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贝宁的法律

Plan National de Développement 2018-2025

颁布于 2018 · 文本截至 2026-10-01

以研究形式发布的公开法律与官方指引,不构成法律、税务或金融建议。

研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。

关于这部法律

语言
French
类型
policy
国家
贝宁
主题
Agricultural and rural development, Environment, Cultivated plants
关键词
agricultural development, policy/planning, biotechnology, processing/handling, poverty, sustainable development, governance, business/industry/corporations, cultural heritage, environmental planning, plant production, fibre crops, cereals/grains/rice, vegetables/legumes, fruits/edible nuts, crops, agricultural commodities
类别
*, agriculture

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文本

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  1. PLAN NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT 2018-2025 Plan National de Développement 2018-2025 Plan National de Développement 2018-2025 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 2 3 la nécessité de l’organisation de son cadre de pérennisation. Ce contexte suggère donc la mise en place de tous les niveaux de la planification. L’acte fort et inédit induit est l’adoption, le 24 Octobre 2018, du Plan National de Développement (PND) 2018-2025 avec pour défi majeur à relever, le développement du capital humain. Celui-ci doit être pertinent et s’inscrire dans la durée. Il constitue un facteur déterminant pour une croissance économique inclusive respectueuse de l’environnement dans un contexte de paix et de bonne gouvernance. Ce choix stratégique vient conforter la dynamique en cours pour la relance du développement durable. Le PND 2018-2025 offre l’opportunité d’assurer la mise en œuvre des Agendas internationaux que sont les Objectifs de Développement Durables (ODD) à l’horizon 2030 et la Vision Africa 2063, « l’Afrique que nous voulons ». Il précise les repères du Bénin que nous désirons en 2025. Élaboré suivant une approche participative et inclusive, impliquant toutes les parties prenantes, notamment les Ministères sectoriels, les Institutions de la République, les Organisations de la Société Civile (OSC), les Partenaires Sociaux, l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), le PND 2018- 2025 a reçu la parfaite adhésion de tous les acteurs de développement. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en sa qualité de Chef de file des PTFs, a été d’un appui majeur dans ce processus. C’est pourquoi, je formule le vœu que la spontanéité et l’enthousiasme qui ont prévalu à son élaboration se maintiennent au cours de sa mise en œuvre. En conséquence, le Gouvernement y mettra de la méthode pour l’atteinte efficace des objectifs fixés avec pour finalité la concrétisation de la vision Bénin 2025 Alafia. Abdoulaye BIO TCHANÉ, Ministre d’État chargé du Plan et du Développement Préface La rénovation de la gestion du processus de développement engagé par le Bénin, au lendemain de la Conférence des Forces Vives de février 1990, a permis de disposer pour notre pays d’une approche de la planification de développement à trois niveaux articulés les uns aux autres à savoir : la pros pective, la planification stratégique et les programmes d’investissements triennaux glissants respectivement pour le long, moyen et court terme. Le premier palier de cette structure pyramidale de gestion du développe ment s’est concrétisé en l’an 2000 par l’adoption d’une vision prospective pour le pays dénommée : « Bénin 2025 Alafia ». Quinze années après son adoption, outre le renforcement du cadre programmatique des investisse ments, les efforts consentis par les Gouvernements successifs pour sa mise en œuvre n’ont pas été suffisants pour assurer une véritable planification stratégique. Dans ce cadre, les phases retenues pour le processus de trans formations structurelles socio-économiques sont : i) le renforcement des bases institutionnelles et économiques (2000-2010) ; ii) la croissance écono mique au service du développement (2011-2020) ; et iii) la restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2021-2025). En effet, l’évaluation à mi-parcours du processus de gestion du dévelop pement a révélé un important retard sur les sentiers de la réalisation de la vision Bénin 2025 Alafia et l’absence d’un dispositif approprié de suivi évaluation assorti d’un référentiel métrique. De même, les paradigmes de développements ont beaucoup évolué et les nouveaux enjeux de dévelop pement ont pour nom : Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces derniers recouvrent un large éventail d’objectifs avec pour objectif ultime « Ne laisser personne de côté ». En avril 2016, un diagnostic des conditions de vie de nos populations, indiquent la persistance des problèmes de pauvreté, de chômage, de corruption et de défaillance des institutions. L’acuité de ces préoccupa tions, inquiétait et appelait une réponse urgente et responsable. C’est ce que le Gouvernement a fait à travers l’adoption du Programme d’Action le « Bénin Révélé » dont l’objectif principal est de « Relancer de manière durable le développement économique et social du Bénin ». Considéré comme précurseur à la volonté du Gouvernement d’échapper au piège de l’improvisation par la promotion de la planification, le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) compte tenu des ambitions qu’il porte justifie P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 2 3 la nécessité de l’organisation de son cadre de pérennisation. Ce contexte suggère donc la mise en place de tous les niveaux de la planification. L’acte fort et inédit induit est l’adoption, le 24 Octobre 2018, du Plan National de Développement (PND) 2018-2025 avec pour défi majeur à relever, le développement du capital humain. Celui-ci doit être pertinent et s’inscrire dans la durée. Il constitue un facteur déterminant pour une croissance économique inclusive respectueuse de l’environnement dans un contexte de paix et de bonne gouvernance. Ce choix stratégique vient conforter la dynamique en cours pour la relance du développement durable. Le PND 2018-2025 offre l’opportunité d’assurer la mise en œuvre des Agendas internationaux que sont les Objectifs de Développement Durables (ODD) à l’horizon 2030 et la Vision Africa 2063, « l’Afrique que nous voulons ». Il précise les repères du Bénin que nous désirons en 2025. Élaboré suivant une approche participative et inclusive, impliquant toutes les parties prenantes, notamment les Ministères sectoriels, les Institutions de la République, les Organisations de la Société Civile (OSC), les Partenaires Sociaux, l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB) et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), le PND 2018- 2025 a reçu la parfaite adhésion de tous les acteurs de développement. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en sa qualité de Chef de file des PTFs, a été d’un appui majeur dans ce processus. C’est pourquoi, je formule le vœu que la spontanéité et l’enthousiasme qui ont prévalu à son élaboration se maintiennent au cours de sa mise en œuvre. En conséquence, le Gouvernement y mettra de la méthode pour l’atteinte efficace des objectifs fixés avec pour finalité la concrétisation de la vision Bénin 2025 Alafia. Abdoulaye BIO TCHANÉ, Ministre d’État chargé du Plan et du Développement Préface La rénovation de la gestion du processus de développement engagé par le Bénin, au lendemain de la Conférence des Forces Vives de février 1990, a permis de disposer pour notre pays d’une approche de la planification de développement à trois niveaux articulés les uns aux autres à savoir : la pros pective, la planification stratégique et les programmes d’investissements triennaux glissants respectivement pour le long, moyen et court terme. Le premier palier de cette structure pyramidale de gestion du développe ment s’est concrétisé en l’an 2000 par l’adoption d’une vision prospective pour le pays dénommée : « Bénin 2025 Alafia ». Quinze années après son adoption, outre le renforcement du cadre programmatique des investisse ments, les efforts consentis par les Gouvernements successifs pour sa mise en œuvre n’ont pas été suffisants pour assurer une véritable planification stratégique. Dans ce cadre, les phases retenues pour le processus de trans formations structurelles socio-économiques sont : i) le renforcement des bases institutionnelles et économiques (2000-2010) ; ii) la croissance écono mique au service du développement (2011-2020) ; et iii) la restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2021-2025). En effet, l’évaluation à mi-parcours du processus de gestion du dévelop pement a révélé un important retard sur les sentiers de la réalisation de la vision Bénin 2025 Alafia et l’absence d’un dispositif approprié de suivi évaluation assorti d’un référentiel métrique. De même, les paradigmes de développements ont beaucoup évolué et les nouveaux enjeux de dévelop pement ont pour nom : Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces derniers recouvrent un large éventail d’objectifs avec pour objectif ultime « Ne laisser personne de côté ». En avril 2016, un diagnostic des conditions de vie de nos populations, indiquent la persistance des problèmes de pauvreté, de chômage, de corruption et de défaillance des institutions. L’acuité de ces préoccupa tions, inquiétait et appelait une réponse urgente et responsable. C’est ce que le Gouvernement a fait à travers l’adoption du Programme d’Action le « Bénin Révélé » dont l’objectif principal est de « Relancer de manière durable le développement économique et social du Bénin ». Considéré comme précurseur à la volonté du Gouvernement d’échapper au piège de l’improvisation par la promotion de la planification, le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) compte tenu des ambitions qu’il porte justifie P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 4 5 Sommaire Préface 2 Avant-propos 4 Sommaire 5 Liste des sigles et abréviations 6 Liste des tableaux 12 Liste des figures 13 0. Résumé 14 1. Contexte et processus d’élaboration du Plan National de Développement 2018-2025 34 2. Diagnostic stratégique du développement économique et social 40 3. Objectifs de développement et orientations stratégiques 140 4. Dispositif de mise en œuvre, de suivi et évaluation 232 5. Annexe 244 Table des matières 290 Avant-propos Prenant pour socle la vision Bénin 2025 Alafia, le Plan National de Développement 2018-2025 intègre les nouveaux enjeux de développe ment économique et social au plan national, africain et international. Son élaboration a été un défi majeur que nous avons relevé, avec la contri bution de tous les acteurs à divers niveaux : secteur public, secteur privé, institutions de la République, organisations de la société civile, parte naires sociaux, Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), universitaires, Gouvernement et partenaires techniques et financiers. En unissant les efforts, le peuple béninois vient de se doter d’un outil ma jeur de développement dont la mise en œuvre réussie offrira au Bénin l’opportunité triplement gagnante d’atteindre la Vision Bénin 2025 et de se mettre sur le sentier des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030 et de la Vision Africa 2063. Le PND 2018-2025 est structuré autour des thématiques majeures ci après : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la productivi té et la compétitivité économiques ; iii) l’environnement, les changements climatiques et le développement des territoires, et iv) la gouvernance. À travers cette architecture, il exprime l’urgence de procéder à une ap proche intégrée des solutions à apporter aux défis actuels de développe ment et constitue un cadre favorable pour la consolidation et la durabilité des acquis du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021. Enfin, comptant sur le patriotisme et le sens de redevabilité de tous les acteurs de développement, le cap sur le processus de son opérationna lisation reste notre priorité. Magloire A. AGUESSY, Directeur Général des Politiques de Développement P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 4 5 Sommaire Préface 2 Avant-propos 4 Sommaire 5 Liste des sigles et abréviations 6 Liste des tableaux 12 Liste des figures 13 0. Résumé 14 1. Contexte et processus d’élaboration du Plan National de Développement 2018-2025 34 2. Diagnostic stratégique du développement économique et social 40 3. Objectifs de développement et orientations stratégiques 140 4. Dispositif de mise en œuvre, de suivi et évaluation 232 5. Annexe 244 Table des matières 290 Avant-propos Prenant pour socle la vision Bénin 2025 Alafia, le Plan National de Développement 2018-2025 intègre les nouveaux enjeux de développe ment économique et social au plan national, africain et international. Son élaboration a été un défi majeur que nous avons relevé, avec la contri bution de tous les acteurs à divers niveaux : secteur public, secteur privé, institutions de la République, organisations de la société civile, parte naires sociaux, Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), universitaires, Gouvernement et partenaires techniques et financiers. En unissant les efforts, le peuple béninois vient de se doter d’un outil ma jeur de développement dont la mise en œuvre réussie offrira au Bénin l’opportunité triplement gagnante d’atteindre la Vision Bénin 2025 et de se mettre sur le sentier des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030 et de la Vision Africa 2063. Le PND 2018-2025 est structuré autour des thématiques majeures ci après : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la productivi té et la compétitivité économiques ; iii) l’environnement, les changements climatiques et le développement des territoires, et iv) la gouvernance. À travers cette architecture, il exprime l’urgence de procéder à une ap proche intégrée des solutions à apporter aux défis actuels de développe ment et constitue un cadre favorable pour la consolidation et la durabilité des acquis du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021. Enfin, comptant sur le patriotisme et le sens de redevabilité de tous les acteurs de développement, le cap sur le processus de son opérationna lisation reste notre priorité. Magloire A. AGUESSY, Directeur Général des Politiques de Développement P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 6 7 CEMOS Cadres d’Entretien et de Maintenance des Ouvrages Simples CENA Commission Électorale Nationale Autonome CENAGREF Centre National de Gestion des Réserves de Faune CENATEL Centre National de Télédétection CEN-SAD Communauté des États Sahelo-Sahariens CENTIF Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières CEP Certificat d’Études Primaires CI Cours d’Initiation CIR Carte d’Identité Rurale CM2 Cours Moyen deuxième année CMIECB Commission de Modélisation des Impacts Économiques du Climat et de l’intégration des Changements Climatiques dans le Budget Général de l’État CNCC Comité National sur les Changements Climatiques CNE Conseil National de l’Éducation CNO Comité National d’Orientation CNPA Conseil National du Patronat de l’Audiovisuel CNSR Centre National de Sécurité Routière CNSS Caisse Nationale de Sécurité Sociale COP21 Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques CPDN Contributions Prévues et Déterminées au Niveau National CPS Centre de Promotion Sociale CPSE Comité de Pilotage du Secteur de l’Éducation CQM Certificat de Qualification aux Métiers CQP Certificat de Qualification Professionnelle CSPEF Cellule de Suivi des Programmes Économiques et Financiers CSU Couverture en Santé Universelle CTP Comité Technique de Pilotage DBM Déchets Bio-Médicaux DPP Direction de la Programmation et de la Prospective DEPONAT Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire DGAE Direction Générale des Affaires Économiques DGCS-ODD Direction Générale de Coordination et de Suivi des Objectifs de Développement Durable DGFRN Direction Générale des Forêts et Ressources Naturelles DGPD Direction Générale des Politiques de Développement DHAB Direction de l’Habitat et de l’Assainissement de Base CEMOS CENA CENAGREF CENATEL CEN-SAD CENTIF CEP CI CIR CM2 CMIECB CNCC CNE CNO CNPA CNSR CNSS COP21 CPDN CPS CPSE CQM CQP CSPEF CSU CTP DBM DPP DEPONAT DGAE DGCS-ODD DGFRN DGPD DHAB Liste des sigles et abréviations ABE Agence Béninoise pour l’Environnement ABeGIEF Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers ACE Agent Contractuel de l’État ACE Africa Coast to Europe AEN Avoirs Extérieurs Nets AFE Accord sur la Facilitation des Échanges AGVSAN Analyse Globale de la Vulnérabilité, de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition AND-MDP Autorité Nationale Désignée du Mécanisme pour un Développement Propre ANLC Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption APD Aide Publique au Développement APE Agent Permanent de l’État ARCH Assurance pour le Renforcement du Capital Humain ARE Autorité de Régulation de l’Électricité ARMP Autorité de Régulation des Marchés Publics ARV Anti-Retro-Viraux BCEAO Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest BEPC Brevet d’Études du Premier Cycle BGE Budget Général de l’État BID Banque Islamique de Développement BNDA Banque Nationale de Développement Agricole BPO Budget Programme par Objectifs BTI Bénin Télécoms Infrastructures BTP Bâtiment et Travaux Publics BTS Brevet de Technicien Supérieur CCIB Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin CCSE Comité de Coordination du Secteur de l’Éducation CDB Convention des Nations-Unies sur la Diversité Biologique CDMT Cadres de Dépenses à Moyen Terme CDSM Comité de Suivi des Décaissements et des Marchés CEB Communauté Électrique du Bénin CEDEAO Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest ABE ABeGIEF ACE ACE AEN AFE AGVSAN AND-MDP ANLC APD APE ARCH ARE ARMP ARV BCEAO BEPC BGE BID BNDA BPO BTI BTP BTS CCIB CCSE CDB CDMT CDSM CEB CEDEAO P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 6 7 CEMOS Cadres d’Entretien et de Maintenance des Ouvrages Simples CENA Commission Électorale Nationale Autonome CENAGREF Centre National de Gestion des Réserves de Faune CENATEL Centre National de Télédétection CEN-SAD Communauté des États Sahelo-Sahariens CENTIF Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières CEP Certificat d’Études Primaires CI Cours d’Initiation CIR Carte d’Identité Rurale CM2 Cours Moyen deuxième année CMIECB Commission de Modélisation des Impacts Économiques du Climat et de l’intégration des Changements Climatiques dans le Budget Général de l’État CNCC Comité National sur les Changements Climatiques CNE Conseil National de l’Éducation CNO Comité National d’Orientation CNPA Conseil National du Patronat de l’Audiovisuel CNSR Centre National de Sécurité Routière CNSS Caisse Nationale de Sécurité Sociale COP21 Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques CPDN Contributions Prévues et Déterminées au Niveau National CPS Centre de Promotion Sociale CPSE Comité de Pilotage du Secteur de l’Éducation CQM Certificat de Qualification aux Métiers CQP Certificat de Qualification Professionnelle CSPEF Cellule de Suivi des Programmes Économiques et Financiers CSU Couverture en Santé Universelle CTP Comité Technique de Pilotage DBM Déchets Bio-Médicaux DPP Direction de la Programmation et de la Prospective DEPONAT Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire DGAE Direction Générale des Affaires Économiques DGCS-ODD Direction Générale de Coordination et de Suivi des Objectifs de Développement Durable DGFRN Direction Générale des Forêts et Ressources Naturelles DGPD Direction Générale des Politiques de Développement DHAB Direction de l’Habitat et de l’Assainissement de Base CEMOS CENA CENAGREF CENATEL CEN-SAD CENTIF CEP CI CIR CM2 CMIECB CNCC CNE CNO CNPA CNSR CNSS COP21 CPDN CPS CPSE CQM CQP CSPEF CSU CTP DBM DPP DEPONAT DGAE DGCS-ODD DGFRN DGPD DHAB Liste des sigles et abréviations ABE Agence Béninoise pour l’Environnement ABeGIEF Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers ACE Agent Contractuel de l’État ACE Africa Coast to Europe AEN Avoirs Extérieurs Nets AFE Accord sur la Facilitation des Échanges AGVSAN Analyse Globale de la Vulnérabilité, de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition AND-MDP Autorité Nationale Désignée du Mécanisme pour un Développement Propre ANLC Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption APD Aide Publique au Développement APE Agent Permanent de l’État ARCH Assurance pour le Renforcement du Capital Humain ARE Autorité de Régulation de l’Électricité ARMP Autorité de Régulation des Marchés Publics ARV Anti-Retro-Viraux BCEAO Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest BEPC Brevet d’Études du Premier Cycle BGE Budget Général de l’État BID Banque Islamique de Développement BNDA Banque Nationale de Développement Agricole BPO Budget Programme par Objectifs BTI Bénin Télécoms Infrastructures BTP Bâtiment et Travaux Publics BTS Brevet de Technicien Supérieur CCIB Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin CCSE Comité de Coordination du Secteur de l’Éducation CDB Convention des Nations-Unies sur la Diversité Biologique CDMT Cadres de Dépenses à Moyen Terme CDSM Comité de Suivi des Décaissements et des Marchés CEB Communauté Électrique du Bénin CEDEAO Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest ABE ABeGIEF ACE ACE AEN AFE AGVSAN AND-MDP ANLC APD APE ARCH ARE ARMP ARV BCEAO BEPC BGE BID BNDA BPO BTI BTP BTS CCIB CCSE CDB CDMT CDSM CEB CEDEAO P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 8 9 ITC International Trade Center Kwh Kilowatt-heure LARES Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Étude Sociale LEPI Liste Électorale Permanente Informatisée LOLF Loi Organique relative aux Lois de Finances MAEP Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs MAEP Ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche MCA-Bénin Millenium Challenge Account Bénin MCC Millenium Challenge Corporation MICS Multiple Indicator Cluster Surveys MIILD Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée MIS Malaria Indicator Survey MPD Ministère du Plan et du Développement MS Ministère de la Santé MSSB Mutuelle de Sécurité Sociale du Bénin MTFPAS Ministère du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales MW Mega Watt NLTPS National Long-Terme Perspectives Study NRI Networked Readiness Index NTA National Transfert Account ODD Objectifs de Développement Durable ODEM Observatoire de Déontologie et d’Éthique dans les Médias OIT Organisation Internationale du Travail OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale OPJ Officier de Police Judiciaire ORSEC Organisation de la Réponse de Sécurité Civile OSC Organisations de la Société Civile OSD Orientations Stratégiques de Développement PAE Plan d’Action Environnemental PAG Programme d’Action du Gouvernement PAM Programme Alimentaire Mondial PANA Plan d’Action National d’Adaptation au changement climatique PAN-LCD Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification PAS Programme d’Ajustement Structurel ITC Kwh LARES LEPI LOLF MAEP MAEP MCA-Bénin MCC MICS MIILD MIS MPD MS MSSB MTFPAS MW NLTPS NRI NTA ODD ODEM OIT OMD OMS ONG OPJ ORSEC OSC OSD PAE PAG PAM PANA PAN-LCD PAS DHIS2 District Health Information Software (base de données qui intègre les sous-informations conçues par l’Université d’Oslo de Norvège) DNCMP Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics DSEE Direction des Statistiques et Etudes Economiques EDS Enquête Démographique de Santé EFAT Examens de Fin d’Apprentissage Traditionnel EMICoV Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie ENPLT Études Nationales de Perspectives à Long Terme EFTP Enseignement et Formation Techniques et Professionnels ETVA Enquête sur la Transition vers la Vie Active FADeC Fonds d’Appui au Développement des Communes FAO Food and Agriculture Organization FCFA Francs de la Communauté Financière d’Afrique FNRB Fond National des Retraites du Bénin FNDA Fonds National de Développement Agricole FNEC Fonds National pour l’Environnement et le Climat GDT Gestion Durable des Terres GFP Gestion des Finances Publiques GIZ Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GT Groupes Thématiques GT-CASC Groupe Thématique Capital humain, Affaires Sociales et Culturelles GT-EAT Groupe Thématique Environnement et Aménagement du Territoire GT-EPC Groupe Thématique Économie, Productivité et Compétitivité GT-PG Groupe Thématique Politique et Gouvernance HAAC Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication HKM Hubert Koutoukou MAGA IDE Investissements Directs Étrangers IEC Information Éducation et Communication IFU Identifiant Fiscal Unique IGN Institut Géographique National IIED International Institute for Environment and Development IMF Institution de Micro-Finance INSAE Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique IR Impôt sur les Revenus ISCI Indicateur Synthétique de Croissance Inclusive ISF Indice Synthétique de Fécondité DHIS2 DNCMP DSEE EDS EFAT EMICoV ENPLT EFTP ETVA FADeC FAO FCFA FNRB FNDA FNEC GDT GFP GIZ GT GT-CASC GT-EAT GT-EPC GT-PG HAAC HKM IDE IEC IFU IGN IIED IMF INSAE IR ISCI ISF P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 8 9 ITC International Trade Center Kwh Kilowatt-heure LARES Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Étude Sociale LEPI Liste Électorale Permanente Informatisée LOLF Loi Organique relative aux Lois de Finances MAEP Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs MAEP Ministère de l’Agriculture de l’Élevage et de la Pêche MCA-Bénin Millenium Challenge Account Bénin MCC Millenium Challenge Corporation MICS Multiple Indicator Cluster Surveys MIILD Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée MIS Malaria Indicator Survey MPD Ministère du Plan et du Développement MS Ministère de la Santé MSSB Mutuelle de Sécurité Sociale du Bénin MTFPAS Ministère du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales MW Mega Watt NLTPS National Long-Terme Perspectives Study NRI Networked Readiness Index NTA National Transfert Account ODD Objectifs de Développement Durable ODEM Observatoire de Déontologie et d’Éthique dans les Médias OIT Organisation Internationale du Travail OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale OPJ Officier de Police Judiciaire ORSEC Organisation de la Réponse de Sécurité Civile OSC Organisations de la Société Civile OSD Orientations Stratégiques de Développement PAE Plan d’Action Environnemental PAG Programme d’Action du Gouvernement PAM Programme Alimentaire Mondial PANA Plan d’Action National d’Adaptation au changement climatique PAN-LCD Plan d’Action National de Lutte Contre la Désertification PAS Programme d’Ajustement Structurel ITC Kwh LARES LEPI LOLF MAEP MAEP MCA-Bénin MCC MICS MIILD MIS MPD MS MSSB MTFPAS MW NLTPS NRI NTA ODD ODEM OIT OMD OMS ONG OPJ ORSEC OSC OSD PAE PAG PAM PANA PAN-LCD PAS DHIS2 District Health Information Software (base de données qui intègre les sous-informations conçues par l’Université d’Oslo de Norvège) DNCMP Direction Nationale du Contrôle des Marchés Publics DSEE Direction des Statistiques et Etudes Economiques EDS Enquête Démographique de Santé EFAT Examens de Fin d’Apprentissage Traditionnel EMICoV Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie ENPLT Études Nationales de Perspectives à Long Terme EFTP Enseignement et Formation Techniques et Professionnels ETVA Enquête sur la Transition vers la Vie Active FADeC Fonds d’Appui au Développement des Communes FAO Food and Agriculture Organization FCFA Francs de la Communauté Financière d’Afrique FNRB Fond National des Retraites du Bénin FNDA Fonds National de Développement Agricole FNEC Fonds National pour l’Environnement et le Climat GDT Gestion Durable des Terres GFP Gestion des Finances Publiques GIZ Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GT Groupes Thématiques GT-CASC Groupe Thématique Capital humain, Affaires Sociales et Culturelles GT-EAT Groupe Thématique Environnement et Aménagement du Territoire GT-EPC Groupe Thématique Économie, Productivité et Compétitivité GT-PG Groupe Thématique Politique et Gouvernance HAAC Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication HKM Hubert Koutoukou MAGA IDE Investissements Directs Étrangers IEC Information Éducation et Communication IFU Identifiant Fiscal Unique IGN Institut Géographique National IIED International Institute for Environment and Development IMF Institution de Micro-Finance INSAE Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique IR Impôt sur les Revenus ISCI Indicateur Synthétique de Croissance Inclusive ISF Indice Synthétique de Fécondité DHIS2 DNCMP DSEE EDS EFAT EMICoV ENPLT EFTP ETVA FADeC FAO FCFA FNRB FNDA FNEC GDT GFP GIZ GT GT-CASC GT-EAT GT-EPC GT-PG HAAC HKM IDE IEC IFU IGN IIED IMF INSAE IR ISCI ISF P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 10 11 SA Société Anonyme SAP-Bénin Système d’Alerte Précoce Bénin SARA Services Availability and Readiness Assessment SAT3 South Africa Transit 3 SCN Système de Comptabilité des Nations Unies SCO Société des Ciments d’Onigbolo SCRP Stratégies de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté SDAC Schéma Directeur d’Aménagement de la Commune SIDA Syndrome Immuno Déficience Acquise SIGFiP Système d’Intégré de Gestion des Finances Publiques SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti SMNEA Santé de la Mère, du Nouveau-né, de l’Enfant et de l’Adolescent SONEB Société Nationale des Eaux du Bénin SONU Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence SPANB Stratégie et Plan d’Action National sur la Biodiversité SSS Société Sucrière de Savè ST Secrétaire Technique STP-PDDSE Secrétariat Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Éducation TB/VIH Tuberculose/Virus de l’Immuno-déficience Humaine TIC Technologies d’Information et de Communication TPI Tribunal de Première Instance UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance UPMB Union des Professionnels des Médias au Bénin USA United States of America VBG Violences Basées sur le Genre VIH Virus de l’Immuno-défience Humaine VPS Versement Patronal sur Salaire WAGP West African Gas Pipeline WDI World Development Indicators (Indicateurs du Développement dans le Monde) WEAI Women’s Empowerment in Agriculture Index WTTC World Travel and Tourism Council SA SAP-Bénin SARA SAT3 SCN SCO SCRP SDAC SIDA SIGFiP SMIG SMNEA SONEB SONU SPANB SSS ST STP-PDDSE TB/VIH TIC TPI UEMOA UNICEF UPMB USA VBG VIH VPS WAGP WDI WEAI WTTC PASEC Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN PC2D Programme de Croissance pour le Développement Durable PCC Plan de Contingence des Communes PCN Plan de Contingence National PDC Plan de Développement de la Commune PDDSE Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Éducation PDES Plan de Développement Economique et Social PED Pays En Développement PEFA Public Expenditure and Financial Accountability (Dépenses Publiques et Responsabilité Financière) PF Planification Familiale PGDSM Projet de Gestion des Déchets Solides Ménagers PIB Produit Intérieur Brut PIP Programme d’Investissement Public PNA Plan National d’Adaptation PND Plan National de Développement PNG Position Nette du Gouvernement PNIA Plan National d’Investissement Agricole PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement PONADEC Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration PPEA II Projet de Promotion de l’Eau et d’Assainissement 2e phase PPP Partenariat Public Privé PPS Projet Pétrolier de Sèmè ProCGRN Programme de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles PSDAN Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition PSI Population Service International PSRSA Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole PTF Partenaire Technique et Financier RAMU Régime d’Assurance Maladie Universelle RAT Réforme de l’Administration Territoriale REACH Renewed Efforts Against Child Hunger (Efforts Renouvelés contre la Malnutrition Infantile) REM Ratio Elèves/Maître RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitation RIA Rapid Integrated Analysis (Analyse Rapide Intégrée) RSF Reporter Sans Frontières PASEC PC2D PCC PCN PDC PDDSE PDES PED PEFA PF PGDSM PIB PIP PNA PND PNG PNIA PNUD PONADEC PPEA II PPP PPS ProCGRN PSDAN PSI PSRSA PTF RAMU RAT REACH REM RGPH RIA RSF P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 10 11 SA Société Anonyme SAP-Bénin Système d’Alerte Précoce Bénin SARA Services Availability and Readiness Assessment SAT3 South Africa Transit 3 SCN Système de Comptabilité des Nations Unies SCO Société des Ciments d’Onigbolo SCRP Stratégies de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté SDAC Schéma Directeur d’Aménagement de la Commune SIDA Syndrome Immuno Déficience Acquise SIGFiP Système d’Intégré de Gestion des Finances Publiques SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti SMNEA Santé de la Mère, du Nouveau-né, de l’Enfant et de l’Adolescent SONEB Société Nationale des Eaux du Bénin SONU Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence SPANB Stratégie et Plan d’Action National sur la Biodiversité SSS Société Sucrière de Savè ST Secrétaire Technique STP-PDDSE Secrétariat Technique Permanent du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Éducation TB/VIH Tuberculose/Virus de l’Immuno-déficience Humaine TIC Technologies d’Information et de Communication TPI Tribunal de Première Instance UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance UPMB Union des Professionnels des Médias au Bénin USA United States of America VBG Violences Basées sur le Genre VIH Virus de l’Immuno-défience Humaine VPS Versement Patronal sur Salaire WAGP West African Gas Pipeline WDI World Development Indicators (Indicateurs du Développement dans le Monde) WEAI Women’s Empowerment in Agriculture Index WTTC World Travel and Tourism Council SA SAP-Bénin SARA SAT3 SCN SCO SCRP SDAC SIDA SIGFiP SMIG SMNEA SONEB SONU SPANB SSS ST STP-PDDSE TB/VIH TIC TPI UEMOA UNICEF UPMB USA VBG VIH VPS WAGP WDI WEAI WTTC PASEC Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN PC2D Programme de Croissance pour le Développement Durable PCC Plan de Contingence des Communes PCN Plan de Contingence National PDC Plan de Développement de la Commune PDDSE Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Éducation PDES Plan de Développement Economique et Social PED Pays En Développement PEFA Public Expenditure and Financial Accountability (Dépenses Publiques et Responsabilité Financière) PF Planification Familiale PGDSM Projet de Gestion des Déchets Solides Ménagers PIB Produit Intérieur Brut PIP Programme d’Investissement Public PNA Plan National d’Adaptation PND Plan National de Développement PNG Position Nette du Gouvernement PNIA Plan National d’Investissement Agricole PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement PONADEC Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration PPEA II Projet de Promotion de l’Eau et d’Assainissement 2e phase PPP Partenariat Public Privé PPS Projet Pétrolier de Sèmè ProCGRN Programme de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles PSDAN Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition PSI Population Service International PSRSA Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole PTF Partenaire Technique et Financier RAMU Régime d’Assurance Maladie Universelle RAT Réforme de l’Administration Territoriale REACH Renewed Efforts Against Child Hunger (Efforts Renouvelés contre la Malnutrition Infantile) REM Ratio Elèves/Maître RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitation RIA Rapid Integrated Analysis (Analyse Rapide Intégrée) RSF Reporter Sans Frontières PASEC PC2D PCC PCN PDC PDDSE PDES PED PEFA PF PGDSM PIB PIP PNA PND PNG PNIA PNUD PONADEC PPEA II PPP PPS ProCGRN PSDAN PSI PSRSA PTF RAMU RAT REACH REM RGPH RIA RSF P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 12 13 Liste des figures Figure 1 Évolution contrastée de la croissance économique et de la pauvreté (NG) 49 Figure 2 Évolution de la population (urbaine et rurale) de 1979 en 2013 54 Figure 3 Évolution du dividende démographique de 1950 à 2045 55 Figure 4 Taux de croissance réel 77 Figure 5 Structure de l’économie 78 Figure 6 Structure du secteur primaire 79 Figure 7 Structure du secteur industriel 79 Figure 8 Structure du secteur tertiaire 80 Figure 9 Évolution de l’ISCI entre 1995 et 2012 82 Figure 10 Évolution des productivités globales des facteurs des secteurs clés de l’économie 84 Figure 11 Taux de croissance effective et potentielle 85 Figure 12 Recettes Budgétaires 92 Figure 13 Dépenses budgétaires 92 Figure 14 Déficit budgétaire 93 Figure 15 Évolution de la balance commerciale de 2005 à 2015 93 Figure 16 Déficit de la balance des services de 2005 à 2015 94 Figure 17 Évolution de la balance des transferts de 2005 à 2015 94 Figure 18 Déficit de la balance courante 95 Figure 19 Solde de la balance des capitaux non monétaires 95 Figure 20 Évolution du crédit intérieur net 96 Figure 21 Évolution du PIP par secteur (en %) 135 Figure 22 Évolution des indicateurs relatifs à la corruption 136 Figure 23 Trajectoire pour un développement durable 155 Figure 24 Problématique de développement et changements attendus du PND 24 - 208 Figure 25 Profil de croissance simulé 216 Figure 26 Incidence simulée en fonction des paramètres de croissance 219 Figure 27 Incidence simulée en fonction des paramètres de transformation structurelle 220 Figure 27 Dispositif de suivi et évaluation du PND 2018-2025 31 - 242 figure 1 figure 2 figure 3 figure 4 figure 5 figure 6 figure 7 figure 8 figure 9 figure 10 figure 11 figure 12 figure 13 figure 14 figure 15 figure 16 figure 17 figure 18 figure 19 figure 20 figure 21 figure 22 figure 23 figure 24 figure 25 figure 26 figure 27 figure 28 Liste des tableaux Tableau 1 Bilan des dix-sept (17) cibles OMD au Bénin 45 Tableau 2 Comparaison des IDH, IDHI et des pertes dues aux inégalités en 2015 47 Tableau 3 Évolution du taux brut de scolarisation dans les cycles formels d’enseignement 59 Tableau 4 Performance du secteur hydraulique 66 Tableau 5 Évolution de la couverture en eau et d’assainissement de base (2002-2015) 66 Tableau 6 Caractéristiques de l’emploi des jeunes au Bénin 71 Tableau 7 Contribution à l’ISCI 82 Tableau 8 Contribution des facteurs à la croissance de l’économie béninoise 2000-2015 (en %) 83 Tableau 9 Croissance effective, potentielle et les contributions des facteurs au Bénin (%) 85 Tableau 10 Niveau moyen de l’investissement de 1999 à 2015 (% du PIB) 86 Tableau 11 Part des investissements dans le PIB de certains pays émergents d’Asie (en %) 86 Tableau 12 Contribution des secteurs au PIB 87 Tableau 13 Part des investissements dans le PIB de certains pays d’Afrique (en %) 89 Tableau 14 Bénin, Indicateurs macroéconomiques, 2010-2016 90 Tableau 15 Matrice des Objectifs et des effets attendus du PND 2018-2015 198 Tableau 16 Matrice de cohérence des Objectifs du PND 2018-2015 avec les ODD 203 Tableau 17 Grands objectifs chiffrés du PND 2018-2025 28 - 212 Tableau 18 Critères de sélection des secteurs clés leviers de la croissance inclusive 215 Tableau 19 Hypothèses et les résultats du scénario de référence 216 Tableau 20 Résultats du cadrage macroéconomique pour le scénario PND-ODD 217 Tableau 21 Résultats du cadrage macroéconomique pour le scénario à politique inchangée 218 Tableau 22 Évolution de l’Épargne et de l’Investissement (en milliard F CFA) 223 Tableau 23 Entrées des IDE (en millions $US) 224 tableau 1 tableau 2 tableau 3 tableau 4 tableau 5 tableau 6 tableau 7 tableau 8 tableau 9 tableau 10 tableau 11 tableau 12 tableau 13 tableau 14 tableau 15 tableau 16 tableau 17 tableau 18 tableau 19 tableau 20 tableau 21 tableau 22 tableau 23 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 12 13 Liste des figures Figure 1 Évolution contrastée de la croissance économique et de la pauvreté (NG) 49 Figure 2 Évolution de la population (urbaine et rurale) de 1979 en 2013 54 Figure 3 Évolution du dividende démographique de 1950 à 2045 55 Figure 4 Taux de croissance réel 77 Figure 5 Structure de l’économie 78 Figure 6 Structure du secteur primaire 79 Figure 7 Structure du secteur industriel 79 Figure 8 Structure du secteur tertiaire 80 Figure 9 Évolution de l’ISCI entre 1995 et 2012 82 Figure 10 Évolution des productivités globales des facteurs des secteurs clés de l’économie 84 Figure 11 Taux de croissance effective et potentielle 85 Figure 12 Recettes Budgétaires 92 Figure 13 Dépenses budgétaires 92 Figure 14 Déficit budgétaire 93 Figure 15 Évolution de la balance commerciale de 2005 à 2015 93 Figure 16 Déficit de la balance des services de 2005 à 2015 94 Figure 17 Évolution de la balance des transferts de 2005 à 2015 94 Figure 18 Déficit de la balance courante 95 Figure 19 Solde de la balance des capitaux non monétaires 95 Figure 20 Évolution du crédit intérieur net 96 Figure 21 Évolution du PIP par secteur (en %) 135 Figure 22 Évolution des indicateurs relatifs à la corruption 136 Figure 23 Trajectoire pour un développement durable 155 Figure 24 Problématique de développement et changements attendus du PND 24 - 208 Figure 25 Profil de croissance simulé 216 Figure 26 Incidence simulée en fonction des paramètres de croissance 219 Figure 27 Incidence simulée en fonction des paramètres de transformation structurelle 220 Figure 27 Dispositif de suivi et évaluation du PND 2018-2025 31 - 242 figure 1 figure 2 figure 3 figure 4 figure 5 figure 6 figure 7 figure 8 figure 9 figure 10 figure 11 figure 12 figure 13 figure 14 figure 15 figure 16 figure 17 figure 18 figure 19 figure 20 figure 21 figure 22 figure 23 figure 24 figure 25 figure 26 figure 27 figure 28 Liste des tableaux Tableau 1 Bilan des dix-sept (17) cibles OMD au Bénin 45 Tableau 2 Comparaison des IDH, IDHI et des pertes dues aux inégalités en 2015 47 Tableau 3 Évolution du taux brut de scolarisation dans les cycles formels d’enseignement 59 Tableau 4 Performance du secteur hydraulique 66 Tableau 5 Évolution de la couverture en eau et d’assainissement de base (2002-2015) 66 Tableau 6 Caractéristiques de l’emploi des jeunes au Bénin 71 Tableau 7 Contribution à l’ISCI 82 Tableau 8 Contribution des facteurs à la croissance de l’économie béninoise 2000-2015 (en %) 83 Tableau 9 Croissance effective, potentielle et les contributions des facteurs au Bénin (%) 85 Tableau 10 Niveau moyen de l’investissement de 1999 à 2015 (% du PIB) 86 Tableau 11 Part des investissements dans le PIB de certains pays émergents d’Asie (en %) 86 Tableau 12 Contribution des secteurs au PIB 87 Tableau 13 Part des investissements dans le PIB de certains pays d’Afrique (en %) 89 Tableau 14 Bénin, Indicateurs macroéconomiques, 2010-2016 90 Tableau 15 Matrice des Objectifs et des effets attendus du PND 2018-2015 198 Tableau 16 Matrice de cohérence des Objectifs du PND 2018-2015 avec les ODD 203 Tableau 17 Grands objectifs chiffrés du PND 2018-2025 28 - 212 Tableau 18 Critères de sélection des secteurs clés leviers de la croissance inclusive 215 Tableau 19 Hypothèses et les résultats du scénario de référence 216 Tableau 20 Résultats du cadrage macroéconomique pour le scénario PND-ODD 217 Tableau 21 Résultats du cadrage macroéconomique pour le scénario à politique inchangée 218 Tableau 22 Évolution de l’Épargne et de l’Investissement (en milliard F CFA) 223 Tableau 23 Entrées des IDE (en millions $US) 224 tableau 1 tableau 2 tableau 3 tableau 4 tableau 5 tableau 6 tableau 7 tableau 8 tableau 9 tableau 10 tableau 11 tableau 12 tableau 13 tableau 14 tableau 15 tableau 16 tableau 17 tableau 18 tableau 19 tableau 20 tableau 21 tableau 22 tableau 23 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 14 15 0 RÉSUMÉ P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 14 15 0 RÉSUMÉ P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 16 17 Diagnostic stratégique capital humain 5 Les analyses de plusieurs secteurs sociaux concernant le niveau de développement humain montrent clairement le retard accusé par le Bénin dans ce domaine. Ce retard est lié à la faiblesse de la productivité, à la forte croissance démographique, à l’aggravation du taux de pauvreté et des inégalités ainsi qu’au manque d’oppor tunités d’emplois décents et à l’accroissement du niveau de privations touchant plusieurs couches de la population de certains moyens d’existence durable, en particulier le cadre de vie décent comme le logement, les services d’assainisse ment, l’eau et la santé. 6 Au niveau de l’accès aux services sociaux de base, les privations sont multiples et se traduisent par de faibles performances et progrès dans les secteurs de l’édu cation, de la santé et de la protection sociale. Le diagnostic stratégique sectoriel fait ressortir clairement un mouvement massif de déscolarisation des enfants, (en 2015 à l’instar des années antérieures, le taux brut d’accès au CI était de 141 %, contre 66 % en 6e soit une déperdition de plus de 50 %). Graphique : Profil de scolarisation transversal Source : note sectorielle de l’Éducation 2015, page 42 7 De même, l’analyse fait ressortir un taux d’alphabétisation faible (43,1 % en 2015 contre en moyenne 60 % dans les pays de la sous-région notamment le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal), de faibles rendements du système éducatif, une précarité et une vulnérabilité sanitaire de la population liée au faible accès des populations aux services de santé de qualité. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont encore très élevés et certaines maladies chroniques comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida constituent toujours les premières causes d’hospitalisation. La malnutrition notamment chronique constitue une préoccu pation majeure pour les pouvoirs publics, compte tenu de ses effets négatifs sur Fondements et importance du PND 1 La nécessité de renforcer le système de planification du développement en vue de l’atteinte de la Vision Bénin-2025 Alafia, des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique a conduit le Gouvernement à adopter en Conseil des Ministres, le 27 juillet 2016, une feuille de route pour l’élaboration du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021 et du Plan National de Développement (PND). Le PND est le premier niveau de déclinaison de la vision Bénin 2025 Alafia conformément au système de planification retenu par le Bénin lors des journées nationales de réflexion organisées à ce sujet les 5 et 6 décembre 1991 et adopté par le Gouvernement en Conseil des Ministres en 1992. 2 Le PND vise à préciser les repères stratégiques pour l’action de développement pour les huit (08) années qui séparent de 2025, échéance retenue pour la réalisation et concrétisation de la vision. Ainsi, il sera opérationnalisé en deux phases : la pre mière de 2018 à 2021 à travers le Programme de Croissance pour le Développement Durable (PC2D) et le Programme d’Action du Gouvernement dont il intègre les axes et la deuxième phase de 2022 à 2025. La mise en œuvre du PND 2018-2025 contribuera à conforter les réalisations du PAG 2016-2021 en assurant la continuité de l’action de développement d’un Gouvernement à l’autre et offre également l’op portunité d’assurer l’atteinte des cibles prioritaires des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique à tous les niveaux du processus de gestion de développement (niveaux central, sectoriel et local). 3 Le PND se distingue par : › la prise en compte non seulement de la vision Bénin 2025 Alafia mais également des ODD et de l’Agenda 2063 de l’Afrique à travers l’intégration quadruplement gagnante des thématiques : i) croissance économique et transformation structu relle, ii) réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale, iii) durabilité environnementale, et iv) gouvernance efficace et inclusive ; › son caractère d’instrument d’orientation à long terme et de pilotage des choix des objectifs stratégiques de développement, des investissements structurants et des grandes réformes économiques et sociales ; › son cadre de mise en œuvre et de suivi intégrant les outils de gestion axée sur les résultats et les indicateurs de mesure des performances des dynamiques de changements opérés. 4 L’élaboration du PND a été conduite selon un processus participatif. Toutes les composantes de la société béninoise ont été impliquées au plan national et au niveau des douze (12) départements lors de la phase de diagnostic stratégique et de la séquence du choix des orientations stratégiques à l’horizon 2025. 160 % CI CP CE1 CE2 CM1 CM2 6e 5e 4e 3e 2de 1re Tle 140 % 120 % 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 2010-11 2014-15i 0 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 16 17 Diagnostic stratégique capital humain 5 Les analyses de plusieurs secteurs sociaux concernant le niveau de développement humain montrent clairement le retard accusé par le Bénin dans ce domaine. Ce retard est lié à la faiblesse de la productivité, à la forte croissance démographique, à l’aggravation du taux de pauvreté et des inégalités ainsi qu’au manque d’oppor tunités d’emplois décents et à l’accroissement du niveau de privations touchant plusieurs couches de la population de certains moyens d’existence durable, en particulier le cadre de vie décent comme le logement, les services d’assainisse ment, l’eau et la santé. 6 Au niveau de l’accès aux services sociaux de base, les privations sont multiples et se traduisent par de faibles performances et progrès dans les secteurs de l’édu cation, de la santé et de la protection sociale. Le diagnostic stratégique sectoriel fait ressortir clairement un mouvement massif de déscolarisation des enfants, (en 2015 à l’instar des années antérieures, le taux brut d’accès au CI était de 141 %, contre 66 % en 6e soit une déperdition de plus de 50 %). Graphique : Profil de scolarisation transversal Source : note sectorielle de l’Éducation 2015, page 42 7 De même, l’analyse fait ressortir un taux d’alphabétisation faible (43,1 % en 2015 contre en moyenne 60 % dans les pays de la sous-région notamment le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal), de faibles rendements du système éducatif, une précarité et une vulnérabilité sanitaire de la population liée au faible accès des populations aux services de santé de qualité. Les taux de mortalité maternelle et infantile sont encore très élevés et certaines maladies chroniques comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida constituent toujours les premières causes d’hospitalisation. La malnutrition notamment chronique constitue une préoccu pation majeure pour les pouvoirs publics, compte tenu de ses effets négatifs sur Fondements et importance du PND 1 La nécessité de renforcer le système de planification du développement en vue de l’atteinte de la Vision Bénin-2025 Alafia, des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique a conduit le Gouvernement à adopter en Conseil des Ministres, le 27 juillet 2016, une feuille de route pour l’élaboration du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021 et du Plan National de Développement (PND). Le PND est le premier niveau de déclinaison de la vision Bénin 2025 Alafia conformément au système de planification retenu par le Bénin lors des journées nationales de réflexion organisées à ce sujet les 5 et 6 décembre 1991 et adopté par le Gouvernement en Conseil des Ministres en 1992. 2 Le PND vise à préciser les repères stratégiques pour l’action de développement pour les huit (08) années qui séparent de 2025, échéance retenue pour la réalisation et concrétisation de la vision. Ainsi, il sera opérationnalisé en deux phases : la pre mière de 2018 à 2021 à travers le Programme de Croissance pour le Développement Durable (PC2D) et le Programme d’Action du Gouvernement dont il intègre les axes et la deuxième phase de 2022 à 2025. La mise en œuvre du PND 2018-2025 contribuera à conforter les réalisations du PAG 2016-2021 en assurant la continuité de l’action de développement d’un Gouvernement à l’autre et offre également l’op portunité d’assurer l’atteinte des cibles prioritaires des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique à tous les niveaux du processus de gestion de développement (niveaux central, sectoriel et local). 3 Le PND se distingue par : › la prise en compte non seulement de la vision Bénin 2025 Alafia mais également des ODD et de l’Agenda 2063 de l’Afrique à travers l’intégration quadruplement gagnante des thématiques : i) croissance économique et transformation structu relle, ii) réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale, iii) durabilité environnementale, et iv) gouvernance efficace et inclusive ; › son caractère d’instrument d’orientation à long terme et de pilotage des choix des objectifs stratégiques de développement, des investissements structurants et des grandes réformes économiques et sociales ; › son cadre de mise en œuvre et de suivi intégrant les outils de gestion axée sur les résultats et les indicateurs de mesure des performances des dynamiques de changements opérés. 4 L’élaboration du PND a été conduite selon un processus participatif. Toutes les composantes de la société béninoise ont été impliquées au plan national et au niveau des douze (12) départements lors de la phase de diagnostic stratégique et de la séquence du choix des orientations stratégiques à l’horizon 2025. 160 % CI CP CE1 CE2 CM1 CM2 6e 5e 4e 3e 2de 1re Tle 140 % 120 % 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 2010-11 2014-15i 0 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 18 19 croiSSance Économique et SyStème productif 10 Le diagnostic des déterminants de la croissance économique, la faible diversifica tion de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective (3,9%) et la croissance potentielle (8%), en moyenne sur 2005-2015, mettent en exergue les obstacles limitant l’accélération de la transformation structurelle de l’économie béninoise. Pourtant, le Bénin dispose de plusieurs potentialités insuffisamment valorisées surtout dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les secteurs du com merce, du tourisme et du numérique constituent un gisement d’innovations et de création de richesses. Ainsi, le PND mettra l’accent sur un schéma de croissance fondée sur l’inclusivité et la durabilité intégrant les variables démographiques comme paramètres à maîtriser. Ce nouveau schéma de croissance inclusive, forte et durable devrait être accompagné par un ensemble de réformes visant la trans formation structurelle de l’économie béninoise et le relèvement du niveau de développement du capital humain, la diversification et la modernisation de l’éco nomie dans les secteurs à fort potentiel de développement que sont : l’agricul ture, l’agro-industrie et les autres industries, les transports, les infrastructures, les services (logistiques, numériques, touristiques, et financiers). Ainsi, plusieurs défis restent à relever pour rendre la croissance plus inclusive et durable au nombre desquelles on a : › La transformation structurelle : la transformation structurelle de l’économie est un processus durable de transfert de la main d’œuvre des activités à faible productivité vers des activités plus dynamiques et à forte productivité. Elle constitue une condition préalable au développement économique et social durable en induisant une nouvelle spécialisation de l’économie pour qu’elle devienne plus compétitive, grâce à une forte productivité, capable de conquérir les marchés régionaux et mondiaux à l’exportation. Or, la structure de l’éco nomie est restée quasiment stable depuis 2000, avec des secteurs primaire et secondaire représentant, en moyenne respectivement, 23,3 % et 24,7 % du PIB, et un secteur tertiaire prépondérant (52,0 %) du PIB1. › L’amélioration de la compétitivité globale des facteurs : l’économie béni noise a été confrontée durant plusieurs années à un déclin tendanciel de la productivité globale des facteurs, qui a affecté la productivité du travail aussi bien dans l’agriculture que dans l’industrie. Pour relever ce défi, le Bénin pour rait, dans les années à venir, promouvoir un transfert massif des biotechnolo gies agricole et industrielle dans l’agriculture et dans l’industrie pour améliorer la productivité des facteurs à hauteur de 3,0 % au moins entre 2018 et 2025. › La diversification des sources de financement : l’économie béninoise est ca ractérisée par un secteur bancaire en surliquidité. Bon nombre d’entreprises du pays peinent encore à trouver des crédits adaptés pour financer leurs activités. la santé de la mère et de l’enfant. En matière d’accès à l’eau potable, malgré des progrès notables enregistrés ces dernières années, certaines zones ont encore des difficultés à s’approvisionner en eau potable. 8 Les emplois créés par le secteur informel sont en général le fait des activités de subsistance peu rémunératrices qui n’exigent pas de qualifications, et n’ont pas suffisamment de rendement pour améliorer les conditions de vie des ménages de ceux qui les exercent. L’emploi décent reste une priorité nationale et l’exploi tation des enfants et la violence envers les femmes sont deux défis majeurs à relever. La question du genre dans les domaines économique, politique, social et culturelle reste entière. 9 Le faible niveau du développement du capital humain au Bénin met en exergue plusieurs défis à relever en particulier : › La promotion et la mise à niveau du capital humain au service du déve loppement durable inclusif : pour permettre à la majorité de la population active de mieux contribuer à la croissance économique et de mieux bénéfi cier des fruits de cette croissance, la quantité et la productivité de son travail devraient s’améliorer. Le maintien d’un capital humain sain et qualifié au ser vice du développement constitue l’un des principaux piliers de la croissance économique inclusive dans la mesure où il est l’un des principaux facteurs de développement. › Le renforcement de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population (PNP) 2013-2025 : le Bénin ayant amorcé sa « transition démographique » (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité), la mise en œuvre de la PNP permet tra de capter le « dividende démographique » qui représente un fort potentiel de croissance économique nécessaire au financement du développement. › La mise en place d’une stratégie efficace de réduction de la pauvreté : l’ana lyse des composantes de la variation des déterminants de la pauvreté a révélé le rôle déterminant de la redistribution des revenus et de la croissance écono mique dans la réduction de la pauvreté. La taille élevée du ménage (08 per sonnes et plus) apparaît comme un facteur très limitant dans cette perspective. Ainsi, les stratégies de réduction de la pauvreté à opérationnaliser doivent, non seulement viser une croissance économique forte mais aussi et surtout amélio rer la qualité de la croissance pour qu’elle soit inclusive et également mettre en place des politiques de redistribution des fruits de cette croissance en direction des plus pauvres, notamment les couches les plus défavorisées combinant l’élar gissement de la couverture sociale dans le cadre du nouveau système d’Assu rance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), le développement des activités génératrices de revenus dans la perspective du développement des territoires impliquant les communautés de base et les collectivités locales. › La mise en place d’un dispositif cohérent et efficace pour la promotion de l’emploi des jeunes : les jeunes constituent la couche de la population la plus vulnérable et la plus réceptive aux influences de la globalisation et de la mondia lisation ; cette situation devient de plus en plus préoccupante. Malgré toutes les initiatives qui visent à faciliter l’accès des jeunes aux marchés de l’emploi, les résul tats restent aujourd’hui mitigés surtout pour manque de cohérence et de synergie d’actions des différentes interventions en faveur de la jeunesse. 1 cf. comptes nationaux, Scn/93, inSae, 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 18 19 croiSSance Économique et SyStème productif 10 Le diagnostic des déterminants de la croissance économique, la faible diversifica tion de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective (3,9%) et la croissance potentielle (8%), en moyenne sur 2005-2015, mettent en exergue les obstacles limitant l’accélération de la transformation structurelle de l’économie béninoise. Pourtant, le Bénin dispose de plusieurs potentialités insuffisamment valorisées surtout dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les secteurs du com merce, du tourisme et du numérique constituent un gisement d’innovations et de création de richesses. Ainsi, le PND mettra l’accent sur un schéma de croissance fondée sur l’inclusivité et la durabilité intégrant les variables démographiques comme paramètres à maîtriser. Ce nouveau schéma de croissance inclusive, forte et durable devrait être accompagné par un ensemble de réformes visant la trans formation structurelle de l’économie béninoise et le relèvement du niveau de développement du capital humain, la diversification et la modernisation de l’éco nomie dans les secteurs à fort potentiel de développement que sont : l’agricul ture, l’agro-industrie et les autres industries, les transports, les infrastructures, les services (logistiques, numériques, touristiques, et financiers). Ainsi, plusieurs défis restent à relever pour rendre la croissance plus inclusive et durable au nombre desquelles on a : › La transformation structurelle : la transformation structurelle de l’économie est un processus durable de transfert de la main d’œuvre des activités à faible productivité vers des activités plus dynamiques et à forte productivité. Elle constitue une condition préalable au développement économique et social durable en induisant une nouvelle spécialisation de l’économie pour qu’elle devienne plus compétitive, grâce à une forte productivité, capable de conquérir les marchés régionaux et mondiaux à l’exportation. Or, la structure de l’éco nomie est restée quasiment stable depuis 2000, avec des secteurs primaire et secondaire représentant, en moyenne respectivement, 23,3 % et 24,7 % du PIB, et un secteur tertiaire prépondérant (52,0 %) du PIB1. › L’amélioration de la compétitivité globale des facteurs : l’économie béni noise a été confrontée durant plusieurs années à un déclin tendanciel de la productivité globale des facteurs, qui a affecté la productivité du travail aussi bien dans l’agriculture que dans l’industrie. Pour relever ce défi, le Bénin pour rait, dans les années à venir, promouvoir un transfert massif des biotechnolo gies agricole et industrielle dans l’agriculture et dans l’industrie pour améliorer la productivité des facteurs à hauteur de 3,0 % au moins entre 2018 et 2025. › La diversification des sources de financement : l’économie béninoise est ca ractérisée par un secteur bancaire en surliquidité. Bon nombre d’entreprises du pays peinent encore à trouver des crédits adaptés pour financer leurs activités. la santé de la mère et de l’enfant. En matière d’accès à l’eau potable, malgré des progrès notables enregistrés ces dernières années, certaines zones ont encore des difficultés à s’approvisionner en eau potable. 8 Les emplois créés par le secteur informel sont en général le fait des activités de subsistance peu rémunératrices qui n’exigent pas de qualifications, et n’ont pas suffisamment de rendement pour améliorer les conditions de vie des ménages de ceux qui les exercent. L’emploi décent reste une priorité nationale et l’exploi tation des enfants et la violence envers les femmes sont deux défis majeurs à relever. La question du genre dans les domaines économique, politique, social et culturelle reste entière. 9 Le faible niveau du développement du capital humain au Bénin met en exergue plusieurs défis à relever en particulier : › La promotion et la mise à niveau du capital humain au service du déve loppement durable inclusif : pour permettre à la majorité de la population active de mieux contribuer à la croissance économique et de mieux bénéfi cier des fruits de cette croissance, la quantité et la productivité de son travail devraient s’améliorer. Le maintien d’un capital humain sain et qualifié au ser vice du développement constitue l’un des principaux piliers de la croissance économique inclusive dans la mesure où il est l’un des principaux facteurs de développement. › Le renforcement de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population (PNP) 2013-2025 : le Bénin ayant amorcé sa « transition démographique » (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité), la mise en œuvre de la PNP permet tra de capter le « dividende démographique » qui représente un fort potentiel de croissance économique nécessaire au financement du développement. › La mise en place d’une stratégie efficace de réduction de la pauvreté : l’ana lyse des composantes de la variation des déterminants de la pauvreté a révélé le rôle déterminant de la redistribution des revenus et de la croissance écono mique dans la réduction de la pauvreté. La taille élevée du ménage (08 per sonnes et plus) apparaît comme un facteur très limitant dans cette perspective. Ainsi, les stratégies de réduction de la pauvreté à opérationnaliser doivent, non seulement viser une croissance économique forte mais aussi et surtout amélio rer la qualité de la croissance pour qu’elle soit inclusive et également mettre en place des politiques de redistribution des fruits de cette croissance en direction des plus pauvres, notamment les couches les plus défavorisées combinant l’élar gissement de la couverture sociale dans le cadre du nouveau système d’Assu rance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), le développement des activités génératrices de revenus dans la perspective du développement des territoires impliquant les communautés de base et les collectivités locales. › La mise en place d’un dispositif cohérent et efficace pour la promotion de l’emploi des jeunes : les jeunes constituent la couche de la population la plus vulnérable et la plus réceptive aux influences de la globalisation et de la mondia lisation ; cette situation devient de plus en plus préoccupante. Malgré toutes les initiatives qui visent à faciliter l’accès des jeunes aux marchés de l’emploi, les résul tats restent aujourd’hui mitigés surtout pour manque de cohérence et de synergie d’actions des différentes interventions en faveur de la jeunesse. 1 cf. comptes nationaux, Scn/93, inSae, 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 20 21 16 Malgré ces avancées réelles, la gouvernance au Bénin reste encore caractérisée par une gouvernance politique mise à rude épreuve, un État de droit où les libertés individuelles et collectives sont parfois menacées, une administration publique peu performante, une justice faiblement efficace et peu transparente, une insuffisante qualité de l’allocation des ressources publiques, une corruption toujours présente dans plusieurs sphères pénalisant les activités économiques. 17 Ce contexte met en exergue la persistance de nombreux défis auxquels des ré ponses appropriées doivent être apportées : › L’amélioration de la gouvernance politique : le principe de séparation des pouvoirs est mis à rude épreuve par le fonctionnement des institutions, en raison du mode de désignation de leurs membres. En outre, après plus de 25 années d’expérience, il est toujours déploré la mauvaise organisation et la lenteur dans la gestion des contentieux électoraux (élections communales et locales) qui pour raient conduire à des conflits préjudiciables à la cohésion nationale, à la paix et au renforcement de la légalité constitutionnelle qui sont les déterminants mis en exergue par la Vision Bénin 2025 Alafia. › Le renforcement de l’état de droit et des libertés : le pays a fait de grands progrès en matière de respect et de jouissance des droits relatifs aux libertés individuelles et collectives, contribuant ainsi à la Vision Bénin 2025 Alafia, no tamment dans son ambition de faire du Bénin un pays de paix. › La transparence et l’efficacité des services judiciaires : la justice qui est cen sée protéger les citoyens a un faible niveau d’opérationnalité, en raison de son efficacité et de sa performance qui se trouvent parfois limitées par : l’influence politique, la corruption, l’insuffisance et la qualité des ressources humaines ain si que son incapacité à couvrir le territoire national. › La modernisation et l’efficacité de l’administration publique : l’administra tion publique, en dépit de plusieurs initiatives et programmes mis en œuvre, manque d’efficacité dans l’amélioration de la qualité des services publics et de la gouvernance. Une administration performante capable de gérer les res sources avec transparence et efficacité, et de formuler des politiques et stra tégies efficaces est un des déterminants qui fondent les orientations du PND. › Le renforcement de la lutte contre la corruption : des progrès ont été enre gistrés, mais le pays est encore loin dans le classement Doing Business. Les sphères dans lesquelles la corruption est souvent décriée sont les adminis trations domaniale, fiscale, douanière, la passation des marchés et la mise en œuvre des contrats de Partenariat Public Privé (PPP). › L’amélioration de la qualité du système d’allocation et de gestion des res sources publiques : l’absence de cohérence entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, les écarts croissants entre prévisions et réalisations de dépenses d’une part et le peu de réalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT), l’inef ficacité du processus d’arbitrage budgétaire, la faible reddition des comptes impliquant fortement les OSC d’autre part sont l’expression de la nécessité de l’amélioration de la qualité de l’allocation des ressources publiques nécessaires au renforcement de l’alignement des stratégies sectorielles sur les Objectifs de Développement. Les réformes des finances publiques entreprises par le Bénin avec l’appui des partenaires dans le cadre des réformes des finances publiques de l’UEMOA, y compris celles relatives à la LOLF, doivent être renforcées pour garantir la dynamique d’une Gestion Axée sur les Résultats. environnement et changement climatique 11 L’analyse des acquis en matière de développement des territoires du pays met en relief les différentes problématiques d’aménagement du territoire, de décen tralisation et de pression continue sur les ressources naturelles et d’effets des changements climatiques. Le Bénin est appelé à se doter de politiques sectorielles plus ciblées et à prendre des mesures d’accompagnement pour l’effectivité des instruments de gestion de l’espace et le développement des bonnes pratiques de gouvernance environnementale et de gestion participative des territoires. 12 Le défi de la sécurisation du foncier pour l’habitat et pour l’investissement économique constitue une préoccupation majeure pour le développement spa tial, notamment la gestion des pollutions, des déchets, des eaux usées et pluviales et l’accessibilité aux logements décents et à moindre coût, etc. 13 Le phénomène d’interaction entre l’homme et son milieu est un des deux principaux problèmes qui ont engendré la nécessité de s’intéresser davantage à l’incidence de l’espace sur les activités des hommes et l’intensité des activités faites en différents points. Ainsi, face à l’accroissement démographique et aux mutations qui s’opèrent, l’assainissement conséquent du cadre de vie est incer tain mais pas impossible. 14 La gestion rationnelle et efficace de l’espace suppose la réduction des disparités spatiales de développement, prenant en compte les pôles régionaux de dévelop pement, les infrastructures et les équipements socio-collectifs, de même que la valorisation des espaces frontaliers. gouvernance, inStitutionS, paix et SÉcuritÉ 15 Le processus démocratique au Bénin est toujours en mouvement, malgré cer taines difficultés liées au développement des bonnes pratiques respectueuses de la séparation des pouvoirs de chaque institution et de l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques à tous les niveaux dans toutes les sphères des institutions. La sécurité s’est améliorée et un climat de paix a été instauré grâce à la tenue de sessions de dialogue social même si les engagements des parties prenantes ne sont toujours pas respectés. Sur le plan de la participation citoyenne, le jeu multipartiste n’a pas encore bien développé l’esprit d’implication des popu lations dans la gestion des affaires publiques aux plans national et local. La société civile essaie d’occuper son espace pour améliorer la participation des populations et le développement de la culture de transparence. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 20 21 16 Malgré ces avancées réelles, la gouvernance au Bénin reste encore caractérisée par une gouvernance politique mise à rude épreuve, un État de droit où les libertés individuelles et collectives sont parfois menacées, une administration publique peu performante, une justice faiblement efficace et peu transparente, une insuffisante qualité de l’allocation des ressources publiques, une corruption toujours présente dans plusieurs sphères pénalisant les activités économiques. 17 Ce contexte met en exergue la persistance de nombreux défis auxquels des ré ponses appropriées doivent être apportées : › L’amélioration de la gouvernance politique : le principe de séparation des pouvoirs est mis à rude épreuve par le fonctionnement des institutions, en raison du mode de désignation de leurs membres. En outre, après plus de 25 années d’expérience, il est toujours déploré la mauvaise organisation et la lenteur dans la gestion des contentieux électoraux (élections communales et locales) qui pour raient conduire à des conflits préjudiciables à la cohésion nationale, à la paix et au renforcement de la légalité constitutionnelle qui sont les déterminants mis en exergue par la Vision Bénin 2025 Alafia. › Le renforcement de l’état de droit et des libertés : le pays a fait de grands progrès en matière de respect et de jouissance des droits relatifs aux libertés individuelles et collectives, contribuant ainsi à la Vision Bénin 2025 Alafia, no tamment dans son ambition de faire du Bénin un pays de paix. › La transparence et l’efficacité des services judiciaires : la justice qui est cen sée protéger les citoyens a un faible niveau d’opérationnalité, en raison de son efficacité et de sa performance qui se trouvent parfois limitées par : l’influence politique, la corruption, l’insuffisance et la qualité des ressources humaines ain si que son incapacité à couvrir le territoire national. › La modernisation et l’efficacité de l’administration publique : l’administra tion publique, en dépit de plusieurs initiatives et programmes mis en œuvre, manque d’efficacité dans l’amélioration de la qualité des services publics et de la gouvernance. Une administration performante capable de gérer les res sources avec transparence et efficacité, et de formuler des politiques et stra tégies efficaces est un des déterminants qui fondent les orientations du PND. › Le renforcement de la lutte contre la corruption : des progrès ont été enre gistrés, mais le pays est encore loin dans le classement Doing Business. Les sphères dans lesquelles la corruption est souvent décriée sont les adminis trations domaniale, fiscale, douanière, la passation des marchés et la mise en œuvre des contrats de Partenariat Public Privé (PPP). › L’amélioration de la qualité du système d’allocation et de gestion des res sources publiques : l’absence de cohérence entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, les écarts croissants entre prévisions et réalisations de dépenses d’une part et le peu de réalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT), l’inef ficacité du processus d’arbitrage budgétaire, la faible reddition des comptes impliquant fortement les OSC d’autre part sont l’expression de la nécessité de l’amélioration de la qualité de l’allocation des ressources publiques nécessaires au renforcement de l’alignement des stratégies sectorielles sur les Objectifs de Développement. Les réformes des finances publiques entreprises par le Bénin avec l’appui des partenaires dans le cadre des réformes des finances publiques de l’UEMOA, y compris celles relatives à la LOLF, doivent être renforcées pour garantir la dynamique d’une Gestion Axée sur les Résultats. environnement et changement climatique 11 L’analyse des acquis en matière de développement des territoires du pays met en relief les différentes problématiques d’aménagement du territoire, de décen tralisation et de pression continue sur les ressources naturelles et d’effets des changements climatiques. Le Bénin est appelé à se doter de politiques sectorielles plus ciblées et à prendre des mesures d’accompagnement pour l’effectivité des instruments de gestion de l’espace et le développement des bonnes pratiques de gouvernance environnementale et de gestion participative des territoires. 12 Le défi de la sécurisation du foncier pour l’habitat et pour l’investissement économique constitue une préoccupation majeure pour le développement spa tial, notamment la gestion des pollutions, des déchets, des eaux usées et pluviales et l’accessibilité aux logements décents et à moindre coût, etc. 13 Le phénomène d’interaction entre l’homme et son milieu est un des deux principaux problèmes qui ont engendré la nécessité de s’intéresser davantage à l’incidence de l’espace sur les activités des hommes et l’intensité des activités faites en différents points. Ainsi, face à l’accroissement démographique et aux mutations qui s’opèrent, l’assainissement conséquent du cadre de vie est incer tain mais pas impossible. 14 La gestion rationnelle et efficace de l’espace suppose la réduction des disparités spatiales de développement, prenant en compte les pôles régionaux de dévelop pement, les infrastructures et les équipements socio-collectifs, de même que la valorisation des espaces frontaliers. gouvernance, inStitutionS, paix et SÉcuritÉ 15 Le processus démocratique au Bénin est toujours en mouvement, malgré cer taines difficultés liées au développement des bonnes pratiques respectueuses de la séparation des pouvoirs de chaque institution et de l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques à tous les niveaux dans toutes les sphères des institutions. La sécurité s’est améliorée et un climat de paix a été instauré grâce à la tenue de sessions de dialogue social même si les engagements des parties prenantes ne sont toujours pas respectés. Sur le plan de la participation citoyenne, le jeu multipartiste n’a pas encore bien développé l’esprit d’implication des popu lations dans la gestion des affaires publiques aux plans national et local. La société civile essaie d’occuper son espace pour améliorer la participation des populations et le développement de la culture de transparence. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 22 23 Choix et orientations stratégiques du PND 21 Se fondant sur les avantages comparatifs du Bénin en lien avec les aspirations inscrites dans la vision Bénin 2025 Alafia, l’évolution des tendances internatio nales et régionales, l’option stratégique retenue est de faire de l’agro-industrie, du tourisme et des services, le moteur de la croissance économique inclusive et durable dans le cadre d’une gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. 22 Ainsi, dans l’espérance d’un Bénin phare, bien gouverné, uni et de paix, à éco nomie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social, l’objectif Général visé par le PND est d’ : « atteindre une croissance soutenue, inclusive et durable d’au moins 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures ». L’atteinte de cet objectif devra être matérialisée à l’horizon 2025 par les changements majeurs ci-après : › un capital humain sain, compétent et compétitif ; › une économie compétitive et diversifiée prenant appui sur l’agro-industrie et les services ; › une maîtrise de la gestion de l’espace et du développement urbain et l’adap tation au changement climatique ; › une gouvernance nationale et locale efficace renforcée par une administration de développement soutenue. 23 Ces changements se manifesteront à travers : i) un relèvement significatif du ni veau du développement humain, ii) une croissance forte, inclusive et durable, iii) une amélioration de la qualité de la gouvernance politique, administrative, locale et environnementale et iv) une contribution à des gains rapides pour l’atteinte des ODD. La réalisation des changements à moyen terme nécessite qu’à court terme les résultats issus de la mise en œuvre conjuguée du PAG 2016-2021 et du PC2D 2018-2021 soient très satisfaisants. 24 Pour ce faire, le PND a fixé quatre objectifs stratégiques que sont : › développer un capital humain sain, compétent et compétitif ; › accroître durablement la productivité et la compétitivité de l’économie béninoise ; › assurer la gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement ; › consolider l’état de droit et la bonne gouvernance. 25 La figure ci-dessous présente les problématiques de développement et change ments attendus du PND. › L’approfondissement du processus de la décentralisation pour en faire un véritable outil de développement : l’insuffisance et l’imprécision des textes sur la décentralisation ne favorisent pas un bon fonctionnement des différents niveaux d’articulation et une bonne planification des activités. Le partage des rôles et responsabilités entre les niveaux central, intermédiaire et local facilitera l’arrimage et la prise en compte efficace et cohérente des politiques et straté gies de développement. Défis et enjeux 18 Partant de ce diagnostic, l’enjeu pour le développement du Bénin est de réaliser à l’horizon 2025 une forte croissance économique inclusive, soutenue et durable grâce au relèvement des défis liés à la diversification des bases productives et aux innovations dans certains créneaux porteurs, accompagnées par des mesures in citatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel et aux transformations structurelles touchant le capital humain et les modes de production et de consommation. 19 Ainsi, les transformations structurelles économiques et sociales, parties intégrantes du processus de développement au Bénin pour les prochaines années, seront fon dées sur i) l’amélioration de la productivité du secteur primaire, ii) le développe ment des activités de transformation misant sur un secteur industriel diversifié et moderne ainsi que sur les services intégrant les TIC, iii) le relèvement du niveau du capital humain et iv) une bonne gouvernance (économique, administrative et locale). Plus spécifiquement, il s’agira de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle actuelle du PIB, tout en prenant en compte les fondamen taux de l’économie verte, de l’économie bleue et du développement durable. 20 Le PAG jette déjà certaines bases de ce type de transformations à travers cer tains projets structurants. Le PND prolongera et amplifiera ce mouvement tout en veillant à ce que l’industrie manufacturière et les services (tourisme et TIC) jouent pleinement leur rôle comme leviers clés de la croissance endogène. Par leurs effets multiplicateurs sur les différents secteurs, l’agriculture hautement produc tive, l’industrie manufacturière et les services vont contribuer à générer plus de richesses et d’emplois avec de plus en plus d’emplois qualifiés. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 22 23 Choix et orientations stratégiques du PND 21 Se fondant sur les avantages comparatifs du Bénin en lien avec les aspirations inscrites dans la vision Bénin 2025 Alafia, l’évolution des tendances internatio nales et régionales, l’option stratégique retenue est de faire de l’agro-industrie, du tourisme et des services, le moteur de la croissance économique inclusive et durable dans le cadre d’une gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. 22 Ainsi, dans l’espérance d’un Bénin phare, bien gouverné, uni et de paix, à éco nomie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social, l’objectif Général visé par le PND est d’ : « atteindre une croissance soutenue, inclusive et durable d’au moins 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures ». L’atteinte de cet objectif devra être matérialisée à l’horizon 2025 par les changements majeurs ci-après : › un capital humain sain, compétent et compétitif ; › une économie compétitive et diversifiée prenant appui sur l’agro-industrie et les services ; › une maîtrise de la gestion de l’espace et du développement urbain et l’adap tation au changement climatique ; › une gouvernance nationale et locale efficace renforcée par une administration de développement soutenue. 23 Ces changements se manifesteront à travers : i) un relèvement significatif du ni veau du développement humain, ii) une croissance forte, inclusive et durable, iii) une amélioration de la qualité de la gouvernance politique, administrative, locale et environnementale et iv) une contribution à des gains rapides pour l’atteinte des ODD. La réalisation des changements à moyen terme nécessite qu’à court terme les résultats issus de la mise en œuvre conjuguée du PAG 2016-2021 et du PC2D 2018-2021 soient très satisfaisants. 24 Pour ce faire, le PND a fixé quatre objectifs stratégiques que sont : › développer un capital humain sain, compétent et compétitif ; › accroître durablement la productivité et la compétitivité de l’économie béninoise ; › assurer la gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement ; › consolider l’état de droit et la bonne gouvernance. 25 La figure ci-dessous présente les problématiques de développement et change ments attendus du PND. › L’approfondissement du processus de la décentralisation pour en faire un véritable outil de développement : l’insuffisance et l’imprécision des textes sur la décentralisation ne favorisent pas un bon fonctionnement des différents niveaux d’articulation et une bonne planification des activités. Le partage des rôles et responsabilités entre les niveaux central, intermédiaire et local facilitera l’arrimage et la prise en compte efficace et cohérente des politiques et straté gies de développement. Défis et enjeux 18 Partant de ce diagnostic, l’enjeu pour le développement du Bénin est de réaliser à l’horizon 2025 une forte croissance économique inclusive, soutenue et durable grâce au relèvement des défis liés à la diversification des bases productives et aux innovations dans certains créneaux porteurs, accompagnées par des mesures in citatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel et aux transformations structurelles touchant le capital humain et les modes de production et de consommation. 19 Ainsi, les transformations structurelles économiques et sociales, parties intégrantes du processus de développement au Bénin pour les prochaines années, seront fon dées sur i) l’amélioration de la productivité du secteur primaire, ii) le développe ment des activités de transformation misant sur un secteur industriel diversifié et moderne ainsi que sur les services intégrant les TIC, iii) le relèvement du niveau du capital humain et iv) une bonne gouvernance (économique, administrative et locale). Plus spécifiquement, il s’agira de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle actuelle du PIB, tout en prenant en compte les fondamen taux de l’économie verte, de l’économie bleue et du développement durable. 20 Le PAG jette déjà certaines bases de ce type de transformations à travers cer tains projets structurants. Le PND prolongera et amplifiera ce mouvement tout en veillant à ce que l’industrie manufacturière et les services (tourisme et TIC) jouent pleinement leur rôle comme leviers clés de la croissance endogène. Par leurs effets multiplicateurs sur les différents secteurs, l’agriculture hautement produc tive, l’industrie manufacturière et les services vont contribuer à générer plus de richesses et d’emplois avec de plus en plus d’emplois qualifiés. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 24 25 26 Ces objectifs stratégiques s’appuient sur trois piliers fondamentaux que sont i) la diversification de la production agricole avec en soutien le développement des services (infrastructures rurales, logistiques, innovations, biotechnologies, pôles ré gionaux) ; ii) la transformation agro-industrielle et le développement accru des ser vices (zones économiques spéciales, environnement des affaires, tourisme, trans port logistique, numérique, innovations) et iii) l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies. 27 Ainsi, la réalisation des impacts souhaités passe par l’obtention d’un groupe de six effets à savoir : › le Bénin dispose d’un capital humain, sain, qualifié et compétitif pour le déve loppement durable et inclusif ; › le processus de transformation structurelle de l’économie béninoise est accéléré ; › une agriculture productive diversifiée et assurant la sécurité alimentaire et la synergie avec les industries de transformation est effective ; › la maîtrise du développement urbain et de la gestion des espaces ruraux tra duite par l’émergence des pôles régionaux de développement et la résilience aux effets des changements climatiques et des catastrophes naturelles est soutenue ; › la gouvernance au Bénin est inclusive, apaisée et efficace ; › les populations béninoises ont accès à des services publics de qualité. 28 Pour disposer d’un capital humain sain, qualifié et compétitif, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci-après : › les services de santé de qualité sont accessibles à tous et améliorés dans toutes les régions du pays ; › les infrastructures sanitaires sont bien réparties et dotées d’équipements et de ressources humaines appropriées ; › l’offre du secteur de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’alpha bétisation des adultes est améliorée aux plans quantitatif et qualitatif et ac cessible à tous; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout dans les domaines de l’assainissement et des services énergétiques ; › les populations ont un accès facile à un système de couverture et de protection sociale adapté à la diversité des situations professionnelles et dans tous les sec teurs (formel et informel) ; › le statut nutritionnel des populations, l’accès facile à l’alimentation et à l’eau potable sont renforcés ; › les revenus des femmes et des hommes en particulier des jeunes ont augmenté ; › les populations ont accès à des services financiers ; › un environnement et des conditions propices au développement des activités sportives et culturelles des jeunes sont réunies ; › les inégalités sociales et de genre sont réduites et le rôle socio-économique et politique de la femme est promu et soutenu. Fi g u re 2 4 : P ro b lé m at iq u e d e d év el o p p em en t et c h an g em en ts a tt en d u s d u P N D 1. A m él io ra ti on d e l’e � ca ci té d e la g ou ve rn an ce à f or t im p ac t su r le s p ol it iq u es p u b liq u es 2. S ch ém a d e cr oi ss an ce in cl u si ve m is e n p la ce e t d iv er si fi ca ti on d e l’é co n om ie a cc él ér ée 3. S ch ém a d e fi n an ce m en t b ie n d éfi n i e t d is p os it if d e co or d in at io n e � ca ce d es p ol it iq u es p u b liq u es 4. R és ili en ce d e l’é co n om ie fa ce a u x ch oc s 6 IM PA C TS , 6 G R O U P E S D ’E FF E TS E T P LU SI E U R S P R O D U IT S A TT E N D U S O b je ct if s st ra té g iq u es d u P N D C au se s st ru ct u re lle s E ff et O st 1 .1 Le B én in d is p os e d ’u n c ap it al h u m ai n q u al ifi é et c om p ét it if p ou r le d év el op p em en t d u ra b le e t in cl u si f D év el op p er u n c ap it al h u m ai n s ai n , c om p ét en t et c om p ét it if A cc ro ît re d u ra b le m en t la c om p ét it iv it é d e l’é co n om ie b én in oi se O b je ct if gl ob al d u P N D : Fa ire d e l’a gr o in d us tr ie e t d es s er vi ce s le m ot eu r d e la c ro is sa n ce é co n om iq ue in cl us iv e et d ur ab le d an s le ca d re d ’u n e go uv er n an ce n at io n al e et lo ca le p lu s e� ca ce e n m is an t su r l e d év el op p em en t d u ca p ita l h um ai n e t d es in fra st ru ct ur es G ar an ti r la g es ti on d u ra b le d u ca d re d e vi e, d e l’e n vi ro n n em en t et d e l’é m er g en ce d es P ôl es ré g io n au x d e d év el op p em en t C on so lid er l’ É ta t d e d ro it et la b on n e g ou ve rn an ce E ff et O st 2 .1 Le p ro ce ss u s d e tr an sf or m at io n st ru ct u re lle d e l’é co n om ie b én in oi se e st ac cé lé ré E ff et O st 2 .2 U n e ag ri cu lt u re p ro d u ct iv e d iv er si fié e et as su ra n t la sé cu ri té al im en ta ir e et la sy n er g ie a ve c la in d u st ri es d e tr an sf or m at io n E ff et O st 4 .1 La g ou ve rn an ce au B én in e st in cl u si ve , a p ai sé e et e � ca ce E ff et O st 4 .2 Le s p op u la ti on s b én in oi se s on t ac cè s à d es se rv ic es p u b lic s d e q u al it é E ff et O st 3 .1 La m aî tr is e d u d év el op p em en t ur b ai n et d e la g es tio n d es es p ac es ru ra ux e st tr ad ui te p ar l’é m er ge nc e d es p ôl es ré gi on au x d e d év el op p em en t et la ré si lie nc e au x ef fe ts d es ch an ge m en ts c lim at iq ue s et d es c at as tr op he s na tu re lle s es t s ou te nu e In ég al it és s oc ia le s fo rt es Fa ib le a llo ca ti on d es re ss ou rc es a u c ap it al h u m ai n G ou ve rn an ce p eu e � ca ce A g g ra va ti on d e la p au vr et é Fa ib le s p ro d u ct iv it és C ro is sa n ce n on in cl us iv e In su � sa n t ac cè s au x se rv ic es fi n an ci er s Fa ib le g es ti on d es re ss ou rc es n at u re lle s D ég ra d at io n d es é co sy st èm es P ol it iq u e p u b liq u e p eu e � ca ce C or ru p ti on Sc h ém a d e cr oi ss an ce in e� ca ce Fa ib le d iv er si fic at io n d e l’é co n om ie In fr as tr u ct u re s in su � sa n te s D év el op p em en t d és éq u ili b ré d es r ég io n s SD D a b se n te A d m in is tr at io n d e d év el op p em en t fa ib le Fa ib le ss e d es o rg an is at io n s d e la s oc ié té c iv ile C au se s so u s ja ce n te s O b je ct if s st ra té g iq u es Se ct eu r p ri vé m ot eu r d e la c ro is sa n ce C om m un es p ar te na ire s p ou r l es O D D É ta t st ra tè g e O SC : ve ill e et ac co m p ag n em en t P TF : p ar te n ai re s d e d év el op p em en t So lu ti on s et or ie n ta ti on s st ra té g iq u es R és u lt at s V IS IO N B É N IN 2 02 5 R ôl e d es a ct eu rs d e d év el op p em en t P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 24 25 26 Ces objectifs stratégiques s’appuient sur trois piliers fondamentaux que sont i) la diversification de la production agricole avec en soutien le développement des services (infrastructures rurales, logistiques, innovations, biotechnologies, pôles ré gionaux) ; ii) la transformation agro-industrielle et le développement accru des ser vices (zones économiques spéciales, environnement des affaires, tourisme, trans port logistique, numérique, innovations) et iii) l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies. 27 Ainsi, la réalisation des impacts souhaités passe par l’obtention d’un groupe de six effets à savoir : › le Bénin dispose d’un capital humain, sain, qualifié et compétitif pour le déve loppement durable et inclusif ; › le processus de transformation structurelle de l’économie béninoise est accéléré ; › une agriculture productive diversifiée et assurant la sécurité alimentaire et la synergie avec les industries de transformation est effective ; › la maîtrise du développement urbain et de la gestion des espaces ruraux tra duite par l’émergence des pôles régionaux de développement et la résilience aux effets des changements climatiques et des catastrophes naturelles est soutenue ; › la gouvernance au Bénin est inclusive, apaisée et efficace ; › les populations béninoises ont accès à des services publics de qualité. 28 Pour disposer d’un capital humain sain, qualifié et compétitif, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci-après : › les services de santé de qualité sont accessibles à tous et améliorés dans toutes les régions du pays ; › les infrastructures sanitaires sont bien réparties et dotées d’équipements et de ressources humaines appropriées ; › l’offre du secteur de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’alpha bétisation des adultes est améliorée aux plans quantitatif et qualitatif et ac cessible à tous; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout dans les domaines de l’assainissement et des services énergétiques ; › les populations ont un accès facile à un système de couverture et de protection sociale adapté à la diversité des situations professionnelles et dans tous les sec teurs (formel et informel) ; › le statut nutritionnel des populations, l’accès facile à l’alimentation et à l’eau potable sont renforcés ; › les revenus des femmes et des hommes en particulier des jeunes ont augmenté ; › les populations ont accès à des services financiers ; › un environnement et des conditions propices au développement des activités sportives et culturelles des jeunes sont réunies ; › les inégalités sociales et de genre sont réduites et le rôle socio-économique et politique de la femme est promu et soutenu. Fi g u re 2 4 : P ro b lé m at iq u e d e d év el o p p em en t et c h an g em en ts a tt en d u s d u P N D 1. A m él io ra ti on d e l’e � ca ci té d e la g ou ve rn an ce à f or t im p ac t su r le s p ol it iq u es p u b liq u es 2. S ch ém a d e cr oi ss an ce in cl u si ve m is e n p la ce e t d iv er si fi ca ti on d e l’é co n om ie a cc él ér ée 3. S ch ém a d e fi n an ce m en t b ie n d éfi n i e t d is p os it if d e co or d in at io n e � ca ce d es p ol it iq u es p u b liq u es 4. R és ili en ce d e l’é co n om ie fa ce a u x ch oc s 6 IM PA C TS , 6 G R O U P E S D ’E FF E TS E T P LU SI E U R S P R O D U IT S A TT E N D U S O b je ct if s st ra té g iq u es d u P N D C au se s st ru ct u re lle s E ff et O st 1 .1 Le B én in d is p os e d ’u n c ap it al h u m ai n q u al ifi é et c om p ét it if p ou r le d év el op p em en t d u ra b le e t in cl u si f D év el op p er u n c ap it al h u m ai n s ai n , c om p ét en t et c om p ét it if A cc ro ît re d u ra b le m en t la c om p ét it iv it é d e l’é co n om ie b én in oi se O b je ct if gl ob al d u P N D : Fa ire d e l’a gr o in d us tr ie e t d es s er vi ce s le m ot eu r d e la c ro is sa n ce é co n om iq ue in cl us iv e et d ur ab le d an s le ca d re d ’u n e go uv er n an ce n at io n al e et lo ca le p lu s e� ca ce e n m is an t su r l e d év el op p em en t d u ca p ita l h um ai n e t d es in fra st ru ct ur es G ar an ti r la g es ti on d u ra b le d u ca d re d e vi e, d e l’e n vi ro n n em en t et d e l’é m er g en ce d es P ôl es ré g io n au x d e d év el op p em en t C on so lid er l’ É ta t d e d ro it et la b on n e g ou ve rn an ce E ff et O st 2 .1 Le p ro ce ss u s d e tr an sf or m at io n st ru ct u re lle d e l’é co n om ie b én in oi se e st ac cé lé ré E ff et O st 2 .2 U n e ag ri cu lt u re p ro d u ct iv e d iv er si fié e et as su ra n t la sé cu ri té al im en ta ir e et la sy n er g ie a ve c la in d u st ri es d e tr an sf or m at io n E ff et O st 4 .1 La g ou ve rn an ce au B én in e st in cl u si ve , a p ai sé e et e � ca ce E ff et O st 4 .2 Le s p op u la ti on s b én in oi se s on t ac cè s à d es se rv ic es p u b lic s d e q u al it é E ff et O st 3 .1 La m aî tr is e d u d év el op p em en t ur b ai n et d e la g es tio n d es es p ac es ru ra ux e st tr ad ui te p ar l’é m er ge nc e d es p ôl es ré gi on au x d e d év el op p em en t et la ré si lie nc e au x ef fe ts d es ch an ge m en ts c lim at iq ue s et d es c at as tr op he s na tu re lle s es t s ou te nu e In ég al it és s oc ia le s fo rt es Fa ib le a llo ca ti on d es re ss ou rc es a u c ap it al h u m ai n G ou ve rn an ce p eu e � ca ce A g g ra va ti on d e la p au vr et é Fa ib le s p ro d u ct iv it és C ro is sa n ce n on in cl us iv e In su � sa n t ac cè s au x se rv ic es fi n an ci er s Fa ib le g es ti on d es re ss ou rc es n at u re lle s D ég ra d at io n d es é co sy st èm es P ol it iq u e p u b liq u e p eu e � ca ce C or ru p ti on Sc h ém a d e cr oi ss an ce in e� ca ce Fa ib le d iv er si fic at io n d e l’é co n om ie In fr as tr u ct u re s in su � sa n te s D év el op p em en t d és éq u ili b ré d es r ég io n s SD D a b se n te A d m in is tr at io n d e d év el op p em en t fa ib le Fa ib le ss e d es o rg an is at io n s d e la s oc ié té c iv ile C au se s so u s ja ce n te s O b je ct if s st ra té g iq u es Se ct eu r p ri vé m ot eu r d e la c ro is sa n ce C om m un es p ar te na ire s p ou r l es O D D É ta t st ra tè g e O SC : ve ill e et ac co m p ag n em en t P TF : p ar te n ai re s d e d év el op p em en t So lu ti on s et or ie n ta ti on s st ra té g iq u es R és u lt at s V IS IO N B É N IN 2 02 5 R ôl e d es a ct eu rs d e d év el op p em en t P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 26 27 › les services de qualité sont offerts par l’administration publique pour accom pagner la dynamique de développement du pays ; › les communautés disposent de services sociaux de base et d’assainissement de qualité ; › la gouvernance locale est renforcée et dynamisée ; › les populations exercent leurs droits et devoirs dans un système judiciaire effi cace, accessible et crédible ; › les ressources publiques sont mieux orientées, gérées et utilisées vers les be soins prioritaires de développement grâce à une administration plus efficace ; › la lutte contre la corruption est efficace ; › la protection des populations, des biens et le renforcement de la cohésion nationale sont assurés ; › l’efficacité des institutions est renforcée et la qualité des services publics est améliorée. 34 Des efforts devront également être consentis pour assurer la résilience de la gou vernance à l’instabilité socio-politique régionale. Cadrage macro économique 35 Le PND a retenu trois scénarii. Le scénario PND-ODD repose sur une célérité satis faisante dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement et de ses réformes économiques ainsi que des programmes quadriennaux, PC2D. Ce scénario est donc orienté vers un renforcement de l’investissement, notamment privé. À cet effet, il prend en considération le phasage actualisé des projets inscrits au PAG à fin 2017, suite aux études de faisabilité. Il suppose également une évolu tion favorable des cours des matières premières sur le marché international ainsi que des conditions climatiques avantageuses. Les hypothèses du modèle pour les huit (8) années à venir sont : › L’accélération du rythme de croissance en mettant en avant l’ambition de réaliser une croissance inclusive durable grâce à la dynamique du processus de transformation socio-économique structurelle et certains leviers d’action comme la création d’opportunités de revenus dans les sphères de pauvreté et du secteur informel ainsi que la mise en place d’instruments de financements inclusifs pour le secteur agro-pastoral et les industries de transformation et des réformes pour une administration plus efficace ; › Le développement de l’investissement privé pour atteindre 33 % du PIB à l’ho rizon 2025 en mettant l’accent sur le développement des PMI/PME, la promo tion des PPP et l’accroissement des IDE ; › Une évolution stable de l’environnement économique mondial et régional ainsi que des facteurs d’évolution économique nationale. Il s’inscrit dans l’opti misme affiché dans la mise en œuvre diligente des dix-sept (17) cibles des 29 L’observation des effets dépend, entre autres, de la sensibilisation des popula tions sur les bienfaits de l’éducation et de la santé, l’accessibilité financière à ces services, la prise en compte des facteurs socio culturels et l’adaptation des pro grammes d’éducation aux besoins du marché du travail. 30 Pour accélérer le processus de transformation structurelle de l’économie béninoise pour la création d’emplois décents et durables les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci-après : › la diversification et l’élargissement des bases productives de l’économie béni noise sont effectifs ; › la valeur ajoutée, générée par les secteurs porteurs de l’économie béninoise no tamment ; l’industrie, le tourisme et les services, a augmenté significativement ; › la productivité des facteurs de production a augmenté ; › la compétitivité de l’économie s’est renforcée ; › l’agriculture et l’agro-industrie sont intégrées et les chaînes de valeurs effectives ; › des populations rurales bénéficient des infrastructures modernes et fiables pour les échanges économiques et l’accès au marché ; › l’agro-industrie, les services et les infrastructures bénéficient d’un financement plus ouvert et adapté aux exigences de transformation des bases productives ; › le secteur informel bénéficie d’un financement adapté à sa migration. 31 Pour ce faire, il s’avère indispensable d’assurer une synergie intersectorielle et une veille stratégique pour renforcer la résilience de l’économie face aux chocs. 32 La gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement suppose que l’État veille au respect et à l’applica tion effectif de tous les textes législatifs et règlementaires adoptés en la matière. Dans ce cas, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci après : › les populations protègent et valorisent les ressources naturelles ; › la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat sont renforcées ; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout à l’assainissement et aux services énergétiques › l’aménagement du territoire et le développement régional plus efficace et moins inégalitaire sont bien pris en compte par les politiques sectorielles et soutenus pour redynamiser les économies régionales et locales ; › les populations ont accès à des logements décents. 33 Pour assurer une gouvernance inclusive, apaisée et efficace aux niveaux natio nal et local, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci après : › la sécurité juridique et physique des personnes ainsi que les droits d’expression démocratique sont améliorés ; P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 26 27 › les services de qualité sont offerts par l’administration publique pour accom pagner la dynamique de développement du pays ; › les communautés disposent de services sociaux de base et d’assainissement de qualité ; › la gouvernance locale est renforcée et dynamisée ; › les populations exercent leurs droits et devoirs dans un système judiciaire effi cace, accessible et crédible ; › les ressources publiques sont mieux orientées, gérées et utilisées vers les be soins prioritaires de développement grâce à une administration plus efficace ; › la lutte contre la corruption est efficace ; › la protection des populations, des biens et le renforcement de la cohésion nationale sont assurés ; › l’efficacité des institutions est renforcée et la qualité des services publics est améliorée. 34 Des efforts devront également être consentis pour assurer la résilience de la gou vernance à l’instabilité socio-politique régionale. Cadrage macro économique 35 Le PND a retenu trois scénarii. Le scénario PND-ODD repose sur une célérité satis faisante dans la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement et de ses réformes économiques ainsi que des programmes quadriennaux, PC2D. Ce scénario est donc orienté vers un renforcement de l’investissement, notamment privé. À cet effet, il prend en considération le phasage actualisé des projets inscrits au PAG à fin 2017, suite aux études de faisabilité. Il suppose également une évolu tion favorable des cours des matières premières sur le marché international ainsi que des conditions climatiques avantageuses. Les hypothèses du modèle pour les huit (8) années à venir sont : › L’accélération du rythme de croissance en mettant en avant l’ambition de réaliser une croissance inclusive durable grâce à la dynamique du processus de transformation socio-économique structurelle et certains leviers d’action comme la création d’opportunités de revenus dans les sphères de pauvreté et du secteur informel ainsi que la mise en place d’instruments de financements inclusifs pour le secteur agro-pastoral et les industries de transformation et des réformes pour une administration plus efficace ; › Le développement de l’investissement privé pour atteindre 33 % du PIB à l’ho rizon 2025 en mettant l’accent sur le développement des PMI/PME, la promo tion des PPP et l’accroissement des IDE ; › Une évolution stable de l’environnement économique mondial et régional ainsi que des facteurs d’évolution économique nationale. Il s’inscrit dans l’opti misme affiché dans la mise en œuvre diligente des dix-sept (17) cibles des 29 L’observation des effets dépend, entre autres, de la sensibilisation des popula tions sur les bienfaits de l’éducation et de la santé, l’accessibilité financière à ces services, la prise en compte des facteurs socio culturels et l’adaptation des pro grammes d’éducation aux besoins du marché du travail. 30 Pour accélérer le processus de transformation structurelle de l’économie béninoise pour la création d’emplois décents et durables les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci-après : › la diversification et l’élargissement des bases productives de l’économie béni noise sont effectifs ; › la valeur ajoutée, générée par les secteurs porteurs de l’économie béninoise no tamment ; l’industrie, le tourisme et les services, a augmenté significativement ; › la productivité des facteurs de production a augmenté ; › la compétitivité de l’économie s’est renforcée ; › l’agriculture et l’agro-industrie sont intégrées et les chaînes de valeurs effectives ; › des populations rurales bénéficient des infrastructures modernes et fiables pour les échanges économiques et l’accès au marché ; › l’agro-industrie, les services et les infrastructures bénéficient d’un financement plus ouvert et adapté aux exigences de transformation des bases productives ; › le secteur informel bénéficie d’un financement adapté à sa migration. 31 Pour ce faire, il s’avère indispensable d’assurer une synergie intersectorielle et une veille stratégique pour renforcer la résilience de l’économie face aux chocs. 32 La gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement suppose que l’État veille au respect et à l’applica tion effectif de tous les textes législatifs et règlementaires adoptés en la matière. Dans ce cas, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci après : › les populations protègent et valorisent les ressources naturelles ; › la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat sont renforcées ; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout à l’assainissement et aux services énergétiques › l’aménagement du territoire et le développement régional plus efficace et moins inégalitaire sont bien pris en compte par les politiques sectorielles et soutenus pour redynamiser les économies régionales et locales ; › les populations ont accès à des logements décents. 33 Pour assurer une gouvernance inclusive, apaisée et efficace aux niveaux natio nal et local, les interventions du Gouvernement devront induire les résultats ci après : › la sécurité juridique et physique des personnes ainsi que les droits d’expression démocratique sont améliorés ; P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 28 29 Schéma de financement du PND 37 Pour atteindre les objectifs indiqués ci-dessus et observer les effets et impacts conséquents, le PND sera opérationnalisé à travers le PAG, les PC2D 2018-2021 et 2022-2025, les politiques sectorielles et les PDC en veillant à leur arrimage. La mise en œuvre efficace du PND requiert également une mobilisation plus accrue des recettes intérieures, le développement du Partenariat Public Privé (PPP), le recours au marché financier et aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF), aux ONG, aux Fondations, la participation active de la diaspora, l’exploitation des ins truments de financement innovants, et l’instauration des guichets de financement spécialisés (environnement, santé, éducation...). Au-delà de la mobilisation des ressources financières, le Bénin doit disposer d’une masse critique de ressources humaines constituées principalement du personnel de l’Administration publique (État central et collectivités territoriales) sans occulter l’assistance technique des organismes internationaux. Le Bénin s’est inscrit dans l’initiative mise en place par les Nations Unies en vue de l’évaluation du financement du développement dans le cadre du Programme d’Actions d’Addis Abeba pour le financement du développement, et qui vise à explorer toutes les sources de financement poten tiel accessibles au pays (ressources internes, externes, de la diaspora, des fonds souverains, des marchés financiers, des fondations, les financements innovants y compris ceux liés au climat, le PPP, etc.). L’étude permettra d’affiner les stratégies et plans d’actions pour le financement du PND. ODD priorisés par le Bénin. Il s’inscrit également dans l’effort de renforcement des capacités d’accélération de la croissance par l’investissement retenu dans le PAG 2016-2021 ; › Ces hypothèses macro-économiques sont basées sur l’amélioration réelle du climat des affaires et les progrès dans la mise en œuvre des réformes majeures notamment la modernisation de l’administration publique, la lutte contre la corruption, la modernisation du système de protection sociale et l’efficacité du système de gestion des finances publiques et de l’accès inclusif aux services financiers. 36 Sur cette base, il est prévu que : › le taux de croissance économique atteindrait 10,2% en 2025, contre 5,6% en 2017 ; › le taux d’investissement passerait de 29,1 % en 2017 à 33,2 % pour la période 2022-2025 ; › les recettes hors dons représenteraient 22,3 % du PIB au cours de la période 2022-2025 contre 17,6 % en 2017. Tableau 17 : Grands objectifs chiffrés du PND 2018-2025 INDICATEURS 2015 2025 Taux d’électrification nationale (%) 34,7 % 51,3 % Proportion des ménages utilisant des foyers améliorés pour la cuisson (%) 17,64 % 52,97 % Taux de couverture des services internet en haut débit des entreprises et des particuliers 80 % Indice de développement du e-Gouvernement 0,5 Taux de bancarisation (2017) 19 % > 25 % Taux de pénétration d’internet 19,4 % > 50 % Taux des emplois précaires (2005-14) 87,7 % < 60 % Taux de couverture assurance maladie et protection sociale 8,4 % > 40 % Taux d’accès à l’électricité 38,8 % > 60 % Taux d’accès à l’eau potable en milieu rural 41,4 % 100 % Linéaire de pistes rurales aménagées (2017) 4 958 km > 8 000 km INDICATEURS 2015 2025 Rang en matière de Développement Humain 167 150 PIB/habitant en dollars 789 950 Taux de croissance économique 2,1 % 10 % Taux de pauvreté monétaire 40 % 23,2 % Taux de pauvreté non monétaire 29,1 % < 10 % Taux d’investissement (en % PIB) 24,6 % 33 % PIB tiré du tourisme en proportion du PIB total (2011) 2,6 % 8 % Part de la valeur ajoutée du secteur industriel/PIB 12,5 % 20 % PIB informel/PIB 62 % < 50 % Espérance de vie (2013) 62 65 Taux de croissance démographique 3,5 % 3 % Taux d’alphabétisation 43,1 % 55 % Taux d’achèvement du premier cycle secondaire 45 % 70 % Taux d’achèvement du deuxième cycle secondaire 28 % 45 % Taux de scolarisation secondaire 47 % 70 % Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances (2013 RGPH) 335,5 < 200 Taux de mortalité infantile-juvénile (2014 MICS) 115 ‰ < 100 ‰ Classification du Doing Business (Banque mondiale) 155 130 Rang dans l’Indice de perception de la corruption (2017 Transparency) 85 < 50 Indice d’état du réseau routier 73 % 80 % Taux d’accidentologie lié à l’état des infrastructures routières 9 % 7 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 28 29 Schéma de financement du PND 37 Pour atteindre les objectifs indiqués ci-dessus et observer les effets et impacts conséquents, le PND sera opérationnalisé à travers le PAG, les PC2D 2018-2021 et 2022-2025, les politiques sectorielles et les PDC en veillant à leur arrimage. La mise en œuvre efficace du PND requiert également une mobilisation plus accrue des recettes intérieures, le développement du Partenariat Public Privé (PPP), le recours au marché financier et aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF), aux ONG, aux Fondations, la participation active de la diaspora, l’exploitation des ins truments de financement innovants, et l’instauration des guichets de financement spécialisés (environnement, santé, éducation...). Au-delà de la mobilisation des ressources financières, le Bénin doit disposer d’une masse critique de ressources humaines constituées principalement du personnel de l’Administration publique (État central et collectivités territoriales) sans occulter l’assistance technique des organismes internationaux. Le Bénin s’est inscrit dans l’initiative mise en place par les Nations Unies en vue de l’évaluation du financement du développement dans le cadre du Programme d’Actions d’Addis Abeba pour le financement du développement, et qui vise à explorer toutes les sources de financement poten tiel accessibles au pays (ressources internes, externes, de la diaspora, des fonds souverains, des marchés financiers, des fondations, les financements innovants y compris ceux liés au climat, le PPP, etc.). L’étude permettra d’affiner les stratégies et plans d’actions pour le financement du PND. ODD priorisés par le Bénin. Il s’inscrit également dans l’effort de renforcement des capacités d’accélération de la croissance par l’investissement retenu dans le PAG 2016-2021 ; › Ces hypothèses macro-économiques sont basées sur l’amélioration réelle du climat des affaires et les progrès dans la mise en œuvre des réformes majeures notamment la modernisation de l’administration publique, la lutte contre la corruption, la modernisation du système de protection sociale et l’efficacité du système de gestion des finances publiques et de l’accès inclusif aux services financiers. 36 Sur cette base, il est prévu que : › le taux de croissance économique atteindrait 10,2% en 2025, contre 5,6% en 2017 ; › le taux d’investissement passerait de 29,1 % en 2017 à 33,2 % pour la période 2022-2025 ; › les recettes hors dons représenteraient 22,3 % du PIB au cours de la période 2022-2025 contre 17,6 % en 2017. Tableau 17 : Grands objectifs chiffrés du PND 2018-2025 INDICATEURS 2015 2025 Taux d’électrification nationale (%) 34,7 % 51,3 % Proportion des ménages utilisant des foyers améliorés pour la cuisson (%) 17,64 % 52,97 % Taux de couverture des services internet en haut débit des entreprises et des particuliers 80 % Indice de développement du e-Gouvernement 0,5 Taux de bancarisation (2017) 19 % > 25 % Taux de pénétration d’internet 19,4 % > 50 % Taux des emplois précaires (2005-14) 87,7 % < 60 % Taux de couverture assurance maladie et protection sociale 8,4 % > 40 % Taux d’accès à l’électricité 38,8 % > 60 % Taux d’accès à l’eau potable en milieu rural 41,4 % 100 % Linéaire de pistes rurales aménagées (2017) 4 958 km > 8 000 km INDICATEURS 2015 2025 Rang en matière de Développement Humain 167 150 PIB/habitant en dollars 789 950 Taux de croissance économique 2,1 % 10 % Taux de pauvreté monétaire 40 % 23,2 % Taux de pauvreté non monétaire 29,1 % < 10 % Taux d’investissement (en % PIB) 24,6 % 33 % PIB tiré du tourisme en proportion du PIB total (2011) 2,6 % 8 % Part de la valeur ajoutée du secteur industriel/PIB 12,5 % 20 % PIB informel/PIB 62 % < 50 % Espérance de vie (2013) 62 65 Taux de croissance démographique 3,5 % 3 % Taux d’alphabétisation 43,1 % 55 % Taux d’achèvement du premier cycle secondaire 45 % 70 % Taux d’achèvement du deuxième cycle secondaire 28 % 45 % Taux de scolarisation secondaire 47 % 70 % Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances (2013 RGPH) 335,5 < 200 Taux de mortalité infantile-juvénile (2014 MICS) 115 ‰ < 100 ‰ Classification du Doing Business (Banque mondiale) 155 130 Rang dans l’Indice de perception de la corruption (2017 Transparency) 85 < 50 Indice d’état du réseau routier 73 % 80 % Taux d’accidentologie lié à l’état des infrastructures routières 9 % 7 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 30 31 Figure 28 : Dispositif de suivi et évaluation du PND 2018-2025 41 Le Bénin a initié plusieurs exercices de planification et a retenu, en décembre 1991, lors de la journée nationale sur le développement, un modèle du processus de pla nification du développement à trois niveaux articulés les uns aux autres : i) la pros pective pour le long terme, ii) la planification à moyen terme et iii) les programmes d’investissement triennaux glissants. Dès l’an 2000, le pays s’est doté d’une vision prospective « Bénin 2025 Alafia » qui a prévu trois temps forts dans le processus de transformations structurelles socio-économiques à savoir : i) renforcement des bases institutionnelles et économiques (2000-2010), ii) croissance économique au service du développement (2011-2020) et iii) restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2021-2025). Ces choix n’ont pas été mal heureusement respectés en raison de l’absence d’un maillon entre la Prospective et la Planification opérationnelle. 