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Laws of Burkina Faso

Stratégie nationale de développement durable de la filière karité du Burkina Faso, 2015-2019

Made 2015 · Text as of 2026-10-01

Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.

About this law

Language
French
Kind
policy
Country
Burkina Faso
Subjects
Food and nutrition, Forestry
Keywords
food security, forest management/forest conservation, non-wood forest products, gender, policy/planning, poverty, processing/handling, environmental planning, sustainable development, sustainable use, capacity building, research, internal trade

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  1. STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 La Stratégie de développement durable de la filière karité du Burkina Faso a été développée sur base de la méthodologie et de l’assistance technique du Centre du commerce international ( ITC ). Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne sont en aucun cas l’expression d’une opinion quelconque de la part de l’ITC. Ce document n’a pas été formellement revu par l’ ITC. Mise en page : Jesús Alés ( sputnix.es ) Le Centre du commerce international ( ITC ) est l’agence conjointe de l’Organisation mondiale du commerce et des Nations Unies. Siège : ITC 54-56, rue de Montbrillant 1202 Genève, Suisse Adresse postale : ITC Palais des Nations 1211 Genève 10, Suisse Téléphone: +41-22 730 0111 Fax: +41-22 733 4439 E-mail: itcreg@intracen.org Internet: http://www.intracen.org STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 ITC STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO III ÉQUIPE DE COORDINATION ET DE SOUTIEN La stratégie de développement durable de la filière karité est le fruit d’une contribution multi ple. Elle a bénéficié du soutien du Gouvernement du Burkina Faso, du leadership du Ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat ( MICA ), de la coopération du Ministère de l’En vironnement et des ressources halieutiques (MERH), de la coopération du Ministère de la Promotion de la femme et du genre ( MPFG ), de la coopération du Ministère de l’Économie et des finances ( MEF ), du soutien financier du Cadre intégré renforcé ( CIR ), de la coordi nation de l’Unité nationale de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé ( UNMO-CIR ), et de l’assistance technique du Centre du commerce international ( ITC ). Les membres de l’équipe de coordination : � PARE Nazaire Directeur général du commerce � OUATARRA Sériba Coordonnateur, Unité nationale de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé ( UNMO-CIR ) � ZAMBELONGO G. Paulin Expert en Politiques commerciales, Unité nationale de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé (UNMO-CIR) Les intervenants du Centre du commerce international ( ITC ) : � ROBERGE Charles Conseiller adjoint, Stratégies à l’exportation � LOVETT N. Peter Expert international en karité � MANGUILA Claude Consultante internationale � GOYAL Rajeev Consultant en environnement � KIMA Bertrand Consultant national Les membres du comité technique de stratégie : � VELEGDA Mamounata Groupe Velegda � GUEBRE Serge OLVEA � GUIRA Souleymane Société universelle de commercialisation et de transformation de produits oléagineux ( SUCOTROP ) � HIEN Dékouwin Magloire Secrétariat permanent de la Table filière karité ( SP-TFK ) � INGEMANSSON Martin AAK � KONATE Moumouni Savonnerie Parfumerie du Houet ( SPH ) � OUEDRAOGO Antoinette Association féminine pour le développement Buyaba ( AFD/BUAYABA ) � TRAORE Tenin Réseau des productrices de beurre de karité des Hauts-Bassins et des Cascades ( RPBHC ) � DIALLO Oumou Agence deli international ( ADI ) � YAMEOGO Félicité KARIKIS � ZEIBA Boukary KARILOR � BANSE Mambila Direction générale du commerce ( DGC ) � BARRY Ousmane Omar Direction générale de l’industrie ( DGI ) � BOUGOUMA Florent Agence de promotion des produits forestiers non ligneux ( APFNL ) � DIALLO Hassane Agence pour la Promotion des Exportations du Burkina ( APEX-Burkina ) � NOMBO Ibrahima Direction générale de l’économie et de la planification ( DGEP ) � OUATTARA Isaac Alassane Secrétariat Général / Ministère de la promotion de la femme et du genre ( MPFG ) � SIMPORE Seydou Coordination national – Fonds commun pour les produits de base ( CFC ) � SORO M. Saïdou Agence de promotion de produits forestiers non ligneux ( APFNL ) � TIEMTORE Ablassé Institut de recherche en sciences appliquées et technologies ( IRSAT ) � ZAMBELONGO G. Paulin Unité national de mise en oeuvre du Cadre intégré renforcé ( UNMO-CIR ) ITC STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO V SIGLES ET ABRÉVIATIONS Abréviations $ E. -U. Dollars des États-Unis °C Degrés Celsius AGL Acide gras libre AGS Acide gras saturé CBA Alternative au beurre de cacao ( Cocoa Butter Alternative ) CBE Équivalent au beurre de cacao ( Cocoa Butter Equivalent ) CBI Améliorant du beurre de cacao ( Cocoa Butter Improver ) FAB Franco à bord ( terme comptable utilisé dans l’export ) FCFA Franc CFA ( Communauté financière africaine ) FPS Facteur de protection solaire g Gramme GPS Système de positionnement par satellite ( Global Positioning System ) ha Hectare HACCP Analyse des risques et points critiques pour leur maîtrise ( Hazard Analysis and Critical Control Point ) HPA Hydrocarbures polycycliques aromatiques IP Indice de peroxyde kg Kilogramme km Kilomètre km2 Kilomètres carré lbs Livre ( unité de poids du Commonwealth – 1 lbs=0,45 kg ) m Mètre MyQL Système de gestion des données relationnelles en open-source ( similaire à SQL server ) O Acide oléique ( dans les formules chimiques du TAG ) PTF Partenaires techniques et financiers RNA Régénération naturelle assistée SFD Systèmes financiers décentralisés SIM Systèmes d’informations sur les marchés SQL server Système de gestion des données relation nelles en open-source ( similaire à MyQL ) ssp Sous-espèce St Acide stéarique ( dans les formules chimiques du TAG ) t Tonne métrique ( 1 000 kg ou 2 205 lbs ) TAG Triacylglycérides TEK Tonne équivalent karité TV Télévision VP Valeur de peroxyde Acronymes 2EI Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement ABNORM Agence burkinabé de normalisation, de métrologie et de la qualité AEC Sous-région de l’Afrique de l’Est et du Centre AGK Alliance Globale du Karité APBEF Association professionnelle des banques et établissements financiers APEX-BF Agence pour la promotion des exportations du Burkina Faso APFNL Agence de promotion des produits forestiers non ligneux API Agence de promotion des investissements APIMF Agence de promotion des institutions de microfinance ASS Afrique sub-saharienne CAMCO Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation de Ouagadougou CBC Conseil burkinabé des chargeurs CCI-BF Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso CE Commission européenne CEAS Centre écologique Albert-Schweitzer ( Suisse ) STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASOVI CECI Centre d’étude et de coopération internationale ( Canada ) CEDEAO Communauté économique du développe ment des États de l’Afrique de l’Ouest CEEAC Communauté économique des États de l’Afrique centrale CEFORE Centre de formalités des entreprises du Burkina Faso CEMAC Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale CITES Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées CMA-BF Chambre des métiers et de l’artisanat du Burkina Faso CNA Chambre nationale d’agriculture CNSF Centre national de semences forestières CNRST Centre national de recherche scientifique et technologique CREN Centre de récupération et d’éducation nutritionnelle CSPPSA Caisse de stabilisation des prix des produits agricoles DANIDA Agence danoise pour le développement international DGAC Comité de conseil pour les guides alimen taires ( Dietary Guidelines Advisory Committe ) DGAT/ PLR Direction générale de l’aménagement du territoire, de la planification locale et régionale DGC Direction générale du commerce DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes DGCOOP Direction générale de la coopération DGD Direction générale des douanes DGEP Direction générale de l’économie et de la planification DGESS Direction générale des études et des statistiques sectorielles DGFF Direction générale des forêts et de la faune DGFOMR Direction générale du foncier, de la formation, et de l’organisation du monde rural DGI Direction générale des impôts DGPEDD Direction générale de la préservation de l’environnement et du développement durable DGPEF Direction générale de la promotion de l’entreprenariat féminin DGPER Direction générale de la promotion de l’économie rurale DGTTM Direction générale du transport terrestre et maritime DGVRI Direction générale de la valorisation des résultats de la recherche et des innovations DNEF Direction nationale des eaux et forêts DREDD Direction régionale de l’environnement et du développement durable DTA Département de technologie alimentaire DYFAB Projet de dynamisation des filières agroalimentaires au Burkina Faso EDIC Étude diagnostique d’intégration au commerce FAFPA Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture FAIJ Fonds d’appui aux initiatives des jeunes FBDES Fonds burkinabé de développement économique et social FCPBF Fédération des caisses populaires du Burkina Faso FER-B Fonds d’entretien routier du Burkina FIE Fonds d’intervention pour l’environnement FNUGGF Fédération nationale des unions de groupements de gestion forestière GIZ Agence de coopération allemande au développement ( Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit ) GSA Alliance globale du karité ( Global Shea Alliance ) IGB Institut géographique du Burkina INERA Institut national de l’environnement et de recherches agricoles IRSAT Institut de recherche en sciences appliquées et technologies ISO Organisation international de normalisation ( International Organization for Standardization ) ITC Centre du commerce international ( International Trade Centre ) MAECD Ministère des Affaires étrangères, du commerce et du développement ( Canada ) STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO VII MASA Ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire MATD Ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation MATS Ministère de l’Administration territoriale et de la sécurité MEBF Maison de l’entreprise du Burkina Faso MERH Ministère de l’Environnement et des Ressources Halieutiques MEF Ministère de l’Économie et des finances MENA Ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation MESS Ministère des Enseignements secondaire et supérieur MICA Ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat MIDT Ministère des Infrastructures, du désenclavement et des transports MPFG Ministère de la Promotion de la femme et du genre MRAH Ministère des Ressources animales et halieutiques ONG Organisation non gouvernementale ONU-REDD Programme de collaboration des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement PAGEDD Programme d’actions du gouvernement pour l’émergence et le développement durable PAM Programme alimentaire mondial des Nations Unies PAMER Projet d’appui aux micros entreprises rurales PCESA Programme de croissance économique dans le secteur agricole PIF Programme d’investissement forestier PNK Projet national karité PNSR Programme national du secteur rural PNUD Programme des Nations Unies pour le développement RSPO Table ronde pour une huile de palme durable ( Roundtable for sustainable Palm Oil ) RTB Radiodiffusion Télévision du Burkina SCADD Stratégie de croissance accélérée et de développement durable SHISUN Projet de sauvegarde et protection des peu plements de karité, et de garantie de l’accès et l’utilisation durable de cette ressource par les paysannes productrices de beurre ( projet de l’agence CORADE-BF ) SIKO Salon international du karité de Ouagadougou SIM.CH Société internationale missionnaire Suisse SNE Stratégie nationale d’exportation SNPV/PFNL Stratégie nationale de promotion et de valori sation des produits forestiers non ligneux SNV Organisation néerlandaise de développement ( StichtingNederlandseVrijwilligers ) SOFIGIB Société financière de garantie interbancaire du Burkina SP/CONED Secrétariat permanent du conseil national pour l’environnement et le développement durable SP-PMF Secrétariat permanent pour la promotion de la microfinance TBS The Body Shop TFK Table filièrekarité TNB Télévision nationale du Burkina UE Union européenne UICN Union internationale pour la conservation de la nature UN Comtrade Base de donnée statistique des Nations Unies sur le commerce des marchandises ( The United Nations Commodity Trade StatisticsDatabase ) UNMO-CIR Projet d’appui à la mise en œuvre du Cadre intégré renforcé au Burkina Faso UNPCB Union nationale des producteurs de coton du Burkina USAID Agence des États-Unis pour le développement international ( United States Agency for International Development ) WATH Pôle commercial d’Afrique de l’Ouest ( West Africa Trade Hub ) WAAPP Programme de productivité agricole d’Afrique de l’Ouest ( West Africa Agricultural Productivity Program – programme de la Banque mondiale ) (cc) Rita Willaert. Ouagadougou - Burkina Faso STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO IX ÉQUIPE DE COORDINATION ET DE SOUTIEN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . III SIGLES ET ABRÉVIATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . V MESSAGE DU GOUVERNEMENT DU BURKINA FASO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XIV MESSAGE DU SECTEUR PRIVÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XV MESSAGE DU CENTRE DU COMMERCE INTERNATIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . XVI RÉSUMÉ 1 INTRODUCTION 5 NOTE MÉTHODOLOGIQUE 7 ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ 9 ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT INTERNE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 CONTEXTE ÉCONOMIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 ANALYSE DES FORCES ET FAIBLESSES DE LA FILIÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . 43 ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT EXTERNE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 LES GRANDS DÉFIS A RELEVER PAR LA FILIÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 L’IDENTIFICATION DE MARCHÉS ET LA DIVERSIFICATION DES PRODUITS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE 69 FONDEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 LA VISION STRATÉGIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 LES PRINCIPES DIRECTEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 LES OBJECTIFS STRATÉGIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 FINANCEMENT DE LA STRATÉGIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 MISE EN OEUVRE, SUIVI ET ÉVALUATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 HYPOTHÈSES ET GESTION DES RISQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 TABLE DES MATIÈRES STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASOX PLAN D’ACTION 77 ANNEXES 97 ANNEXE I : ANALYSE DES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE INFLUANT LA FILIÈRE KARITÉ 99 ANNEXE II : COMPOSANTS BIOACTIFS DU BEURRE DE KARITÉ 105 ANNEXE III : COMPARAISON DE L’HUILE DE PALME ENTIÈRE RAFFINÉE ET DU BEURRE DE KARITÉ ENTIER RAFFINÉ 107 ANNEXE IV : PRINCIPALES ENTREPRISES DE TRAITEMENT ET RAFFINERIES À GRANDE ÉCHELLE 109 ANNEXE V : INFORMATIONS SUR LES CBE, LES AGENTS ACTIFS DU KARITÉ, ET AUTRES INFORMATIONS PERTINENTES POUR LA FILIÈRE KARITÉ 113 ANNEXE VI : LISTE DES PARTICIPANTS À L’ATELIER D’ÉLABORATION 117 BIBLIOGRAPHIE 119 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO XI GRAPHIQUES Graphique 1 : Cartographie des produits du karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Graphique 2 : Carte régionale de la production d’amandes en 2012 . . . . . . . . . . . . . . . 13 Graphique 3 : Évolutions des surfaces cultivées et rendements de karité au Burkina Faso de 2008 à 2012 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Graphique 4 : Collecte, consommation et exportation d’amandes et de beurre des principaux pays producteurs ( 2011 ) . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Graphique 5 : Part de la production d’amandes de karité par pays de la CEDEAO . . 15 Graphique 6 : Statut vulnérable du Vitellaria paradoxa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Graphique 7 : Chaîne de valeur actuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 Graphique 8 : Consommation d’énergie et génération de déchets dans la production traditionnelle d’amandes et de beurre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Graphique 9 : Vingt-cinq années de commerce de la fève de cacao . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Graphique 10 : Les prix du beurre de cacao dictent la demande de karité . . . . . . . . . . 29 Graphique 11 : Exportations d’amandes et de beurre de karité vs autres secteurs ( excluant l’or ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 Graphique 12 : Balance commercial de la filière karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Graphique 13 : Avantage comparatif révélé ( ACR ) du karité du Burkina Faso . . . . . . . 39 Graphique 14 : Taux de survie des exportations du Burkina Faso et de ses concurrents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Graphique 15 : Balance commerciale des importations concurrentes . . . . . . . . . . . . . . 41 Graphique 16 : Future chaîne de valeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Graphique 17 : Structure pour la mise en œuvre de la stratégie karité . . . . . . . . . . . . . 75 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASOXII TABLEAUX Tableau 1 : Caractéristiques de Vitellaria paradoxa ssp . paradoxa versus ssp . nilotica . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 Tableau 2 : Usines ouest-africaines de transformation du karité – estimation des capacités 2014 , . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Tableau 3 : Deux décennies de croissance de la valeur des exportations ouest-africaines de karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Tableau 4 : Exportations officielles d’amandes de karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Tableau 5 : Top 10 des pays importateurs d’amandes de karité ( SH-120799 ) en provenance d’Afrique de l’Ouest . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 Tableau 6 : Exportations officielles d’amandes de karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Tableau 7 : Top 10 des pays importateurs de beurre de karité ( SH-151590 ) en provenance d’Afrique de l’Ouest . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 Tableau 8 : Utilisation de la stéarine dans les produits modernes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 Tableau 9 : Part du karité dans les exportations totales ( or exclu ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Tableau 10 : Principaux marchés importateurs d’amandes de karité ( SH-120799 ) depuis le Burkina Faso ( $ E .-U ., x 1 000 ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Tableau 11 : Principaux marchés importateurs de beurre de karité ( SH-151590 ) depuis le Burkina Faso ( $ E .-U ., x 1 000 ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Tableau 12 : Influence versus capacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42 Tableau 13 : Normes de l’UEMOA pour la classification du beurre de karité non-raffiné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO XIII ENCADRÉS Encadré 1 : Concepts clefs pour comprendre le beurre de karité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 Encadré 2 : Applications des équivalents du beurre de cacao . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Encadré 3 : Les aspects du karité positifs pour la santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 Encadré 4 : Plus de beurre industriel que traditionnel pour les cosmétiques . . . . . . . . . 33 Encadré 5 : Des concurrents en vue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Encadré 6 : Problématiques liées à la production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Encadré 7 : Problématiques liées à l’organisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 Encadré 8 : Loi sur les interprofessions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Encadré 9 : Problématiques liées à la commercialisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 Encadré 10 : Transformations structurelles et institutionnelles de la chaîne de valeur . . 60 Encadré 11 : Défis à court terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Encadré 12 : Impact de la qualité des amandes sur le taux d’huile par amande et les acide gras libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Encadré 13 : Défis à moyen et long termes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASOXIV MESSAGE DU GOUVERNEMENT DU BURKINA FASO Le présent document de stratégie nationale de développement durable de la filière karité est le fruit des réflexions, débats et concertations menés par les différents acteurs de la filière au Burkina Faso. A ce titre, ce document de stratégie est une consolidation des différentes propositions faites par les acteurs de la filière et des recherches et études jusque-là réalisées sur la filière karité au Burkina Faso. La stratégie vise donc à assurer le développement du rable d’une filière karité intégrée et professionnalisée en vue de positionner le Burkina Faso sur les marchés régionaux et mondiaux des produits du karité. Le développement de la filière karité est d’une grande importance pour le Gouvernement bur kinabè. La stratégie s’inscrit donc dans le cadre des priorités de développement du pays, en ligne avec les documents nationaux de référence tels que la Stratégie de croissance accé lérée et de développement durable ( SCADD ), la Politique sectorielle de l’industrie, du com merce et de l’artisanat ( POSICA ), le Programme national du secteur rural ( PNSR ), l’Etude diagnostique sur l’intégration commerciale ( EDIC ), la Stratégie nationale des exportations ( SNE ) et la stratégie nationale de promotion et de valorisation des produits forestiers non li gneux. Elle se conforme aux tendances et dynamiques du marché, et prend en considéra tion la croissance économique de la filière, la répartition équitable de la valeur ajoutée et la gestion environnementale de la ressource. Par son caractère participatif, le processus d’élaboration de la stratégie a fait naître une sy nergie au niveau des différents acteurs, et cela a renforcé leur conviction dans la possibilité de faire de la filière karité un véritable levier de création de richesse et de développement. Cependant, pour que cette stratégie contribue à un réel développement de la filière, elle doit servir de cadre de référence pour la planification et la coordination des actions tant au ni veau des acteurs directs ( producteurs, transformateurs et commerçants ) qu’au niveau des acteurs indirects ( structures étatiques, partenaires techniques et financiers, organisations non gouvernementales, etc. ) Le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat M. Stéphane Wenceslas SANOU STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO XV MESSAGE DU SECTEUR PRIVÉ L’interprofession Table Filière Karité accueille avec une grande satisfaction le présent document, fruit de notre requête formulée auprès de l’Etat demandant l’élaboration d’un référentiel unique d’intervention dans la filière karité du Burkina Faso. En effet, l’absence de coordination verticale des échanges entre les acteurs des différents maillons de la filières, de synergie d’action entre l’interprofession, les différentes structures de l’Etat, les projets et programmes intervenant dans la filière, ainsi que d’une stratégie claire du gouvernement, a entrainé une dégradation de l’image du Burkina Faso due à une détérioration de la qualité des produits notamment des amandes de karité depuis les années 2006 malheureusement dans un contexte concurrentiel de plus en plus turbulent où le Burkina Faso n’est pas le seul à offrir sur le marché, des produits du karité. C’est pourquoi, en tant qu’interprofession, il était de notre devoir de formuler cette requête, dans un contexte de désengagement progressif de l’Etat de la filière et de responsabilisation des acteurs conformément aux missions qui sont les nôtres dans l’esprit de la loi n° 010 / 98 / AN du 21 avril 1998 portant modalités d’intervention de l’Etat et répartition des compétences entre l’Etat et les autres acteurs du développement et de la loi n° 050-2012 / AN du 30 octobre 2012 portant règlementation des organisations interprofessionnelles des filières agricoles, sylvicoles, pastorales, halieutiques et fauniques au Burkina Faso alors en vigueur. Par conséquent, nous souhaitons remercier très sincèrement le gouvernement du Burkina Faso ainsi que les partenaires techniques et financiers, qui ont bien voulu répondre favorablement à cette requête. L’aboutissement de cette sollicitation a été la dotation de la filière karité de la Stratégie Nationale de Développement Durable de la Filière Karité 2015-2019 avec un Plan d’Ac tions triennal, qui représente un référentiel unique d’intervention. La planification des activités dans le plan d’action, a été faite en tenant compte des missions dévolues à chaque partie pre nante dans la mise en œuvre et ce, conformément à l’esprit des textes de lois ci-dessus cités. S’il est vrai que l’élaboration d’une stratégie relève de l’Etat, nous voulons aussi remercier le gouvernement pour l’approche participative et inclusive qui a prévalue tout au long de l’éla boration de cette stratégie. La mise en place du Comité technique d’élaboration a permis d’associer les acteurs de tous les maillons de la chaine de valeur notamment les filiales des multinationales, les grands acheteurs nationaux, les productrices d’amandes et de beurre de karité ainsi que les fabricants des produits dérivés à base du beurre de karité, tous les minis tères en lien avec la filière à travers les structures techniques d’appui de l’administration ainsi que les partenaires techniques et financiers. L’implication de toutes les parties prenantes, est un gage quant à la bonne appropriation de la vision, des missions et des objectifs de ladite stratégie et d’une adhésion sans faille à sa mise en œuvre réussie. Nous adressons nos remerciements également à tous les ministères en lien avec la filière ainsi que tous les acteurs de la filière karité pour leur participation assidue aux travaux des différentes sessions ayant permis la prise en compte de leurs préoccupations respectives dans l’élaboration de la stratégie. Dans l’espoir que la mise en œuvre de la stratégie à travers son plan d’action permette aux acteurs et à la filière karité du Burkina Faso, de conquérir la place qui lui revient dans son po sitionnement stratégique au niveau international, nous ne sourions terminé nos propos sans remercier très sincèrement les Partenaires Techniques et Financiers dont le soutien à per mis la réalisation de cette stratégie, en l’occurrence la Banque Mondiale, à travers le Centre International du Commerce ( ITC ) et le Cadre Intégré Renforcé. La Présidente de l’interprofession Table Filière Karité VELEGDA B. Mamounata, Chevalier de l’Ordre National STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASOXVI MESSAGE DU CENTRE DU COMMERCE INTERNATIONAL La présente stratégie de développement durable de la filière karité du Burkina Faso témoigne de l’engagement ferme de ce pays, premier producteur d’amandes de karité en Afrique de l’Ouest, pour la dynamisation et la promotion de ses filières porteuses de croissance. L’arbre de karité revêt une importance environnementale particulière pour le Burkina Faso de par sa contribution à la résilience des populations rurales face aux changements clima tiques et à la protection qu’il confère aux espèces vulnérables. Le karité est également vital pour le développement social du Burkina Faso, car il est générateur de revenus pour près d’un demi-million de personnes, dont 90 % de femmes. L’amande de karité, véritable or des femmes de l’Afrique de l’Ouest, possède des propriétés uniques et rares, recherchées par les industries agroalimentaire et cosmétique, expliquant sa forte croissance mondiale de plus de 25 % annuellement. La filière karité burkinabé, avec son importance historique pour le développement national aussi bien du point de vue économique et environnemental que social, bénéficie désormais de sa propre stratégie cohérente pour assurer sa croissance et sa pérennité. Sous l’égide du Ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, la présente stratégie est le fruit d’une large concertation avec l’ensemble des acteurs privés et publics de la filière karité. Le processus inclusif d’élaboration a été fortement soutenu par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Halieutiques, le Ministère de la Promotion de la femme et du genre, le Ministère de l’Économie et des finances, ainsi que les acteurs privés principalement regrou pés au sein de la Table Filière Karité. La présente stratégie a été possible grâce à l’appui fi nancier du Cadre intégré renforcé ( CIR ) et l’excellente coordination de l’Unité nationale de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé ( UNMO-CIR ). Au travers d’une gestion durable de l’arbre à karité et une valorisation des produits qui en sont issus, la stratégie deviendra le cadre référentiel et légitime de planification pour l’accroisse ment des revenus et la sécurité alimentaire des populations. En outre, elle est alignée sur les référentiels de développement nationaux, et s’inscrit également dans un contexte global de dé veloppement durable, notamment celui du programme de développement pour l’après-2015. Les orientations stratégiques pour le développement durable de la filière s’appuient sur une interconnexion de considérations économiques, sociales et environnementales. Les volumes d’amandes ne pourront augmenter si la protection de la ressource – l’arbre de karité, espèce menacée d’extinction – n’est pas assurée. L’augmentation de la commercialisation et la créa tion de valeur ajoutée doivent répondre à des objectifs commerciaux tels que la qualité, la promotion de l’industrialisation, et la professionnalisation des acteurs. La rapidité et le succès du développement de la filière sont fortement liés à l’intégration des femmes tout au long de la filière, notamment dans des postes de direction ou d’opérations techniques. L’ITC se tient prêt à poursuivre son soutien et fournir toute assistance nécessaire pour as surer le succès de la mise en œuvre de la stratégie et de son plan d’action dans le but final d’accroître la compétitivité et d’amener une croissance économique durable et équitable à la filière karité. Directrice Exécutive de l’ITC Mme. Arancha González 1RÉSUMÉ RÉSUMÉ La présente stratégie vise à servir de référentiel com mun pour tous les acteurs de la filière karité. Elle fait suite à une demande de la Table filière karité ( TFK ) auprès du gouvernement burkinabé. Par le biais du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat ( MICA ), et en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et des Ressources Halieutiques ( MERH ), Ministère de la Promotion de la Femme et du Genre ( MPFG ), le Ministère de la Recherche Scientifique et de l'Innovation ( MRSI ) ain si que le Ministère de l’Économie et des Finances ( MEF ), le gouvernement a répondu à cette demande par la mise en place d’un Comité interministériel. Celui-ci a été char gé de définir une stratégie et d’établir une plateforme per manente de dialogue public-privé pour le développement de la filière. Pour soutenir la définition de cette stratégie et sa mise en œuvre, le gouvernement burkinabé et les acteurs de la filière karité ont sollicité l’appui financier du Cadre Intégré Renforcé ( CIR ) et l’assistance technique du Centre du Commerce International ( ITC ). La stratégie nationale de développement durable de la filière karité du Burkina Faso a été élaborée par le biais d’une approche participative et inclusive, fondée sur les préoccupations de l’ensemble des acteurs de la fi lière – les institutions publiques, les acteurs privés et les partenaires techniques et financiers ( PTF ). Elle s’inscrit dans le cadre des priorités de développement du Burkina Faso, en ligne avec les documents nationaux de référence tels que la SCADD, l’EDIC, la SNE et les PFNL. Elle se conforme aux tendances et dynamiques du marché, et prend en considération la croissance économique de la filière, la répartition équitable de la valeur ajoutée et la gestion environnementale de la ressource. Cette stratégie constitue un cadre référentiel de planifica tion et de mise en œuvre pour les parties prenantes, en définissant les priorités de façon claire et un cadre logique de manière détaillé. Son caractère hautement spécifique dépasse la simple définition d’objectifs globaux, pour pré ciser les objectifs opérationnels, les activités et les moyens d’en mesurer les impacts. L’enjeu de la stratégie de déve loppement durable de la filière karité est de répondre aux exigences du marché tout en tenant compte des impacts socio-économiques et environnementaux de la filière karité. LA PERFORMANCE ET LE DÉVELOP PEMENT COMMERCIAL DE LA FILIÈRE Le Burkina Faso dispose d’un peuplement d’arbres à karité estimé à environ 190 millions d’arbres, avec une moyenne nationale de 30 pieds / hectare. Selon les esti mations de l’Agence de Promotion des Produits Forestiers Non Ligneux ( APFNL ), le Burkina Faso possède de fait un potentiel productif d’amandes de karité estimé à 850 000 tonnes. Celui-ci reste largement sous-utilisé, comme le montrent les volumes de production de 2005 ( 122 100 tonnes ) et 2011 ( 206 000 tonnes ). Il faut cependant no ter la forte progression sur 5 ans de 68,71 %, qui s’est poursuivie jusqu’en 2012 pour atteindre 275 241 tonnes d’amandes produites. L’analyse des données de l’APFNL et du Pôle commercial d’Afrique de l’Ouest ( WATH ) montre que le Burkina Faso est le plus gros producteur, consommateur, et exportateur d’amandes et de beurre de karité d’Afrique de l’Ouest. La filière karité profite actuellement d’une demande mon diale croissante et de tendances de marché encoura geantes pour les années à venir. La croissance mondiale de la consommation de chocolat fait augmenter la de mande pour les équivalents au beurre de cacao, dont le beurre de karité fait partie. Par ailleurs, la forte croissance de la demande en karité par l’industrie des cosmétiques naturels confirme l’existence d’opportunités concrètes pour la filière dans les années à venir. Cette dynamique du marché international explique en partie la croissance de la filière karité au Burkina Faso. Avec une progression de 44 % entre 2002 et 2011 des exportations de la filière, elle représente aujourd’hui 7 % des exportations totales du pays ( en excluant l’or ). Les exportations d’amandes et de beurre de karité se sont élevées à $E.-U 36 millions en 2011, et $E.-U 24 millions en 2012.Les données statistiques entre 2008 et 2011 montrent que les exportations d’amandes de karité ont progressé d’une moyenne annuelle de 4,3 %, tandis que celles du beurre de karité sont restées stables. Cela dé montre la capacité de la filière karité à maintenir des taux de croissance positifs, et ce malgré la crise financière de 2009 . 2 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Malgré une bonne performance commerciale de la fi lière ces dernières années, de nombreux problèmes empêchent encore de sécuriser un développement économique à long terme. Ces problèmes sont globa lement liés à l’offre, à l’environnement des affaires et à la commercialisation de la filière karité du Burkina Faso. De manière plus précise, il faut améliorer la gestion des peuplements, faciliter l’accès à la ressource, organiser des plantations de grande envergure, encourager l’inves tissement dans la production et la transformation, facili ter l’accès aux moyens financiers pour tous les acteurs de la filière, professionnaliser et organiser les acteurs de la filière par la mise en place d’une interprofession forte, améliorer les pratiques de collecte et de séchage des noix pour assurer la qualité du produit final, renforcer les systèmes d’information de marché et les connaissances des tendances de marché, et enfin organiser la promo tion des produits de la filière. La stratégie propose certaines orientations afin de struc turer le développement des marchés à court, moyen et long termes pour la filière karité du Burkina Faso. Pour ce qui est de la diversification des marchés et des produits à court terme, le document de stratégie montre qu’il faut miser sur la pénétration des marchés actuels d’amandes ( Danemark, Ghana, Singapour ) et de beurre ( France, Pays-Bas ) grâce à l’amélioration de la qualité et la traçabi lité des amandes. Il montre qu’il faut aussi miser sur la com mercialisation locale et régionale de nouveaux produits issus de l’arbre à karité ( comme les chenilles – séchées, frites ou en conserve ). À moyen et long termes, la stra tégie suggère tout d’abord de commercialiser de plus grands volumes de beurre directement aux clients de l’industrie régionale et internationale des cosmétiques, naturels ou autres. Elle suggère ensuite de développer des produits alimentaires issus du beurre de karité, adap tés aux consommateurs urbains régionaux. Elle suggère enfin de produire des tourteaux de karité, pouvant être utilisés comme biocarburant pour les petites industries ou pour la cuisine domestique, et de fractionner le beurre pour produire de l’oléine et de la stéarine. L’analyse des problèmes et des opportunités commer ciales a servi de base pour la formulation de la vision globale, des objectifs stratégiques, et des actions sus ceptibles de favoriser la compétitivité de la filière karité du Burkina Faso. En plus des aspects commerciaux, la stratégie vise à améliorer la gestion environnementale de la filière, afin d’assurer une croissance équilibrée pour les prochaines années, et plus encore elle vise à stimuler le développe ment social des acteurs de la filière. LA GESTION ENVIRONNEMENTALE DE LA FILIÈRE L’arbre a karité revêt une importance environnementale vitale car il peut contribuer à la résilience des popula tions rurales face aux changements climatiques et à fa voriser la protection des espèces vulnérables. La prise en compte environnementale commence avec l’arbre lui même. L’arbre à karité joue en effet un rôle essentiel pour prévenir le glissement de la forêt vers la savane, et contri bue au développement de nombreuses autres espèces. Il constitue donc un avantage écologique majeur pour le Burkina Faso. Actuellement, l’arbre à karité est une es pèce menacée d’extinction, protégée par le Code forestier national et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées ( CITES ). Malgré ce fait, l’arbre à karité continue d’être ex ploité pour son bois, et souffre également de l’empiéte ment croissant des cultures et des populations humaines. Afin d’assurer le développement de la filière, la première priorité est donc d’assurer la protection de l’arbre. En plus de la protection nécessaire de la ressource, la gestion environnementale de la filière karité au Burkina Faso concerne aussi le processus de production. En ef fet, il faut adapter la production afin de réduire la de mande énergétique et la production de déchets. En termes de demande énergétique, la production de 19 kg d’amandes à partir de 100 kg de fruits requiert environ 29 kg de bois, et la production d’approximativement 33 kg de beurre à partir de 100 kg d’amandes requiert un apport énergétique encore plus important avec 119 kg de bois. Concernant la production de déchets, la production de 19 kg d’amandes produit environ 57 kg de déchets, qui ne sont qu’occasionnellement valorisés. De son côté, la production traditionnelle de 33 kg de beurre produit envi ron 52 kg de déchets, notamment des boues de barate. Par conséquent, la filière karité du Burkina Faso doit ré soudre certaines problématiques clefs afin de renforcer sa gestion environnementale . Il est indispensable de mettre en place des pratiques sylvicoles, d’améliorer la gestion et le suivi des peuplements d’arbres à karité, et de valoriser les déchets de la production afin d’augmen ter la rentabilité et réduire ou modifier la demande éner gétique de la filière. L’investissement dans l’aspect environnemental du dé veloppement de la filière est un investissement d’avenir. En plus d’une amélioration de la production grâce à une meilleure gestion de la ressource et une gestion énergé tique de la production, de nombreuses autres orienta tions environnementales peuvent bénéficier aux acteurs de la filière. Notamment, la certification « bio » peut faci liter la pénétration de certains produits sur les marchés de niches. Les crédits carbones, au travers d’initiatives comme ONU-REDD ( Programme de collaboration des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la 3RÉSUMÉ déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement ), peuvent créer de nouvelles sources de revenus pour les groupements. Le système de cré dit carbone peut surtout aider à réduire la déforestation générale, et influer sur la conservation d’autres espèces d’arbres menacées d’extinction. La stratégie de développement durable du secteur du karité vise à ralentir, et même inverser la dégradation du parc à karité. Le vieillissement du parc et la déforestation sont les conséquences des besoins énergétiques des populations rurales. La stratégie propose donc des me sures pour atténuer la dépendance au bois de chauffe, en particulier ceux de la filière karité. Elle propose égale ment de promouvoir une nouvelle économie rurale basée sur la valorisation des déchets, le développement des PFNL, et l’utilisation d’énergies alternatives. Ces mesures de développement environnemental de la filière devraient permettre un développement équilibré de la filière pour les années futures. LE DÉVELOPPEMENT SOCIO-ÉCONOMIQUE ET LE RÔLE DES FEMMES En plus de son potentiel commercial et environnemental, la filière karité est vitale pour le développement social du Burkina Faso, car elle génère des revenus pour environ un demi-million de personnes, dont 90 % de femmes. Les groupements de femmes jouent un rôle prépondé rant dans la structuration et l’expansion de la filière karité. Ils permettent aux femmes d’accéder aux formations, de sensibiliser les communautés, et de disséminer l’informa tion. Les Les groupement de femmes sont un ciment so cial très important en milieu rural. Les revenus générés par la vente des produits du karité permettent aux femmes de subvenir aux besoins quotidiens des ménages ( frais de scolarité et de santé ), voire même aux besoins de la communauté. Par ce canal, elles ont ainsi un impact posi tif dans le développement socio-économique de la filière karité et des communautés qui en dépendent. Toutefois, en dépit de leur prédominance dans la filière karité et de leur rôle capital, les femmes font face à plu sieurs contraintes : la pénibilité du travail de collecte des noix et de production d’amandes ou de beurre, qui vient s’ajouter à leurs nombreuses tâches quotidiennes ; une gouvernance difficile des groupements de femmes qui ne permet pas le développement de la base ; et l’idée que la collecte des fruits de karité n’est pas un travail en soi, et donc pas une activité économique à part entière. Par ailleurs, malgré l’adoption de la loi foncière moderne qui stipule l’égalité de genre, les femmes n’ont toujours aucun droit de possession sur la terre en vertu des lois coutumières. Ainsi, le gain qu’elles tirent du karité par rap port à la pénibilité du travail reste minime, surtout pour les productrices indépendantes. Au bout du compte, avec l’industrialisation de la filière karité, il y a même un risque accru que celles-ci soient marginalisées. Cette tendance est déjà apparente dans les installations se mi-industrielles où les postes de direction, de gestion et de contrôle des opérations techniques sont rarement at tribués à des femmes. Par conséquent, la stratégie vise à favoriser le développe ment socio-économique du Burkina Faso à travers la re connaissance du rôle des femmes dans la croissance de la filière, rôle qui doit être pris en considération. De nom breuses actions ont été identifiées dans le plan d’action afin d’assurer une participation accrue des femmes dans la filière. Ces actions incluent notamment la formation des groupements de femmes pour améliorer l’entreprenariat féminin au niveau de la production et la transformation, la mise en place d’un meilleur accès à l’information de marché, et le développement de formations spécifiques pour les femmes sur la commercialisation d’huiles et de corps gras. En plus de l’équité de genre au sein de la fi lière, la professionnalisation de la base ( productrices, commerçants-collecteurs, groupements ) doit permettre de créer des emplois durables dans la filière, grâce à la mise en place de mesures de structuration des acteurs et de renforcement de leurs capacités. Cette profession nalisation vise à s’assurer que la collecte des noix soit re connue comme une activité économique à part entière, et non plus comme une activité secondaire. Le rôle des femmes dans le développement socio-éco nomique de la filière est le troisième élément considéré par la présente stratégie afin d’assurer son développe ment durable . LA VISION STRATÉGIQUE Dans le but de guider les efforts de développement de la filière karité au Burkina Faso, la vision globale suivante a été définie : « Une filière compétitive pour une croissance économique durable et équitable » 4 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 De cette vision sont tirés l’objectif global qui est de contri buer à l’accroissement des revenus et à la sécurité ali mentaire des populations à travers une gestion durable de l’arbre à karité et une valorisation des produits issus du karité. Cet objectif global se décline en cinq objectifs spécifiques : � Objectif spécifique 1 : Augmenter les volumes d’amandes produites par une gestion durable de la ressource, la protection de l’environnement, et une meilleure accessibilité aux zones de production. � Objectif spécifique 2 : Professionnaliser les acteurs directs et indirects de la filière par le renforcement de leurs capacités et en garantissant l’équité entre eux. � Objectif spécifique 3 : Créer de la valeur par l’amélio ration de la qualité et le développement des produits, ainsi que la recherche et le développement ( R&D ). � Objectif spécifique 4 : Assurer le développement de la filière dans un environnement des affaires favorable et bénéficiant de politiques d’appui. � Objectif spécifique 5 : Développer une présence per formante sur les marchés cibles par une meilleure promotion de la filière et une meilleure connaissance des tendances et exigences du marché. LA CLEF DU SUCCÈS : UNE MISE EN ŒUVRE COORDONNÉE Plusieurs institutions nationales joueront un rôle clef dans la mise en œuvre de la stratégie, en collaboration avec les PTF. Ces institutions seront responsables de l’exécu tion des projets en lien avec les priorités de la stratégie. Par conséquent, le large éventail d’activités à mettre en œuvre durant la période 2015-2019 nécessite une coor dination et une planification minutieuses. Cette gestion de la mise en œuvre doit permettre d’identifier et d’allouer efficacement les ressources, de coordonner les interven tions entre les différents partenaires, ainsi que d’effectuer le suivi des résultats. Afin d’assurer cette coordination, le Comité interministériel, appuyé par une unité technique, sera chargé de maintenir un partenariat public-privé so lide pour garantir la bonne coordination de la mise en œuvre de la stratégie karité. De plus, la TFK devra être fortement impliquée dans la mise en œuvre de la straté gie. D’abord parce qu’elle est l’une des principales insti tutions responsables de la mise en œuvre de certaines activités, ensuite parce qu’elle est aussi le premier bé néficiaire de la mise en œuvre, grâce à un renforcement général de la filière. Le financement de la mise en œuvre de la stratégie se fera selon trois modalités distinctes : le financement pu blic y compris les collectivités territoriales, le financement privé, et le soutien des PTF, qui pourront soutenir les ac tions de la stratégie en lien avec leurs mandats. (cc) Rita Willaert. Gaoua - Burkina Faso. 5INTRODUCTION INTRODUCTION La présente stratégie de développement durable de la filière karité définit un cadre de référence pour tous les acteurs nationaux. Cette stratégie durable prend en consi dération la croissance économique de la filière, et l’im portance de la répartition de la valeur ajoutée entre les intervenants. De plus, elle tient compte de la gestion envi ronnementale de la ressource, mais aussi de l’ensemble de la filière, afin de renforcer la résilience des producteurs de karité face aux changements climatiques. En dépit des progrès réalisés dans la production et l’ex portation du coton, principale source de revenus d’ex portation, ce secteur se heurte à de sérieuses difficultés internes et externes. Les nombreux documents nationaux de référence ( SCADD, PNSR, SNPV / PFNL, PAGEDD, SNE, EDIC ) qui soulignent cette situation suggèrent que le Burkina Faso identifie d’autres filières porteuses, éla bore pour elles des stratégies, et leur donne autant d’at tention que celle accordée à la filière coton. Parmi ces filières dites porteuses, la filière karité a été identifiée comme une filière prioritaire. La formulation de la pré sente stratégie s’inscrit donc dans la ligne des priorités définies par les documents nationaux de référence en matière de développement au Burkina Faso. La stratégie a également été élaborée à la demande des acteurs privés de la filière, qui demandent depuis plus de quatre ans un référentiel commun entre le secteur public et le secteur privé, afin de coordonner les interventions. En effet, l’absence de référentiel commun avant cette stra tégie a conduit à de nombreux doublons et des lacunes dans le développement de la filière. Le présent document a été élaboré de manière partici pative et inclusive, impliquant les institutions publiques et les acteurs privés oeuvrant dans le développement de la filière. Il a bénéficié de l’expertise de plus de quatre-vingts dix parties prenantes intervenant dans la filière par la mise en place d’un comité technique public-privé. (cc) Thierry FAYRET. Cube de savon au beurre de karité. 