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Laws of Côte d’Ivoire

Stratégie et Plan D'Action pour la Diversité biologique Nationale 2016-2020

Made 2016 · Text as of 2026-10-01

Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.

About this law

Language
French
Kind
policy
Organisation
European Union
Country
Côte d’Ivoire
Subjects
Environment, Fisheries and aquaculture, Forestry, Wild species and ecosystems
Keywords
biodiversity, sustainable development, ecosystem conservation, poverty, capacity building, policy/planning, governance, Indigenous Peoples, fishery management and conservation, forest management/forest conservation, wild fauna, wild flora, wildlife products, protection of habitats, genetic resources, international trade
Categories
*

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  1. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 1 République de Côte d’Ivoire Union - Discipline - Travail Ministère de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Programme Des Nations Unies pour l’Environnement ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 2 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 3 République de Côte d’Ivoire Union - Discipline - Travail Ministère de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 4 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 5 REMERCIEMENTS Nous remercions tous les experts qui ont contribué activement à l’élaboration de la présente stratégie et du plan d’action : ABBE Brou Emile (Parc Zoologique d’Abidjan), ADAMA Soumahoro (Jardin Botanique de Bingerville), ADOMPO Célestin Yapo (OIPR), ADOU Kouablan (SODEFOR), AGNIMEL Charles (OIPR), AGOUBLI Kwadjané Paul (Ministère de la Culture et de la Francophonie), AHIPO Brigitte (MIEF: Contrôle Financier), AKAMOU Fataye (MINAGRI), AMARA Ouattara (OIPR), AMARI Véronique (MINESUDD /DEVRS : pont focal APA), ANOH Kouassi Paul (Université FHB), Armand KOIDIANE Jean (DEPE/PF CHM Diversité biologique), ASSEMIAN Latte Karen (DITE/MINESUDD), ATTOH Didier (MINESUDD), BAHI Z Maxime (CI-Ecologie), BAYEBA Marina (MINESUDD), BIATCHON Séraphin (CIBIOV/COPAGEN), BITTY Marie Josephe (MSLS/DHP), BLEY Guy Bitignon (SODEFOR), BOIDI N’guetta Gérard (DPVSA/MINAGRI), BOMISSO Germain (OIPR), BOUADI N’DAH François (MINESUDD), BROU Kouamé Roger (OIPR), Capitaine NASSE Y. Epse OUATTARA (MINEF), CASPARY Ams (GIZ Côte d’Ivoire), Colonel ALLOU Koffi (MINEF/DGEF), Colonel BASSOUMORI Traoré (ANADER Siège), Colonel GBA Goueu (MINEF), COULIBALY Bakary (SP de la CNFEM), DABAH Innocent (MIM), DANHO Namo Théodore (MINESUDD), DEGNY Anne Marie (ANDE), DEH DEH Benjamin (MINESUDD : projet Ozone), DIGBE Doué Barnabé (Parc Zoologique d’Abidjan), DIOMANDE Younoussa (MINESUDD/CNDD), DJAM Lucien (MINESUDD), DJEDJESS Meledje Théodore (Lycée Classique d’Abidjan), DOH Jean-Luc (MINESUDD), DOSSO Aboubakari (MINESUDD), Dr AGNESS Justine Etiennette (MINESUDD), Dr BINATE Fofana Namizata (CIRES UO/UNU-INRA), Dr DIAHA N’Guessan Constance (CRO), Dr DOUMBIA Lassina (Université Nangui Abrogoua), Dr DOUMBIA Mohamed (MINESUDD/DNPDD), Dr KABA Soufiana (MIRAH), Dr KOFFI Claude Francois (MSLS/DHP), Dr KONAN Loukou Léandre (INSP), EGNANKOU Wadja Mathieu (ONG SOS Forêts), ETEIN Kouamé Laurent (MIEF), GBA Bomey Clément (CSRS), GONTO Gbassaha (OIPR), GROGA Bada Camille (DFRC), Guillaume ZABI (MINESUDD), HOUSSOU Elvyre (MINESUDD), KADJO Alloua (REDD+), KANON Marie Josée (MINESUDD), KAROU T. Germain (Université FHB/UFR Biosciences), KEKE Olivier Gahoua (Ministère de l’Intégration Africaine), KESSE Brou Ané (DEPN), KOFFI Antoine (Best Consulting), KOFFI Antoine (BNETD), KOFFI Edmond (CNRA), KOFFI Yao Bernard (MINESUDD), KONAN Kan Bernard (ANADER), KONAN Koffi Eddie (ANASUR), KONAN Kouadio Eugène (IGT Université FHB), KONAN Kouadio Justin (CRO), KONE Assetou (MINESUDD/DQPR), KONE Augustin (CNDD), KONE Inza (CSRS), KONE Lacina (MINESUDD), KONE Mamadou (MEF/DGE), KONE Ossiena Aristide (MINESUDD/BCC-TCN), KONE Salifou (Ministère de l’Industrie), KOSSONOU Yao Julien (MINESUDD/DR Environnement ABIDJAN), KOUA N’zi Daniel (INP-HB Yamoussoukro), KOUADIO Alain (MINESUDD/DEVRS), KOUADIO Jean (MINESUDD), KOUADIO Kouassi (CNF), KOUADIO Kouassi (FTSN-CI), KOUADIO Kouassi Jean (CIAPOL), KOUADIO Yao Prosper (Université FHB), KOUAKO Yao Constantin (UFEMCI), KOUAKOU Annick (GIZ Côte d’Ivoire), KOUAKOU Kan Sylvain (MINAGRI/DGPSA), KOUAKOU Kouassi (MINESUDD/DR DALOA), KOUAKOU Suam Benoit (MEF/DGBF), KOUAKOU Yao Célestin (WCF), KOUAME K Jean-Claude (DRH), KOUAME Konan Jules (MINESUDD), KOUAME Konan Raoul (MINESUDD/BCC), KOUAME Kouakou (MINESUDD), KOUAME Thérèse (CRE/UNA), KOUASSI Konan Edouard (CNF), KOULAI Déassio Jean Jacques Omer (PNPMT/Ministère de la Santé), KOYA Natoueu Jean Claude (Cabinet Ministère du Plan), KPANGUI Kouassi Bruno (Université FHB Labo de Botanique), KRA Kouamé Raphaël (BNETD), LOBE Anne-Marie (CIBIOV/COPAGEN), LOLO Amandine (MINESUDD/CNDD), LOUKOU Koffi Jules (FEREADD), Lt KOFFI Koffi Pascal (MINESUDD/DR Environnement San-Pedro), Lt/Col. KODJO Alain (Projet AEP-NANSEN), MAILLY Elvire-Joelle (DFRC), MALAN D. François (CRE/Patrimoine Mondial), MANGARA Ali (ONG Côte d’Ivoire Ecologie), MESSET Jean Yves (Ministère des Transports), Mme GBO Dzamla Amin (ANADER), NANDJUI Jacob (INP-HB), N’DA Kognan Degrâce (MINESUDD/DEPN), NEHOUN Brice Polnaud Declémence (OIPR), N’GUESSAN Edouard (Université FHB), N’GUESSAN Kanga Anatole (CNRA), NIANGORAN Marie France (MINESUDD/DID), OUATTARA N’Klo (MINEF), OUATTARA Djakalia (CNF/Université FHB), OUATTARA Zana Inzan (SP-CNFEM), Paul Liliane KOTY (MINUSUDD), Prof, YAOKOKORE Beibro Hilaire (Labo de Zoologie et biologie Animale Université FHB), Prof. DIOMANDE Dramane (Université Nangui Abrogoua), SARE Salifou (MINAGRI/DMEME), SEA Edwige (MINESUDD/DGDD), SIKELI Jean-Paul (COPAGEN), SILUE Clément (ANADER), SORO Kafana (CRE/ Patrimoine Mondial), SOULEMANE Ouattara (Labo de Zoologie Université FHB), SYLLA Soumaila (CRO), TEAPOINHI Séponh Stéphanie (MINEF/DEPE), TIA Lazare (IGT/Université FHB), TIA-MELA Mamadou (Ministère de l’Industrie/DIT), TIHO Seydou (Université Nangui Abrogoua), TIZIE Yobo Gustave (ANADER), TROUPAH Yannick (MINESUDD, VABE Oné Ernest (FAO-CI), VERGNES Virginie (WCF), YAO Abissa. A (DRCF/ MINEF), YAO Kouassi Alphonse (CSRS), YAO Marcel (MINESUDD: point focal REDD+), YAO N’goran Léonard (MINESUDD), YAO N’goran Yves (MINESUDD/DR ABOISSO), YAO Serge Romuald (MINEF/DEPE), YEO Kolo (Université Nangui Abrogoua), ZA Bého Christelle (MINESUDD/DPS), ZEZE Olivier (MINESUDD/DGDD) et ZIAN G. Appolinaire (GIZ Côte d’Ivoire). COORDONNATEUR : Patrick PEDIA EQUIPE DE COORDINATION : Prof. N’GUESSAN Edouard, Prof. ANOH Paul, Dr VROH Bi Tra Aimé, Dr SANKARE Yacouba, Colonel MAHAN Etienne, Mme DIALA Elisabeth Séhi, POLET Jean-Baptiste et ALLOUKO Aka Alexandre ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 6 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 SIGLES ET ACRONYMES ARDCI : Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire AME : Accords Multilatéraux sur l’Environnement ANDE : Agence Nationale de l’Environnement BAD : Banque Africaine de Développement BNETD : Bureau National d’Etude Technique et de Développement CDB : Convention sur la Diversité Biologique CEPICI : Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire CIAPOL : Centre Ivoirien Anti Pollution CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction CMS : Convention sur les espèces migratoires CNF : Centre National de Floristique CNLFB : Comité National de Défense de la Forêt et de Lutte contre les Feux de Brousse CNRA : Centre National de Recherche Agronomique CRE : Centre de Recherche Environnementale CRES-ERE : Cercle de Réflexion, d’Etudes et de Soutien à l’Education Relative à l’Environnement CRO : Centre de Recherche Océanographique CSRS : Centre Suisse de Recherche Scientifique DECV : Direction de l’Environnement et du Cadre de Vie DFRC : Direction de la Faune et des Ressources Cynégétiques DIREAU : Direction des Ressources en Eau DPF : Direction de la Police Forestière DPIF : Direction de la Production et des Industries forestières DEPE : Direction de l’Ecologie et de la Protection de la Nature EEE : Espèces Exotiques Envahissantes ENDA : Environnement et Développement du Tiers Monde (Employment Non Discrimination Act) FHB : Félix Houphouët Boigny FEM : Fonds pour l’Environnement Mondial GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat IGT : Institut Géographique Tropical INP-HB : Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny LANADA : Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole MIEF : Ministère de l’Economie et des Finances STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 7 MINESUDD : Ministère de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable MINAGRI : Ministère de l’Agriculture MINEF : Ministère des Eaux et Forêts MIRAH : Ministère des Ressources Animales et Halieutiques OGM : Organismes Génétiquement Modifiés OIPR : Office Ivoirien des Parcs et Réserves OVM : Organismes Vivants Modifiés ONEP : Office National de l’Eau Potable ONG : Organisation Non Gouvernementale PAA : Port Autonome d’Abidjan PCGAP : Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées PIB : Produit Intérieur Brut PNAE : Programme National d’Action Environnementale PNIA : Plan National d’Investissement Agricole PNB : Produit National Brut PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement SNDB : Stratégie Nationale sur la Diversité Biologique SODECI : Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire SODEFOR : Société de Développement des Forêts UDB/PNUE : Unité de la Diversité Biologique du Programme des Nations Unies pour l’Environne ment UFEMCI : Union des ONG et OCB partenaires et bénéficiaires du Fonds pour l’Environnement Mondial de Côte d’Ivoire UFR : Unité de Formation et de Recherche UICN : Union Mondiale pour la Conservation de la Nature UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture UVICOCI : Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire WCF : Wild Chimpanzee Foundation WRI : World Resources Institute WWF : World Wildlife Fund (Fonds Mondial pour la Nature) ZEE : Zone Economique Exclusive ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 8 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 TABLE DES MATIERES SIGLES ET ACRONYMES ............................................................................................................6 TABLE DES MATIERES ...............................................................................................................8 RESUME EXECUTIF .............................................................................................................13 INTRODUCTION .................................................................................................................18 STRATEGIE POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE .....................................................................21 1. APERÇU DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ..........................................................................22 1.1. - PRINCIPAUX TYPES D’ÉCOSYSTÈMES ............................................................................23 1.1.1. Ecosystèmes terrestres ............................................................................................23 1.1.2. Ecosystèmes des eaux intérieures ...........................................................................23 1.1.3. Ecosystèmes marins et côtiers ................................................................................23 1.1.4. Zones humides ........................................................................................................23 1.2. CADRE BIOLOGIQUE .......................................................................................................24 1.2.1 Diversité spécifique ..................................................................................................24 1.2.1.1. Espèces endémiques .....................................................................................28 1.2.1.2. Espèces vulnérables, rares ou menacées d’extinction ..................................28 1.2.1.3. Espèces migratrices .......................................................................................30 1.2.1.4. Espèces CITES ................................................................................................30 1.2.2. Diversité génétique .................................................................................................30 1.2.2.1. Ressources végétales ....................................................................................30 1.2.2.1.1. Cultures industrielles ..........................................................................30 1.2.2.1.2. Cultures vivrières ................................................................................31 1.2.2.2. Ressources animales .....................................................................................31 2. SERVICES FOURNIS PAR LES ÉCOSYSTEMES .....................................................................33 2.1. SERVICE D’APPROVISIONNEMENT ..................................................................................33 2. 2. SERVICE DE RÉGULATION...............................................................................................35 2.3. AUTRES SERVICES RENDUS PAR LES ÉCOSYSTÈMES ........................................................35 3. MENACES ......................................................................................................................37 3.1. - MENACES NATURELLES ................................................................................................37 3.1.1. Changement climatique .........................................................................................37 3.1.2. Espèces exotiques envahissantes ...........................................................................37 3.1.3. Epizooties ...............................................................................................................37 3.2. MENACES ANTHROPIQUES ............................................................................................37 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 9 3.2.1. Surexploitation et prélèvements frauduleux des ressources biologiques ...............37 3.2.2. Destruction des habitats .........................................................................................39 3.2.3. Causes structurelles ................................................................................................40 4. MESURES DE SAUVEGARDE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ............................................42 4.1. SUR LE PLAN RÉGLEMENTAIRE ET INSTITUTIONNEL.......................................................42 4.2. SUR LE PLAN DES PROGRAMMES ET PLANS ...................................................................42 4.3. SUR LE PLAN DU DISPOSITIF DE CONSERVATION ...........................................................43 5. PRIORITES STRATEGIQUES ..............................................................................................48 5.1. VISION ...........................................................................................................................48 5.2. PRINCIPES DIRECTEURS, APPROCHES ET CONCEPTS .....................................................48 5.2.1. Principes ..................................................................................................................48 5.2.2. Approches et concepts ............................................................................................49 5.3. BUT .................................................................................................................................50 6. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES .......................................................................................54 6.1. ORIENTATION STRATÉGIQUE 1 : SAUVEGARDE DES MILIEUX NATURELS, DE LEURS FONCTIONS ET SERVICES ...............................................................................54 6.1.1. Objectif 1 : D’ici à 2020, 50 % des écosystèmes et habitats dans l’espace rural sont protégés afin d’assurer la conservation de la diversité biologique .........54 6.1.2. Objectif 2 : D’ici à 2020, 50 % des écosystèmes aquatiques des eaux intérieures, marines et côtières sont protégés afin d’assurer la conservation de la diversité biologique ........................................................................................56 6.1.3. Objectif 3 : D’ici à 2020 au plus tard, les écosystèmes et habitats prioritaires, sont restaurés et préservés. ....................................................................................57 6.1.4. Objectif 4 : D’ici à 2020, au moins 50 % des espèces exotiques envahissantes sont contrôlées. .......................................................................................................58 6.2. ORIENTATION STRATÉGIQUE 2 : PRÉSERVATION DE LA DIVERSITÉ SPÉCIFIQUE ET DE LA DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE ....................................................................................60 6.2.1. Objectif 5 : D’ici à 2020, la situation des espèces protégées au niveau national s’est améliorée et leur disparition est enrayée dans la mesure du possible ...........60 6.2.2. Objectif 6 : D’ici à 2020, des mesures de sauvegarde sont mises en œuvre pour 100% des espèces prioritaires ........................................................................61 6.2.3. Objectif 7 : D’ici à 2020, l’état de la diversité génétique est connu et des mesures de conservation durable sont prises. ........................................................63 6.3. ORIENTATION STRATÉGIQUE 3 : RENFORCEMENT DES INFRASTRUCTURES DE CONSERVATION .........................................................................................................64 6.3.1. Objectif 8 : En 2020, 100% des écosystèmes et habitats sont représentés au sein du réseau d’aires protégées viables ............................................................64 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 10 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 6.3.2. Objectif 9 : D’ici à 2020, 100% des aires protégées sont gérées de façon efficace ....................................................................................................................65 6.4. ORIENTATION STRATÉGIQUE 4 : VALORISATION ET UTILISATION DURABLE . DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ....................................................................................67 6.4.1. Objectif 10 : D’ici à 2020, l’activité agricole est économiquement viable, socialement acceptable et respectueuse de la diversité biologique .......................68 6.4.2. Objectif 11 : D’ici à 2020, l’exploitation des forêts est compatible avec les objectifs nationaux de sauvegarde de la diversité biologique. ................................71 6.4.3. Objectif 12 : D’ici à 2020, les ressources halieutiques sont exploitées en tenant compte du renouvellement des stocks. .......................................................72 6.4.4. Objectif 13 : D’ici à 2020, le développement de l’exploitation des mines et du pétrole n’entrave pas l’atteinte des objectifs de sauvegarde de la diversité biologique. ...............................................................................................................73 6.4.5. Objectif 14 : D’ici à 2020, un système de gestion durable des plantes médicinales et d’autres usages est en vigueur. .......................................................74 6.4.6. Objectif 15 : D’ici à 2020, la gestion durable de la viande de brousse et de la faune sauvage est assurée. ..................................................................................75 6.4.7. Objectif 16 : D’ici à 2020, la diversité biologique soutient les initiatives de lutte contre la pauvreté. ..........................................................................................75 6.4.8. Objectif 17 : D’ici à 2020, l’accès aux ressources génétiques, aux connaissances et pratiques présentant un intérêt pour la diversité biologique, est régi par des mécanismes assurant le partage des avantages qui en découlent. .........................77 6.5. ORIENTATION STRATÉGIQUE 5 : MOBILISATION CITOYENNE ET DIFFUSION DE LA CONNAISSANCE SUR LE VIVANT.......................................................................78 6.5.1. Objectif 18 : D’ici à 2020, les actions de communication, de sensibilisation et d’éducation en faveur de la diversité biologique atteignent 70 % des cibles ..........78 6.5.2. Objectif 19 : D’ici à 2020 des équipes opérationnelles de chercheurs sont mobilisées pour la diversité biologique. ..................................................................81 6.6 : ORIENTATION STRATÉGIQUE 6 : RENFORCEMENT DE LA COORDINATION NATIONALE, DE LA MOBILISATION DES RESSOURCES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE ........................................................................................................83 6.6.1. Objectif 20 : D’ici à 2020, la politique de la sauvegarde de la diversité biologique repose sur une reglémentation pertinente et des institutions . efficaces ....................................................................................................................84 6.6.2. Objectif 21 : D’ici à 2020, la coopération pour la sauvegarde de la diversité biologique est continue et efficace .........................................................................85 7- MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE ......................................................................................87 7.1. STRATEGIE DE MOBILISATION DES RESSOURCES FINANCIERES ...............................87 7.2. STRATEGIE DE COMMUNICATION ...............................................................................93 7.3. COORDINATION DES ACTEURS ....................................................................................99 7. 4. SUIVI-EVALUATION ......................................................................................................99 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 11 PLAN D’ACTION DE LA STRATEGIE POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE ................................101 ORIENTATION STRATEGIQUE 1 : SAUVEGARDE DES MILIEUX NATURELS, DE LEURS FONCTIONS ET SERVICES ........................................................................................................103 ORIENTATION STRATEGIQUE 2 : PRÉSERVATION DE LA DIVERSITÉ SPÉCIFIQUE ET DE LA DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE .................................................................................................112 ORIENTATION STRATEGIQUE 3 : RENFORCEMENT DES INFRASTRUCTURES DE CONSERVATION .................................................................................................................118 ORIENTATION STRATEGIQUE 4 : VALORISATION ET UTILISATION DURABLE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ..........................................................................................................122 ORIENTATION STRATEGIQUE 5 : MOBILISATION CITOYENNE ET DIFFUSION DE LA CONNAISSANCE SUR LE VIVANT ........................................................................................135 ORIENTATION STRATEGIQUE 6 : RENFORCEMENT DE LA COORDINATION NATIONALE ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE ............................................................................139 LISTE DES FIGURES ............................................................................................................... 142 LISTE DES TABLEAUX ............................................................................................................ 143 CONCLUSION ...................................................................................................................144 DOCUMENTS CONSULTES .................................................................................................... 145 BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................... 146 ANNEXES………………………………………………………………….. ..........................................................177 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 12 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 13 L’Etat de Côte d’Ivoire, à l’instar des autres Etats du monde entier, est conscient de l’importance de la diversité biologique à telle enseigne que son ministère à charge de cette question se doit d’élaborer une stratégie pour la préserver. Afin d’aboutir à cela, plusieurs approches ont été me nées. Dans ce contexte, il importe d’abord d’avoir un aperçu de la diversité biolo gique du pays. La diversité biologique terrestre et aqua tique (ensemble des organismes, plantes et animaux) de la Côte d’Ivoire, dans l’état actuel des connaissances, comprend glo balement 17.343 espèces. Les éléments constitutifs de la diversité biologique sont répartis entre deux types d’écosystèmes : les écosystèmes terrestres : 12.647 espèces réparties entre ; 5.413 végé taux ; 6.019 invertébrés et 1.215 vertébrés ; les écosystèmes aquatiques : 4.696 espèces réparties entre 2.102 organismes, 375 végétaux aquatiques et 2.219 animaux aquatiques. Les organismes terrestres comprennent des Virus, des Champignons, des Bryo phytes, des Filicinophytes ou Ptérido phytes, des Progymnospermes et des Angiospermes signalées dans différentes phytocénoses dans les diverses zones climatiques et physiographiques du pays. Les virus identifiés sont au nombre de 101 espèces affectant les hommes, les plantes et les animaux. Chez les bactéries, ce sont 251 espèces. La flore des champi gnons comprend 557 espèces dont 356 espèces de champignons supérieurs par mi lesquels on compte 87 comestibles, 42 espèces de champignons inférieurs para sites de l’homme et 179 espèces de cham pignons inférieurs parasites des plantes cultivées. La flore des Bryophytes ou des mousses se trouve essentiellement dans les forêts des régions du sud du pays. Les inventaires signalent l’existence de 55 espèces répar ties entre 32 genres, 6 familles, 5 ordres et 2 classes. Les Filicinophytes ou Ptérido phytes sont des cryptogames vasculaires signalés dans diverses zones écologiques. Elles sont représentées par 144 espèces reparties entre 60 genres, 25 familles, 7 ordres et 3 classes. La plupart de ces espèces se rencontrent en zone de forêt et 17 d’entre elles se retrouvent dans les zones de savane, surtout celles du genre Ophioglossum que l’on trouve sur des bowals et les dômes rocheux. Les Progym nospermes sont des plantes introduites et utilisées comme plantes ornementales ou essences servant à la fabrication de pa pier. Ils comprennent 17 espèces répar ties entre 6 genres, 4 familles, 2 ordres et 2 classes. Les Angiospermes représentent 96 % de la flore ivoirienne avec 3711 espèces, 1 256 genres et 173 familles. La faune terrestre est caractérisée par une richesse importante. Cette faune compte 11 embranchements d’animaux repartis en 74 ordres, 203 familles, 769 genres et 7 234 espèces. Le groupe d’animaux qui compte le plus grand nombre d’espèces est celui des insectes avec 5 574 espèces. Ce groupe représente 79 % des espèces Résumé exécutif ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 14 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 rencontrées contre 10,2% pour les oi seaux qui occupent la deuxième place et seulement 0,01 % pour les Mollusques terrestres qui occupent la dernière place. Le nombre de nématodes terricoles peut être considérable et atteindre le chiffre de 600 billions par hectare dans un terrain favorable. Les nématodes sont nombreux dans les sols riches en matière organique, à régime hydrique satisfaisant et à bonne structure, lesquels sont importants en maints endroits du pays. Comme les nématodes, les Oligochètes sont nombreux dans les sols riches en ma tière organique, à régime hydrique satis faisant et à bonne structure, lesquels sont nombreux dans les différentes régions du pays. Les Mollusques terrestres sont essen tiellement représentés par les limaces et les escargots des genres Achatina, Archachatina et Limicolaria. Il existe parmi les mollusques terrestres, des espèces en démiques et des espèces pérégrines. Le nombre d’espèces ivoiriennes est relati vement limité et avoisine la trentaine. La faune des arachnides en Afrique tropi cale, comprend les scorpions, les tiques, les araignées et les acariens. En Côte d’Ivoire, 256 espèces ont été recensées. Celles-ci sont réparties en 37 familles dont la plus importante est actuellement celles des thomisidae avec 30 genres et 41 espèces. La faune des myriapodes est représen tée par 132 espèces que l’on regroupe en Symphiles, Chilopodes et Diplopo des. L’entomofaune terrestre comprend 5 574 espèces réparties entre 11 ordres. Les Coléoptères avec 2019 espèces et les Lépidoptères avec 1547 espèces sont les plus abondants dans le pays. La faune des batraciens comprend 144 es pèces appartenant à 2 ordres, 6 familles et 22 genres. 