Rapport 2023 sur l'état de la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses (Juillet 2024)
文本截至 2026-09-28
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研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。
关于这部法律
- 类型
- 其他
- 编号
- Not a legal instrument: annual report required by Art. 66 of Loi n°028-2017/AN (repealed 2024).
- 颁布机构
- Ministère de l'Energie, des Mines et des Carrières - Brigade Nationale Anti-Fraude de l'or (BNAF).
- 国家
- 布基纳法索
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MINISTERE DE L’ENERGIE, BURKINA FASO DES MINES ET DES CARRIERES Unité–Progrès–Justice RAPPORT 2023 SUR L’ETAT DE LA FRAUDE EN MATIERE DE COMMERCIALISATION DE L’OR ET DES AUTRES SUBSTANCES PRECIEUSES Juillet 2024 1 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses i Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> TABLE DES MATIERES Table des matières TABLE DES MATIERES ............................................................................... LISTE DES ENCADRES, GRAPHIQUES ET TABLEAUX ......................................... ii SIGLES ET ABREVIATIONS ....................................................................... iii RÉSUMÉ EXÉCUTIF .................................................................................. v CONTEXTE ET JUSTIFICATION .................................................................... 1 PREMIERE PARTIE : LE DISPOSITIF NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA FRAUDE EN MATIERE DE COMMERCIALISATION DE L’OR ET DES AUTRES SUBSTANCES PRECIEUSES .......................................................................................... 2 I. Le cadre institutionnel et organisationnel ............................................................................... 2 I.1. Le cadre institutionnel..................................................................................................... 2 I.2. Le cadre organisationnel ................................................................................................. 7 II. Le cadre juridique .......................................................................................................................... 9 II.1. Les textes législatifs ........................................................................................................ 9 II.2. Les textes règlementaires ............................................................................................. 11 DEUXIEME PARTIE : L’ETAT DES LIEUX DE LA LUTTE CONTRE LA FRAUDE EN MATIERE DE COMMERCIALISATION DE L’OR ET DES AUTRES SUBSTANCES PRECIEUSES ...... 13 I. Les mécanismes de fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses ...................................................................................................................................... 13 I.1. Les fausses déclarations ................................................................................................. 13 I.2. La contrebande ............................................................................................................... 13 I.3. Le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme ....................................... 15 II. Les activités frauduleuses : typologie et cartographie ......................................................... 16 II.1. La typologie des activités frauduleuses ...................................................................... 16 II.2. La cartographie des zones à fortes activités frauduleuses ......................................... 19 III.Les méthodes de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses .................................................................................................................. 20 III.1. Les méthodes non coercitives .................................................................................... 21 1 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses III.2. Les méthodes coercitives ............................................................................................ 23 TROISIEME PARTIE : LES PERSPECTIVES ...................................................... 27 I. La mise en œuvre du nouveau code minier ............................................................................ 27
II. La mise en œuvre de la SNLFO-BC/FT 2024-2028................................................................... 28 III.Les réformes opérationnelles de la BNAF .......................................................................................................................................................... 29 III.1. Les réformes liées à l’adoption du nouveau Code minier ........................................ 29 III.2. La mise en place du fonds de lutte contre la fraude de la BNAF ............................. 29 III.3. La mise en exploitation de l’application de participation populaire à la lutte : « Alertebnaf » ................................................................................................................... 30 CONCLUSION ...................................................................................... 31 i Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses LISTE DES ENCADRES, GRAPHIQUES ET TABLEAUX Liste des Encadrés Encadré n° 1 : les infractions relevant des pôles judiciaires spécialisés P. 04 Encadré n° 2 : les infractions relevant des pôles judiciaires spécialisés p. 05 Encadré n° 3 : la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances P. 09 précieuses Encadré n° 4 : quelques exemples de contrebandes constatées au cours de P. 14 l’année 2023 Encadré n° 5 : Règlement transactionnel de l’Affaire dite du « Charbon fin » P. 25 Liste des Graphiques Graphique 1 : situation des dossiers contentieux entre 2020 et 2023 P. 16 Graphique 2 : répartition typologique des infractions de fraude à la P. 17 commercialisation de l’or en 2023 Graphique 3 : répartition des zones à forte activités frauduleuses en 2023 P. 19 Graphique 4 : répartition des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or P. 26 suivant les modes de règlement Liste des Tableaux Tableau n° 1 : synthèse des activités de suivi-contrôle réalisées en 2023 P. 21 Tableau n° 2 : synthèse des principales activités de renforcement de capacités en P. 22 2023 Tableau n° 3 : synthèse des opérations de contrôles réalisés en 2023 P. 24 Tableau n° 4 : état récapitulatif des saisies et confiscations en 2023 P. 26 ii Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses SIGLES ET ABREVIATIONS ANEEMAS : Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi mécanisées AEA : Autorisation d’exploitation artisanale ABNORM : Agence burkinabè de la normalisation, de la qualité et de la métrologie ANR : Agence nationale du renseignement AJE : Agent judicaire de l’Etat AGC : Artisanal Gold Council AFEMIB : Association des femmes du secteur minier du Burkina Faso AFOB : Association des femmes orpailleuses du Burkina AJM : Association des journalistes miniers APBEF-BF : Association des professionnels de banques et établissements financiers du Burkina Faso ARM : Association pour une mine responsable APSFD : Association Professionnelle des Systèmes financiers décentralisés ALT : Assemblée législative de transition ASC : Autorité de supervision et de contrôle BC : Blanchiment de capitaux BC/FT : Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme BCLCC : Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité BMCRF : Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes BNAF : Brigade nationale anti-fraude de l’or BSIAT : Brigade spéciale des investigations anti-terroristes et de lutte contre la criminalité transnationale organisée BUMIGEB : Bureau des mines et de la géologie du Burkina CENTIF : Cellule nationale de traitement des informations financières CBMGC : Chambre Burkinabè, des Mines, de la Géologie et des Carrières CCOMB : Chambre des Comptoirs d'or et des métaux précieux du Burkina CMB : Chambre des mines du Burkina CNT : Conseil national de la transition CNLF : Coordination nationale de lutte contre la fraude CONAPEM : Corporation Nationale des Artisans et Exploitants de Petites Mines du Burkina DGD : Direction générale des douanes DGEF : Direction générale des eaux et forêts DGI : Direction générale des impôts DGMG : Direction générale des mines et de la géologie DGCM : Direction générale du cadastre minier DGTCP : Direction générale du trésor et de la comptabilité publique EAU : Emirats Arabes Unis
iii Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses EPNFD : Entreprises et Professions Non Financières Désignés ENR : Évaluation nationale des risques (ENR) FAMAB : Fédération des associations des miniers artisanaux du Burkina FT : Financement du terrorisme FDS : Forces de défense et de sécurité FCFA : Franc de la communauté française en Afrique GAT : Groupes armés terroristes ITIE : Initiative pour la transparence dans les industries extractives IDEM : Inspection de l’énergie et des mines LBC/FT : Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme MATDS : Ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité MINEFID : Ministère de l’économie, des finances et du développement MEFP : Ministère de l’Economie, des finances et de la Prospective MEEVC : Ministère de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique MJDHRI : Ministère de la Justice et des droits humains, chargé des relations avec les institutions, garde des sceaux MEMC : Ministère de l'énergie, des mines et des carrières MCIA : Ministère du commerce, de l’industrie et de l’artisanat MDICAPME : Ministère du développement industriel, du commerce, de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises ONASSIM : Office national de sécurisation des sites miniers ORCADE : Organisation pour le renforcement des capacités de développement OSC : Organisations socio-professionnelles de la société civile PS : Perception spécialisée PESM : Permis d’exploitation semi-mécanisée de substances de mines PS-TIA : Politique sectorielle transformations industrielles et artisanales SONASP : Société nationale des substances précieuses SNLFO- : Stratégie nationale de lutte contre la fraude de l’or et des autres substances précieuses, BC/FT le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur des mines SP/GU-CI : Secrétariat permanent du guichet unique du commerce et de l’investissement SYNEMAB : Syndicat national des exploitants miniers artisanaux du Burkina TVA : Taxe sur la valeur ajoutée UNAAMB : Union nationale des associations des artisans miniers du Burkina iv Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses RÉSUMÉ EXÉCUTIF A l’instar des précédents rapports sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses (Rapport 2018, Rapport consolidé 2018-2020 et Rapport consolidé 2021-2022), le rapport 2023 met en lumière le fait que les produits miniers font l’objet de fraude. Cette fraude est surtout imputable aux acteurs intervenant dans la chaîne d’exploitation et de commercialisation de l’or, qui emploient des techniques diversifiées pour se soustraire à la règlementation dans une optique de maximisation de leurs profits. Les techniques de fraude les plus usitées par les fraudeurs en 2023 sont entre autres, les fausses déclarations, la contrebande et le blanchiment d’argent. Au cours de l’année 2023, la BNAF a enregistré trente-neuf (39) affaires de fraude à la commercialisation de l’or, en hausse par rapport à 2022 (28 affaires), 2021 (34 affaires) et 2020 (35 affaires).