6 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 1 : Concepts clefs pour comprendre le beurre de karité Les composants chimiques du produit dépendent d’une part du milieu dans lequel l’arbre à kari té est enraciné, et d’autre part de son caractère génétique intrinsèque. Ces données sont impor tantes pour comprendre et connaitre les caractéristiques du beurre de karité. Elles peuvent influer le marché. Voici les principaux composants chimiques du karité. • Les acides gras : On trouve dans le beurre de karité surtout des acides stéariques, oléiques, palmitiques, linoléiques, et arachidiques. Ce sont leurs concentrations respectives qui déterminent leur « profil d’huile » et le point de fusion. • Les insaponifiables : C’est un groupe important de produits chimiques que l’on trouve en concentrations élevées dans le beurre de karité (1-19 %), auquel on attribue les vertus thérapeutiques du beurre de karité. Ce sont par exemple des antioxydants (tocophérols, solubles dans l’huile, et catéchines, solubles dans l’eau), des triterpènes tels que le butyrospermol, les phénols ou les stérols, et d’autres substances telles que le karitène et l’allantoin. Des taux élevés sont donc préférables. Certains composants peuvent être isolés individuellement par un processus de fractionnement du beurre de karité, qui consiste à séparer la fraction fluide (~70 % – oléine) de la fraction solide (~30 % – stéarine). • Les oléines : fraction à fusion basse ( triacylglycérides avec des taux élevés d’acides oléiques ). • Les stéarines : fraction grasse à fusion haute ( taux élevés d’acides stéariques, par exemple le St-O-St ). La concentration des composants chimiques dépend de la qualité de la transformation et du stoc kage des amandes et du beurre de karité. Elle est en lien direct avec la durée de conservation. • La teneur en humidité : Elle résulte souvent d’un mauvais stockage ( placé dans des conditions humides, le beurre de karité « sec » absorbe l’eau ). Un lien entre les taux élevés d’humidité et l’hydrolyse ont pu être établis, des taux faibles sont donc préférés. • AGL : Une forte quantité d’acides gras libres ( AGL ) indique une dégradation des enzymes – lipases – sur les triacylglycérides. Des taux faibles sont donc privilégiés. • Les impuretés insolubles : Ce sont des résidus issus de l’extraction du beurre. L’utilisation de plaques en fonte pour le broyage peut produire des particules métalliques, or le métal est responsable de la formation de peroxyde. Un filtrage minutieux peut éliminer ces particules indésirables . • VP : la valeur de peroxyde est un autre indicateur de la dégradation des longues chaînes de transformation. Cette dégradation est souvent le résultat de la catalyse de certains métaux ( comme le fer et le cuivre ) par la chaleur et la lumière ultraviolette. • HPA : Les hydrocarbures polycycliques aromatiques ( HPA ) se forment lorsqu’on fume ou grille les amandes de karité sur un feu de bois. Parce que ces hydrocarbures sont des substances cancérigènes reconnues, leur présence empêche l’entrée du beurre de karité sur le marché des produits comestibles en Europe et aux États-Unis. Source : WATH, Guide à l’exportation du beurre de karité, 2005, p.9. 7NOTE MÉTHODOLOGIQUE NOTE MÉTHODOLOGIQUE L’approche utilisée par le Centre du commerce interna tional ( ITC ) pour élaborer la stratégie repose sur des élé ments précis : le processus lui-même qui a été inclusif et consultatif, l’analyse des segments de la filière, l’analyse du réseau des institutions d’appui au commerce ( IAC ), l’analyse des problématiques de la filière par la constitution d’un arbre à problèmes, et la sélection des options straté giques pour le développement du marché et de la filière. Le processus inclusif et consultatif : L’initiative de stratégie a impliqué les parties prenantes des secteurs public et privé, ainsi que les représentants de la société civile de la filière karité. La qualité et la pertinence de la stratégie sectorielle repose donc sur l’engagement de ces parties prenantes et de leur contribution substantielle. La mise en place d’une plateforme de dialogue formelle entre le public et le privé ( comité technique ) a permis de guider et de gérer le processus inclusif d’élaboration de la stratégie. L’analyse des segments de la filière : L’analyse complète des segments de la filière fait partie intégrante du pro cessus de développement de la stratégie. Elle conduit à l’identification des différents acteurs, des processus et des liens existants au sein de la filière. Cette approche sert de base à l’analyse de la performance actuelle de la filière, et permet de déterminer les différentes options de développement. L’analyse s’articule autour des princi pales étapes impliquées dans le processus de production, de transformation et de commercialisation de la filière. L’analyse des IAC : Le réseau des institutions d’appui au commerce comprend les services de soutien pour les acteurs de la filière. Il est constitué d’institutions poli tiques, d’organisations d’appui au commerce, de four nisseurs de services aux entreprises et pour la société civile. L’analyse de la qualité des prestations de services proposés et des contraintes affectant les IAC est capitale pour évaluer les capacités de ces institutions à soutenir le développement de la filière. L’analyse des IAC jauge leur niveau d’influence 1 et leur capacité à répondre aux besoins du secteur. 1. C’est-à-dire leur capacité à influencer les responsables politiques et les acteurs du développement de la filière. L’analyse de l’arbre à problèmes : Une analyse utilisant un arbre à problèmes est un processus qui décompose les problèmes afin d’identifier leurs causes réelles. Un arbre à problème permet donc de détailler et de hiérarchiser les contraintes pesant sur les segments de la filière. Cet exer cice d’analyse permet d’acquérir une meilleure compré hension de l’origine des contraintes, et surtout d’orienter les activités de renforcement de la filière. L’arbre à pro blèmes est donc fondamental dans la phase d’analyse de la performance de la filière, ainsi que pour la définition de plans d’action réalistes. Les orientations stratégiques : Les options stratégiques pour le développement de la filière peuvent être identi fiées grâce à une projection de la future segmentation du secteur, qui est le résultat de consultations, d’enquêtes et d’analyses menées dans le cadre du processus de conception de la stratégie. Les perspectives futures pour la filière sont basées sur : � une analyse des orientations de marché impliquant l’identification des principaux marchés de court, moyen et long termes ; et � les réformes structurelles de la chaîne de valeur qui résultent soit du renforcement des liens, soit de l’intro duction de nouveaux liens. Ces deux composantes sont des parties intégrantes de la projection de la future segmentation, et du processus d’élaboration du plan d’action stratégique de la filière. Un plan d’action réaliste et mesurable : La définition de recommandations et d’orientations stratégiques pour le développement de la filière est essentielle pour guider son développement, mais elle n’est pas suffisante. Il est important de définir clairement les actions qui doivent être menées pour stimuler la croissance de la filière. L’élaboration du plan d’action spécifique définissant les activités à réaliser par les différentes parties prenantes est essentielle pour une mise en œuvre efficace de la stratégie . 8 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 (cc) Rita Willaert. Tiébélé - Pays Gourounsi. 9ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT INTERNE GÉNÉRALITÉS SUR LA FILIÈRE KARITÉ Description du karité ( Vitellaria paradoxa ssp. paradoxa ) Le karité ( Vitellaria paradoxa ), également connu sous les appellations « arbre à beurre » ou « or vert des femmes », est un arbre fruitier de la famille des Sapotacées. Il pousse à l’état sauvage sur une bande de 5 000 kilomètres en viron, dans les savanes arborées de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est, également surnommée la « ceinture du kari té » par les négociants.2 L’arbre à karité pousse uniquement en Afrique, et plus pré cisément dans les pays suivants : Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Nigéria, Bénin, Niger, Sénégal, Cameroun, Congo, République démocratique du Congo, Soudan, Togo et Ouganda. De fait, ces pays sont les seuls fournisseurs d’amandes et de beurre de karité au monde, ce qui fait de cette filière, un ensemble unique et particulièrement intéressant. Le Vitellaria paradoxa a une durée de vie de plus de deux siècles. Il produit généra lement des fruits à partir de sa quinzième année, mais il n’atteint sa pleine production qu’à partir de sa vingt-cin quième année environ. Il s’accommode facilement aux sols pauvres et aux environnements secs. Utilisé depuis toujours dans la région soudano sahélienne, l’arbre à ka rité est aujourd’hui convoité pour ses fruits : les amandes 2. Site Infocomm de la CNUCED : http : / / www.unctad.info / fr / Infocomm / Produits-Agricoles / Karite / Description / Description-et-caracteristiques techniques / contiennent une matière grasse communément appelée beurre de karité . Il est important de noter que l’industrie globale du karité est dominée par les fournisseurs d’amandes de la varié té occidentale de l’arbre à karité – Vitellaria paradoxa ssp . paradoxa. Celle-ci contient un taux de stéarine plus élevé par rapport à la variété orientale – Vitellaria paradoxa ssp . nilotica . La variété nilotica se trouve à l’Est des plateaux de l’Adamawa du Cameroun. (cc) Rita Willaert. Ouagadougou - Burkina Faso. 10 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Tableau 1 : Caractéristiques de Vitellaria paradoxa ssp. paradoxa versus ssp. nilotica3 Vitellaria Sous-espèces Pays Profil en acide gras ( moyenne PAG, % ) Triacylglycérides ( Saturé – Non saturé, % ) 16:0 18:0 18:1 18:2 S 3 S 2 N SN 2 N 3 nilotica Ouganda 4,7 30,7 57,4 5,7 0,0 22,7 41,4 35,9 Sud Soudan 4,0 30,2 57,0 6,6 - - - Tchad 5,3 32,3 54,8 8,1 - - - Cameroun 5,5 34,6 51,9 7,8 - - - Éthiopie 5,5 37,4 49,8 5,5 - - - paradoxa Gambie 3,8 37,0 49,2 7,7 - - - Sénégal 5,0 39,0 47,0 6,5 - - - Nigéria 3,9 40,8 46,6 7,1 0,2 45,4 31,6 22,8 Guinée 4,5 41,3 47,3 5,5 - - - Mali 3,8 42,4 45,5 6,9 0,1 45,6 33,1 21,3 Burkina Faso 3,8 44,1 44,0 6,4 0,0 47,5 32,8 19,7 Ghana 4,0 45,6 43,3 6,3 - - - Source : Lovett P.N., Natural butters: fractionation alternatives, 2014, Personnel care magazine, Mars 2014, p.50. 3. Lovett P.N., Natural butters : fractionation alternatives,2014, Personal Care Asia Pacific, Waxes and Butters, Mars 2014, p 49-52. Historique de la filière karité Le beurre de karité est probablement l’une des huiles végétales alimentaires les plus anciennes produite par l’homme. Sa culture a été rapportée par les grands ex plorateurs depuis des siècles : elle a été présentée à Ibn Battuta lors de ses voyages au Mali entre 1353 et 1352, et Mungo Park a relaté son commerce étendu lors de sa recherche des sources du fleuve Niger entre 1795 et 1797. Les amandes de karité ont vraisemblablement été consommées depuis des millénaires : il existe des preuves archéologiques montrant l’existence de vergers de karité dans le nord du Burkina Faso depuis 1 000 ans, et il y a de plus en plus de raisons de penser que l’amande de karité était connue des anciens égyptiens depuis plus de 6 000 ans. L’arbre à karité reste encore aujourd’hui essentiel dans sa contribution à la sécurité alimentaire des populations locales : le karité est la prin cipale source d’huile alimentaire, de protéines, et sert de coupe faim pour les agriculteurs lors des travaux cham pêtres. Pendant l’ère coloniale, la Haute Volta a contri bué à l’effort de soutien des guerres de 1914-1918 et de 1939-1945 à travers la fourniture des produits du karité. Du point de vue commercial, la première exportation offi cielle du Burkina Faso du karité d’une quantité de 25 000 tonnes date de 1957. La filière karité a connu sa première organisation en 1968, date de création de la Caisse de stabilisation des prix des produits agricoles ( CSPPA ). Cet organisme doit alors or ganiser la collecte et la commercialisation des amandes de karité, qui constituent le principal produit d’exporta tion, sinon le seul ( environ 33 % du PIB du pays qui va riait entre 8 et 12 milliards de francs CFA par an ). Aux premières heures de son indépendance administrative, l’exportation des amandes de karité a permis au Burkina Faso de faire de la CSPPA sa banque d’investissement. Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui la filière karité du Burkina Faso connaît des difficultés pour placer ses produits sur le marché depuis la fermeture brusque de la CSPPA en 1994. En 1989, l’État burkinabé a créé le Projet National Karité ( PNK ), qui a incité les femmes à se regrouper en asso ciations. Près de 1 600 organisations ont ainsi vu le jour. On les retrouve aujourd’hui dans la production artisanale et semi-artisanale de beurre et de cosmétiques, et dans la vente directe aux consommateurs locaux ou à des so ciétés de cosmétiques en Occident. Depuis les années 1990, puisque les femmes sont les principaux acteurs de la filière, plusieurs programmes et projets à leur intention ont vu le jour. L’objectif princi pal de ces projets est double : améliorer les revenus des femmes et par là lutter contre la pauvreté. Avec les poli tiques de libéralisation de l’économie qui ont cours de puis ces années-là, les acteurs directs et indirects de la filière ( producteurs, commerçants, exportateurs, ONG, projets et programmes de développement ) tentent de mieux organiser et de relancer les activités de la filière, et avant ce avec l’appui de l’État. 11ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ La Table filière karité ( TFK ) fut créée en février 2000 pour regrouper tous les acteurs au sein d’un cadre de concer tation. Elle permet ainsi delier les trois principaux mail lons de la filière : � le maillon de la production ( les groupements de pro ducteurs d’amandes et de beurre de karité ) ; � le maillon de la transformation ( les petits transforma teurs et les transformateurs industriels qui fabriquent les savons et les produits cosmétiques à base du beurre de karité ) ; et � le maillon de la distribution ( les commerçants-collec teurs et les exportateurs d’amandes et de beurre de karité ). En relevant le défi de la structuration de la filière, les ac teurs du privé ont pu atteindre un taux de collecte de 30 % ( 206 078 tonnes ) en 2011. L’objectif de la TFK est de pour suivre le développement de la filière karité pour retrou ver sa renommée historique ( du temps de la CSPPA ). En rendant au karité sa place prépondérante comme produit d’exportation, la filière karité pourra contribuer à la réalisa tion des objectifs de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable ( SCADD ). Les principaux types de produits issus du karité L’arbre à karité est aussi appelé « arbre miracle » dans les pays qui en possèdent. En effet, toutes les parties de cet arbre peuvent être exploitées ( voir graphique 1 ), et servent à la production d’autres produits, alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques ou autres. � Les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle comme bains de bouche, ou comme infusion contre les maux oculaires, les névralgies dentaires, les maux de ventre, les maux de tête. Il est possible d’en tirer des huiles essentielles. Elles sont aussi utilisées dans les cérémonies traditionnelles pour protéger les nou veau-nés et confectionner des masques. Selon les périodes de l’année et les régions, elles peuvent aussi être utilisées comme fourrage. � Les fleurs sont préparées en salade et utilisées dans la fabrication du miel. Elles produisent aussi des huiles essentielles . � Les écorces sont utilisées dans la maroquinerie pour adoucir les peaux, et dans la médecine traditionnelle pour traiter l’amibiase, la lèpre, ou les morsures de serpents, mais aussi pour faciliter l’accouchement et la production de lait chez la femme allaitante. � Le bois de karité est utilisé d’une part dans la construc tion de maisons et palissades ( il est très résistant face aux termites ), et d’autre part dans la production de charbon de haute qualité. Cette dernière est fortement déconseillée en regard des problèmes environnemen taux analysés précédemment. � Les racines sont utilisées comme remède contre la diarrhée, les maux de ventre et de dents. � La chenille Cirina forda ( défoliateur du karité ) est co mestible, très riche en protéines, et peut être consom mée séchée ou frite. � Les fruits sont convoités pour leur pulpe très sucrée, et leur noix riche en matières grasses. � La pulpe peut être consommée directement, préparée en confiture, ou utilisée pour la fabrication d’alcool. Elle est également utilisée pour l’alimentation animale. � Les noix de karité contiennent des amandes, qui sont utilisées dans la médecine traditionnelle pour lutter contre le paludisme, et servent à la fabrication du beurre de karité. � Les coques des noix servent à la fabrication de briques. En outre, elles sont utilisées comme fertilisant pour le compost, comme insecticide, comme exfoliant corporel, ou encore comme matière première dans la fabrication de contreplaqués. � Le beurre est très utilisé localement comme graisse de cuisine et combustible pour les lampes. Il sert égale ment de matière première dans l’industrie cosmétique, et entre dans la fabrication de nombreux produits ( shampoing, soins de visage et de corps, produits ca pillaires, savons, etc. ). Dans l’industrie agroalimentaire, il est raffiné et sert à la fabrication de la margarine, ou fractionné pour venir se substituer au beurre de cacao dans la fabrication du chocolat. Il est également utilisé dans l’industrie pharmaceutique. � Le karité possède également des composants bioac tifs ( voir annexe 2 ) qui entrent dans la composition de nombreux produits cosmétiques. � Les tourteaux sont les résidus restant à l’issue du pro cessus de production du beurre. Ils peuvent être utili sés comme combustible, comme composant du crépi pour les maisons, comme compost, comme produits bioactifs ou encore comme alimentation pour le bétail. La cartographie des produits dérivés du karité montre une multitude de produits fabriqués au Burkina Faso, dont la plupart y sont également commercialisés. Cependant, ils restent des produits de base à faible valeur ajoutée. Par opposition, les produits dérivés non produit au Burkina Faso sont des produits à forte valeur ajoutée, qui néces sitent des techniques de transformation avancées et des infrastructures spécifiques. 12 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 G ra p h iq u e 1 : C ar to g ra p h ie d e s p ro d u its d u ka rit é A m an de s fr ai ch es Fr ui ts C oq ue s A m an de s sé ch és B eu rr e no n ra ffi né B eu rr e ra ffi né A gr o al im en ta ire Pr od ui ts C os m ét iq ue s (L is te in fin ie ) ~ 10 % ~ 90 % E qu iv al en t be ur re d e ca ca o Pr od ui ts d e l’a rb re à K ar ité B oi s Fo ur ag e H ui le s et g ra s po ur pâ tis se rie s H ui le s et g ra s po ur g la ce s Em ul si fia nt C rè m es , sh am po in gs , sa vo ns Ph ar m ac ol og ie ~ 1% Pr od ui ts bi oa ct ifs , dé riv és o u co nc en tré d e bi oa ct if Pr od ui ts C os m ét iq ue s (L is te in fin ie ) C rè m es , sh am po in gs , sa vo ns To ur te au C om po st e N ou rr itu re an im al e B io ca rb ur an t B io ca rb ur an t Sc ru b (c os m et iq ue ) Pu lp e C on fit ur es St ea rin O le in , ka rit en e Fl eu re s 13ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Le potentiel de production du karité Au Burkina Faso, le karité est répandu sur tout le territoire national, à l’exception de la région du Sahel où les pluvio métries sont trop faibles. Son peuplement est estimé à en viron 190 millions d’arbres4, avec une moyenne nationale de 30 pieds / hectare. Les peuplements les plus denses sont dans le Centre-Ouest, la Boucle du Mouhoun, les Hauts-bassins et le Sud-Ouest. 4. Ministère de l’Industrie, du commerce et du développement ( MICA ), Stratégie nationale de la promotion des exportations, 2010, p 76. Graphique 2 : Carte régionale de la production d’amandes en 2012 Source : Agence pour la promotion des produits forestiers non ligneux ( APFNL ), avec l’assistance technique de la FAO. (cc) Marco Schmidt. Vitellaria paradoxa (shea tree, karité), eastern Burkina Faso. 14 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Selon les estimations de l’Agence de promotion des pro duits forestiers non ligneux ( APFNL ), le Burkina Faso pos sède un potentiel productif d’amandes de karité estimé à 850 000 t. Les productions de 122 100 t en 2005 et de 206 000 t en 2006 sont donc largement en dessous du potentiel productif, même si on peut constater une forte augmentation ( 68,71 % ) 5. En 2012, la production a 5. Ministère de l’Industrie, du commerce et du développement ( MICA ), Ministère de l’Environnement et du développement durable ( MERH ), Ministère de l’Économie et des finances ( MEF ), Rapport sur l’état des lieux de la filière karité au Burkina Faso, Mai 2012, p. 2. atteint 275 241 t. D’après les analyses, les exportations d’amandes représentaient 113 130 t en 2011 ( approximati vement $E.-U. 278 / t ), et les exportations de beurre ( tradi tionnel et semi-industriel ) 6 représentaient environ 12 857 TEK ( soit approximativement $E.-U.1 000 / t ). 6. APFNL Graphique 3 : Évolutions des surfaces cultivées et rendements de karité au Burkina Faso de 2008 à 2012 Source : FAOSTAT Graphique 4 : Collecte, consommation et exportation d’amandes et de beurre des principaux pays producteurs ( 2011 ) 7 Source : Calculs de l’ITC sur la base des données de l’APFNL et du rapport duDr. Lovett pour le WATH et l’ITC 8 . 7. Les chiffres présentés ne prennent pas en compte l’usine d’extraction par solvant ( capacité de 70 000 TEK ) qui est opérationnelle au Burkina depuis 2013. 8. Selon les seules données du WATH, le Burkina produit environ 90 000 t et non pas 206 078 t ( 2011 ), consomme 5 000 t ( 2011 ), exporte 40 000 t d’amandes et 35 TEK de beurre. 15ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Selon une analyse des données de l’APFNL et du Pôle commercial d’Afrique de l’Ouest ( WATH ), le Burkina Faso est le plus important producteur, consommateur et ex portateur d’amandes et de beurre de karité d’Afrique de l’Ouest. Mais des statistiques divergentes montrent sur tout un besoin crucial de renforcer la collecte des don nées concernant la production, la transformation, la consommation et l’exportation. L’importance environnementale de l’arbre à karité La prise en considération de la dimension environnemen tale de la filière karité peut entrainer des réductions de coûts, des innovations sur les produits, des opportunités de revenus supplémentaires, des innovations dans les services de soutien à la filière, l’amélioration de la répu tation des produits, et la réduction des risques. Elle peut également générer de meilleures opportunités de reve nus grâce à l’accès au marché, des opportunités d’em ploi, et l’amélioration des compétences. Cette prise en compte commence avec l’arbre lui-même. Celui-ci est une espèce menacée d’extinction, protégé par CITES et le code forestier national. Malgré ce fait, l’arbre à karité continue d’être exploité pour son bois, comme moyen de chauffage et pour la production de charbon. Son habitat souffre également de l’empiétement croissant des cultures et des populations humaines. Au Burkina Faso, la déforestation a contribué à accen tuer les défis mentionnés ci-dessus. Entre 1990 et 2010, la superficie totale forestière a diminué de 68 470 km 2 à 56 490 km 2, ce qui représente une perte de 17,5 %9 . La dé forestation a rendu le karité encore plus vulnérable dans la mesure où les besoins en combustible augmentent. Il est donc crucial pour l’industrie du karité de définir des stratégies pour diminuer la déforestation. L’augmentation de la population sur les terres agricoles entraine une réduction de la taille des propriétés. Ceci conduit à l’abandon progressif des cycles de jachères, et par suite àunusage de plus en plus important de pes ticides et d’engrais chimiques. Ces produits de synthèse utilisés dans l’agriculture ( ainsi que dans la culture du co ton ) entrainent à leur tour une diminution du nombre d’ani maux polinisateurs pour les fleurs du karité. Une meilleure collaboration avec les associations de fermiers et coton niers peut réduire l’impact négatif des insecticides sur les animaux polinisateurs . 9. Données obtenues sur : http : / / carbonbiodiversitycalculator.unep-wcmc.org / ( en anglais ) Graphique 5 : Part de la production d’amandes de karité par pays de la CEDEAO Source : Calculs de l’ITC sur la base des données de l’APFL et du rapport du Dr. Lovett pour le WATH et l’ITC 10 . 10. Selon les seules données du WATH, le Burkina représente 27 %, la Côte d’Ivoire 14 %, le Ghana 21 %, le Mali 21 % et le Nigeria 17 %. 16 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Graphique 6 : Statut vulnérable du Vitellaria paradoxa Source : http: / / www.iucnredlist.org / details / 37083 / 0 Les forts besoins énergétiques de la filière peuvent être réduits grâce à des fourneaux plus efficaces qui réduisent la consommation de bois. La valorisation du tourteau et des coques peut réduire l’impact de ces déchets dans les champs adjacents aux usines de production du beurre de karité. Depuis plusieurs années, la réputation des entreprises, et donc leurs profits, sont fortement liés à la perception des consommateurs qui jugent ces entreprises sur leur res pect de l’environnement. La plupart des grands acheteurs mondiaux ont des programmes, initiatives et alliances axés sur la production durable de karité. Au-delà des bénéfices évidents pour la biodiversité et le secteur fo restier, le respect des normes environnementales crée de nombreuses opportunités de revenus supplémen taires pour la filière karité. La certification « bio » peut faciliter la pénétration de certains produits sur les mar chés niches. L’établissement de parcs forestiers à karité dans des zones protégées, l’organisation du processus de cueillette des noix, et la définition géographique d’aires de récolte, figurent parmi les nombreuses initiatives qui contribuent à la certification bio. Le développement de services environnementaux associés à l’aspect environ nemental de la production de karité, notamment la four niture d’énergies alternatives ( solaire, éolienne, biogaz ) peut contribuer à un approvisionnement énergétique inin terrompu tout en réduisant les coûts d’énergie. Les crédits carbones, au travers d’initiatives comme ONU-REDD ( Programme de collaboration des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la défores tation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement ), peuvent créer de nouvelles sources de revenus : les groupements peuvent ainsi recevoir des re venus du piégeage du carbone dans les parcs à karité. Le système de crédit carbone peut aider à réduire la dé forestation générale, et influer sur la conservation d’autres espèces d’arbres menacées d’extinction. La perte de la biodiversité, le changement climatique et la désertifica tion peuvent être combattus par le biais de tels systèmes et favoriser la résilience. Le cycle de production du karité, la production d’amandes et les étapes de transformation en beurre, produisent aussi du gaz carbonique à cause des fours à bois, et du méthane issu du processus de décomposition anaérobique des coques. Le système de crédit carbone, associé au piégeage de carbone, peut aider à équilibrer cette production de carbone, avec l’ob jectif ultime de développer une chaîne de valeur du ka rité à carbone zéro. Finalement, l’importance de la perspective environne mentale est soulignée par le fait qu’il existe un lien subs tantiel entre la durabilité environnementale et l’équité sociale. Puisque l’industrie du karité est actuellement dominée par les femmes, la valeur ajoutée obtenue par l’image de marque environnementale, et la réduction des coûts énergétiques grâce à des fours à combustion effi cace, peuvent profiter largement aux femmes. 17ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Le rôle des femmes et des groupements dans la filière La filière karité est l’une des rares filières ayant un poten tiel économique important où le rôle des femmes est re connu. Elles représentent 90 % des intervenants, dont une grande partie est regroupée au sein d’organisations pro fessionnelles ( groupements, associations, coopératives, unions ou fédération ) réparties le long de la chaîne de va leur. On compte plus de 1 600 organisations de ce type 11 . Au Burkina Faso, comme dans les autres pays produc teurs de karité, les activités de collecte des fruits et de traitement des noix de karité sont assignées aux femmes. Elles détiennent des connaissances, transmises de gé nérations en générations, sur les techniques de collecte des noix, de leur traitement, de la production du beurre et de la commercialisation. Ces activités de collecte et de traitement primaire dont elles seules possèdent la res ponsabilité confirment leur rôle moteur incontournable dans la filière. La production de beurre est également réalisée par les femmes selon un long processus qui sera détaillé plus loin dans la stratégie . Elles travaillent généralement en groupe en suivant une méthode artisanale, semi méca nique ou mécanique. Pendant longtemps, cette activité a été exercée uni quement par les femmes rurales de manière informelle. Cependant, avec l’urbanisation et l’expansion du com merce internationale, les femmes se sont organisées en groupements pour répondre à ce défi et avoir plus de re venus, et ce avec l’aide des pouvoirs publics, du secteur privé et de nombreuses ONG12. Cela a permis la structu ration et la formalisation de la filière. Ces organisations de femmes jouent un rôle prépondé rant dans l’expansion actuelle de la filière karité. Elles constituent un moyen de formation, de sensibilisation, et de dissémination d’informations. Elles se révèlent être aussi un ciment social très important dans le milieu rural. À travers ces organisations, les femmes partagent leurs expériences et leur savoir-faire. Elles développent égale ment d’autres activités génératrices de revenus. Les revenus générés par la vente du beurre ou des amandes de karité permettent aux femmes de subvenir aux besoins quotidiens des ménages ( frais de scolarité et de santé ), voire même aux besoins de la communauté. 11. MICA, MERH, MEF ( 2012 ) 12. Plusieurs projets de développement financés par le Centre d’étude et de coopération internationale ( CECI, Canada ), l’Organisation néerlandaise de développement ( SNV, Pays-Bas ) ou le Centre écologique Albert-Schweitzer ( CEAS, Suisse ), ou initiés par les pouvoirs publics à travers le Projet d’appui aux micros entreprises rurales, ( PAMER, Ministère de l’Économie ) ou le Projet national karité ( PNK, Ministère de la Promotion de la femme et du genre ). Par ce canal, elles ont ainsi un impact positif dans le dé veloppement socio-économique des acteurs de filière karité. Toutefois, en dépit de leur prédominance dans la filière karité et de leur rôle capital, les femmes font face à plu sieurs contraintes qui seront analysées dans la stratégie. Le gain qu’elles tirent du karité par rapport à la pénibilité du travail reste insignifiant, surtout pour les productrices indépendantes . Par ailleurs, malgré l’adoption de la loi foncière moderne qui stipule l’égalité entre les sexes, les femmes n’ont au cun droit de possession de la terre en vertu des lois cou tumières 13. Du coup, leur rôle reste très limité, notamment en ce qui concerne le processus d’aménagement et de protection de l’arbre à karité. En effet, elles n’ont pas le droit de prendre des initiatives sur la gestion du karité, et encore moins sur la gestion foncière 14 . Plus grave en core, face aux mauvaises pratiques qui affectent l’arbre à karité, elles sont impuissantes bien qu’elles soient les premières touchées par les problèmes touchant de près ou de loin le karité. LE CADRE LÉGISLATIF ET REGLEMENTAIRE DE LA FILIÈRE KARITÉ AU BURKINA FASO La filière karité est régie par de nombreux textes législatifs. Les dispositions législatives et réglementaires suivantes sont les plus pertinentes dans le cadre de cette stratégie : La Constitution La constitution du Burkina Faso, adoptée le 2 juin 1991, annonce dès son préambule la nécessité absolue de protéger l’environnement. L’article 29 fait de la protection de l’environnement « un devoir pour tous », et reconnait le droit à un environnement sain. En outre, l’article 14 précise que « les richesses et les ressources naturelles appar tiennent au peuple, elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie ».Pour assurer l’effectivité de ce droit, plusieurs lois ont été adoptées dans le cadre de la gestion des ressources naturelles. La Loi portant Réorganisation agraire et foncière ( RAF ) La Loi n°034-2012 / AN du 2 juillet 2012 portant Réorganisation agraire et foncière détermine le statut des terres du domaine foncier national, les principes géné raux qui régissent l’aménagement et le développement 13. Selon les normes sociales traditionnelles, le droit à la propriété reste réservé aux hommes en vertu de la loi coutumière qui maintient l’inégalité entre les femmes et les hommes. 14. Projet Shisun, Femmes et foncier rural : le karité comme opportunité de lever des tabous, 2012. 18 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 durable du territoire, la gestion des ressources foncières et des autres ressources naturelles, ainsi que la régle mentation des droits réels immobiliers . La Loi portant Régime foncier rural La Loi n° 034-2009 / AN du 16 juin 2009 portant Régime foncier rural au Burkina Faso détermine le régime do manial et foncier applicable aux terres rurales, ainsi que les principes de sécurisation foncière de l’ensemble des acteurs du foncier rural. Il envisage la gestion rationnelle et durable des ressources naturelles à travers la catégo risation des domaines et la fixation de leur régime. Le Code de l’environnement La Loi n° 006-2013 / AN du 2 avril 2013 portant Code de l’environnement au Burkina Faso établit les principes fon damentaux de maintien des équilibres écologiques, de préservation et de valorisation des ressources naturelles, et d’amélioration du cadre de vie des populations. Elle prévoit, dans le cadre de la préservation des ressources naturelles, que les activités anthropiques susceptibles de porter atteinte à celles-ci sont soumises à l’avis de l’au torité compétente ( art. 25 ). Cet avis doit être établi sur la base d’une Étude d’impact sur l’environnement ( EIE ), ou d’une Notice d’impact sur l’environnement ( NIE ), dont la réalisation permet de s’assurer du respect des principes fondamentaux de préservation de l’environnement dans le cadre du développement socio-économique du pays. Le Code forestier La Loi n° 003-2011 / AN du 5 avril 2011 portant Code fores tier au Burkina Faso fixe l’ensemble des principes fonda mentaux relatifs à la gestion des ressources forestières. Elle vise en particulier à établir une articulation harmo nieuse entre la nécessaire protection de ces ressources et la satisfaction des besoins économiques, culturels et sociaux des populations. Dans ce nouveau code, le ré gime de protection générale des espèces pourvoyeuses de PFNL comprend l’ensemble des règles juridiques qui assurent la protection générale des forêts, et l’article 41 précise en ce sens que « les forêts sont protégées contre toutes formes de dégradation et de destruction, qu’elles soient naturelles ou provoquées ». Ce nouveau code a consacré la notion de « produit fo restier non ligneux ». Il en a fixé les grands principes d’ex ploitation, et prévoit que des textes de réglementation viendront préciser les règles garantissant la gestion du rable de ces produits. La Loi portant Code minier au Burkina Faso La Loi n°031-2003 / AN du 8 mai 2003 portant Code mi nier au Burkina Faso fixe les conditions de la prise en compte de mesures particulières pour la protection de la flore et de la faune dès la période d’obtention des permis de prospection minière. En effet, la réalisation préalable d’une EIE ou d’une NIE est obligatoire pour la réalisation de certains travaux et ouvrages qui impliquent l’utilisation de matériaux classés par la Loi comme des substances de carrières, et qui sont susceptibles de porter atteinte à l’environnement. La Loi d’orientation relative au pastoralisme La Loi n° 034 / 2002 / AN du 14 novembre 2002 portant Loi d’orientation relative au pastoralisme au Burkina Faso fixe les principes et les modalités d’un développement durable, serein et intégré des activités agro-sylvo-pas torales. Dans le cadre de l’exploitation des ressources pastorales, le titre II fixe les conditions d’accès aux res sources naturelles à des fins de pastoralisme. La Loi pré cise que la jouissance des droits se fait dans le respect des dispositions de la législation forestière. Le Code général des collectivités territoriales ( CGCT ) La Loi n° 055-2004 / AN du 21 / 12 / 2004 portant Code gé néral des collectivités territoriales ( CGCT ) détermine l’orientation de la décentralisation, les compétences et moyens d’action, les organes et l’administration des col lectivités territoriales. En ce qui concerne la gestion des ressources naturelles, la Loi précise que : ( i ) le territoire de la commune rurale comprend un espace d’habitation, un espace de production et un espace de conservation ; ( ii ) les espaces de production sont destinés principalement à l’agriculture, à l’élevage, à la sylviculture, à la piscicul ture et plus généralement à toutes les activités liées à la vie rurale ; et ( iii ) les espaces de conservation constituent des zones de protection des ressources naturelles. Ces derniers espaces prennent notamment en compte les aires de protection de la flore et de la faune. La Loi portant réglementation des organisations interpro fessionnelles des filières agricoles, sylvicoles, pastorales, halieutiques et fauniques La Loi n° 050-2012 / AN du 30 octobre 2012 portant Réglementation des organisations interprofessionnelles des filières agricoles, sylvicoles, pastorales, halieutiques et fauniques au Burkina Faso est d’une grande impor tance car elle concerne les acteurs directs des différents secteurs d’activités ciblés. Elle détermine les modalités de constitution desdites organisations interprofessionnelles, leur composition, leurs attributions et leur fonctionnement. La Loi portant Code des investissements au Burkina Faso La Loi n° 62 / 95 / ADP du 14 décembre 1995 portant Code des investissements au Burkina Faso, ainsi que son texte modificatif, à savoir la Loi n°015 / 97 / ADP du 17 avril 1997, et le Décret n° 96 / 235 / PRES / PM / MEF fixant les conditions d’application du code des investissements, prévoient la 19ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ préservation des ressources naturelles notamment par le respect des dispositions nationales. Ainsi, le Code des investissements précise que les investissements produc tifs sont librement effectués au Burkina Faso, sous ré serve des dispositions spécifiques visant à respecter la politique économique et sociale de l’État ( notamment la protection de la santé et de la sécurité publique, la protec tion sociale et la sauvegarde de l’environnement ). Cette disposition garantit l’application de l’article 25 du Code de l’environnement relatif à la réalisation de l’Étude ou de la Notice d’impact sur l’environnement ( EIE ou NIE ). La Loi portant Modalités d’intervention de l’État et réparti tion des compétences entre l’État et les autres partenaires au développement La Loi n° 010 / 98 / AN du 21 avril 1998 portant Modalités d’intervention de l’État et répartition des compétences entre l’État et les autres acteurs du développement prévoit les responsabilités des collectivités territoriales dans le domaine des ressources forestières, fauniques et halieutiques : � Mise en œuvre d’une politique de développement de la faune, de la forêt et de la pêche au niveau local ; � Application de la réglementation en matière de faune, de forêt et de pêche ; � Etc. Il existe d’autres règles et lois ayant un lien avec la ges tion des ressources forestières. Parmi elles, il faut encore mentionner : � Le Code pénal et le Code de procédure pénale qui, en sembles, contribuent au règlement des contentieux sur les ressources forestières, fauniques et halieutiques ; � Les Règles nationales en matière de sécurité en bio technologie et la Loi portant régime de sécurité en ma tière de biosécurité ( création de l’Agence nationale de biosécurité, avec l’élaboration et / ou l’adoption de 11 textes d’application ) ; � Le Décret n° 2001-342 / PRES / PM / MEE du 17 juillet 2001, portant Champs d’application, contenus et procédures de l’EIE et de la NIE ; � L’Arrêté n° 2004-019 / MECV du 07 juillet 2004 portant Détermination de la liste des espèces forestières bé néficiant de mesures de protection particulière. Ces espèces sont au nombre de vingt-trois et sont pour l’essentiel pourvoyeuses de PFNL. Elles ne peuvent être ni abattues, ni arrachées, ni mutilées, ni ébran chées, ni incinérées, ou seulement après autorisation expresse des services chargés des forêts. Cette liste n’est pas exhaustive car les autorités locales peuvent, au regard des réalités écologiques régionales, dres ser une liste complémentaire d’espèces bénéficiant de cette mesure de protection spéciale ( article 4 de l’Arrêté ). LE CADRE ORGANISATIONNEL DES ACTEURS DE LA FILIÈRE KARITÉ Deux grandes phases peuvent être distinguées dans l’or ganisation de la filière karité. La période ( 1964-1991 ) al lant des indépendances jusqu’en 1991 où la filière était gérée par la Caisse de Stabilisation des Prix des Produits Agricoles ( CSPPA ) dont l’Etat avait le monopole et celle de la période des Programmes d’Ajustement Structurel ( P.A.S ) dont la particularité a été la libéralisation de l’éco nomie avec le démantèlement des systèmes de licence qui était mis en place par l’Etat, la liquidation de la CSPPA, le désengagement de l’Etat de la filière à partir de 1991 et la responsabilisation des acteurs eux-mêmes, accompa gnés par les structures d’appui ( projets et programmes ) qui devaient assurer désormais la gestion de la filière. Ainsi, la chaîne de valeur de la filière karité a été animée par plusieurs acteurs, dont l’Etat avant les P.A.S, les ac teurs directs pendant et après la liquidation de la CSPPA et le P.A.S et des acteurs indirects ( structures d’accom pagnement, ONG / Associations, projets / programmes de développement, etc. ) dont les interventions prenant en compte les concepts promotion de la femme sont à situer aux environs des années 1980 à nos jours. Ces dernières portaient sur plusieurs volets allant de la structuration des acteurs en fonction des lois en vigueur qui régissaient l’organisation des acteurs aux investissements dans le système de production en passant par la recherche des marchés. Les acteurs directs Les interventions des différents partenaires techniques et financiers ont comporté un volet structuration des ac teurs en fonction des textes de loi qui régissaient leur organisation suivant les époques. Le caractère hétéro gène des organisations de base ainsi que de leurs fai tières tire ses fondements de l’évolution même des lois dans ce domaine. Ainsi, dans les années 1992, il s’est agit d’abord de la loi n° 10 / 92 / ADP du 15 décembre 1992, portant liberté d’as sociation au Burkina Faso. Beaucoup d’organisations, à l’époque, ont été reconnues sous cette loi. On y distingue : � des associations spécifiques pour la filière amandes de karité ; � des associations multi filières ( amandes de karité+ soumbala+céréales, etc ) ; � des structures mixtes ( unions d’associations, de grou pements de la loi 14, d’acteurs individuels et d’entre prises ) intervenant sur un ou plusieurs maillons ; � des structures faitières de la filière karité ( Unions, Fédérations, Unions Nationales, etc. ) � l’interprofession Table filière karité. ITC 20 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ensuite, dans les années 1999, la loi n° 014 / 99 / an portant règlementation des sociétés coopératives et groupements au Burkina Faso a vu le jour et certaines organisations, ayant bénéficié d’accompagnement à cet effet, se sont conformées à cette nouvelle loi. C’est ainsi qu’on y trouve : � des groupements et sociétés coopératives spécifiques pour la filière amandes de karité ; � faîtières : unions des groupements, fédération A la Journée Nationale du Paysan de 2009, les acteurs ont recommandé l’appui de l’Etat pour la structuration d’un certain nombre de filière parmi lesquelles la filière karité. C’est dans ce contexte qu’avec l’appui de l’Agence de Promotion des Produits Forestiers Non Ligneux ( APFNL ) en collaboration avec des noyaux régionaux constitués des Chambres Régionales d’Agriculture, des Directions en charge de l’Environnement, des Ressources Animales, de l’Agriculture ) avec la participation de la Confédération Paysanne du Faso et de la Table Filière Karité, appui de puis 2011, la mise en place d’Unions départementales, d’unions provinciales, d’unions régionales des acteurs du karité par maillon ( producteurs, transformateurs, com merçants ). En août 2014, la situation de mise en place des structures faitières des acteurs de la filière karité est la suivantes : � Unions départementales : 178 � Unions provinciales : 68 � Unions régionales : 08. Enfin, actuellement, les lois en vigueur sont l’Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Coopératives ( AUSCOOP ) qui doit remplacer la loi n° 014 / 99 / an portant règlementation des sociétés coopératives et groupements au Burkina Faso et la loi n° 050-2012 / AN du 30 octobre 2012 portant règlementation des organisations interprofessionnelles des filières agricoles, sylvicoles, pastorales, halieutiques et fauniques au Burkina Faso. Les organisations de base ( associations, groupements et leurs faitières respectives ) ainsi que l’interprofession Table Filière Karité, doivent se conformer à ces nouveaux textes de loi . La filière karité connait l’existence de plus de 1600 or ganisations professionnelles qui sont des groupements, des associations ou des faitières ( unions, fédérations, réseaux ). En effet, avec l’appui des différents projets et programmes, plusieurs tentatives de structuration de la filière ont eu lieu. Ce qui explique l’existence de plusieurs faitières dans la filière. Néanmoins, beaucoup reste à faire pour une meilleure structuration de la filière. Ainsi, la dynamique actuelle est à la relance du proces sus de structuration et d’organisation des acteurs dans toutes les filières ASP-HF et ce, depuis l’élaboration des documents sur la loi sur les interprofessions Depuis 2012, l’Agence de Promotion des Produits Forestiers Non Ligneux ( APFNL ), en collaboration avec des parte naires et les structures techniques telle que la Direction de l’Organisation des Producteurs et de l’Appui aux Institution Rurale ( DOPAIR ) ont pris la résolution d’ac compagner la Table Filière Karité à l’actualisation de ses textes règlementaires pour ce conformer à l’esprit de la loi sur les interprofessions en attendant que les textes d’application ( en cours d’adoption ) de ladite loi ne soient adoptés . ITC 21ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Aussi, la typologie actuelle des acteurs directs de la chaîne de valeur de la filière karité est-elle assez complexe. On distingue généralement les producteurs / collecteurs, les transformateurs, les commerçants / distributeurs / expor tateurs. À ces groupes, s’ajoute celui des transporteurs et des consommateurs. TREE AID ( 2008 ) distingue dans la catégorie des transfor mateurs, les Petites et Moyennes Entreprises Forestières ( PMEF ) dont les activités sont orientées vers la