Stratégie Algérienne et Plan d’Action National d’Utilisation de la Diversité Biologique
颁布于 1997 · 文本截至 2026-10-01
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研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。
关于这部法律
- 语言
- French
- 类型
- policy
- 组织
- European Union
- 国家
- 阿尔及利亚
- 主题
- Agricultural and rural development, Environment, Food and nutrition, Land and soil, Wild species and ecosystems
- 关键词
- land consolidation, processing/handling, agricultural development, agro-forestry, capacity building, climate change, genetic resources, farming, sustainable use, pastoralism, animal production, ecosystem conservation, environmental impact assessment (EIA), environmental security, inspection, water conservation zone, research, protected area, protection of habitats, public participation, biodiversity, community management, coastal zone management, local government, food security, land-use planning, agricultural land, use restrictions, land tenure, management/conservation, ex-situ conservation
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Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 2 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 3 S O M M A I R E Pages INTRODUCTION. 1 I) PRINCIPES GENERAUX DE LA STRATEGIE. 3 II) RESUME DES MENACES ET PERTURBATIONS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. 4 2.1) Menaces naturelles. 4 2.2) Menaces et perturbations liées à l’homme. 4 III) VALEURS DE LA BIODIVERSITE. 9 IV) VALORISATION BIOECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 12 4.1) Unité de biodiversité. 12 4.2) Modèle de développement. 15 4.3) Applicabilité du modèle. 17 4.4) Valorisation de la diversité biologique et évaluation des dysfonctionnements globaux. 17 V) MISE EN ŒUVRE ET GRANDS AXES STRATEGIQUES. 19 VI) PERCEPTION NATIONALE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 21 6.1) Constat. 21 6.2) Objectif 01 21 6.3) Activités. 21 6.4) Elément d’orientation : Proposition de définition. 22 VII) CONNAISSANCE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 22 7.1) Constat. 22 7.2) Objectif 02. 23 7.3) Elément d’orientation : Proposition d’un organigramme de réalisation de l’inventaire national. 23 7.4) Activités. 25 7.5) Matrice habitats. 26 7.5.1) Constat. 26 75.2) Objectif 03. 26 75.3) Activités. 26 75.4) Guide : proposition et présentation de la matrice habitats. 27 Introduction. 27 2. Zonation phytogéographique. 27 3. Etages de végétation. 29 3.1) Répartition. 29 3.2) Altitudes. 29 4) Caractères généraux de la végétation algérienne. 37 5) Contenu de la matrice habitats. 43 REGION MEDITERRANEENNE P = 100 / 1500 mm. 44 Domaine maurétanien méditerranéen P = 700/ 1500 mm. 44 Domaine maurétanien steppique. 51 REGION SAHARO- SINDIENNE. 56 Domaine du Sahara septentrional. 56 Domaine du Sahara central. 58 Domaine du Sahara méridional à influence montagnarde. 59 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 4 Pages Domaine du Sahara méridional à influence tropicale. 60 COMPLEXES D’HABITATS AQUATIQUES D’EAU DOUCE. 60 COMPLEXES D’HABITATS DES BORDS DES EAUX DOUCES. 61 COMPLEXE DES HABITATS A EBOULIS. 61 COMPLEXE D’HABITATS ROCHEUX DES GROTTES. 62 COMPLEXE DES HABITATS ARTIFICIALISES. 62 COMPLEXE DES HABITATS MARINS. 62 75.5) Plan d’action de la matrice habitats. 64 75.6) Plan d’action inventaire. 64 VIII) CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 66 8.1) Conservation ex situ. 66 8.1.1) Constat conservation ex situ. 66 81.2) Objectif 04. 67 81.3) Eléments d’orientation : proposition de la création du centre. 67 813.1) Mission. 67 813.2) Programme / activités / actions. 67 81.4) Plan d’action. 68 814.1) Organigramme. 68 814.2) Evaluation financière CDRB. 71 8.2) Conservation in situ. 72 82.1) Constat. 72 82.2) Option / objectif conservation in situ. 74 82.3) Guide des activités de conservation in situ. 76 82.4) Conservation par les Directions des Services Agricoles ( DSA) du Nord ( des ressources agricoles). 76 824.1) Objectif 06. 76 824.2) Activités. 77 824.3) Plan d’action et évaluation financière des activités attribuées aux DSA. 77 82.5) Conservation par les 12 Directions des services agricoles steppiques et sahariennes ( DSA du Sud). 78 825.1) Valeurs liées à la diversité biologique steppique et saharienne. 78 825.2) Objectif 07. 78 825.3) Guide. 78 825.4) Activités. 79 825.5) Plan d’action et évaluation financière des programmes des DSA steppiques et sahariennes. 79 82.6) Conservation par les conservations des forêts CF (des ressources biologiques). 81 826.1) Option. 81 826.2) Objectif 08. 81 826.3) Activités. 81 826.4) Objectif 09. 82 826.5) Activités. 82 826.6) Evaluation financière des attributions des Conservations Forestières. 82 82.7) Conservation de la Diversité biologique par les Inspections des Pêches (des Ressources Marines et Aquacoles). 83 827.1) Constat. 83 827.2) Objectif 10. 83 827.3) Guide. 83 827.4) Activités. 85 827.5) Evaluation financière de la conservation par les inspections des pêches. 86 827.6) Conservation des ressources aquacoles continentales par les Inspections des Pêches ( et des ressources marines et aquacoles). 86 8276.1) Objectif 11. 86 8276.2) Guide, activités et évaluations 86 82.8) Conservation par les Inspections de l’Environnement. 88 828.1) Constat. 88 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 5 Pages 828.2) Objectif 12. 88 828.3) Activités. 88 828.4) Objectif 13. 89 828.5) Activités. 89 82.9) Conservation de la diversité biologique dans les parcs naturels et les aires protégées. 92 829.1) Constat. 92 829.2) Objectif 14. 94 829.3) Activités. 94 829.4) Plan d’action et évaluation financière de la conservation par les parcs. 100 82.10) Conservation au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE), création de cellules de développement durable. 102 8210.1) Constat. 102 8210.2) Objectif 15. 103 8210.3) Activités. 103 8210.4) Plan d’action et évaluation financière des renforcements des capacités des directions de Wilaya. 104 82.11) Conservation au niveau des APC : Création des zones de développement durable ZDD. 104 8211.1) Constat / option. 104 8211.2) Objectif 16, création dans chaque APC d’une zone pilote de développement durable (ZDD). 105 8211.3) Activités. 105 8211.4) Evaluation financière des cellules de développement durable. 107 82.12) Mise au point d’indicateurs de protection et d’évaluation de l’application de la stratégie. 107 8212.1) Orientations. 107 8212.2) Objectif 17. 108 8212.3) Activités. 108 8212.4) Evaluation financière de la mise au point des indicateurs. 109 IX) SENSIBILISATION ET PARTICIPATION POPULAIRE A LA MAITRISE, AU RESPECT, A LA PROTECTION ET A LA GESTION DURABLE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 109 9.1) Formation scolaire. 109 91.1) Constat / Option. 109 91.2) Objectif 18. 110 91.3) Activités. 110 91.4) Evaluation financière : formation des formateurs. 112 9.2) Formation et recherche universitaires. 112 92.1) Constat. 112 92.2) Option : orientation de la recherche et de l’enseignement universitaires. 113 92.3) Objectif 19. 113 92.4) Activités. 113 92.5) Objectif 20. 115 92.6) Activités. 115 92.7) Objectif 21, recherche variétale. 115 92.8) Activités. 116 92.9) Evaluation financière formation et recherche universitaires 116 9.3) Culture individuelle et sociale de la diversité biologique : ( vulgarisation, diffusion, information). 118 93.1) Constat. 118 93.2) Objectif 22. 119 93.3) Activités. 119 93.4) Objectif 23. 121 93.5) Activités. 121 93.6) Calendrier, guide. 122 93.7) Evaluation et contrôle, guide. 123 93.8) Exemples de mobilisation populaire pour le reboisement. 123 938.1) La population double son capital forestier. 123 93.9) Evaluation financière plan d’action culture individuelle et sociale de la diversité biologique. 124 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 6 Pages 9.4) Valeurs de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. 126 94.1) Constat. 126 94.2) Objectif 24. 127 94.3) Activités. 127 94.4) Evaluation financière : valeurs de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. 128 9.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire. 129 95.1) Constat. 129 95.2) Option Homme / diversité biologique. 129 95.3) Objectif 25. 130 95.4) Activités. 130 95.5) Plan d’action et évaluation financière des moyens stratégiques de communication Culturelle et de sensibilisation populaire. 132 9.6) Organisations sociales, relais, vecteurs et destinataires de la société civile. 132 96.1) Constat. 132 96.2) Objectif 26. 133 96.3) Option : caractéristiques du réseau de communication. 133 96.4) Activités. 133 96.5) Evaluation financière de la constitution du réseau. 134 IX) VALORISATION ECOLOGIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. 134 10.1) Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. 135 101.1) Constat. 135 101.2) Option. 135 101.3) Objectif 27. 136 101.4) Activités. 136 101.5) Evaluation financière des valorisations écologiques paysagères. 137 10.2) Valorisation systémique de la diversité biologique. 137 102.1) Constat. 137 102.2) Option de lutte contre la dégradation. 138 102.3) Objectif 28. 138 102.4) Activités. 138 102.5) Option. 141 102.6) Objectif 29. 141 102.7) Activités. 141 102.8) Evaluation financière de l’objectif modélisation systémique de lutte contre la dégradation et de protection des exploitations. 142 10.3) Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. 143 103.1) Constats. 143 103.2) Option. 145 103.3) Objectif 30. 145 103.4) Activités. 145 103.5) Option. 146 103.6) Objectif 31. 147 103.7) Activités. 147 103.8) Evaluation financière : Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. 147 10.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. 150 104.1) Constat. 150 104.2) Options. 151 104.3) Objectif 32. 152 104.4) Activités. 152 104.5) Objectif 33. 153 104.6) Activités. 153 104.7) Objectif 34. 154 104.8) Activités. 154 104.9) Plan d’action valorisation bioécologique des exploitations agricoles et évaluation financière des actions des ZDD. 162 1049.1) Valorisation de la diversité biologique : trame biotique totale. 162 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 7 Pages 1049.2) Plan d’action et évaluation financière de la préservation des ressources agricoles. 162 1049.3) Plan d’action et évaluation financière de la mise en place des ZDD. 164 XI) VALORISATION ECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 166 11.1) Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. 166 111.1) Constat. 166 111.2) Option. 167 111.3) Constat de recherche. 168 111.4) Objectif 35. 169 111.5) Activités. 169 111.6) Plan d’action et évaluation de la valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture : Recherches biotechnologique et mendellienne. 171 11.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique. 172 112.1) Constat. 172 112.2) Option. 173 112.3) Objectif 36. 173 112.4) Activités. 173 112.5) Plan d’action et évaluation financière de la valorisation médicinale de la diversité biologique. 175 11.3) Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme. 175 113.1) Constat : 175 113.2) Objectif 37. 176 113.3) Activités. 176 113.4) Plan d’action, valorisation touristique de la diversité biologique. 176 11.4) Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. 178 114.1) Constat. 178 114.2) Option. 179 114.3) Objectif 38. 179 114.4) Activités. 179 114.5) Objectif 39. 180 114.6) Activités. 180 114.7) Objectif 40. 181 114.8) Activités. 181 114.9) Plan d’action, valorisation de la diversité biologique par les Ministères de l’Energie, des Transports et de l’Industrie. 182 11.5) Diversité biologique et aménagement du territoire. 184 115.1) Constat. 184 115.2) Options globales. 185 115.3) Objectif 41. 186 115.4) Activités. 186 115.5) Plan d’action et évaluation de l’aménagement du territoire. 189 11.6) Valorisation de la diversité biologique forestière. 190 11.61) Constat. 190 116.2) Options et objectifs de prise en charge de la diversité biologique par le développement forestier. 192 116.3) Activités. 193 116.4) Plan d’action et évaluation financière du plan sylvigénétique. 199 11.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. 200 117.1) Constat. 200 117.2) Options. 204 117.3) Objectif 44. 204 117.4) Activités. 204 117.5) Objectif 45. 209 117.6) Activités. 209 117.7) Plan d’action et évaluation financière de la valorisation de la diversité biologique en système marin. 210 Pages XII) LEGISLATION ET DIVERSITE BIOLOGIQUE. 213 12.1) Constat 213 12.2) Option. 219 12.3) Objectif, 46. 219 12.4) Orientations. 219 12.5) Activités. 226 XIII) COOPERATION INTERNATIONALE ET FINANCEMENT. 227 13.1) Constat. 227 13.2) Option 1. 228 13.3) Option 2. 228 13. 4) Objectif 47. 228 13.5) Activités. 228 13.6) Objectif 48 231 13.7) Orientations. 231 13.8) Activités. 232 XIV) MOYENS INSTITUTIONNELS ET DIVERSITE BIOLOGIQUE. 234 14.1) Constat / Orientation. 234 14.2) Propositions. 236 142.1) Premier niveau : APC. 237 142.2) Deuxième niveau : Daira. 237 142.3) Troisième niveau : Wilaya. 237 14.5) Quatrième niveau : structures politiques et économiques. 238 14.6) Cinquième niveau : superstructure politique et conseil du patrimoine biologique. 239 14.7) Plan d’action et évaluation financière législatifs et institutionnels. 244 1. Niveau politique : 244 2. Niveau Wilaya : 244 3. Niveau APC : 244 4. Niveau CDRB . 244 5. Banque de données. 244 6. Equipement Informatique banque de données décentralisée. 244 7. Matériel banque de données. 244 8. Petit matériel et documentation par APC . 244 XV) RECAPITULATION FINANCIERE. 246 Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 1 INTRODUCTION. La stratégie élaborée est une démarche, un ensemble de procédés raisonnés, ordonnés, conceptuels et techniques qui définissent l’organisation de base du développement de la diversité biologique algérienne au sein d’un objectif de croissance économique et sociale. La situation bilan qui permet d’évaluer les lacunes et de formuler des options est exposée dans les tableaux synoptiques du mémento sur la diversité biologique algérienne. Les scénarios directionnels adoptés intègrent les préoccupations de la diversité biologique dans les processus du développement national. Ils définissent les acteurs, les concernés, les moyens de mise en œuvre, humains, financiers et matériels. Parmi les scénarios possibles, la voie qui impose le respect des principes instaurés dans cette stratégie est privilégiée. L’efficacité de leur prise en charge cohérente a guidé le choix des mécanismes. Les délais d’atteinte des objectifs sont planifiés sur le moyen terme. Les cadres politique, institutionnel et financier qui conditionnent la réussite de cette stratégie et de son plan d’action sont étatiques. Les choix recherchent les compromis élargis par rapport aux acteurs individuels et aux intérêts particuliers. Ils sont guidés par l’intérêt général et la création de fondements institutionnels et politiques capables d’imprimer un mouvement global de développement de la biodiversité pour l’équilibre socioéconomique et physique du pays. Ils découlent de l’inefficience des choix antécédents. Les données de base sont issues de l’analyse des documents statistiques diffusés dans le pays. Les données thématiques sont mises au point à partir des travaux et des interprétations personnelles. Les deux ensembles servent à la définition des orientations et à la proposition des modèles. La stratégie présentée est itérative. Des impondérables peuvent influer sur les prévisions de réalisation. Elle nécessite des mécanismes d’application, de réalisation, de suivi et d’exploitation des résultats. La stratégie est fondée sur des principes qui exploitent l’évaluation des menaces qui pèsent sur la diversité biologique, les perceptions de ses valeurs, sa connaissance, ses valorisations bioéconomiques, par les développements agricole, systémique, ethnobotanique, pharmaceutique, industriel et la mise en place de moyens législatifs, institutionnels et financiers. L’ensemble est documenté par la matrice habitats et le programme de constitution des zones de développement durable. L’organigramme de la figure 1 met en évidence les paramètres qui contribuent à sa mise en œuvre, sa réalisation, sa gouvernance et les conditions de sa faisabilité. Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 2 Préparation soutenue des conditions d’exécution des opérations de la stratégie. Stratégie itérative Application Réalisation ( APC) Résultats Mécanismes d’adaptation Et de gouvernance. Ministères, Secrétariats d’état. Moyens humains, scientifiques, législatifs et financiers. Exécution concrète des actions stratégiques par les opérateurs ( acteurs, espaces, procédés). Effets des réalisations. Ecarts/ attentes/ impacts économiques, sociaux, écologiques, etc.. Dispositif de suivi, d’évaluation et de rectification. Figure 1 : Mise en œuvre de la stratégie. Volonté politique Décideurs Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 3 II) PRINCIPES GENERAUX DE LA STRATEGIE. 1. La diversité biologique, variabilité du vivant, constitue une ressource vitale actuelle et future pour l’homme. Chacun de ses éléments a droit au respect qui assure sa pérennité. 2. La diversité biologique, don naturel autonome et inaliénable issu de l’évolution et de l’organisation de la vie sur terre, est un fondement de l’équilibre spatio-temporel de notre territoire. 3. La diversité biologique est une partie de notre patrimoine vécu et vivant, socio culturel, économique et matériel. Son développement accroît notre richesse collective et les ressources héritables des générations futures. 4. La diversité biologique est un bien concret dont la fonctionnalité inspirée de l’organisation de la Biosphère est infinie. Elle est à la disposition de notre société pour être valorisée rationnellement. La finalité de sa progression est l’indépendance, la sécurité alimentaire et la satisfaction des besoins économiques et sociaux. 5. L’émergence, la reproduction et l’accroissement métastable de la diversité biologique témoignent de l’efficience de notre système économique. La qualité de sa gestion implique son intégration aux démarches globales de développement durable adoptées dans le pays. 6. Dans la recherche de son perfectionnement et de sa complexité naturels, la diversité biologique a produit de prodigieuses gammes de stratégies primaires et rénovées, imprégnées de vitalisme. Son développement et son évolution héritent de la dualité physique et idéelle qui implique la valorisation du savoir faire empirique et l’affinement du progrès biotechnologique le plus moderne. 7. L’originalité de notre diversité biologique dépend de sa genèse et d’avantage de son utilisation. Sa participation au patrimoine commun de la Biosphère conduit à son développement pour le progrès et l’instauration des relations de coopération et de solidarité internationales pour son amélioration. Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 4 III) RESUME DES MENACES ET PERTURBATIONS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. Après les lentes maturations et évolutions de la vie au cours des temps géologiques, c’est sur l’homme que pèse la responsabilité de l’avenir ( PELT, 1985). Les menaces sont définies en filigrane dans le mémento. Les plus importantes d’entre elles qui constituent des lacunes susceptibles de projeter des objectifs et des axes de développement sont résumées. 2.1) Menaces naturelles. Il est prouvé que depuis un millénaire, les changements climatiques de faibles amplitudes n’ont affecté que les limites des aires. Aucune extinction massive ne leur incombe. Les feux spontanés générés par la foudre, provoquent l’extension des pyrophytes. Les glissements de terrain, avalanches, inondations, éboulements pierreux consécutifs aux catastrophes naturelles influent temporairement sur la destruction d’habitats que la nature finit toujours par cicatriser. Les cas naturels de déséquilibres biocénotiques ou fonctionnels, de démographie, de population et des rapports producteurs / prédateurs, producteurs / pollinisateurs / disséminateurs ne sont pas recensés. Du reste, les facultés de redondance des systèmes pallient efficacement à ces lacunes. Dans tous les cas, les phénomènes naturels ne sont pas responsables de la régression de la diversité biologique algérienne. Cette situation peut changer, si les systèmes mondiaux de croissance actuels se perpétuent. Ils induisent des phénomènes graves comme les : réchauffement climatique par effet de serre ; incidences des perturbations de la couche d’ozone ; dérèglement pluviométrique par l’aggravation des pluies orageuses ; utilisation généralisée des organismes génétiquement modifiés dont les conséquences sur les systèmes naturels sont méconnues ; élévation du niveau de la mer. Ils affecteront directement les processus systémiques vitaux des ressources biologiques et provoqueront des réductions très fortes des aires des espèces sensibles et quelques fois leur disparition définitive. 2.2) Menaces et perturbations liées à l’homme. Leurs effets dépassent ceux des menaces naturelles directes ou indirectes. Elles déterminent l’évolution actuelle de la diversité biologique. Les menaces globales sont envisagées en priorité par rapport aux sectorielles traitées dans les constats des paragraphes afférents. Accroissement démographique dans des systèmes où les ressources naturelles, les espaces et les moyens de développement ne sont pas maîtrisés. Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 5 Paupérisation économique qui généralise l’usage des espaces et des productions naturelles et confine la gestion du pays dans des options à court terme diligentées par les problèmes sociaux considérés comme prioritaires. Notion dominante de Beylec héritée d’un vécu colonial qui attribue à la production naturelle une appartenance collective considérée comme « personne », ou à l’Etat « répression », donc antagoniste. L’espace vidé de son contenu patrimonial est libre, surutilisé et détruit. Emiettement des organisations sociales de l’agriculture traditionnelle qui conduit à l’abandon du concept de terroir et à l’irrespect de son contenu biologique. Inexistence de modèle de développement où les relations entre les acteurs et les équilibres sont définies. Les relations de types : ► homme / société / activité / espace ou ► homme / société / activité / nature, établissent des liens et un ancrage de développement économique et social directionnel. Or, la nature est assimilée dans les usages actuels à une source intarissable de biens gratuits. La diversité biologique n’est pas considérée comme réservoir de ressources biologiques aménageables capables, par la valorisation scientifique et expérimentale, de promouvoir l’indépendance et la sécurité alimentaires. Le développement des productions agricoles basées sur des semences, cultivars, races allochtones conduit à l’abandon de la valorisation de notre diversité biologique. La connaissance fragmentaire de la consistance et des mécanismes de la diversité biologique, l’inexistence d’une démarche cognitive généralisée, ne permettent d’initier ni sa vulgarisation, ni un programme de sensibilisation populaire. La recherche, l’expérimentation variétales et génétiques sont abandonnées. Nos capacités d’investigation sont très inférieures aux potentialités d’exploitation de notre diversité biologique. L’édification d’une législation complexe, inapplicable, conforme aux préoccupations étrangères, qui induit le désintérêt populaire vis à vis de la diversité biologique. La généralisation de pratiques pastorales, agricoles, industrielles et de gestion de l’espace où les perturbations de la diversité biologique sont tacitement admises. L’introduction incontrôlée d’espèces allochtones susceptibles d’occuper des niches écologiques de taxons locaux et de réaliser des introgressions génétiques qui modifient notre patrimoine biologique. La gestion anarchique de l’espace qui aboutit à l’isolement des populations animales et végétales et au dépérissement des espèces par réduction des flux génétiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie Nationale 6 La perte progressive du savoir local holistique, agricole, médicinal et ethnobotanique transmissible de génération en génération qui forge l’héritage culturel et le respect de la biodiversité. Ces paramètres représentent certaines causes structurelles des régressions qualitatives et quantitatives de notre biodiversité. Il faut ajouter sa mauvaise prise en compte dans les modèles de développements sectoriels, locaux, régionaux et nationaux qui affectent les types de diversité génétique, spécifique, biocénotique, écosystémique et paysagère. Le tableau 1 donne une estimation de la diversité biologique algérienne et une illustration de notre niveau de connaissance par rapport à la diversité de la vie dans notre pays. Il n’atteint pas 50%. Sur les 16.000 espèces, l’économie algérienne en utilise moins de 1%. Les semences, principal instrument de valorisation de la diversité biologique, sont importées ! Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 7 Tableau 1 : Biodiversité algérienne « naturelle » Règnes / groupes Monde ( nb taxons) Algérie Connu ( nb taxons) Inconnu estimé % Disparu Virus 1.000 50 70 ? Bactéries 4.700 100 80 ? Flore Champignons 46.933 50 ? Algues 26.900 468 60 ? Lichens 600 80 ? Mousses 17.900 2 90 ? Fougères 10.000 44 15 Spermatophytes 220.529 3.139 ( AR= 289) ( R= 647) ( RR= 640) ( RRR= 35) (Endémiques = 275 / 600) 6 Sous total 327.962 4.403 Protozoaires 30.800 Plancton indifférencié 661 60 ? Faune Invertébrés Mollusques 50.000 75 20 ? Annélides 12.000 16 60 ? Insectes 751.000 1.900 90 ? Autres Benthos, etc.. 168.500 1.892 40 ? Vertébrés Poissons 19.056 300 25 Amphibiens 4.184 8 50 ? Reptiles 6.300 40 30 ? Oiseaux 9.040 404 10 Mammifères 4.000 97 / 108 10 Sous total 1.054.880 5.404 Total 1.382.842 9.807 51% Espèces végétales introduites 5.128 15 Particularités Espèces végétales parasites 3.000 / 5.000 67 10 Espèces progénétrices / 72 85 ? Espèces médicinales 1.000 60 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 8 Tableau 2 : Biodiversité agricole Espèces, variétés, races, lignées, cultivars, etc.. Biodiversité végétale Ayant existé dérivant d’estimation Actuels Pertes ( %) Céréales ( blé dur et tendre, orge, avoine, seigle, triticale) 109 39 ? 64 Maïs 3 1 66 Sorgho 4 1 75 Fourrages 472 ? ? Légumes secs 100 21 ? 79 Arboriculture fruitière Figuiers 22 7 ? 69 Oliviers 151 47 ? 69 Palmiers 940 ? ? Vignes 1.376 64 ? 95 Agrumes 162 44 ? 73 Poiriers 86 17 ? 81 Pommiers 30 9 ? 70 Cognassiers 4 3 ? 35 Abricotiers 24 23 ? 5 Pruniers 54 16 ? 61 Pêchers 40 18 ? 55 Autres Rosacées 34 26 ? 34 Néfliers 21 5 ? 76 Avocatiers 17 1 94 Grenadiers 30 14 ? 50 Pacaniers 23 1 95 Châtaigniers 11 1 89 Noyers 15 5 ? 66 Pistachiers vera 7 7 ? Bananiers 5 5 ? Opuntia 1 1 Cultures maraîchères 300/ 400 ? 111 ? 63 Cultures industrielles 68 10 ? 85 Total 4.209 1.438 51 / 66 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 9 Tableau 3 : Biodiversité agricole animale. Espèces, variétés, races, etc.. Biodiversité animale Ayant existé dérivant d’estimation Actuelles Pertes ( %) Bovins 15 01 94 Ovins 10 06 40 Caprins 5 05 0 Camelins 08 08 0 Equins 12 05 60 Azins 02 02 0 Lapins 03 03 0 Galinacés 10 06 40 Sous total 65 36 45 Animaux domestiques Chats 15 06 56 Chiens 60 20 66 Animaux en captivité parcs zoologiques ? ? Sous total 75 26 66 Sous total animaux 140 62 56 Total général de la biodiversité algérienne 16.435 IV) VALEURS DE LA BIODIVERSITE. Comme paramètre de développement, la diversité biologique est gérée selon son évaluation économique, écologique, technologique et d’éthique. Ces évaluations se matérialisent par les masses d’investissements consentis pour les biotechnologies, la conservation, la préservation, la recherche de son rôle dans les process industriels moins polluants, etc.. Les attentes des planificateurs et de la société civile relatives à l’impact de ces investissements sur le développement macro-économique, sont l’indépendance alimentaire, l’équilibre physique du pays, les croissances patrimoniales et culturelles. La croissance démographique, les conséquences du réchauffement climatique, l’altération des ressources hydriques et édaphiques, contribuent à accroître le déficit alimentaire. La satisfaction des besoins vitaux dérive de plus en plus des transformations de la nature par la force de travail et à fortiori de la diversité biologique et des instruments conçus à cet effet. Ces moyens lui attribuent une valeur d’usage dont l’accroissement est conditionné par les priorités suivantes : Accroissement de la demande en ressources génétiques par la revivification des techniques agricoles empiriques. Mise en place de nouvelles possibilités biotechnologiques. Valorisation de la force de travail et du savoir faire. Incorporation des informations génétiques des espèces progénétrices xérothermiques dans les codes génétiques des cultivars. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 10 Ces facteurs économiques sont matérialisés par la valorisation du patrimoine biologique. L’évaluation consiste à attribuer une valeur financière à ses fonctions économiques et systémiques afin de définir la masse d’investissement « utile » qui génère un bénéfice à partir de ses productions et protections. Les outils classiques d’évaluation économique sont d’un secours limité pour l’étude des « biens » de la biodiversité totale en tant que ressource naturelle car : Le marché des ressources génétiques commence seulement à prendre forme. Les entités biologiques, librement accessibles, n’ont de prix direct ou indirect qu’au fur et à mesure des progrès biotechnologiques. Les propriétés génétiques médicinales, agricoles, etc.. découvertes pour une espèce produisent des valeurs dont le prix est fonction du statut de l’espèce dans un marché conditionné par l’offre et la demande. Il reste insaisissable. Il est utopique de vouloir déterminer la valeur globale d’une ressource génétique et à fortiori, d’un patrimoine biologique, quand la maîtrise de son évaluation dépend de sa valorisation sur plusieurs générations par des techniques qui évoluent. Dans le chapitre suivant, nous démontrons qu’il est possible d’utiliser transitoirement des « traducteurs » économiques. Pour l’instant, les procédés d’évaluation font défaut, tant que la valeur marchande n’existe pas. La valeur d’entretien n’est pas une référence. Elle est arbitraire, car amputée du coût de la genèse naturelle de la biodiversité et de sa fonction qui constituent le « capital » à entretenir. Cette portion n’a pas de valeur quantifiable n’étant pas issue d’une matérialisation inhérente au travail de l’homme. Pour le moment, il faudra se contenter d’une attribution économique prospective plutôt que d’une valeur financière. Néanmoins, elle est sûre, et fait l’enjeu de demain grâce à sa préservation et son amplification par l’innovation. Les principales valeurs de la diversité biologique locale sont représentées dans la figure 2. Elle définit cinq classes de valeurs régressives de 1 à 5. Les effectifs d’espèces de la flore qui concernent chaque classe sont exprimés en pourcentages par rapport au total des espèces autochtones dont les fonctions sont connues. Les classes représentent : 1. Les espèces cultivées, 2%. 2. Les espèces arborées ou suffrutescentes capables d’imprimer leur physionomie au paysage, 170 taxons : 5%. 3. Les espèces dont les fonctions systémiques sont répertoriées, 250 espèces : 8%. 4. Les espèces constituant une ressource génétique potentielle pour diverses utilisations ou parentes connues d’espèces cultivées utilisées, agriculture, forêt, industrie, ethnobotanique, etc.. près de 400 à 500 espèces : 16%. 5. Espèces héritables et richesse globale, 100%. Cette échelle met en évidence nos lacunes de connaissances et de bioéconométrie par rapport à la valorisation de la biodiversité. 85% des taxons possèdent des valeurs nominales non mesurables. 5% seulement sont utilisés. Les fonctions ne sont pas quantifiables. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 11 Figure 2 : Hiérarchisation des valeurs de la diversité biologique végétale. Valeurs quantitatives mesurables Valeurs qualitatives nominales Valeurs économiques et sociales globales Valeurs : d’usage direct Valeurs : d’usage, d’éco- usage indirect, fonctionnelle et systémique Valeurs : d’assurance, d’option, de réserve, de sécurité et d’échange Valeurs : héritable, patrimoniale d’existence et d’éthique Usage matériel Usage immatériel Capital génétique transmissible, richesse totale Biodiversité : pour assurer les ressources génétiques futures , sécurité alimentaire Fonctions d’équilibre naturel : Erosion, Eau, Sol, Climat, Systèmes écologiques ( éco- espace) Avec consommation : Alimentaire Médicinale Matière première Agroindustrie Sans consommation : Loisir, Esthétique, Ethnobotanique, Culturel, Paysagère. 1 2 3 4 5 2% 5% 8% 16% 100% Participation des espèces végétales aux différentes classes CLASSES Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 12 La stratégie d’évaluation de la diversité biologique doit envisager : La mise au point de techniques économiques d’évaluation systémique par le développement de la bioéconométrie. La formulation du principe de préservation de 100% des espèces contenues dans le lègue patrimonial inaliénable ou réserve partagée de valeur holistique qualitative, avec les générations futures. D’accroître la valorisation du plus grand effectif d’espèces utiles au développement durable et à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens. V) VALORISATION BIOECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 4.1) Unité de biodiversité. Le développement durable est assimilé à la mise en valeur qui inclut la valorisation de la diversité biologique et de ses habitats. Cette problématique du développement est la recherche de : L’accroissement des quantités ( volume, superficie, effectif, poids, couverture, etc..). L’amélioration de la qualité ( énergétique, systémique, fonctionnelle, institutionnelle, etc..) L’amplification de la diversification qui offre la possibilité de choix évolutif, selon les tendances des finalités / objectifs. La pérennité des finalités / objectifs passe par la perpétuation et la reproduction améliorante de la diversité biologique, selon le concept de reproduction valorisante dans l’interaction biodiversité / développement. L’évaluation de la diversité biologique fondée, selon les écoles sur l’idée de stock ou capital de biodiversité, ou sur les équilibres des flux physicoénergétiques pour les écobiologues, ou sur les équilibres marchands contraintes / techniques pour les socio économistes, est insuffisante. Ces lacunes conduisent à la conception hypothétique d’une unité de biodiversité qui est une unité de structure. Dans l’optique de reproduction valorisante, l’équilibre est positivement dynamique et la structure enrichie à chaque cycle. Elle représente l’unité d’organisation d’un système, ou bien la structure des composantes nature et quantité. Si le système de surface S est composé de E espèces représentées par i individus, cette unité est : Ub= Ei ( ni / S) Cette appréciation conforte l’idée de la répartition de la diversité biologique et permet d’appréhender la reproduction en terme de structure. Elle met en évidence : la qualité du maintien du système ; la reproduction du nouvel équilibre et de la nouvelle structure enrichie avec plus d’espèces, plus d’individus et de meilleurs rapports avec le milieu. La valeur de la biodiversité se mesure en fonction d’un niveau de développement et d’un état des forces productives par rapport à un savoir et un savoir faire ( know how). Il y a Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 13 lieu cependant, de distinguer les valeurs qui résultent de l’activité écobiologique de celles qui relèvent de l’activité humaine. Mais comment distinguer dans une production agricole, les contributions des activités écobiologiques ( systémiques), de celles des forces de travail humaines. Ces interrogations montrent qu’il est illusoire, étant donné le niveau de nos connaissances bioéconomiques, de vouloir évaluer directement « le prix » de la fonction systémique de l’espèce et de tous ses individus dans l’unité de biodiversité pour évaluer économiquement un système. Les espèces sont différentes, leurs fonctions particulières et leurs interactions sont méconnues. La fonction d’un arbre de 30 mètres qui vit 5 siècles avec un espace vital aérien et souterrain de dizaines de mètres cubes est différente de celle de l’espèce de 20 centimètres qui vit un mois. Les pondérations seraient inextricables. Il est par contre intéressant de formuler une évaluation hypothétique de la biodiversité et de l’écodéveloppement par rapport à un paramètre traducteur qui est la ressource en eau. Elle constitue le principal facteur de dynamisation et de mise en valeur de la biodiversité. Au plan théorique, les ressources hydriques, les ressources humaines exprimées en force de travail et les ressources biologiques combinées, sont reconnues comme richesse et capital par l’ensemble des économistes. Quel que soit le modèle de développement durable adopté, il inclut ces trois paramètres qui sont disponibles en force et en contradiction avec le déficit de production alimentaire. La valorisation de la biodiversité conduit à l’épanouissement de la ressource humaine par le plein emploi. Celui-ci devient la pierre angulaire de cette stratégie. Les valorisations de l’homme et de sa force de travail sont indicatrices des performances des exploitations de la biodiversité. i. Bilan annuel de l’eau: Eau de pluie 65.10 9 m 3 / an, Dont : ► Ruissellement 12,4 à 15.10 9 m 3 ► Infiltration 3.10 9 m 3 ► Evaporation 47.10 9 m 3 Volume d’eau régularisé 2.10 9 m 3 Volume d’eau disponible 1,3.10 9 m 3 Volume d’eau mobilisable 4 à 5,7.10 9 m 3 dont : Eau de surface 12,4 à 15.10 9 m 3 Eau souterraine 6,8.10 9 m 3 Litres d’eau / jour / habitant 186 litres A cette ressource, il faut ajouter la valorisation par la pêche et l’aquaculture des eaux marines et continentales. Ces eaux s’additionnent à cette ressource en tant que milieu. ii. Force de travail. Population active de 4.200.000 travailleurs en l’an 2000 sur 30.000.000 habitants Population active de 6.000.000 en 2010 dont 30 à 50% de sous emplois et de chômeurs potentiels sur 38.000.000 d’habitants. Ressource disponible en eau, total = 19.10 9 m 3 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 14 iii. Biodiversité. La distribution des terres sur 40.000.000 ha de terres agricoles, forestières et pastorales est la suivante : Activité agricole et forestière, 7,5.10 6 ha à 8.10 6 ha de SAU dont : ► 40 à 50% en jachère annuelle. ► 550.000 ha de cultures permanentes. ► 500.000 ha de cultures irriguées. ► une production annuelle variable de : 2.000.000 T de céréales / an 41.500 T de légumes secs 3.200.000 T de produits maraîchers 11.000 T d’alfa 200.000 m 3 de bois. Activité pastorale : les terrains de parcours non évalués, le chiffre avancé est de 30.000.000ha : 130.000 bovins 17.300.000 ovins 2.800.000 caprins Activité marine : 2.059 petits métiers de pêcheurs : 105.000 T de poissons et crustacés. iv. Résultats. L’Algérie couvre : 30% des besoins énergétiques. 50% des besoins protéiniques. Importation de 30.10 9 $ en 10 ans pour satisfaire aux besoins alimentaires soit l’équivalent pétrole de 165.000 TEP en pétrole et gaz. L’agriculture actuelle, dépendante des semences des multinationales, a saturé ses emplois en limitant les pratiques liées à la valorisation de la diversité biologique. L’industrie lourde et les PME, sursaturées à cause de la mauvaise sécurité des investissements, montrent une dynamique de recrutement inefficace. Le BTP, limité par les prix prohibitifs des matériaux, ne résorbe que 10% d’emplois épisodiques. Les recours à la biodiversité comme moyen radical de plein emploi dans l’agri biodiversité, la valorisation bioécologique des espaces forestiers, touristiques et urbains, piscicole et aquacole, la valorisation de la biodiversité par l’ethnobotanique et pour la santé publique, etc.., sont des impératifs incontournables. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 15 4.2) Modèle de développement. Hypothèse : L’hypothèse s’articule autour de la valorisation de la diversité biologique pour la période 2000 / 2010. Elle est fondée sur la modélisation des ressources en eau ( terre et mer), des forces de travail, des capitaux destinés à l’alimentation humaine dans le cadre d’une projection de fonctionnement global équilibré. ( figure 3). Le coût du mètre cube d’eau est de 3,231 $. Le postulat fixant l’égalité entre la valeur de biodiversité produite par 1m 3 d’eau et le prix du mètre cube est admise et plausible. En d’autres termes, l’eau recrée par le biais de la biodiversité sa propre valeur. Cette approche est adoptée en écologie comme en économie. Le rapport coût des importations alimentaires et coût de l’eau détermine le volume d’eau et le nombre d’emplois occasionnés par la valorisation de ce volume d’eau pour la biodiversité. Les quantités d’eau nécessaires à l’irrigation d’un hectare et l’emploi généré sont connus. Le modèle réalise une interactivité amplifiante entre les développements de la biodiversité, de l’alimentation et de la force de travail. Le rapport force de travail espace s’effectue par l’intermédiaire de la quantité d’eau nécessaire à l’irrigation d’un hectare : 1ha = 16.000 m 3 d’eau/ an = 2,5 emplois en intensif, dans le cas où la valorisation du savoir faire est maximisée. Cette maximisation permet d’assurer la dynamisation du modèle pour satisfaire aux exigences de reproductibilité de l’unité structurale de biodiversité. Le modèle de la figure 3 intègre les paramètres suivants : Emplois 2010 = 1.885.000 Eau hectare = 16.000 m 3 Hectare par emploi = 0,4 ha Population Algérie 2010 = 38.000.000 h Besoins alimentaires 2010 = 47,5 10 9 $ Coût de la ration alimentaire 1.250$ ( ONS, 1999) Calcul des paramètres du modèle : 1.885.000 x 16.000 m 3 x 0,4 = 12,064.10 9 m 3 d’eau équivalent emploi 12,064.10 9 / 16.000 m 3 = 754.000 équivalents surface ou unité de biodiversité Les besoins des populations dépendantes des actifs sont évalués comme suit, si on compte pour 1 actif cinq ( 5) dépendants et si le coût de la ration alimentaire est de 1.250$ : 38.000.000 habitants x 1.250 $ = 47,5.10 9 $ La valeur de la diversité biologique valorisable est de : 12,064.10 9 x 3,231 = 40,839 10 9 $ La couverture des besoins de la population totale est de : 40,83.10 9 / 47,5.10 9 86% Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 16 En 2010, la mise en valeur de la biodiversité, liée au plein emploi de la capacité de travail de la population rurale et aux investissements équivalents aux réductions des importations agricoles, permet la couverture de 86% des besoins de la ration alimentaire totale du pays. Figure 3 : Schéma de reproductibilité valorisante de la biodiversité en rapport avec l’emploi et les ressources en eau. 4.3) Applicabilité du modèle. Réserve d’eau disponible 19,5.10 9 m 3 , possibilité d’utiliser 12.10 9 m 3 , il en reste 7.10 9 m 3 non utilisés. Estimation force de travail : objectif de plein emploi 1.885.000 Equivalent eaux mobilisables 1.885.000 x 16000 m 3 /ha x 0,4 Valorisation en biodiversité Equivalent en rations alimentaires développement Valeur agricole Possibilité développement Force de travail Possibilité mobilisation des ressources / eau / espace Développement biodiversité Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 17 Superficie irrigable calculée 754.000 ha au lieu des 1.267.000 ha prévus par le Ministère de l’Agriculture, restent 513.000 ha non valorisés. Force de travail estimée à 30% par l’ONS, donc suffisante. D’autre part, les progrès biotechnologiques de la biologie moléculaire et du génie génétique ouvrent des perspectives économiques considérables pour les pays qui sont au rendez-vous. Il est possible d’accroître les performances par : de meilleures capacités de la force de travail ; la mise en valeur de nouvelles énergies, énergies solaire, éolienne, etc.. ; une meilleure gestion des réserves et stocks halieutiques. Il faut ajouter que le coût moyen de la création d’un emploi en agribiodiversité est très nettement inférieur aux prévisions de l’ONS : 16.000 x 0,4 x 3,231 $ = 20.678 $ 20.678 $ au lieu des 16 à 50.000 $ prévus dans les rapports statistiques ( ONS, 1999). Il est également possible d’établir les rapports suivants : ► 1 emploi pour 5 rations alimentaires. ► 1 emploi productif pour 2 emplois de service ( ONS, 1999). Ces deux rapports accroissent considérablement la qualité de vie des populations et la possibilité de résorption du chômage. 4.4) Valorisation de la diversité biologique et évaluation des dysfonctionnements globaux. La valorisation de la diversité biologique précise les notions de valeur adoptées par les économistes. La conjonction des démarches écologiques, biologiques, économiques et sociales dans le développement durable préconisé est apte à lui attribuer une valeur socio économique. Dans cette perspective, l’évaluation systémique considérée comme évaluation hypothétique ( V) est la suivante, si : P : est la valeur d’un produit CI : la valeur des inputs ( consommations intermédiaires) VA : la valeur ajoutée P = CI + VA V = CI + VA/2 P + V = valeur bioéconomique globale. Dans tous les cas, P est une valeur comptabilisée. Ainsi dans les systèmes de valeur, il serait intéressant pour l’évaluation globale de considérer que : ► La perte de terre de deux parcelles cultivées, l’une érodée l’autre non érodée, produisent des rendements différents pour la même spéculation. Le coût de la différence de rendement est la valeur fonctionnelle de la terre perdue pour la même production. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 18 P1 ( an) P2 ( an) P3 ( an) P1 ( an) ► La valeur systémique fonctionnelle d’une jachère se mesure à la différence de production générée par le repos dans la même parcelle au cours de deux exploitations consécutives. production Jachère production production production La valeur de la fonction systémique de la jachère est évaluée ( par rapport à un traducteur qui est une seule production économique) : V = P2 – P3 En comptabilisant par estimation les systèmes de production, la perte annuelle générée par le dysfonctionnement global au niveau national est : ► importation produits alimentaires 3.10 9 $ / an ; ► perte de terre 2,6.10 9 $ / an ; ► perte incendie 50.000 ha / an ( équivalent biodiversité de 2,6.10 9 $) ; ► perte de 150.000 élèves / an : à 10.000 DA = 1,5.10 9 DA ; ► eau de ruissellement, évaporation : 64.10 9 m 3 – 19.10 9 m 3 = 45.10 9 m 3 à 3,213 $/ m 3 = 144.10 9 $ La sommation de toutes ces pertes égale à 153,7.10 9 $, rend le financement de 3,12.10 9 $ dérisoire ( 2%), sachant que ces pertes transformées en investissements créent une plus-value considérable. VI) MISE EN ŒUVRE ET GRANDS AXES STRATEGIQUES. La mise en œuvre de la stratégie sur la base de la valorisation de la diversité biologique pour le développement économique global s’articule autour des point suivants : 1) Incorporation des préoccupations de valorisation et de gestion durable de la diversité biologique dans les plans de développement socioéconomique à tous les niveaux. 2) Mobilisation des moyens financiers. Cette hypothèse pose comme principe la valorisation de la quotte part financière affectée aux importations, soit 3.10 9 $ / an. Pour ne pas adopter la perspective drastique d’un schéma linéaire de substitution par la restriction, favoriser la réaffectation par la valorisation progressive. C’est la volonté politique qui doit être ferme par une planification rigoureuse. 3) Mobilisation et réorganisation de l’exploitation des ressources en eau, en sol, en espace et de la mer. La valorisation de la biodiversité relève de la gestion rationnelle des ressources hydriques. Elle doit être adaptée à la diversification. L’option « grand barrage » a montré des désavantages considérables, financements ponctuels trop lourds, délais de réalisation trop longs, entretiens des bassins versants interminables, envasements, etc.. Elle doit être complétée par la microretenue plus conforme à la localisation géomorphologique et spatiale de la diversité biologique et mieux orientée vers la configuration d’un équilibre sectoriel, potentialités/ activités. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 19 4) Adoption de principes intangibles instituant les fondements politiques de la gestion de la diversité biologique algérienne. 5) Amélioration de la perception nationale des connaissances de la nature, des mécanismes, de la typologie et des potentialités de valorisation de la diversité biologique. 6) Création d’une stratégie de conservation par l’instauration d’une démarche de préservation ex situ et in situ, étatique et riveraine. 7) Mobilisation des moyens humains pour la formation, le développement du savoir faire, du savoir exécution et la diffusion massive des connaissances. 8) Renforcement des capacités de recherche biotechnologique pour maîtriser les développements de la diversité biologique et accéder aux avantages des progrès universels. 9) Renforcer la sensibilisation populaire pour enrichir la culture sociale, accroître le respect des valeurs de la diversité biologique et l’implication de la communauté dans sa gestion. 10) Optimiser les potentialités agroéconomiques de la biodiversité par l’utilisation rationnelle, des ressources, de la force de travail et des espaces afin d’assurer l’autonomie alimentaire. 11) Valoriser les types d’utilisation de la diversité biologique par la diversification des activités médicinales, ethnobotaniques, industrielles, touristiques, de transport, énergétiques, etc.. 12) Développer une trame biotique de végétalisation du pays qui respecte les standards méditerranéens et instaure un équilibre fonctionnel et paysager. 13) Domestiquer les propriétés systémiques de la biodiversité pour modérer les dysfonctionnements territoriaux et valoriser l’usage de ses possibilités naturelles dans les aménagements de l’espace. 14) Ancrer les activités agricoles par une politique législative, foncière et socioculturelle qui consolide les liens entre le fellah, sa terre et son terroir. 15) Adéquation des instruments institutionnels par l’instauration de structures munies de pouvoir à la hauteur de l’enjeu. Dévoluer les responsabilités aux gestionnaires de l’espace dans une hiérarchie emboîtée et simplifiée. 16) Adéquation des moyens législatifs, financiers et matériels de valorisation de la diversité biologique qui assurent sa prise en charge par des unités opérationnelles décentralisées. 17) Renforcer les moyens de diffusion et d’échanges de données au sein d’un système de communication interactif de banques de données et de réseaux. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 20 18) Renforcer les capacités de participation aux accords multilatéraux pour faire bénéficier le pays de la solidarité internationale et mettre en valeur son rôle dans l’accroissement des richesses de la Biosphère. VIII) PERCEPTION NATIONALE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 6.1) Constat. Les définitions académiques et celles issues de la convention internationale sur la diversité biologique sont méconnues et peu diffusées. Pas de perception générale répondant aux critères classiques de définition. Il existe cependant une approche de perception en relation avec le secteur géré ( forêt, steppe, agriculture, mer, etc.). Généralement, la perception envisagée a un support social. Elle inclue les pratiques et les comportements par rapport à la diversité des taxons « utiles ». Elle intègre dans sa définition : ► les espèces domestiques locales, introduites, animales et végétales. Elle se limite dans ce cas aux taxons agricoles ; ► les espèces forestières, steppiques ou de maquis édificatrices de paysages ; ► les espèces à usages, ethnobotanique, médicinal, domestique, condimentaire, etc.. Meilleure appréciation de la diversité biologique au sein des sociétés ayant des modes de vie en symbiose avec la nature. Les perceptions des sociétés rurales et du Sud sont plus efficientes que celles des citadines. Des éléments de la biodiversité sont perçus superficiellement comme les unités d’organisation biologique, OGM, sélections variétales, etc. Dans la majorité des cas, les opérateurs de l’agriculture, des pêches, forêts, environnement, etc.., la perçoivent comme une richesse et un dénombrement. La biodiversité n’est pas considérée comme réservoir de ressources biologiques globales susceptibles de valorisation économique importante. 6.2) Objectif 01, opérateur : Centre de développement des ressources biologiques, CDRB. Développer, diffuser et vulgariser les perceptions particulières de la diversité biologique comme ressource naturelle et introduire progressivement les élargissements nécessaires à sa meilleure acception. 6.3) Activités. Activité 1 : Prioriser les éléments de définition de la diversité biologique répondant à des impératifs locaux de gestion et de développement économique et social. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 21 Activité 2 : Inclure, dans les définitions, les spécificités régionales et locales de territoire, de terroir et de patrimoine. 6.4) Elément d’orientation : Proposition de définition. La perception qui semble réunir un consensus académique, économique, social et culturel est la suivante : La diversité biologique est la diversité de la vie des organismes, de leurs niveaux d’organisation, du gène au paysage. Elle inclut la répartition dans les terroirs, la production comme ressource naturelle et les valeurs comme patrimoine biologique local et national au service de l’homme. Cette perception doit pénétrer les langages administratifs quotidiens et figurer dans les textes de gestion qui concernent directement ou indirectement la biodiversité. IX) CONNAISSANCE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 7.1) Constat. Connaissance insuffisante de la diversité biologique globale. Elle est estimée à 50%. Les études ponctuelles existantes sont stockées et difficiles d’accès. Les rapports, articles, études, relatifs au domaine de la faune et de la flore sauvages et domestiques sont dispersés et possèdent des qualités taxonomiques variables. Manque de coordination et cloisonnement des résultats des inventaires par rapport aux priorités sectorielles. Insuffisance des données qualitatives et quantitatives, au niveau national et encore moins au niveau régional, sur la diversité biologique sauvage, la faune élevée et la flore cultivée. Régression et relégation au second plan des activités taxonomiques au sein des Universités. Carence en systématique dans les secteurs chargés de la gestion des éléments de la diversité biologique : Conservations, Agence Nationale pour la Conservation de la Nature, Parcs Nationaux, Environnement, etc.. Effectifs de spécialistes systématiciens botanistes ou zoologues insuffisants pour assurer la prise en charge taxonomique à tous les niveaux. Ce profil est absent dans les régions. Valorisation scientifique insuffisante des ressources humaines œuvrant dans les conservations, ANN, parcs nationaux, DSA, etc.. Carence en collections de référence mortes ou vivantes animales et végétales susceptibles de conduire aux précisions systématiques et au catalogage rigoureux des espèces. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 22 Insuffisance documentaire et matérielle pour la réalisation des inventaires ( flore récente, faunule, loupes, instruments de dissection, de conditionnement, etc..). Aucune investigation systématique rigoureuse et organisée n’est en cours sur les taxons sauvages, cultivés ou élevés. Prise en compte rudimentaire de la biodiversité par les gestionnaires dans les programmes de développement sectoriels, conduisant à la méconnaissance de la consistance, de l’état, de la répartition, des mécanismes et du suivi de la diversité biologique. 7.2) Objectif 02, opérateur : CDRB. Inventorier systématiquement la faune et la flore spontanées et domestiques en s’appuyant sur les structures régionales après leur renforcement scientifique et l’implication du plus grand nombre d’acteurs, d’opérateurs et de concernés à travers un réseau d’envergure nationale. 7.3) Elément d’orientation : Proposition d’un organigramme de réalisation de l’inventaire national : L’inventaire sert de base au lancement des activités bio-économiques de valorisation de la diversité biologique. La connaissance, la localisation cartographique et la base de données sont des opérations préliminaires de développement des activités de recherche, d’utilisation et de gestion. L’organigramme de la figure 4 définit une démarche qui recense les paramètres indispensables. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 23 Figure 4 : Démarche d’inventaire faune / flore. Ressources humaines Equipe d’inventaire. Mobilisation des opérateurs et renforcement par des spécialistes : taxonomistes Recrutement de spécialistes pour renforcer les capacités : concepteurs, formateurs Méthode Plan d’échantillonnage d’inventaire faune / flore et de récolte des données totales pour l’établissement de collections. Formulaires précodés de description faune/ flore et unité d’organisation. Réseau de suivi dynamique et de diagnostics périodiques faune / flore, organisation, indicateurs écobiologiques. Moyens scientifiques et matériels Base et banque de données ouvertes à destinations nationale, régionale et locale, multiniveaux, recherche, gestion, vulgarisation Gestion de l’inventaire Documentation ( Cartes, flore, faunule,…..) Matériel scientifique et de terrain ( loupes , transport, GPS, etc..) Base de données (Taxonomie, Taxinomie, statut des espèces, etc..) Cartographie automatique et caractérisation régionale faune flore, terroir, etc.. Réseau d’accès (terminal et antennes régionales et locales) 1 2 3 4 Collections mortes et vivantes Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 24 7.4) Activités : Activité 1 : Réaliser l’inventaire dynamique national de la faune et de la flore et des unités d’organisation biologique. Action 1 : Connaître, caractériser le patrimoine biologique algérien, ses originalités, richesses, sensibilités, menaces, statuts, etc.. Action 2 : Recenser les utilisations traditionnelles des taxons animaux et végétaux et systématiser les utilisations potentielles agroéconomiques, domestiques, systémiques, ethnobotaniques, etc.., et leurs valeurs. Action 3 : Effectuer les évaluations qualitatives et quantitatives du patrimoine biologique. Analyser les niches écologiques, biotopes, habitats, paysages, territoires et leurs statuts. Sélectionner les sites à protéger pour préserver les taxons sensibles. Cet inventaire a également pour objectif de déterminer : Les sites, à partir des biotopes aux paysages remarquables, et de dresser une classification des menaces et des protections adéquates. Les habitats exceptionnels, rares, uniques, etc.., à classer en fonction de leurs sensibilités ( à préserver, protéger, réhabiliter, etc..). Les taxons sensibles menacés, à classer en fonction de leur vulnérabilité et de la sensibilité des formations où ils se trouvent ( formations sensibles, à protéger, conserver, réhabiliter, etc..) Action 4 : Programmer la localisation spatiale automatique du matériel biologique algérien. Action 5 : Elaborer des Atlas de terroirs régionaux. Consistance, limites, valeurs intrinsèques, originalité, remarquabilité, etc.. Activité 2 : Etablir un protocole de formulation de diagnostics périodiques sur la diversité biologique : ( nature, forme, validation, destinataires, etc..) et de l’érosion génétique à partir des statuts des taxons. Activité 3 : Contribuer à définir les approches communales de développement intégrant la diversité biologique dans les zones de développement durable (ZDD). Activité 4 : Identifier le matériel biologique destiné à de nouveaux axes de recherche en : Génétique, sélection et amélioration variétales, biotechnologie. Comportement, autoécologie et écoéthologie. Systématique, Caryo-bio- chimio-taxonomie. Valorisation biochimique et enzymatique. Préservation et multiplication. Réhabilitation, génie écologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 25 7.5) Matrice habitats. Réalisation d’une matrice habitats qui est un système de classification et de repérage général des habitats et de leur contenu biologique par rapport à une référence définie à partir de l’inventaire ordonné de l’ensemble existant. 7.5.1) Constat. Inexistence d’une typologie globale de référence de la faune, de la flore, des conditions écologiques et des unités structurales. Difficultés de matérialisation cartographique des unités phytosociologiques, synécologiques et inexistence de résultats synoptiques découlant de ces approches. Elles se traduisent par une expression physionomique classique qui intègre partiellement la composante taxonomique. Faible niveau de perception des représentations des unités biogéographiques. L’approche phytodynamique permet la prise en compte et facilite l’intégration des facteurs physiques, écologiques, erratiques spatio- temporels, taxonomiques actuels et potentiels. Existence d’interactions précises entre les systèmes dynamiques emboîtés et les échelles fractales de différents niveaux. Matérialisation aisée des grandes unités dynamiques notamment les aires sériales. Expression à caractère fondamental des transformations perpétuelles de la végétation et des espaces, lieux de production et de manifestation sociale déterminante. 75.2) Objectif 03, opérateurs : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, Universités, CDRB. Edifier une matrice des habitats à partir d’une approche phytodynamique, en considérant que la végétation est le support de toute vie animale et que sa transformation influe directement sur la faune qui l’utilise et la flore qui la constitue. 75.3) Activités : Activité 1 : Mettre en place un groupe d’experts pour affiner et valider la matrice habitats sur la base du document établi. Activité 2 : Définir les bases de données et de normalisation de description des habitats et les valider par un groupe de spécialistes. Activité 3 : Procéder à la révision périodique de la matrice habitats en fonction des résultats de l’évaluation de l’inventaire national. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 26 75.4) Guide : proposition et présentation de la matrice habitats. Introduction. L’inexistence d’une classification générale couvrant l’ensemble des habitats algériens, est un handicap difficile à surmonter. Les approches typologiques utilisées sont complexes et lacunaires. La phytosociologie, la phytodynamique ou la physionomie n’ont pas des applications suffisamment homogènes et générales qui permettent d’ asseoir un système de classification d’ensemble hiérarchisé et une référence à la portée des utilisateurs. L’objectif de ce travail est de fournir un outil qui situe n’importe quel point du pays dans un complexe d’habitats support d’une végétation potentielle en fonction de critères simples et mesurables. Le résultat attendu est une matrice de références des habitats de la flore, de ses niveaux d’organisation et d’emboîtements. La démarche est fondée sur le principe que les habitats expriment la distribution de la végétation. Elle part de l’élément systémique majeur que la végétation est le support de la faune. Cette matrice est aussi une clé de détermination des écocomplexes, à la portée des utilisateurs Les critères adoptés couvrent le champ biologique total du pays en fonction des orientations suivantes : Devant l’impossibilité d’établir un listing des habitats menacés à partir de leur inventaire réel, la solution envisagée est de définir des unités équipotentielles d’habitats repérées dans l’espace. Le caractère potentiel de la référence permet à l’opérateur de comparer rapidement en fonction de paramètres élémentaires l’état de végétation sectoriel qu’il analyse par rapport à celui qui devrait exister. La faune et la flore se différencient en fonction des facteurs physiques et bioécologiques pour générer la diversité biologique de cet immense pays. Seuls les facteurs les plus actifs, qui drainent les activités des autres sont pris en compte. Les facteurs sélectionnés s’appliquent à toute la végétation zonale sans exception. Ils sont cartographiables à différentes échelles et sont interpolables, si les données stationnelles n’existent pas. Ils sont indispensables pour représenter systématiquement les habitats quel que soit le niveau adopté. Ils font de la matrice proposée un cadre de références qu’il est possible de détailler pour parvenir aux recensements, statuts et classification des habitats élémentaires. Cette opération d’affinement est prévue dans le plan d’action de la stratégie. 2. Zonation phytogéographique. S’agissant de diversité biologique, donc de diversité spécifique, l’analyse chorologique ou biogéographique est l’outil de base de son expression. La carte biogéographique réalisée par MEDIOUNI et, al. ( 2000), à partir de travaux bibliographiques et d’observations, couvre l’ensemble du territoire. Les unités distinguées qui simplifient celles de QUEZEL et SANTA ( 1962) sont les suivantes : Empire Holarctis Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 27 Région Méditerranéenne ► Sous région eu-méditerranéenne Domaine maurétanien méditerranéen Secteur numidien : il comprend les trois ( 3) sous secteurs K1, K2, K3 de QUEZEL et SANTA. Secteur algérois : il se rapporte au sous secteur A1 de QUEZEL et SANTA. Secteur Tell méridional : il comporte les sous secteurs A2 et C1. En effet, la continuité tellienne dans cette perception est beaucoup mieux exprimée. Secteur oranais : inchangé avec les sous secteurs O1, O2 et O3. Domaine maurétanien steppique Secteur des Hauts Plateaux orano- algérois ( H1 de QUEZEL et SANTA). Secteur des Hauts Plateaux constantinois . Secteur Atlas Saharien : il comprend les deux sous secteurs AS1 et AS2. Le AS3 est isolé dans un secteur à part pour mettre en valeur l’homogénéité des Aurès Secteur sud constantinois : il comprend le sous secteur AS3 des Aurès. Dans la carte de QUEZEL et SANTA, les Aurès sont intégrés dans : Le C1, secteur du Tell constantinois, qui couvre les monts de Batna. Le H2, sous secteur des Hauts Plateaux constantinois, qui comprend les monts de Khenchela. Le sous secteur de l’Atlas Saharien constantinois avec les monts des Nememcha. Cette matrice tient compte de l’homogénéité des Aurès pour former une entité phytogéographique et constituer un secteur. Cette logique réunit A2 et C1, détache les Aurès plus humides du système biogéographique steppique de l’Atlas Saharien et adopte l’unicité des Aurès dans le secteur sud constantinois. Il faudrait aussi inclure ce secteur dans le domaine maurétanien méditerranéen. Ceci est valable également pour le secteur de l’Atlas Saharien avec ses sous secteurs à vocation forestière. Il est illogique d’inclure le cèdre, à répartition eurasiatique depuis l’époque tertiaire, dans un domaine steppique algérien. Cette solution peut faire appel à d’autres données fondamentales et paléohistoriques éloignées de l’objectif de cette matrice. Cette préoccupation constitue néanmoins un thème de recherche intéressant. Empire Paléotropis. Région saharosindienne ► Sous région eu -saharosindienne Domaine Sahara septentrionnal : SS1, SS2, Hd de QUEZEL et SANTA. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 28 Domaine Sahara central : SC de QUEZEL et SANTA. Domaine Sahara méridional à influence montagnarde. Domaine Sahara méridional à influence tropicale. Le Sahara est donc subdivisé en quatre ( 4) domaines qui se substituent au découpage de QUEZEL et SANTA. L’ensemble constitue : 2 régions ; 6 domaines ; 11 secteurs. Sans l’incorporation des sous secteurs, 19 subdivisions horizontales sont dénombrées dans cette classification. L’utilisation du concept biogéographique permet de rattacher les habitats à un niveau supra national, conditionné par l’évolution naturelle de la diversité biologique. Leur expression horizontale sous sectorielle tient compte d’un facteur prépondérant qui est la continentalité. En effet, les aires de distribution de la flore et de la faune dépendent en grande partie de ce facteur. Il est en plus redondant avec un très fort gradient bioclimatique Nord Sud dans notre pays. 3. Etages de végétation. 3.1) Répartition. A l’intérieur de ces unités biogéographiques, les habitats et les espèces n’ont pas une équirépartition. Des facteurs locaux interviennent directement ou par compensation. Dans chaque unité, sont déterminés des étages de végétation, qui font intervenir des critères orographiques, climatiques, températures moyennes et minimales du mois le plus froid, pluviosité. Ces facteurs sont exposés en détail dans le mémento, MEDIOUNI et al.(2000, page 43). Six ( 6) étages de végétation y sont définis et proposés : Oroméditerranéen Supraméditerranéen Mésoméditerranéen Thermoméditerranéen Inframéditerranéen, atténué Inframéditerranéén accentué. 3.2) Altitudes : Ces étages de végétation ne correspondent pas à un climax unique et encore moins à un type de végétation unique. Ils sont composés de séries de végétation qui dépendent de conditions écologiques, dont l’altitude et les aptitudes biologiques des essences dominantes. L’action de l’altitude varie avec la continentalité. Les limites des étages et des séries de végétation changent avec la continentalité. Aussi, les facteurs naturels ne sont jamais indépendants, ils se combinent toujours sur le terrain pour engendrer une action mutuelle. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 29 Les limites altitudinales des étages de végétation opèrent des translations verticales avec les changements latitudinaux et phytogéographiques. Ceci revient à dire, que dans un contexte phytogéographique donné, une mesure altitudinale dans un point du pays détermine son habitat potentiel. La comparaison entre l’état actuel de l’habitat et son état potentiel, d’équilibre, devient possible stationnellement pour diagnostiquer les dysfonctionnements. Les notions de série de végétation sont développées dans le bilan MEDIOUNI et al. (2000). Une aire sériale comprend les états de végétation climaciques, ceux qui en dérivent par dégradation et ceux qui y aboutissent par remontée biologique. La série de végétation est représentée sur le terrain par des stades d’artificialisation, comme les cultures, ou de dégradation comme les substrats nus, les états préforestiers, les états forestiers, les états steppiques, etc.. Cette approche est donc fondamentalement dynamique, car l’abandon des contraintes humaines sur un stade, permet de prévoir l’état d’équilibre. Il correspond à la formation imprimée par l’essence dominante. Ainsi, dans la série de végétation du cèdre, les stades de matorral, d’erme ou de pelouse ont la capacité de se transformer en forêt de cèdre par évolution progressive. Dans d’autres séries, les stades sont capables d’évoluer en forêts de chêne vert ou chêne zeen de chêne liège, pin d’Alep etc. La série de végétation intègre les actions de l’homme dans l’évolution des habitats et du matériel biologique. Cette référence écobiologique évacue la description des influences anthropiques, leur histoire, économique, spatiale et les dysfonctionnements qui en résultent. De même que la référence aux végétations des périodes protohistoriques et géologiques risque d’introduire une grande complexité dans la détermination des climax. Ces périodes sont essentielles, mais pas impératives pour la détermination des climax qui résultent de l’adéquation : potentialités écologiques / aptitudes biologiques des taxons dominants. Il faut retenir cependant que les aires sériales sont stables depuis la fin de l’holocène et que les limites actuelles dépendent principalement des actions anthropogénétiques. Donc, dans tous les cas, l’analyse des facteurs écologiques, biologiques et biotiques détermine les sommets des séries de végétation sans grande ambiguïté. La matrice adoptée, définit un contexte d’habitats potentiels et les habitats actuels qui résultent de leurs dysfonctionnements. Cette démarche permet de reconnaître dans les secteurs phytogéographiques les étages de végétation déterminés à partir de l’altitude et les séries de végétation qui les constituent. Ces dernières sont citées dans la matrice et localisées dans chaque étage. Les écarts existant entre les habitats actuels et potentiels permettent de programmer et de planifier leur réhabilitation avec celle des espèces. Le schéma suivant représente la démarche pratiquée dans la matrice. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 30 La matrice des habitats comprend un premier tableau qui représente les relations entre les étages de végétation, les pluviosités, les températures moyennes annuelles et minimales du mois le plus froid et les unités biogéographiques. Aux intersections, seront déterminées les amplitudes altitudinales de chaque étage de végétation. Il ne faut pas oublier que les limites altitudinales des étages fluctuent avec les compensations locales de facteurs. Altitude ( tableau) Secteur ( P, m) Etage Série Stades Habitat potentiel matrice Habitat réel à définir Définitions floristiques, écologiques, etc.. des habitats et des taxons. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 31 Tableau a : Récapitulation des relations secteurs, étages de végétation, altitude. Domaines/ secteurs Etages de végétation P mm T °C m °C Domaine Maurétanien méditerranéen P 400/ 1500mm Domaine Maurétanien steppique Domaines de la région Saharo- Sindienne Numidien K1, K2, K3 P 700/ 1500mm Algérois A1 P 600/ 900mm Tell méridional A2+ C1 P 400/ 750mm Oranais O1, O2, O3 Hauts Plateaux orano algérois H1 Hauts Plateaux constantinois H2 Atlas Saharien AS1/ AS2 Sud contantinois ( AS3+ C1, H1) Sahara septentrional SS1, SS2, Hd Sahara central Sahara méridional à influence montagn arde Sahara méridional à influence tropicale Oro méditerranéen 700/ 1500 8 -3 > 2000 > 1600 > 1900 / / / > 1600 > 1900 / / > 2500 / Supra méditerranéen 700/ 1500 12 0 900/ 2000 1100/ 1600 1200/ 1900 / / / / 1400/ 1900 / / / / Méso méditerranéen 600/ 1000 16 +3 400/ 900 700/ 1100 800/ 1200 > 1100 > 1200 > 1000 > 1200 900/ 1400 / / / / Thermo méditerranéen 200/ 700 20 +7 0/ 400 0/ 700 0/ 800 0/ 1100 0/ 1200 0/ 1000 0/ 1200 0/ 900 > 1100 / 1500/ 2500 / Infra méditerranéen atténué 200 100 50 > 20 > +7 500/ 1100 > 500 500/ 1500 500/ 1500 Infra méditerranéen accentué 50 > 22 > +8 0/ 500 0/ 500 0/ 500 0/ 500 32 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 33 En commentaire du tableau, il faut signaler que les tranches altitudinales indiquées représentent les amplitudes écologiques régionales de chaque domaine et intègrent les données de ses subdivisions. Dans ces amplitudes se trouve l’optimum de développement des séries de l’étage de végétation considéré. Il est inutile de rechercher les seuils altitudinaux absolus. Ils déterminent d’avantage une relation physiologique qu’écologique. Dans un deuxième tableau, figurent les aptitudes écobiologiques des essences dominantes susceptibles soit de constituer un climax de série de végétation, soit d’imprimer leur type biologique à un ou plusieurs de ses stades. Tableau b : Autoécologie des principales espèces dominantes de la flore. Caractères Espèces Altitude m P mm m °C Nature des sols et substrats Observations Sapin, Abies numidica. 1700 à 2000 > 1000 Inf. à 0 Indifférent. Supraméditerranéen, en limite écologique inférieure, alticole, sensible. Peuplier tremble, Populus tremula. / / / / Idème mais plus ripicole Cèdre, Cedrus atlantica. 800 à 2300 > 800 Inf. 0 T 10 Indifférent. Supra méditerranéen. Très compétitif. Aire optimale dans divers Secteurs. Chêne zehn,, Quercus faginea, Chêne afares, Quercus afares. 600 à 1800 > 800 1 / +3 Indifférents. Supra/Mésoméditerraéens. Rejets de souches. Pin noir, Pinus nigra. 1400/ 1600 > 800 0 / -1 Calcaire dolomitique. Xérophyte. Interspresion Meso/Supraméditerranéen Chêne vert, Quercus ilex. 500 à 2000 500 à 900 3 / + 2 T 11 Calcaire. Mésoméditerranéen, Pyrophyte sociale, rustique , Très compétitif, rejets de souche Thermoxérophyte Chêne liège, Quercus suber. 0 à 1600 > 600 1 à + 5 T 13 Siliceux. Mésoméditerranéen. Pyrophyte sociale. Très résistant. Pin d’Alep, Pinus halepensis. 0 à 1500 / 2000 300 à 700 2 à + 5 T 14 Indifférent. Calcaire. Thermoméditerréen. Pyrophyte sociale de masse. Très compétitif. Pin maritime, Pinus mesogeensis. 0 à 500 700 + 3 à + 7 Indifférent. Calcaire. Thermoméditerranéen. Aire limitée au littoral Est. Pyrophyte sociale. Olivier, Olea europaea. Caroubier, Ceratonia siliqua. 0 à 800 > 400 + 2 à + 7 Indifférents. Sols lourds, argile. Thermoméditerréens. Pyrophytes sociales Genévrier rouge, Juniperus phoenicea. Genévrier oxycèdre, Juniperus oxycedrus. 0 à 1400 400/ 1600 250 à 700 2 / + 7 Indifférents. Thermoméditerréens. Xérophytes . Pyrophytes. Thuya, Tetraclinis articulata. 100 à 1200 400 à 700 1 / + 7 Indifférent. Calcaire ,Grés. Thermoméditerranéen. Pyrophyte sociale .Xérophyte. Peupliers, Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 34 Populus alba, P. nigra Saules. Salix alba, .Salix pedicellata. 0 à 1000 > 700 0 à + 7 Indifférents. Azonaux. Hygrophytes. Orme, Ulmus campestris. Frênes, Fraxinus excelsior. sp .Laurier, Laurus nobilis. 0 / 1300 > 800 0 / +7 Indifférents. Sols lourd et humides . Azonaux, tropophiles. Milieux humides . Ripicoles occasinnels. Cyprès du Tassili, Cupressus dupreziana 1500/ 1800 20 à 100 1 à + 7 Sable. Thermoxérophile. Sensible, en limite écologique. Sorbiers, Sorbus aria. S. torminalis 900/ 1600 > 700 2 / +3 Indifférents. Forêts humides, subordonnés. Chataîgner, Castanea sativa 800/ 1000 > 900 0 / +3 Grés numidiens. Humicole exigeant. Aire peu étendue. Considéré comme subspontané. Pruniers Prunus avium et sp Noyer, Juglans nigra Micocoulier Celtis australis 600 à 1300 > 800 1 à + 3 Indifférents et Marnes. Supraméditeranéens. Pyrophytes, résistance indirecte Rejets de souches Erables, Acer obtusatum, . A. monspessulanum A. campestre ,A. opalus 800/ 1600 > 800 2 / +3 Indifférents. Pierriers et milieux instables Supraméditeranéens Pyrophytes, résistance indirecte. Rejets de souches. Stabilisateurs . Betoum Pistacia atlantica 600 à 1200 > 200 2 / + 7 Sable . Lithophile. Thermoxérophyte prononcée. Grande rusticité. Forte longévité. Genevriers, Juniperus thurifera Juniperus sabina Juniperus communis 1800/ 2000 1400/ 1800 > 800 3 / + 3 Indifférents. Sols squelettiques. Alticoles, Rupicoles, chasmophiles . Pyrophytes , résistance indirecte. Oroméditerranéennes. Très rustiques . Eucalyptus sp. ( introduits ) 0 - 1200 300 / 1000 1 / + 7 Indifférent. Variable. Pyrophyte sociale. Certaines taxons sont subspontanés Pin pignon Pinus pinea 0 à 400 > 700 3 /+ 7 T 16 / 17 Calcaire. Thermoméditerranéen. Pyrophyte sociale. Répartition essentiellement littorale. Craint le froid. Tamaris, Tamarix gallica 0 à 1000 5 à 100 1 / + 7 Calcaire. Mésoméditerranéen. Pyrophyte sociale. Tamaris autres, Tamarix sp. 300 / 1700 200 0 / +7 Indifférents. Sable . Hygrophytes ripicoles. Psammophiles . Jujubier, Ziziphus lotus. Rhus pentaphyllum 200/ 1200 300/ 500 1 / +7 Sable argile. Lithophiles Post culturales dans le Nord., Thermoxérophytes , de scrubs d’oueds dans le Sud. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 35 Alfa Stipa tenacissima 500/ 1600 150 / 400 2 / +7 A.L.S. Versants glacis. Xérothermophile. Climacique dans les glacis des Hauts plateaux. De dégradation foerstière en bioclimats plus humides. Lygeum spartum 500/ 1200 150 / 400 2 / +7 S.L.A. Xérothermophile. Psammohalophile. Climacique et de dégradation selon les situations écologiques. Armoise blanche, Artemisia herba-alba 500/ 1200 150 / 400 2 / +7 L.A.S. Xérothermophile de dégradation. Glacis. Forme les meilleurs parcours steppiques . Séquence Psammophile Tamarix africana Retama retam Aristida pungens Thymelea microphylla Artemisia campestris 300/ 1300 50 / 300 1 < +8 Sable Continental. Xérothermophiles Sable > 2m Sable 1/ 2m Sable 0,5/ 1m Sable 0 /0,5 m Séquence Psammophile Ammophila arenaria Pancratium maritimum Euphorbia paralias Eryngium maritimum 0 / 30 400 / 800 > 5 Sable Littoral. Xérohalopsammophiles 3 e frange de végétation 2 e frange de végétation 1 e frange de végétation Halipèdes : Atriplex halimus Salsola vermiculata Suaeda mollis Salicornia arabica Arthrocnemum glaucum Halocnemum strobilaceum 100/ 1000 100/ 300 > +1 Sables salés plus ou moins humides. Thermohalophiles continentaux Psammophiles sel faible…. 4 e ceinture de végétation. Sable moyennement salé. 3 e ceinture, sable salé. 2 e ceinture de végétation,. sable très salé. 1 e ceinture de végétation, très salée plus ou moins inondable. Anabasis aretioïdes Anabasis articulata Gymnocarpos decander 100/ 1200 0/ 100 > +1 Reg caillouteux. Xérothermophiles plus ou moins lithophiles, steppes rocheuses. Psammophiles très continentaux Ephedra alata, Calligonum comosum, Rhantherium suavoslens. 0 / 1000 0 / 100 > +1 Sable plus ou moins fixe. Xérothermopsammophiles. Sable > 3m Sable > 2- 3m Sable 1- 2m Tamarix gallica Nerium oleander Populus euphratica 0/ 1000 0/ 100 > +1 Sables Hygroclines. Lits d’oueds continentaux. Saharo- Soudaniens Anthyllis henoniana Herniaria fontanesii Helianthemum lippii 0/ 1000 0/ 100 > +1 Sable plus ou moins gréseux. Xérothermophiles. Steppe rocheuse claire. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 36 Acacia sp Maerua crassifolia Ficus salicifolia Balanites aegyptiaca Olea laperrini Tamarix sp Cassia aschrek 1000 / 1200 100 / 200 1 < Roches et parois. Xérothermoxérophiles des points d’eau montagnards rocheux et des zones d’épandage . Région Saharosindienne . Argania spinosa 500 / 700 50 / 100 > +3 Rocailles désertiques Lithophile , xérothermophile de la région Saharo-sindienne ALS : argilo-limono-sableux, SLA : Sablo-limono-argileux ; LAS : Limono-argiolo sableux. Enfin une correspondance exhaustive est effectuée entre les séries de végétation possibles et les unités biogéographiques cartographiées. L’approche bathymétrique, procédant d’effets analogues à ceux générés par l’altitude en milieu continental est adoptée pour décrire le système marin. Les milieux azonaux sont mis en rapport avec les facteurs écologiques qui les déterminent. 4) Caractères généraux de la végétation algérienne. La végétation algérienne est caractérisée par un taux d’endémisme important qui lui confère une originalité floristique d’un grand intérêt. Les endémiques sont distribuées dans tous les habitats, des littoraux aux montagnards, en passant par les Hauts Plateaux, les ripicoles, les rupicoles, les sahariens, etc.. L’originalité est accentuée par le nombre considérable d’habitats qui différencient la flore et les organisations végétales qui les occupent. Le champs écologique algérien est une immense mosaïque d’habitats en interrelation avec une flore et une faune extrêmement diverses admirablement adaptées aux conditions locales. Il y a un contraste frappant entre l’homogénéité géographique et l’hétérogénéité écologique. Chaque grand ensemble territorial est une multitude d’habitats particuliers occupés par des taxons édifiant des organisations biologiques dissemblables. La diversité des habitats engendre une diversité taxonomique, biocénotique, écosystémique et paysagère d’une extrême variété. Il est illusoire de prétendre l’inventorier, la dénombrer et la représenter systématiquement à tous les niveaux. Le caractère prépondérant est qu’à cette variabilité naturelle se combinent des facteurs erratiques déterminants sur 80 à 90% de notre espace. Les types de végétation qui ne portent pas d’empreinte humaine sont rares. Dans les secteurs constantinois, sahéliens littoraux, etc., même les romains ont noté l’absence de forêts dans les climax sylvatiques. La variété des habitats et l’influence humaine multiplient les végétations. Ceci conduit logiquement à cataloguer les séries qui englobent les hétérogénéités élémentaires et sectorielles, plutôt que les tesselas de végétation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 37 Les végétaux ligneux à feuilles persistantes marquent la xérothérmophilie. Ils dominent les tropophiles. Ces derniers occupent les habitats les plus avantageux humides et tempérés. Ces conditions existent dans le secteur numidien. Les taxons héliophiles plus adaptés à l’ensoleillement dominent les sciaphiles. Ces derniers sont, dans la majorité des cas, inféodés à des stations refuges « biotopes » au sein de formations forestières. Ils sont généralement secondaires et subordonnés contrairement aux héliophiles. Les taxons sciaphiles sténoïques type Ilex, Taxus, Paeonia, Ranunculus, Rhamnus, Viburnum, etc., régressent rapidement avec l’élimination de la strate arborée. Les types physionomiques de matorral, maquis, erme, pelouses, dominent horizontalement les forêts. Ils abritent une diversité biologique non négligeable. Certaines espèces leur appartenant composent des strates forestières sous jacentes, où elles demeurent en attente. Dès que la couverture boisée régresse, elles se développent. Leur forte richesse taxonomique est accentuée par les facteurs erratiques, feu, parcours, coupe, piétinement, etc.. Ces espèces possèdent des caractères autoécologiques particuliers. Elles posent le problème de leurs préservations en tant qu’indicatrices de dégradation et matériel de résiliation. Une conservation rigoureuse les fait régresser et même disparaître au profit d’une lignification homogène, bien qu’elles restent nécessaires à la cicatrisation des systèmes perturbés. Leur préservation est indispensable. La fréquence et la violence des incendies induisent divers modes de résistance des espèces aux feux et à l’expansion de leur participation au tapis végétal. Hormis les stades climaciques, tous les autres contiennent des pyrophytes. Ce terme ne signifie pas espèces combustible, mais taxons possédant des adaptations aériennes et souterraines qui lui permettent de résister aux feux et de se propager. Les espèces pyrophiles sont en progression suite aux phénomènes de substitution des peuplements primaires. Les pyrophytes, plus rustiques, s’accommodent également de conditions édaphiques très moyennes. Elles possèdent les avantages biologiques de multiplication végétative et sexuée et les avantages écologiques de leur plasticité. Elles remplacent progressivement les peuplements sensibles. En acidifiant le sol, elles transforment totalement l’organisation biocénotique et le cortège floristique initial. Les cycles de reproduction des taxons méditerranéens sont adaptés et utilisent les variations climatiques dans les processus démographiques. Ils supportent simultanément le froid hivernal et la sécheresse estivale. Les espèces en régression sont évidemment les taxons les plus exigeants par rapport aux conditions climatiques et édaphiques. Dans le Nord, les espèces endémiques et les reliques de la région méditerranéenne à influence nordique, à caractères eurosibériens, sont les plus sensibles. Dans le Sud, les espèces d’origine méditerranéenne des hautes montagnes, Hoggar, Tassili et les « intruses » de la région paléotropicale sont les plus vulnérables. Ces espèces se rencontrent communément au Sahara méridional à influence tropicale. