodiversité agricole INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE AGRICOLE INDICATEURS D'ETAT A1-DB- Variation de la superficie des terres arables. A2-DB- Variation de l'occupation du sol. 105 L’évolution de la biodiversité agri cole dépend d’un grand nombre de facteurs dont la surface de la SAU, les précipitations, etc. A3-DB- Variation de la richesse spécifique non domestiquée de l'écosystème agricole et de l'abondance relative. A4-DB- Variation de la liste des espèces endémiques. A5-DB- Variation du nombre de variétés cultivées et de races animales. A6-DB- Variation du nombre de variétés et de races introduites et améliorées génétiquement. A7-DB- Variation du nombre et des densités des espèces sauvages apparentées aux espèces cultivées. A8-DB- Variation des superficies occupées par les variétés locales. INDICATEURS DE PRESSION A9-DB- Variation du nombre et des densités des espèces sauvages menacées. A10-DB- Variation du nombre de races animales et variétés locales menacées. A11-DB- Variation du nombre des races et variété intro duites utilisées aux dépens de races locales. A12-DB- Variation du nombre et des densités des ravageurs / maladies et l'ampleur de leurs dégâts sur les variétés et races locales. A13-DB- Taux de réduction des rendements dus à l'extension des espèces envahissantes. INDICATEURS DES FACTEURS ECOLOGIQUES DE L'AGRO-SYSTEME INDICATEURS D'ETAT A14-EA- Variation du bilan hydrique du sol. A15-EA - Variation de la quantité d'eau emmagasinée dans des barrages. A16-EA- Variation de la qualité des eaux. A17-EA- Variation des données climatiques. A18-EA- Variation de la QIS (Qualité Inhérente au Sol). INDICATEURS DE PRESSION A19-EA - Variation du taux d'érosion éolienne. A20-EA- Evolution du niveau pieziométrique dans les nappes phréatiques. A21-EA- Variation de la quantité de nitrates et des autres sels dans l'eau et le sol suite à l'utilisation excessive des engrais. A22-EA- Variation de la quantité de pesticides utilisée par unité de surface et surface des terres traitées par les pesticides. INDICATEURS DE LA PRODUCTIVITE DE L'AGRO-SYSTEME INDICATEURS D'ETAT A23-P- Variation de la richesse spécifique, des densités et des organismes vivants dans le sol. A24-P- Variation des rendements annuels des variétés et races locales. A25-P- La production animale par race/production végétale par variété (par unité de bétail). INDICATEURS DE PRESSION A26-P- Variation du pourcentage de la superficie dégradée dans la SAU. A27-P- Variation des effectifs du cheptel pâturant dans les agro-systèmes. A28-P- Evolution du ratio des terres à agriculture intensive dans la SAU. INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES DE L'A GRO-SYSTEME INDICATEURS D'ETAT A29-SE- Variation de la contribution du secteur agricole au Produit Intérieur Brut national. A30-SE- Variation de la superficie cultivée par rapport à la SAU. A31-SE- Variation des effectifs par catégories de bétail. A32-SE- Variation de la production animale/végétale par région et pourcentage par rapport aux besoins du pays. A33-SE- Variation du nombre d'emplois généré par le secteur agricole. A34-SE- Variation du nombre des espèces améliorées. A35-SE- Variation du nombre d'occasions de loisirs offertes aux populations et aux touristes. INDICATEURS DE PRESSION A36-SE- Variation du bénéfice net du secteur agricole. A37-SE- Variation du nombre de personnes / familles dont l'économie ou la subsistance s'appui sur l'agriculture / élevage. 106 Ensablement, rareté des précipi tations, dégradation du sol, etc. sont certaines des particularités des zones arides. A38-SE- Evolution du degré d'implication du secteur privé dans le secteur agricole. INDICATEURS DE REPONSE DE LA BIODIVERSI TE AGRICOLE A39-AR- Variation de la quantité utilisée de fumiers par unité de surface et des superficies des terres cultivées amendées avec des fumiers. A40-AR- Variation du nombre et de la qualité des structures désignées pour la conservation des ressources phytogénétiques. A41-AR- Variation de la superficie des terres agricoles aménagées par rapport au potentiel des terres agricoles menacées. A42-AR- Variation de la superficie concernée par les opérations de lutte intégrée. A43-AR- Variation des superficies concernées par les projets d'amélioration pastorale. A44-AR- Evolution du nombre des campagnes engagées en matières de santé animale au profit des races locales. A45-AR- Evolution des superficies concernées par des programmes de lutte contre l'érosion des sols. A46-AR- Evolution des investissements publiques ou privés, consacrés au développement des races locales menacées et des cultivars. A47-AR- Evolution des investissements dans la recher che-développement et dans l'information sur l'agro-système. A48-AR- Evolution des budgets alloués au domaine de la sensibilisation / éducation / Formation. V-C.8.2-3-Indicateurs de la Biodiversité des zones arides INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE INDICATEURS D'ETAT D1-DB- Evolution de l'indice de végétation. D2-DB- Evolution de la surface occupée par la végétation/à la surface totale du pays. D3-DB- Evolution de la surface occupée par la végétation par rapport à la superficie des zones arides. D4-DB- Evolution de la richesse spécifique et des abondances relatives (floristique et faunistique). D5-DB- Evolution des effectifs d'espèces de mammifères, de reptiles, d'oiseaux terrestres et de certains invertébrés d'intérêt écologique majeur. INDICATEURS DE PRESSION D6-DB- Evolution du taux de prélèvement de bois de feu par les populations locales. D7-DB- Evolution du taux des prélèvements de certaines espèces animales et végétales. D8-DB- Evolution de la charge animale par catégorie de bétail et par grandes zones de parcours. D9-DB- Variation du nombre total des espèces menacées. INDICATEURS DES FACTEURS ECOLOGIQUES DES ZONES ARIDES INDICATEURS D'ETAT D10-EA- Evolution des paramètres climatiques. D11-EA- Evolution de L' Indice de Qualité Inhérente au sol. INDICATEURS DE PRESSION D12-EA-Variation du taux d'érosion éolienne. D13-EA- Taux d'ensablement exprimé par les surfaces couvertes par les sables annuellement. D14-EA- Evolution du niveau piezométrique des nappes phréatiques. D15-EA- Qualité des eaux des nappes phréatiques. INDICATEURS DE PRODUCTIVITE DES ZONES ARIDES INDICATEURS D'ETAT D16-P - Evolution de l'indice de végétation . D17-P- Variation de la richesse spécifique et de la densité des espèces ligneuses. D18-P- Variation du taux de fertilité du sol. INDICATEURS DE PRESSION D19-P- Evolution de la surcharge animale. D20-P- Evolution des pertes des superficies des terres de parcours. D21-P- Diminution des surfaces des terres producti ves par l'érosion, l'ensablement ou l'urbanisation. D22-P- Evolution du nombre d'espèces ravageuses et de l'ampleur des maladies. INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA BIODIVERSITE DES ZONES ARIDES INDICATEURS D'ETAT D23-SE- Evolution de la superficie utilisée pour l'agri culture et l'élevage. D24-SE- Evolution de la part des revenus tirés de l'ex ploitation des ressources naturelles dans le revenu des ménages. D25-SE- Evolution du nombre de têtes de bétail par ménage. D26-SE- Nombre et densités des espèces d'intérêt socio économiques. INDICATEURS DE PRESSION D27-SE- Variation des quantités de produits ligneux extraits du milieu par habitant. 