3 espèces sont endémiques (Phrynobatrachus plicatus, Bufo daniedae, et Kassina lamottei) et une espèce (le cra paud vivipare du Mont Nimba Nectophry noides occidentalis) menacée. Chez les reptiles, on distingue 134 espèces réparties en 5 ordres, 21 familles et 70 genres. Le plus grand nombre d’espèces (99 espèces) est représenté dans le groupe des serpents, suivi par celui des lézards (22 espèces), le groupe des tortues (10 espèces) et enfin le groupe des crocodiles (3 espèces). L’avifaune est composée de 737 espèces (21 ordres, 87 familles et 315 genres). L’ordre des passériformes est le plus important « avec » plus de 50% des familles et 45 % des espèces. Parmi ces oi seaux, 102 sont migrateurs paléarctiques, 38 migrateurs intra-africains ne se repro duisant pas en Côte d’Ivoire et 25 migra teurs intra-africains qui se reproduisent dans le pays pendant la saison sèche. La faune des mammifères comprend 230 espèces réparties entre 117 genres et 37 familles pour 12 ordres. La faune sauvage (14 ordres, 32 familles, 102 genres et 160 espèces) et la faune domestique (10 ordres, 10 familles, 13 genres et 18 es pèces et sous-espèces). Neuf (9) espèces sont signalées endémiques et 26 espèces sont considérées comme rares ou mena cées. L’ordre des rongeurs est le groupe le plus important avec 52 espèces. Concernant les organismes aquatiques, la diversité bactérienne est de 140 es pèces locales représentatives de 9 phy lums sur les 15 phylums des Eubactéries. Parmi ces 9 phylums, les Omnibactéries et les Cyanobactéries représentent les plus grands phylums avec des propor tions respectives de 44% et 29%. Ils sont représentés par 1898 espèces, 3 sous-es pèces, 263 variétés et 29 formes d’algues, auxquelles il faut ajouter 113 espèces et 1 variété de Cyanophycée encore appelées Cyanobactéries ou « algues bleues ». Comme STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 15 Protozoaire, il n’a été inventorié que 64 es pèces pathogènes, ceci sans tenir compte d’espèces comme l’hématozoaire du pa ludisme, le trypanosome de la maladie du sommeil. Cet inventaire ne prend pas non plus en compte les espèces comme la paramécie, la vorticelle, etc. Les végétaux aquatiques sont composés de 375 espèces réparties en 89 familles et 212 genres. Les monocotylédones com prennent 129 espèces et 14 familles, les dicotylédones sont composées de 166 espèces et 54 familles et enfin les Pté ridophytes comprennent 80 espèces et 8 familles. La faune aquatique inventoriée est très diversifiée et comprend le zooplancton, les Annélides, les Brachiopodes, les Mol lusques, les Crustacés, les Poissons, les Mammifères, les reptiles, les amphibiens et les oiseaux. Le zooplancton comprend 328 espèces réparties entre 134 genres et 79 familles. Concernant les annélides, polychètes enregistrent 434 espèces pour 144 genres et 35 familles. Les annélides oligochètes sont riches de 12 espèces réparties entre 10 genres et 4 familles. Les invertébrés autres que les Brachio podes, Mollusques et Arthropodes sont composés de 30 groupes zoologiques, mais seules les Annélides Polychètes ont fait l’objet d’inventaire taxinomique avec plus de 434 espèces en milieux marin et lagunaire. Une seule espèce de Brachio pode et 601 espèces de Mollusques ont été inventoriées. Parmi les mollusques, l’on distingue les Gastéropodes, les Bival ves, les Scaphopodes et les Céphalopodes dans les eaux douces, saumâtres et ma rines. Les Crustacés se subdivisent en 4 sous classes, 13 ordres pour 302 espèces re groupées au sein de 61 familles. Ces Crustacés se rencontrent dans les eaux douces, saumâtres et marines. Le nombre d’espèces de poissons recensés est de 501. Ces dernières se répartissent entre 3 classes, 33 ordres, 276 genres et 130 familles. Il existe par ailleurs, 166 es pèces exclusivement marines contre 152 espèces en eaux douces et 19 espèces en eaux saumâtres. 76 espèces vivent à la fois dans ces deux derniers milieux. Le reste des espèces sont capables de vivre dans les trois milieux à la fois. 11 espèces dont (Oreochromis mossambicus, O. macrodir, O. hornorum, et Tilapia rendalli.) ont été introduites dans le cadre de la pisciculture ou du contrôle biologique. Les mammifères aquatiques sont repré sentés par le lamantin (Trichechus sene galensis), les Loutres, les hyppopotames (2 espèces) et les Cétacés ou les baleines avec une (1) famille, deux (2) genres et 33 espèces sont aussi signalées dans les eaux marines. Les amphibiens comprennent 11 genres, 17 espèces et 2 familles. Les reptiles aquatiques comptent 31 espèces et les tortues marines présentent cinq es pèces, toutes menacées. Enfin, les oiseaux enregistrent 165 espèces dont 35 espèces à statut particulier. La vie animale des zones humides présente des intérêts multiples en raison de sa grande diversité. Que ce soit en zones d’eaux douces, lagunaires ou d’estuaire, dans les marécages ouverts, les mangroves ou les forêts inondées, l’ensemble du règne ani mal y est bien représenté. La faune de ces milieux est constituée en particulier par des reptiles représentés par les sauriens (3 espèces), les tortues, les serpents, les oiseaux appartenant à des grandes fa milles telles les anatidés, les ardélites, les rallidés, les rapaces et divers limicoles, les poissons et les mammifères comme l’hip popotame nain (Choeropis liberiensis). ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 16 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Par ailleurs, il importe de relever les services fournis par les écosystèmes. Ceux-ci approvisionnent en bois d’œuvre et de service (60 espèces), en plantes médicinales (1500 espèces), alimentaires de cueillette (120 taxons), en plantes ornementales (147 taxons) et divers autres usages traditionnels (367 espèces). Ils servent de régulateurs du climat en limitant les émissions de gaz à effet de serre et ils contribuent à créer des richesses et offrent également des loisirs. Malgré tous ces bienfaits, les écosystèmes connaissent des menaces aussi bien naturelles qu’anthropiques. Les menaces naturelles comprennent le changement climatique, l’érosion côtière, l’envahisse ment par les espèces exotiques et les épi zooties. Les menaces anthropiques sont dominées par la surexploitation, les prélè vements frauduleux, les destructions des habitats et les causes structurelles telles que la pauvreté, la faiblesse des capacités conceptuelles et opérationnelles. Face à ces menaces qui ne garantissent pas une utilisation durable des ressources biologiques pour les générations présentes et futures, des mesures de conservation et de sauvegarde ont été prises aussi bien au plan réglementaire, institutionnel, qu’au plan des programmations et des planifications. De plus un dispositif de conservation des ressources reposant sur les aires protégées, les réserves naturelles, les réserves botaniques et des collections ex situ a été mis en place. Mais l’érosion de la diversité biologique persiste. D’où la nécessité de la mise en place de nouvelles orientations découlant d’une vision claire qui fixe un but précis. Pour atteindre les objectifs fixés, il importe de définir des bases communes pour toutes les parties prenantes à travers les principes directeurs, les concepts et les approches dans la conduite des actions. « À l’horizon 2025, la diversité biologique de la Côte d’Ivoire sera gérée de manière durable en vue de l’équilibre des écosystèmes, de l’amélioration de la qualité de vie des populations actuelles et de la préservation de l’héritage des générations futures, en tenant compte de la dynamique sous régionale et des dimensions régionale et mondiale ». Telle est la vision d’où découlent au total six (06) orientations stratégiques avec des objectifs à atteindre d’ici à 2020. Ce sont : la sauvegarde des milieux naturels, de leurs fonctions et services ; la préservation des diversités spé cifique et génétique ; le renforcement des infrastructures de conservation ; la valorisation et l’utilisation durable de la diversité biologique ; la mobilisation citoyenne et la diffusion de la connaissance sur le vivant ; le renforcement de la coordina tion nationale et de la coopéra tion internationale. Toutes ces orientations sont traduites en actions prioritaires dans un plan pour lequel des mesures de réussite de la mise en œuvre ont été élaborées. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 17 Carte n°1 : Districts et régions de Côte d’Ivoire ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 18 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Située en Afrique de l’ouest, la Côte d’Ivoire est un pays côtier limité au sud par l’océan Atlantique sur 600 km. Elle couvre 322 463 km2 Sa population très cosmopolitique est estimée à 22 671 331 habitants (Résultat provisoire du RGPH 2014 du 29-11-2014). Son climat est tro pical et sa végétation est subdivisée du sud au nord par les domaines guinéen et soudanais. A l’ouest apparaît une région de montagnes qui s’étend jusqu’à la Guinée Conakry voisine. Les ressources biologiques sont primor diales pour le développement économique et social de la Côte d’Ivoire. De ce fait, il y a une reconnaissance de plus en plus grande que la diversité biologique aussi appelée biodiversité est un atout universel, d’une valeur inestimable pour les générations présentes et futures. Pourtant à ce jour, les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n’ont jamais été aussi graves. En effet, la disparition d’espèces en raison des activités de l’homme se poursuit à un rythme alarmant. Les enjeux de la diversité biologique sont mondiaux et chaque pays s’évertue à élaborer un plan d’action et une stratégie basés sur une politique ambitieuse dans le but de protéger et sauvegarder son patrimoine biologique. La Côte d’Ivoire est partie prenante à différents accords multilatéraux sur la diversité biologique, y compris la convention éponyme de Rio 1992 qu’elle a ratifiée en 1994. Dans ce cadre et conformément à ses exigences internes de sauvegarde des ressources biologiques, elle a adopté la loi n° 2002-102 du 11 février 2002 relative à la création, à la gestion, au financement des parcs nationaux et des réserves natu relles. Par ailleurs, une première Stratégie Natio nale pour la Diversité Biologique (SNDB) a été élaborée par le Ministère de l’Envi ronnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable (MINESUDD) et validée par des ateliers régionaux et un atelier national. Elle a été mise en œuvre de 2004 à 2014 avec l’appui des parte naires au développement et des organisa tions de la société civile. Suite à cette mise en œuvre, une évalua tion de la diversité biologique nationale et sa relation avec le bien-être humain a été faite. Elle donne un tableau de la situation récente de la diversité biologique marquée par une érosion continue. Prenant donc en compte des tendances, des menaces et enjeux, mais, également des services rendus par les écosystèmes pour concourir au bien-être des populations d’une part, et d’autre part des progrès réa lisés, des obstacles rencontrés et des leçons tirées de la mise en œuvre de la SNDB, il est apparu nécessaire d’actualiser celle-ci. Dans la présente SNDB, on exposera d’abord un aperçu sur la diversité biolo gique et les biens et services que four nissent les écosystèmes. Cet aperçu traitera les principaux types d’éco systèmes rencontrés, le cadre biologique qui présente la richesse des organismes, des plantes et des animaux, la diversité géné tique qui impacte l’agriculture, ainsi que les différents services fournis par la diversité Introduction STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 19 biologique aux populations. Ensuite, les menaces et les mesures de sau vegarde de la diversité biologique seront rappelées. Une fois cernée la situation de la diversité biologique, les priorités straté giques seront dégagées. A ce niveau, il est nécessaire d’avoir une vision claire, des principes directeurs avec des concepts et approches qui serviront de références à tous les acteurs. Enfin, suivront le but et les objectifs des priorités. En ce qui concerne les deux derniers points, six (6) orientations stratégiques seront retenues. Chaque orientation dé crira l’état des lieux pour permettre de mieux fixer les objectifs globaux qui se déclineront en objectifs spécifiques. Les mesures de mise en œuvre de la stratégie nationale seront assorties d’un plan d’ac tion élaboré pour atteindre les objectifs arrêtés et servir d’outil d’aide à la décision politique. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 20 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 21 STRATEGIE POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 22 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 23 1.1. - principaux types d’écosystèmes La Côte d’Ivoire compte quatre types d’écosystèmes : terrestres, eaux inté rieures, marins et côtiers, et zones hu mides. 1.1.1. - Ecosystèmes terrestres Les écosystèmes du milieu terrestre se sont développés sur différents types de sols. Ces sols sont regroupés en quatre entités d’importance inégale que sont les sols fer ralitiques désaturés, les sols ferrugineux tropicaux, les sols sur roches basiques avec des zones de cuirassement et les sols hydromorphes ou sols littoraux. Leurs pro priétés spécifiques ont contribué à la mise en place et au fonctionnement des princi paux écosystèmes terrestres : forêts denses hygrophiles, forêts denses mésophiles, for mations végétales des montagnes, savanes pré-lagunaires, forêts claires, etc. 1.1.2. - Ecosystèmes des eaux intérieures Le réseau hydrographique de surface est composé de cinq fleuves principaux (Cavally long de 700 km, Sassandra de 650 km, Bandama de 1.050 km et Comoé de 1.160 km), de rivières côtières (Boubo, Agnéby, Mé, Bia, etc.), des affluents du Niger et ceux de la Volta Noire qui sont des fleuves transfrontaliers. 1.1.3. - Ecosystèmes marins et côtiers L’environnement marin comprend les écosystèmes du plateau continental d’environ 10 000 km² et ceux des eaux marines territoriales (12 miles marins 1. APERÇU DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE nautiques) et les eaux marines de la Zone Economique Exclusive (ZEE) de 200 miles marins nautiques. La zone côtière, quant à elle, longue d’environ 550 km, s’étend sur une superficie de 32.960 km2. Le complexe lagunaire, localisé le long de la moitié orientale de la façade littorale, couvre une surface de près de 1 200 km2. En se référant aux sept (7) critères scientifiques de désignation des aires marines d’importance écologique ou biologique tels que précisés par la CDB, quatre (04) aires ont été identifiées dans la zone marine et côtière notamment le canyon et le mont sous-marin de Tabou, la route des crevettes et des sardines, le canyon et le trou sans fond d’Abidjan, les eaux marines de la ZEE et la zone de reproduction des thons. 1.1.4. Zones humides Le pays dispose de zones humides dont les forêts ripicoles, les forêts périodiquement inondées, les sols argileux humides, les forêts marécageuses d’arrière-côte et la mangrove qui font actuellement l’objet d’une attention particulière en raison de leur richesse biologique. Six sites sont classés Ramsar, à savoir : le complexe Sassandra-Dagbego, la zone humide de Fresco-Port Gauthier, la zone humide de Grand Bassam - cours inférieur du fleuve Comoé, le Parc national des Iles Ehotilés, la forêt classée de Nganda Nganda et le Parc national d’Azagny. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 24 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 1.2. - Cadre biologique 1.2.1 - Diversité spécifique La diversité biologique terrestre et aqua tique de la Côte d’Ivoire, dans l’état actuel des connaissances, comprend globalement 17.343 espèces. Les éléments constitutifs de la diversité biologique sont répartis entre deux types d’écosystèmes : les écosystèmes terrestres : 12.647 espèces réparties entre 5.413 végétaux, 6.019 invertébrés et 1.215 vertébrés ; les écosystèmes aquatiques : 4.696 espèces réparties entre 2.102 organismes, 375 végétaux aquatiques et 2.219 animaux aquatiques. Les organismes terrestres com prennent des Virus, des Champi gnons, des Bryophytes, des Filici nophytes ou Ptéridophytes, des Progymnospermes et des Angios permes signalées dans différentes phytocénoses dans les diverses zones climatiques et physiogra phiques du pays. Les virus identifiés sont au nombre de 101 espèces affectant les hommes, les plantes et les animaux. Chez les bactéries, ce sont 251 espèces. La flore des champignons comprend 557 espèces dont 356 espèces de champignons supérieurs parmi lesquels on compte 87 comestibles, 42 espèces de champignons inférieurs parasites de l’homme et 179 espèces de champignons inférieurs parasites des plantes cultivées. La flore des Bryophytes ou des mousses se trouve essentiellement dans les forêts des régions du sud du pays. Les inventaires réalisés, signalent l’existence de 55 espèces réparties entre 32 genres, 6 familles, 5 ordres et 2 classes. Les Filicinophytes ou Ptéridophyes sont des cryptogames vasculaires signalés dans diverses zones écologiques. Elles sont représentées par 144 espèces réparties entre 60 genres, 25 familles, 7 ordres et 3 classes. La plupart de ces espèces se rencontrent en zone de forêt et 17 d’entre elles se retrouvent dans les zones de savane, surtout celle du genre Ophioglossum que l’on trouve sur des bowals et les dômes rocheux. Les Progymnospermes, sont des plantes introduites dans le pays où elles sont uti lisées comme plantes ornementales ou essences devant servir à la fabrication de pâte à papier. La flore comprend 17 es pèces réparties entre 6 genres, 4 familles, 2 ordres et 2 classes. Les Angiospermes représentent 96 % de la flore ivoirienne avec 3711 espèces, 1 256 genres et 173 familles. La faune terrestre est caractérisée par une richesse et une diversité biologique importante. Cette faune compte 11 em branchements d’animaux repartis en 74 ordres, 203 familles, 769 genres et 7 234 espèces. Le groupe d’animaux qui compte le plus grand nombre d’espèces est celui des insectes avec 5 574 espèces. Ce groupe représente 79 % des espèces rencontrées contre 10,2% pour les oi seaux qui occupent la deuxième place et seulement 0,01 % pour les Mollusques terrestres qui occupent la dernière place. Le nombre de nématodes terricoles peut être considérable et atteindre le chiffre de 600 billions par hectare dans un terrain favorable. Les nématodes sont nombreux dans les sols riches en matière organique, à régime hydrique satisfaisant et à bonne structure, lesquels sont importants en maints endroits du pays. Comme les né matodes, les Oligochètes sont nombreux dans les sols riches en matière organique, STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 25 à régime hydrique satisfaisant et à bonne structure, lesquels sont nombreux dans les différentes régions du pays. Les Mollusques terrestres sont essentiel lement représentés par les limaces et les escargots des genres Achatina, Archacha tina et Limicolaria. Il existe parmi les mollusques terrestres, des espèces en démiques et des espèces pérégrines. Le nombre d’espèces ivoiriennes est relati vement limité et avoisine la trentaine. La faune des arachnides en Afrique tropi cale, comprend les scorpions, les tiques, les araignées et les acariens. 256 espèces ont été « recensées ». Celles-ci sont réparties en 37 familles dont la plus im portante est actuellement celle des tho misidae avec 30 genres et 41 espèces. La faune des myriapodes est représentée par 132 espèces que l’on regroupe en Symphiles, Chilopodes et Diplopodes. L’entomofaune terrestre ivoirienne com prend 5 574 espèces reparties entre 11 ordres. Les Coléoptères avec 2019 es pèces et les Lépidoptères avec 1547 es pèces sont les « plus abondants » dans le pays. La faune des batraciens comprend 144 espèces appartenant à 2 ordres, 6 fa milles et 22 genres 3 espèces sont endé miques (Phrynobatrachus plicatus, Bufo daniedae, et Kassina lamottei) et une es pèce (le crapaud vivipare du Mont nimba (Nectophrynoides occidentalis) menacée. On distingue 134 espèces réparties en 5 ordres, 21 familles et 70 genres. Le plus grand nombre d’espèces (99 espèces) est représenté dans le groupe des serpents, suivi par celui des lézards (22 espèces), le groupe des tortues (10 espèces) et en fin le groupe des crocodiles (3 espèces). L’avifaune signalée est composée de 737 espèces (21 ordres, 87 familles et 315 genres). L’ordre des passériformes est le plus important « avec » plus de 50% des familles et 45 % des espèces. Parmi ces oi seaux, 102 sont migrateurs paléarctiques, 38 migrateurs intra-africains ne se repro duisant pas en Côte d’Ivoire et 25 migra teurs intra-africains qui se reproduisent dans le pays pendant la saison sèche. La faune des mammifères comprend 230 espèces réparties entre 117 genres et 37 familles pour 12 ordres. La faune sauvage (14 ordres, 32 familles, 102 genres et 160 espèces) et la faune domestique (10 ordres, 10 familles, 13 genres et 18 espèces et sous-espèce). Neuf (9) espèces sont signalées endémiques et 26 espèces sont considérées comme rares ou menacées. L’ordre des rongeurs est le groupe le plus important avec 52 espèces. Concernant les organismes aquatiques, la diversité bactérienne est de 140 espèces locales représentatives de 9 phyllums sur les 15 phylums des Eubactéries. Par mi ces 9 phylums, les Omnibactéries et les Cyanobactéries représentent les plus grands phylums avec des proportions res pectives de 44% et 29%. Ils sont représen tés par 1898 espèces, 3 sous-espèces, 263 variétés et 29 formes d’algues, auxquelles il faut ajouter 113 espèces et 1 variété de Cyanophycées encore appelées Cyano bactéries ou « algues bleues ». Comme Protozoaire, il n’a été inventorié que 64 espèces pathogènes, ceci sans tenir compte d’espèces comme l’héma tozoaire du paludisme, le trypanosome de la maladie du sommeil. Cet inventaire ne prend pas non plus en compte les espèces comme la paramécie, la vorticelle, etc. Les végétaux aquatiques sont composés de 375 espèces réparties en 89 familles et 212 genres. Les monocotylédones com prennent 129 espèces et 14 familles, les dicotylédones sont composées de 166 espèces et 54 familles et enfin les Ptérido phytes comprennent 80 espèces et 8 fa ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 26 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 milles. La faune aquatique inventoriée est très diversifiée et comprend le zooplancton, les Annélides, les Brachiopodes, les Mol lusques, les Crustacés, les Poissons, les Mammifères, les reptiles, les amphibiens et les oiseaux. Le zooplancton comprend 328 espèces réparties entre 134 genres et 79 familles. Concernant les annélides polychètes, on enregistre 434 espèces pour 144 genres et 35 familles. Les annélides oligochètes sont riches de 12 espèces réparties entre 10 genres et 4 familles. Les invertébrés autres que les Brachiopodes, Mollusques et Arthropodes sont composés de 30 groupes zoologiques, mais seules les Annélides Polychètes ont fait l’objet d’inventaire taxinomique avec plus de 434 espèces en milieux marin et lagunaire. Les travaux réalisés ont permis d’inventorier une seule espèce de Brachiopode et 601 espèces de Mollusques. Parmi les mollusques, l’on distingue les Gastéropodes, les Bivalves, les Scaphopodes et les Céphalopodes dans les eaux douces, saumâtres et marines. Les Crustacés signalés sont subdivisés en 4 sous classes, 13 ordres pour 302 espèces regroupées au sein de 61 familles. Ces Crustacés se rencontrent dans les eaux douces, saumâtres et marines. Le nombre d’espèces de poissons recensés est de 501. Ces dernières se répartissent entre 3 classes, 33 ordres, 276 genres et 130 familles. Il existe par ailleurs, 166 espèces exclusivement marines contre 152 espèces en eaux douces et 19 espèces en eaux saumâtres. 76 espèces vivent à la fois dans ces deux derniers milieux. Le reste des espèces sont capables de vivre dans les trois milieux à la fois. 11 espèces dont (Oreochromis mossambicus, O. macrodir, O. hornorum, et Tilapia rendalli.) ont été introduites dans le cadre de la pisciculture ou du contrôle biologique. Les mammifères aquatiques sont re présentés par le lamantin (Trichechus senegalensis), les Loutres, les hyppopo tames (2 espèces) et les Cétacés ou les baleines avec une (1) famille, deux (2) genres et 33 espèces sont aussi signalées dans les eaux marines. Les amphibiens comprennent 11 genres, 17 espèces et 2 familles. Les reptiles aquatiques comptent 31 espèces. Enfin, les oiseaux enregistrent 165 espèces dont 35 espèces à statut particulier. La vie animale des zones humides présente des intérêts multiples en raison de sa grande diversité. Que ce soit en zones d’eaux douces, lagunaires ou d’estuaire, dans les marécages ouverts, la mangrove ou les forêts inondées, l’ensemble du règne animal y est bien représenté. La faune de ces milieux est constituée en particulier par des reptiles représentés par les sauriens (3 espèces), les tortues, les serpents, les oiseaux appartenant à des grandes familles telles les anatidés, les ardélites, les rallidés, les rapaces et divers limicoles, les poissons et les mammifères comme l’hippopotame nain (Choeropis liberiensis). STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 27 Organismes Organismes Graphe 1 : Nombre d’organismes aquatiques et terrestres inventoriés Graphe 2 : Evolution du nombre d’organismes inventoriés de 1998 à 2014 Les éléments constitutifs de la diversité biologique sont résumés dans les graphes 1 et 2. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 28 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 1.2.1.1. – Espèces endémiques L’endémisme est également fort remarquable. Ainsi, au niveau de la flore, Aké Assi (1994 et 1998) a recensé : 62 espèces endémiques ivoiriennes. Parmi celles-ci, on peut citer : An dropogon curvifolius (Poaceae), Cis sus touraensis (Vitaceae), Albertisia mangenotii Meni (spermaceae), Anthonotha sassandraensis (Caes alpiniaceae), Macaranga beillei (Eu phorbiaceae), Dorstenia embergeri (Moraceae), Mapania ivorensis (Cy peraceae) ; 470 espèces endémiques ouest africaines dont les suivantes : Mil lettiar hodantha (Papilionaceae), Moghania faginea (Papiliona ceae), Afzelia bella var gracilior (Caesalpiniaceae), Aeglopsis che valieri (Rutaceae), Drypetes aubre villei (Euphorbiaceae), Morinda geminata (Rubiaceae), Connarus thonningi (Connaraceae) Diospy ros heudelotii (Ebenaceae), Tilia cora dinklagei (Menispermaceae), Placodiscus bancoensis (Sapinda ceae) ; Plusieurs espèces sassandriennes (ou ultra sassandriennes)1 telles que : Afzelia bracteata (Caesalpiniaceae), Calpocalyx aubrevillei (Mimosaceae), Cassipourea nialatou (Rhizophora ceae), Hunteria simili (Apocynaceae), 1 Le terme « sassandrienne » a été utilisé par Mangenot (1956) pour désigner les espèces qui confèrent, aux forêts hygrophyles de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, un faciès particulier. Ces plantes, dont le fleuve Sassandra est la limite orientale moyenne, sont nombreuses et diverses quant à leur répartition. Si on étudie leurs aires d’extension au sein de la région forestière humide, dont elles ne sortent pas, on peut les classer en 5 groupes, dont trois ne se trouvent en Côte d’Ivoire que dans l’Ouest du pays. Dans cette région, le centre d’abondance maximale des sassandriennes est la basse vallée du Cavally, de Tabou à Taï, avec le massif collinéen de Grabo. Au delà, les espèces vont en se raréfiant, pour disparaître presque toutes sur la rive gauche du Sassandra. Hutchinsonia barbata (Rubiaceae), Inhambanella guereensis (Sapota ceae), Keayodendron bridelioides (Euphobiaceae). 1.2.1.2. - Espèces vulnérables, rares ou menacées d’extinction C’est un fait, la vulnérabilité de la faune et de la flore s’accroît de façon inquiétante. Au plan de la flore De 1960 à ce jour, 26 espèces de plantes vasculaires ont disparu ou ne se ren contrent, à présent, qu’exceptionnelle ment. 70 espèces sont en voie d’extinction ou devenues rares parce qu’elles sont su rexploitées ou parce que leurs sites, parti culiers, sont perturbés. C’est le cas de Alafia scandens, Anthostema senegalense, Chloro phora excelsa et Dioscorea lecardii. D’autres espèces rares ne sont représentées dans le pays que par quelques individus sur des sites épars. Ce sont, par exemple, Amor phophallus dracontioides, Cissus touraen sis, Hannoa undulata, Protea elliotii var. elliotii, etc. Une Cyanophycée comme Eu capsis alpina a été trouvée en abondance au Banco par Bourrelly (1961), alors que 30 ans plus tard elle ne figure plus dans les peuplements des plantes. Au plan de la faune : 82 espèces de faune sont inscrites dans les catégories des espèces menacées de l’UI CN, notamment les groupes des batraciens (1), des oiseaux (59) et des mammifères (22). Ce nombre est vraisemblablement plus important quand on sait que la faune terrestre est gravement menacée par les prélèvements excessifs et la destruction des habitats. Parmi les mollusques terrestres, seuls les escargots peuvent être considérés STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 29 comme en péril. Ils ne présentent pas d’adaptations spéciales et leur biotope est circonscrit à la forêt humide. En outre, leurs potentiels biologiques de reproduc tion, à l’exception de Achatina achatina, sont particulièrement faibles (Zongo et al. 1990). Les populations ou espèces de mollusques terrestres sont à leur limite de distribution dans les forêts denses ombro philes et mésophiles et la savane boisée du Centre du pays. Seule l’espèce A. fuli ca, d’introduction récente (1973-1974), a pu se disséminer au-delà de ces zones ; sa limite Nord se situe aujourd’hui à la hau teur du Centre de Recherches Fruitières de Latha (Korhogo). Selon les critères de l’UICN, ces espèces sont menacées car leur rythme d’exploitation est élevé et cela peut devenir alarmant à court terme. On peut donc considérer comme vulnérables les espèces locales des genres Achatina, Archachatina et Limax. Toutefois, aucun mollusque terrestre ne figure sur la liste rouge de l’UICN. Cela peut provenir de l’insuffisance de la documentation, les in formations disponibles étant trop limitées pour évaluer directement ou indirecte ment le risque d’extinction de ces espèces en fonction de leur distribution et/ou du statut de leurs populations. Pour les insectes, un certain nombre d’espèces peuvent être classées dans le groupe des espèces en péril, comme le Coléoptère Goliath (Goliathus regius) no tamment. Cette espèce, et bien d’autres, sont tellement convoitées par les collec tionneurs qu’elles risquent de disparaître de nos forêts et savanes. Quelques Lépi doptères entrent également sur cette liste. Pour les batraciens ou amphibiens, une seule espèce est considérée comme mena cée : Nectophynoides occidentalis, le cra paud vivipare du mont Nimba, qui est cité comme vulnérable, c’est-à-dire en déclin sur le territoire national ; le nombre dimi nuant progressivement (Grzimek, 1974 ; UICN, 1987, 1990). Concernant les oiseaux, il n’existe pas en core de données quantifiées. Il nous est donc difficile de signaler les espèces locales en péril car les seules listes de présence des espèces ne suffisent pas. Cependant, d’une façon générale, du fait des menaces qui pèsent sur leurs habitats, de nom breuses espèces sont ou seront, à court ou moyen terme, en péril. Il s’agit notam ment des espèces du sous-bois forestier dont les familles des Pycnonotidae, des Turdidae et Timaliidae sont assez repré sentatives. Pour ces mêmes raisons, de nombreuses espèces de rapaces forestiers de la famille des Accipitridae peuvent être considérées comme en péril. Leurs effec tifs ne sont pas connus à ce jour, même dans les formations comme le Parc Na tional de Taï qui semble assez bien étu dié. Les grands aigles sont vus de moins en moins dans nos forêts : Aigle huppard (Lophaetus occipitalis) ; Aigle blanchard (Stephanoetus coronatus) ; Aigle martial (Polemaetus bellicosus). La seule espèce d’Anatidae forestière en Côte-d’Ivoire, le Canard de Hartlaub (Pte ronetta harlaubii), est également proche de la menace (Green, 1996). La liste établie par l’UICN nous donne une idée des espèces menacées. Il est bien évident qu’au stade actuel de la défores tation et de la destruction des habitats naturels, de nombreuses autres espèces d’oiseaux sont actuellement menacées d’extinction. Beaucoup de ces espèces classées dans une catégorie de la liste de l’UICN mériteraient aujourd’hui d’être changées de catégorie. Le tableau dresse la liste des espèces d’oiseaux présentes sur la liste rouge de l’UICN selon Collar et Stuart (1985), et Collar et al. (1994). Il en ressort que 60 espèces d’oiseaux sont me ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 30 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 nacées ou proches de la menace d’extinc tion selon les critères de l’UICN. Pour les mammifères, l’UICN signale 232 espèces de mammifères dont 26 sont considérées comme rares ou menacées à l’échelle mondiale ou nationale. Il s’agit pour les petits Mammifères de Côte d’Ivoire (UICN, 1990) de : Micropotamogale (Micro potamogale lamottei) ; Crocidure (Crocidur nimbae) et Crocidure (Crocidur zimmer manni). De plus, d’autres espèces de cro cidure de la basse Côte d’Ivoire sont consi dérées comme rares. Il s’agit de Crocidura douceti ; Crocidura dolichura muricauda et de Sylvisorex megalura. Enfin, Parmi les 77 espèces de grands mammifères recensées, 19 sont considérées comme rares. 