Contribution Déterminée au niveau National, mars 2016
Made 2016 · Text as of 2026-10-01
Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.
About this law
- Language
- French
- Kind
- policy
- Organisation
- Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel (CILSS)
- Country
- Mali
- Subjects
- Air and atmosphere, Environment
- Keywords
- climate change, risk assessment/management, emissions, ozone layer, meteorology, air quality/air pollution, pollution control
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MISSION PERMANENTE DE LA REPUBLIQUE DU MALI AUPRES DES NATIONS UNIES N°16 111 East 69th Street, New York, N .Y. 10021 Tel: (212) 737-4150 • Fax: (212) 472-3778 E-mail: malionu@aol.com Website: www.un.int/mall 3 ; 5 • r.,e MJSK-mk La Mission permanente de la Republique du Mali aupres de !'Organisation des Nations Unies presente ses compliments au Bureau des Affaires juridiques de !'Organisation des Nations Unies (Section des traites) et a l'honneur de lui faire parvenir ci-joint, les originaux des Instruments par lesquels la Republique du Mali ratifie l'Accord de Paris sur les changements climatiques, adopte le 12 decembre 2015, par la vingt-unieme session de la Conference des Parties a la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 21). Par la meme occasion, la Mission permanente voudrait transmettre la Contribution Determinee au niveau National (CON), issue de la revision de la Contribution Prevue Determinee au niveau National (CPDN), apres la COP 21 sur le climat, jointe en annexe. La Mission permanente de la Republique du Mali aupres de !'Organisation des Nations Unies saisit cette occasion pour renouveler au Bureau des affaires juridiques de !'Organisation des Nations Unies (Section des traites) les assurances de sa haute consideration. ~ York, le 23 septembre 2016 Bureau des affaires juridiques de !'Organisation des Nations Unies (Section des traites) New York UNITED NATIONS OLA TREATY SECTION RECEIVED ON SEP 2 3 2016 LOG NO. 1i/ (, - 0 I Z. 'i C, TO: J\-\-\ REPUBLIQUE DU MALI Un Peuple - Un But - Une Foi Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques 21 eme Conference des Parties Mars 2016 REPUBLIQUE DU MALI Un Peuple - Un But- Une Foi Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques 21 eme Conference des Parties Mars 2016 RESUME EXECUTIF Le Mali, qui est un puits de carbone et le restera jusqu'en 2030, considere qu' il doit contribuer au maximum de ses possibilites a !'ambition collective de limiter d'ici a la fin du siecle !'augmentation de la temperature globale de la planete sous 2°c. L'economie du Mali repose essentiellement sur !'exploitation des ressources naturelles. La croissance demographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques ont entraine une surexploitation et une degradation de ces ressources . Les deux tiers du pays sent arides et semi arides domines par les problemes de desertification . Les risques naturels se sent accrus avec !'intensification des changements climatiques : secheresses a repetition, inondations, vents forts, feux de brousse, destabilisation du regime des pluies. L'agriculture qui est la plus touchee represente 45% du PNB et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d'autant plus grave que les scenarios climatiques a !'horizon 2100 prevoient en moyenne une augmentation des temperatures 3°C et une diminution des pluies de 22% sur !'ensemble du pays. Au plan macro-economique le pays integre les changements climatiques dans les processus de planification, notamment dans la mise en ceuvre du Cadre Strategique pour la Croissance et la Reduction de la Pauvrete (CSCRP), ainsi que dans la Pol itique Nationale de Protection de !'Environnement et, depuis 2011, dans la Politique Nationale sur les Changements Climatiques. C'est sur ces bases et en s'appuyant sur les services techniques nationaux qu'a ete elaboree la CDN du Mali. Les previsions des donnees techniques pour le calcul des GES entre 2015 et 2030 se sent faites au cours de reuniun~ Ut: Lu11Le1ic1iiun c1u riivec1u !>el:luriei µour ie!::i irub !::iedeur!::i µrim.iµdux lJ'~111i!::i!::iiu11!::i Ut: ~d.t d efreL <le serre (changement d' utilisation des terres et foresterie, agriculture, energie) et au niveau multisectoriel. La nature des engagements du Mali en matiere d'attenuation est celle d'un scenario d'attenuation conditionnel, avec l'appui des partenaires de cooperation, et celle d'un scenario d'attenuation inconditionnel, au cas ou le pays serait le seul investisseur. lls sent bases sur la reduction des emissions de GES par rapport a un scenario de base (BAU). Les gaz consideres sent le CO2, le CH, et le N20. La periode du scenario de base est 2015-2030 et celle du scenario d'attenuation 2020-2030. Le Mali reste un puits de gaz a effet de serre jusqu'en 2030 pour tous les scenarios. En 2030 ii sequestrera 29 242 Kilo Tonnes equivalent CO 2 selon le scenario de base et 84 437 Kilo Tonnes equivalent CO, selon le scenario d'attenuation. Le niveau des ambitions de reduction des GES du scenario d' attenuation par rapport au scenario de base est de 29% pour !'agriculture, 31% pour l'energie et 21% pour le changement d'utilisation des terres et foresterie. Le coOt global du scenario d'attenuation conditionnel s'eleve a 34,68 milliards $US (1,16 pour l'energie, 20,6 pour !'agriculture, et 12,92 pour les forets). En matiere d'adaptation, la vision du Mali est de faire de l'economie verte et resiliente aux changements climatiques une priorite . Pour la periode 2015-2020, le coOt des besoins a rechercher par le Mali s'eleve a 1,062 Milliards de $US. II correspond au financement des cinq grands programmes qui ont ete exposes au sommet mondial sur le climat 2 en septembre 2014 a New York. Ces programmes portent notamment sur la foresterie, l'agriculture intelligente et les energies renouvelables. Pour la periode 2015-2020, les besoins sont bases sur des objectifs de developpement durable axes sur la poursuite et !'intensification des programmes ci-dessus completes par : .- la mise en oeuvre d'un plan d'action technologique pour !'adaptation et l'attenuation ; la lutte contre la desertification et contre l'ensablement; le developpement de la recherche sur !'adaptation aux changements climatiques ; la mobilisation des collectivites locales, des communautes vulnerables et des groupes de femmes pour ameliorer leur resilience aux changements climatiques. Sur le plan du financement, le Mali a elabore une strategie de financement durable de l'environnement et des changements climatiques qui jouera un role important pour la mobilisation des fonds prevus par le pays pour les changements climatiques et l'economie verte. Cette strategie s'appuiera notamment sur le Fonds Climat Mali (Fonds national multipartenaires) et sur le Fonds Vert Climat pour lequel le Mali s'est resolument engage. La mobilisation des ressources pour la mise en reuvre des programmes identifies dans la CPDN, constitue une conditionnalite pour que le Mali puisse d'une part atteindre ses objectifs en matiere de reduction des GES et, d'autre part, adapter ses systemes de production, ses systemes ecologiques et ses systemes sociaux aux changements climatiques. C'est dans ce contexte que le Mali amorcera une trajectoire de developpement economique sobre en carbone et resilient aux changements climatiques, contribuant de plus aux efforts mondiaux de stabilisation des gaz ~ effet de serre, au titre de la responsabilite commune mais differenciee. 