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 38 Les peuplements en régression sont essentiellement les isolats résultant des fragmentations et des contractions de la répartition massive des aires primitives.. L’exemple du chêne liège, cèdre, chêne zeen, sapin, chêne vert, chêne afares, micocoulier, etc.., sont classiques. Ils ne mettent pas en danger l’espèce elle même, mais ses différenciations éventuelles et les espèces qui l’accompagnent dans les habitats relictuels. Ces peuplements sont remplacés généralement par des pyrophiles, des nitrophiles et des héliophiles moins exigeants, pin d’Alep, thuya, genévrier et des taxons steppiques comme l’alfa à partir du versant sud de l’Atlas tellien, etc.. En réalité la régression a commencé depuis 10.000 ans selon les paléobotanistes et se poursuit actuellement, mais à une cadence beaucoup plus rapide à cause des phénomènes globaux qui affectent la planète et locaux provoqués par l’homme. L’accélération de la régression anthropique s’est manifestée depuis 2.000 ans, mais depuis 20 à 30 ans elle devient absolument décisive. Les séries de végétation citées dans la matrice habitats sont différentes d’un secteur à un autre. Les répétitions des mêmes noms de série ne signifient pas homogénéité ou répétitivité des mêmes phénomènes bioécologiques. A titre d’exemple, la série de végétation du pin d’Alep des sous secteurs algérois, numidien et de l’Atlas Saharien varie par ses processus de régression ou de remontée biologique, ses stades, ses types physionomiques finaux et les mécanismes temporels qui l’engendrent. Les séries régionales de végétation du cèdre des Aurès, du Djurdjura ou du Hodna ne sont pas similaires. La classification serait d’une grande simplicité si les séries étaient identiques pour toutes les espèces majeures. Les stades des séries de végétation sont fonction des processus de dégradation. Les successions pyrophytiques n’ont pas d’analogie avec les successions primaires. Un exemple peut illustrer ces aspects. Selon les travaux effectués dans le Djurdjura par MEDIOUNI et al. ( 1988 - 1995). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 39 1) Modèle de succession primaire. Exemple de la série du cèdre : Figure a : Succession primaire cyclique sur substrat gréseux. 2) Modèle de succession primaire progressive sur substrat marneux de la série du cèdre : Figure b : succession primaire progressive cyclique sur substrat marneux. Forêt Matorral bas Pelouse chaméphytique Pelouse Evolution régressive Bupleurum spinosum Cedrus atlantica Juniperus communis Evolution progressive Substrat gréseux Forêt Matorral bas Pelouse chaméphytique, hémicryptophytique Pelouse chaméphytique et hémicryptophytique Cedrus atlantica Juniperus communis Putoria calabrica Jurinea humilis Evolution régressive Evolution progressive Petites vivaces et thérophytes Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 40 3) Modèle de succession pyronitrophile de la série du cèdre : Figure c : succession acyclique secondaire pyrophytique. 4) Modèle de succession de substrats instables de la série du cèdre : Figure d : Succession cyclique primaire de substrat instable. Forêt Matorral Pelouse hémicrytophytique Pelouse Régression pyrophytique accélérée Ampelodesma mauretanicum Cedrus atlantica Quercus ilex Forêt Forêt mixte Matorral à Acer obtusatum Pelouse caillouteuse Evolution régressive Sambucus nigra Cedrus atlantica cèdre et érable Evolution progressive Matorral bas Pierrier Evolution progressive Pelouse secondaire Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 41 Ces quatre modèles successionnels montrent que la série du cèdre dans le Djurdjura est complexe. Elle passe par un grand nombre de stades. Chacun d’eux comporte une flore particulière caractérisée par des conditions écologiques et anthropiques qui génèrent un habitat actuel en transformation spatio-temporelle permanente. Ces modèles révèlent, que dans les successions cycliques, il y a toujours des espèces ou des complexes d’espèces transitoires facilitatrices liées à la nature de la perturbation et aux types d’évolution. Dans les quatre ( 4) modèles, interviennent chronologiquement dans les premiers stades de remontée biologique des successions : une : Bupleurum spinosum et Juniperus communis ; deux : Jurinea humilis et Juniperus communis ; trois : Ampelodesma mauretanicum et Quercus ilex ; quatre : Sambucus nigra et Acer obtusatum. Dans les cas où l’évolution n’est pas cyclique, il se produit des déviations qui aboutissent à des paraclimax ou forêts secondaires qui retournent aux climax de la série, mais en un temps beaucoup plus long. Figure e : Modèle de succession déviée secondaire pyrophytique à cèdre. Forêt mixte Taillis arboré Taillis Matorral pyrophytique Etat pyrophytique Forêt à cèdre dominant forêt primaire Ampelodesma mauretanicum Genista / Calycotome Quercus ilex Quercus ilex Cedrus atlantica et Quercus ilex codominants Evolution progressive Evolution régressive Forêt secondaire Cedrus atlantica + Quercus ilex subordonné Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 42 Il est possible de déterminer les diverses successions pour chaque essence dominante. La nature des successions change relativement à l’unité phytogégraphique. Dans le secteur A2 du Tell méridional, Pinus halepensis et Quercus faginea interviennent dans la série de végétation à cèdre en tant qu’espèces transitoires. Dans le versant sud de l’Ouarsenis, Pistacia atlantica prend part aux processus de dégradation. Il constitue le stade de pelouse arborée lithophytique. Les séries azonales des types marécageux possèdent leur système de dégradation particulier. Les formations tropophiles à Peuplier, Saules, Orme, Frêne, dégradées passent par des états à Phragmites communis et ensuite à Juncus maritimus. Figure f : Modèle de série de végétation hygrophile Est algérienne. 5) Contenu de la matrice habitats. L’intérêt de cette matrice est qu’elle est ouverte. Elle ne fige pas les habitats dans un carcan nomenclatural fixiste. Elle engrange les combinaisons de la flore, de la faune et des conditions de milieux telles qu’elles apparaissent dans l’ordre spatiotemporel de leur infinie diversité. Le fait de citer une série de végétation dans plusieurs secteurs affirme une différence. La série est caractérisée par des successions de stades qui transitent par des complexes d’habitats différents. Forêt tropophile saussaie, aulnaie Phragmitées Marécages Marécages Eau Phragmites communis Juncacées Cypéracés Eaux stagnantes Evolution régressive Evolution progressive Alnus cordata Ulmus campesrtis Fraximus oxyphylla Populus alba, P. nigra Salix alba, S. pedicellata Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 43 Les effectifs de combinaisons possibles sont inombrables. Leur préservation passe d’abord par l’inventaire et l’évaluation de leur fonctionnement pour édifier leurs statuts par rapport aux états d’équilibre. Les principales unités de la matrice sont les suivantes : REGION MEDITERRANEENNE P = 100 / 1500 mm. Domaine maurétanien méditerranéen P = 700/ 1500 mm. 1) Secteur numidien. 1.1) Sous secteur de grande Kabylie. 111) Etage thermoméditerranéen. 111.1) Série psammophile de plage maritime. Elle comporte plusieurs franges de végétation qui sont parallèles au bord de mer. Elle débute à partir des laisses de mer et se termine en butant sur le matorral arboré à Juniperus phœnicea. Habitat sableux à forte amplitude thermique, progressivement stabilisé par une végétation très sténoïque. Eryngium maritimum, Salsola kali, Crambe maritima, Crucianella maritima, Pancratium maritimum, Ammophila arenaria, etc.. 111.2) Série rocheuse des falaises maritimes. Végétation de pelouse basse dominée par des Plumbaginacées, Limonium gougetianum, L. psilocarpum, Astericus maritimus, et Plantago serraria, etc.. 111.3) Série forestière mixte maritime à Pinus halepensis et Juniperus phœnicea. Elle commence à partir du matorral à Pistacia lentiscus et Quercus coccifera et se termine par la forêt psammophile à Pinus halepensis. Juniperus phœnicea. Le cortège floristique est formé de Prasium majus, Phillyrea media, Ephedra fragilis, etc.. 111.4) Série mixte à Olea europea et Ceratonia siliqua. Généralement sur terrains argileux en basses collines et sur vertisol à grandes fentes de retrait. Formation artificialisée où les pyrophytes dominent le cortège forestier. 111.5) Série à Pinus halepensis. Terrain calcaire et marnocalcaire. 112) Etage mésoméditerranéen. 112.1) Série du Quercus suber. Terrain gréseux, sol épais, silicicole, thermophile et humicole. Formation artificialisée, exploitée pour son liège. Parcours importants. 112.2) Série du Quercus ilex. Terrain calcaire avec Ephedra nebrodensis et Prunus intititia. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 44 112.3) Série tropophile de collines humides à : Laurus nobilis Fraxinus excelsior Prunus avium, P. intititia Salix purpurea dans les ravins Sorbus torminalis. Sorbus aria Amelanchier ovalis 11.3) Etage supraméditerranéen. 113.1) Série tropophile à Quercus afares, Quercus faginea. 113.2) Série du Cedrus atlantica. Terrains indifférents à Sorbus aria, Sorbus torminalis, Rhamnus alpina, Daphne oleoïdes et des arbres subordonnés Taxus baccata, Ilex aquifolium, Sorbus domestica. 113.3) Série de Pinus nigra ssp. mauretanica. Endémique d’Algérie, série calciphile des abrupts rocheux de calcaire dolomitique. Mixtium où sa concurrence biotique avec le chêne vert et le cèdre est très forte. Cette série occupe la transition entre le méso et le supraméditerranéen. Elle est donc hétérogène. 114) Etage oroméditerranéen. 114.1) Série orophile à Juniperus sabina. Formation orophytique dominée par Juniperus sabina formant un matorral plus ou moins rampant à cortège floristique lithophile alticole, très rustique ( Draba hispanica, Saxifraga tridactylites, Sedum tenuifoliosum, etc..). 114.2) Série de pelouse écorchée à Bupleurum spinosum, Ononis aragonensis et les microphanérophytes rampantes à Prunus spinosum et Rhamnus alaternus ssp. myrtifolia. 1.2) Sous secteur de Petite Kabylie ( K2). 12.1) Etage thermoméditerranéen. 121.1) Série psammophile de plage. 121.2) Série rocheuse de falaises maritimes. 121.3) Série forestière à olivier lentisque. 12.2) Etage mésoméditerranéen. 122.1) Série du Pinus mesogeensis Cette espèce n’existe naturellement que dans deux sous secteurs en Algérie. Elle se développe avec des feuillus Laurus nobilis, Prunus avium, Prunus intititia, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 45 122.2) Série du Quercus suber. Sur grès numidien, humide. C’est la zone de prédilection de cette série. 122.3) Série hygrophile à Ulmus campestris et Fraxinus angustifolia. Mixtium à Alnus cordata, Laurus nobilis, Prunus avium, Populus alba, P.nigra, dans les ravins. 122.4) Série du Quercus ilex. Elle se rencontre en collines moyennes sur terrains calcaires. 12.3) Etage supraméditerranéen. 123.1) Série tropophile à Quercus afares et Quercus faginea. Terrain indifférent, sur versant exposition sublittorale, à Lamium flexuosum, Alliaria officinalis, Lavatera olbia, Petasites fragans, Primula vulgaris, Dryopteris filix-mas. 123.2) Série du Cedrus atlantica. Homogène et dominant Acer obtusatum, Acer campestre, Taxus baccata, Ilex aquifolium, Sorbus aria, S. domestica, S. torminalis. 123.3) Série forestière à Abies numidica. Sommets des Babor et Tababor, endémique algérienne avec des plages mixtes à Cedrus atlantica, Quercus faginea et Populus tremula dans les ravins. Amelanchier ovalis n’est pas rare. 12.4) Etage oroméditerranéen. 124.1) Série de pelouse chaméphytique prostrée à Prunus prostata et Rhamnus myrtifolia à Erinacea anthyllis et Bupleurum spinosum. Coussinets de xérophytes épineux formant des pelouses en gradins sur terrains meubles. 13) Sous secteur numidien ( K3). 13.1) Etage thermoméditerranéen. 131.1) Série psammophile de plage avec Ephedra altissima. 131.2) Série rocheuse des falaises maritimes. Végétation lithophile, exposée aux embruns, à Asteriscus maritimus, Crithmum maritimum, Limonium gougetianum, etc.. 131.3) Série de l’olivier lentisque. Forêts sclérophyles à Olea europea, Ceratonia siliqua. Le stade terminal de dégradation est Asphodelus microcarpus en erme. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 46 131.4) Série ripicole tropophile. Peupleraie à Populus alba, Populus nigra, saussaie à Salix alba, Salix pedicellata, Salix atrocinerea, Laurus nobilis et Castanea sativa. Lianes lauriphylle à Tamus communis, Hedera helix, Calystegia sepium. Série riveraine des sols eutrophes, des terrasses alluviales à Equisetum ramosissimum, Vinca difformis, Rubus ulmifolius. 13.2) Etage mésoméditerranéen. 132.1) Série forestière à Pinus mesogeensis. 132.2) Série tropophile mixte. Aulnaie à Alnus glutinosa, ulmaie à Ulmus campestris, Fraxinus oxyphylla, formations hygrophiles sublittorales avec Prunus intititia. Espèces mésophiles de sols profonds, meubles plus ou moins hydromorphes. 132.3) Série du Quercus suber. 133) Etage supraméditerranéen. 133.1) Série tropophile à Quercus faginea et Quercus afares. 133.2) Série mixte à Castanea sativa. Formation calcifuge de feuillus dominés par le châtaigner en présence de Osmunda regalis. 2) Secteur algérois. 2.1) Sous secteur littoral. 21.1) Etage thermoméditerranéen. 211.1) Série psammophile de plage à Ephedra fragilis. 211.2) Séries rocheuses de falaises maritimes. 211.3) Série forestière mixte maritime. 211.4) Série mixte à Olea europea et Ceratonia siliqua. 211.5) Série à Tetraclinis articulata sur grès ou calcaire. A partir de ce secteur, cette série commence à jouer un rôle dominant dans l’occupation de l’espace. Le thuya est thermoxérophile résistant aux incendies. 211.6) Série mixte à Pinus pinea. Cette série est considérée par certains auteurs comme subspontanée. Elle forme des forêts et des matorrals. Elle est naturalisée dans la zone sahelienne du littoral. Elle donne des résultats remarquables sur les sables côtiers et les marnes. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 47 211.7) Série mésohygrophile à Populus nigra et roselières. Cette série forme les vestiges des marécages de la Mitidja. Il reste de place en place une végétation d’hydrophytes relictuels de sols lourds, argileux peu perméables à nappe phréatique superficielle. 211.8) Série du Pinus halepensis. Elle occupe les faciès littoraux, saheliens et sublittoraux. Cette essence s’étend considérablement dans ce secteur. Elle est souvent secondaire et prend part aux cycles de régression pyrophytique sur substrat thermophile, calcicole. 21.2) Etage mésoméditerranéen. 212.1) Série du Quercus suber. Cette série est en compétition avec celle du thuya, du pin d’Alep et de l’olivier. Dans les vertisols, l’olivier l’emporte ; sur substrats calcaires le pin d’Alep domine. Sur substrats gréseux et plus humides, le chêne liège prend le dessus. Quand les incendies deviennent trop fréquents, le pin d’Alep se répand partout avec les pyrophytes de dégradation. Aux altitudes plus élevées, les chêne vert et chêne zeen concurrencent avantageusement le chêne liège. Le chêne liège a une fonction plus secondaire que dans le secteur numidien. Espèces compagnes fréquentes, Ruscus hypophyllum, Pulicaria odora, Viburnum tinus, Coronilla atlantica, etc.. 212.2) Série du Quercus ilex. Cette série présente plusieurs faciès. Elle peut être pure ou mixte en mélange avec Quercus suber et Quercus faginea, selon les facteurs écologiques locaux. Elle est très plastique et occupe des situations écologiques fort différentes. 213) Etage supraméditerranéen. 213.1) Série du Quercus faginea. Elle est en général un mixtium à Acer obtusatum, Quercus ilex sous forme de taillis et Celtis australis dans les éboulements avec Pistacia therebintus. Prunus avium se retrouve dans les ravins et les biotopes les plus humides. 213.2) Série du Cedrus atlantica. Mixtium variable selon les facteurs locaux. Dans les meilleurs états, le cèdre est pur et domine Taxus baccata et Ilex aquifolium. Dans les états plus humides, il est en mélange à Quercus faginea. Les Affleurements et les biotopes à sols squelettiques sont occupés par Quercus ilex. Acer obtusatum y est rare. Ephedra altissima est fréquente. 214) Etage oroméditerranéen. 214.1) Série de pelouse chaméphytique. Parties sommitales très érodées et très exposées aux intempéries à Bupleurum spinosum et Festuca algeriensis. Les chaméphytes rampants des sous secteurs de grande et petite Kabylie ne sont pas présents. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 48 3) Secteur du Tell méridional. 3.1) Sous secteur de l’Atlas Tellien ( A2). 31.1) Etage thermoméditerranéen. 311.1) Série à Olea europea. 311.2) Série du Tetraclinis articulata. 311.3) Série du Pinus halepensis. 31.2) Etage mésoméditerranéen. 312.1) Série du Quercus ilex. Dans cette situation, le chêne vert domine horizontalement le chêne liège et le chêne zeen. La saison sèche est plus longue, la pluviosité moins importante et le froid plus sec. 312.3) Série du Quercus suber. Faible représentation spatiale à cause de la rareté des affleurements gréseux. Quercus suber se rencontre avec Prunus intititia, Erica multiflora, Cistus villosus, Pulicaria odora, Ruscus aculeatus. 31.3) Etage supraméditerranéen. 313.1) Série caducifoliée du Quercus faginea. Série très localisée à cause de la péjoration pluviométrique. Quercus afares est quasiment absent. Cette série se réfugie dans les biotopes les plus protégés et les plus humides. 313.2) Série du Cedrus atlantica. Cette série occupe la situation la plus occidentale. L’aire du cèdre se disloque dans ce secteur. Elle ne réapparaît que dans le grand Atlas marocain. 3.2) Sous secteur du Tell constantinois ( C1). 32.1) Etage thermoméditerranéen 321.1) Série à Olea europea. 321.2) Série du Pinus halepensis. Dans ce sous secteur, cette série présente un faciès continental. L’alfa commence à s’y introduire en sous bois. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 49 32.2) Etage mésoméditerranéen. 322.1) Série du Quercus ilex. Cette série peut être étendue dans ce sous secteur où elle a des conditions optimales. Les autres chênes sont absents. Elle comporte Prunus intititia. 4) Secteur oranais. P = 400 à 600 mm. 4.1) Sous secteur du Sahel littoral ( O1). 41.1) Etage thermoméditerranéen. 411.1) Série psammophile de plage. 411.2) Série rupicole de falaises maritimes. 411.3) Série du Tetraclinis articulata. 411.4) Série à Olea europaea. 411.5) Série du Pinus halepensis. 411.6) Série du Ziziphus lotus. Cette série domine dans les vertisols plus ou moins profonds. Le scrub à jujubier devient constant. 41.2) Etage mésoméditerranéen. 412.1) Série du Quercus suber. Cette série est la plus orientale de son aire. Elle présente en oranie un petit lambeau dont l’intérêt biogéographique est considérable. 41.3) Série du Quercus ilex. 4.2) Sous secteur des Plaines littorales ( O2). 42.1) Etage thermoméditerranéen. 421.1) Série du Ziziphus lotus. 421.2) Série à Olea europea sclérophylle. 421.3) Série du Tetraclinis articulata. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 50 421.4) Série du Pinus halepensis. Cette série est souvent mixte à pin d’Alep et thuya. La différenciation est lithologique. Le thuya s’accommode d’avantage des terrains gréseux. 42.2) Etage mésoméditerranéen. 422.1) Série du Quercus ilex. Cette série ne présente plus l’homogénéité de distribution des secteurs algérois et numidien, Prunus amygdalus y est fréquent. 4.3) Sous secteur de l’Atlas Tellien. 43.1) Etage thermoméditerranéen. 431.1) Série à Olea europea. 431.2) Série du Tetraclinis articulata. 431.3) Série du Pinus halepensis. 43.2) Etage mésoméditerranéen. 432.1) Série du Quercus ilex. 432.2) Série du Quercus faginea ssp. tlemcenensis. Cette essence s’apparente au Quercus faginea. Elle a été longtemps considérée comme une hybride. Actuellement, les phytogéographes lui confèrent un statut de sous espèce du Quercus faginea. Elle est endémique de ce sous secteur. Domaine maurétanien steppique. Ce domaine est très continental. Sa période sèche dépasse six ( 6) mois. La pluviosité inter et intra annuelle, très irrégulière varie de 300 à 500 mm. « M » varie de 30 à 40°C et « m » de 0 à –2°C. Les hivers sont frais à froids, l’amplitude nycthémérale est forte. Les espèces sont xérothermophiles. Ce domaine est composé de steppes des glacis polygéniques très vastes à alfa, armoise, Lygeum et des matorrals à bétoum et jujubier dans les daias. 5) Secteur des Hauts Plateaux orano-algérois. 5.1) Sous secteur des Hauts Plateaux orano- algérois. 51.1) Etage thermoméditerranéen. 511.1) Série à Ziziphus lotus. Cette série xérique n’occupe que les vertisols du Nord de ce secteur. 511.2) Série xérothermophile à Stipa tenacissima. Le problème de la série à Stipa tenacissima est posé. L’alfa est climacique dans certains glacis. Elle peut être secondaire dans les versants les plus élevés qui marquent les Hauts Plateaux. Cette différence permet de reconnaître les complexes d’habitats de cette espèce. Son climax est une steppe graminéenne avec un cortège d’espèces basses xérothermophiles, oligotrophes. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 51 511.3) Série à Artemisia herba -alba. Dans les glacis limono-sableux, l’armoise domine sur des étendues importantes entrecoupées par les dômes pierreux à alfa et les placages sableux à Lygeum. 511.4) Série à Lygeum spartum. A partir de ce sous secteur, apparaissent les espèces dominantes dont le déterminisme n’est plus climatique, mais édaphique. La principale différence réside dans les conditions édaphiques beaucoup plus hétérogènes que les facteurs climatiques. La végétation est presque toujours une mosaïque rapprochée. Elle s’homogénéise avec la proximité du climax ou des derniers stades de dégradation. Dans le cas du Lygeum, l’épaisseur des placages de sable influe grandement sur la nature et la consistance de la série. 511.5) Série du Juniperus phœnicea. Elle se présente généralement sous forme d’une steppe arborée dans les butes et moyennes montagnes atlasiques. 511.6) Série du Tetraclinis articulata. Elle se trouve sur quelques versants sud de l’Atlas Tellien. Dès que l’on aborde les Hauts Plateaux, elle n’intervient plus. Dans ce sous secteur, elle forme le faciès le plus continental. Le thuya ne constitue pas de série dans l’Atlas Saharien. 511.7) Série xérophytique du Pinus halepensis. Le faciès se rapproche des conditions les plus continentales de l’Atlas Saharien. L’alfa est constante dans la formation. Les peuplements sont clairs et se rapprochent de la steppe arborée. Cette série ne se rencontre pas sur les glacis mais sur les collines et montagnes des Hauts Plateaux. 511.2) Série des daias. Dans les daias et dépressions d’effondrement, s’accumulent les eaux de drainage qui permettent le développement du matorral arboré. Le sol est sableux et profond. La végétation est formée de Pistacia atlantica et de nebka à Ziziphus lotus. La complémentarité entre ces deux espèces est grande, pour la germination et la persistance du pistachier. 51.2) Etage mésoméditerranéen. 512.3) Série xérophytique sclérophylle du Quercus ilex. Elle est rare et ne se rencontre que dans les sommets des montagnes les plus élevés. Les états d’équilibre comportent Quercus ilex, Phillyrea angustifolia et Rhamnus alaternus. Le chêne vert est presque toujours sous forme de taillis à cause de la dégradation. La série est mixte à Pinus halepensis, Pistacia therebintus, et quelques fois Juniperus phœnicea. Les stades de dégradation transitent par des états de matorral à Juniperus oxycedrus, de matorral arbustif à Juniperus oxycedrus et de steppe à alfa. Ensuite, interviennent les stades steppiques de dégradation. Dans ces secteurs, il y a convergence des stades de dégradations forestière et steppique. Ce phénomène a lieu dans tout le domaine mauritanien steppique des Hauts Plateaux et de l’Atlas Saharien. Il sévit également dans les formations des étages mésoméditerranéen et thermoméditerranéen des Aurès. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 52 51.3) Séries azonales des halipèdes et psammophiles. Les séries qui se rencontrent dans ce secteur sont envisagées en bloc à la fin de cette matrice. Leur répartition et leur organisation sont moins liées aux variations climatiques qu’aux gradients édaphiques azonaux. 6) Secteur des Hauts Plateaux constantinois ( H2). Plus arrosé que le secteur précédent, il est cultivé depuis l’époque romaine. 6.1) Etage thermoméditerranéen. 61.1) Série du Ziziphus lotus. L’aire sériale du Ziziphus lotus est le terrain céréalier de prédilection quand elle avoisine les 400 mm. 61.2) Série continentale du Pinus halepensis. La majorité de son espace est anthropisé. Elle persiste sur les reliefs marno- calcaires de l’Est des Bibans. 6.2) Etage mésoméditerranéen. Quelques très rares lentilles dans cet immense espace cultivé sont encore naturelles. Quand les formations à chêne vert persistent, elles constituent des pâturages où même les arbres ne sont pas épargnés. Ils ont des formes en hérisson, diabolo, façonnés par les dents des chèvres et moutons. 7) Secteur de l’Atlas Saharien. Ce secteur s’étend des monts des Oulads Naïls à la frontière algéro- marocaine. Il contient des sommets élevés Sidi Aissa 2236 m, ceux du djebel Amour et du Senalba. Sa vocation est essentiellement forestière. Sa pluviosité interpolée est de 300 à 500mm. 7.1) Sous secteur de l’Atlas Saharien oranais ( AS1). C’est la portion la plus continentale de l’Atlas Saharien. Elle est donc moins humide. 71.1) Etage thermoméditerranéen. 711.1) Série graminéenne à Stipa tenacissima. 711.2) Série chaméphytique à Artemisia herba- alba. 711.3) Série psammogypsophile à Lygeum spartum. 711.4) Série de steppe arborée à Juniperus phœnicea et Stipa tenacissima. Se rencontre sur les butes et petites montagnes sur les versants pierreux moyennement élevés. Des espèces forestières font partie du cortège de cette formation Globularia alypum, Rosmarinus tournefortii. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 53 71.2) Etage mésoméditerranéen. Cet étage comporte les séries forestières les plus méridionales du pin d’Alep et du chêne vert dans les sommets les plus élevés. 712.1) Série méridionale du Pinus halepensis. Physionomie de steppe arborée ou forestière relativement claire de montagnes atlasiques. Sol pauvre, pentes fortes. L’alfa est constante. Il est possible d’y rencontrer ça et là Olea europea ou même Ceratonia siliqua. Cette série contient les taxons les plus xérothermophiles, soit les plus rustiques qui accompagnent cette espèce. 712.2) Série méridionale mixte du Quercus ilex et Pinus halepensis. Cette série mixte se développe dans les calottes sommitales. Quercus ilex est de taille moyenne, très feuillu. C’est sa station la plus rustique. Sécheresse estivale prolongée, amplitude nycthémérale très forte, pluviosité aléatoire, siroccos fréquents, prédateurs nombreux. Sol peu profond généralement gréseux. Dans les ravins, la série ripicole est édifiée par Populus nigra et Populus alba. Au sortir du djebel, le peuplier est remplacé par des nériaies. 7.2) Sous secteur algérois de l’Atlas Saharien ( AS2). 72.1) Etage thermoméditerranéen. 721.1) Série graminéenne à Stipa tenacissima. 721.2) Série chaméphytique à Artemisia herba- alba. 721.3) Série psammophile à Lygeum spartum. 721.4) Série de matorral collinéen à Juniperus phœnicea et Stipa tenacissima. 72.2) Etage mésoméditerranéen. 722.1) Série continentale à Pinus halepensis. 722.1) Série continentale mixte à Quercus ilex et Pinus halepensis. Cette série contient des taxons en limite latitudinale Quercus coccifera, Pistacia lentiscus, Phillyrea angustifolia, Pistacia therebintus, Jasminum fruticans, Cistus libanotis, etc. 72.3) Etage oroméditerranéen. 723.1) Série à Thymelaea tartonraira. Elle se rencontre sur les affleurements puissants des sommets gréseux. La végétation est chasmophile et cryophile en coussinets à Thymelea tartonraira et Launaea acanthoclada. Dans les fissures colmatées par du sable, se développent Asphodelus cerasiferus, Dorycnium pentaphyllum. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 54 8) Secteur Sud constantinois ( AS3). De part ses amplitudes altitudinales 500 à 2329 m, pluviométriques 300 à 600 mm, thermiques minimales –3° à +3°C, sa lithologie très variable, il comporte une succession très diverse d’habitats du Nord au Sud et des sommets aux plateaux. Ce secteur débute avec les séries thermophiles et se termine avec l’étage oroméditerranéen le plus froid du pays. 8.1) Etage thermoméditerranéen. 81.1) Série graminéenne steppique à Stipa tenacissima. 81.2) Série chaméphytique steppique à Artemisia herba- alba. 81.3) Série psammogypsophile à Lygeum spartum. 81.4) Série du matorral à Juniperus phœnicea. 81.5) Série continentale du Pinus halepensis. 8.2) Etage mésomédietrranéen. 82.1) Série continentale du Quercus ilex. Le chêne vert est accompagné d’espèces de milieux froid et sec comme Fraxinus xanthoxyloïdes, Prunus spinosa. 82.2) Série hygrophile à Salix purpurea. 8.3) Etage supraméditerranéen. 83.1) Série continentale du Cedrus atlantica. C’est la situation la plus continentale de l’aire de répartition de cette espèce. Elle s’accommode de conditions extrêmes de sécheresse, de froid et de rusticité édaphique. Dans les meilleures conditions, elle domine Taxus baccata et Ilex aquifolium beaucoup plus rares que dans les séries sublittorales de cette essence. Elle contient Rhamnus cathartica. Dans les ravins et aux bords des eaux, domine Salix alba. 8.4) Etage oroméditerranéen. 84.1) Série de matorral arboré à Juniperus thurifera. Dans ce matorral, le genévrier thurifère supplante Cytisus purgans, Erinacea anthyllis, Bupleurum spinosum. Le port arboré est encore possible même s’il dénote d’une très grande rusticité. 84.2) Série de pelouse chaméphytique montagnarde à Rhamnus alaternus ssp myrtifolia et Prunus prostrata. Elle est composée d’orophytes alpigènes comme Cytisus purgans, C.balansea, Clematis vitalba, Cotoneaster racemiflora, etc.. La strate herbacée est formée de Festuca desertii, F. elatior, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 55 Dans ce sous secteur, les amplitudes des séries se superposent en écailles, en fonction de l’altitude. Chacune d’elle recouvre partiellement la précédente, atteint un optimum, se combine temporairement à la suivante et disparaît. REGION SAHARO- SINDIENNE. La région saharo- sindienne a une pluviosité inférieure à 100 mm. Elle atteint des moyennes inférieures à 12 mm. Dans ce cas, les pluies sont aléatoires. Dans les montagnes du Hoggar et Tassili, la pluviosité s’accroît jusqu’à 250 mm dans les sommets les plus élevés. Sous région Eusaharo- Sindienne. Domaine du Sahara septentrional. 9) Secteur du Hodna ( Hd). 9.1) Etage thermoméditerranéen. Cet étage forme une importante enclave qui le rend plus fréquent que sur les versants sud atlassiques. 91.1) Série chaméphytique à Artemisia herba- alba. 91.2) Série graminéenne à Stipa tenacissima. Elle occupe les versants sud des Monts du Hodna. 9.2) Etage inframéditerranéen atténué. 92.1) Série de steppe chaméphytique à Hammada scoparium et Helianthemum lippii. Série des plateaux érodés et Hamada ou glacis caillouteux de l’étage bioclimatique érémique. Hammada scoparium est une Salsolacée très rustique, appétée uniquement par les chameaux. Elle se rencontre dans tout le Sahara, dans les habitats non salés et non sableux. 92.2) Série psammophile à Arthrophytum schmittianum. Aire sériale des placages sableux fixes et des champs de sable. Elle forme des multitudes de micro- nebkas qui sont des véritables biocénoses. 9 2.3) Série halophytique à Atriplex halimus et Halocnemum strobilaceum. 10) Secteur occidental du Sahara septentrional. A partir de cette unité, les aires deviennent gigantesques. Les habitats sont nettement plus homogènes que dans la région méditerranéenne. Les facteurs sont énergiques, acroïques et déterminants. Le bioclimat souvent homogène devient secondaire par rapport aux facteurs édaphiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 56 10.1) Etage inframéditerranéen atténué. 101.1) Série chaméphytique à Hammada scoparium et Gymnocarpos decander. Plateaux caillouteux et dalles gréso- calcaires. Cette série présente divers stades : Hammada scoparium, Artemisia herba- alba. Hammada scoparium, Anabasis articulata. Hammada scoparium, Anabasis aretioïdes. Par rapport à ces stades, la lithophilie des habitats est croissante. Avec la lenteur des transformations édaphiques progressives, chaque stade persiste des dizaines d’années. 101.2) Série psammophile à Aristida pungens et Danthonia forskalii. Elle présente tous les stades de la séquence sableuse. L’épaisseur de la couverture de sable, au dessus d’une dalle calcaire ou gréseuse, est un avantage pour le déclenchement de la remontée biologique. Le sable joue le rôle d’un sol. Il piège l’humidité qui favorise le développement des séquences végétales. L’ensablement n’est donc pas toujours synonyme de désertification. Le sable génère cependant une déviation de série qui devient psammophile. Elle est potentiellement plus intéressante au plan de la biomasse et de la couverture végétale, tant que l’épaisseur du sable n’est pas limitante. Elle comporte de très nombreux stades : Arthrophytum schmittianum et Aristida acutiflora. Rhantherium suaveolens et Zilla spinosa. Calligonum comosum, Ephedra alata sp alanda, Retama sphaerocarpa, Genista saharae Tamarix aphylla. Les habitats de ces stades présentent un ensablement croissant. 101.3) Séries des habitats d’épandage et ripicole des oueds à Acacia raddiana, Acacia seyal, Nitraria retusa. Les aires sériales de ces peuplements occupent les oueds, les dépressions sableuses susceptibles de recevoir les accumulations des eaux de drainage. 101.4) Série psammogypsophile à Limoniastrum guyonianum. Cette série est pratiquement monospécifique et occupe des étendues immenses à habitats sablo- gypseux. Dans cette série, Oudneya africana est fréquente avec des Zygophyllacées, Zygophyllum album, Z. cornutum, etc.. 11) Secteur oriental du Sahara septentrional. 11.1) Etage inframéditerranéen atténué. 111.1) Série chaméphytique à Hammada scoparium. 111.2) Série lithophytique à Moricandia arvinsis et Cymbopogon schoenanthus. Série des Hamadas et regs très caillouteux. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 57 111.3) Série psammophile à Aristida pungens, Danthonia forskalii. 111.4) Série des habitats d’épandage et ripicole des oueds à Acacia raddiana, Panicum turgidum. Les espèces suivantes composent cette série Maerua crassifolia, Acacia seyal, Ziziphus lotus, Ephedra altissima. 111.5) Série hygrophile à Tamarix sp et Phragmites communis. Dans ces habitats hygrophiles ou mésohygrophiles à nappe phréatique superficielle cohabitent plusieurs espèces de Tamarix : gallica, boveana, balansae, trabutii. 111.6) Série des halophytes à Atriplex halimus et Halocnemum strobilaceum. Les états de végétation varient en fonction des gradients de salinité, d’ensablement et d’humidité. 12) Domaine du Sahara central. Domaine immense qui couvre des Hamadas et les deux grands ergs occidental et oriental. 12.1) Etage inframéditerranéen atténué à végétation diffuse ou contractée. 121.1) Série chaméphytique à Anabasis articulata et Traganum nudatum. Habitat de Hamada pierreuse où se développent également des hélianthèmes. 121.2) Série inframéditerranéenne à Argania spinosa. Matorral clair, des habitats de Hamada à influence atlantique atténuée, du Sahara central. 121.3) Série thérophytique à Aristida plumosa. Végétation contractée. 121.4) Série Psammophile à Tamarix aphylla, Moltkia callosa. 12.2) Etage inframéditerranéen accentué. Végétation essentiellement contractée. 122.1) Série des habitats d’épandage à Acacia raddiana et Panicum turgidum. Se mélange à cette série Acacia seyal et Launaea arborescens. 122.2) Série ripicole saharienne à Tamarix sp. Tamarix gallica et Callotropis procera cohabitent dans ces habitats de sable humide en profondeur. 122.3) Série psammophile des habitats interdunaires des ergs. Elle est composée de psammophiles, Aristida ciliata, Retama sphaerocarpa, Genista saharae. Les dunes vives ne constituent pas d’habitats, sauf pour des microorganismes. Les mouvements de sable ne permettent pas de vie organisée. De même que dans les barkanes, la vie des éphémérophytes n’est pas possible à cause des déplacements perpétuels des sables en surface. Ils dénudent les graines et les semis. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 58 13) Domaine du Sahara méridional à influence montagnarde. Ce domaine concerne le territoire du Hoggar et du Tassili. C’est le bouclier primaire. Le relief maintient une humidité relativement constante qui demeure inframéditerranéenne. La différenciation des aires sériales est provoquée par l’association de trois facteurs qui déterminent des habitats particuliers : la nature lithologique du substrat, la géomorphologie et l’humidité. Dans certaines situations, l’eau stagnante constitue des guéltas qui sont des habitats exceptionnels. 13.1) Etage de végétation thermoméditérranéen. Dans cet étage élevé, la végétation continue et persistante est régulière en dehors des lits d’oued. Certaines espèces rappellent celles du Nord de la méditerranée. 131.1) Série de végétation arborée. Habitats humides à Maerua cracifolia, Balanites aegyptiaca. 131.2) Série de végétation à Acacia raddiana. Elle se rencontre avec Acacia albida, A. seyal dans les habitats plus ou moins rupicoles. 131.3) Série rupicole à Olea laperrini. Série de rochers avec Rhus oxyacantha, Ephedra altissima, Ficus salicifolia, Periploca laevigata, Lavandula antinae. Olea laperrini est un vicariant d’Olea europaea. Il est nettement plus xérothermophile et lithophile que sa souche originelle. Globularia alypum fait partie du cortège floristique. 131.4) Série des plateaux rocailleux à Anabasis articulata, Moricandia arvinsis. Elle comporte également Atriplex halimus, Artemisia herba-alba, Pentzia monodiana, Teucrium polium. 131.5) Série ripicole à Pituranthos scoparius et Artemisia herba- alba. Habitat de lit d’oued sableux avec Ballota hirsuta, Artemisia campestris, Antirrhinum ramosissimum. 131.6) Série hygrophile. Habitats des mares d’eau stagnante. Les espèces les plus fréquentes sont : Tamarix leucochalyx, Phragmites communis, Typha elephantina, Ficus salicifolia, Nucularia perrini, Typha australis. Cet habitat dépend de l’humidité de l’oued, de l’étendue de la marre et de son altération. 13.2) Etage inframéditerranéen accentué. Cortège floristique constitué par des lithophytes à distribution contractée, Moricandia arvinsis, Asteriscus pigmaeus. 132.1) Série de végétation à Cupressus dupreziana. Série de matorral clair. Les arbres sont isolés en mauvais état et très vieux. Les régénérations sont inexistantes. Il est hasardeux d’envisager la série du cyprès du Tassili. Il ne Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 59 demeure que dans les oueds sableux. Les facteurs écologiques sont très actifs. Les relations biotiques sont secondaires. Le cyprès est endémique et relique au Tassili. 14) Domaine du Sahara méridional à influence tropicale. 14.1) Etage inframéditerranéen accentué. La pluviosité est inférieure à 50 mm. la végétation est contractée dans les oueds et dépressions. 142.1) Série psammophile à Aristida ciliata. 142.2) Série de matorral ripicole à Acacia raddiana et Panicum turgidum. Cette série est composée entre autre de Aerva persica et Ipomea rupens en mélange avec Tamarix aphylla dans les meilleures conditions. Dans cette partie sud du Sahara méridional, commence à apparaître une flore sahélienne caractérisée par des infiltrations soudanaises. 15) COMPLEXES D’HABITATS AQUATIQUES D’EAU DOUCE. 15.1) Série des hydrophytes oligotrophes. Série des eaux claires pauvres en bases, acidicline. 15.2) Série des hydrophytes mésotrophes. Série des eaux riches en calcaire et matière organique, à PH voisin de la neutralité. 15.3) Série des hydrophytes eutrophes. Eaux très riches en bases dissoutes, PH supérieur à 7. 16) COMPLEXES D’HABITATS DES BORDS DES EAUX DOUCES. Série de pelouses, matorrals ou forêts riveraines des habitats inondables des marais, marécages, bords des eaux et terrasses alluviales. Ces habitats sont caractérisés par une forte richesse spécifique et organisationnelle. 16.1) Série des phragmitaies ( Nord / Sud). 16.2) Série ripicole des Thyphaies ( Nord / Sud). 16.3) ) Série ripicole des Roselières ( Nord / Sud). 16.4) Série ripicole des Joncheires ( Nord / Sud). 16.5) Série ripicole des Tamariçaies ( Nord / Sud). 16.6) Série ripicole des Peupleraies ( Nord / Sud). 16.7) Série ripicole des Saussaies ( Nord / Sud). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 60 16.8) Série ripicole des Nériaies ( Nord/ Sud) 16.9)Série des masses d’eau intermittentes. 16.10)Série des halophytes Nord / Sud, en dehors des systèmes de plage. 16.11) Série halophytique des marres d’eau. 16.12) Série des habitats suintants. Pelouse hygrophile à Molinia coerulea, Deschampsia flexuosa, Caltha palustris, Mentha rotundifolia. Sols riches et pentes fortes. 16.13) Série des habitats des cascades. 17) COMPLEXE DES HABITATS A EBOULIS. Milieux instables en voie de végétalisation constitués de pierres, de galets, de blocs, de cailloux, de débris rocheux désarticulés. 17.1) Complexe à Rumex scutatus. Pelouse ouverte caillouteuse de forte pente, à Rumex scutatus et Parietaria officinalis. 17.2) Complexe à érables. Matorral pierreux en voie de structuration à Acer obtusatum, A. campestre, A. opalus. Ces espèces sont déjà citées dans d’autres complexes d’habitats. 18) COMPLEXE D’HABITATS ROCHEUX DES GROTTES. Dans le Djurdjura, ils sont caractérisés par Campanula djurdjurae. 18.1) Dollines. Fréquentes dans les massifs calcaires montagnards à Draba hispanica, Saxifraga tridactylites et Saxifraga sp. 18.2) Grottes. 19) COMPLEXE DES HABITATS ARTIFICIALISES. Leur intérêt consiste en l’inventaire des taxons, espèces, variétés, cultivars, lignées, races, etc., utilisés dans l’agriculture dans les différents étages bioclimatiques pour constituer les terroirs. 19.1) Cultures annuelles en sec et en irrigué : 191.1) Subhumide 191.2) Aride. 191.3) Saharien. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 61 19.2) Vivaces en sec et en irrigué : 192.1) Subhumide. 192.2) Aride. 192.3) Saharien. 19.3) Parcs urbains. 19.4) Parcs suburbains. 20) MER. L’étagement pratiqué en milieu continental est utilisé dans la zonation et la bathymétrie des habitats marins. L’étude systématique de ces étages n’est pas détaillée, néanmoins les échanges entre les étages marins dérivent de flux plus actifs que pour les continentaux. La proposition de subdivisions du milieu marin mérite un approfondissement important. Elle est basée, comme pour le continent, sur le principe que chaque unité est un complexe d’habitats, dont il faudra déterminer les éléments. 20.1) Province néritique. 201.1) Plateau continental ( Néritique). 2011.1) Systèmes infralittoraux ( Benthos, Herbier). 20111.1) Complexe des habitats meubles : Sableux. Vaseux. 20111.2) Complexe des habitats rocheux. 2011.2) Systèmes circalittoraux ( Herbier, Benthos). 20112.1) Complexe des habitats meubles. 20112.2) Complexe des habitats durs. 20.2) Provinces océaniques. 202.1) Zone pélagique. 2021.1) Complexe des habitats épipélagiques ( 0 - 100 m). 2021.2) Complexe mésopélagique ( 100 m / 200 m). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 62 2021.3) Complexe des habitats infrapélagiques ( 200 m / 600 m). 2021.4) Complexe des hauts fonds. 2021.5) Complexe récifaux coralliens ( complexe organo-génétique). 202.2) Etage bathyal. 2022.1) Complexe des habitats bathypélagiques ( 600 m / 3500 m). 2022.2) Complexe des habitats épidémersaux. 2022.3) Complexes des habitats mésodémersaux. 2022.4) Complexe des habitats bathydémersaux. Comme il est stipulé, cette proposition fondée sur une approche dynamique doit être affinée, afin de définir les habitats correspondants aux différents stades des séries de végétation. L’objectif final est de réaliser une nomenclature et une classification exhaustives des habitats algériens. 75.5) Plan d’action de la matrice habitats. Groupe de 4 experts : Faune sauvage, ressources animales Flore / ressources végétales Mer / ressources halieutiques Agronomie / élevage Durée : 3 ans Appui : 1sécrétariat Moyens documentaires et Consommable Frais financiers : Expertise : 4 experts x 20.000 DA x 3 ans x 12 mois = 2.880.000 DA Secrétariat : 1 secrétaire x 10.000 DA x 12 x 3 ans = 360.000 DA Documentation : 200.000 DA Consommables : 100.000 DA Informatique : 200.000 DA Réunion d’experts scientifiques : 20 personnes x 10.000 DA x 3 ( fois par ans) x 3 ans = 1.800.000 DA Coût total = 5.240.000 DA 6.6) Plan d’action inventaire. 1) Opérateurs : Centre de Développement des Ressources Biologiques. ( CDRB) CF : Conservation des Forêts ( et des ressources biologiques). DSA : Direction des Services Agricoles ( et des ressources agricoles). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 63 IE : Inspection de l’Environnement ( et gestion des ressources naturelles). IP : Inspection de la Pêche ( et des ressources marines et aquacoles). Universités, Instituts de Développement et de Recherche. Ces structures mettront en place un réseau d’inventaire permanent. 2) Densité d’échantillonnage : Une équipe de : 2 spécialistes, faune / flore / écologues 2 techniciens 1 chauffeur 1 véhicule à 4000 DA / jour réalise 5 relevés par jour avec la densité suivante : 1 relevé pour 2.500 ha au Nord sur 40.000.000 ha, soit 16.000 relevés floristiques, faunistiques et écologiques 1 relevé pour 10.000 ha au Sud sur 200.000.000 ha, soit 20.000 relevés floristiques, faunistiques et écologiques Total national du nombre d’observations : 36.000 relevés 3) Moyens documentaires et humains : Herbier 1 spécialiste = 20.000 DA x 5 ans = 1.200.000 DA Conditionnement 2 techniciens = 32.000 DA x 5 ans = 1.920.000 DA Flore 40 x 800 DA = 32.000 DA Dissection et matériel spécifique = 800.000 DA Coût total = 3 952 000 DA 4) Matériel scientifique, informatique et informaticiens : Dessicateurs, étuves, chromatographies, ordinateurs 6.800.000 DA 5) Evaluation financière d’un relevé floristique, faunistique et écologique par équipe : Spécialiste 20.000 DA x (2) = 40.000 DA Chauffeur 12.000 DA x (1) = 12.000 DA Technicien 12.000 DA x (2) = 24.000 DA Frais de mission 18.000 DA x (4) = 72.000 DA Véhicule 4.000 DA x (30 jours) = 120.000 DA Coût total mensuel = 268 000 DA Pour 20 jours ouvrables 5 relevés / jour = 268 000 / 20 / 5 = 2 680 DA Coût du relevé de biodiversité : 2.680 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 64 6) Coût global de l’opération échantillonnage et collection d’herbier : Herbier 3.952.000 DA Matériel scientifique et informatique 6.800.000 DA Echantillonnage 96.480.000 DA Coût total = 107.232.000 DA 7) Délais de réalisation 5 ans pour : 20 équipes ; 5 relevés par jour ; pendant 72 jours /an ( en fonction de la périodicité phénologique) ; 8) Dévaluation et forfait de révision. 20% = 21.446.400 DA 9) Gouvernance du projet. Chef de projet 2 x 20.000 DA x 12 mois x 5 ans = 2.400.000 DA IX) CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 8.1) Conservation ex situ. 8.1.1) Constat conservation ex situ. Le constat dans ce domaine montre une conservation ex situ lacunaire. Aucune structure ne réalise de suivis réguliers et comparatifs de distribution et de consistance de la diversité biologique. A ce titre le constat est alarmant : L’érosion génétique touche plus particulièrement les espèces, taxons, cultivars lignées, cultivés ou élevés. Toutes les espèces possèdent des races ou cultivars en voie de disparition. Les agriculteurs enclins à utiliser des variétés plus productives tendent à abandonner les variétés locales plus rustiques et moins astreignantes aux plans des techniques culturales et des résistances. Importation des semences correspondant à des lignées populations clonales de première génération ou des semences à gène « terminator », dont il est impossible de conserver la descendance. Coût total général de l’opération inventaire national de la faune, de la flore et des habitats = 131.078.400 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 65 Accroissement de l’influence anthropique sur les milieux naturels littoraux, montagnards, collinéens, steppiques et sahariens qui altèrent les habitats, réduisent les tailles des populations et éliminent des écotypes et des taxons sans même qu’ils soient répertoriés. Négligence des espèces abondantes alors que l’approche biodiversité prend en compte les espèces les plus fréquentes, à aires de répartition très vastes. Elles sont susceptibles de présenter des différenciations génétiques importantes dans les situations marginales de leurs aires. Ces taxons ignorés présentent des aptitudes génétiques acroïques sensibles à cause de leur comportement sténoïque. Inexistence de volonté et insuffisance de la maîtrise de la conservation ex situ, elle demeure dans les différentes structures au stade de velléités peu matérialisées ou des alibis. Mauvais entretien des collections ex situ, mortes ou vivantes en jardin, parc urbain, etc.. Déperdition des taxons à cause des mauvaises techniques de conditionnement, des transferts, déménagements successifs et des logistiques rudimentaires. Inexistence de jardins de multiplication et d’animaleries nécessaires au rajeunissement du matériel biologique conservé. Insuffisance de la conservation des variétés agricoles algériennes, céréales, arbres fruitiers, vigne, etc.. plus riche dans d’autres pays, Allemagne, France qu’en Algérie. Mouvance administrative et manque de moyens destinés aux structures chargées de la conservation, ANN, INRA, universités, instituts de recherche et de formation, etc.. Inexistence d’un centre de référence systématique, centralisateur scientifique, des informations relatives aux inventaires et aux collections. Les vérifications des conformités typologiques des taxons litigieux sont effectuées à l’étranger. Cette dépendance taxonomique est intolérable. 81.2) Objectif 04, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Créer un Centre de développement des ressources biologiques ( CDRB) auprès du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. 81.3) Eléments d’orientation : proposition de la création du centre. 813.1) Mission. Il est chargé au niveau national de la connaissance, du suivi, de la représentation, de la valorisation, de la conservation et du développement des ressources et du patrimoine biologique national. A ce titre, il couvre la faune, la flore, sauvages et domestiquées. Le centre est de type EPST ( entreprise publique scientifique et technique), doté de l’autorité morale, de l’autonomie financière, matérielle et des ressources humaines. Ce centre, qui n’est ni un muséum, ni une agence, peut être issu de la transformation qualitative de l’agence nationale de la conservation de la nature (ANN). Ses renforcements Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 66 humains, scientifiques, matériels, infrastructurels sont des compléments indispensables à la prise en charge du patrimoine biologique total. Il devra privilégier les activités scientifiques par rapport à la gestion administrative. 813.2) Programme / activités / actions. Constituer une banque de données au sein d’un réseau national. Créer un conservatoire national ex situ de la diversité biologique avec l’objectif de la développer. Développer un réseau de conservation en relation avec les institutions travaillant sur la diversité biologique : instituts, INRA, forêts, pêche, universités, etc.. Activer en étroite synergie avec les institutions de recherche et de développement pour traiter des méthodes : d’échantillonnage et de récolte de données ; de recherche biosystématique et des caractères génétiques des taxons ; de conservation à court et long termes ; de multiplications en culture in vitro et en jardin expérimental ; de réalisation de collections de référence, faune, flore, variétés cultivées et élevées ; de promotion de la conservation dans les instituts spécialisés ; d’édition d’un index séminum annuel ; de diffusion et d’échanges nationaux et internationaux. Créer un réseau de valorisation et de recherches biotechnologiques et de génie génétique sur l’utilisation de la diversité biologique pour le développement économique et social. Réaliser un diagnostic périodique national sur la diversité biologique par l’exploitation des données suivies du réseau constitué. Attirer l’attention des pouvoirs publics sur les menaces exercées sur les taxons et les habitats pour développer un plan de préservation national équivalent à une matrice de conservations in situ et ex situ. Promouvoir des opérations techniques intersectorielles de diffusion et de vulgarisation des connaissances, valorisation, réhabilitation, utilisation durable, de la diversité biologique algérienne. Promouvoir les échanges et la coopération internationale pour mobiliser les moyens financiers de développement et d’utilisation durable de la diversité biologique. Veiller à l’adaptation de la législation à l’usage rationnel de la biodiversité. 81.4) Plan d’action. 814.1) Organigramme. La figure 5 présente l’organigramme du centre, ses relations avec la tutelle, le réseau de laboratoires de recherche et des organismes de développement. Ressources humaines : 40 chercheurs de niveaux supérieur et moyen : systématiciens qualifiés. biologistes qualifiés. généticiens qualifiés agronomes ( botanique et zoologie agricole). Création d’une infrastructure de (5) laboratoires de recherche développement : Inventaire et biosystématique approfondie faune / flore (réseau d’échange). Culture in vitro flore / faune et expérimentation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 67 Génétique et biotechnologie. Conservation ex situ faune / flore. Banque de données et de communication, GIS. Ces laboratoires seront interconnectés avec les institutions de recherche et de développement des ressources biologiques. La banque de données est un réseau en interaction avec des cellules périphériques situées dans les wilayates, les APC et les institutions de recherche formation développement. Outre sa fonction de répertoire national sur la diversité biologique, elle a également pour objectif la réalisation d’un GIS, système d’informations géographiques, nécessaire aux établissements des diagnostics périodiques sur la base de données géoréférencées. Le jardin de multiplication in vivo, structure complète, d’acclimatation, d’horticulture et de génie écologique, est en relation avec le laboratoire de culture in vitro et la structure de conservation ex situ. Infrastructure de conservation : chambres froides chambres stériles chambres de conditionnement chambres de culture dispositif de conservation de collections mortes, etc.… Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 68 Figure 5 : Organigramme du centre de développement des ressources biologiques (CDRB). Administration Conseil scientifique Conseil de direction et de coordination scientifique. Laboratoires CDRB Inventaire et Biosystématique Faune / Flore Culture in vitro et jardin de multiplication Conservation ex situ Banque de données et de communication, GIS Génétique et biotechnologie Directeur Réseau national de banque de données ( Wilaya, APC, etc..) Réseau national de Laboratoires hors CDRB Conseil d’orientation Ministère de tutelle Réseau des institutions de développement des ressources biologiques Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 69 814.2) Evaluation financière CDRB. La création du CDRB peut être fondée sur les structures de l’ANN qui devra réorienter ses activités vers des préoccupations scientifiques et procéder à un progrès qualitatif considérable. Les transformations concernent : Son affectation à une tutelle ayant obédience sur l’ensemble du patrimoine biologique. La qualification de ses ressources humaines. La spécialisation des moyens matériels et de recherche. La capacité de coordination de la recherche sur la diversité biologique. Sa capacité à installer une banque de données sur la base d’un réseau de communication national. L’adaptation de ses moyens logistiques et d’administration pour les subordonner à la recherche scientifique. i. Equipement complémentaire : Moyens de biotechnologie = 45.000.000 DA Moyens informatiques et scientifiques, culture in vitro = 45.000.000DA Coût total = 90.000.000 DA ii. Budget de fonctionnement annuel : Ressources humaines : Chercheurs 40 x 20.000 DA x 12 mois = 9.600.000 DA Techniciens 20 x 12.000 DA x 12 mois = 2.880.000 DA Agents techniques 20 x 10.000 DA x 12 mois = 2.400.000 DA Personnel de service 25 x 8.000 DA x 12 mois = 2.400.000 DA Coût total = 17.280.000 DA Subvention des laboratoires des institutions nationales connectées en réseaux = 25.000.000 DA Fonctionnement des laboratoires : consommables, verrerie, produits chimiques, petit matériel d’inventaire, etc. = 5.000.000 DA Produits d’entretien du jardin et des collections, etc.= 3.500.000 DA Revues échanges, communication = 1.500.000 DA Coût total = 35.000.000 DA iii. Budget total de fonctionnement et d’équipement Budget total du CDRB = 142.280.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 70 L’évaluation financière du fonctionnement administratif n’est pas effectuée. Elle représente un faible pourcentage par rapport aux allocations scientifiques. Ce centre pourrait démarrer avec la prise en charge de l’inventaire national qui doit être sa première opération. 8.2) Conservation in situ. 82.1) Constat. La conservation in- situ est pratiquée au moyen de parcs nationaux. Cette option, reconnue par les instances internationales de la diversité biologique UICN, WWF, etc.., est largement appliquée dans notre pays. Il existe quinze ( 15) parcs nationaux dont huit ( 8) officiels. Plusieurs autres sont en gestation. Ils se mettent en place sous forme de parcs régionaux, marins, etc.. Trois réserves de biosphère édifiées à partir de parcs nationaux ont reçu le label de l’UNESCO. Néanmoins, ces créations sont plus des alibis de conservation que des structures opérationnelles de réserve de biosphère à travers des plans d’action. La production agricole est gérée par les DSA et les instituts de recherche du ministère de l’agriculture. Ces institutions n’ont pas la capacité de faire un bilan de la diversité biologique cultivée, élevée et des variétés disparues, ni d’évaluer leur érosion génétique. La biodiversité naturelle hors parc et hors forêt n’est prise en charge par aucune des structures de conservation des forêts, de l’ANN, du commissariats au développement de la steppe, etc.. Aucune d’entre elle n’a entrepris de connaître et de suivre exhaustivement la dynamique de la diversité biologique. Les espaces forestiers sont gérés par les conservations forestières et les parcs, mais qu’en est il des espaces inter- forêts ? Ils possèdent des bioressources naturelles qui ne dépendent que de l’espace physique géré par les APC, même si sa surface est la plus vaste. Les évaluations correctes, qualitatives, quantitatives, historiques, actuelles de la diversité biologique, ne sont pas réalisables avec les moyens alloués. Dans toutes les structures concernées par la diversité biologique, les activités administratives et gestionnelles dominent les activités scientifiques d’inventaire, d’évaluation et de suivi des ressources biologiques. Les indices des surfaces des parcs nationaux et des boisements ne représentent pas des indicateurs biologiques fiables. Ainsi, sous couverture forestière, l’indice de boisement est très élevé mais dans les espaces inter- forestiers sa valeur est nulle. Si l’on se réfère à l’érosion évaluée généralement à travers les taux de boisement, elle est minimale en forêt et maximale dans les régions découvertes. L’évaluation d’une érosion moyenne n’a aucun intérêt. Ces indices ne sont pas indicateurs d’équilibre physique et encore moins biologique. L’arsenal législatif de protection et de conservation est très riche. Néanmoins, son application souffre de difficultés par rapport à la population riveraine usagère de la forêt pour ses revenus. Il est contraignant et ne stimule pas l’assentiment des populations. En 1903, la loi forestière propre à l’Algérie est promulguée. Elle est appliquée jusqu’aux deux nouvelles lois 83-03 de février 1983, relatives à la protection de l’environnement, et Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 71 82.12 de juin 1984 portant régime général des forêts. Ces lois ne modifient pas fondamentalement les relations population forêt même si elles génèrent des contraintes. Le code forestier contrecarre l’utilisation de l’espace forestier pour le parcours. L’opposition de notre société agropastorale se trouve irrémédiablement exacerbée. Elle le juge sévère et répressif. Le régime général des forêts de 1983, plus social tolère certaines pratiques en élargissant son objet qui devient « la protection, le développement, l’extension, la gestion et l’exploitation des forêts, des terres à vocation forestière et des autres formations forestières ainsi que la conservation des sols et la lutte contre toute forme d’érosion ». Néanmoins, les activités sylvicoles dominent. Par rapport à la protection, il prévoit dans ses dispositions la création de réserves et de parcs nationaux au même titre que la loi relative à la protection de l’environnement de février 1983. Les services forestiers ont commencé à prendre forme à partir de 1870. En 1871, une véritable organisation d’inventaire, de suivi et de contrôle est lancée avec 82 agents. La conservation issue du code de 1827, appliqué à l’Algérie entre 1883/ 1903, est la plus ancienne structure forestière. En 1910, ce service s’étoffe et devient autonome. A partir de ce moment il n’a cessé d’occuper les espaces physique, social et policier des forêts. Actuellement, ces conservations sont cantonnées dans des rôles administratifs et de surveillance. Elles sont malgré leur force organisationnelle, impuissantes à concevoir et à appliquer des projets d’aménagement forestier qu’elles sous-traitent. La direction générale des forêts est organisée en: ► inspections régionales ► 48 conservations forestières (Wilaya) ► 160 circonscriptions (Daïra) ► 550 districts ► 1500 triages Cette structure, activée par un personnel nombreux, constitue un outil puissant, si elle est renforcée pour allier les connaissances scientifiques à la gestion administrative. Au niveau de la DGF, la sous direction de la protection de la faune et de la flore, (Journal Officiel 95-200 du 25 juillet 1995), gère le patrimoine biologique à l’aide des parcs nationaux. La conservation pratiquée exclusivement dans les aires protégées est insuffisante du fait que le patrimoine biologique concerne l’ensemble des espaces dans la totalité du pays. De dramatiques problèmes se posent au niveau des taxons autochtones dont certains sont proches de l’extinction avec les structures qu’ils édifient. Ils démontrent que la situation de la diversité biologique est critique par rapport à l’intensité de ses dégradations écologique et génétique, et que sa préservation par des actions de conservation insulaire est arbitraire. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 72 Les autorités locales montrent un engouement vis à vis de la création des entités de protection sous forme de parcs régionaux, réserves naturelles, réserves intégrales, etc.. Ces néocréations ne représentent souvent que des prestiges administratifs considérés comme des fins en soi où les travaux biologiques sont secondaires. Les parcs nationaux n’ont pas tous élaboré de plan d’action. Les relations entre la DGF/ l’ANN/ DGE et localement la conservation des forêts avec les structures de l’exécutif wilayal ne sont pas clarifiées. Des contraintes de tout ordre subsistent par rapport au pouvoir décisionnel, aux communications de données et aux conflits d’autorité latents à tous les niveaux hiérarchiques, etc.. 82.2) Option / objectif conservation in situ. Option. Edifier un réseau de conservation in situ des taxons sauvages et utiles et de leurs habitats qui implique le plus grand nombre de structures spécialisées coordonnées au plan scientifique par le conservatoire génétique du CDRB. Organiser une véritable trame de conservation in situ qui confie à chaque structure opérationnelle une fonction de protection / conservation / développement modulée par son étendue et sa durabilité. Objectif 05, opérateurs : Ministères de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, CDRB. Edifier une armature nationale de préservation de la diversité biologique in situ associée au développement socioéconomique durable pour constituer une réserve biologique de sécurité pérenne. Cette conservation in situ est organisée selon l’organigramme de la figure 6. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 73 Réserves de reproduction Figure 6 : Organigramme de conservation in situ de la diversité biologique. Structures intermédiaires wilayates DSA du Nord Direction des services agricoles (ressources agricoles) Conservation forestière ( ressources biologiques forestières) DSA du Sud ( ressources steppiques et sahariennes) Inspection des pêches ( ressources marines et aquacoles) Inspection de l’environnement ( gestion des ressources) Activités Réseau de production et de collection des variétés locales Promotion / agri diversité Développement forestier et terres à vocation forestière Production, protection des ressources biologiques Agropastoralisme Production / préservation espèces steppiques, sahariennes Gestion des productions, reproduction et protection des ressources halieutiques Equilibres physiques Gestion intersectorielle des ressources Nuisances/ législation Moyens de conservation et de gestion APC Gestion durable totale de l’espace ( qualitatif) Parcs nationaux Espaces et habitats sensibles Réseau CDRB Gestion des données Réseau, Méthodes, Banque, Diagnostics périodiques Réserves génétiques des ressources biologiques Réserves génétiques agropastorales temporaires Réserves génétiques de terroir Réserves génétiques intégrales SIB biodiversité R E S E A U Ecotones équilibrés Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 74 82.3) Guide des activités de conservation in situ. i. La préservation, dans cette stratégie, est conçue dans un contexte plus large qui l’intègre dans les plans de développement nationaux. Les structures chargées du développement ont la tâche d’assimiler et d’étendre les préoccupations de préservation à l’ensemble du pays. Les aspects quantitatifs et de généralisation étant planifiés , il est dévolu aux parcs nationaux une activité essentiellement qualitative. ii. Les méthodes de préservation sont incorporées dans les activités de toutes les structures gestionnaires de l’espace, APC, conservation des forêts, directions des services agricoles ( et ressources, steppiques et sahariennes), inspection de la pêche, et de l’environnement. Ce sont la synergie et la coordination intersectorielle qui améliorent la conservation dans le développement. iii. Les structures de Wilaya sous l’instigation du CDRB édifieront des réseaux de conservation in situ avec les exploitations agricoles, pastorales, forestières, les établissements pédagogiques et de recherche, les jardins publiques, parcs zoologiques, jardins botaniques, etc.. et toutes personnes ressources susceptibles par son espace, son savoir, ses moyens de contribuer à préserver une parcelle de biodiversité. L’objectif est d’assumer largement l’activité de préservation afin de développer ce processus avec la finalité d’accroître le patrimoine biologique et les notions socioculturelles de terroir. iv. Centraliser les données au CDRB afin de les standardiser et les faire circuler à travers les institutions concernées. Cette communication n’est réalisable qu’avec l’échafaudage d’une banque de données et d’un réseau d’accès périphérique conséquent organisé par le CDRB. L’action de conservation n’est pas perçue comme un acte d’isolement mais au contraire comme la généralisation d’une fonction par la multiplicité. Son fondement repose sur : ► un maillage territorial total des structures nationales solidement établies et stables. ► des compétences dans la gestion directe du matériel biologique. ► l’ancrage au sein des populations des activités de préservation par les structures riveraines et responsables. La conservation in situ est dévolue aux directions de Wilaya concernées par la diversité biologique. Les activités de chacune d’elles sont précisées dans les paragraphes suivants. 82.4) Conservation par les Directions des Services Agricoles ( DSA) du Nord ( des ressources agricoles). 824.1) Objectif 06, opérateurs : 36 DSA du Nord du pays Caractériser et conserver les ressources agricoles cultivées et élevées dans un réseau de préservation in situ, incluant les producteurs. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 75 824.2) Activités : Activité 1 : Caractériser les variétés, races, etc.. cultivées ou élevées. Evaluer leur statut et rechercher les conformités typologiques animales et végétales et leurs performances. Activité 2 : Encourager l’utilisation des variétés, races, etc.., autochtones. Cet aspect amène au départ aux contraintes de compensation des « moins-values » générées par le retour à une agriculture qui peut sembler « moins performante » temporairement mais certainement plus adaptées aux conditions locales. Activité 3 : Développer les collections in situ par les exploitants agriculteurs, éleveurs dans un réseau global qui renferme la plus forte diversité de terroirs. Activité 4 : Elaborer une étude de délimitation, de consistance, d’histoire des terroirs. Cette étude doit aboutir à une classification des statuts, des sensibilités, des préservations des sites, des activités, de la matérialisation des terroirs par l’identification de leurs spécificités biologiques agropastorales et socioculturelles. Activité 5 : Elaborer un plan de conservation de réserves génétiques de terroirs par rapport aux stabilités écologiques et socioéconomiques et aux sensibilités : ► des espaces ; ► du matériel biologique ; ► du savoir local et des pratiques agropastorales. 824.2) Plan d’action et évaluation financière des activités attribuées aux DSA. i) Etude de terroirs. définition et perception des terroirs algériens, caractérisation et classification : consistance, richesse, etc.. ; délimitations biologique, économique, sociale, spatiale, culturelle ; activités particulières d’agribiodiversité, etc.. ; sensibilité par rapport à leur pérennité, menaces, dynamique, états de conservation, développement ; relations, autonomie, etc.. ; localisation cartographique à moyenne échelle des terroirs ; modélisation de gestion de terroir, coordination administration ; mode de préservation par le développement intégré agrosylvopastoral ; évaluation financière de développement de terroirs. ii) Ressources humaines DSA, Nord du pays. Bioécologues, agronomes, sociologues, économistes, historiens, géographes, pastoralistes, architectes, cartographes, photointerprètes modélisateurs chef de projet, techniciens enquêteurs Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 76 20.000 DA x 20 x 36 mois = 14.400.000 DA moyens : ordinateurs, cartes, photos, etc.. 9.000.000 DA frais de déplacement 7.200.000 DA planification = 3 ans Coût total des frais pour les 36 DSA du Nord = 30.600.000 DA 82.5) Conservation par les 12 Directions des services agricoles steppiques et sahariennes ( DSA du Sud). 825.1) Valeurs liées à la diversité biologique steppique et saharienne. Le matériel biologique steppique et saharien possède des aptitudes adaptatives et des particularités écologiques remarquables. Il est rustique, mais les conditions écologiques étant extrêmes, il est sensible à toute action anthropique. Ce matériel est d’une grande importance car il recèle la capacité à résister au réchauffement climatique. Sa rusticité génétique peut être incorporée valablement dans des taxons « utiles » dans la perspective d’une évolution naturelle subordonnée au réchauffement atmosphérique. Ces taxons adaptés depuis des millénaires possèdent des stratégies de colonisation des niches écologiques libérées s’ils persistent. S’ils disparaissent, les niches écologiques des taxons climaciques resteront vides ou seront occupées par des taxons de dégradation avec leurs inconvénients. 825.2) Objectif 07, opérateurs : 12 DSA steppiques et sahariennes du Sud Préserver la diversité biologique steppique et saharienne par la multiplication des réserves génétiques agropastorales in situ et l’instauration d’un système de gestion programmée. 825.3) Guide. La réserve génique de sécurité couvre 4 à 5000 ha. Elle est dotée d’un équipement léger et efficace. Elle n’a pas d’infrastructure particulière. Elle constitue des préservations temporaires d’espaces de sécurité biologique de durée variant entre 2 et 4 ans. Elle est utile essentiellement pour reconstituer les stocks de diaspores susceptibles d’essaimer. La réserve génétique intégrale est une préservation définitive d’un habitat exceptionnel, contenant des espèces rares ou menacées. Elle n’excède pas 4 à 5.000 ha et nécessite une activité de suivi. La parcelle de gestion programmée est un mode d’exploitation des parcours à partir d’un calendrier de rotation. Elle a une surface de 10 à 20.000 ha. Les infrastructures spéciales ne sont pas indispensables. Les activités concernent le respect des décharges pastorales. 825.4) Activités : Activité 1 : Inventorier systématiquement les systèmes agropastoraux sensibles et préserver in situ les espèces, races, variétés cultivées, élevées, fourragères, steppiques et sahariennes et celles des systèmes oasiens. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 77 Activité 2 : Elaborer en concertation avec les populations locales une trame de conservation, par des mises en réserve intégrale à long termes d’espaces réservoirs géniques de sécurité. Activité 3 : Définir un protocole d’exploitation programmée dans des parcelles de 10 à 20.000 ha, pour organiser avec les populations agropastorales, l’utilisation optimale des parcours et leur capacité de production. Cette phase est réalisée avec le concours des instituts de développement et des universités. Elle est un moyen prioritaire de limiter les déperditions de taxons sauvages, cultivés et élevés. Elle permet d’établir des équilibres de gestion ( espace / diversité biologique / cheptel / population) qui impliquent les structures sociales locales. 825.4) Plan d’action et évaluation financière des programmes des DSA steppiques et sahariennes. Inventaire et conservation. Ils sont pris en charge dans l’objectif inventaire : pour mémoire Etudes locales de connaissance et de localisation : Rapports avec les populations : 5 ingénieurs x 20.000 DA= 100.000 DA Diagnostics annuels : 5 ingénieurs x 20.000 DA = 100.000 DA Précisions systématiques : 5 ingénieurs x 20.000 DA = 100.000 DA Localisation : 5 ingénieurs x 20.000 DA = 100.000 DA Coût total pour 1 Wilaya = 400.000 DA Coût total partiel pour les 12 DSA du sud = 4.800.000 DA Constitution de réservoirs géniques de sécurité 4 à 5.000 ha par grands types de végétation soit 5 à 10 parcelles par DSA agropastorale et des réserves génétiques intégrales de 4 à 5.000 ha. prospection 20.000 DA x 4 mois = 80.000 DA suivi expérimental 20.000 DA x 12 mois = 240.000 DA gardiennage 10.000 DA x 12 mois = 120.000 DA moyens de déplacement 3.000 DA x 25 jours = 75.000 DA Coût total par Wilaya = 515.000 DA Coût total partiel pour les 12 DSA steppiques et sahariennes 515.000 DA x 12 W = 6.180.000 DA Constitution de parcelles à exploitation programmée 10.000 à 20.000 ha. Prospection 20.000 DA x 2 mois = 40.000 DA Expérimentation 20.000 DA x 2 mois x 3 chercheurs = 120.000 DA Modélisation d’aménagement 20.000 DA x 4 mois = 80.000 DA Prise en charge du réseau de recherche 5 chercheurs x 10j x 3 fois x 600 DA = 90.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 78 Moyens de déplacement 2.000 DA x 3 jours x 40 semaines = 240.000 DA Coût total par Wilaya = 570.000 DA Coût total partiel pour les 12 Wilayas steppiques et sahariennes= 6.840.000 DA NB. Le réseau de laboratoires de recherche est destiné à suppléer au recrutement dans les DSA agropastorales. Caractéristiques du réseau de parcelles d’exploitation programmée. Ces parcelles de 10 à 20.000 ha représentent un module d’espace relativement maîtrisable par les chercheurs, les gestionnaires et les responsables. Il apporte des informations suffisantes pour dégager des modalités de gestion de la diversité biologique. Les options retenues consistent à : Définir un module d’espace qui permette une certaine mobilité du troupeau. Diminuer les infrastructures d’équipement. Privilégier l’observation, l’analyse in-situ et les facultés du personnel à mettre en évidence les mécanismes bioécologiques, économiques et sociaux de gestion de la diversité biologique. Accroître dans ces parcelles la part inférée à l’intégration des populations pour : le choix des parcelles ; les activités calendaires ; le respect des protocoles de conservation et de gestion ; l’exploitation commune des résultats primordiaux. Les espaces des exploitations programmées sont utiles pour définir les situations géographiques et écologiques des réserves génétiques intégrales ou temporaires de 4 à 5.000ha. Application et généralisation des résultats. La généralisation des résultats intervient après validation et approbation des résultats par les gestionnaires, la population locale et la communauté scientifique. Le total financier pour les 12 wilayas relativement à l’installation de la trame de réserves géniques et d’exploitations programmées s’élève à 17.820.000 DA. Coût total pour les 12 DSA steppiques et sahariennes = 17.820.000DA Coût total général pour les 48 DSA = 48.420.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 79 82.6) Conservation par les conservations des forêts CF ( des ressources biologiques). 826.1) Option. Les conservations des forêts, ( et des ressources biologiques forestières) CF, sont aptes administrativement à gérer la diversité biologique forestière, flore, faune, de toute la végétation naturelle continentale. Les pouvoirs des conservations forestières vis à vis des conception, gestion, réalisation et des compétences territoriales devront être étendus aux forêts, aux terres à vocation forestière, aux steppes ouvertes et fermées et à tout espace portant une végétation naturelle. Elles auront autorité sur les terres à climax forestier, steppique, de pelouse et tous types physionomiques qui n’ont pas reçu d’affectation en : ► SAU. ► Terrains urbains ou urbanisables. ► Terrain d’infrastructure de transport, de loisir, touristique, industriel, etc.. 826.2) Objectif 08, opérateur : Ministère de l’Agriculture. Renforcer les capacités des CF et orienter leurs activités vers la solution des problèmes fondamentaux de gestion et de conservation des ressources biologiques et forestières en créant des cellules scientifiques capables d’inventaire, de cartographie et d’aménagements intégrés sylvopastoraux où la diversité biologique et la participation sociale sont prioritaires. 826.3) Activités : Activité 1 : Intégrer les fondements théoriques du développement durable dans les espaces couverts par les conservations des forêts. Activité 2 : Mettre en place une doctrine technique et technologique du développement durable sylvicole et du patrimoine biologique. Activité 3 : Elaborer une éthique sociale de la gestion participative de la diversité biologique dans ses dimensions patrimoniales et culturelles. Activité 4 : Développer les moyens de consolider une politique pérenne de production, de préservation et de développement rationnel des espaces à vocation sylvicole et de ceux qui renferment une diversité biologique naturelle quelle que soit sa nature Activité 5 : Accroître les capacités scientifiques des CF en vue de la valorisation économique et du suivi des ressources biologiques. Activité 6 : Coordonner les actions des institutions de Wilaya concernées par la diversité biologique afin que les tâches dévolues à chacune d’elles, soient bien délimitées. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 80 826.4) Objectif 09, opérateur : Ministère de l’Agriculture Prendre en charge la gestion productive et conservatoire des ressources biologiques forestières, des terres forestières à vocation forestière et des végétations naturelles. 826.5) Activités : Activité 1 : Intégrer la gestion durable de la diversité biologique dans le développement quantitatif et qualitatif forestier et steppique (choix des porteurs, maintien des structures, sélection des types, etc..). Activité 2 : Constituer des réserves génétiques des ressources biologiques qui préservent la dynamique naturelle dans les espaces de chaque système forestier. Dans les séries d’aménagement, des parcelles seront sauvegardées intégralement, suivies, analysées sur tous les plans. Activité 3 : Organiser les conservations des forêts pour prendre en charge les tâches pratiques de gestion administrative des parcs nationaux et des aires protégées : La lutte contre les infractions, ( feux, coupes, dégradations, etc..) Les moyens d’amélioration sylvicole et les infrastructures expérimentales. Les moyens de déplacement, d’entretien, etc.. Cette organisation accroît les interrelations entre les différentes structures de conservation du ministère. Les aires protégées se consacrent aux activités scientifiques. Les conservations en retirent le savoir faire quant à la prise en charge de la diversité biologique. Les banques de données sont communes et en relation avec le CDRB. 826.6) Evaluation financière des attributions des Conservations Forestières. Renforcement des capacités des conservations forestières. 1 ingénieur d’état en foresterie 1 post gradué en développement de la diversité biologique 480.000 DA Relations conventionnelles avec les universités, instituts de développement, frais d’accueil des chercheurs. 300.000 DA Moyens d’investigation, de cartographie; d’inventaire. 350.000 DA Coût total par conservation forestière = 1.130.000 DA NB. Le recrutement de forestiers n’est nécessaire que dans les Wilayas à vocation forestière. Les autres recrutements seront effectués dans les spécialités correspondant à la vocation principale de la Wilaya. Coût total généra l national des conservations forestières = 1.130.000 DA x 48 W = 54.240.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 81 82.7) Conservation de la Diversité biologique par les Inspections des Pêches ( des Ressources Marines et Aquacoles). 827.1) Constat. Le développement économique de l’Algérie est depuis tout le temps orienté vers le continent. La mer ne l’a jamais influencé de manière déterminante malgré les 1.200 km de côte, ni au plan de l’alimentation, ni aux plans des transports et du tourisme. Les dégâts causés par la pollutions et les pratiques de pêche sont croissants. Ils modifient considérablement les conditions physicochimiques et la richesse de la faune et de la flore. La frange littorale, malgré son exiguïté, abrite 60% à 70 % de la population. Elle est profondément transformée et influe directement sur les biotopes du plateau continental. Le réseau hydrographique, principal vecteur de sédiments, véhicule toute sorte de produits polluants néfastes au développement de la biodiversité marine. Les différences entre les ressources biologiques terrestres et marines sont importantes vis à vis des conditions de milieu, de la mobilité des organismes, de la capacité de résiliation des systèmes et des mécanismes globaux. La préservation marine concerne au moins trois systèmes principaux : Les écotones qui constituent la frange d’oscillation et d’échange entre la mer et le continent ont une influence directe sur la mer. Les réseaux hydrographiques qui constituent les systèmes d’assainissement, de collecte des eaux de drainage et des vecteurs d’effluents. Le plateau continental qui contient la plus grande richesse halieutique. La matrice habitats définit des séquences de biotopes qui mettent en évidence ces ensembles. 827.2) Objectif 10, opérateurs : 12 inspections des pêches Edifier un réseau de préservation à long terme des écotones, par le contrôle des échanges entre le continent et la mer le long de la côte. 827.3) Guide. Définir la consistance, la réglementation, le suivi des écotones contrôlés (EC) et des réserves de plateau continental en fonction des réalités concrètes, en rapport avec les populations riveraines et les métiers de pêcheurs. Le réseau n’est pas un ensemble de parcs. Il est destiné à une gestion des écotones qui préserve simultanément le littoral, la mer et le système hydrographique. Les parcelles n’ont pas de statut particulier. Leur édification fait partie des activités de l’inspection des pêches. Cette fonction de préservation n’est pas inféodée aux créations de nouvelles structures. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 82 i. Ecotones de plage : Les modules de 2.500 à 3.000 ha s’étalent sur 5.000 m de côte. Dans les Wilayas à façade maritime, leur nombre varie selon la longueur des côtes. Les programmes de préservation concernent les activités suivantes : Prohibition des prélèvements minéraux. Préservation et réhabilitation des ceintures de végétation naturelle. Réglementation de la pression anthropique, urbanistique, de loisir, de tourisme, etc.. Définition d’un aménagement de l’espace à long terme qui repousse les constructions à 150 m des laisses de mer. Contrôle des échanges physicochimiques et des déchets terre / mer. ii. Ecotones de falaises rocheuses : Les falaises sont préservées naturellement mais demeurent très sensibles aux actions anthropiques. Elles sont caractérisées par une flore et une faune particulières. Il est judicieux de protéger leur amont pour contrôler les échanges, et les intégrer dans le réseau des écotones contrôlés. Les tailles des modules répétitifs ont 500 à 5000 m de côté par Wilaya littorale. iii. Ecotones d’embouchures d’oued Les oueds transportent directement : l’eau douce, les sédiments, divers éléments chimiques et produits pollueurs. Les apports sédimentaires sont déficitaires en milieu marin bien qu’ils soient nécessaires à la stabilisation naturelle des côtes. Leurs remaniements s’accentuent avec l’accroissement du niveau de la mer et les prélèvements minéraux. Les oueds charrient des nutriments et d’autres éléments non maîtrisés. La création d’un site d’investigation à long terme composé d’un écotone traversé par un oued et une embouchure « écobiome » informera sur la dynamique des côtes et sur les flux terre / mer. Les paramètres d’analyse suivants sont prioritaires : les débits ; les matières solides ; les produits chimiques etc.. ; les remaniements des fonds immédiats du plateau continental, nature, qualité et quantité des apports sédimentaires etc.. ; les productions, productivités marines et leurs dynamiques dans l’écotone. iv. Réserves dans le plateau continental : Le principe est de délimiter, à partir de la matrice habitats, des sites susceptibles de constituer des frayères dans différents substrats du plateau continental. La situation de ces aires dépend de la sensibilité des espèces, des conditions écologiques et des possibilités de consensus avec la population de pêcheurs. Le nombre de ces sites est réduit. Leur localisation privilégie la proximité de centres universitaires ou de développement opérant sur les ressources marines. Ces réserves sont des triangles de 10 km de base, 10 km de hauteur, soit 5.000ha pointe orientée vers la côte. Les activités suivantes y sont menées : Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 83 Contrôle des activités de pêche. Contrôle des intrants physicochimiques et minéraux. Analyse détaillée des composants biologiques à tous les niveaux de profondeur, poissons, mollusques, algues, herbiers, etc.. Dynamique des populations, contrôle des stocks et de la richesse. Analyse des productions et des productivités. Recherche d’équilibre de pêche avec les métiers. Capacité d’essaimage des espèces de l’aire protégée, etc.. Cette activité a l’intérêt de faire prendre conscience aux pécheurs, aux populations riveraines de la notion de gestion rationnelle en adéquation avec la sensibilité de l’espace marin et de son contenu biologique. Le travail de concertation des populations, de diffusion, sensibilisation doit être constant. 