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Laws of Burkina Faso

Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la convention sur les changements climatiques

Made 2001-12 · Text as of 2026-10-01

Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.

About this law

Language
French
Kind
policy
Organisation
African Union (AU)
Country
Burkina Faso
Subjects
Agricultural and rural development, Livestock, Energy, Environment, Forestry, Land and soil, Water
Keywords
agricultural development, agro-forestry, capacity building, climate change, cooperative/producer organization, education, financial agricultural measures, financing, fiscal and market measures, subsidy/incentive, internal trade, international trade, non-governmental entity, pastoralism, research, rural development, rural employment, waste management, labour, animal production, grazing, ranching/captive breeding, ecofriendly products/ecofriendly processes, emissions, environmental planning, governance, hazards, integrated management, international cooperation, protection of environment, public participation, sustainable development, policy/planning, afforestation/reforestation, community management, forest management/forest conservation, forest species, forestry protection measures, fuelwood, inventory, non-wood forest products, special fund, timber, timber extraction/logging, biotechnology, land-use planning, soil conservation/soil improvement, soil pollution/quality, soil rehabilitation, pollution control, sustainable use, water resources management, energy conservation/energy production, renewable energy, transport/storage
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  1. 1.1. La Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements 11 Climatique (CCNUCC)

  2. 1.2. Le Protocole de Kyoto .............................................................. 13

  3. 1.3. Les engagements et opportunités du Burkina Faso ................... 15

  4. 1.4. Le soutien international pour la mise en œuvre de la CCNUCC 16 et du Protocole de Kyoto Chapitre 2 - Les changements climatiques et le développement .... 17 économique, social et environnemental du pays

  5. 2.1. Le milieu physico -Ecologique ................................................. 17

  6. 2.1.1. Les caractéristiques agroclimatologiques .................................. 17

  7. 2.1.2. Le réseau hydrographique ......................................................... 18

  8. 2.1.3. L'état de la végétation ............................................................. 18

  9. 2.2. La situation socio - démographique .......................................... 19

  10. 2.3. La situation macro-économique ................................................ 19

  11. 2.4. Situation sur les gaz à effet de serre et les effets probables dus aux changements climatiques ................................................ 20

  12. 2.4.1. Sources et puits de gaz à effet de serre ................................... 20

  13. 2.4.2. Vulnérabilité aux changements climatiques et options d'adapta- 23 tion 2.4.2.1. Vulnérabilité et options d'adaptation du secteur de l'agriculture. 23 2.4.2.2. Vulnérabilité et options d'adaptation des ressources en eau .... 26 2.4.2.3. Vulnérabilité et options d'adaptation du secteur de la foresterie 28 2.4.3. Options d'atténuation des émissions de Gaz à effet de serre et 28 leurs coûts

  14. 2.4.3.1. Secteur de l'énergie .................................................................... 29

  15. 2.4.3.2. Secteur de la foresterie .............................................................. 29

  16. 2.4.4. Evaluation des besoins de formation et information ................... 31

  17. 2.5. Les changements climatiques et la politique nationale de déve- loppement économique .............................................................. 31 2.5.1. Le processus de planification du développement national ......... 31 6 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 7 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Pages 2.5.2. Les plans et études relatifs au développement durable ............ 33 2.5.3. Les plans et programmes nationaux d'actions pour l'environne- 33 ment

  18. 2.5.4. La législation environnementale ................................................ 35 2.5.5. Intégration des considérations liées aux changements ........... 36 climatiques dans les options de planification et du développe- ment

  19. 2.5.5.1. Au niveau de la santé .................................................................. 37

  20. 2.5.5.2. Au niveau de l'éducation environnementale................................ 37

  21. 2.5.5.3. Au plan de la production agricole et de l'élevage ....................... 37

  22. 2.5.5.4. Au plan de la croissance économique ........................................ 38

  23. 2.6. Analyse sectorielle des changements climatiques ...................... 38

  24. 2.6.1. Secteur de l'énergie ..................................................................... 38

  25. 2.6.2. Secteur des transports ................................................................. 45

  26. 2.6.3. Secteur de l'agriculture et de l'élevage ....................................... 50

  27. 2.6.4. Secteur des forêts ....................................................................... 55

  28. 2.6.5. Secteur des ressources en eau ................................................... 58

  29. 2.6.6. Secteur de la santé publique ....................................................... 61 Chapitre 3 - Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise 63 en Œuvre de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  30. 3.1. Politiques et mesures ................................................................... 64

  31. 3.1.1. La création d'un cadre institutionnel ............................................ 65 3.1.2. La gestion rationnelle des ressources naturelles : terres agrico... 66 les, ressources pastorales, eaux, forêts

  32. 3.1.3. La gestion rationnelle des ressources énergétiques .................... 69

  33. 3.1.4. Le développement des compétences et des capacités nationales 71 3.1.5. La coopération sous-régionale, régionale et internationale en .... 72 matière de recherche scientifique et technique

  34. 3.2. Mécanisme de mise en œuvre et de suivi ................................... 73

  35. 3.3. Mécanisme de financement.......................................................... 75

  36. 3.4. Projets spécifiques ....................................................................... 77 Conclusion BIBLIOGRAPHIE 7 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 8 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Le Burkina Faso a ratifié la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) le 2 septembre 1993. Pour donner suite aux dispositions de cette Charte, le Burkina Faso a privilégié la voie de la coopération bilatérale en sollicitant un appui technique et financier du Royaume de Danemark. Cet appui, débuté en avril 1995, pour une période de deux (2) ans, a permis d'exé- cuter un projet pilote d'inventaire de gaz à effet de serre. Cette phase a été condui- te sous la tutelle administrative du Secrétariat Permanent du Conseil National pour la Gestion de l'Environnement (SP/CONAGESE) et avec l'Assistance Technique du Laboratoire National RISØ de Roskilde (Danemark). L'objectif poursuivi par le projet pilote a été de créer un cadre et un mécanisme dynamique et opérationnel en vue d'établir une monographie complète sur la ques- tion des Changements Climatiques. Auparavant et conscient des enjeux importants et du caractère pluridisciplinaire de la question des changements climatiques, le Gouvernement a créé le 1er février 1995, un Comité interministériel pour la mise en œuvre des actions de la Convention - Cadre sur les Changements Climatiques (CIMAC). Le CIMAC assure le suivi technique du dossier relatif aux changements climatiques avec le concours de partenaires tels le Groupe d'Etude et de Recherche Energie Environnement pour le Développement (GERED), et d'experts et de consultants nationaux et inter- nationaux Ce projet pilote a permis l'élaboration d'un rapport préliminaire d'inventaire national des gaz à effet de serre (GES) avec comme année de référence, 1990. Le présent projet, démarré en mars 1997 pour une durée de deux (2) ans, vise la réalisation de tâches spécifiques, notamment la préparation de la Communication Initiale Nationale à soumettre à la Conférence des Parties dans les délais prévus par les dispositions de la CCNUCC. Outre cet objectif, le projet devrait : - Renforcer la sensibilisation générale et les connaissances de la problé- matique des changements climatiques au Burkina Faso ; - Accroître les capacités nationales à tenir compte de la problématique des changements climatiques dans la planification et la formulation des stra- tégies ; 8 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 9 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques - Renforcer le dialogue, les échanges d'informations et la coopération entre les décideurs et les autres acteurs nationaux, notamment les ONG et le privé. C'est dans le cadre de ce projet, que s'inscrit l'élaboration de la présente Stratégie Nationale initiale de Mise en Œuvre (SNMO) de la CCNUCC au Burkina Faso. Cette stratégie, issue de concertations nationales, doit permet- tre de mobiliser les audiences et les acteurs nationaux autour de straté- gies de développement intégrant les préoccupations liées aux change- ments climatiques. Son but est de fournir un cadre pour : - L'élaboration d'un cadre spécifique de référence et d'harmonisa- tion des mesures et actions en vue d'incorporer les considéra- tions liées aux changements climatiques au sein des plans et programmes de développement ; - La promotion d'une intégration multisectorielle des programmes et plans nationaux de développement ; - Le renforcement des connaissances par la recherche sur les changements climatiques en vue de concevoir des modèles d'a- daptation et d'atténuation; - Le renforcement des capacités nationales par l'appui institution- nel et la formation des ressources humaines ; - L'identification de stratégies d'atténuation et d'adaptation pour les secteurs vulnérables ; - La mobilisation des ressources financières disponibles à travers l'exécution de projets ; - La mise en place de bases de données sur les changements cli- matiques ; - L'information, la sensibilisation et l'implication de tous les acteurs nationaux. La méthodologie d'élaboration a été : - La formation de l'équipe d'experts nationaux devant conduire l'é- laboration de la stratégie ; - L'analyse des documents d'inventaire de GES, des études sec- torielles réalisées sur la vulnérabilité aux changements clima- tiques et d'adaptation ainsi que des plans et programmes de développement en cours. 9 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 10 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de La Convention cadre des nations Unies sur des chan- gements climatiques et le Protocole de Kyoto La Convention Cadre des Nations Unies sur des C hangements Climatiques et le Protocole de Kyoto L'objectif ultime de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les chan- gements climatiques consiste à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. La CCNUCC stipule qu'il conviendra d'atteindre ce niveau dans un délai suffisant afin que les éco- systèmes puissent s'adapter naturellement aux changements clima- tiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le déve- loppement économique puisse se poursuivre d'une manière durable. Cependant, compte tenu de la situation de pays en développement, les actions d'atténuation aux changements climatiques ne sont pas une prio- rité absolue pour le Burkina Faso, tout comme pour la plupart des pays à statut similaire. Cette situation est certainement due à : · L'insuffisance de la connaissance du phénomène des change- ments climatiques qui semble pour beaucoup être un phénomène naturel ; · L'absence de programmes et projets spécifiques liés aux change- ments climatiques ; · L'inadaptation des textes réglementaires actuels de gestion de l'en- vironnement ; 10 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 11 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · L'insuffisance des actions de sensibilisation, d'informa- tion et de formation ; · La non prise en compte des changements climatiques La Convention dans la conception et la mise en œuvre des plans de cadre des nations développement. Unies sur des chan- gements climatiques Mais, compte tenu des prévisions alarmistes des scientifiques et le Protocole de d'une part et d'autre part des engagements souscrits, le Kyoto Burkina Faso se doit d'honorer ses engagements vis à vis de la communauté internationale tout en restant cohérent avec ses objectifs de développement.

  37. 1.1. La Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatique (CCNUCC) Depuis des décennies, la communauté scientifique s'attelle à établir des faits pour convaincre l'opinion internationale de la menace d'un réchauf- fement global de la terre consécutif à une accumulation des gaz à effet de serre. Ce phénomène écologique a pour origine principale les émis- sions anthropiques de gaz polluants tels que le dioxyde de carbone, le méthane, les oxydes nitreux et azoteux, les Chlorofluorocarbone (CFC). La tenue, en novembre 1990, de la deuxième Conférence Mondiale sur le Climat a permis de lancer le processus d'élaboration d'un instrument juridique international de stabilisation des émissions des gaz polluants avec le soutien de l'Assemblée Générale des Nations Unies. Un Comité Intergouvernemental de Négociation (CIN), ouvert à la partici- pation de tous les Etats Membres des Nations Unies, a été mis en place. Compte tenu de la pertinence du sujet et de sa situation environnemen- tale peu enviable, caractérisée par une sécheresse répétée et une déser- tification galopante, le Burkina Faso a pris part activement aux onze (11) sessions commises à cet effet. A l'issue de la 5ème session du CIN, l'instrument juridique prendra la dénomination de Convention - Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), projet de Convention qui sera adoptée le 9 mai 1992. Ouverte à la signature des Chefs d'Etat à la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement à Rio de Janeiro, en juin 1992, elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994 après réception du 50ème instrument de ratification, d'approbation ou d'adhésion. A la date du 10 décembre 1999, 181 pays ont signé ou rati- fié la CCNUCC. 11 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 12 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de La Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques est un instrument juridique international par lequel les parties contractantes manifestent leur volonté commune de La Convention cadre des nations parer au danger des effets néfastes que pourraient engendrer Unies sur des chan- les changements climatiques sur : gements climatiques et le Protocole de · le fonctionnement des systèmes socio-économiques; Kyoto · La santé et le bien être de l'homme ; · La composition, la productivité des écosystèmes naturels et aménagés. Bien que la CCNUCC ne fixe pas d'objectifs ni d'échéanciers ayant force obligatoire pour la réglementation des gaz à effet de serre, elle demande aux gouvernements de choisir parmi une gamme d'options, un certain nombre de mesures à prendre, qui peuvent être les mesures d'atténua- tion du changement climatique qu'ils estiment les plus efficaces écologi- quement et les plus rentables sur le plan économique. En vertu de la CCNUCC, les principes suivants ont été édictés : 1. La préservation du système climatique au profit des générations futu- res ; 2. La prise en compte des besoins spécifiques des pays en développe- ment ; 3. L'adoption de mesures de précaution pour atténuer les effets néfastes du climat ; 4. La promotion d'un développement durable ; 5. La non-discrimination dans le commerce du fait des mesures et poli- tiques de réduction ; 6. L'adoption du principe des responsabilités communes mais différen- ciées dans la lutte contre les effets des changements climatiques. Quant aux engagements, ils sont de deux ordres : les engagements géné- raux et les engagements spécifiques. Les engagements généraux, pour toutes les Parties, sont relatifs à : · L'élaboration d'inventaires nationaux de GES ; · La publication des programmes et plan d'action de lutte contre les changements climatiques ; · L'élaboration d'une coopération en matière de transfert de techno- logies, de recherche scientifique, de renforcement des puits d'ab- sorption, de riposte et d'adaptation à la sécheresse et à la déserti- 12 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 13 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques fication, à l'éducation et la sensibilisation du public sur le phénomène. La Convention Au plan des engagements spécifiques, la convention assigne cadre des nations les pays de l'annexe 1 (pays industrialisés) à : Unies sur des chan- 1. Adopter des politiques et des mesures pour atténuer le gements climatiques et le Protocole de changement climatique en limitant les émissions anthro- Kyoto piques de gaz à effet de serre ainsi qu'en protégeant et en renforçant les puits naturels ; 2. Elaborer et mettre en oeuvre des programmes d'éducation et de sen- sibilisation du public concernant les changements climatiques et ses effets sur les plans national et international ; 3. Encourager l'échange d'informations sur le changement climatique et à y coopérer grâce à des programmes nationaux de collecte de don- nées, de recherche et d'observation systématique visant à accroître les connaissances sur les changements climatiques et à réduire les incertitudes scientifiques à ce sujet ; 4. Fournir des ressources financières nouvelles et additionnelles aux pays en développement pour les aider à respecter leurs engagements en vertu de la CCNUCC ; 5. Promouvoir, faciliter et financer le transfert de technologies respec- tueuses de l'environnement au profit des pays non annexe 1.

