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Laws of Senegal

Politique forestière du Sénégal 2005-2025

Made 2005 · Text as of 2026-10-01

Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.

About this law

Language
French
Kind
policy
Organisation
Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel (CILSS)
Country
Senegal
Subjects
Agricultural and rural development, Forestry, Water
Keywords
agricultural development, sustainable development, poverty, irrigation, hazards, pastoralism, animal production, forest management/forest conservation, timber, timber extraction/logging, non-wood forest products, processing/handling, local government, community management, governance, agro-forestry, water conservation zone, water resources management

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  1. SOMMAIRE 1 REPUBLIQUE DU SENEGAL Un Peuple – Un But – Une foi -------------------- MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE POLITIQUE FORESTIERE DU SENEGAL 2005-2025 (Actualisée en 2014) 2 AVANT-PROPOS - = - = - = - = - = - Au Sénégal, la première définition d’une stratégie d’action à moyen et long terme pour une conservation des ressources forestières et des espaces naturels a été concrètement traduite, en 1981, par l’élaboration du Plan directeur de Développement forestier (PDDF). Au-delà des grandes orientations d’ordre technique, le PDDF a permis une promotion accrue des investissements publics dans le sous-secteur des forêts. En 1993, tenant compte de l’évolution du contexte international, marqué par une conscience plus accentuée de la nécessité de coupler Développement et Environnement, le PDDF fit l’objet d’une révision qui donnera naissance au Plan d’Action forestier du Sénégal (PAFS). Celui-ci était caractérisé par une démarche participative privilégiant les actions de concertation qui intègrent l’intérêt des populations. Le PAFS a permis de rationaliser l’exploitation forestière et de responsabiliser les populations dans la gestion des ressources naturelles de leurs terroirs. La revue de la mise en œuvre du PAFS a recommandé d’adapter la politique forestière aux enjeux de la décentralisation et de la lutte contre la pauvreté. L’élaboration de la « politique forestière du Sénégal » (PFS) n’a pas échappé à la règle d’une démarche inclusive et participative aux niveaux géographique et décisionnel. Fruit de larges échanges entre l’ensemble des acteurs de la gestion des ressources forestières, le processus s’est enrichi à travers les Plans d’Action environnementaux régionaux actualisés (PAER), les plans d’actions forestiers régionaux (PAFR), les différentes études spécifiques préliminaires, les observations et suggestions des différents acteurs et partenaires au développement sous la coordination du comité technique qui a encadré sa rédaction. La mise en œuvre de la politique forestière a permis, entre autres, de : - approfondir les connaissances sur les ressources forestières et fauniques - consolider l’approche genre; - améliorer la protection des écosystèmes forestiers ; - réduire les superficies brûlées; - renforcer les capacités techniques et organisationnelles des acteurs locaux autour de la gestion des forêts naturelles aménagées ; - développer des initiatives communautaires de gestion de la faune avec la création de plusieurs aires protégées. Aujourd’hui, face aux nombreuses mutations intervenues au plan institutionnel, la nécessité de réadapter le contenu de la PFS pour mieux l’articuler au processus de la décentralisation s’impose. L’actualisation du présent document procède du souci de prendre en compte les enjeux liés aux changements climatiques, mais aussi de renforcer la prise en charge de l’aménagement et la gestion durable des écosystèmes de mangrove et d’affiner la stratégie de lutte contre les feux de brousse. En effet, la tendance à la dégradation des sols et du couvert forestier justifie le choix politique du gouvernement d’instaurer une gestion de proximité des ressources naturelles par et pour les populations. Cette volonté s’est manifestée par le vote de la loi portant code des collectivités locales et le décret portant transfert de compétences en matière de Gestion des Ressources Naturelles et l’Environnement (GRNE) en 1996. Elle s’est aussi traduite d’abord par la stratégie nationale de développement économique et sociale (SNDES), ensuite à travers le plan Sénégal émergent (PSE) en 3 tant que nouvelle option de développement durable, et la Lettre de Politique du secteur de l’environnement et des ressources naturelles (LPSERN) confirme ces options. La politique forestière du Sénégal est présentée en trois volumes, Volume I : résumé exécutif ; Volume II : document principal ; Volume III : les fiches techniques de projets et programmes prioritaires. Le document principal comprend six grandes parties 1) les raisons de l’actualisation de la politique forestière, 2) l’analyse / diagnostic du secteur forestier, 3) l’orientation de la politique forestière, 4) la mise en œuvre de la politique forestière, 5) le suivi évaluation de la politique forestière, et enfin 6) les conditions de succès de la politique. 4 TABLE DES MATIERES AVANT-PROPOS ................................................................................................................................... 2 TABLE DES MATIERES ....................................................................................................................... 4 LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES................................................................................................ 7 LISTE DES TABLEAUX...................................................................................................................... 13 LISTES DES FIGURES ........................................................................................................................ 13 I- INTRODUCTION .............................................................................................................................. 14 1.1. Les raisons de l’actualisation de la PFS .................................................................................. 14 1.1.1. Planifications antérieures ........................................................................................................ 14 1.1.2- Articulation de la PFS avec les politiques, stratégies, programmes nationaux et internationaux ................................................................................................................................... 15 1.2. 1.2. Modalités de l’actualisation .............................................................................................. 16 1.2.1- Principes ................................................................................................................................. 16 II - ANALYSE ŔDIAGNOSTIC DU SECTEUR FORESTIER ........................................................... 18 1.3.......................................................................................................................................................... 18 1.4. 2.1 – Historique du secteur forestier ........................................................................................ 18 2.1.1 Ŕ Evolution du Service forestier .............................................................................................. 18 2.1.2 Ŕ Évolution du domaine forestier ............................................................................................. 23 1.5. 2.2. Analyse stratégique de l’environnement (ASE) ................................................................. 30 2.2.1. Démarche de l’ASE : dix étapes ............................................................................................. 30 2.2.2. Analyse des résultats de l’ASE ............................................................................................... 32 2.2.3. Tendances ............................................................................................................................... 32 1.6. 2.3.- Dynamique des peuplements forestiers et de la faune ...................................................... 33 2.3.1- État actuel des forêts et de la faune ........................................................................................ 33 2.3.2. - Réduction des superficies boisées ........................................................................................ 34 2.3.3 - Baisse de la richesse floristique ............................................................................................. 35 2.3.4- Réduction de densité et changement de structure de la végétation ........................................ 36 2.3.5 - Baisse de certaines productions forestières non ligneuses .................................................... 36 2.3.6 - Fortes variations de la production des pâturages ................................................................... 36 2.3.7 - Évolution de la dynamique de la faune ................................................................................. 37 2.3.8Ŕ Évolution des productions ligneuses ..................................................................................... 39 1.7. 2.4- Facteurs de dégradation des formations forestières ......................................................... 42 2.4.1 - Contraintes d’origine naturelle : ........................................................................................... 42 2.4.2- Contraintes d’origine anthropique .......................................................................................... 43 2.4.3- Causes d’ordre institutionnel et politique ............................................................................... 45 5 1.8. 2.5- Autres biens et services tirés des forêts ............................................................................. 47 2.5.1- Les produits forestiers non-ligneux (PFNL) ........................................................................... 47 2.5.2 - Les services rendus par la forêt ............................................................................................. 50 1.9. 2.6- Analyses des actions entreprises ....................................................................................... 51 2.6.1- Programmes et projets ............................................................................................................ 51 2.6.2- Résultats globaux par composante thématique ....................................................................... 55 2.6.3- Effets et impacts par zone écogéographique .......................................................................... 63 III- ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE FORESTIERE................................................................. 66 1.10. 3.1- Contexte actuel de la PFS ................................................................................................. 66 3.1.1- Mission de la DEFCCS........................................................................................................... 66 3.1.2- Politique forestière et décentralisation ................................................................................... 66 3.1.3- Politique forestière et lutte contre la pauvreté ........................................................................ 67 3.1.4 - Politique forestière et implication du secteur privé .............................................................. 67 3.1.5 - Politique forestière et énergie ............................................................................................... 68 1.11. 3.2- Vision de la PFS ................................................................................................................ 69 1.12. 3.3- Axes stratégiques ............................................................................................................... 70 1.13. 3.4- Principes directeurs ........................................................................................................... 81 1.14. 3.5- Plate-forme d’actions ........................................................................................................ 82 3.5.1- Thèmes principaux et actions par zone éco-géographique ..................................................... 82 3.5.2- Plan d’Actions ou Indicateurs de Résultats ............................................................................ 85 3.5.3 - Projets et programmes prioritaires ......................................................................................... 96 1.15. 3.6- Orientations de la Recherche forestière ......................................................................... 102 3.6.1- Rappel de la stratégie définie dans le PAFS ......................................................................... 102 3.6.2- Rappel de l’environnement institutionnel de la Recherche forestière .................................. 102 3.6.3 - Acquis de la mise en œuvre de la Recherche/ Développement ........................................... 102 3.6.4 - Analyse critique de la valorisation des résultats .................................................................. 105 3.6.5- Perspectives pour une amélioration du dispositif actuel ...................................................... 105 IV- MISE EN ŒUVRE DE LA PFS ................................................................................................... 106 1.16. 4.1- Horizon temporel et étapes .............................................................................................. 106 1.17. 4.2- Amélioration du cadre institutionnel ............................................................................... 106 1.18. 4.3- Approche par composante thématique et pour la recherche forestière .......................... 108 Reboisement et conservation des Eaux et des sols.............................................................................. 108 Promotion de la production de plants par les Collectivités locales et le privé .................................. 108 1.19. 4.4- Orientations pour la recherche forestière ....................................................................... 111 1.20. 4.5. Décentralisation et responsabilisation des acteurs dans la GRN ................................... 114 4.5.1. Appui à la gestion des compétences transférées ................................................................... 114 4.5.2- Les principaux acteurs de l’exploitation forestière et de la faune ........................................ 116 6 4.5.3. Consolidation du genre ......................................................................................................... 117 1.21. 4.6. Consolidation de la planification des programmes forestiers ......................................... 118 1.22. 4.7 - Synergie entre les différents secteurs ............................................................................. 118 1.23. 4.8 - Mécanismes de financement des programmes forestiers ............................................... 119 4.8.1- Sources de financement ....................................................................................................... 119 4.8.2- Stratégies d’accroissement des ressources financières ......................................................... 121 4.8.3 - Gestion des recettes fiscales ................................................................................................ 121 1.24. 4.9 - Gestion des ressources humaines ................................................................................... 122 4.9.1- Situation actuelle du personnel forestier .............................................................................. 122 4.9.2- Formation.............................................................................................................................. 123 4.9.3 - Perspectives en matière de gestion des ressources humaines .............................................. 124 1.25. 4.10 - Coopération sous-régionale ......................................................................................... 124 4.10.1- Problématique : caractère transfrontalier des ressources .................................................... 124 4.10.2 - Cadres de mise en œuvre de la coopération sous régionale .............................................. 125 1.26. 4.11 - Mise en œuvre des conventions environnementales à travers les programmes forestiers 126 4.11.1- Conventions principales ratifiées par le Sénégal ................................................................ 126 4.11.2- Adéquation entre les principes de la PFS et ceux des conventions .................................... 127 4.11.3- Financement à travers les conventions internationales ....................................................... 127 V- SUIVI ET EVALUATION ............................................................................................................. 128 1.27. 5.1- Système de suivi-évaluation ............................................................................................. 128 1.28. 5.2- Système de planification .................................................................................................. 129 1.29. 5.3- Indicateurs de résultats ................................................................................................... 129 1.30. 5.4- Indicateurs d’effets et d’impact ....................................................................................... 129 5.5- Les acteurs du dispositif de suivi-évaluation ............................................................................... 133 VI- CONDITIONS DE SUCCES DU PLAN ...................................................................................... 133 1.31. 6.1- Préalables ........................................................................................................................ 133 6.1.1 - Information des acteurs ....................................................................................................... 133 6.1.2 - Ajustements juridico- institutionnels ................................................................................... 133 1.32. 6.2 – Mesures d’accompagnement .......................................................................................... 134 6.2.1- Mise en place de mécanismes de facilitation du commerce des produits forestiers ............. 134 6.2.2Ŕ promotion de la concertation ............................................................................................... 135 6.2.3- Dispositif de concertation entre bailleurs ............................................................................. 136 6.2.4- Renforcement des capacités et formation ............................................................................. 136 6.2.5 - Promotion de l’équipement des femmes ............................................................................. 136 1.33. 6.3. Atténuation des contraintes.............................................................................................. 136 7 LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES A.P.D.J. Association pour la Promotion et le Développement de la Jeunesse A.V.S.C.C. Association des Volontaires du Sénégal pour le Canal du Cayor ABACED Association des Bacheliers pour l’Emploi et le Développement ACAPES/R Association culturelle d’Aide à la Promotion éducative et sociale de Rufisque ACDEV Action et Développement ACDI Agence canadienne pour le Développement international ADMUR Association d’Aide au Développement urbain et rural ADPES Association pour une Dynamique de Progrès économique et social AFDS Agence du Fonds de Développement social AFRICARE Africare, Inc AFVP Association française des Volontaires du Progrès AG /GRN Agriculture et Gestion des Ressources naturelles (Projet) AJED Association des Jeunes pour l’Education et le Développement AJUPENS Association des Jeunes pour la Promotion de l’Emploi Non salarié ANATAD Association nationale des accidentés du Travail et leurs Ayants Droit ANCAR Agence nationale de Conseil agricole et rural ANFAR AL ISLAM : Association nationale des Familles Religieuses ANMFR Association nationale des Maisons familiales rurales AOF Afrique Oocidentale française APROFES Association pour la Promotion de la Femme sénégalaise ARD Agence régionale de Développement APROSOR Association pour la Promotion sociale en Milieu rural et urbain ASAN Association sénégalaise des Amis de la Nature ASE Analyse stratégique de l’Environnement ASER Agence sénégalaise d’Electrification rurale ASDEC Association sénégalaise pour la Défense de l’Environnement et des Consommateurs ASI Association de Solidarité islamique ASPAB Association sénégalaise pour la Promotion de l’Agriculture biologique ASPESE Association de Protection de l’Environnement, de la Santé et des Enfants en danger ASRADEC Association de Recherche et d’Appui pour le Développement communautaire ATEF Agent technique des Eaux et Forêts ATPN Agent technique des Parcs nationaux BAGE Bureau Administration générale et Equipement BAD Banque africaine de Développement BEVAR Bureau Etude et Valorisation des Acquis de la Recherche BID Banque islamique de Développement BM Banque mondiale BMS Bureau Matériel et Sécurité BOAD Banque Ouest africaine de Développement CAC Cellule d’Animation et de Concertation CAEC Centre africain d’Animation et d’Echanges culturels CAPES Centre africain d’Assistance et de Protection de l’Environnement au Sahel CCD Cellule des Combustibles domestiques CCF Christian Children’s Fund CDD Comité Départemental de Développement CDS-MT Cadre de Dépenses sectorielles à moyen Terme CECI Centre canadien d’Etudes et de Coopération internationale 8 Centre FO.RE.T Centre forestier de Recyclage à Thiès CL Collectivité locale CLD Comité local de Développement CERADS Centre d’Etude, de Recherche et d’Action pour le Développement de la Zone soudano- sahélienne CERP Centre d’Expansion rural polyvalent CILSS Comité permanent Inter Etat de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel CIRF Caisse intermédiaire de Recettes forestières CIRAD Centre de Coopération internationale en Recherche agronomique pour le Développement CISV Communauté Engagement Service Volontariat CITES Convention de Washington / Commerce international des Espèces sauvages de Faune et de Flore Sauvages menacées d’Extinction CNFTEFCPN Centre national de Formation des Agents techniques des Eaux et Forêts et des Parcs nationaux CNR Campagne nationale de Reboisement CNRF Centre national de Recherche forestière CONGAD Conseil des Organisation Non Gouvernementales COSAPERE Collectif Sénégalais des Africaines pour la Promotion de l’Education relative à l’Environnement CRAS Cellule régionale d’Appui et de Suivi CRAR Sénégal Rodale Internationale CRCS Comités régionaux de Coordination et de Suivi CR Conseil régional CRD Coût des Ressources Domestiques CRD Comité régional de Développement CRS Catholic Relief Service CSE Centre de Suivi écologique CTL/ Nord Conservation des Terroirs du Littoral secteur Nord CTL/Sud Conservation des Terroirs du Littoral secteur Sud CNCR Conseil national de Concertation des ruraux CVD Comité villageois de Développement CWS Church World Service DAPF Division Aménagement et Production forestière DCEF Direction de la Coopération économique et financière DDI Direction de la Dette et de l'Investissement DEFCCS Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols DEEC Direction de l’Environnement et des Etablissements classés DGFEC Division Gestion de la Faune et des Eaux continentales DEVU Direction des Espaces verts urbains DISC Décentralisation Initiatives Santé communautaire (Projet) DM Daara de Malika DOS Document d'Orientation stratégique DP Direction de la Planification DPN Direction des Parcs nationaux DPRF Direction de la Recherche sur les Productions forestières DPF Division Protection des Forêts DPS Direction de la Prévision et de la Statistique DRCS Division Reboisement et Conservation des Sols 9 DRS-CES Défense et Restauration des Sols / Conservation des Eaux et des Sols DSEFS Division Suivi, Evaluation, Formation et Sensibilisation DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DTCP Direction du Trésor et de la Comptabilité publique EEDS Eclaireuses et Eclaireurs du Sénégal EELS Eglise évangélique luthérienne au Sénégal ENCR Ecole nationale des Cadres ruraux de Bambey ENDA Environnement et Développement du Tiers-Monde FAC Fonds d’Aide et de Coopération (France) FAFD Fédération des Associations du Fouta pour le Développement FAFS Fédération des Associations Féminines du Sénégal FC Forêt classée FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture FCCS Fondation Cheikhna Cheikh Saad Bouh FDEA Femmes Développement Entreprise en Afrique FDL Fonds de Développement Llcal FEM Fonds pour l’Environnement Mondial FFE Fondation Friedrich Ebert FFN Fonds forestier national FIDA Fonds International de Développement Agricole FNPJ Fonds National de Promotion de la Jeunesse FONGS Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Sénégal FRK Foresterie rurale de Kolda FRA Forest Resources Assessment G.R.D.R. Groupe de Recherche et de Réalisation pour le Développement Rural GADEC Groupe d’Action pour le Développement Communautaire GIE Groupement d’Intérêt économique GPF Groupement de Promotion féminine GRN Gestion des Ressources naturelles GRNE Gestion des Ressources naturelles et de l’Environnement GTZ Coopération technique allemande IA Ingénieur agronome ICS Industries Chimiques du Sénégal IDA Agence d’Exécution de l’USAID IEA Agence internationale Energie IEC Information Communication Education IIAA Institut islamique afro-américain ISCOS/UNCO Institut syndicale per Cooperazione con i PAESI in Via di SVILUPO ISE Institut des Sciences de l’Environnement ISRA Institut Sénégalais de Recherche agricole ITA Institut de Technologie alimentaire ITEF Ingénieur des Travaux des Eaux et Forêts ITPN Ingénieur des Travaux des Parcs nationaux IREF Inspection régionale des Eaux et Forêts IRD Institut de Recherche pour le Développement JEM Jeunesse en Mission JICA Agence japonaise de Coopération internationale LA CROIX CARITAS – Sénégal LG Région de Louga 10 LVIA Association internationale des Volontaires Laics MAC Millenium Challenge Account MASEFOR Modèle automatisé de Suivi-Evaluation de la Foresterie MDP Mécanisme de Développement propre MEFP Ministère de l’Economie des Finances et du Plan MEN Mission évangélique norvégienne MEPN Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature MJ Mégajoule MJEHP Ministère de la Jeunesse, de l’Environnement et de l’Hygiène publique NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique NCNW/ID-WARO National Council of Negro Women / International Division – West NPA Nouvelle Politique agricole OCEANIUM Océanium de Dakar OCB Organisation communautaire de Base OFADEC Office africain pour le Développement de la Coopération ONG Organisation Non gouvernementale OP Organisation paysanne OSDIL Organisation sénégalaise pour le Développement des Initiatives localisées OXFAM OXFAM / GB OXFORD Committee for Famine Relief PAC Projet d’Appui aux Communes PADEC Association pour le Développement communautaire PADF Programme d’Appui au Développement forestier PADIN Projet d’Aménagement et de Développement intégré du Ndiael PADV Projet d'Aménagement et de Développement villageois PAEP Projet d’Appui à l’Entreprenariat paysan PAFR Plan d’Action forestier régional PAFS Plan d’Action forestier du Sénégal PAGERNA Projet d’Autopromotion et de Gestion des Ressources naturelles au Sine Saloum PADF Programme d’Appui au Développement forestier PADMIR Projet d’Appui à la Décentralisation en Milieu Rural PAGF Projet agro forestier de Diourbel PAMLT Programme d’Ajustement structurel à moyen et Long Terme PAPF Projet d’Aménagement des Pépinières forestières PASA Projet Anacardier sénégalo-allemand PASA Plan d'Ajustement Sectoriel agricole PARCE Projet d’Aménagement et de Reboisement des Forêts du Centre-Est PARFOB Projet d’Aménagement et Reboisement de la Forêt de Bandia PAN/LCD Plan d’Action national / Lutte Contre la Désertification PDDF Plan Directeur de Développement forestier PDES Plan de Développement économique et social PDFR Projet de Développement de la foresterie rurale POAS Plan d’Occupation et d’Affectation des Sols PSAOP Programme des Services Agricoles et Organisations de Producteurs PSIDEL Projet de Soutien des Initiatives de Développement local RDP Revue des Dépenses publiques PFNL Produits Forestiers Non ligneux PFRK Projet de Foresterie rurale de Kolda PFS Politique forestière du Sénégal PGCRN Projet de Gestion communautaire des Ressources naturelles 11 PGIES Programme de Gestion intégrée des Ecosystèmes sahéliens PIB Produit intérieur brut PISA Programme d'Investissements agricoles PJ Pétajoule PLAN Plan international Sénégal PLD Plan local de Développement PLCP Programme de Lutte Contre la Pauvreté PME petites et moyennes Entreprises PMI Petites et Moyennes Industries PMIA Projet de Modernisation et d’Intensification agricole PNIR Projet national d’Infrastructures Rurales PNOD Parc national des Oiseaux du Djoudj PNKK Parc national du Niokolo Koba PNAE Plan national d’Actions pour l’Environnement PNAT Plan national d’Aménagement du Territoire PND Programme national de Développement PNLP Programme national de Lutte contre la Pauvreté PNUE Programme des Nations unies pour l’Environnement PNUD Programme des Nations unies pour le Développement POAS Plan d’Occupation et d’Aménagement des Sols PODES Plan d’Orientation stratégique pour le Développement économique et social POGV Projet d’Organisation et de Gestion villageoise PPTE Pays Pauvres Très endettés PRASET Projet d’Appui au Secteur de l’Elevage transhumant PRC Projet de Régénération de la Rôneraie du Cayor PRDI Plan régional de Développement intégré PRECOBA Projet de Reboisement communautaire dans le Bassin arachidier PREMINA Projet de Restauration du Milieu Naturel PREVINOBA Projet de Reboisement villageois dans le Nord-ouest du Bassin PRL Projet de Reboisement de la zone du Littoral PROBOVIL Projet de Boisement villageois PRODEFI Projet de Développement forestier Intégré PROFOCOPE Projet de Foresterie communautaire et de Protection de l’Environnement PROGEDE Programme de Gestion durable et participative des Energies traditionnelles et de Substitution PROGONA Projet Gonakié- PROGRENA Projet de Gestion des Ressources naturelles PRONASEF Projet national de Semences forestières PRONAT Projet de Protection de la Nature PROVERS Programme de Coopération pour la Promotion de la Verdure au Sahel PROWALO Aménagement des Forêts et Gestion de Terroirs villageois du Walo PRS Projet de Reboisement du Sénégal PSACD Projet sénégalo allemand d’Appui au Sous-secteur des Combustibles domestiques PSO Plan Stratégique opérationnel PSPI Projet Systèmes de Production intégrés PSSA Programme Spécial de Sécurité alimentaire PTA Plan de Travail annuel RADI Réseau africain pour le Développement intégré RENES Programme de Redéploiement énergétique du Sénégal 12 R / D Recherche / Développement RITA Réseau d’Information des Terres arides ROPPA Réseau des Organisations paysannes de l’Afrique de l’Ouest RPTES Examen des Politiques Stratégies et Programmes du Secteur des Energies traditionnelles SAED Société d’Aménagement et d’Exploitation du Delta et de la Falémé SAHEL 3000 Sahel 3000 SAR Société africaine de Raffinage SIG Système d’Information géographique SL Région de Saint-Louis SOCOCIM Société commerciale et industrielle du Ciment SODAGRI Société de Développement agricole et industriel SODEFITEX Société de Développement des Fibres textiles SODENAS Société de Décorticage des noix d’anacarde au Sénégal SODEVA Société de Développement et de Vulgarisation agricole SOMIVAC Société de Mise en Valeur de la Casamance SRAT Schéma Régional d’Aménagement du Territoire SSI SOS Sahel international SUT Système d’Utilisation des Terres TRE Taux de Rentabilité économique TRI Taux de Rentabilité Interne UEMOA Union économique et Monétaire Ouest africaine UCAD Université Cheikh Anta DIOP UGB Université Gaston Berger UICN Union mondiale pour la Conservation de la Nature UMEC Union des Mutuelles d’Epargne et de Crédits UNESCO Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture UNCEFS Union nationale des Coopératives d’Exploitants forestiers du Sénégal USE Union pour la Solidarité et l’Entraide UWET Technologie harmonisée en matière d’énergie ligneuse VAN Valeur actuelle nette VECO ONG Nationalité Belge WAAME West African Association for Marine Environment WETT Energie ligneuse Aujourd’hui pour Demain WETLANDS ONG Terres humides WI Winrock International WRI Institut mondial pour les Ressources WVI World Vision International WWF World Wildlife Funds ZA Zone Aménagée ZEG Zone éco géographique ZIC Zone d’Intérêt cynégétique ZPC Zone de Production contrôlée 13 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1: occupation des sols au Sénégal ............................................................................................... 23 Tableau 2: superficie des forêts classées ayant fait l’objet de déclassement entre 2005 et 2013 ............. 24 Tableau 3: récapitulatif des parcs nationaux et réserves .......................................................................... 25 Tableau 4: Aires Marines protégées communautaires .............................................................................. 26 Tableau 5: Réserves naturelles communautaires et assimilées ................................................................. 27 Tableau 6 : Situation du domaine par région ............................................................................................ 28 Tableau 7: Occupation des sols et distribution des types de végétation au Sénégal................................. 30 Tableau 8: évolution des superficies boisées de 2005 à 2015 .................................................................. 34 Tableau 9: Estimation de la densité des espèces recensées au PNNK en 1990 et 1991* ......................... 38 Tableau 10: Situation des zones amodiées par région (DEFCCS, 2013) ................................................. 38 Tableau 11: Statistiques sur le potentiel forestier de quelques régions du Sénégal.................................. 40 Tableau 12: Superficie et potentiel ligneux des différentes strates ........................................................... 40 Tableau 13: Résultats des inventaires forestiers du PROGEDE, par zones éco géographiques............... 40 Tableau 14: résultats des inventaires des RNC de 2005 et 2009 par le PGIES ........................................ 40 Tableau 15: Répartition des quantités de produits ligneux par type ......................................................... 42 Tableau 16: Production de plants et Superficies reboisées ....................................................................... 56 Tableau 17: Évolution du reboisement de la mangrove ............................................................................ 59 Tableau 18: Évolution des résultats du PRONASEF ................................................................................ 59 Tableau 19: Possibilités en charbon de bois des forêts aménagées de 2009 à 2014 (en quintaux) .......... 60 Tableau 20: Évolution des feux de brousse .............................................................................................. 61 Tableau 21: Situation des actions de prévention entreprises .................................................................... 61 Tableau 22: Prélèvements et abattages de la faune de 2001 à 2013 ......................................................... 62 Tableau 23: évolution des quantités de charbon de bois exploitées par type de production. .................. 72 Tableau 24: Axes stratégique et projets prioritaires en cours et à venir ................................................... 96 Tableau 25: Directives par composante thématique ............................................................................... 108 Tableau 26: Besoins de Recherche prioritaire jusqu’à l’horizon 2025 ................................................... 112 Tableau 27: situation du personnel en 2014 .......................................................................................... 122 Tableau 28 : évolution des départs à la retraite de 2014 à 2020 ............................................................. 123 Tableau 29: Indicateurs d’impact et d’effets pour le suivi de la PFS ..................................................... 130 Tableau 30: acteurs du dispositif de suivi-évaluation ............................................................................. 133 Tableau 31: superficie initiale des forêts du domaine classé par région ................................................. 138 LISTES DES FIGURES Figure1: Carte d’occupation des sols (Source : CSE, 2008) ..................................................................... 29 Figure 2: Localisation de la mangrove au Sénégal (Source CSE 2013) ................................................. 58 Figure 3: scénario d’atténuation de la dégradation de la mangrove ......................................................... 58 14 I- INTRODUCTION 1.1.Les raisons de l’actualisation de la PFS 1.1.1. Planifications antérieures Avec l’élaboration du Plan directeur de Développement forestier (PDDF, 1981), le Sénégal se dotait, pour la première fois de son histoire, d’un véritable outil de planification des activités forestières. Le PDDF a défini une première stratégie d’action à moyen et long terme qui a permis d’impulser une dynamique en faveur de la conservation des forêts et des espaces naturels mais, également, de promouvoir un accroissement substantiel des investissements publics dans le sous-secteur. Compte tenu de l’évolution de la situation nationale et internationale, le PDDF a été actualisé à partir de 1989 pour donner naissance au Plan d’Action forestier du Sénégal (PAFS). Le PAFS, adopté par le gouvernement en 1992, a dégagé des options qui visent, d’une part, la conservation du potentiel forestier et des équilibres socio-écologiques, d’autre part, la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers ligneux et non ligneux. Il sert jusqu’ici de cadre de référence mais, force est de constater que le contexte a beaucoup évolué notamment au plan institutionnel. Ainsi, au niveau national, le processus de décentralisation a été renforcé et consolidé par deux actes majeurs avec l’adoption du Code général des Collectivités locales avec l’avènement du département en tant que Collectivité locale et la communalisation intégrale. Cette réforme institutionnelle a permis de répartir les compétences en matière d’environnement et de GRN, jusqu’ici transférées, entre les deux ordres de collectivités locales que sont le département et la commune. La décentralisation se pose comme une orientation politique majeure d’implication des populations afin de consolider, entre autres, la bonne gouvernance locale. La notion « d’implication » a évolué vers la « responsabilisation », le principe de « l’intégration de l’arbre dans le développement rural » est rendu plus opérationnel avec la gestion par les Collectivités locales du domaine protégé. Avec cette nouvelle loi, le mandat du service forestier, dans la gestion des ressources forestières, est de gérer le domaine classé et d’assurer un appui- conseil efficace aux Collectivités locales. 