827.4) Activités : Activité 1 : Identifier les écotones et les réserves de plateau continental à préserver avec l’objectif de protéger les sites et le matériel biologique en accord avec les populations locales, les pêcheurs, exploitants, agences touristiques, etc.. Action 1 : Définir le nombre, la situation, l’étendue, la possibilité de pérennité des installations d’écotones contrôlés ( EC) et des réserves de plateau continental par Wilaya. Cette conservation est fonction de la géomorphologie locale, des pratiques socioéconomiques, de la nature de la diversité biologique et des processus qui influent sur la dynamique des peuplements marins in situ. Action 2 : Etablir des plans prévisionnels de Wilaya pour la protection du littoral par les écotones à échanges contrôlés ( EC) et les autres types de réserves. Action 3 : Privilégier les activités scientifiques d’inventaire et de suivi en réseaux qui intègrent les concernés et les institutions de recherche. Activité 2 : Intégrer les pêcheurs et artisans dans les analyses de suivi et d’évaluation des impacts de conservation, par l’utilisation rémunérée des moyens de transport, des savoir et savoir faire des pêcheurs. Activité 3 : Faire participer les laboratoires de physicochimie et de biologie marine des établissements universitaires et des instituts aux objectifs de préservation dès les prospections initiales, avant les prises de décisions. 827.5) Evaluation financière de la conservation par les inspections des pêches. Prospection générale : Evaluation des dysfonctionnements des interspersions, causes, effets etc.. par Wilaya 5 mois/ chercheur x 20.000 DA = 100.000 DA Efficience consensuelle du choix, délimitation et cartographie à grande échelle des sites Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 84 2 spécialistes x 5 mois x 20.000 DA = 200.000 DA Mise en place des protocoles et du programme de suivi par les spécialistes (université, institutions de recherche, de gestion et d’exploitation). 5 spécialistes x 3 mois x 20.000 DA = 300.000 DA Moyens analyses : 300 analyses x 1.000 DA = 300.000 DA Transport : 3.000 DA x 70 jours = 210.000 DA Exploitation des résultats de conservation, représentation, modélisation, innovation, généralisation, banque de données, etc.. du système marin 5 spécialistes x 3 mois x 20.000 DA = 300.000 DA Total général pour l’installation de 3 types de site de conservation par Wilaya côtière : Coût de la conservation pour chaque Wilaya = 1.410.000 DA Coût total de la conservation pour les 12 Wilayas maritimes ( 36 sites) 1.410.000 DA x 12 W x 3 sites = 50.760.000 DA 827.6) Conservation des ressources aquacoles continentales par les Inspections des Pêches ( et des ressources marines et aquacoles). 8276.1) Objectif 11, opérateur : 12 inspections des pêches. Connaître et préserver les espèces autochtones et les sites d’élevage pour développer les ressources et l’aquaculture continentales. 8276.2) Guide , activités et évaluations La détermination des sites de préservation et de développement des ressources aquacoles nécessite l’instauration d’une démarche qui s’appuie sur les échecs du passé. i. Prospection : Etude biologique et suivi des taxons animaux susceptibles de constituer des souches de reproduction dans un véritable réseau de recherche en aquaculture, ( établissements universitaires et de recherche). 8 spécialistes x 20.000 DA x 12 mois = 1.920.000 DA Etude des cycles biologiques, hydrobiologiques et de production dans les sites identifiés (avec réseau de recherche universitaire à long terme). 2 spécialistes x 20.000 DA x 12 mois = 480.000 DA Développement de modèles de reproduction naturelle en vue de leur optimisation pour la production aquacole. 2 spécialistes x 20.000 DA x 5 mois = 200.000 DA Coût total général de conservation maritime par les inspections des pêches= 50.760.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 85 ii. Définition des moyens matériels nécessaires au lancement des activités : 3.000 DA x 5 équipes x 100 jours = 1.500.000 DA Moyens alloués à la structure pour usage direct = 20%, soit 820.000 DA Moyens alloués à la structure pour inciter les établissements de recherche aux investigations sur les ressources aquacoles = 80%, soit 3.280.000 DA. iii. Orientations : Les aires de préservation des milieux aquacoles doivent pallier aux carences de connaissance sur ces milieux et fonctionner comme de véritables laboratoires in situ. Les thèmes d’étude et de recherche sont orientés vers le développement des applications relatives à l’accroissement des ressources biologiques et leur préservation. Les objectifs de recherche sont sélectionnés par rapport à leur opérationalité. Les activités de préservation et de développement aquacole étant peu pratiquées, les actions suivantes sont prioritaires : Incitation des universitaires à l’établissement d’un bilan des activités aquacoles algériennes passées et actuelles. Définition des possibilités de développement de l’aquaculture en fonction des possibilités hydrobiologiques, technologiques et socioéconomiques. Hypothèse d’établissement d’un réseau terre / mer de préservation développement. Proposition d’actions pilotes de préservation / développement aquacole. Le total général des moyens financiers relatifs aux actions de préservation marine des écotones, des réserves de plateau continental, de valorisation et de préservation aquacoles continentales s’élève à 54.860.000 DA. 82.8) Conservation par les Inspections de l’Environnement. 828.1) Constat. L’inspection de l’environnement est moins impliquée dans la gestion directe que les directions de Wilaya. Son rôle est associé à une problématique nationale d’équilibre vis à vis de la pollution, de la dégradation du patrimoine génétique, des ressources alimentaires, des harmonies paysagères, de la désertification, des grands changements naturels ou anthropiques qui affectent le pays. Son rôle par rapport à la diversité biologique consiste à évaluer : La distribution territoriale et systémique des aires de préservation. L’efficacité et l’impact des méthodes de préservation de la biodiversité. Coût total général de la préservation en milieu aquacole = 4.100.000 DA Coût total général des préservations marine et aquacole par les inspections des pêches = 54.860.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 86 L’amélioration de la diversité biologique suite à son intégration dans les plans de développement durable communaux et nationaux intersectoriels. L’impact de la diversité biologique sur la pauvreté, la sécurité et l’indépendance alimentaires. 828.2) Objectif 12, opérateurs : Inspections de l’Environnement. Oeuvrer pour le suivi, l’innovation et la synergie structurelle à l’introduction d’approches novatrices dans la recherche des équilibres des éléments terre, air, eau, espace, Homme et diversité biologique, pour une meilleure qualité de vie des populations. Cet objectif, associé à une problématique qualitative, dépend de plusieurs activités. 828.3) Activités : Activité 1 : Rechercher l’équilibre environnemental global, physique, biologique et socioculturel des Wilayas en faisant respecter les normes mondiales relatives à l’utilisation de l’espace et à l’armature biologique. Activité 2 : Rechercher et faire respecter les standards d’utilisation de l’air, de l’eau, des terres, des espaces et de la diversité biologique. Activité 3 : Réaliser un plan intersectoriel cohérent d’analyse des pollutions et nuisances qui engendrent la dégradation des ressources bioécologiques. Action 1 : Identifier les dysfonctionnements structurels, fonctionnels actuels et prospectifs qui altèrent le développement et la préservation des ressources biologiques. Action 2 : Suggérer aux secteurs gestionnaires de la diversité biologique (agriculture, pêche, forêt, etc..) des sites de conservation et de gestion durable pour la préservation des conditions écologiques des habitats, des taxons et de la qualité de vie des populations riveraines. Action 3 : Participer à l’évaluation et au suivi de la dynamique de la diversité biologique dans les sites de préservation édifiés par les autres secteurs. Activité 4 : Rechercher l’efficacité législative pour une gestion équilibrée des ressources biologiques et faire respecter les conventions internationales ratifiées par le pays. Activité 5 : Activer avec le ministères des affaires étrangères MAE et tous les organes oeuvrant dans les relations extérieures pour promouvoir des partenariats qui permettent d’acquérir des financements extérieurs. 828.4) Objectif 13, définition d’un système d’information de biodiversité SIB, opérateur : Ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 87 Concilier la préservation l’amélioration de la diversité biologique avec les applications opérationnelles de l’ensemble structures. Définir des approches de rectification consensuelle conséquentes aux évaluations des impacts sectoriels. 828.6) Activités : Activité 1 : Développer l’interopérabilité en fournissant aux décideurs des secteurs, les éléments d’information et de traitement environnemental nécessaires à la prise de décision sur la biodiversité. Activité 2 : Se doter, à partir du montage d’un système d’informations sur la biodiversité SIB, des moyens d’acquérir la capacité d’analyse instantanée, de traitement des microéléments des systèmes, autant que celle de la vision synthétique macroscopique d’une réalité dynamique toujours plus complexe de la biodiversité. Action 1 : Classer les activités à fortes interactions positive et négative sur la diversité biologique : Action 2 : Modéliser les systèmes d’action en les optimisant par rapport à l’amélioration des ressources biologiques. Action 3 : Analyser les impacts des risques, actuels et prospectifs sur la diversité biologique. Les environnements naturels, politiques, économiques, techniques, sociaux et monétaires sont considérés et combinés simultanément en fonction des objectifs assignés. L’organigramme de la figure 7 met en relief un système d’approche de gestion d’un SIB système d’information et de gestion de la diversité biologique par des actions / rétroactions des paramètres environnementaux relatifs aux problèmes / vecteurs / décideurs. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 88 Figure 7 : Système SIB d’information et d’approche de biodiversité, Action / Rétroaction / Décision. Rétroaction Opérateurs Inspection de l’Environnement ( et de gestion des ressources biologiques) Décideurs Décision /Action Problème environnemental de diversité biologique Informations : formelle, informelle Expert s. Opinio ns publiques. Group es de pression. Etc.. Etudes et traitements des données. Partenaires : universités, établissements de recherches et d’études. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 89 L’Inspection de l’environnement doit objectiver cette approche pour la rendre performante. Activité 3 : Se doter d’un réseau d’information efficace sur la dégradation des ressources biologiques et environnementales, sur la base du plus grand nombre de partenaires sociaux et économiques. Activité 4 : Localiser et évaluer les sources d’information et les enjeux par rapport aux experts, vecteurs de l’opinion publique, réactions des groupes de pression locaux, régionaux, nationaux et des activités (agriculture, forêt, steppe, Sahara, pêche, etc..) sur les ressources biologiques Activité 5: Se doter de la capacité de traiter l’information vis à vis des pertinences, validités des données, métadonnées, géoréférences, etc. Identifier les partenaires d’étude, de recherche pour solutionner les problèmes. Activité 6 : Réaliser un fichier et classer les partenaires opérateurs publics et privés par rapport à leur efficacité d’intervention environnementale. Activité 7 : Créer un système de rétroaction qui évalue l’impact des actions des opérateurs sur la biodiversité. Activité 8 : Optimiser les cycles information / décision / impact / rétroaction pour minimiser les conséquences des problèmes et réagir rapidement par des solutions. 828.6) Evaluation financière des activités des Inspections de l’Environnement. Variables indicatrices spatio-temporelles et processuelles, installation des réseaux d’information. 1 spécialiste x 20.000 DA x 12 mois = 240.000 DA Traitement de l’information dans différents modèles ( relation avec les centres de calcul). 1 spécialiste x 20.000 DA x 12 mois = 240.000 DA Communication des expertises dans des périphériques à la disposition des décideurs. (recherche de consensus dans l’interopérabilité). 1 spécialiste x 20.000 DA x 12 mois = 240.000 DA Coût total des opérateurs du SIB = 720.000 DA Moyens informatiques = 300.000 DA Coût total d’installation périphérique d’un SIB par Wilaya = 1.020.000 DA Installation du réseau national SIB de la diversité biologique : Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 90 Réseau SIB Wilaya et opérateurs inter Wilaya 1.020.000 DA x 48 W = 48.960.000 DA Dispositif central ( Ministère de tutelle de l’environnement) = 1.020.000 DA 82.9) Conservation de la diversité biologique dans les parcs naturels et les aires protégées. 829.1) Constat. Comme tous les pays émergents et sous l’instigation des organisations internationales, nous avons appliqué l’option parc comme élément fondamental de conservation de la diversité biologique, sans opérer un choix par rapport à d’autres systèmes. Elle a l’avantage de s’appliquer, sans connaissance approfondie, pour contenir certaines menaces exercées sur les habitats et les taxons sensibles. Néanmoins, pour répondre à cet objectif, la gestion des parcs doit être subordonnée au fonctionnement des systèmes écologiques qu’ils sont chargés de protéger. Des lacunes importantes les caractérisent. Les parcs sont généralement greffés sur des sites antérieurement protégés par l’administration ou présentés comme tels, pour d’autres objectifs. 6 parcs officiels sur 8, sont montagnards. 50% couvrent la série de végétation du cèdre. Leur superficie énorme, de 30.000 à 80.000 hectares les rend ingérables. Ceux du Tassili et du Hoggar sont démesurés. La taille du parc est d’avantage un argument d’accroissement budgétaire qu’un paramètre de gestion conservatoire. La mission officielle des parcs et trop vaste. Elle touche : La conservation de la faune, de la flore, de l’atmosphère, des eaux, des gisements minéraux, des fossiles, de tout milieu présentant un intérêt particulier et leur préservation contre toutes interventions susceptibles d’altérer leur composition et leur évolution. L’initiation d’activités en relation avec la nature ( sport, tourisme, loisir). L’étude, l’observation, le développement de la nature et de l’équilibre écologique. La participation aux réunions, colloques, séminaires qui s’y rapportent. Leur mission éclectique est du ressort de l’aménagement du territoire. Elle dépasse le rôle, l’ autorité, les compétences et les fonctions du parc. Par contre l’intégration des populations dans les actions du parcs n’est pas explicitée dans cette mission. Les statuts des taxons et des habitats qui permettent de planifier les créations des parcs et de juger de leur opérabilité ne sont pas disponibles. Ces difficultés font que les plans d’action élaborés 15 ans après leur officialisation sont peu maîtrisables et irréalistes. Coût total général des installations du SIB national et régional = 49.980.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 91 Les tâches de gestion envahissantes supplantent les activités scientifiques autonomes de connaissance et de suivi de la diversité biologique. Les ressources humaines comportent 28% de personnels techniques, dont 7 % d’ingénieurs et 72% de personnels administratif et de soutien. Les résultats des études ponctuelles des universitaires candidats aux mémoires de graduation et de post graduation s’encartent dans des logiques de recherche sans rapport direct avec les activités des plans de gestion des parcs. Les connaissances qui en résultent sont fragmentaires et holistiques. Elles figurent de façon répétitive dans les rapports bilans des parcs. Des difficultés inhérentes à l’ubiquité de la mission et à l’étendue des parcs sont constantes : La gestion de l’espace du parc n’est pas maîtrisée. Les conflits avec les riverains habitant les parcs et leurs périphéries sont continus. Les moyens financiers humains et matériels sont dérisoires pour réaliser même partiellement les activités des missions assignées. Les actions nécessitant une interopérabilité sont entravées par des difficultés de coordination, de communication et d’échange. Faute de moyens, le parc ne dispose pas d’infrastructure d’observation et d’études. Le niveau de qualification du personnel ne permet pas de mettre en œuvre un programme d’investigation et de suivi de l’impact de la préservation. Au point de vue législatif, le parc est chargé de mettre en application des textes à diffusion restreinte ; dans un contexte dominé par la mauvaise appréciation de la préservation par les instances juridiques. Au plan du statut légal, la place, l’autorité, les compétences et les prérogatives des parcs ne sont pas positionnées clairement par rapport aux institutions structurées, gestionnaires de l’espace, APC, conservations des forêts, domaines, etc.. La multiplicité des tutelles ne permet pas d’assise légale, dénuée de conflits d’autorité. N’ayant pu accroître les activités scientifiques, les parcs privilégient les fonctions parallèles à celles des conservations forestières. Les aspects « contrôle » de la gestion des espaces dévolus également aux APC et Wilaya, génèrent des contraintes. Ils isolent les parcs au sein d’un environnement relationnel souvent hostile. Les parcs sont ainsi plus aptes à résoudre des aspects délictuels qu’à trancher des actions fortes de conservation et de préservation liées à l’aménagement de l’espace, objet de leur mission. Les localisations des parcs ne reposent pas sur des critères de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique, leur limite et leur taille ne correspondent généralement qu’à des critères physionomiques. L’aménagement des préservations du parc, selon une zonation graduelle centrifuge des pressions anthropiques, n’est ni conçu, ni réalisé. La multiplicité des tutelles des parcs ( DGF), ANN, DGE, Wilaya, etc.. n’est pas un élément de facilitation de sa gestion. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 92 829.2) Objectif 14, opérateurs : CDRB, Direction Générale des Forêts, Direction Générale de l’Environnement. Adapter l’organisation et la fonction des parcs à l’option globale d’incorporation des préoccupations de la diversité biologique dans la planification du développement national. 829.3) Activités : Activité 1 : Réviser la législation relative aux parcs pour préciser leur statut légal et leur tutelle. Action1 : Réviser les missions des parcs selon les éléments suivants : ► Prioriser la connaissance, le suivi du développement et l’analyse des impacts de la conservation sur la faune, la flore, les ressources biologiques élevées ou cultivées. ► Projeter l’édification de modèles d’occupation de l’espace ayant pour objectif les équilibres physiques et socioéconomiques avec les populations locales. ► Instaurer la coordination intersectorielle pour l’édification de projets communs intégrant les populations concernées, les APC, CF, DSA, IP, IE, etc.. Action 2 : Réviser les tailles des parcs Taille optimale de 5 à 10.000 ha. Elle est suffisante pour contenir : La combinaison de plusieurs aires sériales. La diversité des distributions des taxons de faune, flore et des pratiques agricoles remarquables. Un maillage suffisant d’habitats menacés et de modes de production, reproduction des taxons. Une possibilité suffisante de promotion d’actions de réhabilitation. Cette taille constitue un échantillon efficient, représentatif de massifs ou de formations plus vastes qu’il n’est pas nécessaire de couvrir dans leur totalité. Elle est maîtrisable, compte tenu des moyens attribués. Action 3 : Clarifier les fonctions et les relations entre les acteurs concernés. Dans ce contexte, affirmer que les parcs ont l’autonomie financière pour réaliser des activités scientifiques et expérimentales, objets de leur création. Action 4 : Décharger les parcs des activités administratives et policières qui incombent aux conservations forestières ou aux inspections des pêches. Activité 2 : Consolider et coordonner les activités entre les conservations des forêts, inspections des pêches et de l’environnement, les directions des services agricoles, etc.. relativement aux partages des tâches de gestion des parcs. Action 1 : Prioriser les avis, modèles, résultats scientifiques et techniques élaborés localement et en commun avec les riverains en tant qu’outils de gestion, vis à vis des APC, CF, IP, IE, Wilaya, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 93 Action 2 : Renforcer les fonctions des parcs à travers leurs apports scientifiques novateurs vis à vis de l’information et de la vulgarisation de la diversité biologique. Action 3 : Rattacher les activités scientifiques des parcs au CDRB qui en planifie la programmation, les actions et l’évaluation des impacts. La réserve naturelle dépend organiquement du centre de développement durable des ressources biologiques CDRB qui couvre l’ensemble des activités scientifiques liées aux protections spatiales. Les parcs sont en relation avec : les conservations des forêts pour la gestion des délits ( police), du matériel biologique et de l’équipement. Elles lui assurent les moyens de surveillance de prévention contre les incendies, les coupes, etc.. ; les APC, DSA, etc.., pour la coordination territoriale. Le parc n’a pas d’autorité directe sur le foncier, bien qu’il ait la possibilité de susciter des déclarations d’utilité publique ; les cellules scientifiques des conservations des forêts et des APC. La figure 8 indique un organigramme de relations entre le parc et les institutions concernées par la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 94 Figure 8 : Relations des parcs et aires protégées avec les institutions concernées. STRUCTURE DE TUTELLE Conservations Forestières CF ( et des ressources biologiques) Gestion de l’espace Administration Police Cellule scientifique P A R C S A I R E S P R O T E G E E S Circonscriptions Districts Triages terres à végétation naturelle, à vocation forestière et forêts Centre de développement des ressources biologiques CDRB Wilaya Daira APC Cellules scientifiques développement durable, APC Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 95 Activité 3 : Constituer un réseau d’aires protégées qui réduit les tailles des aires actuelles des parcs et en multiplie le nombre. Guide. Les aires protégées de taille réduite sont multipliées, conformément à la matrice habitats. Elles doivent couvrir le plus grand nombre d’habitats potentiels de taxons sensibles et de pratiques basées sur le savoir local particulièrement menacé. L’objectif est la création d’un réseau de connaissance, de préservation et de généralisation de modèles de gestion durable de l’espace couvrant le plus grand nombre de systèmes écologiques. Action 1 : Appliquer la matrice habitats renforcée par les statuts des espèces et la vulnérabilité des taxons cultivés ou élevés pour planifier la conception et l’édification de ce réseau. Action 2 : Définir, en relation avec le CDRB, un objectif de programme qui détermine les protocoles de gestion en fonction des mécanismes de développement des ressources biologiques. Guide relatif à l’application de l’action 2 : 4 objectifs principaux. Objectif 1 : Détermination les méthodes de gestion, les statuts des habitats et des taxons. Concevoir, tester et généraliser les modèles de gestion qui intègrent les populations riveraines, les paramètres, les mécanismes de la diversité biologique au sens large dans le développement de l’aire protégée. Définir les méthodes d’analyse, de suivi de la diversité biologique, de l’impact de la préservation et de son extension à partir des approches participatives agrosylvopastorales de développement. Déterminer les statuts des habitats et des taxons à partir de l’inventaire de la faune, de la flore, des taxons cultivés et élevés, des habitats et des pratiques culturales. Identifier les natures et gradients de menaces et cartographier les systèmes actuels. Réhabiliter les ressources biologiques par l’application du génie écologique, l’observation et la valorisation des processus naturels. Objectif 2 : Prendre en charge les préoccupations des populations dans les activités de l’aire protégée. Intégrer les populations dans la gestion des aires protégées. Analyser les organisations bioéconomiques et les structures sociales. Mettre au point les pratiques de gestion communes parc / population. Associer les populations à l’orientation et aux prises de décision à priori. Planifier le développement durable et la valorisation du système vocation / équilibres / engagements et implications sociales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 96 Objectif 3 : Prendre en charge les activités scientifiques, la vulgarisation et la diffusion des résultats acquis dans les aires protégées Assurer le suivi scientifique et expérimental de la richesse et de l évaluation de la diversité biologique totale de l’aire protégée. Charpenter un réseau d’observations stationnelles diachroniques au sein et hors de l’aire protégée. Elaborer des collections vulgarisées de faune / flore. Assurer la diffusion scientifique et la vulgarisation des résultats. Contribuer à mettre en place les bases et banques de données du matériel biologique, et des informations économiques, culturelles, etc., de l’aire protégée. Objectif 4 : Evaluer l’impact et les effets de la conservation de la diversité biologique au niveau sectoriel. Identifier des indicateurs de rayonnement des parcs relatifs aux efficacités biologique, écologique, socio-économique, hors parc en tenant compte des activités de : généralisation ; coordination ; développement ; engagement des populations. Evaluer la durabilité de l’aire protégée. L’objectif n’est pas de renforcer indéfiniment la structure du parc pour assurer sa pérennité, mais de diffuser des approches de gestion durable capables de généraliser ses modèles de préservation. Initier des collaborations scientifiques sur les programmes du parc, avec les institutions de recherche développement. Fonctionner comme un centre d’informations scientifiques, techniques, économiques et sociales vis à vis des conservations forestières et des institutions concernées. Acquérir la capacité d’entretenir une activité méthodologique, pilote, à caractère nucléaire évoluant de proche en proche qui évite les interventions massives plus spectaculaires que rigoureuses. Planifier des actions spatiotemporelles organisées et cohérentes potentiellement sûres, dotées d’un caractère démonstratif, qui drainent et consolident la confiance et le consensus social et conduisent au partenariat populaire. Occuper le terrain par une présence constante qui conditionne le pouvoir de dissuasion et la participation riveraine. Promouvoir la recherche technologique, sociologique et l’utilisation des systèmes naturels en instituant des équilibres d’épargne énergétique. Cette démarche est le fondement de la valorisation écologique systémique qui conduit à l’évolution biocénotique. Drainer l’adhésion et l’engagement des populations vers l’élaboration de scénarios de développement interactifs conformes à la figure 9. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 97 Instaurer des relations continues avec les APC chargées de réaliser les zones de développement durable pour y appliquer les innovations. Figure 9 : Démarche d’élaboration de scénario de développement Parc / Partenaires / concernés. Solutions Conception / édification des scénarios avec les partenaires Continuité Généralisation Extension expérimentale Itérations Application pilote, Partenaires / concernés Bilan partenaires / concernés Bioécologie Socioéconomie Réorientation des scénarios Espace Diagnostic Problématique Ecobiologie Socioéconomie Partenariat Parc / Population / Structures Définition d’objectifs Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 98 829.4) Plan d’action et évaluation financière de la conservation par les parcs. 1) Modèle d’organisation d’un parc selon un module de base de 5 à 10.000 ha, applicable à tous les types d’habitats : forêt, steppe, Sahara, mer, etc.. ► 1 directeur ( développement des ressources biologiques). ► 1 secrétariat scientifique et technique ► 1 administrateur ( en relation avec la Conservation des Forêts ou des Pêches). ► Cellule d’ingénieurs / chercheurs comprenant : Ingénieur écologue spécialisé : 1 Ingénieur écologie animale : 1 Ingénieur écologie forestière ou biologie marine, ou saharienne ou agronome, ou agropastoraliste, ou océanologue : 1 Ingénieur socioéconomiste : 1 Le parc est composé au total : ► 1 directeur ► 1 administrateur / 1 secrétaire. ► 4 ingénieurs (spécialités variables selon l’objectif du parc). ► 2 techniciens ► 1 chauffeur Cette structure modulaire, à vocation essentiellement scientifique et expérimentale, reçoit simultanément : L’appoint technique et matériel de la Conservation des Forêts. L’apport scientifique à partir du réseau CDRB, des universités, des institutions de recherches et des secteurs de l’ hydraulique, de la pêche, etc.. Cette organisation peut être planifiée par rapport à une distribution qui représente l’ensemble des secteurs biogéographiques du pays. L’évaluation financière et les budgets sont effectués à partir de l’importance des programmes scientifiques, de l’activité d’observation, d’étude et de conception. 2) Planification des financements. Les activités prioritaires qui nécessitent un financement immédiat sont les suivantes : Catalogue des habitats et taxons du parc. Cette opération est une suite logique de la matrice habitats et de l’inventaire systématique. Etablissement d’un réseau national de réserves naturelles selon une répartition biogéographique sectorielle par tous les ministères et structures concernés ( agriculture, pêche, forêt, steppe, Sahara, environnement, etc..). L’effectif d’aires protégées, déterminé à partir de la matrice habitats, montre qu’il y a 19 unités biogéographiques continentales auxquelles s’ajoutent 11 unités marines. L’objectif est d’atteindre un total minimum de 30 aires protégées ou parcs nationaux continentaux et marins. Les relations entre les différentes structures et les parcs sont exprimées dans la figure 10. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 99 Redéfinition d’un statut du parc par rapport aux nouvelles structures modulaires définies. Révision de la mission du parc. Restructuration des parcs existants selon les nouvelles organisations. Expertiser un programme scientifique type, centré sur le développement de la diversité biologique conformément à la stratégie nationale : Figure 10 : Relations structurelles aires protégées / institutions / Espace. 3) Evaluation financière des moyens humains et matériels des 30 aires protégées : i. Ressources humaines Effectif ingénieurs / chercheurs et directeurs : 5 ingénieurs x 30 parcs = 150 Effectif administrateurs 1 x 30 parcs = 30 Effectif secrétariat et technique 4 agents x 30 parcs = 120 ii. Equipement et moyens matériels Informatique 300.000 DA x 30 parcs = 9.000.000 DA Cartographie 250.000 DA x 30 parcs = 7.500.000 DA Systématique 200.000 DA x 30 parcs = 6.000.000 DA Herbier et collection morte 150.000 DA x 30 parcs = 4.500.000 DA Stations d’observations diachroniques 200.000 DA x 30 parcs = 6.000.000 DA Moyens de transport : Véhicule (4 x 4) 1.500.000 DA x 30 parcs = 45.000.000 DA Sous total équipement 78.000.000 DA Niveau Wilaya DSA IP CF IEB Parcs Aires protégées ( 30) Zone de développement durable CDRB Réseau : Institutions de recherche et de développement APC Cellule scientifique de développement durable Plan d’aménagement durable de l’espace Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 100 iii. Fonctionnement : salaires et divers Ingénieurs chercheurs 150 x 15.000 DA x 12 mois = 27.000.000 DA Administrateurs 30 x 12.000 DA x 12 mois = 4.320.000 DA Services techniques 120 x 12.000 DA x 12 mois = 17.280.000 DA Divers 1.000.000 DA x 30 parcs = 30.000.000 DA Coût total Fonctionnement = 78.600.000 DA iv. Total général fonctionnement / équipement 78.600.000 DA + 78.000.000 DA = 156.600.000 DA A titre de comparaison, les huit parcs actuels ont bénéficié d’un financement d’équipement sur dix ans de 717.508.000 DA depuis leur création à 1999, soit quatre fois la somme évaluée pour les 30 parcs. Le budget de fonctionnement total des parcs existants, pour l’année 1998, s’élève à 88.739.000 DA. Il est supérieur au budget de fonctionnement prévu pour les 30 parcs. La restructuration conforme à cette nouvelle optique est simplement une réorientation des crédits vers un objectif de conservation plus scientifique et un emploi plus qualitatif, sans accroissement des dépenses de l’Etat. 8210) Conservation au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE), création de cellules de développement durable. 8210.1) Constat. Les directions de Wilaya sont assaillies par des problèmes quotidiens de gestion. technico- administrative Elles n’ont ni la compétence, ni les moyens pour définir des programmes de développement globaux à long terme. En tant que membres de l’exécutif, les représentants des directions de Wilayas n’interviennent par rapport à la diversité biologique que sur des préoccupations ponctuelles issues des orientations de l’autorité centrale, sans véritables débat, ni démarche. Les qualités de réalisation en subissent les conséquences. Les programmes établis visent à pallier aux insuffisances des réalisations qui génèrent des contraintes plus difficiles à résoudre que les problèmes de départ. Cet effet boule de neige est à l’origine de dépenses d’énergie, de temps et de moyens considérables. Les données statistiques relatives à la diversité biologique ne sont pas fiables. L’espace wilayal n’est maîtrisé, ni au plan des potentialités biologiques, ni au plan des organisations économiques et sociales. L’optique de développement durable et sa prise en charge par les APC représentent un accroissement qualitatif des activités de Wilaya. Coût total général pour 30 aires protégées ou parcs nationaux= 156.600.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 101 8210.2) Objectif 15, opérateurs : Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, et Wilayas. Renforcer les capacités scientifiques et techniques des directions de Wilaya, gestionnaires de la diversité biologique, afin d’assurer sa prise en charge et sa planification durable. 8210.3) Activités. Activité 1 : Renforcer les ressources humaines par le recrutement de deux ( 2) spécialistes, dans la discipline qui correspond à la vocation principale de la Wilaya . Action 1 : Dégager deux (2) postes budgétaires et de travail et les prévoir dans les organigrammes. Action 2 : Créer une cellule de développement durable de la diversité biologique au sein de la wilaya qui soit capable de prendre en charge l’application de la stratégie nationale à l’échelle locale. Elle est composée des deux (2 )spécialistes et des directeurs des directions ou inspections concernées. Elle est chargée d’examiner et d’améliorer les plans de développement de la Wilaya pour y intégrer les processus de développement durable. Son programme de travail est élaboré en concertation avec le CDRB et le réseau de chercheurs universitaires, des instituts de développement de chaque Wilaya, les parcs et les cellules scientifiques des APC. Ses avis s’imposent à l’exécutif de la Wilaya en tant que directives scientifiques. Elle est dirigée par le responsable de la direction correspondant à la vocation dominante de la Wilaya. Action 3 : Etablir la coordination des activités entre cette cellule et les cellules scientifiques des APC ( CSDD), les parcs, le CDRB, les partenaires et les concernés. La figure 11 schématise le type d’organisation proposé : Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 102 Figure 11 : Relations cellule développement durable de Wilaya / et autres organes. 8210.4) Plan d’action et évaluation financière des renforcements des capacités des directions de Wilaya. Recrutement de 2 ingénieurs par Willaya 2 ingénieurs x 48 W x 20.000 DA x 12 mois = 23.040.000 DA dont 48 spécialistes écologues et 48 forestiers, halieutes, agropastoralistes, agronomes, phoeniciculteurs, etc.. 821.1) Conservation au niveau des APC : Création des zones de développement durable ZDD. 8211.1) Constat / option. L’APC est la plus petite entité administrative de gestion intégrale, totale et directe du pays. Elle gère l’espace par le truchement d’un pouvoir administratif et de l’assemblée populaire communale. Néanmoins, pliant sous les contraintes sociales, elle a peu de préoccupations relatives à la diversité biologique. Ainsi, les affectations des terres qu’elle opérère ne considèrent jamais les habitats des espèces et les conditions systémiques d’équilibres physique et paysager. Coût total général du budget additif de fonctionnement des cellules de développement durable de Wilaya = 23.040.000 DA Directions et inspections de Wilaya IP, CF, DSA, (des ressources biologiques) Cellule scientifique de développement durable Etudes et données d’aménagement durable agrosylvopastoral. Suivi des ressources biologiques, écologiques sylvicoles, pastorales, agricoles, aquacoles, économiques, sociales, etc.. Administration Police Contrôle Exécutif de Wilaya Tutelle Gestion CDRB Parcs Réserves géniques APC : Cellules scientifiques ZDD Réseau de recherches Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 103 Les APC constituent le moyen de généralisation le plus efficace des modèles de développement, quand ils sont adaptés à leur capacité de gestion . Au plan national la conservation, la gestion durable de la diversité biologique sont intégrées dans les plans de développement à partir d’un choix optionnel de cette stratégie. Le problème de l’instrumentation de cette démarche se pose au plan local. Deux impératifs s’imposent, l’aptitude à couvrir l’ensemble du pays et la gestion directe de l’espace. N’ayant pas les capacités nécessaires pour adopter un plan de développement qui couvre totalement le territoire de l’APC, le projet de développement durable de la diversité biologique n’est applicable que sous forme pilote avec une généralisation prévisionnelle . Les tests de développement intégré durable, doivent couvrir leurs activités au sein de surfaces maîtrisables, et dépendre totalement de l’autorité technique et administrative de l’APC. 8211.2) Objectif 16, création dans chaque APC d’une zone pilote de développement durable (ZDD), opérateurs : Ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, de L’Aménagement du Territoire et de L’Environnement, de l’Agriculture, Wilayas, APC. Intégrer les paramètres de gestion des ressources biologiques dans les plans de développement communaux par les renforcements technique et scientifique des ressources humaines et l’émergence d’une zone pilote de développement durable dans chaque APC. 8211.3) Activités : Activité 1 : Renforcer les capacités de chaque APC par le création d’une cellule scientifique de développement durable ( CSDD). C’est une cellule de référence méthodologique , de consultation et de gestion de la diversité biologique et des espaces de l’APC. Action 1 : Concevoir un programme d’actions de la CSDD, à partir des éléments suivants : Analyser l’impact écologique in situ des projets communaux d’affectation des terres subordonnés aux aménagements, relatifs à l’urbanisation, aux infrastructures de transports, touristiques, sportives, industrielles, minières, agricoles, etc.. Appliquer le programme de développement durable dans les zones pilotes ( ZDD), issu de l’évaluation des potentialités bioécologiques et des mécanismes de leur gestion durable. Celui-ci est conçu avec les autres structures wilayales. Il prend le relais des réalisations au niveau communal des Conservations des Forêts, de l’Inspection de l’Environnement, des Pêches, de la Direction des Services Agricoles, etc.. Etablir des relations avec les aires protégées, le CDRB et les cellules de développement durable de Wilaya en vue de préserver les ressources biologiques. Contribuer à l’émission des données vers la banque centrale du CDRB. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 104 Rechercher et mettre en place les interrelations avec les secteurs susceptibles d’accroître l’information sur les ressources biologiques. Participer aux études initiées par la Wilaya dans le territoire communal, notamment celles qui portent sur les inventaires biologiques, écologiques, paysagers, culturels, etc.. Caractériser le terroir bioécologique, historique, social et culturel. Evaluer, représenter, diffuser les informations relatives au terroir de l’APC pour initier et cultiver un chauvinisme local eu égard à la richesse patrimoniale. Créer les processus qui amènent les citoyens à prendre conscience, à protéger, développer et respecter la diversité biologique. Recueillir l’ensemble des informations communales indispensables à la documentation, l’éducation, la formation des enfants et à la sensibilisation populaire sur les données communales, bioécologiques, actuelles et prospectives. Prendre en charge la sensibilisation de la population par l’intermédiaire des organisations sociales : clubs, associations, etc.. par rapport à son terroir, ses enracinements, sa culture , ses aspirations. Définir ses droits et ses devoirs par rapport aux ressources biologiques. Etablir un atlas bioécologique du terroir communal à grande échelle qui valorise les richesses biologiques et induit leur protection spontanée. Etablir un partenariat avec des chercheurs universitaires, des secteurs de développement, des personnes ressources, des associations, etc.. concernés par la diversité biologique. Le rôle scientifique, de vulgarisation et de diffusion attribué aux cellules en fait un outil essentiel dans la prise de décision en rapport avec les aspects bioécologiques de terroir. L’importance du retard généré dans la gestion de nos ressources biologiques nécessite une mobilisation nationale des ressources humaines et des moyens financiers pour y pallier à moyenne échéance. Action 2 : Définir la composition de la cellule scientifique de développement durable CSDD par rapport à la vocation de l’APC : 3 ingénieurs selon cette orientation : 1 Ecologue 1 Agronome / bioéconomiste 1 Pastoraliste ou forestier ou océanologue halieute, selon les activités dominantes de l’APC. Activité 2 : Modifier les textes régissant les APC pour inclure la CSDD dans l’organigramme de l’APC et lui attribuer une fonction et un statut. Activité 3 : Définir ses relations hiérarchiques et de coordination avec l’administration, les élus et le président d’APC. Elle dépend du secrétariat général de l’APC. , son avis est décisif sur les questions d’aménagement de l’espace communal. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 105 8211.4) Evaluation financière des cellules de développement durable. i. Ressources humaines 3 ingénieurs x 1540 (APC)= 4620 ingénieurs 4620 x 15.000 DA x 12 mois = 831.600.000 DA Sous total fonctionnement = 831.600.000 DA ii Equipement scientifique : Informatique 200.000DA x 1.540 (APC ) = 308.000.000DA Cartographie : 150.000 DA x 1.540 ( APC ) = 231.000.000 DA Divers : 50.000 DA x 1540 (APC ) = 77.000.000DA Sous Total équipement scientifique = 616.000.000 DA iii Total financier équipement et fonctionnement. 82.12) Mise au point d’indicateurs de protection et d’évaluation de l’application de la stratégie. 8212.1) Orientations. Les indicateurs protection sont destinés à évaluer l’application de la stratégie par l’analyse pertinente de l’impact, de ses paramètres et de ses mécanismes sur la préservation et la valorisation de la diversité biologique . Les indicateurs sont très nombreux et complexes de nature : Physique : Equilibre paysager. Erosion. Valorisation climatique et de l’eau. Valorisation des espaces. Biologique : Conservation ex-situ ( Efficacité, qualité, performance.). Conservation in-situ (Nombre de parcs et d’aires protégées, fonctionnement, répartition, efficacité, etc.). Continuité forestière et indice de végétalisation. Préservation des espèces sauvages, des taxons agricoles, et réduction des érosions génétiques. Coût total de fonctionnement des cellules de développement durable des APC ( CSDD) = 1.447.600.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 106 Economique : Valorisation ethnobotanique, médicinale, etc.. des taxons animaux et végétaux. Accroissement des revenus des populations et du rapport Emploi / Biodiversité. Réduction des importations alimentaires Disponibilités alimentaires et coût social : Accroissement des connaissances Respect de la biodiversité Accroissement des activités et des intérêts touristiques, médiatiques, associatifs, etc.. Politique : Insertion dans les programmes politiques, électoraux, budgétaires, etc.. Administratif : Révision des organigrammes des structures administratives pour accroître l’efficacité de la prise en charge de la diversité biologique. Les indicateurs sont mis au point dans des mémoires d’ingénieurs ou de magisters des Universités, Instituts de Recherche, INA, INRF, INRA, économie, sociologie et de développement. Ils sont testés et subissent une validation comparative avec les indices usuels, surface aréale, indice de boisement, formule de Shannon, etc.. Les opérateurs principaux sont en réseau avec le CDRB . Les acteurs sont les réalisateurs des activités de la stratégie . C’est de la synergie entre les intervenants et les décideurs qu’émergeront les indicateurs . La démarche d’analyse est la suivante : Evaluation de l’opérabilité des objectifs, activités actions de la stratégie. (Formulation, efficience, pertinence). Qualité des réalisations. ( Volontés, politique, administrative, efficacité de mise en œuvre, qualités technique et organisationnelle, planification des ressources humaines et des moyens etc.) Qualité des résultats, évaluation des impacts, étendue des écarts entre les attentes et les résultats. Formulation des indicateurs synthétiques . La pertinence de ces paramètres dont la liste n’est pas limitée témoigne de l’intérêt que porte le pays à la stratégie proposée. 8212.2) Objectif 17, opérateur : CDRB Impliquer les opérateurs dans la mise au point d’indicateurs systémiques, économiques, sociaux, politiques et administratifs efficients du fonctionnement de la stratégie. 8212.3) Activités : Activité 1 : Définir un indicateur de végétalisation et d’équilibre physique plus informatif que le taux de boisement. Activité 2 : Mise au point d’indicateurs sectoriels par les directions de wilaya. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 107 Activité 3 : Mise au point d’indicateurs globaux par le CDRB. 8212.4) Evaluation financière de la mise au point des indicateurs. Ces préoccupations entrent dans les programmes PNR et dans les axes de recherche des laboratoires universitaires. 15 projets PNR sont indispensables pour sérier en deux ans les indicateurs globaux et sectoriels. 15 x 1.800.000 DA = 27.000.000 DA Si cette enveloppe financière n’est pas intégrée aux PNR, elle peut être affectée directement aux budgets des laboratoires de recherche. IX) SENSIBILISATION ET PARTICIPATION POPULAIRE A LA MAITRISE, AU RESPECT A LA PROTECTION ET A LA GESTION DURABLE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 9.1) Formation scolaire. 91.1) Constat / Option. En l’absence d’une éthique sociale, les comportements de la population sont peu respectueux ou indifférents vis à vis de la diversité biologique. Inadéquation des programmes de formation sur la diversité biologique en tant que telle, à tous les niveaux. Ils sont inefficaces et marginalement applicables. Insuffisance des enseignements relatifs aux relations individuelles, sociales et humaines propres à forger des comportements adéquats par rapport à la diversité biologique. Incorporation des informations relatives à la diversité biologique dans un enseignement environnemental éclectique, diffus. Il ne définit pas le patrimoine biologique avec ses mécanismes d’évolution, sa fragilité et son intérêt socioéconomique, par rapport au développement national à finalité humaine. Option. L’option principale est la valorisation de l’homme pour maîtriser et valoriser la diversité biologique et ses ressources. L’accroissement des connaissances et du savoir constitue l’investissement le plus durable. Il induit la valorisation de l’homme, instaure des comportements qui intègrent les droits des plantes et des animaux par rapport aux devoirs des citoyens. Il met en exergue leur responsabilité vis à vis de la préservation intergénérationnelle de la biodiversité. Il nécessite de commencer dans les premières années d’éducation scolaire et de se poursuivre par les spécialisations universitaires. Coût total de la mise au point des indicateurs de fonctionnement de la stratégie=27.000.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 108 91.2) Objectif 18, opérateur : Ministère de l’Education Nationale. Elargir les programmes scolaires d’écologie environnement, aux connaissances, approches et mécanismes de la diversité biologique. 91.3) Activités : Activité 1 : Incorporer, dans les profils de formation, des programmes pédagogiques scolaires progressifs portant sur les approches de biodiversité, pendant les scolarités primaire, moyenne et secondaire. Activité 2 : Programmer des cycles de formation, en matière de diversité biologique, destinés, aux instituteurs, professeurs de Collèges, de Lycées et formateurs d’éducation scolaire, conformément à la figure 12. Activité 3 : Prendre les dispositions relationnelles matérielles et financières pour que l’enseignement scolaire soit documenté par des travaux pratiques, des expérimentations et des stages, en relation avec les réseaux de réserves géniques et d’aires protégées. Activité 4 : Aménager les horaires des programmes pédagogiques des enseignements primaires et secondaire, afin de dégager une heure hebdomadaire de cours et de travaux d’observation sur les processus de diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 109 Figure 12 : Formation des formateurs et éducation scolaire. Formation des formateurs Formation des instituteurs par les professeurs formés. Formation des professeurs de lycées, CEM. formation des élèves Formation des formateurs de l’éducation scolaire / écoles, collèges, lycées Programme de formation scolaire Théorie : Livres, photothèque, diapos, CD Rom Expérimentation Matériel de TP, tous moyens logistiques Formation régionalisée par des spécialistes universitaires. Programme de formation des formateurs Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 110 91.4) Evaluation financière : formation des formateurs. i. Formation des professeurs: 100 enseignants de l’enseignement supérieur dispensent un cycle de formation de 15 jours à 3.200 enseignants de sciences naturelles de l’éducation nationale: 100 professeurs x 15 j x 1.700 DA /j = 2.550.000DA ii. Formation des instituteurs : 3.200 enseignants du lycée dispensent un cycle de 15 jours à 140.000 instituteurs du primaire. 3.200 eseignants x 15 j x 300 DA = 14.400.000DA iii. Moyens documentaires photothèque, etc.. 2.000DA x 3.000 postes = 6.000.000 DA 9.2) Formation et recherche universitaires. 92.1) Constat. Abandon dans les cursus universitaires des formations en taxonomie, botanique, zoologique et agricole. La formation universitaire situe les profils pédagogiques et de recherche à un niveau intermédiaire, pas assez naturaliste pour dominer la connaissance en sciences naturelles et insuffisamment pointu pour maîtriser les processus de biologie moléculaire. Les résultats cantonnent la connaissance scientifique dans une évolution faiblement compétitive pour suivre et engranger le progrès biologique mondial. Les moyens d’équipement des laboratoires universitaires désuets soumettent les chercheurs aux institutions étrangères dans lesquelles ils réalisent leur expérimentation. Celles-ci orientent les axes de recherche et bénéficient des résultats, sans que les techniques acquises par les chercheurs ne soient transposables dans le pays. Absence d’orientations stratégiques de formation et de recherche vis-à-vis d’un écodéveloppement intersectoriel coordonné. Dynamique de développement sectoriel faible, incapable de formuler des objectifs de valorisation précis à entreprendre dans les universités sur la diversité biologique. Préférence affichée des secteurs de développement qui privilégient les acteurs étrangers pour la réalisation des études de biodiversité, sans évaluer les dangers vis à vis de la dilapidation des données, de l’aggravation de la dépendance, des transferts de devise, au détriment du développement des savoir et savoir faire universitaires nationaux. Coût total général du recyclage des formateurs = 22.950.000DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 111 Faible volonté politique de développement des ressources biologiques par des investissements conséquents dans la formation et la recherche scientifique. Absence de support de recherche et de collections vivantes ou mortes de référence dans les universités et instituts de développement. Il existe un seul herbier dont les références nomenclaturales et synonymiques sont presque obsolètes. 92.2) Option : orientation de la recherche et de l’enseignement universitaires. Promouvoir les sciences biosystématiques comme outil stratégique d’indépendance et de connaissance autonome de nos ressources biologiques. Les pays avancés, en développant des disciplines nécessitant des technologies de pointe, délaissent cette science techniquement peu exigeante. Elle représente pourtant le creuset futur de la formation et de la recherche développement des pays en émergence. 92.3) Objectif 19, opérateur : Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifiques. Renforcer les curriculums de formation universitaire en sciences biologiques par des enseignements en biosystématique et les disciplines adjacentes en vue d’accroître la connaissance fondamentale sur les ressources biologiques. 92.4) Activités : Activité 1 : Intégrer des modules de biosystématique botanique et zoologique, respectivement dans les filières d’écologie, d’agronomie, des sciences de la mer, des sciences forestières des universités, instituts agronomiques, de la pêche et de l’aquaculture. Activité 2 : Réactiver les options biosystématiques en DES dans les instituts de biologie des universités où cette activité était pratiquée. Activité 3 : Créer des options de recherche en biosystématique dans les sciences de l’ingénieur d’écologie végétale, animale, agronomie, forêt, biologie marine, etc., des filières spécialisées. Activité 4 : Planifier l’exercice de ces options à partir des demandes sectorielles et des perspectives de développement et de valorisation des ressources biologiques. Action 1 : Cibler les secteurs demandeurs par des enquêtes socioéconomiques et d’emplois. Action 2 : Coordonner les demandes formulées par rapport à un objectif national de valorisation de la diversité biologique par la formation supérieure. Action 3 : Organiser la formation pédagogique de systématiciens à court, moyen et long termes dans 05 universités et instituts agronomiques : USTHB, INA, universités d’Oran, de Constantine et de Tlemcen, afin de pourvoir aux perspectives d’emploi et d’activités catégorielles. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 112 Action 4 : Organiser des recyclages en systématique bioécologique ( noms vernaculaires, habitats, ethnobotanique, etc..) pour les cadres en place dans les organes de gestion de la diversité biologique ( forêts, pêche, agriculture, environnement, etc..). Activité 5 : Florule et faunule synoptiques. Entreprendre de réaliser des florules et faunules synoptiques destinées à renforcer les activités pédagogiques et les moyens de connaissance de la diversité biologique. Activité 6 : Renforcer la recherche en génétique fondamentale et appliquée dans les laboratoires de cinq (05) établissements de recherche, formation de l’enseignement supérieur, USTHB, INA, Universités d’Oran, Constantine et Tlemcen. Activité 7 : Renforcer les activités des laboratoires et des filières de formation en biologie moléculaire, support de la recherche en génétique, USTHB, INA, Universités d’Oran, Constantine et Tlemcen. Activité 8 : Post graduation. Encourager l’organisation de post-graduations, option biosystématique à partir des profils de biologie des populations, d’écologie, d’agronomie, de foresterie, des sciences de la mer, etc.. Un minimum de 230 systématiciens est nécessaire au développement de cette branche essentielle de la biologie Activité 9 : Elaborer des programmes de recherche et promouvoir des post graduations sur les approches de biodiversité dans les laboratoires d’écologie environnement, agronomie, biologie marine, etc.. Activité 10 : jardins botaniques. Développer l’édification de collections de références taxonomiques, zoologiques et botaniques in vivo en jardins botaniques et zoologiques et des collections mortes animales et végétales . Action 1 : Edifier trois ( 03) jardins botaniques à vocation régionale dans les universités de l’USTHB, Oran, Constantine. Action 2 : Responsabiliser les laboratoires de biosystématique au sujet des définitions, conception, études, consistance et limites des jardins botaniques. Action 3 : Impliquer les laboratoires de biosystématique des universités dans la réalisation en tant que maître d’œuvre du jardin botanique. Faire réaliser partiellement le jardin par le volontariat estudiantin. Faire entretenir le jardin botanique par les techniciens permanents des laboratoires de biosystématique. Ces activités dotent le pays des moyens intellectuels qui forgent les connaissances nécessaires à la valorisation des sciences naturelles. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 113 92.5) Objectif 20, génie génétique, opérateurs : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. CDRB, Doter la recherche universitaire de moyens d’investigations biosystématique, biotechnologique, de génie génétique et de contrôle biogénique des ressources biologiques. Guide : Planifier l’édification de trois ( 03) laboratoires de recherche performants capables d’engranger les niveaux de pointe de la recherche et de promouvoir un développement compétitif en génie génétique sur les ressources biologiques. 92.6) Activités : Activité 1 : Planifier la vocation des laboratoires de recherche en génie génétique dans les cartes de planification et les programmes prioritaires de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Activité 2 : Hiérarchiser les axes de recherche prioritaires en se basant sur les espèces progénétrices des taxons agricoles, piscicoles, d’élevages, etc.. à intérêts économique, systémique, actuels et potentiels. Activité 3 : Prioriser les investissements par rapport aux axes définis et greffer les équipements sur les structures de recherche existantes. 92.7) Objectif 21, recherche variétale, opérateurs : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. CDRB, Prioriser et renforcer les recherches expérimentales sur les améliorations variétales dans les institutions de recherche des secteurs de développement comme moyen radical de valorisation des ressources biologiques, agricoles, aquacoles, forestières, horticoles, etc.. Guide : Cet objectif accroît progressivement l’usage des ressources autochtones dans l’agriculture, la reforestation, l’horticulture, l’élevage, etc.. La finalité est l’instauration de modèles culturaux qui s’affranchissent de la dépendance étrangère et qui prennent en charge la constitution et les réserves de semences autochtones, in situ, par les agriculteurs. Ce relais de masse est un maillon indispensable à la sécurité alimentaire. Le deuxième dispositif de cette démarche est l’édification d’un fonds biologique commun ( FBC) qui est le capital biologique de notre agriculture et de toutes les formes d’utilisation de la diversité biologique. Il caractérise notre patrimoine biologique et appartient à la collectivité. De ce fait, ses types doivent être caractérisés, localisés, protégés, entretenus, améliorés et conservés in situ et ex situ. Ils constituent le fonds du patrimoine biologique transmissible. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 114 92.8) Activités : Activité 1 : Planifier et prioriser la recherche sur les améliorations variétales dans cinq (05) instituts de développement. Leurs axes fondamentaux concernent les : Flore cultivée au sens large et espèces progénétrices. Faune élevée et domestiquée. Faune aquacole. Activités 2 : Mettre en place les équipements d’analyse et planifier les activités de recherche dans les structures universitaires et instituts de développement éligibles. Activité 3 : Valider les résultats par les expérimentations, diffusions, démonstrations, vulgarisations, généralisations des techniques culturales ou d’élevage auprès des utilisateurs. 82.8) Evaluation financière formation et recherche universitaires 1) Renforcement des structures pédagogiques universitaires de 5 institutions Moyens d’observation 50.000DA unité x 5 institutions = 2.500.000 DA Documentation 20.000 DA unité x 5 institutions = 1.000.000 DA Moyens de déplacement 01 véhicule unité (1.200.000 DA) x 5 = 6.000.000 DA Coût total = 9.500.000 DA 2) Recyclage des cadres des organes de gestion de la diversité biologique 400 cadres x 20 jours i. Ressources humaines 20 Enseignants x 20 jours x 20.000 DA/ mois = 270.000 DA Frais de mission 20 enseignants x 10 j x 700 DA = 280.000 DA ii. Consommable 2.500 DA x 400 cadres = 1.000.000 DA Coût total recyclage des cadres = 1.550.000 DA 3) Projet florule, faunule. i. Ressources humaines Spécialistes botanistes, zoologues, écologues, dessinateurs, informaticiens, ethnobotanistes qui consacrent 2 jours par espèce pour une florule ou une faunule de 800 taxons : 800 taxons x 2 j x 20.000 DA / 30j = 1.070.000DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 115 ii. Moyens Matériels informatiques = 300.000DA Illustration et dessin 800 taxons x 200 DA = 160.000 DA Consommables = 50.000 DA Coût total pour une florule de 800 espèces = 1.580.000 DA Coût total pour une florule et une faunule = 3.160.000 DA 4) Renforcement du programme de post graduation. Hypothèse de formation post graduée de 20 étudiants pendant 2 ans pour 07 promotions, soit 140 impétrants au total ( les frais financiers de l’année de formation magistrale ne sont pas comptabilisés). Frais de stage 20 étudiants x 60 j x 300 DA/ j = 360.000 DA 5 enseignants x 60 j x 700 DA = 210.000 DA Moyens matériels : Systématique, informatique, traitement des données 40.000 DA / an x 20 étudiants = 800.000 DA Frais de transport 4.000 DA x 60 j x 5 équipes = 1.200.000 DA Coût total pour une formation de 20 étudiants = 2.570.000 DA Coût total pour 7 promotions = 17.990.000 DA 5) Renforcement de 5 laboratoires de recherche en génétique. i. Equipement scientifique Chromatographie, centrifugation, photomètres, etc.. 3500.000 DA x 5 laboratoires = 17.500.000 DA ii. Fonctionnement 500.000 DA x 5 laboratoires = 2.500.000 DA Coût total = 20.000.000 DA Les équipement seront planifiés sur 5 ans sous forme d’autorisations de programme. 6) Projet de conservation in vivo : 3 jardins botaniques. i. Equipement Les jardins, d’une surface 1 hectare chacun, sont équipés selon des modules parcellaires de 10 x 10 m = 100 m 2 . Chemin = 1800 m Irrigation goutte à goutte, module 30 x 30m avec 600 m tuyauterie, vannes 95.000 DA + 24.000 DA + 15.000 DA = 134.000 DA Serre 400m 2 400 m 2 x 120 DA = 48.000 DA Ombrillère 400 m 2 400 m 2 x 80 DA = 32.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 116 ii. Plantation 500 espèces x 20 exemplaires x 20 DA = 200.000 DA iii. Divers = 50.000 DA iv. Fonctionnement 1 ingénieur x 12 mois x 15.000 DA = 180.000 DA 4 jardiniers x 12 x 8.000 DA = 384.000 DA consommables et divers = 300.000 DA Coût total pour un jardin botanique = 1.328.000 DA Coût total pour 3 jardins botaniques :1.328.000 DA x 3 = 3. 984.000 DA 7) Renforcement de 3 laboratoires de recherche en génie génétique. i. Equipement : génie génétique et biologie moléculaire =14.000.000 DA ii. Fonctionnement = 900.000 DA Coût total pour un laboratoire = 14.900.000 DA Coût total pour 3 laboratoires de génie génétique 14.900.000 x 3 = 44.700.000 DA 8) Renforcement de 5 laboratoires de recherche en amélioration variétale. 5 laboratoires x 900.000 DA = 4.500.000 DA Total renforcement recherche variétale = 4.500.000 DA 9.3) Culture individuelle et sociale de la diversité biologique : ( vulgarisation, diffusion, information). 93.1) Constat. Méconnaissance, dispersion et inutilisation des moyens de capitalisation (écrit et oral) de la culture sur la diversité biologique. Rapidité de transformations et de mutations sociales qui suscitent un désintérêt culturel progressif par rapport aux valeurs de la nature et de la diversité biologique. Manque de volonté cognitive étatique qui projette de rassembler systématiquement la documentation existante sur la culture sociale en matière de diversité biologique. Manque de diffusion des connaissances culturelles par les moyens qui permettent une valorisation des connaissances et leur capitalisation par la société. Communication médiatique insuffisante en matière d’environnement et de diversité Coût total général formation et recherche universitaires = 105.384.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 117 biologique. Abandon depuis plusieurs années de projets bâtis sur la mobilisation sociale pour la reconstruction de la nature. Tendance à la généralisation de la communication de documents audiovisuels sur la diversité biologique étrangère pour pallier aux carences de production locale. Recherche de l’inspiration étrangère systématique qui oriente l’intérêt vers des mécanismes suscitant des connaissances fugaces sans rapport avec le matériel biologique local et la culture nationale. Priorité accordée par les structures de la culture au développement des recherches sur le patrimoine inerte ( ruines, anthropologie, gravures rupestres, etc..) et désintérêt pour le patrimoine biologique vivant, fonctionnel, essentiel. Cloisonnement entre les directions de wilayas pour la communication des données sur la diversité biologique. Elle y revêt un aspect secondaire. Inexistence de projets culturels fédérateurs sur le patrimoine biologique. 93.2) Objectif 22, opérateur : Ministère de la Culture et de la Communication. Connaître, étendre et fédérer la culture populaire fondée sur la diversité biologique pour renforcer les notions de terroirs, ancrer les racines et l’attachement implicite aux valeurs biologiques. Guide. Elaborer une culture de la diversité biologique fondée sur la curiosité, la connaissance des réalités biologiques plus que sur les règlements. Que chaque citoyen puisse adopter aisément les informations diffusées, sans dogmatisme, sur la diversité biologique, qui s’intègrent dans ses préoccupations et sa culture. Le progrès culturel est nécessaire à la mise en place d’une politique de développement et de protection de la diversité biologique, même si le principal avantage de sa valorisation est économique et social. 93.3) Activités : Activité 1 : Prendre en charge les connaissances, la diffusion et la communication du savoir populaire sur la diversité biologique pour accroître l’intérêt individuel et susciter le respect de la biodiversité. Activité 2 : Faire coordonner par l’exécutif des Wilayas, les activités culturelles liées au patrimoine biologique pour leurs extension, conservation et diffusion. Activité 3 : Recenser les connaissances ancestrales (axes de recherche) pour pallier à l’oralité culturelle dominante. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 118 Activité 4 : Constituer une banque des contes, légendes, récits, chansons et histoires en rapport avec les connaissances culturelles, spirituelles, symboliques religieuses, mystiques, mythiques, occultes, d’éthiques, etc.. faisant intervenir des éléments de diversité biologique. Les groupes cibles seront les centres culturels, les associations, les écoles, CEM, lycées, centres professionnels, centres de culture, centres religieux, cyber- cafés, hommes de littérature, meddahs, chanteurs, conteurs et toutes personnes ressources, etc.. Activité 5 : Installer un comité de lecture qui valide et évalue les compensations des participations écrites dans les directions de la culture des wilayas. Les auteurs sélectionnés recevront en échange des prix, des droits d’auteurs et figureront dans les banques de données et les publications éventuelles. Activité 6 : Elargir les recensements aux savoirs et pratiques ethnobotaniques spécifiques et aux savoirs et connaissances traditionnels pour compléter les bases et banques de données. Activité 7 : Intervenir dans la diversification de la formation, auprès des établissements formateurs de profils et de métiers, vecteurs de connaissances, qui amplifient la culture sur la diversité biologique : fleuristes, jardiniers, paysagistes, horticulteurs, herboristes, techniciens décorateurs d’espaces verts etc. Activité 8 : Accroître l’information sur la diversité biologique dans les espaces verts, parcs zoologiques, aquariums, musées de la nature et les lieux fréquentés par le grand public, en donnant les noms systématiques et vernaculaires, les origines, l’écologie et l’utilité des espèces présentes. Ces informations peuvent être effectuées par les cellules scientifiques des wilayas, des APC et les chercheurs de différentes structures. Elles aiguiseront les intelligences et les savoirs culturels populaires. Activité 9 : Diffuser, dans les centres culturels et les écoles, les informations relatives aux atlas, monographies communales et nationales, à l’inventaire de la diversité biologique, évaluation, richesse, connaissance, processus dynamiques, afin de créer un chauvinisme et un intérêt vis à vis des terroirs. Activité 10 : Enrichir les programmes de communication du Ministère de la Culture et de la Communication ( revues, médias, etc..) pour soutenir et promouvoir les messages interactifs, relatifs à la connaissance et à l’intérêt de la diversité biologique. Le but fondamental est de susciter, provoquer, encourager les changements comportementaux et le niveau de sensibilisation social en faveur du respect de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 119 Activité 11 : Valoriser les moyens de communication, écrits et oraux relatifs aux légendes, contes, chansons, proverbes, apologie, éthique, folklore, etc., qui font l’objet d’actions rétro - action entre les acteurs principaux et les parties prenantes de l’éducation : Sciences sociales, Publicité, Marketing, Sciences de la communication, etc.. 93.4) Objectif 23, opérateur : Ministères de la culture et de la communication, de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Concilier l’algérien avec son espace géographique, social, biologique et culturel pour qu’il s’identifie dans son terroir et protège son contenu. 93.5) Activités : Activité 1 : Etablir un plan de communication culturel hiérarchisé sur la diversité biologique qui inclue les structures administratives de l’état et les acteurs sociaux. Action 1 : Sélectionner les critères socioculturels relatifs à la diversité biologique et ses vecteurs. Action 2 : Sélectionner les caractères et spécificités biogéographiques territoriales destinés à l’édification du terroir au niveau communal. Action 3 : Pratiquer des tests de sensibilisation pilotes sur les populations urbaines, rurales, agropastorales, etc., des régions steppiques, sahariennes, montagnardes, littorales, etc., avant la généralisation des méthodes de sensibilisation. Activité 2 : Identifier les acteurs, intermédiaires clés, facilitateurs, cibler toutes les franges de population pour accroître l’efficacité des programmes de sensibilisation. enseignants, chercheurs ; hommes de culture et de sciences ; leaders religieux ; leaders de communautés sociales informelles ( Djemâa) ; leaders politiques et associations ; personnalités des mass- médias, télévisions, radios, presse ; herboristes et utilisateurs de la diversité biologique, pêcheurs, forestiers, pastoralistes, écologues, etc.. ; vulgarisateurs et cellules scientifiques de développement durable des APC, Wilaya ; associations scientifiques ; ONG locales de protection de la diversité biologique et des mouvements écologiques ; scouts, etc. ; enfants scolarisés, lycéens, étudiants ; Action 1 : Définir des messages socioculturels sur la diversité biologique qui amènent à des perceptions nouvelles et provoquent des changements comportementaux, exemple : Un arbre, une vie. Une plante, un animal, des vies. Protéger les plantes, c’est protéger la vie. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 120 Une plante, une fleur, une abeille, du miel. Protéger les plantes vous aurez du miel. Une montagne, un arbre, une forêt, une source, un jardin, c’est l’éden, protégez les arbres vous vivrez dans l’air sain. Protéger la forêt vous aurez de l’eau, des vergers et des fruits. Protéger vos arbres, c’est protéger votre qualité de vie. Planter un cèdre est un cadeau que vous faites à la forêt, à la nature et à l’humanité qui durera 1000 ans. Votre empreinte marquera 28 générations d’hommes. Pensez-y !... Action 2 : Diffuser des réalités objectives de la diversité biologique pour attirer l’attention sur l’histoire des phénomènes et les processus dynamiques tangibles de la diversité biologique. Guide. Les diffusions concernent deux types de connaissance : D’abord, les connaissances sensibles, destinées à valoriser le savoir populaire, qui traduisent les vécus historiques et actuels. Dans ce cas, le contenu des messages s’inspire des connaissances intimes, justes, profondes des ressources bioécologiques dans toutes leurs facéties, physiques, socioéconomiques, écoculturelles, esthétiques, mystiques, etc.. Ensuite, les connaissances scientifiques vulgarisées qui insistent sur les aspects de réhabilitation et sur les rôles de la diversité biologique dans les fonctions vitales de l’homme, oxygène, gaz carbonique, eau, etc., dans les équilibres écologiques, érosion, barrages, etc. et dans tous les mystères liés à l’évolution de la vie et à l’équité inter générationnelle. Action 3 : Elever la sensibilisation jusqu’à l’implication personnelle des citoyens dans les débats audio visuels ou écrits sur la diversité biologique. Action 4 : Faciliter les communications vers les cibles de masse accessibles : souks, mosquées, maisons de jeunes, places de village, et tous lieux de rassemblement. 93.6) Calendrier, guide. Le propre de la culture est la pérennité dans la transmission du savoir de base. Les programmes culturels ne doivent souffrir ni de discontinuité ni d’inégalité de qualité ou de consistance. Pour éviter les interruptions, la diversité des moyens de communication doit être en adéquation avec les buts recherchés. La diffusion est planifiée à long terme avec les vecteurs de la société. Les interventions sont simples, claires, dotées d’un haut degré de communication et effectuées par des spécialistes. Rechercher l’aide de sponsors et de partenariats avec les usagers de la diversité biologique. 93.7) Evaluation et contrôle, guide. Les processus de déroulement des programmes sont évalués périodiquement avec des indicateurs relatifs aux résultats visibles, palpables telles que la réceptivité des messages, la réaction sociale, etc.. Le nombre d’associations nouvelles, l’accroissement de l’intérêt social, la qualité des évocations de la diversité biologique dans les médias, lourds ou alternatifs sont indicateurs. L’implication sociale et ses réactions par rapport aux altérations de la diversité biologique, accidentelles ou par les pouvoirs publics, arrachage d’arbres, décharges, destruction Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 121 de bois, feux, etc., sont également des indices probants. 93.8) Exemples de mobilisation populaire pour le reboisement. 938.1) La population double son capital forestier. Les reboisements organisés par l’état à des coûts très élevés laissent les populations indifférentes vis à vis de l’espace reboisé, des espèces plantées, et du devenir des arbres consécutif à leur entretien. L’instauration du rapport planteurs / arbres créent des liens de continuité profitables aux arbres et à l’homme. Cette démarche accroît la sensibilisation de la population par sa force démonstrative. Elle l’interpelle. Démonstration. Le doublement de la forêt a pour conséquence le reboisement de 2.800.000 ha par 28.000.000 d’habitants ou les chefs de familles. Densité 1.000 arbres / ha = 2.800.000.000 arbres Population algérienne = 28.000.000 habitants Soit 100 arbres par habitant en 10 ans et 10 arbres par habitant par an Résultat du message : Si chaque citoyen plante 10 arbres par an, pendant 10 ans, sous la responsabilité du chef de famille, notre capital forestier double. En contre partie : Le planteur reçoit un certificat de plantation équivalent à un titre de propriété des arbres plantés avec recensement et localisation, pour faciliter leur entretien. Ce procédé a pour but : D’instaurer une relation arbre/ homme personnalisée. De maintenir le contact avec les reboiseurs par des bulletins individuels des rappels, etc., au niveau des APC, directions de wilaya etc.. Pour simplifier les travaux, les reboisements affectés aux planteurs sont situés à proximité des villes et s’étalent dans le temps. Leur organisation en est facilitée. Ce moyen maintient le niveau et la continuité de la sensibilisation populaire. Les localisations et indications sont précisées pour que les reboiseurs retrouvent aisément leurs arbres. Démarche: Sensibiliser la population par l’entretien volontaire et actif des reboisements qu’elles ont effectués. Impliquer la bureaucratie pour faciliter l’exécution des travaux. Délimiter avec précision les natures juridiques des terres et leur affectation définitive à la forêt avec un bornage drastique. Diversifier les essences de reboisement en fonction des demandes des planteurs et des conditions écologiques des terres pour assurer le maximum de réussite des plantations et montrer la capacité des ingénieurs et leur savoir dans l’adéquation essences autochtones / conditions écologiques / méthodes sylvicoles. Drainer par l’information et la médiatisation le maximum de planteurs de tous les secteurs de la société. Encourager les actions culturelles organisées au niveau infra communal par les Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 122 associations, les ONG, Clubs, groupes clés, individus, etc.. sur l’ensemble de cette activité et des caractères de la diversité biologique. Créer des messages en relation avec cette activité : Recréer notre forêt, c’est améliorer notre patrimoine. Recréer notre forêt, c’est cicatriser nos malheurs (plaies). Recréer notre forêt, c’est changer le cours de notre histoire. Recréer notre forêt, c’est protéger nos terres. Recréer notre forêt, c’est édifier notre habitat. Etc.. 93.9) Evaluation financière plan d’action culture individuelle et sociale de la diversité biologique. i. Recueil des documents participatifs ( coût symbolique de droit d’auteur). légendes/ contes/ récits/ 3.000 DA x 500 textes = 1.500.000 DA fables, chansons 600 DA x 1.000 textes = 600.000 DA proverbes, etc.. 50 DA x 2.000 textes = 100.000 DA Edition ( Equilibre, Edition/vente) pour mémoire Coût total recueil des documents = 2.200.000DA ii. Réalisation des Atlas monographiques. Ils sont confectionnés aux échelles, nationale, régionale, communale en commençant par les atlas communaux pour rassembler les données de base des cellules scientifiques de développement durable CSDD des APC et des Wilayas. texte ( maximum 30 pages) pour mémoire illustration : 2cartes x 20.000 DA = 40.000 DA 50 photos x 150 DA = 7.500 DA éditions couleurs 60 pages x 300 DA = 18.000 DA équilibre achat / vente pour mémoire Coût total pour un atlas = 65.500 DA Coût total des frais de réalisation de 1.540 atlas communaux 65.500 DA x 1.540 atlas = 100.870.000 DA Planifiés sur 10 ans, les frais s’élèveront à 10.087.000 DA/ an Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 123 iii. Opération doublement du capital forestier : opérateur Ministères de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, de la Culture et de la Communication, de l’Agriculture, Directions générales des forêts et de l’environnement. La population double son capital forestier, planification sur 10 ans : Moyens de publicité : spots, journaux, télévision, radio = 1.10 6 DA Achat de plants 2.800.000.000 plants x 5 DA = 14.000. 10 6 DA Logistique et petit matériel 2.800.000.000 plants x 1,5 DA = 4.200. 10 6 DA Coût total du doublement de la surface forestière planifié sur 10 ans = 18.201. 10 6 DA Ce programme comporte les actions de plantations relatives à tous les secteurs : ► Espaces verts urbains. ► Ceintures vertes urbaines. ► Reboisement des zones de développement durable. ► Stabilisation de bassins versants. ► Reposoirs de troupeaux. ► Bois des exploitations agricoles. ► Rideaux biologiques, etc. Cette opération permet de réduire les coûts des reboisements et d’assurer leur suivi par les citoyens planteurs. Cette évaluation est colossale. Elle repose sur deux objectifs très ambitieux, celui des Atlas communaux qui est la première synthèse sociale intégrée. Elle constitue un argument décisif d’équilibre fondamental et de cohérence future des découpages administratifs, sociaux et de terroir. Le deuxième est celui de doubler la superficie forestière à travers le reboisement et toutes les actions adjacentes( pépinière, transport, main d’œuvre, etc..), d’aménagement d’occupation de l’espace conformes aux stratégies de conservation de biodiversité. Cette ambition, correspond d’avantage à un plan de développement intégré forestier, pastoral, fruitier, de protection de bassins versants, etc.. que d’une simple sensibilisation. Les implications sur l’emploi sont évidemment gigantesques. iv. Option 2 : création de ceinture verte urbaine. Si les ressources budgétaires ne permettent pas le doublement du capital forestier en 10 ans, il est possible de recourir à des options moins onéreuses, à condition qu’elles aient une signification populaire forte et des chiffres significatifs, comme : L’Algérie restaure ses bois ( par rapport au taux de boisement de 25% planifié sur 20 ans). La population réhabilite ses parcs urbains. La population crée ses ceintures vertes. Le taux 10m²/habitant réduit considérablement les crédits alloués à cette option : Réalisation physique : 10 m 2 par habitant, soit 1 arbre par habitant sous la responsabilité du chef de famille. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 124 Elle correspond à 28.000.000 d’arbres et 28.000 ha plantés en 2 ans, selon le même principe d’appropriation et d’entretien des arbres. Cette option est inférieure à la possibilité de reboisement actuelle de la direction générale des forêts. Néanmoins, si cette capacité était soutenue, il y aurait eu en 30 ans 840.000 ha de reboisements. Or en 30 ans, la forêt algérienne a régressé de 1.000.000 ha. Le propre des opérations forestières est la continuité. C’est l’unique moyen d’assurer la durabilité forestière et le soutien populaire. Evaluation financière de l’option ceinture verte : Publicité : spot, médias alternatifs = 500.000 DA Coûts des plants 28.000.000 plants x 5 DA = 140.000.000 DA Logistique 28.000.000 plants x 1,5 DA = 42.000.000 DA Coût total option 28.000 ha = 182.500.000 DA 9.4) Valeurs de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. 94.1) Constat. La société est indifférente à l’inutile. Les valeurs sociales accordées à la diversité biologique sont subordonnées principalement aux intérêts économiques. Or les avantages, autres qu’alimentaires, dérivés de la biodiversité sont en régression ou abandonnés consécutivement au manque de culture relatif à la nature . L’intérêt social est un moyen primordial d’accroissement des savoirs et d’instauration de relations synergiques ou agnostiques entre la diversité biologique et la société. L’usage multiple de la diversité biologique couvre des domaines d’intérêts très variés : ► Economique. ► Culturel, mythique, mystique, occulte etc.. ► Condimentaire. ► Artisanal. ► Médicinal, cosmétique, aromatique. ► Loisir, pêche, chasse, promenade, esthétique, paysagère. ► D’éthique ou d’existence. ► Systémique etc.. L’accroissement de l’intérêt social raisonné conditionne un comportement qui induit une perception et une gestion respectueuses de la diversité biologique. La nature juridique des terres influe sur l’intensité des usages. Quand les terres sont communales, domaniales, arch, etc.., elles appartiennent tacitement à la collectivité. La responsabilité individuelle n’est plus impliquée. Coût total général de réalisation sylvigénétique première option et des atlas= 18.304.070.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 125 Les valeurs de la diversité biologique ne sont pas perçues collectivement de manière homogène. Elles dépendent de l’usage direct et du savoir individuel. Les usages de la diversité biologique, étant variables selon sa biologie, sa répartition et ses mécanismes. Ses intérêts et valeurs changent dans l’année et d’une région à une autre. Le génie social a trouvé des utilisations multiples aux espèces dont il dépend, palmier, figuier, olivier, blé, alfa, diss, mouton, chameau, chèvre, etc.. C’est ainsi que les sociétés rurales accordent plus de respect à la diversité biologique que les citadines. Quand une communauté locale dépend de la flore et de la faune pour l’usage ethnobotanique et médicinal, c’est toute la diversité biologique qui est respectée. Les sociétés rurales restées dépendantes des pratiques traditionnelles sont plus respectueuses. 94.2) Objectif 24, opérateurs : Conservations des Forêts et Inspections de l’Environnement de Wilayas. Mettre en valeur les avantages de la diversité biologique pour accroître son intérêt social et rationaliser son usufruit. Les structures concernées doivent élargir leurs activités aux ressources biologiques autres que les productions ligneuses en forêt et hors forêt, dans les terres non affectées aux SAU. Elles œuvrent avec les cellules scientifiques des APC, des Wilayas et les directions des services agricoles. 