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Laws of Benin

Décret N° 2024-1244 du 16 octobre 2024 portant approbation du Schéma directeur d'Aménagement du Littoral

Made 2024-10-16 · Text as of 2026-10-01

Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.

About this law

Language
French
Kind
Regulation
Country
Benin
Subjects
Agricultural and rural development, Environment, Food and nutrition, Fisheries and aquaculture, Forestry, Land and soil, Sea, Water, Wild species and ecosystems
Keywords
community management, decentralization, poverty, rural development, social protection, urban and peri-urban agriculture, climate change, emissions, environmental impact assessment (EIA), governance, pollution control, sustainable development, education, gender, tourism, youth, aquaculture, fishery management and conservation, Illegal unreported and unregulated fishing (IUU fishing), marine fisheries, food security, afforestation/reforestation, forest management/forest conservation, erosion, land-use planning, urban land, zoning, freshwater pollution, water resources management, biodiversity, protected area, traditional knowledge/indigenous knowledge, wild fauna, wild flora, coastal zone management, marine pollution, marine protected areas, wetlands

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  1. Image numérisée AECK/ICG RÉPUBLIQUE DU BÉNIN Fraternité-Justice-Travail PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE DÉCRET N° 2024 - 1244 DU 16 OCTOBRE 2024 portant approbation du Schéma directeur d'Aménagement du Littoral. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L'ÉTAT, CHEF DU GOUVERNEMENT, Vu la loi n° 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin, telle que modifiée par la loi n° 2019-40 du 07 novembre 2019 ; vu la loi n° 98-030 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l'environnement en République du Bénin; vu la loi n° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin ; vu la loi n° 2021-14 du 20 décembre 2021 portant code de l'administration territoriale en République du Bénin ; vu la décision portant proclamation, le 21 avril 2021 par la Cour constitutionnelle, des résultats définitifs de l'élection présidentielle du 11 avril 2021 ; vu le décret n° 2024-892 du 11 avril 2024 portant composition du Gouvernement ; vu le décret n° 2021-401 du 28 juillet 2021 fixant la structure-type des ministères, tel que 1 modifié par le décret n° 2022-476 du 03 août 2022 ; vu le décret n° 2023-251 du 10 mai 2023 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministère du Cadre de Vie et des Transports, en charge du Développement durable ; vu le décret n° 2023-340 du 05 juillet 2023 portant fixation de la liste des communes de la zone littorale en République du Bénin ; sur proposition du Ministre du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement durable, le Conseil des Ministres entendu en sa séance du 16 octobre 2024, DÉCRÈTE Article premier Est approuvé tel qu'il figure en annexe, le Schéma directeur d'Aménagement du Littoral. Article 2 Le Ministre du Cadre de Vie et des Transports , chargé du Développement durable, le Ministre de !'Agriculture, de !'Elevage et de la Pêche et le Ministre de l'Economie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'application du présent décret. Article 3 Le présent décret, qui prend effet pour compter de ia date de sa signature, abroge toutes dispositions antérieures contraires. Il sera publié au Journal officiel. Par le Président de la République, Chef de l'État, Chef du Gouvernement, Le Ministre de l'Economie et des Finances, omuald~ Ministre d'Etat Le Ministre de !'Agriculture, de !'Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi DOSSOUHOUI Fait à Cotonou, le 16 octobre 2024 Patrice ALON Le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Babalola Jean-Mich Le Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, ~~~ Raphaël Dossou AKOTEGNON Le Ministre du Cadre de Vie et des Tr sports, chargé du Développement d able, AMPLIATIONS : - PR 6-AN 4-CC 2-CS 2 - HAAC 2- HCJ 2-C.COM 2- CES 2- MEF 2- MTCA 2- MAEP 2-MDGL 2- MCVT 2 -AUTRES MINISTERES 18 - SGG 4 - JORB 1. 2 1 REPUBLIQUE DU BENIN ------------- MINISTERE DU CADRE DE VIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE (MCVDD) ------------------ **************************************** DOCUMENT FINAL SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT DU LITTORAL BENINOIS Juillet 2022 \ /\ II\ f f\. Programme de gestion V V/ \ / \ du littoral ouest Africain D ' UNE VISION PARTAGÉE DU LITTORAL À UNE RÉALITÉ DURABLE Ml Rt DU CADRE DE 1/lE ET DU DE'.':LOPP'=t.100 01..~ABLf RÉPIJBUQUE U BÈNIK https://www.wacaprogram.org/fr 2 SOMMAIRE SIGLES ET ACRONYMES ...................................................................................................... 3 LISTE DES FIGURES............................................................................................................. 7 LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... 7 LISTE DES PHOTOS ............................................................................................................. 8 LISTE DES PLANCHES .......................................................................................................... 8 RESUME ............................................................................................................................ 9 INTRODUCTION ............................................................................................................... 12 I- CONTEXTE ET METHODOLOGIE ................................................................................. 13 PARTIE 1 : DIAGNOSTIC ................................................................................................... 23 II- ZONE DE L’ETUDE ..................................................................................................... 24 III- ELEMENTS DE DYNAMIQUE TERRITORIAL .................................................................. 49 IV- ENJEUX .................................................................................................................... 86 Partie 2 : Aménagement ................................................................................................. 98 V- ORIENTATIONS STRATEGIQUES ................................................................................. 99 VI- Scénarisation et Postulat .......................................................................................... 104 VII- ZONAGE .................................................................................................................. 108 VIII- MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DU SDAL ................................................................ 138 IX- RECOMMANDATIONS .............................................................................................. 147 CONCLUSION ................................................................................................................. 147 BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................. 149 ANNEXES ....................................................................................................................... 156 TABLE DES MATIERES ..................................................................................................... 181 3 SIGLES ET ACRONYMES ABE : Agence Béninoise pour Environnement ABERME : Agence Béninoise d’Electrification Rurale et de Maîtrise d’Energie ACCB : Aires communautaires de conservations de la biodiversité ACP : Association de Conservation et de Promotion ACVDT : Agence du Cadre de Vie et de Développement du Territoire ADN : Agence de Dévelopmment du Numérique AGEFIB : Agence de Financement des Initiatives de Base AMN : Africa Mobile Nature AMP : Aires Marines Protégées ANAT : Agence Nationale de l'Aménagement du Territoire ANDF : Agence National du Domaine et du Foncier ANPC : Agence Nationale de Protection Civile ANPT : Agence Nationale pour la Promotion du Tourisme AOF : Afrique Occidentale Française APSFD : Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés ASECNA : Agence de pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar ASF : Association des Services Financiers ATAPE : Appui Technique aux Associations des Parents d’Elèves ATDA : Agence Territoriale de Développement Agricole BID : Banque Islamique de Développement BPO : Budget Programme par Objectif BSC : Bassin Sédimentaire Côtier BTP : Bâtiment et des Travaux Publics BTS : Brevet de technicien Supérieur CT : Continental terminal CAD : Conférence Administrative Départementale CAR : Coopératives d’Aménagement Rural CAVECA : Caisses Villageoises de Crédit Agricole CCF : Conseil Consultatif Foncier CDB : Convention sur la Diversité Biologique CDCC : Conseil Départemental de Concertation et de Coordination CEDEAO : Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest CEFAD : Centre de Formation Appliquée en Développement CENAGREF : Centre National de Gestion des Réserves de Faune CFR : Certificat Foncier Rural CGGC : Cadre Général de Gestion des lignes de Crédit CHD : Centre Hospitalier Départemental CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction CLCAM : Caisse Locale de Crédit Agricole et Mutuel CNHU : Centre National Hospitalier et Universitaire CNI : Communication Nationale Initiale CNPGL : Cellule Nationale de Protection et de Gestion du littoral COP : Conférence des Parties CQM : Certificat de Qualification aux Métiers 4 CQP : Certificat de Qualification Professionnelle CVDD : Comités Villageois de Développement Durable DAT : Délégation à l'Aménagement du Territoire DDEE : Direction Départementale de l'Energie et de l'Eau DEPONAT : Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire DGEau : Direction Générale de l'Eau DGEC : Direction Générale de l'Environnement et du Climat DGEFC : Direction Générale des Eaux Forêts et Chasse DGFRN : Direction Générale des Forêts et Ressources Naturelles DGHCF : Direction Générale des Hydrocarbures et autres Combustibles Fossiles DGMines : Direction Générale des Mines DSO : Document de Stratégie Opérationnelle EMICoV : Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de Vie des ménages EQF : Ecole de Qualité Fondamentale ES : Enseignement Supérieur ETP : Evapotranspiration potentielle FAAR : Financement des Activités Agricoles et Rurales FADEC : Fonds d'Appui au Développement des Communes FAO : Organisation pour l'alimentation et l'agriculture FAP : Femme en Age de Procréer FASEG : Faculté des Sciences Economiques et de Gestion FDF : Fonds de Dédommagement Foncier FECECAM : Faîtière des Caisses d'Epargne et de Crédit Agricole Mutuel FEM : Fonds pour l'Environnement mondial FIT : Front Inter Tropical FNDA : Fonds National pour le Développement Agricole FNEC : Fonds National pour l'Environnement et le Climat FNM : Fonds National de Microfinance GES : Gaz à Effet de Serre GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat GIZ : Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GIZC : Gestion Intégrée des Zones Côtières GIZMaC : Gestion Intégrée des Zones Marines et Côtières du Bénin IMF : Institutions de Micro Finance INSAE : Institut National de la Statistique et de Analyse Economique IRHOB : Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin IRSP : Institut Régional de Santé Publique IUCN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature LDLD : Levier pour le Développement Local Durable MAEP : Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche MCAlafia : Micro Crédit Alafia MCPP : Micro Crédit aux Plus Pauvres MCVDD : Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable MDGLAAT : Ministère de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire MDN : Ministère de la Défense Nationale 5 MEHU : Ministère de l'Environnement de l'Habitat et de l'Urbanisme MIT : Ministère des Infrastructures et Transports MPREPE : Ministère du Plan de la Restructuration Economique et de la Promotion de l'Emploi MRAT : Rayon Moyen d’Action Théorique MCTS : Ministère de la culture du tourisme et du sport du Bénin MTN : Maladies Tropicales Négligées NLTPS : Etudes Nationales de Perspectives à LongTerme OCBN : Organisation Commune Bénin-Niger ODD : Objectifs du Développement Durable OMC : Organisation mondiale du commerce OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS : Organisation mondiale de la Santé ONAB : Office National du Bois ONASA : Office National d'Appui à la Sécurité Alimentaire ONG : Organisation non gouvernementale ONU : Organisation des Nations Unies ORL Oto-rhino-laryngologie PAC : Port Autonome de Cotonou PADMA : Projet d’Appui au Développement du Maraîchage PADME : Projet d’appui au Développement des Micro-Entreprises PADPPA : Programme d’Appui au Développement Participatif de la Pêche Artisanale PAG : Programme d’Actions du Gouvernement PAGeFCOM : Projet d’Appui à la Gestion des Forêts Communales PAPME : Projet d’Appui aux Petites et Moyennes Entreprises PAZH : Projet d’Aménagement des Zones Humides PCC : Plan de Contingence Communale PC2D : Programme de Croissance pour le Développement Durable PDA : Pôles de Développement Agricole PDC : Plan de Développement Communal PDU : Plan de Développement Urbain PFR : Plans Fonciers Ruraux PGFTR : Projet de Gestion des Forêts et Terroirs Riverains-Financement Additionnel PGRN : Projet de Gestion des Ressources Naturelles PIB : Produit Intérieur Brut PIFSAP : Projet d'Intégration des Forêts sacrées dans le Système des Aires Protégées PND : Plan National du Développement PNDS : Plan National de Développement Sanitaire PNIASAN : Plan National d’Investissements Agricoles et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PPEA : Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l'Eau et de l'Assainissement PREE : Politique Régionale d’Energie Electrique PRILEC- : Programme Régional de Lutte contre Erosion Côtière PSDCC : Projet des Services Décentralisés Conduits par les Communautés PSDSA : Plan Stratégique de Développement du Secteur Agricole PSRSA : Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole PTF : Partenaires Techniques et Financiers 6 PVO : Parc de Véhicule d’Occasion Qs : Débit spécifique REMM : Rapport sur Etat du Milieu Marin RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitation RNIE : Route Nationale Inter-Etats SA : Société Anonyme SBEE : Société Béninoise d’Energie Electrique SCDA : Secteurs Communaux pour le Développement Agricole SDAL : Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral SDAU : Schéma Directeur d’Aménagement Urbain SDLAO : Schéma Directeur du Littoral d’Afrique de l'Ouest S-Eau : Services de l'Eau SFD : Structures de Financements Décentralisés SFE : Sage-Femme d’Etat SIDA : Syndrome d'Immuno Déficience Acquise SNAT : Schéma National d’Aménagement du Territoire SONEB : Société Nationale des Eaux du Bénin SPAT : Service de Planification et d’Aménagement du Territoire SSC : Schémas de Services Collectifs SWOT : Strengths - Weaknesses - Opportunities - Threats (Forces Faiblesses Opportunités Menaces) UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine UGREN : Union de Gestion des Ressources Naturelles UNACREP : Union Nationale des Caisses Rurales d'Epargne et de Prêts UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture VIH : Virus de l'immunodéficience humaine WACA : West Africa Coastal Areas Management Program, (programme de gestion du littoral Ouest-Africain) ZCIT : Zone de Convergence Intertropicale ZEE : Zone Economique Exclusive ZFI : Zone Franche Industrielle ZIEB : Zones d’Intérêt Ecologique et Biologiques ZIEB : Zones marines d’Importance Ecologique et/ou Biologique ZS : Zones Sanitaires 7 LISTE DES FIGURES Figure 1 : Grille de comparaison des postulats des scénarii d’aménagement du Littoral .................... 22 Figure 2 : Situation géographique du littoral au Bénin ......................................................................... 24 Figure 3 : Grands ensembles géomorphologiques du littoral béninois ................................................ 26 Figure 4 : Unités pédologiques du littoral béninois .............................................................................. 28 Figure 5 : Dynamique du trait de côte de 2000 à 2020 ......................................................................... 29 Figure 6 : Dynamique du trait de côte sur la période 2000-2010 ......................................................... 30 Figure 7 : Dynamique du trait de côte sur la période 2010-2020 ......................................................... 31 Figure 8 : Réserve de biosphère du Mono au Bénin ............................................................................. 40 Figure 9 : Réserve de biosphère de la basse vallée de l’Ouémé au Bénin ............................................ 42 Figure 10 : Occupation du sol entre 2005 et 2020 ................................................................................ 43 Figure 11 : Evolution de la population du Littoral béninois de 1979 à 2020 ........................................ 50 Figure 12 : Evolution des populations par commune du Littoral béninois de 1979 à 2020.................. 51 Figure 13 : Evolution des populations par bloc de 1979 à 2020 ........................................................... 52 Figure 14 : Pyramide des âges de la population du Littoral en 2013 .................................................... 53 Figure 15 : Evolution des zones agglomérées du Littoral de 2000 à 2020 ............................................ 55 Figure 16 : Evolution des zones agglomérées du Littoral béninois ....................................................... 55 Figure 17 : Evolution de l’armature urbaine du bloc est de 2000 à 2020 ............................................. 56 Figure 18 : Dynamique de l’armature urbaine du bloc ouest ............................................................... 57 Figure 19 : Evolution des armatures urbaines du bloc continental de 2000 à 2020 ............................. 58 Figure 20 : zones de contrainte d’occupation humaine dans le Littoral ............................................... 59 Figure 21 : Densité des populations du Littoral en 2002 et 2020 ......................................................... 63 Figure 22 : Distance moyenne entre les points d’eau dans le Littoral béninois ................................... 68 Figure 23 : Densité en infrastructure hydraulique dans le Littoral béninois ......................................... 69 Figure 24 : Etat du réseau routier du littoral béninois .......................................................................... 74 Figure 25 : Carte des zones de contrainte ........................................................................................... 129 Figure 26 : Carte des zones touristiques ............................................................................................. 130 Figure 27 : Cartes des zones commerciales......................................................................................... 131 Figure 28 : Cartes des zones commerciales avec un zoom sur Cotonou et ses environs ................... 132 Figure 29 : Carte des zones agricoles à l’horizon 2035 ....................................................................... 133 Figure 30 : Carte des zones urbaines à l’horizon 2035 ........................................................................ 134 Figure 31 : Carte des zones naturelles à l’horizon 2035...................................................................... 135 Figure 32 : Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral ................................................................. 136 Figure 33 : Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral avec un zoom sur Cotonou et ses environs ............................................................................................................................................................. 137 Figure 34 : Diagramme institutionnel du SDAL ................................................................................... 144 LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 : Liste des structures/ indtitutions visitées pour la collecte des données ............................................ 15 Tableau 2 : Liste des communes du littoral béninois ............................................................................................ 24 Tableau 3 : Evolution des superficies de l’occupation du sol en ha entre 2000 et 2020 ...................................... 44 Tableau 4 : Evolution de la production par catégorie sur les 10 dernières années .............................................. 47 Tableau 5 : Liste des infrastructures sociocommunautaires du littoral béninois ................................................. 66 Tableau 6 : Etat de l’enseignement primaire en termes d’effectif et de ratios .................................................... 70 Tableau 7 : Liste du réseau routier Inter- Etat du Littoral ..................................................................................... 71 Tableau 8 : Routes nationales du secteur d’étude ................................................................................................ 71 Tableau 9 : Densité des pistes ............................................................................................................................... 72 Tableau 10 : Synthèse des risques environnementaux et de leurs impacts sur le secteur littoral ....................... 75 8 Tableau 11 : Etat des lieux en matière de SDAC dans la zone littorale. ................................................................ 78 Tableau 12 : Etat des salles de classe de l’enseignement primaire en 2016 et 2018 ........................................... 91 Tableau 13 : Etat des salles de classe de l’enseignement secondaire en 2016 et 2018 ....................................... 92 Tableau 14 : Analyse SWOT du diagnostic territorial de l’anménagement du littoral .......................................... 97 LISTE DES PHOTOS Photo 1 : Sept (7) épis installés sur la côte à l’Est de Cotonou…………………………………………………………………………. 35 Photo 2 : Brise-lames à Avlékété-plage (cité balnéaire) ..................................................................................... 355 LISTE DES PLANCHES Planche 1 : Rechargement de l’estran le long de la côte à Avlékété .................................................................... 36 Planche 2 : Etat des mangroves de la commune de Grand-Popo (à la hauteur de la Bouche du Roy) ................. 38 Planche 3 : Etat de l’environnement de la zone du littoral béninois .................................................................... 61 Planche 4 : les zones inondables bouchant ainsi le passage de l’eau à Gbédégbé et Agla ................................... 64 Planche 5 : les zones marécageuses déjà acheté et les maisons impropres à l’habitation au milieu des bas-fonds à Houénoussou et Agla ......................................................................................................................................... 64 9 RESUME Le territoire du Bénin occupe une position stratégique dans le Golfe de Guinée. La façade côtière béninoise présente une dissymétrie spatiale avec un secteur oriental large et un secteur occidental restreint qui lui confèrent sa superficie particulièrement réduite. Cette petite frange côtière regroupe vingt-quatre (24) communes réparties totalement ou partiellement sur cinq (05) des départements administratifs du Bénin que sont les départements de l’Ouémé, du Plateau, du Littoral, de l’Atlantique et du Mono. Cette zone du littoral entretient 37,10 % de la population totale du Bénin sur un espace représentant seulement 5,45 % du territoire national (essentiellement concentré dans les agglomérations littorales). La présente mission a pour objectif de faire un diagnostic sur tout le littoral, c’est-à-dire d’actualiser les différentes données biophysiques et humaines, d’évaluer les contraintes et enjeux pour une planification spatiale et multisectorielle du littoral béninois. Cette mission d’actualisation du Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral s’arrime bien avec le Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2021-2026) du Bénin. L’approche méthodologique utilisée est essentiellement documentaire. Elle a permis de faire l’état des lieux du cadre institutionnel, d’évaluer la dynamique territoriale et de définir les enjeux. Le traitement statistique de certaines variables collectées a permis d’apprécier la disponibilité et l’accessibilité des populations aux infrastructures sociocommunautaires. Elle a permis également d’évaluer les besoins en informations complémentaires pour l’élaboration des outils de terrain. Une analyse SWOT (FFOM) a permis de ressortir les atouts et potentialités, tant naturels qu’humains, favorisant l’aménagement de cet espace du Littoral béninois. Notons que la zone littorale du Bénin, objet de la présente étude, comprend la partie sud des plateaux du bassin sédimentaire côtier et le domaine margino-littoral du pays. D’une superficie de 6254 Km², la zone est située entre les parallèles 6° 10’ et 6°40' de latitude Nord et les méridiens 1°40' Est et 2°45' de longitude Est. Sur le plan morphologique, le Bénin méridional est formé d’une série de plateaux séparés par les vallées et des cours d'eau que sont le Mono, le Couffo et l’Ouéme. De l'Ouest à l’Est, il faut noter les plateaux de Aplahoué, de Comé, d'Allada, de Porto-Novo, de Sakété et Pobè. La plaine côtière est formée d'un certain nombre d'unités géomorphologiques séparées en quatre (04) secteurs par le chenal Aho, l’exutoire de Linhouin (entre Cococodji et Cocotomey) et celui de Cotonou qui font communiquer les lacs. La végétation de la zone littorale est caractérisée par les mangroves à Rhizophora et Avicennia, les forêts marécageuses, les forêts périodiquement et occasionnellement inondées, les savanes marécageuses à Mitragyna inermis et Andropogon gayanus var. squamulatus, les forêts-galeries à Pterocarpus santalinoides et Manilkara multinervis, la végétation herbacée des milieux saumâtres et des lagunes en communication temporaire avec l’océan, composée des prairies à Echinochloa pyramidalis, à Cyclosorus striatus, de fourré à Dissotis segregeta et enfin par les formations artificielles des zones humides. C’est une zone caractérisée par une flore et une faune diversifiée. Les efforts de conservation de cette riche biodiversité se font avec notamment les stratégies endogènes à travers la sacralisation des forêts. 10 Le littoral béninois a une forte population mais très inégalement répartie. Il est confronté à une urbanisation spontanée avec une occupation anarchique même de zones impropres à l’habitation. Ce qui engendre une forte pression foncière et des disparités significatives en services sociocommunautaires de base. En effet, de 1 338 260 habitants en 1979, la population du littoral béninois est passée à 2 595 429 habitants en 2002. Cette population qui était de 3 714 015 habitants en 2013, est de nos jours (en 2020) estimée à 4 556 052 habitants (RGPH 4). L’évolution démographique que connaît cet espace explique les mutations spatiales observées avec son corrolaire de fortes pressions foncières. Autre que la pression foncière, des disparités s’observent dans l’accès des populations aux services collectifs notamment l’insuffisance des infrastructures hydrauliques et les difficultés d’approvisionnement en eau, l’Insuffisance des infrastructures scolaires, la défaillance du système sanitaire, la faible couverture du réseau de transport etc. C’est est un territoire présentant des enjeux stratégiques clefs à l’échelle nationale. Il s’agit notamment : ➔ des enjeux d’urbanisation dûs : • aux activités industrielles, à l’attractivité des zones portuaires ; • à l’étalement urbain ou à un parc de l’habitat non structuré (spontané et proche des centres et localisés en zones à risques) ; • aux extensions périurbaines à vocation résidentielle ou touristique à risques (résidences de bord de mer). ➔ des enjeux fonciers ; ➔ des enjeux démographiques ; ➔ des enjeux infrastructurels : disparités dans le niveau d’équipements et de services ; ➔ des enjeux de développement du secteur agricole ➔ des enjeux environnementaux notamment la gestion des eaux usées et pluviales. L’aménagement du littoral béninois n’est pas coordonné. On note l’absence d’une synergie d’action entre les principaux acteurs ou différentes structures intervenant dans ce milieu pour un développement harmonieux et durable. La mise en application des textes en vigueur, la réalisation des différents projets en cours et surtout une meilleure planification spatiale permettront le développement de cet espace qui constitue aujourd’hui la vitrine du Bénin. Pour un aménagement du territoire du littoral réussi, les orientations stratégiques suivantes ont été formulées : - Préserver la biodiversité du littoral et les habitats naturels ; - Délimiter et la protéger les espaces écologiquement sensibles ; - Préserver les terres agricoles et réguler l’exploitation des ressources naturelles ; - Limiter la pollution de la bande côtière ; - Maitriser la dynamique du trait de côte ; - Poursuivre la mise en œuvre des ouvrages de protections du trait de côte ; - Recourir également à des méthodes simples de protection ; 11 - Impliquer les collectivités locales dans la protection du trait de côte ; - Maitriser et réguler l’urbanisation galopante de la zone du littoral et créer d’autres polarités sur le continent en dehors du littoral ; - Créer d’autres polarités urbaines à l’intérieur des continents en dehors du littoral ; - Elaborer et mettre en œuvre les documents de planification spatiale pour tous les centres urbains du littoral ; - Mieux planifier et protéger les aménagements industriels et touristiques ; - Prévenir et intégrer les effets des changements climatiques dans la gestion de la bande côtière ; - Améliorer le bien-être des communautés riveraines ; - Améliorer le cadre juridique, institutionnel et la coordination des acteurs dans la protection du littoral ; - Procéder à un zonage du littoral et à une affectation régulée du sol La mise en œuvre effective de ses recommandations grâce à la synergie d’action de toutes les parties prenantes constitue un gage pour une gestion harmonieuse et durable du littoral béninois. 12 INTRODUCTION La dynamique d’un espace géographique dépend des forçages naturels et anthropiques auxquels il est soumis ainsi que de son degré de résilience face aux différentes pressions. Les facteurs de pression en milieu littoral sont nombreux et variés. L’évolution des paramètres écologiques varie également et les cadres de vie changent tant à des échelles spatiales et temporelles très courtes, tant en milieu marin que sur le continent. Sur le plan environnemental, la variété de petits paysages juxtaposés constitue par ailleurs une contrainte non négligeable dans l’organisation et l’aménagement de l’espace. Le territoire du Bénin occupe une position géomorphologique de fond-de-golfe. Cette position explique la rupture physionomique observée dans la bande forestière congolaise à l’Est et celle guinéenne à l’Ouest. La façade côtière du Bénin présente par ailleurs une dissymétrie spatiale avec un secteur oriental large et un secteur occidental restreint qui lui confèrent sa superficie particulièrement réduite. Et c’est bien sur cette petite frange côtière que se situent totalement ou en partie, cinq (05) des douze départements administratifs que compte le pays. Il s’agit des départements de l’Ouémé, du Plateau, du Littoral, de l’Atlantique et du Mono (Toffi, 2008). Cette zone du littoral à elle seule, accueille 37,10 % de la population totale du Bénin sur seulement 5,45 % du territoire national, essentiellement concentré dans les agglomérations du sud Bénin. L’explosion démographique exceptionnelle observée sur ce territoire du littoral béninois a pour conséquence une forte pression urbaine et foncière sur les ressources naturelles. Ce qui fait de ce milieu un territoire à enjeux économiques et géostratégiques. Dans le but d’impulser un développement harmonieux à ce territoire, les pouvoirs publics avaient fait élaborer en 2000 le Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral (SDAL). Mais malheureusement ce précieux document n’a jamais été adopté et mise en œuvre. Face à la forte anthropisation, au développement des activités économiques sur le Littoral béninois et surtout face aux enjeux d’aujourd’hui, une actualisation de ce document s’impose pour un aménagement et une planification spatiale adaptée aux réalités d’aujourd’hui et de demain. L’objectif de cette mission est de faire l’état des lieux (rapport diagnostic) indispensable pour l’actualisation du Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral (SDAL). La présente mission qui s’arrime bien avec le Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2021-2026) du Bénin, s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation de la loi N° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin qui, elle-même, rentre dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’Investissement, de Résilience des Zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA RESIP- BENIN). Le présent rapport sera structuré autour de trois (03) principaux axes que sont : - (i) contexte et méthodologie de l’étude ; - (ii) description de la zone d’étude ; - (iii) éléments de dynamiques territoriales ; - iv) et enfin les enjeux. 13 I- CONTEXTE ET METHODOLOGIE 1.1. Contexte et justification de la mission En milieu tropical, et ce depuis la nuit des temps, la mangrove ou végétation de palétuviers (Rhizophora spp, Laguncularia spp et Avicennia spp.) a toujours constitué par sa structure physiologique et sa disposition linéaire le long des berges lagunaires, une protection naturelle et joue le rôle d’une végétation ‘‘providentielle’’ dans l’équilibre global des côtes, deltas et estuaires des tropiques (Toffi, 2008). Aussi, les paysages naturels offraient-il au Bénin, cette protection naturelle contre l’érosion et les inondations entre autres, provoquées par l’urbanisation rapide, l’occupation spontanée de l’espace ainsi que l’absence d’une politique rigoureuse d’intervention, d’organisation et de gestion de l’espace. Ces évolutions qui affectent de façon disproportionnée les populations, vont s’intensifier au fil des ans, avec l’effet des changements climatiques. Le littoral béninois s’étend sur 125 km d’Est en Ouest, entre les frontières du Nigéria et du Togo. Il se caractérise par d’importantes zones humides, riches en diversité faunique et floristique et jouant d’importants rôles dans la vie des populations locales à travers le développement de diverses activités économiques. Malheureusement, ces écosystèmes marins côtiers sont, de plus en plus, confrontés aux menaces naturelles et anthropiques, hypothéquant ainsi les fonctions et les services vitaux de ces derniers. Le littoral béninois est composé de deux territoires de nature différente à savoir la bande de terre ou zone de transition entre l’océan et le continent puis, le plateau continental, prolongement naturel du continent dans l’océan. La zone littorale, site du projet WACA ResIP-Bénin est la déclinaison béninoise du programme régional WACA et s’étend sur 8.700 km² le long des 125 kilomètres de côte entre la limite marine et la Zone Economique Exclusive au sud et la limite continentale au nord vers 7° de latitude nord, soit 50 km environ au-delà de la ligne de marée moyenne. Le littoral du Bénin regroupe 24 communes administratives (sur les 77 que compte le Bénin), 42 % de la population nationale avec une densité moyenne de plus de 490 habitants au km². C’est sur cet espace géographique d’environ 7,7 % du territoire national que se sont installés plus de 80 % des industries béninoises ; il est doté d’un réseau hydrographique très dense ainsi que d’importantes zones humides très peuplées qui abritent une diversité biologique animale et végétale. Par son poids économique, l’espace marin et côtier béninois fournit à l’Etat béninois plus de 70 % de son Produit Intérieur Brut (PIB), tous secteurs confondus. Cette concentration des activités socioéconomiques sur le littoral entraîne aujourd’hui plusieurs problèmes environnementaux au nombre desquels la pression sur les écosystèmes marin- côtiers (surpêche, utilisation intensive des terres et des bois de mangrove), la pollution et la dégradation des habitats aquatiques, l’érosion côtière et la perte de la diversité biologique. L’aménagement du territoire ayant pour objectif principal, une affectation et une gestion optimale des ressources de l’espace à des fins de développement, différentes mesures ont été prises par l’Etat béninois pour corriger les dysfonctionnements induits sur l’ensemble du système littoral et promouvoir la gestion intégrée ainsi que l’utilisation rationnelle et durable des ressources. C’est au nombre de ces mesures qu’en 2000, le Bénin s’est doté du premier Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral (SDAL), document technique d’analyse de la situation, de l’évolution des pressions, des enjeux et des solutions envisageables pour la gestion rationnelle du littoral béninois. Le premier SDAL n’a pas pu, 14 faute de validation politique, être mis en œuvre. Il convient de souligner l’engagement depuis 2007 du Bénin dans le Programme Régional de Lutte contre l’Erosion Côtière de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (PRILEC- UEMOA) qui a permis l’élaboration conjointe du Schéma Directeur du Littoral d’Afrique de l’Ouest (SDLAO) en 2011, associant le Bénin et les 10 autres pays participants, avec l’appui de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). Pour freiner la destruction continue de ses écosystèmes, le Bénin a adopté une politique de gestion durable de son espace marin-côtier en application des recommandations de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) et la Convention d’Abidjan. A travers le Projet d’Aménagement des Zones Humides (PAZH) du Bénin, tout le Sud-Bénin a été classé sites Ramsar (1017 et 1018). Dans ces sites, des aires communautaires de conservation biologiques ont été créées. Dans la même logique, il est prévu d’identifier et de décrire sur la bande côtière béninoise, les Zones marines d’Importance Ecologique et/ou Biologique (ZIEB) afin d’améliorer la planification et la gestion intégrée de toutes les activités socioéconomiques qui s’y déroulent dans la logique de la Conférence des Parties (COP 10), à Aichi au Japon, qui a adopté le Plan stratégique décennal (2010 -2020) pour la sauvegarde de la biodiversité, dans lequel les Parties prenantes et les autres gouvernements ont été exhortés à assurer la conservation à long terme, la gestion et l’utilisation durables des ressources marines et leurs habitats. Dans le même contexte, la Convention sur la Diversité Biologique soutient les politiques et stratégies nationales à travers le développement de plusieurs instruments de gestion globale et intégrée des espaces marins côtiers, y compris leurs ressources, pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD) tant souhaités par les Nations unies. Parmi ces instruments, figurent la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC), la création des Aires Marines Protégées (AMP), la description et la délimitation des ZIEB. La présente étude initiée au Bénin (SDAL) est arrimée au Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 2016- 2021 à travers son axe stratégique 7 intitulé « développement équilibré et durable de l’espace national ». Les différents dysfonctionnements observés au niveau du littoral béninois et la vulnérabilité ce territoire à l’érosion côtière ont amené à l’élaboration du premier Schéma Directeur du Littoral Béninois. Mais, ce document n’a jamais été mise en œuvre à cause de l’absence de vote du projet de « loi littorale » élaboré il y a une vingtaine d’années (2000). Dans ce contexte et pour corriger ces dysfonctionnements sur l’ensemble du complexe côtier béninois et la gestion intégrée des écosystèmes, l’Etat béninois lance une étude en vue de l’actualisation du Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral, dans le but d’une gestion intégrée et concertée des ressources. A tout ceci, s’ajoute le Programme Régional de Lutte contre Erosion Côtière de l’UEMOA (PRLEC-UEMOA) de 2007, le Schéma Directeur du Littoral d’Afrique de l’Ouest (SDALAO) de 2011 avec l’appui de l’Union Internationale pour la Conservation de la nature (UICN), et le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) de 2015, qui encadrent la gestion du littoral béninois. Le littoral du Bénin apparaît ainsi comme un site pilote d’une étude sur l’importance écologique et économique face aux changements environnementaux globaux dans la sous- région ouest africaine en général et au Bénin en particulier. 15 1.2. Objectifs de la mission 1.2.1. Objectif global Actualiser le Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral en vue d’une gestion intégrée de la zone côtière. 1.2.2. Objectifs spécifiques - Elaborer le livre blanc ; - Elaborer les fiches techniques et de préconisations ; - Elaborer l’atlas cartographique du littoral. 1.3. Approche méthodologique 1.3.1. Cadrage de la mission Le cadrage a été la première étape de cette mission. Elle a permis au commanditaire et au consultant (Chef de mission), de s’entendre sur la bonne compréhension de la mission. Cette séance a été organisée au siège du projet WACA. Le but de cette séance est d’aider l’équipe de la mission à avoir davantage une bonne connaissance du projet. Il a été question d’harmoniser les points de vue sur la compréhension que chaque partie doit avoir de la mission, afin d’affiner la méthodologie proposée par le consultant. Ainsi, des documents de base ont été mis à disposition pour exploitation. Des discussions entre les deux parties ont permis d’avoir des informations complémentaires sur la mission. 1.3.2. Revue de la documentation La revue documentaire a été une étape indispensable pour cette mission. Elle a permis de faire l’état des lieux et de disposer de données statistiques et des indicateurs de développement relatifs à l’aire d’étude. Elle a aidé également à évaluer les besoins en informations complémentaires pour l’élaboration des outils (guide pour focus groups et questionnaire d’entretiens individuels) pour les travaux de terrain. Elle a permis également d’élaborer les outils de collecte de données (questionnaire, guide d’entretien et grille d’observations). Cette étape a donc permis de réunir les documents sur une meilleure connaissance du littoral. Elle a permis également de conduire les investigations dans les institutions et organismes nationaux et internationaux concernés dans une approche comparative. Le tableau ci-dessous présente la liste des institutions ou structures qui ont été visitées dans le cadre de la recherche documentaire. Tableau 1 : Liste des structures/ institutions visitées pour la collecte des données Ministère Institutions / Structures rattachées Types d’informations collectées Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable (MCVDD) Agence Nationale d'Aménagement du Territoire (ANAT) - Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire (DePoNAT) ; - Loi-cadre sur l’aménagement du territoire en République du Bénin ; - Schéma National d’Aménagement du territoire (SNAT) communément appelé Agenda Spatial ; - Document du Plan Directeur d’Aménagement du 16 ¨pôle Sud (PDA) ; - Les Schémas Directeur d’Aménagement Communal (SDAC) des communes parmi les trente (30) qui en disposent ; - Ancien Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) du grand Cotonou ; - Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral de l’Afrique de l’Ouest (SDALAO) de 2011 ; - Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral de l’année 2000 ; - Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral de l’Afrique de l’Ouest (SDALAO) de 2011 ; - Plan Directeur d’Aménagement du Littoral Mauritanien 2017 actualisé. Direction Générale Du Développement Urbain (DGDU) - Projet de loi portant code d’aménagement et d’urbanisme de 2014 dont l’élaboration a été financé par les Pays Bas Direction Général des Eaux Forêts et Chasses (DGEFC) - Loi portant régime des forêts en République du Bénin ; - Loi portant la faune (vaine pâture) en République du Bénin - Plan d’aménagement opérationnel et résilient de la bande côtière du Bénin (PAOR-BC) Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE) - Rapports Intégrés sur l’Etat de l’Environnement au Bénin (RIEEB) ; - Certains rapports d’études d’impact environnemental et social des cités administratives départementales et ministérielles se situant dans la zone ; - Rapports Intégrés sur l’Etat de l’Environnement au Bénin (RIEEB) ; - Rapports d’études d’impacts environnementales et sociales des cités administratives départementales et ministérielles se situant dans la zone ; - Loi sur le littoral ; - Loi-cadre sur l’environnement en République du Bénin ; - Guide pour la gestion côtière au Bénin ; - Document intitulé ‘’Bilan 2016 sur les Littoraux d’Afrique de l’Ouest’, Résumé exécutif’’ sous la coupole de l’UEMOA et le MOLOA, 2017 ; - SDER de l’UEMOA ; - Document de l’Etude de suivi du trait de Côte et SDALAO, synthèse du diagnostic régional 2010. 17 - Direction Générale de l’Environnement et du Climat (DGEC) - Fonds National pour l’Environnement et le Climat (FNEC) - Loi sur les changements climatiques ; - Document de politique sur les changements climatiques Ministère du Tourisme de la Culture et Arts - Agence Nationale de promotion des Patrimoines et de développement du Tourisme (ANPT) - Direction du Développement Touristique (DDT). Direction de - Rapport définitif de l’étude portant sur le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) de la Cité Historique de Ganvié (2018-2019) ANPT, Projet Réinventer la Cité Historique de Ganvié ; - Données sur le suivi-évaluation des programmes, politiques et stratégies de l’Etat en matière du patrimoine culturel et du tourisme. Ministère de l’Eau et des Mines (MEM) - Direction Générale des Mines (DGMines) - Direction Générale de l’Eau (DGEau). - Statistiques sur les réserves d’eau souterraine et de surface : - Statistique sur les infrastructures d’adduction d’eau ; - Système d’alerte précoce des risques hydro- climatiques. Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique (MISP) - Agence Nationale de Protection Civile (ANPC) Brigade de Protection du littoral et de la lutte anti- Pollution - Police Fluviale - Informations sur la prévention et la gestion des risques et catastrophes naturelles et hydro climatiques ; - Informations sur la sécurité des personnes, biens et des services ainsi que la mise en œuvre des textes et lois régissant la navigation fluviale. Ministère de la décentralisation et la Gouvernance Locale (MDGL) - Préfectures - Mairies - Textes et loi sur la décentralisation ; - Schémas Directeurs d’Aménagement communal Ministère de l’Enseignement Maternel et Primaire (MEMP) Ministère de l’Enseignement Secondaire, Technique et de la Formation Professionnel (MESTFP) Directions de la Planification et de la Prospective Statistiques sur les infrastructures et élèves Ministère de l’Enseignement Supérieure et de Recherche Science - Université d’Abomey- Calavi (UAC) - Institut de Recherches - Thèses portant sur les dynamiques de planification urbaine et perspectives de développement durable des communes de la zone du Littoral ; 18 (MESRS) Halieutiques et Océanologiques du Bénin (IRHOB) - Ouvrage ‘’Le littoral du Golfe du Bénin, atout stratégique’’ de Kolawolé S. ADAM ; - Documents scientifiques (articles, fiches techniques, mémoire, etc.) sur la zone du littoral béninois Ministères des Infrastructures et des transports (MIT) Direction des Travaux Neufs (DTN) Statistiques sur les routes WACA WACA Aide-mémoire de WACA Dans ces différentes structures, il a été recherché et fouillé systématiquement tous les documents des inventaires de GES réalisés dans le cadre de la Communication Nationale Initiale (CNI), les Directives du GIEC, les divers documents émanant de la conférence des parties (convention sur les changements climatiques, rapports, diverses décisions), tous les documents sur la foresterie, l’occupation du sol, le couvert végétal), les rapports et autres publications sur l’état des composantes environnementales continentales, côtières et marines, , les statistiques démographiques, les lois, les décrets, et les conventions déjà disponibles sur les ressources naturelles, les ressources en eau, la pêche, la saliculture, le maraîchage, l’exploitation des mines et toutes les activités exercées dans le champ de la mission. Les différentes informations collectées lors de cette recherche documentaire, ont été complétées par les informations obtenues lors des investigations de terrain. 