La cartographie des activités frauduleuses dressée par la BNAF révèle que 43% des infractions à l’organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso sont liées à l’achat et à la vente de l’or sans agrément, carte d’artisan minier ou d’acheteur valide ; 27% à l’utilisation de matériels de pesée non conformes ou non certifiés par les services de la qualité et de la métrologie ou tout autre structure administrative habilitée ; 9% à la non- tenue à jour des registres règlementaires de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ; 9% à l’absence de registres règlementaires de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ; 9% à la possession, la détention et le transport de l’or sans agrément, carte d’artisan minier ou d’acheteur valide et 3% à l’exploitation artisanale de l’or sans autorisation. Les zones géographiques du pays à forte activités de fraude à la commercialisation de l’or sont par ordre d’importance décroissant : les régions du Centre, du Centre-Ouest, de la Boucle du Mouhoun, du Sud-Ouest, du Centre-Est, du Centre-Nord, de l’Est et des Hauts-Bassins. L’activité de la BNAF sur l’ensemble du territoire national en 2023 a permis : la saisie de cent soixante-douze virgule sept cent quatre-vingt-cinq (172,785) Kg de faux lingots d’or utilisés dans les actes d’escroquerie portant sur des transactions illégales d’or ; la saisie de dix virgule zéro soixante-seize (10,076) kg d’or (réinjectée dans le circuit légal) et le recouvrement de plus de neuf milliards six cent vingt millions (9 620 000 00) FCFA au profit du Trésor public au titre des amendes. v Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses Les perspectives de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or sont en relation avec la mise en œuvre : (i) des réformes liées aux orientations du nouveau Code minier, (ii) de la Stratégie nationale de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur des mines (SNLFO-BC/FT) 2024- 2028 et (iii) des réformes opérationnelles de la BNAF à travers notamment l’adoption de nouveaux textes régissant son fonctionnement et la mise en exploitation de l’application de participation populaire à la lutte dénommée « Alertebnaf ». vi Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF) – Ouagadougou/Kamsonghin – Tel. 25 41 90 69 <!-- page break --> CONTEXTE ET JUSTIFICATION L’élaboration d’un rapport annuel sur l'état de la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses est une obligation prescrite à l’Administration des mines par la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso (article 66). Quatrième du genre, élaboré suivant une démarche participative et itérative sous la houlette de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), le présent rapport a été élaboré sur la base de données issues des structures impliquées dans la lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Il s’agit des données issues des structures centrales et rattachées du Ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières (BNAF, DGMG, SONASP, BUMIGEB) ainsi que des représentants d’autres structures habilitées à lutter contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses (DGD et les unités de police judiciaire de la gendarmerie et de la police nationale). Le projet de « Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses » élaboré par l’équipe de la BNAF à partir des données communiquées par ces structures leur a été soumis aux fins de recueillir leurs observations et amendements. La prise en compte de ces observations et amendements a permis de disposer d’un nouveau projet de Rapport 2023 sur l’état de la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Sa validation qui a mobilisé l’ensemble des acteurs concernés est intervenue lors d’un atelier qui s’est tenu le 31 juillet 2024 au Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB).
Ce rapport capitalise les activités réalisées au cours de l’année 2023 par la BNAF et les autres structures habilitées à lutter contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Elles concernent les activités se rapportant à la prévention de la fraude, la recherche, la poursuite et la répression des infractions à la législation sur la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Il est structuré en trois parties ainsi qu’il suit : - le dispositif national de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses (première partie) ; - l’état des lieux de la lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses (deuxième partie) ; - les perspectives de renforcement de la lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses (troisième partie). 1 <!-- page break --> PREMIERE PARTIE : LE DISPOSITIF NATIONAL DE LUTTE CONTRE LA FRAUDE EN MATIERE DE COMMERCIALISATION DE L’OR ET DES AUTRES SUBSTANCES PRECIEUSES Cette partie présente et analyse les cadres institutionnel, organisationnel (I) et juridique (II), des activités de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. I. Le cadre institutionnel et organisationnel Le cadre institutionnel et organisationnel des ministères impliqués dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses est défini par le décret portant organisation, attributions, composition et fonctionnement de la Brigade nationale anti-fraude de l'or1 (BNAF). Aux termes des dispositions de ce décret (article 12), il s’agit des ministères en charge des mines, de l'économie et des finances, du commerce, de la sécurité, de la défense nationale, de l'environnement et de la justice, dont les représentants animent le fonctionnement de la BNAF. Le cadre institutionnel et organisationnel se rapporte aussi à la coordination, par la BNAF, de toutes les activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses initiées au niveau des autres structures de contrôle et de répression habilitées (article 20 cité ci-dessus). I.1. Le cadre institutionnel Le cadre institutionnel de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances comprend des acteurs publics, privés et des organisations de la société civile. 1.1.1. Les acteurs publics Les structures techniques, centrales ou rattachées des départements ministériels mentionnés ci-dessous sont les principaux acteurs publics impliqués dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. 1 Il s’agit du décret n°2018-0967/PRES/PM/MMC/MSECU/MDNAC/MJDHPC/MINEFID/MCIA/MEEVCC du 24 octobre 2018 portant organisation, attributions, composition et fonctionnement de la Brigade nationale anti-fraude de l'or (BNAF). 2 <!-- page break --> ▪ Le Ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières (MEMC) Le Ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières (MEMC) intervient dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses à travers plusieurs structures. Au sein de ces structures, la BNAF joue un rôle de premier plan en raison des attributions qui lui ont été conférées par la loi N° 028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses au Burkina Faso et le décret n°2018- 0967/PRES/PM/MMC/MSECU/MDNAC/MJDHPC/MINEFID/MCIA/MEEVCC du 24 octobre 2018 portant organisation, attributions, composition et fonctionnement de BNAF. En effet, aux termes des dispositions de cette loi (article 39), la BNAF est la structure de référence au plan national, qui coordonne les activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. Elle a pour mission la recherche et la constatation des infractions relatives à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses.