94.3) Activités : Activité 1 : Valoriser l’usage domestique ratiociné de la diversité biologique comme appoint économique, source de bien-être qui entraînent sa sauvegarde et sa durabilité. Activité 2 : Cataloguer les usages et les valeurs des taxons pour alimenter les banques de données centrales et périphériques ( voir inventaire). Action 1 : Mettre en place, au niveau des APC, un réseau d’information et d’enquêtes activé par des personnes ressources capables de relever les dysfonctionnements. Action 2 : Edifier une base de données sur les relations société biodiversité. Activité 3 : Mettre en place, par les cellules scientifiques de développement durable CSDD et les conservations des forêts, les protocoles d’observation et de suivis qualitatif et quantitatif des impacts des usages ( plantes médicinales, artisanales etc..) sur les ressources biologiques. Activité 4 : Coresponsabiliser les Conservations des Forêts et CSDD dans la gestion des ressources, en impliquant les usagers de la diversité biologique. Les populations cibles sont les herboristes, artisans, oiseliers, chasseurs, agences touristiques, pratiquants de sciences occultes à l’aide d’animaux, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 126 Action 1 : Codifier et différencier les actions des usagers des plantes médicinales à des fins domestiques de celles des herboristes qui en font des usages commerciaux locaux et d’exportation. Action 2 : Organiser les activités commerciales des taxons sauvages. Actions 3 : Décider que les taxons végétaux et animaux, destinés à une activité économique, ne soient pas cueillis ou chassés mais cultivés ou élevés. Action 4 : Elaborer un texte réglementaire basé sur les seuils de prélèvement (quantité et fréquence) et les usages ( familial et commercial) des taxons végétaux et animaux. Cette option considère la diversité biologique comme une ressource génétique et non comme une ressource économique inépuisable. Action 5 : Organiser, dans le CDRB et les directions de Wilaya, des cellules de validation des informations sur les usages des taxons pour la banque de données. Activité 5 : Diffuser largement les avantages générés par la diversité biologique à travers les mass médias et les revues spécialisées. 94.4) Evaluation financière : valeurs de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. i. Réseau d’enquête et d’information sur la diversité biologique. Le travail est effectué par les cellules scientifiques des APC et des Wilayas. Mise en place de la base de données / avec le CDRB 20.000 DA x 2 = 40.000 DA Déplacements 3.000 DA x 10j x 1.540 communes = 46.200.000 DA 1nformatique pour mémoire personnel permanent pour mémoire Ce plan d’action est essentiellement éducatif et réglementaire. Il entre dans les préoccupations des points précédents. 9.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire. 95.1) Constat. Les actions de sensibilisation de la population pour la prise en charge de la diversité biologique qui diffusent ses droits et ses devoirs sont désordonnées, lacunaires et utilisent des moyens inadéquats. Le niveau de connaissance n’est pas en rapport avec les préoccupations sociales relatives à la diversité biologique. Les valeurs d’éthique, d’existence, de respect qui suscitent des Coût total général biodiversité et intérêt social = 46.200.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 127 valeurs morales ne sont pas considérées. L’oralité, vecteur le plus usité de diffusion des connaissances sur la diversité biologique aux fins d’édifier une culture sociale, n’est pas assez exploitée. Elle reste néanmoins, imposée par l’analphabétisme et le sous équipement télévisuel. Les structures de présentation des données orales, quand elles existent, sont trop complexes et peu didactiques. Elles sont inaptes à toucher une population analphabète de 7.000.000 personnes et de 3.000.000 à niveau scolaire faible. Les radios locales ne consacrent pas d’émissions à impact local ou régional sur la diversité biologique. Les acteurs compétents susceptibles de jouer un rôle dans la sensibilisation de la société ne sont pas mobilisés. Les populations cibles et les moyens ne sont pas identifiés avec précision. 95.2) Option Homme / diversité biologique. Mobiliser les moyens, les techniques et les méthodes de sensibilisation pour répondre à l’option fondamentale de « la valorisation de l’homme pour la protection de la nature ». L’homme est un « être biologique » qui vit à partir de la biodiversité. Il l’adapte, la reproduit et en use pour son existence. Il en dépend. Mais, c’est aussi un être de culture. De ses fondements moraux et comportementaux qui réalisent la contexture de sa culture dépend la pérennité de la nature. La durabilité de la diversité biologique est subordonnée aux systèmes de culture et à l’attractivité qu’exerce la nature sur l’esprit. La qualité des relations détermine sa survie et la transmission des caractères éthologiques de sa protection de génération en génération. 95.3) Objectif 25, opérateur : Ministère de la Culture et de la Communication. Exploiter en profondeur les moyens audiovisuels de diffusion et de vulgarisation, pour sensibiliser la population par rapport à la diversité biologique. 95.4) Activités : Activité 1 : Créer un plan national de sensibilisation audiovisuelle de forte intensité par le ministère de la culture et de la communication sur le thème général de la Nature. Action 1 : Identifier les acteurs et les cibles. Action 2 : Coordonner les moyens de diffusion nationale, régionale et locale. Action 3 : Instaurer des circuits bancaires de facilitation ( crédits court terme) entre les distributeurs nationaux et privés pour l’acquisition d’équipements télévisuels, radiophoniques, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 128 L’importance des mass- médias, télévision et radio est déterminante. Une étude réalisée en 1990 par la BBC montre que l’Algérie possède en moyenne pour 1.000 habitants : 70 postes téléviseurs ( soit1.950.000 au total). 07 magnétoscopes ( 175.000 au total). 20 postes radios ( 588.000 au total). Action 4 : Identifier les sources d’information relatives aux : consistance, gestion, valeurs, législation, économie, codes de percepts, etc., de la biodiversité. Action 5 : Réaliser des applications tests pour évaluer l’efficacité du plan « Nature ». Action 6 : Corriger et rectifier périodiquement le plan « Nature ». Activité 2 : Aborder une réflexion interactive sur la structuration des émissions pour toucher simultanément les diverses tranches cibles de la population. Activité 3 : Consolider les moyens de diffusion des informations en réalisant une adéquation information / cible / moyens. Activité 4 : Réaliser des synopsis d’émissions radiophoniques et télévisuelles standardisés pour habituer les auditeurs à l’écoute d’émissions hebdomadaires sur l’ethnobiodiversité. Elles sont animées par des spécialistes en collaboration avec des représentants des cellules scientifiques des APC, DGF, DSA, DGE, etc.. Action 1 : Définir les rôles des médias lourds par rapport à l’opportunité, à la qualité des messages et à l’efficacité pour la perpétuation du rapport visualité/ oralité traditionnelle. Action 2 : Déterminer le rôle de la presse écrite quotidienne et intermittente pour diffuser des messages plus complexes, comme les études de cas. Action 3 : Entreprendre la diffusion d’une rubrique biodiversité dans un quotidien. Action 4 : Elargir l’éventail des organes multiformes de participation à l’élaboration des messages audiovisuels, musées, parcs nationaux, zoologiques, urbains, centres de jeunes, associations savantes, personnes ressources, etc.. Ils interviennent par leurs propres moyens pour accéder aux groupes cibles et à la population. ( revues, courriers, affiches, spots, apologies, curiosités paysagères floristiques, faunistiques, expositions, floralies, etc..). Activité 5 : Spécialiser les animateurs de télévision et les journalistes de la presse écrite sur les fondements de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 129 Action 1 : Recenser les personnes ressources intéressées des radios publiques et privées de la télévision et de la presse. Action 2 : Réaliser des conventions de formation spécialisée cyclique, avec les institutions d’écologie et des sciences de la communication. Activité 6 : Publier des fascicules « bionature » sur la diversité biologique et la nature par les cellules de communication du ministère de la culture et de la communication en coordination avec les directions de Wilaya et les cellules scientifiques des APC. Les fascicules très illustrés valorisent les méthodes de communication modernes. Les thèmes régionaux, de terroir et d’organisation biologique sont très porteurs. Ces fascicules à publication périodique, sont des sources documentaires qui véhiculent des informations justes, récentes, sans prétention scientifique fondamentale. Ils seront : de taille réduite ; vendus à des prix modiques ; commentés à la radio ; repris à la télévision ; diffusés aux clubs et associations pour faire partie des bibliothèques des organisations sociales. Action 1 : Installer les organes de la revue, comités scientifiques, de lecture et de direction. Action 2 : Constituer une banque d’articles à partir du réseau de direction de Wilayas, cellules scientifiques des APC et des personnes ressources. Action 3 : Dégager les moyens de rédaction, d’illustration et d’impression. Action 4 : Mettre au point le circuit de diffusion, d’échange et de commercialisation. 95.5) Plan d’action et évaluation financière des moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire. Dans ce chapitre, ne sont évalués que les crédits supplémentaires destinés à renforcer les moyens et les activités de communication sur la biodiversité. i. Recyclages des animateurs / journalistes. Formation de 50 personnes pendant un mois par 6 spécialistes, de faune, flore, fonctionnement, bioéconomie, communication, enjeux. Ressources humaines 2 groupes de 25 journalistes animateurs 6 spécialistes formateurs x 30.000 DA x 5 j x 2 formations = 72.000 DA frais de déplacement et missions 6 spécialistes x 5 j x 700 DA x 2 sessions = 42.000 DA divers = 50.000 DA Coût total recyclage des journalistes animateurs = 164.200 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 130 ii. Revue Bionature. consistance 20 pages, 20 illustrations polychromes, périodicités 2 fois par an, dupliquée à 2.000 exemplaires Texte original et illustrations 20 pages x 300 DA de rédaction x 2/ an = 12.000 DA 20 x 100 DA d’illustrations x 2/ an = 6.000 DA Duplication 370 DA x 2.000 exemplaires x 2 éditions = 1.480.000 DA Coût total revue Bionature = 1.498.000 DA 9.6) Organisations sociales, relais, vecteurs et destinataires de la société civile. 96.1) Constat. Les textes réglementant l’usage de la diversité biologique sont plus connus par les administrateurs que par les administrés. Le comportement technico- administratif des gestionnaires isole l’appareil administratif des populations. Les représentants de l’administration opposent systématiquement des contraintes aux pratiques locales. De ce fait, la sanction est privilégiée par rapport à l’éducation, au dialogue et à l’intégration. L’absence d’intermédiaires, de vecteurs, de relais entre l’administration et les usagers génère des insuffisances relationnelles, gestionnelles et des incompréhensions au détriment de la diversité biologique. Ces insuffisances engendrent des comportements négatifs par rapport à l’administration et à son objet. Peu de nations ont subi des transformations de structure, de vocation et d’attribution sociales aussi importantes. Elles rendent l’édification des consensus globaux très délicats. 96.2) Objectif 26, opérateurs : Wilaya, APC. Programmer, au sein des activités des Wilayas et des APC, l’instauration d’un réseau social ouvert qui privilégie les relations de communication, de débats, d’explication et de consensus sur la gestion durable de la diversité biologique. 96.3) Option : caractéristiques du réseau de communication. Ce réseau a pour objectif de catalyser et faciliter la complémentarité relationnelle entre l’administration et la société civile pour le développement et le respect de la diversité biologique. Il regroupe dans un ensemble de vaste envergure les membres des institutions chargées de la gestion de la biodiversité et les organisations sociales. Les structures traditionnelles puisent leur essence dans les racines historiques. Elles sont parfois très vivaces et déterminent des réseaux vecteurs d’opinions et de solidarité. Les principaux éléments du réseau sont les suivants : tribus, factions, mechtas, douars, djemâa, arch ; Coût total général des moyens stratégiques culturels de sensibilisation populaire= 1.662.200 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 131 autorités traditionnelles d’agglomérations ; zaouias, mosquées ; centres de jeunes, clubs, associations ; associations d’herboristes, musées de la nature, etc. ; élites sociales et notabilités locales ; associations caritatives ; partis politiques et élus locaux ; structures, organisations, individus ayant des capacités, la volonté de prendre en charge des actions de protection, de vulgarisation de la diversité biologique ou de promouvoir une coresponsabilité de gestion pour une prise de conscience progressive de la masse populaire. L’efficacité de transmission de l’information est subordonnée à la diversification de ces relais. Les consensus les plus larges sont toujours les plus recherchés. Ces relais informels, sont basés sur la participation. Ils sont bénévoles et ne nécessitent aucune infrastructure particulière. L’oralité, le contact, les débats autour de l’intégration de la diversité biologique dans le développement local et son respect sont les véritables moteurs. Cette option intègre l’approche de gestion participative qui amène au partage des responsabilités de gestion, des intérêts et des enjeux sociaux. 96.4) Activité : opérateurs cellules scientifiques des APC et des Wilayas. Activité 1 : Associer la communauté et la collectivité aux conceptions des plans de développement locaux de la diversité biologique. Action 1 : Recenser les organisations formelles, informelles et les personnes ressources du territoire de l’APC qui sont les partenaires actuels et potentiels. Action 2 : Définir dans chaque APC un mini projet de proximité sur la biodiversité, basé sur l’interactivité. Action 3 : Constituer un réseau d’évaluation et d’expertise des insuffisances des prises en charge des communications. Il doit couvrir l’ensemble du territoire communal et les activités du plan de développement de la diversité biologique. Action 4 : Consolider le réseau existant en favorisant l’émergence d’organisations nouvelles dans les créneaux lacunaires. 96.5) Evaluation financière de la constitution du réseau. Cet objectif destiné à créer un support social aux actions de la diversité biologique est inclus dans les activités des cellules des APC. Il ne nécessite pas de moyens supplémentaires. Les activités des objectifs précédents concourent à son renforcement. La consolidation des programmes des associations est effectuée avec des moyens documentaires évalués antérieurement. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 132 X) VALORISATION ECOLOGIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. La valorisation écologique de la biodiversité est envisagée comme élément capital d’équilibre physico-biologique du pays et d’accroissement de la richesse patrimoniale. Son intérêt motive un double objectif. La valorisation effective de la diversité biologique par l’utilisation rationnelle de toutes ses propriétés. L’intégration par les décideurs de la nécessité de la préservation et de la gestion de la diversité biologique en fonction de ses capacités bioécologiques comme argument majeur de développement durable. La mise en valeur écologique démontre l’efficacité des actions naturelles et de génie écologique dans l’amélioration de la diversité biologique et l’introduction de la synergie homme/ milieu/ nature/ biodiversité pour pallier aux dysfonctionnements majeurs. Les valeurs écologiques de la diversité biologique représentent l’ensemble de ses fonctions naturelles intrinsèques, de reproduction, de développement, de stratégie d’occupation de l’espace, et des dérivés de ses fonctions qui améliorent ses habitats, le sol, l’air, l’eau, les cycles contenus dans le système autonome qu’elle compose. Certaines de ses fonctions ont des valeurs implicites, d’autres ont des usages, réels, quantifiables par des valeurs d’échange. Elles représentent la base des fonctions valorisables nécessaires à notre économie et à notre qualité de vie. Les possibilités d’amélioration de ses valeurs sont examinées pour chaque secteur économique. 10.1) Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. 101.1) Constat. La richesse de la diversité biologique garantit les qualités, diversité, remarquabilité, unicité, harmonie, etc.., paysagères. Le paysage est conçu comme une masse de relief couverte d’une végétation composite en interaction avec une anthropisation plus ou moins forte. Le tout est régi par une dialectique dynamique qui forge une physionomie globale plus ou moins équilibrée. Le paysage est le résultat d’une histoire de ressources de faune et de flore. Une histoire économique d’occupation et d’utilisation de l’espace par l’homme en compétition avec la diversité biologique. Les transformations sociales, la démographie, l’exode rural, l’urbanisation et l’industrialisation plus ou moins anarchiques caractérisent les modes d’exploitation et d’appropriation des terres. Les parcours non réglementés, les défrichements et les fréquences des feux façonnent un paysage désordonné. La distribution des exploitations, les architectures et aménagements urbains n’ont aucun respect des équilibres de masse et de l’harmonie d’ensemble. Les schémas et les plans d’aménagement appliqués ne tiennent pas compte du niveau de perception paysager qu’aucune structure ne considère. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 133 Les réalisations effectuées répondent à des préoccupations ponctuelles, caractérisées par l’urgence. Les installations des infrastructures et des équipements ruraux ne bénéficient pas des analyses écologiques nécessaires. Ces modalités disharmoniques éliminent toute velléité de cohérence paysagère. Les biocénoses naturelles sont entrecoupées, fractionnées. Les isolats de végétation constituent les paysages les plus classiques. Ils favorisent par excès les différentiations génétiques végétales et accentuent la consanguinité animale. Ce sont des indicateurs de fragilisation et de sensibilité de la diversité biologique. 101.2) Option. Les directions de Wilaya et les CSDD doivent intégrer la perception et les normes paysagères dans les plans d’aménagement de l’espace aux niveaux : local dans les ZDD, de l’espace communal, de la Wilaya et du territoire national. Cette démarche préconise de concevoir des plans de développement à partir de la détermination et de la localisation précises des vocations des terres à court, moyen et long termes. Ce travail fondamental doit être priorisé dans les contextes du développement global intégré. Les paramètres macroéconomiques actuels et prospectifs autant que les caractéristiques locales de potentialités, conditionnent l’aménagement durable avec la perspective d’une organisation équilibrée des masses biologiques naturelles, urbaines, agricoles, etc.. 101.3) Objectif 27, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Instaurer dans la planification du développement socioéconomique durable et la gestion des espaces, l’équilibre des structures paysagères comme paramètre incontournable de préservation pondérée des organisations biologiques. 101.4) Activités. Activité 1 : Collaborer avec les concernés pour définir une affectation équilibrée des vocations des terres en fonction de leurs potentialités biologiques et socioéconomiques actuelles et prospectives. Activité 2 : Planifier les utilisations spatiotemporelles des vocations en harmonie avec un plan de masse réfléchi et édifié collectivement en fonction des intérêts à long terme de la population concernée. Activité 3 : Définir et prendre en compte systématiquement les paramètres naturels qui régissent la diversité biologique dans les plans de développement paysager. Action 1 : Identifier, localiser et analyser les paysages locaux. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 134 Action 2 : Maintenir la plus grande variété de structures de végétation qui implique la plus ample diversité biologique et d’organisations. Action 3 : Préserver les biotopes naturels, rares, uniques ou remarquables susceptibles de renfermer des taxons particuliers. Ces milieux forment la richesse patrimoniale des territoires communaux. Activité 4 : Instaurer une organisation équilibrée de l’utilisation des terres sur un fond de couverture végétale continue qui accroît la diversité paysagère et la protection des terres. Action 1 : Eliminer l’isolement des biocénoses naturelles en créant des relais écologiques sous forme de bosquets de protection, de corridors, etc.. qui facilitent la circulation des animaux, des diaspores et les échanges de gènes interbiocénoses. Action 2 : Faire une règle absolue de la protection des infrastructures ( routes, barrage, installations industrielles, etc..) par des boisements quand les conditions climatiques le permettent. Prévoir dans les boisements linéaires des élargissements séquentiels qui constituent des foyers périodiques de rayonnement de la diversité biologique. Action 3 : Utiliser la diversité biologique des terroirs locaux afin de valoriser leur contenu et de révéler leur originalité. Employer les essences dominantes des aires sériales des espaces pour réhabiliter le paysage. Action 4 : Accroître les masses de végétation quelque soit leur physionomie. Chacune d’elles contient et entretient une diversité biologique particulière qui a une fonction primordiale dans la structuration et la cicatrisation de la diversité paysagère. Activité 4 : Concevoir et réaliser des aménagements types dans les ZDD zone de développement durable de chaque APC. 101.5) Evaluation financière des valorisations écologiques paysagères. L’identification et la localisation des paysages est effectuée pendant la réalisation des Atlas communaux. pour mémoire Les préservations des biotopes et des habitats rares sont prévus dans les parcs et les réserves géniques. pour mémoire Les aménagement de relais, bosquets, corridors, sont effectuées dans les ZDD pour mémoire Les surfaces à boiser dépendent des écarts entre la couverture boisée actuelle et le taux de boisement d’équilibre ou la couverture végétale et le taux de végétalisation total. Boisements linéaires. pour mémoire L’évaluation financière de ces actions est effectuée sur un prototype de 10.000 ha par commune dans les ZDD. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 135 10.2) Valorisation systémique de la diversité biologique. 102.1) Constat. C’est dans l’analyse systémique, très vaste science de l’écologie, qu’apparaissent les fonctions les plus importantes de la biodiversité. Ces fonctions peu connues dans les organisations biocénotiques, les systèmes écologiques, les écocomplexes, lui confèrent un rôle supérieur à n’importe quel processus industriel. Comparés à la minutie et à la précision de l’organisation biologique, ils semblent dérisoires. L’absorption du carbone et le rejet d’oxygène, nécessaires à la vie de tout organisme dont l’homme, sont assurés par la fonction filtre de la végétation à titre gratuit. Combien coûterait d’opérer une transformation artificielle du gaz carbonique à l’échelle de la Biosphère en : oxygène pour la respiration et la combustion ; aliment pour les nutritions humaine et animale ; bois comme épargne énergétique ; litière pour l’amélioration pédogénétique ; structure pour le développement biocénotique ; matières pour l’instauration des cycles des bioéléments ; masse pour les régulations homéostatiques : humidité, température, vents, etc. ; produits économiques dérivés, etc.. D’une part les machines polyvalentes de transformation n’existent pas et d’autre part, avec combien de tonnes équivalent pétrole pourrait-on les faire fonctionner. Elles auraient épuisé nos réserves depuis longtemps ! Ces mécanismes naturels existent depuis le plus petit microcosme qui est la niche écologique qui s’emboîte dans des systèmes de plus en plus complexes jusqu’à la Biosphère. Les fonctions systémiques sont conditionnées par l’interaction des espèces qui les régulent dans l’espace et dans le temps. Ce rôle naturel et spontané de la biodiversité lui attribue une valeur intrinsèque inégalable, non quantifiée au plan économique et considérée comme éternelle. Les dysfonctionnements générés par l’homme dans ces mécanismes conduisent à des processus de dégradation, de désertification, etc.. dont les réhabilitations sont excessivement onéreuses en temps, économie, moyens, manque à gagner, etc.. Dans cette énumération, la perte de diversité biologique génératrice de l’équilibre n’est pas comptabilisée. Les méthodes d’évaluation n’existent pas. L’Algérie n’a pas défini et évalué les fonctions systémiques de la biodiversité pour les utiliser et les rentabiliser valablement, même dans les systèmes artificiels. Par exemple les rôles des reboisements dans les stabilisations sont réfléchis dans un contexte économique indépendant des systèmes de remontée biologique naturelle. 102.2) Option de lutte contre la dégradation. Reconnaître que notre matériel biologique possède les capacités intrinsèques de dominer les processus de dégradation par la remontée biologique naturelle. Utiliser ses aptitudes et protéger les taxons fondateurs. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 136 102.3) Objectif 28, opérateurs : Directions de Wilaya, Communes, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Utiliser prioritairement le matériel biologique local et imposer des modèles systémiques naturels de lutte contre les processus de dégradation, de déstabilisation, de désertification, de glissements, d’envasement, etc., des espaces. 102.4) Activités : Activité 1 : opérateur CDRB Lancer un projet d’analyse, de typologie des systèmes écologiques et de catégorisation des fonctions de leurs espèces. Action 1 : Monter le projet en collaboration avec les institutions nationales de recherche. Action 2 : Réaliser le montage financier avec le concours des apports internationaux. Action 3 : Planifier le projet en intégrant les acteurs, opérateurs et concernés sous la responsabilité du maître d’œuvre : CDRB. Activité 2 : Inventorier et classer les taxons fondateurs locaux ayant des potentialités dynamogénétiques et des fonctions qui initient et entretiennent la remontée biologique. Activité 3 : Expérimenter avec les conservations des forêts et les parcs nationaux les modes de multiplication et les techniques culturales de ces taxons. Action 1 : Mettre en place des protocoles expérimentaux avec les conservations des forêts et les parcs in situ et ex situ. Activité 4 : Généraliser l’utilisation des taxons vivaces, arborés, sous ligneux et herbacés par des techniques appropriées selon leurs aptitudes fondatrices dans : les améliorations pastorales ; la lutte contre la dégradation des sols ; la lutte pour la stabilisation des sols ; la lutte contre la désertification ; la lutte contre la salinisation des eaux ; la lutte contre l’envasement des barrages par la végétalisation des bassins versants ; l’assainissement des eaux ; la stabilisation des dunes ; l’érosion hydrique et éolienne ; la restauration des aires sériales ; la lutte biologique et plafonnement démographique, etc.. Activité 5 : Créer une base et une banque de données systémiques au CDRB pour classer et hiérarchiser les fonctions systémiques des taxons fondateurs. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 137 Action 1 : Diffuser les données et les applications possibles vers les utilisateurs pour élargir l'éventail des usages de la diversité biologique. Action 2 : Optimiser la valorisation de la diversité biologique dans les aménagements des espaces sensibles pour maîtriser les processus de régression. Action 3 : Elaborer une base de données à partir des recensements des caractères de la flore et de la faune : fonctions et synergies fonctionnelles des taxons moteurs : mode de reproduction, stratégie d’occupation du territoire, niches trophiques, autoécologie et bionomie, soit plasticité, capacité de résiliation, efficacité de réintroduction, etc.. Action 4 : Définir une fiche standard d’utilisation écologique complète, par taxon concernant les salinité, sable, vent, glissement, inondation, désertification, etc., et des modes d’implantation. Action 5 : Inscrire dans un réseau multiniveaux les informations vulgarisées accessibles aux aménageurs. Action 6 : Monter un réseau de collecte de données à partir de l’analyse documentaire et des informations des concernés : Chercheurs, universitaires, développeurs. Ingénieurs forestiers, écologues, etc.. Personnes ressources à savoir local empirique. Analyse de documents scientifiques. Etc.. Action 7 : Mettre en place l’organigramme et les moyens de réalisation de la banque de données systémiques, ( figure 13) : Centrale informatique de puissance modérée. Liaison entre les conservations des forêts et les autres directions de Wilaya pour l’utilisation des équipements existants. Logiciels accessibles, illustrés. Réseau périphérique large. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 138 Figure 13 : Organisation de la banque de données systémiques. 102.5) Option. Les systèmes naturels possèdent des propriétés d’autorégulation qui maintiennent leur pérennité et leur évolution progressive vers une complexité grandissante. Elles entraînent une stabilité de la diversité biologique et un accroissement de sa productivité par son adaptation progressive aux conditions écologiques. L’option envisagée consiste à conduire les systèmes de protection et d’exploitation en imitant les modèles biologiques naturels dans leurs structure et fonctionnement. 102.6) Objectif 29, protection des exploitations, opérateur : CDRB. Modéliser les exploitations en s’inspirant des réalisations systémiques pour réglementer les activités pastorales, forestières, de pêche, etc., préserver leur capacité de renouvellement et leur diversité biologique. 102.7) Activités. Activité 1 : Concevoir un projet de modélisation systémique standard, d’exploitation des ressources biologiques naturelles combinant les activités piscicoles, sylvatiques, pastorales, médicinales, cynégétiques, etc.. Action 1 : Définir les acteurs : universitaires, des directions de Wilaya, personnes ressources et du CDRB. CDRB Banque centrale de données systémiques Inspections Directions de Wilaya Conservations des Forêts Universités Instituts Documentation Savoir local APC Tests de suivi in situ ZDD Parcs Réserves géniques Réseau périphérique divers Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 139 Action 2 : Définir les paramètres de fonctionnement des systèmes biologiques en fonction de leur efficacité : Résiliation, cicatrisation. Principe de précaution. Biologie de la reproduction, capacité de charge, capacité de production, etc.. Gestion de stocks, etc.. Lutte biologique. Cycles de production, métastabilité, inertie, etc.. Action 3 : Mettre en place les itérations du modèle. Action 4 : Evaluer les efficiences des tests. Activité 2 : Généraliser le modèle après avoir conçu les évaluations des impacts bioécologiques et socioéconomiques des scénarios d’application. Activité 3, opérateur : Direction des Services Agricoles de Wilaya. Evaluer les effets des modèles de lutte biologique dans les exploitations agricoles, les relations parasites / hôtes / prédateurs indésirables de l’agriculture, maîtriser les fonctions systémiques des vecteurs de pollinisation, dissémination (insectes, champignons, oiseaux, etc..) Action 1 : Cataloguer les activités systémiques. Action 2 : Comparer les effets des luttes systémiques et chimiques contre les prédateurs et les parasites par rapport aux productions et à l’environnement. Action 3 : Evaluer les conséquences économiques des productions des intrants et de l’impact du scénario appliqué. 102.8) Evaluation financière de l’objectif modélisation systémique de lutte contre la dégradation et de protection des exploitations. i. Projet : Analyse des systèmes écologiques, durée 2 ans Chercheurs Faune, Flore, Mer 6 chercheurs x 20.000 DA x 24 mois = 2.880.000 DA Assistance technique 2 techniciens x 8.000 DA x 24 mois = 384.000 DA Matériel ( CDRB) pour mémoire Coût total = 3.264.000 DA ii. Banque et base de données systémiques 2 spécialistes x 20.000 DA x 12 mois = 480.000 DA Logiciel pour mémoire Equipement : 1 ordinateur + périphérique = 400.000 DA Réseau de collecte des données : 1spécialiste x 10 mois x 20.000 DA = 200.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 140 Coût total = 1.080.000 DA iii. Modélisation systémique des exploitations des ressources biologiques Ressources humaines, chercheur, gestionnaire, économiste 3 spécialistes x 20.000 DA x 24 mois = 1.440.000 DA Documentation = 200.000 DA Matériel (CDRB) pour mémoire Coût total = 1.640.000 DA 10.3) Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. 103.1) Constats. Le cadre de vie des populations algériennes tend à s’urbaniser. 60% des algériens habitent les villes. Ce chiffre s’accroît régulièrement. Il convient de préserver les milieux naturels, mais aussi de créer un nouvel équilibre dans les villes qui concerne chaque citadin dans sa vie quotidienne par l’application des paramètres de l’écologie urbaine. L’intensification urbaine soumise à des impératifs démographiques et économiques tisse une trame urbaine à objectif quantitatif. Ce caractère porte des incohérences de développement à trois niveaux. Le premier est relatif à l’altération systémique des paysages. Le second résulte de l’inorganisation des structures urbaines incapables d’absorber les flux d’échange, de gestion des déchets et de dynamique intrinsèque. Le troisième est la mauvaise valorisation de la diversité biologique par les espaces verts insuffisants, mal conçus et sans âme. Les plans directeurs d’aménagement et d’urbanisme sont conçus à petite échelle sans l’intégration des utilisateurs. Ils sont peu opérationnels. Les zones préférentielles d’extension ou de rénovation des infrastructures, les espaces verts, les zones industrielles, etc., ne sont pas définis avec les municipalités. « La végétation indispensable à l’équilibre psychique et physique du citadin n’est pas un luxe. C’est le complément obligé de l’habitation, la note de vie apportée à la voirie et aux installations industrielles ». ( LAJOIX, 1977). Elle n’est pas prise en compte avec suffisamment de détermination. Dans la ville, l’espace vert ouvert et agréable contraste avec l’espace bâti et fermé. Il est complémentaire aux portions de terres boisées périurbaines ou suburbaines. Il ne respecte pas les normes internationales et correspond aux jardins publics, privés, parcs botaniques, zoologiques, squares, parcs de voisinage et de quartier, etc.. Ces normes par habitant dépendent de plusieurs critères : Niveaux socioculturel et socioéconomique des habitants. Densité de la fréquentation potentielle. Coûts d’implantation de gestion et d’entretien. Les normes basses sont de 10m 2 / habitant. Les normes plus élevées sont de 25m 2 aux Etats Unis et 80m 2 en Suède. Le critère de répartition spatiale et de masse d’arbres intervient. La Total général de la valorisation systémique de la diversité biologique = 5.984.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 141 présence continue d’arbres est plus appréciée qu’une masse isolée. En Algérie, le taux d’espace vert urbain est inférieur de moitié aux standards internationaux bas, soit 5 m 2 / habitant. L’effet des masses d’arbres permet aux diverses fonctions systémiques de s’effectuer efficacement comme : la dépollution atmosphérique à l’anhydride sulfureux ( SO2) jusqu’à 10mg / m 3 / jour/ ha. Réduction et absorption de l’ozone troposphérique par les plantes. Absorption du fluor par les feuilles, bien qu’il soit très toxique. Absorption et accumulation du plomb dans les plantes. Fixation des poussières : 1ha de forêt fixe jusqu’à 80 tonnes de poussière par an. Cette fonction dépend des espèces utilisées. Elles peuvent réduire par captation de 44% la poussière contenue dans l’air. Aseptisation et rôle antimicrobien : 50 germes m3 en forêt, 4.000.000 germes / m3 dans les grands magasins, effet bactéricide puisant de certaines espèces. Captation des polluants contenus dans les eaux de pluie 32T/ ha / an. Réduction de la pollution sonore : un peuplement de 30 mètres de large réduit le son de 8 à 9 décibels. Un peuplement de 200 mètres de large équivaut à un éloignement de 2 Km de la source de bruit. Les fourrés résineux produisent des atténuations de bruit de 16 décibels pour 30 mètres d’épaisseur soit une réduction de bruit de 50% ( Chêne, Peuplier, Pin noir, etc..). Le parc urbain agit comme une véritable station biologique dépuration in situ. C’est un écran vert in situ, il : Entretient les cycles climatiques en diminuant l’intensité des vents.. Diminue la température de 1 à 4°C dans le peuplement. Assure une fonction de rétention des eaux de pluie : 1ha d’épicéa a une surface foliaire 15 fois plus grande c’est à dire 150.000.000 m 2 . Cette capacité de rétention est de 32 à 68T/ ha/ an. Constitue une niche écologique de faune multiple. Met en valeur les éléments de structure biologique d’accompagnement et l’architecture urbaine. Remplit une fonction sociale et psychologique par le « désir du vert » où se mêlent le mythe à la réalité, l’acquis culturel à la connaissance scientifique, la ruralité à l’urbain. Les municipalités abandonnent les espaces verts des villes. Ils sont transformés en aires de jeux, en zones de stationnement et de décharges sauvages. Le manque d’entretien de ces espaces délaissés permet de les déclasser en lots à bâtir. Ce procédé tend à être généralisé. Les sollicitations au mitage commercial sont féroces et souvent assouvies même contre la législation en vigueur. 103.2) Option. Adopter l’espace vert urbain comme source de bien être et d’équilibre des populations citadines. Systématiser son utilisation pour l’accomplissement des « fonctions vertes » de repos, de loisir, d’assainissement de proximité et comme moyen de sensibilisation et d’éducation de masse pour la préservation de la biodiversité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 142 103.3) Objectif 30, espaces verts, opérateurs : APC, Wilayas, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Accroître la diversité biologique urbaine pour l’amélioration de la qualité de vie des populations par la création d’une couverture d’espaces verts conforme aux normes internationales. 103.4) Activités : Activité 1 : Intégrer la création d’espaces verts urbains dans les plans de masse et d’extension des agglomérations. Considérer qu’ils sont des infrastructures indispensables et des relais culturels incontournables de vulgarisation et de diffusion des connaissances sur la diversité biologique et qu’ils sont nécessaires à l’équilibre des citadins. Activité 2 : Planifier la réalisation d’espaces verts urbains complémentaires aux aires de jeux à concurrence de 10m 2 par habitant quelle que soit la taille de l’agglomération. Action 1 : Faire participer les populations, ONG, associations de défense de la nature, de l’environnement et les organisations locales, aux prises de décisions, planification, conception et entretien des espaces verts urbains. Action 2 : Faire des espaces verts une assiette, une vocation et une propriété inaliénable de l’APC affranchie de toute construction interne. Action 3 : Attribuer un statut juridique drastique consacrant les espaces verts des villes à la puissance publique. Action 4 : Constituer des réserves foncières destinées aux espaces verts afin qu’ils acquièrent une dynamique spatiale parallèle à celle du tissu urbain. Activité 3 : Créer et divulguer une méthodologie de conception, de planification, de réalisation et d’entretien des espaces verts à l’adresse des municipalités. Cette activité réalise un modèle de parc urbain, dont le maître d’œuvre est le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales. Elle détermine la trame et la gestion des infrastructures de base des espaces verts pour faciliter l’intervention des municipalités. La conception réserve une grande part à la diversité biologique comme caractère du terroir historique et culturel de la ville. Elle définit la typologie des infrastructures et des diverses procédures d’aménagement. Action 1 : Créer un projet national de base portant une conception standardisée des espaces verts qui ne doit limiter les originalités locales. Action 2 : Elaborer les fonctionnalités biologiques, spatiales, environnementales, sociales, éducatives, etc., dans les cahiers des charges. Action 3 : Déterminer les évaluations financières et les procédures de réalisation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 143 Action 4 : Mettre en œuvre un dispositif de validation et de diffusion de l’étude type. Activité 4 : Informer systématiquement des rôles des espaces verts dans le fonctionnement de la ville, pour stimuler leur préservation et leur entretien communautaires et populaires. Parallèlement aux parcs urbains, les bouquets, bosquets et végétations linéaires représentent des moyens d’assainissement très efficaces contre les nuisances, les pollutions et la salubrité. L’arbre, sous n’importe quelle forme de plantation, s’impose par son rôle et sa qualité esthétique. 103.5) Option. Considérer que l’arbre dans la ville fait partie des équipements d’assainissement indispensables au même titre que les infrastructures. 103.6) Objectif 31, opérateurs : APC, Wilayas et Ministères de l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Réaliser systématiquement des écrans verts linéaires le long et en bordure des infrastructures urbaines. 103.7) Activités : Activité 1 : Valoriser la diversité biologique par les fonctions écran et filtre de la végétation linéaire autour des : Infrastructures de transport urbain. Infrastructures industrielles. Décharges publiques. Edifices publics, aéroports, gares routières, etc.. Parkings. Marchés. Aires de repos, aires de jeux, etc.. Action 1 : Sélectionner les espèces en fonction de leurs modalités culturales, esthétiques et d’efficacité d’utilisation. Action 2 : Dégager les moyens financiers et stimuler la participation populaire. Action 3 : Réaliser les plantations linéaires tout en prévoyant leurs préservation et entretien. Activité 2 : Développer les plantations linéaires le long des infrastructures routières rurales, autoroutes, routes nationales, pistes, chemins, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 144 Cette activité a pour objectif de stabiliser les talus de routes, de réduire la pollution sonore, de lutter contre la dénudation conséquente aux espaces de servitude, par la valorisation de la diversité biologique. Les rideaux d’arbres et les bouquets développent la vie animale ( oiseaux nicheurs, insectes pollinisateurs, etc.) en même temps qu’ils génèrent des productions ligneuses, fourragères, et même fruitières. 103.8) Evaluation financière : Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. i. Projet de conception de modèle type de parc urbain : MICL, MATE. Conception : ressources humaines, paysagistes, écologues, forestiers, urbanistes, architectes, etc.. 5 spécialistes x 20.000 DA x 8 mois = 800.000 DA Fiche technique de réalisation type 5 spécialistes x 20.000 DA x 4 mois = 400.000 DA Divers : cartes, scénarios, modèles d’équipements = 500.000 DA Coût total : conception de parc urbain type = 1.500.000 DA ii. Adaptation du modèle au parc urbain communal Normes : 10 m²/ habitants Pour 30.000.000 habitants, 30.000 ha d’espaces verts urbains au total Etude préliminaire pluridisciplinaire de faisabilité locale par des écologues, forestiers, paysagistes, économistes, sociologues, géographes, etc., soit 10 spécialistes pour adapter et réaliser la fiche technique. 10 spécialistes x 20.000 DA x 20 j = 140.000 DA 30 jours Divers = 40.000 DA Coût total fiche technique espace vert communal = 180.000 DA Cette étude de 180.000 DA est prise en charge par les crédits de l’APC sur son budget annuel. Elle devra comporter les points suivants : 1) Adéquation des potentialités écologiques et des aptitudes biologiques des taxons à implanter. Privilégier la diversité biologique spontanée et acclimatée. 2) Analyse économique : Evaluation des coûts des aménagements. Evaluation des équipements collectifs. 3) Etude de gestion considérant les dispositifs administratifs, juridiques et financiers conformément aux structures des APC. 4) Fonctionnement de l’espace vert : Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 145 Animation culturelle biodiversité et autres informations. Participation sociale à l’instauration d’un cadre de vie. Problèmes de conservation et de gestion de la nature. Problèmes de gestion et d’entretien communautaires de l’espace vert. Améliorations biologique et infrastructurelle. Apport social à la qualité environnementale de la cité. Intégration du savoir faire local à l’amélioration du cadre de vie, etc.. iii. Modèle de réalisation d’un hectare d’espace vert : Plantation de 1.000 arbres = 50.000 DA Infrastructure, loisir, repos etc. = 90.000 DA Equipement en adduction d’eau, assainissement, électricité, etc.= 90.000 DA Entretien 2 jardiniers x 8.000 DA x 12 mois = 192.000 DA Matériel divers = 20.000 DA Prix de revient d’1 ha d’espaces verts, réalisation et d’entretien = 442.000 DA Coût total des réalisations de 30.000 ha d’espaces verts, si les coûts des études (180.000DA) sont prélevés directement sur les crédits des APC. Coût total des espaces verts communaux = 3.260. 10 6 DA Il faut par contre déduire les parcs existants estimés à 40%. Le coût total des restes à réaliser s’élève à : 7.956. 10 6 DA Coût de l’opération espaces verts = 7.957.680.000 DA Evaluation financière écrans verts linéaires : Boisements de protection et d’assainissement : infrastructure, décharges, cités, aires de jeux, etc.. 60.000.000 arbres distants de 10 mètres, équivalents de 6.000 ha. Plantations 50.000 DA / ha x 6.000 ha = 300.000.000 DA Plantations linéaires des autoroutes, routes, chemins, etc.. 4 axes x 1200 km (Est/Ouest) = 4.800 km 6 axes x 500 km (Nord/Sud) = 3.000 km Total linéaire routier = 7.800 km à 200 arbres / km, soit 1.560.000 arbres, équivalents à 1.560 ha Plantation 50.000 DA x 1.560 ha = 78.000.000 DA Coût total des plantations linéaires = 378.000.000 DA Dans cette évaluation, ne figurent que les plantations linéaires d’un côté de la route. Les 50 %, du deuxième côté sont supposés existant en discontinu de chaque côté. Coût total général valorisation écologique urbaine et infrastructurelle = 8.335.680.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 146 10.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. 94.1) Constat. Le paysage agricole algérien est marqué par une forte exploitation extensive. L’activité agropastorale dominante a suscité et entretenu un paysage nu sans limite, à perte de vue n’offrant aucun obstacle au troupeau et encore moins à ses gardiens. La nudité du territoire était un moyen de gestion pastorale qui s’est généralisé à l’ensemble du pays. Les facilités d’acquisition de semences réputées productives ont annihilé les réflexes de conservation dans les exploitations agricoles. Nos fellahs sont dépendants des graines allochtones. L’attachement de l’agriculteur et du fellah, aux variétés locales du terroir s’est estompé au profit de variétés introduites, plus exigeantes et plus sensibles. Le savoir relatif à l’histoire et à l’intérêt des variétés, qui engendre la culture et la force des relations avec la plante, l’animal et la terre n’est plus qu’un argument passéiste. La transformation de la société rurale en société de consommation plus ou moins urbanisée modifie la nature de l’exploitation agricole. L’agriculture d’un mode de vie est devenue un mode de production et d’enrichissement. Le lien entre l’homme, la terre et la plante est mercantile. Il ne tire plus sa force dans les racines des siècles de travail, de lutte, d’adaptation, d’accumulation du savoir agricole mais de la puissance commerciale. Le pouvoir générationnel, transmis de père en fils pour les mêmes spécialisations, qui intègre les caprices climatiques, la rigueur de la sélection variétale empirique et sa conservation est abandonné. En conséquence de l’érosion de ses valeurs, l’Algérie qui était considérée comme un centre secondaire de biodiversité agricole, n’est plus qu’un réceptacle de semences et de produits allochtones. Les botanistes ont défini 24 variétés ( ERROUX, 1957), de blé dur algérien. Les fellahs, plus sensibles à son polymorphisme, déterminent, isolent et nomment 53 variétés. Leurs maisons étaient décorées de tableaux d’épis de blé tissés « Adjini ». Ses arrêtes virent au noir prématurément. Ils chantaient les meilleures variétés « Beliouni », « Oued Zenati », « Blidi », etc.. Leur vie domestique et leurs fêtes étaient organisées en fonction de la phénologie des cultures. La récolte etait subdivisée en trois parties, la consommation, la commercialisation et la reproduction des graines pour l’année suivante. Des instruments rudimentaires mais efficaces ( Zgaou) et des aménagements (Matmora) à l’effet de la conservation des semences accompagnaient les exploitations agricoles. Les liens tissés avec le temps ont façonné des comportements qui privilégient l’amélioration et la conservation des variétés agricoles du « terroir ». Ils l’ont préservé jusqu’à l’avènement de l’option importation qui instaure un équilibre exogène. Les transformations des campagnes en voie d’urbanisation réduisent l’agriculture de proximité. Les petits élevages cessent d’exister dans des milliers d’exploitations agricoles. Les potagers domestiques entretenus par la femme régressent considérablement. Ces mutations génèrent des pertes de production, de revenu et une inutilisation énorme des forces de travail Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 147 rurales dans les 350.000 exploitations actuelles. Ceci est préjudiciable à l’équilibre agricole dans son ensemble. La recherche inopportune de l’accroissement des productions animales amoindrit l’intérêt de l’élevage des races locales. Elles sont abandonnées progressivement et croisées au hasard des circonstances avec celles introduites. La mécanisation précipitée de l’agriculture provoque la réduction de l’utilisation des bêtes de somme de races locales. De faibles populations subsistent encore dans les milieux marginaux montagnards ou steppiques. Elles tendent à disparaître totalement. Il est, malgré l’évidence de la régression variétale, impossible d’évaluer l’érosion génétique globale. Les structures de l’état chargées de les suivre ne maîtrisent pas la réduction de la richesse en taxons autochtones. 104.2) Options. Deux directions prioritaires d’amélioration de l’agriculture par la valorisation de la diversité biologique s’imposent. La première consiste à créer les aménagements et l’environnement biologique nécessaires à l’optimisation des facteurs biocénotiques à l’avantage de l’agriculture. La deuxième concerne les mesures capables de développer nos ressources agricoles avec l’objectif d’une indépendance alimentaire. L’Etat doit afficher clairement l’option fondamentale de valoriser la diversité biologique agricole comme support de la production alimentaire et la diversité biologique naturelle comme trame biotique d’équilibre. Cette dernière stimule les flux biocénotiques de dissémination, de pollinisation, de lutte biologique, de conservation des sols, de l’air et de l’eau, qui accroissent la production. La réhabilitation du tapis végétal a un effet démultiplicateur de la vie et de la préservation des éléments naturels. Il est nécessaire de prendre conscience que le système bioécologique est autonome et qu’il n’a besoin, pour se reproduire, que des espaces naturels et de ceux libérés par l’agriculture pour les restaurer. Formulation de l’option. Afficher la volonté politique de valoriser la diversité biologique par la réalisation d’équilibres agrosylvopastoraux fondés sur la réhabilitation biologique de l’espace agricole. Affirmer la volonté de réaliser un préalable des valorisations bioécologiques comme précurseurs aux valorisations économiques de l’agriculture. 104.3) Objectif 32, opérateurs : Ministère de l’Agriculture, Direction des Services Agricoles DSA, Conservations des Forêts CF. Equiper l’espace agricole de la trame biotique indispensable à l’accroissement de la production agricole à l’amélioration du milieux physique et aux processus de diversification biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 148 104.4) Activités : Activité 1 : Valoriser la diversité biologique dans les infrastructures des exploitations agricoles, par des aménagements incitatifs et des compensations destinées aux agriculteurs. Action 1 : Créer des bosquets d’arbres forestiers, pastoraux et des vergers autour des résidences principales des exploitations agricoles en tant que forêts de ferme. Action 2 : Limiter les propriétés par des brises vent, des haies, et des clôtures vivantes qui constituent des refuges d’animaux utiles, disséminateurs, pollinisateurs, prédateurs, etc.. Action 3 : Favoriser l’implantation systématique de vergers de ferme entretenus par les enfants et les femmes. Action 4 : Introduire les variétés d’arbres fourragers pour complémenter le petit élevage et constituer les reposoirs de troupeaux. Action 5 : Favoriser, par des exemples et des incitations minimes ( plants, graines, technicité, etc..), la multiplication de jardins potagers de proximité avec des taxons de terroir. Ils procurent un appoint de revenu familial conséquent pour et par la femme. Activité 3 : Projeter un plan d’aménagement biotique de l’espace qui optimise les fonctionnements biocénotiques et systémiques par rapport à l’évapotranspiration, aux peuplements animaux, à l’équilibre paysager, aux rendements agricoles, aux masses respectives de végétation naturelle et anthropisée, etc.. Action 1 : Concevoir les termes de référence d’un projet d’équilibre biotique des espaces agricoles pour une surface pilote de 30.000 ha, soit 3 ZDD. Action 2 : Rechercher les financements et cibler les acteurs pour sa réalisation. Action 3 : Réunir la plus grande participation possible, d’acteurs, de concernés, d’opérateurs à la conception et à l’élaboration du projet. Action 3 : Entreprendre sa réalisation dans trois communes de trois régions différentes pour en tirer la plus grande information extrapolable possible. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 149 104.5) Objectif 33, opérateurs : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, DSA, CF, CSDD des APC. Développer et préserver les ressources agricoles locales et le savoir faire du fellah et de l’éleveur, comme moyens prioritaires majeurs de développement de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. 104.6) Activités : Activité 1 : Aménagement du territoire Promouvoir une dynamique sociale, rurale assurant le progrès technique des exploitations agricoles in situ par l’électrification, l’infrastructure routière, l’école, etc., sans contraindre aux regroupements dans les agglomérations. Activité 2 : Développer dans l’administration agricole, les notions de terroir qui s’appuient sur les originalités bioclimatiques, édaphiques, agricoles, de la biodiversité, du savoir local, etc.. En faire un outil de travail et une référence. Activité 3 : Prendre des dispositions financières compensatoires qui favorisent l’usage et l’amélioration des variétés agricoles autochtones, animales et végétales. Activité 4 : Eviter l’uniformisation des pratiques agricoles aux plans des semences et des techniques par la valorisation de la diversité biologique. Cette pratique multiplie les activités d’exploitation et limite l’exode rural. Activité 5 : Favoriser, par la vulgarisation agricole compétente et efficace, la polyculture domestique dans les exploitations éligibles qui intègrent les femmes dans les activités. Elle présente l’intérêt d’autonomiser les familles. Activité 6 : Intégrer les petits élevages dans l’exploitation agricole pour diversifier les productions, solliciter la force de travail et l’intérêt de la femme. Activité 7 : Favoriser la création, par les fellahs, de réseaux de sélection, d’amélioration et de conservation des graines in situ, en fonction des spécialités agricoles. Cette conservation est destinée à la production locale et à la commercialisation. Le parachèvement attendu est l’émergence de points de production de semences et de races locales privés et étatiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 150 Activité 8 : Renforcer la politique de recherche dans les instituts, les universités et le CDRB sur des axes relevant de l’amélioration de la diversité biologique agricole. Cette activité est traitée dans le détail dans le chapitre connaissance. Elle comprend l’inventaire et les actions de recherche suivantes : Inventaire des variétés cultivées et des races locales élevées (connaissance, conformité, répartition, exigences technico- écologiques, aptitudes agricoles). Cette activité est dévolue aux DSA et aux cellules scientifiques des APC et des Wilayas. Analyses génétiques moléculaires, séquences de gènes. Biotechnologie et amélioration génétique des races. Culture in vitro. Conservation, banque de gènes. Action 1 : Diffusion, vulgarisation et sensibilisation de la population agricole par l’exemple, les moyens oraux et médias . Le programme de valorisation agricole de la diversité biologique est vaste et ambitieux. Il est traité partiellement dans les options inventaire et conservation. La démarche la plus efficace est l’application des activités agricoles et d’aménagement par l’intermédiaire des zones pilotes de développement durables ZDD généralisées par les APC à l’ensemble du pays. 104.7) Objectif 34, opérateurs : Ministères de l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, APC. Edifier un réseau d’aménagement agro-sylvo-pastoral pilote pour appliquer les approches de diversité biologique, par l’installation d’une zone de développement durable (ZDD), dans chaque commune du pays, à partir d’une gestion participative. 104.8) Activités : Activité 1 : Mettre en place une zone pilote de développement durable de 10.000 ha dans chaque territoire communal pour y appliquer les approches de biodiversité. Action1 : Recenser les acteurs des ZDD : Président APC Directions des wilayas concernées par les ressources biologiques, l’aménagement du territoire et les cellules scientifiques de développement durable CSDD des APC. Agriculteurs et fellahs concernés. Représentants de la société civile : Associations, personnes ressources, etc.. Chefs de circonscriptions et de triages des conservations forestières CF. Représentants du CDRB. Action 2 : Elaborer les critères d’implantation des ZDD selon les paramètres suivants : Application de la matrice habitats. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 151 Hétérogénéité de l’espace, richesse, diversité des habitats ( biologie, édaphisme, hypsométrie). Multiplicité des activités actuelles et potentielles pastorales, agricoles, forestières, industrielles, etc.. Représentativité du territoire communal pour faciliter l’extrapolation des résultats. Action 3 : Délimiter l’assiette de 10.000 ha de la ZDD et définir sa nature juridique. L’incorporation des terres dans la ZDD ne change pas leurs vocations, affectations et natures juridiques. Leur intégration dans les ZDD facilite leurs équipements biologiques et les aménagements collectifs. Un engagement des propriétaires certifiant par procès verbal, leur participation à la ZDD pendant 10 ans est suffisant. Action 4 : Mettre en place le programme de développement de la ZDD. Il correspond aux activités des objectifs 1 et 2 résumées ainsi : Valorisation de la diversité biologique par la valorisation de l’homme, des procédés de gestion de l’agriculture et de l’espace. i. Trame biotique de protection, de diversification et d’amélioration biocénotique. Installation de : Reboisements de protection. Bosquets, corridors, relais. Brises vent, haies. Equipements biologiques linéaires des routes, pistes, des infrastructures, etc.. Equipements biologiques des exploitations agricoles, vergers, reposoirs de troupeaux, parcelles arborées fourragères, bois de proximité, etc.. ii. Agriculture : Utilisation progressive des variétés locales de terroirs même si cette démarche exige une compensation financière temporaire. Participation des producteurs au réseau de sélection, de préservation et de multiplication des semences et races locales. Organisation des échanges et des écoulements des productions et des intrants. Participation à tempérament aux inventaires des taxons locaux de flore, de faune et des usages ethnobotaniques, à la diffusion des savoir et savoir faire locaux. Exploitation stricte des vocations des espaces en fonction des potentialités écologiques, biologiques, démographiques et des projections des populations des ZDD. Respect des vocations des terres par rapport aux infrastructures et aménagements projetés (route, carrière, usine, etc..). Stabilisation des bassins versants et limitation de l’érosion des sols par la végétalisation. Utilisation des caractères systémiques de la diversité biologique pour lutter contre : La pollution. L’ensablement. La salinité. La déstabilisation des versants. Les inondations et autres catastrophes naturelles. Etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 152 Développer les activités de proximités dans les exploitations agricoles destinées aux femmes, aux enfants et personnes âgées, à partir des espèces de terroirs. iii. Aspects culturels. Participation des ZDD à la confection des Atlas des terroirs et à l’identification des vécus historiques. iv. Equipement. Optimiser les équipements en eau, électricité, écoles, marchés, etc., pour stabiliser les populations dans les milieux ruraux. ( Ces aspects, du ressort de l’aménagement du territoire, ne sont pas évalués financièrement). v. Gestion. Fonder la gestion sur la recherche des équilibres consensuels, où les discussions sont antérieures aux décisions et les décisions appliquées et évaluées en commun. C’est la fonction essentielle de la cellule scientifique de développement durable de l’APC. Eviter les approches administratives et technicistes au profit de la valorisation du savoir local et de l’intégration des concernés. Appliquer la transparence totale de la gestion financière humaine, technique, économique, etc., de la ZDD qui n’est pas une structure mais une organisation fonctionnelle. Définir des modes de gestion basés sur la coresponsabilité. vi. Diversité biologique. Restaurer les habitats et l’équilibre physique de la ZDD pour la préservation des espèces menacées. La dégradation, les statuts des taxons, les organisations biologiques et les habitats sont évalués à travers la mémoire vécue des riverains. Déterminer les rapports population du site et végétation naturelle à usage domestique, ethnobotanique, médicinal, alimentaire, chasse, etc.. Prévoir le rayonnement de la ZDD par rapport aux structures et espaces riverains. Elle doit être un îlot d’équilibre par rapport au reste du territoire. Définir un système de planification des ZDD basé sur des objectifs annuels en fonction de la dynamique de l’ensemble. vii. Actions proscrites dans les ZDD. Exploitation incontrôlée et utilisation anarchique des ressources biologiques, faune et flore naturelles. Destruction des habitats sensibles, menacés, rares et remarquables. Désorganisation de l’équilibre paysager par des actions inadéquates sans respect de l’ordre naturel, par des infrastructures, des équipements inefficaces, des affectations peu efficientes des terres et des usages sans rapport avec les vocations des terres et des espaces. Défrichements intempestifs. Urbanisation sur des sites à vocation différente. Fragmentation illogique des habitats naturels remarquables ou rares. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 153 Exploitation minière inadéquate. Installations industrielles et artisanales polluantes. Agriculture avec des espèces allochtones types OGM ou gènes « terminator ». Modification des vocations agricoles inefficaces. Déboisement et toute altération de végétation naturelle. viii. Résultats attendus. Apprentissage par les autorités locales de l’utilisation rationnelle de l’espace, de l’introduction des préoccupations de gestion de la diversité biologique dans les plans de développement communaux. Conception et application d’un plan d’aménagement agrosylovopastoral durable par la planification spatio-temporelle des activités et des actions stratégiques dans la ZDD. Guider le respect et la croissance sociale dans l’équilibre avec la nature et l’harmonie paysagère. Le respect collectif de la préservation du patrimoine biologique et du terroir par leur réhabilitation. La valorisation consensuelle de la diversité biologique au profit mutuel de la croissance et du développement économique et social mesurés. Le respect des vocations spatiales garantes du fonds biologique et de son support qui constituent le lègue intergénérationnel. Valoriser le savoir faire de l’homme pour gérer son espace et son patrimoine biologique dans son terroir pour un développement commun. Généralisation des résultats acquis dans les ZDD à l’ensemble des territoires communaux. ix. Lignes directrices pour l’aménagement des zones de développement durable ZDD des zones arides et érémiques : Les zones de développement durable ne sont pas aménagées uniformément. Des spécificités, fonctions des caractères biologiques, écologiques, socio-culturels, ressortent et conditionnent leur valorisation. Il faut distinguer les ZDD steppiques et sahariennes de celles du Nord par des caractères additionnels, selon l’expertise suivante : 9ii) ZDD steppiques. La situation géographique des Hauts Plateaux, entre les régions désertiques et du Nord, leur nature polygénique les rendent particulièrement sensibles aux phénomènes de désertification en tant qu’interspersion. Les potentialités écologiques faibles conséquentes à une évolution climatique édaphique, chorologique et humaine défavorable depuis presque 5000 ans. Des moyennes de températures minimales et des extrêmes des mois les plus froids qui influent considérablement sur les périodes de végétation naturelle et les cultures. Des sols squelettiques à encroûtement calcaire superficiel pulvérulent ou massif et les textures sablo-limoneuses plus ou moins particulaires rendent la steppe particulièrement vulnérable. Ils appauvrissent ses capacités de résiliation et accroissent sa sensibilité à l’érosion éolienne. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 154 L’insuffisance de la pluviosité et des nappes d’eau phréatiques, qui inhibent toutes perspectives et velléités de développement durable. La faible technicité agricole des populations et l’inadéquation de l’agriculture généralisée. La maîtrise du savoir faire pastoral profondément ancré chez les populations des Hauts Plateaux défie toutes formes de transformation. Ces constats définissent les options de développement suivantes : La conjugaison de ces paramètres définit une vocation globale pastorale des Hauts Plateaux steppiques. Elle se fonde impérativement sur la promotion d’un élevage extensif sélectionné de reproduction et non de production dont les produits sont valorisés dans le Nord. La pratique d’un agro-pastoralisme stabilisé, sélectif déterminé par les types géomorphologiques et l’épandage des eaux. La limitation et le bornage du labour épisodique coopté avec les organisations sociales, conditionné par la répartition pluviométrique annuelle et réduit progressivement par l’amélioration fourragère en sec. La matérialisation des bordures des emblavures par l’empierrage et les plantations intercalaires. Les cooptations des limites sont arrêtées par procès verbaux opposables entre concernés. La plantation systématique de taxons et d’arbustes fourragers locaux (Atriplex, Alfa, Médicago, etc...) pour améliorer les parcours. L’institution du calendrier pastoral de transhumance qui comporte deux éléments : Le calendrier de décharge pastoral annuel organisant la rotation et l’utilisation de la achaba.. Le programme de décharge pluriannuel par isolement de reconstitution et de diffusion génétique. Il réglemente la libération temporaire des espaces pour accroître leur diversité biologique et leur charge pastorale. Les sélections massales des types raciaux par les éleveurs pour les reconformations et la redistribution territoriale originelle. La répartition spécialisée des races permettra dans le futur de réaliser des croisements plus performants. L’interdiction drastique effective des introductions d’espèces végétales et des races animales allochtones. L’intégration des organisations traditionnelles dans les démarches et l’adéquation pastorale et agropastorale avec les assiettes territoriales des systèmes sociaux d’exploitation. L’interdiction absolue de la chasse des taxons menacés d’extinction ou vulnérables (gazelle, outarde, etc.). L’organisation de « cueillettes biologiques » de l’alfa, des plantes médicinales etc.. respectant les cycles phénologiques, les densités les statuts des espèces Les créations immédiates de décharges de préservation pastorale pour stimuler les pouvoirs de réaction des taxons steppiques à : La végétalisation. La diminution de la salinité. La lutte contre l’érosion par les ralentissements des vents etc.. La stabilisation des sables, etc.. L’objectif de la zone de développement durable steppique est de promouvoir un aménagement qui tienne compte des potentialités végétales et zootechniques réelles et définit une gestion équilibrée durable de l’espace. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 155 9iii) Zones de développement durable érémiques, sahariennes. Le Sahara est un territoire immense où les processus de désertification sont en cours depuis plus de 10.000 ans. Ils sont irréversibles sauf modifications climatiques favorables futures, à l’échelle planétaire. Les tendances actuelles sont au contraire aggravantes. La qualité adaptative de sa forte diversité biologique qui représente une richesse patrimoniale inestimable. L’immensité de son espace, qui faute d’une utilisation homogène et généralisée maintient une conservation naturelle, hors des couloirs d’artificialisation. Le problème réside dans la nullité de sa capacité de cicatrisation systémique qui ne possède aucune élasticité. Toute dégradation entraîne des phénomènes d’irréversibilité. Les vestiges remarquables de la flore relique, persistantes autour des points d’eau sableux ou rocheux. La dépendance absolue de toute activité économique, de l’eau fossile. Ses réserves sont considérables, bien que fortement et anarchiquement sollicitées par les nationaux et les pays riverains. L’immensité des espaces à conditions géomorphologiques et édaphiques aptes à recevoir une utilisation agricole amendée et irriguée. La culture et le savoir populaires remarquables aux plans agricole, ethnobotanique, pastoral, écologique, etc.. L’exemple des oasis et de leurs cultures stratifiées, de l’élevage dans des zones où les charges pastorales avoisinent une unité ovine pour vingt hectares, témoignent des capacités d’adaptation humaine exceptionnelles. L’immense passé archéologique et culturel dont la préservation est une nécessité absolue. Ce constat détermine une vocation multiple comportant deux directions opposées : La première est la préservation drastique, massive des habitats sensibles, essentiellement montagnards et ripicoles. Ils abritent des taxons reliques en voie de disparition. La deuxième est le développement circonscrit, localisé de foyers de valorisation intensive de la diversité biologique, par la promotion d’activités agricoles et fourragères en irrigué dans de véritables centres de vie. Il est impératif que le cru démographique des Hauts Plateaux et du Sahara se résorbe prioritairement sur la base d’ activités agricoles sahariennes en irrigué. Elles ont le pouvoir de catalyser les agglomérations et la stabilisation des populations. Les foyers de développement sont conçus comme des centres de vie inspirés des activités, des compétences, de l’économie de l’eau, de la durabilité, des modèles oasiens. Ils seront des centres économiques de production polyvalente, capables de satisfaire aux besoins de consommation et d’échange si les interconnections sont planifiées simultanément. Les situations de ces centres sont cooptées par l’administration et les riverains pour répondre prioritairement aux besoins locaux des populations. Ils ont également pour objectif en dehors du développement local, de décharger les espaces naturels non aménagés, à travers la concentration des activités. Les équipements biologiques de brise vents et d’arbres fourragers, délimitant les parcelles, sont conçus et réalisés en même temps que les exploitations agricoles. En aucun cas l’exploitation n’est considérée comme une spéculation épisodique itinérante. Elle est fixe, organisée, durable et planifie une production spatio Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 156 temporelle, afin de devenir un mode de vie en adéquation avec les potentialités, la culture et les paysages sahariens. L’activité agricole réunit les ingrédients de développement in situ, authentiques. Elle s’appuit sur les variétés locales et les races autochtones d’ovins, caprins, camelins, etc.. Il est inutile de s’acharner à introduire des races allochtones qui seront fugaces Le développement de l’écotourisme planifié, rationnel, adopte des itinéraires précis, contrôlés, en accord avec les populations locales. La fréquentation sera plus grande dans les espaces désertiques ( Hamada, Regs, Ergs, champs de dunes) que sur les espaces couverts de végétation, pour les protéger d’une dégradation irréversible. Il est évidemment plus intéressant de développer les centres de vie dans les espaces frontaliers pour contrôler l’utilisation, le partage de l’eau et les échanges d’éléments du patrimoine biologique. En résumé, la zone de développement durable désertique a pour objectif de créer des centres de vie qui développent, intensifient l’agriculture et l’économie sahariennes tout en préservant les espaces naturels. 10.i ) Plan d’aménagement durable des ZDD. La coordination des actions citées dans la mise en œuvre des ZDD se retrouve dans la mise en place d’un plan d’aménagement durable ordonné, cohérent de l’espace. Par rapport à la diversité biologique, il réalise une synergie totale autour de la protection, la réhabilitation et le développement par la conception d’un contenu minimal consensuel entre les opérateurs, les acteurs et les concernés. Il a pour objectif dans toutes les ZDD de : Définir l’objet de la préservation et de la protection, en fonction de l’inventaire systématique et de la matrice habitats. Préciser les actions écologiques sociales, culturelles, économiques de la préservation après avoir évalué l’état bioécologique de la ZDD, défini les menaces et les causes d’altération des habitats, des taxons, des organisations biologiques et leur situation. Définir les coûts des actions de préservation, assurer leur évaluation périodique, le suivi des résultats et des bénéfices bioécologiques, économiques et sociaux. Le plan d’aménagement est un document de référence qui aide à la décision des acteurs. Il définit les actions publiques et privées. Il met en place des objectifs de développement communs fondés sur des engagements collectifs qui identifient les moyens et consolident les réalisations des partenaires des ZDD. Les mesures préconisées sont aptes à résoudre les conflits d’intérêt et les contentieux. L’élaboration du document traverse plusieurs phases : ► Préparation bibliographique et réflexions autour des problèmes socioéconomiques, fonciers, culturels, des habitats, des espèces, des menaces anthropiques, etc.. Chaque lacune ou insuffisance est traduite en activité ou en action. ► Cartographie plurithématique au 1/10.000 e . ► Proposition et organigramme d’actions à partir des études, concertations, réunions intersectorielles, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 157 ► Validation générale des propositions d’aménagement par les concernés et partenaires de la ZDD. ► Confection du modèle opérationnel et du plan de travail. Dans ces modèles, les points clés sont les suivants : Intégration des impératifs de préservation des milieux. Maîtrise des approches et planification du développement socioéconomique intersectoriel. Utilisation du génie écologique pour la réhabilitation de la diversité biologique. Maîtrise foncière totale de la ZDD. Réglementation spécifique et incitations financières dans l’application des démarches planifiées. Elles constituent le soutien économique au développement rural lié aux approches de biodiversité. Cette approche assure les fondements économiques de la ruralité en stabilisant les tendances du développement intégré des campagnes dans les plans nationaux. Appui technique et formation des cadres, techniciens, amélioration des itinéraires scientifiques. 104.9) Plan d’action valorisation bioécologique des exploitations agricoles et évaluation financière des actions des ZDD. 1049.1) Valorisation de la diversité biologique : trame biotique totale. Créer une trame biotique dans les 350.000 exploitations agricoles. Les reboisements, vergers, plantations fourragères, petits élevages et jardins potagers sont à la charge des bénéficiaires. Ils sont développés sur l’équivalent d’un hectare par exploitation agricole : 1.000 arbres x 350.000 exploitations = 350.000.000 arbres L’Etat subventionne les coûts des arbres forestiers, fruitiers, fourragers. 350.000.000 arbres x 7 DA = 2.450.000.000 DA Coût total partiel = 2.450.000.000 DA 1049.2) Plan d’action et évaluation financière de la préservation des ressources agricoles. Création d’une banque de gènes sur les ressources du fonds biologique commun, d’un réseau de recherche et de conservation in situ. Ces actions sont traitées dans les objectifs inventaire et conservation selon les points suivants : Inventaire des variétés et races cultivées ou élevées. Banque de données du fonds biologique commun. Base de données, banque de gènes. Evaluation financière pour mémoire Améliorations variétales du fonds biologique commun local. Cette activité d’amélioration variétale concerne l’INRA, l’INRF, l’INA, les Instituts, de développement agricole et les Universités. Les axes prioritaires d’amélioration des ressources sont les suivants : Céréales, tous terroirs. Vigne de plaines et côteaux. Fruitiers montagnards et désertiques. Oliviers / Figuiers, toutes provenances locales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 158 Palmiers. Variétés herbacées maraîchères des Oasis et ubiquistes. Plantes industrielles, tomate, tabac, coton, betterave, etc.. Ovins. Caprins. Bovins. Equins. Azins. Camelins. Volailles. Lapins. Plantes fourragères naturelles et sélectionnées : Graminées. Papilionacées. Arbres fourragers. Microorganismes symbiotiques d’intérêts agricole et agro-industriel. Espèces marines et des eaux continentales destinées à l’aquaculture. Cette activité de recherche est menée en collaboration avec les fellahs dont les terres représentent le véritable champs d’expérimentation. Les évaluations qu’ils réalisent sont considérées comme péremptoires. L’activité est effectuée en relation avec le réseau de recherche biotechnologique et les exploitants publics et privés impliqués dans l’expérimentation, la vulgarisation, la diffusion, la multiplication et éventuellement la vente des variétés et races locales conformes. Programme d’application agricole des DSA et des cellules scientifiques CSDD des APC, prioritaire dans les ZDD : Cibler les exploitations agricoles publiques et privées capables de coopérer dans les ZDD et en dehors. Vulgariser et planifier dans l’espace et dans le temps l’application du programme de valorisation agricole de la diversité biologique. Assurer la disponibilités des graines, plants, animaux et la maîtrise technologique catégorielle. Activer les pépinières existantes. Diversifier les plants forestiers et fruitiers et ceux des brises vents. Mettre au point les techniques de plantation des espèces difficiles à introduire (contribution des instituts de recherche agronomique). Faciliter l’exécution financière du programme par des ventes pondérées. Développer les cultures mellifères en assurant la disponibilité des abeilles et les instruments de production. Assurer les modalités de contrôle et de suivi précises des actions d’aménagement par la mise en place d’indicateurs concernant les : Intégration des activités. Evolution des revenus des acteurs et concernés des ZDD. Evolution de l’exode rural. Intégration de la femme et des enfants dans les activités d’exploitation et les travaux de proximité. Exemplarité des aménagements dans les zones de développement durable. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 159 Evolution des conservation, préservation de la diversité biologique agricole et naturelle ex situ et in situ. Equilibre paysager et de production à l’échelle de la ZDD et de l’APC. Extension de la couverture arboricole fruitière. Evolution de la conduite des petits élevages. Densité de la trame biologique, haies, brises vent et bosquets forestiers par rapport aux normes établies. Disponibilité des semences par la détermination des durées de soutien à la réintroduction des semences autochtones. Intégration définitive des variétés cultivées et élevées au patrimoine local et au fonds biologique commun. Efficacité de la politique financière de l’état en faveur du développement des utilisations des semences autochtones et l’abandon progressif de la politique d’importation. 1049.3) Plan d’action et évaluation financière de la mise en place des ZDD. Aménagement intégré des ZDD : ( durée de réalisation 5 mois) i) Cartographie à grande échelle au 1/10.000 e . Carte d’occupation des terres et des habitats. Carte des vocations des terres à partir des potentialités écologiques et des aptitudes biologiques des taxons agricoles et sauvages. Carte et plan d’aménagement intégré agrosylvopastoral ( équipements point d’eau, urbanisme, industrie, etc..) ii) Ressources humaines 01 phytoécologue / pastoraliste 01 agronome / forestier 01 économiste 3 spécialistes x 20.000 DA x 5 mois = 300.000 DA iii) Matériel scientifique et de photo interprétation = 20.000 DA iv) Moyens de détermination sol/ flore/ faune = 40.000 DA v) Divers = 50.000 DA vi) Moyens de déplacement, enquêtes, études, cartographie des CSDD = 410.000 DA Trame d’équipement biotique de la ZDD = 25% de couverture végétale Bois, bosquets, relais, brises vent, haies, clôtures, boisements linéaires des infrastructures 15%. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 160 Reposoirs de troupeaux, plantations fourragères, vergers des exploitations agricoles et vergers 10%. Soit l’équivalent de 2.500 ha sur les 10.000 ha de la ZDD. 2.500 ha x 7 DA x 1000 arbres/ ha = 17.500.000DA Les plantations et l’entretien sont à la charge des bénéficiaires, l’Etat subventionne le coût des plants. Coût total partiel de la trame biotique de la ZDD = 17.500.000 DA Programme agricole de réintroduction des variétés locales. i. Compensations financières Les compensations financières concernent le manque à gagner généré par la réintroduction des variétés locales. Le paramètre traducteur utilisé est le blé. La perte supposée équivaut à un quintal de blé/ ha / an d’une valeur de 1.000 DA sur 75% de la surface, soit 7.500 ha. La compensation totale est de : 7.500 ha x 1.000 DA = 7.500.000 DA Cette compensation peut être effectuée en semences, en plants, en ruchers, en assistance technique et petit matériel agricole. Coût de l’aménagement d’une ZDD de 10.000 ha = 25.410.000 DA Coût global pour l’aménagement des 1.540 ZDD : Le coût pour une ZDD avoisine les 25.410.000 DA. Il comporte l’étude, la réalisation de la trame biotique, la réintroduction compensée des variétés autochtones. Toutes les ZDD ne subissent pas le même coût à cause de la vagétalisation existante dans le territoire de l’APC, de la variabilité des contraintes imposées par la compensation, de celle des intensités des aménagements entre le Nord, la steppe et le Sud. Les APC complètement urbanisées incluent dans leurs plans, les espaces verts et les reboisements linéaires. Le coût envisagé dans cette étude couvre 1.540 APC x 10.000 ha = 15.400.000 ha, c’est une surface considérable d’aménagement qui apporte une amélioration agricole, physique et biologique de l’espace d’un très grand intérêt socioéconomique. Le coût par excès de l’aménagement est de : 25.410.000 DA x 1.540 APC = 39.131.400.000 DA Si la planification de réalisation est échelonnée sur 10 ans, les investissements annuels seront de 3.913.140.000 DA. Ils ne représentent pas une somme colossale, eu égard aux investissements désordonnés, sans suivi et sans influence sur les capacités de gestion des APC, ni sur l’intégration des communautés locales, réalisés jusqu’à présent. Coût total de l’aménagement intégré des 1.540 ZDD, soit 15.400.000 ha = 39.131.400.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 161 XII) VALORISATION ECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. Ce volet ne concerne que les rapports directs économie / biodiversité. Les facteurs économiques qui relèvent d’autres processus ne font pas l’objet de ce travail. 11.1) Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. L’agriculture est le principal instrument bioéconomique de valorisation de la diversité biologique. Elle est abordée dans plusieurs chapitres, connaissance, conservation et valorisation bioécologique des exploitations agricoles. Dans cette partie, ne sont envisagés que les aspects nouveaux, en insistant sur les principales options. 111.1) Constat. Insuffisance alimentaire notoire, dépendante d’un équilibre exogène et s’accentuant avec la croissance démographique. 30 % des besoins énergétiques et 50 % seulement des protéiniques sont assurés. Valorisation insuffisante des espaces à vocation agricole : abandon et dégradation de près de 1.000.000 ha de SAU, soit 15 %, jachères de 40 à 50 %. Affectations anarchiques de 20 % de la Mitidja, érosion tellurique portant sur près de 4.000.000 ha de SAU. C’est le taux d’abrasion le plus important du Maghreb. Il varie de 2.000 à 5.000 T km 2 / an. Une perte de 78 retenues collinaires colmatées pendant que les barrages s’envasent de 1.000.000 m 3 /ha/ an. Utilisation incontrôlée des pesticides, insecticides et engrais à doses anarchiques provoquant des effets négatifs sur la faune et la flore « utiles ». Aucune valorisation de la diversité biologique par des procédés biologiques ou des améliorations du matériel autochtone n’est efficace ou compétitive. Le recours aux méthodes et matériels étrangers est automatique. L’inventaire des variétés, races, lignées, populations, etc., cultivées ou spontanées n’est pas une tâche prioritaire des DSA et des institutions de recherche du Ministère de l’Agriculture. Le rythme actuel et l’efficacité de la recherche agronomique relative à la biodiversité ne permettent pas d’accéder à la sécurité alimentaire ni dans le présent, ni dans le futur. L’option importation de semences et de produits alimentaires décidée pendant la période faste génère une paupérisation économique, sociale, intellectuelle et morale considérable. La politique foncière instable, sans modèle d’organisation apparent, n’a pas encore trouvé de solution idoine. Dans les systèmes steppiques, la sédentarisation des nomades et des élevages entraîne une surcharge pastorale locale et réduit la complémentarité naturelle entre les espaces des Hauts Plateaux et du Nord. Elle engendre la dégradation de près de 10.000.000 d’hectares de parcours steppiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 162 Le développement d’une intensification agricole itinérante au Sahara provoque l’anarchie dans la gestion des espaces, de l’eau et le désintérêt pour les oasis existantes. Elles périclitent sous les contraintes d’ensablement, de salinisation, d’asphyxie des sols, de phytopathologie, de paupérisation, de foncier, de vieillesses de la main d’œuvre et du verger. Elles représentent pourtant le meilleur moyen de valoriser les territoires sahariens. Sous emploi et exode rural chroniques corroborés par une dynamique régressive des sols et de la diversité biologique, non contenue, par les 20 % seulement, des cadres, ingénieurs agronomes qui rejoignent l’agriculture. 