1.3.3. Cartographie du milieu physique et des données socio-économiques Les données utilisées pour la cartographie sont de sources multiples. Elles se résument à : - la carte écologique du Bénin de 2005 au 1/600000 ; - un fond oro-hydrographique IGN, 2015 sur lequel se trouvent le réseau hydrographique, les axes routiers et les principaux villages ; - atlas cartographique du Sud-Bénin, 1992 ; - des mémoires, thèses et autres rapports d’étude sur le sud-Bénin ; - images Landsat OLI, 2015. - images satellitaires LANDSAT OLI TIRS de 2018 de 30 m de résolution. 1.3.4. Méthode de diagnostic de l’aménagement du littoral Le diagnostic a pour but de connaître et d'évaluer le territoire littoral. L'évaluation territoriale est une démarche synthétique visant à décrire les attributs, les structures et les dynamiques d'un territoire (Both et al., 2003). Elle vise notamment à rendre compte des atouts et des faiblesses d'un territoire. Il comporte le diagnostic biophysique, le diagnostic relatif aux équipements et infrastructures, le diagnostic socio-économique, le diagnostic institutionnel, législatif et réglementaire. 19 1.3.4.1. Diagnostic physique et biophysique Il consiste en un inventaire du substratum physique (sol, sous-sol), du réseau hydrographique et de la végétation, comme patrimoine à protéger. De ce fait les éléments physiques et biophysiques du milieu sont recensés et mis en exergue afin d’en faire ressortir les atouts d’une part et les contraintes d’autre part. Ainsi, les composantes géomorphologiques du milieu ont été identifiées, décrites ; ce qui a permis de relever les éléments qui serviront de leviers (supports ou assiettes) géomorphologiques à l’aménagement du littoral, puis, en même temps, ceux qui constituent des faiblesses à prendre en compte pour certains aménagements particuliers. Le substratum est également analysé à travers les différentes couches lithologiques ainsi que le potentiel minier y afférent, afin d’identifier le potentiel de ressources exploitables de chaque commune du littoral. En dehors, de l’analyse du relief et de la nature des gisements, une étude des aptitudes de mise en valeur des terres et leurs occupations actuelles pour voir si l’usage qu’on en fait actuellement est optimal ou écologiquement rationnel, pour voir si leur utilisation optimale, est faite. Les analyses ont également mis l’accent sur les problèmes concernant l’occupation par rapport à la topographie, l'aptitude agronomique des sols et la localisation des aquifères. De plus, les situations de dégradation du territoire ou d'incompatibilités d'usages ont été analysées pour proposer des mesures de remédiation. Par ailleurs, les potentialités et vulnérabilité du milieu mais aussi les opportunités et les menaces ont été identifiées. Les potentialités sont à mettre en valeur et les menaces doivent être corrigées ou anticipées. 1.3.4.2. Diagnostic des infrastructures et équipements Le diagnostic des infrastructures et équipements a permis de dénombrer, de géoréférencer et de cartographier le réseau de voiries, les infrastructures marchandes comme infrastructures de structuration spatiale, le réseau d'adduction d'eau, les forages, les infrastructures et équipements sanitaires, les infrastructures scolaires et les infrastructures de sécurité. 1.3.4.3. Diagnostic socio-économique Le diagnostic socio-économique de la population vise à connaître et à comprendre la dynamique démographique pour projeter l'évolution de la population sur le territoire et ses besoins en termes d’espace d’habitation (territoriaux), de services et d’infrastructures socio- communautaires. Ainsi, les taux de couverture et de desserte en ces infrastructures ont été calculés. Les taux de couverture sont calculés à partir de la formule : T = N/P (Mission de la décentralisation, 2006) ; où N est le nombre d’infrastructures, P la population de la localité considérée et T le taux de couverture. Le taux de desserte en eau potable en milieu rural et semi urbain (TD) est la proportion de la population en milieu rural et semi urbain théoriquement desservie par les sources en eau potable (FPM, PM, AEV, BF et PEA) disponibles. TD = (N×250 / P) × 100, où N est le nombre total de points d’eau fonctionnels ; P la population de la localité concernée. Le ratio habitants par personnel technique de santé mesure pour chaque catégorie de personnel technique de santé l’effectif moyen de la population à desservir par chaque agent de santé. Il s’agit des ratios nombre d’habitants par médecin, nombre d’habitants par infirmier, nombre d’habitants par technicien de laboratoire et nombre de Femmes en Age de Procréer (FAP) par Sage-Femme d’Etat (SFE). 20 Ces différents taux ont permis d’analyser les disparités d’aménagement en infrastructures socio-communautaires, sanitaires, hydrauliques, scolaires et sécuritaires) qui ont été évaluées à travers les normes en la matière. Ainsi, pour l’analyse des disparités en infrastructures scolaires, la norme EQF (Ecole Qualité Fondamentale) a été appliquée. En ce qui concerne les infrastructures et personnels sanitaires, les normes de comparaison sont celles de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui est d’un médecin pour 10.000 habitants, un infirmier pour 5.000 habitants et une sage-femme pour 5.000 femmes en âge de procréer. Dans le domaine des infrastructures hydrauliques, la norme retenue est de 1 point d’eau pour 250 habitants. De plus, les densités en infrastructures ont été calculées ; ce qui a permis d’intégrer la norme spatiale à l’analyse des disparités. Ces données ont été obtenues grâce à la formule suivante : Cette densité calculée, est comparée à la densité des populations afin d’établir un lien entre la couverture par l’infrastructure et la densité des populations, cela a permis d’apprécier la répartition spatiale et de voir si les populations par km2 bénéficient suffisamment d’infrastructures ou non. Ensuite, les Rayons Moyens d’Action Théorique (MRAT) qui expriment (sont) la distance moyenne à parcourir (parcourue) par les populations avant d’accéder ou de bénéficier des services liés à l’infrastructure ont été également calculés suivant la formule : Avec A : la superficie de la localité de recherche ; B = 3,14× Nombre total des infrastructures. Le MRAT calculé, permet d’apprécier les distances parcourues par les populations, cette distance théorique est comparée à la distance recommandée par la norme du domaine. Enfin, les densités et les MRAT calculés ont été spatialisés grâce au logiciel Arc-GIS avec les centroïdes des communes composant le milieu de recherche, ce qui a permis d’analyser les disparités actuelles d’aménagement liées aux infrastructures socio-communautaires retenues entre les communes et à l’intérieur d’une même commune, à travers l’analyse des cartes réalisées en la matière. En ce qui concerne l’analyse de la problématique urbaine, elle a été faite sur la base des projections démographiques obtenues à partir des résultats des RGPH de 1992, de 2002 et de 2013 de l’évaluation des agglomérations urbaines et des nouvelles extensions. Il a été distingué : ▪ les types de documents d’urbanisme ou d’opération d’urbanisme à mener sur les centres urbains existants ; ▪ les nouvelles zones à ouvrir à l’urbanisme en vue d’accueillir la population urbaine additionnelle ; ▪ les espaces (zones) à vocation agricole ; ▪ les espaces naturels et aires à protéger. . , nombre total des infrastructures selon le type Dens1te = . . , Superficie de la locahte MRAT = ) A/ B 21 1.3.4.4 Diagnostic institutionnel, législatif et réglementaire Au niveau institutionnel, les rôles des différentes structures chargées de la délibération et de la mise en œuvre de la politique d’aménagement du territoire et d’environnement ont été analysés et confrontés aux réalités constatées dans le milieu. Cet exercice a permis de recenser aussi bien les forces de ces structures que leurs dysfonctionnements. L’analyse a pris également en compte les rapports et les relations qui existent entre les autorités locales et les autorités régionales dans la mise en œuvre des projets d’aménagement. Le cadre législatif et réglementaire en matière de politique d’aménagement du territoire et d’environnement au Bénin, a été répertorié d’une part, la conformité de ces textes avec le niveau local a été analysée d’autre part. Cette synthèse a permis de recenser les forces et les faiblesses des textes et les conflits et/ou incompabilités entre les deux niveaux. Ces faiblesses constituent à un moment donné des contraintes à l’aménagement du territoire. 1.3.5. Modèles d’analyse des données Le modèle d’analyse SWOT/FFOM (Strenght = Forces, Weaknesses = Faiblesses, Opportunities= Opportunités, Threats = Menaces) a été utilisé pour le diagnostic du milieu. Cette méthode a permis d’analyser les forces en présence dans le milieu d’étude, les opportunités dont disposent les Communes du littoral béninois, les menaces dont il faudra tenir compte dans l’aménagement du milieu et enfin, les faiblesses ou contraintes du milieu qui méritent une attention particulière. Il sera complété par un modèle d’analyse en diagramme de Trephetten qui a été proposé pour corréler les interactions entre les potentialités naturelles, les contraintes humaines et les disponibilités infrastructurelles. 1.3.6. Ateliers départementaux Trois (03) ateliers ont été organisés pour valider les données du diagnostic et échanger sur la prospection avec les agents des collectivités locales et les cadres des structures étatiques déconcentrés. Au total cinquante (50) personnes ont participé aux différents ateliers, dont vingt (20) personnes dans les départements de l’Atlantique-Littoral, seize (16) personnes dans l’Ouémé-Plateau et quatorze (14) personnes dans le Mono. La liste des participants et les procès-verbaux sont annexés (annexes 1 et 2) au présent document. 1.3.7. Zonage Le zonage a été fait en se basant sur les différentes occupations et fonctions actuelles de l’espace du littoral béninois. L’objectif est de faire un regroupement des phénomènes selon leur intensité, de visualiser les disparités du phénomène étudié dans l’espace. Ainsi, à partir des zones thématiques ou homogènes du littoral, les éléments essentiels seront combinés pour avoir une vision globale de la réalité locale. Le zonage a été fait par superposition des cartes (thématiques) des ressources en eau, des sols, de la végétation (des ressources naturelles), des zones urbanisées, des infrastructures et de l’occupation du sol. Ainsi, cette carte de synthèse obtenue a conduit à la carte des zones de développement tenant lieu de schéma d’aménagement. Elle attribue à chaque zone une vocation spécifique (tourisme, agricole, pastorale, sylvicole, etc.). Le zonage et la qualification du littoral béninois ont été faits en se basant sur les travaux réalisés dans le cadre du SDLAO de 2011 actualisé de 2016, en fonction de la vocation proposée par le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) et des dispositions législatives et réglementaires en vigueur au Bénin. 22 1.3.8. Scénarisation et Postulat Après le diagnostic territorial, la phase prospective a permis d’envisager les approches de développement possible du Littoral béninois. L’analyse de l’approche de développement le plus adapté est basée sur deux techniques. La première est celle de l’élaboration des scénarii d’aménagement et de développement sur la base des hypothèses émises. La seconde, est la technique de comparaison. La combinaison de ces deux techniques a permis de retenir le scénario le plus réaliste et le plus réalisable en tenant compte des facteurs d’influence et les éléments de motivations et de mobilisation des ressources et des acteurs. Le processus d’élaboration des scénarii s’est déroulé en plusieurs phases. Ainsi les ateliers ont été organisés par département regroupant les autorités locales et les différentes autorités politico-administratives et cadres techniques aussi bien au niveau décentralisé qu’au niveau déconcentré. Avant toute chose, il convient de délimiter la problématique sous-jacente et l’horizon temporel des scénarios. La première tâche des participants a consisté à se familiariser avec ceux-ci, l’objectif étant de disposer d’un point de départ commun avant toute exploration ultérieure Au cours de la phase 1, identification de la problématique de développement les aspirations des acteurs ont été collectées par paliers puis les problèmes liés à ces aspirations suivis des thématiques majeures. A la phase 2, les variables identifiées ont permis de mettre en évidence les influences et dépendances de ces dernières dans l’analyse structurelle. Cette analyse a servi à stimuler la réflexion au sein du groupe des variables et à faire réfléchir les aspects en jeu pour le système en étude. Ensuite, la stratégie des acteurs a été analysée. L’objectif de cette analyse est de fournir aux acteurs une aide à la décision à partir des influences entre ces derniers pour la mise en place des stratégies visant à réduire les problèmes et les contraintes voire les menaces de développement et d’aménagement du Littoral béninois. Ainsi, dans le cadre de cette étude, trois scénarii ont été élaborés. Il s’agit du : • Scénario de la continuité ou fil de l’eau • Scénario d’une gestion optimal du littoral • Scénario catastrophe. Après cette étape de construction des scénarii, une grille d’analyse a été élaborée afin de comparer les différents postulats des scénarii. Cette comparaison a permis de choisir le scénario le plus réaliste et réalisable avec une gestion optimum du Littoral béninois. L’attribution des notes a été faite par rapport aux postulats des scénarii en fonction du devenir futur du Littoral envisagé. De ce fait, les notes de la grille varient de -1 à 2. La figure ci-dessous présente la grille d’analyse. Figure 1 : Grille de comparaison des postulats des scénarii d’aménagement du Littoral Source : Adapté de Quenum I. 2016 Situation de continuité des conditons actuelles du Littonl (0) Sltatlo■ d'••éliontlo■ partielle des colldltloas aehlelles d■ Llttonl(l ) 23 PARTIE 1 : DIAGNOSTIC 24 II- ZONE DE L’ETUDE 2.1. Situation géographique et administrative Le littoral béninois couvre toute la région allant de la côte à la latitude de Zè, soit vingt- quatre (24) communes avec une superficie de 6254 km2 représentant 5,4 % du territoire national. Ce littoral est situé entre les parallèles 6° 10’ et 6°40' de latitude Nord et les méridiens 1°40' Est et 2°45' de longitude Est (figure 2). Figure 2 : Situation géographique du littoral au Bénin Les communes du littoral béninois sont réparties comme suit : Tableau 2 : Liste des communes du littoral béninois Département Nombre de commune Communes Littoral-Atlantique 08 Cotonou, Allada, Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassè, Zê, Sô-Ava, Tori-Bossito Mono 06 Comé, Houéyogbé, Athiémé, Lokossa, Bopa, Grand- Popo Ouémé-Plateau 10 Porto-Novo, Adjarra, Sèmè-Podji, Aguégués, Avrankou, Dangbo, Adjohoun, Akpro-Missérété, Sakété, Ifangni Telle que définie dans la Loi n° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin, en son article 1er, la zone littorale est une entité géographique qui regroupe : 1'45' ,.. 2"15' 2' 30' Le littoral dans le Bl nin + (O\.H,H !\l Dl TOI FO TOGO 2' 15' ,.,. 2"45' REPUBLIQUE OU BENIN PROJET WACA ACTUALISATION DU SDAL DECOUPAGE ADMINISTRATIF COM\tl "'t- l>t- l'(IIU N  ~ West AIiie<> Coostoi A190S ;.:, Monogemenf Piogrom 25 les communes : - riveraines de I'Océan Atlantique, des étangs salés, des plans d'eau intérieurs d'une certaine étendue et communiquant directement ou indirectement avec la mer ; - riveraines des estuaires, deltas et vallées lorsqu'elles sont situées en aval de la limite de salure des eaux et participent aux équilibres économiques et écologiques littoraux ; - les communes non riveraines de I’Océan Atlantique, des étangs salés, des plans d'eau intérieurs, des estuaires, deltas et vallées telles qu’indiquées ci-dessus, mais situées dans la partie sud des plateaux du bassin sédimentaire côtier et dans le domaine margino-littoral. Il convient de noter que la délimitation est forcément un exercice à la fois souple et complexe car elle dépend selon les classificateurs des orientations qu’ils jugent pertinentes pour mettre en œuvre des projets mobilisateurs, fédérateurs et d’intérêt commun. La façade maritime du littoral est longue de 125 Km et s’étend d'Ouest en Est de la frontière togolaise (Hilla-Condji) à la frontière nigériane (Kraké). Dans sa définition administrative sensus stricto, le littoral du Bénin regroupe cinq communes qui s’ouvrent sur la mer : Sèmè Podji, Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah et Grand-Popo. 2.2. Délimitation de la bande côtière du Bénin La bande côtière du Bénin est localisée sur la bande sablonneuse qui est adjacente au système lagunaire. Elle mesure 125 km de long et en moyenne 100 m de large. Cette largeur de 100 m a été retenue sur la base du décret du 29 septembre 1928 dont l’article 1er énumère les biens faisant partie du domaine public. Ainsi, du rivage de la mer jusqu’à la limite des plus hautes marées, ainsi qu’une zone des 100 mètres mesurée à partir de cette limite (dite « la zone des cent pas du Roi ») constitue un domaine public naturel. Il s’agit en fait de la bande sablonneuse communément appelée plage. Elle couvre une superficie d’environ 12,5 km2 et représente moins de 0,01% de la superficie nationale (soit l’équivalent du 1/6 de la ville de Cotonou), mais fait l’objet de multiples enjeux (DGEC, 2018). « Décret du 29 septembre 1928, portant réglementation du domaine d’utilité publique et des servitudes publiques (modifié par les décrets du 7 septembre 1935 et du 3 juin 1952) » Pour éviter de nouvelles difficultés dans un futur proche, une politique stricte de planification territoriale est nécessaire. Une cartographie du risque devra être déterminée sur la base des normes de sécurité et des niveaux de danger. En fonction du niveau de risque et de la vitesse de l’érosion attendue, des restrictions de l’usage du territoire seront déterminées, en particulier pour les constructions permanentes. Le long de la côte béninoise, il existe déjà une législation qui s’applique sur les cent premiers mètres depuis le trait de côte à haute marée (les « Cent pas du roi »). Mais cent mètres ne suffisent pas en certains endroits pour anticiper les processus d’érosion (allant jusqu’à 10 à 30 m/an). Dans la Loi sur le Littoral, une bande de 200 m est retenue, à l’intérieur de laquelle sont interdits toutes constructions, toutes installations d'équipements, d'ouvrages et de routes nouvelles, ainsi que toutes extractions et tous affouillements. Ce périmètre de deux cents (200) mètres est exclu de toute opération de lotissement. 2.3. Fragilité du littoral 2.3.1. Géomorphologie Sur le plan morphologique, le Bénin méridional est formé d’une série de plateaux séparés 26 par les vallées des cours d'eau que sont le Mono, le Couffo et l’Ouéme. De l'Ouest à l’Est, il faut noter les plateaux d’Aplahoué, de Comé, d'Allada et de Porto-Novo-Sakété-Pobè. Il faut signaler que seul le plateau de Comé est entièrement contenu dans le sud béninois (figure 3). L’altitude de ces plateaux de terre de barre varie entre 40 et 120 m. Ils sont séparés du domaine margino-littoral par une ancienne lagune de Ouidah à Cococodji, se prolongeant vers l’Est par des lagunes encore actives (lagune Towo, Togba, chenal de Tochê, lagune de Porto-Novo). Figure 3 : Grands ensembles géomorphologiques du littoral béninois Le littoral connaît une influence des fluctuations du niveau marin (P. ASSEMIEN, 1970 - J. LANG & PARADIS, 1977 - K. S. ADAM, 1986). C’est donc un milieu qui connaît une dynamique de la plaine côtière du Golfe du Bénin. Au Quaternaire, lors de la transgression inchirienne (Ouljienne), la mer a atteint un niveau supérieur à l'actuel, a remanié les dépôts du continental Terminal (Mio-Pliocène) et y a développé une côte à falaise. Lors de la régression marine qui s'en est suivi (Ogolien ou Préflandrien en Europe) dont l'amplitude a dépassé 100m, sous un climat beaucoup plus sec que l'actuel, les dépôts du Continental Terminal ont été remaniés par la mer et se sont étalés sur les aires alors émergées. Un épandage fluviatile de matériaux issus de la Terre de barre est alors mis en place lors du maximum de 1 régression ogolienne, entre 18 000 et 17 000 ans B.P. (FAURE et ELOUARD, 1967), formant un glacis sablo-argileux qui se raccorde aux plateaux du Continental terminal, tantôt, par un talus net, tantôt par une lagune ou un "lac". Ces dépôts sablo-argileux appelés glacis ogoliens (ante-Holocéne) sont d'origine continentale après un remaniement marin, consistant en une élimination de la fraction argileuse et en un classement des grains de la fraction grossière (A. GUILCHER, 1961). Ce matériel fraîchement étalé a été démantelé et remanié par les grands cours d'eau en crue 1'45' f: PLIOCENE-PLEISTOCENE Dépôts alluvionnaires et deltaiques ::::i:sables, argiles Dépôts fluviatiles L J oravlers,sables etaroiles EOCENE péil s sublittoraux externes - Argiles à atlapulgite, fooilletées - Argiles Kaoliniques, par1ois marneuses 2°0' TURONIEN--CONIACEN Dépôts côliers Sables quartzeux avec oraviers e1 argile MIOCENE SUPERIEUR Oépéts côtiers . . Sables quartzeux, argiles .graviers e1 grès ferTugtnoox subordonnés 2°H5' MAESTRICHTIEN □écr:~:~::r::~~a~:rnes, cak".aires - Plan d'eau cours d 'eau permarier,t (0\-1Ml J\E Ut I OH'O DEPARTE\-fE",T DU COUFFO / ~--/ " ,; -t---~-----/ ;,r-- li. Alhiemé / ~ / r TOGO / 1 - f---+------c,,-) Je. . - .- / / / Allada ­ . @ - 'fflri-Bossito 2' 30' Adjohoun ., 2' 45' REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL CARTE GEO LOGIQUE C0\1\II.INt DE POBE ( ' t Sakété @ Dang bo . ., - - All.pro-MtSsérè'té Avrankou ., @ West Afrlco Coostol Areo Management Progrom " . ~ 27 (Mono et Ouémé) lors du passage d'un climat sec à un climat humide (17 000 - 11 000 B.P.). Ces glacis dominent sensiblement les dépressions fluvio-lagunaires et les cordons sableux. Leur surface est caractérisée par la présence de nombreuses termitières. Lors de dernières grandes transgressions nouakchottienne (flandrienne en Europe), dont le maximum est daté de 6000 à 5000 ans B.P., la mer a envahi le continent sur près de 2,5 km en moyenne de même que l'ensemble du réseau hydrographique, créant ainsi un vaste système de rias. Le niveau de base s'étant élevé, les fleuves déposent les alluvions et bâtissent des deltas. Les cordons sableux issus de la dérive littorale Ouest-Est ferment les rias et créent des "lacs" et lagunes côtières inondables d'Aného à Cocotomey, ou des marais vaseux, inondables en période de hautes eaux. Ces sédiments fins ou légèrement hétérométriques (sable, limon et argile) peuvent atteindre de grandes épaisseurs (47 m à Guézin). Ces cordons sableux considérés comme subactuels, pour couvrir tous les phénomènes mobiles qui se sont produits depuis 5000 ans, ont été mis en place dans un contexte de fluctuations marines glacio-eustatiques nouakchottiennes. D'une largeur moyenne de 2,5 km, ces cordons séparent les lagunes côtières de l'océan. On peut distinguer deux générations de ces cordons : - des cordons anciens formés de sables blancs podzolisés se rencontrent au contact des glacis ogoliens sablo-argileux, (leur datation est de l'ordre de 5000 ans B.P.) ; - des cordons récents formés de sables roux déposés successivement vers 2500 ans B.P., pour les premiers, et 1490 ans B.P. à l'Actuel pour les seconds. Depuis la mise en place des derniers cordons littoraux, plusieurs phases transgressives mineures se sont succédées jusqu'à 500 ans B.P. et ont mis en place les cordons les plus méridionaux proches des actuels. La dernière régression a été rapide et a ramené le niveau de la mer au-dessous du zéro actuel. Depuis un siècle environ, la mer remonte pour rejoindre le zéro initial provoquant une évolution dangereuse du littoral. Le littoral stricto-sensu est donc essentiellement sableux et les analyses granulométrique et morphoscopique confirment l'origine marine de ces sables. Quant à la partie continentale de la zone du littoral, elle est formée d’une série de plateaux séparés par les vallées des cours d'eau que sont le Mono, le Couffo et l’Ouéme. De l'Ouest à l’Est, il faut noter les plateaux de d’Aplahoué, de Comé, d'Allada et de Porto-Novo-Sakété- Pobè. Il faut signaler que seul le plateau de Comé est entièrement contenu dans le sud béninois (figure 4). L’altitude de ces plateaux de terre de barre varie entre 40 et 120 m. Ils sont séparés du domaine margino-littoral par une ancienne lagune de Ouidah à Cococodji, se prolongeant vers l’est par des lagunes encore actives (lagune Towo, Togba, chenal de Tochê, lagune de Porto-Novo). 2.3.2. Unités pédologiques La plaine côtière est constituée de sols hydromorphes peu évolués, tandis que les terrains constituant les plateaux de terre de barre portent des sols ferralitiques rouges, profonds, faiblement lessivés, sans concrétion (figure 4). 28 Figure 4 : Unités pédologiques du littoral béninois 2.3.3. Erosion côtière Le littoral béninois est un espace sablonneux qui se caractérise par une chaîne de lagunes qui rendent la zone côtière dynamique, avec des caractéristiques naturelles très complexes. L’érosion côtière ne se manifeste pas de la même façon sur l’ensemble de la côte béninoise. Les secteurs les plus affectés sont : le segment de côte situé entre Hillacondji et Grand-Popo vitesse d’érosion : (-15 m/an de 2012 à 2015 et -3 m/an de 2016 à 2019) et le segment de côte situé à l’Est du quartier Sèyivè dans la commune de Sèmè-Podji (vitesse d’érosion - 30m/an). Les secteurs en engraissement sont situés à l’Ouest du port jusqu’à Fidjrossè. Les autres secteurs, qui ont bénéficié des ouvrages de protection, sont stabilisés. Le long de la côte ouest africaine, la mer transporte des quantités énormes des sédiments sableux, originaires des fleuves. Des interruptions du transport des sédiments dans les fleuves ou le long de la côte causent des problèmes d’érosion. L’érosion côtière actuelle se traduit notamment par la régression des plages dans le golfe du Bénin, même si les vitesses de recul sont variables d’un secteur à l’autre, ce qui donne une impression d’engraissement partiel en certains points. Notons que cette conquête de la mer sur les côtes béninoises peut aller jusqu’à 10 ou 15 mètres certaines années ; Ce phénomène a déjà avalé plus de 400 mètres de terre, par endroits, avec des maisons, notamment à Cotonou, voire des villages engloutis comme Docloboé dans le Département du Mono. Des infrastructures hôtelières telles que l’Hôtel Palm Beach ont été emportées ; 29 2.3.4. Dynamique du trait de côte Le littoral béninois s’étale sur des cordons sableux. Cet espace est séparé des plateaux méridionaux par un front constitué de paysages lacustre, lagunaire et de mangroves. De ce point de vue, les moindres prélèvements sans contrôles exposent les surfaces sableuses à l’érosion. Aussi, les nombreux aménagements surtout portuaires viennent-ils accentuer le phénomène. Les forçages météo-marins redirigent les énergies d’impacts vers d’autres points qui mobilisent les sédiments le long de cette plage aux enjeux multiples. La figure 5, montre en effet la dynamique du trait de côte de 2000 à 2020. Figure 5 : Dynamique du trait de côte de 2000 à 2020 Il ressort de l’observation de la figure que la mobilité du front de plage est bien réelle : les traits rouge et vert n’occupent pas la même position géographique de Hilacondji à Kraké. Ceci est une preuve remarquable du déplacement ou de la cinématique frontale océanique. Les figures 6 et 7 ci-dessous présentent respectivement cette dynamique de 2000 à 2010 et de 2010 à 2020. En effet, l’exploration des traits de côte par un SIG peut être manuelle ou assistée par des outils de calcul automatisé des taux d’évolution. Le Digital Shoreline Analysis System a été utilisé pour cette cinématique. Le principe général de l’outil est de mesurer les distances entre les traits de côte d’une même série et de calculer les statistiques des taux d’évolution (en m/an). Les taux d’évolution obtenus à partir de la régression linéaire pondérée (WLR) sont cartographiés afin de spatialiser la dynamique du trait de côte sur les périodes 2000-2010 et 2010-2020. 1"39' 1•40•30- 1•42• ,-43•30• ,-45• 1•45•30• 1•45• 1•49•30• 1°51' 1"52'30" 1"S4' 1"55'30" 1"57' 1"58'30" ~ Localité ,. Méko io te AgMko DJondji i;; Trait de côte 2000 g Trait de côte 2020 g "' "' i;; i;; ~ Océan Atlantique V V/ \\....,// \ ;,, 5 2,5 0 5 West Africa Coostal Areos i;; Km Management Program 1"58'30" 2· 2·1•30• 2"3' 2"4'30" 2•5• 2°7'30" 2°9' 2· 10•30· 2· 12· 2•13•30• 2"15' 2°16'30" 2°18' 2"19'30" 2· 21 · 2·22•30• --., Agbêhonou- ~ .... .. .. ( ~ . . f;: An ·· . • • Adounko Togb1n g Lissassicodji • Avléké:é H10-plagc g "' crra9codji "' i;; i;; io Océan Atlantique io i;; 5 2,5 0 5 i;; Km 1°58'30" 2· 2· 1'30" 2•3• 2°4'30" 2°6' 2°7'30" 2°9' 2°10'30" 2°12· 2•13•30• 2°15' 2°16'30" 2°18' 2°19'30" 2°2 1' 2°22'30" )!; f te ~ ~ te J<raké f;: .Wcgbcgo-plagc • Ekpè-plagc Djcffa-plagc .Cica-plage .Okou-Sèmè N ~ "' te 5 2,5 0 5 Océan Atlantique - - Km 2"22'30" 2°24' 2•25•30• 2°27' 2· 2a•30• 2°30' 2°3 1'30" 2°33' 2°34'30" 2°36' 2°37'30" 2°39' 2°40'30" 2°42' 30 Ainsi, de 2000 à 2010 le littoral béninois a enregistré sept (07) poches de dégradations contre quatre (04) poches d’accumulations et cinq poches de stabilités. Figure 6 : Dynamique du trait de côte sur la période 2000-2010 Les communes les plus touchées par l’érosion côtière sont en effet matérialisées par les lignes rouges. Il s’agit notamment de Grand-Popo, de Ouidah et de Sèmè-Podji. Le déplacement moyen du front de plage en direction du continent est de 37 m par an. Pour cette décennie, on enregistre ainsi en moyenne 370 m de cordons érodés sur la période 2000- 2010. Les espaces engraissés ne totalisent que 140m en moyenne l’an. Cet état de chose montre clairement que cette période est marquée par une dégradation ou érosion côtière excessive. Lorsqu’on considère la période 2010 à 2020, tous les fronts ont bougé ; pas une seule ligne stable observée. :'! 1o 1°39' + Togo .Sê .. • sa7.ué 0 0umako 2· Tokpa-Oomè • Sègbohouè •Aganmanlomë Avamë 0 Tort-Garc .Ouèdo .Togba l Sa,;i ~ pé \ J' · .. "'\.L ~è: ië ' ·Pah0u • AvÎékété- •• Océan Atlantique Erosion côtière (Moyenne annuelle en m/an) : 2000 à 2010 10 0 -5 ·10 -15 ·20 -25 -30 .35 -40 ~j~ I ~ REPUBLIQUE DU BEXIN PROJl::TWACA ACTUAU SATION nu SOAI. MOBILITE DU TRAIT DE CÔTE: f.ROSION ET ACCRETIO~' CÔTlERES J EPR: 2000-2010 J - Stabilité: 0 m - Erosion: -0,01 m à -37,78 m Accrétion: 0,01 m à 14,32 m 25 ,u ~ -----====:::::11---------•km Source: Traits de ci,tc 2000 ct 21110; lmagc Landsat 2°31 •30• 2°42' N 1 V V/ \\... ./1 \ West Africo Coostol Afeos Management Progrom 31 Figure 7 : Dynamique du trait de côte sur la période 2010-2020 La tendance à l’érosion au niveau des communes précédemment citées demeure. Cependant, on observe un retour significatif à l’accrétion autour des zones rouges : plus de 220 m de plages engraissés au cours de cette décennie. Les récents aménagements engagés le long de cette côte pourraient expliquer ce résultat qui mérite d’être maintenu pour constater la disparition des lignes rouges. 2.3.5. Spécificités liées aux milieux lacustres du littoral béninois Le Bénin possède plusieurs zones lacustres dont les plus connues sont la cité lacustre de Ganvié (commune de So-Ava), réputée être la Venise d’Afrique, la commune des Aguégués dont le caractère lacustre est manifesté par les périodes de crue et l’enclavement de ses villages par des cours d’eau… La plupart de ces zones lacustres se retrouvent donc dans le littoral béninois notamment les communes de So-Ava et de celle des Aguégués. 2.3.5.1. La commune de Sô-Ava Selon le SDAC (PAGEFCOM, 2012) la commune de Sô-Ava occupe une partie de la basse vallée du fleuve Ouémé et de la rivière Sô à qui elle doit son nom. Elle couvre une superficie de 218 km2. La commune de Sô-Ava fait partie des huit communes du département de l'Atlantique. Elle se retrouve entièrement dans le bassin versant des plateaux de l'Ouémé et ses eaux sont drainées vers le lac Nokoué. Ce plan d’eau recouvre près de la moitié du territoire de la commune. Sur le plan pédologique, environ 47 % du territoire de la commune de Sô-Ava est constitué de sols hydromorphes, c’est-à-dire engorgés d’eau de façon temporaire ou permanente. ~ "' 1"39' 1"49'30" , . 2"10'30" 2"21 ' 2"42' • Zoungbonou • Azohouè-Kada ·Glo-Djigbé ,Sê Sègbohouè Torî-G.are .Avamé ·rokpa-Ôomé • Aganmanlomé + .. • saz'ùé 1 "oumako . Garl'vié, i üuedo •r ogba Sa~i ~ pé\ /' Hêvié "1--- ~ -- • •, •Pahou • Togo N Océan Atlantique + 1 30 20 10 0 '~~ Erosion côtière (Moyenne annuelle en m/an) : 2010 à 2020 w.11.- L • • ""\- ••• j~ "J·u111■11111• ·■11l"l'l'llilffl■•·~1nr ! M r-- f..--1 l/"1 0) M , , , ....... 1• 0).-,. , ~ !l''~r 'l'r--~ ] ~ J•~fM r-- ;. l/"1 0) '] , r-- ..--1 l/'I 0) M r-- 1 ~,,O) -10 -20 -30 40 o-.~~.,.....oo~ ..--1 ~ V1m V1NOr--V1No-.r--~No-.~~..--10-.~m..--1oo~mooo • • • , ••• " '"" ' " m ~ :R: ~.::,:,:: m '" T " n N REPUBLIQUE DU BENTN f'RO.ll:T WACA ACTlJALISATTOi\"" DH SDAI. - Erosion. -0.0006 m à -37,70 m Il Accrétion: 0, 1 m à 22 m 25 12,5 25 ------======-----------km ,\ IOUILITt: l)U TKAIT Dt: cfrn :: EROSION ET ACCR ETION CÔT ŒR liS Source: Traits de côte 2010 et 2020; Image Landsat V V/ \\,. ,/1 \ West Afrlco Coosto1 Areos Management Progrom 32 Les plans d'eau exploitables constituent la principale ressource naturelle de la commune et les populations disposent, pour leur exploitation, des techniques et des équipements variés. Il s’agit essentiellement de la rivière Sô qui traverse cinq arrondissements sur sept, sauf Houèdo Aguékon et Dékanmey et du lac Nokoué à Ganvié 1, Ganvié 2 et Vekky Houédomè. Des groupes professionnels de pêcheurs fonctionnels existent dans la commune où les crues périodiques améliorent les rendements des trous à poissons et des acadja. Les terres émergées représentent un faible pourcentage. Le lac reçoit ses eaux du fleuve Ouémé et de la rivière Sô dont plusieurs de ses ramifications passent par Ganvié, Vêkky, Sô- tchanhoué avant de se rejoindre à Sô – Zounko. Sô – Zounko un des grands villages de la commune de Sô – Ava signifie « le point de convergence des ramifications de la rivière Sô » (Homeky, 2009). Les activités de pêche occupent plus les populations du Sud que celles du Nord et du Centre. La pêche y est pratiquée sous toutes ses formes avec à la clé la pêche à acadja. Des trous à poissons ainsi que l’utilisation des filets sont, entre autres, les techniques de pêches couramment utilisées par les communautés des pêcheurs. Sô-Ava dispose d’importantes potentialités touristiques. D’une part, Ganvié est reconnu par l’UNESCO comme patrimoine mondial (Venise africaine) et d’autre part, l’ensemble Basse vallée de l’Ouémé-Lagune de Porto-Novo-Lac Nokoué est une zone humide internationalement reconnue par RAMSAR. 2.3.5.2. La commune des aguégués La commune lacustre des Aguégués, avec une superficie de cent trois (103) km², est située au sud-ouest du département de l’Ouémé à la même latitude que la municipalité de Porto- Novo (PDC, 2018). La commune des Aguégués est constituée d’un ensemble d’îlots d’accumulation alluviale logée dans la partie basse du fleuve Ouémé submergée par les crues pendant une période de trois à cinq mois par an (juillet-Novembre). L’espace habité s’étend sur environ 500 m de large le long du fleuve Ouémé et est sujet à des inondations saisonnières pendant les crues où toute la commune devient véritablement lacustre à l’exception d’une petite langue de terre qui la relie au plateau à travers l’arrondissement de Avagbodji (rapport Lasdel Bénin, 2007). L’activité des villages est ordonnée par le rythme de la crue. A la période d’inondation correspondent des moments de vie léthargique ; à la décrue s’ouvrent, par contre, des mois d’activités notamment la pêche, et les cultures de décrue et bientôt le tourisme. D’une manière générale, les populations de la commune lacustre des Aguégués s’adonnent principalement aux activités de pêche, d’agriculture, d’élevage et de commerce. La pêche est l’activité principale des arrondissements de Houédomè et de Zoungamè. L’arrondissement d’Avagbodji est beaucoup plus orienté vers l’agriculture de contre-saison. La commercialisation des produits de pêche se fait surtout par les femmes des pécheurs. Un seul type de sol caractérise le secteur agricole des Aguégués : les sols hydromorphes à argile noire. Ces sols sont aptes à l’agriculture et reçoivent annuellement des dépôts alluvionnaires lors de la crue, et leur fertilité reste maintenue de ce fait. 33 Les Aguégués subissent durement les effets des changements climatiques et des actions anthropiques sur l’environnement marin et fluvio-lagunaire. Depuis la construction du port en eau profonde de Cotonou, outre l’érosion côtière que cette infrastructure a occasionnée, on assiste depuis plusieurs décennies à une forte remontée des eaux marines dans l’espace fluvio-lagunaire (fleuve Ouémé, lac Nokoué et lagune de Porto Novo). Celle-ci a pour effet l’augmentation du taux de salinité et donc la réduction des réserves halieutiques d’eau douce dont vivent les populations des zones lacustres (Homeky, 2009). Les zones lacustres sont des endroits spécifiques. Elles se caractérisent par la prédominance des sols hydromorphes ainsi que des plans d’eau. Ceci en fait des zones humides par excellence à protéger conformément à la convention relative aux zones humides d’importance Internationale (RAMSAR) que le Bénin a ratifié depuis le 21 décembre 1975. L’explosion démographique combinée à la sédentarisation des populations vivant dans ces milieux occasionne une forte pollution et un mode de vie assez particulier. En effet « Dans les zones lacustres de Ganvié, des Aguégués et de Grand-Popo, il se pose un problème d’habitats décents, d’assainissement, de gestion des déchets organiques et ménagers, d’accès à une meilleure qualité d’eau de consommation et de gestion de ladite eau. La plupart des ménages ne disposent pas de toilettes appropriées et les déchets sont jetés en vrac entraînant la pollution de l’environnement et contribuant à l’essor des maladies hydriques (PNUD, Bénin, 2021). 2.3.6. Vulnérabilité future du littoral béninois aux effets du changement climatique L’analyse de la vulnérabilité future des unités d’exposition (écosystèmes, populations, activités économiques) ou du moins des modes et moyens d’existence aux effets du changement climatique dans le littoral béninois, permet d’évaluer les risques climatiques actuels et futurs avec l’objectif d’estimer les impacts potentiels et d’identifier les capacités et les mesures d’adaptation. Les impacts potentiels identifiés sont notamment (MCVDD, 2019) : - L’exacerbation du phénomène d’’érosion côtière ; - les submersions des plages (Cotonou, Ouidah, Grand-Popo, Hillacondji) ; - la dégradation, voir disparition des mangroves (secteur central et secteur ouest du littoral) ; - la salinisation des terres, des eaux souterraines et des eaux de surface ; - les dépôts sédimentaires « regressifs » pouvant induire le rehaussement des lits des cours d’eau (fleuve Ouémé, fleuve Mono). Ces formes de dégradation des écosystèmes du littoral pourraient entrainer des incidences d’ordre socio-économique très importantes puisqu’ils toucheraient notamment une population importante, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, des superficies de terres agricoles, et mettraient en péril des activités économiques, des infrastructures et les établissements humains. Ces incidences sont, entre autres, la migration de la population, l’accentuation de la pauvreté, la baisse des rendements agricoles, le déplacement des zones d’attrait touristique, la mort du cheptel et le ralentissement de la croissance économique, le littoral abritant les activités économiques et les services vitaux du pays. 34 2.3.7. Facteurs de l’érosion côtière 2.3.7.1. Facteurs naturels de l’érosion côtière Les facteurs de l’érosion côtière sont autant naturels qu’anthropiques. Au nombre des facteurs naturels, on peut citer : - la géomorphologie des côtes (faible pente et substrat sableux), ainsi que l’hydrodynamique côtière (dérive littorale d’Ouest en Est) ; - des vagues régulières persistantes en provenance d’une grande distance (houle) qui engendrent un fort transport de sédimentaire parallèle à la côte vers l’Est ; - les évènements climatiques extrêmes (ex. tempêtes) ; - la hausse générale du niveau des océans causée par le réchauffement climatique (facteur indirectement naturel agissant à l’échelle globale). 2.3.7.2. Facteurs anthropiques de l’érosion côtière Quant aux facteurs anthropiques, on retiendra : - l’arrêt ou la réduction des apports sédimentaires fluviaux par les barrages sur les cours d’eau ou l’extraction excessive (illégale ou insuffisamment étudiée) de sable ; ce qui se traduit en une érosion des plages. C’est le cas au Bénin à proximité de la lagune de Gbaga et Grand-Popo. - l’arrêt du transit sédimentaire par les ouvrages portuaires (port de Cotonou et de Lomé) et de protection de la côte au Bénin et au Togo engendre une perturbation du processus morphodynamique du littoral béninois ; ce qui se traduit en une accrétion de la côte à l’Ouest et une érosion à l’Est de ces ouvrages. C’est le cas au niveau du port de Cotonou où on observe une accrétion entre Togbin et Cotonou, et de l’érosion à Akpakpa Dodomè vers Sèmè-Podji. Les épis réalisés pour contrôler l’érosion ont un impact très limité. Un nouveau port à Sèmè-Podji causera vraisemblablement des problèmes d’érosion loin au Nigéria. 2.3.8. Actions de protection et d’aménagement de la bande côtière du Bénin L’érosion côtière est l’un des défis majeurs auxquels est confronté le littoral béninois. Pour lutter contre ces phénomènes, certaines initiatives et actions ont été mises en œuvre. Ainsi, de grands épis ont été érigés à l’Est du port de Cotonou : l’érection des premiers épis remonte aux années 1960 où le débouché lagunaire a été protégé par l’épi Ouest avec la crique en 1962 et les infrastructures situées à l’Est immédiat ont été protégées par l’épi de Siafato en 1963. Ces épis ont joué et continuent de jouer efficacement leur rôle, mais ils ont entraîné en aval à l’Est une érosion plus accentuée. Après d’autres mesures (stabiliplage et les épis en gabions) ont été également expérimentées au début de années 90, mais elles ont manqué d’efficacité. Depuis 2012, plusieurs mesures/initiatives de protection et de valorisation du littoral béninois ont été expérimentées avec une nouvelle vision d’aménagement (DGEC, 2018) : La mise en œuvre de la vision du plan d’aménagement passe par des changements importants qui doivent s’opérer pour impacter positivement le milieu. Ainsi, cinq (05) axes stratégiques ont été définis (DGEC, 2018) : Axe 1 : Restauration et protection des ressources biologiques et naturelles de la bande côtière du Bénin ; 35 Axe 2 : Aménagement, assainissement et protection de la bande côtière du Bénin contre l’érosion côtière et les inondations ; Axe 3 : Amélioration de l’attrait écotouristique de la bande côtière du Bénin ; Axe 4 : Amélioration du bien-être des communautés riveraines ; Axe 5 : Amélioration du cadre institutionnel et clarification du rôle des acteurs. Le tableau en annexe 2 fait le récapitulatif des actions entreprises ou en cours pour la protection et la valorisation du littoral béninois. Photo 1 : Sept (7) épis installés sur la côte à l’Est de Cotonou Source : DGEC, 2020 Photo 2 : Brise-lames à Avlékété-plage (cité balnéaire) Source : DGEC, 2020 Blocs de pierres immergées 36 Planche 1 : Rechargement de l’estran le long de la côte à Avlékété Source : DEGEC, 2020 2.4. Biodiversité du littoral Le littoral béninois est constitué d'un complexe océan et écosystème lagunaire très dense très riche et diversifié. C'est un milieu extrêmement riche écologiquement, à cause de l’influence alternée des eaux marines et des eaux douces. Il est de plus en plus fréquenté périodiquement par des espèces d’eau douce et marines. Dans la zone littorale, les mangroves, forêts marécageuses, forêts denses humides semi-décidues et savanes littorales sont simplement exclues de l’espace protégé. La forêt de Ahozon (Pahou) subit actuellement une forte pression humaine. Dans le sud-ouest de la zone guinéo-congolaise, il n’y a aucune forêt classée représentative et la distribution des aires protégées ne permet pas la conservation de la diversité. La forêt protégée d'Ahozon, l’unique relique de forêt littorale à légumineuses du « Dahomey gap » avec 140 espèces (dont 41 d’intérêt spécial pour la conservation), est malheureusement menacée de disparition sous la pression de la population environnante (Adomou 2005). Elle abrite une population dense de Zanthoxylum zanthoxyloides (Rutaceae), espèce menacée bien connue au Bénin. Il est urgent de protéger la flore côtière dont beaucoup d'espèces sont menacées de disparition ; on peut citer Scaevola plumieri (Goodeniaceae), Diopyros tricolor (Ebenaceae), Conocarpus erectus (Combretaceae) et Dodonaea viscosa (Sapindaceae) qui aurait disparu. Avec 100 espèces (dont la moitié est de priorité élevée), la forêt sacrée de Dangbo devrait être considérée comme un site prioritaire pour la conservation. La forêt sacrée de Ewè-Adakplamè, contiguë à la forêt classée de Dogo-Kétou, renferme 10 espèces endémiques locales (Mansonia altissima, Nesogordonia papaverifera, Pterygota macrophylla, Rinorea ilicifolia, Vitex micrantha, etc.), 200 espèces au total et 48 espèces à haute valeur pour la conservation. D’autres espèces, comme Triplochiton scleroxylon, Mansonia altissima et Nesogordonia papaverifera, ont une grande valeur commerciale (bois d’oeuvre). L’État béninois a la responsabilité de préserver ces trois espèces de bois d’œuvre qui figurent sur la liste rouge de l’IUCN (2000). La forêt sacrée d’Avagbodji-Bembè abrite le seul genre endémique guinéo- congolais recensé au Bénin, avec Octoknema borealis (Olacaceae, autrefois Octoknemaceae). Des sites comme Mondo-Tokpa, Igolo, Avegamey, Badjamè, Djègbadji, aujourd’hui fortement dégradés, devront bénéficier de plans de restauration si l’on veut conserver le maximum d’espèces. La forêt de Lokoli, le mieux conservé parmi les forêts marécageuses du Bénin, avec 126 espèces dont 25 de grande valeur pour la conservation, doit également retenir l’attention. Parmi les 607 espèces végétales répertoriées pour la zone littorale béninoise, 243 (40,03% du total) sont menacées de disparition. Parmi elles, 140 espèces (57,61%) ont été évaluées 37 en danger (EN) contre 79 espèces (32,51%) et 14 espèces (5,76%) respectivement caractérisées comme en danger critique (CR) et vulnérables (VU). Il y a aussi : 4 espèces classées DD, 3 EW, 2 LR et 1 EX (liste en annexe 5). Il existe deux (02) sites de mangroves incrustés dans les zones humides d’importance internationale ou (site Ramsar 1017 à l’Ouest et le site Ramsar 1018 à l’Est) dans la zone du littoral béninois. La mangrove sert de refuge à de nombreuses espèces menacées et représente un maillon essentiel du parcours de l’avifaune migratrice. La mangrove contribue à la protection des rivages. Les populations riveraines de la mangrove tirent d’importants revenus de l’exploitation du bois, de la pêche, de la riziculture, de l’extraction du sel, du maraîchage et d’autres activités, notamment la récolte de miel et les plantes médicinales. L’inventaire floristique des mangroves montrent qu’au total il y a 59 espèces parmi lesquelles 17 sont typiques de mangrove. Ces dernières se répartissent en 12 familles dont 66,6% de Dicotylédones, 25% de monocotylédones et 8,4% de Ptéridophytes. L’apparition des espèces envahissantes comme Lemna paucicostata, Eichhornia crassipes, Pistia stratioites et Azolla africana, date seulement de quelques années dans le système de mangrove et résulte de la construction du barrage de Nangbéto. En termes de richesse spécifique, un total de 46 familles de poissons a été recensées sur l’ensemble des deux complexes de zones humides du Sud Bénin pour un total de 106 espèces de poissons connues sur l’ensemble du continent africain, soit environ 61 %. Mieux, dans le lac Nokoué et dans la lagune de Porto-Novo, 78 espèces de poissons ont été identifiées (soit 73, 6 % des espèces de poissons des zones humides du Sud-Bénin). Cependant, ce sont des milieux très fragiles. Ces ressources naturelles, terrestres et marines, fournissent des services écosystémiques essentiels. Ces ressources contribuent à la croissance économique ainsi qu’à la résilience au changement climatique, et elles procurent des moyens de subsistance à un grand nombre de personnes pauvres. Or, la productivité des écosystèmes côtiers est menacée. En ce qui concerne la faune aviaire, les sites fréquentés par les différentes espèces d'oiseaux sont : (i) les mangroves (Togbin, Adounko, Vodountô, et île de Mitogbodji), (ii) les forêts marécageuses dégradées (Forêt de Sèmè, Forêt de Bimyns), (iii) les prairies inondables (chenal de Totché), (iv) les cours d'eau, les lacs et lagunes, les végétations flottantes et marais (Hontouè, Godogba, chenal de Totché, lagune côtière, Bouche du Roy, lac Ahémé), (v) les plantations (Aguégués, Togbin, Vodountô, Sèmè, Bimyns). Le dernier inventaire a permis d’identifier 257 espèces différentes de poisson dont 43 sélaciens et 214 téléostéens (Neuenshcwander et al, 2011). Les upwellings (remontées d’eaux froides) constituent un mécanisme naturel d’enrichissement des eaux y sont faibles, voire rares, ce qui ne crée pas les conditions favorables au développement d’une production primaire abondante. Compte tenu de la nature des fonds et des caractéristiques hydrologiques des eaux, le peuplement du plateau continental béninois permet de distinguer les espèces : de poissons pélagiques (Clupéidae, Carangidae, Scombridae, Istiophoridae, etc.) et les démersales (Sparidae, Polynemidae, Serranidae, Drepaneidae, Sciaenidae, Sphyraenidae, etc.), 2.5. Mangroves menacées de disparition Entre 2000 et 2020 les superficies de la mangrove du littoral béninois a régressé en passant de 1793 ha, soit 6,18 % à 1335 ha, soit 0,21 % de la superficie totale du littoral. Cette régression à une allure inquiétante de ces écosystèmes s’explique par la forte pression 38 humaine. En effet, la mangrove connaît une dégradation parce que son bois est utilisé dans la fabrication artisanale du sel, de la coupe des branchages pour en faire des acadja sur les différents cours d’eau de la zone. C’est donc une formation végétale surexploitée à cause de son bois qui a un très fort pouvoir calorifique. Planche 2 : Etat des mangroves de la commune de Grand-Popo (à la hauteur de la Bouche du Roy) Prise de vue : SAGEC-2021 De l’inventaire floristique et faunique des écosystèmes de mangroves, réalisé par le Laboratoire d’Ecologie Appliquée (LEA) de l’Université d’Abomey-Calavi en 2018, on a dénombré 59 espèces parmi lesquelles 17 sont typiques de mangrove, 11 espèces sont en danger, 6 sont quasi menacées, 21 sont vulnérables et 1 en danger critique d’extinction. Au niveau de la richesse spécifique aviaire on dénombre 3 espèces quasi menacées et une (01) est en danger critique d’extinction (Actitis hypoleucos). Une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. On peut y dénombrer 2 espèces de poissons vulnérables, une espèce de Crustacés est en danger tandis que 3 espèces de Mollusques sont très rares au niveau de la mangrove. Les sites de mangrove sont des zones de concentration aviaire d’importances nationale et internationale qu’il faut sauvegarder à travers des actions d’aménagement et de conservation. Il importe d’engager des actions de gestion participative avec les populations riveraines de ces sites pour espérer la durabilité de ces écosystèmes. Les contraintes socio-économiques relevées telles que le prélèvement massif de bois énergie, la disparition des reliques de mangroves, la pollution chimique à grande échelle, la surexploitation des ressources, le déficit d’appui de l’état dans la gestion, l’inexistence de cadre juridique et de loi de gestion et d’exploitation des mangroves, etc. sont les principales causes de la régression de la biodiversité observée au niveau des mangroves du site. Au regard de ces observations, il importe d’initier des actions d’éco-tourisme et de protection des niches écologiques de ces espèces, car le premier facteur de menace de ces espèces est la perte de leurs habitats. 