3 CONTRIBUTION Nature des engagements Scenarios conditionnel et inconditionnel d'attenuation bases sur la reduction des emissions de GES par rapport a un scenario de base refletant la tendance normale des affaires (scenario Business-As-Usual BAU). Champ d'application - Ensemble des emissions de gaz a effet de serre (GES) dans Jes trois secteurs les plus emetteurs et des sequestrations de carbone sur le territoire national ; Adaptation pour !'ensemble du territoire national pour les secteurs couverts. Gaz consideres Dioxyde de carbone CO2 Methane CH4 Oxyde nitreux N20. Presentation des emissions Kilo tonne (kT) pour le CO2 et Kilo tonne equivalent de CO2 (kTeq CO2) pour les autres gaz. Periode de reference 2007-2014 P~riudc de misc en ecu·v1e 2015-2020-2025-2030 pvu, !c :;ceii~r:~ de b~~c 2020-2025-2030 pour les scenarios d'attenuation. Methodologie pour !'estimation Les inventaires des emissions de GES ant ete realises suivant des emissions les lignes directrices du GIEC de 1996 et les guides de bonnes pratiques de 2003. Secteurs couverts Energie - Agriculture -changements d'utilisation des terres et Foresterie. Ambition de la contribution du Mali : Le Mali est un puits de carbone et le restera au-dela de 2030. Mais le Mali considere qu' il doit contribuer au maximum de ses possibilites a !' ambition collective de limiter d' ici a la fin du siecle !'augmentation de la temperature globale sous 2°C par rapport a !'ere industrielle afin de limiter dans le pays, les impacts negatifs des changements climatiques sur !'agriculture et sur !'occurrence des risques de catastrophes naturelles (secheresses, inondations, feux de brousse}. Le niveau des ambitions de reduction des GES du scenario d'attenuation conditionnel par rapport au scenario de base (29% pour !'agriculture, 31% pour l'energie et 21% pour Jes forets} implique des actions ambitieuses favorables au developpement du pays et a !' amelioration des systemes de production a savoir entre autres : acceleration de la prise en compte des energies renouvelables dans le mix energetique, amelioration des performances des processus de production agricole, reduction de ia deforestation et reboisement intensif. 4 1.1. lndicateurs Population Croissance demographique Taux d'urbanisation Population rurale Taux de croissance du PIB Taux national de pauvrete Taux national d'acces a l'electricite (2014) Consommation d'energie par habitant en 2010 Consommation electrique annuelle en 2009 Puissance totale installee en MW en 2010 Estimation de la demande annuelle en electricite (en 2010) Part des EnR dans la production nationale d'electricite en 2010 Part du Mali a !'emission mondiale des GES 14,5 millions 3,6 % 26,8% 73% 7,2 % 46,9% 34,89 % 0,20 tep/habitant 59,36 Kwh/habitant 402MW 182,4 MW 3% 0,06% L'economie du Mali repose essentiellement sur !'exploitation des ressources naturelles. La croissance demographique et les contraintes climatiques ont entrai'ne une surexploitation et une degradatio n de ces ressources. Le Mali considere que le maintien de l'integrite des milieux naturels est un acte ecologique mais aussi un acte eminemment economique. Les deux tiers du pays sont arides et semi arides domines par les problemes de desertification qui se sont accentues a partir de la deuxieme moitie du 20tl!me siecle avec la montee en charge des changements climatiques. Les risques naturels se sont accrus avec !'intensification des changements climatiques : secheresses a repetition, inondations, vents forts, feux de brousse, destabilisation du regime des pluies entrainant une incertitude sur les calendriers agricoles. L'agriculture qui est la plus touchee represente 45% du PNB et occupe environ 80% de la population active, elle demeure tres sensible aux changements climatiques. 1.2. Engagements du Mali au regard des changements climatiques Le Mali, s'est engage a combattre les changements climatiques en signant la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (28 decembre 1994) et le Protocole de Kyoto (27 janvier 1999). Le pays a elabore son Programme d' Action National d' Adaptation (PANA) aux effets riefastes des changements climatiques en 2007. II a presente a la convention sa premiere et sa deuxieme communication nationale; la troisieme communication est en cours d'elaboration. 5 Le Mali a elabore sa Politique Nationale sur les Changements Climatiques en 2011, assortie d'une strategie et d'un plan d'actions. Au plan macro-economique le pays integre la dimension environnementale en general et des changements climatiques en particulier dans les processus de planification, notamment dans la mise en c:euvre du Cadre Strategique pour la Croissance et la Reduction de la Pauvrete (CSCRP), qui constitue le cadre unique de reference de !'ensemble des politiques de developpement du pays pour la periode 2012-2017. II a egalement elabore un Cadre Strategique pour la Realisation d'un Mali Resilient et Vert qui permettra la realisation · effective d'une economie resiliente et peu generatrice de carbone tout en donnant une impulsion nouvelle a ses objectifs de croissance economique et de reduction de la pauvrete. Des initiatives nationales concernent egalement le marche carbone. Elles sont orientees vers des technologies « propres » ou a faible emission de carbone, essentiellement des energies renouvelables. Sur le plan institutionnel, le Ministere de !'Environnement, de I' Assainissement et du Developpement Durable a en charge la prise en compte des changements climatiques. II a confie a I' Agence de !'Environnement et du Developpement Durable (AEDD), creee en 2010, la mission de gerer les differents aspects des changements climatiques. Le Mali a egalement mis en place un Comite National des Changements Climatiques (CNCC) qui est !'instance de concertation, d'orientation et de mobilisation des forces vives du pays. Ce comite est consulte regu!icrcment pour acccmpagner !es equ!pes de preparation de !a contribution nationa!e, notamment a travers ses groupes thematiques. 