subsis tance et, celles, dont les activités sont orientées vers le profit. Les PMEF orientées vers la subsistance sont des entreprises pour lesquelles l’activité liée au karité est une extension des activités du ménage. Cette catégorie est la plus importante du secteur des PFNL et comprend à titre d’exemples les productrices de beurre de karité et / ou de savons à base de beurre de karité et d’amandes de karité. Les PMEF orientées vers le profit sont des entre prises qui, à partir de l’activité liée aux PFNL, ont créé des entreprises lucratives. Cette catégorie englobe les producteurs / collecteurs, les transformateurs utilisant des moyens artisanaux, les transformateurs utilisant des moyens semi-industriels, les commerçants nationaux, les exportateurs. La plupart des PMEF évoluent dans le secteur informel bien qu’on rencontre des entreprises for melles. Ce sont des structures qui s’intéressent beaucoup plus aux produits d’exportations ( karité, beurre de karité ). On les rencontre aussi bien dans la transformation des PFNL que dans la production. Les producteurs / collecteurs Les producteurs / collecteurs résident dans les zones ru rales ou péri urbaines et s’investissent dans la collecte des amandes. On rencontre essentiellement des femmes dont l’activité permet de couvrir les besoins de la consom mation familiale. Elles pratiquent la collecte des fruits et noix de karité de juillet à septembre comme activité com plémentaire. Il existe également quelques collectrices pour qui il s’agit d’une activité principale. En général, les femmes ramassent d’abord les fruits dis ponibles en brousse puis ceux de leurs champs à leur retour de la brousse. Du fait d’une concurrence de plus en plus forte sur la ressource, le ramassage commence très tôt le matin. Il arrive que ces collectrices achètent également des amandes à d’autres collectrices en passant de conces sions en concessions. Certaines, se déplacent même sur des marchés distants de plusieurs dizaines de kilo mètres dans le seul but d’acheter des amandes. On re trouve aussi dans le maillon, des enfants, des hommes ( ceux-ci se contentent généralement de la collecte dans leurs champs ). L’activité de collecte des amandes de karité constitue un droit d’usage reconnu aux populations. Toutefois, les arbres situés dans les champs sont traditionnellement exploités par les propriétaires de ces derniers. Pour Sama et al. ( 2010 ), la catégorie sociale la plus concernée est notamment le groupe des femmes et des enfants ; les hommes venant en troisième position. Ils as surent la cueillette ou la récolte des fruits de karité. Les produits sont destinés à l’autoconsommation et à la com mercialisation. La cueillette ou la récolte des fruits de ka rité, demeure jusqu’à nos jours, une activité secondaire 22 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 pour les populations locales ( l’activité principale étant l’agriculture ). Les produits sont directement récoltés dans les champs, les vergers, la brousse et dans les forêts. Dabiré ( 2010 ) souligne que les femmes représentent 98 % des producteurs dans sa zone d’étude, et que bon nombre d’entre eux ne sont pas alphabétisés ou n’ont pas reçu une éducation formelle. Les transformateurs L’activité de transformation du karité consiste générale ment en l’extraction du beurre de karité et à la fabrica tion de savon, de pommades et produits cosmétiques. Il se développe de plus en plus des unités de transfor mation tenues par des associations, des groupements ou des entreprises privées. Les femmes sont les plus grandes animatrices de ce maillon ( transformation ). Elles sont pour la plupart organisées en groupement ou asso ciation contrairement aux producteurs / collecteurs. Ces acteurs sont installés aussi bien dans les zones rurales que dans les centres urbains. La transformation des amandes de karité est en grande partie artisanale et semi-industrielle. Au niveau artisanal, la transformation se fait surtout par les femmes soit de façon individuelle, soit de façon organisées en associa tions ou en groupements : � Les transformateurs utilisant des moyens artisa naux emploient un personnel dont le nombre est en moyenne de 9 personnes ( entre 1 – le promoteur lui même – et 30 ). Une grande partie de ce personnel est rémunérée à la tâche, bien que certaines de ces entreprises individuelles utilisent des permanents . � Les transformateurs utilisant des moyens semi-indus triels résident pour la plupart, dans les grandes villes ( Ouagadougou, Sissili-Ziri ( Leo ), Fada-N’Gourma, Banfora, Bobo-Dioulasso et Ouahigouya, Gaoua ) mais aussi dans certaines localités rurales. L’activité de transformation constitue leur principale activité. Le personnel de ces PMEF varie de 1 ( le promoteur lui même ) à 450 personnes dont une majorité de tempo raires . Le personnel est le plus souvent rémunéré au rendement. Les zones rurales du pays restent les lieux d’approvisionnement privilégiés pour ces promoteurs. Aujourd’hui, une activité industrielle s’est dévelop pée autour de la transformation du beurre en produits cosmétiques. Les commerçants L’activité des commerçants est liée à la saisonnalité des produits du karité. Parmi les commerçants, on ren contre les collecteurs, les grossistes, les exportateurs, les semi-grossistes et les détaillants. Ces commerçants ne sont généralement pas spécialisés dans un produit donné. Ils passent de produits en produits en fonction de la période de disponibilité de ceux-ci. On rencontre dans ce groupe les sociétés privées. Ces structures s’intéressent le plus souvent aux produits des tinés à l’exportation ( amandes de karité et beurre de ka rité ) ( Sama et al., 2010 ). Ce sont des structures assez organisées qui le plus souvent, évoluent dans les villes. � Les commerçants collecteurs résident le plus souvent, dans les centres secondaires et combinent plusieurs modes de collecte ( achats directs aux producteurs, mise en place d’un réseau de collecteurs villageois ). Ils constituent des stocks et procèdent à des ventes en gros, demi gros ou en détail. Ils achètent les produits dans les marchés locaux et en bordures des routes. � Les grossistes / exportateurs résident dans les grands centres urbains ( Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora, Fada N’Gourma, chefs lieux des Régions ou des provinces ). Ils procèdent à l’achat direct auprès des producteurs et des commerçants collecteurs ou à travers leurs réseaux d’acheteurs / collecteurs. Les grossistes s’intéressent généralement à plusieurs produits . � Les semi-grossistes et les commerçants détaillants : Ils sont eux-mêmes parfois des producteurs. Ils s’appro visionnent auprès des grossistes et des intermédiaires, pour servir à leur tour les transformateurs et / ou les consommateurs sur les marchés et les villes. Ils évo luent majoritairement dans l’informel. On y retrouve, cependant, des groupements et quelques SARL dans les grandes villes . La plupart emploie peu de person nel ( 1 à 5 employés ). Les transporteurs Ils sont moins spécialisés et transportent le plus souvent tous types de produits. Le transport des produits est le plus souvent assuré par des moyens de locomotion des producteurs et des commerçants. Ainsi les produits sont convoyés vers les points de vente à pieds, sur des vélos, des charrettes et des transports en commun. Les pro duits sont très souvent transportés en vrac avec d’autres produits de nature différentes. Les consommateurs Le groupe des consommateurs est disparate et se loca lise tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Il est consti tué des ménages, des individus, des restaurants, des cantines, etc. 23ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Les structures d’accompagnement et les partenaires techniques et financiers Il s’agit des structures étatiques, des collectivités territo riales, des projets et programmes de développement, des institutions de recherche, des institutions internationales, des ONG, des institutions de crédits ainsi que des organi sations à caractère interprofessionnel, qui accompagnent techniquement et / ou financièrement les acteurs directs. Ils sont nombreux, mais leurs interventions sont parfois moins concertées et leur capitalisation demeure partielle. CONTEXTE ÉCONOMIQUE PRÉSENTATION DE LA CHAÎNE DE VALEUR La chaîne de valeur du karité possède une caractéris tique qui rend son organisation spécifique. Les produits du karité sont en grande partie vendus à l’état brut à des acheteurs qui ont développé des unités de transforma tion dans leurs pays respectifs. Jusqu’à récemment la transformation locale ne concernait qu’un faible taux de l’ensemble de la production nationale d’amandes de ka rité. Aujourd’hui, la filière karité s’est considérablement développée vers un processus d’exportation d’amandes et de beurre. Avec l’implantation d’usines industrielles à forte capacité de transformation, le taux d’exportation de beurre devrait atteindre 66 % des exportations totales. La chaîne de valeur du karité est structurée de la ma nière suivante : Les intrants : approvisionnement au niveau national ou international L’arbre à karité pousse à l’état sauvage un peu partout sur le territoire du Burkina Faso, dans les parcs agrofo restiers, dans les champs ( privés ou communautaires ) ou en brousse. Il n’exige aucun traitement spécifique hor mis quelques aménagements, l’entretien étant réalisé à l’occasion des travaux champêtres par les agriculteurs ( hommes et femmes ). Ainsi, lors des travaux dans les champs, lors de l’organisation des jachères ou du reboi sement, les grands pieds sont préservés. Les réglemen tations et le classement des forêts favorisent également la préservation des arbres à karité. Cependant, le droit de cueillette des fruits de l’arbre est déterminé par le pro priétaire du terrain où il pousse. Le principal prérequis à l’assurance d’un approvisionnement suffisant est donc la permission donnée aux femmes d’accéder aux fruits. La production La récolte des fruits est effectuée par les femmes qui ont la charge de collecter les noix pour la fabrication du beurre. Cette phase s’étale de juin à septembre, en parallèle aux autres activités champêtres ( cultures vivrières et cultures de rente : maïs, riz, sorgho blanc et rouge, petit-mil, coton, arachides, etc. ). Le ramassage se fait, soit de manière individuelle au sein des cellules familiales, soit dans le cadre des organisa tions de femmes ( groupements villageois, associations, unions, fédérations ), sur les terrains privés ou commu nautaires. Le ramassage ne nécessite aucun investisse ment préalable, hormis une bonne condition physique et quelques matériels ( paniers, pots, bassines, charrettes asines et bovines, etc. ). Le traitement de la noix doit être effectué au maximum trois jours après la collecte pour éviter toute germina tion. Il consiste à dépulper les fruits afin de récupérer les noix, que l’on fait bouillir, avant de les mettre à sécher au soleil ( 4 à 10 jours ). Les noix sont ensuite décortiquées par pilonnage afin d’en extraire les amandes. Celles-ci sont stockées par chaque femme, jusqu’à leur vente sur le marché local, ou directement à des organisations de femmes ou des commerçants. Pour un sac de 100 kg d’amandes, un producteur gagne au moins 7 000 FCFA . Les équipements utilisés restent simples pour les pro cédés artisanaux ( foyer traditionnel ou améliorés, mar mites, bassines, mortier, pilon, calebasses ). En revanche, dans le cadre de la transformation semi-industrielle, on trouve des concasseurs mécaniques, des torréfacteurs, des broyeurs, de grandes cuves ou des bassins de fil trage mécanique. La transformation L’extraction du beurre de karité peut se faire, soit de fa çon traditionnelle ( extraction manuelle ), soit de façon se mi-industrielle ( extraction par pression mécanique ), soit de façon industrielle ( extraction par solvant ). La transformation artisanale est réalisée aussi bien par des femmes travaillant seules ou en famille, que par des groupements de femmes. Elle reste très répandue en rai son de sa faible demande en investissement. La produc tion de beurre de manière traditionnelle concerne environ 10 % de la production totale d’amandes,et les producteurs de beurre gagnent autour de FCFA 19 800 pour 100 kg d’amandes transformées. La transformation semi-industrielle correspond à envi ron10 % de la production totale. Elle est réalisée généra lement par des organisations de femmes ayant un centre de production de beurre 15. En effet, plusieurs unités de transformation ont réussi à mécaniser une partie de leurs 15. Badini Z., Kaboré M., van der Mheen-Sluijer J., et Vellema S., Chaînes de valorisation de la filière karité au Burkina Faso, 2011, Value Chains for Pro-poor Development ( VC4PD ) Research Paper, No. 14. ( http : / / www.dgis.wur.nl / UK / VC4PD / ) (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 24 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 activités. Grâce au support financier et technique de par tenaires nationaux et internationaux, ces organisations pénètrent à présent les marchés internationaux de beurre conventionnel, bio et équitable16. Ces unités de fabrica tion ont malgré tout une faible capacité de production en raison du manque de financement et d’équipement adé quat. Très souvent, la transformation semi-industrielle est associée à la transformation manuelle afin d’augmenter la capacité de production. Le beurre est vendu aux trans formateurs nationaux et internationaux, sur les marchés de niche ( marché équitable, bio, etc. ), ou sur le marché local ( supermarché, etc. ). Les unités de transformation industrielle restent limitées au Burkina Faso. Toutefois, elles possèdent une forte ca pacité de trituration. On trouve dans le pays un nombre li mité de sociétés de transformation industrielle. Les unités installées à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou ont une capacité de production représentant environ 30 % de la production totale. Le processus est totalement mécanisé et l’extraction de beurre est faite par solvant. Ces entre prises achètent les amandes auprès des coopératives ou des commerçants-collecteurs. Tel que mentionné précédemment, à l’international, le beurre de karité est utilisé comme matière première pour la fabrication de multiples produits, notamment cosmé tiques. Au Burkina-Faso, le beurre est d’abord utilisé sur le plan alimentaire, la part de beurre dédiée aux produits cosmétiques représentant environ 5 % du total de beurre transformé, soit 6 697 tonnes de beurre ( APFNL ). La distribution et commercialisation sur les marchés La distribution et la commercialisation sont menées sur trois niveaux. Le premier concerne les productrices qui 16. CIFEM2-2012-241 se rendent directement sur le marché local à pied, à vélo ou en charrettes. Le deuxième niveau est le fait de commerçants-collec teurs qui disposent de moyens de transport appropriés et collectent pour le compte de grands commerçants ou des sociétés commerciales. Ils sont généralement localisés dans le même rayon d’action que les produc trices : ils résident dans les villages et connaissent le mi lieu villageois. Les grands commerçants ou les sociétés commerciales leur avancent les sommes nécessaires à l’achat des amandes pour un prix fixé à l’avance, et qui correspondent à un quota bien précis. Les com merçants-collecteurs jouent donc un rôle décisif dans la collecte des amandes. Les grands commerçants ou les sociétés commerciales peuvent solliciter les services de plusieurs commerçants-collecteurs qui gagnent en moyenne FCFA 1 000 pour un sac de 100 kg d’amandes. Un troisième niveau concerne l’acheminement vers le port en vue d’exportations. Il consiste soit en importantes quantités d’amandes rassemblées par des distributeurs ( environ FCFA 5 000 pour 100 kg d’amandes ), soit en beurre de karité transformé par les unités de traitement des organisations de femmes. Les acteurs impliqués à ce niveau sont donc les organisations de femmes et les grands commerçants ou sociétés commerciales. Les organisations de femmes collectent directement les amandes chez les productrices adhérentes à l’organisa tion. La différence entre ces organisations et les commer çants-collecteurs réside dans le fait qu’elles se chargent de la transformation des amandes en beurre, puis ex portent ce dernier directement. Néanmoins, certaines organisations se positionnent au même niveau que les grands commerçants, en livrant des amandes collectées aux sociétés exportatrices. 25ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ G ra p h iq u e 7 : C h aî n e d e va le u r ac tu e lle In tr an tsC ol le ct e de s am an de s G ro up em en ts de fe m m es C ol le ct eu rs in di vi du el s Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n pa r so lv an t) D an em ar k, G ha na ,S in ga po ur ,T og o M ai n d’ œ uv re E au Lé ge nd e C om po sa nt e N at io na le C om po sa nt e In te rn at io na le B eu rr e A m an de s E xp or ta tio n Tr an sf or m at io n : F ab ric at io n de pr od ui ts co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs (u si ne s d’ ex tr ac tio n m éc an iq ue e t ra ffi ne rie s /r ée xp or ta tio n) M ar ch é N at io na l P ro du its co sm ét iq ue s G ro ss is te s di st rib ut eu rs A m an de s C ôt e d’ Iv oi re Fr an ce ,P ay s B as ,A lle m ag ne ,U S A ,C an ad a, B ré si l, Ja po n In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs G ro ss is te s di st rib ut eu rs Be ur re E qu ip em en t A ut oc on so m m at io n et ve nt es ru ra le s A ge nt s S éc ha ge T ri La va ge C on ca ss ag e T or ré fa ct io n E xt ra ct io n pa s so lv an t Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n tr ad iti on ne lle ) S éc ha ge La va ge T ri C on ca ss ag e T or ré fa ct io n B ar at ta ge / La va ge C ui ss on S ép ar at io n P ur ifi ca tio n /D éc an ta tio n M ou tu re F ilt ra tio n/ C la rif ic at io n Tr ai te m en t de s no ix C ui ss on D ép ul pa ge S éc ha ge D éc or tic ag e R am as sa ge de s fr ui ts G ro up em en ts de s fe m m es C ol le ct eu rs in di vi du el s E ne rg ie R & D Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n pa r pr es si on m éc an iq ue ) S éc ha ge T ri La va ge C on ca ss ag e T or ré fa ct io n P ur ifi ca tio n, D éc an ta tio nP re ss ag e F ilt ra tio n/ C la rif ic at io n V en te de s am an de s da ns le s m ar ch és vi lla ge oi s Co m m er ça nt s G ro up em en ts d es fe m m es Co nd iti on ne m en t V ap or is at io n du so lv an tp ar ch au ffa ge du m el an ge 30 % de s fr ui ts co lle ct és In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs ( us in es d’ ex tr ac tio n m éc an iq ue e t ra ffi ne rie s /r ée xp or ta tio n G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n Ch oc ol at er ie Ré ex po rt at io n C on di tio nn em en t S em is /g re ff es S ol va nt In tr an ts : Es pa ce d e ré co lte d es fr ui ts P ar cs à ka rit é C ha m ps pe rs on ne ls F or êt S eg m en tà m aj or ité fé m in in C ha m ps de fa m ill e St oc ka ge S to ck ag e U S A ,C an ad a S er vi ce s d’ ap pu i a u co m m er ce T ra ns po rt ,s er vi ce s do ua ni er s, G ro up em en td es tr an si ta ire s du B ur ki na La bo ra to ire s et or ga ni sa tio n de tr ai te m en t ph yt os an ita ire ,d e co nt rô le qu al ité et de ce rt ifi ca tio n B an qu es :S er vi ce s fin an ci er s ,F in an ce m en ts ,A P B E F , C oo rd in at io n N at io na le du F on ds C om m un po ur le s pr od ui ts de B as e S er vi ce s te ch ni qu es et m ai nt en an ce s A P E X B F C E F O R E F IA B A B N or m S P P M F C C I B F A P F N L (M E R H ) R E K A F C M A B F M E B F F A F P A T F K C A M C O C N C F C F N U G G F D G T T M D G I( M IC A ) D G V R I( M R S I) D G P E R D G A T /P LR IR S A T (M R S I) D G F O M R D G C (M IC A ) U N M O C IR D G P E F (M F P G ) IN E R A (M R S I) D G E P (M E F ) D G F F (M E R H ) D G C O O P (M E F ) C N A (M A S A ) C N S F (M E R H ) S P C O N E D D , * La n ou ve lle u si ne d ’e xt ra ct io n pa r so lv an t c ha ng e dr as tiq ue m en t c es c hi ffr es Bo ut iq ue s de co sm ét iq ue s Ch oc ol at er ie Bo ut iq ue s de co sm ét iq ue s In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs G ro ss is te s di st rib ut eu rs Ré ex po rt at io n Ch oc ol at er ie Bo ut iq ue s de co sm ét iq ue s R ée xp or ta tio n Ch oc ol at er ie Bo ut iq ue s de co sm ét iq ue s 26 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 G ra p h iq u e 8 : C o ns o m m at io n d ’é n e rg ie e t g é n é ra tio n d e d é c h e ts d an s la p ro d u c tio n tr ad iti o nn e lle d ’a m an d e s e t d e b e u rr e 17 17 . T ra d u ct io n et a d ap tio ns IT C ; S o u rc e : N o u m i E .S ., D ab at M H ., et B lin J ., E ne rg y ef fic ie nc y an d w as te r eu se : A s o lu tio n fo r su st ai na b ili ty in p o o r W es t A fri ca n co un tr ie s? C as e st ud y o f t he s he a b ut te r su p p ly c ha in in B ur ki na F as o , 2 01 3, J o u rn al o f R en ew ab le a nd S u st ai na b le E ne rg y 5, 0 53 13 4, p .7 .( h tt p : / / d x. d o i.o rg / 1 0. 10 63 / 1 .4 82 44 32 ) F ru its f ra is (1 0 0 kg ) É p lu ch a g e P u lp e f ra îc h e 5 0 kg N o ix f ra îc h e s (5 0 K g ) C u is so n E a u e t b o is (2 9 k g ) S é ch a g e S o le il (~ 5 0 h ) É va p o ra tio n d ’e a u (4 2 ,3 1 % d u p o id s) N o ix s è ch e s (3 0 kg ) D é co rt ic a g e C o q u e s (7 k g ) A m a n d e s (1 9 K g ) S é ch a g e L a va g e T ri C o n ca ss a g e (m a n u e l o u m é ca n iq u e ) T o rr é fa ct io n B a ra tt a g e / L a va g e C u is so n S é p a ra tio n P u ri fic a tio n /d é ca n ta tio n M o u tu re F ilt ra tio n / C la ri fic a tio n E a u S o le il B o is (7 kg ) E a u e t b o is (8 .5 kg ) B o u e (9 .8 8 K g ) Im p u re té s B o is (7 kg ) B e u rr e (6 ,5 2 K g ) T o u rt e a u (3 ,6 5 K g ) S o le il P ro ce ss u s d e t ra n sf o rm a tio n B e so in s é n e rg é tiq u e s D é ch e ts d e p ro d u ct io n s 27ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ L’exportation Les sociétés commerciales, les unités industrielles et les exportateurs indépendants, constituent les derniers mail lons à partir desquels le produit brut est expédié sur le marché international. Certaines de ces sociétés sont pré sentes localement durant la saison de collecte. La plupart des coopératives exportatrices sont organi sées et financées par des exportateurs ou partenaires financiers internationaux. Celles qui possèdent des uni tés de transformation ( semi-industrielle ) exportent le beurre produit vers les marchés de niche ( marché équi table etc. ). LE MARCHÉ MONDIAL DU KARITÉ Le marché international du karité est séparé en deux groupes de produits : les huiles et graisses alimentaires ( actuellement environ 90 % des débouchés du karité ), et les autres produits – cosmétiques et non-alimentaires. Cette section présente les tendances commerciales de ces deux groupes de produits. Huile et graisses – Utilisations et tendances La stéarine du karité est utilisée dans de nombreux pro duits alimentaires et non-alimentaires. Grâce à ses points de fusion et d’ébullition élevés, elle permet de stabiliser un produit, ce qui facilite son stockage ou sa friture. De nom breuses margarines, pâtes à tartiner, et autres matières grasses, sont formulées à partir de la stéarine de karité. Pour le moment, la demande la plus lucrative pour le karité – et probablement le meilleur exemple de l’avan tage compétitif du karité – réside dans son utilisation comme équivalent / alternative au beurre de cacao ( CBE ). Historiquement, les plus gros efforts pour développer le commerce du karité, et renforcer ses avantages compé titifs, se sont basés sur son potentiel d’être une source fiable et durable de matière grasse en alternative au beurre de cacao. Les CBE contiennent en général en viron 20 à 30 % de stéarine de karité et de 70 à 80 % de stéarine d’huile de palme. Encadré 2 : Applications des équivalents du beurre de cacao Par l’exercice d’un contrôle approprié sur la sélection du matériau brut / des ingrédients, le fabri cant de chocolat peut optimiser la qualité de son chocolat CBE et le vendre comme produit de pre mière qualité. Les caractéristiques d’un CBE peuvent être modifiées de telles manières qu’il peut être utilisé pour produire des produits qui ne pourraient normalement pas être fait de purs beurres de cacao. Les chocolats CBE sont utilisés dans une vaste gamme d’application : • Moulés : barres, tablettes, figurines creuses, brisures ; • Enrobés : comme le revêtement sur un centre (dragées, gaufres, biscuits, cookies, gâteaux, etc.) ; et • Extrusion : vermicelles de chocolat, bâtonnets. Le CBE est une matière grasse adaptée, formulée à partir de fractions de matières grasses végé tales sélectionnées avec soin, comme la palme, l’illipé, le karité et le shoréa. Néanmoins, les alternatives, équivalent ou améliorant au beurre de cacao (CBA / CBE / CBI), éti quetés comme matières grasses alternatives au cacao, contiennent des triacylglycérides (TAG) d’huile de palme qui sont en fait de mauvaise publicité. En conséquence, à moins de contenir une source différente de POP-TAG (Palmitique-Oléique-Palmitique) pouvant se combiner avec le prin cipal StOSt-TAG (Stéarique-Oléique-Stéarique) du karité, les connotations négatives gênent l’aug mentation de la visibilité des matières grasses autres que le cacao. En termes légaux, le chocolat répond à des règlementations internationales différentes. Au sein de l’UE, la législation n’autorise que 5 % du beurre de cacao à être remplacé par les matières grasses autres que le cacao. Au Japon la législation autorise un niveau de remplacement supérieur à 60 %. Source : Loh H. Specialty fats – How food manufacturers can get more out of them, 2008, Lipid Technology, 20 ( 2 ): 35-39 et Dr. Lovett. 28 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 3 : Les aspects du karité positifs pour la santé Puisqu’on sait que l’acide stéarique ne fait pas monter le niveau de cholestérol LDL, le DGAC (Guide diététique pour les américains) recommande que l’acide stéarique ne soit pas placé dans la catégorie des « matières grasses élevant le cholestérol », qui comprend les AGS C12, C14, C16, ainsi que des acides gras trans. Les aliments à forte teneur en acide stéarique, comme le chocolat noir et l’huile d’amande de karité, ne doivent pas être considérés comme probléma tiques comme les autres aliments contenant des AGS ou des AGT. Source : http: / / www.cnpp.usda.gov / dgas2010-dgacreport.htm ( en anglais ) Puisque la majorité du karité est utilisé comme ingrédient dans les CBA / CBE / CBI, la demande mondiale de karité est donc directement liée à l’intérêt global des consomma teurs pour le marché de la confiserie et au prix du beurre de cacao. Au cours des dernières années, la baisse de la demande pour le karité s’explique par un manque de pouvoir d’achat des consommateurs et un surplus de production de cacao, qui se sont traduit par une chute des prix du beurre de cacao. Cette chute est probable ment en lien avec la demande de cacao en poudre qui a dépassé celle de beurre de cacao, dans la mesure où les produits en cacao consommés sur les marchés émer gents sont faits à base de cacao en poudre, y compris les gâteaux au chocolat et les glaces ( voir graphique 9 ). Des indicateurs montrent que dans le monde occidental, la confiance des consommateurs est revenue. Malgré le fait que l’approvisionnement de la Côte d’Ivoire est re venu à la situation normale d’avant le conflit, les 12 der niers mois ( mars 2013 – mars 2014 ) ont vu les prix de la tonne de fève de cacao augmenter de $E.-U. 2 200 à $E.-U. 3 000 par tonne18 ( voir graphique 9 ). 18. http : / / www.nasdaq.com / markets / cocoa.aspx?timeframe=1y ( en anglais ) Cette augmentation fait suite à l’inquiétude croissante d’une pénurie dans la production de cacao dans les an nées à venir.19 Le niveau des prix du beurre de cacao est également de retour à hauteur de ses meilleures années, à environ ~ 2,50 20, ce qui implique que le prix du beurre de cacao se situe à environ $ E.-U. 7 500 la tonne. Ces facteurs, associés à des prix attractifs pour les CBE ( ap proximativement à 60 % du prix du beurre de cacao ) ain si qu’à une large récolte d’amandes de karité en 2013, confirment que saison karité 2013 / 2014 est probablement la meilleure du commerce de l’amande de karité dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il faut aussi noter l’importante relation entre les cours du beurre de cacao et le prix du karité ( voir graphique 10 ). 19. http : / / www.businessweek.com / articles / 2013-02-07 / higher chocolate-prices-may-follow-africas-cocoa-shortfall ( en anglais ) 20. « Lorsque les noix de cacao sont moulues cela donne 2 parties à peu près égales de beurre, qu idonne au chocolats a texture, et la poudre utilisé dans les gâteaux, les biscuits et les boissons. Le prix du beurre est établi en multipliant le prix futur du cacao sur les bourses de Londres et à New York par le ratio ». Pour plus d’information : http : / / www.reuters.com / article / 2013 / 11 / 29 / cocoa-physicals idUSL4N0JE13B20131129( anglais ) ou http : / / www.futuresmag. com / 2014 / 01 / 02 / has-the-cocoa-bull-had-it-after-crop-surprise ( anglais ) (cc BY-NC-ND 2.0) SOCODEVI. Mise en pot du beurre de karité. 29ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Graphique 9 : Vingt-cinq années de commerce de la fève de cacao Source : http: / / www.indexmundi.com / commodities / ?commodity=cocoa-beans&months=180 ( en anglais ) Graphique 10 : Les prix du beurre de cacao dictent la demande de karité Source : https: / / www.lmc.co.uk / Cocoa-Alternatives to Cocoa Butter The outlook for CBEs CBSs and exotic fats ( en anglais) 30 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Les entreprises d’extraction et de transformation du karité et la formulation des CBE Il existe pour le moment un nombre important d’usines d’extraction de beurre de karité en Afrique de l’Ouest. Au Ghana, une huitième usine vient de voir le jour, et le Burkina Faso vient aussi de se doter d’une nouvelle usine. Elles viennent s’ajouter aux nombreuses autres usines déjà installées dans les sept principaux pays exporta teurs de karité. Par conséquent, la région aura bientôt la capacité d’extraire ou de transformer la quasi-totali té de ses récoltes, largement destinées à l’export. Avec une demande en nette progression pour le beurre de karité et de produits fractionnés, cette croissance de la capacité de l’Afrique de l’Ouest représente un dévelop pement intéressant, et permet d’envisager des opportu nités plus nombreuses pour renforcer la valorisation sur le continent africain. C’est aussi une chance de réduire les inefficiences de la chaîne d’approvisionnement en rapprochant plus étroite ment l’approvisionnement de matériau brut des centres de transformation. Cela permettrait de réduire les coûts de transport des matériaux en vrac non traités, et une meilleure communication avec les producteurs sur les exigences en matière d’approvisionnement d’amandes de karité ( qualité, volume, variété, certification, etc. ). Tableau 2 : Usines ouest-africaines de transformation du karité – estimation des capacités 2014 21, 22 Lieu Capacité estimée Méthodes de traitement Bamako, Mali 10 000 Extraction mécanique Bida, Nigéria 3 000 Extraction mécanique Bobo-Dioulasso, Burkina Faso 3 000 Extraction mécanique – chaîne d’approvisionnement certifiée Bobo-Dioulasso, Burkina Faso 75 000 Extraction mécanique / extraction par solvant Bohicon, Bénin 18 000 Extraction mécanique / par solvant – saisonnière Bouake, Côte d’Ivoire 7 500 Extraction mécanique Buipe, Ghana 1 200 Extraction mécanique à eau / centrifuge – chaîne d’approvisionnement certifiée Buipe, Ghana 40 000 Extraction mécanique Juaben, Ghana 6 000 Extraction mécanique – saisonnière Korhogo, Côte d’Ivoire 7 500 Extraction mécanique Lagos, Nigéria 10 000 Extraction mécanique Lomé, Togo 15 000 Extraction mécanique / par solvant – saisonnière Makurdi, Nigéria 1 500 Extraction mécanique Ouagadougou, Burkina Faso 1 500 Extraction mécanique Savelugu, Ghana 12 000 Extraction mécanique – chaîne d’approvisionnement certifiée Techiman, Ghana 60 000 Extraction mécanique / extraction par solvant / fractionnement Tema, Ghana 70 000 Extraction mécanique / extraction par solvant / fractionnement Tema, Ghana 60 000 Extraction mécanique et à l’hexane Tema, Ghana 8 000 Extraction mécanique Tema, Ghana 60 000 Nouvelle usine de raffinement ( 200 t / jour ) ( ouverture 2015 ) 476 000 TEK en capacité de traitement annuel Source : Compilation du Dr. Lovett pour l’ITC. 21. Lovett P. N., Élaboration d’une stratégie sectorielle d’exportation et de développement de la filière amandes de karité au Burkina Faso, Analyse du marché mondial, régional et national de l’amande de karité, 2014, Rapport de consultance pour l’ITC. ( Inclut des usines ne fonctionnant pas encore ) 22. http: / / www.watradehub.com / fr / activites / tradewinds / sep11 / le-secteur-dynamique-et-robuste-du-karité-connait-une-expansion-rapide 31ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Au niveau international, on compte de nombreuses so ciétés internationales investies et impliquées dans le ka rité, comme AAK, Loders Croklaan, 3F, Wilmar, Fuji Oil / Itochu, Intercontinental Specialty Fats SdnBhd. ( ISF ), Nisshin Oillio Group et Cargill. Actuellement, le secteur possède néanmoins la forme d’un sablier, avec de nom breux producteurs, de nombreux utilisateurs, tous disper sés, mais un nombre limité de sociétés qui les connecte. L’annexe 3 présente la liste des principaux acheteurs de karité, les entreprises de fractionnement, celles de formu lation de CBA, les raffineries, et les constructeurs d’équi pement de transformation de l’huile végétale. Cependant, certains maillons manquent encore pour améliorer cette chaîne d’approvisionnement. Première ment, de nombreuses usines citées plus haut ne sont pas encore entièrement opérationnelles, ou bien opèrent en dessous de leurs capacités, ou encore sont à l’état de projets qui doivent être menés à terme ou rénovés. Deuxièmement, dans toute la sous-région, il n’y a pas encore de capacité pour produire de l’oléine fractionnée de qualité alimentaire, et il n’existe pas d’usine pouvant raffiner du beurre complet de karité selon les mêmes normes que nos partenaires en Europe ( avec les mêmes normes de traitement et d’emballage – ISO, HACCP, cer tifiés bio et commerce équitable ). La capacité de pro duction en masse des cosmétiques à base de karité de haute qualité est également limitée. Enfin, il n’y a pas non plus d’installations pour la formulation de CBE dans la sous-région . Les statistiques mondiales d’export et import d’amandes de karité Le marché mondial du karité est en forte expansion de puis plus de dix ans : la valeur totale des exportations d’Afrique de l’Ouest a été multipliée par douze entre 2000 et 2010 ( voir tableau 3 ). Selon les projections, la valeur totale des exportations de karité pourrait encore tripler entre 2010 et 2020 . Tableau 3 : Deux décennies de croissance de la valeur des exportations ouest-africaines de karité 23 Année Est. Totale karité exporté ( TEK ) Exportation d’amandes ( t ) Prix FAB des amandes ( $ E.-U. / t ) Valeur des amandes exportées / ( $ E.-U. ) Beurre industriel ( t ) Beurre artisanal ( t ) Prix FAB beurre ( $ E.-U. / t ) Valeur totale du beurre exporté ( $ E.-U. ) Valeur totale du karité exporté ( $ E.-U. ) 2000 101 500 100 000 100 10 000 000 - 500 3 000 1 500 000 11 500 000 2005 158 000 140 000 150 21 000 000 5 000 1 000 2 000 12 000 000 33 000 000 2010 340 000 175 000 300 52 500 000 50 000 5 000 1 500 82 500 000 135 000 000 2015 530 000 200 000 350 70 000 000 100 000 10 000 1 200 132 000 000 202 000 000 2020 950 000 290 000 400 116 000 000 200 000 20 000 1 300 286 000 000 402 000 000 Source : Estimations du Dr. Lovett pour l’ITC. Tableau 4 : Exportations officielles d’amandes de karité Année Total des exportations d’amandes de karité de la CEDEAO ( en millions $E.-U ) 2002 5,03 2003 2,33 2004 9,33 2005 31,76 2006 29,95 2007 73,61 2008 64,14 2009 35,10 2010 28,85 2011 54,46 2012 22,64 Les 10 pays les plus gros importateurs d’amandes de karité en provenance de la CEDEAO Taux d'évolution entre 2002 et 2012 des importations d’amandes de karité Danemark 2401,21 % Ghana 123,21 % Singapour 132,98 % Pays-Bas 526,51 % Espagne 2,38 % Côte d'Ivoire 56,33 % Togo -21,63 % Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. 23. Les données en italique sont des prévisions basées sur une croissance annuelle de 12%, extrapolées à partir de la décennie précédente. 32 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Tableau 5 : Top 10 des pays importateurs d’amandes de karité ( SH-120799 ) en provenance d’Afrique de l’Ouest Rang Période 2002-04 Période 2010-12 Pays Valeur $ E.-U ( millions ) Part Pays Valeur $ E.-U ( millions ) Part 1 GHA Ghana 3104,07 32,17 DNK Danemark 14412,76 37,6 2 SGP Singapour 1593,94 16,52 GHA Ghana 6928,52 18,25 3 UNS Non-spécifié 845,29 8,76 IND Inde 4343,66 11,44 4 TGO Togo 666,44 6,91 SGP Singapore 3713,58 9,78 5 ESP Espagne 643,65 6,67 NLD Pays-Bas 2409,41 6,35 6 DNK Danemark 576,23 5,97 NGA Nigéria 914,83 2,41 7 NLD Pays-Bas 384,58 3,99 ESP Espagne 658,95 1,74 8 CIV Côte d’Ivoire 367,94 3,81 CIV Côte d’Ivoire 575,20 1,51 9 COL Colombie 364,41 3,78 TGO Togo 522,31 1,38 10 MUS Maurice 215,48 2,23 ECU Équateur 314,81 0,83 90,8 91,6 Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. L’analyse des données statistiques d’exportation d’amandes de karité des pays de l’Afrique confirme une forte croissance de celle-ci entre 2002 et 2012. Selon ces données ( voir tableau 4 ), le taux de croissance annuel moyen des exportations d’amandes d’Afrique de l’Ouest pour la période 2002-2011 ( 10 ans ) est de 26,9 %. Les destinations des exportations d’amandes de karité ont fortement évolué sur la période 2002-2012 ( voir ta bleau 5 ). Entre 2002 et 2004, les principales destinations des amandes de karité étaient le Ghana, Singapore, et le Togo, avec le Ghana comme le plus gros importateur ( $E.-U 3 104 millions ). Le commerce des amandes était très actif sur la période 2002-2004 au sein même de l’Afrique de l’Ouest, puisque parmi les 10 plus gros importateurs figuraient le Togo, le Nigéria et la Côte d’Ivoire. Une analyse de la situation pour la période 2010-2012 montre les changements importants qui se sont opé rés dans l’industrie. La première remarque concerne l’étonnante progression du Danemark, avec une aug mentation en 2010-2012 de 2 400 % de ses importa tions d’amandes de karité en provenance d’Afrique de l’Ouest. Le Danemark est aujourd’hui le plus gros im portateur d’amandes de karité d’Afrique de l’Ouest, avec $E.-U 14 milliards ( 38 % des importations mondiales ). Le Ghana s’est maintenu comme un importateur majeur d’amandes de karité avec $E.-U 6,9 milliards ( 18 % des importations mondiales ). L’Inde est à présent le troisième importateur mondial d’amandes de karité avec $ E.-U. 4,3 milliards ( 11 % des importations mondiales ). Autres produits –Cosmétiques La demande en beurre de karité pour les cosmétiques est apparue au milieu des années 1990 avec l’Occitane et The Body Shop ( TBS ) qui sont les premiers à intro duire du beurre de karité raffiné sur le marché. Avec seulement cinq tonnes achetées en 1994, TBS s’appro visionne à présent pour plus de 400 tonnes annuelles 24 depuis le Ghana, et l’Occitane s’approvisionne au Burkina Faso pour plus de 600 tonnes annuelles 25. Avec la mul tiplication des entreprises de transformation artisanales ( StarShea, Natura, Songtaaba, Alaffia, etc. ), le beurre de karité provenant de sources durables est en augmenta tion. Combinéau beurre transformé de manière indus trielle ( Shebu au Ghana et Olvea au Burkina Faso ), il est estimé qu’au moins 5 000 tonnes de beurre raffiné sont destinées au secteur des soins personnels. Avec un taux d’extraction d’environ 33 %, ce volume équivaut à une quantité comprise entre 15 000 et 25 000 TEK, soit envi ron 5 à 10 % des exportations totales d’amandes de ka rité d’Afrique de l’Ouest. 24. http : / / www.thebodyshop.co.uk / values / lilyghana.aspx ( en anglais ) 25. http : / / fr.loccitane.com / fp / Karité-un-partenariat-durable-avec-les femmes-du-Burkina-Faso,74,1,a1670.htm 33ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Encadré 4 : Plus de beurre industriel que traditionnel pour les cosmétiques Bien qu’il soit virtuellement impossible de le vérifier à cause du raffinage, du fractionnement, et de la production de concentrés, de dérivés et de produits finis, une quantité supplémentaire comprise entre 5 et 10 % de l’ensemble des exportations d’amandes de karité est estimée être transformée de manière industrielle puis utilisée dans le secteur des soins personnels. Cela re présente entre 10 et 15 % des exportations totales du karité utilisées dans le secteur global des cosmétiques, soit entre 30 000 et 50 000 TEK. Le beurre de karité est considéré comme particulièrement intéressant pour toute une série de produits cosmétiques, cosméceutiques et pharmaceutiques, à cause de son taux élevé d’insaponifiables – l’agent bioactif du beurre. Le beurre de karité est maintenant présent sous de nom breuses formes dans tout le secteur des soins personnels : � Brut ( extrait de manière artisanale ou industrielle en Afrique ) ; � Séché, micro-filtré et réemballé dans l’UE ; � Raffiné ( dégommé, javellisé et neutralisé pour réduire les acides gras libres ( AGL ), l’indice de peroxyde ( IP ), les odeurs et les couleurs ) ; � Fractionné ou hydrogéné ; � Sous forme de fractions concentrées d’insaponifiables ; � Sous forme de dérivés d’esters et de ( poly )glycols ; et � Certifié ( bio ou commerce équitable, halal, kasher, végétalien, sans cruauté, etc. ). Aujourd’hui, le beurre de karité entre dans la composi tion de beurres corporels hydratants ( jusqu’à 15-20 % du contenu ), de gels liquides pour douche ou de sham poings ( jusqu’à 15-20 % du contenu ), de savons ( jusqu’à 70-80 % du contenu ), de baumes à lèvres, et de nombreux autres produits de soin . En seulement deux décennies, les produits cosmétiques naturels ont eu une forte croissance internationale car les consommateurs, principalement occidentaux, consi dèrent le karité comme un produit naturel fourni avec des propriétés hydratantes et bioactives uniques. Dans les cinq prochaines années, les études de marché 26 in diquent que les ventes de produits cosmétiques natu rels ( karité et autres ) atteindront $E.-U. 6,3 milliards en 26. http : / / oneco.biofach.de / en / news / global-growth-in-the-natural cosmetics-sector--focus--8d9a565a-b367-4f6c-ad95-63bf7ba8ee22 / ( en anglais ) ( consulté le 02.04.14 ) ou http : / / www.cosmeticsdesign. com / Market-Trends / Global-market-for-organic-personal-care expected-to-continue-rapid-growth ( en anglais ) ( consulté le 02.04.14 ) Europe et $E.-U. 5,8 milliards aux États-Unis. La crois sance moyenne du secteur est estimée à 10 % pour la période 2012-2018. Le secteur des produits de soins na turels représente pour le moment seulement 2 % du mar ché total des cosmétiques, mais devrait peser 4 % en 2018. Il faut rappeler ici que les plus grosses quantités de beurre utilisées dans la formulation de produits cosmé tiques sont issues du raffinement et du fractionnement. Une large gamme de produits cosmétiques naturels est certifiée par des labels privés 27. De nombreux acheteurs ( marques ou distributeurs ) travaillent avec des labels dif férents, aux exigences spécifiques. Cette demande de label a souvent des coûts élevés pour les productrices et transformateurs, et ce pour un marché pour le moment relativement limité. Les labels les plus utilisé concernent le marché « bio » ( Ecocert, IMO, Soil association ) et le « commerce équitable » ( FLO-cert ). Pour s’assurer que leur chaîne d’approvisionnement reste constam ment certifiée, les entreprises qui bénéficient de ces la bels s’engagent à long terme avec les groupements de producteurs. 27. http : / / www.greenbiz.com / blog / 2011 / 11 / 15 / how-companies-are making-eco-labels-core-sustainability-strategy ( en anglais ) 34 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 5 : Des concurrents en vue Autrefois en concurrence avec les produits issus du pétrole, remarquons qu’on trouve aujourd’hui des diluants ( SP-8S ) sur le marché américain avec des propriétés similaires à celles du karité, mais développés à partir d’acides gras autres que ceux issus du karité et moins chers. Ces produits ne constituent pas encore un risque pour la filière karité dans la mesure où la production traditionnelle de karité offre un positionnement marketing avantageux. Pour le marché des cosmétiques, les éla borateurs de produits continuent de rechercher des ingrédients moins chers et plus facilement dis ponibles. Ces types de produits maintenant issus de la chimie verte sont en croissance rapide1. Les ingrédients pour les soins personnels populaires sont souvent produits à partir de palme, de canola, et d’autres huiles végétales produites industriellement, avec peu de considération pour les aspects sociaux ou environnementaux. La croissance de la filière karité sera largement basée sur sa capacité à promouvoir la valeur environnementale et sociale de son produit. Récemment, la demande croissante pour des produits cosmétiques issus de la chimie verte crée un nouveau créneau d’opportunités pour le karité. Les intrants de ces produits sont normalement tracés de manière durable, et utilisent des chaînes d’approvisionnement transparentes. Le lancement du récent Lipex ® SheaLight 28 démontre clairement que les biomolécules dérivées du karité de viennent de plus en plus populaires . 28. http : // www.in-cosmetics.com / novadocuments / 44517?v =635259790828930000( en anglais ) Statistiques mondiales d’export et import du beurre de karité L’analyse des données statistiques sur les exportations de beurre de karité des pays d’Afrique confirme une forte croissance de celles-ci entre 2002 et 2012. Selon ces données ( voir tableau 8 ), le taux de croissance annuel moyen des exportations de beurre de karité d’Afrique de l’Ouest pour la période 2002-2011 ( 10 ans ) est de 56,3 %. Tableau 6 : Exportations officielles d’amandes de karité Année Total des exportations de beurre de karité d’Afrique de l'Ouest (en millions $E.-U) 2002 0,21 2003 0,31 2004 3,71 2005 16,16 2006 0,67 2007 8,72 2008 10,00 2009 5,46 2010 10,72 2011 18,07 2012 7,27 Les pays les plus gros importateurs de de beurre de karité en provenance de la CEDEAO Taux d'évolution entre 2002 et 2012 des importations de beurre de karité Pays-Bas 2715,22 % France 1849,31 % Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. 35ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Tableau 7 : Top 10 des pays importateurs de beurre de karité ( SH-151590 ) en provenance d’Afrique de l’Ouest Rang Période 2010-12 Pays Valeur $ E.-U ( millions ) Part 1 NLD Pays-Bas 7168,91 51,26 2 DNK Danemark 2013,55 14,40 3 FRA France 1255,72 8,98 4 USA États-Unis 550,49 3,94 5 CAN Canada 404,33 2,89 6 DEU Allemagne 376,73 2,69 7 IND Inde 370,17 2,65 8 MYS Malaisie 352,66 2,52 9 RUS Russie 186,30 1,33 10 SGP Singapour 146,04 1,04 Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. L’analyse statistique de la période 2010-2012 des impor tations de beurre de karité démontre une forte concen tration des exportations mondiales vers seulement trois destinations : les Pays-Bas ( 51 % des importations ), le Danemark ( 14,4 % ) et la France ( 8,98 % ). Ces trois pays représentent à eux seuls environ 75 % des importations globales . Les Pays-Bas, avec leurs nombreuses usines de raffi nage, sont le plus gros importateur de beurre de karité depuis l’Afrique de l’Ouest, avec $E.-U 7,1 milliards. Il faut remarquer ici l’étonnante progression de plus de 2 700 % des importations de beurre de la part des Pays-Bas. Le Danemark est le deuxième importateur mondial de beurre de karité avec $E.-U 2 milliards. La France pour sa part représente un marché d’importation de beurre de karité d’une valeur de $E.-U 1,25 milliards. Autres produits–Marchés émergents La demande internationale pour des produits bio 29 a connu une croissance rapide ces dernières années, y compris pour les produits issus de la chimie verte qui utilise des acides gras naturels ( comme la stéarine ex traite et traitée dans sa forme pure mais issue de diverses sources ). Ces produits répondent mieux aux attentes des consommateurs conscients des impacts environnemen taux des produits dérivés du pétrole 30, et qui préfèrent favoriser le développement durable. Le tableau 8 donne une indication de l’importante palette de produits cosmé tiques et alimentaires, ainsi que non alimentaires, dans lesquels la stéarine est utilisée. 