2.6. Aires communautaires de conservation de la biodiversité 2.6.1. Réserve de biosphère du Mono au Bénin La création des Aires Communautaires de Conservation de la Biodiversité (ACCB) dans le Sud du Bénin a été une expérience d’actions participatives et de cogestion des acteurs des plans d’eau côtiers, de l’État et des ONG qui interviennent dans le milieu. Dans ce cadre, l’État joue le rôle de meneur à travers sa vision et en adoptant des politiques adéquates pour la gestion des milieux humides. Dans cette perspective l’ACCB de la Bouche du Roy (ACCB-Bouche du Roy) a été créée par les arrêtés N°94/052/C-GP/SG/SDLP-SEHAVE de la Commune de Grand-Popo le 14 septembre 39 2016 et N°93/77/CC/SG-SADE de la Commune de Comè le 15 septembre 2016. Cette ACCB appartient à une réserve côtière qui fait partie intégrante des réserves nationales dans une zone commune transfrontalière (Bénin et Togo) avec une aire totale de l’ordre de 346 285 hectares (DGEC, 2020). La réserve dans sa grande superficie fait partie intégrante du site RAMSAR 1017. Elle est donc située dans une zone humide d’importance internationale édifiée par la basse vallée du fleuve Mono frontalier du Bénin et du Togo (figure 4.2). C’est aussi un espace côtier marin qui a une forte potentialité écotouristique sur le plan culturel et cultuel, très fréquenté par les populations côtières des deux pays. La réserve de biosphère du Mono au Bénin est située entre les latitudes 6°11'14.2" N et 6°59'58.7" N et entre les longitudes 1°35'47.1" E et 1°59'28.1" E (Figure 8). Le découpage phytogéographique du Bénin de Adomou et al., (2006), situe la réserve dans les districts phytogéographiques du Côtier et du Plateau. Reconnue comme réserve de biosphère en 2017, c’est la première réserve côtière du Bénin qui englobe dans sa partie sud la forêt de mangroves non protégée préalablement par le réseau d’aires protégées du Bénin. Elle est une réserve communautaire constituée de six Aires Communautaires de Conservation de la Biodiversité (ACCB) dispersées que sont l’ACCB de la Bouche du Roy, l’ACCB du Lac Toho, l’ACCB de la forêt de Naglanou, l’ACCB de la mare d’Adjamè, l’ACCB Togbadji et l’ACCB Dévé (GIZ, 2016). La superficie totale de cette réserve est de 142 497,8 ha. Le zonage de la réserve selon le modèle de MAB UNESCO comprend l’aire centrale, la zone tampon et la zone de transition (GIZ, 2016). Au point de vue climatique, la réserve bénéficie d'un climat subéquatorial caractérisé par la succession annuelle de quatre saisons : 2 saisons pluvieuses et 2 saisons sèches en alternance et d'inégales durées (Hadonou-Yovo et al.,2019). La pluviométrie varie entre 900 et 1100 mm par an (Météo-Bénin, 2019). Les principaux types de végétation rencontrés sont les mangroves, les prairies marécageuses, les forêts marécageuses, les forêts ripicoles, les forêts galeries, les forêts denses semi- décidues, les savanes boisées, les savanes arborées et les agroécosystèmes (GIZ, 2016). 40 Figure 8 : Réserve de biosphère du Mono au Bénin 2.6.2. Réserve de biosphère de la basse vallée de l’ouémé au Bénin La réserve de biosphère de la Basse vallée de l’Ouémé au sud du Bénin a été inscrit par l’UNESCO dans son Réseau mondial des réserves de biosphère lors de la 32ème session de son Comité International et ceci à la suite d’un très long processus. t ~ "' 1°30'E N A 1 +- ACCBAdjamè Les Aires de conservation 1111 Aire centrale LJ Zone de transition ~ Zone tampon Cl Limite de zonage ~ ACCB ~ ACCB â construire Sources: ~Fond topo IGN au 1/50 000e -- •Images SENTINEL 2 , 2020 r 40'E TOGO •Autres documents sur la Réserve de biosphère du Mono ACCB Tobadji ECHELLE 1/230 000 ACCB Chenal de Gbaga 12 18 Km 1°30'E 1•5Q'E 2' E REPUBLIQUE DU BENIN PROJET WACA ACTUALISATION OU SOAL CARTE D'OCCUPATION DU SOL DE LA RESERVE DE BIOSPHERE DU MONO i950'E - Forêt galerie 1111 Forêt dense .•. ;.. ~ ·':i"!'L). Cultures et jachères Cultures et jachères avec palmiers Plantation Savanes arborée et arbustive CB Bouche du Roi West Afrlco Caostol Areos Management Program 2' E t ~ "' 41 Cette décision du Conseil international de Coordination du programme sur l’homme et la biosphère a été prise lors de sa réunion tenue les mardi 27 et mercredi 28 Octobre 2020 en ligne. Située entre les latitudes 6° 20’ 19.3" et 7° 7’ 41.7" latitude Nord et 2° 4’ 16.7" E et 2° 4’ 22.1" longitude Est, la Réserve de Biosphère de la Basse Vallée de l’Ouémé (RB-BVO) couvre une superficie de 314 300 ha et fait partie intégrante du site RAMSAR 1018 (figure 9). C’est donc une zone humide d’importance internationale édifiée par le fleuve Ouémé, la rivière Sô et le lac Nokoué. Elle est une réserve communautaire constituée de quatre (04) Aires Protégées Communautaires (APC) que sont la forêt marécageuse de Hlanzoun à Kossoukpa (commune de Zogbodomey), les forêts sacrées de Gnanhouizoun, de Gbevozoun, de Soligbozoun Lokoguédji (commune de Bonou), le Parc Naturel Communautaire de la Vallée du Sitatunga à Zinvié (commune d’Abomey-Calavi) et la Réserve Intercommunautaire du Grand Nokoué dans les communes de Sô-Ava, Aguégués et Sèmè- Podji. C’est la deuxième réserve côtière située dans le sillon dahoméen au sud du Bénin. Elle renferme une diversité des espèces de faune et de flore figurant sur la liste rouge de l’IUCN. 42 Figure 9 : Réserve de biosphère de la basse vallée de l’Ouémé au Bénin 2.7. Empreinte de l’occupation humaine et pression sur les ressources naturelles A l'instar de toute la côte ouest-africaine, le littoral du Bénin (Golfe du Bénin) l’explosion démographique que connaît le Bénin a pour conséquence la mutation spatiale. Ainsi, de 2005 à 2020, le littoral béninois a connu une dynamique spatiale importante. L’agglomération a augmenté de superficie au détriment des espaces végétalisés (figure 10 et tableau 3). z , N A Les Aires de conservation ~ Aireœntrale D Zone de transition ~ Zone tampon D Limite de zonage Source: Images SENTINEL 2 2020 ECHELLE 1/300 000 2' 15'E 14 21 Km E----------3 E----------3 2"15'E REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL CARTE D'OCCUPATION DU SOL DE LA RESERVE DE BIOSPHERE DE LA BASSE VALLEE DE L'OUEME 2"J0'E Cultures et jachères avec palmiers Savanes arborée et arbustive Surface dénudée V V/ \\....../1 \ West Afrtco Coosto l Areos Monogement Progrom 43 Figure 10 : Occupation du sol entre 2005 et 2020 REPUBLIQUE OU BENIN 1°41' 1°51' 201' 2•J I' 2•21' 2°31' 2°41' PROJETWACA ~ b ACTUALISATION OU SOAL ~ ;:: OCCUPATION DU SOL EN 2005 \ ® Oltf-Ut\ldeCommune "' a..et-!ieu d'Nrondlî:Hemeot 50Al..cornmunes limb8Jioes ·~ 1 ~ Umîtes administratives --•u.n.t:ecl'Et.t - Lirnotfldt~ UmiledeCommune R~r<lwer" - Roote~ Rootenonbitllffi6eet~ ' ~ Voiepa .. ~ --"'"" Cui:ure«~$0US~ .... """"'·-R:ritet-~se f f - Fari-1 cW'e et .-,w: ~ FOrêt ~ ( fork: dlMl,e - humiœ ~etbêt -· - FOltlQalerieet~ ----Pland'eau ~ f Plo\1'1Ulionforesb8fl f'lln™ionf~ S.V-.-borée«lllbustive Sal'6n:dé. ~ SUrf.-~(~l -- ~ /!"- OCEAN ATLANTIQUE ,. 1°◄1' 1°sr 2°1' 2°1 1' 2°21' 2"31' 2•◄1' V V/\.... ,,\ W.NN:;Q~"- ltf'~~lOIF?t18~1"' 1•11· l ' Sl' 2'1' 20!1 2'21' 2031' 2°1 1' PROJFTWACA ~ ·; .. ACTUALISATION OU SDAL ;:: OCCUPATION DU SOL EN 2020 Il 0.U..dlC- O.,• .... d'4.~,C ------ ~ UlfttCS~~ ,. - ur.111c-,,..,.. ·-"""" PaJt, .... ~et~ -·-f -... -J½ ""'2020 "'"" ~d~-F-• 1. ... •• .... , ......... ~ ,..,........, .. ...,1,u..;. t f...el'"""(lcrêl •-- ,......~,btêt ...., l'Ollt\t it-~ 1-oè~/tviô!~ -""--•--lbr-4 ----- f p. ,1(1:r, .......... Plooitatb> f ...... ~-~d.-- TOGO ,-.- ~~xit~ ~.-fJCi'~~l .,, .,.IOOllC ---<Cail DIJW-.C.> .... f ,,- , ~~~~ f , .,.. OCEANATtANrlOUE . . .. ,. , .. ~ .. -- ............. 1•41• 1°51" 2"r 2°1r 2'"21 ' r n· 2"'1' r:;~M•-••• VV/ \.... ,, \ 44 Tableau 3 : Evolution des superficies de l’occupation du sol en ha entre 2005 et 2020 Unités d'occupation du sol Superficie (ha) en 2005 % Superficie (ha) 2020 % Culture et jachère 132073 21,45 166549 27,05 Culture et jachère sous palmier à huile 202742 32,93 210183 34,14 Plantation forestière 11727 1,90 11053 1,80 Plantation fruitière 26655 4,33 23230 3,77 Agglomérations 75064 12,47 88561 14,08 Forêt dense (forêt dense humide semi- décidue et forêt dense sèche) 909 0,15 694 0,11 Forêt claire et savane boisée 2461 0,40 1877 0,30 Savanes arborée et arbustive 26865 4,36 23078 3,75 Forêt et savane marécageuse 80769 13,12 62212 10,11 Forêt galerie et Formation ripicole 656 0,11 492 0,08 Plan d'eau 39765 6,46 39144 6,36 Sol érodé, dénudé 271 0,04 391 0,06 Mangrove 1792 0,29 1335 0,22 Surface sableuse (Plage) 389 0,06 333 0,05 Total 615635 615635 Source : Interprétation image Landsat ETM+ 2005 et OLI-TIRS 2020 Il ressort de l’analyse de la figure 10 qu’entre 2005 et 2020 la superficie des agglomérations est passée de 75 275 ha (12,47 %), à 88 561 ha (14,08 %) à alors que les formations marécageuses ont régressé en passant de 80 769 ha (13,12 %) à 62 212 ha (10,11 %). Il en est de même pour les savanes arborées et arbustives qui sont passées de 26 865 ha (04,36 %) à 23 078 ha (3,75 %). Les mangroves quand a elles ont régressé de façon considérable de 1 792 ha (0,29 %) à 1 335 ha (0,22 %). De façon globale, les unités anthropiques (agglomération, champs et jachères) ont augmenté de superficie entre 2005 et 2020 au détriment des formations naturelles (savane arborées et arbustives, mangroves, formation marécageuse, etc.). 2.8. Eléments de vocation du littoral 2.8.1. Pôle de développement économique Le littoral du Bénin est polarisé par trois grandes villes. Il s’agit des villes de Cotonou (capitale économique), Porto-Novo (capitale politique) et Abomey-Calavi (commune à statut particulier à vocation administrative, résidentielle et économique). A ces trois grandes villes s’ajoutent la ville d’Allada, Chef-lieu du département de l’Atlantique. Du point de vue démographique, elles sont les villes les plus peuplées de la zone du littoral. Cette explosion démographique s’explique par les fonctions urbaines que jouent chacune de ces villes. En effet, depuis la construction du wharf de Cotonou en 1958 et de certaines infrastructures importantes, cette ville a pris des fonctions administrative et économique. Cette attraction urbaine à Cotonou a été accélérée grâce à l’érection des écoles et universités dans Cotonou et ses environs, la concentration des ministères, de l’administration, et même le statut du marché Dantokpa. Par ailleurs, à l’Ouest de Cotonou, se trouvent le Port Autonome et l’Aéroport International qui font de la ville, la plus importante porte d’entrée et de sortie du 45 Bénin, tandis que l’Est dispose d’une vaste zone industrielle. La ville est animée par trois marchés centraux à savoir : le marché de Dantopka dans le 6ème arrondissement et les marchés de Gbogbanou et de Ganhi dans le 5ème arrondissement. Le statut de capitale politique de la ville de Porto-Novo et surtout de sa proximité avec le géant de l’Est (le Nigéria) fait d’elle une ville très peuplée et une ville commerciale. Cette ville héberge également quelques structures étatiques (ministères, directions départementales, parlement, etc.). Le trop plein de ces deux (02) villes notamment celui de Cotonou est aujourd’hui déversé dans les villes d’Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Ouidah à cause de la disponibilité foncière de ces dernières. On observe ainsi une sorte de conurbation entre ces cinq (05) villes (Cotonou, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Abomey-Calavi et Ouidah) qui forment aujourd’hui le Grand Nokoué et qui imposent une gestion territoriale basée sur l’intercommunalité pour un développement harmonieux de cette région. Sur le reste du territoire de la zone du littoral béninois, on observe d’autres pôles de développement économique (basé sur les activités agricoles et l’artisanat). On peut noter par exemple les villes de Lokossa, Comè, Houéyogbé, Allada, Sakété, Ifangni, etc. qui attirent également la population à cause de leur position géographique et de leurs potentialités en terres agricoles. 2.8.2. Mobilité dans le littoral Selon une étude intitulée « mission d’élaboration des plans de mobilité urbaine des villes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Sèmè-Podji, Porto-Novo et Ouidah, » menée en Décembre 2020, dont les conclusions sont valables pour le littoral béninois dont elles constituent la région la plus active, le réseau viaire n’est que partiellement revêtu et de nombreux quartiers sont desservis par des pistes. La situation évolue grâce à d’importants programmes d’asphaltage actuellement en cours. En parallèle, le réseau souffre de défauts d’entretien observés sur la chaussée, les trottoirs mais aussi la signalisation horizontale ou verticale. Bien que la majorité des trajets continue à se faire à l’intérieur des communes, le réseau routier est de plus en plus sollicité par les flux pendulaires générés par le phénomène de périurbanisation, tout particulièrement sur les grands axes d’accès au centre de Cotonou. Abomey-Calavi est la commune la plus concernée par ce phénomène de trafic pendulaire, les échanges entre les deux communes sont très intenses (…) Le trafic de deux-roues représente les trois quarts du trafic. Outre le fait que le niveau de vie de la population engendre un taux de possession de motos bien plus fort que pour les voitures, c’est le nombre très important de motos-taxis (ou zémidjans), circulant partout en ville, qui rend le trafic de deux-roues si important. En effet, le moto-taxi (zémidjan) constitue le principal moyen de transport public dans le Grand Nokoué du fait d’un tarif relativement abordable pour une grande partie de la population, d’une offre attractive en matière de temps de parcours (les motos échappent en partie à la congestion) et de souplesse (les motos peuvent accéder aux pistes les plus abimées et offrir une desserte porte-à-porte). Certains aménagements de la voirie existent pour séparer le trafic des deux-roues du reste du trafic et ainsi améliorer sa fluidité, mais ces dispositifs ne sont pas généralisés. La cohabitation des trafics est ainsi une source de congestion, mais également un enjeu important d’insécurité routière. Dans ce contexte, les autres offres de transport restent peu développées : les minibus ne concernent que le transport de moyenne distance inter-villes, les taxis conventionnels sont très peu développés et la dernière initiative de mise en place de transports en commun conventionnés a échoué, notamment par manque de financement (la population est prête à payer son ticket le prix d’un trajet en moto-taxi, ce qui suppose une subvention publique pour assurer l’équilibre financier de 46 l’activité). Du fait de la présence du port en plein centre-ville de Cotonou, le trafic de marchandises est important sur les principaux axes routiers de Cotonou et sur la RNIE2 qui permet de desservir l’hinterland du port. Des restrictions de circulation ont été imposées pour les poids-lourds pour diminuer leur effet notamment sur la congestion aux heures de pointe, mais leur présence n’est pas sans poser des problèmes d’insécurité routière, liés à l’âge souvent avancé de ces véhicules. (…), L’absence d’un financement public du transport collectif et le faible taux de voies revêtues (14% de la voirie totale à Cotonou, 1% à 2% à Abomey-Calavi et Sèmè-Podji) ont résulté en un développement rapide du transport motorisé individuel, et spécifiquement en une explosion du nombre de deux-roues, détenus en propre ou exploités par des artisans- taxis peu régulés. La mobilité reste ainsi fortement contrainte non seulement physiquement mais aussi par la ponction financière que ces modes individuels et taxi-motos représentent sur les budgets des ménages (politique de mobilité et d'accessibilité durables dans les villes béninoises, mars 2020). 2.8.3. Tourisme Le Littoral béninois dispose d’importantes infrastructures touristiques dont : des musées historiques et ethnographiques, un grand nombre d’hôtels de luxe et des plages pittoresques. Les potentialités touristiques semblent inciter le gouvernement à développer le secteur touristique. Cela justifie, notamment au niveau de la côte (projet Route des Pêches), que de nouvelles infrastructures touristiques vont émerger. Or, la biodiversité est essentielle au tourisme, même si elle joue un rôle différent selon le type de tourisme. De même, plus le tourisme se développe, plus on observe une augmentation des superficies des terres converties à des fins touristiques, pour créer, par exemple, des infrastructures d’hébergement ou des installations de loisirs (terrains de jeux, etc.) et une intensification de l’exploitation des zones touristiques existantes. Le tourisme, sous toutes ses formes, est tributaire de sources naturelles d’approvisionnement en nourriture, en eau potable et en autres « services écosystémiques » qui dépendent en définitive de la biodiversité (OMT, 2013). Il y a donc un risque de surexploitation des ressources pour répondre aux besoins en nourriture, en matériaux, en eau douce et en équipements de loisirs. Le concept et la pratique de l’aménagement touristique sont fortement liés aux interventions de l’État et de ses grands corps. Ce SDAL doit aider à mieux réfléchir sur les scénarii futurs d’aménagement touristique, et ce d’autant plus que l’espace côtier est un écosystème fragile, susceptible de subir dans les décennies à venir, les impacts négatifs du changement climatique. Le Littoral dispose d’un potentiel touristique assez remarquable dont la valorisation constituera une importante source de revenus pour les communes. 2.8.4. Pêche Il y a deux types de pêches, dans la zone du littoral à savoir la pêche continentale et la pêche maritime, qui elle-même est subdivisée en pêche maritime artisanale et pêche maritime industrielle. Le tableau 18 présente la production des différents types de pêche au cours des dix (10) dernières années. Il est à noter une augmentation de 78 % entre 2011 et 2020 pour la pêche maritime artisanale, 22 % pour la pêche maritime industrielle et 32 % pour la pêche continentale. Le tableau montre une diminution de la production entre 2019 et 2020. On 47 note une diminution de 10 % de la production en pêche maritime artisanale en 2019 par rapport à l’année 2020. La production totale, toute catégorie confondue a diminué de 08 % en 2020 par rapport à 2019. Cette situation pourrait être attribuée à la pandémie de covid 19. Tableau 4 : Evolution de la production par catégorie sur les 10 dernières années en Kg Année 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Total Pêche maritime artisanale 7532 9186 12491 13496 16075 16477 14742 28729 37948 34443 191119 Pêche maritime industrielle 171 177 131 616 148 83 45 194 221 218 2004 Pêche continentale 30500 30500 28181 29709 20196 34536 35348 40980 45762 45000 340712 Production Aquacole 500 500 1436 1490 1305 4055 4609 5115 5318 3031 27359 Total 38703 40363 42239 45311 37724 55151 54744 75018 89249 82692 561194 Source : DPH, 2021 Les captures sont constituées de deux peuplements à savoir le peuplement pélagique et le peuplement démersal. Le littoral béninois, notamment les communes couvertes par le SDAL disposent de plusieurs plans d’eau, dont la lagune de Cotonou, le Lac Nokoué, les lacs Ahémé et Toho, les fleuves Mono, Couffo et Ouémé, les rivières Sazoué, Sô et une série de petites rivières descendant des plateaux du Continental terminal, les anciennes lagunes Linhouin, Godogoé, Ahouangan, la lagune de Porto-Novo servant d’émissaire à l’Ouémé vers Badagri. Cette existence de nombreux plans d’eau participe au développement de la pêche continentale qui se pratique avec des engins de pêche variés. Cette pêche constitue une activité économique importante pour de nombreuses personnes, mais elle reste mal organisée et incontrôlée. Les engins et méthodes de pêche utilisés par les populations défient toutes les normes établies par les structures étatiques : acadja, filets à mailles fines, communément appelés « mindokpokonou », utilisation de produits chimiques à des fins de capture de poissons. La transgression des normes établies sur certains plans d’eau, l’absence d’une politique réelle de revitalisation des plans d’eau, le comblement des plans d’eau dû surtout à l’absence de couvert végétal sur les berges du fait de la destruction quasi systématique des formations végétales ripicoles, etc. participent à la destruction progressive de la faune et de la flore aquatiques et à l’augmentation du stress vital au niveau des populations riveraines des plans d’eau qui ont la pêche comme activité principale. L’absence d’opportunités économiques en vue de la diversification des activités accentue la pression sur les ressources halieutiques, ce qui engendre davantage de contraintes. En dehors de la pêche continentale, il y a également la pêche maritime. Elle est de deux sortes : la pêche maritime artisanale (par des populations autochtones ou régionales - Kéta et Awlan venus du Ghana et du Togo - disposant de peu de moyens) et la pêche maritime industrielle. Là également, les pratiques ne s’inscrivent pas dans une logique d’exploitation durable des ressources marines. La garde côtière de la marine nationale n’a pas les moyens de lutte contre la pêche illégale dans les eaux maritimes nationales des bateaux thoniers étrangers (japonais et chinois notamment) 48 Dans certaines communes du littoral, notamment dans les communes qui jouxtent le fleuve Ouémé (le pays Wémè), on note ces dernières années le développement des « xwédos » ou trous à poissons, sorte d’étangs piscicoles. Cette pratique qui vise à compenser la faible productivité des plans d’eau et à réduire la pression sur elles, mobilise principalement les ressources foncières et les ressources en eau. Leur développement dépend de l’existence et de la qualité de ces ressources. Cet engouement pour la pisciculture en étangs artifiels se répand actuellement dans les marécages péri-lagunaires et sur les berges de la lagune côtière. Les contraintes sont liées à l’absence d’infrastructures adéquates et le coût de la provende pour poissons et celui des alevins des espèces les plus consommées (Cichlidae). Le Nigeria constitue un grand marché pour les Siluridae. La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) constitue une véritable menace environnementale qui épuise les stocks halieutiques du Bénin en général et celui du littoral en particulier. Elle met non seulement en péril les mesures de gestion et de conservation en place, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des communautés, mais aussi les mesures de protection des eaux béninoises. La pêche illégale et les activités criminelles qui y sont associées mettent en péril la durabilité des ressources biologiques marines et menacent la stabilité économique, sociale et politique des communautés côtières, en particulier sur le littoral, où les pêcheurs artisanaux ont besoin de pêches côtières durables pour gagner leur vie et pour survivre. 49 III- ELEMENTS DE DYNAMIQUE TERRITORIAL 3.1. Le littoral : un territoire à enjeux Le territoire du Littoral regroupe quatre départements administratifs : Atlantique, Littoral, Ouémé, Mono. Il représente seulement 5,45 % du territoire national et concentre 37,10 % de la population nationale. Toutefois, le littoral est un territoire structurant dans le territoire national. Sa position géographique en fait un territoire d’ouverture vers les flux maritimes à la fois pour le pays mais également pour d’autres pays de la sous-région (Burkina-Faso et Niger). Le littoral s’inscrit dans le corridor Abidjan-Lagos, qui est un territoire stratégique essentiellement structuré par la route inter-Etat Abidjan-Lagos. Un espace très dynamique qui concentre une population de plus de 40 000 000 millions d’habitants, avec une très forte urbanisation. Elle concentre par ailleurs quatre (04) des dix (10) agglomérations les plus peuplées de l’Afrique de l’Ouest à savoir : Lagos (22 829 561 habitants) ; Accra (4 917 262 habitants) ; Abidjan (4 707 404 habitants) ; Cotonou (2 401 067 habitants). Au plan économique, le corridor Abidjan-Lagos concentre 75% des activités économiques de la sous-région ouest-africaine et relie cinq (05) capitales portuaires qui desservent les cinq pays traversés et servent de couloir de transit aux pays de l’hinterland (Burkina-Faso, Niger, Mali, Tchad). La croissance démographique au niveau du littoral est moins forte que dans le reste du pays. En 2013, le taux de croissance de la population était de 3,39 % contre 3,58 % au niveau national. Cela confirme l’assertion du Schéma National d’Aménagement du Territoire à savoir que la croissance démographique est plus forte dans les zones faiblement urbanisées. Le littoral concentre une part importante de la population urbaine du Bénin avec les agglomérations de Cotonou/Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Porto-Novo. De par son poids démographique et économique ces agglomérations dominent le réseau urbain national. Il représente un poids économique important dans l’économie du pays. La seule agglomération de Cotonou contribue à près de 33 % du PIB national. Comparativement au reste du pays, le littoral compte parmi les territoires les plus favorisés. Le département de l’Atlantique présente le taux de pauvreté le plus bas à l’échelle nationale (17%). Les trois autres départements de ce territoire affichent les taux d’électrification les plus élevés à l’échelle du pays (Littoral 84%, Ouémé 44% et Atlantique 40%). Les dynamiques de ce territoire devront poursuivre leur évolution. De nombreux projets du PAG y sont localisés. Le Littoral Bénin est un territoire présentant des enjeux stratégiques clefs à l’échelle nationale. Il s’agit d’un territoire de convergence des flux et des populations. Les indicateurs cachent toutefois des disparités et des spécificités au sein de ce territoire, notamment entre l’agglomération de Cotonou et les communes rurales. Son développement doit relever des enjeux d’équilibre territorial entre l’agglomération et les territoires ruraux et de développement durable, en portant une attention particulière à l’environnement aujourd’hui fortement menacé. 50 3.2. Analyse spatiale du territoire 3.2.1. Une population inégalement répartie sur le territoire du littoral, avec une forte tendance à l’urbanisation En termes de croissance démographique et de répartition de la population, le territoire du Littoral est caractérisé par : ➔ Une forte croissance démographique. En effet, de 1 338 260 habitants en 1979, la population du littoral béninois est passée à 2 595 429 habitants en 2002. Cette population qui était de 3 714 015 habitants en 2013, est de nos jours (en 2020) estimée à 4 556 052 habitants (RGPH 4). Cette augmentation de la population varie d’une commune à une autre et surtout suivant leur position géographique et de l’attractivité dont elle jouit. Le poids démographique de cette zone du littoral est passé de 40 % de la population totale du pays en 1979 à 37,1 % en 2013. La figure 11 présente l’évolution de la population du Littoral béninois de 1979 à 2020. Figure 11 : Evolution de la population du Littoral béninois de 1979 à 2020 Source : INSAE ➔ Une hausse de la population urbaine : La superficie couverte par le tissu urbain a été multipliée par 6 en 30 ans. Le tissu urbain couvre, en 2018, 12% des sols. Cet accroissement s’est essentiellement concentré au Sud du territoire, autour des agglomérations de Cotonou et Porto-Novo. A cet effet on note que des zones marécageuses ont disparu sous l’effet de l’urbanisation. Les noyaux urbains ruraux se sont également élargis et multipliés. ➔ Une population inégalement répartie. 5000000 4500000 4000000 Ill 3500000 C: .g 3000000 ni [ 2500000 0 ~ 2000000 CIJ :: 1500000 .... "fl 1000000 CIJ ~ 500000 0 1979 1992 2002 Années 2013 2020 51 Figure 12 : Evolution des populations par commune du Littoral béninois de 1979 à 2020 Source : INSAE, 2021 900000 800000 a 100000 .!= s 600000 i 500000 ~ 400000 ~ t: 300000 ~ ~ 200000 Communes du Littoral ■ 1979 ■ 1992 ■ 2002 ■ 2013 ■ 2020 52 L’analyse de la figure 12 permet de distinguer les communes telles que Cotonou et Abomey- Calavi qui sont fortement peuplées, suivent après la Commune de Porto-Novo et de Sèmè- Podji, viennent après les autres communes qui sont moyennement peuplées. Les communes du Littoral ont toutes connu une augmentation de leur population dont la plus forte est celle de la Commune d’Abomey-Calavi. Entre 2002 à 2013 la population de cette commune est passée de 307.745 habitants à 656.358 habitants. Cette commune est devenue la cité- dortoir des populations de Cotonou, comme les communes de Sèmè –Podji et Ouidah dans certaines mesures, justifiant la croissance exponentielle constatée au niveau de ces communes. Cette situation nous a permis de distinguer trois blocs spatiaux de croissance démographique. Il s’agit du bloc Est regroupant les communes de Cotonou, d’Abomey- Calavi, de Sô-Ava, de Sèmè-Podji, de Porto-Novo, d’Adjarra, d’Avrankou, d’Akpro-Missérété et de Dangbo, ensuite le bloc Ouest s’articulant autour des communes de Ouidah, de Kpomassè, de Comé, de Grand-Popo, d’Athiémé et de Houéyogbé et le bloc continental constitué des communes d’Allada de Tori-Bossito, de Zè, d’Adjohoun de Sakété, de Bopa, de Lokossa et d’Ifangni. La figure 13 présente les évolutions des populations par bloc. Figure 13 : Evolution des populations par bloc de 1979 à 2020 Source : INSAE, 2021 Les grandes agglomérations telles que Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et Sèmè-Podji détiennent le potentiel humain le plus élevé et par conséquent les plus fortes demandes en infrastructures socio-communautaires, en hygiène et assainissement d’une part, les plus grandes disparités de niveau de vie des populations d’autre part. ➔ Une population jeune avec une forte proportion de femmes. Selon les résultats du quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH 4) de 2013, sur le littoral béninois, l’effectif des femmes est de 1.928.555 habitants, soit 52 % de la population, et celle des hommes est estimée à 1.728.816 habitants, soit 48 %. En 2013 le rapport de masculinité est estimé à 89,64 hommes pour 100 femmes. "' = 3500000 3000000 :.§ 2500000 .s ~ 2000000 "' Q,l -= 1500000 ~ -<.I 1000000 ~ ,... ~ 500000 0 1979 1992 2002 Années 2013 2020 ■ Bloc est ■ Bloc continental ■ Bloc Ouest 53 La population du littoral est jeune et la pyramide des âges est présentée dans la figure 14. Cette caractéristique constitue un facteur dynamique de cette population dans l’avenir et pose la problématique de la gestion rationnelle des ressources et du territoire. Figure 14 : Pyramide des âges de la population du Littoral en 2013 Source : INSAE, juin 2013 De l’analyse de la figure 14 il ressort que la pyramide des âges du Littoral a une base très large. En effet, le taux de fécondité est très élevé, soit de 5,6 enfants par femme. Il est remarqué, une légère représentativité des garçons de 5-9 ans et 10-14 ans par rapport aux filles des mêmes âges (20,9 % et 13,7 % contre 18,1 % et 11,4 % pour les filles). Le déficit d’effectif féminin à 10-14 ans pourrait être due à la migration des jeunes filles sans instruction ou déscolarisées qui préfèrent servir comme domestiques, aides ménagères ou aides familiales dans les grandes villes de l’intérieur du pays ou des pays limitrophes. La figure 11 révèle également un léger rétrécissement précoce de la pyramide à partir de 20-24 ans, très évident du côté masculin et attribuable à l’émigration de certains hommes, vers les villes de l’intérieur, en raison de la compétition pour l’emploi, aggravée par la faiblesse du développement. La population du Littoral est constituée de 54,26 % d’enfants ayant entre 0 et 14 ans, de 42, 58 % de personnes ayant de 15 à 59 ans constituant la tranche de la population active et 3,16 % des personnes âgées de 60 ans et plus. Ces caractères de la population sont des facteurs déterminants dans l’aménagement du Littoral, parce que cette structure de la population jeune offre un potentiel de main-d’œuvre pour le développement des activités économiques et des travaux d’aménagement. Le caractère féminin de cette population est un atout non négligeable dans l’efficacité économique à cause de leur présence dans le commerce. 3.2.2. Une armature urbaine désarticulée Le territoire du littoral est caractérisé par une armature urbaine que l’on peut que regrouper en trois grandes catégories : 90-94 ans 80-84 ans 70-74 ans 60-64 ans 50-54 ans 40-44 ans 30-34 ans 20-24 ans I0-14ans 00-04 ans ■ Masculin O Fémin in 54 ➔ les centres urbains d’envergure nationale et internationale : Porto Novo et Cotonou dont la population est supérieure à 250.000 habitants ; ➔ les centres urbains d’encadrement régional : il s’agit des chefs-lieux de départements qui représentent les unités administratives les plus élevées du pays. Leur population est comprise entre 40.000 et 170.000 habitants. ➔ les centres urbains d’encadrement local : ce sont les chefs-lieux des communes dont la population varie entre 5.000 et 30.000 habitants. L’ensemble de ces centres constitue l’armature urbaine du territoire du littoral qui fonctionne de façon hiérarchisée et macrocéphalique, avec Cotonou au sommet, mais aussi à travers des relations d’échanges entre les villes d’encadrement régional et celles d’encadrement local. La croissance de Cotonou se fait principalement par attraction de la population de la partie méridionale (départements de l’Atlantique, du Mono, de l'Ouémé et du Zou). Celle de Porto- Novo vient essentiellement de l'attrait exercé sur son arrière-pays immédiat. 3.2.3 Une urbanisation subie Les villes du littoral en général, et celle de Cotonou et de Porto-Novo en particulier connaissent une croissance démographique élevée, car elles attirent la plupart des activités modernes d’envergure nationale et régionale. Mais cette croissance n’est ni anticipée, ni planifiée. Cette urbanisation incontrôlée est la conséquence des lotissements opérés par les communes. Le lotissement est actuellement le principal outil d’urbanisation utilisé. Or les procédures de lotissements ne proposent pas de réels projets urbains. Le suivi des procédures est lacunaire et leur réalisation souvent lente. Pour éviter l’installation de population dans les zones impropres à l’habitation, les collectivités doivent proposer de zones d’implantation loties ou des logements sociaux pour les populations les moins aisées. Les transformations majeures que connaissent les villes, liées à la croissance économique et démographique, aux évolutions des modes de vie, et plus récemment à la mondialisation, ont un impact important sur la répartition spatiale des populations, sur l’occupation et l’usage du sol, sur l’organisation des services. La figure 15 présente l’évolution des agglomérations en 2000 et en 2020. L’interprétation de cette figure a permis de réaliser la figure montrant statistiquement les superficies des agglomérations en 2002 et en 2020. 55 Figure 15 : Evolution des zones agglomérées du Littoral de 2000 à 2020 L’interprétation de la carte a permis de réaliser la figure qui renseigne sur l’évolution des superficies des zones agglomérées du Littoral. Figure 16 : Evolution des zones agglomérées du Littoral béninois Source : Images Landsat, ETM+ 2002 et OLI-TIRS 2020 De l’analyse de la figure 16, il ressort que les agglomérations en 2002 occupaient une superficie de 386,37 km2 et sont passées à 752,754 km2 en 2020. Cette augmentation rapide des zones agglomérées en 18 ans est la preuve d’une extension spatiale et d’un mitage entre les territoires ruraux et urbains. Cette évolution de zones agglomérées justifie les mutations due à l’évolution de l’espace bâti et les pressions sur les espaces autrefois non habités. De Dynamique de l'espace urbain - Espace u rbain en 2002 - Espace u rbain en 2020 - Plan d'eau - lim ite du fron1 Evolution de la population par Bolc CJEn 2000 • En201 3 • En 2020 CJ l imite des Bolcs - Lim ite d'Etat - - limite de commone Sy~de~ UTMZon.3tN SySlèml ~·Slqr.HI. WGS 84 800 700 600 N E 500 :.:: C: .. 386,37 .. 400 'ü 'f .. 300 Q. ::s VI 200 100 0 2002 Année REPUBLIQUE OU BENIN PROJET WACA ACTUALISATION DU SOAL EVOLUTION DES ZONES AGGLOMEREES DE 2000 A 2020 752,754 2020 N A West Atnco Coos101 Areos Monogement Prog,om 56 plus, cette augmentation des zones agglomérées est plus remarquable au niveau du front Est qu’à l’Ouest et également au niveau du front continental. Cela se justifie par la présence des Communes de Cotonou, d’Abomey-Calavi, de Sèmè-Podji et Porto-Novo la capitale du Bénin. Ces communes abritent les superstructures et les services étatiques d’une part, le centre des activités économiques d’autre part. Les figures 17, 18 et 19 présente les armatures urbaines des blocs est, ouest et continental. Figure 17 : Evolution de l’armature urbaine du bloc Est de 2000 à 2020 De l’analyse de la figure 17, il ressort que le bloc Est a un front urbain très dynamique, une armature urbaine saturée autour des villes de Cotonou, Abomey-calavi et de Porto-Novo qui s’étalent vers leurs périphéries et prennent en compte Sèmè-Podji, Akpro-Missérété qui malgré leurs agglomérations dispersées, se densifient progressivement. mooo 2002 2013 2020 ECHELLE 1/170 000 3 6 9Km E------3 E------3 Dynamique de l'espac e urbain - Espace urbain en 2002 - Espace urbain en 2020 - Plan d'eau Sources : Fond topographique IGN. 2015 INSAE, 2013 REPUBLIQUE OU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION OU SDAL EVOLUTION DE L'ARMATURE URBAINE DU BLOC EST DE 2000 A 2020 N A 1/ V/ ''--'' \ West Afnco Coosto1 Arecs Monogement PTogrom 57 Figure 18 : Dynamique de l’armature urbaine du bloc Ouest A niveau du bloc Ouest, on note un développement lent des armatures urbaines avec comme noyau principal la ville de Ouidah, suivie de Comé. Dans l’ensemble il est noté au niveau de ce bloc le développement des villes secondaires bénéficiant de la polarisation de Cotonou. N A Dynamique de l'espace urbain - Espace urbain en 2002 - Espace urbain en 2020 - Plan d'eau - Limite du front ----- limite de commune @I Chef lieu de commune Sources : Fond topographique IGN, 2015 INSAE, 2013 REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL EVOLUTION DE L 'ARMATURE URBAINE OU BLOC OUEST DE 2000 A 2020 2002 2013 2020 Population V V/ \\.../1 \ West Africo Coostal Areos Management Pfogram 58 Figure 19 : Evolution des armatures urbaines du bloc continental de 2000 à 2020 Le bloc continental est en progression comme le bloc de l’Ouest. La différence à ce niveau est l’existence des villes de petite taille sous l’emprise du développement incontrôlé du développement des villes côtières telles que Cotonou, Abomey-Calavi et Sèmè-Podji d’une part, de l’influence de la capitale administrative Porto-Novo d’autre part. De l’analyse des différentes figures, le territoire du Littoral présente une armature urbaine déséquilibrée marquée par : • Une agglomération saturée et attractive qui s’étale : Cotonou, Abomey-Calavi et Sèmè-Podji et Porto-Novo ; • Un étalement urbain important et l’urbanisation de zones impropres à l’habitation (marécages) ; • Une concentration importante de projets sur le littoral : projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé, construction d’une cité administrative et technique à Abomey-Calavi, construction de 11 500 logements à Abomey-Calavi et de 1000 logements à Sèmè-Podji, construction d’un marché de gros à Abomey-Calavi, projet Sèmè-City, construction de la cité historique de Ouidah, la Zone Economique Spéciale de Zè, la zone industrielle de Glo-Djigbé etc… ▪ Des villes secondaires peu structurées ; ▪ Une mobilité urbaine difficile et sources de nuisances. Cette mauvaise gouvernance urbaine impacte négativement les ressources naturelles du territoire du littoral. La figure 20 présente les zones de contraintes à l’urbanisation mais occupées par des installations humaines. De l’analyse de la figure, il ressort que sur les 370000 385000 N A 2002 2013 2020 Population ECHELLE 1/350 000 14 21 Km E--------1 E--------1 '70000 385000 - Plan d'eau REPUBLIQUE OU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL EVOLUTION DE L'ARMATURE URBAINE DU BLOC CONTINENTAL DE 2000 A 2020 - Limite du front -··-· Limite de commune @ Chef lieu de commune I/V/\\..../1\ Sources : Food topographique IGN, 2015 INSAE, 2013 West Afrlco Coostol Areos Management Progrom '15000 '45000 '7,000 59 752,754 km2 d’Agglomérations urbaines en 2020 dans le Littoral 266,216 km2 ont été érigées dans les zones impropres à l’habitation constituées essentiellement de marécages affectant ainsi le fonctionnement des cours et plans d’eau et provoquant des inondations et des risques de dégradations de l’environnement (figure 20). Figure 20 : zones de contrainte d’occupation humaine dans le Littoral 3.2.4 Une détérioration de l’environnement et des terres agricoles L’environnement et la biodiversité du territoire du littoral sont aujourd’hui fortement menacés par les actions anthropiques : ➔ Cours et plans d’eau Le réseau hydrographique du territoire du littoral est constitué essentiellement d’une façade maritime (Océan Atlantique) juxtaposée à la lagune côtière, des marais, des ruisseaux et des marécages. On note dans le territoire deux plans d’eau majeurs. Il s’agit de : • le lac Ahémé, long de 25 Km partant de la pointe Sud (Dohi) jusqu'au Nord d'Agonsa avec une superficie de 85 Km². Il communique avec la lagune de Grand-Popo par le chenal Aho ; • La lagune côtière, formée de la lagune de Ouidah et de la lagune de Grand-Popo. Elle coule parallèlernent à la côte, de Djondji à Togbin, avec une profondeur relativement importante à l'Ouest de son embouchure dans la mer. • Le lac Nokoué d’une superficie de 150 km² en moyenne, son étalement peut couvrir 300 km2 suivant la pluviosité et le régime hydrologique) ; sa profondeur est généralernent inférieure à 3 m. Occupation humaine - Agg!omêration sous marécages en 2020 - Agglomération en 2020 sur le plateau Contraintes liées à l'occupation humaine Dépression médiane Dépression marécageuse Sy$MrrMJ (M p«>Jeçt,On : UTM Zone 31 N Sys/jrrMJ ~é$1Q~ : WGS 84 CJ Limite des Soles - Plan d'eau - limite d'Etat - - limite de commune CO\l\tl ,r or IOfFO Z"30'E REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL ZONES DE CONTRAINTE D'OCCUPATION HUMAIN . f N A West Arnco C00$1ol Areos Monogement Progrom 60 • La lagune de Porto-Novo, couvrant une superficie de 30 km2, draine les eaux du système Ouémé-Yéwa vers l’Est jusqu’à l’exutoire de Badagry au Nigeria. Ces espaces sont aujourd’hui menacés par la pollution, les activités de pêche type acadja et l’avancée de l’urbanisation sur certaines zones marécageuses et sensibles. ➔ Formation végétale La région délimitée pour le littoral est caractérisée par la présence de plusieurs types de formations végétales naturelles (forêt naturelle, forêt sacrée, forêt classée, mangrove, prairie, etc.) et anthropiques (plantation privée de cocotier, de palmier, de tecK, plantation communale, mosaïque de culture, etc). De façon générale, le potentiel forestier de la zone est constitué des forêts de la Lama et de Djigbé, de la forêt classée de Pahou, constituée d’une plantation domaniale de bois énergie de 500 ha à dominance d’acacia. Le Pôle Sud compte également plusieurs dizaines de forêts sacrées qui constituent des espaces préservés et qui constituent aussi d’importantes ressources culturelles et cultuelles pouvant alimenter le secteur touristique. Les cordons littoraux abritent de nombreuses espèces végétales. Par ailleurs, les cordons sont peuplés de formations anthropiques, formées de plantations d’acacia et de cocoteraies vers Ouidah. Sur la rive Est du Lac Nokoué, de Djigbé à Zê à Hêkèhonou à Akassato dans la Commune de Abomey Calavi, ou de Dèkoungbé à Djègbadji ou Avlékété dans la commune de Ouidah, ou le long des nombreux marécages qui jalonnent Ouèdo et qui entourent le lac Toho ; en saison des pluies, se développe souvent une végétation flottante. Cette végétation se compose de fougères dont la présence sur un sol indique la dessalure relative de ce sol, d'espèces herbacées dans les zones basses inondables. Les marais inondés toute l'année sont colonisés par les roseaux à la lisière des canaux et des petites dépressions. La prairie flottante au niveau des plans d’eau ou des lacs est dominée par la jacinthe d’eau, salade d’eau et la lentille d’eau. Cette formation végétale atténue plus ou moins l’intensité des rayons solaires dans l’eau et crée un biotope favorable aux animaux qui peuvent s’y développer et s’y reproduire. Ces formations végétales des zones humides remplissent des fonctions aussi bien économique, sociale, qu’écologique (régulation physique et biologique du paysage, conservation de la biodiversité animale et végétale). 