1.2.1.3. - Espèces migratrices Les oiseaux migrateurs comprennent 102 migrateurs paléarctiques, 38 migrateurs intra-africains ne se reproduisant pas en Côte d’Ivoire et 25 migrateurs intra africains qui s’y reproduisent au cours de la saison sèche (Payne, 1982 ; Thiollay, 1985 ; Eccles, 1985 ; Walsh, 1986 ; Demey, 1986 ; Checke, 1987 ; Holyoak, 1990 ; Demey et Fishpool, 1991 ; Fishpool et Demey 1991 ; Walsh, 1991 ; Checke et Fishpool, 1992 ; Cable, 1994, et, Williams, 1997). 1.2.1.4. - Espèces CITES Plusieurs végétaux et animaux de la Côte d’Ivoire sont rencontrés sur la liste CITES (Cycas revoluta, Euphorbia spp. etc. et Varanus spp., Chamaeleo spp, Python spp, Crocodylus cataphractus et Crocody lus niloticus, Gyps africanus, Cercopithe cus spp., Heterobranchus spp., Laxodonta africana, Laxodonta cyclotis etc.). 1.2.2. - Diversité génétique La diversité génétique est le résultat d’un double brassage des gènes lors de la re production sexuée au moment de la for mation des gamètes et au moment de la fécondation. Cette double loterie au sein de l’espèce fait que chaque individu est unique. Spécifiquement en Côte d’Ivoire, c’est le patrimoine génétique des espèces ou des races d’élevage et de variétés culti vées ou plantées qui a été le plus étudié. 1.2.2.1. - Ressources végétales 1.2.2.1.1. - Cultures industrielles Le patrimoine génétique le plus connu est particulièrement celui des plantes industrielles. Le cacaoyer (Theobroma spp) Sept (7) hybrides hauts producteurs de cacao avec un rendement de 2,5 à 3 tonnes/ha et aptes à la culture à haute densité ont été créés. Six (6) de ces hybrides sont en confirmation. Ces hybrides se caractérisent par leur résistance à la pourriture brune et aux mirides. Par ailleurs, les recherches sur le cacao ont abouti à des avancées scienti fiques notables. En effet, selon le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), la collection s’est enrichie de 214 nouveaux génotypes issus du 1er cycle de sélection récurrente et réciproque et de 743 descendances libres issues de pros pection en milieu paysan. Des produits de cette prospection, 64 clones prometteurs, ont été identifiés. Le caféier (Coffea spp) En ce concerne le programme café, deux (2) nouveaux hybrides de caféier ayant un potentiel de production supérieure à 2,5 t/ha ont été mis au point. En outre, 175 nouvelles descendances hybrides de caféier Canephora sont en cours d’éva luation et 36 clones à haut potentiel de production ont été sélectionnés pour une STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 31 confirmation multilocale et 6 nouveaux hybrides de caféier Arabusta avec une production moyenne de 1400 kg de café marchand par ha/an, en condition de sta tion, ont été sélectionnés. Le cotonnier (Gossypium spp) Les activités du Programme Coton ont été réorientées vers la reconstitution des ressources génétiques perdues durant la crise de septembre 2002. Ainsi, 82 géno types ont été régénérés, 600 souches de cotonnier à gossypol, 191 de cotonnier glandless et 79 lignées de coton glandless ont été obtenues. L’hévéa (Hevea spp) Les acquis majeurs du Programme Hévéa concernent la sélection des 13 clones hauts producteurs dont 6 sont résistants à l’encoche sèche et 4 à la casse due au vent. Ces clones ont une production supérieure de 25% à 30% à celle du clone GT1 (clone de référence). Au niveau de la défense des cultures, la carte sanitaire des infestations de Fomès et de Lorantaceae dans le domaine hévéicole national a été réalisée. La sensibilité au chancre du clone PB 260 et de sa descendance a été confirmée ; ce qui disqualifie l’utilisation de ce clone comme porte-greffe. 1.2.2.1.2. Cultures vivrières Domiciliées essentiellement dans les zones Centre-Nord-Ouest, les cultures vivrières ont été particulièrement affec tées par la crise de septembre 2002. En effet, les ressources génétiques qui y étaient conservées ont été toutes dé truites. Au cours de la période 2004-2007, un accent particulier a été mis sur leur reconstitution. Au terme de cette pé riode, d’importantes accessions ont été faites : riz (Oryza spp : 600), de maïs (Zea mays : 178), de mil (Pennisetum spp : 44), de sorgho (Sorghum spp : 82), d’igname (Discorea spp : 300), de manioc (Manihot spp : 300) et de cultures maraîchères et protéagineuses (200) ont été collectées. Celles-ci sont en cours de caractérisation agro-morphologique et moléculaire. Par ailleurs, d’autres activités réalisées ont donné d’importants résultats. Il s’agit, par exemple, de l’identification de cinq (5) génotypes de riz irrigué résistants à la panachure jaune à Diégonéfla et à Gagnoa ; ainsi que de la mise au point d’une méthode d’évaluation au champ des variétés de riz pour la résistance à la pyriculariose du cou. Il s’agit également de l’introduction de trois (3) variétés de maïs riches en protéines et de la mise au point d’une méthode rapide de multiplication du manioc par recépage. Cette méthode est en cours de diffusion. On note également la caractérisation des légumes feuilles et les maraîchers produits en zones urbaine et périurbaine. Chez le maïs (Zea mays), on note la mise au point d’une méthode de lutte intégrée contre Striga hermonthica. Pour la banane (Musa spp), il s’est agi de la cartographie des infestations de Cercosporiose et une recommandation de stratégies de lutte chimique contre les pathogènes. 1.2.2.2. - Ressources animales Dans ce domaine, les innovations technologiques sont moins développées ou mal connues à l’heure actuelle. C’est surtout chez les Bovins (Bovinus sp) que cinq (5) types de phénotypes ont été identifiés dans les fermes de Bouaké et de Korhogo: le N’Dama, le Boualé, le Zébu, le Méré et le Métis (animaux reconnus comme étant des croisés de races parentales inconnus). Une enquête menée par Sokouri et al., ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 32 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 (2007) dans les régions de Bouaké et de Korhogo a permis d’indiquer le nom du type phénotypique. Les descripteurs qui permettent d’identifier au mieux ces différents types de bovins sont la présence/absence de bosse, la couleur de la robe, le périmètre thoracique et la hauteur au garrot. Malgré le métissage qui s’exerce sur elles, les races taurines (N’Dama et Baoulé) présentent des populations homogènes et STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 33 stables. Le Méré présente une population homogène dans la région de Korhogo et semble être un type phénotypique bien fixé avec 83% d’animaux bien classés. 2.1. - Service d’approvisionnement Rares sont les études consacrées à la valeur de la diversité biologique ou aux services que rendent les écosystèmes. Cependant, quelques informations éparses permettent de rendre compte de la contribution ex ceptionnelle de la diversité biologique et des écosystèmes au bien-être des popu lations. Ces informations révèlent notam ment l’importance cruciale des services d’approvisionnement. Le service d’approvisionnement atteint l’ensemble du pays grâce au commerce mais il est incontournable aux environs des aires protégées, des ilots forestiers et des forêts non ou peu dégradées. Il est assuré par la flore et la faune en général. Le bois d’œuvre et de service Environ 60 essences forestières sont ex ploitées à des fins commerciales ou de service avant ou après transformation. Les principales essences de plantes supé rieures se répartissent selon des familles dont les plus riches en espèces commer ciales sont, par ordre décroissant : Caes alpiniaceae (13), Sterculiaceae (9), Melia ceae (9), Mimosaceae (5), Sapotaceae (5), Moraceae (4), Ulmaceae (4), Bombacaceae (3), Combretaceae (2), Burseraceae (2), Ru biaceae (2), Myrstiaceae (1), Ochnaceae (1), Anacardiaceae (1), Poaceae (1) et Chry sobalanaceae (1). Enfin, le bois d’œuvre est essentiellement exploité dans la région si tuée en dessous du 8ème parallèle. Le bois de service est exploité sur l’ensemble du pays et utilisé aussi bien en ville qu’à la campagne. Les plantes médicinales Environ 1.500 espèces ont été répertoriées ou recensées. Les organes de plantes uti lisés en médecine traditionnelle ou phar macopée traditionnelle pour soulager, guérir ou prévenir de nombreuses mala dies sont très variés. Parmi les organes les plus sollicités par les populations rurales, l’on peut citer les feuilles, les tiges, les racines, les écorces, les fruits et les fleurs. Certains usages nécessitent le recours à la plante entière. Plantes alimentaires de cueillette L’inventaire taxinomique des plantes alimentaires de cueillette a permis de dé nombrer 120 taxons (Aké Assi, 1994 et 1998). Ces espèces sont consommées sous diverses formes : condiments, épices pour les sauces, légumes, épinards, friandises, boissons diurétiques, boissons alcoolisées et production d’eau potable. Les organes consommés frais ou secs sont utilisés dif féremment selon le type de plante. Il s’agit essentiellement des fruits, des feuilles, des bourgeons, des graines, des rhizomes, des tubercules et des fleurs. Les plus com munes et bien connues sont : Adansonia digitata (Baobab), Ceiba pentandra (Fro mager), Irvingia gabonensis (Boborou ou Kplé en Guéré), Hibiscus sabdariffa (Da), Lipia multiflora (Thé de Gambie), Myrian thus arboreus (Grand Wounian ou Tikriti 2. SERVICES FOURNIS PAR LES ÉCOSYSTEMES ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 34 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 en Bété), Piper guineense (Poivre noir), Ricinodendron heudelotii (Eho ou Akpi), Zingiber officinale (Gingembre). Plantes à divers autres usages tradition nels La flore ivoirienne renferme environ 367 es pèces servant dans divers autres domaines d’activités traditionnelles. Ainsi, ces taxons sont utilisés dans les constructions des habi tats traditionnels, dans l’artisanat, la chasse et la pêche par piège et/ou par poison obte nus à partir d’extrait d’organes végétaux, la cosmétique, les bois de chauffe, les jeux, etc. Ce sont les espèces telles que : Aeolanthus pubescens (Lamiaceae), Afraegle paniculata (Rubiaceae), Elaeis guineensis (Arecaceae), Elaeophorbia grandifolia (Euphorbiaceae), Calpocalyx aubrevillei (Mimosaceae), Ca lycobolus africanus (Mimosaceae), Grewia mollis (Tiliaceae), Guarea cedrata (Melia ceae), Heisteria parvifolia (Olacaceae), Hi biscus owariensis (Malvaceae), Parkia bi globosa (Mimosaceae) et Phoenix reclinata (Arecaceae). Plantes ornementales L’inventaire taxinomique des plantes ornementales, d’après Emma Aké-Assi (1997), a permis de recenser 147 taxons. Parmi ceux-ci, l’on peut citer : Syngonium podophyllum (Araceae) ; Thunbergia lau rifolia (Acanthaceae) ; Pinus caribaea (Piniaceae) ; Bougainvillea glabra (Nycta ginaceae) ; Bixa orellana (Bixaceae) ; Ixora javanica (Rubiaceae) ; Encephalartos bar teri (Cycadaceae) ; Vanda teres (Orchida ceae) ; Cajanus cajan (Papilionaceae). Ces plantes sont réparties dans plus de 60 familles. Viande de brousse et commerce d’ani maux La chasse est une activité liée à la faune. On estime, selon une étude de la filière « viande de brousse » réalisée pour le compte de la Banque Mondiale, à 36,5 millions, soit à 120.000 tonnes équivalent-carcasse, le nombre de mammifères sauvages abat tus en 1996. 56% des animaux sont abat tus en zone de savane, 25% sont des pe tits mammifères, notamment l’écureuil et l’aulacode. Ainsi, les mammifères les plus exposés à la chasse et au braconnage sont : les aulacodes, les pangolins, les athérures, les porcs-épics, les phacochères, les petites biches, les grandes biches, les civettes, les mangoustes, les écureuils et les singes. Un autre motif de prélèvement, moins bien connu, est le commerce des espèces d’oiseaux. A côté du commerce légal d’oiseaux, il existe malheureusement un trafic illégal. On connaît mal l’ampleur du commerce illégal des oiseaux sauvages. Toutefois, l’on relève qu’il s’agit d’un mar ché juteux qui ne profite qu’aux seuls exportateurs. L’avifaune la plus exposée aux prélèvements anarchiques est la sui vante : Francolinus bicalacarus, Numida melecegris, Trenon australis, Psittacus erytacus, Poicephalus senegalus, Psitta cula krameri, Touraco macrorhynchus, Estrilla melpoda, Ploceus cuculatus, Vidva macroura, Cuttera pucherani et Ciconia episcopus. Produits forestiers non ligneux Les champignons comestibles décrits sont très appréciés dans l’alimentation. Ils constituent un apport supplémentaire d’éléments minéraux, de vitamines et, plus particulièrement, de protéines, notamment dans les pays en voie de développement où le déficit protéique est plus marqué. Les champignons du genre Termitomyces sont vendus sur les marchés dès les premières pluies de l’année, après la saison sèche. Volvariella volvacea, encore appelée champignon des palmiers, est très recherchée. Psathyrella STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 35 effluorescens est vendue surtout séchée sur les marchés. De nombreux mollusques font l’objet d’un commerce national et international très flo rissant. En plus de nombreux mollusques aquatiques, on peut citer les mollusques ter restres suivants : Helix pomatica (ou escargot de Bourgogne), Helix aspersa (ou petit-gris), Helix lucorum, Achatina fulica (Adja N’Gues san), Achatina achatina (gros-rouge) et Ar chachatina sp. (gros-noir). L’escargot repré sente 68% des viandes de gibier consommées à Abidjan contre 26% dans les autres villes. La contribution de l’escargot dans les quantités de gibier consommées par habitant et par an est de 37% et 12% respectivement en milieu urbain et en milieu rural. 2. 2. Service de régulation Dans le débat actuel sur le réchauffement planétaire provoqué par les GES dont le dioxyde de carbone est le principal, la forêt focalise l’attention internationale du fait de son rôle déterminant grâce à la photo synthèse. Birdlife International, en collabo ration avec l’ONG SOS Forêts, a initié une étude dans l’arboretum du Centre National de Floristique (CNF), forêt artificielle créée en 1973 par le Prof. Aké-Assi Laurent. L’ob jectif est de montrer le rôle écologique joué par ce site, situé en milieu urbain, dans le processus de la lutte contre les réchauffe ments climatiques. Les résultats de l’étude2 indiquent que l’ar boretum du CNF est riche de 445 espèces floristiques dont 77 sont à statut particu lier (endémisme, rareté ou menace d’ex tinction). La densité des arbres de plus de 10 cm de diamètre à hauteur de poitrine est de 175 tiges correspondant à une aire basale de 24,07 m2. Quarante-un (41) ans après sa création, le 2 Source : Kouamé Akissi Paule Sandrine, 2013. Diversité végé tale et estimation de la Biomasse dans l’arboretum du Centre National de Floristique (Abidjan, Côte d’IVoire). Mémoire de DEA, Université Félix Houphouët-Boigny, 66 p. stock de carbone total dans l’ensemble des tiges des espèces d’arbres du CNF est de 189,67 tC/ha. Selon leur diamètre, chaque arbre permet de stocker jusqu’à 18,9 Kg de carbone. Le coût financier total du taux de dioxyde de carbone séquestré varie de 3546,89 à 16 552,2 euros, soit de 2.305.478 FCFA à 10.758 930 FCFA, selon les marchés de carbone. Ce centre joue donc un rôle à la fois de conservation de la diversité bio logique et d’atténuation des effets des ré chauffements climatiques en Côte d’Ivoire. L’eau est source de vie. Les populations l’utilisent pour leurs besoins alimentaires, sanitaires, agricoles, énergétiques, cultu rels quotidiens et dans bien d’autres do maines aussi importants les uns que les autres. Cette eau provient des rivières, des fleuves, des lacs, des nappes phréa tiques mais aussi des pluies. Notons que la couverture végétale et le boisement jouent également un rôle primordial dans la fourniture de l’eau. Non seulement ils en assurent la protection des bassins ver sants mais également la régulation en limitant le dessèchement qui aboutit à la réduction des réserves en eau. 2.3. Autres services rendus par les écosystèmes Peu d’études ont été conduites pour ap précier les autres services rendus par les écosystèmes. Mais, il est connu que le Parc National du Banco permet aux popu lations de mener les activités suivantes : pique-nique, promenade, observation de la flore et de la faune, pratique du sport, cérémonie spirituelle, clip vidéo, etc. Ces activités que l’on peut retrouver dans la plupart des écosystèmes rendent des ser vices éminemment culturels. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 36 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Raisons de la visite Fréquences (%) Pique-nique 6 Pique-nique, promenade, observation des arbres et des animaux 2 Promenade, observation des arbres et des animaux 15 Observation des arbres et des animaux 2 Pique-nique, pratique de sport 24 Pique-nique, observation des arbres et de la flore 1 Promenade, observation des animaux 4 Promenade, cérémonie spirituelle 1 Promenade 1 Clip vidéo 8 Cérémonie spirituelle, camp de scout 1 Cérémonie spirituelle 1 Observation des animaux 2 Observation des arbres et de la flore 11 Camp scout 14 Pique-nique, promenade 6 Source : Lauginie, F., 2007 Tableau 1 : Raisons des visites du Parc national du Banco STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 37 3.1. Menaces naturelles 3.1.1. Changement climatique Le changement climatique provoque le réchauffement de la planète et la baisse des précipitations, l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière et les catastrophes naturelles. Cette perte de terrain déjà due au phénomène naturel d’érosion et aux effets néfastes des houles exceptionnelles sur la côte augmente considérablement avec l’élévation du niveau de la mer. Le changement climatique menace la survie de certaines espèces, notamment celles peu tolérantes aux variations durables de la température. 3.1.2. Espèces exotiques envahissantes Phénomène ignoré, la problématique des espèces exotiques est apparue préoccu pante depuis l’envahissement, des lacs et des lagunes du pays par trois espèces de végétaux aquatiques exotiques : la jacinthe d’eau (Eicchornia crassipes, Pontedriaceae), la fougère d’eau (Salvinia molesta, Salvinia ceae) et les laitues d’eau (Pistia stratiotes, Araceae). Aujourd’hui, les botanistes sus pectent qu’il existe au moins 16 espèces végétales exotiques envahissantes. Des mol lusques gastéropodes, des insectes diptères hématophages et des odonates sont égale ment suspectés d’envahissement. Toutes ces espèces modifient le fonctionnement écolo gique des écosystèmes dans lesquels elles sont introduites. 3.1.3. Epizooties Les épizooties causent beaucoup de dégâts chez les mammifères. Ce fut le cas en 1995 avec la Peste Porcine Africaine qui a décimé le cheptel porcin ivoirien. Des mesures d’en diguement très coûteuses ont été prises par le gouvernement : dédommagement des éleveurs, élimination des sujets malades, etc. 3.2. Menaces anthropiques 3.2.1 Surexploitation et prélèvements frauduleux des ressources biolo giques Le braconnage, la surpêche et l’exploita tion forestière incontrôlée sont les trois composantes de la surexploitation géné ralisée des ressources biologiques utiles à la satisfaction de besoins quotidiens et au besoin du commerce à l’échelle nationale ou internationale. Braconnage Le braconnage est l’un des fléaux (sinon le plus important) qui déciment la faune ivoi rienne. Il constitue également un obstacle majeur à toute étude sérieuse de suivi des différentes populations animales. Ce fléau concerne les grands mammifères dans leur ensemble. La chasse est fermée en Côte d’Ivoire depuis 1974. Malgré cette interdiction générale, le trafic de viande de gibier et celui de l’ivoire restent floris sants. Paradoxalement, les cartoucheries sont autorisées dans le pays et il est facile de trouver de la viande de gibier dans de nombreuses gargotes (maquis) du pays. 3. MENACES ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 38 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Aujourd’hui, avec les difficultés financières que connaît le paysan, la chasse tradition nelle est devenue une source de revenus. Les moyens utilisés vont des armes artisa nales (flèches, arcs à flèches, lances, filets, etc.), des fosses aux produits toxiques et aux fusils de calibre 12. La faune sauvage intervient aussi dans la médecine traditionnelle. En effet, certains animaux sont réputés avoir des vertus médicinales. Ainsi : les piquants et la queue du porc-épic (Hystrix cristata) in terviennent dans le traitement des maux d’oreille ; les poils de l’aulacode (Thryo nomys swinderianus) réduits en cendre sont utilisés comme remède contre les piqûres d’in sectes et d’épines d’arbres ; la peau de l’écureuil fouisseur (Xerus erythropus) réduite en cendre et mélangée avec du beurre de karité sert de remède contre les maux d’yeux ; la chair du lièvre (Lepus sp.) intervient dans la fabrication de certains remèdes contre le paludisme. Le braconnage commercial est pratiqué comme une activité professionnelle par certains chasseurs dont il est la source principale de revenus. Les moyens utilisés sont les armes automatiques de petite et de grande chasses et même des armes de guerre. La demande en animaux sauvages exo tiques est croissante. Certaines espèces sont plus demandées que d’autres : singes, céphalophes, etc. Le commerce de la faune sauvage étant réglementé par la convention de Washington (CITES), des réseaux clandestins illégaux se sont déve loppés. Surpêche Il existe très peu de références bibliogra phiques faisant état, avec une certitude incontestable, de l’impact de la surpêche sur l’érosion de la diversité biologique aquatique. Toutefois, l’analyse des cap tures de la pêche industrielle depuis 1986 révèle une tendance à la baisse, en parti culier pour les chalutiers et les sardiniers. Ainsi, les captures qui étaient évaluées à 11 tonnes et 20 tonnes par marée respec tivement pour les chalutiers et les sardi niers sont de 7 tonnes en 1995. En outre, les captures de crevettes ont atteint des niveaux si bas que les crevettières pêchent désormais plus de poissons que de crevettes. Exploitation forestière L’exploitation forestière à des fins de pro duction de bois d’œuvre est une activité ancienne dont les origines sont précolo niales. Après l’indépendance, cette ac tivité s’est poursuivie à un rythme sou tenu non seulement pour alimenter une industrie locale de transformation de bois, mais aussi en vue de l’exportation de bois d’œuvre. L’une des conséquences majeures de cette exploitation non du rable, aggravant les impacts des défriche ments, est l’appauvrissement des forêts. Ainsi, la forêt qui couvrait une superfi cie de 12 millions d’hectares en 1960 ne s’étend aujourd’hui que sur environ trois millions d’hectares. Avant 1960, la forêt occupait 46% de la superficie du pays ; elle s’étendait sur tout le Sud, l’Ouest et la partie médiane du pays. La fiscalité forestière et le régime de propriété ont longtemps été considérés comme STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 39 favorisant l’exploitation ‘’minière’’ de la ressource. 3.2.2. Destruction des habitats La destruction des habitats est générale ment imputable à l’agriculture, au déve loppement urbain et à la pollution. Elle a des conséquences extrêmement graves sur la diversité biologique. Par exemple, la disparition des blocs forestiers est à l’ori gine de la quasi-disparition de certaines Bryophytes, plantes ombrophiles. Ainsi, la seule station de la Côte d’Ivoire où était récoltée, Sphagnum sp, une forêt maréca geuse près d’Abouabou a été détruite en 1977. Ce taxon a probablement disparu du territoire national. Agriculture Caractérisée par une faible technicité et liée en grande partie au système de culture itinérante sur brûlis, la croissance de la production agricole traditionnelle s’est poursuivie au prix d’un déboisement particulièrement rapide. Le développe ment de l’agriculture d’exportation a été d’autant plus dommageable à la diver sité biologique qu’elle s’est faite essen tiellement au Sud, aire d’extension des écosystèmes forestiers dont la richesse biologique est connue. En effet, bien que seulement 6,5 millions d’hectares soient cultivés sur un potentiel de 17 millions d’hectares cultivables, la surface agricole exploitée est inégalement répartie entre le Sud et le Nord du pays. La majorité des cultures d’exportation (café, cacao, hévéa, ananas, palmier à huile) est située dans le Sud qui regroupe 65% des exploitations. Dans cette région, les cultures vivrières ne couvrent que 25% de la surface. Selon le plan de reboisement 2015-2025 de la SODEFOR, sur les 2 500 000hectares de forêts classées de la zone forestière (sud), environ 1200 000 hectares (soit 40-50% sont dégradés et se présentent sous forme de cultures, de jachères, et de mosaïques culture-forêt. Développement urbain Phénomène modeste au début des années 1960, l’urbanisation est désormais une donnée particulièrement sensible de toute stratégie nationale de développe ment sectoriel ou global. En effet, essen tiellement rurale il y a 30 ans, la société ivoirienne s’urbanise à un rythme soutenu. Aujourd’hui, le poids des villes s’apprécie aussi bien au niveau de la structuration de l’espace qu’en matière économique, social et politique. L’expansion des agglo mérations urbaines, notamment la crois sance démographique, l’occupation accrue de l’espace et le développement des acti vités économiques (Industrie, Commerce, Artisanat, Secteur Informel) ont un impact négatif sur la conservation de la diver sité biologique car, la dynamique la plus marquée du développement urbain a été observée en zone forestière et, plus parti culièrement, sur la frange littorale. Pollution L’insuffisance du drainage, de l’assainisse ment, de la collecte et du traitement des déchets (polluants) qui sont rejetés en mer ou en lagune constitue le principal problème des centres urbains et, particu lièrement, de la ville d’Abidjan. Au niveau des eaux continentales, les pollutions sont d’origine agricole. Ce processus de dégra dation des milieux aquatiques est accen tué par le développement des industries, la forte croissance démographique, la pauvreté et l’insuffisance de moyens d’en tretien des lieux d’habitation. D’après les statistiques, 25% des pesticides utilisés en agriculture se retrouvent dans les milieux aquatiques. Il faut ajouter à cela les produits de traitement des grumes desti ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 40 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 nées à l’exportation, le traitement direct des eaux par les insecticides et les her bicides, le déversement des solvants de dégraissage et de nettoyage, la pêche par empoisonnement, les fuites accidentelles des usines, les huiles de vidange, les eaux de déballastage, etc. 3.2.3 - Causes structurelles Les causes structurelles sont les suivantes ; la pauvreté, la non perception de l’im portance de la diversité biologique et la faiblesse des capacités conceptuelles et opérationnelles. Pauvreté La période 1998 – 2008 est caractérisée par un accroissement de la proportion de pauvres. Ainsi, on est passé de 33.6% à 48.9%, soit plus de la moitié de la popu lation affectée par la pauvreté. L’essentiel des ménages vit en milieu rural, soit 3 per sonnes sur 4. Or il est reconnu aujourd’hui que les pauvres dépendent plus que tout autre groupe social de la manne de la na ture. Ils prélèvent dans la nature l’essentiel des produits nécessaires à la satisfaction de leurs besoins quotidiens. A cet égard, ils enfreignent la loi, voire les interdits tradi tionnels dans les cas extrêmes, sans sour ciller car il s’agit de survie. La pauvreté de meure donc un obstacle face aux efforts de sauvegarde de la diversité biologique. Non-perception de l’importance de la diversité biologique A l’exception des valeurs attribuées par la cosmogonie, la seule valeur accordée à la diversité biologique est celle de son exis tence. Ainsi, selon certains, la diversité biologique est un don des dieux qui pour voient à son renouvellement. En outre, pour beaucoup, les ressources vivantes ont capacité inépuisable de renouvelle ment et l’influence de l’homme sur elles est minorée, voire ignorée. La conséquence en est l’idée qu’il n’est pas nécessaire de réguler l’accès à ces ressources gratuites dont on peut user à volonté. En cas de dif ficultés de renouvellement des ressources pour diverses raisons, les sacrificats et gardiens des traditions pourraient implo rer la clémence des cieux. Faiblesses des capacités conceptuelles et opérationnelles La sauvegarde de la diversité biologique repose sur l’implication de nombreuses institutions. Certaines ont cette mission comme vocation propre (OIPR, DEPN, SODEFOR). D’autres y contribuent indirec tement ou substantiellement (institutions de recherche, institutions chargées des études d’impact, juridictions, organismes de planification, etc.). Seule la conver gence des efforts peut conduire à inverser la tendance à l’érosion de la diversité bio logique. Cependant, l’on observe que la capacité de ces structures à s’acquitter de leur mandat est un défi quasi chronique depuis au moins une décennie. Les moyens matériels sont souvent cités, avec raison, comme un besoin critique. Cependant, les ressources humaines sont probablement le handicap le plus névral gique. Ainsi, on peut se retrouver dans la situation fort cocasse où les hommes ne sont pas en mesure d’utiliser efficace ment le matériel performant mis à leur disposition. Le besoin en formation est général, mais les attentes sont spécifiques en fonction des secteurs d’activités. 