111.2) Option. Les options citées dans les chapitres précédents sont rappelées pour consolider la démarche relative à ce secteur clé. 1 Inventaire systématique des taxons cultivés ou élevés et évaluation de l’érosion génétique des taxons autochtones. 2 Préserver et valoriser la diversité agricole autochtone. 3 Réorienter la politique d’importation des semences et produits alimentaires au profit de la valorisation des taxons locaux pour assurer la sécurité et l’indépendance alimentaires du pays. 4 Renforcer systématiquement les exploitations agricoles de l’Etat par des cadres ingénieurs agronomes. Les options nouvelles concernent les paramètres suivants : 5 Prioriser la recherche scientifique et biotechnologique alimentaire à partir du support classique des améliorations variétales. 6 Adopter une politique foncière qui perpétue un mode de vie liant l’homme, la terre et l’agriculture. 7 Consolider le patrimoine foncier agricole par la différenciation entre le droit de propriété et l’obligation du respect de la vocation agricole des terres. Elle crée le patrimoine qui appartient à la collectivité et qui assigne une vocation inaliénable à la parcelle. Le patrimoine foncier agricole ne peut donc évoluer que vers son intensification et son extension par l’adjonction de nouveaux espaces. Cet attribut n’altère pas le droit de propriété individuel tant que la vocation au sens large est préservée. Le propriétaire a droit de transformer sa spéculation, vendre, louer, etc., mais n’a pas celui de changer la fonction agricole de la propriété. La vocation déterminée par les potentialités bioécologiques et agronomiques appartient à la collectivité qui en dépend pour son existence et sa sécurité. 8 Constituer un fonds biologique commun qui développe, conserve, diffuse les taxons agricoles. L’appartenance d’un taxon au fonds biologique commun le soumet à la propriété collective. Son abandon est illégal. Un cultivateur ou un éleveur ne peut abandonner un taxon rare ou en voie d’extinction si son patrimoine génétique n’est pas conservé dans un centre spécialisé. 111.3) Constat de recherche. Le génie génétique s’est développé avec la génétique, la biologie moléculaire et la biochimie. La découverte et la maîtrise des structures et des fonctionnements des gènes et des Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 163 génomes entraînent une révolution technologique considérable de la biologie. Elle marque de plus en plus la production agricole. Les découvertes récentes de l’hybridation moléculaire entre les acides nucléiques, l’amplification interactive de l’ADN ( PCR), la mutagénèse in vitro, le séquençage de l’ADN, les transformations des bactéries, la transfection des cellules eucaryotes ( cellules en culture, animaux et plantes transgéniques, etc..) ont rendu le gène accessible, manipulable pour exprimer un caractère concret. Ces techniques ont édifié le génie génétique qui est « l’ensemble des techniques qui permettent d’isoler les gènes, de les transformer avec ou sans modification dans leur organisme d’origine ou autre ». l’Algérie est complètement absente de cette scène de recherche, ni pour créer de nouvelles potentialités des taxons par transfert génique, ni pour analyser les produits importés et déceler les caractères transgéniques ( OGM). Cette insuffisance accablante marque un retard considérable dans la maîtrise des sciences biologiques, économiques et alimentaires par rapport au progrès agronomique mondial. Le génie génétique a pris trois voies complémentaires : Une fondamentale, qui réside dans l’analyse de la structure et du fonctionnement des gènes. L’autre, appliquée qui isole et amplifie le gène, pour le faire exprimer dans un organisme pour ses intérêts agronomiques, pharmaceutiques, médicinaux, industriels, etc.. Une troisième voie intéresse la recherche primordiale de prévention de l’inocuité des méthodologies, des applications réalisées et les risques introduits par les perturbations du fonctionnement des génomes de l’hôte et au transfert des gènes en général. Mais cette voie est trop récente pour déterminer des résultats probants. L’application dans l’agriculture des organismes génétiquement modifiés, concerne : La fabrication par les organismes de substances naturelles pathogènes contre les prédateurs ( insectes, champignons, etc..). L’amélioration des performances de production, de qualité, de cycle, etc.. Par la force des choses, le génie génétique devient une application fondamentale incontournable des perspectives biotechnologiques malgré les fortes oppositions des consommateurs. La maîtrise du génie génétique est une priorité ne serait- ce que pour dominer les conditions de biosécurité. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons évaluer ni les conséquences d’une dissémination accidentelle ou volontaire des ( OGM) dans les systèmes naturels, ni les effets de leur consommation soutenue par l’homme et les animaux d’élevage. Application insuffisante des méthodes classiques de sélection variétale dans les instituts de recherche développement. Celles qui s’appuient sur le savoir faire local des fellahs en vue de la création de terroirs agricoles caractérisés par un matériel génétique adapté aux conditions écologiques, aux pratiques agricoles sectorielles ne sont plus usitées. Les Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 164 typologie, conformité, conservation, des potentialités biologiques par les agriculteurs et les chercheurs sont rudimentaires. Les performances très agressives résultant des transformations ou transfections, qui sont des objectifs de recherche et d’application future des autres pays, sont inopérantes en Algérie. Pas de recherche expérimentale compétitive à l’échelle internationale. Elle doit pourtant s’affirmer et montrer des capacités scientifiques efficaces pour réduire la dépendance alimentaire. 111.4) Objectif 35, recherche biotechnologique: opérateurs Ministères de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, de l’Agriculture, de la Pêche, CDRB. Coordonner les moyens des structures des ministères de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et de la pêche pour promouvoir une recherche biotechnologique performante fondée sur la génétique classique et le génie génétique. 111.5) Activités : Activité 1 : Développer la recherche mendellienne d’amélioration variétale dans les laboratoires de recherche agronomique des instituts de recherche développement. Action 1 : Rechercher les potentialités variétales et leur variabilité cryptique avec les améliorations classiques. Action 2 : Rechercher les variétés autochtones et les lignées proches des variétés locales ou descendantes des progéniteurs méditerranéens. Action 3 : Améliorer les adaptations aux conditions écologiques et utiliser le savoir faire des fellahs pour accroître les performances productives des taxons . Action 4 : Rechercher et préciser les potentialités génétiques des espèces progénitrices ( 70 en Algérie) pour diversifier, étendre les usages de la diversité biologique et accroître les effectifs des espèces alimentaires, ethnobotaniques et leur domestication. Les conditions bioclimatiques, édaphiques et culturales algériennes sont nettement différenciées d’une région à une autre. Les variétés locales ont inscrit, à travers leur évolution, ces spécificités à l’échelle biologique. Elles ont localement une grande efficacité. Elles peuvent être utilisées pour développer une branche de l’agriculture biologique et conditionner une spécialisation territoriale labellisée vers la consommation écologique interne et l’exportation. Cette production concerne les végétaux, les animaux et les produits qui en dérivent. Action 5 : Edifier un réseau national à partir des réseaux communaux de fellahs pour le catalogage des ressources biologiques. La gestion rationnelle de l’agriculture repose sur les plans de campagne annuels et le catalogage précis des variétés, races et unités taxonomiques autochtones, introduites et leurs caractères agroécologiques, alimentaires, territoriaux, etc.. Ce catalogage est nécessaire à 3 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 165 niveaux : national, wilayal et communal. Il induit automatiquement la conservation. Elle est fondée sur l’efficacité du réseau de fellahs subventionnés. Les montants des subventions sont toujours inférieurs aux valeurs des pertes de variétés et de lignées qui n’ont pas de prix. Ce réseau est une arme de lutte contre l’érosion génétique. Action 6 : Rechercher les moyens de lutte biologique contre le parasitisme et la phytopathologie. La phytopathologie affecte un taux supérieur à 25% des productions annuelles. L’utilisation des insecticides, des pesticides, des herbicides est normalement inféodée aux analyses des conséquences sur la flore, la macrofaune et la microfaune utiles. Ces tests ne sont jamais réalisés. Les solutions plus douces de lutte biologique sont à prioriser, à partir des travaux de recherche de ASMIDAL en relation avec les instituts de l’INRA pour analyser : L’impact biologique des traitements par les herbicides, fongicides, insecticides, etc., sur la faune, la flore, le sol, l’eau et la pollution en général. Leur substitution par des méthodes biologiques, ou techniques de culture. Les effets de la trame biotique sur la phytopathologie. Activité 2 : Elaborer un plan national de développement des sciences biotechnologiques et de génie génétique. Action 1 : Réaliser une expertise des capacités et des moyens nationaux. Action 2 : Spécialiser 9 généticiens post doctorat dans des laboratoires de pointe de différents pays sur la base d’accords de coopération ( France, Canada, Angleterre, Allemagne, Brésil, Inde, etc.). Action 3 : Equiper 3 laboratoires de biotechnologie génie génétique : Oran, Alger, Constantine, ( voir conservation). Action 4 : Mettre en place un programme scientifique incluant les décryptages génétiques, le génie génétique, la génétique moléculaire et les applications biotechnologiques (culture in vitro, micropropagation, etc.). Activité 3 : Analyser les effets des génotypes modifiés sur l’homme, la biodiversité et les systèmes écologiques. Activité 4 : Créer un système de validation et de biovigilance sur les productions internes et les importations. Activité 5 : Evaluer l’efficacité bioéconomique des produits mis au point. Activité 6 : Créer un réseau de recherche biotechnologique sur la base du CDRB, des représentants des nouveaux laboratoires, de l’Agence Africaine de Biotechnologie, (AAB) et des autres structures de recherche éligibles. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 166 Action 1 : Identifier et installer un bureau de coordination de la recherche biotechnologique avec le CDRB, les ministères de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l’AAB. Action 2 : Définir les tâches du bureau de coordination de la recherche biotechnologique dont les principales sont les suivantes : Recherche, planification, financement, suivi et évaluation scientifique. Biosécurité Législation 111.6) Plan d’action et évaluation de la valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture : Recherches biotechnologique et mendellienne. i. Recherche mendellienne. Elle est effectuée par les structures et à l’aide des moyens existants. Moyens humains pour mémoire Moyens matériels pour mémoire Moyens expérimentaux : laboratoire et en champs pour mémoire Moyens de suivi et d’évaluation pour mémoire ii. Plan de recherche biotechnologique : Réalisation d’une expertise de programmes biotechnologiques 2 experts x 50.000 DA x 10 mois = 1.000.000 DA mission 50.000 DA x 3 mois = 150.000 DA divers, documentation = 200.000 DA Coût total plan de recherche biotechnologique = 1.350.000DA Plan de spécialisation de 9 chercheurs confirmés en génie génétique Salaires 8.000 FF x 24 mois x 9 chercheurs = 1.728.000 FF Frais de voyage 40.000 DA x 2 fois x 9 chercheurs = 720.000 DA Frais de laboratoires 120.000 FF x 9 chercheurs x 2 ans = 2.160.000 FF Coût total de la spécialisation en dinars = 39.600.000 DA iii. Montage de 3 laboratoires de recherche en biotechnologie à Alger – Oran – Constantine. Ressources humaines : le personnel technique et administratif est en place, le personnel scientifique est à renforcer : recrutement de 9 chercheurs confirmés par laboratoire, soit 27 chercheurs. 27 chercheurs x 20.000 DA x 12 mois = 6.480.000 DA Formation 1 e et 2 e post graduation biotechnologie / génie génétique 2.400.000 DA/ an x 5 ans = 12.000.000 DA locaux existants Coût total renforcement du personnel =18.480.000 DA Coût total général du projet de biotechnologie Algérie, sans les équipements de laboratoires déjà chiffrés = 59.430.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 167 11.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique. 112.1) Constat. La santé de la population dépend de l’équilibre des conditions environnementales, des habitats et du territoire au sens large. Les dysfonctionnements se répercutent irrémédiablement sur les qualités de l’air, de l’eau, de l’alimentation et de la de vie des citoyens. La santé de la population est affectée directement par les systèmes et les moyens de développement économique en vigueur. L’application d’un processus économique peut générer une rentabilité financière sectorielle et créer des nuisances préjudiciables à la santé humaine. Les dépenses médicales occasionnées peuvent dépasser largement les bénéfices générés par la production. La destruction chimique d’une niche trophique par des pesticides entraîne la pullulation d’insectes, de microorganismes ou macroorganismes qui véhiculent des virus, etc., qui peuvent provoquer des pathologies de type épidémique. Les cycles biologiques sont complexes sensibles et méconnus. Leur altération induit des phénomènes inattendus, dévastateurs et indirects de la santé des populations. L’état et la consistance de la diversité biologique sont des indicateurs efficaces des équilibres systémiques et de l’intensité des perturbations conséquentes aux processus de développement économique. Les équilibres socio-économiques et les mécanismes de la diversité biologique sont à considérer systématiquement dans les actions de développement. Les populations rurales ont tendance à accroître l’utilisation des plantes médicinales pour la médicamentation douce qu’elles procurent et pour contrecarrer les prix prohibitifs des médicaments. Les cabinets de guérisseurs et les boutiques d’herboristes se multiplient. 112.2) Option. Développer simultanément la bioindustrie pharmaceutique et la domestication médicinale de la diversité biologique pour assurer la couverture médicale la plus complète de la population. 112.3) Objectif 36, opérateur : Ministère de la santé et de la population. Valoriser, contrôler, informer les populations des possibilités d’utilisations médicinales de la diversité biologique. Deux aspects dominants touchent cet objectif : La réglementation des paramètres des utilisations médicinales, domestiques et artisanales de la diversité biologique. La valorisation semi-industrielle pour la production médicamenteuse aux fins de réduire les importations. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 168 112.4) Activités : Activité 1 : Contrôler la traçabilité des plantes et des animaux utilisés dans les concoctions médicinales : Nomenclature. Origines, récoltes et captures, dates, états de vigueur, etc.. Conformité taxonomique ( une espèce occupant différents habitats, sous des apparences morphologiques identiques, peut présenter des caractéristiques biochimiques diverses et des phénomènes de toxicité imprévisibles). Activité 2 : Réaliser un programme commun santé / directions de wilaya, CF, DSA, inspections de l’environnement et CSDD sur la gestion et l’utilisation des plantes médicinales. Action 1 : Recenser les herboristes, guérisseurs, etc., localement et au niveau national. Action 2 : Inventorier la faune et la flore médicinales et leurs caractéristiques systématiques, écologiques et pharmacognosiques, en considérant les habitats de récoltes. Activité 3 : Contrôler les usages ( administration, posologie, parties de la plante, états, etc..) de la faune et de la flore médicinales potentielles. Activité 4 : Valoriser la biodiversité par la synthèse biochimique des principes actifs des taxons médicinaux. Action 1 : Instaurer des relations de recherche entre les laboratoires de la santé et les laboratoires universitaires de biochimie ( BPC), écologie, botanique, zoologie. Action 2 : Lancer des programmes d’habilitation d’une recherche subventionnée par le Ministère de la Santé sur les principes actifs de la faune et de la flore médicinales. Action 3 : Définir une stratégie d’utilisation médicamenteuse à long terme de la diversité biologique à tous les niveaux. Activité 5 : Mettre en place une réglementation et des cahiers des charges d’exploitation médicinale et ethnobotanique de la faune et de la flore. Diffuser les connaissances et les textes réglementaires. Action 1 : Lancer une revue de vulgarisation et d’information médicinales. Action 2 : Programmer une série de communications radio (mass médias lourds, presse écrite, etc..) de vulgarisation des connaissances médicinales. Action 3 : Renforcer le réseau d’appui et de soutien ONGs, clubs, organisations sociales etc.., à la diffusion et à l’information sur l’usage des plantes médicinales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 169 Activité 6 : Créer des brevets de recherche en phytopharmacie. 112.6) Plan d’action et évaluation financière de la valorisation médicinale de la diversité biologique. i. Contrôler la traçabilité de la flore et de la faune médicinales. Mise en place d’un programme de travail 3 spécialistes x 2 mois x 20.000 DA = 120.000 DA Réseau d’enquêtes sur l’information médicinale 48 W x 2 spécialistes x 3 mois x 8.000 DA = 2.304.000 DA Interprétation des données 2 spécialistes x 4 mois x 20.000 DA = 160.000 DA Coût total de l’activité traçabilité = 2.584.000 DA ii. Activité de Recherche en phytopharmacie Analyses de laboratoires de recherches universitaires et pharmacologiques 1.200.000 DA /genre x 10 genres /an = 12.000.000 DA iii. Activité d’analyse de laboratoire de pharmacologie : biosynthèse Analyses laboratoires / pharmacognosie 600.000 DA/ genres x 10 genres / an = 6.000.000 DA Coût total recherche pharmacologique = 18.000.000 DA/an iv. Législation / diffusion Revue: 30 pages x 3.000DA/an = 90.000 DA Subvention des associations 30.000 DA x 20 associations = 600.000 DA Sous total législation/diffusion = 690.000 DA Coût total général pour la valorisation de la diversité biologique pour la santé = 21.274.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 170 11.3) Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme. 113.1) Constat : Inexistence d’une politique touristique nationale de masse ou internationale efficace en rapport avec la diversité biologique. La politique des prix, le savoir faire touristique balnéaire, montagnard, paysager, archéologique, etc., montrent des carences colossales. Absence de l’écotourisme et des infrastructures adéquates, d’accueil du tourisme écologique, dans les sites remarquables. Délabrement des structures existantes incapables d’acquérir l’esprit du tourisme écologique ni de diffuser les informations sur la diversité biologique mettant en valeur ses attraits touristiques. Mauvaise conception culturelle du tourisme écologique, basé sur la performance physique et le folklore excluant le savoir, l’observation, la curiosité naturelle et l’apprentissage de l’harmonie avec la nature. Méconnaissance et non respect des capacités de charge des systèmes écologiques comme réceptacles du développement des activités touristiques au profit des gains faciles. Inexistence de catalogue de localisation des habitats sensibles, à protéger des pressions touristiques et des conduites à tenir. Inexistence de cartes de classement et de localisation des sites privilégiés pour l’organisation de l’écotourisme. Multiplication des agences touristiques privées qui n’investissent aucune part des bénéfices dans les aménagements des sites, objets de leurs gains. 113.2) Objectif 37, opérateur : Ministère du Tourisme. Intégrer dans la politique touristique du pays l’écotourisme en rapport avec les potentialités physiques, les terroirs et le patrimoine biologique naturel du pays. Cet objectif ne concerne pas la politique touristique dans son ensemble, mais le tourisme en rapport avec les éléments de la diversité biologique. 113.3) Activités : Activité 1 : Déterminer les sites écotouristiques et évaluer les capacités de charges des systèmes écologiques attractifs pour moduler les réalisations des infrastructures et les fréquentations. ( cette activité est effectuée avec les aires protégées et le système de conservation instauré dans cette stratégie). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 171 Activité 2 : Elaborer des cartes touristiques identifiant, à moyenne échelle, les sites remarquables, classés du pays. Ces cartes excluent d’emblée les habitats vulnérables. Elles sont un moyen d’orienter les touristes vers les sites peu sensibles. Activité 3 : Renforcer les capacités des agences touristiques par la formation spécialisée des cadres et des animateurs sur le tourisme écologique et le respect de la flore, de la faune et des habitats. Action 1 : Définir un diplôme de formation en écotourisme qui sanctionne les cycles de formations. Action 2 : Donner un statut au diplôme d’écotourisme et lui subordonner les agréments des ouvertures d’agences touristiques. Action 3 : Etablir des modalités de taxes et de redistribution des bénéfices touristiques aux fins d’aménager et d’entretenir les sites. Action 4 : Réglementer l’écotourisme par un code de comportement adéquat qui cible les responsabilités et les impacts des agences et des touristes. Activité 4 : Définir les nature, qualité, taille des équipements écotouristiques et tester leurs fonctionnalités in situ par les utilisateurs. Activité 5 : Promulguer une législation draconienne destinée à la protection des sites littoraux, selon les règles du plan bleu, et de celle des Tassili, Hoggar, selon les directives du patrimoine mondial, en vue de préserver notre richesse et notre patrimoine biologique naturel. 113.4) Plan d’action, valorisation touristique de la diversité biologique. L’édification et la matérialisation d’une politique écotouristique génèrent des bénéfices à l’Etat. Ils dont la conséquence des taxes du tourisme écologique et des produits artisanaux commercialisés. 1. Evaluation des capacités de charge touristique des systèmes écologiques 3 chercheurs x 5 mois x 20.000 DA = 300.000 DA 2. Elaboration des cartes touristiques à moyenne échelle Maquette : 5 chercheurs x 6 mois x 20.000 DA = 600.000 DA Tirage : 100 DA x 1.000 exemplaires = 100.000 DA 3. Formation écotouristique ( non gratuite) 5 chercheurs x 3 mois x 20.000 DA = 300.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 172 4. Définition des équipements et législation Fait partie des activités normales des directions du tourisme. Pour mémoire 11.4) Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. 114.1) Constat. Le programme d’industrialisation du pays ne prend en compte la biodiversité, ni pour son implantation dans l’espace, ni pour la pollution générée par ses process. Les externalités ne font pas l’objet d’évaluation par rapport à la pollution et aux nuisances occasionnées. Les programmes d’installation des structures industrielles et de transport considèrent la couverture biologique comme espace libre de contraintes insensible aux transformations et aux perturbations. Les effets de la pollution sont évalués davantage, par rapport aux coûts des process, que par rapport aux comptabilisations des nuisances sur la faune, la flore, les habitats et les paysages. Mauvaise gestion des rejets solides et liquides à cause de l’application insuffisante des méthodes de recyclage et de stockage. ( cas des cimenteries, des rejets de mercure, plomb, soude, zinc, eau chaude polluée, fumées). Gaspillage énorme de l’espace autour des unités industrielles, sans bordure boisée ni écran vert. Les espaces de servitude sont nus et utilisés comme décharges, inesthétiques et polluantes. Détournements de l’eau destinée à l’agriculture, vers les installations industrielles, non compensés, par les investissements dans la production agroindustrielle qui demeure embryonnaire. Utilisation inefficace des énergies renouvelables qui restent au stade d’expérimentation ou d’introduction pilote sans envergure. Les infrastructures routières de transport ne bénéficient pas d’aménagements linéaires boisés, ni de bosquets de repos, ni de stabilisation biologique. Les surfaces des routes constituent des impluviums que les taxons de bordure occupent avantageusement. Le réseau routier est nu, alors que nos ressources biologiques sont parfaitement capables de l’équiper et de l’humaniser. Les talus qui constituent des habitats et des refuges d’espèces de taxons animaux et végétaux sont saisonnièrement et inutilement « nettoyés » de la végétation qui les colonise. Aucun intérêt n’est accordé à la valorisation biologique des espèces bioindicatrices de pollution de l’air et de l’eau. Le tapis végétal est toujours subordonné aux aménagements industriels, quelle que soit leur importance. Il ne bénéficie d’aucun intérêt, ni comme élément de paysage, ni comme élément d’équilibre physique. Coût total général politique écotouristique = 1.300.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 173 114.2) Option. Stipuler que l’équipement biologique est complémentaire aux installations industrielles et de transport et que l’industrialisation procure des avantages qui ne doivent pas suggérer des déséconomies vis à vis de la richesse, de la biodiversité et du patrimoine naturel. En aucun cas, le développement des infrastructure ne doit être antagoniste à la préservation des ressources biologiques. 114.3) Objectif 38, opérateur : Ministère de l’Industrie. Intégrer parmi les critères de développement industriels, la préservation des ressources biologiques et des habitats, par rapport aux localisations spatiales et aux choix des procédés de production. 114.4) Activités : Activité 1 : Recenser les unités industrielles dont la pollution dépasse les normes. Etablir un diagnostic national qualifié, quantifié et localisé. Activité 2 : Rechercher les moyens d’ingeneering physiques et biologiques de réduction de la pollution. Activité 3 : Planifier les transformations et les adaptations des process qui réduisent les pollutions industrielles les plus importantes. Activité 4 : Prévoir les systèmes de recyclage des déchets industriels et des aires de stockage des produits dangereux, dans des conditions d’impacts fiables, sur l’homme et la diversité biologique. Activité 5 : Procéder à l’évaluation des effets bioéconomiques de la pollution sur la diversité biologique et le milieu naturel. Activité 6 : Envisager des modalités de réhabilitation des habitats et des taxons dans les cas où les process industriels des unités ne sont pas transformables. Cette démarche a l’avantage de situer les responsabilités et d’appliquer le principe du pollueur / compensateur. Il n’y a pas de raison qu’un bénéficie, individuel ou sectoriel, pollue et dégrade des biens communs. Les activités de 1 à 7 sont analysées dans le Plan d’Action Environnemental (PANE). Les démarches, les évaluations économiques et techniques en dépendent. Activité 7 : Equiper les espaces abandonnés et de services des unités industrielles par la création d’une armature boisée, linéaire et de bosquets, résistante aux pollutions. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 174 Activité 8 : Prévoir systématiquement dans les installations futures, les études d’impacts sur la diversité biologique espace / habitat / résistance. Elaborer un catalogue des taxons écorésistants à la pollution. Activité 9 : Développer avec les institutions du Ministère de l’Agriculture une recherche sur les améliorations variétales pour le développement agro-industriel, bioindustriel et bionique. 114.5) Objectif 39, opérateur : Ministères des Transports, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Adapter et utiliser la biodiversité pour l’amélioration et l’équipement biologique du réseau de transport terrestre. 114.6) Activités : Activité 1 : Evaluer les impacts physiques et biologiques relatifs aux nuisances sur la diversité biologique, inféodées aux isolements, perturbations, altérations, etc., inhérentes aux infrastructures de transport. Action 1 : Définir les conséquences des tracés des routes sur l’harmonie paysagère, l’équilibre de la végétation et la diversité biologique. Action 2 : Prendre connaissance et appliquer la matrice habitats pour définir les tracés des routes et éviter l’altération des sites sensibles. Adopter le principe des contournements routiers systématiques. Action 3 : Coresponsabiliser les cellules scientifiques de développement durable des APC, (CSDD), dans les études des infrastructures routières. Activité 2 : Valoriser les propriétés de la diversité biologique pour stabiliser, améliorer le réseau routier et créer un catalogue des aptitudes bioécologiques par rapport aux contraintes de la géographie routière. Action 1 : Prendre attache avec la banque de données systémiques du CDRB pour sélectionner les taxons de stabilisation des talus, des versants, des sables, de pompeurs d’eau, des asociaux de résistance linéaire, d’absorption de polluants, etc.. Action 2 : Subventionner les laboratoires de recherches universitaires sur des thèmes de biologie de la reproduction, afin de maîtriser la multiplication des taxons systémiques « utiles ». Action 3 : Généraliser l’utilisation des taxons systémiques « utiles » maîtrisés, quel que soit leur type biologique, en fonction de leurs aptitudes écologiques, climatiques, de leurs potentialités dynamogénétiques, etc.. Activité 3 : Intégrer les coûts des équipements bioécologiques d’amélioration paysagère dans les évaluations financières des projets d’aménagement de réseaux. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 175 Action 1 : Réaliser les plantations linéaires en tenant compte des caractères écoclimatiques des taxons et du catalogue des aptitudes bioécologiques des espèces. Action 2 : Réaliser des rideaux biologiques de protection contre les : nuisances sonores, poussières, déchets gazeux, etc., pour réduire les pollutions environnementales et valoriser la fonction filtre de la diversité biologique. Activité 4 : Prévoir des extensions et des accotements boisés, comme espaces de détente. Action 1 : Définir la fréquence des espaces verts de repos, le long du réseau routier rapide. Action 2 : Adapter la nature des espèces et la structure biologique, aux finalités ludiques, de détente et de loisir recherchées. 114.4) Objectif 40, opérateur : Ministère de l’Energie. Améliorer les circuits ruraux de distribution des gaz butane et naturel afin de réduire les coupes ligneuses à usage domestique. Activité 1 : Cibler les zones rurales mal approvisionnées et réaliser un plan de désenclavement. Activité 2 : Prévoir les améliorations qualitatives et quantitatives des circuits de distribution (fréquence, régularité, sécurité, etc..). Activité 3 : Adopter avec les conservations des forêts et les Inspections de l’Environnement une politique des prix à la consommation énergétique. Les montants des subventions sont toujours inférieurs aux valeurs des prélèvements ligneux et leurs conséquences sur la diversité biologique et les habitats. Cet objectif fait partie de l’amélioration des circuits de production et de distribution du Ministère de l’Energie. Il l’implique dans l’accroissement de ses réalisations économiques et dans la qualité de vie des populations. Cette activité est intégrée dans le plan d’action national environnemental ( PANE) où elle est évaluée techniquement et financièrement. 114.8) Plan d’action, valorisation de la diversité biologique par les Ministères de l’Energie, des Transports et de l’Industrie. 1. Les activités de 1 à 8 sont évaluées dans le chapitre conservation. Elles sont citées pour mémoire 2. Analyse systémique des caractères taxonomiques. Ces analyses : autoécologique des taxons, de capacité de lutte anti-pollution des taxons, d’écotoxicité, assimilation, etc.., sont déjà prévues et évaluées dans les chapitres précédents pour mémoire Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 176 3. Catalogue des relations essences / taxons / types de pollution et réalisation des tests expérimentaux. Ressources humaines, ( écologues, biochimistes, physiologues, chimistes) 10 chercheurs x 20.000 DA x 12 mois = 2.400.000 DA Analyses écophysiologiques et de toxicité ex situ et in situ. 1.000 analyses x 2.000 DA = 2.000.000 DA Divers : missions, terrains, contacts, documentation = 450.000 DA Coût total catalogue =4.850.000 DA 4. Valorisation agroindustrielle de la diversité biologique. Cette activité nécessite moins, des moyens financiers supplémentaires, que des orientations du Ministère de l’Agriculture, par rapport aux taxons agroindustriels, (tabac, tomate, fruitiers, etc..) et par rapport aux produits dérivés et aux recyclages de déchets des animaux élevés. Elle consiste aussi à définir efficacement les nouvelles propriétés, les méthodes d’exploitation et de mise en culture des taxons sauvages plus ou moins industriels : alfa, lygeum, lavande, thym, romarin, bruyère, origan, menthe, géranium, etc.. La recherche expérimentale sur la biodiversité débouche sur des utilisations industrielles directes, alimentation, papier, cosmétique, pharmacologie, sur des utilisations indirectes comme la bionique qui imite et applique les processus biologiques dans les procédés industriels ou artisanaux. Cette recherche développe l’artisanat basé sur la diversité biologique. Sa pérennité dépend de l’adéquation de la cueillette de ses produits et des cycles de production des taxons. (association, industrie, tourisme). Evaluation financière pour mémoire 5. Amélioration du transport terrestre. Catalogue : aptitudes écologiques des taxons, contraintes routières et géographiques ( réalisé dans le chapitre précédent). pour mémoire Inventaire des qualifications systémiques des taxons, voir banque de données systémiques des taxons, du CDRB. Elle concerne les caractères suivants : Adéquation qualitative systémique, écobiologique et géographique des taxons. Adéquation des gradients climatiques, de stabilisation, d’ensablements routiers, de glissements, d’éboulements, etc.. Expérimentations et tests des taxons indicateurs. Mise au point des procédés de généralisation à partir des résultats expérimentaux. Ingénieurs Ponts et chaussées, écologues, écophysiologues, forestiers, biologistes, paysagistes. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 177 Coût total général : valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, l’énergie et le transport = 7.700.000 DA 10 spécialistes x 20.000 DA x 12 mois = 2.400.000 DA Divers ( traitement, duplication des résultats, documentation etc..) = 450.000DA Réalisation des « équipements » biologiques (évalué dans les chapitres précédents) pour mémoire Coût total amélioration du transport terrestre = 2.850.000 DA La majeure partie de cette allocation subventionnera les chercheurs des institutions concernées. 6. Amélioration du circuit de distribution de gaz ( PANE) Cet objectif est évalué dans le programme du PANE pour mémoire 11.5) Diversité biologique et aménagement du territoire. 115.1) Constat. L’aménagement du territoire total, global, à long terme, à hiérarchie ascendante n’existe pas. La société, les populations locales et les représentants de la société active ne sont jamais associés à la conception des projets. Les décideurs décident seuls ou en comité technico administratif restreint. La destination de l’espace qui en ressort est généralement conjoncturelle et à efficacité aléatoire. L’affectation de l’espace est parcellaire, désorganisée et sans projection. Le concept d’espace, avec ses multiples facettes, n’est pas appréhendé dans toute son ampleur. L’urbanisation, l’industrialisation, l’équipement infrastructurel des terres agricoles, forestières pastorales ou d’habitats particuliers, plans d’eau, côte, oueds, etc., sont effectués d’autorité, par décision unilatérale. Les prétextes avancés sont toujours l’emploi, les urgences sociales. Ils affranchissent les réalisations de la prise en compte des nuisances irréversibles, causées au milieu. Affectation illogique des matières premières et inadéquation des dimensionnements des réalisations par rapport à ces matières ( eaux agricoles pour l’industrie, terres irriguées pour l’urbanisation, cimenterie en périmètre de mise en valeur à plusieurs kilomètres des carrières de calcaire, scierie de très forte capacité dépassant la productivité forestière, bois d’œuvre ou de scierie pour la pâte à papier, usine papetière sur nappe phréatique d’eau douce, etc.). Inexistence des cahiers des charges qui sont rudimentaires et variables d’une administration à une autre, pour réglementer les concessions de mise en valeur. Abandon important de projets faute de planification préalable, rigoureuse des objectifs et des moyens. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 178 Inexistence de cartes à grande échelle de sensibilité des habitats, des gradients et des conditions de préservation. Inexistence de plans directeurs à grande échelle, planifiés, organisés, consensuels. Elle entraîne des comportements publics et privés peu respectueux des vocations des terres et des massifs boisés. Inexistence de cartographie à grande échelle des vocations des terres et des utilisations planifiées qui conduit aux affectations anarchiques à tous les niveaux. Dans ces conditions d’aménagement, d’exploitation et d’assignation des terres la diversité biologique n’a pas de statut. 115.2) Options globales. Option 1. Concevoir l’aménagement du territoire comme l’organisation et la mise en valeur des ressources naturelles et humaines de l’espace par des démarches des équipements pour satisfaire aux besoins multiples des populations. L’aménagement est planifié sur la base d’objectifs socioéconomiques, scientifiques, financiers, juridiques, environnementaux, écologiques et techniques. Définir l’espace par une perception et une conceptualisation qui renferme une grande multiplicité factuelle qui englobe l’ensemble des réalités concrètes et futures. Matérialiser une catégorisation des espaces spécifiques et dynamiques qui précède le concept de lieu. L’espace biologique inclue les paramètres géographiques, sociaux, écologiques, historiques. Ce sont des ensembles de relations qui se réalisent par des fonctions biologiques dérivant des processus du passé et du présent dont il faut consacrer le futur. Option 2. Fonder l’ensemble des installations territoriales et des moyens de production sur les vocations prospectives planifiées des espaces pour un développement équilibré durable. Consolider la notion de vocation des terres et asseoir le patrimoine foncier, agricole par rapport aux autres espaces naturels et artificialisés. Considérer que l’espace biologique est plus important économiquement que l’espace artificialisé. Il comporte les éléments de mobilisation et de planification infiniment plus variés et plus aptes à répondre au développement futur. Notre niveau scientifique et technique maîtrise les moyens de construction d’infrastructures, mais pas ceux de créer ou de valoriser de façon optimale notre patrimoine génétique, d’accroître un fonds biologique commun ou de protéger ses habitats et ses espaces. Il est utile pour nous et pour les générations futures de déclarer que les « espaces biologiques » ne peuvent être affectés à d’autres usages. Ils seront légués ainsi. Leur durée de vie, contrairement aux équipements humains, est illimitée. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 179 Cette option intéresse l’ensemble des secteurs économiques qui conçoivent, réalisent et gèrent les équipements de l’espace dans lesquels la diversité biologique est un facteur important. Option 3. Déclarer les espaces agricoles et biologiques comme supports indétournables, inaliénables du fonds biologique commun, pour conserver et aménager leurs fonctions biologiques. 115.3) Objectif 41, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Concevoir, analyser et matérialiser les vocations équilibrées des espaces biologiques, industriels et urbains aux niveaux national, régional et local par un projet d’aménagement global, intégré du territoire. 115.4) Activités. Activité1 : Concevoir des plans d’aménagement locaux qui prennent en compte les paramètres de diversité biologique et qui s’emboîtent par paliers pour échafauder un plan intégré total d’aménagement du territoire. Action 1 : Concevoir une démarche qui dérive d’une conception pyramidale à partir des APC, CSDD et ZDD. Action 2 : Sélectionner des critères de caractérisation des espaces par rapport aux variables sociales, économiques, administratives, de loisirs, écologiques, agricoles, forestières, naturelles, de parcs nationaux, de réserves géniques, etc., et de toutes réalités concrètes et futures des espaces. Action 3 : Classifier des espaces biologiques selon les classes nominales suivantes : inaliénable, prioritaire, préemption, préservation temporaire entre 5-10-20 ans, soit 4 ou 5 classes permettant de définir la vocation de l’espace et la durabilité de sa fonction. Action 4 : Conception du programme de cartographie d’aménagement du territoire : Définition de l’utilisation actuelle des terres par l’équilibre entre les contraintes écobiologiques et les aspirations sociales à la suite d’un consensus. Typologie dynamique des vocations en fonction des projets du développement socio économique. Délimitation actuelle et future des affectations spatiales, sectorielles liées à l’industrie, l’urbanisme, le transport, les fonctions biologiques, agricoles, les natures juridiques des terres, etc.. Cartographie de l’espace à grande échelle 1/10.000e. Synthèse régionale 1/50.000e. Synthèse nationale 1/200.000e et 1/500.000e. Activité 2 : Intégrer les paramètres de diversité biologique naturelle, agricole et de loisir, dans les préoccupations de développement à tous les niveaux, particulièrement celui des APC. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 180 Activité 3 : Créer et diffuser les règlements régissant les protocoles d’aménagement qui incluent les paramètres de la diversité biologique au sens large, taxons, habitats, organisations biologiques, paysages, etc.. Activité 4 : Inclure la diversité biologique dans les plans d’occupation du sol en tant qu’élément d’équipement majeur des paysages et de leurs équilibres. Action 1 : Déterminer les habitats sensibles à protéger, préserver, conserver, réhabiliter par l’exploitation de la matrice habitats. Activité 4 : Développer des protocoles d’aménagements intégrés qui fixent les populations rurales à partir de la valorisation de la diversité biologique. Activité 5 : Encourager la participation active de la société civile dans la conception des projets d’aménagement, faisant intervenir les aspirations, les enjeux, les intérêts, avant leurs formulations. Action 1 : Informer la société civile et la population du projet d’aménagement local, des grandes orientations, directives et démarches nationales. Les figures 14-15 fournissent des exemples d’organisation, d’échelles de représentation des aménagements et des emboîtements. Figure 14 : Qualité de représentation et perte d’information. Projet de vocation des terres et d’aménagement intégré du territoire au 1 /10.000 e APC, CSDD: Etudes locales Collectivités locales Organisations sociales Régionalisation du projet d’aménagement intégré du territoire : niveau Wilaya : 1/ 50.000 e Directions de Wilaya Globalisation du projet : aménagement national du territoire : 1 /200.000 e et 1/ 500.000 e Perte d’information s Base de travail Accroissement des responsabilités ponctuelles Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 181 Echelle 1/500 1/1000 Echelles trop précises ( perte de temps) Echelles convenables 1/10.000 1/20.000 Echelles insuffisantes 1/50.000 100 1.000 10.000 100.000 Surface ha Echelle logarithmique Figure 15 : Correspondances entre échelles et tailles des espaces. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 182 Action 2 : Encourager le fonctionnement interactif du mouvement associatif. Action 3 : Organiser les conduites des projets d’aménagement locaux en concernant tous les types associations, traditionnels, ONGs, clubs, groupes, fédérations, etc.. Action 4 : Diffuser les projets pour susciter des réactions, créer des interactions et définir des orientations et des scénarios consensuels. Action 5 : Adopter les préminutes des cartes d’aménagement intégré, collectivement avant le document final. 115.5) Plan d’action et évaluation de l’aménagement du territoire. 1. Conception globale, étude et lancement de l’aménagement du territoire. i. Concepts et critères de bases d’édification des vocations des espaces biologiques. Protocole de conduite et de gouvernance du projet. Modèles organisationnels par régions écologiques et par unité territoriale hiérarchisée (APC). Critériologie locale, régionale, nationale. Modalités d’intégration des populations aux conceptions. Modalités de globalisation des informations et des emboîtements. Principaux acteurs, opérateurs du projet, rôle et fonction. Coordination intersectorielle. Vecteurs médiatiques, diffusion, organisation, interactivité. ii. Ressources humaines de conception : biologistes, écologues, géographes, sociologues, économistes, cartographes, aménageurs, etc.. 15 spécialistes x 12 mois x 20.000 DA = 3 600.000 DA iii. Divers, mission, documentation, équipement = 450.000 DA Coût total = 4.050.000 DA iv. Réalisation du projet : évaluée dans le chapitre conservation pour mémoire v. Régionalisation / globalisation / Cartographie 48 Wilayas x 2 spécialistes x 20.000 DA x 8 mois = 15.360.000 DA vi. Dessin, édition 48 Wilaya x 1 dessinateur x 10.000 DA x 8 mois = 3.840.000 DA vii. Impression et matériel 48 x 20.000 DA = 960.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 183 viii. Divers = 300.000 DA Coût total = 20.460.000 DA 11.6) Valorisation de la diversité biologique forestière. 11.61) Constat. Dans le monde, la forêt est considérée comme le réservoir le plus important de la diversité biologique et comme élément principal d’équilibre naturel vis à vis du paysage, de l’eau, de l’air, du sol, etc.. L’indice forestier algérien, malgré son ambiguïté à représenter les terres climaciquement forestières, est inférieur à 30% du taux d’équilibre, soit 3.200.000 ha de bois et forêt sur 38.200.000 ha de l’Algérie du Nord (1.468.000 ha de forêts et 1.732.000 ha de maquis et matorrals divers). Il est très insuffisant par rapport aux conditions d’équilibre. La répartition des essences forestières est très hétérogène. Elle s’effectue au profit des pyrophytes sociales favorisées par la fréquence des feux. Le tableau 4 fournit la répartition actuelle des forêts. Tableau 4 : Répartition spatiale des essences forestières. Nature Superficie 1 000 ha % Pin d’Alep Chêne liège Chênes afares et Zeen Cèdre Pin maritime Eucalyptus S/Total Chêne vert. Thuya. Genévrier Total général forêt 881 229 48 16 32 43 1 249 219 1.468 60 15,6 3,3 1 2 3 15 100 Coût total général aménagement du territoire aux niveaux local et régional = 24.510.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 184 La forêt algérienne porte un lourd tribu conflictuel, historique, botanique, climatique, social, etc.. Les structures forestières équilibrées sont rares malgré des potentialités écologiques et des aptitudes d’espèces adéquates et à fortes capacités dynamogénétiques. Les pressions pastorales, sociales, les coupes délictuelles, déterminent des dysfonctionnements dont le principal résultat est l’évolution régressive globale du système forestier. De 1966 à 1997, la régression forestière conséquente à toutes sortes de perturbations est de 1.800.000 ha, soit 50.000 ha / an. Les régressions des productions de bois d’œuvre, de chauffage, de charbon, de liège, d’alfa, etc., sont continues La rusticité des espèces forestières autochtones et leurs capacités de résistance à toutes sortes d’agressions naturelles, pathologiques et humaines sont des qualités remarquables et quelques fois exceptionnelles. Sur plus d’une quarantaine d’essences forestières, 85% sont résistantes, rustiques, plastiques et montrent de fortes puissances adaptatives. Les incendies de 1986 - 1990 couvrent près de 50.000 ha / an. Le Maroc, pour 5.000.000 d’ha de forêts, n’a que 5.000 ha de forêts incendiées par an. Toutes proportions gardées, il y a 20 fois plus de feux en Algérie qu’au Maroc. La multiplicité des systèmes fonciers et les droits d’usufruit entravent la gestion forestière bien que le domaine de l’Etat en possède 74% ( 3.200.000 ha). 5% des terres sont communales ( 200.000 ha). Les forêts restantes sont privées. En dehors des produits dérivés, la forêt abrite 80% des bovins, 30% des caprins et 25% des ovins. Les études montrent que la pression pastorale appliquée est 4 fois supérieure à la charge supportable, qui permet le fonctionnement écosystémique correct du système forestier. Depuis l’indépendance, les reboisements s’élèvent à 950.000 ha, avec un taux de réussite de 49%. Il représente un taux moyen équivalent à 16.000 ha de reboisements réussis par an. C’est un taux très faible malgré les investissements consentis. Qu’en est-il pour la diversité biologique ? La régression annuelle de la forêt entraîne une altération des habitats et une perte d’espèces continues. La couverture boisée ne représente que 3.200.000 ha de bois et maquis sur 13.000.000 ha climaciquement forestiers ( 38.000.000 ha diminués de la SAU, des terres à vocation urbaine, industrielle, etc..). Les 75% de forêts disparues ont entraîné une érosion génétique voisine de 30% des taxons. Les 3.200 espèces végétales recensées actuellement ne représentent que 70% de la flore d’équilibre. La perte hypothétique est au minimum de 1.300 espèces végétales. Qu’en est-il pour la faune ? On compte, qu’une espèce végétale représente un habitat pour 10 taxons animaux. 13.000 espèces animales ont donc disparu en Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 185 même temps que les taxons végétaux. L’érosion génétique globale se chiffre par hypothèse à 15.000. C’est considérable ! Dans la forêt, l’utilisation du bois est réglementée, mais pas celle de la diversité biologique, dont les usages sont aussi importants. Méconnaissance de la faune, de la flore et de leurs mécanismes par les gestionnaires de la forêt. La diversité biologique n’est ni quantifiée, ni localisée, ni évaluée. Elle ne bénéficie pas de statut. Le profil de spécialiste de faune ou de flore fait rarement partie des personnels de l’administration forestière et des parcs nationaux. La population riveraine sédentaire qui occupe la forêt et exploite ses produits n’est pas associée à la conception des projets de reboisement et d’aménagement de la forêt. La forêt et ses produits, biens de l’Etat, faisant partie du patrimoine collectif, n’entraînent pas une perception sociale logique du droit de propriété. Les riverains considèrent que les produits de la forêt n’appartiennent à personne et en tirent librement les avantages. La législation forestière contraignante ne différencie pas entre les délits volontaires et les délits de survie. 116.2) Options et objectifs de prise en charge de la diversité biologique par le développement forestier. Option 1. La forêt est un élément central du patrimoine biologique commun, dont la préservation, la consistance et les fonctions multiples contribuent aux équilibres physiques, sociaux et économiques du pays. Option 2. Reconstituer la forêt en tant que réservoir dynamique des ressources biologiques et économiques pour le bien être social, la lutte contre la pauvreté et l’harmonie paysagère. Les deux options s’adressent aux institutions chargées de la gestion forestière. Objectif 42, opérateur : Ministères de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, DGF, DGE. Etablir des typologies, classifications et statuts forestiers des surfaces boisées actuelles. Les objectifs des options sont complémentaires aux thèmes développés antérieurement, relatifs aux créations des aires de conservation et des parcs nationaux. La conjugaison des activités citées fournit l’ensemble des paramètres de connaissance et de gestion des systèmes forestiers par rapport à la diversité biologique. Elle est également en relation avec la cartographie de vocation des terres subordonnée à l’aménagement du territoire. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 186 116.3) Activités : Activité 1 : Cartographier totalement les terres forestières et à vocation sylvicole à grande échelle. Action 1 : Concevoir le projet : Définir une typologie générale exhaustive de la végétation naturelle, qui inclut l’ensemble des formations végétales des pelouses aux forêts et des steppes aux forêts galeries. Classer les forêts, la végétation et les utilisations actuelles et potentielles en fonction des gradients d’exploitation, bois d’œuvre, domestique, utilisation de la diversité biologique, ethnobotanique, artisanale, industrielle, conservation biologique, exploitations sylvo-pastorales et agro-sylvo-pastorales, etc.. Déterminer les vocations forestières à partir des aires sériales des essences en relation avec les potentialités bioécologiques forestières et de biodiversité. Action 2 : Impliquer dans l’approche de détermination spatiale des types de vocation, les cantons, les APC par l’intermédiaire des CSDD et des représentants de la société civile. Action 3 : Déterminer les acteurs et concernés. (Personnels de l’administration forestière, des APC, des CSDD et des organes du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, chercheurs, universitaires, INRA, INRF). Action 4 : Rassembler les moyens de réalisation nationale des inventaires forestiers et des ressources biologiques. Action 5 : Planifier les moyens matériels et les interventions des institutions forestières, universitaires et de Wilaya pour la conception de l’inventaire total. Action 6 : Réaliser un inventaire forestier et des ressources biologiques forestières, selon le canevas suivant : Evaluer le volume du bois sur pieds et les capacités de production ( cubage). Evaluer les modalités de croissance des essences principales. Evaluer les ressources biologiques totales : productions pastorales, produits dérivés du bois, charbons, chauffage, plantes médicinales, etc.. Evaluer les dysfonctionnements et les scénarios de solution. Etablir un fichier de typologie forestière nationale, sur la base des cantons, pour représenter les forêts, les bois et la végétation naturelle. Déterminer les modalités de fonctionnement et de suivi du fichier par les organes de gestion forestière, avec les interlocuteurs aux niveaux des circonscriptions, des conservations et au niveau national. Les données sont communiquées au CDRB pour l’établissement des diagnostics annuels sur l’évolution de la diversité biologique. Action 7 : Cartographier les inventaires à grande échelle en fonction de leur utilisation stationnelle : Etablir un maillage territorial didactique à l’adresse des forestiers. Impliquer la base de l’administration forestière dans la réalisation et l’élaboration des inventaires ( typologie, cubage, faune, flore, etc..). Compléter systématiquement l’inventaire physique par l’inventaire biologique. (Evaluation des richesses et de la diversité biologique forestière). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 187 Action 8 : Définir la périodicité et les délais de réalisation de l’inventaire forestier et des ressources biologiques forestières. Objectif 43, opérateurs : directions de Wilaya, DGF, DGE, CDRB. Réhabilitation spatiale du système forestier et végétalisation arborée et multiforme avec la perspective de 34% de couverture végétale vivace, selon l’approche dynamique. Activité 1 : Définir localement les aires sériales et les possibilités d’introduction arboricole et des autres types biologiques. Action 1 : Bilan physique du pays et plan d’action de réhabilitation. Le bilan quantifie les terres climaciquement forestières et de steppes arborées à 20.500.000 ha. Cette surface affectée des coefficients de réduction dus aux affleurements, aux infrastructures, aux SAU, etc., fait apparaître une surface climaciquement sylvatique de 13.200.000 ha, soit 34% de l’Algérie du Nord. Ces 34% représentent la majeure partie de la surface cataloguée comme terres improductives dans les bulletins de statistiques. La ventilation des surfaces et les propositions concrètes de réhabilitation figurent dans le tableau 5. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 188 Tableau 5 : Proposition d’équilibre physique et biologique, superficie, forêts, plantations fourragères, vergers. Nature Surface Unité : 1000 ha Forêts Améliorations pastorales Vergers Unité : 1000 ha % surface totale Actuel % A réaliser % SAU dont surface à boiser 7.500 800 0 2 Terres improductives des exploitations agricoles Bois et vergers d’exploitation agropastorale. 350 500 0 1 Maquis et forêts actuels 3.200 3.200 8 0 Alfa et steppe 4.000 10 0 Terre de parcours dont celles à boiser en essences fourragères 2.600 650 0 2 Terres improductives 20.500 13.100 ( 54) Viticulture Plantations fourragères, forestières et arboricoles de vergers. Forêts et steppes arborées 600 4.000 8.000 0 1 10 21 Total des surfaces de végétation vivace agrosylvopastorales dont : 17.750 végétation agropastorale totale à réaliser 4.550 0 Végétation sylvatique totale Végétation sylvatique à réaliser 13.200 10.000 TOTAL GENERAL 38.150 18 37 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 189 Action 2 : Affectation des 13.200.000 ha sylvatiques en relation avec la nature des habitats : SAU : 8.000.000 ha dont 10% de boisements linéaires, bosquets, bouquets, et toutes les ravines et bad lands autour des coteaux emblavures, soit 800.000ha. Parcours 2.600.000 ha : amélioration par plantations d’arbres fourragers sur 25%, soit 650.000 ha. Vignobles de coteaux sur sols pentus marneux et schisteux en bioclimats supérieurs au semi aride pour rattraper les terres abandonnées de collines, de basse et moyenne montagnes. Prélever 600.000 ha de terrains improductifs. Vergers : plantations rustiques en bioclimats semi aride et plus humides de versants de raccordement, de terrasses, d’amélioration d’anciens travaux de DRS. Elles sont conseillées en discontinu avec les variétés locales jusqu’à 300 mm de pluie en pentes jusqu’à 30% avec création d’impluvium de récupération et de stabilisation. Ces milieux très vastes offrent une possibilité de 4.000.000 ha issus des terres improductives actuelles. Bois et vergers d’exploitations agrosylvopastorales destinés à protéger les sites agricoles et les exploitations agropastorales pour constituer des reposoirs de troupeaux, des vergers domestiques. Cette plantation diversifiée porte des arbres fruitiers, fourragers et forestiers, soit 500.000 ha. Forêts et steppes arborées : des reboisements sont effectués en référence à la matrice habitats pour la reconstitution des aires sériales. Ces reboisements sont issus des corrélations entre les aptitudes biologiques des espèces et les potentialités écologiques pour respecter les aires climaciques. Ces reboisements de masses arboricoles et de tous types biologiques sont décidés avec les populations locales, selon les vocations locales des terres. Possibilités 8.000.000 ha à retrancher des terres improductives actuelles. Synthèse : Vergers, arbres fourragers = 4.550.000 ha Végétation sylvatique = 13.200.000 ha Végétation vivace arborée totale = 17.750.000 ha Dont à réaliser Végétation sylvatique 10.000.000 ha Végétation arborée agropastorale 4.550.000 ha Végétation agro-sylvo-pastorale totale à réaliser 14.550.000 ha Les 38.150.000 ha seront équilibrés, quand la participation des systèmes forestiers et végétaux vivaces atteindra 17.750.000 ha, dont 13.200.000 ha de forêt et de végétation naturelle. Action 3 : Quantifier et localiser les surfaces des aires sériales par rapport aux aptitudes bioécologiques des essences forestières. Elles sont déterminées par adéquation entre les aptitudes des espèces et les potentialités écologiques. Les aires sériales sont présentées dans le tableau 6. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 190 Tableau 6 : Aires sériales des principales essences. Nature Surfaces unité : 1000 ha % Pin d’Alep 3.000 22,2 Pin maritime et pin parasol 50 0,5 Cèdre 300 2,5 Sapin 10 0,1 Pin noir 50 0,5 Chêne vert 3.000 22,2 Chêne liège 1.500 11,5 Chêne zeen, chêne afares 200 1,5 Essences à feuilles caduques autres que les chênes 300 2,5 Thuya 1 300 10 Olivier, caroubier 1 500 11,5 Genévrier rouge 1 800 13,5 Bétoum 200 1,5 Total 13210 100 Activité 2 : Concevoir un plan d’intervention forestier qui privilégie l’activité de l’administration forestière et qui en émane. Action 1 : Planifier la réalisation du plan forestier en fonction des équipements actuels des moyens matériels et financiers et de l’opérationalité des projets. Action 2 : Cibler les acteurs, les bénéficiaires, les populations concernées et les faire activer dans la conception du projet, relativement aux aspects fonciers et aux natures des plantations. Action 3 : Planifier les édifications des infrastructures et les moyens de développement forestier avec l’objectif de référence : 13.200.000 ha en : Longueurs de pistes. Longueurs de tranchées pare feu et layonnage du parcellaire écologique. Maisons forestières, postes de vigie, etc.. Pépinières. Equipements de suivi, de contrôle et de prévention contre les incendies. Equipements industriels d’exploitation, de valorisation du bois et de ses dérivés. Cette action fait normalement partie du plan de développement forestier qui est envisagé dans le PANE. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 191 Action 4 : Définir les principes d’applications du programme de réhabilitation et des bénéfices attendus pour la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la qualité de vie des riverains : Evaluation des contraintes scientifiques, techniques, matérielles, temporelles et financières en tenant compte des aspects de sensibilisation envisagés avec le Ministère de la Culture et de la Communication. Respecter les vocations des espaces sylvicoles et des espèces. Evaluation intersectorielle du projet de réhabilitation pour réunir, stimuler les soutiens et assurer la coordination administrative. Assurer un suivi efficace des réalisations à partir d’opérateurs qualifiés dépendant des forêts, de l’agriculture et de l’aménagement du territoire. Diversifier les actions, les fonctions des réhabilitations par l’utilisation adéquate des ressources biologiques, forestières, ethnobotaniques, progénétiques, artisanales, chasse, écotourisme, etc.. Prévoir les organes de gestion des espaces à travers les options : étatiques ; communautaires ou collectives ; individuelles ; garantir les dispositions législatives afférentes. Définir avec précision une gestion locale des ressources biologiques avec les populations riveraines. Prioriser les intérêts des riverains par rapport aux impératifs de croissance sylvigénétique et des objectifs macroéconomiques dont ils sont exclus. Intégrer les avis des populations locales, éviter les antagonismes dans les solutions apportées par l’aménagement forestier. Activité 5 : Identifier des projets pluriannuels d’intervention sylvigénétique ( cette activité est concertée entre les DSA, les conservations, les APC, l’Aménagement du Territoire et les populations). La viabilité écologique des systèmes forestiers dépend de la multiplicité des activités qui lui attribuent une durabilité économique. Les agencements des ces activités en plans d’intervention seront intégrés dans les zones de développement durable ( ZDD). Les améliorations sylvicoles ne drainent l’adhésion des populations que si elles réunissent les ingrédients de la réussite et qu’elles parviennent à réduire au minimum les taux d’échec. Les actions planifiées et organisées sont toujours les plus appréciées et les plus efficaces pour accroître l’intérêt des riverains à leur préservation et au respect de la diversité biologique. Activité 6 : Mettre en place les indicateurs de suivi et d’évaluations du plan de sylvigénèse aux niveaux communal, wilayal et national. Orientation : Les critères fondamentaux de l’évaluation du plan intègrent les indicateurs sociaux de participation, d’adhésion, d’accroissement des revenus et des ressources biologiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 192 116.4) Plan d’action et évaluation financière du plan sylvigénétique. 1. Etude i. Cartographie générale des terres sylvicoles : Ressources humaines : Ecologues, forestiers, pastoralistes, agronomes, bioéconomistes, zootechniciens, sociologues, cartographes photointerprètes, dessinateurs, etc.. 20 spécialistes x 12 mois x 5 ans x 20.000 DA = 24.000.000 DA Cette partie est réalisée partiellement dans le programme de cartographie d’aménagement du territoire et de vocation des terres. Moyens de cartographie : couverture de photographies aériennes au 1/10.000e 42.300 photographies x 70 DA = 2.961.000 DA Cartes topographiques au 1/10.000 e : 10.600 cartes x 20 DA = 212.000 DA Les matériels de photointerprétation et de cartographie sont acquis lors des phases d’aménagement du territoire et d’installation des zones de développement durable. Divers : moyens d’analyse, de cubage, de biomasse, de flore, de faune, des organisations biologiques, frais de missions et déplacement, etc. = 4.500.000 DA Coût total de l’étude d’inventaire forestier, des ressources biologiques et des vocations sylvicoles = 31.673.000 DA ii. Formation et recyclage des agents forestiers aux nouvelles techniques : pour mémoire iii. Réalisation des équipements sylvigénétiques : Pépinières. Pistes Maisons forestières. Points d’eau, etc.., sur 10.000.000 ha Ils sont évalués à 25.000 DA / ha, soit Coût total des équipements sylvigénétiques = 250.109 DA Coût total du programme : étude, opération d’équipement sylvigénétique = 121.031.673.10 3 DA iv. Réhabilitation de la couverture végétale totale des 14.550.000 ha dont : Arbres fourragers : 650.000 ha Vignes : 600.000 ha Vergers : 4.000.000 ha Brise vents et différents bois des exploitations agricoles : 800.000 ha Soit au total 6.050.000 ha. 6.050.000 ha x 1.000 arbres/ha = 6.050.10 6 arbres. 6.050. 10 6 arbres x 20 DA = 121. 10 9 DA Reboisements des terres à vocation forestière et steppe arborée Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 193 14.550.000 ha – 6.050.000 ha = 8.500.000 ha 8.500.000 ha x 1.000 arbres/ha = 8.500. 10 6 arbres 8.500. 10 6 arbres x 7 DA = 59.500.10 6 DA Coût total sylvigénèse = 121. 10 9 DA + 59.500.10 6 DA = 180.500.10 6 DA Les acteurs réalisant les opérations de sylvigénèse doivent combiner les actions agroforestières, intervenir dans toutes les zones de développement durable des APC et dans les conceptions des aménagements du territoire. Ces opérations commencent dans les zones de développement durable. Les frais évalués pour la réhabilitation sylvigénétique et les aménagements des ZDD sont intégrés. Prix de revient à l’hectare : 20.723,8 DA. L’hypothèse faible consiste à réaliser 6.050.000 ha avec la participation des bénéficiaires et de la population. L’Etat n’est impliqué que pour la fourniture des plants de vigne, d’arbres fruitiers, d’arbres fourragers, forestiers et de brise vent, liés aux exploitations agricoles. Cette hypothèse fait intervenir les actions de reboisement prévues dans les activités de sensibilisation, d’élaboration de ceintures vertes et de jardins suburbains. Cette action de sylvigénèse n’est pas isolée, elle intègre l’ensemble des activités de reboisement et d’équipements biologiques prévus pour la valorisation de la diversité biologique avec l’objectif d’instaurer l’équilibre physique du pays. 11.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. 117.1) Constat. Le bassin méditerranéen est confronté dans sa totalité à des menaces de dégradation d’origines multiples : Pollution : atmosphérique, lessivages d’engrais, pesticides, etc.. Trafic maritime méditerranéen 300 fois supérieur au trafic mondial d’hydrocarbures. Le pourtour méditerranéen supporte le tiers du tourisme mondial. Pression urbanistique côtière très ancienne et très forte. 70% de la population méditerranéenne habite à moins de 100 km de la côte. Introductions accidentelles fréquentes d’espèces expansives comme la Caulerpa taxifolia qui occupe des niches écologiques de phanérogames marines « utiles ». Accroissements de la salinité et de la température faibles, mais continus. La richesse et la diversité biologique marines algériennes sont proportionnelles à la largeur du plateau continental. Dans certains pays, il dépasse 200 milles. En Algérie, il n’atteint pas 15 milles. Sa surface est de 20.931 km 2 dont 18.504 exploitables et 2.427 interdits. Coût total général de la réhabilitation sylvicole de vergers arboricoles, d’amélioration fourragère arboricole, d’équipements biologiques des exploitations agricoles et d’équipements sylvigénétiques = 301.531.673.10 3 DA, soit l’équivalent de 302.10 9 DA. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 194 Des facteurs physicochimiques et hydrodynamiques compensent partiellement cette insuffisance vis à vis de la production halieutique. Malgré l’unicité du système marin, une zonation fonction des températures, des profondeurs, de l’éloignement de la côte, etc., constitue des unités discriminées. La province néritique couvre 10% de la surface globale et abrite 85% des 1.700 espèces connues. Les classifications biologiques, écologiques et économiques retiennent cinq catégories : clupes ou petits pélagiques ( sardines, anchois) ; bentho-demersales inféodées aux fonds (raies, merlans) ; les bentho-démersales des fonds accidentés, ( crustacés, squales) ; les pélagiques osseux, ( thon, bonites) et les non classés. Les résultats des fonctionnements des eaux territoriales relatifs à la production et à la productivité proviennent de campagnes internationales. En tant qu’études commandées, elles ont la fiabilité inhérente aux conditions d’échantillonnage et d’exploitation ( campagnes de 1974, 1981, 1982). Les stocks sont mal connus : Pélagiques, stock de production et de reproduction 180.103 T. Prise estimée soutenable à 100.10 3 T/ an. Prise réelle moyenne 87.10 3 T/ an. Bentho démersales, stock non estimé. Prise moyenne réelle 12,2.10 3 T/an. Bentho démersales de fonds accidentés, stock de 34.103 T. Production exploitable 10.10 3 T/an soutenue, prise réelle moyenne 3.10 3 T/ an. Grands pélagiques ( thon, espadon) de très haute valeur commerciale. Prise évaluée de 600 à 800T par les armateurs étrangers, 1992 / 1995 / 1996. Prise moyenne réelle de 1,9 10 3 T / an. Prise totale moyenne de 105. 10 3 T / an. La flotille totale est de 2.059 métiers ( 289 chalutiers, 607 senneurs, 1.158 fileyeurs palangriers, 5 thoniers). Les infrastructures portuaires se répartissent ainsi : 10 ports mixtes, 19 ports de pêche, 19 abris de plage, soit 48 attaches. Le potentiel saumâtre est irrégulier et peu utilisé. Barrages (44) 50.000 ha Retenues collinaires, embouchures d’oueds 23.000 ha Marécages 15.000 ha Sebkhas et chotts 20.000 ha Empoissonnement des plans d’eau avec des espèces allochtones à impact écologique hasardeux, méconnaissance éthologique : 21 espèces vivent dans les eaux continentales, dont 12 introduites et 9 autochtones. La diversité allochtone est plus riche. Les introductions et les élevages ne sont pas suivis de travaux scientifiques fondamentaux et expérimentaux. Les infrastructures sont abandonnées dès leur installation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 195 L’aquaculture ornementale fait l’objet d’un engouement grandissant 107 espèces allochtones sont élevées. Consommation algérienne de poisson faible. 3,7 kg / habitant /an comparée à 12kg / habitant /an dans les autres pays méditerranéens. Revenus annuels faibles de 11.000.10 6 DA. Il est impossible d’évaluer une partie des exportations effectuées de façon plus ou moins illicites en haute mer ( anchois, crevettes, langoustes, espadon, civelle). Le thon exploité par les japonais est estimé à 3.000.10 6 DA. 25.000 emplois directs et 100.000 induits. Ces estimations sont en baisse. Législation éclectique peu efficace et mouvante. Les dysfonctionnements sont nombreux et concernent aussi bien le milieu marin que le matériel biologique. La mer méditerranéenne couvre 1% des océans et 30% du trafic maritime mondial. Un seul naufrage de pétrolier, proche de la côte, causera des nuisances incalculables. Il n’existe pas de stratégie d’élimination des produits pétroliers en cas d’accident, de dégazages et rejets de déchets urbains et industriels incontrôlés. Infestation bactériologique croissante et imprégnation des organismes vivants de traces d’hydrocarbures ou de métaux lourds ( mercure, oxyde de titane, plomb, etc.). La mer est dans un cycle de dégradation cumulatif qui compromet ses qualités biologique, esthétique, touristique, etc.. Pression urbanistique trop forte à cause de l’option vitrine littorale lancée pendant les années 1970. Elle a conduit à l’occupation industrielle et urbaine intensive de la côte. Dégradation et réduction spatiale du système d’herbier à posidonie, générées par les perturbations des flux terre / mer des écotones. Cette biocénose constitue un habitat pour 20% des espèces. Le cycle de dégradation est aggravé par les estivants qui engendrent de très fortes contraintes épisodiques. L’éducation balnéaire est totalement inexistante dans toute la côte. Toutes les variables de la méditerranée sont excessives. Elle est caractérisée par une hyper natalité, une hyper urbanisation, une hyper industrialisation et une hyper compétition de pêche. Eutrophisation provoquée par le tout à l’égout, aggravée par les déjections des oueds dont 80% sont pollués. La déstabilisation du littoral, par les prélèvements de sable, entraîne l’ érosion du plateau continental et l’altération des chaînes alimentaires. Le remaniement de la côte est Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 196 permanent. Il déstabilise les habitats du plateau continental et perturbe son fonctionnement. Au plan global, certains spécialistes montrent que dans la mer méditerranée, la température, la salinité, les sels, les nitrates, les phosphates s’accroissent avec l’effet de serre et les lessivages des terres agricoles depuis 1950. Ces perturbations augmentent dans un premier temps la production halieutique sélective, qui affecte les poissons pélagiques jusqu’à un seuil non déterminé. Elles entraînent néanmoins à long terme une baisse de la biodiversité. Mauvaise coordination entre chercheurs océanologues et gestionnaires de la pêche. La gestion du système marin s’en trouve sérieusement affectée. Fiabilité des données statistiques réduite engendrant une mauvaise maîtrise des activités et des produits de pêche, de l’artisanat et des techniques utilisées. Insuffisance des contrôles de production à la criée. L’administration ne maîtrise pas les échanges en haute mer et de la pêche à la dynamite en voie de généralisation. Celle-ci conduit de façon irréversible à la paupérisation du milieu marin, en tuant tous les organismes quelles que soient leurs tailles ( plancton, alevins, etc..). Elle détruit les habitats et les niches écologiques de fond. Chaque explosion de mine en mer équivaut biologiquement à un incendie. 117.2) Options. Valoriser l’eau marine comme source de vie et de développement des ressources biologiques, afin d’accroître leur productivité systémique et les avantages économiques des populations. Fonder l’exploitation sur l’évaluation des stocks, l’instauration des zones de préservation dans les écotones et le plateau continental et sur la maîtrise des techniques de pêche. 117.3) Objectif 44, opérateurs : Ministères de la Pêche, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, des Equipements. Gérer rationnellement la diversité biologique, la productivité, la production et la qualité du système marin. La figure 16 représente les interrelations organiques des principales structures qui opèrent dans la gestion du système marin. 117.4) Activités : Activité 1 : Prohiber drastiquement les prélèvements des sables de plages pour stabiliser la côte, les profils sédimentologiques marins et les échanges au sein des écotones. Action 1 : Prévoir, avec le ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement et les structures chargées de l’urbanisme et de la construction, les produits de substitution du sable de plage ( carrières, sable du sud, etc..). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 197 Action 2 : Renforcer les moyens de surveillance et la réglementation pour intensifier les sanctions. Action 3 : Eradiquer à la base les circuits de commercialisation et d’utilisation du sable marin : prélèvement, transport, stockage. Action 4 : Intégrer cette activité dans les aménagements des écotones et les zones de développement durable ( ZDD) des APC côtières. Activité 2 : Prévoir un plan national d’installation de microstations d’épuration, de filtrage, de purification et de recyclage des eaux usées et des déchets urbains. Planifier la réalisation de stations d’épuration de grande capacité dans les centres urbains les plus importants, afin d’éviter l’eutrophisation marine. Dans les cas extrêmes, le dragage est indispensable. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 198 Figure 16 : Gestion des systèmes marins et aquacoles. Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’environnement Ministère de la Pêche CDRB Direction de Wilaya DRMA Recherche, ISMAL, Universités, Instituts Préservation, parcs, frayères, nursery, exclusion marine APC CSDD/ ZDD Aménagement du territoire Décisions opérationnelles Régulation des activités de développement, pêche, tourisme, industrie, élevage aquacole, lutte contre les nuisances, principe de précaution Mer, Continent MAE Coopération internationale Direction Générale des Pêches M ERS Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 199 Activité 3 : Prévoir des stocks d’alerte de détergents et les instruments de lutte contre la pollution par les hydrocarbures ( pompes de puisage, etc..), afin de se prémunir contre les accidents de pétroliers et les dégazages excessifs. Action 1 : Sélectionner les produits efficaces résistants au stockage de longue durée. Action 2 : Tester les produits in situ et conduire des exercices de manipulation. Action 3 : Dégager les moyens financiers pour acquérir, stocker et surveiller les produits. Activité 4 : Activer le réseau de surveillance du littoral et du plateau continental, (pêche, tourisme, loisir etc..) pour le maintien de la qualité naturelle des produits de la mer. Action 1 : Renforcer le réseau humain et matériel de gardes côtes, gendarmerie, gardes communaux, etc.. Action 2 : Renforcer les capacités des agents de surveillance par une formation appropriée sur la vulnérabilité de la diversité biologique et la sensibilité des écotones. Action 3 : Surveiller drastiquement la pêche à la dynamite pour l’éradiquer. ( Cette sorte de pêche dévastatrice, intolérable doit être combattue avec la plus grande énergie). Action 4 : Surveiller les trafics commerciaux hauturiers, afin que les produits de pêche arrivent aux criées et marchés locaux. Action 5 : Renforcer la sensibilisation des pêcheurs pour que les produits bentho-démersaux soient triés normalement et commercialisés dans les ports d’attache. Action 6 : Renforcer la surveillance dans les eaux territoriales contre les dégazages, déballastages, vidanges des bateaux quelles que soient leurs tailles. Action 7 : Instaurer une législation énergique contre toute pollution marine ; celle des déchets domestiques riverains est comprise. Action 8 : Sensibiliser et éduquer les populations littorales afin qu’elles ne considèrent pas la mer comme un dépotoir. ( Il existe 7.000 objets, pneus, caisses, sacs plastiques, bouteilles, etc., au km 2 dans les fonds marins). Activité 5 : Evaluer les stocks de pêche par l’analyse du fonctionnement des systèmes marin et lacustre en incluant l’inventaire simultané de leur diversité biologique. Action 1 : Définir les méthodes d’évaluation des stocks et les acteurs : Créer des consortiums de laboratoires de recherche avec l’ISMAL, l’USTHB, les Universités d’Annaba, d’Oran, la DGP, etc.. Définir les modalités de coordination, de communication et de suivi des stocks biologiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 200 Mettre en place un protocole commun d’intervention, de traitement et d’analyse de la fiabilité des résultats. Action 2 : Mettre en place les moyens matériels d’investigation en mer. Action 3 : Déterminer les plans d’organisation des campagnes. Action 4 : Planifier les opérations et les sites à analyser conformément au plan d’échantillonnage. Action 5 : Inventorier la richesse et la diversité biologique marine avec le CDRB, selon la matrice habitats, simultanément à l’évaluation des stocks de pêches. (nécessité d’analyser les cycles trophiques complets : complexité, étendue, facteurs biologiques, physiques, chimiques, etc., impliqués). Action 6 : Déterminer les productivités des stocks biologiques, et les capacités de prélèvement selon le principe de précaution. Activité 6 : Adapter le matériel de pêche. ( Cibler les produits adultes en adaptant les tailles des mailles des filets 40 mm, filets dérivants, etc..). Cette activité est maîtrisée par les professionnels de la pêche. Son application fait défaut. Le contrôle du matériel à bord et l’analyse scientifique et technique des produits de pêche à l’arrivée permettront d’appliquer le respect des techniques les moins destructrices. Activité 7 : Déterminer les zones de frayère et les aires de préservation. Cette activité est prévue et évaluée dans la partie conservation. Sites écotone / mer. Sites d’embouchure d’oued. Sites de frayère, nursery, etc.. Sites d’exclusion marine ( taille et durée à déterminer). Action 1 : Réglementer l’exploitation coralligène. Connaissance des sites. Connaissance des production et productivité. Evaluation des stocks et des charges d’exploitation. Calendrier d’exploitation. Règlement d’exploitation, suivi, contrôle et sanctions. L’exploitation du corail est basée sur l’instauration d’un calendrier de rotations entre des parcelles de prélèvement et de préservation. Le corail en tant que production biologique, est régi par des mécanismes qui définissent son exploitation, en fonction des : types de croissance, des habitats, natures, profondeurs, altérations, etc.. Si ses cycles de développement ne sont pas maîtrisés, l’approche de précaution impose la conservation. Les bénéfices particuliers engendrés par une exploitation « aveugle » sont infimes par rapport aux dégradations, morale, d’éthique, et de richesse générées par la disparition des sites naturels de corail qui font partie du patrimoine biologique commun inaliénable. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 201 Activité 8 : Evaluer et développer l’écotourisme littoral / mer. Cette activité est détaillée dans le chapitre de la valorisation de la diversité biologique par l’écotourisme. L’écosystème marin du littoral algérien, de par sa couleur, son soleil, ses étendues, sa douceur climatique, ses stations encore peu artificialisés, exerce une attraction irrésistible sur les visiteurs nationaux et internationaux. La valorisation et l’équipement corrects de ses sites, provoqueront une explosion touristique qui est la manne de demain. Néanmoins, cette activité s’accompagne des précautions rigoureuses de : Préservation géomorphologique des sites. Conformité, cohérence architecturale et paysagère des infrastructures touristiques. Créativité et ingéniosité dans l’organisation des activités de loisir (pêches fantômes, plongées de prospection et de détente croisière ludiques, etc.). Elles sont susceptibles d’apporter des intérêts économiques prodigieux. Education, sensibilisation et implication de la population dans les activités touristiques, destinées aux nationaux et aux étrangers. Adéquation des moyens nécessaires à une organisation des activités sans faille. Ils sont sans prétention mais corrects. Activité 9 : Promouvoir une recherche scientifique et technique en rapport avec les potentialités de développement aquacole marin. Cibler les laboratoires de l’ISMAL, des Universités, de la direction générale des pêches, etc.. Mettre en œuvre un protocole de recherche, après avoir déterminé les axes prioritaires de développement. Mettre en place les premières activités dans les laboratoires, après avoir rassemblé les subventions de recherche. Activité 10 : Renforcer la coopération avec les Etats méditerranéens pour une meilleure prise de conscience de la sauvegarde du système marin. Action 1 : Orienter la coopération vers le renforcement des capacités algériennes par des échanges, spécialisations, stages, colloques, etc.. Action 2 : Appliquer les tendances synergiques de la coopération internationale avec la perspective de renforcer les responsabilités, les intérêts du pays, la sauvegarde de nos eaux et nos systèmes biologiques territoriaux. Action 3 : Exercer les moyens adéquats ( ministère des affaires étrangères) pour que les bénéfices régionaux générés par notre protection soient compensés par les pays limitrophes qui en usent indirectement. Action 4 : Faire pression sur la coopération internationale pour introduire et valider les processus des approches de précaution dans l’ensemble de la méditerranée au détriment de la course à l’exploitation et aux profits immédiats ( PAM, CGPM, PAO, CIESM). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 202 Activité 11 : Renforcer les capacités des ONGs à mobiliser les populations vis à vis des pratiques illicites et des usages illégaux perpétrés en mer et dans les écotones. Dynamite. Sables des côtes. Pollution marine. Constructions incohérentes. Dégradation de la végétation des écotones. Mer poubelle, etc.. 117.5) Objectif 45, opérateur : Ministère de la Pêche. Développer l’aquaculture en milieu dulçaquicole comme complément protéinique incontournable. 117.6) Activités : Activité 1 : Maîtriser les contraintes scientifiques, techniques de l’élevage dulçaquicole par la promotion de recherches fondamentales et expérimentales inféodées à : L’implication des laboratoires spécialisés. L’exploitation des résultats scientifiques après une expérimentation efficace. L’affinement des résultats avant leurs traductions opérationnelles et leurs applications techniques. Activité 2 : Identifier les sites continentaux d’élevage aquacole par rapport, aux critères de sélection, aux disponibilités des eaux non polluées, aux aménagements futurs des bassins versants dont il faut assurer la qualité. Activité 3 : Inventorier et sélectionner les espèces autochtones pour valoriser notre diversité biologique en relation avec le CDRB. Action 1 : Sélectionner les taxons d’élevage par rapport aux critères de répartition, afin d’éviter les difficultés d’acclimatation en tenant compte des : rusticité, plasticité, ubiquité ; capacité de reproduction ; capacité d’altération ou d’eutrophisation du site ; qualité alimentaire des produits. Activité 4 : Analyser le marché par rapport aux habitudes gustatives des populations, à leur capacité à transformer leur régime alimentaire et au déficit protéinique. Activité 5 : Evaluer la rentabilité économique de l’élevage aquacole et les intérêts prospectifs à moyen terme de cette spéculation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 203 Activité 6 : Lancer un programme d’éducation et de sensibilisation populaire à l’usage des produits de l’élevage aquacole. Action 1 : Définir une politique des prix qui privilégie l’incitation à la consommation pendant les premières années de production aquacole. Action 2 : Lancer un programme médiatique destiné à mettre en valeur les avantages de la consommation des produits aquacoles. Activité 7 : Réguler les introductions des espèces allochtones utilisées dans le développement de l’aquaculture ornementale. 