107 108 D28-SE- Variation du nombre et densité et d'habitants par km2 vivant de l'agriculture / élevage dans ces zones arides. INDICATEURS DE REPONSE DE LA BIODIVER SITE DES ZONES ARIDES D29-DR- Evolution des superficies aménagées dans le cadre de la lutte contre l'ensablement. D30-DR- Evolution des quantités d'eau de ruissellement régularisées. D31-DR- Evolution des superficies traitées dans le cadre de la conservation des eaux et des sols. D32-DR- Evolution des surfaces boisées / reboisées. D33-DR - Evolution du nombre de projets et d'actions incitatifs générateurs de revenus. D34-DR- Engagement des pouvoirs publics pour lutter contre la pauvreté. IV-C.8.2-4-Indicateurs de la Biodiversité marine INDICATEURS DE LA BIODIVERSITE MARINE INDICATEURS D'ETAT M1-DB - Variation de la Richesse spécifique des peuplements. M2-DB- Variation de la Structure des peuplements. M3-DB- Stocks des différentes espèces exploitées et leur structure par âge. M4-DB- Superficie des sites et la production aquacole. M5-DB- Nombre d'espèces endémiques. INDICATEURS DE PRESSION M6-DB- Quantité des ressources halieutiques extraites par espèce et par an. M7-DB- Nombre d'espèces introduites et nuisibles. M8-DB- Nombre de bateaux/embarcations / ramasseurs M9-DB- Nombre et densités des espèces mena cées et vulnérables. M10-DB- Taux de dégradation des habitats disponibles. INDICATEURS DES FACTEURS ECOLOGIQUES DE LA BIODIVERSITE MARINE INDICATEURS D'ETAT M11-FA- Variation de la salinité. M12-FA- Variation de la température de l'eau. M13-FA- Variation de la teneur en chlorophylle a. M14-FA- Variation de la granulométrie et de la qualité du sédiment. M15-FA- Variation de l'étendue de la zone côtière. M16-FA- Variation de la durée de la mise en eau. M17-FA- Niveau piézometrique des nappes phréatiques. M18-FA- Matière en suspension. INDICATEURS DE PRESSION M19-FA- Quantité du sable extrait /site /an.. M20-FA- Quantité d'azote et de phosphore. M21-FA- Qualité bactériologique de la zone littorale (eaux, sédiments et organismes). M22-FA- Concentration des métaux lourds (eau,sédi ments et organismes). M23-FA- Contaminants organiques (hydrocarbures, phénols, pesticides et détergents). M24-FA- Qualité et quantité des Déchets des Activités de Soin (DAS). INDICATEURS DE PRODUCTIVITE DE L'ECOSYSTEME MARIN INDICATEURS D'ETAT M25-P - Stocks (en biomasse) des ressources halieutiques par espèce. M26-P- Structure démographique par espèce et par stock. M27-P- Biomasse du phytoplancton. INDICATEURS DE PRESSION M28-P- Capacité de pêche (flotte/flottille, ramasseurs, etc, dans la zone immergée et ramasseurs dans la zone côtière) exerçant le long des côtes marocaines. M29-P- Intensité et prévalence des parasites/maladies et ampleur des dégâts causés par des espèces nuisibles. Les prises, le taux de pollution, les mesures de sensibilisation et d’encouragement, la littoralisation, etc. sont certains des indicateurs permettant de suivre l’évolution de la biodiversité marine nationale. INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES DE LA BIODIVERSITE MARINE INDICATEURS D'ETAT M30-SE- Contribution du secteur des pêches maritimes au PIB national. M31-SE- Superficie destinée à la production halieutique. M32-SE- Liste et densités relatives des espèces ayant un intérêt socio-économique. M33-SE- Nombre d'emplois généré par le secteur des pêches maritimes. M34-SE- Diversité de l'industrie halieutique locale. INDICATEURS DE PRESSION M35-SE- Rythme annuel d'extraction des produits halieutiques relativement au volume jugé durable. M36-SE- Bénéfice net. M37-SE- Nombre d'espèces menacées. M38-SE- Utilisation des biens et services non commerciaux de la mer. M39-SE- Nombre de pêcheurs/familles vivant du secteur des pêches maritimes et de l'aquaculture. M40-SE- Nombre de bateaux opérant dans la ZEE. INDICATEURS DE REPONSE DE LA BIODIVERSITE MARINE M41-MR- Nombre d'espèces menacées effectivement protégées/nombre total des espèces menacées. M42-MR- Nombre et superficie de zones marines effecti vement protégées. M43-MR- Diversification des produits valorisés de la pêche. M44-MR- Valorisation des espèces et des espaces peu ou pas utilisés ou utilisés de façon inadéquate . M45-MR- Taux de consommation des produits de la pêche par habitant/an. M46-MR- Programmes et budgets relatifs à la réhabili tation / restauration de la biodiversité mari ne. M47-MR- Valorisation de certains milieux fermés pour l'élevage. M48-MR- Mesures pour limiter l'impact des rejets domestiques et industriels sur l'environnement marin et ses milieux connexes M49-MR- Mesures pour diminuer la pression de pêche sur les ressources halieutiques. M50-MR- Mesures pour limiter les pratiques illicites en matière d'utilisation de divers éléments de la biodiversité marine. M51-MR- Mesures pour renforcer le contrôle des cir cuits informels de commercialisation des pro duits de la pêche, aussi bien en mer qu'en terre. M52-MR - Budgets consacrés à la recherche-développe ment dans le domaine de la biodiversité mari ne y compris celui de l'aquaculture (ayant un rôle socio- économique). M53-MR- Budgets consacrés à la sensibilisation / édu cation/écotourisme. M54-MR- Mesures d'urgence en matière de protection de la biodiversité marine. 109 Les pressions exercées sur les zones humides nationales sont si diversifiées et intenses que la majorité se trouve dans un état très avancé de dégradation. La surveillance et le suivi s’imposent comme des approches stratégiques pour toute mesure de gestion, de conservation et d’utilisation durable. IV-C.8.2-5-Indicateurs de la Biodiversité des zones humides INDICATEURS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE DES ZONES HUMIDES INDICATEURS D'ETAT H1-DB- Variation de la richesse spécifique. H2-DB- Variation de la structure des peuplements. H3-DB- Variation du nombre d'espèces autochtones et endémiques. H4-DB- Etendue des aires de répartition des espèces. INDICATEURS DE PRESSION H5-DB- Variation de la superficie anthropisée par rapport à celles restées naturelles. H6-DB- Variation de la liste des espèces utilisées et l'évolution de leurs abondances. H7-DB- Variation du nombre et des densités des espè cesmenacées, vulnérables, en voie de disparition, disparues, endémiques. H8-DB- Variation de la liste des espèces introduites dans les zones humides. INDICATEURS DES FACTEURS ECOLOGIQUES DES ZONES HUMIDES INDICATEURS D'ETAT H 9-FA- Variation de la salinité. H10-FA- Variation de la température de l'eau. H11-FA- Variation de la teneur en chlorophylle a. Variation de la granulométrie et de la qualitédu sédiment. H13- FA- Variation de l'étendue de la zone humide. H14-FA- Variation de la durée de la mise en eau. H15-FA- Niveau piézometrique des nappes phréatiques. H16-FA- Matière en suspension. H17-FA- Précipitations atmosphériques. INDICATEURS DE PRESSION H18- FA- Teneur en métaux lourds (eau, sédiments et organismes). H19- FA- Teneur en azote et en phosphore (eau, sédiments) . H20-FA- Qualité bactériologique (eau, sédiments, organismes). H21-FA- Nombre et débit des effluents se déversant dans les zones humides. H22-FA- Variation du taux des prélèvements d'eau. H23-FA- Variation du taux de sédimentation. INDICATEURS DE LA PRODUCTIVITE DES ZONES HUMIDES INDICATEURS D'ETAT H24-P- Variation de la richesse spécifique et densités des oiseaux. H25-P- Variation de la richesse spécifique et densités des amphibiens . H26 -P- Richesse spécifique et densités des poissons. H27-P- Variation de la biomasse du phytoplancton. H28-P- Variation de la biomasse, par unité de surface et par site, de la végétation terrestre. H29-P- Variation de la biomasse par unité de surface et par site des principales espèces pilotes. INDICATEURS DE PRESSION H30-P- Variation des superficies drainée des zones humides. H31-P- Variation du taux de croissance démographiqu des populations riveraines des zones himides. H32-P- Variation du nombre de touristes/an et par site (ou par unité de surface). H33-P-Variation du nombre de tête de cheptel utilisant ceszones humides pour le pâturage ou pour l'abreuvement. H34-P - Variation des surfaces de terres agricoles adjacentes. H35-P- Variation de la fragmentation et de la perte de l'habitat. H36-P- Variation du nombre de barques/pêcheurs, ramasseurs exploitant le site. INDICATEURS SOCIO-ECONOMIQUES DES ZONES HUMIDES IINDICATEURS D'ETAT H37-SE - Variation du nombre d'emplois générés par leszones humides. H38-SE - Variation de la liste et des densités des populations de diverses espèces exploitées. INDICATEURS DE PRESSION H39-SE- Variation du rythme annuel d'extraction des produits des zones humides relativement au volume jugé durable. H40-SE- Variation du Bénéfice net. H41-SE- Utilisation des biens et services non commer ciaux des zones humides. INDICATEURS DE REPONSEDE LA BIODIVERSI TE DES ZONES HUMIDES H42-HR- Nombre et surface totale des zones humides effectivement protégées par rapport à la surface totale de ces milieux. H43-HR- Nombre et abondance des espèces menacées effectivement protégées par une quelconque réglementation. H44-HR- Mesures prises pour la conservation de la qua lité et de la quantité des eaux et des sédiments. H45-HR- Superficie des zones humides restaurées. H46-HR- Nombre des espèces aquatiques réhabilitées. H47-HR- Statut international des zones humides marocaines. H48-HR- Participation marocaine aux conventions rela tives aux zones humides. H49-HR - Dépenses consacrées à la conception et à la mise en œuvre de plans d'aménagement des zones humides. H50-HR- Dépenses consacrées à la recherche - dévelop pement dans les zones humides. 