3.2.4. Perte des connaissances, des pra tiques traditionnelles et culturelles La connaissance du passé contribue à la compréhension du présent et fournit des outils de prédiction pour le futur. Les STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 41 arbres sacrés, les rivières sacrées, les fo rêts sacrées, les coutumes de réglemen tation de l’utilisation de la diversité biolo gique concourent à la préservation de la diversité biologique. Les mesures de sauvegarde prises par la Côte d’Ivoire se situent au plan réglemen taire et institutionnel, au niveau des pro grammes et plans. Le réseau d’aires proté gées demeure l’élément clé du dispositif national de conservation. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 42 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 4.1. Sur le plan réglementaire et institutionnel Pour faire face aux menaces surtout d’ori gine humaine, il a été créé la Direction de la Faune, la Direction de la Protection de la Nature (arrêté n° 150 du 25 juin 1991), la Société de Développement des Forêts SODEFOR (arrêté n° 33/MINAGRA du 13/02/1992), l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves – OIPR (Décret n° 3002-359 du 24 juillet 2002), le Centre National de Floris tique (décret n° 73 347 du 11 juillet 1973). Depuis 1996, le code de l’environnement et le code de l’eau ainsi que les textes qui en sont issus exigent des études d’impact environnemental pour tout projet touchant les aires protégées. Les ministères ivoi riens chargés de la Recherche Scientifique et de l’Agriculture ont créé deux grands Instituts: l’Institut des Forêts (IDEFOR) qui est chargé des ressources phytogé nétiques des régions forestières (Sud du pays) et l’Institut des Savanes (IDESSA) qui s’occupe des ressources des zones de savane (Centre et Nord). Aujourd’hui, ces deux structures sont rassemblées au sein du Centre National de Recherche Agrono mique (CNRA). On enregistre également la création des Universités de Cocody, devenue Université Félix Houphouët Boi gny, et d’Abobo-Adjamé, devenue Univer sité Nangui Abrogoua, ainsi que l’INP-HB. Outre tout ce qui précède, l’on note éga lement la signature et/ou la ratification de conventions : le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction (CITES, mars 1973, adhésion en novembre 1994) ; la conserva tion des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (Convention de Bonn, juin 1979, ratification en août 2000) ; la diversité biologique (Convention de Rio, 1992, signature en 1992 et adhésion en novembre 1994). Un cadre institutionnel se met en place et la réglementation est en voie d’achèvement. 4.2. Sur le plan des programmes et plans Les différents objectifs des axes straté giques ont été incorporés dans le Plan Na tional d’Action Environnemental (PNAE), le Plan Directeur Forestier, le Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées, les programmes de recherches du CNF, la Monographie nationale sur la diversi té biologique et la stratégie nationale de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique. Différents cadres programmatiques abor dent partiellement ou indirectement les enjeux de sauvegarde de la diversité biolo gique. Ainsi, le Plan National de Dévelop pement met l’accent sur la finalisation de la stratégie et du plan d’action nationaux pour la diversité biologique. Le document aborde la sauvegarde de la diversité biolo gique comme une problématique centrale (Cf. priorité 1 et 2). Le profil environnemental pays, com mandé par la Banque Mondiale, inscrit la sauvegarde de la diversité biologique au nombre des priorités critiques. L’accent y est également mis sur les aires protégées. Le même document recommande la mise en place d’un dispositif de compensation écologique. 4. MESURES DE SAUVEGARDE DE LA DIVERSITÉ BIOLOGIQUE STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 43 La Stratégie d’intervention pays (DSP 2013 2017) de la BAD mentionne que l’envi ronnement est l’un des principaux points de dialogue dans le cadre du DSP 2013 2017. Dans ce cadre, les enjeux de diversi té biologique sont pertinents par rapport à deux piliers stratégiques dudit DSP, à sa voir : i) Pilier 1, à travers le soutien à la ré insertion sociale et économique durable, des jeunes, des femmes et des régions qui ont souffert des conflits ; ii) Pilier 2, en vue de l’obtention du résultat 4 intitu lé « le secteur agricole est performant et contribue à réduire l’extrême pauvreté ». Des écosystèmes en bonne santé four nissent des services indispensables à une agriculture dynamique qui est source d’emplois et de revenus pour les femmes et les jeunes ; le projet contribuera à préserver les fonctions écologiques indis pensables au développement de l’agricul ture. 4.3. Sur le plan du dispositif de conservation La conservation des ressources reposent sur les aires protégées, les forêts classées et les collections ex situ. Aires protégées Depuis 1926, l’Etat a constitué un réseau d’aires protégées sur tout le territoire national. On dénombre 231 forêts classées qui couvrent une superficie de 4 198 000 ha, 8 parcs nationaux d’une superficie totale de 1.732.100 hectares, 6 réserves naturelles d’une superficie de 339.630 hectares et 16 réserves botaniques d’une superficie totale de 198.418 hectares (cf Carte SODEFOR : forêts classées par zone phytogéographiques et tableau 2 : Caractéristiques des parcs nationaux et réserves analogues). Ces espaces permettent la protection de la faune et de la flore terrestre comme aqua tique. Ainsi, certaines aires protégées in cluent des milieux aquatiques, notamment le Parc National du Banco, le Parc National de la Marahoué, le Parc National de la Co moé, le Parc National des îles Ehotilés, le Parc National d’Azagny, le Parc National de Taï et la réserve du Haut-Bandama. Les inventaires effectués à travers le ter ritoire ont permis de confirmer le rôle éminent de ces sites privilégiés de conser vation in situ. Ainsi, s’agissant des végé taux, on peut relever les sites suivants : Bryophytes : on les trouve au Mont Niénokoué (5 espèces), dans la forêt du Banco (19 espèces), au Mont Tonkoui (17 espèces), dans le Parc National de Taï (5 espèces) et dans la forêt de Besso (1 espèce) ; Filicinophytes ou Ptéridophytes : les biotopes les plus cités sont : le Mont Tonkoui (28 espèces), la forêt du Banco (20 espèces), la forêt d’Adiopodoumé (6 espèces), le Parc National de Taï (5 espèces) et le Mont Oroumbo Boka (8 espèces) ; Champignons supérieurs : les Ins titutions de conservation des 167 espèces de Champignons supérieurs répertoriés sont : le Parc National de Taï (64%), le Parc National du Banco (23%), le Parc National d’Aza gny (13%), la forêt classée de la Besso (90%), la forêt classée d’An guédédou (3% ), la réserve de Yapo (7%) et le domaine rural (62%). Forêts classées Il est prévu dans l’aménagement des forêts classées, des zones de protection en vue de sauvegarder la diversité biologique. Mais moins de la moitié de ces forêts ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 44 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 disposent d’un plan d’aménagement. Pour celles qui en disposent, les plans sont très vite dépassés en raison des défrichements incontrôlés et l’exploitation illégale du bois d’œuvre qui appauvrissent les ressources forestières. Mettre fin à l’extension de l’agriculture en forêt classée par une surveillance accrue et la certification des forêts et des produits agricoles est une urgence tout comme le reboisement. Le processus de certification des forêts n’a démarré que dans deux forêts classées. Il s’agit de l’accélérer en l’amplifiant. Il s’agit de doter toutes les forêts classées de plan d’aménagementet et d’actualiser les plans disponibles. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 45 Carte n°2 : les forêts classées de Côte d’Ivoire par zone phytogéographique ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 46 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 N° Nom Catégories de protection Surface (ha) Savane Souda nienne Zone de transition Forêt Gui néenne 1 Comoé Parc National Réserve de la Biosphère Site du Patrimoine Naturel Mondial 1.149.150 X x (au Sud) 2 Taï Parc National Réserve de la Biosphère Site du Patrimoine Naturel Mondial 330.000 x 3 Haut Bandama Réserve de Faune et de Flore 123.000 X 4 Marahoué Parc National 101.000 X x 5 Mont Sangbé Parc National 95.000 x 6 N’Zo Réserve de Faune Partielle (Ensemble Forestier de Taï) 92.700 x 7 Mont Péko Parc National 34.000 x 8 Abokouamékro Réserve de faune 20.430 X 9 Azagny Parc National 19.400 x + zone côtière 10 Mont Nimba Réserve Naturelle Stricte Site du Patrimoine Naturel Mondial 5.000 (Partie ivoi rienne) x 11 Banco Parc National 3.000 x 12 Iles Ehotilés Parc National 550 x + zone côtière Légende : x : biome dans lequel se situe l’aire de protection Source : Lauginie, F., Poicelot, P., Akindes, P., Béligné, V., Bonfou, K. et Ouattara, D., 1996. Tableau 2 : Caractéristiques des parcs nationaux et réserves analogues. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 47 Collections ex situ Le pays a longtemps été doté d’un dispositif de conservation ex situ efficace. Toutefois, la crise sociopolitique a été fatale à ce dispositif. Peu de collections y ont survécu (jardin botanique du CNF, zoo d’Abidjan, serpentarium et collection du siège du CNRA). La quasi-totalité des collections des universités a été pillée, mais il est encore possible de reconstituer l’essentiel du patrimoine. Il importe donc de tout reconstituer en veillant à les rassembler au sein d’un musée d’histoire naturelle. Les nombreux spécimens stockés dans des institutions situées hors du pays pourraient être rapatriés à la suite d’accords pour enrichir ce muséum qui abriterait en priorité les espèces à statut particulier. De même, le zoo d’Abidjan, lieu exceptionnel de villégiature, devra être consolidé et enrichi pour retrouver sa vocation de conservation de la faune menacée. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 48 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 5.1. Vision Dans les années à venir, au regard de l’im portance de la conservation de la diversi té biologique et de son utilisation durable, le cheminement de la Côte d’Ivoire devra évoluer de manière à réaliser sa vision globale de la diversité biologique qui est la suivante : « À l’horizon 2025, la diversité biologique de la Côte d’Ivoire sera gérée de manière durable en vue de l’équilibre des éco systèmes, de l’amélioration de la qualité de vie des populations actuelles et de la préservation de l’héritage des générations futures, en tenant compte de la dynamique sous-régionale et des dimensions régionale et mondiale ». Cette vision globale est liée à des principes essentiels qui guideront la planification et l’exécution des actions de sauvegarde de la diversité biologique jusqu’à l’horizon 2025. 5.2. Principes directeurs, approches et concepts 5.2.1. Principes 1. Précaution Lorsqu’il y a une menace de réduction sensible ou de perte de la diversité biolo gique, l’absence de certitude ne doit pas être invoquée pour différer des mesures effectives d’évitement des dangers ou d’atténuation des effets. 2. Prévention La conservation de la diversité biologique sera mieux garantie en prévenant les nui sances environnementales plutôt qu’en y remédiant ou en les compensant. 3. Pollueur-payeur Les parties responsables de dommages causés à la diversité biologique doivent supporter les coûts des mesures de répa ration ou de réduction des dommages. 4. Subsidiarité Le principe de subsidiarité réglemente l’exercice des pouvoirs. Il s’agit du principe selon lequel les problèmes devraient être traités par le niveau approprié le plus bas (local, régional ou national. Conformément à ce principe les collectivi tés territoriales s’efforcent de prendre en compte les enjeux de diversité biologique relevés sur leurs territoires. 5. Compensation En dépit d’une évaluation négative des implications pour la diversité biologique et en l’absence de solutions alternatives, un plan ou projet peut, malgré tout, être réalisé pour des raisons impérieuses ou ne considérant pas la diversité biologique. Dans ce cas, la compensation écologique a pour objet de prendre des mesures per mettant d’apporter une contrepartie aux impacts résiduels négatifs de tout projet ou ensemble de projets d’aménagement, de construction d’infrastructures ou tout ouvrage, notamment industriel, agricole 5. PRIORITES STRATEGIQUES STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 49 ou commercial dont l’activité peut être génératrice de pollution, de nuisance ou de dégradation de l’environnement qui n’ont pu être évités ou suffisamment ré duits. Les mesures compensatoires sont conçues de manière à produire des impacts qui pré sentent un caractère pérenne et sont mises en œuvre en priorité à proximité fonction nelle du site impacté. Elles doivent per mettre de maintenir, voire le cas échéant, d’améliorer la qualité environnementale des milieux naturels concernés à l’échelle territoriale pertinente. 5.2.2. Approches et concepts 1. In situ La faune et la flore indigènes doivent être conservées à l’état sauvage dans leurs milieux naturels habituels (in situ) au sein de populations stables. Le maintien de populations dans des zoos, des jardins botaniques et d’autres établissements d’élevage (ex situ) constitue une mesure complémentaire prise au cas par cas. Les populations sauvages présentent un pool génétique propre à un site; elles sont tributaires des mécanismes naturels de l’évolution et attestent d’une capacité de survie actuelle. Des mesures de conservation in situ des populations existantes et de recolonisa tion naturelle sont par conséquent priori taires dans tous les cas pour le maintien des espèces à long terme. Des mesures complémentaires ex situ peuvent être ju dicieuses lorsque les populations vivant à l’état sauvage sont menacées d’extinc tion au niveau national ou régional. Les espèces soignées ou cultivées servent à la transition et la préparation de réintroduc tions et au renforcement de populations. 2. Sauvegarde de la diversité génétique La diversité génétique est un facteur cen tral pour la capacité d’adaptation et la survie à long terme des espèces. Pour la préserver, il faut des populations suffi samment importantes et des échanges génétiques entre les sous-populations. La mise en réseau et la prévention de la frag mentation des milieux naturels sont par conséquent essentielles pour la conserva tion des espèces. 3. Adaptation aux effets des change ments climatiques Les modifications de la faune et de la flore imputables aux changements climatiques doivent être acceptées comme une réalité. La capacité d’adaptation des espèces doit être soutenue, la diversité génétique et la mobilité des espèces et des populations, encouragées, et des milieux naturels « échappatoires », réservés. Les objectifs et mesures doivent être contrôlés régulière ment en fonction de l’évolution du climat. Les mesures sectorielles d’adaptation au climat doivent être rendues compatibles avec le maintien de la diversité biologique et la conservation des espèces. 4. Approche par écosystème L’approche par écosystème est une stra tégie pour la gestion intégrée des terres, des eaux et des ressources vivantes qui encourage la conservation et l’utilisation durable de manière équitable. Elle repose sur l’application de méthodologies scien tifiques appropriées axées sur les niveaux de l’organisation biologique couvrant la structure essentielle, les processus, les fonctions et les interactions entre les or ganismes et leur environnement. Elle reconnaît que les êtres humains, et leur diversité culturelle, constituent une par tie intégrante de nombreux écosystèmes. L’approche par écosystème requiert une gestion adaptative (CDB Décision V/6). ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 50 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 5. Bonne gouvernance La gouvernance est le processus qui consiste à prendre des décisions et à les mettre en œuvre. Une bonne gouvernance présente les 8 caractéristiques suivantes : ouverte au public, orientée sur les consensus, responsable, transparente, dynamique, efficace, équitable et conforme aux droits. Elle veille à ce que la corruption soit minimisée, que les opinions des minorités soient prises en compte et que les voix des plus vulnérables de la société soient entendues dans le processus décisionnel. Elle doit également répondre aux besoins actuels et futurs de la société. 6. Intégration sectorielle Les problèmes liés à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biolo gique sont pris en compte dans les processus décisionnels pertinents des politiques de développement sectorielles ou intersec torielles, y compris les processus législa tifs, les plans, programmes et décisions individuelles. 7. Gestion des conflits d’objectifs Pour les conflits d’objectifs concernant la conservation des espèces, il faut avant tout vérifier si le conflit peut être résolu par une combinaison de mesures dans le temps et dans l’espace et si une plus-value peut être dégagée. Si ce n’est pas possible, les mesures destinées aux espèces ayant la priorité nationale la plus élevée doivent en principe être privilégiées. La situation doit toutefois être évaluée au cas par cas. Des conflits d’objectifs en termes de bio logie de la conservation peuvent surgir lorsque la sauvegarde ou la protection d’une espèce, d’un milieu naturel ou de la dynamique naturelle accentue la me nace sur une autre espèce. Des conflits peuvent également être générés eu égard à la protection du paysage, la protection du patrimoine ou la conservation des monuments historiques. Une solution peut être la coexistence dans l’espace de différentes mesures de conservation, y compris l’extension ou la création de mi lieux naturels adaptés. Si cela n’est pas possible, les mesures en faveur d’espèces ayant la priorité la plus élevée sont à privilégier. Pour l’intérêt public, les auto rités publiques devraient prendre toutes les mesures compensatoires nécessaires pour veiller à ce qu’aucune perte nette de diversité biologique ne survienne lors de la mise en œuvre ou de l’exécution du plan ou projet. 5.3. But Le but de la présente stratégie est de permettre l’intensification et l’optimisation des efforts déployés au niveau national, régional, communal, communautaire ou individuel pour garantir une utilisation durable de la diversité biologique en vue de satisfaire les besoins des populations sans mettre en péril l’existence des ressources biologiques et leur capacité de reproduction. Les objectifs à terme, découlant de ce but rencontrent ceux de la Convention sur la Diversité Biologique et s’articulent autour des points suivants : Renforcer l’action visant à enrayer l’érosion des éléments constitutifs de la diversité biologique et les fonctions écologiques. Cet objectif renvoie à la préoccu pation de la compatibilité entre le maintien d’une diversité biologique appréciable et la ré alisation des ambitions légitimes de développement. Les initiatives et actions visant à faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent seront STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 51 poursuivies, voire amplifiées tout en maintenant une ligne de par tage et un dosage des efforts qui préservent la diversité biologique ; Favoriser une valorisation de la diversité biologique de façon compatible avec la sauvegarde des écosystèmes et le renouvelle ment des espèces, en permettant à toutes les parties prenantes d’en tirer profit. Le bien-être d’une frange impor-tante de la population, voire la majorité, dépend étroitement des multiples services fournis par la diversité biologique et les écosystèmes. Dès lors, l’ambition immuable ici consiste à maintenir ces services sans mettre en péril la satisfaction des besoins de ces populations ; Contribuer significativement aux ef forts de sauvegarde de la diversité biologique mondiale. La diversité biologique demeure une priorité de la communau té internationale qui traduit ses priorités à travers différents ac cords multilatéraux y relatifs. La Côte d’Ivoire, bien que disposant de moyens modestes s’emploiera à faire sa part, toute sa part pour s’acquitter de ses obligations en la matière. Pour atteindre les points précités, des orientations stratégiques précisées par des objectifs clairs sont néces saires comme l’indique le tableau n°3 ci-après. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 52 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Tableau n°3 : LES OBJECTIFS DE LA SNDB ORIENTATION STRATEGIQUE 1 : SAUVEGARDE DES MILIEUX NATURELS, DE LEURS FONCTIONS ET SERVICES Objectif 1 D’ici à 2020, au moins 50 % des écosystèmes et habitats dans l’espace rural sont protégés afin d’assurer la conservation de la diversité biologique. Objectif 2 D’ici à 2020, 50 % des écosystèmes des eaux intérieures, marines et côtières sont protégés afin d’assurer la conservation de la diversité biologique. Objectif 3 D’ici à 2020 au plus tard, les écosystèmes et habitats prioritaires, sont restaurés Objectif 4 D’ici à 2020, au moins 50 % des espèces exotiques envahissantes sont contrô lées. ORIENTATION STRATEGIQUE 2 : PRESERVATION DE LA DIVERSITE SPECIFIQUE ET DE LA DIVERSITE GENETIQUE Objectif 5 D’ici à 2020, la situation des espèces protégées au niveau national s’est améliorée et leur disparition est enrayée dans la mesure du possible. Objectif 6 D’ici à 2020, des mesures de sauvegarde sont mises en œuvre pour 100% des espèces prioritaires. Objectif 7 D’ici à 2020, l’état de la diversité génétique est connu et des mesures de conservation durable sont prises. ORIENTATION STRATEGIQUE 3 : RENFORCEMENT DES STRUCTURES DE CONSERVATION Objectif 8 En 2020, 100% des écosystèmes et habitats sont représentés au sein du réseau d’aires protégées viables. Objectif 9 D’ici à 2020, 100% des aires protégées sont gérées de façon efficace. ORIENTATION STRATEGIQUE 4 : VALORISATION ET UTILISATION DURABLE DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE Objectif 10 D’ici à 2020, l’activité agricole est économiquement viable, socialement acceptable et respectueuse de la diversité biologique. Objectif 11 D’ici à 2020, l’exploitation des forêts est compatible avec les objectifs nationaux de sauvegarde de la diversité biologique. Objectif 12 D’ici à 2020, les ressources halieutiques sont exploitées en tenant compte du renouvellement des stocks. Objectif 13 D’ici à 2020, le développement de l’exploitation des mines et du pétrole n’entrave pas l’atteinte des objectifs de sauvegarde de la diversité biologique. Objectif 14 D’ici à 2020, un système de gestion durable des plantes médicinales et d’autres usages est en vigueur. Objectif 15 D’ici à 2020, la gestion durable de la viande de brousse et de la faune sauvage est assurée. Objectif 16 D’ici à 2020, la diversité biologique soutient les initiatives de lutte contre la pauvreté. Objectif 17 D’ici à 2020, l’accès aux ressources génétiques, aux connaissances, et pratiques présentant un intérêt pour la diversité biologique, est régis par des mécanismes assurant le partage des avantages qui en découlent. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 53 ORIENTATION STRATEGIQUE 5 : MOBILISATION CITYOENNE DE LA CONNAISSANCE SUR LE VIVANT Objectif 18 D’ici à 2020, les actions de communication, de sensibilisation et d’éducation en faveur de la diversité biologique atteignent 70 % des cibles. Objectif 19 D’ici à 2020 des équipes opérationnelles de chercheurs sont mobilisées pour la diversité biologique. ORIENTATION STRATEGIQUE 6 : RENFORCEMENT DE LA COORDINATION NATIONALE ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Objectif 20 D’ici à 2020, la politique de sauvegarde de la diversité biologique repose sur une réglementation pertinente et des institutions efficaces. Objectif 21 D’ici à 2020, la coopération internationale pour la sauvegarde de la diversité biologique est continue et efficace. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 54 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 6.1. Orientation stratégique1 : sauvegarde des milieux na turels, de leurs fonctions et services La Côte d’Ivoire abrite une diversité bio logique importante évaluée à 17 343 es pèces connues réparties dans plusieurs écosystèmes terrestres et aquatiques. Ces écosystèmes et habitats fournissent des services indispensables au bien-être des populations. C’est pourquoi il a été entrepris de les préserver des actions humaines néfastes. Seulement, le dispo sitif déployé a jusqu’à présent privilégié les aires protégées à travers différents niveaux de protection. De ce fait, les mi lieux naturels situés en dehors des aires protégées, bien qu’indispensables pour assurer la résilience de la diversité biolo gique dans son ensemble et essentiels au bien-être des communautés locales, de meurent exposés aux actions inconsidé rées de l’homme. Les impacts directs et indirects des actions humaines se traduisent par la dégradation, la fragmentation, le mitage, voire la destruction irréversible des écosystèmes et des habitats. Même, les forêts classées et les parcs nationaux, sanctuaires par excellence de la conservation de la diversité biologique, sont lourdement affectés par les activités anthropiques. Outre ces pressions humaines, la présence d’espèces exotiques envahissantes est une menace croissante qui appelle les efforts de sauvegarde des milieux naturels pour qu’il remplisse leur fonction et rende des services. 6.1.1. Objectif 1 : D’ici à 2020, 50 % des écosystèmes et habitats dans l’espace rural sont protégés afin d’assurer la conservation de la diversité biolo gique La pression humaine, à travers les acti vités concourant au développement na tional et à la satisfaction des besoins des populations, demeure la plus critique des sources d’érosion de la diversité biolo gique et, de ce fait, le plus important défi à relever pour sauvegarder les éléments constitutifs de la diversité biologique ter restre et aquatique. Pourtant, peu d’ini tiatives ont été entreprises pour atténuer leurs impacts négatifs sur la diversité bio logique. Celle-ci étant d’abord, et presque uniquement, appréciée pour sa valeur d’existence, les décideurs politiques na tionaux et locaux ne font pas le lien entre le bon fonctionnement des écosystèmes, le maintien de l’activité économique et le bien-être des populations. Ceci explique également la propension à l’adoption de politiques minimalistes en faveur de la diversité biologique. Il importe, pour in verser la tendance, de faire connaître la valeur de la diversité biologique, d’assurer sa prise en compte dans les décisions et les activités subséquentes. Objectifs opérationnels 1. La diversité biologique est intégrée dans les politiques sectorielles et transversales Les décisions prises par les hommes d’influence politique, administrative ou technique sont de nature à générer des impacts sur la sauvegarde de la diversi 6. ORIENTATIONS STRATÉGIQUES STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 55 té biologique. Ainsi, le choix de dévelop per une agriculture pérenne extensive a conduit à la destruction massive des mas sifs forestiers. De même, les organismes de planification à l’échelle des collectivi tés locales ne considèrent pas à sa juste valeur la diversité biologique. Aujourd’hui les parties prenantes tech niques reconnaissent que les efforts de sauvegarde de la diversité biologique sont largement compromis par des politiques publiques qui, soit sont contradictoires ou incompatibles avec les mesures de sauvegarde déployées, soit ne tiennent pas compte des services que pourraient rendre les écosystèmes pour le bien-être des populations. Assurer la prise en compte des exigences de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique dans les politiques et les plans sectoriels de l’économie nationale (production d’énergie, extraction minière, implantation d’infrastructures, urbanisation, agriculture, exploitation forestière, activités halieutiques, etc.) est une priorité. Il importe de s’y employer à travers : (i) la mise en évidence de la contribution des écosystèmes au bien-être humain, (ii) la mise à disposition d’outils, y compris les lignes directrices, permettant d’intégrer les coûts et les avantages de la diversité biologique à un stade précoce d’élaboration des politiques publiques et des projets, (iii) la correction des distorsions des politiques actuelles, en particulier les prescriptions susceptibles d’entraver l’atteinte des objectifs de sauvegarde de la diversité biologique (iv) l’élimination des incitations néfastes pour la diversité biologique . En effet, un certain nombre de mesures a été mis en place pour promouvoir des filières ou des activités sectorielles. Bien que fort appréciées, certaines de ces mesures sont de nature à générer des effets pervers dommageables à la diversité biologique. Il importe de les enrayer ou d’amoindrir leurs effets. 