15 1.1.2- Articulation de la PFS avec les politiques, stratégies, programmes nationaux et internationaux En tant que plan de développement sectoriel et opérationnel, la PFS s’inscrit dans le cadre global de la lutte contre la désertification (LCD), tout en étant en parfaite harmonie avec les politiques transversales définies dans le Plan National d’Aménagement du Territoire (PNAT) et la Stratégie nationale de Développement économique et social (SNDES) et le Plan Sénégal émergent (PSE). L’axe 2 de la SNDES vise entre autre une prise en compte de la dimension environnementale, à tous les niveaux de planification locale et sectorielle et à travers la poursuite de quatre objectifs stratégiques : - atténuer les effets des changements climatiques sur les écosystèmes ; - renforcer les capacités de gestion de l’environnement et des ressources naturelles ; - promouvoir l’économie verte et la création d’emplois verts. La politique forestière doit également contribuer à la lutte contre la pauvreté à laquelle s’attellent la Stratégie nationale de Développement économique et social et le Plan Sénégal émergent, 1) la poursuite de la gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’environnement pour un développement durable, 2) le renforcement du développement local par l’approfondissement de la décentralisation et de la bonne gouvernance. Tous ces objectifs concourent à une meilleure prise en charge de l’Initiative environnementale du nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) qui consiste à assister les pays africains à intégrer les considérations environnementales dans leurs stratégies et politiques pour la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté. Par ailleurs, la Politique forestière a aussi pris en compte les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), notamment l’objectif n°7, cible 9 qui vise un développement environnemental durable et une inversion de la tendance à la dégradation des ressources naturelles. Également, sur le plan international, le Sénégal a ratifié un certain nombre de conventions à incidence directe sur la gestion des forêts: diversité biologique, Changements climatiques, Lutte contre la Désertification. Les dispositions pertinentes de ces conventions seront concrètement prises en compte dans ce document. En somme, le nouveau document de Politique forestière du Sénégal, élaboré pour s’ajuster au cadre stratégique et opérationnel du processus de la décentralisation ainsi qu’à l’évolution du contexte socio-économique et environnemental, renforce l’option de promouvoir au Sénégal un modèle efficace et permanent de gestion de proximité des ressources forestières. 16 1.2. Modalités de l’actualisation 1.2.1- Principes 1.2.1.1. Préparation Le processus d’actualisation du PAFS a débuté par la tenue d’un forum national (en avril 2002) qui a vu la participation de tous les groupes d’acteurs de la gestion des ressources naturelles : les services techniques de l’Etat, les Collectivités locales, les bailleurs, les organismes d’exécution, les ONG, les organisations paysannes, les associations de producteurs etc. L’objectif essentiel de ce forum était d’encourager les participants à définir eux-mêmes la méthodologie à suivre. Ainsi, après deux jours de travaux, le forum a retenu un agenda portant sur trois points : - la conduite d’études spécifiques ; - la revue des plans d’actions forestiers régionaux (PAFR) ; - la tenue d’un forum national de validation du PAFS actualisé. Pour les études spécifiques, les thèmes retenus portaient sur : - l’évaluation de la gestion des compétences transférées aux collectivités locales en matière de GRN ; - l’analyse institutionnelle du sous-secteur forestier ; - la revue des dépenses publiques dans le sous-secteur forestier ; - les effets de la mise en œuvre du PAFS sur l’état de la faune et de son habitat ; - l’état de la recherche forestière au Sénégal, bilan et perspectives. Avant la tenue du forum de lancement, la DEFCCS avait financé une étude portant sur : « les effets socioéconomiques de la mise en œuvre du PAFS » Pour capitaliser les résultats de cette étude, la DEFCCS a élaboré un film documentaire de 32 minutes intitulé : «Lutte contre la pauvreté ; la touche particulière du service forestier ». Dans le cadre de l’actualisation de ce document de PFS, les différentes étapes du processus sont: - mise en place du comité pilotage ; - élaboration de la note méthodologique ; - revue documentaire; - réunion de partage au sein de la DEFCCS ; - réunion de validation en coordination au MEDD ; - atelier de partage avec les différents acteurs intéressés ; - reprographie et diffusion du document final. 17 1.2- Exécution et concertation avec les partenaires Afin d’assurer la participation effective de tous les acteurs de la GRN au processus d’actualisation du PAFS, un comité d’orientation fut créé au niveau national présidé par Monsieur le Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature (MEPN) avec comme membres : la Direction de la Coopération Economique et Financière, la Direction de la Planification, le CSE ; les bailleurs (Pays-Bas, ACDI, GTZ, JICA, FAO, BM, EU, La Chine/Taiwan, La Suisse), la Direction des Collectivités locales, le CONGAD, le CNCR, la DEVU, l’UICN, la DEFCCS, la Direction des Parcs Nationaux, la Direction de l’Environnement, la Direction de l’Agriculture, la Direction de l’Elevage. Au niveau des régions, les présidents de conseil régional ont été sensibilisés et responsabilisés pour l’élaboration des Plans d’action forestiers régionaux (PAFR). Ils ont, à leur tour, créé dans la région un comité régional PAFR qui a conduite, sous la coordination de l’Agence régionale de Développement (ARD) ledit processus. En général, les comités régionaux PAFR sont composés des membres suivants : L’ARD, IREF, Service régional du Développement communautaire, Direction régionale du Développement rural, Service régional de la Planification, Service régional de l’Expansion rurale, Service régional de l’Aménagement du territoire. Enfin, lors des ateliers régionaux et départementaux sur le PAFR, tous les groupes d’acteurs de la région ont participé notamment : le Conseil des Organisations non gouvernementales (CONGAD), le Conseil national de Concertation et de Coopération des ruraux (CNCR), la fédération des Groupements de promotion féminine (GPF), les exploitants forestiers, les entreprises privées et les mouvements de jeunesse. En définitive, il faut retenir que les idées contenues dans ce document reflètent les points de vue de l’ensemble des acteurs tels qu’ils l’ont exprimé lors des foras et à travers les rapports des consultants. Elles cristallisent aussi l’essentiel des additifs apportés aux PAFR. La création de nouvelles régions impose la révision de certains PAFR notamment ceux de Kaolack, Kolda et Tambacounda afin de les mettre à jour et d’élaborer ceux de Kaffrine, Sédhiou et Kédougou. 18 II - ANALYSE ŔDIAGNOSTIC DU SECTEUR FORESTIER 2.1 Ŕ Historique du secteur forestier 2.1.1 Ŕ Evolution du Service forestier 2.1.1.1- Dispositions légales * Périodes coloniale et post-indépendance : approche dirigiste Longtemps rattaché au service de l’agriculture, le service forestier colonial s’est individualisé en un service forestier local du territoire du Sénégal placé sous le contrôle de l’Inspection générale des Eaux et Forêts de l’Afrique occidentale française (AOF) par décret du 04 juillet 1935. Au lendemain de l’indépendance du Sénégal (1960), la politique de conservation des ressources forestières et fauniques, initiée durant le régime colonial, a continué et axée surtout sur : - la protection des forêts ; - l’enrichissement et le reboisement en forêt dense ; - la conduite d’opérations de sylviculture en zone sèche. C’est en 1965 que fut édicté le premier Code forestier du Sénégal indépendant : Loi N° 65 – 23 du 09 février 1965 avec son décret d’application N° 65 – 078 du 10 février 1965. Ce Code consacrait une gestion exclusive des formations forestières par le Service forestier. Pour la gestion de la faune, la loi N° 67 – 28 du 23 mai 1967 et son décret d’application ont été complétés par les règlements particuliers des parcs nationaux. Les effets de la période de sécheresse des années 1970 ont mis en évidence les risques graves de dégradation des ressources du fait des fortes pressions anthropiques (exploitation forestière, défrichements agricoles, feux de brousse) Face à cette situation de menace sur les écosystèmes forestiers, des actions de restauration ont été engagées avec une consolidation du dispositif de conservation. Ainsi, le Code forestier a été révisé par la loi N° 74 -46 du 18 juillet 1974, et le décret N° 65 – 078 du 10 février 1965 relatif à la loi précitée et le décret n°13- 48 du 7 novembre 1987. De même, le Code de la chasse fut modifié par la loi N° 86- 04 du 24 janvier 1986 et le décret N° 86 – 844 du 14 juillet 1986. Dans ce contexte, des opérations à grande échelle de reboisement en régie furent entreprises avec une forte mobilisation de moyens financiers venant de l’appui des partenaires au développement. 19 Les résultats de ces opérations et les campagnes volontaristes de plantation d’arbres menées dans le cadre de la lutte contre la désertification n’ont pas eu tous les effets escomptés. En effet, bien que les plantations de fixation des dunes de la grande Côte aient été des réussites, les résultats techniques des reboisements industriels menés dans le cadre de projets tels le Projet d’Aménagement et de Reboisement de la Forêt de Bandia et le Projet d’Aménagement et de Reboisement du Centre-Est sont mitigés. Il en est ainsi des approches dirigistes et des opportunités limitées qu’offrait le Code forestier. Ces approches n’ont pas permis une bonne participation des populations même si la mobilisation à forte consonance politique pourrait faire penser à une adhésion populaire. Les enseignements tirés de ces expériences peu concluantes ont permis de se rendre compte de la complexité de la lutte contre la désertification qui devait intégrer la participation des populations à travers leurs communautés. * Approche participative et gestion des terroirs Des approches nouvelles ont été ainsi développées pour la conduite des opérations de reboisement communautaire, villageois et individuel où la participation et la formation des populations étaient fortement encouragées. Le cadre juridique a été adapté au nouveau contexte à travers la loi 93-06 du 04 février 1993 et son décret d’application 95-357 du 11 avril 1995 portant Code forestier. Ces opérations ont favorisé l’expérimentation de démarches novatrices et incitatives par le versement de subsides en nature ou des contreparties financières pour amener les populations à s’investir dans la conduite de programmes de mise en valeur, de protection et de restauration des ressources forestières. Cependant, la complexité des dynamiques qui ont été engendrées par l’exécution des projets de deuxième génération a permis au service forestier de s’ouvrir à d’autres disciplines notamment sur : - les secteurs connexes de l’agriculture et de l’élevage en vue d’intégrer les programmes forestiers aux programmes agricoles et pastoraux ; - la sociologie et l’économie afin de prendre en compte les spécificités et valeurs culturelles ainsi que les aspects organisationnels par rapport à la gestion des ressources naturelles ; - l’animation rurale pour sensibiliser les populations sur les processus écologiques en cours dans leur milieu et les amener à mettre en œuvre des stratégies pour inverser les tendances négatives. A cet effet, des outils méthodologiques et des supports pédagogiques ont été élaborés. Par la suite, les démarches sectorielles ont évolué vers des approches beaucoup plus globalisantes comme l’approche participative et l’approche terroir qui ont permis une meilleure implication et une responsabilisation des acteurs. 20 * Contexte de la décentralisation et de transfert de compétences Cette évolution dans la méthodologie et la philosophie d’intervention a induit une adaptation au plan juridique et institutionnel. L’étape de 1996 de la politique de la décentralisation a été marquée par la régionalisation, l’adoption du Code des Collectivités locales et le transfert de neuf domaines de compétences dont la gestion des ressources naturelles. Cette modification a entraîné une réadaptation du Code forestier avec la promulgation de la loi N° 98 – 03 du 08 janvier 1998 et son décret d’application N° 98 – 164 du 20 février 1998. De même, la réglementation sur l’exploitation forestière a été revue avec le décret 2001-217 du 13 mars 2001 abrogeant l’article 3 du décret N° 96-572 du 09 juillet 1996 fixant les taxes et redevances en matière forestière. Pour ainsi dire, la philosophie et la démarche d’intervention ont progressivement évolué avec la politique forestière. Une nouvelle structuration du service forestier et une mise en cohérence des interventions s’imposent face à cette nouvelle donne. 2.1.1.2 – Structuration du Service forestier L’arrêté ministériel N° 10 621 du 17 septembre 1981 portant organisation de la Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS) constitue le texte de référence qui précise ses missions et attributions. Le Service forestier comprend la Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS) située à Dakar dans le Parc zoologique et forestier de Hann, et des services déconcentrées suivant le découpage administratif : - niveau régional : inspection des eaux et forêts ; - niveau départemental : secteur des eaux et forêts ; - niveau arrondissement : brigade des eaux et forêts ; - niveau communauté rurale : triage des eaux et forêts. Ces services comprennent également des projets dont l’envergure (nationale, régionale ou locale), la localisation et la durée varient selon les conventions qui les ont vus naître. Actuellement, les activités de la DEFCCS sont réparties entre les cinq composantes suivantes : - Aménagement et productions forestières ; - Protection des forêts ; - Gestion de la faune et des eaux continentales ; - Reboisement et conservation des sols ; - Suivi, évaluation, formation et sensibilisation. Ces cinq composantes thématiques qui regroupent les activités forestières font, chacune, l’objet d’une division au sein de la DEFCCS. 21 A- Division aménagement et productions forestières (DAPF) En vue de restaurer et de maintenir un potentiel biologique élevé des forêts, la DAPF est chargée de coordonner, au niveau national, l’élaboration et le suivi des plans d’aménagement et d’assurer la planification et le suivi des campagnes d’exploitation. En plus, la division suit les aspects de la politique énergétique relative aux combustibles domestiques. La DAPF comprend : - le bureau Aménagement; - le bureau Productions forestières. - le bureau Économie forestière. Les contraintes majeures de cette division sont: - une faible connaissance de la dynamique des massifs forestiers ; - l’absence de Directives Nationales d’Aménagement servant de cadre de référence à l’aménagement ; - une faiblesse des moyens d’intervention pour le suivi des plans d’aménagement. B- Division Reboisement et Conservation des Sols (DRCS) La DRCS est chargée de coordonner, au niveau national, les actions de reboisement, d'enrichissement et de restauration des forêts et autres espaces ruraux ou urbains. Elle assure la planification et le suivi des campagnes et des actions de reboisement et de conservation des sols. La division comprend : - le bureau Reboisement et Sylviculture ; - le bureau Agroforesterie et Conservation des sols. La contrainte majeure de la division réside dans la difficulté à collecter les statistiques de tous les intervenants au niveau national. C- La Division de la Protection des Forêts (DPF) La DPF est chargée de coordonner, au niveau national, l’application de la politique forestière en matière de protection des forêts (lutte contre les feux de brousse et les agressions naturelles), de coordonner la planification et le suivi des campagnes de lutte contre les feux de brousse. En plus, la division est responsable du suivi de la protection entomologique et phytopathologique des formations forestières, du programme de prévention des diverses calamités (inondations, avancée de la mer, acidification et salinisation des sols) Depuis 1994, la division comprend : - le bureau Prévention et lutte contre les feux de brousses ; - le bureau Prévention et lutte contre les agressions naturelles. 22 D- Division Gestion de la Faune (DGF) La politique appliquée dans ce domaine consiste en la conservation de la base des ressources de la faune et de leur habitat. Concrètement, elle vise, d’une part, à protéger la faune contre la surexploitation (braconnage en particulier) et la destruction de l’habitat , d’autre part, à mieux gérer les plans d’eau, à relancer les activités de tourisme cynégétique, et le commerce des animaux vivants (oiseaux de cage notamment) La division est chargée du suivi de la CITES, Convention de Washington. Cette division comprend : - Le bureau aménagement cynégétique - Le bureau chasse. Les contraintes majeures de cette division sont: - Faiblesse de moyens d’intervention - Une relative connaissance du potentiel faunique E- Division Suivi, Evaluation, Formation et Sensibilisation (DSEFS) La mission assignée à cette division est de type horizontal. Elle vise d’abord, à tester tous «Approches et Procédés nouveaux» et, ensuite, à constituer une banque de données en vue d’élaborer des références conceptuelles et techniques pour l’évaluation des programmes et projets de gestion du patrimoine forestier. La formation / sensibilisation vise, d’une part, à renforcer les capacités d’intervention du personnel forestier grâce à des programmes de formation et de recyclage ciblés et adaptés à la politique forestière telle que redéfinie, et d’autre part, elle vise à doter les populations des dispositions requises pour la conduite correcte et autonome des activités forestières relevant de leur compétence. Cette division dont la création a été préconisée par le PAFS comprend quatre bureaux : - information, formation et sensibilisation ; - étude et valorisation des acquis de la recherche ; - aménagement des terroirs villageois et cartographie ; - suivi-évaluation. En outre, la Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols comprend : - le Bureau « Matériel de Sécurité » (BMS); - le Bureau « Administration Générale et de l’Equipement » (BAGE); - le Bureau Contentieux et de la Brigade Nationale (BCBN) ; - le Bureau du Personnel. L’organigramme de la Direction (Annexe 1) indique les liens existant entre les services aux niveaux central et national. 23 2.1.2 Ŕ Évolution du domaine forestier Le domaine forestier comprend un domaine classé et un domaine protégé. La gestion du domaine classé relève des compétences du Service des Eaux et Forêts et du Service des Parcs nationaux. Le classement des forêts a démarré en 1933 et a atteint une superficie estimée à 7 315 960,86 ha, répartie comme suit: - 164 forêts classées (1.385.110,93 ha dont 30.000 ha de mangrove en basse Casamance et moins de 50.000ha de mangrove dans les iles Bententy et du Saloum) ; - 04 périmètres de restauration (89.812,78 ha dont 9 006 ha de filao) ; - 1 réserve botanique (15,90 ha) ; - 1 réserve naturelle intégrale (3 ha), - 23 réserves sylvo-pastorales (1.820.900 ha) ; - 6 parcs nationaux (982.045 ha dont 40.000 ha de mangrove dans le parc national du Delta du Saloum), 2 parcs forestiers (80 ha) ; - 4 réserves de faune (1.041.356 ha) ; - 1 réserve de biosphère (752 ha à Samba Dia plus les 2 parcs nationaux : Delta du Saloum et Niokolo Koba dont les superficies sont déjà prises en compte) ; - 9 zones d'intérêt cynégétique (1.949.399,25 ha) ; - 1 réserve ornithologique (16 ha) ; - et 1 réserve spéciale d’avifaune (46.550 ha). En 2005, la superficie du domaine forestier (forêts du domaine classé, forêts du domaine protégé et autres terres boisées) est estimée à 13.674.029 ha (FRA, 2005). Tableau 1: occupation des sols au Sénégal (Sources : FRA 2005) 2.1.2.1 ŔForêts classées Selon les actes de classement ou de déclassement pris dans le cadre général de l’aménagement du territoire, la superficie du domaine classé de l’Etat reste variable. Désignation Superficie (ha) en 2005 Forêts 8.673.153 Autres terres protégées (ATB) 5.000.876 Total forêts et ATB 13.674.029 Zones agricoles 5.575.919,00 Eaux intérieures 374.746,00 Autres terres 47.506,00 Superficie Sénégal 19.672.200 24 Les premiers actes de déclassements de forêts ont été pris en 1954. De 1954 à 2004, date à laquelle un inventaire forestier national a été réalisé par le PROGEDE, plus de 54.481 ha de forêts ont fait l’objet de déclassement. Il s’agit entre autres de la Réserve sylvopastorale (RSP) de Déali pour 1200 ha (1954), la forêt classée (FC) de Mbégué (Khelcom) pour 45.000 ha, la FC de Mbirkilane pour 2.678,80 ha (1982) et la FC de Thiès pour 5.678,80 ha ; et ceci, nonobstant les pertes annuelles qui ont touché la totalité du domaine forestier (PDDF, 1981, PAFS, 1993 et bulletins périodiques FAO/FRA, 2000, 2005). Entre 2005 et 2012, d’autres décrets de déclassements de forêts ont été pris (tableau 2). Tableau 2: superficie des forêts classées ayant fait l’objet de déclassement entre 2005 et 2013 Années Superficies initiales (ha) Superficies déclassées (ha) Référence décrets Nom forêt Observations 2006 4.742,5 897,70 Décret n°2006-1335 FC Pout 2007 1.860 650,00 Décret n° 2007-1336 FC Diass 2008 4.742,5 804,00 Décret n°2008-1431 FC Pout 2010 1.860 110,00 Décret n°2010-1093 FC Diass 2010 1.860 150,00 Décret n°2010-1093 FC Diass 2012 46.650 26.550,00 Décret n° 2012-367 RSF Ndiaél 2e Décret rectificatif, ramenant à 10.000ha, pris en 2012 2012 808,1648 35 FC Mbao 2012 681 8 PR Malika VDN 3 Total 1489,1648 2654,7 (Source : journaux officiels) Cependant, la non-matérialisation des limites de la plupart des forêts classées et réserves ainsi que l’insuffisance des moyens de surveillance ont contribué, entre autres, aux coupes frauduleuses et aux empiètements. Ces facteurs, combinés à la péjoration climatique, ont conduit à une dégradation de certaines forêts classées. Dès lors, il s’avère nécessaire de procéder à une re-délimitation et à une restauration. 2.1.2.2 Ŕ Parcs nationaux et Réserves Les Parcs nationaux, les réserves intégrales et spéciales, au nombre de dix et couvrant une superficie de 1 613 790 ha soit environ 8 % du territoire, sont les endroits où la diversité biologique est la mieux conservée en raison de leur statut d’aires intégralement protégées. Cependant, l’un des problèmes majeurs est l’insuffisance des moyens humains et financiers. Des séances d’information/sensibilisation et l’implication des populations riveraines permettent d’atténuer les pressions faites sur les ressources forestières et fauniques. 25 Tableau 3: récapitulatif des parcs nationaux et réserves Parc ou Réserve Création/superficie Représentativité/Localisation Parc National du Niokolo Koba (PNNK) n°6009 du 19/08 n°69 1028 du 18 /09 (913 000 ha Préserve in situ la grande faune des savanes soudaniennes dans le dernier boisement naturel le plus significatif du pays. Régions de Tambacounda, Kédougou et Kolda Parc National de la Basse Casamance (PNBC) n° 70 399 du 10 /04 5000 ha Echantillon représentatif de la forêt sub-guinéenne (sa faune et sa flore caractéristiques) de la frange méridionale du pays. Région de Ziguinchor Parc National des Oiseaux du Djoudj (PNOD) N° 71 411 du 14/04 N° 75 1222 du 10/12 (12000 ha)+ (16000 ha) Écosystème deltaïque caractérisé par des mouvements des crues et des décrues, site d'hivernage important pour les oiseaux migrateurs. Région de Saint Louis Parc National de la Langue de Barbarie (PNLB) N° 76 016 du 09/01 2000 ha Protège les écosystèmes du complexe de l'embouchure du fleuve Sénégal et de la pointe de la langue de Barbarie. Région de Saint Louis Parc National des Iles de la Madeleine (PNIM) N°76 033 du 16/01 450 ha Écosystème insulaire et marin qui préserve une faune endémique et un patrimoine culturel important. (Dakar) Parc National du Delta du Saloum (PNDS) N° 76 577 du 28/05 76 000 ha Écosystèmes terrestres et aquatiques de forêt claire, de mangroves et d'îlots de reproduction de l'avifaune. (Fatick) Réserve Ornithologique de Kalissaye (ROK) N°78 809 du 28/06 16 ha Ensemble d'îlots sableux (sites de ponte des tortues de mer et d'une vaste gamme d'oiseaux) et de formation de mangrove. Région de Ziguinchor Réserve Spéciale de Faune de Guembeul N°83 550 du 30/05 720 ha Mise en défens de 720 ha, centre d'élevage en semi-captivité de la faune sahélienne préexistante. Région de Saint Louis Réserve Naturelle de Poponguine (RNP) N°86 604 du 24/05 1009 ha Mise en défens d'une formation rocheuse et côtière à végétation d'épineux, avec un prolongement marin. (Thiès) Réserve de Faune du Ferlo Nord (RFFN) Sous tutelle DPN, 31/12(487 000 ha) Vaste domaine sahélien, avec paysages, flore et faune caractéristiques. Région de Matam (Source : DPN, 2003.) 2.1.2.3 Ŕ Aires marines protégées Le Congrès sur les Parcs nationaux tenu en septembre 2003 ayant constaté que l’essentiel des efforts de protection concerne les écosystèmes continentaux, a recommandé que les États mettent l’accent sur la protection d’au moins 5 % de leur espace littoral et marin. Le Sénégal a défini un plan national d’actions et pris des options stratégiques à caractère spécifique pour la conservation de la Biodiversité dans les écosystèmes marins et côtiers. C’est ainsi que cinq aires marines protégées ont vu le jour en 2004 (décret n°2004-1408 du 4 novembre 2004). Depuis lors la situation a évolué et se présente comme suit (tableau n°4). 26 Tableau 4: Aires Marines protégées communautaires Aires marines protégées Date de création Superficie (ha) Localisation (département/région) Observations AMP de Joal-Fadiouth 2004 17 400 Mbour/ Thiès C’est un écosystème marin, côtier, estuarien, lagunaire et savanicole AMP de Bamboung 2004 7 000 Foundiougne/ Fatick Elle est située sur la frange côtière AMP de Cayar 2004 17 100 Thiès/Thiès Elle située dans la fosse marine de kayar en plein océan AMP de Saint Louis 2004 49 600 Saint-Louis/Saint- Louis AMP de Abene 2004 11 900 Bignona/ Ziguinchor Elle est située sur la frange côtière C’est un écosystème marin, côtier, estuarien, lagunaire et savanicole AMP de Sangomar 2014 87 437 Fatick / Fatick AMP de Gandoul 2014 5 300 Fatick / Fatick AMP de Palmarin (RNCP) 2003 10 450 Fatick / Fatick Zone de savane et de zone humide AMP de Somone (RNCS) 2001 700 Mbour/ Thiès (Source : DAMPC, 2014) 2.1.2.4 Ŕ Réserves naturelles communautaires et assimilées Entre 2003 et 2013, quelques 30 Réserves naturelles communautaires (RNC), Aires du Patrimoine communautaire (APAC), Espace naturel communautaire (ENC) ou unités pastorales (UP)) sont créées par les collectivités locales pour la conservation des écosystèmes et de la diversité biologique et couvrent une superficie totale d’environ 668.048,82 ha (Niang et Niasse, 2012, pp 59) (tableau n°5). La majorité d’entre elles ont été réalisée avec l’appui du PGIES. 27 Tableau 5: Réserves naturelles communautaires et assimilées N° Nom des RNC Communautés rurales Date de délibération Superficie(ha) 1 Loumbol Samba Abdoul Houdalahi 6-11-2003 38170 2 Malandou Wouro Sibi 29-11-2003 72820 3 Wendou Diohi Wouro Sibi et Sinthiou Bam 29-11-2003 01-03-2004 86760 4 Moungyel Wouro Sibi & Sinthiou Bam 10-03-2008 128676 5 Mansadala Dialakoto 24-06-2003 35000 6 Koar Missirah 21-06-2003 6107 7 Linkering Linkering (Kolda) 09-10-2003 4000 8 Nyémeniké Tomboronkoto 13-11-2003 64523,88 9 Médina Gounas Médina Gounas (Kolda) 05-02-2004 14962,25 10 Dar Salam Dialakoto 09-06-2005 3000 11 Oubadji Salémata & Dakatéli 06-07-2006 82882 12 Tiabédji Bandafassi 30-01-2008 26020 13 Boundou (Tamba) Plusieurs CR et départements 2009 120 000 14 Missirah Toubacouta 11-03-2004 800,59 15 Néma Bah Toubacouta 04-07-2003 846,61 16 Mansarinko Toubacouta 11-03-2004 775,22 17 Ndinderleng Toubacouta & k. Samba Guèye 13-01-2004/07 860,62 18 Samé Saroudia Toubacouta 04-07-2003 94,25 19 Touba baria Keur Samba Guèye 18-02-2009 60,00 20 Darou Khoudoss Darou Khoudoss 15-10-2003 1500,00 21 Diokoul Ndiawrigne Diokoul Ndiawrigne 01-07-2003 2000,00 22 Lac Tanma Notto Gouye Diama 4152,00 23 Notto Gouye Diama Notto Gouye Diama 03-07-2003 1180,00 24 Gandon (St Louis) Gandon 16-07-2003 2000,00 25 Sokone Sokone 08 mars 2010 666,7 26 Mbowène (Fatick) Keur samba Gueye 21 06 2007 100 27 Dindifélo Dindifélo Jan 2010 13200 28 Kawawana Mangagoulack 2010 15000 29 Malidino (Dialimakan) Tamba 1999 8865 30 Potou (Louga) Léona 25 Total 668.048,82 (Source: Niang et Niasse, 2012, p 59) 28 2.1.2.5 Ŕ Taux de classement du domaine classé Actuellement, le taux de classement se répartit comme indiqué dans le tableau qui suit : Tableau 6 : Situation du domaine par région Régions Superficies Domaine classé Taux de classement Nombre Superficie Dakar 55 000 10 6 064 11.0 Diourbel 435 900 0 0 0.0 Fatick 793 500 15 187 676 23.7 Kaolack 1 601 000 23 528 240 33.0 Kolda 2 101 100 26 505 383 24.1 Louga 2 918 800 19 1 216 688 41.7 St. Louis / Matam 4 412 700 61 1 889 432 42.8 Tamba 5 960 200 17 1 685 819 28. 3 Thiès 660 100 13 98 926 15.0 Ziguinchor 733 900 29 119 420 16.3 TOTAL 19 672 200 213 6 237 648 31.7 (Source PAFS, 1993) Le domaine protégé correspond aux formations forestières non classées et non comprises dans les terres des terroirs. Sa gestion est du ressort des Collectivités locales, l’exploitation et la chasse y étant autorisées sur la base d’une réglementation précisée par des codes et des Arrêtés ad hoc. Il couvre une superficie d’environ 6 500 000 ha. Du fait des feux de brousse, du surpâturage, de coupes abusives des forêts, des défrichements, le domaine protégé est fortement agressé. Par endroits, il subit un niveau de dégradation très avancé. Notons enfin la présence de formations particulières telles que : - les mangroves sont des formations fragiles de marais halophytes dont les superficies ont considérablement baissé. Elles passent de 230.610 ha en 1990 à 176.005 ha en 2008 (CSE, 2008). Dans l'hypothèse que le rythme de dégradation de 3.033,6ha/an est maintenu au même niveau, sans tenir compte des jeunes peuplements issus du reboisement et de la régénération naturelle, en 2013 les superficies couvertes de futaies adultes à vieilles de mangroves passent à 160.837,05 ha. - les palmeraies qui sont des formations principalement de Elaeis guineensis (près de 50.000 ha de palmiers à huile en Casamance) ou de Borassus aekii (rônier) constituant un support pour l’agroforesterie et ayant une grande utilité artisanale, alimentaire et pour l’habitat ; 29 - les bambouseraies localisées dans le Sénégal oriental, la haute Casamance et un peu dans la Région de Kaolack. Le bambou est très apprécié par les populations pour la confection de palissades, d’habitations, de meubles et d’objets utilitaires (ruches) ; - Les peuplements de Sterculia setigera situés dans les régions de Tambacounda Kaffrine et Kolda procurent des revenus substantiels aux populations locales a travers l’exploitation et la commercialisation de la gomme Karaya « Mbepp ». Ces peuplements sont tous vieillissants, la régénération naturelle est compromise du fait des passages répétés des feux, du piétinement et de la dent du bétail ; - Les peuplements de Adansonia digitata sont localisés essentiellement dans le bassin arachidier, les régions de Dakar et de Tambacounda. Leurs produits font l’objet d’un commerce florissant. Force est de constater leur sénescence et la quasi absence de leur régénération. La surexploitation des feuilles et des fruits immatures constituent des facteurs de dégradation ; - Les forêts galeries situées le long des principaux cours d’eau, - les formations halophytes des tannes (Tamarix senegalensis) Une étude plus récente du Centre de Suivi écologique (CSE) donne une idée sur la typologie des forêts au Sénégal. Figure1: Carte d’occupation des sols (Source : CSE, 2008) 30 Tableau 7: Occupation des sols et distribution des types de végétation au Sénégal Libellé Superficie (ha) Proportion (%) Cours d'eau 237 299 1,20% Culture 4 565 645 23,20% Dune vive 2 503 0,00% Forêt 1 785 457 9,10% Foret galerie 725 177 3,70% Mangrove 176 005 0,90% Plage sableuse 4 287 0,00% Plantation 79 040 0,40% Prairie marécageuse 147 239 0,70% Savane arbustive à arborée 8 120 513 41,30% Sol nu exondé 40 869 0,20% Sol nu marécageux ou inondable 103 565 0,50% Steppe arbustive à arborée 3 244 448 16,50% Vasière 292 574 1,50% Zone artificialisée 134 120 0,70% Total 19 658 741 100 (Source : CSE, 2014) 2.2. Analyse stratégique de l’environnement (ASE) Durant le processus d’élaboration de la PFS (2005-2025), la méthode de l’analyse stratégique de l’Environnement (ASE) a été utilisée pour, d’une part, identifier les facteurs déterminants des problèmes environnementaux et, d’autre part, élaborer la liste des thèmes prioritaires dont la mise en œuvre globale pourrait garantir une gestion durable des ressources naturelles. 2.2.1. Démarche de l’ASE : dix étapes La méthodologie de l’ASE est un processus logique et analytique qui permet de clarifier la complexité de la situation actuelle par rapport aux différentes dimensions du développement durable. Elle est déclinée en dix étapes pour les utilisateurs, de manière à mieux gérer l’information et les données disponibles et de pouvoir définir des priorités. 31 Module II : Analyse des problèmes Module IV : Planification stratégique et activités de suivi Module III : analyse des opportunités Etape 1 : Identification des parties prenantes et des fonctions environnementales Etape 2 : Analyse des tendances des fonctions environnementales et les chaînes causes-effets environnementales Etape 3 : Analyse des impacts des tendances environnementales sur la société humaine (objectifs finaux) Etape 4 : Définition des normes, standards et seuils importants Etape 5 : Définition des problèmes Etape 6 : Analyse des problèmes Etape 7 : Inventaire des opportunités Etape 8 : Analyse des opportunités Etape 9 : Vision et stratégies de développement durable Etape 10 : Définition système de suivi PROCESSUS DE L’ASE Module I Diagnostic du contexte système écologique société humaine 32 2.2.2. Analyse des résultats de l’ASE L’analyse par zone écogéographique a donné les résultats ci après : ZEG de la vallée du fleuve Sénégal : baisse des produits ligneux et non ligneux ; augmentation des terres marginales ; disparition de la faune ; perte de la diversité biologique. ZEG du Ferlo : baisse du volume des produits ligneux et non ligneux ; baisse des ressources fourragères (qualité/quantité) ; fréquence des conflits agropastoraux ; assèchement des mares et des marigots ; ZEG du bassin arachidier : baisse des rendements agricoles ; raréfaction du bois de chauffe et de service ; dégradation des sols ; faible régénération des arbres ; baisse et salinisation des nappes phréatiques ; disparition progressive des forêts de terroirs et de certaines espèces forestières et fauniques; appauvrissement des familles paysannes ; perte de la diversité biologique. ZEG des Niayes : pression démographique, implantations de cités nouvelles ; développement exponentiel du maraîchage ; exploitation clandestine des plantations artificielles ; disparition progressive de la faune ; forte mortalité sur pied des peuplements de filao ; baisse et salinisation des nappes. ZEG Agro-sylvo-pastorale Est : baisse du taux de couverture des forêts ; baisse des rendements ; sensibilité accrue des sols à l’érosion ; éloignement des forêts villageoises ; raréfaction de la faune en zones non classées ; accroissement du braconnage dans les parcs ; empiètements agricoles sur le parc de NKK. ZEG des forêts du sud : hausse de l’exploitation clandestine (scieries) ; empiètements en forêts classées ; recul de la mangrove (la mortalité croissante des pieds de Rhizophora racemosa et Avicennia nitida, la baisse de la production d’huître ; la salinisation des bas- fonds) ; accroissement des palmiers morts sur pied ; chute des captures de poissons et crevettes (baisse de 1600 à 430T entre 1977 et 1986) ; déficit alimentation pour les populations rurales ; forte émigration. 2.2.3. Tendances Le rythme de dégradation du couvert végétal a sensiblement diminué entre 1993 et 2010 (80 000 ha/an en 1993, 45 000 ha/an en 2005 et 40 000 ha/an en 2010). Ainsi, la Politique forestière va s’inscrire dans le sens du maintien de cette tendance, afin d’arriver à une baisse encore plus significative. Cette tendance est confirmée par les résultats de l’Analyse stratégique environnementale (ASE) au niveau des différentes zones écogéographiques. 33 2.3.- Dynamique des peuplements forestiers et de la faune 2.3.1- État actuel des forêts et de la faune Les inventaires forestiers réalisés par le PROGEDE et le PGIES et les données du FRA ont montré une dégradation progressive des ressources forestières qui se manifestent par des réductions de superficies, de richesse floristique (diversité biologique), de densité et des modifications de structures avec disparition d’une ou de plusieurs strates de certains peuplements ligneux (85 t.m.s./ha en 1996 et 44,94 t.m.s./ha en 2007 (Source : IPCC/OCDE, FRA 2005 et PROGEDE). Depuis 2005, les projets et programmes (PROGEDE 2, PGIES, WULA NAFA, ANGMV, PERACOD, PROGERT, ANEV) ont entrepris des actions de restauration et de gestion durable des ressources naturelles ayant permis un retour lent mais progressif de la végétation dans la plupart des zones éco géographiques. Cette tendance est confirmée par la croissance annuelle moyenne de biomasse ligneuse de 1,4 t.m.s./ha/an observée dans les réserves naturelles communautaires (RNC) du PGIES entre 2005 et 2009 (inventaires forestiers de 2005 et 2009, valeurs et équations allo métriques GIEC 2006). En plus, une bonne dynamique de régénération est constatée dans les forêts de gonakiers due à la régularité progressive des crues dans la vallée du Fleuve Sénégal. La faune a suivi la même tendance de détérioration de son habitat. Les reptiles (crocodiles, serpents, tortues, etc.) et la majorité des grands mammifères sont particulièrement menacés. Cette dégradation est due à plusieurs décennies de sécheresse combinée à une pression démographique galopante, à des pratiques de gestion inadaptée et reposant sur une mauvaise connaissance du potentiel existant. La faune aviaire, avec 623 espèces contre 192 pour les Mammifères, est le groupe le plus diversifié. Par la qualité et la diversité de ses zones humides représentées par 8 aires protégées disséminées du Delta du fleuve Sénégal au Parc National de la Basse Casamance, le Sénégal est un des grands pays d’accueil des oiseaux migrateurs. Pendant les hivers, le Parc National des Oiseaux du Djoudj (PNOD) accueille des centaines de milliers d’oiseaux de près de 300 espèces. Au début du 20ème siècle, la faune était présente partout dans les limites actuelles du territoire national. Vers la fin du 20ème siècle, les derniers représentants de la moyenne et grande faune n’avaient survécu que dans les derniers sanctuaires encore peu anthropisés que constituent les Parcs nationaux, particulièrement celui du Niokolo-Koba et, dans une moindre mesure, dans la ZIC de la Falémé. Malgré tout, le Sénégal n’a perdu aucune espèce de moyenne ou de grande faune caractéristique des savanes soudaniennes d’Afrique depuis la création du Niokolo-Koba en 1954. La disparition du damalisque (Damaliscus korrigum korrum) remonte à la fin des années 1800, tandis que la dernière observation d’une girafe dans la Falémé date de 1953. 