61 Planche 3 : Etat de l’environnement de la zone du littoral béninois Source : DGEC, 2020 De manière générale, le couvert végétal est menacé par l’usage anthropique sans campagne de reboisement. ➔ Ressources faunistiques Les espèces faunistiques du territoire du Littoral sont formées de la faune aquatique, terrestre et aviaire et espèces animales rencontrées dans les grandes forêts protégées. Les espèces suivantes : divers reptiles et oiseaux, des serpents caractéristiques des zones humides, les céphalophes, les rongeurs, canards d’eau, pigeons verts, écureuils batraciens, et bien d’autres sont retrouvées dans la zone. On note la présence du python royal à Ouidah où il est très protégé du fait de sa valeur culturelle "serpent totem". La forêt de la Lama regorge également d’animaux sauvages dans sa zone centrale. Selon les travaux de Adjakpa et al., (1996), 168 espèces d'oiseaux ont été identifiées dans toutes les zones humides du Sud-Bénin. Ces travaux ont été complétés par le Centre de Recherche Ornithologique et de l'Environnement (CEROE) entre 1998 et 2000. Grâce aux travaux de dénombrement effectués par cette ONG, 236 espèces locales et paléarctiques sont représentées en espèces. Le site le plus riche en espèces aviaires se trouve être la lagune côtière avec 160 espèces à cause de la mangrove et de nombreuses vasières qui servent de sites dortoirs et d'alimentation. La faune aviaire est sujette aujourd’hui à d'importantes pressions notamment, le braconnage, la destruction de leur habitat, le ramassage des oeufs d'oiseaux, etc. Les écosystèmes lagunaires, les zones humides et les plans d’eau constituent des biotopes très riches. DES RESSOURCES NATURELLES IMPORTANTES . Bas-Fonds d' Avamé - T ori-Bossrto Bas-fond de T ogbin - Abomey-Calavi .. . MAIS MENACÉES Lagune C6tiére de Ojonou - Al>omey-Calavi Mangrove - Zoogbodj arroo - Ouidah Lac Nokoué - Al>omey-Calavi Djegbadji . extraction de sel . Ouidah Occupabon anarchique des bas-fonds dans Cotonoo Bas-fond de T ogba - Abomey-Calavi 62 Toutes ces espèces sont soumises à une disparition progressive à cause de l’avancée de l’urbanisation pour les zones urbaines et de l’agriculture en milieu rural, ce qui les fait disparaitre peu à peu de leurs milieux naturels. L’urbanisation qu’il s’agisse de l’étalement des agglomérations de Cotonou et de Porto-Novo ou bien de la multiplication des zones d’habitat en milieu rural provoque une diminution des milieux agricoles et de la faune puis de la flore. Les zones boisées ne font que régresser. Les pratiques agricoles utilisant des produits chimiques, et l’exploitation des ressources incontrôlée (pêche, carrières, …) menacent la biodiversité. Les écosystèmes lagunaires constituent des biotopes très riches. La faune aquatique est menacée par la disparition progressive des marais et marécages et les pratiques de pêche. La faune aviaire est aujourd’hui sujette à d’importantes pressions notamment le braconnage, la destruction de leur habitat, le ramassage des œufs d’oiseaux… Le changement climatique provoque une modification significative des régimes pluviométrique et hydrologique. Les périodes de sécheresse s’intensifient et s’étendent. Dans le même temps, les pluies se font plus tardives et excessives. Les vents violents sont récurrents. Ces éléments bouleversent les calendriers culturaux. Les déchets solides et liquides des activités humaines (ménagers ou industrielles) sont également un facteur important de dégradation de l’environnement. L’évacuation des ordures ménagères dans la nature est le mode le plus partagé dans le Littoral. La création de la Société de Gestion des Déchets Solides par le gouvernement permettra de régler certainement le problème. L’ensemble de ces menaces provoquent une détérioration de l’environnement qui se traduit par : • une pollution de plus en plus importante de la nappe phréatique liée à l’occupation anarchique des bas- fonds, des marais et des chenaux naturels ainsi qu’au manque de protection des zones de captage des eaux, • l’insalubrité en milieu urbain et les inondations, • une importante croissance de la pollution atmosphérique liée à la circulation automobile et au développement d’activités industrielles polluantes • une perte de biodiversité dans les plans d’eau suite à des activités de pêches nuisibles, • une détérioration de la qualité des terres agricoles et des forêts : mauvaise utilisation des produits chimiques, exploitation anarchique des forêts, développement des carrières sauvages sans remise en état après exploitation …. 3.2.5. Pression sur le foncier L’aménagement du territoire ne peut se faire sans la disponibilité et la sécurité du foncier. La pression foncière qui résulte de la forte croissance démographique se traduit au plan spatial par l’étalement urbain. Cet étalement urbain non contrôlé a pour conséquence l’occupation des zones impropres à l’habitation et génère toutes sortes de conflits fonciers. 63 Figure 21 : Densité des populations du Littoral en 2002 et 2020 T 0 G 0 T 0 G 0 360000 420000 450000 ETAT EN 2002 N 360000 360000 OCEANATLANnOuE ';.2....~w:::0~--:• 0=:s20 · K,to,-."JJ 3,90000 420000 450000 420000 450000 A ,--, ETAT EN 2020 /;\ ;--.,,~- \ /~ ;;'TOVIKU., LALO l.. .-­ -6JAkOTOM~ r-fX>oeo ............. ---· (e) ) LJ 115· 1ecl LJ 1s1-2:56 . .... .., - 331 · 58' - S&S •l182 - 1183- 10.!)t 10 0 10 OCEANATLANnQUE •w-. , 420000 450000 - Lmtedue..n - Lin"-~~ - t...ilfftecl6d6p,Nlli,,1•1t 64 De l’analyse de la figure 21, il ressort que l’augmentation de la densité est source de pression foncière. Ce qui oblige les populations à s’installer parfois dans les zones impropres à l’habitation d’une part et qui réduit les superficies cultivables d’autre part. Les photos illustrent les occupations des zones impropres à l’habitation. Planche 4 : les zones inondables bouchant ainsi le passage de l’eau à Gbédégbé et Agla Prise de vue : Hounnou, juin 2021 Planche 5 : les zones marécageuses déjà acheté et les maisons impropres à l’habitation au milieu des bas- fonds à Houénoussou et Agla Prise de vue : Hounnou, juin 2021 Cette pression foncière est source d’insécurité de conflits entre les acteurs qui tirent ces sources de plusieurs déterminants dont : - l’absence de titre foncier, gage de la propriété foncière au Bénin ; - la multiplication des lotissements sans logique de projets; - le sous-emploi en milieu rural ; - les conflits interfamiliaux et intrafamiliaux; - la remise en cause d’héritages ; - les refus de partage de l’héritage ; - la contestation des droits de propriété ; 65 - la politisation des lotissements ; - le bradage des réserves administratives à des fins privées ; - la non définition claire des limites administratives des communes/arrondissements ; - la vente abusive de vastes superficies aux cadres, opérateurs et fonctionnaires d’Etat à des fins de thésaurisation ; - la recrudescence des ventes frauduleuses pour tous les modes d’accès ; - la remise en cause des ventes de parcelles par des enfants des vendeurs ; - la vente d’une même terre à plusieurs acquéreurs ; - la vente forcée et inopinée des terres pour des raisons éphémères comme cérémonies funéraires, maladies, paiement de la dot, acquisition de motos et autres problèmes sociaux ; - les problèmes frontaliers entre communes voisines ; - les litiges sur des sites marécageux impropres à l’habitation entre familles et entre anciens acquéreurs des terres limitrophes des marécages ; - les lotissements anarchiques qui sévissent dans certains arrondissements ; - les conflits dans l’exploitation des plans d’eau à des fins de pêche ; - les conflits domaniaux observés également au niveau des limites des parcelles agricoles aussi bien pour les bas-fonds que pour les autres types de terres ; - la contestation des limites des terrains ; - l’expropriation des parcelles pour cause d’utilité publique sans mesures sociales réelles proportionnelles ; - les conflits entre agriculteurs et éleveurs, lesquels sont fréquents du fait de la destruction des cultures ; - les spéculations foncières ; - la vente des parcelles aux étrangers sans suivre les règles en la matière ; - la forte pression agro-foncière et thésaurisation des terres agricoles par les citadins ; - la forte pression sur les terres côtières soulevant des litiges incessants entre voisins ou entre acquéreurs et présumés propriétaires ; - l’occupation illégale des berges des plans d’eau ; - les violations de l’espace maritime béninois par les bateaux pratiquant la pêche illégale, les pirateries en haute mer. En dehors des pressions foncières, des disparités s’observent dans l’accès des populations aux services collectifs. 3.3. Disparité dans la fourniture des services collectifs Les inégalités de répartition et d’accès aux infrastructures socio-communautaires ne favorisent pas au plan social, la mise en œuvre des politiques d’aménagement du territoire qui visent un développement durable, donc socialement viable et vivable. Il est nécessaire de faire ressortir ici ces disparités afin de mieux cerner le niveau de vie des populations du Littoral. ➔ Insuffisance des infrastructures hydrauliques et difficultés d’approvisionnement en eau La Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB), et les Services de l’Eau (S-Eau) de la Direction Départementale de l’Energie et de l’Eau (DDEE) assurent la desserte en eau des 66 populations des centres urbains et périurbains et dans les zones rurales du département. L’accessibilité n’est pas équitable dans le Littoral pour diverses raisons. Le tableau donne un aperçu général de l’état des lieux en approvisionnement en eau dans le Littoral béninois. Tableau 5 : Liste des infrastructures sociocommunautaires du littoral béninois Commune Population Population desservie Total EPE Equipés Total EPE Fonct Taux de Panne (PM non inclus) Taux de desserte ABOMEY-CALAVI 330 449 56 984 1607 1435 51.83% 17.2% ALLADA 127 740 43 137 904 845 11.71% 33.8% KPOMASSE 62 249 24 722 638 617 5.73% 39.7% OUIDAH 180 979 30 322 456 379 27.85% 16.8% SO-AVA 138 153 36 460 280 225 20.75% 26.4% TORI-BOSSITO 50 071 10 154 232 157 73.20% 20.3% ZE 97 255 34 068 523 452 18.13% 35.0% ATHIEME 51 397 25 123 312 269 17.99% 48.9% BOPA 68 474 24 823 423 404 7.82% 36.3% COME 29 436 14 237 229 223 4.88% 48.4% GRAND-POPO 34 729 13 810 239 225 7.07% 39.8% HOUEYOGBE 51 492 17 489 389 378 5.98% 34.0% LOKOSSA 69 684 29 114 556 505 15.84% 41.8% ADJARRA 15 935 5 634 70 70 0.00% 35.4% ADJOHOUN 51 064 15 945 260 208 26.80% 31.2% AGUEGUES 37 249 4 622 51 37 30.43% 12.4% AKPRO-MISSERETE 93 174 33 255 233 214 9.13% 35.7% AVRANKOU 120 872 33 011 402 364 12.46% 27.3% DANGBO 81 129 17 923 242 179 30.88% 22.1% SEME-PODJI 47 759 7 999 68 68 0.00% 16.7% IFANGNI 70 618 23 920 180 166 7.95% 33.9% SAKETE 95 054 43 665 318 294 7.59% 45.9% TOTAL 1.944.070 560.246 8.839 7.913 19.04% 33.38 % Source : DG eau, 2020 De la lecture du tableau, il ressort que le Littoral dispose de 8.839 points d’eau, dont 7.913 fonctionnels, soit un taux de 19,04 % de points d’eau non fonctionnels. Le taux de desserte est globalement très faible, soit 33,38 %. Mais localement, les communes connaissent diverses fortunes : la Commune d’Athiémé vient en tête avec 48,9 % et celle des Aguégués vient à la queue avec 12,4 %. 67 Théoriquement, en milieu rural et semi urbain, 66,62 % de la population ont recours à des alternatives telles que les puits traditionnels, les mares, les fleuves, les rivières, etc., ce qui ne met par ces populations à l’abri des maladies hydro fécales telles que le choléra et autres. En dehors de ces difficultés, l’analyse des disparités a pris également en compte la densité des infrastructures et le Rayon Moyen d’Action Théorique (MRAT) qui est la distance moyenne parcourue par les populations pour accéder au point d’eau le plus proche. La figure 22 renseigne également sur cette situation. L’analyse de la figure montre que les populations parcourent entre 0,1km à 2 km pour s’approvisionner en eau selon leur situation géographique. En dehors de cette figure, la figure 23 présente la densité en infrastructures hydrauliques dans le Littoral béninois. 68 Figure 22 : Distance moyenne entre les points d’eau dans le Littoral béninois 1 °28'30" 1°39' 1°49'30" V V/ \\..Jt \ West Atrica Coastal Areas Management Program TOGO 2· 2°10'30" Hêvié • • adji 2°21' 2°31'30" Godomey • an 0 12,5 25 2°42' 2°52'30" N ! IGERIA 0 ("') LI") N © 50 ;::n Océan Atlantiqu e ----======::::::11-------km ~ L...,--------==-r----'-=-=..:::...:..--~-----~-----~-----~----~~----~-----~- J © 1°28'30" 1°39' 1°49'30" 2· 2°10'30" 2°21' 2°31'30" 2°42' 2°52'30" Distance moyenne (en km) entre point d'eau • Localité r -0.,0 1 c:J Limite administrative Source: Traitement de données 69 Figure 23 : Densité en infrastructure hydraulique dans le Littoral béninois 1 °28'30" 1°39' 1°49'30" 20 2°10'30" 2°21' 2°31 '30" 2°42' 2°52'30" ;:.... N ;:.... l[) V V/ \\..../1 \ l[) (0 1 (0 West Alrlca Coastal Areas Management Program 0 0 C') Awonou C') ëo ëo '<t • '<t (0 0 CO •Yi odji • Sék ëo • ëo C') Azobouè-Aliho C') 0 0 CO • . Tori- CO •Azohouè-K -Djigbé ori -Gare Av • • to•Dék!lllmé• Sègbohouè 0 TOGO Agânman lomé ogba •Ganvié IGERIA 0 C') 0 s· b 1 • Gak C') LO • Guézin • eg O wue •s • · LO N Godomey N (0 lll • • • av1 • (0 1 . Agbanto Agonkanmé Pahou e10ue• Houakpé• e LO LO ..... 0 12,5 25 50 ..... 0 (0 CO Océan Atlantique km 1 °28'30" 1°39' 1°49'30" 20 2°10'30" 2°21 ' 2°31 '30" 2°42' 2°52'30" Densité des points d'eau (nbre/km2) Localité 5,56 - 13 • 0 - 0,25 0,26 - 0,85 0,86 - 2,25 2,26 - 5,55 B B D Limite administrative Source: Traitement de données 70 ➔ Insuffisance des infrastructures scolaires Dans le secteur de l’éducation, le Littoral dispose de tous les ordres d’enseignements (les écoles maternelles, les écoles primaires, les collèges d’enseignement secondaire, technique et professionnel, et des centres de formation) tant dans le domaine public que privé. Les caractéristiques techniques en termes de mobiliers de bureau et d’aération des salles de classe sont également précisées. Mais dans la pratique, ces normes ne sont pas toujours respectées, soit par faute de moyens, soit par manque de rigueur ou absence de mécanismes adéquats de contrôle de l’application de ces normes. Dans le Littoral la situation au niveau de l’enseignement primaire n’est pas satisfaisante. Le tableau 6 présente l’état de l’enseignement primaire en termes d’effectifs et de ratios. Tableau 6 : Etat de l’enseignement primaire en termes d’effectif et de ratios Disponibilité Ratio Dimension spatiale Communes Primaires Effectif Enseignants Ecolier /Enseignant Ecolier/ Salle Densité MRAT Lokossa 94 22 335 553 40,4 40,6 0,36 0,33 Bopa 101 21 545 547 39,4 41,8 0,27 0,29 Athiémé 59 12 349 306 40,4 41,6 0,24 0,28 Comé 71 17 578 402 43,7 43,8 0,43 0,37 Grand-Popo 53 9 162 244 37,5 34,6 0,18 0,24 Houéyogbé 105 24 522 571 42,8 41,1 0,32 0,32 Kpomassè 70 15 435 343 45,0 43,2 0,22 0,27 Allada 105 25 744 540 47,7 47,6 0,27 0,29 Abomey-Calavi 201 63 684 1 100 57,9 54,7 0,37 0,34 Zê 97 12 375 393 49,1 44,8 0,17 0,23 Ouidah 90 25 930 493 53,7 49,9 0,24 0,28 Torri-Bossito 60 15 537 300 51,8 49,3 0,22 0,26 Sô-Ava 49 13 677 -- 48,7 50,8 0,22 0,26 Cotonou -- -- -- 54,1 50,7 -- -- Adjohoun 66 14 748 351 42,0 42,4 0,21 0,26 Aguégués 20 4 299 102 42,1 38,0 0,19 0,24 Sèmè-Podji 105 34 702 576 60,2 58,0 0,42 0,36 Adjarra 73 20 375 411 49,6 48,6 0,65 0,45 Akpo-missérété 83 25 793 456 56,6 54,0 1,05 0,57 Avrankou 97 26 729 513 52,1 50,7 1,24 0,62 Porto-Novo 128 34 503 732 47,1 45,1 1,16 0,60 Ifangni 80 23 505 430 54,7 51,3 0,33 0,32 Sakété 87 21 179 446 47,5 44,8 0,2 0 ,25 Dangbo 68 8 857 280 46,5 42,2 0,2 0,25 Source : DDP/MEMP et calcul 2021 ➔ Défaillance du système sanitaire Calqué sur le découpage administratif, le système sanitaire au Bénin est organisé en une structure pyramidale à trois (03) niveaux : 71 ➢ le niveau central qui comprend le Centre National Hospitalier et Universitaire (CNHU), ainsi que les centres nationaux de Pneumo-phtisiologie et de Psychiatrie ; ➢ l’intermédiaire qui est représenté par le Centre Hospitalier Départemental (CHD), enfin ; ➢ le périphérique, qui a connu depuis la table ronde du secteur de la santé en Janvier 1995, une réorganisation en trente-quatre Zones Sanitaires (ZS) dont chacune regroupe un certain nombre de structures sanitaires publiques de premier contact appuyées par un hôpital de référence (public ou privé), appelé Hôpital de Zone, qui constitue le premier niveau de référence de la zone sanitaire. Le niveau de service en équipement de santé est très variable dans le territoire du Littoral. Si Cotonou est la ville proposant l’offre la plus conséquente et diversifiée en matière de santé, à l’échelle nationale, les communes du département de l’Atlantique connaissent elles de réelles difficultés d’accès aux services de santé. Le territoire abrite non seulement le Ministère en charge de la santé, mais les sièges sociaux des principales structures de décision en matière de santé au Bénin. Le département du Littoral est le mieux doté avec 814 habitants par lit contre une moyenne nationale de 2280 habitants par lit. En 2016, le département du Littoral disposait de 2 hôpitaux de zone fonctionnels. Le département de l’Atlantique est le moins doté avec 8335 habitants par lit et 2 hôpitaux de zone. Les départements de l’Ouémé et du Plateau n’ont pas d’hôpital de zone ➔ Faible couverture du réseau de transport Les routes dans le Littoral sont pour la plupart non bitumées excepté certaines voies Inter- Etats, nationales voire communales (communes à statut particulier) selon leur importance. Le tableau 7 présente le récapitulatif des routes inter-Etat desservant les différentes régions du secteur d’étude par type de route et leur longueur. Tableau 7 : Liste du réseau routier Inter- Etat du Littoral ROUTES NATIONALES INTER-ETATS (RNIE) RNIE 1 : Hillacondji-Comé-Cotonou-Sèmè-Porto Novo-Zian-Igolo 176,532 km bis : Porto Novo-Avrankou-Igolo 27,441 km ter : Sèmè-Kraké 9,769 km RNIE 2 : Cotonou-Bohicon-Dassa-Savè-Parakou-Kandi-Malanville 729,037 km Source : MIT, 2021 La longueur totale de routes inter-Etat dans le Littoral et le terminus de la RNIE2 est de 942, 779 Km. Il ressort du tableau 8 que le réseau routier Inter-Etats du Sud-Bénin est relativement faible, ce qui fait que les routes existantes sont surexploitées et par conséquent se dégradent davantage. Les routes nationales du Littoral sont récapitulées dans le tableau suivant. Elles sont classées en deux réseaux : Tableau 8 : Routes nationales du secteur d’étude ROUTES NATIONALES (RN) Ancien réseau classé RN 1 : Ouidah-Tori Bossito-Allada 35,221 km RN 2 : Comé-Lokossa-Dévé-Aplahoué 77,154 km bis : Lokossa-Dogbo-Azové 39,498 km RN 2i : Zounhouè-Athiémé-Frontière Togo 7,310 km RN 3 : Zian-Sakété-Pobè-Kétou 80,626 km RN 4 : Akpro Missérété-Adjohoun-Affamè-Bonou-Dasso-Sagon-Covè 91,000 km 72 Nouveau réseau classé RN 1 bis : Allada-Avakpa-Kpomassè-Ouidah 35,000 km RN 19 : Allada-Sè-Toffo-Akiza-Zogbodomey-Domè 75,000 km RN 23 : Comé-Bopa-Houéyogbé-Zougbonou 42,000 km bis : Bopa-Lobogo-Tozoumè-Dogbo-Toviklin-Klouékanmè-Adjahonmé 68,500 km RN 29 : Allada-Lissègazoun-Sègbèya-Tori Bossito 39,000 km RN 30 : Pahou-Tori Bossito-Abomey-Calavi 40,000 km RN 31 : Missessinto-Zinvié-Zê-Attogon 38,000 km bis : Tangbo-Zê 15,600 km RN 32 : Allada- Togoudo -Govié-Tanta-Adjan 12,000 km bis : Sékou-Adjan-Zê-Agbata-Sèhouè 41,000 km RN 33 : Akassato-Sô Ava 5,000 km RN 36 : Wadon-Adjarra-Mèdédjonou-Porto Novo 20,000 km bis : Adjarra-Akpro Missérété 9,000 km RN 37 : Adjohoun-Sakété-Gbokoutou 25,000 km RN 38 : Katagon-Avrankou 9,000 km RN 39 : Djrègbé-Djâ-Owode 15,000 km Source : MIT, 2021 Les routes nationales du milieu d’étude sont pour la plupart non bitumées. Ceci constitue un handicap pour les usagers de la route en certaines périodes de l’année surtout en saison pluvieuse. Les pistes jouent un rôle déterminant dans le développement local, notamment dans la collecte des produits agricoles et le transport de ces derniers vers les centres urbains. Le tableau présente la densité des pistes du Bas-Bénin. Tableau 9 : Densité des pistes COMMUNES SUPERFICIE (km2) PISTES (km) DENSITE (km/km2) ABOMEY-CALAVI 52684 653,8 0,01240984 ALLADA 37900 715,1 0,018868074 KPOMASSE 29894 470,7 0,015745635 OUIDAH 32645 320,8 0,009826926 SO-AVA 18980 73,5 0,003872497 ZE 63546 521,2 0,008201932 TORI-BOSSITO 32931 410,1 0,012453311 ATHIEME 23064 258,8 0,01122095 BOPA 37205 520,1 0,013979304 COME 16582 163,6 0,00986612 GRAND-POPO 31510 160,2 0,0050841 HOUEYOGBE 29277 383,2 0,013088773 LOKOSSA 30372 302 0,009943369 ADJARRA 6994 181,83 0,025997998 ADJOHOUN 31571 230,39 0,00729752 AGUEGUES 11879 10,62 0,000894015 APRO-MISSERETE 8608 322 0,037407063 73 AVRANKOU 8625 357,4 0,041437681 DANGBO 15427 158,47 0,01027225 PORTO-NOVO 5056 21,2 0,004193038 SEME-PODJI 23426,48 265 0,011311985 IFANGNI 21143 217,93 0,01030743 SAKETE 42253 503,46 0,011915367 Source : MIT, 2021 Hormis ces routes et pistes, la première phase du Projet Asphaltage encore connu sous l’appellation de projet d’aménagement et de réhabilitation de 850 kilomètres de voiries urbaines primaires, secondaires et tertiaires, a permis de projeter : - 300 km à Cotonou ; - 150 km à Porto-Novo ; - 100 km à Abomey-Calavi ; - 50 km à Sèmè-Podji. En somme, le réseau routier du littoral béninois est constitué pour la plupart des routes non bitumées, des pistes et des axes bitumés qui le traversent d’Est en Ouest et du Sud au Nord. Ainsi, les principaux axes revêtus sont les Routes Nationales Inter-Etats qui desservent les différents pays limitrophes du secteur littoral béninois (figure 24). De l’analyse de cette figure 21, il ressort que trois Routes Nationales Inter Etats traversent le milieu littoral à savoir : ✓ la RNIE 1 Hillacondji-Comé-Cotonou-Sèmè-Porto Novo-Zian-Igolo long de 176 Km environ ; ✓ la RNIE bis Porto Novo-Avrankou-Igolo long d’environ 27 Km ; ✓ la RNIE bis Sèmè-Kraké de 10 Km environ ; ✓ la RNIE 2 qui relie l’axe Cotonou-Abomey-Calavi-Allada long de 70 Km environ. 74 Figure 24 : Etat du réseau routier du littoral béninois Toutes les autres routes d’accès direct à l’ensemble du littoral sont reliées à la Route Nationale Inter Etats N°1. Elle est la seule route qui longe l’ensemble des 133 km des côtes béninoises et qui facilite l’accès à la plage. De cette RNIE1 partent plusieurs routes non revêtues et pistes. Le réseau routier d’accès à la plage de Cotonou apparait de loin le plus dense avec beaucoup de rues revêtues. Par contre, à l’exception des rues pavées des villes du littoral béninois d’accès facile à la circulation, on rencontre aussi des pistes carrossables construites au frais de grands projets régionaux (piste Cococodji-Hiyo par le WACO) ou par les collectivités locales (piste Cococodji-Adounko, piste Pahou-Agbanzékpota). Par ailleurs, l’aménagement en cours de la Route des Pêches facilitera la libre circulation des biens et des personnes le long de la côte. Les aménagements des bretelles Adounko-Cococodji, Avlékété-Pahou, Porte de Non-Retour-Casa Del Papa- Mairie de Ouidah et la RNIE1, permettront une plus grande intégration des sous-unités du secteur central du littoral béninois. 3.4. Facteurs de risques environnementaux Le littoral du Bénin est exposé aux risques climatiques, naturels et anthropiques essentiellement issus d’actions de l’homme telles que les pollutions diverses, les prélèvements incontrôlés de matériaux et la dégradation de l’environnement, notamment la destruction de la couverture végétale, le remblayage des chenaux d’écoulement. Les impacts des risques environnementaux ci-dessus décrits sont très importants et se caractérisent par une dégradation des écosystèmes et de leurs ressources naturelles, le déplacement des populations, les perturbations des activités économiques avec des coûts économiques et sociaux de plus en plus lourds. La zone côtière est l’un des secteurs les plus Localité Route non revetue Chef lieu d'Arrondissement Route pavée Chef lieu de Commune Chemin de fer ® Chef lieu de Département Pistes Limite administrative Limite d'Etat ----- Limite de Département -····- · Limite de Comrrune Etat des routes en 2021 - Route revetue / bitumée REPUBLIQUE DU TOGO Pisle simple Voirie tertiaire Routes projétées à l'horizon 2035 - Routes projetées SDAL = Routes projetées SDAU et SSPAG Etat des équipements - Existant D Projeté - Ta::hes d'habitation en 2005 Ta::hes d'habitation en 2020 Mangrove - Pland'eau REPUBUQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION OU SDAL V V/,.... ,,\ 'NW/llllecCooOIC-:>< ""'-"""-.... Source: Fond Topographique IGN Bénin 2018 Image SPORT201S et Sentinel 2020 Travalf:(dete1rairl.décefllbre 2021 75 touchés. Le tableau fait le récapitulatif des impacts majeurs des risques environnementaux sur le littoral béninois. Tableau 10 : Synthèse des risques environnementaux et de leurs impacts sur le secteur littoral Risques environneme ntaux Impacts majeurs sur le secteur littoral Milieu Physique Milieu Biologique Milieu Humain Inondation - Une démolition de plusieurs habitations, ouvrages d’assainissement et infrastructures routières par suite des inondations sur le littoral - Perte des terres - Variations hydrologiques et hydro- sédimentologiques -Pollutions -Erosions/comblement - Perte des animaux -dégradation de la biodiversité - Stress hydrique des animaux -Migration des espèces aquatiques -Perte en vies humaines -Accidents des embarcations -déplacements des populations -Perturbation des activités génératrices de revenus -Stress hydrique des hommes. Elévation du niveau de la mer - Erosion côtière - Envahissement des eaux douces par les eaux marines -Disparition de la mangrove suivie de la destruction des frayères naturelles ; - Destruction des habitats - Intrusions salines -Modification de la faune avec l’apparition de nouvelles espèces -Modification écologique de la flore et de la diversité ichtyologique des lacs Nokoué et Ahémé - Destruction des habitations et autres infrastructures - Déplacement des populations riveraines -Perturbation des activités - Noyades - Maladies coronariennes et hypertension artérielle Erosion côtière -Perte de terres -modification de la morphologie côtière -Perturbation du régime hydrologique au niveau des estuaires -Perte de la végétation -Déplacement des populations riveraines -Perturbation des activités (pêche, tourisme, etc.) - Noyades Pollution -Dégradation de la qualité des eaux et de l’air -Augmentation des contaminants chimiques des eaux -Comblement des plans d’eau -Modification de la faune avec l’apparition de nouvelles espèces -Modification écologique de la flore et de la diversité ichtyologique des lacs Nokoué et Ahémé -Perte de la biodiversité - Présence de décharges sauvages des ordures - Prolifération des maladies hydriques et pulmonaires -Perturbations des activités économiques -Baisse de la production halieutique Vents forts -Destruction et/ou décoiffement des habitations -Perte d’habitats écologiques -Dégradation de la biodiversité -Perturbation des frayères -Pollution des plages par les algues et les boules d’hydrocarbures Perturbation de la navigation sur les plans d’eaux Source : Revue documentaire, SAGE-C, 2021 76 3.5. Dynamique institutionnelle 3.5.1 Analyse des acteurs de l’aménagement du territoire au Bénin Au terme de la loi n°2016-06 du 26 mai 2016 portant Loi-cadre sur l’aménagement du territoire en République du Bénin, l’aménagement du territoire est la recherche et l’action visant une répartition rationnelle et équitable des utilisations de l’espace d’un pays et dans une vision prospective, en fonction des ressources humaines, des ressources naturelles, des ressources économiques, des activités et de l’affectation des investissements. C’est une thématique transversale qui nécessite l’intervention de plusieurs acteurs divers allant de l’Etat central à travers ses structures compétentes, des préfectures, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile. La loi n° 97-029 portant organisation des communes en République du Bénin parle des compétences en matière d’aménagement du territoire. ➢ Les acteurs stratégiques - L’ANAT L’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) est l’organe exécutif de l’aménagement du territoire créé par la loi n°2016-016 du 26 mai portant loi-cadre sur l’aménagement du territoire en République du Bénin. Elle est régie par le décret n°2018-490 du 17 octobre 2018. Elle est chargée de l’élaboration et de la coordination de la mise en œuvre de la politique nationale d’aménagement et de la stratégie en matière d’aménagement du territoire. ➢ Les acteurs opérationnels - Ministères sectoriels de par leurs missions et attributions interviennent dans le développement équilibré de l’espace national ; - Autres agences opérationnelles de l’Etat qui de par leurs missions et activités participent à l’aménagement du territoire. On peut citer entre autres l’Agence du Cadre de Vie et du Développement du Territoire (ACVDT), Agence du Développement du Numérique (ADN), Agence Béninoise de l’Electrification Rurale et de Maîtrise d’Energie (ABERME), Agence Nationale pour la Promotion du Tourisme (ANPT) ; - Le secteur privé ; - Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) qui financent et exécutent les projets ; - Les Préfectures à travers les Services de Planification et d’Aménagement du Territoire (SPAT), s’occupent de la mise en œuvre des politiques de l’Etat en matière d’aménagement du territoire départemental. - Les Communes. 3.5.2- Etat des lieux institutionnels de la fonction aménagement du territoire au Bénin L’état des lieux institutionnel de l’aménagement du territoire au Bénin se présente comme suit : Traditionnellement, l’aménagement du territoire était rattaché au ministère en charge du Plan. Consécutivement à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement en 1992, les autorités politiques ont créé le ministère de l’environnement et 77 lui ont rattaché l’aménagement du territoire. L’exigence de promouvoir le développement à la base et de lutter contre la pauvreté, a conduit à faire de l’aménagement du territoire un instrument de politique publique notamment avec l’adoption en 2002 de la Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du Territoire (DEPONAT). En 2006, l’aménagement du territoire a été rattaché au Cabinet Civil du Président de la République. Ce repositionnement institutionnel était guidé par la nécessité de faire de l’aménagement du territoire, un instrument de mise en cohérence de l’action publique. En 2007, le Ministère de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire (MDGLAAT) a été créé, traduisant ainsi la volonté politique de mettre l’aménagement du territoire au service de la décentralisation. En 2016, l’aménagement du territoire est à nouveau retombé dans l’escarcelle du Ministère du Cadre de Vie, du Développement Durable (MCVDD) à travers la structure sous tutelle la Délégation à l’Aménagement du Territoire (DAT) qui a été muée en Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) en 2018. 3.5.3. Rappel des instruments et outils d’aménagement dans le territoire du Littoral Un nombre important d’instruments et d’outils a été recensé. Les orientations de l’ensemble des documents convergent vers : - un meilleur contrôle du phénomène d’urbanisation, - une protection des milieux naturels, notamment des milieux humides, - une valorisation de la production agricole, - une progression dans l’équipement des différentes localités en réseaux assainissement, électricité, transports … Toutefois plusieurs problèmes sont identifiés : ▪ Des difficultés de coordination dans la réalisation et diffusion des documents. Il est constaté que les différents organes étatiques ou locaux sont amenés à réaliser des études et des documents de planification dont la coordination est parfois délicate. Les études réalisées ou en cours sont parfois difficilement identifiables et leur diffusion est partielle. ▪ Instruments et outils de planification Le territoire du Littoral est couvert par un nombre important de documents d’orientations stratégiques et de planification. Malheureusement plusieurs études ont pu être réalisées sans que ces dernières n’aboutissent à une mise en œuvre. A titre d’exemples : le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme SDAU du « Grand Nokoué » de 2007, comprenant les communes de Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Sêmê-Podji et Porto-Novo n’a pas véritablement fait l’objet d’une prise en compte de la part des communes bénéficiaires qui doivent le décliner en Plan directeur d’urbanisme en conformité avec les grandes orientations édictées et le mettre en œuvre. La mise en œuvre des documents est quant à elle bien souvent très partielle. Cela a notamment été constaté pour les Schémas Directeurs d’Aménagement Communal que les communes appliquent partiellement. 78 De plus, la majorité des documents ne sont pas opposables aux tiers et donc, n’ont aucune force juridique. Cette situation a pour conséquence le non-respect de ces documents de planification qui, pour la plupart, ne sont pas mis en œuvre par les autorités communales. L’ensemble des instruments et outils peuvent être organisés en trois (03) catégories : ➔ Au niveau national : ALAFIA 2025, SNAT/Agenda Spatial, PAG, Loi Cadre sur l’Aménagement du Territoire, Code de l’Urbanisme ➔ Au niveau intercommunal : Stratégie de Développement Urbain de Grand Cotonou, SDAU du grand Nokoué, Schéma de secteur aéroportuaire de Glo Djigbé, Schéma Directeur du Plateau d’Abomey-Calavi. ➔ Au niveau local : PDC, SDAC, PDU L’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire a récemment instauré la mise en place d’ « audits de cohérence spatiale » pour accompagner l’Etat et les communes dans la gestion des projets structurants. Un retour d’expérience serait intéressant pour évaluer les effets de cette procédure 3.5.4. Analyse du niveau et des difficultés de mise en œuvre Le tableau 11 ci-après présente l‘état des lieux en matière de SDAC dans la zone littorale. Tableau 11 : Etat des lieux en matière de SDAC dans la zone littorale. Département Communes Communes disposant du SDAC Littoral-Atlantique (08 Communes) Cotonou, Allada, Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassè, Zê, Sô-Ava, Tori-Bossito Allada, Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassè, Zê, Sô-Ava, Tori-Bossito Mono (06 Communes) Comé, Houéyogbé, Athiémé, Lokossa, Bopa, Grand-Popo Comé, Houéyogbé, Athiémé, Bopa, Grand-Popo Ouémé-Plateau (10 Communes) Porto-Novo, Adjarra, Sèmè-Podji, Aguégués, Avrankou, Dangbo, Adjohoun, Akpro-Missérété, Sakété, Ifangni Avrankou L’état des lieux des communes du Littoral disposant de SDAC montre que quatorze (14) communes sur les vingt-quatre (24) disposent de SDAC à savoir les sept (07) communes de l’Atlantique, cinq (05) communes sur six (06) communes du Mono, une (01) commune sur huit (08) de l’Ouémé. Comment les dix (10) communes ne disposant pas de SDAC organisent-elles leur planification spatiale ? Autrement dit comment se fait l’affectation de leurs terres aux différentes zones ? Il est clair que pendant longtemps la gouvernance des territoires était caractérisée par un manque de planification spatiale et une faible valorisation des potentialités régionales et locales. La plupart des communes ne disposent pas de SDAC et celles qui en disposent ne font aucun usage des orientations spatiales indiquées dans le document. En conséquence, des zones agricoles sont loties tous azimuts, des zones impropres à l’habitation sont occupées par des habitats formels et informels. 79 Malgré l’existence de ces SDAC, les communes peinent à se développer sur le plan spatial car prétextant du manque de moyens financiers et humains pour la mise en œuvre des orientations retenues dans lesdits SDAC. On remarque également le non-respect des affectations de sols retenues ainsi que les normes et règlements particuliers qui y sont contenues. C’est l’un des constats patents des audits de cohérence spatiale pilotes que l’ANAT a réalisé dans les communes d’Abomey-Calavi et de Tori-Bossito entre 2017 et 2021. Le niveau d’appropriation et de mise en œuvre des SDAC est faible. On note comme résultats l’étalement incontrôlé excessif des noyaux urbains, des conflits fonciers, les menaces sur les écosystèmes naturels, les catastrophes naturelles, la pauvreté ambiante, la poussée du front urbain absorbant dangereusement les espaces agricoles sources de sécurité alimentaire, une insécurité foncière généralisée, une armature urbaine désarticulée, marquée par la macrocéphalie de l’agglomération cotonoise qui concentre les habitants, les activités, les centres de décision, les équipements métropolitains (aéroport international, port en eaux profondes, centre hospitalo-universitaire, sièges sociaux et administratifs..), un environnement naturel soumis à la dégradation et exposé aux risques naturels et anthropiques. Toutes les communes de la zone Littorale disposent de leur Plan de Développement Communal (PDC) 3ème génération dont les taux d’exécution sont faibles depuis le début de la décentralisation à cause de la qualité formaliste du processus d’élaboration dont le seul stimulus est l’éligibilité au fonds FADEC. Les élus communaux ne se l’approprient pas. La commune de Cotonou et ses agglomérations disposaient d’un Schéma Directeur D’aménagement Urbain (SDAU) élaboré depuis les années 2000. Malgré l’existence de ce SDAU, l’étalement incontrôlé de Cotonou n’est pas maîtrisé et les problèmes d’insalubrité, d’inondations, de mobilité et d’occupation des exutoires naturels demeurent jusqu’à un passé récent. Le Programme d’Appui aux Villes contre les Changements Climatiques (PAVICC) a prévu l’élaboration d’un SDAU pour Cotonou, Sèmè-Podji et Abomey-Calavi, un SDAC pour Sèmè- Podji, un SDAC et Plan de Développement Communal (PDC) pour Comè, un Plan de Développement Urbain (PDU) avec un règlement d’occupation des sols pour Cotonou, Sèmè- Podji et Comè dans la zone littorale. 3.6. Solutions apportées par l’Etat à travers le PAG 2016-2021 3.6.1. Instruments politiques Pour corriger ces problèmes de développement, le Gouvernement béninois a doté le territoire national d’un cadre de référence spatial cohérent, afin d’assurer la coordination spatiale des actions d’aménagement et de développement. Le Gouvernement à travers le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) 2016-2021 a apporté des solutions à travers : - ses trois (03) piliers et sept (07) axes stratégiques ; - un axe stratégique consacré au développement équilibré et durable de l’espace national (axe N°7) qui inclut la zone littorale ; - des projets phares et des projets prioritaires. Le PAG (2016-2021) traduit donc un engagement à relever le niveau d’équipements et de services des centres urbains et ruraux d’une part, et à réaliser de grandes infrastructures 80 structurantes pour l’émergence des pôles régionaux de développement définis dans l’agenda spatial d’autre part. Le Projet Asphaltage des voies urbaines et assainissement environ 700 Km linéaires (pavage et bitume) dont le but est de faire des villes béninoises, de véritables moteurs pour la construction des pôles à travers : • l’amélioration de la mobilité urbaine ; • l’assainissement du cadre de vie des populations. Cinq (05) communes de la zone littorale ont été concernées par ce projet dans sa première phase. Il s’agit de Cotonou, d’Abomey-Calavi, de Porto-Novo, Lokossa et Sèmè-Pödji. Les changements induits sont ; • fluidité de circulation/réduction des embouteillages ; • eclairage public/solaire et sécurité ; • valorisation de l’habitat ; • opportunités économiques pour les riverains ; • meilleures recettes fiscales au niveau local ; • canalisation des eaux/réduction de l’inondation ; • salubrité : nettoyage des rues et places, curage des caniveaux ; • espaces verts/jardins publics ; • création d’emplois verts ; • relations Etat/Communes améliorées/intercommunalité renforcée ; • promotion de l’écocitoyenneté/meilleure implication des usagers. Un Programme immobilier d’habitat social et économique ayant pour objectifs d’aménagement de faire des villes béninoises en général et celles de la zone littorale en particulier, de véritables moteurs pour la construction des pôles à travers : • une offre de logements décents, développés autour des quartiers fonctionnels ; • l’assainissement du cadre de vie des populations. Les villes de la zone littorale concernées se présentent comme suit : • Abomey-Calavi/Ouèdo, Ouidah, Pahou: 11800 ; • Porto-Novo, Sèmè-Podji: 4500 ; • Lokossa: 100. Les changements induits sont entre autres la production de logements par le secteur privé avec des prix de cession abordables, la promotion de nouveaux types de logements et de modes d’habiter en ville, la viabilisation (électricité, eau et voies d’accès) de la zone d’accueil, le développement du transport en commun ‘’Résidences/Centre-Ville’’ avec des économies d’échelles, les opportunités économiques locales. Le Projet Construction/Modernisation des marchés urbains et régionaux dont l’objectif d’aménagement est de faire des villes béninoises en général et celles de la zone littorale en particulier, de véritables moteurs pour la construction des pôles à travers des infrastructures et équipements de soutien aux activités économiques. Les principales villes cibles de la zone littorale se présentent comme suit : • Cotonou : 9 ; • Porto-Novo : 02 ; 81 • Abomey-Calavi : 01 ; • Ouidah : 01 ; Les changements induits sont entre autres l’amélioration des conditions d’exercice des activités marchandes, l’amélioration et la maîtrise des recettes fiscales, la création d’emplois liés au fonctionnement des marchés et la formalisation des activités. Le Projet Construction de Cités administratives dont les objectifs d’aménagement sont de faire des villes béninoises en général et celles de la zone littorale en particulier, de véritables moteurs pour la construction des pôles, à travers : • l’amélioration des conditions d’exercice des travailleurs dans les villes à vocation administrative ; • l’offre de meilleurs services aux citoyens où qu’ils soient/e-administration. Cinq (05) villes de la zone littorale sont concernées par ce projet. Il s’ agit de Cotonou pour la cité ministérielle, de Porto-Novo, Allada et Lokossa pour la cité administrative départementale, puis la cité administrative technique d’Ahossougbéta à Abomey-Calavi. Les changements induits se présentent comme suit : • le renforcement du patrimoine immobilier et diminution des charges locatives de l’Etat ; • la fin de la dispersion des services administratifs avec réduction des trajets d’un service à un autre ; • la viabilisation (Electricité, eau et voirie d’accès de la zone d’accueil) ; • la proximité entre lieu de travail et zone de logement avec des économies d’échelles ; • l’expansion démographique à long terme et l’extension urbaine dans le secteur des cités. Les différentes réformes foncières engagées avec l’adoption de la loi n°2017-15 du 10 août 2017 modifiant et complètant la loi n°2013-01 du 14 août 2013 portant Code foncier et domanial en République du Bénin, et ses décrets d’application dont l’un portant Attribution, Organisation et Fonctionnement de l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) et l’expérience pilote en matière d’élaboration du cadastre prenant en compte certaines villes de la zone littorale sont un début de sécurisation foncière et de réduction des nombreux litiges fonciers pendant devant les tribunaux de la zone littorale et un début de valorisation du foncier suite aux procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique. NB : Les Plans de Contingence Communaux (PCC) élaborés avec l’assistance technique de l’Agence Nationale de Protection Civile (ANPC) sous tutelle du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique (MISP) sont de précieux documents de planification et de gestion des réductions de risques de catastrophes au niveau des communes. Tous mes efforts pour avoir l’état des lieux au niveau des communes de la zone Littorale ont été vains. Mais je poursuis les investigations. 3.6.2. Instruments juridiques Les instruments juridiques regroupent les conventions, les traités, les lois, les décrets et les arrêtés. ➢ Textes de portée internationale Comme textes et autres instruments de portée internationale, on peut citer : 82 - Convention de Ramsar sur les zones humides adoptée le 2 février 1971 en Iran. L’article 4 de cette Convention met l’accent sur la conservation et la surveillance des zones humides ; - Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique signée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992 et ratifiée par le Bénin le 30 juin 1994. Cette convention lutte contre l'augmentation des gaz à effet de serre liée aux activités humaines ; - Convention sur la diversité biologique ratifiée par le Bénin le 30 Juin 1994. Cette Convention se fixe trois objectifs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments constitutifs et le partage juste et équitable des avantages qui découlent de l’utilisation des ressources génétiques à des fins commerciales et autres ; - Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique. Cette convention a été conclue à Paris le 17 juin 1994 ; - Convention d’Abidjan : Cette convention recommande une Planification Spatiale Maritime (PSM) en conciliant tous les acteurs intervenant sur tout le littoral. Elle recommande également la délimitation des Aires Marines Protégées (AMP). Elle recommande enfin la protection de certaines espèces menacées de disparition ; - Convention de Marpole : elle lutte contre la pollution marine qui détruit la biodiversité. ➢ Instruments juridiques nationaux Il s’agit des différentes lois en faveur de l’aménagement du territoire et de la politique environnementale, leurs décrets d’application et les arrêtés. Il faut citer entre autres : - La loi 2016 portant loi-cadre sur l’Aménagement du territoire ; - La loi n° 93-009 du 02 février 1993, portant régime des forêts en République du Bénin ; - La loi n° 91-004 du 11 février 1991 portant réglementation phytosanitaire en République du Bénin ; - La loi n° 2022-04 du 16 février 2022 portant sur l’hygiène publique en République du Bénin ; - La loi, n°60-20 du 13 juillet 1960, fixant le régime des permis d’habiter au Dahomey, prescrit que « les permis d’habiter ne peuvent concerner, en principe, que des terrains dépendant d’une zone consacrée à l’habitat, à l’exclusion des zones dites administratives, commerciales, résidentielles ou industrielles, qui obéissent aux règles générales ou particulières, fixées par la règlementation existante ou à intervenir en matière domaniale ou d’urbanisme ». ➢ Textes relatifs à l’environnement L’article 27 de la Constitution du 11 décembre 1990 dispose que "Toute personne a droit à un environnement sain, satisfaisant et durable et a le devoir de le défendre. L’Etat veille à la protection de l’environnement". La loi n° 98-030 du 12 janvier 1999 portant loi-cadre sur l’environnement, prescrit en son article 5, d’élaborer et de mettre en œuvre une politique nationale d’aménagement du 83 territoire. Le décret n° 2001-096 du 20 février 2001, portant création, attributions, organisation et fonctionnement de la police environnementale au Bénin ; - Le décret n° 2001-110 du 04 avril 2001, portant normes de qualité de l’air en République du Bénin ; - Le décret n° 2001-294 du 08 août 2001, portant réglementation du bruit en République du Bénin ; - Le décret n° 2003-330 du 27 août 2003, portant gestion des huiles usagées en République du Bénin ; - Le décret n° 2003-332 du 27 août 2003 portant gestion des déchets solides en République du Bénin ; - Le décret n° 2001-289 du 08 août 2001 portant approbation du plan d’aménagement de la zone littoral ; - L’arrêté n°002/MEHU/DC/DUA du 7 février 1992 définissant les zones impropres à l’habitation. ➢ Décrets et arrêtés en matière foncière Pour la mise en œuvre de la loi, treize décrets d’application sont pris pour éclaircir les conditions d’application de la loi n° 2017-15 modifiant et complétant celle N° 2013-01 du 14 août 2013. Il s’agit de : - Décret N° 2014-768 du 19 décembre 2014 portant organisation de la copropriété des immeubles bâtis ; - Décret N° 2015-007 du 29 janvier 2015 portant attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Consultatif Foncier (CCF) ; - Décret N° 2015-008 du 29 janvier 2015 portant attributions, organisation et fonctionnement du Fonds de Dédommagement Foncier (FDF) ; - Décret N° 2015-009 du 29 janvier 2015 fixant les modalités du droit de préemption et de location-vente des immeubles préemptés et expropriés ; - Décret N° 2015-010 du 29 janvier 2015 portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence Nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) ; - Décret N° 2015-011 du 29 janvier 2015 portant modalités de cession à titre onéreux, d’aliénation à titre gratuit, de location des terres et bien immeuble du domaine privé de l’Etat et des collectivités territoriales ; - Décret N° 2015-012 du 29 janvier 2015 fixant les modalités et conditions d’attribution, de mise en valeur et de reprise des concessions domaniales privées en milieu rural ; - Décret N° 2015-013 du 29 janvier 2015 portant composition et fonctionnement type des commissions d’enquête de commodo et incommodo et d’indemnisation en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique ; - Décret N° 2015-014 du 29 janvier 2015 portant conditions et modalités de mise en valeur des terres rurales ; - Décret N° 2015-015 du 29 janvier 2015 fixant les modalités de divisions et réunions des titres de propriété foncière ; - Décret N° 2015-016 du 29 janvier 2015 portant conditions et modalités d’occupation du domaine public ; 84 - Décret N° 2015-016 du 29 janvier 2015 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Commission de Gestion Foncière de la commune et de la Section Villageoise de Gestion Foncière ; - Décret N° 2015-015 du 29 janvier 2015 fixant les modalités d’établissement du Plan Foncier Rural et de confirmation des droits fonciers à partir du Plan Foncier Rural. En dehors de ces décrets, l’arrêté interministériel N° 038/MUHA/MDGLAAT/ MERPMEDER/MCTIC/DC/SGM/DGDU/DUAL/SA pour définir les prescriptions minimales à observer en matière d’opérations de lotissement et des opérations foncières urbaines de remembrement en République du Bénin a été pris. ➢ Existence de treize (13) projets de décrets d’application destinés à opérationnaliser la loi n° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du bénin Les treize (13) projets de décrets portent sur : 1- Fixation de la liste des communes concernées par la zone littorale ; 2- Autorisations requises pour certaines techniques de pêche et de pisciculture ; 3- Fixation des techniques et engins de pêche prohibés ; 4- Définition des interdictions relatives à l’enlèvement, la capture et la détention des espèces animales protégées ; 5- Fixation des règles de gestion et de valorisation des déchets ainsi que celle de proximité des cours et plans d’eau ; 6- Autorisation des conditions et normes de rejet des matières nocives dans les zones humides ; 7- Fixation des modalités d’application des directives d’aménagement et de mise en valeur de la zone littorale ; 8- Adoption du schéma directeur d’aménagement du littoral (SDAL). 