42 C’est dans ce contexte que le Gouvernement a affiché sa volonté de faire des réformes audacieuses pour relancer de manière durable le développement éco nomique et social du pays, dont celles relatives au renforcement du système na tional de planification notamment le rétablissement du maillon « Planification stratégique » entre la Prospective et la Planification opérationnelle, en adoptant l’élaboration du Plan National de Développement (PND) 2018-2025 pour opéra tionnaliser Bénin 2025 Alafia, les objectifs de l’agenda 2030 et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine. Dispositif de suivi et évaluation 38 Le dispositif de suivi et évaluation comprend : au niveau national : orientation stratégique et pilotage technique › le Conseil National d’Orientation (CNO) : c’est la plus haute instance du dispo sitif de pilotage ; › le Comité Gouvernement-Partenaire au Développement (CGPAD) ; › le Comité Technique de Pilotage et de Suivi (CTPS). au niveau du suivi stratégique 39 La Direction Générale des Politiques de Développement (DGPD) assurera le secrétariat technique du Comité Technique de Pilotage et de Suivi du PND et appuiera le Cadre de Suivi des Progrès et des effets (CSPE) de mise en œuvre du PND à travers les quatre Groupes de Travail, les Comités Sectoriels (CS), et les Comités Départements de Développement (CDP). au niveau de suivi des performances sectorielles et des effets attendus 40 Trois structures sont concernées : › Quatre Groupes de Travail qui se réuniront tous les deux ans seront mis en place pour analyser les rapports de performance pour chaque objectif straté gique du PND. › Un Comité Sectoriel de Pilotage et de Suivi & Évaluation dans chaque Ministère et Institution assurera le suivi des performances au niveau sectoriel selon les indicateurs définis par le cadre des résultats du PND. › Des Comités Départementaux de Développement, présidés par les préfets regroupant les services départementaux et les comités communaux de déve loppement pour suivre les progrès de différents programmes et projets mis en œuvre. Conseil des Ministres Comité National d’Orientation (CNO) Comité Technique de Pilotage et de Suivi (CTPS) Comité Gouvernement – Partenaires Au Développement (CG-PAD) Produits attendus Direction Générale des Politiques de Développement (DGPD) Secrétariat technique / CTPS Cadre de Suivi des Progrès et des Effets (CSPE) Groupes de travail thématiques GT1 – Capital humain, GT2 – Économie GT3 – Environnement, GT4 – Gouvernance Rapports des Assises du PND Rapports biannuels de mise en œuvre du PND Rapports d’évaluation du PND Comités départementaux de suivi Comités sectoriels INSAE Produits attendus Rapports de progrès des effets du PND INPUT Consultations Assises régionales et nationales sur le suivi du PND en 2020, 2022 et 2014 INPUT Rapport progrès PAG Rapport de suivi de la SNDS (INSAE) Rapport progrès PC2D Rapport progrès ODD P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 30 31 Figure 28 : Dispositif de suivi et évaluation du PND 2018-2025 41 Le Bénin a initié plusieurs exercices de planification et a retenu, en décembre 1991, lors de la journée nationale sur le développement, un modèle du processus de pla nification du développement à trois niveaux articulés les uns aux autres : i) la pros pective pour le long terme, ii) la planification à moyen terme et iii) les programmes d’investissement triennaux glissants. Dès l’an 2000, le pays s’est doté d’une vision prospective « Bénin 2025 Alafia » qui a prévu trois temps forts dans le processus de transformations structurelles socio-économiques à savoir : i) renforcement des bases institutionnelles et économiques (2000-2010), ii) croissance économique au service du développement (2011-2020) et iii) restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2021-2025). Ces choix n’ont pas été mal heureusement respectés en raison de l’absence d’un maillon entre la Prospective et la Planification opérationnelle. 42 C’est dans ce contexte que le Gouvernement a affiché sa volonté de faire des réformes audacieuses pour relancer de manière durable le développement éco nomique et social du pays, dont celles relatives au renforcement du système na tional de planification notamment le rétablissement du maillon « Planification stratégique » entre la Prospective et la Planification opérationnelle, en adoptant l’élaboration du Plan National de Développement (PND) 2018-2025 pour opéra tionnaliser Bénin 2025 Alafia, les objectifs de l’agenda 2030 et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine. Dispositif de suivi et évaluation 38 Le dispositif de suivi et évaluation comprend : au niveau national : orientation stratégique et pilotage technique › le Conseil National d’Orientation (CNO) : c’est la plus haute instance du dispo sitif de pilotage ; › le Comité Gouvernement-Partenaire au Développement (CGPAD) ; › le Comité Technique de Pilotage et de Suivi (CTPS). au niveau du suivi stratégique 39 La Direction Générale des Politiques de Développement (DGPD) assurera le secrétariat technique du Comité Technique de Pilotage et de Suivi du PND et appuiera le Cadre de Suivi des Progrès et des effets (CSPE) de mise en œuvre du PND à travers les quatre Groupes de Travail, les Comités Sectoriels (CS), et les Comités Départements de Développement (CDP). au niveau de suivi des performances sectorielles et des effets attendus 40 Trois structures sont concernées : › Quatre Groupes de Travail qui se réuniront tous les deux ans seront mis en place pour analyser les rapports de performance pour chaque objectif straté gique du PND. › Un Comité Sectoriel de Pilotage et de Suivi & Évaluation dans chaque Ministère et Institution assurera le suivi des performances au niveau sectoriel selon les indicateurs définis par le cadre des résultats du PND. › Des Comités Départementaux de Développement, présidés par les préfets regroupant les services départementaux et les comités communaux de déve loppement pour suivre les progrès de différents programmes et projets mis en œuvre. Conseil des Ministres Comité National d’Orientation (CNO) Comité Technique de Pilotage et de Suivi (CTPS) Comité Gouvernement – Partenaires Au Développement (CG-PAD) Produits attendus Direction Générale des Politiques de Développement (DGPD) Secrétariat technique / CTPS Cadre de Suivi des Progrès et des Effets (CSPE) Groupes de travail thématiques GT1 – Capital humain, GT2 – Économie GT3 – Environnement, GT4 – Gouvernance Rapports des Assises du PND Rapports biannuels de mise en œuvre du PND Rapports d’évaluation du PND Comités départementaux de suivi Comités sectoriels INSAE Produits attendus Rapports de progrès des effets du PND INPUT Consultations Assises régionales et nationales sur le suivi du PND en 2020, 2022 et 2014 INPUT Rapport progrès PAG Rapport de suivi de la SNDS (INSAE) Rapport progrès PC2D Rapport progrès ODD P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 32 33 43 Depuis plusieurs décennies, à la faveur d’une succession de plusieurs politiques de développement dans le cadre d’un système de planification très faiblement articulé avec la vision Bénin 2025 Alafia, le Bénin a subi faiblement des mutations structurelles de ses bases productives identifiées par les orientations stratégiques de la vision. Les limites du modèle de croissance basée sur l’absence d’une straté gie de croissance inclusive, d’une stratégie de développement du capital humain intégrant la question des dividendes démographiques, la très faible valorisation des produits agricoles, le développement des activités d’import-export à très faibles valeurs ajoutées, le manque d’initiative des entreprises béninoises dans l’élargisse ment de leurs bases productives et les faibles performances enregistrées en matière de gouvernance, durant les vingt dernières années, n’ont pas opéré de grandes transformations structurelles qui auraient permis l’amélioration des revenus des populations, le développement d’un secteur privé performant et une réduction de la pauvreté selon un rythme plus accéléré. 44 Le PND 2018-2025 s’inscrit dans cette dynamique de renouveau du système de plani fication du Bénin en intégrant les principaux défis et enjeux des ODD et de l’agenda 2063 de l’Afrique qui mettent en avant les questions de la croissance inclusive, de l’industrialisation, du renforcement des capacités de résilience de l’économie, du déve loppement du capital humain et du développement durable ainsi que de l’efficacité de la gouvernance dans ses multiples dimensions. Pour conduire le processus d’éla boration du PND, le Gouvernement a mis en place un cadre institutionnel à quatre niveaux à savoir un Comité National d’Orientation, un Comité Technique de Pilotage, un Secrétariat Technique et des Groupes Thématiques. Les organes opérationnels de ce cadre institutionnel ont fonctionné suivant une approche participative et inclusive, conformément aux exigences d’un tel processus. 45 Les travaux ont été organisés autour de quatre thématiques majeures à savoir : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la croissance économique : productivité et compétitivité ; iii) l’environnement, le changement climatique et le développement des territoires et iv) et la gouvernance. La définition de ces thématiques prend appui sur les concepts des ODD et de la Sécurité humaine, le tout en rapport avec la vision Bénin 2025 Alafia. Les résultats issus de ces travaux donnent une structuration du document présentée comme il suit : le diagnostic stratégique du développement économique et social assorti des défis et enjeux de développement, l’objectif général de développement fondé sur l’option stra tégique retenue et décliné en objectifs stratégiques assortis d’orientations straté giques, le cadrage macroéconomique et social et le cadre de mise en œuvre et de suivi évaluation. 46 Le PND servira de cadre de référence pour les orientations des objectifs et stra tégies de développement pour les huit (8) prochaines années y compris les stra tégies du PAG en intégrant plus amplement les interrelations quadruplement gagnantes entre : › Croissance économique et transformation structurelle ; › Réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale ; › Durabilité environnementale ; › Gouvernance efficace et inclusive. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 32 33 43 Depuis plusieurs décennies, à la faveur d’une succession de plusieurs politiques de développement dans le cadre d’un système de planification très faiblement articulé avec la vision Bénin 2025 Alafia, le Bénin a subi faiblement des mutations structurelles de ses bases productives identifiées par les orientations stratégiques de la vision. Les limites du modèle de croissance basée sur l’absence d’une straté gie de croissance inclusive, d’une stratégie de développement du capital humain intégrant la question des dividendes démographiques, la très faible valorisation des produits agricoles, le développement des activités d’import-export à très faibles valeurs ajoutées, le manque d’initiative des entreprises béninoises dans l’élargisse ment de leurs bases productives et les faibles performances enregistrées en matière de gouvernance, durant les vingt dernières années, n’ont pas opéré de grandes transformations structurelles qui auraient permis l’amélioration des revenus des populations, le développement d’un secteur privé performant et une réduction de la pauvreté selon un rythme plus accéléré. 44 Le PND 2018-2025 s’inscrit dans cette dynamique de renouveau du système de plani fication du Bénin en intégrant les principaux défis et enjeux des ODD et de l’agenda 2063 de l’Afrique qui mettent en avant les questions de la croissance inclusive, de l’industrialisation, du renforcement des capacités de résilience de l’économie, du déve loppement du capital humain et du développement durable ainsi que de l’efficacité de la gouvernance dans ses multiples dimensions. Pour conduire le processus d’éla boration du PND, le Gouvernement a mis en place un cadre institutionnel à quatre niveaux à savoir un Comité National d’Orientation, un Comité Technique de Pilotage, un Secrétariat Technique et des Groupes Thématiques. Les organes opérationnels de ce cadre institutionnel ont fonctionné suivant une approche participative et inclusive, conformément aux exigences d’un tel processus. 45 Les travaux ont été organisés autour de quatre thématiques majeures à savoir : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la croissance économique : productivité et compétitivité ; iii) l’environnement, le changement climatique et le développement des territoires et iv) et la gouvernance. La définition de ces thématiques prend appui sur les concepts des ODD et de la Sécurité humaine, le tout en rapport avec la vision Bénin 2025 Alafia. Les résultats issus de ces travaux donnent une structuration du document présentée comme il suit : le diagnostic stratégique du développement économique et social assorti des défis et enjeux de développement, l’objectif général de développement fondé sur l’option stra tégique retenue et décliné en objectifs stratégiques assortis d’orientations straté giques, le cadrage macroéconomique et social et le cadre de mise en œuvre et de suivi évaluation. 46 Le PND servira de cadre de référence pour les orientations des objectifs et stra tégies de développement pour les huit (8) prochaines années y compris les stra tégies du PAG en intégrant plus amplement les interrelations quadruplement gagnantes entre : › Croissance économique et transformation structurelle ; › Réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale ; › Durabilité environnementale ; › Gouvernance efficace et inclusive. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 34 35 1 CONTEXTE ET PROCESSUS D’ÉLABORATION DU PLAN NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT 2018-2025 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 34 35 1 CONTEXTE ET PROCESSUS D’ÉLABORATION DU PLAN NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT 2018-2025 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 36 37 51 La nécessité de renforcer le système de planification du développement en vue de la concrétisation de la Vision Bénin-2025 Alafia, de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de la réalisation de l’agenda 2063 de l’Afrique a conduit le Gouvernement à adopter en Conseil des Ministres, le 27 juillet 2016, une feuille de route pour l’élaboration du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021 et du Plan National de Développement (PND). 52 Le PND est le premier niveau de déclinaison de la vision Bénin 2025 Alafia confor mément au système de planification retenu par le Bénin lors des journées natio nales de réflexion organisées à ce sujet les 5 et 6 décembre 1991 et adopté par le Gouvernement en Conseil des Ministres en 1992. Il vise à préciser les repères stratégiques pour l’action de développement pour les huit (08) années qui sépa rent de 2025, échéance retenue pour l’atteinte de la vision. 53 Le PND 2018-2025 sera opérationnalisé en deux phases : la première de 2018 à 2021 à travers le Programme de Croissance pour le Développement Durable (PC2D) et le Programme d’Action du Gouvernement dont il intègre les axes et la deuxième phase de 2022 à 2025. La mise en œuvre du PND 2018-2025 contribue ra à conforter les réalisations du PAG 2016-2021 en assurant la continuité de l’ac tion de développement d’un Gouvernement à l’autre et offre également l’oppor tunité d’assurer l’atteinte des cibles prioritaires des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique à tous les niveaux du processus de gestion de développement (niveaux central, sectoriel et local). 54 Ces choix s’inscrivent dans la dynamique actuelle de relance de l’économie béni noise permettant de conforter et de prolonger les actions de développement du PAG dans le cadre de la vision Bénin 2025 Alafia devant conduire à l’accélération du processus de transformations socio-économiques, politiques et culturelles de la société béninoise, intégrant certains vecteurs de changement comme l’inclusi vité, l’équité et la durabilité. 55. Ainsi, le PND se distingue par : › la prise non seulement de la vision Bénin 2025 Alafia mais également des ODD et de l’Agenda Africa 2063 à travers l’intégration quadruplement gagnante entre : i) réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale ; ii) crois sance économique et transformation structurelle ; iii) durabilité environnemen tale et iv) gouvernance efficace et inclusive ; › son caractère d’instrument d’excellence pour l’orientation et le pilotage des choix des objectifs stratégiques de développement, des investissements struc turants et des grandes réformes économiques et sociales ; › son cadre de mise en œuvre et de suivi souple et évolutif intégrant les outils de gestion axée sur les résultats et les indicateurs de mesure des performances des dynamiques de changements opérés ainsi que l’appréciation du niveau d’avancement des réformes clés et l’impact des investissements structurants socio-productifs sur la réduction de la pauvreté et des inégalités. 47 Ce chapitre met l’accent sur la dynamique du processus de planification et de développement au Bénin, la méthodologie de rédaction et l’horizon temporel du Plan. Il décrit par conséquent le processus d’élaboration du PND 2018-2025 et donne la composition du cadre institutionnel chargé de son élaboration. 1.1 Fondement et importance du PND 2018-2025 48 Différents documents de planification du développement ont été élaborés et mis en œuvre depuis l’adoption en 2000 de la Vision Bénin 2025 Alafia. Au nombre de ceux-ci, les Orientations Stratégiques de Développement (OSD) 2006-2011, les différentes générations de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP) 2003-2005, 2007-2009 et 2011-2015, l’Agenda Spatial du Bénin 2016, l’Agenda international des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 2000-2015 et les documents de stratégies sectorielles. 49 L’Agenda Spatial du Bénin 2016 a servi de base pour la définition des options d’aménagement et de développement compatible avec les politiques de l’État au plan économique, social et environnemental. Il vise à faire du Bénin « un pays bien aménagé, doté d’infrastructures et de services au bénéfice de la société, et d’une économie compétitive, valorisante pour l’ensemble du pays, respectueuse de l’environnement et ouverte sur l’Afrique et le monde » à travers trois options à savoir : i) le renforcement des pôles de développement et l’amélioration des réseaux structurants, ii) le développement des espaces frontaliers du Bénin, de façon à maximiser les avantages économiques et sociaux pouvant être tirés de sa position géographique et iii) la promotion d’un développement économique durable qui protège et valorise à la fois l’environnement naturel, le patrimoine culturel ainsi que le capital humain. 50 Les évaluations de la Vision 2025 réalisées en 2011 et en 2017 révèlent que, d’une part, tous ces documents ont fait référence à la Vision et, d’autre part, ils sont cré dités d’une bonne cohérence et une pertinence avec cette dernière. Toutefois, le niveau de leur opérationnalisation reste faible pour induire une évolution signifi cative vers la réalisation de leurs visions respectives et de Bénin-2025 Alafia. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 36 37 51 La nécessité de renforcer le système de planification du développement en vue de la concrétisation de la Vision Bénin-2025 Alafia, de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de la réalisation de l’agenda 2063 de l’Afrique a conduit le Gouvernement à adopter en Conseil des Ministres, le 27 juillet 2016, une feuille de route pour l’élaboration du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016-2021 et du Plan National de Développement (PND). 52 Le PND est le premier niveau de déclinaison de la vision Bénin 2025 Alafia confor mément au système de planification retenu par le Bénin lors des journées natio nales de réflexion organisées à ce sujet les 5 et 6 décembre 1991 et adopté par le Gouvernement en Conseil des Ministres en 1992. Il vise à préciser les repères stratégiques pour l’action de développement pour les huit (08) années qui sépa rent de 2025, échéance retenue pour l’atteinte de la vision. 53 Le PND 2018-2025 sera opérationnalisé en deux phases : la première de 2018 à 2021 à travers le Programme de Croissance pour le Développement Durable (PC2D) et le Programme d’Action du Gouvernement dont il intègre les axes et la deuxième phase de 2022 à 2025. La mise en œuvre du PND 2018-2025 contribue ra à conforter les réalisations du PAG 2016-2021 en assurant la continuité de l’ac tion de développement d’un Gouvernement à l’autre et offre également l’oppor tunité d’assurer l’atteinte des cibles prioritaires des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de l’agenda 2063 de l’Afrique à tous les niveaux du processus de gestion de développement (niveaux central, sectoriel et local). 54 Ces choix s’inscrivent dans la dynamique actuelle de relance de l’économie béni noise permettant de conforter et de prolonger les actions de développement du PAG dans le cadre de la vision Bénin 2025 Alafia devant conduire à l’accélération du processus de transformations socio-économiques, politiques et culturelles de la société béninoise, intégrant certains vecteurs de changement comme l’inclusi vité, l’équité et la durabilité. 55. Ainsi, le PND se distingue par : › la prise non seulement de la vision Bénin 2025 Alafia mais également des ODD et de l’Agenda Africa 2063 à travers l’intégration quadruplement gagnante entre : i) réduction des inégalités et amélioration de l’inclusion sociale ; ii) crois sance économique et transformation structurelle ; iii) durabilité environnemen tale et iv) gouvernance efficace et inclusive ; › son caractère d’instrument d’excellence pour l’orientation et le pilotage des choix des objectifs stratégiques de développement, des investissements struc turants et des grandes réformes économiques et sociales ; › son cadre de mise en œuvre et de suivi souple et évolutif intégrant les outils de gestion axée sur les résultats et les indicateurs de mesure des performances des dynamiques de changements opérés ainsi que l’appréciation du niveau d’avancement des réformes clés et l’impact des investissements structurants socio-productifs sur la réduction de la pauvreté et des inégalités. 47 Ce chapitre met l’accent sur la dynamique du processus de planification et de développement au Bénin, la méthodologie de rédaction et l’horizon temporel du Plan. Il décrit par conséquent le processus d’élaboration du PND 2018-2025 et donne la composition du cadre institutionnel chargé de son élaboration. 1.1 Fondement et importance du PND 2018-2025 48 Différents documents de planification du développement ont été élaborés et mis en œuvre depuis l’adoption en 2000 de la Vision Bénin 2025 Alafia. Au nombre de ceux-ci, les Orientations Stratégiques de Développement (OSD) 2006-2011, les différentes générations de la Stratégie de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté (SCRP) 2003-2005, 2007-2009 et 2011-2015, l’Agenda Spatial du Bénin 2016, l’Agenda international des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 2000-2015 et les documents de stratégies sectorielles. 49 L’Agenda Spatial du Bénin 2016 a servi de base pour la définition des options d’aménagement et de développement compatible avec les politiques de l’État au plan économique, social et environnemental. Il vise à faire du Bénin « un pays bien aménagé, doté d’infrastructures et de services au bénéfice de la société, et d’une économie compétitive, valorisante pour l’ensemble du pays, respectueuse de l’environnement et ouverte sur l’Afrique et le monde » à travers trois options à savoir : i) le renforcement des pôles de développement et l’amélioration des réseaux structurants, ii) le développement des espaces frontaliers du Bénin, de façon à maximiser les avantages économiques et sociaux pouvant être tirés de sa position géographique et iii) la promotion d’un développement économique durable qui protège et valorise à la fois l’environnement naturel, le patrimoine culturel ainsi que le capital humain. 50 Les évaluations de la Vision 2025 réalisées en 2011 et en 2017 révèlent que, d’une part, tous ces documents ont fait référence à la Vision et, d’autre part, ils sont cré dités d’une bonne cohérence et une pertinence avec cette dernière. Toutefois, le niveau de leur opérationnalisation reste faible pour induire une évolution signifi cative vers la réalisation de leurs visions respectives et de Bénin-2025 Alafia. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 38 39 1.2 Processus d’élaboration du PND 2018-2025 56 La décision du Gouvernement de doter le pays d’un Plan National de Développement s’est traduite par une série de travaux effectués en dix (10) étapes majeures suivant une approche participative et inclusive mobilisant toutes les composantes de la société béninoise. De façon chronologique, il s’agit de : › l’adoption par le Conseil des Ministres, le 15 mars 2017, du cadre insti tutionnel d’élaboration du PND avec pour mission d’orienter, de superviser, d’encadrer et de suivre la mise œuvre de toutes les actions afférentes au pro cessus et d’assurer la mobilisation de toutes les parties prenantes ; › le lancement officiel des travaux par le Gouvernement, le 28 avril 2017 au Palais des Congrès de Cotonou, qui a permis d’informer et d’obtenir l’adhé sion de toutes les composantes de la nation ; › l’élaboration et la validation des notes conceptuelle et d’orientation du PND 2018-2025 qui ont permis d’obtenir un consensus sur l’approche métho dologique détaillée, les outils d’analyse et d’évaluation à utiliser au cours du processus ainsi que les ressources à mobiliser ; › les ateliers techniques de rédaction, d’enrichissement et de consolidation du diagnostic stratégique, des objectifs et orientations stratégiques ainsi que du cadrage macroéconomique et social. Ces travaux réalisés suivant une approche participative et inclusive, regroupant les acteurs clés de développe ment (Ministères sectoriels, Secteur Privé, Société Civile, Partenaires Sociaux,) du niveau central ont permis de disposer d’un premier draft du projet de PND ; › les Concertations dans les douze (12) départements du pays et avec les autres institutions de la République qui ont permis de recueillir les aspirations des acteurs de développement à la base et des autres composantes du pouvoir d’État pour l’enrichissement du draft précédent du projet de PND ; › l’atelier technique national d’examen du deuxième draft du projet de PND, tenu les 14 et 15 novembre 2017 au Palais des Congrès de Cotonou, ayant abouti à un avant-projet du document dont le compte rendu d’étape a été approuvé par le Conseil des Ministres, le 13 décembre 2017 ; › le séminaire gouvernemental, tenu le 08 février 2018, à la Présidence de la République pour examiner les objectifs et grandes orientations de l’avant projet du document ; › la concertation avec les Partenaires Techniques financiers, le 16 mars 2018, sur les objectifs et grandes orientations de l’avant-projet du document; › la validation technique nationale de l’avant-projet du document, le 03 mai 2018 à l’Infosec de Cotonou pour la mise à disposition du projet PND devant être adopté par le Conseil des Ministres ; › l’Adoption du PND par le Conseil des Ministres en sa séance du 24 Octobre 2018. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 38 39 1.2 Processus d’élaboration du PND 2018-2025 56 La décision du Gouvernement de doter le pays d’un Plan National de Développement s’est traduite par une série de travaux effectués en dix (10) étapes majeures suivant une approche participative et inclusive mobilisant toutes les composantes de la société béninoise. De façon chronologique, il s’agit de : › l’adoption par le Conseil des Ministres, le 15 mars 2017, du cadre insti tutionnel d’élaboration du PND avec pour mission d’orienter, de superviser, d’encadrer et de suivre la mise œuvre de toutes les actions afférentes au pro cessus et d’assurer la mobilisation de toutes les parties prenantes ; › le lancement officiel des travaux par le Gouvernement, le 28 avril 2017 au Palais des Congrès de Cotonou, qui a permis d’informer et d’obtenir l’adhé sion de toutes les composantes de la nation ; › l’élaboration et la validation des notes conceptuelle et d’orientation du PND 2018-2025 qui ont permis d’obtenir un consensus sur l’approche métho dologique détaillée, les outils d’analyse et d’évaluation à utiliser au cours du processus ainsi que les ressources à mobiliser ; › les ateliers techniques de rédaction, d’enrichissement et de consolidation du diagnostic stratégique, des objectifs et orientations stratégiques ainsi que du cadrage macroéconomique et social. Ces travaux réalisés suivant une approche participative et inclusive, regroupant les acteurs clés de développe ment (Ministères sectoriels, Secteur Privé, Société Civile, Partenaires Sociaux,) du niveau central ont permis de disposer d’un premier draft du projet de PND ; › les Concertations dans les douze (12) départements du pays et avec les autres institutions de la République qui ont permis de recueillir les aspirations des acteurs de développement à la base et des autres composantes du pouvoir d’État pour l’enrichissement du draft précédent du projet de PND ; › l’atelier technique national d’examen du deuxième draft du projet de PND, tenu les 14 et 15 novembre 2017 au Palais des Congrès de Cotonou, ayant abouti à un avant-projet du document dont le compte rendu d’étape a été approuvé par le Conseil des Ministres, le 13 décembre 2017 ; › le séminaire gouvernemental, tenu le 08 février 2018, à la Présidence de la République pour examiner les objectifs et grandes orientations de l’avant projet du document ; › la concertation avec les Partenaires Techniques financiers, le 16 mars 2018, sur les objectifs et grandes orientations de l’avant-projet du document; › la validation technique nationale de l’avant-projet du document, le 03 mai 2018 à l’Infosec de Cotonou pour la mise à disposition du projet PND devant être adopté par le Conseil des Ministres ; › l’Adoption du PND par le Conseil des Ministres en sa séance du 24 Octobre 2018. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 40 41 2 DIAGNOSTIC STRATÉGIQUE DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 40 41 2 DIAGNOSTIC STRATÉGIQUE DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 42 43 2014 et 2015 après de très bons résultats obtenus de 2011 à 2013. Des efforts doivent être faits pour la maitrîse du déficit budgétaire global, le solde courant de la balance des paiements et de la masse salariale. Depuis 2016, les perspec tives de stabilisation budgétaires sont palpables, en particulier, dans le cadre de la mise en place d’un programme avec le FMI dans le cadre d’un accord de Facilité Élargie de Crédit. › Pour la dynamisation du secteur privé et du développement de l’entreprise, en dépit de la dynamique positive notée au niveau des indicateurs de résultats, le niveau d’atteinte des cibles fixées reste encore globalement faible sur la période 2011-2015 surtout au niveau des différents paramètres du Doing Business (de 173e en 2011 à 151e en 2015), car la réduction du taux d’imposition, ainsi que la durée d’exécution des contrats sont encore à améliorer. › En ce qui concerne la diversification de l’économie, les valeurs cibles des indi cateurs de mesure des performances ne sont pas atteintes en dépit des efforts déployés en matière de couverture des besoins alimentaires d’origine végétale et de la production cotonnière : le taux de couverture des besoins alimentaires d’origine animale est de 49,36 % en 2014 contre une cible de 82 % ; le taux de couverture des besoins alimentaires d’origine végétale est de 139,52 % en 2014 contre une cible de 168 % ; le taux de croissance du PIB agricole est de 6,5 % en 2014 contre une cible de 17 %. › Pour ce qui est des infrastructures énergétiques, 342 nouvelles localités ont été électrifiées sur 1467 nouvelles localités prévues sur la période. Quant aux infras tructures hydrauliques, des progrès notables sont bien enregistrés. Cependant, les défis demeurent importants pour l’accès des populations et du secteur privé à l’énergie fiable à faible coût. › Au niveau du renforcement du capital humain, le bilan est nuancé selon les secteurs. L’analyse des performances enregistrées au cours de la période 2011 2015 dans le secteur de la santé met en évidence que le niveau global d’at teinte des indicateurs sanitaires est faible, avec un niveau moyen d’atteinte de 69,4% ; le taux de fréquentation globale des services de santé par les popula tions est de 50,30% contre un objectif de 80% en 2015. Au niveau du secteur de l’éducation, le niveau global d’atteinte des indicateurs est faible en matière de qualité de l’éducation et de formation professionnelle bien que des progrès significatifs soient enregistrés pour certains indicateurs d’accès. › En matière de gouvernance : i) la qualité de la gestion des finances publiques a été renforcée avec l’institution des débats parlementaires et citoyens sur les orientations budgétaires, l’élaboration de la note analytique sur le pro gramme de développement, du Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP), des maquettes disponibles des DPPD et leurs PAP dans le cadre de la mise en œuvre des réformes des finances pu bliques de l’UEMOA ; la réduction des délais moyens de passation des marchés publics de fournitures et de services sur financement du budget national (26 jours contre 55 jours pour le premier et 20 jours contre 65 jours pour le second). Par contre, le taux d’exécution des dépenses courantes hors salaires du BGE (base engagement) s’est détérioré et s’est établi à 70 % en 2015 contre une cible d’au moins 80%, ainsi que le taux d’exécution des dépenses d’investissements sur ressources propres du BGE ; ii) l’indice de redevabilité de Mo Ibrahim stagne à 36,1/100 (2017) l’Indice de Participation et Droits de l’Homme à 63,4/100 (2017), l’indice de Transparency International sur la corruption à 85/180 (2017) l’évaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA) de la Banque mondiale à 3,5 points. En ce qui concerne, la promotion des droits humains et le renforcement des capacités juridiques des pauvres, les efforts entrepris 57 Pour fixer les objectifs et orientations stratégiques du développement écono mique, social, culturel et environnemental du Bénin, un état des lieux est né cessaire afin de cerner avec précision les différents défis et enjeux majeurs aux quels le pays fait face. Ce diagnostic stratégique qui fait une analyse rétrospective du processus de développement du Bénin est structuré autour d’une revue des leçons apprises de différents référentiels de développement mis en œuvre ces dernières années et de quatre thématiques que sont : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la croissance économique : productivité et compé titivité iii) l’environnement, le changement climatique et le développement des territoires ; et iv) la gouvernance, les institutions, la paix et la sécurité. Il s’agit des thématiques prenant appui sur les concepts des ODD, de la Sécurité humaine, le tout en rapport avec la vision Bénin 2025 Alafia. 2.1 Leçons apprises des principaux réferentiels de developpement 58 Les principaux enseignements retenus de la mise en œuvre de la SCRP 2011 2015 sont : › L’analyse des performances socio-économiques du Bénin sur la période 2011 2015 montre : i) une croissance économique moyenne de 5,3 % sur la période 2001-2015 mais, elle reste insuffisante dans un contexte où la croissance dé mographique est de 3,5 % par an et a été très insuffisamment inclusive puisque la pauvreté s’est aggravée passant de 36,2 % en 2011 à 40,1 % en 2015 ; ii) une persistance voire une légère augmentation des inégalités dans la distribution de la consommation par tête des ménages, inégalités principalement induites par les déséquilibres entre les départements, les différences dans les niveaux d’éducation et les tailles des ménages ; iii) une augmentation de 16,5 % du coût des besoins essentiels qui constitue le seuil de pauvreté. La croissance écono mique ne semble pas avoir profité aux plus pauvres ; ce constat soulève plu sieurs questions sur l’efficacité de la mise en œuvre des politiques publiques conçues pour être pro-pauvres mais qui au final impactent très peu la réparti tion équitable des fruits de la croissance et l’inclusion des populations vulné rables dans la création de richesse. › Dans le domaine de la consolidation du cadre macroéconomique, beaucoup de progrès sont enregistrés en termes de la maîtrise de l’inflation et du service de la dette et d’amélioration du taux d’investissement, contrairement au défi cit budgétaire global qui s’est détérioré pour s’établir à -8,4 % en 2015 contre une prévision de -3,90 %. Cette tendance est également retrouvée au niveau du ratio masse salariale par rapport au PIB ; une détérioration de la situation en P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 42 43 2014 et 2015 après de très bons résultats obtenus de 2011 à 2013. Des efforts doivent être faits pour la maitrîse du déficit budgétaire global, le solde courant de la balance des paiements et de la masse salariale. Depuis 2016, les perspec tives de stabilisation budgétaires sont palpables, en particulier, dans le cadre de la mise en place d’un programme avec le FMI dans le cadre d’un accord de Facilité Élargie de Crédit. › Pour la dynamisation du secteur privé et du développement de l’entreprise, en dépit de la dynamique positive notée au niveau des indicateurs de résultats, le niveau d’atteinte des cibles fixées reste encore globalement faible sur la période 2011-2015 surtout au niveau des différents paramètres du Doing Business (de 173e en 2011 à 151e en 2015), car la réduction du taux d’imposition, ainsi que la durée d’exécution des contrats sont encore à améliorer. › En ce qui concerne la diversification de l’économie, les valeurs cibles des indi cateurs de mesure des performances ne sont pas atteintes en dépit des efforts déployés en matière de couverture des besoins alimentaires d’origine végétale et de la production cotonnière : le taux de couverture des besoins alimentaires d’origine animale est de 49,36 % en 2014 contre une cible de 82 % ; le taux de couverture des besoins alimentaires d’origine végétale est de 139,52 % en 2014 contre une cible de 168 % ; le taux de croissance du PIB agricole est de 6,5 % en 2014 contre une cible de 17 %. › Pour ce qui est des infrastructures énergétiques, 342 nouvelles localités ont été électrifiées sur 1467 nouvelles localités prévues sur la période. Quant aux infras tructures hydrauliques, des progrès notables sont bien enregistrés. Cependant, les défis demeurent importants pour l’accès des populations et du secteur privé à l’énergie fiable à faible coût. › Au niveau du renforcement du capital humain, le bilan est nuancé selon les secteurs. L’analyse des performances enregistrées au cours de la période 2011 2015 dans le secteur de la santé met en évidence que le niveau global d’at teinte des indicateurs sanitaires est faible, avec un niveau moyen d’atteinte de 69,4% ; le taux de fréquentation globale des services de santé par les popula tions est de 50,30% contre un objectif de 80% en 2015. Au niveau du secteur de l’éducation, le niveau global d’atteinte des indicateurs est faible en matière de qualité de l’éducation et de formation professionnelle bien que des progrès significatifs soient enregistrés pour certains indicateurs d’accès. › En matière de gouvernance : i) la qualité de la gestion des finances publiques a été renforcée avec l’institution des débats parlementaires et citoyens sur les orientations budgétaires, l’élaboration de la note analytique sur le pro gramme de développement, du Document de Programmation Budgétaire et Economique Pluriannuelle (DPBEP), des maquettes disponibles des DPPD et leurs PAP dans le cadre de la mise en œuvre des réformes des finances pu bliques de l’UEMOA ; la réduction des délais moyens de passation des marchés publics de fournitures et de services sur financement du budget national (26 jours contre 55 jours pour le premier et 20 jours contre 65 jours pour le second). Par contre, le taux d’exécution des dépenses courantes hors salaires du BGE (base engagement) s’est détérioré et s’est établi à 70 % en 2015 contre une cible d’au moins 80%, ainsi que le taux d’exécution des dépenses d’investissements sur ressources propres du BGE ; ii) l’indice de redevabilité de Mo Ibrahim stagne à 36,1/100 (2017) l’Indice de Participation et Droits de l’Homme à 63,4/100 (2017), l’indice de Transparency International sur la corruption à 85/180 (2017) l’évaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA) de la Banque mondiale à 3,5 points. En ce qui concerne, la promotion des droits humains et le renforcement des capacités juridiques des pauvres, les efforts entrepris 57 Pour fixer les objectifs et orientations stratégiques du développement écono mique, social, culturel et environnemental du Bénin, un état des lieux est né cessaire afin de cerner avec précision les différents défis et enjeux majeurs aux quels le pays fait face. Ce diagnostic stratégique qui fait une analyse rétrospective du processus de développement du Bénin est structuré autour d’une revue des leçons apprises de différents référentiels de développement mis en œuvre ces dernières années et de quatre thématiques que sont : i) le capital humain et le bien-être des populations ; ii) la croissance économique : productivité et compé titivité iii) l’environnement, le changement climatique et le développement des territoires ; et iv) la gouvernance, les institutions, la paix et la sécurité. Il s’agit des thématiques prenant appui sur les concepts des ODD, de la Sécurité humaine, le tout en rapport avec la vision Bénin 2025 Alafia. 2.1 Leçons apprises des principaux réferentiels de developpement 58 Les principaux enseignements retenus de la mise en œuvre de la SCRP 2011 2015 sont : › L’analyse des performances socio-économiques du Bénin sur la période 2011 2015 montre : i) une croissance économique moyenne de 5,3 % sur la période 2001-2015 mais, elle reste insuffisante dans un contexte où la croissance dé mographique est de 3,5 % par an et a été très insuffisamment inclusive puisque la pauvreté s’est aggravée passant de 36,2 % en 2011 à 40,1 % en 2015 ; ii) une persistance voire une légère augmentation des inégalités dans la distribution de la consommation par tête des ménages, inégalités principalement induites par les déséquilibres entre les départements, les différences dans les niveaux d’éducation et les tailles des ménages ; iii) une augmentation de 16,5 % du coût des besoins essentiels qui constitue le seuil de pauvreté. La croissance écono mique ne semble pas avoir profité aux plus pauvres ; ce constat soulève plu sieurs questions sur l’efficacité de la mise en œuvre des politiques publiques conçues pour être pro-pauvres mais qui au final impactent très peu la réparti tion équitable des fruits de la croissance et l’inclusion des populations vulné rables dans la création de richesse. › Dans le domaine de la consolidation du cadre macroéconomique, beaucoup de progrès sont enregistrés en termes de la maîtrise de l’inflation et du service de la dette et d’amélioration du taux d’investissement, contrairement au défi cit budgétaire global qui s’est détérioré pour s’établir à -8,4 % en 2015 contre une prévision de -3,90 %. Cette tendance est également retrouvée au niveau du ratio masse salariale par rapport au PIB ; une détérioration de la situation en P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 44 45 Tableau 1 : Bilan des dix-sept (17) cibles OMD au Bénin Source : rapport d’évaluation des omd au Bénin, 2016 60 En ce qui concerne, l’aménagement du territoire, le programme d’investissement public n’a pas suffisamment pris en compte les préoccupations d’ordre spatial, ce qui a accentué les disparités entre les villes et les campagnes d’une part, et entre les différentes zones géographiques d’autre part. La faible valorisation des poten tialités et atouts n’a pas permis de réduire le déséquilibre observé au niveau du développement territorial. n’ont pas permis d’atteindre les cibles des indicateurs retenus pour apprécier les progrès dans ce domaine d’intervention : selon l’indice de satisfaction dans l’appareil judiciaire (sondage Gallup), 45 % des Béninois ne font pas confiance au système judiciaire et aux tribunaux (RDH 2016 ; la durée moyenne des dé tentions préventives des détenus des cabinets d’instruction demeure élevée et bien au-dessus de la cible de 8 jours à atteindre en 2014 ; le taux d’occupation des prisons s’est établi à 189 % en 2014 contre une cible de 125 %. › Pour le développement équilibré et durable de l’espace national, les objec tifs visés, à travers la décentralisation et l’aménagement du territoire, ont été atteints uniquement au niveau de trois cibles sur huit ; le taux d’exécution des transferts FADeC s’est établi à 101,8 % contre une prévision de 100 % ; en ce qui concerne l’environnement, sur trois indicateurs retenus, seul le niveau de réali sation de la superficie reboisée s’est rapproché de sa cible (3-4-6). Efficacité dé coulant de la mise en œuvre du Programme d’Actions Prioritaires de la SCRP (2011-2015) ; des pertes importantes d’actifs et dégradation du bien-être des populations causées par des catastrophes naturelles demeurent importantes, respectivement 0,26 % et 0,53 % du PIB au Bénin ; chaque année, 1 468 per sonnes pour 1 million d’habitants sont privées d’abri et la part faible des éner gies renouvelables dans la consommation globale d’énergie a été de 3,4 %. 59 Au niveau des OMD, sur les dix-sept cibles suivies et évaluées au Bénin, seule ment deux cibles auront été atteintes : la cible visant la réduction de l’incidence du VIH/SIDA et celle concernant le service de la dette. Nonobstant ces résultats, la pratique et la mise en œuvre des OMD permettent d’indiquer quelques le çons à retenir. Les principales leçons apprises sont : i) l’appropriation des objectifs globaux de développement, ii) la conception d’instruments de mise en œuvre des objectifs de développement, iii) le financement des politiques sensibles aux objectifs sur les ressources internes suivant une programmation et une exécution budgétaires efficiente, iv) le suivi de la mise en œuvre des interventions au-delà des résultats, v) l’indépendance du système statistique, et vi) la redevabilité accrue avec un leadership renforcé (PNUD, 2016). CIBLES OMD situation 1.A Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à $ 1/jour Non 1.B Assurer le plein emploi productif et le travail décent pour tous, y compris les femmes et les jeunes Non 1.C Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim Proche 2.A Donner à tous les enfants les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires Proche 3.A Éliminer les disparités entre les sexes à tous les niveaux de l’enseignement En partie 4.A Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans Non 5.A Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle Non 5.B Assurer l’accès universel à la santé reproductive Non 6.A Avoir enrayé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle Proche 6.B D’ici à 2010, assurer à tous ceux qui en ont besoin l’accès aux traitements contre le VIH/sida En partie 6.C Avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies et commencé à inverser la tendance actuelle Proche 7.C Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base En partie 7.D Améliorer sensiblement, D’ici à 2020, les conditions de vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis Non 8.B Répondre aux besoins particuliers des pays les moins avancés Non 8.D Traiter largement des problèmes de dette des pays en voie de développement par des mesures nationales et internationales afin de rendre la dette soutenable à long terme Atteinte 8.E En collaboration avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les PED Non 8.F En collaboration avec le secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, soient accordés à tous Non P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 44 45 Tableau 1 : Bilan des dix-sept (17) cibles OMD au Bénin Source : rapport d’évaluation des omd au Bénin, 2016 60 En ce qui concerne, l’aménagement du territoire, le programme d’investissement public n’a pas suffisamment pris en compte les préoccupations d’ordre spatial, ce qui a accentué les disparités entre les villes et les campagnes d’une part, et entre les différentes zones géographiques d’autre part. La faible valorisation des poten tialités et atouts n’a pas permis de réduire le déséquilibre observé au niveau du développement territorial. n’ont pas permis d’atteindre les cibles des indicateurs retenus pour apprécier les progrès dans ce domaine d’intervention : selon l’indice de satisfaction dans l’appareil judiciaire (sondage Gallup), 45 % des Béninois ne font pas confiance au système judiciaire et aux tribunaux (RDH 2016 ; la durée moyenne des dé tentions préventives des détenus des cabinets d’instruction demeure élevée et bien au-dessus de la cible de 8 jours à atteindre en 2014 ; le taux d’occupation des prisons s’est établi à 189 % en 2014 contre une cible de 125 %. › Pour le développement équilibré et durable de l’espace national, les objec tifs visés, à travers la décentralisation et l’aménagement du territoire, ont été atteints uniquement au niveau de trois cibles sur huit ; le taux d’exécution des transferts FADeC s’est établi à 101,8 % contre une prévision de 100 % ; en ce qui concerne l’environnement, sur trois indicateurs retenus, seul le niveau de réali sation de la superficie reboisée s’est rapproché de sa cible (3-4-6). Efficacité dé coulant de la mise en œuvre du Programme d’Actions Prioritaires de la SCRP (2011-2015) ; des pertes importantes d’actifs et dégradation du bien-être des populations causées par des catastrophes naturelles demeurent importantes, respectivement 0,26 % et 0,53 % du PIB au Bénin ; chaque année, 1 468 per sonnes pour 1 million d’habitants sont privées d’abri et la part faible des éner gies renouvelables dans la consommation globale d’énergie a été de 3,4 %. 59 Au niveau des OMD, sur les dix-sept cibles suivies et évaluées au Bénin, seule ment deux cibles auront été atteintes : la cible visant la réduction de l’incidence du VIH/SIDA et celle concernant le service de la dette. Nonobstant ces résultats, la pratique et la mise en œuvre des OMD permettent d’indiquer quelques le çons à retenir. Les principales leçons apprises sont : i) l’appropriation des objectifs globaux de développement, ii) la conception d’instruments de mise en œuvre des objectifs de développement, iii) le financement des politiques sensibles aux objectifs sur les ressources internes suivant une programmation et une exécution budgétaires efficiente, iv) le suivi de la mise en œuvre des interventions au-delà des résultats, v) l’indépendance du système statistique, et vi) la redevabilité accrue avec un leadership renforcé (PNUD, 2016). CIBLES OMD situation 1.A Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à $ 1/jour Non 1.B Assurer le plein emploi productif et le travail décent pour tous, y compris les femmes et les jeunes Non 1.C Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim Proche 2.A Donner à tous les enfants les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires Proche 3.A Éliminer les disparités entre les sexes à tous les niveaux de l’enseignement En partie 4.A Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans Non 5.A Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle Non 5.B Assurer l’accès universel à la santé reproductive Non 6.A Avoir enrayé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle Proche 6.B D’ici à 2010, assurer à tous ceux qui en ont besoin l’accès aux traitements contre le VIH/sida En partie 6.C Avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies et commencé à inverser la tendance actuelle Proche 7.C Réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base En partie 7.D Améliorer sensiblement, D’ici à 2020, les conditions de vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis Non 8.B Répondre aux besoins particuliers des pays les moins avancés Non 8.D Traiter largement des problèmes de dette des pays en voie de développement par des mesures nationales et internationales afin de rendre la dette soutenable à long terme Atteinte 8.E En collaboration avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les PED Non 8.F En collaboration avec le secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, soient accordés à tous Non P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 46 47 gement structurel de l’économie béninoise, le modèle de croissance du Bénin et ses politiques sectorielles ont eu des répercussions sur le rythme et le niveau du développement humain. 64 L’Indice de Développement Humain (IDH) qui prend en compte les indicateurs sensibles à la répartition de revenus pour mieux refléter les inégalités de revenus (IDHI), montre pour 2015 que l’IDH normal du Bénin est passé de 0,485 (165e rang sur 188 pays) à 0,304 (IDHI ajusté aux inégalités) soit une perte de valeur de 37,4 %. Cette perte est due surtout à l’inégalité de scolarisation (-44,8 %), l’inégalité de santé (-37,0%) et celle liée aux revenus (-29,4 %). Avec cette nouvelle méthode de calcul adoptée depuis 2010, l’IDHI devient l’indice de développement humain « potentiel » à atteindre en l’absence de toute inégalité ; cela ouvre, pour le Bénin, des perspectives pour le développement des programmes ciblés et des straté gies d’accélération de l’atteinte de certaines cibles des ODD visant l’amélioration des performances des systèmes éducatif, de santé et de réduction des inégalités sociales. La baisse de la valeur de l’IDH du Bénin est plus forte que celle enregis trée dans la moyenne mondiale (-22,1 %) et dans la moyenne des pays d’Afrique Subsaharienne (-32,2 %). 65 Sur la période 1990-2014, le taux de croissance annuel moyen de l’IDH au Bénin a été de 1,40 % contre 1,08 % pour l’Afrique Subsaharienne. Toutefois, le Bénin accuse depuis 2010 un mouvement de décrochage par rapport au reste des pays africains, avec un taux de croissance de l’IDH de 0,64 % entre 2010 et 2014 contre 1,08 % pour l’Afrique Subsaharienne. Les contreperformances du Bénin sont impu tables principalement aux très faibles contributions du revenu monétaire, au faible niveau de développement du capital humain lié aux insuffisances du système édu catif et à la forte croissance démographique (3,5 %). Le revenu monétaire moyen par habitant a enregistré un rythme de croissance de 0,8 % résultant des inégali tés de revenus et du fort taux de pauvreté. Les progrès en matière de croissance économique (une moyenne de 5 % sur la période de 2010-2015) sont annihilés, en grande partie, par le niveau élevé du taux de croissance démographique qui exerce une forte pression sur les services sociaux de base et l’emploi des jeunes. Tableau 2 : Comparaison des IDH, IDHI et des pertes dues aux inégalités en 2015 Source : rapport mondial sur le développement humain en 2016, pnud 66 L’incidence de la pauvreté monétaire (P0) s’est accrue pour s’établir à 40,08 % en 2015 contre 36,19% en 2011 ; 35,21 % en 2009 et 33,26 % en 2007 ; entre 2011 et 2015, la pauvreté a augmenté de 3,9 points. La profondeur de la pauvreté (P1) a également connu une aggravation, passant respectivement de 0,098 en 2011 à 0,18 en 2015. Cette pauvreté est fondamentalement rurale, touchant 43,6 % des populations rurales. 61 Par ailleurs, les premiers éléments de l’évaluation récente de la première dé cennie de mise en œuvre de la vision Bénin 2025 Alafia a permis de constater : i) l’inexistence d’un cadre formel de son opérationnalisation, ii) l’inexistence d’un système de suivi et d’évaluation des réalisations des cibles retenues, iii) l’imperfec tion de la gouvernance démocratique et son écart par rapport à l’évolution pro jetée, iv) l’inexistence de cadrage macroéconomique des stratégies et scénarii de croissance retenus et v) l’inexistence d’un système d’information formel de suivi et évaluation des programmes mis en œuvre. 62 Enfin, l’élaboration et la mise en œuvre des documents de politique et de stra tégie n’ont pas suffisamment tenu compte des menaces à la sécurité humaine2. En effet, les mesures essentielles pour renforcer la sécurité humaine s’articulent autour de sept (07) composantes à savoir : i) la sécurité économique, ii) la sécurité alimentaire, iii) la sécurité environnementale, iv) la sécurité personnelle, v) la sécu rité communautaire, vi) la sécurité sanitaire et la vii) la sécurité politique. 2.2 Capital humain et bien-être des populations : progrès lents du développement humain et aggravation des inégalités 2.2.1 – pauvretÉ et inÉgalitÉS : aggravation de la pauvretÉ monÉtaire et deS inÉgalitÉS 63 Les contreperformances des politiques publiques du modèle de croissance qui a prévalu pendant plusieurs années ont produit, d’une part, des effets limités sur la réduction de la pauvreté, des inégalités sociales, des progrès lents dans le développement du capital humain et la vulnérabilité socio-économique de certaines catégories de la population, avec des incidences sur le niveau de déve loppement humain et, d’autre part, des disparités régionales. Influencé par un processus de transition démographique très lent et les difficultés d’un réel chan PAyS idh idhi % des pertes Monde 0,717 0,557 -22,3 % Afrique Subsaharienne 0,523 0,355 -32,2 % Bénin 0,485 0,304 -37,4 % 2 cf. rapport sur le développement humain 2010-2011 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 46 47 gement structurel de l’économie béninoise, le modèle de croissance du Bénin et ses politiques sectorielles ont eu des répercussions sur le rythme et le niveau du développement humain. 64 L’Indice de Développement Humain (IDH) qui prend en compte les indicateurs sensibles à la répartition de revenus pour mieux refléter les inégalités de revenus (IDHI), montre pour 2015 que l’IDH normal du Bénin est passé de 0,485 (165e rang sur 188 pays) à 0,304 (IDHI ajusté aux inégalités) soit une perte de valeur de 37,4 %. Cette perte est due surtout à l’inégalité de scolarisation (-44,8 %), l’inégalité de santé (-37,0%) et celle liée aux revenus (-29,4 %). Avec cette nouvelle méthode de calcul adoptée depuis 2010, l’IDHI devient l’indice de développement humain « potentiel » à atteindre en l’absence de toute inégalité ; cela ouvre, pour le Bénin, des perspectives pour le développement des programmes ciblés et des straté gies d’accélération de l’atteinte de certaines cibles des ODD visant l’amélioration des performances des systèmes éducatif, de santé et de réduction des inégalités sociales. La baisse de la valeur de l’IDH du Bénin est plus forte que celle enregis trée dans la moyenne mondiale (-22,1 %) et dans la moyenne des pays d’Afrique Subsaharienne (-32,2 %). 65 Sur la période 1990-2014, le taux de croissance annuel moyen de l’IDH au Bénin a été de 1,40 % contre 1,08 % pour l’Afrique Subsaharienne. Toutefois, le Bénin accuse depuis 2010 un mouvement de décrochage par rapport au reste des pays africains, avec un taux de croissance de l’IDH de 0,64 % entre 2010 et 2014 contre 1,08 % pour l’Afrique Subsaharienne. Les contreperformances du Bénin sont impu tables principalement aux très faibles contributions du revenu monétaire, au faible niveau de développement du capital humain lié aux insuffisances du système édu catif et à la forte croissance démographique (3,5 %). Le revenu monétaire moyen par habitant a enregistré un rythme de croissance de 0,8 % résultant des inégali tés de revenus et du fort taux de pauvreté. Les progrès en matière de croissance économique (une moyenne de 5 % sur la période de 2010-2015) sont annihilés, en grande partie, par le niveau élevé du taux de croissance démographique qui exerce une forte pression sur les services sociaux de base et l’emploi des jeunes. Tableau 2 : Comparaison des IDH, IDHI et des pertes dues aux inégalités en 2015 Source : rapport mondial sur le développement humain en 2016, pnud 66 L’incidence de la pauvreté monétaire (P0) s’est accrue pour s’établir à 40,08 % en 2015 contre 36,19% en 2011 ; 35,21 % en 2009 et 33,26 % en 2007 ; entre 2011 et 2015, la pauvreté a augmenté de 3,9 points. La profondeur de la pauvreté (P1) a également connu une aggravation, passant respectivement de 0,098 en 2011 à 0,18 en 2015. Cette pauvreté est fondamentalement rurale, touchant 43,6 % des populations rurales. 61 Par ailleurs, les premiers éléments de l’évaluation récente de la première dé cennie de mise en œuvre de la vision Bénin 2025 Alafia a permis de constater : i) l’inexistence d’un cadre formel de son opérationnalisation, ii) l’inexistence d’un système de suivi et d’évaluation des réalisations des cibles retenues, iii) l’imperfec tion de la gouvernance démocratique et son écart par rapport à l’évolution pro jetée, iv) l’inexistence de cadrage macroéconomique des stratégies et scénarii de croissance retenus et v) l’inexistence d’un système d’information formel de suivi et évaluation des programmes mis en œuvre. 62 Enfin, l’élaboration et la mise en œuvre des documents de politique et de stra tégie n’ont pas suffisamment tenu compte des menaces à la sécurité humaine2. En effet, les mesures essentielles pour renforcer la sécurité humaine s’articulent autour de sept (07) composantes à savoir : i) la sécurité économique, ii) la sécurité alimentaire, iii) la sécurité environnementale, iv) la sécurité personnelle, v) la sécu rité communautaire, vi) la sécurité sanitaire et la vii) la sécurité politique. 2.2 Capital humain et bien-être des populations : progrès lents du développement humain et aggravation des inégalités 2.2.1 – pauvretÉ et inÉgalitÉS : aggravation de la pauvretÉ monÉtaire et deS inÉgalitÉS 63 Les contreperformances des politiques publiques du modèle de croissance qui a prévalu pendant plusieurs années ont produit, d’une part, des effets limités sur la réduction de la pauvreté, des inégalités sociales, des progrès lents dans le développement du capital humain et la vulnérabilité socio-économique de certaines catégories de la population, avec des incidences sur le niveau de déve loppement humain et, d’autre part, des disparités régionales. Influencé par un processus de transition démographique très lent et les difficultés d’un réel chan PAyS idh idhi % des pertes Monde 0,717 0,557 -22,3 % Afrique Subsaharienne 0,523 0,355 -32,2 % Bénin 0,485 0,304 -37,4 % 2 cf. rapport sur le développement humain 2010-2011 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 48 49 Figure 1 : Évolution contrastée de la croissance économique et de la pauvreté (NG) Source : document de travail pour l’élaboration de la nouvelle stratégie de développement, mpd, pnud août 2016 73 Les données issues des différentes enquêtes (EMICoV 2007, 2009, 2011 et 2015) montrent une persistance, voire une hausse des inégalités dans la distribu tion des dépenses de consommation par tête dans les ménages au cours de la période 2007-2015. En effet, l’indice de Gini demeure élevé sur la période et passe de 0,4715 en 2007 à 0,4996 en 2015 après une baisse en 2009 (0,4688) et en 2011 (0,4638). Une analyse différenciée selon le milieu de résidence permet de constater que l’augmentation de la concentration des richesses des plus riches au niveau national résulte de celle du milieu urbain où l’indice de Gini est passé de 0,4646 en 2007 à 0,4906 en 2015 après une baisse entre 2009 et 2011 (0,4679 à 0,4517). Toutefois, la tendance à la baisse des inégalités observée entre 2007 et 2011 est remarquable en milieu rural où l’indice de Gini est passé de 0,4162 en 2007 à 0,3733 en 2011. 74 L’analyse de la répartition des inégalités spatiales intra régionales révèle que, sur la période 2007-2015, les inégalités se sont accentuées dans l’ensemble des départements, à l’exception de l’Alibori, de l’Atlantique et du Mono où elles ont baissé sur la même période. Les inégalités de dépenses par tête sont plus fortes dans le Borgou (0,499), l’Ouémé (0,485), les Collines (0,460) et faibles dans les départements de l’Atlantique (0,345) et du Plateau (0,375). Par rapport à 2011, les inégalités se sont plus accentuées dans les départements du Zou (0,115 point), des Collines (0,082), du Couffo (0,058) et de l’Alibori (0,053). 75 Par ailleurs, les inégalités au niveau national résultent davantage des inégalités entre les départements que des inégalités à l’intérieur des départements. En effet, avec une contribution croissante de 22,2 points à l’inégalité nationale (contribu tion de 82,9 % en 2015 contre 60,7 % en 2007), les disparités départementales cristallisent la faiblesse de la mise en œuvre des différentes politiques et stratégies initiées depuis 2007, notamment celles des différentes stratégies de réduction de pauvreté, à assurer un développement équilibré entre les régions. 67 L’impact de la pauvreté monétaire montre qu’elle est un facteur structurel de la vulnérabilité de l’enfant. En 2015, 43,3 % des enfants de 0 à 17 ans (en moyenne 2 millions) vivent dans des ménages pauvres. 68 En 2015, la pauvreté non monétaire3 est en recul, contrairement à la pauvre té monétaire, et en lien avec l’amélioration de l’accès aux infrastructures de base. En effet, de 39,84 % en 2007, l’incidence de la pauvreté non monétaire s’est établie à 29,41 % en 2015 contre 29,57 % en 2011 et 30,84 % en 2009. En ce qui concerne l’écart de la pauvreté non monétaire, il a connu deux pics sur la période. Il est passé de 25,2 % du seuil de la pauvreté non monétaire en 2007 à 41,2 % en 2009 ; puis de 40,2 % en 2011 à 27,4 % en 2015. Cette évolution de l’écart de la pauvreté non monétaire sur la période 2007-2015 est couplée d’une baisse des inégalités parmi les pauvres. Cependant, sur la période 2011-2015, les ménages ruraux ont vu leurs conditions de vie se détériorer avec l’incidence de la pauvreté non monétaire qui est passée de 32,88 % à 35,86 %. Les disparités régionales de cette pauvreté non monétaire sont très contrastées : l’Atacora (45,2 %), le Couffo (43,7 %), le Mono (40,7 %), l’Alibori (37,7 %), le Zou (33,8 %) et le Plateau (30,8 %). 69 La pauvreté non monétaire met les enfants dans un contexte de privation préoc cupante. Ainsi, près de 97,3 % souffrent d’au moins une privation (l’alimentation, l’eau potable, l’assainissement, les soins de santé de base, le logement, l’éduca tion et l’accès à l’information) et 64,5 % des enfants en subissent au moins 3 à la fois et seulement 2 % échappent à toutes les privations4. 70 Le noyau dur de la pauvreté au Bénin, constitué par les personnes cumulant la pauvreté monétaire et la pauvreté non monétaire touche 15,3 % de la popula tion en 2015 contre 13,6 % en 2011, 11 % en 2009 et 12,48 % en 2007. Les per sonnes cumulant ces deux formes de pauvreté ont à la fois de faibles dépenses de consommation et des privations en termes d’actifs et de condition de vie. Il ressort qu’en moyenne, 12,9 % de la population présentent les deux formes de pauvreté sur la période 2007-2015 avec un élargissement du noyau dur de la pau vreté entre 2011 et 2015. Les ménages cumulant ces deux formes de pauvreté sont de 14,76 % en 2015 contre 13,36 % en 2011. 71 En 2015, plus de la moitié (59,9 %) de la population béninoise vit dans l’extrême pauvreté si on se réfère au seuil mondial d’un revenu annuel de 1,90 dollars par jour en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA). Au niveau spatial, tous les départements présentent une situation préoccupante avec une proportion de plus de 60 % d’extrêmes pauvres à l’exception des départements du Littoral, de l’Ouémé, de l’Atlantique et du Plateau. 72 L’aggravation de la pauvreté monétaire contraste avec les tendances observées au niveau du taux de croissance économique qui est passé d’une moyenne annuelle de 4,2 % entre 2000-2005 à 3,8% entre 2006-2010 et à 4,6 % entre 2011-2015. 2007 2009 2011 2015 65 60 55 50 45 40 7 6 6 5 4 3 2 i Indic OMD 1.1 Taux de croissance 2007 2009 2011 2015 65 60 55 50 45 40 7 5 4 3 2 i Indic OMD 1.1 Taux de croissance (n-1) Couplage préoccupant entre la croissance économique et la pauvreté qui évoluent dans le même sens. En décalant d’une année, pour tenir compte du fait que c’est la croissance économique de l’année (n-1) qui influence la pauvreté de l’année n, l’effet de ciseaux souhaité apparaît entre 2009 et 2011. Toutefois, le couplage persiste sur les périodes 2007-2009 et 2011-2015. 3 cette forme de pauvreté est mesurée par un indice composite qui traduit l’ampleur des privations en termes de confort général du logement, de possession de biens durables, et d’accès aux services sociaux de base 4 rapport sur la pauvreté et les privations de l’enfant au Bénin, mpd/unicef, octobre 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 48 49 Figure 1 : Évolution contrastée de la croissance économique et de la pauvreté (NG) Source : document de travail pour l’élaboration de la nouvelle stratégie de développement, mpd, pnud août 2016 73 Les données issues des différentes enquêtes (EMICoV 2007, 2009, 2011 et 2015) montrent une persistance, voire une hausse des inégalités dans la distribu tion des dépenses de consommation par tête dans les ménages au cours de la période 2007-2015. En effet, l’indice de Gini demeure élevé sur la période et passe de 0,4715 en 2007 à 0,4996 en 2015 après une baisse en 2009 (0,4688) et en 2011 (0,4638). Une analyse différenciée selon le milieu de résidence permet de constater que l’augmentation de la concentration des richesses des plus riches au niveau national résulte de celle du milieu urbain où l’indice de Gini est passé de 0,4646 en 2007 à 0,4906 en 2015 après une baisse entre 2009 et 2011 (0,4679 à 0,4517). Toutefois, la tendance à la baisse des inégalités observée entre 2007 et 2011 est remarquable en milieu rural où l’indice de Gini est passé de 0,4162 en 2007 à 0,3733 en 2011. 74 L’analyse de la répartition des inégalités spatiales intra régionales révèle que, sur la période 2007-2015, les inégalités se sont accentuées dans l’ensemble des départements, à l’exception de l’Alibori, de l’Atlantique et du Mono où elles ont baissé sur la même période. Les inégalités de dépenses par tête sont plus fortes dans le Borgou (0,499), l’Ouémé (0,485), les Collines (0,460) et faibles dans les départements de l’Atlantique (0,345) et du Plateau (0,375). Par rapport à 2011, les inégalités se sont plus accentuées dans les départements du Zou (0,115 point), des Collines (0,082), du Couffo (0,058) et de l’Alibori (0,053). 75 Par ailleurs, les inégalités au niveau national résultent davantage des inégalités entre les départements que des inégalités à l’intérieur des départements. En effet, avec une contribution croissante de 22,2 points à l’inégalité nationale (contribu tion de 82,9 % en 2015 contre 60,7 % en 2007), les disparités départementales cristallisent la faiblesse de la mise en œuvre des différentes politiques et stratégies initiées depuis 2007, notamment celles des différentes stratégies de réduction de pauvreté, à assurer un développement équilibré entre les régions. 67 L’impact de la pauvreté monétaire montre qu’elle est un facteur structurel de la vulnérabilité de l’enfant. En 2015, 43,3 % des enfants de 0 à 17 ans (en moyenne 2 millions) vivent dans des ménages pauvres. 68 En 2015, la pauvreté non monétaire3 est en recul, contrairement à la pauvre té monétaire, et en lien avec l’amélioration de l’accès aux infrastructures de base. En effet, de 39,84 % en 2007, l’incidence de la pauvreté non monétaire s’est établie à 29,41 % en 2015 contre 29,57 % en 2011 et 30,84 % en 2009. En ce qui concerne l’écart de la pauvreté non monétaire, il a connu deux pics sur la période. Il est passé de 25,2 % du seuil de la pauvreté non monétaire en 2007 à 41,2 % en 2009 ; puis de 40,2 % en 2011 à 27,4 % en 2015. Cette évolution de l’écart de la pauvreté non monétaire sur la période 2007-2015 est couplée d’une baisse des inégalités parmi les pauvres. Cependant, sur la période 2011-2015, les ménages ruraux ont vu leurs conditions de vie se détériorer avec l’incidence de la pauvreté non monétaire qui est passée de 32,88 % à 35,86 %. Les disparités régionales de cette pauvreté non monétaire sont très contrastées : l’Atacora (45,2 %), le Couffo (43,7 %), le Mono (40,7 %), l’Alibori (37,7 %), le Zou (33,8 %) et le Plateau (30,8 %). 69 La pauvreté non monétaire met les enfants dans un contexte de privation préoc cupante. Ainsi, près de 97,3 % souffrent d’au moins une privation (l’alimentation, l’eau potable, l’assainissement, les soins de santé de base, le logement, l’éduca tion et l’accès à l’information) et 64,5 % des enfants en subissent au moins 3 à la fois et seulement 2 % échappent à toutes les privations4. 70 Le noyau dur de la pauvreté au Bénin, constitué par les personnes cumulant la pauvreté monétaire et la pauvreté non monétaire touche 15,3 % de la popula tion en 2015 contre 13,6 % en 2011, 11 % en 2009 et 12,48 % en 2007. Les per sonnes cumulant ces deux formes de pauvreté ont à la fois de faibles dépenses de consommation et des privations en termes d’actifs et de condition de vie. Il ressort qu’en moyenne, 12,9 % de la population présentent les deux formes de pauvreté sur la période 2007-2015 avec un élargissement du noyau dur de la pau vreté entre 2011 et 2015. Les ménages cumulant ces deux formes de pauvreté sont de 14,76 % en 2015 contre 13,36 % en 2011. 71 En 2015, plus de la moitié (59,9 %) de la population béninoise vit dans l’extrême pauvreté si on se réfère au seuil mondial d’un revenu annuel de 1,90 dollars par jour en Parité de Pouvoir d’Achat (PPA). Au niveau spatial, tous les départements présentent une situation préoccupante avec une proportion de plus de 60 % d’extrêmes pauvres à l’exception des départements du Littoral, de l’Ouémé, de l’Atlantique et du Plateau. 72 L’aggravation de la pauvreté monétaire contraste avec les tendances observées au niveau du taux de croissance économique qui est passé d’une moyenne annuelle de 4,2 % entre 2000-2005 à 3,8% entre 2006-2010 et à 4,6 % entre 2011-2015. 2007 2009 2011 2015 65 60 55 50 45 40 7 6 6 5 4 3 2 i Indic OMD 1.1 Taux de croissance 2007 2009 2011 2015 65 60 55 50 45 40 7 5 4 3 2 i Indic OMD 1.1 Taux de croissance (n-1) Couplage préoccupant entre la croissance économique et la pauvreté qui évoluent dans le même sens. En décalant d’une année, pour tenir compte du fait que c’est la croissance économique de l’année (n-1) qui influence la pauvreté de l’année n, l’effet de ciseaux souhaité apparaît entre 2009 et 2011. Toutefois, le couplage persiste sur les périodes 2007-2009 et 2011-2015. 3 cette forme de pauvreté est mesurée par un indice composite qui traduit l’ampleur des privations en termes de confort général du logement, de possession de biens durables, et d’accès aux services sociaux de base 4 rapport sur la pauvreté et les privations de l’enfant au Bénin, mpd/unicef, octobre 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 50 51 daire, le financement public des frais de scolarité des filles (15 000 FCFA unitaire) a été multiplié par 1,7 en 5 ans, passant de 2 001 315 000 FCFA en 2007-2008 à 3 377 790 000 FCFA en 2012-2013 (mai 2014). Pour réduire la pauvreté moné taire, l’État consacre près de 1 milliard FCFA en 2015 (USD 1.61 millions) en dota tion destinée aux indigents. De même, entre 2001 et 2010, les dépenses agricoles financées par l’État pour la réalisation de la cible de l’OMD 1.C sont en moyenne 14 849 milliards FCFA pour un total sur toute la période qui s’établit à 148 489 milliards FCFA à travers les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et de la pêche, étant donné que la majorité des employés pauvres sont les employés du secteur agricole. Cependant, les besoins pour aboutir à un impact plus effectif sont trois fois supérieurs aux montants alloués. La réduction de la pauvreté a été également abordée à travers les programmes de micro crédit. Ainsi, plus de 1 702 526 micro crédits ont été accordés au 31 décembre 2014. 80 Malgré les mesures de politiques mises en œuvre pour accélérer la croissance, notamment l’appui aux activités génératrices de revenus grâce à la distribu tion des crédits aux populations les plus pauvres (programme de microcré dits aux plus pauvres), il apparaît que la croissance n’a pas été suffisamment inclusive pour permettre au Bénin réduire la pauvreté. Des contraintes impor tantes sont liées à la nature et à la qualité des emplois occupés étant donné que la promotion des revenus de l’emploi est l’un des facteurs d’une croissance inclusive et que l’emploi est le premier déterminant de l’accumulation des reve nus. Or, la promotion des emplois décents est soumise à diverses contraintes. Au Bénin, c’est le secteur informel, dont les conditions de travail pour la plupart sont précaires qui mobilise 89 % des emplois, notamment dans l’agriculture et les services. Malgré les efforts en sa faveur, le secteur informel fait face à une faible productivité liée à l’insuffisance des investissements dans des technologies adéquates et au difficile accès aux services financiers avec des crédits distribués encore à des niveaux insignifiants face aux besoins. La faiblesse dans l’efficacité de l’Administration a aussi été un frein à la production de biens publics collectifs en quantité et en qualité. La promotion de la productivité à tous les niveaux par d’importants investissements dans les formations et les équipements, l’accès aux services financiers et de la fourniture de services publics d’éducation et de santé en quantité et qualité seront nécessaires pour lutter efficacement contre la pau vreté monétaire et non monétaire. 2.2.2 – population et dÉveloppement : forte croiSSance dÉmographique et dividende dÉmographique SouS contrainteS 81 Le retard accusé en matière de développement du capital humain et l’absence d’une stratégie nationale de maîtrise de la croissance démographique ne per mettent ni aux secteurs productifs de bénéficier d’une main d’œuvre qualifiée ni d’assurer le relèvement du bien-être des populations et l’insertion réelle des femmes dans les dynamiques sociales et politiques du pays. 76 Enfin, une hausse des inégalités est observée aussi bien au sein des ménages dirigés par les femmes (de 0,4621 en 2007 à 0,4827 en 2015) qu’au sein des mé nages dirigés par les hommes (0,4724 en 2007 à 0,5051 en 2015). 77 L’analyse des déterminants de la croissance et de la pauvreté montre que la croissance économique insuffisamment inclusive, traduite par l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, contraint le développement humain à de lents progrès en raison de l’impact des inégalités relevant de multiples privations tou chant les pauvres, surtout en matière d’accès aux services sociaux de base. Ces impacts touchent surtout les populations rurales dans toutes les dimensions de la pauvreté (monétaire et non monétaire) alors que, en milieu urbain, c’est la pau vreté monétaire qui est plus accentuée. Ensuite, le profil de pauvreté au Bénin met en exergue la forte corrélation de la pauvreté avec les principales caracté ristiques des ménages que sont : la taille du ménage, le milieu de résidence, le niveau d’instruction, les secteurs d’activité et le sexe du chef de ménage. Ainsi, plusieurs facteurs sont à l’origine de l’augmentation de la pauvreté dans ses deux formes mesurables (monétaire et non monétaire) au Bénin. Parmi ces facteurs, il y a : i) la baisse des revenus par tête dans le monde rural liée à la faible productivité résultant de la monoculture du coton, au repli sur des modes de production de subsistance et la dégradation des sols ; ii) la faible pluriactivité du monde rural ; iii) la prédominance du secteur informel en milieu urbain et en milieu rural (près de 90 % de l’emploi total en 2015) et iv) le faible taux de couverture du système de protection sociale. 78 Les déséquilibres spatiaux s’affichent aussi comme un véritable détermi nant de la pauvreté, notamment dans les localités rurales, en lien avec les contraintes géographiques, climatiques différenciées. Les défis de relance de la croissance et de réduction de la pauvreté impliquent donc la prise en compte, d’une part, de la question des disparités régionales en vue d’une plus grande équi té territoriale dans la distribution des investissements sociaux et économiques et, d’autre part, de l’environnement pour garantir la pérennité des ressources. 79 L’action de l’État a davantage porté sur la réduction de la pauvreté non moné taire avec d’importantes ressources consacrées aux politiques de gratuité. En vue de poursuivre les efforts de réduction de la pauvreté, le Gouvernement a mis en œuvre une Stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté (SCRP) qui couvre la période 2011-2015. Le système national statistique produit régulière ment des rapports et tableaux statistiques qui permettent le suivi de l’exécution de la SCRP. En particulier, le rapport annuel d’avancement sur la mise en œuvre de la SCRP diffuse des informations actualisées sur les indicateurs de performance par secteur. Selon le Rapport de suivi des OMD, PNUD, 2014), la césarienne est toujours opérationnelle dans les 48 hôpitaux agréés. Les ressources consacrées à la gratuité de la césarienne, mises à la disposition de l’Agence Nationale de Gestion de la Gratuité de la Césarienne (ANGC), s’élèvent à près de 15 517 500 000 FCFA entre le 1er avril 2009 et le 30 septembre 2015. À ce jour 155 175 femmes ont déjà bénéficié de la mesure de gratuité de la césarienne. Concernant l’éduca tion, les subventions de l’État pour frais de fonctionnement des écoles publiques maternelle et primaire ont doublé en 7 ans, passant de 3 094 529 200 FCFA en 2006-2007 à 6 329 700 000 FCFA en 2013-2014. Et au premier cycle du secon P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 50 51 daire, le financement public des frais de scolarité des filles (15 000 FCFA unitaire) a été multiplié par 1,7 en 5 ans, passant de 2 001 315 000 FCFA en 2007-2008 à 3 377 790 000 FCFA en 2012-2013 (mai 2014). Pour réduire la pauvreté moné taire, l’État consacre près de 1 milliard FCFA en 2015 (USD 1.61 millions) en dota tion destinée aux indigents. De même, entre 2001 et 2010, les dépenses agricoles financées par l’État pour la réalisation de la cible de l’OMD 1.C sont en moyenne 14 849 milliards FCFA pour un total sur toute la période qui s’établit à 148 489 milliards FCFA à travers les ministères de l’Agriculture, de l’Élevage et de la pêche, étant donné que la majorité des employés pauvres sont les employés du secteur agricole. Cependant, les besoins pour aboutir à un impact plus effectif sont trois fois supérieurs aux montants alloués. La réduction de la pauvreté a été également abordée à travers les programmes de micro crédit. Ainsi, plus de 1 702 526 micro crédits ont été accordés au 31 décembre 2014. 80 Malgré les mesures de politiques mises en œuvre pour accélérer la croissance, notamment l’appui aux activités génératrices de revenus grâce à la distribu tion des crédits aux populations les plus pauvres (programme de microcré dits aux plus pauvres), il apparaît que la croissance n’a pas été suffisamment inclusive pour permettre au Bénin réduire la pauvreté. Des contraintes impor tantes sont liées à la nature et à la qualité des emplois occupés étant donné que la promotion des revenus de l’emploi est l’un des facteurs d’une croissance inclusive et que l’emploi est le premier déterminant de l’accumulation des reve nus. Or, la promotion des emplois décents est soumise à diverses contraintes. Au Bénin, c’est le secteur informel, dont les conditions de travail pour la plupart sont précaires qui mobilise 89 % des emplois, notamment dans l’agriculture et les services. Malgré les efforts en sa faveur, le secteur informel fait face à une faible productivité liée à l’insuffisance des investissements dans des technologies adéquates et au difficile accès aux services financiers avec des crédits distribués encore à des niveaux insignifiants face aux besoins. La faiblesse dans l’efficacité de l’Administration a aussi été un frein à la production de biens publics collectifs en quantité et en qualité. La promotion de la productivité à tous les niveaux par d’importants investissements dans les formations et les équipements, l’accès aux services financiers et de la fourniture de services publics d’éducation et de santé en quantité et qualité seront nécessaires pour lutter efficacement contre la pau vreté monétaire et non monétaire. 2.2.2 – population et dÉveloppement : forte croiSSance dÉmographique et dividende dÉmographique SouS contrainteS 81 Le retard accusé en matière de développement du capital humain et l’absence d’une stratégie nationale de maîtrise de la croissance démographique ne per mettent ni aux secteurs productifs de bénéficier d’une main d’œuvre qualifiée ni d’assurer le relèvement du bien-être des populations et l’insertion réelle des femmes dans les dynamiques sociales et politiques du pays. 76 Enfin, une hausse des inégalités est observée aussi bien au sein des ménages dirigés par les femmes (de 0,4621 en 2007 à 0,4827 en 2015) qu’au sein des mé nages dirigés par les hommes (0,4724 en 2007 à 0,5051 en 2015). 77 L’analyse des déterminants de la croissance et de la pauvreté montre que la croissance économique insuffisamment inclusive, traduite par l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, contraint le développement humain à de lents progrès en raison de l’impact des inégalités relevant de multiples privations tou chant les pauvres, surtout en matière d’accès aux services sociaux de base. Ces impacts touchent surtout les populations rurales dans toutes les dimensions de la pauvreté (monétaire et non monétaire) alors que, en milieu urbain, c’est la pau vreté monétaire qui est plus accentuée. Ensuite, le profil de pauvreté au Bénin met en exergue la forte corrélation de la pauvreté avec les principales caracté ristiques des ménages que sont : la taille du ménage, le milieu de résidence, le niveau d’instruction, les secteurs d’activité et le sexe du chef de ménage. Ainsi, plusieurs facteurs sont à l’origine de l’augmentation de la pauvreté dans ses deux formes mesurables (monétaire et non monétaire) au Bénin. Parmi ces facteurs, il y a : i) la baisse des revenus par tête dans le monde rural liée à la faible productivité résultant de la monoculture du coton, au repli sur des modes de production de subsistance et la dégradation des sols ; ii) la faible pluriactivité du monde rural ; iii) la prédominance du secteur informel en milieu urbain et en milieu rural (près de 90 % de l’emploi total en 2015) et iv) le faible taux de couverture du système de protection sociale. 78 Les déséquilibres spatiaux s’affichent aussi comme un véritable détermi nant de la pauvreté, notamment dans les localités rurales, en lien avec les contraintes géographiques, climatiques différenciées. Les défis de relance de la croissance et de réduction de la pauvreté impliquent donc la prise en compte, d’une part, de la question des disparités régionales en vue d’une plus grande équi té territoriale dans la distribution des investissements sociaux et économiques et, d’autre part, de l’environnement pour garantir la pérennité des ressources. 79 L’action de l’État a davantage porté sur la réduction de la pauvreté non moné taire avec d’importantes ressources consacrées aux politiques de gratuité. En vue de poursuivre les efforts de réduction de la pauvreté, le Gouvernement a mis en œuvre une Stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté (SCRP) qui couvre la période 2011-2015. Le système national statistique produit régulière ment des rapports et tableaux statistiques qui permettent le suivi de l’exécution de la SCRP. En particulier, le rapport annuel d’avancement sur la mise en œuvre de la SCRP diffuse des informations actualisées sur les indicateurs de performance par secteur. Selon le Rapport de suivi des OMD, PNUD, 2014), la césarienne est toujours opérationnelle dans les 48 hôpitaux agréés. Les ressources consacrées à la gratuité de la césarienne, mises à la disposition de l’Agence Nationale de Gestion de la Gratuité de la Césarienne (ANGC), s’élèvent à près de 15 517 500 000 FCFA entre le 1er avril 2009 et le 30 septembre 2015. À ce jour 155 175 femmes ont déjà bénéficié de la mesure de gratuité de la césarienne. Concernant l’éduca tion, les subventions de l’État pour frais de fonctionnement des écoles publiques maternelle et primaire ont doublé en 7 ans, passant de 3 094 529 200 FCFA en 2006-2007 à 6 329 700 000 FCFA en 2013-2014. Et au premier cycle du secon P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 52 53 87 Concernant les migrations, et contrairement aux constats d’ordres interne ou interurbain observés dans le cadre des RGPH 1, 2 et 3, les résultats du RGPH4 révèlent un accroissement remarquable des migrations internationales (immi grations), avec une augmentation sensible de la proportion des immigrants non béninois. Le nombre total d’immigrants au Bénin, selon le RGPH4, est de 188 563 personnes, soit 1,9 % de la population béninoise. Le Niger reste le pays le plus représenté (35,6 %), et le reste de l’Europe (0,2 %) le moins représenté. 88 L’ampleur des migrations internationales traduit un degré d’ouverture des fron tières béninoises de plus en plus élevé depuis 1990. En effet, la Constitution béni noise, en son article 39, garantit aux étrangers les mêmes droits et libertés qu’aux citoyens béninois dans les conditions définies par les textes législatifs et régle mentaires. De même, le Bénin a souscrit à des engagements internationaux et bilatéraux à travers des traités, conventions, accords et protocoles en vue d’assurer la libre circulation des personnes et des biens sur le territoire national. 89 En matière d’émigration et selon le rapport sur le profil national 2011 de la mi gration ainsi que l’étude sur la migration, plusieurs raisons sont évoquées par les émigrants béninois pour justifier leur émigration : i) recherche d’un mieux-être, ii) inégalité de chance devant l’emploi (politisation à outrance des secteurs socioé conomiques, notamment), iii) non-reconnaissance du mérite, iv) blocages admi nistratifs, v) faible application des lois et textes réglementaires, etc. À cela, il faut ajouter les conséquences du changement climatique qui affectent la produc tion agricole, halieutique, etc., par exemple les inondations destructrices. Selon ces données, les pays de la CEDEAO abritent 98 % des Béninois de la diaspora. Les fonds envoyés par les émigrants béninois proviennent en grande partie de l’Afrique (88,71 % des montants transférés), suivie de l’Europe (10,13 %). 90 Les migrations internes sont appréciées en grande partie par l’exode rural et par le fort taux de croissance urbaine. Les différents recensements généraux de la po pulation et de l’habitat de 1979, 1992, 2002 et 2013 montrent que la population béninoise reste majoritairement rurale. Toutefois, la proportion de la population rurale a fortement décru entre 1979 et 2013, passant ainsi de 73,47 % à 55,43 %. Ces évolutions indiquent une urbanisation rapide et forte, confirmant l’impor tance du mouvement migratoire interne. 82 Selon le dernier recensement de la population, le Bénin comptait, en 2013, 10 008 749 habitants contre 6 769 914 en 2002, soit un taux annuel d’accroisse ment inter censitaire de 3,5 % entre 2002 et 2013 légèrement supérieur à celui obtenu entre 1992-2002 (3,25 %). Cet accroissement est lié à la forte natalité, à la baisse de la mortalité et à un solde migratoire international positif. Avec une espérance de vie estimée à 62 ans en 2010 (contre 41 ans en 1960) et une fécon dité de près de 5 enfants par femme en 2013, la première phase de la transition démographique caractérisée par la baisse de la mortalité, est bien amorcée ; mais la seconde phase, la baisse de la fécondité, n’en est qu’à ses débuts. Cette forte croissance démographique est variable selon les régions. Les départements ayant connu de forts taux d’accroissement entre 2002 et 2013 sont l’Atlantique (5,05 %), le Borgou (4,68 %) et l’Alibori (4,61 %). 83 Selon les résultats du RGPH4, 51,17 % des Béninois sont de sexe féminin ; 46,65% sont âgés de moins de 15 ans, 65 % moins de 25 ans et 55,43 % vivent dans les milieux ruraux. La plus forte concentration est observée dans le département de l’Atlantique (14 %) et la plus faible, dans le département de la Donga (5,43 %). Cette répartition inégale pose d’importants problèmes de développement. 84. En effet, selon les résultats du RGPH4, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est passé de 7,1 enfants par femme en 1982 à 5,7 enfants par femme en 2006, puis s’est établi à 4,8 enfants par femme en 2013, soit une baisse d’environ 2,3 enfants par femme en 31 ans. Il en est de même pour le taux brut de natalité qui est passé de 43,4 ‰ en 1960 à 40,1 ‰ en 2010, et 33,3 ‰ en 2012, soit une baisse de 10 points en 52 ans. 85 S’agissant de la mortalité, les résultats de l’Enquête Démographique de Santé (EDS) au Bénin révèlent que le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 243,0 ‰ en 1982 à 70,0 ‰ en 2012, pendant que le taux de mortalité des adultes a baissé de 3,89 % et 19,9 % respectivement pour les hommes et les femmes de 15 à 49 ans. Ce résultat s’explique aisément par l’aboutissement de toutes les ac tions entreprises à travers les divers programmes en faveur de la santé des enfants et des femmes. 86 Par ailleurs, l’âge de la mère a un impact sur les chances de survie des enfants qu’elle met au monde. En effet, l’analyse de la mortalité, selon le groupe d’âges des mères, révèle que les plus forts taux de mortalité sont enregistrés chez les mères de moins de 20 ans et que les mères de 20 à 29 ans sont celles qui enregistrent le minimum de décès d’enfants de moins de 5 ans. Le risque de mortalité infantile est très élevé au niveau des mères de moins de 20 ans (majoritairement des cas de grossesses précoces) et au-delà de 40 ans (essentiellement des cas de grossesses tardives). Il s’agit là de causes de décès pourtant évitables. Le risque de mortalité infantile varie en fonction de l’intervalle inter-génésique. Ainsi, lorsque cet inter valle est de moins de deux (02) ans, près d’un enfant sur sept (07) meurt avant le premier anniversaire. Ce risque est moins élevé lorsque l’intervalle est compris entre deux (02) et trois (03) ans, et l’est davantage pour 4 ans ou plus. Enfin, l’espé rance de vie, au cours de cette dernière décennie, a évolué de façon linéaire. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 52 53 87 Concernant les migrations, et contrairement aux constats d’ordres interne ou interurbain observés dans le cadre des RGPH 1, 2 et 3, les résultats du RGPH4 révèlent un accroissement remarquable des migrations internationales (immi grations), avec une augmentation sensible de la proportion des immigrants non béninois. Le nombre total d’immigrants au Bénin, selon le RGPH4, est de 188 563 personnes, soit 1,9 % de la population béninoise. Le Niger reste le pays le plus représenté (35,6 %), et le reste de l’Europe (0,2 %) le moins représenté. 88 L’ampleur des migrations internationales traduit un degré d’ouverture des fron tières béninoises de plus en plus élevé depuis 1990. En effet, la Constitution béni noise, en son article 39, garantit aux étrangers les mêmes droits et libertés qu’aux citoyens béninois dans les conditions définies par les textes législatifs et régle mentaires. De même, le Bénin a souscrit à des engagements internationaux et bilatéraux à travers des traités, conventions, accords et protocoles en vue d’assurer la libre circulation des personnes et des biens sur le territoire national. 89 En matière d’émigration et selon le rapport sur le profil national 2011 de la mi gration ainsi que l’étude sur la migration, plusieurs raisons sont évoquées par les émigrants béninois pour justifier leur émigration : i) recherche d’un mieux-être, ii) inégalité de chance devant l’emploi (politisation à outrance des secteurs socioé conomiques, notamment), iii) non-reconnaissance du mérite, iv) blocages admi nistratifs, v) faible application des lois et textes réglementaires, etc. À cela, il faut ajouter les conséquences du changement climatique qui affectent la produc tion agricole, halieutique, etc., par exemple les inondations destructrices. Selon ces données, les pays de la CEDEAO abritent 98 % des Béninois de la diaspora. Les fonds envoyés par les émigrants béninois proviennent en grande partie de l’Afrique (88,71 % des montants transférés), suivie de l’Europe (10,13 %). 90 Les migrations internes sont appréciées en grande partie par l’exode rural et par le fort taux de croissance urbaine. Les différents recensements généraux de la po pulation et de l’habitat de 1979, 1992, 2002 et 2013 montrent que la population béninoise reste majoritairement rurale. Toutefois, la proportion de la population rurale a fortement décru entre 1979 et 2013, passant ainsi de 73,47 % à 55,43 %. Ces évolutions indiquent une urbanisation rapide et forte, confirmant l’impor tance du mouvement migratoire interne. 82 Selon le dernier recensement de la population, le Bénin comptait, en 2013, 10 008 749 habitants contre 6 769 914 en 2002, soit un taux annuel d’accroisse ment inter censitaire de 3,5 % entre 2002 et 2013 légèrement supérieur à celui obtenu entre 1992-2002 (3,25 %). Cet accroissement est lié à la forte natalité, à la baisse de la mortalité et à un solde migratoire international positif. Avec une espérance de vie estimée à 62 ans en 2010 (contre 41 ans en 1960) et une fécon dité de près de 5 enfants par femme en 2013, la première phase de la transition démographique caractérisée par la baisse de la mortalité, est bien amorcée ; mais la seconde phase, la baisse de la fécondité, n’en est qu’à ses débuts. Cette forte croissance démographique est variable selon les régions. Les départements ayant connu de forts taux d’accroissement entre 2002 et 2013 sont l’Atlantique (5,05 %), le Borgou (4,68 %) et l’Alibori (4,61 %). 83 Selon les résultats du RGPH4, 51,17 % des Béninois sont de sexe féminin ; 46,65% sont âgés de moins de 15 ans, 65 % moins de 25 ans et 55,43 % vivent dans les milieux ruraux. La plus forte concentration est observée dans le département de l’Atlantique (14 %) et la plus faible, dans le département de la Donga (5,43 %). Cette répartition inégale pose d’importants problèmes de développement. 84. En effet, selon les résultats du RGPH4, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est passé de 7,1 enfants par femme en 1982 à 5,7 enfants par femme en 2006, puis s’est établi à 4,8 enfants par femme en 2013, soit une baisse d’environ 2,3 enfants par femme en 31 ans. Il en est de même pour le taux brut de natalité qui est passé de 43,4 ‰ en 1960 à 40,1 ‰ en 2010, et 33,3 ‰ en 2012, soit une baisse de 10 points en 52 ans. 85 S’agissant de la mortalité, les résultats de l’Enquête Démographique de Santé (EDS) au Bénin révèlent que le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 243,0 ‰ en 1982 à 70,0 ‰ en 2012, pendant que le taux de mortalité des adultes a baissé de 3,89 % et 19,9 % respectivement pour les hommes et les femmes de 15 à 49 ans. Ce résultat s’explique aisément par l’aboutissement de toutes les ac tions entreprises à travers les divers programmes en faveur de la santé des enfants et des femmes. 86 Par ailleurs, l’âge de la mère a un impact sur les chances de survie des enfants qu’elle met au monde. En effet, l’analyse de la mortalité, selon le groupe d’âges des mères, révèle que les plus forts taux de mortalité sont enregistrés chez les mères de moins de 20 ans et que les mères de 20 à 29 ans sont celles qui enregistrent le minimum de décès d’enfants de moins de 5 ans. Le risque de mortalité infantile est très élevé au niveau des mères de moins de 20 ans (majoritairement des cas de grossesses précoces) et au-delà de 40 ans (essentiellement des cas de grossesses tardives). Il s’agit là de causes de décès pourtant évitables. Le risque de mortalité infantile varie en fonction de l’intervalle inter-génésique. Ainsi, lorsque cet inter valle est de moins de deux (02) ans, près d’un enfant sur sept (07) meurt avant le premier anniversaire. Ce risque est moins élevé lorsque l’intervalle est compris entre deux (02) et trois (03) ans, et l’est davantage pour 4 ans ou plus. Enfin, l’espé rance de vie, au cours de cette dernière décennie, a évolué de façon linéaire. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 54 55 Figure 3 : Évolution du dividende démographique de 1950 à 2045 Source : rapport sur le profil 2015 par l’approche des comptes nationaux de transfert (nta) 2.2.3 – capital humain : niveau peu adaptÉ aux exigenceS de l’œuvre de dÉveloppement SouhaitÉ par le BÉnin éducation et formation : manque de coordination efficace face à la fragmentation du secteur, l’insuffisance des moyens et l’inégalité d’accès suivant le niveau d’enseignement 93 Au Bénin, grâce aux efforts budgétaires de l’État, les effectifs d’élèves sont en constante augmentation, sauf dans la formation technique et professionnelle mais la qualité de l’enseignement est en baisse à cause des problèmes de gouvernance du secteur. Le secteur de l’éducation s’est doté d’un Plan décennal de développement du secteur de l’éducation (PDDSE) sur la période 2006-2015. Sa mise en œuvre en 2015, dernière année du Plan, comme pour les années pré cédentes, a bénéficié des efforts financiers provenant du budget national et des partenaires techniques et financiers pour le financement des investissements et des subventions en faveur de l’éducation. Le taux brut de scolarisation (TBS) s’est situé à 124,82 % contre une cible de 103,9 %. Chez les filles, la même tendance est observée avec un TBS à 123,37 % contre une cible de 109,3 %. Le taux d’achè vement du primaire se situe en 2015 à 79,2 % pour une cible de 73 %. Des efforts du gouvernement pour la promotion des initiatives privées dans le domaine de l’éducation ont permis d’accroître le pourcentage d’élèves scolarisé dans le privé. Cet indicateur est passé de 18,48 % en 2014 à 22,1 % en 2015 pour une cible de 15,44 %. Dans l’enseignement secondaire en revanche, les avancées ont été moindres. Dans l’enseignement supérieur, le ratio étudiant/enseignant a connu une croissance continue entre 2011 et 2015, passant de 69 à 117, donc largement Figure 2 : Évolution de la population (urbaine et rurale) de 1979 en 2013 Source : inSae/rgph 1, 2, 3 & 4 Juin 2017 91 Les résultats du RGPH de 2013 révèlent l’ampleur des mouvements au niveau des douze départements du pays, à travers leur solde migratoire respectif. Quatre (04) des douze départements affichent un solde migratoire5 positif en ce sens qu’ils ont enregistré un nombre plus important d’immigrants que d’émigrants. Il s’agit de l’Atlantique, de l’Ouémé, du Borgou, et des Collines. Les huit (08) autres dépar tements affichent des soldes migratoires négatifs dont le plus important est celui du département du Littoral. 92 La population du Bénin reste une population très jeune avec un rapport de dé pendance élevé. Ce rapport est de 1,3 en 1979 ; 1,2 en 1992 et 1,1 en 2002. Pour accroître l’éventualité d’un dividende démographique au Bénin, les progrès en matière de santé et d’éducation doivent être accélérés et des investissements importants doivent être réalisés dans les domaines de la planification familiale, de la santé de la reproduction, de l’éducation des jeunes filles et du renforcement du rôle économique et politique de la femme. Ainsi, la maîtrise progressive de la mortalité puis de la fécondité est l’un des points de repère de la nouvelle straté gie devant permettre d’accélérer le processus de transition démographique en vue de la diminution du pourcentage de jeunes à charge des actifs et de la maî trise des dépenses de santé et d’éducation. Elle doit également s’accompagner d’une politique active de création d’emplois décents et durables en faveur des personnes en âge de travailler en vue de générer des revenus à forts effets multi plicateurs sur la croissance. 19 50 19 55 19 60 19 65 19 70 19 75 19 80 19 85 19 90 19 95 20 00 20 05 20 10 20 15 20 20 20 25 20 30 20 35 20 40 20 45 0,6 0,4 0,8 0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 DD 2007 DD 2011i 1 80 % 1979 1992 2002 2013 70 % 60 % 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0 % i Population urbaine Population rurale 5 le solde migratoire (ou accroissement migratoire) est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur un territoire (immigrants) et le nombre de personnes qui en sont sorties (émigrants), calculé le plus souvent au cours d’une année. (Source : institut national d’Études démographiques, 2017 https://www.ined.fr/fr/lexique/solde-migratoire/). cette notion ne tient pas compte de la nationalité des migrants à l’interne du territoire P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 54 55 Figure 3 : Évolution du dividende démographique de 1950 à 2045 Source : rapport sur le profil 2015 par l’approche des comptes nationaux de transfert (nta) 2.2.3 – capital humain : niveau peu adaptÉ aux exigenceS de l’œuvre de dÉveloppement SouhaitÉ par le BÉnin éducation et formation : manque de coordination efficace face à la fragmentation du secteur, l’insuffisance des moyens et l’inégalité d’accès suivant le niveau d’enseignement 93 Au Bénin, grâce aux efforts budgétaires de l’État, les effectifs d’élèves sont en constante augmentation, sauf dans la formation technique et professionnelle mais la qualité de l’enseignement est en baisse à cause des problèmes de gouvernance du secteur. Le secteur de l’éducation s’est doté d’un Plan décennal de développement du secteur de l’éducation (PDDSE) sur la période 2006-2015. Sa mise en œuvre en 2015, dernière année du Plan, comme pour les années pré cédentes, a bénéficié des efforts financiers provenant du budget national et des partenaires techniques et financiers pour le financement des investissements et des subventions en faveur de l’éducation. Le taux brut de scolarisation (TBS) s’est situé à 124,82 % contre une cible de 103,9 %. Chez les filles, la même tendance est observée avec un TBS à 123,37 % contre une cible de 109,3 %. Le taux d’achè vement du primaire se situe en 2015 à 79,2 % pour une cible de 73 %. Des efforts du gouvernement pour la promotion des initiatives privées dans le domaine de l’éducation ont permis d’accroître le pourcentage d’élèves scolarisé dans le privé. Cet indicateur est passé de 18,48 % en 2014 à 22,1 % en 2015 pour une cible de 15,44 %. Dans l’enseignement secondaire en revanche, les avancées ont été moindres. Dans l’enseignement supérieur, le ratio étudiant/enseignant a connu une croissance continue entre 2011 et 2015, passant de 69 à 117, donc largement Figure 2 : Évolution de la population (urbaine et rurale) de 1979 en 2013 Source : inSae/rgph 1, 2, 3 & 4 Juin 2017 91 Les résultats du RGPH de 2013 révèlent l’ampleur des mouvements au niveau des douze départements du pays, à travers leur solde migratoire respectif. Quatre (04) des douze départements affichent un solde migratoire5 positif en ce sens qu’ils ont enregistré un nombre plus important d’immigrants que d’émigrants. Il s’agit de l’Atlantique, de l’Ouémé, du Borgou, et des Collines. Les huit (08) autres dépar tements affichent des soldes migratoires négatifs dont le plus important est celui du département du Littoral. 92 La population du Bénin reste une population très jeune avec un rapport de dé pendance élevé. Ce rapport est de 1,3 en 1979 ; 1,2 en 1992 et 1,1 en 2002. Pour accroître l’éventualité d’un dividende démographique au Bénin, les progrès en matière de santé et d’éducation doivent être accélérés et des investissements importants doivent être réalisés dans les domaines de la planification familiale, de la santé de la reproduction, de l’éducation des jeunes filles et du renforcement du rôle économique et politique de la femme. Ainsi, la maîtrise progressive de la mortalité puis de la fécondité est l’un des points de repère de la nouvelle straté gie devant permettre d’accélérer le processus de transition démographique en vue de la diminution du pourcentage de jeunes à charge des actifs et de la maî trise des dépenses de santé et d’éducation. Elle doit également s’accompagner d’une politique active de création d’emplois décents et durables en faveur des personnes en âge de travailler en vue de générer des revenus à forts effets multi plicateurs sur la croissance. 19 50 19 55 19 60 19 65 19 70 19 75 19 80 19 85 19 90 19 95 20 00 20 05 20 10 20 15 20 20 20 25 20 30 20 35 20 40 20 45 0,6 0,4 0,8 0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 DD 2007 DD 2011i 1 80 % 1979 1992 2002 2013 70 % 60 % 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0 % i Population urbaine Population rurale 5 le solde migratoire (ou accroissement migratoire) est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur un territoire (immigrants) et le nombre de personnes qui en sont sorties (émigrants), calculé le plus souvent au cours d’une année. (Source : institut national d’Études démographiques, 2017 https://www.ined.fr/fr/lexique/solde-migratoire/). cette notion ne tient pas compte de la nationalité des migrants à l’interne du territoire P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 56 57 96 Accès différenciés selon les niveaux d’enseignement : les effectifs d’élèves sont en augmentation, sauf dans la formation technique et professionnelle. Sur la pé riode 2011-2015, les effectifs ont augmenté à la maternelle de 39 %, au secon daire général de 35 % et, à l’enseignement supérieur de 30 %, alors que dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, les effectifs ont dimi nué de 2,1 %, en lien avec la restructuration en cours au 1er cycle de la formation technique. En revanche, les effectifs des centres de métier et des centres de for mation professionnelle ont évolué en dents de scie, passant de 4 167 en 2011 à 1 758 en 2014 et à 3 934 en 2015. La part du privé est de 32 % à la maternelle, 22 % au primaire, 33 % au secondaire général, 35 % au secondaire technique et 24 % au supérieur en 2015. 97 Dans la formation technique et professionnelle, l’offre publique est concentrée dans les filières industrielles (35 %) et agricoles (38 %), alors que ce sont les filières non scientifiques qui dominent la formation dans l’enseignement supérieur (52 % pour les sciences sociales, le commerce et le droit, 17 % pour les lettres et arts et 16 % pour les sciences). Toutefois, compte tenu de son étroitesse, la formation technique et professionnelle ne parvient toujours pas à mettre suffisamment de techniciens moyens sur le marché de l’emploi pour accompagner les objectifs de développement du pays. Le privé contribue à la dynamique du secteur de la for mation technique et professionnelle (mais à des degrés divers) à hauteur de 33 %. 98 En lien avec l’augmentation des effectifs, les taux bruts de scolarisation ont augmenté à tous les niveaux d’enseignement entre 2011 et 2015. Cette aug mentation témoigne de la capacité du système à accueillir de plus en plus d’ap prenants. Par ailleurs, le nombre d’apprenants de l’EFTP, pour 100 élèves du se condaire général est passé de 4 à 2,8 sur la période. Étant donné le problème prégnant de l’emploi des jeunes dans le pays, la tendance de ces derniers à pré férer le cursus général au cursus technique et professionnel pose de sérieuses questions quant à l’attractivité de ce cycle. Le nombre d’étudiants pour 100 000 habitants a connu une hausse passant de 1 293 en 2011 à 1 350 en 2013 avant de redescendre à 1 220 en 2015. Somme toute, la valeur de cet indicateur traduit une demande élevée pour l’enseignement supérieur que l’État essaie de satisfaire avec la promotion du secteur privé. 99 L’accès à l’école est bien corrélé avec les lieux de résidence et le statut de chaque ménage. Une analyse selon le milieu de résidence montre que les enfants vivant en milieu urbain ont plus de chance d’accéder à l’école que ceux vivant en milieu rural, et que les disparités sont observées entre les départements (EMICoV 2015). Le taux d’accès est de 90 % en milieu urbain contre 75 % en milieu rural et il en résulte un taux d’achèvement du primaire de 67 % en milieu urbain contre 52 % en milieu rural. Par ailleurs, les enfants appartenant aux ménages du quin tile élevé de richesse ont plus de chances d’accéder aux différents niveaux du pri maire. Pour les quintiles extrêmes, le taux d’accès au primaire est de 68 % et le taux d’achèvement de 39 % pour les pauvres ; en revanche, chez les plus riches, ces indicateurs sont respectivement de 94 % et 79 %. au-dessus de la valeur cible de 65. Par ailleurs, il est noté une forte croissance des effectifs d’étudiants dans l’enseignement supérieur dominé de plus en plus par les formations académiques et littéraires (les filières lettres, arts, sciences sociales, commerce et droit représentent 72 % en 2011 contre 68 % en 2009 alors que les filières sciences, ingénierie, industrie, agriculture et services ne représentent que 15 % en 2011 contre 20 % en 2009) ; ce qui ne correspond pas aux besoins de l’économie et accentue les besoins en compétences dans les secteurs porteurs comme l’agro-industrie, énergie, TIC, BTP, santé, etc 94 Fragmentation du secteur et coordination insuffisamment efficace : la struc turation du secteur de l’éducation au Bénin a évolué au gré des changements politiques qui n’ont pas permis de préserver la stabilité dans l’organisation de l’éducation nationale. Géré par un seul Ministère de 1960 à 1975, puis, quatre ministères (1975 à 1990, 2001 à 2016), ensuite par deux ministères (1990 à 2001) dont l’alphabétisation, le secteur de l’éducation est géré et assuré depuis 2016 par trois ministères. Toutefois, d’autres ministères comme ceux en charge de la fonc tion publique, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche gèrent des initiatives éducatives, des centres et agences de formation, de reconversion et d’accompa gnement vers l’emploi des jeunes. Cette organisation administrative et le mode de gouvernance du secteur supposent une action volontariste de coordination intra-sectorielle (entre les trois ministères qui composent le secteur) et intersecto rielle efficace en vue d’assurer la synergie avec les actions menées par les autres ministères. L’éducation non formelle est très diversifiée et peut être appréhendée à travers les différentes activités qui la composent : i) l’apprentissage artisanal dans les ateliers de différents corps de métiers ; ii) des offres alternatives d’éducation qui visent en général le rattrapage scolaire ou l’orientation vers l’apprentissage d’un métier pour des enfants ayant dépassé l’âge d’entrée à l’école. La coordination sectorielle du système éducatif connaît toujours des dysfonctionnements malgré la mise en place de quatre instances de pilotage créées dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education, pour contribuer à la cohérence et à l’efficacité des différentes actions des ministères, à savoir : i) le Comité de Pilotage du Secteur de l’Éducation (CPSE) ; ii) le Comité de Coordination du Secteur de l’Éducation (CCSE) ; iii) le Secrétariat Technique Permanent du PDDSE (STP-PDDSE) et iv) le Comité de Suivi des Décaissements et des Marchés (CSDM). En outre, il existe depuis 2009 le Conseil National de l’Édu cation (CNE) auquel l’État a attribué la coordination de l’ensemble du système éducatif qui tarde à être effective. 95 La décentralisation et la déconcentration du secteur sont loin d’être effectives. En effet, il est aisé de constater que : i) le niveau central continue de piloter et d’exécuter des actions normalement dévolues aux collectivités locales comme la dotation des écoles en manuels scolaires, la distribution de prix aux meilleurs apprenants, la construction et l’équipement des infrastructures scolaires ii) les collectivités locales et les structures déconcentrées (circonscriptions scolaires et directions des écoles) ne fonctionnent pas de manière concertée ; iii) la plupart des communes n’arrivent pas à assumer pleinement leurs rôles et responsabilités en vue d’une gestion adéquate des ressources humaines et financières confor mément à la Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration (PONADEC). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 56 57 96 Accès différenciés selon les niveaux d’enseignement : les effectifs d’élèves sont en augmentation, sauf dans la formation technique et professionnelle. Sur la pé riode 2011-2015, les effectifs ont augmenté à la maternelle de 39 %, au secon daire général de 35 % et, à l’enseignement supérieur de 30 %, alors que dans l’enseignement technique et la formation professionnelle, les effectifs ont dimi nué de 2,1 %, en lien avec la restructuration en cours au 1er cycle de la formation technique. En revanche, les effectifs des centres de métier et des centres de for mation professionnelle ont évolué en dents de scie, passant de 4 167 en 2011 à 1 758 en 2014 et à 3 934 en 2015. La part du privé est de 32 % à la maternelle, 22 % au primaire, 33 % au secondaire général, 35 % au secondaire technique et 24 % au supérieur en 2015. 97 Dans la formation technique et professionnelle, l’offre publique est concentrée dans les filières industrielles (35 %) et agricoles (38 %), alors que ce sont les filières non scientifiques qui dominent la formation dans l’enseignement supérieur (52 % pour les sciences sociales, le commerce et le droit, 17 % pour les lettres et arts et 16 % pour les sciences). Toutefois, compte tenu de son étroitesse, la formation technique et professionnelle ne parvient toujours pas à mettre suffisamment de techniciens moyens sur le marché de l’emploi pour accompagner les objectifs de développement du pays. Le privé contribue à la dynamique du secteur de la for mation technique et professionnelle (mais à des degrés divers) à hauteur de 33 %. 98 En lien avec l’augmentation des effectifs, les taux bruts de scolarisation ont augmenté à tous les niveaux d’enseignement entre 2011 et 2015. Cette aug mentation témoigne de la capacité du système à accueillir de plus en plus d’ap prenants. Par ailleurs, le nombre d’apprenants de l’EFTP, pour 100 élèves du se condaire général est passé de 4 à 2,8 sur la période. Étant donné le problème prégnant de l’emploi des jeunes dans le pays, la tendance de ces derniers à pré férer le cursus général au cursus technique et professionnel pose de sérieuses questions quant à l’attractivité de ce cycle. Le nombre d’étudiants pour 100 000 habitants a connu une hausse passant de 1 293 en 2011 à 1 350 en 2013 avant de redescendre à 1 220 en 2015. Somme toute, la valeur de cet indicateur traduit une demande élevée pour l’enseignement supérieur que l’État essaie de satisfaire avec la promotion du secteur privé. 99 L’accès à l’école est bien corrélé avec les lieux de résidence et le statut de chaque ménage. Une analyse selon le milieu de résidence montre que les enfants vivant en milieu urbain ont plus de chance d’accéder à l’école que ceux vivant en milieu rural, et que les disparités sont observées entre les départements (EMICoV 2015). Le taux d’accès est de 90 % en milieu urbain contre 75 % en milieu rural et il en résulte un taux d’achèvement du primaire de 67 % en milieu urbain contre 52 % en milieu rural. Par ailleurs, les enfants appartenant aux ménages du quin tile élevé de richesse ont plus de chances d’accéder aux différents niveaux du pri maire. Pour les quintiles extrêmes, le taux d’accès au primaire est de 68 % et le taux d’achèvement de 39 % pour les pauvres ; en revanche, chez les plus riches, ces indicateurs sont respectivement de 94 % et 79 %. au-dessus de la valeur cible de 65. Par ailleurs, il est noté une forte croissance des effectifs d’étudiants dans l’enseignement supérieur dominé de plus en plus par les formations académiques et littéraires (les filières lettres, arts, sciences sociales, commerce et droit représentent 72 % en 2011 contre 68 % en 2009 alors que les filières sciences, ingénierie, industrie, agriculture et services ne représentent que 15 % en 2011 contre 20 % en 2009) ; ce qui ne correspond pas aux besoins de l’économie et accentue les besoins en compétences dans les secteurs porteurs comme l’agro-industrie, énergie, TIC, BTP, santé, etc 94 Fragmentation du secteur et coordination insuffisamment efficace : la struc turation du secteur de l’éducation au Bénin a évolué au gré des changements politiques qui n’ont pas permis de préserver la stabilité dans l’organisation de l’éducation nationale. Géré par un seul Ministère de 1960 à 1975, puis, quatre ministères (1975 à 1990, 2001 à 2016), ensuite par deux ministères (1990 à 2001) dont l’alphabétisation, le secteur de l’éducation est géré et assuré depuis 2016 par trois ministères. Toutefois, d’autres ministères comme ceux en charge de la fonc tion publique, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche gèrent des initiatives éducatives, des centres et agences de formation, de reconversion et d’accompa gnement vers l’emploi des jeunes. Cette organisation administrative et le mode de gouvernance du secteur supposent une action volontariste de coordination intra-sectorielle (entre les trois ministères qui composent le secteur) et intersecto rielle efficace en vue d’assurer la synergie avec les actions menées par les autres ministères. L’éducation non formelle est très diversifiée et peut être appréhendée à travers les différentes activités qui la composent : i) l’apprentissage artisanal dans les ateliers de différents corps de métiers ; ii) des offres alternatives d’éducation qui visent en général le rattrapage scolaire ou l’orientation vers l’apprentissage d’un métier pour des enfants ayant dépassé l’âge d’entrée à l’école. La coordination sectorielle du système éducatif connaît toujours des dysfonctionnements malgré la mise en place de quatre instances de pilotage créées dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Décennal de Développement du Secteur de l’Education, pour contribuer à la cohérence et à l’efficacité des différentes actions des ministères, à savoir : i) le Comité de Pilotage du Secteur de l’Éducation (CPSE) ; ii) le Comité de Coordination du Secteur de l’Éducation (CCSE) ; iii) le Secrétariat Technique Permanent du PDDSE (STP-PDDSE) et iv) le Comité de Suivi des Décaissements et des Marchés (CSDM). En outre, il existe depuis 2009 le Conseil National de l’Édu cation (CNE) auquel l’État a attribué la coordination de l’ensemble du système éducatif qui tarde à être effective. 95 La décentralisation et la déconcentration du secteur sont loin d’être effectives. En effet, il est aisé de constater que : i) le niveau central continue de piloter et d’exécuter des actions normalement dévolues aux collectivités locales comme la dotation des écoles en manuels scolaires, la distribution de prix aux meilleurs apprenants, la construction et l’équipement des infrastructures scolaires ii) les collectivités locales et les structures déconcentrées (circonscriptions scolaires et directions des écoles) ne fonctionnent pas de manière concertée ; iii) la plupart des communes n’arrivent pas à assumer pleinement leurs rôles et responsabilités en vue d’une gestion adéquate des ressources humaines et financières confor mément à la Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration (PONADEC). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 58 59 et écriture) et les mathématiques ; iv) les écoliers n’ont bénéficié que de 91 jours d’apprentissage sur les 174 jours prévus par le Ministère, soit 52,16 %, taux infé rieur à ceux d’autres pays de la sous-région comme le Burkina Faso (60 %) et le Niger (63 %6). Cette situation est essentiellement due aux mouvements des grèves répétées. 