110 H51-HR- Dépenses consacrées à la sensibilisation / éducation. H52-HR- Investissements en matière de développement écotouristique dans et autour des zones humides. IV-C.8.2-6- Indicateurs des espèces vulnérables INDICATEURS D'ETAT V1- Variation de la liste des espèces considérées comme menacées ou vulnérables au Maroc. V2- Variation du nombre d'espèces menacées à l'échelle internationale présentes au Maroc et leurs abondances. V3- Variation de la liste des espèces considérées comme menacées ou vulnérables et la nature et le degré des menaces. V4- Variation de l'abondance. V5- Variation de la densité. V6- Variation de la superficie occupée par l'espèce. V7- Variation du rapport Natalité/mortalité ou taux de recrutement. V8- Variation de la Fécondité-fertilité. V9- Variation du sex-ratio. V10- Variation de la structure par âge de la population. V11- Variation de la taille de l'individu . V12- Variation des effectifs des espèces migratrices transitant par le Maroc. V13- Variation des effectifs, par espèce, des population nicheuses au Maroc. V14- Variation de la structure génétique des populations de l'espèce concernée. V15- Degré de sensibilité à la présence humaine. V16- Degré de sensibilité aux facteurs du milieu. V17- Variation du niveau de compétition interspécifique concernant les espèces vulnérables. V18 - Variation des paramètres de reproduction des espèces vulnérables cohabitant avec une espèce exogène congénérique. INDICATEURS DE PRESSION V19- Fragmentation du milieu de vie d'une espèce considérée. V20- Taux de fréquentation d'un milieu. V21- Variation de la liste et de la densité des prédateurs/ compétiteurs dans un site donné. V22- Variation de la liste et de la quantité d'agents pathogènes et du degré des dégâts V23- Variation du taux de prélèvements effectués au sein des populations des espèces exploitées. V24- Le niveau d'âge d'exploitation d'une espèce donnée. V25- Prélèvements sélectifs liés au sexe. V26- Variation du niveau des prélèvements effectués parmi les populations sauvages d'une espèce par rapport à celles provenant de l'élevage. V27- Nombre d'autorisations (licence et droit d'usage) pour la chasse/pêche des espèces menacées. V28- La valeur marchande de l'espèce exploitée. INDICATEURS DE REPONSE V29- Nombre de textes rédigés et d'application en faveur de la protection des espèces vulnérables. V30- Efficacité des contrôles d'exploitation des espèces vulnérables . V31- Nombre de conventions internationales signées / ratifiées relatives aux espèces vulnérables. V32- Superficie totale consacrée à la conservation, restauration et réhabilitation. V33- Responsabilité de la société civile et des popula tions locales à l'égard du développement de la biodiversité nationale. V34- Taux de fixation des communautés autochtones. V35- Budgets consacrés à la conservation, restaur ationet réhabilitation. V36- Taux de réussite de la conservation, la réhabilita tion et la restauration d'une espèce menacée ou d'un écosystème. V37- Budget total consacré à la sensibilisation / éducation. V38- Nombre d'études (budgets de recherche) consacrées aux espèces vulnérables. IV-C.8.2-7-Indicateurs des mesures d’accompagnements SENSIBILISATION / EDUCATION S1-MA- Nombre d'espaces (musées, parcs zoologiques, aquariums, etc.) destinés à la conservation des collections, la sensibilisation et l'éducation du public en matière d'environnement/biodiversité. S2-MA- Taux de fréquentation des institution de sensibi lisation/éducation. S3-MA- Qualité des moyens offerts aux institutions des tinés à la sensibilisation et l'éducation du public en matière d'environnement/biodiversité. S4-MA- Qualité des programmes des institutions desti nées à la conservation des collections, la sensi 111 De nombreuses espèces ou races, endémiques ou rares sont encore cantonnées dans certains écosystèmes marocains. Le suivi de leurs populations serait de nature à assurer leur pérennité. 112 bilisation et l'éducation du public en matière d'environnement/biodiversité. S5-MA- Nombre et qualité des animateurs / éducateurs. S6-MA- Fréquence des manifestations (conférences, expositions, séminaires, etc.) éducatifs, scienti fiques, etc. assurées par ces institutions. S7-MA- Qualité des programmes scolaires et parasco laires destinés à la sensibilisation /éducation des jeunes. S8-MA- Adéquation entre la nature des populations/ cibles et celle des programmes de la sensibilisa tion éducation. S9-MA- Diversité des moyens utilisés pour la réalisation des actions de sensibilisation/éducation pro grammées et l'efficacité des procédures adop tées/compatibilités avec chaque groupe cible. S10-MA- Nombre d'organisations non gouvernementales (ONG) œuvrant dans le domaine de labiodiversité. S11-MA- Nombre de personnes (physiques/morales) adhérant à une organisation visant la protec tion de l'environnement et de la biodiversité. S12-MA- Nombre/qualité des prix et des mesures d'en couragements. RECHERCHE R1-MA- Nombre et qualité des publications/an dans le domaine de la diversité biologique et du pour centage de publications produites dans le domaine de la biodiversité par an et par rapport aux autres domaines de l'environnement. R2-MA- Pourcentage de publications produite dans chacun des éléments biodiversitaires par rapport au nombre total des publications sur la diversité biologique nationale. R3-MA- Nombre de thèses soutenues/an dans le domaine de la diversité biologique et son pourcentage par rapport aux autres domaines de l'environnement. R4-MA- Le nombre de thèses soutenues dans chacun des domaines de la biodiversité. R5-MA- Nombre de revues/ périodiques où les scientifiques nationaux ont fait paraître des articles sur le domaine de la biodiversité R6-MA- Nombre de scientifiques (chercheurs, enseignants, ingénieurs, etc.) et de techniciens spécialisés travaillant dans le domaine de la diversité biologique et pourcentage par rapport au total des scientifiques nationaux. R7-MA- Dépenses consacrées/an à la recherche dans le domaine de la biodiversité et son pourcentage par rapport à ceux consacrés à d'autres domaines nationaux. R8-MA - Nombre de projets de conservation montés sur la base de résultats de la recherche scientifique nationale. LEGISLATION / INSTITUTION L1-MA- Ancienneté des textes relatifs à la biodiversité. L2-MA- Nombre d'espèces/espaces menacés non réglementés. L3-M - Nombre d'infractions/fraudes/braconnage, etc., enregistré chaque année. L4-MA- Nombre de contraventions par rapport au nombre d'infractions. L5-MA- Nombre de verbalisateurs par rapport à l'espce protégé L6-MA- Moyens (qualité et quantité) mis à la disposition des législateurs/gestionnaires/verbalisateurs. COOPERATION C1-MA- Nombre de conventions internationales relatives à la biodiversité signées / ratifiées par le Maroc. C2-MA- Nombre de projets relatifs à la biodiversité réalisés en commun et en coopération avec des équipes étrangères. PARTENARIAT P1- Nombre de conventions de recherche entre instituts, universités à l'échelle nationale. P2- Nombre de conventions de partenariat entre les ser vices extérieurs administratifs gestionnaires de la biodiversité et les acteurs de la société civile au niveau national. IV-C.8.2-8-Autres indicateurs IE1- Taux d'émission des gaz à effet de serre. IE2- Taux de pollution atmosphérique. IE3- Taux de pollution de la nappe phréatique. IE4- Quantités de déchets générées par les agglomérations urbaines. IE5- Quantités de déchets générées par le secteur industriel. IE6- Quantités de déchets récoltées et recyclées / quantités générées. IE7- Quantités de polluants dans les eaux usées générées par les agglomérations urbaines. IE8- Quantités de polluants dans les eaux usées générées par les activités industrielles. IE 9- Taux de traitement des eaux usées. IE10- Taux de populations n'ayant pas accès à l'eau potable. IE11- Taux de la croissance démographique. IE12- Taux d'extensions urbaines. IE13- Taux d'extensions des aménagements hydro agricoles. IE14- Etat de pauvreté/Revenu moyen par habitant. IE15- Superficies des sites miniers restaurées. IE16- Taux d'alphabétisation. LE MAROC ET LA CNUD BILAN ET SYNERGIE PARTIE V V.A - BILAN DES INVESTIGATIONS DU MAROC DANS LE CADRE DE LA CNUED Depuis le sommet de Rio, le Maroc a entrepris denombreuses initiatives pour la mise en œuvre de diverses conventions proposées