  38. 1.2. Le Protocole de Kyoto Du 1er au 10 décembre 1997, des représentants de 160 pays se sont réunis à Kyoto au Japon pour la Troisième Conférence des Parties à la Convention- cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Selon le Protocole de Kyoto, liant les Parties, les pays de l'annexe 1 se doivent de réduire globalement, entre 2008 et 2012, leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% par rapport aux niveaux de 1990. Le Protocole exige aussi que les gouvernements réalisent des études scien- tifiques, qu'ils mettent en place des mesures destinées à réduire les répercussions et à faciliter l'adaptation au changement climatique, et qu'ils fassent rapport sur ces mesures. Selon ce Protocole, tous les pays jouiront d'une certaine souplesse dans le choix des moyens pour réduire leurs émissions. Notamment, les pays industrialisés pourront financer des projets de réduction des émissions après l'an 2000 dans des pays en voie de développement, ce qui leur vaudra un crédit. 13 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 14 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Un régime international "d'échange de droits d'émission" sera mis en place, lequel permettra aux pays industrialisés d'acheter et de vendre des crédits de pollution entre eux. La Convention cadre des nations Unies sur des chan- Pour ce faire, le Protocole encourage les gouvernements à gements climatiques réduire les émissions par : et le Protocole de Kyoto · L'amélioration de l'efficacité énergétique ; · La réforme des secteurs de l'énergie et des transports ; · La protection des forêts et autres puits de carbone, comme les sols ; · La promotion des énergies renouvelables ; · L'élimination progressive des mesures financières inadaptées et les imperfections du marché ; · La limitation des émissions de méthane provenant de la gestion des déchets et des systèmes énergétiques. Cette entente non encore en vigueur offre des opprotunités à travers des mécanismes de flexibilité mis en place dans le but de faciliter sa mise en oeuvre. Ce sont : · Le Mécanisme de développement propre (MDP) ; · les activités conjointes (AC) ; · Les droits d'émissions (DE). Au titre du Mécanisme pour un Développement Propre : · Les Parties ne figurant pas à l'annexe I bénéficient d'activités exé- cutées dans le cadre de projets, qui se traduisent par des réduc- tions d'émissions certifiées et qi contribuent à la promotion du développement durable; · Les Parties visées à l'annexe I peuvent utiliser les réductions d'é- missions certifiées obtenues grâce à ces activités pour remplir une partie de leurs engagements chiffrés de limitation et de réduction des émissions prévues à l'article 3 du Protocole de Kyoto. Les activités conjointes sont des dispositions qui indiquent en effet, que toute Partie de l'annexe 1 peut céder à toute autre Partie ayant le même statut ou acquérir auprès d'elle, des unités de réduction des émissions découlant de projets visant à réduire les émissions anthropiques par les sources ou à renforcer les absorptions anthropiques par les puits de GES 14 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 15 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques dans tout secteur de l'économie. Les réductions d'émissions découlant de chaque activité sont La Convention certifiées par des entités opérationnelles désignées par la cadre des nations Conférence des Parties agissant en tant que Réunion des Unies sur des chan- Parties au présent Protocole, sur la base des critères établis qui gements climatiques sont : et le Protocole de Kyoto · La participation volontaire approuvée par chaque Partie concernée ; · Les avantages réels, mesurables et durables liés à l'atténuation des changements climatiques ; · Les Réductions d'émissions s'ajoutant à celles qui auraient lieu en l'absence de l'activité certifiée. Quant aux droits d’émissions, les pays développés ont le loisir d’échanger une quantité de leurs permis de rejets. Ce mécanisme autorise donc des placements, des prêts, des emprunts de droits. A la date du 13 janvier 2000, le Protocole de Kyoto a été signé par 84 pays.

  39. 1.3. Les engagements et opportunités du Burkina Faso Le Burkina Faso a signé la Convention le 12 juin 1992 et l'a ratifié le 2 septembre 1993. A ce titre, le Burkina Faso s'oblige au respect des dispositions des articles 4.1a, 4.1b et 12.1a de la Convention, à savoir respectivement de procéder à l'inventaire des émissions de GES et d'é- laboration de sa Communication initiale. Quant au Protocole de Kyoto, le processus de ratification est en cours. La CCNUCC, ainsi que le Protocole de Kyoto devraient permettre au Burkina Faso de : · Préparer le pays à faire face aux effets néfastes des changements climatiques probables ; · Bénéficier de la solidarité dans la lutte contre les pollutions ; · Préserver les écosystèmes en dégradation sous les effets adver- ses à conséquences incalculables en cas de changements clima- tiques ; · Bénéficier d'un transfert de technologies "saines" pour l'environne- ment ; 15 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 16 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · Renforcer les capacités institutionnelles, techniques et humaines ; · Développer une nouvelle dynamique de coopération La Convention cadre des nations Sud- Sud et Nord -Sud. Unies sur des chan- gements climatiques Le document de Stratégie Nationale constitue pour le Burkina et le Protocole de Faso, un cadre de référence et de planification des actions en Kyoto cours et à venir en matière de changements climatiques.

  40. 1.4. Le soutien international pour la mise en œuvre de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto Pour permettre à la convention d'atteindre son objectif, il a été mis en place un mécanisme financier de coopération internationale pour la mise en œuvre des différentes conventions en vigueur issues du processus du sommet de Rio. Il s'agit du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) qui intervient dans : · L'élimination des obstacles aux rendements énergétiques et la con- servation de l'énergie ; · L'adoption des énergies renouvelables par la réduction des coûts de mise en œuvre ; · La réduction des coûts à long terme des technologies peu émettri- ces de GES. Plus récemment des activités liées à la séquestration du carbone et aux transports sont intégrées dans le domaine d'intervention du FEM. 16 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 17 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Les changements cli- matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Les changements climatiques et le développement économique, social et environnemental du pays

  41. 2.1. Le milieu physico -écologique Le Burkina Faso est un pays sahélien enclavé, situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest, entre 9° et 15° de latitude Nord, 2°30' de longitude Est, et 5°30' de longitude Ouest. Il couvre une superficie de 274.000 km2.

  42. 2.1.1. Les caractéristiques agroclimatologiques Le climat du Burkina Faso de type soudano - sahélien à deux saisons contrastées : · une saison humide de mai à octobre, avec en général un maximum de précipitations en août, · une saison sèche s'étendant en moyenne de novembre à avril. Le cycle des saisons rythme les activités des hommes et les aléas clima- tiques pèsent lourdement sur les rendements agricoles. On distingue allant du Nord au Sud trois (3) zones climatiques : · La zone sahélienne : elle est au-dessus du parallèle 14°N et a une pluviométrie annuelle moyenne inférieure à 600 mm. La végétation est de type steppe arbustive épineuse avec un tapis herbeux en touffes. · La zone nord-soudanienne : elle a une pluviométrie annuelle 17 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 18 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de moyenne comprise entre 600 et 900 mm et est située entre les parallèles 11°30' et 14°N avec une végétation du type savane arbustive et arborée. Les changements cli- · La zone sud-soudanienne : elle a une pluviométrie matiques et le déve- annuelle moyenne supérieure à 900 mm et est située au sud loppement écono- du parallèle 11°30'N, une végétation de plusieurs types : forêts mique, social et envi- sèches, savane boisée et forêts galeries le long des cours ronnemental du pays d'eau.

  43. 2.1.2. Le réseau hydrographique Pays peu élevé et peu arrosé, le Burkina Faso a un réseau hydrogra- phique au chevelure cependant importante. Tous les cours d'eau du pays sont temporaires à l'exception de ceux du Sud Ouest (Mouhoun, Comoé) et du Sud - Est (Pendjari). L'écoulement moyen des eaux de surface a été estimé à 8 milliards de m3 en 1991. Les cours d'eau, les mares temporaires, les mares permanen- tes, les barrages et les retenues d'eau couvrent une superficie de plus de 100 000 ha. Les principaux bassins versants sont : · Le bassin de la Volta : il a une superficie totale de 178 000 km². Il est drainé par le Mouhoun, le Nakambé, le Nazinon et la Pendjari; · Le bassin de la Comoé : il a une superficie totale de 17 000 km². Il est drainé par le fleuve Comoé et ses affluents (la Léraba et le Yanon); · Le bassin du Niger : il a une superficie totale de 79 000 km². Il est drainé par les affluents du fleuve Niger (le Béli, le Gorouol, la Sirba, le Gouroubi, la Diamangou et la Tapoa).

  44. 2.1.3. L'état de la végétation La végétation naturelle est un indicateur par excellence de l'état du milieu naturel, puisqu'elle reflète les conditions physiques et biologiques de son exploitation. L'homme, de par les pratiques agricoles (utilisation fréquen- te du feu) et pastorales, a une forte influence sur la végétation. Cette dégradation est aussi consécutive à l'effet conjugué : · De l'instabilité du climat ; · De l'augmentation des pressions démographique et animale ; · De l'accroissement des besoins en combustibles ligneux ; 18 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 19 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · De l'inadaptation des méthodes d'exploitation des res- sources naturelles ; · De l'évolution néfaste de certaines pratiques foncières et coutumières ; Les changements cli- · Des feux de brousse. matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- L'inventaire forestier de 1980 a cependant indiqué que les for- ronnemental du pays mations naturelles occupaient 52 % de la superficie du territoi- re. Des formations végétales disparates existent dans l'extrême Nord du pays.

  45. 2.2. La situation socio - démographique Le Burkina Faso comptait une population de 4.349.600 habitants en 1960 contre 5.638.203 habitants en 1975. Elle est passée à 10.316.600 habi- tants en 1996 (recensement de décembre 1996). L'accroissement annuel de la population diminue lentement et se situe actuellement à 2,34 %. La densité moyenne du pays qui est de 40 habitants/km2, cache de for- tes disparités. Elle varie de moins de 10 habitants/km2 dans la province de la Kompienga (6 habitants/km2), à près de 100 habitants/km2 dans celles du Kadiogo, du Boulkiemdé et du Kouritenga et à plus de 300 habi- tants/km2 dans les grandes agglomérations, Ouagadougou et Bobo- Dioulasso.

  46. 2.3. La situation macro-économique L'économie du Burkina Faso est essentiellement basée sur les produits des secteurs primaire et tertiaire. A ce titre elle est très vulnérable aux aléas climatiques, aux fluctuations des cours mondiaux et de la conjonc- ture économique internationale. Les réformes économiques en cours depuis 1991, ont permis d'assainir le cadre macro-économique. A cet effet, les résultats enregistrés au plan économique ont permis d'atteindre un taux de croissance du PIB (250 $US/hbt en 1998) de 5,5% les deux dernières années et de ramener le taux d'inflation à 2,3%. Soumis à un environnement défavorable, le Burkina Faso est classé parmi les pays les moins avancés de la planète. Selon le classement annuel 1998 du PNUD, il occupe la 172ème place avec un indicateur du 19 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 20 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de développement humain durable de 0,219, juste avant le Niger et la Sierra Léone. Le revenu moyen annuel par habitant est estimé à 68.210 FCFA en 1995 (INSD,1996). Dans les campa- Les changements cli- gnes, il ne dépasse guère 56.000 FCFA, sauf dans les zones matiques et le déve- où se développent les produits de rentes, comme le coton où il loppement écono- atteint 85.000 FCFA. mique, social et envi- ronnemental du pays Le secteur agricole contribue pour 40% à la formation du PIB et procure au pays 65% de ses recettes d'exportation. Ce secteur, dominé par la petite exploitation familiale, occupe près de 90 % de la population sur une superficie d'exploitation moyenne de 3,6 millions d'hectares. Les cultures vivrières occupent 88% des superficies avec une large pré- dominance du sorgho et du mil (81%) ; tandis que 12% des superficies sont réservées aux cultures de rente essentiellement composées du coton, de l'arachide et du sésame. L'élevage, en dépit de la crise qu'il a connue pendant la grande séche- resse de 1970, occupe une place significative dans les activités agricoles et contribue pour plus du tiers aux recettes d'exportation depuis la déva- luation du FCFA de 1994. Le secteur secondaire, l'industrie et les mines, est peu développé. Il occu- pe seulement 2 % de la population active et contribue pour 23 % au PIB. L'exportation de l'or se positionne au deuxième rang des recettes d'ex- portation après le coton.

  47. 2.4. Situation sur les gaz à effet de serre et les effets probables dus aux changements climatiques

  48. 2.4.1. Sources et puits de gaz à effet de serre Les études sectorielles effectuées en 1998 ont permis de dresser pour l'année de référence, 1994, un deuxième inventaire des émissions de GES selon la méthodologie révisée de l'IPCC dont une synthèse est don- née au tableau ci-dessous 20 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:29 Page 21 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Tableau 2.1. : Synthèse des émissions des gaz à effet de serre au Burkina Faso en 1994 Les changements cli- le déve SECTEURS Emission/séquestration en Gg Emissions Equivalent é c oLan o - CO2 en Gg sur 100 ans social et CO2 CH4 CO N2 O NOX ECO2 % Energie 902 30 4 902 19,6 environ - Agriculture &élevage 4708,4 102,4 • Incinération des savanes 6,38 167,38 0,08 2,85 158,78 nemental • Incinération des résidus du pays agricoles 1,22 25,6 0,03 1,26 34,92 • Fermentation entérique 196,8 4132,8 • Décomposition des déchets animaux 9,20 193,2 • Rizières 0,72 15,12 • Sols agricoles 0,56 173,6 Changement exploit. des forêts -1388,7 -30,2 • Eclaircissement 1201 4 34,67 0,03 0,99 1294,3 • Exploitation 4521 4521 • Abandon des terres aménagées -4914 -4914 • Emission et séquestration due à la gestion des sols -2290 -2290 Déchets 352,01 7,7 • Eaux usées des ménages et commerce 0,0012 0,0252 • Eaux usées industrielles 0,02 0,5 155,42 • Ordures 9,36 196,56 Soutes internationales 24 24 Total -580* 227,7 257,7 1,2 9,1 100 Equivalent CO2 en Gg -580* 4782 372 4574* * hors soutes internationales Le graphique ci-dessous représente la répartition des émissions secto- rielles. Graphique 2.1.: Répartition des émissions nationales de l'année 1994 Déchets Energie 5% 12% Changement Exploitation des Forêts 19% Agriculture&élevage 64% 21 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 22 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Pour des besoins de comparaison, les émissions nettes du Burkina Faso en 1990, sont rappelées dans le tableau 2.2. ci- dessous. Les changements cli- matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Tableau 2.2. : Synthèse des émissions de gaz à effet de serre au Burkina Faso en 1990 Rubriques Emissions en Gg CO2 CH4 N 2O Emissions nationales totales 6823 293,6 0,76 1 Energie 553 21,1 0,090 2 Procédés industriels 0 0 0 3 Utilisation des solvants 0 0 0 4 Agriculture 0 258,5 0,64 5 Changement dans l'exploitation des terres et des forêts 6270 4,4 0,030 6 Déchets 9,6 Soutes internationales 32 0,040 0,001 L'analyse des deux tableaux ci-dessus indique une baisse globale du tiers (35%) des émissions nettes en ECO2 du Burkina Faso entre 1990 et 1994. Cela semble indiquer qu'il a dû y avoir une surestimation lors du premier inventaire à cause de la non maîtrise, à l'époque, de la méthodo- logie d'inventaire. Ainsi, le secteur de l'agriculture demeure le plus grand émetteur de GES avec 102,4% en 1994 contre 92% en 1990, suivi de l'é- nergie (19,6%) et des déchets (7,7%). Aucune estimation des émissions de gaz à effet de serre générées par les procédés industriels n'a pu être faite. En fait, en 1994 tout comme en 1990, les unités industrielles de production de fer, d'acier, de métaux non ferreux, de produits chimiques et de produits minéraux non métalliques étaient inexistantes. De même l'unité de cimenterie, CIMAT, ne fabriquait pas le ciment. Elle ne faisait que du conditionnement à partir des produits importés. 22 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 23 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  49. 2.4.2. Vulnérabilité aux changements climatiques et options d'adaptation Dans le cadre du présent projet, des études de Les changements cli- vulnérabilité/adaptation aux changements climatiques ont été matiques et le déve- menées dans les trois (3) secteurs stratégiques suivants : loppement écono- mique, social et envi- · L'agriculture ; ronnemental du pays · La foresterie ; · Les ressources en eau. Ces secteurs sont en effet des domaines à haut risque du point de vue environnemental, économique et socioculturel en cas de perturbations liées au phénomène des CC. De même, des études d'atténuation ont été conduites dans le secteur de la foresterie et dans celui de l'énergie.

