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Belgian Antibiotic Policy Coordination Committee (BAPCOC) - Note de politique pour la législature 2014-2019

颁布于 2014 · 文本截至 2026-10-01

以研究形式发布的公开法律与官方指引,不构成法律、税务或金融建议。

研究内容本身以英文撰写。标题和标签已翻译,调查结果和引文未翻译。

关于这部法律

原标题
Note de politique pour la législature 2014-2019
语言
French
类型
policy
国家
比利时
主题
Livestock, General
关键词
antimicrobial resistance (AMR), One Health approach, public health, drugs, monitoring, hygiene/sanitary procedures, animal health, research, policy/planning, data collection/reporting

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文本

所收录的法律原文,按条款排列。每个条款都有自己的链接。

  1. 1. Création de groupes de gestion de l’antibiothérapie dans les hôpitaux Le 1/10/2002 un projet pilote a démarré un projet pilote dans lequel des groupes de gestion de l’antibiothérapie (GGA) ont été mis en place dans 36 hôpitaux de différentes tailles. Le GGA dépend du Comité médico-pharmaceutique et fait office d’organe consultatif au sein de l’hôpital en ce qui concerne l'usage rationnel des médicaments anti-infectieux et la maîtrise des germes résistants. Sur la base des résultats favorables du projet pilote, depuis le 1/07/2006, le financement a été majoré et 24 nouveaux hôpitaux ont été ajoutés au projet. Une deuxième augmentation du budget (au total 3,6 millions d’euros) intervenue le 1/07/2007 a finalement permis d’élargir le projet à tous les hôpitaux généraux et aux hôpitaux Sp et G isolés comptant minimum 150 lits. La composition et les missions des GGA ont été fixées dans les normes d’agrément des hôpitaux. Chaque année, les GGA doivent rédiger un rapport d’activité destiné à permettre l’évaluation de leur fonctionnement sur la base d’indicateurs de qualité. Tous les deux ans, la BAPCOC donne un feed-back aux hôpitaux et les résultats de l’année de fonctionnement 2007 sont publiés dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy. Depuis 2007, les GGA ont mis sur pied de nombreuses activités : développement d’un formulaire des médicaments anti-infectieux; développement de directives thérapeutiques et prophylactiques en matière d’infections ; conseils aux cliniciens sur le traitement des infections ; élaboration d’une liste des antibiotiques dont l’usage exige un choix justifié ; promotion de la révision de l’antibiothérapie en fonction de la microbiologie et de l’évolution clinique du patient; surveillance de l’antibiothérapie par un membre du GGA ; promotion des traitements séquentiels (switch d’un traitement IV à un traitement PO). Les hôpitaux ont également analysé leur propre consommation d’antibiotiques et leurs propres chiffres de résistance. En 2011, on a également pu constater que les hôpitaux aigus qui ne participaient au projet que depuis 2007 avaient rattrapé le niveau des autres hôpitaux. Pour soutenir cette initiative, tous les deux ans, une formation interuniversitaire de ‘délégué à la gestion de l'antibiothérapie’ est proposée. L’autre année, une journée d’étude nationale est organisée pour soutenir les GGA. Fin 2013, les GGA ont été invités à effectuer un audit médical interne de l’antibioprophylaxie peropératoire. L’objectif était d’inciter les GGA à plus régulièrement organiser des audits et de les stimuler à réaliser des améliorations de la qualité dans leurs hôpitaux. Plus de 75 hôpitaux aigus (71,4%) ont volontairement participé à ce projet. Le 16 janvier, les résultats ont été présentés au cours d’un atelier. Par la suite, quatre thèmes relatifs à l’antibioprophylaxie peropératoire ont été traités de manière interactive en petits groupes.

  2. 2. Surveillance de la consommation d’antibiotiques dans les hôpitaux Un « Programme de surveillance pour l’usage systémique et gastro-intestinal de médicaments anti-infectieux » coordonné par l’ISP (NSIH) est en cours depuis 2008 dans les hôpitaux aigus belges. Les données sont fournies à l’ISP par les GGA. 28

  3. 3. Stimuler et faciliter la participation à des études (internationales) Un bel exemple en est la première Étude de prévalence ponctuelle européenne de l’ECDC, la Point Prevalence Survey on Health Care Associated Infections and Antibiotic Use, effectuée en automne 2011 à laquelle ont volontairement participé 54 hôpitaux aigus belges.

  4. 4. Publication de recommandations de bonne pratique et d’avis Deux recommandations de bonne pratique ont été élaborées : 1) Antibiothérapie de la pyélonéphrite aiguë acquise dans la communauté chez l’adulte immunocompétent hospitalisé. Ce type de recommandations représentent une aide décisionnelle pour les médecins dans le cadre des interventions diagnostiques et thérapeutiques les plus adaptées et les plus efficaces pour leurs patients. À l’occasion de la récente émergence des entérobactéries productrices de carbapénémases (CPE), en collaboration avec la SBIMC, la BAPCOC a rédigé, un avis sur le traitement des infections dues aux CPE. À cette occasion, elle a, une fois de plus, lancé un appel à l’usage rationnel des antibiotiques dans les hôpitaux. Cet avis a été transmis aux hôpitaux. Planning 2014-2019 Par analogie à l’Ecosse, le groupe de travail propose aux hôpitaux d’utiliser d’ici 2019 des valeurs cibles explicites pour quatre indicateurs de qualité: - le choix des antibiotiques thérapeutiques conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas; - la mention de l’indication de l’antibiothérapie dans le dossier médical dans au moins 90 % des cas; - le choix de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas; - la durée de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas.

  5. 1. Optimiser le fonctionnement du groupe de travail La composition du groupe de travail a récemment été refondue pour en rendre le fonctionnement plus transparent. Aujourd’hui, toutes les universités et toutes les associations scientifiques et organisations professionnelles pertinentes (BICS, SBIMC, VZA, AFPHB) sont représentées dans le groupe de travail. Cette nouvelle composition devrait mener à une collaboration plus étroite entre les différents partenaires mais il faudra aussi améliorer la collaboration avec les autres protagonistes (centre national de référence de microbiologie humaine, ISP, Inami, …). Une fois par an des inspecteurs de la santé des régions et des communautés sont invités pour être informés sur les projets du groupe de travail. Ce partage de l’information est utile dans le cadre du respect de la surveillance dans les hôpitaux. Une meilleure intégration entre la pratique hospitalière et la pratique ambulatoire est également souhaitable. 29