à la discussion lors de la Conférence des Nations Unies pour l'Environnement et le Développement. Chacun des points focaux des divers accords signés à Rio, a consitué ses équipes de travail et engagé ses consul tants pour la réalisation des études et rapports requis. Le Maroc a également participé et contribué à toutes les réunions relatifs à ces accords. L'une des plus importantes de ces contributions reste, sans doute, l'organisation à Marrakech, du 29 octobre au 9 novembre 2001, de la septième session de la Conférence des Parties de la Convention Cadre sur les Changements Climatiques. Le bilan des investi gations du Maroc pour la mise en œuvre des trois principales conventions peut être résumé ainsi : V.A.1- CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE C'est l'une des principales conventions signées àRio. Elle traduit les préoccupations internatio nales quant à la disparition des habitats naturels, des espèces, ainsi que l'appauvrissement génétique de nombreuses populations, aussi bien naturelles qu'exploitées (domestiquées). Cette convention a été signée par le Maroc en 1992 et ratifiée en 1995. Dans ce cadre, le Maroc a réalisé une Etude Nationale sur la Biodiversité ayant abouti à l'élabo ration de 14 documents relatant les statuts systéma tiques, écologiques, socio-économiques, juridiques, etc. des diverses espèces présentes sur le territoire nationale. De l'ensemble de ces études, il découle que : le Maroc comporte près de 30000 espèces et variétés; il comporte une grande diversité d'écosystèmes et d'habitats, ce qui est dû à sa diversité et ses particu larités géomorphologiques, géologiques, climatiques, bioclimatiques, etc.; près de 1640 espèces végétales et 590 espèces ani males y sont plus ou moins gravement menacées; près de 3624 espèces y sont endémiques; un certain nombre d'espèces menacées à l'échelle régionale ou internationale s'y trouvent encore avec des populations, plus ou moins, viables ; sur le plan socio-économique, la quasi-totalité du tissu socio-économique du pays repose sur divers es composantes de la biodiversité nationale (forêts, agro-système, pêche maritime, tourisme, phosphates, etc.). D'autres documents ont été élaborés dans le cadre de cette convention et sont relatifs à la deuxième et la troisième étapes de sa mise en œuvre. Il s'agit plus particulièrement des stratégies et des plans d'actions sur la biodiversité terrestre, la biodiversité marine et côtière et la biodiversité des zones humides, ainsi qu'une étude relative aux indicateurs de sur veillance de toute la biodiversité nationale. Les stratégies et les plans d'actions proposés reposent principalement sur les problèmes particuliers de cha cun de ces " méga-systèmes"; cependant, une syn thèse de ces documents montre que l'approche de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité nationale repose essentiellement sur : une meilleure connaissance de cette biodiversité par la recherche scientifique, la formation de spé cialistes et une meilleure gestion de l'information scientifique; la conservation de ce qui existe en adoptant de préférence des mesures préventives (in situ), puis, si nécessaire, curatives (ex situ, restauration, réhabilitation); une gestion rationnelle de diverses ressources naturelles aussi bien écosystémiques, spécifiques que génétiques; la sensibilisation et l'éducation, en particulier des usagers; le renforcement des cadres législatif et institution nel par l'adoption de nouveaux textes, l'actualisa 115 Documen ts sur la stratégie et le pla n d’actio n sur la biodiv ersité ma rocaine tion d'autres textes et, aussi, la mise à niveau inter nationale de la législation nationale; le renforcement des cadres de coopération pour les échanges des expériences, des compétences, etc.; V.A.2- CONVENTION SUR LA DESERTIFICATION L'un des problèmes majeurs encourus par l'envi-ronnement, et plus particulièrement dans le continent africain, est celui de la sécheresse, de la désertification et de l'avancée des sables sur des ter res plus ou moins fertiles. Ce problème, également débattu lors du sommet de la planète à Rio, a fait l'objet d'une convention internationale "Convention des Nations Unies sur la lutte Contre la Désertification" qui a été signée par le Maroc en 1994 et ratifiée en 1996. L'importance de cette convention pour le Maroc réside dans le cadre de coopération régionale et internationale qu'elle offre pour notre pays car, en fait, le Maroc, de par sa position à proximité du grand désert africain, de par son climat en grande partie (93%) aride ou semi-aride et de par l'impor tance stratégique de l'agriculture (près de 50% de la main d'œuvre active nationale), a toujours octroyé à ces problèmes de sécheresse et de désertification une importance capitale. La politique des barrages, de l'irrigation d'un million d'hectares, de la fixation des dunes, de reboisement et la création d'un Conseil Supérieur de l'Eau, etc., ne sont que quelques exem ples, parmi tant d'autres programmes nationaux, ou sectoriels, traduisant la consience du Maroc quant à l'importance et l'acuité de ce problème et des efforts consentis par notre pays pour lutter contre l'érosion, la sécheresse et la désertification. Dans le cadre de cette convention, le Maroc a rédigé, conformément aux articles 9 et 10 de cette dernière, son Plan d'Action National, appelé "Plan d'Action National de Lutte Contre la Désertification et d'atténuation des effets de la sécheresse". Ce PAN, dans son analyse bibliographique, a mis en exergue d'importantes menaces qui pèsent sur les terres agricoles et les bassins versants : une pluviométrie caractérisée par sa variabilité et sa faiblesse; cinq des vingt millions d'hectares de bassins ver sants situés en amont des barrages montrent un important risque d'érosion hydrique; près de 2000 tonnes par Km² de sol sont perdues chaque année dans certaines régions; l'ensablement qui menace habitations, terres agri coles et infrastructures de développement, men ace, par exemple, près de 250000 ha dans la région d'Errachidia et 30000 ha dans les régions de Ouarzazate et Zagora.; Les causes majeurs de cette désertification au Maroc : les changements climatiques que connaît le Maroc ces dernières décennies et que connaît également le monde en général. Cependant, ces changements s'expriment dans notre pays d'avantage par de la sécheresse que par des "inondations"; les impacts des activités anthropiques et des usages incompatibles avec la vocation et les aptitudes d'un sol, déjà fragile et pauvre en matière organique et très vulnérable. Dans la stratégie proposée pour lutter contre les effets de la sécheresse, plusieurs orientations ont été adoptées, mais dont les plus importantes sont : le renforcement des actions d'appui à la lutte contre la désertification; l'appui des initiatives génératrices de revenus; le renforcement des actions de lutte contre la désertification et l'atténuation des effets de la sécheresse; le renforcement des connaissances de base et développement de systèmes d'observations des ressources naturelles. 116 Document national sur la désertification V.A.3- CONVENTION CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES C'est la troisième Convention débattue lors dusommet de Rio. Elle a été signée par le Maroc en 1992 et ratifiée en 1995. C'est un thème également crucial pour le pays dans la mesure où, du cli mat, dépend l'agri culture et de l'agri culture dépend, en grande partie, le développement des tissus écono mique et social du Maroc, en tant que pays agricole, en premier lieu. Des change ments clima tiques sont également tribu taires l'état des principaux écosystèmes maro cains (sylvo-pastoral, agricole et celui des zones humides) ainsi que les phénomènes de sécheresse, d'érosion, de désertification, d'inondations, de risques naturels, etc. et, par conséquent, des pertes des habitats, des espèces et, en partie, des ressources génétiques. Selon les articles 4 et 12 de cette convention, le Maroc devrait, comme tous les autres pays sig nataires, fournir un rapport détaillé comportant essentiellement : un inventaire des gaz à effet de serre; la vulnérabilité du Maroc aux changements climatiques; les moyens réduire la production de ces gaz. Depuis la signature du Maroc de cette convention, et pour répondre à ces trois requêtes, celui ci a mené plusieurs études ayant abouti à de nombreux élé ments de réponses. En ce qui