  50. 2.4.2.1. Vulnérabilité et options d'adaptation du secteur de l'agriculture 2.4.2.1.1. Vulnérabilité du secteur de l'agriculture Pour le Burkina Faso, pays sahélien en développement, largement tribu- taire des ressources naturelles un changement dans l'évolution du climat serait néfaste pour l'atteinte des objectifs stratégiques de l'autosuffisance et de la sécurité alimentaires. Les réserves en eau, fonction de la varia- bilité pluviométrique et de l'évapotranspiration, auront une influence cer- taine sur la durée et la nature de la période végétative. Aussi, dans un scénario catastrophe, il apparaîtra des cultures à cycle court et une perte en biodiversité. L'étude a concerné la zone Ouest couvrant les Provinces du Poni, de la Bougouriba, de la Comoé, du Kénédougou, du Houet, du Mouhoun, de la Kossi, de la Léraba, du Ioba, du Banwa, du Tuy et des Balé. Cette zone est représentative du potentiel du pays. Car d'après la matrice d'évalua- tion des unités cibles, le poids de cette zone est de 14 contre 8 au Centre et à l'Est, 6 au Nord - Ouest et 3 au Sahel. Le coton, le sorgho, le maïs et le mil dominent le système de production avec très peu de culture irriguée. En l'absence de modèles de prévision adaptés au contexte du Burkina Faso, il a été utilisé les tendances moyennes publiées par le GIEC, pour l'analyse du coton, principale culture de rente, du pays. Ainsi pour ce qui est de l'influence de la pluviométrie, une baisse, indique que la culture de coton ne pourra s'opérer que dans les terres basses et que certaines 23 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 24 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de zones telles que le centre et le Sud bénéficieront toujours d'une pluviométrie suffisante. Les changements cli- Quant au niveau de température, l'analyse des extrêmes en matiques et le déve- périodes critiques qui sont le semis et l'installation de la culture loppement écono- (juin), la floraison et la capsulaison en septembre et la matura- mique, social et envi- tion en octobre, indique des hausses sensibles dans la zone de ronnemental du pays Dédougou qui peuvent engendrer des chutes des jeunes cap- sules. 2.4.2.1.2. Options d'adaptation du secteur de l'agriculture Comme déjà indiqué dans la présentation du milieu physique, le Burkina Faso subit à l'instar des autres pays du Sahel, des sécheresses récur- rentes qui sont sans doute consécutives aux changements climatiques. Pour ce faire, plusieurs stratégies d'adaptation ont donc été développées. Aussi, les mesures ci-après devraient-elles être envisagées pour conti- nuer d'assurer les activités de la filière coton au plan de la production de coton: 1. En ce qui concerne les espèces cultivées, les efforts devraient se poursuivre dans la sélection pour mettre à la disposition des produc- teurs des variétés qui s'adaptent aux nouvelles conditions climatiques; 2. Pour les techniques de production, un accent particulier devra être mis sur l'intensification de la production du coton. Il est évident qu'avec la dégradation des conditions climatiques, la culture du coton sera enco- re plus aléatoire dans le système extensif qu'on lui connaît actuelle- ment. L'intensification du système passe nécessairement par l'utilisa- tion de techniques culturales appropriées, avec l'emploi systématique de la fumure organique et la valorisation des ressources naturelles disponibles, notamment le phosphate naturel; 3. Les diverses techniques de collecte de l'eau de ruissellement (cordons pierreux, digues filtrantes etc.) et de récupération des terres dégra- dées (zaï, demi-lune etc.), qui sont par ailleurs bien maîtrisées par les populations des zones septentrionales du pays, devraient être intro- duites à grande échelle dans la zone cotonnière. L'irrigation serait éga- lement à envisager comme complément partout où cela est possible. Pour ce faire, un vaste programme de construction d'ouvrages de stockage de l'eau (barrages, boulis, etc. ) devrait être envisagé partout dans la zone cotonnière; 24 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 25 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques 4. Enfin, il ne faut pas exclure une intensification de la pression parasitaire suite d'une part au phénomène de résistance des insectes à certaines molécules et d'autre part aux change- Les changements cli- ments climatiques. Dans ces conditions, il faut poursuivre matiques et le déve- les efforts pour trouver les méthodes de lutte appropriées; loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays 5. Sur le plan socio-économique, l'effort actuel sur la produc- tion du coton se justifie par le fait que c'est l'une des princi- pales sources de devises pour le pays. Mais si les conditions viennent à changer rendant plus aléatoire l'activité du coton, l'accent devra alors être mis sur d'autres sources de devises car le coton n'est pas le seul produit agricole de la zone soudanienne négociable sur le mar- ché international. Il peut être cité la gomme arabique (provenant de Acacia senegal), les amandes du karité et l'arachide. Le niébé est un produit qui peut être envisagé pour le marché sous régional dans le cadre de la CEDEAO et de l'UEMOA. Il en est de même pour le sésa- me. En mettant l'accent sur le développement de ces produits on peut durablement et efficacement pallier le manque à gagner avec le coton et assurer aux producteurs des revenus substantiels et à l'Etat les devises indispensables; Le Burkina Faso présente de grandes potentialités pour l'élevage. C'est un avantage comparatif à exploiter dans la sous-région. Cette activité peut être envisagée pour pallier le manque de devises causé par la crise du coton. Un programme d'élevage intensif bien pensé aura l'avantage de générer des devises tout en préservant mieux l'environnement; Sur le plan de la connaissance du climat il convient de mieux appréhen- der l'évolution du climat, particulièrement à l'échelle de la saison des cul- tures. Cela doit être un objectif à atteindre pour fournir les outils indispen- sables d'aide à la décision. Ceci passe par un suivi rigoureux de l'évolu- tion des données climatiques en vue de mener à bien les actions de modi- fication du climat local avec les opérations de pluies provoquées entre- prises depuis 1998. En effet, le programme de pluies provoquées a donné des résultats relativement intéressants permettant d'atteindre une aug- mentation de 10 % de la pluviométrie (bilan de l'opération en 1998). Cette opération peut être envisagée comme une des stratégies d'adaptation. 25 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 26 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de

  51. 2.4.2.2. Vulnérabilité et options d'adaptation des ressour ces en eau Les changements cli- 2.4.2.2.1. Vulnérabilité des ressources en eau matiques et le déve- loppement écono- Le secteur des ressources en eau par nature est très dépen- mique, social et envi- dant des variations temporelles et spatiales du climat. Les ronnemental du pays impacts des changements climatiques sur les ressources en eau comprennent la demande en eau et la gestion de celles-ci aussi bien que leur disponibilité. La gestion des ressources en eau est un aspect important de l'évaluation de l'impact des changements climatiques parce qu'elle est utilisée pour ajuster la distribution (l'allocation) de l'offre aussi bien à l'échelle spatiale qu'à l'échelle temporelle afin de satisfaire les besoins en eau. Tableau 2.3 : Répartition anuelle des volumes d'eau par usages Volume Usages exploité en % millions de m3 AEP en zone rurale et semi-urbain 90 4 AEP en zone urbaine 200 10 Irrigation 280 14 Cheptel 75 5 Énergie 1.300 67 Total 1.945 100 (Source : Projet Bilan d'eau - IWACO, 1991) L'analyse des impacts physiques des changements climatiques sur l'offre et la demande en eau permet de proposer des options d'adaptation. Les impacts biophysiques portent sur les ressources hydrologiques, la qualité de l'eau et les écosystèmes aquatiques. L'étude sur la vulnérabilité des ressources en eau a été menée sur le bas- sin versant du NAKAMBE et plus particulièrement sur le barrage de Loumbila. Cette retenue d'eau intervient pour 70% à l'approvisionnement en eau potable de Ouagadougou, d'où l'importance de cette unité pour le bien être social et la production économique nationale. Il est ressorti que les apports, évalués à 33,8 millions de m3/an en moyen- ne, sont en forte baisse depuis 1961. Aussi, les conséquences immédia- 26 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 27 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques tes sont-elles d'une part une augmentation du prix et d'autre part un rationnement toute chose qui aura des conséquences sur l'économie nationale. Il est donc à craindre une baise de la production consécutive à la non disponibilité de cet important Les changements cli- facteur de production. matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- Les projections faites pour l'année 2025, indiquent que même ronnemental du pays sans changement climatique, il sera observé une baisse de 15%, par rapport aux valeurs normales observées (0,50 litre/s/km2), de l'écoulement des eaux du bassin étudié. En cas de changement climatique, deux hypothèses ont été avancées, à savoir l'augmentation de la pluviométrie, estimée à 912 mm contre 700 mm actuellement, qui entraînera un écoulement excédentaire de 22% et la seconde hypothèse, avec une baisse de pluviométrie (548 mm), engendrera un déficit de 30%. 2.4.2.2.2. Options d'adaptation du secteur des ressources en eau Pour le bassin étudié, il a été envisagé les cas suivants : · Les changements climatiques entraînent un excédent hydrique · Les changements climatiques créent un déficit hydrique. Le premier cas, contrairement à ce qu'il laisse penser peut engendrer des catastrophes diverses en cas de fortes crues avec son corollaire d'inon- dations. Aussi, pour ces deux hypothèses, il apparaît la nécessité de la mise en œuvre de stratégies appropriées d'adaptation. L'organisation actuelle de la gestion des ressources en eau commande l'élaboration et l'adoption de stratégie préventive en vue d'une adaptation aux changements climatiques. Cependant, l'inexistence de système d'an- nonce de crues rend difficile la mise en œuvre de celle-ci. En vue de limiter l'impact de la diminution continuelle de la ressource, il peut être retenu la mise en place de systèmes en vue de : · Réduire les pertes diverses (par évaporation et infiltrations) des lacs et retenues d'eau ; · Augmenter les capacités de stockage. Au plan juridique, il peut être préconisé l'élaboration d'instruments appro- priés et adaptés au droit international en vue de se prémunir des effets du 27 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 28 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de changement climatique. Au plan économique, il est proposé : Les changements cli- matiques et le déve- · L'amélioration de la gestion de la ressource ; loppement écono- · La mise en place d'un mécanisme de subvention de l'eau mique, social et envi- afin que les plus pauvres ne soient pas privés de cette ronnemental du pays denrée en cas de crise.

  52. 2.4.2.3. Vulnérabilité et options d'adaptation du secteur de la foresterie 2.4.2.3.1. Vulnérabilité du secteur de la foresterie L'étude a concerné la forêt de Maro, située dans la zone sud-soudanien- ne du pays. D'une superficie de 50.000 ha, l'unité a été classée depuis 1940. L'unité contribue actuellement pour 4% aux besoins énergétiques de la ville de Bobo Dioulasso. Compte tenu de son potentiel actuel, l'analyse fait ressortir des effets bénéfiques malgré les actions anthropiques. Cependant, il est à prévoir un déficit en bois de feu et un déficit financier. 2.4.2.3.2. Option d'adaptation du secteur de la foresterie Les options concernent : · Un renforcement des dispositifs socio-institutionnels en privilégiant l'approche participative pour la gestion de la zone ; · Une intégration des activités de la zone ; · Une amélioration des revenus par l'introduction des activités rému- nératrices de revenus…

  53. 2.4.3. Options d'atténuation des émissions de Gaz à effet de serre et leurs coûts Les études d'atténuation ont été conduites dans les secteurs de l'énergie et de la foresterie compte tenu du fort potentiel d'émission du premier et de la forte dégradation du second. Le secteur de l'agriculture bien que premier secteur de pollution n'a pas été retenu en raison de son caractè- re hautement névralgique et des incertitudes des modèles actuels. 28 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 29 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  54. 2.4.3.1. Secteur de l'énergie Cette étude a concerné l'énergie électrique consommée au niveau des ménages et du tertiaire. Ce choix a été motivé par Les changements cli- le fait que la gestion rationnelle de l'électricité constitue des matiques et le déve- priorités pour les différents opérateurs du secteur. loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Les actions retenues sont : · La sensibilisation des usagers sur l'efficacité énergétique ; · La substitution des lampes incandescentes par des lampes basses consommations ; · La promotion des équipements de froid moins énergivores ; · La substitution des équipements classiques de conditionnement d'air par des rafraîchisseurs d'air ; · La prise de mesures réglementaires sur la construction…. Les résultats indiquent une baisse, de 22%, du taux d'accroissement moyen annuel entre le scénario de la mitigation et d'avec celui de base. L'impact du scénario en terme de quantité de CO2 évitée est en moyen- ne de 40 Gg/an, d'un coût de 10,63 $US/tonne de CO2.

  55. 2.4.3.2. Secteur de la foresterie Etant donné que les forêts constituent des puits de séquestration de GES et que les actions de reforestation ont eu des résultats mitigés, l'étude entreprise propose : · La prise de mesures en vue de ralentir la tendance actuelle de déforestation par une protection de la forêt classée de Maro ; · La mise en œuvre de l'option de reforestation/régénération de la forêt classée de Gonsé. En matière de protection forestière, il est envisagé entre autres : · La responsabilisation des populations riveraines pour les actions d'aménagement de la forêt ; · La lutte contre les feux de brousse par l'ouverture et l'entretien d'un réseau de pare-feu ; · L'organisation du pâturage ; · La régénération des sites dégradés ; · La délimitation des aires de régénération de la faune… 29 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 30 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Les bénéfices annuels attendus sont de l'ordre de 25 $US/ha avec en sus 166$US provenant de l'exploitation des bois d'œu- vre et des produits non ligneux (miel, produits pharmaceu- Les changements cli- tiques, artisanat). matiques et le déve- loppement écono- En ce qui concerne la reforestation/ régénération, l'option de mique, social et envi- mitigation sera menée à travers la réalisation d'actions sylvico- ronnemental du pays les, d'amélioration des peuplements, de régénération des espa- ces dégradés, de fauches du pâturage et de protection contre les feux de brousse. Les premiers résultats de cette étude sont résumés dans le tableau sui- vant. Tableau 2.4. : Coûts des options forestières Site Bénéfice de la Valeur Coûts Valeur actualisée réduction du actualisée nette initiaux nette des coûts de carbone des bénéfices séquestration du atmosphérique carbone $US/t C $US/t C $US/h $US/t C $US/h $US/t C $US/ha a a Protection 0,017 0,22 57,16 0,089 23 1,30 338,02 forestière de la forêt de Maro Reforestation et 0,0003 0,05 5,62 0,015 1,71 0,02 2,27 régénération de la forêt classée de Gonsé Source: CONAGESE Etude sectorielle d'atténuation, 1999 Il apparaît de ce tableau que les coûts de séquestration de carbone sont plus importants dans l'option régénération avec un bénéfice actualisé de 5,6 $US/ha contre 57,16 pour l'option protection. Cet état de fait est dû essentiellement à la superficie des unités étudiées, Maro 50.000 ha cont- re 6.500 ha à Gonsé et du degré d'exploitation (dégradation) de celles-ci. Les options d'atténuations pour les deux autres secteurs, à savoir l'agri- culture et les ressources en eau, peuvent se résumer comme suit en l'ab- sence d'éléments d'études spécifiques : · Mettre en œuvre des cultures de rente en remplacement du coton ; 30 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 31 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · Rechercher des variétés cultivées plus résistantes ; · Elaborer et mettre en œuvre une politique cohérente de gestion des ressources en eau … Les changements cli- matiques et le déve-

  56. 2.4.4. Evaluation des besoins de formation et information loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Une gestion efficace de la problématique des changements cli- matiques passe par un renforcement des capacités d'élabora- tion des inventaires de GES et de planification du développement. En effet, la disparité des résultats entre les deux premiers inventaires natio- naux indique une non maîtrise des outils élaborés. De même, le public n'est pas sensibilisé par rapport au phénomène qui demeure l'affaire d'une poignée de quelques " spécialistes ". Aussi, les structures opéra- tionnelles devront s'impliquer pleinement dans la diffusion et des person- nes ressources devront-elles être formées en vue de garantir la fiabilité des inventaires futurs. Les domaines de formation à instituer sont les sui- vants : · L'agriculture et l'élevage ; · La foresterie ; · Le secteur des transports ; · Le secteur des ressources en eau; · L'impact des changements climatiques sur la santé publique, sur le climat…

  57. 2.5. Les changements climatiques et la politique natio- nale de développement économique

  58. 2.5.1. Le processus de planification du développement national Le Burkina Faso est confronté à un cercle vicieux où se co-déterminent : · des conditions sociales précaires ; · un faible niveau d'instruction et de formation professionnelle ; · une couverture sanitaire déficiente ; · une faible productivité, une croissance économique lente et une pauvreté prononcée et répandue. Les facteurs environnementaux et le contexte international viennent sur- déterminer ce cercle vicieux de sous-développement. Depuis 1984, le 31 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 32 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Burkina Faso a eu à connaître divers programmes de dévelop- pement et de politique économique qui sont : Les changements cli- · Le Programme Populaire de Développement matiques et le déve- Economique (PPD) : 1984-1985 ; loppement écono- · Le Premier Plan Quinquennal de Développement : 1986- mique, social et envi- 1990 ronnemental du pays · Le deuxième Plan Quinquennal de Développement : 1991-1995 (non exécuté) ; · Le Programme d'Ajustement Structurel en cours depuis 1991. Prenant conscience de la nécessité d'accroître la qualité des ressources humaines pour élever la productivité globale, le Burkina Faso, avec l'ap- pui de ses partenaires au développement, a engagé dès 1995 une poli- tique de développement humain durable matérialisé par une lettre d'in- tention de politique de développement humain durable pour la période décennale 1995-2005. La finalité de ce programme décennal vise à centrer la stratégie de déve- loppement du pays sur le concept de sécurité humaine permettant à chaque Burkinabè d'accéder à la sécurité économique, alimentaire, sani- taire, environnementale et politique. A l'étape actuelle, le pays engage la mise en œuvre de la tranche 1999- 2002 de ce programme, avec l'assistance de la Banque Mondiale, après en avoir réalisé, avec quelque succès, la tranche 1996-1998. Celle-ci se voulait être une contribution à la réduction de la pauvreté par l'accroisse- ment des richesses nationales et la promotion des ressources humaines. En ce qui concerne la politique sociale, une importance particulière a été accordée à l'éducation, à la santé, à l'environnement et aux infrastructu- res de base. Les stratégies mises en œuvre reposent principalement sur l'amélioration de l'efficacité du système scolaire, l'extension de la couver- ture sanitaire, la réhabilitation et la maintenance des infrastructures exis- tantes ainsi que la mise en chantier de nouveaux projets. Les réformes entreprises ont permis d'assainir le cadre macro-écono- mique. En effet les résultats enregistrés au plan économique ont permis d'atteindre un taux de croissance de 5,5% les deux dernières années et de ramener l'inflation à 2,3%. La tranche, en cours, 1999-2002 du programme s'inscrit dans la même perspective de réduction de la pauvreté, tout en contribuant à créer les 32 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 33 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques conditions pour que l'économie burkinabè puisse tirer le meilleur profit du processus de mondialisation/régionalisation en lui assurant une plus forte compétitivité. Les changements cli- Les objectifs finaux se résument à (i) un accroissement du PIB matiques et le déve- loppement écono- par tête d'habitant de 3% au minimum par an, (ii) un double- mique, social et envi- ment du taux d'alphabétisation pour l'ensemble de la population ronnemental du pays de 20 à 40% (iii) un gain d'environ 10 ans au niveau de l'espé- rance de vie sur la période.