9- Fixation des conditions de délimitation du rivage ; 10-Fixation des conditions et modalités de l’occupation temporaire du domaine public maritime ; 11-Fixation de l’AOF de la Cellule Nationale de Protection et de Gestion du littoral (CNPGL) et de ses démembrements ; 12-Conditions d’application de la transaction sur les infractions au niveau de la police environnementale ou de la police sanitaire ; 13-Fixation des modalités d’application de la loi 2018-10 portant protection, aménagements et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin. ➢ Existence de six (06) projets d’arrêtés d’application destinés à opérationnaliser la loi n° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du bénin Les six (06) projets d’arrêtés se résument à : 1- Réglementation du droit de la vaine pâture (communal) ; 85 2- Définition du plan d’exploitation de sable et de gravier dans la zone littorale (interministériel) ; 3- Exploitation des marais salants pour la production du sel (Communal) ; 4- Règles générales d’utilisation et des caractéristiques des moteurs, installations de combustion fixes ou mobiles (ministériel) ; 5- Fixation des règles de collecte, traitement et évacuation des déchets solides et liquides dans la zone littorale (interministérielle) ; 6- Autorisation d’occupation temporaire des rives de cours d’eau (communal). 86 IV- ENJEUX 4.1. Enjeux d’urbanisation Les enjeux d’urbanisation sur le littoral béninois se manifestent par une certaine fragilité des milieux urbains caractérisés par la forte concentration des populations humaines, des activités économiques, des pollutions de diverses sortes, etc. A ces nuisances sur l’environnement, s’ajoutent l’inadéquation du réseau d’assainissement et la collecte des ordures ménagères produites quotidiennement. A ce niveau, il est important de signaler que des efforts sont notés ces dernières années dans le système de collecte des ordures ménagères à travers l’expérience de la Société de Gestion des Déchets Solides du Grand Nokoué (SGDS-GN) et l’expérience du Groupement Intercommunal du Mono (GI-Mono) en cours pour certaines communes de ce Département et qui sont dans le Littoral. Sur d’autres plans, la zone littorale est confrontée à une croissance et à un développement des agglomérations marqués par un étalement urbain et un développement axial des villes. En effet, le premier fait marquant de la croissance des agglomérations est l’étalement horizontal des zones bâties, avec comme conséquences évidentes une consommation importante d’espace, un renchérissement des coûts d’équipement (voirie, énergie, assainissement, etc.), accentué par la topographie souvent basse et plane des espaces littoraux occupés par les agglomérations côtières. Ceux-ci sont souvent situés en bordure de mer, lac et lagune, dans des situations rendant complexe la collecte et l’évacuation des eaux usées et pluviales. L’étalement urbain a aussi souvent pour conséquence un “exil”, en périphérie éloignée du centre, des populations en situation économique précaire. On notera que les centres historiques des plus grandes agglomérations sont généralement localisés en proximité du front de mer. Quant au développement axial, l’étalement des agglomérations s’opèrent le plus souvent de façon axiale le long des voies de communication les plus fréquentées. Ce développement axial prend dans certains cas des dimensions considérables, évoluant alors en longue conurbation autour de la route côtière inter-Etats ou de la route inter-Etats sur l’hinterland, comme c’est le cas entre Lomé et Cotonou, entre Cotonou et Porto-Novo, entre Cotonou et Abomey-Calavi. Par ailleurs, pour des populations à faibles revenus demeurant dans les quartiers précaires de périphéries où sont localisées la plupart des activités économiques, formelles et informelles, l’éloignement du centre entraîne des coûts de transport élevés. L’alternative consiste parfois à rechercher des localisations plus proches du centre, pouvant amener le développement d’habitats précaires dans des zones basses (souvent inondables), en bord de mer, de lac ou de lagune, sur des terrains relevant souvent du domaine public, et donc sans ayant droit préexistant. Hormis la situation des quartiers consolidés (historiques en partie) des centres urbains, les dynamiques d’extensions périurbaines ou à proximité de la mer s’articulent sommairement sur quatre types : • les extensions liées aux activités industrielles, avec notamment l’attractivité des zones portuaires ; • les quartiers d’habitat précaires “spontanés” proche des centres et localisés en zones à risques ; 87 • les extensions périurbaines à vocation résidentielle (résidences de bord de mer) ou touristique, souvent axiales le long des routes sur le littoral de part et d’autre de l’agglomération principale ; • les quartiers de pêcheurs localisés très proches du rivage et du parcage des pirogues, en habitat plus ou moins précaire. Le développement de ces emprises urbaines et périurbaines s’est le plus souvent effectué sans schéma d’ensemble et sans réelle maîtrise foncière, qui aurait permis en amont de parer aux risques des implantations trop proches des rivages et dans des zones impropres à l’habitation. Ces développements urbains impliquent aussi la mobilisation de matériaux pour la construction à l’origine de prélèvements et de carrières. Au Bénin, ces prélèvements et ces carrières ont bénéficié de mesures réglémentaires d’interdiction. L’urbanisation sur la bande littorale est aussi marquée par un phénomène touristique caractérisé par la généralisation d’un modèle mondialisé résidentiel et de loisirs dû à l’attractivité particulière de ce territoire. On observe ainsi le mitage des espaces côtiers, suivi d’une densification du bâti dans les zones périurbaines et/ou interurbaines littorales. Les segments de côte les plus attractifs pas trop éloignés des pôles urbains connaissent une croissance rapide liée au développement d’une clientèle touristique surtout international au départ, mais de plus en plus régionale et nationale au fur et à mesure de l’émergence d’une classe moyenne plus ou moins aisée. La demande future de loisirs balnéaires, en particulier dans les grandes villes du Littoral, et le respect de l’identité paysagère d’ensemble des sites côtiers, devraient impérativement être anticipés au travers d’un “retour aux fondamentaux” quant au caractère inaliénable du domaine public. Il faut donc pallier aux impacts d’une densification touristique mal contrôlée à proximité des rivages en dessinant les contours de nouveaux modes d’urbanisation de loisirs. Au regard de ces enjeux, la stratégie de développement urbain pour le Littoral doit se concentrer sur une gestion durable des villes à travers la mise en place de mécanismes institutionnels, techniques et financiers permettant aux collectivités locales de gérer convenablement leur territoire. A cet effet, il faudra : • une amélioration de la gestion et de l’efficacité de l’ensemble des services urbains dans les villes du littoral ; • la mise en place de mesures dissuasives au non respect des règles d’urbanisme, en particulier dans le domaine des zones inondables et impropres à l’habitation ainsi que la gestion des eaux pluviales ; • le renforcement de capacités des acteurs au niveau des collectivités locales à travers l’appropriation et la mise en place des outils de gestion urbaine ; • la poursuite et la consolidation du rôle international de la conurbation littorale à travers le Grand Nokoué (Cotonou, Ouidah, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji, Porto- Novo) : la “primatialité” de Cotonou et, plus largement de la conurbation côtière, doit être appréciée en fonction du rôle de métropole internationale que joue cette agglomération portuaire au profit de l’économie nationale, en compétition avec d’autres très grandes villes du réseau urbain des villes du Littoral. La nécessité de poursuivre l’aménagement de cette conurbation constitue par conséquent une contrainte incontournable pour l’aménagement du territoire, en relation avec les grandes orientations du Schéma National d’Aménagement du Territoire ; • favoriser les évolutions du binôme peuplement – potentialités : la réduction des 88 disparités régionales dans un pays en cours de peuplement ne consiste pas à implanter systématiquement telle ou telle activité ou apporter tel ou tel équipement là où se trouvent les hommes, mais également à appuyer, lorsque c’est l’intérêt général, les mouvements de migration vers les zones offrant des potentiels de développement inexploités ou insuffisamment exploités. Il y a nécessité par exemple de favoriser une meilleure répartition des hommes par rapport au potentiel agricole et pastoral du territoire ; • structurer l’espace du Littoral par un réseau routier hiérarchisé propre à favoriser des fonctions urbaines durables : l’Etat en collaboration avec les collectivités locales doit s’appliquer avec persévérance à conforter les situations urbaines les plus porteuses ou les mieux assises, en confortant et en poursuivant le programme asphaltage pour les grandes villes du Littoral, positionnant ainsi solidement certains centres urbains aux carrefours de trafic prometteur, notamment sur les itinéraires Est-Ouest et Nord-Sud; • adopter et mettre en place, avec persévérance, le réseau de services publics de niveau régional confortant les centres urbains majeurs : l’équipement des préfectures – chefs-lieux des départements – chefs-lieux de communes peut contribuer à renforcer l’emprise de ces centres urbains qui jouent un rôle important dans l’armature urbaine de la zone littorale. 4.2. Enjeux fonciers Les enjeux fonciers au niveau du Littoral se rapportent à la non maîtrise de la matière et ceci n’est pas spécifique à cette partie du territoire. Ce qui pose la spécificité de ce territoire est la valeur que prend ce patrimoine et qui crée donc des disparités au sein de la population en ce qui concerne la jouissance de ce bien. Même avec l’avènement du Code Foncier Domanial, le régime d’utilisation et d’occupation des plans d’eau et leurs rivages en marge des terres, demeure une préoccupation dans la zone Littorale. On assiste à une forte pression sur les terres côtières qui soulève des litiges incessants entre voisins ou entre acquéreurs et présumés propriétaires. L’absence d’un cadastre continue de manquer à cet effort significatif d’assainissement du domaine, notamment dans les zones côtières où la disponibilité de terres se raréfie. Par ailleurs, les défaillances de la gestion foncière dans le Littoral relèvent essentiellement des lotissements et de la spéculation foncière. Cette opération d’aménagement qui doit être pensée et planifiée est devenue source de problèmes pour l’aménagement du territoire et le développement local. On assiste à une juxtaposition des lotissements sans aucune base planificatrice et dans la négation totale des règles de l’art ainsi qu’au morcellement voire l’émiettement des terres, sans considération aucune en termes de vision pour l’aménagement du territoire. Quant à la spéculation foncière en cours dans le Littoral, elle est due à la rareté du foncier du fait de certaines appropriations individuelles excessives occasionnant un gel d’une partie du foncier et de l’absence de plans d’occupation du sol fiables ainsi que la remise en cause des dispositions et décisions de l’Etat en matière d’utilisation foncière. En effet, avec l’absence de plan d’occupation du sol, qui a une fonction de planification de l’espace en affectant des zones à des utilisations bien déterminées, on assiste à des désordres dans l’occupation spatiale. Ainsi, la région littorale est caractérisée, en milieu rural comme en milieu urbain, 89 par une occupation spontanée de l’espace, débouchant par endroits sur l’occupation des espaces impropres à l’habitation. En aménagement du territoire, toute occupation de l’espace sans une action réfléchie au préalable, est dite spontanée et anarchique, il s’en suit que cette occupation anarchique de l’espace est une véritable contrainte à l’aménagement, parce qu’au Bénin, le plus souvent, le lotissement intervient plus d’une dizaine d’années après l’installation des habitants. En conclusion, on peut dire que la gestion foncière dans le Littoral est caractérisée par plusieurs défaillances et dysfonctionnements qui font échapper aux acteurs locaux, sa maîtrise. Mais, si les nombreux problèmes sus-énumérés sont pour la plupart le fait de l’occupation anarchique de l’espace urbain et son étalement sur les terres rurales, ils se sont accentués voire aggravés du fait de l’absence de responsabilité, de vision prospective et de volonté politique en matière de planification de la part des pouvoirs publics. 4.3. Enjeux démographiques L’évolution démographique dans le Littoral est soumise à une forte croissance du fait de l’accroissement naturel et des migrations. Par flux migratoires successifs, des noyaux d’installation humaine se sont formés autour des terres favorables à l’occupation humaine et à la mise en valeur des ressources naturelles disponibles. Ainsi, le Littoral du Bénin est occupé par les groupes sociolinguistiques formant les communautés fluviales, lacustres ou lagunaires tels que les Toffin et les Ekpè-Xula autour du lac Nokoué et de la lagune de Porto Novo, les Xula-Xuéda sur les bords du lac Ahémé et des lagunes côtières. Quant à la basse vallée du fleuve Ouémé, elle est occupée par les Wémè et affiliés. Cette zone deltaïque, aux sols particulièrement fertiles, abrite près d’une quarantaine de groupes venus de l’Est (Empire d’Oyo) et de l’Ouest (Royaume de Tado) Les migrations ont conduit une deuxième tranche de populations vers les plateaux où les terres sont exploitables à des fins de développement de l’agriculture pluviale. Les groupes sociolinguistiques sont, en majorité, constitués de Aïzo et de Fon sur le plateau d’Allada, de Nagot, Yoruba et Goun sur les plateaux de Sakété. A ces communautés premières s’ajoutent les minorités linguistiques allochtones du Nigéria, du Ghana, du Togo, du Niger, etc. dont l’effectif est en forte augmentation. Le Littoral est constitué de 24 communes avec une forte population inégalement répartie en fonction de l’attractivité des territoires et des ressources disponibles au sein des territoires. Ces communes ont toutes connu une augmentation de leur population dont la plus forte est celle de la Commune d’Abomey-Calavi. Entre 2002 et 2013 la population de cette commune est passée de 307.745 habitants à 656.358 habitants. Cette commune est devenue la cité- dortoir des populations de Cotonou, comme les communes de Sèmè –Podji et Ouidah dans certaines mesures, justifiant la croissance exponentielle constatée au niveau de ces communes. L’inégale concentration humaine dans le Littoral est la preuve des préoccupations des populations relatives aux déterminants du mieux vivre et de la disponibilité des ressources. La densité de la population varie de 199 hbt/km2 à Grand-Popo à 8.595 à Cotonou. Les plus fortes densités sont retrouvées dans les grandes agglomérations de Porto-Novo, de Sèmè- Podji, d’Abomey-Calavi, tandis que les plus fortes densités rurales se trouvent surtout dans les communes périphériques de Porto-Novo, telles qu’Avrankou et Akpro-Missérété. 90 Les grandes agglomérations telles que Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et Sèmè-Podji détiennent le potentiel humain le plus élevé et par conséquent les plus fortes demandes en infrastructures socio-communautaires, en hygiène et assainissement d’une part et les plus grandes disparités de niveau de vies des populations d’autre part. Ces quatre communes totalisent 38 % de la population totale du Littoral. L’effectif important et le caractère jeune de la population du littoral constituent un facteur de pression et posent la problématique de la gestion rationnelle des ressources du territoire. 4.4. Enjeux infrastructurels : disparités dans le niveau d’équipement et de service Les inégalités de répartition et d’accès aux infrastructures socio-communautaires ne favorisent pas au plan social, la mise en œuvre des politiques d’aménagement du territoire qui visent un développement équilibré et durable, donc socialement viable et vivable. Il est nécessaire de faire ressortir ici ces disparités afin de mieux cerner le niveau de vie des populations du Littoral. ➢ L’accès à l’eau potable La Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB) et l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEP-MR) assurent la desserte en eau des populations respectivement des centres urbains et périurbains et dans les zones rurales du Littoral. L’accessibilité n’est pas équitable pour diverses raisons. Le Littoral dispose de 8.839 points d’eau, dont 7.913 fonctionnels, soit un taux de 19,04 % de points d’eau non fonctionnels. Le taux de desserte est globalement très faible, soit 33,38 %. Mais localement, les taux variant par commune ; c’est ainsi par exemple que la Commune d’Athiémé vient en tête avec 48,9 % de taux de desserte contre 12,4 % pour la Commune des Aguégués qui vient en dernière position. Théoriquement, en milieu rural et semi urbain, 66,62 % de la population ont recours à des alternatives telles que les puits traditionnels, les mares, les fleuves, les rivières, etc., ce qui ne met par ces populations à l’abri des maladies hydrofécales telles que le choléra et autres. En dehors de ces difficultés, l’analyse des disparités a pris également en compte la densité des infrastructures et le Rayon Moyen d’Action Théorique (MRAT) qui est la distance moyenne parcourue par les populations pour accéder au point d’eau le plus proche. La distance la plus longue parcourue se trouve dans la commune de Sèmè-Podji (1,08) tandis que la plus courte se trouve dans la commune d’Avrankou (0,24). Il ressort donc que seule la Commune d’Avrankou dispose de 5 points d’eau au kilomètre carré. Plusieurs communes ne disposent d’aucun point d’eau au kilomètre carré. La moyenne dans le Littoral est d’environ 1 point au Kilomètre carré. Au regard de la densité, il se pose un problème de répartition des points d’eau qui ne facilite pas l’accès aux populations. Elles parcourent entre 0,24 km à 1,08 km avant d’accéder aux points d’eau comparativement à la norme qui est de 0,2 km. ➢ L’accès à l’éducation Dans le secteur de l’éducation, le Littoral dispose de tous les ordres d’enseignements (les écoles maternelles, les écoles primaires, les collèges d’enseignement secondaire, technique et professionnel, et des centres de formation) tant dans le domaine public que privé. Selon les recommandations de l’UNESCO, l’enseignement primaire est obligatoire pour les enfants de 6 à 11. La généralisation d’un enseignement primaire de qualité induit un accroissement des infrastructures scolaires et du personnel enseignant. Un enseignement de 91 qualité exige le respect d’une certaine norme en matière d’équipement et de personnel. Ainsi, au Bénin, pour assurer un enseignement primaire de qualité, il faudrait en moyenne 50 élèves par classe et 50 élèves par enseignant contre 40 élèves par classes et 40 élèves par enseignant, selon les normes de l’UNESCO. Dans la perspective d’assurer le droit à une éducation de qualité à tous, conformément aux textes constitutionnels, législatifs, réglémentaires et administratifs en vigueur au Bénin, l’Etat et les autorités locales s’investissent depuis plusieurs années à accorder une priorité à la politique de développement des infrastructures scolaires et leurs équipements en matériels et mobiliers, et ce, suivant les normes EQF (Ecole de Qualité Fondamentale). Les normes dans ce secteur sont définies depuis 1995 pour favoriser les conditions d’éducation de qualité des enfants : les dimensions d’une salle de classe, la distance entre le tableau et les premiers tables-bancs, la superficie d’un établissement scolaire, l’espace nécessaire pour un élève en classe et dans la cour de l’école, l’effectif d’élèves par classe et par enseignant, etc. Les caractéristiques techniques en termes de mobiliers de bureau et d’aération des salles de classes sont également précisées. Mais dans la pratique, ces normes ne sont pas toujours respectées, soit par faute de moyens, soit par manque de rigueur ou absence de mécanismes adéquats de contrôle de l’application de ces normes. Dans le Littoral la situation au niveau de l’enseignement primaire n’est pas satisfaisante. En 2018 par exemple, le taux brut de scolarisation est inférieur à 65% au primaire dans les communes des Aguégués et Sô-Ava et le taux d’accès au primaire est inférieur à 30% à Aguégués. Pour les salles de classe, le tableau suivant donne une idée de la situation en 2016 et 2018 pour les départements concernés par la zone littorale (tableau 12) : Tableau 12 : Etat des salles de classe de l’enseignement primaire en 2016 et 2018 Départements 2016 2018 Bon Mauvais Total Bon Mauvais Total Atlantique 3166 1164 4330 3226 1264 4490 Couffo 2679 1031 3710 2534 833 3367 Littoral 1021 379 1400 857 464 1321 Mono 2354 860 3214 2066 781 2847 Ouémé 2923 1040 3963 2868 1178 4046 Plateau 1734 716 2450 1757 768 2525 Source : Annuaire statistique du MEMP et MESFTP, 2016 et 2018. En ce qui concerne, le taux de scolarisation dans la zone, les statistiques présentent des disparités d’une commune à l’autre. Selon l’annuaire des statistiques de l’année 2018 (MEMP et MESFTP), le taux brut de scolarisation (TBS) reste inférieur à 25% pour les communes comme Bopa, Aguégués et Sô-Ava. La moyenne pour les autres communes de la zone littorale reste à 65% alors que le Plan Sectoriel de l’Education (PSE) prévoit que le TBS de l’enseignement secondaire passera de 69% en 2015, à 81% en 2025 puis à 99% en 2030. Les défis sont donc grands dans cette zone où certaines localités restent difficiles d’accès. La zone littorale est composée de 24 communes réparties dans 06 départements 92 (Atlantique, Couffo, Littoral, Mono, Ouémé, Plateau). Un regard sur les chiffres en matière de salles de classe montre par exemple qu’au plan national, de 2016 à 2018, à l’exception du Couffo où il n’y a eu aucune salle de classe construite, le nombre de salles de classe construites varie par département entre 4 et 57 sur cette période. La situation se présente comme suit pour les départements concernés par la zone littorale (tableau 13) : Tableau 13 : Etat des salles de classe de l’enseignement secondaire en 2016 et 2018 Départements 2016 2018 Matériaux définitifs Matériaux provisoires Total Matériaux définitifs Matériaux provisoires Total Atlantique 1175 429 1604 1244 416 1660 Couffo 792 349 1141 764 361 1125 Littoral 676 62 738 678 64 742 Mono 879 224 1103 882 234 1116 Ouémé 1473 278 1751 1535 273 1808 Plateau 633 113 746 674 94 768 Source : Annuaire statistique du MEMP et MESFTP, 2016 et 2018. De 2018 à ce jour, des efforts se poursuivent pour pallier le manque de salle de classe dans les écoles et collègues afin d’atteindre les objectifs fixés dans le PSE à savoir la construction de 1384 salles de classe par an (1er et second cycles), soit 9750 salles à l’horizon 2030. ➢ L’accès à la santé On retrouve au niveau des communes du Littoral les formations sanitaires conformément à la pyramide sanitaire nationale. On distingue notamment un centre national hospitalier à Cotonou et dans les autres communes des hôpitaux de zone correspondant à une zone sanitaire regroupant plusieurs communes limitrophes, des centres de santé communaux et d’arrondissement et des dispensaires et maternités isolés. Les statistiques donnent quinze (15) hôpitaux et six cent quatre-vingt-dix (690) centres de santé. Le véritable problème des formations sanitaires, c’est leur faible plateau technique. Dans la plupart de ces centres de santé en effet, le plateau technique est très peu relevé et obsolète limitant ainsi la capacité d’intervention des agents de santé. A cela, il faut ajouter la disponibilité des ressources humaines de qualité et le niveau d’accessibilité des centres pour les populations qui résident parfois dans des zones enclavées et difficile d’accès. ➢ L’accès à l’énergie On observe une meilleure continuité d’infrastructures de transport et de distribution d’énergie électrique dans la zone littorale. Outre Cotonou, les infrastructures d’énergie électrique existent essentiellement dans les grandes agglomérations des communes du Littoral. Mais cette réalité est entachée par des « toiles d’araignées » qui jonchent encore certaines agglomérations et pour lesquels les efforts d’extension et de renforcement du réseau électrique qui se font ces dernières années vont permettre de conjurer au passé. 93 4.5. Enjeux de développement du secteur agricole A la lumière des contraintes identifiées au niveau du diagnostic stratégique et des problèmes majeurs auxquels le secteur agricole est confronté, quatre défis majeurs ont été mis en relief pour le développement durable du secteur. Il s’agit de : ▪ la couverture des besoins alimentaires et nutritionnels à travers la production locale et la sauvegarde des moyens d’existence pour les populations hommes et femmes ; ▪ l’accroissement des revenus pour les hommes et les femmes ; ▪ l’amélioration de l’attractivité de l’activité agricole et du milieu rural ; ▪ l’adoption par les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et pisciculteurs (hommes et femmes) des innovations pertinentes conduisant à atténuer l’empreinte carbone de l’agriculture. Ces défis devront être relevés dans un contexte marqué par les cinq enjeux majeurs que sont : ▪ l’option consistant à faire effectivement de l’agriculture la base de l’économie béninoise ; ▪ l’ouverture sur les marchés extérieurs ; ▪ l’optimisation des potentialités disponibles ; ▪ l’implication de tous les acteurs notamment des hommes, des femmes et des jeunes etc. ; ▪ l’assurance d’un développement agricole respectueux de l’environnement. 4.6. Enjeux environnementaux ➢ Difficultés liées à l’hygiène et à l’assainissement L'assainissement est un processus par lequel des personnes peuvent vivre dans un environnement plus sain. Pour ce faire, des moyens physiques, institutionnels et sociaux sont mis en œuvre dans différents domaines tels que l'évacuation des eaux usées et de ruissellement, l'évacuation des déchets solides, l'évacuation des excrétas et le traitement de tous ces éléments. La gestion des déchets solides ménagers est une préoccupation majeure dans le Littoral. De fait, il est observé la prolifération des dépotoirs sauvages dans les centres urbains, ce qui traduit la défaillance du système de gestion des déchets malgré l’existence des structures de pré-collecte dont les activités ne couvrent que quelques localités. En milieu rural, environ 98, 58 % des ménages n’ont pas un système de gestion adéquat des déchets. Les déchets sont incinérés par environ 63,49 % des ménages. Ensuite, le second mode utilisé par les ménages est le déversement direct dans les champs pour fertiliser les sols (34,78 %). Aucun tri ne se fait pour séparer les déchets par nature. Cette pratique expose les agriculteurs aux blessures et aux risques d’intoxication. Pendant la saison pluvieuse, les eaux de ruissellement entraînent des déchets non traités qui impactent négativement la qualité de l’air, de l’eau et du sol. Ceci favorise la dégradation des composantes environnementales et expose la population aux risques des maladies infectieuses et parasitaires. La gestion des excréta est confrontée à d’énormes difficultés ce qui constitue un sérieux problème aussi bien pour les écoles que les ménages. En effet, les cultures et les croyances limitent l’utilisation des latrines publiques. Même dans certains quartiers urbains, les latrines publiques sont délaissées au profit de la défécation à l‘air ou dans des trous très superficiels creusés pour la circonstance (Xula-condji à Cotonou, Gbècon à Grand-Popo). 94 ➢ Absence d’aménagement et de protection des berges Dans le Littoral, les berges des plans d’eau ne bénéficient pas encore des aménagements prévus pour y être installés. Pendant ce temps, ces espaces sont abusivement utilisés comme dépotoirs sauvages, lieux de regroupement des déchets solides ménagers par les pré-collecteurs. En réalité, cette situation est la conséquence de la défaillance des services techniques des communes côtières. Mais, ce faisant, les populations participent intensément au processus de comblement progressif des plans d’eau et à la contamination des produits halieutiques. De telles pratiques sont de plus en plus répandues avec des implications d’occupation anarchique. En effet, les populations procèdent dans un premier temps, par l’accumulation d’ordures sur ces lieux, en complicité avec les structures en charge de la pré-collecte. Dès que ces dépôts atteignent un niveau relativement élevé, ils sont étalés, aplanis et recouverts le plus souvent par une couche de sable. Par la suite, les populations commencent par y installer des abris de fortune (aux fins de leurs activités de pêche, de fumaison et de mareyage), puis des magasins de stockage et enfin des habitations en matériaux précaires. Cette pratique est très répandue sur les berges du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo. ➢ Effets des pratiques agricoles et de l’exploitation des ressources naturelles Les pratiques culturales s’effectuent avec des méthodes traditionnelles, la culture itinérante sur brûlis. Ces méthodes reposent le plus souvent sur des défrichements suivis d’abattage des arbres et puis du brûlis, entraînant ainsi la disparition de la flore, de la faune et des écosystèmes. Par ailleurs, les pratiques traditionnelles de jachère rotatoire et d’association des cultures, utilisation des résidus des récoltes, telles qu’elles sont employées de nos jours, ne suffisent plus à maintenir la productivité des terres, ce qui se manifeste par une baisse de la fertilité des sols due à l’épuisement des éléments nutritifs et la mise en culture des sols plus fragiles. Ces pratiques agricoles ont plusieurs effets négatifs sur l’environnement et notamment la destruction du couvert végétal et l’accroissement de la dégradation des terres agricoles. L’exploitation forestière accentue la dégradation environnementale, car elle provoque non seulement la perte de la biodiversité, mais également la pollution atmosphérique due aux pratiques de carbonisation. Les sols, une fois déboisés sont érodés avec comme conséquences la baisse de la productivité, le comblement des plans d’eau voisins et la réduction de la capacité de séquestration des GES. La même situation du déboisement/déforestation engendre d’énormes pertes des éléments de la diversité biologique en particulier la disparition de certains animaux et espèces végétales, très recherchés dans la pharmacopée. ➢ Pollution atmosphérique La pollution de l’air dans les villes du littoral béninois devient de plus en plus une préoccupation de santé publique. En effet, avec l’accroissement du parc automobile et le développement des taxi-motos dans les grandes villes du pays, la dégradation de la qualité de l’air s’accentue. Cette pollution atmosphérique se caractérise par d’épaisses fumées opaques et la poussière soulevées au cours de la circulation (Mama D. et al., 2013). Elle est due principalement aux émissions de gaz des pots d’échappement des véhicules et des motos au niveau des grandes artères et des carrefours. A cela s’ajoute la pollution due aux 95 activités industrielles (cimenterie, brasserie, etc.), l’incinération de déchets (pneus, sachets plastiques, etc.). A Cotonou, capitale économique du pays, le nombre de taxi-motos appelés communément « Zémidjan », est passé de 96.095 en 2005 à plus de 140.000 en 2019 (Mairie de Cotonou). La pollution atmosphérique à Cotonou et à Abomey-Calavi est également imputable aux voitures et gros porteurs vétustes d’occasion importés par le biais du commerce import- export. Les taux de monoxyde de carbone et de dioxyde d’azote produits par ces motos et autos dépassent souvent le seuil retenu par la réglementation fixant les normes de qualité de l’air en République du Bénin (Décret N° 110 du 4 Avril 2001). En 2013, le carrefour du grand marché Tokpa de Cotonou présente les plus forts taux mesurés avec un maximum de 214,7 mg/m3 de CO. Ces taux excessifs des gaz toxiques dans l’atmosphère constituent des dangers publics (Mama D. et al., 2013 ; Ahounou Aïkpe F. J. et al., 2015). Des efforts importants ont été engagés par l’Etat béninois pour la suppression des motos à 2 temps, véritables sources de pollution de l’air, au profit des motos à quatre temps. Depuis 2016, le Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable (MCVDD) a spécifiquement accentué la répression dans le cadre des dispositions légales de la lutte contre les diverses formes de pollution et la mise en application du principe « pollueur- payeur », notamment à travers le contrôle des véhicules motorisés. ➢ Ouverture des carrières Les activités extractives sont limitées à l’exploitation des matériaux de construction : carrières de sable silteux, de sable jaune, de latérite et de graviers roulés dans les anciens lits de rivières et les marais asséchés (communes de Porto-Novo, d’Abomey-Calavi, de Ouidah, de Kpomassè, de Comè, de Houéyogbé, d’Allada…). Les cubages exploités sont mal connus. En 2008, le gouvernement béninois a pris le décret N°2008-615 du 22 octobre 2008 portant interdiction du prélèvement du sable le long des plages et dans la zone du chenal comprise entre son embouchure et l'ancien pont de Cotonou. Les conséquences néfastes de l’exploitation du sable marin sur l’environnement de la berge, le désir d’assurer aux populations un environnement sain et la conscience qu’une bonne utilisation des ressources naturelles doit tendre vers un équilibre entre les besoins de l’Homme et les possibilités de la nature à les satisfaire, ont motivé la fermeture de ces carrières de sable marin au profit de celles des sables lagunaires (Djakou, 1996)1. Cette extraction du sable lagunaire s’inscrit alors dans une logique d’exploitation des gisements de sable continental en substitution au sable marin pour réduire la pression sur la côte béninoise qui est confrontée aux problèmes environnementaux (H. Kombiéni, 2016 : 185)2. Depuis, la dérivation des acteurs vers les espaces fluvio-lagunaires pour la satisfaction de leurs besoins en sable, notamment pour la construction, l’extraction et le commerce du sable fluvio-lagunaire fleurit dans certaines communes du littoral. Cette activité constitue aujourd’hui une nouvelle branche économique qui occupe plusieurs acteurs (promoteurs, chefs chantiers, conducteurs, chargeurs, caissiers, courtiers, etc.). Elle est régie par des textes. Cependant, les cours d’eau soumis à ces dragages artisanaux ne disposent pas forcément de plans d’aménagement 1 Djakou T. R. et al., 1996, Ecologie / Géologie, Afrique Intertropicale 2nde A, C ; 1ère C, D, Bordas, 168 p 2 Kombiéni H., 2016, « Les impacts environnementaux et socio-économiques de l’exploitation du sable lagunaire dans la commune de Grand-Popo (BENIN) », Revue de Géographie de l’Université Ouaga I Pr Joseph KI- ZERBO, N° 05, Vol. 2 96 durable. Or, sans ces plans, on se surprendra de découvrir les dégâts occasionnés par cette activité comme cela a été le cas pour l’espace intertidal (avancée de la mer du fait de l’extraction du sable marin). En dépit des impacts positifs qui émanent de l’activité, certains éléments du milieu naturel sont touchés et dégradés. Ces carrières de sable et de graviers roulés constituent une véritable catastrophe environnementale : destruction d’habitats de la faune aviaire et de l’aquafaune, destruction d’espèces végétales des zones humides, pertes de terres agricoles, principalement dans les communes du sud-ouest. L’air, l’eau, le sol, la flore, et la faune sont les plus touchés par l’exploitation du sable fluvio-lagunaire. On peut enregistrer à terme des nuisances graves pour la biodiversité, les écosystèmes, l’eau et le climat (destruction de la couverture végétale). La biodiversité et les écosystèmes sont les premières victimes de l’extraction des sables et des graviers roulés, qui porte atteinte à la soutenabilité des organismes et des habitats. En plus de mettre en péril une biodiversité essentielle au bon fonctionnement des écosystèmes marins et fluvio-lagunaire, les bouleversements de la faune et de la flore générés par l’extraction ont lieu au détriment d’autres secteurs économiques, comme la pêche par exemple. Le secteur agricole peut aussi être touché à cause de l’érosion des terres arables bordant les cours d’eau et de la diminution du niveau des nappes phréatiques (J. Bueb et L. Pamart, 2019)3. L’activité d’exploitation génère de la pollution, mais elle peut aussi élargir le lit des rivières, ralentir ou accélérer le rythme d’écoulement, réduire la capacité de stockage d’eau dans l’aquifère, accroître la fréquence et l’intensité des inondations ou exacerber l’occurrence et la gravité des sécheresses4. En résumé, l’extraction de sable compromet la qualité et la disponibilité de l’eau (J. Bueb et L. Pamart, 2019). Outre le sable fluvio-lagunaire, plusieurs carrières de sable et de gravier sont en cours d’exploitation ou abandonnées sur la partie continentale de la zone du littoral béninois. Ces carrières sont ouvertes anarchiquement et sans aucune étude préalable. Après leurs exploitations, elles sont abandonnées sans aucune forme d’aménagement ou mise en valeur. Ainsi, trois (03) grands types habitats sont souvent observés autours des carrières abandonnées. Il s’agit des formations post-culturale et culturale (fourrés, champs et jachères), des savanes arbustive et arborée et des formations marécageuses (prairies marécageuses, mangroves et savanes périodiquement inondées). Ces formations abritent une diversité d’espèces floristique et faunistique. L’analyse de l’impact environnemental et socio-économique des activités de carrière montre qu’elle a des conséquences environnementales qui se manifestent par la pollution de l’air, des cours et plans d’eau, la destruction du couvert végétal et l’intensification de l’érosion. Il ressort également des analyses que les carrières génèrent des revenus importants aux exploitants et aux communes riveraines de la réserve. L’ouverture des carrières de sables, de latérite et de graviers constitue une activité dommageable aux ressources naturelles. Les contraintes majeures au développement cette activité sont : l’inorganisation des exploitants, l’exploitation irrationnelle des gisements, le manque de capitaux pour l’acquisition de matériels et équipements appropriés par les 3 Julien Bueb, Lina Pamart, 2019, « Géopolitique du sable. Entre rareté, conséquences environnementales et enjeux diplomatiques », la revue géopolitique. 4 G. Mathias Kondolf, 1997, « Hungry water : effects of dams and gravel mining on river channels », Environmental Management 21 (4), 553-551. 97 exploitants et l’insuffisance des mesures et des moyens de l’Etat pour promouvoir une exploitation rationnelle des carrières et restaurer les sites miniers déjà exploités. Sur le plan environnemental, cette activité favorise non seulement l’érosion, mais également la destruction du couvert végétal et de la faune sauvage. De plus, aucune mesure n’est prise après l’exploitation de ces carrières en termes de compensation. Le tableau ci-dessous présente l’analyse SWOT du diagnostic territorial de l’aménagement du littoral béninois. Tableau 14 : Analyse SWOT du diagnostic territorial de l’aménagement du littoral FORCES FAIBLESSE DETERMINANTS NATURELS - Relief peu accidenté ; - Diversité de l’assiette pédologique ; - Richesse en biodiversité ; DONNEES HUMAINES ET INSTITUTIONNELLES - Réalisation des Epis de protection - Forte croissance démographique ; - Existence des institutions et structures aux niveaux local et régional ASPECTS SOCIO- ECONOMIQUES - Existence de pôle de développement économique ; - Existence des marchés à caractère international et régional ; - Présence d’une Zone Franche industrielle ; - Fortes activités agricoles et de pêche ; - Développement des activités touristiques ; - Erosion côtière ; - Disparition des écosystèmes de mangroves et menace de leur suivie - Occupation anarchique de l’espace et des zones inondables ; - Urbanisation spontanée et non maîtrisée ; - Pression sur les ressources naturelles - Pression foncière et occupation des zones impropres à l’habitation - Existence de fortes disparités en infrastructures socio-communautaires ; - Détérioration des terres agricoles ; OPPORTUNITES MENACES - Disponibilité des instruments juridiques de portée internationale et nationale ; - Existence des institutions de conception et de mise en œuvre des politiques d’aménagement du territoire - Disponibilité des partenaires techniques et financiers ; - Intervention de l’Etat ; - Disponibilité des documents de planification stratégique. - Hausse du niveau de la mer et aggravation des inondations récurrentes ; - Insécurité frontalière et transfrontalière ; - Evasion fiscale ; 98 Partie 2 : Aménagement 99 V- ORIENTATIONS STRATEGIQUES 5.1. Préserver la biodiversité du littoral et les habitats naturels La zone du littoral béninois est composée d’une biodiversité remarquable en termes de flore et de faune. Les habitats naturels de cette biodiversité jouent un rôle majeur dans l’équilibre global de l’écosystème de ce littoral. Dans le même temps la bande côtière joue un rôle primordial dans le développement socioéconomique de notre pays au regard de l’importance des activités économiques qu’elle abrite. Malheureusement, ses différentes composantes environnementales sont en proie à des menaces d’origines naturelles et anthropiques qui risquent de compromettre sa durabilité. Il faudra alors procéder à : 5.1.1. Délimitation et la protection des espaces écologiquement sensibles La bande littorale est en contact avec des zones humides qui constituent des aires fluvio- lagunaires composées essentiellement de mangroves qui jouent un rôle important dans le renouvellement de la faune aquatique des zones humides et maritimes. La protection de ces espaces contre l’extension agricole, contre les installations humaines et contre le comblement (due aux transferts de sédiments continentaux et à la mauvaise gestion des déchets) s’impose pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle. Il en est de même pour les plans d’eau de toute la zone du littoral (fleuves, lagunes, rivières) qui communiquent avec ces espaces et qui participent à leur équilibre naturel. 5.1.2. Préserver les terres agricoles et réguler l’exploitation des ressources naturelles Il s’agira de procéder à : • Un zonage, une conservation et une protection des espaces forestiers du littoral ; • Une rationalisation de l’extension des aires agricoles au détriment des zones naturelles ; • Un aménagement des zones hydro-agricoles et zones humides des communes afin d’accroître les rendements ; • Une limitation de l’exploitation anarchique des ressources minières et restauration des carrières en les conditionnant par la délivrance des autorisations d’exploitation et une implication du contrôle des Collectivités locales. 5.2. Limiter la pollution de la bande côtière Les sources de pollution du milieu marin et de la bande côtière sont multiples. Il convient par conséquent de procéder ainsi qu’il suit : • Pour les Installations industrielles : une maîtrise des rejets et effluents au travers d'un dimensionnement adéquat des installations de traitement des effluents, d’un entretien régulier et suivi de ces installations, de la mise en place d’un réseau de collecte suffisant conformément à la règlementation en vigueur ; 100 • Pour les épurations des boues de vidanges : multiplier les installations modernes des stations d’épuration, en dehors du projet en cours, assorties des possibilités d’un traitement convenable des boues de vidanges et dérivés avant tout rejet en milieu marin ; • Les installations touristiques : une extension des compétences de la SGDS-GN dans les zones touristiques au-delà du Grand Nokoué en vue d’une collecte des déchets assortie de possibilité de tri et valorisation et enfouissement résiduel ; • Maintien de la salubrité des plages : Poursuivre et généraliser la politique de nettoyage systématique des plages pour la conservation de leur éclat ; • Pour la gestion des déchets : Limitation de la gestion calamiteuse des sachets plastiques et tout autre déchet plastique qui pourrait se traduire par la mise en œuvre rigoureuse de la loi sur la gestion des déchets plastiques. 5.3. Maitriser la dynamique du trait de côte La marée au Bénin est de type semi-diurne. Les marnages extrêmes observés sont +1,95 m et -0,50 m. Les houles arrivent du sud-ouest et la dérive littorale se fait, d’Ouest en Est (Degbe et al., 2017). Les principaux apports de sédiments sont, soit d’origine fluviale, soit issus de l’érosion côtière tandis que, le transport littoral et la remontée relative du niveau de la mer sont les principaux facteurs qui occasionnent les pertes de sédiments. Les études ont montré que « La construction d’un port sur le littoral constitue une barrière pour le transit sédimentaire, s’effectuant parallèlement à la plage grâce au courant de dérive littorale, et rompt le système de barres d’avant-côte. Pour les trois types de barrières, il en résulte une accumulation rapide en amont du transit du port (progradation du trait de côte et accrétion de l’avant-côte) et une érosion en aval (recul du trait de côte et érosion de l’avant-côte) ». Il est évident que la construction du port constitue le facteur majeur qui a entraîné l’érosion des côtes à Cotonou. L’influence des ouvrages portuaires comme facteur majeur de perturbation de la dynamique du trait de côte s’avère, si évidente qu’elle est généralement prédite comme il a été le cas pour le port de Cotonou (Sireyjol, 1977). Plusieurs mesures de protection de cette côte sont prises par les autorités pour remédier à ces problèmes mais non sans conséquences. « Si de façon globale les épis protègent les côtes localement, différentes études ont évalué l’impact des épis à l’aval du septième épi et ont relevé leur construction comme un facteur d’accélération du processus érosif à l’Est du dernier épi, dans la commune de Sèmè-Podji (Assogba, 2018) ». Cette observation se confirme par les visites de terrain. Par conséquent il faudra : 101 5.3.1. Poursuivre la mise en œuvre des ouvrages de protection du trait de côte Plusieurs ouvrages sont connus pour la protection de la côte contre l’érosion. Mais ces ouvrages qui peuvent être des épis ou des brise-lames ont un caractère local de protection. Il est important que les efforts se poursuivent (par exemple à l’Est du dernier Epi de siafato et surtout à Ekpè Houta). D’autres alternatives de protection devraient se poursuivre le long des côtes de la commune de Sèmè Podji en particulier et sur d’autres fronts de la côte en général, pour venir à bout du problème de l’érosion. C’est pourquoi nous préconisons : • la poursuite de l’érection des ouvrages de protection (épis et brise-lames) sur les portions Hillacondji –Djondji et Sèmè Houta -Kraké ; • la variation des solutions ou techniques de protection en recourant aux rechargements des plages par endroits par dragage du milieu marin ; 5.3.2. L’observation d’un fort recul par rapport au trait de côte pour les aménagements urbains ; Mettre en place un dispositif de suivi de la dynamique du trait de côte La mise en œuvre de cette mesure prend en compte : • le suivi continu du trait de côte à travers des études régulières de sa position ; • l’installation d’un marégraphe au niveau des côtes pour surveiller l’évolution du niveau de la mer afin que les stratégies de gestion puissent tenir compte des variations qui surviendront avec le changement climatique. 