1.3. Aper~u du profil des emissions de GES du Mali en 2010 Globalement, les dernieres estimations montrent que l'Afrique est responsable d'environ 3% des emissions mondiales de GES et le Mali environ 0.06%. Meme si les emissions sont amenees a augmenter au fur a mesure que le pays se developpe, le Mali reste encore aujourd'hui un puits de gaz a effet de serre (1 ere, 2eme et 3eme Communication Nation ale (CN) du Mali). Le profil des emissions des trois principaux gaz calcules lors de !'elaboration de la Troisieme Communication Nationale (TCN) du Mali en 2010 est reporte dans le tableau 1. Energie Agriculture Tableau 1 : Emissions et Sequestration des trois principaux GES (2010) au Mali (kT) Total Energie (kTeq CO2) (kT) Total Agriculture (kTeq CO2) Dioxyde de carbone CO2 2676 Methane CH4 63,81 4289 627 48507 Oxyde azoteux N2O 0,75 114 Forets et Changements d'affectation des terres (kT) - 2 4 5 1 7 7 Total Forets et changement d'affectation des terres (kTeq CO2) -244 799 t-o." . . 'ij .'@ c~t• '· Les valeurs positives traduisent Jes emissions et Jes valeurs negatives la sequestration des GES. 6 L'analyse de l'inventaire des emissions de GES du Mali met en relief !'existence d'un important potentiel d'attenuation des emissions de GES, d'une part par la reduction des emissions de GES dans les principaux secteurs emetteurs, a savoir !'agriculture et !' utilisation agricole des terres ainsi que l'energie, et d'autre part par le renforcement des capacites d'absorption de GES par les fon~ts. Ce sont ces mesures qui constitueront les principaux elements de la CDN-MALI. 1.4. Scenarios climatiques du Mali a !'horizon 2100 La methodologie utilisee pour ces scenarios exploite les outils MAG ICC et SCENGEN du GIEC. Les resultats obtenus sont les valeurs escomptees, sur !' ensemble du pays des parametres climatiques aux horizons temporels compris entre 2015 et 2100 pour la pluviomet rie et la temperature. Pour toutes les localites du Mali, le scenario climatique le plus plausible prevoit une diminution de la pluviometrie dont les taux de pertes par rapport a la normale sont reportes dans le tableau 2. Tableau 2: Diminution de la pluviometrie Annee 2020 2025 2030 2050 2100 Perte en% la5 2a6 5a8 5 a 10 22 Les resultats de cette etude ont montre que pour toutes les localites on assisterait a une diminution de la pluviometrie qui se traduirait par un deplacement des isohyetes vers le sud (Figure 1). Figure 1: Diminution de la pluviometrie et deplacement des isohyetes vers le Sud dans la localite de Sikasso entre 1960 et 2100 Les temperatures seraient par contre en hausse dans toutes les localites du Mali avec un taux moyen donne dans le tableau 3. Tableau 3 : Hausse des temperatures Annee 2020 2025 2030 2050 2100 Augmentation o,5' C l'C 1,s·c 1,7'( 3'C temperature 7 Selan !'analyse des evenements extremes durant la periode tres humide du mois de juillet au Mali, la temperature maximale qui etait de 30,5°C pour la periode 1961-1990 serait pour le meme mois de: (i) 32,5°C en2050 et !'occurrence des temperatures superieures a cette valeur serait de 40%. (ii) 34,5°C en 2100 et !'occurrence des temperatures superieures a cette valeur serait de 36%. L'analyse effectuee a montre une augmentation de cette probabilite entre 2025 et 2100. Dans le cas d'une diminution de 20% de la pluviometrie (comme le prevoit le scenario plausible construit a partir des annees 2075), on obtiendra une pluviometrie semblable a celle de la periode seche dans les memes zones climatiques. Des situations de secheresse seraient constatees sur la premiere moitie de l'hivernage (mois de mai, juin et juillet) a partir de !'horizon 2025 sur toutes les stations du pays pour une sensibilite climatique moyenne. Les memes situations pourraient s'installer des !'horizon 2020 si la reaction du climat aux perturbations devenait plus rapide. Suite a ces deficits pluviometriques, les sources d'approvisionnement naturelles en eau des communautes constituees par les eaux de surface et les eaux souterraines superficielles seront affaiblies dans une certaine proportion. 8 DEUXIEM E PARTIE : M ETHODOLOGIE ET LIGNES DIRECTRICES DE L'ELABORATION DES SCENARIOS L'estimation des emissions de GES a ete faite sur la base de la methodologie revisee de· 1996 et les bonnes pratiques 2003 du GIEC. A cet effet l'outil informatique a ete utilise a travers les feuilles de calcul au format Excel developpees par le GIEC pour chacun des secteurs concernes. L'elaboration des previsions et du choix des donnees se sont faits au cours de reunions de concertation. lls ont lieu au nivea·u sectoriel pour les trois secteurs principaux d'emissions de gaz a effet de serre (agriculture, foresterie et changement d'utilisation des terres, energie) et au niveau multisectoriel. Ces reunions ont permis : • d'identifier et d'exploiter l~s programmations nationales et les orientations prospectives du Mali qui ont servi de base a !'elaboration de la CDN-MALI; • de valider les donnees techniques recueillies par l'equipe de la Troisieme Communication Nationale pour la periode 2007 - 2014 ; • de determiner les valeurs des donnees de base pour les annees 2015-2030 dans les differents secteurs pour le scenario de base et pour le scenario d'attenuation. Dans une perspective de moyen terme pour assurer le developpement durable du pays, bien qu'ils n'emettent que tres peu de GES, deux autres secteurs ont ete consideres: la gestion des dechets et l'industrie. lls ne sont pas integres dans la CDN mais feront l'objet de traitements ulterieurs. Les calculs de GES dans la CPDN sont effectues par secteur puis agreges sur trois periodes : • La premiere periode est celle des annees 2007-2014 pour laquelle les valeurs des emissions de GES sont issues de calculs effectues lors de I' elaboration de la Troisieme Communication Nationale du Mali (TCN), a partir de donnees reelles fournies par les services techniques. • La seconde periode concerne 2015-2030 et resulte de previsions refletant la tendance normale du developpement du Mali (scenario Business-As-Usual). Ce scenario a ·ete elabore en fonction des politiques nationales et des concertations sectorielles. C'est le scenario de base. • Afin de participer a !'ambition collective d'atteindre l'objectif ultime de la Convention (moins de 2°C), le Mali a elabore un scenario plus ambitieux et volontariste afin de reduire les emissions de GES au cours de la periode 202<r-2030. C'est le scenario d'attenuation conditionnel qui est conditionne par la mise en ceuvre de moyens humains, materiels et financiers du Mali et de ses partenaires bilateraux et multilateraux. Si le Mali etait le seul investisseur dans cet exercice le scenario correspondant sur ~ette meme periode est le scenario d'atten.uation inconditionnel. 