  6. 2. Renforcer l’accompagnement des groupes de gestion de l’antibiothérapie: indicateurs de qualité, thèmes nationaux et audits internes Étant donné que les hôpitaux aigus ont encore un niveau très élevé, le groupe de travail a choisi de désormais demander aux groupes de gestion de l’antibiothérapie (GGA) de rédiger un rapport d’activité annuel succinct. Le groupe de travail a décidé, à partir de l'année prochaine, de reproduire une initiative écossaise couronnée de succès et de mettre en place dans les hôpitaux belges un processus de suivi à l’aide d’indicateurs de qualité. Les indicateurs de qualité choisis sont : 1) le choix des antibiotiques thérapeutiques conformément aux directives locales ; 2) la mention de l’indication de l’antibiothérapie dans le dossier médical ; 3) le choix de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales ; et 4) la durée de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales. L’idée consiste à procéder à une mesure de départ sous la forme d’une étude de prévalence ponctuelle et de suivre des indicateurs de qualité en se basant sur le prélèvement interne régulier d’échantillons au niveau des dossiers médicaux. Le groupe de travail fera obligatoirement travailler les GGA des hôpitaux aigus sur des thèmes nationaux (p. ex. les PAC) qui font l’objet d’un tel consensus dans la littérature qu’ils sont importants pour une bonne politique antibiotique. Chaque thème sera développé sur deux ans selon les principes du cycle PDCA. Pour commencer, il y aura un audit interne (mesure de base) destiné à évaluer la situation existante. Ensuite, les hôpitaux disposeront de temps pour mettre en place des actions d'amélioration. Un deuxième audit réalisé l’année suivante servira à évaluer l’impact de ces actions d’amélioration. Des valeurs cibles quantitatives nationales seront attachées à ces thèmes. Le groupe de travail soutiendra les hôpitaux en élaborant une méthodologie, en leur proposant des instruments (de mesure) et en organisant des ateliers pour leur permettre d’échanger leurs expériences respectives. Les résultats nationaux des audits seront discutés avec les inspecteurs de la santé des régions et des communautés à une réunion du groupe de travail. En 2015, le premier cycle PDCA sur le thème ‘l’antibioprophylaxie chirurgicale’ sera clôturé. Les hôpitaux chroniques doivent continuer à rédiger leur rapport d’activité annuel dans sa forme actuelle. Ils ne disposent pas des mêmes moyens que les hôpitaux aigus, mais seront également encouragés et soutenus pour participer volontairement aux audits nationaux et aux ateliers.

  7. 3. Renforcer la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de l’antibiorésistance dans les hôpitaux La fonction de surveillance de la consommation d’antibiotiques par l’ISP doit encore être élargie pour en augmenter la facilité d'utilisation et permettre des comparaisons sensées entre les différents hôpitaux (benchmarking). Les chiffres de la consommation d’antibiotiques doivent être discutés et analysés tous les ans aussi bien au sein des GGA individuels qu’au sein du groupe de travail Médecine hospitalière en vue de la mise en place des actions d'amélioration nécessaires tant au niveau local qu’au niveau national (p. ex. passage d’un traitement parentéral à un traitement oral, usage correct et diminution du recours aux antibiotiques à large spectre). L’ISP doit aussi régulièrement rédiger des rapports sur la base de ces données. 30 Il est également souhaitable que ces données soient couplées à d’autres sources de données comme le Résumé Clinique Minimum pour donner une meilleure image de la consommation d’antibiotiques par code APR-DRG. Actuellement, seules les directions ont accès à ces données alors que le terrain devrait également pouvoir y avoir accès. Les informations belges disponibles sur les profils de résistance doivent être centralisées. Il serait également utile de rassembler, outre les données des laboratoires hospitaliers, les données des laboratoires privés étant donné que ces dernières sont pertinentes pour l'étude du secteur ambulatoire. Il est donc recommandé d’instaurer une collaboration avec le groupe de travail Pratique ambulatoire. Les centres nationaux de référence de microbiologie humaine (CNR) pourraient jouer un rôle important à ce niveau. Les résultats des tests de sensibilité doivent toutefois être comparables entre les différents laboratoires et doivent donc pour cette raison être testés et interprétés conformément à des normes nationales. Ces directives doivent être élaborées par la Commission Nationale Antibiotiques Nationale Antibiotica Commissie (NAC). Le groupe de travail Médecine hospitalière est représenté au Comité Technique de surveillance des Multi Drug Resistent Organisms (TC-MDRO) par un biologiste clinique et un infectiologue.

  8. 4. Guide des antibiotiques pour les hôpitaux, recommandations et avis Il faut développer un Guide électronique des antibiotiques pour les hôpitaux en collaboration avec la SBIMC. Lors des audits nationaux, ce guide servira de référence nationale. En ce qui concerne les thèmes spécifiques en matière de politique antibiotique, il faut élaborer des recommandations nationales ou avis. Ces recommandations/avis peuvent être élaborés par un groupe de travail (p. ex. la borréliose de Lyme) ou développés dans le cadre d’ateliers et/ou de journées d’étude. Les recommandations peuvent être intégrées dans le guide des antibiotiques et être mises à disposition sur le site Web de la BAPCOC.

  9. 5. Accorder une plus grande attention à la politique antibiotique dans la formation de base, spécialisée et continue La formation interuniversitaire de ‘délégué à la gestion de l'antibiothérapie’ et la journée d’étude nationale seront poursuivies. Pendant la formation de base et la formation spécialisée, l’antibiothérapie doit être intégrée dans le cursus obligatoire. La BAPCOC doit stimuler les facultés de médecine des différentes universités à promouvoir l’usage rationnel des antibiotiques tant dans les cours magistraux que dans les travaux pratiques, p. ex. à l’aide du Guide des antibiotiques pour les hôpitaux). Dans ce cadre, une collaboration peut être mise en place avec le groupe de travail Pratique ambulatoire. La reconnaissance de l’infectiologie et de la microbiologie médicale comme des titres professionnels particuliers reste un point d'attention important en vue de l'organisation d'une bonne formation au niveau de la politique antibiotique. Cela permettrait, qui plus est, une harmonisation entre la situation belge et la situation européenne. 31

  10. 6. Stimuler et faciliter la participation à des études (internationales) Le groupe de travail continuera à encourager les GGA à participer à des études internationales intéressantes et les soutiendra financièrement dans les limites des possibilités. Groupe de travail Médecine hospitalière : valeurs cibles 1. le choix des antibiotiques thérapeutiques conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas; 2. la mention de l’indication de l’antibiothérapie dans le dossier médical dans au moins 90 % des cas; 3. le choix de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas; 4. la durée de l'antibioprophylaxie chirurgicale conformément aux directives locales dans au moins 90 % des cas. Groupe de travail Médecine hospitalière : planning 2014-2019

  11. 1. Optimiser le fonctionnement du groupe de travail

  12. 2. Renforcer l’accompagnement des groupes de gestion de l’antibiothérapie: indicateurs de qualité, thèmes nationaux et audits internes: rapport d'activité annuel, suivi d’indicateurs de qualité à l’aide d’études de prévalence ponctuelles et d’audits internes, développement de thèmes nationaux à l’aide des audits internes et d’ateliers

  13. 3. Renforcer la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de l’antibiorésistance dans les hôpitaux : élargir la fonctionnalité de la surveillance de la consommation d’antibiotiques, coupler les données de consommation à d’autres sources de données comme p. ex. le Résumé Clinique Minimum, rassembler les données de résistance au niveau national