Outre la BNAF, les autres acteurs du MEMC qui sont impliqués dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses sont principalement ceux intervenant dans : (i) la réglementation du secteur minier (Direction Générale des Mines et de la Géologie, Direction Générale du Cadastre Minier, Inspection de l'Energie et des Mines) ; (ii) la régulation de la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses (Société Nationale des Substances Précieuses) ; (iii) l'encadrement des exploitants et des exploitations minières (Direction Générale des Mines et de la Géologie) , et (iv) l'inspection, le suivi- contrôle des activités minières (Inspection de l'Energie et des Mines ; Direction Générale des Mines et de la Géologie). ▪ Le Ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective (MEFP) Le Ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospectives (MEFP contribue à la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses à travers ses structures dont les missions comprennent : (i) la recherche, la constatation et la répression des infractions douanières (Direction Générale des Douanes); (ii) la lutte contre toutes sortes de trafics illicites (Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude); (iii) la conduite d'enquêtes, de recherches et de contrôles en matière fiscale (Direction Générale des Impôts); (iv) la défense des intérêts de l'État devant les juridictions en matière d'infractions liées à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses (Agent Judiciaire de l'État) et (v) la réception de déclarations de soupçons, l'analyse et le traitement des renseignements financiers susceptibles de se rapporter au blanchiment d'argent et au financement du terrorisme (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières). 3 <!-- page break --> ▪ Le Ministère du Développement Industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes Entreprises (MDICAPME) Les structures du MDICAPME contribuant à la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses interviennent dans : (i) la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) d’or (Secrétariat permanent du guichet unique du commerce et de l'investissement) ; (ii) la répression des fraudes (Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes) ; (iii) l’étalonnage et le raccordement au Système international d’unités des instruments de mesures, notamment les matériels utilisés pour les pesées de l’or (Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité). ▪ Le Ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions (MJDHRI) Dans ce département, les acteurs de premier plan intervenant dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses sont les pôles judiciaires spécialisés dans la répression des infractions économiques et financières et de la criminalité organisée, ainsi que les juridictions de droit commun où n’existent pas de tels pôles judiciaires spécialisés. Leurs attributions en la matière sont précisées par la loi n° 005-2019/AN du 19 janvier 2019 portant création, organisation et fonctionnement des pôles judiciaires spécialisés dans la répression des infractions économiques et financières et de la criminalité organisée (voir Encadrés n°1 et n°2). Encadré n° 1 : les infractions relevant des pôles judiciaires spécialisés Relèvent de la compétence des pôles judiciaires spécialisés des tribunaux de grande instance Ouaga I et de Bobo-Dioulasso, lorsqu’elles présentent l’un des caractères de très grande complexité, les infractions suivantes : 1. la corruption et les autres infractions assimilées ; 2. le blanchiment de capitaux ; 3. l’enrichissement illicite ; 4. l’escroquerie ; 5. l’abus de confiance ; 6. les infractions liées à la fausse monnaie ; 7. la fraude en matière de commercialisation de l'or et tous les autres métaux précieux ; 8. l’ingérence des agents et des officiers publics dans les affaires de commerce, telles que ces infractions sont définies dans le code pénal ; 9. la traite des personnes et pratiques assimilées, y compris le trafic de migrants ; 10. les infractions relatives à la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants ; 11. les infractions de trafic illicite d’objets, d’espèces protégées, de médicaments et d’organes humains ;
4 <!-- page break --> 12. le recel du produit des infractions citées ci-dessus. Source : article 4 alinéa 1 de la loi n° 005-2019/AN du 19 janvier 2019 portant création, organisation et fonctionnement des pôles judiciaires spécialisés dans la répression des infractions économiques et financières et de la criminalité organisée. Encadré n° 2 : les infractions relevant des pôles judiciaires spécialisés Relèvent aussi de la compétence des mêmes juridictions, les infractions de très grande complexité commises dans les domaines suivants : 1. le droit commercial et droit des sociétés ; 2. le droit de la concurrence ; 3. le droit fiscal et douanier ; 4. le droit des marchés publics ; 5. le droit bancaire ; 6. le droit des marchés financiers ; 7. la règlementation minière ; 8. la règlementation en matière de faune et de forêts ; 9. la règlementation en matière de médicaments ; 10. la règlementation en matière d’arts ; 11. la règlementation en matière d’armes, de munitions, d’explosifs et de matériels connexes ; 12. la règlementation en matière de stupéfiants, de produits psychotropes et précurseurs ; 13. la propriété intellectuelle. Source : article 4 alinéa 2 de la loi n° 005-2019/AN du 19 janvier 2019 portant création, organisation et fonctionnement des pôles judiciaires spécialisés dans la répression des infractions économiques et financières et de la criminalité organisée. ▪ Les autres structures de lutte Au niveau du Ministère en charge de l’Environnement, la Direction générale des eaux et forêts (DGEF) et ses services déconcentrés interviennent pour protéger les forêts et les aires protégées contre l’exploitation minière illégale. Au niveau du Ministère en charge de la Sécurité, l'Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) est chargé entre autres : (i) d’assurer la sécurité des sites miniers et des activités minières sur l'ensemble du territoire national, (ii) de contribuer à l'assèchement des sources d'approvisionnement des groupes armés terroristes dans le secteur minier et des carrières et (iii) de lutte contre la fraude de l'or et des autres métaux précieux dans le secteur minier et des carrières. Par ailleurs, les unités de police judiciaire de la Police et de la Gendarmerie nationales qui relèvent respectivement du Ministère en charge de la sécurité et de celui en charge de la Défense sont habilités à constater les infractions de fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses, conformément aux dispositions (article 55) de la loi n°028- 2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso. 5 <!-- page break --> La Brigade spéciale des investigations anti-terroristes et de lutte contre la criminalité transnationale organisée (BSIAT) et l'Agence nationale du renseignement (ANR) apportent également leurs concours dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Enfin, le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (SP/ITIE) et la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) sont d’autres acteurs publics avec lesquels la BNAF entretient des relations fonctionnelles dans le cadre de la contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. 1.1.2. Les acteurs privés et les organisations de la société civile Au titre des acteurs privés avec lesquels la BNAF entretient des relations fonctionnelles dans le cadre de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or, peuvent être cités : - la Chambre des Mines du Burkina (CMB) ; - l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Burkina Faso (APBEF-BF) ; - l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés (APSFD) ; - la Chambre des Comptoirs d'Or et des Métaux précieux du Burkina (CCOMB) ; - la Corporation Nationale des Artisans et Exploitants de Petites Mines du Burkina (CONAPEM) ; - la Fédération des Associations des Miniers Artisanaux du Burkina (FAMAB) ; - la Chambre Burkinabè des Mines, de la Géologie et des Carrières (CBMGC) ; - l’Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE) ; - l’Alliance pour une Mine Responsable (ARM) ; - Artisanal Gold Council (AGC) ; - l’Association des Femmes du secteur Minier du Burkina Faso (AFEMIB) ; - le Syndicat National des Exploitants Miniers Artisanaux du Burkina (SYNEMAB) ; - l’Union Nationale des Associations des Artisans Miniers du Burkina (UNAAMB) ; - l’Association des Femmes Orpailleuses du Burkina (AFOB) ; - le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (RENLAC). Cette diversité des acteurs institutionnels impliqués dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses est un indicateur de la volonté des plus hautes autorités du pays à éradiquer ce fléau.
6 <!-- page break --> I.2. Le cadre organisationnel Le cadre organisationnel de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses définit par la loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017 qui fait de la BNAF l’organisation de coordination nationale de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or qui entretient des relations fonctionnelles avec des personnes et structures habilitées par cette même loi à participer à la lutte. ▪ La Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) La loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017 consacre la BNAF comme la structure de référence sur le plan national, qui coordonne les activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses (article 39). Ce titre, elle a pour mission, la recherche, la constatation et la poursuite des infractions en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. Dans cette perspective, elle a tout pouvoir d'investigation, d'information, de constatation et de poursuite des infractions relatives à l’organisation de la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. Pour ce faire, la qualité d’officier de police judiciaire (OPJ) est conférée à ses membres. Ceux- ci sont au nombre de douze (12) et se répartissent comme suit : - deux (2) membres représentant le ministère en charge des mines ; - un (1) magistrat représentant le ministère en charge de la justice ; - trois (3) membres représentant le ministère en charge des finances dont 2 de la Direction générale des douanes et 1 de la Direction générale des impôts ; - un (1) membre représentant le ministère en charge du commerce ; - un (1) membre représentant le ministère en charge de l'environnement ; - deux (2) membres représentant le ministère en charge de la sécurité ; - deux (2) membres représentant le ministère en charge de la défense. La BNAF est rattachée au Cabinet du Ministre chargé des mines et dirigée par un Directeur général ayant rang de Conseiller technique. Outre sa mission première de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or, la BNAF assume la fonction d’Autorité de Supervision et de Contrôle (ASC2) des assujettis du secteur des « Commerce des pierres et métaux précieux », conformément aux dispositions du décret 2 Article 4 du décret n° 2023-1308/PRES-TRANS/PM/PEFP/MATDS/MJDHRI du 6 octobre 2023 portant désignation et attributions des autorités de supervision et de contrôle des personnes assujetties du secteur non financier en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, création d’une Autorité nationale de sanctions et de sanctions applicables 7 <!-- page break --> n°2023-1308/PRES-TRANS/PM/MEFP/MATDS/ MJDHRI du 06 octobre 2023 portant désignation et attribution des autorités de supervision et de contrôle des personnes assujetties du secteur non financier en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, et le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive, création d'une Autorité nationale de sanctions et sanctions applicables. À ce titre, elle veille au respect par les assujettis du secteur des « Commerce des pierres et métaux précieux » de leurs obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). ▪ Les relations fonctionnelles de la BNAF avec les personnes et structures habilitées par la loi Dans le cadre de l’accomplissement de ses missions de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses, la BNAF entretient des relations fonctionnelles avec des personnes et structures habilitées par la loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017. Ses relations fonctionnelles se structurent autour : du partage d’informations et de renseignements sur les acteurs miniers, de la transmission de procédures relatives aux cas de fraude constatés par les personnes et structures habilitées, la communication d’informations sur des personnes soupçonnées de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