concerne la production du Maroc en gaz à effet de serre, ces études ont montré que notre pays produit près de 32 millions de tonnes en CO², 350 milles tonnes de CH4, 20 milles tonnes de NO2, alors que pour les autres gaz, en particulier le HFC, le PFC et le SF6 figurant tous dans la liste de Kyoto, ils ne semblent pas produits au Maroc, dans la mesure où il n'y existe pas d'in dustries utilisant ces gaz. En ce qui concerne la vulnérabilité du Maroc aux changements climatiques, il a été montré que nom breux domaines pourraient être affectés par ce phénomène, en particulier : l'eau, aussi bien superficielle que sous terraine et dont le niveau diminuerait entre 10% et 15%; les ressources énergétiques, en particulier celles produites par les barrages, qui dimin ueraient également avec la diminution des eaux produisant cette énergie; les ressources agricoles, qui diminueraient également entre 10% et 50%; le sol, qui se dégradera davantage; la santé, en particulier les épidémies, qui trou veraient un champ plus fertile pour leur développement; le domaine industriel, qui souffrira de l'aug mentation du prix de l'eau et de la rareté des matières premières; Quant à l'atténuation de la production des gaz à effet de serre, de nombreuses approches sont pro posées dont les plus importantes sont : la Maîtrise de l'énergie; la substitution des combustibles; les énergies renouvelables; le développement des formations forestières; la récupération des biogaz des déchets; la substitution de matériaux en particulier dans les domaines de la cimenterie et des phosphates; 117 V.A.4-DECLARATION DE PRINCIPE SUR LA PROTECTION DES FORETS Parmi les appels lancés lors du sommet de Rioaux divers pays présents, l'établissement et la mise en œuvre de programmes visant la protection et la conservation des espaces forestiers. Le Maroc, conscient de l'enjeu stratégique de la forêt pour le pays et de la vitalité de ses espaces forestiers pour l'équilibre de son environnement et son développe ment socio-économique, a élaboré un Programme Forestier National pour atténuer les impacts de diverses pressions exercées sur la forêt marocaine et dont les plus importantes sont : un faible taux de reboisement (8% au lieu de 15 20% d'optimum); une perte de 31 000 ha de forêts chaque année; la dégradation du sol; l'atténuation de la fonction protectrice de la forêt; l'atténuation du rôle socio-économique des espaces forestiers, en particulier pour les populationsrurales. L'ambition de ce PNF est d'inverser le processus de dégradation et pour atteindre cette ambition, il s'est proposé un certain nombre d'actions qui concernent plus particulièrement : la foresterie rurale et de montagne; la gestion et la substitution du bois-énergie en milieu rural; la gestion des parcours; la gestion de l'eau; la gestion des ressources humaines; la communication; la déconcentration et la décentralisation; la participation des populations et la contractualisation; l'actualisation de la législation et la fiscalité. V.B - SYNERGIE ENTRE LA CONVENTION SUR LA BIODIVERSITE ET LES AUTRES ACCORDS DE RIO D'une manière générale, les trois principalesconventions de Rio exhortent, toutes, une col laboration plus ou moins étroite entre elles; mais, elles prônent aussi, une synergie d'actions avec d'au tres conventions relatives à la conservation, la pro tection et l'utilisation rationnelle et durable des res sources naturelles telle que les conventions de Ramsar, Bern, Bonn, CITES, Alger, Changements Climatiques, etc. L'objectif est, de toute évidence, d'optimiser les moyens nationaux et internationaux pour une meilleure protection de l'environnement de la terre et de ses ressources naturelles. La situation géographique du Maroc, son climat très diversifié mais plutôt sec, ses particularités et son originalité floristiques et faunistiques, etc. font de cette synergie entre les trois principales conventions de Rio (Désertification, Changements Climatiques et Biodiversité) ainsi que des principes concernant les forêts, un élément vital susceptible de contribuer à l'équilibre écologique de son environnement et la durabilité de ses ressources naturelles. En effet, l'augmentation de la fréquence des années de sécheresse, due aux changements climatiques, certes, accentuent la perte du sol, la désertification, l'avancée des sables en particulier dans le sud du pays, la fréquence des incendies des forêts, l'assèchement de certaines zones humides et la dis parition de leurs composantes vivantes, la réduction du patrimoine phytogénétique et zoogénétique national telles que les espèces sauvages apparentées aux formes d'intérêt socio-économique ou encore les races locales du cheptel ovin, bovins, etc. Toutes ces interactions, entre divers phénomènes (sécheresse, perte de sol, perte de la biodiversité, etc. ayant fait l'objet de conventions (Changements Climatiques, Déséerification, Biodiversité) nécessi tent des actions intégrées tenant compte de l'ensem ble de ces interactions et, donc, une synergie entre les approches de leurs mises en œuvre. Une analyse des grands traits de la stratégie et du plan d'action nationaux élaborés dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique répondent, aussi dans une large mesure, aux préoccupations majeures et aux principales recommandations et articles des accords discutés lors de la Conférence au sommet de Rio. Les raisons en sont nombreuses, mais les plus importantes sont : la majorité des composantes de la biodiversité nationale, en particulier celles des zones humides, forestière et agricole, est profondément influencée par la pluviométrie et, donc, par le climat et les changements climatiques. Les représentants de ces composantes, se trouvant dans le sud du pays, souffrent, de plus, de la proximité du désert, de la sécheresse et de l'ensablement. Il y a, donc, une interaction simultanée, dans le même espace géo graphique, entre ces divers facteurs ayant fait l'ob jet, séparément, des trois conventions de la CNUED;- les problèmes de la forêt marocaine 118 119 sont également au cœur des préoccupations des autoritéscompétentes à cause de l'importance stratégique des ressources forestières sur les plans écologique, économique et social. Il en découle que si, à l'échelle internationale, il existe une synergie entre diverses conventions de Rio, les conditions climatiques du Maroc ont fait que sécheresse, ensablement, désertification, surpâ turage, dégradation de la forêt, assèchements des zones humides, etc. constituent une multitude de facettes d'un même problème environnemental. Celui-ci, qui se manifeste surtout dans ses régions sud et où il contribue à la dégradation de son sol et de ses ressources forestières à cause, justement, de ces aléas climatiques; mais, aussi des activités humaines incompatibles avec les normes écologiques. Les approches proposées dans la stratégie et le plan d'action sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité et qui peuvent être mises en syn ergie avec les actions des autres accords de Rio sont résumées dans le tableau suivant : Conservation in situ ou aires protégées Conservation ex situ Approche participative Préservation des ressources génétiques Recherche Formation Information Sensibilisation/Education Législation/Institution Coopération Surveillance Plans d’Actions Nationaux Art.8 Art.9 Art.6a/iii Art.12b Art.12a Art.7/Art.18 Art.13 Art.8k Art.17 Art.7 “stratégies” Art6a et 6b Art.19.4 Art.17 et 19b Art.19 Art.18 Art.5d/Art19/Art6 Art.5e Art.16 Art.16 Art.9 et Art10 Art.9 Art.5 Art.6 Art7 Art12 Art.6 Préambule Art.7, Art 2b Art4.1.a Pr7b, Pr 8f Pr2d, Pr 5a Pr 12a Pr 3a, Pr 11, Pr 12b Pr 2c Pr 12a Pr 12d Pr 8f, Pr 13d/e Pr 1b, Pr 2c, Pr11, Pr12c Pr 3a, Pr 4b; Pr5a, Pr6b, Pr8d/h, Pr 9c Diversité Biologique Désertification Changements climatiques Principes sur les forêts AEFCS 1996 - Plan Directeur des Aires Protégées du Maroc. Vol. 1-5. Rapport inedit. Adm. Gen. Eaux et Forets et Cons. Sols. BCEOM-SECA. AMADOU A. BOUSSOU, JULIAU R. THONPSOR. 1989, L'information pour le développement en Afrique. IH. Afrique contemporaine, N° 151,3ème trimestre: 10-21. ANONYME 1994, Stratégie mondiale de la Biodiversité. Propositions pour la sauvegarde, l'étude, et l'utilisation durable et équitable des ressources biologiques de la planète. WRI, UICN, PNUE 259. ANONYME 1995, Stratégie canadienne de biodiversité, Gouvernement du Canada, 84p. ANONYME. 