106 En termes d’acquisition des connaissances par les apprenants, les niveaux de connaissance restent insuffisants. En effet, les résultats aux différents examens confirment qu’un pourcentage élevé d’enfants n’acquiert pas les connaissances requises pour le niveau d’étude qu’ils s’apprêtent à achever. Par exemple, dans les disciplines fondamentales au Certificat d’Études Primaire (CEP) de 2015, les taux de réussite sont bas : 32,5 % en lecture, 43,8 % en expression écrite et 36,7 % en mathématiques. Pour l’examen du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) ses sion de 2015, le pourcentage de réussite par discipline est faible (moins de 50 %) et extrêmement faible dans les disciplines scientifiques (Mathématiques et Sciences de la Vie et de la Terre) où les taux de réussite ne dépassent pas 10 %. Quant au Baccalauréat, les résultats aux examens évoluent en dents de scie, avec des varia tions comprises entre 15 % et 55 %. 107 Ces faibles performances sont aussi liées aux insuffisances qualitative et quantitative d’enseignants. Le ratio élèves/maître (REM) de 40, est loin d’être une réalité dans les villes et encore moins en milieu rural. Les chiffres de 2015 indiquent un REM de 52 ; mais en ne considérant que les agents permanents de l’État et les Agents Contractuels de l’État, le REM est de 65. Ces moyennes cachent d’importantes disparités ; par exemple, les départements de l’Alibori et du Plateau (REM respectivement de 72 et 63) sont les moins bien dotés en ensei gnants, tandis que les départements du Mono et du Zou sont les mieux dotés (REM respectivement de 44 et de 47). Ces chiffres, supérieurs à la valeur de réfé rence, indique clairement les besoins de recrutement et de renforcement des ressources humaines enseignantes au profit du secteur. Tableau 3 : Évolution du taux brut de scolarisation dans les cycles formels d’enseignement Source : note sectorielle de l’éducation, février 2017 100 Faiblesse de la performance et de l’efficacité du système : le parcours scolaire des élèves dans le système formel révèle un problème de déperdition persistante. L’allure du profil de scolarisation montre que beaucoup d’enfants accèdent à l’école, mais une proportion importante quitte avant la fin du primaire. En effet, en 2015, le taux brut d’accès au CI était de 141 %, mais le même indicateur pour le CM2 n’était que seulement de 74 %. Le système souffre donc d’un problème de rétention. En conséquence, le niveau d’accès dans les cycles post-primaire est plutôt bas. Le taux brut d’accès au premier cycle du secondaire est de 66 % tandis que le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire est de 45 % ; celui du second cycle du secondaire est de 28 %. 101 L’architecture du système éducatif, telle qu’elle se présente, n’offre pas la possi bilité de choix aux apprenants lorsqu’ils se trouvent en difficulté dans une filière, ce qui facilite leur éjection/abandon, ce que résument les pourcentages suivants : sur 100 % à l’entrée (au cours primaire), à peu près 60 % d’apprenants accèdent au secondaire ; 17 % au supérieur et 3 % arrivent au terme de leur formation à l’université. 102 Dans le domaine de l’alphabétisation, les effectifs bien qu’en augmentation, n’ont pas suivi une croissance régulière, passant de 56 928 en 2011 à 32 352 en 2014 et à 65 613 en 2015 reflétant le fait que cet enseignement, pour se mettre en place, dépend à la fois des moyens dont dispose le ministère ainsi que de la volonté et de la disponibilité des adultes à se faire former. 103 Dans les conditions actuelles de scolarisation, le système éducatif béninois re quiert en moyenne 9 et 6 années pour produire un diplômé respectivement au primaire et au 1er cycle du secondaire contre une durée normale de 6 et 4 années. Le système éducatif béninois est caractérisé par un taux d’abandon d’environ 20 % par cohorte. En outre, à l’enseignement primaire, le redoublement moyen est resté quasiment stable entre 2011 et 2015 autour de 11 %. Au niveau de l’enseignement secondaire général, la proportion moyenne des redoublants est de 23 % dans les deux cycles en 2015, avec 31 % en classe de 3e et 38 % en classe de terminale. 104 Le coefficient d’efficacité interne qui permet de cerner l’impact des redouble ments et des abandons est estimé à 0,65 au primaire et 0,66 dans le secondaire. C’est dire que près de 35 % des ressources investies dans ces deux cycles sont gaspillées par l’effet conjugué des redoublements et des abandons. 105 La gestion du temps scolaire dans les enseignements maternel et primaire est inefficace. Les résultats des études réalisées en 2012 par la GIZ, en 2014 par le PASEC et en 2015 par le LARES permettent de retenir que : i) en moyenne, seulement 50 % du temps scolaire règlementaire est effectivement consacré aux apprentissages dans la plupart des écoles ; ii) en moyenne, 41 % des élèves ont un enseignant qui s’absente au moins une fois dans le mois ; iii) en général, moins de la moitié du temps d’enseignement est véritablement destiné à l’apprentis sage des matières fondamentales que sont le français (lecture, expression écrite NIVEAU DE SCOLARISATION 2010-11 2011-12 2012-13 2013-14 2014-15 Maternel 11,5 % 11,4 % 11,9 % 12,6 % 14,3 % Primaire 107,8 % 112,6 % 113,6 % 113,2 % 116,2 % Secondaire 1er cycle 60,3 % 66,3 % 69,4 % 69,1 % 69,5 % Secondaire 2nd cycle 30,4 % 34,2 % 34,6 % 34,7 % 37,4 % Secondaire 1er et 2nd cycle 48,7 % 53,9 % 55,9 % 55,7 % 57,2 % Supérieur (Étudiants/100 000 habitants) 1 293 1 213 1 350 1 314 1 432 Formation Technique/ Professionnelle Apprenants pour 100 000 habitants 322 289 242 237 253 Apprenants pour 100 élèves du secondaire général 4 3 3 3 3 6 abadzi 2007 pour le Burkina faso ministère de l’Éducation de l’alphabétisation et des langues nationales, 2010 pour le niger P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 58 59 et écriture) et les mathématiques ; iv) les écoliers n’ont bénéficié que de 91 jours d’apprentissage sur les 174 jours prévus par le Ministère, soit 52,16 %, taux infé rieur à ceux d’autres pays de la sous-région comme le Burkina Faso (60 %) et le Niger (63 %6). Cette situation est essentiellement due aux mouvements des grèves répétées. 106 En termes d’acquisition des connaissances par les apprenants, les niveaux de connaissance restent insuffisants. En effet, les résultats aux différents examens confirment qu’un pourcentage élevé d’enfants n’acquiert pas les connaissances requises pour le niveau d’étude qu’ils s’apprêtent à achever. Par exemple, dans les disciplines fondamentales au Certificat d’Études Primaire (CEP) de 2015, les taux de réussite sont bas : 32,5 % en lecture, 43,8 % en expression écrite et 36,7 % en mathématiques. Pour l’examen du Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) ses sion de 2015, le pourcentage de réussite par discipline est faible (moins de 50 %) et extrêmement faible dans les disciplines scientifiques (Mathématiques et Sciences de la Vie et de la Terre) où les taux de réussite ne dépassent pas 10 %. Quant au Baccalauréat, les résultats aux examens évoluent en dents de scie, avec des varia tions comprises entre 15 % et 55 %. 107 Ces faibles performances sont aussi liées aux insuffisances qualitative et quantitative d’enseignants. Le ratio élèves/maître (REM) de 40, est loin d’être une réalité dans les villes et encore moins en milieu rural. Les chiffres de 2015 indiquent un REM de 52 ; mais en ne considérant que les agents permanents de l’État et les Agents Contractuels de l’État, le REM est de 65. Ces moyennes cachent d’importantes disparités ; par exemple, les départements de l’Alibori et du Plateau (REM respectivement de 72 et 63) sont les moins bien dotés en ensei gnants, tandis que les départements du Mono et du Zou sont les mieux dotés (REM respectivement de 44 et de 47). Ces chiffres, supérieurs à la valeur de réfé rence, indique clairement les besoins de recrutement et de renforcement des ressources humaines enseignantes au profit du secteur. Tableau 3 : Évolution du taux brut de scolarisation dans les cycles formels d’enseignement Source : note sectorielle de l’éducation, février 2017 100 Faiblesse de la performance et de l’efficacité du système : le parcours scolaire des élèves dans le système formel révèle un problème de déperdition persistante. L’allure du profil de scolarisation montre que beaucoup d’enfants accèdent à l’école, mais une proportion importante quitte avant la fin du primaire. En effet, en 2015, le taux brut d’accès au CI était de 141 %, mais le même indicateur pour le CM2 n’était que seulement de 74 %. Le système souffre donc d’un problème de rétention. En conséquence, le niveau d’accès dans les cycles post-primaire est plutôt bas. Le taux brut d’accès au premier cycle du secondaire est de 66 % tandis que le taux d’achèvement du premier cycle du secondaire est de 45 % ; celui du second cycle du secondaire est de 28 %. 101 L’architecture du système éducatif, telle qu’elle se présente, n’offre pas la possi bilité de choix aux apprenants lorsqu’ils se trouvent en difficulté dans une filière, ce qui facilite leur éjection/abandon, ce que résument les pourcentages suivants : sur 100 % à l’entrée (au cours primaire), à peu près 60 % d’apprenants accèdent au secondaire ; 17 % au supérieur et 3 % arrivent au terme de leur formation à l’université. 102 Dans le domaine de l’alphabétisation, les effectifs bien qu’en augmentation, n’ont pas suivi une croissance régulière, passant de 56 928 en 2011 à 32 352 en 2014 et à 65 613 en 2015 reflétant le fait que cet enseignement, pour se mettre en place, dépend à la fois des moyens dont dispose le ministère ainsi que de la volonté et de la disponibilité des adultes à se faire former. 103 Dans les conditions actuelles de scolarisation, le système éducatif béninois re quiert en moyenne 9 et 6 années pour produire un diplômé respectivement au primaire et au 1er cycle du secondaire contre une durée normale de 6 et 4 années. Le système éducatif béninois est caractérisé par un taux d’abandon d’environ 20 % par cohorte. En outre, à l’enseignement primaire, le redoublement moyen est resté quasiment stable entre 2011 et 2015 autour de 11 %. Au niveau de l’enseignement secondaire général, la proportion moyenne des redoublants est de 23 % dans les deux cycles en 2015, avec 31 % en classe de 3e et 38 % en classe de terminale. 104 Le coefficient d’efficacité interne qui permet de cerner l’impact des redouble ments et des abandons est estimé à 0,65 au primaire et 0,66 dans le secondaire. C’est dire que près de 35 % des ressources investies dans ces deux cycles sont gaspillées par l’effet conjugué des redoublements et des abandons. 105 La gestion du temps scolaire dans les enseignements maternel et primaire est inefficace. Les résultats des études réalisées en 2012 par la GIZ, en 2014 par le PASEC et en 2015 par le LARES permettent de retenir que : i) en moyenne, seulement 50 % du temps scolaire règlementaire est effectivement consacré aux apprentissages dans la plupart des écoles ; ii) en moyenne, 41 % des élèves ont un enseignant qui s’absente au moins une fois dans le mois ; iii) en général, moins de la moitié du temps d’enseignement est véritablement destiné à l’apprentis sage des matières fondamentales que sont le français (lecture, expression écrite NIVEAU DE SCOLARISATION 2010-11 2011-12 2012-13 2013-14 2014-15 Maternel 11,5 % 11,4 % 11,9 % 12,6 % 14,3 % Primaire 107,8 % 112,6 % 113,6 % 113,2 % 116,2 % Secondaire 1er cycle 60,3 % 66,3 % 69,4 % 69,1 % 69,5 % Secondaire 2nd cycle 30,4 % 34,2 % 34,6 % 34,7 % 37,4 % Secondaire 1er et 2nd cycle 48,7 % 53,9 % 55,9 % 55,7 % 57,2 % Supérieur (Étudiants/100 000 habitants) 1 293 1 213 1 350 1 314 1 432 Formation Technique/ Professionnelle Apprenants pour 100 000 habitants 322 289 242 237 253 Apprenants pour 100 élèves du secondaire général 4 3 3 3 3 6 abadzi 2007 pour le Burkina faso ministère de l’Éducation de l’alphabétisation et des langues nationales, 2010 pour le niger P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 60 61 santé : faible fréquentation des formations sanitaires, morbidité et mortalité maternelle et infantile élevées 111 Dans le secteur de la santé plusieurs documents de politiques ou stratégies ont été élaborés et mis en œuvre, notamment, le Plan National de Développement Sanitaire (2009-2018), qui intègre la mise en œuvre du programme de lutte contre le paludisme, via la gratuité de la prise en charge des enfants de moins de 5 ans. Il inclut également la lutte contre la mortalité infantile et juvénile dans le cadre d’un programme d’amélioration de la santé reproductive. De même, un Plan plu riannuel complet de vaccination (PPAC) a été déployé sur la période 2009-2013 afin de promouvoir une mise en œuvre décentralisée de la vaccination pour une meilleure participation des communautés. Une stratégie nationale spécifique consacrée à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale (SMNI) a aussi été élaborée pour la période 2006-2015, afin d’accélérer l’atteinte de la cible. Les politiques de gratuité, notamment de la césarienne introduite en 2008 dans les hôpitaux publics, privés, confessionnels ou associatifs agréés par l’État ont contri bué à améliorer les indicateurs. En ce qui concerne la lutte contre le VIH, le Bénin a développé un programme national de lutte contre le VIH en vue de l’éradication de la maladie. 112 Entre 2010 et 2015, le gap de financement pour l’ensemble du secteur de la santé a été plus ou moins important, selon les années. Ce gap a représenté jusqu’à 40% des ressources nécessaires, en 2012 et 2014. La mobilisation de ressources pour le finan cement du secteur reste donc un enjeu majeur. Les capacités humaines restent limitées avec un personnel de santé encore insuffisant en quantité et en qualité. vers des infrastructures de qualité plus accessibles 113 En 2014, le système national de santé comptait un hôpital de référence (le Centre National Hospitalier et Universitaire HKM), 42 hôpitaux dont 27 Hôpitaux de Zone, 571 centres de santé complets, 2197 structures privées recensées en 2012 et des acteurs de la médecine traditionnelle. 114 Pour les structures hospitalières de premiers secours, 79% des hôpitaux de zone prévus sont fonctionnels. Les niveaux intermédiaire et central disposent égale ment d’infrastructures socio-sanitaires qui répondent aux problèmes spécifiques de santé des populations. Toutefois, l’accessibilité géographique nécessite encore d’être améliorée. Par ailleurs, une bonne part de la population a recours à la mé decine traditionnelle. L’importance de la fréquentation de cette source de soins a conduit le Ministère de la Santé à initier et mettre en œuvre le Programme de Promotion de la Médecine Traditionnelle dans le cadre duquel des appuis sont apportés. Ainsi, 63 jardins de plantes médicinales ont été mis en place à fin 2013 et des sessions de formation et de normalisation sont organisées en faveur des acteurs animant cette médecine. Cette médecine est de plus en plus développée dans les départements surtout dans l’Atlantique où il est observé une synergie d’actions avec la médecine moderne. 108 Équité à réaliser entre filles et garçons : Les chances d’accéder à chaque niveau d’études du primaire sont quasiment égales pour les filles et les garçons tandis que les écarts sont plus marqués dans le secondaire et dans le supérieur. En fin de primaire, les écarts de taux d’achèvement sont également faibles selon les données EMICoV 2015 (59,3 % pour les filles contre 59,9 % pour les garçons). En ce qui concerne le secondaire, le taux d’accès en 6ème est de 62 % chez les filles contre 70 % chez les garçons. En 3e, l’écart se creuse un peu plus : 39 % chez les filles contre 51 % chez les garçons. En terminale, le taux d’accès des filles n’est plus que de 18 % tandis que celui des garçons est de 37 %. Un des déterminants d’abandon des classes chez les filles est la survenue des grossesses en milieu scolaire7. Dans l’enseignement technique, les filles représentent 26 % des effec tifs scolarisés dans le public et sont plus présentes dans les filières d’hôtellerie, de restauration et médico-sociale. Elles représentent environ 28 % des inscrits à l’enseignement supérieur. Cette déperdition scolaire des filles est en lien entre autres avec les grossesses précoces, le harcèlement en milieu scolaire, le manque de sanitaires adéquats, la discrimination et les préférences familiales. 109 En termes d’équité territoriale et en fonction de leur profil de scolarisation, les départements sont classés en quatre (04) groupes : i) Alibori avec un taux d’accès à 35% et un taux d’achèvement à 24% ; ii) l’Atacora et le Borgou avec un taux d’accès proche pour les deux de 68% et un taux d’achèvement de 56% pour le Borgou et 47% pour l’Atacora ; iii) l’Atlantique, les Collines, le Couffo, la Donga, le Plateau et le Zou qui ont chacun un taux d’accès compris entre 80% et 90% et un taux d’achèvement se situant entre 56% et 65% et iv) le Littoral, le Mono et l’Ouémé qui affiche chacun, un taux d’accès de l’ordre de 97% et taux d’achève ment de 73%8. 110 Financement du secteur insuffisamment aligné sur certaines priorités : les Gouvernements qui se sont succédés ont affiché une priorité pour le secteur de l’éducation et de la formation à en juger le niveau et l’évolution des dépenses de ce secteur. La part du budget national consacrée au secteur de l’éducation et de la formation, a augmenté de 34 % entre 2010 et 2015. Sur cette même période, l’ensemble des dépenses (courantes et investissement) du secteur a représenté en moyenne 28 % des dépenses totales publiques de l’État hors service de la dette9. Les dépenses courantes ont, quant à elles, représenté, en moyenne 32 % des dépenses courantes totales de l’État hors services de la dette. Cette priorité accordée à l’éducation est en conformité avec les engagements pris dans le cadre du PDDSE et est encore plus visible quand le Bénin est comparé aux autres pays de la CEDEAO qui consacrent en moyenne 25 % de leurs dépenses courantes, hors service de la dette, à l’éducation. Toutefois, il est noté l’inefficacité du sys tème interne, une insuffisance d’allocations budgétaires en direction des ensei gnements techniques et de la formation professionnelle pourtant jugés secteur prioritaire pour la formation du capital humain en faveur de la transformation agroindustrielle, avec seulement 3,8 % de l’ensemble des dépenses courantes du financement public. 7 rapport de l’Étude sur les grossesses précoces et non désirées et comportements chez les adolescents en milieu scolaire. unfpa 2015 8 les taux d’accès utilisés sont ceux issus de emicov 2015 9 largement au-dessus des 20% conseillée par la communauté internationale comme étant la référence vers laquelle les pays en retard en matière d’éducation doivent tendre P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 60 61 santé : faible fréquentation des formations sanitaires, morbidité et mortalité maternelle et infantile élevées 111 Dans le secteur de la santé plusieurs documents de politiques ou stratégies ont été élaborés et mis en œuvre, notamment, le Plan National de Développement Sanitaire (2009-2018), qui intègre la mise en œuvre du programme de lutte contre le paludisme, via la gratuité de la prise en charge des enfants de moins de 5 ans. Il inclut également la lutte contre la mortalité infantile et juvénile dans le cadre d’un programme d’amélioration de la santé reproductive. De même, un Plan plu riannuel complet de vaccination (PPAC) a été déployé sur la période 2009-2013 afin de promouvoir une mise en œuvre décentralisée de la vaccination pour une meilleure participation des communautés. Une stratégie nationale spécifique consacrée à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale (SMNI) a aussi été élaborée pour la période 2006-2015, afin d’accélérer l’atteinte de la cible. Les politiques de gratuité, notamment de la césarienne introduite en 2008 dans les hôpitaux publics, privés, confessionnels ou associatifs agréés par l’État ont contri bué à améliorer les indicateurs. En ce qui concerne la lutte contre le VIH, le Bénin a développé un programme national de lutte contre le VIH en vue de l’éradication de la maladie. 112 Entre 2010 et 2015, le gap de financement pour l’ensemble du secteur de la santé a été plus ou moins important, selon les années. Ce gap a représenté jusqu’à 40% des ressources nécessaires, en 2012 et 2014. La mobilisation de ressources pour le finan cement du secteur reste donc un enjeu majeur. Les capacités humaines restent limitées avec un personnel de santé encore insuffisant en quantité et en qualité. vers des infrastructures de qualité plus accessibles 113 En 2014, le système national de santé comptait un hôpital de référence (le Centre National Hospitalier et Universitaire HKM), 42 hôpitaux dont 27 Hôpitaux de Zone, 571 centres de santé complets, 2197 structures privées recensées en 2012 et des acteurs de la médecine traditionnelle. 114 Pour les structures hospitalières de premiers secours, 79% des hôpitaux de zone prévus sont fonctionnels. Les niveaux intermédiaire et central disposent égale ment d’infrastructures socio-sanitaires qui répondent aux problèmes spécifiques de santé des populations. Toutefois, l’accessibilité géographique nécessite encore d’être améliorée. Par ailleurs, une bonne part de la population a recours à la mé decine traditionnelle. L’importance de la fréquentation de cette source de soins a conduit le Ministère de la Santé à initier et mettre en œuvre le Programme de Promotion de la Médecine Traditionnelle dans le cadre duquel des appuis sont apportés. Ainsi, 63 jardins de plantes médicinales ont été mis en place à fin 2013 et des sessions de formation et de normalisation sont organisées en faveur des acteurs animant cette médecine. Cette médecine est de plus en plus développée dans les départements surtout dans l’Atlantique où il est observé une synergie d’actions avec la médecine moderne. 108 Équité à réaliser entre filles et garçons : Les chances d’accéder à chaque niveau d’études du primaire sont quasiment égales pour les filles et les garçons tandis que les écarts sont plus marqués dans le secondaire et dans le supérieur. En fin de primaire, les écarts de taux d’achèvement sont également faibles selon les données EMICoV 2015 (59,3 % pour les filles contre 59,9 % pour les garçons). En ce qui concerne le secondaire, le taux d’accès en 6ème est de 62 % chez les filles contre 70 % chez les garçons. En 3e, l’écart se creuse un peu plus : 39 % chez les filles contre 51 % chez les garçons. En terminale, le taux d’accès des filles n’est plus que de 18 % tandis que celui des garçons est de 37 %. Un des déterminants d’abandon des classes chez les filles est la survenue des grossesses en milieu scolaire7. Dans l’enseignement technique, les filles représentent 26 % des effec tifs scolarisés dans le public et sont plus présentes dans les filières d’hôtellerie, de restauration et médico-sociale. Elles représentent environ 28 % des inscrits à l’enseignement supérieur. Cette déperdition scolaire des filles est en lien entre autres avec les grossesses précoces, le harcèlement en milieu scolaire, le manque de sanitaires adéquats, la discrimination et les préférences familiales. 109 En termes d’équité territoriale et en fonction de leur profil de scolarisation, les départements sont classés en quatre (04) groupes : i) Alibori avec un taux d’accès à 35% et un taux d’achèvement à 24% ; ii) l’Atacora et le Borgou avec un taux d’accès proche pour les deux de 68% et un taux d’achèvement de 56% pour le Borgou et 47% pour l’Atacora ; iii) l’Atlantique, les Collines, le Couffo, la Donga, le Plateau et le Zou qui ont chacun un taux d’accès compris entre 80% et 90% et un taux d’achèvement se situant entre 56% et 65% et iv) le Littoral, le Mono et l’Ouémé qui affiche chacun, un taux d’accès de l’ordre de 97% et taux d’achève ment de 73%8. 110 Financement du secteur insuffisamment aligné sur certaines priorités : les Gouvernements qui se sont succédés ont affiché une priorité pour le secteur de l’éducation et de la formation à en juger le niveau et l’évolution des dépenses de ce secteur. La part du budget national consacrée au secteur de l’éducation et de la formation, a augmenté de 34 % entre 2010 et 2015. Sur cette même période, l’ensemble des dépenses (courantes et investissement) du secteur a représenté en moyenne 28 % des dépenses totales publiques de l’État hors service de la dette9. Les dépenses courantes ont, quant à elles, représenté, en moyenne 32 % des dépenses courantes totales de l’État hors services de la dette. Cette priorité accordée à l’éducation est en conformité avec les engagements pris dans le cadre du PDDSE et est encore plus visible quand le Bénin est comparé aux autres pays de la CEDEAO qui consacrent en moyenne 25 % de leurs dépenses courantes, hors service de la dette, à l’éducation. Toutefois, il est noté l’inefficacité du sys tème interne, une insuffisance d’allocations budgétaires en direction des ensei gnements techniques et de la formation professionnelle pourtant jugés secteur prioritaire pour la formation du capital humain en faveur de la transformation agroindustrielle, avec seulement 3,8 % de l’ensemble des dépenses courantes du financement public. 7 rapport de l’Étude sur les grossesses précoces et non désirées et comportements chez les adolescents en milieu scolaire. unfpa 2015 8 les taux d’accès utilisés sont ceux issus de emicov 2015 9 largement au-dessus des 20% conseillée par la communauté internationale comme étant la référence vers laquelle les pays en retard en matière d’éducation doivent tendre P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 62 63 118 Mortalité infantile : le quotient de mortalité infanto-juvénile au niveau natio nal reste élevé (106,3 ‰, RGPH4 2013 ; 115 ‰, MICS 2014) en dépit des efforts consentis ces dernières années, pour une cible de 65 ‰ en 2015. La mortalité néonatale s’est accrue de 32 ‰ en 2006 (EDS3) à 37,8 ‰ en 2014 (MICS) pour une cible de 21 ‰ attendue en 2015 et de 12 ‰ D’ici 2030 selon les ODD. Les affections néo-natales, la pneumonie, le paludisme et la diarrhée constituent les principales causes de décès chez les enfants de moins de 5 ans (respectivement 32 %, 13 %, 12 % et 11 %). Par ailleurs, seulement 41,6 % des enfants sont com plètement vaccinés. 119 Maladies prioritaires : Parmi les trois (03) maladies prioritaires (Paludisme, Tuberculose et VIH SIDA), le paludisme demeure la première cause de consulta tion (42,8 % des cas) et d’hospitalisation (52,3 %) selon l’annuaire des statistiques sanitaires de 2016. Le paludisme est la première cause de morbidité et de mor talité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir, les enfants de moins de cinq (05) ans et les femmes enceintes. L’incidence de cette maladie pourrait être exa cerbée par des aléas climatiques (la température, les précipitations, l’humidité relative, sécheresse, inondations) et autres catastrophes naturelles. En 2015, selon l’enquête MIS (Malaria Indicator Survey), le taux d’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée (MIILD) est de 81 % chez les enfants de moins de cinq (05) ans et de 79,9 % chez les femmes enceintes, contre l’utilisation universelle visée. 120 En ce qui concerne le VIH/SIDA, la prévalence dans la population générale s’est stabilisée à 1,2 % depuis 2006 (EDS), avec des poches de concentration au niveau des populations clés telles que les travailleuses de sexe (15,7 %), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (7,7 %), les utilisateurs de drogues injec tables (4,7 %) selon les enquêtes de surveillance de deuxième génération (ESDG) réalisées en 2015. La prévalence chez les jeunes de 15 à 24 ans est de 0,2 % (EDS4) avec la persistance des comportements à risque au sein de ce groupe. 121 Pour ce qui est de la tuberculose, le Bénin met en œuvre la stratégie « Fin tuber culose » (END TB) de l’OMS, pour son contrôle. D’importants progrès ont été réalisés dans la lutte contre cette maladie. En effet, le taux d’incidence de la tuberculose dans la population diminue régulièrement, passant de 86 à 60 cas pour 100.000 habitants entre 2000 et 2016. Le nombre de cas notifiés augmente régulièrement depuis 20 ans, mais il tend à ralentir de 2011 à 2016, tandis que le taux de notifi cation a diminué de 46,5 à 36,6 cas pour 100 000 habitants entre 2011-2016. La cible visée pour l’année 2030 est de 0 cas. L’impact du VIH est stable avec une séroprévalence chez les tuberculeux autour de 16 %. La prise en charge des co-in fectés TB/VIH s’est améliorée depuis 2009 pour atteindre un niveau élevé en 2016 (94 % sous anti-retro-viraux (ARV)). La résistance aux antituberculeux est limitée avec une prévalence de multi-résistance estimée à 0,5 % chez les nouveaux cas et 13,3 % chez les retraitements. 115 Malgré une couverture en infrastructures sanitaires presque satisfaisante, estimée à 88,3 %, le faible niveau de revenu des populations et celui des plateaux techniques expliquent en partie le faible taux de fréquentation des formations sanitaires qui est de 45,2 % en 2016. L’indice de capacité opérationnelle générale des services est de 63 % en 2015 contre 59 % en 2013 (SARA10). Bien que les indicateurs du pays en matière de disponibilité de personnel soient relativement satisfaisants (1,6 méde cins pour 10 000 habitants, 3,2 infirmières/sages-femmes pour 5 000 habitants en 2016), ils sont en deçà des normes mondiales. Le système de santé souffre de manque de ressources humaines en quantité et en qualité dans les hôpitaux et les centres de santé et d’une gestion peu performante de ces ressources. 116 La disponibilité en médicaments essentiels et produits vitaux est de 43 % (SARA 2015). Les prestations des services et des soins sont caractérisées par la fragmen tation et la faible intégration qui diminuent l’efficacité et l’efficience du système des soins. En dépit des efforts faits avec la mise en place du logiciel de gestion de l’information sanitaire (DHIS2), le système d’information sanitaire reste confronté, entre autres, à la faible intégration des données du secteur privé, à l’inexistence de technologie de pointe, à la faible qualité des données sanitaires et de l’état civil et à l’insuffisance de la prise en compte des paramètres climatiques. Par ailleurs, la recherche en santé souffre de l’insuffisance de cadres outillés, de ressources financières, du problème de gestion optimale des ressources humaines, de coor dination des interventions et d’exploitation des résultats. mortalité et maladies prioritaires encore préoccupantes 117 Mortalité maternelle : Le RGPH4 de 2013 indique un niveau de la mortalité ma ternelle de 335,5 décès pour 100.000 naissances très loin de la cible ODD3 (70 pour 100 000 naissances vivantes D’ici 2030). Pour ce taux de mortalité, 52 % sont dus à des causes obstétricales directes (hémorragies, éclampsie, etc.) et 28 % relèvent de causes obstétricales indirectes : paludisme, HIV/SIDA, diabète. Les be soins satisfaits en soins obstétricaux néonataux d’urgence (SONU) sont encore très faibles (26 %). La prévalence contraceptive moderne est de 12,5 % (MICS 2014) pour une cible de 15 % et les besoins non satisfaits sont encore estimés à 33,1 %. Par ailleurs, selon l’EDS4, le nombre de grossesses non désirées ou précoces, chez les adolescentes de 15 à 19 ans et des jeunes, est (17 % ont eu une grossesse) enregistré surtout en milieu scolaire. En 2017, c’est le département de l’Atacora qui a enregistré le nombre le plus élevé (333 grossesses enregistrées, S0SP/DESG 2017). Les grossesses chez les adolescentes présentent un risque élevé de décès et de fistules obstétricales. Il faut mentionner la faible prévalence contraceptive dont le taux est de 4,2 % chez les femmes de (15-19 ans) contre 5,7 % pour celles de la tranche (20–24 ans). L’enquête SARA réalisée en 2015 a révélé une faible disponibilité des services de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent (SMNEA). 10 Service availability readness assesment (Sara) P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 62 63 118 Mortalité infantile : le quotient de mortalité infanto-juvénile au niveau natio nal reste élevé (106,3 ‰, RGPH4 2013 ; 115 ‰, MICS 2014) en dépit des efforts consentis ces dernières années, pour une cible de 65 ‰ en 2015. La mortalité néonatale s’est accrue de 32 ‰ en 2006 (EDS3) à 37,8 ‰ en 2014 (MICS) pour une cible de 21 ‰ attendue en 2015 et de 12 ‰ D’ici 2030 selon les ODD. Les affections néo-natales, la pneumonie, le paludisme et la diarrhée constituent les principales causes de décès chez les enfants de moins de 5 ans (respectivement 32 %, 13 %, 12 % et 11 %). Par ailleurs, seulement 41,6 % des enfants sont com plètement vaccinés. 119 Maladies prioritaires : Parmi les trois (03) maladies prioritaires (Paludisme, Tuberculose et VIH SIDA), le paludisme demeure la première cause de consulta tion (42,8 % des cas) et d’hospitalisation (52,3 %) selon l’annuaire des statistiques sanitaires de 2016. Le paludisme est la première cause de morbidité et de mor talité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir, les enfants de moins de cinq (05) ans et les femmes enceintes. L’incidence de cette maladie pourrait être exa cerbée par des aléas climatiques (la température, les précipitations, l’humidité relative, sécheresse, inondations) et autres catastrophes naturelles. En 2015, selon l’enquête MIS (Malaria Indicator Survey), le taux d’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée (MIILD) est de 81 % chez les enfants de moins de cinq (05) ans et de 79,9 % chez les femmes enceintes, contre l’utilisation universelle visée. 120 En ce qui concerne le VIH/SIDA, la prévalence dans la population générale s’est stabilisée à 1,2 % depuis 2006 (EDS), avec des poches de concentration au niveau des populations clés telles que les travailleuses de sexe (15,7 %), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (7,7 %), les utilisateurs de drogues injec tables (4,7 %) selon les enquêtes de surveillance de deuxième génération (ESDG) réalisées en 2015. La prévalence chez les jeunes de 15 à 24 ans est de 0,2 % (EDS4) avec la persistance des comportements à risque au sein de ce groupe. 121 Pour ce qui est de la tuberculose, le Bénin met en œuvre la stratégie « Fin tuber culose » (END TB) de l’OMS, pour son contrôle. D’importants progrès ont été réalisés dans la lutte contre cette maladie. En effet, le taux d’incidence de la tuberculose dans la population diminue régulièrement, passant de 86 à 60 cas pour 100.000 habitants entre 2000 et 2016. Le nombre de cas notifiés augmente régulièrement depuis 20 ans, mais il tend à ralentir de 2011 à 2016, tandis que le taux de notifi cation a diminué de 46,5 à 36,6 cas pour 100 000 habitants entre 2011-2016. La cible visée pour l’année 2030 est de 0 cas. L’impact du VIH est stable avec une séroprévalence chez les tuberculeux autour de 16 %. La prise en charge des co-in fectés TB/VIH s’est améliorée depuis 2009 pour atteindre un niveau élevé en 2016 (94 % sous anti-retro-viraux (ARV)). La résistance aux antituberculeux est limitée avec une prévalence de multi-résistance estimée à 0,5 % chez les nouveaux cas et 13,3 % chez les retraitements. 115 Malgré une couverture en infrastructures sanitaires presque satisfaisante, estimée à 88,3 %, le faible niveau de revenu des populations et celui des plateaux techniques expliquent en partie le faible taux de fréquentation des formations sanitaires qui est de 45,2 % en 2016. L’indice de capacité opérationnelle générale des services est de 63 % en 2015 contre 59 % en 2013 (SARA10). Bien que les indicateurs du pays en matière de disponibilité de personnel soient relativement satisfaisants (1,6 méde cins pour 10 000 habitants, 3,2 infirmières/sages-femmes pour 5 000 habitants en 2016), ils sont en deçà des normes mondiales. Le système de santé souffre de manque de ressources humaines en quantité et en qualité dans les hôpitaux et les centres de santé et d’une gestion peu performante de ces ressources. 116 La disponibilité en médicaments essentiels et produits vitaux est de 43 % (SARA 2015). Les prestations des services et des soins sont caractérisées par la fragmen tation et la faible intégration qui diminuent l’efficacité et l’efficience du système des soins. En dépit des efforts faits avec la mise en place du logiciel de gestion de l’information sanitaire (DHIS2), le système d’information sanitaire reste confronté, entre autres, à la faible intégration des données du secteur privé, à l’inexistence de technologie de pointe, à la faible qualité des données sanitaires et de l’état civil et à l’insuffisance de la prise en compte des paramètres climatiques. Par ailleurs, la recherche en santé souffre de l’insuffisance de cadres outillés, de ressources financières, du problème de gestion optimale des ressources humaines, de coor dination des interventions et d’exploitation des résultats. mortalité et maladies prioritaires encore préoccupantes 117 Mortalité maternelle : Le RGPH4 de 2013 indique un niveau de la mortalité ma ternelle de 335,5 décès pour 100.000 naissances très loin de la cible ODD3 (70 pour 100 000 naissances vivantes D’ici 2030). Pour ce taux de mortalité, 52 % sont dus à des causes obstétricales directes (hémorragies, éclampsie, etc.) et 28 % relèvent de causes obstétricales indirectes : paludisme, HIV/SIDA, diabète. Les be soins satisfaits en soins obstétricaux néonataux d’urgence (SONU) sont encore très faibles (26 %). La prévalence contraceptive moderne est de 12,5 % (MICS 2014) pour une cible de 15 % et les besoins non satisfaits sont encore estimés à 33,1 %. Par ailleurs, selon l’EDS4, le nombre de grossesses non désirées ou précoces, chez les adolescentes de 15 à 19 ans et des jeunes, est (17 % ont eu une grossesse) enregistré surtout en milieu scolaire. En 2017, c’est le département de l’Atacora qui a enregistré le nombre le plus élevé (333 grossesses enregistrées, S0SP/DESG 2017). Les grossesses chez les adolescentes présentent un risque élevé de décès et de fistules obstétricales. Il faut mentionner la faible prévalence contraceptive dont le taux est de 4,2 % chez les femmes de (15-19 ans) contre 5,7 % pour celles de la tranche (20–24 ans). L’enquête SARA réalisée en 2015 a révélé une faible disponibilité des services de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent (SMNEA). 10 Service availability readness assesment (Sara) P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 64 65 127 D’importants investissements ont été réalisés au cours des dernières années, pour renforcer la capacité de production et de stockage, ou le réseau de distribution d’eau potable dans les grandes villes et leurs agglomérations, avec une attention particulière aux villes secondaires. En termes de capacité de production d’eau, le volume d’eau pompée a connu un accroissement de 42,3 % entre 2006 et 2014, entrainant ainsi une augmentation de 37,1 % du volume d’eau vendue. Ces efforts de production ont été accompagnés de densification et d’extension du réseau de distribution surtout dans les périphéries des grandes agglomérations (Cotonou, Parakou, Porto Novo, etc.). Ce faisant, la longueur du réseau de distri bution s’est accrue de 29,7 % sur la période. En milieu rural, le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable (AEP) en milieu rural a été marqué par une série de réformes structurelles (promotion du secteur privé, déconcentration, dé centralisation), de réformes sectorielles (budgétaire, responsabilisation des com munautés, implication de la société civile, etc.) et l’adoption de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). C’est dans cette optique qu’une nouvelle Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural du Bénin (2005 2015) a été élaborée pour permettre au sous-secteur de s’adapter à l’environne ment de la décentralisation. Aujourd’hui, les programmes d’approvisionnement en eau potable en milieu rural prennent en compte systématiquement tous les villages ou localités de 250 habitants ou plus contre 500 habitants dans les an nées 90. Toutefois, les villages isolés et ayant moins de 250 habitants sont considé rés dans le cadre de la prise en compte de l’objectif social de l’eau potable. Avec la programmation communale, ces localités font l’objet d’une priorisation en vue de réduire les disparités dans l’accès. 128 Par rapport à l’accès à l’eau, les données disponibles laissent apparaître que deux indicateurs sur trois ont été atteints, voire dépassés en comparaison des valeurs cibles prévues dans le cadre de la SCRP 2011-2015. En revanche, le troisième (le taux de panne) a connu une évolution en dents de scie entre 2010 et 2013 (9,6 % en 2010, 10,1 % en 2011, 9,0 % en 2012 et 10,0 % en 2013) avant de s’établir à 6,63 % en 2015 pour une valeur cible de 9 % sur la période. 129 S’agissant du taux de desserte en eau potable en milieu rural, il est enregistré glo balement une progression régulière de ce taux sur la période 2010-2014 passant de 57,2 % en 2010 à 68,1 % en 2014, pour une cible OMD fixée à 67,3 % en 2015. Il convient de noter que ce taux a connu une baisse en 2015 en s’établissant à 67,6 %. Ce recul, qui n’a pas permis de consolider les acquis de la contribution du secteur à l’atteinte des OMD, s’explique, entre autres, par la quasi non réalisation de points d’eau en 2015 et par l’accroissement annuel de la population. Toutefois, avec la réalisation d’un taux de desserte de 68,1 % en 2014, le défi de l’atteinte de la cible 2 de l’OMD 7 est réalisé un an plus tôt. En milieu urbain, le taux de desserte est passé de 58,5 % en 2014 à 84,80 % en 2015 pour une prévision de 75 %. Cette performance a été obtenue grâce à l’augmentation de la production de l’eau ainsi que l’extension et la densification du réseau dans les quartiers péri phériques qui ont impacté considérablement l’effectif de la population desservie qui s’est établi à 3,2 millions habitants. Cependant, la qualité et la quantité de ces ressources en eau pourraient être affectées par les changements climatiques. 122 Enfin, pour ce qui concerne les maladies à potentiel épidémique, la menace persistante de flambées épidémiques saisonnières, le choléra, la méningite et d’autres urgences, catastrophes ou changements climatiques oblige à maintenir la veille. Depuis 2014, des épisodes de Fièvre Hémorragique à virus Lassa (FHVL) viennent alourdir ce tableau. 123 Maladies non transmissibles en aggravation : Ces maladies, surtout celles dites de la civilisation, sont apparues dans le profil épidémiologique du Bénin depuis quelques décennies. Il s’agit surtout de l’hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires dont les taux de mortalité et de morbidité ne font que croître d’année en année. Cette situation pourrait s’aggraver avec les conséquences éven tuelles du changement climatique. L’hypertension artérielle a une prévalence de 25,9 %, l’obésité 7,4 %, le diabète 12,4 %, l’alcoolisme chronique 2,4 % et le taba gisme 3,9 %. Ces maladies non transmissibles font de plus en plus de victimes dans la population (Enquête STEP 2015). Le coût de traitement de ces affections grève lourdement le budget de la santé des populations. 124 Les accidents de circulation engendrent trop souvent des cas de décès (670 en 2014 et 637 en 2015), des blessés graves (2460 en 2014 et 2216 en 2015) (CNSR, Ministère en charge des transports). 125 Eu égard à l’analyse de la situation sanitaire du pays, et tenant compte des dé ficits actuels pour l’atteinte de l’ODD3 en termes de réduction de la mortalité maternelle, néonatale, infanto-juvénile, de lutte contre les maladies prioritaires (paludisme, sida, tuberculose), de lutte contre l’hépatite, les maladies tropicales négligées, les maladies non transmissibles et la santé reproductive des adoles cents et des jeunes D’ici 2030, la mise en place d’un dispositif de Couverture en Santé Universel (CSU) apparaît incontournable et urgente. La mise en place du projet ARCH du Programme d’Action du Gouvernement PAG adresse la question de la prise en charge de la protection sociale d’une manière holistique qui devrait aider à faire face à ce défi une fois le projet mis en œuvre. eau, hygiène et assainissement : bilan contrasté selon le secteur et les régions accès à l’eau en net progrès 126 Globalement, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 39,7 % en 2002 à 48,4 % en 2007 puis à 70,1 % en 2015. L’accroissement de l’accès à l’eau a été plus ra pide entre 2007 et 2015 en raison du renforcement des actions réalisées sur la période en faveur du sous-secteur. Comme résultat, le taux d’accès à l’eau potable a connu une augmentation de plus de 20 points entre 2007 et 2015 contre un accroissement de moins de 9 points sur la période 2002-2007 (39,7 % à 48,4 %). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 64 65 127 D’importants investissements ont été réalisés au cours des dernières années, pour renforcer la capacité de production et de stockage, ou le réseau de distribution d’eau potable dans les grandes villes et leurs agglomérations, avec une attention particulière aux villes secondaires. En termes de capacité de production d’eau, le volume d’eau pompée a connu un accroissement de 42,3 % entre 2006 et 2014, entrainant ainsi une augmentation de 37,1 % du volume d’eau vendue. Ces efforts de production ont été accompagnés de densification et d’extension du réseau de distribution surtout dans les périphéries des grandes agglomérations (Cotonou, Parakou, Porto Novo, etc.). Ce faisant, la longueur du réseau de distri bution s’est accrue de 29,7 % sur la période. En milieu rural, le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable (AEP) en milieu rural a été marqué par une série de réformes structurelles (promotion du secteur privé, déconcentration, dé centralisation), de réformes sectorielles (budgétaire, responsabilisation des com munautés, implication de la société civile, etc.) et l’adoption de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). C’est dans cette optique qu’une nouvelle Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural du Bénin (2005 2015) a été élaborée pour permettre au sous-secteur de s’adapter à l’environne ment de la décentralisation. Aujourd’hui, les programmes d’approvisionnement en eau potable en milieu rural prennent en compte systématiquement tous les villages ou localités de 250 habitants ou plus contre 500 habitants dans les an nées 90. Toutefois, les villages isolés et ayant moins de 250 habitants sont considé rés dans le cadre de la prise en compte de l’objectif social de l’eau potable. Avec la programmation communale, ces localités font l’objet d’une priorisation en vue de réduire les disparités dans l’accès. 128 Par rapport à l’accès à l’eau, les données disponibles laissent apparaître que deux indicateurs sur trois ont été atteints, voire dépassés en comparaison des valeurs cibles prévues dans le cadre de la SCRP 2011-2015. En revanche, le troisième (le taux de panne) a connu une évolution en dents de scie entre 2010 et 2013 (9,6 % en 2010, 10,1 % en 2011, 9,0 % en 2012 et 10,0 % en 2013) avant de s’établir à 6,63 % en 2015 pour une valeur cible de 9 % sur la période. 129 S’agissant du taux de desserte en eau potable en milieu rural, il est enregistré glo balement une progression régulière de ce taux sur la période 2010-2014 passant de 57,2 % en 2010 à 68,1 % en 2014, pour une cible OMD fixée à 67,3 % en 2015. Il convient de noter que ce taux a connu une baisse en 2015 en s’établissant à 67,6 %. Ce recul, qui n’a pas permis de consolider les acquis de la contribution du secteur à l’atteinte des OMD, s’explique, entre autres, par la quasi non réalisation de points d’eau en 2015 et par l’accroissement annuel de la population. Toutefois, avec la réalisation d’un taux de desserte de 68,1 % en 2014, le défi de l’atteinte de la cible 2 de l’OMD 7 est réalisé un an plus tôt. En milieu urbain, le taux de desserte est passé de 58,5 % en 2014 à 84,80 % en 2015 pour une prévision de 75 %. Cette performance a été obtenue grâce à l’augmentation de la production de l’eau ainsi que l’extension et la densification du réseau dans les quartiers péri phériques qui ont impacté considérablement l’effectif de la population desservie qui s’est établi à 3,2 millions habitants. Cependant, la qualité et la quantité de ces ressources en eau pourraient être affectées par les changements climatiques. 122 Enfin, pour ce qui concerne les maladies à potentiel épidémique, la menace persistante de flambées épidémiques saisonnières, le choléra, la méningite et d’autres urgences, catastrophes ou changements climatiques oblige à maintenir la veille. Depuis 2014, des épisodes de Fièvre Hémorragique à virus Lassa (FHVL) viennent alourdir ce tableau. 123 Maladies non transmissibles en aggravation : Ces maladies, surtout celles dites de la civilisation, sont apparues dans le profil épidémiologique du Bénin depuis quelques décennies. Il s’agit surtout de l’hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires dont les taux de mortalité et de morbidité ne font que croître d’année en année. Cette situation pourrait s’aggraver avec les conséquences éven tuelles du changement climatique. L’hypertension artérielle a une prévalence de 25,9 %, l’obésité 7,4 %, le diabète 12,4 %, l’alcoolisme chronique 2,4 % et le taba gisme 3,9 %. Ces maladies non transmissibles font de plus en plus de victimes dans la population (Enquête STEP 2015). Le coût de traitement de ces affections grève lourdement le budget de la santé des populations. 124 Les accidents de circulation engendrent trop souvent des cas de décès (670 en 2014 et 637 en 2015), des blessés graves (2460 en 2014 et 2216 en 2015) (CNSR, Ministère en charge des transports). 125 Eu égard à l’analyse de la situation sanitaire du pays, et tenant compte des dé ficits actuels pour l’atteinte de l’ODD3 en termes de réduction de la mortalité maternelle, néonatale, infanto-juvénile, de lutte contre les maladies prioritaires (paludisme, sida, tuberculose), de lutte contre l’hépatite, les maladies tropicales négligées, les maladies non transmissibles et la santé reproductive des adoles cents et des jeunes D’ici 2030, la mise en place d’un dispositif de Couverture en Santé Universel (CSU) apparaît incontournable et urgente. La mise en place du projet ARCH du Programme d’Action du Gouvernement PAG adresse la question de la prise en charge de la protection sociale d’une manière holistique qui devrait aider à faire face à ce défi une fois le projet mis en œuvre. eau, hygiène et assainissement : bilan contrasté selon le secteur et les régions accès à l’eau en net progrès 126 Globalement, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 39,7 % en 2002 à 48,4 % en 2007 puis à 70,1 % en 2015. L’accroissement de l’accès à l’eau a été plus ra pide entre 2007 et 2015 en raison du renforcement des actions réalisées sur la période en faveur du sous-secteur. Comme résultat, le taux d’accès à l’eau potable a connu une augmentation de plus de 20 points entre 2007 et 2015 contre un accroissement de moins de 9 points sur la période 2002-2007 (39,7 % à 48,4 %). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 66 67 alimentation et nutrition : situations préoccupantes 133 D’après le Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition, le Bénin perd 2 % à 3 % chaque année de son PIB à cause des problèmes nutri tionnels11. La malnutrition représente la cause de 30 % à 50 % des décès de moins de 5 ans. Selon le premier plaidoyer effectué au Bénin en janvier 2004, investir dans la nutrition, c’est assurer au pays des ressources humaines en bonne santé, garant d’un développement humain durable. Un investissement soutenu peut améliorer l’état nutritionnel des groupes les plus vulnérables que représentent les femmes et les enfants et permettre d’éviter : i) des milliers de morts d’enfants et de mères ; ii) un affaiblissement dramatique du potentiel intellectuel et iii) d’énormes pertes de productivité économique. 134 L’insécurité alimentaire constitue l’une des problématiques majeures du développe ment au Bénin. Environ 20,2 % des ménages sont en insécurité alimentaire (EMICoV, 2015). D’une manière générale, les résultats de l’Analyse Globale de la Vulnérabilité à la Sécurité Alimentaire (AGVSA) menée en 2013 par le Gouvernement du Bénin, avec l’appui du PAM, indiquent qu’au niveau national, 1,1 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. L’insécurité alimentaire est plus prononcée en milieu rural (15 %) qu’en milieu urbain (8 %). Il en est de même du risque d’insécurité ali mentaire qui touche 43 % des populations en milieu rural et 25 % en milieu urbain, soit au total 34 % de la population au niveau national. 135 En matière de situation nutritionnelle, le Bénin a enregistré des progrès notables mais des efforts sont encore à faire. De 5,2 % en 2011 (EMICoV, 2011), le taux d’émaciation modérée et sévère est tombé à 4,6 % en 2014 (MICS, 2014). Près de 45 % des décès des enfants de moins de cinq (5) ans sont dus à la malnutrition. Les enfants souffrant d’émaciation sévère ont un risque de mortalité d’environ 11,6 fois plus élevé par rapport aux enfants normaux. La malnutrition chronique ou retard de croissance est passée de 32 % en 2011 (EMICoV, 2011) à 34,4 % en 2014 (MICS, 2014) et elle est plus critique en milieu rural (35,2 %) qu’en milieu ur bain (25,8 %). La couverture des besoins journaliers en énergie ne dépasse guère, pour plus du quart de la population béninoise, 1 300 kilocalories au lieu de 2400, minimum nécessaire à un adulte de poids moyen de 65 kg pour une vie active. Cette tendance de l’état nutritionnel pourrait s’aggraver avec une baisse de la production agricole liée à la variabilité climatique. 136 La situation actuelle au plan alimentaire et nutritionnel nécessite des actions fortes en direction des groupes les plus vulnérables visant notamment la réduc tion de l’enclavement de certaines zones de production, l’éducation alimentaire, l’amélioration de la productivité du secteur rural, l’assainissement du foncier, l’amélioration des infrastructures post-récoltes et la mise en place de méca nismes de résilience et de protection sociale des populations des zones à risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Conscient du fardeau que représente la malnutrition pour le développement économique et social, l’État béninois a éla boré, entre autres, le Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition (PSDAN) qui s’inscrit dans le partenariat mondial REACH (Renewed Tableau 4 : Performance du secteur hydraulique Source : dg-eau, SoneB ; juillet 2016 accès encore limité aux infrastructures d’assainissement de base 130 Les progrès dans le domaine de l’assainissement ont été moins importants. La proportion des individus qui utilisent une latrine familiale est passée de 30,2 % en 2002 à 33,8 % en 2007, puis à 68,9 % en 2015. Le taux d’accès à une latrine fami liale a plus que doublé entre 2007 et 2015 alors qu’il a connu un accroissement de seulement 3 points entre 2002 et 2007. 131 Seulement 830 000 individus disposaient au moins d’une latrine dans leur famille en 2007. Mais entre 2007 et 2015, 3 560 000 nouvelles personnes des milieux ruraux et semi-urbains y ont accès désormais, ce qui a porté le nombre total d’in dividus disposant de services d’assainissement de base à 4 390 000 individus en milieu rural et semi urbain alors qu’il est de 1 110 000 individus en milieu urbain. Malgré ces progrès, le taux d’utilisation des moyens d’assainissement adéquats reste faible. Selon le MICS 2014 environ 13 % de la population utilisait des instal lations d’assainissement améliorées non partagées. 132 Les statistiques font apparaître des disparités régionales en matière d’accès aux infrastructures d’assainissement. En effet, les populations des milieux urbains (73,5 %) ont un plus grand accès aux infrastructures d’assainissement de base que celles des milieux ruraux et semi-urbains (66,04 %). Tableau 5 : Évolution de la couverture en eau et assainissement de base (2002-2015) Source : dg eau et mS/dhaB (rapport d’exécution du Bpo 2007 et 2015), mai 2017 INDICATEURS réalisation cible 20152010 2011 2012 2013 2014 2015 Taux de desserte en eau potable en milieu urbain (en %) 58,5 62,1 63,4 67,9 72 84,80 75 Taux de desserte en eau potable en milieu rural (en %) 57,2 61 63,7 65,6 68,1 67,6 67,3 Taux de panne de points d’eau (en %) 9,6 10,1 9 10 7,6 6,63 9 BESOINS SOCIAUx milieu 2002 2002 2002 Pop. (en millier) Pop couv. (en millier) Taux (%) Pop. (en millier) Pop. couv. (en millier) Taux (%) Pop. (en millier) Pop. couv. (en millier) Taux (%) Eau (en %) Rural et semi-urbain 4,2 1,47 35 4,92 2,28 46,35 6,65 4,47 67,3 Urbain 2,63 1,24 47,15 3,09 1,6 51,78 4,07 3,05 75 Total 6,83 2,71 39,7 8,01 3,88 48,4 10,72 7,52 70,1 Assainis sement (latrines familiales) Rural et semi-urbain 4,2 0,51 12,13 4,92 0,83 16,83 6,65 4,39 66,04 Urbain 2,63 1,55 58,99 3,09 1,88 61,02 4,07 2,99 73,5 Total 6,83 2,06 30,2 8,01 2,71 33,8 10,72 7,38 68,9 11 plan Stratégique de développement de l’alimentation et de la nutrition (pSdn, chapitre 3, partie a) P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 66 67 alimentation et nutrition : situations préoccupantes 133 D’après le Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition, le Bénin perd 2 % à 3 % chaque année de son PIB à cause des problèmes nutri tionnels11. La malnutrition représente la cause de 30 % à 50 % des décès de moins de 5 ans. Selon le premier plaidoyer effectué au Bénin en janvier 2004, investir dans la nutrition, c’est assurer au pays des ressources humaines en bonne santé, garant d’un développement humain durable. Un investissement soutenu peut améliorer l’état nutritionnel des groupes les plus vulnérables que représentent les femmes et les enfants et permettre d’éviter : i) des milliers de morts d’enfants et de mères ; ii) un affaiblissement dramatique du potentiel intellectuel et iii) d’énormes pertes de productivité économique. 134 L’insécurité alimentaire constitue l’une des problématiques majeures du développe ment au Bénin. Environ 20,2 % des ménages sont en insécurité alimentaire (EMICoV, 2015). D’une manière générale, les résultats de l’Analyse Globale de la Vulnérabilité à la Sécurité Alimentaire (AGVSA) menée en 2013 par le Gouvernement du Bénin, avec l’appui du PAM, indiquent qu’au niveau national, 1,1 millions de personnes sont en insécurité alimentaire. L’insécurité alimentaire est plus prononcée en milieu rural (15 %) qu’en milieu urbain (8 %). Il en est de même du risque d’insécurité ali mentaire qui touche 43 % des populations en milieu rural et 25 % en milieu urbain, soit au total 34 % de la population au niveau national. 135 En matière de situation nutritionnelle, le Bénin a enregistré des progrès notables mais des efforts sont encore à faire. De 5,2 % en 2011 (EMICoV, 2011), le taux d’émaciation modérée et sévère est tombé à 4,6 % en 2014 (MICS, 2014). Près de 45 % des décès des enfants de moins de cinq (5) ans sont dus à la malnutrition. Les enfants souffrant d’émaciation sévère ont un risque de mortalité d’environ 11,6 fois plus élevé par rapport aux enfants normaux. La malnutrition chronique ou retard de croissance est passée de 32 % en 2011 (EMICoV, 2011) à 34,4 % en 2014 (MICS, 2014) et elle est plus critique en milieu rural (35,2 %) qu’en milieu ur bain (25,8 %). La couverture des besoins journaliers en énergie ne dépasse guère, pour plus du quart de la population béninoise, 1 300 kilocalories au lieu de 2400, minimum nécessaire à un adulte de poids moyen de 65 kg pour une vie active. Cette tendance de l’état nutritionnel pourrait s’aggraver avec une baisse de la production agricole liée à la variabilité climatique. 136 La situation actuelle au plan alimentaire et nutritionnel nécessite des actions fortes en direction des groupes les plus vulnérables visant notamment la réduc tion de l’enclavement de certaines zones de production, l’éducation alimentaire, l’amélioration de la productivité du secteur rural, l’assainissement du foncier, l’amélioration des infrastructures post-récoltes et la mise en place de méca nismes de résilience et de protection sociale des populations des zones à risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Conscient du fardeau que représente la malnutrition pour le développement économique et social, l’État béninois a éla boré, entre autres, le Plan Stratégique de Développement de l’Alimentation et de la Nutrition (PSDAN) qui s’inscrit dans le partenariat mondial REACH (Renewed Tableau 4 : Performance du secteur hydraulique Source : dg-eau, SoneB ; juillet 2016 accès encore limité aux infrastructures d’assainissement de base 130 Les progrès dans le domaine de l’assainissement ont été moins importants. La proportion des individus qui utilisent une latrine familiale est passée de 30,2 % en 2002 à 33,8 % en 2007, puis à 68,9 % en 2015. Le taux d’accès à une latrine fami liale a plus que doublé entre 2007 et 2015 alors qu’il a connu un accroissement de seulement 3 points entre 2002 et 2007. 131 Seulement 830 000 individus disposaient au moins d’une latrine dans leur famille en 2007. Mais entre 2007 et 2015, 3 560 000 nouvelles personnes des milieux ruraux et semi-urbains y ont accès désormais, ce qui a porté le nombre total d’in dividus disposant de services d’assainissement de base à 4 390 000 individus en milieu rural et semi urbain alors qu’il est de 1 110 000 individus en milieu urbain. Malgré ces progrès, le taux d’utilisation des moyens d’assainissement adéquats reste faible. Selon le MICS 2014 environ 13 % de la population utilisait des instal lations d’assainissement améliorées non partagées. 132 Les statistiques font apparaître des disparités régionales en matière d’accès aux infrastructures d’assainissement. En effet, les populations des milieux urbains (73,5 %) ont un plus grand accès aux infrastructures d’assainissement de base que celles des milieux ruraux et semi-urbains (66,04 %). Tableau 5 : Évolution de la couverture en eau et assainissement de base (2002-2015) Source : dg eau et mS/dhaB (rapport d’exécution du Bpo 2007 et 2015), mai 2017 INDICATEURS réalisation cible 20152010 2011 2012 2013 2014 2015 Taux de desserte en eau potable en milieu urbain (en %) 58,5 62,1 63,4 67,9 72 84,80 75 Taux de desserte en eau potable en milieu rural (en %) 57,2 61 63,7 65,6 68,1 67,6 67,3 Taux de panne de points d’eau (en %) 9,6 10,1 9 10 7,6 6,63 9 BESOINS SOCIAUx milieu 2002 2002 2002 Pop. (en millier) Pop couv. (en millier) Taux (%) Pop. (en millier) Pop. couv. (en millier) Taux (%) Pop. (en millier) Pop. couv. (en millier) Taux (%) Eau (en %) Rural et semi-urbain 4,2 1,47 35 4,92 2,28 46,35 6,65 4,47 67,3 Urbain 2,63 1,24 47,15 3,09 1,6 51,78 4,07 3,05 75 Total 6,83 2,71 39,7 8,01 3,88 48,4 10,72 7,52 70,1 Assainis sement (latrines familiales) Rural et semi-urbain 4,2 0,51 12,13 4,92 0,83 16,83 6,65 4,39 66,04 Urbain 2,63 1,55 58,99 3,09 1,88 61,02 4,07 2,99 73,5 Total 6,83 2,06 30,2 8,01 2,71 33,8 10,72 7,38 68,9 11 plan Stratégique de développement de l’alimentation et de la nutrition (pSdn, chapitre 3, partie a) P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 69 entre filles et garçons sont importants. De 62 % chez les filles contre 70 % chez les garçons en 6e, cet écart se creuse davantage avec 18 % chez les filles contre 35 % chez les garçons en Terminal14. 140 Au niveau local, entre 2003 et 2008, sur 1 287 conseillers communaux élus, on ne comptait que 45 femmes, soit 3,50 % ; sur 77 maires, 04 femmes ont été élues Maires soit 5,19 %. Entre 2008 et 2013, sur 1 440 conseillers communaux élus, on dénombrait 65 femmes, soit 4,51 % avec une seule femme qui soit élue Maire sur les 77. Au niveau de l’ensemble des Conseils Communaux, trois femmes ont été élues maires pour la mandature en cours depuis 2015. Le taux de représentativité des femmes est passé de 4,59 % en 2013 à 4,80 % en 2016. 141 La plupart des lois protégeant les femmes et les filles restent cependant inappli quées à cause de la non-adhésion de la communauté au principe de recours à la justice pour régler les questions de VBG. Malgré la connaissance par les femmes des lois existantes en la matière, elles n’exercent pas leurs droits de saisir la justice contre les auteurs et complices, renforçant l’impunité. Sur près de 1 000 cas de violences, seulement 10 % sont soumis à la justice et seulement 10 % à peu près connaissent une décision de justice. 142 Plusieurs facteurs, en particulier les pesanteurs socio-culturelles, jouent un rôle négatif dans les fortes inégalités entre hommes et femmes. Des actions de sensi bilisation et de développement des capacités de veille sur les droits des femmes sont à mener, en vue de promouvoir leur autonomisation et la promotion de l’égalité entre les sexes. De même, il est important de renforcer les mesures d’ac cès aux ressources économiques et de développer des services de prévention et de protection contre les violences faites aux femmes, y compris le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines. Compte tenu de l’ampleur des situations, la part du budget consacré à la promotion du genre et à la réduction des inégalités femmes hommes demeure insuffisante (inférieure à 1 % du budget général de l’État). emploi : sous-emploi et chômage des jeunes 143 La question de l’emploi a été considérée, dans « Bénin 2025 Alafia », comme une préoccupation primordiale au niveau des déterminants sociaux du système « Bénin ». L’emploi est au cœur de la croissance inclusive non seulement du point de vue de ses caractéristiques socioéconomiques, de ses liens avec la pauvreté et l’inégalité, mais spécifiquement de l’enjeu de la transformation structurelle à long terme de l’économie qui a pour ancrage, la question clé de l’amélioration durable de la productivité agricole. 144 Le problème du sous-emploi affecte toutes les catégories de la population, mais principalement les jeunes, les femmes et les populations vivant en zone rurale. Selon les données des enquêtes EMICoV 2010 et 2015, la population active repré sente en 2015, 68,0 % de la population totale contre 75,2 % en 2010. Elle est fai blement qualifiée, avec 56,0 % des actifs non scolarisés en 2015 en dépit du taux de scolarisation élevé chez les jeunes. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 68 Efforts Against Child Hunger – Effort Renouvelés contre la Malnutrition Infantile) appuyé activement par les organisations onusiennes telles que l’UNICEF, le PAM, l’OMS et la FAO. inégalités liées au genre : gaps à combler dans plusieurs domaines 137 Au Bénin, les inégalités entre les hommes et les femmes aux niveaux décisionnels dans les institutions, dans l’accès aux ressources (emploi, finance, foncier, etc.), à la justice, aux services sociaux de base sont persistantes. La faiblesse de l’instruction des femmes est l’une des causes majeures de leur position défavorable. Plus de 78 % des femmes sont analphabètes contre 44 % des hommes. La présence des femmes dans la fonction publique est passée de 26,6 % à 18,6 % entre 2006 et 2011. Le taux de représentation des femmes dans les instances de prise de déci sion reste très faible. Au premier semestre 2017, 8,4 % des membres de l’Assem blée nationale sont des femmes, 4,4 % au niveau des conseils communaux, et 14,2 % au niveau du Gouvernement. 138 Dans le domaine de la violence faite aux femmes et aux filles, la situation reste préoccupante malgré l’existence de lois spécifiques à la promotion de l’égalité des genres, notamment le Code des personnes et de la famille de 2004, qui fixe l’âge légal du mariage à 18 ans et donne les mêmes droits de succession aux filles et aux fils, ou encore la loi de 2012 sur les violences faites aux femmes. L’évaluation de la mise en œuvre du Plan d’actions multisectoriels de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles a révélé qu’en 2016, près de 51,5 % de femmes contre 69 % en 2009, ont subi au moins une fois dans leur vie des différents types de violences (violences physiques, sexuelles, conjugales, morales et psycholo giques, la traite et le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, les spoliations, etc.). Par ailleurs, le taux de mariage des enfants filles de moins de 18 ans est de 31,7 % et de 8,8 % pour celles âgées de moins de 15 ans. La plupart des lois protégeant les femmes et les filles reste inappliquée faute de prise de décrets d’application. Sur près de 1 000 cas de violences, seulement 10% sont soumis à la justice et seulement 10 % à peu près connaissent une décision de justice. 139 Au plan social, les femmes subissent encore de graves privations en matière de santé en raison de facteurs tels que le mariage précoce, la violence physique et sexuelle et les problèmes persistants de mortalité maternelle. Les femmes les plus exposées aux risques sont celles qui sont en âge de procréer. L’éventail des vio lences dont sont victimes les femmes inclut la violence domestique, la violence au sein du couple, le viol, les mutilations génitales, l’intimidation ainsi que les menaces supplémentaires à leur sécurité personnelle. À titre indicatif, on peut noter que sur un échantillon de 09 centres d’écoute répartis sur l’ensemble du territoire12, le nombre de cas de violence basée sur le genre (VBG) enregistrés est passé de 1.359 cas en 2014 à 1 554 cas en 2015 soit une augmentation de 14,3 %13. Cette situation engendre de sérieuses répercussions sur la scolarisation, la fréquentation et la poursuite d’études des filles et des femmes. Au secondaire, les écarts entre l’accès des filles et des garçons aux différentes classes sont plus remarquables. En effet, plus on évolue dans la pyramide éducative plus les écarts du taux d’accès 14 données de la note analytique sectorielle de l’éducation (2015) 12 données fournies à partir des centres d’écoute de neuf centre de promotion sociale (cpS) 13 données fournies par le mtfpaS en juin 2017 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 69 entre filles et garçons sont importants. De 62 % chez les filles contre 70 % chez les garçons en 6e, cet écart se creuse davantage avec 18 % chez les filles contre 35 % chez les garçons en Terminal14. 140 Au niveau local, entre 2003 et 2008, sur 1 287 conseillers communaux élus, on ne comptait que 45 femmes, soit 3,50 % ; sur 77 maires, 04 femmes ont été élues Maires soit 5,19 %. Entre 2008 et 2013, sur 1 440 conseillers communaux élus, on dénombrait 65 femmes, soit 4,51 % avec une seule femme qui soit élue Maire sur les 77. Au niveau de l’ensemble des Conseils Communaux, trois femmes ont été élues maires pour la mandature en cours depuis 2015. Le taux de représentativité des femmes est passé de 4,59 % en 2013 à 4,80 % en 2016. 141 La plupart des lois protégeant les femmes et les filles restent cependant inappli quées à cause de la non-adhésion de la communauté au principe de recours à la justice pour régler les questions de VBG. Malgré la connaissance par les femmes des lois existantes en la matière, elles n’exercent pas leurs droits de saisir la justice contre les auteurs et complices, renforçant l’impunité. Sur près de 1 000 cas de violences, seulement 10 % sont soumis à la justice et seulement 10 % à peu près connaissent une décision de justice. 142 Plusieurs facteurs, en particulier les pesanteurs socio-culturelles, jouent un rôle négatif dans les fortes inégalités entre hommes et femmes. Des actions de sensi bilisation et de développement des capacités de veille sur les droits des femmes sont à mener, en vue de promouvoir leur autonomisation et la promotion de l’égalité entre les sexes. De même, il est important de renforcer les mesures d’ac cès aux ressources économiques et de développer des services de prévention et de protection contre les violences faites aux femmes, y compris le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines. Compte tenu de l’ampleur des situations, la part du budget consacré à la promotion du genre et à la réduction des inégalités femmes hommes demeure insuffisante (inférieure à 1 % du budget général de l’État). emploi : sous-emploi et chômage des jeunes 143 La question de l’emploi a été considérée, dans « Bénin 2025 Alafia », comme une préoccupation primordiale au niveau des déterminants sociaux du système « Bénin ». L’emploi est au cœur de la croissance inclusive non seulement du point de vue de ses caractéristiques socioéconomiques, de ses liens avec la pauvreté et l’inégalité, mais spécifiquement de l’enjeu de la transformation structurelle à long terme de l’économie qui a pour ancrage, la question clé de l’amélioration durable de la productivité agricole. 144 Le problème du sous-emploi affecte toutes les catégories de la population, mais principalement les jeunes, les femmes et les populations vivant en zone rurale. Selon les données des enquêtes EMICoV 2010 et 2015, la population active repré sente en 2015, 68,0 % de la population totale contre 75,2 % en 2010. Elle est fai blement qualifiée, avec 56,0 % des actifs non scolarisés en 2015 en dépit du taux de scolarisation élevé chez les jeunes. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 68 Efforts Against Child Hunger – Effort Renouvelés contre la Malnutrition Infantile) appuyé activement par les organisations onusiennes telles que l’UNICEF, le PAM, l’OMS et la FAO. inégalités liées au genre : gaps à combler dans plusieurs domaines 137 Au Bénin, les inégalités entre les hommes et les femmes aux niveaux décisionnels dans les institutions, dans l’accès aux ressources (emploi, finance, foncier, etc.), à la justice, aux services sociaux de base sont persistantes. La faiblesse de l’instruction des femmes est l’une des causes majeures de leur position défavorable. Plus de 78 % des femmes sont analphabètes contre 44 % des hommes. La présence des femmes dans la fonction publique est passée de 26,6 % à 18,6 % entre 2006 et 2011. Le taux de représentation des femmes dans les instances de prise de déci sion reste très faible. Au premier semestre 2017, 8,4 % des membres de l’Assem blée nationale sont des femmes, 4,4 % au niveau des conseils communaux, et 14,2 % au niveau du Gouvernement. 138 Dans le domaine de la violence faite aux femmes et aux filles, la situation reste préoccupante malgré l’existence de lois spécifiques à la promotion de l’égalité des genres, notamment le Code des personnes et de la famille de 2004, qui fixe l’âge légal du mariage à 18 ans et donne les mêmes droits de succession aux filles et aux fils, ou encore la loi de 2012 sur les violences faites aux femmes. L’évaluation de la mise en œuvre du Plan d’actions multisectoriels de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles a révélé qu’en 2016, près de 51,5 % de femmes contre 69 % en 2009, ont subi au moins une fois dans leur vie des différents types de violences (violences physiques, sexuelles, conjugales, morales et psycholo giques, la traite et le mariage des enfants, les mutilations génitales féminines, les spoliations, etc.). Par ailleurs, le taux de mariage des enfants filles de moins de 18 ans est de 31,7 % et de 8,8 % pour celles âgées de moins de 15 ans. La plupart des lois protégeant les femmes et les filles reste inappliquée faute de prise de décrets d’application. Sur près de 1 000 cas de violences, seulement 10% sont soumis à la justice et seulement 10 % à peu près connaissent une décision de justice. 139 Au plan social, les femmes subissent encore de graves privations en matière de santé en raison de facteurs tels que le mariage précoce, la violence physique et sexuelle et les problèmes persistants de mortalité maternelle. Les femmes les plus exposées aux risques sont celles qui sont en âge de procréer. L’éventail des vio lences dont sont victimes les femmes inclut la violence domestique, la violence au sein du couple, le viol, les mutilations génitales, l’intimidation ainsi que les menaces supplémentaires à leur sécurité personnelle. À titre indicatif, on peut noter que sur un échantillon de 09 centres d’écoute répartis sur l’ensemble du territoire12, le nombre de cas de violence basée sur le genre (VBG) enregistrés est passé de 1.359 cas en 2014 à 1 554 cas en 2015 soit une augmentation de 14,3 %13. Cette situation engendre de sérieuses répercussions sur la scolarisation, la fréquentation et la poursuite d’études des filles et des femmes. Au secondaire, les écarts entre l’accès des filles et des garçons aux différentes classes sont plus remarquables. En effet, plus on évolue dans la pyramide éducative plus les écarts du taux d’accès 14 données de la note analytique sectorielle de l’éducation (2015) 12 données fournies à partir des centres d’écoute de neuf centre de promotion sociale (cpS) 13 données fournies par le mtfpaS en juin 2017 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 70 71 Tableau 6 : Caractéristiques de l’emploi des jeunes au Bénin Source : inSae, emicov 2010 149 Cette situation de l’emploi contraste avec les efforts consentis et les politiques de promotion de l’emploi mises en œuvre par les pouvoirs publics à savoir : la Politique Nationale de l’Emploi et son Plan d’Actions 2010-2014 ; la création depuis 1995 du Fonds de Solidarité Nationale pour l’Emploi (FSNE), transformé en 2003 en Agence Nationale pour l’Emplois (ANPE) pour faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active ; la création du Fonds National de Promotion de l’Entre prise et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ). L’ensemble de ces politiques ont permis d’axer les efforts sur la promotion de l’emploi décent autour des axes relatifs à la promotion de l’auto-emploi ; la promotion de l’emploi salarié ; le développement de la productivité du secteur informel et la promotion de l’information et de la communication sur l’emploi protection sociale : système très faiblement inclusif et filets sociaux à rationaliser 150 Depuis 1956, la protection sociale est assurée par deux grands régimes de sécurité sociale à savoir : le régime général de sécurité sociale géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et le régime spécial des fonctionnaires civils et militaires géré par le Fonds National des Retraites du Bénin. En adoptant un code de sécurité sociale en 2003 avec ses deux modifications (en 2007 et 2010), le Gouvernement béninois prend la mesure de la nécessité d’assurer une protection sociale aux po pulations en procédant à l’application des accords internationaux suivant les fon damentaux des socles de la protection sociale définis par l’OIT. Les deux régimes en vigueur sont destinés aux salariés du secteur formel, laissant pour compte les travailleurs du secteur informel. 145 De plus, la population active est caractérisée par des taux d’activité avoisinant 76,5 % en 2010 et 67,6 % en 2015. Les jeunes (15-34 ans) représentent 66 % de la population active béninoise et sont les plus touchés par le chômage, le sous emploi et la précarité. En dépit du fait que 98,0 % des jeunes (15-34 ans) aient un emploi en 2010 (EMICoV, 2010), 30,4 % connaissent le sous-emploi visible et 63,2 % le sous-emploi invisible, puis 83,0 % sont des emplois vulnérables et infor mels (94,0 %). En 2015 la situation de l’emploi des jeunes ne s’est guère améliorée malgré les nombreuses mesures de promotion de l’emploi des jeunes. 146 Le taux de sous-emploi est passé de 74,8 % en 2010 à 67,2 % en 2015 et le taux de chômage a baissé de 2,6 % en 2011 à 2,3 % en 2015. En 2010, le taux de sous emploi visible est de 29,1 % marqué par un léger accroissement allant à 35,0 % en 2015, dont 43,0 % observé dans l’agriculture. Par contre, l’ampleur du sous emploi invisible que caractérise le revenu tiré de l’activité principale comparé au salaire minimum est de 57,1 % en 2010 et de 62,0 % en 2015. L’auto-emploi (81 %) des actifs en 2015 domine le salariat. 147 Le secteur formel occupe seulement 7,0 % de la population active et près de 93,0 % des emplois se retrouvent dans le secteur informel. La productivité agri cole est particulièrement faible et la non diversification des revenus du travail est rendue impossible par le faible développement des activités non agricoles. En ef fet, l’agriculture occupe en 2010, 44,3 % des actifs, le commerce-logistique 27,6 %, le tourisme et les activités lucratives utilisent 7,7 %, le coton-textile 4,6 %. En 2015, les emplois agricoles ont fléchi à 42,0 % de l’emploi total suivi de l’emploi du commerce et logistique qui a régressé à 19,0 %, au profit des activités industrielles de fabrication qui a enregistré une croissance de l’emploi de près de 15,0 %. Cette baisse de l’emploi agricole n’est pas consécutive à une hausse de la productivité agricole, encore moins à celle des autres branches, mais traduit un déplacement des actifs vers des activités non agricoles moins contraignantes (activités indus trielles et artisanales). 148 Les emplois créés sont des emplois précaires et vulnérables du fait de la pré pondérance du secteur informel. En effet, en considérant les effectifs d’emploi de chaque branche en 2010, les poches d’actifs pauvres sont élevées : agricul ture 38,9 %, agro-industrie 31,2 %, coton-textile 28,2 %, BTP informel 28,0 %, com merce-logistique informel 25,6 %, tourisme 26,6 %, industrie manufacturière et artisanat 24,4 %. La faible capacitée d’absorption du secteur formel induit une prépondérance du secteur informel qui est une source d’accroissement du sous emploi. La question du chômage et du sous-emploi devient alors préoccupante au regard de la réalisation de l’Objectif de Développement Durable (ODD 8 : pro mouvoir une croissance économique soutenue, inclusive et durable, le plein em ploi productif et le travail décent pour tous). milieu de résidence sexe âge du jeune total urbain rural masc. fém. 20-24 25-34 Taux d’occupation 97,3 99,1 98,4 98,2 96,9 98,6 98,3 Taux de chômage élargi 2,7 0,9 1,6 1,8 3,1 1,4 1,7 Durée chômage (BIT) 35,9 43,3 30,4 43,5 31,2 42,1 37,9 Taux de sous-emploi visible 24,8 34,6 24 35,2 32,2 29,7 30,4 Taux de sous-emploi Invisible 52,6 71,2 48,2 74,7 74,7 55,7 63,2 Emplois salariés non agricoles 15 2,6 12 +7 4,4 6,9 9,2 7,9 Taux d’auto-emploi 60,1 63,9 58,6 65,1 49,3 75,1 62,3 Proportion Jeunes dans les emplois précaires (en %) 11 18,8 17,7 13,7 16,2 14,7 15,4 Jeunes dans le secteur informel (en %) 90,3 98,4 91,8 97,3 96,2 93,7 94,9 Taux d’emplois vulnérables (en %) 73,3 91,7 76 89,6 79 87,8 83,8 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 70 71 Tableau 6 : Caractéristiques de l’emploi des jeunes au Bénin Source : inSae, emicov 2010 149 Cette situation de l’emploi contraste avec les efforts consentis et les politiques de promotion de l’emploi mises en œuvre par les pouvoirs publics à savoir : la Politique Nationale de l’Emploi et son Plan d’Actions 2010-2014 ; la création depuis 1995 du Fonds de Solidarité Nationale pour l’Emploi (FSNE), transformé en 2003 en Agence Nationale pour l’Emplois (ANPE) pour faciliter l’insertion des jeunes dans la vie active ; la création du Fonds National de Promotion de l’Entre prise et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ). L’ensemble de ces politiques ont permis d’axer les efforts sur la promotion de l’emploi décent autour des axes relatifs à la promotion de l’auto-emploi ; la promotion de l’emploi salarié ; le développement de la productivité du secteur informel et la promotion de l’information et de la communication sur l’emploi protection sociale : système très faiblement inclusif et filets sociaux à rationaliser 150 Depuis 1956, la protection sociale est assurée par deux grands régimes de sécurité sociale à savoir : le régime général de sécurité sociale géré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et le régime spécial des fonctionnaires civils et militaires géré par le Fonds National des Retraites du Bénin. En adoptant un code de sécurité sociale en 2003 avec ses deux modifications (en 2007 et 2010), le Gouvernement béninois prend la mesure de la nécessité d’assurer une protection sociale aux po pulations en procédant à l’application des accords internationaux suivant les fon damentaux des socles de la protection sociale définis par l’OIT. Les deux régimes en vigueur sont destinés aux salariés du secteur formel, laissant pour compte les travailleurs du secteur informel. 145 De plus, la population active est caractérisée par des taux d’activité avoisinant 76,5 % en 2010 et 67,6 % en 2015. Les jeunes (15-34 ans) représentent 66 % de la population active béninoise et sont les plus touchés par le chômage, le sous emploi et la précarité. En dépit du fait que 98,0 % des jeunes (15-34 ans) aient un emploi en 2010 (EMICoV, 2010), 30,4 % connaissent le sous-emploi visible et 63,2 % le sous-emploi invisible, puis 83,0 % sont des emplois vulnérables et infor mels (94,0 %). En 2015 la situation de l’emploi des jeunes ne s’est guère améliorée malgré les nombreuses mesures de promotion de l’emploi des jeunes. 146 Le taux de sous-emploi est passé de 74,8 % en 2010 à 67,2 % en 2015 et le taux de chômage a baissé de 2,6 % en 2011 à 2,3 % en 2015. En 2010, le taux de sous emploi visible est de 29,1 % marqué par un léger accroissement allant à 35,0 % en 2015, dont 43,0 % observé dans l’agriculture. Par contre, l’ampleur du sous emploi invisible que caractérise le revenu tiré de l’activité principale comparé au salaire minimum est de 57,1 % en 2010 et de 62,0 % en 2015. L’auto-emploi (81 %) des actifs en 2015 domine le salariat. 147 Le secteur formel occupe seulement 7,0 % de la population active et près de 93,0 % des emplois se retrouvent dans le secteur informel. La productivité agri cole est particulièrement faible et la non diversification des revenus du travail est rendue impossible par le faible développement des activités non agricoles. En ef fet, l’agriculture occupe en 2010, 44,3 % des actifs, le commerce-logistique 27,6 %, le tourisme et les activités lucratives utilisent 7,7 %, le coton-textile 4,6 %. En 2015, les emplois agricoles ont fléchi à 42,0 % de l’emploi total suivi de l’emploi du commerce et logistique qui a régressé à 19,0 %, au profit des activités industrielles de fabrication qui a enregistré une croissance de l’emploi de près de 15,0 %. Cette baisse de l’emploi agricole n’est pas consécutive à une hausse de la productivité agricole, encore moins à celle des autres branches, mais traduit un déplacement des actifs vers des activités non agricoles moins contraignantes (activités indus trielles et artisanales). 148 Les emplois créés sont des emplois précaires et vulnérables du fait de la pré pondérance du secteur informel. En effet, en considérant les effectifs d’emploi de chaque branche en 2010, les poches d’actifs pauvres sont élevées : agricul ture 38,9 %, agro-industrie 31,2 %, coton-textile 28,2 %, BTP informel 28,0 %, com merce-logistique informel 25,6 %, tourisme 26,6 %, industrie manufacturière et artisanat 24,4 %. La faible capacitée d’absorption du secteur formel induit une prépondérance du secteur informel qui est une source d’accroissement du sous emploi. La question du chômage et du sous-emploi devient alors préoccupante au regard de la réalisation de l’Objectif de Développement Durable (ODD 8 : pro mouvoir une croissance économique soutenue, inclusive et durable, le plein em ploi productif et le travail décent pour tous). milieu de résidence sexe âge du jeune total urbain rural masc. fém. 20-24 25-34 Taux d’occupation 97,3 99,1 98,4 98,2 96,9 98,6 98,3 Taux de chômage élargi 2,7 0,9 1,6 1,8 3,1 1,4 1,7 Durée chômage (BIT) 35,9 43,3 30,4 43,5 31,2 42,1 37,9 Taux de sous-emploi visible 24,8 34,6 24 35,2 32,2 29,7 30,4 Taux de sous-emploi Invisible 52,6 71,2 48,2 74,7 74,7 55,7 63,2 Emplois salariés non agricoles 15 2,6 12 +7 4,4 6,9 9,2 7,9 Taux d’auto-emploi 60,1 63,9 58,6 65,1 49,3 75,1 62,3 Proportion Jeunes dans les emplois précaires (en %) 11 18,8 17,7 13,7 16,2 14,7 15,4 Jeunes dans le secteur informel (en %) 90,3 98,4 91,8 97,3 96,2 93,7 94,9 Taux d’emplois vulnérables (en %) 73,3 91,7 76 89,6 79 87,8 83,8 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 72 73 155 Malgré les efforts faits par le Gouvernement, il existe très peu de structures éta tiques spécifiquement dédiées à cette couche de la population. Lorsqu’elles en existent, elles ne sont pas adaptées, ne répondent aux besoins et ne couvrent pas tout le territoire national. La situation des personnes aux besoins spécifiques est préoccupante sur le plan économique. jeunesse : manque d’activités culturelles, de loisirs et de sports 156 De par son poids démographique (plus de 32,4 % de la population) et son dyna misme, la jeunesse a un rôle de premier plan à jouer dans l’œuvre de construc tion nationale. Mais, cette jeunesse est confrontée à de nombreux problèmes qui tendent à inhiber sa participation au développement du pays. C’est pourquoi, le Gouvernement accorde une attention particulière à ses aspirations et préoc cupations. En effet, la jeunesse, qu’elle soit rurale ou urbaine, scolarisée ou non, féminine ou masculine, handicapée ou de la rue, a des problèmes spécifiques d’éducation, de formation, de santé, de chômage, de sous-emploi, d’oisiveté, de délinquance et de conflits divers avec la communauté. 157 Sport : Le sport est un puissant facteur de mobilisation qui facilite l’émergence du sentiment de patriotisme dans une atmosphère de détente et de compré hension mutuelle. Les activités sportives contribuent non seulement au bien-être physique de l’homme et à son équilibre psychologique et social, mais aussi à la cohésion sociale, à l’unité nationale et au développement économique du pays et à la coopération avec les autres pays. La Charte des sports considère le sport comme un droit fondamental de tout être humain. 158 La compétitivité du sport béninois reste à être impulsée parce que la performance des différentes disciplines sportives demeure assez faible, malgré les efforts dé ployés par les pouvoirs publics. La problématique de développement des sports fait ressortir plusieurs insuffisances, en particulier : › un cadre institutionnel, juridique et organisationnel répondant très peu aux exigences de développement du secteur sportif en raison, entre autres, de l’in suffisance et/ou de la caducité des textes juridiques et réglementaires ; › une promotion insuffisante des infrastructures et activités sportives qui se ressent au niveau du bien-être physique des populations et des performances du Bénin lors des compétitions nationales et internationales ; › une faible capacité de mobilisation et de gestion de ressources financières nécessaires pour le développement du secteur sportif ; › un faible niveau d’encadrement et de motivation des sportifs et des cadres exerçant dans le secteur ; › une attention insuffisante accordée à la promotion de l’enseignement de l’édu cation physique et sportive dans les écoles et collèges. 151 Depuis plusieurs décennies, les mécanismes traditionnels de protection sociale au Bénin ne parviennent pas à assurer une protection adéquate et efficace dans un contexte où 90 % des populations exercent leurs activités dans le secteur infor mel. Le mécanisme moderne de protection développé par l’État reste encore très limité ; la sécurité sociale ne touche que 6,4% de la population économiquement active à travers les deux régimes de sécurité sociale (Fonds National de Retraites du Bénin – FNRB et Caisse Nationale de Sécurité Sociale – CNSS). Au niveau du secteur informel, le Gouvernement a mis en place la mutuelle de sécurité sociale remplacée par la Caisse Mutuelle de Prévoyance Sociale (CMPS) par décret 2013 135 du 20 mars 2013 qui offre des prestations (Assurance maladie et assurance retraite) aux travailleurs de l’économie informelle sur toute l’étendue du territoire. Dans l’ensemble, seulement 8,4% de la population est couverte actuellement par l’assurance maladie : 5,6 % par le FNRB, 1,9 % par les mutuelles de santé et 0,9 % par l’assurance privée. En matière de couverture des filets de sécurité sociale, il n’existe pas un système permanent de filets sociaux s’adressant à la pauvreté chronique, combinant l’assistance sociale et le renforcement de la résilience et des moyens d’existence des couches les plus vulnérables. En matière de service d’action sociale, branche « non monétaire » de la protection sociale, malgré les efforts déployés par le Gouvernement et les partenaires au développement, beau coup de groupes vulnérables, notamment les enfants, continuent d’être victimes de violence, d’exploitation, d’abus et de négligence. 152 Pour pallier ces insuffisances, plusieurs actions ont été prises par le gouverne ment ces dernières années en faveur de la protection sociale et la réduction de la vulnérabilité socio-économique des populations les plus vulnérables. Le Bénin a élaboré et adopté en 2014 une Politique Holistique de Protection Sociale, et a défini son socle national de protection sociale (accès universel aux soins de santé, prise en charge des enfants, amélioration de la consommation des ménages ; et prise en charge et la promotion de groupes spécifiques). Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique un Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) a commencé à être opérationnel dès 2015. Mais, pour une approche plus inté grée, le nouveau gouvernement en place à la suite des élections présidentielles de 2016, a adopté un projet phare dans le cadre du PAG « Assurance pour le Renforcement du capital humain (ARCH) ». Ce projet a pour but d’offrir un paquet de quatre services comprenant l’assurance maladie, la formation, l’accès au crédit et l’assurance retraite. Ces services sont destinés en priorité aux plus démunis du secteur informel (agriculteurs, commerçants, transporteurs, artisans et artistes). 153 En dépit de ces efforts, la question du financement des programmes de protec tion sociale demeure l’un des défis majeurs pour le Bénin constituant un des pi liers fondamentaux de la croissance inclusive que le PND souhaite promouvoir en vue de créer les meilleures conditions d’inclusion sociale. Les dépenses publiques consacrées aux filets sociaux de sécurité (excluant les subventions générales) qui ne représentaient que 0, 3% du PIB et 1,1 % des dépenses totales en 2011, dont les deux tiers étaient financés par les bailleurs internationaux devraient être aug mentées et sécurisées en vue de mieux cibler les populations les plus vulnérables. 154 Par ailleurs, malgré, les efforts fournis pour cibler les groupes vulnérables (surtout les handicapés) à besoins spécifiques sont très faiblement pris en charge. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 72 73 155 Malgré les efforts faits par le Gouvernement, il existe très peu de structures éta tiques spécifiquement dédiées à cette couche de la population. Lorsqu’elles en existent, elles ne sont pas adaptées, ne répondent aux besoins et ne couvrent pas tout le territoire national. La situation des personnes aux besoins spécifiques est préoccupante sur le plan économique. jeunesse : manque d’activités culturelles, de loisirs et de sports 156 De par son poids démographique (plus de 32,4 % de la population) et son dyna misme, la jeunesse a un rôle de premier plan à jouer dans l’œuvre de construc tion nationale. Mais, cette jeunesse est confrontée à de nombreux problèmes qui tendent à inhiber sa participation au développement du pays. C’est pourquoi, le Gouvernement accorde une attention particulière à ses aspirations et préoc cupations. En effet, la jeunesse, qu’elle soit rurale ou urbaine, scolarisée ou non, féminine ou masculine, handicapée ou de la rue, a des problèmes spécifiques d’éducation, de formation, de santé, de chômage, de sous-emploi, d’oisiveté, de délinquance et de conflits divers avec la communauté. 157 Sport : Le sport est un puissant facteur de mobilisation qui facilite l’émergence du sentiment de patriotisme dans une atmosphère de détente et de compré hension mutuelle. Les activités sportives contribuent non seulement au bien-être physique de l’homme et à son équilibre psychologique et social, mais aussi à la cohésion sociale, à l’unité nationale et au développement économique du pays et à la coopération avec les autres pays. La Charte des sports considère le sport comme un droit fondamental de tout être humain. 158 La compétitivité du sport béninois reste à être impulsée parce que la performance des différentes disciplines sportives demeure assez faible, malgré les efforts dé ployés par les pouvoirs publics. La problématique de développement des sports fait ressortir plusieurs insuffisances, en particulier : › un cadre institutionnel, juridique et organisationnel répondant très peu aux exigences de développement du secteur sportif en raison, entre autres, de l’in suffisance et/ou de la caducité des textes juridiques et réglementaires ; › une promotion insuffisante des infrastructures et activités sportives qui se ressent au niveau du bien-être physique des populations et des performances du Bénin lors des compétitions nationales et internationales ; › une faible capacité de mobilisation et de gestion de ressources financières nécessaires pour le développement du secteur sportif ; › un faible niveau d’encadrement et de motivation des sportifs et des cadres exerçant dans le secteur ; › une attention insuffisante accordée à la promotion de l’enseignement de l’édu cation physique et sportive dans les écoles et collèges. 151 Depuis plusieurs décennies, les mécanismes traditionnels de protection sociale au Bénin ne parviennent pas à assurer une protection adéquate et efficace dans un contexte où 90 % des populations exercent leurs activités dans le secteur infor mel. Le mécanisme moderne de protection développé par l’État reste encore très limité ; la sécurité sociale ne touche que 6,4% de la population économiquement active à travers les deux régimes de sécurité sociale (Fonds National de Retraites du Bénin – FNRB et Caisse Nationale de Sécurité Sociale – CNSS). Au niveau du secteur informel, le Gouvernement a mis en place la mutuelle de sécurité sociale remplacée par la Caisse Mutuelle de Prévoyance Sociale (CMPS) par décret 2013 135 du 20 mars 2013 qui offre des prestations (Assurance maladie et assurance retraite) aux travailleurs de l’économie informelle sur toute l’étendue du territoire. Dans l’ensemble, seulement 8,4% de la population est couverte actuellement par l’assurance maladie : 5,6 % par le FNRB, 1,9 % par les mutuelles de santé et 0,9 % par l’assurance privée. En matière de couverture des filets de sécurité sociale, il n’existe pas un système permanent de filets sociaux s’adressant à la pauvreté chronique, combinant l’assistance sociale et le renforcement de la résilience et des moyens d’existence des couches les plus vulnérables. En matière de service d’action sociale, branche « non monétaire » de la protection sociale, malgré les efforts déployés par le Gouvernement et les partenaires au développement, beau coup de groupes vulnérables, notamment les enfants, continuent d’être victimes de violence, d’exploitation, d’abus et de négligence. 152 Pour pallier ces insuffisances, plusieurs actions ont été prises par le gouverne ment ces dernières années en faveur de la protection sociale et la réduction de la vulnérabilité socio-économique des populations les plus vulnérables. Le Bénin a élaboré et adopté en 2014 une Politique Holistique de Protection Sociale, et a défini son socle national de protection sociale (accès universel aux soins de santé, prise en charge des enfants, amélioration de la consommation des ménages ; et prise en charge et la promotion de groupes spécifiques). Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique un Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) a commencé à être opérationnel dès 2015. Mais, pour une approche plus inté grée, le nouveau gouvernement en place à la suite des élections présidentielles de 2016, a adopté un projet phare dans le cadre du PAG « Assurance pour le Renforcement du capital humain (ARCH) ». Ce projet a pour but d’offrir un paquet de quatre services comprenant l’assurance maladie, la formation, l’accès au crédit et l’assurance retraite. Ces services sont destinés en priorité aux plus démunis du secteur informel (agriculteurs, commerçants, transporteurs, artisans et artistes). 153 En dépit de ces efforts, la question du financement des programmes de protec tion sociale demeure l’un des défis majeurs pour le Bénin constituant un des pi liers fondamentaux de la croissance inclusive que le PND souhaite promouvoir en vue de créer les meilleures conditions d’inclusion sociale. Les dépenses publiques consacrées aux filets sociaux de sécurité (excluant les subventions générales) qui ne représentaient que 0, 3% du PIB et 1,1 % des dépenses totales en 2011, dont les deux tiers étaient financés par les bailleurs internationaux devraient être aug mentées et sécurisées en vue de mieux cibler les populations les plus vulnérables. 154 Par ailleurs, malgré, les efforts fournis pour cibler les groupes vulnérables (surtout les handicapés) à besoins spécifiques sont très faiblement pris en charge. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 74 75 163 Les emplois créés par le secteur informel sont en général le fait des activités de subsistance peu rémunératrices qui n’exigent pas de qualifications, et n’ont pas suffisamment de rendement pour améliorer les conditions de vie des ménages de ceux qui y exercent. L’emploi décent reste une priorité nationale et l’exploi tation des enfants et la violence envers les femmes sont deux défis majeurs à relever. La question du genre dans les domaines économique, politique, social et culturel reste entière. La faible extension de la protection sociale accentue la vulnérabilité des populations et les risques de maintien ou de hausse du nombre de la population pauvreté. 164 Le faible niveau du développement du capital humain au Bénin tel que décrit ci dessus renvoie à plusieurs défis à relever. 165 Promotion et mise à niveau du capital humain au service du développement durable et inclusif : Pour permettre à la majorité de la population active de mieux contribuer à la croissance économique et de mieux bénéficier des fruits de cette croissance, la quantité et la productivité de son travail devraient augmenter et s’améliorer. La formation et le maintien d’un capital humain sain et qualifié au service du développement constitue l’un des principaux piliers de la croissance économique inclusive dans la mesure où il est l’un des principaux facteurs de développement. Cela suppose qu’il faut disposer des services publics de qualité aux populations, des services sanitaires, de protection sociale et d’éducation de qualité pour tous dans un environnement sain. Il s’agit aussi de saisir des oppor tunités pour la capitalisation du savoir-faire et des expériences des individus en adéquation avec la formation et les besoins du développement et surtout la mise en place d’un mécanisme d’accélération de l’atteinte des Objectifs Durables pour le Développement (ODD). Ce défi reste celui par lequel le pays pourra véritable ment s’engager dans la transformation structurelle de son économie. 166 Par ailleurs, les compétences actuelles, liées à la faiblesse du niveau d’instruction des travailleurs sont insuffisantes pour assurer la productivité adéquate du travail et l’inclusivité économique de long terme. Ainsi, la progression vers une nation moderne et prospère nécessite une meilleure gestion et un développement équi table et durable du capital humain d’où la nécessité de disposer d’un capital humain sain et qualifié au service du développement. 167 Renforcement de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population (PNP) 2013-2025 : Le Bénin ayant amorcé sa « transition démographique » (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité), la mise en œuvre de la PNP permet tra de capter le « dividende démographique » qui représente un fort potentiel de croissance économique nécessaire au financement du développement. 168 Par ailleurs, le fort taux d’accroissement démographique (3,5 % sur la période 2002-2013) induirait une demande sociale élevée dans les années à venir si la tendance actuelle est maintenue. Ainsi, le maintien de ce taux annuel de crois sance démographique, dans les conditions actuelles de la création de richesses, risque d’inhiber les efforts de développement. La transition démographique sou 159 Loisirs : Le loisir est un facteur de valorisation du capital humain pour un déve loppement durable. Le loisir se rapporte au temps libre et aux activités préférées pour développer toutes les vocations culturelles et artistiques. Il existe plusieurs sortes de loisirs : culturels, sportifs et de plein air, socio-éducatifs, touristiques, mé diatiques, etc. 160 La problématique de la promotion du sous-secteur révèle des faiblesses telles que : › l’inexistence d’une Politique Nationale des Loisirs ; › l’inefficacité managériale du sous-secteur des loisirs ; › l’inadaptation des textes législatifs et règlementaires régissant le sous-secteur des loisirs et la méconnaissance du peu qui existe ; › la gestion empirique des associations de loisirs ; › l’insuffisance de personnel qualifié d’encadrement et de gestion ; › la faible implication des collectivités locales dans l’animation et la gestion des infrastructures de loisirs. 2.2.4 – principaux dÉfiS à relever 161 De l’analyse du diagnostic, il ressort que le niveau de développement humain, encore faible, est lié à la forte croissance démographique, la faiblesse de la pro ductivité du travail, l’aggravation du taux de pauvreté et des inégalités ainsi que le manque d’opportunités d’emplois décents et l’accroissement du niveau de pri vations de plusieurs couches de la population de certains moyens d’existence durable en particulier le cadre de vie décent comme le logement, les services d’assainissement, l’eau et la santé. 162 Au niveau de l’accès aux services sociaux de base, les privations sont multiples et se traduisent par de faibles performances et progrès dans les secteurs de l’éduca tion, de la santé et de la protection sociale. Le diagnostic stratégique sectoriel fait ressortir clairement un mouvement massif de déscolarisation des enfants, de très faibles taux d’alphabétisation, de faibles rendements du système éducatif, une marginalisation de certaines catégories de la population à besoins spécifiques (handicapés surtout), une précarité et une vulnérabilité sanitaire de la population liée au faible accès des populations aux services de santé de qualité. Malgré les progrès, les taux de mortalité maternelle et infantile sont encore très élevés et certaines maladies chroniques, comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/ Sida constituent toujours les premières causes d’hospitalisation. La malnutrition notamment chronique constitue une préoccupation majeure des pouvoirs pu blics, compte tenu de ses effets négatifs sur la santé de la mère et de l’enfant. En matière d’accès à l’eau potable, malgré les progrès notables enregistrés ces dernières années, certaines zones ont encore des difficultés à s’approvisionner en eau potable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 74 75 163 Les emplois créés par le secteur informel sont en général le fait des activités de subsistance peu rémunératrices qui n’exigent pas de qualifications, et n’ont pas suffisamment de rendement pour améliorer les conditions de vie des ménages de ceux qui y exercent. L’emploi décent reste une priorité nationale et l’exploi tation des enfants et la violence envers les femmes sont deux défis majeurs à relever. La question du genre dans les domaines économique, politique, social et culturel reste entière. La faible extension de la protection sociale accentue la vulnérabilité des populations et les risques de maintien ou de hausse du nombre de la population pauvreté. 164 Le faible niveau du développement du capital humain au Bénin tel que décrit ci dessus renvoie à plusieurs défis à relever. 165 Promotion et mise à niveau du capital humain au service du développement durable et inclusif : Pour permettre à la majorité de la population active de mieux contribuer à la croissance économique et de mieux bénéficier des fruits de cette croissance, la quantité et la productivité de son travail devraient augmenter et s’améliorer. La formation et le maintien d’un capital humain sain et qualifié au service du développement constitue l’un des principaux piliers de la croissance économique inclusive dans la mesure où il est l’un des principaux facteurs de développement. Cela suppose qu’il faut disposer des services publics de qualité aux populations, des services sanitaires, de protection sociale et d’éducation de qualité pour tous dans un environnement sain. Il s’agit aussi de saisir des oppor tunités pour la capitalisation du savoir-faire et des expériences des individus en adéquation avec la formation et les besoins du développement et surtout la mise en place d’un mécanisme d’accélération de l’atteinte des Objectifs Durables pour le Développement (ODD). Ce défi reste celui par lequel le pays pourra véritable ment s’engager dans la transformation structurelle de son économie. 166 Par ailleurs, les compétences actuelles, liées à la faiblesse du niveau d’instruction des travailleurs sont insuffisantes pour assurer la productivité adéquate du travail et l’inclusivité économique de long terme. Ainsi, la progression vers une nation moderne et prospère nécessite une meilleure gestion et un développement équi table et durable du capital humain d’où la nécessité de disposer d’un capital humain sain et qualifié au service du développement. 167 Renforcement de la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population (PNP) 2013-2025 : Le Bénin ayant amorcé sa « transition démographique » (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité), la mise en œuvre de la PNP permet tra de capter le « dividende démographique » qui représente un fort potentiel de croissance économique nécessaire au financement du développement. 168 Par ailleurs, le fort taux d’accroissement démographique (3,5 % sur la période 2002-2013) induirait une demande sociale élevée dans les années à venir si la tendance actuelle est maintenue. Ainsi, le maintien de ce taux annuel de crois sance démographique, dans les conditions actuelles de la création de richesses, risque d’inhiber les efforts de développement. La transition démographique sou 159 Loisirs : Le loisir est un facteur de valorisation du capital humain pour un déve loppement durable. Le loisir se rapporte au temps libre et aux activités préférées pour développer toutes les vocations culturelles et artistiques. Il existe plusieurs sortes de loisirs : culturels, sportifs et de plein air, socio-éducatifs, touristiques, mé diatiques, etc. 160 La problématique de la promotion du sous-secteur révèle des faiblesses telles que : › l’inexistence d’une Politique Nationale des Loisirs ; › l’inefficacité managériale du sous-secteur des loisirs ; › l’inadaptation des textes législatifs et règlementaires régissant le sous-secteur des loisirs et la méconnaissance du peu qui existe ; › la gestion empirique des associations de loisirs ; › l’insuffisance de personnel qualifié d’encadrement et de gestion ; › la faible implication des collectivités locales dans l’animation et la gestion des infrastructures de loisirs. 2.2.4 – principaux dÉfiS à relever 161 De l’analyse du diagnostic, il ressort que le niveau de développement humain, encore faible, est lié à la forte croissance démographique, la faiblesse de la pro ductivité du travail, l’aggravation du taux de pauvreté et des inégalités ainsi que le manque d’opportunités d’emplois décents et l’accroissement du niveau de pri vations de plusieurs couches de la population de certains moyens d’existence durable en particulier le cadre de vie décent comme le logement, les services d’assainissement, l’eau et la santé. 162 Au niveau de l’accès aux services sociaux de base, les privations sont multiples et se traduisent par de faibles performances et progrès dans les secteurs de l’éduca tion, de la santé et de la protection sociale. Le diagnostic stratégique sectoriel fait ressortir clairement un mouvement massif de déscolarisation des enfants, de très faibles taux d’alphabétisation, de faibles rendements du système éducatif, une marginalisation de certaines catégories de la population à besoins spécifiques (handicapés surtout), une précarité et une vulnérabilité sanitaire de la population liée au faible accès des populations aux services de santé de qualité. Malgré les progrès, les taux de mortalité maternelle et infantile sont encore très élevés et certaines maladies chroniques, comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/ Sida constituent toujours les premières causes d’hospitalisation. La malnutrition notamment chronique constitue une préoccupation majeure des pouvoirs pu blics, compte tenu de ses effets négatifs sur la santé de la mère et de l’enfant. En matière d’accès à l’eau potable, malgré les progrès notables enregistrés ces dernières années, certaines zones ont encore des difficultés à s’approvisionner en eau potable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 76 77 2.3 Croissance économique et système productif national : les défis de la productivité et de la compétitivité au service du développement durable et inclusif 2.3.1 – croiSSance Économique et intÉgration Sectorielle : une Structure Économique quaSi-StaBle avec une prÉdominance du Secteur informel 172 Au cours de la période 2000 à 2015, l’économie béninoise a enregistré une crois sance annuelle moyenne de 4,3 % avec des niveaux élevés de 6 % en 2007 et 6,9 % en 2013. Cette croissance a fléchi en 2009 (1,7 %) puis en 2015 (2,1 %) suite aux contreperformances de la production agricole. Les différents projets et pro grammes mis en œuvre au cours de la période, susceptibles d’induire une hausse de la croissance n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Figure 4 : Taux de croissance réel Source : inSae/dSee, 2017 haitée pour le Bénin passe nécessairement, d’une part, par la baisse soutenue de la fécondité et le relèvement du niveau d’éducation des femmes et, d’autre part, par la création d’opportunités d’emplois décents et durables pour les actifs potentiels. Cela impliquera l’engagement de nouveaux investissements dans les secteurs sociaux et productifs ainsi que l’engagement de façon concomitante des actions de renforcement des services liés au planning familial et à l’autonomisa tion économique et sociale des femmes. 169 Réduction sensible de la pauvreté : L’analyse des composantes de la variation des déterminants de la pauvreté a révélé le rôle déterminant de la redistribution des revenus et de la croissance économique dans la réduction de la pauvreté. La taille élevée du ménage (08 personnes et plus) apparaît comme un facteur très limitant dans cette perspective. Par ailleurs, l’analyse des déterminants de la croissance inclusive met également l’accent sur des emplois rémunérateurs. Ainsi, les stratégies de réduction de la pauvreté à opérationnaliser doivent, non seulement viser une croissance économique forte mais aussi et surtout améliorer la qualité de la croissance pour qu’elle soit inclusive, induite par une hausse de la productivité répartie au sein de l’ensemble de la population active et mettre en place des politiques de redistribution des fruits de cette croissance en direc tion des plus pauvres, notamment les couches les plus défavorisées combinant l’élargissement de la couverture sociale dans le cadre du nouveau projet ARCH, le développement des activités génératrices de revenus dans la perspective du développement des territoires impliquant les communautés de base et les col lectivités locales. 170 Mise en place d’un dispositif cohérent et efficace pour la promotion de l’em ploi, et en particulier de l’emploi des jeunes : Les jeunes constituent la couche de la population la plus vulnérable et la plus réceptive aux influences de la glo balisation et de la mondialisation, cette situation devient de plus en plus préoc cupante. Malgré toutes les initiatives qui visent à faciliter l’accès des jeunes aux marchés de l’emploi, les résultats restent aujourd’hui mitigés surtout par manque de cohérence et de synergie d’actions des différentes interventions en faveur de la jeunesse. 171 Par ailleurs, le huitième Objectif de Développement Durable (ODD 8) invite les États à mettre en œuvre des politiques vigoureuses et cohérentes qui favorisent une croissance économique soutenue, inclusive et durable, porteuse d’effets sur la création d’emplois décents dans toutes les sphères productives. À cet effet, il apparaît important de mettre en place un dispositif cohérent et efficace dans le cadre du développement des formations professionnelles qualifiantes et de l’auto-emploi des jeunes et des personnes en situation de sous-emploi. 8 % 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 76 77 2.3 Croissance économique et système productif national : les défis de la productivité et de la compétitivité au service du développement durable et inclusif 2.3.1 – croiSSance Économique et intÉgration Sectorielle : une Structure Économique quaSi-StaBle avec une prÉdominance du Secteur informel 172 Au cours de la période 2000 à 2015, l’économie béninoise a enregistré une crois sance annuelle moyenne de 4,3 % avec des niveaux élevés de 6 % en 2007 et 6,9 % en 2013. Cette croissance a fléchi en 2009 (1,7 %) puis en 2015 (2,1 %) suite aux contreperformances de la production agricole. Les différents projets et pro grammes mis en œuvre au cours de la période, susceptibles d’induire une hausse de la croissance n’ont pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Figure 4 : Taux de croissance réel Source : inSae/dSee, 2017 haitée pour le Bénin passe nécessairement, d’une part, par la baisse soutenue de la fécondité et le relèvement du niveau d’éducation des femmes et, d’autre part, par la création d’opportunités d’emplois décents et durables pour les actifs potentiels. Cela impliquera l’engagement de nouveaux investissements dans les secteurs sociaux et productifs ainsi que l’engagement de façon concomitante des actions de renforcement des services liés au planning familial et à l’autonomisa tion économique et sociale des femmes. 169 Réduction sensible de la pauvreté : L’analyse des composantes de la variation des déterminants de la pauvreté a révélé le rôle déterminant de la redistribution des revenus et de la croissance économique dans la réduction de la pauvreté. La taille élevée du ménage (08 personnes et plus) apparaît comme un facteur très limitant dans cette perspective. Par ailleurs, l’analyse des déterminants de la croissance inclusive met également l’accent sur des emplois rémunérateurs. Ainsi, les stratégies de réduction de la pauvreté à opérationnaliser doivent, non seulement viser une croissance économique forte mais aussi et surtout améliorer la qualité de la croissance pour qu’elle soit inclusive, induite par une hausse de la productivité répartie au sein de l’ensemble de la population active et mettre en place des politiques de redistribution des fruits de cette croissance en direc tion des plus pauvres, notamment les couches les plus défavorisées combinant l’élargissement de la couverture sociale dans le cadre du nouveau projet ARCH, le développement des activités génératrices de revenus dans la perspective du développement des territoires impliquant les communautés de base et les col lectivités locales. 170 Mise en place d’un dispositif cohérent et efficace pour la promotion de l’em ploi, et en particulier de l’emploi des jeunes : Les jeunes constituent la couche de la population la plus vulnérable et la plus réceptive aux influences de la glo balisation et de la mondialisation, cette situation devient de plus en plus préoc cupante. Malgré toutes les initiatives qui visent à faciliter l’accès des jeunes aux marchés de l’emploi, les résultats restent aujourd’hui mitigés surtout par manque de cohérence et de synergie d’actions des différentes interventions en faveur de la jeunesse. 171 Par ailleurs, le huitième Objectif de Développement Durable (ODD 8) invite les États à mettre en œuvre des politiques vigoureuses et cohérentes qui favorisent une croissance économique soutenue, inclusive et durable, porteuse d’effets sur la création d’emplois décents dans toutes les sphères productives. À cet effet, il apparaît important de mettre en place un dispositif cohérent et efficace dans le cadre du développement des formations professionnelles qualifiantes et de l’auto-emploi des jeunes et des personnes en situation de sous-emploi. 8 % 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 78 79 Figure 6 : Structure du secteur primaire Source : inSae, 2017 177 Avec une structure également quasi-stable sur près d’une décennie, le secteur industriel repose sur trois importantes industries : i) les industries agro-alimen taires ; ii) les autres industries manufacturières et iii) les BTP. L’agro-industrie est une branche de demande pour l’agriculture dont elle est tributaire en intrants. 178 Les industries agro-alimentaires ont enregistré au cours de la décennie des parts contributives fluctuantes qui accusent une baisse tendancielle ; la part de la va leur ajoutée de cette branche a baissé de 11,8 % en 2005 à 6,5 % en 2015. La deuxième composante du paquet industriel est représentée par les BTP dont les contributions n’ont guère franchi plus de 7,0 % du PIB en moyenne annuelle au cours de la décennie. Les autres industries manufacturières affichent également des parts quasi-stagnantes durant près d’une décennie (figure 7). 179 Sur la période 2005-2015, la structure industrielle est restée quasi-stationnaire n’augurant d’aucune perspective de changement structurel devant favoriser la croissance et la création d’emplois par l’industrie. Figure 7 : Structure du secteur industriel Source : inSae, 2017 180 La valeur ajoutée du secteur tertiaire dans la formation du PIB est très importante. Sa part s’est accrue de 38,9 % du PIB en 2005 à 44,7 % en 2015. 173 Bien que ces taux soient supérieurs à la croissance moyenne de l’économie mon diale exception faite de quelques années, l’économie du Bénin n’a pu atteindre les 7,0 % de croissance retenu pour la période 2000 à 2010 dans Bénin 2025 Alafia. La croissance du PIB par habitant demeure faible, en raison de la pression démo graphique soutenue (3,5 % par an entre 2002-2013), de la faible performance des politiques mises en œuvre, laissant ainsi peu de marge pour : i) réduire la pauvre té, ii) créer des emplois décents, iii) réduire les inégalités et iv) permettre l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030. L’instabilité et le niveau modéré de la croissance s’expliquent principalement par la faible pro ductivité, la faible diversification des bases productives et la faible compétitivité de l’économie béninoise. Cette situation ne permet pas au pays de se mettre sur la trajectoire d’une croissance économique forte et durable. 