2. Les exigences de sauvegarde de la diversité biologique sont intégrées dans l’aménagement du territoire L’expansion extrêmement rapide des agglomérations, la création d’infrastruc tures de transport, l’agriculture et les aménagements hydro-agricoles ont une lourde responsabilité dans la destruction des écosystèmes et des habitats ainsi qu’au niveau de la faune dont les espaces vitaux sont limités, morcelés ou dispa raissent simplement. Aujourd’hui, la croissance économique et le bien-être social exercent une pression sur l’espace territorial et sur la diversité biologique. Les incidences négatives sur la diversité biologique pourraient être mini misées à travers : (i) la prise en compte de la diversité biologique dès la planifica tion et la conception de l’aménagement notamment au niveau des changements dans l’utilisation des terres, (ii) la garan tie que les pertes inévitables sont com pensées ou contrebalancées ailleurs au profit de la diversité biologique, (iii) la promotion, auprès des aménagistes des territoires locaux tels que les collectivités territoriales, d’outils permettant de faire face aux enjeux de la diversité biologique. 3. Le secteur privé est impliqué dans la sauvegarde de la diversité biolo gique Les entreprises privées sont aujourd’hui des acteurs économiques et sociaux clés. Leurs activités, pour la plupart (agro indus tries, exploitations halieutiques, pétrolières et minières, transport, amé-nagement et industries chimiques) impactent directe ment la diversité biologique. De même, les choix opérés par d’autres entreprises ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 56 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 sont susceptibles d’affecter à terme la diversité biologique. Il importe de créer les conditions favorables à l’atteinte des objectifs de la stratégie. Les mesures préconisées concernent : (i) la prise en compte de diversité biologique dans les instruments de reporting, (ii) l’adoption de mesures volontaires spécifiques pour celles dont l’activité génère des menaces importantes, (iii) la mobilisation de sub sides pour la conservation. 4. L’impact des changements climatiques est anticipé Les hypothèses du GIEC relativement aux changements climatiques oscillent entre 1.5 et 2.5, avec pour conséquence des risques plus élevés d’extinction des espèces animales et végétales. Yao et al.3 prévoient que les conditions climatiques dans 100 ans connaîtront des change ments se traduisant par une augmenta tion de la température en moyenne de 3°C portant les valeurs de 27 à 31°C. On peut s’attendre objectivement à des mo difications du fonctionnement des habitats voire la fragmentation d’écosystèmes. La fréquence des feux de brousse, la pullulation d’insectes et la mortalité des arbres devraient augmenter. Les mauvaises herbes, se développeront plus rapidement, elles migreront et résisteront mieux aux herbicides. Certains parasites baisseront en nombre, mais d’autres augmenteront, notamment en raison des contraintes posées à leurs prédateurs naturels. Déjà l’on observe un changement dans la distribution et dans la phénologie. Ce changement concerne le calendrier des récoltes, la désynchronisation avec les périodes de pluie et d’aléas climatiques. De nouvelles associations d’espèces de 3 YAO N’Guetta René, YAO Kouadio Désiré, OULE Anicet, Etude de la vulnérabilité agricole face aux changements climatiques, octobre 2013. cultures impliquent logiquement de nou velles « fenêtres », par exemple pour les espèces exotiques invasives et les ravageurs. En fait, il faut bien comprendre la situa tion à l’échelon local de façon à aider à la prise de décision et à mettre en œuvre les mesures nécessaires. Les aires de réparti tion des espèces seront modifiées et les échanges génétiques seront observés ; les services rendus au bien-être humain en seront affectés avec des conséquences en chaîne. Les mesures prioritaires comportent : (i) l’élaboration d’une stratégie d’adaptation de la diversité biologique aux changements climatiques ; (ii) la création d’observatoire et de surveillance à long terme ; (iii) l’identification des ressources biologiques susceptibles de favoriser la résilience des écosystèmes y compris pour l’agriculture et à assurer la traduction des résultats dans les politiques. 6.1.2. Objectif 2 : D’ici à 2020, 50 % des écosystèmes aquatiques des eaux intérieures, marines et côtières sont protégés afin d’assurer la conserva tion de la diversité biologique Le pays est drainé par un dense réseau hydrographique de surface composé de cinq fleuves principaux. L’environnement marin comprend les éco systèmes du plateau continental et ceux des eaux marines de la Zone Economique Exclusive (ZEE), soit environ 200.000 km². La zone côtière, quant à elle, s’étend sur une superficie de 32.960 Km2. Le com plexe lagunaire, localisé le long de la moitié orientale de la façade littorale, couvre une surface de près de 1 200 km2. Ces milieux abritent une diversité biolo gique appréciable. Ainsi, concernant les milieux côtiers Sankare (2013) révèle que les écosystèmes et les habitats les plus STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 57 remarquables sont les embouchures des principaux cours d’eau, les lagunes, les mangroves, les habitats de sable sur le littoral, les rochers, le plateau continen tal, les habitats de sédiments, les eaux marines côtières, les habitats de végé taux marins etc., les macrophytes marins estimés à une trentaine d’espèces, les in vertébrés estimés à plus de 400 espèces comprenant principalement les Poly chètes, les Mollusques Gastéropodes, les Mollusques Pélécypodes, les Mollusques Céphalopodes et les Crustacés parmi les quels les crabes marcheurs, les crabes nageurs, les crevettes, les langoustes, les cigales, les poissons estimés à environ 300 espèces, les mammifères dominés par les cétacés (baleines et dauphin) et les lamantins avec une dizaine d’espèces, les tortues marines avec six espèces et les oiseaux marins estimés à plus d’une ving taine d’espèces. Cette diversité biologique marine et côtière subit des pressions d’origine tellurique et maritime dont les conséquences sont : la destruction des habitats et des espèces de faune et de flore ; la perte des fonctions écologiques ; l’émiettement des activités hu maines dépendant des services écosystémiques. Mais il est encore possible de réduire toutes ces pressions humaines afin d’as surer la conservation de la diversité bio logique. Objectifs opérationnels 1. Les sources de pollution qui af fectent les écosystèmes aquatiques sont maitrisées La pollution constitue l’une des plus critiques menaces pour les écosystèmes aquatiques. Il existe de nombreuses sources telles que le mauvais usage de produits chimiques (pesticides et engrais) par les agriculteurs, l’absence ou le mauvais fonctionnement des systèmes d’épuration des unités in dustrielles dont les agro industries, l’éli mination systématique des déchets et ré buts de l’artisanat et du commerce dans la nature et les insuffisances, voire l’ab sence du réseau d’assainissement domes tique. Ici, les priorités sont relatives : (i) au renforcement de suivi de l’application des textes, y compris la généralisation du principe pollueur - payeur, (ii) l’amélio ration du contrôle des émissions de pol luants, de leur présence et effets sur les différents milieux sur la base d’études ré gulières, (iii) la réduction de la pollution du cordon littoral par les déchets domes tiques et des eaux de ballast. 2. La gestion physique des milieux aquatiques est améliorée La gestion physique des écosystèmes d’eau douce est également source de problèmes majeurs. Les cours d’eau sont souvent modifiés pour la navigation, les aménagements hydro agricoles ou pour la production d’électricité. Il en résulte une perte de la diversité biologique et une réduction de la capacité des cours d’eau à fournir des services écosystémiques. En s’appuyant sur l’approche de gestion intégrée des bassins versants, il importe d’améliorer : (i) la gestion des cours d’eau et des bassins versants, (ii) des ouvrages transversaux susceptibles d’entraver les déplacements nécessaires au maintien des fonctions biologiques. 6.1.3. Objectif 3 : D’ici à 2020 au plus tard, les écosystèmes et habitats prioritaires, sont restaurés et pré servés En dehors du réseau de parcs et réserves, un certain nombre de sites ont une impor tance critique pour la conservation de la diversité biologique. Soit ces sites abritent ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 58 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 des espèces prioritaires, soit encore leurs fonctions écologiques sont d’importance, soit enfin ils ont une fonction sociale ma jeure au regard des services qu’ils four nissent pour le bien-être des populations. Cependant, ces sites ne bénéficient pas de l’attention adéquate, en raison notam ment de l’absence de statut légal spéci fique. En outre, les moyens déployés sont li mités en raison de la valeur méconnue et de la sous-évaluation des bienfaits de la diversité biologique pour les sociétés humaines. La dégradation de ces sites a pour incidence quasi immédiate la dispa rition des espèces inféodées ou la réduc tion voire la disparition des services qu’ils fournissent ; c’est pourquoi un dispositif spécifique s’impose pour les préserver. Objectifs opérationnels 1. Les sites prioritaires ont un statut juridique La classification des sites et habitats im portants repose sur plusieurs critères dont la survenue régulière d’un nombre signi ficatif d’un ou de plusieurs espèces me nacées au plan mondial ou au niveau na tional. Les sites soutenant régulièrement d’importantes populations d’espèces à distribution restreinte ont été considé rés comme des priorités mondiales de conservation car il y a peu ou pas d’autres sites dans le monde pour lesquels des mesures de conservation de ces espèces peuvent être prises. Il s’agit notamment des ZICO4, les sites reconnus d’impor tance mondiale au regard des critères de conventions concourant à l’atteinte des objectifs d’Aichi, notamment les sites abri 4 ZICO sont des sites d’importance internationale pour la conservation des oiseaux, définies sur la base de leur impor tance pour les espèces menacées au niveau mondial, à dis tribution restreinte, restreintes à un biome et / ou espèces d’oiseaux grégaires. tant les espèces CMS et CITES. Cette caté gorie est connue et reconnue, mais tous les autres tels que les mangroves, les ha bitats et biotopes d’espèces endémiques et autres habitats aux fonctions écolo giques biologiques importantes sont lais sés pour compte au point de se trouver en situation de menace critique. Il importe de : (I) les classifier sur la base de critères consensuels, (II) les doter d’un statut légal permettant de les rendre visibles dans les stratégies de conservation des espèces et des milieux naturels. 2. Les sites prioritaires viables sont gérés efficacement L’absence de statut précis dans la régle mentation nationale n’a pas permis d’as surer le maintien de superficies viables, encore moins d’initier des mesures de sauvegarde pour des sites qui pourtant ont des fonctions écologiques et biolo giques essentielles pour le maintien de la diversité biologique. Il importe d’assurer la sauvegarde de ces sites à travers les me sures suivantes : (i) la restauration des habitats qui peuvent être reconstitués, (ii) la mise en vigueur de dispositifs de ges tion spécifique afin d’instaurer un état fa vorable de conservation5, (iii) l’implication des populations dans leur gestion, (iv) la mise en place des dispositifs de suivi éco logique de façon à anticiper les change ments éventuels. 6.1.4. Objectif 4 : D’ici à 2020, au moins 50 % des espèces exotiques enva hissantes sont contrôlées Les voyages internationaux et le com merce mondial connaissent un essor sans précédent. Ceci est certes un bienfait pour notre économie, mais contribue, à la dissémination des plantes et des ani maux non indigènes ou « allogènes ». 5 La conservation permet de maintenir en bon état les écosys tèmes et leurs fonctions écosystémiques STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 59 Comme partout ailleurs dans le monde, le nombre d’espèces introduites dans le pays, de façon volontaire ou non, a aug menté au cours de ces dernières années à un point tel qu’il est devenu désormais un problème majeur pour la diversité bio logique. Les espèces exotiques envahis santes représentent une menace consi dérable pour les écosystèmes, l’économie et la santé car elles font concurrence aux espèces indigènes, agissant comme des agents pathogènes pour les espèces cultivées ou domestiquées. Elles peuvent même répandre des allergies ou des agents infectieux. Leur contrôle est donc impératif. Objectifs opérationnels 1. La prévention de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes est assurée La prévention de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes est importante et, de loin, préférable à la lutte. L’accent ici est mis sur les mesures réglementaires prenant appui sur le principe du «pollueur payeur» où la «pollution» représente le dommage causé à la diversité biologique indigène. Il est nécessaire de mettre en place des installations de quarantaine. La prévention des introductions acciden telles passe par la formation du person nel et le contrôle des principales voies de propagation connues (tourisme, transport maritime et fluvial, pêche, agriculture, transports terrestres et aériens, foreste rie, horticulture, commerce des animaux de compagnie, etc.), l’application de la procédure de quarantaine et le respect de la réglementation sur l’importation des organismes vivants. L’évaluation écologique des grands projets d’infrastructures permet d’anticiper les introductions accidentelles. 2. La prolifération d’espèces exotiques envahissantes présentes sur le territoire est maîtrisée Lorsqu’une espèce exotique a été détec tée comme envahissante ou susceptible de le devenir, il est nécessaire de prendre des mesures d’éradication, de confine ment ou de lutte. La détection rapide d’espèces exotiques, notoirement ou potentiellement envahissantes, nouvelle ment introduites, associée à la capacité d’agir rapidement est souvent la clé d’une éradication réussie. La mise en place d’un dispositif de détection précoce est donc prioritaire. Par ailleurs, selon le niveau de menace ou l’extension géographique, le dispositif d’éradication6, de lutte7 ou de confine ment8 est activité. L’étape initiale est de dresser un inventaire des espèces poten tiellement envahissantes. Une liste de plantes potentiellement envahissantes in troduites est proposée par Aké-Assi, mais pour de nombreux taxons (insectes, pois sons dont ceux des aquariums, mollusques et brachiopodes), le manque d’informa tion est notoire. Ces taxons doivent faire l’objet de programmes de recherche, de même que les plantes potentiellement en vahissantes signalées dans les aires proté gées où elles pourraient réduire à néant tous les efforts de conservation. 3. La sensibilisation des parties pre nantes est améliorée Les espèces exotiques envahissantes constituent l’une des principales menaces pour la diversité biologique indigène. Bien souvent, le public n’a pas conscience du rôle des invasions biologiques dans la 6 Le but de l’éradication, c’est d’éliminer totalement l’espèce exotique envahissante. 7 La lutte, vise à réduire à long terme le nombre ou la densité de l’espèce exotique envahissante. 8 Le confinement a pour but est de limiter la propagation de l’espèce exotique envahissante et de confiner sa présence dans des limites géographiques précises. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 60 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 perte de la diversité biologique et n’a pas connaissance des moyens de lutte contre ce phénomène. Or la lutte contre les es pèces envahissantes a plus de chance de fonctionner s’il y a une bonne compréhen sion du phénomène, par l’ensemble des acteurs (transporteurs, agents de portes, les chercheurs, voyagistes, touristes) des introductions volontaires ou involontaires. Il est nécessaire de collaborer pour empê cher l’introduction accidentelle ou volon taire de plantes et d’animaux exotiques. 6.2. Orientation stratégique 2 : préservation de la diversité spécifique et de la diversité génétique La préservation des espèces sauvages de faune et de flore est un pilier de la politique nationale de la diversité biologique. Elle privilégie les actions in situ pour créer une situation favorable de conservation de l’espèce, c’est-à-dire une situation où une espèce prospère (aspects qualitatifs et quantitatifs : étendue/population) et les perspectives quant à la vitalité des populations indigènes. Dans cet ensemble certaines espèces bénéficient du statut d’espèces protégées et des engagements subséquents. D’autres, bien essentiel au fonctionnement, voire la résilience des écosystèmes, habitats et biotopes, ne font pas l’objet de l’attention requise parce que sans statut. Il importe d’y remédier. Aujourd’hui, les zones de conservation de la diversité spécifique sont principalement les forêts classées, les parcs nationaux et les réserves. Le taux de dégradation de ces zones, plus important en forêt classée, est souvent supérieur à 25 %. Dans ces forêts, si des études scientifiques étaient réali sées au niveau génétique des espèces, l’on pourrait effectivement détecter cer taines variations génotypiques. Alors que l’on ignore presque tout de la diversité génétique, plusieurs espèces de plantes ou d’animaux possédant de grandes va leurs économiques qui semblent justifier leur surexploitation sont devenues rares ou en voie de disparition. L’inventaire des ressources génétiques est un défi à rele ver. 6.2.1. Objectif 5 : D’ici à 2020, la situation des espèces protégées au niveau national s’est améliorée et leur disparition est enrayée dans la mesure du possible. La première situation est celle des espèces protégées. Les critères de sélection sont l’inscription sur des listes de référence dont la liste rouge de l’IUCN, ou le ciblage par des accords multilatéraux pertinents dont CMS et CITES. Du fait de ces statuts, des mesures bien qu’insuffisantes sont initiées pour réduire les menaces qui les concernent. En raison de la situation particulière de la diversité biologique nationale et des responsabilités internationales du pays, différentes catégories d’espèces doivent être impérativement ciblées par des mesures vigoureuses de gestion. Les espèces protégées, bénéficiant d’un statut juridique parce que classifiées par l’IUCN9 ou autres organismes endémiques, rares, vulnérables, menacées d’extinction celles ciblées par les conventions relatives à la diversité biologique (CMS, CITES, etc.), font l’objet d’une certaine attention. Les espèces à statut particulier sont les plus sensibles aux perturbations causées par l’homme. Ainsi, les risques d’extinction sont plus importants chez ces espèces inféodées à des conditions très particulières d’habi tat, réalisées en peu d’endroits. Bien que peu d’entre elles soient spécifiquement 9 endémiques, rares, vulnérables, menacées d’extinc tion STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 61 ciblées par les chasseurs, elles sont sou vent menacées par les perturbations ou la perte d’habitats essentiels pour la repro duction ou l’alimentation. Certaines pro fitent du statut de protection dans les aires protégées où l’on observe d’importantes populations, au moins pendant certaines périodes de l’année. Quelquefois les aires protégées ne sont pas de taille suffisante pour maintenir des populations viables sur le long terme. Souvent, le peu d’égard pour ces espèces et les pressions anthro piques contribuent à réduire considéra blement les populations. Par conséquent, en plus d’une protection basée sur le site, ces espèces prioritaires nécessitent des mesures ciblées. Objectifs opérationnels 1. Le statut des espèces protégées est connu Pour la majorité des espèces à statut particulier de la Côte d’Ivoire, l’information actuelle sur leur statut et leur distribution est grandement nécessaire avant que des mesures de conservation efficaces pour elles puissent être prises. Les actions prioritaires pour l’ensemble de ces espèces sont : (i) identifier les populations existantes (s’il en reste) et (ii) enquêter sur leur statut, leur écologie et les menaces et intégrer les résultats dans la planification de la conservation. 2. Des mesures ciblées de sauvegarde pour chacune des espèces proté gées sont initiées Les mesures incluent deux volets. Le pre mier volet consiste à se doter de plan de sauvegarde pour chacune des espèces protégées. Le second repose sur l’infor mation, l’éducation et la sensibilisation des populations en vue de s’assurer de leur contribution effective à la protection des espèces, en veillant à ne pas pertur ber les espèces et la préservation des ha bitats clés. En fonction des espèces et des études de base initiées, des actions plus nova trices peuvent s’avérer indispensables. Il importe de prendre en compte leur vul nérabilité dans la réglementation sur les études, à travers notamment la compen sation écologique. En outre, Il y a un besoin urgent : (i) d’iden tifier les sites supplémentaires pour chaque espèce de sorte que ceux-ci puissent être placés sous protection appropriée et (ii) de mettre en place un dispositif de surveillance et de suivi, permettant un état des lieux pertinent et d’indiquer les évolutions spa tio-temporelles des taxons concernés. 3. Les capacités des agents sont ren forcées pour assurer la protection des espèces ciblées Les agents, quotidiennement en contact avec les populations, sont les premiers remparts face aux menaces anthropiques sur les espèces. Toutefois, leur efficaci té dépend en partie de leurs aptitudes à identifier les espèces prioritaires et à mettre en œuvre les mesures de sauve garde préconisées. Leur mise à niveau se révèle indispensable. Les axes à privi légier concernent : (i) l’identification des espèces, des menaces immédiates et indi rectes, (ii) la mise en œuvre des mesures de sauvegarde et (iii) l’organisation de la surveillance et du suivi. 6.2.2. Objectif 6 : D’ici à 2020, des mesures de sauvegarde sont mises en œuvre pour 100% des espèces prioritaires L’appellation « espèces prioritaires », dans le contexte de la sauvegarde de la diversité biologique, est constituée sur la base de différents critères privilégiant les fonctions écologiques et biologiques, ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 62 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 mais également sociales. Les espèces parapluies, occupent une niche écologique spécifique, dont la conservation peut profiter à d’autres espèces présentes dans la même niche. Les espèces clés sont en partie responsables des fonctions éco systémiques caractéris tiques ; par exemple, le déclin des popula tions d’insectes pollinisateurs peut entraîner le déclin des plantes qu’ils pollinisent. Les espèces caractéristiques sont des espèces plutôt répandues et caractéris tiques d’un milieu donné et/ou leur présence est un indicateur de sa qualité. Les espèces aux fonctions sociales qui militent pour leur inscription comme prio ritaires sont les espèces emblématiques ou phares, tellement populaires qu’elles peuvent aider à la sensibilisation. Les espèces d’importance économique ou cosmogonique qui sont à la fois surexploi tées et menacées par la destruction des habitats. Certaines d’entre elles, dont les effectifs ont fortement diminué, pourront faire l’objet de renforcement de population et d’autres mesures pour stopper leur déclin. Vu l’importance de ces espèces communes dans la stabilisation et la rési lience des écosystèmes, il est, par ailleurs, primordial d’améliorer leur connaissance. Pour cela l’on doit compléter et actualiser l’inventaire des espèces animales et végé tales terrestres et aquatiques réalisé dans le cadre de la Monographie nationale en vue de disposer, pour chaque groupe taxonomique, des indicateurs pertinents de leur évolution. Il faut également déve lopper les connaissances sur les espèces exploitées, leur suivi ainsi que les tech niques de prélèvement des individus, et intensifier les études de dénombrement et de suivi des grands mammifères et des animaux en péril. Objectifs opérationnels 1. Les espèces prioritaires sont connues Les actions urgentes consistent à (i) iden tifier les espèces susceptibles d’être classi fiées prioritaires, (ii) évaluer les populations existantes (s’il en reste), enquêter sur leur statut, leur écologie et les menaces afin d’intégrer les résultats dans la planification de la conservation. Il y a également un be soin et (iii) d’identifier les sites de localisa tion de ces espèces afin de les protéger. 2. Des mesures ciblées de sauvegarde pour chacune des espèces priori taires sont initiées Les mesures incluent deux volets. Le pre mier volet consiste à (i) mettre en œuvre des plans de sauvegarde pour chacune des espèces prioritaires, le second volet repose sur (ii) l’information, l’éducation et la sensibilisation des populations en vue de s’assurer de leur contribution effective à la protection des espèces, en veillant à ne pas perturber les espèces et à préser ver les habitats clés. Dans certains cas, il importe d’associer les acteurs impliqués dans la chaîne de valeurs de celles qui sont commercialisées ou transformées. En fonction des espèces et des études de base initiées, des actions plus novatrices peuvent s’avérer indispensables. Dans tous les cas ces espèces doivent être conservées ex situ. 3. Un système de surveillance des espèces prioritaires, est mis en place Un dispositif de surveillance et de suivi, permettant de dresser spontanément un état des lieux pertinent et d’indiquer les évolutions spatio-temporelles des taxons concernés, s’impose pour orienter l’action et évaluer l’efficacité des mesures prises. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 63 4. Les capacités des agents sont ren forcées pour assurer la sauvegarde des espèces prioritaires Les agents, quotidiennement en contact avec les populations, sont les premiers remparts face aux menaces anthropiques sur les espèces. Toutefois, leur efficaci té dépend en partie de leurs aptitudes à identifier les espèces prioritaires et à mettre en œuvre les mesures de sauve garde préconisées. 6.2.3. Objectif 7 : D’ici à 2020, l’état de la diversité génétique est connu et des mesures de conservation du rable sont prises Il n’y a pas d’évolution sans diversité génétique. Au fil des générations, une po pulation arrive à s’adapter à de nouvelles conditions par le processus évolutif de la sélection. Les populations y parviendront d’autant mieux si elles disposent d’une grande diversité génétique. La conserva tion et la promotion de populations d’arbres génétiquement diversifiées constituent donc une assurance-vie pour toute la fo rêt. Malheureusement, en Côte d’Ivoire, des don nées scientifiques concernant cette facette de la diversité biologique sont moins déve loppées au niveau des espèces naturelles (natives) animales comme végétales. Or la protection efficace et l’utilisation rationnelle de ce matériel génétique n’est possible que si sa qualité particulière est reconnue. Objectifs opérationnels 1. Les ressources génétiques sont ré pertoriées et caractérisées A cet effet, la caractérisation génotypique de toutes les espèces s’avère nécessaire pour détecter d’éventuels changements dans les différentes lignées. Ainsi, on pourrait, par exemple, créer, conserver ou gérer des forêts dans lesquelles on attribue une importance par ticulière à la conservation des ressources génétiques de populations d’arbres et d’arbustes forestiers. L’objectif étant de conserver les caractéristiques génétiques particulières des populations locales et de maintenir et favoriser leur capacité d’adaptation par évolution (adaptabilité) pour les générations futures. 2. L’encadrement des sélectionneurs est appuyé De nombreux agriculteurs sélectionnent et conservent des semences pour leur propre usage ou simplement pour des raisons affectives. Les ressources ainsi conservées disparaissent avec leurs pro priétaires ou, parfois, par faute d’enca drement et de suivi, et pour des raisons diverses, privant ainsi toute la nation d’un patrimoine. Il semble aussi aujourd’hui nécessaire de reconnaître le rôle des agriculteurs, no tamment leur approche originale, puis de le faire endosser par le bureau des res sources génétiques. En effet, le travail de gestion dynamique de la diversité biologique dans les fermes se base sur une recherche d’adaptabilité des plantes. La diversité et la variabilité sont ici des atouts. Il importe désormais de s’appuyer sur les agents d’encadrement ruraux pour recen ser tous ces sélectionneurs à la ferme, ré pertorier et caractériser les ressources gé nétiques avec l’accord des propriétaires. 3. La conservation ex situ des res sources génétiques est renforcée La conservation des ressources génétiques des cultures, de l’élevage, des animaux do mestiques et des ressources génétiques indigènes est une urgence face à la dispa ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 64 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 rition progressive des races et variétés lo cales. L’urgence s’est accrue à la suite de la crise so cio politique de 2002 à la suite de laquelle les importantes collections de ressources phy togénétiques de plantes cultivées d’Afrique, dont disposait le pays ont été décimées. Il importe de les reconstituer. 