1992, Monitoring, Mediterranean Wetlands. A methodological guide. (P.Tomas Vives Edit). MedWet1 50 p. ANONYME., Etat des ressources de la ZEE et perspec tives de développement de pêcheries spécialisées. Doc. Ministère des pêches, Maroc. BELLAN SANTINI, LACAZE, J-C et POIZAT C, 1994. Les biocénoses marines et littorales de Méditerranée. Synthèse, menaces et perspectives Secrétariat de la faune et de la flore. MNHN, Paris: 246 p. BENDAANOUN M., 1991: Contribution à l'étude écologique de la végétation halophile, halohygrophile et hygrophile des estuaires, lagunes, deltas et Sebkhas lit toraux atlantique et méditerranéen et du domaine conti nental du Maroc: Analyse climatique, pédologique et chimique, phyto-écologique, phytosociologique et phy togéographique. Perspectives de gestion, d'aménagement et de deve1oppement. Doc. Etat. Université Aix Marseille II, Marseille. 680 p. BENNIG O. 2000; Approche globale des zones humides du Gharb. Végétation, utilisations anthropiques et gestion (Cas de la Merja Zerga, Merja de Sidi Boughaba et des dayas de la Maamora sud occidentale). DESA Univ. Ibn Toufail, Kenitra, 86 p+annexes. BERNARD P., 1994: "Les processus de destruction et de dégradation des zones humides". In Dossier d'information Entre terre et eau, sans date, [WWW.environnement. gouv.fr actua/cominfos], BERRAHO A. 1998 - Ressources halieutiques et potential ités aquacoles du Maroc.Expo98 Lisbone, Okad edit: 82 p BIDET J., CARRUESCO C. & GENSOUS B., 1980: La lagune de Moulay Bou Selham (côte atlantique du Maroc): introduction à l'étude d'un milieu sédimentaire actuel et subactuel.-C.R.Soc.Géol. Fr., 2:51-53. BLAKE G.& DU-BOIS J.P., 1982: Epuration des eaux: rôle des macrophytes aquatiques dans l'élimination des élé ments minéraux. In SYMOFNS J.J., HOOPFR S.S. & CONDERE P. (Eds.): " Studies on Aquatic Vascular Plants ", Royal Botanical Society of Belgium, Bruxelles, 1982. BOULAL, M. 1988.- Recherches écologiques comparées sur la faune aquatique des puits de la région de Tiznit (Anti- Atlas Occidental, Maroc). Thèse Doc. 3ème cycle, Fac. Sci. Marrakech, 228 pp. BOULANOUAR, M. (1986).- Etude écologique com parée de quelques puits de la région de Marrakech. Impact des pollutions sur la zoocénose des puits--, Thèse Doc. 3ième cycle, Fac. Sci. Marrakech, 159 pp. BRYSSINE G., 1967, La plaine du Gharb. Les Cahiers de la recherche agronomique. BURT, A.J. (1988).- Vegetation of coastal desert and associated intertidal areas in the Khnifiss-Tarfaya region. in: Dakki M. & Ligily W. de (eds). The Khnifiss Lagoon and its surrounding environment (Province Layoune, Morocco). Trav .Inst. Sci.,mem. h.s., pp.47-64. CAREW-REID, J., R. PRESCOTT-ALLEN, S. BASS & S. DALAL-CLAYTON. 1994. Stratégies de développe ment national durable. Manuel de préparation et de mise en oeuvre, Union mondiale pour la nature, Gland (Suisse), 230 p. CHICHE J., 1994: Situation économique et sociale du pourtour de la Merja Zerga (Province de Kenitra) en 1994. CPCN. IA V Hassan II. 20 p + annexe. COI, 1980 - La coopération régionale dans les sciences de la mer. UNESCO SC- SO/WS/8203 p. COMBE M., 1968 a: Carte hydrologique des bassins des Oueds Dradere-Souiere. Rapp. ined. MTPC/DFFDRF" 40 pp. COMBE M., 1968 b: Ressources en eau du bassin Drader-Soueir et principes de leur mobilisation. Ministère des Travaux Publics et des Communications, rapport de 25 p , COMBE M., 1969: Carte hydrologique de la plaine du Gharb au 1/100.000. Notice explicative. Notes et mémoires du service Géologique du Maroc, n°221 bis, 39 p. +3 cartes h.t., Rabat. COMBE M., 1975: Le bassin des oueds Drader et Soueir. in Ressources en Eau du Maroc, Tome 11, Plaines et Bassins du Maroc Atlantique, Ministère des Travaux Publics et des Communications. Direction de l'Hydraulique. connaissances actuelles. Trav. Inst. Sci. Rabat. ser. Zool. 38: 1-147. 120 BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE COMBE M., 1975: Le bassin des oueds Drader et Soueir. in Ressources en Eau du Maroc, Tome 11, Plaines et Bassins du Maroc Atlantique, Ministère des Travaux Publics et des Communications. Direction de l'Hydraulique. Trav. Inst. Sci. Rabat. ser. Zool. 38: 1-147. COMMISSION MONDIALE SUR L'ENVIRON NEMENT ET LE DEVELOPPEMENT. 1988. Notre avenir a tous, Publications du Québec, Québec, 432 p. CONSEIL DE L'EUROPE 1992 - Conservation of natu ral habitats outside protected areas Legal analysis . nature and environment n° 56 46 p. CONSEIL GENERAL DES PECHES DANS LA MEDITERRANEE 1984 - Aménagement des pêches dans les lagunes côtières. n° 61 776 p. CONVENTION ON BIOLOGICAL DIVFRSITY 1998, The Jakarta Mandate on the conservation and sustainable use of marine and coastal Biological Diversity. 31 p. CRAWLEY M.J ., 1986: Plant ecology. Blackwell Scientific Publications, Oxford. DAKKI M. & DE LIGNY W. (ed): The Khnifiss Lagoon and surrounding environement (.Province of Laayoune). Morocco) Travaux de l'Institut Scientifique, Rabat. hors série. 47 -64.172 p. DAKKI M. & EL AGBANl M.A. , 1995 : The Moroccan wetlands diversity and human impact. Bases ecologicas para la restauracion de humedades en la cuenca Mediterranea. Consejera de Medio Ambiante. Junta de Andalucia. pp.299-306. DAKKI M. et EL HAMZAOUI, 1998: Les zones Humides du Maroc : Rapport National. MAEF / RAM SAR / Med Wet: 33p. DAKKI M., BENHOUSSA A., QNINBA A., HAMMA DA S., IBN TATTOU M. & EL AGBANI M. A., 1999: Cartographie et la végétation de Merja Zerga, Maroc. (Sous presse). DAKKI, M.; BENHOUSSA, A.; HAMMADA, S.; IBN TATTOU, M.; QNINBA, A.& EL AGBANI, M.A. (1998).- cartographie des habitats naturels et de la végé tation de Merja Zerga, Maroc. Rapp. inedit, AEFCS/ MedWet 2,26 pp. + 2 cartes h.t. DANSEREAU, P. 1957. Biogeogrophy and Ecological Perspective, The Ronald Press Co., New York, 394 p. DANSEREAU, P. 1970. Ecology and the escatation of human impact, International Social Science Journal 22(4):628- 647. DE BRICHANBAULT P.G., 1957: Etude de la végétation des Merjas du Gharb. Cah. Rech. Agr. Tome 8, Rabat. DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 1995 Stratégie Nationale pour la Protection de l'Environnement et le développement Durable. ONEM/PNUD/UNESCO. DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 1997 Plan d'Action national pour l'Environnement. Sol et Environnement. Min Env./ PNUD. 123 p. DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 2001 - . Indicateurs de surveillance de la Biodiversité (MENIOUI M.). Dep Env./ PNUE DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 2001 Stratégie et Plan d'Action pour la conservation et l'utili sation durable de la biodiversité. 3 Vol. (MENIOUI M.). Dep Env./ PNUE DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 2001 Stratégie et Plan d'Action pour la conservation et l'utili sation durable de la biodiversité. Biodivesité marine et côtière (MENIOUI M.). Dep Env./ PNUE DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT 2001 Stratégie et Plan d'Action pour la conservation et l'utili sation durable de la biodiversité. Biodivesité des zones humides (MENIOUI M.). Dep Env./ PNUE DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT, 1997 Plan d'Action pour l'Environnement. Eau et Environnement. (ALIBOU J.) DE/ONEM/ME.127 p DEPARTEMENT DE L'ENVIRONNEMENT, 1996 Plan d'Action pour l'Environnement Energie Environnement. (LAHBABI A. ). Min. Environnement/PNUD. 143 P+ annexes. DIJKEMA K. S., 1984: La végétation halophile en Europe. Conseil de l'Europe, Strasbourg. DUCAN, P.J. 1990.- Wetland conservation.- a review of current issues and required action. IUCN, Gland. ECHCHAOUI H.M. C. 2000, Biodiversité de la baie de Dakhla (Faune carcinologique) Esquisse d'une stratégie et d'un plan d'action pour sa conservation et son utilisa tion durable. DESS, Univ. Chouab Doukkali, El Jadida.102 p. EDMONDSON J., GUNN A., BURTA.J. & PARKER D.M., 1988: Chicklist of Flora of the Khnifiss-Tarfaya region (Morocco). In DAKKI M. & LIGNY W DE (eds): The Khnifiss Lagoon and its Surrounding environment (Province of La'youne, Morocco). Trav.lnst.Sci., Rabat, 1988, mem. hors serie, p. 41 a 45. EL AGBANI, M. A. 1997.