174 Depuis les années 2000, la structure de l’économie est restée quasiment stable, avec des secteurs primaire et secondaire représentant, en moyenne respectivement, 23,3 % et 24,7 % du PIB, et un secteur tertiaire prépondérant (52,0 %) du PIB15. Figure 5 : Structure de l’économie Source : inSae, 2017 175 La valeur ajoutée du secteur secondaire demeure encore loin des performances des pays candidats à l’émergence tels que le Maroc (28,5 %), le Ghana (30 %) et la Malaisie (40 %). Dans ces pays, la part du secteur agricole a progressivement dimi nué au profit du secteur industriel, ce qui témoigne de l’amorce de la transforma tion structurelle de l’économie de ces pays, gage d’amélioration de la productivité et de la croissance économique. 176 Le secteur primaire présente une structure presque invariante. Il est dominé par l’agriculture qui est une branche d’offre pour l’agro-industrie. Sa part dans la va leur ajoutée a baissé de 16,9 % en 2005 à 13,9 % en 2015. L’élevage et la chasse ainsi que la pêche, la sylviculture et l’exploitation forestière ont des parts qui n’at teignent pas 4,0 % en moyenne annuelle sur la période (figure 6). 25 20 15 10 5 0 i AgricultureSecteur primaire Élevage, chasse Pêche, sylviculture et exploitation forestière 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Activités extractrices Secteur secondaire Industries agro-alimentaires Autres industries manufacturières Électricité, gaz et eau BTP 25 20 15 10 5 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2001-2005 2006-2010 2011-2015 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % i Primaire Secondaire Tertiaire 15 cf. comptes nationaux, Scn/93, inSae, 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 78 79 Figure 6 : Structure du secteur primaire Source : inSae, 2017 177 Avec une structure également quasi-stable sur près d’une décennie, le secteur industriel repose sur trois importantes industries : i) les industries agro-alimen taires ; ii) les autres industries manufacturières et iii) les BTP. L’agro-industrie est une branche de demande pour l’agriculture dont elle est tributaire en intrants. 178 Les industries agro-alimentaires ont enregistré au cours de la décennie des parts contributives fluctuantes qui accusent une baisse tendancielle ; la part de la va leur ajoutée de cette branche a baissé de 11,8 % en 2005 à 6,5 % en 2015. La deuxième composante du paquet industriel est représentée par les BTP dont les contributions n’ont guère franchi plus de 7,0 % du PIB en moyenne annuelle au cours de la décennie. Les autres industries manufacturières affichent également des parts quasi-stagnantes durant près d’une décennie (figure 7). 179 Sur la période 2005-2015, la structure industrielle est restée quasi-stationnaire n’augurant d’aucune perspective de changement structurel devant favoriser la croissance et la création d’emplois par l’industrie. Figure 7 : Structure du secteur industriel Source : inSae, 2017 180 La valeur ajoutée du secteur tertiaire dans la formation du PIB est très importante. Sa part s’est accrue de 38,9 % du PIB en 2005 à 44,7 % en 2015. 173 Bien que ces taux soient supérieurs à la croissance moyenne de l’économie mon diale exception faite de quelques années, l’économie du Bénin n’a pu atteindre les 7,0 % de croissance retenu pour la période 2000 à 2010 dans Bénin 2025 Alafia. La croissance du PIB par habitant demeure faible, en raison de la pression démo graphique soutenue (3,5 % par an entre 2002-2013), de la faible performance des politiques mises en œuvre, laissant ainsi peu de marge pour : i) réduire la pauvre té, ii) créer des emplois décents, iii) réduire les inégalités et iv) permettre l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030. L’instabilité et le niveau modéré de la croissance s’expliquent principalement par la faible pro ductivité, la faible diversification des bases productives et la faible compétitivité de l’économie béninoise. Cette situation ne permet pas au pays de se mettre sur la trajectoire d’une croissance économique forte et durable. 174 Depuis les années 2000, la structure de l’économie est restée quasiment stable, avec des secteurs primaire et secondaire représentant, en moyenne respectivement, 23,3 % et 24,7 % du PIB, et un secteur tertiaire prépondérant (52,0 %) du PIB15. Figure 5 : Structure de l’économie Source : inSae, 2017 175 La valeur ajoutée du secteur secondaire demeure encore loin des performances des pays candidats à l’émergence tels que le Maroc (28,5 %), le Ghana (30 %) et la Malaisie (40 %). Dans ces pays, la part du secteur agricole a progressivement dimi nué au profit du secteur industriel, ce qui témoigne de l’amorce de la transforma tion structurelle de l’économie de ces pays, gage d’amélioration de la productivité et de la croissance économique. 176 Le secteur primaire présente une structure presque invariante. Il est dominé par l’agriculture qui est une branche d’offre pour l’agro-industrie. Sa part dans la va leur ajoutée a baissé de 16,9 % en 2005 à 13,9 % en 2015. L’élevage et la chasse ainsi que la pêche, la sylviculture et l’exploitation forestière ont des parts qui n’at teignent pas 4,0 % en moyenne annuelle sur la période (figure 6). 25 20 15 10 5 0 i AgricultureSecteur primaire Élevage, chasse Pêche, sylviculture et exploitation forestière 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Activités extractrices Secteur secondaire Industries agro-alimentaires Autres industries manufacturières Électricité, gaz et eau BTP 25 20 15 10 5 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2001-2005 2006-2010 2011-2015 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % i Primaire Secondaire Tertiaire 15 cf. comptes nationaux, Scn/93, inSae, 2016 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 80 81 (30 %) et la Malaisie (40 %). La part du secteur agricole a progressivement diminué au profit du secteur industriel, témoignant ainsi de l’amorce de la transformation structurelle de l’économie. 186 Prépondérance du secteur informel : le secteur informel est dominant, malgré son recul entre 2000-2015. En effet, sa contribution à la création de la valeur ajoutée se situe à 57 % ; cette situation influe négativement sur la productivité générale de l’économie 187 La composition sectorielle de la croissance met en présence plusieurs formes de transition vers l’émergence, la croissance inclusive ; la première fondée sur l’agri culture et ses liaisons en amont comme en aval avec l’agro-industrie et la seconde qui découlerait des services. 188 La contribution du secteur informel au développement dépend de sa contribution à la croissance et de sa capacité à induire un processus de transformation visant à réduire la pauvreté. Sa contribution à la réduction de la pauvreté serait d’autant plus efficace que c’est le secteur qui abrite le plus grand nombre de ménages pauvres. La pauvreté étant liée à la dynamique structurelle de l’économie, avec pour corollaire le secteur informel qui en est le principal gisement d’emplois précaires et de ménages pauvres, l’action d’intégration et de transformation structurelle aura pour ancrage, l’agriculture (entièrement informelle) et les services. 189 La structure stagnante de l’économie renvoie à l’enjeu majeur de modernisation de l’économie béninoise mettant ainsi à l’ordre du jour la problématique de sa transformation structurelle étant donné que le modèle de croissance de l’éco nomie repose fondamentalement sur la dualité entre un secteur informel pré pondérant et un secteur formel modeste avec un noyau faiblement structurant. Un sentier de croissance forte, inclusive et durable dépendra du changement à opérer dans la composition sectorielle de la croissance pour inverser la tendance actuelle. 190 En somme les problèmes majeurs liés à la structure économique du Bénin s’ex pliquent essentiellement par : i) une intégration insuffisante des secteurs, en dépit de l’amorce d’une croissance portée par des niveaux de productivité de travail en core faibles dans l’agriculture et dans l’industrie ; ii) une productivité globale des facteurs peu compétitive et fortement corrélée avec l’évolution économique au Nigéria ; iii) la faible diversification des bases productives ; iv) la prédominance de l’économie informelle ; v) la vulnérabilité du cadre macro-économique ; vi) la faible valorisation des secteurs stratégiques, malgré l’importance de leurs potentialités, et l’existence de secteurs clés devant favoriser l’essor industriel par des niches d’agro-industries de transformation et d’intégration de l’ensemble du système agro-alimentaire et vii) l’insuffisance des infrastructures de soutien à la production. 181 Cette structure est dominée par les activités avec de faibles productivités comme la branche commerce, restauration et hôtellerie dont les contributions sont restées inva riantes au cours de la décennie affichant une valeur moyenne de 12,3 %, puis de la branche transport, postes et télécommunication plus dynamique du fait de la vitalité des services du numérique qui ont permis de porter les parts à la formation du PIB de 6,7 % en 2005 à 8,9 % en 2015, au moment où les parts des autres services ont régressé de 8,2 % en 2005 à 7,2 % en 2015. Nonobstant le profil moyen des parts de l’adminis tration publique qui n’atteignent pas 8 %, les parts des services financiers émergents ont affiché un bon profil à la hausse au cours de la décennie (figure 8). 182 Les services numériques et les services financiers émergents constituent des pôles qui sont de nature à améliorer la structure quasi stable du secteur tertiaire tout en permettant le passage à des activités à plus forte productivité et valeur ajoutée. Figure 8 : Structure du secteur tertiaire Source : inSae, 2017 183 Cette situation s’explique essentiellement par : i) une faible intégration des secteurs ; ii) la prédominance de l’économie informelle ; iii) la vulnérabilité du cadre macro économique ; iv) la faible valorisation des secteurs stratégiques malgré l’importance de leurs potentialités ; v) l’insuffisance des infrastructures de soutien à la production ; vi) la faible valorisation du capital humain et vii) la faiblesse de la productivité des secteurs et branches vecteurs de la croissance économique. 184 Toutefois, le potentiel élevé de l’agro-industrie du pays et les mesures d’amélio ration de l’environnement des affaires augurent de bonnes perspectives de crois sance pour le secteur industriel béninois. 185 Il faut noter en effet, la faible diversification du secteur industriel cantonné dans l’égrenage du coton et la transformation de quelques produits agricoles et la faible productivité du secteur tertiaire. Malgré le fait que la part du secteur secon daire dans le PIB ait dépassé celle du primaire, suite à la révision du Système de Comptabilité des Nations Unies (SCN) en 2008, elle s’est contractée au cours de la période. La valeur ajoutée du secteur secondaire demeure encore loin des per formances des pays candidats à l’émergence tels que le Maroc (28,5 %), le Ghana i Commerces, restaurants et hôtels Secteur tertiaire Transports, postes et télécommunication Banques et organismes financiers Administration publique et sécurité sociale Éducation 50 40 30 20 10 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 80 81 (30 %) et la Malaisie (40 %). La part du secteur agricole a progressivement diminué au profit du secteur industriel, témoignant ainsi de l’amorce de la transformation structurelle de l’économie. 186 Prépondérance du secteur informel : le secteur informel est dominant, malgré son recul entre 2000-2015. En effet, sa contribution à la création de la valeur ajoutée se situe à 57 % ; cette situation influe négativement sur la productivité générale de l’économie 187 La composition sectorielle de la croissance met en présence plusieurs formes de transition vers l’émergence, la croissance inclusive ; la première fondée sur l’agri culture et ses liaisons en amont comme en aval avec l’agro-industrie et la seconde qui découlerait des services. 188 La contribution du secteur informel au développement dépend de sa contribution à la croissance et de sa capacité à induire un processus de transformation visant à réduire la pauvreté. Sa contribution à la réduction de la pauvreté serait d’autant plus efficace que c’est le secteur qui abrite le plus grand nombre de ménages pauvres. La pauvreté étant liée à la dynamique structurelle de l’économie, avec pour corollaire le secteur informel qui en est le principal gisement d’emplois précaires et de ménages pauvres, l’action d’intégration et de transformation structurelle aura pour ancrage, l’agriculture (entièrement informelle) et les services. 189 La structure stagnante de l’économie renvoie à l’enjeu majeur de modernisation de l’économie béninoise mettant ainsi à l’ordre du jour la problématique de sa transformation structurelle étant donné que le modèle de croissance de l’éco nomie repose fondamentalement sur la dualité entre un secteur informel pré pondérant et un secteur formel modeste avec un noyau faiblement structurant. Un sentier de croissance forte, inclusive et durable dépendra du changement à opérer dans la composition sectorielle de la croissance pour inverser la tendance actuelle. 190 En somme les problèmes majeurs liés à la structure économique du Bénin s’ex pliquent essentiellement par : i) une intégration insuffisante des secteurs, en dépit de l’amorce d’une croissance portée par des niveaux de productivité de travail en core faibles dans l’agriculture et dans l’industrie ; ii) une productivité globale des facteurs peu compétitive et fortement corrélée avec l’évolution économique au Nigéria ; iii) la faible diversification des bases productives ; iv) la prédominance de l’économie informelle ; v) la vulnérabilité du cadre macro-économique ; vi) la faible valorisation des secteurs stratégiques, malgré l’importance de leurs potentialités, et l’existence de secteurs clés devant favoriser l’essor industriel par des niches d’agro-industries de transformation et d’intégration de l’ensemble du système agro-alimentaire et vii) l’insuffisance des infrastructures de soutien à la production. 181 Cette structure est dominée par les activités avec de faibles productivités comme la branche commerce, restauration et hôtellerie dont les contributions sont restées inva riantes au cours de la décennie affichant une valeur moyenne de 12,3 %, puis de la branche transport, postes et télécommunication plus dynamique du fait de la vitalité des services du numérique qui ont permis de porter les parts à la formation du PIB de 6,7 % en 2005 à 8,9 % en 2015, au moment où les parts des autres services ont régressé de 8,2 % en 2005 à 7,2 % en 2015. Nonobstant le profil moyen des parts de l’adminis tration publique qui n’atteignent pas 8 %, les parts des services financiers émergents ont affiché un bon profil à la hausse au cours de la décennie (figure 8). 182 Les services numériques et les services financiers émergents constituent des pôles qui sont de nature à améliorer la structure quasi stable du secteur tertiaire tout en permettant le passage à des activités à plus forte productivité et valeur ajoutée. Figure 8 : Structure du secteur tertiaire Source : inSae, 2017 183 Cette situation s’explique essentiellement par : i) une faible intégration des secteurs ; ii) la prédominance de l’économie informelle ; iii) la vulnérabilité du cadre macro économique ; iv) la faible valorisation des secteurs stratégiques malgré l’importance de leurs potentialités ; v) l’insuffisance des infrastructures de soutien à la production ; vi) la faible valorisation du capital humain et vii) la faiblesse de la productivité des secteurs et branches vecteurs de la croissance économique. 184 Toutefois, le potentiel élevé de l’agro-industrie du pays et les mesures d’amélio ration de l’environnement des affaires augurent de bonnes perspectives de crois sance pour le secteur industriel béninois. 185 Il faut noter en effet, la faible diversification du secteur industriel cantonné dans l’égrenage du coton et la transformation de quelques produits agricoles et la faible productivité du secteur tertiaire. Malgré le fait que la part du secteur secon daire dans le PIB ait dépassé celle du primaire, suite à la révision du Système de Comptabilité des Nations Unies (SCN) en 2008, elle s’est contractée au cours de la période. La valeur ajoutée du secteur secondaire demeure encore loin des per formances des pays candidats à l’émergence tels que le Maroc (28,5 %), le Ghana i Commerces, restaurants et hôtels Secteur tertiaire Transports, postes et télécommunication Banques et organismes financiers Administration publique et sécurité sociale Éducation 50 40 30 20 10 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 82 83 194 Le diagnostic souligne que l’économie béninoise caractérisée par la faiblesse de sa productivité du travail ne peut guère profiter de son dividende démographique que si les réformes concourent à son amélioration. Cette faiblesse de la produc tivité du travail est plus prononcée dans l’agriculture qui occupe près 1 372 757 d’actifs en 2013. Les banques et assurances ont les productivités de travail les plus élevées mais ne constituent pas d’importants bassins d’emplois au Bénin. 195 En termes de contribution à la croissance inclusive, les productivités du travail des branches comme l’agriculture, la pêche et chasse, le commerce et restauration, les transports et communication détiennent les parts contributives les plus éle vées ; pour les autres branches (industrie manufacturière, BTP, Banques et assu rances), elles sont en déclin. 196 Le second pilier de la croissance inclusive au Bénin est l’emploi décent sans lequel il n’y a pas de revenu stable pour réduire la pauvreté et s’affranchir de la vulnéra bilité à l’insécurité économique. En l’absence de toute croissance des autres fac teurs de production, la productivité globale des facteurs est celle qui permet de soutenir la croissance à long terme. Au Bénin, la productivité globale des facteurs de l’économie quoique faible, a été positive, en moyenne annuelle, entre 2001 et 2015 soit 0,4 %. Les épisodes de son déclin correspondent souvent aux périodes de crises ou de basse conjoncture de l’économie nigériane, comme ce fut le cas de 2002 à 2005, de 2009 à 2012, puis de 2013 à 2015. Les productivités dans les années d’avant l’émergence dans les pays asiatiques affichaient des valeurs fortes et positives : 1,3 % en Chine entre 1960 et 1970, 0,8 % en Indonésie, 0,6 % en Corée du Sud, 1,2 % en Thaïlande, et 1,4 % à Taïwan. Tableau 8 : Contribution des facteurs à la croissance de l’économie béninoise 2000-2015 (en %) Source : St/pnd, 2017 197 Au niveau sectoriel, les secteurs clés de l’économie béninoise ont eu une évolu tion qui reste étroitement marquée par les phases d’instabilité de l’économie nigériane, illustrant ainsi le caractère particulier de sa spécialisation en « écono mie entrepôt » du Nigéria. 2.3.2 – intÉgration deS SecteurS et croiSSance incluSive : faiBleS productivitÉS et ciBlage inSuffiSant deS principaux pilierS de la croiSSance incluSive 191 Les interdépendances entre l’agriculture et l’agro-industrie sont encore faibles au Bénin malgré la forte demande de produits alimentaires induits par la croissance démographique, l’urbanisation galopante, l’existence d’importants déficits ali mentaires et nutritionnels dans le pays. Le premier défi de l’économie béninoise est de préparer dès à présent les conditions idoines pour être capable de nourrir D’ici à 2050, environ 32 millions d’habitants, dans un contexte où ses pays envi ronnants vont abriter plus d’un milliard d’habitants. 192 Pour l’atteinte des ODD le Bénin devra renouer avec un sentier de croissance, inclusive, durable et résiliente. La relation entre la croissance et la pauvreté n’est pas absolue, elle dépend de facteurs spécifiques autres que l’inégalité socioéco nomique. Les facteurs qui entravent la linéarité de la relation croissance et pau vreté sont : i) les relations sociales ; ii) la sécurité humaine ; iii) les inégalités sociales et territoriales ; iv) la composition sectorielle de la croissance ; v) la qualité de la gouvernance et vi) le changement climatique. 193 Le diagnostic sur les déterminants de l’inclusivité de la croissance au Bénin met l’emphase sur une hausse de 28,6 % de l’indice d’inclusivité au Bénin entre 1995 et 2012, consécutive à l’amélioration « santé et démographie » qui y contribue à hauteur de 63,6 %, les structures productives, 21,2 %, l’accès aux TIC 11,3 % et la gouvernance 10,3 %16/17. Par contre le bloc « éducation et genre » en l’état actuel (-9,4 %) compromet l’inclusivité de la croissance économique. La croissance inclu sive amorcée entre 1995 et 2012 repose alors sur deux piliers que sont le capital humain volet santé et démographie et la diversification de l’économie. Or ces deux piliers accusent de faibles performances pouvant contribuer de façon signi ficative à rendre la croissance économique plus inclusive si on tient compte du fort taux de croissance démographique. Source : Étude sur la croissance inclusive au Bénin, pnud septembre 2017 Figure 9 : Évolution de l’ISCI Tableau 7 : Contribution à l’ISCI INDICATEURS Taux de croissance effective moyenne 3,9 Emploi effectif augmenté du capital humain 2,2 Capital privé effectif 1,3 Productivité totale effective des facteurs 0,4 CATÉGORIES contri-butions Santé et démographie 63,6 Croissance et structure de l’économie 21,2 Téléphonie et internet 11,3 Gouvernance 10,3 Accès à l’eau et l’assainissement 2,3 Chômage 0,6 Éducation et genre -9,4 Total 100 20121995 1998 2001 2004 2006 120 110 100 90 80 70 16 pnud (2017), Étude sur la croissance inclusive au Bénin 17 anago & houngbeme (2015), construction d’un indicateur synthétique de croissance inclusive, revue d’analyse des politiques économiques et financières de la dgae, vol. 1, no. 1 (août 2015), pp 69-105 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 82 83 194 Le diagnostic souligne que l’économie béninoise caractérisée par la faiblesse de sa productivité du travail ne peut guère profiter de son dividende démographique que si les réformes concourent à son amélioration. Cette faiblesse de la produc tivité du travail est plus prononcée dans l’agriculture qui occupe près 1 372 757 d’actifs en 2013. Les banques et assurances ont les productivités de travail les plus élevées mais ne constituent pas d’importants bassins d’emplois au Bénin. 195 En termes de contribution à la croissance inclusive, les productivités du travail des branches comme l’agriculture, la pêche et chasse, le commerce et restauration, les transports et communication détiennent les parts contributives les plus éle vées ; pour les autres branches (industrie manufacturière, BTP, Banques et assu rances), elles sont en déclin. 196 Le second pilier de la croissance inclusive au Bénin est l’emploi décent sans lequel il n’y a pas de revenu stable pour réduire la pauvreté et s’affranchir de la vulnéra bilité à l’insécurité économique. En l’absence de toute croissance des autres fac teurs de production, la productivité globale des facteurs est celle qui permet de soutenir la croissance à long terme. Au Bénin, la productivité globale des facteurs de l’économie quoique faible, a été positive, en moyenne annuelle, entre 2001 et 2015 soit 0,4 %. Les épisodes de son déclin correspondent souvent aux périodes de crises ou de basse conjoncture de l’économie nigériane, comme ce fut le cas de 2002 à 2005, de 2009 à 2012, puis de 2013 à 2015. Les productivités dans les années d’avant l’émergence dans les pays asiatiques affichaient des valeurs fortes et positives : 1,3 % en Chine entre 1960 et 1970, 0,8 % en Indonésie, 0,6 % en Corée du Sud, 1,2 % en Thaïlande, et 1,4 % à Taïwan. Tableau 8 : Contribution des facteurs à la croissance de l’économie béninoise 2000-2015 (en %) Source : St/pnd, 2017 197 Au niveau sectoriel, les secteurs clés de l’économie béninoise ont eu une évolu tion qui reste étroitement marquée par les phases d’instabilité de l’économie nigériane, illustrant ainsi le caractère particulier de sa spécialisation en « écono mie entrepôt » du Nigéria. 2.3.2 – intÉgration deS SecteurS et croiSSance incluSive : faiBleS productivitÉS et ciBlage inSuffiSant deS principaux pilierS de la croiSSance incluSive 191 Les interdépendances entre l’agriculture et l’agro-industrie sont encore faibles au Bénin malgré la forte demande de produits alimentaires induits par la croissance démographique, l’urbanisation galopante, l’existence d’importants déficits ali mentaires et nutritionnels dans le pays. Le premier défi de l’économie béninoise est de préparer dès à présent les conditions idoines pour être capable de nourrir D’ici à 2050, environ 32 millions d’habitants, dans un contexte où ses pays envi ronnants vont abriter plus d’un milliard d’habitants. 192 Pour l’atteinte des ODD le Bénin devra renouer avec un sentier de croissance, inclusive, durable et résiliente. La relation entre la croissance et la pauvreté n’est pas absolue, elle dépend de facteurs spécifiques autres que l’inégalité socioéco nomique. Les facteurs qui entravent la linéarité de la relation croissance et pau vreté sont : i) les relations sociales ; ii) la sécurité humaine ; iii) les inégalités sociales et territoriales ; iv) la composition sectorielle de la croissance ; v) la qualité de la gouvernance et vi) le changement climatique. 193 Le diagnostic sur les déterminants de l’inclusivité de la croissance au Bénin met l’emphase sur une hausse de 28,6 % de l’indice d’inclusivité au Bénin entre 1995 et 2012, consécutive à l’amélioration « santé et démographie » qui y contribue à hauteur de 63,6 %, les structures productives, 21,2 %, l’accès aux TIC 11,3 % et la gouvernance 10,3 %16/17. Par contre le bloc « éducation et genre » en l’état actuel (-9,4 %) compromet l’inclusivité de la croissance économique. La croissance inclu sive amorcée entre 1995 et 2012 repose alors sur deux piliers que sont le capital humain volet santé et démographie et la diversification de l’économie. Or ces deux piliers accusent de faibles performances pouvant contribuer de façon signi ficative à rendre la croissance économique plus inclusive si on tient compte du fort taux de croissance démographique. Source : Étude sur la croissance inclusive au Bénin, pnud septembre 2017 Figure 9 : Évolution de l’ISCI Tableau 7 : Contribution à l’ISCI INDICATEURS Taux de croissance effective moyenne 3,9 Emploi effectif augmenté du capital humain 2,2 Capital privé effectif 1,3 Productivité totale effective des facteurs 0,4 CATÉGORIES contri-butions Santé et démographie 63,6 Croissance et structure de l’économie 21,2 Téléphonie et internet 11,3 Gouvernance 10,3 Accès à l’eau et l’assainissement 2,3 Chômage 0,6 Éducation et genre -9,4 Total 100 20121995 1998 2001 2004 2006 120 110 100 90 80 70 16 pnud (2017), Étude sur la croissance inclusive au Bénin 17 anago & houngbeme (2015), construction d’un indicateur synthétique de croissance inclusive, revue d’analyse des politiques économiques et financières de la dgae, vol. 1, no. 1 (août 2015), pp 69-105 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 84 85 198 La croissance potentielle du PIB représente la croissance que l’économie peut maintenir à long terme, sans l’influence des déséquilibres à court et moyen termes entre la demande et le niveau potentiel de l’offre. L’écart de production, qui traduit l’écart entre le PIB effectif et le PIB potentiel, décrit l’excès ou le déficit de demande par rapport à l’offre potentielle. Tableau 9 : Croissance effective, potentielle et les contributions des facteurs au Bénin (%) Source : St/pnd, 2017 199 L’économie béninoise a enregistré une croissance effective moyenne de 3,9 % entre 2001 et 2015, pour une croissance potentielle moyenne de 8,0 %, affichant un écart important de croissance de 4,1 %. Par rapport au sentier de croissance de Bénin 2025 Alafia, cet écart est de 3,1 % (tableau 9). L’écart important de croissance justifie l’existence d’importants déséquilibres structurels de l’économie ne permettant pas à la croissance d’atteindre son niveau optimal (potentiel). Figure 11 : Taux de croissance effective et potentielle Source : St/pnd, 2017 Figure 10 : Évolution des productivités globales des facteurs des secteurs clés de l’économie Source : St/pnd, 2017 2005 2015 moyenne valeur cible18 Croissance effective 1,7 2,1 3,9 7 Travail effectif augmenté du capital humain 3 2,1 2,2 Capital privé effectif 1,3 0,1 1,3 Productivité totale effective des facteurs -2,7 -0,1 0,4 Capital privé effectif 8,2 8,5 8 Travail effectif augmenté du capital humain 3,4 2 2,6 Capital privé effectif 1,3 1,4 1,5 Productivité totale effective des facteurs 3,5 5,1 3,9 2001 2002 2003 20052004 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % i Croissance potentielleCroissance effective 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Banques et organismes financiers Transports, postes et télécommunication Commerces, restaurants et hôtels Autres industries manufacturières Industries agro-alimentaires Agriculture 0,6 0,4 0,2 0 -0,2 -0,4 -0,6 18 Bénin alafia 2025, omd-odd P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 84 85 198 La croissance potentielle du PIB représente la croissance que l’économie peut maintenir à long terme, sans l’influence des déséquilibres à court et moyen termes entre la demande et le niveau potentiel de l’offre. L’écart de production, qui traduit l’écart entre le PIB effectif et le PIB potentiel, décrit l’excès ou le déficit de demande par rapport à l’offre potentielle. Tableau 9 : Croissance effective, potentielle et les contributions des facteurs au Bénin (%) Source : St/pnd, 2017 199 L’économie béninoise a enregistré une croissance effective moyenne de 3,9 % entre 2001 et 2015, pour une croissance potentielle moyenne de 8,0 %, affichant un écart important de croissance de 4,1 %. Par rapport au sentier de croissance de Bénin 2025 Alafia, cet écart est de 3,1 % (tableau 9). L’écart important de croissance justifie l’existence d’importants déséquilibres structurels de l’économie ne permettant pas à la croissance d’atteindre son niveau optimal (potentiel). Figure 11 : Taux de croissance effective et potentielle Source : St/pnd, 2017 Figure 10 : Évolution des productivités globales des facteurs des secteurs clés de l’économie Source : St/pnd, 2017 2005 2015 moyenne valeur cible18 Croissance effective 1,7 2,1 3,9 7 Travail effectif augmenté du capital humain 3 2,1 2,2 Capital privé effectif 1,3 0,1 1,3 Productivité totale effective des facteurs -2,7 -0,1 0,4 Capital privé effectif 8,2 8,5 8 Travail effectif augmenté du capital humain 3,4 2 2,6 Capital privé effectif 1,3 1,4 1,5 Productivité totale effective des facteurs 3,5 5,1 3,9 2001 2002 2003 20052004 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % i Croissance potentielleCroissance effective 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Banques et organismes financiers Transports, postes et télécommunication Commerces, restaurants et hôtels Autres industries manufacturières Industries agro-alimentaires Agriculture 0,6 0,4 0,2 0 -0,2 -0,4 -0,6 18 Bénin alafia 2025, omd-odd P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 86 87 2.3.3 – Économie informelle : handicap maiS Également vivier de mÉtierS porteurS d’effetS de tranSformationS StructurelleS 202 L’économie informelle occupe 95 % de la main d’œuvre et représente environ 60 % du PIB et pratiquement 100 % du secteur primaire (RGPH4). Toutes les caté gories d’agents économiques de toutes les couches sociales du Bénin y trouvent place. Les femmes y sont majoritaires, principalement dans les branches de trans formation agro-alimentaire et dans les branches commerciales. 203 Le secteur informel contribue à l’économie béninoise aussi bien en termes de : i) création de valeur ajoutée, ii) création d’emplois et distribution des revenus. Entre 2000 et 2015, le secteur informel a contribué à la formation du PIB réel à hauteur de 60 % ; de 62,6 % en 2000 et son poids a baissé à 57 % en 2015 (Tableau 12). Le secteur primaire (23,2 %), l’agriculture vivrière (16,5 %), l’industrie (16,7 %), les services (19,6 %), le commerce-hôtellerie-restauration (10,5 %) sont les branches détenant des parts moyennes les plus importantes. Sa contribution à la crois sance a régressé de 10,1 % en 2000 à -7,8 % en 2015. Tableau 12 : Contribution des secteurs au PIB Source : St/pnd/mpd, 2017 204 Les parts du secteur informel dans le PIB ont régressé de 2000 à 2015 pour les sec teurs primaire (19,9 % en 2015), secondaire (14,4 % en 2015), agriculture vivrière (14,0 % en 2015), agro-industrie (6,2 % en 2015), des services (22,5 % en 2015), com merce, hôtellerie et restauration (14,0 %) dont les parts se sont accrues, sans que cet accroissement ne soit justifié par une croissance de la productivité du secteur des services concentré sur le commerce informel et le transport avec une faible pro ductivité. Cette migration atypique des actifs vers le secteur informel des services montre la complexité de l’intégration et de la transformation du secteur informel et celle de la modernisation de l’ensemble de l’économie. 200 Le diagnostic des sources de la croissance effective de l’économie béninoise, met en relief, la prédominance de l’emploi effectif et du capital humain sur le capital privé. La croissance effective est davantage portée par ces facteurs que par l’inves tissement privé. Ce profil s’inverse au niveau de la croissance potentielle, qui est tirée à long terme par la productivité totale des facteurs (3,9 % en moyenne sur la période, contre 3,5 % en 2005 et 5,1 % en 2015). Le travail potentiel ajusté du capital humain (les compétences) vient au second plan avec une contribution moyenne de 2,6 % contre 3,4 % en 2005 et 2,0 % en 2015. Le capital privé poten tiel ne contribue en moyenne qu’à hauteur de 1,5 % contre 1,3 % en 2005 et 1,4 % en 2015. 201 Au cœur de ce paradoxe, on retrouve la faible productivité du capital public, qui ne permet pas de créer des seuils critiques d’infrastructures de base, de nature à assurer une forte productivité du capital privé, pour garantir une contribution accrue à la croissance qu’elle soit effective ou potentielle. Les distorsions liées aux déficits de gouvernance et la prédominance de l’informel renforcent les désé quilibres structurels et creusent davantage l’écart entre la croissance effective et la croissance potentielle, rendant ainsi inopérantes toutes formes de politiques à long terme qui visent à faire converger la croissance effective vers son niveau optimal (potentiel). Tableau 10 : Niveau moyen de l’investissement de 1999 à 2015 (% du PIB) Source : St/pnd, inSae Tableau 11 : Part des investissements dans le PIB de certains pays émergents d’Asie (en %) Source : Wdi, Banque mondiale 2000 2015 moyenne période PIB informel 62,6 57 60 Secteur primaire 23,3 19,9 23,2 Agriculture vivrière 16,4 14 16,5 Secteur secondaire 20,7 14,4 16,7 Agro-industrie 9,8 6,2 8,3 BTP 4,2 5 4,2 Secteur tertiaire 18,6 22,5 19,6 Commerce, hôtellerie, restauration 8,5 14 10,5 Transport, postes et télécommunications 2,1 2 2 TyPE D’INVESTISSEMENT taux Taux d’investissement total 25 Taux d’investissement privé 19 Taux d’investissement public 6 PAyS 1960-1970 1970-1980 1980-1990 1990-2000 Chine 19,8 27 28,9 35 Corée 17,6 26,9 29,6 34 Indonésie ND ND 24,4 26,7 Thaïlande 18,8 23,8 28,6 32,3 Moyenne pays émergents 17,2 22,2 24 26,4 Afrique Sub-saharienne ND 24,2 19,6 17,6 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 86 87 2.3.3 – Économie informelle : handicap maiS Également vivier de mÉtierS porteurS d’effetS de tranSformationS StructurelleS 202 L’économie informelle occupe 95 % de la main d’œuvre et représente environ 60 % du PIB et pratiquement 100 % du secteur primaire (RGPH4). Toutes les caté gories d’agents économiques de toutes les couches sociales du Bénin y trouvent place. Les femmes y sont majoritaires, principalement dans les branches de trans formation agro-alimentaire et dans les branches commerciales. 203 Le secteur informel contribue à l’économie béninoise aussi bien en termes de : i) création de valeur ajoutée, ii) création d’emplois et distribution des revenus. Entre 2000 et 2015, le secteur informel a contribué à la formation du PIB réel à hauteur de 60 % ; de 62,6 % en 2000 et son poids a baissé à 57 % en 2015 (Tableau 12). Le secteur primaire (23,2 %), l’agriculture vivrière (16,5 %), l’industrie (16,7 %), les services (19,6 %), le commerce-hôtellerie-restauration (10,5 %) sont les branches détenant des parts moyennes les plus importantes. Sa contribution à la crois sance a régressé de 10,1 % en 2000 à -7,8 % en 2015. Tableau 12 : Contribution des secteurs au PIB Source : St/pnd/mpd, 2017 204 Les parts du secteur informel dans le PIB ont régressé de 2000 à 2015 pour les sec teurs primaire (19,9 % en 2015), secondaire (14,4 % en 2015), agriculture vivrière (14,0 % en 2015), agro-industrie (6,2 % en 2015), des services (22,5 % en 2015), com merce, hôtellerie et restauration (14,0 %) dont les parts se sont accrues, sans que cet accroissement ne soit justifié par une croissance de la productivité du secteur des services concentré sur le commerce informel et le transport avec une faible pro ductivité. Cette migration atypique des actifs vers le secteur informel des services montre la complexité de l’intégration et de la transformation du secteur informel et celle de la modernisation de l’ensemble de l’économie. 200 Le diagnostic des sources de la croissance effective de l’économie béninoise, met en relief, la prédominance de l’emploi effectif et du capital humain sur le capital privé. La croissance effective est davantage portée par ces facteurs que par l’inves tissement privé. Ce profil s’inverse au niveau de la croissance potentielle, qui est tirée à long terme par la productivité totale des facteurs (3,9 % en moyenne sur la période, contre 3,5 % en 2005 et 5,1 % en 2015). Le travail potentiel ajusté du capital humain (les compétences) vient au second plan avec une contribution moyenne de 2,6 % contre 3,4 % en 2005 et 2,0 % en 2015. Le capital privé poten tiel ne contribue en moyenne qu’à hauteur de 1,5 % contre 1,3 % en 2005 et 1,4 % en 2015. 201 Au cœur de ce paradoxe, on retrouve la faible productivité du capital public, qui ne permet pas de créer des seuils critiques d’infrastructures de base, de nature à assurer une forte productivité du capital privé, pour garantir une contribution accrue à la croissance qu’elle soit effective ou potentielle. Les distorsions liées aux déficits de gouvernance et la prédominance de l’informel renforcent les désé quilibres structurels et creusent davantage l’écart entre la croissance effective et la croissance potentielle, rendant ainsi inopérantes toutes formes de politiques à long terme qui visent à faire converger la croissance effective vers son niveau optimal (potentiel). Tableau 10 : Niveau moyen de l’investissement de 1999 à 2015 (% du PIB) Source : St/pnd, inSae Tableau 11 : Part des investissements dans le PIB de certains pays émergents d’Asie (en %) Source : Wdi, Banque mondiale 2000 2015 moyenne période PIB informel 62,6 57 60 Secteur primaire 23,3 19,9 23,2 Agriculture vivrière 16,4 14 16,5 Secteur secondaire 20,7 14,4 16,7 Agro-industrie 9,8 6,2 8,3 BTP 4,2 5 4,2 Secteur tertiaire 18,6 22,5 19,6 Commerce, hôtellerie, restauration 8,5 14 10,5 Transport, postes et télécommunications 2,1 2 2 TyPE D’INVESTISSEMENT taux Taux d’investissement total 25 Taux d’investissement privé 19 Taux d’investissement public 6 PAyS 1960-1970 1970-1980 1980-1990 1990-2000 Chine 19,8 27 28,9 35 Corée 17,6 26,9 29,6 34 Indonésie ND ND 24,4 26,7 Thaïlande 18,8 23,8 28,6 32,3 Moyenne pays émergents 17,2 22,2 24 26,4 Afrique Sub-saharienne ND 24,2 19,6 17,6 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 88 89 208 Les contreperformances constatées malgré les réformes réalisées sont dues, entre autres : › à l’insécurité foncière ; › aux dysfonctionnements du système judiciaire et au non-respect des obliga tions contractuelles (les Tribunaux de commerce non opérationnels, la loi sur la concurrence pas encore en vigueur, et la non mise en place d’un véritable cadre de dialogue Public-Privé) ; › aux difficultés d’accès au financement adapté aux entreprises ; › aux dysfonctionnements du système fiscal ; › aux difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité ; › aux lourdeurs administratives et à la corruption. › à l’insuffisance de compétences et d’expertises. 209 Les coûts prohibitifs des facteurs : l’attractivité de l’économie béninoise est limitée en particulier par le coût de la main-d’œuvre, l’énergie et le taux de change. 210 Main-d’œuvre : le rapport sur la compétitivité dans les pays de l’UEMOA réalisé par la BCEAO en 201219 a retracé pour l’ensemble des pays de l’UEMOA, l’évolution du SMIG qui représente le coût salarial minimum légal. Le niveau du SMIG a connu une amélioration au Bénin, passant de 31 625 FCFA en 2011 à 40 000 F CFA en 2015, un niveau jugé insupportable par les petites et moyennes industries, ce qui compromet du coup leur compétitivité. Tableau 13 : Part des investissements dans le PIB de certains pays d’Afrique (en %) Source : Bceao et ddp/mfpaS 211 Énergie : La mauvaise qualité de l’énergie fournie aux consommateurs résulte des difficultés de production, d’approvisionnement et de distribution. La faible capacité de production interne du Bénin (1 % de l’offre disponible) en lien avec les échecs enregistrés dans la mise en œuvre des politiques dans le secteur de l’énergie (Adjarala, centrale de Mariagléta, Dogo bis, Beterou, Vossa, électrifica tion rurale) met le pays dans une dépendance absolue. Ces défaillances dans le secteur de l’électricité conduisent à la fourniture d’énergie électrique à la fois coûteuse et peu fiable. Le secteur a également souffert de l’absence d’une stra tégie claire de développement et de changements fréquents dans les actions mises en œuvre pour redresser le secteur. Les réformes du cadre légal et institu tionnel en cours visent la révision du Code Bénino-Togolais de l’électricité sur ses clauses relatives à la production de l’énergie électrique pour favoriser notamment l’implantation des producteurs privés ; la révision du code national d’électricité, l’élaboration d’un plan tarifaire qui reflète les coûts réels de l’énergie électrique et 205 L’importance de l’économie informelle tient de plusieurs facteurs : i) la crise éco nomique des années 80 qui a conduit à la fermeture des entreprises publiques, ii) la fiscalité comme principale ressource publique, le harcèlement fiscal sur les contribuables, en l’occurrence les entreprises iii) l’inefficacité des politiques pu bliques et iv) la faiblesse du niveau d’éducation et de formation professionnelle d’une partie importante des travailleurs du secteur informel. Cette prédominance de l’économie informelle rend complexe la structuration de l’économie et l’amé lioration de la productivité. 2.3.4 – compÉtitivitÉ de l’Économie du BÉnin : environnement deS affaireS faiBlement compÉtitif et coûtS prohiBitifS deS facteurS 206 Environnement des affaires : Sur les quatre (4) dernières années, le Bénin a engagé des réformes qui ont porté notamment sur : i) l’opérationnalisation de l’Agence de promotion des investissements et des exportations ii) la règlementation du délai de formalisation des entreprises à huit (08) heures ouvrables au GUFE sauf cas de force majeure ; iii) la publication gratuite des extraits du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) en ligne sur le site web du GUFE ; iv) la suppression de l’obligation de constitution du capital social minimum pour la création des SARL au Bénin. En ce qui concerne le règlement des différends, le pays a fait un pas dans la mise en place des tribunaux du commerce avec l’adoption en juillet 2016 par le parlement de la loi modifiant et complétant la loi N°2001-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin. La loi organisant la concurrence en République du Bénin a été adoptée par le Parlement le 13 oc tobre 2016. Selon le rapport 2016-2017 sur la compétitivité mondiale, le score du Bénin au titre de l’indicateur de l’efficacité du marché du travail se situe à 4,4 sur une échelle de 1 à 7. La loi béninoise garantit le droit de propriété et de transfert de la propriété privée, Selon le rapport 2017 de doing business, le Bénin se classe au 173e rang sur 190 avec une durée de 120 jours pour 4 procédures nécessaires pour le transfert de propriété. 207 Toutefois, les progrès sont insuffisants et le climat des affaires demeure peu at tractif dans un contexte marqué par une compétition mondiale entre pays pour attirer plus d’investissements. Le paysage entrepreneurial du Bénin est très exigu. Les quelques rares entreprises (industrielles) qui existent doivent plutôt faire face à de nombreuses contraintes internes et externes qui entravent le décollage éco nomique du pays. Le marché de l’emploi reste peu flexible avec un Code du tra vail présentant des faiblesses liées notamment à la rigidité des horaires de travail, aux difficultés de recrutement et de licenciement. Le système judiciaire du Bénin fait respecter les contrats, mais le processus légal est lent. Peu de progrès ont été enregistrés en ce qui concerne l’accès au foncier. ANNÉE bénin burkina côte d’ivoire guinée bissau mali niger sénégal togo 2011 31 625 32 572 36 607 30 000 28 460 28 353 36 174 28 000 2015 40 000 48 255 60 000 31 625 35 000 30 047 47 700 35 000 19 Bceao, (2012), rapport sur la compétitivité des pays de l’uemoa, Bceao juin 2012 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 88 89 208 Les contreperformances constatées malgré les réformes réalisées sont dues, entre autres : › à l’insécurité foncière ; › aux dysfonctionnements du système judiciaire et au non-respect des obliga tions contractuelles (les Tribunaux de commerce non opérationnels, la loi sur la concurrence pas encore en vigueur, et la non mise en place d’un véritable cadre de dialogue Public-Privé) ; › aux difficultés d’accès au financement adapté aux entreprises ; › aux dysfonctionnements du système fiscal ; › aux difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité ; › aux lourdeurs administratives et à la corruption. › à l’insuffisance de compétences et d’expertises. 209 Les coûts prohibitifs des facteurs : l’attractivité de l’économie béninoise est limitée en particulier par le coût de la main-d’œuvre, l’énergie et le taux de change. 210 Main-d’œuvre : le rapport sur la compétitivité dans les pays de l’UEMOA réalisé par la BCEAO en 201219 a retracé pour l’ensemble des pays de l’UEMOA, l’évolution du SMIG qui représente le coût salarial minimum légal. Le niveau du SMIG a connu une amélioration au Bénin, passant de 31 625 FCFA en 2011 à 40 000 F CFA en 2015, un niveau jugé insupportable par les petites et moyennes industries, ce qui compromet du coup leur compétitivité. Tableau 13 : Part des investissements dans le PIB de certains pays d’Afrique (en %) Source : Bceao et ddp/mfpaS 211 Énergie : La mauvaise qualité de l’énergie fournie aux consommateurs résulte des difficultés de production, d’approvisionnement et de distribution. La faible capacité de production interne du Bénin (1 % de l’offre disponible) en lien avec les échecs enregistrés dans la mise en œuvre des politiques dans le secteur de l’énergie (Adjarala, centrale de Mariagléta, Dogo bis, Beterou, Vossa, électrifica tion rurale) met le pays dans une dépendance absolue. Ces défaillances dans le secteur de l’électricité conduisent à la fourniture d’énergie électrique à la fois coûteuse et peu fiable. Le secteur a également souffert de l’absence d’une stra tégie claire de développement et de changements fréquents dans les actions mises en œuvre pour redresser le secteur. Les réformes du cadre légal et institu tionnel en cours visent la révision du Code Bénino-Togolais de l’électricité sur ses clauses relatives à la production de l’énergie électrique pour favoriser notamment l’implantation des producteurs privés ; la révision du code national d’électricité, l’élaboration d’un plan tarifaire qui reflète les coûts réels de l’énergie électrique et 205 L’importance de l’économie informelle tient de plusieurs facteurs : i) la crise éco nomique des années 80 qui a conduit à la fermeture des entreprises publiques, ii) la fiscalité comme principale ressource publique, le harcèlement fiscal sur les contribuables, en l’occurrence les entreprises iii) l’inefficacité des politiques pu bliques et iv) la faiblesse du niveau d’éducation et de formation professionnelle d’une partie importante des travailleurs du secteur informel. Cette prédominance de l’économie informelle rend complexe la structuration de l’économie et l’amé lioration de la productivité. 2.3.4 – compÉtitivitÉ de l’Économie du BÉnin : environnement deS affaireS faiBlement compÉtitif et coûtS prohiBitifS deS facteurS 206 Environnement des affaires : Sur les quatre (4) dernières années, le Bénin a engagé des réformes qui ont porté notamment sur : i) l’opérationnalisation de l’Agence de promotion des investissements et des exportations ii) la règlementation du délai de formalisation des entreprises à huit (08) heures ouvrables au GUFE sauf cas de force majeure ; iii) la publication gratuite des extraits du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) en ligne sur le site web du GUFE ; iv) la suppression de l’obligation de constitution du capital social minimum pour la création des SARL au Bénin. En ce qui concerne le règlement des différends, le pays a fait un pas dans la mise en place des tribunaux du commerce avec l’adoption en juillet 2016 par le parlement de la loi modifiant et complétant la loi N°2001-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin. La loi organisant la concurrence en République du Bénin a été adoptée par le Parlement le 13 oc tobre 2016. Selon le rapport 2016-2017 sur la compétitivité mondiale, le score du Bénin au titre de l’indicateur de l’efficacité du marché du travail se situe à 4,4 sur une échelle de 1 à 7. La loi béninoise garantit le droit de propriété et de transfert de la propriété privée, Selon le rapport 2017 de doing business, le Bénin se classe au 173e rang sur 190 avec une durée de 120 jours pour 4 procédures nécessaires pour le transfert de propriété. 207 Toutefois, les progrès sont insuffisants et le climat des affaires demeure peu at tractif dans un contexte marqué par une compétition mondiale entre pays pour attirer plus d’investissements. Le paysage entrepreneurial du Bénin est très exigu. Les quelques rares entreprises (industrielles) qui existent doivent plutôt faire face à de nombreuses contraintes internes et externes qui entravent le décollage éco nomique du pays. Le marché de l’emploi reste peu flexible avec un Code du tra vail présentant des faiblesses liées notamment à la rigidité des horaires de travail, aux difficultés de recrutement et de licenciement. Le système judiciaire du Bénin fait respecter les contrats, mais le processus légal est lent. Peu de progrès ont été enregistrés en ce qui concerne l’accès au foncier. ANNÉE bénin burkina côte d’ivoire guinée bissau mali niger sénégal togo 2011 31 625 32 572 36 607 30 000 28 460 28 353 36 174 28 000 2015 40 000 48 255 60 000 31 625 35 000 30 047 47 700 35 000 19 Bceao, (2012), rapport sur la compétitivité des pays de l’uemoa, Bceao juin 2012 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 90 91 214 Les finances publiques ont été consolidées sur la période 2011-2016 par une maî trise du déficit budgétaire dons compris (2,2 % du PIB en moyenne) en dessous de 3,0 % respectant globalement le critère de convergence de l’UEMOA. Cependant, les années 2015 et 2016 ont enregistré des niveaux de déficits respectifs de 8,0 % et 6,2 % au-dessus de la norme communautaire. Cette stabilité globale du dé ficit budgétaire résulte des différentes mesures d’assainissement des finances publiques engagées par le Gouvernement et qui méritent d’être maintenues et confortées pour contenir l’envolée observée en 2015 et 2016, en particulier, dans le cadre de la mise en œuvre des directives des finances publiques de l’UEMOA. 215 Les recettes propres de l’État ont connu une amélioration notable en passant de 266,2 milliards de FCFA en 2000 à 745,7 milliards de FCFA en 2016, soit un rythme annuel de croissance d’environ 7,0 % et tirée par les réformes en vue d’améliorer le taux de recouvrement et d’élargir l’assiette fiscale. Cette progression cache ce pendant des baisses légères observées notamment de 2014 à 2016. Cependant, le taux de pression fiscale (en moyenne, à 14,1 %) demeure largement en dessous de la norme de 20,0 % fixée au niveau communautaire. 216 Les dépenses publiques ont connu une tendance globale à la hausse, marquée par un taux de croissance de l’ordre de 8,0 % en moyenne annuelle. Cette tendance s’explique en grande partie par la hausse des dépenses courantes, notamment celles de transfert (gratuité de la césarienne, du paludisme, de la scolarisation des filles, etc.) et de personnel (revalorisation de point indiciaire de 26,5 points entre 2006 et 2011 et reversement des agents contractuels). En conséquence, le ratio masse salariale sur les recettes fiscales est ressorti en moyenne à 40,5 % dépas sant ainsi la norme communautaire fixée à 35 %. 217 Les dépenses en capital ont également connu une hausse notable liée aux inves tissements importants dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures de transport. Elles sont passées de 116,5 milliards en 2000 à 299 milliards en 2016 après avoir atteint 376,9 milliards en 2015. 218 La pression fiscale moyenne avoisinant 13,0 % demeure en dessous de la moyenne communautaire qui est de 20,0 % enregistrée au sein de l’UEMOA. 219 Cette évolution met une emphase particulière sur le principal défi d’amélioration des capacités de mobilisation des recettes fiscales, d’élargissement de l’espace fiscal qui demeure une contrainte structurelle à l’amélioration des performances fiscales. déterminent une tranche sociale pour les ménages à faible revenu. Le renforce ment de la gestion du secteur passe aussi par la révision des statuts de la SBEE. 212 Taux de change effectif : le rapport de la BCEAO indique que le change effectif nominal est bas en raison fondamentalement de l’ancrage du CFA à la monnaie européenne (l’Euro). La surévaluation structurelle du franc CFA par son arrimage à l’Euro demeure une cause permanente de l’érosion des performances à l’expor tation des pays africains de la zone franc dont le Bénin. Ainsi, cette surévalua tion renchérit les relations économiques du Bénin avec les partenaires tels que le Nigéria, la Chine, les USA et le Japon, etc. 2.3.5 – cadre macro-Économique et BudgÉtaire : deS progrèS maiS fragilitÉ et vulnÉraBilitÉ perSiStanteS 213 Les performances macroéconomiques du Bénin ont été mitigées au cours des dernières années. On a assisté à une hausse soutenue de la croissance mais avec une certaine ins tabilité dans la maîtrise du déficit public, des comptes courants et de la dette. L’inflation a été maîtrisée dans la limite du seuil de 3,0 % requis par les critères de convergence de l’UEMOA entre 2012 et 2016, en contraste avec son envolée au cours des années 2005, 2008 et 2012 dues aux crises liées à la hausse des cours internationaux du pétrole, aux prix des denrées alimentaires, à la pénurie et à la levée par le Nigéria des subventions accordées aux prix des carburants à la pompe. Tableau 14 : Indicateurs macroéconomiques du Bénin de 2010 à 2016 Source : St/pnd/mpd INDICATEURS MACROÉCONOMIqUES 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 Croissance économique (en %) 2,1 3 4,8 7,2 6,4 2,1 4 Inflation (fin de période, en %) 4 1,8 6,8 -1,8 -0,8 2,3 -2,7 Investissement (% PIB) 23,1 24,1 22,6 27,8 28,6 25,6 24,6 Épargne brute nationale (% PIB) 14,9 16,8 15,1 20,4 20 16,6 15,2 Solde budgétaire global, dons inclus (% PIB) -0,4 -1,3 -0,3 -1,9 -2,3 -7,6 -5,9 Recettes publiques, dons exclus (% PIB) 17,5 16,4 17,4 17,6 16,3 16,7 14,7 Dépenses publiques (% PIB) 19,2 20,1 19,5 20,4 19,4 24,9 21,3 Comptes courants extérieurs (% PIB) -8,2 -7,3 -7,4 -7,4 -8,6 -9 -9,4 Exportation de biens et de services (% PIB) 17,9 16 13,2 15,5 15,8 17,5 16,3 Importations de biens et de services (% PIB) 29,2 26,2 25,2 28,3 31 29,7 29,2 Investissement direct étranger net (% PIB) 2,8 1,3 2,6 3,3 4 1,4 1,4 Dette publique (% PIB) 28,7 29,9 26,7 25,3 30,5 42,4 49,7 Dette extérieure officielle (% PIB) 17 15,8 15,7 17,3 18,4 20,9 21,4 Dette intérieure 21,1 27 PIB (milliards de FCFA) 8 295 8 576 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 90 91 214 Les finances publiques ont été consolidées sur la période 2011-2016 par une maî trise du déficit budgétaire dons compris (2,2 % du PIB en moyenne) en dessous de 3,0 % respectant globalement le critère de convergence de l’UEMOA. Cependant, les années 2015 et 2016 ont enregistré des niveaux de déficits respectifs de 8,0 % et 6,2 % au-dessus de la norme communautaire. Cette stabilité globale du dé ficit budgétaire résulte des différentes mesures d’assainissement des finances publiques engagées par le Gouvernement et qui méritent d’être maintenues et confortées pour contenir l’envolée observée en 2015 et 2016, en particulier, dans le cadre de la mise en œuvre des directives des finances publiques de l’UEMOA. 215 Les recettes propres de l’État ont connu une amélioration notable en passant de 266,2 milliards de FCFA en 2000 à 745,7 milliards de FCFA en 2016, soit un rythme annuel de croissance d’environ 7,0 % et tirée par les réformes en vue d’améliorer le taux de recouvrement et d’élargir l’assiette fiscale. Cette progression cache ce pendant des baisses légères observées notamment de 2014 à 2016. Cependant, le taux de pression fiscale (en moyenne, à 14,1 %) demeure largement en dessous de la norme de 20,0 % fixée au niveau communautaire. 216 Les dépenses publiques ont connu une tendance globale à la hausse, marquée par un taux de croissance de l’ordre de 8,0 % en moyenne annuelle. Cette tendance s’explique en grande partie par la hausse des dépenses courantes, notamment celles de transfert (gratuité de la césarienne, du paludisme, de la scolarisation des filles, etc.) et de personnel (revalorisation de point indiciaire de 26,5 points entre 2006 et 2011 et reversement des agents contractuels). En conséquence, le ratio masse salariale sur les recettes fiscales est ressorti en moyenne à 40,5 % dépas sant ainsi la norme communautaire fixée à 35 %. 217 Les dépenses en capital ont également connu une hausse notable liée aux inves tissements importants dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures de transport. Elles sont passées de 116,5 milliards en 2000 à 299 milliards en 2016 après avoir atteint 376,9 milliards en 2015. 218 La pression fiscale moyenne avoisinant 13,0 % demeure en dessous de la moyenne communautaire qui est de 20,0 % enregistrée au sein de l’UEMOA. 219 Cette évolution met une emphase particulière sur le principal défi d’amélioration des capacités de mobilisation des recettes fiscales, d’élargissement de l’espace fiscal qui demeure une contrainte structurelle à l’amélioration des performances fiscales. déterminent une tranche sociale pour les ménages à faible revenu. Le renforce ment de la gestion du secteur passe aussi par la révision des statuts de la SBEE. 212 Taux de change effectif : le rapport de la BCEAO indique que le change effectif nominal est bas en raison fondamentalement de l’ancrage du CFA à la monnaie européenne (l’Euro). La surévaluation structurelle du franc CFA par son arrimage à l’Euro demeure une cause permanente de l’érosion des performances à l’expor tation des pays africains de la zone franc dont le Bénin. Ainsi, cette surévalua tion renchérit les relations économiques du Bénin avec les partenaires tels que le Nigéria, la Chine, les USA et le Japon, etc. 2.3.5 – cadre macro-Économique et BudgÉtaire : deS progrèS maiS fragilitÉ et vulnÉraBilitÉ perSiStanteS 213 Les performances macroéconomiques du Bénin ont été mitigées au cours des dernières années. On a assisté à une hausse soutenue de la croissance mais avec une certaine ins tabilité dans la maîtrise du déficit public, des comptes courants et de la dette. L’inflation a été maîtrisée dans la limite du seuil de 3,0 % requis par les critères de convergence de l’UEMOA entre 2012 et 2016, en contraste avec son envolée au cours des années 2005, 2008 et 2012 dues aux crises liées à la hausse des cours internationaux du pétrole, aux prix des denrées alimentaires, à la pénurie et à la levée par le Nigéria des subventions accordées aux prix des carburants à la pompe. Tableau 14 : Indicateurs macroéconomiques du Bénin de 2010 à 2016 Source : St/pnd/mpd INDICATEURS MACROÉCONOMIqUES 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 Croissance économique (en %) 2,1 3 4,8 7,2 6,4 2,1 4 Inflation (fin de période, en %) 4 1,8 6,8 -1,8 -0,8 2,3 -2,7 Investissement (% PIB) 23,1 24,1 22,6 27,8 28,6 25,6 24,6 Épargne brute nationale (% PIB) 14,9 16,8 15,1 20,4 20 16,6 15,2 Solde budgétaire global, dons inclus (% PIB) -0,4 -1,3 -0,3 -1,9 -2,3 -7,6 -5,9 Recettes publiques, dons exclus (% PIB) 17,5 16,4 17,4 17,6 16,3 16,7 14,7 Dépenses publiques (% PIB) 19,2 20,1 19,5 20,4 19,4 24,9 21,3 Comptes courants extérieurs (% PIB) -8,2 -7,3 -7,4 -7,4 -8,6 -9 -9,4 Exportation de biens et de services (% PIB) 17,9 16 13,2 15,5 15,8 17,5 16,3 Importations de biens et de services (% PIB) 29,2 26,2 25,2 28,3 31 29,7 29,2 Investissement direct étranger net (% PIB) 2,8 1,3 2,6 3,3 4 1,4 1,4 Dette publique (% PIB) 28,7 29,9 26,7 25,3 30,5 42,4 49,7 Dette extérieure officielle (% PIB) 17 15,8 15,7 17,3 18,4 20,9 21,4 Dette intérieure 21,1 27 PIB (milliards de FCFA) 8 295 8 576 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 92 93 Figure 14 : Déficit budgétaire Source : dgae / mef 224 L’existence depuis 1998, du marché financier régional de l’UEMOA offre aux pays membres, notamment le Bénin, la possibilité de mobiliser des ressources en complément de celles obtenues auprès des partenaires techniques et financiers. L’encours de la dette en 2016 est de 2513,05 milliards de FCFA soit 49,4 % du PIB. Globalement, la dette publique est restée viable sur toute la période (en-dessous de la norme de 70 % fixée par l’UEMOA) 225 Au niveau des comptes extérieurs, le compte courant est également resté dé ficitaire à 6,7 % du PIB en moyenne sur la période atteignant parfois 9,0 %. La balance des paiements est restée déficitaire avec en moyenne 3,4 % du PIB en dépit de l’amélioration des flux d’Investissements Directs Étrangers (IDE) liés aux explorations pétrolifères, à l’aide publique et aux investissements privés. 226 La balance commerciale du Bénin est demeurée structurellement déficitaire sur toute la période avec une moyenne de 6,9 % du PIB. Le taux de couverture des importations par les exportations est inférieur à 80 %. Figure 15 : Évolution de la balance commerciale de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao Figure 12 : Recettes Budgétaires Source : dgae / financeStat / mef 220 L’évolution des dépenses publiques est en hausse entre 2005 et 2015 ; les dépenses totales s’élèvent à 25,3 % du PIB en 2015 contre 17,9 % en 2005. Cette évolution est tirée par l’accroissement des dépenses ordinaires 17,2 % en 2015 contre 12,7 % en 2005. Les dépenses d’investissement public affichent par contre une tendance modérée à la hausse 7,6 % du PIB en 2015 contre 5,3 % en 2005 (figure 13). 221 Les réformes en faveur de la rationalisation des dépenses courantes pour une meilleure efficience dans l’allocation constituent le principal défi à relever pour améliorer la part de l’investissement financée sur ressources propres. Figure 13 : Dépenses budgétaires Source : dgae / financeStat / mef 222 Le déficit budgétaire s’est creusé à 8,6 % du PIB en 2015 contre 3,5 % en 2005 (fi gure 14). Ce déficit est financé par les prêts, les dons projets, les appuis budgétaires et les émissions de titres publics sur le marché financier régional. 223 Ce niveau de déficit budgétaire élevé constitue un risque de vulnérabilité des finances publiques, qui présage des perspectives en matière de réformes pro fondes visant la transformation structurelle de l’économie, pour un espace fiscal élargi, la diversification des sources de la croissance, la modernisation de l’agricul ture et l’accroissement soutenu de sa productivité. 25 20 15 10 5 0 5 10 i Recettes totales Déficit global (base caisse)Dépenses totales 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 40 30 20 10 0 10 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Exportation Importation Balance commerciale 1,95 13,19 1,42 14,09 3,54 15,61 2,16 16,04 2,25 14,93 2,23 15,23 1,92 14,50 2,99 14,37 2,81 14,77 1,66 14,61 2,17 14,54 20 15 10 5 0 i Recettes non fiscalesRecettes fiscales 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 5,29 12,72 4,21 13,74 6,94 13,53 5,47 14,56 9,02 14,63 5,13 14,61 6,14 13,99 5,22 14,24 6,37 13,99 5,20 13,61 7,69 17,24 20 25 15 10 5 0 i Dépenses en capital (investissements)Dépenses ordinaires 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 92 93 Figure 14 : Déficit budgétaire Source : dgae / mef 224 L’existence depuis 1998, du marché financier régional de l’UEMOA offre aux pays membres, notamment le Bénin, la possibilité de mobiliser des ressources en complément de celles obtenues auprès des partenaires techniques et financiers. L’encours de la dette en 2016 est de 2513,05 milliards de FCFA soit 49,4 % du PIB. Globalement, la dette publique est restée viable sur toute la période (en-dessous de la norme de 70 % fixée par l’UEMOA) 225 Au niveau des comptes extérieurs, le compte courant est également resté dé ficitaire à 6,7 % du PIB en moyenne sur la période atteignant parfois 9,0 %. La balance des paiements est restée déficitaire avec en moyenne 3,4 % du PIB en dépit de l’amélioration des flux d’Investissements Directs Étrangers (IDE) liés aux explorations pétrolifères, à l’aide publique et aux investissements privés. 226 La balance commerciale du Bénin est demeurée structurellement déficitaire sur toute la période avec une moyenne de 6,9 % du PIB. Le taux de couverture des importations par les exportations est inférieur à 80 %. Figure 15 : Évolution de la balance commerciale de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao Figure 12 : Recettes Budgétaires Source : dgae / financeStat / mef 220 L’évolution des dépenses publiques est en hausse entre 2005 et 2015 ; les dépenses totales s’élèvent à 25,3 % du PIB en 2015 contre 17,9 % en 2005. Cette évolution est tirée par l’accroissement des dépenses ordinaires 17,2 % en 2015 contre 12,7 % en 2005. Les dépenses d’investissement public affichent par contre une tendance modérée à la hausse 7,6 % du PIB en 2015 contre 5,3 % en 2005 (figure 13). 221 Les réformes en faveur de la rationalisation des dépenses courantes pour une meilleure efficience dans l’allocation constituent le principal défi à relever pour améliorer la part de l’investissement financée sur ressources propres. Figure 13 : Dépenses budgétaires Source : dgae / financeStat / mef 222 Le déficit budgétaire s’est creusé à 8,6 % du PIB en 2015 contre 3,5 % en 2005 (fi gure 14). Ce déficit est financé par les prêts, les dons projets, les appuis budgétaires et les émissions de titres publics sur le marché financier régional. 223 Ce niveau de déficit budgétaire élevé constitue un risque de vulnérabilité des finances publiques, qui présage des perspectives en matière de réformes pro fondes visant la transformation structurelle de l’économie, pour un espace fiscal élargi, la diversification des sources de la croissance, la modernisation de l’agricul ture et l’accroissement soutenu de sa productivité. 25 20 15 10 5 0 5 10 i Recettes totales Déficit global (base caisse)Dépenses totales 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 40 30 20 10 0 10 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 i Exportation Importation Balance commerciale 1,95 13,19 1,42 14,09 3,54 15,61 2,16 16,04 2,25 14,93 2,23 15,23 1,92 14,50 2,99 14,37 2,81 14,77 1,66 14,61 2,17 14,54 20 15 10 5 0 i Recettes non fiscalesRecettes fiscales 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 5,29 12,72 4,21 13,74 6,94 13,53 5,47 14,56 9,02 14,63 5,13 14,61 6,14 13,99 5,22 14,24 6,37 13,99 5,20 13,61 7,69 17,24 20 25 15 10 5 0 i Dépenses en capital (investissements)Dépenses ordinaires 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 94 95 Figure 18 : Déficit de la balance courante Source : dgae / Bceao 230 Les mouvements de capitaux monétaires et non monétaires ont été favorables sur la période, permettant ainsi à la balance des capitaux d’être excédentaire, soit 2,5 % du PIB en 2005 et 1,3 % en 2015. La balance des capitaux non monétaires affiche également un excédent exception faite de l’année 2006 (figure 19). Figure 19 : Solde de la balance des capitaux non monétaires Source : dgae / Bceao 2.3.6 – financement de l’Économie : accèS onÉreux et outilS de financement peu adaptÉS aux BeSoinS deS entrepriSeS 231 L’accès aux services financiers s’est progressivement amélioré mais le niveau de crédit à l’économie reste insuffisant et stagne depuis 2011. En effet, le ratio entre les crédits à l’économie et le PIB est en progression constante. Ce ratio avoisine rait 25 % en 2011 contre 23 % en 2010 et 22 % en 2009. Mais, il demeure encore 227 La balance des services est également déficitaire au cours de la décennie avec des niveaux de déficit avoisinant 1,8 % du PIB en 2005 et 3,3 % en 2015 (figure 16). Figure 16 : Déficit de la balance des services de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao 228 Les transferts ont connu une évolution favorable entre 2005 et 2015, notamment les transferts privés qui alternent des hauts et des bas, 2,5 % du PIB en 2005 et 1,8 % en 2015. Les transferts publics quoique modestes sont tendanciellement à la baisse. La balance des transferts est excédentaire sur la période, 3,4 % du PIB en 2005 et 2,3 % en 2015 (figure 17). Figure 17 : Évolution de la balance des transferts de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao 229 Le solde de la balance courante est déficitaire entre 2005 et 2015 avec des ni veaux qui avoisinent 3,9 % en 2005 et 7,7 % en 2015. Ce déficit découle du déficit commercial et de celui des services que l’évolution favorable des transferts n’a pu compenser (figure 18). 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 15 10 5 0 5 10 15 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 1,82 2,70 3,34 2,27 3,87 1,98 1,19 1,85 2,69 4,19 3,27 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 5 4 3 2 1 0 i Transferts publicsBalance des transferts Transferts privés 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 94 95 Figure 18 : Déficit de la balance courante Source : dgae / Bceao 230 Les mouvements de capitaux monétaires et non monétaires ont été favorables sur la période, permettant ainsi à la balance des capitaux d’être excédentaire, soit 2,5 % du PIB en 2005 et 1,3 % en 2015. La balance des capitaux non monétaires affiche également un excédent exception faite de l’année 2006 (figure 19). Figure 19 : Solde de la balance des capitaux non monétaires Source : dgae / Bceao 2.3.6 – financement de l’Économie : accèS onÉreux et outilS de financement peu adaptÉS aux BeSoinS deS entrepriSeS 231 L’accès aux services financiers s’est progressivement amélioré mais le niveau de crédit à l’économie reste insuffisant et stagne depuis 2011. En effet, le ratio entre les crédits à l’économie et le PIB est en progression constante. Ce ratio avoisine rait 25 % en 2011 contre 23 % en 2010 et 22 % en 2009. Mais, il demeure encore 227 La balance des services est également déficitaire au cours de la décennie avec des niveaux de déficit avoisinant 1,8 % du PIB en 2005 et 3,3 % en 2015 (figure 16). Figure 16 : Déficit de la balance des services de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao 228 Les transferts ont connu une évolution favorable entre 2005 et 2015, notamment les transferts privés qui alternent des hauts et des bas, 2,5 % du PIB en 2005 et 1,8 % en 2015. Les transferts publics quoique modestes sont tendanciellement à la baisse. La balance des transferts est excédentaire sur la période, 3,4 % du PIB en 2005 et 2,3 % en 2015 (figure 17). Figure 17 : Évolution de la balance des transferts de 2005 à 2015 Source : dgae / Bceao 229 Le solde de la balance courante est déficitaire entre 2005 et 2015 avec des ni veaux qui avoisinent 3,9 % en 2005 et 7,7 % en 2015. Ce déficit découle du déficit commercial et de celui des services que l’évolution favorable des transferts n’a pu compenser (figure 18). 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 15 10 5 0 5 10 15 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 1,82 2,70 3,34 2,27 3,87 1,98 1,19 1,85 2,69 4,19 3,27 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 5 4 3 2 1 0 i Transferts publicsBalance des transferts Transferts privés 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 96 97 2.3.7 – leS SecteurS StratÉgiqueS à forte potentialitÉ : agro-induStrie et ServiceS agriculture : faible productivité et peu de filières organisées 234 Malgré les conditions climatiques et édaphiques favorables à la diversification de la production agricole, le Bénin continue d’importer massivement certains pro duits notamment i) le riz de l’Asie, ii) des produits maraîchers de contre saison des pays voisins tels que le Nigéria, le Burkina Faso et le Togo et iii) des produits congelés (volailles et produits halieutiques) et iv) des œufs de table et du lait pour couvrir les besoins alimentaires de la population. 235 Le secteur agricole occupe environ 70 % de la population active et contribue pour près de 23,3 % au PIB, fournit environ 75 % des recettes d’exportation et 15 % des recettes de l’État (INSAE, 2015). De façon générale, il est caractérisé par : i) une faible productivité liée à sa forte dépendance vis-à-vis de la pluviométrie, à l’uti lisation des outils rudimentaires, à l’inexistence de Coopératives d’Utilisation des Matériels Agricoles (CUMA) et au faible taux d’utilisation des technologies climato sensibles (technologies d’irrigation, variétés résistantes, etc.), à l’adoption de se mences améliorées du fait, entre autres, du non-respect des normes et standards de production agricole ; ii) une maîtrise insuffisante de l’eau ; iii) une faible orga nisation des filières ; iv) une faible valorisation des vallées, v) un faible taux d’enca drement technique, vi) un déficit important d’infrastructures hydroagricoles, de stockage et de pistes de desserte rurale, etc et vii) un faible financement des acti vités de production. Par ailleurs, les revenus issus de la production sont faibles et les coûts y afférents sont élevés, ce qui rend très peu compétitifs les produits agricoles. À tout cela s’ajoutent des problèmes relatifs à l’insécurité foncière et à l’indisponibilité des terres cultivables. 236 Le classement effectué dans le cadre de l’évaluation du PSRSA a permis de déga ger trois grands groupes de filières à savoir : i) filières anacarde et cultures maraî chères ; ii) filières ananas, riz, igname, maïs et coton et iii) filières manioc et palmier à huile. 237 Le coton est le principal produit d’exportation mais son rendement ain si que sa production ont évolué en dents de scies. Le rendement du coton qui était de 1 046 kg/ha en 2008 a baissé à 859 kg/ha en 2011 avant de remonter à 970 kg/ha en 2014. C’est au niveau du coton, que la chute des rendements s’est le plus observé, ceci malgré les multiples mesures prises par le gouvernement sur la période de mise en œuvre du PSRSA. Pour sa contribution au commerce extérieur, les exportations de coton avoisinaient 101,6 milliards de francs CFA ; elles ont fléchi à 49,69 milliards en 2006 à la faveur de la crise avant de remonter à 75,0 milliards en 2008, pour fléchir de nouveau à 54,8 milliards en 2011. Il amorce son ascension en 2012 avec 82,79 milliards, atteint 124,73 milliards en 2013, puis 151,63 milliards en 2014 avant de se stabiliser à 150,1 milliards en 2015. inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (40 %). Les taux d’intérêt offerts par les banques béninoises sur les crédits accordés aux entreprises et aux mé nages demeurent les plus élevés de l’UEMOA (11,3 % contre 8,5 % sur la période 2009-2011). La part des crédits à long terme reste également faible, à l’instar de l’ensemble des pays de l’UEMOA, en se situant à moins de 5 % en moyenne. Il est donc important que des efforts soient fournis pour alléger le coût du crédit et favoriser un accès plus facile des entreprises et des ménages aux services finan ciers et aux ressources longues. Figure 20 : Évolution du crédit intérieur net Source : dgae / Bceao 232 Dans le secteur de la microfinance, la supervision et le suivi ont été renforcés à la suite de la défaillance de certaines institutions en 2010, en liaison avec le phénomène de la pyramide de Ponzi qui a conduit à dépouiller les populations de plus de 300 milliards de FCFA entre 2006 et 2011. L’Assemblée nationale a voté, en janvier 2012, la loi habilitant la BCEAO à superviser et à intervenir dans les systèmes financiers décentralisés qui collectent des dépôts ou détiennent un portefeuille de prêts supérieur à 2 milliards FCFA. 233 Par ailleurs, la situation monétaire, sur la période 2013-2015, est marquée par : i) une hausse de 29,2 % des Avoirs Extérieurs Nets (AEN) qui sont passés de 885,0 milliards de FCFA en 2013 à 1143,7 milliards de FCFA en 2015 ; ii) une augmenta tion de 4,1 % du crédit à l’économie compte tenu des efforts de financement des ménages et des entreprises par le système bancaire et iii) une situation débitrice de la Position Nette du Gouvernement (PNG) de -80,9 milliards de FCFA en 2015 et de -140,4 milliards en 2013, reflétant la progression des engagements de l’État vis-à-vis du système bancaire et l’effet d’éviction du secteur privé. 25 20 15 10 5 0 5 10 15 i Crédits intérieurs Position nette du GouvernementCrédits à l’économie 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 96 97 2.3.7 – leS SecteurS StratÉgiqueS à forte potentialitÉ : agro-induStrie et ServiceS agriculture : faible productivité et peu de filières organisées 234 Malgré les conditions climatiques et édaphiques favorables à la diversification de la production agricole, le Bénin continue d’importer massivement certains pro duits notamment i) le riz de l’Asie, ii) des produits maraîchers de contre saison des pays voisins tels que le Nigéria, le Burkina Faso et le Togo et iii) des produits congelés (volailles et produits halieutiques) et iv) des œufs de table et du lait pour couvrir les besoins alimentaires de la population. 235 Le secteur agricole occupe environ 70 % de la population active et contribue pour près de 23,3 % au PIB, fournit environ 75 % des recettes d’exportation et 15 % des recettes de l’État (INSAE, 2015). De façon générale, il est caractérisé par : i) une faible productivité liée à sa forte dépendance vis-à-vis de la pluviométrie, à l’uti lisation des outils rudimentaires, à l’inexistence de Coopératives d’Utilisation des Matériels Agricoles (CUMA) et au faible taux d’utilisation des technologies climato sensibles (technologies d’irrigation, variétés résistantes, etc.), à l’adoption de se mences améliorées du fait, entre autres, du non-respect des normes et standards de production agricole ; ii) une maîtrise insuffisante de l’eau ; iii) une faible orga nisation des filières ; iv) une faible valorisation des vallées, v) un faible taux d’enca drement technique, vi) un déficit important d’infrastructures hydroagricoles, de stockage et de pistes de desserte rurale, etc et vii) un faible financement des acti vités de production. Par ailleurs, les revenus issus de la production sont faibles et les coûts y afférents sont élevés, ce qui rend très peu compétitifs les produits agricoles. À tout cela s’ajoutent des problèmes relatifs à l’insécurité foncière et à l’indisponibilité des terres cultivables. 236 Le classement effectué dans le cadre de l’évaluation du PSRSA a permis de déga ger trois grands groupes de filières à savoir : i) filières anacarde et cultures maraî chères ; ii) filières ananas, riz, igname, maïs et coton et iii) filières manioc et palmier à huile. 237 Le coton est le principal produit d’exportation mais son rendement ain si que sa production ont évolué en dents de scies. Le rendement du coton qui était de 1 046 kg/ha en 2008 a baissé à 859 kg/ha en 2011 avant de remonter à 970 kg/ha en 2014. C’est au niveau du coton, que la chute des rendements s’est le plus observé, ceci malgré les multiples mesures prises par le gouvernement sur la période de mise en œuvre du PSRSA. Pour sa contribution au commerce extérieur, les exportations de coton avoisinaient 101,6 milliards de francs CFA ; elles ont fléchi à 49,69 milliards en 2006 à la faveur de la crise avant de remonter à 75,0 milliards en 2008, pour fléchir de nouveau à 54,8 milliards en 2011. Il amorce son ascension en 2012 avec 82,79 milliards, atteint 124,73 milliards en 2013, puis 151,63 milliards en 2014 avant de se stabiliser à 150,1 milliards en 2015. inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (40 %). Les taux d’intérêt offerts par les banques béninoises sur les crédits accordés aux entreprises et aux mé nages demeurent les plus élevés de l’UEMOA (11,3 % contre 8,5 % sur la période 2009-2011). La part des crédits à long terme reste également faible, à l’instar de l’ensemble des pays de l’UEMOA, en se situant à moins de 5 % en moyenne. Il est donc important que des efforts soient fournis pour alléger le coût du crédit et favoriser un accès plus facile des entreprises et des ménages aux services finan ciers et aux ressources longues. Figure 20 : Évolution du crédit intérieur net Source : dgae / Bceao 232 Dans le secteur de la microfinance, la supervision et le suivi ont été renforcés à la suite de la défaillance de certaines institutions en 2010, en liaison avec le phénomène de la pyramide de Ponzi qui a conduit à dépouiller les populations de plus de 300 milliards de FCFA entre 2006 et 2011. L’Assemblée nationale a voté, en janvier 2012, la loi habilitant la BCEAO à superviser et à intervenir dans les systèmes financiers décentralisés qui collectent des dépôts ou détiennent un portefeuille de prêts supérieur à 2 milliards FCFA. 233 Par ailleurs, la situation monétaire, sur la période 2013-2015, est marquée par : i) une hausse de 29,2 % des Avoirs Extérieurs Nets (AEN) qui sont passés de 885,0 milliards de FCFA en 2013 à 1143,7 milliards de FCFA en 2015 ; ii) une augmenta tion de 4,1 % du crédit à l’économie compte tenu des efforts de financement des ménages et des entreprises par le système bancaire et iii) une situation débitrice de la Position Nette du Gouvernement (PNG) de -80,9 milliards de FCFA en 2015 et de -140,4 milliards en 2013, reflétant la progression des engagements de l’État vis-à-vis du système bancaire et l’effet d’éviction du secteur privé. 25 20 15 10 5 0 5 10 15 i Crédits intérieurs Position nette du GouvernementCrédits à l’économie 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 98 99 243 En dépit des efforts consentis par l’État dans le secteur20, les entreprises du sec teur de l’artisanat continuent de faire face à des contraintes de productivité et de débouchés qui amenuisent ses performances. Il reste encore sujet à plusieurs obstacles ou embuches dont les principaux sont : i) la technologie artisanale peu modernisée, ii) l’insuffisance de capital et les difficultés d’accès aux crédits pour l’équipement et le petit outillage, iii) les difficultés d’approvisionnement en ma tières premières, iv) le faible niveau d’instruction et de formation des artisans, v) le faible niveau de compétitivité des produits artisanaux locaux et vi) la mauvaise gou vernance des organisations professionnelles entraînant des difficultés de gestion mutualisée d’équipements collectifs pouvant permettre d’améliorer la production. À ces principaux obstacles, s’ajoutent les risques climatiques liés à l’agriculture qui est le principal pourvoyeur de matières premières. industrie : secteur peu développé surtout l’agro-industrie 244 L’économie béninoise dispose d’un important gisement de ressources agricoles et de potentiel de développement des industries agro-alimentaires devant servir de base à l’industrialisation du pays. Les potentialités agro-industrielles sont entre autres, le coton, le palmier à huile, l’ananas, l’anacarde, le karité, le soja, les mangues et agrumes, les cultures maraîchères (tomate, oignon, piment). Des possibilités en matière de bioénergie reposent sur la canne à sucre, la pomme d’anacarde, le ricin, le pourghère. Enfin, certaines plantes médicinales sont potentiellement exploi tables : Aloès, Quinqueliba, etc. Le Bénin dispose aussi de potentialités minières : fer, or, phosphates, tourbe, calcaire, marbre, argile, kaolin, gravier, sable de verrerie, sable de construction, granite. 245 Le secteur de l’industrie est dominé par les établissements de transformation du bois et de l’ameublement (54 %), d’industrie alimentaire (16 %), d’égrenage de coton (2 %), d’imprimerie, d’industrie chimique, extractive, d’industrie lourde et ouvrage en métaux, d’industrie textile, d’industrie de fabrication de verre et maté riaux de construction (1 %). 246 L’industrie manufacturière contribue à moins de 10 % à la formation du PIB et est constituée principalement du travail des grains, de fumage, séchage, huile ries, brasseries, textile, égrenage de coton, d’industries chimiques, mécaniques, de matériaux de construction. 247 Cependant, le secteur industriel contribue faiblement à la formation du PIB. Les goulots d’étranglement les plus importantes en référence aux résultats de l’enquête effectuée auprès des chefs d’entreprises sont : l’insuffisance de fonds (capital, fonds de roulement, accès au crédit), le coût élevé des facteurs de production technolo gique, (coût et qualité des facteurs, notamment la main d’œuvre qui nécessite une formation, etc.), l’accès difficile aux marchés et les difficultés d’approvisionnement en matière première, la faible qualification des ressources humaines, l’accès difficile au financement de l’investissement industriel, les tracasseries administratives et l’insuf fisance des infrastructures de soutien et de l’environnement (eau, électricité, TIC, …). 238 La noix d’anacarde est la deuxième culture d’exportation au Bénin. Cette culture procure à l’État et aux populations d’importants revenus. Partant d’un niveau de 12,37 milliards en 2000, les exportations de noix d’anacarde se sont accrues à hau teur de 71,64 milliards en 2014 avant de chuter à 42,12 milliards en 2015 (figure en annexe). Cette filière bénéficie d’importants gains de compétitivité structurelle qu’il convient de promouvoir à travers des efforts soutenus d’investissement. 239 Au niveau des filières animales, les cibles de 2015 n’ont été également atteintes pour aucune des filières. Cependant, il faut noter que beaucoup d’efforts ont été faits pendant les cinq années de mise en œuvre du PSRSA pour l’augmentation de la production d’œufs de table qui est passée de 9 072 tonnes en 2008 à 14 746 tonnes en 2015, soit un taux d’accroissement de près de 63 %. Pour les filières lait et viande, le niveau d’accroissement des productions est resté dans l’ordre de 20 % entre 2008 et 2015. 240 La production nationale annuelle de poissons (pêche et aquaculture confondues) est estimée en 2015 à 39 500 tonnes alors que la consommation en produits halieutiques a dépassé les 113 000 tonnes en 2014, soit un déficit de plus 73 000 tonnes comblé par l’importation de poissons congelés. Les performances du sous-secteur de la pêche et de l’aquaculture restent limitées par une conjugaison de facteurs, notamment : i) l’exploitation peu rationnelle des pêcheries et autres zones humides associées ; ii) les fluctuations climatiques ; iii) le comblement des plans et cours d’eau ; iv) la pression liée à l’augmentation du nombre de pêcheurs, v) les difficultés d’accès au matériel et aux équipements spécifiques à la pêche et à l’aquaculture ; vi) le coût de plus en plus prohibitif des équipements et ali ments aquacoles et vii) la faible adoption des innovations technologiques par les pêcheurs et pisciculteurs. En dépit de l’amélioration du niveau de production des différentes spéculations, la balance commerciale agricole reste déficitaire. 241 Au regard des projections climatiques, l’agriculture pourrait être exposée à de sérieux risques qui aggraveraient la vulnérabilité des populations en réduisant la productivité agricole, et en menaçant la sécurité alimentaire. artisanat : modernisation et diversification des métiers en liaison avec l’agro-industrie et les services 242 L’artisanat comprend 8 branches d’activités, 40 corps de métiers et 311 métiers. Grâce à sa capacité de valorisation des matières premières (céréales et tubercules pour la fabrication de la farine, produits de pêche et d’élevage), il est par excel lence un secteur de transformation des produits agroalimentaires, de production utilitaire (sable, terre de barre, pierres, coton), d’art et de décoration (bambou, rotin, roseau, lianes, tiges, etc.). Il contribue pour environ 12 % au PIB et emploie 12,7 % de la population active béninoise, occupant la 3e place en termes de créa tion d’emplois derrière l’agriculture et le commerce. 20 Bureau d’appui aux artisans (Baa), coopération Suisse, helvetas, Swisscontact et ong locales P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 98 99 243 En dépit des efforts consentis par l’État dans le secteur20, les entreprises du sec teur de l’artisanat continuent de faire face à des contraintes de productivité et de débouchés qui amenuisent ses performances. Il reste encore sujet à plusieurs obstacles ou embuches dont les principaux sont : i) la technologie artisanale peu modernisée, ii) l’insuffisance de capital et les difficultés d’accès aux crédits pour l’équipement et le petit outillage, iii) les difficultés d’approvisionnement en ma tières premières, iv) le faible niveau d’instruction et de formation des artisans, v) le faible niveau de compétitivité des produits artisanaux locaux et vi) la mauvaise gou vernance des organisations professionnelles entraînant des difficultés de gestion mutualisée d’équipements collectifs pouvant permettre d’améliorer la production. À ces principaux obstacles, s’ajoutent les risques climatiques liés à l’agriculture qui est le principal pourvoyeur de matières premières. industrie : secteur peu développé surtout l’agro-industrie 244 L’économie béninoise dispose d’un important gisement de ressources agricoles et de potentiel de développement des industries agro-alimentaires devant servir de base à l’industrialisation du pays. Les potentialités agro-industrielles sont entre autres, le coton, le palmier à huile, l’ananas, l’anacarde, le karité, le soja, les mangues et agrumes, les cultures maraîchères (tomate, oignon, piment). Des possibilités en matière de bioénergie reposent sur la canne à sucre, la pomme d’anacarde, le ricin, le pourghère. Enfin, certaines plantes médicinales sont potentiellement exploi tables : Aloès, Quinqueliba, etc. Le Bénin dispose aussi de potentialités minières : fer, or, phosphates, tourbe, calcaire, marbre, argile, kaolin, gravier, sable de verrerie, sable de construction, granite. 245 Le secteur de l’industrie est dominé par les établissements de transformation du bois et de l’ameublement (54 %), d’industrie alimentaire (16 %), d’égrenage de coton (2 %), d’imprimerie, d’industrie chimique, extractive, d’industrie lourde et ouvrage en métaux, d’industrie textile, d’industrie de fabrication de verre et maté riaux de construction (1 %). 246 L’industrie manufacturière contribue à moins de 10 % à la formation du PIB et est constituée principalement du travail des grains, de fumage, séchage, huile ries, brasseries, textile, égrenage de coton, d’industries chimiques, mécaniques, de matériaux de construction. 247 Cependant, le secteur industriel contribue faiblement à la formation du PIB. Les goulots d’étranglement les plus importantes en référence aux résultats de l’enquête effectuée auprès des chefs d’entreprises sont : l’insuffisance de fonds (capital, fonds de roulement, accès au crédit), le coût élevé des facteurs de production technolo gique, (coût et qualité des facteurs, notamment la main d’œuvre qui nécessite une formation, etc.), l’accès difficile aux marchés et les difficultés d’approvisionnement en matière première, la faible qualification des ressources humaines, l’accès difficile au financement de l’investissement industriel, les tracasseries administratives et l’insuf fisance des infrastructures de soutien et de l’environnement (eau, électricité, TIC, …). 238 La noix d’anacarde est la deuxième culture d’exportation au Bénin. Cette culture procure à l’État et aux populations d’importants revenus. Partant d’un niveau de 12,37 milliards en 2000, les exportations de noix d’anacarde se sont accrues à hau teur de 71,64 milliards en 2014 avant de chuter à 42,12 milliards en 2015 (figure en annexe). Cette filière bénéficie d’importants gains de compétitivité structurelle qu’il convient de promouvoir à travers des efforts soutenus d’investissement. 239 Au niveau des filières animales, les cibles de 2015 n’ont été également atteintes pour aucune des filières. Cependant, il faut noter que beaucoup d’efforts ont été faits pendant les cinq années de mise en œuvre du PSRSA pour l’augmentation de la production d’œufs de table qui est passée de 9 072 tonnes en 2008 à 14 746 tonnes en 2015, soit un taux d’accroissement de près de 63 %. Pour les filières lait et viande, le niveau d’accroissement des productions est resté dans l’ordre de 20 % entre 2008 et 2015. 240 La production nationale annuelle de poissons (pêche et aquaculture confondues) est estimée en 2015 à 39 500 tonnes alors que la consommation en produits halieutiques a dépassé les 113 000 tonnes en 2014, soit un déficit de plus 73 000 tonnes comblé par l’importation de poissons congelés. Les performances du sous-secteur de la pêche et de l’aquaculture restent limitées par une conjugaison de facteurs, notamment : i) l’exploitation peu rationnelle des pêcheries et autres zones humides associées ; ii) les fluctuations climatiques ; iii) le comblement des plans et cours d’eau ; iv) la pression liée à l’augmentation du nombre de pêcheurs, v) les difficultés d’accès au matériel et aux équipements spécifiques à la pêche et à l’aquaculture ; vi) le coût de plus en plus prohibitif des équipements et ali ments aquacoles et vii) la faible adoption des innovations technologiques par les pêcheurs et pisciculteurs. En dépit de l’amélioration du niveau de production des différentes spéculations, la balance commerciale agricole reste déficitaire. 241 Au regard des projections climatiques, l’agriculture pourrait être exposée à de sérieux risques qui aggraveraient la vulnérabilité des populations en réduisant la productivité agricole, et en menaçant la sécurité alimentaire. artisanat : modernisation et diversification des métiers en liaison avec l’agro-industrie et les services 242 L’artisanat comprend 8 branches d’activités, 40 corps de métiers et 311 métiers. Grâce à sa capacité de valorisation des matières premières (céréales et tubercules pour la fabrication de la farine, produits de pêche et d’élevage), il est par excel lence un secteur de transformation des produits agroalimentaires, de production utilitaire (sable, terre de barre, pierres, coton), d’art et de décoration (bambou, rotin, roseau, lianes, tiges, etc.). Il contribue pour environ 12 % au PIB et emploie 12,7 % de la population active béninoise, occupant la 3e place en termes de créa tion d’emplois derrière l’agriculture et le commerce. 20 Bureau d’appui aux artisans (Baa), coopération Suisse, helvetas, Swisscontact et ong locales P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 100 101 252 Le marché de la téléphonie mobile est caractérisé par : i) un taux de pénétration de l’internet mobile de 20 % (5 % sur le HD mobile) ; ii) quatre opérateurs mobiles, avec un marché dominé par le duopole MTN/Moov qui capte 91 % du marché ; iii) des investissements atteignant 38 milliards FCFA en moyenne par an et iv) une large ressource en fréquences pour les opérateurs MTN, Moov et Libercom. 253 En ce qui concerne le marché de la téléphonie fixe, il est caractérisé par : i) une taille marginale (< 4 % du marché TIC) et un nombre important d’opérateurs inac tifs et ii) une bonne situation en capacité (2 câbles sous-marins ACE et SAT3) mais des infrastructures fibres insuffisantes pour un maillage intégral du territoire. L’opérateur historique, Bénin Télécom SA, a été restructuré sur 3 activités : BTI sur les infrastructures, BTS sur les services fixes, Libercom sur les services mobiles et dont la viabilité est en question. 254 Au regard de l’insuffisance en quantité et en qualité des infrastructures d’internet et de téléphonie, il est aisé de constater la faible utilisation des TIC dans l’admi nistration, l’éducation, la santé, le commerce et dans divers secteurs socio-écono miques ainsi que la quasi-inexistence des industries TIC. Cette situation fait que le Bénin ne profite pas des opportunités de création de valeurs ajoutées liées aux TIC. tourisme : potentialités insuffisamment valorisées 255 Selon les statistiques fournies par le Conseil Mondial des Voyages et du Tourisme (World Travel and Tourism Council [WTTC, 2011]), au plan national, la contribution directe21 du tourisme au PIB s’est élevée à 91,9 milliards de francs CFA, soit 2,6 % du PIB22 contre 5,2 % au plan mondial. Malgré, les différentes formes de terrorisme qui ont conduit à déclarer la zone ouest africaine comme une zone rouge pour le tourisme ces quatre dernières années, la performance en termes monétaires de ce secteur a été améliorée. Bien qu’en 2016 sa contribution directe au PIB se soit accrue en valeur absolue (126,6 milliards de francs CFA), sa part dans le PIB a chuté à 2,4 % contre 3,1 % au plan mondial. Toutefois, il reste le secteur d’activités qui contribue le plus à l’intégration de l’économie nationale, puisque 71 % de ses consommations intermédiaires sont d’origine locale (Bénin 2025 Alafia) et favorise ainsi le développement des secteurs tels que l’agriculture, le commerce, le trans port, la culture, l’artisanat, la banque, etc. 256 Le tourisme est l’une des principales sources de recettes liées à l’exportation des ser vices en dehors du coton. En termes d’emploi, le secteur du tourisme est l’un des sec teurs importants de création d’emplois. En 2011, le tourisme a généré directement 42 500 emplois, soit 2,2 % des effectifs employés et globalement 111 000 emplois (y compris les emplois indirects et induits), soit 5,8 % des effectifs employés selon les statistiques fournies par le Conseil Mondial des Voyages et du Tourisme (World Travel and Tourism Council [WTTC]). Ainsi, le tourisme est le 3e secteur utilisateur de main 248 Les facteurs favorables qui prédisposent le Bénin au développement de l’industrie sont : › la croissance démographique et la forte demande de produits alimentaires transformés en milieu urbain que rural et les besoins de sécurité alimentaire ; › l’existence de ressources et de main d’œuvre agricoles bon marché ; › l’existence d’un potentiel important d’agro-industries en amont et en aval à valoriser ; › l’exigence d’une meilleure intégration et de possibilité de valorisation de l’arti sanat ; › les challenges qui découlent de la montée en puissance des multinationales de l’agro-alimentaire face aux petits producteurs nationaux ; › l’exigence de transition de l’économie vers des systèmes alimentaires durables et inclusifs. 249 En somme, le Bénin dispose de potentialités lui permettant de faire de l’agro-in dustrie la première échelle de l’industrialisation, le moteur de la transformation structurelle de l’économie au Bénin, ce qui répond clairement aux objectifs de la vision Africa 2063, et est en adéquation avec la perspective du développement inclusif durable de la communauté internationale et de l’accord de Paris sur le climat. 250 Bien que le Bénin ne soit pas encore un pays industrialisé, il dispose de quelques usines comme les cimenteries, les brasseries, les usines cotonnières et textiles, de peintures, les huileries. En dehors des industries cotonnières et textiles, la majo rité des industries se situe dans la zone côtière. Le secteur industriel est très mo deste avec ses performances érodées par l’insuffisance d’infrastructures, le défi cit énergétique, l’insuffisance et la vétusté de capacités installées, l’absence de compétences pour les filières émergentes, le retard technologique, l’innovation peu suffisante pour déclencher des effets de seuil de diffusion nécessaires pour enclencher le processus d’industrialisation. Elle laisse, toutefois, entrevoir les pos sibilités de sa diversification et de sa modernisation. Il existe un cluster de filières prometteuses que sont : i) la filière coton-textile, ii) la filière agro-alimentaire, iii) les BTP et les matériaux de construction, iv) les industries de transport et des services logistiques, v) l’énergie, vi) les industries émergentes du numérique et vii) les in dustries culturelles. La transition vers l’industrie, notamment manufacturière, est une des solutions pour la création d’emplois décents en quantité. technologies d’information et de communication (tic) : insuffisamment développées et peu disponibles 251 La maturité du secteur des TIC est relativement faible mais en progression à l’image du classement NRI 2016 positionnant le Bénin à la 128e position au ni veau mondial (sur 139 pays, +7 vs 2014). Le marché béninois des TIC est à plus de 95 % constitué par le segment mobile, lui-même largement dominé par les opérateurs MTN et Moov. La téléphonie et l’internet fixes sont fournis par Bénin Télécom Service et restent donc à être développés. 21 la contribution directe mesure les effets primaires du tourisme, notamment l’activité économique générée par les hôtels, les agences de voyage, les compagnies aériennes et les autres services de transport des touristes. Sont également inclus, les services des restaurants et de loisirs directement consommés par les touristes. 22 la contribution du tourisme au piB habituellement retenu au Bénin est de 0,7%. cependant étant donné qu’il est habituellement admis que le tourisme est la deuxième source de ressources budgétaires après le coton, il est plausible que ce niveau de 0,7% soit fortement minoré, faute de disponibilité de données statistiques professionnelles et nationales fiables. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 100 101 252 Le marché de la téléphonie mobile est caractérisé par : i) un taux de pénétration de l’internet mobile de 20 % (5 % sur le HD mobile) ; ii) quatre opérateurs mobiles, avec un marché dominé par le duopole MTN/Moov qui capte 91 % du marché ; iii) des investissements atteignant 38 milliards FCFA en moyenne par an et iv) une large ressource en fréquences pour les opérateurs MTN, Moov et Libercom. 253 En ce qui concerne le marché de la téléphonie fixe, il est caractérisé par : i) une taille marginale (< 4 % du marché TIC) et un nombre important d’opérateurs inac tifs et ii) une bonne situation en capacité (2 câbles sous-marins ACE et SAT3) mais des infrastructures fibres insuffisantes pour un maillage intégral du territoire. L’opérateur historique, Bénin Télécom SA, a été restructuré sur 3 activités : BTI sur les infrastructures, BTS sur les services fixes, Libercom sur les services mobiles et dont la viabilité est en question. 254 Au regard de l’insuffisance en quantité et en qualité des infrastructures d’internet et de téléphonie, il est aisé de constater la faible utilisation des TIC dans l’admi nistration, l’éducation, la santé, le commerce et dans divers secteurs socio-écono miques ainsi que la quasi-inexistence des industries TIC. Cette situation fait que le Bénin ne profite pas des opportunités de création de valeurs ajoutées liées aux TIC. tourisme : potentialités insuffisamment valorisées 255 Selon les statistiques fournies par le Conseil Mondial des Voyages et du Tourisme (World Travel and Tourism Council [WTTC, 2011]), au plan national, la contribution directe21 du tourisme au PIB s’est élevée à 91,9 milliards de francs CFA, soit 2,6 % du PIB22 contre 5,2 % au plan mondial. Malgré, les différentes formes de terrorisme qui ont conduit à déclarer la zone ouest africaine comme une zone rouge pour le tourisme ces quatre dernières années, la performance en termes monétaires de ce secteur a été améliorée. Bien qu’en 2016 sa contribution directe au PIB se soit accrue en valeur absolue (126,6 milliards de francs CFA), sa part dans le PIB a chuté à 2,4 % contre 3,1 % au plan mondial. Toutefois, il reste le secteur d’activités qui contribue le plus à l’intégration de l’économie nationale, puisque 71 % de ses consommations intermédiaires sont d’origine locale (Bénin 2025 Alafia) et favorise ainsi le développement des secteurs tels que l’agriculture, le commerce, le trans port, la culture, l’artisanat, la banque, etc. 256 Le tourisme est l’une des principales sources de recettes liées à l’exportation des ser vices en dehors du coton. En termes d’emploi, le secteur du tourisme est l’un des sec teurs importants de création d’emplois. En 2011, le tourisme a généré directement 42 500 emplois, soit 2,2 % des effectifs employés et globalement 111 000 emplois (y compris les emplois indirects et induits), soit 5,8 % des effectifs employés selon les statistiques fournies par le Conseil Mondial des Voyages et du Tourisme (World Travel and Tourism Council [WTTC]). Ainsi, le tourisme est le 3e secteur utilisateur de main 248 Les facteurs favorables qui prédisposent le Bénin au développement de l’industrie sont : › la croissance démographique et la forte demande de produits alimentaires transformés en milieu urbain que rural et les besoins de sécurité alimentaire ; › l’existence de ressources et de main d’œuvre agricoles bon marché ; › l’existence d’un potentiel important d’agro-industries en amont et en aval à valoriser ; › l’exigence d’une meilleure intégration et de possibilité de valorisation de l’arti sanat ; › les challenges qui découlent de la montée en puissance des multinationales de l’agro-alimentaire face aux petits producteurs nationaux ; › l’exigence de transition de l’économie vers des systèmes alimentaires durables et inclusifs. 249 En somme, le Bénin dispose de potentialités lui permettant de faire de l’agro-in dustrie la première échelle de l’industrialisation, le moteur de la transformation structurelle de l’économie au Bénin, ce qui répond clairement aux objectifs de la vision Africa 2063, et est en adéquation avec la perspective du développement inclusif durable de la communauté internationale et de l’accord de Paris sur le climat. 250 Bien que le Bénin ne soit pas encore un pays industrialisé, il dispose de quelques usines comme les cimenteries, les brasseries, les usines cotonnières et textiles, de peintures, les huileries. En dehors des industries cotonnières et textiles, la majo rité des industries se situe dans la zone côtière. Le secteur industriel est très mo deste avec ses performances érodées par l’insuffisance d’infrastructures, le défi cit énergétique, l’insuffisance et la vétusté de capacités installées, l’absence de compétences pour les filières émergentes, le retard technologique, l’innovation peu suffisante pour déclencher des effets de seuil de diffusion nécessaires pour enclencher le processus d’industrialisation. Elle laisse, toutefois, entrevoir les pos sibilités de sa diversification et de sa modernisation. Il existe un cluster de filières prometteuses que sont : i) la filière coton-textile, ii) la filière agro-alimentaire, iii) les BTP et les matériaux de construction, iv) les industries de transport et des services logistiques, v) l’énergie, vi) les industries émergentes du numérique et vii) les in dustries culturelles. La transition vers l’industrie, notamment manufacturière, est une des solutions pour la création d’emplois décents en quantité. technologies d’information et de communication (tic) : insuffisamment développées et peu disponibles 251 La maturité du secteur des TIC est relativement faible mais en progression à l’image du classement NRI 2016 positionnant le Bénin à la 128e position au ni veau mondial (sur 139 pays, +7 vs 2014). Le marché béninois des TIC est à plus de 95 % constitué par le segment mobile, lui-même largement dominé par les opérateurs MTN et Moov. La téléphonie et l’internet fixes sont fournis par Bénin Télécom Service et restent donc à être développés. 21 la contribution directe mesure les effets primaires du tourisme, notamment l’activité économique générée par les hôtels, les agences de voyage, les compagnies aériennes et les autres services de transport des touristes. Sont également inclus, les services des restaurants et de loisirs directement consommés par les touristes. 22 la contribution du tourisme au piB habituellement retenu au Bénin est de 0,7%. cependant étant donné qu’il est habituellement admis que le tourisme est la deuxième source de ressources budgétaires après le coton, il est plausible que ce niveau de 0,7% soit fortement minoré, faute de disponibilité de données statistiques professionnelles et nationales fiables. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 102 103 261 Les défis majeurs à relever sont : i) l’aménagement des sites touristiques, ii) l’amé lioration du cadre institutionnel, législatif et réglementaire, iii) l’amélioration de la qualité du produit touristique et iv) le financement du secteur. activités commerciales : prédominance du transit 262 Le commerce constitue une branche très importante du secteur tertiaire. Il contri bue en moyenne pour 18 % à la formation du PIB24. Il est peu intégré au com merce international avec un taux d’ouverture compris entre 30 % et 55 %. 263 Les réformes mises en œuvre dans le secteur du commerce sont : › la mise en place d’un Bordereau de Frais Unique et d’un Bordereau de Suivi Électronique des Cargaisons des Marchandises ; › la création du Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur, une plateforme électronique de délivrance de tous les documents de pré dédoua nement des marchandises (certificats, Licence, permis et autorisation) ; › la mise en place d’un Centre de Contrôle Informatisé de la gestion des camions gros porteurs par la STTB ; › la limitation des postes de contrôle sur le corridor pour réduire le temps de contrôle des véhicules ; › la dématérialisation des procédures de pré-dédouanement (délivrance de li cences, d’agréments, d’autorisations ou encore de certificats) ; › la promulgation par le Gouvernement du Bénin de la loi 2017-21 portant pro tocole d’amendement relatif à l’insertion de l’Accord sur la Facilitation des Échanges (AFE) dans l’annexe 1 de l’accord instituant l’OMC. 264 Malgré ces réformes, le commerce béninois se trouve toujours confronté à des contre-performances telles que : › la contrebande et la fraude douanière surtout pour les marchandises en transit ; › la faiblesse des infrastructures de base liée au commerce, notamment le sys tème de contrôle de la qualité, la capacité de stockage et les infrastructures judiciaires ; › l’insuffisance du suivi et de régulation de la concurrence ; › l’insuffisance des magistrats et auxiliaires de justice dans le domaine du commerce ; › le non-respect par les entreprises des exigences en matière de normes et de qualité. infrastructures : retard dans la mise à niveau et le développement des infrastructures structurantes 265 Les infrastructures jouent un rôle stratégique dans le processus de développement économique. Elles contribuent à relier les opérateurs économiques aux marchés, à réduire les coûts des facteurs, à renforcer et à consolider la compétitivité et la crois sance de l’économie ainsi qu’à améliorer le cadre de vie des populations. d’œuvre après l’agriculture et le commerce. Bien que le Bénin dispose de certains avantages comparatifs au plan des ressources naturelles par rapport à d’autres pays de l’Afrique de l’ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Burkina Faso), le taux de fréquentation des touristes parait faible. Pour ces pays, les arrivées touristiques ont augmenté entre 1998 et 2005 à un taux moyen de 10 % par an contre 2 % pour le Bénin. Le Bénin attire essentiellement des visiteurs en majorité des Européens. Ce chiffre ne représente que les touristes déclarés par les établissements hôteliers et manque parfois de fiabilité. 257 Bien que le Bénin dispose de nombreuses potentialités touristiques, les popula tions béninoises ont très peu conscience des opportunités qu’elles offrent. Elles participent en effet très peu aux activités du tourisme de loisir et de vision tandis que le tourisme culturel, religieux etc. mobilise et draine du monde. 258 De 2006 à 2011, pour une mobilisation financière de 7.287 millions FCFA de Programmes des Investissements Publics, 29,73 % seulement ont été engagés. Cette faiblesse du taux de réalisation a perturbé la mise en place effective des infrastructures de soutien et l’aménagement des sites touristiques au Bénin. De nombreux organismes et partenaires techniques et privés sont disposés à partici per aux financements de projets privés. La contribution du secteur privé au finan cement du développement du tourisme a été pendant longtemps consacrée aux rénovations des hôtels. Au cours de ces dernières années, un effort sensible est observé dans la construction des infrastructures hôtelières et touristiques, dont le nombre est passé de 10 en 1987 à 891 en 2012. Cette contribution finan cière provient aussi bien du financement par les Banques et les Institutions de Microfinance que de l’autofinancement. 259 En matière de potentiel culturel d’intérêt touristique, le Bénin est compétitif vis à-vis de ses concurrents pour tout ce qui concerne le patrimoine matériel et im matériel. Il a inscrit le site des palais royaux d’Abomey sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (1985), et le genre oral Gèlèdé sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité (2001). 260 Malgré ce profil favorable, le secteur du tourisme au Bénin exploite actuellement seulement 2 à 5 %23 de son potentiel économique et social. Ce faible taux combiné avec la faible attractivité touristique du Bénin pour les nationaux et les étrangers s’explique par plusieurs facteurs parmi lesquels, il faut citer : i) la dégradation des sites touristiques, ii) la faible valorisation du patrimoine culturel et cultuel, iii) la faible qualité des services touristiques due à l’insuffisance de qualification profes sionnelle du personnel de la chaîne du tourisme, iv) la faible capacité de promotion touristique, v) la mauvaise qualité des infrastructures et équipements touristiques et des infrastructures routières rendant l’accès difficile aux sites, vi) la faible desserte aérienne du pays, vii) l’absence de mesures incitatives spécifiques à l’investisse ment dans l’industrie touristique et viii) l’absence d’un système d’information et de production des statistiques touristiques ; ix) l’insuffisance dans la planification, la budgétisation et le suivi évaluation des principaux projets. Par ailleurs, le secteur touristique pourrait être affecté par les changements climatiques compte tenu des dommages que peuvent subir les infrastructures (routes, hôtels, sites touristiques, …) et les écosystèmes touristiques. 24 examen collégial volontaire des politiques de concurrence de l’uemoa, du Bénin et du Sénégal, cnuced 200723 pag 2016-2021, p. 21 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 102 103 261 Les défis majeurs à relever sont : i) l’aménagement des sites touristiques, ii) l’amé lioration du cadre institutionnel, législatif et réglementaire, iii) l’amélioration de la qualité du produit touristique et iv) le financement du secteur. activités commerciales : prédominance du transit 262 Le commerce constitue une branche très importante du secteur tertiaire. Il contri bue en moyenne pour 18 % à la formation du PIB24. Il est peu intégré au com merce international avec un taux d’ouverture compris entre 30 % et 55 %. 263 Les réformes mises en œuvre dans le secteur du commerce sont : › la mise en place d’un Bordereau de Frais Unique et d’un Bordereau de Suivi Électronique des Cargaisons des Marchandises ; › la création du Guichet Unique des Opérations du Commerce Extérieur, une plateforme électronique de délivrance de tous les documents de pré dédoua nement des marchandises (certificats, Licence, permis et autorisation) ; › la mise en place d’un Centre de Contrôle Informatisé de la gestion des camions gros porteurs par la STTB ; › la limitation des postes de contrôle sur le corridor pour réduire le temps de contrôle des véhicules ; › la dématérialisation des procédures de pré-dédouanement (délivrance de li cences, d’agréments, d’autorisations ou encore de certificats) ; › la promulgation par le Gouvernement du Bénin de la loi 2017-21 portant pro tocole d’amendement relatif à l’insertion de l’Accord sur la Facilitation des Échanges (AFE) dans l’annexe 1 de l’accord instituant l’OMC. 264 Malgré ces réformes, le commerce béninois se trouve toujours confronté à des contre-performances telles que : › la contrebande et la fraude douanière surtout pour les marchandises en transit ; › la faiblesse des infrastructures de base liée au commerce, notamment le sys tème de contrôle de la qualité, la capacité de stockage et les infrastructures judiciaires ; › l’insuffisance du suivi et de régulation de la concurrence ; › l’insuffisance des magistrats et auxiliaires de justice dans le domaine du commerce ; › le non-respect par les entreprises des exigences en matière de normes et de qualité. infrastructures : retard dans la mise à niveau et le développement des infrastructures structurantes 265 Les infrastructures jouent un rôle stratégique dans le processus de développement économique. Elles contribuent à relier les opérateurs économiques aux marchés, à réduire les coûts des facteurs, à renforcer et à consolider la compétitivité et la crois sance de l’économie ainsi qu’à améliorer le cadre de vie des populations. d’œuvre après l’agriculture et le commerce. Bien que le Bénin dispose de certains avantages comparatifs au plan des ressources naturelles par rapport à d’autres pays de l’Afrique de l’ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Burkina Faso), le taux de fréquentation des touristes parait faible. Pour ces pays, les arrivées touristiques ont augmenté entre 1998 et 2005 à un taux moyen de 10 % par an contre 2 % pour le Bénin. Le Bénin attire essentiellement des visiteurs en majorité des Européens. Ce chiffre ne représente que les touristes déclarés par les établissements hôteliers et manque parfois de fiabilité. 257 Bien que le Bénin dispose de nombreuses potentialités touristiques, les popula tions béninoises ont très peu conscience des opportunités qu’elles offrent. Elles participent en effet très peu aux activités du tourisme de loisir et de vision tandis que le tourisme culturel, religieux etc. mobilise et draine du monde. 258 De 2006 à 2011, pour une mobilisation financière de 7.287 millions FCFA de Programmes des Investissements Publics, 29,73 % seulement ont été engagés. Cette faiblesse du taux de réalisation a perturbé la mise en place effective des infrastructures de soutien et l’aménagement des sites touristiques au Bénin. De nombreux organismes et partenaires techniques et privés sont disposés à partici per aux financements de projets privés. La contribution du secteur privé au finan cement du développement du tourisme a été pendant longtemps consacrée aux rénovations des hôtels. Au cours de ces dernières années, un effort sensible est observé dans la construction des infrastructures hôtelières et touristiques, dont le nombre est passé de 10 en 1987 à 891 en 2012. Cette contribution finan cière provient aussi bien du financement par les Banques et les Institutions de Microfinance que de l’autofinancement. 259 En matière de potentiel culturel d’intérêt touristique, le Bénin est compétitif vis à-vis de ses concurrents pour tout ce qui concerne le patrimoine matériel et im matériel. Il a inscrit le site des palais royaux d’Abomey sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (1985), et le genre oral Gèlèdé sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité (2001). 260 Malgré ce profil favorable, le secteur du tourisme au Bénin exploite actuellement seulement 2 à 5 %23 de son potentiel économique et social. Ce faible taux combiné avec la faible attractivité touristique du Bénin pour les nationaux et les étrangers s’explique par plusieurs facteurs parmi lesquels, il faut citer : i) la dégradation des sites touristiques, ii) la faible valorisation du patrimoine culturel et cultuel, iii) la faible qualité des services touristiques due à l’insuffisance de qualification profes sionnelle du personnel de la chaîne du tourisme, iv) la faible capacité de promotion touristique, v) la mauvaise qualité des infrastructures et équipements touristiques et des infrastructures routières rendant l’accès difficile aux sites, vi) la faible desserte aérienne du pays, vii) l’absence de mesures incitatives spécifiques à l’investisse ment dans l’industrie touristique et viii) l’absence d’un système d’information et de production des statistiques touristiques ; ix) l’insuffisance dans la planification, la budgétisation et le suivi évaluation des principaux projets. Par ailleurs, le secteur touristique pourrait être affecté par les changements climatiques compte tenu des dommages que peuvent subir les infrastructures (routes, hôtels, sites touristiques, …) et les écosystèmes touristiques. 24 examen collégial volontaire des politiques de concurrence de l’uemoa, du Bénin et du Sénégal, cnuced 200723 pag 2016-2021, p. 21 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 104 105 271 Plusieurs projets et programmes en cours ou en préparation pour : i) accroître l’offre d’électricité (Projet BID de construction d’une centrale thermique de 120 MW à Mariagleta) ; ii) pour diversifier les sources de production grâce aux énergies renouvelables (Programme MCA-Bénin II de construction de 4 centrales solaires de 45 MW, Projet Defisol financé par l’AFD pour la construction d’une centrale solaire de 20 MW) ; iii) moderniser le réseau de distribution et iv) mettre en place des réformes pour renforcer les capacités de l’ARE, mettre en œuvre une politique tarifaire et attirer les investisseurs privés dans la production. 