  14. 4. Guide des antibiotiques pour les hôpitaux, directives et avis

  15. 5. Accorder une plus grande attention à la politique en matière d’antibiotiques dans la formation de base, spécialisée et continue : formation interuniversitaire de ‘délégué à la gestion de l’antibiothérapie’, journée nationale d’étude, titre professionnel particulier en infectiologie ou en microbiologie médicale

  16. 6. Stimuler et faciliter la participation à des études (internationales) 32 Plateforme fédérale de maîtrise des infections Réalisations

  17. 1. Soutien de la politique en matière de maîtrise des infections Il y a une dizaine d’années, neuf plateformes régionales de collaboration en matière de maîtrise des infections ont été créées ; elles rassemblent, au niveau local, les différentes équipes de maîtrise des infections des hôpitaux aigus, chroniques et psychiatriques et stimulent ainsi l’échange de leurs expériences respectives et l’élaboration de projets communs. Une plateforme fédérale qui coordonne les plateformes régionales de maîtrise des infections a été créée au sein de la BAPCOC. Elle se compose de représentants des plateformes régionales. La création de ces plateformes a de toute évidence été synonyme d’une dynamique supplémentaire dans le domaine de la maîtrise des infections. Ces plateformes constituent les canaux idéaux d’une communication rapide des informations entre les instances publiques et le terrain et cela, dans les deux sens. Elles favorisent aussi la réalisation et la coordination des initiatives ; c’est ainsi que la mobilisation des équipes de maîtrise des infections via les plateformes régionales a sans aucun doute contribué aux chiffres de participation très élevés aux campagnes nationales de promotion de l’hygiène des mains et à l’étude de prévalence ponctuelle européenne sur les infections liées aux soins et la consommation d’antibiotiques.

  18. 2. Adaptation des normes d’agrément et financement dans le domaine de la maîtrise des infections En 2004, la plateforme fédérale a transmis au ministre son ‘Plan stratégique relatif à la réorganisation de l’hygiène hospitalière dans les établissements belges’. En 2007, les propositions ont été transposées en nouvelles normes d’agrément et le financement de la maîtrise des infections dans les hôpitaux aigus et chroniques a été majoré d’au moins 150 lits Sp et /ou G. En 2007, la plateforme fédérale a également soumis au ministre une ‘Proposition d’occupation minimale des équipes d'hygiène hospitalière dans les hôpitaux spécialisés, gériatriques et psychiatriques’. Trois ans plus tard, le financement de la maîtrise des infections dans les petits hôpitaux chroniques a également été revu à la hausse.

  19. 3. Adaptation de la surveillance des infections liées aux soins En 2007, la participation à la surveillance des infections liées aux soins coordonnée par l’Institut Scientifique de Santé publique (ISP) a été rendue obligatoire pour les hôpitaux aigus et les hôpitaux chroniques comptant au moins 150 lits Sp et /ou G. À l’époque, les protocoles proposés ont aussi été élargis. Dans sa forme actuelle, la surveillance est obligatoire pour les MRSA et Clostridium difficile et, au choix pour un des protocoles suivants : pneumonies et bactériémies dans les unités de soins intensifs ; septicémies dans l’ensemble de l’hôpital ; infections des plaies opératoires ; ou entérobactéries multirésistantes. En 2012, la plateforme fédérale a transmis un avis au ministre dans lequel elle propose d’obliger les hôpitaux aigus à participer aux protocoles MRSA, septicémies dans l’ensemble de l’hôpital, bactéries 33 Gram négatif multirésistantes et, au choix, à un des protocoles suivants : Clostridium difficile; VRE; pneumonies et bactériémies dans les unités de soins intensifs ; ou infections des plaies opératoires.

  20. 4. Développement d’un jeu d’indicateurs de qualité en matière de maîtrise des infections Sous la coordination de l’ISP, un groupe de travail de la plateforme fédérale a développé un jeu d’indicateurs de qualité. Cette proposition a été soumise à tous les hygiénistes hospitaliers via les plateformes régionales et ensuite transmise au ministre en 2012, après validation par la plateforme fédérale. En 2014, le jeu a été implémenté dans les hôpitaux aigus.

  21. 5. Campagnes nationales de promotion de l’hygiène des mains Sur la période entre 2005 et 2013, cinq campagnes de promotion de l’hygiène des mains ont été menées dans les hôpitaux aigus, chroniques et psychiatriques. Il est de notoriété que l'hygiène des mains constitue la principale mesure de prévention de la transmission de microorganismes entre les patients, les prestataires de soins et l’environnement hospitalier. Ces campagnes s’adressaient non seulement aux prestataires de soins mais aussi aux patients hospitalisés par le truchement de la sensibilisation des prestataires de soins. Ce sont les équipes de maîtrise des infections des hôpitaux qui participent aux campagnes qui décident directement de l'utilisation du matériel promotionnel mis à leur disposition et qui mesurent le respect des prescriptions en matière d'hygiène des mains (observance) par l’observation directe sur le terrain avant et après la période de sensibilisation. Malgré le caractère volontaire des campagnes, les chiffres de participation ont été excellents : plus de 90% des hôpitaux aigus, 2/3 des hôpitaux chroniques et 2/3 des hôpitaux psychiatriques ont participé à ces campagnes. À chaque nouvelle campagne, l’observance a augmenté (moyenne nationale) de 11% à 19%. L’observance avant la campagne avait déjà augmenté au fil des ans, de 49,6% avant la première campagne à 64,1% avant la cinquième campagne (+14,5%) et l’observance post-campagne a, quant à elle, évolué de 68,6% après la première campagne à 75,8% après la cinquième campagne (+7.2%). Nous pouvons donc parler d’un effet positif durable. Les résultats des quatre premières campagnes ont été publiés dans Eurosurveillance.

  22. 6. Promouvoir la maîtrise des infections dans les centres d’hébergement et de soins À terme, les centres d’hébergement et de soins devront disposer chacun des fonctions/structures, de l’expertise et du financement nécessaires à la réalisation de la maîtrise des infections dans leur établissement. Pour stimuler cette évolution, la plateforme fédérale a élaboré la ‘Proposition d’initiative législative pour la maîtrise des infections liées aux soins dans les maisons de repos et de soins (MRS) et les maisons de repos (MR)’. Dans cette proposition, les instances suivantes sont chargées de la politique en matière d’infections liées aux soins : médecin conseil coordinateur (MCC), personnel infirmier en matière de maîtrise des infections et comité de maîtrise des infections liées aux soins. Ensemble, le MCC et l’infirmier chargé de la politique en matière des infections liées aux soins forment une équipe et sont responsables des aspects quotidiens de la politique en matière des infections 34 liées aux soins. Les missions suivantes leur ont été confiées : l’implémentation et le contrôle des mesures de prévention, la formation du personnel en matière de maîtrise des infections, l’enregistrement/la surveillance des infections liées aux soins, la politique épidémiologique, antibiotique (formulaire et recommandations) et de vaccination, le développement d’initiatives de promotion continue de la qualité et la communication avec d’autres institutions et prestataires de soins. Le comité de politique en matière d’infections liées aux soins est chargé du bon fonctionnement de la politique en matière d’infections liées aux soins à long terme et endosse le rôle de plateforme de concertation entre les différentes instances concernées. La faisabilité de cette proposition a été évaluée entre janvier 2010 et juillet 2011 dans le cadre d’une étude pilote à laquelle ont participé 4 consortiums (composé chacun d’un hôpital coordinateur et de plusieurs centres d’hébergement et de soins). En 2014, l’étude pilote a été poursuive avec six consortiums et des objectifs précis ont été formulés : optimiser la collaboration avec les médecins généralistes, mettre en place un système d’enregistrement des infections liées aux soins dues à des germes résistants, développer un jeu d’indicateurs de qualité et proposer une méthodologie et un instrument d’audit interne. Deux études du même type avaient déjà été réalisées en 2005 et en 2011 auprès des résidents de 60 MRS sur le portage des MDRO (MRSA, bactéries Gram négatif productrices d’ESBL et VRE).