117.7) Plan d’action et évaluation financière de la valorisation de la diversité biologique en système marin. Les activités 1, 2, 3 de l’objectif 1 dépendent du ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement. Elles font partie normalement du PANE où elles sont évaluées : pour Mémoire I Renforcement régionalisé des capacités des agents. 300 agents pour un cycle de formation de 20 jours Ressources humaines. 6 spécialistes x 1 mois x 30.000 DA = 180.000 DA Divers , déplacements, documentation, consommables etc. 200.000 DA = 200.000 DA Coût total du recyclage = 380.000 DA ii Sensibilisation des populations vis à vis des qualités naturelles de l’eau : Formation des cadres, ingénieurs des pêches et des cellules de développement durable des APC côtières, en méthodes de communication. 120 cadres formés pendant un mois par des spécialistes des Instituts des pêches, ISMAL, Universités etc. 30 cadres x 4 groupes x 1mois spécialiste x 30.000 DA= 120.000 DA Divers : Documentation, mission, transports etc.. = 250.000DA Coût total Sensibilisation = 370.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 204 iii Evaluation des stocks, des prévisions de pêche et inventaire de la diversité biologique marine. Ressources humaines 15 spécialistes x 3 mois x 41.000 DA (avec déplacement)= 1.845.000DA Moyens scientifiques d’analyses, Physique, chimique, systématique, de biomasse, etc.. 1 000 analyses x 900 DA = 900.000DA Moyens de transport : Bateau ,équipage, moyens logistiques Equipage 15personnes x 20.000DA x 3mois = 900.000DA Logistique 35 personnes x 400DA x 90 jours = 1.260.000DA Location de bateau 120.000 DA x 90 jours = 10.800.000 DA Coût total évaluation des stocks = 15.705.000 DA iv. Préservation des écotones : Evaluée dans le chapitre conservation : pour mémoire v. Recherche aquacole marine, ISMAL et Universités Etablir un Consortium de laboratoires pour dégager dix ( 10) chercheurs chefs de projets afin d’élaborer des études type (PNR), subventionnées par les ministères de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et de la pêche. 10 projets PNR x 1 800.000 DA = 10.800.000 DA Coût total recherche aquacole marine = 10.800.000DA Coût du sous total objectif : ressources marines = 27.255.000 DA vi. Etude, recherche sur la diversité biologique des eaux continentales, aquaculture Projets type PNR subventionnés par les Ministères de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de la Pêche. 7 projets x 1.800.000DA = 12.600.000DA Etude de sélection sites et des espèces. 3 projets PNR x 1.800.000DA = 5.400.000DA Coût total études et recherches = 18.000.000 DA vii Etude des marchés et de rentabilité économique : Ressources humaines 5 spécialistes x 10 mois x 20.000DA = 1.000.000DA Moyens. Missions. Informatique et consommables. 650.000 DA = 650.000 DA Coût total étude des marchés = 1.650.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 205 viii . Sensibilisation aux produits de pisciculture, publicité, média et. 4 spécialistes x 20.000 DA x 1 mois = 80.000DA Spots publicitaires télévisés = 300.000 DA Coût total sensibilisation = 380.000 DA Coût total objectif diversité biologique des eaux continentales =20.030.000 DA Cette évaluation ne concerne que les opérations spécifiques de valorisation de la diversité biologique pour la production durable et l’application du principe de précaution. Les aménagements du territoire, écotouristiques, de préservation des écotones, des zones de développement durable, etc., comprennent une grande partie des investissements évalués dans les parties précédentes. Il est indispensable de coordonner les activités pour mieux cibler les tâches et les investissements par rapport aux opérateurs. Coût total général diversité biologique marine et dulçaquicole = 47.285.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 206 XIV) LEGISLATION ET DIVERSITE BIOLOGIQUE. 12.1) Constat La législation algérienne n’a pas d’option définitive sur le principal support de la diversité biologique qui est le foncier. Il n’existe pas encore de politique foncière stable. Les terres domaniales et communales sont frappées de légitimité obsolète et de droits d’usufruit reconnus tacitement, holistiques et « illégaux ». La souveraineté nationale n’a pas légalisé la jouissance des terres des usufruitiers. Elle n’a pas défini une affectation des droits d’usage par rapport à un type de gestion déterminé: ► Individuel ; ► Communautaire ; ► collectif , ou ► étatique total. Cette indétermination de l’Etat génère un désintérêt pour la terre et influe sur la qualité de ses rapports avec la population rurale. Celle-ci ne perçoit, dans les interventions de l’Etat, que des contraintes. Quand les droits et les devoirs des personnes ne sont pas établis souverainement, clairement et définitivement, les rapports sont conflictuels et affectent l’objet de la loi. Cet objet est en l’occurrence, souvent la diversité biologique, à travers ses composantes biologiques, physiques et processuelles. L’instabilité institutionnelle nationale et locale affecte les orientations et les rigueurs de l’applicabilité de la loi. Les prérogatives attribuées à des institutions mouvantes provoquent l’indifférence des populations et réduisent la crédibilité de l’Etat Les lois relatives à l’environnement ne différencient pas les délits « volontaires », des délits de « survie ». La permanence délictuelle « obligatoire », par nécessité vitale, conduit à l’abandon tacite de la juridiction. Des lois sensiblement identiques sont émises par une pluralité d’organismes ayant les mêmes prérogatives. Elles sont redondantes et rendent la législation plus complexe. D’autre part, quelle que soit son origine, la loi n’est jamais accompagnée des moyens d’application : Diffusion insuffisante aux concernés et à toute la population. Sensibilisation des juridictions inefficace. Information, explication, vulgarisation, massives inexistantes. Plusieurs institutions étatiques gèrent le même objet. Les services concernées par la protection de la nature existent dans les Ministères de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, de l’Intérieur et des Collectivités Locales et de la Culture et de la Communication. Cette dispersion génère une dilution des responsabilités. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 207 Aucune loi ne vise directement, l’usage, la préservation et la reproduction de la diversité biologique dans une approche de développement durable. Les lois relatives à la protection des taxons sensibles ne relèvent pas de considérations scientifiques et techniques rigoureuses. En effet, l’inexistence de l’inventaire exhaustif de la flore, de la faune et de leurs habitats ne permet pas de définir des statuts de vulnérabilité et de menaces objectifs. La législation actuelle de l’environnement et des forêts n’est pas assez réaliste. Elle est souvent initiée à partir de principes qui n’ont pas de rapports directs avec nos mentalités. Futuriste, sans base solide d’application, souvent éclectique et complexe, elle est hors de portée des concernés. Certaines ordonnances, lois et décrets concernent la gestion des paramètres constitutifs de la diversité biologique sans la nommer et sans référence aux mécanismes qui impliquent des conduites particulières aux personnes. Les principaux textes, concernant directement ou indirectement la diversité biologique, promulgués depuis l’indépendance sont recensés à titre indicatif. Ordonnances. N° 66-62 du 26 Mars 1966 relatif aux zones et sites touristiques. N° 75-43 du 17 Juin 1975 portant code pastoral. N° 85-01 du 13 Août 1985 fixant à titre transitoire, les règles d'occupation des sols en vue de leur préservation et de leur protection. N° 96-13 du 15 Juin 1996 modifiant et complétant la loi n° 83-17 du 16 Juillet 1983 portant code des eaux. N° 96-04 du 10 Janvier 1996 portant approbation de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et / ou la désertification, en particulier en Afrique, adoptée à Paris le 17 Juin 1994. L’ancien code forestier est désuet. Le nouveau est déposé à l’Assemblée Nationale pour étude. Lois. Loi n°82-10 du 21 Août 1982 relative à la chasse. Loi n°83-03 du 5 Février 1983 relative à la protection de l'environnement. Loi n° 84-12 du 23 Juin 1984 portant régime général des forêts, modifiée et complétée par la loi n° 91-20 du 2 Décembre 1991. Loi n° 85-08 du 12 Novembre 1985 portant approbation de l'ordonnance Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 208 n° 85-01 du 13 Août 1985 fixant à titre transitoire les règles d'occupation des sols en vue de leur préservation et de leur protection. Loi n° 87-17 du 1 Août 1987 relative à la protection phytosanitaire. Décrets. Décret n° 63-77 du 4 Mars 1963 relatif à la protection touristique du littoral. Décret n° 65-148 du 29 Mai 1965 portant prohibition de certains modes d'utilisation du sol. Décret n° 66-75 du 4 Avril 1966 portant application de l’ordonnance n°66-62 du 26 Mars 1966 relative aux zones et aux sites touristiques. Décret n° 66-192 du 21 Juin 1966 réglementant la pêche sous-marine sur le littoral. Décret n° 72-55 du 21 Mars 1972 relatif à la police sanitaire des animaux. Décret n° 72-168 du 27 juillet 1972 portant création du Parc National du Tassili et de l’établissement public de sa gestion. Décret n° 75-166 du 30 Décembre 1975 portant limites des zones steppiques. Décret n° 82-437 du 4 Décembre 1982 portant ratification du protocole de coopération entre les pays d’Afrique du Nord en matière de lutte contre la désertification, signé au Caire le 05 Février 1977. Décret n° 82-439 du 11 Décembre 1982 portant adhésion de l’Algérie à la convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitat de la sauvagine. Décret n° 82-440 du 11 Décembre 1982 portant ratification de la convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles, signée à Alger le 15 Septembre 1968. Décret n° 82-498 du 25 Décembre 1982 portant adhésion de l’Algérie à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction. Décret n° 83-74 du 08 Juin 1983 portant création du Conseil Supérieur de la Chasse. Décret n° 83-75, 83-76, 83-77, 83-78 et 83-79 du 8 Janvier 1983 portant respectivement création des centres cynégétiques de Réghaia, Zéralda, Sétif, Mostaganem et Tlemcen. Décrets n° 83-116 et 83-117 du 5 Février 1983 portant création des réserves de chasse de Djelfa et de Mascara. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 209 Décret n° 83-126 du Février 1983 portant création de la réserve de chasse de Tlemcen. Décret n° 83-180 du 12 Mars 1983 définissant les zones rurales à haute valeur agricole. Décret n° 83-458 du 23 Juillet 1983 portant statut type des parcs nationaux. Décrets n° 83-459, 83-460, 83-461 et 83-462 du 23 Juillet 1983 portant création des parcs nationaux de Théniet El Had, Djurdjura, Chréa et El Kala. Décret n° 83-509 du 20 Août 1983 relatif aux espèces animales non domestiques protégées, complété par l’arrêté du 17 Janvier 1995. Décret n° 84-45 du 18 Janvier 1984 portant création de la réserve de chasse de Zéralda. Décret n° 84-162 du 7 Juillet 1984 fixant les règles relatives à l'exercice de la chasse par les étrangers. Décrets n° 84-326, 84-327 et 84-328 du 3 Novembre 1984 portant création des parcs nationaux de Belezma, Gouraya et Taza. Décret n° 85-13 du 26 Janvier 1985 fixant les conditions d'utilisation des plages. Décret n° 85-111 du 7 Mai 1985 portant adhésion de l’Algérie à l’Organisation internationale de lutte biologique contre les animaux et les plantes nuisibles ( OILB) en section régionale Ouest Paléarctique ( SROP). Décret n° 85-112 du 7 Mai 1985 portant adhésion de l’Algérie à la convention internationale pour la protection des végétaux, faite à Rome le 6 Décembre 1951, révisée par la résolution 11/79 de la conférence de la FAO du 10 au 29 Novembre 1979. Décret n° 87-44 du 10 Février 1987 relatif à la prévention contre les incendies dans le domaine forestier national et à proximité. Décret n° 87-92 du 28 Avril 1987 portant ratification de l’accord portant création du Centre International du Génie Génétique et de Biotechnologie (C.I.G.G.B) conclu à Madrid le 13 Septembre 1983 et du protocole de la reprise de la réunion des plénipotentiaires relative à la création du Centre International pour le Génie Génétique et la Biotechnologie, tenue à Vienne le 04 Avril 1984. Décret n° 87-89 du 21 Avril 1987 portant réglementation du Parc National du Tassili. Décret n° 87-143 du 16 Juin 1987 fixant les règles et les modalités de classement des parcs nationaux et réserves naturelles. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 210 Décret n° 87-144 du 16 Juin 1987 fixant les modalités de création et de fonctionnement des réserves naturelles. Décret n° 87-231 du 03 Novembre 1987 portant création de l'office du parc national de l'Ahaggar. Décret n° 93-117 du 12 Mai 1993 portant création du parc national de Tlemcen. Décret n° 87-229 du 27 Octobre 1987 modifiant le décret n° 84-162 du 07 Juillet 1984 fixant les règles relatives à l’exercice de la chasse par les étrangers. Décret n° 91-33 du 9 Février 1991 portant réorganisation du Muséum National de la Nature en Agence Nationale pour la Conservation de la Nature. Décret n° 93-99 du 10 Avril 1993 portant ratification de la convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 Mai 1991. Décret n° 93-284 du 23 Novembre 1993 fixant la réglementation relative aux semences et aux plants. Décret n° 93-285 du 23 Novembre 1993 fixant la liste des espèces végétales non cultivées protégées. Décret n° 93-286 du 23 Novembre 1993 réglementant le contrôle phytosanitaire aux frontières. Décret législatif n° 94-13 du 28 Mai 1994, fixant les règles relatives à la pêche. Décret n° 94-41 du 29 Janvier 1994 portant définition des eaux thermales et réglementant leur protection, leur utilisation et leur exploitation. Décret n° 95-38 du 28 Janvier 1995 fixant les conditions et les modalités de pêche commerciale des grands migrateurs halieutiques par les navires étrangers dans les eaux sous juridiction nationale. Décret n° 95-163 du 6 Juin 1995 portant ratification de la convention sur la diversité biologique, signée à Rio de Janeiro le 5 Juin 1992. Décret n° 95-321 du 18 Octobre 1995 fixant les conditions et les modalités de délivrance d’autorisation pour l’ouverture d’établissement détenant des animaux non domestiques. Décret n° 95-322 du 18 Octobre 1995 fixant les conditions et les modalités de capture d'animaux non domestiques et de leur utilisation à des fins de recherche scientifique. Décret exécutif n° 95-323 du 21 Octobre 1995 réglementant l'exploitation des ressources corallifères. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 211 Décret n° 95-429 du 16 Décembre 1995 fixant les conditions et les modalités de délivrance d'autorisation pour la production, la détention, la cession, l'utilisation, le transport, l'importation et l'exploitation des espèces végétales non cultivées. Décret n° 95-252 du 26 Août 1995 complétant la liste des espèces végétales non cultivées protégées fixée par le décret exécutif n° 93-285 du 23 Novembre 1993 fixant la liste des espèces végétales non cultivées protégées. Arrêté du 03 Octobre 1995 fixant le règlement technique général relatif à la production, au contrôle et à la certification des semences et plants. Arrêté du 08 Mai 1995 portant approbation des règles techniques pour l’exécution et le contrôle des forages hydrauliques dans les aquifères du Sahara septentrional. Décret n° 96-121 du 6 Avril 1996 fixant les conditions et les modalités d'exercice de la pêche. Arrêté du 08 Juin 1997 fixant les conditions et les modalités de pêche aux coquillages vivants. Certains principes de lois hérités de la période coloniale ou inspirés des législations étrangères ne sont pas adaptés aux approches participatives et à l’intégration des aspirations populaires légitimes dans les pratiques de gestion. Les aspects particuliers de la gestion réglementaire de la diversité biologique en tant que ressources génétique et biologique ne sont pas pris en considération : collecte, circulation, commercialisation, biotechnologie, OGM, etc.. La législation sur les aires protégées est complexe et contradictoire par rapport aux activités dévolues. Leurs organisations et missions nécessitent une révision en profondeur. Les textes relatifs à la gestion forestière et à la protection de la steppe sont obsolètes et inapplicables dans les conditions actuelles. Ils ne sont pas suffisamment adaptés pour protéger les ressources biologiques. Ils constituent des sources de conflits perpétuels entre l’administration et les riverains. Les concepts nouveaux de potentialités biologiques, génétique, pérennité, équité intergénérationnelle, écodéveloppement, développement durable, gestion participative, etc., n’apparaissent pas dans les lois et sont pourtant les grands thèmes de la gestion de demain. La gestion écobiologique, économique, sociale et législative de la diversité biologique relève d’une approche intégrée qui n’est pas considérée comme telle au plan législatif. La ratification des différentes conventions internationales, malgré leurs aspects novateurs, n’a fait évoluer ni les pratiques de gestion, ni la législation. L’Algérie au plan international est très avant-gardiste. Elle a ratifié presque tous les textes internationaux. Ils nous engagent à respecter des protocoles multilatéraux, même si notre qualification n’est pas compétitive dans la maîtrise des objets conventionnels. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 212 Les problèmes d’accès aux partages des ressources génétiques restent confus et en suspens. Ils méritent des orientations et des prises de positions claires que les décideurs occultent. Des risques importants, analogues aux droits d’ingérence humanitaire, peuvent être encourus, relativement à la conservation génétique d’espèces exceptionnelles. Ils nous soumettent aux préoccupations internationales dont les enjeux et les intérêts dépassent nos fondements législatifs intérieurs par leurs concepts, technologie, et capacité de sensibilisation populaire. Malgré la souveraineté de l’Etat, le droit d’accès aux ressources génétiques peut-il susciter une ingérence dans les affaires intérieures de conservation et de commercialisation ? Il pourrait concerner l’équité de répartition des ressources, le blocage des circuits commerciaux et d’approvisionnement en OGM. L’Algérie adhère à un corpus de droit international en phase de devenir un droit coutumier. Il peut évoluer en lois internationales au titre de la mondialisation et des droits d’expression des populations et des minorités. L’ensemble des conséquences de ces adhésions n’est pas maîtrisé. 12.2) Option. Incorporer dans la législation les droits de la nature et les devoirs de l’homme, pour régir le développement durable de la diversité biologique, assurer la sécurité économique et le bien être des populations. Instaurer des références fondamentales basées sur le principe que la « nature » est source d’entités sociobiologiques à consistance juridique, de par les principes afférents aux approches de diversité biologique. 12.3) Objectif, 46 Opérateurs : Ministères de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement et de la Justice . Promulguer une loi d’orientation sur le développement durable capable d’enrichir par ses principes, la perception et la gestion de la diversité biologique, de définir une législation cohérente fondée sur des rapports harmonieux entre l’homme, la diversité biologique et les institutions structurelles et juridiques du fonds biologique commun, du fonds foncier agricole, du patrimoine biologique et du terroir. 12.4) Orientations. Percevoir la diversité biologique par rapport à ses concepts, qui incluent simultanément, les gènes, les espèces, les taxons agricoles cultivés et élevés, les paysages naturels et artificialisés, et tous les mécanismes de son développement, aux profits mutuels de l’homme et de la nature. La loi d’orientation se rapporte aux nombreux paramètres de la diversité biologique : Elle a une portée morale. Elle introduit le respect des valeurs socioculturelles de l’homme à travers ses fondements naturels, historiques, biologiques de terroir et de patrimoine biologique. Elle matérialise le capital biologique par l’instauration d’un fonds biologique commun, composé des ressources biologiques, propriétés de la collectivité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 213 Elle stipule les incitations et les compensations à l’édification, l’extension, la diffusion et la préservation de ce fonds. Elle est contraignante pour les contrevenants qui portent atteinte au fonds biologique par la dilapidation, l’abandon de ses taxons, les échanges immoraux et les transformations préjudiciables au fonds et au patrimoine biologiques. i. Fonds biologique commun ( FBC). Le principe intangible est que chaque taxon agricole est une composante du patrimoine génétique qui appartient à la collectivité. L’exploitant en dispose avec une seule limite qui est la cessation de la reproduction sans mesures conservatoires. Le délaissement cultural des génotypes rares est un facteur d’érosion génétique prépondérant, dont il convient de se prémunir. L’agriculteur possède et utilise des individus issus de l’activation par l’homme des potentialités génétiques des taxons parents . Leur code génétique, qui dérive de l’ordre de la nature, est une richesse patrimoniale collective inaliénable. Elle dénie le droit de dilapidation à quiconque. L’ensemble de tous les génotypes, de tous les taxons agricoles constitue le fonds biologique commun ( FBC) dont la conservation, l’évaluation et le suivi par l’Etat, sont obligatoires. Le but est de créer ce fonds biologique commun ( FBC) qui réunit l’ensemble des taxons, ressources biologiques animales et végétales communes, utilisables ( de l’atmosphère, la terre et la mer) actuelles et futures. Il est le capital inhérent à l’ensemble des valeurs socioéconomiques sur lequel la communauté à un droit de propriété collectif, transmissible, intergénérationnel. Sur ce fonds, les agriculteurs, pécheurs, éleveurs, forestiers, pastoralistes etc., ont un droit d’exploitation, d’amélioration génétique, d’usufruit, mais pas d’abandon, sans précaution de conservation par l’Etat, pour le maintien de la richesse collective. ii. Patrimoine biologique commun : PBC L’Etat à le devoir de préservation et de conservation in situ et ex situ de ses potentialités génétiques qui constituent la richesse patrimoniale, bioéconomique et sociale. Le patrimoine ( PBC) réunit des types spatiotemporels d’organisation hérités de l’histoire biologique des ancêtres. Ce bien commun a une valeur transcendante et un droit légitime d’existence, incontournable par la conservation et la valorisation. Cette loi consolide par des textes législatifs, la notion de patrimoine biologique commun ( PBC). Il regroupe la faune et la flore sauvages domestiques, cultivées et élevées des habitats, qui couvrent l’ensemble du pays. Il doit bénéficier des moyens institutionnels, juridiques et administratifs correspondant aux mécanismes de son développement et de sa préservation. Il est valorisé par sa fonctionnalité. Le PBC est vivant, son respect et sa protection sont liés aux intérêts, écologiques, physiques, économiques, ethnobotaniques, culturels, médicinaux, etc.., qu’il génère. Cette loi affirme le droit à la vie, à la qualité de la vie de toutes ses catégories. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 214 iii. Le fonds foncier agricole. La sécurité alimentaire du pays est un élément stratégique essentiel. Or les besoins croissants entraînent systématiquement l’intensification technicoculturale et l’extension des surfaces agricoles utiles. L’abandon de chaque parcelle de terre agricole réduit les capacités de production du pays. En aucun cas, l’inexploitation d’une terre à vocation agricole n’est tolérable quelle que soit sa nature juridique. En d’autres termes, un propriétaire de terre agricole est lié par la vocation de sa terre. Elle lui attribue une liberté limitée à la production dans le domaine agricole. La vocation de la terre dévolue et fige le devoir de production agricole et le droit du citoyen à la disponibilité alimentaire. Les surfaces agricoles, dans leur totalité, sont affectées au fonds foncier agricole du pays, qui en en détermine le cadastre et la dynamique. Ce patrimoine est irréductible, car il nous appauvrit ; il est extensible parce qu’il nous enrichit. L’affectation d’une terre au fonds n’altère pas le droit incontestable de propriété ou de jouissance, mais fixe l’usage inhérent à la vocation. Celle-ci n’est pas assimilée à une spéculation, mais consacre la production à l’agriculture quelle que soit sa nature. 4i. Terroir. Fonder l’unicité spatiale élémentaire sur la notion de terroir, comme unité territoriale du fonds biologique commun. Le terroir valide les données biologiques et humaines fondamentales à travers les permanences, la continuité et les références implicites au vécu et au vivant. Il est assimilé à la cellule de base du développement dynamique, novateur, créateur de richesses à travers ses cohérences économiques, sociales, culturelles, spatiales et son potentiel biologique. La réappropriation et la domestication des ressources biologiques constituent le moteur de cette nouvelle perception. 5i. Echelle. Les composantes biologiques « utiles » et les terres à vocation agricole du terroir constituent partiellement le fonds biologique commun et le fonds foncier agricole. La somme de tous les taxons de terroir et de toutes les terres à vocation agricole forme la totalité de ces fonds. Le terroir représente l’unité élémentaire de gestion des fonds qui supplantent hiérarchiquement les taxons, les parcelles et les unités administratives. Le terroir qui a un niveau biogéographique sectoriel est édifié à partir de la connaissance, de l’agrégation des originalités et des totalités biologiques agricoles des entités communales. Il constitue une unité du patrimoine biologique qui regroupe l’ensemble de la faune, de la flore, des unités d’organisation, soit l’intégralité totale des espaces qui les supportent. La création de ces fonds nationaux, mise à part, les amendements législatifs sectoriels, suggérés par cette loi à l’adresse de chaque secteur sont les suivants : 6i. Environnement. La législation environnementale doit fournir l’argumentaire de préservation du PBC contre l’altération générée par les nuisances des procédés technologiques. Elle doit en même temps favoriser l’utilisation du patrimoine biologique pour lutter contre ces nuisances, en priorisant les démarches bioécologiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 215 Les structures chargées de l’environnement participeront à l’évaluation périodique et aux diagnostics des états des fonds biologiques et du patrimoine biologique, afin de prendre les mesures réglementaires qui préservent leur croissance. 7i. Forêt. La valorisation du PBC commence par l’élargissement de l’utilisation des forêts aux ressources biologiques dérivées. La faune et la flore font partie au même titre que les arbres des aménagements, de la réglementation des cueillettes, des usufruits, des espaces forestiers et naturels, etc.. Le développement forestier n’est plus axé exclusivement sur la production ligneuse, mais aussi sur la productivité et l’équilibre biologique agro-sylvo-pastoral et ethnobotanique. Cette option épargne les vocations forestières hautement productives. Les aspects relatifs à la réglementation des usages, comportent l’analyse des impacts des espèces allochtones, régionales ou étrangères, et les évaluations des érosions génétiques. Les missions des conservations forestières de Wilaya sont élargies aux inventaires et préservations des FBC et PBC. Elles veilleront plus particulièrement à leur édification. 8i. Agriculture. C’est aux structures politiques chargées de l’agriculture et aux DSA qu’échoit la sélection des taxons qui constituent le fonds biologique commun. Signifier l’obligation à long terme de valoriser les potentialités biologiques locales, en prohibant les importations de semences. Introduire des systèmes de compensation aux productions et conservations du FBC local. Rendre obligatoires, les analyses des impacts des semences étrangères sur le FBC, sur son érosion génétique et les introgressions génétiques sur les semences locales. Prendre avec le CDRB les mesures nécessaires de conservation ex situ des taxons, des espèces, des variétés, lignées, écotypes, races, cultivars, etc.., qui appartiennent au FBC. La mise en place d’un réseau interactif incluant les agriculteurs, fellahs, herboristes, pêcheurs etc., est primordiale. Constituer avec les services des domaines de l’aménagement du territoire et de l’environnement le fonds foncier agricole et prendre les dispositions législatives pour son fonctionnement. 9i. Hydraulique. Prioriser l’utilisation et la valorisation des propriétés systémiques locales du FBC, pour stabiliser les bassins versants selon la matrice habitats. Prendre les dispositions nécessaires pour que les équipements biologiques démarrent simultanément avec les travaux d’infrastructures hydrauliques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 216 10i. Aires protégées. Réduire les aires protégées à deux types selon les orientations de cette stratégie : Parcs Nationaux. Réserves génétiques de reconstitution. 10ii. Parcs nationaux. Concevoir un nouveau statut type qui renforce les activités de préservation. Réduire la taille des parcs et préciser leurs fonctions par rapport aux autres institutions gestionnaires de l’espace. Elargir les missions aux inventaires, évaluation et valorisation du FBC et du PBC, en renforçant les activités scientifiques. Respecter la matrice habitats et la développer pour définir les constituants spécifiques et les statuts des sites à préserver. Réduire les actions de développement au monitoring d’actions pilotes en relation avec les organes concernés. 10iii. Les réserves génétiques. Elle sont créées localement par arrêté du Wali. La durée de leur existence dépend des résultats acquis. Les mêmes activités scientifiques que celles des parcs nationaux y sont programmées, mais avec des équipements moindres. Préciser la mission, le fonctionnement, l’impact attendu par un statut type des réserves génétiques . 11i. Pêche. Réglementer les campagnes de pêches en fonction de leur dynamique et instaurer les évaluations périodiques des stocks et leur monitoring à partir des moyens locaux . Réglementer les pêches artisanales et les pêches de loisir. Réglementer la création des parcs frayères et nursery, après avoir défini leurs missions respectives et les conditions de leur installation spatio-temporelle. Réglementer les rejets de déchets urbains, industriels, agricoles en mer. Instituer un système de réglementation qui responsabilise les pollueurs. Créer une loi spéciale particulièrement drastique qui interdise l’usage de la dynamite et du trafic hauturier. Appliquer le principe de précaution en interdisant les concessions de pêche délivrées aux étrangers, en attendant de développer et de maîtriser les techniques de pêche. 12i. Aquaculture. Interdire les introductions d’espèces allochtones avant l’analyse précise de leur impact sur la faune, la flore et les conditions écologiques, (eutrophisation des niches trophiques, oligotrophie, mésotrophie, etc..). Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 217 13i. Conservation et réhabilitation. CDRB. Promouvoir les textes de protection de la faune, de la flore, des habitats sensibles et des listes rouges déterminées à partir de la matrice habitats et des inventaires concrets. Créer l’obligation de restaurer et de réhabiliter, les habitats dégradés volontairement, par des opérations de génie écologique pilotes à partir de l’application de la matrice habitats en vue de la multiplication de la faune et de la flore locales. 14i. Aménagement du territoire. Renforcer drastiquement la préservation des habitats littoraux. Instaurer des sanctions exemplaires envers les contrevenants qui pratiquent des prélèvements illégaux de minéraux. Légiférer en faveur de l’assainissement et de la protection du réseau hydrographique. Appliquer de façon inflexible, les concepts de vocation des terres aux aménagements intégrés pour réduire le développement de l’urbanisation et les affectations anarchiques des terres. Instaurer la notion de trame biologique dans les équilibres physiques et paysagers du territoire. Les indices de végétalisation sont standardisés, inclus et respectés dans les aménagements intégrés de l’espace. Imposer les équipements biologiques de protection dans les prévisions de réalisation d’infrastructures et dans les plans de masse des aménagements. Intégrer les préoccupations liées à la diversité biologique dans les aménagements et les plans de développement socioéconomique nationaux. 15i. Défense. Accroître le contrôle du commerce et des échanges exogènes de la faune et de la flore sous quelque forme que ce soit ( graines, organismes vivants ou morts, etc..). Interdire et contrôler le commerce et la circulation transfrontalière illicite de la faune et de le flore élevées, cultivées ou sauvages. Cette interdiction n’est pas motivée exclusivement pour des raisons commerciales mais trouve sa justification dans les questions d’éthique et de morale de préservation des fonds et patrimoine biologiques communs. 16i. Bio sécurité. Interdire l’introduction des OGM sous les formes simples et combinées, pour des usages directs et indirects, tant que de nos laboratoires de recherche ne sont pas aptes à réaliser les décryptages génétiques. Instaurer le contrôle par les études d’impact des introductions des espèces allochtones sur l’homme , l’environnement, la faune , la flore et les systèmes écologiques , au même titre que les impacts industriels sur l’environnement. 17i. Steppes, parcours. Interdire l’introduction des espèces fourragères allochtones dans l’amélioration des parcours steppiques . Imposer les espèces locales, après l’analyse de leur efficacité nutritionnelle, biologique et systémique. Mettre en place les statuts types des aires de parcours programmés et des réserves géniques de reconstitution. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 218 Réglementer drastiquement les labours épisodiques dans la steppe dont il faut déterminer les cadastres et figer l’étendue pour arrêter les défrichements. Assurer la création d’un code pastoral qui actualise et adapte les textes aux nouvelles perceptions de la gestion des ressources biologiques et établit la vocation de reproduction des territoires steppiques et la complémentarité Nord/ Sud comme principe directeur. 18i. Zones érémiques. Créer un code de mise en valeur des zones désertiques ayant pour principe directeur, l’abandon des agricultures itinérantes et l’édification des centres de vie. Faire respecter les vocations des espaces à valoriser et les cadastres des parcelles. Réglementer l’usage de l’eau, pour suivre une économie particulièrement sévère, qui assure la plus grande durabilité d’exploitation . Exiger dans les conditions de mise en valeur, l’assainissement, le drainage, les luttes contre les ensablements et la salinité, les installations de brises vents etc., dès la décision d’exploitation. Ces impératifs sont incorporés dans les fiches techniques d’aménagement au même titre que les productions. 9i. Accès aux ressources génétiques et recherche. Réglementer les échanges des taxons du FBC et PBC pour éviter la bio piraterie. Faire réaliser les recherches et les expérimentations génétiques sur les espèces autochtones du FBC exclusivement par les laboratoires nationaux. Instituer l’échange commercial et non l’accès libre des étrangers à notre matériel génétique . Les coûts comprennent celui des transferts technologiques, de la valorisation et le partage des bénéfices générés par l’utilisation de ce matériel génétique. Les espèces progénétrices et les taxons à caractères particuliers seront rigoureusement protégés 20i. Les gènes. Décréter l’intégration des gènes quels qu’ils soient dans le patrimoine biologique commun et leur valeur incessible. Les brevets acceptés sont affublés d’un droit d’usage équivalent à une rente. 21i. Institutions. Adopter un organigramme politique et technique, stratégique qui renforce la gestion coordonnée de la diversité biologique. Doter chacun de ses organes de responsabilités légales pour faire respecter les activités et les pouvoirs. Renforcer les organigrammes des APC en légalisant les renforcements par les cellules scientifiques de développement durable, CSDD. 22i. Gestion participative. Introduire progressivement dans les textes législatifs, arrêtés, décisions et lois, les concepts et les applications qui matérialisent l’approche participative. Stipuler que cette démarche, implique la recherche d’ actions de concertation, de participation et de consensus avec les organisations sociales locales ( associations, Clubs, Tribus, Archs, etc. et le . la population bénéficiaire concernée. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 219 12.5) Activités. Activité 1 : Coordonner l’édification de la loi d’orientation par les services législatifs de l’autorité de tutelle et des ministères concernés .Ministères, de la Justice, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement , de L’Agriculture , de la Pêche de la Défense etc.. Activité 2 : Concerter et faire participer la base critique la plus large. Représenter les secteurs économiques, ONGs, organisations sociales, concernés, etc.. Activité 3 : Se doter des moyens de faire adopter, connaître et appliquer la loi. Diffuser, sensibiliser, vulgariser, à partir d’actions pilotes effectuées dans les écoles, villages, facultés et dans les structures concernées capables d’étendre son audience. Activité 4 : Réaliser des campagnes d’explication auprès des décideurs, concernés et cibles de la loi pour la faire admettre et adopter par la majorité. Activité 5 : Repenser, coordonner et actualiser l’arsenal législatif relatif à la diversité biologique, pour accroître sa cohérence et prévoir les textes d’application futurs dans leur ensemble. Activité 6 : Se concerter avec le Ministère des Affaires Etrangères afin de prendre les dispositions internationales adéquates vis à vis : Du partage des ressources génétiques. De l’organisation mondiale du commerce international. Des manipulations génétiques et des OGM. Des ingérences écologiques. Afficher des attitudes protectionnistes claires pendant les négociations des conventions internationales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 220 XV) COOPERATION INTERNATIONALE ET FINANCEMENT. 13.1) Constat. L’Algérie s’est montrée favorable aux accords internationaux et à la mondialisation de la protection de la diversité biologique en tant que richesse de la Biosphère. Elle a ratifié les principaux protocoles et grandes conventions mondiales Ces protocoles sont édifiés sur la base de principes très avancés par rapport à la perception, à la législation et aux niveaux technologiques algériens. Même si les accords développent des idées nouvelles, ils ne sont pas accompagnés par l’application qui nécessite des moyens considérables. Une minorité en suit les retombées. La majorité en est exclue par manque d’information . Les progrès escomptés ne sont jamais atteints et les écarts persistent. Ces échanges multilatéraux manquent de pertinence, car ils ne sont pas assortis des moyens de réalisation et de généralisation nationaux. Certains résultats conventionnels laissent les pays développés détenteurs de moyens technologiques puissants, seuls opérateurs des accords conclus. Les pays émergents signataires de ces accords ne peuvent, faute de moyens, s’impliquer dans leur exécution interne. Le protocole conclu est ainsi vidé de son objet. Les conventions internationales sont représentées par des points focaux qui ne bénéficient pas des moyens de diffuser, véhiculer l’information qu’ils reçoivent. Ainsi, dans les réunions internationales, les négociations restent vaines. Elles ne concernent réellement que les points focaux, les négociateurs/ administrateurs et non les experts des domaines. Les subventions accordées par les Organisations Internationales pour l’élaboration des stratégies, sont réduites. Elles contraignent à des acrobaties interminables pour suppléer aux insuffisances financières des allocations de l’Etat. Les subventions internationales accordées par les bailleurs de fonds, FEM/ Banque Mondiale/ UNESCO/ PNUE, ne représentent qu’un faible pourcentage des quotes– parts versées par l’Etat. Une expérience malheureuse due, en partie, à la réquisition de l’information et à l’exclusion des spécialistes algériens est subie par un parc national. Faute d’interlocuteurs valables, le FEM a retiré des crédits importants restés inutilisés. Les financements des aménagements proposés par les stratégies restent majoritairement à la charge de l’Etat. C’est évidemment des masses financières importantes qui demeurent sans aide internationale. Les allocations des banques mondiales, africaines, américaines, FMI sont des crédits que le pays rembourse à plus ou moins brève échéance. Leurs intérêts grèvent considérablement les moyens de l’Etat. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 221 La GTZ finance exceptionnellement des réalisations à fonds perdus dans le secteur de l’agriculture. Les acteurs sous-tendent une forme de réquisition des projets qui diminue considérablement l’impact du financement sur le développement. Il reste sectoriel et limité. 13.2) Option 1. Coopérer avec les pays qui considèrent que la diversité biologique est une préoccupation mondiale et qu’elle est impliquée au sein du développement scientifique, économique et social. 13.3) Option 2. Assurer, par le biais de la coopération multilatérale, les progrès scientifiques et matériels indispensables à la valorisation du patrimoine biologique commun. 13. 4) Objectif 47, opérateur : Haute instance politique chargée de la diversité biologique et Ministère des Affaires Etrangères. Rechercher, par l’intermédiaire de la coopération multilatérale, les moyens de financer la stratégie de développement durable de la diversité biologique algérienne. 13.5) Activités. Activité 1 : Identifier des projets de taille moyenne inféodés aux objectifs et aux activités de développement durable, conformément aux stratégies de financement des bailleurs de fonds. Activité 2 : Cibler les organismes multilatéraux, bilatéraux, régionaux, etc., pour entreprendre des partenariats à long terme sur les thèmes concernant la stratégie de développement durable. Action 1 : Identifier, avec les secteurs économiques, des idées de projets à partir de cette stratégie. Trois projets prioritaires suggèrent des financements étrangers : Un projet zones humides qui comportera la réhabilitation des plans d’eau et du réseau hydrographique pour la sauvegarde de la faune, de la flore hygrophiles et de la sauvagine. Etant donné les variations climatiques saisonnières et annuelles, les biotopes hydroclines sont sujets à des oscillations importantes qui risquent d’aggraver les périodes de déficit hydrique. Des processus climatiques menacent ces zones autant que la pollution. Des études d’hydrologie, d’inventaire, de fonctionnement, d’exploitation, d’aménagement et de participation populaire sont urgentes à entreprendre. Un deuxième projet prioritaire est l’inventaire des taxons cultivés et élevés, de faune et de flore des milieux montagnards. Leurs taxons sont les plus rustiques. Ils ont nécessité une sélection extrêmement laborieuse pour les adapter à ces espaces. Ils encartent les potentialités génétiques les plus remarquables et sont les plus efficaces pour la lutte contre la pauvreté. Ils sont malheureusement les premiers à disparaître avec l’exode rural et l’abandon de l’agriculture montagnarde. L’inventaire, la valorisation par la réintroduction, la multiplication de ces taxons, la préservation, Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 222 l’analyse génétique, la stabilisation des populations et des exploitations agricoles sont des tâches primordiales. Elles permettront de contenir l’érosion génétique de ces milieux. Un troisième projet prioritaire concerne l’évaluation et la gestion rationnelle des potentialités génétiques des milieux oasiens. Même si les oasis constituent des milieux azonaux, elles s’étendent selon des gradients d’altitude, de latitude, d’ensablement, de salinité, de savoir faire des populations et d’isolement très forts qui les différencient. Elles renferment des potentialités génétiques considérables à répartition inhomogènes. Ces potentialités étaient valorisées par des nombreuses méthodes culturales adaptées à chaque système et peut être même à chaque taxon. Certaines d’entre elles contraignantes sont abandonnées au profit d’autres plus expéditives ou simplement délaissées par manque de savoir faire, de vieillesse des fellahs, de problèmes fonciers etc.. Ces contraintes se répercutent irrémédiablement sur la perte de taxons et l’appauvrissement génétique. Le meilleur exemple de cette richesse est celui du palmier. Une prospection a révélé plus de 900 variétés au lieu de la quarantaine connue classiquement. Il se conserve naturellement parce qu’il est vivace et longévif. Mais qu’en est –il pour les espèces annuelles , les cultures en étages les adaptations aux conditions écologiques défavorables etc ? Parallèlement combien de taxons se perdent avec l’accroissement de la salinité, de l’ensablement, du déficit d’eau d’irrigation etc. ? A combien sont évaluées les surfaces abandonnées et leur capital génétique ? C’est des points d’interrogation auquel personne d’entre nous ne peut répondre valablement . Il est extrêmement urgent de lancer un inventaire suivi des conservations in situ et ex situ des taxons cultivés et élevés des oasis et d’entreprendre les études et les aménagements techniques financiers, socioéconomiques et de l’espace qui permettent de pérenniser les cultures. En dehors des effets sur les populations locales, ce projet aura certainement l’intérêt de faire connaître et conserver des taxons avant qu’ils ne se perdent définitivement pour la science, pour notre fonds biologique commun et pour notre patrimoine biologique. Ce projet a d’autant plus d’importance que le milieu saharien est destiné à une croissance incontournable, pour contenir le cru démographique des zones érémiques et arides. Ce développement ne peut avoir lieu qu’avec le matériel biologique local. Action 2 : Assurer une meilleure représentation qualitative et quantitative de l’Algérie aux rencontres internationales relatives aux financements multilatéraux. Activité 3 : Formuler les requêtes des pré-projets selon les canevas des donateurs et leur stratégie de coopération. Faire activer les institutions diplomatiques, les personnes ressources et les représentants des PNUD, FEM, UNESCO, WWF, OSS, UICN, etc.., susceptibles d’être, des intermédiaires efficaces pour faciliter les requêtes de financement des pré-projets. Activité 4 : Formuler le projet final de réalisation selon les stratégies nationales et internationales de valorisation de la diversité biologique en ciblant les acteurs, opérateurs et concernés avec précision. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 223 Des projets d’écodéveloppement de taille moyenne, planifiés selon des potentialités de réalisation objectives, bien ciblés, intégrant les populations locales, les capacités de travail des femmes et des enfants sont plus efficaces que des projets holistiques lourds difficiles à gérer. Ils auront plus de chance de susciter l’intérêt des bailleurs de fonds. La stratégie nationale de développement durable fournit un grand nombre de possibilités d’édification de projets. Activité 5 : Au plan général, il est possible d’engager des collaborations multilatérales relativement aux axes prioritaires de coopération suivants : Droit des pays en émergence au développement durable par l’amélioration et la valorisation de leur diversité biologique en vue d’accroître la richesse de la biodiversité mondiale. Le partenariat mondial en vue de la préservation, de la protection et de la réhabilitation de l’écosystème biosphère à travers les transferts technologiques et des ressources financières. Les partenariats, bilatéraux et multilatéraux, sur les échanges des informations et des méthodes de valorisation de la diversité biologique, selon les mécanismes de cellules de communication. Coopération sur les principes de l’internationalisation des coûts environnementaux. L’Algérie exerçant une pollution atmosphérique minime, devrait bénéficier très avantageusement de cette collaboration. C’est elle qui subit la pollution générée par les autres pays en recevant le CO2, les pluies acides, les pollutions maritimes par la flotte de transport maritime, atmosphériques par la flotte aérienne, et de la terre par les déchets industriels, etc.. Création de nouveaux modèles de consommation plus économes par les pays nantis et plus justes pour les pays en émergence vis à vis du gaspillage de l’énergie, des ressources hydriques, atmosphériques, biologiques, et de la dénaturation de la Biosphère. Gestion durable des ressources forestières et des coûts marginaux associés à la préservation, la réhabilitation des ressources biologiques par l’amélioration du Patrimoine Biologique Commun PBC. Lutte contre les trafics illicites des transports et de la pêche maritimes. Le partenariat bilatéral pour la gestion des faune et flore transfrontalières. Le rachat des dettes ou des intérêts des dettes des pays émergents au profit d’engagements écologiques internes. L’injection de la dette ou des intérêts de la dette, comme compensation à la lutte contre la régression des ressources biologiques, par le développement de la stratégie algérienne de biodiversité, peut conduire à des résultats prodigieux. Coopération en matière de recherche, formation et de transferts technologiques pour l’accès au progrès scientifique universel de valorisation de la diversité biologique. Dans tous les cas, prioriser le renforcement des capacités en vue de dominer les sciences de pointe comme l’expérimentation transgénique et l’accroissement des niveaux biotechnologiques par rapport aux introductions de produits finis. Pour maîtriser et apporter des avantages sensibles au pays, pendant les coopérations et les négociations, le Ministère des Affaires Etrangères et les instances politiques chargées de la diversité biologique doivent renforcer les capacités des négociateurs, pour maîtriser les aspects scientifiques, financiers et les enjeux socioéconomiques des pourparlers. A ces négociations devront participer des personnes ressources et les ONGs les plus compétentes . Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 224 Activité 6 : Négocier, avec les pays de l’UMA, la confection de projets communs de valorisation de la diversité biologique des massifs forestiers, des territoires steppiques et des espaces mitoyens. Activité 7 : Négocier la réalisation de projets communs de développement durable, avec les pays arabes, sur les régions sahariennes et érémiques au sens large. Activité 8 : Susciter des projets méditerranéens, dans la région, sur les problèmes marins, agricoles, aquacoles, forestiers et ceux des écotones sensibles. Ces activités visent la constitution de partenariats scientifiques, socioéconomiques, matériels et pratiques. Des banques régionales sont aptes à financer ce type de projet. ( FIDA, Banque Africaine, etc.). 13.6) Objectif 47, opérateur : plus haute institution politique chargée de la diversité biologique. Mobiliser les ressources financières nationales, nécessaires à la réalisation de la stratégie de développement durable de la diversité biologique algérienne. 13.7) Orientations. Le financement de la Stratégie est lié à la sécurité alimentaire du pays et à son équilibre physico- biologique. La sécurité n’a pas de prix. Les moyens financiers accordés par l’Etat doivent être conséquents pour rattraper le retard accumulé depuis 30 ans. La stratégie propose une multitude d’études et de réalisations, évaluées, emboîtées, de différents niveaux de perception, local, régional, sectoriel et national. Ces actions sont indispensables. Elles sont intégrées et font bénéficier systématiquement les concernés, les personnes ressources, les laboratoires universitaires nationaux et les décideurs. Elles contribuent au choix des orientations et à la planification et constituent un instrument essentiel de collaboration pluridisciplinaire et de coordination. A partir de la réalisation de l’inventaire national et du respect des orientations qui en découlent, la faisabilité des actions devient plus probante. La coordination des financements fait régresser les coûts. Cette tâche est dévolue au CDRB. Une partie des moyens réservés à la recherche universitaire et aux plans nationaux de recherches ( PNR) est orientée vers les études. Elles constituent des axes prioritaires et incluent des chercheurs de différentes disciplines des instituts de recherche de l’agriculture, des forêts, de la pêche, etc.. Auxquels cas, les moyens de réalisation résultent des transferts et non des sources nouvelles de financement. Certaines d’entre elles peuvent être sponsorisées par des associations locales, ONG, qui bénéficient de subventions étrangères. Ce créneau non négligeable est mis en exergue par les systèmes multilatéraux. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 225 Les financements des équipements et de la trame biologiques sont très lourds. Leurs réalisations bénéficient directement aux populations. Ils sont par conséquent partagés sous forme de main d’œuvre volontaire ou pour propre compte. Les réalisations dans les terres domaniales sont également à l’avantage des riverains. La diminution des coûts réside dans l’utilisation de la main d’œuvre en chômage, abondante, à incidence économique faible. La principale source de financement de l’agriculture, pour la valorisation de la diversité biologique locale, provient de la limitation progressive des importations et de l’injection des crédits résultants, dans la stratégie de développement agricole durable. La mobilisation progressive des bénéfices pétroliers en devises dans le développement biologique national est un juste retour des choses. Il est inconcevable et profondément injuste que les produits financiers de notre pétrole valorisent la recherche biotechnologique d’autres pays, au détriment de notre patrimoine biologique, pour des raisons d’urgence alimentaire qui durent 30 ans. L’analyse bioéconomique montre que nos ressources financières permettent notre développement. Il existe à la base, un choix politique essentiel qui est notre autonomie alimentaire à n’importe quel prix. Les répercussions sur l’emploi, les développements économiques, socioculturels et les équilibres physiques et politiques du pays sont incalculables. Elles ont l’intérêt suprême de valoriser l’homme. Ce choix essentiel, dont l’argumentation biologique, sociale et économique, n’est plus à démontrer, relève des décideurs. Ils doivent avoir la conviction du développement national dans leurs motivations profondes et leurs racines. Les transformations institutionnelles au service de cette stratégie concernent prioritairement les renforcements humains des structures existantes. Les renforcements des capacités ciblent les activités scientifiques, de connaissance, de planification et les coordinations locales et nationales. Il y a un perfectionnement qualitatif d’étude et de conception qui exclut les frais pratiques de réalisations d’équipements, de constructions, d’aménagements, réaménagements et les achats inconsidérés peu rentabilisables et inutiles. Les financements de la stratégie suivent les circuits budgétaires ordinaires. Il ne s’agit pas de créer un fonds spécial d’application de la stratégie dont la gestion est problématique. L’option de base définie, intègre la gestion durable de la diversité biologique dans les plans de développement socioéconomiques nationaux. Son financement suit cette démarche. En d’autres termes, la source principale de financement de la stratégie est celle de l’Etat qui doit réorienter l’utilisation de ses crédits vers une plus grande efficacité biologique dans ses plans de développement durable. 13.8) Activités : Activité 1 : Faire adopter la stratégie de développement durable par les concernés à partir d’un débat général et du consensus le plus large et par le pouvoir politique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 226 Activité 2 : Intégrer les options et les objectifs de la stratégie dans les plans prioritaires de développement sectoriel, pour assurer leur application. Activité 3 : Planifier et hiérarchiser les réalisations financières de la stratégie graduellement, en débutant par le niveau local jusqu’au national, selon les actions suivantes : Action 1 : Mettre en place les moyens de renforcement institutionnel, notamment le CDRB à partir des structures existantes. Action 2 : Procéder aux ouvertures de postes et aux recrutements des ressources humaines dans les APC, Wilayas et institutions nationales. Action 3 : Mettre en place les moyens financiers et activer les programmes de travail détaillés par objectif / activités / actions, dans chaque secteur, comme ils sont prévus dans la stratégie. Action 4 : Prévoir les moyens et lancer les études avec les échéances respectives. Action 5 : Procéder aux modifications législatives, organisationnelles et institutionnelles, conformément à la stratégie. Elle vise des transformations à différents niveaux, directions de Wilaya, APC, aires protégées, etc.. Action 6 : Lancer les axes de recherches prioritaires dans les universités et les institutions de recherche de l’agriculture. Opérer les transferts de crédits et orienter les moyens financiers disponibles des PNR. Action 7 : Réaliser une opération spéciale d’équipement de fond, dans la recherche biotechnologique et dégager les moyens nationaux et internationaux de formation de spécialistes. Action 8 : Engager les actions de sensibilisation. Ministères de l’éducation nationale, du enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de la culture et la communication, de l’aménagement du territoire et de l’environnement, etc.. Action 9 : Lancer la matrice habitats et les inventaires exhaustifs de faune et de flore totales, à l’aide d’une opération financière individualisée. Action 10 : Lancer les programmes des ZDD et des CSDD, rendues fonctionnelles par des appoints financiers, planifiés dans les budgets des APC. Action 11 : Suivre l’ensemble des programmes de réhabilitation sur le budget du CDRB. Prévoir 3 années de mise en place et de concentration budgétaire, pour débloquer en 2003, les investissements annuels des équipements biologiques les plus consistants. La réalisation des ZDD peut être planifiée sur 20 ans. Activité 4 : Planifier les budgets annuels de chaque action à partir des évaluations financières effectuées dans la stratégie et des réajustements itératifs. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 227 Activité 5 : Veiller à la prise en charge sectorielle des axes prioritaires de la stratégie. Instaurer une dynamique d’utilisation du fonds national de l’environnement pour la prise en charge partielle du financement de la stratégie. Activité 6 : Entreprendre des actions continues de sensibilisation des décideurs politiques, de la nécessité de la permanence et de la continuité des programmes sectoriels de la stratégie. Activité 7 : Remplacer les actions interrompues par des actions redondantes ou complémentaires, en redéfinissant les sources de financement. Activité 8 : Evaluer les carences financières et proposer des solutions de rechange par une réorientation des activités et / ou une modification de leur planification. Activité 9 : Diffuser les premiers effets bénéfiques de la résorption du chômage, de l’organisation des paysages, de la permanence des opérateurs sur le terrain, par une information multiforme afin que les réalisations soient des arguments d’évaluation et d’accroissement financier des projets stratégiques. Activité 10 : Informer l’ensemble des concernés, sur les études d’aménagement durable, les productions et les équilibres, qui régissent le fonctionnement de la stratégie comme modèle incontournable. Activité 11 : Inciter les organes de réalisation, aires protégées, directions de Wilaya, APC et les opérateurs, à prendre en charge les activités de sensibilisation populaire sur la conduite des projets de la stratégie. Il est important d’en présenter une perception globale, les intérêts et les enjeux à travers les répercussions locales. Activité 12 : Faire en sorte que cette stratégie soit un vecteur de développement intersectoriel pour une diversité biologique restaurée. Activité 13 : Engager la population à accroître l’épargne pour la diversité biologique et la sécurité alimentaire. Suggérer aux instances politiques responsables, la restructuration des dépenses de l’Etat, afin de mobiliser les ressources budgétaires nécessaires à la stratégie nationale de développement durable. XV) MOYENS INSTITUTIONNELS ET DIVERSITE BIOLOGIQUE. 14.1) Constat / Orientation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 228 Aucun organisme de l’Etat ne pratique une approche adéquate de développement et de valorisation de la diversité biologique. Sa gestion efficace dérive de deux principes intangibles qui ne sont pas respectés. La biodiversité n’est pas conçue comme une ressource prépondérante du développement socioéconomique dans la perspective, de l’indépendance alimentaire et de l’amélioration de la qualité de vie sociale. Or, elle fait partie des moyens de développement de notre richesse patrimoniale et de notre puissance. Elle représente un paramètre stratégique fondamental auquel il faut accorder une primauté politique. En tant que ressource biologique renouvelable, sa gestion relève de caractères qui pérennisent la vie, l’équilibre métastable de ses éléments, de ses habitats et de ses systèmes. Comme ressource biologique potentielle, ses aptitudes d’utilisation sont nettement supérieures aux pratiques actuelles. Sa valorisation échelonnée peut être concomitante aux accroissements des besoins des populations humaines. La diversité biologique totale est utile directement ou indirectement et mérite la connaissance, la préservation, la conservation pour une gestion inféodée à une durabilité valorisante. Cette ressource possède les capacités tactiques d’occuper l’espace total sans exclusive. Cette faculté mérite l’instauration d’un système de gestion en rapport avec son étendue. Elle nécessite une prise en charge directe par la plus petite unité administrative nationale, afin de promouvoir sa gestion rapprochée, et qu’aucune parcelle de l’espace ne soit ignorée ou délaissée. Cette unité administrative doit gérer cette ressource comme élément du patrimoine biologique national et de terroir. L’information y relative est centralisée à un niveau décisionnel stratégique capable de prendre des mesures politiques, économiques et gestionnelles nécessaires à sa pérennité. L’affirmation de son intégration dans les plans de développement nationaux est nécessaire à tous les niveaux par l’application de ses approches et l’élaboration verticale de la décision. Etant donné la diffusion très large de la diversité biologique dans l’espace, sa gestion limitée sectoriellement est inefficace. Elle est du ressort des unités de gestion décentralisées, opérationnelles, dotées de la plus grande capacité d’intégration fonctionnelle et territoriale, en contact avec le terrain et la population. La difficulté de maîtrise et de gestion de cette ressource à multiples facettes exige des approches qualitatives d’évaluation, de suivi et de réhabilitation. Les démarches pragmatistes d’écumage, peu attentives à sa dynamique, obnubilées par les productions quantitatives, n’ont aucune efficience. Sa gestion efficace nécessite la mise en œuvre de multiples données, que la coordination actuelle est loin de satisfaire. L’acquisition et le traitement des informations pour la prise de décision sont communs. La participation active simultanée des structures concernées s’effectue depuis la récolte des données jusqu’au niveau politique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 229 Les renforcements spécifiques des structures de gouvernance sont les principaux atouts. La validité des résultats dépend de la qualification des ressources humaines et de la concentration de leur activité autour des paramètres qui développent la diversité biologique. L’objectif de l’organisation institutionnelle consiste à prendre en charge la diversité biologique par le développement des ressources et de pallier aux carences de coordination, de communication et de circulation des données. La qualification des structures est visée par le renforcement des activités techniques et scientifiques par rapport aux tâches administratives dominantes. Actuellement, les données de base cognitives, sur les mécanismes fonciers, socioculturels, etc., ne sont pas maîtrisées. En conséquence, les décisions ne reposent pas sur des paramètres bioécologiques et économiques, mais sur des directives plus ou moins aléatoires auxquelles les techniciens accordent un pouvoir politique exubérant. Elles ne sont pas dotées de l’argumentaire scientifique qui permet d’en rectifier les cours. L’organisation de la gestion doit fonder les interactions entre le sommet et la base sur l’édification progressive de la décision, à partir des résultats de la base vers le sommet. Ce cheminement garantit les ingrédients de la réussite gestionnelle de la stratégie. La structuration optimale comprend plusieurs niveaux complémentaires articulés autour d’activités ciblées. Les tâches technico- scientifiques sont dévolues aux ingénieurs et techniciens et les administratives à des administrateurs. La séparation des tâches est un fondement de la gestion de notre patrimoine biologique. Les activités éclectiques à l’avantage de l’administration, qui lui procurent les moyens et l’autorité, n’ont pas d’efficacité. La valorisation des savoirs scientifiques et techniques est une priorité. Dans le domaine de la diversité biologique, la structure de gestion n’est efficace que si elle met ses moyens à leur service. Les indicateurs de fonctionnement structurel ne sont plus la consommation des crédits, mais la qualité des résultats techniques et scientifiques acquis avec les crédits alloués vis à vis des connaissance, préservation, réhabilitation, suivi, valorisation, gestion durable du patrimoine biologique et la croissance économique générée. Dans chaque niveau, APC, Wilaya, des cellules scientifiques sont constituées à partir du personnel existant ou recruté. Elles ont pour mission de rassembler les arguments fiables d’une gestion valorisante du patrimoine biologique à partir des programmes de la stratégie. 14.2) Propositions : Un schéma organisationnel politique et technique est proposé dans la figure 18. Il définit 5 niveaux : Premier niveau : APC. Le principal acteur est la cellule scientifique de développement durable. Son activité dominante est l’installation des zones de développement durable ZDD. Deuxième niveau : Daira. Etant donnée sa situation intermédiaire, elle n’est pas dotée de moyens de gestion suffisants. Troisième niveau : Wilaya. Les directions de Wilaya, concernées par la diversité biologique, sont les réalisateurs déterminants de sa gestion. Quatrième niveau : Ministères, Secrétariats d’Etat. C’est le niveau d’exécution et de direction politique. Néanmoins, les activités restent sectorielles. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 230 Cinquième niveau : Superstructure politique, ayant un rôle de conception et d’orientation stratégiques. Elle réunit l’ensemble des données sur la diversité biologique. Ce niveau décisionnel est intégré. Elle est assistée d’un conseil du patrimoine biologique et repose sur le CDRB. 142.1) Premier niveau : APC. Chaque APC est renforcée par une cellule scientifique de développement durable constituée de 3 ingénieurs d’Etat en Agriculture, Ecologie / Environnement, Forêt ou Pêche. Les APC activent dans un plan d’ensemble, directionnel, pyramidal, ascendant, où les tâches suivantes sont dominantes : Etudier le patrimoine biologique et intégrer ses paramètres dans les plans de développement intersectoriels communaux. Veiller aux impacts d’affectation et d’utilisation des espaces communaux sur le patrimoine biologique et les terroirs. Mettre en place les ZDD et analyser les modalités de leur gestion avec les populations, les concernés, les partenaires, les bénéficiaires, opérateurs, etc.. Assurer l’orientation concertée, la plus efficace du développement et le rayonnement socioéconomique des zones de développement durable. Assurer la généralisation des techniques de développement durable au territoire total de l’APC. Formuler des diagnostics annuels d’évolution du patrimoine biologique et des terroirs. Développer les relations et les interactions avec la société civile, pour prendre en charge collectivement la gestion durable de la diversité biologique. Créer les notions de terroirs communaux avec les populations. Créer une coordination intersectorielle locale sur la gestion des ressources biologiques impliquant les secteurs du foncier, du tourisme, de l’urbanisme, de l’industrie, de l’agriculture, de l’environnement, des domaines et de la pêche, pour consolider le fonds foncier agricole, le fonds et le patrimoine biologiques communs et le terroir. Participer aux inventaires de la diversité biologique et aux programmes de réhabilitation des habitats. Créer les antennes de banques de données sur la biodiversité au niveau de l’APC avec le CDRB. Participer à tous les programmes de sensibilisation et d’accroissement culturel sur la diversité biologique par les réalisations de cahiers, d’Atlas, de monographies, etc.. 142.2) Deuxième niveau : Daira. Les APC sont en relation directe avec ce niveau intermédiaire de synthèse entre les APC et les Wilayas. Les conservations forestières et les directions des services agricoles y sont représentées par des circonscriptions et des délégations. Néanmoins, ce niveau ne constitue pas un maillon indispensable parce qu’il n’est pas doté de la technicité suffisante. Il est éloigné de la réalité de terrain. Il ne peut jouer un rôle efficient dans la gestion de la diversité biologique sans l’injection de moyens financiers considérables. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 231 142.3) Troisième niveau : Wilaya. Le troisième niveau est celui des directions de wilaya. Les directions sectorielles qui correspondent à la vocation principale de la Wilaya, agriculture ou forêt ou pêche sont renforcées par deux ingénieurs d’état ou un ingénieur d’état et un post graduant. Le modèle de fonctionnement est inspiré de celui des conservations des forêts. Cette organisation ancienne, établie et reconnue par les populations, possède des services présents sur le terrain. Elle a la capacité de remplir un rôle primordial dans la gestion des ressources biologiques continentales sauvages. Les directions des services agricoles, des conservations des forêts, des inspections de l’environnement existent dans toutes les Wilayas. Celle de la pêche n’est représentée que dans la frange littorale. Elles seront éminemment opérationnelles si elles priorisent les activités techniques par rapport aux administratives. Dans tous les cas, leur implication directe dans les travaux de terrain et les relations avec les populations locales est indispensable pour coordonner et optimiser les activités. Elles ont pour mission auprès du wali et dans le conseil exécutif : D’intégrer les paramètres de gestion patrimoniale des ressources biologiques dans les plans de développement de Wilaya. D’organiser avec les cellules des APC, les analyses du patrimoine biologique sauvage et la constitution du fonds biologique commun. D’évaluer la productivité, les valeurs économiques et le savoir local liés au patrimoine biologique. De déterminer avec les institutions concernées, après investigation et expérimentation, les techniques de valorisation, de réhabilitation et de gestion durable du patrimoine biologique. De fournir à l’exécutif l’argumentaire adéquat issu des analyses et des études d’impact en vue des substitutions et des affectations rationnelles des espaces, dans le respect des vocations. De faciliter la circulation des données entre les APC pour coordonner les informations destinées à la banque nationale de données et au diagnostic annuel sur la diversité biologique. De créer les antennes de banques de données de Wilaya. De planifier les installations des zones de développement durable ZDD et de rassembler les moyens nécessaires à leur fonctionnement. De mettre au point des techniques novatrices, préalablement testées au sein des parcs nationaux, dans les plans de développement des ZDD. De coordonner les activités et la communication entre les ZDD de la Wilaya et de créer éventuellement les zones de développement durable wilayales par l’agrégation de ZDD communales mitoyennes. De proposer de nouvelles orientations et d’affiner les activités locales de la stratégie après évaluation des réalisations. D’assurer le transfert technologique, le savoir et le savoir faire des populations à tous les niveaux des activités de la stratégie, afin de développer l’interaction administration / population pour la gestion des ressources biologiques. De diffuser les données susceptibles de susciter l’intérêt de la population pour la concerner à la gestion rationnelle de la biodiversité. D’élaborer tout document de vulgarisation et d’organiser toute manifestation sur le patrimoine biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 232 14.5) Quatrième niveau : structures politiques et économiques. Ce niveau politique et économique concerne les instances ministérielles et les secrétariats d’Etat. La gestion durable de la diversité biologique, hissée en paramètre politique, implique la référence aux ressources biologiques, propriétés de la communauté. Elles représentent les moyens économiques de la sécurité et de l’indépendance alimentaires. Mais à ce niveau, la gestion de la diversité biologique demeure encore sectorielle. Les fonctions de production sont toujours privilégiées par rapport aux valorisations et préservations. Il est souhaitable d’élargir les activités sectorielles de production, à celles des préservations de leurs ressources et de développer les moyens politiques, scientifiques, économiques, sociaux, moraux, d’éthique, pour le faire. Il incombe à l’instance politique chargée de la production agricole, de gérer les ressources agricoles ; à celle de la pêche, les ressources marines et aquacoles ; à celle des forêts, les ressources biologiques naturelles ; à celle de l’environnement, les ressources naturelles dans leur totalité. Ces instances politiques auront pour tâche de satisfaire à la production tout en sauvegardant et en développant les ressources qui sont les véritables moyens et la richesse du pays. Le programme prioritaire, des institutions politiques, inhérent à l’utilisation durable de la diversité biologique est le suivant : Connaître, évaluer, gérer durablement et préserver la partie du patrimoine biologique commun, dont la structure est chargée. Se munir des outils humains, financiers et matériels adéquats qui permettent de valoriser les ressources de la diversité biologique selon les tâches qui sont confiées à la structure. Quantifier, évaluer et suivre les ressources biologiques par rapport à ses utilisations actuelles et potentielles, dans une perspective de développement économique durable. Définir la meilleure approche d’exploitation dans l’éco-développement. Valoriser l’utilisation de la diversité biologique pour l’intégrer comme ressource et indicateur du développement socioéconomique durable. Promouvoir avec les institutions de recherche les axes et les thèmes fondamentaux d’amélioration et de réhabilitation de la diversité biologique. Créer une banque de données sectorielle. Planifier avec les directions de Wilaya et les APC les installations des ZDD en affectant les moyens humains, scientifiques, financiers et matériels, nécessaires à la généralisation des résultats. Planifier la création des parcs nationaux et réserves génétiques de reconstitution. Généraliser les options, les priorités et les applications stratégiques de gestion durable de la diversité biologique. Analyser et compléter la législation notamment par la loi d’orientation stipulée dans la stratégie, afin d’améliorer la prise en charge des ressources biologiques, les rapports entre la population et la biodiversité et le respect des vocations des terres. Prendre les dispositions scientifiques, techniques et réglementaires relatives à l’utilisation de l’espace et du système foncier à l’avantage du développement des ressources biologiques, du fonds biologique commun, du fonds foncier agricole et du patrimoine biologique. Matérialiser leurs supports territoriaux avec les terroirs. Assurer les tâches de communication, diffusion, vulgarisation, au niveau national, pour accroître la sensibilisation de la population et assurer le respect de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 233 La structure chargée de l’environnement et de la gestion des ressources naturelles nécessite un renforcement vertical qui développe les activités de terrain. Elle devra accroître ses capacités d’analyses environnementales vis à vis des incidences des autres secteurs sur le patrimoine biologique. ( nuisances industrielles, transports, etc.). Elle mettra au point les normes de qualité de vie des populations et aura en charge les conventions internationales. Ces normes constituent des références pour les autres structures politiques. 14.6) Cinquième niveau : superstructure politique et conseil du patrimoine biologique. Le quatrième niveau est marqué par une insuffisance fondamentale qui est l’intégration de la gestion de la diversité biologique. Elle reste sectorielle dans chaque structure. Le financement, la planification des activités, la banque de données et les productions sont particuliers. Or, la gestion et l’utilisation durable des ressources biologiques sont efficaces quand elles sont conçues, planifiées et organisées globalement. Ce niveau stratégique de réflexion, de planification et de décision globalisantes qui permet de positionner et d’intégrer les enjeux et les intérêts totaux de la biodiversité dans le développement macroéconomique du pays, est lacunaire. Le cinquième niveau génère une coordination organique qui articule les interrelations sectorielles et inclut la diversité biologique dans un concept patrimonial. Cette démarche renforce l’appartenance de la biodiversité et des ressources biologiques à la collectivité. Elles deviennent propriété de la communauté. Cette perception, fondée sur la valorisation de la diversité biologique en tant que valeur sociale et attribut du développement économique, s’accompagne de méthodes de gestion affranchies du niveau sectoriel. Cet argumentaire rend la création de cette superstructure nécessaire. Elle est inféodée à des approches de valorisation, d’évaluation, d’utilisation durable et de préservation, propres au patrimoine biologique dans son intégralité. L’objectif est son accroissement en tant que richesse et base économique, nationales intergénérationnelles. Ce niveau favorise la communication, la circulation des données intersectorielles en vue de la création d’une banque nationale et d’un système d’informations géographiques (GIS) qui couvre le territoire national et tous les aspects de la biodiversité. Ces éléments sont indispensables à l’établissement de diagnostics périodiques, globaux, à la définition des vocations des espaces, à l'aménagement du territoire et à l’équilibre global du pays. Cette superstructure peut être conçue soit comme un superministère regroupant tous les autres, soit comme un ministère regroupant des secrétariats d’Etat, agriculture, pêche, forêt, environnement, steppe / Sahara ( agropastoralisme). Il est fondamental que cette superstructure matérialise des liens fonctionnels entre les instances sectorielles existantes. Sa vocation est de gérer le patrimoine biologique en combinant les éléments partitionnés de la diversité biologique. Elle dispose de l’ensemble des données sectorielles du centre de développement des ressources biologiques CDRB. Elle est assistée du conseil du patrimoine biologique. Programme : Coordonner les activités relatives à l’utilisation des ressources biologiques de la biodiversité au niveau des plans macroéconomiques de développement. Edifier des approches et des programmes intersectoriels de gestion patrimoniale qui déterminent l’impact des activités sectorielles sur la diversité biologique. Défendre les moyens financiers et spatiaux de valorisation et d’utilisation durable des ressources biologiques. Affiner, exploiter et exposer les diagnostics annuels au gouvernement, afin d’orienter les prises de décisions relatives au patrimoine biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 234 Evaluer périodiquement les impacts de l’application de la stratégie nationale sur l’accroissement des ressources, l’amélioration de la qualité de la vie et la lutte contre la pauvreté. Assurer l’instauration d’un circuit d’informations et de communication en action / rétroaction, des APC, au pouvoir politique, passant par tous les niveaux hiérarchiques et vice versa. Assurer les moyens de sensibilisation et de conscientisation de la population pour accroître son respect envers les valeurs patrimoniales et de terroir. Assurer la responsabilité de la banque centrale de données. Orientation : Cette superstructure a la responsabilité directe des échanges de la banque centrale de données et du SIG montés au CDRB. Le CDRB est le principal outil de gestion, d’élaboration du diagnostic annuel et de suivi de l’évolution de la diversité biologique à travers des indicateurs nationaux. La banque centrale de données est multiaccès. Sa base de données est multiniveaux. Elle enregistre, localise automatiquement et traite les données au niveau national, wilayal et communal pour l’établissement des diagnostics et la prise de décision politico économique à partir du SIG. Elle est dirigée par une cellule de spécialistes : ( informaticiens, écobiologistes Flore / Faune, agronomes, pastoralistes, forestiers, halieutes, économistes, sociologues, planificateurs, universitaires de plusieurs années d’expérience). Cette banque centralisée est liée par des antennes aux wilayas, aux APC et aux institutions travaillant sur la diversité biologique. Elle couvre l’ensemble des données relatives aux ressources biologiques du pays. L’organigramme de la figure 17 montre un schéma d’organisation du CDRB et de ses relations par rapport à la banque de données. Le conseil du patrimoine biologique est constitué des responsables des ministères ou secrétariats d’Etat chargés de la diversité biologique. Il est élargi pendant les sessions semestrielles aux représentants des Ministères suivants : Intérieur et des collectivités locales. Finances. Industrie. Santé et de la population. Hydraulique. Défense. Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Education Nationale. Le conseil est présidé par le responsable de la superstructure. Il se réunit ordinairement six fois par an, dont deux sessions élargies. Le président du conseil a pour tâche de : Coordonner et diriger les activités du conseil du patrimoine biologique. Présenter et défendre les programmes de gestion durable et de développement des ressources biologiques au niveau de l’exécutif du gouvernement et de l’assemblée nationale. Dégager les ressources budgétaires d’application de la stratégie nationale et en planifier l’usage. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 235 C e n t r e d e d é v e l o p p e m e n t d e s r e s s o u r c e s b i o l o g i q u e s Figure 17 : Relations du Centre de Développement des Ressources Biologiques, CDRB, avec les institutions politiques. Conseil scientifique Conseil d’orientation Réseau de recherche inventaire Conservation Ex-Situ Conservation In-Situ Vulgarisation diffusion échanges Banque de données SIG Conseil du patrimoine biologique Instance politique supérieure du patrimoine biologique Agriculture / Ressources Agricoles Pêche / Ressources Marines et Aquacoles Forêt / Ressources Biologiques Forestières Environnement / Gestion des Ressources Naturelles Directions de Wilaya 48 DSA : Ressources Agricoles IP : Ressources Marines et Aquacoles CF : Conservation des Forêts et des Ressources Biologiques IE : Inspection de l’Environnement et Gestion des Ressources APC ( 1541) Cellules scientifiques (CSDD) Parcs Nationaux et réserves géniques ZDD Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 236 Figure 18 : Organisation politique de gestion de la diversité biologique algérienne. Instance politique supérieure de gestion du patrimoine biologique ( CONCEPTEUR) Instances politiques de production et de gestion des ressources biologiques ( EXECUTION) Agriculture et Ressources Agricoles Pêche / Ressources Marines et Aquacoles Environnement et Gestion des Ressources Naturelles Forêts / Ressources Biologiques Naturelles N i v e a u W i l a y a ( REALISATEUR) DSA IP CF IE APC ( ACTEUR) Cellules Scientifiques de Développement Durable ( CSDD) / Zones de Développement Durable ( ZDD) CDRB Centre de développement des ressources biologiques Banque de Données SIG Conseil du Patrimoine Biologique Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 244 14.7) Plan d’action et évaluation financière législatifs et institutionnels. 2. Niveau politique : Les structures existent néanmoins, les instances politiques chargées de la gestion de la diversité biologique doivent bénéficier du rang hiérarchique en rapport avec les intérêts et les enjeux liés à l’indépendance et à la sécurité alimentaire. 3. Niveau Wilaya : Les directions de Wilaya concernées par la gestion de la diversité biologique sont en place. Elles nécessitent un renforcement humain en fonction des vocations principales de chacune. Pour les conservations des forêts : 48 Ecologues Faune/ Flore ( dans les 48 Wilayas, selon les spécialités bioécologiques : forestière, steppique et saharienne). 18 écologues forestiers dans les Wilayas forestières : Pour les DSA : 48 ingénieurs agronomes. 14 ingénieurs pastoralistes ( dans les Wilayas steppiques) Pour les inspections des pêches dans les Wilayas côtières : 16 ingénieurs halieutes Soit au total 144 ingénieurs: agronomes, pastoralistes, écologues, forestiers, halieutes. 