6.3. Orientation stratégique 3 : renforcement des infrastruc tures de conservation Depuis 1926, les actions de l’Etat visant la sauvegarde de la diversité biologique ont permis de créer à partir de sites naturels un important réseau d’aires protégées couvrant 17% du territoire national. Ce réseau de parcs et réserves est le pilier national du dispositif de conservation in situ de la diversité biologique. Il se veut représentatif des écosystèmes terrestres et aquatiques rencontrés dans l’ensemble du pays. Mais cette ambition n’est pas entièrement réalisée; les eaux marines côtières n’y sont pas représentées. La viabilité du dispositif serait grandement renforcée par l’inclusion de réserves créées par les communautés rurales sous la forme d’aires sacrées et de réserves privées qui accroitraient considérablement les lieux de refuge et habitats de la faune. En outre, l’implantation de corridors est vitale pour le maintien de la diversité biologique animale et végétale et pour la survie à long terme de la majorité des es pèces. En dépit de l’ampleur des efforts dé ployés, le constat est que les aires proté gées ont du mal à assurer leur fonction de conservation de la diversité biologique car elles sont confrontées à des problèmes majeurs relevant à la fois de l’insuffisance des moyens opérationnels ainsi que des ressources humaines et stratégiques. La pression des populations environnantes, peu mobilisées pour ces aires, sape éga lement les efforts de gestion. Enfin, il y a un besoin critique de création d’un musée d’histoire naturelle pour ras sembler en un lieu tous les spécimens col lectés dans le pays. 6.3.1. Objectif 8 : En 2020, 100% des éco systèmes et habitats sont représen tés au sein du réseau d’aires proté gées viables Représenter l’ensemble des écosystèmes et habitats du pays au sein du réseau d’aires protégées est un engagement du plan stratégique de la convention et cela converge avec les priorités nationales, comme le confirment plusieurs initiatives. En la matière, le potentiel est important, avec notamment le besoin critique de constituer le réseau d’aires marines pro tégées et l’opportunité d’inclure les aires sacrées, habituellement préservées avec ardeur par les populations locales, au sein du réseau d’aires protégées. Objectifs opérationnels 1. Le réseau d’aires protégées marines est mis en place L’océan Atlantique fait frontière au sud du pays, sur une longueur de 560 km. Avec le temps se sont créés différents complexes écologiques. La diversité biologique aqua tique comprend, selon Sankare (2013), les écosystèmes et les habitats dont les plus remarquables sont les embouchures des principaux cours d’eau, les lagunes, la mangrove, les habitats de sable sur le lit toral, les rochers, le plateau continental, les habitats de sédiments, les eaux ma rines côtières, les habitats de végétaux marins, etc. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 65 Les inventaires révèlent notamment que les macrophytes marins sont estimés à une trentaine d’espèces, 400 espèces d’invertébrés, 300 espèces de poissons, 10 espèces de mammifères, 6 espèces de tortues, 20 espèces d’oiseaux marins. En vue de pallier le manque d’aires marines protégées, une évaluation a été conduite sur la base des critères de la CDB. Les sites sont sélectionnés aux fins d’y établir des aires marines protégées, notamment : Iles Ehotilés, Jacqueville, Grand-Lahou, Sassan dra et Bliéron. 2. Les sites sacrés, qui représentent un intérêt pour la conservation, sont inclus dans le réseau d’aires protégées La Côte d’Ivoire compte 6.702 forêts sa crées totalisant 36.434 ha et dont le mode de conservation intègre les valeurs tradi tionnelles et spirituelles des populations locales. Ce nombre élevé de sites sacrés, bien que de petites tailles généralement, représente un potentiel énorme pour la conservation in situ de la diversité biolo gique. En effet, les inventaires conduits sur plu sieurs de ces sites sacrés ont souligné le niveau appréciable de conservation des habitats et leur richesse spécifique. L’in clusion formelle de ces aires dans le ré seau de conservation s’articule autour d’un processus dont le choix des aires sa crées à inscrire sur la liste. Par ailleurs, il s’impose la définition d’un mécanisme de gouvernance qui laisse la responsabilité de la gestion aux sacrificats et aux autorités traditionnelles tout en permettant à l’administration d’en assurer le suivi et l’exécution des actes adminis tratifs. 3. La création d’aires privées est favorisée. Face à la régression des superficies des aires protégées et pour accroître le poten tiel de conservation de tels réservoirs de di versité biologique, la Côte d’Ivoire a pris un certain nombre de résolutions telles que la cogestion, la mise en place d’une police forestière et la prise de la loi autorisant la création des Réserves Naturelles Volon taires (RNV) d’après la Loi n°2002-102 du 11 février 2002 sur les Parcs Nationaux. La Réserve Naturelle Volontaire (RNV) a pour but de préserver un écosystème ou un paysage remarquable : écosystème cri tique, d’importance biologique et écolo gique ou abritant des espèces migratrices, etc. Cette mesure ouvre la voie à la créa tion d’aires protégées par des individus, des associations ou des collectivités terri toriales. Il convient maintenant d’acter les mesures administratives, réglementaires et techniques pour décliner les modalités d’application de la Loi. 6.3.2. Objectif 9 : D’ici à 2020, 100% des aires protégées sont gérées de façon efficace Le réseau des parcs et réserves analogues est un pilier de la politique nationale pour la diversité biologique. Toutefois, pour atteindre les objectifs de conservation in situ des habitats et des espèces, il importe de renforcer la gestion de ces aires. Outre l’appui aux institutions et aux hommes qui les animent, il est essentiel de conduire des mesures connexes susceptibles d’in fléchir notablement la pression sur les aires protégées. Objectifs spécifiques 1. Des corridors biologiques sont créés Bien que le maillage des aires protégées couvre l’essentiel du territoire, à l’exclusion du milieu marin, il n’est pas suffisamment ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 66 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 serré pour assurer le continuum écologique indispensable à l’existence et au développement de plusieurs espèces. La création concertée de corridors écolo giques devra rétablir cette perspective de mobilité de la faune et de la flore. Les ser vices compétents ont déjà souligné l’ur gence des corridors Marahoué-Taï pour les éléphants et Banco-Azagny pour les primates. Il importe d’élaborer un plan pour le territoire national. L’implication de nombreux acteurs du monde rural est nécessaire pour permettre à ces corridors de remplir leurs fonctions. 2. Les aires protégées dégradées sont restaurées A l’instar du Parc de la Marahoué, plu sieurs parcs sont en situation de dégra dation avancée. Dans le contexte de redy namisation du réseau d’aires protégées, il est indiqué de restaurer l’ensemble de ces aires affectées par la crise sociopolitique ou par l’insuffisance des ressources de gestion. Le Parc National de la Marahoué, le Parc National du Mont Péko, la réserve de faune d’Abokouamékro sont priori taires. 3. Les aires protégées sont incluses dans les plans de développement au niveau local Le processus de décentralisation a conduit à confier des responsabilités d’aménage ment du territoire et de développement local aux collectivités décentralisées. Ainsi, les Régions, les Départements et les Communes sont des acteurs incon tournables pour la sauvegarde des aires protégées implantées sur leurs territoires. Leurs choix accroissent ou atténuent les menaces sur les aires protégées. C’est pourquoi il est essentiel de les amener à préserver ces aires protégées dans leurs initiatives de planification spatiale, so ciale et économique. En fait, il s’agit de les amener à inscrire l’aire protégée dans un projet territorial de façon à concilier les exigences de son intégrité avec les aspi rations des populations et les objectifs de développement de la collectivité territo riale. Par ailleurs, une telle approche conduit inéluctablement à améliorer la gouver nance de l’aire protégée pour impliquer effectivement l’ensemble des déposi taires d’enjeux fonciers, économiques et sociaux. 4. Les capacités de gestion des aires protégées sont renforcées L’insuffisance de moyens financiers, ma tériels et humains est un obstacle majeur à la gestion pérenne des aires protégées. Même les outils stratégiques de base, tels que les plans d’aménagement, font dé faut. Concernant les aspects financiers, un em bryon de solution a été trouvé avec la mise en place de la fondation pour les aires protégées, mais celle-ci n’étant pas en mesure de financer le secteur, pour l’ins tant, il importe de trouver des relais afin d’assurer un minimum d’investissement dans le secteur. De même, la coopération avec le Japon a comblé une partie de l’im portant déficit en équipement de l’OIPR, il reste à satisfaire la forte demande en res sources humaines qualifiées pour la mise en œuvre des méthodes contemporaines, plus efficaces que celles actuellement en vigueur. 5. Les connaissances traditionnelles sont prises en compte dans la gestion des aires protégées Aujourd’hui, il apparaît comme évident que les connaissances, les valeurs tradi tionnelles et spirituelles peuvent servir STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 67 d’éléments de base dans l’élaboration et la formulation des programmes et des politiques de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique. Malheureusement, l’accès à ces connais sances et pratiques traditionnelles est dif ficile. La transmission des connaissances, des ascendants aux descendants d’une part et d’autres part des détenteurs aux chercheurs n’est pas facile. Il convient à cet effet de tout mettre en œuvre pour trouver des mécanismes de restauration et d’utilisation de ces connaissances dans la conservation de la diversité biologique tout en protégeant les droits de propriété intellectuelle des communautés locales détentrices de ce savoir. A cet effet, il est nécessaire d’identifier les connaissances et pratiques traditionnelles contribuant à la conservation et l’utilisa tion durable des ressources biologiques et de protéger les droits des dépositaires des connaissances et pratiques tradition nelles en élaborant des textes législatifs et réglementaires relatifs à ces connais sances et pratiques traditionnelles favo rables à la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. 6. Les défis émergents sont pris en compte dans la gestion des aires protégées Depuis la création de la première aire proté gée, les équipes ont acquis une certaine ex pertise pour la mise en œuvre de mesures efficaces de sauvegarde de ces sites. Aujourd’hui, les équipes doivent faire face à des problématiques relativement nou velles, notamment le changement clima tique et le tourisme dont le développe ment planifié affectera l’intégrité des aires protégées en l’absence de mesures d’anti cipation. Dès lors, il s’agira de : (i) élaborer une stratégie d’adaptation du réseau de parcs et réserves au changement clima tique et (ii) mettre en œuvre les mesures préconisée par la CDB pour contenir les impacts négatifs du tourisme sur les aires protégées. 6.4. Orientation stratégique 4 : valorisation et utilisation durable de la diversité biolo gique L’agriculture, la pêche, l’élevage, l’aménage ment du territoire, l’exploitation forestière, l’artificialisation des sols et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes ont une incidence sur la diversité biologique de ma nière directe ou indirecte. Par conséquent, des mesures de conservation des espèces et des espaces sont déployées. Toutefois, il est certain qu’elles ont peu d’effets en l’absence d’initiatives fortes et pérennes ciblant l’utilisation durable des éléments constitutifs de la diversité biologique. Les changements climatiques accentués par ces activités modifient l’environne ment à des vitesses inédites susceptibles d’augmenter les effets des autres pres sions. Il importe d’engager tous les acteurs, à agir en faveur d’une utilisation durable des ressources biologiques de manière à assurer leur renouvellement et avoir un impact positif en terme de diversité bio logique. Il importe également de prendre en compte toutes les conséquences de nos modes de vie sur la diversité biolo gique. Sont concernées en priorité les ressources exploitées de façon intensive dans le cadre de l’économie moderne et celles relevant de l’économie informelle ou de pratiques artisanales. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 68 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 La majeure partie des moyens de subsis tance et de développement de la popu lation, essentiellement rurale, repose sur la productivité des écosystèmes agricoles, forestiers, pastoraux et marins, notam ment en matière alimentaire, protéique, d’accès à l’eau et de protection contre les risques. Ceci implique que la dégradation rapide actuelle de la diversité biologique compromet déjà la qualité de vie de ces populations, voire les enfonce dans une spirale de pauvreté. En retour, ces populations n’ont d’autres choix que de prélever à outrance, les moyens de leurs subsistances sur une diversité biologique rendue de moins en moins généreuse. Il est donc manifeste que la sauvegarde de la diversité biolo gique et des services qu’elle fournit est sa lutaire pour les populations rurales et ur baines. De même, la diversité biologique a un potentiel de valorisation inexploité. Les ressources que nous procure le monde vivant nous enrichissent et contribuent au bien-être de l’humanité. Veiller à ce patri moine, le considérer comme notre bien collectif, c’est s’engager dans de nouvelles approches pour que cette richesse aide à notre développement durable et équi table. La diversité biologique étant notre pa trimoine commun et l’un des piliers du fonctionnement de la biosphère, il est fondamental de poursuivre les recherches en vue, non seulement d’identifier et de quantifier le plus grand nombre possible d’espèces existantes, mais surtout de s’at tacher à sa préservation et à sa valorisa tion en tant que patrimoine commun. 6.4.1. Objectif 10 : D’ici à 2020, l’activité agricole est économiquement viable, socialement acceptable et respec tueuse de la diversité biologique L’agriculture demeure la base de l’économie nationale10: elle contribue à 22 % de la formation du PIB et constitue la source de revenus de 2/3 des ménages. Elle procure 75% des recettes d’exportation. Le secteur demeure prioritaire dans les stratégies de développement. La Banque Mondiale révèle11 notamment que son potentiel moyen de croissance est de 4.8 % avec des prévisions de 6 % pour les cultures vivrières et 6 % pour celles d’exportation. Ce potentiel de croissance n’a pas échappé au gouvernement qui envisage d’investir 4 milliards de dollars, à travers le PNIA. De telles perspectives de croissance commandent de prendre en compte les relations entre la diversité biologique et l’agriculture dans la mesure où il est reconnu aujourd’hui que « la diversité biologique est la base de l’agriculture : son maintien est indispensable à la production de denrées alimentaires et d’autres produits agricoles et aux avantages qu’ils procurent à l’humanité, y compris les moyens de subsistance, la sécurité alimentaires et la nutrition »12. La composante 6 du PNIA cible notamment la réhabilitation du couvert forestier national en vue «d’assurer et maintenir une couverture de 20% nécessaire à une agriculture compétitive ». Ainsi, la diversité biologique fournit et maintient les services des écosystèmes in dispensables à l’agriculture. Pour autant, l’agriculture constitue un des principaux « moteurs » de la perte de la diversité bio logique. Dès lors, il convient de prendre des mesures pour faire des agriculteurs 10 Plan National de développement 2011 – 2020. 11 Banque mondiale, 2011 : un Agenda pour la croissance basée sur les exportations et les ressources naturelles 12 SCDB, 2008, Diversité biologique et Agriculture : Protéger la diversité biologique et assurer la sécurité alimentaire. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 69 et producteurs agricoles des « gardiens » de la diversité biologique afin d’assurer le maintien des services écosystémiques in dispensables à leurs activités et leur bien être. Objectifs opérationnels 1. Les pratiques agricoles intensives sont maintenues à des niveaux non préjudiciables à la diversité biologique Les prévisions de croissance annoncées, ne peuvent se réaliser en l’absence d’une ex pansion des terres agricoles et de l’inten sification de l’agriculture, le renforcement des aménagements hydro-agricoles, le dé veloppement des transports et l’utilisation accrue de l’énergie. Autant d’enjeux sur la diversité biologique qu’il convient d’adresser à travers les me sures suivantes : (i) l’amélioration de l’application de la procédure des études d’impact sur l’environnement des pro jets de développement tout en veillant à affiner la prise en compte des impacts et de réparation concernant les éléments constitutifs de la diversité biologique; (ii) le maintien de zones naturelles ou arti ficielles riches en diversité biologique li mitrophes ou dans le paysage agricole. Les écosystèmes critiques qui offrent des services aux populations et aux exploita tions agricoles seront en priorité protégés ou restaurés; (iii) la promotion, en im pliquant le milieu de la recherche scien tifique, des systèmes agricoles durables (systèmes d’exploitation mixtes, agricul ture biologique, gestion intégrée des pa rasites, engrais organiques, recyclage des déchets végétaux et animaux), (iv) la ra tionalisation de l’utilisation de l’énergie dans la production agricole et l’achemi nement des produits, (v) le renforcement de la sensibilisation et de l’information des consommateurs en vue d’éclairer leur conscience par rapport aux choix alimen taires et leurs relations avec l’évolution des systèmes de production alimentaires. 2. L’impact des produits agro-chimiques sur la diversité biologique est cir conscrit Les pesticides sont utilisés pour combattre les organismes nuisibles aux cultures. De fait ils sont préjudiciables à la diversité bio logique. Pareillement, l’emploi d’engrais chimiques dans l’agriculture a des effets indésirables. Ainsi, la prolifération des végétaux dans les cours d’eaux intérieurs du pays s’expliquent par l’enrichissement de ces milieux en en grais drainés par les eaux de ruissellement des complexes agro-industriel. Il importe de mettre en œuvre les mesures suivantes: (i) adopter et vulgariser des lignes direc trices pour un usage éco-compatible des produits chimiques et des engrais; (ii) ins taurer des zones tampon entre les planta tions, les complexes agro-industriels et les cours d’eau, (iii) surveiller la qualité des eaux et des sols dans les zones limitrophes aux plantations et complexes agro-indus triels. 3. La conservation des races et des variétés locales et la diversité des variétés utilisées en agriculture et en élevage sont assurées La conservation des différentes races ani males, des variétés et des espèces sauvages apparentées à des cultures fournit l’assu rance génétique de l’adaptation à l’évolu tion des conditions présentes et futures y compris les changements climatiques. Elle permettra de répondre aux besoins et exi gences des consommateurs. En l’absence de stratégies de conserva tion, ces ressources pourraient être igno rées où disparaitre, privant les populations de « polices d’assurance » pour l’avenir. La conservation de ces ressources génétiques ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 70 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 demeure donc une nécessité. Les mesures concrètes à envisager sont : (i) améliorer la conservation ex situ ; le CNRA dispose de collections déjà appréciables, il s’agit de renforcer ces collections pour les rendre plus exhaustives et les doter d’équipe ments performants, notamment pour la conservation des gènes, (ii) promouvoir la conservation in situ à la ferme de la diversi té génétique des cultures et du bétail. L’usage des connaissances traditionnelles de conservation, la reconnaissance et l’en cadrement des sélectionneurs tradition nels sont ici indispensables pour mainte nir des populations viables de cultures et d’animaux dans les paysages agricoles dans lesquels ils ont développé leurs propriétés distinctes. 4. L’utilisation d’Organismes Généti quement Modifiés n’entraîne pas la dégradation, le déplacement ou l’introgression génétique des variétés agricoles locales et de la diversité biologique sauvage envi ronnante L’utilisation des organismes transgéniques dans l’agriculture ivoirienne n’est pas avé rée à l’état actuel. Toutefois, divers projets en la matière existent ; il est nécessaire de mener des études au cas par cas sur les incidences environnementales et socioé conomiques avant toute introduction de matériel transgénique dans l’agriculture. Outre le respect scrupuleux des procé dures prévues en la matière, un disposi tif de suivi évaluation de l’impact de ces plantes transgéniques au niveau des divers éléments de la diversité biologique devra être en vigueur. Il arrive que des variétés transgéniques cultivées de façon standard supplantent les variétés agricoles adaptées localement, notamment pour des motifs économiques et marketing car elles sont cultivées en monocultures. De même, la pratique traditionnelle d’échanges de semences entre agriculteurs est susceptible de favoriser l’introduction de semences transgéniques en prove nance de pays voisins, générant un risque de contamination du matériel génétique des variétés agricoles ou sauvages locales apparentées. Une stratégie de la conservation ex situ des variétés locales est indispensable pour assurer la sauvegarde des ressources géné tiques utiles pour l’agriculture et l’alimen tation. Aussi s’imposent : (i) l’implantation d’un système de veille et d’évaluations ré gulières, (ii) la formation des agents rési dents pour la gestion de ces introductions officieuses et la sensibilisation des agricul teurs sur les risques encourus. 5. La production d’énergie à partir de sources végétales n’affecte pas la diversité biologique Le potentiel de production d’énergie renouvelable à partir de la biomasse et d’agro-carburant est prouvé. L’adoption à grande échelle de ces sources d’énergie, fort utiles au demeurant, présente des risques pour la diversité biologique. La culture des agro-carburants induit des changements d’affectation des terres sou vent destructeurs des habitats naturels, le recours aux produits chimiques et à des plantes non indigènes. Un prélèvement excessif de la biomasse aux fins de production d’énergie est de nature à entraver le cycle géochimique des sols avec pour effets de les dégrader. Des études approfondies doivent être conduites pour en évaluer, au cas par cas, l’incidence sur la diversité biologique avant toute décision. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 71 Des lignes directrices relatives à la prise en compte de la diversité biologique doivent être diffusées auprès de tous les acteurs. 6.4.2. Objectif 11 : D’ici à 2020, l’exploita tion des forêts est compatible avec les objectifs nationaux de sauve garde de la diversité biologique Le couvert forestier est constitué de domaine forestier rural et du domaine permanent de l’Etat composé principale ment de forêts classées et de parcs natio naux. Avant 1960, la forêt ivoirienne s’étendait sur tout le sud, l’ouest et la partie médiane de la Côte d’Ivoire. Le taux d’occupation se chiffrait à 46 % du territoire (12 millions d’hectares, 148 350 km2), avec un taux de boisement de 37,6 %. Au cours des années subséquentes, l’exploitation forestière à des fins de production de bois d’œuvre, la coupe intensive pour le bois de chauffe et la fabrication de charbon de bois, et le défrichement pour la mise en culture des terres ont eu pour conséquence de causer la disparition de 3/4 de la couverture forestière du pays. Les forêts classées autrefois dans un état satisfaisant de conservation font face aujourd’hui à une dégradation avancée. Une exploitation désordonnée et non durable de la ressource, accompagnée par une sous-estimation des effets à long terme de la dégradation de la ressource, constitue la misère du couvert forestier. Les dommages irréversibles sur les éco systèmes et les espèces qu’ils abritent sont également issus des différentes utili sations des ressources forestières : exploi tation du bois d’œuvre, bois de chauffe et charbon, produits de la pharmacopée traditionnelle, viande de gibier. De plus, plusieurs plantes possèdent une valeur commerciale qui motive leur exploitation incontrôlée : essences forestières com merciales, plantes médicinales, plantes alimentaires de cueillette, plantes orne mentales, plantes à divers autres usages traditionnelles. Environ 1500 espèces sont utilisées à des fins médicinales et 800 pour tous les autres usages confondus. Objectifs opérationnels 1. L’impact de l’exploitation fores tière sur la diversité biologique est contenu L’exploitation des essences forestières est avec l’agriculture l’une des premières sources de dégradation des écosystèmes et des habitats. Les politiques forestières conduites à ce jour ne semblent pas avoir abouti aux résultats escomptés en matière de sau vegarde de la diversité biologique en général. Il importe de les revoir en vue d’adopter des mesures innovantes tenant compte de l’apport important des procé dures de certification forestière, l’impli cation des propriétaires des forêts et de l’arbre, la sylviculture axée sur la nature, et de l’application effective de la régle mentation y compris la gouvernance du secteur. 2. La diversité génétique forestière est maintenue Il est attesté que la diversité génétique des forêts influence positivement leurs résiliences. Dans un contexte ou le chan gement climatique et les épidémies sont redoutées, il est indispensable de préserver cette diversité qui améliore les capacités de résilience face aux évènements ex trêmes et offre des opportunités à l’éco nomie nationale. Dans cette perspective, il convient : (i) d’acquérir de meilleures connaissances sur la conservation des ressources génétiques et (ii) d’adopter des mesures de conservation ex situ. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 72 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 6.4.3. Objectif 12 : D’ici à 2020, les res sources halieutiques sont exploitées en tenant compte du renouvelle ment des stocks L’exploitation des ressources halieutiques s’organise essentiellement au niveau de la pêche industrielle et artisanale. Les pêcheries sont localisées en milieux ma rins, lagunaires et au niveau des eaux in térieures. De nombreux acteurs, avec des technologies, des finalités et des cibles différentes (poissons et crustacées essentiellement), exploitent les ressources halieutiques. Contribuant à la for mation du PIB à hauteur de 0,9% en 2005, la pêche fait vivre environ 400 000 personnes. La pêche artisanale maritime et lagunaire de meure dynamique, avec des prises annuelles pouvant atteindre 38 250 tonnes. L’on relève depuis l’année 2000, une baisse régulière des débarquements de la flottille industrielle, passant de 34279 tonnes à 19 379 tonnes en 2004. Les mauvaises pra tiques de pêche et la pêche maritime illé gale sont indexées. Toutefois, il est reconnu aujourd’hui que relever le défi d’assurer la pérennité des productions halieutiques, qu’elles soient artisanales ou industrielles, impose de prendre également en compte l’état des écosystèmes, ainsi que le maintien de certaines fonctions écologiques et biolo giques indispensables à la reproduction et au développement des ressources halieu tiques. Objectifs opérationnels 1. Les fonctions écologiques et bio logiques nécessaires à la repro duction et au développement des ressources halieutiques sont préservées Les milieux de reproduction des poissons et d’autres produits halieutiques doivent être maintenus dans un état favorable à leur fonction de reproduction. Au-delà de ceci, tous les sites sensibles, à différents stades du cycle de vie des espèces d’im portance économique et sociale, doivent être maintenus en « bonne santé ». Pareillement, la connectivité entre diffé rents sites et cours d’eau doit être préservée pour faciliter les migrations nécessaires à différents stades de l’évolution des espèces. Une bonne connaissance des sites et des espèces inféodées, la planification spatiale ainsi que l’information des acteurs et des mécanismes de gouvernance incluant l’en semble des parties prenantes permettront des avancées notables, du moins au re gard du renouvellement des stocks halieu tiques. De même, aucune politique viable ne tient en l’absence de données fiables sur les ressources. 2. Les pratiques responsables de pêche sont vulgarisées Les pratiques de pêche ont une lourde responsabilité dans la baisse des stocks et sont une préoccupation depuis de nombreuses années. L’usage de pesticides et d’autres produits chimiques, de filets inadaptés et de techniques non sélectives ainsi que la pêche frauduleuse et irresponsable dans les eaux territoriales sont ciblés en vain par la règlementation. La modicité des moyens de surveillance et les aptitudes limitées des ressources humaines ouvrent la voie au non-respect de la réglementation. Le respect de la réglementation implique la collaboration de l’appareil judiciaire qui, en dernier ressort, inflige les peines dissuasives ou non. L’information et la sensibilisation des agents du système judiciaire sont primordiales. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 73 3. Les moyens de contrôle et de surveillance de la ressource, sont renforcés Qu’il s’agisse de la pêche hauturière ou celle pratiquée de façon artisanale dans les eaux côtières et intérieures, le dispo sitif de surveillance peine à suivre les dif férentes unités de pêche. La faiblesse des moyens matériels et des ressources hu maines sont en cause. De plus, la faiblesse de la coordination et de la planification des équipes de surveillance contribue à faciliter la pratique illégale et l’usage d’en gins prohibés. La revitalisation du dispo sitif de surveillance demeure donc une priorité. 