5.3.3. Recourir également à des méthodes simples de protection Des mesures moins onéreuses peuvent être préconisées pour contribuer aussi à stabiliser le trait de côte telle que : • la végétalisation accrue de certaines parties des plages ; • la limitation du piétinement de la plage par des aménagements appropriés. 5.3.4. Impliquer les collectivités locales dans la protection du trait de côtes La lutte contre l’érosion côtière et surtout le suivi de la dynamique des traits de côte n’est pas seulement le rôle de l’état central. Elle peut passer par : • la sensibilisation des conseils communaux aux enjeux de l’érosion et sur les mesures préventives ; • la sensibilisation et l’implication des ONG et autres associations locales de chaque commune sur les mêmes enjeux ; • la délimitation des bandes côtières par tranche communale et la végétalisation des plages selon chaque commune ; 102 • la promotion du reboisement ou du maraichage sur les espaces proches du trait de côte ; • la sensibilisation des populations et élus sur le recul par rapport au trait de côte pour les installations humaines. 5.4. Maitriser et réguler l’urbanisation galopante de la zone du littoral et créer d’autres polarités sur le continent en dehors du littoral L’urbanisation galopante a montré une préférence de l’installation de la population dans les zones côtières. L’histoire des villes pour la plupart celles portuaires, assortie des aménagements industriels et touristiques justifie à suffisance l’engouement historique des installations humaines à se mettre le long des côtes. L’implantation des grands équipements, le développement de la pêche industrielle et artisanale s’ajoute et justifie aisément le phénomène. Ce rayonnement historique des villes portuaires est toujours accompagné de l’exode rural. Il en résulte une occupation urbaine de la bande côtière qui, avec le phénomène de l’avancée de la mer expose dangereusement la vie de nos populations. L’urbanisation des côtes impacte aussi négativement l’environnement marin (pollution, déversement des déchets solides ménagers et industriels, destruction des écosystèmes marins et littoraux…). Elle contribue à accentuer l’érosion par le phénomène d’exploitation des carrières de sables mais également par la perturbation de la dérive littorale. Par conséquent la lutte contre l’érosion doit passer par : 5.4.1. La création d’autres polarités urbaines à l’intérieur des continents en dehors du littoral Une attention particulière devra être apportée au développement des villes de l’intérieur (Allada, Abomey, Bohicon, Dassa, Lokossa, Parakou, Natitingou, Kétou, Kandi, Malanville…) grâce à une meilleure politique d’aménagement du territoire qui corrige les disparités régionales. A cet effet, on peut se référer aux orientations du plan directeur d’aménagement du pôle Sud. Ceci devra conduire à : • l’Identification et le développement des pôles urbains continentaux ou de l’intérieur (villes primaires ou secondaires) afin de réduire la pression sur le littoral ; • la Planification de leur extension et leur densification ; • la Promotion des investissements annuels d’infrastructures, d’équipements administratifs majeurs et de production de logements. 5.4.2. Elaborer et mettre en œuvre les documents de planification spatiale pour tous les centres urbains du littoral Ces outils devront nous permettre de maitriser le phénomène de l’étalement urbain et les installations anarchiques des populations. Leur élaboration et leur mise en œuvre devront précéder les installations des villes, tenir compte du recul suffisant aux traits de côte (routes, équipements de super structures et logements). Cette mesure priorise : 103 • l’élaboration des Schémas Directeurs d’Aménagement Communal (SDAC) pour les communes rurales ; • l’élaboration des Schéma Directeurs d’Aménagement Urbain ou Plans Directeurs d’Urbanisme pour les grandes agglomérations ; • la conception des lotissements qui tiennent compte des orientations des documents élaborés (PDU, SDAC, SDAU) ; • la mise en œuvre effective de ces documents de planification avec l’accompagnement de l’Etat. 5.5. Mieux planifier et protéger les aménagements industriels et touristiques Avoir une façade maritime est un privilège et un atout majeur de développement. Ceci permet de mettre en place des politiques publiques d’aménagement touristiques et industriels en vue de valoriser la nature et de booster l’économie. Disposer de côtes permet également de s’ouvrir sur le monde entier grâce aux échanges maritimes. Une planification de ces aménagements dans les règles de l’art selon les principes qui protègent la biodiversité assure un développement harmonieux mais offre également des opportunités inédites de protection de ces réalisations. Ceci devra tenir compte de : • le respect d’un recul de 200 m minimum du rivage pour leur implantation conformément aux dispositions de la Loi n°2018-10 du 02 Juillet 2018 ; • la Promotion des ouvrages de protection notamment des brise-lames ou des dunes de protection par rechargements réguliers. 5.6. Prévenir et intégrer les effets des changements climatiques dans la gestion de la bande côtière D’après le GIEC (Groupement International d’Experts sur le Climat), le Bénin fait partie de la liste des pays particulièrement vulnérables vis-à-vis des changements climatiques futurs. De ce fait plusieurs phénomènes sont à prévoir dont : - une montée du niveau de la mer et de la lagune ; - une modification des évènements extrêmes tels que : tempêtes, inondations Pour prévenir ces dangers, on préconise : ▪ l’élaboration et la mise en œuvre des plans directeurs d’assainissement des eaux pluviales des agglomérations situées sur la bande côtière (Cotonou, Ouidah, Abomey Calavi, Grand-Popo) sur le moyen et long termes tenant compte des changements climatiques ; ▪ la réalisation effective des ouvrages d’assainissement d’eau pluviale ; ▪ la végétalisation de la bande littorale et surtout de la bande côtière pour lutter contre l’érosion éolienne dont l’impact sur les sédiments est non négligeable ; ▪ le reboisement intensif des berges ; ▪ la protection des zones de contact et d’échange entre la mer et les plans d’eau ; 104 ▪ le dragage des plans d’eau continentaux en contact avec la mer (Avlo, Aho, Djondji, lagune de Ouidah). 5.7. Améliorer le bien-être des communautés riveraines Le développement durable de la zone du littoral est un processus global. Il ne doit pas se limiter aux aménagements des ouvrages de protection uniquement. La préservation du complexe lagune-fleuve-mer doit s’inscrire durablement dans la prise en compte des villages alentours. Pour cela Il est important de prendre en compte : • la desserte en eau potable de toutes les unités villageoises de toute la bande côtière ; • la construction des toilettes publiques dans toutes les unités villageoises de toute la bande côtière ; • le renforcement des Activités Génératrices de Revenus dans toutes les unités villageoises de toute la bande côtière afin de limiter les pressions anthropiques sur les écosystèmes fragiles ; • la promotion du dragage des plans d’eau et la protection des mangroves ; • la protection périodique des embouchures. 5.8. Améliorer le cadre juridique, institutionnel et la coordination des acteurs dans la protection du littoral La mise en place et l’animation d’un cadre juridique, institutionnel cohérent et efficace nécessite : ▪ le renforcement de la législation et la règlementation sur la mise en valeur et la protection du littoral ; ▪ la mise en place et la dotation de moyens adéquats d’une Agence/ observatoire national de gestion et de protection des berges et côtes et des lagunes du littoral ; ▪ une autorité communale de suivi du trait de côte (composée des riverains, associations, ONG et élus) ; ▪ un cadre de concertation départemental des communes côtières. VI- Scénarisation et Postulat 6.1. 1er Scénario : la continuité ou fil de l’eau Les principes de ce scénario sont basés sur les évolutions actuelles en cours dans le Littoral qui sont entre autres : • une occupation anarchique des écosystèmes fragiles et leur permanente dégradation ; • une poussée du front urbain sans tenir compte du respect écologique du milieu ; • une gestion peu concertée des acteurs sur les modes d’exploitation des ressources naturelles locales etc. 105 Le postulat de ce scénario se repose sur les résultats du diagnostic territorial et s’inscrit dans une tendance de continuité des stratégies de développement actuelles marquées par l’existence des disparités et de nombreux problèmes fonciers d’une part, les difficultés de gestion d’autre part. A travers, ce scénario les impacts s’inscriront dans les tendances actuelles. Il s’agit de : • la dégradation de l’environnement et des écosystèmes fragiles ; • la difficulté à gérer le cadre de vie des populations due aux pressions de la poussée démographique et de la forte anthropisation des rivages du Littoral, des écosystèmes fragiles et des zones Ramsar ; • l’agriculture itinérante sur brulis, l’exploitation artisanale des gisements miniers ; • l’absence des documents de planification spatiale ; • l’occupation anarchique due à l’étalement urbain ; • les disparités en infrastructures sociocommunautaires. Au plan institutionnel, au niveau local chaque commune travaille pour son développement sans tenir compte de l’environnement régional et des écosystèmes intégrés du Littoral sans une franche collaboration avec les services déconcentrés, ni un cadre de concertation efficace sur les actions à mener au niveau du Littoral. Les menaces ne seront pas anticipées et les opportunités seront très peu valorisées par chaque commune dans la mesure de ses possibilités. 6.2. 2ème Scénario : une gestion optimale du littoral Ce scénario contracté visera à rendre le Littoral béninois écologiquement stable, économiquement performant et socialement vivable. Au regard de ce principe, le postulat de ce scénario se repose sur : • la correction des disparités socio-spatiales ; • la maitrise des enjeux environnementaux et la réduction des dégradations environnementales ; • la préservation des écosystèmes fragiles et leur protection ; • le renforcement des capacités des acteurs et des populations locales ; • la maitrise de la gouvernance urbaine et la préservation des zones de production agricole ; • la valorisation des potentialités du Littoral avec un souci de préservation ; • l’ouverture des voies et le désencombrement des exutoires naturels ; • l’élaboration et la mise en œuvre des documents de planification spatiale et de gestion sociale. 6.3. 3ème Scénario : le scénario catastrophe Le scénario pessimiste, est un scénario catastrophique où toutes les hypothèses sont fortement alarmistes. Il est basé sur le principe de déséquilibre environnemental, socio- économique et institutionnel. Il a donc pour postulat : • l’accentuation de l’érosion du Littoral marquée par la disparition de plusieurs villages et quartiers de villes ; • la destruction totale de la mangrove et du couvert végétal ; 106 • la pollution des cours et plans d’eau • la littoralisation sauvage et une forte pression sur les ressources naturelles ; • le dépassement des infrastructures sociocommunautaires en termes de réponse aux besoins et l’occupation totale des zones impropres à l’habitation. Le plan institutionnel est marqué par le blocage des institutions de gestion du Littoral et les collectivités locales avec des conflits internes et l’inaction des autorités au niveau national. 6.4. Critère de Comparaison des scénarii La comparaison des scénarii sera faite sur la base des critères et sous-critères suivants résumés dans le tableau ci-dessous : 1. Ecosystèmes du littoral a. Préservation des zones humides b. Préservation des mangroves c. Préservation de la biodiversité d. Pollution 2. Lutte contre érosion a. Erosion 3. Préservations des ressources naturelles a. Protéger les aires forestières a. Optimiser les aires agricoles b. Protéger les zones humides c. Protéger les carrières 4. Dynamiques urbaines ou urbanisation a. Urbanisation galopante (étalement urbain) b. Préservation des terres agricoles c. Préservation des espaces forestiers d. Réduction des zones humides 5. Amélioration du bien-être des populations a. Gestion des déchets b. Amélioration de niveau de revenu des populations c. Assainissement et maîtrise des eaux pluviales 6. Démographie a. Explosions démographiques b. Pressions sur les écosystèmes 7. Economie a. Développement agricole b. Développement d’activités industrielles c. Développement touristique 107 d. Activités commerciales 6.5. Comparaison et choix du scénario Comme nous l’avons évoqué dans la partie introductive, les notes de la grille varient de -1 à 2 (-1 : mauvais ; 2 : bon) Après pondération selon les critères, le tableau suivant résume la situation pour le choix du scénario idéal. Tableau 15 : Synthèse de la pondération des critères de comparaison des scénarios Critère de choix Sous critère de choix Scénario : fil de l’eau Scénario : gestion optimale Scénario : catastrophe 1. Etat des Ecosystèmes du littoral Préservation des zones humides 1 2 -1 Préservation des mangroves 1 2 -1 Préservation de la biodiversité 1 2 -1 Pollution 1 1 -1 2. Lutte contre érosion Erosion 1 1,5 0 3. Préservations des ressources naturelles Protéger les aires forestières 1 1,5 -1 Optimiser les aires agricoles 1 1,5 0 Protéger les zones humides 1 2 0 Protéger les carrières 1 1 0 4. Dynamiques urbaines ou urbanisation Urbanisation galopante (étalement urbain) 1 1 2 Préservation des terres agricoles 1 1,5 0,5 Préservation des espaces forestiers 1 1,5 0,5 Préservation des zones humides 1 1,5 0,5 108 5. Amélioration du bien-être des populations Gestion des déchets 1 2 0 Amélioration de niveau de revenu des populations 1 1 1 Assainissement et maîtrise des eaux pluviales 1 1,5 0,5 6. Démographie Explosions démographiques 2 1,5 2 Pressions sur les écosystèmes 1 1,5 2 7. Economie Développement agricole 1 1,5 0,5 Développement des activités industrielles 1 1,5 2 Développement touristique 1 1,5 2 Activités commerciales 1 1,5 2 Notation totale 23 33,5 10,5 Appréciation finale Le scenario probable est celui de la gestion optimale du littoral Il ressort de l’analyse critériée des trois (03) scénarii que celui de la gestion optimale du littoral est à retenir. Ce scénario contracté permettra de rendre le Littoral béninois écologiquement stable, économiquement performant et socialement vivable. VII- ZONAGE La détermination des grandes zones du territoire indique à quelle fin les différentes parties du territoire seront utilisées. Elle répond donc aux besoins d’usage, notamment en matière d'espaces agricoles, forestiers, résidentiels, industriels, de conservation etc. Dans le cadre de la présente mission, ces affectations sont étudiées en fonction de la vocation proposée par le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), des orientations proposées pour le SDAL, des dispositions législatives et réglementaires en vigueur au Bénin. Dans le cadre de la présente étude, le littoral béninois a été subdivisé en deux (02) sous- zones. Il s’agit de la zone du littoral stricto-sensu et la zone continentale. 109 La géomorphologie du littoral béninois et la complexité de son écosystème riche et variée ne nous permettent de faire un découpage linéairement perpendiculaire au rivage. Dans le cadre de la présente étude, nous avons considéré un zonage qui présente deux grandes catégories de zone à savoir : ➢ la bande côtière : Les subdivisions de la bande côtière stricto-sensu ; ➢ la zone littorale continentale qui s’étend après les communes de la côte. Si la première zone prend en compte les espaces qui bordent la mer, la seconde plus continentale englobe un espace plus large. Dans la bande côtière stricto sensu nous allons distinguer notamment : - les zones urbaines ; - les zones touristiques ; - les zones portuaires ; - les zones industrielles ; - les zones naturelles. Dans la 2nde catégorie du zonage nous allons aborder les zones continentales du littoral. Ainsi on va distinguer : - les zones urbaines ; - les zones agricoles ; - les zones forestières ; - les zones touristiques (et écotouristiques) ; - les zones humides (lagunes, fleuves, rivières, marécages) ; - les zones minières (carrières et autres zones) ; - les zones d’activités économiques. 7.1. Bande côtière stricto-sensu La zone stricto-sensu du littoral n’est rien d’autre que la bande côtière qui couvre les communes de Grand-Popo, Ouidah, Abomey-Calavi (Quartier Togbin de l’arrondissement de Godomey), Cotonou et Sèmè-Podji. Le zonage projeté dans la bande côtière du littoral béninois se présente ainsi qu’il suit : 1. Les zones urbaines ; 2. Les zones touristiques ; 3. Les zones portuaire et aéroportuaire ; 4. Les zones Industrielles ; 5. Les zones naturelles. Le tableau suivant permet de synthétiser les caractéristiques, les dynamiques, les enjeux ainsi que les mesures préconisées. 110 7.1.1. Zones urbaines de la bande du littoral Les zones urbaines du littoral stricto-sensu se concentrent sur les zones déjà urbanisées et celles en cours d’urbanisation. Il s’agit notamment de zones à urbaniser ou zones d’extension urbaine dans chacune des communes selon le tableau suivant : Commune Zones (quartiers concernés) Grand-Popo Agoué et grand Popo centre Ouidah Nord : Gbéto nord extension Sud : Sogbadji, Houèto, Ganlononcodji Nord -Ouest : extension au-delà de la RNIE Gbéna extension : Tovè, kpassè, Pahou Abomey-Calavi Togbin et tout l’Arrondissement de Godomey Cotonou Toute la commune Sèmè - Podji Djeregbé extension (Yagbé, houèkè ; zoungo ; kètomè, Djeregbé Est : Tori Agonsa, Hounlida, Tchonvi (Ayimlonfidé) Zone carrefour sèmè : Côté sud : Okoun Sèmè, Kopé ganmè ; Semè Dandji Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener : Bande côtière BC1 : zones urbaines Caractéristiques Bande sablonneuse en majorité, en partie adjacente au système lagunaire, caractérisée par une extension urbaine remarquable, une explosion démographique, représentée par des centres urbains de tailles variables mais parfois continus ; Une urbanisation incontrôlée caractérisée par l’étalement dû à une occupation anarchique. Développement depuis 2001 Extension et densification non maitrisée Dynamique Une agglomération saturée et attractive qui s’étale : Cotonou, Abomey- Calavi et Sèmè-Podji et Porto-Novo ; Un étalement urbain important avec l’urbanisation de zones impropres à l’habitation (marécages…) ; Une concentration importante de projets sur le littoral Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers, une pollution atmosphérique liée à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles ; - Risque de régressions des milieux naturels dû à la pression urbaine ; - Risque d’insécurité foncière dû aux opérations d’aménagement non 111 maitrisées et une occupation des zones impropres à l’habitation ; - Insécurité des installations humaines à cause de l’érosion côtière, la dynamique du trait de côte, et aléas liés aux changements climatiques - Sous équipements ; - Inondations. Parti d’aménagement Dépend des différents documents d’aménagements sectoriels ou locaux (SDAC, Plan directeur d’urbanisme, schémas directeurs d’aménagements urbains, Plans d’aménagements touristiques Observation du recul des occupations Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Modérés Suivi observation Réguliers 7.1.2. Les zones touristiques Le littoral béninois dispose d’un patrimoine touristique naturel impressionnant fait de plages, de côtes, de zones naturelles. Pour mettre en valeur ce patrimoine, le gouvernement béninois a fait l’option de l’aménagement et la construction de plusieurs complexes touristiques, de zones balnéaires (…) sur la bande côtière. Ainsi, la zone touristique du littoral stricto-sensu s’étend sur les communes de Cotonou, Sèmè-Podji, Grand Popo et Ouidah. Le tableau suivant résume les zones concernées : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Grand-Popo Avlo, Gbékon Ouidah Djondji, Djègbadji, Avlékété, Houakpè Daho Littoral (avlékété, Djègbadi et Houakpè Daho) et centre-ville (Zomahi, Dangbéhouè, Fonsramè, Tovè, Tovè Dénou, Sogbadji, Dokomè, Zoungbodji…) Abomey-Calavi Togbin daho, Togbin kpèvi Cotonou Fidjrossè, Cadjèhoun, Donatin Sèmè - Podji Ekpè plage, Djèrègbé Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener : Bande côtière Bande côtière : BC2 : zone touristique Caractéristiques Elle est matérialisée par une majeure partie des 125km de côte ; bande sablonneuse en majorité, en partie adjacente au système lagunaire ; le littoral disposant d’un potentiel touristique assez remarquable. Un espace 1 1 112 potentiel dédié aux aménagements balnéaires ; existence d’aires protégées de développement de faunes marines particulières Développement depuis 2001 Extensions dues aux développements de projets d’envergures inscrits au PAG Dynamique Début d’aménagements de complexes hôteliers et d’installations balnéaires Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers, une pollution atmosphérique liée à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles - Risque de régression des milieux naturels dû aux aménagements touristiques - Sécurité des installations touristiques à cause de l’érosion côtière, la dynamique du trait de côte, liée à l’avancée de la mer et aux aléas liés aux changements climatiques - Risque de perturbations des niches écologiques et de la faune marine Parti d’aménagement Il est spécifique aux différents projets gouvernementaux en cours dans le cadre du PAG Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Modérés Suivi observation Réguliers 7.1.3. Zone portuaire et aéroportuaire La zone portuaire et aéroportuaire constitue une zone stratégique pour l’économie nationale. Elle s’étend sur les quartiers Cadjèhoun et Ganhi, Fifjrossè, Djomèhountin dans la commune de Cotonou. Elle est desservie par une voie bitumée longeant la côte à proximité immédiate de la plage. Elle comprend : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Cotonou Cadjèhoun, Gahi, Fifjrossè, Djomèhountin Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener : Bande côtière Bande côtière : BC3 : zone Portuaire Caractéristiques Espaces urbains côtiers aménagés pour les activités portuaires ; port d’embarquement, port en eau profonde depuis 1965. Autour de cette fonction initiale se sont développées des activités connexes : commerces, entreposage, transit… et plus tard la fonction industrielle qui fait de Cotonou, le principal pôle manufacturier du Bénin. Développement Extensions dues à la construction de terminales à containeurs et à la 1 1 113 depuis 2001 modernisation des installations Dynamique Extensions des aménagements portuaires Enjeux - Risques d’évolution de la dynamique du trait de côte dû à la naissance de zones d’accrétion et de zones d’érosions majeures - Perturbation de la dérive littorale ; - Accentuation des phénomènes liés aux changements climatiques - Pollution de milieux marins par des hydrocarbures ou des déchets (industriels, produits de pêches…) ; - Perturbation des écosystèmes marins - Urbanisation et industrialisation des périmètres sous-jacents Parti d’aménagement Elaboration d’un observatoire des traits de côtes, d’un plan directeur de suivi du trait de côte, mise en place des ouvrages de protections de la côte pour limiter des effets de la dynamique des traits de côtes Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Elevés Suivi-observation Intensif et très réguliers 7.1.4. Zone industrielle Trois zones industrielles sont identifiées sur la bande côtière. Il s’agit de celle située dans la partie Est de Cotonou, celle située à Sèmè-Podji (zone franche industrielle) et celle située à Gakpé (commune de ouidah). Ceux sont des zones qui accueillent les industries et grands centres commerciaux. Commune Zones (villages/quartiers concernés) Ouidah Gakpé Cotonou Akpakpa Sèmè - Podji Sèmè Kraké Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener : Bande côtière Bande côtière : BC4 : zone industrielle Caractéristiques Espaces urbains côtiers aménagés pour les installations industrielles composés de zones sablonneuses mais quelques fois de zones presque humides Développement depuis 2001 Pas de grandes avancées depuis 2001 Dynamique Saturation de la zone d’Akpapa, évolution mitigée de la ZFI de Sèmè- 114 Podji Enjeux - Enjeux fonciers liés à l’évolution du coût du foncier ; - Pollutions des milieux marins, des zones humides liées aux rejets des effluents non traités ; - Pollutions de l’air liées à l’urbanisation des alentours des zones industrielles Parti d’aménagement Applications strictes des EIES et PGES Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Modérés Suivi- observation Réguliers 7.1.5. Zone naturelle La zone naturelle se retrouve dans toutes les communes situées le long du littoral béninois. Sont considérées comme zone naturelle, les zones de végétation (plantation, forêt, mangrove) et de marécage. Elles renferment aussi la plupart des zones humides. Il s’agit des zones que résume le tableau suivant : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Grand-Popo Zones de mangrove de Dondji, Avlo Ouidah - Zones Ramsar (1017-III, Lagune Côtière, avlékété, Djègbadi et Houakpè Daho Tovè, kpassè Abomey-Calavi Togbin (Arrondissement de Godomey) Cotonou Sites Ramsar 1018 et quelques zones marécageuses : Ladji, Toyoyomê, Vossa, Nord de Mènontin, Nord de Zogbo, Nord de Kindonou, Midédji, Missogbé, Sètovi, Yénawa Daho Sèmè - Podji Gagodo, Mondokomè, Aglandandan, Houègo, Au nord de Zossoukomè, Hounsagbamè, Médenoukomè, Hounkpatinkomè, Tchoukpatin, Tchouhoundji, Sahodonou, Akpassa, Djèlou, Sèdjè, Sadognon, Dégbeta, Cité de la lumière, Tchéhoué, Jesuhoué, Jesuko, Houéssi, Gbékogbago, Akonassou, Méhouémeté, Orgonnitan, Guêgbamè, Toho Vlékété, Métanou, Vilokpomè, Goudoubla, Hlonnou, Esè-Kpèvi, Essè-Daho, Podji Missérété, Akpodji-Toho, Adanmè, Gbato, Danmè, Hêfoué, Ltchahoué, Togbomè, Gbago-Glémè, Diotchéoun, Dangbo, Baba- Honto,Vivotin, Jesudjro, Anakè, Agamandin. Etc. 115 Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener : Bande côtière Bande côtière : BC5 : zone naturelle Caractéristiques Il s’agit essentiellement ici de zones humides de la bande côtière. Ils se caractérisent par d’importantes zones humides, riches en diversité faunique et floristique qui jouent d’importants rôles dans la vie des populations locales à travers le développement de diverses activités économiques. C’est un réseau hydrographique très dense ainsi que d’importantes zones humides très peuplées qui abritent une diversité biologique animale et végétale. Le littoral béninois est constitué d'un complexe océan et écosystème lagunaire très dense très riche et diversifié. C'est un milieu extrêmement riche écologiquement, à cause de l’influence alternée des eaux marines et des eaux douces. Il est de plus en plus fréquenté périodiquement par des espèces d’eau douce et marines. Il est caractérisé par deux sites de mangroves incrustés dans les zones humides d’importance internationale ou (site Ramsar 1017 à l’Ouest et le site Ramsar 1018 à l’Est). Développement depuis 2001 Le développement des activités humaines (habitat, pêche, tourisme…) exerce une pression sur la zone Dynamique Les zones humides se réduisent sensiblement. Elles se comblent également grâce aux effets de l’érosion et de diverses formes de pollution Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers ; - Risque de pollution atmosphérique liée à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles ; - Risque de régression des milieux naturels due à la pression urbaine - Risque de comblement des plans d’eau ; - Inondations ; - Perturbation de la faune et de la flore par les extensions d’activités humaines et économiques Parti d’aménagement Préservation des zones humides dans toutes les opérations d’aménagement et de développement agricole Actions Evaluations environnementale stratégiques Risques côtiers Modérés Suivi observation Réguliers 116 7.2. Zone continentale du littoral La partie continentale du littoral béninois peut être regroupée en trois (03) grandes parties : - Partie Est polarisée par les villes de Porto-Novo ; - Partie Centrale, polarisée par les villes d’Abomey-Calavi et d’Allada ; - Partie Ouest, polarisée par la ville de Lokossa. Le zonage de cette partie continentale du littoral se compose comme suit : 1. Les zones urbaines ; 2. Les zones agricoles ; 3. Les zones forestières (forêts, savanes, les milieux dégradés) ; 4. Les zones humides (lagunes, fleuves, rivières, marécages) ; 5. Les zones minières (carrières et autres zones) (gravier dans le MONO, Gravier à Sè, Sable à Pahou, Sèmè, Abomey-Calavi ; 6. Les zones industrielles ; (en cours à Glo-djigbé) ; 7. Les zones d’activités économiques (marchés Ouando, Toute la ville de Cotonou avec une concentration dans les zones Dantokpa, Ganhi ; missèbo, Saint Michel. 7.2.1. Zones urbaines Il s’agit ici des zones déjà urbanisées et de celles à urbaniser. La projection démographique montre que le taux d’urbanisation du pôle connaîtra à terme (15 à 20 ans) une augmentation allant de 30 % à 50 % selon les scénarii. Il va de soi que le pôle connaîtra une augmentation démographique de 30 % au moins. La première conséquence de cette explosion démographique au regard des tendances actuelles est la poursuite de l’étalement urbain. Cette hypothèse conduit notamment à une diminution des terres agricoles ainsi qu’à leur appauvrissement et donc vers un risque d’insécurité alimentaire. Une limitation du phénomène de l’étalement urbain s’impose en vue de préserver les zones agricoles et les ressources naturelles. Ces zones urbaines concernent : • les zones déjà urbanisées ; • les nouvelles zones d’extension. Le tableau suivant montre les zones à urbaniser ou zones d’extension urbaine dans chacune des communes du pôle sud. Commune Zones (villages/quartiers concernés) Ouidah Gbèna, gbeto nord, Yamadjako, Gomey, Agbanou, Pahou Cotonou Toute la commune 117 Porto-Novo, Toute la commune Adjarra, Tout l’arrondissement de Honvié, Adjarra 1, Adjarra 2, majeure partie de Malanhoui, Aglogbé NordMédédjonou centre Aguégués, Avagbodji, Zoungamè centre Avrankou, Atchoukpa Houanho, Avrankou centre Dangbo, Dangbo centre, Hozin Sud-Est, Nord-Est Adjohoun, Centre de la commune, azowlissé centre Akpro-Missérété, Missérété centre, Hanzounmè ; Abogomè, Danmè Lokonon, Kpogon (en partie) ; Abogomè) ; Vakon (Danto, Sohomè, Gouako Kotoclomè, Vakon Adanhou, Vakon Gbo Vakon Azohouè, Gomè centre, Katagon centre Sakété, Sakété centre, Yoko centre, Itadjebou centre, Takon centre Ifangni Ifangni centre ; Banigbé centre, Tchada centre Abomey-Calavi Godomey, Togoudo, Abomey-Calavi, Akassato, Glo- djigbé, Zounja, Togbin, Houèdo, Tokan, Zopah, Zoca, Tankpè, Cocotomey, Womey, Hêvié Kpomassè Chef-lieu de la commune Allada Ahito, Dogoudo, Déwéli, Gbowélé, Dodomey, Allomè, Gbégamey Tori-Bossito Arrondissements de Tori Gare, de Tori Cada, chef-lieu de Avamè, Azohouè Cada et chef-lieu de commune So Ava Chef-lieu de la commune, Ganvié Zê Chef-lieu de la commune Comé Comè centre, Oumako centre, Agatogbo centre, Akodeha centre, Ouedeme Centre Houéyogbé Houéyogbé : Houéyogbé centre, Doutou centre, Zoungbonou centre, Sè centre et Azovè Athiémé Athiémé centre Lokossa Lokossa centre, Agamè centre Bopa Centre urbain de Lobogo, Bopa centre Grand-Popo Chef-lieu de la commune Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener Bande côtière ZC1 : zone urbaine Caractéristiques Espaces continentaux émergés parfois composés de zones humides, caractérisés par une extension urbaine remarquable, une explosion démographique, représentés par des centres urbains de tailles variables mais parfois continus. 118 Une urbanisation incontrôlée caractérisée par l’étalement urbain dû à une occupation anarchique Développement depuis 2001 Extension et densification non maitrisée Dynamique Une agglomération attractive qui s’étale Un étalement urbain important et l’urbanisation de zones impropres à l’habitation Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers, une pollution ; atmosphérique liée à l’émission des gaz des moteurs et ceux des installations industrielles ; - Risque de régressions des milieux naturels dû à la pression urbaine ; - Risque de régression des terres agricoles et des espaces forestiers ; - Comblement des cours d’eau ; - Risque d’insécurité foncière dû aux opérations d’aménagements non maitrisées et occupation des zones impropres à l’habitation - Sous équipements ; - Inondations. Parti d’aménagement Dépend des différents documents d’aménagements sectoriels ou locaux (SDAC, Plan directeur d’urbanisme, schémas directeurs d’aménagements urbains, Plans d’aménagements touristiques Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Faibles Suivi observation Périodiques 7.2.2. Zones agricoles Elles visent à maintenir la fonction agricole essentiellement pour une sécurité alimentaire et la garantie de la fourniture de matière première pour l’industrie agro-alimentaire. Il s’agit principalement d’œuvrer pour : - la protection des terres agricoles contre l’avancée du front d’urbanisation, - la promotion des cultures maraîchères et des cultures de rente (ananas, palmier à huile, noix de coco, etc.), - la lutte contre la rétention foncière des terres agricoles due à des logiques de spéculation ; - la limitation du mitage des activités agricoles en délimitant des zones pour l’habitat. 119 Il s’agit également de les préserver du mitage urbain en limitant l’urbanisation des terres agricoles ou des morcellements à des fins spéculatives. A l’exception de Cotonou et de Porto-Novo, toutes les autres communes disposent encore de terres à vocation agricole. Face à l’extension urbaine, il est impérieux de préserver ces terres riches et à fort potentiel agricole. Ainsi, les communes qui disposent encore de réserves foncières agricoles sont : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Adjarra Malanhoui(NE), Médédjonou nord, Aglogbé sauf Nord Est Aguégués Presque tout Avagbodji, et Houédomè Avrankou Tout l’arrondissement de Djomon, Kouty, Gbozounmè, Sado Dangbo Késsounou Est, Houédomey Nord, Gbéko, Nord-Ouest, Dangbo Nord, Hozin Nord Adjohoun Tous les arrondissements sauf Kodé Akpro-Missérété Zoungbomey, katagon Sakété Takon, Yoko, Ita DjebouAguidi Ifangni Toute la commune sauf noyaux urbains centraux Cotonou Néant Sèmè - Podji Nord-Est de Tohouè Abomey-Calavi Hevié (en partie), Ouedo (enpartie), Glodjigbé (NE), Zinvié (SE) et Zinvié (Fandji, Zoumi, Zinvi) ; Kpanroun (Ouest) Ouidah Savi, Gakpé Kpomassè Toute la commune presque Allada Tous les arrondissements pratiquement sauf le centre (Lissegan, Togoudo, Avakpa, Tokpa ava, Agbanou, Ahouannonzou, Atogon, Ayou, Longamey Hinvi Tori-Bossito Toute la commune sauf les noyaux urbains So Ava Kinta Zê Tous les arrondissements à l’exception du noyau urbain de Zê centre et de Tangbo Djevié 120 Comé Tous les arrondissements sauf les centres urbains Houéyogbé Toute la commune sauf centre urbain Athiémé Toute la commune Lokossa Toute la commune sauf les deux noyaux urbains de Lokossa centre et Agamè centre Bopa Toute la commune sauf centre urbain Grand-Popo Gbéhoué ; Sazoué Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener Bande côtière ZC2 : zone agricole Caractéristiques Espaces continentaux émergés parfois composés de zones humides, caractérisées par des terres fertiles, de jachères, de friches, de zones humides, de basfonds, de marécages… Ils sont essentiellement situés en milieu rural Développement depuis 2001 Extension des zones agricoles au détriment des espaces forestiers, des zones humides… Dynamique Une augmentation des surfaces à cultiver à cause de l’appauvrissement des terres, de l’érosion et de la démographie. Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers, par des produits chimiques agricoles… - Colonisations des zones humides ; - Pressions anthropiques sur les zones humides et autres espaces sensibles - Risque de régressions des milieux naturels dû à l’agriculture - Risque de régression des terres agricoles et des espaces forestiers - Risque d’insécurité foncière dû aux opérations d’aménagements agricoles ; - Baisse de la fertilité des terres ; - Insécurités alimentaires - Inondations ; - Risques liés aux changements climatiques ; - Renchérissement des prix des produits de première nécessité Parti d’aménagement Protections des zones agricoles Actions Evaluations environnementales stratégiques 121 Risques côtiers Faibles Suivi observation Périodiques 7.2.2. Zones forestières Les zones forestières regroupent les forêts denses, les forêts sacrées, les forêts claires et reliques forestières. La Loi n°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime forestier en République du Bénin en son article 15, aborde les droits d’usage dans les domaines protégés. Ces espaces forestiers sont dispersés dans l’ensemble du littoral béninois mais concernent essentiellement les communes rurales situées dans la partie continentale du littoral. En zones forestières certaines infrastructures sont d’ailleurs autorisées par les textes en vigueur telles que les postes forestiers, les voies de desserte, les pistes de circulation à but scientifique ou touristique, les voies de parcours, les aires de recréation, les routes principales et voies ferrées. Les objectifs principaux de la législation sur les forêts sont : - Protéger les forêts situées dans le littoral béninois ; - Protéger la diversité des paysages. Les zones forestières se concentrent surtout dans les communes rurales. Leur localisation est illustrée par les éléments cartographiques et par le tableau suivant : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Adjarra Foret sacrée de Lindja Aguégués Néant Avrankou Néant Dangbo Siligbozoun dans Klè, Klekotan à Dogla Adjohoun, Kodé, Vazoun à Demè Akpro-Missérété, Néant Sakété, Forêt classée de saketé Ifangni Forêt sacré Baba Alanlan à Daangban (banigbé) Cotonou Néant Sèmè - Podji Néant Abomey-Calavi Forêts marécageuses Hêkèhonou à Akassato Forêt sacrées à Dessato et Forêt classée à Dodja (arrondissement de Ouèdo), forêts sacrées de Zoungo et 122 Houinmin (arrondissement de Hêvié), forêt classée de Drabo (arrondissement de Togba), forêt sacrée de Zinvié centre (arrondissement de Zinvié), forêt de zinvié (NE), forêt sacrée de Kpé (arrondissement de Kpanroun), forêt classée de Djigbé (arrondissement de Glodjgbé), relique de forêt dense dans Zopah au bord de la route inter-Etats (arrondissement d’Akassto) , Agassagodomè (Sud-Est et Nord-Est), Missessinto Ouidah Forêts sacrées de Kpassè, de Savi, de Gakpé, de Houakpè- daho et d’Avlékété. Forêt classée de Pahou Kpomassè Forêt sacrée de Datonon située dans le village de Dédomè- Aclomè, Arrondissement de Dédomè. Forêt sacrée de Djassou située dans le village d’Azizonkanmè, Arrondissement de Dédomè. Allada La forêt classée CRASUD (arrondissement de Attogon, village Niaouli), Les forêts sacrées de : Akononzoun (arrondissement de Lissègazoun, village Adjadji-Cossoé), Honmey (arrondissement de Lissègazoun à Adjadji Cossoé) Adjahoutozoun (arrondissement de Lissègazoun à Adjadji- bata Hèkpazoun (arrondissement de Hèkpazoun à Agbanou Hèkpahoué (arrondissement de Agbanou à Agbanou) Dékpozoun (arrondissement de Avakpa à Avakpa) Aguè Sakpatazoun (arrondissement de Ayou à Hounkpa) Tèdozoun (arrondissement de Allada à Gbégamey) Avahouézoun (arrondissement de Tokpa à Cotovi) Wankou (arrondissement de Allada à Gbowili) Tori-Bossito Plusieurs Forêts sacrées dont les plus importantes en superficie sont : Lokozoun (arrondisssement de Azohouè- Cada), Dohizoun, Zounkpa (arrondissement de Azohouè- Aliho), Gbovié Wlénanzoun (arrondissement de Tori Bossito) So Ava Ilots Forestiers sacrés à Houedo-Aguekon, Dekanmey, Gbessou, Ahomey-Lokpo et Kinto-Ague Zê En majeure partie l’arrondissement de Djigbé et celui de Sedjè Houeoudo, forêt de Zanoudji 123 Comé Forêt sacrée Lissemè à Kpétou, forêt sacrée Vidohon à ouedemè, Wonlevoyi dans Kpétou Houéyogbé Néant Athiémé Néant Lokossa Forêt sacrée de Vehou dans le village de Houin Bopa Néant Grand-Popo Néant Le tableau des caractéristiques, de la dynamique, des enjeux ainsi que les actions à mener Zone continentale ZC3 : zones forestières Caractéristiques Espaces continentaux comportant des ressources naturelles forestières Ils sont essentiellement situés en milieu rural ; aires classées avec plusieurs types de formations végétales, dont la physionomie et la composition floristique sont liées à la nature des sols Développement depuis 2001 Réduction des espaces et déforestations Dynamique Réduction drastique des aires forestières sous la pression anthropique Enjeux - Déforestations ; - Pressions anthropiques sur les zones sensibles ; - Risque de régression des milieux naturels dû à l’agriculture ; - Risque d’insécurité foncière dû aux opérations d’aménagements agricoles ; - Baisse de la fertilité des terres ; - Risques liés aux changements climatiques ; - Disparition de la faune et de la flore Parti d’aménagement Mise en œuvre des plans d’aménagement Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Faibles Suivi observation Périodiques 7.2.3. Zones humides Les zones humides regroupent les plans et cours d’eau, les maraichages, les plaines d’inondation, les marécages. 124 Rappelons le réseau hydrographique du sud-Bénin peut être regroupé en trois grands complexes : - Un complexe occidental comprenant la partie estuarienne du fleuve Mono, la rivière Sazué, le lac Ahémé et son émissaire la lagune Aho qui débouche dans la lagune côtière, le tout se déversant en mer à travers la Boca del Rio ; - Un complexe central plus confiné à l’intérieur des terres et tributaire des apports continentaux, constitué de lagunes et marais s’étirant entre d’anciens cordons littoraux au sud et le plateau d’Allada au nord ; - Un complexe oriental constitué du Yéwa affluent de l’Ouémé inférieur, la rivière Sô, le lac Nokoué, le chenal de Cotonou vers la mer, le chenal de Totchê communiquant avec la lagune de Porto Novo qui se jette en mer à travers la lagune de Badagri à près de 100 km au Nigeria. - Les zones marécageuses et plaines d’inondation se retrouvent dans les communes suivantes : Dangbo, Adjohoun, Zê, Aguégués, Abomey-Calavi, Bopa, Athiémé, Abomey-Calavi. La protection de ces zones est d’une importance majeure dans le maintien de l’équilibre entre les zones humides continentales et le milieu marin. Rappelons que cette relation entre les zones humides et le milieu marin joue également un rôle prépondérant dans la lutte contre l’érosion. Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener Zone continentale ZC4 : zone humides Caractéristiques Il s’agit essentiellement ici de zones humides et des plans d’eau. Le littoral béninois est constitué d'un complexe océan et écosystème lagunaire très dense très riche et diversifié. C'est un milieu extrêmement riche écologiquement, à cause de l’influence alternée des eaux marines et des eaux douces. Les écosystèmes lagunaires et plans d’eau constituent des biotopes très riches. Toutes les espèces sont soumises à une disparition progressive à cause de l’avancée de l’urbanisation pour les zones urbaines et de l’agriculture en milieu rural, ce qui les fait disparaitre peu à peu de leurs milieux naturels. Développement depuis 2001 Ces espaces sont soumis à la réduction de leur périmètre ainsi qu’à la pollution Dynamique Les zones humides se réduisent sensiblement. Elles se comblent également grâce aux effets de l’érosion et de diverses formes de 125 pollution Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers ; - Risque de pollution atmosphérique lié à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles - Risque de régressions des milieux naturels dû à la pression urbaine et à l’agriculture - Risque de comblement des plans d’eau - Inondations - Perturbation de la faune et de la flore par les extensions d’activités humaines et économiques Parti d’aménagement Préservations des zones humides Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Modérés Suivi observation Réguliers 7.2.4. Zones minières Ce sont les zones d’exploitation ou des zones potentiellement exploitables qui regorgent de ressources minières (sable, gravier, calcaire, etc.) importantes. On retrouve ces ressources dans pratiquement toutes les communes de la zone du littoral. Mais les plus exploitées se retrouvent dans les communes de Sèmè-Podji, Ouidah, Comè, Houéyogbé et Abomey-Calavi. Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener concernant les zones minières : Zone continentale ZC5 : zones minières Caractéristiques Dans le littoral, elles sont généralement faites de carrières de sables et de latérite qui constituent une activité dommageable aux ressources naturelles. Les contraintes majeures au développement de cette activité sont : l’inorganisation des exploitants, l’exploitation irrationnelle des gisements, le manque de capitaux pour l’acquisition de matériels et équipements appropriés par les exploitants et l’insuffisance des mesures et des moyens de l’Etat pour promouvoir une exploitation rationnelle des carrières et restaurer les sites miniers déjà exploités. Sur le plan environnemental, cette activité favorise non seulement l’érosion, mais également la destruction du couvert végétal et de la faune sauvage. De plus, aucune mesure n’est prise après l’exploitation de ces carrières en termes de compensation. 126 Développement depuis 2001 Evolution sensible due aux besoins de logement et aux travaux publics Dynamique Les carrières de sables évoluent sensiblement Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels ; - Risque de pollution atmosphérique lié à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles ; - Risque de régressions des milieux naturels dû à la pression urbaine et à l’agriculture ; - Altération de la nappe phréatique ; - Inondations ; - Perturbation de la faune et de la flore par les extensions d’activités humaines et économiques Parti d’aménagement Planifier une utilisation judicieuse des carrières et promouvoir les plans d’atténuation des impacts sur l’environnement Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Faible Suivi observation Réguliers 7.2.5. Zones industrielles Les objectifs principaux sont : - Promouvoir les zones industrielles de Ouidah et de Sème-Podji ; - Réorganiser et renforcer le tissu industriel existant ; - Promouvoir la transformation agro-industrielle. La vocation de zones industrielles est attribuée aux zones existantes et localisées dans la partie continentale du littoral, notamment dans les communes de Sème Podji, de Abomey- Calavi et de Ouidah. Elle peut concerner également certaines unités industrielles isolées qui existent déjà. Les éléments cartographiques nous renseignent sur les affectations ainsi que le tableau suivant : Commune Zones (villages/quartiers concernés) Sèmè Podji ZFI de Sèmè, - Sékandji littoral-Ekpè littoral, Sékandji, Ekpè Cotonou La zone industrielle d’Akpakpa Ouidah La zone industrielle de Gakpé Abomey-Calavi Zone industrielle de Glo-djigbé 127 7.2.6. Zones d’activités économiques Les zones d’activités économiques ne sont rien d’autres que les grands centres commerciaux et d’échanges. Ces grands centres d’échanges sont concentrés dans la ville de Cotonou. Il s’agit notamment de la zone de Dantokpa, Missèbo, Ganhi et Saint Michel. A ces centres commerciaux s’ajoutent les marchés centraux des communes. 7.2.7. Zones touristiques Le tourisme s’impose comme une source de revenus pour l’économie nationale et pour les populations. Les zones à vocation touristique apparaissent alors comme des aires à valoriser et à protéger. Cette vocation de zone touristique est attribuée aux zones existantes et qui présentent une potentialité touristique à mettre en valeur. Il s’agit de valoriser le passé historique lié à ces espaces mais également de valoriser les caractéristiques liées à des attraits naturels (sites paysagers à caractère exceptionnel (littoral, zones d’écotourisme…) La plus grande zone touristique de la zone du littoral se situe à Ouidah. Elle présente un intérêt national. Le tableau suivant fait le résumé des espaces concernés. Commune Zones (villages/quartiers concernés) Allada Palais royal, Site « Toussaint l’ouverture » So-Ava Ganvie (site Touristique de Gbessou) Forêt sacrée de Ahomey Lokpo Vallée de Sitatunga à Kinto Les mangroves de Vekky Cotonou Plages et berges lagunaires Ouidah Porte du non-retour et route de l’esclave tous situés sur la bande côtière de Ouidah Sèmè Site de pèlerinage des chérubins et des fidèles du christianisme céleste ; Site abritant les manifestations de la fête de vodoun de Sèmè Podji dans le village Agongo. Le palais royal Honmè dans l’arrondissement d’Ekpè, le palais royal de Djèrègbé, le palais de refuge de Toffa à Awanou dans l’arrondissement de Djérégbé et le palais royal de Sémé –Kraké. -Les berges lagunaires de Kétonou, de Goho à Gbabodji ; la « prèsque » ile de Dénou. Le centre touristique et attractif de Ouékè dans l’arrondissement de Djérégbé. 