  23. 7. Stimuler et faciliter la participation à des études (internationales) Un bel exemple en est la première étude de prévalence ponctuelle européenne de l’ECDC, la Point Prevalence Survey on Health Care Associated Infections and Antibiotic Use, menée à l’automne 2011 à laquelle ont volontairement participé 54 hôpitaux belges. Planning 2014-2019

  24. 1. Travailler sur de grands thèmes Désormais, chaque thème spécifique choisi fera l’objet d’une attention particulière pendant une certaine durée. Ce thème devra revêtir une pertinence particulière, par exemple en raison du nombre élevé d'infections liées aux soins, de son incidence dans les différents types d'établissements de soins, de la difficulté de la problématique, d’un lien avec la politique antibiotique, etc. Pour les cinq prochaines années, deux thèmes pertinents ont été choisis par les plateformes régionales. Avec de très nombreux partenaires (voir ci-dessous), la plateforme fédérale coordonnera des actions axées sur la thématique choisie. Dans le contexte d’un cycle PDCA, tous les hôpitaux (et les centres d’hébergement et de soins) seront stimulés à mettre en place des actions d’amélioration concrètes et à en évaluer l’impact. L’évaluation se fera sur la base d’indicateurs qui seront liés à des valeurs cibles nationales. Les hôpitaux seront soutenus par des recommandations, des symposiums, des ateliers et une formation ainsi qu'une surveillance, une étude de prévalence ponctuelle et des audits internes, des projets nationaux d’amélioration (p. ex. des faisceaux de soins, des campagnes) et la recherche. 35

  25. 2. Renforcer la collaboration entre toutes les instances pertinentes Toutes les instances qui jouent un rôle dans la maîtrise des infections sont prêtes à renforcer la coordination et la collaboration mutuelles. Cette collaboration renforcée sera centrée sur les grands thèmes. Chaque instance endossera un rôle dans le cadre du travail sur le thème principal et ses activités seront coordonnées par la plateforme fédérale. La Conseil supérieur de la santé reverra les directives existantes ou élaborera de nouvelles directives sur le thème choisi. Les associations scientifiques (BICS), les organisations professionnelles (NVKVV et ABIHH) et le TC-MDRO pourront fournir des experts et le contenu des directives proposées pourra être évalué. Grâce à la mobilisation des équipes de maîtrise des infections via les plateformes régionales, la faisabilité de ces directives pourra aussi être testée dans la pratique. Les associations scientifiques et les organisations professionnelles pourront aussi endosser un rôle didactique en organisant des symposiums scientifiques sur le thème choisi. La plateforme fédérale pourra se servir du format des ateliers pour fournir des explications sur son projet national d’amélioration et demander aux équipes de maîtrise des infections de partager leurs expériences respectives. En ce qui concerne la surveillance, les études de prévalence ponctuelles et les audits internes, l’ISP et le TC-MDRO sont les partenaires idéaux. Ces mêmes partenaires sont également bien placés en ce qui concerne la recherche, mais les plateformes régionales et le BICS ont également déjà réalisé des enquêtes et des études utiles. Les inspecteurs de la santé des entités fédérées doivent être étroitement impliqués dans les projets pour garantir la bonne coordination entre les différentes autorités. Ils sont également investis d’un rôle important de diffusion de l’information aux travailleurs de la santé et ils surveillent les maladies infectieuses à déclaration obligatoire. Avec l’aide de tous ces partenaires, la plateforme fédérale pourra mettre sur pied un projet national d’amélioration dans lequel des instruments (p. ex. des faisceaux de soins, des campagnes) pourront être proposés aux hôpitaux pour leur permettre de mener des actions concrètes sur le terrain.

  26. 3. Nouvelle vision d’avenir sur la maîtrise des infections dans les hôpitaux aigus Dix ans après la formulation d'une vision d'avenir sur la maîtrise des infections par la plateforme fédérale, il est opportun de faire un bilan de la situation et de dresser la liste des réussites et des points faibles ainsi que de décider d'une orientation pour les prochaines années. La demande d'un nouveau mode de financement des hôpitaux peut offrir l’opportunité de faire de la maîtrise des infections, un pilier de la qualité des soins et de lui consacrer l’attention et les moyens qu’elle mérite.

  27. 4. Campagnes nationales de promotion de l'hygiène des mains Ces campagnes seront aussi répétées tous les deux ans à l'avenir. Chacune d’elles abordera un aspect bien précis. Pour l’édition 2014-2015, l’accent sera mis sur l’empowerment du patient et plus précisément encore sur la participation du patient en tant que facteur de motivation de l’application correcte des mesures d’hygiènes des mains par les prestataires de soins. 36

  28. 5. Promouvoir la maîtrise des infections en dehors des hôpitaux aigus Les infections liées aux soins à tous les échelons de la chaîne des soins, non seulement dans les hôpitaux aigus, mais aussi dans les autres types d’hôpitaux, les autres établissements de soins et dans l’environnement ambulatoire. Pour arriver à une réduction permanente du nombre des infections liées aux soins il faut que la lutte soit menée à tous ces niveaux étant donné les transferts continus des patients entre les différents maillons de la chaîne des soins. Une politique en matière de maîtrise des infections est nécessaire dans chacun de ces différents environnements et elle doit prévoir les structures, l’expertise et les moyens (financiers) nécessaires en fonction des possibilités et des défis spécifiques de chaque environnement. Au cours de l’atelier du 19 septembre 2014, une réflexion a déjà démarré sur les hôpitaux psychiatriques et les centres d’hébergement et de soins.

  29. 6. Optimisation du fonctionnement des plateformes Il faut optimiser le fonctionnement des plateformes régionales et de la plateforme fédérale. L’amélioration de la collaboration et de l'échange des informations (p. ex. site Web, atelier annuel) entre les différentes plateformes constitue un point important dans ce cadre. Plateforme fédérale Hygiène hospitalière : planning 2014-2019

  30. 1. Travailler sur de grands thèmes : élaborer un thème national dans le domaine de/sur la base de directives ; symposiums, ateliers et formation ; surveillance, études de prévalence ponctuelles et audits internes; projets nationaux d’amélioration (p. ex. des faisceaux de soins, des campagnes); et la recherche.