34 Dans la zone sahélienne du Ferlo, survivent encore quelques faibles populations de gazelles (Gazella rufifrons) et d’autruches. Egalement, comme le relève la Monographie Nationale de la Biodiversité du Sénégal, la faune est richement diversifiée, conséquemment à la diversité des biotopes qui caractérisent le pays : du domaine sahélien à la zone sub guinéenne, et d’influence climatique à la fois continentale et maritime. Plusieurs espèces y sont à la limite de leur aire de distribution biogéographique, il s’agit notamment du chimpanzé (Pan troglodytes), du lycaon (lycaon pictus), du Colobe bai (Colobus badius), du potamochère (Potamochoerus porcus), etc. La sous-espèce de l’élan de Derby (Tragelaphus Taurotragus) derbianus derbianus) ne survit plus au plan mondial, que dans un étroit couloir entre le Parc National du Niokolo-Koba et le Bafing (Ouest du Mali) ; la variété giga (Tragelaphus Taurotragus) derbianus giga) est caractéristique des savanes de l’Afrique Centrale. Mais ce tableau relativement reluisant au plan de la diversité faunistique, vu le contexte mondial caractérisé par une forte érosion biologique, ne doit pas cependant occulter le statut très précaire de certaines espèces, dont l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) qui est menacé d’extinction. Il convient de noter également que le réseau des aires protégées (voir tableau des aires protégées), principal conservatoire in situ de la diversité biologique animale et floristique du Sénégal, est infime par rapport à la superficie du pays (7,6%) et en regard des normes assignées à chaque pays par la Communauté internationale (taux de classement de 12% du territoire national). 2.3.2. - Réduction des superficies boisées Les superficies boisées ont connues des réductions (cf. tableau suivant). Tableau 8: évolution des superficies boisées de 2005 à 2015 Catégories Superficies (x 1000 hectares) 1990 2000 2005 2010 2015 Forêt 9348 8898 8673 8473 8273 Autres terres boisées 5301 5101 5001 5330 5250 Autres terres 4604 5254 5579 5450 5730 Eaux intérieures 419 1051 1116 1090 1230 Total 19 672 19 672 19 672 19 672 19 672 (Source : FRA 2010 et FRA 2015) Ce tableau montre une augmentation des superficies des autres terres boisées (ATB) qui passent de 5.001.000 ha à 5.330.000 ha entre 2005 et 2010. Par ailleurs, les inventaires forestiers du PROGEDE (2004, 2007) et du PGIES (2005, 2009) ont montré des croissances annuelles moyennes de biomasse ligneuse. 35 La superficie totale des forêts est passée de 14,649 millions d’hectares à 13,803 millions entre 1990 et 2010. Durant cette période, des conversions de terres forestières au profit de l’agriculture et des industries extractives ont été observées. Aux pressions agricoles et minières, sont venus s’ajouter les coupes frauduleuses et abusives, les feux de brousse et les mauvaises pratiques pastorales. Certes il y’a une constance dans la régression du couvert forestier. Mais il faut souligner qu’en 20 ans (1990-2010) le taux de régression du couvert forestier, tout en étant régulier, a jusqu’ici affiché une tendance à la baisse. Nous sommes passés de 100.000 ha/an (PDDF, 1981), à 80 000 ha/an (PAFS, 1993), puis 45 000ha/an (FRA, 2005) et ensuite 40 000ha/an (FRA, 2010). Cependant, pour avoir des données fiables sur l’évolution des ressources forestières, il est nécessaire de procéder à des inventaires selon une périodicité de 3 ans. 2.3.3 - Baisse de la richesse floristique La richesse floristique a diminué dans beaucoup de biotopes au Sénégal. C’est ainsi que dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, les rôneraies ont quasiment disparu et ils ne subsistent que quelques lambeaux de mangroves aux environs de Saint-Louis. Dans la zone sylvo-pastorale, les aires occupées par des espèces comme Acacia senegal, Sclerocarya birrea, Pterocarpus luscens et Dalbergia malanoxylon se sont sensiblement réduites et les trois dernières sont même en voie de disparition. Le tamarinier et le fromager ont disparu dans une bonne partie du bassin arachidier nord. Dans la zone des Niayes, un inventaire floristique de la réserve botanique de Noflaye en 1991 par ILBOUDO a révélé la disparition de 212 espèces par rapport à la situation de 1957. On note en particulier la disparition du Treculia africana (essence guinéenne) de la zone des Niayes. En plus de ce rétrécissement des aires de distribution, certaines espèces dont notamment les plantes médicinales sont menacées de disparition du fait de leur importance socio- économique occasionnant leur surexploitation. L’UICN (1991) signale le nombre de 28 ligneux concernés, parmi lesquels on peut citer : Pterocarpus erinaceus, Saba senegalensis, Bombax costatum, Landolphia heudeloti, Borassus aethiopum, Parka biglobosa , Oxythenanthera abyssinica, Adansonia digitata, Raphia sudanica, Faidherbia albida, Cordyla pinnata, Khaya senegalensis, Dalbergia melanoxylon, Sterculia setigera. Le suivi de ces espèces mérite une attention particulière. On peut également citer d’autres espèces de la zone forestière sud telles que Afzelia africana, Detarium guineense, Aphania senegalensis, Spondias mombin, Parinari excelsa, Antiaris africana, Sarcocefalus exculentus. 36 2.3.4- Réduction de densité et changement de structure de la végétation Le couvert ligneux s’est éclairci en général laissant quelques lambeaux de végétation dense situés souvent dans des bas-fonds, vallées et zones d’accès difficile et offrant des conditions topo-édaphiques favorables au maintien de cette végétation. Par endroit, on assiste à un déséquilibre de la structure verticale avec forte réduction ou disparition d’une ou plusieurs des strates ligneuses (arborée, arbustive, jeune) C’est ainsi qu’on assiste en plusieurs endroits du territoire : à la savanisation de la forêt claire, à la steppisation de la savane, au rabougrissement de la mangrove, à l’absence de jeunes sujets condamnant les peuplements concernés à la disparition si rien n’est fait contre ce défaut de régénération naturelle, etc. Ce changement de physionomie de la végétation affecte de façon remarquable un tiers du pays. En effet, une comparaison d’images de 1965 et de1994, par Eros Data Center /CSE, montre qu’environ 28 % des forêts sont moyennement à sévèrement dégradées. 2.3.5 - Baisse de certaines productions forestières non ligneuses On assiste à une baisse des quantités contrôlées de certaines productions forestières non ligneuses. C’est le cas de la production de « madd » passe de 1542,5 tonnes en 2001 à 940 tonnes en 2009, celle de gomme « mbepp » de 1189 tonnes en 2002 à 404 tonnes en 2009. Par contre, la production contrôlée de gomme arabique passe de 52,5 tonnes en 2002 à 229,6 tonnes en 2009, tandis que l’huile de palme passe de 258124 litres à 287 328 litres. Il faut cependant noter qu’une baisse des productions contrôlées ne se traduit pas nécessairement pas par la baisse de la production globale. En effet, l’autoconsommation échappe à l’appareil statistique. Toutefois, il faut noter que certaines pratiques comme la récolte des fruits avant maturité, le transfert des semences (fruitiers forestiers) hors zones naturelles constituent des menaces à la régénération naturelle). A cela s’ajoutent la non disponibilité de semences de bonne qualité en quantité suffisante pour le reboisement et l’absence de régénération/enrichissement dans les zones de production. Ce phénomène est l’une des raisons principales du vieillissement des peuplements de Detarium senegalensis de la région de Fatick. 2.3.6 - Fortes variations de la production des pâturages La production des pâturages est soumise à de fortes variables inter annuelles (suivant en cela la pluviométrie), avec des périodes de disette pour le bétail en année de sécheresse. L’on assiste à un émondage abusif des ligneux qui accentue la dégradation des formations végétales. 37 Le suivi effectué par le Centre de Suivi Écologique (dans 52 stations de contrôle réparties sur l’ensemble du territoire) montre que cette variation inter annuelle est plus marquée en zone sahélienne où le coefficient de variation est de 62 %, qu’en zone soudanienne avec un coefficient de variation de 39 %. 2.3.7 - Évolution de la dynamique de la faune L’ornithologie, à cause certainement du centre d’intérêt qu’elle constitue pour les chercheurs européens, migration saisonnière oblige, est le thème le mieux suivi au niveau du système des Parcs Nationaux. Des programmes de dénombrement des Oiseaux d’eau sont régulièrement conduits au PNOD et dans les sites satellites du delta du Sénégal (Trois marigots, Ndiaël, vasières et zones humides autour de Saint Louis, Guembeul et Langue de Barbarie), et au niveau des colonies nicheuses de l’îlot aux oiseaux du Parc National du Delta du Saloum. Les opérations de dénombrement portent principalement sur les oiseaux d’eau, majoritairement migrateurs. Les programmes de suivi des populations aviaires bénéficient plus de l’attention, d’appui technique, scientifique et financier de la Communauté internationale. Malgré les importantes modifications des paysages naturels du delta dues à l’agriculture intensive dans la vallée, les populations aviaires se maintiennent tant au plan qualitatif (diversité) que quantitatif (densité) En ce qui concerne la grande faune, à part les prospections qui permettaient d’avoir une appréciation qualitative sur l’état des populations de quelques grands mammifères, les véritables opérations de dénombrement scientifique de la moyenne et grande faune diurne du Niokolo-Koba ne sont organisées qu’à partir de 1990. La méthode utilisée, le transect-ligne, ne génère des résultats significatifs que pour des espèces suffisamment bien représentées parce que donnant la possibilité d’avoir un nombre de contacts intéressant au plan statistique. La synthèse des résultats des campagnes annuelles de 1990 et 1991, avait permis d’établir une situation de référence. La régularité des campagnes annuelles n’a pu être assurée, faute de ressources. Mais des systèmes de suivi écologique de la faune diurne et nocturne sont mis en place, ce qui a permis de confirmer par exemple la présence d’une espèce aussi rare que le pangolin géant (Manis gigantea) et dont la dernière observation signalée remontait à 1967. 38 Tableau 9: Estimation de la densité des espèces recensées au PNNK en 1990 et 1991* ESPECES EFFECTIFS INTERVALLES (95%) Babouins 190 203 140 330 – 240 075 Singe vert 23 855 15 434 – 32 275 Singes rouges 12 815 9 367 – 26 761 Chacal à flancs rayés 432 212 - 652 Phacochère 11 082 8 919 – 13 245 Guib harnaché 26 813 22 822 – 30 804 Hippotrague 4 620 1 981 – 7 260 Cob onctueux 2 226 1 183 - 3 269 Cob de Buffon 14 134 11 622 – 16 646 Bubales 4 984 3 240 – 6 728 Céphalophes à flancs roux 17 369 14 337 – 20 400 Sylvicapre de Grimm 1 918 1 081 – 2 758 Ourébi 11 506 9 252 – 13 761 Buffle 8 293 3 772 – 12 814 Grand calao d’Abyssinie 2 858 1 586 – 4 128 Pintades 28 331 Sans Francolin 32 771 Sans *Pour une superficie de 8 175 km² et pour une longueur totale des transects échantillonnés de 4 737 km (campagnes de 1990 et 1991) (Source : DPN, 2003.) En dehors des programmes d’inventaire des espèces, d’évaluation des stocks et de suivi écologique de la faune, initiés dans le cadre de la gestion classique des aires protégées et, par extension, dans les zones humides pour les oiseaux d’eau, il existe peu ou pas d’autres programmes d’estimation des populations naturelles de faune. Dans les zones amodiées (tableau n°10) et les zones d’intérêt cynégétique, où la chasse est autorisée, les quotas de tir ne sont pas fixés sur la base de la maîtrise des effectifs par espèce. Les statistiques disponibles portent uniquement sur les taux d’abattage. Tableau 10: Situation des zones amodiées par région (DEFCCS, 2013) Régions Nombre de zones amodiées Superficies (ha) Saint-Louis 18 257.944 Tambacounda 20 1.056.000 Kédougou 07 535.000 Kolda 15 495.354 Sédhiou 09 285.447 Kaolack 09 308.670 Kaffrine 07 236.340 Fatick 07 152.800 Louga 02 31.715 Total 94 3.357.270 39 En général, le constat est que la faune sauvage suit la même tendance que les ressources végétales, avec leur retrait des zones où la végétation s’est fortement dégradée pour ne subsister pratiquement que dans les parcs, réserves, forêts classées et formations forestières d’accès difficiles du sud et du sud-est qui constituent leurs derniers refuges. Dans certains parcs et réserves (Niokolo Koba, Delta du Saloum), des estimations (Galat et al,1999) chez les grands mammifères ont révélé : - Des espèces rares à très rares ou en diminution alarmante, dont certaines sont en danger d’extinction (mangabey fuligineux, gazelle dorcas, éléphant, cobe redunca céphalophe de Grimm, élan de derby, situtunga ou guib d’eau) et d’autres sont menacées de disparition (céphalophe à flancs roux, serval, cobe de Buffon, buffle, guib harnaché, panthère). Cette menace de disparition pèse également sur les reptiles (crocodiles, serpents, tortues) et certaines espèces d’oiseaux (faucons, autruches, calaos, outardes) ; - La disparition de certaines espèces (girafe, damalisque, oryx algazelle, gazelle dama) dont les deux dernières sont en réintroduction au nord : réserve de Gueumbeul) La stabilité des populations de certaines espèces (singe rouge, hyppotrague, ourébi, galago du Sénégal) ou même leur accroissement (babouin de Guinée, phacochère) 2.3.8Ŕ Évolution des productions ligneuses 2.3.8.1Ŕ Présentation du Système d’Information Écologique Forestier et Pastoral (SIEF) Le PROGEDE a mis au point, depuis 2004, une méthodologie d'évaluation et de suivi des ressources forestières capitalisant les différentes expériences qui ont été menées au Sénégal. L’élaboration de cette méthodologie a fait l'objet d'une large concertation entre la Direction des Eaux et Forêts (DEFCCS), le Centre de Suivi Écologique (CSE), le Centre National de Recherches Forestières (CNRF) et l'Institut des Sciences de l'Environnement (ISE) Le Système d’Information Écologique Forestier et Pastoral (SIEF) mis à jour par le PROGEDE est constitué d’un ensemble de placettes circulaires géo référenciées et disposées de façon aléatoire dans les forêts aussi bien du domaine classé que du domaine protégé des zones éco géographiques des Niayes, du Ferlo, du Centre Est et Est, de la Casamance et du Bassin Arachidier. C’est en s’appuyant sur ce dispositif unique dans la sous région que les inventaires forestiers de 2004 et de 2007 ont pu être réalisés. Ce maillage contribuera à pallier l'absence de données fiables sur la ressource forestière et permettra à l’Administration Forestière et aux techniciens de disposer de données techniques nécessaires à l'élaboration de plans d'aménagement et de gestion des formations forestières. 40 2.3.8.2Ŕ Évolution du potentiel ligneux de 2004 à 2009 C’est grâce à cet outil qu’une carte du potentiel ligneux du Sénégal a pu être établie et que les différentes strates, du point de vue de leur potentiel forestier, ont pu être identifiées. les tableaux ci-après donnent les potentiels ligneux pour les régions qui ont fait l’objet d’un inventaire. Tableau 11: Statistiques sur le potentiel forestier de quelques régions du Sénégal Région Nombre de tiges / ha Volume / ha (m3) KAOLACK 395 19,35 LOUGA 159 4,93 KOLDA 873 51,98 MATAM 619 22,89 SAINT LOUIS 153 17,34 TAMBACOUNDA 749 35,19 (Source : PROGEDE, 2004). Tableau 12: Superficie et potentiel ligneux des différentes strates Strate Superficies (ha) Potentiel ligneux (m3/ha) Faible 3 653 464 3,33 Peu riche 1 389 234 8,47 Riche 4 923 821 20,00 Très riche 3 601 737 44,60 (Source : PROGEDE, 2004). Tableau 13: Résultats des inventaires forestiers du PROGEDE, par zones éco géographiques ZONES SUD CENTRE EST BASSIN ARACHIDIER FERLO NIAYES V2004 (m3/ha) 119,06 79,72 54,19 8,19 4,08 V2007 (m3/ha) 120,48 85,27 46,76 8,87 3,94 (Source : logiciel Base 2004 2007 PP/SIEF/BAC/PROGEDE/DEFCCS) Tableau 14: résultats des inventaires des RNC de 2005 et 2009 par le PGIES Stocks de biomasse en tonnes de matières sèches (t.m.s.) Zones éco géographiques Sud Est Bassin arachidier Ferlo Niayes en 2005 (t.m.s./ha) 41,39 30,98 16,38 27,19 8,66 en 2009 (t.m.s/ha) 49,29 38,02 20,28 32,85 8,49 (Source : PGIES, 2010) 41 Ce système d'information écologique, forestier et pastoral (SIEF) a été renforcé par un dispositif similaire par le PGIES, dans les mêmes zones éco géographiques mais dont les placettes circulaires géo référenciées sont installées uniquement dans les forêts du domaine protégé. Ce dispositif constitue un noyau autour duquel la DEFCCS entend articuler ses futurs travaux d'évaluation et de suivi des ressources forestières et pastorales pour en assurer la cohérence et la continuité. C’est à ce titre, qu’il a été institutionnalisé et à intégrer la nouvelle structuration de la DEFCCS. 2.3.8.3Ŕ Suivi de la production ligneuse La production ligneuse soumise aux différents contrôles des services déconcentrés de la DEFCCS se présente sous plusieurs formes: Le bois d’œuvre : Le bois d'œuvre regroupe toutes les essences partiellement protégées ou non protégées et utilisées dans la menuiserie/ébénisterie, la construction (charpente) et dans l'industrie, dont les diamètres d'exploitabilité sont spécifiés dans le décret fixant les taxes et redevances en matière d'exploitation forestière. Il s'agit entre autres du kapokier (Bombax costatum), du caïlcédrat (Khaya senegalensis), du linké (Afzelia africana), du dimb (Cordyla pinnata), du santan (Daniellia oliveri), etc. Dans les régions de Kolda et Sédhiou, l’exploitation du bois d’œuvre y est très importante, mais insuffisante (39 000 m3) pour couvrir les besoins de la demande nationale estimée à 180.000 m3. Le bois d’artisanat : Il est principalement exploité dans les régions de Kolda, Sédhiou et Tambacounda et porte sur les sujets morts. Le bois d'artisanat regroupe : - d’une part : les palmiers et rôniers morts, les espèces utilisées pour la confection de pirogues ; - d’autre part : les sujets morts des espèces partiellement protégées ou non protégées, dont les dimensions sont fixées dans l’arrêté organisant la campagne d’exploitation forestière. Le bois d'artisanat concernant les sujets morts est divisé en deux catégories : - le bois d'artisanat à usage de sculpture; - le bois d'artisanat destiné à la menuiserie. Ce bois permet la confection de : lits tara, chaises, tabourets, tamis, pagaies, balafons, « djembés » ou tam tam, statuts, statuettes. Les principales espèces utilisées sont : Cordyla pinnata, Pterocarpus erinaceus, Dalbergia melanoxylon Le bois de service : Il est produit essentiellement à partir du rônier et le bambou. Le bois de service regroupe les poteaux, les lattes, les piquets, les perches, les tiges de bambou et les panneaux de crinting. Près de 92 % de cet important potentiel sont localisés dans les trois régions forestières de Tambacounda, Ziguinchor et Kolda. Les disponibilités du bois de service indiquent un potentiel de 49 millions de m3 (PNAE, 1997). 42 Le charbon de bois : Hormis la carbonisation des produits issus de défrichement ou des parcelles de reboisement privées, la production de charbon de bois est exclusivement faite dans les forêts aménagées. Sur les 18 forêts aménagées pour la production de bois-énergie, 14 se situent dans les régions de Tambacounda, Kolda et Sédhiou qui constituent ainsi les principaux pourvoyeurs en charbon de bois du pays. D’une façon générale, les formations forestières naturelles et artificielles offrent une production globalement déficitaire par rapport à la demande nationale. La consommation en charbon des grands centres urbains fait l’objet d’une étude conjointe PROGEDE2- Direction de l’Énergie sur la base d’enquêtes conjointes. Le bois de chauffe : il est exploité dans les régions sur autorisation du Chef d’Inspection régionale si les possibilités des forêts le permettent. L’exploitation est assujettie au paiement de la redevance forestière. Tableau 15: Répartition des quantités de produits ligneux par type Produits Charbon de bois Bois de chauffe Bois d'œuvre Bois artisanat Quota Alloué (qx) Exploité (qx) Alloué (stère) Exploité (stère) Alloué (pieds) Exploité (pieds ou stères) Alloué (pieds) ou (stères) Exploité (pieds) 1997 910 000 741 512 0 57 258 2 365 2 356 1 275 374 1998 900 000 366 369 0 111 349 2 967 2 118 845 327 1999 ND 414 390 0 152 292 845 802 518 72 2000 781 100 468 176 0 93 744 3 321 1 335 790 160 2001 651 800 482 792 0 112 633 1 232 1 076 520 173 2002 510 000 332 504 0 95 519 1 370 955 790 323 2003 500 000 482 598 0 91 717 2 185 1 095 720 460 2004 500 000 482 861 0 123 914 1 710 1 058 50 000 49 646 2005 500 000 445 245 0 127 523 2 000 1 373 72 770 57 900 2006 500 000 407 380 0 111 779 2 621 1 437 75 000 302 2007 740 000 410 866 0 101 157 2 721 1 675 85 000 33 900 2008 500 000 383 313 0 40 387 2 721 845 85 000 28 080 2009 741 000 599 482 0 117 864 2 721 778 81 760 30 900 2010 679 314 579 469 0 107 145 1 396 60 81 750 36 123 2011 805 453 747 490 0 126 127 1 720 677 59 960 20 468 2012 770 158 0 1 545 61 160 2013- 2014 796 259 0 1 500 31 080 2.4- Facteurs de dégradation des formations forestières Cet état de dégradation des ressources forestières est le résultat de diverses pressions/contraintes d’origine naturelle, anthropique et institutionnel. 2.4.1 - Contraintes d’origine naturelle : Des phénomènes naturels concourent à fragiliser les forêts. Il s’agit de : 43 La sécheresse qui entraîne la dégradation des terres favorisée par l’érosion due notamment à l’augmentation du ruissellement des eaux de pluie au détriment de l’infiltration. Ce dernier phénomène entraîne une baisse de la réserve hydrique des sols et donc des possibilités de régénération naturelle de la végétation (notamment les espèces les plus exigeantes en eau) Cette sécheresse induit également la baisse du niveau des eaux de surface et souterraines. Elle est préjudiciable à la végétation et favorise la salinisation des sols et des eaux en bordure de l’océan. Les érosions éolienne et hydrique entraînent des pertes de fertilité voire la stérilité des sols (par exemple lorsque la cuirasse latéritique est mise à nu empêchant tout retour de la végétation) Par ailleurs, ces érosions engendrent parfois l’ensablement des dépressions fertiles et de point d’eau (lieu d’abreuvement de la faune) perturbant ainsi l’équilibre des biotopes et les communautés végétales et animales qui y vivent. Elles participent ainsi à la dégradation des formations végétales et à la perte d’habitats pour la faune. La salinisation des eaux et des sols qui entraîne une régression de la mangrove et des formations végétales terrestres, proche de l’océan au profit des tannes. En Casamance, elle a également mis en péril les systèmes agraires des bas-fonds (rizières) obligeant les populations à les abandonner au profit des zones de plateau, accentuant ainsi le défrichement des formations forestières. 2.4.2- Contraintes d’origine anthropique Les deux causes majeures de la déforestation au Sénégal sont l’exploitation forestière pour la production d’énergie ligneuse et, surtout, l’expansion agricole sous la poussée démographique et l’épuisement des terres de culture. Les défrichements à la recherche de nouvelles terres de culture, consécutifs à la croissance démographique, à la détérioration des sols, aux grands aménagements hydro- agricoles et à des pratiques inadéquates (agriculture extensive itinérante), constituent une forte pression sur les ressources forestières entraînant même des empiètements de plus en plus importants sur le domaine classé. Les expressions les plus frappantes de cette expansion agricole sont : le glissement du bassin arachidier vers le Sénégal oriental et la zone forestière sud, les empiètements irréguliers et le déclassement de certaines forêts classées. La surexploitation des produits forestiers ligneux (surtout pour la fourniture de bois énergie) et non ligneux (les saignées intenses et souvent mal faites des palmiers à huile et rôniers ainsi que des gommiers et « mbepp »), la récolte avant maturité de presque tous les fruits, les prélèvements excessifs et souvent inappropriés de racines, feuilles et écorces pour la pharmacopée sont une des causes principales de déforestation. 44 Mauvaises pratiques d’exploitation de la mangrove : surexploitation, techniques de récolte d’huîtres inappropriée. Les forêts péri-urbaines sont fortement menacées par l’urbanisation et l’extraction minière Le braconnage et l’exploitation légale de la faune non basée sur une connaissance suffisante des stocks combinés au rétrécissement continuel de l’habitat ont contribué grandement à la réduction drastique de la faune. Les feux de brousse surtout lorsqu’ils sont fréquents et violents contribuent à la dégradation de la végétation et de la faune (la grande faune comme la microfaune) Cependant leur impact réel n’est pas encore suffisamment évalué. Cet impact est d’autant plus important à étudier que ces feux de brousse touchent annuellement une partie relativement élevée du territoire national, malgré une tendance globale à la baisse (plus de 450 000 ha en 1997, 250 000 ha en 2001, un peu plus de 100 000 en 2004) Toutefois les estimations des superficies brûlées varient selon les auteurs et les méthodes, d’où la nécessité de procéder à une standardisation apte à permettre une meilleure évaluation. Le mauvais système de drainage des eaux d’irrigation qui entraîne la salinisation, l’acidification ou l’alcalinisation des terres. Ce phénomène, qui affecte certaines parties (dont l’étendue reste à déterminer) de la vallée du fleuve Sénégal et la région sud du pays est néfaste à la végétation qu’il transforme en tannes. La pollution liée à l’utilisation inconsidérée de pesticides et d’engrais dans la vallée, les Niayes, le bassin arachidier, les régions de Tambacounda et Kolda, mais également de produits toxiques comme le cyanure dans l’exploitation minière dans le département de Kédougou menacent le fonctionnement des écosystèmes en général, de la faune en particulier, constituant ainsi un facteur de dégradation. Le surpâturage : la surcharge de bétail, l’émondage abusif (surtout en périodes de disette), le piétinement excessif (qui annihile la régénération naturelle et entraîne le compactage/encroûtement des sols riches en éléments fins) ont un impact négatif sur les sols et les ressources végétales. C’est ainsi qu’au Ferlo, les abords des forages et de certains points d’eau sont marqués par une dégradation poussée de la végétation, caractérisée par une perte de diversité, une forte réduction du couvert ligneux avec souvent élimination des strates basses (régénération naturelle) qui condamne ces peuplements à la disparition si aucune mesure corrective n’est prise. L’exploitation des mines et carrières : en plus des pollutions que cela peut engendrer, détruit une partie de la végétation et gène la photosynthèse sur une autre par le recouvrement des feuilles par la poussière, entravant ainsi le développement des arbres. Cette exploitation se fait essentiellement dans les régions de Dakar, Thiès et Tambacounda. Les changements climatiques S’entendent par les changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement a une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent 45 s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observé au cours de périodes comparables (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques). Les impacts des changements climatiques sur les écosystèmes forestiers sont manifestes et se traduisent par :  l’exacerbation des feux de brousse et de l’exploitation du bois du fait des états extrêmes de la pluviosité. En cas de forte pluviosité, l’abondance du tapis herbacé entraine de multiples foyers de feu et en cas de déficit, il y’a un envahissement des forêts,  et la salinisation\ acidification progressive des zones boisées. 2.4.3- Causes d’ordre institutionnel et politique * Domaine de l’exploitation et de l’aménagement forestier Les principaux points notés sont :  l’allocation de la quantité de charbon de bois en quintaux : l’expression du quota basé sur la quantité de charbon produit et non sur le volume de bois prélevé pour le produire n’a pas incité les exploitants à une valorisation efficiente des ressources. Ainsi, la prédominance de la meule traditionnelle a toujours été à l’origine d’une importante perte d’énergie lors de la carbonisation.  l’allocation du quota de bois d’œuvre en pieds : l’expression du quota en pied ne favorise pas une meilleure valorisation de la ressource. L’exploitant s’acquitte de la même redevance par pied quel que soit le diamètre dépassant le seuil d’exploitabilité fixé ;  la faiblesse du système de suivi et de contrôle de l’exploitation forestière : une bonne partie des quantités consommées échappe au contrôle du fait i) d’une fraude sur le nombre de sacs transportés dans les camions lors du transport vers les centres de consommation, ii) d’une grande variabilité sur les quantités effectivement circulées du fait du système d’estimation des quantités de charbon transporté à partir du nombre de sac indexé à 50 kg/sac et non pas sur le poids réel, iii) la démotivation des agents affectés au contrôle du fait de leurs conditions de travail très difficiles. En plus, le système de suivi ne capte pas l’exploitation sur la parcelle  l’absence de Directives Nationales d’Aménagement servant de cadre de référence à l’élaboration et la validation des plans aménagement * Domaine de l’exploitation de la mangrove Les principaux points notés sont : - le manque de moyens adaptés du Service forestier pour un contrôle régulier des ressources de la mangrove : cette situation favorise une régression de ces écosystèmes avec une coupe abusive de piquets de palétuviers et une reconversion d’importantes superficies en rizières traditionnelles ou en périmètres de grande exploitation en milieux insulaire ; 46 - le manque de coordination des interventions : beaucoup d’acteurs interviennent dans cet écosystème avec des approches et stratégies différentes, à l’insu du service forestier. * Domaine de la faune et de son habitat - faible connaissance du potentiel végétal et faunique et leur dynamique n’a pas permis d’apprécier exactement les menaces qui pèsent sur la flore et la faune en vue de planifier rationnellement leur utilisation, accélérant ainsi la dégradation des ressources forestières ; - la gestion de la faune orientée vers les actions de cueillette et la faiblesse des investissements conséquents conformément au niveau de priorité de ce secteur dans l’intervention du service forestier ; - insuffisance des recherches sur la faune et absence d’un système permanent d’évaluation du potentiel de la faune ; - le non-respect des cahiers des charges par les amodiataires, dû à l’irrégularité du contrôle, constitue des contraintes à la politique d’amodiation ; - mauvaise gestion des plans d’eau continentale pour assurer leur pérennité. * Domaine de la recherche et de la vulgarisation des acquis - l’insuffisance de la vulgarisation et de la valorisation des acquis de la recherche au niveau national et international a freiné la performance des actions en matière de gestion des ressources forestières, notamment en matière de reboisement (choix des espèces, faible utilisation d’espèces locales, de semences de bonne qualité, de biotechnologies, de suivi des plantations, etc.) ; - insuffisance de la valorisation des produits forestiers non ligneux due à plusieurs facteurs (difficulté de garantir l’apprivoisement d’unités de transformation, difficulté de conservation des produits, mauvaise technique de récolte, inorganisation des filières des PFNL, manque d’organisation des populations à la base, etc.). * Domaine de la formation, de l’éducation des Collectivités locales et insuffisante valorisation des connaissances locales - le faible niveau de connaissance des textes d’éducation et de formation des populations constitue une limite pour une gestion adaptée des ressources, ce qui a contribué à accentuer leur dégradation ; - l’insuffisance de la prise en charge du volet GRN par les collectivités locales au niveau des forêts de terroir, comme les y invite le transfert de compétences ; - la valorisation insuffisante du savoir et du savoir-faire locaux et des valeurs socioculturelles dans la gestion des ressources naturelles. 47 * Domaine du suivi évaluation et de la coordination des interventions - le déficit de concertation/coordination des interventions, malgré des efforts importants dans ce domaine pour une gestion cohérente et efficace des ressources naturelles ; - le manque d’un système performant de suivi évaluation des réalisations fait que la mesure fiable des résultats n’est assurée qu’annuellement. Les tendances et les impacts des actions ne sont pas correctement mesurés ; - l’insuffisance des moyens financiers internes alloués à la gestion des ressources forestières limite l’impact des actions de restauration et de conservation des ressources forestières. 2.5- Autres biens et services tirés des forêts Les forêts produisent, pour les populations, de multiples biens et services dont certains font l’objet de commerce et d’autres, en quantité plus importante, sont destinés à la subsistance. L’analyse des données collectées montre que l’une des principales faiblesses du système d’information sur les biens et services rendus est le manque de statistiques complètes et régulières sur la quantité, la consommation et la commercialisation de ces produits. Ainsi, les valeurs des biens et services faisant l’objet d’échanges commerciaux ont été calculées sur la base des prix du marché, tandis que les produits non commercialisés, difficiles à évaluer, ont fait l’objet d’une estimation quant à la détermination de leurs valeurs (valeurs de substitution ou d’option) Pour certains produits, la valeur marchande est sous évaluée par rapport à leur coût réel. Pour d’autres, il est difficile de leur attribuer des valeurs : séquestration du carbone, protection des bassins versants, productivité des pêcheries etc. Les produits de la forêt peuvent être classés en trois catégories : les produits ligneux, les produits non ligneux et les services. 2.5.1- Les produits forestiers non-ligneux (PFNL) Le milieu forestier demeure une source d’approvisionnement de divers produits pour les populations riveraines (feuilles, fruits, écorces, racines, gommes, champignons, insectes et autres invertébrés, gibier, miel, etc.). Le besoin de satisfaction de cette demande sans cesse croissante favorise la dégradation des forêts. Selon leur utilité sociale, l’importance de leur demande et la régularité de la disponibilité du produit, on peut classer les produits non ligneux en trois catégories : 48 Les produits principaux : lls sont régulièrement consommés par les populations et sont disponibles toute l’année. Il s’agit : - du pain de singe ou "bouye" (Adansonia digitata) ; - du tamarin ou "dakhar" (Tamarindus indica) ; - de l’huile de palme ou "tiir" (Elaeis guineensis); - "Sidem" (fruit du Zizyphus mauritiana) ; - "dankh" (fruit du Detarium microcarpum). - du "kinkeliba" (Combretum micrantum) et ; - de la gomme Karaya ou « mbepp » (Sterculia setigera). Les produits secondaires saisonniers : Ils sont consommés en quantité non négligeable mais seulement durant la période de récolte : - «maad » (Saba senegalensis) ; - la pomme d’acajou (Anacardium occidentale) ; - « oul » (Parkia biglobosa) ; - « new » (Parinari macrophyla) ; - etc. Les produits spécifiques : consommés par une population ciblée, ils sont rarement vendus sur le marché. On ne les trouve qu’auprès de détenteurs spécialisés : - le vin de palme ; - l’huile de « touloucouna » (huile de Carapa procera) - les éponges végétales (feuilles écrasées du Borassus aethiopum) ; - les produits de vannerie (tiges et feuilles du Borassus aethiopum). Dans les produits non ligneux de la forêt, on peut citer également les produits de la faune sauvage et ichtyologique : viande pour la consommation, peaux, cornes, sabots, plumes, etc. Ces produits sont utilisés dans la fabrication d’objets divers (trophées, amulettes) et pour les besoins rituels ou de la pharmacopée. 49 Les acteurs qui interviennent dans ce secteur sont : - les producteurs : les populations locales cueillent et stockent les produits en attendant l’arrivée du collecteur ou acheteur; - les collecteurs : ce sont généralement des marchands ambulants appelés « bana- banas » qui sillonnent les zones de productions à la recherche des produits à acheter souvent à bas prix; - les distributeurs: ils sont composés de grossistes et de détaillants qui assurent la distribution des produits aux consommateurs. L’exploitation varie d’une région à une autre, aussi bien en nature qu’en quantité. Il existe dans tout le pays un réseau de marchés hebdomadaires (loumas) où les produits forestiers occupent une place importante dans les échanges. Ce commerce relevant du secteur informel, et en raison du manque de structuration de ce secteur, les données disponibles sont éparses, difficiles à collecter et à établir, car ne faisant pas l’objet d’un suivi régulier. L’exploitation à titre commercial des produits forestiers non ligneux (PFNL), dont certains font l’objet d’exportation (gomme arabique, gomme « mbepp », oiseaux, etc.) est assujettie au paiement d’une redevance fixée par décret. Certains de ces PFNL sont contingentés (quotas annuels), et c’est le cas pour les panneaux de « crinting », les tiges de bambou, les oiseaux et le gibier sauvage. Il est à noter que les populations riveraines des formations forestières jouissent d’un droit d’usufruit pour leurs besoins de consommation, quantités qui échappent ainsi au contrôle des stocks. Les statistiques disponibles relatives aux PFNL végétaux commercialisables ne permettent donc pas de faire la part entre les quantités exploitées et les quantités commercialisées et de situer l’importance de l’autoconsommation de ces produits. S’agissant de la faune sauvage, son exploitation est faite sous forme de campagnes de chasse organisées chaque année par arrêté ministériel, favorisant ainsi le tourisme de vision et le commerce des oiseaux. Le commerce de la viande du gibier sauvage est interdit, mais son exploitation produit des effets induits qui touchent principalement à l’essor du tourisme, au commerce de l’armurerie, à la fiscalité, à la création d’emploi et à l’amélioration de l’alimentation carnée des populations en milieu rural. Egalement, les soins de santé primaire sont souvent pris en charge dans les zones amodiées par les exploitants cynégétiques. 