  59. 2.5.2. Les plans et études relatifs au développement durable Le principal défi auquel le Burkina Faso est confronté c'est de réduire la pauvreté, d'accélérer le développement des ressources humaines et de créer les conditions pour une plus grande compétitivité de l'économie nationale. La politique de développement du gouvernement burkinabè d'ici l'an 2005 est fondée sur les principes directeurs suivants : · Poursuite de l'assainissement du cadre macroéconomique ; · Accélération du développement du potentiel productif tout en pré- servant l'environnement ; · Renforcement des actions visant à réduire la pauvreté et le déficit social par la recherche du maximum d'impact des dépenses publiques sur les indicateurs sociaux : · Modernisation de l'administration publique en mettant l'accent sur son efficacité ; · Renforcement du processus de décentralisation pour une plus grande participation des populations ; · Consolidation du processus d'intégration afin de renforcer les bases compétitivité de l'économie nationale.

  60. 2.5.3. Les plans et programmes nationaux d'actions pour l'envi- ronnement Face au déséquilibre écologique, une volonté politique de protection et de sauvegarde de l'environnement, a été affirmée et définie dans la lettre d'intention de politique de développement humain durable. Elle s'est tra- duite par la formulation et l'adoption de plusieurs plans et programmes. L'on peut citer les deux principaux : 33 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 34 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · Le Plan National de Lutte contre la Désertification (PNLCD) · Le plan d'Action National pour l'Environnement (PANE) Les changements cli- matiques et le déve- Le PNLCD a été adopté en 1986. C'est un programme de ges- loppement écono- tion intégrée des ressources naturelles s'inscrivant dans le mique, social et envi- cadre de la lutte contre la désertification. ronnemental du pays Quant au PANE, il a été conçu comme un cadre stratégique global d'évaluation des actions liées à la gestion des ressources et à l'a- mélioration du cadre de vie. Adopté en 1991, il prend en considération, l'environnement dans ses dimensions sociales, économiques, écolo- giques, institutionnelles et politiques autour des objectifs suivants : · La maîtrise des pressions démographiques et pastorales sur le milieu naturel ; · La régénération des ressources naturelles et la protection de la biodiversité ; · L'amélioration du cadre de vie ; · L'amorce du processus d'un développement durable. Relu en 1994, suite à la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED), le Plan d'Action National pour l'Environnement constitue actuellement l'Agenda 21 National du Burkina Faso. Il se veut un cadre de référence pour la planification des actions liées à l'environnement et à l'amélioration du cadre de vie. Il déter- mine le cadre général de la politique de l'environnement et comporte cinq programmes, à savoir : · Le Programme Cadre de Gestion des Terroirs ; · Le Programme Cadre d'Amélioration du Cadre de Vie ; · Le Programme Cadre de Gestion des Patrimoines Nationaux ; · Le Programme de Développement des Compétences en Environnement ; · Le Programme National de Gestion de l'Information sur le Milieu. Il peut être cité les plans sectoriels suivants : · Le Plan Stratégique de la Recherche Agricole (PSRA) adopté en 1995 visant à assurer la sécurité alimentaire et à lutter contre la désertification et la pauvreté ; · Le Plan d'Action Forestier Tropical (PAFT) qui vise l'intensification et l'harmonisation de la politique et des pratiques forestières tradi- 34 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 35 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques tionnelles en vue de jeter les bases d'un développement socio-économique durable, remplacé par la Politique Forestière Nationale élaborée et adoptée en 1995. · La Politique Forestière Nationale (PFN) fixe les objectifs, Les changements cli- les options, les stratégies et les approches opérationnel- matiques et le déve- les pour une gestion rationnelle et durable des ressour- loppement écono- mique, social et envi- ces forestières autour de deux préoccupations essentiel- ronnemental du pays les intimement liées, notamment, la production et la con- servation ; · Le Programme National de Foresterie Villageoise (PNFV) s'appuie sur la responsabilisation des populations à gérer leurs terroirs par la sensibilisation, la formation et l'appui technique ; · Le Programme National d'Aménagement des Forêts (PNAF), adopté en 1996 fonde sa stratégie également sur le développe- ment de partenariat avec les populations pour une gestion durable des ressources forestières. La stratégie générale, de gestion des ressources naturelles et de l'envi- ronnement, est basée sur une harmonisation des actions de conservation des ressources naturelles locales par l'utilisation de quatre approches : · Une approche programme ; · Une approche par zone socio-écologique ; · Une approche gestion des terroirs ; · Une approche participative. Plus récemment, le gouvernement a adopté un programme d'action natio- nal de lutte contre la désertification (PAN/LCD) alors que celui sur la bio- diversité est en cours de finalisation.

  61. 2.5.4. La législation environnementale Depuis 1984, le Burkina Faso s'est doté d'une législation pour la gestion des ressources naturelles au Burkina Faso, à travers la Réorganissation Agraire et Foncière (R.A.F.). Compte tenu de l'option politique et de l'i- déologie qui ont présidé à l'élaboration et à l'adoption de ce texte, de nombreuses relectures ont été menées, en vue de l'adapter au contexte économique en cours. En plus de la RAF, des textes de loi régissant des secteurs spécifiques ont été pris. Il s'agit de : 35 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 36 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · La Loi n°005/97/ADP du 30 janvier 1997 portant Code de l'environnement du Burkina Faso ; · La Loi n°006/97/ADP du 30 janvier 1997 portant Code Les changements cli- Forestier du Burkina Faso ; matiques et le déve- · La Loi n°023/97/AN du 22 octobre 1997 portant Code loppement écono- Minier au Burkina Faso ; mique, social et envi- · Code de l'eau et du Projet de Loi d'orientation de ronnemental du pays l'eau. Auparavant, le Décret du 04 juillet 1935 a été le texte de base des admi- nistrations forestières des anciennes colonies. Ce texte fixait le régime forestier dans les territoires de l'Afrique Occidentale Française : il définis- sait la composition du domaine forestier (les forêts classées et les forêts protégées). Le Décret n° 55-582 du 20 mai 1955 est venu compléter les dispositions de celui du 04 juillet 1935 en matière de protection des forêts. La création d'un ministère en charge de l'environnement, en 1976, marque le début de la formalisation d'un cadre institutionnel pour la coor- dination des actions dans le domaine.

  62. 2.5.5. Intégration des considérations liées aux changements clima- tiques dans les options de planification et du développement Trois types de contraintes méritent d'être levée afin de permettre à l'éco- nomie nationale de soutenir sa croissance, il s'agit : · des contraintes internes notamment la faiblesse du Secteur privé liée à la faible qualité des ressources humaines, au coût élevé des facteurs de production qui rend les produits manufacturiers pro- duits localement peu compétitifs (l'énergie, la disponibilité et la ges- tion de l'eau, les transports, les problèmes de l'accès à la terre, à la dégradation de l'environnement et aux surtaxes non tarifaires); · Des contraintes institutionnelles dues aux pesanteurs administrati- ves, à la faiblesse d'une part de la capacité d'analyse et de pro- grammation des investissements et de coordination de l'aide publique au développement et d'autre part, du système national d'information statistique ; · Des contraintes externes liées à la faible ouverture de l'économie sur l'extérieur et à sa forte dépendance vis-à-vis des ressources extérieures. Dans un contexte où la population est majoritairement pauvre, les solu- tions à apporter ne peuvent être que d'ordre préventif. En effet, la pauv- 36 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 37 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques reté est un facteur qui contribue à la précarisation des condi- tions de vie des populations. Les pratiques culturales basées sur le déboisement et le défrichement sur brûlis favorisent la désertification, réduisant ainsi les terres cultivables et engend- Les changements cli- rent de fortes émissions de GES. matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- Afin d'apporter un début de solution aux différents problèmes, ronnemental du pays les mesures suivantes doivent être prises en compte dans l'é- laboration d'une politique nationale de planification.

  63. 2.5.5.1. Au niveau de la santé · Mettre l'accent sur les mesures préventives à savoir la sensibilisa- tion, l'information pour la promotion d'un environnement sain ; · Privilégier la responsabilisation des populations à la gestion de leur cadre de vie ; · Accélérer l'autonomisation des structures sanitaires ; · Promouvoir l'intégration entre la médecine moderne et la médeci- ne traditionnelle ; · Mettre en place un système de contrôle de la démographie.

  64. 2.5.5.2. Au niveau de l'éducation environnementale · Tirer partie du Programme Jeunesse et Environnement lancé par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en 1986, pro- gramme dont le but est de donner aux jeunes les connaissances et instruments nécessaires à la protection de l'environnement ; · Intégrer dans les programmes scolaires et universitaires la problé- matique des changements climatiques et leurs conséquences.

  65. 2.5.5.3. Au plan de la production agricole et de l'élevage La réduction de GES dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage passe par la connaissance par les différents acteurs des sources de GES, de leurs implications sur les changements climatiques et des conséquen- ces dans ces secteurs afin de les amener à intégrer ces différentes notions dans les actions qu'ils entreprennent en vue d'accroître leurs pro- ductions. Pour ce faire, les politiques et mesures suivantes doivent être intensi- fiées. Il s'agit notamment : 37 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 38 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · D'une politique de sensibilisation, d'éducation et de for- mation des différents acteurs ; · Des actions de reforestation et de la pratique de l'agrofo- Les changements cli- resterie ; matiques et le déve- · De promotion de l'utilisation de la fumure organique par loppement écono- la valorisation des résidus agricoles et des déchets d'ani- mique, social et envi- -maux ; ronnemental du pays · La mise en œuvre d'une réglementation sur l'utilisation des engrais et des pesticides.

  66. 2.5.5.4. Au plan de la croissance économique · Mener des études pour mieux appréhender l'interaction entre changements climatiques et développement des différents sec- teurs d'activité, notamment l'agriculture, l'élevage, l'énergie et les industries agroalimentaires ; · Mettre à jour et faire appliquer les réglementations régissant l'exer- cice des diverses activités économiques, de manière à y inclure les préoccupations liées à la pollution et aux changements climatiques.

  67. 2.6. Analyse sectorielle des changements climatiques

  68. 2.6.1. Secteur de l'énergie

  69. 2.6.1.1. Situation énergétique Le secteur de l'énergie s'inscrit comme une préoccupation majeure du fait de la totale dépendance du pays vis à vis des produits pétroliers et de l'exploitation incontrôlée des ressources naturelles. En effet, le Burkina Faso importe la totalité des produits pétroliers pour la satisfaction des besoins en énergies nobles pour les activités écono- miques tandis que le bois-énergie et ses dérivés constituent les sources d'énergies domestiques de base des ménages. En 1994, la consommation nationale d'énergie finale ventilée a été d'en- viron 2.000 millions de Tep répartie comme suit : · 84 % des besoins couverts par les produits issus de la biomasse ; · 14 % par les hydrocarbures ; · 2 % par l'énergie électrique. 38 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 39 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques La majorité des Burkinabè sont très dépendants des combusti- bles ligneux et ce du fait des facteurs suivants : La pauvreté, la croissance démographique, le faible taux d'alphabétisation. Cette faible utilisation des énergies modernes est un handicap Les changements cli- certain pour le développement du pays en général. En effet, il matiques et le déve- est illusoire dans cet état, de s'attendre à un décollage écono- loppement écono- mique, social et envi- mique avec des coûts énergétiques qui ne permettent pas aux ronnemental du pays industries locales d'être compétitives. La consommation spécifique dans le centre urbain de la Capitale, Ouagadougou (GERED étude PED/Sahel, 1998) se répartie comme suit : · 0,56 kg/pers/jour pour le bois ; · 0,22 kg/pers/jour pour le charbon ; · 0,07 kg/pers/jour pour le gaz butane ; · 0,47 kWh/pers/jour pour l'électricité. Au plan de la production d'électricité, la société nationale d'électricité du Burkina (SONABEL) en produit les 90%. Le quart de cette production pro- vient des aménagements hydroélectriques de la Kompiénga et de Bagré et tout récemment de Tourni et de Niofila, les autres trois quarts provien- nent de centrales thermiques. Pour l'année 1997, la production nationale d'électricité est la suivante : · Production totale nationale : 312 GWh · SONABEL : 305,3 GWh · Production thermique SONABEL : 229,1 GWh · Hydroélectricité SONABEL : 76,4 GWh · Producteurs privés : 26,6 GWh Les importations d'hydrocarbure de 1994 se chiffraient à 180.933 tonnes métriques pour une valeur de 17,26 milliards de FCFA contre respective- ment 259.811 tonnes métriques et 47,24 milliards de FCFA en 1997.

  70. 2.6.1.2. Stratégies énergétiques et projets en cours Face à cette situation, les grandes lignes de la stratégie énergétique reposent sur la recherche de solutions aux contraintes ci-dessus à travers la mise en œuvre d'une déclaration de politique énergétique qui privilégie l'exploitation rationnelle et la valorisation des ressources nationales en vue d'une satisfaction consciente des besoins fondamentaux de la popu- lation tout en préservant l'environnement. 39 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 40 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de La stratégie adoptée vise en outre à : ·L'éradication du processus de désertification par la réduction Les changements cli- des consommations de combustibles ligneux, l'accroissement matiques et le déve- de la productivité des ressources forestières existantes, le loppement écono- reboisement ; mique, social et envi- ·La promotion des technologies d'énergies renouvelables et ronnemental du pays d'équipements à énergies de substitution ; ·La réduction de la facture pétrolière par la recherche et la diversification des sources d'approvisionnement en produits pétroliers ; · L'amélioration de la situation énergétique du monde rural tout en préservant son environnement physique. Cette politique est conduite au plan institutionnel, depuis juin 1995, par le Ministère de l'Energie et des Mines dont les attributions sont l'application de la politique du Gouvernement en matière énergétique en vue d'assu- rer un développement durable du pays. En matière de politique d'approvisionnement en énergies traditionnelles, celle-ci est intégrée dans la perspective - cadre de la gestion des res- sources naturelles par une responsabilisation de la communauté de pro- ducteurs à travers la mise en œuvre du programme national d'aménage- ment des forêts. A ce titre, le projet PNUD/BKF/93/003, a permis l'amé- nagement dans un rayon de 200 km autour de Ouagadougou, d'une superficie de 228.000 ha composés à 73% de forêts protégées et 23% de forêts classées. Ce projet contribue pour 150.000 tonnes/an en bois de feu, soit 35% des besoins de la ville de Ouagadougou. De même, le programme régional de revue des politiques et stratégies du sous secteur des énergies traditionnelles (RPTES) est le plus grand pro- jet du Ministère de l'énergie et des mines. Il cherche à résoudre les pro- blèmes liés à la problématique de l'offre et de la demande du bois-éner- gie, à la problématique de la substitution, à la problématique institution- nelle. Il comprend deux volets opérationnels ; combustibles ligneux et substitution inter énergétique et un volet d'appui institutionnel à la Direction Générale de l'Energie et celle des eaux et forêts. La phase initiale du RPTES est en cours d'exécution pour une durée de 30 mois avec l'appui financier des Royaumes du Danemark et de la Norvège sous la gestion de la banque Mondiale. Il concerne : 40 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 41 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · La conduite de quatre (4) aménagements ; · La vulgarisation des réchauds à pétrole ; · L'équipement des villageois en systèmes solaires photo- Les changements cli- voltaïques. matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- Pour une meilleure organisation de la filière des combustibles ronnemental du pays ligneux, il a été mis en place un circuit permettant un approvi- sionnement régulier des grands centres urbains du pays. Divers textes réglementant l'exploitation forestière au Burkina Faso ont aussi été pris.