  31. 2. Renforcer la collaboration entre toutes les instances pertinentes : chaque instance endossera un rôle dans le cadre du travail sur le thème principal et ses activités seront coordonnées par la plateforme fédérale.

  32. 3. Nouvelle vision d’avenir sur la maîtrise des infections dans les hôpitaux aigus

  33. 4. Campagnes nationales de promotion de l'hygiène des mains

  34. 5. Promouvoir la maîtrise des infections en dehors des hôpitaux aigus

  35. 6. Optimisation du fonctionnement des plateformes 37 Groupe de travail Pratique ambulatoire Réalisations

  36. 1. Publication de recommandations de bonne pratique Sept recommandations de bonne pratique ont déjà été élaborées : 1) Maux de gorge aigus; 2) Cystite aiguë chez la femme ; 3) Otite moyenne aiguë ; 4) Rhinosinusite aiguë; 5) Infection aiguë des voies respiratoires inférieures chez l’adulte ; 6) Exacerbations aiguës de BPCO et 7) Gastro-entérite aiguë. Ces recommandations aident les médecins à prendre des décisions concernant les interventions diagnostiques et thérapeutiques les plus appropriées et les plus efficaces pour leurs patients.

  37. 2. Guide belge des traitements anti-infectieux en pratique ambulatoire Ce guide sert de fil conducteur dans le choix du traitement des infections auxquelles les médecins généralistes et les médecins spécialistes sont fréquemment confrontés en pratique ambulatoire. Tout comme les recommandations de bonne pratique, ce guide contribue à améliorer l’utilisation des antibiotiques. En 2013, la troisième édition de ce guide a été distribuée gratuitement aux médecins généralistes, aux pédiatres et aux pneumologues. Planning 2014-2019 Par analogie avec plusieurs autres pays européens, le groupe de travail a fixé trois objectifs liés à des valeurs cibles explicites pour la pratique ambulatoire : - une diminution de la consommation totale d’antibiotiques qui représente aujourd'hui plus de 800 prescriptions par 1000 habitants par an à 600 prescriptions d'ici 2020 et 400 prescriptions d'ici 2025; - une diminution de la consommation des quinolones qui représente aujourd'hui environ 10 % de la consommation totale d’antibiotiques à 5 % d'ici 2018 ; et - une augmentation du rapport entre l'amoxicilline versus l’amoxicilline- acide clavulanique qui est aujourd'hui d’environ 50/50 à 80/20 d’ici 2018.

  38. 1. Accorder une plus grande attention à la politique antibiotique dans la formation de base, la formation spécialisée et la formation continue Pendant la formation de base, l’antibiothérapie doit bénéficier de l’attention nécessaire dans le cadre du cursus obligatoire. La BAPCOC doit stimuler les facultés de médecine des différentes universités à promouvoir l’usage rationnel des antibiotiques tant dans les cours magistraux que dans les travaux pratiques (p. ex. à l’aide du Guide des antibiotiques pour les hôpitaux). Dans ce cadre, une collaboration peut être mise en place avec le groupe de travail Médecine hospitalière. La recherche internationale (GRACE INTRO) a montré que la proposition d’une formation en ligne sur la communication aux médecins généralistes et la mise à leur disposition d’un matériel interactif d’information 38 du patient permettaient de réduire de manière significative et rentable la prescription d’antibiotiques dans le cadre des infections des voies respiratoires chez les adultes. La BAPCOC veut mettre cette intervention en œuvre en Belgique et l’a inscrite au programme des futures campagnes de promotion de l’usage rationnel des antibiotiques du groupe de travail Sensibilisation. À terme, notre objectif est aussi d’élargir cette intervention à l’usage d'autres antibiotiques utilisés dans le traitement d'autres maladies infectieuses et chez les enfants. Un projet pilote peut être mis en place dans lequel un médecin peut endosser le rôle de délégué local aux antibiotiques dans le cadre d’un GLEM. Ce médecin sera formé aux différents aspects de la politique en matière d’usage des antibiotiques (indications, choix, recommandations, communication avec le patient). Sur la base d’une analyse annuelle du comportement prescripteur du GLEM il pourra informer le groupe du comportement prescripteur correct, encourager un changement au niveau du comportement prescripteur des membres du GLEM et expliquer comment faire. Idéalement, chaque GLEM devrait, à son niveau et de façon autonome, fixer des objectifs réalistes et définir une stratégie pour les atteindre. La réalisation des objectifs pourrait ensuite les motiver à poursuivre sur la voie engagée. La BAPCOC peut soutenir l’ensemble de ce processus, en collaboration avec l’Inami.

  39. 2. Guide belge des traitements anti-infectieux en pratique ambulatoire Ce guide sera régulièrement actualisé. L’objectif est de mettre à disposition, en plus de sa version papier, également une version électronique conviviale. Notre objectif est aussi d’intégrer les informations de ce guide dans les dossiers médicaux électroniques dans le cadre de l’EBM Practice Net.

  40. 3. Renforcer la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de la résistance aux antibiotiques en pratique ambulatoire Nous disposons, grâce à l’Atlas de l’IMA (http://atlas.ima-aim.be) de données actualisées annuellement sur la consommation totale d’antibiotiques en pratique ambulatoire en Belgique sur la base de différents critères d’évaluation pertinents ainsi que sur l’usage (proportionnel) de certains antibiotiques (classes d’antibiotiques), par exemple les quinolones. Ces informations sont disponibles pour différentes catégories d’âge, mais elles ne sont pas liées à l’indication (diagnostic). Bien que cela représente un défi important, le fait de disposer de données relatives à la consommation d’antibiotiques liées aux diagnostics pourrait fournir des informations pertinentes pour le développement des interventions. Actuellement, la Flandre dispose de ce type de données via Intego (www.intego.be) pour un échantillon de 1% des médecins généralistes flamands. Ces données devraient être rendues disponibles à plus grande échelle via les données enregistrées dans les postes de garde de médecine générale (www.icaredata.eu). À ce niveau, il faut explorer un maximum d’autres sources de données permettant de se faire une meilleure idée des indications de prescription d’antibiotiques. Les informations belges disponibles sur les profils de résistance doivent être centralisées. Il serait également utile de rassembler, outre les données des laboratoires hospitaliers, les données des laboratoires privés étant donné que ces 39 dernières sont pertinentes pour l'étude du secteur ambulatoire. Il est donc recommandé d’instaurer une collaboration avec le groupe de travail Pratique ambulatoire. Les centres nationaux de référence de microbiologie humaine (CNR) pourraient jouer un rôle important à ce niveau. Les résultats des tests de sensibilité doivent toutefois être comparables entre les différents laboratoires et doivent donc pour cette raison être testés et interprétés conformément à des normes nationales. Ces directives doivent être élaborées par la Commission Nationale Antibiotiques Nationale Antibiotica Commissie (NAC). En ce qui concerne la surveillance citée plus haut, il faut toutefois tenir compte du fait qu’en pratique ambulatoire on ne fait pas systématiquement de prélèvements pour une mise en culture. Cela reste souvent limité aux cas qui posent des problèmes en termes de traitement et de ce fait, ces données peuvent être biaisées. Dans son récent rapport intitulé “Antimicrobial resistance: Global report on surveillance”, l’OMS le pointe d’ailleurs : “Community-acquired infections are almost certainly underrepresented among samples.” Pour valider les données des laboratoires et se faire une idée des pathogènes responsables des infections (et de leurs profils de résistance) pour lesquelles on fait peu de frottis et de cultures, on peut mettre sur pied des études dans lesquelles les médecins généralistes (p. ex. via les pratiques vigies) prélèveraient pendant un certain temps un échantillon pour mise en culture chez tous leurs patients infectés. Dans le cadre de ce type d'étude on peut aussi prélever des échantillons de dépistage chez les patients qui ne sont pas infectés pour déterminer la prévalence du portage des MDRO dans la communauté. Nous devons renforcer nos efforts pour coupler les données relatives à la consommation d’antibiotiques et la résistance aux antibiotiques en pratique ambulatoire au niveau des médecins généralistes et des autres médecins ayant une pratique ambulatoire.