144 ingénieurs x 15.000 DA x 12 mois = 25.920.000 DA Coût total niveau Wilaya = 25.920.000 DA 6. Niveau APC : Les renforcements des APC sont réalisés par la création de cellules scientifiques de développement durable. 1540 APC x 3 ingénieurs pour mémoire 7. Niveau CDRB : pour mémoire 8. Banque de données : pour mémoire 10 ingénieurs x 15.000 DA x 12mois = 1.800.000 DA. 9. Equipement Informatique banque de données décentralisée : pour mémoire 10. Matériel banque de données : pour mémoire 11. Petit matériel et documentation par APC : pour mémoire Les évaluations financières relatives aux ressources humaines, aux équipements des APC et du CDRB sont effectuées dans les chapitres afférents. Elles sont citées pour mémoire. Il ne demeure dans les évaluations institutionnelles et législatives que les financements des recrutements dans les Wilayas, soit 25.920.000 DA. Coût total général législation et institution = 25.920.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 245 XVI) RECAPITULATION FINANCIERE. Objectifs Opérations Opérateurs Coût ( DA) VI. Perception nationale de la diversité biologique O1 Perception de la diversité biologique Tt. opérateur / VII. Connaissance de la diversité biologique O2 Inventaire systématique faune / flore/ habitats. CDRB 131.078.400 O3 Création d’une matrice habitats. MAT, Universités VIII. Conservation de la diversité biologique 8.1) Conservation ex situ O4 Création du CDRB M.A.T.E. 142.280.000 8.2) Conservation in situ O5 Armature nationale de conservation CDRB, M.A., M.A.T.E. / 82.4 / 82.5) par les 48 DSA O6 Conservation des ressources agricoles 36 DSA nord 30.600.000 O7 12 DSA sud 17.820.000 Total DSA 48.420.000 82.6) par les Conservations des Forêts O8 Renforcement des capacités M.A. 54.240.000 O9 Gestion productive et conservatoire forestières M.A. 82.7) par les Inspections des Pêches O10 Réseau de préservation des écotones 12 inspections des pêches 50.760.000 827.6) des ressources aquacoles continentales O11 Préservation des espèces autochtones et aquaculture 12 inspections des pêches. 4.100.000 Total général de préservations marine et aquacole = 54.860.000 82.8) par l’Inspection de l’Environnement O12 Equilibre éléments : terre/ air/ eau/ mer/ espace M.A.T.E I.E. 49.980.000 O13 Système d’information de biodiversité ( SIB) 82.9) par les parcs naturels et les aires protégées. O14 Planification des aires protégées : 30 aires CDRB DGF / DGE 156.600.000 82.10) au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE) O15 Création des CSDD au niveau des APC Wilayas 23.040.000 82.11) au niveau des APC O16 Création des ZDD au niveau des APC APC /Wilayas MICL, MATE 1.447.600.000 82.12) Indicateurs d’évaluation de la stratégie. O17 Indicateurs de fonctionnement de la stratégie CDRB 27.000.000 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 246 IX. Sensibilisation et participation populaire au respect à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. 9.1) Education scolaire. O18 Elargissement des programmes scolaires M.E.N. 22.950.000 9.2) Formation et recherche universitaires. O19 Formation biosystématique universitaire MESRS, MATE, CDRB 105.384.000 O20 Recherche biotechnologique et génie génétique O21 Recherche variétale 9.3) Culture sociale et individuelle liée à la diversité biologique. O22 Elargissement de la culture populaire ( Atlas) MCC, MA, MATE 18.304.070.000 O23 Espace biologique culturel et terroir ( doubler le capital forestier ou ceinture verte 10m 2 habitant) 9.4) Valeur de la biodiversité, usages et intérêts sociaux O24 Avantages et intérêts sociaux et usufruits C.F/ I.E 46.200.000 9.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire O25 Moyens de sensibilisation populaire M.C.C. 1.662.200 9.6) Organisations sociales relais, vecteurs et destinataires de la société civile O 26 Instauration de réseaux sociaux ouverts Wilaya, APC pour mémoire X. Valorisation écologique de la diversité biologique 10.1) Valeur écologique équilibres paysagers O27 Equilibre des structures paysagères M.A.T.E. pour mémoire 10.2) Valorisation systémique de la diversité biologique O28 Modèle systémique et lutte contre les processus de régression des espaces Directions de Wilaya/ APC M.A.T.E. 5.984.000 O29 Modélisation des exploitations CDRB 10.3) Valorisations écologiques : urbaine et infrastructurelle O30 Espaces verts et normes internationales M.I.C.L, MATE, APC 8.335.680.000 O31 Ecran vert linéaire de bordure 10.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles O32 Trame biotique, diversifiaction biologique MA, DSA, CF 39.131.400.000 O33 Ressources agricoles, savoir faire et sécurité alimentaire MATE, IE, DSA, CF, CSDD des APC O34 Réseau d’aménagement agro-sylvo-pastoral ZDD MATE, MA, MICL, APC XI. Valorisation économique de la diversité biologique Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 247 11.1) Valorisation bioéconomique par l’agriculture O35 Recherche biotechnologique et génie génétique MERS, MA, MP, CDRB pour mémoire 11.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique O36 Valorisation, contrôle, utilisations médicinales M.S.P. 21.274.000 11.3) Valorisation par le tourisme O37 Politique touristique et écotourisme M.T 1.300.000 11.4) Valorisation par l’industrie, le transport et l’énergie O38 Industrie et préservation des ressources M.I. 7.700.000 O39 Équipement biologique du réseau de transport M.Tr. M.A.T.E. O40 Amélioration de la distribution du gaz butane M.I 11.5) Diversité biologique et aménagement du territoire O41 Vocations équilibrées des espaces M.A.T.E. 24.510.000 11.6) Valorisation de la diversité biologique forestière O42 Typologie, classification et statuts forestiers MATE, MA, DGF, DGE, CDRB 302.10 9 O43 Réhabilitation forestière multiforme à 34% 11.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles O44 Qualité de la productivité et production marines MP, MATE, Méqp. 47.285.000 O45 Aquaculture dulçaquicole MP XII. Législation et diversité biologique O46 Promulguer une loi d’orientation MATE/ MJ 25.920.000 XIII. Coopération internationale et Financement O 47 Coopération multilatérale et financement MAE, I.Politique XIV. Moyens institutionnels et diversité biologique O 48 Mobiliser les ressources financières nationales I. Politique Total général de la stratégie 370.267.177.600 ou 371.10 9 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 248 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 249 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 250 S O M M A I R E Page INTRODUCTION. 1 III) PRINCIPES GENERAUX DE LA STRATEGIE. 3 IV) RESUME DES MENACES ET PERTURBATIONS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. 4 2.1) Menaces naturelles. 4 2.2) Menaces et perturbations liées à l’homme. 4 22.1) Résumé des menaces anthropiques. 4 22.2) Constats de menaces structurelles. 5 1. Connaissance de la diversité biologique. 5 2. Conservation. 8 a. Conservation ex situ. 8 b. Conservation in situ. 8 3. Sensibilisation et participation populaires au respect, à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. 10 a. Formation scolaire. 10 b. Formation et recherche universitaires. 10 c. Culture individuelle et sociale liée à la diversité biologique : 10 d. Valeur de la diversité biologique, usages et intérêts sociaux. 10 e. Organisations sociales, relais, vecteurs et destinataires de la société civile. 10 4. Valorisation écologique de la diversité biologique algérienne. 11 a. Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. 11 o Valorisation systémique de la diversité biologique. 11 c. Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. 11 d. Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. 11 5. Valorisation économique de la diversité biologique. 12 a. Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. 12 b. Valorisation médicinale de la diversité biologique. 12 c. Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme 13 d. Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. 13 e. Diversité biologique et aménagement du territoire. 13 f. Valorisation de la diversité biologique forestière. 14 g. Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. 14 h. Législation et diversité biologique. 15 i. Financement et coopération internationales. 15 j. Moyens institutionnels et diversité biologique. 15 V) VALEURS DE LA BIODIVERSITE. 17 VI) VALORISATION BIOECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 19 4.1) Unité de biodiversité. 19 4.2) Modèle de développement. 21 4.3) Applicabilité du modèle. 22 V) MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE : GRANDS AXES STRATEGIQUES. 24 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 251 Page VI) OPTIONS, GUIDES ET OBJECTIFS STRATEGIQUES. 25 6.1) Perception nationale de la diversité biologique. 25 6.2) Connaissance de la diversité biologique. 25 6.3) Conservation de la diversité biologique. 26 63.1) Conservation ex situ 26 63.2) Conservation in situ. 26 632.1) Conservation par les Directions des Services Agricoles DSA ( et des ressources agricoles). 28 632.2) Conservation de la diversité biologique par les Conservations des Forêts. 30 632.3) Conservation de la diversité biologique par les Inspections des Pêches ( des ressources marines et aquacoles). 30 632.4) Conservation des ressources aquacoles continentales, Inspections de la Pêche ( et des ressources marines et aquacoles). 31 632.5) Conservation Inspection de l’Environnement ( et gestion des ressources biologiques) 31 632.6) Conservation de la diversité biologique par les parcs naturels et les aires protégées. 31 632.7) Conservation au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE), création de cellules de développement durable. 32 632.8) Conservation au niveau des APC : Création des zones de développement durable ZDD. 33 632.9) Mise au point d’indicateurs de protection et d’évaluation de l’application de la stratégie. 33 6.4) Sensibilisation et participation populaire au respect, à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. 33 64.1) Education scolaire. 33 64.2) Formation et recherche universitaires. 34 64.3) Culture sociale et individuelle liée à la diversité biologique. 35 64.4) Valeur de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. 36 64.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire. 36 64.6) Organisations sociales relais, vecteurs et destinataires de la société civile. 36 6.5) Valorisation écologique de la diversité biologique algérienne. 37 65.1) Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. 37 65.2) Valorisation systémique de la diversité biologique. 38 65.3) Valorisations écologiques : urbaine et infrastructurelle. 38 65.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. 39 6.6) Valorisation économique de la diversité biologique. 41 66.1) Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. 41 66.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique. 41 66.3) Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme. 42 66.4) Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. 42 66.5) Diversité biologique et aménagement du territoire. 42 66.6) Valorisation de la diversité biologique forestière. 44 66.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. 47 6.7) Législation et diversité biologique. 48 6.8) Coopération internationale et Financement. 53 6.9) Moyens institutionnels et diversité biologique. 56 XVII) RECAPITULATION FINANCIERE. 63 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 252 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 1 INTRODUCTION. Cette stratégie est une démarche, un ensemble de procédés raisonnés, ordonnés, conceptuels et techniques qui définissent l’organisation de base du développement de la diversité biologique dans un objectif de croissance économique et sociale. La situation qui permet d’évaluer les lacunes et de formuler les options est exposée dans les tableaux synoptiques du mémento. L’option principale adoptée est celle d’ intégrer les paramètres de gestion durable de la diversité biologique, dans la planification du développement national. Elle définit les acteurs, les concernés, les moyens de mise en œuvre humains, financiers et matériels. Parmi les scénarios possibles, la voie qui impose le respect des principes instaurés dans cette stratégie est privilégiée. L’efficacité de leur prise en charge cohérente a guidé le choix des mécanismes. Les délais d’atteinte des objectifs sont planifiés sur le moyen terme. Les cadres politique, institutionnel et financier, qui conditionnent la réussite de cette stratégie et de son plan d’action sont dévolus à l’état. Les choix recherchent les compromis élargis par rapport aux acteurs individuels et aux intérêts particuliers. Ils sont guidés par l’intérêt général et la création de fondements institutionnels et politiques capables d’imprimer un mouvement global de développement de la biodiversité pour l’équilibre socioéconomique et physique du pays et la qualité de vie des populations. Ils sont la conséquence de l’inefficience des choix antécédents. Les données de base sont issues de l’analyse des documents statistiques diffusés dans le pays. Les données thématiques sont mises au point à partir des travaux et des interprétations personnelles. Les deux ensembles servent à la définition des orientations et à la proposition des modèles. Cette stratégie itérative est fondée d’abord sur des principes et successivement sur l’évaluation des menaces, les perceptions des valeurs de la biodiversité, les développements des connaissances et des valorisations bioéconomiques agricoles, systémiques, ethnobotaniques, pharmaceutiques, industrielles, etc.. et la mise en place de moyens législatifs, financiers et institutionnels. L’ensemble évalué financièrement est organisé en options, objectifs, activités et actions. Il est documenté par la matrice des habitats, le programme de constitution des zones de développement durable, des aménagements sectoriels des directions de Wilaya et d’une proposition institutionnelle. La figure 1 met en évidence les paramètres qui contribuent à la mise en œuvre de la stratégie, sa gouvernance et aux conditions de sa faisabilité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 2 Préparation soutenue des conditions d’exécution des opérations de la stratégie. Stratégie itérative Application Réalisation ( APC) Résultats Mécanismes d’adaptation Et de gouvernance. Ministères, Secrétariats d’état. Moyens humains, scientifiques, législatifs et financiers. Exécution concrète des actions stratégiques par les opérateurs ( acteurs, espaces, procédés). Effets des réalisations. Ecarts/ attentes/ impacts économiques, sociaux, écologiques, etc.. Dispositif de suivi, d’évaluation et de rectification. Figure 1 : Mise en œuvre de la stratégie. Volonté politique Décideurs Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 3 IV) PRINCIPES GENERAUX DE LA STRATEGIE. 8. La diversité biologique, variabilité du vivant, constitue une ressource vitale actuelle et future pour l’homme. Chacun de ses éléments a droit au respect qui assure sa pérennité. 9. La diversité biologique, don naturel autonome et inaliénable, issu de l’évolution et de l’organisation de la vie sur terre, est un fondement de l’équilibre spatio-temporel de notre territoire. 10. La diversité biologique est une partie de notre patrimoine vécu et vivant, socio- culturel, économique et matériel. Son développement accroît notre richesse collective, et les ressources héritables des générations futures. 11. La diversité biologique est un bien concret dont la fonctionnalité inspirée de l’organisation de la Biosphère est infinie. Elle est à la disposition de notre société pour être valorisée rationnellement. La finalité de sa progression est l’indépendance, la sécurité alimentaire et la satisfaction des besoins économiques et sociaux. 12. L’émergence, la reproduction et l’accroissement métastable de la diversité biologique témoignent de l’efficience de notre système économique. La qualité de sa gestion implique son intégration aux démarches globales de développement durable adoptées dans le pays. 13. Dans la recherche de son perfectionnement et de sa complexité naturels, la diversité biologique a produit de prodigieuses gammes de stratégies primaires et rénovées, imprégnées de vitalisme. Son développement et son évolution héritent de la dualité physique et idéelle qui implique la valorisation du savoir faire empirique et l’affinement du progrès biotechnologique le plus moderne. 14. L’originalité de notre diversité biologique dépend de sa genèse et d’avantage de son utilisation. Sa participation au patrimoine commun de la Biosphère conduit à son développement pour le progrès et l’instauration des relations de coopération et de solidarité internationales pour son amélioration. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 4 V) RESUME DES MENACES ET PERTURBATIONS DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ALGERIENNE. Les menaces les plus importantes constituent des lacunes susceptibles de projeter des objectifs et des axes de développement. 2.1) Menaces naturelles. Il est prouvé que depuis un millénaire, les changements naturels , essentiellement climatiques n’ont affecté que les limites des aires des espèces. Aucune extinction spécifique massive ne leur incombe. Les catastrophes naturelles, feux spontanés, glissements de terrain, avalanches, inondations, éboulements pierreux , influent temporairement sur la qualité des habitats. La nature finit toujours par les cicatriser. Les cas naturels de déséquilibres biocénotiques ou fonctionnels des rapports producteurs / prédateurs, producteurs / pollinisateurs / disséminateurs, etc.., sont limités. Du reste, les facultés de redondance des systèmes pallient efficacement à ces dysfonctionnements. Ces phénomènes ne sont pas responsables de la régression de la diversité biologique algérienne. Néanmoins, si les systèmes mondiaux de croissance continuent à générer des perturbations comme : Le réchauffement climatique par effet de serre. Effets atmosphériques de la couche d’ozone. Le dérèglement pluviométrique par l’aggravation des pluies orageuses. L’élévation du niveau de la mer. L’utilisation généralisée des organismes génétiquement modifiés dont les conséquences sur les systèmes naturels et l’homme sont méconnues, les processus vitaux des ressources biologiques seront affectés directement. 2.2) Menaces et perturbations liées à l’homme. Elles sont plus actives que les menaces naturelles et déterminent l’évolution actuelle de la diversité biologique. 22.1) Résumé des menaces anthropiques. Accroissement démographique incontrôlé dans des systèmes où les ressources naturelles et les moyens de développement ne sont pas maîtrisés. Paupérisation économique qui confine l’Etat dans la gestion à court terme sous l’influence de contraintes sociales considérées comme prioritaires. Notion dominante de Beylec héritée d’un vécu colonial qui attribue à la diversité biologique et à la production naturelle une appartenance collective considérée comme « personne », ou à l’Etat « répression ». L’espace vidé de son contenu patrimonial est libre, surexploité et détruit. L’émiettement des organisations sociales de l’agriculture traditionnelle conduit à l’abandon du concept de terroir et à l’irrespect de son contenu biologique et détruit les relations de types : ► homme / société / activité / espace ou ► homme / société / activité / nature. La diversité biologique n’est pas considérée comme réservoir de ressources biologiques aménageables mais comme source vénale de biens intarissables. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 5 L’utilisation massive de semences agricoles, cultivars, races allochtones importés annuellement conduit, à l’abandon de la diversité biologique locale. La connaissance superficielle et fragmentaire de la diversité n’a pas suscité une démarche cognitive efficace, dans les institutions de formation. La promulgation d’une législation complexe, méconnue des populations, non conforme à leurs intérêts, basée sur des principes obsolètes suscite des réactions riveraines vigoureuses. L’introduction incontrôlée d’espèces allochtones expansives, capables d’occuper des niches écologiques de taxons locaux ou de réaliser des introgressions génétiques. La gestion irrationnelle de l’espace aboutit à l’isolement des populations animales et végétales, au dépérissement des espèces par réduction des flux génétiques, à la fragmentation et destruction des habitats. La perte progressive du savoir local holistique, agricole, médicinal, ethnobotanique, social, etc.., transmissible, qui forge l’héritage culturel et le respect de la biodiversité, s’aggrave avec la régression de la ruralité. La mauvaise prise en compte générale de la diversité biologique, dans le développement, affecte les diversités génétique, spécifique, biocénotique, écosystémique et paysagère. 22.2) Constats de menaces structurelles. 4. Connaissance de la diversité biologique. Dans le tableau 1 sont exprimés les effectifs estimés des espèces par grands groupes systématiques. 16.435 taxons sont inventoriés. Ils représentent la diversité de la vie connue en Algérie. Néanmoins, notre niveau de connaissance de la diversité biologique totale est estimé à 50%. Sur les 16.435 espèces, l’économie algérienne en utilise moins de 1%. Les semences, principal instrument de valorisation de la diversité biologique, sont importées. Etant donné notre niveau de connaissance, il n’est pas possible de quantifier avec exactitude les pertes de taxons sauvages. Les pertes des taxons cultivés avoisinent les 51 à 66%, celles des animaux, 56%. Cette érosion génétique représente une régression considérable de notre richesse agricole. Les principales lacunes de connaissance sont les suivantes : Connaissances génétiques, taxonomiques, organisationnelles et paysagères de la diversité biologique sauvage ou agricole insuffisantes, amplifiées par les carences en systématique. Les effectifs systématiciens botanistes ou zoologues ne permettent pas d’assurer une prise en charge taxonomique à tous les niveaux de valorisation. La prise en compte rudimentaire de la biodiversité par les gestionnaires dans les programmes de développement sectoriels, conduit à la méconnaissance de sa consistance, de son état, de sa localisation et de ses mécanismes et à sa subordination dans les utilisations de l’espace. Aucune opération d’inventaire systématique de la flore et de la faune n’est réalisée, ni en cours. La typologie globale de référence de la faune et de la flore, de leurs conditions écologiques et structurales est inexistante. Il n’y a pas de centre de références systématiques qui catalogue les types taxonomiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 6 Tableau 1 : Biodiversité algérienne « naturelle » Règnes / groupes Monde ( nb taxons) Algérie Connu ( nb taxons) Inconnu estimé % Disparu Virus 1.000 50 70 ? Bactéries 4.700 100 80 ? Flore Champignons 46.933 50 ? Algues 26.900 468 60 ? Lichens 600 80 ? Mousses 17.900 2 90 ? Fougères 10.000 44 15 Spermatophytes 220.529 3.139 ( AR= 289) ( R= 647) ( RR= 640) ( RRR= 35) (Endémiques =275 / 600) 6 Sous total 327.962 4.403 Protozoaires 30.800 Plancton indifférencié 661 60 ? Faune Invertébrés Mollusques 50.000 75 20 ? Annélides 12.000 16 60 ? Insectes 751.000 1.900 90 ? Autres Benthos, etc.. 168.500 1.892 40 ? Vertébrés Poissons 19.056 300 25 Amphibiens 4.184 8 50 ? Reptiles 6.300 40 30 ? Oiseaux 9.040 404 10 Mammifères 4.000 97 / 108 10 Sous total 1.054.880 5.404 Total 1.382.842 9.807 51% Espèces végétales introduites 5.128 Particularités Espèces végétales parasites 3.000 / 5.000 67 10 Espèces progénétrices / 72 85 ? Espèces médicinales 1.000 60 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 7 Tableau 2 : Biodiversité agricole Espèces, variétés, races, lignées, cultivars, etc.. Biodiversité végétale Ayant existé dérivant d’estimation Actuels Pertes ( %) Céréales ( blé dur et tendre, orge, avoine, seigle, triticale) 109 39 ? 64 Maïs 3 1 66 Sorgho 4 1 75 Fourrages 472 ? ? Légumes secs 100 21 ? 79 Arboriculture fruitière Figuiers 22 7 ? 69 Oliviers 151 47 ? 69 Palmiers 940 ? ? Vignes 1.376 64 ? 95 Agrumes 162 44 ? 73 Poiriers 86 17 ? 81 Pommiers 30 9 ? 70 Cognassiers 4 3 ? 35 Abricotiers 24 23 ? 5 Pruniers 54 16 ? 61 Pêchers 40 18 ? 55 Autres Rosacées 34 26 ? 34 Néfliers 21 5 ? 76 Avocatiers 17 1 94 Grenadiers 30 14 ? 50 Pacaniers 23 1 95 Châtaigniers 11 1 89 Noyers 15 5 ? 66 Pistachiers vera 7 7 ? Bananiers 5 5 ? Opuntia 1 1 Cultures maraîchères 300 / 400 ? 111 ? 63 Cultures industrielles 68 10 ? 85 Total 4.209 1.438 51 / 66 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 8 Tableau 3 : Biodiversité agricole animale. Espèces, variétés, races, etc.. Biodiversité animale Ayant existé dérivant d’estimation Actuelles Pertes ( %) Bovins 15 01 94 Ovins 10 06 40 Caprins 5 05 0 Camelins 08 08 0 Equins 12 05 60 Azins 02 02 0 Lapins 03 03 0 Galinacées 10 06 40 Sous total 65 36 45 Animaux domestiques Chats 15 06 56 Chiens 60 20 66 Animaux en captivité parcs zoologiques ? ? Sous total 75 26 66 Sous total animaux 140 62 56 Total général de la biodiversité algérienne 16.435 5. Conservation. c. Conservation ex situ. Il n’existe pas de conservatoire ex situ en Algérie. La majorité du patrimoine génétique cultivé et élevé, algérien est conservé à l’étranger. Il est inaccessible aux algériens. Les collections mortes existantes sont lacunaires et mal entretenues L’érosion génétique touche plus particulièrement les espèces, taxons, cultivars et lignées agricoles. Toutes les espèces agricoles possèdent des races ou cultivars en voie de disparition, sans précaution de préservation, ni par l’Etat, ni par les agriculteurs. Les semences importées correspondent à des lignées clonales de première génération et des semences à gène « terminator », dont il est impossible de conserver la descendance. Les agriculteurs enclins à utiliser des variétés allochtones plus productives tendent à abandonner leurs variétés , rustiques et moins astreignantes aux plans de la résistance et des techniques culturales. Une immense richesse se perd. Les DSA et les instituts de recherche du ministère de l’agriculture n’ont pas la capacité de conserver, ni de faire un bilan de la biodiversité cultivée ou élevée, ni celle d’évaluer l’érosion génétique globale . d. Conservation in situ. La conservation in situ pratiquée exclusivement dans les aires protégées est insuffisante, car le patrimoine biologique concerne l’ensemble des espèces de la totalité du pays. Les taxons autochtones sont soumis à de dramatiques problèmes. Certains sont proches de Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 9 l’extinction avec leurs structures. La situation critique de la diversité biologique et l’intensité des dégradations écologiques et génétiques généralisées, démontrent que la préservation par des actions de conservation insulaire est arbitraire. Les parcs nationaux, vieux de 17 ans, n’ont pas tous élaboré de plan d’action. Les relations entre les parcs, la DGF/ l’ANN et localement celles des Conservations des Forêts et des structures de l’exécutif wilayal sont ambiguës. Des contraintes de pouvoir décisionnel, de communications et de conflits d’autorité subsistent à tous les niveaux hiérarchiques. Il n’y a pas de plan national de préservation cohérent, conçu selon les gradients de distribution de la diversité biologique, malgré la sensibilité de certaines espèces et les menaces exercées sur un grand nombre d’habitats. Conservation de la diversité biologique par les Inspections des Pêches (des ressources marines et aquacoles). Le développement économique de l’Algérie est depuis toujours orienté vers le continent. La mer ne l’a jamais influencé de manière prédominante malgré les 1.200 km de côte, ni au plan de l’alimentation, ni aux plans des transports et du tourisme.100.000 individus en vivent sur 28.000.000. Les dégâts causés par la pollution, les pratiques de pêche et les prélèvements anarchiques de minéraux dans les écotones sont croissants. Ils modifient considérablement les conditions physico-chimiques et la richesse de la faune et de la flore marines. Il n’existe pas de démarche rigoureuse d’exploitation, ni de préservation, ni de réserve marine, malgré la sensibilité et l’usage catastrophique de certains sites côtiers et les prélèvements de pêche sans précaution biologique. Conservation de la diversité biologique par les parcs naturels et les aires protégées. Dix parcs en tout, dont deux au Sud et huit au Nord. Ces derniers sont montagnards, et possèdent une écologie forestière. Ils ne sont pas issus d’une logique de distribution phytogéographique. Leur superficie de 30.000 à 80.000 hectares, les rend ingérables. Ceux du Tassili et du Hoggar sont démesurés. La taille du parc est davantage un argument d’extension budgétaire qu’un paramètre de gestion conservatoire. Leur mission éclectique, du ressort de l’aménagement du territoire, relègue les activités scientifiques de connaissance et de suivi de la diversité biologique au second plan. Les actions de développement dépassent l’autorité, les compétences et les fonctions des parcs. Les ressources humaines se composent de 28 % de personnel technique dont 7 % d’ingénieurs et 72% de personnel administratif et de soutien. Ces activités sont parallèles à celles des Conservations Forestières des Wilayas et se heurtent aux contraintes de « contrôle » de la gestion de l’espace . Elles isolent le parc au sein d’un environnement relationnel souvent hostile. Le parc est chargé de mettre en application une réglementation à diffusion restreinte, dans un contexte dominé par la mauvaise appréciation de la préservation par les instances juridiques. Conservation au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE). Les directions de Wilaya concernées par la diversité biologique sont sollicitées pour des actions ponctuelles issues d’orientations de l’autorité centrale, sans démarche globale continue. La planification de la diversité biologique, qui relève du long terme, n’est pratiquement jamais envisagée. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 10 6. Sensibilisation et participation populaires au respect, à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. En l’absence d’une éthique sociale, les comportements de la population sont peu respectueux et indifférents vis à vis de la dégradation de la diversité biologique. Les classes d’ages moyens sont les moins sensibles à la préservation . b. Formation scolaire. Les programmes scolaires ne comportent pas d’approches pédagogiques aptes à accroître les connaissances, à générer un savoir et un comportement respectueux de la diversité biologique. c. Formation et recherche universitaires. Abandon dans les cursus universitaires des profils et spécialités en systématiques, botanique, zoologique et agricole. La formation universitaire en sciences naturelles situe les niveaux pédagogiques et de recherche à un stade intermédiaire, pas assez naturaliste pour dominer les connaissances en sciences naturelles et pas suffisamment pointu pour maîtriser les progrès de biologie moléculaire. Les secteurs de développement privilégient les acteurs étrangers pour réaliser des études de biodiversité. Ils ne considèrent pas les dangers vis à vis de la dilapidation des données, de l’aggravation de la dépendance scientifique , des transferts de devises au détriment du développement des savoir et savoir faire universitaires et de recherche développement . d. Culture individuelle et sociale liée à la diversité biologique : Méconnaissance, dispersion et inexistence de plan d’investigation destiné à la capitalisation de la littérature et de l’oralité culturelles sur la diversité biologique. e. Valeur de la diversité biologique, usages et intérêts sociaux. La société est indifférente à l’inutile. Les valeurs sociales accordées à la diversité biologique sont subordonnées à ses usages. Or les avantages, autres qu’alimentaires, attribués à la diversité biologique sont en régression ou abandonnés consécutivement au manque de culture et de savoir faire . Quand une communauté locale, dépend de la flore et de la faune par ses pratiques ethnobotaniques et médicinales, elle respecte toute la diversité biologique. Les sociétés rurales où ces traditions restent vivaces, sont plus proches de la biodiversité. Elles représentent cependant une part en régression. Au plan économique, la diversité biologique n’est pas considérée comme une ressource génétique, mais comme une production inépuisable, qui ne nécessite ni attention, ni entretiens particuliers. f. Organisations sociales, relais, vecteurs et destinataires de la société civile. Les représentants de l’administration opposent des contraintes aux usages locaux de la diversité biologique, jugés néfastes . De ce fait, la sanction est priorisée par rapport à l’éducation au dialogue et à la participation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 11 Dans la majorité des cas les organisations traditionnelles relais sociaux sont considérées comme obsolètes. Elles ne sont pas employées comme vecteur de savoir et de culture malgré un rôle sous jacent prépondérant. 6. Valorisation écologique de la diversité biologique algérienne. La valorisation écologique de la biodiversité contre les glissements de terrain, les envasements de barrage, l’amélioration du cycle de l’eau, la lutte contre les nuisances, etc.., est rare. La biodiversité n’est pas envisagée comme élément capital d’équilibre physico-biologique du pays et d’accroissement de la richesse patrimoniale. b. Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. La rapidité des transformations sociales, l’expansion démographique, l’exode rural, l’urbanisation, l’industrialisation plus ou moins anarchiques, caractérisent les modes d’exploitation et d’appropriation des terres. Les parcours non réglementés, les défrichements et les fréquences des feux ont façonné un paysage désordonné, déséquilibré où la biodiversité à une fonction secondaire. Les différents indices de végétalisation, d’érosion des terres, de régression de la couverture végétale, montrent un dysfonctionnement croissant. Sa réduction des 2/3 y exercera un début d’inversion. o Valorisation systémique de la diversité biologique. Les évaluations des processus de dégradation, de désertification et de pollution, ne comptabilisent pas les effets générateurs d’équilibre et régressifs de la diversité biologique . Les méthodes d’évaluation n’existent pas. La fonction naturelle et spontanée de la biodiversité dans la réhabilitation des systèmes écologiques qui lui confère une valeur économique intrinsèque, est peu utilisée. k. Valorisation écologique urbaine et infrastructurelle. L’intensification urbaine, soumise à des impératifs démographiques et sociaux, tisse une trame architecturale à objectif quantitatif. Elle porte des incohérences structurelles à trois niveaux. Le premier est relatif à l’altération systémique des paysages. Le second résulte de l’inorganisation des structures incapables d’absorber les flux d’échanges, de gestion des déchets et de dynamique intrinsèque. Le troisième est la mauvaise valorisation de la diversité biologique par les espaces verts qui sont insuffisants, mal conçus et sans âme. Les plans directeurs d’aménagement et d’urbanisme sont conçus à petite échelle, sans les utilisateurs. Ils sont peu opérationnels. Les zones d’extension des infrastructures ne tiennent pas compte des vocations des terres et des potentialités de diversité biologique. Les normes d’espaces verts ne sont pas respectées. L’arbre dans la ville n’est pas considéré comme équipement d’assainissement indispensable au même titre que les infrastructures. l. Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. Le paysage agricole algérien est marqué par une forte exploitation extensive. L’activité agropastorale dominante a suscité et entretenu un paysage nu sans limite, à perte de vue n’offrant aucun obstacle au troupeau et encore moins à ses gardiens. Cette nudité, qui était un moyen de gestion, se perpétue. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 12 L’attachement de l’agriculteur, ( fellah), au terroir s’est estompé. Son savoir relatif à l’histoire et à l’intérêt des variétés qui engendre sa culture et la force de sa relation avec la plante, l’animal et la terre n’est plus qu’un argument passéiste. L’Algérie qui était considérée comme un centre secondaire de biodiversité agricole, n’est plus qu’un réceptacle de semences et de produits allochtones. Les bois, les vergers, les potagers de proximité et les petits élevages domestiques entretenus par la femme régressent. Cet appauvrissement génère des pertes de revenu de production et un sous emploi des forces de travail rurales, dans les 350.000 exploitations agricoles. Il est préjudiciable à l’équilibre agricole dans son ensemble. 7. Valorisation économique de la diversité biologique. a. Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. L’agriculture est le pendant de la valorisation économique de la diversité biologique. Or l’insuffisance alimentaire s’accentue avec la croissance démographique et la dépendance de l’équilibre exogène. 30 % des besoins énergétiques et 50 % seulement des besoins protéiniques sont couverts . Valorisation insuffisante des espaces à vocation agricole : abandon et dégradation de près de 1.000.000 ha de SAU soit 15 %, jachères annuelles de 40 à 50 %, affectations anarchiques de 20 % de la Mitidja, érosion tellurique portant sur près de 4.000.000 ha de SAU, taux d’abrasion le plus important du Maghreb, 2.000 à 5.000 T de terre km 2 / an. Perte de 78 retenues collinaires colmatées, pendant que les barrages s’envasent de 1.000.000 m 3 / an. Utilisation incontrôlée des pesticides, insecticides et engrais à doses anarchiques, provoquant des effets négatifs sur la faune et la flore « utiles ». L’option importation de semences et de produits alimentaires décidée pendant la période faste génère une paupérisation économique, sociale, intellectuelle et morale considérable. L’efficacité de la recherche agronomique ne permet pas d’accéder à la sécurité alimentaire ni dans le présent, ni dans le futur proche. Le Sous emploi et l’exode rural chroniques sont corroborés par une dynamique régressive, non contenue par les 20 % des cadres ingénieurs agronomes qui rejoignent l’agriculture. Dans les systèmes steppiques, la sédentarisation des nomades et des élevages entraîne une surcharge pastorale locale et réduit la complémentarité naturelle entre les espaces des Hauts Plateaux et du Nord. Elle a engendré une dégradation de près de 10.000.000 d’hectares. Le développement à grands frais, d’une intensification agricole itinérante, au Sahara provoque l’anarchie dans la gestion des espaces et de l’eau et le désintérêt pour les oasis existantes. Celles-ci périclitent sous les contraintes d’ensablement, de salinisation, d’asphyxie des sols, de vieillesse de la main d’œuvre, de celle du verger, de phytopathologie, de paupérisation et de contraintes foncières. Elles représentent le modèle le plus efficace de valorisation des territoires sahariens. La politique foncière instable, sans modèle d’organisation apparent, n’a pas encore trouvé de solution idoine. b. Valorisation médicinale de la diversité biologique. La santé de la population dépend de l’équilibre des conditions économiques, environnementales, des habitats et du territoire. Les dysfonctionnements se répercutent sur la qualité de l’air, de l’eau, de l’alimentation et de la qualité de vie des populations. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 13 L’application d’un processus économique peut générer une rentabilité financière sectorielle et créer des nuisances préjudiciables à la santé humaine. Les dépenses médicales occasionnées peuvent dépasser largement les bénéfices issus de la production. Les populations rurales ont tendance à accroître l’utilisation des plantes médicinales pour la médicamentation douce qu’elles procurent et contrecarrer les prix prohibitifs des médicaments. Les cabinets de guérisseurs et les boutiques d’herboristes se multiplient. Les dispositions réglementant les cueillettes des plantes, les captures d’ animaux et la codification des utilisations sont embryonnaires . Dans les autres pays du monde 40% des médicaments sont issus ou synthétisés à partir de modèles de diversité biologique . Peu de recherches sont entreprises dans ce domaine. c. Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme Inexistence d’une politique touristique nationale et internationale de masse, en rapport avec la diversité biologique paysagère et ses potentialités continentales et marines. Conception culturelle rudimentaire du tourisme écologique basé sur la performance physique et le folklore, excluant le savoir, l’observation, la curiosité naturelle et l’apprentissage de l’harmonie avec la nature et les terroirs . Méconnaissance et non respect des capacités de charge des systèmes écologiques comme réceptacles du développement des activités touristiques au profit des gains faciles. Aucun bénéfice touristique privé n’est investi dans les aménagements des sites, objets des gains. Inexistence de catalogue de localisation des habitats sensibles, à protéger des pressions touristiques et des conduites à tenir. d. Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. Le programme industriel ne prend en compte la biodiversité, ni pour son implantation dans l’espace, ni pour la pollution générée par ses process. Les externalités ne font pas l’objet d’évaluation par rapport aux pollutions et nuisances. Les procédés générateurs de pollution sont évalués davantage, par rapport aux surcoûts des procédés, que par rapport aux comptabilisations économiques des nuisances occasionnées sur la faune, la flore, les habitats et les paysages. Gaspillage énorme de l’espace autour des unités industrielles sans bordure boisée, sans aire de repos, sans jardin. Les espaces de servitude sont nus et assimilés à des décharges, inesthétiques et polluantes. Les infrastructures de transport ne bénéficient pas d’aménagements linéaires boisés, ni de bosquets de détente , ni de stabilisation biologique. Les routes constituent des impluviums que les espèces de bordure utilisent avantageusement. Le réseau routier est nu, alors que nos ressources biologiques sont capables de l’équiper et de l’humaniser par la végétalisation.. Le tapis végétal est toujours subordonné aux aménagements industriels quelles que soient leurs importances. Il ne bénéficie d’aucun intérêt, ni comme élément de paysage, ni comme élément d’équilibre physique. m. Diversité biologique et aménagement du territoire. L’aménagement du territoire total, global, à long terme, à hiérarchie ascendante et grande échelle n’existe pas. La société, les populations locales, les représentants de la société active ne sont jamais associés à la conception des projets d’aménagement. Les décideurs décident en comité Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 14 technico- administratif . La destination de l’espace qui en ressort est généralement conjoncturelle et à efficacité aléatoire. L’urbanisation, l’industrialisation, l’équipement infrastructurel des terres, sont effectués, d’autorité. L’emploi et les urgences sociales sont des prétextes, qui affranchissent les décisions des nuisances irréversibles causées aux habitats et à la biodiversité. Affectation illogique et inadéquation des dimensionnements des réalisations par rapport aux matières premières ( eau agricole affectée à l’industrie, terres irriguées urbanisées, cimenterie en périmètre de mise en valeur, à plusieurs kilomètres des carrières de calcaire, scierie à capacité dépassant la productivité forestière, bois de scierie utilisé pour la pâte à papier, usine papetière sur nappe phréatique d’eau douce, etc..). Dans ces conditions d’aménagement, d’exploitation et d’assignation des terres la diversité biologique n’a pas de statut. n. Valorisation de la diversité biologique forestière. Dans le monde, la forêt est considérée comme le réservoir primordial de la diversité biologique et comme élément principal d’équilibre naturel vis à vis du paysage, de l’érosion, de l’eau, de l’air, du sol, etc.. L’indice forestier algérien, malgré son ambiguïté à représenter les terres climaciquement forestières, est inférieur de 2 /3 au taux d’équilibre, soit 3.200.000 ha dont : 1.468.000 ha de forêt et 1.732.000 ha de matorrals divers. Il en faudrait trois fois plus. Depuis l’Indépendance, les reboisements s’élèvent à 950.000 ha au total avec un taux de réussite de 49%. Il représente en fait un taux moyen équivalent à 16.000 ha de reboisement réussi par an. C’est un taux très faible malgré les investissements consentis. La régression annuelle de la forêt entraîne une altération des habitats et une perte d’espèces sauvages . Elle se poursuit inexorablement. La couverture boisée actuelle représente 3.200.000 ha sur les 13.000.000 ha climaciquement forestiers ( 38.000.000 ha du nord diminués de la SAU, des terres à vocations urbaine, industrielle, etc..). Les 75% de forêts disparues ont entraîné une érosion génétique, spécifique voisine de 30% . Les 3.200 espèces végétales persistantes ne représentent que 70% de la flore forestière d’équilibre. La perte est de 1.300 espèces végétales. Qu’en est-il pour la faune ? On compte qu’une espèce végétale est un habitat pour dix taxons animaux. 13.000 espèces animales ont donc disparu du pays. L’érosion génétique globale se chiffre par hypothèse à 15.000 espèces. C’est considérable ! Dans le domaine forestier, l’utilisation du bois est réglementée mais pas celle de la diversité biologique. Ses usages sont aussi importants. La forêt et ses produits, biens de l’Etat, faisant partie du patrimoine collectif, n’appartient à aucune logique de propriété. Les riverains en usent selon un droit coutumier. o. Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. Le bassin méditerranéen est confronté dans sa totalité à des menaces de dégradation d’origines multiples : Pollution : atmosphérique et lessivages d’engrais, pesticides, etc.. Trafic maritime 30 fois supérieur au trafic mondial d’hydrocarbures. Le pourtour méditerranéen supporte le tiers du tourisme mondial. Pression urbanistique côtière très ancienne et très forte. 70% de la population méditerranéenne habite à moins de 100 km de la côte. Introductions accidentelles d’espèces expansives qui occupent des niches écologiques de phanérogames « utiles ». Accroissement de la salinité et de la température faible, mais continu. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 15 La richesse de la diversité biologique marine est proportionnelle à la largeur du plateau continental. Dans certains pays, il dépasse 200 milles. En Algérie, il n’atteint pas 15 milles. Sa surface est de 20.931 km 2 dont 18.504 exploitables et 2 427 interdits. Les résultats des études de production et de productivité proviennent de campagnes internationales. Elles ont la fiabilité correspondante aux conditions d’échantillonnage et d’exploitation ( campagnes de 1974, 1981, 1982). Les stocks sont mal connus et exploités de façon aléatoire, prise totale moyenne de 105. 10 3 T/an. La flotille de pêche est de 2.059 métiers ( 289 chalutiers, 607 senneurs, 1.158 fileyeurs palangriers, 5 thoniers). La déstabilisation du littoral par les prélèvements du sable entraîne une érosion du plateau continental et l’altération des chaînes alimentaires. Le remaniement de la côte est permanent, il déstabilise les habitats du plateau et perturbe son fonctionnement. Insuffisance des contrôles de production à la criée. L’administration ne maîtrise pas les échanges en haute mer et de la pêche à la dynamite en voie de généralisation. Celle-ci conduit de façon irréversible à la paupérisation du milieu marin, en tuant tous les organismes quelles que soient leurs tailles ( plancton, alevins, etc..). Elle détruit les habitats et les niches écologiques de fond, elle stérilise la masse d’eau touchée par l’onde de choc en éliminant toute vie planctonique. Chaque explosion de mine en mer équivaut biologiquement à un incendie. Le potentiel aquacole saumâtre est irrégulier et peu utilisé. Barrages (44) 50.000 ha Retenues collinaires, embouchures d’oueds 23.000 ha Marécages 15.000 ha Sebkhas et chotts 20.000 ha Empoissonnement avec des espèces allochtones à impact écologique et éthologie méconnus : 21 espèces vivent dans les plans d’eau, dont 12 introduites et 9 autochtones. La diversité allochtone est plus riche. p. Législation et diversité biologique. La législation algérienne n’a pas pris une option foncière définitive. Elle n’a pas légalisé la jouissance des terres par les usufruitiers. Elle n’a pas défini un droit d’usage par rapport à une gestion :individuelle, communautaire, collective ou étatique totale. Quand les droits et les devoirs ne sont pas établis souverainement, clairement et définitivement, les rapports citoyens /administration sont conflictuels. Ils affectent l’objet de la loi. La diversité biologique est menacée à travers ses composantes biologiques, physiques et processuelles. Des lois sensiblement identiques sont émises par une pluralité d’organismes. Elles sont redondantes et rendent la législation plus complexe. D’autre part, la loi n’est jamais accompagnée des moyens de son application : Diffusion restreinte par rapport aux concernés et à toute la population. Sensibilisation des juridictions inefficace. Information, explication et vulgarisation massives inexistantes. Les lois relatives à la protection des taxons sensibles ne relèvent pas de considérations scientifiques rigoureuses. L’inexistence d’inventaire ne permet pas de définir les statuts de vulnérabilité et de menaces. Les concepts nouveaux de potentialités biologiques, génétique, équité intergénérationnelle, écodéveloppement, développement durable, gestion participative etc.. n’apparaissent pas dans les lois. Ils constituent les thèmes de la gestion de demain. Les conventions internationales, malgré leur esprit novateur, ne font pas évoluer les modes de gestion et la législation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 16 Les conventions internationales renferment des risques analogues aux droits d’ingérence humanitaire. Ils peuvent être encourus, relativement à la conservation d’espèces exceptionnelles, au droit d’accès aux ressources génétiques, à l’équité de répartition des ressources, à la commercialisation d’OGM, etc.. Elles nous soumettent à des préoccupations internationales dont les enjeux et les intérêts dépassent nos fondements législatifs par leurs concept, technologie et capacité de sensibilisation populaire. L’Algérie adhère à un corpus de droit international en phase de devenir un droit coutumier. Il peut évoluer en lois internationales au titre de la mondialisation et des droits d’expression des populations et des minorités. L’ensemble des conséquences de ces adhésions n’est pas maîtrisé. q. Financement et coopération internationales : L’Algérie a ratifié les principaux protocoles et conventions mondiales. L’application n’accompagne pas ces accords à cause des moyens considérables qu’ils nécessitent . Une minorité en suit les retombées. La majorité n’est pas concernée. Or les échanges multilatéraux ne sont pertinents que s’ils sont assortis des moyens de réalisation et de généralisation nationaux. Les pays développés détenteurs de moyens technologiques puissants peuvent seuls, mettre en œuvre les accords conclus. Les conventions internationales sont représentées par des points focaux qui ne bénéficient pas des moyens de diffuser et de véhiculer l’information qu’ils acquièrent. Dans les réunions internationales, les négociations restent vaines en ne concernant réellement que les négociateurs / administrateurs et pas les experts des domaines. Ainsi l’Algérie n’a pas négocié avec la force nécessaire, sa faible capacité de pollution mondiale, par rapport aux nuisances internationales qu’elle subit, ni mis en exergue sa faculté de développer une stratégie de préservation de la biodiversité d’intérêt mondial par rapport à sa dette. Les financements des aménagements proposés par les stratégies sont à la charge de l’Etat. Ce sont évidemment des masses financières importantes qui demeurent sans aide internationale. r. Moyens institutionnels et diversité biologique : Aucune institution ne pratique d’ approche adéquate de développement et de valorisation de la diversité biologique. Sa gestion efficace dérive deux principes intangibles qui ne sont pas respectés : La biodiversité n’est pas conçue comme une ressource prépondérante du développement socioéconomique dans la perspective, de l’indépendance alimentaire, de l’amélioration de la qualité de vie sociale, de l’accroissement de la richesse patrimoniale et de notre puissance. Elle est un paramètre stratégique fondamental sans primauté politique. En tant que ressource biologique renouvelable, sa gestion relève de caractères qui pérennisent la vie, l’équilibre métastable de ses habitats et de ses systèmes. Comme ressource biologique potentielle, ses aptitudes de valorisation échelonnée sont concomitantes avec les accroissements des besoins des populations. La diversité biologique totale, utile directement ou indirectement, n’a pas mérité de modes de gestion inféodés à sa durabilité valorisante. L’organisation institutionnelle actuelle souffre de carences de coordination, de communication et de circulation des données. Les données de base cognitives ne sont pas maîtrisées. En conséquence les décisions ne reposent pas sur des paramètres Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 17 bioécologiques et économiques, mais sur des directives plus ou moins aléatoires aux quelles les techniciens accordent une autorité « politique » . Elles ne sont pas dotées de l’argumentaire scientifique qui permet d’en rectifier le cours. Les indicateurs de fonctionnement structurel relèvent plus de la capacité à consommer les crédits, que de la qualité des résultats techniques et scientifiques acquis sur les processus de diversité biologique, le patrimoine biologique et la croissance économique. VI) VALEURS DE LA BIODIVERSITE. Comme paramètre de développement, la diversité biologique est utilisée pour ses valeurs ajoutées : économique, écologique, technologique et d’éthique. Sa gestion se matérialise par les investissements consentis par rapport à la croissance macro-économique, l’indépendance alimentaire, l’équilibre physique du pays, l’enrichissement patrimonial et culturel qu’elle génère. La satisfaction des besoins vitaux dérive des transformations de la nature par la force de travail et des instruments conçus à cet effet. Ces procédés lui attribuent une valeur d’usage prioritaire qui concerne : La mise en place de nouvelles possibilités biotechnologiques. La valorisation du savoir faire empirique et scientifique. L’évaluation de la diversité biologique consiste à attribuer une valeur financière à ses fonctions économiques et systémiques afin de définir la masse d’investissements « utile » qui génère un bénéfice à partir de ses production et préservation.. Il est difficile de déterminer une valeur globale d’une ressource génétique et à fortiori, d’un patrimoine biologique, quand la maîtrise de son évaluation dépend de sa valorisation sur plusieurs générations par des techniques qui évoluent. Les procédés d’évaluation font défaut, tant que la valeur marchande n’est pas quantifiée ou n’existe pas. La valeur d’entretien n’est pas une référence. Elle est arbitraire, car amputée du coût de la genèse naturelle de la fonction qui constitue le « capital » à entretenir. Cette portion n’a pas de valeur quantifiable car elle n’est pas issue d’une matérialisation inhérente au travail de l’homme. Il faudra donc se contenter d’une attribution économique plutôt que d’une valeur financière. Néanmoins, elle est sûre, et fait l’enjeu de demain grâce à sa préservation et son amplification par l’innovation. Les principales valeurs de la diversité biologique local sont représentées dans la figure 2 qui détermine cinq classes de 1 à 5. Les effectifs d’espèces utiles de chaque classe sont exprimés en pourcentages par rapport au total des espèces autochtones : 6. les espèces cultivées, 2%, 7. les espèces arborées ou suffrutescentes capables d’imprimer leur physionomie au paysage, 170 taxons : 5%, 8. les espèces dont les fonctions systémiques sont répertoriées, 250 espèces : 8%, 9. les espèces constituant une ressource génétique potentielle 500 espèces : 16%, 10. les espèces héritables et richesse globale, 100%. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 18 Cette échelle met en évidence nos lacunes de connaissances en bioéconométrie. 85% des taxons possèdent des valeurs nominales non mesurables. 5% seulement sont utilisés. Figure 2 : Hiérarchisation des valeurs de la diversité biologique végétale. Valeurs quantitatives mesurables Valeurs qualitatives nominales Valeurs économiques et sociales globales des taxons végétaux Valeurs : d’usage direct Valeurs : d’usage, d’éco- usage indirect, fonctionnelle et systémique Valeurs : d’assurance, d’option de réserve de sécurité et d’échange Valeurs : héritable, patrimoniale d’existence et d’éthique Usage matériel Usage immatériel Capital génétique transmissible, richesse totale Biodiversité : pour assurer les ressources génétiques futures , sécurité alimentaire Fonctions d’équilibre naturel : Erosion, Eau, Sol, Climat, Systèmes écologiques ( éco espace) Avec consommation Alimentaire, Médicinale, Matière première, Agroindustrie Sans consommation Loisir, Esthétique, Ethnobotanique, Culturel, Paysagère. 1 2 3 4 5 2% 5% 8% 16% 100% Participation des espèces végétales aux différentes classes CLASSES Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 19 VII) VALORISATION BIOECONOMIQUE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE. 4.1) Unité de biodiversité. Le développement durable comprend la valorisation de la diversité biologique et de ses habitats dans une problématique de développement visant la recherche de : L’accroissement des quantités ( volume, superficie, effectif, poids, couverture, etc..). L’amélioration de la qualité ( énergétique, systémique, fonctionnelle, institutionnelle, etc..) L’amplification de la diversification qui offre la possibilité de choix évolutif, selon les tendances des finalités / objectifs. L’évaluation de la diversité biologique fondée, pour les écobiologues sur l’idée de stock ou capital de biodiversité, ou sur les équilibres des bilans, flux physicoénergétiques, et pour les socioéconomistes sur les équilibres marchands contraintes / techniques, est insuffisante. Les lacunes conduisent à la conception hypothétique d’une unité de biodiversité. C’est une unité de structure, de reproduction valorisante où l’équilibre est positivement dynamique et la structure enrichie à chaque cycle. C’est une unité d’organisation d’un système à interactions nature / quantité. Si le système de surface S est composé de E espèces représentées par ni individus, cette unité est : Ub= Ei ( ni / S) Cette appréciation conforte l’idée de la répartition et met en évidence : la qualité du maintien du système ; la reproduction du nouvel équilibre ou de la nouvelle structure enrichie avec plus d’espèces, plus d’individus et de meilleurs rapports avec le milieu. Cette démarche montre qu’il est illusoire, étant donné le niveau de nos connaissances bioéconomiques, de vouloir évaluer « le prix » de la fonction systémique de l’espèce et de tous ses individus dans l’unité de biodiversité pour évaluer économiquement un système. Les espèces sont différentes. Leurs fonctions particulières et leurs interactions sont méconnues. Il devient indispensable de formuler une évaluation hypothétique de la biodiversité par rapport à un paramètre traducteur qui est la ressource en eau. Elle est un facteur de dynamisation de la biodiversité. Au plan théorique, les ressources hydriques, les ressources humaines exprimées en force de travail et les ressources biologiques combinées sont reconnues comme richesse et capital par l’ensemble des économistes. Le modèle de développement durable inclut nécessairement ces trois paramètres qui sont disponibles. La valorisation de la biodiversité conduit à l’épanouissement de la ressource humaine par le plein emploi. La valorisation de la force de travail devient indicatrice de performance des exploitations de la biodiversité v. Bilan annuel de l’eau: Eau de pluie 65.10 9 m 3 / an, dont : ► ruissellement 12,4 à 15.10 9 m 3 ► infiltration 3.10 9 m 3 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 20 ► évaporation 47.10 9 m 3 Volume d’eau régularisé 2.10 9 m 3 Volume d’eau disponible 1,3.10 9 m 3 Volume d’eau mobilisable 4 à 5,7.10 9 m 3 dont : Eau de surface 12,4 à 15.10 9 m 3 Eau souterraine 6,8.10 9 m 3 Litres d’eau / jour / habitant 186 litres. A cette ressource, il faut ajouter la valorisation par la pêche et de l’aquaculture des eaux marines et continentales. Ces eaux s’additionnent à cette ressource en tant que milieu. vi. Force de travail. Population active de 4.200.000 travailleurs en l’an 2000 sur 30.000.000 habitants Population active de 6.000.000 en 2010 dont 30 à 50% de sous emplois et de chômeurs potentiels sur 38.000.000 d’habitants. vii. Biodiversité. Sur 40.000.000 ha de terres agricoles, forestières et pastorales : Activité agricole et forestière, 7,5.10 6 ha à 8.10 6 ha de SAU dont : ► 40 à 50% en jachère annuelle. ► 550.000 ha de culture permanente. ► 500.000 ha au plus de terres irriguées ► une production annuelle variable de : 2.000.000 T de céréales / an 41.500 T de légumes secs 3.200.000 T de produits maraîchers 11.000 T d’alfa 200.000 m 3 de bois. Activité pastorale, terrains de parcours non évalués : chiffre avancé par excès 30.000.000 ha : 130.000 bovins 17.300.000 ovins 2.800.000 caprins Activité marine : 2.059 petits métiers de pêcheurs : 105.000 T de poissons et crustacés. viii. Résultats. L’Algérie couvre : 30% de ses besoins énergétiques. 50% de ses besoins protéiniques. Importation de 30.10 9 $ en 10 ans pour satisfaire les besoins alimentaires soit l’équivalent de 165.000 TEP en pétrole et gaz. L’agriculture actuelle, dépendante des semences des multinationales, a saturé ses emplois. Elle limite les pratiques de valorisation des ressources biologiques algériennes et les moyens d’y parvenir. Le recours à la biodiversité comme moyen radical de plein emploi et d’accroissement économique est impératif. Ressource disponible en eau, total = 19,1.10 9 m 3 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 21 4.2) Modèle de développement. L’hypothèse s’articule autour de la valorisation de la diversité biologique pour la période 2000 / 2010. Elle est fondée sur la modélisation des ressources en eau ( terre et mer), des forces de travail et des capitaux destinés à l’alimentation humaine dans le cadre d’une projection de fonctionnement global équilibré. ( figure 3). Le coût du mètre cube d’eau est de 3,231$. Le postulat fixant l’égalité entre la valeur de biodiversité produite par 1m 3 d’eau et le prix du mètre cube est admis et plausible. En d’autres termes, l’eau recrée par le biais de la biodiversité sa propre valeur. Cette approche est adoptée en écologie comme en économie. Le rapport coût des importations alimentaires et coût de l’eau détermine le volume d’eau et le nombre d’emplois occasionnés par la valorisation de ce volume d’eau pour la biodiversité. Les quantités d’eau nécessaires à l’irrigation d’un hectare et l’emploi généré sont connus. Le modèle réalise une interactivité amplifiante entre les développements de la biodiversité, de l’alimentation et de la force de travail. Le rapport force de travail / espace s’effectue par l’intermédiaire de la quantité d’eau nécessaire à l’irrigation d’un hectare : 1ha = 16.000 m 3 d’eau/ an = 2,5 emplois en intensif, 16.000 m 3 d’eau est la quantité nécessaire à l’irrigation en excès d’un hectare en intensif. Cette quantité varie habituellement de 6 à 10.000 m 3 /an. La valorisation du savoir faire maximise la dynamisation du modèle pour assurer les exigences de reproductibilité de l’unité structurale de biodiversité. Le modèle de la figure 3 intègre les paramètres suivants : Emplois 2010 = 1.885.000. ( individus potentiels) Eau hectare = 16.000 m 3 . Hectare par emploi = 0,4 ha. Population Algérie 2010 = 38.000.000 h. Besoins alimentaires 2010 = 47,5 10 9 $. Coût de la ration alimentaire 1.250$ ( ONS, 1999). Calcul des paramètres du modèle : 1.885.000 x 16.000 m 3 x 0,4 = 12,064.10 9 m 3 d’eau équivalent emploi 12,064.10 9 / 16.000 m 3 = 754.000 équivalents surface ou unité de biodiversité Les besoins des populations dépendantes des actifs, si on compte pour un actif cinq ( 5) dépendants et si le coût de la ration alimentaire est de 1.250$ : 38.000.000 habitants x 1.250 $ = 47,5.10 9 $ La valeur de la diversité biologique valorisable est de : 12,064.10 9 x 3,231 = 40,839 10 9 $ La couverture des besoins de la population totale sera de : 40,83.10 9 / 47,5.10 9 86% En 2010, la mise en valeur de la biodiversité, liée au plein emploi de la capacité de travail de la population rurale permet la couverture de 86% des besoins de la ration alimentaire totale du pays. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 22 4.3) Applicabilité du modèle. Réserve d’eau disponible 19,5.10 9 m 3 , possibilité d’utiliser 12.10 9 m 3 , il en reste 7.10 9 m 3 non utilisés. Superficie irrigable calculée 754.000 ha au lieu de 1.267.000 ha prévus par le Ministère de l’Agriculture, reste 513.000 ha non planifiés. Force de travail estimée à 30% de la population de 30.000.000 d’habitants par l’ONS, donc suffisante. D’autre part, les progrès biotechnologiques, de biologie moléculaire et du génie génétique ouvrent des perspectives économiques considérables pour les pays qui sont au rendez-vous. Il est possible d’accroître les performances par : de meilleures capacités de la force de travail, la mise en valeur de nouvelles énergies, énergies solaire, éolienne, etc., une meilleure gestion des réserves en eau , des terres, des stocks halieutiques, etc. Le coût moyen de la création d’un emploi en agribiodiversité est très nettement inférieur aux prévisions de l’ONS : 16.000 m 3 x 0,4 x 3,231 $ = 20.678 $ au lieu des 16 à 50.000 $ prévus dans les rapports statistiques de l’ONS, ( 1999). Il est également possible de définir les incidences sur les emplois : ► 1 emploi pour 5 rations alimentaires. ► 1 emploi productif pour 2 emplois de service ( ONS, 1999). Ces deux rapports accroissent considérablement la qualité de vie des populations et la possibilité de résorption du chômage. Les moyens financiers dégagés par la réduction des importations seront affectés à la mobilisation de l’eau, à celle des terres irriguées, aux valorisations de la main d’œuvre et de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 23 Figure 3 : Schéma de reproductibilité valorisante de la biodiversité en rapport avec l’emploi et les ressources en eau. Estimation force de travail : objectif de plein emploi 1.885.000 Equivalent eaux mobilisables 1.885.000 x 16000 m 3 /ha x 0,4 Valorisation en biodiversité Equivalent en rations alimentaires développement Valeur agricole Possibilité développement Force de travail Possibilité mobilisation des ressources / eau / espace Développement biodiversité Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 24 VI) MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE : GRANDS AXES STRATEGIQUES. La mise en œuvre de la stratégie, sur la base de la valorisation de la diversité biologique pour le développement économique global, s’articule autour de la maîtrise de grandes options accompagnées par des orientations d’aménagement du territoire. Elles figurent dans les points 1-2-3 qui dépendent du PANE et de 4 à 18 qui sont liées à la stratégie de développement et d’utilisation durable de la diversité biologique. Elles sont subdivisées en objectifs, activités et actions évaluées financièrement. 19) Incorporation des préoccupations de valorisation et de gestion durable de la diversité biologique dans les plans de développement socioéconomique à tous les niveaux. 20) Mobilisation des moyens financiers. L’hypothèse formulée pose le principe de la réaffectation progressive non linéaire de la quote-part financière affectée aux importations, soit 3.10 9 $ / an. 21) Mobilisation et réorganisation de l’exploitation des ressources en eau, des sols, des espaces et de la mer, orientées vers la configuration d’un équilibre potentialités / activités et ressources / exploitations. 22) Création de principes intangibles instituant les fondements politiques de la gestion de la diversité biologique algérienne. 23) Amélioration de la perception nationale des connaissances de la nature, des mécanismes, de la typologie et des potentialités de valorisation de la diversité biologique. 24) Création d’une stratégie de conservation par l’instauration d’une démarche de préservation ex situ et in situ, étatique et riveraine. 25) Mobilisation des moyens humains pour la formation, le développement du savoir faire, du savoir exécution et la diffusion massive des connaissances. 26) Renforcement des capacités de recherche biotechnologique pour maîtriser les développements de la diversité biologique et accéder aux avantages des progrès universels. 27) Renforcer la sensibilisation populaire pour enrichir la culture sociale, accroître le respect des valeurs de la diversité biologique et l’implication de la communauté dans sa gestion. 28) Optimiser les potentialités agroéconomiques de la biodiversité par l’utilisation rationnelle, des ressources, de la force de travail et des espaces afin d’assurer l’autonomie alimentaire. 29) Valoriser les types d’utilisation de la diversité biologique par la diversification des activités médicinales, ethnobotaniques, industrielles, touristiques, de transport, énergétiques, etc.. 30) Développer une trame biotique de végétalisation du pays qui respecte les standards méditerranéens et instaure un équilibre fonctionnel et paysager. 31) Domestiquer les propriétés systémiques de la biodiversité pour modérer les dysfonctionnements territoriaux et valoriser l’usage de ses possibilités naturelles dans les aménagements de l’espace. 32) Ancrer les activités agricoles par une politique législative, foncière et socioculturelle qui consolide les liens entre le fellah, sa terre et son terroir. 33) Adéquation des instruments institutionnels par l’instauration de structures munies de pouvoir à la hauteur de l’enjeu. Dévoluer les responsabilités aux gestionnaires de l’espace dans une hiérarchie emboîtée et simplifiée. 34) Adéquation des moyens législatifs, financiers et matériels de valorisation de la diversité biologique qui assurent sa prise en charge par des unités opérationnelles décentralisées. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 25 35) Renforcer les moyens de diffusion et d’échanges de données au sein d’un système de communication interactif de banques de données et de réseaux. 36) Renforcer les capacités de participation aux accords multilatéraux pour faire bénéficier le pays de la solidarité internationale et mettre en valeur son rôle dans l’accroissement des richesses de la Biosphère. Ces paramètres sont évalués dans la stratégie, leur coût est évidemment très élevé. La comptabilisation des pertes générées par les dysfonctionnements au niveau global est équivalente à 153,7.10 9 $ : ► importation produits alimentaires 3.10 9 $ / an ► perte de terre 2,6.10 9 $ / an ► pertes par incendies 50.000 ha / an ( équivalent biodiversité de 2,6.10 9 $) ► perte de 150.000 élèves / an : à 10.000 DA = 1,5.10 9 DA. ► eau de ruissellement, évaporation : 64.10 9 m 3 – 19.10 9 m 3 = 45.10 9 m 3 à 3,213 $/ m 3 = 144.10 9 $ Elle rend le financement de 3,12.10 9 $ dérisoire ( 2%), sachant que ces pertes transformées en investissements créent une pluvalue considérable. VII) OPTIONS, GUIDES ET OBJECTIFS STRATEGIQUES. 6.1) Perception nationale de la diversité biologique. Objectif O1 : tout opérateur. Développer, diffuser et vulgariser les perceptions particulières de la diversité biologique comme ressource naturelle et introduire progressivement les élargissements nécessaires à sa meilleure acception. Guide de définition : La diversité biologique est la diversité de la vie des organismes et de leurs niveaux d’organisation, du gène au paysage. Elle inclut la répartition dans les terroirs, la production comme ressource naturelle et les valeurs comme patrimoine biologique local et national au service de l’homme. 6.2) Connaissance de la diversité biologique. Objectif O2, inventaire systématique faune / flore, opérateur : CDRB. Inventorier systématiquement la faune et la flore spontanées et domestiques en s’appuyant sur les structures régionales après leur renforcement scientifique et l’implication du plus grand nombre d’acteurs, d’opérateurs et de concernés à travers un réseau d’envergure nationale. Guide : organigramme de réalisation de l’inventaire national : L’inventaire sert de base au lancement des activités bio-économiques de valorisation de la diversité biologique. La connaissance, la localisation cartographique et la base de Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 26 données sont des opérations préliminaires de développement des activités de recherche, d’utilisation et de gestion. Objectif O3, matrice habitats, opérateurs : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, universités. Edifier une matrice des habitats à partir d’une approche phytodynamique, en considérant que la végétation est le support de toute vie animale et que sa transformation influe directement sur la faune qui l’utilise et la flore qui la constitue. Guide : Proposition d’une matrice habitats. L’objectif de ce travail est de fournir un outil qui permette de situer n’importe quel point du pays dans un complexe d’habitats support d’une végétation potentielle en fonction des critères simples et mesurables. Le résultat attendu est une matrice de référence qui est en même temps une clé de détermination des écocomplexes à la portée des utilisateurs. Les critères de base sont les étages ( 06) et les série de végétation et les bioclimats. 183 écocomplexes sont déterminés. Coût total général de l’opération inventaire national de la faune, de la flore et des habitats = 131.078.400 DA 6.3) Conservation de la diversité biologique. 63.1) Conservation ex situ Objectif O4, opérateur, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Créer un Centre de développement des ressources biologiques (CDRB) auprès du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Option de mission et d’organigramme. Il est chargé au niveau national de la connaissance, du suivi, de la représentation, de la valorisation, de la conservation et du développement des ressources et du patrimoine biologique national. A ce titre, il couvre la faune et la flore sauvages et domestiquées. Il est de type EPST ( entreprise publique scientifique et technique), doté de l’autorité morale, de l’autonomie financière et matérielle et des ressources humaines. Organigramme. La figure 4 présente l’organigramme du centre et ses relations avec la tutelle, le réseau de laboratoires de recherche et des organismes de développement. Budget total = 142.280.000 DA 63.2) Conservation in situ. Options. Edifier un réseau de conservation in situ des taxons sauvages et utiles et de leurs habitats qui implique le plus grand nombre de structures spécialisées coordonnées au plan scientifique par le conservatoire génétique du CDRB. Organiser une véritable trame de conservation in situ qui confie à chaque structure opérationnelle une fonction de protection/ conservation/ développement modulée par son étendue et sa durabilité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 27 Figure 4 : Organigramme du centre de développement des ressources biologiques (CDRB). Administration Conseil scientifique Conseil de direction et de coordination scientifique. Laboratoires CDRB Inventaire et Biosystématique Faune / Flore Culture in vitro et jardin de multiplication Conservation ex situ Banque de données et de communication, GIS Génétique et biotechnologie Directeur Réseau national de banque de données ( Wilaya, APC, etc..) Réseau national de Laboratoires hors CDRB Conseil d’orientation Ministère de tutelle Réseau des institutions de développement des ressources biologiques Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 28 Objectif O5, opérateurs : CDRB, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, Ministère de l’Agriculture. Edifier une armature nationale de préservation de la diversité biologique in situ associée au développement socioéconomique durable pour constituer une réserve biologique de sécurité pérenne. ( figure 5) Guide des activités de conservation in situ. iii. La préservation est conçue dans un contexte large qui l’intègre dans les plans de développement nationaux. Les structures chargées du développement ont la tâche d’assimiler et d’étendre les préoccupations de préservation à l’ensemble du pays. Les aspects quantitatifs et de généralisation étant planifiés, il sera dévolu aux aires protégées une activité essentiellement qualitative. iv. Les méthodes de préservation seront incorporées dans les activités de toutes les structures gestionnaires de l’espace, APC, Conservation des Forêts, Directions des Services Agricoles ( et ressources, steppiques et sahariennes), Inspection de la Pêche et Inspection de l’Environnement. Ce sont la synergie et la coordination intersectorielle qui améliorent la conservation dans le développement. iii. Les structures de Wilaya sous l’instigation du CDRB édifieront des réseaux de conservation in situ avec les exploitations agricoles, pastorales, forestières, les établissements pédagogiques et de recherche, les jardins publiques, parcs zoologiques, jardins botaniques, etc.., et toute personne ressource susceptible par son espace, son savoir, et ses moyens de contribuer à préserver une parcelle de biodiversité. L’objectif est d’assumer largement l’activité de préservation afin de développer ce processus avec la finalité d’accroître le patrimoine biologique et les notions socioculturelles de terroir. iv. Centraliser les données au CDRB afin de les standardiser et de les faire circuler à travers les institutions concernées. Cette communication n’est réalisable qu’avec l’échafaudage d’une banque de données et d’un réseau d’accès périphérique conséquent par le CDRB. L’action de conservation n’est pas perçue comme un acte d’isolement mais au contraire comme la généralisation d’une fonction par la multiplicité. Son fondement repose sur : ► un maillage territorial total des structures nationales solidement établies et stables, ► des compétences dans la gestion directe du matériel biologique, ► l’ancrage au sein des populations des activités de conservation par les structures responsables. La conservation in situ est dévolue aux directions de Wilaya concernées par la diversité biologique. Les activités de chacune d’elles sont précisées dans les paragraphes suivants. 632.1) Conservation par les Directions des Services Agricoles DSA ( et des ressources agricoles). Objectif O6, opérateurs : 36 DSA du nord du pays. Caractériser et conserver les ressources agricoles cultivées et élevées dans un réseau de préservation in situ, incluant les producteurs. Coût total pour les 36 DSA du nord = 30.600.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 29 Réserves de reproduction Figure 5 : Organigramme de conservation in situ de la diversité biologique. Structures intermédiaires wilayates DSA du Nord Direction des services agricoles (ressources agricoles) Conservation forestière ( ressources biologiques forestières) DSA du Sud ( ressources steppiques et sahariennes) Inspection des pêches ( ressources marines et aquacoles) Inspection de l’environnement ( gestion des ressources) Activités Réseau de production et de collection des variétés locales Promotion / agri diversité Développement forestier et terres à vocation forestière Production, protection des ressources biologiques Agropastoralisme Production / préservation espèces steppiques, sahariennes Gestion des productions, reproduction et protection des ressources halieutiques Equilibres physiques Gestion intersectorielle des ressources Nuisances/ législation Moyens de conservation et de gestion APC Gestion durable totale de l’espace ( qualitatif) Parcs nationaux Espaces et habitats sensibles Réseau CDRB Gestion des données Méthodes Banque Diagnostic Réseau Réserves génétiques des ressources biologiques Réserves génétiques agropastorales temporaires Réserves génétiques de terroir Réserves génétiques intégrales SIB biodiversité R E S E A U Ecotones équilibrés Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 30 Objectif O7, opérateurs : 12 DSA du sud du pays ( DSA steppiques et sahariennes). Préserver la diversité biologique steppique et saharienne par la multiplication des réserves génétiques agropastorales in situ et l’instauration d’un système de gestion programmée. Option. La réserve génique de sécurité couvre 4 à 5000 ha. Elle n’est pas dotée d’infrastructures. Elle est efficace et peut être mobile. Elle caractérise des préservations temporaires d’espaces de sécurité biologique, sa durée varie entre 2 et 4 ans. Elle est utile essentiellement pour reconstituer les diaspores susceptibles d’essaimer. La réserve génétique intégrale est une préservation définitive d’un habitat exceptionnel, contenant des espèces rares ou menacées. Elle n’excède pas 4 à 5.000 ha et nécessite une activité de suivi. La parcelle de gestion programmée est un mode d’exploitation des parcours à partir d’un calendrier de rotation. Elle a une surface de 10 à 20.000ha. Les infrastructures spéciales ne sont pas indispensables. Les activités concernent le respect des décharges pastorales. Coût total pour les 12 Wilayas steppiques et sahariennes = 17.820.000 DA Coût total général conservation pour les 48 DSA = 48.420.000 DA 632.2) Conservation de la diversité biologique par les Conservations des Forêts. Option. Les pouvoirs des Conservations Forestières vis à vis des conception, gestion, réalisation et des compétences territoriales devront être étendus aux forêts, aux terres à vocation forestière, aux steppes ouvertes ou fermées et à tout espace portant une végétation naturelle. Elles auront autorité sur les terres à climax forestier, steppique, de pelouse et tous types physionomiques qui n’ont pas reçu d’affectation en : ► SAU. ► Terrains urbains ou urbanisables. ► Terrain d’infrastructure de transport, de loisir, touristique, industriel, etc.. Objectif O8, opérateur : Ministère de l’Agriculture. Renforcer les capacités des Conservations des Forêts et orienter leurs activités vers la solution des problèmes fondamentaux de gestion et de conservation des ressources biologiques et forestières en créant des cellules scientifiques capables d’inventaire, de cartographie et d’aménagements intégrés sylvopastoraux où la diversité biologique et la participation sociale sont prioritaires. Objectif O9, opérateur : Ministère de l’Agriculture. Prendre en charge la gestion productive et conservatoire des ressources biologiques forestières, des terres forestières à vocation forestière et des végétations naturelles. Coût total national = 1.130.000 DA x 48 W = 54.240.000 DA 632.3) Conservation de la diversité biologique par les Inspections des Pêches ( des ressources marines et aquacoles). Objectif O10, opérateurs : 12 inspections des pêches. Edifier un réseau de préservation à long terme des écotones, par le contrôle des échanges entre le continent et la mer, le long de la côte. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 31 Guide. Définir la consistance, la réglementation, le suivi des écotones contrôlés (EC) et des réserves de plateau continental en fonction des réalités concrètes, en rapport avec les populations riveraines et les métiers de pêcheurs. Quatre types de réserves : ii. Ecotones de plage. iv. Ecotones de falaises rocheuses. v. Ecotones d’embouchures d’oued. v. Réserves dans le plateau continental. Coût total de la conservation maritime = 50.760.000 DA 632.4) Conservation des ressources aquacoles continentales, Inspections de la Pêche ( et des ressources marines et aquacoles). Objectif O11, opérateurs : 12 inspections des pêches. Connaître et préserver les espèces autochtones et les sites d’élevage pour développer les ressources et l’aquaculture continentale. Coût total de la préservation en milieu dulçaquicole = 4.100.000 DA Coût total général de préservations marine et aquacole = 54.860.000 DA 632.5) Conservation Inspection de l’Environnement ( et gestion des ressources biologiques) Objectif O12, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, Inspections de l’Environnement. Oeuvrer pour le suivi, l’innovation et la synergie structurelle à l’introduction d’approches novatrices dans la recherche des équilibres des éléments terre, air, eau, espace, Homme et diversité biologique pour une meilleure qualité de vie des populations. Objectif O13, définition d’un système d’information de biodiversité ( SIB), opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Concilier l’amélioration et la préservation de la diversité biologique avec les applications opérationnelles de l’ensemble des structures. Définir des approches de rectification consensuelle conséquentes aux évaluations des impacts sectoriels. Guide : L’organigramme de la figure 7 du plan d’action, met en relief un SIB, système d’information et de gestion de la diversité biologique, par des actions / rétroactions des paramètres environnementaux relatifs aux Problèmes / Vecteurs / Décideurs. Coût total général de l’installation du SIB national et régional = 49.980.000 DA 632.6) Conservation de la diversité biologique par les parcs naturels et les aires protégées. Objectif O14, opérateurs : CDRB, Directions Générales des Forêts et de l’Environnement. Adapter l’organisation et la fonction des parcs à l’option globale d’incorporation des préoccupations de la diversité biologique dans la planification du développement national. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 32 Guide. Les aires protégées de taille réduite sont multipliées, conformément à la matrice habitats. Elles doivent couvrir le plus grand nombre d’habitats de taxons sensibles et de pratiques basées sur le savoir local particulièrement menacé. L’objectif est la création d’un réseau de connaissance, de préservation et de généralisation de modèles de gestion durable de l’espace couvrant le plus grand nombre de systèmes écologiques. Le programme des aires protégées comporte les 4 objectifs suivants : 1. Détermination des méthodes de gestion des statuts des habitats et des taxons. 2. Prendre en charge les préoccupations des populations dans les activités de l’aire protégée. 3. Prendre en charge les activités scientifiques de vulgarisation et de diffusion de la diversité biologique dans les aires protégées. 