  71. 2.6.1.3. Insuffisances dans la gestion du secteur Malgré les dispositions prises, la filière des combustibles ligneux est loin d'être maîtrisée car l'exploitation et la commercialisation anarchiques de la ressource perdurent. En effet, seulement 30% des besoins des princi- pales agglomérations, telles que Ouagadougou, sont satisfaits par les aménagements organisés et l'auto approvisionnement des populations rurales, sans contrôle aucun, demeure une pratique courante. En terme de maîtrise de la demande d'énergie domestique, les actions ont consisté à la mise en œuvre d'une politique de mesures d'économie d'énergie et de stratégies de substitution par la mise au point de techno- logies foyers améliorés avec l'appui de la coopération régionale et inter- nationale. Il s'agit principalement du CILSS, de la GTZ, PNUD, l'UNSO, des Pays Bas, de la Suisse et récemment du Royaume de Danemark. En matière d'hydrocarbures, la politique nationale vise entre autres la diversification des sources et la sécurisation de l'approvisionnement du pays. Une centralisation des importations permet non seulement une pro- tection contre les fluctuations de prix, mais aussi assure un stock de sécurité physique dans le pays. Pour ce faire, la SONABHY détient un monopole de droit. Les importa- tions se font essentiellement par appel d'offres international et subsidiai- rement par commandes directes. La politique nationale en matière d'électrification est menée par la SONA- BEL à travers un schéma directeur d'électrification couvrant la période 1986-2010 et réactualisé en 1997. Il représente un besoin d'investisse- ment de l'ordre de 350 milliards de FCFA. Ce schéma met un accent par- ticulier sur les interconnexions nationales et internationales (Côte d'Ivoire et Ghana) en vue de la construction d'un réseau intégré d'une part et 41 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 42 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de d'autre part sur la valorisation du potentiel hydroélectrique, esti- mé à 700 GWh/an. Les changements cli- La consommation finale d'électricité par tête d'habitant demeu- matiques et le déve- re très faible, de l'ordre de 25 kWh/hbt/an, valeur qui évolue loppement écono- très peu malgré les efforts faits dans l'électrification des centres mique, social et envi- semi-urbains. Le taux d'électrification en moyenne nationale est ronnemental du pays de l'ordre de 8%. Le cadre réglementaire de gestion du sous-secteur de l'électricité a rela- tivement évolué. En effet, un Plan National d'Electrification a été adopté en 1999. Celui-ci privilégie la valorisation les sources d'énergies renou- velables pour l'électrification rurale et la pré-électrification. De même, une loi portant réglementation générale de l'approvisionnement du Burkina Faso en énergie électrique a été adoptée en décembre 1998. Cette loi consacre la levée du monopole de la production d'énergie électrique sur l'ensemble du territoire national et de la distribution d'électricité dans les zones où aucune société de distribution n'est encore installée.

  72. 2.6.1.4. Les impacts possibles des changements climatiques Les impacts possibles des changements climatiques sur le secteur se caractériseront par 1. Une augmentation globale des émissions de GES ; 2. Une augmentation de la consommation d'énergie électrique pour les besoins de conditionnement d'air du fait de l'inconfort résultant de la hausse de la température ambiante ; 3. Une diminution du potentiel hydroélectrique avec l'augmentation de l'évapotranspiration ; 4. Une augmentation des importations en hydrocarbures pour la produc- tion d'électricité ; 5. Un renchérissement des coûts de production et une accentuation du déséquilibre de la balance des payements ; 6. Une baisse de la performance des équipements énergétiques ; 7. Une augmentation du potentiel ligneux en cas de bonnes pluviomé- tries ce qui compromettra la politique de substitution inter énergé- tique…

  73. 2.6.1.5. Les sources et puits de gaz à effet de serre liés à l'énergie Au Burkina Faso la consommation et la production d'énergie est une source d'émission de GES. L'inventaire national de GES, en 1994, au 42 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 43 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Burkina Faso a donné les résultats suivants: Tableau 2.5 : Emissions de GES dans le secteur de l'éner- gie, en GgECO2, 1994 Les changements cli- matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Nature de polluant CO2 CH4 en ECO2 N2O en ECO2 TOTAL en ECO2 Secteur d'activités Résidentiel-tertiaire 81,11 397,6 78,12 556,83 Transports 335,66 1,34 0,816 337,82 Production d'électricité et industrie 112,47 0,079 0,234 112,78 Total 529,24 399,02 79,17 1007,43 Les émissions de gaz carbonique (CO2) du secteur de l'énergie sont res- tées stables, avec une légère baisse (1%), 529,24 Gg en 1994 contre 553 Gg en 1990. Cela est certainement dû à la réduction de la consommation des hydrocarbures suite à la dévaluation du FCFA. Le sous-secteur des transports demeure la principale source de rejet de gaz carbonique dudit secteur. Cette situation s'explique par le nombre très élevé des engins à deux roues motorisées d'une part et d'autre part à l'augmentation du parc automobile dont l'âge moyen est de 13 ans. En équivalent de CO2, il y a augmentation avec le recours au bois dans les ménages. De même, la production d'énergie électrique du fait de la faiblesse du réseau d'interconnexion, est faite principalement par voie thermique, engendrant une émission de 112,78 Gg en équivalent de CO2 soit une contribution de 11,2%. La consommation énergétique du pays étant essentiellement constituée d'énergies traditionnelles cela engendre des émissions de CH4 et de N2O estimées à 556,83 Gg ECO2 en 1994 soit 55,3% des émissions du sec- teur.

  74. 2.6.1.6. Intégration des options dans les considérations liées aux chan- gements climatiques dans les politiques et plans du secteur de l'énergie 43 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 44 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Du diagnostic de la situation énergétique nationale, il ressort que l'approvisionnement du pays en énergie a des conséquen- ces très lourdes aussi bien sur son économie que son environ- Les changements cli- nement. L'énergie est en effet la deuxième source d'émission matiques et le déve- après l'agriculture. Aussi, les options concerneront-elles tous les loppement écono- sous-secteurs. mique, social et envi- ronnemental du pays Dans le sous-secteur des combustibles ligneux, les actions commandent, au plan de la demande : · De faire l'état des lieux sur l'impact des technologies diffusées au près des ménages en vue d'élaborer de nouvelles stratégies de pro- motion des équipements efficaces ; · De mettre au point et de promouvoir des équipements pour les éner- gies de substitution : gaz butane, pétrole et alcool. en matière d'offre : · Renforcer les aménagements forestiers ; · Améliorer la carbonisation ; · Valoriser les résidus agricoles par densification : balle de riz, bri- quettes de pailles et promouvoir la biométhanisation. Au plan du sous-secteur de l'électricité · Optimiser les équipements de production ; · Conduire le diagnostic de la structure de consommation (industrie, résidentiel&tertiaire, etc.) ; · Elaborer un code d'efficacité énergétique dans le tertiaire et l'indus- trie ; · Promouvoir la construction bioclimatique ; · Promouvoir la cogénération et la gazéification par la valorisation des déchets industriels et des sous produits de l'agriculture ; · Promouvoir les Energies Renouvelables : solaire, éolienne et l'hy- droélectricité ; · Renforcer le réseau par l'intensification des interconnexions inter- nationales et nationales ; · Valoriser le potentiel hydroélectrique. 44 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 45 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Au plan du sous-secteur des hydrocarbures : · Réglementer l'importation des véhicules automobiles ; · Promouvoir le transport en commun ; Les changements cli- · Mettre en œuvre un plan de circulation dans les grandes matiques et le déve- agglomérations. loppement écono- mique, social et envi- · Elaborer des normes d'émission de polluants atmosphé- ronnemental du pays riques ; · Former et sensibiliser les usagers des engins deux roues motorisées sur les méfaits des émissions produites · Renforcer le contrôle de la qualité des hydrocarbures.

  75. 2.6.1.7. Les projets possibles liés aux changements climatiques dans le secteur de l'énergie · Projet de valorisation des résidus agricoles par gazéification des balles de riz ; · Projet sur l'élaboration d'un code d'efficacité énergétique des bâti- ments publics ; · Projet de promotion de biocarburants - alcool, huiles végétales (pourghère ou autre ) ; · Projet de mise en œuvre de cycles de Formation sur les utilisations finales de l'énergie ; · Projet sur l'élaboration de normes d'émission de polluants atmosphériques ; · Projet de promotion de la construction adaptée au climat "habitat bioclimatique" ; · Projet de renforcement des interconnexions nationales et interna- tionales et de valorisation du potentiel hydroélectrique ; · Projet de promotion de l'électrification rural par les autres énergies renouvelables (Solaire, éolien) ; · Projet de mise en œuvre d'un programme nationale de maîtrise de l'énergie.

  76. 2.6.2. Secteur des transports

  77. 2.6.2.1. Politique et priorités nationales La politique nationale dans ce secteur consiste en un accroissement de l'offre et une amélioration de la qualité du service rendu en termes de confort, de sécurité des biens et des personnes. Dans le cadre des refor- 45 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 46 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de mes économiques, le secteur des transports connaît un désen- gagement du Gouvernement avec l'exécution du PASEC- Transport. Cette politique de libéralisation a permis l'entrée de Les changements cli- nouveaux acteurs. matiques et le déve- loppement écono- Pour permettre à ce sous secteur de jouer pleinement le rôle qui mique, social et envi- est le sien dans le développement économique et social du ronnemental du pays pays, les options ci-après ont été retenues : · La construction et l'entretien des infrastructures routières (l'Etat y consacre plus de 5 milliards de FCFA par an depuis la mise en place du PASEC-T en 1992) ; · La prise de mesure spéciale d'exonération de droits et taxes des véhicules de transport public de voyageurs, à travers les lois des finances 1997 et 1998 ; · La diversification des débouchés maritimes ; · L'amélioration des conditions de transport (fluidité du trafic, sécurité des biens et des personnes) ; · La promotion de l'expression du secteur privé par la libéralisation des services de transport en commun ; · La lutte contre la pollution due aux modes motorisés de transport. La politique spécifique en matière de transport ferroviaire répond essen- tiellement à deux préoccupations : · Assurer la pérennité et le développement du mode de transport ferroviaire par le rétablissement et le renforcement de sa compétiti- vité par rapport aux autres modes de transport concurrents ; · Restaurer et développer la capacité actuelle du réseau national. En matière de transport aérien, le Burkina Faso dispose de deux (02) Aéroports principaux (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso) et d'une cinquan- taine d'aérodromes dits "secondaires". La Politique nationale en la matière vise essentiellement à : · Optimiser l'utilisation des infrastructures aéroportuaires ; · Renforcer la coopération en vue de l'intégration sous - régionale dans un environnement de libéralisation du secteur. Le secteur des transports est le principal consommateur des produits pétroliers avec 62% contre 24 % pour l'industrie et la production d'électri- cité et 14% dans le résidentiel et le tertiaire. 46 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 47 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Les raisons sont multiples et se résument comme suit : · Le nombre élevé de véhicules deux roues motorisées et le surdosage de l'huile de mélange deux temps ; Les changements cli- · La nature des carburants disponibles et la quasi-inexis- matiques et le déve- tence de structure appropriée et de techniciens qualifiés loppement écono- mique, social et envi- pour l'entretien adéquat des systèmes de combustion et ronnemental du pays des pompes à injection ; · L'état de vétusté du parc de véhicules automobiles dont la moyenne d'âge est de l'ordre de 13 ans ; · l'inadaptation des plans de circulation dans les grandes aggloméra- tions, ce qui engendre une congestion du trafic notamment aux heu- res de pointe.

  78. 2.6.2.2. Les impacts possibles des changements climatiques sur le sec- teur L'offre de transport urbain de personnes dans les grandes agglomérations telle que Ouagadougou est constituée essentiellement par des modes individuels. Deux déplacements sur trois sont effectués en deux roues motorisées. Viennent ensuite la bicyclette (17 % des déplacements), la voiture particulière (10 %) et loin derrière les transports collectifs au sens large, bus, taxis et ramassage (6 %). Les impacts possibles des changements climatiques sur le secteur des transports peuvent se résumer comme suit. Une élévation de la tempéra- ture aura pour conséquence d'une part, le recours à un moyen motorisé de déplacement et d'autre part au renchérissement des coûts de réalisa- tion des infrastructures (augmentation de la couche de bitume, relèvement des ponts et ouvrages en cas d'inondations) et augmentation de la dégra- dation des routes bitumées. La conséquence indirecte sera le déversement des voitures polluantes des pays développés vers le Burkina Faso ce qui rendra le parc plus vétuste et augmentera la pollution de GES de ce secteur.

  79. 2.6.2.3. Les sources et puits de gaz à effet de serre liés aux transports Au Burkina Faso, l'essentiel du parc national est constitué des moyens de transport motorisés de type moteur à explosion. Les rejets de GES ont été estimés à partir de la consommation des car- burants. La synthèse est consignée dans le tableau 2.6. 47 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 48 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Les changements cli- matiques et le déve- loppement écono- Tableau 2.6. : Rejets par type de véhicule et de polluants en mique, social et envi- 1994 en Gg ronnemental du pays Sources d’émission CO2 CH4 en N2O en Total % ECO 2 ECO2 ECO 2 Véhicules (essence) 191,75 1,18 0,52 193,45 51,8 Véhicules (gaz oil) 107,08 0,15 0,27 107,5 28,8 Trains (DDO) 9,10 13,17 23,31 45,58 12,2 Avions ( Jet A1) 26,96 0,004 0,24 27,20 7,2 TOTAL en ECO 2 334,9 14,48 24,34 373,72 100 Il ressort de ce tableau que le dioxyde de carbone occupe la première place avec 90% suivi, en équivalent CO2, de l'oxyde d'azote pour 6% et 4% de méthane. Les véhicules à essence et les engins à deux roues motorisées constituent les principales sources de pollution avec 52% des émissions, les véhicu- les à gas-oil pour 29%, 12 % dus au train et 7% attribués aux avions.

  80. 2.6.2.4. Les options pour intégrer les considérations liées aux change- ments climatiques au sein des politiques et plans des transports Au regard de ce qui précède (configuration du parc, tendances d'évolution des grandeurs étudiées), la politique de lutte contre la pollution pourrait être bâtie autour d'une politique d'économie d'énergie, compte tenu de la corrélation entre consommation d'énergie et rejets de gaz polluants. Cette politique s'articulera autour des trois axes principaux résumés dans le tableau 2.8 ci-dessous : 48 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 49 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Les changements cli- Tableau 2.7 : Politique dans le secteur des transports matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays Options ou actions Moyens ou modalités de mise en oeuvre I Mesures visant à réduire les consommations d’énergie 1) Assainissement du parc auto : Mesures d’ordre réglementaire − Limitation de l’âge à l’importation des véhicules et homologation des véhicules importés ; − Recyclage, perfectionnement des mécaniciens réparateurs ; − Assurer le service après vente ; 2) Fluidité du trafic : 1) Conception et mise en œuvre d’un plan de circulation dans les grands centres urbains 2) Réduction des temps et des distances de déplacement à travers une décentralisation des emplois et des services ; 3) Limitation de vitesse. II Mesures visant à améliorer le rendement énergétique des transports 1. Promotion des transports collectifs : Mesures d’ordre législatif et 2. Libéralisation des services de transport en réglementaire commun urbain ; 3. Promotion des moyens de transport non motorisés (création d’un environnement propice) ; 4. Promotion du ramassage scolaire. III Mesures touchant le niveau, la qualité et la structure de l’offre de transport • Mise en œuvre d’une politique de libéralisation du Mesures d’ordre politiques, et secteur ; financières • Amélioration des infrastructures routières ; • Mise en œuvre d’une politique de rajeunissement du parc ; • Contrôles périodiques de la qualité des combustibles. 49 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 50 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de

  81. 2.6.2.5. Les projets possibles liés aux changements cli- matiques dans le secteur des transports Les changements cli- 1. Projet de renforcement des capacités de contrôle du matiques et le déve- CCVA loppement écono- 2. Projet d'élaboration de cycles de formation des pompis- mique, social et envi- tes des stations mélangeurs et des réparateurs des ronnemental du pays engins à deux roues moteurs 3. Projet de mise en place d'un observatoire de la qualité de l'air 4. Projet de mise en œuvre d'incitation à l'achat de véhicu- les moins polluants 5. Projet pour la mise en œuvre de plan de circulation dans les grandes agglomérations et développement du transport en commun