  41. 4. Aborder de nouveaux groupes cibles et organiser une concertation avec l’industrie pharmaceutique Les dentistes aussi prescrivent des antibiotiques et les services des urgences des hôpitaux sont des ponts entre la pratique ambulatoire et les hôpitaux. Jusqu’à présent, ils ne sont pas intégrés dans le groupe cible des actions de sensibilisation et d’intervention. En ce qui concerne les urgences, il est recommandé de mettre en place une collaboration avec le groupe de travail Médecine hospitalière. Les patients qui souffrent de maladies chroniques font souvent appel aux soins à domicile et aux soins hospitaliers. L’utilisation de ces différents environnements favorise le transfert des infections liées aux soins entre la communauté et l’hôpital. Des recommandations en matière de soins à domicile pourraient permettre de diminuer le risque de prolifération des bactéries (nosocomiales) dans la communauté. Nous espérons que la concertation avec l'industrie pharmaceutique pourra mener à des accords en matière de publicité et de marketing des antibiotiques.

  42. 5. Contrôle et réglementation 40 Si les interventions reprises ci-dessus ne donnent pas les résultats escomptés, il faudra examiner l’option du contrôle et de la réglementation. Parmi les pistes possibles, nous citerons la subordination de la prescription de certains antibiotiques (classes d’antibiotiques) à certaines conditions ou encore le contrôle a posteriori des ‘outliers’ qui prescrivent nettement plus d’antibiotiques que leurs collègues. Cela suppose bien sûr que l'Inami prenne des initiatives en ce sens.

  43. 6. Recherche Parmi les sujets d’étude potentiels on trouve entre autres l’étude des raisons pour lesquelles la consommation ambulatoire d’antibiotiques ne continue pas à baisser et le lien entre l'utilisation de certains antibiotiques (classes d’antibiotiques) et l’incidence de certaines infections (p. ex. les quinolones et les infections à C. difficile). Groupe de travail pratique ambulatoire : valeurs cibles 1. une diminution de la consommation totale d’antibiotiques qui représente aujourd'hui plus de 800 prescriptions par 1000 habitants parents à 600 prescriptions d'ici 2020 et 400 prescriptions d'ici 2025; 2. une diminution de la consommation des quinolones qui représente aujourd'hui environ 10 % de la consommation totale d'antibiotiques à 5 % d'ici 2018 ; et 3. une augmentation du rapport entre l'amoxicilline versus l’amoxicilline- acide clavulanique qui est aujourd'hui d’environ 50/50 à 80/20 d’ici 2018. Groupe de travail pratique ambulatoire : planning 2014-2019

  44. 1. Accorder une plus grande attention à la politique en matière d’usage des antibiotiques dans la formation de base, la formation spécialisée et la formation continue : formation en ligne sur la communication relative à l’utilisation d’antibiotiques dans les infections des voies respiratoires; délégués locaux à la gestion des antibiotiques dans les GLEM

  45. 2. Guide belge des traitements anti-infectieux en pratique ambulatoire : développement d'une version électronique, intégration dans le dossier médical électronique

  46. 3. Renforcer la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de la résistance aux antibiotiques en pratique ambulatoire : coupler les données de consommation aux indications, rassembler les données sur la résistance au niveau national, coupler les données de consommation et de résistance avec les médecins généralistes, mener des études auprès des médecins généralistes pour se faire une idée des pathogènes responsables de certaines infections et de leurs profils de résistance, mener des études auprès des médecins généralistes pour déterminer la prévalence du portage des MDRO dans la communauté

  47. 4. Aborder de nouveaux groupes cibles (dentistes, médecins urgentistes, infirmières à domicile) et organiser une concertation avec l’industrie pharmaceutique

  48. 5. Contrôle et réglementation : subordonner la prescription de certains antibiotiques (classes d’antibiotiques) à des conditions, contrôle des ‘outliers’

  49. 6. Recherche 41 Groupe de travail Sensibilisation Réalisations

  50. 1. Campagnes de promotion de l’usage rationnel des antibiotiques Treize campagnes multimédias ont déjà été organisées depuis l’hiver 2000-01. Ces campagnes sont destinées à sensibiliser aussi bien les médecins que les pharmaciens ou encore la population à l’usage rationnel des antibiotiques. Les trois premières campagnes (hivers 2000-01, 2001-02 et 2002-03) ont été placées sous le slogan ‘Les antibiotiques moins souvent et mieux’. Les quatre campagnes suivantes (hivers 2004-05, 2005-06, 2006-07 et 2007-08) ont été placées sous un autre slogan : ‘Les antibiotiques sont inefficaces contre le la grippe, le rhume ou la bronchite aiguë’. Les six dernières campagnes (hivers 2008-09, 2009- 10, 2010-11, 2011-12, 2012-13 et 2013-14) ont gardé le même slogan mais le matériel utilisé a été « relooké ». Depuis l’introduction de la Journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques (European Antibiotic Awareness Day (EAAD)) organisée par l’ECDC en 2008, la campagne s’articule autour de deux moments : l’EAAD le 18 novembre et ensuite au moment de l'épidémie de grippe. Des spots grand public sont alors diffusés à la télévision pour attirer l’attention sur le fait que les antibiotiques ne doivent être utilisés que s'ils sont vraiment nécessaires. Le téléspectateur est aussi invité à parler avec son médecin ou avec son pharmacien de l’utilité d’un traitement antibiotique. Des brochures destinées aux patients et une affiche à placer dans les salles d’attente des médecins ou dans les pharmacies aident les médecins généralistes, les pédiatres et les pharmaciens à fournir des informations correctes à leurs patients. Tant la population que les médecins et les pharmaciens peuvent trouver de plus amples informations sur les campagnes et le matériel utilisé lors de celles-ci à l’adresse www.usagecorrectantibiotiques.be. Les intéressés peuvent également y commander une brochure d'information gratuite plus détaillée sur les infections, les antibiotiques, la résistance microbienne et l’usage rationnel des antibiotiques. La campagne comprend aussi une action menée dans les pharmacies destinée à collecter les antibiotiques non utilisés pour éviter qu'ils restent dans les armoires à pharmacie des particuliers et soient utilisés en automédication. La campagne fait aussi référence au e-Bug, un projet européen auquel participe la Belgique et destiné à familiariser de manière pédagogique les élèves de l’enseignement primaire et secondaire e.a. au monde des microbes et à l’importance d’une bonne hygiène des mains. La volonté de la BAPCOC de rester pionnière dans ce domaine a mené à l’organisation du ’Workshop on educational campaigns regarding antibiotic resistance’ à Bruxelles, en septembre 2004. L’expérience belge dans ce type de campagne a d’ailleurs trouvé écho dans plusieurs pays européens et notamment en France. Dans ce domaine, la Belgique reste une source d’inspiration; dans le cadre des projets de l’OMS de stimuler les campagnes sur l’usage rationnel des antibiotiques en Europe de l’Est et en Asie centrale, les campagnes belges sont présentées comme un exemple à suivre. Les campagnes de promotion de l’usage rationnel des antibiotiques ont constitué le thème central de la première édition de l’EAAD le 18/11/2008. 42 Les résultats des deux premières campagnes – à savoir une diminution de la consommation d’antibiotiques – ont été publiés dans The Journal of the American Medical Association. Planning 2014-2019