29. http : / / www.greenbiz.com / blog / 2012 / 05 / 24 / businesses-scramble keep-up-with-green-product-demand ( en anglais ) 30. http : / / www.plastice.org / fileadmin / files / PROBIP2009 Final June 2009.pdf ( en anglais ) Tableau 8 : Utilisation de la stéarine dans les produits modernes Durcissant pour bougies Savons Pastels à l’huile Suppléments diététiques Agents durcissant dans la confiserie Amollissant du caoutchouc Cosmétiques - lotions, crèmes Shampoings nacrés Crèmes rasantes Adoucisseurs textile Pharmacopée Plastiques Agents dispersant Agents libérateurs Encre Lubrifiants Pyrotechniques Cirage à chaussure Cirage à métal Activateurs d’accélération Revêtements Stabilisateurs Additifs rhéologiques libres Solvants durcisseurs 36 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Plus de 20 % de toute la production mondiale d’huile vé gétale est utilisée en tant que produits non-alimentaires pour l’homme, à savoir l’alimentation animale, les produits oléo-chimiques et les carburants bio. Avec la technolo gie moderne, presque tout produit biochimique industriel peut être utilisé pour produire des dérivés, et donc toute une série de produits chimiques utiles à l’homme. La question clef est la pertinence commerciale de ces pro duits. En termes de produits alimentaires, l’oléine du karité ( qui résulte du fractionnement du beurre, en parallèle à la production de stéarine ) possède une valeur commer ciale limitée, car elle reste inconnue des consommateurs. Elle est pourtant riche en agents bioactifs. L’oléine du ka rité peut être utilisée et émulsifiée dans les margarines, et même utilisée comme carburant bio, voir même être hydrogénée comme matériel de base dans la fabrication de cire à bougies. En terme de demande pour du karité non comestible, d’autres sous-produits de la production de beurre, comme les tourteaux, peuvent être commer cialisés comme engrais organiques ou biocarburant 31, ou encore pour la nourriture des volailles 32 ou d’autres élevages 33 . 31. Munir S., Nimmo W., Gibbs B.M., Shea meal and cotton stalk as potential fuels for co-combustion with coal. 2010, Bioresource Technology 101( 19 ) : 7614-23. 32. Dei H.K., Rose S.P., Mackenzie A.M., Pirgozliev V., MetabolizableEnergy in Different Shea Nut ( Vitellariaparadoxa ), 2008, Meal Samples for Broiler Chickens Poultry Science 87 :694–699. 33. Kishan K.M., Sudhakar K., Nagalakshmi D., Mahender M., Ramesh G.B., Viroji R.S.T., Performance of Lactating Murrah Buffaloes on Sheanut Cake ( VitellariaParadoxa ) Based Complete Diets,2010, Indian Journal of Animal Nutrition, 27( 4 ) : 389-395. LA PERFORMANCE COMMERCIALE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO En 2011, les amandes de karité représentaient 7 % des exportations du Burkina Faso ( en excluant les exporta tions d’or ). Après le coton, le bétail et le sésame, le karité représente donc une source importante de revenus pour le Burkina Faso. Selon les statistiques de la Direction gé nérale des douanes, les exportations d’amandes et de beurre de karité se sont élevés $E.-U. 24 millions en 2012. La part des amandes et du beurre de karité dans les ex portations du Burkina Faso est dans l’ensemble en nette croissance depuis 10 ans. Le tableau 9 montre clairement que la production de l’arbre, et donc les exportations, su bissent un cycle variable sur une période moyenne de trois ans. Malgré une progression totale de 44 % de la part du karité dans les exportations ( or exclu ) entre 2002 et 2011, l’analyse fait ressortir que cette croissance n’est pas constante et possède des périodes de recul. Ces faits sont corroborés par la forte baisse ( 37,56 % ) au cours de la période 2002-2004. Graphique 11 : Exportations d’amandes et de beurre de karité vs autres secteurs ( excluant l’or ) 0 10 0 20 0 30 0 40 0 50 0 20 0 30 0 4 $E . U ., m ill io ns 2002 2004 2005 2007 2008 2009 2010 2011 $E.-U., million, BFA Exportations d’amandes et de beurre de karité $E U illi BFA et autres secteurs, ou exclu Autres exportations Secteur prioritaire karité Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. 37ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Tableau 9 : Part du karité dans les exportations totales ( or exclu ) Année Exportations des amandes et beurre de karité $ E.-U. ( millions ) Total des exportations, ( or exclu ) $ E. U. ( millions ) Part des exportations des amandes et beurre de karité dans le total ( or exclu ) $ E.-U. ( millions ) Taux d’évolution de la part des exportations d’amandes et de beurre de karité 2002 8,15 167,11 4,88 % 2004 11,87 389,83 3,04 % -37,56 % 2005 7,78 329,21 2,36 % 2007 40,22 443,03 9,08 % 2008 21,67 348,64 6,22 % 2009 15,02 415,72 3,61 % 2010 18,43 404,46 4,56 % 2011 36,57 521,96 7,01 % 93,86 % De 2002 à 2011 43,68 % Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. Les exportations d’amandes et de beurre de karité ont augmenté dans le temps, avec une nette augmentation en 2011 ( environ $E.-U. 36 millions, niveau déjà atteint en 2007 ). Il faut néanmoins noter que, selon les statis tiques officielles, le Burkina Faso importe à son tour des amandes et du beurre de karité. Selon les informations récoltées, il s’agirait de beurre de karité en provenance de Côte d’Ivoire et utilisé dans les cosmétiques, ainsi que des amandes de karité en provenance du Mali. Ces im portations restent néanmoins minimes et n’affectent pas la balance commerciale de la filière qui reste largement positive ( voir graphique 12 ). Graphique 12 : Balance commercial de la filière karité Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. 38 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Tableau 10 : Principaux marchés importateurs d’amandes de karité ( SH-120799 ) depuis le Burkina Faso ( $ E.-U., x 1 000 ) Pays 2008 2009 2010 2011 2012 Monde 16 513 12 673 14 732 31 531 20 386 Danemark 8 453 2 829 3 286 13 496 10 651 Ghana 6 112 6 178 7 667 11 581 6 083 Singapour 151 0 2 290 4 953 2 584 Côte d'Ivoire 180 41 911 3 630 Togo 808 2 459 553 786 333 Malaisie 0 0 1 673 79 Inde 0 0 0 0 26 Allemagne 0 1 001 3 9 1 République de Corée 0 0 0 3 0 Australie 712 0 0 0 0 Source : Calculs du CCI sur la base des statistiques de Direction générale des douanes. Tableau 11 : Principaux marchés importateurs de beurre de karité ( SH-151590 ) depuis le Burkina Faso ( $ E.-U., x 1 000 ) Pays 2008 2009 2010 2011 2012 Monde 3 787 1 606 1 932 4 159 3 690 France 1 796 851 1 316 2 274 1 673 Pays-Bas 1 159 384 171 1 101 1 277 Allemagne 373 107 259 336 594 Côte d’Ivoire 420 0 66 45 57 Malaisie 0 9 0 190 32 Canada 21 89 1 0 30 Italie 0 21 0 15 8 États-Unis 8 2 3 5 6 Japon 4 1 8 2 5 Source : Calculs du CCI sur la base des statistiques de UN Comtrade. En observant les tableaux 10 et 11, on note qu’entre 2008 et 2011, les exportations d’amandes de karité ont progres sé d’une moyenne annuelle de 4,3 %, tandis que celles du beurre de karité sont restées stables. Cela démontre la capacité de la filière karité à maintenir des taux de crois sance positifs, et ce malgré la crise financière de 2009. Les exportations d’amandes et de beurre de karité pré sentent une forte concentration vers un nombre restreint de destinations. Aussi bien pour les amandes que pour le beurre, 95 % des exportations sont concentrées sur trois destinations. Pour les amandes de karité, les exportations sont principalement destinées depuis les trois dernières années vers le Danemark ( 52 % des exportations totales en 2012 ), le Ghana ( 30 % ) et Singapour ( 13 % ). Il est im portant de noter que les amandes sont aussi exportées en Côte d’Ivoire ( 3 % ) et le Togo ( 1,5 % ) qui disposent également d’usines d’extraction. Au cours des cinq dernières années, le beurre de karité burkinabé a été pour sa part majoritairement exporté vers la France ( 45 % ), les Pays-Bas ( 35 % ) et l’Allemagne ( 16 % ) ( voir tableau 11 ). La Côte d’Ivoire, la Malaisie et le Canada sont aussi des destinations régulières pour le beurre de karité. La mise en place en 2013 d’une nouvelle usine à Bobo-Dioulasso, capable de transformer par extraction au solvant environ 70 000 tonnes d’amandes en beurre, améliore les capacités de transformation du pays. 39ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Graphique 13 : Avantage comparatif révélé ( ACR ) du karité du Burkina Faso Source: Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. L’analyse de l’avantage comparatif révélé 34 confirme que le Burkina Faso possède un fort avantage comparatif dans l’exportation du karité. Normalement, un pays pos sède un avantage comparatif lorsque la valeur de son ACR est supérieure à un ( 1 ). Le graphique 13 montre que le Burkina Faso possède une valeur supérieure à un ( 1 ), ce qui confirme qu’il possède un avantage comparatif pour ce produit. La survie des exportations de karité La comparaison des indicateurs de suivi pour les ex portations de produits du karité permet de connaitre les probabilités du maintien de relations commerciales. Les exportations de produits du karité du Burkina Faso pos sèdent un taux de survie de 45 % après la première an née. Ce qui implique que 55 % des exportations de la filière ne maintiennent pas une relation commerciale du rable avec les acheteurs internationaux. Diverses causes peuvent justifier ce taux de suivi, tel que la qualité des produits, ou la capacité à fournir un produit en volume et en temps selon les demandes du client. En comparant 34. L’ACR calcule le ratio de la part des exportations nationales sur le marché international d’un bien donné pour un pays donné sur la part des exportations nationales de ce pays pour tous les autres biens ( voir : http : / / dx.doi.org / 10.1787 / 5km91nkdt6d6-en ). avec les autres pays producteurs, on s’aperçoit que la probabilité de survie des exportations de karité est supé rieure pour la Côte d’Ivoire, le Mali et le Ghana. Ce dernier possède à l’issue de la première année une probabilité de survie de 59 %. Le niveau d’industrialisation plus avan cé du Ghana et de la Côte d’Ivoire, qui offre un meilleur environnement commercial pour trouver les intrants né cessaires, peut expliquer partiellement le taux de survie plus élevé de ces pays. Sur une période de huit ans, on remarque que la proba bilité pour le Ghana de maintenir ses relations commer ciales reste plus forte dans le temps que celle du Burkina Faso. Au bout de deux ans, le Ghana maintient environ 58 % de ses relations d’exportation, alors que le Burkina Faso n’en maintient que 45 %. De plus, la longévité to tale des exportations du Burkina Faso est en moyenne de cinq ans, alors que celles du Ghana est de huit ans. 40 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Graphique 14 : Taux de survie des exportations du Burkina Faso et de ses concurrents Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. 41ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Graphique 15 : Balance commerciale des importations concurrentes Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UNComtrade. 30 20 10 0 10 $E.-U., millions 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Année Exportations Importations Balance commerciale BFA Exportations & importations d’huiles alimentaires 20 15 10 5 0 $E.-U., millions 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Année Exportations Importations Balance commerciale BFA Exportations & importations de savons et autres produits de beauté (340119-330499) Source : Calculs de l’ITC sur la base des donnés HS 2002 de UN Comtrade. Les importations concurrentes – Huiles et graisses alimentaires, et cosmétiques La balance commerciale du Burkina Faso en huiles alimen taires est largement négative : elle atteint $E.-U. 20 mil lions en 2011. La tendance indique que le Burkina Faso importe de plus en plus d’huile et de graisses alimentaires pour répondre aux besoins de la population, soit plus de 40 000 tonnes en 10 ans. Cette situation indique une forte opportunité pour la filière karité qui peut contribuer à la sécurité alimentaire du Burkina Faso par la provision d’huiles et de graisses alimentaires. Le Burkina Faso importe également de manière très si gnificative des produits cosmétiques, tels que des pro duits capillaires, des savons et des lotions. La balance commerciale pour les produits cosmétiques a atteint un pic négatif de $E.-U. 18 millions en 2008. Cette forte de mande nationale pour des produits cosmétiques offre également une opportunité commerciale importante pour les produits dérivés de la filière karité. La produc tion d’oléine, issue du fractionnement ou de la liquéfac tion du beurre, pourrait contribuer à une réduction des importations d’huile, et une meilleure sécurité alimentaire. LES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE Les principales IAC intervenant dans la filière karité sont estimées à une quarantaine. Les institutions politiques d’appui sont les plus dominantes avec environ 18 insti tutions. Elles sont suivies des institutions commerciales d’appui, identifiées au nombre de neuf. Viennent ensuite des institutions / associations ou organisations de ser vices aux entreprises. On note cependant l’absence des institutions de la société civile. Il ressort de l’analyse de ces IAC qu’il n’existe pratique ment pas d’IAC spécialisée dans la filière karité. De plus, le niveau de coordination entre les différentes IAC est faible. Au niveau des institutions politiques, la structure la plus engagée dans la promotion de la filière karité est l’APFNL. La majorité des institutions politiques intervenant dans la filière karité, bien que motivées par leur mission, ne béné ficient que d’un niveau moyen de ressources financières et humaines. Ceci freine l’exécution de leur mission et li mite la communication avec les acteurs de la filière ka rité. Une autre conséquence du manque de ressource est le faible niveau de coordination entre ces institutions. Les institutions commerciales d’appui rencontrent les mêmes difficultés en matière de ressources financières et humaines, exception faite pour la Chambre de com merce et d’industrie ( CCI-BF ), la Maison de l’entreprise du Burkina Faso ( MEBF ) et la Chambre des métiers et de l’artisanat ( CMA-BF ). Dans l’ensemble, le niveau de communication et de promotion est moyen, ainsi que le niveau de coordination avec les trois institutions dispo sant de ressources suffisantes. Les acteurs principaux de la filière karité doivent encore fournir un gros effort de communication et de promotion. 42 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Tableau 12 : Influence versus capacité Niveau de capacité à répondre aux besoins de la filière karité Bas Haut Niveau d’influence sur la filière karité Haut APEX-BF, TKF, ABNORM, IRSAT ( MRSI ), DGI ( MICA ), DGTTM, FNUGGF, DG-VRI( MRSI ), DGPER ( MARHASA ), DGFOMR ( MARHASA ), DGAT / PLR ( MATD ), DGC ( MICA ), DGFF ( MERH ), APFNL ( MERH ), UNMO-CIR ( MICA ), DGPEF ( MFPG ), Bas CNA( MARHASA ), CPF, FIAB, CN-CFC ( MICA ), CMA-BF, CAMCO, SP / PMF, CEFORE, DG-COOP ( MEF ), SP-PMF, DGEP ( MEF ) CCI-BF, MEBF, FAFPA, APBEF, SP CONEDD, INERA ( MRSI ), CNSF ( MERH ), FCP-BF Quant aux organisations de services aux entreprises ( hors institutions financières ), elles disposent égale ment de moyens financiers et humains limités. Le niveau de coordination des activités, de communication et de promotion est généralement faible. Des actions spéci fiques doivent être engagées vis-à-vis des institutions de financement. Les commentaires précédents reflètent la perception des parties prenantes de la filière karité sur le niveau d’in fluence de ces institutions sur le secteur, et leur capacité à répondre aux besoins. Ils sont confirmés par les résul tats de l’évaluation des IAC présentés dans le tableau 12. Les institutions situées en haut et à gauche du tableau, comme l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina Faso ( APEX-BF ), la TKF ou l’Agence burkinabé de normalisation, de métrologie et de la qualité ( ABNORM ), disposent d’une forte influence. Il leur manque néanmoins les capacités pour répondre efficacement aux besoins des acteurs de la filière. Les IAC qui sont placées en haut à droit, telles que l’APFNL ( MERH ), le Projet d’appui à la mise en œuvre du Cadre intégré renforcé au Burkina Faso ( UNMO-CIR – MICA ), la Direction générale de la promotion de l’en treprenariat féminin ( DGPEF – MFPG ), sont relativement bien positionnées en termes de niveaux d’influence et de capacité à répondre aux besoins des acteurs de la filière. Les institutions comme la Chambre nationale d’agriculture ( CNA – MARHASA ), la Confédération paysanne du Faso ( CPF ), la Fédération nationale des industries agro-ali mentaires et de transformation du Burkina ( FIAB ), la Coordination nationale des projets financés par le Fonds commun pour les produits de base ( CN-CFC – MICA ), ont une grande capacité en termes de fourniture de services, dont des statistiques à jour de haute qualité, mais elles n’ont pas d’influence sur le secteur en raison de la com plexité du processus de collecte des informations auprès des commerçants-collecteurs, des productrices, et des autorités de contrôle aux frontières. De plus, leur faible niveau de ressources financières ne leur permet pas de répondre aux besoins de la filière karité. Dans une économie ayant des ressources limitées, comme c’est le cas au Burkina Faso, la nécessité d’as surer la coordination entre les IAC est vitale. En effet, en l’absence de coordination, les redondances et les che vauchements entraînent des pertes de ressources finan cières considérables et des lacunes dans des prestations de services des IAC. Les actions suivantes sont nécessaires pour améliorer les capacités d’intervention de ces institutions dans la filière karité : � Renforcer le partenariat avec les institutions suivantes : APFNL, DGPEF et l’UNMO-CIR ; � Développer la communication et mener des actions de promotion auprès des institutions telles que la CCI-BF, le MEBF, le FAFPA, l’APBEF, le SP / CONED, l’INERA, le CNSF et la FCPBF ; � Soutenir le renforcement des capacités des institu tions suivantes dans le cadre du développement de la filière : APEX-BF, TKF, ABNORM, IRSAT ( MRSI ), DGI ( MICA ), DGTTM, FNUGGF, DGVRI ( MRSI ), DGPER ( MARHASA ), DGFOMR ( MARHASA ), DGAT / PLR ( MATD ), DGC ( MICA ), DGFF ( MERH ) ; et � Procéder à un développement sélectif en matière de communication et de promotion auprès des institu tions suivantes : CNA ( MARHASA ), CPF, FIAB, CN-CFC ( MICA ), CMA-BF, CAMCO, SP / PMF, CEFORE, DG COOP ( MEF ), DGEP ( MEF ). 43ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ ANALYSE DES FORCES ET FAIBLESSES DE LA FILIÈRE L’élaboration d’une stratégie durable de développement d’une filière doit répondre à un large ensemble d’enjeux et de contraintes qui incluent les facteurs liés à la com pétitivité du pays, les considérations sociales du déve loppement, ainsi que les impacts environnementaux de développement. Cette approche intégrée est illustrée par une analyse de la compétitivité – la capacité des entre prises à fournir des biens et services, la qualité de l’envi ronnement des affaires et les enjeux de performance sur les marchés. Les aspects sociaux et environnementaux sont au cœur de cette analyse et sont donc continuelle ment considérés à chaque étape de l’analyse. LES FORCES La qualité des produits du karité La variété paradoxa est en forte demande car la stéa rine du karité est l’ingrédient le plus nécessaire et recher ché par l’industrie mondial de la confiserie. Les études chimiques ont confirmé que la variété nilotica est géné tiquement différente35 et que ses amandes sont moins riches en acide stéarique36 . 35. Allal F., Sanou H., Millet L., Vaillant A., Camus-Kulandaivelu L., Logossa L.A., Lefèvre F., Bouvet J-M., Pastclimate changes explain the phylogeographyofVitellariaparadoxaoverAfrica. 2011, Heredity 107 : 174-186. 36. Allal F., Piombo G., Kelly B.A., Okullo J.B.L., Thiam M., Diallo O.B., Nyarko G., Davrieux F., Lovett P.N., Bouvet J-M., Fatty acid and tocopherol patterns of variation within the natural range of the shea tree ( Vitellariaparadoxa ), 2013,Agroforestry Systems, 87 ( 5 ) : 1065-1082. En réponse à la demande du marché international, des chaînes d’approvisionnement pour le paradoxase sont implantées dans les pays producteurs de cette variété et politiquement stables. En plus de l’industrie de la confise rie, les autres marchés du karité, comme le secteur des soins personnels, ont formulé leurs produits afin d’utiliser la variété paradoxa qui est plus compétitive en termes de prix, plus disponible, et possède par ailleurs un point de fusion plus élevé. Les forces usuelles à l’œuvre, comme la confiance, le prix, la disponibilité, la formulation de recettes, la connaissance du marché, le bon marketing, et la demande mondiale pour du karité en tant qu’ingrédient à la fois cosmétique et comestible, font de la variété paradoxa un produit plus attractif pour les acheteurs internationaux. L’existence d’un potentiel important du karité Le Burkina Faso dispose d’un peuplement d’arbres à karité estimé à environ 190 millions d’arbres, avec une moyenne nationale de 30 pieds / hectare. Selon les esti mations de l’Agence de promotion des produits forestiers non ligneux ( APFNL ), le Burkina Faso possède de fait un potentiel productif d’amandes de karité estimé à 850 000 tonnes. Celui-ci reste largement sous-utilisé, comme le montrent les volumes de production de 2005 ( 122 100 tonnes ) et 2011 ( 206 000 tonnes ). Il faut cependant no ter la forte progression sur 5 ans de 68,71 %, qui s’est poursuivie jusqu’en 2012 pour atteindre 275 241 tonnes d’amandes produites. L’analyse des données de l’APFNL et du Pôle commercial d’Afrique de l’Ouest ( WATH ) montre que le Burkina Faso est le plus gros producteur, consommateur, et exportateur d’amandes et de beurre de karité d’Afrique de l’Ouest. ITCITC 44 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 LES FAIBLESSES Les contraintes liées à la production Encadré 6 : Problématiques liées à la production • La difficile régénération du parc à karité ; • L’utilisation limitée des bonnes pratiques sylvicole ; • Les difficultés de la gestion des peuplements de karité ; • La difficulté d’organiser des plantations de grande envergure ; • Les difficultés d’accès à la ressource ; • La pénibilité et la charge de travail des femmes qui limitent l’augmentation significative de la production ; • La valorisation très limitée des déchets de la production qui pourrait pourtant augmenter la rentabilité de l’extraction ; • La problématique du séchage des amandes ; et • Les problématiques de conservation, d’entreposage et de gestion des stocks qui limitent la capacité de répondre en qualité, volume et temps. La difficile régénération du parc à karité La difficile régénération des parcs arboricoles de karité est liée au faible niveau de reforestation des arbres à ka rité, les défis rencontrés dans la dissémination et l’emploi de graines naturelles, le manque de variétés génétiques, une longue période de maturation de l’arbre, et le faible taux de survie des jeunes plants . La culture d’espèces exotiques ou introduites, comme la mangue, le tek ou le cajou, est commune et tradition nelle, tandis que les arbres autochtones comme le ka rité sont plantés de manière bien moins fréquente. Ceci tient à l’image du karité qui reste perçu comme un arbre sauvage et non pas comme un arbre de culture pouvant être planté. De plus, certains tabous au sein des commu nautés, qui voient dans la plantation d’arbres de karité la cause de morts ou de maladies, ont également contribué au manque relatif de nouvelles plantations. Il y a toutefois à présent une volonté de cultiver le karité, surtout parmi les foyers pauvres pour qui la vente des noix représente un large pourcentage des revenus du foyer. La période de 15 à 20 ans que requiert en général l’arbre à karité pour parvenir à son âge de maturité et produire des noix est un frein notable à la régénération des parcs arboricoles de karité. Cela contribue au manque d’intérêt de la part des fermiers à replanter ces arbres. C’est aus si une des raisons du profil démographique relativement âgé de l’espèce. La lente dissémination des graines natu relles freine la régénération naturelle. Le déclin de la dis sémination est lié au déclin plus général de la biodiversité de la faune et de la flore au sein des parcs arboricoles de karité, qui se traduit par la baisse du transport des graines par les mammifères ( dont les chauves-souris qui se nourrissent du fruit du karité ), les oiseaux et les abeilles. Dans la mesure où la survie d’une graine dé pend de la distance d’au moins 20 mètres qui la sépare de l’arbre-mère, cette distribution impérative des graines à longues distances a un impact négatif sur la régéné ration de l’espèce. La pratique courante de couper les jeunes plants naturels, ainsi que le stress dû au manque d’irrigation en eau, contribuent également au faible dé veloppement des jeunes plants . Il faut en général trois ans pour qu’un jeune plant de karité atteigne une taille qui permette de le transplanter ou de le greffer sur des porte-greffes dans la forêt. Cette longue période de pousse, qui demande beaucoup d’eau, une bonne gestion des ressources, et la protection contre les herbivores, a entravé l’établissement à grande échelle de pépinières d’arbres à karité. Le manque de planification, d’investissements en partie lié aux faibles rendements et au cycle de production et de gestion des parcs à kari té est une des principales barrières à la régénération de jeunes arbres à karité viables. Il faut également consi dérer que les feux de brousse, la coupe de bois, la ré colte d’écorce pour la médecine traditionnelle, sont autant de facteurs qui restent difficile à contrôler.37 La popula tion d’arbres à karité existante est aujourd’hui considérée 37. Thèmes prioritaires de recherche et développement pour 2015-2017, INERA, rencontre du 5 mai 2014. 45ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ comme stagnante et vieillissante, ce qui représente une menace sérieuse pour le futur de l’industrie. L’utilisation limitée des bonnes pratiques sylvicole La production des noix de karité varie d’une année à l’autre, et d’un endroit à l’autre. L’espèce a montré dans d’autres pays qu’elle était hautement affectée par les changements climatiques, les activités humaines et les variations génétiques38. Des études ont montré que les changements climatiques causaient des irrégularités dans les périodes de floraison du karité au Burkina Faso. La domestication et l’isolation des variétés cultivées sont donc nécessaires pour pouvoir conserver de manière adéquate ce matériel génétique, et améliorer la qualité et la régularité de la production d’amandes39 . Actuellement, il n’y a que peu de connaissances au ni veau des communautés sur les bonnes pratiques syl vicoles. Pourtant, la greffe est une technique qui peut réduire de dix ans la phase de maturation de l’arbre et améliorer ses performances. Les difficultés techniques de la greffe de karité sont liées aux conditions chaudes et sèches de la zone du karité au Burkina Faso, ainsi qu’à l’abondance de latex dans la couche cambiale, qui em pêche le contact adéquat entre les cellules cambiales du greffon et du porte-greffe40. Le fait qu’il existe de nom breuses techniques possibles de greffe pour le karité ( fente latérale, couronne, languette, écusson, placage ) rend la chose encore plus complexe41 . Les membres des communautés n’ont pas la formation nécessaire pour identifier les bons arbres à greffer, qui doit prendre en compte les conditions physiques de l’arbre et la qualité de ses fruits42. Le manque d’agents forestiers pour former et sensibiliser les fermiers locaux a freiné l’apprentissage des techniques de greffe et de gestion de la ressource. Par ailleurs, les moyens limités des services forestiers chargés du contrôle de l’application des textes règlemen taires ( comme la Loi portant sur la Réorganisation agraire et foncière ) freinent la bonne gestion des parcs arbori coles existant. Par exemple, le non défrichement, ou le mauvais défrichement des plantations vont à l’encontre d’une bonne pratique sylvicole. Le manque de bonnes pratiques s’étend aussi à la col lecte des noix. Il y a peu de formations au niveau com munautaire concernant lestechniques de collecte des noix. Pourtant, une bonne technique de récolte peut aussi 38. Haby S., Kambou S., Teklehaimanot Z., Dembélé M., Yossi H., Sina S., Djingdia L., et Bouvet J-M., Vegetative Propagation of Vitellaria Paradoxa by Grafting, 2004, Agroforestry Systems. 60.1 : 93-99, p. 96. 39 . Ibid, p. 96. 40. Ibid, p. 96. 41. Ibid, p. 96. 42. Ibid, p. 96. assurer une propagation naturelle et optimale du karité. L’identification et le traitement par les populations locales de diverses maladies qui affectent le karité, comme le Tapinanthussp et les insectes xylophages de la famille des Cermbycideae, sont également limités43. Par ailleurs, les mécanismes d’une gestion adéquate pour le suivi et l’entretien de la santé des arbres ne sont pas en place. Ceci est dû au fait que le karité est toujours perçu comme un arbre naturel non cultivé, et au fait que peu de fermiers possèdent les connaissances suffisantes pour une ges tion scientifique des arbres. Les parcs arboricoles de karité doivent également com poser avec le sérieux manque de terres disponibles. La pression démographique et le développement de l’in dustrie agroalimentaire a perturbé le système traditionnel de culture en jachère. Certaines parcelles sont cultivées sur dix ans ou plus de manière continue, souvent avec le recours aux engrais chimiques, pesticides et insecti cides44. Des études montrent que les engrais et pesti cides chimiques dans les cultures de coton et les autres cultures dans les champs annexes ont un impact néga tif sur la pollinisation du karité. Les abeilles et autres in sectes pollinisateurs du karité sont repoussés en masse par ces agents chimiques, ce qui a des conséquences sur le cycle reproductif de l’arbre45. L’apiculture est hau tement considérée au Burkina Faso, à la fois socialement et économiquement. On estime à plus de 20 000 les api culteurs qui produisent en moyenne 40 tonnes annuelles de miel46. Au vu du double bénéfice de la reproduction du karité et des revenus des produits du miel, la poursuite de pratiques néfastes près des parcs arboricoles de karité est un problème pour la propagation du karité, et pour les moyens de subsistance des populations en zone rurale. Les difficultés de la gestion des peuplements de karité Le fait que les arbres à karité se trouvent dans des parcs arboricoles, des parcelles forestières et des ter rains privés, avec un système complexe de propriété des terres et des arbres, constitue un défi pour l’ap plication des lois et la gestion générale de la zone du karité. Dans la mesure où les productrices n’ont pas la propriété des arbres, ceci se répercute sur le système de gestion. Les inspections sur le terrain pour effectuer le suivi de ces systèmes de gestion est également ina déquat. Le résultat en est l’utilisation, et donc la coupe d’arbres à karité comme bois de chauffage. Bien que le karité soit une espèce classée comme « vulnérable » et donc protégée par le CITES, les lois qui le protègent 43. Ibid, p. 97. 44. Ibid, p. 96. 45. Schweitzer P., Spectrum of plant species foraged by ApismelliferaadansoniiLatreille in the North Sudanian phytogeographical region of Burkina Faso, 2014, Grana prépublication : 1-7. 46. Ibid . 46 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 de telles coupes ne sont pas systématiquement ap pliquées, à cause du manque de connaissance de ces lois. Les techniques d’information n’ont pas été adéquatement adaptées aux communautés ciblées. La diminution de la propriété foncière ( qui a conduit à l’augmentation de l’incidence de la conservation de forêts sur les terres agricoles ), associée aux activités minières et forestières illégales, ont rendu difficile la gestion durable de la zone du karité. La déforestation est la conséquence de l’extension du réseau routier pour le secteur minier, mais par manque de suivi, il était difficile de le prévenir. La difficulté d’organiser des plantations de grande envergure Dans les années 1980 des études de faisabilité ont été réalisées au Burkina Faso afin d’évaluer les possibilités commerciales de plantations d’arbres à karité. Les ré sultats de ces études ont découragé le gouvernement d’investir dans la production à grande échelle de karité car le cycle de croissance et de production de l’arbre est très long. Selon certaines études, la phase juvénile du karité naturellement régénéré varie entre 15 et 20 ans, et la production de fruits commence normalement à partir de 20 ans. Ainsi, la production maximale est seulement atteinte après 40 à 50 ans. De plus, la production de fruits varie d’une année à l’autre, d’un endroit à l’autre, et même d’un arbre à l’autre, car elle est influencée par les facteurs climatiques, les activités humaines et la varia bilité génétique. Ces conditions difficiles de production restent dissuasives pour les agriculteurs qui voudraient planter des arbres à karité 47. Ceux-ci préfèrent donc se mer des plantes à production plus rapide et constante. En plus des problématiques de croissance lente et de variabilité de production, l’accès à la terre pour planter des arbres à karité est difficile. Selon la Loi portant sur la Réorganisation agraire et foncière ( RAF ), il y a deux mo des principaux de propriété de la terre. Si celle-ci n’est pas aménagée ( par l’État ou la collectivité territoriale ), les producteurs ruraux ( les exploitants de la terre qui l’utilisent de manière coutumière ) ont des droits selon les us et cou tumes. Ils peuvent faire constater leur usage par le service foncier communal et la commission foncière villageoise 48 . Suite à la réception de cette constatation, le producteur ru ral reçoit une attestation de possession foncière qui pro cure à son détenteur un titre de jouissance permettant normalement l’accès aux sources de financement. Le titre de jouissance est cessible à des tiers, à condition de res pecter les prescriptions relatives aux superficies à céder 47. Haby S., Kambou S., Teklehaimanot Z., Dembélé M., Yossi H., Sina S., Djingdia L., et Bouvet J-M., Vegetative Propagation of Vitellaria Paradoxa by Grafting, 2004, Agroforestry Systems. 60.1 : 93-99, p. 94. 48. Ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, Accès à la terre et régime foncier, 2013, Rapport, p.3 ( 10 ha pour une cession libre ; 10 à 50 ha par autorisation du conseil municipal ; 50 à 100 ha par autorisation conjointe des ministres chargés des domaines, du cadastre et de la tutelle technique de l’activité à réaliser ; au-delà de 100 ha par autorisation du Conseil des ministres )49. Un deuxième cas de figure important 50 pour la stratégie karité est le titre foncier, ou titre de propriété privée. Il consacre le droit de propriété sur une terre ainsi que sur les investissements faits sur ladite terre 51. La difficulté d’accès à la terre pour mettre en place de grandes exploitations est due au fait que les titres de propriété sont délivrés si un producteur détient aussi l’original du titre ( permis d’exploiter, attesta tion d’attribution, arrêté de cession provisoire, attestation de possession foncière rurale ). Cela implique que la dé cision d’attribution de la terre revient aux responsables politiques locaux, régionaux ou nationaux selon les cas. La lenteur des processus administratifs, le manque de mobilisation de capital d’investissement et le manque d’intérêt dans le secteur commercial, la rentabilité qua si-inexistante liée aux faibles rendements, du reste cy clique, ainsi que la lenteur de la croissance des arbres à karité, ont donc tous contribué à l’absence relative de grandes plantations d’arbres à karité au Burkina Faso. Les difficultés d’accès à la ressource Les difficultés d’accès à l’arbre à karité pour les femmes productrices sont principalement liées aux problèmes de propriété, aux contraintes matérielles, et à l’insécurité liée à l’accès aux zones éloignées. Comme cela a déjà été expliqué, l’accès au parc à karité est régi selon les normes coutumières applicables. Les productrices ne possèdent qu’un droit d’usage. Aussi, avec l’importance économique grandissante du karité, les propriétaires ont tendance à renforcer leur contrôle sur la ressource et son accès. Les productrices peuvent donc se trouver dans l’obligation de partager une part des amandes récoltées avec les propriétaires des champs, en payement du droit d’accès. Cette pratique diminue les re venus de ces femmes. À terme, si les droits d’accès sont trop élevés, cette pratique pourrait même décourager les productrices, et les pousser vers les arbres situés dans les forêts éloignées qui restent libres d’accès ( jusqu’à 10 km ). Les difficultés d’accès sont également liées au manque de pistes, ce qui oblige les femmes à prendre des che mins parfois dangereux. Certaines zones restent même inaccessibles et les noix n’y sont jamais collectées. 49. Ibid . 50. Il existe 3 autres cas non détaillés dans ce document : l’arrêté de cession provisoire, l’arrêté de cession provisoire à titre de recasement, et le permis d’exploiter. 51. Ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire, Accès à la terre et régime foncier, 2013, Rapport, p.5. 47ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ De plus, les productrices disposent rarement de moyens de transport ( vélo, âne, moto, voiture ), ce qui les em pêche d’accéder aux arbres éloignés. La pénibilité et la charge de travail des femmes qui limitent l’augmentation significative de la production La pénibilité du travail des femmes dans la filière karité s’explique en partie par la charge de travail des femmes pendant la période de collecte, la distance qu’elles doivent parfois parcourir pour collecter les noix, et le manque d’équipement approprié, aussi bien pour la col lecte que pour la production du beurre. En effet, la période de collecte et de transformation des noix coïncide avec la période des travaux champêtres et des cultures de rente qui impliquent grandement les femmes. Les activités relatives au karité représentent donc une charge de travail supplémentaire. Par manque de temps pour accomplir toutes les tâches qui leur sont dévolues, les femmes doivent se lever la nuit ou aux au rores pour aller collecter les noix. Elles doivent également parcourir de longues distances ( jusqu’à 10 km à pied ) pour ramasser les fruits, puis ra mener des paniers ou de lourdes bassines de noix, sans moyen de transport approprié52 . La phase de préparation et de transformation des amandes est également pénible pour les femmes qui doivent travailler sous une forte exposition au soleil et de fortes chaleurs. De plus, les différentes phases de cuis son exposent les femmes aux maladies respiratoires dues à la fumée 53. La quantité considérable d’énergie requise pour faire bouillir les amandes et faire le beurre nécessite encore un effort supplémentaire de la part des femmes qui doivent s’approvisionner en bois. À titre d’exemple, en saison des pluies, en plus de leurs nombreuses tâches habituelles, les femmes consacrent trois à cinq heures par jour à la collecte d’eau et à son stockage 54 . Cela leur est indispensable pour préparer la période de production du beurre qui a lieu pendant la saison sèche, et nécessite pourtant beaucoup d’eau. Il est important de noter que la pénibilité du travail au ni veau de la transformation dépend du mode de transforma tion ( artisanale, semi-industrielle ou industrielle ), et du fait de faire partie d’un groupement ou de travailler seule. Les femmes qui travaillent individuellement et de manière arti sanale sont celles qui ont les conditions les plus pénibles. 52. Charrette, vélo, âne, etc. 53. Noumi E.S., Dabat M-H., et Blin J., Développement durable de la transformation traditionnelle du karité en valorisant énergétiquement les résidus organiques, 2012 . 54. Elias M. et Carney J., La filière féminine du karité : productrices burkinabè, « éco-consommatrices » occidentales et commerce équitable, 2004. La valorisation très limitée des déchets de la production qui pourrait pourtant augmenter la rentabilité de l’extraction. L’analyse de la chaîne de valorisation du karité montre que la production d’amandes et de beurre engendre une grande quantité de déchets. La valorisation de ces dé chets pourrait réduire les coûts de production ainsi que l’impact environnemental. Selon le graphique 8, la pro duction de 19 kg d’amandes à partir de 100 kg de fruits frais produit environ 57 kg de déchets qui ne sont qu’oc casionnellement valorisés. Selon la même analyse 55, la production de 33 kg de beurre produit environ 52 kg de déchets, notamment des boues de barate. Les différents déchets issus de la production d’amandes et de beurre traditionnel sont pour le moment peu valori sés au Burkina Faso. Des initiatives éparses tentent tant bien que mal de transformer ces déchets. Selon le gra phique 6, de nombreuses utilisations des déchets sont possibles. La pulpe peut servir à produire des confi tures, de la nourriture animale, voire même de l’alcool. Les coques issues de la décortication peuvent servir à la production de combustible, d’exfoliants ( cosmétiques ), et éventuellement dans la fabrication de contreplaqués ou d’insecticides naturels. Les boues de barate peuvent être valorisées par la production de biogaz ou de tour teaux. Selon les méthodes de transformation utilisées dans la production d’amandes et de beurre traditionnel, les marges de profits estimées respectivement à 42 % et 28 % pourraient être augmentées par la diminution des déchets produits ou leur valorisation 56 . Les principaux problèmes qui freinent la diminution de la production de déchets, ou leur meilleure valorisation, sont liés à la recherche sur les techniques de transformation, et à l’accès aux technologies pour les différents acteurs de la filière karité du Burkina Faso. Certaines techniques de valorisation des déchets existent déjà dans les proces sus industriels d’extraction du beurre de karité. Les usines d’extraction en place en Europe ou en Afrique de l’Ouest valorisent leurs déchets de différentes manières. Il est donc nécessaire d’adapter ces techniques aux proces sus de production et de transformation du Burkina Faso. Par ailleurs, les acteurs de la filière ne savent pas que ces produits dérivés de la production du karité offrent des op portunités commerciales. Il est donc important que les instances de promotion des produits locaux burkinabés fournissent les informations sur le marché des pulpes de karité, du tourteau ( comme alternative au bois ), et des autres produits dérivés de la filière. 55. Noumi E.S., Dabat M-H., et Blin J., Energy efficiency and waste reuse : A solution for sustainability in poor West African countries? Case study of the shea butter supply chain in Burkina Faso, 2013, Journal of Renewable and Sustainable Energy, 5, 053134, p.7. 56. Ibid, p. 7 et 9. 48 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 L’utilisation limitée des bonnes pratiques de collecte pour assurer la protection de la ressource ainsi que la quali té finale La collecte des noix est une activité facile, car elle consiste à ramasser les fruits mûrs tombés au sol. Cependant, sous la pression de la concurrence avec les autres pro ductrices, ou pour éviter les risques liés aux zones de collecte éloignées, certaines femmes cueillent les fruits directement à l’arbre, ou le secoue pour en faire tomber les fruits mûrs. Les techniques de traitement et de conservation des noix collectées sont différentes d’une productrice à l’autre. Chaque femme procède à sa manière, selon la tradition familiale transmise de génération en génération. Dans certaines régions par exemple, les fruits sont laissés trois jours dans la forêt au pied des arbres, en attendant que les animaux mangent la pulpe ou que celle-ci pourrisse, ce qui facilite le dépulpage. Dans d’autres régions, les fruits sont mis à fermenter dans un pot de terre. Cette technique engendre une mauvaise odeur et comporte des risques de contamination. La technique de fumage, encore pratiquée dans certaines régions du Burkina Faso, en particulier par les productrices individuelles, comporte les risques de contamination par hydrocarbure. Cette di versité des procédés est l’une des principales sources du problème de la qualité du beurre de karité. Il faut noter que seules les femmes qui font partie des grandes organisations peuvent améliorer leurs pra tiques et homogénéiser leurs méthodes de traitement et les modes de conservation des amandes. En effet, les grandes organisations sont aussi les seules à disposer des moyens financiers nécessaires, à avoir accès aux informations et formations nécessaires. De fait, de nom breuses productrices d’amandes ne connaissent pas les bonnes pratiques. La problématique du séchage des amandes La qualité finale des amandes et du beurre de kari té est en partie déterminée par la qualité du séchage des amandes. Un mauvais séchage peut créer des moi sissures et diminuer le taux d’oléine présent dans les amandes. Cela engendre une augmentation des acides gras libres, et diminue proportionnellement l’acide stéa rique, l’élément ayant le plus de valeur dans le beurre de karité. Par conséquent, la mise en place de meilleures techniques de séchage aux différents maillons de la filière contribuerait à une meilleure valorisation des amandes. Certaines productrices manquent d’information concer nant les bonnes pratiques d’entreposage et de séchage. Plus précisément, certaines productrices font encore des tas d’amandes pour les entreposer, ce qui favorise la chaleur et l’humidité menant au développement de moisissures. Il faut noter que le séchage des amandes intervient au Burkina Faso à la fin de la saison des pluies, ce qui peut rendre difficile le séchage au soleil. Il sera donc important de former les productrices sur les bonnes pratiques de séchage lors de la récolte. La TFK, en col laboration avec ses partenaires, devra poursuivre l’éla boration de manuels de bonnes pratiques, la formation des productrices, ainsi que l’harmonisation des pratiques. Considérant cette période spécifique de la fin de la sai son des pluies, l’intégration de nouvelles techniques de cuisson et de séchage moins énergivores est particuliè rement importante . Le manque de ressource de nombreuses productrices rend difficile la mise en place des infrastructures néces saires au bon séchage des amandes. De plus, il n’y a actuellement pas d’aire de séchage mutualisé dans les villages et les communes. Il faut enfin noter qu’il n’existe pas pour le moment de services de séchage proposés. Les problématiques de conservation, d’entreposage et de gestion des stocks qui limitent la capacité de répondre en qualité, volume et temps Aux éléments déjà mentionnés ci-avant ( les problèmes liés au séchage des amandes, le manque d’équipement de contrôle et de gestion de la qualité au niveau de la récolte ), il faut ajouter des problèmes analogues qui af fectent la collecte, la transformation et l’exportation, et qui ont un impact négatif sur la qualité finale du produit. Des structures d’entreposage adaptées pour assurer la bonne conservation des amandes dans des conditions idéales font défaut. De même, il n’y a pas assez de ma gasins ruraux pouvant accueillir les amandes dans des conditions propres, bien ventilées, et sans possibilité de contamination. La bonne pratique dicte que l’entreposage des amandes doit se faire sur des étagères aérées, sur mesure selon le format des sacs, et dans une salle ven tilée57. Par conséquent, le manque d’entrepôts aérés et identifiés par village limite actuellement la bonne conser vation des amandes au niveau national. De plus, pendant la saison des pluies, l’absence fréquente de déshumidifi cateur limite l’extraction de l’humidité contenue dans l’air ambiant, ce qui détériore la qualité des amandes. Le manque de structure d’entreposage implique que certains exportateurs doivent commencer la collecte et le traitement des noix avant la date officielle de cam pagne. Avec des exportations précoces il est possible d’échelonner dans le temps des volumes importants d’amandes récoltées. Néanmoins, cette pratique a des 57. Bernatchez C., Amélioration de la qualité du produit et des procédés de production du beurre de karité biologique et de la logistique des opérations en Afrique : cas du Burkina Faso, 2007, Mémoire présenté à l’université du Québec à Trois-Rivières, p.43. 49ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ implications négatives sur la qualité des amandes, car elles ne sont pas suffisamment séchées lors de la col lecte, et demandent donc une deuxième période de sé chage. Certains acteurs considèrent que la date de début de campagne doit être légalisée par les pouvoirs publics pour lutter contre cette pratique. Pour ce qui est du beurre, le manque de structure d’en treposage pose une problématique tout aussi importante aux transformateurs et groupements désirant répondre aux besoins du marché. Le manque de volume de stoc kage limite la capacité des opérateurs à vendre rapide ment des volumes importants de beurre en réponse aux besoins des acheteurs. Les contraintes liées à la transformation Le problème des investissements dans la phase de trans formation du beurre Il existe trois grandes catégories de processus de transfor mation des amandes en beurre de karité dans le monde : traditionnelle, semi-industrielle et industrielle. Dans cha cune de ces catégories des techniques d’extraction dif férentes sont utilisées avec des résultats variables. L’extraction et la transformation d’amandes en produit oléique-stéarique afin de produire des alternatives au beurre de cacao est un processus qui nécessite le frac tionnement du beurre de karité. Les investissements re quis pour la mise en place de ce type de transformation industriel sont très onéreux ( environ $E.