- L'hivernage des anatides au Maroc: principales espèces, zones hum ides d'importance majeure et propositions de mesures de protection. Thèse Doc. Etat., Fac. Sci. Rabat, 199 pp. 121 EL MASTOUR A., 1999 - Les zones humides maro caines et !'initiative MedWet "In: PAPAYANNIS TH. & SALATIF- T. (eds): Les zones humides méditerranéennes a l'aube de 21 siècle. MedWet, Tour du Valat, ArIes, France, 136pp. EMBERGER, 1949: Considération sur les genres de la flore marocaine. In: Travaux botaniques dédiés a René Maire, 70-86 et travaux de botanique et d'écologie, Berger Masson, 1971. FADLI M., 1987- Etudes écologique et systématique des Crustacés et Anostracés des dayas du Maroc. Thèse de 3eme cycle. Faculté des Sciences- Rabat, 150p. FAO - Manual of methods in aquatic environment research. FIRI/T 209: 69 p. FAO 1980 - conservation of the genetic resources of fish: problems and recommendations. FAO technicien paper n'217: 56 p. FAO 1989 - Méthodologie et directives pour la planifica tion du développement des pêches. Doc. FAO n'297: 63 p FAO, 1987 Production and utilization of products from commercial seaweeds. Fischeries Technical paper. 288: 189 p. FAO, 1987, Création et gestion de centre communautaire des pêches. FAO n264, 69 p FAO, 1994 rapport de la consultation d'experts sur l'util isation et la conservation des ressources génétiques aqua tiques. Grottaferrata, Italie, 9-13 novembre 1992 FAO, rapport sur les pêches NFUW 65p. FAO, 1995 - Lignes directrices pour la promotion de la ges tion de l'environnement dans le développement de l'aquacul ture côtière. FAO doc. Tech. Pêches. N° 328: 133 p. FAO, 1996 - list of animal species used in aquaculture FHWC914: 38 p. FAO, 1998 Guide d'identification des ressources marines vivantes du Maroc. 263 p. FAO, Groupe de travail sur la promotion de sur les ressources halieutiques des pays en développement FUW n'251: 235 p. FAO, Production and utilisation of products from comer cial seaweeds. FAO Public. N'288, 189 p. FAO, Rapport du groupe de travail sur la promotion de la recherche sur les ressources halieutiques des pays en développement, February, 1993 - pp. 119-121. FEDERAL AGENCY FOR NATURE CONSERVA TION, 1995, Materials on the Situation of Biodiversity in gemany Hans Jurgen Schâfer (edit)l 12 p. FEKHAOUI, M.; DAKKI, M. & EL AGBANl, M.A. (1993).- Faune benthique d'une rivière polluée du Maroc: !'oued Sebou a !'aval de la ville de Fes. Bull. Inst. Sci., Rabat, 17, pp. 23-40. FENNANE M. & IBN TATTOU M., 1998: Plantes vas culaires, rares, menacées ou endémiques du Maroc. BOCCONFA n° S. FLOURIOT J., 1971: Le périmètre agricole du Loukkos. Rev. Geogr. Maroc.21: 31-42. GAUTHIER, B, 1996, Un modèle de développement durable applique aux industries minières du Quebec, Université de Montréal, Centre de recherche en écologie sociale, Montréal, 109 p. + annexes. GAUTHIER, B. 1995, Cadre de référence théorique pour le développement durable et la bio- diversité au Québec, Ministère de 1'Environnement et de la Faune, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, GAYRAL P ., 1952 : Contribution a la connaissance de la flore cryptogamique des Merjas sidi Rharb. (C.R.Seances Soc. Sci. Nat. Maroc) 1 : 20-22. GESANP, 1996, The contributions of science to integrat ed coastai managment. GESAMP reports and studies n°61 : 66p GESAW 1991: Global strategies for marine environmen tal protection GESAW reports and studies n° 4536 p. GEM-Grande Encyclopédie du Maroc vol.: Faune Géologie.. GOI (Government of Indonesia) 1993 Biodiversity action plan for Indonesia. Ministry of National Development planning National Development Planning Agency. Jakarta. GOI 1992 Indonesian Country study on biological diver sity . Ministry of state for population and environement. Jakarta. GOUVERNEMENT DU QUEBEC Convention sur la diversité biologique 1995 , objectifs de mise en oeuvre au Québec 193 p. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 1996. Convention sur la Diversité Biologique. Stratégie de mise en oeuvre au Quebec, Ministère de l'Environnement et de la Faune, Québec, 122 p. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 1996. Plan d'action québécois sur la diversité biologique, Ministere de l'Environnement et de la Faune, Québec, 71 p. GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 1999. Suivi du Plan d'action québécois sur la diversité biologique. Rapport 122 annuel 1998 -1999, Ministère de l'Environnement et de la Faune, Québec, 89 p. GOUVERNEMENT DU QUFBEC Convention sur la diversité biologique 1995 Plan d'action québécois sur la diversité biologique 71 p. GRASSLE J.F., LASSERRE P., MCINTYRE A.D. ET G.C. RAY 1991 Marine Biodiversity and ecosystem func tion biology International special issue n° 23: 19 p GROS P.& GRILLAS P., 1990:Un nouveau mode de ges tion des friches rizicoles: le marais GRUVEL A., 193 1: Etude sur les algues de la côte occidentale du Maroc. Rapport de 23 p. HAGAN, R. A. 1999. A guide for countries preparing national biodiversity strategies and action plans, United Nations Development Programme, Biodiversity planning support programme, New York. HOYT WFOECLAND. Information systems for opti mum use of ocean resources, Jour. Chemical Information Computer Science, Vol. 19, N 4, 1979: pp. 212-215. IMO (International Maritime Organisation) 1983, Stratégie for sustainability the protection of the Marine Environnment. INRH 1999 - Stratégie de la recherche halieutique et pro gramme a moyen terme (1999-2003) 50 p. KHATTABI A., 1998: " Aspects socio-économiques de la Merja Zerga " In: BENFSSAIAH N, (eds) : Aspects socio- économiques des zones humides méditer ranéennes. MedWet, Convention de Ramsar, Gland, Suisse. LAUBIER L. 1996 - La stratégie de la recherche halieutique marocaine . Création de l'INRH. Rapport de consultance. MAMVA 1992: Plan directeur des aires protégées Vol 3: Les sites d'intérêt biologique et écologique du domine lit toral. 166 p MILLER, K- R. et S. M. LANOU. 1995. La planification nationale de la biodiversité: principes directeurs bases sur l'expérience initiale des pays a travers le monde. World Ressources Instituts, Programme des Nations Unies pour l'Environnement et Alliance mondiale pour la nature (UICN) Washington (D.C.), Glm1d (Suisse), Nairobi, 169 p. MINESTERIO DE MEDIO AMBIENTE. 2000 Spanish strategy for the conservation and sustainable use of bio diversity. 160 p. MINESTRY OF NATIONAL DEVELOPMENT PLNNING, 1993 - Biodiversity. Action plan for indone sia. Ministry of national development Planning 141 p. MINISTERE DE L'ENVIRONNEMENT HAITI 1999 Plan d'action pour l'environnement. 80 p. MINISTERE DE L'ENVIRONNEMENT: 1995 Stratégie Nationale pour la protection de l'Environnement et le Développement durable Projet PNUD/UNESCO: MOR/90/001 MINISTERE DE PECHES MARITIMES 1999 Plan de développement économique et social. 80 p. MINISTÈRE DES PÊCHES MARITIMES ET DE LA MARINE MARCHANDE, 1995 Accord de coopération en matière de pêches maritimes entre le Royaume du Maroc et la Communauté européenne. 48 p. ORBI A. 1998 Hydrologie et hydrodynamique des cotes marocaines: milieux paraliques et zones côtières.Expo98 Lisbone, OKAD edit: 68 p PEARCE F. & CRIVELLI A.J., 1994: Les caractéris tiques générales des zones humides méditerranéennes. VoI. 1, Tour du Valat, Arles (France), 88 p. In SKINNER & CRIVELLI (edts): Conservation des zones humides méditerranéennes, Publications 'Medwet. PLAN BLEU 1993, de la réflexion à l'action pour les méditerranéens. UNEP, 32 p. PNUE 1993 - Lignes directrices aux fins d'établissement des monographies nationales sur la diversité biologique. Na.93-7659: 131 p. PNUE, 1995 Global Biodiversity assessment Cambridge Univ. Press. 1140 p. PNUE/UNESCO 1975 Programme International d'éduca tion relative à l'environnement. PRESCOTT, GAUTHIER B. et MBONGU SODI J. N. 2000- Guide de Planification stratégique de la Biodiversité dans une perspective de développement durable. AF/IEPF/ PNUD/ PNUE/ QME: 71 p. PRESCOTT, J. et B. GAUTHI ER. 1999a. Building Biodiversity into Sectorial Planning: The Need fora Biodiversity Action Plan Fromtwork, Global Biodiversity Forum 14, Montreal, 13-20 juin 1999. PRESCOTT, J. et B. GAUTHIER. 1999b. " La stratégie et le plan d'action québécois sur la diversité biologique. Une évaluation de mi-parcours",. Le Naturaliste canadi en, 123(1): 36-40. PRESCOTT, J., B. GAUTHIER et L GAUDREAU. 1998. La mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique au Québec: d'une stratégie globale a tin plan d'action régional, ministère de l'Environnement et de la Faune, Québec, 15 p. 123 PRESCOTT, J., B. GAUTHIER, et L. GAUDREAU. 