  82. 2.6.3. Secteur de l'agriculture et de l'élevage

  83. 2.6.3.1. Politique et priorités nationales dans le secteur de l'agriculture et de l'élevage Comme annoncé plus haut, l'économie burkinabè est à dominante agri- cole. Les terres à vocation agricole sont estimées à quelque 9.000.000 d'hectares, soit le tiers du territoire national dont environ 3,5 millions d'hectares (soit 39%) sont mis en culture annuellement. C'est une agri- culture de subsistance basée sur les céréales vivrières (sorgho, mil, maïs) qui occupent à elles seules plus de 88% des surfaces emblavées avec des rendements moyens de l'ordre de 850 kg/ha, dominée par de petites exploitations familiales de 3 à 6 ha en moyenne. Les contraintes qui limitent ses performances sont entre autres : · L'insuffisance et l'irrégularité des précipitations avec une tendance à la baisse ; · L'insuffisance de la maîtrise de l'eau ; · La dégradation des ressources naturelles et la baisse de la fertilité des sols ; · La prédominance du mode extensif de production ; · Les fortes pressions démographiques sur les terres agricoles agro- pastorales ; · L'insécurité foncière liée au régime foncier traditionnel et les pesan- teurs socioculturelles malgré les dispositions de la RAF ; · Le faible niveau d'organisation des producteurs ; 50 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 51 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · L'exode rural ; · Le faible niveau des revenus ruraux et les difficultés d'ac- cès au financement bancaire ; · Le faible valorisation des produits agricoles ; Les changements cli- · l'enclavement et les coûts élevés des transports internes matiques et le déve- et externes… loppement écono- mique, social et envi- Pour lever ces contraintes, le Burkina Faso s'est engagé au ronnemental du pays début des années 90' dans une politique de réformes structu- relles avec l'adoption en 1992 d'un Programme d'Ajustement du Sectoriel de l'Agriculture (PASA). Le PASA poursuit trois principaux objectifs qui sont : · L'accroissement et la diversification de la production ; · Le renforcement de la sécurité alimentaire ; · L'amélioration de la gestion des ressources naturelles. Cinq (5) axes d'orientations stratégiques ont été identifiés dans la Lettre de Politique de Développement Agricole (LPDA), comme mesures à met- tre en œuvre pour atteindre les objectifs ci-dessus définis. Les orienta- tions politiques assignées aux secteurs de l'agriculture et de l'élevage sont : · Accroître le revenu réel par habitant en milieu rural d'au moins 3% par an en assurant au secteur une croissance annuelle soutenue de 6 à 7% au cours des dix prochaines années ; · Lutter contre la pauvreté et réduire de moitié la part de la popula- tion vivant en deçà du seuil de pauvreté d'ici l'an 2010 ; · Renforcer la sécurité alimentaire de la population en leur assurant la disponibilité et l'accessibilité à une alimentation suffisante et équilibrée ; · Valoriser par le biais des industries modernes et artisanales de transformation, de conservation et de conditionnement des pro- duits de l'agriculture et de l'élevage ; · Augmenter sensiblement le niveau des investissements privés dans la production et la valorisation des produits de l'agriculture et de l'élevage ; · développer les filières animales et végétales (lait, viande, volailles, cuirs et peaux…) ; · Favoriser la professionnalisation du secteur privé en matière d'ap- provisionnement, de commercialisation, de transformation et de financement ; · Responsabiliser les communautés rurales pour une gestion dura- ble des ressources naturelles. 51 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 52 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Les efforts du Gouvernement portent ainsi sur les filières de productions commerciales (coton, fruits et légumes, cuirs et peaux, viandes, etc.), l'amélioration des infrastructures routiè- Les changements cli- res, etc., qui sont de nature à favoriser la compétitivité des pro- matiques et le déve- duits burkinabè sur les marchés régionaux et internationaux. loppement écono- mique, social et envi- 2.6.3.2. Les impacts possibles des changements clima- ronnemental du pays tiques sur le secteur Le Burkina Faso subit à l'instar des autres pays du Sahel, des sécheres- ses récurrentes qui sont sans doute consécutives aux changements cli- matiques. Compte tenu des incertitudes actuelles de l'impact des chan- gements climatiques sur les précipitations, il peut cependant être avancé quelques éléments. Il est moins sûr en effet que les précipitations connaîtront une modifica- tion de leur fréquence ou de leur distribution, mais les températures éle- vées conjuguées à la sécheresse constituent le plus grand danger du changement climatique pour l'agriculture et l'élevage dans un pays sahé- lien comme le Burkina Faso particulièrement vulnérable et ne disposant pas de moyens d'adaptation appropriés. Aussi, les incidences négatives se feraient-elles sentir en raison de varia- tions des conditions atmosphériques et des populations de ravageurs associés à l'évolution du climat (criquets migrateurs par exemple), néces- sitant des innovations technologiques et de nouvelles pratiques agricoles. L'élévation de la température et du rayonnement solaire pendant la sai- son des pluies entraîneront une augmentation plus rapide de l'évapo- transpiration du pays. Ceci engendrera une baisse des réserves en eau du sol. Ainsi, il faudrait introduire des cultures à cycle court. Il s'ensuivra une raréfaction de certaines variétés culturales donc de la biodiversité et dans un scénario catastrophe, la sécurité alimentaire sera compromise.

  84. 2.6.3.3. Les sources et puits de gaz à effet de serre liés aux activités agri- coles et d'élevage Le secteur agropastoral est une source nette d'émission de GES. Il génè- re essentiellement du méthane et du dioxyde d'azote par fermentation entérique et la décomposition des déchets animaux, les rejets des riziè- res, le brûlage des savanes, l'incinération des résidus agricoles et l'utili- sation des sols. 52 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 53 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Les émissions de méthane liées à la fermentation entérique se produisent au cours du processus normal de digestion des ani- maux. Le Burkina Faso est un pays à vocation pastorale avec un effectif de cheptel dominé par les caprins, ovins et bovins. Les changements cli- La contribution du cheptel aux émissions nationales de métha- matiques et le déve- ne est de 196,8 Gg dues à la fermentation entérique et à 9,2 Gg loppement écono- mique, social et envi- par décomposition des déchets d'animaux. ronnemental du pays Pour ce qui est des rejets des rizières, et eu égard aux faibles superficies aménagées et aux pratiques culturales, liées à la disponibilité en eau et l'utilisation limitée d'engrais, la contribution de ce sous secteur est estimée à seulement 0,72 Gg de méthane. Quant aux savanes et les résidus agricoles, ils font l'objet de brûlage pour la préparation des champs, la lutte contre les reptiles, pour des raisons culturelles, pour l'amélioration du cycle des substances nutritives et le renouvellement des pâturages. Les feux de savanes couvrent près du tiers de la superficie du pays et 50% des résidus agricoles sont en outre brûlés chaque année, pour générer, en 1994, 193,7 Gg ECO2. Ainsi, le secteur agropastoral a contribué en 1994 pour 4.708,4 Gg aux émissions nationales en équivalent CO2, contre 5.626,9 Gg en 1990 soit une " baisse " de 16,32%. Celle-ci est imputable à une surévaluation lors du premier inventaire.

  85. 2.6.3.4. Les options pour intégrer les considérations liées aux change- ments climatiques au sein des politiques et plans agricoles et du déve- loppement de l'élevage Les programmes prioritaires dans le secteur de l'agriculture tels que défi- nis dans le plan stratégique opérationnel et les divers plans d'actions éla- borés concourent tous au développement durable de l'agriculture autour des aspects ci-après : · La fertilité des sols ; · La sécurité alimentaire et la nutrition ; · La modernisation de l'agriculture ; · Le soutien aux producteurs et à leurs organisations ; · L'appui institutionnel. Au niveau de l'élevage, la politique de développement de ce secteur comporte quatre principaux plans d'actions axés sur : 53 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 54 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · L'animal ; · Le milieu, l'aménagement pastoral et de sécurisation fon- cière ; Les changements cli- · Le financement de l'élevage ; matiques et le déve- · La formation. loppement écono- mique, social et envi- L'examen des différents programmes et plans d'actions révèle ronnemental du pays que la dimension des changements climatiques n'a pas été prise en compte dans leur conception. Aussi, il est à noter des aspects défavorables aux émissions de GES dans les différentes actions de mise en œuvre. L'utilisation des engrais minéraux, surtout les engrais azotés, accroît les émissions de GES, celle des engrais organiques, par contre, contribue à en atténuer ces émissions. L'accroissement quantitatif de la production agropastorale suppose une intensification qui passe nécessairement par une utilisation de nouvelles techniques et technologies Ainsi, le développement du secteur semencier pourrait contribuer à pallier les effets néfastes des Changements climatiques par la production de variétés productives et adaptées. En ce qui concerne, le plan d'action sur le foncier qui contribue à la mise en œuvre de la Réorganisation Agraire et Foncière il permettra une réduc- tion de GES par un meilleur aménagement de l'espace foncier, notam- ment la valorisation des terres marginales. Quant à la professionnalisation des acteurs de l'agriculture poursuivie à travers le programme de soutien aux producteurs et à leurs organisations, il constitue un atout qu'il convient de mettre à profit pour sensibiliser, édu- quer les agriculteurs afin qu'ils contribuent à la réduction de GES et intè- grent mieux les enjeux des changements climatiques dans leurs exploi- tations. Le programme d'appui institutionnel visant à doter les structures d'inter- vention étatiques et privées d'instruments, de compétences et de capaci- tés à même de renforcer leur opérationnalité permettra non seulement une meilleure prise en compte des effets de changements climatiques dans la conception et la mise en œuvre des actions à entreprendre, mais également d'assurer le suivi et l'évaluation de l'impact de ces actions sur la réduction de GES. En définitive, la politique de développement de l'élevage et les différents plans d'actions qui s'y rattachent visent un accroissement de la producti- 54 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 55 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques vité du cheptel et une augmentation des émissions de GES. Cette tendance pourrait cependant être amoindrie grâce à une meilleu- re alimentation et l'adoption du système d'élevage intensif. Les changements cli-

  86. 2.6.3.5. Les projets possibles liés aux changements clima- matiques et le déve- tiques dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays 1 - Mise en place d'unités de transformation de déchets ani- maux et de résidus de récoltes en compost 2 - Appui au contrôle des intrants 3 - Valorisation des terres marginales 4 - Lutte intégrée contre les ennemis des cultures 5 - Recherche sur les techniques de production du riz 6 - Recherche sur l'alimentation du bétail 7- recherche sur l'amélioration des pratiques cultures

  87. 2.6.4. Secteur des forêts

  88. 2.6.4.1. Politique et priorités nationales dans le secteur des forêts Face à la surexploitation, à la dégradation des ressources due à la séche- resse et la désertification, la politique nationale en matière de gestion des forêts est fondée sur la protection, la reforestation et la gestion participa- tive des massifs forestiers. La politique de protection des forêts en vigueur depuis l'époque colonia- le a permis la constitution d'aires classées, mais face à l'essor démogra- phique, cette protection policière a montré ses limites. La politique actuelle de conservation des forêts pour un approvisionne- ment durable en énergies traditionnelles est intégrée dans la perspective - cadre de la gestion des ressources naturelles par la communauté de producteurs à travers la mise en œuvre, en février 1991, du Programme National d'Aménagement des Forêts (PNAF). La stratégie actuelle, dans le cadre de la foresterie participative, est basée sur la responsabilité par : · Une contribution à la gestion des terroirs ; · La satisfaction des besoins des populations en produits ligneux ; · La diffusion de la pratique de l'agro-foresterie ; 55 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 56 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · La création d'un réflexe de conservation des ressources naturelles ; · L'augmentation des revenus. Les changements cli- matiques et le déve- Cette démarche prend notamment en compte la situation socio- loppement écono- économique, culturelle et sociale de la femme, afin de lui per- mique, social et envi- mettre de participer pleinement à l'exécution des programmes ronnemental du pays de développement en général, ceux de la foresterie en particu- lier. L'aménagement participatif des forêts s'est affirmé comme un modèle performant pour la sauvegarde, l'accroissement du potentiel forestier et l'établissement d'un système socio-économique stable et auto suffisant.

  89. 2.6.4.2. Les impacts possibles des changements climatiques sur le sec- teur des forêts Les paramètres climatiques les plus pertinents qui ont un effet significatif sur la production agricole et forestière sont la pluviosité, la température, l'humidité de l'air, l'évapotranspiration potentielle et l'ensoleillement. L'augmentation des concentrations atmosphériques de GES et les chan- gements climatiques qu'elle devrait causer, font peser une menace sérieuse sur les forêts déjà dégradées. Cette augmentation peut ainsi : · Influer sur la productivité primaire ; · Influer sur le temps de maturation des plantes et par voie de consé- quence sur la reproduction ; · Entraîner une réduction de la valeur nutritive de la végétation …

  90. 2.6.4.3. Les sources et puits de gaz à effet de serre liés aux activités forestières Les forêts sont des réservoirs considérables de carbone. En effet, les plantes fixent le CO2 atmosphérique par la photosynthèse. Par ailleurs, le carbone fixé sous forme de bois ou de matières en décomposition dans les forêts est très important. Les capacités résiduelles de séquestration des forêts, pour l'année 1994, sont évaluées à 4914 Gg CO2. 56 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 57 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  91. 2.6.4.4. Les options pour intégrer les considérations liées aux changements climatiques au sein des politiques et plans fores- tiers Les changements cli- · Gestion et exploitation rationnelle par un renforcement matiques et le déve- des aménagements participatifs des forêts par la mise en loppement écono- mique, social et envi- œuvre de plan d'aménagement pour l'approvisionne- ronnemental du pays ment des grands centres urbains ; · Valorisation des sous produits de la forêt ; · Introduction de nouveaux équipements économes en énergies ligneuses ; · Développement au plutôt une politique nationale d'éducation envi- ronnementale afin de diminuer d'ici à quelques années les pres- sions sur les ressources naturelles…

  92. 2.6.4.5. Les projets possibles liés aux changements climatiques dans le secteur forêts Dans le domaine de la foresterie, les projets qui entrent dans le cadre des changements climatiques sont ceux qui visent à la protection des forêts, la reforestation, à la gestion durable et à la valorisation des ressources forestières. Les projets initiés et exécutés dans le cadre de la mise en œuvre des pro- grammes nationaux liés à la gestion des ressources naturelles doivent être poursuivis. Il s'agit notamment des programmes : · de développement rural intégré (PDRI), · de reforestation nationale (PRN), · d'aménagement des forêts (PNAF), · de gestion des terroirs villageois (PNGT), · de gestion durable des énergies traditionnelles, · etc. Des actions spécifiques suivantes doivent être prises en compte dans ces programmes : · La récupération et la valorisation du bois de défriche des grands ouvrages ; · la vulgarisation de techniques et technologies améliorées de car- bonisation · La diffusion d'équipements plus efficaces ; 57 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 58 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · La diffusion d'équipements à énergie de substitution ; · etc. Les changements cli- matiques et le déve- 2.6.5. Secteur des ressources en eau loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays

  93. 2.6.5.1. Politique et priorités nationales dans le secteur des ressources en eau L'approvisionnement en eau est l'un des principaux défis auxquels le Burkina Faso est confronté. En effet, la grande sécheresse des années 1973 a révélé la forte dépendance du pays vis-à-vis de la pluviométrie annuelle. Le souhait d'apporter des éléments de réponse à cette situation s'est traduit par l'élaboration d'une politique nationale de l'eau en mars 1976 reposant sur l'exécution de grands programmes d'hydraulique. La politique nationale de l'eau tenant compte de la décennie internationa- le de l'eau potable et de l'assainissement (DIEPA 1980-1990) s'articule autours des aspects suivants : · La préférence pour les forages par rapport aux puits ; · L'appropriation et la prise en charge des coûts récurrents des équi- pements par les populations bénéficiaires ; · La prise en compte de l'éducation pour l'hygiène et la santé dans les programmes ; · La révision à la hausse de la norme d'approvisionnement en eau potable de 10 à 20 litres par jour et par habitant en zone rurale ; · La création du Fonds de l'eau et de l'Assainissement (FEA). De même, la lettre de politique sectorielle adoptée par le gouvernement dans le cadre du programme d'ajustement structurel a posé les grandes lignes de la conduite de la politique nationale de l'eau sur cinq(5) axes qui sont : · La prise en compte de l'eau en tant que ressource limitée ; · La poursuite des investissements en prenant en compte tous les secteurs de l'économie tributaires de l'eau ; · L'intégration des aspects environnementaux dans le processus d'é- laboration de la politique d'investissement ; · La prise en compte des initiatives et engagements internationaux en matière de gestion des ressources en eau ; · La promotion d'une politique d'assainissement. 58 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 59 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  94. 2.6.5.2. Les impacts possibles des changements climatiques sur le secteur des ressources en eau Le secteur des ressources en eau par nature est très dépen- Les changements cli- dant des variations temporelles et spatiales du climat. matiques et le déve- loppement écono- mique, social et envi- Les GES affectent les principales composantes du cycle hydro- ronnemental du pays logique que sont la précipitation, l'évaporation et la transpiration et les changements des paramètres du climat - la radiation solaire, le vent, la température, l'humidité et les nuages. Ainsi, des modifications dans l'évapotranspiration et les précipitations influencent la qualité, la distribution spatiale et temporelle du ruisselle- ment d'une part et d'autre part celles intervenant dans le ruissellement en combinaison avec le rehaussement du niveau de la mer qui affectent à leur tour les écoulements superficiels et souterrains. D'où des impacts biophysiques, sur la disponibilité et la qualité de l'eau et sur les écosys- tèmes aquatiques. Pour ce qui est des impacts socio-économiques, il y a lieu de distinguer deux sortes de demandes : la demande pour les besoins domestiques et la sauvegarde de l'intégrité de l'écosystème et la demande pour les besoins économiques. En effet, l'utilisation de l'eau pour la réduction de la pollution doit être considérée comme une demande économique parce qu'il peut être évalué comme étant le coût qui aurait dû être dépensé dans le traitement de l'eau pour être conforme aux normes de qualité. Les changements climatiques peuvent affecter les eaux de surface par le biais de la réduction des écoulements qui alimentent les réservoirs de stockage ou même par la variation des débits entrant dans les réservoirs qui peuvent à terme conduire à la diminution de la production d'ensemble des ouvrages de stockage. A cela, il faut ajouter que dans le cas des régions arides ou semi-arides, on peut enregistrer des pertes importan- tes par évaporation. Quant aux eaux souterraines, celles-ci peuvent enregistrer des variations importantes par l'accroissement ou la diminution des infiltrations en rai- son des modifications dans la quantité et la distribution des pluies et de l'écoulement dans les cours d'eau. Toute chose qui aura des conséquen- ces sur les coûts de pompage si l'infiltration diminue en raison de la bais- se de la pluviométrie ou des pertes de l'humidité du sol à cause de l'ac- croissement de l'évapotranspiration. 59 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 60 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de

  95. 2.6.5.3. Les sources et puits de gaz à effet de serre liés aux activités de mobilisation des ressources en eau Les changements cli- Les sources de GES dans ce secteur sont dues aux eaux matiques et le déve- usées industrielles et ménagères. Les eaux usées ont libéré, loppement écono- près de 352,23 Gg en ECO2 sous forme de méthane, soit mique, social et envi- 7,70% des émissions nationales, en 1994, provenant des fos- ronnemental du pays ses septiques, des égouts et des rejets industriels. Les plans d'eau des grands ouvrages hydrauliques sont quant à eux des puits de GES.