272 Pourtant, le Bénin dispose d’un potentiel hydroélectrique relativement important et pouvant permettre de mettre en place une capacité d’au moins 400 MW, pour les principaux sites identifiés et évalués à savoir Adjarala 147 MW sur le fleuve Mono, Kétou Dogo 108 MW, Vossa 79,2 MW, Bethel 42,4 MW, Bétérou 30 MW et Olougbé 29,4 MW sur le fleuve Ouémé. Dans un contexte de changements clima tiques où les prévisions font cas de probable augmentation et ou de diminution de la ressource en eau renouvelable, la production hydroélectrique pourrait en être affectée. services logistiques maritimes : services faiblement compétitifs 273 Le port de Cotonou dispose d’une capacité d’opérations d’environ 2,3 millions de tonnes par an qui représente près de 90 % des échanges avec l’étranger et plus de 50 % de la richesse nationale du Bénin. Il dessert les pays enclavés de l’hin terland (le Niger, le Mali et le Burkina-Faso,) dont il est le premier port de transit, mais également le port-relais de l’économie nigériane. Malgré l’augmentation du trafic marchandises, les dernières actions d’extension et de modernisation grâce au Programme MCA-Bénin I, aux réformes engagées ces dernières années, le port de Cotonou demeure peu performant au regard des besoins des investisseurs et au regard de la concurrence des autres ports de la côte ouest africaine (ports d’Abidjan, de Téma, de Lomé, etc.). 2.3.8 – principaux dÉfiS à relever 274 Le diagnostic des déterminants de la croissance économique, la faible diversifi cation de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective et la croissance potentielle mettent en exergue les obstacles limitant l’accélération de la transformation structurelle de l’économie béninoise. Pourtant, le Bénin dispose de plusieurs potentialités insuffisamment valorisées surtout dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les secteurs du commerce, du tourisme et du numérique constituent un gisement d’innovations et de création de richesses. Ainsi, le PND devra inscrire le nouveau schéma de croissance fondée sur l’inclusivité et la durabilité intégrant les variables démographiques comme paramètres à maîtriser. Ce nouveau schéma de croissance inclusive, forte et durable devrait être accompagné par un ensemble de réformes visant la transformation structurelle de l’économie béninoise et le relèvement du niveau de développement du capital humain, la diversification et 266 L’état global des infrastructures au Bénin suivant les dimensions de la fiabilité du réseau électrique, du réseau téléphonique et de la couverture numérique, de la qualité du réseau routier, ferroviaire, aérien et hydrographique est peu reluisant. 267 De plus, l’insuffisance d’infrastructures propres aux activités industrielles telles que les zones industrielles ne facilite pas l’installation des investisseurs. La Zone Franche Industrielle démarrée depuis 2002 n’offre pas encore toutes les com modités nécessaires au développement harmonieux du tissu industriel. La faible densité et le mauvais état des routes et chemins de fer limitent l’accès aux ma tières premières et le transport des produits finis. Le port et l’aéroport, malgré les dernières extensions, demeurent peu performants au regard des besoins du secteur privé. 268 Les infrastructures au Bénin reposent sur six piliers que sont : i) les infrastructures logistiques : les routes, le chemin de fer, les ports et les aéroports ; ii) les infras tructures énergétiques : équipements de production et de distribution d’énergie électrique ; iii) les infrastructures de communication : les réseaux de télécommu nication et TIC ; iv) les infrastructures administratives : réglementation, climat des affaires, fiscalité etc. ; v) les infrastructures du marché financier : services financiers, bancarisation, instruments de financement de l’économie et vi) l’infrastructure d’innovation (produits technologiques de pointe, promotion de l’ICT, réglemen tation environnementale). énergie : dépendance totale et déficit chronique 269 La situation actuelle est caractérisée par un déficit chronique qui ne laisse pas assez de perspectives d’industrialisation à court et moyen termes au pays. Ce déficit se conjugue avec une vulnérabilité accrue du fait de la dépendance du Bénin de ses voisins (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria) pour son approvisionnement. La consommation spécifique d’énergie en 2012 est de 0,435 tonnes équivalent pétrole par habitant (tep/hbt), contre 0,50 tep/hbt pour la Côte d’Ivoire, 0,41 tep/ hbt pour le Ghana et 0,73 tep/hbt pour le Nigéria qui tous possèdent un tissu industriel plus important que celui du Bénin. Cette consommation représente environ 3 fois moins celle du Brésil en 2012 et un peu moins de 12 fois celle de la Corée du Sud. 270 La demande énergétique est en pleine croissance avec un taux d’électrification national encore faible, mais qui est passé de 13,10 % en 1996 à 33,18 % en 2015 avec un accroissement moyen annuel de 7,7 %. En milieu urbain, ce taux est pas sé de 28,78 % en 1996 à 61,19 % en 2015 tandis qu’en milieu rural, il est passé de 0,64 % à 8,15 %. La demande d’énergie électrique s’est accrue de 10,4 % annuelle ment, passant de 105 MW en 2006 à 192 MW en 2014. En termes de couverture, peu de localités du pays sont électrifiées. Les récentes statistiques du sous-sec teur de l’électricité indiquent qu’en 2015, 1 654 localités sont électrifiées sur les 3755 localités que compte le Bénin soit un taux de couverture de 45 %. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 104 105 271 Plusieurs projets et programmes en cours ou en préparation pour : i) accroître l’offre d’électricité (Projet BID de construction d’une centrale thermique de 120 MW à Mariagleta) ; ii) pour diversifier les sources de production grâce aux énergies renouvelables (Programme MCA-Bénin II de construction de 4 centrales solaires de 45 MW, Projet Defisol financé par l’AFD pour la construction d’une centrale solaire de 20 MW) ; iii) moderniser le réseau de distribution et iv) mettre en place des réformes pour renforcer les capacités de l’ARE, mettre en œuvre une politique tarifaire et attirer les investisseurs privés dans la production. 272 Pourtant, le Bénin dispose d’un potentiel hydroélectrique relativement important et pouvant permettre de mettre en place une capacité d’au moins 400 MW, pour les principaux sites identifiés et évalués à savoir Adjarala 147 MW sur le fleuve Mono, Kétou Dogo 108 MW, Vossa 79,2 MW, Bethel 42,4 MW, Bétérou 30 MW et Olougbé 29,4 MW sur le fleuve Ouémé. Dans un contexte de changements clima tiques où les prévisions font cas de probable augmentation et ou de diminution de la ressource en eau renouvelable, la production hydroélectrique pourrait en être affectée. services logistiques maritimes : services faiblement compétitifs 273 Le port de Cotonou dispose d’une capacité d’opérations d’environ 2,3 millions de tonnes par an qui représente près de 90 % des échanges avec l’étranger et plus de 50 % de la richesse nationale du Bénin. Il dessert les pays enclavés de l’hin terland (le Niger, le Mali et le Burkina-Faso,) dont il est le premier port de transit, mais également le port-relais de l’économie nigériane. Malgré l’augmentation du trafic marchandises, les dernières actions d’extension et de modernisation grâce au Programme MCA-Bénin I, aux réformes engagées ces dernières années, le port de Cotonou demeure peu performant au regard des besoins des investisseurs et au regard de la concurrence des autres ports de la côte ouest africaine (ports d’Abidjan, de Téma, de Lomé, etc.). 2.3.8 – principaux dÉfiS à relever 274 Le diagnostic des déterminants de la croissance économique, la faible diversifi cation de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective et la croissance potentielle mettent en exergue les obstacles limitant l’accélération de la transformation structurelle de l’économie béninoise. Pourtant, le Bénin dispose de plusieurs potentialités insuffisamment valorisées surtout dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les secteurs du commerce, du tourisme et du numérique constituent un gisement d’innovations et de création de richesses. Ainsi, le PND devra inscrire le nouveau schéma de croissance fondée sur l’inclusivité et la durabilité intégrant les variables démographiques comme paramètres à maîtriser. Ce nouveau schéma de croissance inclusive, forte et durable devrait être accompagné par un ensemble de réformes visant la transformation structurelle de l’économie béninoise et le relèvement du niveau de développement du capital humain, la diversification et 266 L’état global des infrastructures au Bénin suivant les dimensions de la fiabilité du réseau électrique, du réseau téléphonique et de la couverture numérique, de la qualité du réseau routier, ferroviaire, aérien et hydrographique est peu reluisant. 267 De plus, l’insuffisance d’infrastructures propres aux activités industrielles telles que les zones industrielles ne facilite pas l’installation des investisseurs. La Zone Franche Industrielle démarrée depuis 2002 n’offre pas encore toutes les com modités nécessaires au développement harmonieux du tissu industriel. La faible densité et le mauvais état des routes et chemins de fer limitent l’accès aux ma tières premières et le transport des produits finis. Le port et l’aéroport, malgré les dernières extensions, demeurent peu performants au regard des besoins du secteur privé. 268 Les infrastructures au Bénin reposent sur six piliers que sont : i) les infrastructures logistiques : les routes, le chemin de fer, les ports et les aéroports ; ii) les infras tructures énergétiques : équipements de production et de distribution d’énergie électrique ; iii) les infrastructures de communication : les réseaux de télécommu nication et TIC ; iv) les infrastructures administratives : réglementation, climat des affaires, fiscalité etc. ; v) les infrastructures du marché financier : services financiers, bancarisation, instruments de financement de l’économie et vi) l’infrastructure d’innovation (produits technologiques de pointe, promotion de l’ICT, réglemen tation environnementale). énergie : dépendance totale et déficit chronique 269 La situation actuelle est caractérisée par un déficit chronique qui ne laisse pas assez de perspectives d’industrialisation à court et moyen termes au pays. Ce déficit se conjugue avec une vulnérabilité accrue du fait de la dépendance du Bénin de ses voisins (Côte d’Ivoire, Ghana, Nigéria) pour son approvisionnement. La consommation spécifique d’énergie en 2012 est de 0,435 tonnes équivalent pétrole par habitant (tep/hbt), contre 0,50 tep/hbt pour la Côte d’Ivoire, 0,41 tep/ hbt pour le Ghana et 0,73 tep/hbt pour le Nigéria qui tous possèdent un tissu industriel plus important que celui du Bénin. Cette consommation représente environ 3 fois moins celle du Brésil en 2012 et un peu moins de 12 fois celle de la Corée du Sud. 270 La demande énergétique est en pleine croissance avec un taux d’électrification national encore faible, mais qui est passé de 13,10 % en 1996 à 33,18 % en 2015 avec un accroissement moyen annuel de 7,7 %. En milieu urbain, ce taux est pas sé de 28,78 % en 1996 à 61,19 % en 2015 tandis qu’en milieu rural, il est passé de 0,64 % à 8,15 %. La demande d’énergie électrique s’est accrue de 10,4 % annuelle ment, passant de 105 MW en 2006 à 192 MW en 2014. En termes de couverture, peu de localités du pays sont électrifiées. Les récentes statistiques du sous-sec teur de l’électricité indiquent qu’en 2015, 1 654 localités sont électrifiées sur les 3755 localités que compte le Bénin soit un taux de couverture de 45 %. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 106 107 279 En dépit de ses efforts, les ressources investies sont limitées pour assurer une transformation structurelle de l’agriculture. L’agriculture béninoise est sous-finan cée. Les besoins d’investissements productifs en agriculture requièrent des res sources à moyen et long terme que le marché financier local ne peut satisfaire. Le sous-financement de l’agriculture explique la faiblesse du taux de croissance agricole et la difficulté de sa transformation. 280 Le défi majeur est le financement de l’agriculture par des sources alternatives autres que conventionnelles dans les prochaines années par : i) une meilleure attractivité du secteur aux IDE ; ii) la promotion du partenariat-public-privé pour les grands projets structurants ; iii) la création d’une banque agricole pour la mo bilisation des ressources de long terme et iv) le renforcement et la consolidation de la microfinance. 281 Consolidation et amplification de l’intégration de l’agriculture à l’agro-indus trie : Le diagnostic stratégique de la structure de la demande de consommation des ménages béninois permet d’appréhender ces filières agricoles et agro-indus trielles qui sont les vecteurs de la croissance et de la création d’emplois, de nature à soutenir un processus d’industrialisation et de développement qui s’inscrit dans la durabilité. 282 Dans un contexte où les importations sont dominées par les produits alimen taires, l’amélioration des techniques artisanales de production par l’adoption de nouvelles technologies (biotechnologie, équipements de production modernes et TIC), permettra d’accroître la production et de créer des débouchés en matière d’emploi et d’exportation. Ainsi, il s’agira pour le Bénin, de relever à l’horizon 2025, le défi de l’intégration et de l’articulation de l’agriculture à l’agro-industrie et le développement plus important des chaînes de valeur. 283 Développement des infrastructures rurales : Le Bénin a consenti beaucoup d’ef forts dans l’amélioration des infrastructures rurales par la mise en œuvre de plu sieurs programmes de développement des infrastructures rurales dont les plus importants sont : i) le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole, (PSRSA 2011-2015) et ii) le plan d’Investissement Agricole (PIA) 2010-2015. Le PRSA s’est appuyé sur un financement de près de 1.808,9 milliards de FCFA avec un besoin annuel moyen de 258,4 milliards de FCFA. Le PIA avait mis ses priorités sur les infrastructures de transport et de communication et les infrastructures de stoc kage, de conservation et de commercialisation. 284 En dépit des investissements réalisés dans les infrastructures rurales, les besoins des populations ne sont pas couverts, notamment en matière de pistes de des serte rurales, d’aménagements hydro-agricoles de mécanisation agricole, d’infras tructures de stockage et de conservation des produits. la modernisation de l’économie dans les secteurs à fort potentiel de développe ment que sont : l’agriculture, l’agro-industrie et les autres industries, les transports, les infrastructures, les services (logistiques, numériques, touristiques, et financiers). Ainsi, plusieurs défis restent à relever pour rendre la croissance plus inclusive et durable au nombre desquelles on a : 275 Transformation structurelle : La transformation structurelle de l’économie est un processus durable de transfert de la main d’œuvre des activités à faible produc tivité vers des activités plus dynamiques à forte productivité. Elle constitue une condition préalable du développement économique et social durable en indui sant une nouvelle spécialisation de l’économie pour qu’elle devienne plus com pétitive, grâce à une forte productivité, capable de conquérir les marchés régio naux et mondiaux à l’exportation. À cet effet, le Bénin pourrait mettre l’accent sur les secteurs à fortes valeurs ajoutées tels que l’agro-industrie. 276 Amélioration de la compétitivité globale des facteurs : L’économie béninoise a été confrontée durant plusieurs années à un déclin tendanciel de sa productivité globale des facteurs, qui a affecté la productivité du travail aussi bien dans l’agri culture que dans l’industrie. Pour relever ce défi, le Bénin pourrait dans les années à venir promouvoir un transfert massif des biotechnologies appropriées dans l’agri culture et dans l’industrie pour relever la croissance de la productivité des facteurs à hauteur de 3,0 % au moins entre 2018 et 2025. Cette amélioration devra avoir pour appui : › la recherche et développement ; › l’innovation, l’appropriation et l’adoption des nouvelles technologies de rup ture (biotechnologie, TIC) ; › la mise en œuvre de réformes institutionnelles (promotion du secteur privé, environnement des affaires etc.). 277 Diversification des sources de financement : L’économie béninoise est caracté risée par un secteur bancaire en surliquidité. Bon nombre d’entreprises du pays peinent encore à trouver de crédits adaptés pour financer leurs activités. Malgré les efforts de couverture du territoire, par les banques, l’économie béninoise est sous-financée. Les crédits à l’économie demeurent faibles en dépit de leur amé lioration au cours des dix dernières années (25 % en 2011 contre 23 % en 2010 et 22 % en 2009). Le système bancaire est composé essentiellement de banques à vocation commerciale qui concentrent leurs concours au financement des acti vités à court terme, notamment le commerce. Ainsi, les crédits à moyen et long termes, représentent moins du tiers des crédits. 278 Le financement de l’agriculture au Bénin provient de plusieurs sources à sa voir : i) le financement public ; ii) le financement privé et iii) le financement des PTF. L’investissement public dans l’agriculture au cours des récentes années est passé de 7,05 % des dépenses en capital en 2008, respectivement à 8,39 % et 6,61 % en 2009 et 2010 pour atteindre 6,33 % en 2013. Les investissements privés se sont accrus de 338,10 milliards de FCFA en 2009 à 722,1 milliards en 2013. Le Financement des PTF est un apport non négligeable dans la couverture des besoins de l’agriculture béni noise. La microfinance ne couvre que 50 % des besoins des exploitants. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 106 107 279 En dépit de ses efforts, les ressources investies sont limitées pour assurer une transformation structurelle de l’agriculture. L’agriculture béninoise est sous-finan cée. Les besoins d’investissements productifs en agriculture requièrent des res sources à moyen et long terme que le marché financier local ne peut satisfaire. Le sous-financement de l’agriculture explique la faiblesse du taux de croissance agricole et la difficulté de sa transformation. 280 Le défi majeur est le financement de l’agriculture par des sources alternatives autres que conventionnelles dans les prochaines années par : i) une meilleure attractivité du secteur aux IDE ; ii) la promotion du partenariat-public-privé pour les grands projets structurants ; iii) la création d’une banque agricole pour la mo bilisation des ressources de long terme et iv) le renforcement et la consolidation de la microfinance. 281 Consolidation et amplification de l’intégration de l’agriculture à l’agro-indus trie : Le diagnostic stratégique de la structure de la demande de consommation des ménages béninois permet d’appréhender ces filières agricoles et agro-indus trielles qui sont les vecteurs de la croissance et de la création d’emplois, de nature à soutenir un processus d’industrialisation et de développement qui s’inscrit dans la durabilité. 282 Dans un contexte où les importations sont dominées par les produits alimen taires, l’amélioration des techniques artisanales de production par l’adoption de nouvelles technologies (biotechnologie, équipements de production modernes et TIC), permettra d’accroître la production et de créer des débouchés en matière d’emploi et d’exportation. Ainsi, il s’agira pour le Bénin, de relever à l’horizon 2025, le défi de l’intégration et de l’articulation de l’agriculture à l’agro-industrie et le développement plus important des chaînes de valeur. 283 Développement des infrastructures rurales : Le Bénin a consenti beaucoup d’ef forts dans l’amélioration des infrastructures rurales par la mise en œuvre de plu sieurs programmes de développement des infrastructures rurales dont les plus importants sont : i) le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole, (PSRSA 2011-2015) et ii) le plan d’Investissement Agricole (PIA) 2010-2015. Le PRSA s’est appuyé sur un financement de près de 1.808,9 milliards de FCFA avec un besoin annuel moyen de 258,4 milliards de FCFA. Le PIA avait mis ses priorités sur les infrastructures de transport et de communication et les infrastructures de stoc kage, de conservation et de commercialisation. 284 En dépit des investissements réalisés dans les infrastructures rurales, les besoins des populations ne sont pas couverts, notamment en matière de pistes de des serte rurales, d’aménagements hydro-agricoles de mécanisation agricole, d’infras tructures de stockage et de conservation des produits. la modernisation de l’économie dans les secteurs à fort potentiel de développe ment que sont : l’agriculture, l’agro-industrie et les autres industries, les transports, les infrastructures, les services (logistiques, numériques, touristiques, et financiers). Ainsi, plusieurs défis restent à relever pour rendre la croissance plus inclusive et durable au nombre desquelles on a : 275 Transformation structurelle : La transformation structurelle de l’économie est un processus durable de transfert de la main d’œuvre des activités à faible produc tivité vers des activités plus dynamiques à forte productivité. Elle constitue une condition préalable du développement économique et social durable en indui sant une nouvelle spécialisation de l’économie pour qu’elle devienne plus com pétitive, grâce à une forte productivité, capable de conquérir les marchés régio naux et mondiaux à l’exportation. À cet effet, le Bénin pourrait mettre l’accent sur les secteurs à fortes valeurs ajoutées tels que l’agro-industrie. 276 Amélioration de la compétitivité globale des facteurs : L’économie béninoise a été confrontée durant plusieurs années à un déclin tendanciel de sa productivité globale des facteurs, qui a affecté la productivité du travail aussi bien dans l’agri culture que dans l’industrie. Pour relever ce défi, le Bénin pourrait dans les années à venir promouvoir un transfert massif des biotechnologies appropriées dans l’agri culture et dans l’industrie pour relever la croissance de la productivité des facteurs à hauteur de 3,0 % au moins entre 2018 et 2025. Cette amélioration devra avoir pour appui : › la recherche et développement ; › l’innovation, l’appropriation et l’adoption des nouvelles technologies de rup ture (biotechnologie, TIC) ; › la mise en œuvre de réformes institutionnelles (promotion du secteur privé, environnement des affaires etc.). 277 Diversification des sources de financement : L’économie béninoise est caracté risée par un secteur bancaire en surliquidité. Bon nombre d’entreprises du pays peinent encore à trouver de crédits adaptés pour financer leurs activités. Malgré les efforts de couverture du territoire, par les banques, l’économie béninoise est sous-financée. Les crédits à l’économie demeurent faibles en dépit de leur amé lioration au cours des dix dernières années (25 % en 2011 contre 23 % en 2010 et 22 % en 2009). Le système bancaire est composé essentiellement de banques à vocation commerciale qui concentrent leurs concours au financement des acti vités à court terme, notamment le commerce. Ainsi, les crédits à moyen et long termes, représentent moins du tiers des crédits. 278 Le financement de l’agriculture au Bénin provient de plusieurs sources à sa voir : i) le financement public ; ii) le financement privé et iii) le financement des PTF. L’investissement public dans l’agriculture au cours des récentes années est passé de 7,05 % des dépenses en capital en 2008, respectivement à 8,39 % et 6,61 % en 2009 et 2010 pour atteindre 6,33 % en 2013. Les investissements privés se sont accrus de 338,10 milliards de FCFA en 2009 à 722,1 milliards en 2013. Le Financement des PTF est un apport non négligeable dans la couverture des besoins de l’agriculture béni noise. La microfinance ne couvre que 50 % des besoins des exploitants. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 108 109 pas entraîné, comme on aurait pu s’y attendre, une croissance économique basée sur les secteurs secondaire et tertiaire. En réalité, les villes ont été des bassins de peuplement sans être de véritables bassins d’emplois. L’industrialisation n’a ni devancé, ni suivi l’urbanisation. Cette situation est encore aggravée par la prépon dérance des activités informelles en milieu urbain. 287 Une telle urbanisation qui continue à se concentrer sur la zone côtière, engendre une pression importante sur les services sociaux et les infrastructures de base et sur les marchés d’emplois urbains. À cela s’ajoutent la spéculation foncière, la dégra dation de l’environnement, l’aggravation de la pauvreté et les violences ainsi que l’insuffisance de logements décents, l’accroissement des problèmes de santé dus à la pollution et à la production massive de déchets et un insuffisant investissement en structures socio-économiques dans les zones rurales. 288 Les différents programmes et projets initiés et exécutés n’ont pas permis la mise en œuvre efficace de la politique de l’Habitat adoptée en 2005, malgré la forte demande en logements, estimée à 320 000 logements entre 2010 à 2020 (Agence Foncière de l’Habitat). Il en résulte qu’une bonne partie de la population reste pri vée de l’accès à un logement décent. 289 La fourniture en logement locatif est principalement assurée par des ménages qui exercent dans l’informel avec des loyers dont le coût varie de 200 à 10 000 FCFA/ m² selon le standing des quartiers des villes. Les mesures récentes prises par le Gouvernement dans le secteur urbain à savoir : la libération des domaines publics, le vote du code foncier et domanial, le repositionnement du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable par rapport à tous travaux publics en matière d’habitat augurent d’un bon lendemain dans le secteur. La demande énergétique est en pleine croissance, passant de 13,10 % en 1996 à 33,18 % en 2015 avec un accroissement moyen annuel de 7,7 %. En milieu urbain, ce taux est passé de 28,78 % en 1996, à 61,19 % en 2015 tandis qu’en milieu rural, il est passé de 0,64 % à 8,15 %. Bien que le Bénin dispose d’énormes potentialités en matière d’énergies renouvelables qui demeurent sous-exploitées, la situation actuelle de l’offre est caractérisée par un faible développement des capacités de production d’énergies modernes, engendrant ainsi une dépendance de plus de 90 % des pays de la sous région ouest africaine (Nigeria, Ghana et Côte d’Ivoire) pour les approvisionnements en énergie électrique. 290 Gestion foncière : Depuis quelques années, la situation foncière est caractérisée par une insécurité grandissante et le développement d’un marché foncier peu ou pas réglementé découlant de l’inexistence de politique foncière, d’une multipli cité d’acteurs, et d’un cadre juridique et institutionnel cohérent. Pour corriger ces insuffisances, le livre blanc de politique foncière s’est avéré nécessaire en vue de clarifier les droits sur les terres et de mettre en place les outils appropriés de régu lation foncière, notamment la loi n°2013-01 portant Code foncier et domanial et ses textes d’application. 285 Le principal défi est de développer les infrastructures rurales grâce aux investis sements structurants en matière : i) d’aménagements hydro-agricoles ; ii) d’infras tructures de transport et iii) d’infrastructures de stockage/conservation des pro duits, d’ouvrages pastoraux, et d’énergie. 2.4 Environnement, changement climatique et developpement des territoires : développement durable faiblement inscrits dans une vision prospective des pôles régionaux de développement 2.4.1 – urBaniSation et amÉnagement du territoire : geStion de l’eSpace et dÉveloppement urBain trèS faiBlement encadrÉS et appuyÉS 286 Développement des infrastructures sociocommunautaires : la population ur baine, qui représentait 38,9 % de la population nationale en 2002, est passée à 44,6 % en 2013 et devrait dépasser 50 % en 2018, pour atteindre 57 % en 2025. Cette évolution démographique requiert l’accroissement et l’amélioration de l’offre de services dans les villes du pays. La concentration démographique n’a pas toujours résulté d’une croissance économique urbaine. Au contraire, la plu part des migrants fuient les difficultés du milieu rural (faible productivité agricole, chômage, sous‐équipement, accessibilité à la terre, insuffisance d’infrastructures, etc.) et préfèrent vivre dans des villes réputées mieux équipées et offrant plus d’opportunités d’emplois. La croissance démographique des villes béninoises n’a P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 108 109 pas entraîné, comme on aurait pu s’y attendre, une croissance économique basée sur les secteurs secondaire et tertiaire. En réalité, les villes ont été des bassins de peuplement sans être de véritables bassins d’emplois. L’industrialisation n’a ni devancé, ni suivi l’urbanisation. Cette situation est encore aggravée par la prépon dérance des activités informelles en milieu urbain. 287 Une telle urbanisation qui continue à se concentrer sur la zone côtière, engendre une pression importante sur les services sociaux et les infrastructures de base et sur les marchés d’emplois urbains. À cela s’ajoutent la spéculation foncière, la dégra dation de l’environnement, l’aggravation de la pauvreté et les violences ainsi que l’insuffisance de logements décents, l’accroissement des problèmes de santé dus à la pollution et à la production massive de déchets et un insuffisant investissement en structures socio-économiques dans les zones rurales. 288 Les différents programmes et projets initiés et exécutés n’ont pas permis la mise en œuvre efficace de la politique de l’Habitat adoptée en 2005, malgré la forte demande en logements, estimée à 320 000 logements entre 2010 à 2020 (Agence Foncière de l’Habitat). Il en résulte qu’une bonne partie de la population reste pri vée de l’accès à un logement décent. 289 La fourniture en logement locatif est principalement assurée par des ménages qui exercent dans l’informel avec des loyers dont le coût varie de 200 à 10 000 FCFA/ m² selon le standing des quartiers des villes. Les mesures récentes prises par le Gouvernement dans le secteur urbain à savoir : la libération des domaines publics, le vote du code foncier et domanial, le repositionnement du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable par rapport à tous travaux publics en matière d’habitat augurent d’un bon lendemain dans le secteur. La demande énergétique est en pleine croissance, passant de 13,10 % en 1996 à 33,18 % en 2015 avec un accroissement moyen annuel de 7,7 %. En milieu urbain, ce taux est passé de 28,78 % en 1996, à 61,19 % en 2015 tandis qu’en milieu rural, il est passé de 0,64 % à 8,15 %. Bien que le Bénin dispose d’énormes potentialités en matière d’énergies renouvelables qui demeurent sous-exploitées, la situation actuelle de l’offre est caractérisée par un faible développement des capacités de production d’énergies modernes, engendrant ainsi une dépendance de plus de 90 % des pays de la sous région ouest africaine (Nigeria, Ghana et Côte d’Ivoire) pour les approvisionnements en énergie électrique. 290 Gestion foncière : Depuis quelques années, la situation foncière est caractérisée par une insécurité grandissante et le développement d’un marché foncier peu ou pas réglementé découlant de l’inexistence de politique foncière, d’une multipli cité d’acteurs, et d’un cadre juridique et institutionnel cohérent. Pour corriger ces insuffisances, le livre blanc de politique foncière s’est avéré nécessaire en vue de clarifier les droits sur les terres et de mettre en place les outils appropriés de régu lation foncière, notamment la loi n°2013-01 portant Code foncier et domanial et ses textes d’application. 285 Le principal défi est de développer les infrastructures rurales grâce aux investis sements structurants en matière : i) d’aménagements hydro-agricoles ; ii) d’infras tructures de transport et iii) d’infrastructures de stockage/conservation des pro duits, d’ouvrages pastoraux, et d’énergie. 2.4 Environnement, changement climatique et developpement des territoires : développement durable faiblement inscrits dans une vision prospective des pôles régionaux de développement 2.4.1 – urBaniSation et amÉnagement du territoire : geStion de l’eSpace et dÉveloppement urBain trèS faiBlement encadrÉS et appuyÉS 286 Développement des infrastructures sociocommunautaires : la population ur baine, qui représentait 38,9 % de la population nationale en 2002, est passée à 44,6 % en 2013 et devrait dépasser 50 % en 2018, pour atteindre 57 % en 2025. Cette évolution démographique requiert l’accroissement et l’amélioration de l’offre de services dans les villes du pays. La concentration démographique n’a pas toujours résulté d’une croissance économique urbaine. Au contraire, la plu part des migrants fuient les difficultés du milieu rural (faible productivité agricole, chômage, sous‐équipement, accessibilité à la terre, insuffisance d’infrastructures, etc.) et préfèrent vivre dans des villes réputées mieux équipées et offrant plus d’opportunités d’emplois. La croissance démographique des villes béninoises n’a P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 110 111 blics. Au Bénin, au sud des parcs, les récriminations et les déclarations de conflits viennent de toutes parts. Ils se traduisent sur le terrain par une multitude de « pe tits conflits ». Les agriculteurs reprochent essentiellement aux éleveurs les dégâts dans les champs, causés lors des pratiques de la conduite des troupeaux et qui sont jugées inhabituelles ou inadaptées à la région, telles que le gardiennage des troupeaux par des enfants et le pâturage nocturne. 2.4.2 – environnement et changement climatique : gouvernance peu SatiSfaiSante 295 Le Bénin est confronté à la dégradation de son environnement qui reste un problème récurrent. Cette situation est caractéristique du non-respect des lois, normes et standards auxquels il faut apporter une réponse adaptée. Cette dégra dation s’accentue dans un contexte où les changements climatiques deviennent un phénomène global qui affecte sans doute les modes de vie des sociétés à des niveaux et formes divers. 296 Les travaux réalisés dans le cadre de l’évaluation concertée de la vulnérabilité aux changements climatiques dans les zones géographiques les plus vulnérables du Bénin (PANA, 2008) ont permis d’établir les résultats suivants : › la sécheresse, les inondations et les pluies tardives et violentes constituent trois risques climatiques majeurs au Bénin ; › les vents violents et la chaleur excessive sont aussi deux risques climatiques pouvant prendre une grande importance dans certaines localités ; › l’élévation du niveau de la mer qui a une faible emprise géographique, mais capable de grands impacts économiques et sociaux. 297 Quant aux impacts futurs (DCN, 2011), les projections indiquent, entre autres, › une élévation continue du niveau de la mer pouvant atteindre environ 0,81 m à l’horizon 2100 avec pour effets directs des inondations côtières et l’intrusion d’eaux salines dans les cours et nappes d’eau. Ce qui pourrait affecter les éta blissements humains, la santé, les activités de pêche ; › une diminution probable des écoulements des eaux de surface à l’horizon 2050 sur l’ensemble du bassin du fleuve Ouémé dans un scénario de diminu tion de pluies dans le nord du pays ; › un décalage des périodes de crue dans la portion béninoise du bassin du Niger, consécutive à une baisse sensible du régime pluviométrique à l’échelle saisonnière ; › une baisse des rendements du maïs dans certaines zones agro-écologiques ; › une baisse de la productivité des ressources halieutiques pouvant induire une baisse des prises et une raréfaction des denrées halieutiques au plan national. 291 Pôles régionaux de développement : Les disparités entre le milieu rural et le milieu urbain se sont accentuées, entrainant une faible participation de certaines régions à la production de la richesse nationale et, dans le même temps, une répartition inéquitable des fruits de la croissance. Pour améliorer cette situation, l’agenda spatial 2016-2030 épouse une approche de développement des terri toires qui rompt avec la logique essentiellement sectorielle et économique mise en œuvre jusqu’à présent. L’agenda spatial prévoit une dizaine de centres ur bains comme villes‐motrices devant structurer les pôles régionaux de développe ment. Il s’agit de : Abomey, Cotonou, Bohicon, Djougou, Kandi, Lokossa, Malanville, Natitingou, Parakou et Porto‐Novo. Six pôles régionaux ont été identifiés par le Bénin pour contribuer de façon significative au développement équilibré du terri toire national, à l’amélioration du niveau d’attractivité et de compétitivité des dif férents territoires. Il s’agit du : i) pôle régional de développement du Sud, entraîné par la ville de Cotonou, ii) pôle régional de développement du Sud‐Est, entraîné par la ville de Porto‐Novo ; iii) pôle régional de développement du Sud‐Ouest, entraîné par la ville de Lokossa ; iv) pôle régional de développement du centre, entraîné par le bipôle Abomey‐Bohicon ; v) pôle régional de développement du Nord‐Est, entraîné par Parakou et le bipôle Kandi‐Malanville et vi) pôle régional de développement du Nord‐Ouest, entraîné par le bipôle Djougou‐Natitingou. 292 Le Gouvernement a retenu dans son plan d’actions 2016–2021, sept (7) pôles de développement agricole et la promotion de six (6) filières agricoles phares : le coton, le maïs, le riz, l’ananas, le manioc et l’anacarde dans le but d’assurer l’équi libre régional, limiter l’exode massif des populations rurales vers les grands centres urbains et offrir des opportunités de création d’emplois à la base. Toutefois, cette orientation a besoin d’être précisée dans ses axes stratégiques et moyens de mise en œuvre en lien avec le développement des pôles régionaux de l’agenda spatial du Bénin. 293 Espaces frontaliers : la prise de conscience du déficit de capacité organisation nelle et technique de sécurisation des espaces frontaliers a conduit à la création de l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces, Frontaliers (ABeGIEF) avec pour principale mission de mettre en œuvre la politique nationale en matière de gestion intégrée des espaces frontaliers. Ainsi, depuis 2007, l’approche de gestion des espaces frontaliers adoptée par le gouvernement, vise à faire des zones fron talières, de véritables espaces de développement, de bon voisinage avec les pays limitrophes, espaces où les conditions de vie des populations sont nettement améliorées. 294 Gestion de la transhumance transfrontalière : encore sous exploité par les éle veurs béninois, le Bénin, grâce à ses grands espaces pastoraux et à son climat, reste une zone d’accueil attirante pour les éleveurs étrangers. La transhumance transfrontalière est vécue comme un véritable pillage des ressources naturelles alors qu’elle peut contribuer à intensifier le fonctionnement du marché béninois des produits de cette exploitation (cuirs, lait, viandes) et à la consommation des produits béninois. L’avenir de cette transhumance semble passer par une renégo ciation des conditions d’accès aux ressources naturelles, une mise en application des règles définies et de sanctions équitables. Dans l’ensemble, les éleveurs sont très faiblement représentés dans les instances de décisions et dans les débats pu P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 110 111 blics. Au Bénin, au sud des parcs, les récriminations et les déclarations de conflits viennent de toutes parts. Ils se traduisent sur le terrain par une multitude de « pe tits conflits ». Les agriculteurs reprochent essentiellement aux éleveurs les dégâts dans les champs, causés lors des pratiques de la conduite des troupeaux et qui sont jugées inhabituelles ou inadaptées à la région, telles que le gardiennage des troupeaux par des enfants et le pâturage nocturne. 2.4.2 – environnement et changement climatique : gouvernance peu SatiSfaiSante 295 Le Bénin est confronté à la dégradation de son environnement qui reste un problème récurrent. Cette situation est caractéristique du non-respect des lois, normes et standards auxquels il faut apporter une réponse adaptée. Cette dégra dation s’accentue dans un contexte où les changements climatiques deviennent un phénomène global qui affecte sans doute les modes de vie des sociétés à des niveaux et formes divers. 296 Les travaux réalisés dans le cadre de l’évaluation concertée de la vulnérabilité aux changements climatiques dans les zones géographiques les plus vulnérables du Bénin (PANA, 2008) ont permis d’établir les résultats suivants : › la sécheresse, les inondations et les pluies tardives et violentes constituent trois risques climatiques majeurs au Bénin ; › les vents violents et la chaleur excessive sont aussi deux risques climatiques pouvant prendre une grande importance dans certaines localités ; › l’élévation du niveau de la mer qui a une faible emprise géographique, mais capable de grands impacts économiques et sociaux. 297 Quant aux impacts futurs (DCN, 2011), les projections indiquent, entre autres, › une élévation continue du niveau de la mer pouvant atteindre environ 0,81 m à l’horizon 2100 avec pour effets directs des inondations côtières et l’intrusion d’eaux salines dans les cours et nappes d’eau. Ce qui pourrait affecter les éta blissements humains, la santé, les activités de pêche ; › une diminution probable des écoulements des eaux de surface à l’horizon 2050 sur l’ensemble du bassin du fleuve Ouémé dans un scénario de diminu tion de pluies dans le nord du pays ; › un décalage des périodes de crue dans la portion béninoise du bassin du Niger, consécutive à une baisse sensible du régime pluviométrique à l’échelle saisonnière ; › une baisse des rendements du maïs dans certaines zones agro-écologiques ; › une baisse de la productivité des ressources halieutiques pouvant induire une baisse des prises et une raréfaction des denrées halieutiques au plan national. 291 Pôles régionaux de développement : Les disparités entre le milieu rural et le milieu urbain se sont accentuées, entrainant une faible participation de certaines régions à la production de la richesse nationale et, dans le même temps, une répartition inéquitable des fruits de la croissance. Pour améliorer cette situation, l’agenda spatial 2016-2030 épouse une approche de développement des terri toires qui rompt avec la logique essentiellement sectorielle et économique mise en œuvre jusqu’à présent. L’agenda spatial prévoit une dizaine de centres ur bains comme villes‐motrices devant structurer les pôles régionaux de développe ment. Il s’agit de : Abomey, Cotonou, Bohicon, Djougou, Kandi, Lokossa, Malanville, Natitingou, Parakou et Porto‐Novo. Six pôles régionaux ont été identifiés par le Bénin pour contribuer de façon significative au développement équilibré du terri toire national, à l’amélioration du niveau d’attractivité et de compétitivité des dif férents territoires. Il s’agit du : i) pôle régional de développement du Sud, entraîné par la ville de Cotonou, ii) pôle régional de développement du Sud‐Est, entraîné par la ville de Porto‐Novo ; iii) pôle régional de développement du Sud‐Ouest, entraîné par la ville de Lokossa ; iv) pôle régional de développement du centre, entraîné par le bipôle Abomey‐Bohicon ; v) pôle régional de développement du Nord‐Est, entraîné par Parakou et le bipôle Kandi‐Malanville et vi) pôle régional de développement du Nord‐Ouest, entraîné par le bipôle Djougou‐Natitingou. 292 Le Gouvernement a retenu dans son plan d’actions 2016–2021, sept (7) pôles de développement agricole et la promotion de six (6) filières agricoles phares : le coton, le maïs, le riz, l’ananas, le manioc et l’anacarde dans le but d’assurer l’équi libre régional, limiter l’exode massif des populations rurales vers les grands centres urbains et offrir des opportunités de création d’emplois à la base. Toutefois, cette orientation a besoin d’être précisée dans ses axes stratégiques et moyens de mise en œuvre en lien avec le développement des pôles régionaux de l’agenda spatial du Bénin. 293 Espaces frontaliers : la prise de conscience du déficit de capacité organisation nelle et technique de sécurisation des espaces frontaliers a conduit à la création de l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces, Frontaliers (ABeGIEF) avec pour principale mission de mettre en œuvre la politique nationale en matière de gestion intégrée des espaces frontaliers. Ainsi, depuis 2007, l’approche de gestion des espaces frontaliers adoptée par le gouvernement, vise à faire des zones fron talières, de véritables espaces de développement, de bon voisinage avec les pays limitrophes, espaces où les conditions de vie des populations sont nettement améliorées. 294 Gestion de la transhumance transfrontalière : encore sous exploité par les éle veurs béninois, le Bénin, grâce à ses grands espaces pastoraux et à son climat, reste une zone d’accueil attirante pour les éleveurs étrangers. La transhumance transfrontalière est vécue comme un véritable pillage des ressources naturelles alors qu’elle peut contribuer à intensifier le fonctionnement du marché béninois des produits de cette exploitation (cuirs, lait, viandes) et à la consommation des produits béninois. L’avenir de cette transhumance semble passer par une renégo ciation des conditions d’accès aux ressources naturelles, une mise en application des règles définies et de sanctions équitables. Dans l’ensemble, les éleveurs sont très faiblement représentés dans les instances de décisions et dans les débats pu P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 112 113 ploitation, rendent l’agriculture béninoise particulièrement vulnérable aux chan gements et à la variabilité climatique. Selon les conclusions de la Conférence sur le climat avec des représentants de la société civile, des médias et de la sphère politique tenue à Cotonou (Bénin) en février 2012, avec une augmentation de température allant jusqu’à 2,5°C combinée avec moins de pluies, près de 60 % des populations pourraient souffrir de faim dans la partie septentrionale, et 25 à 30 %, dans la partie centrale du Bénin. 304 Dans les zones agro-écologiques du centre et du nord, i) les bassins versants, l’agriculture vivrière et les ressources en eau et ii) les petits exploitants agricoles, les maraîchers et exploitants agricoles émergeants, et les pêcheurs sont forte ment exposés aux risques climatiques. Au niveau des zones agro-écologiques du sud i), l’agriculture vivrière, les terres, les ressources en eau, la santé humaine, la biodiversité, et ii) les petits exploitants agricoles, les pêcheurs et les éleveurs sont plus exposés aux risques climatiques. 305 L’agriculture au Bénin étant essentiellement pluviale et extensive, dépend donc de la variabilité climatique et par extension des changements climatiques. Une analyse des rendements agricoles montre une baisse de la récolte de l’ordre de 3 à 18 % à l’horizon 2025 par rapport à la période actuelle, toutes cultures confon dues (CNIB-CC, 2001). Une baisse de la productivité des ressources halieutiques induit une baisse des prises et une raréfaction des denrées halieutiques au plan national. 306 Les apports intérieurs et extérieurs d’eau s’élèvent à environ 13,106 milliards de mètres cubes par an non compris les apports du fleuve Niger. Ces ressources en eau sont influencées par plusieurs facteurs : i) le comblement des cours d’eau, des lacs et lagunes ; ii) la dégradation anthropique de la qualité de l’eau ; iii) la modi fication du couvert végétal et iv) la modification de l’occupation du sol, y compris l’effet du ruissellement. 307 Les projections indiquent une diminution probable des écoulements de surface à l’horizon 2050-2100 sur l’ensemble du bassin du fleuve Ouémé dans un scénario de diminution des pluies dans le Nord Bénin. L’augmentation probable des précipita tions prévue au Nord et au Centre du pays pourrait être à l’origine de l’occurrence des hautes eaux dans le bassin de l’Ouémé. (Ahamidé et al, 2013). 308 L’élévation du niveau de la mer a un effet néfaste sur les établissements hu mains côtiers et a déjà détruit des hôtels, des habitations, des routes et des ré coltes. D’après une étude publiée en 2007 par un organisme britannique à but non-lucratif, l’International Institute for Environment and Development (IIED), l’érosion du littoral pourrait rayer de la carte les zones de Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et JAK, au Sud-Est du Bénin, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux. À cela, s’ajoute la disparition des écosystèmes naturels (mangrove) et des plantations (cocotiers). Ainsi, à Cotonou, plus de 400 mètres de terre ont déjà été englouties, par endroits, par la mer (Stratégie de développe ment à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques du Bénin, 2016-2025). 298 Le Bénin, à l’instar d’autres pays de l’Afrique, n’échappe pas aux effets des chan gements climatiques. En effet, il a été observé (McSweeney et al., 2008) une aug mentation de la température moyenne annuelle de 1,1˚C depuis 1960, avec un taux d’augmentation de 0,24˚C par décennie. Il faut noter que cette moyenne nationale cache bien des disparités zonales dans le pays. En outre, de récentes études (McSweeney et al, 2008, et Lawin et al., 2013) prédisent qu’à l’horizon 2050, les modèles prévoient une augmentation de l’ordre de 0.5°C pour le scéna rio le moins pessimiste, à 3°C pour le scénario le plus pessimiste. Si la pluviométrie annuelle reste stable au Sud, le Nord pourrait bénéficier d’un accroissement des pluies périodiques compris entre 3,3 et 3,8 %. Une concentration des pluies est également à envisager. À l’échelle saisonnière, une diminution des précipitations de mars à mai est à prévoir, ce qui est synonyme d’accroissement de la durée de la saison sèche. 299 Dégradation des terres : L’évaluation de l’état de dégradation des terres présente une situation très préoccupante au niveau national. En effet, il est estimé qu’envi ron 2,2 millions d’hectares de terres, soit 19% du territoire national, se sont dégra dés (Note Politique NDT, 2017). Cela correspond à un taux de dégradation de 220 000 hectares par an, résultant de : 300 L’érosion qui représentait en 2005 une perte annuelle de plus de 49 millions de tonnes de sols, tous les départements étant touchés, soit 13,7 millions de tonnes pour le Zou et les Collines ; 10 millions de tonnes pour le Mono et le Couffo ; 9,4 mil lions de tonnes pour l’Ouémé et le Plateau; 6,7 millions de tonnes pour le Borgou et l’Alibori ; 5,4 millions de tonnes pour l’Atlantique et 4 millions de tonnes pour le Littoral (Stratégie de développement à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques du Bénin, 2016 –2025) ; 301 Une dynamique négative de changement d’occupation des terres qui se traduit par la conversion massive des forêts, des savanes naturelles et des zones humides en terres de culture et en zones urbaines. Les superficies des forêts et des savanes au Bénin ont régressé respectivement de 21 % et de 15 %, correspondant à une perte totale d’environ 1,5 millions ha des superficies de ces deux formations végétales, notamment au profit des terres agricoles et des habitations. 302 La dégradation continue du couvert végétal, la baisse drastique de la productivité des écosystèmes, l’érosion des sols, le comblement des cours d’eau, et la défores tation constituent les conséquences de l’exploitation des ressources naturelles. Les chiffres existants feraient état d’un recul de la forêt et du couvert végétal au rythme annuel moyen de 1 000 km² et de la dégradation des terres dans les huit zones agro-écologiques du Bénin (PSI/GDT, 2012). 303 Effets sur le secteur agricole et les ressources en eau : Le secteur productif agri cole est caractérisé par la prédominance de petites exploitations agricoles et fait état de sa vulnérabilité au changement et à la variabilité climatiques (PSRSA/PNIA, 2010-2015). La relative petite taille des exploitations, leur grande dépendance quasi complète à la pluviométrie, ainsi que les modes encore rudimentaires d’ex P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 112 113 ploitation, rendent l’agriculture béninoise particulièrement vulnérable aux chan gements et à la variabilité climatique. Selon les conclusions de la Conférence sur le climat avec des représentants de la société civile, des médias et de la sphère politique tenue à Cotonou (Bénin) en février 2012, avec une augmentation de température allant jusqu’à 2,5°C combinée avec moins de pluies, près de 60 % des populations pourraient souffrir de faim dans la partie septentrionale, et 25 à 30 %, dans la partie centrale du Bénin. 304 Dans les zones agro-écologiques du centre et du nord, i) les bassins versants, l’agriculture vivrière et les ressources en eau et ii) les petits exploitants agricoles, les maraîchers et exploitants agricoles émergeants, et les pêcheurs sont forte ment exposés aux risques climatiques. Au niveau des zones agro-écologiques du sud i), l’agriculture vivrière, les terres, les ressources en eau, la santé humaine, la biodiversité, et ii) les petits exploitants agricoles, les pêcheurs et les éleveurs sont plus exposés aux risques climatiques. 305 L’agriculture au Bénin étant essentiellement pluviale et extensive, dépend donc de la variabilité climatique et par extension des changements climatiques. Une analyse des rendements agricoles montre une baisse de la récolte de l’ordre de 3 à 18 % à l’horizon 2025 par rapport à la période actuelle, toutes cultures confon dues (CNIB-CC, 2001). Une baisse de la productivité des ressources halieutiques induit une baisse des prises et une raréfaction des denrées halieutiques au plan national. 306 Les apports intérieurs et extérieurs d’eau s’élèvent à environ 13,106 milliards de mètres cubes par an non compris les apports du fleuve Niger. Ces ressources en eau sont influencées par plusieurs facteurs : i) le comblement des cours d’eau, des lacs et lagunes ; ii) la dégradation anthropique de la qualité de l’eau ; iii) la modi fication du couvert végétal et iv) la modification de l’occupation du sol, y compris l’effet du ruissellement. 307 Les projections indiquent une diminution probable des écoulements de surface à l’horizon 2050-2100 sur l’ensemble du bassin du fleuve Ouémé dans un scénario de diminution des pluies dans le Nord Bénin. L’augmentation probable des précipita tions prévue au Nord et au Centre du pays pourrait être à l’origine de l’occurrence des hautes eaux dans le bassin de l’Ouémé. (Ahamidé et al, 2013). 308 L’élévation du niveau de la mer a un effet néfaste sur les établissements hu mains côtiers et a déjà détruit des hôtels, des habitations, des routes et des ré coltes. D’après une étude publiée en 2007 par un organisme britannique à but non-lucratif, l’International Institute for Environment and Development (IIED), l’érosion du littoral pourrait rayer de la carte les zones de Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et JAK, au Sud-Est du Bénin, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux. À cela, s’ajoute la disparition des écosystèmes naturels (mangrove) et des plantations (cocotiers). Ainsi, à Cotonou, plus de 400 mètres de terre ont déjà été englouties, par endroits, par la mer (Stratégie de développe ment à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques du Bénin, 2016-2025). 298 Le Bénin, à l’instar d’autres pays de l’Afrique, n’échappe pas aux effets des chan gements climatiques. En effet, il a été observé (McSweeney et al., 2008) une aug mentation de la température moyenne annuelle de 1,1˚C depuis 1960, avec un taux d’augmentation de 0,24˚C par décennie. Il faut noter que cette moyenne nationale cache bien des disparités zonales dans le pays. En outre, de récentes études (McSweeney et al, 2008, et Lawin et al., 2013) prédisent qu’à l’horizon 2050, les modèles prévoient une augmentation de l’ordre de 0.5°C pour le scéna rio le moins pessimiste, à 3°C pour le scénario le plus pessimiste. Si la pluviométrie annuelle reste stable au Sud, le Nord pourrait bénéficier d’un accroissement des pluies périodiques compris entre 3,3 et 3,8 %. Une concentration des pluies est également à envisager. À l’échelle saisonnière, une diminution des précipitations de mars à mai est à prévoir, ce qui est synonyme d’accroissement de la durée de la saison sèche. 299 Dégradation des terres : L’évaluation de l’état de dégradation des terres présente une situation très préoccupante au niveau national. En effet, il est estimé qu’envi ron 2,2 millions d’hectares de terres, soit 19% du territoire national, se sont dégra dés (Note Politique NDT, 2017). Cela correspond à un taux de dégradation de 220 000 hectares par an, résultant de : 300 L’érosion qui représentait en 2005 une perte annuelle de plus de 49 millions de tonnes de sols, tous les départements étant touchés, soit 13,7 millions de tonnes pour le Zou et les Collines ; 10 millions de tonnes pour le Mono et le Couffo ; 9,4 mil lions de tonnes pour l’Ouémé et le Plateau; 6,7 millions de tonnes pour le Borgou et l’Alibori ; 5,4 millions de tonnes pour l’Atlantique et 4 millions de tonnes pour le Littoral (Stratégie de développement à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques du Bénin, 2016 –2025) ; 301 Une dynamique négative de changement d’occupation des terres qui se traduit par la conversion massive des forêts, des savanes naturelles et des zones humides en terres de culture et en zones urbaines. Les superficies des forêts et des savanes au Bénin ont régressé respectivement de 21 % et de 15 %, correspondant à une perte totale d’environ 1,5 millions ha des superficies de ces deux formations végétales, notamment au profit des terres agricoles et des habitations. 302 La dégradation continue du couvert végétal, la baisse drastique de la productivité des écosystèmes, l’érosion des sols, le comblement des cours d’eau, et la défores tation constituent les conséquences de l’exploitation des ressources naturelles. Les chiffres existants feraient état d’un recul de la forêt et du couvert végétal au rythme annuel moyen de 1 000 km² et de la dégradation des terres dans les huit zones agro-écologiques du Bénin (PSI/GDT, 2012). 303 Effets sur le secteur agricole et les ressources en eau : Le secteur productif agri cole est caractérisé par la prédominance de petites exploitations agricoles et fait état de sa vulnérabilité au changement et à la variabilité climatiques (PSRSA/PNIA, 2010-2015). La relative petite taille des exploitations, leur grande dépendance quasi complète à la pluviométrie, ainsi que les modes encore rudimentaires d’ex P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 114 115 312 Le Bénin a mis en œuvre au niveau décentralisé, l’initiative Local Climate Adaptive Living facility et sur le plan national, le Projet « Renforcement de l’Information sur le climat et le système d’alerte précoce en Afrique pour un développement résilient au climat et adaptation aux changements climatiques » dénommé SAP Bénin. De même, une stratégie de développement sobre en carbone et résilient aux changements climatiques a été conçue et mise en œuvre ; il en est de même de son programme de préparation à l’opérationnalisation du Fonds Vert pour le Climat. En outre, le Bénin transforme ses « Contributions Prévues et Déterminées au Niveau National (CPDN) » présentées à la COP21 en « Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) » comme l’a recommandé l’Accord de Paris de 2015. 313 Atténuation : Le Bénin a pris des engagements au titre de l’Accord de Paris pour contribuer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre de l’ordre de 16,17 % d’ici 2030. 314 En effet, les émissions totales des GES du Bénin s’établissent à environ 14,1 Méga tonne Equivalent-CO2 (Mt E-CO2), soit environ 1,5 tonne E-CO2 par habitant en 2012, secteur Utilisation des Terres, Changements d’Affectation des Terres et Foresterie (UTCATF) exclu. Ces émissions proviennent des secteurs de l’énergie (47,4 %), de l’agriculture (45,9 %), des déchets (5,0 %) et des procédés industriels (1,6 %). 315 En tenant compte du secteur UTCATF, le bilan des émissions (14,9 Mt E-CO2) et des absorptions (50,3 Mt CO2) de GES montre que le Bénin est globalement un puits de GES avec une capacité d’absorption nette de 35,4 Mt CO2 en 2012, c’est à-dire que ses émissions de GES sont largement compensées par l’absorption du CO2 au niveau de son couvert forestier. Quoique le Bénin demeure un puits, sa ca pacité de séquestration du carbone est en régression, passant de (52,0) Mt E-CO2 en 1995 à (41,3) Mt E-CO2 en 2005, soit une diminution de 20,6 %, et à (35,4) Mt E-CO2 en 2012, soit une diminution de 32,0 %. 316 Gestion des risques et catastrophes : Au cours des deux dernières décennies, le Bénin a été marqué par la survenance plus fréquente de catastrophes hydro climatiques. Les catastrophes se manifestent par des cycles de sécheresse et/ou d’inondation affectant la production et la vie des communautés. On peut aussi compter les catastrophes provenant des activités des hommes (production, ex ploitation des ressources, industries, ...) et des calamités. 317 Dans le domaine de la gestion des crises et catastrophes naturelles, le Bénin dispose : au niveau stratégique, d’une Déclaration de Politique Nationale d’Amé nagement du Territoire (DEPONAT), et au niveau opérationnel, d’une Plateforme Nationale de Gestion de Catastrophes, d’un Plan d’Actions Environnemental (PAE), d’un Plan National de Lutte contre la Désertification (PAN-LCD), d’un Plan de Contingence National (PCN) et de 36 plans de contingence des communes (PCC). À ceux-ci, s’ajoutent des plans : de riposte contre les pandémies, de lutte contre les épidémies animales (virus) de type H1N1, de coopération civilo-mili taire pour la réponse en cas de catastrophe, et d’Organisation de la Réponse de Sécurité Civile (ORSEC). La réelle difficulté réside dans la mise en application de 309 Cette élévation du niveau de la mer pourrait, entre autres, avoir comme effets di rects, des inondations côtières et l’intrusion d’eaux salines dans les cours et nappes d’eau. Ces effets peuvent affecter les établissements humains, les infrastructures publiques, les activités de pêche et autres activités économiques le long de la côte, les caractéristiques physico-chimiques des eaux intérieures (fleuves Ouémé et Mono, lac Nokoué, etc.) et la biodiversité des écosystèmes du littoral. 2.4.3 – adaptation/attÉnuation deS territoireS aux changementS climatiqueS : acquiS et progrèS à conSolider 310 L’état des lieux de la mise en œuvre des actions de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques montre que le Bénin a un engagement politique manifeste. En effet, le Bénin a signé et ratifié la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, le protocole de Kyoto, la Convention de lutte contre la désertification, la Convention sur la diversité biologique, l’Accord de Paris. Le Bénin dispose d’un Comité National sur les Changements Climatiques (CNCC), qui subit actuellement une réforme pour de meilleures performances, mais aussi d’une Autorité Nationale désignée du Mécanisme pour un Développement Propre (AND-MDP). Sur le plan de la finance climatique, le Bénin a créé le Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC) accrédité pour le Fonds d’adaptation au changement climatique ; son accréditation pour le Fonds Vert pour le Climat est en cours. Par ailleurs, une Commission de Modélisation des Impacts Économiques du Climat et de l’Intégration des Changements Climatiques dans le Budget Général de l’État (CMEICB) est créée et est opérationnelle. Adaptation : En tant que Pays Moins Avancé, le Bénin a élaboré depuis 2008, son Programme d’Action National aux fins de l’Adaptation aux changements qui comporte cinq mesures prioritaires : i) agriculture et sécurité alimentaire ; ii) énergie biomasse ; iii) mobilisation des res sources en eau ; iv) protection des enfants de moins de 5 ans et des femmes en ceintes contre le paludisme et v) protection de la zone côtière face à l’élévation du niveau de la mer. Malgré l’urgence de ces mesures, seules les deux premières ont pu avoir de financement de la part du Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour le Développement. Actuellement, le Bénin est dans la phase de l’élaboration de son Plan National d’Adaptation aux change ments climatiques qui vise des actions à moyen et long termes. 311 Plusieurs stratégies, programmes et projets sont initiés. Le Bénin a élaboré sa première et sa deuxième communication nationale sur les changements clima tiques ; la troisième est en cours d’élaboration. De même, le Bénin a élaboré i) sa stratégie nationale de mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ; ii) sa stratégie nationale de renforcement des ressources humaines, de l’apprentissage et du développement des compétences pour favoriser un développement vert, faible en émissions et résilient aux change ments climatiques (en cours d’adoption). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 114 115 312 Le Bénin a mis en œuvre au niveau décentralisé, l’initiative Local Climate Adaptive Living facility et sur le plan national, le Projet « Renforcement de l’Information sur le climat et le système d’alerte précoce en Afrique pour un développement résilient au climat et adaptation aux changements climatiques » dénommé SAP Bénin. De même, une stratégie de développement sobre en carbone et résilient aux changements climatiques a été conçue et mise en œuvre ; il en est de même de son programme de préparation à l’opérationnalisation du Fonds Vert pour le Climat. En outre, le Bénin transforme ses « Contributions Prévues et Déterminées au Niveau National (CPDN) » présentées à la COP21 en « Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) » comme l’a recommandé l’Accord de Paris de 2015. 313 Atténuation : Le Bénin a pris des engagements au titre de l’Accord de Paris pour contribuer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre de l’ordre de 16,17 % d’ici 2030. 314 En effet, les émissions totales des GES du Bénin s’établissent à environ 14,1 Méga tonne Equivalent-CO2 (Mt E-CO2), soit environ 1,5 tonne E-CO2 par habitant en 2012, secteur Utilisation des Terres, Changements d’Affectation des Terres et Foresterie (UTCATF) exclu. Ces émissions proviennent des secteurs de l’énergie (47,4 %), de l’agriculture (45,9 %), des déchets (5,0 %) et des procédés industriels (1,6 %). 315 En tenant compte du secteur UTCATF, le bilan des émissions (14,9 Mt E-CO2) et des absorptions (50,3 Mt CO2) de GES montre que le Bénin est globalement un puits de GES avec une capacité d’absorption nette de 35,4 Mt CO2 en 2012, c’est à-dire que ses émissions de GES sont largement compensées par l’absorption du CO2 au niveau de son couvert forestier. Quoique le Bénin demeure un puits, sa ca pacité de séquestration du carbone est en régression, passant de (52,0) Mt E-CO2 en 1995 à (41,3) Mt E-CO2 en 2005, soit une diminution de 20,6 %, et à (35,4) Mt E-CO2 en 2012, soit une diminution de 32,0 %. 316 Gestion des risques et catastrophes : Au cours des deux dernières décennies, le Bénin a été marqué par la survenance plus fréquente de catastrophes hydro climatiques. Les catastrophes se manifestent par des cycles de sécheresse et/ou d’inondation affectant la production et la vie des communautés. On peut aussi compter les catastrophes provenant des activités des hommes (production, ex ploitation des ressources, industries, ...) et des calamités. 317 Dans le domaine de la gestion des crises et catastrophes naturelles, le Bénin dispose : au niveau stratégique, d’une Déclaration de Politique Nationale d’Amé nagement du Territoire (DEPONAT), et au niveau opérationnel, d’une Plateforme Nationale de Gestion de Catastrophes, d’un Plan d’Actions Environnemental (PAE), d’un Plan National de Lutte contre la Désertification (PAN-LCD), d’un Plan de Contingence National (PCN) et de 36 plans de contingence des communes (PCC). À ceux-ci, s’ajoutent des plans : de riposte contre les pandémies, de lutte contre les épidémies animales (virus) de type H1N1, de coopération civilo-mili taire pour la réponse en cas de catastrophe, et d’Organisation de la Réponse de Sécurité Civile (ORSEC). La réelle difficulté réside dans la mise en application de 309 Cette élévation du niveau de la mer pourrait, entre autres, avoir comme effets di rects, des inondations côtières et l’intrusion d’eaux salines dans les cours et nappes d’eau. Ces effets peuvent affecter les établissements humains, les infrastructures publiques, les activités de pêche et autres activités économiques le long de la côte, les caractéristiques physico-chimiques des eaux intérieures (fleuves Ouémé et Mono, lac Nokoué, etc.) et la biodiversité des écosystèmes du littoral. 2.4.3 – adaptation/attÉnuation deS territoireS aux changementS climatiqueS : acquiS et progrèS à conSolider 310 L’état des lieux de la mise en œuvre des actions de lutte contre les effets néfastes des changements climatiques montre que le Bénin a un engagement politique manifeste. En effet, le Bénin a signé et ratifié la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, le protocole de Kyoto, la Convention de lutte contre la désertification, la Convention sur la diversité biologique, l’Accord de Paris. Le Bénin dispose d’un Comité National sur les Changements Climatiques (CNCC), qui subit actuellement une réforme pour de meilleures performances, mais aussi d’une Autorité Nationale désignée du Mécanisme pour un Développement Propre (AND-MDP). Sur le plan de la finance climatique, le Bénin a créé le Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC) accrédité pour le Fonds d’adaptation au changement climatique ; son accréditation pour le Fonds Vert pour le Climat est en cours. Par ailleurs, une Commission de Modélisation des Impacts Économiques du Climat et de l’Intégration des Changements Climatiques dans le Budget Général de l’État (CMEICB) est créée et est opérationnelle. Adaptation : En tant que Pays Moins Avancé, le Bénin a élaboré depuis 2008, son Programme d’Action National aux fins de l’Adaptation aux changements qui comporte cinq mesures prioritaires : i) agriculture et sécurité alimentaire ; ii) énergie biomasse ; iii) mobilisation des res sources en eau ; iv) protection des enfants de moins de 5 ans et des femmes en ceintes contre le paludisme et v) protection de la zone côtière face à l’élévation du niveau de la mer. Malgré l’urgence de ces mesures, seules les deux premières ont pu avoir de financement de la part du Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour le Développement. Actuellement, le Bénin est dans la phase de l’élaboration de son Plan National d’Adaptation aux change ments climatiques qui vise des actions à moyen et long termes. 311 Plusieurs stratégies, programmes et projets sont initiés. Le Bénin a élaboré sa première et sa deuxième communication nationale sur les changements clima tiques ; la troisième est en cours d’élaboration. De même, le Bénin a élaboré i) sa stratégie nationale de mise en œuvre de la Convention cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ; ii) sa stratégie nationale de renforcement des ressources humaines, de l’apprentissage et du développement des compétences pour favoriser un développement vert, faible en émissions et résilient aux change ments climatiques (en cours d’adoption). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 116 117 favorise le développement des filières de récupération et de recyclage. La caracté risation des déchets solides ménagers a été réalisée en 1997 par Dessau Soprin et par le PGDSM en 2002. Pour ce qui est de la ville de Cotonou, BLALOGOE (2004) caractérise les déchets comme suit : 56,8 % de matières organiques (papier et car ton, tissu, bois, métaux, verre, cuir) ; 31,0 % de sables et matériaux inertes ; 4,4 % pour les plastiques et les autres. 322 Gestion des déchets industriels ou déchets dangereux : face à la multitude d’entreprises informelles, il est difficile d’évaluer de manière qualitative et quan titative le volume de déchets produits quotidiennement par le secteur privé au Bénin. 323 Malgré les connaissances en la matière et l’adhésion du Bénin à de nombreuses conventions internationales y relatives, la gestion des déchets industriels ou dange reux, notamment leur prévention et leur réduction, reste au niveau des intentions. Elle requiert une organisation de la filière, une formation des agents impliqués, une volonté politique affichée des décideurs au plus haut niveau et un programme d’activités bien établi et mieux financé. Pourtant, selon les dispositions interna tionales et la Loi-cadre sur l’environnement, les déchets dangereux ne peuvent être traités en vue de leur élimination ou valorisation que dans des installations autorisées par les ministres chargés de l’Environnement et de la Santé. Les établis sements et entreprises qui produisent, détiennent, transportent ou gèrent des dé chets dangereux sont tenus de communiquer périodiquement au ministère char gé de l’Environnement toutes les informations sur les déchets qu’ils produisent, exportent ou gèrent, sur leurs origines, leurs quantités, leurs caractéristiques, leurs destinations et le mode de leur gestion. 324 L’absence de moyens adéquats et de personnels appropriés ne permet pas à l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE), administration compétente, d’ef fectuer des opérations d’inspections régulières ou inopinées des lieux de produc tion, de stockage et/ou de traitement de ces déchets par les entreprises concer nées. 325 Par ailleurs, il existe une absence de contrôle de l’importation, de l’exportation et du transit des déchets dangereux au Bénin. L’autorisation de l’une ou l’autre de ces activités devra être soumise à l’autorisation du Ministre chargé de l’Environne ment dans les conditions prévues par les textes en vigueur en la matière. 326 Les activités de valorisation des déchets par le tri, le recyclage, la réutilisation et le compostage sont très peu développées au Bénin, alors qu’elles constituent des modes d’élimination à la source et de valorisation des déchets. Le principe de pollueur-payeur est un mécanisme réglementaire de financement des activités de gestion des déchets solides, mais mal opérationnalisé au Bénin. 327 Gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques : au Bénin, environ 20 % des déchets hospitaliers sont fortement contaminants et peuvent se révéler sources de risques et de nuisances majeures parmi lesquels on peut retenir les ces stratégies et le respect de ces différents textes par les populations et les autres parties prenantes. 318 Malgré la mise en place d’un système d’alerte national pour les inondations, la prévention et la gestion des risques liés aux calendriers agricoles et aux agressions phytosanitaires de même que la maîtrise de la dynamique hydrologique et des charges des plans d’eau et du milieu marin demeurent des défis face aux moyens limités de l’État. 2.4.4 – geStion difficile deS dÉchetS : inSaluBritÉ urBaine grandiSSante et pollution de toute nature poSant deS proBlèmeS de SantÉ puBlique 319 Gestion des déchets ménagers : dans le cadre de la décentralisation au Bénin, les mairies se sont vues attribuer la responsabilité de la gestion des déchets, no tamment « la collecte et le traitement des déchets solides autres que les déchets industriels et la collecte et le traitement des déchets liquides » (article 93 de la Loi 97-29 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin). Pourtant, la plupart d’entre elles ne disposent ni de l’expertise ni des moyens nécessaires pour s’acquitter de ces nouvelles responsabilités. Aussi note t-on une implication des acteurs gouvernementaux dans le secteur de l’assainis sement et de la gestion des déchets solides. L’appui technique et l’encadrement escomptés ne sont pas perceptibles sur le terrain et on note une absence de décharge municipale aménagée. C’est dans ce contexte que le Projet de gestion des déchets solides ménagers (PGDSM) vient en appui aux mairies de Cotonou et de Ouidah, afin de les aider à développer l’expertise et le savoir-faire néces saires. Grâce à l’appui de la société civile, représentée par différentes ONG de pré collecte, de récupération et de compostage, un système de gestion efficace des déchets solides ménagers est en train de se mettre en place. 320 Importance des femmes dans la gestion des déchets : dans ce paysage, les femmes jouent un rôle primordial et constituent un maillon fort du dispositif. Elles sont actives à trois niveaux : › aspect environnemental : en les récupérant, les femmes sauvent quotidienne ment environ 7 tonnes de déchets des chemins de l’enfouissement ; › aspect économique : les femmes gagnent leur vie en gérant une micro-entre prise ; › aspect social : les femmes contribuent à l’éducation pour une hygiène publique adéquate, mais aussi et surtout à la mise en œuvre de la politique de santé publique pour un cadre de vie sain. 321 La nature et le volume des déchets solides ménagers produits dans les villes du Bénin sont mal maîtrisés pour une meilleure gestion des déchets. Ce qui hypo thèque le choix de la technologie de valorisation des déchets pré-collectés et P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 116 117 favorise le développement des filières de récupération et de recyclage. La caracté risation des déchets solides ménagers a été réalisée en 1997 par Dessau Soprin et par le PGDSM en 2002. Pour ce qui est de la ville de Cotonou, BLALOGOE (2004) caractérise les déchets comme suit : 56,8 % de matières organiques (papier et car ton, tissu, bois, métaux, verre, cuir) ; 31,0 % de sables et matériaux inertes ; 4,4 % pour les plastiques et les autres. 322 Gestion des déchets industriels ou déchets dangereux : face à la multitude d’entreprises informelles, il est difficile d’évaluer de manière qualitative et quan titative le volume de déchets produits quotidiennement par le secteur privé au Bénin. 323 Malgré les connaissances en la matière et l’adhésion du Bénin à de nombreuses conventions internationales y relatives, la gestion des déchets industriels ou dange reux, notamment leur prévention et leur réduction, reste au niveau des intentions. Elle requiert une organisation de la filière, une formation des agents impliqués, une volonté politique affichée des décideurs au plus haut niveau et un programme d’activités bien établi et mieux financé. Pourtant, selon les dispositions interna tionales et la Loi-cadre sur l’environnement, les déchets dangereux ne peuvent être traités en vue de leur élimination ou valorisation que dans des installations autorisées par les ministres chargés de l’Environnement et de la Santé. Les établis sements et entreprises qui produisent, détiennent, transportent ou gèrent des dé chets dangereux sont tenus de communiquer périodiquement au ministère char gé de l’Environnement toutes les informations sur les déchets qu’ils produisent, exportent ou gèrent, sur leurs origines, leurs quantités, leurs caractéristiques, leurs destinations et le mode de leur gestion. 324 L’absence de moyens adéquats et de personnels appropriés ne permet pas à l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE), administration compétente, d’ef fectuer des opérations d’inspections régulières ou inopinées des lieux de produc tion, de stockage et/ou de traitement de ces déchets par les entreprises concer nées. 325 Par ailleurs, il existe une absence de contrôle de l’importation, de l’exportation et du transit des déchets dangereux au Bénin. L’autorisation de l’une ou l’autre de ces activités devra être soumise à l’autorisation du Ministre chargé de l’Environne ment dans les conditions prévues par les textes en vigueur en la matière. 326 Les activités de valorisation des déchets par le tri, le recyclage, la réutilisation et le compostage sont très peu développées au Bénin, alors qu’elles constituent des modes d’élimination à la source et de valorisation des déchets. Le principe de pollueur-payeur est un mécanisme réglementaire de financement des activités de gestion des déchets solides, mais mal opérationnalisé au Bénin. 327 Gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques : au Bénin, environ 20 % des déchets hospitaliers sont fortement contaminants et peuvent se révéler sources de risques et de nuisances majeures parmi lesquels on peut retenir les ces stratégies et le respect de ces différents textes par les populations et les autres parties prenantes. 318 Malgré la mise en place d’un système d’alerte national pour les inondations, la prévention et la gestion des risques liés aux calendriers agricoles et aux agressions phytosanitaires de même que la maîtrise de la dynamique hydrologique et des charges des plans d’eau et du milieu marin demeurent des défis face aux moyens limités de l’État. 2.4.4 – geStion difficile deS dÉchetS : inSaluBritÉ urBaine grandiSSante et pollution de toute nature poSant deS proBlèmeS de SantÉ puBlique 319 Gestion des déchets ménagers : dans le cadre de la décentralisation au Bénin, les mairies se sont vues attribuer la responsabilité de la gestion des déchets, no tamment « la collecte et le traitement des déchets solides autres que les déchets industriels et la collecte et le traitement des déchets liquides » (article 93 de la Loi 97-29 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin). Pourtant, la plupart d’entre elles ne disposent ni de l’expertise ni des moyens nécessaires pour s’acquitter de ces nouvelles responsabilités. Aussi note t-on une implication des acteurs gouvernementaux dans le secteur de l’assainis sement et de la gestion des déchets solides. L’appui technique et l’encadrement escomptés ne sont pas perceptibles sur le terrain et on note une absence de décharge municipale aménagée. C’est dans ce contexte que le Projet de gestion des déchets solides ménagers (PGDSM) vient en appui aux mairies de Cotonou et de Ouidah, afin de les aider à développer l’expertise et le savoir-faire néces saires. Grâce à l’appui de la société civile, représentée par différentes ONG de pré collecte, de récupération et de compostage, un système de gestion efficace des déchets solides ménagers est en train de se mettre en place. 320 Importance des femmes dans la gestion des déchets : dans ce paysage, les femmes jouent un rôle primordial et constituent un maillon fort du dispositif. Elles sont actives à trois niveaux : › aspect environnemental : en les récupérant, les femmes sauvent quotidienne ment environ 7 tonnes de déchets des chemins de l’enfouissement ; › aspect économique : les femmes gagnent leur vie en gérant une micro-entre prise ; › aspect social : les femmes contribuent à l’éducation pour une hygiène publique adéquate, mais aussi et surtout à la mise en œuvre de la politique de santé publique pour un cadre de vie sain. 321 La nature et le volume des déchets solides ménagers produits dans les villes du Bénin sont mal maîtrisés pour une meilleure gestion des déchets. Ce qui hypo thèque le choix de la technologie de valorisation des déchets pré-collectés et P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 118 119 330 La biodiversité de façon générale et la foresterie en particulier, revêtent une im portance capitale pour les ménages béninois, qu’ils soient ruraux ou urbains. En effet, en dépit du manque de chiffres précis, l’étude sur la contribution du secteur forestier à l’économie nationale réalisée en 2009 avec l’appui du Programme de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles (ProCGRN) a révélé que le secteur forestier contribuerait à 6,64 % au PIB national (contre moins de 2,8 % souvent indiqué dans les documents officiels ou nationaux). Cette estimation n’a pris en compte que les filières bois-énergie et anacarde. À preuve, le secteur fores tier notamment la filière bois-énergie emploie 200 000 personnes et embrasse un chiffre d’affaires de près de sept milliards de FCFA par an (DGFRN, 2010). 331 En outre, les services rendus par les écosystèmes, comme la protection des bas sins hydrographiques, la lutte contre les ravageurs, le recyclage des nutriments et la pollinisation, entretiennent la productivité des écosystèmes agricoles au Bénin. En sus de toutes ces actions énumérées, les espèces végétales et les sols des éco systèmes liés à l’eau, comme les forêts et les zones humides, jouent un rôle déter minant dans la rétention et la purification de l’eau. De 2004 à 2011, la produc tion halieutique moyenne est de 39 032 tonnes/an et la consommation nationale moyenne de poisson est de 104 905 tonnes/an. 332 Ressources forestières en dégradation : la faune des formations végétales oc cupe une place de choix dans la promotion de l’écotourisme. Les habitats, diver sifiés du Sud au Nord, expliquent la variété des espèces qu’on y rencontre. La carte de végétation établie par le Centre National de Télédétection (CENATEL) et qui couvre la frange du Territoire National comprise entre la zone du village Akassato à partir du parallèle 6°30 de latitude Nord et du fleuve Niger indique que les formations végétales (forêts naturelles, plantations, mosaïques de cultures et jachères y comprises) identifiées, sont évaluées à 10 983 415 ha. 333 Le Bénin a un couvert végétal modéré, établi sur environ 7,67 millions d’hectares soit 68,08 % de la superficie du territoire national (Données IGN, 2007). L’ensemble des formations végétales comprenant formations agricoles et forestières atteint 99,33 % du territoire. Les formations forestières sont constituées d’un vaste ré seau d’aires protégées établies sur 2,7 millions d’hectares, soit 19 % du territoire national (cf. figures ci-dessous), et comprenant 44 forêts classées (1 292 543 ha) ; 7 périmètres de reboisement (4 162 ha), deux parcs nationaux (777 050 ha) et 02 réserves de faune (580 000 ha). On y dénombre aussi 2 940 forêts sacrées de diverses tailles, totalisant 18 360 hectares, soit 0,16 % du territoire national. Les plantations, dominées par les propriétés privées occupent environ 223 521 ha soit 1,98 % de la superficie du territoire national. Elles sont généralement composées des anacarderaies dans le Centre et le Nord ; des teckeraies, plantations de gme lina et d’acacia auriculiformis un peu partout, et des palmeraies dans la zone mé ridionale. On estime à plus de 60 000 ha, la superficie reboisée en teck dont près de 21 000 ha de plantations domaniales sous aménagement (FAO, 2010) ; plus de 90 000 ha de palmeraies dont 29 125 ha de palmeraies industrielles de l’État. infections nosocomiales et la pollution de l’environnement. Il en est de même des maladies graves d’origine virale ou bactérienne causées par les déchets médi caux et pharmaceutiques, telles que le SIDA, les hépatites B et C, les gastro-enté rites et les infections respiratoires, sanguines et générales. Ainsi, tout en attirant l’attention sur le fait que ces déchets ont un effet désastreux sur l’environnement par la pollution du sol, de l’eau et de l’air, il importe de préciser la nécessité de la gestion intra-hospitalière des déchets médicaux et pharmaceutiques par les modalités de tri, de conditionnement, de collecte et d’entreposage. Il faut noter qu’il n’y a presque pas de données sur les déchets biomédicaux (DBM) ; sur les programmes adéquats et permanants de sensibilisation et de formation au profit des responsables sanitaires, des administrateurs d’hôpitaux, du personnel médi cal et les agents chargés de la santé et de l’environnement sur la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques. Par ailleurs, on note un laxisme du cadre juridique de la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques au Bénin pour combler notamment le vide juridique encore existant en la matière. Pourtant, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une gestion adéquate de ces déchets nécessiterait : i) une réglementation adéquate ; ii) une politique d’hygiène appropriée ; iii) des moyens humains, matériels et financiers suffisants et iv) du personnel formé. Une loi vient d’être adoptée pour l’interdiction des sachets et plastiques à usage unique. 2.4.5 – geStion de la BiodiverSitÉ, forêt et reSSourceS fauniqueS : progrèS rÉelS nÉceSSitant conSolidation et maSSification 328 Gestion de la biodiversité : actuellement, le Bénin dispose essentiellement de trois catégories d’aires protégées. Il s’agit des réserves de biosphère, des forêts sacrées et des forêts classées. Il existe également des forêts communautaires ou privées mises en défens ainsi que des arboretums. La flore du Bénin est riche de 2 807 espèces de plantes avec une couverture forestière estimée à 4 561 000 ha (soit 47 % du territoire en 2010) (FAO, 2011). Le taux de régression annuel passant de -1,3 % (1990-2000) à -1,0 % (2000-2010), témoigne des efforts de l’État béninois à freiner la dégradation du couvert végétal surtout à partir des plantations. Les investigations sur la faune font état de plusieurs espèces menacées dont certaines sont signalées éteintes au Bénin. Ainsi, selon la nouvelle liste rouge établie en 2011, on dénombre 2 espèces d’amphibiens menacées de disparition, 15 espèces de reptiles, 45 espèces d’oiseaux et 49 espèces de mammifères (Cinquième rapport du Bénin sur la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, 2014). 329 Le Bénin a une biodiversité très riche mais qui est en proie à de nombreuses me naces qui sont essentiellement anthropiques : la déforestation, les feux de brousse, la pollution des eaux, le braconnage, l’introduction des espèces exotiques enva hissantes, le surpâturage, la surexploitation de la flore et de la faune terrestres et aquatiques liées aux activités de développement, etc. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 118 119 330 La biodiversité de façon générale et la foresterie en particulier, revêtent une im portance capitale pour les ménages béninois, qu’ils soient ruraux ou urbains. En effet, en dépit du manque de chiffres précis, l’étude sur la contribution du secteur forestier à l’économie nationale réalisée en 2009 avec l’appui du Programme de Conservation et de Gestion des Ressources Naturelles (ProCGRN) a révélé que le secteur forestier contribuerait à 6,64 % au PIB national (contre moins de 2,8 % souvent indiqué dans les documents officiels ou nationaux). Cette estimation n’a pris en compte que les filières bois-énergie et anacarde. À preuve, le secteur fores tier notamment la filière bois-énergie emploie 200 000 personnes et embrasse un chiffre d’affaires de près de sept milliards de FCFA par an (DGFRN, 2010). 331 En outre, les services rendus par les écosystèmes, comme la protection des bas sins hydrographiques, la lutte contre les ravageurs, le recyclage des nutriments et la pollinisation, entretiennent la productivité des écosystèmes agricoles au Bénin. En sus de toutes ces actions énumérées, les espèces végétales et les sols des éco systèmes liés à l’eau, comme les forêts et les zones humides, jouent un rôle déter minant dans la rétention et la purification de l’eau. De 2004 à 2011, la produc tion halieutique moyenne est de 39 032 tonnes/an et la consommation nationale moyenne de poisson est de 104 905 tonnes/an. 332 Ressources forestières en dégradation : la faune des formations végétales oc cupe une place de choix dans la promotion de l’écotourisme. Les habitats, diver sifiés du Sud au Nord, expliquent la variété des espèces qu’on y rencontre. La carte de végétation établie par le Centre National de Télédétection (CENATEL) et qui couvre la frange du Territoire National comprise entre la zone du village Akassato à partir du parallèle 6°30 de latitude Nord et du fleuve Niger indique que les formations végétales (forêts naturelles, plantations, mosaïques de cultures et jachères y comprises) identifiées, sont évaluées à 10 983 415 ha. 333 Le Bénin a un couvert végétal modéré, établi sur environ 7,67 millions d’hectares soit 68,08 % de la superficie du territoire national (Données IGN, 2007). L’ensemble des formations végétales comprenant formations agricoles et forestières atteint 99,33 % du territoire. Les formations forestières sont constituées d’un vaste ré seau d’aires protégées établies sur 2,7 millions d’hectares, soit 19 % du territoire national (cf. figures ci-dessous), et comprenant 44 forêts classées (1 292 543 ha) ; 7 périmètres de reboisement (4 162 ha), deux parcs nationaux (777 050 ha) et 02 réserves de faune (580 000 ha). On y dénombre aussi 2 940 forêts sacrées de diverses tailles, totalisant 18 360 hectares, soit 0,16 % du territoire national. Les plantations, dominées par les propriétés privées occupent environ 223 521 ha soit 1,98 % de la superficie du territoire national. Elles sont généralement composées des anacarderaies dans le Centre et le Nord ; des teckeraies, plantations de gme lina et d’acacia auriculiformis un peu partout, et des palmeraies dans la zone mé ridionale. On estime à plus de 60 000 ha, la superficie reboisée en teck dont près de 21 000 ha de plantations domaniales sous aménagement (FAO, 2010) ; plus de 90 000 ha de palmeraies dont 29 125 ha de palmeraies industrielles de l’État. infections nosocomiales et la pollution de l’environnement. Il en est de même des maladies graves d’origine virale ou bactérienne causées par les déchets médi caux et pharmaceutiques, telles que le SIDA, les hépatites B et C, les gastro-enté rites et les infections respiratoires, sanguines et générales. Ainsi, tout en attirant l’attention sur le fait que ces déchets ont un effet désastreux sur l’environnement par la pollution du sol, de l’eau et de l’air, il importe de préciser la nécessité de la gestion intra-hospitalière des déchets médicaux et pharmaceutiques par les modalités de tri, de conditionnement, de collecte et d’entreposage. Il faut noter qu’il n’y a presque pas de données sur les déchets biomédicaux (DBM) ; sur les programmes adéquats et permanants de sensibilisation et de formation au profit des responsables sanitaires, des administrateurs d’hôpitaux, du personnel médi cal et les agents chargés de la santé et de l’environnement sur la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques. Par ailleurs, on note un laxisme du cadre juridique de la gestion des déchets médicaux et pharmaceutiques au Bénin pour combler notamment le vide juridique encore existant en la matière. Pourtant, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une gestion adéquate de ces déchets nécessiterait : i) une réglementation adéquate ; ii) une politique d’hygiène appropriée ; iii) des moyens humains, matériels et financiers suffisants et iv) du personnel formé. Une loi vient d’être adoptée pour l’interdiction des sachets et plastiques à usage unique. 2.4.5 – geStion de la BiodiverSitÉ, forêt et reSSourceS fauniqueS : progrèS rÉelS nÉceSSitant conSolidation et maSSification 328 Gestion de la biodiversité : actuellement, le Bénin dispose essentiellement de trois catégories d’aires protégées. Il s’agit des réserves de biosphère, des forêts sacrées et des forêts classées. Il existe également des forêts communautaires ou privées mises en défens ainsi que des arboretums. La flore du Bénin est riche de 2 807 espèces de plantes avec une couverture forestière estimée à 4 561 000 ha (soit 47 % du territoire en 2010) (FAO, 2011). Le taux de régression annuel passant de -1,3 % (1990-2000) à -1,0 % (2000-2010), témoigne des efforts de l’État béninois à freiner la dégradation du couvert végétal surtout à partir des plantations. Les investigations sur la faune font état de plusieurs espèces menacées dont certaines sont signalées éteintes au Bénin. Ainsi, selon la nouvelle liste rouge établie en 2011, on dénombre 2 espèces d’amphibiens menacées de disparition, 15 espèces de reptiles, 45 espèces d’oiseaux et 49 espèces de mammifères (Cinquième rapport du Bénin sur la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, 2014). 329 Le Bénin a une biodiversité très riche mais qui est en proie à de nombreuses me naces qui sont essentiellement anthropiques : la déforestation, les feux de brousse, la pollution des eaux, le braconnage, l’introduction des espèces exotiques enva hissantes, le surpâturage, la surexploitation de la flore et de la faune terrestres et aquatiques liées aux activités de développement, etc. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 120 121 338 Ainsi, la dégradation continue de l’environnement et l’occupation anarchique des espaces inégalement desservis en infrastructures et services collectifs, consti tuent les préoccupations en matière d’environnement et d’aménagement du ter ritoire en raison : i) de l’accès inéquitable aux services sociaux de base en lien avec la décentralisation ; ii) d’une population en forte croissance, inégalement répartie sur le territoire avec une forte tendance à l’urbanisation et l’accessibilité aux loge ments décents, mais aussi à la sécurisation du foncier ; iii) de l’incivisme environ nemental, accentuant les différents types de pollution et variabilité climatique ; de la réduction des disparités spatiales (les pôles régionaux de développement et les infrastructures) et enfin, iv) de pertes progressives de la diversité biologique. Au regard de ces constats persistants, il y a urgence de faire face aux nombreuses préoccupations liées à la gestion de l’environnement, des changements clima tiques et du développement du territoire et qui se résument en : « la Croissance démographique face à la territorialisation du développement ». L’enjeu principal est la disponibilité et l’intégration des données environnementales dans les stra tégies de développement pour assurer un développement durable. 339 Gestion harmonieuse de la biodiversité et des changements : le diagnostic stra tégique a prouvé que le Bénin dispose d’une diversité d’écosystèmes peu entrete nus et/ou peu préservés. Pourtant son exploitation rationnelle devrait contribuer à un meilleur bien-être social et économique de la population, malgré les effets des changements climatiques. 340 Par ailleurs, l’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques consti tue une stratégie adoptée par le Bénin pour une économie verte orientée vers l’adaptation aux effets du changement climatique. Cette stratégie est encore loin de donner satisfaction au Bénin à cause des attitudes comportementales des populations sur l’environnement, mais aussi des actions conjuguées nocives occa sionnées par la communauté régionale et internationale sur les ressources natu relles, notamment les prélèvements incontrôlés du bois entraînant le recul de la forêt avec des conséquences sur l’atmosphère, et par ricochet, sur les activités anthropiques. 341 Assainissement soutenu et efficace du cadre de vie : le défi de la sécurisation du foncier pour l’habitat et pour l’investissement économique, constitue une pré occupation majeure pour le développement spatial, notamment la gestion des pollutions, des déchets, des eaux usées et pluviales, l’accessibilité aux logements décents et à moindre coût, etc. 342 Le phénomène d’interaction entre l’homme et son milieu est un des deux princi paux problèmes qui ont engendré la nécessité de s’intéresser davantage à l’inci dence de l’espace sur les activités des hommes et l’intensité des activités faites en différents points. Ainsi, face à l’accroissement démographique et aux mutations qui s’opèrent, l’assainissement conséquent du cadre de vie est incertain mais pas impossible. 334 Ressources fauniques : le Bénin dispose de deux Parcs nationaux : le Parc National de la Pendjari et le Parc du W. La transhumance constitue l’un des phé nomènes destructeurs des parcs. Elle concerne les éleveurs fulbés béninois et les transhumants burkinabè et nigériens qui pénètrent dans les zones cynégétiques des Parcs et dont les troupeaux entrent en concurrence avec la faune sauvage sur les points d’eau et les pâturages. Leurs bovins entrent dans les territoires réservés aux faunes sauvages et détruisent leur habitat et selon les statistiques nationales et celles de la FAO, plus de 40 000 bovins rentrent dans le Parc du W chaque année. L’inefficacité du dispositif de surveillance des Parcs est liée à l’insuffisance d’effectif, d’équipement et du manque de motivation du personnel des Services Forestiers affecté dans lesdits Parcs. 335 Pour apporter des solutions durables à cette situation, il a été créé le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) dont la mission est la gestion rationnelle des réserves de faune dans l’ensemble des Parcs Nationaux, des zones cynégétiques et de leurs zones tampons, en liaison avec les popula tions riveraines et la Société Civile. 336 Ces différentes actions menées ont eu des répercussions sur les ressources des Parcs et sur l’écotourisme. Seulement, toutes les attentes n’ont pas été comblées. En effet, les différents problèmes évoqués plus haut n’ont pas encore connu des résultats probants. 2.4.6 – principaux dÉfiS à relever 337 L’analyse des acquis en matière de développement des territoires du pays met en relief les différentes problématiques d’aménagement du territoire, de décen tralisation et de pression continue sur les ressources naturelles et des effets des changements climatiques. Le Bénin est appelé à se doter de politiques secto rielles plus ciblées et de prendre des mesures d’accompagnement pour l’effec tivité des instruments de gestion de l’espace et le développement des bonnes pratiques de gouvernance environnementale et de gestion participative des ter ritoires. Pourtant, l’évaluation de la mise en œuvre de la Vision Bénin 2025 Alafia en matière de gestion de l’environnement, des changements climatiques et du développement du territoire sur la période 2000-2010, de même que des straté gies de développement qui ont suivi cette période jusqu’en 2016, ont confirmé que la préoccupation cadrait avec les priorités du Gouvernement et les besoins des populations, malgré les faibles moyens disponibles. En effet, les réponses pro posées aux défis fondamentaux à relever pour « promouvoir un aménagement du territoire qui assure le développement régional et la gestion rationnelle de l’environnement » en vue de la mise en œuvre efficace de la vision Bénin 2025 Alafia n’ont pas été suffisantes, car elles n’ont pas permis de réduire considéra blement les disparités spatiales de développement caractérisées par une inégale répartition des infrastructures et services collectifs et une dégradation continue de l’environnement. Ces éléments d’analyse concourent à l’incertitude de la ré duction du taux de pauvreté à l’horizon 2025 et à la mise en place d’un cadre de vie sain et durable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 120 121 338 Ainsi, la dégradation continue de l’environnement et l’occupation anarchique des espaces inégalement desservis en infrastructures et services collectifs, consti tuent les préoccupations en matière d’environnement et d’aménagement du ter ritoire en raison : i) de l’accès inéquitable aux services sociaux de base en lien avec la décentralisation ; ii) d’une population en forte croissance, inégalement répartie sur le territoire avec une forte tendance à l’urbanisation et l’accessibilité aux loge ments décents, mais aussi à la sécurisation du foncier ; iii) de l’incivisme environ nemental, accentuant les différents types de pollution et variabilité climatique ; de la réduction des disparités spatiales (les pôles régionaux de développement et les infrastructures) et enfin, iv) de pertes progressives de la diversité biologique. Au regard de ces constats persistants, il y a urgence de faire face aux nombreuses préoccupations liées à la gestion de l’environnement, des changements clima tiques et du développement du territoire et qui se résument en : « la Croissance démographique face à la territorialisation du développement ». L’enjeu principal est la disponibilité et l’intégration des données environnementales dans les stra tégies de développement pour assurer un développement durable. 339 Gestion harmonieuse de la biodiversité et des changements : le diagnostic stra tégique a prouvé que le Bénin dispose d’une diversité d’écosystèmes peu entrete nus et/ou peu préservés. Pourtant son exploitation rationnelle devrait contribuer à un meilleur bien-être social et économique de la population, malgré les effets des changements climatiques. 340 Par ailleurs, l’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques consti tue une stratégie adoptée par le Bénin pour une économie verte orientée vers l’adaptation aux effets du changement climatique. Cette stratégie est encore loin de donner satisfaction au Bénin à cause des attitudes comportementales des populations sur l’environnement, mais aussi des actions conjuguées nocives occa sionnées par la communauté régionale et internationale sur les ressources natu relles, notamment les prélèvements incontrôlés du bois entraînant le recul de la forêt avec des conséquences sur l’atmosphère, et par ricochet, sur les activités anthropiques. 341 Assainissement soutenu et efficace du cadre de vie : le défi de la sécurisation du foncier pour l’habitat et pour l’investissement économique, constitue une pré occupation majeure pour le développement spatial, notamment la gestion des pollutions, des déchets, des eaux usées et pluviales, l’accessibilité aux logements décents et à moindre coût, etc. 342 Le phénomène d’interaction entre l’homme et son milieu est un des deux princi paux problèmes qui ont engendré la nécessité de s’intéresser davantage à l’inci dence de l’espace sur les activités des hommes et l’intensité des activités faites en différents points. Ainsi, face à l’accroissement démographique et aux mutations qui s’opèrent, l’assainissement conséquent du cadre de vie est incertain mais pas impossible. 334 Ressources fauniques : le Bénin dispose de deux Parcs nationaux : le Parc National de la Pendjari et le Parc du W. La transhumance constitue l’un des phé nomènes destructeurs des parcs. Elle concerne les éleveurs fulbés béninois et les transhumants burkinabè et nigériens qui pénètrent dans les zones cynégétiques des Parcs et dont les troupeaux entrent en concurrence avec la faune sauvage sur les points d’eau et les pâturages. Leurs bovins entrent dans les territoires réservés aux faunes sauvages et détruisent leur habitat et selon les statistiques nationales et celles de la FAO, plus de 40 000 bovins rentrent dans le Parc du W chaque année. L’inefficacité du dispositif de surveillance des Parcs est liée à l’insuffisance d’effectif, d’équipement et du manque de motivation du personnel des Services Forestiers affecté dans lesdits Parcs. 335 Pour apporter des solutions durables à cette situation, il a été créé le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) dont la mission est la gestion rationnelle des réserves de faune dans l’ensemble des Parcs Nationaux, des zones cynégétiques et de leurs zones tampons, en liaison avec les popula tions riveraines et la Société Civile. 336 Ces différentes actions menées ont eu des répercussions sur les ressources des Parcs et sur l’écotourisme. Seulement, toutes les attentes n’ont pas été comblées. En effet, les différents problèmes évoqués plus haut n’ont pas encore connu des résultats probants. 2.4.6 – principaux dÉfiS à relever 337 L’analyse des acquis en matière de développement des territoires du pays met en relief les différentes problématiques d’aménagement du territoire, de décen tralisation et de pression continue sur les ressources naturelles et des effets des changements climatiques. Le Bénin est appelé à se doter de politiques secto rielles plus ciblées et de prendre des mesures d’accompagnement pour l’effec tivité des instruments de gestion de l’espace et le développement des bonnes pratiques de gouvernance environnementale et de gestion participative des ter ritoires. Pourtant, l’évaluation de la mise en œuvre de la Vision Bénin 2025 Alafia en matière de gestion de l’environnement, des changements climatiques et du développement du territoire sur la période 2000-2010, de même que des straté gies de développement qui ont suivi cette période jusqu’en 2016, ont confirmé que la préoccupation cadrait avec les priorités du Gouvernement et les besoins des populations, malgré les faibles moyens disponibles. En effet, les réponses pro posées aux défis fondamentaux à relever pour « promouvoir un aménagement du territoire qui assure le développement régional et la gestion rationnelle de l’environnement » en vue de la mise en œuvre efficace de la vision Bénin 2025 Alafia n’ont pas été suffisantes, car elles n’ont pas permis de réduire considéra blement les disparités spatiales de développement caractérisées par une inégale répartition des infrastructures et services collectifs et une dégradation continue de l’environnement. Ces éléments d’analyse concourent à l’incertitude de la ré duction du taux de pauvreté à l’horizon 2025 et à la mise en place d’un cadre de vie sain et durable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 122 123 2.5 Gouvernance, institutions, paix et securite : performances et redevabilité en dessous des exigences des règles de l’efficacité et de la bonne gouvernance 2.5.1 – gouvernance politique : efficacitÉ à l’Épreuve deS exigenceS d’enracinement deS BonneS pratiqueS dÉmocratiqueS système démocratique : progrès fragiles nécessitant consolidation et approfondissement 345 Le processus démocratique au Bénin s’est accéléré avec la tenue de la Conférence des Forces Vives de la Nation en février 1990. Il n’a cessé de s’enraciner et de se consolider avec la tenue effective de trois (03) élections municipales, communales et locales, de sept (07) élections législatives et de six (06) élections présidentielles organisées conformément au calendrier électoral tel que prévu par la Loi électo rale. Ceci a permis d’atténuer le risque d’instabilité politique et la limitation des libertés publiques malgré certaines tendances à réduire les espaces d’expression. 346 Le contexte politique béninois est aussi marqué par l’existence d’une centaine de partis politiques dont la création est favorisée par l’option du multipartisme intégral consa crée par la Constitution de décembre 1990. Les autres caractéristiques du contexte démocratique du Bénin sont : i) l’évolution positive observée au niveau du cadre ins titutionnel chargé d’organiser les élections, avec les réformes qui ont abouti en 2014, à la dotation du pays d’un code électoral et l’institution d’une Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) permanente et ii) le processus continu d’amélioration de la qualité de la Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI). 343 Toutefois, le relèvement de ces défis pourrait s’appuyer sur les opportunités qu’offre l’exploitation des deux enjeux majeurs que sont la conscience environnementale et la bonne gouvernance environnementale. Les réformes en cours constituent des atouts pour le changement de comportement éco-citoyen des Béninois à tous les niveaux (local, communal et central). Ainsi, la mise en application des textes et orientations régissant l’environnement, les changements climatiques, tant au niveau national que régional, la décentralisation et la déconcentration, pourront concourir à une meilleure gouvernance des ressources environnemen tales et l’adaptation aux effets du changement climatique. 344 Gestion rationnelle et efficace de l’espace : Cela suppose la réduction des dis parités spatiales de développement, prenant en compte les pôles régionaux de développement, les infrastructures et les équipements socio-collectifs, de même que la valorisation des espaces frontaliers. Il s’agit d’une opportunité pour valori ser le patrimoine spatial. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 122 123 2.5 Gouvernance, institutions, paix et securite : performances et redevabilité en dessous des exigences des règles de l’efficacité et de la bonne gouvernance 2.5.1 – gouvernance politique : efficacitÉ à l’Épreuve deS exigenceS d’enracinement deS BonneS pratiqueS dÉmocratiqueS système démocratique : progrès fragiles nécessitant consolidation et approfondissement 345 Le processus démocratique au Bénin s’est accéléré avec la tenue de la Conférence des Forces Vives de la Nation en février 1990. Il n’a cessé de s’enraciner et de se consolider avec la tenue effective de trois (03) élections municipales, communales et locales, de sept (07) élections législatives et de six (06) élections présidentielles organisées conformément au calendrier électoral tel que prévu par la Loi électo rale. Ceci a permis d’atténuer le risque d’instabilité politique et la limitation des libertés publiques malgré certaines tendances à réduire les espaces d’expression. 346 Le contexte politique béninois est aussi marqué par l’existence d’une centaine de partis politiques dont la création est favorisée par l’option du multipartisme intégral consa crée par la Constitution de décembre 1990. Les autres caractéristiques du contexte démocratique du Bénin sont : i) l’évolution positive observée au niveau du cadre ins titutionnel chargé d’organiser les élections, avec les réformes qui ont abouti en 2014, à la dotation du pays d’un code électoral et l’institution d’une Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) permanente et ii) le processus continu d’amélioration de la qualité de la Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI). 343 Toutefois, le relèvement de ces défis pourrait s’appuyer sur les opportunités qu’offre l’exploitation des deux enjeux majeurs que sont la conscience environnementale et la bonne gouvernance environnementale. Les réformes en cours constituent des atouts pour le changement de comportement éco-citoyen des Béninois à tous les niveaux (local, communal et central). Ainsi, la mise en application des textes et orientations régissant l’environnement, les changements climatiques, tant au niveau national que régional, la décentralisation et la déconcentration, pourront concourir à une meilleure gouvernance des ressources environnemen tales et l’adaptation aux effets du changement climatique. 344 Gestion rationnelle et efficace de l’espace : Cela suppose la réduction des dis parités spatiales de développement, prenant en compte les pôles régionaux de développement, les infrastructures et les équipements socio-collectifs, de même que la valorisation des espaces frontaliers. Il s’agit d’une opportunité pour valori ser le patrimoine spatial. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 124 125 état de droit, respect des libertés individuelles et collectives : progrès louables mais insuffisants 351 La Conférence Nationale des forces vives de la nation et la Vision Bénin 2025 Alafia, ont donné de l’importance à l’organisation d’une société civile forte et d’un secteur privé agissant en complémentarité et en interaction avec le secteur public, pour promouvoir l’État de droit, les libertés démocratiques et la bonne gouvernance fondée essentiellement sur i) la garantie et le respect des droits individuels et collectifs, d’opinion, d’expression, d’association, ii) la garantie de la liberté de presse, et iii) la garantie d’une Justice efficace, transparente, équitable et respectueuse de ses décisions. 352 Au Bénin, la société civile comprend sept (07) composantes (selon la Charte des OSC) : les ONG, les syndicats, les médias, les associations (jeunes, femmes, déve loppement), les organisations socioprofessionnelles, les religions et la chefferie tra ditionnelle. Toutes ces organisations contribuent fortement à l’amélioration de la gouvernance politique à travers le dialogue social et l’engagement citoyen. 353 La jouissance de la liberté de presse se traduit par le nombre élevé de journaux qui paraissent (plus d’une centaine). Le nombre de radios et de télévisions privées qui émettent en direction des populations est passé de 55 en 2010 à 78 en 2015 pour la radio, et de 5 à 14 pour les chaînes de télévision. À ces organes, il faut ajou ter les médias sociaux, avec la démocratisation de l’accès à l’internet, aux réseaux sociaux et à la téléphonie mobile. 354 La vitalité du paysage médiatique au Bénin est à mettre à l’actif des actions et du dyna misme de l’institution de régulation qu’est la HAAC, de l’engagement, du travail de sensibilisation et de formation des organisations et associations professionnelles que sont : l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias (ODEM), l’Union des Professionnels des Médias au Bénin (UPMB), le Conseil National du Patronat de l’Audiovisuel (CNPA), sans oublier les textes de loi et décrets qui organisent la profession. 355 Cependant, la situation du pays en matière de liberté de presse qui est l’une des menaces à la sécurité humaine s’est inscrite dans une tendance de dégradation depuis 2002. En effet, du 21e rang en 2002 selon le classement de Reporters Sans Frontières (RSF), le Bénin est passé à la 25e place en 2005 et puis au 78e en 2016 où RSF inclut le Bénin dans le groupe des pays où il y a des problèmes sensibles avec un score de 30,32 sur 180 derrière des pays de la sous-région ouest-africaine comme le Ghana, le Sénégal, le Niger. Cette dégradation tendancielle de la liberté de presse est imputable aux diverses condamnations pour délit de presse et aux multiples sanctions infligées aux organes de presse ces dernières années. 356 Cette situation est encore loin des fondements, d’une part, de la Vision Bénin, 2025 Alafia qui a donné toute l’importance à l’organisation de la société civile et au secteur privé pour promouvoir l’État de droit, les libertés démocratiques et la bonne gouvernance, et d’autre part, de la cible 16.10 de l’ODD 16 « garantir l’accès public à l’information et protéger les libertés fondamentales, conformément à la législation nationale et aux accords internationaux » 347 En dépit des progrès notés, le pays continue d’enregistrer i) l’atomisation et la régionalisation voire la « communalisation » des partis politiques et les situations conflictuelles entre le pouvoir exécutif et les institutions de contre-pouvoir déjà observées vers la fin des années 90 dans Bénin 2025 Alafia et ii) les faiblesses per sistantes dans l’organisation des opérations électorales (précipitation dans l’orga nisation des élections, non fiabilité de la liste électorale, coût élevé des élections, politisation du processus électoral favorisée par les textes régissant les structures en charge des élections) en dépit de l’expérience accumulée par le pays sur plus d’un quart de siècle. 348 Se basant sur les efforts déployés pour le renforcement du système démocra tique, toutes les initiatives régionales et internationales pour l’évaluation des pays créditent le Bénin de bonnes performances en matière de gouvernance politique. Il en est ainsi de la très bonne tenue de l’indicateur « Droits politiques » sur les cartes de score publiées chaque année par le Millennium Challenge Corporation (MCC) depuis 2006. En outre, selon l’Indice Mo Ibrahim, le Bénin est classé 9e sur les 54 pays africains évalués en 2016 derrière le Ghana et le Sénégal en ce qui concerne le critère « Participation et Droits Humains ». Les progrès enregistrés sont le résultat des interventions des différents acteurs que sont les forces poli tiques représentées par les partis politiques, les organisations de la société civile, les Institutions de la République qui jouent leur rôle de contre-pouvoir et les PTF dans leur rôle d’appui-conseil. 349 Cependant, le peu de progrès enregistré sur la décennie 2006-2016, tel que res sorti de l’évaluation décennale réalisée par la Fondation Mo Ibrahim, traduit l’exi gence des actions à engager en vue d’améliorer l’efficacité du travail des institu tions pour l’atteinte de l’ODD 16 « Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins de développement durable, assurer l’accès de tous à la jus tice et mettre en place, à tous les niveaux des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous ». 350 Les institutions de la République sont le Président de la République, l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême, la Haute Cour de Justice, le Conseil Economique et Social, la Haute Autorité de l’Audio-Visuelle et de la Communication. Elles fonctionnent dans un cadre tracé par la Constitution du 11 décembre 1990, selon le principe sacrosaint de la séparation des pouvoirs. Cependant, la prééminence du Président de la République peut mettre à mal l’autonomie de ces institutions, ébranlant périodiquement le bon fonctionne ment et la bonne coexistence des institutions du pouvoir et de contre-pouvoir qui occupent une bonne place dans les fondements de la Vision 2025 et l’ODD 16. Les causes de cette interférence du Chef de l’Exécutif sur les autres institutions sont à rechercher dans les dispositions de la Constitution et des lois organiques relatives à la composition et aux modalités de désignation des membres des dif férentes institutions qui lui accordent une place de choix. Par ailleurs, le manque d’autonomie financière de certaines institutions constitutionnelles limite leur in tervention et facilite l’interférence de l’Exécutif sur leur pouvoir d’agir. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 124 125 état de droit, respect des libertés individuelles et collectives : progrès louables mais insuffisants 351 La Conférence Nationale des forces vives de la nation et la Vision Bénin 2025 Alafia, ont donné de l’importance à l’organisation d’une société civile forte et d’un secteur privé agissant en complémentarité et en interaction avec le secteur public, pour promouvoir l’État de droit, les libertés démocratiques et la bonne gouvernance fondée essentiellement sur i) la garantie et le respect des droits individuels et collectifs, d’opinion, d’expression, d’association, ii) la garantie de la liberté de presse, et iii) la garantie d’une Justice efficace, transparente, équitable et respectueuse de ses décisions. 352 Au Bénin, la société civile comprend sept (07) composantes (selon la Charte des OSC) : les ONG, les syndicats, les médias, les associations (jeunes, femmes, déve loppement), les organisations socioprofessionnelles, les religions et la chefferie tra ditionnelle. Toutes ces organisations contribuent fortement à l’amélioration de la gouvernance politique à travers le dialogue social et l’engagement citoyen. 353 La jouissance de la liberté de presse se traduit par le nombre élevé de journaux qui paraissent (plus d’une centaine). Le nombre de radios et de télévisions privées qui émettent en direction des populations est passé de 55 en 2010 à 78 en 2015 pour la radio, et de 5 à 14 pour les chaînes de télévision. À ces organes, il faut ajou ter les médias sociaux, avec la démocratisation de l’accès à l’internet, aux réseaux sociaux et à la téléphonie mobile. 