1999. Imptementing the Convention on Biological Diversity in Quebec: From a Global Strategy ta a ReglonclAction Pion. Pp. 327-345, In Bocking, S. (ed.) Biodiversity in Cm1ada: Ecology, Ideas and Actions, Broadview Press, Peterborough. PRICE. A. 1995, The role of databases in maritime and coastal decision-making. in rstablisfinient of Regionai Database (BDRA), Workshop, Miinisterial Conference on fisheries coopération between the African States Bordeing the Atlantic ocean, Dakar, 15-19 RAMADE F. 1991 - Conservation des écosystèmes méditerranéens. Enjeux et perspectives. PAM PNUE , 144p RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 9: Lignes directrices pour la coopération internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar. Convention Ramsar. 51 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides. Le Plan de travail de la convention 2000-2002 fondé sur le plan stratégique 1997-2002. Convention Ramsar. 43 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 1: Lignes Directrices pour la mise en oeuvre du concept d'utilisation rationnelle. Convention Ramsar. 24 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 2: Elaboration et appli cation de politiques nationales pour les zones humides Convention Ramsar. 64 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 3: Etude des lois et des institutions en vue de promouvoir la conservation et l'u tilisation rationnelle des zones humides. Convention Ramsar. 46 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 4: Intégration de la con servation et de l'utilisation rationnelle des zones humides dans la gestion des bassins hydrographiques. Convention Ramsar. 32 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 5: Mise en œuvre et ren forcement de la participation des communautés locales et des populations autochtones à la gestion des zones humides. Convention Ramsar. 91 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 6: Le programme d'in formation sur les zones humides . Promouvoir la conser vation et l'utilisation rationnelle des zones humides par la communication, l'éducation et la sensibilisation du Public.. Convention Ramsar. 36 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n°7: Cadre stratégique et lignes directrices pour orienter l'évolution de la liste des zones humides d'importance internationale. Convention Ramsar. 60 p. RAMSAR 2000. Manuels Ramsar pour l'utilisation rationnelle des zones humides n° 8: Cadres pour la ges tion des zones humides d'importance internationale et autres zones humides. Convention Ramsar. 58 p. RAMSAR, 1990: "Gestion et écologie des zones humides " Colloque CIPO et AEFCS, Mehdiya, 1990. RIADI Hassan 1998 -Etude Nationale sur la Biodiversité: Algues et Phytoplancton marin. Rapp. Inedit, Min. Envir.- PNUE., SABATIER, M.R. (1993).- Recherches sur I'écologie et la biologie des Aloses au Maroc (Alosa alosa Linne, 1758 et Alosa fallax Lacepede, 1803). Exploitation et taxi nomie des populations atlantiques; bioécologie des Aloses de l'Oued Sebou. Thèse Doct. Univ. Bretagne Occidentale, 326 pp. + annexes. SABIR M., 1994 : Impact du ptûrage sur l'état de surface et des propriétés hydrologiques d'un sol dans un milieu steppique marocain (périmètre de l'Aarid; Haute M). Thèse de Doctorat d'Etat, IA V Hassan II, Rabat, 161 p. SALES-JALOLI B. & TEISSIER-ENSNIINGER A., 1996: Les mares de la France des plaines: eaux domes tiquées, lieux devalues mais zones humides à réhabiliter. Actes du colloque d'Orleans. 1 0 juin 1995. L'harmattan, Collection Environnement, Paris.) SBAI L. La-pêche industrielle au Maroc' Thèse d'Etat Es-Sciences Juridiques et économiques et sociales. Univ. Hassan 11, Casablanca. 414 p. SECRÉTARIAT D'ETAT À L'ENVIRONNEMENT 1997. Etude Nationale sur la Biodiversité. Biodiversité de la faune aquatique continentale.(DAKKI M.). Projet GEF/6105-92: 117 p. SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997 Etude Nationale sur la Biodiversite: Flore terrestre. (FENNANE M.) Projet GEF/6105-. SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997 -Etude Nationale sur la Biodiversité: Faune Marine (MENIOUI M.) .Projet GEF/6105-. SECRÉTARIAT D'ETAT À L'ENVIRONNEMENT 1997- Etude Nationale sur la Biodiversité, Microbiologie, Biotechnologie et Transfert des Technologies. (FILALI MALTOUF A.) Projet GEF/6105-. SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997- Etude Nationale sur la Biodiversite: Flore terrestre. 124 125 (FENANE M.) Projet GEF/6105-., 81 pp + annexes SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997- Etude Nationale sur la Biodiversité . Ecologie et Gestion des Ressources Naturelles. ( FRONCHIMONT J.). Projet GEF/6105-. SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1998 Etude Nationale sur la Biodiversité: Amphibiens et Reptiles (FEKHAOUI M.) Projet GEF/6105-, 89 pp SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997. Etude Nationale sur la Biodiversité. Oiseaux (BAOUAB RE. ).Projet GEF/6105-. 117 SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT 1997. Etude Nationale sur la Biodiversité. Mammifères (BENAZZOU T.) Projet GEF/6105-. SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT. 1997 Etude Nationale sur la Biodiversité. Algues marines et phytoplancton . Projet GEF/6105-92 . Maroc: 98 p SECRETARIAT D'ETAT A L'ENVIRONNEMENT. 1997, Etude Nationale sur la Biodiversité (SBAI L.). Législation Institutions Voll-2 .Projet GEF/6105-., 104 et 64 pp. SEDIKKI N. 1998. La production scientifique et tech nique pour l'aménagement des pêcheries marocaines: Approche scientométriques. Mémoire informaticien spé cialisé. Ecole des Sciences de l'Information 224p. SKINNER J. & ZALEWSKI S., 1995: " Fonctions et valeurs des zones humides méditerranéennes ". In J.Skinner & Crivelli A.J.(eds).: " Conservation des zones humides méditerranéennes". Medwet-tour du Valat n°2, 78 p. THAUVIN J.P., 1966: Monographie hydrologique de la Mamora. Notes et mem. ser.geol. du Maroc. 195-119. THEVENOT M., 1976: Les oiseaux de la réserve de Sidi Bou Ghaba. Bull. Inst. Sc.,n°l, pp. 68-90. THOERY A., 1987: Les crustacés Branchiopodes Anostracea, Conchostracea et Notostracea des milieux temporaires (dayas) au Maroc. Ecologie, taxonomie et Biogéographie. Thèse de Doctorat d'Etat, Aix-Marseille 111, 405 p. TITOLET D. & GHAZI L., 1999: Internet patrimonial d'un milieu associe aux subéraies de la province de Ben Slice. les mares temporaires des rives gauches et droites de l'oued Cherrat. Actes du séminaire "Le développement durable de TROTIGNON J., 1991: Le butor, la carpe et le roseau. L'Oiseau Magazine, Vol.22, 15-20. VOS C.C. & O.PDAM P., 1993: Landscape ecology of a stressed envi ronment. IALF,. Studies in Landscape Ecology. vol. n°l, Chapman & Hall, London, 1993. vol. 59, 65-88. UICN, UNEP, FMN 1980 Stratégie mondiale de la con servation - la conservation des ressources vivantes au service du développement durable. Nairobi, washington. UNEP 1992 Convention sur la diversité biologique, Nairobi UNESCO- 1986 - Human induced damage 'to corail reefs UNESCO reports in marine science. N'40: 1 80 p. UNESCO 1996 A strategic plan for the assessment and prediction of the Health of the Ocean: a modul of the global Ocean Observing System. IOCW- 1044: 39p. UNESCO, 1975 - L'enseignement des sciences de la mer au niveau universitaire. Rapport concernant la réunion de travail de l'Unesco sur les programmes universitaires. Rapp. NI 9: , 29 P. UNESCO, 1986, Méthodologie d'étude des lagunes côtières. Rapport UNESCO sur les sciences de la mer n'36- 32 p. UNESCO. Programme Général d'information, UNISIST. Paris, UNESCO, 1985. (17) Van Santen G, Msellafi L, Debatisse M.L. 1994. La pêche industrielle marocaine: situation actuelle et perspectives de développement. Banque mondiale c:WOR \ FISH\FIN; 54 p WRI, UICN, UNEP, 1994, Stratégie mondiale de la bio diversité. 259 p. WRI, UNEP, UICN, 1995 Planification Nationale de la Biodiversité. Principes basés sur l'expérience initiale des pays dans le monde. 169 p. YAHYAOUI, A. (1991).- Contribution a l'étude de la biologie de l'Anguille (Anguilla anguilla L., 1758) dans son aire méridionale de répartition géographique: littoral atlantique et méditerranéen marocain. Thèse Doc. Etat., Fac. Sci. Rabat, 313 pp. ZARZOSO, A, 1982: Hydrodynamique de la lagune de Moulay Bou Selham (Merja Zerga, Maroc). Travaux et documents de \'I.S.P.M., Casablanca, n°36, 14 p. ZITOUN N. & CHAVANON G., 1996: Phase de colonisation des berges de deux dayas du Maroc occi dental durant leur mise en eau automnale.- Cas des coléoptères carabiques. Ecologia Mediterranea: Tome 22 (1/2). 36- 75.