  96. 2.6.5.4. Les options pour intégrer les considérations liées aux change- ments climatiques au sein des politiques et plans de mobilisation des res- sources en eau L'insuffisance de la réglementation en matière de protection des milieux est le principal handicap. Cependant, dans les plans stratégiques d'assainissement des grandes villes en cours d'exécution, il a été prévu une meilleure gestion des eaux usées produites avec : · La réalisation de décharges contrôlées des ordures ; · La mise en œuvre d'une politique hydraulique urbaine et villageoi- se adaptée.

  97. 2.6.5.5. Les projets possibles liés aux changements climatiques dans le secteur des ressources en eau La conception des programmes et projets du secteur doit s'appuyer sur les éléments de l'Agenda 21 de la CNUED en son chapitre 18 qui a rete- nu les programmes suivants : · Gestion intégrée des ressources en eau, · Evaluation des ressources en eau, · Protection des ressources en eau, qualité et écosystèmes aqua- tiques, · Approvisionnement en eau potable et assainissement, · Eau et développement urbain durable, · Eau pour une production alimentaire durable, 60 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 61 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · Impacts des changements climatiques sur les ressour- ces en eau. Les propositions de projets ci-dessous correspondent aux Les changements cli- objectifs du plan d'action et aux domaines d'intervention priori- matiques et le déve- taires étant entendu que l'identification des projets à prendre en loppement écono- mique, social et envi- considération doit se faire dans le cadre d'une concertation ronnemental du pays élargie à l'ensemble des acteurs concernés. 1. La sensibilisation du citoyen sur les changements climatiques et leurs impacts sur les ressources en eau 2. Le renforcement des capacités et la recherche 3. La gestion de l'information sur les changements climatiques en relation avec les ressources en eau 4. L'adaptation des infrastructures et des systèmes de gestion des res- sources en eau pour un approvisionnement durable des populations 5. La prévention et la gestion des situations de crise 6. Le renforcement de la gestion intégrée des ressources en eau

  98. 2.6.6. Secteur de la santé publique

  99. 2.6.6.1. Politique et priorités nationales dans le secteur de la santé publique Le Burkina Faso a souscrit à l'objectif social de la santé pour tous en adoptant les soins de santé primaires en 1978, comme stratégie de sa politique sanitaire. De même, les Etats Généraux de la santé tenus en 1999, ont permis de réactualiser les options dans ce secteur. Compte tenu des graves déséquilibres dont souffre le système de santé du Burkina Faso, la stratégie est fondée sur : · La mise en œuvre d'une politique de soin de santé primaire met- tant l'accent sur la prévention et la décentralisation des formations sanitaires garantissant la pleine participation des populations et la responsabilisation des collectivités locales ; · La mise en place d'un système de cofinancement des soins entre les pouvoirs publics et les communautés locales ; · L'encouragement du secteur privé à créer des formations sanitai- res et des pharmacies. 61 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 62 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de La mise en œuvre de l'initiative de Bamako (IB) a en outre per- mis de relancer la participation communautaire à travers des comités de gestion au sein des formations sanitaires publiques, Les changements cli- de créer des fonds de roulement des Médicaments Essentiels matiques et le déve- Génériques (MEG), de mettre en place une gestion autonome loppement écono- des ressources générées au niveau local, d'amorcer l'intégra- mique, social et envi- tion de programmes de santé au niveau local et de stimuler la ronnemental du pays promotion de la collaboration intersectorielle en faveur de la santé. En matière de santé de base, il s'agit de : 1. Assurer des soins de qualité au niveau des services publics et privés de santé ; 2. Doter les formations sanitaires de base en médicaments essentiels génériques ; 3. Ramener progressivement le rayon d'accès aux centres de santé et de promotion sociale à 5 km ; 4. Assurer la couverture adéquate en services de santé pour toutes les régions sanitaires du pays ; 5. Réduire les taux de mortalité et de morbidité dues aux affections cou- rantes et aux endémio-épidémies ; 6. Réduire la séroprévalence du VIH au Burkina Faso ; 7. Réduire la morbidité due à la malnutrition et aux carences en micro- nutriments au sein de la population.

  100. 2.6.6.2. Les impacts possibles des changements climatiques sur le sec- teur de la santé publique Les impacts possibles sont essentiellement les infections respiratoires aiguës qui constituent de graves problèmes de santé publique. Elles figu- rent parmi les dix principaux motifs de consultation dans les formations sanitaires du Burkina Faso. Ce volet gagnerait à être approfondi dans les phases futures par des études de l'impact des changements climatiques sur la recrudescence des maladies parasitaires et cardiovasculaires.

  101. 2.6.6.3. Les options pour intégrer les considérations liées aux change- ments climatiques au sein des politiques et plans concernant la santé publique Les options sont d'ordre institutionnel : 62 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 63 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques · Renforcer la coordination entre les différentes structures intervenant dans l'amélioration du cadre de vie ; · Envisager la création d'une commission nationale char- gée de coordonner les actions entre les différents Les changements cli- acteurs en matière d'hygiène et de contrôle de l'environ- matiques et le déve- nement. loppement écono- mique, social et envi- ronnemental du pays

  102. 2.6.6.4. Les projets possibles liés aux changements clima- tiques dans le secteur de la santé publique · Information, Education et Sensibilisation de la population en matiè- re de pollution atmosphérique ; · Responsabilisation des populations à la gestion de leur cadre de vie ; · Renforcement des capacités de la Direction de la Médecine Préventive en matière de suivi de la pollution sur la santé humaine ; · Intégration dans les programmes scolaires de la problématique des changements climatique, · Elaboration et conduite de projets de recherche - action sur l'im- pact des changements climatiques sur certaines maladies. 63 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 64 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  103. 3.1. Politiques et mesures Les deux inventaires nationaux de GES indiquent que les activités de développement menées sont des sources nettes d'émission. Ainsi, les actions entreprises pour un développement harmonieux du pays ont des impacts certains sur les écosystèmes et provoquent un déséquilibre socio-économique. Ainsi, tenant compte des réalités économiques et des programmes de développement du Burkina Faso, les domaines d'intervention ci-après méritent des considérations qui non seulement contribuent à asseoir une sécurité alimentaire et sociale ; mais s'annoncent comme des options de réduction des émissions des gaz polluants. Pour ce faire, sur la base des résultats des inventaires de GES d'une part et d'autre part des dispositions de la CCNUCC et du diagnostic fait, les domaines d'intervention prioritaires retenus sont : 1. La création d'un cadre institutionnel ; 2. La gestion rationnelle des ressources naturelles : terres agricoles, res- 64 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 65 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques sources pastorales, eaux, forêts ; 3. La gestion rationnelle des ressources énergétiques ; 4. Le développement des compétences et des capacités natio- Eléments constitutifs de la Stratégie nales ; Nationale de Mise en 5. La coopération sous-régionale, régionale et internationale. Œuvre de la Convention- Cadre Ces domaines prioritaires sont présentés selon le canevas sui- des Nations Unies sur les Changements vant : Climatiques 1. Problématique ; 2. Orientations stratégiques ; 3. Mesures proposées ; 4. Résultats attendus.

  104. 3.1.1. La création d'un cadre institutionnel

  105. 3.1.1.1. Problématique Sur le plan institutionnel, la conduite des actions en matière de change- ment climatique a été menée par le CIMAC depuis 1995. Son ancrage au sein du SP/CONAGESE devait lui permettre de disposer d'atouts majeurs pour la collecte des données et la supervision des activités des différen- tes structures. Cependant, force est de constater quelques blocages insti- tutionnels pour la mise à disposition des informations nécessaires. De même, les membres interviennent à mi-temps en cas de besoin, car les structures qu'ils représentent ne se sentent pas pleinement impliquées.

  106. 3.1.1.2. Orientations stratégiques Le CIMAC ayant acquis une solide expérience dans la conduite des actions relatives aux changements climatiques, il y a lieu que soient pré- cisées ses attributions et ses liens de coordination avec les autres orga- nismes. Aussi pour plus d'efficience, le CIMAC devrait -il être transformé en structure " autonome " plus flexible au lieu d'être sous la coupe de la Division des Politiques et de la Planification Environnementales du SP/CONAGESE.

  107. 3.1.1.3. Mesures proposées Dynamiser et renforcer le CIMAC ou formaliser une institution pérenne d'exécution nationale afin qu'il continue de jouer un rôle de sensibilisation, d'organisation, d'éducation et de création d'aptitudes au niveau local à la 65 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 66 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de problématique des changements climatiques. Cette structure fera appel sans exclusive à toutes les structures socioprofes- Eléments constitutifs sionnelles, y compris le secteur privé et les personnes phy- de la Stratégie Nationale de Mise en siques et morales qualifiées, par la mise en place de groupes Œuvre de la d'experts pour la conduite du processus de prise de décisions. Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements

  108. 3.1.1.4. Résultats attendus Climatiques · Les Décideurs et les différents acteurs sont plus sensibles à la pro- blématique des changements climatiques ; · Le CIMAC est redynamisé et renforcé dans la conduite des actions relatives aux CC ; · Les données sont plus accessibles ; · Les capacités institutionnelles sont renforcées, surtout le point focal de mise en œuvre de la CCNUCC, en vue d'une participation plus efficiente à toutes les activités nationales et internationales sur les changements climatiques ; · Les ONG et les bureaux d'études sont plus impliqués aux actions spécifiques.

  109. 3.1.2. La gestion rationnelle des ressources naturelles : terres agricoles, ressources pastorales, eaux, forêts

  110. 3.1.2.1. Problématique L'agriculture, au sens large du terme, est le premier émetteur de GES. En effet, au plan de l'agriculture, le principal handicap est son caractère extensif. De ce fait, le besoin en nouvelles terres et les méthodes de pro- duction se font au détriment des formations naturelles ce qui dégrade for- tement le potentiel de production et engendre des émissions de gaz à effet de serre. A cela s'ajoute la faiblesse du système de transfert de technologies vers les producteurs et les facteurs climatiques, socio-éco- nomiques et institutionnels. En matière d'élevage son mode transhumant dû à l'indisponibilité des points d'abreuvement, en toute saison, montre toute la faiblesse organi- sationnelle des producteurs. En zone pastorale, les sécheresses succes- sives, le surpâturage localisé, ont entraîné une diminution tant qualitative que quantitative des ressources fourragères disponibles. En zone agro- pastorale, l'extension des terres cultivées au détriment des aires pastora- les, la dégradation poussée des pâturages, l'envahissement des parcours 66 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 67 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques par des espèces non appétées et le problème foncier sont autant de contraintes qui militent pour une sédentarisation des bêtes pour un développement durable de ce sous-secteur. Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en En matière de foresterie, les superficies des formations fores- Œuvre de la tières naturelles nationales, excluant les steppes compte tenu Convention- Cadre de leur fragilité, ont été estimées à 15.420.000 ha (inventaire des Nations Unies sur les Changements de 1980). Elles se répartissaient comme suit : Climatiques Domaine non classé 11.604.000 ha (soit 75 %) Domaine classé 3.816.000 ha (soit 25 %) Le domaine classé se composait de : Parcs nationaux 390.500 ha soit 10% Réserves de faune 2.545.500 ha soit 67% Forêts classées 880.000 ha soit 23% Chaque année, près de 250.000 ha de forêts sont défrichés pour satis- faire les besoins en bois de chauffe et 75.000 ha de forêts sont défrichés pour l'ouverture de nouveaux champs. Cette dégradation est aussi consécutive à l'effet conjugué : · De l'instabilité du climat (sécheresse endémique) ; · Des surpâturages ; · De la gestion irrationnelle des ressources naturelles ; · De l'évolution néfaste des pratiques foncières et coutumières ; · Des feux de brousse ; · De la faible mobilisation des ressources en eau. Ces pratiques d'exploitation souvent peu rationnelles sont néfastes à la pérennité des forêts et ont une incidence directe sur leurs capacités rési- duelles à demeurer des puits d'absorption de GES.

  111. 3.1.2.2. Orientations stratégiques · Responsabilisation des communautés rurales pour une gestion durable des ressources naturelles ; · Mise en œuvre d'une agriculture durable respectueuse de l'envi- ronnement par un transfert de technologies, une amélioration de la productivité et des pratiques agricole et pastorale ; · Amélioration de la fertilité des sols par la restauration ou de la récu- pération des terres dégradées ; 67 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 68 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de · Promotion des aménagements forestiers par la poursuite et l'amélioration des opérations d'aménagement des for- Eléments constitutifs mations forestières afin qu'elles puissent contribuer de de la Stratégie Nationale de Mise en façon durable à assurer l'approvisionnement énergétique Œuvre de la du pays tout en demeurant des puits de GES ; Convention- Cadre · Renforcement des capacités institutionnelles de gestion des Nations Unies sur des forêts et des parcs agro-forestiers ; les Changements Climatiques · Elaboration d'un schéma d'aménagement des zones pastorales favorisant la préservation des écosystèmes pastoraux, une meilleure répartition des points d'eau et leur gestion ; · Mise en œuvre effective de la RAF et du code forestier et des tex- tes y relatifs ; · Développement et renforcement d'une gestion intégrée et durable des terres agricoles et pastorales, de la couverture végétale, de la faune, des forêts, des ressources halieutiques et des ressources en eau.

  112. 3.1.2.3. Mesures proposées · Professionnaliser les acteurs du secteur de l'agriculture et de l'éle- vage ; · Intensifier et moderniser la production agricole et animale ; · Adopter des techniques agroforestières éprouvées ; · Mettre en place un système de financement du secteur agricole et appuyer les promoteurs privés et associations d'éleveurs ; · Résoudre de façon durable les problèmes fonciers ; · Actualiser l'inventaire forestier et les Schémas Directeurs d'appro- visionnement en bois des agglomérations urbaines, péri-urbaines et le développement des marchés ruraux de bois ; · Intensifier les aménagements participatifs des massifs forestiers, la mise en défens, la lutte contre les feux de brousses, la récupéra- tion des terres dégradées et le développement des plantations pri- vées ; · Renforcer le fonds d'équipement forestier ; · Accentuer le suivi et le contrôle de l'exploitation forestière ; · Promouvoir des techniques efficaces de carbonisation ; · Promouvoir les technologies efficaces utilisatrices des combusti- bles ligneux ; · Mobiliser et maîtriser les ressources en eau ; · Encourager une plus grande contribution des arbres dans le pâtu- rage ; · Intensifier les activités de recherche/développement et promouvoir les systèmes d'intégration agriculture - élevage - forêterie les plus 68 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 69 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques durables. · Renforcer le fonds d'équipement forestier National ; · Garantir un meilleur revenu aux exploitants ; Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en

  113. 3.1.2.4. Résultats attendus Œuvre de la Convention- Cadre · Les systèmes de production agro-sylvo-pastorales sont des Nations Unies sur les Changements vulgarisés ; Climatiques · Les productions végétales et animales sont assurées ; · Les émissions de GES du secteur de l'agriculture et de l'élevage sont réduites ; · Les ressources ligneuses sont gérées rationnellement pour un approvisionnement régulier en énergies domestiques ; · Les exploitants sont mieux rémunérés ; · Les capacités de séquestration des forêts sont renforcées.