9 TROISIEME PARTJE : PREVISIONS DES EMISSIONS DE.GES DU MALI 3.1. Bilan des emissions de la periode 2007-2014 3.1.1. Emissions dans le secteur de l'Energie Le Mali dispose de potentiels d'energies renouvelables significatifs dont: • l'energie solaire: 6 kWH/m2 (7 a 10 heures d'ensoleillement par jour); • la biomasse : 2 000 ha de plantations de jatropha, 1400000 I d'alcool a partir de la canne a sucre; • • l'hydraulique : 1150 MW (seulement 22% exploites) ; l'eolien : 3 a 7 m/s . (Source : Direction Nationale de l'Energie) Malgre ce potentiel, le secteur energetique est tres peu performant au regard de ses principaux indicateurs notamment : • • • • • • • un bilan energetique domine par le bois energie (bois de feu et charbon de bois), se traduisant par une forte pression de la consommation sur le massif forestier national ; un taux de dependance a !'importation des produits petroliers de 100% ; une faible consommation d'energie finale: 0,18 tep/hbt (0,45 pour la zone CEDEAO, 0,5. pour I' Afrique); une faible consommation electrique : 59,36 kWH/hbt; un taux d'e!ectriflcation bas: 27,08% national (55,27% urbain, 14,89% rura!} en 2010; une croissance de demande d'electricite: 10% annuel; une faible integration des energies renouvelables dans la production d'electricite :3%; Figure 2: Structure de la consommation finale d'energie au Mali en 2010 . Les trois communications nationales du Mali (1 ere en 1995, 2eme en 2000, 3eme en cours d'elaboration) ont toutes etabli que parmi les trois secteurs les plus emetteurs de gaz a effet de serre (GES), figure celui de l'energie. L'emission de GES due a ce secteur est en constante progression (Figure 3). Entre 1995 et 2000, l'accroissement a ete de 60,32%, tandis qu'il a atteint 83,63% entre 2000 et 2012. Dans la periode 1995-2012, les emissions de CO2 sont passees de 945 kT a 2 782 kT, soit un accroissement de plus de 190% sur les 17 annees. 10 Figure 3: Evolution des emissions de GES dans le secteur de l'energie La repartition des emissions par rapport aux sous-secteurs de I' energie est montree sur la figure 4. L'analyse de cette repartition montre que le sous-secteur residentiel occupe la premiere place avec la consommation accrue de biomasse, notamment le bois energie comprenant le bois de feu et le charbon de bois (82,20% des emissions significatives du secteur en 2012}. Le sous-secteur des transports vient en seconde position (12,25% des emissions significatives du secteur en 2012} avec la consommation de combustible fossile (essence et gasoil}. Le sous-secteur de la transformation occupe la troisieme, particulierement pour la consommation de combustible dans la production de l'electricite (4,73% des emissions du secteur en 2012}.La figure 5 represente !'evolution des GES dans ie secteur de i'Energie entre 2007 et 2014. Figure 4 : Repartition des emissions de CO2 Figure 5: Evolution des GES dans le secteur de par sous-secteur de l'Energie en 2012. l'Energie entre 2007 et 2014 Entre 2007 et 2014 les emissions de GES dues ·a Ja pr:od.uctipn et .a la consommation d'energie .ont evolue de 3 434 :kTeq :CO2 a 5 268 kTeq c;:02; soit ,un accroiss~ment~moyen annuel de .. 6;44J¾. Au regard de ce· qui pr~cede, les politiques d'attenuation d'emissions de GES dans le secteur de l'energie, doivent beaucoup s'orienter vers le residentiel, les transports et les industries energetiques. L'application de l'efficacite energetique assoi:iant l'utiUs~tion rationnelle de -J'ener~ie, -l'economie d'energie et la maitrise de l'energie devrait permettre unedecroissance significative des emissions de GES a !'horizon 2030. L'association de !'ensemble.de ces mesures permetde construire les scenarios - - . de base et d'attenuation. 11 3.1.2. Emissions dans le secteur de I' Agriculture Selan la methodologie du GIEC utilisee pour le calcul des emissions de GES, le secteur de !'Agriculture regroupe les sous-secteurs suivants : l'Elevage ou la production du methane (CH4) se produit par: (i) la fermentation enterique resultant du processus digestif des animaux ; (ii) le mode de gestion du fumier pouvant provoquer sa decomposition dans des conditions anaerobies ; la Riziculture : la decomposition anaerobie des matieres organiques dans les rizieres inondees produit du CH4 qui est rejete dans !'atmosphere principalement par l'intermediaire des pieds de riz pendant la saison de croissance; le brulage des savanes et des residus agricoles sur place : le brulage dans ce secteur produit principalement du monoxyde de carbone; dans I' ensemble de ce sous-secteur, ii y a des emissions instantanees de dioxyde de carbone (CO2) dont le bilan est nul car le CO2 emis est rejete dans !'atmosphere et reabsorbe au cours de chaque nouvelle periode de vegetation. les sols agricoles et la gestion des engrais : ce sous-secteur produit du N2O dont : (i) les emissions directes par les sols cultives (incluant les systemes de culture et les effets des animaux en paturage) et par le sol issues de la production animale; (ii) les emissions indirectes issues de l'azote utilisee en agriculture. Les emissions de GES en TE-CO2 du secteur de !'Agriculture pour la periode 2007-2014 sont rapportees dans le tableau et les figures ci-dessous. Le sous-secteur du brulage des savanes et des residus agricoles emet uniquement du CO dont le pouvoir de rechauffement par rapport au CO2 n'est pas defini. De ce fait, ii n'est pas pris en compte dans ce tableau. Tableau 4 : Synthese des emissions en TE-CO2 Annees Elevage Engrais Riziculture TOTAL 2007 8 904 000 29 450 000 1554 000 39 908 000 2010 10 206 000 34 720 000 2 016 000 46 942 000 2014 11718000 42 160 000 2 163 000 56 041000 Moyenne 10 276 000 35 443 333 1911 000 47 630 333 12 Figure 6 : Repartition sous sectorielle des emissions La synthese des emissions du secteur montre que les principaux sous-secteurs d'emission de GES du secteur de !'agriculture sont ceux des engrais chimiques (74%), de l'elevage (22%) et de la riziculture irriguee (4%). Les mesures d'attenuation des emissions de GES dans le secteur de !'Agriculture porteront sur ces sous-secteurs. 3.1.3 Emissions dans le secteur de la Foresterie et des Changements d' Affectation des Terres La zone forestiere prise en compte par le secteur comprend les espaces boises et les savanes. Les principales donnees utilisees pour I' evaluation des gaz sont la superficie des zones forestieres, la superficie des plantations forestieres, la quantite de bois exploitee, et la superficie des sols mineraux. La plantation forestiere est une activite importante au Mali marquee par une forte progression des superficies reboisees. Entre 2007 et 2014, les superficies plantees ant passe de 9 079 hectares a 80 387 hectares, soit une multiplication par 9. 100000 l 2 75000 ·c "' ~ c::: .!'