-U. 15 millions ). Il n’existe pour le moment que deux usines de fraction nement en Afrique de l’Ouest, toutes deux situées au Ghana. Le raffinement du beurre de karité pour la pro duction de denrées alimentaires et non-alimentaires est aussi un processus industriel qui demande de gros in vestissements ( environ $E.-U. 5 millions ). Ces investis sements peuvent être de plusieurs centaines de millions de dollars selon l’équipement et les installations choi sies. Mais comme cela a déjà été mentionné dans ce document, la mise en place d’usines de raffinement de beurre pourrait néanmoins ouvrir de nouvelles op portunités commerciales. Elles favoriseraient notam ment la vente d’intrants « verts » qui entrent dans la fabrication de denrées alimentaires et non-alimentaires. Les usines d’extraction par solvants ou presses méca niques, qui permettent une extraction maximum de beurre des amandes de karité, demandent également des inves tissements importants . Ces usines permettent une pro duction plus performante de beurre de karité. Aujourd’hui, plusieurs usines de ce type sont en place en Afrique de l’ouest. Tel qu’indiqué précédemment, si toutes les usines actuellement en place en Afrique de Ouest étaient opérationnelles, elles seraient en mesure de transformer l’intégralité de la production d’amandes de la sous-région. Le dernier mode de transformation de la production est celle dite semi-industrialisée. La mise en place de petits modules de transformation mécanique au sein de pe tites unités de transformation ( groupements ou micro en treprises ) permet d’augmenter les volumes de produits transformés. Sans parler de l’accès aux ressources financières, deux problèmes majeurs limitent la volonté d’investir dans de nouveaux types d’unité de transformation, raffinement ou fractionnement. Premièrement, il est difficile pour les en treprises au Burkina Faso d’accéder facilement à la tech nologie adaptée pour la transformation des amandes de karité. Par conséquent, et c’est le deuxième problème, il est difficile de bien maitriser les technologies disponibles et de les maintenir en bon état de fonctionnement. Il y a actuellement peu de formations qui permettent de former des techniciens expérimentés dans les technologies de transformation du karité. Lors de la mise en place d’unités de transformation, d’extraction ou de raffinement, il sera donc essentiel d’identifier des personnes ressources pou vant soutenir ces installations. Il faut aussi noter que les usines d’oléagineux existantes ( coton, sésame ) ne sont pas adaptées à la transformation du karité. Cela aussi implique la nécessité d’accéder à de nouvelles techno logies et des techniciens aux compétences spécifiques. La rentabilité des opérations doit être assurée pour pou voir investir dans des unités de transformation. De plus, tel qu’indiqué dans la section Le marché mondial du ka rité, de nombreuses installations en Afrique de l’Ouest ont dû arrêter leurs opérations suite aux fluctuations du marché international du karité, et son alignement sur les cours du cacao. Pour le moment, les opérateurs burki nabés possèdent une connaissance limitée du marché international des produits dérivés du beurre de karité. Cette connaissance limitée des flux, des besoins, des obligations et tendances du marché international des produits oléiques-stéariques ( ou même du beurre raffi né et non-raffiné ), rend difficile tout investissement dans la transformation au Burkina Faso. La forte demande énergétique du secteur et le coût élevé de l’énergie qui limitent la production et la transformation La production d’amandes et de beurre de karité est très énergivore. La production de 19 kg d’amandes par la trans formation de 100 kg de fruits requiert environ 29 kg de bois, soit environ 0,0045 ha de forêt. Pour la production totale d’amandes de karité estimée en 2012 à environ 80 000 t, il a donc été nécessaire de couper 114 800 t de bois, soit 50 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 l’équivalent de 18 512 ha de forêt 58. La production de beurre nécessite un apport énergétique encore plus important, avec un besoin de 119 kg de bois pour transformer 100 kg d’amandes en approximativement 33 kg de beurre. Par conséquent, pour une production pour l’exportation esti mée à environ 12 000 t de beurre ( équivalent à 35 000 t d’amandes ), il a été nécessaire de couper 41 650 t de bois, soit 6 718 ha de forêt 59. Il faut noter que le bois reste la première source d’énergie au Burkina Faso, et repré sente 82 % du panier énergétique burkinabé ( environ 5 mil lions t / an ), loin devant les hydrocarbures ( 12 % - 693 000 t métriques ) et l’électricité ( 2 % - 946 gigawatt )60 . L’impact économique de la consommation de bois dans la production d’amandes et de beurre de karité est donc non négligeable. En moyenne, les coûts énergétiques de transformation représentent 31 % des coûts totaux de production. Une amélioration des techniques d’ébullition, de séchage et de cuisson, permettrait de réduire les be soins énergétiques et les coûts de production, et donc d’augmenter les revenus des productrices. Plusieurs scé narios énergétiques sont envisageables. Il semble que le scénario le plus efficace énergétiquement et économi quement pour la production d’amande soit une combi naison de bois et de coques dans des foyers améliorés. Pour la production de beurre, il semble que le meilleur scénario soit une combinaison de tourteau et de gaz dans des foyers améliorés61. Cette combinaison pour la trans 58. Calculs de l’ITC sur la base des analyses de l’article : Noumi E.S., Dabat M-H., et Blin J., Energyefficiency and wastereuse : A solution for sustainability in poor West African countries? Case study of the shea butter supply chain in Burkina Faso, 2013, Journal of Renewable and Sustainable Energy 5, 053134, p.7. 59. Ibid,p.8. 60. Serme D., Présentation : Projets de production d’énergie par centrales solaires de la Sonabel, 2012, ( http : / / energycenter.knust.edu. gh / downloads / 16 / 16184.pdf - consulté le 27.03.14 ) 61. Noumi E.S., Dabat M-H., et Blin J., Energy efficiency and waste reuse : A solution for sustainability in poor West African countries? Case study of the shea butter supply chain in Burkina Faso, 2013, Journal of Renewable and Sustainable Energy 5, 053134, p.13. formation des amandes et du beurre traditionnel peut engendrer une diminution du coût énergétique de 31 % à 6 %. Une autre option envisageable est l’utilisation de séchoirs solaires pour le séchage des amandes. Le coût de cette alternative pourrait être rapidement amorti par une amélioration de la qualité des amandes, tout en sol licitant moins de ressources humaines. Les contraintes liées à l’organisation de la filière La faible professionnalisation et organisation des productrices En dépit de son importance incontestable dans la chaîne de valorisation du karité, et pour les femmes en milieu ru ral, l’activité de ramassage est perçue comme une acti vité secondaire et peu valorisée. En effet, elle est pratiquée de manière saisonnière, en marge des autres activités champêtres et ménagères. Les revenus générés sont généralement des revenus subsi diaires pour les dépenses familiales. Selon les femmes burkinabés, le ramassage des noix n’est pas un « tra vail » ou un « métier » : tout le monde peut ramasser des noix. En revanche, tout le monde ne peut pas produire le beurre 62. Ceci explique pourquoi il n’y a pas d’associa tion professionnelle pour la collecte des noix, mais qu’il existe des associations professionnelles de production de beurre ( groupements ). Cette perception justifie en par tie le manque de professionnalisation des productrices et l’absence d’initiative pour établir des organisations de productrices au niveau de la collecte. 62. Badini Z., Kaboré M., van der Mheen-Sluijer J., et Vellema S., Value Chains for Pro-poor Development ( VC4PD ), 2011, Research Paper, n°14. ( Lien : http : / / www.dgis.wur.nl / UK / VC4PD / ) Encadré 7 : Problématiques liées à l’organisation • La faible professionnalisation et organisation des collecteurs ; • La faiblesse de la gouvernance des organisations de femmes dans la filière karité ; • Les difficultéspour créer une organisation interprofessionnelle forte, décentralisée, active et représentative ; • La faiblesse des rapports contractuels entre les acteurs et la sécurité des relations commerciales ; • Le problème des outils de mesure et des mécanismes de contrôle de la qualité ; • L’absence d’information de marché efficace pour assurer la transparence dans les relations commerciales ; et • L’absence de cadre formel pour assurer le dialogue entre les secteurs public et privé. 51ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Pourtant, de telles organisations de productrices existent, soutenues et mises en place dans le cadre d’un groupe ment ou pour le compte des grands commerçants. Dans ce contexte les femmes accordent plus d’importance à cette activité, dans la mesure où la vente de leurs noix est assurée . Cela permet aux groupements et grands commerçants de s’assurer un approvisionnement régu lier, moins coûteux même si les prix sont généralement supérieurs aux prix du marché 63 . Toutefois, les groupements ne sont pas toujours en me sure de proposer un prix supérieur à ceux du marché, ce qui les empêche de fidéliser leurs membres. Le nombre de structures appropriées de stockage pour répondre au nombre important de productrices fait défaut. De leur côté, les productrices ne veulent pas toujours s’engager avec un seul groupement, afin de conserver l’opportu nité de pouvoir vendre au plus offrant. Mais cela les em pêche de bénéficier des différents avantages qu’offrent les groupements, notamment les formations et les infor mations de marché. L’absence d’affiliation à des grou pements structurés rend difficile une structuration des productrices en partant depuis la base. La faiblesse de la gouvernance des organisations de femmes dans la filière karité Les organisations de femmes ont connu des évolutions structurelles considérables ces dernières années. Ces organisations jouent un rôle fondamental dans le déve loppement socio-économique de la filière karité. Elles constituent une opportunité de formation, de sensibilisa tion, de diffusion d’informations et de contacts sociaux. Ces opportunités de contacts sont un ciment social très important dans le milieu rural. Étant donné le nombre d’acteurs sur le marché du karité, ces organisations sont en concurrence entre elles, ce qui entraine des conflits d’intérêt. Ces conflits d’intérêt entrainent en retour des problèmes de gouvernance et de gestion dans la majo rité des organisations . En effet, en dépit des changements au sein des organi sations, les dirigeants ne changent pas et les postes à responsabilités sont souvent détenus par les mêmes per sonnes . La plupart des organisations ne produisent pas de cahiers des charges, de comptes rendus et de bilans des activités, qui, lorsqu’ils sont présentés aux membres en toute transparence, sont pourtant les garants d’une bonne gestion organisationnelle 64 . Le manque de systèmes de gestion appropriés, qui permettraient une gestion transparente, est une des 63 . Ibid 64. Badini Z., Kaboré M., van der Mheen-Sluijer J., et Vellema S., Value Chains for Pro-poor Development ( VC4PD ), 2011, Research Paper, n°14.( Lien : http : / / www.dgis.wur.nl / UK / VC4PD / ) principales difficultés des groupements. Elle limite leur capacité à démonter à leurs membres les bénéfices de l’affiliation. L’absence de compétences et des moyens financiers nécessaire pour assurer la bonne gestion de ces structures est un frein au développement par la base de toute la filière. Les difficultés pour créer une organisation interprofession nelle forte, décentralisée, active et représentative L’organisation et la professionnalisation des acteurs des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques ( ASPH ) est un axe fondamental des différentes politiques nationales et sectorielles65. La filière karité mobilise plus de 500 000 intervenants ( productrices, transformateurs, commer çants ), avec près de 200 000 emplois saisonniers et permanents, organisés en plus de 1 600 groupements, sociétés coopératives, entreprises individuelles et asso ciations66. Malheureusement, les relations inter et intra maillons ne sont pas encore suffisamment fortes pour fa voriser le développement des activités de chacun et garantir la performance de la filière burkinabé sur les mar chés. Dans un tel contexte, il est souvent difficile de trou ver et de faire adopter une ligne de conduite, surtout sur les questions commerciales67 . Aujourd’hui, une seule organisation nationale pourrait se revendiquer représentative des différents acteurs de la fi lière – la Table filière karité68. Néanmoins, selon certaines sources, un grand nombre d’organisations et acteurs de la filière karité ne sont pas encore membres de la TFK, et ce pour de multiples raisons. Il n’y a pas pour le moment de mécanismes permanents de mobilisation des parties prenantes de la filière qui les encourage à adhérer à la TFK. Celle-ci a pourtant initié des efforts pour renforcer son soutien à ses membres ( systèmes d’informations sur les marchés – SIM, site web, etc. ). Mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour que toutes les parties prenantes de la filière aient ef fectivement le sentiment d’être un membre actif de la TFK. 65. Stratégie de développement rural, Programme national de développement rural, Stratégie nationale de promotion des PFNL, Loi sur les interprofessions, Programme d’actions du Gouvernement pour l’émergence et le développement durable 2011-2015 66. APFNL, recensement des acteurs des PFNL, 2011 67. TFK, Mémorandum pour l’organisation du marché et l’amélioration de la compétitivité de la filière karité au Burkina Faso, Communiqué final des acteurs de la filière. Bobo-Dioulasso, 30 novembre 2010. 68. La TFK est reconnue sous le récépissé n°2009 18 / MATD / SG / DGLPAP / DOASOC du 4 février 2009 en référence à la Loi n°10 / 92 / ADP du 15 décembre 1992, portant liberté d’association au Burkina Faso. 52 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 8 : Loi sur les interprofessions Selon la nouvelle Loi sur les interprofessions au Burkina Faso, une interprofession est une struc ture qui regroupe les organisations professionnelles d’une filière, pour assurer la coordination verticale des échanges entre elles et avec les agents économiques. La structure est fondée sur la prise en considération des différentes organisations professionnelles constituant les mail lons d’une même filière et de leur interdépendance. Elle répond à leur souci commun d’as seoir un cadre de concertation sur l’amélioration de la compétitivité et le positionnement d’un produit sur le marché. Les textes d’application de la loi sur les interprofessions ont été adop tés le 9 septembre 2015. Source : Loi sur les interprofessions, n° 050. De plus, la structure actuelle de la TFK possède au jourd’hui des ressources qui lui permettent seulement d’assurer en partie le développement de l’association et celui de la filière. De nouveaux mécanismes de mobilisa tion des ressources sont nécessaires pour faire évoluer l’association vers une interprofession forte et proactive. Par ailleurs, l’association doit encore adapter ses statuts afin de se conformer à la Loi sur les interprofessions. La révision des statuts et la mise en place de règles de gou vernance inclusives sont nécessaires afin de permettre à la TFK de représenter efficacement la filière karité au près des institutions publiques et des partenaires tech niques et financiers. La faiblesse des rapports contractuels entre les acteurs etla sécurité des relations commerciales Le taux élevé des transactions commerciales informelles entre les différents maillons de la filière karité crée une opacité dans les transactions commerciales qui nuit au développement de la filière. L’absence d’un contrat for mel empêche les opérateurs d’avoir accès aux crédits en amont de la vente des produits, limite l’arbitrage entre les opérateurs en cas de désaccord, et diminue l’assurance d’avoir sécurisé la vente ou l’achat de marchandises. Le manque de rapports contractuels formels limite aussi la capacité de planification financière des opérateurs. De nombreux opérateurs ne connaissent pas la valeur ou l’importance d’établir et de respecter des contrats, car ils n’en ont jamais été informés. Ces acteurs économiques ne connaissent pas les clauses standards d’un contrat, les implications du non-respect d’un contrat signé, ou le moyen de faire valoir ses droits. De plus, il est fréquent que les acteurs préfèrent éviter le contrat afin de conser ver l’option de vendre leur produit à un prix différent ( pré férablement à la hausse ) de celui défini dans le contrat. Les formations ou appuis existants, tel que ceux offerts par le Tribunal de commerce, la MEBF ou le CEFORE, sont peu utilisés par les acteurs de la filière, car les struc tures d’appui et les outils qu’ils proposent ( aide à l’éla boration de contrat, contrat type, etc. ) sont eux-mêmes peu connus des opérateurs. Il est donc nécessaire pour les associations et organisations de la filière de servir de point relai entre les acteurs et les institutions d’appui. De plus, le rôle de la CAMCO comme médiateur commer cial devra être renforcé et inscrit dans les contrats types. Le problème des outils de mesure et des mécanismes de contrôle de la qualité L’opacité dans les transactions commerciales dans la fi lière karité débute dès la collecte des amandes. Très peu d’opérateurs possèdent les moyens de mesurer le poids précis des amandes collectées. L’unité de mesure utili sée par les productrices sur les marchés intérieurs reste largement le plat yoruba ou la tine. Par conséquent, les transactions se font rarement avec des récipients standar disés ou des balances calibrées, ce qui ne garantit pas la transparence et l’équité dans les échanges, et surtout ne profite pas suffisamment aux productrices. Il est encore difficile pour les opérateurs de la filière d’acheter des outils de mesures calibrés, et surtout cer tifiés conformes, car il n’y a pas de vendeurs répertoriés ou accrédités par l’ABNORM distribuant des balances ou autres appareils de mesure. Les productrices sont donc obligées d’utiliser des balances importées d’Asie, et ra rement contrôlées. La difficulté d’accès à du matériel de gestion de la qualité se pose par ailleurs pour le matériel de contrôle de l’hu midité des amandes ( humidimètre ). Un mauvais contrôle de la qualité dans ces lieux d’entreposage peut engen drer des problèmes de moisissures. Il est donc crucial pour les acteurs de la filière de mettre en place, avec les autorités compétentes, un système de distribution de ma tériel de gestion de la qualité, et d’organiser des forma tions sur leur utilisation . 53ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ L’absence d’information de marché efficace pour assurer la transparence dans les relations commerciales L’accès à l’information sur les prix du marché, ainsi que les tendances de ventes nationales et régionales, est essen tiel pour les productrices et les commerçants-collecteurs, afin de mieux négocier le prix juste dans les transactions commerciales. Pour le moment, la plupart des produc trices et des commerçants-collecteurs s’informent des prix sur les marchés locaux auprès d’autres opérateurs de la filière. Il n’y a donc pas de système d’information de marché ( SIM ) efficace qui touche tous les opérateurs de la filière. Malheureusement, les différentes tentatives de mise en place de SIM n’ont duré que le temps du projet qui en assurait le financement. Au moment où la présente stratégie est conçue, deux ou trois SIM viennent d’être mis en place ou seront opérationnels sous peu, mais en core une fois par le biais de projets à durée limitée. Dans le cadre du renforcement de l’interprofession et la mise en place d’un cadre de concertation des acteurs, la mise en place d’un SIM durable pourrait servir d’initiative pré liminaire pour fédérer les interventions des opérateurs et des institutions impliquées dans la filière. L’absence de cadre formel pour assurer le dialogue entre les secteurs public et privé Une des raisons principales de l’élaboration de la présente stratégie entre les parties prenantes publiques et privées est la définition conjointe d’un plan de développement de la filière qui précise les rôles de chacun. Ce plan qui définit les responsabilités de chacun est crucial pour la filière karité afin de clarifier les interventions à mettre en place par chaque institution. Le manque de clarté actuel entraine un manque de coordination des interventions, et même à l’inverse une compétition, qui génère des dou blons mais aussi des lacunes. L’absence d’un cadre de concertation fort entre les ac teurs publics et privés limite l’alignement des interventions pour un développement harmonieux de la filière karité. De plus, cette absence rend plus difficile la résolution de problèmes émergents et exigeant une action coordon née des différentes institutions. La mise en place d’un dialogue solide entre les parties prenantes, publiques et privée, est donc une priorité pour la mise en œuvre effi cace de la présente stratégie. Les contraintes liées aux financements de la filière Les difficultés d’accès aux financements L’accès aux financements pour le développement des opérations est une nécessité pour tous les opérateurs économiques du Burkina Faso. La filière karité, de par son importance socio-économique majeure et son formi dable potentiel d’exportation, possède certaines problé matiques d’accès aux financements qui lui sont propres. (cc BY-SA 3.0), Cathkidston@flickr.com 54 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 De nombreux outils financiers sont disponibles au Burkina Faso, tels que les fonds de campagnes, les prêts aux micros entreprises, les micros crédits, les cré dits aux femmes et jeunes artisans, les fonds de garantie ( SOFIGIB et FBDES ), les micros crédits solaires, etc. Mais très peu d’opérateurs de la filière karité en connaissent l’existence et les conditions d’accès. Un répertoire des outils financiers disponibles au Burkina Faso a été éla boré par le MICA, mais doit encore être distribué plus largement aux opérateurs de la filière karité. Aussi, cer taines institutions de micro finance exigent une meilleure structuration des acteurs de la filière et / ou une forme ju ridique répondant à leurs exigences pour l’octroi de cré dits. La TFK n’a pas pour le moment de rôle de soutien aux opérateurs de la filière qui pourrait les orienter vers des produits financiers appropriés, tels que les nouveaux fonds verts69 . Pour un nombre important d’opérateurs de la filière kari té, la constitution d’un dossier de crédit finançable reste une chose difficile. L’élaboration de plans commerciaux, la planification budgétaire, la constitution de garanties, et le respect des normes de bonne gestion d’entreprise, sont des compétences entrepreneuriales qui doivent être renforcées auprès de nombreux opérateurs de la filière. La TFK, et les institutions d’appui et de conseil, doivent pouvoir offrir un service d’appui aux opérateurs pour les aider dans leurs démarches financières et leur capacité à financer leurs projets. Les procédures d’analyses des dossiers financiers par les institutions financières du Burkina Faso se soldent sou vent par un refus de financer les activités de certains opé rateurs de la filière karité. Mis à part les raisons normales 69. Voir projet PECSA et CoopLux-Swede de refuser un financement, comme le manque de garan ties ou une planification financière irréaliste, il faut noter que les spécificités de la filière karité ne sont pas toujours prises en compte dans l’analyse des dossiers. En effet, les évaluateurs ne sont pas nécessairement sensibilisés aux processus et spécificités de la filière karité. On compte aujourd’hui 15 fonds de développement éco nomique au Burkina Faso, dont une grande majorité pour rait bénéficier aux opérateurs de la filière karité. Mais ces fonds sont considérés comme difficiles d’accès par les acteurs de la filière, notamment pour leur lourdeur ad ministrative et leur lenteur dans l’analyse des dossiers. Plus spécifiquement, il faut aussi noter qu’aucun des mé canismes financiers en place actuellement n’offre des produits financiers spécifiques à la filière karité. Il n’y a ac tuellement pas de lignes de crédit « karité » dans les insti tutions financières, et il n’existe pas de guichet unique qui facilite les procédures administratives et financières des acteurs de cette filière. Les contraintes liées à la commercialisation Les problématiques de conservation, d’entreposage et de gestion des stocks qui limitent la capacité de répondre en qualité, volume et temps Aux éléments déjà mentionnés ci-avant ( les problèmes liés au séchage des amandes, le manque d’équipement de contrôle et de gestion de la qualité au niveau de la récolte ), il faut ajouter des problèmes analogues qui af fectent la collecte, la transformation et l’exportation, et qui ont un impactnégatif sur la qualité finale du produit. Encadré 9 : Problématiques liées à la commercialisation • Les problématiques de conservation, d’entreposage et de gestion des stocks qui limitent la capacité de répondre en qualité, volume et temps ; • L’absence d’un laboratoire accrédité de contrôle physico-chimique du beurre • La difficulté d’accéder à de l’emballage de haute qualité et visuellement attractif ; • La méconnaissance des tendances de marchés ; et • La faible organisation de la promotion des produits de la filière. 55ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Des structures d’entreposage adaptées pour assurer la bonne conservation des amandes dans des conditions idéales font défaut. De même, il n’y a pas assez de ma gasins ruraux pouvant accueillir les amandes dans des conditions propres, bien ventilées, et sans possibilité de contamination. La bonne pratique dicte que l’entreposage des amandes doit se faire sur des étagères aérées, sur mesure selon le format des sacs, et dans une salle ven tilée 70. Par conséquent, le manque d’entrepôts aérés et identifiés par village limite actuellement la bonne conser vation des amandes au niveau national. De plus, pendant la saison des pluies, l’absence fréquente de déshumidifi cateur limite l’extraction de l’humidité contenue dans l’air ambiant, ce qui détériore la qualité des amandes. Le manque de structure d’entreposage implique que certains exportateurs doivent commencer la collecte et le traitement des noix avant la date officielle de cam pagne. Avec des exportations précoces il est possible d’échelonner dans le temps des volumes importants d’amandes récoltées. Néanmoins, cette pratique a des implications négatives sur la qualité des amandes, car elles ne sont pas suffisamment séchées lors de la col lecte, et demandent donc une deuxième période de sé chage. Certains acteurs considèrent que la date de début de campagne doit être légalisée par les pouvoirs publics pour lutter contre cette pratique. Pour ce qui est du beurre, le manque de structure d’en treposage pose une problématique tout aussi importante aux transformateurs et groupements désirant répondre aux besoins du marché. Le manque de volume de stoc kage limite la capacité des opérateurs à vendre rapide ment des volumes importants de beurre en réponse aux besoins des acheteurs. L’absence d’un laboratoire accrédité de contrôle physi co-chimique du beurre Il n’y a pas au Burkina Faso de laboratoire internatio nalement accrédité en mesure d’effectuer les contrôles 70. Bernatchez C., Amélioration de la qualité du produit et des procédés de production du beurre de karité biologique et de la logistique des opérations en Afrique : cas du Burkina Faso, 2007, Mémoire présenté à l’université du Québec à Trois-Rivières, p.43. internes des lots de production au niveau des paramètres physico-chimiques exigés par la norme internationale en vigueur 71. Cependant, il convient de relever la nécessi té de réviser les normes nationales existantes afin de ré pondre aux nouvelles exigences des normes régionales et internationales . De plus, les acteurs de la filière karité au Burkina Faso manquent souvent d’information concernant les normes de qualité. Ceci est dû à une faible dissémination de l’in formation, souvent disjointe, concernant les critères et besoins des marchés cibles. Il sera nécessaire de ren forcer la coopération entre l’APEX-BF et ABNORM, et les organisations de la filière, afin de mettre en œuvre des mécanismes pour la dissémination de cette information. La difficulté d’accéder à de l’emballage de haute qualité et visuellement attractif La qualité et la salubrité des produits agroalimentaires dépendent des procédés et des conditions de leur fabri cation, ainsi que de la qualité de l’emballage utilisé. Un emballage inadéquat peut être source de contamination. La démarche qualité / sécurité est devenue le leitmotiv des filières fournissant les principaux produits d’exportation après le coton : oléagineux et huiles, fruits et légumes, boulangerie / pâtisserie et céréales, lait et viande, etc 72 . De manière générale, les emballages des produits agroa limentaires pour la consommation locale présentent de nombreuses insuffisances du point de vue de la concep tion et de la présentation ( découpes ou soudures ines thétiques, aspect peu engageant, poids irréguliers, impression de mauvaise qualité ). Il faut aussi signaler des défauts d’étiquetage ( informations insuffisantes ou erronées, peu lisibles, inesthétiques ). Les emballages haut de gamme sont souvent importés à des prix qui diminuent la compétitivité des produits à l’exportation 73 . 71. Bernatchez C., Amélioration de la qualité du produit et des procédés de production du beurre de karité biologique et de la logistique des opérations en Afrique : cas du Burkina Faso, 2007, Mémoire présenté à l’université du Québec à Trois-Rivières, p.107. 72. ITC, Situation actuelle et perspective du secteur de l’emballage agro-alimentaire au Burkina Faso,2006, p.28. 73. Ibid, p. 30 Tableau 13 : Normes de l’UEMOA pour la classification du beurre de karité non-raffiné Paramètres 1e Qualité 2e Qualité 3e Qualité Acides gras libres (%) – à 1 1 .1-3 3 .1-8 Valeur de peroxyde (mEq) – à 10 11-15 15.1-50 Teneur en humidité (%) – à 0.05 0 .06-0 .2 0 .3-2 Impuretés insolubles (%) – à 0.09 0 .1-0 .2 0 .3-2 Source : WATH, Guide à l’exportation du beurre de karité, 2005. 56 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Pour le beurre de karité et ses produits dérivés, un em ballage de qualité qui puisse assurer un bon maintien du produit et le rendre attractif pour le consommateur fait souvent défaut. Il est difficile pour les producteurs de beurre d’avoir accès à de l’emballage agroalimentaire conforme à la réglementation internationale afin d’expor ter vers les marchés cibles. Il faut aussi noter le manque de récipients adéquats de grand format pour l’exportation de beurre. Pour les produits dérivés ( shampoing, savon, etc. ), il est difficile de trouver des emballages esthétiques et de haute qualité qui pourraient à terme permettre l’ex portation directe de ces produits vers la sous-région ou même les marchés internationaux. La méconnaissance des tendances du marché La plupart des opérateurs de la transformation ou de l’ex portation possèdent peu d’informations précises et actua lisées sur les tendances des différents marchés du karité ( amandes, beurre, oléine ou stéarine, produits dérivés ). De nombreux facteurs perpétuent cette situation qui af fecte directement la performance de la filière. Les institutions d’appui au commerce tel que l’APEX-BF, l’APFNL ou la Chambre de commerce du Burkina Faso possèdent des capacités limitées pour produire des études de marché détaillées aux parties prenantes de la filière karité. Par conséquent, les rares études de marché disponibles ont étés produites dans le cadre de projets à durée déterminée, et elles sont souvent difficiles d’ac cès pour les acteurs de la filière. De plus, il est difficile pour les institutions de la filière de compléter des études de marché spécifiques et à la demande de clients. Il est donc crucial de renforcer les capacités des institutions d’appui au commerce afin qu’elles puissent mieux ré pondre aux besoins des transformateurs et exportateurs de la filière karité. Le manque d’information sur les tendances du marché peut aussi être imputé aux opérateurs de la filière qui sont rarement membres d’associations internationales, ou abonnés aux différents magazines, du secteur des huiles et graisses, tel que la revue Oléagineux, Corps Gras, Lipides, Oils & Fats International, Global Oils And Fats Business Magazine, American Oil Chemists Society, etc. Une meilleure proactivité de certains opérateurs pour rait donc leur permettre de mieux comprendre les ten dances du marché. Finalement, seuls quelques rares opérateurs de la filière font des missions commerciales à l’étranger afin de mieux comprendre la structure de la demande des clients et des consommateurs. Il faut noter qu’il est difficile pour les opé rateurs de participer à des missions commerciales, dû à leur coût élevé, et au fait que très peu de soutien est offert aux opérateurs ayant des produits exportables. De plus, peu d’opérateurs connaissent l’existence et se rendent aux différentes foires commerciales pour les secteurs des huiles et corps gras, ou celui des cosmétiques. La partici pation à ces foires leur permettrait de mieux appréhender les tendances du marché, et de se tenir informé des der nières innovations dans le secteur. Il est donc impératif d’encourager les transformateurs et opérateurs dans leur volonté de participer à des foires internationales. La faible organisation de la promotion des produits de la filière La promotion des produits burkinabés du karité doit se faire à de multiples niveaux afin d’assurer un dévelop pement continu de la filière. Actuellement, les efforts de promotion sont limités et considérés comme insuffisant. Au niveau national, les produits à base de karité sont ap préciés par les burkinabés, notamment le beurre de ka rité et les produits cosmétiques. Néanmoins, il manque un plan de promotion nationale visant à la valorisation du karité burkinabé comme un produit naturel, contribuant au développement national ( produit national stratégique pour la lutte contre la pauvreté ). Les produits burkinabés du karité bénéficient seulement de quelques appuis insti tutionnels pour structurer leur promotion nationale, mais ils s’avèrent être encore insuffisants, ou insuffisamment développés . Ainsi, depuis 2011, l’APFNL organise 13 foires par an dans chaque région du pays pour la promotion des PFNL, et les produits du karité y sont dominants. Par ailleurs, le pays organise chaque année des manifestations d’en vergure nationale, voire internationale, quisont des occa sions pour les acteurs d’exposer leurs produits, mais de manière autonome. À titre d’exemples, on peut citer les Journées nationales du paysan ( JNP ), les Journées natio nales de la culture ( JNC ), les foires régionales Agro-sylvo pastorales et halieutiques ( foires ASPH ), les Journées agro-alimentaires ( JAAL ), le Salon international de l’ar tisanat de Ouagadougou ( SIAO ), le Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou ( FESPACO ). Pour les produits de la filière moins connus, comme les chenilles, les pulpes et graisses pour cuisson, il n’y a pas pour le moment de promotion pour encourager leur consommation. Pour les huiles et graisses alimentaires, cette situation se confirme par une balance commerciale négative grandissante. Afin de promouvoir les produits nationaux, il sera important de mieux contrôler la qualité des produits pour assurer la satisfaction et la protection du consommateur. La mise en place d’un label de quali té burkinabé pourrait à terme encourager la consomma tion nationale 74 . 74. TFK, Mémorandum pour l’organisation du marché et l’amélioration de la compétitivité de la filière karité au Burkina Faso, Communiqué final des acteurs de la filière.Bobo-Dioulasso, 30 novembre, 2010. 57ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ La promotion régionale des produits du karité reste insuf fisante au vue du nombre de consommateurs potentiel de la CEDEAO et la CEEAC. Dans ces deux régions, le ka rité est utilisé comme produit cosmétique et alimentaire. Le Salon international du karité de Ouagadougou ( SIKO ), qui n’a plus eu lieu depuis 3 ans, n’est pas suffisamment institutionnalisé pour assurer une promotion forte de la filière burkinabé auprès des acheteurs potentiels et des consommateurs régionaux. Cette opportunité d’attirer des acheteurs régionaux et même internationaux mérite d’être valorisée par les différentes parties prenantes de la filière. Par ailleurs, le nombre très limité de missions commerciales auprès de clients régionaux potentiels ne permet pas un développement performant de ce grand marché. Enfin, le soutien institutionnel à la promotion de la filière demeure aussi largement insuffisant pour réel lement encourager le développement des exportations. Tel qu’indiqué précédemment, de nombreux acteurs de la filière karité ont une connaissance limitée des tendances, besoins et régulations des marchés internationaux pour les produits issus du karité. Ce manque de connaissance rend difficile tout effort de promotion des produits issus de la filière. Actuellement, les exportations du karité se font vers les marchés dits « traditionnels », avec très peu de prospection de nouveaux acheteurs d’amandes ou de beurre de karité. Les soutiens à la prospection de marché, tel les missions commerciales, la participation à des foires ou des rencontres d’entreprises à entreprises ( B2B ), restent nettement insuffisant. L’assistance et l’accompa gnement institutionnel pour soutenir la participation des acteurs de la filière karité à des salons et missions com merciales sont quasi inexistants. Le manque important de ressources de l’APEX-BF explique en grande partie cette situation, et la contraint à se concentrer sur l’assis tance et l’accompagnement institutionnel au niveau na tional, comme cité plus haut. Il sera donc important de renforcer les soutiens institutionnels à la filière karité pour faciliter le développement de ses exportations. ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT EXTERNE LES INITIATIVES DE DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE Des efforts ont été déployés par l’État burkinabé et ses partenaires techniques et financiers dans le sens d’une meilleure promotion de la filière. On peut relever notam ment l’appui à la mise en place des groupements et des unions départementales, provinciales et régionales par maillon, ainsi que le financement de projets d’appui au développement de la filière. Depuis 1991, le Burkina Faso a opéré des réformes éco nomiques, institutionnelles, politiques et administratives visant, entre autres, la construction d’une économie de marché et d’une administration moderne et efficace au service du développement. Aussi, ces réformes économiques ont-elles eu pour corol laires l’ouverture des marchés et la libéralisation de l’éco nomie notamment par le désengagement de l’État des fonctions de production et d’échange au profit du secteur privé pour les secteurs économiques rentables, ce der nier ayant été perçu comme le moteur du développement et dont le rôle s’est vu renforcé. Quant aux réformes ad ministratives, la réforme majeure a été celle dénommée « Réforme Globale de l’Administration Publique ( RGAP ) » et vise une plus grande efficacité de l’action gouverne mentale. Les objectifs principaux étaient de recentrer le rôle de l’État sur ses fonctions régaliennes et laisser ainsi plus d’espace aux autres acteurs pour assurer une ges tion plus efficiente du développement dans le nouveau contexte libéral. Pour opérationnaliser cet engagement, le recentrage de l’État sur ses fonctions régaliennes s’est matérialisé, au plan légal, par la consécration de la loi n° 010 / 98 / AN du 21 avril 1998, portant modalités d’intervention de l’État et répartition des compétences entre l’État et les autres ac teurs du développement. Ainsi, désormais, l’État assure à titre exclusif certaines missions notamment celles re latives au domaine de souveraineté, les autres missions peuvent être exercées de façon complémentaire avec les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations de la société civile ( organisations non-gouvernementales et associations ). (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com. Fleur de karité. 58 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Aussi, dans cette optique, la gestion de la filière kari té, qui était un monopole d’État confiée à la Caisse de Stabilisation des Prix des Produits Agricoles ( CSPPA ) de 1964 à 1991, est-elle désormais laissée entre les mains des acteurs directs de la filière. Dès lors, la nécessité de s’organiser pour combler ce vide et mieux défendre les intérêts des acteurs directs et de la filière auprès de l’État et des partenaires techniques et financiers, s’est fait sentir. Cette prise de conscience a déclenché auprès des ac teurs, des efforts de concertation, en vue d’asseoir ce qui sera reconnue et appelée, en 2009, l’interprofession Table Filière Karité. C’est ainsi que, toujours avec l’ap pui de l’État et des PTF comme l’ACDI / CECI, la SNV, la DYFAB, l’Alliance Globale du Karité ( AGK ), le Cadre Intégré Renforcé ( CIR ) / International Trade Center ( ITC ), le PPAAO, le processus d’apprentissage des acteurs, entamé depuis 1991, s’est soldé en 2009 par la création de l’interprofession de la filière karité dénommée Table filière karité, reconnue par l’État burkinabé comme « asso ciation » par récépissé n° 2009 / 018 / MATD / SG / DGMPAP / DOASOC du 04 février 2009. Elle regroupe l’essentiel des organisations professionnelles faitières des trois maillons production, transformation et distribution, existantes au niveau national. La Table Filière Karité, est un cadre de concertation des acteurs entre eux et une interface entre les acteurs et les tiers comme l’État, les Collectivité ter ritoriales, les partenaires techniques et financiers, etc. Les appuis apportés par les partenaires sont multiformes allant des plaidoyers aux investissements en passant par des formations multiformes ( qualité des produits, gouver nance et gestion des organisations, etc. ), une meilleure structuration de la filière, une meilleure organisation des acteurs. La Banque Mondiale est très active au Burkina Faso où elle finance de nombreux projets. Le premier est le Projet de décentralisation de la gestion des bois et forêts. Il est exécuté par le Ministère de l’Environnement et du développement durable. L’enveloppe octroyée s’élève à $E.-U. 26,26 millions. L’objectif de ce projet est de pro mouvoir des politiques nationales de développement, et d’appuyer la définition et la mise en œuvre de processus de gestion des ressources naturelles à base commu nautaire dans trente-deux communes ( essentiellement rurales ). Il vise aussi à renforcer les pratiques de déve loppement local durable, et à contribuer à réduire les gaz à effet de serre ( GES ) dus à la déforestation et la dégra dation des forêts. La Banque Mondiale finance également à hauteur de $E.-U. 86 millions la troisième phase du Projet de déve loppement des communautés rurales du Burkina Faso, qui prendra fin le 31 mai 2018. Ce projet est exécuté par le Ministère de l’Agriculture et de l’hydraulique. La troi sième phase ( APL3 ) du Projet de développement des communautés rurales et le Projet pour la gestion durable des terres et des forêts ont un objectif de développement commun. Il s’agit d’améliorer la capacité des communau tés rurales et des institutions décentralisées à mettre en œuvre des plans de développement local. Ces plans de développement visent à promouvoir une gestion durable des terres et des ressources naturelles, et à soutenir des investissements productifs au niveau de la commune. L’Agence danoise pour le développement international ( DANIDA ) finance un projet à hauteur de $E.-U. 60 mil lions : le Programme de Croissance Economique dans le Secteur Agricole ( PCESA 2013-2018 ). L’objectif global de ce programme est d’augmenter la productivité, la valeur ajoutée et les revenus agricoles, en vue de contribuer à la croissance économique nationale et la réduction de la pauvreté. Le PCESA s’articule autour de deux com posantes complémentaires : le renforcement des opéra teurs économiques du secteur rural à travers des appuis fournis par des structures et prestataires d’appui et des financements du secteur privé ( composante A ), et l’opti misation des conditions cadres dans lesquelles les acti vités du secteur évoluent ( composante B ). Le second inventaire forestier financé par le Danemark permettra de connaitre le potentiel existant ainsi que les besoins de régénération et les mesures urgentes de pro tection et d’investissement à entreprendre. Des études en cours sur la régénération naturelle assis tée du karité financées par l’ambassade du Danemark et réalisé par l’INERA et le CNSF permettront d’identifier les variétés performantes de karité afin d’accroître le po tentiel existant à travers les plantations. La Coopération luxembourgeoise finance un projet d’ap pui à la mise en œuvre du Programme national de ges tion des ressources forestières. Le budget alloué est de $E.-U. 11 millions. Le Programme des Nations Unies pour le développe ment ( PNUD ), en collaboration avec le MERH, mène un programme de consolidation de la gouvernance environnementale locale. Le budget alloué s’élève à $E.-U. 1,5 millions. L’objectif de ce programme est de renforcer les capacités des acteurs publics et privés au sein des collectivités territoriales, pour qu’ils gèrent effi cacement les risques et les opportunités liés aux chan gements climatiques, le tout dans la perspective de la croissance accélérée et de la réduction de la pauvreté. Le PNUD finance également le Programme d’augmenta tion des revenus et de promotion de l’emploi décent en faveur des femmes et des jeunes ( PARPED ). Ce dernier vise à contribuer à la réduction de la pauvreté et prendra fin le 31 mai 2015. 59ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ LES OPPORTUNITÉS ET MENACES Opportunités Menaces Existence de marchés d’amandes et de beurre en forte croissance Les fluctuations du marché international du karité et son alignement sur les cours du cacao Existence de marchés locaux et régionaux d’autres produits issus de l’arbre à karité tels que les chenilles ( séchées, frites ou en conserve ) La difficile régénération du parc à karité Existence de mesures visant à intégrer le beurre dans certains produits comme le chocolat Forte pression exercée sur la ressource arbre à karité Accroissement du marché des produits dérivés du beurre Pénurie à long terme des produits vue le vieillissement du parc Existence de nouveaux marchés géographiques porteurs ( Asie ) LES GRANDS DÉFIS A RELEVER PAR LA FILIÈRE LES TRANSFORMATIONS STRUCTURELLES ET INSTITUTIONNELLES La présente section présente les transformations struc turelles et institutionnelles proposées par les parties prenantes afin d’améliorer la performance globale de la filière. Ces transformations impliquent une forte coordi nation de la filière afin de s’assurer de la bonne mise en œuvre des transformations, en lien avec les besoins changeant du marché. Le plan d’action de la stratégie détaille de manière concrètes comment ces actions se ront mise en œuvre. Ajouter de la valeur à travers l’expansion de la certification Le développement de produits biologiques permettrait d’élargir la portée des produits issus du karité burkina bé sur les marchés internationaux traditionnels ainsi que sur de nouveaux marchés. Étant donné que la produc tion de karité est faite de manière naturelle, sans intrant chimique, il serait opportun de saisir les bénéfices que peuvent offrir la certification. Pour ce faire, il est nécessaire de soutenir le système de certification du processus de collecte des noix, ainsi que l’établissement de zones de collecte. ( cc BY 2.0) Yukiko Yamamoto@flickr.com 60 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 10 : Transformations structurelles et institutionnelles de la chaîne de valeur • Ajouter de la valeur à travers l’expansion de la certification ; • Améliorer l’approvisionnement énergétique en milieu rural à travers l’usage d’énergies alternatives ; • Diversifier les activités autour du karité dans le but de préserver la ressource karité ( secteur du tourisme ) ; • Renforcer les liens avec d’autres produits forestiers non ligneux dans l’objectif de promouvoir d’autres activités génératrices de revenus ; • Renforcer les liens entre la recherche et développement ( R&D ) et la gestion et extension des parcs à karité ; • Renforcer les liens entre la production de beurre et les installations de stockage et de transport ; • Ajouter de la valeur par la création et l’amélioration des installations de raffinerie. Cette initiative comprendra : � Le développement de systèmes de traçabilité dans la chaîne de valeur ; � Le renforcement des systèmes biologiques de certi fication existants ; � Des projets pilotes pour illustrer l’impact des systèmes biologiques et du commerce équitable sur les nou veaux emplacements, en prenant exemple sur des expériences positives ; et � Des formations en certification biologique pour le pro cessus de collecte des noix. Des campagnes de sensibilisation devront être organi sées pour mettre l’accent sur les avantages économiques et sociaux de la certification biologique et du commerce équitable, et montrer que ces avantages affecteront aussi la question du genre, la santé et l’environnement. Améliorer l’approvisionnement énergétique en milieu rural à travers l’usage d’énergies alternatives L’absence d’électricité en milieu rural, ou sa mauvaise qualité lorsqu’elle est disponible, est un obstacle majeur au développement de la transformation semi-industrielle du beurre de karité. Actuellement, 82 % des besoins éner gétiques des zones rurales sont atteint par l’usage du bois comme combustible, ce qui contribue à la perte des arbres à karité et de la déforestation en général. Plus de 5 millions de tonnes de bois sont consommées chaque année pour répondre à la demande énergétique en mi lieu rural, tandis que seulement 2 % des besoins énergé tiques sont satisfaits par l’électricité. Pour améliorer l’approvisionnement en énergie et, en pa rallèle, réduire la consommation de bois dans le processus de production artisanal ou semi-industriel de beurre de karité, plusieurs alternatives sont envisageables. La première est l’énergie solaire. C’est une opportunité idéale offerte par la disponibilité d’un rayonnement so laire suffisant et disponible tout au long de l’année. Elle permet non seulement de transformer le traitement se mi-industriel du karité, mais aussi de diversifier l’approvi sionnement énergétique en milieu rural. Elle permet ainsi de proposer des alternatives au bois de chauffe pour la consommation des ménages et d’autres types d’indus tries rurales . La deuxième alternative est l’utilisation des coques de karité et de foyers améliorés qui peuvent réduire consi dérablement les besoins en bois de chauffe. Des sites de recherche et de développement doivent être établis pour démontrer la plus grande efficacité des foyers amé liorés. Le développement du recyclage des déchets du karité pour la production de briquettes de combustible représente un énorme potentiel. Ces briquettes peuvent être utilisées pour la production de karité lui-même afin de créer une chaîne de valeur du karité « zéro carbone ». Elles peuvent également être utilisées pour les besoins de consommation de carburant des ménages. Les bou langeries locales à Ouagadougou ont également mani festé leur intérêt pour l’achat de ces briquettes. Comme le montre la croissance des exportations de tourteaux de 121 %, le marché d’exportation de briquettes offre à lui seul un potentiel considérable. Diversifier les activités autour du karité dans le but de pré server la ressource karité ( secteur du tourisme ) La production de karité possède de nombreux aspects qui la relient naturellement au secteur du tourisme. En amont, l’approvisionnement de karité du Burkina Faso 61ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ certifié bio pourrait servir l’intérêt des hôtels, gîtes et villages-vacances dans les parcs, en augmentant leur attrait. Compte tenu de l’image de marque au niveau na tional, l’utilisation par les restaurants et cafés de beurre de karité local pour la cuisson peut devenir de plus en plus attrayant, pour eux et pour leurs clients. Le tourisme dans les parcs à karité au Burkina Faso, par exemple le long du parc national, peut facilement être lié au tourisme culturel et communautaire dans les zones adjacentes aux parcs nationaux. La production de karité peut jouer le rôle d’attraction culturelle, cos métique et environnementale. La nature captivante du processus de production du beurre, combinée à la re connaissance mondiale du karité, permettrait à la fois de contribuer à attirer des touristes internationaux et à la vente de beurre artisanal . Des programmes intégrés du ministère du Tourisme et du ministère de l’Environne ment et du développement durable pourraient déterminer quels villages et régions sont les plus appropriés pour ce type d’activités. Les interventions pourraient inclure la formation des communautés locales sur les exigences de base du tourisme, la manière d’attirer les touristes, et la manière d’inciter les voyageurs à inclure dans leur iti néraire des visites de parcs à karité. Renforcer les liens avec d’autres produits forestiers non ligneux dans l’objectif de promouvoir d’autres activités génératrices de revenus Le karité est l’un des nombreux produits forestiers non ligneux de la savane arborée d’Afrique subsaharienne. Il existe toutefois d’autres PFNL à haute valeur ajoutée dans la région, comme le néré, le baobab, le moringa, le saba, et le balanites 75. En plus des arbres fruitiers, d’autres pro duits présentent des possibilités de développement des PFNL : le miel, les champignons, les insectes comestibles, le bambou et le rotin, ou les plantes ornementales. Étant donné que de nombreux autres produits forestiers non ligneux produisent également des huiles, le développe ment des infrastructures et la fourniture d’énergie pour le secteur du karité doivent être coordonnés avec les autres PFNL pour permettre des synergies. L’intervention devrait donc inclure les éléments suivants, d’un point de vue technique et en termes de planification : � L’identification et la cartographie des autres PFNL à forte valeur commerciale ; � L’organisation de campagnes de sensibilisation pour mieux faire connaître les PFNL locaux ; et � L’organisation de formations sur le terrain, en matière de transformation, de stockage, d’emballage et de transport des autres produits forestiers non ligneux. 75. PNUD, Valorisation des produits forestiers non ligneux au Burkina Faso : état des lieux et perspectives, 2008, Rapport final. � Renforcer les liens entre la recherche et développement ( R&D ) et la gestion et l’extension des parcs à karité En raison de la longue phase juvénile de l’arbre à karité, et pour encourager sa culture, il est nécessaire d’investir davantage dans les techniques de greffe et le dévelop pement de pépinières locales décentralisées. D’un point de vue politique, le fait d’intégrer les jeunes plants de karité dans les potagers locaux permettra d’assurer leur approvisionnement en eau, la surveillance, la gestion et la liaison avec les communautés. La recherche est né cessaire en ce qui concerne les technologies suivantes : � Le stockage des eaux de pluie, le recyclage des eaux grises, et l’irrigation au goutte à goutte ; � L’élimination appropriée des eaux usées provenant de la production de beurre de karité ; et � Les meilleures pratiques agro-forestières. Renforcer les liens entre la production de beurre et les installations de stockage et de transport Comme cela a déjà été mentionné, des liens plus étroits sont nécessaires entre les différentes étapes du proces sus de production de karité. En termes de stockage, l’uti lisation commune des installations de stockage doivent être encouragée, dans des endroits stratégiques identi fiés, et en intégrant des infrastructures de transport dans ce réseau de stockage. Ces actions permettront de ren forcer la disponibilité et l’approvisionnement de beurre. Ajouter de la valeur par la création et l’amélioration des installations de raffinage D’un point de vue politique, des mesures incitatives de vraient être mises en place pour encourager l’investis sement dans les raffineries. En effet, c’est un moyen de créer des emplois locaux tout en capitalisant sur le mar ché du beurre raffiné. En raison du coût et de la sophistication technique de la mise en place des installations, ce qui suit doit être entreprit : � Développer des mesures d’incitation pour les investis seurs ( avantages fiscaux, IDE et incitations au travail ) ; � Planifier et définir au niveau régional les emplacements pour attirer les investissements pour les installations de raffinage ; et � Organiser des programmes de formation technique et professionnelle pour développer la main d’œuvre qualifiée nécessaire aux installations de raffinage. 62 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Encadré 11 : Défis à court terme • Pénétrer les marchés actuels d’amandes ( Danemark, Ghana, Singapour ) par une meilleure qualité et la traçabilité des amandes, ainsi qu’une augmentation de la collecte ; • Pénétrer les marchés actuels de beurre traditionnel ( France, Pays-Bas ) par une meilleure qualité, des délais de production améliorés, une meilleure traçabilité pour le bio, la mise en place de plus de groupements capables de répondre aux critères du commerce équitable, mais également en utilisant le travail à façon pour le raffinage du beurre ; et • Commercialiser localement, et possiblement régionalement, d’autres produits issus de l’arbre à karité tels que les chenilles ( séchées, frites ou en conserve ). Encadré 12 : Impact de la qualité des amandes sur le taux d’huile par amande et les acide gras libres L’efficacité de l’extraction du beurre de karité peut varier jusqu’à 50 %, résultat direct des proces sus après récolte qui influent sur la qualité du karité. La cueillette tardive ( après germination ), le sé chage incomplet ( qui entraine des infections fongiques ) et le fumage ( au lieu du bain bouillant et du séchage au soleil ) peuvent produire des amandes de karité avec un taux d’huile moyen de 20 % par rapport au poids, moins que la moitié qui est normalement attendue d’une qualité supérieure d’amande ( environ 50 % du poids sec ). De plus, des processus après récolte médiocres donnent un beurre de karité avec un fort taux d’acides gras libres ( AGL – une décomposition hydrolytique des triacylglycérides ) et en conséquence une chute du rendement du composant le plus valori sant du beurre de karité – la stéarine. L’augmentation significative des rendements de stéarine ( et de leur valeur ) est donc possible si une meilleure qualité peut être fournie. • Pour chaque 1 % d’augmentation des taux de AGL, le rendement de la stéarine chute de 1 % ; • Pour une tonne de stéarine, il faut 6 à 7 tonnes d’amandes de karité d’Afrique de l’Ouest ; • Si le prix FAB de la stéarine est de $E.-U. 4 000 et le taux de AGL est bas ( à 14-15 % ) ; $E.-U. 70 par tonne de marge en plus, SI la qualité < 4-5 % de AGL, d’où $E.-U. 400 de stéarine de plus avec moins d’amandes. L’IDENTIFICATION DE MARCHÉS ET LA DIVERSIFICATION DES PRODUITS Les défis à court terme pour le Burkina Faso Des opportunités claires pour l’industrie du karité du Burkina Faso existent, dont un grand nombre sont clai rement accessibles dans le court terme, sinon dans l’immédiat. Pour cela, ces opportunités doivent être cor rectement approchées. Les opportunités de commer cialisation sont disponibles au niveau national, régional et international . Pénétrer les marchés actuels d’amandes ( Danemark, Ghana, Singapour ) par une meilleure qualité et la tra çabilité des amandes, ainsi qu’une augmentation de la collecte Les plus gros acheteurs internationaux cherchent à aug menter l’approvisionnement transparent d’amandes de karité de qualité, et les sociétés internationales ou celles des pays voisins cherchent à renforcer leurs échanges de karité avec le Burkina Faso. Tous ces acheteurs veulent sécuriser des lignes d’approvisionnement car certains craignent que les volumes produits actuellement ne soient pas suffisant pour répondre à la demande du mar ché international. Pour cette raison, ces sociétés explorent de nouvelles méthodes pour améliorer les rendements et les marges, mais sans l’option d’augmenter les volumes. 63ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Selon les acheteurs internationaux, deux éléments clefs sont à renforcer dans la filière karité au Burkina Faso : la qualité et la traçabilité. Une mauvaise qualité d’amandes à un impact direct sur les rendements de la transformation industrielle ( voir encadré 12 ). Comme le prix payé pour les amandes est de plus en plus indexé sur la qualité de ces dernières, une augmentation de la qualité influencera grandement les revenus de la filière. Ces marges supplé mentaires potentielles offrent de nombreuses possibilités pour les producteurs du Burkina Faso, les négociants et les exportateurs. Par exemple, l’augmentation des paie ments aux producteurs leur permettrait en retour de col lecter de plus grandes quantités. De plus, une augmentation de la qualité et des revenus pourront soutenir la mise en place d’une meilleure tra çabilité. La viabilité et l’efficience de la chaîne d’approvi sionnement pourra être démontrée aux consommateurs, et renforcera la compétitivité du karité burkinabé sur le marché mondial des huiles et des matières grasses. Ceci est important dans un marché global des huiles et graisses alimentaires qui ne cesse de croître avec le temps. En 10 ans, la demande d’huile et de graisses ali mentaires a été multipliée plus de cinq fois ( atteignant environ $E.-U. 100 milliards ) 76 . Pénétrer les marchés actuels de beurre traditionnel ( France, Pays-Bas ) par une meilleure qualité, des dé lais de production améliorés, une meilleure traçabilité pour le bio, la mise en place de plus de groupements capables de répondre aux critères du commerce équi table, mais également en utilisant le travail à façon pour le raffinage du beurre En plus d’améliorer la qualité des amandes, il existe d’autres options à court terme pour améliorer l’accès du Burkina Faso au marché du karité. En exemple, il a été 76. Calculs de l’ITC sur la base de UN Comtrade-HS2002. suggéré d’augmenter l’échange de beurre avec la France et les Pays-Bas, par une amélioration de la qualité, la tra çabilité et les délais de production. Une meilleure stabi lité des prix, une certification bio et de l’assistance sur la gouvernance des groupements, devraient aussi aug menter les options de marché. Il faut cependant noter que la période de conversion du traditionnel vers le bio peut prendre trois années, ce qui en ferait une option davan tage axée sur le moyen terme. Une nouvelle opportunité excitante s’est ouverte en Europe, avec des raffineries de karité offrant un service à façon pour le raffinage du beurre à des prix très compé titifs. Ceci est possible à plusieurs endroits, mais principa lement aux Pays-Bas. Il pourrait également être possible dans un futur proche de traiter du beurre à la demande ( extraction et raffinage ) dans les pays voisins comme le Ghana et la Côte d’Ivoire. Commercialiser localement, et possiblement régionale ment, d’autres produits issus de l’arbre à karité, tel que les chenilles ( séchées, frites ou en boites ) Les insectes associés à l’arbre à karité peuvent égale ment être commercialisé. La chenille comestible ( Cirina forda, défoliateur du karité ) peut être trouvée en grandes quantités sur les arbres. Ces chenilles sont capables de défolier des vergers de 20 à 30 km 2 en quelques se maines. Localement, c’est un aliment très prisé qui est consommé dans toute la région du karité. C’est une source importante de protéines, et il est recommandé que les parties prenantes travaillent avec le Centre national de recherche scientifique et technologique ( CNRST ) et l’Ins titut international d’ingénierie de l’eau et de l’environne ment ( 2IE ). Avec la même orientation que pour le beurre raffiné alimentaire, la filière karité du Burkina Faso peut transformer ces chenilles en un aliment commercialisé pouvant répondre aux attentes des populations urbaines . Encadré 13 : Défis à moyen et long termes • Commercialiser de plus grands volumes de beurre directement aux clients de l’industrie des cosmétiques, naturels ou autre ; • Commercialiser du beurre raffiné pour l’industrie cosmétique de la sous-région ; • Commercialiser du beurre de karité raffiné de qualité alimentaire, dont l’emballage s’allie au style de vie urbain ( vente en supermarché ) ; • Commercialiser des tourteaux de karité comme biocarburant pour les petites industries ou pour la cuisine domestique, ou encore comme compost ou engrais ; • Fractionner le beurre pour produire de l’oléine et de la stéarine ; • Produire du miel pur d’appellation géographique d’origine ; et • Valoriser les pulpes pour la fabrication de nouveaux produits. 64 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Les défis à moyen et long termes pour le Burkina Faso De nombreuses opportunités de développement du mar ché à moyen et long termes existent pour l’industrie burki nabé du karité. Ces opportunités vont de la transformation du beurre et ses produits dérivés à la valorisation des dé chets. Les opportunités de commercialisation sont dispo nibles au niveau national, régional et international. Commercialiser de plus grands volumes de beurre di rectement aux clients de l’industrie des cosmétiques, naturels ou autre Il existe de nombreux autres marchés pour le beurre de karité et les produits cosmétiques associés, bien que ceux-ci requièrent un peu plus de temps pour s’y prépa rer et y accéder. De manière générale, le marché des pro duits cosmétiques naturels est en pleine croissance, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique. Cependant, en se rapprochant des consom mateurs internationaux, les réglementations augmentent – les demandes de conformité aux normes, etc., peuvent devenir plus exigeantes et demandent donc du temps pour s’y préparer. Il existe aussi de nombreuses foires commerciales inter nationales pour les cosmétiques et les ingrédients natu rels, comme Expo West and East, The New York Cosmetic Chemists Suppliers Day et in-cosmetics, pour ne citer que les plus connues. Elles sont visitées par une large partie de l’industrie internationale car elles favorisent les rencontres avec les acheteurs, les autres fournisseurs, et offrent d’assister à des séminaires éducatifs et des for mations. En Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso a le privi lège d’être membre de la CEDEAO, et peut donc profiter de nombreuses structures qui soutiennent le commerce régional et international. De plus, les coques du karité offrent aussi des possibilités d’utilisation dans les cosmé tiques, par exemple comme ingrédient pour les exfoliants. Commercialiser du beurre raffiné pour l’industrie cos métique de la sous-région Certaines grandes et petites sociétés ont augmenté leur capacité à produire des produits cosmétiques de quali té internationale, mais pour une consommation dans la sous-région. Cette production cherche de plus en plus un approvisionnement de matériau brut de haute quali té, comme le beurre de karité. C’est le cas maintenant en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigéria, ce qui serait ac cessible aux producteurs de karité burkinabés. Les mis sions commerciales et la participation aux évènements régionaux offrent une opportunité énorme et immédiate pour augmenter les échanges, comme par exemple la conférence annuelle de l’Alliance globale du karité ( GSA ). Commercialiser du beurre de karité raffiné de qualité alimentaire, dont l’emballage s’allie au style de vie ur bain ( vente en supermarché ) On estime à environ 21 g le beurre consommé chaque jour par personne dans les zones rurales de la région du karité 77. Avec une population humaine dans ces zones estimée à environ 200 millions, dont environ 50 % est ur baine ( selon les données de la FAO qui estime la popu lation rurale à 107 millions 78 ), et en admettant que 40 % des personnes consomment du beurre de karité de ma nière quotidienne ( ce qui représente environ 42,8 millions de personnes ), cela engendre une demande annuelle dans ces régions d’environ 330 000 tonnes métriques de beurre de karité, ou un million de tonnes d’amandes de karité. De plus, les populations urbaines et la classe moyenne croissante en Afrique sont de plus en plus demandeuses pour des aliments traditionnels, comme de l’huile de palme en boite, de la farine d’igname, du millet, du sorgho ou du manioc, etc. Mais elles demandent aussi que ces produits soient emballés d’une manière qui convienne mieux à leur style et standard de vie ainsi que leur statut. D’un point de vue alimentaire, le beurre de karité pour rait être raffiné et vendu sous la forme de bloc de matière grasse végétale ( comme le beurre laitier ), ou utilisé pour produire des margarines ou autres confiseries locales. Ce serait là pour le beurre de karité raffiné de qualité alimentaire un secteur de marché potentiel à explorer – par exemple s’il était emballé de la même manière que le beurre laitier . L’Afrique de l’Ouest importe de grandes quantités d’huiles végétales alimentaires. Elles sont consommées quotidien nement – pour frire, lier les sauces, et avec de nombreux autres aliments transformés et cuisinés. Par exemple, chaque miche de pain dans le monde exige une petite quantité de matière grasse végétale. En Europe c’est fré quemment de l’huile de palme – dont les propriétés sont très proches du beurre de karité. Avec une population en pleine croissance et des inquié tudes vis-à-vis de la consommation d’autres graisses sa turées, ce marché africain de l’alimentation est un aspect important de l’industrie qui ne devrait pas être ignoré. Par ailleurs, les famines et la nutrition en contexte ins table – auxquelles répondent le Programme alimentaire mondial ( PAM ) et les agences humanitaires – offrent po tentiellement un marché important qui pourrait être une opportunité pour les fournisseurs locaux de beurre de karité de qualité alimentaire. 77. Fleury J-M., The butter tree. 1981, Rapport de l’IDRC, 10( 2 ) : 6-9. 78. Données démographiques ( 2000 ) de la FAO plus 2,3 % par an de croissance estimée ( Naughton C., communication personnelle ). 65ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ Commercialiser des tourteaux de karité comme bio carburant pour les petites industries ou pour la cuisine domestique, ou encore comme compost ou engrais En plus des marchés pour les amandes et le beurre de karité, il existe aussi d’autres opportunités pour les nom breux sous-produits de l’extraction et les autres parties de l’arbre à karité. Le produit le plus notable est le résidu après extraction, qui est en train de devenir un sujet en vironnemental important. En effet, il pourrait constituer un excellent biocarburant renouvelable, pouvant être utilisé dans les usines locales, les boulangeries, les habitations, et dans l’industrie du karité elle-même. Comme cela a déjà été mentionné auparavant, de par son utilisation comme biocarburant ou paillis en Europe, le tourteau de karité est de plus en plus disponible. Il est aussi utilisé comme biocarburant par les usines d’extrac tion en Afrique de l’Ouest, en particulier pour alimenter les fourneaux à vapeur entrant dans les processus d’ex traction du karité. Le tourteau de karité comme biocarbu rant peut même être utilisé par les industries plus petites, ou pour la cuisine domestique, l’industrie boulangère, et même pour l’extraction du beurre de karité. Il faudrait que des chercheurs comme ceux de l’IRSAT apportent leur aide aux artisans locaux, pour dévelop per des équipements de fabrication de briques. Ce type de technologie est devenu populaire dans le monde et devrait être relativement simple à adapter, en se basant sur les recherches portant sur d’autres types de résidus. Par ailleurs, la possibilité d’utiliser le tourteau de karité comme aliment pour poissons, ou compost et engrais, n’a pas encore été vraiment exploré. Fractionner le beurre pour produire de l’oléine et de la stéarine La demande mondiale pour la stéarine dans des produits alimentaires et non alimentaires, ainsi que la demande nationale pour des huiles et graisses alimentaires, pour rait justifier la mise en place d’une unité de fractionnement en Afrique de l’Ouest. La séparation de l’oléine et de la stéarine par le processus de fractionnement permet de créer ces deux produits en demande. L’élaboration d’une étude de faisabilité sera nécessaire afin d’assurer que la stéarine produite réponde aux réalités et exigences inter nationales, et que l’oléine produite pourra être vendu à un prix compétitif en comparaison aux huiles alimentaires actuellement importées au Burkina Faso. Produire du miel pur d’appellation géographique d’origine Les insectes associés à l’arbre à karité peuvent égale ment être utilisés, comme par exemple leurs principaux polinisateurs, les abeilles, qui favorisent le rendement des (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 66 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 arbres à karité. La production de miel de karité pur n’est pas commercialisée au Burkina Faso. Une diversification des producteurs de miel toutes origines vers une pro duction de miel d’une seule origine pourrait augmenter la valeur du produit . Valoriser les pulpes pour la fabrication de nouveaux produits Tel qu’indiqué précédemment, la pulpe du fruit est sucrée et certains l’apprécient au point d’en faire des confitures et des glaces – des industries qui pourraient se déve lopper au Burkina Faso. Pour le moment, la pulpe n’est consommée que localement et seules quelques entre prises l’utilisent dans la fabrication de confitures et de glaces. La préservation de la ressource La stratégie nationale de développement durable du sec teur du karité vise à ralentir et même inverser la dégrada tion du parc à karité. Celle-ci est due à son vieillissement et à la déforestation répondant aux besoins énergé tiques des populations rurales. La stratégie propose donc des mesures pour atténuer la dépendance au bois de chauffe. Elle propose aussi de promouvoir une nou velle économie rurale construite sur la valorisation des déchets, le développement des PFNL et des énergies alternatives . Le karité joue un rôle essentiel dans la prévention de la désertification, c’est-à-dire de la conversion de la forêt en savane. Par sa présence, l’arbre à karité peut favoriser le développement de nombreuses autres espèces, avec de larges avantages pour l’écologie du Burkina Faso. Malheureusement, comme cela a été précédemment indi qué, le Burkina Faso connaît des taux alarmants de défo restation qui menacent l’équilibre environnemental, mais aussi le développement futur de la filière. En liant explici tement une partie des bénéfices tirés du commerce du karité à des objectifs de conservation réalistes, de nou velles possibilités de commercialisation émergent, avec le double avantage de générer plus de profits tout en fi nançant la régénération des parcs. Pour que l’industrie du karité améliore son impact environnemental, favorise la protection de l’environnement, et permettent aux popu lations rurales de faire face aux changements climatiques, certaines activités peuvent faciliter le développement en vironnemental de la filière : � Sensibiliser les populations rurales au greffage et autres bonne pratiques sylvicoles, afin de rajeunir la population de karité sur les terrains communautaires et privés ; � Définir des plans de gestion communautaire des parcs à karité, qui permettent la mise en place de projets de reboisement et de conservation ; � Valoriser les interdépendances bénéfiques avec d’autres espèces d’arbres résistant à la sécheresse, tel que le baobab ; � Sensibiliser les groupes communautaires sur la façon de créer une filière « zéro carbone » ; � Développer des technologies et compétences rela tives aux foyers améliorés afin de réduire la demande énergétique de la filière ; � Développer des technologies et compétences concer nant le recyclage des déchets ( tourteau ) afin de le valoriser comme source efficace d’énergie ; � Élaborer et mettre en œuvre le développement de l’agro- et éco-tourisme autour de la production du beurre de karité, afin de créer des sources de revenus supplémentaires et de nouveaux marchés pour les producteurs ruraux ; � Intégrer des sources alternatives d’énergie ( biomasse et solaire ) hors réseau pour réduire les émissions de carbone dans le traitement du karité ; et � Valoriser les services environnementaux comme le Programme ONU-REDD et indemniser les agriculteurs pour les services environnementaux rendus, comme la plantation d’arbres à karité. Ces mesures de développement environnemental de la filière devraient permettre un développement équilibré de la filière pour les années futures. Le développement social et l’équité La stratégie de développement durable de la filière karité vise à favoriser le développement socio-économique du Burkina Faso à travers la prise en considération du rôle des femmes en milieu rural et la création d’emplois durables. Tel qu’indiqué précédemment, avec l’industrialisation de la filière karité, il y a un risque accru que cette industrie traditionnellement dominée par les femmes soit reprise en main par les hommes. Cette tendance est déjà apparente dans les installations semi-industrielles où les postes de direction, de gestion et de contrôle des opérations tech niques sont rarement attribués à des femmes. Sachant que les revenus des femmes sont généralement utilisés pour les frais de scolarité, de santé, et au service de la communauté, la diminution de leur rôle dans la filière pourrait avoir des effets négatifs sur le développent rural et socio-économique du Burkina Faso. Par conséquent, le processus d’industrialisation de la filière nécessite la mise en place de mesures qui permettront d’assurer une participation forte et équitable des femmes dans toute la filière. Des mesures politiques seront éventuellement nécessaires afin d’atténuer une possible exclusion des femmes dans la prise de décision sur le développement de la filière. De plus, les activités et les orientations sui vantes pourront contribuer à assurer une participation accrue des femmes dans la filière : 67ANALYSE ET DIAGNOSTIQUE DE LA FILIÈRE KARITÉ � Améliorer le positionnement des femmes dans la chaîne de valeur en commercialisant le karité comme un produit fabriqué par les femmes africaines, pour les femmes et les hommes du monde entier ; � Sensibiliser les coopératives de femmes sur le risque de marginalisation, et les doter de compétences tech niques et spécifiques pour leur permettre de devenir des acteurs dynamiques et incontournables du déve loppement de la filière ; � Favoriser l’enterprenariat féminin au niveau de la trans formation semi-industrielle du beurre, renforcer l’accès à l’information de marché et développer les capacités de promotion ; � Mettre en place des formations spécifiques pour les femmes sur la gestion d’entreprise, possiblement avec une spécialisation en gestion et commercialisation des huiles et corps gras ; � Favoriser l’accès des femmes aux formations sur la gestion des processus industriels pour la transforma tion des corps gras ; et � Favoriser l’accès des femmes aux formations sur la gestion et le contrôle qualité dans les processus de transformation primaire et secondaire des huiles et corps gras. En plus de l’équité dans la filière, la professionnalisation de la base ( productrices, commerçants-collecteurs, grou pements ) doit permettre de créer des emplois durables dans la filière, grâce à la mise en place de mesures de structuration des acteurs et de renforcement de leurs ca pacités. Cette professionnalisation permettra de faire de la collecte des noix une activité économique à part en tière et non plus une activité secondaire. Ces mesures de développement socio-économique de la filière devraient également contribuer à un développe ment équilibré de la filière pour les années futures. La mise en place d’un système de traçabilité des pro duits de karité Le système de traçabilité efficace devrait être promu en vue d’optimiser les exportations des produits du karité et de rentabiliser davantage les investissements . Cela suppose donc la mise en place d’une meilleure or ganisation des acteurs de tous les maillons de la chaine de valeur, une culture du respect des conditions d’hygie ne, une meilleure gestion de la ressource, un système de communication adéquat, un respect des normes inter nationales de qualité, un renforcement de capacités des structures d’appui. (cc BY 2.0), Erik (HASH) Hersman, Shea Nut Extraction. G ra p h iq u e 16 : Fu tu re c h aî n e d e va le u r In tr an ts C ol le ct e de s am an de s G ro up em en ts de fe m m es C ol le ct eu rs in di vi du el s Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n pa r so lv an t) D an em ar k/ G ha na /S in ga po ur M ai n d’ œ uv re Fo nc ie r Ea u Lé ge nd e C om po sa nt e N at io na le C om po sa nt e In te rn at io na le B eu rr e A m an de E xp or ta tio n Tr an sf or m at io n : F ab ric at io n de pr od ui ts co sm ét iq ue s et al im en ta ire s M ar ch é N at io na l P ro du its co sm ét iq ue s C ôt e d’ Iv oi re Fr an ce /P ay s B as /A lle m ag ne U S A /C an ad a B ré si l/J ap on A m an de s Eq ui pe m en t A ut oc on so m m at io n et ve nt es ru ra le s A ge nt s S éc ha ge T ri La va ge C on ca ss ag e T or ré fa ct io n E xt ra ct io n pa r so lv an t Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n tr ad iti on ne lle ) S éc ha ge La va ge T ri C on ca ss ag e T or ré fa ct io n B ar at ta ge / La va ge C ui ss on S ép ar at io n P ur ifi ca tio n /D éc an ta tio n M ou tu re F ilt ra tio n/ C la rif ic at io n Tr ai te m en t de s no ix Cu is so n D ép ul pa ge Sé ch ag e D éc or tic ag e R am as sa ge de s fr ui ts G ro up em en ts de s fe m m es C ol le ct eu rs in di vi du el s En er gi e R& D Tr an sf or m at io n de s am an de s en be ur e no n ra ff in é (E xt ra ct io n pa r pr es si on m éc an iq ue ) S éc ha ge T ri La va ge C on ca ss ag e T or ré fa ct io n P ur ifi ca tio n, D éc an ta tio n P re ss ag e F ilt ra tio n/ C la rif ic at io n V en te de s am an de s da ns le s m ar ch és vi lla ge oi s Co m m er ça nt s G ro up em en ts d es fe m m es Co nd iti on ne m en t V ap or is at io n du so lv an tp ar ch au ffa ge du m él an ge 30 % d es fr ui ts c ol le ct és C on di tio nn em en t Se m is /g re ff es S ol va nt In tr an ts : Es pa ce d e ré co lte d es fr ui ts Ce rt ifi ca tio n de s pa rc s à ka ri té C ha m ps pe rs on ne ls F or êt S eg m en tà m aj or ité fé m in in C ha m ps de fa m ill e St oc ka ge St oc ka ge S er vi ce s d’ ap pu i a u co m m er ce C E M A C D év el op pe r le s co nf itu re s bo is so ns , fr ia nd is es , e t cr èm es g la cé s Co lle ct er e t co m m er ci al is er le s ch en ill es In té gr er d es c oq ue s da ns la p ro du ct io n de s to ur te au x M et tr e en p la ce d es pl at ef or m es d e st oc ka ge s, s éc ha ge s et tr ai te m en ts P ro m ou vo ir l’ us ag e de s fo ye r am él io ré s et d es br iq ue tt es d e to ur te au x Va lo ri sa tio n ef fic ac e de s ré si du s (t ou rt ea u) Be ur re A jo ut er d e la va le ur : F av or is er la c er tif ic at io n Bi o et é qu ita bl e A jo ut er d e la v al eu r: d év el op pe r de no uv el le s ga m m es d e pr od ui tS à b as e de s ch en ill es e t d e pu lp e To ur is m e cu ltu re l Cr ée r de la v al eu r: cr ée r de s lie n av ec le s ec te ur d u to ur is m e Cr ée r de la v al eu r: e n fa vo ri sa nt le s lie ns av ec d 'a ut re s P FN L D is tr ib ue r de la va le ur : r en fo rc er le s lie ns e nt re R & D A jo ut er d e la v al eu r: e n am él io ra nt la p er fo rm an ce én er gé tiq ue , e t e n va lo ri sa nt l’ us ag e du to ur te au x Cr ée r de la v al eu r: dé ve lo pp er la pr od uc tio n de s to ur te au x A m él io re r le s pe rf or m an ce : e n m ut ua l is an t o u fa vo ri sa nt le tr av ai l à fa ço n Pr om ot io n de s au tr es PF N L D is tr ib ue r de la va le ur : e n as su ra nt l a co nt in ui té , l a pa rt ic ip at io n éq ui ta bl e de s fe m m es Co ns ol id er la p ré se nc e su r ce s 3 m ar ch és , e n am él io ra nt la q ua lit é, l a tr aç ab ili té e t l es v ol um es Re nf or ce r la p én ét ra ti on d e m ar ch és p ar l’ a m él io ra ti on de la q ua lit é, la tr aç ab ili té , le s dé la is d e pr od uc ti on e t la c er ti fic at io n A ug m en te r le s éc ha ng es de b eu rr e et d es pr od ui ts à b as e de be ur re , e n re nf or ça nt la pr om ot io n de s pr od ui ts A ug m en te r la p én ét ra ti on de m ar ch és p ar l’a m él io ra ti on d e la q ua lit é, la tr aç ab ili té , l a ce rt ifi ca ti on et la p ro m ot io n D év el op pe r le s m ar ch és ré gi on au x à tr av er s d es m is si on s de p ro sp ec ti on s et le d év el op pe m en t d e no uv ea u pr od ui ts Re nf or ce r le s éc ha ng es da ns p ar l’ am él io ra ti on d e la q ua lit é, la tr aç ab ili té , l a ce rt ifi ca ti on e t l a pr om ot io n du b eu rr e de ka ri té T ra ns po rt ,s er vi ce s do ua ni er ,G ro up em en td es tr an si ta ire s du B ur ki na La bo ra to ire s et or ga ni sa tio n de tr ai te m en tp hy to sa ni ta ire ,d e co nt rô le qu al ité et de ce rt ifi ca tio n, B an qu es :S er vi ce s fin an ci er s ,F in an ce m en ts ,, A P B E F , C oo rd in at io n N at io na le du F on ds C om m un po ur le s pr od ui ts de B as e S er vi ce s te ch ni qu es et m ai nt en an ce s A PE X BF C E F O R E F IA B A B N or m S P P M F C C I B F A P F N L (M E R H ) R E K A F C M A B F M E B F F A F P A TF K C A M C O C N C F C FN U G G F D G TT M D G I( M IC A ) D G V RI (M RS I) D G PE R D G A T/ PL R IR SA T (M RS I) D G FO M R D G C (M IC A ) U N M O C IR D G PE F (M FP G ) IN E R A (M R S I) D G E P (M E F ) D G FF (M ER H ) D G C O O P (M E F ) C N A (M A S A ) C N S F (M E R H ) S P C O N E D D , R& D G re ff ag e D év el op pe m en t d e pé pi ni èr e M et tr e en p la ce d es m es ur es s us ce pt ib le s d’ as su re r l’i m pl ic at io n de s fe m m es Fr ac tio nn em en t T ra ns fo rm at eu rs (u si ne s d’ ex tr ac tio n m éc an iq ue et ra ffi ne rie s / ré ex po rt at io n) G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n Ch oc ol at er ie s Bo ut iq ue s de co sm ét iq ue s In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs (u si ne s d’ ex tr ac tio n m éc an iq ue et ra ffi ne rie s / ré ex po rt at io n) G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n C ho co la te rie s B ou tiq ue s de co sm ét iq ue s T ra ns fo rm at eu rs (u si ne s d’ ex tr ac tio n m éc an iq ue et ra ffi ne rie s / ré ex po rt at io n) G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n C ho co la te rie s B ou tiq ue s de co sm ét iq ue s In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n C ho co la te rie s B ou tiq ue s de co sm ét iq ue s In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n C ho co la te rie s B ou tiq ue s de co sm ét iq ue s In du st rie s co sm ét iq ue s et al im en ta ire s T ra ns fo rm at eu rs G ro ss is te s di st rib ut eu rs R ée xp or ta tio n C ho co la te rie s B ou tiq ue s de co sm ét iq ue s 69ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE FONDEMENTS La stratégie de développement durable de la filière karité est alignée avec les plans de développement nationaux existant, et répond à la volonté de l’État burkinabé de dynamiser de nouvelles filières porteuses. De nombreux plans de développement nationaux mettent en exergue le karité comme filière pouvant contribuer à la réduction de la pauvreté et à l’accélération de la croissance éco nomique du Burkina Faso. La Stratégie de croissance accélérée et de développe ment durable ( SCADD ) La SCADD ambitionne de trouver de nouvelles voies de création de valeurs par une organisation harmonieuse des efforts de développement. Dans son axe de pro motion des pôles de croissance, la SCADD vise à pro mouvoir le potentiel sectoriel et les ressources locales, à travers le développement de stratégies soutenues par l’État, les collectivités territoriales, et avec le concours du partenariat public-privé. La SCADD vise également le développement des filières porteuses, dont le karité, la promotion des niches et des grappes d’entreprises, ainsi que la promotion d’une croissance en faveur des pauvres. La filière karité a été identifiée par la SCADD comme une filière devant être renforcée en vue d’augmenter sa pro duction. Cet objectif est en adéquation avec l’objectif 1 de la présente stratégie . Le Programme national du secteur rural ( PNSR ) – 2011-2015 Le PNSR vise à « contribuer de manière durable à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à une croissance économique forte, et à la réduction de la pauvreté ». Ses objectifs sont ( i ) d’assurer une meilleure couverture des besoins alimentaires des populations par la production nationale ; ( ii ) réduire la malnutrition à travers la réduc tion de la proportion de la population en deçà de l’ap port calorique quotidien minimum, et de la prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de 0 à 5 ans ; ( iii ) assurer une croissance forte du produit intérieur brut agricole ; ( iv ) réduire considérablement la pauvreté en milieu rural ; et ( v ) réduire sensiblement la dégradation du couvert végétal. La stratégie durable de développement de la filière ka rité s’inscrit dans les objectifs du PNSR ( en particulier ses objectifs 1, 3, 4 et 5 ), de par ses propres objectifs de promotion de la consommation locale de beurre, de pro tection des ressources en vue d’augmenter les volumes produits, et de renforcement des groupements de pro ductrices en milieu rural ( qui est l’une de ses plus grosses composantes ). La Stratégie nationale de promotion des exportations ( SNE ) La SNE a pour objectifs d’augmenter qualitativement et quantitativement les produits à l’exportation, et de renfor cer les capacités opérationnelles des acteurs. Elle vise à encourager les investissements dans le domaine de la transformation de certains produits à l’exportation en vue d’augmenter leur valeur ajoutée. La SNE a identifié le karité ( amandes et beurre ) comme étant l’un des cinq produits à promouvoir dans le cadre du développement des exportations du Burkina Faso. La stratégie de développement durable de la filière ka rité renforce les objectifs de la SNE en approfondissant les objectifs de développement de marché de la filière, et en définissant un plan d’action détaillé pour le déve loppement industriel de la filière et de ses exportations. La Stratégie nationale de promotion et de valorisation des produits forestiers non ligneux ( SNPV / PFNL ) L’objectif global de la SNPV / PFNL est de « contribuer de manière durable à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à une croissance économique forte, et à la réduction de la pauvreté ». Elle est structurée autour de quatre axes prin cipaux : professionnaliser les acteurs des filières de PFNL 70 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 retenues ; accroître la productivité et les productions de PFNL retenus ; améliorer la compétitivité et la mise sur le marché des PFNL retenus ; et renforcer le cadre légal et institutionnel de la gestion et de l’exploitation des PFNL retenus. Le karité est considéré comme l’un des PFNL les plus importants du Burkina Faso. Le plan d’action de la présente stratégie du karité est par faitement aligné avec les quatre axes de la SNPV / PFNL. L’Étude diagnostique sur l’intégration commerciale ( EDIC ) L’EDIC constate qu’en dépit des progrès réalisés dans la production et l’exportation du coton, principale source de revenus d’exportation, ce secteur se heurte à de sé rieuses difficultés internes et externes. Elle suggère que le Burkina Faso identifie d’autres filières porteuses, élabore pour elles des stratégies, et les considère autant que la filière coton. Parmi ces filières dites porteuses, la filière karité a été identifiée comme une filière à promouvoir. LA VISION STRATÉGIQUE La présente vision a été définie afin de guider les efforts de développement de la filière karité au Burkina Faso. Elle s’énonce pour l’horizon 2019 comme suit : « Une filière compétitive pour une croissance économique, durable et équitable » Les opportunités de développement de la filière karité du Burkina Faso sont immenses et peuvent bénéficier à tous ses maillons. Une amélioration de la performance requiert le renforcement de certains maillons, ou même la restructuration de certains segments de la chaîne de valeur. Un renforcement de ces maillons et la mise en place d’initiatives ciblées permettront une pénétration des marchés, le développement de nouveaux produits, ainsi que la diversification des exportations. La vision de la présente stratégie s’inscrit dans la vision globale de la SCADD intitulée : « le Burkina Faso, une économie productive qui accélère la croissance, aug mente le niveau de vie, améliore et préserve le cadre et le milieu de vie, au moyen d’une gouvernance avisée et performante ». LES PRINCIPES DIRECTEURS La réalisation de cette stratégie de développement de la filière karités requiert le respect des principes suivants : � Responsabilisation � L’alignement � La culture des résultats � La prise en compte du genre � La prise en compte de l’approche filière � L’implication et le développement du partenariat Responsabilisation : La responsabilisation des acteurs est une étape essen tielle dans l’atteinte des résultats. Elle est la résultante de l’approche participative. Dans la perspective d’une effi cacité et d’une efficience dans la réalisation des objec tifs assignés à la stratégie, l’implication effective de tous les acteurs en vue de préparer et de mettre en œuvre les actions conduisant au changement est indispensable. La responsabilisation a pour caractéristique essentielle d’impliquer et d’engager les acteurs commis à la mise en œuvre de la stratégie à des actions pertinentes à même d’engendrer des transformations de comportements. L’alignement Les partenaires techniques et financiers devront faire re poser l’ensemble de leur soutien en faveur des acteurs de la filière sur les orientations de la stratégie et les struc tures existantes ; et utiliser le plus possible les systèmes et procédures nationaux. La culture des résultats Elle est une démarche qui vise l’atteinte de résultats, en fonction d’objectifs et d’indicateurs préalablement défi nis. Dans cette optique, chaque acteur de la filière devient responsable de l’atteinte des résultats découlant de ses activités ou des processus qu’il coordonne. La culture du résultat implique donc, une définition claire des res ponsabilités dans la mise en œuvre des activités ou des processus, dont l’obligation de rendre compte. La prise en compte du genre Le bien-être économique et social doit bénéficier d’une manière équitable aux hommes et aux femmes au sein de la société. Dans le domaine des PFNL, les femmes et les jeunes ( hommes et femmes ) sont les plus actifs dans les maillons de la production et de la transformation alors que les hommes possèdent les facteurs de produc tion ( terres, forces physiques, pouvoir de décision, etc. ) Il s’avère donc nécessaire de veiller à un équilibre dans les rapports entre hommes et femmes, jeunes et vieux, afin de garantir des bénéfices équitables pour tous. 71ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE La prise en compte de l’approche filière La filière est une réalité économique dans sa globalité et désigne « l’ensemble de la chaîne de valeur ajoutée de la production, transformation et distribution relatives à un produit et concourant à la satisfaction d’un besoin issu de la consommation ». Aussi, les actions à développer devront-elles viser tous les maillons d’une filière donnée afin de motiver plus efficacement les acteurs. L’implication et le développement du partenariat Ce principe commande, d’associer à tous les stades de mise en œuvre des actions, d’une part les représentants des différents acteurs directs et, d’autre part, les acteurs indirects ( dont les PTF ) en charge de thématiques spéci fiques et ce, afin de tenir compte de l’ensemble de leurs préoccupations et de susciter leur adhésion multiforme. Il implique une réelle synergie d’action des structures techniques de l’administration publique, les partenaires et les acteurs directs. Les collectivités territoriales seront particulièrement impliquées, pour tenir compte du pro cessus de transfert de certaines compétences de l’Etat à ces nouvelles entités. LES OBJECTIFS STRATÉGIQUES OBJECTIF GLOBAL L’objectif global de la stratégie est de contribuer à l’ac croissement des revenus et à la sécurité alimentaire des populations à travers une gestion durable de l’arbre à karité et une valorisation des produits issus du karité. LES OBJECTIFS SPÉCIFIQUES Il y a cinq objectifs spécifiques jugés nécessaires pour la réalisation de l’objectif global. Ces objectifs spécifiques fournissent un cadre cohérent pour initier et favoriser le développement de la filière karité du Burkina Faso. � Objectif spécifique 1 : Augmenter les volumes d’amandes produites par une gestion durable de la ressource, la protection de l’environnement, et une meilleure accessibilité aux zones de production. � Objectif spécifique 2 : Professionnaliser les acteurs directs et indirects de la filière par le renforcement de leurs capacités et en garantissant l’équité entre eux. � Objectif spécifique 3 : Créer de la valeur par l’amélio ration de la qualité et le développement des produits, ainsi que la recherche et le développement ( R&D ). � Objectif spécifique 4 : Assurer le développement de la filière dans un environnement des affaires favorable et bénéficiant de politiques d’appui. � Objectif spécifique 5 : Développer une présence per formante sur les marchés cibles par une meilleure promotion de la filière et une meilleure connaissance des tendances et exigences du marché. AXES STRATÉGIQUES Prenant en compte les obstacles et les défis majeurs identifiés par l’analyse diagnostique et pour atteindre les objectifs ci-dessus indiqués, la mise en œuvre de la stra tégie se fera à travers cinq axes stratégiques. Il s’agit de : � l’augmentation des volumes d’amandes produites par une gestion durable de la ressource, la protection de l’environnement, et une meilleure accessibilité aux zones de production ; � la professionnalisation des acteurs directs et indirects de la filière par le renforcement de leurs capacités et en garantissant l’équité entre eux ; � création de la valeur par l’amélioration de la qualité et le développement des produits, ainsi que la recherche et le développement ( R&D ) ; � le développement de la filière dans un environnement des affaires favorable et bénéficiant de politiques d’ap pui ; et � le développement d’une présence performante sur les marchés cibles par une meilleure promotion de la filière et une meilleure connaissance des tendances et exigences du marché. Axe stratégique 1 : Augmentation des volumes d’amandes produites par une gestion durable de la ressource, la protection de l’environnement, et une meilleure accessibilité aux zones de production L’arbre a karité revêt une importance environnementale vitale car il peut contribuer à la résilience des popula tions rurales face aux changements climatiques et à fa voriser la protection des espèces vulnérables. Il joue en effet un rôle essentiel pour prévenir le glissement de la forêt vers la savane, et contribue au développement de nombreuses autres espèces. Actuellement, l’arbre à ka rité est une espèce menacée d’extinction, protégée par le Code forestier national et la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées ( CITES ). Malgré ce fait, l’arbre à karité conti nue d’être exploité pour son bois, et souffre également de l’empiétement croissant des cultures et des popula tions humaines. De ce fait, l’investissement dans l’aspect environnemental du développement de la filière devient donc un investissement d’avenir. 