  51. 1. Poursuivre les campagnes de promotion de l’usage rationnel des antibiotiques Pour la prochaine édition de cette campagne, nous voulons développer un nouveau concept. Nous envisageons déjà d’utiliser les médias suivants : - un spot radio (au lieu d’un spot TV); - un site Web spécialement consacré à la campagne ; - des dépliants pour les patients et des affiches pour les médecins (généralistes) et les pharmaciens ; - une action dans les pharmacies pour que les clients ramènent les antibiotiques non utilisés ; - des annonces dans les journaux et/ou revues ; et - des réseaux sociaux et autres canaux de communication en ligne (p. ex. bannières sur certains sites Web). En outre, nous avons également l'intention de mettre sur pied deux projets complémentaires. Pour soutenir les médecins généralistes dans l’amélioration de leur comportement prescripteur, la BAPCOC implémentera une intervention développée au sein du projet de recherche européen GRACE (Genomics to combat Resistance against Antibiotics in Community-acquired LRTI in Europe; www.grace-lrti.org). Cette intervention comprend une formation en ligne sur la communication (l’Inami est d’accord pour proposer ces séquences vidéo de formation sur sa plateforme d’e-learning) et sera complétée d’une brochure d’information interactive pour les patients à utiliser pendant la consultation. Cette intervention a été évaluée dans le cadre du projet de recherche européen : les médecins du groupe d’intervention (formation de communication et utilisation de la brochure d'information pour les patients) ont prescrit moins d’antibiotiques que leurs collègues du groupe de contrôle. L’implémentation en Belgique se fera progressivement pour permettre d’étudier son impact, cette fois à l’échelle nationale. Le deuxième projet concerne la publication d’une bande dessinée d’information “Bob et Bobette » sur le thème de la bonne utilisation des antibiotiques en collaboration avec Standaard Uitgeverij. La version électronique de la bande dessinée peut être proposée gratuitement via le site consacré à la campagne. Les exemplaires imprimés (tirage : 50 000 exemplaires) seront proposés dans les bibliothèques et serviront de prix à un concours (p. ex. quizz sur les connaissances sur les antibiotiques). Groupe de travail Sensibilisation: valeurs cibles Voir groupe de travail Pratique ambulatoire Groupe de travail sensibilisation: planning 2014-2019

  52. 1. Poursuivre les campagnes de promotion de l’usage rationnel des antibiotiques : implémentation du concept de la campagne GRACE Intro en Belgique, bande 43 dessinée d’information “Bob et Bobette » sur le bon usage des antibiotiques 44 Groupe de travail Médecine vétérinaire Réalisations

  53. 1. Financement d'études et de projets Un bel exemple de ce type de financement est celui de l’étude belge menée sur la prévalence des MRSA (liés à l’élevage) chez les porcs et les éleveurs porcins en 2007, à l’occasion de la découverte de MRSA chez un éleveur porcin aux Pays-Bas.

  54. 2. Validation des propositions et directives développées par l'AMCRA En 2012, la création du Centre of Expertise on Antimicrobial Consumption and Resistance in Animals (vzw AMCRA) a doté la Belgique d'une nouvelle instance de coordination qui formule des avis de soutien de la politique antibiotique en médecine vétérinaire. Les organisations agricoles, les fabricants d’aliments composés pour animaux, les organisations de vétérinaires et l’industrie pharmaceutique font partie de l’AMCRA. Cette composition garantit que tous les partenaires s’engagent et que les avis formulés par l’AMCRA bénéficient d’une large portée. La BAPCOC, comme l'AFMPS et l’AFSCA, fait aussi partie du groupe de pilotage de l’AMCRA et vise une collaboration constructive entre les deux instances. La BAPCOC commente et/ou valide aussi les propositions et les directives développées au sein de l’AMCRA. Planning 2014-2019 Le groupe de travail Médecine vétérinaire a validé le plan stratégique AMCRA 2020, y compris aux valeurs cibles explicites qui y sont formulées : - diminution de 50% de la consommation d'antibiotiques d'ici 2020; - diminution de 75% des principaux antibiotiques les plus critiques d’ici 2020; et - diminution de 50% des prémélanges médicamenteux contenant des antibiotiques d'ici 2017.

  55. 1. Collaboration avec l’AMCRA En tant que membre du groupe de pilotage de l’AMCRA, en collaboration avec l’AFMPS et l’AFSCA, chaque année, la BAPCOC définira des objectifs stratégiques pour l’AMCRA. Le groupe de travail Médecine vétérinaire de la BAPCOC continuera aussi à commenter et/ou valider les propositions et les directives développées au sein de l’AMCRA. En mai 2014, la BAPCOC a d’ailleurs validé le plan stratégique 2020 de l’AMCRA (voir annexe). La BAPCOC suivra étroitement le développement opérationnel de ce plan stratégique.