▪ Les relations fonctionnelles de la BNAF avec les acteurs du secteur privé et les organisations professionnelles de la société civile Les acteurs du secteur privé et de la société civile jouent un rôle important dans la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. Ils contribuent notamment à travers la sensibilisation des populations et l’incitation à la dénonciation des actes de fraude des produits miniers ainsi que la corruption dans le secteur minier. Le cadre organisationnel de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses souffre de faiblesses au nombre desquelles les suivantes : - la faible synergie d’actions des différents acteurs de lutte qui ne favorise pas les échanges d'informations et le partage d'expériences ; - la faible capacité opérationnelle de la structure de coordination ; - la faible appropriation de la réglementation par tous les acteurs impliqués dans la lutte. 8 <!-- page break --> II. Le cadre juridique Le corpus juridique de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses est constitué de textes législatifs et règlementaires. II.1. Les textes législatifs La loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso est le principal texte répressif de la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Il est complété par d’autres textes législatifs dont : la loi n° 040-2019/AN du 29 mai 2019 portant Code de procédure pénale (articles 241-1 ; 251-2 ; 515-1,2.12 ; 261-3 ; 261-97 et 261-98) ; la loi n°016-2016/AN du 03 mai 2016 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. ▪ La loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso Il y est précisé que la fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses est une infraction à ses dispositions (article 32). Elle définit par la suite : les différents cas de fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses (article 33 repris dans l’encadré n°4) et les sanctions prévues (articles 34 à 37). Encadré n°3 : la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses Par fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses on entend : - la possession, la détention, le transport ou la transformation de l'or et des autres substances précieuses, sans permis ou autorisation d'exploitation, agrément, carte d'artisan ou d'acheteur valide ; - l'achat, la vente, l'échange ou l'exportation de l'or et des autres substances précieuses sans agrément, carte d'artisan ou d'acheteur valide -ou en violation de la règlementation ; - les tentatives d'achat, de vente, d'échange ou d'exportation de l'or et des autres substances précieuses sans agrément valide, carte d'artisan valide ou d'acheteur ou en violation de la règlementation ; - la vente ou la tentative de vente par les producteurs artisanaux d'or et d'autres substances précieuses de production artisanale à des personnes autres que les détenteurs de l’autorisation d'exploitation artisanale ou la structure nationale en charge de l'encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées ; - la vente ou la tentative de vente par les détenteurs d'autorisation d'exploitation artisanale à des personnes autres que les comptoirs d'achat ou la structure nationale en charge de l'encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées ; 9 <!-- page break --> - l'importation ou la tentative d'importation de l'or ou des autres substances précieuses sans déclaration ; - l’exportation ou la tentative d’exportation de l'or ou des autres substances précieuses sans déclaration ; - l'utilisation de manœuvres frauduleuses tendant à faire passer d’autres substances minérales pour de l'or d'autres substances précieuses dans les transactions portant sur l'or ; - la tromperie sur la qualité et la quantité de l'or ou des autres substances précieuses dans toutes transactions portant sur l'or et les autres substances précieuses ; - l'usage de matériel de pesée truqué, de faux ou de documents administratifs ou privés falsifiés dans le cadre de la possession, la détention, la transformation, du transport ou dans toutes transactions portant sur l'or et des autres substances précieuses ; - l’utilisation de matériel de pesée non conforme ou non certifié par les services de la qualité et de la métrologie, ou toute autre structure administrative habilitée ; - la coulée, la pesée, le colisage de l'or et des autres substances précieuses produits industriellement en l'absence des représentants de l'administration ; - l'absence, la non-tenue à jour ou la mauvaise tenue de registres réglementaires ; - le non-respect de la règlementation douanière et fiscale, des dispositions relatives aux relations financières du Burkina Faso avec l'étranger, à l'organisation de la concurrence au Burkina Faso et au commerce extérieur lors des activités de transport et de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses ; - la non-présentation des documents règlementaires justificatifs à la demande ou lors d'une interpellation par les membres de la Brigade nationale anti-fraude de l'or ou par toute autre personne habilitée par la règlementation en vigueur en matière de commercialisation de l'or et des autres substances précieuses. Source : article 33 de la loi n° 028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso.
▪ La loi n° 040-2019/AN du 29 mai 2019 portant Code de procédure pénale Les dispositions pertinentes de la loi n°040-2019/AN du 29 mai 2019 portant Code de procédure pénale relative à la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or sont celles relatives à : l’exercice de l’activité de police judiciaire (article 241-1) ; la procédure à suivre par l’officier de police judiciaire en cas de flagrance (article 251-2) ; la précision que la procédure applicable à l'enquête, à la poursuite, à l'instruction et au jugement des infractions en matière de fraude de l’or et des autres substances précieuses prévues par la loi n°028- 2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso relève des pôles judiciaires spécialisés (article 515-1, 2.12) ; l’instruction à charge et à décharge par le juge d’instruction (article 261-3) avec le pouvoir à lui reconnu de requérir par commission rogatoire tout officier de police judiciaire pour procéder aux actes d’information qu'il estime nécessaires dans les lieux soumis à la juridiction de celui-ci (article 261-97) dans des limites d’attributions précises (article 261-98). 10 <!-- page break --> ▪ La loi n°016-2016/AN du 03 mai 2016 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ; La loi n°026-2006/AN du 28 novembre 2006 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux au Burkina Faso définit : les infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme (LBC/FT) ; les autorités compétentes investies de la mission d'exercer l'action publique en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme (LBC/FT) ; les personnes assujetties aux obligations de LBC/FT. Elle précise aussi les attributions des autorités compétentes relatives à la prise de mesures appropriées pour identifier, évaluer, comprendre et atténuer les risques de LBC/FT auxquels le Burkina Faso est exposé. II.2. Les textes règlementaires Le cadre législatif de la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses et complété par des textes règlementaires. Les principaux textes règlementaires sont : o le décret N° 2018-0967 /PRES /PM /MMC /MSECU /MDNAC /MJDHPC /MINEFID /MCIA /MEEVCC du 24/10/2018 portant organisation, attributions, composition et fonctionnement de la BNAF ; o le décret N° 2018-0968/PRES/PM/MMC du 24/10/2018 portant statut des membres de la BNAF ; o le décret N° 2018-969/PRES/PM/MMC/MINEFID/MCIA du 24/10/2018 portant détermination des quantités maximales d’or brut et des autres substances précieuses autorisés en possession ou en détention ; o le décret N° 2018-0970/PRES/PM/MMC/MINEFID du 24/10/2018 portant conditions de coulée, de pesée et de colisage de l’or produit industriellement et du contrôle de la quantité et de la qualité de l’or et des autres substances précieuses ; o l’arrêté N° 2018-023/MMC/CAB/BNAF du 09 février 2018 portant délégation de pouvoir en matière de transaction ; o l’arrêté N°2018-236/MMC/SG du 12 novembre 2018 portant fixation du contenu des registres de production, d’achat, de vente et d’exportation d’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso ; o l’arrêté conjoint N° 2019-003/MMC/MINEFID du 26/03/2019 portant conditions de vente de l’or et des autres substances précieuses saisis ; 11 <!-- page break --> o le décret N° 2017-0036/PRES/PM/MEMC/MATDSI/MINEFID/MEEVCC/MCIA du 26/01/2017 portant gestion des titres miniers et autorisations ; o le décret N° 2018-0249/PRES/PM/MINEFID/MCIA du 29/03/2018 portant condition d’octroi et de renouvellement d’agrément pour la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses de production artisanale et semi-mécanisée. 12 <!-- page break --> DEUXIEME PARTIE : L’ETAT DES LIEUX DE LA LUTTE CONTRE LA FRAUDE EN MATIERE DE COMMERCIALISATION DE L’OR ET DES AUTRES SUBSTANCES PRECIEUSES
L’état des lieux de la lutte contre fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses est analysé à l’aune des mécanismes de fraude développés par les acteurs de leur chaine de commercialisation, des cas de fraude enregistrés en 2023 et des méthodes de lutte usitées. I. Les mécanismes de fraude à la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses La fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses renvoie, entre autres, au fait que des acteurs de la chaine d’exploitation et de commercialisation usent de manœuvres diverses pour se soustraire à la règlementation dans l’optique de maximiser leurs profits. Les techniques de fraude les plus rencontrées en 2023 sont, entre autres, les fausses déclarations, la contrebande et le blanchiment de capitaux. I.1. Les fausses déclarations La fausse déclaration est le fait, pour les acteurs de la chaîne de commercialisation, de donner délibérément des informations incorrectes ou incomplètes sur la quantité ou la qualité de l’or aux services de contrôle, dans le but notamment d’en dissimuler une partie, de minorer les droits, taxes, redevances, royalties y afférents. Ces manœuvres dolosives sont fréquentes au niveau des comptoir d’achat et de vente d’or où certains responsables n’enregistrent pas volontairement toutes les quantités d’or achetées, et/ou vendues aussi bien au Burkina Faso qu’à l’étranger. I.2. La contrebande La contrebande dans la commercialisation de l’or est l’importation ou l’exportation clandestine de quantités d’or par le contournement des procédures et services institués à cet effet. Il s’agit d’un commerce frauduleux/illégal pratiqué en infraction à la loi sur la commercialisation de l’or. 13 <!-- page break --> Les données disponibles mettent en lumière le fait que ce sont les quantités d’or issues principalement de l’exploitation artisanale au Burkina Faso qui font l’objet de contrebande à destination des pays voisins, de l’Europe et des pays arabes. En effet, avant d’être exportées, les quantités d’or de production artisanale sont d’abord collectées (achetés) auprès des artisans miniers sur les sites d’exploitation. Elles sont ensuite évaluées (estimation du titre de l’or encore appelé « carat ») dans les bureaux illégaux d’achat et de vente d’or situés dans certains centres urbains du pays et, enfin, acheminées clandestinement dans les capitales des pays voisins (particulièrement à Lomé au Togo et à Bamako au Mali) à destination de l’Europe et des pays arabes. Les cas de contrebande d’or sont légion et l’encadré n° 5 ci-dessous illustre quelques exemples de constatations faites au cours de l’année 2023 dont les procédures ont été, soit initiées par la BNAF, soit transmises à elle par les structures habilitées. Encadré n° 4 : quelques exemples de contrebande constatées au cours de l’année 2023 Exemple n° 1 : Des poursuites ont été initiées contre des contrebandiers d’or à la suite d’activités illicites en matière de commercialisation d’or décelées par la BNAF et estimé à trois mille cinq cent (3.500) grammes au cours de l’année 2023. Exemple n° 2 : En décembre 2023, le Bureau principal des douanes de Koloko a procédé à l’interpellation d’un contrebandier à bord d’une compagnie de transport en commun à destination du Mali. Il a alors été saisi entre les mains de celui-ci, cinquante-deux (52) lingots d’or d’environ cinq mille (5.000) grammes. Exemple n° 3 : En décembre 2023, la Brigade mobile des douanes de Koudougou a intercepté un contrebandier en possession de vingt (20) lingots estimés à mille cinquante (1050) grammes d’or à destination du Bénin. Exemple n° 4 : En mai 2023, la Brigade territoriale de gendarmerie de Koudougou a saisi cinq (05) lingots d’or d’un poids total de mille cent vingt-trois (1 123) grammes dissimulés dans un sac porté au dos par un contrebandier.