72 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 La stratégie nationale de développement durable de la filière karité vise à ralentir voire inverser le processus de dégradation du parc à karité à travers : � la protection et régénération du parc national à karité ; � la promotion des bonnes pratiques sylvicoles dans la filière karité ; � l’appui à la création de vergers professionnels de karité ; � le renforcement de la recherche appliquée en faveur de la production de karité ; � le renforcement de l’application de la réglementation sur la protection des arbres ; � le développement d’activités génératrices de revenus dans les zones de production de karité ; � la promotion de l’efficacité énergétique dans la filière ; � l’aménagement des pistes rurales dans les zones de grande production ; et � l’amélioration de la pollinisation des fleurs de karité. Axe stratégique 2 : Professionnalisation des acteurs directs et indirects de la filière par le renforcement de leurs capacités et en garantissant l’équité entre eux L’organisation et la professionnalisation des acteurs des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques est un axe fondamental des différentes politiques natio nales et sectorielles. Ainsi donc, selon la loi sur les in terprofessions, une interprofession est une structure qui regroupe les organisations professionnelles d’une filière, pour assurer la coordination verticale des échanges entre elles et avec les agents économiques. Malheureusement, les relations inter et intra maillons au sein de la filière kari té ne sont pas encore suffisamment fortes pour fa voriser le développement des activités de chacun et garantir la performance de la filière burkinabé sur les marchés. Dans un tel contexte, il est souvent difficile de trouver et de faire adopter une ligne de conduite, surtout sur les questions commerciales. La stratégie doit donc veiller à renforcer l’équité entre acteurs et à assurer une meilleure organisation de la fi lière par : � la valorisation de la filière en tant que filière écono mique à part entière ; � le renforcement de l’organisation des acteurs ; � la promotion d’une forte participation des femmes dans toute la filière ; � le soutien au dialogue privé-public pour renforcer la filière ; � le renforcement des capacités opérationnelles de l’interprofession ; � la promotion de la bonne gouvernance au niveau de tous les maillons de la filière ; et � le renforcement des capacités des institutions d’appui au commerce. Axe stratégique 3 : Création de la valeur par l’amélioration de la qualité et le développement des produits ainsi que la recherche et le développement ( R&D ) La chaîne de valeur du karité possède une caractéris tique qui rend son organisation spécifique. Les produits du karité sont en grande partie vendus à l’état brut à des acheteurs qui ont développé des unités de transforma tion dans leurs pays respectifs. Jusqu’à récemment la transformation locale ne concernait qu’un faible taux de l’ensemble de la production nationale d’amandes de ka rité. Aujourd’hui, la filière karité s’est considérablement développée vers un processus d’exportation d’amandes et de beurre. Avec l’implantation d’usines industrielles à forte capacité de transformation, le taux d’exportation de beurre s’est considérablement accru. Dans le but de poursuivre les efforts d’industrialisation de la filière en vue d’ajouter de la valeur, la stratégie s’attache : � à la professionnalisation de la gestion de la qualité, la formation et le soutien technique ; � au soutien à la gestion de la qualité à travers toute la filière ; � à l’amélioration de la connaissance des bonnes pra tiques de collecte ; et � à la promotion de l’industrialisation de la production du beurre de karité. Axe stratégique 4 : Développement de la filière dans un environnement des affaires favorable et bénéficiant de politiques d’appui Malgré une bonne performance commerciale de la fi lière ces dernières années, de nombreux problèmes empêchent encore de sécuriser un développement éco nomique à long terme. Ces problèmes sont entre autre liés à l’environnement des affaires qui englobe des ques tions relatives aux coûts de transactions, à la réglementa tion, aux procédures d’exportations, aux infrastructures, aux coûts de certifications, à l’accès à l’information, et aux crédits et assurances pour l’exportation. Dans le but d’améliorer l’environnement des affaires pour un meilleur développement de la filière, la stratégie a iden tifié les actions suivantes : 73ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE � le développement des outils pour la pérennité de tous les maillons ; � la diffusion des produits financiers disponibles auprès des opérateurs de la filière ; � le renforcement des compétences en gestion d’entre prise des acteurs de la filière ; � le soutien à l’investissement dans la filière karité ; � la promotion de l’utilisation de mesures standardisées ; � le renforcement des rapports contractuels dans la filière ; � l’amélioration de la qualité et de l’offre d’informations de marché ; � l’amélioration du transport des produits du karité vers les marchés cibles ; et � la mise en place des mesures administratives pour le développement de la filière. Axe stratégique 5 : Développement d’une présence performante sur les marchés cibles par une meilleure promotion de la filière et une meilleure connaissance des tendances et exigences du marché Des opportunités claires pour l’industrie du karité du Burkina Faso existent dont un grand nombre sont claire ment accessibles dans le court terme, sinon dans l’im médiat. Les opportunités de commercialisation existent tant sur le plan national, que régional et international. L’entrée sur ces marchés implique cependant des diffi cultés d’accès, des normes techniques, des contraintes de développement et de diversification. (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 74 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 La stratégie propose des actions visant à mieux struc turer le développement des marchés à court, moyen et long termes pour la filière karité du Burkina Faso. Ces actions portent sur : � le renforcement des capacités de promotion et de marketing des acteurs de la filière ; � le développement des produits pour le marché burkinabé ; � le renforcement de la collaboration entre les acteurs pour développer de nouveaux produits et marchés ; � l’amélioration des connaissances sur les tendances et besoins du marché du beurre et autres corps gras ; � la promotion de l’achat des produits du karité par les industries locales et le gouvernement ; et � l’organisation et la participation aux évènements inter nationaux de promotion de la filière. L’ensemble des objectifs de la stratégie nationale de dé veloppement durable de la filière karité sont détaillés dans un plan d’action consolidé, situé dans un document an nexe au document principal de stratégie. Le plan d’action se compose d’axes stratégiques représentent les résul tats les plus importants à atteindre. Il définit les actions nécessaires à la mise en œuvre des axes stratégiques ainsi que les activités spécifiques, priorisés et mesurables devant être exécutés par les différentes parties prenantes. Le plan d’action sert de tableau de bord afin de guider efficacement la mise en œuvre de la stratégie. FINANCEMENT DE LA STRATÉGIE Le financement de la mise en œuvre de la stratégie se fera selon trois modalités distinctes : le financement pu blic, le financement privé, et le soutien des PTF. Le plan d’action de la stratégie identifie des institutions nationales responsables de la mise en œuvre de cer taines actions. Les actions identifiées concordent avec les mandats de ces institutions. Par conséquent, il reviendra à ces institutions de planifier les actions dont elles ont la charge, et de les intégrer dans leurs plans de travail an nuel . Ces plans de travail annuels seront normalement soutenus par le budget national, dans le cadre du man dat de ces institutions. Il sera également possible pour l’institution de mobiliser des ressources en coordination avec l’unité technique et le secrétariat exécutif afin d’évi ter des doublons . Un nombre important d’activités seront directement mises en œuvre par les acteurs privé dans le cadre de leurs opérations annuelles. De plus, l’interprofession qui est en partie financée par ses membres a une grande responsa bilité dans l’exécution de cette stratégie. Les ressources du secteur privé pourront également être mobilisées à travers des partenariats public-privé. Le développement de synergies avec les PTF est impor tante afin d’assurer une mise en œuvre complète et ra pide de la stratégie. Tel qu’indiqué dans ce document, de nombreux projets en cours, ou planifiés, possèdent déjà des synergies avec les priorités de la stratégie. Il sera de la responsabilité des institutions de mise en œuvre d’éla borer, en collaboration avec le secrétariat exécutif, des propositions de projet à soumettre aux PTF. MISE EN ŒUVRE, SUIVI ET ÉVALUATION MISE EN ŒUVRE DE LA STRATÉGIE Le large éventail d’activités à mettre en œuvre durant la période 2015-2019 nécessite une coordination et plani fication minutieuse. Cette gestion de la mise en œuvre vise à identifier et allouer efficacement les ressources, coordonner les interventions entre les différents parte naires de mise en œuvre, et définir le système de suivi des résultats. À cette fin, un « Comité interministériel » a été mis en place afin de faciliter le partenariat public-privé pour la coordination et la mise en œuvre de la stratégie karité. Ce comité sera appuyé par une unité technique. Le Comité interministériel et l’unité technique seront sou tenus par un secrétariat technique assuré par la Direction Générale du Commerce. Il est chargé de la préparation des rapports périodiques à soumettre au Comité inter ministériel, et de faire le lien entre la planification et les institutions qui mettront en œuvre la stratégie, en parfaite collaboration avec l’Unité technique. La Table filière karité, en tant qu’interprofession selon la Loi 50, doit être fortement impliquée dans la mise en œuvre de la stratégie. L’interprofession est l’une des prin cipales institutions responsables de la mise en œuvre de certaines activités, mais également le premier bénéficiaire de la mise en œuvre, grâce à un renforcement général de la filière. Par conséquent, la TFK aura un rôle à jouer dans l’unité technique du Comité interministériel, mais également au sein du secrétariat exécutif de coordina tion de la mise en œuvre de la stratégie. Une coordination forte des institutions nationales, des ONG et PTF, et des acteurs privés, parfaitement orien tée vers les différentes priorités de la stratégie, permet tra d’éviter les doubles emplois et de garantir un impact maximum. Pour être absolument efficace, la gestion de la mise en œuvre doit se fonder sur le suivi des résultats des activités, afin d’ajuster les priorités de mise en œuvre selon l’évolution de la filière et du marché. 75ÉLÉMENTS DE LA STRATÉGIE Graphique 17 : Structure pour la mise en œuvre de la stratégie karité Niveau de mise en œuvre Projets planifiés et mis en œuvre en lien avec le plan d’action de la stratégie Niveau de gestion Coordination, mobilisation des ressources et suivi Niveau de supervision Validation des résultats et planification des besoins Niveau politique Validation des orientations Cabinet des Ministres Comité interministériel Unité technique Projets mis en œuvre par les institutions nationales ou PTF Actions correctives, , le cas échéant Secrétariat exécutif (Unité conjointe: DGC, TFK, APFNL, DPEF) De nombreuses institutions, ONG et PTF, joueront un rôle clef dans la mise en œuvre du plan d’action de la straté gie. Ces institutions seront responsables de l’exécution des projets en lien avec les priorités de la stratégie. Par conséquent, ces institutions ont effectivement la respon sabilité du succès de la mise en œuvre de la stratégie. Chaque institution a pour mandat général de soutenir la filière, et son mandat spécifique dans la mise en œuvre de la stratégie est clairement identifié dans le plan d’action. SUIVI ET ÉVALUATION DE LA MISE EN ŒUVRE Pour que la mise en œuvre de la stratégie soit efficace, il faut une coordination efficiente des interventions, mais surtout un suivi continu et une évaluation constante des résultats. Ceci est essentiel pour pouvoir identifier le be soin de mesures correctives, les définir et les intégrer à la planification des prochaines interventions. Le plan d’action de la stratégie définit des indicateurs de suivi et d’évaluation pour chaque activité de la stratégie. Ces in dicateurs serviront de référentiel pour mesurer le succès de la mise en œuvre. Cependant, le suivi de la stratégie implique également un processus dynamique permettant aux parties prenantes de définir de nouveaux indicateurs de succès, ainsi que des outils de vérification adaptés aux besoins évolutifs de la mise en œuvre. Les structures de gouvernance de la stratégie devront rapidement mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation des résultats. Ce système doit permettre la production de rapports d’activités pour rendre compte au Comité interministériel et aux Cabinets des Ministres de la progression de la mise en œuvre. La stratégie fera l’objet d’une évaluation à mi-parcours après deux ( 02 ) années de mise en œuvre afin d’appor ter les ajustements nécessaires à l’atteinte des objectifs escomptés. Une évaluation finale interviendra à l’issue des cinq ( 05 ) ans pour mesurer les effets et les impacts de la mise en œuvre de la stratégie sur la filière. Des outils du suivi-évaluation tels que le Cadre Logique et le Cadre de Mesure de Rendement seront mis à la dis position du Comité interministériel et de l’unité technique de mise en œuvre de la stratégie afin de permettre un meilleur suivi du niveau d’atteinte des résultats. HYPOTHÈSES ET GESTION DES RISQUES Les hypothèses décrivent les conditions requises pour réussir la mise en œuvre de la stratégie. Les risques, par contre, sont des faits externes négatifs qui peuvent mo difier sérieusement l’accomplissement des résultats es comptés. Ainsi, les risques sont importants du moment où ils présentent une occasion pour anticiper et spécifier les raisons pour lesquelles la stratégie ne fonctionnera pas comme prévu. 76 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 HYPOTHÈSES La mise en œuvre de la stratégie dépend d’un certain nombre d’hypothèses. La volonté politique La volonté politique est la première des conditions es sentielles à la réussite de la stratégie. Elle est l’élément moteur qui emmènera les autorités politiques à donner les moyens adéquats et à créer un cadre favorable à l’at teinte des objectifs fixés par la stratégie. Aussi, la volonté politique sera une source d’engagement et d’intérêt de tous les acteurs dans la mise en œuvre de la stratégie. La stabilité politique et sociale La stabilité politique et sociale est la condition indispen sable au développement d’un pays. En effet, elle garantit un cadre propice pour la réalisation de toutes les actions prévues dans la perspective de l’atteinte des objectifs de la stratégie. Elle permet également aux citoyens de travailler librement et avec confiance et aux autorités po litiques et administratives de formuler et de mettre en œuvre des projets et programmes de développement. Dans ces conditions, tous les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la stratégie mettront en œuvre leurs actions qui engendreront les effets attendus. L’adhésion des parties prenantes La réussite de la mise en œuvre de la stratégie dépend for tement de l’adhésion des parties prenantes que sont les structures de l’administration publique et privé, les acteurs de la filière, les collectivités territoriales, les PTF et tous ceux qui ont un intérêt pour la mise en œuvre de la stratégie. Leur adhésion produira un engagement réel dans la réa lisation concertée et cohérente des résultats escomptés. RISQUES Une analyse des risques fait ressortir les principaux risques susceptibles de compromettre les résultats de la stratégie. On peut noter : Les intempéries climatiques Le karité est un produit forestier dont la production dé pend en grande partie des conditions climatiques. En effet, une mauvaise pluviométrie a un effet négatif sur le rendement de l’arbre à karité, de même que le vent peut perturber la floraison. Des efforts seront déployés par la recherche afin de développer et planter des varié tés adaptées . L’insuffisance des moyens financiers Si la stratégie souffre d’une insuffisance de moyens fi nanciers pour sa mise œuvre, cela compromettrait véri tablement ses chances de réussite. En effet, le succès de la stratégie repose en grande partie sur les moyens financiers qui seront mobilisés pour sa mise en œuvre. De ce fait, une attention particulière doit être accordée à la mobilisation des ressources financières pour l’exécu tion de l’ensemble des activités qui sont programmées dans les plans d’actions. A cet effet, une exploitation ju dicieuse des sources potentielles identifiées devra per mettre de minimiser le risque d’un déficit de financement des actions de la stratégie afin de permettre d’atteindre les objectifs fixés. (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com(cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com BURKINA FASO STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 BURKINA FASO PLAN D’ACTION Le plan d’action ci-dessous détaille l’ensemble des acti vités à entreprendre au cours des 5 prochaines années afin de réaliser la vision de la filière karité burkinabé. Le plan d’action est structuré par des objectifs stratégiques, opérationnels et des activités précises. Il prend en compte les contraintes et opportunités identifiées dans la stratégie afin d’améliorer la compétitivité, l’équité et la durabilité de la filière. Le plan d’action fournit un référentiel cadre clair et détaillé pour la mise en œuvre de la stratégie durable de la filière karité du Burkina Faso. 78 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 1 : A ug m en te r l es v ol um es d e pr od uc tio n d’ am an de s pa r u ne g es tio n du ra bl e de la re ss ou rc e, la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t, et u ne m ei lle ur e ac ce ss ib ilit é à la re ss ou rc e. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de so ut ie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs F C FA ) 15 16 17 18 19 1. 1. F av or is er la pr ot ec tio n et la ré gé né ra tio n du pa rc n at io na l à ka rit é. 1. 1. 1. R ép er to rie r, m et tre à jo ur e t v ul ga ris er le s m at ér ie ls e t o ut ils d e se ns ib ili sa tio n ( D YF AB e t au tre s PT F ) , a fin d ’e n fa ire la d iff us io n à la R TB , s ur le s ra di os lo ca le s, e t o rg an is er d es c am pa gn es d e se ns ib ili sa tio n av ec u ne é qu ip e m ob ile d an s le s zo ne s à fo rt e co nc en tr at io n, a ve c le p ar ra in ag e de s él us lo ca ux . 2 X C om m er ça nt s co lle ct eu rs , pr od uc tri ce s tr ad iti on ne lle s du k ar ité » Le s pé rio de s de c ol le ct e so nt dé te rm in ée s. » La q ua lit é de la no ix c ol le ct ée e st dé te rm in ée . » 30 d iff us io ns s ur la RT B pa r a n. » 10 0 di ffu si on s su r le s ra di o lo ca le s pa r a n. » 20 a ni m at io ns p ar an p ar l’ éq ui pe m ob ile . D G FF ( M ER H ) AP FN L, T FK , M PF G , C N SF , IN ER A, S N V TR EE A ID 33 0 00 1. 1. 2. S en si bi lis er le s ac te ur s lo ca ux ( ch ef s de vi lla ge , é lu s lo ca ux , g ro up em en ts e t a ss oc ia tio ns fé m in in es d e ka rit é, e tc . ) à tr av er s de s re nc on tre s et g ro up es d e tr av ai l s ur le s pr at iq ue s re la tiv es à l’a llo ca tio n de s pa rc s à ka rit é, s ur le re bo is em en t e t la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t. 3 X C he fs co ut um ie rs , él us lo ca ux , le ad er s de s gr ou pe m en ts / as so ci at io ns » 1 re nc on tre d e se ns ib ili sa tio n pa r an e t p ar z on e. M AT D , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, AP FN L, T FK , M PF G , C N SF 1 00 0 x 8 = 8 00 0 1. 1. 3. S tim ul er le re bo is em en t i nd iv id ue l et le s se m is d ire ct s de s em en ce s de k ar ité ( s en si bi lis at io n, c am pa gn es d e re bo is em en t, su bv en tio ns d es s em is , f ai re d es o ffr es d e pl an ts ). 2 X Po pu la tio n, pr op rié ta ire s te rr ie ns , gr ou pe m en ts / as so ci at io ns » 2 50 0 no uv ea ux pl an ts s ur 5 a ns . M AT D , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, AP FN L, T FK , M PF G , I N ER A, C N SF » Se m is 2, 5 F / kg x 1 0 00 0 = 2 5 00 0 » Pl an ts 2 50 0 P x 20 0 00 = 5 0 00 0 1. 1. 4. A pp uy er la ré gé né ra tio n na tu re lle a ss is té e ( R N A ) du k ar ité à tr av er s la v ul ga ris at io n de s te ch ni qu es , l a fo rm at io n et la d ot at io n de m at ér ie l. 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , un io ns IN ER A IR SA T, C N SF 30 0 00 x 8 = 24 0 00 0 1. 2. P ro m ou vo ir le s bo nn es p ra tiq ue s sy lv ic ol es d an s la fil iè re k ar ité . 1. 2. 1. V ul ga ris er le s bo nn es p ra tiq ue s sy lv ic ol es pa r l a fo rm at io n et la s en si bi lis at io n à tr av er s la m is e à jo ur d es g ui de s et m od ul es d e fo rm at io n, la fo rm at io n de s ac te ur s ci bl és p ar le b ia is d es or ga ni sa tio ns p ré se nt es d an s le s zo ne s à fo rt e co nc en tr at io n du k ar ité . 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , un io ns » 1 00 0 ac te ur s so nt fo rm és s ur 5 a ns . D G FF AP FN L, T FK , IN ER A W A AP P, C N SF 20 0 00 x 8 = 16 0 00 0 1. 2. 2. M et tre e n pl ac e un m éc an is m e / ré pe rt oi re de s ui vi d e la m is e en œ uv re d es b on ne s pr at iq ue s sy lv ic ol es d u ka rit é. 2 X TF K » M éc an is m e ét ab li AP FN L, T FK , IN ER A W A AP P 35 0 00 1. 2. 3. M et tre e n pl ac e de s ce nt re s de d ém on st ra tio n po ur p ré se nt er le s no uv el le s te ch ni qu es d e cr oi ss an ce ra pi de d es a rb re s de k ar ité , a fin d e fa vo ris er le d év el op pe m en t d u ka rit é da ns le s po ta ge rs o u le s pé pi ni èr es ( st ag es d ’a pp re nt is sa ge ). 2 X U ni on s et fé dé ra tio ns » 2 ce nt re s de dé m on st ra tio ns ét ab lis . C N SF , A PF N L, TF K, IN ER A 2 ce nt re s x 50 0 00 = 10 0 00 0 79PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 1 : A ug m en te r l es v ol um es d e pr od uc tio n d’ am an de s pa r u ne g es tio n du ra bl e de la re ss ou rc e, la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t, et u ne m ei lle ur e ac ce ss ib ilit é à la re ss ou rc e. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de so ut ie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs F C FA ) 15 16 17 18 19 1. 3 Ap pu ye r l a cr éa tio n de v er ge rs pr of es si on ne ls d e ka rit é. 1. 3. 1. S en si bi lis er le s él us lo ca ux p ou r p ro m ou vo ir la p ris e en c om pt e de s zo ne s pr iv ilé gi ée s po ur la p ro du ct io n du k ar ité d an s le s pl an s de dé ve lo pp em en t c om m un au x. 2 X Él us lo ca ux » 20 0 co lle ct iv ité s to uc hé es . D G FF TF K, M AT D , co lle ct iv ité s, M PF G , A PF N L 40 0 00 1. 3. 2. A ug m en te r l a pr od uc tio n de p la nt s de ka rit é en p ép in iè re s en p riv ilé gi an t l es v ar ié té s pr od uc tiv es . 3 X C N SF » 30 0 00 n ou ve au x pl an ts . C N SF T FK , AP FN L, IN ER A, C N SF 25 0 00 x 30 0 00 P = 75 0 00 0 1. 3. 3. S ou te ni r l a cr éa tio n et la g es tio n de p ar cs à ka rit é au pr ès d es p ro m ot eu rs ( gr ou pe m en ts , as so ci at io ns , p ar tic ul ie rs ) pa r l ’a pp ui c on se il, le su iv i d e do ss ie r, la re ch er ch e de fi na nc em en t, et c. 2 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » 30 p ar cs d e 1 00 0 pl an ts c ré és . AP FN L TF K, co lle ct iv ité s, SH IS U N 30 0 00 x 3 a ns = 90 0 00 1. 3. 4. A ss is te r l es c ol le ct iv ité s lo ca le s à dé lim ite r de s es pa ce s de k ar ité p ar l’ as si st an ce d e gé ol oc al is at io n de s zo ne s. 3 X C ol le ct iv ité s AP FN L TF K, co lle ct iv ité s, PI F 1. 3. 5. S ou te ni r l a cr éa tio n de p ar cs g ér és p ar le s gr ou pe m en ts g râ ce à l’ ac cè s à de s fo nd s ( F IE o u au tre ) et a u so ut ie n ju rid iq ue . 1 X G ro up em en ts » 40 d os si er s so nt s ou m is e t so ut en us . AP FN L M PF G , TF K, SI H SU N 10 0 00 x 8 = 80 0 00 1. 3. 6. P ro m ou vo ir le d év el op pe m en t d es p ar cs à ka rit é ce rt ifi és b io lo gi qu es a up rè s de s él us lo ca ux p ou r q u’ ils m et te nt d es p ar cs à k ar ité à di sp os iti on ; fo rm er le s pr om ot eu rs e t l es s ui vr e da ns l’ ap pl ic at io n de la d ém ar ch e bi o. 2 X Él us lo ca ux gr ou pe m en ts , as so ci at io ns » 10 p ar cs à k ar ité bi ol og iq ue s so nt pr om us . » 10 g ro up em en ts d e pr om ot eu rs s on t fo rm és . TF K, c ol le ct iv ité s te rr ito ria le s, au to rit és co ut um iè re s, IN ER A, D RE D D , IR SA T PC ES A 15 0 00 x 1 0 = 15 0 00 0 1. 3. 7. D év el op pe r u n pr oj et n at io na l d e gé ol oc al is at io n de s ai re s et d ’in ve nt ai re d es a rb re s à ka rit é ( G PS ) à de s fin s de tr aç ab ili té . 2 X In te rp ro fe ss io n M ER H , D G FF AP FN L, T FK , I G B FI E 10 0 00 0 1. 4. R en fo rc er la re ch er ch e ap pl iq ué e en fa ve ur de la p ro du ct io n de ka rit é. 1. 4. 1. R en fo rc er la c om m un ic at io n et la v ul ga ris er le s ré su lta ts d e la re ch er ch e, e n pa rt ic ul ie r s ur le ce rn ag e et le s te ch ni qu es d e gr ef fe d u ka rit é. 2 X G ro up em en ts , as so ci at io ns » 4 at el ie rs p ra tiq ue s au p ro fit d es ac te ur s so nt or ga ni sé s. » Le n iv ea u de gr ef fa ge d u ka rit é es t a m él io ré . IN ER A C N SF , T FK , AP FN L W A AP P 10 0 00 x 4 at el ie rs = 40 0 00 1. 4. 2. A pp uy er la re ch er ch e sc ie nt ifi qu e su r l’a pp lic at io n de s bo nn es p ra tiq ue s tr ad iti on ne lle s de pl an ta tio n et d e ré gé né ra tio n af in d e m ie ux in té gr er ce s sy st èm es tr ad iti on ne ls . 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns » 80 % d ’a ct eu rs s on t in fo rm és s ur le s bo nn es p ra tiq ue s. C N SF , T FK , AP FN L, AG K 10 0 00 x 8 = 80 0 00 1. 4. 3 Ap pu ye r l a re ch er ch e sc ie nt ifi qu e po ur l’a m él io ra tio n de la p ro du ct iv ité d u ka rit é ( e x : sé le ct io n va rié ta le , p ra tiq ue s ag ro f or es tiè re s, st re ss h yd riq ue , p hy si on om ie d e l’a rb re , g es tio n de s m al ad ie s, im pa ct s de s ch en ill es e t i ns ec te s, ta ill es et u til is at io n d’ en gr ai s bi ol og iq ue ). 3 X C N SF , I N ER A, IR SA T C N SF , T FK , AP FN L, gr ou pe m en ts / as so ci at io ns , IR SA T RE C H ER C H E 25 0 00 80 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 1 : A ug m en te r l es v ol um es d e pr od uc tio n d’ am an de s pa r u ne g es tio n du ra bl e de la re ss ou rc e, la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t, et u ne m ei lle ur e ac ce ss ib ilit é à la re ss ou rc e. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de so ut ie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs F C FA ) 15 16 17 18 19 1. 5 Re nf or ce r l’a pp lic at io n de la ré gl em en ta tio n su r la p ro te ct io n de s ar br es . 1. 5. 1. V ul ga ris er le s te xt es ré gl em en ta ire s et se ns ib ili se r l es a ct eu rs s ur c eu x ci . 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pr op rié ta ire s te rr ie ns » 13 a te lie rs d ’u ne jo ur né e av ec le s re sp on sa bl es d’ as so ci at io ns d e ch aq ue m ai llo n so nt o rg an is és . » 10 0% d es re sp on sa bl es s on t ap pr oc hé s. D N EF D G FF T KF , AP FL N , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, D RE D D , e tc . 15 0 00 1. 5. 2. S ui vr e l’a pp lic at io n ef fe ct iv e de s te xt es ré gl em en ta ire s ( c om ité d e ve ill e, s an ct io ns d es co nt re ve na nt s ) . 3 X TF K, A PF N L » D es v is ite s in op in ée s su r ce rt ai ne s lo ca lit és so nt ré al is ée s. D G FF , T KF , AP FL N , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, D RE D D , e tc . 15 0 00 1. 5. 3. F or m er d es « c om ité s de d éf en se » p ou r l a pr ot ec tio n de l’ ar br e, e t m et tre e n pl ac e un e ge st io n co m m un al e en c ol la bo ra tio n av ec le s gr ou pe m en ts du k ar ité . 2 X C om ité s de dé fe ns e » La re pr és en ta tiv ité du c om ité d e dé fe ns e es t s ui vi e. » To us le s m em br es du c om ité s on t fo rm és . D G FF T KF , AP FL N , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, D RE D D , e tc . 20 0 00 1. 5. 4. M et tre e n pl ac e un s ys tè m e dé ce nt ra lis é de c on trô le d es c ou pe s d’ ar br es à k ar ité a fin q ue le s ac te ur s de la fi liè re p ui ss en t r ap po rt er le s in fr ac tio ns d ét ec té es ( lig ne té lé ph on iq ue s pé ci al e, m ul til in gu e ) ; fa ire la p ro m ot io n de la li gn e té lé ph on iq ue e t a ss ur er u n su iv i r ap id e de s pl ai nt es av ec d es p én al ité s sé vè re s en co ur ue s. 2 X C om ité s de dé fe ns e » Au m oi ns 8 0% de s ac te ur s co nn ai ss en t l’e xi st en ce d u nu m ér o ve rt et p eu ve nt l’u til is er d an s le s pr in ci pa le s la ng ue s. D G FF T KF , AP FL N , co lle ct iv ité s te rr ito ria le s, D RE D D , e tc . 50 0 00 1. 6. E nc ou ra ge r le d év el op pe m en t d’ ac tiv ité s gé né ra tri ce s de re ve nu s da ns le s zo ne s de pr od uc tio n de ka rit é. 1. 6. 1. P ro m ou vo ir de s pr oj et s pi lo te s de tr an sf or m at io n de n ou ve au x pr od ui ts p ou va nt ê tre co m m er ci al is és a u Bu rk in a Fa so o u da ns la s ou s ré gi on ( ch en ill es , p ro du its d e la p ul pe , m ie l d e ka rit é, e tc . ) . 1 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » 16 m in i p ro je ts da ns le s 8 zo ne s so nt c ré és e t so ut en us . AP FN L M PF G , I RS AT , D G C , T FK , co lle ct iv ité s 75 0 00 1. 6. 2. E nc ou ra ge r l a re ch er ch e su r d es n ou ve au x PF N L da ns le s zo ne s de p ro du ct io n ( h ui le s es se nt ie lle s, te in tu re s, m ie l e t s es d ér iv és , a ut re s PF N L ) e t é tu di er le s m ar ch és p ot en tie ls . 1 X IN ER A, IR SA T, C RN ST » 4 no uv ea ux pr od ui ts à p ot en tie l éc on om iq ue v ia bl e so nt id en tif ié s. IR SA T D G C , T FK , co lle ct iv ité s 20 0 00 0 1. 6. 3. F av or is er le d év el op pe m en t d e l’e nt re pr en ar ia t ru ra l p ar u ne m ei lle ur e of fre d e pr od ui ts fi na nc ie rs ( m ic ro fin an ce , f on ds d e dé ve lo pp em en t d e l’e nt re pr is e ru ra le , e tc . ) e t d es fo rm at io ns e n ge st io n d’ en tre pr is e. 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » U ne c el lu le d e m is e en re la tio n es t é ta bl ie . » 10 0 en tre pr en eu rs ru ra ux s on t f or m és . M PF G , T FK 30 0 00 81PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 1 : A ug m en te r l es v ol um es d e pr od uc tio n d’ am an de s pa r u ne g es tio n du ra bl e de la re ss ou rc e, la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t, et u ne m ei lle ur e ac ce ss ib ilit é à la re ss ou rc e. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de so ut ie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs F C FA ) 15 16 17 18 19 1. 6. E nc ou ra ge r le d év el op pe m en t d’ ac tiv ité s gé né ra tri ce s de re ve nu s da ns le s zo ne s de pr od uc tio n de ka rit é. 1. 6. 4 Pr om ou vo ir la v al eu r é co no m iq ue d es P FN L au pr ès d es je un es a fin d e cr ée r u ne n ou ve lle gé né ra tio n d’ éc o en tre pr en eu rs ru ra ux à tr av er s le sy st èm e sc ol ai re . 1 X Je un es » 8 re nc on tre s av ec le s je un es de s zo ne s à fo rt po te nt ie l s on t or ga ni sé es . » 10 je un es en tre pr en eu rs on t r eç u un a pp ui po ur l’ él ab or at io n de le ur p la n co m m er ci al . AP FN L M EN A, M ES S, D G PE D D , A PF N L, FA IJ 20 0 00 1. 7. P ro m ou vo ir l’e ffi ca ci té én er gé tiq ue d an s la fil iè re . 1. 7. 1. F av or is er la fa br ic at io n de b riq ue tte s à ba se d e to ur te au x pa r l ’h om og én éi sa tio n et la v ul ga ris at io n de s te ch ni qu es d e ré cu pé ra tio n et d e fa br ic at io n. 3 X IR SA T » 10 0 ac te ur s et re sp on sa bl es a u m oi ns s on t f or m és . IR SA T TF K D G FF , D G I, 25 0 00 1. 7. 2. P ro m ou vo ir l’u til is at io n de l’ én er gi e so la ire en s ou te na nt le s op ér at eu rs d an s l’a cq ui si tio n de s te ch no lo gi es s ol ai re s ( s ub ve nt io n, a cc ès c ré di t, et c. ). 2 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » Au m oi ns 5 0 ki ts d e pl aq ue s ph ot ov ol ta ïq ue s so nt a ch et és e t su bv en tio nn és . SP / C O N ED TF K, A PF N L 10 0 00 0 1. 7. 3 Au gm en te r l a di sp on ib ili té d e fo ye rs a m él io ré s sp éc ifi qu es p ou r l e ka rit é gr âc e au x su bv en tio ns ( o u de s pr êt s av an ta ge ux ) ; f or m er e t a pp uy er de s ar tis an s à la fa br ic at io n de s fo ye rs , e t l es pr om ou vo ir. 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » Au m oi ns 5 00 0 fo ye rs am él io ré s so nt su bv en tio nn és . » 5 00 0 fe m m es s on t se ns ib ili sé es à le ur ut ili sa tio n. M PF G , T FK , AP FN L, G IZ 25 0 00 1. 8 Am én ag er d es pi st es ru ra le s da ns le s zo ne s de g ra nd e pr od uc tio n. 1. 8. 1. A m én ag er le s pi st es ru ra le s da ns le s zo ne s de gr an de p ro du ct io n. 2 X Po pu la tio n M ID T M AT D , co lle ct iv ité s, T FK , M ER H FE R B 1. 8. 2. A pp ro ch er le s en tre pr is es m in iè re s af in q ue de s so ut ie ns s oi en t m is e n pl ac e po ur d és en cl av er ce rt ai ne s zo ne s de p ro du ct io n de k ar ité ; tr av ai lle r av ec le C om ité d e re sp on sa bi lit é so ci al e de s en tre pr is es d e l’i nd us tri e m in iè re . 1 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » To ut es le s en tre pr is es m in iè re s ac tiv es so nt to uc hé es . » D es s ou tie ns fin an ci er s so nt ob te nu s. TK F, A PF N L, co lle ct iv ité s, M ID T, 2I E 50 0 00 82 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 1 : A ug m en te r l es v ol um es d e pr od uc tio n d’ am an de s pa r u ne g es tio n du ra bl e de la re ss ou rc e, la p ro te ct io n de l’ en vi ro nn em en t, et u ne m ei lle ur e ac ce ss ib ilit é à la re ss ou rc e. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de so ut ie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs F C FA ) 15 16 17 18 19 1. 9 As su re r u ne bo nn e po lli ni sa tio n de s fle ur s de k ar ité . 1. 9. 1. O rg an is er d es re nc on tre s av ec le s fil iè re s ag ric ol es e t c ot on ni èr es a fin d e di sc ut er d es o pt io ns po ur d im in ue r l ’e ffe t d es in se ct ic id es s ur le s in se ct es p ol in is at eu rs ( ab ei lle s ) . 3 X Pr od uc te ur s ag ric ol es » 26 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . AP FN L D G PE D D TF K, A PF N L, M AS A, U N PC B, en tre pr is es co to nn iè re s 50 0 00 1. 9. 2. P ro m ou vo ir l’a pi cu ltu re d an s le s pa rc s à ka rit é pa r l a se ns ib ili sa tio n et la fo rm at io n de s ap ic ul te ur s af in d ’a ug m en te r l a pr od uc tio n et p ro du ire d u m ie l pu r d e ka rit é. 2 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » Au m oi ns 2 00 ap ic ul te ur s et le s re sp on sa bl es d es gr ou pe m en ts s on t fo rm és . TF K, M R AH , Ap ic ul te ur s Ap ic ul te ur s 20 0 00 1. 9. 3. D im in ue r l a cu ltu re s ur b rû lis e n pr ox im ité d es pa rc s à ka rit é en s en si bi lis an t l es a gr ic ul te ur s, e t in st al le r d es p an ne au x d’ in te rd ic tio n. 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , pa rt ic ul ie rs » Au m oi ns 1 0 00 pa nn ea ux s on t co nç us . » 80 % d es ag ric ul te ur s da ns le s pr in ci pa le s zo ne s so nt se ns ib ili sé s. AP FN L, TF K, M AS A, En ga ge m en ts N at io na ux 40 0 00 83PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 2 : P ro fe ss io nn al is er le s ac te ur s di re ct s et in di re ct s de la fi liè re p ar le re nf or ce m en t d e le ur s ca pa ci té s et e n as su ra nt l’ éq ui té e nt re e ux . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns Pr io rit é 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge Bé né fic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l d e m is e en œ uv re Pa rt en ai re s de so ut ie n Pr og ra m m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 2. 1. V al or is er la fil iè re e n ta nt q ue fil iè re é co no m iq ue à pa rt e nt iè re . 2. 1. 1. O rg an is er u ne c am pa gn e de c om m un ic at io n su r l es en je ux é co no m iq ue s du k ar ité p ar d es p ub lic ité s, à c ha qu e dé bu t d e sa is on , v is an t à in fo rm er le s m én ag es ru ra ux su r l es o pp or tu ni té s éc on om iq ue s du k ar ité e t l e be so in de c on sa cr er p lu s de te m ps à la c ol le ct e. « L e ka rit é n’ es t pa s se ul em en t u n re ve nu d ’a pp oi nt m ai s pe ut s ou te ni r éc on om iq ue m en t l es m én ag es » . 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns pr od uc tri ce s pa rt ic ul ie rs » À ch aq ue d éb ut d e sa is on : » 30 d iff us io ns s ur la RT B pa r a n ; » 10 0 di ffu si on s su r le s ra di os lo ca le s pa r a n ; » 20 a ni m at io ns p ar an p ar le s éq ui pe s m ob ile s. TF K M PF G , D G C , AP FN L, A PE X, D G PE R 33 0 00 2. 1. 2. M et tre e n pl ac e un s ys tè m e de c om m un ic at io n et d ’in fo rm at io n su r l es te ch ni qu es d e ra m as sa ge p ou r ra pp el er a ux a ct eu rs le s bo nn es p ra tiq ue s de c ue ill et te e t de ra m as sa ge , a in si q ue le s pé rio de s fa vo ra bl es ( S M S, pu bl ic ité s à la T V et s ur le s ra di os ). 2 X G ro up em en ts , as so ci at io ns pr od uc tri ce s pa rt ic ul ie rs » 30 d iff us io ns s ur la RT B pa r a n ; » 10 0 di ffu si on s su r le s ra di os lo ca le s pa r a n ; » Fa ire d es e nv oi s de SM S gr ou pé s to us le s jo ur s su r 3 m oi s. AP FN L, D G PE R TF K TN B SI M .C H 30 0 00 2. 1. 3. P ro m ou vo ir le s pr od ui ts lo ca ux d e ka rit é af in d e va lo ris er la c on so m m at io n au B ur ki na F as o ( m éd ia , jo ur na ux , T V, ra di o ) . 2 X In te rp ro fe ss io n » 30 d iff us io ns s ur la RT B pa r a n ; » 10 0 di ffu si on s su r le s ra di os lo ca le s pa r a n. TF K, A PE X, AP FN L, AB N O RM , IR SA T 30 0 00 2. 2 Re nf or ce r l’o rg an is at io n de s ac te ur s. 2. 2. 1. C on st itu er , m ai nt en ir et a ct ua lis er u ne b as e de d on né es d e l’e ns em bl e de s ac te ur s de la fi liè re ( p ro du ct ric es , c om m er ça nt s co lle ct eu rs , t ra ns fo rm at eu rs , di st rib ut eu rs , t ra ns po rt eu rs , f ou rn is se ur s de s er vi ce s et d’ éq ui pe m en ts , e tc . ) . 3 X To us le s ac te ur s de la fil iè re » M yQ L ou S Q L se rv er so nt u til is és . TF K AP FN L, D G C , D G FO M R, TF K 25 0 00 2. 2. 2. A pp uy er la s tr uc tu ra tio n de s ac te ur s pa r m ai llo n, pa r l a fo rm at io n de s ac te ur s à l’a pp ro ch e m ét ie r p ar m ai llo n, e t l ’in st itu tio n de p la te fo rm es d ’in no va tio n pa r m ai llo n, e tc . 3 X C ol le ct eu rs , pr od uc te ur s, tra ns fo rm at eu rs , di st rib ut eu rs » To us a ct eu rs re sp on sa bl es d es 1 50 0 or ga ni sa tio ns so nt fo rm és . AP FN L, D G FO M R TF K 50 0 00 2. 3. G ar an tir u ne fo rt e pa rt ic ip at io n de s fe m m es d an s to ut e la fi liè re . 2. 3. 1. S en si bi lis er le s ch ef s co ut um ie rs s ur l’ ac cè s de s fe m m es a ux p ar cs à k ar ité ( or ga ni sa tio n de re nc on tre s da ns c ha qu e co m m un e ur ba in e pa rr ai né e pa r u n él u lo ca l ) . 3 X C he fs co ut um ie rs » 50 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . M PF G M AT D , co lle ct iv ité s, M PF G , A PF N L 50 0 00 2. 3. 2. M et tre e n pl ac e un m éc an is m e de s ou tie n au x fe m m es in di vi du el le s et a ux g ro up em en ts p ou r l es pr oc éd ur es d ’a cq ui si tio n et d e fin an ce m en t d e te rr ai ns se lo n la ré fo rm e ag ra ire e t f on ci èr e. 2 X Fe m m es in di vi du el le s et e n gr ou pe m en ts » 50 fe m m es in di vi du el le s ou a ss oc ia tio ns on t b én éf ic ié d u m éc an is m e de so ut ie n. M EF , T FK , AP FN L 25 0 00 84 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 2 : P ro fe ss io nn al is er le s ac te ur s di re ct s et in di re ct s de la fi liè re p ar le re nf or ce m en t d e le ur s ca pa ci té s et e n as su ra nt l’ éq ui té e nt re e ux . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns Pr io rit é 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge Bé né fic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l d e m is e en œ uv re Pa rt en ai re s de so ut ie n Pr og ra m m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 2. 4. S ou te ni r u n di al og ue p riv é pu bl ic p ou r re nf or ce r l a fil iè re . 2. 4. 1. É ta bl ir un C om ité d e co nc er ta tio n ( e n lie n av ec l’a pp lic at io n de la L oi 0 50 ) re pr és en ta nt le s di ffé re nt s m ai llo ns d e la fi liè re e t l es m in is tè re s et a ge nc es im pl iq ué s da ns le d év el op pe m en t d e la fi liè re , a fin d e m ie ux p la ni fie r e t c oo rd on ne r l es in te rv en tio ns . 3 X C ol le ct eu rs , pr od uc te ur s, tra ns fo rm at eu rs , di st rib ut eu rs , m in is tè re s » 15 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . D G C TF K, M ER H , M PF G , U N M O C IR 30 0 00 2. 4. 2. R en fo rc er le s ca pa ci té s du C om ité d e co nc er ta tio n ( m ob ili sa tio n de re ss ou rc es , p ro m ot io n, e tc . ) . 2 X C ol le ct eu rs , pr od uc te ur s, tra ns fo rm at eu rs , di st rib ut eu rs , m in is tè re s » 80 % d u pl an d e re nf or ce m en t d es ca pa ci té s es t m is e n œ uv re . M EF , T FK , M PF G , A PF N L IT C / C IR 20 0 00 2. 4. 3. D ot er le C om ité d e co nc er ta tio n de m oy en s fin an ci er s po ur s on fo nc tio nn em en t. 3 X C ol le ct eu rs , pr od uc te ur s, tra ns fo rm at eu rs , di st rib ut eu rs , m in is tè re s » FC FA 2 0 m ill io ns so nt m ob ili sé s et do té s pa r a n. M EF , T FK , M PF G , A PF N L 10 0 00 0 2. 5. R en fo rc er le s ca pa ci té s op ér at io nn el le s de l’i nt er pr of es si on . 2. 5. 1. A da pt er le s st at ut s de la T FK a ux d is po si tio ns d e la Lo i s ur le s in te rp ro fe ss io ns . 3 X In te rp ro fe ss io n » La fi liè re e st ré gi e pa r l a Lo i 0 50 s ur le s in te rp ro fe ss io ns . TF K AP FN L, D G FO M R, M PF G , D G C , AP EX 5 00 0 2. 5. 2. S en si bi lis er le s ac te ur s de la fi liè re s ur la n éc es si té d’ ad hé re r à l’ in te rp ro fe ss io n. 3 X To us le s ac te ur s de la fil iè re » 10 re nc on tre s so nt or ga ni sé es a ve c le s re sp on sa bl es d’ or ga ni sa tio ns m em br es o u no n de la T FK . AP FN L, D G FO M R, M PF G , D G C , AP EX 10 0 00 2. 5. 3. R en fo rc er le s ca pa ci té s ( h um ai ne s, fi na nc iè re s et m at ér ie lle s ) d e la T FK e n m at iè re d e fo ur ni tu re d e se rv ic es à se s m em br es . 3 X In te rp ro fe ss io n » FC FA 1 5 m ill io ns pa r a n so nt a ffe ct és à la T FK p ou r s on fo nc tio nn em en t. AP FN L, M EF C IR , P C ES A 75 0 00 2. 5. 4. Id en tif ie r d es s er vi ce s re nt ab le s po uv an t s ou te ni r l e dé ve lo pp em en t d e l’i nt er pr of es si on ( ex : SI M ). 2 X In te rp ro fe ss io n AP FN L, A PE X C IR , P C ES A 10 0 00 2. 5. 5. R en fo rc er le s SI M e xi st an ts ( TF K, A PF N L, A PE X ) et fa ire le ur p ro m ot io n au pr ès d e l’e ns em bl e de s ac te ur s de la fi liè re ( id en tif ie r l es b es oi ns e n in fo rm at io ns d es ac te ur s, m et tre à jo ur le s in fo rm at io ns s ur c es S IM a in si qu e le s ca na ux d e di ffu si on ). 3 X To us le s ac te ur s de la fil iè re » 10 re nc on tre s de se ns ib ili sa tio n et d’ ad hé si on s on t or ga ni sé es . » Au m oi ns 8 0 % de s ac te ur s so nt se ns ib ili sé s. AP FN L 20 0 00 2. 5. 6. O rg an is er d es re nc on tre s d’ in fo rm at io n et d e se ns ib ili sa tio n su r l es a va nt ag es d u SI M ; en co ur ag er le s gr ou pe m en ts à s ’e nr eg is tre r s ur le s ys tè m e d’ in fo rm at io n de m ar ch é ( S IM ) af in d ’a vo ir un e m ei lle ur e co nn ai ss an ce de s dy na m iq ue s de m ar ch é ; f or m er s ur l’ ac cè s au S IM . 2 X To us le s ac te ur s de la fil iè re » Au m oi ns 7 5 % d es ac te ur s so nt a ct ifs . M PF G , A PE X, AP FN L, D G C 15 0 00 85PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 2 : P ro fe ss io nn al is er le s ac te ur s di re ct s et in di re ct s de la fi liè re p ar le re nf or ce m en t d e le ur s ca pa ci té s et e n as su ra nt l’ éq ui té e nt re e ux . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns Pr io rit é 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge Bé né fic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l d e m is e en œ uv re Pa rt en ai re s de so ut ie n Pr og ra m m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 2. 5. R en fo rc er le s ca pa ci té s op ér at io nn el le s de l’i nt er pr of es si on . 2. 5. 7. S ’a bo nn er o u ad hé re r a ux ré se au x in te rn at io na ux de s co rp s gr as , t el s qu e le s re vu es « O lé ag in eu x, C or ps G ra s, L ip id es » , « O ils & F at s In te rn at io na l » , « G lo ba l O ils An d Fa ts B us in es s M ag az in e », e tc . 2 X In te rp ro fe ss io n » L’ in te rp ro fe ss io n es t a bo nn ée à a u m oi ns 2 m ag az in es m en su el s. TF K AP FN L, A PE X, TF K AP EX TF K 3 00 0 2. 6. A ss ur er la bo nn e go uv er na nc e au n iv ea u de to us le s m ai llo ns d e la fil iè re . 2. 6. 1. A pp uy er l’ él ab or at io n de s ou til s de g es tio n ( m an ue ls d e pr oc éd ur es , c ha rt e de b on ne g ou ve rn an ce , et c. ). 2 X In te rp ro fe ss io n » U n m an ue l d e pr oc éd ur es de g es tio n ad m in is tr at iv e, fin an ci èr e, co m pt ab le e t co m m er ci al e es t di sp on ib le fi n 20 16 . TF K D G FO M R, M EB F, A PF N L, D G C , A PE X PC ES A 20 0 00 2. 6. 2. R en fo rc er le s ca pa ci té s de g es tio n or ga ni sa tio nn el le de l’ in te rp ro fe ss io n et d e se s m em br es , s ur la b as e d’ un di ag no st ic d es p ra tiq ue s et d es b es oi ns d es m em br es d e l’i nt er pr of es si on . 2 X In te rp ro fe ss io n » 2 at el ie rs d e di ag no st ic s on t or ga ni sé s. » 10 fo rm at io ns en g es tio n so nt or ga ni sé es . » 60 0 re sp on sa bl es so nt fo rm és . M EB F, A PF N L PC ES A, F AO 25 0 00 2. 6. 3. M et tre e n pl ac e un m éc an is m e de s ui vi e t d’ év al ua tio n de la g ou ve rn an ce d es o rg an is at io ns m em br es d e l’i nt er pr of es si on . 