4. Les poissons génétiquement modi fiés sont contrôlés La présence de poissons génétiquement modifiés n’est pas certifiée, mais le déve loppement et la commercialisation crois sante de ces poissons à travers le monde incline à craindre, à terme, la présence de poissons génétiquement modifiés dans les eaux nationales. Cela avec des menaces encourues, en raison de conséquences de comportements croisés et de compétition avec les espèces locales. Il convient de renforcer le contrôle des espèces vivantes introduites pour l’aquaculture, pour les aquariums ou pour la recherche. Des investigations sont à conduire sur les spé cimens de poissons et d’autres produits marins introduits en vue d’identifier des espèces transgéniques éventuelles. Des lignes directrices spécifiques devront être publiées. 6.4.4. Objectif 13 : D’ici à 2020, le déve loppement de l’exploitation des mines et du pétrole n’entrave pas l’atteinte des objectifs de sauve garde de la diversité biologique Le secteur minier longtemps délaissé est aujourd’hui central dans les stratégies de développement du pays. Le renouveau du secteur minier se traduit par une diver sification des substances ciblées. Ainsi, outre l’or, 57 permis de recherche délivrés concernent également le fer, le nickel, le manganèse et la bauxite. A l’évidence, le potentiel actuel de 6 ex ploitations minières pourra être rapide ment dépassé; ce d’autant que les mines de colombo tantalites et de diamant pourraient être rapidement opération nelles. L’exploitation artisanale d’or et de diamant demeure également très active. Le constat de la destruction systématique de la diversité biologique limitrophe aux sites d’exploitation est général. La production de pétrole et de gaz, bien que modeste, respectivement 64,11 mil liards de pieds cube de gaz (2006-2010) et 14,5 millions de barils (2006–2010), consti tue une menace potentielle pour la diversi té biologique. Les sites ne sont pas déman telés après exploitation, mais surtout les risques d’accident sont permanents autant lors de l’acheminement des produits qu’en phase d’exploitation. Certains pays ayant déjà été confrontés à ce genre d’accident, des précautions doivent être prises pour appliquer la ré glementation en vigueur. Objectifs opérationnels 1. Les évaluations environnementales abordent correctement les enjeux de la diversité biologique Depuis la mise en place de la procédure d’étude d’impact des projets de dévelop pement, les projets miniers ciblés par ce règlement s’y conforment à travers la réalisation effective de ces évaluations. Cependant, d’importantes marges de progrès existent relativement à la prise en compte adéquate de la diversité biologique dans les évaluations environnementales ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 74 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 et sociales; ainsi que dans les systèmes de gestion environnementale subséquents. Il importe de garantir que ces outils abordent correctement la diversité bio logique dans leurs processus. Les me sures concernent : (i) l’amélioration des listes de vérification / contrôle y afférent en renforçant les aspects concernant la diversité biologique avec des indicateurs pertinents pour le suivi de la diversité biologique, (ii) l’instauration de plans spécifiques de sauvegarde de la diversi té biologique, en rapport avec certaines conditions critiques, (iii) l’application de la compensation écologique, (iv) l’informa tion et la formation des parties prenantes. 2. La restauration des sites et l’amé lioration de la diversité biologique sont effectives La restauration des sites après la fermeture des exploitations minières demeure une préoccupation au regard de ce qu’il a été donné de constater sur le territoire. En effet, bien que la législation prescrive de restaurer après fermeture des mines et puits, ceux-ci restent en l’état. Les mesures préconisées sont : (i) le ren forcement des mesures d’application de la réglementation, (ii) la diffusion de lignes directrices en la matière, (iii) la formation des ressources humaines y compris celles chargées du contrôle. 6.4.5. Objectif 14 : D’ici à 2020, un sys tème de gestion durable des plantes médicinales et d’autres usages est en vigueur Environ 2.000 espèces de plantes et d’ani maux sont prélevés à des fins thérapeu tiques, culinaires ou pour bien d’autres usages quotidiens. Bien que les espèces soient, pour la plupart, connues, il existe peu d’informations sur les rythmes de prélèvement. Toutefois, les utilisateurs, dont les tradipraticiens, sont unanimes sur la réduction des populations au point d’avoir disparu dans plusieurs régions. Dans d’autres cas, les utilisateurs parcourent désormais d’énormes distances pour s’en procurer. Des mesures de gestion durable s’imposent en urgence pour éviter la dis parition des activités qui en dépendent. Objectifs opérationnels 1. La situation des espèces médicinales et d’autres usages est connue Le prélèvement de ces différentes espèces a un impact sur les stocks exploitables. Il importe d’avoir une idée précise de la si tuation réelle de chacune des espèces (stock, rythme, lieu et période de prélè vement) avant d’envisager les mesures de sauvegarde. A cet égard, sont concernées les plantes médicinales en particulier celles utilisées pour les maladies courantes et celles en usage pour plusieurs pathologies. 2. Les techniques d’utilisation sont réglementées et modernisées L’on observe un énorme gaspillage dans l’utilisation des plantes en raison de la rus ticité des techniques. L’utilisation durable passe par l’adoption de techniques effi caces de récolte, de stockage, de conserva tion ainsi que de transformation. D’abord, il s’agit de disposer de plan d’exploitation de ces plantes, sur la base d’une évaluation des ressources et de leurs capacités de re nouvellement. De plus, il conviendra d’en réglementer l’accès en concertation avec les utilisateurs, dans le respect des capaci tés de renouvellement des stocks naturels. 3. Les plantes indigènes à valeur d’usage et commerciale sont culti vées Autant pour des besoins thérapeutiques et alimentaires, certaines plantes sont parti culièrement prisées pour d’autres usages. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 75 Aujourd’hui, face à un marché en pleine expansion ; il y a peu de chance que la collecte, en milieu naturel en régression, de ces plantes indigènes puisse à terme satisfaire la demande. La culture de ces plantes, absentes des politiques agricoles, est la solution permettant de sécuriser l’approvisionnement des villes et des villages. Il y a lieu, dès à présent, d’initier des programmes de recherche agronomique ciblant ces plantes. 6.4.6. Objectif 15 : D’ici à 2020, la gestion durable de la viande de brousse et de la faune sauvage est assurée La « viande de brousse » est une source importante de protéine animale dans l’alimentation des populations rurales et citadines. Les marchés sont approvisionnés à la suite de pratiques illégales ou inorga nisées au point de constituer une menace importante pour la faune en général. Cependant, il semble impossible d’amé liorer les politiques et les efforts en sa faveur car, faute de données fiables, le commerce et les apports nutritionnels de la « viande de brousse » ne sont pas pris en compte dans les statistiques na tionales. Enfin, la chasse sportive semble marginale bien qu’elle représente une source potentielle de revenus. Objectifs opérationnels 1. Un système de gestion durable de la chasse légale est mis en place La chasse soutenable peut avoir des conséquences bénéfiques à la conser vation des habitats et des espèces. Elle fournit des protéines pour la subsistance des populations. La chasse sportive est une source de revenus potentiels pour le financement de la conservation. Mais, faute d’organisation et de directives pré cises, elle détruit les habitats et perturbe les espèces sensibles. Elle décime les espèces cibles avec des impacts sur les espèces qui leurs sont liées. Elle affecte de nombreuses espèces protégées et ali mente des pratiques véreuses. Outre les procédures administratives, l’organisation d’un système de chasse durable repose sur la délimitation de sites appropriés assortis de plans de gestion incluant des mesures propres à renforcer la protection d’espèces prioritaires, la sélection d’espèces peu vulnérables et l’établissement d’un calendrier. 2. Le dispositif de suivi et de surveillance des espèces exploitées est renforcé Il convient d’élaborer et d’appliquer des méthodes types d’évaluation et de surveillance de l’état des populations. La collecte des données fiables sur les populations, les niveaux de prélèvement, de consommation de viande de brousse et de commercialisation des espèces est indispensable. Il s’impose également de former les agents à l’identification des espèces concernées (flore et faune, y compris celles relevant de la CITES). 3. Une politique de la chasse est conçue et mise en oeuvre Il est nécessaire d’intégrer dans les prin cipaux documents de politique générale et de planification, une évaluation réa liste et transparente de la consommation de la faune sauvage et de son rôle en ce qui concerne les moyens de subsistance. Cette politique devra également tenir compte des espèces vivantes faisant l’ob jet d’un commerce local ou international. 6.4.7. Objectif 16 : D’ici à 2020, la diversité biologique soutient les initiatives de lutte contre la pauvreté Les politiques publiques tendent à négliger le rôle de filet de protection sociale de la diversité biologique pour ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 76 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 les populations défavorisées. Il importe ici d’opérer un changement de politiques pour que les actions de préservation de diversité biologique profitent davantage aux pauvres. Objectifs opérationnels 1. Les écosystèmes d’intérêt écono mique sont restaurés Plusieurs filières économiques sont direc tement ou indirectement dépendantes de la « santé » des écosystèmes. La dégrada tion de ceux-ci affecte les activités qui en dépendent. De même, les écosystèmes et les espèces qu’ils abritent servent aux pauvres qui y prélèvent l’essentiel de leurs moyens de subsistance. Ainsi, la destruction des sites de mangrove, donc des frayères, affecte directement la pêche côtière et prive les populations de produits forestiers non ligneux qui sont à la base des usages (alimentaires, médici naux, productifs) qu’en font les populations défavorisées. Pareillement, la réduction de la forêt humide affecte la production d’escargots, aliments prisés dont dépend toute une filière commerciale. Pour pérenniser les filières qui dépendent des écosystèmes, il faut : (i) identifier les écosystèmes qui génèrent des ressources et des emplois, puis, (ii) les restaurer. 2. Les productions de niche sont déve loppées La demande locale pour de nombreux produits alimentaires (feuille d’oseille : Hibiscus sabdariffa, akpi : Ricinodendron heudelotii, pistache : Pistacia vera, cham pignons, etc.) est satisfaite par des activités de cueillette. Aujourd’hui, la production comble difficile ment la demande (au prix d’investigations de plus en plus lointaines et de prélève ments de spécimens à peine matures). 3. L’accès des populations aux res sources biologiques, est préservé Les actions de préservation de la diversi té biologique doivent également faire en sorte de préserver le droit d’accès aux res sources naturelles des populations dému nies qui en font usage et qui en dépendent souvent pour leur survie. Cela exige la mise en place d’une gouvernance adap tée qui renforce la participation locale aux processus de gestion des ressources et ga rantisse les droits locaux de propriété et d’accès aux terres ainsi qu’aux ressources. 4. Les molécules à activité biologique d’application industrielle sont iden tifiées Le réservoir biotique comporte des gènes d’intérêt pour la valorisation dans les do maines pharmaceutique, agrochimique, agro-alimentaire, cosmétique, environne mental, etc. Les connaissances les concer nant sont diffuses. Il importe d’initier une campagne à grande échelle, sur la base des utilisations et des connaissances tra ditionnelles, pour identifier ceux à fort potentiel d’application industrielle. 5. La valorisation des organismes est diversifiée L’exploitation industrielle des organismes se réduit à un nombre limité d’entre eux alors que les possibilités sont de loin su périeures. Ainsi, à peine une dizaine d’es sences forestières est utilisée intensive ment par l’industrie alors que plus de 70 essences sont exploitables. Le constat est le même pour d’autres orga nismes. Il importe de déployer des moyens de recherche intensive pour identifier tout le potentiel valorisable. Ceci ouvri rait de nouvelles opportunités en termes de filières économiques et mobiliserait des équipes de recherche dont l’atonie actuelle s’explique par la rareté des fi nancements. Dans ce cadre, les droits des STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 77 communautés locales, notamment en ce qui concerne leur savoir traditionnel, mé ritent une protection particulière à travers un dispositif de contrôle de l’accès et du partage des avantages issus de leur utili sation. 6.4.8. Objectif 17 : D’ici à 2020, l’accès aux ressources génétiques, aux connaissances et pratiques présen tant un intérêt pour la diversité bio logique, est régi par des mécanismes assurant le partage des avantages qui en découlent Depuis bien longtemps, les agriculteurs et autres habitants en milieu rural utilisent des connaissances acquises ou transmises pour faire usage des éléments de la diver sité biologique. Ces savoirs traditionnels, transmis d’une génération à l’autre, sont souvent la clé permettant de comprendre les avantages de la diversité biologique lo cale, aussi bien à la ferme qu’au dehors. Toutefois, contrairement à la perception habituelle, ces savoirs se perdent avec le temps alors qu’ils peuvent selon le cas, servir à construire des pratiques de sauvegarde de la diversité biologique. Ils peuvent également permettre l’exploi tation durable de certains éléments de cette diversité biologique pour conférer de la valeur à certaines ressources ou à certains produits issus de ces ressources. Enfin, la conservation et la valorisation des connaissances traditionnelles sont des moyens pour gratifier les populations rurales détentrices de ces connaissances et pratiques. Objectifs opérationnels 1. Les savoirs et pratiques de la tradi tion sont reconnus et protégés Les valeurs spirituelles et les connais sances endogènes sont à prendre en compte dans la gestion de la diversité biologique. Car aujourd’hui, il apparaît comme évident que ces connaissances et valeurs peuvent servir d’éléments de base dans l’élaboration et la formulation de programmes et de politiques de conserva tion et d’utilisation durable de la diversité biologique. Malheureusement, l’accès à ces connais sances et pratiques traditionnelles peut s’avérer difficile. La transmission des connaissances, des ascendants aux des cendants d’une part et d’autre part des détenteurs aux chercheurs n’est pas facile. Il convient à cet effet de tout mettre en œuvre pour trouver des mécanismes de restauration et d’utilisation de ces connais sances dans la conservation de la diversité biologique tout en protégeant les droits de propriété intellectuelle des commu nautés locales détentrices de ce savoir. A cet effet, il est nécessaire : (i) d’identi fier les connaissances et pratiques tradi tionnelles contribuant à la conservation et à l’utilisation durable des ressources biologiques, (ii) de protéger les droits des dépositaires des connaissances et pratiques traditionnelles en élaborant des textes législatifs et réglementaires rela tifs à ces connaissances et pratiques tra ditionnelles favorables à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique. 2. Un mécanisme de partage des avan tages découlant de la valorisation des ressources génétiques est opé rationnel L’accès et le partage des avantages (APA) est le troisième objectif de la Convention sur la Diversité Biologique. Le pays en fait une priorité compte tenu de ses importantes ressources génétiques. C’est pourquoi il a adhéré sans réserve au protocole y dédié. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 78 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Il est temps d’engager sans délais des initiatives visant à instituer une réglemen tation, des procédures administratives et techniques pour assurer un meilleur en cadrement juridique et une plus grande transparence. Cette transparence devra être bénéfique aussi bien aux fournisseurs qu’aux utilisateurs de ressources géné tiques des ressources avec partage des avantages conformément à l’esprit et à la lettre du protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages. 3. Un centre d’échange sur l’accès et le partage des avantages est fonc tionnel L’article 14 du protocole de Nagoya crée un centre d’échange dans le cadre du CHM de la CDB en vue de faciliter le par tage d’informations liées à l’accès et au partage des avantages. Ce centre est es sentiel pour la sécurité juridique et la transparence dans le processus de mise en œuvre dudit protocole. En outre, il a un rôle important en matière de sensibilisation des parties prenantes sur l’importance des ressources géné tiques et des connaissances tradition nelles qui y sont liées. Notre pays s’emploiera à établir son centre national d’échange dès que les modalités pratiques de fonctionnement seront arrê tées par la Conférence des Parties au pro tocole. 6.5. Orientation stratégique 5 : mobilisation citoyenne et dif fusion de la connaissance sur le vivant L’homme à travers son mode de consom mation et de production, qu’il vive en milieu rural ou dans les villes, est la plus grande source de pression sur les éléments constitutifs de la diversité biologique. Pourtant, l’on relève que les acteurs les plus concernés, parce que premiers exploitants des ressources naturelles, en l’occurrence les populations rurales, sont peu informés sur les menaces qui pèsent sur la diversité biologique, de même que sur les gestes et comportements idoines à adopter pour la ménager. Dans la population en général, les ques tions relatives à la diversité biologique restent toujours mal appréhendées et souvent marginalisées. Considérée gratuite et pérenne, la diversité biologique est exploitée sans retenue. Ce fait est prin cipalement lié, à tous les niveaux, à la méconnaissance ou à la marginalisation des questions relatives à la diversité bio logique. Par ailleurs, l’insuffisance d’une collabo ration soutenue et constructive entre les différents partenaires demeure l’une des principales lacunes concernant la parti cipation des populations à la volonté de conserver la diversité biologique en Côte d’Ivoire. La conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique nécessitent donc la participation active de tous les acteurs concernés (communautés locales, administrations, privés, ONG, etc.) tant au stade de l’identification qu’à celui de l’exécution des actions. Les nécessités qui concernent la diversité biologique passent d’abord par l’éveil de la conscience et de l’intérêt des populations. Cette prise de conscience des interrelations entre le développement, le bien-être et la conservation de la diversité biologique se réalise essentiellement à travers une dé marche plaçant en priorité l’information, l’éducation et la sensibilisation des popu lations ainsi que la mise en œuvre d’acti vités alternatives génératrices de revenus. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 79 Aussi est-il reconnu que l’élaboration et la mise en œuvre de politiques solides en faveur de la gestion durable de la diver sité biologique ne peut faire l’économie de l’engagement de chaque citoyen. L’en semble de la population et des institu tions étant concerné, il est nécessaire de recourir à différentes approches adaptées aux cibles. Ainsi, toutes les modalités de partage de l’information et d’acquisition de bonnes pratiques seront mises à profit à travers les axes majeurs que sont la communica tion, la sensibilisation et l’éducation. Dans cette démarche, il s’impose de mettre en lumière l’indispensable contri bution des écosystèmes au bien-être humain pour amener les décideurs à considérer au mieux la diversité biolo gique dans les arbitrages des décisions publiques relativement aux politiques de développement. La coopération des médias et des autres agents de diffusion de l’information per mettra de sensibiliser un nombre accru de citoyens. Dans ce rôle, une place plus grande doit être accordée aux ONG ivoiriennes qui devraient être des agences qualifiées de sensibilisation, d’information et d’éduca tion. 6.5.1. Objectif 18 : D’ici à 2020, les actions de communication, de sensibilisation et d’éducation en faveur de la diversité biologique atteignent 70 % des cibles Dans ce cadre, il s’agit d’amener chaque individu à reconnaître la valeur intrin sèque de la diversité biologique et le fait que le bien-être de chacun est étroite ment lié aux services que fournissent les écosystèmes en bonne santé. De cela émergera une culture de la nature. Elle se traduira par l’intérêt des populations pour tout ce qui touche à la nature et la diffu sion de messages valorisants et propres à promouvoir la valeur de la diversité biolo gique. Il s’agit de développer une dimen sion éthique dans la préservation de la diversité biologique: « Nous devons main tenir ce qui ne nous appartient pas ». Objectifs spécifiques 1. La promotion de la diversité biologique est assurée au niveau des décideurs Le soutien des principaux décideurs du gouvernement et des collectivités locales, des institutions, des organismes dona teurs et du secteur privé est indispensable pour intégrer les considérations de diver sité biologique dans la prise de décision. A ce niveau, il faut initier un plaidoyer ci blé et une sensibilisation des principaux décideurs au niveau national et sous-ré gional. Les approches efficaces pour le plaidoyer impliquent de documenter et de partager les réussites. 2. Les entreprises sont impliquées dans la conservation de la diversité biologique Les entreprises sont en relation constante avec la diversité biologique, de façon di recte et indirecte, et elles ont donc un rôle majeur à jouer pour sa conservation. Pourtant, peu de salariés sont informés des enjeux actuels. Le personnel, y com pris les dirigeants, ne connaît pas toujours l’ensemble des interactions existantes entre la diversité biologique et l’activité de leur entreprise, ainsi que son intérêt à s’investir pour sa préservation. La sensibilisation et l’information consti tuent des préalables essentiels pour ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 80 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 accompagner la mise en place d’actions en faveur de la diversité biologique. Elles facilitent la prise de conscience face à l’urgence de la situation et explicitent le rôle de chacun en faveur de la diversité biologique. 3. La collaboration avec les ONG actives pour la diversité biologique est consolidée Les organisations non gouvernementales ont l’avantage d’agir à titre bénévole, mais avec beaucoup de volonté et un engagement sans faille au niveau local ou à l’échelle nationale pour peu que la mis sion obtienne leur adhésion. Elles sont un atout pour la mise en œuvre des politiques publiques favorables à la sauvegarde de la diversité biologique à travers le dévelop pement de synergies positives entre ces organisations particulièrement actives au niveau local et les pouvoirs publics. Plusieurs de ces organisations ont déjà construit des relations fortes avec le gou vernement et les partenaires au déve loppement, et ont conduit avec un relatif succès, des projets soutenus par le pro gramme de micro financement FEM-ONG. La priorité est de renforcer leurs capacités en matière d’élaboration de propositions de projets éligibles aux différents guichets, de gestion financière et technique de projets, de communication et de plaidoyer. En outre, l’échange d’informations sur la politique nationale de conservation, les menaces et les mesures de conser vation préconisées en fonction des aires protégées et des sites prioritaires peut permettre d’exercer une certaine veille et faciliter l’implication des ONG dans la mise en œuvre de ces mesures tout en assurant le plaidoyer auprès des popula tions locales dont elles sont souvent très proches. Dans cette perspective, l’établissement d’un partenariat entre le réseau d’ONG actives en matière de diversité biologique et l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves est indispensable. 4. Les enjeux de la diversité biologique sont connus de l’ensemble des parties prenantes Comme la stratégie élaborée doit toucher l’ensemble de la population et des insti tutions, des campagnes de sensibilisation et de diffusion d’information deviennent nécessaires pour accompagner la restruc turation éducative. Les cibles prioritaires de ces campagnes sont les populations environnantes des aires protégées et celles potentiellement en contact avec les écosystèmes et les ressources biologiques in situ. 5. Un système d’information sur la diversité biologique y compris le CHM est opérationnel Le partage d’informations est l’un des moyens d’assurer la conservation et l’uti lisation durable de la diversité biologique. À cet égard, il est indispensable de construire une base de données de la di versité biologique incluant un large éven tail d’informations dont celles relatives aux espèces, via les espèces menacées, les ressources génétiques, in situ et ex situ, l’écosystème et l’habitat. La création de base de données sera sui vie de l’intégration des systèmes complets d’analyse, de planification, d’évaluation et de gestion de manière à aboutir à un ré seau national d’information sur la diversité biologique. Parallèlement à cela, sera renforcé afin de jouer pleinement son rôle, la capacité du CHM par lequel les données relatives à la STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 81 conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique seront partagées. 6. Le développement de programmes éducatifs sur la diversité biologique est soutenu Le relatif désintérêt de la population par rapport à la diversité biologique explique en partie celui des décideurs qui inscrivent à leur agenda les thèmes préoccupants pour les populations qu’ils administrent. Le développement de programmes éduca tifs, à tous les niveaux du système éduca tif, s’impose pour changer le regard et la perception par rapport à la diversité bio logique toujours perçue comme un bien inépuisable. Au niveau académique, il y a alors un grand besoin : (i) de réviser les programmes d’en seignement en vue de mieux outiller les fu turs professionnels devant exercer dans la conservation ou simplement susceptibles d’être en contact avec la diversité biologique, (ii) de renforcer les capacités des enseignants dans le domaine de la diversité biologique, (iii) d’encourager les activités parascolaires pour une meilleure compréhension de la na ture. 6.5.2. Objectif 19 : D’ici à 2020 des équipes opérationnelles de cher cheurs sont mobilisées pour la diversité biologique Nos connaissances sur la diversité biolo gique et sur le fonctionnement des écosys tèmes sont encore relativement limitées malgré des décennies de recherche. Cependant, nous en savons assez pour reconnaître que les taux de diminution de la diversité biologique sont plus élevés que jamais, que nos écosystèmes sont soumis à une pression considérable. Par conséquent, une approche de précaution doit être adoptée de toute urgence pour leur gestion et utilisation durable. Approfondir notre compréhension de la diversité biologique et des services écosys témiques est toutefois crucial si nous sou haitons affiner et améliorer nos réponses politiques dans l’avenir. La recherche scien tifique est le support de toute politique ambitieuse pour la diversité biologique. Nous entendons ici la recherche qui a pour objet l’accroissement des connaissances et l’expertise qui est la mobilisation de la connaissance scientifique en vue d’éclairer la décision politique. En effet, seule les données et informations fiables permettent la prise de décisions idoines à court et long terme en minimi sant notamment les risques d’échec. Eu égard à ces considérations, la recherche s’appliquant aux enjeux de sauvegarde et d’utilisation durable de la diversité biolo gique est une cible importante de cette stratégie. Si pour la recherche en général l’offre est re lativement importante sans être complète, l’offre en matière d’expertise est limitée à quelques chercheurs qui peuvent s’appuyer sur des équipes relativement structurées et disposant de données collectées régulière ment depuis longtemps. Les priorités de la recherche concernent : (i) les recherches de base sur la phylogé nie, (ii) la préparation de l’inventaire et de la taxonomie afin de combler les déficits dans l’étude taxonomique de la diversité des animaux, des plantes et des microor ganismes, (iii) la recherche écologique sur les facteurs qui ont ou sont susceptibles d’avoir des effets importants, impacts sur la fonction de la diversité biologique, (iv) l’étude systématique sur la conservation, la restauration et l’utilisation durable de la diversité biologique, la recherche/dé veloppement pour la mise en place d’un système de surveillance de la diversité ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 82 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 biologique et de l’information réseau, (v) l’analyse génétique de la diversité biolo gique interspécifique, la valeur socio-éco nomique de la diversité biologique, en particulier, la contribution au bien-être des populations. Objectifs opérationnels 1. Le déficit de chercheurs est comblé L’auto-évaluation des besoins en renforce ment des capacités et la préparation de la monographie de la diversité biologique ont mis en évidence le déficit, voire l’absence de taxonomistes à maints égards, compromet tant les efforts de préservation. En effet, com ment préserver une ressource quasi incon nue même pour la botanique où la tradition de la formation est ancienne? Car il manque des spécialistes pour certaines familles. A cet effet, il s’agira de susciter des vocations et de mobiliser des ressources, éventuellement à travers un fonds compétitif, pour former des chercheurs dans des taxons qui manquent de spécialistes tels que : Virus, Bryophytes, Lichens, Champignons, Ptéridophytes, Al gues, Protozoaires, Reptiles, Amphibiens, Annélides, Polychètes, Avifaune, Mollusques terrestres et grands Mammifères. Toutefois, dans la mesure où il n’est pas possible de tout combler, il importe de concentrer les moyens de recherche sur les espèces prioritaires pour lesquelles il y a un déficit d’information sur le statut, la répartition et l’écologie. Les informations taxonomiques fussent-elles exhaustives, ne permettent pas d’assurer une gestion durable de la diversité biologique. Dès lors, il s’agit de former des spécialistes re lativement à la connaissance des écosys tèmes et de leurs fonctionnements, ainsi qu’à l’évaluation des services fournis par les écosystèmes et leur prise en compte dans la comptabilité nationale. Aussi est-il essentiel d’élaborer une cartographie de la diversité biologique. 