Exemple n° 5 : Le Commissariat central de police de Ouagadougou et le Commissariat de district de Pouytenga dans le Kouritenga ont respectivement saisi trois cent (300) grammes et quatre cent (400) grammes d’or au cours d’opérations de sécurisation et de contrôle. Source : BNAF 14 <!-- page break --> I.3. Le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme Le blanchiment de capitaux est une activité illégale qui consiste à dissimuler l'origine illicite des fonds afin de les réintégrer dans l'économie légale. Au Burkina Faso, le domaine de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses n’échappe pas à cette forme de criminalité. Ainsi, le Rapport de l’Évaluation nationale des risques de BC/FT (ENR-2018) et le Rapport d’évaluation des risques de financement du terrorisme dans le sous-secteur de l’artisanat minier/orpaillage (2022) ont identifié le sous-secteur de l’exploitation artisanale de l’or comme un secteur particulièrement à risque en termes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (BC/FT). Les risques de blanchiment de capitaux (BC) sont alimentés entre autres par la sous-facturation des quantités exportées, l'utilisation de faux documents, la contrebande des produits miniers et le recours à des circuits financiers informels pour masquer les transactions. Quant aux menaces sectorielles de financement du terrorisme (FT), elles sont marquées entre autres par la coexistence entre Groupes armés terroristes (GAT) et acteurs miniers sur les sites miniers artisanaux, la prise de contrôle totale des opérations minières, les extorsions et les attaques avec des armes de guerre suivies de pillage des biens et vandalisme sur les sites aurifères par les GAT. La BNAF a intensifié ses efforts pour détecter et réprimer le blanchiment de capitaux, en collaboration avec d'autres institutions nationales (CENTIF et juridictions). Du reste, depuis 2022 elle mène des contrôles sur les assujettis relevant de son ressort en vue de s’assurer de la mise en œuvre des obligations qui leur incombent en matière de LBC/FT. La réalisation de ces contrôles peut donner lieu à la transmission d’informations à la CENTIF. Cependant, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme reste entravée par des défis logistiques et financiers. La mise en place de systèmes de traçabilité efficaces et l'amélioration des capacités de surveillance sont essentielles pour contrer ce phénomène. Des initiatives telles que la désignation des autorités de supervision et de contrôle des assujettis du secteur non financier, la création d’une autorité nationale de sanctions et de sanctions applicables ont contribué à renforcer la lutte contre ces activités criminelles. 15 <!-- page break --> II. Les activités frauduleuses : typologie et cartographie Les dossiers de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ouverts par la BNAF en 2023 a permis de dresser une typologie des activités frauduleuses ainsi qu’une cartographie des zones à fortes activités frauduleuses. II.1. La typologie des activités frauduleuses La typologie des activités frauduleuses en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses a été dressée à partir de la récurrence des infractions constatées ou notifiées aux contrevenants. En moyenne, sur la période 2020-2023, la BNAF a ouvert trente-quatre 34 dossiers de fraude à la commercialisation de l’or ouverts par an, avec un pic de trente-neuf (39) dossiers ouverts en 2023. Le pic de trente-neuf (39) dossiers de fraude à la commercialisation de l’or enregistré en 2023 s’explique d’une part, par les efforts consentis par les structures habilitées dans la lutte opérationnelle ; et d’autre part, par la tenue des sessions d’information et de communication sur la règlementation relative à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses auprès des personnes et structures habilitées à lutter contre la fraude à la commercialisation de l’or. Le Graphique 1 indique la situation des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or entre 2020 et 2023.
Graphique 1 : Ssituation des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or entre 2020 et 2023 35 34 39 28 2020 2021 2022 2023 Source : BNAF 16 <!-- page break --> L’exploitation des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or ouverts en 2023 par la BNAF permet de dresser la typologie des activités frauduleuses suivant la nature des infractions constatées. Il en ressort que les types d’infraction de fraude à la commercialisation de l’or enregistré en 2023 sont les suivants : (i) l’achat et la vente de l’or sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide ; (ii) l’utilisation de matériel de pesée non conforme ou non certifié ; (iii) la possession, la détention, le transport de l’or, sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide ; (iv)l’absence et la non-tenue à jour de registres règlementaires. Plusieurs de ces infractions peuvent être enregistrées à l’occasion d’un seul cas de fraude à la commercialisation de l’or. Le Graphique 2 ci-après présente la typologie des infractions de fraude à la commercialisation de l’or enregistrées en 2023. Graphique 2 : répartition typologique des infractions de fraude à la commercialisation de l’or en 2023 Possession, détention et transport de l’or sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide Absence de registres règlementaires de commercialisation de l’or et des autres substances 3% 9% précieuses 9% 27% Non-tenue à jour de registres règlementaires de 9% commercialisation de l’or et des autres substances précieuses Achat et vente de l’or sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide 43% L’utilisation de matériel de pesée non conforme ou non certifié par les services de la qualité et de la métrologie, ou toute autre structure administrative habilitée Exploitation artisanale de l’or sans autorisation Source : BNAF 17 <!-- page break --> ▪ L’achat et la vente de l’or sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide L’achat et la vente de l’or sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide est l’infraction la plus commise avec quatorze (14) cas représentant 43% de l’ensemble des infractions enregistrées en 2023. Ce type d’infraction est commis par les acteurs (exploitants, collecteurs) de la chaîne de commercialisation de l’or de production artisanale dont un grand nombre exerce l’activité d’achat et de vente d’or sans aucune autorisation ou avec des documents qui ne sont plus valides. La faible organisation de ce segment de l’exploitation minière explique, en partie, l’importance de ces cas de fraude. ▪ L’utilisation de matériel de pesée non conforme ou non certifié L’utilisation de matériel de pesée non conforme ou non certifié est le second type d’infraction le plus rencontré avec neuf (09) cas de fraude représentant 27% de l’ensemble des infractions constatées en 2023. Pour ce type de fraude, les personnes incriminées affirment leur méconnaissance de la règlementation qui impose la certification du matériel de pesée par les services de la qualité et de la métrologie, ou toute autre structure administrative habilitée. Mais, les velléités d’augmenter les marges bénéficiaires conduisent aussi certains acteurs de la chaîne de commercialisation à ne pas faire certifier leurs balances. Dans tous ces cas, le matériel de pesée non certifié est saisi par la BNAF. ▪ L’absence et la non-tenue à jour de registres règlementaires Les cas de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses constitués de l’absence, la non-tenue à jour et la mauvaise tenue de registres règlementaires sont également courants. En 2023, la BNAF a enregistré trois (03) infractions pour absence de registres et trois (03) infractions pour non-tenue ou mauvaise tenue de registres règlementaires représentant 18% des dossiers connus au cours de cette année. Ces pratiques permettent aux contrevenants de dissimuler des quantités d’or écoulées dans les circuits frauduleux.