50 2.5.2 - Les services rendus par la forêt La forêt a plusieurs fonctions : des fonctions de production, des fonctions de conservation, des fonctions culturelles et des fonctions espace qui se traduisent par des externalités environnementales, sociétales, économiques et culturelles. Les produits de la forêt sont variés et importants. La forêt joue un rôle capital dans la protection des cultures, la fertilité des terres, la lutte contre l’érosion, la lutte contre les inondations. En général, les services et fonctions rendus par les forêts sont les suivants : le pâturage, la protection des bassins versants, la conservation des sols et le contrôle de l‘érosion, la biodiversité et la protection des habitats, le loisir dans les espaces forestiers, l’écotourisme, l’amélioration du climat local et global et le maintien des valeurs spirituelles et socioculturelles (bois sacrés en Casamance) La protection de l’environnement des villages et des villes par l’amélioration du cadre de vie (réduction de la pollution physique et sonore, production d’ombre et adoucissement du climat) sont aussi d’autres services rendus par la forêt. Dans ce cadre, nous pouvons mentionner le rôle que joue la mangrove dans les processus de conservation du milieu : régulation et captation des flux de sédiments, protection des rives et berges contre l’impact des vagues, capacité de production et d’exportation de matières organiques vers le plateau continental océanique et lieux de ponte (frayères) et d’accueil des poissons (mollusques et crustacés juvéniles) Sur le plan socio-économique, le rôle de la forêt est indéniable en terme d’emplois directs et indirects. Dans la zone des Niayes, l’exploitation de la bande de filaos par les groupements de producteurs encadrés par le Projet d’Appui à l’Entreprenariat Paysan (Bilan phase pilote d’exploitation et de régénération de la bande de filaos, février 2002) fait état d’un résultat financier net de 10 893 541 f CFA et 2.384.100 f CFA respectivement par l’exploitation et la vente de 3680,5 stères de bois et 1757 perches. Dans le même ordre d’idée, une estimation des valeurs liées à l’utilisation directe de la bande de filaos dans les niayes a été proposée par Thiam & Ndiaye en se fondant sur la phase pilote d’exploitation de la bande de filaos à Potou par les groupements (un groupement compte 60 à 70 personnes). Les superficies exploitées puis reboisées et qui représentent 17,250 ha ont rapporté 9.591.000 f CFA de recettes aux groupements. Rapportée à la surface forestière utile de la bande, soit 8.348 ha reboisés, la valeur estimée totale serait de francs CFA (4.641.488.000 f CFA) Si en plus on considère la production maraîchère issue de la protection des 500 cuvettes, il faudrait y ajouter environ 16 milliards de Fcfa par an (Thiam & Ndiaye, FAO, 2003) En somme, la présence de la bande de filaos dans la ZEG des Niayes donne : 51 - une réponse financière aux populations et aux exploitants privés des filaos avec une valeur totale sur pieds de 4.641.488.000 de f CFA ; - une réponse aux besoins en bois d’énergie et de service pour les centres urbains ; - une réponse à la diversification horticole, et partant à l’autosuffisance alimentaire; - une réponse au développement économique avec la création d’emplois et/ou l’encadrement de prés de 8000 producteurs ; - une réponse à la désertification avec la reconstitution de la végétation ; - une réponse à la protection de la biodiversité : les plantations artificielles de filao favorisent la reconstitution de la faune notamment l’avifaune et le petit gibier à poils (lièvres). Sur un autre plan, les forêts contribuent aussi au développement socio-économique notamment par : - l’amélioration des agrégats macro-économiques ; - l’amélioration de la sécurité alimentaire et la lutte contre la malnutrition ; - la lutte contre la pauvreté ; - la création d’emplois, etc. 2.6- Analyses des actions entreprises 2.6.1- Programmes et projets Pour la mise en œuvre de la PFS, en plus des efforts déployés par l’Etat, le Sénégal compte encore sur l’appui direct ou indirect de différentes sources de financement et/ou d’assistance technique de pays comme les Pays-Bas, la Finlande, le Japon, le Canada, l’Union européenne et d’organismes comme USAID, GTZ, la Banque mondiale, FAO, le PNUD, le FIDA, la BOAD, la BID, la BAD, le FME et le PNUE. Parmi ces programmes et projets, il faut retenir : A- Les projets régionaux Zone de la vallée et du delta du fleuve Sénégal - Projet Biodiversité Sénégal – Mauritanie (2001-2010), intervenant dans la conservation de la diversité biologique ; * Zone sylvo pastorale du Ferlo - Projet Autopromotion pastorale du Ferlo (PAPFER), qui vise la mise au point d’un système partagé de gestion des pâturages dans la zone sylvo pastorale (1997 –2009); 52 * Zone du Littoral et des Niayes - Projet d’Appui à l’Entrepreneuriat paysan (PAEP) qui a pour objectif de favoriser la croissance économique de la Région des Niayes, par l’augmentation de la rentabilité, l’efficacité des principales filières maraîchères et l’exploitation / régénération de la bande de filaos (1998- 2003) ; * Zone agricole du Bassin arachidier - Projet agroforestier de Diourbel (PAGF), avec pour objectifs la stabilisation de la dégradation des sols, l’amélioration des revenus et des conditions de vie des populations rurales, le renforcement des structures d’encadrement et la responsabilisation des groupements bénéficiaires (1996 - 2010) ; - Projet Autopromotion et Gestion des Ressources naturelles au Sine- Saloum (PAGERNA,1993-2003) intervenant pour le maintien de conditions favorables d’existence des populations grâce à une gestion décentralisée, viable et productive des ressources naturelles ; - Projet pour la promotion des énergies renouvelables, de l’électrification rurale et de l’approvisionnement durable en Combustibles domestiques (PERACOD) , avec comme objectif de contribuer à améliorer de manière durable l’accès de la population rurale aux services énergétiques. L’accent est mis sur les énergies renouvelables, particulièrement sur des systèmes solaires et l’utilisation durable des combustibles non-fossiles.. Il vise également à rationaliser l’utilisation des ressources ligneuses par l’aménagement participatif des forêts ; - Projet de Développement de la foresterie communautaire Intégrée (PRODEFI, 2000- Janvier 2005) qui tente de mettre au point un modèle durable de gestion communautaire des ressources forestières dans le bassin arachidier; - Projet de Renforcement des Capacités pour le Contrôle de la Dégradation des Terres et la Promotion de leur Valorisation dans les Zones de Sols dégradés –(CODEVAL) avec pour objectif la lutte contre la dégradation des terres et leur restauration (1er Phase : Mars 2011 – Mars 2016). * Zone forestière du Sud - Programme d’Appui au Développement économique de la Casamance (PADEC, Avril 2010 - Mars 2015) dont le but est de contribuer au développement et à la mise en valeur du potentiel agricole et agro-alimentaire de la Casamance par les petits producteurs et productrices grâce à un appui à des filières porteuses. 53 - Projet de Systèmes de Production intégrés pour la protection des ressources en moyenne Casamance (PSPI, 1994-2003) avec comme objectifs premiers une contribution au ralentissement de la dégradation des ressources naturelles et la mise en place d’une structure d’intervention capable de promouvoir la protection des ressources par l’application de systèmes de production intégrés. - Projet de Gestion durable et participative des Energies traditionnelles et de ubstitution (PROGEDE et PROGEDE 2 , 1998 - 2015) Ce programme constitué de deux composantes : composante « Régulation de l’offre de bois-énergie » et composante « gestion rationnelle de la demande d’énergie de cuisson », a pour objectif global de contribuer à l’approvisionnement durable des ménages en combustibles domestiques tout en préservant l’environnement et en offrant des possibilités élargies de choix et de confort aux consommateurs. Le PROGEDE 2 vise à augmenter de manière durable la disponibilité de combustibles domestiques diversifiés, en augmentant les revenus des communautés participantes, tout en préservant les écosystèmes forestiers et en tenant compte du genre. B- Les Projets nationaux - Projet national de Semences forestières (PRONASEF, 1993-2000), qui a pour objectif le renforcement des capacités de la DEFCCS et du Centre nationale Recherche forestières (CNRF), en vue de la mise en œuvre et du suivi évaluation de programmes de production et de diffusion de semences forestières et de recherche en physiologie et amélioration génétique des arbres ; - Projet d’Aménagement de Pépinières forestières (PAPF, 1997-2004) dont la finalité est de rénover et d’équiper 12 pépinières régionales en vue d’augmenter leur capacité de production et de permettre au Service forestier et aux populations de mener à bien leurs programmes de reboisement ; - Projet de Gestion communautaire des Ressources naturelles (PGCRN, 1994-2001) qui intervient dans les régions de Fatick, Kaolack, Kolda et Tambacounda avait pour objectif d’accroître la productivité agricole par une meilleure gestion des ressources naturelles dans les zones à pluviométrie fiable. Le projet contribue à l’atteinte de deux résultats : 1) des investissements fonciers accrus, et 2) des techniques de gestion des ressources naturelles maîtrisées et utilisées par les communautés rurales (1994Ŕ 2004) ; - Projet d’Appui au Centre forestier de Recyclage de Thiès (Centre FO.RE.T, 1989-1998) projet dont la finalité était de contribuer au renforcement des capacités techniques des acteurs du secteur forestier et de l’environnement en général ; - Projet d’Appui au Programme national de Foresterie rurale (PDFR, 1990-1999) avait pour objectifs de mettre en place les conditions méthodologiques et techniques pour une mise en application cohérente du PNFR, axe central du PAFS, de renforcer les capacités nationales et locales pour la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation continus du Programme d’Action du PAFS et de promouvoir les interrelations et les synergies entre l’expérience sénégalaise et celle des pays de la sous région ; 54 - Programme d’Appui au Développement forestier (PADF, 2001-2003), a pour objectif principal le renforcement des capacités des structures pérennes pour la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation continus des programmes forestiers nationaux. - Projet de Gestion des Ecosystèmes intégrés du Sahel (PGIES, Oct. 2002 ŔSept. 2005 pour la première phase), a pour objectifs de 1) lever les contraintes du développement durable, 2) de restaurer les structures, les composantes et les fonctions des écosystèmes, 3) d’assurer la co-gestion des aires protégées, 4) d’assurer un suivi et une évaluation participatifs. Le Projet utilise une approche spatiale de réduction des pressions sur les ressources naturelles qui revêt trois dimensions (la création de Réserve naturelles communautaires (RNC) dans les terroirs, la bonne gestion des ressources dans les terroirs et les les Eco gardes). - Projet Villages fruitiers (Phase I ; 2002 - 2012), contribuer a la lutte contre la pauvreté, la déforestation et les changements climatiques. Dans sa deuxième, il est dénommé projet de relance des filières ; C. Agences C.1. Agence nationale de la grande Muraille Verte La planète terre est confrontée depuis des décennies à des défis environnementaux dont l’un des plus visibles est le processus de la désertification. Celui-ci est caractérisé au Sahel par une multitude de facteurs tels que le manque de ressources en eau, la surcharge pastorale, la coupe du bois pour de multiples usages. C’est dans ce contexte que le projet de la grande Muraille verte a été conçu comme une réponse africaine à ce défi. Il s’agit pour les pays concernés de relever le défi de l’avancée du désert par la mise en valeur des zones saharo-sahéliennes selon une approche de gestion durable des ressources naturelles et de lutte contre la pauvreté. Plus particulièrement, il s’agit de développer des espèces végétales à valeur économique adaptées à la sécheresse (100- 400 mm), de créer des bassins de rétention, de promouvoir des systèmes de production agricoles intégrés et d’appuyer les activités génératrices de revenus, ainsi que des infrastructures sociales de base sur une bande allant de Dakar à Djibouti soit 7 000 km et 15 km de large. Lancées officiellement au Sénégal en 2008, les activités de la grande Muraille verte (GMV) sont mises en œuvre les départements de Louga, Linguère et Ranérou. Les bénéfices attendus du projet sont : 1. la promotion d’activités agrosylvopastorales génératrices de revenus et la satisfaction des besoins des populations rurales (en produits ligneux et/ou non ligneux); 2- la diversification des systèmes d’exploitation des terres; 3- la conservation/valorisation de la diversité biologique; 4- la restauration/conservation des sols ; 55 5- la promotion de pratiques de Gestion durable des terres et des Ecosystèmes (GDTE) améliorant la séquestration du carbone dans les végétaux et les sols. A terme, la GMV va s’étendre sur 524 km de bande verte pour environ 786 000 ha. C.2. Agence Nationale des Ecovillages Une analyse de la situation des écosystèmes a révélé une dégradation continue des ressources naturelles et une perte de la diversité biologique. A cet effet, le Sénégal s’est résolument engagé, à travers certaines initiatives telles que la transformation des villages en écovillages, dans une dynamique de développement durable. La stratégie adoptée repose sur: (i) l’amélioration de la Gouvernance locale, (ii) l’amélioration de l’accès aux services énergétiques propres, (iii) l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’eau de production et aux systèmes d’assainissement; (iv) la promotion de systèmes agro- sylvopastoraux plus efficaces dans les espaces agricoles et pastoraux des écovillages ; (v) l’amélioration de l’accès aux services socio de bases ; (vi) l’amélioration du cadre de vie et du modèle architectural ; (vii) la promotion du secteur privé local ; et viii) l’amélioration de l’accès au financement ainsi que sa diversification. L'Agence nationale des écovillages (ANEV) a été lancée en 2009 par le Gouvernement sénégalais pour promouvoir le développement durable local, tout en préservant les ressources naturelles. Au total 20 écovillages ont été créés depuis le démarrage de la phase- test, qui a pris fin en décembre 2012. L'ANEV a pu élaborer un modèle-test qui est entrain d’être reproduit dans tout le pays (régions de Kédougou, de Tambacounda, de Kolda, de Ziguinchor, de Matam, de Thiès, de Louga et de Fatick). L’ANEV, en partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et les populations, prévoit de porter au moins à 100, en 2013, le nombre de villages bénéficiaires du projet écovillages. 2.6.2- Résultats globaux par composante thématique A. Composante Thématique 1- Reboisement et conservation des eaux et des sols De 2000 à 2013, l’effort national de reboisement est en moyenne de 24 864 770 plants/an pour environ 11 427ha de plantations massives par/an. L’année 2001 marque le début d’un effort prodigieux dans le reboisement notamment avec une production de plants qui passe de 16 à 32 millions de plants. L’effort fourni pour la production de plants a induit une augmentation des superficies et aires reboisées. La superficie des plantations massives en 2000 a été multipliée par deux en 2004 puis par trois en 2006. Pour les plantations linéaires, les réalisations sont en dent de scie avec une moyenne de 2 707 km/an. . En plus du reboisement, il existe d’autres actions de restauration du milieu telle la mise en défens dans un milieu forestier et la régénération naturelle assistée des espèces ligneuses dans les espaces agricoles. 56 Tableau 16: Production de plants et Superficies reboisées Année Nombre de pépinières Production de plants Plantations massives (ha) Plantations linéaires (km) Plantations de conservation /restauration (ha) Distribution individuelle 2000 1 612 16 485 285 10 170 3 662 3518 549 325 2001 3 705 32 559 863 9 676 4 477 7418 9 166 302 2002 3 878 30 559 202 9 557 2 712 9462 9 365 998 2003 3 526 28 586 228 14 008 2 713 8087 7 819 186 2004 3 071 29 522 222 14 070 2 522 13254 7 184 233 2005 2 578 30 132 936 14 144 3 389 16696 6 732 822 2006 3 383 27 883 352 12 688 4 088 29917 5 631 438 2007 3 941 22 170 527 10 147 2 471 2236 3 496 879 2008 2 853 19 740 153 12 351 1 979 1788 2 836 492 2009 2867 20 945 286 12 812 2762 7509 1 393 031 2010 2838 18 596 190 19060,9 1645 23450 4 745 701 2011 1671 11 007 928 3 825,41 1 318 9298 12897650 2012 1 816 10 886 417 6 984 1 841 12406 911844 2013 1522 8 730 277 10 483 1 458 9 640 1 857 276 Moyenne 2 804 24 864 770 11 427 2 707 11 049 5 630 396 (Source : DRCS/DEFCCS, 2014) A.1. Sous Composante Thématique: Gestion de la Mangrove Le littoral du Sénégal est le siège d’importants échanges qui favorisent une forte productivité biologique profitable à de nombreuses espèces animales et végétales. Il abrite des habitats particuliers tels que la mangrove et beaucoup d’aires protégées (PNDS, AMP d’Abéné, AMP de Joal-Fadiouth, etc.). Ces écosystèmes mangrove servent de refuge à de nombreuses espèces (oiseaux migrateurs, poissons, crustacés, etc.) et remplissent diverses fonctions écologiques telles que : la régulation des crues, la recharge des nappes d’eaux souterraines, la fixation des berges, la rétention des nutriments, le stockage du carbone et l’épuration de l’eau. Sur la base d’une cartographie diachronique (1990 et 2008), réalisée au CSE en 2012 à partir de l’interprétation d’image satellitales Landsat TM de 1990 et ETm+ de 2008, la superficie occupée par la mangrove en 1990 s’élevait à 230 610 ha contre 176 005 ha en 2008 (carte n°2), soit une perte annuelle de 3033,60 ha. La dégradation progressive des ressources de cet écosystème est due à des facteurs aussi bien naturels (irrégularité interannuelle de la pluviosité, hausse des températures et inondations sporadiques) qu’anthropiques (coupes abusives de bois, exploitation irrationnelle des crustacés, surexploitation du sel marin, des coquillages, etc.). 57 Afin de faire face à cette dégradation continue de la mangrove, le service des Eaux et Forêts en collaboration avec différents partenaires a développé une stratégie qui repose sur : - le renforcement des capacités des acteurs ; - la vulgarisation de techniques appropriées de régénération de la mangrove (semis propagules, mise en défens, régénération naturelle assistée) - l’élaboration, en collaboration avec les services techniques, des manuels et outils de sensibilisation et de formation des populations sur la base des thèmes identifiés; - l’élaboration participative des codes de conduite au sein des populations concernées ; - et l’élaboration de plans de gestion. La mise en œuvre de cette stratégie, accompagnée par les initiatives communautaires, a connu un démarrage timide dans les années 1990. C’est durant la dernière décennie que les actions de reboisement de mangrove se sont accrues. Ainsi, d’importantes superficies de mangrove ont été restaurées. Entre 2003 et 2013, 30155 ha ont été plantés au niveau de ces différents écosystèmes, soit un rythme annuel moyen de 3015 ha. Ces réalisations ont contribué à capitaliser les acquis suivants : - augmentation significative des revenus des populations locales à travers la promotion d’activités génératrices de revenus centrées sur la gestion rationnelle et durable de l’écosystème mangrove ; - prise en charge effective de la gestion des ressources naturelles par certaines Collectivités locales ; - promotion de l’écotourisme villageois ; - préservation accrue de la mangrove en particulier et des ressources naturelles en général par les communautés villageoises et Collectivités locales. 58 Figure 2: Localisation de la mangrove au Sénégal (Source CSE 2013) Aujourd’hui force est de reconnaitre que cet effort de reboisement reste insuffisant pour renverser le processus de dégradation (graphique ci dessous). Figure 3: scénario d’atténuation de la dégradation de la mangrove 59 Tableau 17: Évolution du reboisement de la mangrove Acteurs/Années Avant 2006 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Totaux PGIES DELTA DU SALOUM 945 77 150 450 220 200 2 042,00 PGIES NIAYES 158,5 50 200 200 608,5 ONG OCEANIUM 5,2 26 50 600 3 470,00 6 200,00 3 337,50 1 242,50 5 480,00 20 411,20 WETLANDS INTERNATIONAL 125 7 132 ONG CAREM, appuyée par l’UICN 1 000,00 1 000,00 l’ONG WAAME /AD Gembloux 70 70 FIOD 240 240 IREF-Fatick 22,5 49 54 125,5 IREF-Fatick, OCEANIUM 369,8 369,8 IREF-Fatick, PAPIL, WWF 34 54 117 205 IREF Ziguinchor 59,5 75,95 308 718,7 1 172,94 833,4 1 159,00 613,5 149 5 089,99 Total 2 478,20 101,95 435 1 491,20 5 512,74 7 612,40 5 006,50 2 027,00 5 629,00 30 293,99 (Source : DEFCCS, 2014 ; PGIES, 2011, OCEANIUM, 2014) A.2. Sous Composante Thématique: Production de semences forestières La production de plants vigoureux est étroitement liée à la qualité des semences. A cet effet, l’objectif du Projet national de semences forestières (PRONASEF) créé en 1993, est d’assurer une bonne production et une meilleure diffusion de semences de qualité, en quantité suffisante au moment opportun et à moindre coût. Toutefois, la couverture des besoins nationaux en semences reste encore faible (cf. tableau n°18 ci-dessous) ; d’où la nécessité de relancer les activités du projet à travers la rénovation des équipements, la redynamisation du partenariat avec les différents acteurs notamment la recherche et les producteurs. Tableau 18: Évolution des résultats du PRONASEF Libellés 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 Demande (kg) 7000 6 500 6 500 6 500 6 000 6 000 6 000 6 000 6 000 6 000 6 000 Production (kg) 4243 4 500 3 200 2 200 2 000 1 000 1 200 1 300 1 500 1 500 3 600 Diffusion (kg) 4361 1135 2 200 2 000 2 000 1 000 1 200 1 300 1 500 1 500 1 143 Taux de couverture de la demande (%) 28 69 49 33 33 16 20 21 25 25 60 (Source : PRONASEF, 2014) 60 B. Composante Thématique 2- Aménagement et productions forestières L’approvisionnement des ménages en combustibles ligneux a été longtemps basé sur le système des quotas de charbon de bois annuellement distribués aux organismes d’exploitants forestiers agréés. Les quotas alloués sont passés de 900.000 quintaux par an dans les années 90 à environ 500.000 quintaux les années 2001, 2002 et 2003. Cette tendance à la baisse du quota d’exploitation du charbon a été maintenue jusqu’en 2007 en sus de la généralisation des Zones de Production contrôlée (ZPC) qui feront l’objet d’un aménagement simplifié. Ce système des quotas a été abandonné 2008 par le Gouvernement du Sénégal avec la domiciliation de la totalité de la production de charbon dans les zones aménagées. De ce fait, les quantités qui sont annuellement exploitées sont dictées par les possibilités des forêts. Tableau 19: Possibilités en charbon de bois des forêts aménagées de 2009 à 2014 (en quintaux) Années Possibilités totales (q) Tambacounda Kolda Sédhiou 2009 741 000 - 2010 679 314 358 313 372 503 - 2011 805 453 362 794 369 115 28 469 2012 770 158 387 270 336 971 28 166 2013-2014 796 259 391 630 340 674 30 240 L’exploitation vise à épargner les zones fragilisées des régions du Nord et du centre et à répartir la pression sur les forêts du Sud entre les régions de Kolda et de Tambacounda. Il faut souligner qu’en dehors de la production charbonnière, les expériences d’aménagement forestier participatif sont en cours de même que les productions forestières non ligneuses. C. Composante Thématique 3: protection des forêts La protection des forêts prend en charge la lutte contre les feux de brousse et les différentes pathologies forestières. Pour la lutte contre les feux de brousse, la situation reste fort préoccupante malgré les moyens injectés à travers le budget de l’État et les interventions des différents projets et programmes. Sur la période 2000-2013 le service a enregistré une moyenne annuelle de 395 cas de feux de brousse et 177 785 ha de forêts brulées (cf. tableau ci-dessous). 61 Tableau 20: Évolution des feux de brousse Année Nombre de cas Superficies brûlées (ha) 2000-2001 265 248 143 2001-2002 336 272 146 2002-2003 167 110 261 2003-2004 319 161 200 3004-2005 364 167 861 2005-2006 598 251 117 2006-2007 515 199 473 2007-2008 406 172 913 2008-2009 410 184 419 2009-2010 216 101 040 2010-2011 524 187 515 2011-2012 393 89 824 2012-2013 626 165 296 Moyenne 395 177 785 (SOURCE : DEFCCS, RAPPORTS D’ACTIVITES ANNUELS CONSOLIDES, 2000-2013) Un important dispositif de prévention est annuellement mis en place avec la création, la redynamisation et l’équipement de comités de lutte contre les feux de brousse. Ce dispositif est complété par l’ouverture et l’entretien de réseaux de pare feu et les opérations de mise à feu précoce (cf. tableau 21 ci-dessous). Tableau 21: Situation des actions de prévention entreprises Année Comités créés et redynamisés CLCFB équipés Nombre de séances d’IEC / de formation Superficies traitées en feu précoce Pare-feu (km) Ouverts Entretenus Cumul 2003 1 098 98 1 143 1 073 794 1000 1998 2998 2004 2 552 138 1 360 1 416 029 1630 1732 3362 2005 2 407 80 1 383 1 280 782 1231 1442 2673 2006 3 164 474 1 766 767 529 1900 5124 7024 2007 3 314 415 1 624 783 888 2140 6500 8640 2008 1 380 364 3 527 1 013 224 2903 5142 8045 2009 3 523 77 910 601 615 2252 2864 5116 2010 3 704 284 979 463 063 1497 3518 5015 2011 2 711 577 974 720 032 2155 3346 5501 2012 3 088 802 1472 761 399 3654 2321 5975 2013 2946 156 1330 423 283,5 2720,6 2431,16 5151,76 62 D. Composante Thématique 4 : gestion de la faune et de son habitat Les connaissances actuelles de l’état de la faune et de sa dynamique sont superficielles et fragmentaires en raison de l’absence d’inventaires réguliers. Cependant, les observations et les enquêtes réalisées sur le terrain permettent de constater que le Sénégal dispose d’une faune assez riche et variée et inégalement répartie à travers le territoire national. Cependant, aujourd’hui dans certaines parties du territoire des signes d’une régression du capital génétique et de la destruction des niches écologiques sont observés. La grande faune est amputée de certaines espèces entre autres, la girafe, le damalisque et la gazelle dama. L’Autriche et la gazelle à front roux, jadis fortement représentées dans la zone nord ont presque entièrement disparu. Plusieurs espèces sont actuellement menacées d’extinction. Leurs effectifs ont fortement diminué et leur reproduction perturbée. Chez les mammifères, c’est le cas de l’éléphant, de l’éland de derby, du bubale, du buffle et du cob redunca. Quant aux oiseaux, le pélican, la cigogne, et dans une certaine mesure les oies et les outardes, sont également dans une situation où leur avenir est en danger (source : rapport annuel de gestion de la faune 2013). D’autres espèces comme l’hippotrague, le céphalophe, mais surtout le guib harnaché se maintiennent encore. Tableau 22: Prélèvements et abattages de la faune de 2001 à 2013 Années Canards Columbidés Francolins Gangas Phacochères Pintades Total 2001 747 41924 20339 5184 399 1396 69989 2002 415 57964 24766 6346 493 1619 91603 2003 1729 61638 26432 10014 572 1489 101874 2004 3760 69073 20417 9084 464 1373 104171 2005 3263 81563 23200 7829 411 1004 117270 2006 313 53854 20131 7530 443 1553 83824 2007 151 85796 24393 10818 434 1023 122615 2008 356 72909 22308 7888 339 1728 105528 2009 320 66188 20357 7881 540 1700 96986 2010 283 77266 23577 6651 521 2388 110686 2011 4107 77202 27730 6155 354 1159 116707 2012 3650 73800 22079 6020 583 2642 108774 2013 4 739 83 864 22 432 5 444 538 2 510 119 527 Canards : Oie de Gambie, Oie d’Égypte, Canard souchet et Canard pillet (Source : Rapport annuel DEFCCS, 2013) 63 Des expériences de repeuplement sont entreprises tant par la Direction des Parcs nationaux que par des opérateurs privés. Les espèces concernées par ces opérations sont : Elan du cap, Impala, Koudou, Waterbuck, Girafe, Oryx et Buffle d’eau. Il y a un repli de la faune vers le sud consécutif à la dégradation des habitats, à la sécheresse et aux activités anthropiques négatives dans la zone nord et le centre du pays. Ainsi, les grands mammifères ne se rencontrent que dans les Parcs nationaux, la zone d’intérêt cynégétique de la Falémé et dans les forêts classées du sud et du sud – est. Au Nord (régions de Saint-Louis, Matam et Louga), la faune mammalienne est presque à l’état de reliques. La partie la plus septentrionale de cette zone constitue le réservoir de l’avifaune paléarctique et afro tropicale avec des fluctuations d’effectifs d’une année à une autre en fonction des conditions climatiques. De manière générale, la situation actuelle est caractérisée par une dégradation des habitats de la faune entraînant ainsi une réduction des aires de reproduction. Dans le même temps, la dynamique de reconstitution des populations animales est profondément perturbée. 2.6.3- Effets et impacts par zone écogéographique 1- ZEG de la vallée du fleuve Sénégal et des aménagements hydro agricoles : Les programmes forestiers ont permis d’éprouver des techniques de protection et de restauration des forêts et boisements par la mise en défens, la plantation et même les semi-directs après un travail du sol. Une évolution positive du couvert forestier a été constatée, notamment, la Gonakeraie dans le Walo grâce à l’action combinée et concertée du service forestier et des populations. Les technologies agroforestières ont connu un essor au niveau des périmètres irrigués avec la mise en place de brise vent, haies vives, bois de village. Des études de base initiées par les programmes ont abouti à l’élaboration des plans simples de gestion agrosylvopastorale avec les populations riveraines des forêts ciblées et du PNOD. En zone de terroir des modèles de gestion intégrée ont été élaborés avec les villageois qui ont bénéficié d’une formation sur les techniques de pépinière, de maraîchage, d’arboriculture, de foyers améliorés, et de valorisation de produits forestiers. Les coûts de l’aménagement de ces forêts et les modèles de gestion intégrée des terroirs sont élevés pour les populations, malgré l’allégement des travaux domestiques des femmes qui, grâce aux projets, ont bénéficié d’équipements comme les moulins à mil et les décortiqueuses. 64 2- ZEG du Ferlo : L’ouverture de pare-feu, la gestion des pâturages, le suivi sanitaire des troupeaux et l’exploitation des forages dans la zone sont assurés grâce à l’appui des programmes du service forestier, de l’élevage et de l’hydraulique, en partenariat avec les populations et les collectivités locales. Les différentes interventions dans la zone ont permis d’apprécier positivement les capacités techniques d’autogestion des unités pastorales et des forages par les Collectivités locales et les populations. Cela a été possible grâce aux programmes de renforcement de capacités des acteurs Cependant, les coûts d’ouverture/entretien de pare-feu et les charges d’exploitation des unités pastorales dépassent la capacité financière des populations. Ainsi, il a été noté que les populations ne respectaient pas toujours la charge recommandée sur les pâturages communautaires une fois que la gestion des parcours leur est confiée. 3- ZEG des Niayes et du littoral : Le premier impact des programmes de la zone est la bonne couverture forestière des Niayes avec des espèces forestières et agroforestières adaptées dont la sylviculture est maîtrisée par les populations locales. Cela a permis la stabilisation des dunes vives, la protection des cuvettes maraîchères, l’amélioration de la diversité biologique et le retour progressif de la faune. Les principales espèces ligneuses utilisées sont : Casuarina equisetifolia, Eucalyptus camaldulensis, Prosopis juliflora, Acacia holosericea, Anacardium occidentale, etc. Les espèces ligneuses utilisées comme brise-vent pour les vergers et les cuvettes constituent des sources de revenus non négligeables pour les exploitants maraîchers. Néanmoins, nous notons par endroits, surtout au niveau des dunes rouges, une certaine mortalité des arbres plantés, à cause de la baisse de la nappe phréatique conjuguée à une remontée du front salé. Le constat est aussi relié au déficit pluviométrique persistant dans la zone et à la forte pression sur les ressources en eau souterraine exercée par les exploitants maraîchers. Avec le développement du maraîchage et de l’arboriculture fruitière, la forte utilisation des produits phytosanitaires et de l’engrais, constituent une source de pollution de la nappe. Il convient de signaler la pression foncière due aux habitations, mais aussi les coupes frauduleuses de filaos, les dépôts sauvages d’ordures et l’extraction du sable marin. 4- ZEG du Bassin arachidier : L’amélioration de la couverture végétale par l’introduction de l’arbre dans le système agraire avec le développement des parcs à Kad et à rônier est notée. Les programmes forestiers ont aussi développé des technologies agroforestières (haies vives, brise-vent, boisements) au niveau des exploitations agricoles individuelles et communautaires. Les principales espèces agroforestières sont: Acacia mellifera, Acacia laeta, Anacardium occidentale, Ziziphus mauritiana, Eucalyptus camaldulensis, Faidherbia albida, Borassus aethiopum, Prosopis juliflora. 65 Les techniques de défense et restauration des sols, de conservation des eaux et sols développées ont permis une récupération de nouvelles terres et d’anciennes parcelles abandonnées au profit des populations. Il faut noter également une nette amélioration du sol au niveau des sites aménagés voire même de la diversité biologique avec les techniques de mise en défens des aires dégradées, de lutte contre l’érosion hydraulique et l’avancée de la langue salée au niveau des vallées par des micro-réalisations (cordons pierreux, gabions, fascines, digues anti-sel, etc.) Les technologies agroforestières développées par les programmes forestiers ont favorisé le développement des plantations privées et la diversification des sources de revenus des populations avec la commercialisation des productions dérivées dont les principales sont les perches, le bois, les noix d’anacarde, les fruits forestiers, les sous produits du rônier. 5- ZEG Agro-sylvo-pastorale et du Centre Est : Les populations ont adopté certaines techniques dont la lutte préventive contre les feux de brousse, l’élevage du gibier à plume à la périphérie du parc à Mako, de nouvelles méthodes d’apiculture (ruche kenyane), de nouvelles techniques de saignée de Acacia senegal, des modèles de plan d’aménagement et de gestion de forêts communautaires (PROGEDE), l’agroforesterie et l’intégration de l’arbre dans le paysage agraire (haies vives, brise-vent, plantations de délimitation des parcelles agricoles, cultures des plantes fourragères ligneuses et améliorantes de la fertilité des sols). Toutefois, il est noté dans cette zone que les populations, en plus des activités génératrices de revenus, s’intéressent de plus en plus aux activités forestières, du fait des recettes importantes qui y sont tirées. 6- ZEG forestière du sud : En matière d’aménagement forestier, Wula Nafaa, le PSPI, le PAFD, le PSACD/PERACOD, PGIES et le PROGEDE ont procédé à l’inventaire des formations forestières dans leur zone d’intervention et ont élaboré des plans d’aménagement forestier. Les interventions des différents programmes forestiers ont permis d’aboutir dans les zones à l’adoption de l’ouverture et de l’entretien de pare-feu comme moyen de lutte préventive contre les feux de brousse, à l’adoption de la ruche kenyane comme outil pour la production du miel, au développement des plantations d’anacardier pour la production et la commercialisation des noix d’anacarde, à l’adoption des techniques de restauration et conservation des terres, ainsi que des technologies agroforestières avec l’intégration de l’arbre dans le paysage agraire par la mise en place de haies vives, brise vent, plantations de délimitation des parcelles agricoles. Ces activités prennent de plus en plus d’ampleur, notamment le développement des filières d’anacarde, de miel appuyé par le PADEC. 66 III- ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE FORESTIERE 3.1- Contexte actuel de la PFS La Politique Forestière du Sénégal, pour la période 2005-2025, est élaborée dans le contexte de la décentralisation et de la lutte contre la pauvreté. La loi 96-06 du 22 mars 1996 portant Code des Collectivités locales, la loi 96-07 portant transfert de compétences aux régions, communes, et communautés rurales, ainsi que le décret 96-1134 du 27 décembre 1996 portant application du transfert de compétences en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles sont la suite logique d’une politique de décentralisation progressive et prudente qui a débuté avec l’accession du pays à la souveraineté internationale. 3.1.1- Mission de la DEFCCS Sous l’autorité du Ministère de tutelle, la Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des sols (DEFCCS) est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique forestière nationale. Elle exerce les prérogatives de l’Etat dans les domaines de la conservation des sols, de la gestion de la faune et des écosystèmes forestiers. Les objectifs principaux de la politique forestière sont d’assurer, d’une part, la gestion durable du potentiel forestier et de sa diversité biologique, d’autre part, la satisfaction des besoins des populations en biens et services forestiers ainsi que le maintien des équilibres écologiques et socio-économiques. 3.1.2- Politique forestière et décentralisation La loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales a bouleversé l’architecture institutionnelle sur laquelle le Sénégal repose jusqu’ici. L’objectif est de faire des collectivités locales des entités viables, à travers une politique d’aménagement du territoire, de planification, d’instauration d’une fiscalité et d’amélioration des capacités à capter les opportunités d’investissement. Cette loi dénommée Acte 3 de la décentralisation vise à « organiser le Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable à l’horizon 2022 ». L’objectif est de renforcer la décentralisation et la territorialisation des politiques publiques, en vue de donner une plus forte impulsion au développement des terroirs. Actuellement, le Sénégal est couvert par une architecture territoriale comprenant 42 départements, 3 villes (Dakar, Pikine et Guédiawaye), 557 communes, soit au total 602 collectivités locales. Avec une répartition judicieuse des compétences entre les différentes collectivités locales, et une prise de décision rapprochée à la base, la loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales permettra de lever les nombreuses contraintes au développement et assurer une croissance locale harmonieuse. 67 L’acte 3 de la décentralisation va dans le sens, entre autres, de : - réaliser la communalisation universelle des autres collectivités locales dont les pouvoirs économiques seront renforcés ; - améliorer la gouvernance locale ; - améliorer la politique d’aménagement du territoire et de planification locale ; - renforcer la déconcentration ; - définir de nouveaux types de relations entre déconcentration et décentralisation ; définir de nouvelles régions qui seront de véritables pôles de développement économique et social. Le principe général de ces réformes de la décentralisation se résume en deux mots : la liberté et la proximité. Il faut rappeler que neuf domaines de compétences ont été transférés par le truchement de la loi 96-07 du 22 mars 1996. Avec cette nouvelle donne, à coté de l'Etat garant de la pérennité des ressources, les Collectivités locales sont gestionnaires des ressources naturelles dans la limite de leurs compétences générales. Dans les limites de leurs compétences, chaque niveau de Collectivité locale doit, mener des actions appropriées, édicter des normes et/ou prendre des mesures réglementaires, prendre des actes unilatéraux individuels ou collectifs (délibérations, décisions), formuler des avis ou simplement initier des actions. Toutefois, cette volonté politique d’approfondir le processus de décentralisation s’inscrit également dans un contexte de dégradation des ressources naturelles et de pauvreté assez généralisée touchant tous les segments de la population. 