354 La vitalité du paysage médiatique au Bénin est à mettre à l’actif des actions et du dyna misme de l’institution de régulation qu’est la HAAC, de l’engagement, du travail de sensibilisation et de formation des organisations et associations professionnelles que sont : l’Observatoire de la Déontologie et de l’Ethique dans les Médias (ODEM), l’Union des Professionnels des Médias au Bénin (UPMB), le Conseil National du Patronat de l’Audiovisuel (CNPA), sans oublier les textes de loi et décrets qui organisent la profession. 355 Cependant, la situation du pays en matière de liberté de presse qui est l’une des menaces à la sécurité humaine s’est inscrite dans une tendance de dégradation depuis 2002. En effet, du 21e rang en 2002 selon le classement de Reporters Sans Frontières (RSF), le Bénin est passé à la 25e place en 2005 et puis au 78e en 2016 où RSF inclut le Bénin dans le groupe des pays où il y a des problèmes sensibles avec un score de 30,32 sur 180 derrière des pays de la sous-région ouest-africaine comme le Ghana, le Sénégal, le Niger. Cette dégradation tendancielle de la liberté de presse est imputable aux diverses condamnations pour délit de presse et aux multiples sanctions infligées aux organes de presse ces dernières années. 356 Cette situation est encore loin des fondements, d’une part, de la Vision Bénin, 2025 Alafia qui a donné toute l’importance à l’organisation de la société civile et au secteur privé pour promouvoir l’État de droit, les libertés démocratiques et la bonne gouvernance, et d’autre part, de la cible 16.10 de l’ODD 16 « garantir l’accès public à l’information et protéger les libertés fondamentales, conformément à la législation nationale et aux accords internationaux » 347 En dépit des progrès notés, le pays continue d’enregistrer i) l’atomisation et la régionalisation voire la « communalisation » des partis politiques et les situations conflictuelles entre le pouvoir exécutif et les institutions de contre-pouvoir déjà observées vers la fin des années 90 dans Bénin 2025 Alafia et ii) les faiblesses per sistantes dans l’organisation des opérations électorales (précipitation dans l’orga nisation des élections, non fiabilité de la liste électorale, coût élevé des élections, politisation du processus électoral favorisée par les textes régissant les structures en charge des élections) en dépit de l’expérience accumulée par le pays sur plus d’un quart de siècle. 348 Se basant sur les efforts déployés pour le renforcement du système démocra tique, toutes les initiatives régionales et internationales pour l’évaluation des pays créditent le Bénin de bonnes performances en matière de gouvernance politique. Il en est ainsi de la très bonne tenue de l’indicateur « Droits politiques » sur les cartes de score publiées chaque année par le Millennium Challenge Corporation (MCC) depuis 2006. En outre, selon l’Indice Mo Ibrahim, le Bénin est classé 9e sur les 54 pays africains évalués en 2016 derrière le Ghana et le Sénégal en ce qui concerne le critère « Participation et Droits Humains ». Les progrès enregistrés sont le résultat des interventions des différents acteurs que sont les forces poli tiques représentées par les partis politiques, les organisations de la société civile, les Institutions de la République qui jouent leur rôle de contre-pouvoir et les PTF dans leur rôle d’appui-conseil. 349 Cependant, le peu de progrès enregistré sur la décennie 2006-2016, tel que res sorti de l’évaluation décennale réalisée par la Fondation Mo Ibrahim, traduit l’exi gence des actions à engager en vue d’améliorer l’efficacité du travail des institu tions pour l’atteinte de l’ODD 16 « Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins de développement durable, assurer l’accès de tous à la jus tice et mettre en place, à tous les niveaux des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous ». 350 Les institutions de la République sont le Président de la République, l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême, la Haute Cour de Justice, le Conseil Economique et Social, la Haute Autorité de l’Audio-Visuelle et de la Communication. Elles fonctionnent dans un cadre tracé par la Constitution du 11 décembre 1990, selon le principe sacrosaint de la séparation des pouvoirs. Cependant, la prééminence du Président de la République peut mettre à mal l’autonomie de ces institutions, ébranlant périodiquement le bon fonctionne ment et la bonne coexistence des institutions du pouvoir et de contre-pouvoir qui occupent une bonne place dans les fondements de la Vision 2025 et l’ODD 16. Les causes de cette interférence du Chef de l’Exécutif sur les autres institutions sont à rechercher dans les dispositions de la Constitution et des lois organiques relatives à la composition et aux modalités de désignation des membres des dif férentes institutions qui lui accordent une place de choix. Par ailleurs, le manque d’autonomie financière de certaines institutions constitutionnelles limite leur in tervention et facilite l’interférence de l’Exécutif sur leur pouvoir d’agir. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 126 127 361 Malgré les progrès enregistrés, plusieurs contraintes réduisent la portée écono mique et sociale de celle-ci au nombre desquelles il convient de citer : › le caractère fragmentaire de l’arsenal juridique de la décentralisation, de la dé concentration et de l’aménagement du territoire ; la question d’application des textes se pose et l’appropriation sociale de la décentralisation est loin d’être réellement effective ; la dimension économique de la décentralisation n’a pas été suffisamment prise en compte, limitant ainsi les possibilités de développe ment des pôles régionaux de croissance ; l’intercommunalité et le code foncier accusent du retard dans leur application ; › la faible articulation des textes spécifiques à la décentralisation avec ceux des ministères sectoriels ayant un lien avec les compétences des communes ; › les difficultés de mobilisation des ressources locales qui créent de réels pro blèmes de fonctionnement et de continuité des services publics locaux ; › l’inexistence d’une directive gouvernementale imposant des échéances pour l’élaboration de certains outils et le manque de ressources budgétaires pour leur élaboration selon les normes requises et les procédures admises ; › les faibles taux de réalisation des plans communaux de développement (45 à 65 %). 2.5.3 – SyStème Judiciaire : effortS apprÉciaBleS maiS accèS à amÉliorer 362 Le système judiciaire béninois comprend 80 Tribunaux de Conciliation (TC), 14 Tribunaux de Première Instance (TPI), 03 Cours d’Appel entièrement fonction nelles et la Cour Suprême. En dépit de l’importance du rôle de la justice, l’accès à la Justice demeure une préoccupation majeure, en raison de l’insuffisante cou verture du territoire national (50 %) par les tribunaux (8 en 2010 ; 12 en 2014 et 14 en 2015) en vue de la réalisation de la cible 16.6 des ODD visant à mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux. 363 S’agissant du personnel, de 93 478 habitants pour un juge en 2005, cet indicateur est passé à 65 489 en 2010 puis à 70 315 en 2015. Les départs à la retraite de près des 2/3 des juges des Cours d’appel et de la Cour suprême entre 2016 et 2018 viendront aggraver le déficit déjà criard du personnel dans les juridictions du fait de l’insuffisante mise en œuvre du plan de recrutement (40 auditeurs de justice et de greffiers de 2011 à 2016) ainsi que les faiblesses notées au niveau de la stra tégie de formation initiale des magistrats. En outre, les juges ne bénéficient pas suffisamment de formations pour leur permettre d’être mieux outillés à résoudre les problèmes et certaines questions spécifiques. dialogue social : dialogue à l’épreuve de l’efficacité pour la paix sociale avec les syndicats 357 Les droits et les libertés syndicales s’observent, avec l’existence d’une centaine de syndicats et d’une dizaine de centrales et fédérations syndicales, qui mènent des activités de mobilisation et de formation de leurs membres. 358 La fragmentation du paysage syndical rend difficile la pratique du dialogue social, de moins en moins efficace, avec le recours fréquent aux grèves, notamment dans les secteurs sociaux (éducation, santé, justice). Il convient de noter qu’au cours de ces dernières années, le gouvernement a procédé à plusieurs reprises, à l’inter diction de manifestations organisées par les centrales syndicales, à l’interdiction d’associations et de manifestations aux étudiants en évoquant des raisons de sé curité. Un climat de méfiance entre les confédérations et centrales syndicales et le gouvernement rend le dialogue parfois difficile. 359 En dehors des organisations syndicales, il y a les autres Organisations de la Société Civile (OSC), comprenant les associations communales et locales de développement ainsi que de milliers d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), qui œuvrent à mobiliser les citoyens en faveur des actions de développement dans leurs localités ou domaines d’intervention ou qui informent, éduquent et sensibilisent sur les droits et devoirs du citoyen. Certaines ONG opèrent dans le domaine de la veille citoyenne. D’autres comme les chefferies traditionnelles participent à la préservation de la paix et des valeurs cultuelles et culturelles. D’autres encore forment et apportent un appui technique et parfois financier à la réalisation des activités génératrices de revenus. L’insuffisance de moyens financiers propres aux OSC donne l’impression qu’elles sont inféodées aux PTF et aux lobbies politiques et financiers, ce qui rend difficile la démarcation entre leurs opinions et celles de leurs partenaires. 2.5.2 – gouvernance locale et dÉcentraliSation : tranSfert deS compÉtenceS et deS reSSourceS trèS partiellement effectif 360 Le Bénin a amorcé depuis 1993 le processus de décentralisation qui a abouti en décembre 2002 et janvier 2003, aux premières élections communales et munici pales. Afin de mieux conduire ce processus, plusieurs textes et lois ont été adop tés ainsi que la Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration (PONADEC) ayant pour objectif général de créer les conditions institutionnelles et organisationnelles d’un développement territorial durable et équilibré reposant sur une gouvernance locale concertée et sur la valorisation des potentialités des collectivités territoriales afin de dynamiser le développement à la base. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 126 127 361 Malgré les progrès enregistrés, plusieurs contraintes réduisent la portée écono mique et sociale de celle-ci au nombre desquelles il convient de citer : › le caractère fragmentaire de l’arsenal juridique de la décentralisation, de la dé concentration et de l’aménagement du territoire ; la question d’application des textes se pose et l’appropriation sociale de la décentralisation est loin d’être réellement effective ; la dimension économique de la décentralisation n’a pas été suffisamment prise en compte, limitant ainsi les possibilités de développe ment des pôles régionaux de croissance ; l’intercommunalité et le code foncier accusent du retard dans leur application ; › la faible articulation des textes spécifiques à la décentralisation avec ceux des ministères sectoriels ayant un lien avec les compétences des communes ; › les difficultés de mobilisation des ressources locales qui créent de réels pro blèmes de fonctionnement et de continuité des services publics locaux ; › l’inexistence d’une directive gouvernementale imposant des échéances pour l’élaboration de certains outils et le manque de ressources budgétaires pour leur élaboration selon les normes requises et les procédures admises ; › les faibles taux de réalisation des plans communaux de développement (45 à 65 %). 2.5.3 – SyStème Judiciaire : effortS apprÉciaBleS maiS accèS à amÉliorer 362 Le système judiciaire béninois comprend 80 Tribunaux de Conciliation (TC), 14 Tribunaux de Première Instance (TPI), 03 Cours d’Appel entièrement fonction nelles et la Cour Suprême. En dépit de l’importance du rôle de la justice, l’accès à la Justice demeure une préoccupation majeure, en raison de l’insuffisante cou verture du territoire national (50 %) par les tribunaux (8 en 2010 ; 12 en 2014 et 14 en 2015) en vue de la réalisation de la cible 16.6 des ODD visant à mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux. 363 S’agissant du personnel, de 93 478 habitants pour un juge en 2005, cet indicateur est passé à 65 489 en 2010 puis à 70 315 en 2015. Les départs à la retraite de près des 2/3 des juges des Cours d’appel et de la Cour suprême entre 2016 et 2018 viendront aggraver le déficit déjà criard du personnel dans les juridictions du fait de l’insuffisante mise en œuvre du plan de recrutement (40 auditeurs de justice et de greffiers de 2011 à 2016) ainsi que les faiblesses notées au niveau de la stra tégie de formation initiale des magistrats. En outre, les juges ne bénéficient pas suffisamment de formations pour leur permettre d’être mieux outillés à résoudre les problèmes et certaines questions spécifiques. dialogue social : dialogue à l’épreuve de l’efficacité pour la paix sociale avec les syndicats 357 Les droits et les libertés syndicales s’observent, avec l’existence d’une centaine de syndicats et d’une dizaine de centrales et fédérations syndicales, qui mènent des activités de mobilisation et de formation de leurs membres. 358 La fragmentation du paysage syndical rend difficile la pratique du dialogue social, de moins en moins efficace, avec le recours fréquent aux grèves, notamment dans les secteurs sociaux (éducation, santé, justice). Il convient de noter qu’au cours de ces dernières années, le gouvernement a procédé à plusieurs reprises, à l’inter diction de manifestations organisées par les centrales syndicales, à l’interdiction d’associations et de manifestations aux étudiants en évoquant des raisons de sé curité. Un climat de méfiance entre les confédérations et centrales syndicales et le gouvernement rend le dialogue parfois difficile. 359 En dehors des organisations syndicales, il y a les autres Organisations de la Société Civile (OSC), comprenant les associations communales et locales de développement ainsi que de milliers d’Organisations Non Gouvernementales (ONG), qui œuvrent à mobiliser les citoyens en faveur des actions de développement dans leurs localités ou domaines d’intervention ou qui informent, éduquent et sensibilisent sur les droits et devoirs du citoyen. Certaines ONG opèrent dans le domaine de la veille citoyenne. D’autres comme les chefferies traditionnelles participent à la préservation de la paix et des valeurs cultuelles et culturelles. D’autres encore forment et apportent un appui technique et parfois financier à la réalisation des activités génératrices de revenus. L’insuffisance de moyens financiers propres aux OSC donne l’impression qu’elles sont inféodées aux PTF et aux lobbies politiques et financiers, ce qui rend difficile la démarcation entre leurs opinions et celles de leurs partenaires. 2.5.2 – gouvernance locale et dÉcentraliSation : tranSfert deS compÉtenceS et deS reSSourceS trèS partiellement effectif 360 Le Bénin a amorcé depuis 1993 le processus de décentralisation qui a abouti en décembre 2002 et janvier 2003, aux premières élections communales et munici pales. Afin de mieux conduire ce processus, plusieurs textes et lois ont été adop tés ainsi que la Politique Nationale de Décentralisation et de Déconcentration (PONADEC) ayant pour objectif général de créer les conditions institutionnelles et organisationnelles d’un développement territorial durable et équilibré reposant sur une gouvernance locale concertée et sur la valorisation des potentialités des collectivités territoriales afin de dynamiser le développement à la base. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 128 129 2.5.4 – paix, SÉcuritÉ, dÉfenSe et diplomatie : conSolidation de la SÉcuritÉ individuelle et renforcement de la diplomatie au Service du dÉveloppement 369 Paix, sécurité et défense : l’importance de la corrélation entre paix, sécurité et développement humain durable a conduit à la prise en compte de cette problé matique dans les stratégies au niveau continental, régional (UEMOA, CEDEAO et Union Africaine) et au niveau national (Vision Bénin 2025 Alafia, SCRPIII 2011 2015), au niveau international à travers les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies pour 2030, dans la cible 16 : « promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement». Elle a aussi per mis de passer de la conception traditionnelle de la sécurité centrée sur l’État qui privilégiait l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale à une notion plus large intégrant la sécurité humaine. 370 L’état des données disponibles indiquent que la situation de sécurité individuelle n’est pas préoccupante au Bénin. Cependant, il est noté une dégradation du rang qu’occupe le Bénin dans l’évaluation de la Fondation Mo Ibrahim (notamment en 2005, et de 2009 à 2014). Cette contre-performance est due à la hausse du nombre de vols, d’escroqueries et d’abus de confiance doublée de la recrudescence de la petite délinquance et du grand banditisme. L’aggravation de ces faits résulte : › de la mauvaise gouvernance, des effets pervers de la mondialisation, de la poro sité des frontières béninoises et de l’insuffisant contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire national ; › des facteurs économiques, notamment les crises économiques et financières, le développement des technologies de l’information et de la communica tion et les difficultés d’accès de certains groupes aux ressources productives et énergétiques, surtout en milieu rural ; › des facteurs socioculturels et religieux dont l’effritement généralisé des va leurs éthiques et morales, l’intégrisme religieux, la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes, l’émergence des groupes mafieux et des organisations criminelles transfrontalières spécialisées dans le crime et les destructions mas sives de vies humaines. 371 L’amélioration de la sécurité dépend aussi de l’existence d’un système d’état ci vil généralisé, fiable et efficace. Selon une étude commanditée en 2011 par le Ministère en charge de l’intérieur, certains faits d’état civil (naissance, mariage, décès) ne sont pas déclarés en dépit de l’existence des textes juridiques fixant les modalités de déclaration et de délivrance des actes d’état civil et des actions d’IEC menées par les services publics et les OSC. L’étude montre une évolution en dents de scie du taux national d’enregistrement des naissances qui est passé de 71 % en 2001 à 60 % en 2006 et à 84,8 % en 2014, avec des disparités d’un dépar tement à l’autre. Les taux les plus bas en 2014 se retrouvent au Nord et au Centre du Bénin (Borgou : 75,0 % ; Zou : 79,3 % ; Atacora : 81,6 %). 364 Depuis 2000, le secteur de la justice est marqué par plusieurs mouvements de grèves qui ont pour cause l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire, le non-res pect par l’Exécutif des critères de nomination des juges dans les juridictions, le non-paiement des primes et indemnités au personnel et tout récemment les dis positions à modifier dans la Constitution du 11 décembre 1990. Ces débrayages conjugués avec l’insuffisance de personnel et le manque de matériel roulant adé quat ont eu pour résultat la faible productivité de plusieurs juridictions avec des taux de dossiers sortis par les TPI qui sont passés de 39 % en 2005 à 32 % en 2009 puis à 31 % en 2015. Le ratio « détenus en attente de jugement par rapport aux condamnés » a évolué de 3 en 2005 à 4 en 2010 et à 2,2 en 2015. 365 Par ailleurs, le pays ne compte que 10 établissements pénitentiaires fonctionnels dont la plupart sont éloignés des juridictions de 1re instance (Savalou à 120 km d’Abomey, Djougou 90 km de Natitingou, Pobè à 60 km de Porto- Novo, Aplahoué à 40 km de Lokossa). Les problèmes de ces établissements pénitentiaires qui constituent quelques-unes des principales faiblesses du pays en matière du res pect du droit de l’homme sont : i) le taux élevé d’occupation des prisons, passé de 350 % en 2003, à 177,15 % en 2015 ; ii) les mauvaises conditions de détention et iii) le peu d’intérêt à la réinsertion sociale et à la prévention de la récidive. 366 Du point de vue de la qualité du cadre législatif et réglementaire, les problèmes identifiés sont le défaut de textes dans certains domaines, créant ainsi l’insécurité juridique et les lenteurs dans le processus d’élaboration, d’adoption, de promul gation, de publication et de vulgarisation des lois et dans la prise de leurs décrets d’application. 367 S’agissant de la sécurité judiciaire, elle est éprouvée par ; i) les délais excessifs dans la résolution des enquêtes ; ii) le non-respect de la procédure par les Officiers de Police Judiciaire (OPJ), notamment en ce qui concerne les délais de garde à vue ; iii) les mauvaises conditions de garde à vue et les mauvais traitements pendant cette période, iv) la corruption et le manque d’intégrité de certains agents du système, v) les longs délais des décisions de Justice ; vi) les lenteurs ou la non-exé cution de certaines décisions de justice et vii) la non indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis de l’Exécutif, conduisant à une justice sélective. 368 Au niveau de la protection de l’enfance, de la jeunesse et de l’adolescence, son importance tient à l’existence d’un code et à l’ampleur que prend l’exploitation économique des enfants, le phénomène des enfants-placés communément ap pelés « Vidomegon », la traite des enfants et les mauvais traitements faits à ces derniers. Les problèmes identifiés sont : i) la non différentiation de la prise en charge de l’enfant victime de celle de l’enfant en conflit avec la loi et ii) l’inexis tence de politique coordonnée de prise en charge de ces deux préoccupations. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 128 129 2.5.4 – paix, SÉcuritÉ, dÉfenSe et diplomatie : conSolidation de la SÉcuritÉ individuelle et renforcement de la diplomatie au Service du dÉveloppement 369 Paix, sécurité et défense : l’importance de la corrélation entre paix, sécurité et développement humain durable a conduit à la prise en compte de cette problé matique dans les stratégies au niveau continental, régional (UEMOA, CEDEAO et Union Africaine) et au niveau national (Vision Bénin 2025 Alafia, SCRPIII 2011 2015), au niveau international à travers les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies pour 2030, dans la cible 16 : « promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement». Elle a aussi per mis de passer de la conception traditionnelle de la sécurité centrée sur l’État qui privilégiait l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale à une notion plus large intégrant la sécurité humaine. 370 L’état des données disponibles indiquent que la situation de sécurité individuelle n’est pas préoccupante au Bénin. Cependant, il est noté une dégradation du rang qu’occupe le Bénin dans l’évaluation de la Fondation Mo Ibrahim (notamment en 2005, et de 2009 à 2014). Cette contre-performance est due à la hausse du nombre de vols, d’escroqueries et d’abus de confiance doublée de la recrudescence de la petite délinquance et du grand banditisme. L’aggravation de ces faits résulte : › de la mauvaise gouvernance, des effets pervers de la mondialisation, de la poro sité des frontières béninoises et de l’insuffisant contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire national ; › des facteurs économiques, notamment les crises économiques et financières, le développement des technologies de l’information et de la communica tion et les difficultés d’accès de certains groupes aux ressources productives et énergétiques, surtout en milieu rural ; › des facteurs socioculturels et religieux dont l’effritement généralisé des va leurs éthiques et morales, l’intégrisme religieux, la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes, l’émergence des groupes mafieux et des organisations criminelles transfrontalières spécialisées dans le crime et les destructions mas sives de vies humaines. 371 L’amélioration de la sécurité dépend aussi de l’existence d’un système d’état ci vil généralisé, fiable et efficace. Selon une étude commanditée en 2011 par le Ministère en charge de l’intérieur, certains faits d’état civil (naissance, mariage, décès) ne sont pas déclarés en dépit de l’existence des textes juridiques fixant les modalités de déclaration et de délivrance des actes d’état civil et des actions d’IEC menées par les services publics et les OSC. L’étude montre une évolution en dents de scie du taux national d’enregistrement des naissances qui est passé de 71 % en 2001 à 60 % en 2006 et à 84,8 % en 2014, avec des disparités d’un dépar tement à l’autre. Les taux les plus bas en 2014 se retrouvent au Nord et au Centre du Bénin (Borgou : 75,0 % ; Zou : 79,3 % ; Atacora : 81,6 %). 364 Depuis 2000, le secteur de la justice est marqué par plusieurs mouvements de grèves qui ont pour cause l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire, le non-res pect par l’Exécutif des critères de nomination des juges dans les juridictions, le non-paiement des primes et indemnités au personnel et tout récemment les dis positions à modifier dans la Constitution du 11 décembre 1990. Ces débrayages conjugués avec l’insuffisance de personnel et le manque de matériel roulant adé quat ont eu pour résultat la faible productivité de plusieurs juridictions avec des taux de dossiers sortis par les TPI qui sont passés de 39 % en 2005 à 32 % en 2009 puis à 31 % en 2015. Le ratio « détenus en attente de jugement par rapport aux condamnés » a évolué de 3 en 2005 à 4 en 2010 et à 2,2 en 2015. 365 Par ailleurs, le pays ne compte que 10 établissements pénitentiaires fonctionnels dont la plupart sont éloignés des juridictions de 1re instance (Savalou à 120 km d’Abomey, Djougou 90 km de Natitingou, Pobè à 60 km de Porto- Novo, Aplahoué à 40 km de Lokossa). Les problèmes de ces établissements pénitentiaires qui constituent quelques-unes des principales faiblesses du pays en matière du res pect du droit de l’homme sont : i) le taux élevé d’occupation des prisons, passé de 350 % en 2003, à 177,15 % en 2015 ; ii) les mauvaises conditions de détention et iii) le peu d’intérêt à la réinsertion sociale et à la prévention de la récidive. 366 Du point de vue de la qualité du cadre législatif et réglementaire, les problèmes identifiés sont le défaut de textes dans certains domaines, créant ainsi l’insécurité juridique et les lenteurs dans le processus d’élaboration, d’adoption, de promul gation, de publication et de vulgarisation des lois et dans la prise de leurs décrets d’application. 367 S’agissant de la sécurité judiciaire, elle est éprouvée par ; i) les délais excessifs dans la résolution des enquêtes ; ii) le non-respect de la procédure par les Officiers de Police Judiciaire (OPJ), notamment en ce qui concerne les délais de garde à vue ; iii) les mauvaises conditions de garde à vue et les mauvais traitements pendant cette période, iv) la corruption et le manque d’intégrité de certains agents du système, v) les longs délais des décisions de Justice ; vi) les lenteurs ou la non-exé cution de certaines décisions de justice et vii) la non indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis de l’Exécutif, conduisant à une justice sélective. 368 Au niveau de la protection de l’enfance, de la jeunesse et de l’adolescence, son importance tient à l’existence d’un code et à l’ampleur que prend l’exploitation économique des enfants, le phénomène des enfants-placés communément ap pelés « Vidomegon », la traite des enfants et les mauvais traitements faits à ces derniers. Les problèmes identifiés sont : i) la non différentiation de la prise en charge de l’enfant victime de celle de l’enfant en conflit avec la loi et ii) l’inexis tence de politique coordonnée de prise en charge de ces deux préoccupations. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 130 131 377 De façon globale sur la période de 2000 à 2016, la situation de sécurité indivi duelle est très préoccupante. Cependant, de 2011 à 2012, le nombre de vols, escroqueries et abus de confiance est passé de 37 760 à 40 234 cas, soit une aug mentation de 6,55 %. L’accroissement de ce type de délinquance est dû, entre autres, à l’aggravation de la pauvreté et au taux de chômage élevé. 2.5.6 – gouvernance adminiStrative : une adminiStration encore loin d’être au Service du dÉveloppement 378 Les États Généraux de la Fonction Publique tenus en 1994, le séminaire d’éla boration de la stratégie nationale de la réforme administrative tenu en 1998, et la table ronde sur la réforme administrative de 2000, recommandaient déjà de travailler à transformer l’administration publique béninoise, d’une administration de commandement en une administration de développement. Dans ce cadre, plusieurs réformes ont été engagées et concernent la gestion des ressources hu maines, la gestion du processus des réformes, la nouvelle politique de rémunéra tion, les mesures de motivation et la gouvernance. 379 La situation actuelle de la Fonction Publique est le résultat de plusieurs facteurs dont i) la mise en application peu objective des textes à cause de la forte influence poli tique, et ii) la non adaptation de certaines dispositions de ladite administration aux exigences de performance dans les méthodes de travail et de satisfaction des usagers. 380 L’Administration publique béninoise reste caractérisée par l’insuffisante clarifica tion des missions et des attributions, les lourdeurs administratives et judiciaires, la vétusté et la désuétude des textes législatif et réglementaire, l’inexistence d’une gestion prévisionnelle effective des ressources humaines, la dégradation du cadre éthique et déontologique, la politisation à outrance de l’administration publique et une faible application de la gestion axée sur les résultats. 381 L’effectif de la fonction Publique est passé de 40 523 en 2005 à 70 718 en 2015 puis à 72 285 en 2016 non compris le personnel des forces de sécurité et de dé fense. La part des APE dans cet effectif a diminué progressivement pour passer de 79,07 % en 2005 à 36,04 % en 2015 puis à 29,90 % en 2016. Cette situation traduit le choix progressif de recruter davantage les agents contractuels au détriment des agents permanents. 382 Le système de formation et de renforcement des capacités est régi par la loi por tant Statut Général des agents de l’État et plusieurs autres lois, décrets, arrêtés et lettres circulaires. À la demande du Ministère chargé de la Fonction Publique, 13 ministères ont élaboré en 2013 leur plan de formation fondé plus sur les besoins exprimés par les directions et services plutôt que résultant d’un audit technique et organisationnel. 372 Les difficultés liées à l’efficacité du système d’état civil sont essentiellement la non-déclaration systématique des naissances , la faible modernité du système, le besoin de formation des acteurs, l’éloignement des chefs-lieux des centres d’état civil, la non disponibilité et signature des registres d’enregistrement des faits d’état civil, la non tenue de ces registres lorsqu’ils sont disponibles, l’inexistence de centres secondaires, l’insuffisance du personnel, une faible collaboration et le suivi des acteurs intervenant dans la gestion de l’état civil. 373 L’environnement international actuel et régional est sujet à plusieurs tensions intra et inter étatique notamment des litiges frontaliers avec des pays voisins, le terrorisme le cas de Boko haram et le phénomène de la piraterie maritime. En dépit de la création depuis 2008 au Bénin, d’une commission nationale des fron tières et de l’ABeGIEF, les problèmes liés aux délimitations demeurent. Ainsi, des efforts restent à faire pour la mise en œuvre de la politique de gestion des espaces frontaliers. Des efforts sont aussi consentis pour juguler la piraterie maritime. Il convient d’être en état de veille afin d’empêcher la résurgence du phénomène. 374 Diplomatie : la diplomatie, instrument de mise en œuvre de la politique étran gère d’un pays, est assurée par le Ministère en charge des Affaires Étrangères. En dehors des services publics, d’autres acteurs concourent à la coopération interna tionale : la diplomatie non gouvernementale par la diaspora, les Béninois de l’ex térieur, ainsi que les organisations non gouvernementales (ONG), la diplomatie d’entreprise ou d’affaires, par les acteurs du secteur privé. La diplomatie implique également le Parlement qui, en plus de voter les lois portant autorisation de rati fication des accords internationaux, développe de plus en plus la coopération interparlementaire avec une Commission des affaires étrangères. 375 Les principaux problèmes relevant de ce secteur concernent : i) la faible appro priation des nouveaux concepts et métiers de la diplomatie, notamment la diplo matie économique, culturelle, environnementale et climatique, ii) la complexité croissante de l’environnement international, à travers la multiplication des interlo cuteurs, des paramètres et la concurrence des acteurs internationaux et iii) l’inexis tence de document de politique étrangère. 2.5.5 – SÉcuritÉ humaine : approche et programmeS à opÉrationnaliSer 376 La sérénité et la quiétude des populations dans un pays sont des facteurs de paix auxquels contribue la sécurité qui est un droit fondamental et l’une des condi tions d’exercice des libertés individuelles et collectives. L’État a donc le devoir de l’assurer en veillant sur l’ensemble du territoire national, à la défense des institu tions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de l’ordre public, à la protection des personnes et des biens. La sécurité des biens et des personnes fait partie intégrante de la sécurité individuelle qui est une des dimensions de la sécurité humaine et qui intègre la violence physique, la criminalité, le terrorisme, la violence familiale, les catastrophes naturelles et la traite des enfants. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 130 131 377 De façon globale sur la période de 2000 à 2016, la situation de sécurité indivi duelle est très préoccupante. Cependant, de 2011 à 2012, le nombre de vols, escroqueries et abus de confiance est passé de 37 760 à 40 234 cas, soit une aug mentation de 6,55 %. L’accroissement de ce type de délinquance est dû, entre autres, à l’aggravation de la pauvreté et au taux de chômage élevé. 2.5.6 – gouvernance adminiStrative : une adminiStration encore loin d’être au Service du dÉveloppement 378 Les États Généraux de la Fonction Publique tenus en 1994, le séminaire d’éla boration de la stratégie nationale de la réforme administrative tenu en 1998, et la table ronde sur la réforme administrative de 2000, recommandaient déjà de travailler à transformer l’administration publique béninoise, d’une administration de commandement en une administration de développement. Dans ce cadre, plusieurs réformes ont été engagées et concernent la gestion des ressources hu maines, la gestion du processus des réformes, la nouvelle politique de rémunéra tion, les mesures de motivation et la gouvernance. 379 La situation actuelle de la Fonction Publique est le résultat de plusieurs facteurs dont i) la mise en application peu objective des textes à cause de la forte influence poli tique, et ii) la non adaptation de certaines dispositions de ladite administration aux exigences de performance dans les méthodes de travail et de satisfaction des usagers. 380 L’Administration publique béninoise reste caractérisée par l’insuffisante clarifica tion des missions et des attributions, les lourdeurs administratives et judiciaires, la vétusté et la désuétude des textes législatif et réglementaire, l’inexistence d’une gestion prévisionnelle effective des ressources humaines, la dégradation du cadre éthique et déontologique, la politisation à outrance de l’administration publique et une faible application de la gestion axée sur les résultats. 381 L’effectif de la fonction Publique est passé de 40 523 en 2005 à 70 718 en 2015 puis à 72 285 en 2016 non compris le personnel des forces de sécurité et de dé fense. La part des APE dans cet effectif a diminué progressivement pour passer de 79,07 % en 2005 à 36,04 % en 2015 puis à 29,90 % en 2016. Cette situation traduit le choix progressif de recruter davantage les agents contractuels au détriment des agents permanents. 382 Le système de formation et de renforcement des capacités est régi par la loi por tant Statut Général des agents de l’État et plusieurs autres lois, décrets, arrêtés et lettres circulaires. À la demande du Ministère chargé de la Fonction Publique, 13 ministères ont élaboré en 2013 leur plan de formation fondé plus sur les besoins exprimés par les directions et services plutôt que résultant d’un audit technique et organisationnel. 372 Les difficultés liées à l’efficacité du système d’état civil sont essentiellement la non-déclaration systématique des naissances , la faible modernité du système, le besoin de formation des acteurs, l’éloignement des chefs-lieux des centres d’état civil, la non disponibilité et signature des registres d’enregistrement des faits d’état civil, la non tenue de ces registres lorsqu’ils sont disponibles, l’inexistence de centres secondaires, l’insuffisance du personnel, une faible collaboration et le suivi des acteurs intervenant dans la gestion de l’état civil. 373 L’environnement international actuel et régional est sujet à plusieurs tensions intra et inter étatique notamment des litiges frontaliers avec des pays voisins, le terrorisme le cas de Boko haram et le phénomène de la piraterie maritime. En dépit de la création depuis 2008 au Bénin, d’une commission nationale des fron tières et de l’ABeGIEF, les problèmes liés aux délimitations demeurent. Ainsi, des efforts restent à faire pour la mise en œuvre de la politique de gestion des espaces frontaliers. Des efforts sont aussi consentis pour juguler la piraterie maritime. Il convient d’être en état de veille afin d’empêcher la résurgence du phénomène. 374 Diplomatie : la diplomatie, instrument de mise en œuvre de la politique étran gère d’un pays, est assurée par le Ministère en charge des Affaires Étrangères. En dehors des services publics, d’autres acteurs concourent à la coopération interna tionale : la diplomatie non gouvernementale par la diaspora, les Béninois de l’ex térieur, ainsi que les organisations non gouvernementales (ONG), la diplomatie d’entreprise ou d’affaires, par les acteurs du secteur privé. La diplomatie implique également le Parlement qui, en plus de voter les lois portant autorisation de rati fication des accords internationaux, développe de plus en plus la coopération interparlementaire avec une Commission des affaires étrangères. 375 Les principaux problèmes relevant de ce secteur concernent : i) la faible appro priation des nouveaux concepts et métiers de la diplomatie, notamment la diplo matie économique, culturelle, environnementale et climatique, ii) la complexité croissante de l’environnement international, à travers la multiplication des interlo cuteurs, des paramètres et la concurrence des acteurs internationaux et iii) l’inexis tence de document de politique étrangère. 2.5.5 – SÉcuritÉ humaine : approche et programmeS à opÉrationnaliSer 376 La sérénité et la quiétude des populations dans un pays sont des facteurs de paix auxquels contribue la sécurité qui est un droit fondamental et l’une des condi tions d’exercice des libertés individuelles et collectives. L’État a donc le devoir de l’assurer en veillant sur l’ensemble du territoire national, à la défense des institu tions et des intérêts nationaux, au respect des lois, au maintien de l’ordre public, à la protection des personnes et des biens. La sécurité des biens et des personnes fait partie intégrante de la sécurité individuelle qui est une des dimensions de la sécurité humaine et qui intègre la violence physique, la criminalité, le terrorisme, la violence familiale, les catastrophes naturelles et la traite des enfants. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 132 133 388 Au niveau de la discipline budgétaire, il a été constaté : › l’insuffisante crédibilité budgétaire liée à la non exhaustivité et à la faible trans parence du budget, l’inexistence de lien entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, et les écarts croissants entre prévisions et réalisations de dépenses ; › la prévisibilité et le contrôle insuffisants de l’exécution du budget du fait de l’inefficacité des mécanismes de recours et des pénalités, de l’insuffisance de dialogue entre secteur privé et administration fiscale, de l’incomplétude de la base de données de l’IFU, de l’absence de synergie et d’interconnexion des bases de données du Ministère de la Fonction Publique et de la Solde (au Ministère des Finances), de l’accès limité du public aux informations relatives à la passation des marchés publics, et du recours fréquent aux procédures de gré à gré et à la consultation restreinte ; › les insuffisances dans la comptabilité, l’enregistrement des informations et l’élaboration des rapports financiers ; › l’insuffisante surveillance et vérification externes du fait de la couverture encore insuffisante de la Chambre des Comptes en matière de vérification externe (au moins 75 % des entités de l’administration centrale) et de l’insuffisante per formance de l’Assemblée Nationale en matière d’examen des rapports d’exé cution des lois de finances et d’examen et du vote de la loi de règlement. Les réformes exigent la création d’une Cour des Comptes pour corriger ces imper fections liées à la reddition des comptes et le vote de la loi de règlement. 389 En matière d’allocation stratégique des ressources et de l’alignement des budgets sur les politiques nationales, les résultats des exercices PEFA mettent en exergue les insuffisances suivantes : › le manque de réalisme des ressources planifiées pour la réalisation des activités ; › la prégnance de la budgétisation annuelle en dépit des budgets-programmes et Cadres de Dépenses à Moyen Terme triennaux. Les réformes prévoient les autorisations d’engagement et des crédits de paiement pour combler cette insuffisance. 390 Au niveau de la mise à disposition des services, les problèmes que rencontre l’administration sont : › l’efficacité et l’efficience des services fournis à l’administration sont affectées par les lenteurs observées dans le système de passation des marchés publics ; › le recours fréquent aux marchés de gré à gré ; › le long délai du processus d’exécution et la centralisation au niveau du seul ministre chargé des finances de la signature des contrats de certains marchés publics. Les réformes recommandent la décentralisation du pouvoir d’ordon nateur des dépenses au niveau de chaque ministère et institutions de l’État. 383 Plusieurs facteurs continuent de plomber l’efficacité de l’administration publique dont : i) la mise en application peu objective des textes à cause de la forte in fluence politique ; ii) la non adaptation de certaines dispositions de ladite loi aux exigences de performance dans les méthodes de travail et de satisfaction des usa gers ; iii) l’insuffisante clarification des missions et des attributions et iv) l’absence des manuels de procédures pour organiser le travail, le flux d’informations et les processus internes. 384 En matière de gestion des ressources humaines la situation est caractérisée par : i) l’absence d’une gestion prévisionnelle effective des ressources humaines ; ii) l’ina déquation des profils aux postes occupés ; iii) la faible performance du dispositif de recrutement et des nominations ; iv) la lenteur dans la production et la gestion des actes de carrière des agents de l’État ; v) la déliquescence des archives du personnel de l’État ; vi) l’inefficacité du mécanisme d’évaluation et de sanction des agents ; vii) la déconnection du système de rémunération de sa finalité de service public et de l’intérêt général et viii) l’insuffisance en quantité et en qualité d’équipements modernes en lien avec les différents besoins des structures. 385 Par ailleurs, ces faiblesses liées au fonctionnement de l’administration ne favo risent pas l’accès à l’information et aux données statistiques qui d’une part sont faiblement produites ou obsolètes et d’autre part, inexistantes. Ce qui ne favorise pas une redevabilité en termes de gestion et de gouvernance statistique pour un suivi des engagements des gouvernants et une reddition de compte à tous les niveaux. Cela suppose que des objectifs clairs et bien définis soient assignés aux responsables et à toutes les parties prenantes. 2.5.7 – gouvernance Économique et financière : acquiS fragileS danS la geStion deS financeS puBliqueS et efficacitÉ trèS inSuffiSante danS la lutte contre la corruption 386 Depuis le début des années 2000, le gouvernement du Bénin s’est engagé dans un programme de réforme en vue de la modernisation de son système de gestion des finances publiques. Les principales réformes engagées s’inscrivent dans une initiative communautaire au sein de l’UEMOA et ont permis la rénovation du cadre juridique national à travers l’intégration dans le droit national, de plusieurs textes de lois, notamment la loi organique relative à la loi de finances (LOLF). Les réformes ont aussi visé la mise en œuvre d’une gestion budgétaire axée sur les résultats. 387 Gestion des finances publiques : l’évaluation de la performance du système de gestion des finances publiques a été réalisée à trois reprises (en 2007, 2012 et 2014) selon la méthodologie PEFA avec la prise en compte de la participation citoyenne. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 132 133 388 Au niveau de la discipline budgétaire, il a été constaté : › l’insuffisante crédibilité budgétaire liée à la non exhaustivité et à la faible trans parence du budget, l’inexistence de lien entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, et les écarts croissants entre prévisions et réalisations de dépenses ; › la prévisibilité et le contrôle insuffisants de l’exécution du budget du fait de l’inefficacité des mécanismes de recours et des pénalités, de l’insuffisance de dialogue entre secteur privé et administration fiscale, de l’incomplétude de la base de données de l’IFU, de l’absence de synergie et d’interconnexion des bases de données du Ministère de la Fonction Publique et de la Solde (au Ministère des Finances), de l’accès limité du public aux informations relatives à la passation des marchés publics, et du recours fréquent aux procédures de gré à gré et à la consultation restreinte ; › les insuffisances dans la comptabilité, l’enregistrement des informations et l’élaboration des rapports financiers ; › l’insuffisante surveillance et vérification externes du fait de la couverture encore insuffisante de la Chambre des Comptes en matière de vérification externe (au moins 75 % des entités de l’administration centrale) et de l’insuffisante per formance de l’Assemblée Nationale en matière d’examen des rapports d’exé cution des lois de finances et d’examen et du vote de la loi de règlement. Les réformes exigent la création d’une Cour des Comptes pour corriger ces imper fections liées à la reddition des comptes et le vote de la loi de règlement. 389 En matière d’allocation stratégique des ressources et de l’alignement des budgets sur les politiques nationales, les résultats des exercices PEFA mettent en exergue les insuffisances suivantes : › le manque de réalisme des ressources planifiées pour la réalisation des activités ; › la prégnance de la budgétisation annuelle en dépit des budgets-programmes et Cadres de Dépenses à Moyen Terme triennaux. Les réformes prévoient les autorisations d’engagement et des crédits de paiement pour combler cette insuffisance. 390 Au niveau de la mise à disposition des services, les problèmes que rencontre l’administration sont : › l’efficacité et l’efficience des services fournis à l’administration sont affectées par les lenteurs observées dans le système de passation des marchés publics ; › le recours fréquent aux marchés de gré à gré ; › le long délai du processus d’exécution et la centralisation au niveau du seul ministre chargé des finances de la signature des contrats de certains marchés publics. Les réformes recommandent la décentralisation du pouvoir d’ordon nateur des dépenses au niveau de chaque ministère et institutions de l’État. 383 Plusieurs facteurs continuent de plomber l’efficacité de l’administration publique dont : i) la mise en application peu objective des textes à cause de la forte in fluence politique ; ii) la non adaptation de certaines dispositions de ladite loi aux exigences de performance dans les méthodes de travail et de satisfaction des usa gers ; iii) l’insuffisante clarification des missions et des attributions et iv) l’absence des manuels de procédures pour organiser le travail, le flux d’informations et les processus internes. 384 En matière de gestion des ressources humaines la situation est caractérisée par : i) l’absence d’une gestion prévisionnelle effective des ressources humaines ; ii) l’ina déquation des profils aux postes occupés ; iii) la faible performance du dispositif de recrutement et des nominations ; iv) la lenteur dans la production et la gestion des actes de carrière des agents de l’État ; v) la déliquescence des archives du personnel de l’État ; vi) l’inefficacité du mécanisme d’évaluation et de sanction des agents ; vii) la déconnection du système de rémunération de sa finalité de service public et de l’intérêt général et viii) l’insuffisance en quantité et en qualité d’équipements modernes en lien avec les différents besoins des structures. 385 Par ailleurs, ces faiblesses liées au fonctionnement de l’administration ne favo risent pas l’accès à l’information et aux données statistiques qui d’une part sont faiblement produites ou obsolètes et d’autre part, inexistantes. Ce qui ne favorise pas une redevabilité en termes de gestion et de gouvernance statistique pour un suivi des engagements des gouvernants et une reddition de compte à tous les niveaux. Cela suppose que des objectifs clairs et bien définis soient assignés aux responsables et à toutes les parties prenantes. 2.5.7 – gouvernance Économique et financière : acquiS fragileS danS la geStion deS financeS puBliqueS et efficacitÉ trèS inSuffiSante danS la lutte contre la corruption 386 Depuis le début des années 2000, le gouvernement du Bénin s’est engagé dans un programme de réforme en vue de la modernisation de son système de gestion des finances publiques. Les principales réformes engagées s’inscrivent dans une initiative communautaire au sein de l’UEMOA et ont permis la rénovation du cadre juridique national à travers l’intégration dans le droit national, de plusieurs textes de lois, notamment la loi organique relative à la loi de finances (LOLF). Les réformes ont aussi visé la mise en œuvre d’une gestion budgétaire axée sur les résultats. 387 Gestion des finances publiques : l’évaluation de la performance du système de gestion des finances publiques a été réalisée à trois reprises (en 2007, 2012 et 2014) selon la méthodologie PEFA avec la prise en compte de la participation citoyenne. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 134 135 Figure 21 : Évolution du PIP par secteur (en %) Source : réalisé à partir des statistiques de la cSpef, 2017 395 La mise en œuvre du PIP souffre de plusieurs insuffisances. D’abord au plan trans versal : › le manque de synergie et de complémentarité efficace entre le Ministère char gé du développement et celui chargé des finances provoque des retards, et des pertes d’opportunités ; › l’inefficacité du processus d’arbitrage (sectoriel, interministériel et national) de vant confirmer l’inscription d’un projet au PIP ; › l’irréalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT) ; › l’inscription au PIP de projets non pertinents pour la mise en œuvre des straté gies sectorielles, de projets sans étude de faisabilité ; › les faibles capacités d’exécution des ministères ; › la prégnance de budgets annuels peu favorables au budget à moyen terme et au processus de gestion axée sur les résultats prescrits par la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF). Les réformes en la matière se poursuivent ; › les révisions budgétaires en cours d’exercice et la régulation du SIGFIP ; 396 Ensuite, des problèmes sont aussi observés pendant la phase de mise en œuvre, notamment : › l’élaboration tardive des outils d’opérationnalisation du budget (des plans de travail annuels et des plans de passation des marchés, etc.) ; › les redondances de contrôles effectués aussi bien par la DNCMP que par l’ARMP ; › les longs délais de paiement en dépit de l’assouplissement de plusieurs contrôles ex-ante de paiement depuis 2012. Les réformes annoncent une rénovation de la fonction des contrôleurs financiers qui sont désormais des contrôleurs budgé taires et donc ne doivent plus se limiter aux contrôles ex-ante mais doivent aller au-delà par un contrôle ex-post voir un contrôle modulé. 397 Lutte contre la corruption : selon l’Indice de Perception de la Corruption produit par Transparency International, le Bénin est passé du 77e rang en 2000 au 88e en 2005, 110e en 2010 et 95e en 2016. En ce qui concerne l’Indice du Contrôle de la Corruption publié par la Banque Mondiale, les scores enregistrés ont évolué de 37,6 en 2000 à 18 en 2005. Ils ont été de 26 en 2010 et 24 en 2014. Par ailleurs, la carte de score publiée par le Millenium Challenge Corporation (MCC) chaque 391 Au niveau de la participation des OSC et du secteur privé à l’élaboration et au suivi budgétaire, les OSC et le secteur privé interagissent aux côtés du gouverne ment en matière de gestion des finances publiques. Conscients des exigences des citoyens à plus d’efficacité et d’efficience de l’action publique et du rôle de formation civique et de veille des OSC, le gouvernement s’est engagé en faveur du renforcement de la participation de ces deux acteurs à l’élaboration du budget. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire l’implication active de ceux-ci dans les dé bats sur l’orientation budgétaire, sur les réformes à engager et sur les incitations en faveur du développement des activités économiques. D’importants progrès ont été réalisés et ont permis d’améliorer le niveau de transparence budgétaire du pays. En effet, selon l’Open Budget Index qui s’élabore périodiquement, le score du Bénin est passé de 1% à 45% entre 2012 et 2015. Cette situation est due à l’élaboration et à la publication à temps des différents rapports budgétaires. En dépit de ces progrès, les acteurs du secteur privé estiment que leurs propositions ne sont pas suffisamment prises en compte ni mises en œuvre pour dynamiser l’économie nationale. 392 La réforme budgétaire centrée sur la Gestion Axée sur les Résultats généralisée en 2006 au niveau de tous les Ministères et institutions de l’État, oblige à produire à la fin de chaque exercice budgétaire, un rapport de performance pour rendre compte de l’utilisation des fonds publics mis à leur disposition durant l’année écoulée. Cette exigence a été renforcée par les dispositions de la Loi Organique relative aux Lois de Finances du 27 septembre 2013 qui améliore le rôle de la cour des comptes et donne une responsabilité plus accrue aux gestionnaires de programme. Notons aussi que dans le cadre de la décentralisation, il est prévu certains outils de redevabilité que sont les sessions ou audiences publiques qui permettent aux élus locaux de rendre compte à leur mandant de la gestion faite des ressources publiques. 393 Programmation et mise en œuvre des investissements publics : Les efforts d’inves tissements publics, l’évolution de l’allocation par secteur et les investissements publics sur la période 2000-2016, indiquent clairement la priorité permanente accordée aux secteurs productifs de l’économie nationale. Ceux-ci se sont vus accorder en moyenne, 57,57 % du PIP sur la période 2000-2009 et 52,78 % entre 2010 et 2016. La seconde priorité revient aux secteurs sociaux avec en moyenne 31,86 % et 29,48 % respectivement au cours des périodes susmentionnées. Cependant, les résultats, effets et impacts de ces investissements sont peu per ceptibles, peu sensibles à l’amélioration de conditions socio-économiques des populations. 394 Les sources intérieures de financement du PIP ont contribué pour 44,78 % et 49,95 % respectivement au cours des deux périodes susmentionnées et le solde est pris en charge par les sources extérieures. Cette évolution traduit la volonté de l’État de prendre de plus en plus de responsabilité dans le financement des actions publiques d’investissement. Les taux d’exécution des dépenses d’inves tissement sont en moyenne annuelle 62,52 % pendant la période 2000-2009 et 67,82 % entre 2010 et 2016. Au plan sectoriel, les taux de réalisation ont enregis tré une évolution erratique entre 2000 et 2016. 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2009 20112008 2010 2012 2013 2014 20162015 80 60 40 20 0 i Secteurs sociaux AdministrationSecteurs productifs P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 134 135 Figure 21 : Évolution du PIP par secteur (en %) Source : réalisé à partir des statistiques de la cSpef, 2017 395 La mise en œuvre du PIP souffre de plusieurs insuffisances. D’abord au plan trans versal : › le manque de synergie et de complémentarité efficace entre le Ministère char gé du développement et celui chargé des finances provoque des retards, et des pertes d’opportunités ; › l’inefficacité du processus d’arbitrage (sectoriel, interministériel et national) de vant confirmer l’inscription d’un projet au PIP ; › l’irréalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT) ; › l’inscription au PIP de projets non pertinents pour la mise en œuvre des straté gies sectorielles, de projets sans étude de faisabilité ; › les faibles capacités d’exécution des ministères ; › la prégnance de budgets annuels peu favorables au budget à moyen terme et au processus de gestion axée sur les résultats prescrits par la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF). Les réformes en la matière se poursuivent ; › les révisions budgétaires en cours d’exercice et la régulation du SIGFIP ; 396 Ensuite, des problèmes sont aussi observés pendant la phase de mise en œuvre, notamment : › l’élaboration tardive des outils d’opérationnalisation du budget (des plans de travail annuels et des plans de passation des marchés, etc.) ; › les redondances de contrôles effectués aussi bien par la DNCMP que par l’ARMP ; › les longs délais de paiement en dépit de l’assouplissement de plusieurs contrôles ex-ante de paiement depuis 2012. Les réformes annoncent une rénovation de la fonction des contrôleurs financiers qui sont désormais des contrôleurs budgé taires et donc ne doivent plus se limiter aux contrôles ex-ante mais doivent aller au-delà par un contrôle ex-post voir un contrôle modulé. 397 Lutte contre la corruption : selon l’Indice de Perception de la Corruption produit par Transparency International, le Bénin est passé du 77e rang en 2000 au 88e en 2005, 110e en 2010 et 95e en 2016. En ce qui concerne l’Indice du Contrôle de la Corruption publié par la Banque Mondiale, les scores enregistrés ont évolué de 37,6 en 2000 à 18 en 2005. Ils ont été de 26 en 2010 et 24 en 2014. Par ailleurs, la carte de score publiée par le Millenium Challenge Corporation (MCC) chaque 391 Au niveau de la participation des OSC et du secteur privé à l’élaboration et au suivi budgétaire, les OSC et le secteur privé interagissent aux côtés du gouverne ment en matière de gestion des finances publiques. Conscients des exigences des citoyens à plus d’efficacité et d’efficience de l’action publique et du rôle de formation civique et de veille des OSC, le gouvernement s’est engagé en faveur du renforcement de la participation de ces deux acteurs à l’élaboration du budget. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire l’implication active de ceux-ci dans les dé bats sur l’orientation budgétaire, sur les réformes à engager et sur les incitations en faveur du développement des activités économiques. D’importants progrès ont été réalisés et ont permis d’améliorer le niveau de transparence budgétaire du pays. En effet, selon l’Open Budget Index qui s’élabore périodiquement, le score du Bénin est passé de 1% à 45% entre 2012 et 2015. Cette situation est due à l’élaboration et à la publication à temps des différents rapports budgétaires. En dépit de ces progrès, les acteurs du secteur privé estiment que leurs propositions ne sont pas suffisamment prises en compte ni mises en œuvre pour dynamiser l’économie nationale. 392 La réforme budgétaire centrée sur la Gestion Axée sur les Résultats généralisée en 2006 au niveau de tous les Ministères et institutions de l’État, oblige à produire à la fin de chaque exercice budgétaire, un rapport de performance pour rendre compte de l’utilisation des fonds publics mis à leur disposition durant l’année écoulée. Cette exigence a été renforcée par les dispositions de la Loi Organique relative aux Lois de Finances du 27 septembre 2013 qui améliore le rôle de la cour des comptes et donne une responsabilité plus accrue aux gestionnaires de programme. Notons aussi que dans le cadre de la décentralisation, il est prévu certains outils de redevabilité que sont les sessions ou audiences publiques qui permettent aux élus locaux de rendre compte à leur mandant de la gestion faite des ressources publiques. 393 Programmation et mise en œuvre des investissements publics : Les efforts d’inves tissements publics, l’évolution de l’allocation par secteur et les investissements publics sur la période 2000-2016, indiquent clairement la priorité permanente accordée aux secteurs productifs de l’économie nationale. Ceux-ci se sont vus accorder en moyenne, 57,57 % du PIP sur la période 2000-2009 et 52,78 % entre 2010 et 2016. La seconde priorité revient aux secteurs sociaux avec en moyenne 31,86 % et 29,48 % respectivement au cours des périodes susmentionnées. Cependant, les résultats, effets et impacts de ces investissements sont peu per ceptibles, peu sensibles à l’amélioration de conditions socio-économiques des populations. 394 Les sources intérieures de financement du PIP ont contribué pour 44,78 % et 49,95 % respectivement au cours des deux périodes susmentionnées et le solde est pris en charge par les sources extérieures. Cette évolution traduit la volonté de l’État de prendre de plus en plus de responsabilité dans le financement des actions publiques d’investissement. Les taux d’exécution des dépenses d’inves tissement sont en moyenne annuelle 62,52 % pendant la période 2000-2009 et 67,82 % entre 2010 et 2016. Au plan sectoriel, les taux de réalisation ont enregis tré une évolution erratique entre 2000 et 2016. 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2009 20112008 2010 2012 2013 2014 20162015 80 60 40 20 0 i Secteurs sociaux AdministrationSecteurs productifs P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 136 137 2.5.8 – principaux dÉfiS à relever 402 Le processus démocratique au Bénin est toujours en mouvement, malgré cer taines difficultés liées au développement des bonnes pratiques respectueuses de la séparation des pouvoirs de chaque institution et de l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques à tous les niveaux dans toutes les sphères des institutions. La sécurité s’est améliorée et un climat de paix a été instauré grâce à la tenue de sessions de dialogue social même si les engagements des parties pre nantes ne sont toujours pas respectés. Sur le plan de la participation citoyenne, le jeu multipartiste n’a pas encore bien développé l’esprit d’implication des popula tions dans la gestion des affaires publiques aux plans national et local. La société civile essaye d’occuper son espace pour améliorer la participation des populations et le développement de la culture de transparence. 403 La gouvernance au Bénin est caractérisée par une gouvernance politique sou vent mise à rude épreuve, un État de droit où les libertés individuelles et collec tives sont parfois menacées, une Administration publique peu performante, une Justice peu efficace et peu transparente, une insuffisante qualité de l’allocation des ressources publiques, une corruption grandissante et pénalisant les activités économiques, et une insécurité en recrudescence. 404 Une justice indépendante, de célérité et aux décisions prévisibles : la justice doit constituer le socle du respect de principe démocratique, de l’état de droit et des libertés. Son efficacité et sa performance se trouvent parfois limitées par : l’influence politique, la corruption, l’insuffisance et la qualité des ressources hu maines ainsi que son incapacité à couvrir le territoire national. 405 L’administration publique, en dépit de plusieurs initiatives et programmes mis en œuvre, manque d’efficacité dans l’amélioration de la qualité des services pu blics et de la gouvernance. Cette situation réside dans le non-respect des textes régissant l’administration, l’impunité, la corruption, le clientélisme, la gestion par tisane de l’administration, l’insuffisance de la gestion prévisionnelle de la carrière et l’absence d’un système performant de promotion des cadres. 406 Le diagnostic présenté fait ressortir de nombreux défis auxquels des réponses appropriées doivent être apportées. 407 Amélioration de la gouvernance politique : bien que le modèle démocratique béninois figure parmi les meilleurs en Afrique, le principe de séparation des pou voirs est mis à rude épreuve en raison des modes de désignation des membres des différentes institutions. En outre, après plus de 25 années d’expérience, il est toujours déploré la mauvaise organisation et la lenteur dans la gestion des contentieux électoraux qui pourraient conduire à des conflits préjudiciables à la cohésion nationale, à la paix et au renforcement de la légalité constitutionnelle qui sont les déterminants mis en exergue par la Vision Bénin 2025 Alafia. année, indique une bonne tenue des critères de gouvernance dont la plupart ont enregistré de bonnes performances sur la période 2006-2015, sauf celui du contrôle de la corruption qui évolue en dents de scie et sa dégradation en 2013 a conduit à un report de l’éligibilité du pays aux ressources de MCC. La mise en œuvre rigoureuse du Plan d’action élaboré à cet effet a permis le rétablissement de cette éligibilité et la signature en septembre 2015, d’un accord de don de 375 millions $US pour mettre en œuvre le deuxième Programme MCA-Bénin. 398 Dans le Rapport mondial sur la compétitivité 2013-2014, les entreprises inter rogées ont indiqué que la corruption était le plus grand obstacle aux affaires dans le pays et ceci influence globalement la capacité du Gouvernement à attirer des investissements fiables par le Partenariat Public Privé (PPP) dont les outils et conditions sont encore à élucider. Il est aussi admis que la corruption sévit dans tous les domaines de la société et à des niveaux de gravité variable. Figure 22 : Évolution des indicateurs relatifs à la corruption Source : réalisé à partir des statistiques de la fondation mo ibrahim, 2017 399 En dépit des efforts entrepris par le Gouvernement depuis 1991, surtout avec la mise en place de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ARMP), l’Unité nationale de lutte contre le blanchiment d’argent (Cellule nationale de traitement des informa tions financières, CENTIF), la lutte semble ne pas porter les fruits attendus. 400 Le Gouvernement a entrepris des démarches en vue de faire sanctionner les agents de l’État impliqués dans les scandales tels que l’affaire PPEAII dans laquelle il est reproché aux personnes impliquées, l’utilisation de plusieurs milliards de FCFA à des fins autres que celles dudit projet, même si plus tard, la justice a prononcé, en avril 2017, un non-lieu sur ce scandale qui a secoué le pays en 2015. 401 Cependant, il y a des scandales qui n’ont pas été élucidés. Au nombre de ceux ci, il faut citer : i) la non exploitation ou la non instruction par les juridictions des résultats des audits réalisés depuis 2001, des enquêtes menées dans l’affaire CEN SAD, à l’occasion du sommet de cette organisation tenue en 2008 à Cotonou ; ii) le scandale des turbines à gaz de Maria Gléta et iii) l’affaire ICC Services et consorts où des structures illégales de collecte d’épargne ont eu recours à la pyramide de Ponzi pour dépouiller des milliers de citoyens de près de 300 milliards de FCFA sur la période 2006-2011. 80 60 40 20 0 i Indice de la gouvernance globale (Fondation Mo Ibrahim) Indice de lutte contre la corruption (AFR) Administration publique centrale (BAD/BM) Enquête de corruption (GI/AFR) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 20092008 2010 20162011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 136 137 2.5.8 – principaux dÉfiS à relever 402 Le processus démocratique au Bénin est toujours en mouvement, malgré cer taines difficultés liées au développement des bonnes pratiques respectueuses de la séparation des pouvoirs de chaque institution et de l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques à tous les niveaux dans toutes les sphères des institutions. La sécurité s’est améliorée et un climat de paix a été instauré grâce à la tenue de sessions de dialogue social même si les engagements des parties pre nantes ne sont toujours pas respectés. Sur le plan de la participation citoyenne, le jeu multipartiste n’a pas encore bien développé l’esprit d’implication des popula tions dans la gestion des affaires publiques aux plans national et local. La société civile essaye d’occuper son espace pour améliorer la participation des populations et le développement de la culture de transparence. 403 La gouvernance au Bénin est caractérisée par une gouvernance politique sou vent mise à rude épreuve, un État de droit où les libertés individuelles et collec tives sont parfois menacées, une Administration publique peu performante, une Justice peu efficace et peu transparente, une insuffisante qualité de l’allocation des ressources publiques, une corruption grandissante et pénalisant les activités économiques, et une insécurité en recrudescence. 404 Une justice indépendante, de célérité et aux décisions prévisibles : la justice doit constituer le socle du respect de principe démocratique, de l’état de droit et des libertés. Son efficacité et sa performance se trouvent parfois limitées par : l’influence politique, la corruption, l’insuffisance et la qualité des ressources hu maines ainsi que son incapacité à couvrir le territoire national. 405 L’administration publique, en dépit de plusieurs initiatives et programmes mis en œuvre, manque d’efficacité dans l’amélioration de la qualité des services pu blics et de la gouvernance. Cette situation réside dans le non-respect des textes régissant l’administration, l’impunité, la corruption, le clientélisme, la gestion par tisane de l’administration, l’insuffisance de la gestion prévisionnelle de la carrière et l’absence d’un système performant de promotion des cadres. 406 Le diagnostic présenté fait ressortir de nombreux défis auxquels des réponses appropriées doivent être apportées. 407 Amélioration de la gouvernance politique : bien que le modèle démocratique béninois figure parmi les meilleurs en Afrique, le principe de séparation des pou voirs est mis à rude épreuve en raison des modes de désignation des membres des différentes institutions. En outre, après plus de 25 années d’expérience, il est toujours déploré la mauvaise organisation et la lenteur dans la gestion des contentieux électoraux qui pourraient conduire à des conflits préjudiciables à la cohésion nationale, à la paix et au renforcement de la légalité constitutionnelle qui sont les déterminants mis en exergue par la Vision Bénin 2025 Alafia. année, indique une bonne tenue des critères de gouvernance dont la plupart ont enregistré de bonnes performances sur la période 2006-2015, sauf celui du contrôle de la corruption qui évolue en dents de scie et sa dégradation en 2013 a conduit à un report de l’éligibilité du pays aux ressources de MCC. La mise en œuvre rigoureuse du Plan d’action élaboré à cet effet a permis le rétablissement de cette éligibilité et la signature en septembre 2015, d’un accord de don de 375 millions $US pour mettre en œuvre le deuxième Programme MCA-Bénin. 398 Dans le Rapport mondial sur la compétitivité 2013-2014, les entreprises inter rogées ont indiqué que la corruption était le plus grand obstacle aux affaires dans le pays et ceci influence globalement la capacité du Gouvernement à attirer des investissements fiables par le Partenariat Public Privé (PPP) dont les outils et conditions sont encore à élucider. Il est aussi admis que la corruption sévit dans tous les domaines de la société et à des niveaux de gravité variable. Figure 22 : Évolution des indicateurs relatifs à la corruption Source : réalisé à partir des statistiques de la fondation mo ibrahim, 2017 399 En dépit des efforts entrepris par le Gouvernement depuis 1991, surtout avec la mise en place de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ARMP), l’Unité nationale de lutte contre le blanchiment d’argent (Cellule nationale de traitement des informa tions financières, CENTIF), la lutte semble ne pas porter les fruits attendus. 400 Le Gouvernement a entrepris des démarches en vue de faire sanctionner les agents de l’État impliqués dans les scandales tels que l’affaire PPEAII dans laquelle il est reproché aux personnes impliquées, l’utilisation de plusieurs milliards de FCFA à des fins autres que celles dudit projet, même si plus tard, la justice a prononcé, en avril 2017, un non-lieu sur ce scandale qui a secoué le pays en 2015. 401 Cependant, il y a des scandales qui n’ont pas été élucidés. Au nombre de ceux ci, il faut citer : i) la non exploitation ou la non instruction par les juridictions des résultats des audits réalisés depuis 2001, des enquêtes menées dans l’affaire CEN SAD, à l’occasion du sommet de cette organisation tenue en 2008 à Cotonou ; ii) le scandale des turbines à gaz de Maria Gléta et iii) l’affaire ICC Services et consorts où des structures illégales de collecte d’épargne ont eu recours à la pyramide de Ponzi pour dépouiller des milliers de citoyens de près de 300 milliards de FCFA sur la période 2006-2011. 80 60 40 20 0 i Indice de la gouvernance globale (Fondation Mo Ibrahim) Indice de lutte contre la corruption (AFR) Administration publique centrale (BAD/BM) Enquête de corruption (GI/AFR) 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 20092008 2010 20162011 2012 2013 2014 2015 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 138 139 412 Renforcement de la lutte contre la corruption : des progrès ont été enregistrés, mais le pays est encore loin dans le classement Doing Business. Les sphères dans lesquelles la corruption est souvent décriée sont les administrations domaniale, fiscale, douanière, la passation de marchés et la mise en œuvre des contrats de Partenariat Public Privé (PPP). 413 Amélioration de la qualité du système d’allocation et de gestion des res sources publiques : l’absence de lien entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, les écarts croissants entre pré visions et réalisations de dépenses, l’insuffisant lien entre ressources d’investisse ment et résultat, l’irréalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT) et l’inefficacité du processus d’arbitrage budgétaire, la systéma tisation de la reddition des comptes impliquant fortement les OSC sont l’expres sion de la nécessité de l’amélioration de la qualité de l’allocation des ressources publiques nécessaires au renforcement de l’alignement des stratégies sectorielles sur les ODD. L’exécution complète des dispositions de la LOLF et des réformes des finances publiques de l’UEMOA par la mise en application des DPPD et des PAP dans les lois de finances feront partie des solutions en faveur de la gestion publique axée sur les résultats et la redevabilité. 414 Préservation de la paix et renforcement de la sécurité : sans la paix et la sé curité, il est difficile de mener des politiques, programmes et projets favorisant le développement. Les multiples menaces à cette paix et à cette sécurité d’ori gine interne et externe requièrent une plus grande attention à la préservation de celles-ci et à la mise à contribution de la diplomatie en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens. 415 Approfondissement du processus de la décentralisation pour en faire un véri table outil de développement : l’insuffisance et l’imprécision des textes sur la décentralisation ne permettent pas un bon fonctionnement des différents ni veaux d’articulation et une bonne planification des activités. Le partage des rôles et responsabilités entre les niveaux central, intermédiaire et local facilitera l’arri mage et la prise en compte efficace et cohérente des politiques et stratégies de développement. 408 Renforcement de l’état de droit et des libertés : le pays a fait de grands progrès en matière de respect et de jouissance des droits relatifs aux libertés individuelles et collectives, contribuant ainsi à la Vision Bénin 2025 Alafia, notamment dans son ambition de faire du Bénin un pays de paix. La préservation de ces droits est d’autant plus importante qu’il est enregistré de temps en temps des actes attentatoires à ces droits du fait i) des mesures d’interdiction de manifester prises à l’encontre des organisations syndicales et des OSC tout au long de la dernière décennie ; ii) des mesures de suspension prises en 2015 et 2016 par la HAAC, à l’encontre de certains organes de presse et iii) de celles relatives à l’interdiction en 2016 des associations estudiantines et de leurs activités sur les campus universi taires du pays. 409 L’effectivité d’un état civil fiable, exhaustif, informatisé et relié aux services à des fins de développement est, non seulement, un impératif pour assurer l’identité juridique à chaque Béninois et contribuer à la sécurité, mais aussi le gage de la constitution d’une Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI), fiable et régulièrement mise à jour pour l’enracinement du processus démocratique et le renforcement des droits humains. 410 Transparence et efficacité des services judiciaires : pour la Vision Bénin 2025 Alafia, la justice censée protéger les citoyens est à un niveau d’opérationnalité faible, en raison des nombreux problèmes comme l’anachronisme des textes de lois, l’insuffisance de la couverture juridictionnelle, l’indigence des juridictions existantes en ressources humaines, financières et matérielles, la non informatisa tion de la gestion des dossiers, la perpétuation des pratiques contraires à la déon tologie dans les différents corps des personnels de la justice, et la politisation de l’appareil judiciaire. 411 Modernisation et efficacité de l’Administration publique : une administration performante capable de gérer les ressources avec transparence et efficacité, et de formuler des politiques et stratégies efficaces est un des déterminants qui fondent la Vision Bénin 2025 Alafia. L’Administration publique i) dont les missions demeurent insuffisamment clarifiées ; ii) qui souffre d’un manque d’organisation ; iii) qui n’utilise pas encore suffisamment les possibilités qu’offrent les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ; iv) où règnent le paternalisme et l’absence de sanction ; v) où les revues des performances sont insuffisamment orientées vers la reddition des comptes impliquant les usagers, les bénéficiaires des services fournis et toutes les autres parties prenantes, est encore loin d’une telle situation, en dépit des réformes qui ont été entreprises et vi) qui manque d’équipements, d’outils et d’instruments modernes et de compétences adéqua tement réparties au niveau. Il s’agira d’accélérer la réforme et la modernisation de l’administration pour améliorer ses performances dans la mise en œuvre des poli tiques publiques et le soutien du secteur privé et des actions de la société civile. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 138 139 412 Renforcement de la lutte contre la corruption : des progrès ont été enregistrés, mais le pays est encore loin dans le classement Doing Business. Les sphères dans lesquelles la corruption est souvent décriée sont les administrations domaniale, fiscale, douanière, la passation de marchés et la mise en œuvre des contrats de Partenariat Public Privé (PPP). 413 Amélioration de la qualité du système d’allocation et de gestion des res sources publiques : l’absence de lien entre les décisions d’investissement et les projections de dépenses courantes à moyen terme, les écarts croissants entre pré visions et réalisations de dépenses, l’insuffisant lien entre ressources d’investisse ment et résultat, l’irréalisme des Cadres des Dépenses à Moyen Terme au niveau sectoriel (CDMT) et l’inefficacité du processus d’arbitrage budgétaire, la systéma tisation de la reddition des comptes impliquant fortement les OSC sont l’expres sion de la nécessité de l’amélioration de la qualité de l’allocation des ressources publiques nécessaires au renforcement de l’alignement des stratégies sectorielles sur les ODD. L’exécution complète des dispositions de la LOLF et des réformes des finances publiques de l’UEMOA par la mise en application des DPPD et des PAP dans les lois de finances feront partie des solutions en faveur de la gestion publique axée sur les résultats et la redevabilité. 414 Préservation de la paix et renforcement de la sécurité : sans la paix et la sé curité, il est difficile de mener des politiques, programmes et projets favorisant le développement. Les multiples menaces à cette paix et à cette sécurité d’ori gine interne et externe requièrent une plus grande attention à la préservation de celles-ci et à la mise à contribution de la diplomatie en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens. 415 Approfondissement du processus de la décentralisation pour en faire un véri table outil de développement : l’insuffisance et l’imprécision des textes sur la décentralisation ne permettent pas un bon fonctionnement des différents ni veaux d’articulation et une bonne planification des activités. Le partage des rôles et responsabilités entre les niveaux central, intermédiaire et local facilitera l’arri mage et la prise en compte efficace et cohérente des politiques et stratégies de développement. 408 Renforcement de l’état de droit et des libertés : le pays a fait de grands progrès en matière de respect et de jouissance des droits relatifs aux libertés individuelles et collectives, contribuant ainsi à la Vision Bénin 2025 Alafia, notamment dans son ambition de faire du Bénin un pays de paix. La préservation de ces droits est d’autant plus importante qu’il est enregistré de temps en temps des actes attentatoires à ces droits du fait i) des mesures d’interdiction de manifester prises à l’encontre des organisations syndicales et des OSC tout au long de la dernière décennie ; ii) des mesures de suspension prises en 2015 et 2016 par la HAAC, à l’encontre de certains organes de presse et iii) de celles relatives à l’interdiction en 2016 des associations estudiantines et de leurs activités sur les campus universi taires du pays. 409 L’effectivité d’un état civil fiable, exhaustif, informatisé et relié aux services à des fins de développement est, non seulement, un impératif pour assurer l’identité juridique à chaque Béninois et contribuer à la sécurité, mais aussi le gage de la constitution d’une Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI), fiable et régulièrement mise à jour pour l’enracinement du processus démocratique et le renforcement des droits humains. 410 Transparence et efficacité des services judiciaires : pour la Vision Bénin 2025 Alafia, la justice censée protéger les citoyens est à un niveau d’opérationnalité faible, en raison des nombreux problèmes comme l’anachronisme des textes de lois, l’insuffisance de la couverture juridictionnelle, l’indigence des juridictions existantes en ressources humaines, financières et matérielles, la non informatisa tion de la gestion des dossiers, la perpétuation des pratiques contraires à la déon tologie dans les différents corps des personnels de la justice, et la politisation de l’appareil judiciaire. 411 Modernisation et efficacité de l’Administration publique : une administration performante capable de gérer les ressources avec transparence et efficacité, et de formuler des politiques et stratégies efficaces est un des déterminants qui fondent la Vision Bénin 2025 Alafia. L’Administration publique i) dont les missions demeurent insuffisamment clarifiées ; ii) qui souffre d’un manque d’organisation ; iii) qui n’utilise pas encore suffisamment les possibilités qu’offrent les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ; iv) où règnent le paternalisme et l’absence de sanction ; v) où les revues des performances sont insuffisamment orientées vers la reddition des comptes impliquant les usagers, les bénéficiaires des services fournis et toutes les autres parties prenantes, est encore loin d’une telle situation, en dépit des réformes qui ont été entreprises et vi) qui manque d’équipements, d’outils et d’instruments modernes et de compétences adéqua tement réparties au niveau. Il s’agira d’accélérer la réforme et la modernisation de l’administration pour améliorer ses performances dans la mise en œuvre des poli tiques publiques et le soutien du secteur privé et des actions de la société civile. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 140 141 OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT ET ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 3 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 140 141 OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT ET ORIENTATIONS STRATÉGIQUES 3 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 142 143 3.1 Facteurs influençant les perspectives du PND 3.1.1 – tendanceS prÉviSiBleS au niveau mondial 416 L’économie mondiale est en pleine mutation avec les vagues successives de pro grès technologiques, les mutations démographiques, la délocalisation de la crois sance mondiale de leur pôle traditionnel vers de nouveaux horizons, les nouveaux vecteurs de changement et de transformation des économies. 417 La croissance de l’activité mondiale ralentira et elle se déplacera des pays occi dentaux vers l’Asie, notamment la Chine et l’Inde, et les nouveaux pays émergents, avec pour conséquence inévitable, l’émergence d’un monde multipolaire et avec une croissance mondiale passant de 3,6 %, D’ici à 2020, à 2,4 % entre 2050 et 2060. Elle sera tirée par l’innovation et les investissements dans les compétences. La pauvreté et les inégalités socio-économiques se renforceront et seront mar quées par le vieillissement de la population, les mutations technologiques, consé cutives à l’émergence d’une technologie de rupture comme les biotechnologies, les TIC et d’une modification de la composition de biens échangés. L’activité éco nomique mondiale sera de plus en plus génératrice d’émission de gaz à effet de serre (GES) qui vont accélérer la dégradation de la couche d’ozone, de nature à entraîner un réchauffement accru du climat qui pourrait amputer le PIB mondial de 1,5 % en moyenne. Le défi majeur découlant de ces tendances lourdes de l’économie mondiale sera de promouvoir une croissance soutenue et inclusive, l’innovation, la productivité et l’emploi décent dans un cadre de production et de consommation durable et d’adaptation aux changements climatiques et de résiliences aux chocs et catastrophes. 418 La tendance baissière de l’aide publique au développement observée depuis la crise financière de 2008 va se poursuivre et doit obliger les pays en développe ment à privilégier l’efficacité et la transparence financière et budgétaire, à diver sifier les sources de financement du développement, à mobiliser davantage les ressources intérieures, les investissements directs étrangers (IDE) et les finance ments innovants. 419 En ce qui concerne le cours des matières premières en particulier le pétrole, le principal produit d’exportation du Nigéria dont dépend l’économie béninoise, les prix ont connu de grandes flambées au cours de la décennie 2000-2010 avec un pic de 145$/baril en 2008, redescendu à 100$ en 2013 pour se stabiliser autour de 50$ depuis 2015. Cette tendance baissière pourrait se maintenir tout au long de la période couverte par le PND. 420 S’agissant du coton qui est le principal produit d’exportation du Bénin, le marché mondial est prometteur dans les années à venir à la faveur d’une amélioration de la demande du fait de l’effet de substitution entre le polyester et le coton. 3.1.2 – agenda 2030 deS odd 421 L’élaboration de la feuille route des ODD à l’horizon 2030 a pris en compte les forces et faiblesses des politiques sectorielles mises en œuvre pour l’atteinte des OMD tout en intégrant les liens existants entre les trois dimensions du développe ment durable (économiques, sociales et environnementales). La problématique de régionalisation des ODD devra également être mise en exergue en vue de dé gager des lignes d’action très fortes permettant de moduler les actions et moyens selon une approche de ciblage sectoriel et géographique en vue de réaliser des gains rapides pour les régions accusant plus de retard en lien avec le développe ment des pôles régionaux et la décentralisation. 422 Pour l’atteinte des principales cibles des ODD, les orientations stratégiques du Bénin mettent en avant la question de la transformation structurelle socio-écono mique, l’accélération du processus de relèvement du niveau de développement du capital humain, la problématique d’inclusion sociale et du développement durable. 423 Le processus de priorisation des cibles ODD conduit en 2017 par la Direction Générale de Suivi des ODD a permis de retenir 49 cibles sur les 169. Parmi ces cibles prioritaires, on peut citer : › la réduction de façon significative de la pauvreté monétaire et non monétaire ; › la mise en place d’un système et des mesures de protection sociale pour tous ; › la réduction des inégalités sous toutes leurs formes ; › l’élimination de la faim et la garantie de la sécurité alimentaire ; › la réduction de la mortalité maternelle et infantile ; › l’accès à l’éducation de qualité pour tous ; › l’accès à l’eau potable et aux conditions d’hygiène ; › la promotion d’une croissance économique soutenue, partagée et durable ; › la création de l’emplois décents ; › la mise en place d’infrastructures résilientes et d’une industrie durable ; › la promotion des modes de production et de consommation durables ; › le renforcement de la résilience des capacités d’adaptation face aux aléas cli matiques et aux catastrophes naturelles liées au changement climatique ; › des institutions efficaces. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 142 143 3.1 Facteurs influençant les perspectives du PND 3.1.1 – tendanceS prÉviSiBleS au niveau mondial 416 L’économie mondiale est en pleine mutation avec les vagues successives de pro grès technologiques, les mutations démographiques, la délocalisation de la crois sance mondiale de leur pôle traditionnel vers de nouveaux horizons, les nouveaux vecteurs de changement et de transformation des économies. 417 La croissance de l’activité mondiale ralentira et elle se déplacera des pays occi dentaux vers l’Asie, notamment la Chine et l’Inde, et les nouveaux pays émergents, avec pour conséquence inévitable, l’émergence d’un monde multipolaire et avec une croissance mondiale passant de 3,6 %, D’ici à 2020, à 2,4 % entre 2050 et 2060. Elle sera tirée par l’innovation et les investissements dans les compétences. La pauvreté et les inégalités socio-économiques se renforceront et seront mar quées par le vieillissement de la population, les mutations technologiques, consé cutives à l’émergence d’une technologie de rupture comme les biotechnologies, les TIC et d’une modification de la composition de biens échangés. L’activité éco nomique mondiale sera de plus en plus génératrice d’émission de gaz à effet de serre (GES) qui vont accélérer la dégradation de la couche d’ozone, de nature à entraîner un réchauffement accru du climat qui pourrait amputer le PIB mondial de 1,5 % en moyenne. Le défi majeur découlant de ces tendances lourdes de l’économie mondiale sera de promouvoir une croissance soutenue et inclusive, l’innovation, la productivité et l’emploi décent dans un cadre de production et de consommation durable et d’adaptation aux changements climatiques et de résiliences aux chocs et catastrophes. 418 La tendance baissière de l’aide publique au développement observée depuis la crise financière de 2008 va se poursuivre et doit obliger les pays en développe ment à privilégier l’efficacité et la transparence financière et budgétaire, à diver sifier les sources de financement du développement, à mobiliser davantage les ressources intérieures, les investissements directs étrangers (IDE) et les finance ments innovants. 419 En ce qui concerne le cours des matières premières en particulier le pétrole, le principal produit d’exportation du Nigéria dont dépend l’économie béninoise, les prix ont connu de grandes flambées au cours de la décennie 2000-2010 avec un pic de 145$/baril en 2008, redescendu à 100$ en 2013 pour se stabiliser autour de 50$ depuis 2015. Cette tendance baissière pourrait se maintenir tout au long de la période couverte par le PND. 420 S’agissant du coton qui est le principal produit d’exportation du Bénin, le marché mondial est prometteur dans les années à venir à la faveur d’une amélioration de la demande du fait de l’effet de substitution entre le polyester et le coton. 3.1.2 – agenda 2030 deS odd 421 L’élaboration de la feuille route des ODD à l’horizon 2030 a pris en compte les forces et faiblesses des politiques sectorielles mises en œuvre pour l’atteinte des OMD tout en intégrant les liens existants entre les trois dimensions du développe ment durable (économiques, sociales et environnementales). La problématique de régionalisation des ODD devra également être mise en exergue en vue de dé gager des lignes d’action très fortes permettant de moduler les actions et moyens selon une approche de ciblage sectoriel et géographique en vue de réaliser des gains rapides pour les régions accusant plus de retard en lien avec le développe ment des pôles régionaux et la décentralisation. 422 Pour l’atteinte des principales cibles des ODD, les orientations stratégiques du Bénin mettent en avant la question de la transformation structurelle socio-écono mique, l’accélération du processus de relèvement du niveau de développement du capital humain, la problématique d’inclusion sociale et du développement durable. 423 Le processus de priorisation des cibles ODD conduit en 2017 par la Direction Générale de Suivi des ODD a permis de retenir 49 cibles sur les 169. Parmi ces cibles prioritaires, on peut citer : › la réduction de façon significative de la pauvreté monétaire et non monétaire ; › la mise en place d’un système et des mesures de protection sociale pour tous ; › la réduction des inégalités sous toutes leurs formes ; › l’élimination de la faim et la garantie de la sécurité alimentaire ; › la réduction de la mortalité maternelle et infantile ; › l’accès à l’éducation de qualité pour tous ; › l’accès à l’eau potable et aux conditions d’hygiène ; › la promotion d’une croissance économique soutenue, partagée et durable ; › la création de l’emplois décents ; › la mise en place d’infrastructures résilientes et d’une industrie durable ; › la promotion des modes de production et de consommation durables ; › le renforcement de la résilience des capacités d’adaptation face aux aléas cli matiques et aux catastrophes naturelles liées au changement climatique ; › des institutions efficaces. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 144 145 424 Pour le PND, au regard des performances limitées en matière d’OMD au niveau des secteurs et des régions, le défi principal est de mettre le pays sur une bonne trajectoire pour l’atteinte de certaines cibles des ODD en mettant en place une stratégie de gains rapides suivant les secteurs et les régions accusant plus de retards. 425 Au total, 49 cibles des ODD (avec 80 indicateurs) sont retenues comme prioritaires pour le Bénin. Dans le même cadre, l’arrimage du PAG aux ODD (prioritaires) a été effectué ; il en ressort un niveau d’arrimage appréciable. Les thématiques centrales et transversales des cibles priorisées sont toujours en lien avec la pauvreté et les inégalités, l’enfance, la protection sociale, le capital humain, le niveau de vie, l’eau et l’énergie, la diversification économique, la gestion durable des terres, les change ments climatiques, le genre et la bonne gouvernance à tous les niveaux. 3.1.3 – l’agenda 2063 426 L’Agenda Africa 2063 qui est un cadre commun en vue d’une croissance inclusive et un développement durable pour l’Afrique à réaliser au cours des cinquante prochaines années s’est fixé des objectifs stratégiques, alignés à plus de 85 % avec l’agenda 2030 des ODD, à savoir : › un niveau et une qualité de vie et de bien-être élevés pour tous les citoyens ; › des citoyens bien éduqués et une révolution des compétences soutenues par la science, la technologie et l’innovation ; › des citoyens en bonne santé et bien nourris ; › des habitats modernes et agréables à vivre : › des économies transformées et des emplois ; › une agriculture moderne pour une productivité et une production accrues ; › une économie bleu/maritime pour une croissance économique accrue ; › des économies et des communautés écologiquement viables et résistantes au changement climatique ; › une intégration régionale effective et dynamique ; › une renaissance culturelle primordiale. 3.1.4 – perSpectiveS SouS rÉgionaleS 427 Les prévisions du Centre d’Etudes Prospectives et d’Information Internationales (CEPII) établissent que le taux de croissance de la sous-région ouest-africaine avoisinerait 5,2 % D’ici à 2050, à un niveau supérieur à la moyenne mondiale qui s’établira à 2,7 %. Les prévisions plus optimistes de la Banque Africaine de Développement (hypothèse haute) sont proches des prévisions précédentes et font mention d’une croissance attendue de 5,7 % D’ici 2050 contre 4,8 % pour l’hypothèse basse. 428 Les atteintes à l’environnement se poursuivront en Afrique, causant à la fois la désertification dans les régions arides et semi-arides et les inondations dans les régions méridionales et côtières. Selon les prévisions, il faut s’attendre en Afrique, à un réchauffement climatique avoisinant 3°C à 4°C, avec pour conséquence des pertes pour l’agriculture céréalière de l’ordre de 2 % à 4 % du PIB de la CEDEAO. 429 Les mêmes sources prédisent l’intensification des flux migratoires et l’insécurité dans les zones stratégiques et sensibles du fait i) d’une réduction de près de 40 à 60 % des ressources en eau des grands bassins hydrologiques du Niger, du Tchad et du Sénégal ; ii) d’une hausse du niveau moyen des mers d’environ 50 cm au cours des cent (100) prochaines années ; iii) d’une incidence accrue de la sécheresse, des inondations côtières qui pourraient affecter 80 millions de personnes ; iv) d’un ac croissement du taux d’extinction de certaines espèces animales menacées ; v) d’une vulnérabilité accrue de la plupart des écosystèmes forestiers déjà rendus fragiles par des pratiques et technologies agricoles inadéquates. 430 La tendance accrue de l’interdépendance entre les pays de la sous-région ouest africaine devra favoriser la coopération et l’harmonisation des politiques dans tous les domaines : économique, social, environnemental et sécuritaire. Au niveau com munautaire, la tendance à la consolidation des organisations régionales (UEMOA, CEDEAO), à la convergence des politiques communautaires se poursuivra en dé pit des lenteurs observées dans la réalisation de l’objectif de libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. 3.2 Fondements des choix stratégiques du PND 3.2.1 – viSion BÉnin 2025 alafia 431 Le PND tire ses fondements dans la vision prospective Bénin 2025. Dans le cadre des Études Nationales de Perspectives à Long Terme (NLTPS), le Bénin s’est doté, au début des années 2000, d’une Vision Bénin 2025 Alafia formulée comme suit : « Le Bénin est, en 2025, un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social ». La vision Bénin 2025 a prévu trois séquences dans le processus de trans formations structurelles socio-économiques : i) renforcement des bases institu tionnelles et économiques (2000-2010) ; ii) croissance économique au service du développement (2011-2020) et iii) restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2020-2025). Cette vision repose sur cinq piliers et P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 144 145 424 Pour le PND, au regard des performances limitées en matière d’OMD au niveau des secteurs et des régions, le défi principal est de mettre le pays sur une bonne trajectoire pour l’atteinte de certaines cibles des ODD en mettant en place une stratégie de gains rapides suivant les secteurs et les régions accusant plus de retards. 425 Au total, 49 cibles des ODD (avec 80 indicateurs) sont retenues comme prioritaires pour le Bénin. Dans le même cadre, l’arrimage du PAG aux ODD (prioritaires) a été effectué ; il en ressort un niveau d’arrimage appréciable. Les thématiques centrales et transversales des cibles priorisées sont toujours en lien avec la pauvreté et les inégalités, l’enfance, la protection sociale, le capital humain, le niveau de vie, l’eau et l’énergie, la diversification économique, la gestion durable des terres, les change ments climatiques, le genre et la bonne gouvernance à tous les niveaux. 3.1.3 – l’agenda 2063 426 L’Agenda Africa 2063 qui est un cadre commun en vue d’une croissance inclusive et un développement durable pour l’Afrique à réaliser au cours des cinquante prochaines années s’est fixé des objectifs stratégiques, alignés à plus de 85 % avec l’agenda 2030 des ODD, à savoir : › un niveau et une qualité de vie et de bien-être élevés pour tous les citoyens ; › des citoyens bien éduqués et une révolution des compétences soutenues par la science, la technologie et l’innovation ; › des citoyens en bonne santé et bien nourris ; › des habitats modernes et agréables à vivre : › des économies transformées et des emplois ; › une agriculture moderne pour une productivité et une production accrues ; › une économie bleu/maritime pour une croissance économique accrue ; › des économies et des communautés écologiquement viables et résistantes au changement climatique ; › une intégration régionale effective et dynamique ; › une renaissance culturelle primordiale. 3.1.4 – perSpectiveS SouS rÉgionaleS 427 Les prévisions du Centre d’Etudes Prospectives et d’Information Internationales (CEPII) établissent que le taux de croissance de la sous-région ouest-africaine avoisinerait 5,2 % D’ici à 2050, à un niveau supérieur à la moyenne mondiale qui s’établira à 2,7 %. Les prévisions plus optimistes de la Banque Africaine de Développement (hypothèse haute) sont proches des prévisions précédentes et font mention d’une croissance attendue de 5,7 % D’ici 2050 contre 4,8 % pour l’hypothèse basse. 428 Les atteintes à l’environnement se poursuivront en Afrique, causant à la fois la désertification dans les régions arides et semi-arides et les inondations dans les régions méridionales et côtières. Selon les prévisions, il faut s’attendre en Afrique, à un réchauffement climatique avoisinant 3°C à 4°C, avec pour conséquence des pertes pour l’agriculture céréalière de l’ordre de 2 % à 4 % du PIB de la CEDEAO. 429 Les mêmes sources prédisent l’intensification des flux migratoires et l’insécurité dans les zones stratégiques et sensibles du fait i) d’une réduction de près de 40 à 60 % des ressources en eau des grands bassins hydrologiques du Niger, du Tchad et du Sénégal ; ii) d’une hausse du niveau moyen des mers d’environ 50 cm au cours des cent (100) prochaines années ; iii) d’une incidence accrue de la sécheresse, des inondations côtières qui pourraient affecter 80 millions de personnes ; iv) d’un ac croissement du taux d’extinction de certaines espèces animales menacées ; v) d’une vulnérabilité accrue de la plupart des écosystèmes forestiers déjà rendus fragiles par des pratiques et technologies agricoles inadéquates. 430 La tendance accrue de l’interdépendance entre les pays de la sous-région ouest africaine devra favoriser la coopération et l’harmonisation des politiques dans tous les domaines : économique, social, environnemental et sécuritaire. Au niveau com munautaire, la tendance à la consolidation des organisations régionales (UEMOA, CEDEAO), à la convergence des politiques communautaires se poursuivra en dé pit des lenteurs observées dans la réalisation de l’objectif de libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. 3.2 Fondements des choix stratégiques du PND 3.2.1 – viSion BÉnin 2025 alafia 431 Le PND tire ses fondements dans la vision prospective Bénin 2025. Dans le cadre des Études Nationales de Perspectives à Long Terme (NLTPS), le Bénin s’est doté, au début des années 2000, d’une Vision Bénin 2025 Alafia formulée comme suit : « Le Bénin est, en 2025, un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social ». La vision Bénin 2025 a prévu trois séquences dans le processus de trans formations structurelles socio-économiques : i) renforcement des bases institu tionnelles et économiques (2000-2010) ; ii) croissance économique au service du développement (2011-2020) et iii) restauration des valeurs sociales et reconquête de l’environnement extérieur (2020-2025). Cette vision repose sur cinq piliers et P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 146 147 huit objectifs stratégiques. Il s’agit de : i) la bonne gouvernance ; ii) l’unité nationale et la paix ; iii) une économie prospère et compétitive ; iv) une culture convergente et rayonnante ; et v) le bien-être social. Cette vision prospective a pour objectif d’éclairer les choix et orientations stratégiques à moyen terme à mettre en œuvre dans le cadre de plusieurs plans de développement. 432 Tous les documents de planification qui se sont succédés de 2000 à 2015 se sont référés à la Vision Bénin-2025. Les défis soulevés par cette vision sont toujours d’actualité en particulier ; i) la transformation structurelle de l’économie en vue de promouvoir une croissance forte, durable, et inclusive ; ii) l’amélioration et le ren forcement de la gouvernance dans ses multiples dimensions et à tous les niveaux ; iii) le renforcement des actions pour la couverture universelle en matière de santé, d’approvisionnement en eau, d’hygiène et d’assainissement et iv) la promotion de la gestion axée sur les résultats notamment par l’évaluation des performances de l’administration, la systématisation de la reddition des comptes et une meilleure organisation des services de l’administration. 433 Le PND 2018-2025, se fondant sur Bénin 2025 Alafia et prenant en compte l’évolu tion du contexte national régional et sous régional, renforcera cette vision prospec tive, volontariste et sa traduction dans des programmes transversaux, sectoriels, cohérents à fortes portées sur le processus des transformations structurelles socio économiques et du relèvement du niveau de développement du capital humain. 434 L’atteinte de la croissance économique espérée en 2025 passe forcément par l’utilisation des ressources biologiques et génétiques du pays. Les principaux ré servoirs de ces ressources sont les écosystèmes terrestres (forêts, savanes, etc.) et les écosystèmes aquatiques (lacs, lagune, fleuve, mer, etc.). Il est donc évident que l’agriculture étant le premier moteur de l’économie béninoise, le développement économique du Bénin en 2025 ne se fera pas sans une contribution remarquable de ce secteur. En dépit des efforts de modernisation entrepris jusque-là, l’agri culture béninoise garde un caractère extensif et est citée comme une menace majeure à la conservation de la diversité biologique. En effet, du fait des nouveaux déboisements, le Bénin perd environ 60 000 ha de forêts (réservoir de la diversité biologique) par an, soit un taux annuel de déforestation évalué à 1,2 et il sera donc nécessaire d’inverser cette tendance comme l’a fait le Ghana par l’intensifi cation d’actions innovantes. 435 Pour construire ce Bénin rêvé, les actions à mener, pendant les huit prochaines années, devront permettre d’organiser le secteur public autour des principes cardinaux de gestion institutionnelle et économique, de décentralisation et de solidarité nationale en vue de consolider les conditions d’épanouissement et d’ex pansion du secteur privé nécessaire à la construction d’une économie prospère et compétitive comme l’ambitionne la Vision de faire de la première décade 2000 2010, période de renforcement des bases institutionnelles et économiques. En réalité, il s’agira de réaliser la transformation structurelle de l’économie en vue de promouvoir une croissance forte, inclusive et durable. 3.2.2 – leS aSpirationS deS acteurS à la BaSe 436 Les aspirations collectées auprès des populations à la base portent essentielle ment sur l’amélioration de la qualité de la gouvernance locale, l’attractivité des territoires et l’émergence de pôles régionaux de développement viables. Ces aspi rations, laissent transparaitre : i) le renforcement du processus de déconcentration et de décentralisation avec un transfert effectif des compétences aux communes pour une mise en valeur optimale des potentialités des régions ; ii) l’amélioration du pilotage et de la gestion du développement des régions qui restent encore caractérisés par la faible prise en compte de la dimension long terme et une quasi absence d’organisation, de planification et de l’occupation du territoire, débouchant sur une gestion non rationnelle du potentiel des ressources natu relles ; iii) l’amélioration de la compétitivité et de l’attractivité des territoires pour la construction de véritables pôles régionaux de développement viables ; iv) la mise en œuvre de programmes spécifiques pour des gains rapides au niveau des ODD pour les territoires accusant plus de retard, v) le développement d’une véritable politique d’intégration au niveau des communes frontalières visant à favoriser la coopération transfrontalière. 3.2.3 ‒ leçonS appriSeS de l’Évolution d’autreS payS 437 L’analyse comparative de l’évolution des indicateurs de quatre pays (Bénin, Ghana, Vietnam et Côte d’Ivoire) révèle des indices de développement humain plus éle vés pour le Ghana et le Vietnam (supérieur à 0,50) et faibles pour le Bénin et la Côte d’Ivoire (en dessous de 0,50). Toutefois, il ressort que des progrès consi dérables ont été effectués par l’ensemble des quatre pays sur la période 1990 2015. En effet, le Vietnam (1,45 %) et le Bénin (1,37 %) enregistrent les moyennes annuelles les plus élevées suivis du Ghana (0,97 %). Cependant, étant des pays à faible indice de développement humain, le niveau de développement humain en 1990 du Ghana n’a été atteint par le Bénin et la Côte d’Ivoire qu’en 2011 et 2013 respectivement. Par ailleurs, le changement enregistré entre 1990 et 2015 est de 40 % pour le Bénin contre 20,1 %, 26,1 % et 41,7 % respectivement pour la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Vietnam. 438 La réduction des taux de pauvreté à travers le monde s’explique essentiellement par une forte croissance, des emplois décents, l’augmentation des capacités de production et la fourniture de la protection sociale aux groupes les plus vulné rables. Pour les trois pays africains considérés, la réduction de la pauvreté repré sente toujours un enjeu de taille. Au moment où le Bénin et la Côte d’Ivoire voient leurs incidences de pauvreté augmentés respectivement de 7,8 % (entre 2006 2015) et de 20,6 % (entre 2002-2015), le Ghana et le Vietnam ont réussi à dimi nuer ce taux respectivement de 24,1 % (entre 2005-2012) et de 34,8 % (entre 2010-2014). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 146 147 huit objectifs stratégiques. Il s’agit de : i) la bonne gouvernance ; ii) l’unité nationale et la paix ; iii) une économie prospère et compétitive ; iv) une culture convergente et rayonnante ; et v) le bien-être social. Cette vision prospective a pour objectif d’éclairer les choix et orientations stratégiques à moyen terme à mettre en œuvre dans le cadre de plusieurs plans de développement. 432 Tous les documents de planification qui se sont succédés de 2000 à 2015 se sont référés à la Vision Bénin-2025. Les défis soulevés par cette vision sont toujours d’actualité en particulier ; i) la transformation structurelle de l’économie en vue de promouvoir une croissance forte, durable, et inclusive ; ii) l’amélioration et le ren forcement de la gouvernance dans ses multiples dimensions et à tous les niveaux ; iii) le renforcement des actions pour la couverture universelle en matière de santé, d’approvisionnement en eau, d’hygiène et d’assainissement et iv) la promotion de la gestion axée sur les résultats notamment par l’évaluation des performances de l’administration, la systématisation de la reddition des comptes et une meilleure organisation des services de l’administration. 433 Le PND 2018-2025, se fondant sur Bénin 2025 Alafia et prenant en compte l’évolu tion du contexte national régional et sous régional, renforcera cette vision prospec tive, volontariste et sa traduction dans des programmes transversaux, sectoriels, cohérents à fortes portées sur le processus des transformations structurelles socio économiques et du relèvement du niveau de développement du capital humain. 434 L’atteinte de la croissance économique espérée en 2025 passe forcément par l’utilisation des ressources biologiques et génétiques du pays. Les principaux ré servoirs de ces ressources sont les écosystèmes terrestres (forêts, savanes, etc.) et les écosystèmes aquatiques (lacs, lagune, fleuve, mer, etc.). Il est donc évident que l’agriculture étant le premier moteur de l’économie béninoise, le développement économique du Bénin en 2025 ne se fera pas sans une contribution remarquable de ce secteur. En dépit des efforts de modernisation entrepris jusque-là, l’agri culture béninoise garde un caractère extensif et est citée comme une menace majeure à la conservation de la diversité biologique. En effet, du fait des nouveaux déboisements, le Bénin perd environ 60 000 ha de forêts (réservoir de la diversité biologique) par an, soit un taux annuel de déforestation évalué à 1,2 et il sera donc nécessaire d’inverser cette tendance comme l’a fait le Ghana par l’intensifi cation d’actions innovantes. 435 Pour construire ce Bénin rêvé, les actions à mener, pendant les huit prochaines années, devront permettre d’organiser le secteur public autour des principes cardinaux de gestion institutionnelle et économique, de décentralisation et de solidarité nationale en vue de consolider les conditions d’épanouissement et d’ex pansion du secteur privé nécessaire à la construction d’une économie prospère et compétitive comme l’ambitionne la Vision de faire de la première décade 2000 2010, période de renforcement des bases institutionnelles et économiques. En réalité, il s’agira de réaliser la transformation structurelle de l’économie en vue de promouvoir une croissance forte, inclusive et durable. 3.2.2 – leS aSpirationS deS acteurS à la BaSe 436 Les aspirations collectées auprès des populations à la base portent essentielle ment sur l’amélioration de la qualité de la gouvernance locale, l’attractivité des territoires et l’émergence de pôles régionaux de développement viables. Ces aspi rations, laissent transparaitre : i) le renforcement du processus de déconcentration et de décentralisation avec un transfert effectif des compétences aux communes pour une mise en valeur optimale des potentialités des régions ; ii) l’amélioration du pilotage et de la gestion du développement des régions qui restent encore caractérisés par la faible prise en compte de la dimension long terme et une quasi absence d’organisation, de planification et de l’occupation du territoire, débouchant sur une gestion non rationnelle du potentiel des ressources natu relles ; iii) l’amélioration de la compétitivité et de l’attractivité des territoires pour la construction de véritables pôles régionaux de développement viables ; iv) la mise en œuvre de programmes spécifiques pour des gains rapides au niveau des ODD pour les territoires accusant plus de retard, v) le développement d’une véritable politique d’intégration au niveau des communes frontalières visant à favoriser la coopération transfrontalière. 3.2.3 ‒ leçonS appriSeS de l’Évolution d’autreS payS 437 L’analyse comparative de l’évolution des indicateurs de quatre pays (Bénin, Ghana, Vietnam et Côte d’Ivoire) révèle des indices de développement humain plus éle vés pour le Ghana et le Vietnam (supérieur à 0,50) et faibles pour le Bénin et la Côte d’Ivoire (en dessous de 0,50). Toutefois, il ressort que des progrès consi dérables ont été effectués par l’ensemble des quatre pays sur la période 1990 2015. En effet, le Vietnam (1,45 %) et le Bénin (1,37 %) enregistrent les moyennes annuelles les plus élevées suivis du Ghana (0,97 %). Cependant, étant des pays à faible indice de développement humain, le niveau de développement humain en 1990 du Ghana n’a été atteint par le Bénin et la Côte d’Ivoire qu’en 2011 et 2013 respectivement. Par ailleurs, le changement enregistré entre 1990 et 2015 est de 40 % pour le Bénin contre 20,1 %, 26,1 % et 41,7 % respectivement pour la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Vietnam. 438 La réduction des taux de pauvreté à travers le monde s’explique essentiellement par une forte croissance, des emplois décents, l’augmentation des capacités de production et la fourniture de la protection sociale aux groupes les plus vulné rables. Pour les trois pays africains considérés, la réduction de la pauvreté repré sente toujours un enjeu de taille. Au moment où le Bénin et la Côte d’Ivoire voient leurs incidences de pauvreté augmentés respectivement de 7,8 % (entre 2006 2015) et de 20,6 % (entre 2002-2015), le Ghana et le Vietnam ont réussi à dimi nuer ce taux respectivement de 24,1 % (entre 2005-2012) et de 34,8 % (entre 2010-2014). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 148 149 439 Il faut noter qu’au Vietnam, les résultats remarquables dans la réduction de la pauvreté ont été les résultats directs i) d’une forte croissance économique ; ii) des réformes lancées en 1986 en matière d’entreprises, de foncier, de politiques com merciales, etc. (Rapport évaluation des OMD, 2015) ; iii) de l’ouverture des marchés qui ont permis un afflux d’investissements étrangers et des millions d’emplois à la population et iv) de la mise en place de programmes nationaux ciblés sur les as pects essentiels des conditions de vie ainsi que l’amélioration des services publics et des filets de sécurité sociale, prioritairement aux groupes les plus défavorisés. 440 Au Ghana, les facteurs ayant contribué à faire face aux situations diverses de pau vreté dans tout le pays sont notamment : i) la forte croissance économique ; ii) le projet de Travaux Publics Intensifs (LIPW) qui a offert des opportunités tempo raires d’emploi aux ménages pauvres et ruraux pendant la période hors saison agricole ; iii) l’amélioration des infrastructures en particulier des réseaux routiers dans des zones qui ne sont pas bien accessibles ; iv) l’accès au régime national d’assurance maladie (NHIS) pour les pauvres ; v) la microfinance et des crédits aux personnes démunies dans divers secteurs ainsi que d’autres services de conseil aux entreprises, de formation et de renforcement des capacités pour les petites et moyennes entreprises ; vi) l’introduction de l’initiative de développement écono mique local (LED) axée sur la mobilisation de ressources pour le développement local ; vii) la mise en œuvre du programme de subventions de rétention des éco liers dans les écoles publiques de base dans les régions pauvres ; viii) l’introduction du Programme national de subvention des engrais pour améliorer la production alimentaire et la sécurité alimentaire et iv) le soutien de la productivité des fermes de cacao grâce à la pulvérisation en masse, etc. 441 En plaçant l’éducation au cœur de leurs politiques depuis une quinzaine d’an nées, les pays africains sont fermement convaincus de la contribution potentielle de celle-ci à la construction d’une société équitable, compétitive et solidaire. En 2015, la Côte d’Ivoire est le seul pays qui a enregistré un taux de scolarisation du primaire inférieur à 100 %, avec un taux moyen sur le période égal à 74,32 % sur la période 1990-2015. Même si le Bénin a enregistré en 2015 le niveau le plus élevé du taux de scolarisation (de même que l’accroissement le plus élevé sur la période), son taux moyen sur la même période est inférieur à celui du Ghana (90,57 %) et du Vietnam (106,13 %) qui a lancé des programmes de construc tion des écoles et l’amélioration des moyens d’apprentissage à tous les niveaux d’enseignement. 442 Par ailleurs, en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile. Le Vietnam est le pays qui a enregistré les plus faibles taux moyens sur la période avec 25,29 ‰ et 108,6 pour 100 000 respectivement. Le Bénin est le pays qui a enre gistré le taux moyen de mortalité infantile le plus élevé (99,75 ‰) suivi de la Côte d’Ivoire (91,04 ‰). Même si le Bénin a un taux de mortalité maternelle toujours élevé (347 pour 100 000 en 2014), il présente sur la période 1990-2015 un taux moyen de mortalité maternelle le plus faible (414 pour 100 000) après celui du Vietnam qui a mis en œuvre des programmes visant à améliorer la qualité des ac coucheuses grâce à des programmes de formation, à l’amélioration de l’infrastruc ture des centres de santé et à l’élargissement des campagnes de communication. 443 Pour parvenir à la réduction de la mortalité infantile, les principales interventions politiques prises au Ghana comprennent : i) la mise en place d’un programme complet de clinique prénatale lié aux cliniques de bien-être de l’enfance dans de nombreux districts et le soutien au programme élargi de vaccination (EPI) pour les enfants ; ii) l’expansion de la prestation de services de santé communautaire ; iii) l’accès accru aux services de santé dans le cadre du régime national d’assu rance maladie et iv) l’accroissement du programme de gestion intégrée des mala dies de l’enfance. 