!! a. 50000 .., ·o 'E ~ :, en 25 000 2007 2008 2009 2010 2011 Annees 2012 2013 2014 Figure 7 : Evolution de la superficie des plantations forestieres realisees au Mali entre 2007 et 2014. Dans le secteur de la Foresterie et des Changements d' Affectation des Terres la sequestration de GES, d'une valeur moyenne de 781473 Kilo Tonnes de CO2 par an, est assuree uniquement par la zone forestiere. En revanche les emissions, d'une valeur moyenne de 560 976 Kilo Tonnes de.CO2 par an, proviennent des sols mineraux, affectes aux systemes d'agriculture et du sylvopastoralime, et des terres converties (prairies et surfaces defrichees). Tableau 5 : Synthese des emissions de GES du secteur en KT CO2 Annees Emission Sequestration Bilan net 2007 525 152 - 784 615 - 259 463 2010 532 889 - 779 906 - 247 017 2014 624 863 -779 899 -155 036 13 800000 624863 600000 • Emission 400000 • Sequestration • Bilan net tao t!> 200000 C GJ 8 C :;: -200000 ~ ·e LU -400000 600000 800000 Annees Figure 8: Bilan des emissions du secteur Fon~ts -changements d'affectation des terres en KT CO2 (Gg CO2) L: bilan net du secteur {~.r~s~eri~~ei .,d,~.s,~f~:~\~i'W:.Q}\~:~~ · · ~~Ji'!~rres • t-\iJj:~!a!J><Le ~eq.~e-~~ratJon de~~G~S, ·d:~D~ ,val~utmoyen~~·.P~~?0/5..qS;~!!R· To nes de ~~~~ .iffii":Jl~t~-Ett:,a·o Mall a·:etre un pu1ts. o.e cart1one. . · · 3.2. Previsions des emissions pour la periode 2015-2030 3.2.1. Emissions de GES dans le secteur de l'Energie •!• Politiques, plans et programmes sur lesquels s'appuie la prospective La faible performance du bilan energetique et les potentialites significatives energetiques du Mali ant motive I' elaboration et la mise en ceuvre a court et moyen term es de politique, de programmes et de plans dans le sens d'une efficacite energetique associant !'utilisation rationnelle de l'energie, l'economie d'energie et la maitrise de l'energie. Ces actions concernent.tous les aspects du secteur de l'Energie, de la production a la consommation. Les scenarios des emissions de GES dans le secteur de l'Energie ant ete developpes sur la base de la Politique nationale de l'energie et des strategies afferentes ainsi que des actions qui en decoulent. Les principales actions concernees sont : • le programme de valorisation a grande echelle des energies renouvelables (SREP) pour 258 millions de $US ; • Le projet Manantali II qui sera realise entre 2016 et 2021 et coutera 150 millions de dollars US; • Le projet d'electrification villageoise par systeme d'energies renouvelables qui sera realise entre 2015 et 2020 et coutera 7,2 millions de $US; • Le projet de la centrale hydroelectrique de Kenie qui sera realise entre 2015 et 2020 et coutera 165 millions de $US. 14 •:• Prevision des emissions de GES dons le secteur de l'Energie Les programmes et projets ci-dessus permettent d'obtenir les reductions de GES synthetisees dans la figure suivante : scenario base -scenario conditionnel -scenario inconditionnel 10000 , 9000 8000 ~ ,,,,,,. N 7000 0 u I- 6000 ::.:: Ill 5000 C ~ ~ i .........ii t- ... ..... 0 "iii 4000 Ill ·e 3000 w i.. 2000 I 1000 I i 0 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 figure 9: Courbes des emissions des scenarios de base, d'attenuation conditionnelle et d'attenuation inconditionnelle pour la periode 2015-2030 Le scenario de base montre que les emissions de GES vont croitre de 3 400 kTeq CO2 en 2015 a 4 750 kTeq CO2 en 2020 pour atteindre 9 269 kTeq CO2 en 2030. Cela donne un accroissement moyen annuel de 6,91% entre 2015 et 2030. Les consequences ~es)~esures'd-~attemfalj.brJj!~tr#~J>20:et '2.0~9~1>"~qnl~\t~(.Qlif.';de:r.a~~1$Ser .le niv~au des emissions de·4 7S0~e~ COi~n.l0W"~~~.fk~g;@~ eq~~p:~t :-t~t~.P,l?,S~$~--~c~nario.-de base, les·emissions attelhdront'.Qnebaiss~: · a ·1e· cBt"atio:d~~ttenu ion · e19 1 "--en~~ao. ·, · •:• Coiit des mesures d' attenuation Les ambitions de reduction des emissions du scenario d'attenuation sont de 1486 kTeq CO2 en 2025, soit une reduction de 22,4%, et 2 933 kTeq CO2 en 2030, soit une reduction de 31,6%. Le cout correspondant est de 580 millions de $US sur cinq ans, soit 1,16 milliard de $US sur les dix ans pour le scenario conditionnel d'attenuation et de 174 millions de $US pour le scenario inconditionnel. 3.2.2 Emissions de GES dans le secteur de I' Agriculture •:• Politiques, plans et programmes sur lesquels s'appuie la prospective Les politiques, plans et programmes sur lesquels s'appuie cette prospective sont : La Politique Nation ale de I' Agriculture ; Le Cadre strategique d'investissement pour la gestion durable des terres; Le Programme pilote de developpement d'une agriculture intelligente et resiliente aux changements climatiques; Le Programme national d'amenagement pastoral resilient aux Changements Climatiques; Le Programme de captage et stockage des eaux de pluie; 15 Les principales actions concernees qui en decoulent sont : • • • le systeme de riziculture intensive (SRI); la micro-dose ; La production de la fumure organique . •:• Prevision des emissions de GES dans le secteur de I' Agriculture Les programmes et projets ci-dessus permettent d'obtenir les reductions de GES synthetisees dans la figure suivante : N 90000 85000 80000 0 75000 u !;;: 70000 ~ 65000 ~ 60000 ~ 55000 50000 45000 40000 scenario base - scenario conditionnel - scenario inconditionnel ....... ------~ :::;.,-. i. ~~ --- ---.. ......... I I I I I I I I I I I I I I I I I I 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 Figure 10 : Courbes des emissions des scenarios de base, d'attenuation condit ionnelle et d'attenuation inconditionnelle pour la periode 2015-2030 •:• Cout des mesures d'attenuation Les ambitions de reduction des emissions sont de 9 759 kTeq CO2 en 2025 et 25 400 kTeq CO2 en 2030. Le cout de ce scenario d'attenuation conditionnel s'eleve a 20,6 milliards de $US. Dans le secteur de !'agriculture, les IDf:.swes,t;f!attenuation des emissiorKde·GES, J~s,plus appropriees concernenttrois sous-secteurs qui 1 sont :-la rfai~ulture irriguee, l~elevage et la gestion des el)grnis. Pour le sous-secteur de la rizicult~re j rrjgu~e~~~ttenuation sera focalisee·sur .la gestion de I' eau par !'irrigation intermitt~nte afin d' eviter lincindatiori permanente des terres riiic61es, source d' emission par fermentation. 1 · ' • . Pour-les sous-sec;teurs de l'elevag~ et des engrais,c~imiques,. la mesure dt~~en~a.tio.ri ~~ra axee sur la substitution de l'uree a· forte tenel!lr en azote·par la iumure organique··dont:l a production permettra de reduire les emissions des fumures liees a ·la decomposition anaerobie. Le cout lie a ces emissions de GES ,dani '.Je· -secteur de l'agricliiture s;eleve a 20,6 milliards de $US pour le scenario d'attenuation conditionnel et a 3,09 milliards de $US pour le scenario d'attenuation inconditionnel. 