2. La coordination de la recherche pour la diversité biologique est améliorée Le dispositif de recherche comprend plu sieurs organismes dont les initiatives ne convergent pas toujours avec les priorités nationales. L’insuffisance des financements de l’Etat les contraint à saisir les opportunités immé diates des projets ou partenariats nationaux ou internationaux pour conduire les re cherches permettant les publications indis pensables à l’avancement des chercheurs. Il importe de s’employer à ce que les équipes se consacrent à des thématiques prioritaires pour la prise de décision nationale. On peut citer les équipes permettant d’assurer la compréhension des proces sus écosystémiques, la manière dont les populations utilisent la diversité biolo gique, les incidences de ces utilisations sur la diversité biologique et les services écosystémiques, les possibilités de rendre durable de telles utilisations, l’impact des politiques sectorielles sur la diversité bio logique, les avantages socio-économiques de la diversité biologique, les préférences des consommateurs en matière de diversité biologique, les relations entre les change ments dans la diversité biologique et la santé des populations. La réorientation des programmes peut se faire à travers la mobilisation de finance ments dédiés et en veillant à ce que les préoccupations soient inscrites dans les programmes de recherche des différents laboratoires et équipes. L’implantation des universités dans les différentes régions du pays est une op portunité pour faire prendre en compte les problématiques régionales par les la boratoires et équipes qui y sont installées. Elle devrait permettre la mise en place STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 83 d’équipes pluridisciplinaires nécessaires pour la compréhension de faits écolo giques (ex : la baisse des prises des pro duits halieutiques est-elle due au chan gement climatique, à la modification des conditions physico-chimiques des milieux aquatiques ou à l’inadéquation des tech niques de pêche). À cet égard, il est probablement néce ssaire de mettre en place une institution spécialisée le « comité Diversité biolo gique », qui coordonnera la recherche/ développement pour la diversité biolo gique d’une manière unifiée. La combi naison clairvoyante et prospective de recherches fondamentales et appliquées pour la conservation et l’utilisation du rable de la diversité biologique, et l’étroite collaboration entre les instituts de re cherche, les universités et les institutions sur le terrain pour éviter les chevauche ments et la répétition inutile sera sa prin cipale responsabilité. 3. La collecte régulière de données fiables est assurée L’acquisition régulière de données fiables est primordiale pour l’analyse de la diversité biologique et la prise de décision subsé quente. La définition de normes nationales pour la constitution d’inventaires et la surveillance de la diversité biologique, sur la base d’indicateurs permettra d’évaluer et communiquer sur l’état de la diversité biologique. Face aux coûts élevés de campagnes ré gulières pour les équipes provenant de loin, il est opportun d’envisager le recours à des ingénieurs et techniciens déjà éta blis en région, voire sur le terrain (cas des ingénieurs forestiers et des agronomes). Dans ce cas, il s’agira : (i) d’en identifier un certain nombre par région et (ii) de les former à la collecte des données de base sur la diversité biologique. Bien en tendu, cette collecte concernera certaines espèces protégées et/ ou indicatrices de l’évolution du milieu, car il est peu réaliste d’envisager des acquisitions exhaustives de données. 6.6 : Orientation stratégique 6: renforcement de la coordina tion nationale, de la mobili sation des ressources et de la coopération internationale La réglementation est un outil indispen sable pour la conservation de la diversité biologique et de son utilisation durable. Conscient de ce fait, les pouvoirs publics ont constitué un cadre juridique pour le secteur. Cependant, l’on constate des fai blesses dans l’application des textes. Plusieurs institutions sont étroitement im pliquées dans la conception et la mise en œuvre de la politique pour la diversité bio logique. Au niveau des aires protégées, trois institutions sont particulièrement actives sur les aspects de gestions, d’élaboration de la politique et du financement. Cependant, le cadre institutionnel voué à la sauvegarde des écosystèmes, des habitats et des es pèces hors des Parcs et réserves analogues est émietté, voire absent sur certaines pro blématiques, ce qui entrave substantielle ment l’efficacité de l’action. De plus les défis des ressources humaines et des moyens lo gistiques restent entiers. La mise en œuvre des accords est entravée par le manque de synergies entre les points focaux. Ainsi, même les rapports nationaux utiles pour l’évaluation de la mise en œuvre de ces accords, sensées s’enrichir mutuel lement d’informations convergentes et complémentaires, souffrent de ce manque de fluidité entre les points focaux. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 84 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 6.6.1. Objectif 20 : D’ici à 2020, la poli tique de sauvegarde de la diversité biologique repose sur une régle mentation pertinente et des insti tutions efficaces Plusieurs institutions sont étroitement impliquées dans la conception et la mise en œuvre de la politique pour la diversité biologique. Au niveau des aires protégées, trois ins titutions sont particulièrement actives sur les aspects de gestions, d’élaboration de la politique et du financement. Mais, le cadre institutionnel voué à la sauve garde des écosystèmes, des habitats et des espèces hors des parcs et réserves analogues est émietté, voire absent sur certaines problématiques, ce qui entrave substantiellement l’efficacité de l’action. De plus les défis des ressources humaines et des moyens logistiques restent entiers. Par ailleurs ; la mise en œuvre des différents accords liés à la diversité biologique est entravée par le manque de synergies entre les points focaux. Ainsi, même les rapports nationaux utiles pour l’évalua tion de la mise en œuvre de ces accords, sensés s’enrichir mutuellement d’infor mations convergentes et complémen taires, souffrent de ce manque de fluidité entre les points focaux. Objectifs opérationnels 1. Un cadre réglementaire efficace est appliqué Il y a lieu d’améliorer radicalement l’ap plication des textes. Les mesures idoines sont : (i) la révision des textes en vigueur pour les rendre clairs, cohérents et précis, (ii) le renforcement de la réglementation en général à travers l’adoption de textes pour combler les vides juridiques haute ment préjudiciables à la gestion durable de la diversité biologique, par exemple l’ins tauration d’un régime de réparation des dommages causés aux éléments de la di versité biologique, (iii) la formation ciblée sur les connaissances juridiques, les mé thodes d’investigation et de détection des infractions pour le personnel responsable du contrôle du respect de la réglementa tion, notamment les agents des Eaux et Forêts, de la police, de la douane, ainsi que les juges et les procureurs, (iv) la réorgani sation du travail pour assurer la présence à temps sur le terrain, d’équipes dotées de moyens. 2. Les institutions soutiennent effica cement la politique de sauvegarde de la diversité biologique Plusieurs institutions sont étroitement impliquées dans la conception et la mise en œuvre de la politique pour la diversi té biologique. Il importe d’optimiser les synergies à travers les actions suivantes : (i) mettre en place une plateforme de coordination des interventions, (ii) com bler les vides institutionnels, notamment par rapport aux enjeux qui ne sont pas effectivement pris en compte au niveau conceptuel et sur le terrain, (iii) renfor cer les moyens matériels des institutions, (iv) développer les ressources humaines (l’expertise) en renforçant la formation professionnelle visant à améliorer la qua lification du personnel des Eaux et Forêts, en rapport avec l’évolution des enjeux de la gestion durable de la diversité biolo gique de façon non exclusive et en formant également une mine de talents avec une expertise profonde et la capacité pratique dans la gestion des terres, la gestion de l’environnement et l’utilisation durable de la diversité biologique. 3. La coordination nationale des or ganes de gestion des AME relatifs à la diversité biologique est renforcée Le pays est partie prenante à de nombreux STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 85 accords internationaux dont certains sont névralgiques13 pour l’atteinte des objectifs d’Aichi en particulier et pour la sauvegarde des ressources biologiques en général. Il im porte d’optimiser les synergies à travers les actions suivantes : (i) inventorier les actions obligatoires mutuelles et les actions conflic tuelles, à travers l’analyse de l’ensemble des décisions liées aux questions horizontales relevant de ces accords, (ii) cartographier les mesures et besoins communs y compris en matière de renforcement des capacités, de coopération technique et scientifique, d’éla boration de plans et stratégies spécifiques, de reporting périodiques, etc., (iii) rationali ser les processus de reporting et de suivi de la diversité biologique à travers la définition des données et des indicateurs communs, (iv) mettre en place une plateforme de tra vail dotée de moyens adéquats. 4. La mise à disposition de ressources adéquates est garantie Il s’agit d’intégrer les questions en matière de diversité biologique et de services éco systémiques dans les efforts de planifica tion domestiques et sectoriels et dans la promotion des allocations budgétaires. Il importe d’examiner les possibilités de création de fonds spécifiques à l’instar de celui dédié aux aires protégées ; de même la mise en place de partenariat avec le monde des affaires peut se révéler fructueuse. L’un des handicaps majeurs à surmonter est l’absence de stratégies effectives de captage des ressources des partenaires dédiés tels que le Fonds pour l’Environnement Mondial ou potentiel lement accessible dont le Fonds Français pour l’Environnement Mondial, la GIZ , l’UE etc. 6.6.2. Objectif 21 : D’ici à 2020, la coopé ration internationale pour la sauve 13 CITES, CMS, RAMSAR, Patrimoine mondial, Traité sur les ressources phytogénétiques, protocole de Kyoto, Convention de lutte contre la désertification / dégradation des terres. garde de la diversité biologique est continue et efficace Une coopération internationale dynamique est un atout majeur pour assurer la sauve garde de la diversité biologique. L’action des pouvoirs publics et même des acteurs non étatiques ne peut s’en passer. Les priorités en la matière concernent la gestion durable des écosystèmes en partage, la mise en œuvre des accords multilatéraux et la mobilisation des moyens nécessaires à l’efficacité de l’action. Objectifs opérationnels Les écosystèmes et habitats transfronta liers d’importance sont gérés en concerta tion avec les pays voisins. Le pays est situé dans le hotspot de la haute Guinée. Dans ce cadre, il a en par tage avec plusieurs pays voisins des écosys tèmes et des habitats exceptionnels dont le mont Nimba à l’ouest, la forêt classée de Diambarakro à l’est. La gestion de ces mi lieux et des populations animales qu’elles abritent s’inscrivent dans une approche écosystémique qui transcende les fron tières administratives. C’est pourquoi, il importe de concevoir et mettre en œuvre des plans de gestion concertés. 1. Les enjeux de la diversité biologique sont dûment inscrits dans les cadres de coopération avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux Les interventions des partenaires tech niques et financiers prennent appui sur les priorités définies dans les cadres de coopération bilatéraux ou multilatéraux (ex UNDAF). Il s’agit, pour assurer un ap pui continu des partenaires à la politique de sauvegarde de la diversité biologique, de prendre des dispositions afin que la di versité biologique et les services écosys témiques soient systématiquement inclus dans les discussions avec les donateurs. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 86 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 De même les enjeux devront être intégrés aux accords de coopération bilatéraux. 2. Le transfert des technologies liées à la conservation et à l’utilisation du rable de la diversité biologique est développé Le transfert actif des technologies de pointe et le développement conjoint de nouvelles technologies pour la conserva tion et l’utilisation durable de la diversité biologique sont d’une grande importance dans la réduction de la perte de main d’œuvre et de fonds, dans le développement de l’économie. Il permet aux populations d’obtenir des avantages substantiels pour leur subsistance. Dans ce contexte, le partage, la joint étude et le co-développement de la tech nologie et technique entre les instituts des pays développés et ceux en voie de développement sont les moyens efficaces de transfert de technologie. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 87 Le rapport 2014 sur l’état des lieux de la diversité biologique de la Côte d’Ivoire inti tulé « Situation de la diversité biologique et relation avec le bien-être humain » in dique ceci : « Le cadre institutionnel relatif à l’environnement et à la protection de la nature se caractérise par la multiplicité des intervenants et par des restructurations récurrentes. Tous les ministères s’occupent de questions environnementales, provo quant, à des degrés divers, chevauche ments et conflits de compétence et une confusion par rapport aux mandats et aux responsabilités. De plus, l’instabilité institutionnelle amoindrit l’efficacité des actions et empêche le suivi efficace des programmes ». Le même rapport révèle : « l’insuffisance et/ou absence de mécanisme de suivi évaluation des actions réalisées dans le cadre de la convention, à l’exception des rapports nationaux exigés par la conven tion; l’insuffisance et/ou absence de mé canisme de valorisation-promotion-dif fusion-transfert des résultats à tous les acteurs y compris les décideurs; l’insuf fisance et/ou absence de moyens finan ciers pour le renforcement des capacités, l’acquisition d’équipements et la conduite des travaux de recherches; l’insuffisance de la théorisation des connaissances tra ditionnelles et la perte de ces connais sances traditionnelles ; l’absence et/ou in suffisance de partage des avantages liés à l’exploitation de la diversité biologique; le manque de synergie aux niveaux national, régional et international, etc. » Ces obstacles énumérés précédemment entravent sérieusement la mise en œuvre de la SNDB. Eu égard à ce qui précède, il convient de définir les mesures favorables à la mise en œuvre de la SNDB. Ces mesures concernent : la stratégie de mobilisation des moyens financiers incluant l’éva luation du coût des axes straté giques ; le plan de communication destiné à l’appropriation de la SNDB par la population et toutes les parties prenantes ; la coordination nationale des acteurs à travers un mécanisme institu tionnel et un suivi-évaluation des actions. 7.1. Strategie de mobilisation des ressources financieres La nécessité de mettre un terme à la perte de la diversité biologique situe désormais l’enjeu de sa conservation au premier plan des préoccupations environnementales au niveau international. La Côte d’Ivoire est l’un des pays mobili sés dans ce mouvement d’engagement collectif. Mais, à l’instar des autres pays du conti nent, les moyens financiers à mobiliser pour y parvenir sont loin d’être perçus malgré les efforts consentis par le gouver nement ivoirien, les partenaires au déve loppement et les organisations de la so ciété civile. 7. MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 88 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Les difficultés rencontrées lors de la mobilisa tion financière sont premièrement connexes à la crise financière mondiale. En effet, celle ci rend véritablement difficile la mobilisation de fonds auprès des institutions financières ou des coopérations bilatérales qui sont elles-mêmes en pleine déroute financière. Face aux difficultés antérieurement évo quées, il apparaît nécessaire d’élaborer une stratégie de mobilisation des ressources qui décrit précisément comment les ressources pourraient être mobilisées pour atteindre les objectifs visés. Les ressources seront mo bilisées tant au niveau interne qu’externe. Au niveau interne, à côté des financements publics, l’application de mesures novatrices tirées des principes de pollueur-payeur et bénéficiaire-payeur devrait permettre de percevoir des taxes à tous les niveaux de la société. Les ressources recherchées à l’extérieur se reposent sur la contribution des partenaires fournisseurs. La stratégie de mobilisation des ressources financières repose sur trois aspects, à savoir : la projection des ressources néces saires ; le marketing des actions planifiées ; le développement des partenariats avec les nouveaux fournisseurs de ressources. De ce constat et dans un contexte de crise économique mondiale, il apparaît nécessaire de se pencher sur l’épineuse problématique de recherche de financement pour la mise en œuvre du plan d’action pour la diversité biologique. Dans ce cadre, il importe d’entreprendre les actions suivantes comptepour mobiliser et gérer efficacement les ressources finan cières indispensables à la mise en œuvre de la SNDB. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 89 Ta bl ea u n° 4 : T ab le au s yn op tiq ue d e m ob ilis at io n de s re ss ou rc es fi na nc iè re s ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 90 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 91 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 92 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 93 7.2. Strategie de communication La stratégie sur la diversité biologique doit comporter un plan de communication et de diffusion, dont le but est d’assurer le lien entre toutes les parties prenantes afin de permettre la compréhension ef fective des questions clés, le partage des informations et la collaboration. Il a égale ment comme objectif d’attirer le soutien et d’évaluer les incidences de la stratégie. Le cadre de la communication doit tenir compte du rôle des institutions telles que l’Unité de lutte contre l’érosion de la di versité biologique et renforcer la coopé ration, la collaboration, les activités de plaidoyer, l’éducation et la sensibilisation pour lutter contre la perte de la diversité biologique. Le système de communication sur la diversité biologique doit permettre d’identifier les priorités, les partenaires et les collaborateurs potentiels ainsi que leurs besoins spécifiques relatifs à la ges tion de la diversité biologique. Il devra également aider à identifier et développer des instruments à effet de levier et à inci dence élevée pour diffuser des messages sur la diversité biologique auprès des groupes cibles et des parties prenantes. Il doit également permettre l’élaboration et la mise en œuvre d’un mécanisme de suivi et d’évaluation axé sur les défis et les opportunités découlant de la gestion de la diversité biologique en Côte d’Ivoire. Au demeurant, la communication est un élément central dans la mise en œuvre de la stratégie et du plan d’action de la diversité biologique, en raison des contro verses multiples et des confusions persis tantes dans la compréhension de cette diversité biologique. En effet, au manque d’information et de la connaissance de la diversité biologique, s’ajoute un risque social majeur pour l’huma nité ayant pour corolaires: les catastrophes, le changement climatique, la pauvreté, les maladies, etc… La finalité recherchée est de contribuer, à travers des actions stratégiques et opéra tionnelles d’information et de communi cation, à l’établissement d’un cadre national consensuel participatif et transparent sur la gestion de la diversité biologique natio nale. Les actions suivantes doivent alors être prises en compte (cf tableau n° 5 : tableau synoptique de la stratégie de communica tion ci-après). ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 94 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 Ta bl ea u n° 5 : T ab le au s yn op tiq ue d e la s tra té gi e de c om m un ica tio n STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 95 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 96 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 97 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 98 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 99 7.3. Coordination des acteurs La coordination des acteurs sera assurée par le Conseil National de la Protection de la Nature qui a pour mission d’apporter, par ses avis, une expertise scientifique et technique. Il peut être consulté sur les projets de loi, d’ordonnance et de décret, sur des domaines relatifs à la diversité biologique et les travaux scientifiques et techniques y afférents. Il coordonne les conventions de protection de la nature et des accords multilatéraux sur la diversité biologique. Cette plateforme facilite la concertation entre les différents points focaux chargés de la diversité biologique dans ses différents aspects et assure une meilleure synergie d’action. Il appuie l’Agence Nationale du Développement Durable. 7. 4. Suivi-evaluation Le suivi permet de s’assurer que les actions se déroulent comme prévues, si les moyens ont été dégagés et utilisés en conséquence, et les délais respectés. Pour cela il faut collec ter les données, les analyser et produire des rapports. Quant à l’évaluation, elle permet d’apprécier l’effet et l’impact des actions. Le suivi et l’évaluation seron assurés par la Plateforme de Coordination des Conventions de Protection de la Nature et des accords multilatéraux sur la diversité biologique. ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 100 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 101 PLAN D’ACTION DE LA STRATEGIE POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 102 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 103 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 104 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 105 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 106 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 107 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 108 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 109 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 110 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 111 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 112 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 O B J 5 D 'ic i à 2 02 0, la s itu at io n de s es pè ce s pr ot ég ée s au ni ve au n at io na l s’ es t a m él io ré e et le ur d is pa ri tio n es t en ra yé e da ns la m es ur e du po ss ib le STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 113 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 114 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 115 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 116 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 117 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 118 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 119 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 120 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 121 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 122 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 123 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 124 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 125 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 126 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 127 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 128 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 129 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 130 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 131 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 132 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 133 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 134 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 135 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 136 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 137 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 138 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 139 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 140 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 141 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 142 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 LISTE DES FIGURES Fig. 1 - carte n°1 : Districts et régions de Côte d’Ivoire. p17 Fig. 2 - Graphe 1 : Nombre d’organismes aquatiques et terrestres inventoriés. p27 Fig. 3 - Graphe 2 : Evolution du nombre d’organismes inventoriés de 1998 à 2014. p27 Fig. 4 - carte n°2 : Les forêts classées de Côte d’Ivoire par zones phytogéographiques. p45 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 143 LISTE DES TABLEAUX Tableau n°1 : Raisons des visites du Parc national du Banco. p36 Tableau n°2 : Caractéristiques des Parcs nationaux et réserves analysées. p46 Tableau n°3 : Les objectifs de la SNDB. p52 Tableau n°4 : Tableau synoptique de mobilisation des ressources financières. p89 Tableau n°5 : Tableau synoptique de la stratégie de communication. p94 PL A N D ’A CT IO N P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 144 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 La vision nationale qui énonce les aspira tions à long terme du pays, a été déclinée en six (6) orientations stratégiques et vingt-un (21) objectifs opérationnels. Le présent document a permis d’élaborer un plan d’action dont le but est d’intégrer tous les objectifs de la stratégie nationale sur la diversité biologique, dans les activités des institutions selon leurs responsabilités et à l’échelle des territoires. Aussi, un dispositif de suivi-évaluation a été mis en place par le ministère à charge de l’Environnement Pour une mise en œuvre efficace et effec tive de la présente stratégie, elle a été adop tée par l’ensemble des parties prenantes à travers un atelier national. Cette étape facilitera sa vulgarisation par un large pro cessus de concertation, d’information et de sensibilisation à l’échelle nationale comme le prévoit des actions prioritaires élaborées. Pour y parvenir, des financements prove nant de diverses sources seront nécessaires. L’Etat ivoirien et les allocations d’organismes internationaux pour la diversité biologique, devront être parmi les premières sources de financement. Dès lors, les conditions CONCLUSION suivantes sont nécessaires à la réussite de la mise en œuvre de la stratégie de la diversité biologique. Ce sont: le développement d’une stratégie de communication agressive ; la volonté politique et l’engagement personnel des autorités du ministère ayant l’environnement dans leurs at tributions ; l’appropriation du plan d’actions par tous ; l’implication plus accrue des indus triels ; l’amélioration permanente de la qua lité des prestations ; la multiplication de lobbyings et de plaidoyers en faveur du financement pour la mise en œuvre du plan d’ac tion pour la diversité biologique. STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 145 1. Anonyme (Monographie Nationale), 1998. Monographie Nationale sur la Di versité Biologique. Ministère de l’Envi ronnement et de l’Urbanisme, Conven tion Diversité Biologique, Point Focal National, 235 p. 2. Margulis L et Schartz K.V.1995. Five king doms. 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STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 177 ANNEXES A N N EX ES 178 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 179 A N N EX ES 180 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 181 A N N EX ES 182 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 183 te ch no lo gi es A N N EX ES 184 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 185 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 186 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020 • 187 ST RA TE G IE P O U R LA D IV ER SI TE B IO LO G IQ U E N AT IO N A LE 20 16 2 02 0 188 • STRATEGIE ET PLAN D’ACTION POUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE NATIONALE 2016-2020

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