4. Evaluer l’impact et les effets de la conservation de la diversité biologique au niveau sectoriel. Option : effectif des parcs. Etablissement d’un réseau national de réserves naturelles selon une distribution biogéographique sectorielle par tous les ministères et structures concernés (agriculture, pêche, forêt, steppe, Sahara, environnement, etc..). L’effectif d’aires protégées, déterminé à partir de la matrice habitats, montre qu’il y a 19 unités biogéographiques continentales auxquelles s’ajoutent 11 unités marines. L’objectif est d’atteindre 30 aires protégées ou parcs nationaux continentaux et marins. Coût total général pour 30 aires = 156.600.000 DA A titre de comparaison, les huit parcs actuels ont bénéficié d’un financement d’équipement sur dix ans de 717.508.000 DA depuis leur création à 1999, soit quatre fois la somme évaluée pour les 30 parcs. Le budget de fonctionnement total des parcs existants, pour l’année 1998, s’élève à 88.739.000 DA. Il est supérieur au budget de fonctionnement prévu pour les 30 parcs. La restructuration conforme à cette nouvelle optique est simplement une réorientation des crédits vers un objectif de conservation plus scientifique et un emploi plus qualitatif, sans accroissement des dépenses de l’Etat. 632.7) Conservation au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE), création de cellules de développement durable. Objectif 15, opérateur : Wilayas. Renforcer les capacités scientifiques et techniques des directions de Wilaya, gestionnaires de la diversité biologique, afin d’assurer sa prise en charge et sa planification durable. Guide : Recrutement de 2 ingénieurs par cellule. Les relations de coordination entre cette cellule, les cellules scientifiques des APC ( CSDD), les aires protégées, le CDRB, les partenaires et les concernés sont représentés par la figure 11 du plan d’action. Coût total général du budget additif du fonctionnement des cellules de développement durable des Wilayas = 23.040.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 33 632.8) Conservation au niveau des APC : Création des zones de développement durable ZDD. Objectif O16, création dans chaque APC d’une zone pilote de développement durable ZDD, opérateurs : APC, Wilayas, Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Intégrer les paramètres de gestion des ressources biologiques dans les plans de développement communaux par les renforcements technique et scientifique des ressources humaines et l’émergence d’une zone pilote de développement durable dans chaque APC. Guide : Appliquer la stratégie et l’aménagement du territoire qui en résulte dans un espace pilote de chaque APC. Evaluer prioritairement les ressources biologiques, les potentialités écologiques et la production, en vue de la confection de terroirs, de leur amélioration et de leur préservation. Coût total du fonctionnement des cellules de développement durable ( CSDD) des 1541 APC = 1.447.600.000 DA 632.9) Mise au point d’indicateurs de protection et d’évaluation de l’application de la stratégie. Objectif O17, opérateur : CDRB Impliquer les opérateurs dans la mise au point d’indicateurs systémiques, économiques, sociaux, politiques et administratifs efficients du fonctionnement de la stratégie. Coût total des indicateurs de fonctionnement de la stratégie = 27.000.000 DA Option : Intégrer la mise au point des indicateurs du fonctionnement de la stratégie dans les programmes PNR et dans les axes de recherche de 15 projets de laboratoires universitaires. 6.4) Sensibilisation et participation populaire au respect, à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. 64.1) Education scolaire. Option : Valoriser l’homme pour maîtriser et gérer la diversité biologique et ses ressources. L’accroissement des connaissances et du savoir constitue l’investissement le plus durable. Il induit la valorisation de l’homme, instaure des comportements qui intègrent les droits des plantes et des animaux par rapport aux devoirs des citoyens Ils met en exergue leur responsabilité vis à vis de la préservation intergénérationnelle de la biodiversité. Il commence dès les premières années d’éducation scolaire et se poursuit par les spécialisations universitaires. Objectif O18, opérateur : Ministère de l’Education Nationale. Elargir les programmes scolaires d’écologie environnement aux connaissances, approches et mécanismes de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 34 Guide : Programmer des cycles de formation, en matière de diversité biologique, destinés, aux instituteurs, professeurs de collèges, de lycées et formateurs d’éducation scolaire en général. Ces formations devraient intervenir avant l’exécution des programmes pédagogiques scolaires. Coût total général du recyclage ( formation des formateurs) = 22.950.000DA 64.2) Formation et recherche universitaires. Option : orientation de la recherche et de l’enseignement universitaires. Promouvoir les sciences biosystématiques comme outil stratégique d’indépendance et de connaissance autonome de nos ressources biologiques. Les pays avancés, en développant des disciplines nécessitant des technologies de pointe, délaissent cette science techniquement peu exigeante. Elle représente pourtant le creuset futur de la formation et de la recherche développement des pays émergents. Objectif O19, opérateur : Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Renforcer les curriculum de formation universitaire en sciences biologiques par des enseignements en biosystématique et les disciplines adjacentes en vue d’accroître la connaissance fondamentale sur les ressources biologiques. Guide : Développer les formations et les postgraduations de systématiciens, dégager les moyens d’investigation et d’analyse, florule, faunule, jardin botanique et les équipements spécialisés de laboratoire. Objectif 20, génie génétique, opérateurs : Ministères de l’Enseignement supérieur, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, CDRB. Doter la recherche universitaire de moyens d’investigation biosystématiques, biotechnologiques, de génie génétique et de contrôle biogénique des ressources biologiques. Guide : Planifier l’édification de 03 laboratoires de recherche performants capables d’engranger des niveaux de pointe de recherche et de promouvoir un développement compétitif en génie génétique sur les ressources biologiques. Objectif 21, recherche variétale, opérateurs : Ministères de l’Enseignement supérieur, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, CDRB. Prioriser et renforcer les recherches expérimentales sur les améliorations variétales dans les institutions de recherche des secteurs de développement comme moyen radical de valorisation des ressources biologiques, agricoles, aquacoles, forestières, horticoles, etc.. Guide : Accroître progressivement l’usage des ressources autochtones dans l’agriculture, la reforestation, l’horticulture, etc.. La finalité est l’instauration de modèles culturaux qui s’affranchissent de la dépendance étrangère et qui permettent la création d’un fonds biologique commun ( FBC). C’est le capital biologique de notre agriculture et de toutes les formes d’utilisation de la diversité biologique. Coût total général formation / recherche universitaires = 105.384.000 DA. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 35 64.3) Culture sociale et individuelle liée à la diversité biologique. Objectif O22, opérateur : Ministère de la Culture et de la Communication. Connaître, étendre et fédérer la culture populaire fondée sur la diversité biologique pour renforcer les notions de terroirs, ancrer les racines et l’attachement implicite aux valeurs biologiques. Guide. Développer les savoirs socioculturels liés à la diversité biologique fondés sur la curiosité, la connaissance des réalités biologiques plus que sur les règlements. Que chaque citoyen puisse adopter aisément des informations diffusées, sans dogmatisme, sur la diversité biologique, qui s’intègrent dans ses préoccupations. Le progrès culturel est nécessaire à la mise en place d’une politique de développement et de protection de la diversité biologique, même si le principal avantage de sa valorisation est économique et social. Objectif O23, opérateurs : Ministères de la Culture et de la Communication, de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, de l’Agriculture. Concilier l’algérien avec son espace géographique, social, biologique et culturel pour qu’il s’identifie dans son terroir et protège son contenu. Guide. Diffuser les connaissances sensibles, destinées à valoriser le savoir populaire, qui traduisent les vécus historique et actuel. Dans ce cas, le contenu des messages s’inspire de connaissances intimes, justes, profondes des ressources bioécologiques dans toutes leurs facéties, physiques, socioéconomiques, écoculturelles, esthétiques, mystiques, etc.. Diffuser les connaissances scientifiques vulgarisées qui insistent sur les aspects, réhabilitation, rôles de la diversité biologique dans les fonctions vitales de l’homme, oxygène, gaz carbonique, eau, etc.., dans les équilibres écologiques, érosion, barrage, etc.., et dans tous les mystères liés à l’évolution de la vie et à l’équité inter générationnelle. Les actions ciblées doivent renforcer les liens culturels entre l’Homme et la nature et posséder un pouvoir de mobilisation des populations, comme : Le doublement du capital forestier qui fait appel à des chiffres indicatifs. (2.800.000 ha par 28.000.000 d’habitants, soit 100 arbres par habitant ou chef de famille en 10 ans, les arbres sont propriétés des planteurs). Coût total du doublement du capital forestier = 18.201.10 6 DA Création d’une ceinture verte urbaine ( standard de 10m 2 par habitant, soit 28.000ha plantés en 2 ans, soit un arbre par habitant sous la responsabilité du chef de famille). Coût total option 28.000 ha =182.500.000 DA Création des atlas monographiques communaux sur la diversité biologique. Coût total des frais de réalisation de 1.540 atlas communaux 65.500 DA x 1.540 atlas = 100.870.000 DA Coût total général de sylvigénèse, première option et Atlas = 18.304.070.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 36 64.4) Valeur de la biodiversité, usages et intérêts sociaux. Objectif 24, opérateurs : Conservations des Forêts et Inspections de l’Environnement de Wilayas. Mettre en valeur les avantages de la diversité biologique pour accroître son intérêt social et rationaliser son usufruit. Options : Les Conservations des Forêts et les Inspections de l’Environnement doivent élargir leurs activités aux ressources biologiques en forêt et hors forêt, dans les terres non affectées aux SAU. Elles auront ainsi à œuvrer avec les cellules scientifiques des APC et les directions de l’agriculture. Coût total biodiversité et intérêt social = 46.200.000 DA 64.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire. Option : Homme / diversité biologique. Mobiliser les moyens, les techniques et les méthodes de sensibilisation pour répondre à l’option fondamentale de « la valorisation de l’homme pour la protection de la nature ». L’homme est un « être biologique » qui vit à partir de la biodiversité. Il l’adapte, la reproduit et en use pour son existence. Il en dépend. Mais c’est aussi un être de culture. De ses fondements moraux et comportementaux qui réalisent la contexture de sa culture, dépend la pérennité de la nature. La durabilité de la diversité biologique est subordonnée aux systèmes de culture et à l’attractivité qu’exerce la nature sur l’esprit. La qualité des relations détermine sa survie et la transmission des caractères éthologiques de sa protection de génération en génération. Objectif 25 , opérateur : Ministère de la Culture et de la Communication. Exploiter en profondeur les moyens audiovisuels de diffusion et de vulgarisation, pour sensibiliser la population par rapport à la diversité biologique. Coût total des moyens stratégiques culturels = 1.662.200 DA 64.6) Organisations sociales relais, vecteurs et destinataires de la société civile. Objectif 26, opérateurs : Wilaya, APC. Programmer, au sein des activités des Wilayas et des APC, l’instauration d’un réseau social ouvert qui privilégie les relations de communication, de débats, d’explication et de consensus sur la gestion durable de la diversité biologique. Option : caractéristiques du réseau de communication. Ce réseau a pour objectif de catalyser et faciliter la complémentarité relationnelle entre l’administration et la société civile pour le développement et le respect de la diversité biologique. Il regroupe les membres des institutions chargées de la gestion de la biodiversité et les organisations sociales. Les structures traditionnelles puisent leur essence dans les racines historiques. Elles sont parfois très vivaces et déterminent des réseaux vecteurs d’opinions et de solidarité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 37 L’efficacité de transmission de l’information est subordonnée à la diversification de ces relais. Les consensus les plus larges sont toujours les plus recherchés. Ces relais informels, sont basés sur la participation. Ils sont bénévoles et ne nécessitent pas d’infrastructures particulières. L’oralité, le contact, les débats autour de l’intégration de la diversité biologique dans le développement local et son respect sont les véritables moteurs. Cette option intègre l’approche de gestion participative qui amène au partage des responsabilités de gestion, des intérêts et des enjeux sociaux. Evaluation financière pour mémoire 6.5) Valorisation écologique de la diversité biologique algérienne. La valorisation écologique de la biodiversité est envisagée comme élément capital d’équilibre physico-biologique du pays et d’accroissement de la richesse patrimoniale. Son intérêt motive un double objectif. La valorisation effective de la diversité biologique par l’ utilisation rationnelle de ses propriétés. L’intégration par les décideurs de la nécessité de sa préservation et de sa gestion en fonction de ses capacités bioécologiques comme argument majeur de développement durable. Les valeurs écologiques de la diversité biologique représentent l’ensemble des fonctions naturelles intrinsèques et des dérivés de ses fonctions qui améliorent ses habitats le sol, l’air, l’ eau, les cycles contenus dans le système autonome qu’elle compose. Certaines fonctions ont des valeurs nominales, d’autres sont des usages économiques, réels, quantifiables. Elles représentent la base des valorisations nécessaires à notre croissance et à notre qualité de vie. Les possibilités d’amélioration de ses valeurs sont examinées pour chaque secteur économique. 65.1) Valeur écologique et instauration des équilibres paysagers. Option. Les directions de Wilaya et les CSDD doivent intégrer la perception et les normes paysagères dans les plans d’aménagement de l’espace, au niveau local dans les ZDD et l’espace communal, au niveau de la Wilaya et du territoire national. Cette démarche préconise de concevoir des plans de développement à partir de la détermination et de la localisation précise des vocations des terres à court, moyen et long termes. Ce travail fondamental doit être priorisé dans les contextes du développement global intégré. Les paramètres macroéconomiques actuels et prospectifs autant que les caractéristiques locales de potentialités, conditionnent l’aménagement durable, avec la perspective d’une organisation équilibrée des masses biologiques naturelles, urbaines, agricoles, etc.. Objectif O27, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 38 Instaurer dans la planification du développement socioéconomique durable et la gestion des espaces, l’équilibre des structures paysagères comme paramètre incontournable de préservation pondérée des organisations biologiques. L’évaluation financière de ces actions est effectuée sur un prototype de 10.000 ha par commune dans les ZDD. Evaluation financière pour mémoire 65.2) Valorisation systémique de la diversité biologique. Option de lutte contre la dégradation. Reconnaître que notre matériel biologique possède les capacités intrinsèques de dominer les processus de dégradation par la remontée biologique naturelle. Utiliser ses aptitudes et protéger les taxons fondateurs par l’identification de ses caractères. Ils doivent être catalogués dans des banques de données. Objectif O28, opérateurs : Directions de Wilaya, APC, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Utiliser prioritairement le matériel biologique local et imposer des modèles systémiques naturels de lutte contre les processus de dégradation, de déstabilisation, de désertification, de glissements, d’envasement, etc.., des espaces. Option. Les systèmes naturels possèdent des propriétés d’autorégulation qui maintiennent leur pérennité et leur évolution progressive vers une complexité grandissante. Elles entraînent une stabilité de la diversité biologique et un accroissement de sa productivité par son adaptation progressive aux conditions écologiques. L’option envisagée consiste à conduire les systèmes de protection et d’exploitation en imitant les modèles biologiques naturels dans leurs structure et fonctionnement. Objectif O29, modélisation des exploitations, opérateur : CDRB. Modéliser les exploitations en s’inspirant des réalisations systémiques pour réglementer les activités pastorales, forestières, de pêche, etc., et préserver leur capacité de renouvellement et leur diversité biologique. Coût total général de la valorisation systémique de la diversité biologique = 5.984.000 DA 65.3) Valorisations écologiques : urbaine et infrastructurelle. Option. Adopter l’espace vert urbain comme source de bien être et d’équilibre des populations citadines. Systématiser son utilisation pour l’accomplissement des « fonctions vertes » de repos, de loisir et d’assainissement de proximité et comme moyen de sensibilisation et d’éducation de masse pour la préservation de la biodiversité. Objectif O30, espaces verts APC, opérateur : Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Accroître la diversité biologique urbaine pour l’amélioration de la qualité de vie des populations par la création d’une couverture d’espaces verts conforme aux normes internationales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 39 Option. Considérer que l’arbre dans la ville fait partie des équipements d’assainissement indispensables, au même titre que les infrastructures. Objectif O31, opérateurs : APC, Ministères de l’Intérieur et des Collectivités Locales, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Réaliser systématiquement des écrans verts linéaires le long et en bordure des infrastructures urbaines. Coût total général des valorisations écologiques urbaines et infrastructurelles = 8.335.680.000 DA 65.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles. Options. Deux directions prioritaires d’amélioration de l’agriculture par la valorisation de la diversité biologique s’imposent. La première consiste à créer les aménagements et l’environnement biologique nécessaires à l’optimisation des facteurs biocénotiques à l’avantage de l’agriculture. La deuxième concerne les mesures capables de développer nos ressources agricoles avec l’objectif d’une indépendance alimentaire. L’Etat développe l’option fondamentale de valoriser la diversité biologique agricole comme support de la production alimentaire et la diversité biologique naturelle comme trame biotique d’équilibre. Cette dernière stimule les flux biocénotiques de dissémination, de pollinisation, de lutte biologique, de conservation des sols, de l’air et de l’eau, qui accroissent la production. La réhabilitation du tapis végétal a un effet démultiplicateur de la vie et de la préservation des éléments naturels. Il est nécessaire de prendre conscience que le système bioécologique n’a besoin, pour se reproduire, que des espaces naturels et de l’espace artificialisé libéré pour sa restauration. Afficher la volonté politique de valoriser la diversité biologique par la réalisation d’équilibres agrosylvopastoraux fondés sur la réhabilitation biologique de l’espace agricole. Affirmer la volonté de réaliser un préalable des valorisations bioécologiques comme précurseurs aux valorisations économiques de l’agriculture. Objectif O32, opérateurs : Ministère de l’Agriculture, Directions des Services Agricoles DSA, Conservations des Forêts CF. Equiper l’espace agricole de la trame biotique indispensable à l’accroissement de la production agricole à l’amélioration du milieu physique et aux processus de diversification biologique. Objectif O33, opérateurs : DSA, CF, IE, CSDD des APC, Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Développer et préserver les ressources agricoles locales et le savoir faire du fellah et de l’éleveur, comme moyens prioritaires majeurs de développement de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 40 Objectif O34, opérateurs : APC, Ministères de l’intérieur et des collectivités locales, de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Edifier un réseau d’aménagement agro-sylvo-pastoral pilote pour appliquer les approches de diversité biologique, par l’installation d’une zone de développement durable (ZDD), dans chaque commune du pays, à partir d’une gestion participative. Guide : Délimiter des assiettes de 10.000 ha par ZDD et inscrire les modalités de gestion agricole et de l’espace suivantes : ii. Installation d’une trame biotique de protection, de diversification et d’amélioration biocénotique. ii. Agriculture : gestion participative et utilisation progressive des variétés locales de terroirs et respect strict des vocations des terres. Développer les activités de proximité. vii. Equipement. Optimiser les équipements pour stabiliser les populations dans les milieux ruraux. viii. Gestion. Fonder la gestion sur la recherche des équilibres consensuels, où les discussions sont antérieures aux décisions et les décisions appliquées et évaluées en commun. ix. Diversité biologique. Restaurer les habitats, l’équilibre physique et biologique de la ZDD pour la préservation des espèces menacées. La dégradation, les statuts des taxons, les organisations biologiques et les habitats sont évalués à travers la mémoire vécue des riverains. x. Aspects culturels. Participation des ZDD à la confection des Atlas des terroirs et à l’identification des vécus historiques. x. Actions proscrites dans les ZDD. Les actions proscrites sont aussi importantes que celles recommandées. Les plus importantes d’entre elles sont citées dans le plan d’action. viii. ZDD steppiques. La conjugaison des paramètres écologiques et socioéconomiques définit une vocation globale pastorale des Hauts Plateaux steppiques. Elle est fondée sur la promotion d’un élevage extensif sélectionné de reproduction et non de production dont les produits sont valorisés systématiquement dans le Nord. Le bornage des labours épisodiques cooptés, l’organisation, l’amélioration et la préservation des parcours sont des paramètres de gestion incontournables. ix. Zones de développement durable érémiques, Sahariennes. Le constat des caractères sahariens détermine deux vocation opposées : La première est la préservation drastique et massive des habitats sensibles, essentiellement montagnards et ripicoles, car ils abritent des taxons reliques en voie de disparition. La deuxième est le développement circonscrit et localisé de foyers de valorisation intensive de la diversité biologique, par la promotion d’activités agricoles et fourragères en irrigué dans de véritables centres de vie. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 41 x. Plan d’aménagement durable des ZDD. Ce plan d’aménagement devra réaliser une synergie totale autour de la protection, la réhabilitation et le développement par la conception d’un contenu minimal consensuel entre les opérateurs, les acteurs et les concernés. Coût total d’aménagement des 1.540 ZDD, soit 15.400.000 ha = 39.131.400.000 DA 6.6) Valorisation économique de la diversité biologique. Ce volet ne concerne que les rapports directs économie / biodiversité. Les facteurs économiques qui relèvent d’autres processus ne font pas l’objet de ce travail. 66.1) Valorisation bioéconomique de la diversité biologique par l’agriculture. Option nouvelles : 1. Prioriser la recherche scientifique et biotechnologique alimentaire à partir du support classique des améliorations variétales. 2. Adopter une politique foncière qui perpétue un mode de vie liant l’homme, la terre et l’agriculture. 3. Consolider le patrimoine foncier agricole par la différenciation entre le droit de propriété et l’obligation du respect de la vocation agricole des terres. Elle crée le patrimoine qui appartient à la collectivité et qui assigne une vocation inaliénable à la parcelle. Le patrimoine foncier agricole ne peut donc évoluer que vers son intensification et son extension par l’adjonction de nouveaux espaces. Le propriétaire a droit de transformer sa spéculation, vendre, louer, etc.., mais n’a pas celui de changer la fonction agricole de la propriété. La vocation déterminée par les potentialités écologiques et agroéconomiques appartient à la collectivité qui en dépend pour son existence et sa sécurité. 4. Constituer un fonds biologique commun qui développe, conserve et diffuse les taxons agricoles. L’appartenance d’un taxon au fonds biologique commun le soumet à la propriété collective. Son abandon est illégal. Un cultivateur ou un éleveur ne peut abandonner un taxon rare ou en voie d’extinction si son patrimoine génétique n’est pas conservé dans un centre spécialisé. Objectif O35, recherche, opérateurs : Ministères de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, de l’Agriculture, de la Pêche, acteur principal CDRB. Coordonner les moyens des structures des ministères de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de la pêche pour promouvoir une recherche biotechnologique performante fondée sur la génétique classique et le génie génétique. Coût total du projet de biotechnologie , sans les équipements de laboratoires : déjà chiffrés : pour mémoire = 59.430.000 DA 66.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique. Option : Développer simultanément la bioindustrie pharmaceutique et la domestication médicinale de la diversité biologique pour assurer la couverture médicale de la population. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 42 Objectif O36, opérateur : Ministère de la santé et de la population. Informer les populations des possibilités de valorisation et de contrôle des utilisations médicinales de la diversité biologique. Deux aspects dominants touchent cet objectif : La réglementation des paramètres d’utilisation pharmacognosique, domestique et artisanale de la diversité biologique. La valorisation semi-industrielle pour la production médicamenteuse aux fins de réduire les importations. Coût total : valorisation de la diversité biologique pour la santé = 21.274.000 DA 66.3) Valorisation de la diversité biologique pour le tourisme. Objectif O37, opérateur : Ministère du Tourisme. Intégrer dans la politique touristique du pays, l’écotourisme en rapport avec les potentialités physiques, les terroirs et le patrimoine biologique naturel du pays. L’objectif ne concerne pas la politique touristique dans son ensemble, mais le tourisme en rapport avec les éléments de la diversité biologique. Coût total : politique écotouristique = 1.300.000 DA 66.4) Valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, le transport et l’énergie. Option. Stipuler que l’équipement biologique est complémentaire aux installations industrielles et de transport et que l’industrialisation procure des avantages qui ne doivent pas suggérer des déséconomies vis à vis de la richesse de la biodiversité et du patrimoine naturel. En aucun cas, le développement des infrastructure ne doit être antagoniste à la préservation des ressources biologiques. Objectif O38, opérateur :Ministère de l’Industrie. Intégrer dans les critères de développement industriel, la préservation des ressources biologiques et de leurs habitats, par rapport aux localisations spatiales et aux choix des procédés de production. Objectif O39, opérateurs : Ministères des Transports, et de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Adapter et utiliser la biodiversité pour l’amélioration et l’équipement biologique du réseau de transport terrestre. Objectif O40, opérateur : Ministère de l’Energie. Améliorer les circuits ruraux de distribution des gaz butane et naturel afin de réduire les coupes ligneuses à usage domestique. Coût total général de la valorisation de la diversité biologique pour l’industrie, l’énergie et le transport = 7.700.000 DA 66.5) Diversité biologique et aménagement du territoire. Options : Fonder l’ensemble des installations territoriales et des moyens de production sur les vocations prospectives planifiées des espaces pour un développement équilibré durable. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 43 Perte d’information s Considérer que l’espace biologique est plus important économiquement que l’espace artificialisé. Il comporte des éléments de mobilisation et de planification infiniment plus variés et plus aptes à répondre au développement futur. Consolider la notion de vocation des terres et asseoir le patrimoine foncier agricole, par rapport aux autres espaces. Déclarer les espaces agricoles et biologiques comme supports indétournables, inaliénables du fonds biologique commun, pour conserver et aménager leurs fonctions biologiques. Objectif O41, opérateur : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Concevoir, analyser et matérialiser les vocations équilibrées des espaces biologiques, industriels et urbains aux niveaux national, régional et local par un projet d’aménagement global et intégré du territoire. Option : Définir l’espace par une perception et une conceptualisation qui renferme une grande multiplicité factuelle qui englobe l’ensemble des réalités concrètes et futures. Matérialiser une catégorisation des espaces spécifiques et dynamiques qui précède le concept de lieu. L’espace biologique inclue les paramètres géographiques, sociaux, écologiques et historiques. Ce sont des ensembles de relations qui se réalisent par des fonctions biologiques dérivant des processus du passé et du présent dont il faut consacrer le futur. La société civile et la population doivent participer au projet d’aménagement local, et à l’élaboration des grandes orientations, directives et démarches nationales. Coût total général aménagement du territoire aux niveaux local et régional = 24.510.000 DA La figure 6 fournit des exemples d’organisation, d’échelles de représentation des aménagements et des emboîtements. Cartographie de l’espace à grande échelle 1/10.000e. Synthèse régionale 1/50.000e. Synthèse nationale 1/200.000e et 1/500.000e. Projet de vocation des terres et d’aménagement intégré local du territoire au 1 /10.000 e APC, CSDD: Etudes locales Collectivités locales Organisations sociales Régionalisation du projet : aménagement intégré régional du territoire : niveau Wilaya : 1/ 50.000 e Directions de Wilaya Globalisation du projet : aménagement national du territoire : 1 /200.000 e et 1/ 500.000 e Accroissement des responsabilités ponctuelles Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 44 Base de travail Figure 6 : Qualité de représentation et perte d’information. 66.6) Valorisation de la diversité biologique forestière. Options La forêt est un élément central du patrimoine biologique commun, dont la préservation, la consistance et les fonctions multiples contribuent aux équilibres physiques, sociaux et économiques du pays. Reconstituer la forêt en tant que réservoir dynamique des ressources biologiques et économiques pour le bien être social, la lutte contre la pauvreté et l’harmonie paysagère nationale. Objectif O42, opérateurs : Ministères de l’Agriculture, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, DGF, DGE. Etablir des typologies, classifications et statuts forestiers des surfaces boisées actuelles. Les objectifs sont complémentaires aux thèmes relatifs aux créations des aires de préservation. La conjugaison des activités citées antérieurement fournit l’ensemble des paramètres de connaissance et de gestion des systèmes forestiers par rapport à la diversité biologique. Elle est en relation avec la cartographie des vocations des terres subordonnée à l’aménagement du territoire. Objectif O43, opérateurs : Directions de Wilaya, DGF, DGE, CDRB. Réhabilitation spatiale du système forestier et végétalisation arborée et multiforme avec la perspective de 34% de couverture végétale vivace dont une partie boisée, selon l’approche dynamique. Définir localement les aires sériales et les possibilités d’introduction arboricole et des autres types biologiques. Les terres climaciquement forestières ou de steppe arborée sont évaluées à 20.500.000 ha. Cette surface affectée des coefficients de réduction dus aux affleurements, aux infrastructures, aux SAU, etc.., fait apparaître une surface climaciquement sylvatique de 13.200.000 ha, soit 34% de l’Algérie du Nord. Ces 34% représentent la majeure partie de la superficie cataloguée comme terres improductives dans les bulletins de statistiques. Dans le tableau 5, la ventilation de ces surfaces et les propositions concrètes de réhabilitation sont effectuées. Les 13.200.000 ha sylvatiques sont décomposés selon la nature des habitats comme suit : SAU : 8.000.000 ha dont 10% de boisement linéaire, bosquets, bouquets, ravines et bad lands autour des coteaux emblavures, soit 800.000ha. Parcours 2.600.000 ha : amélioration par plantations d’arbres fourragers sur 25%, soit 650.000 ha. Vignobles de coteaux sur sols pentus marneux et schisteux en bioclimats supérieurs au semi aride pour rattraper les terres abandonnées de collines, de basse et moyenne montagnes: soit 600.000 ha. Vergers : plantations rustiques en bioclimats semi aride et plus humide de versants de raccordement, de terrasse, d’amélioration d’anciens travaux de DRS. Elles sont conseillées en discontinu avec les variétés locales jusqu’à 300 mm de pluie en pentes jusqu’à 30% avec création d’impluvium de récupération et de stabilisation. Ces milieux très vastes offrent une possibilité de 4.000.000 ha. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 45 Bois et vergers d’exploitations agrosylvopastorales destinés à protéger les sites agricoles et les exploitations agro-pastorales pour constituer des reposoirs de troupeaux, des vergers domestiques. Cette plantation peut être très diversifiée en arbres fruitiers, fourragers et forestiers, soit 500.000 ha. Forêts et steppes arborées : des reboisements sont effectués en accord avec la matrice habitats pour la reconstitution des aires sériales. Ces reboisements sont issus des corrélations entre les aptitudes biologiques des espèces et les potentialités écologiques pour respecter les aires climaciques. Possibilités 8.000.000 ha Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 46 Tableau 5 : Proposition d’équilibre physique et biologique, superficie, forêts, plantations fourragères, vergers. Nature Surface (1000 ha) Forêts Améliorations pastorales Vergers (1000 ha) % surface totale Actuel % A réaliser % SAU dont surface à boiser 7.500 800 0 2 Terres improductives des exploitations agricoles Bois et vergers d’exploitation agropastorales. 350 500 0 1 Maquis et forêts actuels 3.200 3.200 8 0 Alfa et steppe 4.000 10 0 Terre de parcours dont à boiser en essences fourragères 2.600 650 0 2 Terres improductives 20.500 13.100 ( 54) Viticulture Plantations fourragères, forestières, et arboricoles de vergers. Forêts et steppes arborées 600 4.000 8.000 0 1 10 21 Total des surfaces de végétation vivace agrosylvopastorales dont : 17.750 végétation agropastorale totale à réaliser 4.550 0 Végétation sylvatique totale Végétation sylvatique à réaliser 13.200 10.000 TOTAL GENERAL 38.150 18 37 Les 38.150.000 ha seront équilibrés, quand la participation des systèmes forestiers et végétaux vivaces couvrira 17.750.000 ha dont : 13.200.000 ha de forêts et de végétation naturelle. Le tableau 6 représente la distribution des aires sériales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 47 Tableau 6 : Aires sériales des principales essences. Nature Surfaces 1000 ha % Pin d’Alep 3.000 22,2 Pin maritime et pin parasol 50 0,5 Cèdre 300 2,5 Sapin 10 0,1 Pin noir 50 0,5 Chêne vert 3.000 22,2 Chêne liège 1.500 11,5 Chêne zeen, chêne afares 200 1,5 Essences à feuilles caduques autres que les chênes 300 2,5 Thuya 1 300 10 Olivier, caroubier 1 500 11,5 Genévrier rouge 1 800 13,5 Bétoum 200 1,5 Total 13210 100 Coût total général de la réhabilitation sylvicole de vergers arboricoles, d’amélioration fourragère arboricole, d’équipements biologiques des exploitations agricoles revient à 301.531.673.10 3 DA, soit l’équivalent de 302.10 9 DA. Cette action de sylvigénèse intègre l’ensemble des activités de reboisement, des équipements biologiques, des améliorations fructifères et fourragères prévues pour la valorisation de la diversité biologique avec l’objectif d’instaurer l’équilibre physique et biologique du pays. Elle doit commencer par les zones de développement durable. 66.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles. Options : Valoriser l’eau marine comme source de vie et de développement des ressources halieutiques qu’elle génère, afin d’accroître leur productivité systémique et les avantages économiques des populations. Fonder l’exploitation sur l’évaluation des stocks, l’instauration de zones de préservation dans les écotones et le plateau continental et la maîtrise des techniques de pêche. Objectif 44, opérateurs : Ministères de la Pêche, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, des Equipements. Gérer rationnellement la diversité biologique, la productivité, la production et la qualité du système marin. Objectif 45, opérateur : Ministère de la Pêche. Développer l’aquaculture en milieu dulçaquicole comme complément protéinique incontournable. Coût total général de la gestion de la diversité biologique marine et dulçaquicole = 47.285.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 48 Cette évaluation concerne les opérations spécifiques de valorisation de la diversité biologique pour la production durable et l’application du principe de précaution. Les aménagements du territoire, écotouristiques, de préservation des écotones, des zones de développement durable, etc.., comprennent une grande part des investissements évalués dans les parties précédentes. 6.7) Législation et diversité biologique. Option : Incorporer dans la législation les droits de la nature et les devoirs de l’homme, pour régir le développement durable de la diversité biologique, assurer la sécurité économique et le bien être des populations. Instaurer des références fondamentales basées sur le principe que la « nature » est source d’entités sociobiologiques à consistance juridique, de par les principes afférents aux approches de diversité biologique. Objectif 46, opérateurs : Ministères de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, de la Justice. Promulguer une loi d’orientation sur le développement durable capable d’enrichir par ses principes, la perception et la gestion de la diversité biologique, de définir une législation cohérente fondée sur des rapports harmonieux entre l’homme, la diversité biologique et les instaurations structurelles et juridiques du fonds biologique commun, du fonds foncier agricole, du patrimoine biologique et du terroir. Guide : Percevoir la diversité biologique par rapport à ses concepts, des gènes aux paysages et à ses mécanismes de développement, aux profits mutuels de l’homme et de la nature. La loi est dominée par les caractères suivants : Elle a une portée morale. Elle introduit le respect des valeurs socioculturelles de l’homme à travers ses fondements naturels, historiques, biologiques de terroir et de patrimoine biologique. Elle matérialise le capital biologique par l’instauration d’un fonds biologique commun composé des ressources biologiques, propriétés de la collectivité. Elle stipule les incitations et les compensations à l’édification, l’extension, la diffusion et la préservation de ce fonds. Elle est contraignante pour les contrevenants qui portent atteinte au fonds par sa dilapidation, l’abandon de ses taxons, les échanges immoraux, les transformations préjudiciables au fonds et au patrimoine biologiques. ii. Fonds biologique commun ( FBC). Le principe intangible est que chaque taxon agricole est une composante du patrimoine génétique qui appartient à la collectivité. L’exploitant en dispose avec une seule limite qui est la cessation de la reproduction sans mesures conservatoires. L’abandon cultural des génotypes rares est un facteur d’érosion génétique. Il convient de s’en prémunir. L’agriculteur possède des taxons issus de l’activation par l’homme des potentialités génétiques des taxons progéniteurs. Son code génétique qui dérive de l’ordre de la nature est une richesse patrimoniale collective inaliénable. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 49 L’ensemble de tous les génotypes, de tous les taxons agricoles constitue le fonds biologique commun ( FBC) dont la conservation, l’évaluation et le suivi par l’Etat, sont obligatoires. Il réunit l’ensemble des ressources biologiques animales et végétales utilisables. Il forme le capital inhérent à l’ensemble des valeurs socioéconomiques sur lequel la communauté à un droit de propriété collectif, transmissible, intergénérationnel. Les exploitants ont un droit d’amélioration génétique, d’usufruit, mais pas d’abandon, sans précaution de conservation par l’Etat, pour le maintien de la richesse collective. iv. Patrimoine biologique commun : PBC L’Etat a le devoir de préservation et de conservation in situ et ex situ des potentialités génétiques qui constituent la richesse patrimoniale, bioéconomique et sociale. Le patrimoine ( PBC) réunit des types spatiotemporels d’organisation hérités de l’histoire biologique des ancêtres. Ce bien commun a une valeur transcendante et un droit légitime d’existence. Son support est le territoire tout entier. Cette loi consolide la notion de patrimoine biologique commun, ( PBC), qui regroupe la faune et la flore sauvages domestiques, cultivées et élevées de l’ensemble des habitats du pays. Elle lui attribue les moyens institutionnels, juridiques et administratifs correspondant aux mécanismes de son développement et de sa préservation. Il est valorisé par sa fonctionnalité. Le PBC est vivant, son respect et sa protection sont liés aux intérêts, écologiques, physiques, économiques, ethnobotaniques, culturels, médicinaux, etc.., qu’il génère. v. Le fonds foncier agricole. La sécurité alimentaire du pays est un élément stratégique essentiel. Or, les besoins croissants entraînent l’intensification technicoculturale et l’extension des surfaces agricoles utiles. L’abandon de chaque parcelle de terre agricole réduit les capacités de production du pays. En aucun cas, l’inexploitation d’une terre à vocation agricole n’est tolérable quelle que soit sa nature juridique. En d’autres termes, un propriétaire de terre agricole est lié par la vocation de sa terre. Elle lui attribue une liberté limitée à la production dans le domaine de l’agriculture. La vocation de la terre dévolue et fige le devoir de production agricole et le droit du citoyen à la disponibilité alimentaire. Les surfaces agricoles, dans leur totalité, sont affectées au fonds foncier agricole du pays qui en détermine le cadastre et la dynamique. Ce patrimoine est irréductible, car il nous appauvrit. Il est extensible parce qu’il nous enrichit. L’affectation d’une terre au fonds n’altère pas le droit incontestable de propriété ou de jouissance, mais fixe l’usage inhérent à la vocation. 4i. Terroir. Fonder l’unicité spatiale élémentaire sur la notion de terroir, comme unité territoriale du fonds biologique commun. Le terroir valide les données biologiques et humaines fondamentales à travers les permanences, la continuité et les références implicites au vécu et au vivant. Il est assimilé à la cellule de base du développement dynamique, novateur, créateur de richesses à travers ses cohérences économique, sociale, culturelle et spatiale et son potentiel biologique. La réappropriation et la domestication des ressources biologiques constituent le moteur de cette perception. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 50 5i. Echelle. Les composantes biologiques « utiles » et les terres à vocation agricole des terroirs constituent la totalité des fonds biologique commun et foncier agricole. Le terroir représente l’unité élémentaire de gestion des fonds qui supplantent hiérarchiquement les taxons, les parcelles et les unités administratives. Le terroir à niveau biogéographique sectoriel est édifié à partir de la connaissance, de l’agrégation des originalités et des totalités biologiques agricoles des entités communales. Le patrimoine biologique regroupe l’ensemble de la faune, de la flore, des unités d’organisation, soit l’intégralité des espaces qui les supportent. 6i. Environnement. La législation environnementale fournit l’argumentaire de préservation du PBC contre l’altération générée par les nuisances des procédés technologiques. Elle favorise en même temps l’utilisation du patrimoine biologique pour lutter contre ces nuisances, en priorisant les démarches bioécologiques. Les structures chargées de l’environnement participent à l’évaluation périodique et aux diagnostics des états des fonds et patrimoine biologiques afin de prendre les mesures réglementaires qui préservent leur croissance. 7i. Forêt. La valorisation du PBC commence par l’élargissement de l’utilisation des forêts aux ressources biologiques dérivées. La faune et la flore font partie au même titre que les arbres des aménagements, de la réglementation des cueillettes, des usufruits, des espaces forestiers et naturels, etc.. Le développement forestier n’est plus axé exclusivement sur la production ligneuse, mais aussi sur la productivité, les équilibres biologiques, agro-sylvo-pastoraux et ethnobotaniques. Cette option épargne les vocations forestières hautement productives. La réglementation des usages comporte l’analyse des impacts des espèces allochtones, régionales ou étrangères, et les évaluations des érosions génétiques. Les missions des conservations forestières de Wilaya sont élargies aux inventaires et préservations des FBC et PBC. Elles veilleront plus particulièrement à leur édification. 8i. Agriculture. C’est aux structures politiques chargées de l’agriculture et aux DSA qu’échoit la sélection des taxons qui constituent le fonds biologique commun. Signifier l’obligation à long terme de valoriser les potentialités biologiques locales, en prohibant les importations de semences. Introduire des systèmes de compensation aux productions et conservations du FBC local. Rendre obligatoires, les analyses des impacts des semences étrangères sur le FBC, sur son érosion génétique et les introgressions génétiques sur les semences locales. Prendre avec le CDRB les mesures nécessaires de conservation ex situ des taxons, espèces, variétés, lignées, écotypes, races, cultivars, etc.., qui appartiennent au FBC, dans un réseau interactif incluant les agriculteurs, fellahs, herboristes, pêcheurs, etc.. Constituer avec les services des domaines de l’aménagement du territoire et de l’environnement le fonds foncier agricole. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 51 9i. Hydraulique. Prioriser l’utilisation et la valorisation des propriétés systémiques locales du FBC, pour stabiliser les bassins versants selon la matrice habitats. 10i. Aires protégées. Réduire les aires protégées à deux types selon les orientations de cette stratégie : Parcs Nationaux. Réserves génétiques de reconstitution. 10ii. Parcs nationaux. Etablir un nouveau statut type qui renforce les activités de préservation. Réduire la taille des parcs et préciser leurs fonctions par rapport aux autres institutions gestionnaires de l’espace. Elargir les missions aux inventaires, évaluation et valorisation du FBC et PBC, en renforçant les activités scientifiques. Respecter la matrice habitats et la développer pour définir les constituants spécifiques et les statuts des sites à préserver. Réduire les actions de développement au monitoring d’actions pilotes en relation avec les organes concernés. 10iii. Les réserves génétiques. Elaborer un statut type précisant la mission, le fonctionnement et l’impact attendu. 11i. Pêche. Réglementer les campagnes de pêches en fonction de la dynamique des stocks, de leur évaluation périodique et de leur monitoring. Réglementer les pêches artisanales et les pêches de loisir. Définir les statuts types des parcs, frayères et nursery, les missions respectives et les conditions d’installations spatio-temporelles. Réglementer les rejets de déchets urbains, industriels et agricoles en mer. Instituer une réglementation qui responsabilise les pollueurs. Créer une loi spéciale particulièrement drastique qui interdise l’usage de la dynamite et du trafic hauturier. Appliquer le principe de précaution en interdisant les concessions de pêche délivrées aux étrangers, en attendant de développer les techniques algériennes. 12i. Aquaculture. Interdire les introductions d’espèces allochtones avant l’analyse précise de leur impact sur la faune, la flore et les conditions écologiques, (eutrophisation des niches trophiques, oligotrophie, mésotrophie, etc..). 13i. Conservation et réhabilitation. Promouvoir les textes de protection de la faune, de la flore, des habitats sensibles, des listes rouges déterminées à partir de la matrice habitats et des inventaires concrets. Créer l’obligation de restaurer et de réhabiliter les habitats dégradés volontairement, par des opérations de génie écologique pilotes, à partir de l’application de la matrice habitats en vue de la multiplication de la faune et de la flore locales. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 52 14i. Aménagement du territoire. Renforcer drastiquement la préservation des habitats littoraux. Instaurer des sanctions exemplaires envers les contrevenants qui pratiquent des prélèvements illégaux de minéraux. Légiférer en faveur de l’assainissement et de la protection du réseau hydrographique. Appliquer de façon inflexible les concepts de vocation des terres aux aménagements intégrés, afin de réduire l’urbanisation et les affectations anarchiques des terres. Instaurer la notion de trame biologique ou biotique dans les équilibres physiques et paysagers du territoire. Les indices de végétalisation sont standardisés, inclus et respectés dans les aménagements intégrés de l’espace. 15i. Défense. Accroître le contrôle du commerce et des échanges exogènes de la faune et de la flore quelle que soit leur forme ( graines, organismes vivants ou morts, etc..). Interdire et contrôler le commerce et la circulation transfrontalière illicite de la faune et flore élevées, cultivées ou sauvages. Cette interdiction trouve sa légitimité dans les questions d’éthique et de morale de préservation des fonds et patrimoine biologiques communs. 16i. Biosécurité. Interdire l’introduction des OGM, sous les formes simples ou combinées, pour des usages directs ou indirects, tant que nos laboratoires de recherche ne réalisent pas les décryptages génétiques. Instaurer le contrôle, par les études d’impact des introductions d’espèces allochtones sur l’homme, l’environnement, la faune, la flore et les systèmes écologiques, au même titre que les impacts industriels sur l’environnement. 17i. Steppes, parcours. Interdire l’introduction des espèces fourragères allochtones dans l’amélioration des parcours. Mettre en place les statuts types des aires de parcours programmés et des réserves géniques de reconstitution. Réglementer sévèrement les labours épisodiques dans la steppe dont il faut élaborer le cadastre et figer l’étendue pour arrêter les défrichements. Assurer la création d’un code pastoral qui actualise et adapte les textes aux nouvelles perceptions de la gestion des ressources biologiques et établit la vocation de reproduction des territoires steppiques et la complémentarité Nord/ Sud comme principe directeur. 18i. Zones érémiques. Créer un code de mise en valeur des zones désertiques avec l’orientation d’abandonner l’agriculture itinérante et de favoriser l’édification des centres de vie. Réglementer l’usage de l’eau et des parcelles pour suivre une économie rigoureuse qui assure la plus grande durabilité d’exploitation. Exiger dans les conditions de mise en valeur, l’assainissement, le drainage, les luttes contre les ensablements et la salinité, les installations de brises vents, etc.., dès la décision d’exploitation. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 53 19i. Accès aux ressources génétiques et recherche. Réglementer les échanges des espèces du FBC et PBC , pour éviter la biopiraterie. Faire réaliser les recherches et les expérimentations génétiques sur les espèces locales du FBC par les laboratoires nationaux. Instituer l’échange commercial et non l’accès libre des étrangers à notre matériel génétique. Les coûts comprennent celui des transferts technologiques, de la valorisation et le partage des bénéfices générés par l’utilisation de ce matériel. Les espèces progénétrices et les taxons à caractères particuliers sont rigoureusement protégés. 20i. Les gènes. Décréter l’intégration des gènes quels qu’ils soient dans le patrimoine biologique commun et leur valeur incessible. Les brevets acceptés sont affublés d’un droit d’usage équivalent à une rente. 21i. Institutions. Adopter un organigramme de structures politiques et techniques, stratégique, qui renforce la gestion coordonnée de la diversité biologique. Doter chacun de ses organes de responsabilités légales pour faire respecter les activités et les pouvoirs. Renforcer les organigrammes des APC et légaliser les introductions des cellules scientifiques de développement durable, CSDD. Introduire progressivement dans les textes législatifs, arrêtés, décisions et lois l’approche participative impliquant la recherche de concertation, de consensus avec les organisations sociales locales (associations, Club, Tribu, Arch, etc..), la population bénéficiaire et les concernés. 6.8) Coopération internationale et Financement. Options : Coopérer avec les pays qui considèrent que la diversité biologique est une préoccupation mondiale , impliquée dans le développement scientifique, économique et social. Assurer, par le biais de la coopération multilatérale, les progrès scientifiques et matériels indispensables à la valorisation du patrimoine biologique commun. Objectif 47, opérateurs : Haute instance politique chargée de la diversité biologique et Ministère des Affaires Etrangères. Rechercher, par l’intermédiaire de la coopération multilatérale, les moyens de financer la stratégie de développement durable de la diversité biologique algérienne. Guide : Trois projets prioritaires Le projet zones humides comporte la réhabilitation des plans d’eau et du réseau hydrographique pour la sauvegarde de la faune et de la flore hygrophiles et de la sauvagine. Etant donné les variations climatiques saisonnières et annuelles, les biotopes hydroclines sont sujets à des oscillations importantes qui aggravent les périodes de déficit hydrique. Ces processus climatiques menacent ces zones autant que la pollution. Des études d’hydrologie, d’inventaire, de fonctionnement, d’exploitation et d’aménagement, sont urgentes à entreprendre. Le deuxième projet prioritaire est l’inventaire des taxons cultivés et élevés, de faune et de flore des milieux montagnards. Leurs taxons sont les plus rustiques. Ils ont nécessité Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 54 une sélection extrêmement laborieuse pour les adapter à ces espaces. Ils encartent les potentialités génétiques les plus remarquables et les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté. Ils sont malheureusement les premiers à disparaître avec l’exode rural et l’abandon de l’agriculture montagnarde. L’inventaire, la valorisation par la réintroduction, la multiplication de ces taxons, la préservation, l’analyse génétique, la stabilisation des populations et des exploitations agricoles sont des tâches primordiales et urgentes. Elles permettront de contenir l’érosion génétique de ces milieux. Un troisième projet prioritaire concerne l’évaluation et la gestion rationnelle des potentialités génétiques des milieux oasiens. Même si les oasis constituent des milieux azonaux, elles s’étendent selon des gradients d’altitude, de latitude, d’ensablement, de salinité, de savoir faire des populations et d’isolement très forts qui les différencient. Elles renferment des potentialités génétiques considérables à répartition inhomogènes. Ces potentialités étaient valorisées par des nombreuses méthodes culturales adaptées à chaque système et peut être même à chaque taxon. Certaines d’entre elles contraignantes sont abandonnées au profit d’autres plus expéditives ou simplement délaissées par manque de savoir faire, de vieillesse des fellahs, de problèmes fonciers etc.. Ces contraintes se répercutent irrémédiablement sur la perte de taxons et l’appauvrissement génétique. Le meilleur exemple de cette richesse est celui du palmier. Une prospection a révélé plus de 900 variétés au lieu de la quarantaine connue classiquement. Il se conserve naturellement parce qu’il est vivace et longévif. Mais qu’en est –il pour les espèces annuelles , les cultures en étages les adaptations aux conditions écologiques défavorables etc ? Parallèlement combien de taxons se perdent avec l’accroissement de la salinité, de l’ensablement, du déficit d’eau d’irrigation etc. ? A combien sont évaluées les surfaces abandonnées et leur capital génétique ? C’est des points d’interrogation auquel personne d’entre nous ne peut répondre valablement . Il est donc extrêmement urgent de lancer un inventaire suivi des conservations in situ et ex situ des taxons cultivés et élevés des oasis et d’entreprendre les études et les aménagements techniques financiers, socioéconomiques et de l’espace qui permettent de pérenniser les cultures. En dehors des effets sur les populations locales, ce projet aura certainement l’intérêt de faire connaître et conserver des taxons avant qu’ils ne se perdent définitivement pour la science, pour notre fonds biologique commun et pour notre patrimoine biologique. Ce projet a d’autant plus d’importance que le milieu saharien est destiné à une croissance incontournable, pour contenir le cru démographique des zones érémiques et arides. Ce développement ne peut avoir lieu qu’avec le matériel biologique local. Guide : Axes prioritaires de coopération Droit des pays en émergence au développement durable par l’amélioration et la valorisation de leur diversité biologique en vue d’accroître la richesse de la biodiversité mondiale. Partenariat mondial en vue de la préservation, de la protection et de la réhabilitation de système Biosphère à travers les transferts technologiques et des ressources financières. Partenariats, bilatéraux et multilatéraux, sur les échanges des informations et des méthodes de valorisation de la diversité biologique, selon les mécanismes de cellules de communication. Coopération sur les principes de l’internationalisation des coûts environnementaux. L’Algérie exerçant une pollution atmosphérique minime, devrait bénéficier très avantageusement de cette collaboration. Elle subit la pollution générée par les autres pays en recevant les CO2, pluies acides, pollution de la mer par la flotte de transport maritime, de l’air par la flotte aérienne, de la terre par les déchets industriels, etc.. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 55 Création de nouveaux modèles de consommation plus économes par les pays nantis et plus justes pour les pays en émergence vis à vis du gaspillage des ressources hydriques, atmosphériques, biologiques et la dénaturation de la Biosphère. Gestion durable des ressources forestières et des coûts marginaux associés à la préservation, la réhabilitation des ressources biologiques par l’amélioration du Patrimoine Biologique Commun ( PBC). Lutte contre les trafics maritimes illicites relatifs aux transports et à la pêche hauturière. Le partenariat bilatéral pour la gestion des faune et flore transfrontalières. Le rachat des dettes ou des intérêts des dettes des pays émergents au profit d’engagements écologiques internes. L’injection de la dette ou des intérêts de la dette, comme compensation à la lutte contre la régression des ressources biologiques, par le développement de la stratégie algérienne de biodiversité, peut conduire à des résultats prodigieux. Coopération en matière de recherche, formation et de transferts technologiques pour l’accès au progrès scientifique universel de valorisation de la diversité biologique. Dans tous les cas, prioriser le renforcement des capacités en vue de dominer les sciences de pointe comme l’expérimentation transgénique et l’accroissement des niveaux biotechnologiques par rapport aux introductions de produits finis. Pour maîtriser et apporter des avantages sensibles au pays, pendant les collaborations et les négociations, le Ministère des Affaires Etrangères et les instances politiques chargées de la diversité biologique doivent renforcer les capacités des négociateurs, pour maîtriser les aspects scientifiques, financiers et les enjeux socioéconomiques des pourparlers. A ces négociations devront participer des personnes ressources et les ONGs les plus compétentes. Objectif 48, opérateur : Plus haute institution politique chargée de la diversité biologique. Mobiliser les ressources financières nationales, nécessaires à la réalisation de la stratégie de développement durable de la diversité biologique algérienne. Guide. Le financement de la Stratégie est lié à la sécurité alimentaire du pays et à son équilibre physico- biologique. La sécurité n’a pas de prix. Les moyens financiers accordés par l’Etat doivent rattraper le retard accumulé depuis 40 ans. La stratégie propose une multitude d’études et de réalisations, évaluées de différents niveaux de perception. Ces actions intégrées, font bénéficier systématiquement les concernés, les laboratoires universitaires nationaux et les décideurs. Elles constituent un instrument essentiel de collaboration pluridisciplinaire et de coordination. La coordination des financements fait régresser les coûts. Cette tâche est dévolue au CDRB. Une partie des moyens réservés à la recherche universitaire et aux plans nationaux de recherches ( PNR) est orientée vers les études de la stratégie. Celles-ci constituent des axes prioritaires des instituts de recherche de l’agriculture, des forêts, de la pêche, etc.. Les moyens de réalisation résultent des transferts et non des ressources nouvelles de financement. Certaines d’entre elles peuvent être sponsorisées par des associations locales, ONG, qui bénéficient de subventions étrangères multilatérales. Les financements des équipements et de la trame biologiques sont très lourds. Leurs réalisations bénéficient directement aux populations. Ils sont partagés sous forme de main d’œuvre volontaire ou pour propre compte. Les réalisations dans les terres domaniales sont Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 56 à l’avantage des riverains. La diminution des coûts réside dans l’utilisation de la main d’œuvre abondante, en chômage, à incidence économique faible. La principale source de financement de l’agriculture, pour la valorisation de la diversité biologique locale, provient de la limitation progressive des importations et de l’injection des crédits résultants, dans la stratégie de développement agricole durable. La mobilisation progressive des bénéfices pétroliers en devises dans le développement biologique national est un juste retour des choses. Il est inconcevable et profondément injuste que les produits financiers de notre pétrole valorisent la recherche biotechnologique d’autres pays, au détriment de notre patrimoine biologique, pour des raisons d’urgence alimentaire qui durent 30 ans. L’analyse bioéconomique montre que nos ressources financières permettent notre développement. Il existe à la base, un choix politique essentiel qui est notre autonomie alimentaire à n’importe quel prix. Les répercussions sur l’emploi, le développement économique, social, culturel et sur les équilibres physiques et politiques du pays sont incalculables. Elles ont l’intérêt suprême de valoriser l’homme. Ce choix essentiel, biologique, social et économique, relève des décideurs qui doivent avoir la conviction du développement national dans leurs motivations profondes et leurs racines. Les transformations institutionnelles au service de cette stratégie concernent prioritairement les renforcements des capacités humaines des structures existantes. Elles ciblent les activités scientifiques, de connaissance et de planification et les coordinations locale et nationale, etc.. C’est un perfectionnement qualitatif d’étude et de conception qui exclut les frais de réalisation pratique d’équipement et d’aménagement peu rentabilisables. Les financements de la stratégie suivent les circuits budgétaires ordinaires. Il ne s’agit pas de créer un fonds spécial, à gestion problématique de la stratégie. L’option de base définie, intègre la gestion de la diversité biologique dans les plans de développement socioéconomiques nationaux. Son financement suit cette démarche. La source principale de financement est l’Etat. Il oriente l’utilisation de ses crédits vers une plus grande efficacité biologique. 6.9) Moyens institutionnels et diversité biologique. Guide : Etant donné la diffusion de la diversité biologique dans l’espace et sa large répartition, sa gestion limitée sectoriellement est inefficace. Elle est du ressort des unités de gestion décentralisées opérationnelles, en contact avec le terrain et la population et dotées de la plus grande capacité d’intégration fonctionnelle et territoriale. Sa valorisation nécessite une prise en charge directe par la plus petite unité administrative nationale, afin de promouvoir sa gestion rapprochée, et qu’aucune parcelle de l’espace ne soit ignorée ou délaissée. Elle gérera cette ressource comme élément du patrimoine biologique national et de terroir. L’acquisition et le traitement des informations pour la prise de décision sont communs. La participation active simultanée des structures concernées s’effectue depuis la récolte des données jusqu’au niveau politique. L’information totale est centralisée à un niveau décisionnel stratégique capable de prendre les mesures politiques, économiques et gestionnelles nécessaires à sa pérennité. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 57 La difficulté de maîtrise et de gestion de cette ressource à multiples facettes exige des approches qualitatives d’évaluation, de suivi et de réhabilitation. Les démarches pragmatistes d’écumage, peu attentives à sa dynamique, obnubilées par les productions quantitatives, n’ont aucune efficience. Les renforcements scientifiques des structures de gouvernance sont les principaux atouts. La validité des résultats dépend de la qualification des ressources humaines et de la concentration de leur activité autour des paramètres qui développent et valorisent la diversité biologique. La séparation des tâches est un fondement de la valorisation des savoirs scientifiques et techniques. La structure de gestion n’est efficace que si elle met ses moyens à leur service. La structuration optimale comprend plusieurs niveaux complémentaires articulés autour d’activités ciblées. Dans chaque niveau, APC, Wilaya, des cellules scientifiques sont constituées à partir du personnel existant ou recruté. Elles ont pour mission de rassembler les arguments fiables d’une gestion valorisante du patrimoine biologique à partir des programmes de la stratégie. Un schéma organisationnel est proposé dans la figure 7 ; il définit 5 niveaux : Premier niveau : APC. Le principal acteur est la cellule scientifique de développement durable. Son activité dominante est l’installation des zones de développement durable. Deuxième niveau : Daira. Etant donné sa situation intermédiaire, elle n’est pas dotée de moyens de gestion suffisants. Troisième niveau : Wilaya. Les directions de Wilaya, concernées par la diversité biologique, sont les réalisateurs déterminants de sa gestion. Quatrième niveau : Ministères, secrétariats d’Etat. C’est le niveau d’exécution et de direction politique. Les activités restent sectorielles. Cinquième niveau : Superstructure politique, ayant un rôle de conception et d’orientation stratégiques. Elle réunit l’ensemble des données sur la diversité biologique. Elle est assistée d’un conseil du patrimoine biologique et repose sur le CDRB. Ce niveau décisionnel est intégré. Premier niveau : APC. Chaque APC est renforcée par une cellule scientifique de développement durable de 3 ingénieurs d’Etat en Agriculture, Ecologie / Environnement, Forêt ou Pêche. Programme : Etudier le patrimoine biologique et intégrer ses paramètres dans les plans de développement intersectoriels communaux. Veiller aux impacts d’affectation et d’utilisation des espaces communaux sur le patrimoine biologique et les terroirs. Mettre en place les ZDD et analyser les modalités de leur gestion avec les populations, les concernés, les partenaires, les bénéficiaires, opérateurs, etc.. Assurer l’orientation concertée, efficace des mises en valeur, le rayonnement socioéconomique des zones de développement durable et la généralisation des techniques de développement au territoire total de l’APC. Formuler des diagnostics annuels d’évolution du patrimoine biologique et des terroirs. Développer les relations et les interactions avec la société civile, pour prendre en charge collectivement la gestion durable de la diversité biologique. Créer les notions de terroirs communaux avec les populations. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 58 Créer une coordination intersectorielle locale sur la gestion des ressources biologiques impliquant tous les secteurs, pour consolider les fonds fonciers agricoles, le fonds et le patrimoine biologiques communs et le terroir. Participer aux inventaires de la diversité biologiques et aux programmes de réhabilitation des habitats. Créer les antennes de banques de données sur la biodiversité au niveau de l’APC avec le CDRB. Participer à tous les programmes de sensibilisation et d’accroissement culturel sur la diversité biologique par les réalisations de cahiers, d’Atlas, de monographies, etc.. Deuxième niveau : Daira. Les APC sont en relation directe avec les Dairas. C’est un niveau de synthèse qui ne constitue pas un maillon indispensable parce qu’il n’est pas doté d’une technicité suffisante. Troisième niveau : Wilaya. Le troisième niveau est celui des directions de wilaya. Les directions sectorielles qui correspondent à la vocation principale de la Wilaya, agriculture, forêt ou pêche sont renforcées par deux ingénieurs d’état ou un ingénieur d’état et un post graduant. Le modèle de fonctionnement est inspiré de celui des Conservations des Forêts CF. Dans tous les cas, l’implication des directions des Services Agricoles, des Conservations des Forêts, des Inspections de l’Environnement dans les travaux de terrain et les relations avec les populations locales est indispensable pour coordonner et optimiser les activités. Programme : Intégrer les paramètres de gestion patrimoniale des ressources biologiques dans les plans de développement de Wilaya. Organiser avec les cellules des APC, les analyses du patrimoine biologique sauvage et la constitution du fonds biologique commun. Evaluer la productivité, les valeurs économiques et le savoir local liés au patrimoine biologique. Déterminer avec les institutions concernées, après investigation et expérimentation, les techniques de valorisation, de réhabilitation et de gestion durable du patrimoine biologique. Fournir à l’exécutif l’argumentaire adéquat issu des analyses et des études d’impact en vue des substitutions et des affectations rationnelles des espaces, dans le respect des vocations. Faciliter la circulation des données entre les APC pour coordonner les informations destinées à la banque nationale de données et au diagnostic annuel sur la diversité biologique. Créer les antennes de banques de données de Wilaya. Planifier les installations des zones de développement durable ZDD et rassembler les moyens nécessaires à leur fonctionnement. Mettre au point des techniques novatrices, préalablement testées au sein des parcs nationaux, dans les plans de développement des ZDD. Coordonner les activités et la communication entre les ZDD de la Wilaya, et créer éventuellement les zones de développement durable Wilayales par l’agrégation de ZDD communales mitoyennes. Proposer de nouvelles orientations et affiner les activités locales de la stratégie après évaluation des réalisations. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 59 Assurer le transfert technologique, le savoir et le savoir faire des populations à tous les niveaux des activités de la stratégie, afin de développer l’interaction administration / population pour la gestion des ressources biologiques. Diffuser les données susceptibles de susciter l’intérêt de la population pour la concerner à la gestion rationnelle de la biodiversité. Elaborer tout document de vulgarisation et organiser toute manifestation sur le patrimoine biologique. Quatrième niveau : structures politiques et économiques. Ce niveau politique et économique concerne les instances ministérielles et les secrétariats d’Etat. La gestion durable de la diversité biologique, hissée en argument politique, implique la référence aux ressources biologiques, propriétés de la communauté. Elles représentent les moyens économiques de la sécurité et de l’indépendance alimentaires. A ce niveau, la gestion de la diversité biologique est intersectorielle. Les fonctions de production sont renforcées par celles des valorisations et des préservations de leurs ressources. Il est souhaitable de développer les moyens politiques, scientifiques, économiques, sociaux, moraux, d’éthique, etc.. Il incombe à l’instance politique chargée de la production agricole, de gérer les ressources agricoles, à celle de la pêche, les ressources marines et aquacoles, à celle des forêts, les ressources biologiques naturelles, à celle de l’environnement, les ressources naturelles dans leur totalité. Les ressources sont les véritables moyens et la richesse du pays. Leur programme est le suivant : Connaître, évaluer, valoriser, gérer durablement et préserver le patrimoine biologique commun. Se munir des outils, humains, financiers et matériels adéquats, qui permettent de valoriser les ressources de la diversité biologique et de tirer le plus grand avantage socioéconomique selon les tâches qui sont confiées à la structure. Quantifier, évaluer, et suivre les ressources biologiques par rapport à ses utilisations actuelles et potentielles dans une perspective de développement économique durable. Définir la meilleure approche d’exploitation dans l’éco- développement. Valoriser l’utilisation de la diversité biologique pour l’intégrer comme ressource et indicateur du développement socioéconomique durable. Promouvoir avec les institutions de recherche les axes et les thèmes fondamentaux d’amélioration et de réhabilitation de la diversité biologique. Créer une banque de données sectorielle. Planifier avec les directions de Wilaya et les APC, les installations des ZDD en affectant les moyens humains, scientifiques, financiers et matériels, nécessaires à la généralisation des résultats. Généraliser les options, les priorités et les applications stratégiques de gestion durable de la diversité biologique. Planifier la création de parcs nationaux et des réserves génétiques de reconstitution. Analyser et compléter la législation notamment par la loi d’orientation proposée dans la stratégie, afin d’améliorer la prise en charge des ressources biologiques, les rapports entre la population et la biodiversité, et le respect des vocations des terres. Prendre les dispositions scientifiques, techniques et réglementaires relatives à l’utilisation de l’espace et du système foncier à l’avantage du développement des ressources biologiques, du fonds biologique commun, du fonds foncier agricole et du patrimoine biologique. Matérialiser leurs supports territoriaux avec les terroirs. Assurer les tâches de communication, diffusion, vulgarisation, au niveau national, pour accroître la sensibilisation de la population et assurer le respect de la diversité biologique. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 60 La structure chargée de l’environnement et de la gestion des ressources naturelles nécessite un renforcement vertical qui développe les activités de terrain. Elle aura à accroître ses capacités d’analyses environnementales vis à vis des incidences des autres secteurs sur le patrimoine biologique. ( nuisances industrielles, transports, etc..). Elle mettra au point les normes de qualité de vie des populations et aura en charge les conventions internationales. Ces normes constituent des références pour les autres structures politiques. Cinquième niveau : superstructure politique et conseil du patrimoine biologique. Le niveau précédent est marqué par une insuffisance fondamentale qui est l’intégration de la gestion de la diversité biologique. Le financement, la planification des activités, la banque de données et les productions sont sectoriels. Or, la gestion et l’utilisation durable des ressources biologiques sont efficaces quand elles sont planifiées et organisées globalement. Ce niveau stratégique de réflexion et de décision globalisantes qui permet de positionner et d’intégrer les enjeux et les intérêts totaux de la biodiversité dans le développement macroéconomique du pays, est lacunaire. Le cinquième niveau génère une coordination organique, qui articule les interrelations sectorielles et inclut la diversité biologique dans un concept patrimonial. Cette démarche renforce l’appartenance à la collectivité, de la biodiversité et des ressources biologiques. Cette perception, fondée sur la valorisation de la diversité biologique en tant que valeur sociale et attribut du développement économique, s’accompagne de méthodes de gestion affranchies du niveau sectoriel. Cet argumentaire rend la création de cette superstructure nécessaire. Elle est inféodée à des approches de valorisation, d’évaluation, d’utilisation durable et de préservation, propres au patrimoine biologique dans son intégralité. L’objectif est son accroissement en tant que richesse et base économique nationales, intergénérationnelles. Ce niveau favorise la communication et la circulations des données intersectorielles en vue de la création d’une banque nationale et d’un système d’informations géographiques (GIS) qui couvrent le territoire national et tous les aspects de la diversité biologique. Ces éléments sont indispensables à l’établissement de diagnostics périodiques, globaux, sur la biodiversité, à la définition des vocations des espaces, à l'aménagement du territoire, et à l’équilibre global du pays. Cette superstructure est conçue soit comme un superministère du patrimoine biologique regroupant les autres ministères de l’Agriculture, des Pêches, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, soit comme un ministère regroupant des secrétariats d’Etat, Agriculture, Pêche, Forêt, Environnement, Steppe / Sahara ( agropastoralisme), gérant les productions et les ressources biologiques. Il est fondamental que cette superstructure matérialise des liens fonctionnels entre les instances sectorielles existantes. Sa vocation est de gérer le patrimoine biologique en combinant les éléments partitionnés de la diversité biologique. Elle dispose de l’ensemble des données sectorielles du centre de développement des ressources biologiques. Elle est assistée du conseil du patrimoine biologique. Programme : Coordonner les activités relatives à l’utilisation des ressources biologiques de la biodiversité au niveau des plans macroéconomiques de développement. Edifier des approches et des programmes intersectoriels de gestion patrimoniale qui déterminent l’impact des activités sectorielles sur la diversité biologique. Défendre les moyens financiers et spatiaux de valorisation et d’utilisation durable des ressources biologiques. Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 61 Affiner, exploiter et exposer les diagnostics annuels au gouvernement, afin d’orienter les prises de décisions relatives au patrimoine biologique. Evaluer périodiquement les impacts de l’application de la stratégie nationale sur l’accroissement des ressources, l’amélioration de la qualité de la vie et la lutte contre la pauvreté. Assurer l’instauration d’un circuit d’informations et de communication en action / rétroaction, des APC au pouvoir politique, passant par tous les niveaux hiérarchiques et vice versa. Assurer les moyens de sensibilisation et de conscientisation de la population pour accroître son respect envers les valeurs patrimoniales et de terroir. Assurer la responsabilité de la banque centrale de données. Le conseil du patrimoine biologique est constitué des responsables des ministères ou secrétariats d’Etat chargés de la diversité biologique. Il est élargi pendant les sessions semestrielles aux représentants des Ministères suivants : Intérieur et des collectivités locales, Finances, Industrie, Santé et de la population, Hydraulique, Défense ,Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le conseil est présidé par le responsable de la superstructure. Il se réunit ordinairement six fois par an dont deux élargies. Programme du président du conseil : Coordonner et diriger les activités du conseil du patrimoine biologique. Présenter et défendre les programmes de gestion durable et de développement des ressources biologiques au niveau de l’exécutif du gouvernement et de l’assemblée nationale. Dégager les ressources budgétaires d’application de la stratégie nationale et en planifier l’usage. Coût total général législation et institution = 25.920.000 DA Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 62 Figure 7 : Organisation politique de gestion de la diversité biologique algérienne. Instance politique supérieure de gestion du patrimoine biologique ( CONCEPTEUR) Instances politiques de production et de gestion des ressources biologiques ( EXECUTION) Agriculture et Ressources Agricoles Pêche / Ressources Marines et Aquacoles Environnement et Gestion des Ressources Naturelles Forêts/ Ressources Biologiques Naturelles N i v e a u W i l a y a ( REALISATEUR) DSA IP CF IE APC ( ACTEUR) Cellules Scientifiques de Développement Durable ( CSDD) / Zones de Développement Durable ( ZDD) CDRB Centre de développement des ressources biologiques Banque de Données GIS Conseil du Patrimoine Biologique Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 244 XVIII) RECAPITULATION FINANCIERE. Dans le tableau 7, sont récapitulées les principales opérations de la stratégie avec leurs objectifs, opérateurs et évaluations financières. Objectifs Opérations Opérateurs Coût ( DA) 6.1) Perception nationale de la diversité biologique O1 Perception de la diversité biologique Tt. opérateur / 6.2) Connaissance de la diversité biologique O2 Inventaire systématique faune / flore/ habitats. CDRB 131.078.400 O3 Création d’une matrice habitats. MAT, Universités 6.3) Conservation de la diversité biologique 63.1) Conservation ex situ O4 Création du CDRB MATE. 142.280.000 63.2) Conservation in situ O5 Armature nationale de conservation CDRB, M.A., M.A.T.E. / 632.1) par les 48 DSA O6 Conservation des ressources agricoles 36 DSA nord 30.600.000 O7 12 DSA sud 17.820.000 Total DSA 48.420.000 632.2) par les Conservations des Forêts O8 Renforcement des capacités M.A. 54.240.000 O9 Gestion productive et conservatoire forestières M.A. 632.3) par les Inspections des Pêches O10 Réseau de préservation des écotones 12 inspections des pêches 50.760.000 632.4) des ressources aquacoles continentales O11 Préservation des espèces autochtones et aquaculture 12 inspections des pêches. 4.100.000 Total général de préservations marine et aquacole = 54.860.000 632.5) par l’Inspection de l’Environnement O12 Equilibre éléments : terre/ air/ eau/ mer/ espace M.A.T.E I.E. 49.980.000 O13 Système d’information de biodiversité ( SIB) 632.6) par les parcs naturels et les aires protégées. O14 Planification des aires protégées : 30 aires CDRB DGF / DGE 156.600.000 632.7) au niveau de la Wilaya ( IP, DSA, CF, IE) O15 Création des CSDD au niveau des APC Wilaya 23.040.000 632.8) au niveau des APC O16 Création des ZDD au niveau des APC APC /Wilayas MICL, MATE 1.447.600.000 632.9) Indicateurs d’évaluation de la stratégie. O17 Indicateurs de fonctionnement de la stratégie CDRB 27.000.000 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 245 Objectifs Opérations Opérateurs Coût ( DA) 6.4) Sensibilisation et participation populaire au respect à la protection et à la gestion durable de la diversité biologique. 64.1) Education scolaire. O18 Elargissement des programmes scolaires M.E.N. 22.950.000 64.2) Formation et recherche universitaires. O19 Formation biosystématique universitaire MESRS, MATE, CDRB 105.384.000 O20 Recherche biotechnologique et génie génétique O21 Recherche variétale 64.3) Culture sociale et individuelle liée à la diversité biologique. O22 Elargissement de la culture populaire ( Atlas) MCC, MA, MATE 18.304.070.000 O23 Espace biologique culturel et terroir ( doubler le capital forestier ou ceinture verte 10m 2 habitant) 64.4) Valeur de la biodiversité, usages et intérêts sociaux O24 Avantages, intérêts sociaux et usufruits CF/ IE 46.200.000 64.5) Moyens stratégiques de communication culturelle et de sensibilisation populaire O25 Moyens de sensibilisation populaire MCC 1.662.200 64.6) Organisations sociales relais, vecteurs et destinataires de la société civile O 26 Instauration de réseaux sociaux ouverts Wilaya, APC pour mémoire 6.5) Valorisation écologique de la diversité biologique 55.1) Valeur écologique équilibres paysagers O27 Equilibre des structures paysagères M.A.T.E. pour mémoire 65.2) Valorisation systémique de la diversité biologique O28 Modèle systémique et lutte contre les processus de régression des espaces Directions de Wilaya/ APC M.A.T.E. 5.984.000 O29 Modélisation des exploitations CDRB 65.3) Valorisations écologiques : urbaine et infrastructurelle O30 Espaces verts et normes internationales MICL, Ma, MATE, APC 8.335.680.000 O31 Ecran vert linéaire de bordure 65.4) Valorisation bioécologique des exploitations agricoles O32 Trame biotique, diversifiaction biologique MA, DSA, CF 39.131.400.000 O33 Ressources agricoles, savoir faire et sécurité alimentaire MATE, DSA, CF, IE, CSDD des APC O34 Réseau d’aménagement agrosylvopastoral 1.540 ZDD MATE, MA, MICL, APC 6.6) Valorisation économique de la diversité biologique 66.1) Valorisation bioéconomique par l’agriculture O35 Recherche biotechnologique et génie génétique MERS, MA, MP, CDRB pour mémoire 66.2) Valorisation médicinale de la diversité biologique O36 Valorisation, contrôle, utilisations médicinales M.S.P. 21.274.000 Projet ALG/97/G31 Stratégie nationale 246 Objectifs Opérations Opérateurs Coût ( DA) 66.3) Valorisation par le tourisme O37 Politique touristique et écotourisme M.T 1.300.000 66.4) Valorisation par l’industrie, le transport et l’énergie O38 Industrie et préservation des ressources M.I. 7.700.000 O39 Équipement biologique du réseau de transport MTr., MATE O40 Amélioration de la distribution du gaz butane ME 66.5) Diversité biologique et aménagement du territoire O41 Vocations équilibrées des espaces M.A.T.E. 24.510.000 66.6) Valorisation de la diversité biologique forestière O42 Typologie, classification et statuts forestiers MATE, MA, DGF, DGE, CDRB 302.10 9 O43 Réhabilitation forestière multiforme à 34% 66.7) Valorisation de la diversité biologique des systèmes marins et dulçaquicoles O44 Qualité de la productivité et production marines MP, MATE, Méqpt. 47.285.000 O45 Aquaculture dulçaquicole MP 6.7)Législation et diversité biologique O46 Promulguer une loi d’orientation MATE, MJ 25.920.000 6.8)Coopération internationale et Financement O47 Coopération multilatérale et financement MAE, I.Politique 6.9)Moyens institutionnels et diversité biologique O48 Mobiliser les ressources financières nationales I.Politique Total général de la stratégie 370.267.177.600 ou 371.10 9