18 <!-- page break --> ▪ La possession, la détention, le transport de l’or, sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide A l’instar des précédents cas de fraude, la possession, la détention le transport de l’or, sans agrément, carte d'artisan ou d’acheteur valide a donné lieu à l’ouverture de dossiers de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Au cours de l’année 2023, trois (03) cas de ce type infraction ont été constatés soit 9% du total des infractions. II.2. La cartographie des zones à fortes activités frauduleuses L’analyse des données suivant les zones d’interpellation des contrevenants pour des faits de fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses a permis de mettre en relief les zones à forte activités frauduleuses au cours de l’année 2023. Le Graphique 3 illustre les zones géographiques à forte activités frauduleuses en 2023. Graphique 3 : Zones géographiques à fortes activités frauduleuses en 2023 6 5 5 5 5 4 3 3 2 1 1 1 1 1 0 0 0 0 0 0 Source : BNAF L’analyse spatiale de la commission des infractions de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses révèle que les régions du Centre, du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun sont les zones qui ont enregistré le plus grand nombre de cas de fraudes en 2023. Dans chacune de ces régions, cinq (05) infractions de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ont été constatées. Plusieurs facteurs expliquent le nombre élevé de dossiers d’infractions de fraude à la commercialisation de l’or dans ces régions. D’abord, ces régions constituent, entre autres, des 19 <!-- page break --> centres d’achat et de vente d’or, des centres de transit dans le processus de commercialisation de l’or. A titre illustratif, la ville de Ouagadougou accueille à elle seule, la majorité des comptoirs officiels d’achat et de vente d’or. Il en résulte que les grands acheteurs y mènent leurs activités d’achat et de vente d’or et y proposent la fourniture de services miniers (fonte, traitement de minerais, etc.). Ensuite, le Centre-Ouest est un carrefour pour les collecteurs d’or qui, soit désirent revenir dans la capitale ou continuer vers les sites aurifères (des régions du Centre-Sud, des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun), soit décident de faire sortir les produits miniers en leur possession par la contrebande à destination du Mali. Ainsi, le Centre- Ouest et la Boucle du Mouhoun constituent des zones de transit et de sortie des produits miniers par la contrebande. En outre, ces régions qui sont relativement moins touchées par les attaques terroristes offrent aux acteurs miniers, davantage de conditions pour exercer leurs activités. Enfin, les actions de communication et de sensibilisation menées en 2023 par la BNAF dans ces régions au profit des unités de police et de gendarmerie peuvent aussi expliquer le renforcement des actions de contrôle ayant permis l’atteinte des résultats présentés. Les régions qui viennent en tête des infractions de fraude sont suivies de la région du Sud- Ouest avec trois (03) cas de fraude ; les régions du Centre-Est, du Centre-Nord, de l’Est et des Hauts-Bassins avec chacune un (01) cas de fraude à la commercialisation de l’or. Malgré le recensement de plusieurs sites d’exploitation artisanale d’or dans les régions du Plateau Central, du Nord, des Cascades, du Centre-Sud et du Sahel et l’intensité des activités qui y sont menées, il n’a pas été enregistré, au titre de l’année 2023, d’infraction de fraude à la commercialisation de l’or dans ces régions. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce paradoxe. Au nombre de celles-ci, peuvent être citées : la situation sécuritaire dans ces régions qui ne favorise ni l’accès à certaines zones, ni la réalisation d’activités de contrôle des activités minières, notamment celles artisanales, par les autorités compétentes ; et la méconnaissance de la règlementation et des procédures par certaines des structures habilitées à lutter contre la fraude à la commercialisation de l’or.
III. Les méthodes de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses Sur le fondement de la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017, les actions visant à prévenir les infractions de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses, à les rechercher, à les constater et à poursuivre les auteurs concernés s’opèrent principalement par deux méthodes : les méthodes non coercitives et celles coercitives. 20 <!-- page break --> III.1. Les méthodes non coercitives Les méthodes non coercitives de lutte visent à prévenir les risques de fraude, définir une synergie d’actions avec les structures habilitées à lutter contre la fraude afin d’appréhender et de sanctionner les contrevenants à la règlementation en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Font partie de celles-ci, les missions de suivi-contrôle des activités minières et les activités de renforcement de capacités de l’ensemble des acteurs, du public comme du privé, qui interviennent dans la chaîne d’exploitation et de commercialisation des produits miniers. ▪ Les missions de suivi-contrôle des activités minières Elles sont, pour la plupart, menées par les structures centrales ou rattachées du MEMC en charge des missions de suivi-contrôle des activités minières. Le tableau n°1 ci-dessous présente la synthèse des actions de suivi-contrôle des activités minières réalisées en 2023 en lien avec la prévention de la fraude de l’or et des autres substances précieuses. Tableau n°1 : synthèse des activités de suivi-contrôle réalisées en 2023 Actions Structures responsable La formalisation de vingt-deux (22) sites miniers DGMG La délimitation et le bornage de vingt-deux (22) sites miniers à petite échelle DGCM (EMAPE) La délivrance de trois (03) permis d’exploitation minière industrielle DGCM La délivrance d’un (01) permis d’exploitation minière semi-mécanisée DGCM La délivrance de deux (02) autorisations d’exploitation artisanale de mine DGCM La délivrance de quatre (04) agréments d’achat, de vente et d’exportation d’or DGMG La délivrance de deux mille cent onze (211) cartes d’artisan minier collecteurs SONASP Le suivi-contrôle de dix-huit (18) comptoirs de commercialisation d’or DGMG Le suivi-contrôle de vingt-huit (28) bijouteries DGMG L’organisation de quarante-six (46) sites d’orpaillage en vue de la formalisation à SONASP travers la promotion des AEA, des permis semi-mécanisés et des conventions de gestion sont organisés La collecte de cent vingt-six virgule sept cent neuf (126,709) kg d’or de production SONASP artisanale et semi-mécanisée Accomplissement des formalités administratives à l’exportation de l’or de production SONASP artisanale Le contrôle de la qualité et du poids de trois cent quatre-vingt-onze (391) lingots d’or BUMIGEB de production artisanale et semi-mécanisée d’un poids total (fin) de cinquante mille cinq cent soixante-onze (50 571) grammes d’or 21 <!-- page break --> Deux cent quatre-vingt-quatorze (294) missions de pesée et colisage de l’or et de BUMIGEB concentré de zinc réalisées auprès de onze (11) société minière de production industrielle Sécurisation de deux (02) sites miniers industriels ONASSIM La délivrance de deux cent soixante-treize (273) autorisations spéciales d’exportation SPGU-CI (ASE) d’or Source : BNAF à partir des données fournies par les structures responsables ▪ Les activités de renforcement de capacités des acteurs Les activités de renforcement de capacités sont réalisées, soit au profit des acteurs privés intervenant dans la chaîne de production et de commercialisation de l’or, soit à l’endroit des personnes et structures publiques impliquées dans la lutte. Elles se composent essentiellement, des campagnes de sensibilisation, des ateliers d’information et de communications sur des thématiques spécifiques et des sessions de formations.