3.1.3- Politique forestière et lutte contre la pauvreté La dégradation des ressources naturelles et l’acuité du phénomène de la désertification contribuent à un appauvrissement de larges couches de la population aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Face à une conjoncture économique internationale marquée par une mondialisation et une détérioration continue des termes de l’échange, les populations des pays en développement sont confrontées à de sérieuses difficultés pour faire face à leurs besoins primaires. Ainsi, ces populations ont développé des stratégies de survie qui les poussent à surexploiter les ressources forestières de leurs localités. La pauvreté s’est installée dans les campagnes et les villes. Depuis 2001, à travers le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) et le plan Sénégal émergent, le gouvernement a dégagé des axes qui concourent à réduire le niveau de pauvreté des populations. Le renforcement des capacités et la promotion des services sociaux de base constituent un levier pour la valorisation des ressources forestières et fauniques et partant, à la création de richesses. 3.1.4 - Politique forestière et implication du secteur privé La valorisation des ressources forestières nécessite l’ouverture vers d’autres opérateurs capables d’accroître les investissements dans le domaine de la GRN traditionnellement réservés à l’Etat et aux partenaires au développement. Pour ce faire, l’implication du secteur privé notamment dans la gestion des forêts naturelles, des plantations et des parcs et 68 réserves de faune, encore très timide, doit être renforcée de manière à faciliter une meilleure valorisation des biens et services forestiers, à créer des emplois et à générer des richesses en synergie avec les Collectivités locales. Pour être viable, cette implication devra se faire dans un cadre attrayant qui permettra aux investisseurs de dégager des profits tout en assurant la pérennité des ressources. Pour cela, les contraintes liées à l’absence d’un cadre institutionnel et juridique porteur et de règles uniformes pour tous doivent être levées. Mais tout en impliquant des acteurs privés nouveaux, il importe de renforcer les capacités des producteurs primaires en développant chez eux les notions d’investissement et de rentabilité financière, en somme un esprit d’entrepreneuriat. La nouvelle vision de la Politique forestière intègre ces aspects liés à la réduction de la pauvreté et à l’implication des acteurs privés. 3.1.5 - Politique forestière et énergie La conjonction des facteurs de dégradation naturels et anthropiques a engendré un phénomène de surexploitation des forêts, marqué par des prélèvements incontrôlés sur les ressources ligneuses. En effet, prés de 8 millions de m3 de bois sont prélevés annuellement sur les formations ligneuses du pays pour la fourniture de combustibles domestiques (Source: Étude Prospective du secteur forestier à l’Horizon 2020/FOSA). Cette même étude révèle une nette prépondérance du bois de feu (64,5%) dans l’énergie globale consommée par les ménages au niveau national, contre 11,5% pour l’électricité et 24% pour les combustibles dérivés du pétrole. Cette prépondérance du bois et du charbon de bois au niveau de l’énergie primaire donne une juste mesure de l’importance des actions anthropiques dans l’exploitation des ressources forestières, d’autant plus que les principaux consommateurs sont les ménages dont l’approvisionnement en énergie dépend encore pour 90% des combustibles ligneux. La transformation du bois en charbon de bois pour l’approvisionnement des centres urbains avec les techniques de carbonisation utilisant la meule traditionnelle au détriment de la meule Casamance, accentue la dégradation des ressources forestières. Cependant des efforts ont été faits depuis la domiciliation de l’exploitation forestière dans les zones aménagées qui préconise l’utilisation systématique de la meule Casamance. Ces efforts restent encore faible au regard de l’ampleur de la disparition du couvert végétal qui est actuellement de l’ordre de 40 000 ha par an selon les statistiques de la FAO (FRA, 2010). C’est pourquoi, la promotion du gaz butane, amorcée depuis plus de deux décennies, constitue une option du Gouvernement dans la mise en œuvre des stratégies et politiques de lutte contre la désertification et d’atténuation des effets de la sécheresse. En effet, l’Etat du Sénégal, à travers la lettre de politique du secteur de l’énergie, avait pris un certain nombre de mesures qui privilégient une mise en valeur durable et participative des ressources forestières ainsi que le maintien des options de substitution des combustibles (kérosène et gaz butane) et la diffusion des foyers améliorés qui ont, malheureusement, enregistré des résultats peu significatifs. 69 Cette consommation de gaz butane représente 5% du bilan énergétique des ménages au niveau national alors qu’elle représente une part importante dans les grandes villes comme Dakar (20%), Thiès (15%) et 12 % pour l’ensemble des zones urbaines (Source FOSA / Sénégal). La subvention du gaz butane (taux résiduel de 20% maintenu jusqu’en fin 2009), limitée aux emballages de 2,7 et 6 kg en faveur des couches défavorisées, participe de la volonté de l’Etat de maintenir les acquis en matière de préservation des forêts. La promotion d’autres sources d’énergie alternatives en particulier l’énergie solaire, l’énergie éolienne, le biogaz, les résidus de récolte, et la biomasse végétale de manière générale s’inscrit en droite ligne avec les dispositions pertinentes de la Convention sur la Désertification notamment l’Article 8 de l’Annexe I concernant la mise en œuvre de la convention au niveau de l’Afrique. 3.2- Vision de la PFS Afin de lever les facteurs déterminants identifiés par l’ASE et d’exploiter les opportunités analysées, les acteurs du secteur forestier seront unis par une vision commune. Encadré : La vision de la Politique Forestière du Sénégal En l’an 2025 Par la responsabilisation des collectivités locales, par une politique de développement agro-sylvo-pastoral, par un renforcement des capacités des services étatiques, des acteurs à la base, par une implication du secteur privé et de la société civile, par une connaissance approfondie du potentiel et de la dynamique des écosystèmes forestiers, par la prise en compte des fonctions économiques, socioculturelles et écologiques de la forêt, le secteur forestier du Sénégal parviendra à : Contribuer de façon sensible à la réduction de la pauvreté grâce à la conservation et à la gestion durable du potentiel forestier à travers, notamment, la mise en œuvre cohérente de la politique de décentralisation et de coopération dans le cadre des conventions locales, internationales et du partenariat sous régional. De façon plus spécifique, comprendre cette vision, c’est admettre la nécessité de : - restructurer le domaine forestier sur la base d’une stratégie de reclassement/déclassement participatif des zones forestières avec l’implication de tous les acteurs concernés ; - rationaliser l’exploitation des ressources forestières en systématisant la mise en œuvre de plans d’aménagement durable des forêts dans lesquels les populations occupent une place centrale, entreprendre des actions de conservation et de restauration des sols et promouvoir la certification des produits forestiers ; 70 - assurer une meilleure conservation du potentiel de séquestration de carbone, de la diversité biologique dans tous les écosystèmes et restaurer les capacités de production des systèmes agraires et agro-forestiers ; - promouvoir, en synergie, une foresterie publique assise sur la gestion des aires protégées et de l’appui-conseil, une foresterie communautaire incluant, bien entendu, la foresterie urbaine devant promouvoir la GRN par les collectivités locales, et une foresterie privée créatrice de valeurs ajoutées ; - renforcer les capacités techniques des agents de l’Etat, des élus locaux et des organisations communautaires de base, et développer leurs capacités de gestion et d’organisation ; - rechercher une synergie entre les différentes politiques de développement national en articulant les programmes forestiers avec les autres programmes opérationnels publics tels que la gestion des parcs et réserves, le Programme National de Développement Agricole (PNDA), le Programme National de Développement de l’Elevage (PNDE), la Politique de Développement Agro-sylvo-pastoral, la Lettre de Politique du sous-secteur de l’Energie, le Document de Stratégie de Réduction de la pauvreté (DSRP), la Stratégie Nationale pour le Développement Economique et Social (SNDES), le Plan Sénégal Emergent (PSE), l’Aménagement du Territoire, l’Urbanisme, l’Hydraulique, le Tourisme, etc. Le contexte actuel décrit ci-dessus a permis de dégager une série d’objectifs qui ont été confrontés à diverses perspectives mises en lumière lors des différentes étapes de l’actualisation du PAFS. En effet, l’élaboration des PAFR en s’appuyant sur l’ASE, a permis de faire émerger plusieurs préoccupations des régions et des acteurs de la GRN. Un regroupement et une synthèse des idées ont débouché sur l’identification des différents axes stratégiques et thèmes prioritaires. 3.3- Axes stratégiques Pour la réalisation de cette vision, les stratégies à promouvoir reposent sur les principaux axes identifiés au niveau des régions. Axe 1 : Aménagement et gestion durable des ressources forestières et fauniques La préoccupation majeure du service forestier reste la satisfaction des besoins des populations dans la mesure où cette volonté ne compromet pas la pérennité des ressources forestières et de la faune. Or, sans une exploitation/renouvellement basée sur des principes d’aménagement et de gestion rationnelle des ressources, une conservation durable des ressources forestières et de la faune n’est pas envisageable. 71 A cela s’ajoutent les changements climatiques. Le secteur forestier, bien que cité parmi les secteurs émetteurs de gaz à effets de serre (GES) tels que l’énergie, les mines, les transports, l’agriculture, entre autres, reste encore le moins polluant et celui qui séquestre le plus de carbone. C’est pour ces raisons que le GIEC, depuis 1996, a fait des recommandations, dans son guide des bonnes pratiques sur les mesures d’atténuations des GES dans le secteur forestier, en matière d’aménagement. Deux de ces bonnes pratiques sont connues mais leur vulgarisation reste encore timide. Il s’agit de:  la conservation du carbone qui comprend la lutte contre la déforestation à travers la mise en défens, la protection des forêts situées dans des réserves animalières et botaniques , la maîtrise des perturbations anthropiques relatives aux incendies et la modification des régimes d’exploitation (mise en œuvre de règles de coupes sélectives protégeant la régénération naturelle, les semenciers sélectionnés, les espèces endémiques et/ou menacées de disparition, vulgarisation des foyers améliorés et de la meule Casamance, entre autres).  la fixation et le stockage de carbone en vue du renforcement des écosystèmes par : - accroissement de la superficie et/ou de la biomasse (agroforesterie, régénération mangrove, plantations d’enrichissement des forêts, plantations massives, entre autres), - accroissement de la teneur du sol en carbone dans les forêts naturelles et par - l’augmentation du stockage dans des produits du bois durable (bois d’artisanat, bois de service et de construction, entre autres). Cet axe stratégique vise à encourager l’exploitation des services et ressources forestières ligneuses et non ligneuses (faune et autres produits), et des ressources pastorales sur la base de plans d’aménagement forestier ou agro-sylvo-pastoral.. Dans cet axe, quatre composantes sont à considérer : - composante 1 : Aménagement et gestion durable des forêts - composante 2 : Gestion de la faune et conservation de la diversité biologique - composante 3 : protection des forêts - composante 4: Aménagement et Gestion durable de la mangrove - composante 5 : changements climatiques Composante 1 : aménagement et gestion durable des forêts Au Sénégal, le bois et le charbon de bois constituent une part importante dans le bilan énergétique des combustibles domestiques. Cette situation engendre de fortes pressions sur les formations forestières. Ainsi, depuis une décennie, le Sénégal s’est inscrit dans une dynamique de prélèvements de charbon de bois basés sur les possibilités des forêts. Pour ce faire, des programmes d’inventaires sont mis en œuvre pour une meilleure connaissance de la ressource forestière. 72 Ces données d’inventaire ont servi à l’élaboration de plans d’aménagements forestiers afin d’inscrire l’exploitation dans la durabilité. Le processus de rationalisation de l’exploitation forestière est sous-tendu par un renforcement de la décentralisation avec le transfert de compétences aux Collectivités locales et la responsabilisation des populations locales pour une prise en charge des aménagements. Ces dernières exploitent une partie des possibilités des forets aménagées. De 2007 à 2012, les quantités exploitées par les populations riveraines des forêts aménagées ont connu une nette progression. Le tableau suivant donne l’évolution des quantités exploitées par type de production. Tableau 23: évolution des quantités de charbon de bois exploitées par type de production. Région Type de production 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Tambacounda Locale 25 545 37 205 138 053 158 395 178 932 181 200 Contractée 188 947 58 450 313 834 202 513 222 346 159 900 Sous-total 214 492 95 655 451 887 360 908 397 825 341 100 Kolda Locale 12 775 20 990 55 695 96 335 102 525 139 277 Contractée 8 727 42 588 93 370 122 225 230 970 195 812 Sous-total 21 502 63 578 149 065 218 560 333 495 335089 Sédhiou Locale - - - - 400 3775 Contractée - - - - 11 175 17 950 Sous-total - - - - 11 575 21 425 L’analyse des résultats des inventaires forestiers du PROGEDE (2004 et 2007) et du PGIES (2005 et 2009) révèle que :  Les forêts non aménagées, qui correspondent aux forêts dans lesquelles les inventaires du PROGEDE ont été effectués, ont enregistré, entre 1996 et 2004, une croissance annuelle moyenne de biomasse souterraine et aérienne négative de -5 t.m.s./ha/an. Même si, entre 2004 et 2007, cette croissance annuelle moyenne de biomasse souterraine et aérienne, est devenue positive (0,08 t.m.s./ha/an), elle reste très peu significative.  Par ailleurs, les réserves naturelles communautaires (RNC) ayant fait l’objet d’une délibération avec l’appui du PGIES, et disposant de plans simples de gestion mis en œuvre, ont connu, entre 1996 et 2005, une croissance annuelle moyenne de biomasse souterraine et aérienne négative de -6,6 t.m.s./ha/an. Cependant entre 2005 et 2009, cette croissance annuelle moyenne de biomasse aérienne et souterraine, est devenue positive (1,4 t.m.s./ha/an). Comparativement à celle observée dans l’inventaire des forêts non aménagées, elle suit la même tendance, tout en étant plus significative. Ce qui nous permet de dire que l’aménagement d’une forêt par une mise en défens permet d’augmenter sensiblement la quantité de matières sèches à l’hectare.  Ces résultats, sans compter les effets/impacts mesurés et relatifs à l’augmentation de la diversité biologique ligneuse, justifient amplement l’enrôlement progressif de l’ensemble des forêts non aménagées pour en faire des forêts aménagées de manière participative et inclusive. 73 Ces nouvelles orientations seront renforcées afin de concilier la satisfaction des besoins des populations et la gestion durable des ressources forestières. Le renouvellement du capital forestier par l’aménagement des massifs existants et le reboisement permet d’atteindre des objectifs de production et de récréation. Cette massification du couvert végétal va avoir des retombées positives sur la faune qui peut se maintenir et se reproduire grâce à l’amélioration de son habitat. Pour la mise en œuvre de cette composante, il s’agira, de : - rationaliser la gestion des ressources forestières en procédant d’abord à une restructuration et à une restauration, puis à une évaluation quantitative et qualitative des ressources par le biais des inventaires nationaux; - continuer l’aménagement des formations forestières en articulant les l’exploitation aux possibilités des forêts ; - promouvoir la concession de forêts comme modalité de gestion pour la production de bois énergie ; - encourager l’adjudication des coupes dans les forêts aménagées pour la production de bois énergie ; - sensibiliser et d’inciter les populations à une utilisation rationnelle des produits forestiers ; - renforcer la lutte contre la coupe frauduleuse des produits forestiers ; - appuyer l’aménagement participatif et intégré des forêts de terroir ; - améliorer la régénération des formations spécifiques telles que les mangroves, les bambouseraies, les plantations de filao de la grande Côte et les rôneraies par des techniques sylvicoles adaptées et avec l’implication des populations riveraines ; - élaborer et mettre en œuvre une stratégie nationale de reverdissement ; - assurer une meilleure protection des sols contre l’érosion (éolienne, pluviale, fluviale chimique etc.), l’acidification, la salinisation par le biais de techniques idoines de conservation des eaux et des sols ; - promouvoir les ressources sylvo-pastorales par la promotion des activités agro forestières, l’amélioration de la gestion des parcours, le renforcement de la lutte contre les feux de brousse, le développement de l’hydraulique pastorale et la maîtrise de l’eau, l’intégration agro-sylvo-pastorale ; - promouvoir une meilleure gestion des défrichements et du pâturage en forêts ; - poursuivre et intensifier les actions de régénération naturelle assistée partout où cela s’avère possible ; - mettre au point des modèles performants d’intégration de l’aménagement forestier aux activités socio économiques des terroirs villageois ; - mesurer et rechercher le meilleur effet durable de l’aménagement forestier sur les systèmes de production ; - procéder à la réalisation de plantations d'amélioration des parcours, à l'amélioration de la production de gomme arabique et également à l'introduction de nouvelles espèces gommifères jugées adaptées aux nouvelles conditions climatiques comme Acacia enherbergiana ; 74 - récurer les mares temporaires et restaurer les zones dégradées autour des forages; - encourager la pratique de la jachère à travers des actions d'agroforesterie et de mise en défens. Composante 2 : gestion de la faune et conservation de la diversité biologiques Les actions anthropiques ont des incidences sur la faune et son habitat. En effet, avec les prélèvements opérés sur les formations forestières et l’avancée du front agricole, les habitats de la faune en sont sensiblement réduits. La politique appliquée consiste en la conservation et l’utilisation durable des ressources animales sauvages et de leurs habitats. Elle vise d’une part, à protéger la faune contre la surexploitation (braconnage et destruction des habitats), d’autre part, à relancer les activités de tourisme cynégétique et de vision, ainsi que le commerce des animaux vivants (notamment oiseaux d’ornement). Pour ce faire, l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestion concertés seront privilégiées. Concernant la conservation de la diversité biologique, les principaux facteurs de sa régression sont les feux de brousse, les défrichements, les coupes abusives des produits forestiers ligneux et non ligneux, le braconnage et la prospection et l’exploitation des minerais. A cela s’ajoutent les impacts de la sécheresse, de l’urbanisation anarchique et des aménagements hydro-agricoles. Ces facteurs à l’origine de l’érosion de la diversité biologique résultent des activités socioéconomiques pour la satisfaction des besoins d’une population croissante au niveau des zones rurales et urbaines. L’option consiste à agir sur ces facteurs pour minimiser leurs impacts négatifs. Pour la mise en œuvre de cette composante, il s’agira, de : - concevoir des plans de gestion viables des zones de protection (réserves de faune, forêts classées, zones amodiées), et des programmes d'aménagement intégré des aires fauniques; - développer le tourisme cynégétique en renforçant la politique des amodiations des zones de chasse ; - renforcer la collaboration sous régionale et transfrontalière pour rationaliser la gestion des ressources forestières et fauniques; - promouvoir une gestion durable des aires protégées (forêts classées, réserves intégrales ou spéciales) et restaurer les zones dégradées; - appuyer la création de réserves naturelles communautaires; - impliquer les chasseurs traditionnels, les organismes et les associations de lutte contre le braconnage dans la protection des espèces de faune menacées; - impulser une véritable dynamique de cogestion des ressources fauniques à travers une plus grande implication de toutes les parties prenantes notamment les Collectivités locales et les populations ; 75 - inventorier les ressources fauniques et végétales et recueillir les informations portant sur l'environnement des habitats de la faune; - maîtriser l'organisation de toutes les activités d'exploitation de la faune; - cartographier toutes les zones amodiées ; faire respecter les clauses définies dans les cahiers des charges et améliorer la contribution de des activités de chasse dans l’économie locale et régionale ; - assurer une meilleure conservation de la diversité biologique dans tous les écosystèmes et protéger les différents biotopes par l’éducation, la participation des populations et l’application des conventions locales, lois et règlements en vigueur ; - renforcer la protection des Parcs et Réserves par le recrutement de gardes et d’un personnel scientifique ; - inciter les populations à prendre des initiatives en matière de conservation de la faune sauvage suivant une gestion participative des ressources; - renforcer le réseau de pare-feu et assurer leur entretien; - intensifier l’information et la sensibilisation sur la prévention des feux de brousse (feux précoces, ouverture et entretien des pare feu); - mettre en place un dispositif opérationnel de détection des feux, d’alerte et d’intervention; - protéger réintroduire les espèces de faune menacées ; - développer une stratégie de communication en direction du secteur privé en vue d’augmenter les investissements dans le secteur forestier notamment dans la gestion des aires protégées ; - diffuser et vulgariser les textes législatifs et réglementaires relatifs à la gestion des ressources forestières. Composante 3 : protection des forêts En vue d’harmoniser les données de suivi sur les feux de brousse, le CSE et le Service des Eaux et Forêts ont entamé des concertations. Les agents vont ainsi bénéficier d’un renforcement de capacités et d’un équipement approprié dans la perspective d’élaborer un modèle pour une meilleure estimation des superficies brulées et autres préjudices. Par ailleurs, il faut encourager l’extension des Bureaux inventaire et cartographie (BIC) aux autres régions. Pour la mise en œuvre de cette composante, il s’agira, de :  créer des Centres de Protection de la Nature ;  acquérir des véhicules légers plus adaptés au terrain ;  redynamiser et renforcer les comités mixtes de lutte contre les feux de brousse ;  responsabiliser les volontaires de l’Environnement;  renforcer le partenariat avec les autres départements ministériels, projets et programmes ;  susciter un nouvel intérêt à protéger les forêts par la valorisation des produits forestiers non ligneux ;  promouvoir la mise en place des conventions locales afin d’inciter les populations à mieux protéger les forêts ;  appuyer le développement des filières. 76 Composante 4 : Aménagement et Gestion durable des mangroves La mangrove est un écosystème forestier du bord des mers et des lagunes, longeant les rebords des fleuves tant que l’eau est saumâtre. Au Sénégal, les mangroves sont rencontrées sur le fleuve Casamance, dans l’estuaire du Saloum et aux abords de l’embouchure du fleuve Sénégal. Ces habitats qui servent de refuge à de nombreuses espèces menacées, constituent un maillon essentiel du parcours des oiseaux migrateurs et remplissent d’énormes fonctions écologiques telles que : la maîtrise des crues, la recharge des eaux souterraines, la stabilisation du littoral et protection contre les tempêtes, la rétention et exportation des sédiments et nutriments, la capacité de stockage de carbone, l’épuration de l’eau. Grâce à ses fonctions à la fois hydrologique et écologique, l’écosystème mangrove est source de moyens d’existence durable pour les communautés riveraines. Des expériences d’aménagement de la mangrove sont conduites par des projets et ONG aussi bien Casamance qu’au Sine-Saloum. Ces actions doivent être poursuivies. Pour la mise en œuvre de cette composante, il s’agira, de : - élaborer et mettre en œuvre des plans d’aménagement concertés de la mangrove dans chaque site; - valoriser davantage et renforcer les initiatives endogènes de gestion de la mangrove; - vulgariser et diffuser les connaissances éprouvées en matière de restauration de la mangrove : - promouvoir le partenariat entre le service des Eaux et Forêts et les autres acteurs ; - renforcer les mesures d’adaptation des populations pour les inscrire dans la durabilité ; - soutenir le partage d’information par l’organisation de visites d’échanges ; - promouvoir les approches et accords de cogestion de la mangrove ; - planifier et mettre en œuvre un programme de restauration des mangroves du Littoral - renforcer le partenariat avec les institutions de recherche afin d’approfondir les connaissances sur les espèces halophiles constitutives de la mangrove. - promouvoir les approches et accords de cogestion (Aires Marines Protégées, conventions locales de GRN) appliquées aux pêches et à l’exploitation de la mangrove - accompagner la mise en œuvre des conventions locales pour une meilleure gestion de la ressource ; - agir au-delà du secteur de la pêche, notamment sur les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la valorisation des produits forestiers non ligneux: - renforcer les activités de reboisement et les activités génératrices de revenus par un mécanisme de suivi évaluation participatif (SEP). 77 Composante 5 : changements climatiques Selon les données de la deuxième communication nationale, le secteur forestier contribue pour moins de 1% aux émissions de gaz à effet de serre au Sénégal. Les feux de brousse constituent la principale source d’émissions. En termes d’atténuation, le rôle des forêts porte :  sur la réduction des émissions de carbone dues aux feux de brousse, à la consommation des ménages en énergie ligneuse (bois de chauffe, charbon de bois).  et sur la séquestration de carbone par l’accroissement de la biomasse ligneuse, à travers le reboisement, le boisement, la RNA, la mise en défens, la création de réserves, l’enrichissement des forêts, etc. En termes d’adaptation, les forêts contribuent à la conservation des écosystèmes et des systèmes de production. Une étude réalisée en 2000 au Sénégal, montre que les sols des différentes formations forestières sont riches en carbone, et donc en matières organiques, plus que les sols agricoles et les pâturages : savanes arborées et boisées, 23,4tC/ha, parcs agricoles,19,9tC/ha, pâturages arbustives, 16,1tC/ha, forêts sèches et galeries forestières, 35,6tC/ha, mangroves, 90,1tC (Woomer et als, 2004. Journal of Arid Environnments 59. 625- 642). En outre, les forêts participent au renforcement de la capacité de résilience des communautés humaines, dont la vulnérabilité s’accentue, face :  à la dégradation continue des terres agricoles et des pâturages, à travers la mise en place de systèmes agro forestiers, des actions de conservation des sols et des eaux. de défense et de restauration des sols, de création d’unités sylvo-pastorales, etc) ;  à l’insécurité alimentaire à travers la valorisation des produits forestiers non ligneux.  et à la pollution de l’air et des maladies qu’elle engendre dans les villes par le développement de la foresterie urbaine et périurbaine (axes routiers, parcs forestiers, jardins publics et privés, etc.). Par conséquent, la prise en charge de cette composante passe essentiellement par la synergie des actions entreprises avec les autres thématiques. Il s’agira de : - développer un programme intensif de reboisement ; - mettre en place un programme REDD + (Réduction des émissions dues a la déforestation et à la dégradation des forêts) ; - initier une stratégie nationale REDD+. Par ailleurs, il faut souligner que plusieurs projets forestiers pour le Mécanisme de Développement propre (MDP) ont été initiés pour disposer des fonds carbone liés à la mise en œuvre du protocole de Kyoto: PROGEDE, PROGERT, ANGMV, ASILIA GUM, PERACOD, PREFER, OCEANIUM, VISION MONDIALE, ICS., Hormis l’initiative de OCEANIUM, ces projets n’ont pas abouti à cause des facteurs de non permanence : feux de brousse, divagation des animaux, sécheresse, coupe frauduleuse, etc. 78 Axe 2 : Renforcement des capacités des Collectivités locales et OCB Le renforcement des capacités qui vise essentiellement l’amélioration durable de la performance des acteurs en prenant en compte la compétence des individus, le fonctionnement de leurs organisations et les caractéristiques de leur environnement, s’avère fondamental dans le nouveau contexte. Le transfert de compétences en matière de gestion des ressources naturelles et de l’environnement doit nécessairement s’accompagner de mesures d’ordre technique, financier, organisationnel, et institutionnel pour permettre aux Collectivités locales, OCB et ONG de jouer pleinement leurs rôles. Malgré l’existence d’une volonté politique de la part de l’État et des Collectivités locales à mieux gérer les ressources naturelles et de l’environnement, et l’existence d’un cadre juridique et réglementaire, plusieurs pesanteurs empêchent l’exercice correct des compétences transférées. Dés lors, il est nécessaire de faire en sorte que chaque acteur puisse prendre conscience de ses rôles et responsabilités de manière à mieux exercer les missions qui lui sont dévolues. Il s’agira de : - élaborer et mettre en œuvre, en rapport avec les Collectivités locales, des programmes de formation adéquats des élus, ; - renforcer les moyens pour l’information, la sensibilisation et la communication pour le partage des rôles et responsabilités, ; - prendre en considération la gestion de l’environnement et des ressources naturelles dans l’allocation des fonds de dotation ; - favoriser la synergie des interventions pour la prise en charge des problèmes environnementaux identifiés dans les Plans d’Action environnementaux régionaux (PAER) ; - favoriser la concertation entre différents acteurs pour la gestion de la transversalité de l’environnement et des ressources naturelles ; - créer une ligne budgétaire pour les activités de GRNE dans la nomenclature budgétaire des Collectivités locales ; - diffuser les opportunités offertes par la coopération décentralisée pour permettre aux Collectivités locales d’en bénéficier ; - promouvoir l’approche genre dans la planification, la programmation et la mise en œuvre des politiques et programmes relatifs à la gestion des ressources naturelles et de l’environnement ; - renforcer les moyens humains des CL et autres acteurs, par la signature de conventions-types de mise à disposition; - promouvoir la responsabilisation des Collectivités locales et la formation des conseillers municipaux sur les conventions locales ; - promouvoir la responsabilisation et la formation des conseillers municipaux sur les conventions locales 79 - développer des capacités techniques, organisationnelles et institutionnelles des élus et des organisations communautaires de base pour une maîtrise des textes de loi en matière de GRN, une meilleure compréhension des opportunités qu’offrent les différentes filières forestières et agricoles et pour une participation plus accrue dans l’économie locale ; - renforcer les capacités des Collectivités locales et des OCB à mieux promouvoir l’économie verte et en saisir les opportunités de création d’emplois verts ; - promouvoir les aménagements forestiers participatifs. Axe 3 : Le renforcement des capacités d’intervention du service forestier Le renforcement des capacités d’intervention du service forestier vise à améliorer l’efficacité et l’efficience de ses prestations. . Dans cette perspective, il s’agira de: - renforcer les moyens humains par des contrats et des recrutements massifs de manière à assurer une présence du service jusqu’au niveau triage ; - élaborer et mettre en œuvre un plan de formation du personnel ; - appuyer les organismes de formation par l’élaboration et la mise en œuvre de référentiel en adéquation avec les besoins du secteur ; - renforcer les capacités d’accueil et de fonctionnement du Centre FO.RE.T ; - établir des conventions avec les instituts et écoles supérieurs de formation ; - doter la DEFCCS et ses services déconcentrées de moyens logistiques et de communication adéquats; - transférer l’essentiel des activités productives au secteur privé et développer le faire- faire et/ou la contractualisation ; - institutionnaliser l’intervention de la société civile dans la formulation et la supervision des politiques forestières; - promouvoir la création de réseaux et l’échange d’informations entre les services et institutions intervenant dans la GRNE; - développer un partenariat avec les médias pour la promotion des activités de communication aux niveaux local, régional et national; - organiser des émissions radiophoniques, diffuser des spots de sensibilisation et animer le site Web. Axe 4 : Implication du secteur privé dans la foresterie Les populations à travers différentes formes d’organisation (coopératives forestières, GIE, associations, sociétés forestières, groupements de promotion féminine, groupements de jeunes) s’investissent dans l’exploitation et la commercialisation des produits forestiers ligneux et non ligneux. Ces organisations se sont spécialisées dans des filières en vue d’approvisionner le marché national en produits forestiers de toutes sortes : bois énergie, bois d’œuvre, bois d’artisanat ou de construction, feuilles, écorces, fruits, huiles, miel, tannins, gommes, produits animaux, etc. Elles jouent de plus en plus un rôle économique 80 considérable avec l’émergence de marchés à vocation sous-régionale (cas du marché de Diaobé) et le développement des échanges en produits entre pays limitrophes. Le développement de la foresterie privée reposera essentiellement sur l’implication du secteur privé dans la gestion des ressources naturelles. Ainsi, la gestion des aires protégées par des privés, les amodiations des droits de chasse, le développement de l’écotourisme, la création de parcs animaliers offrent aujourd’hui des opportunités réelles pour le développement du sous-secteur des forêts. Pour amplifier ces initiatives et inscrire la foresterie privée comme une solution à la gestion publique des ressources forestières, il s’agira de : - mettre en place un cadre juridique et institutionnel pour attirer les investissements privés dans le sous secteur des forêts ; - renforcer les capacités du secteur privé à s’inscrire dans la perspective de l’aménagement durable de forêts ; - appuyer la promotion et l’organisation des filières des produits forestiers ligneux et non ligneux ; - développer l’organisation et la promotion des filières des produits de cueillette afin d’améliorer les circuits de distribution et l’exportation des produits transformés ; - financer le développement des entreprises locales qui interviennent dans le cadre de la GRN et faciliter l’accès au crédit à tous les intervenants notamment aux groupes les plus vulnérables, en particulier, les femmes et les jeunes ; - promouvoir les fruitiers forestiers sur l’étendue du territoire national ; - contribuer à la mise en place d’un observatoire des produits forestiers et d’une base de données fiable pour la promotion des produits forestiers ; - améliorer l’accès à l’information sur l’offre, la demande et les prix des produits : - encourager la participation de petits entrepreneurs à la production et à la transformation du bois, la récolte et la conservation des produits forestiers non ligneux ; - favoriser l’entrepreneuriat forestier, notamment le développement des pépinières privées ; - promouvoir la gestion privée d’aires protégées dont les préalables et les modalités de mise en œuvre seront définis et confinés dans un cahier des charges. Axe 5 : Développement de la foresterie urbaine et périurbaine Cet axe, a constitué le maillon faible des politiques forestières antérieures. Cependant d’importants programmes sont en cours de mise en œuvre notamment : Touba ville verte, Dakar ville verte, bois de ville, etc. Ces initiatives méritent d’être renforcées et généralisées, compte tenu de l’acuité des difficultés à bien gérer l’environnement urbain et périurbain, particulièrement, celui des grandes villes. Avec l’explosion démographique dans les agglomérations, l’expansion des établissements humains, la construction de nouvelles infrastructures, les espaces boisés se rétrécissent à un rythme inquiétant. Cette foresterie urbaine et périurbaine en pleine évolution a pour objectif de: 81 - préserver pour des raisons urbanistiques et environnementales les espaces naturels au niveau des agglomérations; - faire profiter les populations de l’action bénéfique des arbres qui, installés comme brise-vent ou rideaux abris, diminuent considérablement les impacts négatifs des intempéries; - susciter la prise de conscience des municipalités de la nécessité d’intégrer l’arbre dans l’aménagement urbain. Il s’agira pour le service forestier, en partenariat avec les Collectivités locales notamment les conseils municipaux et surtout en parfaite synergie avec la Direction du Cadre de Vie et des Espaces verts urbains du Ministère en charge de l’Urbanisme de: - mettre en place un important programme national d’appui à la foresterie urbaine destiné à toutes les Collectivités locales ; - élaborer une stratégie d’aménagement forestier urbain; - appuyer les Collectivités locales à l'élaboration de plans villes vertes ; - intégrer la dimension paysagères dans l’aménagement des nouveaux pôles urbains; - développer des actions de plantations de délimitation et d’axes routiers ; - appuyer les Collectivités locales dans des actions populaires de reboisement de places publiques, de structures sociales (écoles, centres médicaux, mosquées et églises) ; - contribuer à la mise en place d’un programme spécifique de protection avec des actions de lutte contre les prélèvements de sable au niveau des Niayes et des franges côtières ou maritimes ; - réaliser des plantations de protection contre l’ensablement des infrastructures et des équipements ; - réaménager après leur exploitation les zones de carrières et décharges contrôlées en espaces verts ou en terres de cultures. Ces zones peuvent participer à un programme de ceinture verte à plus longue échéance compte tenu de leur situation le plus souvent en périphérie des grandes agglomérations. 