128 En dehors de ces principaux attraits touristiques les autres communes disposent de quelques sites non moins importants. Le tableau suivant montre les caractéristiques, la dynamique, les enjeux ainsi que les actions à mener Bande côtière Bande côtière : BC2 : zone touristique Caractéristiques Ces sites en dehors de la bande littorale sont liés à la culture et à l’histoire du Bénin Développement depuis 2001 Pas de développement notable Dynamique Moins perceptible Enjeux - Risque de pollution des milieux naturels par une augmentation de la production des déchets solides ménagers, une pollution atmosphérique liée à l’émission des gaz des moteurs et installations industrielles Parti d’aménagement Il est spécifique aux différents projets gouvernementaux en cours dans le cadre du PAG Actions Evaluations environnementales stratégiques Risques côtiers Très faibles Suivi observation Réguliers 7.3. Cartes de zonage Cette section présente l’ensemble des cartes de zonage du littoral béninois. 129 Figure 25 : Carte des zones de contrainte 1°41 ' 1°s1· : '. t ~ i \ i '1 , t """"" ' j 1u.01..t~, TOGO 1°41' 1°51 ' \ '" '-\ '­ l 1 2°1' 2°11' l .. ------- l .,,, ... ,­,-- ., / 10 20 2° 1' 2°11' 2°21' ,----·( 2°31' \ ' 1 \ 1 \ ! 1 \ \ 1 I 1 I ✓ / --7 1 1 OCEAN ATLANTIQUE 30 Km 2•21· 2•31• 2°41' / i ,, ( 2°41' .• REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL ZONE DE CONTRAINTES Chef-Lieu de Commune Chef-lieu d'Arrondissement Limite administratives Limite d'Etat Limite de Département Limite de Commune Réseau routier Route bitumée Route non bitumée et pistes Voie pavée Plan d'eau Zone inondable Contraintes ~ Zone de contraintes Urbanisation - Zone d'extension urbaine ~ Zone urbaine actuelle -·-~IQNJIIIS - ... -"'1,20Jl, ... Gm Gll:O..f', JOll --~SAGKSlfll V V/,...... ,,, \ .......... "-. WGSl 9&4 VT1'! Zonrl 1N l'Q-W,,S l !llt4UTl'llol. J IN GCS.cGCSWGS l'IM ,v,,;;s, ~ =---..... --- West Afrlca Coasto1 Areos Management Progrom 130 Figure 26 : Carte des zones touristiques 1°41' 1°s1· ~ .... 1 l i """"'-< 0 r-,. :-·-· ·-- - " .. TOGO 1°41' 1°s1· 2°1 ' 10 2°1' 2°11' -- ....... ----­ ;'; 20 30 Km 2°11' 2°21' OCEAN ATLANTIQUE 2°21' 2°31' 2°41 ' 2°31' 2°41' .: 1 s 1, / ,., REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DUS DAL ZONE TOURISTIQUE Chef•lieu de Commune . Chef•lieu d'Arro . Limite adm· . ndissement ,nistratives limite d'Etat limite de Département limiledeC R' ommune eseau routier TOURISME Route bitumée Roule non bit , V . umee et pistes oie pavée Plan d'eau Zone inondable Zone touristique ~~~-=-~::- --GIIOU'(~-- V V/ \\../t \ WestAfrlcoC Monogeme~P al Areos rogram 131 Figure 27 : Cartes des zones commerciales i i ! ~ t,.. ; l 1°41' 1°s1· ' ' ' 1°51' , ,, ' ,, 2°1' 2°11' '\ '\ \ . · .. ----- - -', .. ,...;-... 1 ,, ,,,,.,,,..-,,. I I I ,' / 10 2°1' 20 2°11' 30 Km , , ' ' 2°21' OCEAN ATLANTIQUE 2°21' 2°31' 1 1 \ \ 1 ' \ 1 I 1 I / ,1 ' i r , ., 2°31' 2°41 ' 2°41' REP\JBLIQU PROJEi ~~~~IN ACTUALISATION DU SDAL z~~~~'ACTIVITES OMIQUES "' Chef-Lieu de C ommune Chef-lieu d'Arro . 11.. imites d nd,ssement . - . . a ministratives Limite d'Etat -·· Limite de O • - - . . epartement . L1m1te de Commune eseau routier Route bitumée Route non bitu . pistes mee et Voie pavée Marché Typologie de zone o commerciale ?,; . Centre commercial . Marché • Parc automobile ~ • Parcs automobiles "° • Zone portuaire • Zone industrielle • Zone écono . m1que V V/ ''---'' \ ..,. - w,:t Atr'leo Coostol Areos 1 ,om 132 Figure 28 : Cartes des zones commerciales avec un zoom sur Cotonou et ses environs ToriAvamè 0 odji-Bata 0 Yokpo 0 edo . oîogba J:lèvié 2°21' 0 Kpanrou.~ ~ ). \ .... oTogbota Az i5à 2°31' J'.învié ·' ( \ 1 Gbéko 0 Aho~-Lokpo 0 • Késsounou 0 ' ·,. 1 "· DékinAfio 0 '·-·:-. Houédo Dek}:inmè So-Ava Aguékon o . 0 0 1 Véki 0 ·, HouédomiJAguégués Ganv1é Abomey clîavi [;) LAC NOKOUE ,odo. ~y kpe 1 ~ l.E....------~-r---.... "' 2°21' '2 Km OCEAN ATLANTIQUE 2°31' 2°41' 2°41' REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL ZONE D'ACTIVITES ECONOMIQUES COTONOU ET SES ENVIRONS [!] Chef-Lieu de Commune O Chef-lieu d'Arrondissement Limites administratives • - • Limite d'Etat ·-·• Limite de Département Réseau routier - Route bitumée Route non bitumée et pistes Voie pavée ~ Marché Typologie de zone commerciale • Centre commercial . Marché • Parc automobile • Parcs automobiles • Zone portuaire • Zone industrielle V V/ \\..../1 \ ~~ --·WG$1-\ITHZanollH ~,WG& 19M\ITHZanollN CiCS GCSWGS l'Jil'I 0otuffl WGSl9&1 ~ : ~-MO< ..,. ...... ~ We5t Afrtco Coostol Areos Mono t rom 133 Figure 29 : Carte des zones agricoles à l’horizon 2035 REPUBLIQUE DU BENIN 1°41' 1°51' 2°1' 2°11' 2°21' 2°31' 2°41' \ N PROJETWACA ~ ' \ ♦i ~ f?- \ 1 W E~ ACTUALISATION DU SDAL \ \ ( \ s ~· .... '.. \ ZONE AGRICOLE l 1 ., 'L ' \ 1 - \ ,. i ~ \ : ,," /,.~t G Chef-Lieu de Commune , , f?- .... ,, l Chef-lieu d'Arrondissement \ , I l ~ ï i Limite administratives / 1 \.------\ .. limite d'Etat .... - 1 ·•. , i ' - Limite de Département ~ .. 1- ✓ / Limite de Commune ~ , I Réseau rout ier ~ C Route bitumée """" Route non bitumee et pistes Voie pavêe Plan d'eau ê:, Zone inondable ê:, -;f ~ "' AGRICULTURE Zone agricole PDA agricole D PDA S : Zone Arboriculture-Fruitiere-Vivirere [IJ PDA 6 ; Zone Palmier à huile-Vivrier ~ ~ ~ ~ D PDA 7: Zone Pêcherie-Maraichage TOGO . -=- -. - t.. ~ ~ -- .:::: '(. }- -J ~ ~ -:-~ OCEAN ATLANTIQUE ==-=UTMZone llN 10 20 30 l'CS: WGS 1-VTM Zono J Iii ~~~"t:.~~ GCS:GCSWGS 19"'4 Km o.tu,n;WGSI- l'r0lct,:,,,:ît--~ - GIOOUPt:""'«' \U:l ~ -Mel;• 1°41' 1 °51' 2°1' 2°11' 2°21· 2°31' 2°41' V V/ \'-.A ' West Afrk:o Coostol Aleos Monogement Progrom 134 Figure 30 : Carte des zones urbaines à l’horizon 2035 1°51' i 1°41' 1°s1· '\ \. l 1 t .. "' --- .. - -,, ,, .,.,, ,,~ 1 ,,,,.,, / "' 10 20 2°1' 2°21' \ OCEAN ATLANTIQUE 30 Km 2°21· 2°31' 2°31' 2°41' 0 " REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL ZONE URBAINE EN 2035 0 Chef-Lieu de Commune Chef-lieu d'Arrondissement Limite administratives Limite d'Etat Limite de Département Limite de Commune Réseau routier Route bitumêe Route non bitumée et pistes Voie pavêe Plan d'eau Zone inondable URBANISATION EN 2035 ~ Zone d'extension urbaine en 2035 ~ Zone urbaine actuelle 5=-:F~~~ - ·Gl{Ul(-Ulq V V/ \\...../i \ West Afnco Coostol Aceos Monogement Progrom 135 Figure 31 : Carte des zones naturelles à l’horizon 2035 b :r "' 1°41' TOGO 1°s1· 1051• 2°1' OCEAN ATLANTIQUE 10 20 30 Km 2°11' 2°21' 2°31' 2°31' 2°41 ' w~ i ~·1 • / 2°41' < ) (' I l .. / ~ i ! 1 1 j ..... ~-'""'\. ~ REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU S ZON DAL E NATURELLE EN 2035 Chef.Lieu de Commune Chef·Heu d'.6.rrondissement ~~ite adm inistrative Limited·Etat ~=: ~rtemeflt °""""'"" Réseau routier Route bitumée f :".,::"""'""et potu Zone Naturelle 2035 - ~! dense ( fOfêt dense êt dense humide semi-décidue For~galerleetFormatioo rlpk:ole forët cSaîre et savane boisêe - Forêtdassee Fcdt et sa11ane mar Mangrove écapeuse -- ~ d'eau et zone inoodable Aand'eau ZOl'll!inOndable ~~~"t:.--:::.. --~,;,,,(;f(:- V V/ \\..../t \ West Africo C Monoge oostol Areos ment Progrom 136 7.4. Schema Directeur Global d’Aménagement du Littoral Béninois Figure 32 : Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral ZONE A PRESERVER ~ littoral à préserver ■ IlIIIl Zo~e naturelle à preserver Zone de contrainte ZIEB ZONE AEROPORTUAIRE ■ Aéroport de Cotonou ■ Aéroport de Glo djigbé ■ Port sec d'Allada TOGO 1°41 ' 1•s1· 2°1 ' 2°11' 2°21' ZONE D'A CTIVITES ECONOMIQUES 2°31' ' " ' '· 1 ZO,~ E TOURISTIQUE '""~ Zone touristique D Zone industrielle ~ Zone d'activité écon . ~ om1que frontalière ~ Zone · . econom,que et ad - . m1n1stative 1 ' i ' ' 1 ZONE AGRICOLE ARMATURE URBAINE Zone agricole ■ Zone d'extension urbaine ■ Zone urbaine actuelle □ Cotonou et son aire de rayonnement 10 20 1°51' 2°1' 2° 11' 30 Km / ! { 1 1 , OCEAN ATLANTIQUE 2°21 ' 2°31' I I 2°41 ' 2°41 ' 0 " REi;;i~LIQUE DU BENIN OJETWACA ACTUALISATION DU S DAL ~~;tJEMN~DGI ERECTEUR MENT DU LITTORAL 0 Chef-lieu de Commune Chef-lieu d'Arrondissement EQUIPEMENTS PROJETES PAG ~ Logements sociaux ~ Universtié Zone industrielle • Porten eau f kpodj i pro onde de Sèmè Réseau routier Route bitumée Route non bitum • . Voie pavée ee et pistes Route en projet Chemin de fer Limites administratives p - • Limite d'Etat l'.mite de Département - llmite de Commune 137 Figure 33 : Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral avec un zoom sur Cotonou et ses environs 2°11' ONE A PRESERVER ---- Littoral à préserver Zone naturelle à préserver ■ Zone de contrainte [[II] ZIEB ZONE AEROPORTUAIRE Î Aéroport de Cotonou Aéroport de Glo djigbé 2°11' 2°21' 2°31' ZONE TOURISTIQUE ZONE D'ACTIVITES ECONOMIQUES i;r:;? ~ Zone touristique ~ Zone d'activité économique frontalière D Zone industrielle ~ Zone économique et administative ARMATURE URBAINE ZONE AGRICOLE Zone d'extension urbaine Zone agricole Zone urbaine actuelle Cotonou et son aire de rayonnement 2.75 5.5 2°21' 11 16.5 Km 2°31' ou 2°41' 0 Aguid1 OCEAN ATLANTIQUE 2°41' t,•.:;i N '(:',.',, W~E '-·W ',s , NIGERIA REPUBLIQUE DU BENIN PROJETWACA ACTUALISATION DU SDAL SCHEMA DIRECTEUR D'AMENAGEMENT DU LITTORAL ZOOM SUR COTONOU ET SA REGION Gl Chef-Lieu de Commune Chef-lieu d'Arrondissement EQUIPEMENTS PROJETES PAG Logements sociaux Universtié zone industrielle Port en eau profonde de Sèmè kpodji Réseau routier Route bitumée Route non bitumée et pistes Voie pavée Route en projet Chemin de fer Limites administratives Limite d'Etat Limite de Département Limite de Commune 1/ V/ ''--'' \ -­"'"'-: WGS 19&4 UTM l<>r- JIH ~'=~=l~lr,,,eJI~ o.,;....,, WGS 19&4 ~ T,.., . ~ ... .,. 138 VIII- MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DU SDAL 8.1. Tutelle et maîtrise d’ouvrage La tutelle et la maitrise d’ouvrage des documents de planification et d’aménagement sont des prérogatives du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable. Le littoral du Bénin est régi par la Loi n°2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin. En son article 71, cette loi dispose que le Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral fait partie intégrante du Schéma Directeur d’Aménagement du Territoire (SDAT), couramment appelé Agenda Spatial National. L’article 73 précise que le SDAL est élaboré ou révisé sous la responsabilité du Gouvernement, à son initiative ou sur demande d’une commune de la zone littorale, en concertation avec les conseils communaux ou municipaux de toutes les communes des départements composant la zone littorale. Enfin, l’article 74 précise que le SDAL est adopté par décret pris en Conseil des ministres, et s’impose à toutes les autorités publiques et toutes les personnes physiques ou morales. La présente mission d’actualisation du SDAL s’inscrit donc dans le cadre de l’opérationnalisation de la Loi n°2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone littorale en République du Bénin. Son financement étant assuré par le Projet d’Investissement, de Résilience des Zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA RESIP-BENIN). Au regard de ces dispositions de la loi, la tutelle du SDAL est assurée au plus haut niveau par le Gouvernement à travers le Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable. Pour la réussite de sa mise en œuvre, ce document doit bénéficier de la maîtrise d’ouvrage de l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) pour les questions relevant de l’aménagement du territoire et de l’Agence Béninoise pour l’Environnement (ABE) pour la protection de cet écosystème fragile et sensible. 8.2. Directives d’aménagement du littoral Plusieurs solutions s’offrent pour l’aménagement et la protection du littoral face aux problèmes soulevés par le diagnostic du SDAL. A l’échelle territoriale, la responsabilité et le rôle des entités sont amenés à évoluer et à se développer dans le cadre de la décentralisation. Les solidarités et réciprocités entre territoires adjacents et/ou voisins doivent être prises en compte, de même que l’articulation des compétences et des prérogatives entre l’Etat et les collectivités. C’est pourquoi, certaines orientations stratégiques doivent être prises en soutien aux directives : - Adapter la gouvernance aux spécificités de ce territoire : le littoral est une entité géographique spécifique, qui appelle des politiques d’aménagement et de mise en valeur adaptées. Il faut une gouvernance équilibrée et efficace qui doit s’appuyer sur une démarche transversale permettant à l’ensemble des secteurs et acteurs 139 concernés de faire valoir et de concilier des intérêts souvent divergents, contradictoires ou concurrents. - Polariser le développement en retrait de la côte : le diagnostic a permis de montrer que les aménagements urbains, routiers, mais aussi l’équipement des territoires (eau, électrification, voirie, etc) ont un rôle fortement polarisant et attractif pour les implantations humaines. Le SDAL doit orienter dans toute la mesure du possible, le développement des concentrations urbaines et industrielles vers des zones sécurisées, en retrait de la côte. - Restaurer la notion de domaine public maritime : le respect du domaine public maritime est une question préjudiciable pour la sauvegarde du littorale, il faut interdire toute forme d’occupation par les établissements humains. Il faut restaurer le caractère public de cet espace et clarifier les situations foncières relatives à certains espaces naturels de transition (mangroves, espaces lagunaires, zones humides d’arrière-littoral) soumis à des pressions croissantes, notamment en périphérie des agglomérations. - Les infrastructures naturelles au service de la protection des côtes : permettant de maintenir et d’accroître la résilience côtière sur des espaces significatifs ; la conservation de la nature participe à l’aménagement du territoire. Une revue de certaines solutions de protection des côtes concourant à l’aménagement du littoral est décrite ici afin de permettre un choix conséquent mais pertinent à faire par les décideurs. Il s’agit de : - Les ouvrages de protection : il s’agit d’interventions basées sur l’apport de matériaux extérieurs (tétrapodes, blocs de roches, ouvrages de maçonnerie) visant à figer la ligne de rivage. Il s’agit de s’opposer physiquement au recul du trait de côte. - Les ouvrages modifiant le transit sédimentaire longshore (parallèle au rivage) : il s’agit de solutions perpendiculaires au rivage : épis, enrochement. Ces ouvrages se traduisent logiquement par une accrétion en amont de l’ouvrage et une érosion accrue en aval largement constatée et aujourd’hui bien connue des aménagistes côtiers. Les épis sont des structures allongées perpendiculairement au rivage. Habituellement construits en groupe, leur but est de piéger et de maintenir entre eux les sédiments apportés par la dérive littorale. Ils interrompent le transport de la dérive littorale. Les sédiments soustraits et accumulés entre les épis contribuent à un déficit sédimentaire vers l’aval dans le sens de la dérive littorale. Le problème de l’érosion est alors seulement déplacé. Les épis ont tendance à se déchausser lorsqu’ils sont trop dispersés, à renvoyer les sédiments vers le large quand ils sont trop peu espacés. 140 - Les solutions parallèles au rivage modifiant l’énergie des vagues : il s’agit notamment de brise-lames. Les ouvrages sont placés à quelque distance de la côte. Leur effet se traduit par la mise en place de tombolo reliant la ligne de rivage à l’aménagement. Les effets sur le transit littoral en aval peuvent être relativement importants, les sédiments déposés dans les zones aménagées n’étant plus disponibles dans les zones non aménagées. Il s’agit donc de structures protectrices placées au large qui visent à absorber l’énergie des vagues avant qu’elles n’atteignent le rivage. Les brise-lames réfléchissent ou diffractent l’énergie des vagues, mais ils peuvent aussi la concentrer sur des points sensibles. Dans ce cas, l’érosion qui affecte la côte peut aboutir à la destruction des constructions que les brise-lames avaient pour but de protéger. - Les solutions douces : les solutions douces sont en plein développement. Elles sont caractérisées par des impacts réduits sur le fonctionnement sédimentaire de la plage, ce qui ne signifie pas toujours que leur coût soit réduit. On utilise toutefois dans certains cas des matériaux locaux ou de récupérations (fascines en bois, pieux, pneus usagés, etc.) ou des matériaux techniques et récents comme les géotextiles. Leur diversité est importante, surtout dans la mesure où ces solutions sont issues d’initiatives locales. 8.3. Instances opérationnelles : observatoires La mise en œuvre du SDAL doit être animée à travers la mise en place des institutions nationales et régionales. La mise en place d’un Observatoire permanent ou d’un réseau régional, permettra de disposer d’informations fiables, en temps réel sur l’évolution de la situation sur les plans d’eau, l’érosion côtière et les risques côtiers et fournir des éléments d’aide à la décision. Plusieurs acteurs participeront à la vie de cet Observatoire National : • certaines Directions techniques des ministères sectoriels ; • les Institutions de recherche et d’enseignement supérieur ; • les universitaires spécialisés ; • les collectivités locales ; • des ONG et autres structures de vulgarisation. Les partenaires au développement seront également sollicités aux côtés de l’Etat Béninois pour l’appui technique et financier, pour accompagner l’Observatoire. En dehors de l’Observatoire National, certaines directions techniques du Ministère du Cadre de Vie joueront également des rôles importants, notamment la Direction Générale de l'Environnement et du Climat (DGEC) et la Direction de la promotion de l'écocitoyenneté. La Direction Générale de l'Environnement et du Climat a pour mission d'élaborer et d'assurer la mise en œuvre ainsi que le suivi de la politique, des stratégies de l'Etat et de la règlementation nationale en matière d'environnement, de gestion des effets des changements climatiques et de promotion de l'économie verte en collaboration avec les autres structures concernées. 141 A ce titre, elle est chargée de : • élaborer les politiques et stratégies de l'Etat ainsi que les textes législatifs et réglementaires en matière d'environnement et de gestion des effets des changements climatiques, et en assurer le suivi-évaluation de la mise en œuvre ; • définir des indicateurs environnementaux pour le suivi de la politique environnementale et de gestion des effets des changements climatiques ; • produire des données sur les pollutions, les risques environnementaux, l'adaptation et l'atténuation aux changements climatiques, l'économie verte à l'usage de tous les secteurs ; • proposer au gouvernement des mesures préventives de réduction de la pollution environnementale et d'émissions de gaz à effet de serre ; • impulser la mise en œuvre des politiques, de la règlementation environnementale, des programmes et projets relatifs à la lutte contre les pollutions notamment les déchets solides ménagers et les eaux usées, à la gestion des risques environnementaux, l'adaptation et à l'atténuation, aux changements climatiques et à l'économie verte ; • suivre l'application des textes réglementaires relatifs à l'environnement et aux changements climatiques en collaboration avec les structures concernées, • participer aux activités de la Police Environnementale ; • coordonner la mise en œuvre des programmes et projets nationaux de gestion relatifs à la lutte contre les pollutions notamment les déchets solides ménagers et les eaux usées, à l'adaptation et l'atténuation aux changements climatiques et à l'économie verte ; • contribuer à l'amélioration du cadre de vie des populations à travers la lutte contre toutes les formes de pollutions, de nuisances et risques environnementaux, en collaboration avec toutes autres structures concernées ; • contribuer à la gestion et au traitement des déchets solides et liquides ; • promouvoir la recherche en vue de la préservation de l'environnement et du climat mondial ; • définir une vision à long terme de gestion de l'environnement et des effets des changements climatiques devant guider les politiques et mesures mises en œuvre pour faire face aux changements climatiques et assurer le développement durable du pays ; • assurer l'évaluation de l'impact, de la vulnérabilité et de l'adaptation, notamment des évaluations des besoins financiers et une analyse économique, sociale et environnementale des solutions envisageables en matière d'adaptation ; • faire intégrer les considérations liées à l'environnement et aux changements climatiques dans les politiques, programmes et projets nationaux, sectoriels et communaux de développement ; • promouvoir l'économie verte ; 142 • mettre en œuvre des programmes et projets d'intérêt national relevant des domaines de l'environnement et des changements climatiques ; • assurer le rôle du Point Focal National des accords multilatéraux en matière d'environnement et des changements climatiques ; • participer aux négociations internationales et à la mise en œuvre des accords multilatéraux relatifs à l'environnement et aux changements climatiques en collaboration avec les structures concernées ; • assurer le pilotage des programmes, projets ou actions initiés par l'Etat dans le domaine de l'environnement, des changements climatiques ; • encourager et promouvoir les travaux de recherche scientifique, technologique, technique, socioéconomique ; • encourager l'observation permanente et la constitution d'archives de données sur le système climatique permettant de mieux comprendre les causes, les effets, l'ampleur et l'échelonnement dans le temps, des changements climatiques ; • encourager la formation du personnel scientifique, technique et de gestion sur l'environnement et les changements climatiques ; • coordonner les activités de la préservation du littoral y compris la lutte contre l'érosion côtière en collaboration avec toutes autres structures concernées ; • initier et conduire toutes réflexions et actions de nature à contribuer à une meilleure connaissance du phénomène de l'érosion côtière en République du Bénin ; • élaborer les politiques et stratégies de l'Etat en matière de protection des berges et de lutte contre l'érosion côtière ; • promouvoir des mécanismes permettant de remédier aux pertes et préjudices liés aux incidences des changements climatiques ; • appuyer les Directions Départementales du Cadre de Vie et du Développement Durable dans la mise en œuvre de leurs activités relatives aux domaines de compétence du ministère ; • participer à la définition et à la gestion des relations de l'Administration avec les associations professionnelles concernées d'une part et les cabinets et bureaux d'études, ainsi que les divers centres de formation spécialisés dans les domaines de l'environnement et des changements climatiques d'autre part. Quant à la Direction de la promotion de l'écocitoyenneté, elle a pour mission de concevoir et de mettre en œuvre la politique d'écocitoyenneté en matière de cadre de vie, d'environnement et de développement durable. A ce titre, elle est chargée de : • concevoir, mettre en œuvre et évaluer la stratégie en matière d'écocitoyenneté ; • concevoir et élaborer les supports de mobilisation et de plaidoyer en matière d'écocitoyenneté ; • mettre en cohérence les actions des directions et organismes sous tutelle du ministère en matière d'écocitoyenneté ; 143 • suivre et évaluer périodiquement la stratégie d'information et d'éducation dans les domaines de compétences du ministère • définir une approche holistique tenant compte des aspects écologiques, socio- culturels et autres de chaque question relevant du domaine de compétences du ministère ; • veiller à l'organisation des campagnes de sensibilisation en direction des populations cibles sur les enjeux environnementaux. La mise en place et l’animation d’un cadre juridique, institutionnel cohérent et efficace passe par : • Le renforcement de la législation et la règlementation sur la mise en valeur et la protection du littoral ; • La mise en place et la dotation de moyens adéquats d’une Agence/ observatoire national de gestion et de protection des berges et côtes et des lagunes du littoral ; • Une autorité communale de suivi du trait de côte (composée des riverains, associations, ONG et élus) ; • Un cadre de concertation départemental des communes côtières. Au plan régional, certaines institutions pourraient être associées dans le travail de suivi, d’observation permanente de l’évolution du littoral ouest africain et de production d’informations pour des prises de décisions et d’actions de protection du trait de côte. Il s’agit notamment de : • l’Observatoire Régional du Littoral de l’Afrique de l’Ouest (OLOA) : la création de cette instance est déjà envisagée avec un appui de l’UEMOA qui envisage d’en confier la responsabilité au CSE. L’OLOA serait chargé de centraliser et gérer l’information validée sur l’évolution des dynamiques littorales. • le Nouveau Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, qui serait chargé de la production (sur une base bisannuelle) d’un bilan prospectif du peuplement et de la croissance en Afrique de l’Ouest. Il faut aussi mentionner le Réseau des Aires marines Protégées de l’Afrique de l’Ouest (RAMPAO), dont la contribution éventuelle serait basée sur le suivi écologique des AMP en place, dont le rôle de sentinelle pour mesurer les effets de l’élévation du changement de la mer est reconnu. Le comité régional d’orientation du Programme Régional de Lutte contre l’Erosion Côtière (PRLEC) de l’UEMOA constitue une entité régionale pertinente susceptible de fédérer et de mettre concrètement en réseau les efforts et capacités nationaux. Ce comité veillera à informer, voire impliquer d’autres instances existantes comme le Secrétariat Permanent du Grand Ecosystèmes Marin du Golfe de Guinée, et la Convention d’Abidjan. 144 Figure 34 : Diagramme institutionnel du SDAL 8.4. Programmes prioritaires d’accompagnement La mise en œuvre du SDAL se fera à travers les différents programmes suivants : Programme 1 : Veille et Vigilance Objectif : Identifier et détecter avec anticipation les situations génératrices de risques. Produire une information fiable destinée à l’ensemble des niveaux de décision. Changements/résultats attendus ▪ Suivi prospectif stratégique du peuplement et de la croissance dans les zones côtières ; ▪ Suivi et anticipation de l’évolution climatique ; ▪ Amélioration de la capacité d’anticipation et de détection, à partir de signaux faibles, des situations à risque ; ▪ Suivi anticipatif de l’évolution du trait de côte et des enjeux liés à l’occupation et aux activités humaines ; ▪ Réalisation des aménagements côtiers par anticipation ; ▪ Suivi des aires marines protégées sentinelles en vue d’appréhender la progression et les impacts sur les milieux naturels côtiers de la remontée du niveau marin. Pistes d’action : ▪ Mise en place d’un système d’alerte précoce ▪ Former les populations sur les signes annonciateurs de risques probables ; Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable Observatoire permanent PTF Direction Générale de l'Environnement et du Climat (DGEC) Direction de la promotion de l'écocitoyenneté (DPEC) Autorité Communale de suivi du trait de côte Cadre de concertation départemental des communes côtières Observatoire Régional du Littoral de l’Afrique de l’Ouest (ORLOA) Nouveau Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest Réseau des Aires marines Protégées de l’Afrique de l’Ouest (RAMPAO) Comité régional d’orientation du Programme Régional de Lutte contre l’Erosion Côtière (PRLEC) 145 ▪ Créer les conditions nécessaires à l’adoption précoce de décisions adaptées et pertinentes qui permettront également de sécuriser les populations et l’environnement support du développement économique dans les zones côtières. Programme 2 : Information et renforcement des capacités Objectif : renforcer les capacités des acteurs côtiers en matière de gestion du trait de côte par la mise à disposition d’une information efficace et de qualité sur l’anticipation et le traitement des situations côtières à risques. Changements/résultats attendus ▪ Préparation des populations et des décideurs : la lutte contre l’érosion côtière et la réduction des impacts de la dynamique côtière doit s’organiser à tous les niveaux et nécessitera un effort important d’information et de sensibilisation de toutes les catégories d’acteurs qui y sont confrontées. ▪ Mise en œuvre d’un programme information et renforcement des capacités permettant de : ✓ Délivrer régulièrement aux acteurs côtiers une information actualisée, pertinente et accessible sur l’évolution des systèmes littoraux ; ✓ Contribuer à la préparation des populations et des décideurs pour la réduction des risques par la sensibilisation, l’information et le retour d’expérience ; ✓ Mettre en relation les besoins en expertise avec les ressources techniques et compétences spécialisées disponibles au plan local et régional ; ✓ Accroître les capacités d’intervention des acteurs nationaux par la formation et le recyclage des acteurs techniques. Pistes d’action : ▪ Production d’outils didactiques d’information destinés aux catégories de publics les plus concernées par la gestion locale du trait de côte (autorités locales, opérateurs touristiques, hôteliers et restaurateurs, services urbains, etc.) ▪ Mise en réseau d’un pool d’experts nationaux et régionaux spécialisés et de haut niveau pouvant intervenir en appui… ▪ Facilitation de l’encadrement scientifique de chercheurs en formation diplômante travaillant sur les thématiques en lien avec l’étude des écosystèmes, l’aménagement du littoral et la prévention des risques côtiers ; ▪ Organisation de sessions de formation et de recyclage des services techniques, professionnels et ingénieurs en relation avec l’aménagement du littoral. 146 Programme 3 : Protection et réduction des risques côtiers Objectif : accroître la résistance et la résilience des espaces littoraux occupés par les populations et les installations humaines, en vue de réduire la vulnérabilité et l’exposition des populations et établissements humains implantés sur le littoral. Changements/résultats attendus ▪ Réduction de l’impact des risques côtiers sur les populations riveraines et leurs activités économiques ; ▪ Empêcher l’avancée de la mer sur les terres côtières ; ▪ Reconstituer les plages disparues ou en voie de disparition. Pistes d’action : ▪ Planification spatiale et aménagement du Littoral (mettre en œuvre les directives, les règles et/ou orientations (opposables ou non) pour l’aménagement du littoral) ▪ Artificialisation du rivage défense de la côte ▪ Inventaire des réserves sédimentaires stratégiques Actualisation des normes et transferts de risques (propositions concrètes en matière d’actualisation des normes d’urbanisme, d’hydraulique, de construction, de génie civil et de génie côtier, afin de les adapter à l’intensification possible de certains risques). Programme 4 : Actualisation et suivi des outils de planification spatiale ou nationale sous le regard de l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) Objectif : veiller à la mise à jour périodique et à la mise en œuvre des documents de planification au niveau national et local afin d’éviter la navigation à vue dans les politiques d’aménagement du territoire et d’assurer la cohérence entre les orientations d’aménagement entre le niveau central et le niveau local. Changements/résultats attendus ▪ Réduction des risques d’occupation des zones impropres à l’habitation ; ▪ Respect des directives et des orientations territoriales d’aménagement, gage d’une meilleure organisation et occupation de l’espace ; ▪ Maitrise et encadrement de l’urbanisation ; ▪ Développement territorial cohérent et structuré. Pistes d’action : ▪ Elaboration conjointe du Plan National de Développement avec le Schéma National d’Aménagement du Territoire ; ▪ Elaboration/Actualisation des Plans Directeurs d’Aménagement des Pôles de Développement du SNAT ; ▪ Actualisation/Elaboration des autres documents de planification (SDAU, SDAC, PDU, PDC) à la suite du SNAT/PDA pour assurer leur cohérence et leur donner les chances d’une bonne mise en œuvre. 147 IX- RECOMMANDATIONS Dans la maitrise des dynamiques qui influencent le devenir de la zone du littoral pour l’horizon défini il importe de faires quelques recommandations notamment : 1. Faire adopter les arrêtés et décrets d’application de la loi N° 2018-10 du 02 juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en valeur de la zone Littorale en République du Bénin ; 2. Actualiser et adapter la règlementation en vigueur sur la gestion du littoral ; 3. Mettre en œuvre effectivement les orientations stratégiques émises lors de l’élaboration du schéma directeur d’’aménagement du littoral ; 4. Faire une diffusion et appropriation du document par les acteurs concernés en vue de la mise en œuvre des orientations stratégiques ; 5. Réaliser une étude très approfondie sur la dynamique des traits de côtes en vue de détecter tout évènement y afférent et les prévenir ; 6. Elaborer des études de vulnérabilité de la zone du littoral et y associer l’étude des bassins versant mis en jeux assortie d’un Modèle Numérique de Terrain pour un meilleur suivi du phénomène d’érosion ; 7. Elaborer les documents de planification urbaine pour toutes les communes du littoral béninois notamment celles situées sur la bande côtière en vue de contrôler et d’encadrer la pression urbaine sur la bande côtière ; 8. Réaliser une synthèse des études environnementales relatives aux zones humides sensibles de la bande côtière (lac, rivière, marécages…) en vue d’un suivi rigoureux de la biodiversité 9. Réaliser une étude spécifique aux effets des comblements des zones humides en vue d’un dragage maitrisé ; 10. Réaliser une étude socioéconomique prenant en compte les villages de la bande côtière en vue de lutter contre la paupérisation et mieux limiter la pression sur les ressources naturelles 11. Mettre en relation périodique des acteurs de la lutte contre l’érosion côtière y compris les organisations de la société civile et les élus en vue d’une lutte concertée ; 12. Réaliser un suivi rigoureux des EIES et PGES de tous travaux en cours ou à venir en vue d’une atténuation des impacts ; 13. Limiter l’action des déchets solides ménagers et surtout les sachets plastiques sur les zones humides et les milieux marins ; 14. Limiter au mieux les impacts des effluents (industriels et boues de vidanges) sur les milieux marins ; 15. Mieux connaître et cerner les impacts des Changements Climatiques sur l’érosion côtière ; 16. Suivre l’évolution démographique du littoral en vue de mieux appréhender son impact sur le devenir de l’espace ; 17. Mieux maitriser l’offre de services urbains de base dans la zone du littoral en vue de maitriser les migrations et mieux fixer les populations. 148 CONCLUSION Le littoral béninois est un territoire très sensible qui connaît une explosion démographique avec pour corollaire une occupation anarchique de l’espace. On observe une disparité en matière de peuplement du littoral à cause des potentialités et atouts de chaque bloc d’agglomérations. Le bloc Est du Littoral qui regroupe les grandes villes de Cotonou, Porto- Novo et Abomey-Calavi a un front urbain très dynamique avec pour conséquence la conurbation de ces différentes villes avec les communes de Sèmè-Podji à l’Est et de Ouidah à l’Ouest. Quant aux blocs Ouest et continental, ils sont moins peuplés mais connaissent quand même une dynamique de leurs fronts urbains. Le développement des nombreuses activités socio-économiques a pour conséquences la pression foncière et la dégradation de l’environnement. En effet, l’augmentation de la population urbaine a pour conséquence, l’occupation des zones impropres à l’habitation. Plusieurs instruments et outils en matière d’aménagement du territoire ont été élaborés à savoir : le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) ou Agenda Spatial, le Schéma des Services Collectifs (SSC), les Plans Directeurs d’Aménagement (PDA) des pôles de développement, les Directives Sectorielles d’Aménagement (DSA), les Directives Territoriales d’Aménagement (DTA) etc. Le présent Schéma Directeur d’Aménagement du Littoral (SDAL) vient pour indiquer les grandes directives à suivre pour une gestion rationnelle et durable de l’espace du littoral. Ce document est donc un outil d’aide à la décision et permettra au politique de doter le territoire national en général et le littoral en particulier d’un cadre de référence spatial cohérent, afin d’assurer la coordination spatiale des actions d’aménagement et de développement. Pour un aménagement du territoire du littoral réussi, des orientations stratégiques ont été élaborées. Leur mise en œuvre effective grâce à la synergie d’action de toutes les parties prenantes constitue un gage pour une gestion harmonieuse et durable du littoral béninois. 149 BIBLIOGRAPHIE ABE (2004) : Evaluation environnementale stratégique régionale du littoral stricto sensu (EES-R) – Volume 1. Rapport, 67p. ABeGIEF, 2009 : Indicatives sur les limites extérieures du plateau continental du Benin. Rapport, 39p. Adam K. S., Fiogbe E., Dossou-yovo A. et Ogouwale E. (2007) : Rapport National sur l’Environnement Marin et Côtier du Bénin. Direction Général de l’Environnement, Cotonou, pp 68. Adjakpa J. B. et A.Tchabi., 2002. Contribution à l’inventaire des oiseaux sauvages utilisés comme matières premières en pharmacopée traditionnelle au Bénin. Nature et Faune. 18 (1) : 14-22. Adjakpa J., Coubeou P., et M. 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Abomey-Calavi, 260p. 156 ANNEXES Annexes 1 : Procès-verbaux des ateliers départementaux réalisés COMPTE RENDU DE L'ATELIER RELATIF A L'ACTUALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR D'AMENAGEMENT OU LITTORAL L'an deux mil vingt et un et Je sept déc.cmbre, s·cst tenue à partir de 09 heures 15 minutes dans la salle de réunion ASSOGBA du Chant d'Oiseau de Cotonou, I" atelier départemental Atlantique-Littoral sur l'actualisation du Schéma Directeur d ' Aménagement du Littoral (SDAL). Tous les Vingt participants attendus à cet atelier étaient présents (voir la liste en aJmexe). A Pentame de l'atelier, le représentant du bureau d'études en la personne de Or AGBANÔU Thierry a présenté ses excuses aux participants pour le retard mis pour lancer les travaux. Il a expliqué que cela était dû au fait que le quorum n'était pas atteint. Après les présentations d'usage des quatTe (04) membres du bureau d 'études présents (AGBA.NOU Thierry, HOUNKPEVl Daniel. QUENUM !rené et ABDOULA YE Djafarou). l'obj ectif de l'atelier a été expl iqué aux participants et l'ordre du jour qui est présenté ci-dessous a été adopté. Ordre du j our : 1- Présentation du rapport diagnostic 2- Travaux en atelier sur quatre thématiques proposées par le bureau d'études organisateur de l'atelier. L'objectif du présent atelier est de travailler avec les personnes ressources issues des différentes strucrurcs à charge de gestion du li ttoral afin de : Identifier les problèmes liés thématiques proposées ; Proposer des orientations stratégiques pour une gestion durable du Littoral ; Amender et valider les plans cl cartes thématiques élaborés ; Ainsi, abordant le premier point de l'ordre du jour, le rapport diagnostic a été présenté aux partic ipaJ1ls et des éléments de clarifications apportés aux questions posées. Dans les éléments de réponses apportés par le bureau d'études, les objectifs de la mission ont été clarifiés et l'importance de l'actualisation du Schéma Directeur <l'Aménagement du Littoral a été expliquée, l'obligation pour les diffërentes structures impliquées de collaborer et de travailler en synergie a été rappelée. Après ces différentes clarifications, une pause-café a été observée. Du retour de la pause-café les participants à l'atelier ont été éclatés en quatre (04) groupes de travail autour des thématiques biens précises que sont : 157 1- Gestion des ressources naturelles ; 2- Infrastructures sociocornmunautaires et transport ; 3- Contraintes et Risques Naturelles; 4- Urbanisation et foncier S'agissant des différents documents disponibles, plusieurs ont été copiés au bureau d'études par les participants. Néanmoins, certains participants ont proposé au cabinet de leur laisser une adresse mail ou numéro watshap par laquelle ils pourront envoyer des documents complémentaires. A 14 heures 30 minutes, a démarré la dernière phase relative à la restitution des résultats issus des différents travaux de réflexion des groupes thématiques. Après cette présentation, la synthèse des résultats a été faite et annexée au présent compte rendu. C'est sur cette note de synthèse que les travaux de 1 'atelier de Cotonou ont été clôturés après les mots de remerciement des membres du bureau d'études organisateur. Participants : ~ : M. ALASSANE ADAM Soulémane M . D~rnspére Fait à Cotonou, le 07 décembre 2021 Représentant du cabinet : Dr AGBANOU Thierry 158 COMPTE RENDU DEL' ATELIER RELATIF AL' ACTUALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR D'AMENAGEMENT DU LITTORAL Déroulement de l'atelier L' an deux mil vingt et un et le huit décembre, s'est tenue à partir de 10 heures 52 minutes dans la salle de réunion de l'Hôtel 1 du centre Songhaï à Porto-Novo, l'atelier départemental (Ouémé-Plateau) sur l'actualisation du Schéma Directeur d' Aménagement du Littoral (SDAL). Dix-sept participants sont attendus à cet atelier. Etaient présents à cet atelier les participants dont la liste est annexée au présent compte rendu. A l' entame de cet atelier, Je cabinet représenté par trois de ses membres dont Dr AGBANOU Thiérry, Dr QUENUM Irené et Dr ABDOULA YE Djafarou a souhaité la bienvenue aux participants. A cet effet, il a ensuite expliqué aux participants le contenu du rapport diagnostic qui a été déjà validé. Actuellement, nous sommes à la phase prospective du SDAL qui nécessite la participation des différentes structures en charge de la gestion du ten-itoire que vous êtes. Le chronogramme de travail a été présenté suivi des objectifs fixés. Au tenne de cet atelier, les orientations, les stratégies, les mesures à prendre sont vivement attendues. Le porte-parole a enfin demandé aux participants de ce prononcé par rapport au chronogramme. Différemment, les participants ont soulevé des préoccupations relatives à la compréhension du TDR, du chronogramme du travail. A l'issue des remarques pertinentes faites par certains patticipants, à l' unanimité, on a dû observer une pause-café pour pennettre aux retardataires de rattraper les travaux dudit atelier à 10 heures 54 minutes. Après cette pause-café, les travaux proprement dits ont commencé par la présentation effective des participants présents à cet atelier. Ainsi, la présentation du rapport diagnostic a été faite par l' aménagiste de l' équipe du cabinet en la personne du Dr QUENUM Iréné. A la fin de cette présentation, des questions ont été posées dans le sens de comprendre le rapport d' état des lieux et prévoir ce qu' il faut à l' horizon 2036. Pour répondre à ces questions, des objectifs ont été fixés. Objectifs des ateliers L'objectif du présent atelier est de travailler avec les personnes ressources issues des différentes structures à charge de gestion du territoire du littoral afin de : 159 identifier les problèmes liés à chaque thématique proposée; proposer des orientations stratégiques pour une gestion durable du littoral ; amender et valider les plans et cartes thématiques élaborés. Pour atteindre ces objectifs, des groupes thématiques ont été mis en place. Ainsi, les travaux à faire (TAF) par chaque groupe thématique dans le cadre de cet ateliers' articulent autour de : l. l' identification des problèmes par rapport au thème affecté à l' atelier. 2. l'analyse des cartes thématiques réalisées relatives au thème de l'atelier; 3. la proposition des mesures ou orientations stratégiques ; 4. l'élaboration d' un compte rendu des travaux de l' atelier et 5. la présentation des travaux de l'atelier en plénière. Les principaux résultats attendus à 1' issue de ces travaux se présentent comme suit : les problèmes liés à chaque thématique proposée sont identifiés ; des solutions et orientations stratégiques sont proposées pour une gestion durable du littoral ; les plans et cartes thématiques élaborés sont amendés et validés. Les travaux se sont poursuivis avec la mise en place des groupes thématiques de réflexion vers 13 heures et la distribution des cartes d'état des lieux et prospectives au sein de chaque groupe. S'agissant des différents documents disponibles, les participants ont proposé au cabinet de leur proposer une adresse mail ou numéro watshap par laquelle ils pourront envoyer lesdits documents. A 14 heures 30 minutes, a démarré la dernière phase relative à la restitution des résultats issus des différents travaux de réflexion. Après cette présentation, la synthèse des résultats est annexée au présent compte rendu. C'est sur cette note de synthèse que les travaux de l'atelier ont été clôturés suivis des mots de remerciement du cabinet Fait à Porto-Novo, le 08 décembre 2021 Participants : Représentant du cabinet : Mme HOUNSOU Brigitte Dr AGBANOU Thierry 160 COMPTE RENDU DE L'ATELIER RELATIF A L'ACTUALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR D'AMENAGEMENT DU LITTORAL Le jeudi 09 décembre 2021 à partir de 10 heures, s'est déroulé dans l'enceinte du Centre Henri VIGNONDE à Lokossa dans le Département du Mono, l'atelier sur l'actualisation du Schéma Directeur d' Aménagement du Littoral (SDAL). Plusieurs participants de diverses structures sont invités dans le cadre dudit atelier. Etaient présents à cet atelier les participants dont la liste est annexée au présent compte rendu. Prévue pour 8 heures 30 minutes, cet atelier a réellement démarré à 10 heures 03 minutes, sous la présidence du représentant du bureau d'étude (GROUPE SAGE-C SARL). Il a d'abord présenté le mot de remerciement du bureau d'étude aux participants et ensuite demandé à chaque participant de se présenter. Le déroulement effectif des travaux relatifs à cet atelier a commencé par l 'explication aux participants le but de cet atelier et le contenu du rapport diagnostic qui a été déjà validé. Partant de ce rapport diagnostic, il est question de voir dans le futur les différentes affectations des terres dans le littoral béninois qui seront intégrés dans le schéma global du littoral ouest africain. C'est dans ce cadre pour rendre opérationnel cette phase prospective du SDAL, le bureau d'étude a vu la nécessité de faire participer les différentes structures en charge de la gestion du territoire qui sont censées vivre les réalités du terrain. Après cette phase d'explication du TDR et le rapport diagnostic, le chronogramme de travail et les objectifs fixés ont été ainsi présentés. Au terme de cette présentation, il a été demandé aux participants de réagir. A cet effet, certains pai1icipants ont soulevé des préoccupations relatives à la compréhension du TDR, du chrono gramme du travail. Ils ont à leur tour apprécié le rapport présenté en l'état. Ils ont déploré aussi la manière dont le lotissement est conduit dans certaines communes. Ces lotissements ne respectent même pas les affectations des terres prévues par le SDAC qui a prévu l'occupation rationnelle de l 'espace. C'est le cas par exemple de la commune de Corné qui dispose d'un SDAC non opérationnel. Dans le même ordre d'idée, le représentant des Eaux et Forêts a déploré aussi l'influence de l'urbanisation et des activités agricoles sur les ressources forestières. Il a fait cas des forêts de Sèmè-Kpodji et de Ouèdo qui procurent les ménages en bois énergie. La dernière intervention est relative aux données à mettre à la disposition du bureau d'étude. Ils ont promis remettre lesdites données et recommandent aussi au bureau d'étude de se rendre à l' ANDF pour les informations relatives aux fonciers car une étude minutieuse a été réalisée dans ce sens. A l'issue des remarques pertinentes faites par certains participants, les membres du bureau d'étude ont apporté des éléments de réponse. L'étape suivante est la mise en place des différents groupes thématiques de réflexion. Ainsi, quatre groupes thématiques ont été formés et les cartes d'état des lieux et prospectives sont mises à la disposition de chaque groupe à de fins utiles. C'est à cette étape qu'une pause-café a été observée à 11 heures 33 minutes. Du retour de la pause-café, les travaux ont repris par la présentation des objectifs de l'atelier. L'objectif du présent atelier est de travailler avec les personnes ressources issues des différentes structures à charge de la gestion du territoire du littoral afin de : identifier les problèmes liés à chaque thématique proposée ; proposer des orientations stratégiques pour une gestion durable du littoral ; amender et valider les plans et cartes thématiques élaborés. Ainsi, les travaux à faire (TAF) par chaque groupe thématique dans le cadre de cet atelier s'articulent autour de: l'identification des problèmes par rapport au thème affecté à l'atelier; l'analyse des cartes thématiques réalisées relatives au thème de l'atelier; la proposition des mesures ou orientations stratégiques; l'élaboration d'un compte rendu des travaux de 1 161 l'atelier et la présentation des travaux de l'atelier en plénière. Les principaux résultats attendus de ces travaux se présentent comme suit : - les problèmes liés à chaque thématique proposée sont identifiés ; - des solutions et orientations stratégiques sont proposées pour une gestion durable du littoral ; - les plans et cartes thématiques élaborés sont amendés et validés. Après ces travaux en commission, la synthèse des résultats est annexée au présent compte rendu. C'est sur cette note de synthèse faite par le bureau d'étude que les travaux de l'atelier ont pris fin à 14 heures 30 minutes suivis des mots de satisfaction du bureau d'étude et des participants. Participants : Mme AKPLAKOU YolaJKte:== ~ 77 M. FIOSSOU Enock M. GBAGUIDI Landry P J en annexe : - liste de présence - synthèse des résultats attendue Fait à Lokossa, le 09 décembre 2021 Bureau d'étude : Dr AGBANOU Thierry 162 Annexes 2 : Liste de présence des participants aux ateliers départementaux réalisés ACTUALlSATlON DU SCHEMA DIRECTEUR DU LIITORAL (SDAL) Atelier départementa l du ... At~.