16 3.2.3. Emissions de GES dans le secteur de la Foresterie et des Changements d' Affectation des Terres •:• Politiques, plans et programmes sur lesquels s'appuie la prospective Les politiques, plans et programmes sur lesquels s'appuie cette prospective sont : la Politique Nationale de Protection de !'Environnement ; la Politique Nationale Forestiere; la Politique Nationale des Changeinents Climatiques, sa strategie et son plan d'action; Les Plans quinquennaux de reboisement. La Strategie Nationale de la diversite biologique ; La Strategie Nationale de gestion des aires protegees; la Grande Muraille Verte ; le Mecanisme de Developpement Propre. Ces politiques et strategies sont mises en reuvre par des projets dont ceux presentes ci-dessous : Projet Actions Projet Alliance Globale sur le lnventaires forestiers regionaux Changement Climatique Systeme informatique de gestion des donnees forestieres Reboisement et regeneration des forets Programme Gestion Plans d'amenagement et de gestion de massifs forestiers Decentralisee des Forets Exploitation rationnelle du bois energie dans ces massifs Programme de Developpement Plans d'amenagement et de gestion des Forets Classees Durable dans le Delta du Niger Plantations de Bosquets villageois et d'arbres fruitiers Projet de Lutte Contre Fixation de dun es l'Ensablement du Fleuve Niger Plantations forestieres de bois de service Projet d' Extension et de Gestion d'aires protegees Renforcement du Systeme des Creation de couloirs de migration de la faune Aires Protegees Formation de villageois Foyers ameliores (MOP) Vulgarisation de foyers economes en bois de chauffe Valorisation energie (MOP) Production de briquettes a travers les sous-produits agricoles. Reboisement et production de Plantation de Pourghere pour I' electrification rurale biocarburant (MOP) Plantation de Jatropha dans les systemes agraires Boisement (MOP) Plantation d' Acacia Senegal. •:• Prevision des emissions de GES dans le secteur de la Foresterie Les programmes et projets ci-dessus permettent d'obtenir les reductions de GES synthetisees dans la figure suivante : 17 Figure 11 : Courbes des bilans nets (sequestration) des scenarios de base, scenarios d'attenuation conditionnel et d'attenuation inconditionnel pour la periode 2015-2030 •!• Cout des mesures dJartenuarion Le scenario de base est mis en reuvre par des plantations forestieres pour un cout total entre 2015 et 2030 de 1 229 millions $US Le scenario d'attenuation conditionnel est mis en reuvre par les mesures suivantes : Plantations forestieres pour un cout de 10 719 millions $US ; Regeneration naturelle assistee pour un coOt de 1 531 millions $US ; Gestion des fon~ts classees et des aires protegees pour un coOt de 670 millions $US ; Le cout total du scenario d'attenuation conditionnel est de 12 920 millions $US. I .· c . • Le secteur' .Foresterie et changement d'.affectatioh :des te~r.es du Mali demeure un puits de carbone qui sequestrera ~n ·2030: 126 588 KT equivalent .£02 selon le ~cenario de base et 153 079 KT equivalent CO:i selon le scenario d'attenuation conditionnel ; , • Err2030 le ~c~nario:d'atte~uation seque:sire 21 % plus '.cJe (:P.2,que ~e ~c~h.arjo de b~se ; • Le gain c1.frn.ute pendant Ila ·:eeriog~ 207"~203b: en'tre "{t:scenario de :base et 'le-.~~~nario d'attenuation est de· 132 455 KT equivalent CO2; I • ,Le cout total du scenario d(attenuation conditionnel est de:12,92 milliards de dollars US; I - , . . . . • Le cout total du scenario d(attenuation inconditionnel est de 2,6,9:m·IJi.~r:ds-.de.doltars-US. 18 3.2.4. Synthese des emissions de la periode 2015-2030 pour /'ensemble des secteurs Les secteurs de l'energie, de !'agriculture, de la foresterie et du changement d'affectation des terres sont les principaux secteurs emetteurs en GES. Le secteur de la foresterie et du changement d'affectation des terres emet et sequestre mais son bilan net est en sequestration. La synthese des emissions de GES des trois secteurs energie, agriculture et foresterie et changements d'affectation des terres est donnee dans le tableau 6 ci-dessous pour le scenario de base et pour les scenarios d'attenuation (versions conditionnelle et inconditionnelle). · Tableau 6: Bilan net des previsions d'emissions et sequestration en KTeq CO2 Annees 2015 2020 2025 2030 0 25000 N 8 -50000 ~ -75000 z Q -100000 VI VI ~ -125000 I.I.I 150000 175000 Scenario de base Scenario d'attenuation Scenario d'attenuation conditionnel inconditionnel 155 553 109 789 -109 789 -109 789 69 327 -95 494 -52 324 29 242 -84 937 -12 740 scenario de base -scenario d'attenuation conditionnelle scenario d'attenuation inconditionnel ! I ,n, c;. ,r1,n 2n,c;. ')()'.;!('\ ! I ! ' ~~ I --~ J I ' ! ~ ,,,,,--i-"""" ! I ~ I l Figure 12 : Evolution des emissions du scenario de base, du scenario d'attenuation conditionnel et du scenario d'attenuation inconditionnel pour !'ensemble des secteurs de 2015 a 2030 Le Mali reste un puits de gaz a effet de serre jusqu~en 2030 pour tous les.-sc enarios. • . • .,.. • ~ J • II ressort du scer:iario de base que ie bilan net,~<le sequestration de !'ensemble des·secte-urs~ iminue de fa~on signifi.cative au fil des anrjees. . I Les gains en term·es d'attenuatio;n de GES dl! s~enario d'attenuation conditionnel par rapport au scenario de base permettent d'ameliorer cette situation entre 2020 et 2030. Ces gains sont de 31% pour le secteur de :J'energie, 29~ pour le secteur · l'agriculiure. et d~-~1% .-pou~ ~e secteur de la foresterie et des:chan.gements d'~ffectation ·des>.t:erres, soit .une moyenne,de:· ~7% pour i'ensemble des secteurs. : · · Le cout global du scenario d'attenuation conditionr:,el s'eleve a 34 680 000 000 $US, et Je cout du scenario d'attenuation inconditiorlnel a 5 202 000 000 $US. I . I I i-------------~-~ l 19 I QUATRIEME PARTIE : ADAPT~TION AUX CHAN(iEMENTS CLl~T~f.lUES •:• Politiques et strategies nationales - Processus de planification Le climat du Mali, de type sahelien, est caracterise par une variabilite inter et intra annuelle des parametres climatiques et par !'intensification des secheresses depuis 1970. Cette situation est exacerbee par la fragilite des ecosystemes et des systemes de production (agriculture, elevage, ' peche, foresterie ... ), par les besoins de la croissance demographique et par les contraintes socio economiques, rendant ainsi le pay~ tres vulnerable et affaiblissant ses capacites d'adaptation. Afin d'assurer un developpement durable, des mesures d'adaptation aux changements climatiques s'imposent dans tous les secteurs du developpement. C'est dans ce contexte que le rv,ali a developpe plusieurs politiques, strategies et plans d'action (tableau ci-dessous) integrant les: orientations nationales en matiere d'adaptation en reference au Cadre Strategique pour la Croissance et la Reduction de la Pauvrete (CSCRP). I Ces programmes sont en cours de revision afin de developper le Plan National d' Adaptation (PNA) du Mali aux changements climatiques a !'horizon 2030 pour mieux orienter et coordonner les actions. Politique ou Strategie Objectif Politique Nationale de Protection de Assurer un environnement sain et un developpement !'Environnement durable, combattre la desertitication, assurer ia securite alimentaire, prevenir et combattre la pollution et reduire la pauvrete. Politique Nationale des changements Cadre de reference et de pilotage pour tous les projets et climatiques, completee par sa strategie programmes mis en reuvre au Mali relatifs a la lutte et son plan d'action centre les changements climatiques. Politique Nationale Forestiere i Assurer une gestion integree et durable des ressources ' naturelles renouvelables : les forets, la faune terrestre et : aquatique, les ressources en terres et la biodiversite. Politique Nationale de l'Energie Contribuer au developpement durable du pays, a travers la I fourniture des services energetiques accessibles au plus grand nombre de la population au moindre cout et favorisant la promotion des activites socioeconomiques. Politique Nationale d' Agriculture Promouvoir une agriculture durable, moderne ' et competitive reposant prioritairement sur les exploitations familiales. Politique Nationale de l'Eau Contribuer a la lutte centre la pauvrete et au developpement durable en apportant des solutions appropriees aux problemes lies a l'eau. Politique Nationale d' Assainissement Structurer !'ensemble du secteur de l'assainissement auteur d'un projet de developpement realiste. Politique Nationale d' Amenagement du Conferer a la planification du developpement economique une territoire dimension territoriale, dans le cadre d'une organisation de l'espace prenant en compte la decentralisation. Politique Nationale de la Decentralisation Renforcer le processus de democratisation de la societe et adapter les missions et !'organisation de l'Etat a !'exigence de promotion des initiatives locales. 20 Cadre strategique d'investissement pour la lnverser les tendances a la degradation des terres pour assurer Gestion Durable des Terres la securite alimentaire, reduire la pauvrete et la vulnerabilite. Strategie nationale d'adaptation du Anticiper les impacts potentiels des changements secteur de la foresterie du Mali aux climatiques sur le secteur de la foresterie au Mali et impacts des changements climatiques analyser les vulnerabilites. Strategie de Developpement des Promouvoir une large utilisation des technologies et Energies renouvelables equipements d'Energie Renouvelable. Strategie nationale pour le Accroitre la production locale d'energie a moindre coOt. developpement des biocarburants par le developpement des biocarburants. Politique Nationale de la population Maitriser et gerer !'evolution de la population du Mali. Politique Nationale du Genre Amelioration de !'implication des femmes dans le processus de gestion du pays. Politique nationale des transports Ameliorer les systemes de transport au Mali pour assurer un desenclavement adequat du pays . .I Previsions et besoins en adaptation pour la per/ode 2015-2020 La vision du Mali est de faire de l'economie verte et resiliente aux changements climatiques une priorite mais aussi une realite. Les actions d'adaptation restent tres importantes et cruciales pour les annees a venir dans la lutte centre les changements climatiques. La mise en CEuvre des politiques, strategies, plans et programmes en matiere d'adaptation au Mali s' effectue a travers des programmes et pro jets suivants : ~ Les programmes prioritaires contenus dans les annonces du Mali au Sammet mondial sur le dimat en septembre 2014 a New York. II s'agit : .I de l'amenagement forestier pour la restauration des ecosystemes degrades visant a reboiser 325 000 hectares, promouvoir la regeneration naturelle assistee et la lutte centre I' ensablement et renforcer la protection des aires protegees sur 9 millions d'hectares . .I du developpement d'une agriculture intelligente et resiliente aux changements climatiques, pour l'amenagement hydro-agricole de 92 000 ha dans le contexte d'une gestion durable des terres avec !'engagement d.e l'Etat a consacrer 15% du Budget national a !'agriculture; .I de l'amenagement pastoral resilient aux changements climatiques visant la materialisation de 3 300 km d'axes de transhumance afin de reduire les conflits entre agriculteurs et eleveurs, la realisation de 21 perimetres et aires pastorales d'une superficie totale de 400 000 ha ; .I du captage et du stockage des eaux de pluie afin de contribuer a l'acces universe! a l'eau potable et a l'acces a l'eau pour les autres usages, par la creation de 20 systemes d'adduction d'eau potable et 200 ouvrages de captage d'eau de surface et de plans d'eau de surface au profit de 75 000 menages ruraux (homme et femmes) ; .I du developpement des energies renouvelables et de l'Efficacite Energetique, visant a installer plus de 100 MW d'energie renouvelables (objectif: atteindre la cible de 10% du mix energetique a !'horizon 2020, en developpant l'energie photovolta'ique, eolienne, la petite hydro-electricite et la biomasse energie). 21 Y Les projets relevant du Programme d' Action National d' Adaptation aux changements climatiques (PANA) : ./ le developpement et la vulgarisation des varietes des cultures; de types d'animaux et des cultures fourrageres ameliorees et adaptees; ./ la promotion des banques de cereales; ./ les Activites Generatrices de Revenus (AGR); ./ les amenagements agricoles a petite echelle et la conservation des terres ; ./ !'utilisation des produits et informations meteorologiques et le renforcement des capacites. ,,.. Les autres programmes et projets en cours d'ici 2020 avec l'appui des partenaires techniques et financiers et des Fonds relatifs au climat (au niveau national et international) pour un montant de 67 millions de $US et concernant principalement : ./ l'appui a !'adaptation aux changements climatiques dans des communes vulnerables; ./ !'intensification de la resilience aux changements climatiques par une gestion agricole et pastorale; ./ l'alimentation en eau potable par energie solaire des communautes agro-pastorales; ./ le renforcement de la resilience des groupes de femmes productrices et des communautes vulnerables aux changements climatiques; ./ la Recherche-Developpement sur !'adaptation de !'agriculture et de l'elevage aux rhrinePmPnt~ rlim;::itil"'JIIP~: ./ la gestion des ressources naturelles dans un contexte de changements climatiques. Le coOt des besoins d'adaptation a rechercher pour la periode 2015-2020 sont ceux relatifs au sommet mondial sur le climat de 2014. II s'eleve a 1,062 Milliards de $US. •:• Previsions et besoins en adaptation pour la periode 2020-2030 Ces besoins sont bases sur /es objectifs de deve/oppement a travers la mise en place d'un Plan National de Deve/oppement et des objectifs de deve/oppement durable: ./ Mise en oeuvre du Plan d'action technologique pour !'adaptation et !'attenuation pour plus de 2,5 Millards de $US; ./ Replication des 5 programmes annonces au sommet pour plus d'actions notamment le reboisement, le pastoralisme, les energies renouvelables et I' Agriculture intelligente afin de renforcer la resilience aux changements climatiques et assurer la securite alimentaire sur !'ensemble du pays, soit environ 2,124 Milliards de $US; ./ gestion de l'ensablement des cours d'eau afin de developper les systemes de production agricoles, aquacoles et le transport fluvial pour 1,5 Milliards de $US; ./ Epuration des eaux usees et leurs reutilisation pour des besoins notamment pour !'irrigation pour 0,5milliards de$US; ./ Reconversion de !'irrigation de surface et par aspersion a !'irrigation localisee sur des superficies importantes pour !'agriculture et le maraichage pour 2,0 Milliards de $US; ./ Reboisement et plantation de milliers d'hectares d' a r b res fruitiers afin de reconstituer le couvert vegetal et proteger les espaces agricoles de !'erosion hydrique et eolienne pourun rout de 1,5 Milliards de$US; 22 ./ Amenagement du territoire et des ressources naturelles, notamment des milliers d'hectares de bassins versants pour une gestion rationnelle des ressources en eau pour 1,0Milliards de $US; ./ renforcement des capacites face aux changements climatiques de taus les acteurs du secteur public et prive, y compris le genre et les jeunes pour environ 1,5 Milliards de $US. Le cout des actions d'adaptation a !'horizon 2030 s'eleve a 12,624 Milliards de $US. I CINQUIEME PARTIE : MOYENS DE MISE EN OEUVRE l- Transfert de technologies Le Mali dispose d'un Plan National de transfert de technologies d'adaptation et d'attenuation. Pour !'adaptation les technologies concernent la pratique des cultures fourrageres, l'amenagement des terres de culture, les techniques agro-meteorologiques, les varietes des cultures ameliorees et adaptees aux changements climatiques. Pour !'attenuation, elles concernent Jes forages, Jes petits barrages de retenue d'eau, le surcreusement des mares et les puits modernes (puits a grand diametre). >" Mecanisme de marche Le Mali dispose egalement d'un portefeuille de plus de 40 projets pour le Mecanisme de Oi>vPlorr"mPnt ProrrP (MnP) flPrmptt~nt ''°" reduction rotentielle des emissions d'au mains 15 millions de Teq co, par an. , Renforcement des capacites Afin de limiter les impacts des changements climatiques, et de renforcer la resilience des communautes vulnerables et des moyens de subsistance, ii s'avere necessaire de renforcer Jes capacites a taus Jes niveaux. Au niveau institutionnel et legal: Jes insuffisances se situent au niveau des conflits de competence, du cloisonnement des differentes institutions et a la mauvaise et/au non application des textes legislatifs et reglementaires; Au niveau des decideurs politiques, administratifs et coutumiers : Jes insuffisances sont surtout liees au manque et/ou la faiblesse d'information sur Jes enjeux des questions de changements climatiques; Aux niveaux scientifique et technique, ii faut noter l'insuffisance de !'expertise liee a la faiblesse en ressources humaines qualifiees, de laboratoires de recherches specialises dans le domaine des changements climatiques, de systeme national d'acquisition, de traitement et d'archivages de donnees suffisantes et fiables; Au niveau de la formation academique ii faut noter l'insuffisance de structures nationales de formation et de laboratoires de recherche appropries dans le domaine des changements climatiques. Au niveau des communautes et des collectivites territoriales le manque d'information sur les impacts et les mesures a prendre en vue de renforcer leur resilience aux changements climatiques ainsi que le manque de formation et d'equipements adaptes pour la mise en reuvre de ces mesures sont reels; 23 Au niveau du grand public on note une insuffisance d'information et de sensibilisation; L'insuffisance d'information et d'expertise des medias et leur faible implication pour la communication en matiere de changements climatiques est aussi une realite. ~ Financement Le financement des actions de lutte contre les changements climatiques reste aujourd'hui !'element central des negociations sur le climat. Le Mali est en train de concevoir et de mettre en ceuvre une strategie de financement durable de l'environnement et des changements climatiques qui devrait concilier l'unicite des procedures, la transparence des informations, la souplesse de gestion et la perennite des financements dans les operations cles. Cette strategie jouera un role important pour la mobilisation des Fonds prevues par le Mali pour les changements climatiques et l'economie verte, notamment ceux pour la mise en ceuvre des actions d'attenuation, d'adaptation et de transferts de technologie presentes dans la CDN. Ence qui concerne les changements climatiques cette strategie s'appuiera notamment sur: le Fonds Climat Mali (Fonds national et multipartenaires); le Fonds vert climat; le Fonds d'adaptation; d'autres fonds intervenant en matiere de changements climatiques. ~ Autres activites : Elimination de HCFC et reconversion des Het: un calendrier d'elimination totale des hydro-chloro fluro-carbone (HCFC) a !'horizon 2030, soit une reduction d'environ 17, 279 Teq CO2, 24 CONCLUSION Face aux defis climatiques, le Gouternement du Mali est resolu a assumer ses responsabilites par une demarche participative, de maniere ambitieuse, en construisant un nouveau paradigme integrant pleinement la dimension humainejen complement des dimensions economiques et ecologiques. I I Le Mali attend de ses partenaire~ qu'ils assument egalement leurs propres responsabilites dans le : cadre de la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques, Un signal fort I • serait certainement une contribution significative et ambitieuse au Fonds Vert Climat. La mise en oeuvre des projets/programmes prioritaires identifies dans la CDN, dont la mobilisation des ressources constitue une con~itionnalite, sont conformes aux orientations du Cadre Strategique pour la Croissance et la Reduction de la Pauvrete (CSCRP) et a la Politique Nationale sur les Changements Climatiques (PNCC)./ i i C' est dans ce contexte que le Map amerce une trajectoire de developpement economique sobre en carbone et resilient aux changeri,ents climatiques, contribuant de plus aux efforts mondiaux de stabilisation des gaz a effet de serrte, au titre de la responsabilite commune mais differenciee. I I 25