3.4- Principes directeurs Les opérations retenues, à travers ces axes stratégiques, seront menées selon les principes directeurs suivants : - la responsabilisation des Collectivités locales ; - la cogestion de l’espace ; - la création et le partage équitable des richesses ; - la durabilité des interventions ; - l’approche par zone éco-géographique ; - la prise en compte du genre. 82 Selon le principe de responsabilisation des Collectivités locales, il s’agit de soutenir ces dernières dans l’exercice des compétences transférées et de promouvoir la gestion de proximité des ressources naturelles. Le principe de la cogestion de l’espace signifie que tous les acteurs du développement dans une zone se concertent dans le cadre de la gestion de l’espace : l’Etat, les Collectivités locales, les communautés villageoises et les privés. Ce principe exige de la part de tous les acteurs le respect des plans d’aménagement et d’occupation de l’espace. Le principe de la création de richesse consiste, dans la conduite des activités forestières et de chasse, à valoriser toutes les opportunités de création de richesse au profit des producteurs, des Collectivités locales et de l’Etat. Il convient aussi de veiller à un partage équitable des richesses issues de l’exploitation des ressources. En outre, ce principe cherche à écarter l’idée selon laquelle les activités forestières et de gestion de la faune ne sont pas porteuses de croissance. Bien au contraire, elles sous-tendent les efforts de lutte contre la pauvreté. Le principe de la durabilité des interventions s’inscrit dans la logique d’une valorisation des ressources (y compris la création de richesse) tout en préservant le potentiel productif pour les générations futures. Ce principe exige le respect des normes techniques d’intervention. L’approche par zones éco-géographiques. Ce principe consiste à planifier et à exécuter les différentes actions selon une approche de développement forestier basée sur des programmes par zone écologique plus ou moins homogène. La prise en compte du genre: les préoccupations et intérêts des couches vulnérables sont généralement peu pris en compte. L’intégration du genre vise à mettre en exergue la diversité de la communauté et s’inscrit dans la durabilité à travers la mobilisation et l’implication de toutes les composantes de la société. Ainsi, ce principe vise à renforcer l’équité sociale dans la conception, la planification et la mise en œuvre des programmes forestiers. 3.5- Plate-forme d’actions 3.5.1- Thèmes principaux et actions par zone éco- géographique Les thèmes principaux sont des paquets d’activités identifiés lors de l’élaboration des PAFR et dont la mise en œuvre se fera suivant une programmation à moyen terme. Par recoupement et synthèse des éléments des différentes régions, les thèmes principaux retenus ont été regroupés par ZEG. ZEG des aménagements hydro agricoles du delta et de la vallée du Sénégal : - promouvoir l'agroforesterie et la gestion durable des terres; - restaurer les peuplements de Gonakier ; 83 - asseoir une bonne stratégie de coordination des interventions ; - intensifier le système d'élevage ; - lutter contre les feux de brousse ; - diffuser et mettre en œuvre les techniques de DRS – CES. ZEG du bassin arachidier - promouvoir l'agroforesterie et la gestion durable des terres ; - promouvoir l’économie d’énergie ; - appuyer l’élaboration de POAS ; - formaliser la pratique des codes de conduite en matière de GRN ; - diffuser et mettre en œuvre les techniques de DRS – CES. - diffuser les foyers améliorés ; - lutter contre la dégradation des terres ; - appuyer la création de réserves communautaires ; - asseoir une politique de gestion durable des ressources fauniques ; - asseoir une bonne stratégie de coordination des interventions. ZEG du Ferlo - intensifier le système d'élevage ; - améliorer les modes et techniques de gestion des ressources fourragères ; - renforcer les moyens humains et matériels des services forestiers ; - lutter contre les feux de brousse ; - asseoir une bonne stratégie de coordination des interventions; ZEG des Niayes - promouvoir l’agroforesterie et la gestion durable des terres ; - poursuivre la mise en œuvre du plan d’aménagement de la bande de filaos ; - promouvoir le développement intégré des Niayes; - mettre en œuvre des programmes de fixation des dunes; - sécuriser le périmètre de restauration du littoral; - protéger les eaux et les sols; - régénérer les mangroves ; - aménager les grands massifs forestiers périurbains du triangle Dakar-Thiès-Mbour. ZEG Agro Sylvopastorale Est - diffuser les techniques de DRS - CES - lutter contre les feux de brousse ; - promouvoir l’agroforesterie et la gestion durable des terres ; - restaurer les aires forestières exploitées ; - poursuivre l’aménagement participatif des forêts ; - promouvoir une gestion concertée du Parc national Niokolo-Koba; - asseoir une bonne stratégie de coordination des interventions. 84 ZEG des forêts du Sud - élaborer et mettre en œuvre une stratégie de conservation du domaine forestier ; - régénérer les mangroves ; - poursuivre l’aménagement participatif des forêts ; - protéger les parcs boisés. 3.5.2- Plan d’Actions ou Indicateurs de Résultats Axe 1: Aménagement et Gestion durable des Ressources Forestières et Fauniques Thèmes Activités Unités Objectif Globaux Objectif MT Coût unitaire C. Globaux (x 1 million) Coût MT(x 1 million) Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5 1. Aménagement durable des ressources forestières Délimitation et cartographie des massifs forestiers forêt 100 50 6 000 000 600 300 60 60 60 60 60 Restructuration du domaine classé forêt 100 50 5 000 000 500 250 50 50 50 50 50 Réalisation d'inventaires forestiers ha 2 000 000 1 000 000 35 000 70 000 35 000 17 500 7 000 5250 5250 - Réalisation de plan d’aménagement forestier plan 30 15 15 000 000 450 225 45 45 45 45 45 Aménagement de forêts naturelles ha 1 000 000 500 000 90 000 90 000 45 000 9 000 9 000 9 000 9 000 9 000 Aménagement des écosystèmes mangroves ha 55 000 27 500 200 000 11 000 5 500 1 100 1 100 1 100 1 100 1 100 Diffusion /vulgarisation de foyers améliorés foyers 100 000 50 000 10 000 1 000 500 100 100 100 100 Vulgarisation de la meule Casamance sessions 60 30 2 000 000 120 60 12 16 12 20 - Réalisation de modèle gestion participative modèles 20 10 7 000 000 140 70 14 14 14 14 14 Evaluation de la contribution du secteur forestier sur le PIB étude 1 1 20 000 000 20 20 50 0 0 0 0 Sauvegarde d’au moins trois espèces de flore les plus menacées, par ZEG Plan 6 5 3 000 000 18 15 3 3 3 3 3 Sauvegarde, d’au moins trois des espèces de faune menacées Plan 6 5 5 000 000 30 25 5 5 5 5 5 Sauvegarde de la réserve spéciale Plan 1 1 80 000 000 80 80 16 16 16 16 16 86 d’avifaune de Ndiaél Sous-total 1 173 958 87 045 18 955 8 409 6 655 6 663 1 293 2. Reboisement et Conservation des Eaux et des Sols Régénération de la mangrove ha 50 000 30 000 400 000 20 000 12 000 2 400 2 400 2 400 2 400 2 400 Réalisation de plantations ligneuses fourragères ha 6 000 1 500 50 000 300 75 15 15 15 15 15 Réfection de pépinières en régie nombre de pépinière 30 15 3 000 000 90 45 9 9 9 9 9 Acquisition de matériels d’exhaure lot 50 25 1 500 000 75 38 Appui création / équipement pépinières villageoises et communautaire pépinière 1 800 400 250 000 450 100 70 80 100 150 Appui aux actions de reboisement communautaire chantiers 300 60 400 000 120 24 10 20 15 15 Création et gestion des vergers à graines et parcelles conservatoires vergers 30 16 2 500 000 75 40 6,4 6,4 6,4 6,4 6,4 Suivi des provenances forestières sorties 200 100 500 000 100 50 10 10 10 10 10 Enrichissement des forêts classées ha 50 000 25 000 400 000 20 000 10 000 200 200 200 200 200 Plantations massives ha 10 000 2 000 350 000 3 500 700 400 500 600 500 Plantations linéaires/agroforesterie km 6 000 1 500 400 000 2 400 600 250 400 400 450 Régénération naturelle assistée/ agroforesterie ha 11 000 3 000 5 000 55 15 700 800 900 600 Aménagements de bassins versants (diguettes, gabions, cordons pierreux) nombre de bassins 50 25 400 000 20 10 40 40 40 40 40 Forêts communales ha 4 000 2000 1 200 000 4 800 2 400 480 480 480 480 480 Fixation des dunes ha 3 000 600 500 000 1 500 300 150 150 150 150 150 87 Mise en défens ha 4 000 2 000 400 000 1 600 800 400 400 400 400 400 Sous-total 2 55 085 27 197 5 140 5 510 5 725 5 425 3 710 3. Gestion des feux de brousse Ouverture de pare-feu km 20 000 10 000 800 000 16 000 8000 1600 1600 1600 1600 1600 Entretien de pare-feu km 30 000 15 000 400 000 12 000 6000 1200 1200 1200 1200 1200 Achat petits matériels de lutte contre les feux lot 5 3 100 000 000 500 300 100 0 100 0 100 Création de centres de protection de la nature nombre de centre 11 11 100 000 000 1 100 1100 220 220 220 220 220 Acquisition des véhicules légers de lutte contre les feux de brousse véhicule 30 15 45 000 000 1 350 675 675 0 0 0 0 Achat de graders et bulldozers engin lourd 2 2 150 000 000 300 300 300 0 0 0 0 Achat camions citernes camion 40 20 80 000 000 3 200 1600 800 800 0 0 0 Sous-total 3 34 450 17 975 4. Conservation de la diversité biologique Création de réserves communautaires de biodiversité réserves (moy 2000 ha) 10 5 150 000 000 1500 750 300 300 300 300 300 Dénombrement de la faune Nombre 100 50 10 000 000 1000 500 100 100 100 100 100 Lutte contre les végétaux envahissants Ha 1 000 500 3 000 000 3 000 1500 300 300 300 300 300 Délimitation et Cartographie de Zones Amodiées carte 100 50 3 000 000 300 150 30 30 30 30 30 Réhabilitation du parc forestier et zoologique de Hann parc 1 1 600 000 000 600 300 60 60 60 60 60 Conservation des zones fragiles (habitats et espèces menacées) aires 40 20 6 000 000 240 120 24 24 24 24 24 Elaboration et mise en œuvre de plan d'aménagement ZIC plan 3 1 60 000 000 180 60 12 12 12 12 12 Restauration de la réserve spéciale du Ndiaël réserve 1 1 200 000 000 200 200 40 40 40 40 40 88 Sous-total 4 7 020 3 580 866 866 866 866 866 5. Recherche appliquée ou d'accompagne ment Vulgarisation des acquis de la recherche forestière séances 100 50 1 000 000 100 50 10 10 10 10 10 Etude sur l'amélioration des technologies agroforestières étude 5 1 8 000 000 40 8 1,6 1 0 0 Diagnostics participatifs (MARP, DD, etc.) atelier 100 20 1 000 000 100 20 4 5 6 5 Elaboration et mise en place de protocoles avec la recherche protocole s 30 6 10 000 000 300 60 12 2 2 1 Mise en place d'unités de vulgarisation des acquis de la recherche (pépinières et arboretums) unités 14 14 2 000 000 28 28 5,6 5,6 5,6 5,6 5,6 Etude sur l'amélioration de la connaissance du potentiel et de la dynamique de la faune étude 2 1 15 000 000 30 15 0 15 0 0 0 Etude sur la régénération et la résistance à la sécheresse des peuplements de gonakiers étude 1 1 5 000 000 5 5 0 0 5 0 0 Gestion et conservation des ressources phyto- génétiques dans les massifs forestiers étude 6 3 5 000 000 30 15 5 0 5 0 5 Recherche sur la sylviculture de la mangrove essais 12 6 4 000 000 48 24 4,8 4,8 4,8 4,8 4,8 Mise au point de techniques de valorisation des fruits forestiers séances 10 5 2 000 000 20 10 2 2 2 2 2 Mise au point de modèles de gestion de la biodiversité séances 10 5 2 000 000 20 10 2 2 2 2 2 89 Etude sur les capacités de régénération des forêts naturelles face aux changements climatiques étude 2 1 7 000 000 14 7 0 1,4 0 0 0 Sous-total 5 735 252 47 48,8 42,4 30,4 29,4 TOTAL A1 271 120 135 929 Axe 2: Renforcement des Capacités des CL et des OCB pour une meilleure gestion des compétences transférées Thèmes Activités Unités Obj. Globaux Obj. MT Coût unitaire C. Globau x Coût MT Année 1 Année 2 Anné e 3 Année 4 Année 5 6. Développeme nt des capacités techniques, organisationn elles et institutionnell es Formation des élus locaux sessions 100 50 500 000 50 25 5 5 5 5 5 Formation des OCB et OP sessions 200 100 500 000 100 50 10 10 10 10 10 Sensibilisation sur différents thèmes séances 300 150 150 000 45 22,5 4,5 4,5 4,5 4,5 4,5 Appui à la production d'outils didactiques fiche technique 120 60 250 000 30 15 3 3 3 3 3 Organisation de visites d'échanges nombre de visites 40 20 1 750 000 70 35 7 7 7 7 7 Appui à l'organisation interne des producteurs OP 1500 800 450 000 675 360 72 72 72 72 72 Renforcement des capacités des acteurs sur les filières forestières (semences, fruits, charbon de bois, etc.) sessions 40 20 700 000 28 14 2,8 2,8 2,8 2,8 2,8 Appui conseil aux CL hommes/ mois 15 600 7800 150 000 2 340 1170 234 234 234 234 234 90 Appui au fonctionnement cadre régional de concertation nombre d'appui 100 50 1 000 000 100 50 10 10 10 10 10 Atelier de partage et de validation sur la fiscalité en GRN atelier 2 1 8 000 000 16 8 0 8 0 0 0 Analyse financière des filières de produits forestiers étude 3 2 8 000 000 24 16 8 0 0 0 8 Sous-total 6 3 478 1 766 7. Renforcement des moyens matériels et financiers Appui à la mise en place de mutuelles environnementales nombre de mutuelles 10 5 10 000 000 100 50 10 10 10 10 10 Equipement des comités villageois (Reboisement, feux de brousse, etc.) nombre de comités villageois 1 500 750 500 000 750 375 75 75 75 75 75 Equipement des GIE de femmes et de jeunes pour la transformation des fruits forestiers nombre 20 10 1 500 000 30 15 3 3 3 3 3 Sous-total 7 880 440 TOTAL A2 4 358 2 206 Axe 3: Renforcement des Capacités d'Intervention du Service Forestier Thèmes Activités Unités Obj. Globaux (10 ans) Obj. MT Coût unitaire C. Globaux Coût MT Année 1 Année 2 Anné e 3 Année 4 Année 5 8. Consolidation et renforcement des effectifs Recrutement de techniciens h/m 9 600 4 800 450 000 4320 2160 432 432 432 432 432 Recrutement de cadres supérieurs h/m 840 420 700 000 588 294 58,8 58,8 58,8 58,8 58,8 Recrutement de personnel saisonnier h/m 20 000 10 000 100 000 2000 1000 200 200 200 200 200 Sous-total 8 6 908 3 454 9. Formation et/ou Elaboration et mise en œuvre d'un plan de formation de la plan 1 1 10 000 000 10 10 10 0 0 0 0 91 recyclage des agents DEFCCS Organisation de séminaires et ateliers de recyclage sessions 350 175 5 000 000 1 750 875 175 175 175 175 175 Formation en genre et gestion des ressources forestières sessions 40 20 500 000 20 10 2 2 2 2 2 Organisation de séminaires décentralisés (collecte de données, rapportage, gestion contentieux, etc,) sessions 120 60 5 000 000 600 300 60 60 60 60 60 Organisation de voyages d'études internationaux Homme/voyag e 480 240 1 600 000 768 384 76,8 76,8 76,8 76,8 76,8 Octroi de bourses de formation courte et longue durée bourses 40 20 15 000 000 600 300 60 60 60 60 60 Sous-total 9 0 3 748 1 879 10. Renforcement des moyens d'intervention Acquisition lot matériels informatiques et électronique lot 10 5 80 000 000 800 400 200 200 200 200 200 Acquisition lot matériels d'inventaires et de cartographie lot 5 3 150 000 000 750 375 375 0 375 0 375 Installation d'un système d'information système 1 1 80 000 000 80 80 50 5 15 5 5 Mise en place et équipement des BIC BIC 7 7 25 000 000 175 175 35 35 35 35 35 Renforcement et équipement du PRONASEF pour la production de semences certifiées forfait 1 1 65 000 000 65 65 25 15 10 10 5 Acquisition d'images satellitales haute résolution lot 4 2 18 750 000 75 37,5 18,75 0 18,75 0 0 Achat lot matériels de communication et didactiques lot 5 3 30 000 000 150 90 30 0 30 0 30 Acquisition de motos moto 400 200 2 500 000 1000 500 100 100 100 100 100 Acquisition de véhicules station wagon véhicule 80 40 26 000 000 2080 1040 1040 0 0 0 0 Acquisition de véhicules utilitaires véhicule 120 60 18 000 000 2160 1080 1080 0 0 0 0 Achat camions bennes camion 14 14 80 000 000 1120 1120 2 4 0 0 Acquisition de pirogues motorisées pirogue 6 3 9 000 000 54 27 1 3 0 0 Construction /équipement IREF, secteurs et triages bâtiment 30 15 75 000 000 2250 1125 375 0 375 0 375 92 Construction et équipement du centre écologique de Nianing forfait 1 1 350 000 000 350 350 350 0 0 0 0 Réfection locaux DEFCCS forfait 1 1 200 000 000 200 200 200 0 0 0 Construction et équipement d'une salle multifonctionnelle à la DEFCCS bâtiment 1 1 250 000 000 250 250 250 0 0 0 0 Construction et Réfection des postes de contrôle forfait 25 13 10 000 000 250 130 26 26 26 26 26 Réfection locaux Centre Forestier de Recyclage de Thiès forfait 1 1 350 000 000 350 350 350 1 0 0 Sous-total 10 12 159 7 395 11. Renforcement des capacités institutionnelle s du service Elaboration d'un plan de communication opérationnel Document 1 1 8 000 000 8 8 8 0 0 0 0 Etudes stratégiques sur la gestion du domaine classé document 5 3 25 000 000 125 75 25 25 25 0 0 étude diagnostic institutionnel sur la réorganisation du service Document 1 1 30 000 000 30 30 30 0 0 0 0 Elaboration, édition et diffusion de textes et documents de référence (codes, décret, directives, stratégies thématiques, etc,) Document 20 10 15 000 000 300 150 30 30 30 30 30 Capitalisation, Edition et diffusion des acquis des projets et programmes (PASEF, PGIES, PROGEDE, Wula Nafaa, CODEVAL, PADEC, PRCA, etc,) Document 10 5 9 000 000 90 45 9 9 9 9 9 Organisation de missions d'appui, supervision et de suivi- évaluation des programmes et projets de la PFS Homme/missio n 2800 2800 100 000 280 280 1 0 0 0 Mise en place d'un système de collecte de données et de suivi - évaluation système 1 1 23 000 000 23 23 15 2 2 2 2 Sous-total 11 856 611 TOTAL A3 23 671 13 339 93 Axe 4: Implication du secteur privé dans la foresterie Thèmes Activités Unités Obj. Globaux Obj. MT Coût unitaire C. Globaux Coût MT Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5 12. Promotion et Valorisation des filières des produits forestiers et agricoles Mise en place d'unités de transformation et de conservation Unités 100 50 5 000 000 500 250 50 50 50 50 50 Appui à la création au niveau local de micro-entreprises en GRN PME/PMI 100 50 500 000 50 25 5 5 5 5 5 Formation des membres des PME en entreprenariat local session 100 50 1 000 000 100 50 10 10 10 10 10 Etude de filières de services et produits forestiers ligneux et non ligneux études 5 5 4 500 000 22,5 22,5 4,5 4,5 4,5 4,5 4,5 Appui à l’organisation et à la promotion des filières des produits forestiers non ligneux unités 20 10 2 000 000 40 20 4 4 4 4 4 Appui à l’organisation et à la promotion des filières des produits forestiers ligneux unités 10 5 3 000 000 30 15 3 3 3 3 3 Appui à la promotion et à la vulgarisation des fruitiers forestiers domestiqués Unités 50 25 4 000 000 200 100 20 20 20 20 20 Contribution à la mise en place d’un observatoire des produits forestiers et d’une base de données fiable pour la promotion des produits forestiers observatoire 1 1 25 000 000 25 25 5 5 5 5 5 94 Sous-total 12 967,5 507,5 13. Implication secteur privée dans la gestion des ressources naturelles Création d'un cadre favorisant l'émergence d'un secteur privé dynamique dans la GRN étude 1 1 7 000 000 7 7 0 7 0 0 0 Appui au développement de plantations privées ha 1000 500 450 000 450 225 45 45 45 45 45 Appui à la production de plants plants 20 000 000 10 000 000 40 800 400 80 80 80 80 80 Participation à la gestion d'aires protégées PAG 5 3 1 000 000 5 3 1 1 1 Elaboration d'un plan de communication en direction du secteur privé plan com. 1 1 3 000 000 3 3 0 3 0 0 0 Promotion de la gestion privée d’aires protégées Protocoles 5 5 500 000 2,5 2,5 0,8 0,8 0,8 0,8 0,8 Sous-total 13 1 268 641 TOTAL A4 2 235,00 1 148,00 Axe 5: Développement de la Foresterie Urbaine et Périurbaine Thèmes Activités Unités Obj. Globaux Obj. MT Coût unitaire C. Globaux Coût MT Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5 14. Reverdissement des villes (axes routiers, ceintures vertes, aménagements massifs forestiers) Elaboration d'un document de stratégie d’aménagement forestier urbain étude 1 1 5 000 000 5 5 5 0 0 0 0 Appui à l'élaboration de plans villes vertes plan 12 6 4 500 000 54 27 9 9 9 0 0 Appui aux collectivités locales pour la plantation au niveau des lieux publics et établissements publics ha 300 150 500 000 150 75 15 15 15 15 15 Plantations d'axes routiers km 1000 500 400 000 400 200 40 40 40 40 40 Aménagement d'espaces verts urbains ha 700 350 800 000 560 280 56 56 56 56 56 Aménagement de forêt péri-urbaine forêt 3 2 50 000 000 150 100 20 20 20 20 20 95 Sous-total 14 1 319 687 145 140 140 131 131 TOTAL A5 1 319 687 FINANCEMENT GLOBAL (en millions) 302 703 FINANCEMENT MOYEN TERME (en millions) 153 307,50 96 3.5.3 - Projets et programmes prioritaires Sur la base des thèmes principaux dégagés lors de l’élaboration des PAFR, et en fonction de la vision stratégique et des principes directeurs, de l’acuité des contraintes ainsi que des opportunités, différents projets et programmes prioritaires ont été identifiés et répertoriés dans le tableau suivant. Ils font l’objet d’un document annexe sous forme de fiches techniques. Tableau 24: Axes stratégique et projets prioritaires en cours et à venir A - Projets prioritaires Axes stratégiques Projets prioritaires Justifications Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN PROGEDE (suite) La promotion de la gestion communautaire des forêts doit continuer jusqu’à la mise au point d’un schéma où l’exploitation des forêts est menée par les populations; les exploitants forestiers achètent le bois sur des marchés officiels et les recettes feront l’objet d’une clé de répartition acceptée par toutes les parties : producteurs, exploitants, service forestier. Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN PAEP (suite) La durabilité de la production maraîchère dans les Niayes est conditionnée par la présence de la bande de filao dont la conservation passe par un modèle durable d’exploitation/renouvellement. La pérennisation de ce modèle nécessite l’intégration des aspects institutionnels, techniques, sociaux, économiques et culturels de la zone. Axe 1 : Aménagement et gestion rationnelle des RN PAEFK (suite) Le développement des filières de l’anacarde, du bambou et du miel requiert un bon aménagement des forêts du sud. La gestion durable des massifs forestiers passera par la connaissance de leur potentiel, l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’aménagement participatifs. 97 Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN Projet de restauration et de gestion des terres dégradées dans le bassin arachidier La restauration des terres dégradées à cause de l’activité agricole et des modes de production non durables constitue une priorité dans le bassin arachidier. En effet, la monoculture de l’arachide combinée aux défrichements et à l’exploitation irrationnelle des ressources forestières a eu pour conséquences l’accentuation des phénomènes d’érosion, l’appauvrissement des terres, la baisse des rendements agricoles. Cette situation a exacerbé la pauvreté en milieu rural et engendré l’exode vers les grandes villes. Suite à ce constat, la mise en œuvre du projet de restauration des terres dégradées à travers des actions de préservation des forêts, de sécurisation de la production agricole est justifiée dans la mesure où le projet aura des impacts positifs sur l’inversion du processus de dégradation et sur la réduction de la pauvreté. Axe 4 : Implication du secteur privé dans la foresterie Projet d’appui et de promotion de pépiniéristes privés L’objectif de combler le gap entre le recul des forêts (- 40 000 ha/an) et l’effort national de reboisement (23 000 ha/an) va nécessiter la réduction des prélèvements, mais aussi d’augmenter la production de plants. A cet effet, si le service forestier peut encore créer des pépinières en régie, il doit surtout appuyer la promotion des pépiniéristes privés pour satisfaire la forte demande notamment en fruitiers forestiers. L’approvisionnement en plants des CL, des OCB et particuliers pourra être assuré progressivement à travers cette production privée. Ceci va permettre de rapprocher les plants des chantiers de reboisement et de générer des revenus au profit des producteurs privés. Cette option permet de lutter contre le sous-emploi et d’améliorer la perception de la population par rapport à la sylviculture en tant qu’activité économique. Axe 4 : Implication du secteur privé dans la foresterie Promotion des initiatives du secteur privé dans la gestion des ressources forestières De manière générale, les filières forestières ont fait l’objet de peu de recherches notamment sur le plan économique. Aussi, il faut souligner le caractère archaïque de la valorisation des produits forestiers conduite sans grande valeur ajoutée importante. Cette situation, conjuguée à la faiblesse des moyens de l’Etat pour prendre en charge toutes les questions liées à la GRN, milite en faveur de l’ouverture du secteur aux acteurs privés. D’ailleurs, l’Etat a manifesté une nette volonté politique d’ouvrir davantage le secteur aux privés (voir lettre de politique du secteur de l’Environnement et des ressources naturelles) Aujourd’hui, il convient de s’orienter vers une meilleure connaissance des différentes filières notamment celles des 98 produits non ligneux et de la faune et d’impliquer le secteur privé dans la valorisation et la transformation de ces produits. En plus, des initiatives locales en matière de GRN seront appuyées dans le cadre du co-investissement. Ceci aura pour effet l’augmentation du niveau d’investissement du secteur privé qui reste encore très faible dans le sous secteur, les résultats permettront la création d’emplois et de richesses. Mais auparavant, il s’agira de définir un cadre d’implication des acteurs privés qui devra comporter des modalités pratiques de cession, de gestion de forêts et parcs, sur la base d’un protocole assorti d’un cahier des charges précisant les types d’activités à mener en veillant au maintien de la qualité de l’environnement. Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN Programme d’appui à la gestion de la faune Avec l’accentuation des phénomènes de dégradation des ressources forestières, de perturbation des habitats, les parcs, réserves et forêts classées constituent les derniers refuges de la faune sauvage. Aujourd’hui, il est nécessaire de procéder à une évaluation de la ressource pour aboutir à un aménagement qui garantit une conservation/exploitation rationnelle de la faune et de la flore. Toutefois, il importe dans le cadre du programme à mettre en place, d’accorder une place importante aux populations riveraines et aux collectivités locales pour leur permettre de participer activement à la conservation de la diversité biologique. 99 B- Programmes prioritaires Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN Programme national de restructurati on du domaine forestier Pour faire face aux causes directes de dégradation et de destruction des formations forestières que sont l’expansion de l’agriculture, l’exploitation incontrôlée de bois de feu et de bois d’œuvre, le développement des infrastructures et le surpâturage, le Sénégal doit trouver des solutions pour promouvoir l’exploitation rationnelle de ses ressources forestières. Il s’agit d’une urgence si l’on veut s’inscrire dans une perspective de développement reconnaissant le rôle des forêts dans le développement socio-économique, la conservation de la diversité biologique et la préservation des systèmes naturels. Dans les efforts de conservation des ressources, la stratégie d’implantation des forêts classées a constitué depuis les indépendances l’une des voies empruntées pour assurer une pérennité aux formations forestières. Force est de reconnaître cependant que cette stratégie se heurte aujourd’hui à des limites objectives dues à des empiétements et à des velléités d’occupation manifestées par les populations riveraines. Les limites originelles de certaines forêts ont disparu ou sont contestées si elles ne font pas simplement l’objet d’une occupation intégrale. Dans ce contexte, il est urgent de prendre des mesures pour assurer la protection et la conservation des ressources forestières. C’est ce qui justifie la mise en place du projet de restructuration du domaine forestier classé sur la base d’une stratégie de reclassement-déclassement appliquée de façon participative mais aussi d’actions d’enrichissement et /ou restauration du milieu. Axe 1 : Aménagement et gestion durable des RN Programme d’évaluation des ressources forestières L’environnement au Sénégal et dans les pays limitrophes est soumis à des menaces croissantes dues, notamment, à une forte pression anthropique et à des pratiques non durables d’utilisation des terres. Il s’y ajoute que l’insuffisance de données nationales fiables sur les forêts, les AHF et la faune ainsi que la faiblesse des capacités techniques pour la mise en œuvre des programmes de développement et/ou de conservation des ressources dans les états de la sous-région, continuent à être des obstacles majeurs à une gestion efficace et durable de ses ressources. De manière générale, les pays de la sous-région ne disposent pas de systèmes d’informations complètes intégrant à la fois les données sur les ressources – inventaire des produits ligneux et non ligneux, suivi de la dynamique, lutte contre les feux de brousse, évolution de la diversité biologique, etc. – et sur le système de gestion, les différents acteurs et l’utilisation des ressources. 100 Dès lors, sans une intervention coordonnée des institutions forestières nationales, basée sur des connaissances solides de l’état et de l’évolution des ressources, la dégradation des forêts continuera à s’étendre et à s’aggraver avec de sérieuses répercussions sur l’économie de la sous-région. Programme d’aménagem ent des formations forestières L’aménagement des forêts vise un double but : une gestion rationnelle et durable des ressources et une augmentation des revenus tirés de ces ressources par les populations locales. Sur la base d’une connaissance approfondie du potentiel ligneux et non ligneux des différentes régions du Sénégal et à partir des inventaires, il sera élaboré et mis en œuvre des plans d’aménagement et de restauration des forêts classées et de terroirs selon un modèle participatif et simplifié de gestion pour la production de bois-énergie, de produits de cueillette, etc. Ce processus sera conduit de manière participative avec l’implication de tous les acteurs. Le modèle de gestion participative des forêts qui sera élaboré au niveau de chaque ZEG servira de test probant pour une systématisation et une généralisation de l’aménagement des formations forestières. 101 Axe 4 : Implication du secteur privé dans la foresterie Programme national d’appui à la foresterie urbaine Contrairement à la foresterie rurale qui a fait l’objet de beaucoup d’études ayant conduit à l’élaboration de plusieurs documents techniques de référence, la problématique de la foresterie urbaine reste encore à approfondir. Jusqu’ici, les différentes actions menées dans le cadre de cette thématique tournent autour d’actions ponctuelles de plantations d’axes routiers, de plantations d’embellissement et de distribution de plants aux particuliers. Or, il faudrait promouvoir une vision de la foresterie urbaine articulée au plan directeur d’aménagement des villes et consistant à planifier une utilisation de l’espace qui accorde toute son importance aux zones vertes et espaces boisés. Le programme d’appui à la foresterie urbaine (PAFU) devra élaborer une stratégie nationale de développement de la foresterie urbaine en rapport avec les autorités locales et les organisations de la société civile. Ce document servira de cadre de référence pour l’élaboration de plans d’actions au niveau de chaque commune et pour la création et la gestion de forêts péri-urbaines. Axe 2 : Renforcement des capacités des collectivités locales et OCB pour une meilleure gestion des compétences transférées Programme de renforcement des capacités et d’appui à la promotion de conventions locales L’approfondissement de la décentralisation s’est traduit par le transfert de compétences de l’Etat aux Collectivités locales notamment en matière de GRNE. la gestion des ressources forestières et foncières revêt une importance particulière et appelle d’importants moyens financiers et une expertise avérée pour créer les conditions d’une gestion durable. C’est pourquoi, le service forestier a adopté une stratégie d’appui conseil et envisage en collaboration avec les Collectivités locales la mise en œuvre de programmes locaux de développement forestier. Il s’agit aussi de poursuivre les initiatives développées notamment pour ce qui concerne les conventions locales. Les conventions locales ont émergé durant les années 1990 sous l’initiative du PAGERNA, du PSPI et du PSACD. Sur le plan social et écologique, les conventions constituent une approche communautaire efficace pour une gestion durable des ressources naturelles. 102 3.6- Orientations de la Recherche forestière 3.6.1- Rappel de la stratégie définie dans le PAFS Dans le domaine de la recherche, le PAFS avait identifié comme stratégie la nécessité d’un appui pour améliorer les performances des actions de développement forestier. C’est ainsi que le Bureau Etudes et Valorisation des Acquis de la Recherche (BEVAR) a été crée au sein de la DEFCCS Ce bureau joue un rôle de relais avec la recherche forestière. En outre, il devrait garantir l’adéquation Recherche/Développement par la mise en place d’un mécanisme de circulation de l’information. A ce titre, le BEVAR a pour mandat de promouvoir l’identification des besoins du développement et de les transmettre aux institutions de recherche partenaires pour la formulation de thèmes adaptés. En retour, il doit communiquer les résultats de ces R/D sous des formes (fiches techniques, dépliants, affiches, etc..) accessibles à tous les utilisateurs. 3.6.2- Rappel de l’environnement institutionnel de la Recherche forestière La recherche forestière est assurée par le Centre national de Recherche forestière (CNRF) qui relève de l’Institut sénégalais de Recherche agricole (ISRA). Néanmoins d’autres organismes (l’IRD, l’UCAD, l’ISE, l’UGB, le CSE, le CIRAD / Forêt, etc.) participent à des degrés divers à cette recherche. L’existence d’un environnement institutionnel favorable à l’intervention de toutes les compétences nationales et internationales est capitale pour la réussite des programmes forestiers. Cet environnement se consolide par l’avènement d’un Système national de Recherche agricole et agro-alimentaire (SNRAA) dont le financement est assuré par un Fonds national de Recherche agricole et agro-alimentaire (FNRAA). Le SNRAA vise la prise en charge concertée et efficiente des programmes de recherche par différents partenaires (bailleurs de fonds, institutions de recherche, acteurs du développement) qui doivent coordonner leurs actions et ajuster leur assistance aux besoins spécifiques des utilisateurs. 3.6.3 - Acquis de la mise en œuvre de la Recherche/ Développement 3.6.3.1- Acquis réalisés dans le cadre du BEVAR Le BEVAR a tenté de lever la contrainte liée à l’inadéquation entre les thèmes de recherche et les préoccupations du développement. En effet, dans un processus participatif, il a procédé à l’identification des besoins du développement forestier et à la formulation des thèmes de R/D et de vulgarisation. Ceci a conduit à l’an 2000 à l’élaboration de son programme d’action sur 5 ans (2000-2004) Ce programme est pris en compte dans celui de l’ISRA/ CNRF 103 La mise en œuvre du programme d’action du BEVAR a permis la réalisation et/ou le suivi de R/D dans les domaines de la lutte biologique contre les nématodes dans les systèmes agroforestiers ( PREVINOBA – IRD), l’aménagement des plantations de filaos du littoral Nord ( CTL - ISRA/CNRF), la microbiologie des sols ( IRD – UCAD - CIRAD/Forêt- ISRA – DEFCCS), l’Agroforesterie (ISRA/CNRF – ENSA – PREVINOBA et CIRAD/Forêt – PROWALO), les semences forestières (ISRA/CNRF – PRONASEF), la domestication des fruitiers forestiers ( ISRA/CNRF – ITA – DEFCCS ). Cette mise en œuvre a également conduit à la confection d’une vingtaine de fiches techniques, élaborées pour la plupart, sur la base des acquis de l’ISRA / CNRF récapitulés dans le chapitre suivant. La collaboration avec le CNCRF s’est renforcée par la mise en place d’un comité technique. 3.6.3.2- Acquis réalisés par l’ISRA / CNRF L’objectif du CNRF/ISRA est de mettre à la disposition du service forestier, des ONG et des particuliers du matériel végétal génétiquement et physiologiquement amélioré. De ce fait, la recherche menée s’inscrit en droite ligne de la réalisation de la vision définie pour la PFS, à savoir : - la conservation des équilibres socio -écologiques ; - la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers. Ainsi, le CNRF/ISRA, depuis de nombreuses années, a mené des activités de recherche portant sur la sylviculture, l’aménagement des formations naturelles, la technologie du bois, la microbiologie des sols, l’écologie et la physiologie des végétaux, la génétique et l’amélioration des arbres forestiers, l’agroforesterie, la domestication des espèces forestières présentant un grand intérêt pour les populations. Pour l’essentiel, ces recherches ont donné les acquis dans les domaines suivants : -technologie des semences forestières dont l’objectif est de mettre au point des paquets technologiques simples pouvant être directement transférés au développement et permettant une bonne maîtrise des différentes étapes conduisant de la graine à la production de plants. Cette technologie comporte différents aspects tels que la scarification des graines, la conservation des semences récalcitrantes, l’évaluation de la viabilité des semences orthodoxes conservées en chambre froide ; - multiplication végétative est un élément essentiel dans l’amélioration génétique du matériel végétal et la domestication des plantes utiles. Dans ce domaine, les acquis portent sur les techniques in vitro et les techniques horticoles. Cependant, ces dernières sont privilégiées pour des raisons de coût par rapport à la faiblesse des moyens de la recherche. Par exemple, une méthodologie de bouturage a été mise au point et est appliquée en routine pour la mobilisation et le rajeunissement de sujets adultes. Aussi, la greffe sur divers Acacia et sur le Ziziphus (le jujubier avec la variété Gola) est maîtrisée. Le bouturage de racines ou drageonnage contrôlé de Faidherbia albida, Balanites aegyptiaca et Tamarindus indica est maîtrisé avec cependant une faible réussite pour la première espèce. - évaluation des ressources génétiques : l'évaluation des ressources génétiques sur les caractères agro sylvicoles a pour but la détermination des provenances et des 104 descendances les mieux adaptées aux diverses conditions écologiques. Les acquis obtenus dans ce domaine concernent les points suivants : o le comportement d’espèces exotiques (Acacia bivenosa, Acacia erosperma Caesalpinia ferrea, Acacia hilliana, Zizyphus joazeiro, Lysiphyllum gilvum, Hardwickia binata) qui sont adaptées aux conditions édapho climatiques et présentant des propriétés ou des productions intéressantes ; o le comportement de provenances et de descendances d’espèces : les tests de provenance ont permis de repérer les meilleures provenances (adaptation et croissance) et d’avoir une idée sur le potentiel de production d’espèces comme F. albida, A. senegal, K. senegalensis, A. indica ; o comparaison de provenances de Casuarina sp. (C. glauca et C. equisetifolia des Philippines) et provenances de Azadirachta (neem) indiennes et thailandaises; - domestication de fruitiers forestiers : dans ce domaine, les résultats ont permis entre autres de raccourcir considérablement le délai de la première fructification, d’améliorer la productivité et les qualités organoleptiques des fruits de plusieurs espèces fruitières forestières (Adansonia digitata, Tamarindus indica, Balanites aegyptiaca, Zizyphus mauritiana, Detarium senegalensis, Saba senegalensis, etc.), visant ainsi leur adoption et domestication par les populations. . - Recherche en Agroforesterie : Dans ce domaine, des résultats intéressants ont été obtenus dans la zone sylvopastorale, le bassin arachidier et en Casamance sur : les haies vives défensives, les haies vives anti-érosives, les cultures en couloirs, les systèmes « parc », la jachère améliorée et la fixation des dunes. - Recherche sur l’élevage : les acquis qui ont porté sur l’appétibilité des ligneux pour le bétail, les techniques de régénération assistée et d'enrichissement des parcs par des ligneux fourragers connus comme Celtis integrifolia, Bauhinia rufescens, Adansonia digitata, Prosopis africana, Pterocarpus erinaceus, Pterocarpus lucens, Combretum sp, D’autres acquis concernent le comportement alimentaire des ruminants vis-à-vis du disponible fourrager, et l’identification d'espèces ligneuses consommées sur parcours naturels dans les grandes régions naturelles du Sénégal et la hiérarchisation du choix. 