Les actions de renforcement de capacités réalisées au profit des acteurs miniers participent à les sensibiliser sur la règlementation minière tout en établissant un climat de confiance entre ces derniers et les structures chargées des missions de suivi-contrôle des activités minières. Aussi, visent-elles à accompagner les détenteurs de titres et d’autorisations miniers dans la formalisation de leurs activités et l’accomplissement de certaines formalités administratives liées à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Parallèlement, le renforcement des capacités au profit des personnes et structures habilitées dans la lutte contre la fraude visent principalement à outiller les bénéficiaires par rapports aux besoins en connaissances techniques et de compréhensions sur les textes législatifs et règlementaires. En outre, il s’agit de recueillir les préoccupations et les difficultés rencontrées, entre autres, en vue de proposer des alternatives. Les principales activités de renforcement de capacités réalisées en 2023 sont synthétisées dans le Tableau n° 2 ci-dessous. Tableau n° 2 : synthèse des principales activités de renforcement de capacités en 2023 Activités réalisées Structures responsable Formalisation et installation de coopératives d'artisans miniers sur SONASP des sites pilotes La tenue de trois (03) ateliers de sensibilisation sur la procédure DGCM d'octroi des titres miniers et autorisations au profit de trente-neuf (39) promoteurs miniers et de trois cent sept (307) autorités locales (dans les régions du Centre-Nord, du Plateau Central, du Centre- Est et du Centre-Ouest) Journées d'information et de communication sur le contrôle des BUMIGEB produits miniers 22 <!-- page break --> Tenue de quarante-six (46) séances de travail sur la règlementation BNAF relative à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au profit de plus de cinq cent (500) personnels des unités de police et de gendarmerie des régions du Centre, du Centre-Est, du Centre-Nord, du Centre-Ouest et du Sud-Ouest III.2. Les méthodes coercitives Les méthodes coercitives de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses sont constituées des actions opérationnelles de lutte visant à réprimer les infractions y relatives. Les actions de recherche, de contrôle et de constatation des infractions et de poursuite des contrevenants participent à cette finalité. ▪ Les actions de recherche et de constatation des infractions de fraude Les actions de recherche et de constatation des infractions de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses trouvent principalement leur fondement dans la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l'or et des autres substances précieuses au Burkina Faso. Cette attribution conférée à la BNAF (article 39) est assumée par ses membres à qui il est reconnu la qualité d’officier de police judiciaire. Pour ce faire, ils reçoivent une commission permanente d'emploi. Outre les membres de la BNAF, d’autres personnes et structures sont habilitées à rechercher et constater les infractions de fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. En effet, aux termes dispositions de la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017, sont habilitées à constater les infractions, les personnes et structures suivantes : (i) les agents des douanes ; (ii) les officiers et agents de police judiciaire ; (iii) les agents assermentés de l'administration des mines ; (iv) les agents assermentés des services de contrôle du ministère en charge du commerce ; (v) les membres de l'autorité nationale de lutte contre la fraude ; (vi) les membres de l'office national de sécurisation des sites miniers ; (vii) les agents des eaux et forêts et les inspecteurs de l'environnement et (viii) tout autre agent et structure spécialement habilités.
Les actions de recherche conduites en 2023 ont permis de constater les infractions de fraude se rapportant à : la validité des titres et autorisations miniers ; la validité des agréments et des cartes d’artisan minier ; la qualité et au poids de l’or, aux déclarations d’exportations d’or, aux quantités d’or brut de production artisanale collectées, etc. 23 <!-- page break --> ▪ Les opérations de contrôle et de constatation de la fraude Aux termes des dispositions du décret n°2018- 0967/PRES/PM/MMC/MSECU/MDNAC/MJDHPC/MINEFID/MCIA/MEEVCC du 24 octobre 2018 portant organisation, attributions, composition et fonctionnement de la BNAF, la BNAF à des missions de contrôle, d'enquête et de vérification. A ce titre, elle conduit des opérations de contrôle des acteurs de la chaîne de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses. Ces opérations de contrôle visent à s’assurer du respect par les acteurs de la chaîne de commercialisation (titulaires de permis d’exploitation minière industrielles ou semi- mécanisés, détenteurs d’agréments de comptoirs d’achat et de vente d’or, bénéficiaires d’autorisation d’exploitation artisanale de mines et détenteurs de cartes d’artisan miniers) de la règlementation y relative de même que le respect des dispositions législatives relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Dans cette perspective, au cours de l’année 2023, les opérations de contrôle réalisées par la BNAF ont consisté à vérifier : (i) la validité, des titres miniers, des autorisations d’exploitation artisanale, des cartes d’artisan minier ; (ii) la présence et la tenue régulière des registres règlementaires ; (iii) l’utilisation de matériels de pesée conformes et certifiés ; (iv) la production régulière des rapports d’activités ; (v) la disponibilité et la régularité des dossiers d’exportation et (vi) les preuves du rapatriement des recettes d’exportation d’or, le cas échéant. La synthèse des opérations de contrôles menés au cours de l’année 2023 est présentée dans le Tableau n°3 ci-dessous. Tableau n°3 : synthèse des opérations de contrôles réalisés en 2023 Type d’opération Structure responsable Contrôle de conformité aux cahiers de charges de quatre (04) sociétés BNAF d’exploitation minières industrielles Contrôle de conformité aux cahiers de charges de trois (03) sociétés BNAF d’exploitation minières semi-mécanisées Contrôle de conformité aux cahiers de charges de trente-cinq (35) BNAF comptoirs d’achat et de vente d’or Démantèlement de treize (13) comptoirs illégaux d’achat et de vente d’or BNAF Transmission de dix (10) procédures à la BNAF par les structures BNAF habilitées Source : BNAF 24 <!-- page break --> ▪ La poursuite des infractions de fraude à la commercialisation de l’or En vertu des pouvoirs de poursuites des infractions relatives à la commercialisation de l'or conférés par la loi n°028/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso, des enquêtes sont ouvertes par la BNAF à la suite des informations collectées ou reçues, soit par des indicateurs qui requiert l'anonymat, soit sur la base des procédures transmises par les personnes et structures habilitées, soit sur la base des irrégularités constatées à l’occasion des opérations de contrôle. Lorsque l’infraction de fraude à la commercialisation de l’or est constituée, l'Administration peut accorder au contrevenant le bénéfice de la transaction qui peut intervenir avant ou après jugement définitif (article 58 de la loi n°028/AN du 18 mai 2017). Cependant, en cas d'échec de la transaction, le contrevenant est déféré devant le procureur du Faso compétent pour poursuites à engager (article 60 de la loi n°028/AN du 18 mai 2017).
De façon générale, les personnes poursuivies pour fraude à la commercialisation de l’or sollicitent le règlement transactionnel de leurs affaires. En effet, sur un total de trente-neuf (39) dossiers contentieux ouverts en 2023, vingt et un (21) dossiers, soit 53,84%, ont été clos par transaction sur requête des contrevenants. Au cours de cette même année, un seul dossier a connu un dénouement judiciaire. L’encadré ci-après relatif à l’affaire dite du « Charbon fin » est une illustration du recours à la transaction comme mode règlement des affaires de fraude à la commercialisation de l’or. Encadré n° 5 : Règlement transactionnel de l’Affaire dite du « Charbon fin » Le mercredi 07 août 2019, la Chambre de jugement du pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infractions économiques et financières et de la criminalité organisée du Tribunal de Grande Instance Ouaga I était saisie d’une poursuite pénale contre la société IAM GOLD ESSAKANE SA et ses employés, la société AFRICA GLOBAL LOGISTICS BURKINA FASO SA et ses employés ainsi que d’autres personnes physiques employés de l’État du Burkina Faso. C’est le début de l’affaire dite du « Charbon fin ». Se fondant sur les dispositions de l’article 50 de la loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso, la société IAMGOLD ESSAKANE SA a sollicité et obtenu le règlement par voie transactionnelle du différend qui l’opposait à l’Etat burkinabè. L’accord transactionnel conclut le 26 décembre 2023 entre les deux parties a abouti à l’abandon au profit de l’Etat du Burkina Faso de l’entièreté de la cargaison de « Charbon fin » et, en sus, au paiement d’une amende de 9 milliards F CFA. A l’instar de IAMGOLD ESSAKANE SA, la transaction sera aussi sollicitée par les autres parties à l’affaire que sont : AFRICA GLOBAL LOGISTICS BURKINA FASO SA et les agents publics de l’État poursuivis également dans le cadre de ladite Affaire. Ainsi, au terme des initiatives engagées, trois accords transactionnels ont été conclus : 25 <!-- page break --> - entre l’État du Burkina Faso et la société IAMGOLD ESSAKANE SA et ses employés, le 26 décembre 2023 ; - entre l’État du Burkina Faso et la société AFRICA GLOBAL LOGISTICS SA (AGL SA) et ses employés, le 16 janvier 2024 ; - entre l’État du Burkina Faso et les agents publics poursuivis, le 17 janvier 2024. L’ensemble de ces accords transactionnels, qui a rapporté à l’État du Burkina Faso la somme de neuf milliards deux cent-soixante millions (9 260 000 000) FCFA au titre des amendes, a permis la clôture du dossier dit du « charbon fin ». Source : BNAF Le Graphique 4 ci-après indique la répartition des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or suivant les modes de règlement. Graphique 4 : répartition des dossiers de fraude à la commercialisation de l’or suivant les modes de règlement Dossiers clos par transaction Dossiers clos par règlement judiciaire Dossiers clos pour insuffisances de charges Dossiers clos pour autre motif Dossiers en cours à la justice Dossiers en cours à la BNAF 21 11 5 0 1 1 Source : BNAF La poursuite des infractions de fraude à la commercialisation de l’or par la BNAF donne lieu à divers types de saisies. Ces saisies concernent l’or, les matériels utilisés dans le cadre de la commission de l’infraction de fraude, les moyens de transport utilisés à cette fin ainsi que les numéraires générés par la commercialisation illicite de l’or. Le tableau n° 4 ci-après consigne les saisies opérées dans le cadre de la répression des infractions de fraude à la commercialisation de l’or en 2023. Tableau n° 4 : état récapitulatif des saisies opérées en 2023 Action Résultat atteint Observations Amendes (FCFA) 9 620 300 124 Recouvrements au profit du Trésor public Saisie d’or (kg) 10,07563 Quantité d’or réinjectée dans le circuit légal Saisie de faux or (kg) 172,78512 Faux lingots utilisés dans les actes d’escroquerie portant sur des transactions illégales d’or Saisie de matériels 08 balances non certifiées Matériels de pesée non conformes Source : BNAF