  114. 3.1.3. La gestion rationnelle des ressources énergétiques

  115. 3.1.3.1. Problématique Le bilan énergétique du Burkina Faso montre la prédominance des éner- gies traditionnelles à hauteur de 84%. Face à ces besoins en énergie, l'exploitation irrationnelle des formations forestières dégrade de jour en jour celles-ci ce qui réduit leurs capacités résiduelles de séquestration de GES. De même, les importations des hydrocarbures, pour les transports et l'industrie, pèsent lourdement sur la balance de payement du pays. D'autres sources d'énergie existant au Burkina Faso, pouvant atténuer la forte demande de bois énergie, sont très faiblement ou pas du tout mises à contribution. Le pays dispose de ressources en énergie solaire, hydro- électrique, des réserves de schistes bitumineux et il convient également de noter le faible taux d'adoption des technologies d'économie d'énergie. Ce secteur est la deuxième source d'émission de GES après celui de l'a- griculture. Pourtant en ratifiant la Convention sur les changements clima- tiques, le Burkina Faso s'est engagé à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour protéger, utiliser de façon rationnelle les ressources énergétiques.

  116. 3.1.3.2. Orientations stratégiques · Valorisation et/ou promotion des autres formes d'énergie (énergie solaire, éolienne, hydroélectricité, résidus agricoles et indus 69 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 70 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de triels…) ; · Elaboration d'un programme nationale de maîtrise de l'é Eléments constitutifs nergie ; de la Stratégie Nationale de Mise en · Promotion d'un transfert effectif de technologies à éco- Œuvre de la nomie d'énergie, dans tous les secteurs d'utilisation de Convention- Cadre l'énergie (ménages, industries, tertiaire) ; des Nations Unies sur · Développement des compétences locales pour le trans- les Changements fert de technologies à économie d'énergie ; Climatiques · Développement de moyens de transport non motorisés.

  117. 3.1.3.3. Mesures proposées · Mener des campagnes d'information, de sensibilisation et de vul- garisation des technologies économes en énergie ; · Promouvoir les équipements à énergies de substitution ; · Intensifier les activités de recherche/développement sur les tech- niques d'aménagement des formations forestières ; · Valoriser le potentiel énergétique des résidus agricoles, industriels et des autres déchets ; · Prendre des mesures incitatives en vue de la promotion des tech- nologies valorisant le potentiel en énergies renouvelables ; . · Renforcer les interconnexions nationales et internationales en élec- trification ; · Promouvoir la construction d'habitat bioclimatique par la mise en place d'un code d'efficacité énergétique. · Actualiser et harmoniser les textes législatifs et réglementaires en matière d'énergie · Améliorer le secteur des transports ; · Prendre des mesures en vue de la promotion des moyens de transport non motorisés. · Favoriser l'émergence de filières de commercialisation des sous- produits forestiers et des technologies de transformation de ces sous-produits ;

  118. 3.1.3.4. Résultats attendus · Les forêts naturelles sont sauvegardées · Les émissions de GES sont réduites ; · Les ressources énergétiques nationales sont mieux valorisées par une utilisation rationnelle ; · Le déséquilibre de la balance de payement est réduit ; · Les exploitants de combustibles sont mieux rémunérés ; · Le secteur des transports est moins polluant ; 70 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 71 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  119. 3.1.4. Le développement des compétences et des capaci- tés nationales Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en

  120. 3.1.4.1. Problématique Œuvre de la Convention- Cadre Depuis l'entrée en vigueur de la Convention- cadre des Nations des Nations Unies sur les Changements Unies sur les Changements Climatiques, le Burkina Faso a Climatiques marqué sa volonté d'œuvrer en faveur de la lutte contre l'effet de serre lié aux activités anthropiques. Cependant, la mise en application des dispositions de cette Convention nécessite la mobilisation de res- sources humaines, scientifiques et financières appropriées. Avec l'appui de ses partenaires au développement, une première action a été entreprise dans le renforcement des capacités nationales relatives à la compréhension du phénomène des changements climatiques. Au stade actuel, les connaissances et l'expertise nationales sont insuffi- santes pour que le Burkina Faso puisse se conformer convenablement aux dispositions de la CCNUCC et tirer partie des opportunités offertes par cet instrument pour la réalisation des objectifs de développement en relation avec les stratégies d'atténuation des changements climatiques. De même, et afin de garantir la crédibilité du processus de négociation, il serait aussi indiqué de procéder à la création des capacités spécifiques nationales en la matière.

  121. 3.1.4.2. Orientations stratégiques · Formation des personnes ressources pour l'identification et l'élabo- ration de projets relatifs aux changements climatiques tenant compte des objectifs nationaux de développement ; · Développement chez les acteurs de la société civile des capacités d'analyse des enjeux et de la formulation des stratégies dans le cadre des changements climatiques.

  122. 3.1.4.3. Mesures proposées · Former les experts en matière d'inventaire des émissions de gaz à effet de serre, d'analyse de vulnérabilité et d'adaptation, et d'atté- nuation des effets des changements climatiques. 71 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 72 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de

  123. 3.1.4.4. Résultats attendus Eléments constitutifs de la Stratégie ·La problématique des changements climatiques est Nationale de Mise en mieux prise en compte dans la planification et la formu- Œuvre de la lation des stratégies de développement ; Convention- Cadre des Nations Unies sur · Les techniques et approches d'élaboration des inven- les Changements taires et des études spécifiques d'atténuation et d'adap- Climatiques tation sont mieux maîtrisées ; · L'expertise nationale est développée et les capacités du pays à se conformer aux dispositions de la CCNUCC sont renforcées.

  124. 3.1.5. La coopération sous-régionale, régionale et internationale en matière de recherche scientifique et technique

  125. 3.1.5.1. Problématique Depuis 1994, le Burkina Faso à travers le CNRST, s'est doté d'un plan stratégique de recherche qui accorde une place importante à la recherche agricole (environnement, productions végétales, animales et halieutiques) et énergétique. Les programmes de recherche qui découlent de ce plan allient étroitement l'amélioration de la productivité agricole et à la gestion rationnelle de l'énergie. En vue d'éviter une duplication des efforts, une collaboration est rendue nécessaire avec les projets en cours de même qu'avec les organismes tels que le GIEC, le PNUD, etc. Pour ce faire, le Burkina Faso devrait encourager la coopération scienti- fique afin de disposer des moyens d'action en vue d'atténuer les effets des changements climatiques. Cette coopération permettra de garantir un transfert de l'innovation technique et technologique et la diffusion des aut- res produits de la recherche.

  126. 3.1.5.2. Orientations stratégiques · Identification des domaines de collaboration et formalisation des accords de coopération ; · Amélioration de la connaissance du phénomène des changements climatiques ; · Vulgarisation des résultats de la recherche. 72 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 73 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  127. 3.1.5.3. Mesures proposées · Etablir des relations de coopération avec les pays où des Eléments constitutifs de la Stratégie activités habilitantes sont mises en œuvre ; Nationale de Mise en · Organiser et participer à des ateliers de formation et d'é- Œuvre de la change d'information régionaux ; Convention- Cadre · Echanger et communiquer ouvertement et promptement des Nations Unies sur les Changements tout type d'informations disponibles sur les changements Climatiques climatiques.

  128. 3.1.5.4. Résultats attendus · Une coopération mutuellement fructueuse en matière de change- ments climatiques est mise en œuvre ; · L'information circule mieux ; · Les résultats de la recherche sont largement diffusés.

  129. 3.2. Mécanisme de mise en œuvre et de suivi La mise en œuvre de la stratégie suppose au préalable l'harmonisation des politiques sectorielles par la prise en compte de la problématique des changements climatiques dans les plans et programmes de développe- ment. Sur le plan technique, la coordination des activités de mise en œuvre relèverait du CIMAC restructuré avec l'appui du CONAGESE qui au plan national est chargé d'assurer la cohérence des différentes stratégies, plans et programmes des départements ministériels intervenant dans le domaine de la gestion de l'environnement. Cette mise en œuvre se fera au niveau central à travers les structures opérationnelles des institutions actuelles dressées dans les tableaux 3.1 ci-dessous sous la supervision du CIMAC pour : · Le suivi des performances des actions relatives aux changements climatiques ; · Le suivi d'impact des actions d'adaptation et d'atténuation ; · Le suivi dynamique des inventaires de GES d'actualisation de la communication nationale. 73 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 74 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Tableau 3.1. : Structures en charge de la mise en œuvre Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques Niveau de Structures Responsabilités dans la mise en œuvre concertation 1. NATIONAL Coordination des plans et programmes de gestion de l’environnement, des ressources forestières et de l’eau ; Ministère Chargé de la gestion Amélioration du cadre de vie. l’Environnement Mise en œuvre de la politique énergétique ; Ministère Chargé de l’Energie Promotion des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Ministère Chargé de l’Economie, Coordination des politiques sectorielles des Finances ETAT Ministère Chargé de Amélioration de la productivité agricole l’Agriculture Ministère Chargé des Amélioration de la productivité animale Ressources Animales recherche&développement sur la productivité et l’environnement ; Ministère chargé de la recherche&développement sur la Recherche Scientifique et de valorisation du potentiel en énergie l'Enseignement Supérieur renouvelable et des résidus agricoles et industriels mise en œuvre de la stratégie sectorielle des Ministère en Charge des transports Transports mise en œuvre de la stratégie santé publique Ministère Chargé de la Santé et assainissement Collectivités locales structures de relais Exploitants et Transporteurs de Conduite des actions sur le terrain PRIVE, bois, Groupements villageois, ASSOCIATIONS ONG, Industriels, privés Conduite des actions sur le terrain Secrétariat de la Convention, Appui technique et financier 2. FEM, PNUE, PNUD… INTERNATIONAL 74 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 75 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

  130. 3.3. Mécanisme de financement Eléments constitutifs Les dispositions de la CCNUCC stipulent que les pays de de la Stratégie l'Annexe1 doivent : Nationale de Mise en Œuvre de la · Fournir des ressources financières nouvelles et addition- Convention- Cadre des Nations Unies sur nelles aux pays en développement pour les aider à les Changements respecter leurs engagements ; Climatiques · Promouvoir, faciliter et financer le transfert de technolo- gies respectueuses de l'environnement ; · S'efforcer de renforcer leur capacité technologique, et partant de l'analyse des mécanismes financiers déjà expérimentés, par conséquent le Burkina Faso, opte pour : - Une coopération bilatérale pour le renforcement des capacités institutionnelles ; - Un renforcement du fonds forestier pour les aménagements ; - La création d'un fonds de l'énergie pour la mise en œuvre d'une politique de maîtrise de l'énergie ; - Une sollicitation des fonds du mécanisme de la convention à savoir le GEF et du Mécanisme de Développement Propre (MDP) ; - L'exploitation de toutes autres sources traditionnelles de finan- cement, notamment le budget national. 75 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 76 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de Eléments constitutifs de la Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention- Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques 76 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 77 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques 77 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 78 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de 78 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 79 la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques La présente Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention- Cadre sur les Changements Climatiques constitue non seulement un document d'orientation politique ; mais représente dans une moindre mesure un outil de planification et pour des actions concrètes sur le ter- rain. La mise en œuvre de la Convention-Cadre sur les Changements Climatiques et du protocole de Kyoto au Burkina Faso repose sur des questions urgentes de renforcement des capacités institutionnel, humai- ne et technologique, de sensibilisation et d'information large du public, ainsi que de stratégie d'ensemble pour une gestion intégrée des pro- grammes multidisciplinaires. La Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la Convention-Cadre sur les Changements Climatiques apparaît donc comme un maillon manquant de la chaîne des stratégies élaborées dans le cadre de l'application des plans et programmes déjà existants au Burkina Faso. Elle est d'autant plus importante que le phénomène des changements climatiques demeu- re un facteur déterminant dont les conséquences exacerbent entre autres le phénomène de désertification, un fléau très pesant sur notre pays. L'article 4 de la Convention et ses alinéas pertinents interpellent les pays développés à une assistance technique et financière aux pays en déve- loppement pour permettre de faire face aux effets néfastes des change- ments climatiques, réduire l'impact des mesures de réponses prévues par les pays du Nord et s'adapter aux conditions difficiles à venir. Cette obli- gation d'assistance, accompagnée par les financements requis (Fonds pour l'Environnement Mondial, coopération bilatérale et multilatérale) est une des voies privilégiées pour la mise en œuvre des actions définies dans la présente stratégie comme prioritaires. La mise œuvre de cette Stratégie Nationale, conjuguée à celle du Programme d'Action National de Lutte Contre la Désertification et à la Stratégie Nationale sur la Diversité Biologique constituent des gages d'une évolution vers l'atteinte des objectifs du développement durable. 79 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 80 Burkina Faso - Stratégie Nationale de Mise en Oeuvre de BIBLIOGRAPHIE 1 A. DIALLO, C. KABORE, J.A. COMPAORE, Inventaire des gaz à effet de serre : Changement d'affectation des terres et Foresterie, 1998 2 A. DIALLO, D. TOE, G.F. OUATTARA, Etude de vulnérabilité et d'adaptation : secteur de la Foresterie, 1999, rapport provisoire 3 Actes de l'atelier francophone : Développement durable et chan- gement climatique, Abidjan 18-20 mars 1999 4 BM, Calculation of Incremental Cost and Global Environmental Benefits, 1999 5 CIMAC/CONAGESE : Rapport Préliminaire sur les inventaires des gaz à effet de serre au Burkina Faso, décembre 1996 6 Climat Change mitigation in Africa, UNEP Collaborating Centre on Energy and environnement, Riso, octobre 1998 7 CNRST : plan stratégique de la Recherche scientifique, 1995 8 CONAGESE : Etude de la vulnérabilité/adaptation aux changements clima- tiques : secteur de l'agriculture, septembre 1999 9 CONAGESE : Inventaire National des gaz à effet de serre : Secteur de l'Agriculture, Rapport Provisoire, août 1998 10 Equipe Nationale RPTES, Examen des Politiques, Stratégies et Programmes du sous-Secteur Energétique Traditionnel ( RPTES), 1995 rapport d'évaluation 11 MEE : Code de l'Environnement au Burkina Faso, 1997 12 MEE : Code forestier au Burkina Faso, 1997 13 MEE : Politique Forestière Nationale, 1998 14 MEE : Programme National d'Aménagement des Forêts, 1996 15 MEE : Programme National de Foresterie Villageoise, 1991 16 Ministère de l'Agriculture : Plan stratégique opérationnel, août 1999 17 Ministère des Ressources Animales : Note d'Orientation Stratégique, décembre 1997 18 Notes tirées sur du site canadien de changements climatiques : 19 Organisation Mondiale de la Météorologie, Programme des Nations Unies pour l'Environnement : Rapport rédigé pour le GIEC par le groupe II et III, juin 1990 20 Plan d'action sur les céréales ( mil, sorgho, maïs) ( 2000 - 2010 ), Rapport de Synthèse, janvier 1999 21 Programme d'action nationale de lutte contre la désertification, 1999 22 Revue Bulletin africain - bioressources - énergie - développement-environ- nement, ENDA 23 Revue Liaison Energie francophone : Le changement climatique, les défis de Buenos Aires, IEPF 2ème trimestre 1998. 24 Stratégie nationale et plan d'action du Burkina Faso en matière de diver- sité biologique, décembre 1999 25 Stratégie nationale initiale de mise en œuvre de la convention cadre des Nations sur les Changements climatiques du Sénégal, octobre 1999 26 Vision nationale de la diversité biologique, République du Niger, 1998 80 SratNATioCCCC.qxd 12/10/2002 11:30 Page 82

Stratégie Nationale de Mise en Œuvre de la convention sur les changements climatiques · Nelum