105 3.6.4 - Analyse critique de la valorisation des résultats Les résultats de la recherche ont pour but d’être transférés au développement soit directement (transfert d’une technologie) soit indirectement (utilisation d’un produit issu de la recherche). Dans la première catégorie, il faut inclure l’ensemble des techniques de pépinière, certaines techniques de multiplication végétative horticole, les méthodes de levée de dormance des graines et de conservation des semences ou d’inoculation en pépinière. De nombreux résultats ont été déjà transférés aux services de développement et organisations (Service des Eaux et Forêts, ONG, particuliers) par de fréquents contacts formels (cours, séminaires, formations diverses) ou informels (demande ponctuelle de renseignements). La seconde catégorie comprend les activités liées à l’amélioration génétique (étude de la diversité par électrophorèse ou essais comparatifs aux champs, culture in vitro, hybridation contrôlée, identification et sélection des provenances) Les recherches sur l’amélioration génétique ne débouchent pas encore sur des variétés ou des clones aptes à être diffusés. La raison essentielle est la jeunesse de tels programmes qui n’ont réellement débuté qu’il y a une dizaine d’années, délai trop court pour les arbres forestiers. Pour ce qui concerne l’exécution du programme de vulgarisation du BEVAR, elle a été relativement timide en raison de : - la non prise en charge de ce programme dans la planification annuelle (PTA) des régions ; - la faible implication du BEVAR dans l’établissement et la mise en œuvre de protocoles d’accord entre des projets forestiers et la recherche ; - la difficulté d’accès et de traitement (confection de fiches techniques) des acquis de la recherche par le BEVAR par manque de moyens. Pour assurer un transfert efficient des résultats de recherche, le travail doit être mené par un personnel spécifique formé à cette tâche et qui jouera un rôle d’interface entre le développement et la recherche par des contacts réguliers avec les chercheurs pour une meilleure valorisation des résultats. 3.6.5- Perspectives pour une amélioration du dispositif actuel Face à la dégradation continue des ressources forestières et la forte demande en produits ligneux, il apparaît capital pour le Centre national de Recherche forestière d’avoir une vision prospective pour anticiper sur les demandes futures et écourter ainsi le délai entre la formulation des problématiques et leur résolution. C’est dans ce contexte que le CNRF pourra répondre aux préoccupations, d’une part, des pouvoirs publics exprimés à travers les grandes orientations en matière de politique forestière et les grands travaux initiés par l’Etat, d’autre part, celles des populations à travers les centres de recherche régionaux, ONG, Services de développement, etc. 106 Cependant, certaines difficultés persistent quant à la coordination de l’action des acteurs. Il conviendrait donc d’analyser ces contraintes en vue d’identifier les modalités pratiques d’une bonne organisation du partenariat selon les cas. La vulgarisation des résultats de la recherche est du ressort de services spécialisés comme l’Agence nationale de Conseil agricole et rural (ANCAR), l’Unité de Valorisation de l’ISRA (ISRA/UNIVAL), le Bureau Étude et Valorisation des Acquis de la Recherche (BEVAR) de la Direction des Eaux et Forêts et les ONG. Une collaboration entre ces différents services est nécessaire pour permettre un partage efficient des rôles tout en évitant les duplications et les conflits de compétence éventuels. Le rapprochement entre la Recherche et le Développement doit être renforcé et formalisé. Il y a très peu de protocoles signés entre la DEFCCS et la Recherche forestière. La collaboration doit être élargie aux autres institutions de recherche. Des rencontres périodiques doivent être établies non seulement au niveau des directions mais aussi au niveau des techniciens. Ces derniers doivent autant que possible assister aux séances de restitution des résultats de recherche et de développement. IV- MISE EN ŒUVRE DE LA PFS 4.1- Horizon temporel et étapes La politique forestière du Sénégal est planifiée jusqu’à l’horizon 2025.Durant sa mise en œuvre, les objectifs quantitatifs et les moyens sont revus suivant les étapes ci-après : - Étape 1 : 2014-2019 - Étape 2 : 2020-2025 Le système de planification utilisé est bâti sur des programmes d’activités à moyen terme sur la base des ressources financières disponibles. Ces programmes seront articulés conformément au Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD). 4.2- Amélioration du cadre institutionnel La Direction des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS) est placée sous l’autorité d’un Directeur nommé par décret, sur proposition du Ministre chargé des Eaux et Forêts, parmi les agents de l’État de la hiérarchie A appartenant au corps des ingénieurs des Eaux et Forêts. Le Service forestier comprend une direction centrale, la DEFCCS et ses services périphériques collées au découpage administratif du pays : - niveau régional : Inspection régionale des Eaux et Forêts (IREF) ; - niveau départemental : Secteur des Eaux et Forêts ; - niveau arrondissement : Brigade des Eaux et Forêts ; - niveau communauté rurale : Triage des Eaux et Forêts (ou il peut s’agir d’une zone particulière à activités forestières intenses). 107 L’organigramme de la DEFCCS comprend les divisions suivantes : - la Division de l’Aménagement et des Productions Forestières (DAPF) ; - Division Reboisement et Conservation des Sols(DRCS) ; - la Division de la Protection des Forêts (DPF); - la Division de la Gestion de la Faune (DGF); - la Division Suivi, Évaluation, Formation et Sensibilisation (DSEFS). En outre, la DEFCCS comprend, pour l’appui à la Direction en général : - Des Conseillers techniques; - Le Bureau du Contentieux et de la Brigade nationale (BCBN); - Le Bureau de l’Administration générale et de l’Équipement (BAGE); - Le Bureau du Matériel et de la Sécurité (BMS); - Le Bureau du personnel. A coté de la trame permanente du service, il existe des projets et programmes dont le nombre et la durée varient selon leurs conventions de création. Certains de ces projets sont d’envergure nationale. D’autres ont une envergure régionale ou même départementale. Pour une meilleure coordination des programmes forestiers, la structuration de la DEFCCS va être modifiée pour prendre en compte le contexte et les paradigmes nouveaux. . 108 4.3- Approche par composante thématique et pour la recherche forestière Tableau 25: Directives par composante thématique Reboisement et conservation des Eaux et des sols Promotion de la production de plants par les Collectivités locales et le privé Le renforcement des infrastructures de production de plants en régie et la multiplication des pépinières villageoises, scolaires et privées facilitent l’accès aux plants, en temps opportun, à tous les acteurs. La production de plants constitue un secteur porteur pour les privés. Les efforts menés jusqu’ici seront poursuivis par le service afin de favoriser les contacts entre les opérateurs privés et les collectivités locales. Dans cet esprit, il est souhaitable de bâtir un partenariat actif autour de la production de plants suivant les axes ci-dessous : - agrément de producteurs privés compétents ; - utilisation obligatoire par les producteurs privés de semences de qualité ; - certification des plants produits avant écoulement hors pépinière ; - formation continue des producteurs, - subvention des producteurs privés par le biais de crédits ou d’un plan de co-investissement ; - baisse progressive de la production de plants par le service forestier au profit d’une augmentation de celle des privés et des Collectivités locales ; - arrêt progressif de la distribution gratuite des plants par le service forestier pour favoriser l’écoulement des plants produits par les privés et les Collectivités locales. 109 Protection des forêts Suivi des peuplements forestiers Les peuplements forestiers sont gérés, sur le plan juridique, par le Service des Eaux et Forêts, le Service des Parcs nationaux et les Collectivités locales, chacun dans son domaine de compétence. Le suivi des peuplements forestiers s’intéresse aux agressions naturelles et anthropiques de même qu’à la prévention et la lutte contre les feux de brousse. Pour ce faire, en plus des interventions directes menées par le service, des protocoles peuvent être élaborés entre celui-ci et les Collectivités locales dans les zones relevant de leurs compétences. Prévention des feux Les feux de brousse constituent un des facteurs de régression des peuplements forestiers avec son cortège de conséquences néfastes sur les activités socio- économiques des populations. Pour cela, la gestion des feux de brousse doit être intégrée dans le cadre global de la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Pour prendre en charge cette préoccupation, l’accent sera mis sur : - l’ouverture, l’entretien et la restauration du réseau de pare-feu ; - la promotion des pare-feu verts (Anacardier) ; - la création, la redynamisation et l’équipement des comités de lutte ; - l’élaboration et la diffusion des programmes d’IEC ; - la création de conventions locales pour une gestion collective de l’espace inter villageois ; - la mise à feu précoce et parallèlement la constitution de réserves fourragères. Gestion de la Faune et conservation de la diversité biologique Lutte contre le braconnage La gestion de la faune et de son habitat, à l’exception des droits de chasse et des aires protégées, fait partie des compétences transférées. Le renforcement du dispositif de lutte contre le braconnage est nécessaire. C’est une activité permanente des agents de l’État, en particulier les agents forestiers et des Parcs nationaux qui, malgré leur détermination, rencontrent d’énormes difficultés pour faire face à l’action des braconniers. Pour être efficace, la lutte contre le braconnage doit faire l’objet d’une synergie entre élus et services techniques. Une redynamisation du comité de lutte contre le braconnage est nécessaire à travers la conjugaison des efforts de tous. 110 Gestion communale de la faune Les réserves communales de faune font partie du processus de responsabilisation des populations dans la gestion de la faune. Il s’agit de susciter l’intérêt de ces populations à la conservation de la faune et du milieu. La création de zones à vocation cynégétique dans le cadre de l’aménagement des terroirs facilite la conciliation de la chasse avec les autres activités de développement rural. Cette politique entamée depuis les années 1970 avec les zones d’intérêt cynégétique, va continuer par la sélection d’écosystèmes représentatifs au niveau des différentes zones éco-géographiques afin d’apporter la correction nécessaire au renforcement du réseau des zones de chasse. Les emplois créés en milieu rural pour la main d’œuvre locale contribuent à lutter contre la pauvreté et à réduire l’exode rural. Au niveau de certaines zones giboyeuses (écosystèmes favorables du sud-est et du Sud), le modèle de gestion villageoise de la chasse et de création de ranchs de gibier expérimentés dans la sous région est une référence pour instaurer des systèmes conformes aux réalités socio-économiques de notre pays. Pour la bonne conduite de ces processus, l’implication voire la responsabilisation des Collectivités locales est indispensable. A l’heure actuelle, les questions suivantes interpellent l’attention des gestionnaires : - amélioration de la connaissance du potentiel et de la dynamique de la faune ; - renforcement de la protection des espèces menacées en favorisant le repeuplement dans leur habitat naturel ; - restauration de certains sites refuges de la faune ; - intégration de la gestion de la faune dans l’aménagement et la gestion des terroirs. Promotion des initiatives privées dans la gestion de la faune. La démultiplication des parcs animaliers doit être une stratégie nationale de lutte contre la désertification, la pauvreté et l’exode rural. Aussi, doit-elle être prise en charge par les Collectivités locales qui, en rapport avec les populations limitrophes, peuvent établir une clé de répartition des redevances du bail passé entre l’État et les promoteurs. Mieux, les Collectivités locales peuvent investir directement dans ce créneau. Les résultats de l’expérience du parc animalier de Bandia militent en faveur de la promotion d’une telle opération. Suivi Évaluation, Formation, Sensibilisation cette composante est transversale au sein du service forestier. Cette position lui permet, notamment, d’appuyer les divisions techniques et les IREF en mettant à leur disposition des outils pour une meilleure exécution des programmes et projets. Sa mission est : - la mise en place d’un dispositif de suivi / évaluation national; - l’élaboration du plan de formation de la DEFCCS en rapport avec le Chef de la division Ressources humaines et le centre Fo.RE.T ; - le rapportage (rapport annuel, PTA, rapport trimestriel de suivi des PTA, rapport bilan des PTA) - l’élaboration de fiches techniques de vulgarisation des acquis de la recherche ; 111 - l’identification et la mise en œuvre de programmes de recherche d’accompagnement ; - la mise à jour du compendium des projets de développement forestier et l’appui à la préparation de nouveaux projets et programmes à mettre en œuvre ; - la sensibilisation des différents groupes d’acteurs impliqués dans la gestion des ressources forestières. Pour la mise en œuvre de ces différentes composantes thématiques, notamment en ce qui concerne l’amélioration du matériel végétal de base dans le cadre du reboisement et de la conservation des sols, tout comme pour l’amélioration des connaissances des écosystèmes, la contribution de la Recherche forestière est indispensable. 4.4- Orientations pour la recherche forestière Pour freiner le processus de déboisement, l’État a préconisé certaines mesures visant la réduction de la demande en bois de chauffe et en charbon de bois à travers, notamment, l’utilisation des énergies de substitution et des techniques d’économie d’énergie. Malheureusement ces efforts n’ont pas entraîné les effets escomptés à cause probablement de la facilité à se procurer le bois en forêt. Parmi ces mesures, il convient de noter : - l’incitation des exploitants forestiers à l’utilisation de la meule Casamance ; - les travaux de recherche sur les fours améliorés ; - l’amélioration des espèces ligneuses à haute valeur énergétique ; - etc. Les programmes forestiers visant à lutter contre la pauvreté et la protection de l’environnement devront inclure dans leurs préoccupations les aspects qui concernent l’aménagement intégré de l’espace et la préservation de la diversité biologique et les changements climatiques, Pour les rendre plus efficaces, les actions de conservation doivent être intégrées dans des projets communautaires où des mesures incitatives permettront de fixer les populations. Sur le plan socio-économique des études de marché ont montré que les produits ligneux et non ligneux des formations forestières présentent un intérêt certain. Pour une meilleure connaissance de ces marchés, il convient d’encourager les études des filières au profit des investisseurs privés mais aussi du service forestier. Pour l’amélioration des pâturages, l’approche pluridisciplinaire est souhaitée pour entreprendre des opérations techniques allant dans le sens d’une meilleure gestion des parcours. Ces opérations consistent, entre autres, à la mise en place de banques fourragères ligneuses à haute valeur nutritive et fertilisante, l’amélioration des jachères, la mise en défens, la rotation des parcelles pâturées et la lutte contre les feux de brousse. 112 Enfin, la mise en place des programmes forestiers nécessite un système d’information efficace qui comprendra une base de données régulièrement mise à jour. Le Bureau chargé de diffuser les acquis de la Recherche aura pour tâches d’actualiser régulièrement la diffusion de l’information sur la Recherche et d’établir des modes de communication interactive entre les chercheurs, les formateurs et les agents de développement sur les stratégies, les activités à conduire et sur l’évolution des technologies. Tableau 26: Besoins de Recherche prioritaire jusqu’à l’horizon 2025 Zones écogéographiques Thèmes Zone des Niayes Étude du comportement de quelques espèces forestières pour la fixation des dunes ; Inventaire et test d’adaptation de méthodes de récupération des sols exposés à la salinité. Vallée du Fleuve Sénégal Régénération et résistance à la sécheresse des peuplements de gonakiers ; Protection et évolution des espèces animales menacées. Zone Sud bassin arachidier Étude des méthodes de récupération des sols salés par des procédés biologiques, chimiques et physiques ; Gestion et conservation des ressources phyto-génétiques dans les massifs forestiers ; Mise au point de méthodes de lutte contre l’érosion hydraulique ; Sylviculture et recherche sur la mangrove ; Analyse socio-économique de l’impact des technologies agro-forestières. Zone Nord bassin arachidier Mise au point de techniques agro-forestières de lutte contre la divagation, la dégradation des terres et le déficit fourrager ; Etude de l’impact des parcs agroforestiers sur l’adaptation/atténuation aux changements climatiques. Zone sylvopastorale Amélioration des productions sylvo-pastorales ; Mise au point de techniques de valorisation des productions forestières. Sénégal oriental / haute Casamance Protection des sols contre les érosions hydrauliques et éoliennes ; Mise au point de modèles de gestion de la diversité biologique; Récupération des terres salées et acides ; Caractérisation et aménagement du potentiel forestier ; Aménagement des espaces agro-sylvo-pastoraux ; 113 basse et moyenne Casamance Techniques de cultures associant l’anacardier et les céréales ; Domestication des fruitiers forestiers sauvages, sécurité alimentaire et changements climatiques ; Régénération et protection des sols salés et acides dans les rizières ; Régénération, protection des forêts naturelles et atténuation aux changements climatiques ; Exploitation des fourrages ligneux et protection de l’environnement ; Infection des plantes et caractérisation des signaux entre micro-organismes et plantes ; Mise au point de schéma d’aménagement de l’espace et adaptation aux changements climatiques ; Développer le renforcement des capacités de conservation et restauration des sols, forêts et parcours dégradés au niveau des anciens chantiers d’exploitation forestière, des zones agricoles et pastorales abandonnées ; Modèles d’inventaire, gestion des forêts naturelles et changements climatiques; Gestion des feux de forêts et atténuation aux changements climatiques ; Traitements phytosanitaires des plantations artificielles et des formations naturelles ; Amélioration des espèces forestières prioritaires (fruitiers et bois d’œuvre), sécurité alimentaire et adaptation/atténuation aux changements climatiques. 114 4.5. Décentralisation et responsabilisation des acteurs dans la GRN La décentralisation fait des Collectivités locales le principal centre de prise des décisions relatives à la gestion des ressources naturelles en donnant des perspectives réelles de développement de l'entrepreneuriat rural privé. Les Collectivités locales sont le lieu de mise en œuvre d'approches communautaires. La prise en compte des valeurs locales et de leur savoir-faire est inévitable dans la conception, l'élaboration et la vulgarisation de technologies de gestion des ressources naturelles. 4.5.1. Appui à la gestion des compétences transférées Le Sénégal compte actuellement deux types de Collectivités locales décentralisées sans hiérarchie entre elles (principe d'égale dignité) à savoir les communes et les départements. Le transfert des compétences en matière de gestion de l'environnement et des ressources naturelles consacre une gestion rapprochée des ressources naturelles par les communautés de base pour en assurer la durabilité. Le transfert repose sur le principe de la complémentarité entre l'Etat et les Collectivités locales. 4.5.1.1- Rappel des compétences transférées aux départements : - la création et la gestion des forêts, zones protégées et sites naturels d’intérêt départemental; - la délivrance d’autorisation d’amodiation de chasse, après avis du conseil municipal ; - la gestion des eaux continentales à l’exclusion des cours d’eau à statut national ou international ; - l’élaboration et mise en œuvre de plans départementaux d’actions de l’environnement, d’intervention d’urgence et de prévention des risques ; - la réalisation de pare- feux et la mise à feu précoce, dans le cadre de la lutte contre les feux de brousse ; - l’élaboration et mise en œuvre des plans d’action locale pour l’environnement ; - la protection des eaux souterraines et de surface ; - la répartition des quotas d’exploitation forestière entre les communes ; - la lutte contre les incendies et protection de la nature ; - l’autorisation de défricher après avis du conseil municipal concerné ; - la délivrance de permis de coupe et d’abattage. 4.5.1.2- Rappel des compétences transférées aux communes : - la gestion des forêts de terroirs ; - la gestion des sites naturels d’intérêt local ; - la création et gestion des bois communaux et d’aires protégées ; - la création de mares artificielles et retenues collinaires notamment à des fins agricoles ; - les opérations de reboisement ; - l’élaboration des plans communaux d’action pour l’environnement ; - la gestion des déchets et la lutte contre l’insalubrité ; 115 - la mise en défens. 4.5.1.3- Limites de la mise en œuvre des compétences transférées en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles L'évaluation de la décentralisation dans le domaine de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement a montré que les Collectivités locales ont des limites certaines pour assumer, de manière satisfaisante, leurs rôles. Ces limites s’articulent autour des points suivants : - manque de précision dans la formulation de certaines dispositions se traduisant par de multiples interprétations sur les prérogatives des élus en matière foncière et forestière par exemple ; - faible engagement de la part des élus dans la prise en charge effective de la gestion des ressources forestières ; - insuffisance de la coordination, de l'harmonisation et de l'intégration des interventions des différents acteurs, et notamment des structures d'appui au développement forestier ; - déficit de communication entre acteurs du développement forestier et surtout entre agents à la base des différents secteurs d'activités ; - insuffisance de l’expertise au sein des Collectivités locales malgré les arrangements permis par les conventions pour mettre à leur disposition une assistance technique disponible au niveau des services déconcentrés ; - insuffisance des moyens financiers et logistiques pour faire face à leurs responsabilités dans les domaines transférés. Le Fonds de dotation n’est pas toujours facilement mobilisable. De plus, les Collectivités locales ne sont pas souvent sensibilisées sur les nombreuses opportunités quant à l'exploitation forestière et aux ristournes sur les recettes contentieuses autour de la forêt ; - Insuffisance notoire dans le renforcement des capacités des élus malgré les nombreux efforts entrepris dans ce sens ; - Les textes régissant les conditions d'exploitation des produits forestiers, notamment le décret 96-572 du 9 Septembre 1996 fixant les taxes et redevances en matière d'exploitation forestière ne prévoient pas une quote-part de recette pour les Collectivités locales. Ces faiblesses d'ordre institutionnel et organisationnel empêchent les Collectivités locales de : - exercer effectivement le pouvoir transféré pour une meilleure planification des ressources naturelles dans le cadre des plans locaux ; - rendre effective la participation souhaitée dans ces domaines spécifiques; - mettre en place des systèmes d'information sur les terroirs que beaucoup de diagnostics entrepris à leur niveau ne leur permettent pas de capitaliser. En effet, il y a de multiples exercices de collecte de données qualitatives et quantitatives entreprises par les services techniques, les ONG et les projets que les Collectivités locales et les ARD ne contrôlent, ni n'utilisent. Elles ne sont même pas dépositaires d'exemplaires de ces statistiques collectées sur elles. 116 4.5.1.4- Dispositif d’appui à mettre en place Les Ministères concernés et leurs Directions/Services déconcentrés jouent un rôle d'appui conseil aux Collectivités locales au même titre que les autres organismes d’appui. Le dispositif institutionnel de la décentralisation a prévu de renforcer les capacités des élus et d’harmoniser les différents plans locaux en rapport avec les plans nationaux. Dans ce cadre, le service forestier, en raison de la place importante des Collectivités locales dans la mise en œuvre de la politique forestière, mettra l’accent sur : - la facilitation de l’appui direct en ressources financières aux Collectivités locales pour l’élaboration et l’exécution de plans d’aménagement des forêts de terroirs ; - l’appui au renforcement des capacités techniques (mise à disposition de personnel), organisationnelles et financières des élus pour une meilleure prise en charge des actions de GRN ; - la formation des élus sur le Code forestier et les textes de la décentralisation relatifs à la gestion des ressources naturelles et de l’environnement ; - l’appui à la mise en place de systèmes d'information locaux pour une meilleure capitalisation des études et travaux réalisés ; - l’appui aux Collectivités locales pour la mobilisation des ressources issues de l’exploitation et des recettes contentieuses ; - la mise en place d’un système fiscal adapté pour assurer un meilleur partage des taxes et redevances forestières et une allocation rationnelle des ressources à travers une réforme de la fiscalité forestière en vigueur ; - la signature de protocoles ou de conventions entre le service forestier et les Collectivités locales pour une gestion concertée des ressources. Les Collectivités locales, renforcées par le biais d’un programme incluant les points cités ci-dessus, vont pourvoir jouer leur rôle à côté des autres acteurs. 4.5.2- Les principaux acteurs de l’exploitation forestière et de la faune Les exploitants forestiers du bois et du charbon se sont organisés en coopératives, sociétés et en GIE. La plupart de ces acteurs sont regroupés dans l'Union nationale des Coopératives des Exploitants forestiers du Sénégal (UNCEFS) qui a pour mandat d'organiser au profit de ses membres des activités collectives ou individuelles concernant la production et la commercialisation de produits ligneux. Toutefois, avec la politique de gestion participative mise en œuvre, les populations locales organisées en structures de gestion deviendront progressivement les principales actrices de l’exploitation forestière au côté de l’UNCEFS. Pour la faune, les exploitants cynégétiques sont en général des individuels qui interviennent dans les domaines de la chasse et de l’oisellerie. Ils sont parfois organisés en associations ou en fédérations. Les chasseurs résidents sont aussi organisés en associations et opèrent dans les ZIC et les zones non amodiées ouvertes à la chasse. 117 Ces exploitants sont représentés dans le Conseil supérieur de la Chasse. Pour mener à bien leur rôle, ils doivent être appuyés en matière de : - gestion des aires amodiées et d’application des directives contenues dans les cahiers des charges ; - crédit de campagne pour la conduite de leurs activités ; - renforcement des capacités techniques et organisationnelles ; - information/éducation et communication pour sensibiliser leurs membres à préserver les ressources. En perspective, les groupements locaux d’exploitation forestière dans les Collectivités locales devront, de plus en plus, être responsabilisés dans la mise en œuvre des plans d’aménagement qui sous-tendront l’exploitation forestière et cynégétique. 4.5.3. Consolidation du genre L'approche genre est un impératif d’une gestion équitable des ressources naturelles. Le bilan d’exécution des projets et programmes forestiers des vingt dernières années montre que les femmes sont à l’avant-garde de tous les combats pour la restauration du couvert forestier et ce dans toutes les zones écogéographiques du pays. De plus en plus, toute l'assistance technique des projets/programmes préconise l'approche des "réserves naturelles communautaires" au niveau des terroirs. Les jeunes sont de plus en plus engagés dans ces activités mais ne s’orientent pas toujours vers l'entrepreneuriat forestier malgré l'existence de Fonds de soutien pour l’emploi des jeunes. Quant aux femmes, malgré leur contribution importante au processus économique et leur influence profonde sur l'environnement, elles ne sont pas suffisamment intégrées dans les instances de prise de décision. Aujourd’hui, malgré leur regroupement en réseaux, elles n’occupent pas encore une bonne place dans le champ décisionnel du développement forestier. En vérité, les préoccupations et intérêts des femmes sont insuffisamment pris en compte dans les programmes en cours. Consciente alors de la nécessité d’une meilleure prise en compte de la dimension genre dans la mise en œuvre de ces projets et programmes, la DEFCCS a mis en place depuis 2000 une cellule genre au niveau du BIFS et procédé à un diagnostic profond des besoins en renforcement des capacités à tous les niveaux. Il convient de continuer ces efforts afin de créer les conditions sociales et institutionnelles favorables à l’équité de genre dans la conception, la planification et la mise en œuvre des actions de foresterie de manière globale. Le travail entamé pour la prise en compte de toutes les catégories d’intervenant, notamment celles qui sont les plus faibles et les plus vulnérables, sera poursuivi et approfondi. Des actions seront menées dans les domaines : - du renforcement des capacités des femmes et des jeunes; 118 - de la systématisation de l’approche genre dans la mise en œuvre des programmes forestiers et de l’accroissement de leur participation aux instances de décision locales; - de la sensibilisation des organisations de financement pour appuyer davantage les femmes et les jeunes qui s’activent dans les filières des produits forestiers ligneux et non ligneux. 4.6. Consolidation de la planification des programmes forestiers Par delà la planification annuelle et à long terme, l’une des innovations majeures que l’ASE introduit dans le système de planification des programmes forestiers porte sur la programmation des activités à moyen terme. Cette forme de planification correspond à celle utilisée dans le système de gestion par résultats (Cadre de Dépenses sectoriel à moyen Terme (CDS-MT) devenu DPPD. Ainsi, il existe trois échelles de planification : - la vision qui dégage une perspective sur 20 ans; - le programme qui définit les activités à mener à moyen terme, environ 5 ans ; - le PTA qui précise les activités et le budget de l’année. L’élaboration du programme, qui requiert une estimation des ressources escomptées dans le moyen terme, est l’occasion d’évaluer la mise en œuvre de la PFS. Cette évaluation permet de revoir la solidité des axes stratégiques et des thèmes prioritaires. Ce système est tout à fait compatible avec la conception et l’exécution de projets et programmes forestiers et agroforestiers. La pertinence et le poids du PTA résident dans l’intégration des prévisions annuelles de tous les projets et programmes qui travaillent autour de la gestion des ressources naturelles. 4.7 - Synergie entre les différents secteurs Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique forestière, il faut chercher par tous les moyens à mettre en cohérence les interventions du secteur forestier avec les autres programmes nationaux dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, l’hydraulique, l’énergie, l’aménagement du territoire, les transports, l’exploitation minière, la santé et l’environnement. Plus précisément, pour épargner le maximum d’arbres, la synergie devra être très opérationnelle lors de : - l’installation de barrages, digues et ponts ; - l’installation de lignes électriques ou téléphoniques ; - l’ouverture de canaux d’assainissement ; - la création de nouvelles routes ou pistes ; - l’extension des espaces communaux, etc. En somme, il s’agira, dans l’horizon temporel du plan d’actions, d’assurer une gestion intégrée et durable des ressources naturelles comprenant les terres agricoles et pastorales, la couverture végétale et la faune, les forêts, les ressources en eau et la diversité biologique. 119 A cet effet, le plan d’action donne une illustration des activités identifiées par les PAFR et qu’il est possible de mener par des équipes multidisciplinaires. La mise en place de cadres de concertation fonctionnels, partout où cela s’avère nécessaire, va favoriser la réalisation d’activités ne relevant pas directement de la compétence du service forestier. Les autorités administratives et locales auront la responsabilité et le devoir d’encourager l’émergence d’équipes pluridisciplinaires suffisamment motivées et capables de mettre en œuvre des activités techniques autres que forestières ou même de conseiller le service forestier pour leur réalisation. Celui ci aura, en cas de besoin, la possibilité de faire recours au contrat et le faire-faire pour exécuter les tâches qui lui incombent afin d’atteindre les objectifs. Cependant, il est fondamental pour réussir cette stratégie et cette vision à long terme, d’améliorer l’organisation institutionnelle actuelle du service forestier pour l’adapter au nouveau cadre institutionnel et réglementaire du transfert de compétences. Aussi, le service doit-il saisir cette opportunité qu’offre l’élaboration d’une nouvelle politique forestière pour redéfinir ses fonctions et responsabilités en vue de jouer pleinement un rôle d’appui conseil et de facilitation à travers une responsabilisation plus forte des services forestiers déconcentrés. 4.8 - Mécanismes de financement des programmes forestiers Le programme d’action du PAFS comptait au total 53 projets dont 80 % du financement étaient attendus des partenaires au développement et les 20 % restant du gouvernement du Sénégal, des Collectivités locales et des populations. La participation nationale était souvent sous forme de fonds de contrepartie, de charges relatives au paiement des salaires du personnel et de fonctionnement des projets. Pour le présent plan, la contribution des acteurs nationaux au financement des programmes forestiers sera évaluée et prise en compte. A cette fin, tous les secteurs de l’économie nationale doivent participer aux efforts de préservation des ressources naturelles. La réforme de la fiscalité forestière en cours d’adoption, l’aménagement et l’exploitation des forêts de terroirs par les Collectivités ainsi que le développement de la coopération décentralisée et du partenariat international contribueront à la mise en œuvre de la Politique forestière. 4.8.1- Sources de financement Quatre sources de financement seront explorées : - l’appui des partenaires au développement ; - la contribution du gouvernement, des Collectivités locales et des populations ; - la contribution du secteur privé ; - la participation des Organisations Non gouvernementales (ONG). 120  Appui des partenaires au développement Comme par le passé, la contribution des partenaires au développement au financement de la PFS reste encore indispensable vu l’importance du volume financier nécessaire à la réalisation des actions retenues par les différents projets. En plus, des partenaires au développement multilatéraux (Banque mondiale, Fonds monétaire international, Union européenne, PNUD, FAO, PNUE, FEM, UNESCO, etc.) et de la coopération bilatérale avec des pays tels que les USA, la France, le Canada, le Japon, les Pays Bas, l’Italie l’Allemagne, la Corée du Sud, la Chine, etc., le Sénégal peut exploiter les opportunités offertes par les mécanismes de financement des conventions internationales (changements climatiques, diversité biologique et la lutte contre la désertification), notamment à travers le FEM, le Mécanisme pour les Programmes forestiers nationaux de la FAO, le Mécanisme de Développement propre (MDP), etc. Il faut signaler et se féliciter du rôle actif joué par le Mécanisme pour les Programmes forestiers nationaux de la FAO dans le financement des PAFR, l’élaboration de cette politique et la tenue du forum de validation.  Participation de l’Etat, des Collectivités locales et des populations L’Etat, les Collectivités locales et les populations doivent participer au financement des activités forestières. Même si la participation de l’Etat et de ses démembrements dans les actions de gestion durable des ressources naturelles demeure encore relativement faible, les efforts doivent être poursuivis. Quant aux Collectivités locales, elles peuvent contribuer au financement de la gestion des ressources naturelles à travers les moyens provenant de la coopération décentralisée, des fonds de contrepartie et de dotation alloués par l’Etat. En plus, le code forestier prévoit qu’une partie des fonds issus des taxes d’exploitation des forêts aménagées est utilisée par les structures locales de gestion pour la mise en œuvre de programmes en vue d’une gestion durable des ressources forestières.  Contribution du secteur privé La participation de ce secteur dans les actions de reboisement et de protection de nos forêts est encore relativement faible. L’implication du secteur privé est à encourager dans le contexte actuel. Cette contribution peut être sous forme de dons, de subventions, de prêts ou à travers l’investissement direct dont les modalités doivent être précisées sur les plans législatif et réglementaire tout en prenant en compte les intérêts des différentes parties prenantes. C’est pourquoi, le secteur privé sera impliqué à toutes les rencontres nationales de bilan et de réorientation de la PFS au même titre que les partenaires au développement.  