  56. 2. Collaboration dans le cadre du groupe de travail Stratégie vétérinaire politique antibiotique (SVPA) En 2013, les instances publiques compétentes AFMPS, AFSCA, SPF SPSCAE et la BAPCOC ont créé le groupe de travail SVPA. Depuis l'automne 2014, le CERVA fait également partie de ce groupe de travail qui a pour tâche de proposer et si possible 45 d’implémenter des initiatives qui stimulent l’usage rationnel des antibiotiques en médecine vétérinaire. C'est ainsi qu’une concertation a déjà été organisée avec les CVO du Benelux et que des expériences ont pu être échangées avec les Pays-Bas sur l’approche de cette problématique dans les deux pays. Un point d’attention de ce groupe de travail est celui de la base légale nécessaire pour mettre en place certaines initiatives (p. ex. un système de collecte de données sur l’utilisation des médicaments vétérinaires). L’AFSCA a élaboré une “note de politique sur la résistance antimicrobienne 2014-2018” dans laquelle elle formule six objectifs : - Lancer une structure de concertation entre l’ensemble des instances publiques et des secteurs ; - Développer la surveillance de la résistance antimicrobienne chez l’homme et l’animal et dans l’environnement ainsi qu’échanger les résultats/les données et organiser des analyses transversales ?? overkoepelende analyses pour accroître les connaissances sur le transfert et l’augmentation de la résistance antimicrobienne ; - Développer la surveillance de l’utilisation d’antibiotiques; - Sensibiliser et si nécessaire imposer des mesures aux différents secteurs pour limiter la consommation d’antibiotiques et leur diffusion dans l’environnement et stimuler les solutions alternatives ; - Promouvoir la recherche sur l’apparition, l’augmentation et la prévention de la résistance antimicrobienne ; et - Renforcer la collaboration internationale. L’AFSCA a aussi traduit ses objectifs en chiffres concrets et estime que d’ici 2018 la consommation totale des antibiotiques dans le secteur vétérinaire et l’utilisation des antibiotiques, très importante pour la santé humaine, doit être ramenée sous la valeur médiane de l’UE .

  57. 3. Formuler ses propres avis et prendre ses propres initiatives En dehors du contexte du groupe de pilotage de l’AMCRA, le groupe de travail Médecine vétérinaire et le groupe de travail SVPA formulent aussi leurs propres avis et propositions. L’objectif est de publier ces avis sur le site Web de la BAPCOC et de les transmettre aux ministres compétents. Les organisations sectorielles ne sont pas représentées dans le groupe de travail Médecine vétérinaire. Les points de vue du groupe de travail sont le résultat de la pollinisation croisée entre l’expertise scientifique des instances scientifiques (facultés de médecine vétérinaire, ISP, CERVA, …) et de la vision stratégique des instances publiques (AFMPS, AFSCA, SPF SPSCAE). L’intégration du groupe de travail au sein de la BAPCOC lui permet d'être idéalement placé pour jeter un pont entre la médecine humaine et la médecine vétérinaire et mettre en pratique le principe ‘One Health’. Les moyens financiers dont bénéficie la BAPCOC par le biais de l’Inami ne sont, en principe, pas destinés à des initiatives purement vétérinaires mais pourraient néanmoins peut-être affectés à des actions où les intérêts de la médecine humaine et de la médecine vétérinaire se rejoignent. L’objectif est, en tout cas, que le groupe de travail Médecine vétérinaire formule déjà des avis sur les sujets suivants : 46 - La collaboration entre la médecine vétérinaire et la médecine humaine (via un groupe de travail conjoint); - Un système de collecte des données sur l’utilisation des médicaments vétérinaires, Sanitel-MED; - La surveillance de la résistance des bactéries chez l'animal et dans les denrées alimentaires d’origine animale ; - L’émergence des bactéries résistantes (p. ex. Clostridium difficile) et les mécanismes de résistance (p. ex. les carbapénémases) et leur impact sur la médecine vétérinaire et la médecine humaine ; - La surveillance de la qualité et l'harmonisation des tests de sensibilité sur les isolats d'origine animale ; - Les critères d’application du système en cascade ; - La limitation des traitements collectifs oraux préventifs et métaphylactiques ; - La limitation de l’utilisation des prémélanges médicamenteux ; - L’imposition de conditions supplémentaire au droit de dépôt des vétérinaires et au droit de détention d’un stock de médicaments des éleveurs ; - La subordination des tâches du vétérinaire de guidance à une surveillance épidémiologique ; - La vaccination et certaines mesures de biosécurité dans les exploitations agricoles ; - La création d’un conseil scientifique et de commissions régionales qui déterminent et évaluent les règles de bonne pratique vétérinaire en matière de prescription et de délivrance des médicaments vétérinaires.

  58. 4. Stimuler et financer la recherche scientifique Dans ce cadre, l’accent sera mis sur la recherche axée sur l’interaction entre la médecine humaine et la médecine vétérinaire au niveau de la consommation d’antibiotiques et de la résistance microbienne (p. ex. l'émergence de bactéries résistantes et les mécanismes de résistance et leur impact sur les deux écosystèmes). Groupe de travail Médecine vétérinaire: valeurs cibles (cf. plan stratégique AMCRA 2020) 1. 50% de diminution de la consommation d'antibiotiques d'ici 2020; 2. 75% de diminution des principaux antibiotiques les plus critiques d’ici 2020; et 3. 50% de diminution des fourrages médicalisés contenant des antibiotiques d'ici 2017. Groupe de travail Médecine vétérinaire: planning 2014-2019

  59. 1. Collaboration avec l'AMCRA: définir des objectifs stratégiques, commenter et/ou valider des propositions et des directives, suivre l’élaboration opérationnelle du plan stratégique 2020 de l’AMCRA

  60. 2. Collaboration dans le cadre du groupe de travail Stratégie vétérinaire politique antibiotique (SVPA)

  61. 3. Formuler ses propres avis et prendre ses propres initiatives

  62. 4. Stimuler et financer la recherche scientifique 47

  63. Annexe 1: Étude de VAXINFECTIO et de l’AIM À la demande de la BAPCOC, le groupe de recherche VAXINFECTIO et l’Agence InterMutualiste (AIM) ont effectué une étude très détaillée sur la consommation d’antibiotiques en ambulatoire. Cette étude a confirmé une disparité entre d’une part l’évolution de la consommation d’antibiotiques exprimée en nombre de DDD remboursées et le nombre de paquets d’antibiotiques remboursés et d’autre part entre le nombre d’antibiothérapies remboursées13 et le nombre d’assurés ayant bénéficié d’un remboursement pour des antibiotiques (Figure 1). Un examen plus approfondi montre que cette disparité est exclusivement liée aux pénicillines parce que sur la période considérée, le nombre de DDD par paquet a augmenté pour l’amoxicilline (de 50%) et pour la combinaison amoxicilline-acide clavulanique (de 70%) (Figure 2). Figure 1 13 Un ou plusieurs paquets d'antibiotiques ayant un code CNK identique prescrits par le même prescripteur et remboursés à un ayant droit le même jour. 48 Figure 2 Les chercheurs ont conclu qu’en Belgique, la consommation d’antibiotiques en pratique ambulatoire a bel et bien diminué puisque le nombre de personnes ayant reçu une antibiothérapie a diminué, même si les doses prescrites ont, quant à elles, été supérieures. Ils ont aussi constaté que sur la période de l’étude, la part de l’amoxicilline, l’antibiotique donné comme traitement de premier choix dans les directives belges pour la majorité des infections des voies respiratoires, a augmenté par rapport à la combinaison amoxicilline-acide clavulanique. Le coût total des remboursements des antibiotiques a également baissé de 21 millions d’euros (-16,7%) et est passé de 125 555 454 euros en 2002-03 à 104 529 213 euros en 2008-09 (Figure 3). Figure 3 49 50