444 Sur le plan économique et sur la période 1990-2015, la croissance moyenne du Bénin est égale à 4,3 % et est tirée par les secteurs tertiaire et primaire. Quant au Ghana, il a connu sur la période 1990-2015, une croissance moyenne de 5,5 %. Cette croissance a augmenté durant les trois sous-périodes considérées passant de 4,4 % entre 1990 et 2004, à 6,4 % entre 2005 et 2010 et puis à 7,7 % entre 2011 et 2015. Elle est tirée par les performances des secteurs tertiaire et primaire entre 1990 et 2010 et puis les secteurs tertiaire et secondaire entre 2011 et 2015. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, son économie est caractérisée par une croissance moyenne de 2,55 % entre 1990 et 2015. Cependant, ce taux moyen de croissance s’est accéléré durant la période passant de 1,4 %, à 2,1 % et puis à 6,6 % respecti vement sur les périodes 1990-2004, 2005-2010 et 2011-2015. Sur toute la période, le secteur tertiaire est le secteur le plus productif suivi par : i) le secteur primaire, de 1990 et 2004, et ii) le secteur secondaire de 2005 à 2015. 445 La Côte d’Ivoire a enregistré le PIB/tête moyen le plus élevé sur la période 1990 2015 égal à 967,26 dollars US. Ensuite, l’on retrouve le Vietnam avec un PIB/tête moyen de 789,73 dollars US contre 752,65 dollars US pour le Ghana et 560,54 dollars US pour le Bénin. Sur la période 1990-2004, le PIB/tête moyen du Bénin (397,49 dollars US) était supérieur à ceux du Vietnam (334,86 dollars US) et du Ghana (374,71 dollars US). En outre, à partir de 2011, le PIB/tête moyen de la Côte d’Ivoire (1378,28 dollars US) est inférieur à ceux du Vietnam (1872,82 dollars US) et du Ghana (1562,52 dollars US). 446 L’analyse de la proportion moyenne du taux d’investissement (de la formation brute du capital fixe en pourcentage du PIB) révèle que le Vietnam a connu le pourcentage le plus élevé sur la période 1990-2015 soit 28,07 %. Le Bénin, pré cédé par le Ghana (22,64 %), se retrouve en troisième position avec un taux de 20,50 %. Sur la période, ce taux a baissé pour le Vietnam passant de 27,12 % entre 1990 et 2004, à 32,68 % entre 2005 et 2010 et puis à 24,63 % entre 2011 et 2015. Le contraire s’observe pour les trois autres pays africains qui ont enregistré une augmentation sur les mêmes périodes considérées. 447 En 2015, le Vietnam (avec un indice de facilité des affaires égal à 91) et le Ghana (111) sont les pays qui attirent plus d’investisseurs. Le Bénin (153), précédé par la Côte d’Ivoire (139), se retrouve en dernière position. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 148 149 439 Il faut noter qu’au Vietnam, les résultats remarquables dans la réduction de la pauvreté ont été les résultats directs i) d’une forte croissance économique ; ii) des réformes lancées en 1986 en matière d’entreprises, de foncier, de politiques com merciales, etc. (Rapport évaluation des OMD, 2015) ; iii) de l’ouverture des marchés qui ont permis un afflux d’investissements étrangers et des millions d’emplois à la population et iv) de la mise en place de programmes nationaux ciblés sur les as pects essentiels des conditions de vie ainsi que l’amélioration des services publics et des filets de sécurité sociale, prioritairement aux groupes les plus défavorisés. 440 Au Ghana, les facteurs ayant contribué à faire face aux situations diverses de pau vreté dans tout le pays sont notamment : i) la forte croissance économique ; ii) le projet de Travaux Publics Intensifs (LIPW) qui a offert des opportunités tempo raires d’emploi aux ménages pauvres et ruraux pendant la période hors saison agricole ; iii) l’amélioration des infrastructures en particulier des réseaux routiers dans des zones qui ne sont pas bien accessibles ; iv) l’accès au régime national d’assurance maladie (NHIS) pour les pauvres ; v) la microfinance et des crédits aux personnes démunies dans divers secteurs ainsi que d’autres services de conseil aux entreprises, de formation et de renforcement des capacités pour les petites et moyennes entreprises ; vi) l’introduction de l’initiative de développement écono mique local (LED) axée sur la mobilisation de ressources pour le développement local ; vii) la mise en œuvre du programme de subventions de rétention des éco liers dans les écoles publiques de base dans les régions pauvres ; viii) l’introduction du Programme national de subvention des engrais pour améliorer la production alimentaire et la sécurité alimentaire et iv) le soutien de la productivité des fermes de cacao grâce à la pulvérisation en masse, etc. 441 En plaçant l’éducation au cœur de leurs politiques depuis une quinzaine d’an nées, les pays africains sont fermement convaincus de la contribution potentielle de celle-ci à la construction d’une société équitable, compétitive et solidaire. En 2015, la Côte d’Ivoire est le seul pays qui a enregistré un taux de scolarisation du primaire inférieur à 100 %, avec un taux moyen sur le période égal à 74,32 % sur la période 1990-2015. Même si le Bénin a enregistré en 2015 le niveau le plus élevé du taux de scolarisation (de même que l’accroissement le plus élevé sur la période), son taux moyen sur la même période est inférieur à celui du Ghana (90,57 %) et du Vietnam (106,13 %) qui a lancé des programmes de construc tion des écoles et l’amélioration des moyens d’apprentissage à tous les niveaux d’enseignement. 442 Par ailleurs, en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile. Le Vietnam est le pays qui a enregistré les plus faibles taux moyens sur la période avec 25,29 ‰ et 108,6 pour 100 000 respectivement. Le Bénin est le pays qui a enre gistré le taux moyen de mortalité infantile le plus élevé (99,75 ‰) suivi de la Côte d’Ivoire (91,04 ‰). Même si le Bénin a un taux de mortalité maternelle toujours élevé (347 pour 100 000 en 2014), il présente sur la période 1990-2015 un taux moyen de mortalité maternelle le plus faible (414 pour 100 000) après celui du Vietnam qui a mis en œuvre des programmes visant à améliorer la qualité des ac coucheuses grâce à des programmes de formation, à l’amélioration de l’infrastruc ture des centres de santé et à l’élargissement des campagnes de communication. 443 Pour parvenir à la réduction de la mortalité infantile, les principales interventions politiques prises au Ghana comprennent : i) la mise en place d’un programme complet de clinique prénatale lié aux cliniques de bien-être de l’enfance dans de nombreux districts et le soutien au programme élargi de vaccination (EPI) pour les enfants ; ii) l’expansion de la prestation de services de santé communautaire ; iii) l’accès accru aux services de santé dans le cadre du régime national d’assu rance maladie et iv) l’accroissement du programme de gestion intégrée des mala dies de l’enfance. 444 Sur le plan économique et sur la période 1990-2015, la croissance moyenne du Bénin est égale à 4,3 % et est tirée par les secteurs tertiaire et primaire. Quant au Ghana, il a connu sur la période 1990-2015, une croissance moyenne de 5,5 %. Cette croissance a augmenté durant les trois sous-périodes considérées passant de 4,4 % entre 1990 et 2004, à 6,4 % entre 2005 et 2010 et puis à 7,7 % entre 2011 et 2015. Elle est tirée par les performances des secteurs tertiaire et primaire entre 1990 et 2010 et puis les secteurs tertiaire et secondaire entre 2011 et 2015. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, son économie est caractérisée par une croissance moyenne de 2,55 % entre 1990 et 2015. Cependant, ce taux moyen de croissance s’est accéléré durant la période passant de 1,4 %, à 2,1 % et puis à 6,6 % respecti vement sur les périodes 1990-2004, 2005-2010 et 2011-2015. Sur toute la période, le secteur tertiaire est le secteur le plus productif suivi par : i) le secteur primaire, de 1990 et 2004, et ii) le secteur secondaire de 2005 à 2015. 445 La Côte d’Ivoire a enregistré le PIB/tête moyen le plus élevé sur la période 1990 2015 égal à 967,26 dollars US. Ensuite, l’on retrouve le Vietnam avec un PIB/tête moyen de 789,73 dollars US contre 752,65 dollars US pour le Ghana et 560,54 dollars US pour le Bénin. Sur la période 1990-2004, le PIB/tête moyen du Bénin (397,49 dollars US) était supérieur à ceux du Vietnam (334,86 dollars US) et du Ghana (374,71 dollars US). En outre, à partir de 2011, le PIB/tête moyen de la Côte d’Ivoire (1378,28 dollars US) est inférieur à ceux du Vietnam (1872,82 dollars US) et du Ghana (1562,52 dollars US). 446 L’analyse de la proportion moyenne du taux d’investissement (de la formation brute du capital fixe en pourcentage du PIB) révèle que le Vietnam a connu le pourcentage le plus élevé sur la période 1990-2015 soit 28,07 %. Le Bénin, pré cédé par le Ghana (22,64 %), se retrouve en troisième position avec un taux de 20,50 %. Sur la période, ce taux a baissé pour le Vietnam passant de 27,12 % entre 1990 et 2004, à 32,68 % entre 2005 et 2010 et puis à 24,63 % entre 2011 et 2015. Le contraire s’observe pour les trois autres pays africains qui ont enregistré une augmentation sur les mêmes périodes considérées. 447 En 2015, le Vietnam (avec un indice de facilité des affaires égal à 91) et le Ghana (111) sont les pays qui attirent plus d’investisseurs. Le Bénin (153), précédé par la Côte d’Ivoire (139), se retrouve en dernière position. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 150 151 448 Sur le plan environnemental, excepté le Bénin, les trois autres pays ont amélioré leur paysage forestier. En effet, la proportion moyenne de zone forestière en pour centage des terres a augmenté de 0,56% pour la Côte d’Ivoire, de 3,12% pour le Ghana et puis de 18,88% pour le Vietnam sur la période 1990-2015 alors qu’elle a baissé de 12,86% pour le Bénin. Le Vietnam a développé un certain nombre d’initiatives visant à protéger et à restaurer ses forêts, y compris les programmes de la Stratégie nationale de développement forestier et des paiements pour les services écosystémiques dans le secteur forestier. Pour ce qui concerne le Ghana, le pays a eu à mener un certain nombre d’interventions pour ralentir le taux de déforestation et finir par l’arrêter et l’inverser. Ceux-ci incluent l’établissement de 168 910 hectares de plantations forestières, principalement dans une forêt dégra dée dans le cadre du Programme de développement des plantations forestières nationales de 2002 à 2012. 449 Sur le plan de la gouvernance, l’analyse de la stabilité politique et l’absence de violences qui mesurent la probabilité de menace de violences contre les gouverne ments, voire la probabilité de leur renversement, y compris le terrorisme, le Bénin (avec une moyenne égale 0,42) et le Vietnam (0,21) détiennent les meilleures situa tions tout au long de la période 1990-2015. La Côte d’Ivoire (-1,40) se retrouve en dernière position, précédée par le Ghana (-0,05). Pour ce qui concerne l’efficacité des pouvoirs publics qui mesure la compétence de la bureaucratie et la qualité de la prestation du service public d’une part et l’État de droit qui mesure la qualité de la mise en application des contrats, la police et les tribunaux, y compris l’indépen dance du judiciaire, et l’incidence de la criminalité d’autre part, le Ghana occupe la première place suivie du Vietnam. Le Bénin, de son côté, arrive en troisième posi tion. En outre, le Ghana est le pays ayant relativement la meilleure gouvernance de qualité dans le cas de la maîtrise de la corruption mesurant l’abus des pouvoirs publics à des fins lucratives, y compris la grande et la petite corruption (et le dé tournement des biens de l’État par les élites). Il est suivi par le Vietnam et la Côte d’Ivoire, et puis en dernière position, par le Bénin. Pour ce qui concerne l’écoute et la réédition de compte en termes de droits politiques, civils et de droits de l’homme, le Ghana et le Bénin détiennent les meilleures situations suivis par la Côte d’Ivoire. En conclusion, le Bénin pourrait s’inspirer des modèles vietnamien et ghanéen. 3.2.4 – principeS directeurS 450 Le PND veillera à respecter les principes directeurs suivants : › Équilibre et équité combinant les défis de la paix et de la stabilité d’une part, et ceux de la pauvreté de masse croissante qui appellent l’investissement des interventions dans le développement humain durable d’autre part. › Responsabilisation : ce principe conforte celui de la participation efficace des différentes parties prenantes aux actions de développement. Pour ce faire, tous les acteurs de développement que sont le gouvernement, le secteur privé, la société civile devront être impliqués dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation du PND. Ce principe inclut la redevabilité mutuelle entre les détenteurs d’obligations (État, Collectivités locales, Responsables du secteur privé, Responsables de la Société civile) et les détenteurs de droits (populations et autres bénéficiaires spécifiques) › Toute action visant la transformation structurelle doit se baser sur : L’amélioration de la gouvernance du développement en vue de consolider les bases d’un État stratège et la gestion du développement pour diversifier, renforcer la résilience de l’économie et prendre le leadership du développe ment du pays, avec les instruments appropriés de pilotage ; La prise en compte d’une part, de la sensibilité genre, afin que le proces sus de croissance inclusive et développement durable le soit réellement pour les femmes comme actrices et bénéficiaires de cette croissance, et de l’autre, la prise en compte du respect et de la promotion des droits humains en général, et de ceux de la femme en particulier ; La cohérence dans les référentiels de planification et de gestion de l’es pace en ciblant les structures nationales et régionales les mieux habili tées à les mettre en œuvre ; L’opérationnalisation et la cohérence des instruments de planification, de programmation et de budgétisation, en mettant l’accent sur le lien entre les perspectives de long terme et celles de moyen terme, et entre ces dernières et les exercices budgétaires annuels ; La maîtrise des outils de suivi des résultats des politiques publiques, et notamment des progrès en matière d’atteinte des ODD ; La redynamisation du cadre de dialogues des politiques ainsi que des méca nismes et outils de gestion et de suivi de l’aide publique au développement, L’approfondissement de l’approche du développement durable par le renforcement de la gouvernance environnementale, et l’intégration de la perspective de l’économie verte dans les politiques de développement. › Gestion Axée sur les Résultats : la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) est une approche utilisée, visant l’efficacité et l’ancrage de l’obligation de rendre compte en matière de planification, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des poli tiques publiques, en mettant l’accent sur l’atteinte de résultats concrets et réalistes. › Partenariat : au niveau national, il s’agit du partenariat avec le secteur public, le secteur privé, les organisations de la société civile et les collectivités locales. Au niveau international, il s’agit de la coopération avec les organisations régio nales et internationales y compris la coopération décentralisée. Elle est favori sée par l’application effective des réformes de finances publiques de l’UEMOA. 3.3 Option stratégique de développement 451 Au regard du diagnostic stratégique posé à travers les quatre thématiques re tenues ayant permis d’identifier les problèmes et les défis majeurs auxquels le Bénin est confronté et les enjeux en présence, il a été défini un cadre stratégique axé sur le développement de l’agro-industrie, les services et le tourisme. Ainsi, l’option stratégique retenue est de faire de l’agro-industrie, des services et du tourisme, le moteur de la croissance économique forte, inclusive et durable dans le cadre d’une gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 150 151 448 Sur le plan environnemental, excepté le Bénin, les trois autres pays ont amélioré leur paysage forestier. En effet, la proportion moyenne de zone forestière en pour centage des terres a augmenté de 0,56% pour la Côte d’Ivoire, de 3,12% pour le Ghana et puis de 18,88% pour le Vietnam sur la période 1990-2015 alors qu’elle a baissé de 12,86% pour le Bénin. Le Vietnam a développé un certain nombre d’initiatives visant à protéger et à restaurer ses forêts, y compris les programmes de la Stratégie nationale de développement forestier et des paiements pour les services écosystémiques dans le secteur forestier. Pour ce qui concerne le Ghana, le pays a eu à mener un certain nombre d’interventions pour ralentir le taux de déforestation et finir par l’arrêter et l’inverser. Ceux-ci incluent l’établissement de 168 910 hectares de plantations forestières, principalement dans une forêt dégra dée dans le cadre du Programme de développement des plantations forestières nationales de 2002 à 2012. 449 Sur le plan de la gouvernance, l’analyse de la stabilité politique et l’absence de violences qui mesurent la probabilité de menace de violences contre les gouverne ments, voire la probabilité de leur renversement, y compris le terrorisme, le Bénin (avec une moyenne égale 0,42) et le Vietnam (0,21) détiennent les meilleures situa tions tout au long de la période 1990-2015. La Côte d’Ivoire (-1,40) se retrouve en dernière position, précédée par le Ghana (-0,05). Pour ce qui concerne l’efficacité des pouvoirs publics qui mesure la compétence de la bureaucratie et la qualité de la prestation du service public d’une part et l’État de droit qui mesure la qualité de la mise en application des contrats, la police et les tribunaux, y compris l’indépen dance du judiciaire, et l’incidence de la criminalité d’autre part, le Ghana occupe la première place suivie du Vietnam. Le Bénin, de son côté, arrive en troisième posi tion. En outre, le Ghana est le pays ayant relativement la meilleure gouvernance de qualité dans le cas de la maîtrise de la corruption mesurant l’abus des pouvoirs publics à des fins lucratives, y compris la grande et la petite corruption (et le dé tournement des biens de l’État par les élites). Il est suivi par le Vietnam et la Côte d’Ivoire, et puis en dernière position, par le Bénin. Pour ce qui concerne l’écoute et la réédition de compte en termes de droits politiques, civils et de droits de l’homme, le Ghana et le Bénin détiennent les meilleures situations suivis par la Côte d’Ivoire. En conclusion, le Bénin pourrait s’inspirer des modèles vietnamien et ghanéen. 3.2.4 – principeS directeurS 450 Le PND veillera à respecter les principes directeurs suivants : › Équilibre et équité combinant les défis de la paix et de la stabilité d’une part, et ceux de la pauvreté de masse croissante qui appellent l’investissement des interventions dans le développement humain durable d’autre part. › Responsabilisation : ce principe conforte celui de la participation efficace des différentes parties prenantes aux actions de développement. Pour ce faire, tous les acteurs de développement que sont le gouvernement, le secteur privé, la société civile devront être impliqués dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation du PND. Ce principe inclut la redevabilité mutuelle entre les détenteurs d’obligations (État, Collectivités locales, Responsables du secteur privé, Responsables de la Société civile) et les détenteurs de droits (populations et autres bénéficiaires spécifiques) › Toute action visant la transformation structurelle doit se baser sur : L’amélioration de la gouvernance du développement en vue de consolider les bases d’un État stratège et la gestion du développement pour diversifier, renforcer la résilience de l’économie et prendre le leadership du développe ment du pays, avec les instruments appropriés de pilotage ; La prise en compte d’une part, de la sensibilité genre, afin que le proces sus de croissance inclusive et développement durable le soit réellement pour les femmes comme actrices et bénéficiaires de cette croissance, et de l’autre, la prise en compte du respect et de la promotion des droits humains en général, et de ceux de la femme en particulier ; La cohérence dans les référentiels de planification et de gestion de l’es pace en ciblant les structures nationales et régionales les mieux habili tées à les mettre en œuvre ; L’opérationnalisation et la cohérence des instruments de planification, de programmation et de budgétisation, en mettant l’accent sur le lien entre les perspectives de long terme et celles de moyen terme, et entre ces dernières et les exercices budgétaires annuels ; La maîtrise des outils de suivi des résultats des politiques publiques, et notamment des progrès en matière d’atteinte des ODD ; La redynamisation du cadre de dialogues des politiques ainsi que des méca nismes et outils de gestion et de suivi de l’aide publique au développement, L’approfondissement de l’approche du développement durable par le renforcement de la gouvernance environnementale, et l’intégration de la perspective de l’économie verte dans les politiques de développement. › Gestion Axée sur les Résultats : la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) est une approche utilisée, visant l’efficacité et l’ancrage de l’obligation de rendre compte en matière de planification, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des poli tiques publiques, en mettant l’accent sur l’atteinte de résultats concrets et réalistes. › Partenariat : au niveau national, il s’agit du partenariat avec le secteur public, le secteur privé, les organisations de la société civile et les collectivités locales. Au niveau international, il s’agit de la coopération avec les organisations régio nales et internationales y compris la coopération décentralisée. Elle est favori sée par l’application effective des réformes de finances publiques de l’UEMOA. 3.3 Option stratégique de développement 451 Au regard du diagnostic stratégique posé à travers les quatre thématiques re tenues ayant permis d’identifier les problèmes et les défis majeurs auxquels le Bénin est confronté et les enjeux en présence, il a été défini un cadre stratégique axé sur le développement de l’agro-industrie, les services et le tourisme. Ainsi, l’option stratégique retenue est de faire de l’agro-industrie, des services et du tourisme, le moteur de la croissance économique forte, inclusive et durable dans le cadre d’une gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 152 153 3.4 Trajectoire pour un développement durable 452 Le Bénin aspire à une croissance forte, inclusive et durable dans un contexte mar qué par la monoculture d’exportation (coton) qui représente 70 % des recettes d’exportation. Toutefois, des progrès sont enregistrés en ce qui concerne l’ananas et la noix de cajou, mais les quantités produites sont encore loin de traduire la di versification tant souhaitée. Les expériences des pays émergents ont montré que la croissance économique résulte des secteurs secondaire et tertiaire au cours de la période 2010-2015 pendant que celle du Bénin est basée essentiellement sur les secteurs primaires et les services qui subissent durement les contrecoups de l’évolution des cours mondiaux des matières premières et des changements de politiques économiques au Nigéria. Il est donc impératif pour l’économie béni noise d’engager la transformation structurelle en vue de faire des secteurs secon daire et tertiaire les moteurs de la croissance économique. L’ambition est de posi tionner le Bénin dans la perspective d’exploiter toutes les possibilités offertes par les innovations technologiques tant mécaniques que biotechnologiques. 453 Les contraintes à la diversification des bases productives et à l’accélération de la croissance économique pour jeter les bases solides d’insertion du Bénin dans la dy namique des économies émergentes sont multiples. Il s’agit plus particulièrement : › du déficit en énergie électrique, limitant la modernisation de l’agriculture, le développement des activités industrielles et l’attrait des investisseurs natio naux et internationaux ; › du déficit des infrastructures de transport (route/rail, port, aéroport) et des TIC qui sont de nature à propulser l’économie nationale sur la trajectoire de l’inno vation et de la compétitivité de plusieurs filières productives ; › de la faiblesse du capital humain ne permettant pas aux secteurs productifs de bénéficier d’une main d’œuvre qualifiée, du relèvement du bien-être des populations et de l’insertion réelle des femmes dans les dynamiques sociales et politiques du pays ; › de l’environnement des affaires peu incitatif lié à la question de la faible effi cacité de la gouvernance administrative et économique handicapant le Bénin par rapport à ses concurrents. 454 Fort de tout ce qui précède et tenant compte du niveau de développement du pays, le PND 2018-2025 trace pour le Bénin une trajectoire de l’économie natio nale en réalisant une forte croissance économique, inclusive et durable de l’ordre de 10 % en 2025 grâce aux trois paliers que sont : i) la diversification de la pro duction agricole avec en soutien le développement des services (infrastructures rurales, logistiques, innovations, biotechnologies) ; ii) la transformation agro-in dustrielle et le développement accru des services (environnement des affaires, tourisme, transport logistiques, numérique, innovations) et iii) l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies. premier palier : la diversification de la production agricole avec en soutien le développement des services 455 Il s’agit d’élargir les bases productives dans certains créneaux porteurs et notam ment dans le secteur agricole, à travers la promotion des filières agricoles phares suivant les pôles de développement agricole : coton, maïs, riz, ananas, manioc et anacarde. Les transformations structurelles, le relèvement du niveau du capital humain et l’amélioration des productivités apparaissent ici comme les vecteurs clés de changement pour de réelles perspectives de diversification des bases productives avec un meilleur positionnement de l’économie béninoise dans les chaînes des valeurs sous régionales et internationales. 456 Cette diversification agricole sera soutenue par le développement des infrastruc tures rurales, des logistiques, des innovations et des biotechnologies, la mise en place des mesures incitatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel, ainsi que par des transformations structurelles des modes de production et de consommation. 457 La diversification de la production agricole implique une agriculture très pro ductive, permettant de : i) réaliser des revenus suffisants pour les agriculteurs, ii) garantir l’autosuffisance alimentaire et iii) libérer la main-d’œuvre pour l’indus trie et les services. Elle passe aussi par l’approfondissement du processus de ré formes foncières, le renforcement des capacités de recherche agricole, de services d’appui-conseil au monde rural, l’introduction de nouvelles technologies et des investissements conséquents dans l’industrie visant le développement des pôles régionaux de croissance. 458 Au niveau du développement régional, la mise en place et le développement des pôles régionaux de croissance passera nécessairement par la valorisation des pro duits régionaux à travers : i) agropole Coton-Élevage au nord ; ii) technopôle agroa limentaire au sud, à proximité de la zone franche industrielle ; iii) techno-centre (ou Technoparc) des métiers du textile ; iv) techno-centre du BTP et des matériaux de construction du Bénin et v) Centre d’excellence des métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. 459 La transformation structurelle devra également viser, d’une part, le développe ment du capital privé béninois à travers une stratégie nationale de promotion des PMI/PME dans tous les secteurs émergents et, d’autre part l’accroissement de la Productivité Totale des Facteurs du Bénin à travers des initiatives et efforts pour promouvoir un climat des affaires comparable aux pays émergents, une lutte ef ficace contre la corruption, la promotion des Investissements Directs Étrangers (IDE) et du développement durable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 152 153 3.4 Trajectoire pour un développement durable 452 Le Bénin aspire à une croissance forte, inclusive et durable dans un contexte mar qué par la monoculture d’exportation (coton) qui représente 70 % des recettes d’exportation. Toutefois, des progrès sont enregistrés en ce qui concerne l’ananas et la noix de cajou, mais les quantités produites sont encore loin de traduire la di versification tant souhaitée. Les expériences des pays émergents ont montré que la croissance économique résulte des secteurs secondaire et tertiaire au cours de la période 2010-2015 pendant que celle du Bénin est basée essentiellement sur les secteurs primaires et les services qui subissent durement les contrecoups de l’évolution des cours mondiaux des matières premières et des changements de politiques économiques au Nigéria. Il est donc impératif pour l’économie béni noise d’engager la transformation structurelle en vue de faire des secteurs secon daire et tertiaire les moteurs de la croissance économique. L’ambition est de posi tionner le Bénin dans la perspective d’exploiter toutes les possibilités offertes par les innovations technologiques tant mécaniques que biotechnologiques. 453 Les contraintes à la diversification des bases productives et à l’accélération de la croissance économique pour jeter les bases solides d’insertion du Bénin dans la dy namique des économies émergentes sont multiples. Il s’agit plus particulièrement : › du déficit en énergie électrique, limitant la modernisation de l’agriculture, le développement des activités industrielles et l’attrait des investisseurs natio naux et internationaux ; › du déficit des infrastructures de transport (route/rail, port, aéroport) et des TIC qui sont de nature à propulser l’économie nationale sur la trajectoire de l’inno vation et de la compétitivité de plusieurs filières productives ; › de la faiblesse du capital humain ne permettant pas aux secteurs productifs de bénéficier d’une main d’œuvre qualifiée, du relèvement du bien-être des populations et de l’insertion réelle des femmes dans les dynamiques sociales et politiques du pays ; › de l’environnement des affaires peu incitatif lié à la question de la faible effi cacité de la gouvernance administrative et économique handicapant le Bénin par rapport à ses concurrents. 454 Fort de tout ce qui précède et tenant compte du niveau de développement du pays, le PND 2018-2025 trace pour le Bénin une trajectoire de l’économie natio nale en réalisant une forte croissance économique, inclusive et durable de l’ordre de 10 % en 2025 grâce aux trois paliers que sont : i) la diversification de la pro duction agricole avec en soutien le développement des services (infrastructures rurales, logistiques, innovations, biotechnologies) ; ii) la transformation agro-in dustrielle et le développement accru des services (environnement des affaires, tourisme, transport logistiques, numérique, innovations) et iii) l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies. premier palier : la diversification de la production agricole avec en soutien le développement des services 455 Il s’agit d’élargir les bases productives dans certains créneaux porteurs et notam ment dans le secteur agricole, à travers la promotion des filières agricoles phares suivant les pôles de développement agricole : coton, maïs, riz, ananas, manioc et anacarde. Les transformations structurelles, le relèvement du niveau du capital humain et l’amélioration des productivités apparaissent ici comme les vecteurs clés de changement pour de réelles perspectives de diversification des bases productives avec un meilleur positionnement de l’économie béninoise dans les chaînes des valeurs sous régionales et internationales. 456 Cette diversification agricole sera soutenue par le développement des infrastruc tures rurales, des logistiques, des innovations et des biotechnologies, la mise en place des mesures incitatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel, ainsi que par des transformations structurelles des modes de production et de consommation. 457 La diversification de la production agricole implique une agriculture très pro ductive, permettant de : i) réaliser des revenus suffisants pour les agriculteurs, ii) garantir l’autosuffisance alimentaire et iii) libérer la main-d’œuvre pour l’indus trie et les services. Elle passe aussi par l’approfondissement du processus de ré formes foncières, le renforcement des capacités de recherche agricole, de services d’appui-conseil au monde rural, l’introduction de nouvelles technologies et des investissements conséquents dans l’industrie visant le développement des pôles régionaux de croissance. 458 Au niveau du développement régional, la mise en place et le développement des pôles régionaux de croissance passera nécessairement par la valorisation des pro duits régionaux à travers : i) agropole Coton-Élevage au nord ; ii) technopôle agroa limentaire au sud, à proximité de la zone franche industrielle ; iii) techno-centre (ou Technoparc) des métiers du textile ; iv) techno-centre du BTP et des matériaux de construction du Bénin et v) Centre d’excellence des métiers du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration. 459 La transformation structurelle devra également viser, d’une part, le développe ment du capital privé béninois à travers une stratégie nationale de promotion des PMI/PME dans tous les secteurs émergents et, d’autre part l’accroissement de la Productivité Totale des Facteurs du Bénin à travers des initiatives et efforts pour promouvoir un climat des affaires comparable aux pays émergents, une lutte ef ficace contre la corruption, la promotion des Investissements Directs Étrangers (IDE) et du développement durable. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 154 155 deuxième palier : la transformation agro industrielle et le développement accru des services 460 Il s’agit de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle du PIB à travers la valorisation des produits locaux et le développement des chaînes de valeur grâce à une industrie de transformation, un secteur des services ouverts aux TIC et en améliorant la productivité de tous les secteurs, tout en prenant en compte les fondamentaux de l’économie verte et du développement durable. Dans ce sens, l’amélioration de l’environnement des affaires et le développement du transport-logistique, du tourisme, du numérique et des innovations consti tuent des facteurs déterminants pour ce palier. 461 En matière du transport-logistique, surtout maritime, malgré d’importants efforts de ces dernières années, le positionnement du Bénin n’est pas suffisamment exploité. Des défis importants se posent, notamment en matière de facilitation du commerce et des transports, de l’accès aux marchés, de mise à disposition des différentes branches d’infrastructures logistiques spécifiques nécessaires au déploiement des piliers économiques. À cet effet, la montée en gamme au plan logistique nécessitera à la fois des investissements structurants et parfois massifs qui permettront au pays de bénéficier au mieux de sa position charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale, ainsi que de la proximité avec le Nigéria. L’objectif est d’atteindre D’ici 2025 « une Plateforme régionale de négoce et de services à forte valeur ajoutée ». troisième palier : l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies 462 Il sera possible d’exporter les résultats et les acquis du développement des inno vations technologiques et des biotechnologies. Ces résultats et acquis pourront permettre : i) d’améliorer la productivité agricole, notamment pour les filières agricoles porteuses ; ii) de rendre effective la création de nouveaux produits agro industriels et iii) d’améliorer les systèmes énergétiques. La promotion des incuba teurs facilitera le développement des technologies et la mise en place de la Cité du savoir favoriseront leur exportation. 463 À ces orientations économiques s’ajoutent le nécessaire relèvement du niveau de développement du capital humain et des infrastructures de qualité qui vont nécessiter des investissements massifs pour permettre au Bénin de disposer des ressources humaines qualifiées, performantes et en bonne santé ainsi qu’un ni veau de standard international de ses infrastructures pour assurer durablement la marche vers une croissance économique forte et inclusive. Figure 23 : Trajectoire pour un développement durable 3.5 Objectif global de développement 464 Tirant, d’une part, des leçons de la mise en œuvre des principaux référentiels antérieurs de développement (OSD, SCRP), de la dynamique de relance de la croissance crée par le PAG 2016-2021 et des expériences des pays qui ont opté pour des processus d’accélération de leur développement et d’autre part, tenant compte des potentialités du Bénin, des défis et enjeux nouveaux pour l’atteinte de la vision Bénin 2025 Alafia, des cibles des ODD le choix d’une option straté gique s’impose pour mobiliser toutes les énergies et les fédérer dans une même direction. 465 L’objectif Général du PND est d’atteindre une croissance soutenue, inclusive et durable de 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. Diversification de la production agricole Infrastructures rurales, logistiques, innovations et biotechnologies Exportation des connaissances Innovations et biotechnologies Transformation agro-industrielle et participation accrue aux échanges internationaux Environnement des affaires, logistiques et innovations 1 2 3 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 154 155 deuxième palier : la transformation agro industrielle et le développement accru des services 460 Il s’agit de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle du PIB à travers la valorisation des produits locaux et le développement des chaînes de valeur grâce à une industrie de transformation, un secteur des services ouverts aux TIC et en améliorant la productivité de tous les secteurs, tout en prenant en compte les fondamentaux de l’économie verte et du développement durable. Dans ce sens, l’amélioration de l’environnement des affaires et le développement du transport-logistique, du tourisme, du numérique et des innovations consti tuent des facteurs déterminants pour ce palier. 461 En matière du transport-logistique, surtout maritime, malgré d’importants efforts de ces dernières années, le positionnement du Bénin n’est pas suffisamment exploité. Des défis importants se posent, notamment en matière de facilitation du commerce et des transports, de l’accès aux marchés, de mise à disposition des différentes branches d’infrastructures logistiques spécifiques nécessaires au déploiement des piliers économiques. À cet effet, la montée en gamme au plan logistique nécessitera à la fois des investissements structurants et parfois massifs qui permettront au pays de bénéficier au mieux de sa position charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale, ainsi que de la proximité avec le Nigéria. L’objectif est d’atteindre D’ici 2025 « une Plateforme régionale de négoce et de services à forte valeur ajoutée ». troisième palier : l’exportation des connaissances à travers les innovations et les biotechnologies 462 Il sera possible d’exporter les résultats et les acquis du développement des inno vations technologiques et des biotechnologies. Ces résultats et acquis pourront permettre : i) d’améliorer la productivité agricole, notamment pour les filières agricoles porteuses ; ii) de rendre effective la création de nouveaux produits agro industriels et iii) d’améliorer les systèmes énergétiques. La promotion des incuba teurs facilitera le développement des technologies et la mise en place de la Cité du savoir favoriseront leur exportation. 463 À ces orientations économiques s’ajoutent le nécessaire relèvement du niveau de développement du capital humain et des infrastructures de qualité qui vont nécessiter des investissements massifs pour permettre au Bénin de disposer des ressources humaines qualifiées, performantes et en bonne santé ainsi qu’un ni veau de standard international de ses infrastructures pour assurer durablement la marche vers une croissance économique forte et inclusive. Figure 23 : Trajectoire pour un développement durable 3.5 Objectif global de développement 464 Tirant, d’une part, des leçons de la mise en œuvre des principaux référentiels antérieurs de développement (OSD, SCRP), de la dynamique de relance de la croissance crée par le PAG 2016-2021 et des expériences des pays qui ont opté pour des processus d’accélération de leur développement et d’autre part, tenant compte des potentialités du Bénin, des défis et enjeux nouveaux pour l’atteinte de la vision Bénin 2025 Alafia, des cibles des ODD le choix d’une option straté gique s’impose pour mobiliser toutes les énergies et les fédérer dans une même direction. 465 L’objectif Général du PND est d’atteindre une croissance soutenue, inclusive et durable de 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain et des infrastructures. Diversification de la production agricole Infrastructures rurales, logistiques, innovations et biotechnologies Exportation des connaissances Innovations et biotechnologies Transformation agro-industrielle et participation accrue aux échanges internationaux Environnement des affaires, logistiques et innovations 1 2 3 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 156 157 466 En effet, aux défis internes visant à transformer l’économie béninoise et à garantir une meilleure condition de vie des populations, se sont ajoutés les enjeux liés à la mutation rapide de l’environnement international. De nouvelles sources de vulné rabilité ont émergé. Elles sont multiformes et englobent des sphères plus larges que les questions d’ordre économique. La multiplicité des défis, leur acuité et leur impact sur le potentiel de croissance et de développement du Bénin exigent des choix optimaux, pour tenir compte des contraintes en présence. 467 Les réponses à ces défis ont conduit les Béninois à un choix stratégique clair et précis pour l’horizon 2025 et à retenir la trajectoire présentée ci-dessus. Il ne peut en être autrement quand la problématique de développement qui fonde la vision de développement « Bénin 2025 Alafia », met l’accent sur, entre autres, la prospé rité et la compétitivité économiques en vue du bien-être social de la population. 468 La problématique de développement réside donc dans la valorisation du princi pal potentiel économique du Bénin qu’est l’agriculture. Il ne s’agit pas tout sim plement de produire de la matière première, mais aussi de la transformer et de la commercialiser; d’où le développement de l’agro-industrie qui est l’ensemble des industries ayant un lien direct avec l’agriculture. Cela comprend donc l’en semble des systèmes de productions agricoles et s’étend à toutes les entreprises qui fournissent des biens à l’agriculture (semences, engrais, pesticides, machines, etc.), à celles qui transforment les produits agricoles et les conditionnent en pro duits commercialisables, mais aussi à toutes les activités para-agricoles, y compris les formations. Toutefois, il ne s’agit pas de se limiter aux seuls produits alimen taires, domaine exclusif au secteur agroalimentaire, mais de s’ouvrir aussi à tous les autres secteurs parallèles de valorisation des ressources agricoles. 469 Pour ce faire et durant les huit années qu’il couvre, le PND devra mettre en œuvre la trajectoire à travers ses trois paliers dans un processus non linéaire. Les filières définies et les projets phares et prioritaires contenus dans le PAG 2016-2021 constituent des repères en matière d’investissements productifs et de concentra tion d’investissements privés pour la transformation structurelle souhaitée. Plus spécifiquement, il s’agira de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle actuelle du PIB, tout en prenant en compte les fondamentaux de l’éco nomie verte et du développement durable. 470 L’objectif global du PND est décliné en quatre objectifs stratégiques à savoir : › développer un capital humain sain, compétent et compétitif ; › accroître durablement la productivité et la compétitivité de l’économie béni noise ; › assurer la gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement ; › consolider l’état de droit et la bonne gouvernance. 3.6 Objectifs stratégiques, spécifiques et orientations stratégiques 471 Les objectifs stratégiques du PND sont déclinés en objectifs spécifiques assortis d’orientations subdivisées en axes stratégiques. Leur description permet de pré ciser les points d’application autour desquels leur opérationnalisation devra se concentrer. De façon schématique la logique de déclinaison se présente comme il suit : 3.6.1 – oBJectif StratÉgique 1 : dÉvelopper un capital humain Sain, compÉtent et compÉtitif objectifs spécifiques et effets attendus 472 Les principaux défis identifiés au terme du diagnostic mettent clairement en évi dence la nécessité de doter le pays d’un capital humain performant, facteur du développement durable. L’objectif stratégique visé est donc de « Développer un capital humain sain, compétent et compétitif ». 473 En effet, la réalisation d’une croissance inclusive durable porteuse d’effets sur l’élar gissement des bases productives nécessite un niveau de développement du capi tal humain de qualité et un système de distribution des fruits de la croissance per mettant : i) l’accès aux services sociaux de base de qualité ; ii) l’emploi des jeunes, l’entreprenariat et le soutien aux producteurs ; iii) la protection sociale inclusive ren forçant la résilience et la capacité productive des ménages pauvres et des couches vulnérables et iv) l’égalité et l’équité dans l’accès aux ressources et aux opportunités de revenus. Aussi, les besoins humanitaires tels que l’alimentation, la nutrition et le logement, etc. sont-ils également à prendre en compte pour doter le pays d’un capital humain apte pour la diversification de la croissance économique. Des ré formes importantes seront donc nécessaires pour donner aux ressources humaines du pays, les capacités idoines pour bâtir une économie productive et compétitive. OBJECTIF GLOBAL Objectifs stratégiques Ost1 / Ost2 Ost3 / Ost4 Objectifs spécifiques Osp1 / Osp2 / Osp3 Osp4 / Osp5 / Osp6 Orientations stratégiques Ostr1 / Ostr2 / Ostr3 / Ostr4 Ostr5 / Ostr6 / Ostr7 / Ostr8 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 156 157 466 En effet, aux défis internes visant à transformer l’économie béninoise et à garantir une meilleure condition de vie des populations, se sont ajoutés les enjeux liés à la mutation rapide de l’environnement international. De nouvelles sources de vulné rabilité ont émergé. Elles sont multiformes et englobent des sphères plus larges que les questions d’ordre économique. La multiplicité des défis, leur acuité et leur impact sur le potentiel de croissance et de développement du Bénin exigent des choix optimaux, pour tenir compte des contraintes en présence. 467 Les réponses à ces défis ont conduit les Béninois à un choix stratégique clair et précis pour l’horizon 2025 et à retenir la trajectoire présentée ci-dessus. Il ne peut en être autrement quand la problématique de développement qui fonde la vision de développement « Bénin 2025 Alafia », met l’accent sur, entre autres, la prospé rité et la compétitivité économiques en vue du bien-être social de la population. 468 La problématique de développement réside donc dans la valorisation du princi pal potentiel économique du Bénin qu’est l’agriculture. Il ne s’agit pas tout sim plement de produire de la matière première, mais aussi de la transformer et de la commercialiser; d’où le développement de l’agro-industrie qui est l’ensemble des industries ayant un lien direct avec l’agriculture. Cela comprend donc l’en semble des systèmes de productions agricoles et s’étend à toutes les entreprises qui fournissent des biens à l’agriculture (semences, engrais, pesticides, machines, etc.), à celles qui transforment les produits agricoles et les conditionnent en pro duits commercialisables, mais aussi à toutes les activités para-agricoles, y compris les formations. Toutefois, il ne s’agit pas de se limiter aux seuls produits alimen taires, domaine exclusif au secteur agroalimentaire, mais de s’ouvrir aussi à tous les autres secteurs parallèles de valorisation des ressources agricoles. 469 Pour ce faire et durant les huit années qu’il couvre, le PND devra mettre en œuvre la trajectoire à travers ses trois paliers dans un processus non linéaire. Les filières définies et les projets phares et prioritaires contenus dans le PAG 2016-2021 constituent des repères en matière d’investissements productifs et de concentra tion d’investissements privés pour la transformation structurelle souhaitée. Plus spécifiquement, il s’agira de rendre effectif le changement dans la composition sectorielle actuelle du PIB, tout en prenant en compte les fondamentaux de l’éco nomie verte et du développement durable. 470 L’objectif global du PND est décliné en quatre objectifs stratégiques à savoir : › développer un capital humain sain, compétent et compétitif ; › accroître durablement la productivité et la compétitivité de l’économie béni noise ; › assurer la gestion durable du cadre de vie, de l’environnement et l’émergence des pôles régionaux de développement ; › consolider l’état de droit et la bonne gouvernance. 3.6 Objectifs stratégiques, spécifiques et orientations stratégiques 471 Les objectifs stratégiques du PND sont déclinés en objectifs spécifiques assortis d’orientations subdivisées en axes stratégiques. Leur description permet de pré ciser les points d’application autour desquels leur opérationnalisation devra se concentrer. De façon schématique la logique de déclinaison se présente comme il suit : 3.6.1 – oBJectif StratÉgique 1 : dÉvelopper un capital humain Sain, compÉtent et compÉtitif objectifs spécifiques et effets attendus 472 Les principaux défis identifiés au terme du diagnostic mettent clairement en évi dence la nécessité de doter le pays d’un capital humain performant, facteur du développement durable. L’objectif stratégique visé est donc de « Développer un capital humain sain, compétent et compétitif ». 473 En effet, la réalisation d’une croissance inclusive durable porteuse d’effets sur l’élar gissement des bases productives nécessite un niveau de développement du capi tal humain de qualité et un système de distribution des fruits de la croissance per mettant : i) l’accès aux services sociaux de base de qualité ; ii) l’emploi des jeunes, l’entreprenariat et le soutien aux producteurs ; iii) la protection sociale inclusive ren forçant la résilience et la capacité productive des ménages pauvres et des couches vulnérables et iv) l’égalité et l’équité dans l’accès aux ressources et aux opportunités de revenus. Aussi, les besoins humanitaires tels que l’alimentation, la nutrition et le logement, etc. sont-ils également à prendre en compte pour doter le pays d’un capital humain apte pour la diversification de la croissance économique. Des ré formes importantes seront donc nécessaires pour donner aux ressources humaines du pays, les capacités idoines pour bâtir une économie productive et compétitive. OBJECTIF GLOBAL Objectifs stratégiques Ost1 / Ost2 Ost3 / Ost4 Objectifs spécifiques Osp1 / Osp2 / Osp3 Osp4 / Osp5 / Osp6 Orientations stratégiques Ostr1 / Ostr2 / Ostr3 / Ostr4 Ostr5 / Ostr6 / Ostr7 / Ostr8 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 158 159 474 Pour atteindre cet objectif stratégique, les Objectifs spécifiques ci-après ont été définis : › rendre accessibles aux populations, des informations, des produits, des services et des soins de santé de qualité ; › bâtir un système éducatif équitable, inclusif et de qualité pour le développe ment durable ; › mettre en place des mécanismes pérennes et inclusifs de protection sociale ; › assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et l’accès à l’eau potable pour tous ; › promouvoir des meilleures opportunités de revenus et d’emplois décents pour les populations ; › renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse ; › promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme. 475 L’impact de l’objectif stratégique lié au développement du capital humain se ré sume à ce que le Bénin relève le niveau de développement du capital humain per mettant au pays de disposer de ressources humaines qualifiées et compétentes pour le développement économique et social. Il s’agira de mettre en adéquation les compétences et formations du capital humain avec l’objectif de transforma tion structurelle. 476 Les effets attendus de cet objectif stratégique sont : › les services de santé de qualité sont accessibles à tous et améliorés dans toutes les régions du pays ; › les infrastructures sanitaires sont bien réparties et dotées d’équipements et de ressources humaines appropriées ; › l’offre du secteur de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’alpha bétisation des adultes est améliorée aux plans quantitatif et qualitatif et acces sible à tous ; › les populations ont un accès facile à un système de couverture et de protection sociale adapté à la diversité des situations professionnelles et dans tous les sec teurs (formel et informel) ; › le statut nutritionnel des populations, l’accès facile à l’alimentation et à l’eau potable sont renforcés › le revenu des femmes et des hommes en particulier des jeunes a augmenté ; › un environnement et des conditions propices au développement des activités sportives et culturelles des jeunes sont réunies ; › les inégalités sociales et de genre sont réduites et le rôle socio-économique et politique de la femme est promu et soutenu. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « rendre accessibles aux populations, les informations, les produits, les services et les soins de santé de qualité » 477 L’amélioration de la santé de la population réside dans la disponibilité, l’accessibilité, l’utilisation et la qualité des services et soins de santé. Pour y parvenir, il faudra faire face à l’accroissement rapide de la population qui contribue à l’aggravation des ef fets de la pauvreté face aux faibles performances de l’économie béninoise. Dès lors, la mise en place d’une stratégie par étape successive pour optimiser le dividende démographique s’impose compte tenu de certains facteurs encourageants (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité). Ainsi, il faudra mener des actions por teuses pour permettre à tous de vivre en bonne santé à travers : i) le développement des infrastructures, des équipements et des produits de santé ; ii) la prise en compte des inter actions population et développement dans les documents de planifica tion, de programmation et de politique sectorielle ; iii) la valorisation des ressources humaines et leur meilleure répartition ; iv) la réduction de la morbidité et de la mor talité maternelle, infantile et infanto-juvénile, v) l’amélioration du mécanisme de financement et vi) l’amélioration du système d’information sanitaire et la promotion de la recherche en santé. 478 Pour opérationnaliser cet objectif, quatre (04) orientations stratégiques ont été prévues : i) promotion de l’accès à l’information, aux services et aux produits de santé y compris la santé de la reproduction ; ii) amélioration du système d’infor mation sanitaire et la promotion de la recherche en santé ; iii) réduction sensible de la morbidité et de la mortalité maternelle, infantile et juvénile et iv) améliora tion des capacités en ressources humaines, en infrastructures, en équipements et des plateaux techniques. Amélioration de l’accès à l’information, aux services et aux produits de santé, y compris la santé de la reproduction 479 En dépit de l’amorce de la transition démographique, le Bénin est encore classé parmi les pays d’Afrique sub-saharienne à forte fécondité. Les causes du niveau élevé de la fécondité (Indice Synthétique de Fécondité de 4,8 enfants par femme en 2013) sont entre autres, la précocité du mariage, la faible prévalence contracep tive (7,6 % en 2012), un niveau de besoins non satisfaits en Planification Familiale (PF) en hausse (32,6 % en 2012), et une fécondité des adolescentes (15-19 ans) non négligeable (16,5 %). 480 En outre, le fort potentiel d’accroissement démographique (3,2 % en 2013) indui ra une demande sociale élevée dans les années à venir si la tendance actuelle est maintenue. Cette situation, dans les conditions actuelles de création de richesses, risque d’inhiber les efforts de développement. Pour ce faire, il est nécessaire d’as surer efficacement à la population, la facilité d’accès à toutes les informations relatives aux services et aux produits de santé y compris la santé de la reproduc tion à travers : i) l’amélioration de l’accès et de l’utilisation de services de planifica tion familiale sûrs, efficaces, abordables et acceptables ; ii) le développement des P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 158 159 474 Pour atteindre cet objectif stratégique, les Objectifs spécifiques ci-après ont été définis : › rendre accessibles aux populations, des informations, des produits, des services et des soins de santé de qualité ; › bâtir un système éducatif équitable, inclusif et de qualité pour le développe ment durable ; › mettre en place des mécanismes pérennes et inclusifs de protection sociale ; › assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et l’accès à l’eau potable pour tous ; › promouvoir des meilleures opportunités de revenus et d’emplois décents pour les populations ; › renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse ; › promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme. 475 L’impact de l’objectif stratégique lié au développement du capital humain se ré sume à ce que le Bénin relève le niveau de développement du capital humain per mettant au pays de disposer de ressources humaines qualifiées et compétentes pour le développement économique et social. Il s’agira de mettre en adéquation les compétences et formations du capital humain avec l’objectif de transforma tion structurelle. 476 Les effets attendus de cet objectif stratégique sont : › les services de santé de qualité sont accessibles à tous et améliorés dans toutes les régions du pays ; › les infrastructures sanitaires sont bien réparties et dotées d’équipements et de ressources humaines appropriées ; › l’offre du secteur de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’alpha bétisation des adultes est améliorée aux plans quantitatif et qualitatif et acces sible à tous ; › les populations ont un accès facile à un système de couverture et de protection sociale adapté à la diversité des situations professionnelles et dans tous les sec teurs (formel et informel) ; › le statut nutritionnel des populations, l’accès facile à l’alimentation et à l’eau potable sont renforcés › le revenu des femmes et des hommes en particulier des jeunes a augmenté ; › un environnement et des conditions propices au développement des activités sportives et culturelles des jeunes sont réunies ; › les inégalités sociales et de genre sont réduites et le rôle socio-économique et politique de la femme est promu et soutenu. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « rendre accessibles aux populations, les informations, les produits, les services et les soins de santé de qualité » 477 L’amélioration de la santé de la population réside dans la disponibilité, l’accessibilité, l’utilisation et la qualité des services et soins de santé. Pour y parvenir, il faudra faire face à l’accroissement rapide de la population qui contribue à l’aggravation des ef fets de la pauvreté face aux faibles performances de l’économie béninoise. Dès lors, la mise en place d’une stratégie par étape successive pour optimiser le dividende démographique s’impose compte tenu de certains facteurs encourageants (baisse simultanée de la mortalité et de la natalité). Ainsi, il faudra mener des actions por teuses pour permettre à tous de vivre en bonne santé à travers : i) le développement des infrastructures, des équipements et des produits de santé ; ii) la prise en compte des inter actions population et développement dans les documents de planifica tion, de programmation et de politique sectorielle ; iii) la valorisation des ressources humaines et leur meilleure répartition ; iv) la réduction de la morbidité et de la mor talité maternelle, infantile et infanto-juvénile, v) l’amélioration du mécanisme de financement et vi) l’amélioration du système d’information sanitaire et la promotion de la recherche en santé. 478 Pour opérationnaliser cet objectif, quatre (04) orientations stratégiques ont été prévues : i) promotion de l’accès à l’information, aux services et aux produits de santé y compris la santé de la reproduction ; ii) amélioration du système d’infor mation sanitaire et la promotion de la recherche en santé ; iii) réduction sensible de la morbidité et de la mortalité maternelle, infantile et juvénile et iv) améliora tion des capacités en ressources humaines, en infrastructures, en équipements et des plateaux techniques. Amélioration de l’accès à l’information, aux services et aux produits de santé, y compris la santé de la reproduction 479 En dépit de l’amorce de la transition démographique, le Bénin est encore classé parmi les pays d’Afrique sub-saharienne à forte fécondité. Les causes du niveau élevé de la fécondité (Indice Synthétique de Fécondité de 4,8 enfants par femme en 2013) sont entre autres, la précocité du mariage, la faible prévalence contracep tive (7,6 % en 2012), un niveau de besoins non satisfaits en Planification Familiale (PF) en hausse (32,6 % en 2012), et une fécondité des adolescentes (15-19 ans) non négligeable (16,5 %). 480 En outre, le fort potentiel d’accroissement démographique (3,2 % en 2013) indui ra une demande sociale élevée dans les années à venir si la tendance actuelle est maintenue. Cette situation, dans les conditions actuelles de création de richesses, risque d’inhiber les efforts de développement. Pour ce faire, il est nécessaire d’as surer efficacement à la population, la facilité d’accès à toutes les informations relatives aux services et aux produits de santé y compris la santé de la reproduc tion à travers : i) l’amélioration de l’accès et de l’utilisation de services de planifica tion familiale sûrs, efficaces, abordables et acceptables ; ii) le développement des P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 160 161 initiatives pour la connaissance des risques liés aux grossesses précoces, rappro chées et tardives ; iii) la promotion de l’éducation en matière de population et de vie familiale dans le système formel et non formel ; iv) la promotion de la scolari sation et du maintien des filles et des garçons à l’école jusqu’en 3e au moins ; v) le renforcement de l’autonomie des composantes de la population, notamment les jeunes et les femmes et vi) la promotion de l’assurance qualité et de la recherche opérationnelle sur les pratiques traditionnelles et des systèmes de croyances qui inhibent l’utilisation de la contraception en renforçant la communication sur les nouveaux concepts et mesures ciblées. Amélioration du système d’information sanitaire et la promotion de la recherche en santé 481 Le système d’information sanitaire a progressé dans le cadre de la disponibilité, de la qualité et de l’utilisation de l’information sanitaire à travers la mise en place du District Health Information System. Cependant, la capacitation de sa maîtrise par les acteurs n’est pas satisfaisante. Il en est de même pour l’intégration de la prise en compte des données du secteur privé, des données sur l’environnement et changements climatiques, la coordination des sous-systèmes d’information sanitaire et leur intégration complète ainsi que l’interopérabilité de toutes les formes du système d’information dans le secteur et la prise en compte de la qua lité des données sur l’état civil. 482 Par ailleurs, la recherche en santé souffre de l’insuffisance de cadres outillés pour coordonner et/ou animer les activités d’IEC (sur l’alimentation, l’obésité, les risques d’hypertension, de consommation de sucres, etc.) et de recherche de façon glo bale, les recherches actions au niveau périphérique en particulier et leur capitali sation. À cet effet, un accent particulier sera mis sur la promotion de la recherche en santé et le renforcement du système d’information sanitaire. Il s’agit d’assurer : i) la production d’information sanitaire de qualité ; ii) l’amélioration de l’utilisation de l’information sanitaire à tous les niveaux et iii) le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles du Ministère en charge de la Santé dans le domaine de la recherche en santé, environnement et changements climatiques. Réduction sensible de la morbidité et de la mortalité maternelle, infantile et juvénile 483 La mortalité maternelle selon l’enquête MICS 2014 est de 347 décès pour cent mille naissances vivantes. Selon la même enquête, la mortalité infanto juvénile est de 115,2 pour 1 000 naissances vivantes, la mortalité infantile, de 65,5 pour mille naissances vivantes, et la mortalité néonatale 37,8 pour mille naissances vivantes. Ces mortalités demeurent élevées malgré les efforts déployés depuis une décennie. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour les réduire par l’amélioration de l’offre, la qualité des prestations de services, l’accès aux services de santé. Pour ce faire, il est urgent de développer les actions concourant : i) au renforcement de l’offre de services de santé de qualité et de nutrition en faveur de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et du jeune ; ii) au renforcement des services de santé à base communautaire ; iii) au renforce ment de la préparation aux urgences et sécurité sanitaires y compris les maladies climato sensibles ; iv) à la promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base et v) à la réadaptation du système de santé dans la lutte contre les maladies prio ritaires, transmissibles, non transmissibles, les Maladies Tropicales Négligées, les maladies climato sensibles et les autres maladies. Amélioration des capacités en ressources humaines et financières, en produits, en infrastructures et en équipements 484 Des efforts importants sont consentis par l’État et les ménages en matière de santé, tant en ce qui concerne les ressources humaines, les infrastructures que le financement du secteur. Le financement du système de santé selon les Comptes Nationaux de la Santé de 2013 place les ménages en tête avec une contribution aux dépenses totales de santé de 43 %. Cependant, l’accès aux soins et l’approvi sionnement en médicaments de première nécessité demeurent difficiles pour la majorité de la population. L’existence de marché parallèle de vente de médica ments constitue les principales sources d’approvisionnement. La gestion des res sources humaines est caractérisée par l’insuffisance, la répartition inégale du per sonnel et le déficit prononcé des spécialistes. Par ailleurs, le niveau très faible du plateau technique surtout au niveau des hôpitaux de zone ne permet pas d’offrir aux populations des services de qualité. 485 Ainsi, le renforcement des capacités en ressources humaines, financières, en pro duits, en infrastructures et en équipements permettra d’améliorer la qualité des services sanitaires et de réduire sensiblement les évacuations qui pèsent sur le budget de l’État. À cet effet, il urge de mettre en œuvre : i) le renforcement de la planification, de la gestion et du développement des compétences des ressources humaines en santé en y intégrant les besoins en ressources humaines spécialisées en santé, environnement et changements climatiques ; ii) la mise en place d’un mécanisme de motivation des ressources humaines en santé ; iii) le renforcement en infrastructures et équipements suivant les normes et standards intégrant les dimensions environnement et changements climatiques ; iv) le renforcement du mécanisme d’entretien et de maintenance des infrastructures sanitaires et des équipements intégrant les dimensions environnementales et changements cli matiques et v) l’amélioration de la disponibilité des produits de santé de qualité (médicaments, vaccins, produits médicaux et technologies). Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « Bâtir un système éducatif équitable, inclusif et de qualité pour le développement durable » 486 Le secteur de l’éducation connaît un développement continu sur le plan quanti tatif, mais souffre toujours du déficit de spécialisation et de qualité. En l’absence d’une gestion intégrée du système, les questions d’accès à une éducation et une formation équitable, inclusive et de qualité pour tous, y compris les alternatives éducatives, ainsi que l’efficacité interne et externe sont faiblement traitées, lais sant place à un pilotage axé sur la demande sociale et non sur une vision à moyen et long termes. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 160 161 initiatives pour la connaissance des risques liés aux grossesses précoces, rappro chées et tardives ; iii) la promotion de l’éducation en matière de population et de vie familiale dans le système formel et non formel ; iv) la promotion de la scolari sation et du maintien des filles et des garçons à l’école jusqu’en 3e au moins ; v) le renforcement de l’autonomie des composantes de la population, notamment les jeunes et les femmes et vi) la promotion de l’assurance qualité et de la recherche opérationnelle sur les pratiques traditionnelles et des systèmes de croyances qui inhibent l’utilisation de la contraception en renforçant la communication sur les nouveaux concepts et mesures ciblées. Amélioration du système d’information sanitaire et la promotion de la recherche en santé 481 Le système d’information sanitaire a progressé dans le cadre de la disponibilité, de la qualité et de l’utilisation de l’information sanitaire à travers la mise en place du District Health Information System. Cependant, la capacitation de sa maîtrise par les acteurs n’est pas satisfaisante. Il en est de même pour l’intégration de la prise en compte des données du secteur privé, des données sur l’environnement et changements climatiques, la coordination des sous-systèmes d’information sanitaire et leur intégration complète ainsi que l’interopérabilité de toutes les formes du système d’information dans le secteur et la prise en compte de la qua lité des données sur l’état civil. 482 Par ailleurs, la recherche en santé souffre de l’insuffisance de cadres outillés pour coordonner et/ou animer les activités d’IEC (sur l’alimentation, l’obésité, les risques d’hypertension, de consommation de sucres, etc.) et de recherche de façon glo bale, les recherches actions au niveau périphérique en particulier et leur capitali sation. À cet effet, un accent particulier sera mis sur la promotion de la recherche en santé et le renforcement du système d’information sanitaire. Il s’agit d’assurer : i) la production d’information sanitaire de qualité ; ii) l’amélioration de l’utilisation de l’information sanitaire à tous les niveaux et iii) le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles du Ministère en charge de la Santé dans le domaine de la recherche en santé, environnement et changements climatiques. Réduction sensible de la morbidité et de la mortalité maternelle, infantile et juvénile 483 La mortalité maternelle selon l’enquête MICS 2014 est de 347 décès pour cent mille naissances vivantes. Selon la même enquête, la mortalité infanto juvénile est de 115,2 pour 1 000 naissances vivantes, la mortalité infantile, de 65,5 pour mille naissances vivantes, et la mortalité néonatale 37,8 pour mille naissances vivantes. Ces mortalités demeurent élevées malgré les efforts déployés depuis une décennie. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour les réduire par l’amélioration de l’offre, la qualité des prestations de services, l’accès aux services de santé. Pour ce faire, il est urgent de développer les actions concourant : i) au renforcement de l’offre de services de santé de qualité et de nutrition en faveur de la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et du jeune ; ii) au renforcement des services de santé à base communautaire ; iii) au renforce ment de la préparation aux urgences et sécurité sanitaires y compris les maladies climato sensibles ; iv) à la promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base et v) à la réadaptation du système de santé dans la lutte contre les maladies prio ritaires, transmissibles, non transmissibles, les Maladies Tropicales Négligées, les maladies climato sensibles et les autres maladies. Amélioration des capacités en ressources humaines et financières, en produits, en infrastructures et en équipements 484 Des efforts importants sont consentis par l’État et les ménages en matière de santé, tant en ce qui concerne les ressources humaines, les infrastructures que le financement du secteur. Le financement du système de santé selon les Comptes Nationaux de la Santé de 2013 place les ménages en tête avec une contribution aux dépenses totales de santé de 43 %. Cependant, l’accès aux soins et l’approvi sionnement en médicaments de première nécessité demeurent difficiles pour la majorité de la population. L’existence de marché parallèle de vente de médica ments constitue les principales sources d’approvisionnement. La gestion des res sources humaines est caractérisée par l’insuffisance, la répartition inégale du per sonnel et le déficit prononcé des spécialistes. Par ailleurs, le niveau très faible du plateau technique surtout au niveau des hôpitaux de zone ne permet pas d’offrir aux populations des services de qualité. 485 Ainsi, le renforcement des capacités en ressources humaines, financières, en pro duits, en infrastructures et en équipements permettra d’améliorer la qualité des services sanitaires et de réduire sensiblement les évacuations qui pèsent sur le budget de l’État. À cet effet, il urge de mettre en œuvre : i) le renforcement de la planification, de la gestion et du développement des compétences des ressources humaines en santé en y intégrant les besoins en ressources humaines spécialisées en santé, environnement et changements climatiques ; ii) la mise en place d’un mécanisme de motivation des ressources humaines en santé ; iii) le renforcement en infrastructures et équipements suivant les normes et standards intégrant les dimensions environnement et changements climatiques ; iv) le renforcement du mécanisme d’entretien et de maintenance des infrastructures sanitaires et des équipements intégrant les dimensions environnementales et changements cli matiques et v) l’amélioration de la disponibilité des produits de santé de qualité (médicaments, vaccins, produits médicaux et technologies). Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « Bâtir un système éducatif équitable, inclusif et de qualité pour le développement durable » 486 Le secteur de l’éducation connaît un développement continu sur le plan quanti tatif, mais souffre toujours du déficit de spécialisation et de qualité. En l’absence d’une gestion intégrée du système, les questions d’accès à une éducation et une formation équitable, inclusive et de qualité pour tous, y compris les alternatives éducatives, ainsi que l’efficacité interne et externe sont faiblement traitées, lais sant place à un pilotage axé sur la demande sociale et non sur une vision à moyen et long termes. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 162 163 487 Par ailleurs, le problème de l’équité reste prépondérant et au regard de la propor tion actuelle des exclus du système formel, l’éducation non formelle doit consti tuer une alternative. D’où la nécessité d’accorder plus d’importance à : i) la for mation technique et professionnelle avec à la clé, la création de nouveaux lycées mais aussi et surtout des centres d’apprentissage ; ii) l’alphabétisation et l’éduca tion des adultes. Pour atteindre cet objectif trois orientations stratégiques sont nécessaires à savoir : i) accès à une éducation équitable, inclusive et de qualité pour tous, y compris les personnes à besoins spécifiques ; ii) l’amélioration de l’effi cacité interne et externe et iii) l’amélioration de la gouvernance. Accès à une éducation inclusive et de qualité pour tous y compris les personnes à besoins spécifiques 488 Dans la perspective de faire du système éducatif un véritable vecteur de la crois sance économique inclusive, les efforts seront concentrés sur l’accès, l’équité, l’in clusion, la qualité, ainsi que sur le développement des compétences profession nelles adaptées aux secteurs productifs en particulier l’agriculture, ainsi que sur l’apprentissage tout au long de la vie. Aussi, est-il important d’offrir des possibilités pertinentes d’éducation et de formation aux très nombreux enfants et adoles cents non scolarisés ; ce qui requiert une action immédiate, ciblée et suivie, afin que tous puissent aller à l’école et apprendre. 489 En dehors de l’éducation formelle de type scolaire et universitaire, dispensée dans des institutions d’enseignement et basée sur des programmes d’études formels, il se développe parallèlement une offre d’éducation non formelle assurée par des organismes internationaux, des associations et ONG... Même si cette forme d’édu cation est plus difficile à contrôler par les pouvoirs publics, leur importance et leur pertinence ont conduit toutefois l’État à s’y intéresser afin d’envisager les pas serelles possibles avec l’éducation formelle dans la perspective d’une éducation inclusive. À cet effet, il est nécessaire de mettre en œuvre la nouvelle architecture à travers les mesures ci-après : i) la mise en place d’une approche éducative inclu sive et holistique qui prend en compte tous les sous-secteurs du système éducatif en même temps qu’elle donne la chance à tous les enfants d’y entrer et d’y rester, y compris les enfants à besoins spécifiques ; ii) la visibilité des alternatives édu catives permettant l’accès de tous à une éducation de base, à l’alphabétisation, à l’éducation des adultes et à la formation technique et professionnelle ; iii) la promotion de l’anglais au primaire ; iv) la création d’un environnement favorable à l’auto emploi et la promotion de la diversification de l’offre de formation ; v) la promotion de la scolarisation des enfants handicapés et de l’alphabétisation des adultes handicapés et vi) la promotion de l’éducation via l’exploitation des TIC. Amélioration de l’efficacité interne et externe 490 Le système éducatif est caractérisé aujourd’hui par un niveau d’abandon d’envi ron 20 % par cohorte. Aussi, les effets conjugués de redoublement et d’abandon conduisent-ils à ce que le système éducatif requiert en moyenne le financement de 9,3 années scolaires pour diplômer un élève dans le primaire au lieu de 6 an nées scolaires. Au secondaire premier cycle, il faut près de six (06) années scolaires au lieu de quatre (04) pour produire un diplômé. 491 Par ailleurs, même si la situation en matière de l’emploi en 2015 fait état d’un taux de chômage faible (2,4 %), il cache un sous-emploi massif (65 %). Face à l’im portance du secteur de l’économie informelle dans la production de la richesse25 d’une part, et compte tenu du fait que l’éducation et la formation de type scolaire et universitaire préparent prioritairement à l’insertion dans le secteur moderne et créent de surcroit une mentalité privilégiant le « mythe de l’intellectuel et du fonctionnaire », il serait plus judicieux de repenser la configuration de l’offre édu cative en créant l’équilibre entre offres scolaire et universitaire d’une part et offres alternatives (éducation non formelle) d’autre part, en accord avec la configuration des secteurs productifs et des opportunités d’emploi. À cet effet, l’accent sera mis sur : i) la diversification de l’offre de formation technique et professionnelle orientée vers les secteurs clés de développement ; ii) la poursuite de la formation des enseignants et le contrôle de la qualité des apprentissages : iii) l’élaboration et l’opérationnalisation d’un dispositif de régulation des flux et iv) le renforcement des actions de formations de courtes durées des maîtres artisans par les centres de formation professionnelle et les centres de métiers. Amélioration de la gouvernance du secteur de l’éducation et de la formation 492 La gouvernance du secteur de l’éducation et de la formation connaît des dysfonc tionnements qui affectent ses performances. Les paliers concernés par les insuffi sances constatées sont le dispositif de pilotage (fragilité du statut du STP-PDDSE, faible synergie entre ministères), l’assurance qualité, l’application des lois de la dé centralisation (forte centralisation des décisions), le financement du secteur. Pour inverser la tendance, il urge de reformer de façon structurelle la gouvernance du secteur et qui passe par l’amélioration : i) de la gouvernance institutionnelle du système éducatif, y compris le système national de la recherche scientifique et de l’innovation ; ii) de la gouvernance locale à travers la mise en place des méca nismes de cogestion du système éducatif ; iii) du cadre institutionnel du finance ment du secteur, en mettant l’accent sur l’identification des sources innovantes de financement du secteur ; iv) du Partenariat Public-Privé ; v) de l’assurance qua lité et vi) du dialogue social. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « mettre en place les mécanismes pérennes et inclusifs de protection sociale » 493 Les mécanismes de protection sociale actuellement disponibles au Bénin sont de petite envergure. Ils sont constitués des différents appuis du secteur des affaires sociales notamment les secours nationaux, les aides/soutiens financiers et maté riels aux personnes de troisième âge et aux personnes handicapées, les différentes prises en charge des victimes de traites et de violences ; les mutuelles sociales, etc. Ces aides/soutiens mis en œuvre à travers les actions du service public de pro tection sociale, des ONG, des PTF et des OSC sont très éclatés et faiblement coor donnés et impactent donc très peu de personnes (personnes répertoriées par les centres de promotion sociale, les cibles des ONG et OSC, les affiliés de la CNSS et du FNRB et des mutuelles sociales etc.). Il est donc urgent de développer des mécanismes de protection sociale intégrés, de grande envergure qui s’inscrivent 25 plus de 90% des opportunités d’emploi existant P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 162 163 487 Par ailleurs, le problème de l’équité reste prépondérant et au regard de la propor tion actuelle des exclus du système formel, l’éducation non formelle doit consti tuer une alternative. D’où la nécessité d’accorder plus d’importance à : i) la for mation technique et professionnelle avec à la clé, la création de nouveaux lycées mais aussi et surtout des centres d’apprentissage ; ii) l’alphabétisation et l’éduca tion des adultes. Pour atteindre cet objectif trois orientations stratégiques sont nécessaires à savoir : i) accès à une éducation équitable, inclusive et de qualité pour tous, y compris les personnes à besoins spécifiques ; ii) l’amélioration de l’effi cacité interne et externe et iii) l’amélioration de la gouvernance. Accès à une éducation inclusive et de qualité pour tous y compris les personnes à besoins spécifiques 488 Dans la perspective de faire du système éducatif un véritable vecteur de la crois sance économique inclusive, les efforts seront concentrés sur l’accès, l’équité, l’in clusion, la qualité, ainsi que sur le développement des compétences profession nelles adaptées aux secteurs productifs en particulier l’agriculture, ainsi que sur l’apprentissage tout au long de la vie. Aussi, est-il important d’offrir des possibilités pertinentes d’éducation et de formation aux très nombreux enfants et adoles cents non scolarisés ; ce qui requiert une action immédiate, ciblée et suivie, afin que tous puissent aller à l’école et apprendre. 489 En dehors de l’éducation formelle de type scolaire et universitaire, dispensée dans des institutions d’enseignement et basée sur des programmes d’études formels, il se développe parallèlement une offre d’éducation non formelle assurée par des organismes internationaux, des associations et ONG... Même si cette forme d’édu cation est plus difficile à contrôler par les pouvoirs publics, leur importance et leur pertinence ont conduit toutefois l’État à s’y intéresser afin d’envisager les pas serelles possibles avec l’éducation formelle dans la perspective d’une éducation inclusive. À cet effet, il est nécessaire de mettre en œuvre la nouvelle architecture à travers les mesures ci-après : i) la mise en place d’une approche éducative inclu sive et holistique qui prend en compte tous les sous-secteurs du système éducatif en même temps qu’elle donne la chance à tous les enfants d’y entrer et d’y rester, y compris les enfants à besoins spécifiques ; ii) la visibilité des alternatives édu catives permettant l’accès de tous à une éducation de base, à l’alphabétisation, à l’éducation des adultes et à la formation technique et professionnelle ; iii) la promotion de l’anglais au primaire ; iv) la création d’un environnement favorable à l’auto emploi et la promotion de la diversification de l’offre de formation ; v) la promotion de la scolarisation des enfants handicapés et de l’alphabétisation des adultes handicapés et vi) la promotion de l’éducation via l’exploitation des TIC. Amélioration de l’efficacité interne et externe 490 Le système éducatif est caractérisé aujourd’hui par un niveau d’abandon d’envi ron 20 % par cohorte. Aussi, les effets conjugués de redoublement et d’abandon conduisent-ils à ce que le système éducatif requiert en moyenne le financement de 9,3 années scolaires pour diplômer un élève dans le primaire au lieu de 6 an nées scolaires. Au secondaire premier cycle, il faut près de six (06) années scolaires au lieu de quatre (04) pour produire un diplômé. 491 Par ailleurs, même si la situation en matière de l’emploi en 2015 fait état d’un taux de chômage faible (2,4 %), il cache un sous-emploi massif (65 %). Face à l’im portance du secteur de l’économie informelle dans la production de la richesse25 d’une part, et compte tenu du fait que l’éducation et la formation de type scolaire et universitaire préparent prioritairement à l’insertion dans le secteur moderne et créent de surcroit une mentalité privilégiant le « mythe de l’intellectuel et du fonctionnaire », il serait plus judicieux de repenser la configuration de l’offre édu cative en créant l’équilibre entre offres scolaire et universitaire d’une part et offres alternatives (éducation non formelle) d’autre part, en accord avec la configuration des secteurs productifs et des opportunités d’emploi. À cet effet, l’accent sera mis sur : i) la diversification de l’offre de formation technique et professionnelle orientée vers les secteurs clés de développement ; ii) la poursuite de la formation des enseignants et le contrôle de la qualité des apprentissages : iii) l’élaboration et l’opérationnalisation d’un dispositif de régulation des flux et iv) le renforcement des actions de formations de courtes durées des maîtres artisans par les centres de formation professionnelle et les centres de métiers. Amélioration de la gouvernance du secteur de l’éducation et de la formation 492 La gouvernance du secteur de l’éducation et de la formation connaît des dysfonc tionnements qui affectent ses performances. Les paliers concernés par les insuffi sances constatées sont le dispositif de pilotage (fragilité du statut du STP-PDDSE, faible synergie entre ministères), l’assurance qualité, l’application des lois de la dé centralisation (forte centralisation des décisions), le financement du secteur. Pour inverser la tendance, il urge de reformer de façon structurelle la gouvernance du secteur et qui passe par l’amélioration : i) de la gouvernance institutionnelle du système éducatif, y compris le système national de la recherche scientifique et de l’innovation ; ii) de la gouvernance locale à travers la mise en place des méca nismes de cogestion du système éducatif ; iii) du cadre institutionnel du finance ment du secteur, en mettant l’accent sur l’identification des sources innovantes de financement du secteur ; iv) du Partenariat Public-Privé ; v) de l’assurance qua lité et vi) du dialogue social. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « mettre en place les mécanismes pérennes et inclusifs de protection sociale » 493 Les mécanismes de protection sociale actuellement disponibles au Bénin sont de petite envergure. Ils sont constitués des différents appuis du secteur des affaires sociales notamment les secours nationaux, les aides/soutiens financiers et maté riels aux personnes de troisième âge et aux personnes handicapées, les différentes prises en charge des victimes de traites et de violences ; les mutuelles sociales, etc. Ces aides/soutiens mis en œuvre à travers les actions du service public de pro tection sociale, des ONG, des PTF et des OSC sont très éclatés et faiblement coor donnés et impactent donc très peu de personnes (personnes répertoriées par les centres de promotion sociale, les cibles des ONG et OSC, les affiliés de la CNSS et du FNRB et des mutuelles sociales etc.). Il est donc urgent de développer des mécanismes de protection sociale intégrés, de grande envergure qui s’inscrivent 25 plus de 90% des opportunités d’emploi existant P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 164 165 dans une logique durable et pérenne, et qui doivent être renforcés, coordonnés et consolidés à travers un paquet de services de protection sociale, seul gage d’une prise en charge entière et efficace des bénéficiaires. 494 Pour atteindre cet objectif, les orientations stratégiques formulées sont : i) la pro motion des mécanismes d’assurance sociale ; ii) le renforcement de la prise en charge des groupes vulnérables ; iii) la promotion des financements innovants pour la protection sociale et iv) l’accès à des services de santé de qualité à un coût abordable. Promotion des mécanismes d’assurance sociale 495 Seuls 6,4 % de la population économiquement active adhèrent aux deux caisses de sécurité sociale (FNRB et CNSS). La principale faiblesse du système de sécurité sociale est l’exclusion de l’écrasante majorité de la population (les couches les plus pauvres et vulnérables) qui gagne son revenu dans le secteur informel. Les risques couverts par les régimes de sécurité sociale sont aussi d’étendue limitée. Ils incluent notamment les pensions de retraite, les prestations familiales et les risques professionnels. Cependant, l’assurance maladie est entièrement exclue des prestations de la CNSS, tandis que dans le cas du FNRB, l’assurance maladie est partielle, couvrant 80 % des coûts des consultations, d’hospitalisations et de cer taines explorations diagnostiques dans les établissements publics. Ce « régime des 4/5e » ne rembourse pas les médicaments, principal poste de dépense de santé pour les ménages. À cet effet, les mécanismes d’assurances sociales deviennent de plus en plus des services d’intérêt général à satisfaire. Il importe de : i) mettre en place une couverture du risque maladie à large échelle ; ii) permettre au plus grand nombre de personnes de bénéficier de l’assurance et iii) renforcer les mutuelles de sécurité sociale pour faciliter l’accès à un plus grand nombre de personnes du secteur informel. Renforcement de la prise en charge des groupes vulnérables et des personnes à besoins spécifiques 496 La protection sociale a reçu une attention croissante au cours des dernières an nées en tant que mécanisme puissant pour réduire la vulnérabilité et la pauvreté. Une accumulation de preuves existe, surtout en ce qui concerne les avantages des transferts en espèces. La promotion des transferts sociaux constitue des instru ments de réduction de la vulnérabilité des individus et des ménages en situation précaire. Outre leurs effets positifs sur le niveau de consommation, notamment alimentaire (avec des impacts potentiellement larges sur la nutrition), les transferts sociaux permettent aux ménages les plus pauvres de renforcer leurs investisse ments productifs en capital humain et favorise la rupture du cycle de pauvreté chronique. C’est pourquoi le renforcement de la prise en charge des groupes vul nérables doit intégrer le développement des transferts sociaux dans le cadre d’une solidarité nationale avec des moyens plus importants dépassant 1 % du PIB contre actuellement 0,4 %. Plusieurs mesures et actions s’imposent afin de réduire la vul nérabilité et la précarité des groupes spécifiques surtout en milieu rural. Il s’agit de : i) le renforcement des programmes de transferts sociaux; ii) le renforcement des mesures de gratuité et de subvention ; iii) l’adaptation des systèmes de santé et de soins de qualité et de longue durée aux enfants et aux personnes de troisième âge ; iv) le renforcement de la prise en charge socio-sanitaire des personnes han dicapées et de troisième âge ; v) le renforcement du système de prise en charge et d’accompagnement social des enfants en situation difficile (enfants en danger, enfants en conflits avec la loi ; enfants victimes et enfants témoins) et vi) l’amélio ration de la coordination des actions et instruments des institutions œuvrant dans le domaine de la protection sociale. Promotion des financements innovants pour la protection sociale 497 Le besoin de protéger les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables révèle l’importance des dépenses de protection sociale et du renforcement des pro grammes de protection sociale. En effet, la plupart des mécanismes de protec tion sociale créent des obligations coûteuses qui représentent un engagement contingent significatif pour l’État à long terme. Face à cette situation, l’identifica tion d’autres sources de ressources innovantes pour l’exécution des mesures de protection sociale s’avère nécessaire. Il s’agit de recourir à : i) à la fiscalité, notam ment la taxation de certains produits de grande consommation et ii) à la prospec tion d’autres modèles de financements innovants. Accès à des services de santé de qualité à un coût abordable 498 L’accès universel aux soins de santé a fait l’objet de priorité pendant les dernières années à travers la mise en œuvre de plusieurs programmes de gratuité. Malgré ces efforts, les personnes vulnérables à savoir les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et les indigents sont toujours exposées aux risques de mortalité et/ou à l’incapacité de paiement des soins adéquats. Pour pallier cette situation, l’accès à des services de santé de qualité à un coût abordable constitue de plus en plus une priorité nécessitante : i) le renforcement des programmes de gratuité ; ii) le renforcement de la base de la pyramide sani taire et le développement des services à base communautaire et iii) le renforce ment des services de santé suivant l’approche zone sanitaire. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et l’accès à l’eau potable pour tous » 499 Les efforts consentis en matière de sécurité alimentaire et de nutrition ont permis d’améliorer sensiblement l’incidence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq (5) ans, ce qui a valu au Bénin d’être distingué par la FAO au titre de l’atteinte de la cible OMD 1. Aussi, les politiques gouvernementales ont elles eu des effets positifs sur l’ensemble de la population car, la proportion de la population n’atteignant pas le minimum d’apport calorique a sensiblement baissé. Cependant, la situation reste préoccupante car, les besoins calorifiques journaliers sont faiblement satisfaits. L’analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire montre que 29 communes sont en insécurité alimentaire sur les 77. Il est donc urgent d’investir dans l’autosuffisance alimentaire et la nutrition afin d’assurer au pays, des ressources humaines en bonne santé, garantes d’un développement humain durable. Un tel investissement doit être soutenu pour améliorer l’état nutritionnel des groupes les plus vulnérables que représentent les femmes et les enfants. Pour atteindre cet objectif, deux orientations sont définies P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 164 165 dans une logique durable et pérenne, et qui doivent être renforcés, coordonnés et consolidés à travers un paquet de services de protection sociale, seul gage d’une prise en charge entière et efficace des bénéficiaires. 494 Pour atteindre cet objectif, les orientations stratégiques formulées sont : i) la pro motion des mécanismes d’assurance sociale ; ii) le renforcement de la prise en charge des groupes vulnérables ; iii) la promotion des financements innovants pour la protection sociale et iv) l’accès à des services de santé de qualité à un coût abordable. Promotion des mécanismes d’assurance sociale 495 Seuls 6,4 % de la population économiquement active adhèrent aux deux caisses de sécurité sociale (FNRB et CNSS). La principale faiblesse du système de sécurité sociale est l’exclusion de l’écrasante majorité de la population (les couches les plus pauvres et vulnérables) qui gagne son revenu dans le secteur informel. Les risques couverts par les régimes de sécurité sociale sont aussi d’étendue limitée. Ils incluent notamment les pensions de retraite, les prestations familiales et les risques professionnels. Cependant, l’assurance maladie est entièrement exclue des prestations de la CNSS, tandis que dans le cas du FNRB, l’assurance maladie est partielle, couvrant 80 % des coûts des consultations, d’hospitalisations et de cer taines explorations diagnostiques dans les établissements publics. Ce « régime des 4/5e » ne rembourse pas les médicaments, principal poste de dépense de santé pour les ménages. À cet effet, les mécanismes d’assurances sociales deviennent de plus en plus des services d’intérêt général à satisfaire. Il importe de : i) mettre en place une couverture du risque maladie à large échelle ; ii) permettre au plus grand nombre de personnes de bénéficier de l’assurance et iii) renforcer les mutuelles de sécurité sociale pour faciliter l’accès à un plus grand nombre de personnes du secteur informel. Renforcement de la prise en charge des groupes vulnérables et des personnes à besoins spécifiques 496 La protection sociale a reçu une attention croissante au cours des dernières an nées en tant que mécanisme puissant pour réduire la vulnérabilité et la pauvreté. Une accumulation de preuves existe, surtout en ce qui concerne les avantages des transferts en espèces. La promotion des transferts sociaux constitue des instru ments de réduction de la vulnérabilité des individus et des ménages en situation précaire. Outre leurs effets positifs sur le niveau de consommation, notamment alimentaire (avec des impacts potentiellement larges sur la nutrition), les transferts sociaux permettent aux ménages les plus pauvres de renforcer leurs investisse ments productifs en capital humain et favorise la rupture du cycle de pauvreté chronique. C’est pourquoi le renforcement de la prise en charge des groupes vul nérables doit intégrer le développement des transferts sociaux dans le cadre d’une solidarité nationale avec des moyens plus importants dépassant 1 % du PIB contre actuellement 0,4 %. Plusieurs mesures et actions s’imposent afin de réduire la vul nérabilité et la précarité des groupes spécifiques surtout en milieu rural. Il s’agit de : i) le renforcement des programmes de transferts sociaux; ii) le renforcement des mesures de gratuité et de subvention ; iii) l’adaptation des systèmes de santé et de soins de qualité et de longue durée aux enfants et aux personnes de troisième âge ; iv) le renforcement de la prise en charge socio-sanitaire des personnes han dicapées et de troisième âge ; v) le renforcement du système de prise en charge et d’accompagnement social des enfants en situation difficile (enfants en danger, enfants en conflits avec la loi ; enfants victimes et enfants témoins) et vi) l’amélio ration de la coordination des actions et instruments des institutions œuvrant dans le domaine de la protection sociale. Promotion des financements innovants pour la protection sociale 497 Le besoin de protéger les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables révèle l’importance des dépenses de protection sociale et du renforcement des pro grammes de protection sociale. En effet, la plupart des mécanismes de protec tion sociale créent des obligations coûteuses qui représentent un engagement contingent significatif pour l’État à long terme. Face à cette situation, l’identifica tion d’autres sources de ressources innovantes pour l’exécution des mesures de protection sociale s’avère nécessaire. Il s’agit de recourir à : i) à la fiscalité, notam ment la taxation de certains produits de grande consommation et ii) à la prospec tion d’autres modèles de financements innovants. Accès à des services de santé de qualité à un coût abordable 498 L’accès universel aux soins de santé a fait l’objet de priorité pendant les dernières années à travers la mise en œuvre de plusieurs programmes de gratuité. Malgré ces efforts, les personnes vulnérables à savoir les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et les indigents sont toujours exposées aux risques de mortalité et/ou à l’incapacité de paiement des soins adéquats. Pour pallier cette situation, l’accès à des services de santé de qualité à un coût abordable constitue de plus en plus une priorité nécessitante : i) le renforcement des programmes de gratuité ; ii) le renforcement de la base de la pyramide sani taire et le développement des services à base communautaire et iii) le renforce ment des services de santé suivant l’approche zone sanitaire. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et l’accès à l’eau potable pour tous » 499 Les efforts consentis en matière de sécurité alimentaire et de nutrition ont permis d’améliorer sensiblement l’incidence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq (5) ans, ce qui a valu au Bénin d’être distingué par la FAO au titre de l’atteinte de la cible OMD 1. Aussi, les politiques gouvernementales ont elles eu des effets positifs sur l’ensemble de la population car, la proportion de la population n’atteignant pas le minimum d’apport calorique a sensiblement baissé. Cependant, la situation reste préoccupante car, les besoins calorifiques journaliers sont faiblement satisfaits. L’analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire montre que 29 communes sont en insécurité alimentaire sur les 77. Il est donc urgent d’investir dans l’autosuffisance alimentaire et la nutrition afin d’assurer au pays, des ressources humaines en bonne santé, garantes d’un développement humain durable. Un tel investissement doit être soutenu pour améliorer l’état nutritionnel des groupes les plus vulnérables que représentent les femmes et les enfants. Pour atteindre cet objectif, deux orientations sont définies P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 166 167 à savoir : i) Garantie d’une alimentation saine et équilibrée pour toute la popula tion ; ii) Accès à l’eau potable pour tous et iii) Réduction de la malnutrition chro nique et développement harmonieux de l’enfant au cours des premières années de la vie. Garantie d’une alimentation saine et équilibrée pour toute la population 500 L’insécurité alimentaire reste, au vu du contexte agricole, l’une des probléma tiques majeures du développement au Bénin. Elle touche environ 20,2 % des mé nages et 34 % de la population au niveau national (EMICoV, 2015). La couverture des besoins journaliers des ménages en énergie n’atteint guère 2 400 kilocalories, norme fixée par la FAO et l’OMS. La situation alimentaire est donc caractérisée non seulement par une relative autosuffisance pour les céréales à l’exception du riz, des racines et des tubercules mais aussi et surtout par une forte dépendance de produits d’origine animale. 501 La situation nutritionnelle au Bénin demeure également très préoccupante. La malnutrition chronique ou retard de croissance est passée de 32 % en 2011 (EMICoV, 2011) à 34,4 % en 2014 (MICS, 2014) ; elle se situe, aujourd’hui, au-des sus de 30 %, seuil jugé critique par l’OMS. D’où la nécessité de prendre toutes les mesures nécessaires pour « assurer une autosuffisance alimentaire ». Dans ce cadre, l’accent devra être mis sur les interventions touchant les quatre (4) piliers de la sécurité alimentaire à savoir la disponibilité, l’accès, l’utilisation et la stabilité de l’aliment à toute la population et à tout moment. De façon plus spécifique, il s’agira de : i) l’accompagnement des paysans pour augmenter leurs capacités de production d’une part mais aussi pour produire des aliments à forte potentialité nutritive afin d’éviter la dénutrition, les carences en micronutriments, mais aussi l’obésité et l’excès pondéral et ii) l’IEC sur l’alimentation et la nutrition en vue d’une meilleure utilisation des produits alimentaires disponibles. Réduction de la malnutrition chronique et développement harmonieux de l’enfant au cours des premières années de la vie 502 Au regard de l’impact négatif et irréversible de la malnutrition chronique sur le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant et au-delà sur le dévelop pement du capital humain, il est absolument nécessaire de prendre toutes les dispositions pour : i) la promotion des interventions nutritionnelles efficaces et ren tables notamment celles du paquet d’interventions sur la fenêtre d’opportunité des 1 000 premiers jours de la vie ; ii) le renforcement des interventions relatives au développement de l’enfant au cours des premières années de la vie notamment celles liées à la stimulation, à l’apprentissage précoce et à l’éveil. Accès à l’eau potable pour tous 503 Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a réus si à atteindre l’OMD 7 relatif à l’eau. Néanmoins, cette performance globale cache pourtant des disparités aux niveaux départemental et communal et les risques liés à la qualité et à la quantité de l’eau. L’objectif est d’assurer à toute la popula tion du Bénin un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable à l’horizon 2021. Aussi, les interventions devront-elles porter sur : i) l’accès à l’eau potable à l’ensemble de la population rurale et semi-urbaine ; ii) le développement des capacités de production et de distribution en milieu ur bain et périurbain ; iii) la modernisation et le développement de l’exploitation res ponsable des ressources hydrologiques et iv) la promotion de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) afin de réduire les conflits liés à l’usage de l’eau et sa diminution. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse » 504 Étant multisectorielle, la jeunesse fait l’objet de la plupart des interventions, no tamment au niveau des secteurs sociaux. Les données des différentes enquêtes indiquent que les jeunes sont les plus touchés par le chômage et le sous-emploi. Pour inverser cette tendance, il faudra assurer une coordination efficace des inter ventions en faveur de la jeunesse en vue d’optimiser les effets sur l’accès à l’emploi décent en sa faveur. Cela suppose qu’il faut également investir pour développer des infrastructures adéquates en vue de la promotion du sport pour le plus grand nombre. Cela est d’autant nécessaire que le sport est porteur de valeurs essen tielles, tant sur le plan du développement personnel que collectif. Les activités physiques et sportives constituent un élément fondamental de l’éducation, de la culture, de l’intégration et de la vie sociale. Elles participent aussi au maintien de la santé physique et mentale. Mieux, la condition physique doit être entretenue continuellement pour assurer un bon rendement. Ainsi, pour renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse, trois orientions stratégiques ont été retenues, à savoir : i) la promotion de l’investissement privé dans la gestion du sport ; ii) l’organisation efficace des sports pour le plus grand nombre et iii) la coor dination de toutes les interventions des parties prenantes en faveur de la jeunesse avec l’implication des collectivités décentralisées et des associations de la société civile. Promotion de l’investissement privé dans la gestion du sport 505 Le sport de haut niveau repose sur la participation aux compétitions de références (Jeux olympiques, championnats du monde, championnats d’Afrique). Ce sport, qui est plus attractif dans le secteur privé, a manqué de ressources publiques consé quentes. Les besoins accrus dans les secteurs sociaux, face à ses maigres ressources ne lui permettent guère d’accorder une priorité à la promotion du sport. Dans ces conditions, il est indispensable d’encourager le financement du secteur par les par tenaires privés pour la mise en place des infrastructures et des équipements adaptés à l’encadrement, à la formation professionnelle et à la promotion des athlètes de haut niveau pour amorcer la réussite sportive. Cet investissement, pour être durable, doit s’inscrire dans un mécanisme de partenariat public-privé attrayant dans la pers pective du renforcement des capacités de l’État dans le domaine. Ainsi, des investis sements privés seront mobilisés pour assurer : i) la mise en place d’une industrie de sport porteuse de création d’emplois directs et indirects et de valeur ajoutée et ii) la promotion des talents comme une opportunité à saisir pour une meilleure valorisa tion du potentiel sportif du pays. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 166 167 à savoir : i) Garantie d’une alimentation saine et équilibrée pour toute la popula tion ; ii) Accès à l’eau potable pour tous et iii) Réduction de la malnutrition chro nique et développement harmonieux de l’enfant au cours des premières années de la vie. Garantie d’une alimentation saine et équilibrée pour toute la population 500 L’insécurité alimentaire reste, au vu du contexte agricole, l’une des probléma tiques majeures du développement au Bénin. Elle touche environ 20,2 % des mé nages et 34 % de la population au niveau national (EMICoV, 2015). La couverture des besoins journaliers des ménages en énergie n’atteint guère 2 400 kilocalories, norme fixée par la FAO et l’OMS. La situation alimentaire est donc caractérisée non seulement par une relative autosuffisance pour les céréales à l’exception du riz, des racines et des tubercules mais aussi et surtout par une forte dépendance de produits d’origine animale. 501 La situation nutritionnelle au Bénin demeure également très préoccupante. La malnutrition chronique ou retard de croissance est passée de 32 % en 2011 (EMICoV, 2011) à 34,4 % en 2014 (MICS, 2014) ; elle se situe, aujourd’hui, au-des sus de 30 %, seuil jugé critique par l’OMS. D’où la nécessité de prendre toutes les mesures nécessaires pour « assurer une autosuffisance alimentaire ». Dans ce cadre, l’accent devra être mis sur les interventions touchant les quatre (4) piliers de la sécurité alimentaire à savoir la disponibilité, l’accès, l’utilisation et la stabilité de l’aliment à toute la population et à tout moment. De façon plus spécifique, il s’agira de : i) l’accompagnement des paysans pour augmenter leurs capacités de production d’une part mais aussi pour produire des aliments à forte potentialité nutritive afin d’éviter la dénutrition, les carences en micronutriments, mais aussi l’obésité et l’excès pondéral et ii) l’IEC sur l’alimentation et la nutrition en vue d’une meilleure utilisation des produits alimentaires disponibles. Réduction de la malnutrition chronique et développement harmonieux de l’enfant au cours des premières années de la vie 502 Au regard de l’impact négatif et irréversible de la malnutrition chronique sur le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant et au-delà sur le dévelop pement du capital humain, il est absolument nécessaire de prendre toutes les dispositions pour : i) la promotion des interventions nutritionnelles efficaces et ren tables notamment celles du paquet d’interventions sur la fenêtre d’opportunité des 1 000 premiers jours de la vie ; ii) le renforcement des interventions relatives au développement de l’enfant au cours des premières années de la vie notamment celles liées à la stimulation, à l’apprentissage précoce et à l’éveil. Accès à l’eau potable pour tous 503 Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a réus si à atteindre l’OMD 7 relatif à l’eau. Néanmoins, cette performance globale cache pourtant des disparités aux niveaux départemental et communal et les risques liés à la qualité et à la quantité de l’eau. L’objectif est d’assurer à toute la popula tion du Bénin un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable à l’horizon 2021. Aussi, les interventions devront-elles porter sur : i) l’accès à l’eau potable à l’ensemble de la population rurale et semi-urbaine ; ii) le développement des capacités de production et de distribution en milieu ur bain et périurbain ; iii) la modernisation et le développement de l’exploitation res ponsable des ressources hydrologiques et iv) la promotion de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) afin de réduire les conflits liés à l’usage de l’eau et sa diminution. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse » 504 Étant multisectorielle, la jeunesse fait l’objet de la plupart des interventions, no tamment au niveau des secteurs sociaux. Les données des différentes enquêtes indiquent que les jeunes sont les plus touchés par le chômage et le sous-emploi. Pour inverser cette tendance, il faudra assurer une coordination efficace des inter ventions en faveur de la jeunesse en vue d’optimiser les effets sur l’accès à l’emploi décent en sa faveur. Cela suppose qu’il faut également investir pour développer des infrastructures adéquates en vue de la promotion du sport pour le plus grand nombre. Cela est d’autant nécessaire que le sport est porteur de valeurs essen tielles, tant sur le plan du développement personnel que collectif. Les activités physiques et sportives constituent un élément fondamental de l’éducation, de la culture, de l’intégration et de la vie sociale. Elles participent aussi au maintien de la santé physique et mentale. Mieux, la condition physique doit être entretenue continuellement pour assurer un bon rendement. Ainsi, pour renforcer la qualité des interventions en faveur de la jeunesse, trois orientions stratégiques ont été retenues, à savoir : i) la promotion de l’investissement privé dans la gestion du sport ; ii) l’organisation efficace des sports pour le plus grand nombre et iii) la coor dination de toutes les interventions des parties prenantes en faveur de la jeunesse avec l’implication des collectivités décentralisées et des associations de la société civile. Promotion de l’investissement privé dans la gestion du sport 505 Le sport de haut niveau repose sur la participation aux compétitions de références (Jeux olympiques, championnats du monde, championnats d’Afrique). Ce sport, qui est plus attractif dans le secteur privé, a manqué de ressources publiques consé quentes. Les besoins accrus dans les secteurs sociaux, face à ses maigres ressources ne lui permettent guère d’accorder une priorité à la promotion du sport. Dans ces conditions, il est indispensable d’encourager le financement du secteur par les par tenaires privés pour la mise en place des infrastructures et des équipements adaptés à l’encadrement, à la formation professionnelle et à la promotion des athlètes de haut niveau pour amorcer la réussite sportive. Cet investissement, pour être durable, doit s’inscrire dans un mécanisme de partenariat public-privé attrayant dans la pers pective du renforcement des capacités de l’État dans le domaine. Ainsi, des investis sements privés seront mobilisés pour assurer : i) la mise en place d’une industrie de sport porteuse de création d’emplois directs et indirects et de valeur ajoutée et ii) la promotion des talents comme une opportunité à saisir pour une meilleure valorisa tion du potentiel sportif du pays. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 168 169 Organisation efficace des sports pour le plus grand nombre 506 Le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les jeunes, les handicapées et les personnes de troisième âge, sont d’intérêt géné ral. En effet, le sport de loisir ou sport d’entretien se présente comme une obli gation pour disposer d’un capital humain en bonne santé physique. Au-delà, des meilleures conditions physiques qu’offre le sport de loisir ou d’entretien, c’est une opportunité pour assurer un bon rendement de la productivité globale de la main d’œuvre de qualité. Ainsi, l’organisation efficace des sports pour le grand nombre dans l’atteinte des objectifs du PND s’avère nécessaire pour i) promouvoir l’amélio ration des activités physiques à travers la mise en place des infrastructures et des équipements techniques adéquats ; ii) renforcer les capacités des encadreurs spé cifiques à chaque type de sport pour le plus grand nombre ; iii) promouvoir diffé rentes disciplines sportives au profit des personnes handicapées et iv) promouvoir les OSC et les collectivités locales. Coordination de toutes les interventions des parties prenantes en faveur de la jeunesse 507 Les évaluations à mi-parcours de la politique nationale de l’emploi ont révélé que les actions entreprises les dix dernières années à l’endroit des jeunes ont produit des résultats mitigés. L’une des raisons serait la multiplicité des structures char gées de cette question dont les actions ne sont pas coordonnées. En effet, il existe au Bénin une kyrielle de structures publiques et privées de promotion de l’emploi. Les activités se chevauchent dans un contexte de rareté de ressources humaines qualifiées et financières. Les politiques et programmes relatifs aux problèmes des jeunes et spécifiquement à l’emploi ne peuvent être efficients que dans un cadre cohérent et coordonné. Pour ce faire, il faudra procéder à : i) la coordination et au renforcement de la synergie entre les entités intervenant au profit de la jeunesse ; ii) la mise en œuvre d’une approche plus cohérente et plus efficace dans les stra tégies de mobilisation de financement et iii) l’utilisation efficace des espaces et des temps où les jeunes sont inactifs et improductifs. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme » 508 L’analyse des rapports sociaux entre femme et homme met clairement en évi dence que de fortes inégalités persistent entre les deux sexes, aux plans écono mique, politique et culturel. Ainsi, bien que l’accès aux microcrédits des femmes soit relativement élevé avec des taux de satisfaction très volatiles d’un départe ment à l’autre, les femmes restent encore confrontées à d’énormes contraintes, liées notamment aux pratiques et aux discriminations socio-culturelles défavo rables au bon déroulement de leurs activités économiques. Aussi, en dépit de l’amélioration de leur accès aux services sociaux de base (accès élargi à l’éduca tion à tous les niveaux, meilleure santé, espérance de vie plus élevée…), les femmes subissent-elles de graves privations en matière de santé en raison de facteurs tels que le mariage précoce, les violences basées sur le genre (violences domestiques, violences au sein du couple, viols, mutilations génitales…). Enfin, la représentativité des femmes au sein du Parlement (moins de 10 %) et dans les instances politiques locales (moins de 6 %) en vingt-cinq ans (de 1991 à 2015) reste essentiellement faible. Pour inverser cette tendance, il y a lieu de promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme. Pour atteindre cet objectif, trois orientations stratégiques s’imposent, à savoir procéder à : i) l’institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement, ii) la mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité fille et garçon et entre homme et femme ; iii) la promotion de l’autonomisation des femmes et iv) la lutte contre les discriminations par des campagnes d’IEC. Institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement 509 Les capacités des acteurs qui sont au niveau des différentes étapes du cycle de gestion de projet, ainsi que celles des acteurs qui sont dans les sphères de prise de décisions, sont essentiellement faibles, notamment en ce qui concerne la maî trise des outils susceptibles d’intégrer le genre dans le processus de gestion du développement du pays. L’institutionnalisation du genre dans le processus de gestion de développement permet d’améliorer cette situation à travers : i) le ren forcement des capacités techniques de toutes les parties prenantes intervenant dans la chaîne de conception et d’exécution des politiques publiques, en matière de maîtrise des outils d’intégration du genre au processus de développement (ou main streaming) et ii) le renforcement des capacités humaines et matérielles des structures en charge de la promotion du genre, y compris les points focaux genre des différents secteurs. Mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité entre fille et garçons et entre homme et femme 510 Les faibles performances en matière de genre relèvent, entre autres, de la fai blesse du cadre institutionnel et réglementaire afférent à la promotion du genre, notamment en ce qui concerne le non fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation, ainsi que la faible application des textes. Au titre des facteurs qui inhibent la promotion du genre, figure en bonne place, le faible contrôle que les femmes ont sur leurs ressources. Au regard de ces insuffisances, il importe de mettre en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre homme et femme. Il s’agit : i) de dynamiser le fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation en les dotant de mécanismes opération nels et fonctionnels ; ii) de poursuivre l’amélioration du cadre législatif et légal de promotion de genre et surtout son application ; iii) d’accélérer la réduction des disparités entre fille et garçon et homme et femme dans l’accès aux services sociaux de base et dans l’accès aux ressources ; iv) de mettre en place des méca nismes permettant aux femmes d’avoir le contrôle sur leurs ressources ; v) de faci liter l’accès à la terre et à l’héritage ; vi) de promouvoir la prolongation de l’éduca tion des filles au secondaire et à l’université et vii) de les promouvoir aux postes de responsabilité au niveau de l’administration, du secteur privé et de la vie politique. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 168 169 Organisation efficace des sports pour le plus grand nombre 506 Le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les jeunes, les handicapées et les personnes de troisième âge, sont d’intérêt géné ral. En effet, le sport de loisir ou sport d’entretien se présente comme une obli gation pour disposer d’un capital humain en bonne santé physique. Au-delà, des meilleures conditions physiques qu’offre le sport de loisir ou d’entretien, c’est une opportunité pour assurer un bon rendement de la productivité globale de la main d’œuvre de qualité. Ainsi, l’organisation efficace des sports pour le grand nombre dans l’atteinte des objectifs du PND s’avère nécessaire pour i) promouvoir l’amélio ration des activités physiques à travers la mise en place des infrastructures et des équipements techniques adéquats ; ii) renforcer les capacités des encadreurs spé cifiques à chaque type de sport pour le plus grand nombre ; iii) promouvoir diffé rentes disciplines sportives au profit des personnes handicapées et iv) promouvoir les OSC et les collectivités locales. Coordination de toutes les interventions des parties prenantes en faveur de la jeunesse 507 Les évaluations à mi-parcours de la politique nationale de l’emploi ont révélé que les actions entreprises les dix dernières années à l’endroit des jeunes ont produit des résultats mitigés. L’une des raisons serait la multiplicité des structures char gées de cette question dont les actions ne sont pas coordonnées. En effet, il existe au Bénin une kyrielle de structures publiques et privées de promotion de l’emploi. Les activités se chevauchent dans un contexte de rareté de ressources humaines qualifiées et financières. Les politiques et programmes relatifs aux problèmes des jeunes et spécifiquement à l’emploi ne peuvent être efficients que dans un cadre cohérent et coordonné. Pour ce faire, il faudra procéder à : i) la coordination et au renforcement de la synergie entre les entités intervenant au profit de la jeunesse ; ii) la mise en œuvre d’une approche plus cohérente et plus efficace dans les stra tégies de mobilisation de financement et iii) l’utilisation efficace des espaces et des temps où les jeunes sont inactifs et improductifs. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme » 508 L’analyse des rapports sociaux entre femme et homme met clairement en évi dence que de fortes inégalités persistent entre les deux sexes, aux plans écono mique, politique et culturel. Ainsi, bien que l’accès aux microcrédits des femmes soit relativement élevé avec des taux de satisfaction très volatiles d’un départe ment à l’autre, les femmes restent encore confrontées à d’énormes contraintes, liées notamment aux pratiques et aux discriminations socio-culturelles défavo rables au bon déroulement de leurs activités économiques. Aussi, en dépit de l’amélioration de leur accès aux services sociaux de base (accès élargi à l’éduca tion à tous les niveaux, meilleure santé, espérance de vie plus élevée…), les femmes subissent-elles de graves privations en matière de santé en raison de facteurs tels que le mariage précoce, les violences basées sur le genre (violences domestiques, violences au sein du couple, viols, mutilations génitales…). Enfin, la représentativité des femmes au sein du Parlement (moins de 10 %) et dans les instances politiques locales (moins de 6 %) en vingt-cinq ans (de 1991 à 2015) reste essentiellement faible. Pour inverser cette tendance, il y a lieu de promouvoir l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre femme et homme. Pour atteindre cet objectif, trois orientations stratégiques s’imposent, à savoir procéder à : i) l’institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement, ii) la mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité fille et garçon et entre homme et femme ; iii) la promotion de l’autonomisation des femmes et iv) la lutte contre les discriminations par des campagnes d’IEC. Institutionnalisation de genre dans le processus de gestion du développement 509 Les capacités des acteurs qui sont au niveau des différentes étapes du cycle de gestion de projet, ainsi que celles des acteurs qui sont dans les sphères de prise de décisions, sont essentiellement faibles, notamment en ce qui concerne la maî trise des outils susceptibles d’intégrer le genre dans le processus de gestion du développement du pays. L’institutionnalisation du genre dans le processus de gestion de développement permet d’améliorer cette situation à travers : i) le ren forcement des capacités techniques de toutes les parties prenantes intervenant dans la chaîne de conception et d’exécution des politiques publiques, en matière de maîtrise des outils d’intégration du genre au processus de développement (ou main streaming) et ii) le renforcement des capacités humaines et matérielles des structures en charge de la promotion du genre, y compris les points focaux genre des différents secteurs. Mise en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité entre fille et garçons et entre homme et femme 510 Les faibles performances en matière de genre relèvent, entre autres, de la fai blesse du cadre institutionnel et réglementaire afférent à la promotion du genre, notamment en ce qui concerne le non fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation, ainsi que la faible application des textes. Au titre des facteurs qui inhibent la promotion du genre, figure en bonne place, le faible contrôle que les femmes ont sur leurs ressources. Au regard de ces insuffisances, il importe de mettre en place des mesures rendant effectives l’égalité et l’équité entre fille et garçon et entre homme et femme. Il s’agit : i) de dynamiser le fonctionnement des organes de pilotage et d’orientation en les dotant de mécanismes opération nels et fonctionnels ; ii) de poursuivre l’amélioration du cadre législatif et légal de promotion de genre et surtout son application ; iii) d’accélérer la réduction des disparités entre fille et garçon et homme et femme dans l’accès aux services sociaux de base et dans l’accès aux ressources ; iv) de mettre en place des méca nismes permettant aux femmes d’avoir le contrôle sur leurs ressources ; v) de faci liter l’accès à la terre et à l’héritage ; vi) de promouvoir la prolongation de l’éduca tion des filles au secondaire et à l’université et vii) de les promouvoir aux postes de responsabilité au niveau de l’administration, du secteur privé et de la vie politique. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 170 171 Promotion de l’autonomisation des femmes 511 En dépit des améliorations dans l’éducation, l’augmentation de revenus et l’accès aux ressources et au crédit au cours des 15 dernières années, la position des femmes dans les processus de prise de décision, l’accès aux ressources et la li berté des droits ne se sont pas améliorés comme indiqués par les indicateurs de développement. L’autonomisation des femmes doit donc aller au-delà d’une perspective institutionnelle socioéconomique et permettre à la femme d’opé rer des choix qui satisfont à ses aspirations, de négocier ses relations en toute connaissance de cause et d’influencer positivement les règles établies, de mili ter dans des mouvements/associations et de participer activement aux décisions (en termes de choix et de voix) qui engagent son ménage, sa communauté, sa commune ou son pays. La promotion de l’autonomisation des femmes, gage de développement passe par : i) l’amélioration des capacités d’autonomisation économique des femmes ; ii) le renforcement de la sécurité personnelle et de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et iii) le développement du leadership féminin ou empowerment (renforcement de pouvoirs) qui inclut le renforcement du respect et de l’image de soi et des postes de responsabilités politiques, sociales ou du secteur privé. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « promouvoir de meilleures opportunités de revenus et d’emplois décents pour les populations » 512 La transformation structurelle de l’économie est nécessaire pour opérer une mutation significative des structures productives les rendant aptes à la création d’emplois décents pour une croissance inclusive. En effet, c’est la croissance signi ficative de la productivité dans les branches en amont de la chaîne de valeur conjuguée à la croissance des activités à haute intensité de main d’œuvre avec pour socle l’amélioration significative de la productivité agricole qui est la réponse adaptée à une réduction significative de la pauvreté. La transformation structu relle induit une baisse de l’emploi dans les branches à faible productivité au profit des branches à forte productivité, assurant ainsi un déplacement de l’emploi agri cole vers les secteurs industriel et tertiaire. La promotion de l’emploi passera par : Renforcement des opportunités de revenu des populations 513 Selon le rapport EMICoV-INSAE (2015), le sous-emploi qui affecte la population béninoise a trois visages : i) le travail à temps partiel involontaire (sous-emploi en termes d’heures de travail ou sous-emploi visible) ; ii) le travail à temps plein pour une rémunération inférieure à un plancher salarial, par exemple le salaire mini mum ou le seuil de pauvreté (sous-emploi en termes de revenus ou sous-emploi invisible) et iii) l’absence d’adéquation entre le détenteur d’emploi et son éduca tion, sa formation et son expérience (sous-emploi en termes de qualification). Au regard de cette situation, il est urgent de prendre des mesures rendant effectif l’accroissement du revenu des populations. Il s’agit de : i) la promotion des entre prises opérant dans le secteur agricole et agro-alimentaire ; ii) la promotion de l’emploi des jeunes dans le pôle « tourisme – culture – artisanat » ; iii) la valorisation des petits métiers (serveurs, chauffeurs, cuisiniers, assistants domestiques de mai son, etc.) pour lesquels les postes proposés sont difficiles à pourvoir par les entre prises ; iv) l’accompagnement du secteur informel pour le passage vers le secteur formel ; v) la réduction du sous-emploi des jeunes actifs occupés et vi) l’amélio ration de l’accès des populations rurales aux crédits et aux nouvelles techniques agricoles afin de réduire significativement leur sous-emploi. Promotion de l’emploi décent et durable des populations 514 En dépit des nombreuses actions annoncées et de certaines mesures qui sont prises pour garantir un meilleur emploi aux populations, la situation de l’emploi est toujours caractérisée par le sous-emploi élevé, l’insertion difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, la forte augmentation des diplômés sortis des lycées tech niques et universités, la sous-qualification des jeunes mettant en exergue l’ina déquation entre la formation et l’emploi. Ainsi, la promotion de l’emploi décent se déploiera à travers : i) le renforcement de la création de nouveaux métiers de la ville ; ii) l’amélioration des conditions de travail en milieu rural afin de freiner l’exode rural ; iii) le renforcement de l’employabilité des jeunes actifs à travers des programmes de formation adaptés aux besoins et potentialités de l’économie na tionale ; iv) le renforcement de la synergie entre le secteur privé, les structures en charge de la promotion de l’emploi et les centres de formation professionnelle ; v) la promotion de l’entreprenariat, surtout en direction des femmes impliquées dans les filières porteuses et des jeunes dans certains secteurs de l’économie nu mérique et de l’économie verte ; vi) le renforcement des liens entre emploi et pro tection sociale et vii) l’amélioration de l’employabilité des jeunes et des femmes à travers la création de véritables centres d’incubateurs capables d’offrir un accom pagnement managérial adapté et un coaching permanent aux futurs promoteurs. 3.6.2 – oBJectif StratÉgique 2 : accroître duraBlement la productivitÉ et la compÉtitivitÉ de l’Économie BÉninoiSe objectifs spécifiques et effets attendus 515 Le diagnostic stratégique sur les déterminants de la croissance économique, la faible diversification de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective et la croissance potentielle ont mis en exergue les obstacles limitant l’ac célération de certaines transformations structurelles et la diversification des bases productives. Pour lever ces obstacles et parvenir à une croissance forte inclusive et durable, les objectifs spécifiques ci-après ont été retenus : › accélérer la transformation structurelle de l’économie ; › accroître la productivité globale des facteurs ; › renforcer l’intégration des secteurs, notamment l’agriculture et l’agro-industrie et les chaînes de valeur ; › développer les infrastructures rurales ; › assurer un financement plus adapté de l’économie. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 170 171 Promotion de l’autonomisation des femmes 511 En dépit des améliorations dans l’éducation, l’augmentation de revenus et l’accès aux ressources et au crédit au cours des 15 dernières années, la position des femmes dans les processus de prise de décision, l’accès aux ressources et la li berté des droits ne se sont pas améliorés comme indiqués par les indicateurs de développement. L’autonomisation des femmes doit donc aller au-delà d’une perspective institutionnelle socioéconomique et permettre à la femme d’opé rer des choix qui satisfont à ses aspirations, de négocier ses relations en toute connaissance de cause et d’influencer positivement les règles établies, de mili ter dans des mouvements/associations et de participer activement aux décisions (en termes de choix et de voix) qui engagent son ménage, sa communauté, sa commune ou son pays. La promotion de l’autonomisation des femmes, gage de développement passe par : i) l’amélioration des capacités d’autonomisation économique des femmes ; ii) le renforcement de la sécurité personnelle et de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et iii) le développement du leadership féminin ou empowerment (renforcement de pouvoirs) qui inclut le renforcement du respect et de l’image de soi et des postes de responsabilités politiques, sociales ou du secteur privé. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « promouvoir de meilleures opportunités de revenus et d’emplois décents pour les populations » 512 La transformation structurelle de l’économie est nécessaire pour opérer une mutation significative des structures productives les rendant aptes à la création d’emplois décents pour une croissance inclusive. En effet, c’est la croissance signi ficative de la productivité dans les branches en amont de la chaîne de valeur conjuguée à la croissance des activités à haute intensité de main d’œuvre avec pour socle l’amélioration significative de la productivité agricole qui est la réponse adaptée à une réduction significative de la pauvreté. La transformation structu relle induit une baisse de l’emploi dans les branches à faible productivité au profit des branches à forte productivité, assurant ainsi un déplacement de l’emploi agri cole vers les secteurs industriel et tertiaire. La promotion de l’emploi passera par : Renforcement des opportunités de revenu des populations 513 Selon le rapport EMICoV-INSAE (2015), le sous-emploi qui affecte la population béninoise a trois visages : i) le travail à temps partiel involontaire (sous-emploi en termes d’heures de travail ou sous-emploi visible) ; ii) le travail à temps plein pour une rémunération inférieure à un plancher salarial, par exemple le salaire mini mum ou le seuil de pauvreté (sous-emploi en termes de revenus ou sous-emploi invisible) et iii) l’absence d’adéquation entre le détenteur d’emploi et son éduca tion, sa formation et son expérience (sous-emploi en termes de qualification). Au regard de cette situation, il est urgent de prendre des mesures rendant effectif l’accroissement du revenu des populations. Il s’agit de : i) la promotion des entre prises opérant dans le secteur agricole et agro-alimentaire ; ii) la promotion de l’emploi des jeunes dans le pôle « tourisme – culture – artisanat » ; iii) la valorisation des petits métiers (serveurs, chauffeurs, cuisiniers, assistants domestiques de mai son, etc.) pour lesquels les postes proposés sont difficiles à pourvoir par les entre prises ; iv) l’accompagnement du secteur informel pour le passage vers le secteur formel ; v) la réduction du sous-emploi des jeunes actifs occupés et vi) l’amélio ration de l’accès des populations rurales aux crédits et aux nouvelles techniques agricoles afin de réduire significativement leur sous-emploi. Promotion de l’emploi décent et durable des populations 514 En dépit des nombreuses actions annoncées et de certaines mesures qui sont prises pour garantir un meilleur emploi aux populations, la situation de l’emploi est toujours caractérisée par le sous-emploi élevé, l’insertion difficile des jeunes sur le marché de l’emploi, la forte augmentation des diplômés sortis des lycées tech niques et universités, la sous-qualification des jeunes mettant en exergue l’ina déquation entre la formation et l’emploi. Ainsi, la promotion de l’emploi décent se déploiera à travers : i) le renforcement de la création de nouveaux métiers de la ville ; ii) l’amélioration des conditions de travail en milieu rural afin de freiner l’exode rural ; iii) le renforcement de l’employabilité des jeunes actifs à travers des programmes de formation adaptés aux besoins et potentialités de l’économie na tionale ; iv) le renforcement de la synergie entre le secteur privé, les structures en charge de la promotion de l’emploi et les centres de formation professionnelle ; v) la promotion de l’entreprenariat, surtout en direction des femmes impliquées dans les filières porteuses et des jeunes dans certains secteurs de l’économie nu mérique et de l’économie verte ; vi) le renforcement des liens entre emploi et pro tection sociale et vii) l’amélioration de l’employabilité des jeunes et des femmes à travers la création de véritables centres d’incubateurs capables d’offrir un accom pagnement managérial adapté et un coaching permanent aux futurs promoteurs. 3.6.2 – oBJectif StratÉgique 2 : accroître duraBlement la productivitÉ et la compÉtitivitÉ de l’Économie BÉninoiSe objectifs spécifiques et effets attendus 515 Le diagnostic stratégique sur les déterminants de la croissance économique, la faible diversification de l’économie nationale et le décalage entre la croissance effective et la croissance potentielle ont mis en exergue les obstacles limitant l’ac célération de certaines transformations structurelles et la diversification des bases productives. Pour lever ces obstacles et parvenir à une croissance forte inclusive et durable, les objectifs spécifiques ci-après ont été retenus : › accélérer la transformation structurelle de l’économie ; › accroître la productivité globale des facteurs ; › renforcer l’intégration des secteurs, notamment l’agriculture et l’agro-industrie et les chaînes de valeur ; › développer les infrastructures rurales ; › assurer un financement plus adapté de l’économie. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 172 173 516 L’impact de l’objectif stratégique lié à l’amélioration de la productivité et la com pétitivité de l’économie béninoise passe par une économie béninoise plus diver sifiée et plus compétitive grâce un environnement des affaires plus attractif et des politiques sectorielles plus efficaces et des dispositifs techniques et financiers pro actifs pour accompagner les initiatives privées les plus audacieuses. L’impact se traduira également par une agriculture assurant durablement la sécurité alimen taire et des activités industrielles plus développées. 517 Les effets attendus de cet objectif stratégique sont : › la diversification et l’élargissement des bases productives de l’économie béni noise sont effectives ; › la valeur ajoutée, générée par les secteurs porteurs de l’économie béninoise notamment l’industrie, le tourisme et les services, a augmenté significative ment ; › la productivité des facteurs de production a augmenté ; › l’agriculture et l’agro-industrie sont intégrées et les chaînes de valeurs effec tives ; › les populations rurales bénéficient des infrastructures modernes et fiables pour les échanges économiques et l’accès au marché ; › l’agro-industrie, les services et les infrastructures bénéficient d’un financement plus ouvert et adapté aux exigences de transformation des bases productives ; › le secteur informel bénéficie d’un financement adapté à sa migration. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « accélérer la transformation structurelle de l’économie » 518 La transformation structurelle de l’économie passe essentiellement par : i) la muta tion et la transformation structurelle de l’économie informelle ; ii) la diversification des sources de la croissance et l’accès aux services financiers ; iii) le développe ment des infrastructures de qualité résiliente en soutien aux secteurs productifs, iv) la consolidation du cadre macro-économique et sa résilience aux chocs et v) la promotion de l’innovation, du transfert et de l’appropriation des technologies de rupture (biotechnologies, TIC). Mutation et transformation structurelle de l’économie informelle 519 L’informel est l’une des caractéristiques de l’économie béninoise. En effet, les pro duits agroalimentaires proviennent pour la majorité des coopératives d’artisans qui fonctionnent dans l’informel et ne trouvent pas assez de débouchés pour leurs produits qui sont très peu compétitifs, même sur le marché intérieur. Par ailleurs, une part importante des emplois se trouve actuellement dans le secteur primaire (quasi informel), et en dépit de ce constat, la contribution, de ce secteur, à la croissance reste faible. Le secteur de service est également dominé par les entreprises informelles. 520 Au regard de l’ampleur des activités informelles qui offrent des alternatives d’adaptation pour les pauvres et une source de création de richesses pour l’éco nomie domestique, une stratégie d’accompagnement de ce secteur s’impose. La problématique du secteur informel devrait être abordée comme un atout et non comme une contrainte pour l’économie béninoise. L’objectif est de réduire la part du secteur informel dans la valeur ajoutée grâce à un programme d’accompa gnement visant sa mutation progressive dans le secteur formel. Cela nécessitera : i) l’adoption et le développement d’un plan d’actions d’appui-conseil aux petites entreprises informelles visant à augmenter leur productivité ; ii) l’encouragement du secteur informel à investir dans les filières productives à forte valeur ajoutée et iii) le renforcement des capacités dans les domaines techniques, managériaux et financiers ainsi que l’accès aux services de protection sociale. Diversification des sources de la croissance 521 La croissance économique au Bénin provient des sources classiques que sont le capital, le travail, et le capital humain. Ces différentes sources ont conduit depuis plus de deux décennies de développement à un essoufflement du potentiel de croissance de l’économie béninoise. En témoigne le taux de croissance potentielle de l’économie qui, entre 2000 et 2015, affiche 8,0 % en moyenne par an tandis que la croissance au Bénin est portée par une dynamique macrosociale fondée sur la croissance démographique qui, selon les prévisions, pourrait conduire à une population de plus de 30 millions d’habitants D’ici la fin du siècle. 522 Pour s’inscrire dans une perspective de croissance inclusive, durable et vertueuse en création d’emplois à l’horizon 2025, le Bénin devra diversifier les sources de la croissance en organisant la recherche scientifique et technologique pour stimu ler le secteur agro-industriel tout en s’engageant dans un processus dynamique de transition démographique porteur d’effets positifs sur l’amélioration du bien être des populations. 523 La valorisation des filières agricoles, l’introduction de semences améliorées plus adaptées aux conditions des zones agro écologiques et résistantes aux chocs cli matiques, les nouvelles techniques (biotechnologie) de production et un environ nement institutionnel favorable sont nécessaires pour améliorer les rendements agricoles et garantir la sécurité alimentaire. 524 Ensuite, il y a la transformation des produits agro-pastoraux dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’industrialisation et de modernisation du secteur artisanal. Le sous-secteur manufacturier doit être progressivement modernisé par le dévelop pement de mécanismes de transformation plus appropriés et dédiés à l’agro-ali mentaire. Cela nécessitera le développement des PMI/PME industrielles en vue d’augmenter les valeurs ajoutées et l’emploi manufacturier. L’objectif est de faire évoluer les taux de transformation des produits agricoles et d’accroître la contri bution de l’industrie manufacturière dans le PIB. Cela est de nature à favoriser l’accroissement du nombre d’emplois décents et durables dans le secteur infor mel. Dans cette perspective et en synergie avec l’émergence des pôles régionaux de développement, la priorité devra être accordée à la disponibilité et l’accessibi P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 172 173 516 L’impact de l’objectif stratégique lié à l’amélioration de la productivité et la com pétitivité de l’économie béninoise passe par une économie béninoise plus diver sifiée et plus compétitive grâce un environnement des affaires plus attractif et des politiques sectorielles plus efficaces et des dispositifs techniques et financiers pro actifs pour accompagner les initiatives privées les plus audacieuses. L’impact se traduira également par une agriculture assurant durablement la sécurité alimen taire et des activités industrielles plus développées. 517 Les effets attendus de cet objectif stratégique sont : › la diversification et l’élargissement des bases productives de l’économie béni noise sont effectives ; › la valeur ajoutée, générée par les secteurs porteurs de l’économie béninoise notamment l’industrie, le tourisme et les services, a augmenté significative ment ; › la productivité des facteurs de production a augmenté ; › l’agriculture et l’agro-industrie sont intégrées et les chaînes de valeurs effec tives ; › les populations rurales bénéficient des infrastructures modernes et fiables pour les échanges économiques et l’accès au marché ; › l’agro-industrie, les services et les infrastructures bénéficient d’un financement plus ouvert et adapté aux exigences de transformation des bases productives ; › le secteur informel bénéficie d’un financement adapté à sa migration. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « accélérer la transformation structurelle de l’économie » 518 La transformation structurelle de l’économie passe essentiellement par : i) la muta tion et la transformation structurelle de l’économie informelle ; ii) la diversification des sources de la croissance et l’accès aux services financiers ; iii) le développe ment des infrastructures de qualité résiliente en soutien aux secteurs productifs, iv) la consolidation du cadre macro-économique et sa résilience aux chocs et v) la promotion de l’innovation, du transfert et de l’appropriation des technologies de rupture (biotechnologies, TIC). Mutation et transformation structurelle de l’économie informelle 519 L’informel est l’une des caractéristiques de l’économie béninoise. En effet, les pro duits agroalimentaires proviennent pour la majorité des coopératives d’artisans qui fonctionnent dans l’informel et ne trouvent pas assez de débouchés pour leurs produits qui sont très peu compétitifs, même sur le marché intérieur. Par ailleurs, une part importante des emplois se trouve actuellement dans le secteur primaire (quasi informel), et en dépit de ce constat, la contribution, de ce secteur, à la croissance reste faible. Le secteur de service est également dominé par les entreprises informelles. 520 Au regard de l’ampleur des activités informelles qui offrent des alternatives d’adaptation pour les pauvres et une source de création de richesses pour l’éco nomie domestique, une stratégie d’accompagnement de ce secteur s’impose. La problématique du secteur informel devrait être abordée comme un atout et non comme une contrainte pour l’économie béninoise. L’objectif est de réduire la part du secteur informel dans la valeur ajoutée grâce à un programme d’accompa gnement visant sa mutation progressive dans le secteur formel. Cela nécessitera : i) l’adoption et le développement d’un plan d’actions d’appui-conseil aux petites entreprises informelles visant à augmenter leur productivité ; ii) l’encouragement du secteur informel à investir dans les filières productives à forte valeur ajoutée et iii) le renforcement des capacités dans les domaines techniques, managériaux et financiers ainsi que l’accès aux services de protection sociale. Diversification des sources de la croissance 521 La croissance économique au Bénin provient des sources classiques que sont le capital, le travail, et le capital humain. Ces différentes sources ont conduit depuis plus de deux décennies de développement à un essoufflement du potentiel de croissance de l’économie béninoise. En témoigne le taux de croissance potentielle de l’économie qui, entre 2000 et 2015, affiche 8,0 % en moyenne par an tandis que la croissance au Bénin est portée par une dynamique macrosociale fondée sur la croissance démographique qui, selon les prévisions, pourrait conduire à une population de plus de 30 millions d’habitants D’ici la fin du siècle. 522 Pour s’inscrire dans une perspective de croissance inclusive, durable et vertueuse en création d’emplois à l’horizon 2025, le Bénin devra diversifier les sources de la croissance en organisant la recherche scientifique et technologique pour stimu ler le secteur agro-industriel tout en s’engageant dans un processus dynamique de transition démographique porteur d’effets positifs sur l’amélioration du bien être des populations. 523 La valorisation des filières agricoles, l’introduction de semences améliorées plus adaptées aux conditions des zones agro écologiques et résistantes aux chocs cli matiques, les nouvelles techniques (biotechnologie) de production et un environ nement institutionnel favorable sont nécessaires pour améliorer les rendements agricoles et garantir la sécurité alimentaire. 524 Ensuite, il y a la transformation des produits agro-pastoraux dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’industrialisation et de modernisation du secteur artisanal. Le sous-secteur manufacturier doit être progressivement modernisé par le dévelop pement de mécanismes de transformation plus appropriés et dédiés à l’agro-ali mentaire. Cela nécessitera le développement des PMI/PME industrielles en vue d’augmenter les valeurs ajoutées et l’emploi manufacturier. L’objectif est de faire évoluer les taux de transformation des produits agricoles et d’accroître la contri bution de l’industrie manufacturière dans le PIB. Cela est de nature à favoriser l’accroissement du nombre d’emplois décents et durables dans le secteur infor mel. Dans cette perspective et en synergie avec l’émergence des pôles régionaux de développement, la priorité devra être accordée à la disponibilité et l’accessibi P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 174 175 lité des facteurs de production (en particulier l’énergie) pour permettre aux pro ducteurs de faire face progressivement à des coûts réduits pour une production plus abondante, engendrant ainsi des économies d’échelle. Développement des infrastructures de qualité et résiliente en soutien à la croissance 525 La disponibilité et la qualité des infrastructures contribuent inévitablement à créer les meilleures conditions de mutations structurelles de l’économie béni noise parce qu’elles sont sources de croissance, de compétitivité et d’amélioration du niveau des populations. Le développement des infrastructures de soutien à la production grâce à d’importants investissements structurants devra permettre de répondre aux exigences de transformation agro-industrielle et de renforcer les avantages comparatifs de la position géographique à proximité du Nigéria, comme porte océane des pays de l’hinterland et comme carrefour des échanges interrégionaux, (65 % des échanges de la CEDEAO par le corridor Abidjan-Lagos). L’accent sera mis sur le développement des infrastructures, notamment dans les domaines de l’énergie électrique, de l’eau, des transports et des TIC. 526 En effet, la mise en place des infrastructures économiques de base, en particulier des infrastructures énergétiques, de transport et des TIC, permettra de réduire les coûts des facteurs de production et d’améliorer la compétitivité globale de l’éco nomie nationale grâce notamment à l’augmentation de la rentabilité des inves tissements privés. Les actions à poursuivre doivent s’inscrire dans : i) l’amélioration du maillage du territoire national par des voies bitumées ; ii) l’augmentation des capacités portuaires et aéroportuaires du pays ; iii) le développement du transport ferroviaire ; iv) la promotion de l’énergie hydroélectrique et v) le développement des infrastructures des TIC. Consolidation du cadre macroéconomique et sa résilience aux chocs exogènes 527 Les réformes des finances publiques initiées depuis quelques années ont permis d’assainir les comptes de l’État et de restaurer la stabilité du cadre macroécono mique qui se consolide progressivement. Depuis quelques années, des dérapages sont apparus en matière de dépenses salariales qui ne respectent plus les critères de convergence de l’UEMOA et le déficit budgétaire s’est creusé ainsi que la dette publique qui s’est accrue. Cette évolution du cadre macroéconomique induit des risques de vulnérabilité du cadre macroéconomique qui pourraient entraver la croissance à l’horizon 2025, compromettre les efforts de mobilisation des res sources pour financer les investissements productifs notamment les investisse ments dans les infrastructures. Les actions à poursuivre s’inscriront dans i) la maî trise des dépenses publiques et ii) l’amélioration des recettes internes de l’État. Promotion de l’innovation, du transfert et de l’appropriation des nouvelles technologies (biosciences et TIC) 528 La croissance de l’économie béninoise est sérieusement handicapée par le retard technologique en dépit de l’existence d’un potentiel de développement tech nologique. Pour inverser cette tendance négative, la croissance de l’économie s’inscrira à l’horizon 2025 dans un contexte de rupture technologique. Cette rup ture sera portée par : i) l’adoption et l’acquisition des biotechnologies et des TIC, ii) l’application intensive de ces technologies dans l’agriculture, l’agro-industrie et les services, iii) la promotion de l’innovation et de la recherche et développement dans ces domaines, iv) la formation des compétences dans les biosciences et dans les technologies du numérique, v) la promotion de l’utilisation des équipements de production modernes. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « accroitre la productivité globale des facteurs » 529 La productivité globale des facteurs dont l’élément principal est le progrès tech nique est un facteur important qui permet d’accélérer la croissance en l’absence de changement des facteurs de production classique (travail capital). Elle passe aussi par une meilleure combinaison des facteurs. L’économie béninoise a enre gistré pendant plusieurs années une baisse tendancielle de sa productivité glo bale des facteurs aussi bien au niveau global que dans l’agriculture, l’industrie manufacturière et dans les services. Elle explique la faible productivité du travail dans ces branches d’activités ainsi que la fragilité de la position compétitive du pays à l’exportation et sur le marché domestique. 530 La réalisation de la vision Bénin Alafia à l’horizon 2025 a pour exigence l’amé lioration de la productivité globale. L’inversion de cette tendance entre 2016 et 2025 devra prendre appui sur : i) l’innovation et la promotion de la Recherche et Développement et ii) l’amélioration de l’environnement des affaires. Innovation et promotion de la recherche et développement 531 Pour améliorer la productivité globale des facteurs et consolider l’amorce de la croissance inclusive, la Recherche et Développement dans l’agriculture, sur les systèmes agro-alimentaires et dans les services sera permanente. L’État devra envisager : i) les réformes nécessaires du système national de recherche (INRAB, Universités, Acteurs) pour encourager les activités de recherche sans lesquelles l’innovation et les transferts des nouvelles technologies climato-sensibles au profit du secteur de l’agriculture et de l’industrie ainsi que la demande de produits ali mentaires provenant des ménages ne pourront être une réalité et ii) la promotion de modèles de plate-forme d’innovation agricole, agro-industrielle et des services en vue de mutualiser les compétences, les ressources et la synergie des acteurs pour le développement des produits, des filières agricoles, agro-industrielles et des services. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 174 175 lité des facteurs de production (en particulier l’énergie) pour permettre aux pro ducteurs de faire face progressivement à des coûts réduits pour une production plus abondante, engendrant ainsi des économies d’échelle. Développement des infrastructures de qualité et résiliente en soutien à la croissance 525 La disponibilité et la qualité des infrastructures contribuent inévitablement à créer les meilleures conditions de mutations structurelles de l’économie béni noise parce qu’elles sont sources de croissance, de compétitivité et d’amélioration du niveau des populations. Le développement des infrastructures de soutien à la production grâce à d’importants investissements structurants devra permettre de répondre aux exigences de transformation agro-industrielle et de renforcer les avantages comparatifs de la position géographique à proximité du Nigéria, comme porte océane des pays de l’hinterland et comme carrefour des échanges interrégionaux, (65 % des échanges de la CEDEAO par le corridor Abidjan-Lagos). L’accent sera mis sur le développement des infrastructures, notamment dans les domaines de l’énergie électrique, de l’eau, des transports et des TIC. 526 En effet, la mise en place des infrastructures économiques de base, en particulier des infrastructures énergétiques, de transport et des TIC, permettra de réduire les coûts des facteurs de production et d’améliorer la compétitivité globale de l’éco nomie nationale grâce notamment à l’augmentation de la rentabilité des inves tissements privés. Les actions à poursuivre doivent s’inscrire dans : i) l’amélioration du maillage du territoire national par des voies bitumées ; ii) l’augmentation des capacités portuaires et aéroportuaires du pays ; iii) le développement du transport ferroviaire ; iv) la promotion de l’énergie hydroélectrique et v) le développement des infrastructures des TIC. Consolidation du cadre macroéconomique et sa résilience aux chocs exogènes 527 Les réformes des finances publiques initiées depuis quelques années ont permis d’assainir les comptes de l’État et de restaurer la stabilité du cadre macroécono mique qui se consolide progressivement. Depuis quelques années, des dérapages sont apparus en matière de dépenses salariales qui ne respectent plus les critères de convergence de l’UEMOA et le déficit budgétaire s’est creusé ainsi que la dette publique qui s’est accrue. Cette évolution du cadre macroéconomique induit des risques de vulnérabilité du cadre macroéconomique qui pourraient entraver la croissance à l’horizon 2025, compromettre les efforts de mobilisation des res sources pour financer les investissements productifs notamment les investisse ments dans les infrastructures. Les actions à poursuivre s’inscriront dans i) la maî trise des dépenses publiques et ii) l’amélioration des recettes internes de l’État. Promotion de l’innovation, du transfert et de l’appropriation des nouvelles technologies (biosciences et TIC) 528 La croissance de l’économie béninoise est sérieusement handicapée par le retard technologique en dépit de l’existence d’un potentiel de développement tech nologique. Pour inverser cette tendance négative, la croissance de l’économie s’inscrira à l’horizon 2025 dans un contexte de rupture technologique. Cette rup ture sera portée par : i) l’adoption et l’acquisition des biotechnologies et des TIC, ii) l’application intensive de ces technologies dans l’agriculture, l’agro-industrie et les services, iii) la promotion de l’innovation et de la recherche et développement dans ces domaines, iv) la formation des compétences dans les biosciences et dans les technologies du numérique, v) la promotion de l’utilisation des équipements de production modernes. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « accroitre la productivité globale des facteurs » 529 La productivité globale des facteurs dont l’élément principal est le progrès tech nique est un facteur important qui permet d’accélérer la croissance en l’absence de changement des facteurs de production classique (travail capital). Elle passe aussi par une meilleure combinaison des facteurs. L’économie béninoise a enre gistré pendant plusieurs années une baisse tendancielle de sa productivité glo bale des facteurs aussi bien au niveau global que dans l’agriculture, l’industrie manufacturière et dans les services. Elle explique la faible productivité du travail dans ces branches d’activités ainsi que la fragilité de la position compétitive du pays à l’exportation et sur le marché domestique. 530 La réalisation de la vision Bénin Alafia à l’horizon 2025 a pour exigence l’amé lioration de la productivité globale. L’inversion de cette tendance entre 2016 et 2025 devra prendre appui sur : i) l’innovation et la promotion de la Recherche et Développement et ii) l’amélioration de l’environnement des affaires. Innovation et promotion de la recherche et développement 531 Pour améliorer la productivité globale des facteurs et consolider l’amorce de la croissance inclusive, la Recherche et Développement dans l’agriculture, sur les systèmes agro-alimentaires et dans les services sera permanente. L’État devra envisager : i) les réformes nécessaires du système national de recherche (INRAB, Universités, Acteurs) pour encourager les activités de recherche sans lesquelles l’innovation et les transferts des nouvelles technologies climato-sensibles au profit du secteur de l’agriculture et de l’industrie ainsi que la demande de produits ali mentaires provenant des ménages ne pourront être une réalité et ii) la promotion de modèles de plate-forme d’innovation agricole, agro-industrielle et des services en vue de mutualiser les compétences, les ressources et la synergie des acteurs pour le développement des produits, des filières agricoles, agro-industrielles et des services. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 176 177 Amélioration de l’environnement des affaires 532 L’état des lieux révèle que le climat des affaires demeure peu attractif dans un contexte marqué par une compétition mondiale entre pays pour attirer les inves tissements. Cet environnement peu incitatif à l’investissement ne permet pas au secteur privé de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de croissance recommandé dans la vision 2025 Alafia et les ODD. La prise en charge de cette préoccupation passe par l’amélioration de l’environnement des affaires. Dans ce cadre d’importantes réformes sont en cours. Pour les années à venir, il s’agira de poursuivre ces réformes Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « renforcer l’intégration des secteurs » 533 L’intégration des liaisons entre l’agriculture et l’agro-industrie est nécessaire pour faire de l’agro-industrie un gisement d’emplois décents à l’horizon 2025. Pour la réalisation de la vision, les efforts doivent être orientés vers i) l’amélioration de la synergie entre l’agriculture et l’agro-industrie et ii) le renforcement des activités en aval de la production agro-industrielle. Amélioration de la synergie entre l’agriculture et agro-industrielle 534 Les industries agricoles en amont de la transformation des produits agricoles constituent le principal tissu agro-industriel du Bénin. Le développement du secteur agricole est lié à l’importance de la demande de l’agroalimentaire qui s’adresse à l’agriculture. Ces deux branches d’activités (agriculture et industrie) sont faiblement intégrées aux industries en aval qui se développent de façon autonome (pâtes alimentaire, panification, artisanat, etc.). La faible intégration des activités en aval inhibe cet effet multiplicateur. Pour que l’agriculture soit vérita blement la base du développement de l’agro-industrie, les mesures de politiques industrielles et agricoles idoines seront mises en œuvre pour : i) renforcer les acti vités en aval de la production alimentaire et ii) envisager la possibilité de leur diversification. Renforcement des activités en aval de la production agro-industrielle 535 La production agro-industrielle au Bénin est confrontée à des problèmes de stoc kage, de conditionnement et d’emballage. À cela s’ajoute un faible réseau routier et une absence de stratégie de commerciale. Ces contraintes ne favorisent pas le développement de l’industrie et des services. Il convient donc d’orienter des interventions vers : i) la mise en œuvre de politiques commerciale et ii) le dévelop pement d’instrument de marketing. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « développer les infrastructures rurales » 536 Le Bénin souffre d’un déficit considérable en infrastructures rurales en dépit des efforts consentis dans le cadre du PSRSA et du Programme d’Investissement Agricole. Pour combler ce déficit, la mise en œuvre de la vision pourra s’appuyer sur : i) la promotion des investissements structurants dans les infrastructures ru rales et ii) la valorisation du potentiel de développement des vallées (Ouémé, Niger, Mono) par la mise en œuvre d’infrastructures hydro-agricoles. Promotion des investissements structurants dans les infrastructures rurales 537 La réalisation des infrastructures de soutien à la production agricole nécessite un effort considérable d’investissement dans les aménagements hydroagricoles, les pistes rurales, les infrastructures de stockage, de conservation et d’accès aux marchés. Il s’agira de réhabiliter et de moderniser les infrastructures de transport et de communication pour désenclaver les zones de production et faciliter l’accès des produits aux marchés. Valorisation du potentiel de développement des vallées (Ouémé, Niger, Mono) par la mise en œuvre d’infrastructures hydro-agricoles 538 L’aménagement hydroagricole des vallées devra permettre la valorisation du po tentiel de développement et créer les conditions de leur spécialisation en pôle de croissance et de compétitivité régionale notamment dans les filières retenues en fonction des données agro-pédologiques de chaque vallée. L’accroissement pro bable des zones humides du fait des inondations pourrait constituer une oppor tunité de business (maraîchage, pisciculture, …) Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer un financement plus adapté de l’économie » 539 L’économie béninoise souffre d’un important déficit de financement qui s’explique essentiellement par sa dépendance des flux d’Aide Publique au Développement (APD), de l’insuffisance des ressources de long terme au niveau des banques pri maires pour financer le développement, de la faible implication du secteur privé dans le financement des investissements structurants, de l’insuffisance des flux d’IDE. 540 Pour réaliser la vision Bénin 2025 Alafia avec pour corollaire l’émergence d’une économie prospère et compétitive, les efforts à envisager passent par : i) l’améliora tion de l’attractivité du Bénin aux IDE ; ii) la consolidation des Systèmes Financiers Décentralisés pour financer les activités génératrices de revenus et iii) l’opération nalisation du Fonds national de développement agricole et la promotion de nou veaux types de services financiers climatiques comme l’assurance indiciaire récolte face aux aléas climatiques (Renforcement des capacités de l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), encourager les banques commerciales à s’intéresser à l’assurance agricole). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 176 177 Amélioration de l’environnement des affaires 532 L’état des lieux révèle que le climat des affaires demeure peu attractif dans un contexte marqué par une compétition mondiale entre pays pour attirer les inves tissements. Cet environnement peu incitatif à l’investissement ne permet pas au secteur privé de contribuer efficacement à l’atteinte des objectifs de croissance recommandé dans la vision 2025 Alafia et les ODD. La prise en charge de cette préoccupation passe par l’amélioration de l’environnement des affaires. Dans ce cadre d’importantes réformes sont en cours. Pour les années à venir, il s’agira de poursuivre ces réformes Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « renforcer l’intégration des secteurs » 533 L’intégration des liaisons entre l’agriculture et l’agro-industrie est nécessaire pour faire de l’agro-industrie un gisement d’emplois décents à l’horizon 2025. Pour la réalisation de la vision, les efforts doivent être orientés vers i) l’amélioration de la synergie entre l’agriculture et l’agro-industrie et ii) le renforcement des activités en aval de la production agro-industrielle. Amélioration de la synergie entre l’agriculture et agro-industrielle 534 Les industries agricoles en amont de la transformation des produits agricoles constituent le principal tissu agro-industriel du Bénin. Le développement du secteur agricole est lié à l’importance de la demande de l’agroalimentaire qui s’adresse à l’agriculture. Ces deux branches d’activités (agriculture et industrie) sont faiblement intégrées aux industries en aval qui se développent de façon autonome (pâtes alimentaire, panification, artisanat, etc.). La faible intégration des activités en aval inhibe cet effet multiplicateur. Pour que l’agriculture soit vérita blement la base du développement de l’agro-industrie, les mesures de politiques industrielles et agricoles idoines seront mises en œuvre pour : i) renforcer les acti vités en aval de la production alimentaire et ii) envisager la possibilité de leur diversification. Renforcement des activités en aval de la production agro-industrielle 535 La production agro-industrielle au Bénin est confrontée à des problèmes de stoc kage, de conditionnement et d’emballage. À cela s’ajoute un faible réseau routier et une absence de stratégie de commerciale. Ces contraintes ne favorisent pas le développement de l’industrie et des services. Il convient donc d’orienter des interventions vers : i) la mise en œuvre de politiques commerciale et ii) le dévelop pement d’instrument de marketing. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « développer les infrastructures rurales » 536 Le Bénin souffre d’un déficit considérable en infrastructures rurales en dépit des efforts consentis dans le cadre du PSRSA et du Programme d’Investissement Agricole. Pour combler ce déficit, la mise en œuvre de la vision pourra s’appuyer sur : i) la promotion des investissements structurants dans les infrastructures ru rales et ii) la valorisation du potentiel de développement des vallées (Ouémé, Niger, Mono) par la mise en œuvre d’infrastructures hydro-agricoles. Promotion des investissements structurants dans les infrastructures rurales 537 La réalisation des infrastructures de soutien à la production agricole nécessite un effort considérable d’investissement dans les aménagements hydroagricoles, les pistes rurales, les infrastructures de stockage, de conservation et d’accès aux marchés. Il s’agira de réhabiliter et de moderniser les infrastructures de transport et de communication pour désenclaver les zones de production et faciliter l’accès des produits aux marchés. Valorisation du potentiel de développement des vallées (Ouémé, Niger, Mono) par la mise en œuvre d’infrastructures hydro-agricoles 538 L’aménagement hydroagricole des vallées devra permettre la valorisation du po tentiel de développement et créer les conditions de leur spécialisation en pôle de croissance et de compétitivité régionale notamment dans les filières retenues en fonction des données agro-pédologiques de chaque vallée. L’accroissement pro bable des zones humides du fait des inondations pourrait constituer une oppor tunité de business (maraîchage, pisciculture, …) Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer un financement plus adapté de l’économie » 539 L’économie béninoise souffre d’un important déficit de financement qui s’explique essentiellement par sa dépendance des flux d’Aide Publique au Développement (APD), de l’insuffisance des ressources de long terme au niveau des banques pri maires pour financer le développement, de la faible implication du secteur privé dans le financement des investissements structurants, de l’insuffisance des flux d’IDE. 540 Pour réaliser la vision Bénin 2025 Alafia avec pour corollaire l’émergence d’une économie prospère et compétitive, les efforts à envisager passent par : i) l’améliora tion de l’attractivité du Bénin aux IDE ; ii) la consolidation des Systèmes Financiers Décentralisés pour financer les activités génératrices de revenus et iii) l’opération nalisation du Fonds national de développement agricole et la promotion de nou veaux types de services financiers climatiques comme l’assurance indiciaire récolte face aux aléas climatiques (Renforcement des capacités de l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), encourager les banques commerciales à s’intéresser à l’assurance agricole). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 178 179 Amélioration de l’attractivité du Bénin aux IDE 541 Le Bénin reçoit pour le financement de l’économie d’importants flux d’IDE mais qui demeurent insuffisants au regard des besoins de l’économie. Par rapport à la Côte d’Ivoire, à l’Île Maurice ou au Ghana, le Bénin attire peu de flux d’IDE. Les facteurs qui limitent l’attractivité du pays aux IDE sont liés principalement à la qualité de la gouvernance, la taille du marché, la qualité des infrastructures et celle du capital humain. Ce profil devra être inversé avec : i) la poursuite des actions d’amélioration de l’environnement des affaires et ii) le renforcement des capacités de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx). Consolidation des Systèmes Financiers Décentralisés 542 Les institutions de microfinance (IMF) jouent un rôle important dans le financement de l’économie béninoise. Elles interviennent sur des segments que ne couvrent pas les banques commerciales. Elles offrent des crédits de proximité aux ménages pauvres ne pouvant accéder à l’offre de crédits des banques commerciales. 543 Au regard de la pléthore des IMF, des besoins de financement de l’économie, la rationalisation et la consolidation des IMF requièrent i) le renforcement de la sur veillance et de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés et ii) la mise en place d’une Centrale d’Échange et d’Information intégrant les banques et les SFD pour faciliter la traçabilité dans la gestion des crédits dans l’ensemble du système financier et bancaire national. Opérationnalisation du Fonds National de Développement Agricole 544 Le secteur agricole et agro-industriel, au Bénin ne dispose pas d’instruments suffi sants et de mécanismes de financement adaptés aux défis stratégiques à relever. En vue d’accroître la productivité des différents sous-secteurs, il s’avère néces saire de mettre en place des instruments de financement plus adaptés à leurs spécificités à travers l’opérationnalisation du Fonds National de Développement Agricole. Cela nécessitera : i) la réalisation d’une étude de faisabilité et de risques fiduciaires et ii) l’élaboration d’une stratégie et d’un guide opérationnel du FNDA. 3.6.3 – oBJectif StratÉgique 3 : aSSurer la geStion duraBle du cadre de vie, de l’environnement et l’Émergence deS pôleS rÉgionaux de dÉveloppement objectifs spécifiques et effets attendus 545 Le Bénin, en lançant le processus de la décentralisation, intègre désormais la di mension spatiale du développement durable dans toute politique ou orienta tion de développement. Pour rester dans cette dynamique qui résulte de l’his torique conférence des forces vives de la nation de février 1990 et reprise dans la Constitution du Bénin à travers l’article 153 et dans les Études Nationales de Perspectives à Long Terme, il est nécessaire de promouvoir un aménagement du territoire qui assure le développement régional et la gestion rationnelle de l’envi ronnement. Ainsi, la gestion des espaces notamment des espaces ruraux devrait constituer une priorité dans les politiques d’aménagement du territoire en vue de garantir des terres appropriées à la production agricole dans toutes les régions en tenant compte des spécificités. Dans ces conditions, le développement équilibré et durable de l’espace national pourra se faire dans l’anticipation de la gestion, la fonctionnalité et la spécialisation des espaces en tenant compte de la dynamique démographique et urbaine ainsi que des besoins des populations. 546 L’atteinte de cet objectif stratégique fait appel à une nécessité de priorisation à travers les objectifs spécifiques ci-après : › garantir une meilleure gestion de l’environnement et des changements clima tiques ; › contribuer à l’attractivité et à la compétitivité des établissements humains. 547 L’impact de l’objectif stratégique lié à la gestion durable des ressources environ nementales et au développement harmonieux des territoires est l’aménagement du territoire adopté comme politique durable de gestion des espaces permettant une réelle maîtrise du développement urbain et de gestion efficace et durable des ressources naturelles. 548 Les principaux effets attendus sont : › les ressources naturelles sont protégées et valorises par les populations ; › la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat sont renforcées ; › l’aménagement du territoire et le développement régional plus efficace et moins inégalitaire sont bien pris en compte par les politiques sectorielles et soutenus pour redynamiser les économies régionales et locales ; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout à l’assainissement et aux services énergétiques. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 178 179 Amélioration de l’attractivité du Bénin aux IDE 541 Le Bénin reçoit pour le financement de l’économie d’importants flux d’IDE mais qui demeurent insuffisants au regard des besoins de l’économie. Par rapport à la Côte d’Ivoire, à l’Île Maurice ou au Ghana, le Bénin attire peu de flux d’IDE. Les facteurs qui limitent l’attractivité du pays aux IDE sont liés principalement à la qualité de la gouvernance, la taille du marché, la qualité des infrastructures et celle du capital humain. Ce profil devra être inversé avec : i) la poursuite des actions d’amélioration de l’environnement des affaires et ii) le renforcement des capacités de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx). Consolidation des Systèmes Financiers Décentralisés 542 Les institutions de microfinance (IMF) jouent un rôle important dans le financement de l’économie béninoise. Elles interviennent sur des segments que ne couvrent pas les banques commerciales. Elles offrent des crédits de proximité aux ménages pauvres ne pouvant accéder à l’offre de crédits des banques commerciales. 543 Au regard de la pléthore des IMF, des besoins de financement de l’économie, la rationalisation et la consolidation des IMF requièrent i) le renforcement de la sur veillance et de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés et ii) la mise en place d’une Centrale d’Échange et d’Information intégrant les banques et les SFD pour faciliter la traçabilité dans la gestion des crédits dans l’ensemble du système financier et bancaire national. Opérationnalisation du Fonds National de Développement Agricole 544 Le secteur agricole et agro-industriel, au Bénin ne dispose pas d’instruments suffi sants et de mécanismes de financement adaptés aux défis stratégiques à relever. En vue d’accroître la productivité des différents sous-secteurs, il s’avère néces saire de mettre en place des instruments de financement plus adaptés à leurs spécificités à travers l’opérationnalisation du Fonds National de Développement Agricole. Cela nécessitera : i) la réalisation d’une étude de faisabilité et de risques fiduciaires et ii) l’élaboration d’une stratégie et d’un guide opérationnel du FNDA. 3.6.3 – oBJectif StratÉgique 3 : aSSurer la geStion duraBle du cadre de vie, de l’environnement et l’Émergence deS pôleS rÉgionaux de dÉveloppement objectifs spécifiques et effets attendus 545 Le Bénin, en lançant le processus de la décentralisation, intègre désormais la di mension spatiale du développement durable dans toute politique ou orienta tion de développement. Pour rester dans cette dynamique qui résulte de l’his torique conférence des forces vives de la nation de février 1990 et reprise dans la Constitution du Bénin à travers l’article 153 et dans les Études Nationales de Perspectives à Long Terme, il est nécessaire de promouvoir un aménagement du territoire qui assure le développement régional et la gestion rationnelle de l’envi ronnement. Ainsi, la gestion des espaces notamment des espaces ruraux devrait constituer une priorité dans les politiques d’aménagement du territoire en vue de garantir des terres appropriées à la production agricole dans toutes les régions en tenant compte des spécificités. Dans ces conditions, le développement équilibré et durable de l’espace national pourra se faire dans l’anticipation de la gestion, la fonctionnalité et la spécialisation des espaces en tenant compte de la dynamique démographique et urbaine ainsi que des besoins des populations. 546 L’atteinte de cet objectif stratégique fait appel à une nécessité de priorisation à travers les objectifs spécifiques ci-après : › garantir une meilleure gestion de l’environnement et des changements clima tiques ; › contribuer à l’attractivité et à la compétitivité des établissements humains. 547 L’impact de l’objectif stratégique lié à la gestion durable des ressources environ nementales et au développement harmonieux des territoires est l’aménagement du territoire adopté comme politique durable de gestion des espaces permettant une réelle maîtrise du développement urbain et de gestion efficace et durable des ressources naturelles. 548 Les principaux effets attendus sont : › les ressources naturelles sont protégées et valorises par les populations ; › la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat sont renforcées ; › l’aménagement du territoire et le développement régional plus efficace et moins inégalitaire sont bien pris en compte par les politiques sectorielles et soutenus pour redynamiser les économies régionales et locales ; › les populations bénéficient d’une meilleure qualité de cadre de vie surtout à l’assainissement et aux services énergétiques. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 180 181 orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer une meilleure gestion de l’environnement et des changements climatiques » 549 Les interactions qui existent entre la protection de l’environnement, les effets du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le développement durable de l’espace requièrent l’adoption d’une démarche rigoureuse qui permet aux acteurs territoriaux, tant aux niveaux national, départemental que local, de cer ner les dispositions des différentes conventions et documents cadres ratifiés et adoptés par le Bénin. Par ailleurs, une extension des mesures et actions pratiques s’impose pour une meilleure protection et gestion des ressources naturelles, mais aussi une croissance économique optimale en vue d’une réduction sensible de la pauvreté et d’un développement durable. 550 Les techniques culturales, de pêche et de la chasse illégale, l’exploitation fores tière, les diverses natures de pollution, les inondations récurrentes, le prélèvement de sable lagunaire, l’urbanisation ont été perçus comme les principaux détermi nants de la dégradation continue des écosystèmes et de l’érosion de la biodi versité. De plus les changements climatiques constituent des menaces perma nentes qui pèsent sur ces écosystèmes. Cette situation est exacerbée par la non application des nombreux textes et lois qui existent dans le secteur et l’impunité qui règne en la matière. Le Bénin a élaboré dans le domaine plusieurs docu ments de stratégies, signé de nombreuses conventions internationales et adhéré à des programmes internationaux à l’instar de l’agenda des Nations Unies pour le Développement Durable. Les ODD 6, 12, 14 et 15 en parfaite adéquation avec les orientations sectorielles du document de vision Bénin 2025 Alafia offrent des directions pour enrayer les causes identifiées. 551 Pour les huit prochaines années, l’effort de développement visera essentiellement la mise en œuvre de manière rigoureuse, efficace et efficiente de tous les acquis en termes de législation, de textes et de stratégies à travers les orientations stratégiques ci-après : i) la promotion du développement durable ; ii) la valorisation du capital naturel et iii) le renforcement de la résilience aux changements climatiques et autres risques de catastrophes et le renforcement des mesures d’atténuation. Promotion du développement durable 552 En dépit des nombreuses actions annoncées et de certaines mesures qui sont prises pour assurer la préservation des réserves et ressources naturelles, les bases d’un véritable développement durable semblent ne pas être bien posées. Beaucoup de problèmes environnementaux sont en effet restés sans solutions alors que d’autres défis s’y ajoutent. Ainsi, il est urgent d’enclencher ou de poursuivre : i) l’améliora tion de la gestion des déchets biomédicaux et des ménages ; ii) l’assainissement des eaux usées et excrétas en milieu urbain et péri-urbain ; iii) le renforcement de l’action multisectorielle sur l’hygiène et l’assainissement de base ; iv) l’intégration de la prévention des risques majeurs (risques naturels et technologiques) dans les orientations de la politique nationale d’Aménagement du territoire ; v) la protection de l’environnement et la valorisation des ressources naturelles ; vi) la protection des berges et abords fluvio-lagunaires et vii) l’intégration systématique de la dimen sion du développement durable dans les politiques de développement et dans les entreprises et organisations. Valorisation du capital naturel 553 L’accroissement démographique crée des difficultés considérables au capital natu rel en ce qui concerne la possibilité de donner aux Béninois des conditions de vie décentes et des potentialités économiques suffisantes. Ces difficultés sont remar quables du fait de la pression considérable exercée par l’accroissement démogra phique sur le système d’exploitation des ressources naturelles, aggravant la dégra dation des terres et la fréquence des catastrophes naturelles. Les avancées vers la réalisation de l’objectif devront avoir une incidence directe sur la poussée démogra phique et sa répartition spatiale. Pour y parvenir, l’accent sera mis sur : i) la préserva tion, l’exploitation durable des écosystèmes et le renforcement du potentiel en bio diversité ; ii) la gestion intégrée des écosystèmes à la promotion de l’agro-business ; iii) la prise en compte dans les analyses et des plaidoyers les relations Population Développement en vue de créer les meilleures conditions pour la réalisation du dividende démographique dans la gestion durable des ressources naturelles ; iv) l’intégration de la valorisation du capital naturel dans les programmes scolaires ; v) la promotion soutenue des modes de consommation et de production respectueux de l’environnement durable dans les régions et les communes ; vi) la modernisation de l’agriculture écologiquement acceptable et vii) la consolidation et l’extension des aires marines protégées. Renforcement de la résilience aux changements climatiques et autres risques de catastrophes 554 Depuis plusieurs années, le Bénin conduit des programmes et anime un réseau d’expertise pluridisciplinaire sur la mesure et la valorisation du capital naturel. Il se dégage deux idées-forces qui méritent d’être soutenues : i) l’intégration de la nature dans le calcul de la richesse nationale et ii) sa systématisation dans les poli tiques publiques permettant la poursuite d’une prospérité durable. 555 Ainsi, les investissements dans le secteur des changements climatiques ont pour objet d’améliorer la meilleure gestion des crises et d’accroître la résilience des in frastructures, en anticipant sur les effets des changements, leurs exigences et les externalités-égalités. La résilience aux changements climatiques favorise la mise en place de mécanismes volontaires, la réglementation nécessaire et les méca nismes juridiques respectueux de l’environnement en vue des réflexes environ nementaux idoines. Pour ce faire, il y a lieu d’assurer : i) l’intégration de l’Adapta tion aux Changements climatiques dans la planification et la budgétisation pour le développement durable national, régional et local ; ii) l’amélioration du cadre juridique et institutionnel ; iii) le renforcement de la capacité d’adaptation aux risques liés au climat et catastrophes naturelles des différents acteurs à la base ; iv) l’intégration des actions de lutte contre les changements climatiques dans la promotion d’une économie résiliente et v) la maîtrise des facteurs de risques naturels (inondations, sécheresse, érosion côtière, éboulements de rochers, glisse ments de terrain, etc…). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 180 181 orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « assurer une meilleure gestion de l’environnement et des changements climatiques » 549 Les interactions qui existent entre la protection de l’environnement, les effets du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le développement durable de l’espace requièrent l’adoption d’une démarche rigoureuse qui permet aux acteurs territoriaux, tant aux niveaux national, départemental que local, de cer ner les dispositions des différentes conventions et documents cadres ratifiés et adoptés par le Bénin. Par ailleurs, une extension des mesures et actions pratiques s’impose pour une meilleure protection et gestion des ressources naturelles, mais aussi une croissance économique optimale en vue d’une réduction sensible de la pauvreté et d’un développement durable. 550 Les techniques culturales, de pêche et de la chasse illégale, l’exploitation fores tière, les diverses natures de pollution, les inondations récurrentes, le prélèvement de sable lagunaire, l’urbanisation ont été perçus comme les principaux détermi nants de la dégradation continue des écosystèmes et de l’érosion de la biodi versité. De plus les changements climatiques constituent des menaces perma nentes qui pèsent sur ces écosystèmes. Cette situation est exacerbée par la non application des nombreux textes et lois qui existent dans le secteur et l’impunité qui règne en la matière. Le Bénin a élaboré dans le domaine plusieurs docu ments de stratégies, signé de nombreuses conventions internationales et adhéré à des programmes internationaux à l’instar de l’agenda des Nations Unies pour le Développement Durable. Les ODD 6, 12, 14 et 15 en parfaite adéquation avec les orientations sectorielles du document de vision Bénin 2025 Alafia offrent des directions pour enrayer les causes identifiées. 551 Pour les huit prochaines années, l’effort de développement visera essentiellement la mise en œuvre de manière rigoureuse, efficace et efficiente de tous les acquis en termes de législation, de textes et de stratégies à travers les orientations stratégiques ci-après : i) la promotion du développement durable ; ii) la valorisation du capital naturel et iii) le renforcement de la résilience aux changements climatiques et autres risques de catastrophes et le renforcement des mesures d’atténuation. Promotion du développement durable 552 En dépit des nombreuses actions annoncées et de certaines mesures qui sont prises pour assurer la préservation des réserves et ressources naturelles, les bases d’un véritable développement durable semblent ne pas être bien posées. Beaucoup de problèmes environnementaux sont en effet restés sans solutions alors que d’autres défis s’y ajoutent. Ainsi, il est urgent d’enclencher ou de poursuivre : i) l’améliora tion de la gestion des déchets biomédicaux et des ménages ; ii) l’assainissement des eaux usées et excrétas en milieu urbain et péri-urbain ; iii) le renforcement de l’action multisectorielle sur l’hygiène et l’assainissement de base ; iv) l’intégration de la prévention des risques majeurs (risques naturels et technologiques) dans les orientations de la politique nationale d’Aménagement du territoire ; v) la protection de l’environnement et la valorisation des ressources naturelles ; vi) la protection des berges et abords fluvio-lagunaires et vii) l’intégration systématique de la dimen sion du développement durable dans les politiques de développement et dans les entreprises et organisations. Valorisation du capital naturel 553 L’accroissement démographique crée des difficultés considérables au capital natu rel en ce qui concerne la possibilité de donner aux Béninois des conditions de vie décentes et des potentialités économiques suffisantes. Ces difficultés sont remar quables du fait de la pression considérable exercée par l’accroissement démogra phique sur le système d’exploitation des ressources naturelles, aggravant la dégra dation des terres et la fréquence des catastrophes naturelles. Les avancées vers la réalisation de l’objectif devront avoir une incidence directe sur la poussée démogra phique et sa répartition spatiale. Pour y parvenir, l’accent sera mis sur : i) la préserva tion, l’exploitation durable des écosystèmes et le renforcement du potentiel en bio diversité ; ii) la gestion intégrée des écosystèmes à la promotion de l’agro-business ; iii) la prise en compte dans les analyses et des plaidoyers les relations Population Développement en vue de créer les meilleures conditions pour la réalisation du dividende démographique dans la gestion durable des ressources naturelles ; iv) l’intégration de la valorisation du capital naturel dans les programmes scolaires ; v) la promotion soutenue des modes de consommation et de production respectueux de l’environnement durable dans les régions et les communes ; vi) la modernisation de l’agriculture écologiquement acceptable et vii) la consolidation et l’extension des aires marines protégées. Renforcement de la résilience aux changements climatiques et autres risques de catastrophes 554 Depuis plusieurs années, le Bénin conduit des programmes et anime un réseau d’expertise pluridisciplinaire sur la mesure et la valorisation du capital naturel. Il se dégage deux idées-forces qui méritent d’être soutenues : i) l’intégration de la nature dans le calcul de la richesse nationale et ii) sa systématisation dans les poli tiques publiques permettant la poursuite d’une prospérité durable. 555 Ainsi, les investissements dans le secteur des changements climatiques ont pour objet d’améliorer la meilleure gestion des crises et d’accroître la résilience des in frastructures, en anticipant sur les effets des changements, leurs exigences et les externalités-égalités. La résilience aux changements climatiques favorise la mise en place de mécanismes volontaires, la réglementation nécessaire et les méca nismes juridiques respectueux de l’environnement en vue des réflexes environ nementaux idoines. Pour ce faire, il y a lieu d’assurer : i) l’intégration de l’Adapta tion aux Changements climatiques dans la planification et la budgétisation pour le développement durable national, régional et local ; ii) l’amélioration du cadre juridique et institutionnel ; iii) le renforcement de la capacité d’adaptation aux risques liés au climat et catastrophes naturelles des différents acteurs à la base ; iv) l’intégration des actions de lutte contre les changements climatiques dans la promotion d’une économie résiliente et v) la maîtrise des facteurs de risques naturels (inondations, sécheresse, érosion côtière, éboulements de rochers, glisse ments de terrain, etc…). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 182 183 Renforcement des mesures d’atténuation 556 Le Bénin a pris des engagements au titre de l’Accord de Paris pour contribuer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) de l’ordre de 16,17 % D’ici 2030. En effet, les émissions totales des GES du Bénin s’établissent à envi ron 14,1 Méga tonne Equivalent-CO2 (Mt E-CO2), soit environ 1,5 tonne E-CO2 par habitant en 2012, secteur Utilisation des Terres, Changements d’Affectation des Terres et Foresterie (UTCATF) exclu. Ces émissions proviennent des secteurs de l’énergie (47,4 %), de l’agriculture (45,9 %), des déchets (5,0 %) et des procédés industriels (1,6 %). Dans ce cadre, les actions d’atténuation doivent être menées pour réduire/éviter les émissions de GES dans les différents secteurs. Orientations stratégiques de l’Objectif Spécifique : « contribuer à l’attractivité et à la compétitivité des établissements humains » 557 L’analyse dynamique des pressions politico-réglementaires, économiques, so ciales, et technologiques permet d’identifier les enjeux à moyen et long termes auxquels un territoire est ou peut être confronté pour déterminer, sur la base de ses atouts, les orientations que ses parties prenantes, publiques et privées, pour raient privilégier. Donc, accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires (région ou local), c’est porter une vision de développement du territoire à long terme, et établir des normes d’aménagement pour encadrer celui-ci. Toutefois, il revient aux collectivités locales de mettre rigoureusement en application les dis positions de la Loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes au Bénin. Pour ce faire, plusieurs orientations prioritaires sont retenues. Il s’agit de : i) la relance des politiques de développement régional et de gestion des espaces frontaliers, d’urbanisation dans le cadre d’une dynamique de décentralisation/ déconcentration ; ii) la densification des infrastructures structurantes de soutien au développement de l’agro-industrie pour la transformation socioéconomique des régions et des zones rurales ; iii) le développement des capacités au service de l’économie locale ; iv) le renforcement des acquis du développement local et régional, v) la sécurisation et la fiabilisation de la propriété foncière ; vi) l’amélio ration de l’occupation des terres et de l’habitat ; vii) l’amélioration de l’attractivité des espaces ruraux et des villes et viii) la maîtrise de la gestion des espaces fron taliers et des migrations. Relance des politiques de développement régional et de gestion des espaces frontaliers, d’urbanisation dans le cadre d’une dynamique de décentralisation/déconcentration 558 Le Bénin a consenti, ces deux dernières décennies, beaucoup d’efforts dans la for mulation des orientations et l’élaboration des politiques et stratégies dont la mise en œuvre efficace, le suivi et l’évaluation restent des préoccupations entières. La dynamisation de la mise en œuvre des politiques d’aménagement et d’urbani sation dans le cadre d’une vision prospective de la décentralisation permettra d’assurer à long terme un cadre de vie sain à tous, d’organiser et de gérer plus efficacement et harmonieusement le territoire selon une approche participative, porteuse de responsabilisation des acteurs locaux dans la gestion de leur déve loppement. Cette aspiration qui consiste à l’utilisation rationnelle et durable de l’espace national est l’une des cibles des Objectifs de Développement Durable (ODD11) qui est de « faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ». 559 Pour ce faire, il est question d’œuvrer pour : i) la consolidation des bases du dé veloppement local et régional ; ii) l’optimisation de l’organisation et de la struc turation territoriale de l’économie ; incluant la promotion des pôles de dévelop pement ; iii) le développement des espaces frontaliers et des zones vulnérables ; iv) l’animation des espaces de solidarité ; v) le développement de l’urbanisme et de l’habitat ; vi) le renforcement du foncier au service du développement et vii) la garantie des espaces agro-sylvo-pastoraux dans les communes. Densification des infrastructures structurantes de soutien au développement de l’agro-industrie 560 Le secteur agro-industriel regroupe l’ensemble des activités « de la ferme à la table ». Il comprend l’approvisionnement en intrants agricoles, la production et la transfor mation de produits agricoles, leur distribution auprès du consommateur final, mais aussi de nombreuses activités para-agricoles. L’agro-industrie est l’un des premiers générateurs d’emplois et de revenus dans le monde et au Bénin ; elle est caracté risée par des matières premières pour la plupart périssables, de qualité variable, et qui ne sont pas disponibles de manière régulière. Le secteur doit être soumis à des contrôles rigoureux et périodiques visant la sécurité du consommateur, la qualité du produit et la protection de l’environnement. 561 Les méthodes de production et de distribution traditionnelles doivent être rem placées par des réseaux mieux planifiés et mieux coordonnés regroupant les en treprises agro-alimentaires, les agriculteurs, les détaillants et autres acteurs de la chaîne de distribution en prenant en compte la dimension de la chaîne de valeur des produits. Pour y parvenir, il faut engager : i) la satisfaction de la demande intérieure en transition énergétique et en TIC en lien avec l’agro-industrie ; ii) la densification des infrastructures de communication et de transport ; iii) le déve loppement des infrastructures spécifiques de production agricole par pôle de développement ; iv) la réhabilitation des infrastructures et équipements socio communautaires à caractère économique et v) le développement de certaines filières de l’économie sociale et solidaire. Promotion des économies locales et renforcement des capacités des acteurs locaux 562 . Le processus de décentralisation amorcé par le Bénin depuis décembre 2002 avec la tenue des élections locales, devra se poursuivre et se consolider. Le Bénin dispose d’une Politique Nationale de Décentralisation et de déconcentration (PONADEC) pour accompagner le processus de décentralisation et de déconcen tration. Il en est de même de l’installation du Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC), qui constitue un instrument financier pour accompa gner le développement des communes. Cet instrument devra être redynamisé et bien intégré dans la dynamique des économies locales et servir de catalyseur pour le renforcement des capacités des acteurs locaux de développement. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 182 183 Renforcement des mesures d’atténuation 556 Le Bénin a pris des engagements au titre de l’Accord de Paris pour contribuer à la réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) de l’ordre de 16,17 % D’ici 2030. En effet, les émissions totales des GES du Bénin s’établissent à envi ron 14,1 Méga tonne Equivalent-CO2 (Mt E-CO2), soit environ 1,5 tonne E-CO2 par habitant en 2012, secteur Utilisation des Terres, Changements d’Affectation des Terres et Foresterie (UTCATF) exclu. Ces émissions proviennent des secteurs de l’énergie (47,4 %), de l’agriculture (45,9 %), des déchets (5,0 %) et des procédés industriels (1,6 %). Dans ce cadre, les actions d’atténuation doivent être menées pour réduire/éviter les émissions de GES dans les différents secteurs. Orientations stratégiques de l’Objectif Spécifique : « contribuer à l’attractivité et à la compétitivité des établissements humains » 557 L’analyse dynamique des pressions politico-réglementaires, économiques, so ciales, et technologiques permet d’identifier les enjeux à moyen et long termes auxquels un territoire est ou peut être confronté pour déterminer, sur la base de ses atouts, les orientations que ses parties prenantes, publiques et privées, pour raient privilégier. Donc, accroître l’attractivité et la compétitivité des territoires (région ou local), c’est porter une vision de développement du territoire à long terme, et établir des normes d’aménagement pour encadrer celui-ci. Toutefois, il revient aux collectivités locales de mettre rigoureusement en application les dis positions de la Loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes au Bénin. Pour ce faire, plusieurs orientations prioritaires sont retenues. Il s’agit de : i) la relance des politiques de développement régional et de gestion des espaces frontaliers, d’urbanisation dans le cadre d’une dynamique de décentralisation/ déconcentration ; ii) la densification des infrastructures structurantes de soutien au développement de l’agro-industrie pour la transformation socioéconomique des régions et des zones rurales ; iii) le développement des capacités au service de l’économie locale ; iv) le renforcement des acquis du développement local et régional, v) la sécurisation et la fiabilisation de la propriété foncière ; vi) l’amélio ration de l’occupation des terres et de l’habitat ; vii) l’amélioration de l’attractivité des espaces ruraux et des villes et viii) la maîtrise de la gestion des espaces fron taliers et des migrations. Relance des politiques de développement régional et de gestion des espaces frontaliers, d’urbanisation dans le cadre d’une dynamique de décentralisation/déconcentration 558 Le Bénin a consenti, ces deux dernières décennies, beaucoup d’efforts dans la for mulation des orientations et l’élaboration des politiques et stratégies dont la mise en œuvre efficace, le suivi et l’évaluation restent des préoccupations entières. La dynamisation de la mise en œuvre des politiques d’aménagement et d’urbani sation dans le cadre d’une vision prospective de la décentralisation permettra d’assurer à long terme un cadre de vie sain à tous, d’organiser et de gérer plus efficacement et harmonieusement le territoire selon une approche participative, porteuse de responsabilisation des acteurs locaux dans la gestion de leur déve loppement. Cette aspiration qui consiste à l’utilisation rationnelle et durable de l’espace national est l’une des cibles des Objectifs de Développement Durable (ODD11) qui est de « faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables ». 559 Pour ce faire, il est question d’œuvrer pour : i) la consolidation des bases du dé veloppement local et régional ; ii) l’optimisation de l’organisation et de la struc turation territoriale de l’économie ; incluant la promotion des pôles de dévelop pement ; iii) le développement des espaces frontaliers et des zones vulnérables ; iv) l’animation des espaces de solidarité ; v) le développement de l’urbanisme et de l’habitat ; vi) le renforcement du foncier au service du développement et vii) la garantie des espaces agro-sylvo-pastoraux dans les communes. Densification des infrastructures structurantes de soutien au développement de l’agro-industrie 560 Le secteur agro-industriel regroupe l’ensemble des activités « de la ferme à la table ». Il comprend l’approvisionnement en intrants agricoles, la production et la transfor mation de produits agricoles, leur distribution auprès du consommateur final, mais aussi de nombreuses activités para-agricoles. L’agro-industrie est l’un des premiers générateurs d’emplois et de revenus dans le monde et au Bénin ; elle est caracté risée par des matières premières pour la plupart périssables, de qualité variable, et qui ne sont pas disponibles de manière régulière. Le secteur doit être soumis à des contrôles rigoureux et périodiques visant la sécurité du consommateur, la qualité du produit et la protection de l’environnement. 561 Les méthodes de production et de distribution traditionnelles doivent être rem placées par des réseaux mieux planifiés et mieux coordonnés regroupant les en treprises agro-alimentaires, les agriculteurs, les détaillants et autres acteurs de la chaîne de distribution en prenant en compte la dimension de la chaîne de valeur des produits. Pour y parvenir, il faut engager : i) la satisfaction de la demande intérieure en transition énergétique et en TIC en lien avec l’agro-industrie ; ii) la densification des infrastructures de communication et de transport ; iii) le déve loppement des infrastructures spécifiques de production agricole par pôle de développement ; iv) la réhabilitation des infrastructures et équipements socio communautaires à caractère économique et v) le développement de certaines filières de l’économie sociale et solidaire. Promotion des économies locales et renforcement des capacités des acteurs locaux 562 . Le processus de décentralisation amorcé par le Bénin depuis décembre 2002 avec la tenue des élections locales, devra se poursuivre et se consolider. Le Bénin dispose d’une Politique Nationale de Décentralisation et de déconcentration (PONADEC) pour accompagner le processus de décentralisation et de déconcen tration. Il en est de même de l’installation du Fonds d’Appui au Développement des Communes (FADeC), qui constitue un instrument financier pour accompa gner le développement des communes. Cet instrument devra être redynamisé et bien intégré dans la dynamique des économies locales et servir de catalyseur pour le renforcement des capacités des acteurs locaux de développement. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 184 185 563 En effet, la loi N° 97-029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin fait obligation aux communes d’élaborer un ensemble d’instruments de développement que regroupe le Plan de Développement Communal (PDC). Ces outils sont, entre autres, relatifs aux plans de développe ment économique et social des communes qui devraient tenir compte de la va lorisation du potentiel agricole, première source de richesse de la plupart des communes. Ainsi, le renforcement des capacités au niveau local doit permettre aux acteurs locaux du développement d’améliorer leurs capacités de gestion du développement local intégrant les questions d’équité et de durabilité du dévelop pement. En somme, il s’agira d’envisager au niveau de cette orientation : i) l’amé lioration des instruments de planification, de programmation et de gestion des communes et des communautés de base ; ii) la valorisation du potentiel agricole des communes ; iii) le développement de l’économie locale verte ; iv) l’améliora tion de la gouvernance au niveau des communes et v) le renforcement des tech niques et méthodes de production au niveau des acteurs locaux. Renforcement des acquis du développement local et régional 564 La décentralisation est encore marquée par l’insuffisance de performance au niveau de l’administration locale, du fait du manque de ressources humaines qualifiées, du faible engagement politique et non partisan des élus et du manque de stra tégies de mobilisation de ressources financières propres. À ce tableau peu relui sant s’ajoute, le manque de transparence et de suivi dans la gestion communale et l’absence de rééditions des comptes. De même, il faut souligner l’inexistence de lois et règlements qui régissent les rapports entre les autorités communales et les chefferies traditionnelles. Par ailleurs, la désignation des nouveaux chefs-lieux de départements du récent découpage territorial intervenu en 2016 n’a pu être suivie du rapprochement des services. Ainsi, ces nouvelles structures déconcentrées de l’État butent dans leur volonté d’assurer l’appui-conseil aux communes sous tutelle du fait de l’inachèvement du processus de déconcentration. Compte tenu de tout ce qui précède, l’accélération du développement local et régional nécessite : i) l’appro fondissement du processus de décentralisation en lien avec la réforme et la moder nisation de l’Administration publique ; ii) la poursuite du renforcement des capacités des administrations déconcentrées et locales ; iii) la consolidation des rapports entre l’État central et les collectivités décentralisées ; iv) le renforcement de la délégation et le transfert des compétences et des ressources aux communes ; v) la promotion de la dynamique intercommunale et de la coopération décentralisée ; vi) la réorganisa tion des services déconcentrés de l’État et vii) la création des régions décentralisées. Sécurisation et fiabilisation de la propriété foncière 565 Le foncier mérite une attention particulière à cause de son caractère transversal et de l’enjeu qu’il représente pour le développement. Sa maîtrise constitue un facteur essentiel pour l’investissement et la croissance économique. Au Bénin, les problèmes fonciers résultent, dans leur majorité, d’un dualisme juridique, qui maintient les acteurs locaux dans une situation « d’extra-légalité »26 généralisée, se traduisant plus ou moins en insécurité foncière réelle et en conflits, en particulier sur les transactions marchandes. Il est urgent alors de placer le foncier au cœur de la politique de développement du Bénin. 566 À cet effet, l’État devra poursuivre les réformes nécessaires sur le foncier et veiller à l’aboutissement des processus de morcellement et de lotissement de terres dans les délais normaux et dans la transparence. Les priorités pour la mise en œuvre de cet axe sont : i) le renforcement de l’arsenal juridique et institutionnel du foncier et ii) le renforcement de la gestion du foncier. Amélioration de l’occupation des terres et de l’habitat 567 Il est essentiellement question de l’ensemble des conditions, des faits relatifs à l’occupation des terres, à l’habitation et au logement tant au niveau des espaces ruraux qu’urbains. Ainsi, ces conditions seront améliorées si une bonne politique d’occupation des terres et de l’habitat est menée dans le respect des normes et procédures basées sur l’anticipation et l’utilisation des outils adaptés à la ges tion des espaces et à leur aménagement. Les questions d’attractivité des espaces ruraux et de l’urbanisation des villes moyennes doivent être prises en compte dans l’élaboration des plans d’occupation des terres, dans les schémas directeurs d’aménagement des territoires et les schémas directeurs d’aménagement Urbain. Pour se faire, les axes ci-après seront engagés : i) la construction d’infrastructures sociocommunautaires et la dotation en équipements marchands et sociocom munautaires répondant aux besoins des populations concernées ; ii) l’aboutisse ment du processus de morcellement et de lotissement de terres dans les délais normaux et dans la transparence ; iii) la promotion immobilière de type nouveau ; notamment des appartements à plusieurs niveaux en vue de créer des zones rési dentielles ; iv) l’amélioration du programme de construction des logements so ciaux et économiques ; v) la planification du développement urbain des espaces et de leur gestion et vi) la promotion des matériaux locaux dans la construction. Amélioration de l’attractivité des espaces ruraux et des villes 568 Les efforts consentis ces dernières années n’ont pas toujours permis d’améliorer de façon substantielle la couverture en infrastructures et équipements de base en milieux ruraux. Les centres urbains continuent d’être un lieu de prédilection et d’attraction aux populations rurales en quête du mieux-être. 569 De même, l’armature urbaine est déséquilibrée par les trois grands pôles (Cotonou, Parakou et Porto-Novo) qui concentrent environ 40 % de la population urbaine. Les villes de Cotonou et Porto Novo sont situées dans le sud-est et distantes de 30 km. Il faut donc accélérer la viabilisation des espaces ruraux et corriger la dé sarticulation de l’armature urbaine en vue de rééquilibrer le développement na tional. Pour se faire, il s’agira de mettre en œuvre les actions ci-après : › la densification des voies d’accès aux localités rurales ; › la construction d’infrastructures sociocommunautaires et la dotation en équi pements marchands et sociocommunautaires ; › l’appui à la construction d’infrastructures touristiques et de loisirs ; › la promotion des villes ayant des potentialités de carrefour commercial, de bassin de production ou de patrimoine historique ou touristique. 26 le terme indique que les droits relèvent d’un ensemble de normes, mais pas de celles du droit écrit de l’État P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 184 185 563 En effet, la loi N° 97-029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin fait obligation aux communes d’élaborer un ensemble d’instruments de développement que regroupe le Plan de Développement Communal (PDC). Ces outils sont, entre autres, relatifs aux plans de développe ment économique et social des communes qui devraient tenir compte de la va lorisation du potentiel agricole, première source de richesse de la plupart des communes. Ainsi, le renforcement des capacités au niveau local doit permettre aux acteurs locaux du développement d’améliorer leurs capacités de gestion du développement local intégrant les questions d’équité et de durabilité du dévelop pement. En somme, il s’agira d’envisager au niveau de cette orientation : i) l’amé lioration des instruments de planification, de programmation et de gestion des communes et des communautés de base ; ii) la valorisation du potentiel agricole des communes ; iii) le développement de l’économie locale verte ; iv) l’améliora tion de la gouvernance au niveau des communes et v) le renforcement des tech niques et méthodes de production au niveau des acteurs locaux. Renforcement des acquis du développement local et régional 564 La décentralisation est encore marquée par l’insuffisance de performance au niveau de l’administration locale, du fait du manque de ressources humaines qualifiées, du faible engagement politique et non partisan des élus et du manque de stra tégies de mobilisation de ressources financières propres. À ce tableau peu relui sant s’ajoute, le manque de transparence et de suivi dans la gestion communale et l’absence de rééditions des comptes. De même, il faut souligner l’inexistence de lois et règlements qui régissent les rapports entre les autorités communales et les chefferies traditionnelles. Par ailleurs, la désignation des nouveaux chefs-lieux de départements du récent découpage territorial intervenu en 2016 n’a pu être suivie du rapprochement des services. Ainsi, ces nouvelles structures déconcentrées de l’État butent dans leur volonté d’assurer l’appui-conseil aux communes sous tutelle du fait de l’inachèvement du processus de déconcentration. Compte tenu de tout ce qui précède, l’accélération du développement local et régional nécessite : i) l’appro fondissement du processus de décentralisation en lien avec la réforme et la moder nisation de l’Administration publique ; ii) la poursuite du renforcement des capacités des administrations déconcentrées et locales ; iii) la consolidation des rapports entre l’État central et les collectivités décentralisées ; iv) le renforcement de la délégation et le transfert des compétences et des ressources aux communes ; v) la promotion de la dynamique intercommunale et de la coopération décentralisée ; vi) la réorganisa tion des services déconcentrés de l’État et vii) la création des régions décentralisées. Sécurisation et fiabilisation de la propriété foncière 565 Le foncier mérite une attention particulière à cause de son caractère transversal et de l’enjeu qu’il représente pour le développement. Sa maîtrise constitue un facteur essentiel pour l’investissement et la croissance économique. Au Bénin, les problèmes fonciers résultent, dans leur majorité, d’un dualisme juridique, qui maintient les acteurs locaux dans une situation « d’extra-légalité »26 généralisée, se traduisant plus ou moins en insécurité foncière réelle et en conflits, en particulier sur les transactions marchandes. Il est urgent alors de placer le foncier au cœur de la politique de développement du Bénin. 566 À cet effet, l’État devra poursuivre les réformes nécessaires sur le foncier et veiller à l’aboutissement des processus de morcellement et de lotissement de terres dans les délais normaux et dans la transparence. Les priorités pour la mise en œuvre de cet axe sont : i) le renforcement de l’arsenal juridique et institutionnel du foncier et ii) le renforcement de la gestion du foncier. Amélioration de l’occupation des terres et de l’habitat 567 Il est essentiellement question de l’ensemble des conditions, des faits relatifs à l’occupation des terres, à l’habitation et au logement tant au niveau des espaces ruraux qu’urbains. Ainsi, ces conditions seront améliorées si une bonne politique d’occupation des terres et de l’habitat est menée dans le respect des normes et procédures basées sur l’anticipation et l’utilisation des outils adaptés à la ges tion des espaces et à leur aménagement. Les questions d’attractivité des espaces ruraux et de l’urbanisation des villes moyennes doivent être prises en compte dans l’élaboration des plans d’occupation des terres, dans les schémas directeurs d’aménagement des territoires et les schémas directeurs d’aménagement Urbain. Pour se faire, les axes ci-après seront engagés : i) la construction d’infrastructures sociocommunautaires et la dotation en équipements marchands et sociocom munautaires répondant aux besoins des populations concernées ; ii) l’aboutisse ment du processus de morcellement et de lotissement de terres dans les délais normaux et dans la transparence ; iii) la promotion immobilière de type nouveau ; notamment des appartements à plusieurs niveaux en vue de créer des zones rési dentielles ; iv) l’amélioration du programme de construction des logements so ciaux et économiques ; v) la planification du développement urbain des espaces et de leur gestion et vi) la promotion des matériaux locaux dans la construction. Amélioration de l’attractivité des espaces ruraux et des villes 568 Les efforts consentis ces dernières années n’ont pas toujours permis d’améliorer de façon substantielle la couverture en infrastructures et équipements de base en milieux ruraux. Les centres urbains continuent d’être un lieu de prédilection et d’attraction aux populations rurales en quête du mieux-être. 569 De même, l’armature urbaine est déséquilibrée par les trois grands pôles (Cotonou, Parakou et Porto-Novo) qui concentrent environ 40 % de la population urbaine. Les villes de Cotonou et Porto Novo sont situées dans le sud-est et distantes de 30 km. Il faut donc accélérer la viabilisation des espaces ruraux et corriger la dé sarticulation de l’armature urbaine en vue de rééquilibrer le développement na tional. Pour se faire, il s’agira de mettre en œuvre les actions ci-après : › la densification des voies d’accès aux localités rurales ; › la construction d’infrastructures sociocommunautaires et la dotation en équi pements marchands et sociocommunautaires ; › l’appui à la construction d’infrastructures touristiques et de loisirs ; › la promotion des villes ayant des potentialités de carrefour commercial, de bassin de production ou de patrimoine historique ou touristique. 26 le terme indique que les droits relèvent d’un ensemble de normes, mais pas de celles du droit écrit de l’État P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 186 187 Maîtrise de la gestion des espaces frontaliers et des migrations 570 Le problème de la maîtrise et de la gestion des frontières demeure préoccupant. En effet, la non maîtrise des frontières et de leur mauvaise gestion fait perdre au Bénin des portions de terre qui réduisent progressivement la superficie du territoire national. Le Bénin doit continuer sa politique de bon voisinage tout en gardant une fermeté dans la délimitation et la gestion de ses frontières avec ses voisins. Au plan migratoire, s’il est vrai que le Bénin fait partie de l’espace de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui garan tit la libre circulation des biens et des personnes, il est important que le Bénin maîtrise et gère mieux les flux migratoires au niveau de ses frontières. 571 Face à ces réalités, il est important d’opérationnaliser la politique de gestion des espaces transfrontaliers élaborée par la Commission Nationale de Gestion des frontières et explorer les axes ci-après : › le renforcement de capacités techniques et humaines des structures en charge de la délimitation des frontières ; › la poursuite et l’accélération des opérations de délimitation des frontières ; › l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique d’occupation effective des espaces frontaliers ; › la poursuite de la viabilisation des espaces frontaliers par l’installation des in frastructures socioéconomiques et de sécurité ; › le renforcement de la lutte contre la prolifération des armes légères, la transhu mance et la criminalité transfrontalière ainsi que les produits prohibés ; › le renforcement de la gestion des flux migratoires au niveau des frontières. 3.6.4 – oBJectif StratÉgique 4 : conSolider l’État de droit et la Bonne gouvernance objectifs spécifiques et effets attendus 572 Les neuf (09) principes de la gouvernance à savoir : i) la participation ; ii) la trans parence ; iii) la responsabilité démocratique ; iv) la primauté de droit ; v) l’efficacité ; vi) l’équité ; vii) l’insertion ; viii) l’appropriation et ix) la reddition de comptes, sont insuffisamment respectés, en dépit des actions et mesures menées et qui ont per mis d’enregistrer des avancées notables. Cette situation et ses facteurs aggravant que sont l’impunité, la corruption et les menaces aux libertés, influent sur les per formances économiques et budgétaires, l’équité et les valeurs républicaines, la ges tion de l’environnement et se résument en l’insuffisante qualité de la gouvernance. 573 L’atteinte de l’objectif stratégique au niveau de la gouvernance passe inévitable ment par la consolidation de l’État de droit et la bonne gouvernance. L’impact général de cet objectif stratégique est une gouvernance inclusive, apaisée et effi cace en mouvement, porteuse d’effets sur l’amélioration du mode de gouver nance politique, l’efficacité des politiques publiques, la lutte contre la corruption et l’exercice effectif de la gouvernance locale. En vue d’atteindre cet objectif stra tégique, les objectifs spécifiques ci-après ont été définis : › consolider les acquis en matière de droits humains et de la démocratie ; › promouvoir une administration de développement ; › renforcer l’accès de tous à une justice indépendante, intègre et efficace ; › améliorer l’allocation et la gestion des ressources publiques ; › inverser la tendance d’aggravation de la corruption à tous les niveaux ; › préserver la paix et la sécurité communautaire. 574 Les effets attendus de la réalisation de ces objectifs sont : › la sécurité juridique et physique des personnes ainsi que les droits d’expression démocratique sont améliorés ; › les services de qualité sont offerts par l’administration publique pour accom pagner la dynamique de développement du pays ; › les communautés disposent de services sociaux de base et d’assainissement de qualité ; › les économies locales sont valorisées et dynamisées ; › les populations exercent leurs droits et devoirs dans un système judiciaire effi cace, accessible et crédible ; › les ressources publiques sont mieux orientées et utilisées vers les besoins prio ritaires de développement ; › la lutte contre la corruption est efficace ; › la protection des populations, des biens et le renforcement de la cohésion nationale sont assurés ; › l’efficacité des institutions est renforcée et la qualité des services publiques est améliorée. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « consolider les acquis en matière des droits humains et de la démocratie » 575 Cet objectif sera atteint grâce aux Orientations Stratégiques suivantes : i) l’amé lioration de la gouvernance politique ; ii) le renforcement de l’État de droit et des libertés individuelles et collectives ; iii) la modernisation du système d’état civil et iv) la Promotion des Organisations de la Société Civile (OSC). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 186 187 Maîtrise de la gestion des espaces frontaliers et des migrations 570 Le problème de la maîtrise et de la gestion des frontières demeure préoccupant. En effet, la non maîtrise des frontières et de leur mauvaise gestion fait perdre au Bénin des portions de terre qui réduisent progressivement la superficie du territoire national. Le Bénin doit continuer sa politique de bon voisinage tout en gardant une fermeté dans la délimitation et la gestion de ses frontières avec ses voisins. Au plan migratoire, s’il est vrai que le Bénin fait partie de l’espace de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui garan tit la libre circulation des biens et des personnes, il est important que le Bénin maîtrise et gère mieux les flux migratoires au niveau de ses frontières. 571 Face à ces réalités, il est important d’opérationnaliser la politique de gestion des espaces transfrontaliers élaborée par la Commission Nationale de Gestion des frontières et explorer les axes ci-après : › le renforcement de capacités techniques et humaines des structures en charge de la délimitation des frontières ; › la poursuite et l’accélération des opérations de délimitation des frontières ; › l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique d’occupation effective des espaces frontaliers ; › la poursuite de la viabilisation des espaces frontaliers par l’installation des in frastructures socioéconomiques et de sécurité ; › le renforcement de la lutte contre la prolifération des armes légères, la transhu mance et la criminalité transfrontalière ainsi que les produits prohibés ; › le renforcement de la gestion des flux migratoires au niveau des frontières. 3.6.4 – oBJectif StratÉgique 4 : conSolider l’État de droit et la Bonne gouvernance objectifs spécifiques et effets attendus 572 Les neuf (09) principes de la gouvernance à savoir : i) la participation ; ii) la trans parence ; iii) la responsabilité démocratique ; iv) la primauté de droit ; v) l’efficacité ; vi) l’équité ; vii) l’insertion ; viii) l’appropriation et ix) la reddition de comptes, sont insuffisamment respectés, en dépit des actions et mesures menées et qui ont per mis d’enregistrer des avancées notables. Cette situation et ses facteurs aggravant que sont l’impunité, la corruption et les menaces aux libertés, influent sur les per formances économiques et budgétaires, l’équité et les valeurs républicaines, la ges tion de l’environnement et se résument en l’insuffisante qualité de la gouvernance. 573 L’atteinte de l’objectif stratégique au niveau de la gouvernance passe inévitable ment par la consolidation de l’État de droit et la bonne gouvernance. L’impact général de cet objectif stratégique est une gouvernance inclusive, apaisée et effi cace en mouvement, porteuse d’effets sur l’amélioration du mode de gouver nance politique, l’efficacité des politiques publiques, la lutte contre la corruption et l’exercice effectif de la gouvernance locale. En vue d’atteindre cet objectif stra tégique, les objectifs spécifiques ci-après ont été définis : › consolider les acquis en matière de droits humains et de la démocratie ; › promouvoir une administration de développement ; › renforcer l’accès de tous à une justice indépendante, intègre et efficace ; › améliorer l’allocation et la gestion des ressources publiques ; › inverser la tendance d’aggravation de la corruption à tous les niveaux ; › préserver la paix et la sécurité communautaire. 574 Les effets attendus de la réalisation de ces objectifs sont : › la sécurité juridique et physique des personnes ainsi que les droits d’expression démocratique sont améliorés ; › les services de qualité sont offerts par l’administration publique pour accom pagner la dynamique de développement du pays ; › les communautés disposent de services sociaux de base et d’assainissement de qualité ; › les économies locales sont valorisées et dynamisées ; › les populations exercent leurs droits et devoirs dans un système judiciaire effi cace, accessible et crédible ; › les ressources publiques sont mieux orientées et utilisées vers les besoins prio ritaires de développement ; › la lutte contre la corruption est efficace ; › la protection des populations, des biens et le renforcement de la cohésion nationale sont assurés ; › l’efficacité des institutions est renforcée et la qualité des services publiques est améliorée. orientations stratégiques Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique « consolider les acquis en matière des droits humains et de la démocratie » 575 Cet objectif sera atteint grâce aux Orientations Stratégiques suivantes : i) l’amé lioration de la gouvernance politique ; ii) le renforcement de l’État de droit et des libertés individuelles et collectives ; iii) la modernisation du système d’état civil et iv) la Promotion des Organisations de la Société Civile (OSC). P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 188 189 Amélioration de la gouvernance politique 576 L’amélioration de la gouvernance politique permet le fonctionnement régulier des institutions de la République, la séparation des pouvoirs, la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles de l’État, nécessaires à l’amélioration de la gouvernance politique dans le pays, à l’apaisement du climat politique et à une alternance régulière au niveau des institutions de l’État. Sa mise en œuvre appelle des réformes institutionnelles et politiques qui ne seront possibles qu’avec l’adhésion de l’ensemble de la classe politique et des partenaires sociaux. Elle se fera à travers : i) la poursuite et la mise en œuvre des réformes politiques relatives aux Institutions de la République et ii) une réorganisation des systèmes électoral et partisan. Renforcement de l’État de droit, des libertés individuelles et collectives 577 La préservation des libertés individuelles et collectives d’association, d’expression, d’organisation et d’information garanties par la Constitution de décembre 1990 est indispensable au renforcement de l’État de droit. Le renforcement des libertés individuelles et collectives est indispensable à l’instauration d’une société démo cratique, à l’accès libre à l’information et à la participation de tous aux débats sur les questions d’intérêt national. Les acteurs qui y travaillent, à savoir les médias, les partis politiques et les associations, doivent évoluer dans un cadre juridique qui garantit la primauté au droit. 578 La mise en œuvre de cette orientation passe par : i) l’actualisation et les actions d’IEC sur les textes de lois, décrets et arrêtés organisant la jouissance desdits droits ; ii) l’indépendance d’une justice impartiale et iii) le renforcement de l’indépendance des institutions de contre-pouvoir ci-dessus examinées qui constitue une condi tion essentielle pour soutenir la mise en œuvre de cette orientation qui participe à l’atteinte de la cible 16.3 : « Promouvoir l’état de droit dans l’ordre interne et international et garantir à tous un égal accès à la justice » des ODD et à l’un des objectifs définis dans la Vision 2025 qui est d’enraciner la démocratie et d’amé liorer la gouvernance. Modernisation du système d’état civil 579 Les insuffisances du système de l’état civil sont essentiellement : i) la non-déclaration systématique des naissances et des décès ; ii) la faible modernité du système ; iii) le besoin de formation des acteurs ; iv) l’éloignement des chefs-lieux des centres prin cipaux d’état civil ; v) la non disponibilité et signature des registres d’enregistrement des faits d’état civil ; vi) la mauvaise tenue de ces registres lorsqu’ils sont disponibles ; vii) l’insuffisance du personnel et viii) une faible synergie entre les acteurs intervenant dans la gestion de l’état civil. Pour inverser cette situation et permettre au pays de pro fiter des TIC, du financement et de l’innovation, il faut : i) la mise en place d’un système d’état civil moderne, informatisé et interconnecté pour garantir une identité légale à chaque Béninois et une liste électorale fiable, gage d’une transparence des élections et l’atteinte de la cible 16.9 : « garantir à tous une identité juridique, notamment grâce à l’enregistrement des naissances » des ODD et ii) le renforcement des capacités des collectivités territoriales à sa gestion. Promotion des Organisations de la Société Civile (OSC) 580 L’insuffisance de ressources des OSC donne l’impression qu’elles sont inféodées aux PTF et aux lobbies politiques et financiers, ce qui rend difficile la démarcation entre leurs opinions et celles de leurs partenaires dans le rôle de veille et de contrôle de l’action publique. L’implication des OSC, notamment dans les questions de la veille citoyenne en vue de garantir une bonne gestion, la transparence, la reddition des comptes et le suivi de la mise en œuvre des projets et programmes de l’État, consti tue un impératif pour travailler dans un souci constant et soutenu d’amélioration de la gestion des ressources publiques et de l’amélioration du climat des affaires en vue d’attirer davantage des IDE et des investisseurs privés dans les secteurs porteurs et prioritairement l’agro-industrie et les services. 581 Ainsi, il est donc nécessaire de renforcer les mécanismes de redevabilité à tra vers : i) le renforcement de l’implication des OSC dans les activités de réédition de comptes pour contribuer à la bonne gestion des ressources publiques ; ii) le ren forcement des capacités des OSC pour la veille citoyenne sur les droits humains et la gestion des affaires publiques au plan national et local et iii) le renforcement de la communication sur la veille de développement. Cette orientation permet également d’atteindre la cible 16.7 « faire en sorte que le dynamisme, l’ouverture, la participation et la représentativité à tous les niveaux caractérisent la prise de décisions » des ODD. Orientations Stratégiques de l’Objectif Spécifique : « promouvoir une administration de développement » 582 L’administration béninoise reste caractérisée par l’insuffisante clarification des missions et des attributions, les lourdeurs administratives et judiciaires, la vétusté et la désuétude des textes législatifs et réglementaires, l’inexistence d’une gestion prévisionnelle effective des ressources humaines, la dégradation du cadre éthique et déontologique, une faible application de la gestion axée sur les résultats et les insuffisances en quantité et en qualité des ressources humaines. Pour réaliser l’ambition de transformer l’administration béninoise en une administration de développement, il conviendra d’opérationnaliser les choix stratégiques suivants : i) l’affermissement des options de la clarification des missions de l’État et ii) la mo dernisation des outils, procédures, et mécanisme de gestion de l’administration. Affermissement des options de la clarification des missions de l’État 583 Le processus de clarification et d’approfondissent des missions de l’État doit se pour suivre afin de supprimer les doublons dans les attributions et missions des structures de l’État. Cet effort continu de clarification passe par : i) la mise en synergie dans la prise en charge des attributions des structures, la formation continue et l’équipe ment en outils de travail moderne ; ii) la responsabilisation et la cohérence dans les interventions de l’État ; iii) la clarification du partage des fonctions et rôles entre l’État central et les collectivités territoriales (départements, communes) ; iv) la consolida tion du processus de transfert des ressources aux communes et v) l’adaptation des procédures financières au contexte de la décentralisation. P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 P la n N at io n al d e D év el op p em en t 20 18 2 02 5 188 189 Amélioration de la gouvernance politique 576 L’amélioration de la gouvernance politique permet le fonctionnement régulier des institutions de la République, la séparation des pouvoirs, la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles de l’État, nécessaires à l’amélioration de la gouvernance politique dans le pays, à l’apaisement du climat politique et à une alternance régulière au niveau des institutions de l’État. Sa mise en œuvre appelle des réformes institutionnelles et politiques qui ne seront possibles qu’avec l’adhésion de l’ensemble de la classe politique et des partenaires sociaux. Elle se fera à travers : i) la poursuite et la mise en œuvre des réformes politiques relatives aux Institutions de la République et ii) une réorganisation des systèmes électoral et partisan. Renforcement de l’État de droit, des libertés individuelles et collectives 577 La préservation des libertés individuelles et collectives d’association, d’expression, d’organisation et d’information garanties par la Constitution de décembre 1990 est indispensable au renforcement de l’État de droit. Le renforcement des libertés individuelles et collectives est indispensable à l’instauration d’une société démo cratique, à l’accès libre à l’information et à la participation de tous aux débats sur les questions d’intérêt national. Les acteurs qui y travaillent, à savoir les médias, les partis politiques et les associations, doivent évoluer dans un cadre juridique qui garantit la primauté au droit. 578 La mise en œuvre de cette orientation passe par : i) l’actualisation et les actions d’IEC sur les textes de lois, décrets et arrêtés organisant la jouissance desdits droits ; ii) l’indépendance d’une justice impartiale et iii) le renforcement de l’indépendance des institutions de contre-pouvoir ci-dessus examinées qui constitue une condi tion essentielle pour soutenir la mise en œuvre de cette orientation qui participe à l’atteinte de la cible 16.3 : « Promouvoir l’état de droit dans l’ordre interne et international et garantir à tous un égal accès à la justice » des ODD et à l’un des objectifs définis dans la Vision 2025 qui est d’enraciner la démocratie et d’amé liorer la gouvernance. Modernisation du système d’état civil 579 Les insuffisances du système de l’état civil sont essentiellement : i) la non-déclaration systématique des naissances et des décès ; ii) la faible modernité du système ; iii) le besoin de formation des acteurs ; iv) l’éloignement des chefs-lieux des centres prin cipaux d’état civil ; v) la non disponibilité et signature des registres d’enregistrement des faits d’état civil ; vi) la mauvaise tenue de ces registres lorsqu’ils sont disponibles ; vii) l’insuffisance du personnel et viii) une faible synergie ent

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