La participation des organisations non gouvernementales (ONG) Les ONG participent à différents niveaux au financement des actions de GRN. Cette contribution, quoiqu’active, n’est pas bien quantifiée et prise en charge pour une meilleure planification des programmes. 121 Ces organisations, regroupées au sein de structures comme le CONGAD, la FONGS, la FAFS, Enda TM, UICN, Wetlands et WWF, ont développé un important réseau de relations avec l’extérieur qui constitue une opportunité de financement. Mais, pour une efficacité accrue de leurs interventions, une harmonisation des approches et une plus grande synergie sont nécessaires. Pour faciliter la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de la PFS, une large diffusion du plan est indispensable auprès de ces acteurs, tant au niveau national qu’international. En outre, un cadre de concertation entre les différents acteurs intervenant dans la mise en œuvre des projets de la PFS constitue une nécessité. 4.8.2- Stratégies d’accroissement des ressources financières Les ressources financières produites par le secteur forestier sont estimées annuellement à 30 milliards de francs CFA dont 26 milliards provenant de l’exploitation du charbon de bois1. Elles sont issues entre autres des taxes et redevances ainsi que des recettes contentieuses. Cependant en dehors du charbon de bois, la part des autres produits reste encore très faible. Il urge pour les pouvoirs publics de réfléchir sur des stratégies d’accroissement des ressources financières. Elles doivent à la fois contenir des propositions d’amélioration du recouvrement des taxes sur les produits ligneux, non ligneux et sur les services procurés par les forêts et prospecter de nouvelles formes de financement novatrices des activités retenues dans la PFS. Vu la diversité des produits issus de la forêt, il est indispensable de reformer la fiscalité forestière par l’introduction de taxes pour d’autres formes d’utilisation et d’exploitation forestières. Une étude a déjà été menée (Revue des Dépenses publiques, FAO 2001) et la réflexion continue pour une prise en compte des nouvelles formes de valorisation des ressources naturelles. 4.8.3 - Gestion des recettes fiscales Les modes de gestion actuelle des recettes domaniales issues de l’exploitation forestière répondent plus à un système centralisé. Par contre 70 % des recettes contentieuses issues de l’exploitation des forêts gérées par les Collectivités locales leur sont ristournées. Comme prévu dans le Code forestier, une partie importante de ces fonds doit être réutilisée dans le cadre des actions de gestion durable des ressources forestières. C’est la raison pour laquelle, ces ressources peuvent servir, au financement, entre autres : - des actions de protection et de conservation des ressources forestières (lutte contre les feux de brousse, l’éducation, l’information et la sensibilisation des populations, la surveillance de la forêt, etc.) ; 1 Source : Rapport DEFCCS 122 - des actions de gestion, de restauration des ressources forestières et de conservation des sols (reboisement, aménagement et travaux de génie) ; - des infrastructures et à l’équipement du service des Eaux et Forêts. 4.9 - Gestion des ressources humaines La gestion des ressources humaines définit les stratégies et les moyens humains, les modes de fonctionnement organisationnel et la logistique de soutien afin de développer les compétences nécessaires pour atteindre les objectifs du service. 4.9.1- Situation actuelle du personnel forestier Rappel du cadre législatif et réglementaire La loi 2005-10 du 3 Août 2005 et son décret d’application n°2005-1177 du 2 décembre 2005 confère au cadre unique des Eaux et Forêts, Chasses, un statut particulier du personnel réparti en six corps organisés, comme suit :  les trois corps des Ingénieurs des Eaux et Forêts et Chasses.;  le corps des Ingénieurs des Travaux des Eaux et Forêts, Chasses;  le corps des Agents Techniques des Eaux et Forêts, Chasses ;  et le corps des Gardes des Eaux et Forêts, Chasses. Cette situation conduirait à ne disposer dans le Service des Eaux et Forêts que des fonctionnaires et décisionnaires des hiérarchies A1, A2, A3, B1, B4 et C1. En plus du personnel des Eaux et Forêts, il existe au sein du service des agents ayant le statut particulier du cadre des Parcs nationaux ainsi que des agents commissionnés ou non, appartenant à d’autres corps. Évolution du personnel En 2003 le Service des Eaux et Forêts comptait 440 agents forestiers contre 538 en 2013 répartis comme suit : Tableau 27: situation du personnel en 2014 Année IEF ITEF/ITPN ATEF GEFG Total 2014 75 90+17 307 45 538 (Source : DEFCCS, 2014) 123 L’évolution des départs à la retraite de 2014 à 2020 donne le tableau suivant : Tableau 28 : évolution des départs à la retraite de 2014 à 2020 Année IEF ITEF/ITPN ATEF Total 2014 04 O2 06 12 2015 04 02 09 15 2016 04 02 16 22 2017 07 05 10 22 2018 03 04 13 20 2019 07 01 16 24 2020 07 04 13 24 Total 36 18 83 139 (Source : DEFCCS, 2014) Si la tendance se maintient, près de la moitié des IEF, près du cinquième des ITEF/ITPN et le tiers des ATEF partiront à la retraite en 2020, soit au total le quart (26%) des effectifs actuels. 4.9.2- Formation Au lendemain de l’indépendance du Sénégal, l’École nationale des Cadres ruraux de Bambey et l’École des agents techniques de Djibélor ont été ouvertes dans le pays, pour la formation des cadres intermédiaires et agents de terrain. Cependant, Certains cadres des Eaux et Forêts ont été formés à l’extérieur avec l’appui des partenaires techniques et financiers, et d’autres à l’Institut national de Développement rural (INDR), actuel ENSA/Thiès au Sénégal. La combinaison des formations à l’extérieur et à l’intérieur du pays a doté le Service forestier de cadres de conception de qualité et en effectif relativement convenable. Pour la formation continue, le Centre FO.RE.T joue un rôle clé dans le renforcement des capacités des agents forestiers en particulier et des acteurs nationaux de la gestion des ressources naturelles en général. Il offre l’opportunité de mettre à niveau les agents par rapport aux thématiques nouvelles et de procéder à la diffusion des résultats de la recherche scientifique. Cette offre de formation a permis de disposer de cadres aux profils variés qui touchent plusieurs aspects du développement. Cependant, il convient de mesurer les enjeux de la formation pour les années à venir. En effet, face à une agriculture qui s’affaiblit et un milieu naturel en proie à une dégradation continue, l’Etat a réagi en mettant en place de grands programmes en matière d’agriculture et de gestion des ressources naturelles. Dans ce contexte, l’avènement de l’acte 3 de la décentralisation consacre également la volonté de l’Etat de faire de la décentralisation le fer de lance de sa politique de désengagement. Sous ce rapport, à l’horizon 2025, il faudra répondre à la demande de formation d’un grand nombre de jeunes ruraux, qui du fait qu’on aura atteint la scolarisation universelle, seront demandeurs de formation professionnelle pour les métiers agricoles et non agricoles. 124 Cette demande de formation et de conseil sera d’autant plus structurée qu’elle émanera d’organisations de producteurs et d’associations d’élus locaux (dont les leaders sont très au fait des enjeux du monde rural) à l’image du Conseil national de concertation et Coopération des ruraux (CNCR) et de l’Union des Associations des élus locaux (UAEL) etc. La réponse à cette demande nécessite donc la prise en compte de la formation continue au niveau du Centre national de Formation des techniciens des Eaux, Forêts, Chasses et des Parcs nationaux (CNFTECPN) et d’autres instituts et centres spécialisés. 4.9.3 - Perspectives en matière de gestion des ressources humaines Le contexte actuel marqué par des changements rapides dans la gestion des ressources ainsi que l’évolution du contexte socio-économique commande une adaptation permanente des ressources humaines. Dans ce cadre, la Direction des Eaux et Forêts, Chasses doit s’atteler à mettre en œuvre un certain nombre de mesures pour améliorer la qualité de son personnel. Il s’agit principalement de : - évaluer les besoins réels en personnel technique et administratif dans toutes les catégories d’agents pour les deux prochaines décennies ; - diversifier et renforcer les compétences des agents; - procéder à un recrutement graduel pour relever sensiblement le niveau des effectifs de manière à pourvoir tous les postes existants à l’horizon 2020 ; - élaborer un plan de formation des agents pour accompagner la politique forestière. 4.10 - Coopération sous-régionale 4.10.1- Problématique : caractère transfrontalier des ressources Étant donné que le continuum écologique ne coïncide pas toujours avec les frontières des États, certaines ressources naturelles communes à plusieurs pays doivent être gérées de manière concertée. Les massifs forestiers, les habitats naturels de la faune, les pâturages, les cours d'eau et la mer couvrent parfois l'espace territorial de plusieurs États limitrophes. Cet état de fait appelle une approche concertée des actions de gestion de ces ressources par les États mais aussi par les populations riveraines, le plus souvent dans le cadre de leurs organisations administratives et/ou politiques. D’ailleurs, le Sénégal est déjà en partenariat avec certains pays limitrophes dans le cadre de la mise en œuvre de plusieurs projets et programmes sous régionaux. 125 4.10.2 - Cadres de mise en œuvre de la coopération sous régionale Entre le Sénégal et la Guinée s'est amorcée une coopération sous-régionale avec le parc transfrontalier Niokolo-Badiar (Niokolo-Koba (Sénégal) et Badiar (Guinée)) qui vise la gestion de la faune et de ses habitats. Une telle dynamique de coopération a également vu le jour entre le Sénégal et la Gambie où l'interdépendance étroite des parcs du Delta du Saloum et de Niumi a motivé la création d'une grande réserve de la biosphère. Entre le Sénégal et la Mauritanie, dont les écosystèmes transfrontaliers constituent une unité écologique, une gestion concertée des Parcs du Djoudj, du Diawling, du Nidaël et des aires protégées adjacentes a donné naissance à la réserve de biosphère transfrontalière du delta du fleuve Sénégal (RBT Sénégal-Mauritanie). Les barrages de Diama et de Manantali accordent une priorité à la satisfaction des besoins agricoles et énergétiques. Par ailleurs les régimes fonciers dans les trois Etats membres conduisent à des stratégies de gestion des ressources naturelles différentes dans le bassin du fleuve Sénégal. Elles devraient être harmonisées dans le sens de la Conservation des Ressources naturelles et de l'Environnement dans la zone. La convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin, des zones côtières de l'Afrique de l'Ouest et du Centre et son protocole relatif à la coopération pour lutter contre la pollution en cas de situation critique2 offrent un cadre de gestion concertée de l'environnement marin. En matière de préservation des ressources halieutiques, un début d'harmonisation des politiques s'amorce dans le cadre de la Commission sous-régionale des pêches qui regroupe le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert. Cet instrument permet aux différents États frontaliers de procéder à l'évaluation des stocks de ressources halieutiques. La transhumance transfrontalière en provenance du Mali et de la Mauritanie est organisée dans le cadre d'accords qui visent à s'assurer que le cheptel des pays est indemne de peste bovine. Mais ces accords ne se préoccupent pas de l'utilisation des ressources pastorales disponibles surtout le fourrage aérien. Le PRASET (Projet d'Appui au Secteur de l'Élevage transhumant) du CILSS apparaît comme un cadre adéquat pour la prise en charge du pastoralisme dans la sous-région. Il devrait veiller à l'harmonisation des systèmes pastoraux traditionnels et inclure la gestion des conflits transfrontaliers liés au déplacement du cheptel dans les textes législatifs des pays. Des cadres similaires pourraient être créés pour favoriser l'intégration du pastoralisme avec l'agriculture et la foresterie. 126 Dans le bassin du Fleuve Sénégal, le suivi de l'environnement (qualité des eaux, santé, etc.) et la gestion des eaux (répartition, normes d'utilisation, conservation) constituent des défis sous-régionaux. Un observatoire pour le suivi de ces problèmes a été mis en place dans le cadre de l’OMVS. En matière de lutte contre la désertification, le CILSS a constitué un cadre de coopération sous-régionale approprié. Les résultats obtenus pourraient être sensiblement améliorés par l'implication effective des collectivités locales. 4.11 - Mise en œuvre des conventions environnementales à travers les programmes forestiers 4.11.1- Conventions principales ratifiées par le Sénégal Le Sénégal a ratifié de nombreuses conventions internationales et régionales relatives à la protection de l'environnement dont les plus importantes sont : - la convention de Rome du 08/12/1951, relative à la protection des végétaux ; - la convention de Kano 25 mai 1962, sur le criquet migrateur africain ; - les conventions de Montego Bay du 10 décembre 1982 et de Rio de Janeiro du 14 mai 1966, sur la conservation des Thonidés de l'Atlantique ; - la convention d'Abidjan du 23 mars 1981 qui complète le dispositif de coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de l'Afrique de l'Ouest et du Centre ; - la convention de Ramsar 02 février 1971 sur la protection des zones humides ; - la convention de Paris 16 novembre 1972 sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel (CITES); - la convention de WASHINGTON, du 3 mars 1973 sur l'interdiction du commerce international des espèces sauvages de faune et de flore menacées d'extinction (CITES) ; - la convention de Bonn du 23 juin 1979 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage ; - la convention de Berne du 19 septembre 1979 relative à la vie sauvage et aux milieux naturels de l'Europe ; - la convention de Vienne (1985) sur la couche d'ozone ; - la convention de Bâle du 22 mars 1989 et de Bamako (1991) sur l'interdiction des déchets dangereux et le contrôle de leurs mouvements transfrontaliers ; - la convention d’Alger (1968) pour la conservation de la nature et des ressources naturelles. S'y ajoutent toutes les conventions de la génération de Rio (diversité biologique, changements climatiques et Désertification) Ces trois conventions de la génération de Rio constituent des instruments juridiques importants pour la gestion de l’environnement mondial et doivent permettre aux pays en développement de tirer profit de la coopération internationale en la matière. Ces instruments ratifiés par notre pays constituent une partie de notre dispositif normatif et leur prise en compte par nos lois, règlements et programmes d’action est une obligation. 127 4.11.2- Adéquation entre les principes de la PFS et ceux des conventions Les conventions environnementales consacrent une large part à la foresterie. L’on veillera à ce que les préoccupations qui figurent dans la PFS, aussi bien en termes d’orientation que de programmes d’activités, tiennent compte des dispositions des différentes conventions. A cet effet, une synergie doit être recherchée entre la PFS et le PAN/LCD, la stratégie et le plan d’action national de conservation de la diversité biologique ainsi que la stratégie de réduction des gaz à effet de serre et de protection de la couche d’ozone. L’analyse du programme d’action de la PFS, montre que les principes directeurs (responsabilisation des CL, cogestion de l’espace, création de richesse, durabilité des interventions, approche par ZEG) recoupent ceux des conventions environnementales et plus particulièrement celles de Rio. S’agissant des actions préconisées au niveau national également, elles sont en conformité avec les objectifs, les programmes d’action et les orientations des conventions. Par ailleurs, la Convention sur la désertification ainsi que son Programme d’Action national, principal instrument de sa mise en œuvre, ont la même approche éco- géographique que la PFS. 4.11.3- Financement à travers les conventions internationales Certains projets identifiés dans le cadre du PAFS ont bénéficié d’un financement de la part de partenaires au développement. Les Pays Bas ont été parmi les principaux partenaires financiers du programme. Lors du sommet de Rio, le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM ou GEF en anglais) a été retenu comme mécanisme financier des conventions sur la lutte contre la désertification, les changements climatiques et sur la diversité biologique. Ces opportunités seront saisies pour le financement de la mise en œuvre de la PFS. 128 V- SUIVI ET EVALUATION 5.1- Système de suivi-évaluation L’importance de la fonction de suivi évaluation a conduit en 1988 à la création du Bureau suivi-évaluation (BSE) au sein de la DEFCCS. Cette volonté procédait de deux facteurs : (1) l’influence des bailleurs de fonds et (2) l’explosion des données conséquente à la mise en œuvre de plusieurs projets dans le secteur forestier. Avec les contraintes liées au traitement des données forestières, l’informatisation est apparue comme une nécessité, et un premier logiciel dénommé GESPRO vît le jour avant d’être abandonné par le manque de matériel informatique au niveau des IREF et de difficultés à utiliser le logiciel pour la saisie. En 1992, avec le soutien du Projet d’appui au Programme de développement de la Foresterie rurale, le BSE a amorcé un processus de mise en place d’un autre système informatique avec la mise en service du Modèle automatisé de Suivi Évaluation des Activités forestières (MASEFOR) En dépit de ces efforts, la situation actuelle appelle les constats suivants : - la prédominance du MASEFOR dans le système de suivi au point que l’on a tendance à les confondre ; - une faible adoption de MASEFOR par les acteurs; - le manque d’intégration des différents éléments du suivi-évaluation qui existent à la DEFCCS dans un système intégrant fonctions du suivi-évaluation (planification, suivi de l’exécution, évaluation et communication) ; - la non-planification de la mise en place du système qui met en jeu des structures, un personnel adapté (expertise spécifique), des procédés standardisés éprouvés, divers outils (de collecte, d’enregistrement, de traitement, de planification etc.) utilisés pour les différentes fonctions. Le système actuel sera repensé en tenant compte donc de tous les dysfonctionnements relevés ci-dessus. Ainsi, une nouvelle approche sera adoptée pour la mise en place d’un dispositif permanent de suivi-évaluation fonctionnel et efficace pour un meilleur suivi des projets et programmes. C’est pourquoi l’accent sera mis sur les axes suivants : - évaluation exhaustive du dispositif actuel de suivi-évaluation de la DEFCCS avec tous les utilisateurs ; - adoption de principes directeurs pour la mise en place d’un autre système de suivi-évaluation permanent ; - propositions d’indicateurs (spécifiques et mesurables) de résultats, d’effets et d’impacts essentiels à suivre à court, moyen et long termes ; - adoption des types d’outils et identification des activités de suivi et évaluation qui vont intégrer le système de suivi ; - mise en place d’un système de gestion de l’information c’est à dire un système de collecte, de traitement et de rapportage de l’information sur les activités des projets et programmes et permettant de planifier, suivre et évaluer les opérations et leur performance de ceux-ci. 129 5.2- Système de planification La Politique forestière du Sénégal repose sur une planification à trois échelles : - une vision à long terme, horizon 2025 ; - des programmes à moyen terme (tous les 5 ans) ; - un plan de travail annuel (PTA). Sur la base des acquis du Programme d’appui au développement forestier (PADF), le secteur forestier dans son ensemble doit s’insérer dans ce système. Les PTA sont élaborés d’abord au niveau des départements, puis des régions et, enfin, au niveau national. Comme indiqué plus haut, le montage des programmes à moyen terme est l’occasion d’évaluer la mise en œuvre de la PFS. Ce sera aussi un moment pour revoir les axes stratégiques, thèmes prioritaires, activités et principes directeurs. Car l’évaluation n’est autre qu’un processus pour déterminer systématiquement et objectivement la pertinence, l’efficacité et la durabilité des activités des projets et programmes, à la lumière de leurs objectifs. En fait, ce processus de collecte et d’analyse de l’information permet de déterminer 1) si les activités planifiées ont été exécutées, et 2) dans quelle mesure les projets et programmes ont atteint leurs objectifs à travers la mise en œuvre des activités. 5.3- Indicateurs de résultats Les PAFR élaborés à travers l’ASE ont produit des résultats dont la compilation et l’analyse ont été à la base de l’identification d’activités pertinentes. 5.4- Indicateurs d’effets et d’impact Les indicateurs qui permettent d’évaluer les effets du plan sont considérés comme des extrants puisqu’ils sont directement associés aux résultats. Les indicateurs pour suivre l’impact et les réponses sont plus complexes à évaluer ou à mesurer. Le tableau n°29 ci-dessous propose l’évaluation de la performance de la PFS avec ces deux types d’indicateurs d’extrant: l’indicateur d’impact au niveau des axes stratégiques dont l’horizon temporel est 2025 et l’indicateur d’effet avec un horizon temporel de cinq années qui coïncide avec l’exécution des programmes à moyen terme. 130 Tableau 29: Indicateurs d’impact et d’effets pour le suivi de la PFS Axes et thèmes Libellé Indicateurs Sources de Vérification Axe 1 Aménagement et Gestion durable des Ressources forestières et de la faune A l'horizon 2025, au moins 50% du domaine forestier sont aménagés Rapports techniques DEFCCS Thème 1 Durabilité de la gestion des ressources forestières En 2019, 50% des produits forestiers contingentés autres que le charbon de bois proviennent des zones aménagées Rapports DEFCCS et IREF Tout le charbon de bois commercialisé est produit à partir de la meule Casamance ou autres procédés plus efficients. Arrêtés CEF, Rapports bilan et évaluation des CEF Thème 2 Reboisement et Conservation des Eaux et des Sols D’ici 2019, 50 bassins versants sont aménagés Rapports DEFCCS, D’ici 2019, 6000km de plantation s linéaires sont réalisés D’ici 2019, 3000ha de fixation de dunes sont réalisés D’ici 2019, 11.000 ha de plantations agroforestières/RNA sont réalisés Rapports DEFCCS Thème 3 Développement des ressources sylvopastorales D’ici 2019, 250.000 ha sont protégés et/ou enrichis dans la zone sylvopastorale Rapports DEFCCS, Services et projets dans le secteur de l'élevage, producteurs D’ici 2019, une réduction de 50.000 ha de superficies brûlées par les feux de brousse est effective Rapports DEFCCS Thème 4 Aménagement participatif et intégré des forêts D’ici 2019, 50 forêts disposent d'un plan d'aménagement Rapports DEFCCS D’ici 2019, 50% des potentialités forestières sont exploitées par les populations locales Plans d’aménagement, Rapports Services Thème 5 Conservation de la diversité biologique Création de quatre parcs/réserves animaliers et/ou réserves naturelles avant 2019 Rapports techniques DEFCCS Un plan de sauvegarde d’au moins trois espèces de flore les plus menacées, et inscrites sur la liste rouge de l’UICN, dans chaque ZEG est mis en œuvre Rapports DEFCCS et Parcs nationaux Un plan de sauvegarde, au moins trois des espèces de faune inscrites sur la liste rouge de l’UICN est mis en œuvre Rapports DEFCCS & institutions de recherche La réserve spéciale d’avifaune de Ndiaél inscrite sur la liste rouge de l’UICN dispose d’un plan de sauvegarde mis en œuvre Plans de sauvegarde Thème 6 Recherche appliquée ou d'accompagnement Cinq thématiques faisant l'objet de protocoles de recherche avec les instituts de recherche sont mises en œuvre (CNRF, IRD, UCAD, etc.) Rapports DEFCCS & institutions de recherche 131 Axe 2 Renforcement des capacités des Collectivités Locales et OCB pour une meilleure gestion des compétences transférées en matière de GRN les compétences d’au moins 350 Collectivités locales sont renforcées Rapports DEFCCS et parcs nationaux, collectivités locales Thème 1 Développement des capacités techniques et organisationnelles Au moins 28 sessions de formation en, matière de GRN sont organisées Rapports DEFCCS & Collectivités Locales Thème 2 Renforcement des moyens matériels et financiers Une mobilisation des rubriques des budgets des Collectivités Locales allouées en matière de GRN, d’ici 2019, est effective. Rapports DEFCCS & Collectivités Locales, Institutions financières, Enquêtes OCB et Collectivités Locales Axe 3 Renforcement des Capacités d'Intervention du Service Forestier Les moyens d’intervention du Service forestier sont renforcés Rapports et Enquêtes Thème 1 Consolidation des effectifs Au moins 90 % des besoins en personnel sont satisfaits d’ici 2019 Rapports DEFCCS Thème 2 Formation et/ou recyclage des agents 100 sessions de formation/recyclage sont organisées d’ici 2019. Structures chargées de la formation Thème 3 Renforcement des moyens d’intervention Au moins 80% des moyens logistiques sont renouvelés Enquêtes et études, Rapports et PV de réception. Thème 4 Renforcement des capacités institutionnelles Les documents et textes législatifs et réglementaires sont révisés et adoptés. Rapports DEFCCS, Politique Forestière du Sénégal, Code forestier, Code de la Chasse Axe 4 Implication du secteur privé dans la foresterie/emplois verts Les investissements et les réalisations du secteur privé en GRN sont renforcés rapports DEFCCS Thème 1 Promotion et Valorisation des filières des produits forestiers Au moins 50 organisations (PME et OCB) intervenant dans la production et la transformation des fruitiers forestiers sont appuyées et /ou renforcées Études et Rapports techniques Visites des unités de production, marchés et loumas Au moins 1000 emplois verts créés Rapports DEFCCS Thème 2 Implication du secteur privé dans la gestion des aires protégées Au moins deux aires protégées sont créées Rapports de la DEFCCS, DPN et DAMPC Axe 5 Développement de la foresterie urbaine Les investissements et les réalisations en milieu urbain sont accrus Rapports DEFCCS, collectivités locales Thème Reverdissement des villes (axes Au moins 50 km/an d’axes routiers plantés Rapports DEFCCS et CL 132 1 routiers, ceintures vertes, aménagement massifs forestiers) Au moins un espace vert est crée ou restauré dans chaque Collectivité locale 5.5- Les acteurs du dispositif de suivi-évaluation A chaque étape de la mise en œuvre des projets et programmes, le service forestier et ses différents partenaires jouent des rôles complémentaires qui concourent à l’atteinte des résultats attendus. Dés lors, l’implication de tous est souhaitable pour assurer une meilleure remontée des informations qui permettent de capitaliser et de prendre des décisions. Ainsi, pour assurer un meilleur suivi des indicateurs, des structures telles que le CSE, la DPVE, le CNRF, les Universités, les institutions de recherche et les autres services techniques de l’État comme l’ANCAR, la Direction de l’Agriculture, la Direction de l’Élevage, doivent être mis à contribution. Les rôles et responsabilités de chacun des acteurs seront clarifiés dans un manuel de suivi qui sera élaboré ultérieurement. Tableau 30: acteurs du dispositif de suivi-évaluation Acteurs/structures Conception Collecte Analyse Traitement diffusion Collectivités locales    DEFCCS      IREF, Secteurs et brigades     Services techniques déconcentrés   Institutions de recherche et de formation      CSE      Sociétés de développement    Secteur privé   ONG   Agences      VI- CONDITIONS DE SUCCES DU PLAN 6.1- Préalables 6.1.1 - Information des acteurs La PFS doit être comprise et partagée par tous les acteurs du secteur. Après le forum de validation de la PFS et avant la conférence nationale sur son financement, des rencontres doivent être organisées au niveau des régions à cette fin. 6.1.2 - Ajustements juridico- institutionnels La mise en œuvre de la PFS repose pour une bonne part sur l’adoption de réformes institutionnelles dont les plus en vue sont : - la révision du décret sur les taxes et redevances forestières (fiscalité forestière); - la taxe de compensation sur les carrières ; - la loi sur le domaine national ; - le code forestier ; - le code de la Chasse et de la protection de la faune ; - le code général des Collectivités locales (Acte 3 de la décentralisation). 134 6.2 Ŕ Mesures d’accompagnement 6.2.1- Mise en place de mécanismes de facilitation du commerce des produits forestiers Une gamme de produits forestiers ligneux (bois d’œuvre, bois de service, bois de chauffe, bois artisanal) et de produits forestiers non ligneux (produits de la pharmacopée, fruits forestiers, huile et vin de palme, gommes et noix, etc.) sont exploités par les populations ou par les opérateurs économiques qui les exportent (gommes et noix) ou les valorisent dans le cadre des industries du bois, de la construction, de l’artisanat, de la consommation et de la médecine traditionnelle. La cueillette, le ramassage et la récolte des produits forestiers font de la forêt le socle de la vie en milieu rural. Cela permet aux populations de satisfaire leurs besoins alimentaires et de tirer quelques revenus, Toutefois, des problèmes environnementaux très sévères tels que les feux de brousse, la déforestation, la dégradation des sols, la dégradation de la mangrove et d’autres écosystèmes constituent des obstacles de taille à la satisfaction des besoins prioritaires des populations en produits ligneux et non ligneux. Ces facteurs ont des effets ou impacts négatifs sur les écosystèmes et la population : - baisse de la production des produits ligneux, non ligneux et fauniques, - baisse des revenus tirés des produits forestiers, en général, - modifications des habitudes alimentaires, - augmentations des prix des produits forestiers à cause de leur rareté, - accroissement des importations des produits forestiers, - exode rural des populations vers les centres urbains, - difficultés d’approvisionnement en bois et autres produits, etc. Ainsi, en dehors des aspects techniques de restauration, il s’agira d’organiser les filières forestières afin d’aider les différents acteurs à tirer le maximum de bénéfices de leurs activités. Si pour la plupart des produits ligneux les quantités exploitées, transportées et commercialisées font l’objet d’une étude de marché plus régulière et d’un suivi plus rapproché (base de données plus fiables), les flux des produits non ligneux sont encore loin d’être maîtrisés tant du point de vue des quantités que des circuits de commercialisation. Il existe des marchés plus ou moins fixes où les produits forestiers de cueillette (fruits, huile de palme, vin de palme, gommes, noix de cajou, feuilles et écorces) occupent une place de plus en plus prépondérante dans le commerce surtout pendant la campagne de vente des noix d’anacarde qui mobilise un important flux financier au profit des différents acteurs. Cependant, on note au niveau des fruits forestiers un gaspillage d’une quantité non négligeable de la production dû au pourrissement. Ces pertes pourraient être évitées par la conservation qui permet en plus d’avoir une valeur ajoutée apte à maximiser les bénéfices tirés par les populations. 135 Compte tenu de tout cela, tout mécanisme de facilitation du commerce des produits forestiers ligneux ou non ligneux visera, entre autres : - une meilleure organisation de tous les acteurs de la filière notamment les producteurs, les collecteurs, et les distributeurs en groupements ou associations reconnus ; - un renforcement des capacités sur les techniques de production et les normes de qualité à respecter pour les divers produits destinés à l’exportation (gommes et noix) ; - un meilleur conditionnement, conservation, et stockage des produits facilement périssables par la promotion de petites unités villageoises de transformation en collaboration avec l’Institut de Technologie alimentaire (I.T.A) ; - une facilitation du transport et une distribution des produits dans tous les points d’écoulement notamment les grands marchés urbains du pays et vers l’extérieur ; - l’information et la sensibilisation des acteurs pour qu’ils se conforment mieux aux dispositions législatives et réglementaires en matière d’exploitation des produits forestiers; - l’étude de débouchés vers les marchés extérieurs / internationaux pour certains produits comme les gommes et noix d’anacarde ; - l’accès facile aux microcrédits pour les producteurs débutants ou l’octroi de petites subventions. 6.2.2Ŕ promotion de la concertation Dans certaines régions, l’insuffisance de la concertation entre acteurs se traduit par un manque de cohérence des interventions et une mauvaise exécution des actions. Il est fait cas de plusieurs intervenants qui mènent des actions de GRN sans informer le service forestier qui doit jouer un rôle de coordination. La gestion des ressources naturelles fait nécessairement appel à la mise en commun des énergies des différents acteurs pour une meilleure réussite des actions entreprises ou à entreprendre. Cette mise en commun pourrait se faire à travers des cadres d’impulsion, de coordination et de suivi-évaluation des actions de GRN à tous les échelons. Ils serviront à appuyer la communication de proximité et éventuellement faire disparaître les conflits de compétence entre les élus locaux et les représentants de l’Etat. Par ailleurs, d’autres propositions s’articulent autour de cadres de planification, de coordination, de suivi et d’évaluation au niveau national et régional avec : - la création au niveau central d’un comité de suivi de la PFS présidé par le Ministre chargé des Eaux et Forêts et regroupant les directions nationales, les services centraux, les ministères partenaires afin d’évaluer l’exécution du plan d’actions ; - la mise en place d’une Cellule régionale d’Appui et de Suivi (CRAS) de la PFS dont le coordinateur pourrait être l’Inspecteur régional des Eaux et Forêts ou le directeur de l’ARD. La CRAS sera une organisation restreinte qui va assurer de manière permanente des tâches de coordination, d’organisation, des missions de supervision régionale, et d’interface entre le niveau central et tous les acteurs locaux ; Il sera utile de clarifier les attributions, tâches, rôles et responsabilités de chaque organe de coordination. 136 6.2.3- Dispositif de concertation entre bailleurs Le programme d’actions de la PFS est financé à hauteur de 80% par les partenaires au développement du Sénégal. A cet effet, il est important de mettre en place un dispositif de planification et de programmation budgétaire permettant d’identifier les ressources mobilisables auprès des sources possibles de financement. Ceci permettra surtout d’améliorer la coordination et l’harmonisation des procédures de financement des bailleurs et de surmonter les vieilles difficultés concernant la coordination entre eux ainsi que la faible internalisation par les pays des programmes financés. 6.2.4- Renforcement des capacités et formation Cette condition est sine qua none pour habiliter les acteurs à mieux jouer leurs rôles dans la conduite des compétences transférées en matière de gestion des ressources naturelles notamment la protection de l’environnement qui est un objectif indissociable de la lutte contre la pauvreté. C’est la raison pour laquelle cette préoccupation a été bien développée dans les axes stratégiques. Cette formation concerne l’ensemble des catégories d’acteurs et le plan de formation à réactualiser veillera à refléter toutes les thématiques à développer pour que chaque acteur puisse au mieux jouer son rôle. 6.2.5 - Prise en compte des besoins pratiques et des intérêts stratégiques des femmes Les charges de travail trop importantes liées à l’entretien de la famille et aux autres activités communautaires font que la journée de travail des femmes est trop longue et pénible. Malgré cela, elles sont dynamiques dans les activités de pépinières et de reboisement d’où la nécessité d’alléger leurs travaux domestiques par le biais d’une dotation adéquate en équipements divers (moulins, matériels d’exhaure, etc.) pour leur permettre de disposer de plus de temps. 6.3. Atténuation des contraintes La prévalence d’un climat social apaisé est un gage de succès pour le déroulement des programmes forestiers nationaux. Si la partie sud du pays, région forestière par excellence, a été un foyer de tension dans les années 1980 et 1990, il faut saluer le retour progressif de la paix qui seule peut permettre le déroulement des activités forestières planifiées. Il existe une réelle volonté de la part des autorités nationales de régler définitivement ce problème et permettre à la verte Casamance, grenier du pays, de contribuer pleinement au développement des ressources forestières. L’exécution des plans sous-tendant la mise en œuvre de la politique forestière incombe au premier chef à l’État qui, à travers son Budget consolidé d’investissement, doit mobiliser et allouer des moyens conséquents. L’exécution de cette politique requiert des moyens financiers importants. Malgré les efforts considérables consentis par l’Etat au profit du secteur forestier, les ressources financières sont encore insuffisantes. L’atteinte des objectifs de la PFS nécessite un financement additionnel. 137 Les mécanismes innovants, permettant de rémunérer les services environnementaux rendus par les forêts seront à ce titre explorés et valorisés. Ainsi, ils viennent en complément aux sources classiques de financement. Une partie des fonds ainsi générés devra être allouée à l’exécution de la politique. Les apports nationaux sont toutefois appuyés par ceux de la communauté internationale étant attendu que les forêts rendent des biens et services à l’humanité. Il est donc légitime que le Sénégal soit, à juste titre, soutenu dans ses efforts de gestion durable des forêts. Tableau 31: superficie initiale des forêts du domaine classé par région Périmètres classés Libellé Dakar Louga St Louis Thiès Matam Fatick Tamba Ziguinchor Kédougou Kolda Sédhiou Kaffrine Kaolack TOTAUX Forêts Nbre 4 1 38 11 5 14 15 28 0 14 12 12 10 164 Ha 1696,6 2783 45636,87 50474,13 12450 87425 530644 111760,3 0 284333 84493 156850 16565 1 385 110,9 Périmètres de restauration Nbre 1 1 1 1 4 Ha 3876,78 37500 3500 44936 89 812,8 Réserves botanique Nbre 1 1 Ha 15,9 15,9 Réserves de biosphère Nbre 1 1 Ha 752 752,0 Réserves naturelles intégrale Nbre 1 1 Ha 3 3,0 Réserves de faune Nbre 2 1 2 5 Ha 720 44936 995700 1 041 356,0 Réserves sylvo- pastorale Nbre 13 4 5 1 23 Ha 878200 447600 400100 95000 1 820 900,0 Parcs nationaux Nbre 1 2 1 1 1 1 1 8 Ha 45 18000 46000 464000 5000 399000 50000 982 045,0 Parcs forestier et zoologique Nbre 1 1 2 Ha 60 20 80,0 Zones d’intérêt cynégétique Nbre 2 3 1 1 1 8 Ha 331400 107000 100000 260678 1075321,25 75000 1 949 399,3 Réserve ornithologique Nbre 1 1 Ha 16 16,0 Réserves avifaune Nbre 1 1 Ha 46550 46 550,0 Superficie totale Ha 5 694,28 1 249 883 669 029,87 140 346,13 1 408 250 234 17 1 255 322 116 776,30 1 474 321,25 334 333 84 493 251 850 91 565 7 316 040,8 Total Nbre 219

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