~l.::-:-.. ~~~e. ............. ... ...................... .. ....................... . Date : . . 0.1:/.À.~ .. ~~(i .......... Lieu: .ceiq.,~f..J/~ /.~~··············· ······················ LISTE DE PRESENCE om & Prénoms Sexe Structure Fonction Ville de Contact Signature 21. 22. 23. Mail : 24. H l : Mail : 25. Tél : Mail : 26. Hl: Mail: 27. Tél : Mail: 163 ACTUALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR DU LlTIORAL (SDAL) Atelier d épa rtcme n ta I d@-< .. . l. :. ~~ :::-. P, .&./4. .€.~ .. ... .......................... ....................... .. ....... . Date : .. 0.'2.{A,2;.{.~oiJ-4 ............ L ieu: .. ?.~.:-:-.t-J00.1Î .. .l.~ ... Qim3~) ..................... . LISTE DE PRESENCE No Nom & Prénoms Sexe Structure Fonction Ville de Contact S igna ture Mail: 12. tt<)L\NS.A- M. Gu~~ \-t 11\.w,;\,Ü.. ~ c)Sf'DL ~.r. / Tél : 'j=,- i5, J t, CZ, 1\. ~ ~ •' . . ~\,(é"(.;,A~ fi ~~ Mail : M\l,"NHI .. O'll'l'Oyl"'-\..ml,C(m 7 \ 13. HObOMf /.f-tJ!I. ..s - ~-f' O(~r .,....,i , Tél : J:s,n~u ':I. • v~ , E,~c,J(I, J,. h\.,1/ /11.. -t;h',u,1,ul ,-rr v - Mail : ""' ,. ~ tJ ;J • ,w; 14. 6--\OU5S&0U V\,j)'I(-(¼ M V fWë-~~ Tél : CJ1-l.f. l/- '6Lr 2, t ni 't)J> c..1/ DJKI $/S bC.C.f'/; Mail :! '" , ... J Ct:1.,,6)t1Ji,n-l 1 S. tr>to-o~ 'fu,ct~ ~ k lk I~~ ~cù.Lw. /ffet,,...lt µ ~\'\..-..J Tél: ('(r"INI . 9 ~ 3'l-\t.-6.Lf" 1,,--TuLJl- \.li. jlai, Mail : a\. " 1 J J H -. ""'-< ,. f,. . 1 ""7"""...,.. \J J .. 16. A~ J / bNOA/ t.:; C/o , , ~·~ c/«- 1-,4 \/r ,., " \,-., Tél : 9 ·{-6 € CVj -:t"<.I 1 { J}i' ,, 11 , ln- r\.,,-" Mail :n al- ,.J , ,., /A , l ,.Q A• '" ( ' Tél: (../ , / 17. Mail: 18. Tél : Mail: 19 . Tél: Mail : 20. Tél: Mail : 2 1. Tél: Mail: 22. Tél: Mail : 23. Tél : Mail: 24. Tél: Mail: 25. Tél : Mail : 26. Tél: Mail : 27. Tél : Mail : 164 ACTUALISATION DU SCHEMA DIRECTEUR DU LITTORAL (SDAL) Atelier départemental du .. .. . M.~ .................. ........... .. .. .. ....... .......... .. ................ ................. ...... . Date : ... If). Çj (A..2Jf. t!,D. L./4 ... Lieu : .. . ~ '\ .. .( ~~ ... ~ .. V J (it{Q ~!>:6). No 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 2 1. 22. 23. 24. 25. 26. 27. Nom & Prénoms EIO;i~ f) II IL g ,.,. (},.P. HDVE70 J../ r1., , ,..,. j .. , AG'Co '?-t-." ..l .-& ., L \\. LISTE DE PRESE CE Sexe Structure Fonction 1-1 ~~•e D ,) ~1' M ~ '::(:S.:., c. /SI);: v M ""'-"fR~< L>.. .... - c{s~l~ Ville de rovcnancc ·~ • . ,, I L.o J<..ç'>y1 ?,~~✓ Contact Signature Mnil : Tél, ~%~ '!o:/f , 'l 3 ~O Mail : , ✓ • • a• . . Il A ,:::)A ,{) ~ Tél: 'jt /~4-4 If ~7oj""~ w 1 l,1' .,1./( Mail : v .. v .,, Tél : l::','0 <'2..lè, ~'<- 'l'f -Mail : -t..-L-.-~ C::, ~ . •f\ , . . Tél: ..., ..... ,- Mail : Tél : Mail : Tél: Mnil : Tél: Mnil : Tél : Mnil : Tél: Mail : Tél: Mnil : Tél: Mail : Tél: Mnil : Tél : Mail : Tél ; Mnil : Tél ; Mnil : Tél : Mail ; 165 Annexe 3 : Récapitulatif des projets/initiatives de protection et de valorisation du littoral béninois Mesures Actions mises en oeuvre/en cours/envisagées Impacts Projets/initiatives déjà exécutés Protection de la côte à l’Est de9 Cotonou (Depuis l’hôtel Eldorado jusqu’au quartier Sèyivè à Sèmè- Podji sur 7,5 km) : phase I Construction de 7 épis et d’un revêtement (photo 4.1) Protection de la côte contre l’érosion côtière, mais accélération de l’érosion en aval du dernier épi Projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou : Phase II - Mise en place des épis intermédiaires et revêtement de la portion comprise entre Akpakpa Dodomè et l’épi de Siafato ; - Rechargement des casiers en aval du dernier épi (photo 4.1) ; - Construction d’un lac marin à Donaten Protection de la côte contre l’érosion côtière, Elargissement des plages Création de sites touristiques Protection et valorisation de la côte à Avlékété dans la Commune Ouidah -Construction d’une digue immergée de 5 Km à Avlékété (photo 4.2) -Rechargement de la plage adjacente (photo 4.3) -Création d’une cité balnéaire Stabilisation de ce secteur de côte Programme de gestion du littoral d’Afrique de l’Ouest (West Africa Coastal Areas Management Program, WACA) Elaboration du Plan d’Investissement Multisectoriel pour l’Adaptation aux Risques Côtiers face aux Changements Climatiques au Bénin, inventaire des capacités et responsabilités des acteurs du littoral et l’analyse du contexte juridique de la gestion du littoral au Bénin. Suivi de l’érosion côtière au Bénin Installation des bornes de mesures le long de la côte béninoise Campagnes périodiques (tous les 3 mois) de mesure des paramètres liés à l’érosion côtière Analyse et traitement de données Détermination des vitesses d’érosion Elaboration de la carte de sensibilité du littoral béninois au risque de l’érosion côtière Disposer des données sur la dynamique littorale le long du littoral béninois Avoir une meilleure connaissance des processus littoraux 166 Suivi des paramètres hydrodynamiques littoraux Mise à l’eau d’un marégraphe au Port de Cotonou : relèvements et téléchargements périodiques des données marégraphiques Installation d’une bouée océanographique : collecte de données hydrodynamiques Suivre le niveau de la mer : disposer de données sur la marée Suivre l’état de la mer Mise en place d’un Système d’Alerte Précoce et de prévision de risques hydroclimatiques Fournir des informations sur les risques hydroclimatiques Donner l’alerte en cas de seuil critique Disposer d’informations sur les processus hydrologiques, météorologiques et océanographiques Prévenir les risques hydroclimatiques Réduire les catastrophes liées aux risques hydroclimatiques Création et gestion des aires communautaires de conservation de la biodiversité -ACCB- (Projet WACA) Création en cours, de 3 aires communautaires de conservation de la biodiversité (Chenal Gbaga, lagune de Ouidah (Avlékété-Djègbadji-Ouakpè- Daho) et mare aux crocodiles de Tannou) (figure 4.2). Mise en œuvre des plans de gestion 6 ACCB déjà créées. Conservation des ressources naturelles des ACCB Projet Gestion Intégrée de la Zone Côtière du Bénin (GIZMaC) Identification de deux Zones d’Intérêt Ecologique et Biologiques (ZIEB) sur le littoral béninois : Sites de Donaten (figure 4.3) et de la Bouche du Roy Elaboration du Rapport sur l’Etat du Milieu Marin du Bénin (REMM) Lancement du processus de création des AMP au Bénin Préservation et gestion durable des ressources naturelles Restauration et protection des écosystèmes marins et côtiers dégradés Projet de renforcement du couvert végétal pour la mise en terre des plans de cocotier sur la bande côtière Plantation et entretien des plants de cocotiers le long du littoral Restauration et protection des écosystèmes dégradés Projets/initiatives en cours ou envisagés Mise en place d’un système géographique de gestion de l’information environnementale dans le littoral - Mise en place du système de suivi de l’évolution du trait de côte; - Collecte, traitement et diffusion de l’information environnementale géoréférencée. Disposer de données 167 Projet de protection du segment de côte transfrontalier entre Agbodranfo au Togo et Grand- Popo au Bénin (Projet WACA) -Installation des ouvrages de protection du littoral -Mise en place d’un système de suivi de l’érosion côtière Protéger ce segment de côte littoral bénino- togolais contre l’érosion côtière Avoir une meilleure connaissance des processus littoraux Projet d’aménagement et de restauration du Chenal Gbaga (Projet WACA) -Dragage du Chenal Gbaga -Restauration des berges du chenal via la re-végétalisation Lutter contre les inondations de la zone Projet d’adaptation basée sur les écosystèmes Renforcement de la résilience des écosystèmes aux changements climatiques Projet de restauration des écosystèmes dégradés dans le site RAMSAR 1017 - Identification des espaces dégradés d’écosystèmes de zones humides dans le site Ramsar 1017 ; - Restauration des zones dégradées. Restauration et protection des écosystèmes dégradés Projet d’extension du Port de Cotonou Modification des processus hydrodynamiques et morphodynamiques et perturbations du transit sédimentaire à l’Est du port Construction d’un port pétrolier, minéralier et commercial en eau profonde à Sèmè-Podji au Bénin Construction de : - Un terminal pétrolier - Un terminal minéralier - Un terminal vraquier (solide) - Un terminal à conteneurs - Une rampe Ro-Ro et un quai Ro-Ro utilisés pour le déchargement de véhicules - Un quai des remorqueurs Aménagement des installations terrestres permettant la création d’une zone portuaire et industrielle. Modifications des processus hydrodynamiques et morphodynamiques et perturbations du transit sédimentaire en aval des ouvrages portuaires Source : Revue documentaire, SAGE-C, 2021 168 Annexe 4 : Espèces d’oiseaux menacés au Bénin Endémique Espèce Famille Catégorie Estimation de la population Tendance de population Non Faucon crécerellette Falco naumanni FALCONIDÉ VU 50000-60000 En baisse Non Outarde e Stanley Neotis denhami OTIDIDÉS LR/nt En baisse Non Grue couronnée Balearica pavonina GRUIDÉS LR/nt 66500-77500 En baisse Non Bécassine double Galinnogo media SCOLOPACIDÉS LR/nt 335000/571000 En baisse Non Bec en ciseaux Rynchops flavirostris RHYNCHOPIDÉS LR/nt 10000 En baisse Non Sterne de Damara Sterna balanarum LARIDÉS LR/nt 13500 En baisse Non Busard pôle Circus macrourus ACCIPIRIDÉS LR/nt 40000 En baisse Source : Vulnérable; Péril Proche (LR/nt). Information sur les espèces, d'après BirdLife International 2000 169 Annexe 5 : Liste des espèces végétales menacées de la zone littorale et leur état de conservation au Bénin Espèces Famille Distribution au Bénin Catégories de menace (IUCN) Acridocarpus alternifolius (Schum. & Thonn.) Nied. Malpighiaceae Ahozon-Pobè EN Acridocarpus smeathmannii (DC.) Guill. & Perr. Malpighiaceae Dan-Dassa EN Acroceras gabunense (Hack.)Clayton Poaceae Ewè CR Aechynomene uniflora E.Mey. Leg.-Pap. Lac Azili CR Afraegle paniculata (Schum.)Engl. Rutaceae Lama-Madoro (Dassa)- Tipeti (Natitingou)- Tagayé (Atacora Mountains) EN Afzelia africana Smith ex Pers. Leg.-Caes. Lama-Dogo Toui Kilibo- Tchaourou-Ndali- 3Rivières-Sota- Goungoun-Savalou- Bantè-Monts Kouffè- Ouémé Supérieur-Alibori Supérieur-Kouandé- Pendjari-Parc W EN Aidia genipiflora (DC.)Dandy Rubiaceae Ahozon-Pobè-Niaouli- Ewè EN Alafia benthamii (Baill. ex Stapf)Stapf Apocynaceae Avagbodji-Bembè-Sagon (Zou) EN Alstonia congensis Engl. Apocynaceae Pobè-Mondo Tokpa- Lokoli-Sèmè-Igolo-Tchi Ahomadégbé VU Amphimas pterocarpoides Harms Leg.-Pap. Pobè-Kpédjélé EN Ancistrocladus barteri Sc.Elliot Ancistrocladaceae Sèmè CR Ancistrocarpus densispinosus Oliv. Tiliaceae Pobè CR Angylocalyx oligophyllus (Baker)Baker f. Leg.-Pap. Pobè-Niaouli-Avagbodji- Bembè-Calavi EN Anthonotha macrophylla Pal.Beauv. Leg.-Caes. Pobè-Itchèdè EN Anthostema aubryanum Baill. Euphorbiaceae Igolo-Sakété-Lokoli- Allada-Kodjiota (Ouémé) EN Antidesma laciniatum Müll.Arg. Antrocaryon micraster A.Chev. & Guillaumet Euphorbiaceae Pobè CR Anacardiaceae Pobè-Missérété EN Asparagus warneckei Araceae Niaouli-Lama-Ewè-Bantè EN 170 (Engl.)Hutch. Avicennia germinans (L.)L. Avicenniaceae Ouidah-Grand Popo- Mitogbodji EN Baphia nitida Lodd. Leg.-Pap. Ahozon-Pobè-Niaouli EN Baphia pubescens Hook.f. Leg.-Pap. Dangbo CR Barteria nigritiana Hook.f. Passifloraceae Ahozon CR Beilschmiedia mannii (Meissn.)Benth. & Hook.f. Lauraceae Dangbo DD Belonophora hypoglauca (Welw.ex Hiern)A. Chev. Rubiaceae Pobè-Igbo-macro EN Borassus aethiopum Mart. Arecaceae Ouidah-Sè (Mono)-Monts Kouffè-Savè-Pendjari- Parc W - Spread over the country VU Buxus acutata Friis Buxaceae Kétou-Sèhouè- Zagnanado EN Caesalpinia bonduc (L.)Roxb. Leg.-Caes. Jusqu’à la latitude N 7°30’ EW Calamus deërratus Mann & Wendl. Arecaceae Sèmè-Lac Azili-Dja- Adjara- Avagbodji-Bembè VU Caloncoba echinata (Oliv.)Gilg Flacourtiaceae Niaouli CR Campylospermum glaberrimum (P. Beauv.)Farron Ochnaceae Avagbodji-Bembè-Lokoli- Lama-Djrègbé-Perma EN Canarium schweinfurthii Engl. Burseraceae Pobè CR Carapa procera DC. Meliaceae Niaouli-Lokoli EN Carissa edulis (Forssk.)Vahl Apocynaceae Côte -Calavi EN Casearia calodendron Gilg Flacourtiaceae Ahozon-Pobè EN Cassipourea barteri (Hook.f.)N.E. Br. Rhizophoraceae Ahozon-Ouidah-Mondo Tokpa EN Cassipourea congoensis DC. Rhizophoraceae Lama-Pobè-Ewè EN Cathormion altissimum (Hook.f.)Hutch. & Dandy Leg.-Mim. Tohouè-Ouémé EN Celtis mildbraedii Engl. Celtidaceae Dangbo-Niaouli-Ewè EN Chasmanthera dependens Hochst. Menispermaceae Pobè CR Chionanthus mannii (Solereder)Stearn Oleaceae Dangbo-Lama- Gnaouizoumè EN Chlorophytum inornatum Ker- Gawl Liliaceae Dangbo CR Christiana africana DC. Tiliaceae Lama-Idadjo EN Chrysobalanus ellipticus Soland. ex Sabine Chrysobalanaceae Ahozon CR Chrysobalanus icaco L. subsp. Icaco Chrysobalanaceae Côte CR Chrysophyllum albidum G. Don Sapotaceae Allada-Dangbo-Pobè- Ahozon-Adjara-Bantè- VU 171 Pira-Ouèssè Chrysophyllum pruniforme Pierre ex Engl. Sapotaceae Sakété CR Chrysophyllum welwitschii Engl. Sapotaceae Ewè CR Chytranthus macrobotrys (Gilg.)Exell & Mendonça Sapindaceae Dangbo-Pobè EN Coelocaryon preussii Warb. Myristicaceae Pobè CR Cola lateritia K. Schum. Sterculiaceae Avagbodji-Bembè CR Cola nitida (Vent.)Schott. & Endl. Sterculiaceae Pobè-Niaouli-Dangbo- Ahouéglé (N 6°40’56.4'', E 1°41'26.4'') EW Combretum grandiflorum G.Don Combretaceae Pobè-Lama-Lokoli CR Connarus africanus Lam. Connaraceae Dangbo-Pobè-Lokoli- Avagbodji-Bembè EN Conocarpus erectus L. Combretaceae Ouidah-Grand Popo EN Cordia platythyrsa Baker Boraginaceae Pobè CR Cordia senegalensis Juss. Boraginaceae Pobè CR Croton nigritanus Scott-Elliot Euphorbiaceae Gnaouizoumè CR Crudia klainei Pierre ex Harms Leg.-Caes. Adjara CR Crudia senegalensis Planch. ex Benth. Leg.-Caes. Pobè-Lokoli EN Culcasia barombensis N.E.Br. Araceae Dangbo-Pobè EN Cuviera acutiflora DC. Rubiaceae Dangbo-Pobè EN Cuviera macroura K.Schum. Rubiaceae Avagbodji-Bembè-Lokoli- Badjamè-Tchakou-Kraké EN Dalbergia ecastaphyllum (L.)Taub. Leg.-Pap. Côte EN Dalbergia setifera Hutch. & Dalziel Leg.-Pap. Côte VU Dennettia tripetala Baker f. Annonaceae Lama-Ewè-Monts Kouffè EN Detarium senegalense J.F.Gmel. Leg.-Caes. Pobè-Dogo-Doumè- Bantè-Bassila-Djougou VU Dichapetalum crassifolium Chodat var. crassifolium Dichapetalaceae Ahozon CR Dichapetalum oblongum (Hook.f. ex Benth.)Engl Dichapetalaceae Lama-Gnaouizoumè EN Dichapetalum pallidum (Oliv.)Engl. Dichapetalaceae Dangbo-Pobè-Ewè EN Dictyandra arborescens Hook.f. Rubiaceae Ahozon-Pobè-Niaouli EN Dictyandra involucrata (Hook.f.)Hiern Rubiaceae Pobè-Ewè-Dja EN Diodia vaginalis Benth. Rubiaceae Cotonou (Côte) CR Dioscoreophyllum cumminsii (Stapf)Diels Mennispermaceae Pobè-Ewè EN Diospyros abyssinica (Hiern)F.White Ebenaceae Lama-Ewè-Bantè- Djougou EN 172 Diospyros soubreana F.White Ebenaceae Dangbo-Pobè-Niaouli- Ewè EN Diospyros tricolor (Schum. & Thonn.)Hiern Ebenaceae Côte CR Discoglypremna caloneura (Pax) Prain Euphorbiaceae Pobè CR Distemonanthus benthamianus Baill. Leg.-Caes. Pobè CR Dodonaea viscosa Jacq. Sapindaceae Cotonou (Côte) EX Dovyalis afzelii Gilg Flacourtiaceae Ewè CR Dracaena fragrans (L.)Ker-Gawl Agavaceae Pobè CR Dracaena mannii Bakker Agavaceae Pobè CR Drypetes aframensis Hutch. Euphorbiaceae Ewè CR Drypetes gilgiana (Pax) Pax & Hoffm. Euphorbiaceae Ewè CR Embelia guineensis Baker Myrsinaceae Lama-Bassila- Pénéssoulou EN Ensete gillettii (De Wild.)E.E. Cheesman Musaceae Dassa CR Eremospatha macrocarpa (Mann & Wendl.)Wendl. Arecaceae Mondo Tokpa-Zinvié- Kraké-Tohouè-Djassin (N 06°28' E 02°36') EN Erythrina excelsa Baker Leg.-Pap. Pobè CR Erythrina vogelii Hook.f. Leg.-Pap. Dangbo CR Erythrophleum suaveolens (Guill. & Perr.)Brenan Leg.-Caes. Pobè-Doumè-Dan- Bassila-Djougou EN Erythroxylum emarginatum Thonn. Erythroxylaceae Dassa-Bantè-Avégamey EN Euadenia trifoliata (Schum. & Thonn.)Oliv. Capparaceae Avagbodji-Bembè- Dangbo-Pobè EN Euclinia longiflora Salisb. Rubiaceae Dangbo-Pobè EN Eugenia salacioides Laws. ex Hutch. & Dalziel Myrtaceae Avagbodji-Bembè- Dangbo-Gnaouizoumè EN Ficus leprieuri Miq. Moraceae Lokoli DD Ficus lyrata Warb. Moraceae Lokoli-Igolo-Bassila- Pénéssoulou EN Ficus mucuso Ficalho Moraceae Dangbo-Pobè-Niaouli- Lokoli EN Funtumia africana (Benth.)Stapf Apocynaceae Pobè-Lokoli EN Funtumia elastica (Preuss)Stapf Apocynaceae Niaouli CR Gaertnera paniculata Benth. Rubiaceae Mondo Tokpa-Ahozon- Kraké-Meridjonou (N 06°29' E 02°41')- Cocotomey-Cococodji EN Garcinia kola Heckel Clusiaceae Adjara-Sota-Pahou EW Garcinia mannii Oliv. Clusiaceae Mitro (Ouémé) CR 173 Garcinia smeathmannii (Planch. & Triana) Oliv. Clusiaceae Dangbo-Mitro (Ouémé) EN Gardenia nitida Hook. Rubiaceae Pobè-Lama-Ewè- Gnaouizoumè EN Gouania longipetala Hemsl. Rhamnaceae Pobè-Ewè-Pénéssoulou EN Griffonia simplicifolia (Vahl ex DC.)Baillon Leg.-Caes. Dogbo-Comè-Avégamey- Badjamè EN Hannoa klaineana Pierre & Engl. Simaroubaceae Pobè-Niaouli-Sakété- Igolo EN Harungana madagascariensis Lam. ex Poir. Clusiaceae Zogbodomey-Missérété EN Heteropteris leona (Cav.)Exell. Malpighiaceae Dangbo CR Holoptelea grandis (Hutch.)Mildbr. Celtidaceae Pobè-Ewè-Bantè-Bassila- Pénéssoulou-Djougou VU Homalium le-testui Pellegr. Flacourtiaceae Pobè-Dangbo EN Hunteria umbellata (K. Schum.)Hall.f. Apocynaceae Dangbo-Pobè-Ewè EN Hymenostegia afzelii (Oliv.)Harms Leg.-Caes. Sakété-Akpa EN Khaya senegalensis (Desv.)A.Juss. Meliaceae Dogo-Monts Kouffè- Ouémé Supérieur- Bassila-Pénéssoulou EN Kigelia africana (Lam.) Benth. Bignoniaceae Lama-Pobè-Dogo-Dassa- Alibori Supérieur- Mékrou-Atacora Mountains VU Kolobopetalum auriculatum Engl. Menispermaceae Dangbo-Pobè EN Laccosperma secundiflorum (P. Beauv.)O.Kuntze Arecaceae Mondo Tokpa-Lokoli- Tohouè-Dja-Zinvié-Lac Azili VU Laguncularia racemosa (L.)Gaertn.f. Combretaceae Djondji-Bouche du Roi (N 06°15' E 01°54') CR Landolphia calabarica (Stapf)A.E.Bruce Apocynaceae Pobè-Niaouli EN Landolphia incerta (K. Schum.)Persoon Apocynaceae Sakété CR Landolphia togolana (Hallier f.)Pichon Apocynaceae Pobè-Lama EN Lasiodiscus mannii Hook.f. Rhamnaceae Lama-Ewè EN Leptoderris cyclocarpa Dunn Leg.-Pap. Ahozon-Avagbodji- Bembè EN Macaranga barteri Müll.Arg. Euphorbiaceae Pobè-Ahozon EN Macaranga heudelotii Baill. Euphorbiaceae Niaouli-Badjamè EN Macaranga schweinfurthii Pax Euphorbiaceae Igolo CR Macaranga staudtii Pax Euphorbiaceae Adijèmè (Comè) CR Machaerium lunatum (L. f.)Ducke Leg.-Pap. Ouidah-Togbin (N 06°21' E 02°18') CR 174 Maerua duchesnei (De Wild.)F.White Capparidaceae Pobè-Ewè EN Maesopsis eminii Engl. subsp. Eminii Rhamnaceae Pobè CR Majidea forsteri (Sprague) Radlk. Sapindaceae Pobè-Ewè-Idadjo EN Manilkara obovata Sabine & G.Don Sapotaceae Ahozon-Sèmè-Avagbodji- Bembè-Gnaouizoumè EN Mansonia altissima (A.Chev.)A.Chev. Sterculiaceae Ewè CR Maranthes robusta (Oliv.)Prance Chrysobalanaceae Pobè-Ahozon-Avagbodji- Bembè-Dja EN Maytenus ovatus (Wall ex Wight & Arn.)Loes Celastraceae Côte CR Microlepia speluncae (L.)Moore Dennstaedtiaceae Dangbo CR Milicia exelsa (Welw.)C.C.Berg Moraceae Dangbo-Pobè-Ahozon- Lama-Niaouli-Ewè-Dogo- Comè-Badjamè- Avégamey-Aplahoué- Pénéssoulou- Toucountouna EN Millettia barteri (Benth.)Dunn Leg.-Pap. Dangbo-Mariagléta EN Millettia chrysophylla Dunn Leg.-Pap. Avagbodji-Bembè CR Millettia griffoniana Baill. Leg.-Pap. Avagbodji-Bembè-Lokoli- Djrègbé EN Mimusops andogensis Hiern Sapotaceae Lama-Avagbodji-Bembè- Doumè EN Mitragyna ledermannii (K.Krause) Ridsdale Rubiaceae Lokoli-Mondo Tokpa- Igolo-Tchakou- Gnaouizoumè- Meridjonou-Idigny (Kétou) EN Monanthotaxis parviflora (Oliv.)Verdc. Annonaceae Dangbo-Pobè-Ewè-Monts Kouffè EN Mondia whytei (Hook.f.)Skeels Asclepiadaceae Lama-Ewè-Avégamey- Badjamè EN Monodora myristica (Gaertn.)Dunal Annonaceae Dangbo-Niaouli EN Morinda morindioides (Baker)Milne-Redh. Rubiaceae Pobè-Niaouli EN Musanga cecropioides R.Br. Moraceae Pobè-Niaouli EN Mussaenda isertiana DC. Rubiaceae Mondo Tokpa-Ahozon- Sèmè EN Myrianthus arboreus P.Beauv. Moraceae Pobè-Niaouli EN Nauclea xanthoxylon (A.Chev.)Aubrév. Rubiaceae Lokoli-Niaouli-Pobè EN Neostenanthera myristicifolia Annonaceae Igolo CR 175 (Oliv.)Exell Nesogordonia papaverifera (A.Chev.)R. Capuron Sterculiaceae Ewè CR Ochna multiflora DC. Ochnaceae Ahozon CR Octoknema borealis Hutch. & Dalziel Olacaceae Avagbodji-Bembè CR Octolobus spectabilis Welw. Sterculiaceae Ewè CR Oligocodon cunliffeae (Wernh.)Keay Rubiaceae Mondo Tokpa-Avagbodji- Bembè-Lokoli EN Oncinotis glabrata (Baill.)Stapf ex Apocynaceae Mondo Tokpa-Ahozon- Dangbo EN Hiern Oncoba spinosa Forsk. Flacourtiaceae Lama-Dangbo-Avégamey- Kétou-Badjamè-Dassa- Savalou-Igbo-macro- Bantè-Nikki-Goro- Tchaorou-Boukoumbé- Sèmèrè-Gamia-Kotiacou- Bondjagou- Toucountouna-Tanougou LR Pararistolochia goldieana (Hook.f.)Hutch. & Dalziel Aristolochiaceae Ahozon-Bantè- Pénéssoulou EN Pararistolochia mannii (Hook.f.)Keay Aristolochiaceae Zinvié-Tohouè EN Parkia bicolor A.Chev. Leg.-Mim. Dangbo-Pobè-Niaouli EN Paropsia guineensis Oliv. Passifloraceae Pobè CR Pauridiantha hirtella (Benth.)Bremek. Rubiaceae Mondo Tokpa-Sèmè EN Pentaclethra macrophylla Benth. Leg.-Mim. Pobè-Niaouli EN Phoenix reclinata Jacq. Arecaceae Monts Kouffè- Pénéssoulou-Ouidah- Grand Popo EN Pierreodendron kerstingii (Engl.)Little Simaroubaceae Pobè-Zinvié-Tori-Bantè- Pénéssoulou EN Piper guineense Schum. & Thonn. Piperaceae Dangbo-Pobè-Niaouli- Lokoli EN Piptadeniastrum africanum (Hook.f.)Brenan Leg.-Mim. Dangbo-Pobè-Niaouli EN Pityrogramma calomelanos (L.)Link Adianthaceae Dangbo CR Placodiscus boya Aubrév. & Pellegr. Sapindaceae Lama CR Pleiocarpa pycnantha (K.Schum.)Stapf Apocynaceae Dan-Missérété- Avagbodji-Bembè- Lokossa towards Aplahoué EN Pouchetia africana DC. Rubiaceae Pobè-Ewè-Lama EN 176 Premna quadrifolia Schum. & Thonn. Verbenaceae Pobè-Niaouli-Ewè- Aguigadji-Bétékoukou EN Pseudospondias microcarpa (A. Rich.)Engl. var. microcarpa Anacardiaceae Calavi-Bassila- Pénéssoulou EN Psilanthus mannii Hook.f. Rubiaceae Dangbo CR Psychotria articulata (Hiern) Petit Rubiaceae Lokoli-Zinvié-Mariagléta EN Psydrax subcordata (DC.)Bridson Rubiaceae Pobè CR Pterocarpus erinaceus Poir Leg.-Pap. Lama-Dogo-Tui Kilibo- Tchaourou-Ndali- 3Rivières-Sota- Goungoun-Savalou- Bantè-Monts Kouffè- Ouémé Supérieur-Alibori Supérieur-Kouandé-Batia EN Pterygota macrocarpa K.Schum. Sterculiaceae Ewè-Kétou CR Pycnanthus angolensis (Welw.)Warb. var. angolensis Myristicaceae Dangbo-Pobè-Niaouli- Ahozon-Lokoli-Badjamè VU Raphia hookeri Mann & Wendl. Arecaceae Djassin-Sèmè-Igolo- Adjara-Zinvié-Niaouli- Lokoli VU Raphia sudanica A.Chev. Arecaceae Penessoulou-Kouandé- Perma-Savalou-Savè- Gamia-Kota-Yarpao-Tora- Séri-Konkombri LR Raphia vinifera P.Beauv. Arecaceae Avrankou CR Rauvolfia vomitoria Afzel. Apocynaceae Côte-Dangbo-Pobè- Niaouli-Ahozon- Avégamey-Pénéssoulou- Djougou EN Rhabdophyllum affine (Hook.f.)Van Tiegh. syn Ouratea affinis Hook.f. Ochnaceae Pobè-Niaouli-Lokoli EN Rhizophora racemosa G.Mey. Rhizophoraceae Ouidah-Grand Popo- Mitogbodji EN Ricinodendron heudelotii (Baill.)Pierre & Heckel Euphorbiaceae Pobè-Idadjo-Bassila EN Rinorea brachypetala (Turcz.)O.Kuntze Violaceae Niaouli-Ewè-Kétou EN Rinorea dentata (P. Beauv.)O.Kuntze Violaceae Pobè-Ewè-Igbo-macro EN Rinorea ilicifolia (Welw. ex Oliv.)O. Kuntze Violaceae Ewè CR Rinorea kibbiensis Chipp Violaceae Kétou-Ewè EN Rinorea subintegrifolia (P. Beauv.)O. Kuntze Violaceae Avrankou CR Rothmannia munsae (Schweinf. ex Hiern) Petit Rubiaceae Mondo Tokpa-Lokoli EN 177 Rothamannia whitfieldii (Lindl.)Dandy Rubiaceae Pobè-Boukou EN Sarcophrynium brachystachyum (Benth.)K.Schum. Marantaceae Dangbo CR Sarcostemma viminale (L.)R.Br. Asclepiadaceae Cotonou (Côte) CR Scaevola plumieri L. Goodeniaceae Cotonou (Côte) CR Schrebera arborea A.Chev. Oleaceae Ewè-Pénéssoulou EN Sesuvium portulacastrum L. Aïzoaceae Côte CR Sherbournia bignoniiflora (Welw.)Hua Rubiaceae Dangbo-Pobè EN Smeathmannia pubescens Soland. ex R.Br. Passifloraceae Ahozon CR Spathandra blakeoides (G. Don) Jacq.-Félix Melastomataceae Ahozon CR Sphenocentrum jollyanum Pierre Menispermaceae Dangbo-Pobè-Niaouli EN Spondianthus preussii Engl Euphorbiaceae Pobè-Lokoli EN Stenotaphrum secundatum (Walt.) Kuntze Poaceae Côte CR Streptogyna crinita P.Beauv. Poaceae Ewè-Bassila EN Strombosia pustulata Oliv. Olacaceae Dangbo-Pobè EN Symphonia globulifera L.f. Clusiaceae Sèmè-Ahozon-Niaouli- Mondo Tokpa-Avagbodji EN Synsepalum dulcificum (Schum. &Thonn.) Daniell Sapotaceae Azovè-Djakotomey- Zagnanado EN Syzygium guineense (Willd.)DC. var. littorale Keay Myrtaceae Ahozon CR Syzygium owariense (P. Beauv.)Benth. Myrtaceae Mondo Tokpa-Lokoli- Meridjonou EN Tabernaemontana eglandulosa Stapf Apocynaceae Dangbo-Pobè-Itchèdè EN Tabernaemontana pachysiphon Stapf Apocynaceae Dangbo-Pobè EN Tapura fischeri Engl. Dichapetalaceae Pobè-Ewè EN Teclea verdoorniana (Engl. & Mendonça) Mziray Rutaceae Dangbo-Zè-Avégamey- Houéyogbé EN Terminalia superba Engl. & Diels Combretaceae Pobè-Athiémé-Dogo- Bantè EN Tetrapleura tetraptera (Schum. & Thonn.)Taub. Leg.-Mim. Ahozon-Pobè-Niaouli EN Tetrorchidium didymostemon (Baill.)Pax & Hoffm. Euphorbiaceae Pobè-Niaouli EN Thunbergia cynanchifolia Benth. Acanthaceae Dangbo CR Treculia africana Decne. Moraceae Pobè-Lokoli-Niaouli- Sakété-Gnaouizoumè EN Tricalysia faranahensis Aubrév. & Pellegr. Rubiaceae Ahozon CR 178 Tricalysia reflexa Hutch. Rubiaceae Dangbo CR Tricalysia reticulata (Benth.) Hiern Rubiaceae Lama CR Trichilia martineaui Aubrév. & Pellegr. Meliaceae Niaouli CR Trichilia megalantha Harms Meliaceae Ahozon-Dangbo-Pobè EN Trichilia tessmannii Harms Meliaceae Dangbo-Pobè-Niaouli EN Trichoscypha oba Aubrév. & Pellegr. Anacardiaceae Ahozon-Cococodji-Sèmè EN Triplochiton scleroxylon K.Schum. Sterculiaceae Dangbo-Pobè-Niaouli- Kétou-Lokoli-Avégamey- Badjamè-Bantè EN Turraea heterophylla J.B.Hall Meliaceae Dangbo-Pobè-Lama EN Uapaca paludosa Aubrév. & Léandri Euphorbiaceae Lokoli CR Urera obovata Benth. Urticaceae Pobè-Niaouli DD Uvaria ovata (Vahl ex Dunal) A.DC. Annonaceae Houéyogbé CR Ventilago africana Gaertn. Rhamnaceae Lama CR Vitex ferruginea Schum. & Thonn. Verbenaceae area around Porto Novo DD Vitex grandiflora Gürke Verbenaceae Ahozon-Pobè-Sakété- Kraké-Lokoli-Sogo VU Vitex micrantha Gürke Verbenaceae Ewè CR Voacanga africana Stapf Apocynaceae Ewè-Pénéssoulou-Pobè- Côte EN Warneckea fascicularis Planch. ex Benth. Melastomataceae Avagbodji-Bembè CR Warneckea memecyloides* (Benth.) Jacq.-Fél. Melastomataceae Gnaouizoumè-Adjohoun- Avagbodji-Bembè- Dangbo-Niaouli-Ewè- Lama VU Xylopia aethiopica (Dunal) A.Rich. Annonaceae Ahozon-Pobè-N'dokpo- Adjara-Pénéssoulou- Birni-Yarpao VU Xylopia rubescens Oliv. Annonaceae Pobè-Mondo Tokpa- Lokoli-Adjohoun- Aplahoué EN Xylopia villosa Chipp Annonaceae Pobè CR Zanthoxylum gilletii (De Wild.)Waterman Rutaceae Pobè CR Zanthoxylum zanthoxyloides (Lam.)Zepern. & Timber Rutaceae Ahozon-Bassila-Ewè- Lama-Côte EN Source : Adomou (2005) 179 Annexe 6 : Liste des infrastructures d’eau du littoral béninois Commune Population Populatio n desservi e Total EPE Equipé s Total EPE Fonct Taux de Panne (PM non inclus) Taux de dessert e Nombre d'ouvrages fonctionnels par type Nb total d'AEV Nb total de PEA Nb EPE de BF/ Rampes en panne Nb PMH en panne Nb PM en pann e FPM BP PM SA Nb BF PEA ABOMEY- CCCCCALAVI 330 449 56 984 1607 1435 51.83% 17.2% 64 1209 34 58 3 6 4 144 26 2 ALLADA 127 740 43 137 904 845 11.71% 33.8% 56 368 56 3 117 32 16 44 22 26 11 KPOMASSE 62 249 24 722 638 617 5.73% 39.7% 49 246 62 114 8 7 8 6 9 6 OUIDAH 180 979 30 322 456 379 27.85% 16.8% 50 161 30 67 1 8 1 52 9 16 SO-AVA 138 153 36 460 280 225 20.75% 26.4% 6 7 4 96 4 17 5 54 1 TORI-BOSSITO 50 071 10 154 232 157 73.20% 20.3% 62 15 58 1 5 3 10 62 9 4 ZE 97 255 34 068 523 452 18.13% 35.0% 40 68 47 1 118 15 13 18 48 16 7 ATHIEME 51 397 25 123 312 269 17.99% 48.9% 47 63 5 75 1 6 1 40 3 BOPA 68 474 24 823 423 404 7.82% 36.3% 112 180 56 5 0 19 COME 29 436 14 237 229 223 4.88% 48.4% 21 106 48 1 2 0 6 GRAND-POPO 34 729 13 810 239 225 7.07% 39.8% 41 92 1 14 HOUEYOGBE 51 492 17 489 389 378 5.98% 34.0% 23 205 75 3 4 7 LOKOSSA 69 684 29 114 556 505 15.84% 41.8% 38 232 1 117 14 36 15 ADJARRA 15 935 5 634 70 70 0.00% 35.4% 24 17 3 1 3 0 ADJOHOUN 51 064 15 945 260 208 26.80% 31.2% 62 64 2 40 4 42 10 AGUEGUES 37 249 4 622 51 37 30.43% 12.4% 8 5 12 2 12 2 AKPRO- 93 174 33 255 233 214 9.13% 35.7% 121 22 3 34 4 8 11 AVRANKOU 120 872 33 011 402 364 12.46% 27.3% 73 97 97 6 0 38 DANGBO 81 129 17 923 242 179 30.88% 22.1% 43 37 1 49 7 56 7 SEME-PODJI 47 759 7 999 68 68 0.00% 16.7% 2 24 21 1 0 IFANGNI 70 618 23 920 180 166 7.95% 33.9% 38 2 61 1 5 1 0 14 SAKETE 95 054 43 665 318 294 7.59% 45.9% 119 1 85 1 12 1 0 24 TOTAL 1.944.070 560.246 8.839 7.913 19.04% 33.38 % 994 1941 266 10 1392 71 136 94 456 226 46 Source : DG eau, 2020 180 181 TABLE DES MATIERES SIGLES ET ACRONYMES ..................................................................................................... 3 LISTE DES FIGURES ............................................................................................................ 7 LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................... 7 LISTE DES PHOTOS ............................................................................................................ 8 LISTE DES PLANCHES ......................................................................................................... 8 RESUME ............................................................................................................................ 9 INTRODUCTION .............................................................................................................. 12 I- CONTEXTE ET METHODOLOGIE ................................................................................. 13 1.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE LA MISSION ............................................................................................................ 13 1.2. OBJECTIFS DE LA MISSION .................................................................................................................................... 15 1.2.1. Objectif global ...................................................................................................................................... 15 1.2.2. Objectif spécifiques ............................................................................................................................... 15 1.3. APPROCHE METHODOLOGIQUE ............................................................................................................................. 15 1.3.1. Cadrage de la mission ........................................................................................................................... 15 1.3.2. Revue de la documentation .................................................................................................................. 15 1.3.3. Cartographie du milieu physique et des données socio-économiques ................................................. 18 1.3.4. Méthode de diagnostic de l’aménagement du littoral ......................................................................... 18 PARTIE 1 : DIAGNOSTIC ................................................................................................... 23 II- ZONE DE L’ETUDE ..................................................................................................... 24 2.1. SITUATION GEOGRAPHIQUE ET ADMINISTRATIVE ........................................................................................................ 24 2.2. DELIMITATION DE LA BANDE COTIERE DU BENIN......................................................................................................... 25 2.3. FRAGILITE DU LITTORAL ......................................................................................................................................... 25 2.3.1. Géomorphologie ........................................................................................................................................... 25 2.3.2. Unités pédologiques ..................................................................................................................................... 27 2.3.3. Erosion côtière .............................................................................................................................................. 28 2.3.4. Dynamique du trait de côte .......................................................................................................................... 29 2.3.5. Spécificités liées aux milieux lacustres du littoral béninois .......................................................................... 31 2.3.6. Vulnérabilité future du littoral béninois aux effets du changement climatique .......................................... 33 2.3.7. Facteurs de l’érosion côtière ........................................................................................................................ 34 2.3.8. Actions de protection et d’aménagement de la bande côtière du Bénin ..................................................... 34 2.4. BIODIVERSITE DU LITTORAL .................................................................................................................................... 36 2.5. MANGROVES MENACEES DE DISPARITION ................................................................................................................. 37 2.6. AIRES COMMUNAUTAIRES DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE ................................................................................. 38 2.6.1. Réserve de biosphère du Mono au Bénin ..................................................................................................... 38 2.6.2. Réserve de biosphère de la basse vallée de l’ouémé au Bénin ..................................................................... 40 2.7. EMPREINTE DE L’OCCUPATION HUMAINE ET PRESSION SUR LES RESSOURCES NATURELLES ................................................... 42 2.8. ELEMENTS DE VOCATION DU LITTORAL ..................................................................................................................... 44 2.8.1. Pôle de développement économique ........................................................................................................... 44 2.8.2. Mobilité dans le littoral ................................................................................................................................ 45 2.8.3. Tourisme ....................................................................................................................................................... 46 2.8.4. Pêche ............................................................................................................................................................ 46 III- ELEMENTS DE DYNAMIQUE TERRITORIAL ................................................................. 49 3.1. LE LITTORAL : UN TERRITOIRE A ENJEUX .................................................................................................................... 49 3.2. ANALYSE SPATIALE DU TERRITOIRE .......................................................................................................................... 50 182 3.2.1. Une population inégalement répartie sur le territoire du littoral, avec une forte tendance à l’urbanisation ......................................................................................................................................................... 50 3.2.2. Une armature urbaine désarticulée ............................................................................................................. 53 3.2.3 Une urbanisation subie ................................................................................................................................. 54 3.2.4 Une détérioration de l’environnement et des terres agricoles ...................................................................... 59 PLANCHE 3 : ETAT DE L’ENVIRONNEMENT DE LA ZONE DU LITTORAL BENINOIS ........................................................................ 61 3.2.5. Pression sur le foncier ................................................................................................................................... 62 3.3. DISPARITE DANS LA FOURNITURE DES SERVICES COLLECTIFS .......................................................................................... 65 3.4. FACTEURS DE RISQUES ENVIRONNEMENTAUX ............................................................................................................ 74 3.5. DYNAMIQUE INSTITUTIONNELLE ............................................................................................................................. 76 3.5.1 Analyse des acteurs de l’aménagement du territoire au Bénin ..................................................................... 76 3.5.2- Etat des lieux institutionnel de la fonction aménagement du territoire au Bénin...................................... 76 3.5.3. Rappel des instruments et outils d’aménagement dans le territoire du Littoral .......................................... 77 3.5.4. Analyse du niveau et des difficultés de mise en œuvre ................................................................................ 78 3.6. SOLUTIONS APPORTEES PAR L’ETAT A TRAVERS LE PAG 2016-2021 ............................................................................ 79 3.6.1. Instruments politiques .................................................................................................................................. 79 3.6.2. Instruments juridiques .................................................................................................................................. 81 IV- ENJEUX .................................................................................................................... 86 4.1. ENJEUX D’URBANISATION ...................................................................................................................................... 86 4.2. ENJEUX FONCIERS ............................................................................................................................................... 88 4.3. ENJEUX DEMOGRAPHIQUES ................................................................................................................................... 89 4.4. ENJEUX INFRASTRUCTURELS : DISPARITES DANS LE NIVEAU D’EQUIPEMENT ET DE SERVICE .................................................. 90 4.5. ENJEUX DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR AGRICOLE ................................................................................................... 93 4.6. ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX ................................................................................................................................ 93 Partie 2 : Aménagement ................................................................................................. 98 V- ORIENTATIONS STRATEGIQUES ................................................................................ 99 5.1. PRESERVER LA BIODIVERSITE DU LITTORAL ET LES HABITATS NATURELS ............................................................................ 99 5.1.1. Délimitation et la protection des espaces écologiquement sensibles .......................................................... 99 5.1.2. Préserver les terres agricoles et réguler l’exploitation des ressources naturelles ........................................ 99 5.2. LIMITER LA POLLUTION DE LA BANDE COTIERE ............................................................................................................ 99 5.3. MAITRISER LA DYNAMIQUE DU TRAITS DE COTE ....................................................................................................... 100 5.3.1. Poursuivre la mise en œuvre des ouvrages de protection du trait de côte ................................................ 101 5.3.2. L’observation d’un fort recul par rapport au trait de côte pour les aménagements urbains ; Mettre en place un dispositif de suivi de la dynamique du trait de côte ............................................................................... 101 5.3.3. Recourir également à des méthodes simples de protection ....................................................................... 101 5.3.4. Impliquer les collectivités locales dans la protection du trait de côtes ...................................................... 101 5.4. MAITRISER ET REGULER L’URBANISATION GALOPANTE DE LA ZONE DU LITTORAL ET CREER D’AUTRES POLARITES SUR LE CONTINENT EN DEHORS DU LITTORAL ................................................................................................................... 102 5.4.1. La création d’autres polarités urbaines à l’intérieur des continents en dehors du littoral ......................... 102 5.4.2. Elaborer et mettre en œuvre les documents de planification spatiale pour tous les centres urbains du littoral ................................................................................................................................................................... 102 5.5. MIEUX PLANIFIER ET PROTEGER LES AMENAGEMENTS INDUSTRIELS ET TOURISTIQUES ...................................................... 103 5.6. PREVENIR ET INTEGRER LES EFFETS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES DANS LA GESTION DE LA BANDE COTIERE ..................... 103 5.7. AMELIORER LE BIEN-ETRE DES COMMUNAUTES RIVERAINES ........................................................................................ 104 5.8. AMELIORER LE CADRE JURIDIQUE, INSTITUTIONNEL ET LA COORDINATION DES ACTEURS DANS LA PROTECTION DU LITTORAL .... 104 VI- Scénarisation et Postulat ......................................................................................... 104 6.1. 1ER SCENARIO : LA CONTINUITE OU FIL DE L’EAU ....................................................................................................... 104 6.2. 2EME SCENARIO : UNE GESTION OPTIMALE DU LITTORAL ............................................................................................. 105 6.3. 3EME SCENARIO : LE SCENARIO CATASTROPHE ........................................................................................................... 105 6.4. CRITERE DE COMPARAISON DES SCENARII ............................................................................................................... 106 6.5. COMPARAISON ET CHOIX DU SCENARIO .................................................................................................................. 107 VII- ZONAGE .................................................................................................................. 108 7.1. BANDE COTIERE STRICTO-SENSU ........................................................................................................................... 109 183 7.1.1. Zones urbaines de la bande du littoral ....................................................................................................... 110 7.1.2. Les zones touristiques................................................................................................................................. 111 7.1.3. Zone portuaire et aéroportuaire ................................................................................................................ 112 7.1.4. Zone industrielle ......................................................................................................................................... 113 7.1.5. Zone naturelle ............................................................................................................................................ 114 7.2. ZONE CONTINENTALE DU LITTORAL ........................................................................................................................ 116 7.2.1. Zones urbaines ........................................................................................................................................... 116 7.2.2. Zones agricoles ........................................................................................................................................... 118 7.2.2. Zones forestières ........................................................................................................................................ 121 7.2.3. Zones humides ............................................................................................................................................ 123 7.2.4. Zones minières............................................................................................................................................ 125 7.2.5. Zones industrielles ...................................................................................................................................... 126 7.2.6. Zones d’activités économiques ................................................................................................................... 127 7.2.7. Zones touristiques ...................................................................................................................................... 127 7.3. CARTES DE ZONAGE ........................................................................................................................................... 128 7.4. SCHEMA DIRECTEUR GLOBAL D’AMENAGEMENT DU LITTORAL BENINOIS ...................................................................... 136 VIII- MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DU SDAL ............................................................... 138 8.1. TUTELLE ET MAITRISE D’OUVRAGE ......................................................................................................................... 138 8.2. DIRECTIVES D’AMENAGEMENT DU LITTORAL ............................................................................................................ 138 8.3. INSTANCES OPERATIONNELLES : OBSERVATOIRES ...................................................................................................... 140 8.4. PROGRAMMES PRIORITAIRES D’ACCOMPAGNEMENT ................................................................................................. 144 IX- RECOMMANDATIONS ............................................................................................. 147 CONCLUSION ................................................................................................................. 148 BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................. 149 ANNEXES ....................................................................................................................... 156 TABLE DES MATIERES ..................................................................................................... 181

Décret N° 2024-1244 du 16 octobre 2024 portant approbation du Schéma directeur d'Aménagement du Littoral · Nelum