26 <!-- page break --> TROISIEME PARTIE : LES PERSPECTIVES Inscrite au nombre des priorités du Plan d'action pour la stabilisation et le développement (PA- SD 2022-2025), la lutte contre la fraude de l’or est une orientation politique qui a amené le ministère en charge des mines à engager d’importantes réformes en 2023. Font partie de celles-ci, l’adoption de la loi n°016-2024/ALT du 18 Juillet 2024 portant code minier et de nouveaux instruments de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or qui doivent s’accompagner d’une réforme opérationnelle de la BNAF. Cela s’est traduit, aux mois de juin et juillet 2024, par l'adoption d’une part de la Stratégie nationale de lutte contre la fraude de l’or et des autres substances précieuses, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur des mines (SNLFO-BC/FT) assortie d’un Plan d’actions triennal ; et d’autre part du nouveau Code minier du Burkina Faso. La mise en œuvre de ces instruments de politiques exige de la BNAF une organisation à même de faciliter l’accomplissement des missions qui lui sont confiées. I. La mise en œuvre du nouveau code minier Adoptée le 18 juillet 2024, la loi n° 016-2024/ALT portant Code minier au Burkina Faso a été promulguée par le décret n° 2024-0879/PRES du 31 juillet 2024. L’adoption de ce nouveau Code vise à disposer d’une législation ayant une approche holistique de l’activité minière et de la commercialisation de l’or et des autres substances minérales. En termes d’innovations, par l’incorporation des dispositions relatives à la commercialisation de l’or, la loi n°016-2024/ALT du 18 Juillet 2024 portant code minier a mis fin à la coexistence qui existait entre l’ancien Code minier (Cf., loi n°036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant code minier du Burkina Faso) en tant que loi générale et la règlementation de la commercialisation de l’or régit par une loi spéciale (Cf., loi n°028-2017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses au Burkina Faso). Dans ce registre, le nouveau Code minier empêche les personnes physiques ou morales objet de sanctions financières ciblées, d’investigations criminelles au plan national ou international en lien avec le BC/FT de bénéficier d’agrément pour la commercialisation de l’or et des autres substances minérales. Subséquemment, elle a procédé à une réforme de forme et de fond de “l’organe de coordination des activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or”, c’est à dire la BNAF. 27 <!-- page break --> Ces nouvelles orientations devraient être effectives avec l’adoption des textes d’application du Code minier relatifs aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement de la BNAF. En droite ligne avec la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et des autres substances minérales, les principales innovations du nouveau code minier sont entre autres : - l’institution d’un organe de coordination des activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l'or et des autres substances minérales en tant structure de référence au plan national ; - l’élargissement du champ d’intervention de l’organe de coordination ; - la pénalisation de nouvelles infractions en matière de commercialisation de l’or et des autres substances minérales ; - le durcissement des sanctions applicables. II. La mise en œuvre de la SNLFO-BC/FT 2024-2028 La Stratégie nationale de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or, le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans le secteur des mines (SNLFO-BC/FT) 2024- 2028 et son plan d’action 2024-2026 ont été adoptés par l’arrêté conjoint n°2024/252/MEMC/MEFP du 02 juin 2024. La SNLFO-BC/FT se veut le cadre de référence en matière de coordination de la lutte contre la fraude de l’or et des autres substances précieuses. Elle vise à réduire significativement la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances précieuses pour des impacts escomptés liés à l’accroissement des ressources générées au profit du Trésor public et à une minimisation des risques de blanchiment de capitaux dans le secteur des mines.
La mise en œuvre de la SNLFO-BC/FT devrait permettre : - le renforcement du cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la fraude de l’or ; - le renforcement de la coordination de la lutte et des capacités techniques et opérationnelles des structures ; - la réduction de la vulnérabilité des acteurs de lutte contre la fraude de l’or ; - l’identification de l’ensemble des assujettis des commerces des métaux et pierres précieux et leur accompagnement dans la mise en œuvre de mesures de LBC/FT ; - l’amélioration de la communication et le développement des partenariats. A cette fin, il a été retenu la mise en place du Comité de pilotage (COPIL) de la mise en œuvre de la SNLFO et de son plan d’action. 28 <!-- page break --> III. Les réformes opérationnelles de la BNAF Les réformes opérationnelles de la BNAF sont liées à l’adoption du nouveau Code minier et de nouveaux instruments de lutte opérationnelle contre la fraude à la commercialisation de l’or. III.1. Les réformes liées à l’adoption du nouveau Code minier Comme annoncé plus haut, la loi n°016-2024/ALT du 18 Juillet 2024 portant code minier du Burkina Faso a procédé à la fois à une réforme de forme et de fond de « l’organe de coordination des activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or », c’est à dire la BNAF. Dans la forme, des considérations de légistique formelle ont conduit à préférer, dans le Code minier, la référence à de “l’organe de coordination des activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or et des autres substances minérales” (article 286) en lieu et place de l’appellation « Brigade nationale anti-fraude de l’or », cette précision ayant été renvoyée à un des décrets d’application du Code minier. L’organe reste place sous la tutelle du Ministre chargé des mines, avec une constance en ce qui concerne sa mission première (la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or). Dans le fond, le Code minier procède à un élargissement des compétences de « l’organe de coordination des activités de lutte contre la fraude en matière de commercialisation de l’or » (la BNAF) aux autres substances minérales comprises au sens du Code comme “l'ensemble des substances naturelles amorphes ou cristallines, solides, liquides ou gazeuses ainsi que les substances organiques fossilisées et les gîtes géothermiques” (article 3). Cet élargissement des compétences devrait impacter les activités opérationnelles de la BNAF. Par ailleurs, l’accomplissement des missions de la BNAF l’a conduit à mettre en place des instruments de lutte opérationnelle contre la fraude à la commercialisation de l’or au nombre desquels la mise en place d’un fonds de lutte contre la fraude et le développement d’une application de participation populaire à la lutte contre la fraude de l’or dénommée « Alertebnaf ». III.2. La mise en place du fonds de lutte contre la fraude de la BNAF La mise en place d’un fonds de lutte contre la fraude au sein de la BNAF vise à accroître ses capacités opérationnelles. Dans cette optique, le fonds de lutte contre la fraude de la BNAF est destiné au renforcement de l'action répressive des infractions de fraude à la 29 <!-- page break --> commercialisation de l’or notamment à : (i) financer les activités de collecte et de traitement des renseignements sur la fraude de l'or ; (ii) entretenir le réseau des « collaborateurs extérieurs » participant à la lutte ; (iii) financer le renforcement des capacités des membres de la BNAF en matière de lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or et de police judiciaire. III.3. La mise en exploitation de l’application de participation populaire à la lutte : « Alertebnaf » Parce que la lutte contre la fraude à la commercialisation de l’or doit être perçue comme un enjeu national, la BNAF a développé une application de participation populaire à la lutte dénommée « Alertebnaf ».
Développée en deux variantes (web et application mobile), « Alertebnaf » a été conçu comme un moyen permettant aux citoyens, où qu’ils soient, d’alerter la BNAF sur des situations de fraude en matière de commercialisation de l’or. Son développement étant achevé, sa mise en exploitation devrait être effective à partir de 2025. 30 <!-- page break --> CONCLUSION La lutte contre la fraude dans la commercialisation de de l’or et des autres substances précieuses est apparue capitale pour les autorités burkinabè dans l’optique d’accroître les retombées socioéconomiques de l’exploitation minière pour l’ensemble du pays. A cette fin la coordination de la lutte a été confiée à la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF) en tant que structure de référence au plan national chargée d’assurer la synergie des acteurs qui y participent. Dans cet ordre d’idées, la BNAF a conduit le processus d’élaboration de la SNLFO-BC/FT 2024-2028 qui se veut un cadre d’actions coordonnées visant à contribuer à asseoir un secteur extractif performant impactant fortement au développement socioéconomique et dont la chaîne de commercialisation est parfaitement maîtrisée. La synergie d’action des acteurs de lutte contre la fraude de l’or devrait se renforcer avec la mise en œuvre des réformes induites par l’adoption en juillet 2024 du nouveau Code minier du Burkina Faso qui a élargi le champ de compétences de la BNAF. 31 <!-- page break -->