2 X In te rp ro fe ss io n » Le s in di ca te ur s de g es tio n so nt id en tif ié s. » U ne é va lu at io n à m i pa rc ou rs e st fa ite . » L’é va lu at io n à la fi n de la 5 èm e an né e es t f ai te . M EB F, A PF N L M EB F 25 0 00 2. 7. R en fo rc er le s ca pa ci té s de s in st itu tio ns d ’a pp ui au c om m er ce 2. 7. 1. S ur la b as e de s di ag no st ic s de c et te s tr at ég ie e t d’ au tre s ét ud es , r en fo rc er le s ca pa ci té s de s se rv ic es te ch ni qu es à s ou te ni r l es d iff ér en ts m ai llo ns d e la fi liè re . 3 X Se rv ic es te ch ni qu es » Le s se rv ic es te ch ni qu es s on t re nf or cé s da ns 7 5 % de s be so in s. M EB F M IC A, M PF G , M ER H , M EB F, AP EX , A PF N L 80 0 00 86 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 3 : C ré er d e la v al eu r p ar l’ am él io ra tio n de la q ua lit é et le d év el op pe m en t d es p ro du its , a in si q ue la re ch er ch e et le d év el op pe m en t ( R & D ). O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt s C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 3. 1. Pr of es si on na lis er la g es tio n de la qu al ité , l a fo rm at io n et le s ou tie n te ch ni qu e. 3. 1. 1. R ec en se r l es m an ue ls e t g ui de s de fo rm at io n ex is ta nt s ur le s bo nn es p ra tiq ue s da ns la fi liè re k ar ité ; au be so in , t ra du ire e n la ng ue lo ca le , o u en fo rm at im ag e po ur té lé ph on e po rt ab le s. 2 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » M an ue ls e t g ui de s de fo rm at io n ad ap té s en la ng ue lo ca le s on t di sp on ib le s en 2 01 5. TF K AB N O RM , AP FN L, A PE X, D G I, IR SA T 20 0 00 3. 1. 2. É la bo re r, m et tre e n œ uv re e t f ai re le s ui vi d u C od e de s bo nn es p ra tiq ue s ( n or m es d ’in du st rie ). 3 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » Le C od e de b on ne s pr at iq ue s es t di sp on ib le e n 20 15 . AB N O RM , AP FN L, A PE X, D G I 15 0 00 3. 1. 3. M et tre e n pl ac e un g ro up e de fo rm at eu rs / ex pe rt s su r l es b on ne s pr at iq ue s de c ol le ct e, d e pr od uc tio n et d e tr an sf or m at io n. 3 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » U n vi vi er d ’e xp er ts et fo rm at eu rs a u m ét ie r d u ka rit é es t di sp on ib le e n 20 16 . AP FN L, C C I BF , M EB F, FA FP A, A PE X, AB N O RM , D G I, IR SA T 3 00 0 3. 1. 4. F or m er le s ac te ur s su r l es b on ne s pr at iq ue s de co lle ct e, d e pr od uc tio n et d e tr an sf or m at io n. 3 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » 15 a te lie rs d e fo rm at io n so nt or ga ni sé s. » 90 0 ac te ur s et re sp on sa bl es s on t fo rm és . AP FN L, C C I BF , M EB F, FA FP A, A PE X, AB N O RM , D G I, IR SA T 30 0 00 3. 1. 5 Ré al is er d es p ro gr am m es d e di ffu si on d ’in fo rm at io n co nc er na nt le s bo nn es p ra tiq ue s da ns la fi liè re k ar ité ( r ad io , T IC , e tc . ) . 3 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » 30 d iff us io ns s ur la RT B pa r a n. » 10 0 di ffu si on s su r l es ra di os lo ca le s pa r a n. AB N O RM , AP FN L, A PE X, D G I, m éd ia s 25 0 00 3. 1. 6. P ro m ou vo ir le s éc ha ng es in tr a et in te r m ai llo ns p ou r un p ar ta ge d es e xp ér ie nc es e t d es b on ne s pr at iq ue s. 3 X To us le s ac te ur s de la fi liè re » 15 a te lie rs d e fo rm at io n or ga ni sé s. » 60 0 ac te ur s et le ad er s so nt fo rm és . AP FN L, M PF G , A PE X, M IC A 20 0 00 3. 1. 7. C ré er u n la be l d es p ro du its d u ka rit é « M ad e in Bu rk in a Fa so » . 3 X TF K » Le lo go e t l a ch ar te gr ap hi qu e so nt di sp on ib le s. » La p ro te ct io n ju rid iq ue es t é ta bl ie . AB N O RM , AP EX , A PF N L, IR SA T, M PF G 50 0 00 3. 1. 8. F ac ili te r l ’a cc ès d es o rg an is at io ns a ux te ch no lo gi es m od er ne s po ur le s éc ha ge e n sa is on p lu vi eu se ( ex . su bv en tio n de s sé ch oi rs à g az , o u so la ire ). 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs » 50 s éc ho irs s on t su bv en tio nn és . TF K, A PF N L, AB N O RM 50 0 00 3. 1. 9. A pp uy er la c ré at io n d’ un ité s de tr an sf or m at io n m ut ua lis ée s ( d an s le s zo ne s de fo rt e co nc en tr at io n d’ or ga ni sa tio ns d e pr od uc tio n ) ; po ss ib ili té d e m et tre e n pl ac e de s co op ér at iv es . 2 X Pr od uc tri ce s » U ne u ni té d e tr an sf or m at io n m ut ua lis ée e st c ré ée pa r z on e. TF K, D G I, AP EX , A PF N L, IR SA T, D G C , AB N O RM 25 0 00 x 8 = 20 0 00 0 87PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 3 : C ré er d e la v al eu r p ar l’ am él io ra tio n de la q ua lit é et le d év el op pe m en t d es p ro du its , a in si q ue la re ch er ch e et le d év el op pe m en t ( R & D ). O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt s C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 3. 1. Pr of es si on na lis er la g es tio n de la qu al ité , l a fo rm at io n et le s ou tie n te ch ni qu e. 3. 1. 10 . E nc ou ra ge r l es g ro up em en ts à m et tre e n pl ac e de s st ru ct ur es m ut ua lis ée s de tr ai te m en t d es n oi x et a m an de s. 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs » U ne s tr uc tu re m ut ua lis ée d e tr ai te m en t e st c ré ée pa r z on e. TF K AP FN L, M PF G 20 0 00 x 8 = 16 0 00 0 3. 1. 11 . S ou te ni r l a m is e en p la ce d ’in fr as tr uc tu re s de sé ch ag e et d e st oc ka ge m ut ua lis ée s po ur le s pr od ui ts d u ka rit é. 3 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs » 8 ai re s de s éc ha ge s et 8 m ag as in s de st oc ka ge s on t m is e n pl ac e. TF K, M PF G , D G C , AB N O RM PC ES A 30 0 00 3. 1. 12 . O rg an is er d es c om m an de s gr ou pé es d e m at ér ie ls de c on di tio nn em en t ( m et tre e n pl ac e un e ce nt ra le d ’a ch at ; id en tif ie r l es b es oi ns e n em ba lla ge s de s ac te ur s pa r m ai llo n – pr od uc tio n, tr an sf or m at io n, e xp or ta tio n ; m et tre en p la ce u n sy st èm e d’ ap pr ov is io nn em en t g ro up é ) . 2 X Pr od uc te ur s, tr an sf or m at eu rs » U n pl an a nn ue l d’ ap pr ov is io nn em en t es t r éa lis é. » U ne c on ve nt io n av ec le s fo ur ni ss eu rs sé le ct io nn és e st si gn ée . » 80 % d es b es oi ns an nu el s so nt c ou ve rt s. AP FN L, AB N O RM , AP EX , C C I BF , D G D 10 0 00 3. 1. 13 . O rg an is er d es fo rm at io ns p ou r l es p ro du ct ric es , le s gr ou pe m en ts e t l es c om m er ça nt s co lle ct eu rs a fin de g én ér al is er la p ra tiq ue d e nu m ér ot at io n de s lo ts p ou r pe rm et tre la c od ifi ca tio n et la tr aç ab ili té ( no m d e la pr od uc tri ce / du g ro up em en t / d u co m m er ça nt , n um ér o de sa c d’ am an de s ou d e be ur re , d at e de p ro du ct io n ) . 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs , co m m er ça nt s co lle ct eu rs » 1 50 0 ac te ur s so nt fo rm és . AP EX , A PF N L AB N O RM 60 0 00 3. 1. 14 . O rg an is er d es a te lie rs d e pa rt ag e de s ex pé rie nc es en tre g ro up em en ts o u op ér at eu rs p ou r é ch an ge r s ur la m is e en p la ce , l e su iv i e t l es d iff ic ul té s re nc on tré es d an s l’e xé cu tio n de s sy st èm es d e tr aç ab ili té . 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs , co m m er ça nt s » 15 a te lie rs d e pa rt ag e d’ un e jo ur né e so nt or ga ni sé s. » 1 50 0 ac te ur s so nt ré un is . AP FN L, D G C , A PE X, AB N O RM 25 0 00 3. 1. 15 . P ro m ou vo ir le s bo nn es p ra tiq ue s de s ui vi e t d e ge st io n du b eu rr e bi o ( b io s ui vi d es p ar ce lle s, c od ifi er le s pr od uc tri ce s ) . 3 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , » 10 s es si on s de fo rm at io ns s on t or ga ni sé es p ou r l es ac te ur s du b io . » 30 v is ite s su r s ite s so nt o rg an is ée s. AB N O RM , AP FN L, IR SA T 50 0 00 88 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 3 : C ré er d e la v al eu r p ar l’ am él io ra tio n de la q ua lit é et le d év el op pe m en t d es p ro du its , a in si q ue la re ch er ch e et le d év el op pe m en t ( R & D ). O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt s C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 3. 2. S ou te ni r l a ge st io n de la q ua lit é à tr av er s to ut e la fil iè re . 3. 2. 1 In te ns ifi er la re ch er ch e et d év el op pe m en t ( R & D ) co nc er na nt le s m ei lle ur es p ra tiq ue s à ut ili se r d an s la fi liè re ka rit é ( a ve c vu lg ar is at io n de s ré su lta ts ). 3 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs , di st rib ut eu rs IR SA T TF K, AB N O RM , AP FN L, D G FF 10 0 00 0 3. 2. 2. A cc ré di te r l e la bo ra to ire n at io na l d ’a na ly se d es co rp s gr as . 3 X In te rp ro fe ss io n » U n la bo ra to ire ac cr éd ité e st m is e n pl ac e en 2 01 6. TF K, A PF N L, AB N O RM 50 0 00 0 3. 2. 3. A pp uy er le d év el op pe m en t e t l a vu lg ar is at io n de s te ch no lo gi es d e tr an sf or m at io n ( c on ca ss eu rs , to rr éf ac te ur s, b ar at te s, fi ltr es , e tc . ) a up rè s de s ac te ur s de la fi liè re . 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s » Le s pe rf or m an ce s te ch no lo gi qu es s on t am él io ré es . » U ne te ch no lo gi e pi lo te es t d is po ni bl e. » To ut es le s gr an de s or ga ni sa tio ns s on t in fo rm ée s de le ur ex is te nc e. AB N O RM , TF K, D G I, AP FN L 60 0 00 3. 2. 4. O rg an is er d es s éa nc es d e fo rm at io n et d’ ap pr en tis sa ge s ur l’ ut ili sa tio n de s éq ui pe m en ts e t le ur e nt re tie n ( p os si bl em en t, lie r c es fo rm at io ns à u ne sé an ce d ’in fo rm at io n su r l es o pp or tu ni té s co m m er ci al es , le s be so in d es m ar ch és c ib le s, e t l es m ét ho de s de dé ve lo pp em en t c om m er ci al ). 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s et pa rt ic ul ie rs » 30 s éa nc es d e fo rm at io n so nt or ga ni sé es p ou r 3 60 ac te ur s. TF K, M EB F, D G I, AP FN L 30 0 00 3. 2. 5. A ss ur er le s ui vi d e l’a pp ui c on se il au x op ér at eu rs po ur u ne m ei lle ur e ut ili sa tio n de s éq ui pe m en ts d e tr an sf or m at io n. 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s et pa rt ic ul ie rs » 50 o pé ra te ur s ou or ga ni sa tio ns s on t vi si té s. TF K, A PF N L, AB N O RM 20 0 00 3. 2. 6. D éf in ir et m et tre e n œ uv re u n pr og ra m m e pr éc is e t pl ur ia nn ue l, po ur le s ou tie n sc ie nt ifi qu e et te ch ni qu e du dé ve lo pp em en t d e pr od ui ts a da pt és a ux b es oi ns lo ca ux . 2 X In te rp ro fe ss io n M IC A ( P ro du its lo ca ux ), D G C , AB N O RM , AP FN L, D TA 10 0 00 0 3. 3. A m él io re r l a co nn ai ss an ce d es bo nn es p ra tiq ue s de c ol le ct e. 3. 3. 1. S ou te ni r l ’a pp lic at io n du C od e de s bo nn es pr at iq ue s pa r l a m is e en p la ce e t l e re sp ec t p ar le s gr an ds c om m er ça nt s et le s ex po rt at eu rs d ’u n sy st èm e de d iff ér en ci at io n de s pr ix s el on la q ua lit é, b as é su r u ne no rm e de c la ss em en t d es a m an de s. 3 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs , di st rib ut eu rs » 20 re nc on tre s en tre p ro du ct ric es et c om m er ça nt s co lle ct eu rs s on t or ga ni sé es . TF K M IC A, A PE X, AP FN L, AB N O RM , IR SA T 20 0 00 3. 3. 2. O rg an is er u n co nc ou rs a nn ue l p ou r r éc om pe ns er le s ac te ur s ay an t p ro du its le s am an de s, le b eu rr e et le s pr od ui ts d ér iv és d e ha ut e qu al ité ( en li en a ve c le C od e de s bo nn es p ra tiq ue s ) . 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » 3 ca té go rie s de p rix so nt d is ce rn ée s ( F C FA 1 00 0 00 , 20 0 00 0 et 3 00 0 00 ) pa r m ai llo n et p ar a n. M EF , T FK , AP EX , AB N O RM , M EB F, D G C , D G FF , I RS AT EC O BA N K, C O RI S BA N K 15 0 00 89PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 3 : C ré er d e la v al eu r p ar l’ am él io ra tio n de la q ua lit é et le d év el op pe m en t d es p ro du its , a in si q ue la re ch er ch e et le d év el op pe m en t ( R & D ). O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt s C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 3. 4. E nc ou ra ge r l’i nd us tri al is at io n de la p ro du ct io n du be ur re d e ka rit é 3. 4. 1. F ai re u ne é tu de d e fa is ab ili té p ou r l a m is e en p la ce d’ un e un ité d ’e xt ra ct io n, d e ra ffi na ge e t d e fr ac tio nn em en t du b eu rr e de k ar ité . 2 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » Le s TD R so nt él ab or és . » U n co ns ul ta nt e st sé le ct io nn é. » L’é tu de d e fa is ab ili té es t c om pl èt e ( m ar ch é, te ch ni qu es et o rg an is at io n, fin an ci èr e, e tc . ) . D G I TF K, A PF N L, AP EX , AB N O RM , M PF G , M ER H , M EB F, co lle ct iv ité s 40 0 00 3. 4. 2. S ui te à l’ ét ud e de fa is ab ili té , s ou te ni r a ve c de s m es ur es in ci ta tiv es l’ in st al la tio n d’ un e un ité d ’e xt ra ct io n, de ra ffi na ge e t d e fr ac tio nn em en t ( P M ). 2 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » Le s TD R so nt él ab or és . » Le s fo ur ni ss eu rs d’ éq ui pe m en ts s on t sé le ct io nn és . » L’ un ité e st fo rm ée e t in st al lé e. C C I BF , T FK , AP FN L, A PE X, AB N O RM , M PF G , M ER H , M EB F, IR SA T 10 0 00 0 3. 4. 3. P ou r l es u si ne s d’ ex tr ac tio n en p la ce , f av or is er le tr av ai l d e so us t ra ita nc e ( t ra va il à fa ço n ) p ou r d es op ér at eu rs ré gi on au x ou in te rn at io na ux a fin d e fa ci lit er l’a cc ès à la te ch no lo gi e et d ’a ug m en te r l ’e xp ér ie nc e de s op ér at eu rs d an s ce tte in du st rie . 2 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » Le s us in es d e so us tr ai ta nc e so nt id en tif ié es . » Le s pr os pe ct io ns s on t ré al is ée s. » La C on ve nt io n de pa rt en ar ia t e st él ab or ée . TF K, A PF N L, M EB F, AB N O RM , In te rn at io na l O ils a nd F at s, TF K 10 0 00 3. 4. 4. O rg an is er d es v oy ag es d ’é tu de s po ur le s tr an sf or m at eu rs é ta bl is o u po te nt ie ls s ur d es s ite s de tr an sf or m at io n, ra ffi ne m en t, et fr ac tio nn em en t, ai ns i q u’ au pr ès d es a ch et eu rs d e st éa rin e po ur m ie ux co m pr en dr e le s be so in s du m ar ch é ( v oi r l e lie n av ec l’i nf or m at io n de m ar ch é ) . 2 X » 1 vo ya ge d ’é tu de p ou r 10 tr an sf or m at eu rs pa r a n. » 3 vo ya ge s av ec un re pr és en ta nt de p ro du ct ric es , tr an sf or m at eu rs et c om m er ça nt s co lle ct eu rs p ar a n. TF K, M IC A, C C I BF , M EB F, AP EX B F Vo ya ge tr an sf or m at eu r = 2 5 00 0 Vo ya ge s té ar in e = 2 0 00 0 To ta l = 4 5 00 0 3. 4. 5. A ss ur er u ne v ei lle te ch no lo gi qu e à tr av er s la di ffu si on d es in no va tio ns te ch no lo gi qu es e xi st an te s et de s ab on ne m en ts à d es re vu es s pé ci al is ée s ; r en fo rc er le sy st èm e de v ei lle d e la D G I. 1 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » Le s ac te ur s so nt in fo rm és to us le s 6 m oi s su r l es in no va tio ns e xi st an te s. D G I, C C I BF , TF K 5 00 0 90 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 4 : A ss ur er le d év el op pe m en t d e la fi liè re d an s un e nv iro nn em en t d es a ffa ire s fa vo ra bl e et c om po rt an t d es p ol iti qu es d ’a pp ui . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 4. 1. D év el op pe r de s ou til s po ur la pé re nn ité d e to us le s m ai llo ns . 4. 1. 1. S ui te à u n ét ud e de fa is ab ili té , f ix er u n pr ix p la nc he r au d éb ut d e ch aq ue c am pa gn e de c om m er ci al is at io n de s am an de s so us l’ ég id e du C om ité d e co nc er ta tio n. M et tre e n pl ac e un fo nd d e st ab ili sa tio n. S ’a ss ur er q ue le m éc an is m e re sp ec te le s rè gl es d e l’O M C . 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs » 3 c on ce rt at io ns s on t or ga ni sé es p ar a n po ur la fi xa tio n de s pr ix . C om ité d e co nc er ta tio n de la st ra té gi e TF K, M IC A, AP FN L, D G C , AP EX , C C I BF , M EF , M PF G , 15 0 00 4. 1. 2. In st itu er u n sy st èm e d’ ag ré m en t ( ac ha t e t ex po rt at io n ) p ou r l a co m m er ci al is at io n de s am an de s du ka rit é. 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs » Le M IC A et la C C I BF so nt im pl iq ué s. D G C , A PF N L, AP EX , C C I BF , M EB F 20 0 00 4. 2. A ss ur er un e m ei lle ur e di ffu si on d es pr od ui ts fi na nc ie rs di sp on ib le s au pr ès de s op ér at eu rs d e la fil iè re . 4. 2. 1. C on st itu er e t d is sé m in er u n ré pe rt oi re d es s er vi ce s et ou til s fin an ci er s ( e n in cl ua nt la m ic ro fin an ce ) di sp on ib le s et a da pt és a ux b es oi ns d es a ct eu rs d e la fi liè re ( m em br es de l’ in te rp ro fe ss io n ) . 3 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » D es o ut ils e t n ou ve au x pr od ui ts fi na nc ie rs ad ap té s au x m ai llo ns so nt d is po ni bl es . TF K AP BE F, D G C , AP EX 30 0 00 4. 2. 2. D iff us er l’ in fo rm at io n au x gr ou pe m en ts e t a ux m em br es d e la T FK s ur le s ou til s de fi na nc em en t di sp on ib le s, p ar la te nu e de re nc on tre s d’ in fo rm at io n et la m is e à jo ur d u si te In te rn et d e la T FK . 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » 10 re nc on tre s d’ un jo ur so nt o rg an is ée s. » Au m oi ns 5 00 a ct eu rs et re sp on sa bl es s on t in fo rm és . AP FN L, M EB F, C C I BF , A PB EF 10 0 00 4. 2. 3. M et tre e n lig ne le ré pe rt oi re d es s er vi ce s fin an ci er s su r l e si te In te rn et d e la T FK . 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » Le s ac te ur s so nt se ns ib ili sé s à la co ns ul ta tio n du s ite lo rs de s re nc on tre s. AP BE F, D G C , AP EX , A PF N L 1 00 0 4. 2. 4. O rg an is er d es re nc on tre s av ec le s in st itu tio ns pu bl iq ue s et p riv ée s de fi na nc e po ur é ch an ge r s ur le s be so in s fin an ci er s de la fi liè re k ar ité . 1 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on AP BE F, AP FN L, A PE X 10 0 00 4. 3. R en fo rc er le s co m pé te nc es e n ge st io n d’ en tre pr is e de s ac te ur s de la fil iè re . 4. 3. 1. M en er d es c am pa gn es d e se ns ib ili sa tio n ( c ou rr ie ls , SM S ) au pr ès d es o rg an is at io ns s ur l’ in té rê t d e la g es tio n d’ en tre pr is e, a fin d e fa ci lit er l’ ac cè s au fi na nc em en t. 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » Au m oi ns 9 0 % de s re sp on sa bl es et p ro m ot eu rs d’ en tre pr is es s on t in fo rm és . TF K AP FN L, M EB F, C C I BF , F AF PA , M PF G 1 00 0 4. 3. 2. R en fo rc er le s ca pa ci té s op ér at io nn el le s de s or ga ni sa tio ns d e fe m m es e n ge st io n et p la ni fic at io n. 3 X G ro up em en ts , as so ci at io ns , un io ns d e fe m m es » 10 s es si on s de fo rm at io n so nt or ga ni sé es p ou r au m oi ns 6 00 re sp on sa bl es . » D es o ut ils s im pl ifi és de g es tio n et d e pl an ifi ca tio n so nt di ffu sé s. » U n su iv i p er so nn al is é au pr ès d e 50 or ga ni sa tio ns e st ré al is é. M PF G , AP FN L FA O 30 0 00 91PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 4 : A ss ur er le d év el op pe m en t d e la fi liè re d an s un e nv iro nn em en t d es a ffa ire s fa vo ra bl e et c om po rt an t d es p ol iti qu es d ’a pp ui . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 4. 3. R en fo rc er le s co m pé te nc es e n ge st io n d’ en tre pr is e de s ac te ur s de la fil iè re . 4. 3. 3. A ss ur er la d iff us io n de l’ in fo rm at io n su r l es s er vi ce s of fe rt s pa r l a M EB F et le s au tre s in st itu tio ns d ’a pp ui e t d e co ns ei l. 1 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » D iff us io n d’ in fo rm at io ns pa r S M S ch aq ue m oi s. » M is e à jo ur s ur le s ite In te rn et . TF K AP FN L, M EB F, C C I BF , F AF PA , M PF G 5 00 0 4. 3. 4. O rg an is er d es s es si on s de fo rm at io n en g es tio n ad ap té es a ux b es oi ns d es a ct eu rs ( su r l a ba se d ’u n di ag no st ic d es p ra tiq ue s de g es tio n de s m em br es , a da pt er le p la n de fo rm at io n ) . 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » 25 s es si on s de fo rm at io n po ur 7 50 ac te ur s so nt ré al is ée s. M EB F, FA FP A, AP FN L, C C I BF , M PF G 50 0 00 4. 3. 5. D éf in ir de s m es ur es in ci ta tiv es fo ur ni es p ar l’i nt er pr of es si on p ou r s tim ul er s es m em br es à é la bo re r d es pl an s co m m er ci au x. 1 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » 10 0 pl an s d’ af fa ire s so nt é la bo ré s gr âc e au x su bv en tio ns e t l ’a pp ui de l’ in te rp ro fe ss io n. M EB F, FA FP A, AP FN L, C C I BF , M PF G C on su lta nt s 30 0 00 4. 3. 6 Re nf or ce r l es c ap ac ité s du S ec ré ta ria t p er m an en t ( S P ) d e la T FK e n m at iè re d ’a cc om pa gn em en t à l’é la bo ra tio n de s pl an s co m m er ci au x de s es m em br es . 1 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » Le p er so nn el d u SP e st fo rm é. M EB F, FA FP A, AP FN L, C C I BF , M PF G 25 0 00 4. 4. F av or is er l’i nv es tis se m en t da ns la fi liè re k ar ité . 4. 4. 1. O rg an is er d es re nc on tre s av ec le s in st itu tio ns fin an ci èr es ( S O FI G IB o u FB D ES ) af in d e ré so ud re la pr ob lé m at iq ue d e l’a cc ès d es a ct eu rs a ux g ar an tie s et fi na nc em en ts ( dé la is tr op lo ng e t p ro cé du re s co m pl iq ué es ). 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » 5 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . AP I TF K, A PB EF , AP FN L, C C I BF , M EF , S FD 10 0 00 4. 4. 2. M et tre e n pl ac e un m éc an is m e de fi na nc em en t po ur fa ci lit er l’ ac cè s au x éq ui pe m en ts d e tr an sf or m at io n pa r l ’id en tif ic at io n de s be so in s et la m is e à di sp os iti on d e m éc an is m es d e fin an ce m en t a pp ro pr ié s. 2 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » D es s ys tè m es de le as in g ou d e su bv en tio n so nt e n pl ac e. TF K, AP FN L, D G I, AB N O RM 15 0 00 4. 4. 3. O rg an is er d es a te lie rs d ’in fo rm at io n et d e se ns ib ili sa tio n po ur le s ac te ur s de la fi liè re s ur le s op po rt un ité s de fi na nc em en t o ffe rt es p ar le F on ds d’ in te rv en tio n po ur l’ en vi ro nn em en t ( FI E ) . 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » 20 a te lie rs d’ in fo rm at io n et d e se ns ib ili sa tio n so nt or ga ni sé s. TF K, A PF N L, M ER H 30 0 00 4. 4. 4. In iti er u ne c on ve nt io n de c ol la bo ra tio n av ec le s in st itu tio ns d e m ic ro c ré di ts a fin d e dé ve lo pp er d es o ut ils ad ap té s au fi na nc em en t d es a ct iv ité s de s m em br es d es or ga ni sa tio ns d e ka rit é ( g ro up em en ts , c oo pé ra tiv es , un io ns , a ss oc ia tio ns , f éd ér at io ns , e tc . ) . 3 X » Le s ni ve au x de c ré di ts se lo n le s ty po lo gi es de s ac te ur s et le s pr oc éd ur es s im pl ifi ée s so nt p ro po sé s. M PF G . T FK , SF D , A PI M F, AP FN L 10 0 00 4. 4. 5. M et tre e n pl ac e un s ys tè m e de w ar ra nt ag e en li en av ec le s m ag as in s de s to ck ag e m ut ua lis és . 2 X G ro up em en ts e t as so ci at io ns d e pr od uc tri ce s, pa rt ic ul ie rs » Au m oi ns 5 0 ac te ur s de c ha cu ne d es 8 zo ne s ap pl iq ue nt le w ar ra nt ag e. M PF G , S FD , AP IM F, AP FN L 40 0 00 4. 4. 6. S en si bi lis er le s fo nd s na tio na ux e xi st an ts ( 15 a ct ue ls en li en a ve c le s PF N L ) a fin d e cr ée r d es fo nd s de ri sq ue s ( c ap ita l r is qu e ) , d es g ui ch et s sp éc ia ux k ar ité , e t d es li gn es de c ré di t s pé ci fiq ue s. 2 X M em br es d e l’i nt er pr of es si on » La s tr at ég ie d e se ns ib ili sa tio n es t ét ab lie . » Le s 15 fo nd s so nt co ns ul té s. AP FN L, Fo nd s na tio na ux , AP BE F, 20 0 00 92 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 4 : A ss ur er le d év el op pe m en t d e la fi liè re d an s un e nv iro nn em en t d es a ffa ire s fa vo ra bl e et c om po rt an t d es p ol iti qu es d ’a pp ui . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 4. 5. F av or is er l’u til is at io n de m es ur es st an da rd is ée s. 4. 5. 1. O rg an is er d es s es si on s de s en si bi lis at io n au pr ès d e to us le s ac te ur s de la fi liè re ( pr od uc tri ce s, g ro up em en ts , as so ci at io ns , u ni on s, fé dé ra tio ns , e tc . ) a fin d e le s in fo rm er s ur l’ im po rt an ce d ’u til is er d es o ut ils d e m es ur e st an da rd is és e t c al ib ré s po ur g ar an tir la tr an sp ar en ce d es tr an sa ct io ns c om m er ci al es . 2 X Pr od uc tri ce s, gr ou pe m en ts , as so ci at io ns , un io ns , fé dé ra tio ns , e tc . ) » 30 s es si on s de fo rm at io n d’ un e jo ur né e so nt o rg an is ée s po ur a u m oi ns 9 00 a ct eu rs . AB N O RM TF K, A PF N L, IR SA T 30 0 00 4. 5. 2. F ac ili te r l ’a cq ui si tio n d’ éq ui pe m en ts d e m es ur e ( c er tif ié s ) e t d e co nt rô le q ua lit é po ur le s ac te ur s de la fil iè re ( pa r d es c om m an de s gr ou pé es ). 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » U n pl an a nn ue l d’ ap pr ov is io nn em en t es t r éa lis é. » U ne c on ve nt io n av ec le s fo ur ni ss eu rs sé le ct io nn és e st s ig né e. » 80 % d es b es oi ns an nu el s so nt c ou ve rt s. TF K, AB N O RM , IR SA T FI E, P EC SA 25 0 00 4. 5. 3. C ré er u n ré pe rt oi re d es fo ur ni ss eu rs d e m at ér ie l d e m es ur e ce rt ifi é ( b as cu le s, b al an ce s, h um id im èt re , e tc . ) . 1 X TF K » En ré fé re nc e à la b as e de d on né es d es a ct eu rs de la fi liè re . D G C , T FK , IR SA T, A PF N L 5 00 0 4. 5. 4. F or m er le s ac te ur s à l’u til is at io n de s in st ru m en ts d e m es ur e ce rt ifi és ( ba sc ul es , b al an ce s, h um id im èt re , e tc . ) . 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » 10 s es si on s de fo rm at io n d’ un e jo ur né e so nt o rg an is ée s au pr of it de 7 50 a ct eu rs . D G C , T FK , IR SA T, A PF N L 10 0 00 4. 5. 5. F av or is er la s ta nd ar di sa tio n de s pr od ui ts d u ka rit é pa r l e dé ve lo pp em en t d e no rm es b ur ki na bé a lig né es s ur le s no rm es in te rn at io na le s de l’ in du st rie ( no rm es in du st rie lle s – co sm ét iq ue s, s av on s, e tc . – e t n or m es g lo ba le s – co de x, IS O , e tc . ) . 2 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » U ne n or m e bu rk in ab é es t d év el op pé e et pa rt ag ée a up rè s 80 % d es a ct eu rs e t re sp on sa bl es . TF K, A PF N L, IR SA T, D TA , D G C 50 0 00 4. 5. 6. S ou te ni r l a ce rt ifi ca tio n de s un ité s de tr an sf or m at io n pa r l a se ns ib ili sa tio n de s ac te ur s su r l a né ce ss ité d e la ce rt ifi ca tio n, la fo rm at io n su r l es b on ne s pr at iq ue s, e t l’i de nt ifi ca tio n de fo nd s d’ ap pu i à la c er tif ic at io n. 3 X Pr od uc tri ce s, tr an sf or m at eu rs » 20 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . » 1 20 0 ac te ur s so nt to uc hé s. TF K, A PE X, D G C 20 0 00 4. 6. R en fo rc er le s ra pp or ts co nt ra ct ue ls d an s la fil iè re . 4. 6. 1. O rg an is er u ne c am pa gn e de s en si bi lis at io n de s ac te ur s su r l es a va nt ag es d ’é ta bl ir de s ra pp or ts co nt ra ct ue ls ( re nc on tre s d’ in fo rm at io n da ns le s ré gi on s, co ur rie ls , S M S, e tc . ) . 2 X Ac te ur s de la fil iè re » 30 d iff us io ns s ur la R TB pa r a n. » 10 0 di ffu si on s su r l es ra di os lo ca le s pa r a n. » 20 a ni m at io ns p ar a n pa r l ’é qu ip e m ob ile s ur le s pl ac es d e m ar ch és . TF K AP FN L, D G FO M R, AP EX , D G C , C AM C O , Tr ib un au x de co m m er ce 40 0 00 4. 6. 2. V ul ga ris er le s m od èl es ty pe d e co nt ra ts ( fle xi bl es ou s im pl ifi és ), a in si q ue le s m éc an is m es d e m éd ia tio n en ca s de li tig e. 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » M is e en li gn e su r l e si te In te rn et d es c on tr at s ty pe s. » M is e à di sp os iti on d es co nt ra ts ty pe s da ns le s re pr és en ta tio ns d e la C C I BF . AP FN L, D G FO M R, D G C , C AM C O , e tc . 10 0 00 93PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 4 : A ss ur er le d év el op pe m en t d e la fi liè re d an s un e nv iro nn em en t d es a ffa ire s fa vo ra bl e et c om po rt an t d es p ol iti qu es d ’a pp ui . O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s P ar te na ire pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 4. 6. R en fo rc er le s ra pp or ts co nt ra ct ue ls d an s la fil iè re . 4. 6. 3. O rg an is er e n co lla bo ra tio n av ec la M EB F ou la C C I BF d es fo rm at io ns g ro up ée s su r l es p rin ci pe s, le s bé né fic es e t l es o ut ils e n lie ns a ve c le s ra pp or ts co nt ra ct ue ls , d an s le s 13 ré gi on s ad m in is tr at iv es . 2 X G ro up em en ts d e pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » 26 s es si on s de fo rm at io n so nt or ga ni sé es p ou r a u m oi ns 7 50 a ct eu rs . TF K C AM C O , Tr ib un al d e co m m er ce , M EB F, T FK , C C I BF , D G C 65 0 00 4. 6. 4. A pp or te r u ne a ss is ta nc e ju rid iq ue a ux a ct eu rs lo rs d e l’é ta bl is se m en t d e ra pp or ts c on tr ac tu el s, é ve nt ue lle m en t pa r l a m is e en p la ce d ’u ne c on ve nt io n en tre la T FK e t l e C AM C O . 2 X Pr od uc tri ce s, co m m er ça nt s co lle ct eu rs , tr an sf or m at eu rs » U n co ns ei lle r j ur id iq ue es t d is po ni bl e pa r té lé ph on e et c ou rr ie l. C AM C O , M EB F, T FK , tri bu na ux 15 0 00 4. 7. A m él io re r l a qu al ité e t l ’o ffr e d’ in fo rm at io n de m ar ch é. 4. 7. 1. R en fo rc er le s ca pa ci té s in st itu tio nn el le s, fi na nc iè re s et h um ai ne s de l’ AP EX B F af in d e pr od ui re d es ra pp or ts ré gu lie rs s ur la fi liè re k ar ité e t l es te nd an ce s du m ar ch é so us ré gi on al e t i nt er na tio na l, po uv an t ê tre d is tri bu és p ar l’i nt er pr of es si on ; ré al is er u ne é tu de d ia gn os tiq ue a ss or tie d’ un p la n de re nf or ce m en t d es c ap ac ité s de l’ AP EX B F. 3 X AP EX B F » U n di ag no st ic s ur le s be so in s es t p ro du it. » Le p er so nn el te ch ni qu e es t f or m é. » Le m at ér ie l d e fo nc tio nn em en t e st di sp on ib le . M IC A TF K, AB N O RM , AP FN L, D G ES S de s m in is tè re s, 50 0 00 4. 8. A m él io re r le tr an sp or t d es pr od ui ts d u ka rit é ve rs le s m ar ch és ci bl es . 4. 8. 1. O rg an is er u ne re nc on tre d e tr av ai l a ve c l’O bs er va to ire d es p ra tiq ue s an or m al es ( si tu é au s ei n du C on se il bu rk in ab é de s ch ar ge ur s ) a fin d e pr és en te r l es pr ob lé m at iq ue s sp éc ifi qu es d e la fi liè re k ar ité . 2 X TF K » La fa ci lit at io n su r l’a cc ès a u tr an sp or t e st en tre pr is e. TF K AP EX , C BC , D G TT M , C C I BF , A PF N L 3 00 0 4. 8. 2. S en si bi lis er le s en tre pr is es d e tr an sp or ts ( f er ro vi ai re s, ro ut ie rs ) po ur d éf in ir un e fe ui lle d e ro ut e vi sa nt à a m él io re r l ’o ffr e de s er vi ce . 3 X C om m er ça nt s co lle ct eu rs » Le s th èm es d e la se ns ib ili sa tio n so nt cl ar ifi és . » 3 re nc on tre s so nt or ga ni sé es . C C I BF , C BC , Sy nd ic at s de s tr an sp or ts , D G TT M , D G D , AP EX , A PF N L 10 0 00 4. 9. M et tre e n pl ac e de s m es ur es ad m in is tr at iv es p ou r le d év el op pe m en t de la fi liè re . 4. 9. 1. R en fo rc er le s co nt rô le s de q ua lit é de s pr od ui ts im po rt és s ur le m ar ch é bu rk in ab é, c on cu rr en ts d u ka rit é bu rk in ab é ( c on trô le s ré gu lie rs p ar le s do ua ne s su r l es pl ac es d e m ar ch és ). 2 X Tr an sf or m at eu rs » 50 % d es p ro du its d u ka rit é im po rt és s on t co nt rô lé s. M IC A ( D G I et D G C RF ) IR SA T, AB N O RM , TF K, A PF N L, Li gu e de s co ns om m a te ur s 20 0 00 4. 9. 2. F av or is er la tr an sf or m at io n in du st rie lle d es p ro du its is su s du k ar ité p ar u ne ré du ct io n de la fi sc al ité ( ta xe s su r le s im po rt at io ns d ’in tr an ts , t el s qu e pa rf um s, a dd iti fs , st ab ili sa te ur s, e tc . ) . 2 X Tr an sf or m at eu rs » Le s m es ur es in ci ta tiv es so nt e n pl ac e. M EF , A PI T FK , AP FN L 5 00 0 94 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 5 : D év el op pe r l a pr és en ce p er fo rm an te s ur le s m ar ch és c ib le s pa r u ne m ei lle ur e pr om ot io n de la fi liè re e t u ne m ei lle ur e co nn ai ss an ce d es te nd an ce s et e xi ge nc es d u m ar ch é. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 5. 1. R en fo rc er le s ca pa ci té s de pr om ot io n et d e m ar ke tin g de s ac te ur s de la fil iè re . 5. 1. 1. R en fo rc er le s ca pa ci té s de s ac te ur s en m at iè re d e te ch ni qu es m ar ke tin g pa r d es fo rm at io ns , d es c on se ils p ou r l’o rg an is at io n de s po in ts d e ve nt e et la p ré se nt at io n de s pr od ui ts . 2 X Pr od uc tri ce s, di st rib ut eu rs lo ca ux , tr an sf or m at eu rs » 5 se ss io ns d e fo rm at io n so nt ré al is ée s au p ro fit de 1 50 a ct eu rs d e la di st rib ut io n. AP EX B F TF K, A PF N L 20 0 00 5. 1. 2. O rg an is er d es m is si on s de p ro sp ec tio n co m m er ci al e au pr ès d es m ar ch és c ib le s su iv an ts : G ha na , C ôt e d’ Iv oi re , pa ys d e la C EM AC , É ta ts U ni s et C an ad a, B ré si l, pa ys c ib le s d’ As ie ( Ja po n, A us tr al ie , C hi ne , I nd e, M al ai si e ) . 3 X Pr od uc tri ce s, di st rib ut eu rs lo ca ux , tr an sf or m at eu rs » 2 3 m is si on s so nt ré al is ée s pa r a nn ée . TF K, A PF N L 7, 5 x 10 = 75 0 00 5. 1. 3. É la bo re r e t m et tre e n pl ac e un p la n de c om m un ic at io n m ar ke tin g au to ur d es p ro du its d u ka rit é po ur le s m ar ch és na tio na ux , s ou s ré gi on au x et in te rn at io na ux . 2 X M em br es d e la T FK » Le s su pp or ts d e co m m un ic at io n au ni ve au n at io na l e t in te rn at io na l s on t ut ili sé s ( J eu ne Af riq ue , R FI , F ra nc e 24 , e tc . ) . TF K, A PF N L, D G C 60 0 00 5. 2. D év el op pe r de s pr od ui ts po ur le m ar ch é bu rk in ab é. 5. 2. 1. R éa lis er u ne é tu de d u m ar ch é na tio na l a fin d e m ie ux co nn ai tre la d em an de e t l es o pp or tu ni té s du m ar ch é lo ca l. 2 X TF K » Le n iv ea u de co ns om m at io n de s pr od ui ts e t le s ex ig en ce s de s cl ie nt s so nt c on nu s. D G C TF K, C C I BF 15 0 00 5. 2. 2. P ro m ou vo ir le d év el op pe m en t d e no uv ea ux p ro du its po ur le m ar ch é bu rk in ab é en c ol la bo ra tio n av ec IR SA T ( m ar ga rin e, c he ni lle s en b oi te , p ro du its is su s de la p ul pe , et c. ). 2 X M em br es d e la T FK » U n ap pu i a u ni ve au d e la tr an sf or m at io n et la co m m er ci al is at io n es t e ffe ct ué ( q ua lit é, p ac ka gi ng , co m m un ic at io n ) . IR SA T, A PE X, TF K, D G C , AP FN L 2I E 50 0 00 5. 2. 3. O rg an is er c ha qu e an né e de s jo ur né es pr om ot io nn el le s po ur le s pr od ui ts d u ka rit é, d e fa ço n to ur na nt e da ns le s ré gi on s, a ve c le s ou tie n de la T FK . 2 X M em br es d e la T FK » 20 % d es c ib le s on t p ar tic ip é au x jo ur né es pr om ot io nn el le s. D G C , A PF N L ; C C I BF , C on se ils ré gi on au x, IR SA T 15 0 00 x 5 = 65 0 00 5. 2. 4. C on du ire u ne a na ly se s itu at io nn el le s ur le fo nc tio nn em en t d u m ar ch é de s pr od ui ts d u ka rit é au B ur ki na Fa so e t d an s la s ou s ré gi on . 3 X In te rp ro fe ss io n » Le s TD R so nt él ab or és . » Le c on su lta nt e st sé le ct io nn é. » L’é tu de di ag no st iq ue su r l es m ar ch és es t r éa lis ée s ( b en ch m ar ki ng su r l es b on ne s pr at iq ue s ) . TF K, A PE X, AP FN L, M EB F 30 0 00 95PLAN D’ACTION Ob je ct if st ra té gi qu e 5 : D év el op pe r l a pr és en ce p er fo rm an te s ur le s m ar ch és c ib le s pa r u ne m ei lle ur e pr om ot io n de la fi liè re e t u ne m ei lle ur e co nn ai ss an ce d es te nd an ce s et e xi ge nc es d u m ar ch é. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 5. 3. R en fo rc er la c ol la bo ra tio n en tre le s ac te ur s po ur d év el op pe r de n ou ve au x pr od ui ts e t m ar ch és . 5. 3. 1 M et tre e n pl ac e, o u re nf or ce r, de s gr ou pe s d’ in té rê t éc on om iq ue ( G IE ) af in d e sé cu ris er p lu s ra pi de m en t d e gr an ds v ol um es d ’a m an de s ou d e be ur re p ou r l ’e xp or ta tio n, et a fin d e dé ve lo pp er d es n ou ve au x m ar ch és . 2 X M em br es d e la T FK » 1 G IE p ar z on e à fo rt e co nc en tr at io n du k ar ité e st c ré é ou re nf or cé . TF K M EB F, A PE X BF 20 0 00 5. 3. 2. U til is er le s us in es d e ra ffi ne m en t a fin d e ve nd re d u be ur re ra ffi né d ire ct em en t a ux c lie nt s fin au x en E ur op e ( e t s i p os si bl e au ss i e n Am ér iq ue ) pa r l a m is e en p la ce d’ es sa is t es ts p ou r l es a ch et eu rs d e be ur re e xi st an t. Fa ire év en tu el le m en t u n te st g ro up é. 2 X Pr od uc te ur s, ex po rt at eu rs » La p ro sp ec tio n po ur é ta bl ir de s co nv en tio ns u si ne s ac he te ur s es t e n co ur s. M EB F, A PE X BF 40 0 00 5. 4 Am él io re r l es co nn ai ss an ce s su r l es te nd an ce s et b es oi ns d u m ar ch é du b eu rr e et a ut re s co rp s gr as . 5. 4. 1. F ai re d es é tu de s de m ar ch é su r l es u til is at io ns e t le s be so in s de s ac he te ur s po ur le s m ar ch és s ui va nt s : Ét at s U ni s et C an ad a ( r év is er l’ ét ud e ex is ta nt e ) , B ré si l, C ôt e d’ Iv oi re ( in du st rie c os m ét iq ue ), p ay s de la C EM AC ( p rin ci pa le m en t c eu x sa ns p ro du ct io n na tio na le d e be ur re ), pa ys c ib le d ’A si e ( J ap on , A us tr al ie , C hi ne , I nd e, M al ai si e ) . 2 X M em br es d e la T FK » Le n iv ea u de la co ns om m at io n de s pr od ui ts e t le s ex ig en ce s de s cl ie nt s so nt c on nu s. AP EX B F TF K, D G C , AP FN L C EC I 50 0 00 5. 4. 2. F ai re u ne é va lu at io n de s ty pe s de c er tif ic at io ns di sp on ib le s af in d e m ie ux in fo rm er le s gr ou pe m en ts e t ex po rt at eu rs s ur le s ob lig at io ns e t b én éf ic es d es d iff ér en te s ce rt ifi ca tio ns . 2 X Pr od uc te ur s, ex po rt at eu rs » U n gu id e su r l es di ffé re nt s ty pe s de ce rt ifi ca tio ns e st di sp on ib le . D G C , AB N O RM , TF K, IR SA T U IC N 10 0 00 5. 4. 3. É la bo re r u ne b as e de d on né es d es a ch et eu rs po te nt ie ls e t d e le ur s be so in s da ns le s pa ys à fo rt e im po rt at io n ou u til is at io n du k ar ité , à d es fi ns d e pr os pe ct io n ; m et tre le s in fo rm at io ns s ur le s ite In te rn et d e la T FK . 3 X TF K » Le s cr itè re s de se gm en ta tio n de s ac he te ur s so nt id en tif ia bl es s ur le su pp or t M yS Q L ou SQ L Se rv er . TF K, D G C , 25 0 00 5. 5. E nc ou ra ge r l’a ch at d es pr od ui ts d u ka rit é pa r l es in du st rie s lo ca le s et le go uv er ne m en t. 5. 5. 1. S en si bi lis er le g ou ve rn em en t p ou r l a pr is e en c om pt e du b eu rr e de k ar ité d an s le s av is d ’a pp el s d’ of fre s. 3 X M em br es d e la T FK » La s tr at ég ie d e se ns ib ili sa tio n av ec le s pr od ui ts à in té gr er d an s le s ap pe ls d ’o ffr es e st ét ab lie . TF K AP FN L 10 0 00 5. 5. 2. O rg an is er d es re nc on tre s de c on ce rt at io n av ec le s hô te lie rs , l es re st au ra te ur s, e t l es c en tre s co m m un au ta ire s ( c an tin es s co la ire s et u ni ve rs ita ire s, c en tre s ho sp ita lie rs , ca se rn es , c en tre s pé ni te nc ie rs , o rp he lin at s, C RE N ) af in d e dé ve lo pp er d es p ar te na ria ts p ou r l a fo ur ni tu re d e sa vo ns , d e cr èm es , d e be ur re e t d e sh am po in gs . 3 X M em br es d e la T FK » 2 re nc on tre s pa r a n so nt o rg an is ée s. AP FN L, D G C 15 0 00 96 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Ob je ct if st ra té gi qu e 5 : D év el op pe r l a pr és en ce p er fo rm an te s ur le s m ar ch és c ib le s pa r u ne m ei lle ur e pr om ot io n de la fi liè re e t u ne m ei lle ur e co nn ai ss an ce d es te nd an ce s et e xi ge nc es d u m ar ch é. O bj ec tif op ér at io nn el A ct io ns P ri or ité 1= fa ib le , 3= él ev ée P ér io de d e dé m ar ra ge B én éf ic ia ire s M es ur es c ib le s Pa rt en ai re pr in ci pa l de m is e en œ uv re P ar te na ire s de s ou tie n P ro gr am m es ex is ta nt C oû t e st im é ( e n m ill ie rs FC FA ) 15 16 17 18 19 5. 6. O rg an is er la pr om ot io n de la fil iè re . 5. 6. 1 In st itu tio nn al is er l’ or ga ni sa tio n du S al on in te rn at io na l du k ar ité d e O ua ga do ug ou ( S IK O ) to us le s de ux a ns . 2 X M em br es d e la T FK » U n sp on so r o ffi ci el es t i de nt ifi é. AP EX B F AP FN L, T FK 20 0 00 5. 6. 2. F ac ili te r l a pa rt ic ip at io n de s ac te ur s à la C on fé re nc e in te rn at io na le d u ka rit é de l’ Al lia nc e gl ob al e du k ar ité ( en le s ai da nt d an s le ur s dé m ar ch es a dm in is tr at iv es , e t e n id en tif ia nt d es p os si bi lit és d e su bv en tio n ) . 2 X M em br es d e la T FK » Le s co nv en tio ns d e pa rt en ar ia t a ve c le s ag en ce s de v oy ag e et le s or ga ni sa te ur s so nt é ta bl ie s. AP FN L, D G C , TF K 5 00 0 5. 6. 3. A cc ue ill ir la C on fé re nc e in te rn at io na le d u ka rit é de la G SA a u Bu rk in a Fa so e n 20 15 . 3 X M em br es d e la T FK » Le c om ité d’ or ga ni sa tio n es t in st itu é. TF K, D G C , AP FN L, IR SA T, D G C 25 0 00 5. 6. 4. F ac ili te r l a pa rt ic ip at io n de s ac te ur s au x fo ire s et m an ife st at io ns in te rn at io na le s ( e n le s in fo rm an t s ur le s év én em en tie ls , e n le s ai da nt d an s le s dé m ar ch es ad m in is tr at iv es , e t e n id en tif ia nt d es p os si bi lit és d e su bv en tio n ) . 2 X M em br es d e la T FK » Le s co nv en tio ns d e pa rt en ar ia t a ve c le s ag en ce s de v oy ag e et le s or ga ni sa te ur s so nt é ta bl ie s. TF K, A PF N L, D G C , C C I BF , M EB F 5 00 0 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 BURKINA FASO ANNEXES (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 99ANNEXE I : ANALYSE DES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE INFLUANT LA FILIÈRE KARITÉ ANNEXE I : ANALYSE DES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE INFLUANT LA FILIÈRE KARITÉ Les institutions d’appui au commerce1 ( IAC ) fournissant des services pour la filière karité peuvent être classées comme suit : � Institutions politiques ; � Institutions d’appui commercial ; � Associations ou organisations de services aux entre prises ; et � Institutions de la société civile. Les tableaux suivants présentent les principales IAC dont les prestations influencent la qualité du cadre de ges tion des acteurs de la filière karité au Burkina-Faso. Ces prestations sont évaluées sur la base de leur importance, leur niveau de réactivité, leurs ressources financières et humaines, et sont classées selon les critères « Faible – Moyen – Élevé ». Cette évaluation permet d’analyser, entre autre, la consis tance et l’efficacité des prestations de ces IAC auprès des acteurs de la filière. 1. L’analyse des institutions est basée sur les résultats des enquêtes et de la consultation avec les acteurs de la filière ( 24-28 février 2014 ). INSTITUTIONS POLITIQUES Elles représentent les principaux ministères et les autori tés compétentes chargées d’influencer ou de mettre en œuvre des politiques au niveau national. 100 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Nom de l’institution Département Fonctions / missions Niveau de coordination des IAC ( F-M-E ) Ressources humaines ( F-M-E ) Ressources financières ( F-M-E ) Niveau de communication et de sensibilisation ( F-M-E ) Ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat Direction générale du commerce ( DGC ) Elle est chargée de l’application de la politique du Ministère en matière de commerce, de prix et de concurrence. F M M M Commission nationale de la concurrence et de la consommation ( CNCC ) Elle veille à assoir une concurrence parfaite en vue de la protection du consommateur. F F F F Direction générale de la qualité et la métrologie ( DGQM ) Elle est en charge de la qualité et de la métrologie. Par le biais de l’Inspection de la qualité et de la métrologie ( INQM ), elle délivre les certificats de conformité. F F F F Direction générale de l’industrie ( DGI ) Elle est chargée de l’application de la politique du Ministère en matière industrielle et de la promotion des investissements. F F F F Projet d’appui à la mise en œuvre du Cadre intégré renforcé ( UNMO CIR ) C’est une structure de coordination et de planification des interventions de l’aide au commerce. Elle est la structure nationale du Cadre intégré renforcé ( CIR ). E M M M Ministère de l’Environnement et des Ressources Halieutiques Direction des études et de statistique ( DEP / MERH ) Elle a pour mission d’étudier, de suivre, et d’évaluer les projets et programmes du Ministère. M F F M Bureau national des évaluations environnementales ( BUNEE ) Il coordonne la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale en matière d’évaluation environnementale. M M F M Centre national de semences forestières ( CNSF ) Il a pour mission : » La production de semences de bonne qualité et d’en assurer la diffusion ; » La contribution à la vulgarisation des espèces forestières locales et à la maîtrise des conditions de conservation et de germination des semences ; » La contribution à la conservation de la diversité biologique par le développement de projets de conservation ( in situ et ex situ ). F M M F Direction générale des forêts et de la faune ( DGFF / MERH ) Elle a pour mission la conception et la coordination de la mise en œuvre de la politique nationale portant sur les forêts et la faune. Elle veille à l’application du statut paramilitaire auquel sont soumis les agents forestiers, et assure l’organisation du corps ainsi que les questions liées à son équipement. M M M M Secrétariat permanent du Conseil national pour l’environnement et le développement durable ( SP / CONED ) Ses missions : » Assurer le suivi de la mise en œuvre des engagements du Burkina Faso en matière d’environnement ; » Conduire l’élaboration du rapport régulier sur l’état de l’environnement ; » Élaborer les outils nécessaires à la coordination, et à l’harmonisation des politiques sectorielles dans le domaine de l’environnement ; » Assurer la collecte, la gestion, la circulation et la diffusion des informations relatives à l’environnement et au développement durable ; et » Veiller à leur mise à jour régulière. M M F M 101ANNEXE I : ANALYSE DES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE INFLUANT LA FILIÈRE KARITÉ Nom de l’institution Département Fonctions / missions Niveau de coordination des IAC ( F-M-E ) Ressources humaines ( F-M-E ) Ressources financières ( F-M-E ) Niveau de communication et de sensibilisation ( F-M-E ) Ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation Département des technologies alimentaires de l’Institut de recherche en sciences appliquées et technologiques ( DTA / IRSAT ) Le DTA / IRSAT a pour missions de contribuer à définir, élaborer et mettre en œuvre la politique nationale en matière de recherche et développement, et notamment d’élaborer et d’exécuter des programmes de recherche scientifique et technologique. M M M M Département de la production forestière de l’Institut national de l’environnement et de recherches agricoles ( DPF / INERA ) Le DPF / INERA assure la formulation, l’exécution et la coordination des recherches environnementales et agricoles au Burkina Faso. M E M M Ministère de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire Direction générale de la promotion de l’économie rurale ( DGPER ) La DGPER est chargée de la promotion de l’investissement dans le secteur agricole. M E E F Direction générale de la formation et de l’organisation du monde rural ( DGFOMR ) Elle a pour mission : » La mise en œuvre de la réforme agraire et foncière ; et » L’organisation et le renforcement des capacités des producteurs. F F F F Chambre nationale de l’agriculture ( CNA ) » Les missions de la CNA sont : » La représentation des acteurs du monde agricole ; » La formation et l’information des producteurs ; et » L’appui aux projets de développement agricole. M M F F Ministère de la Promotion de la femme et du genre Direction générale pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin ( DGPEF ) La mission de la DGPEF est de lutter contre la pauvreté des femmes, de promouvoir leur autonomisation économique et de favoriser l’accès équitable des hommes et des femmes aux ressources naturelles, aux équipements et aux ressources publiques. M M F E Ministère de l’Économie et des finances Direction générale de l’économie et de la planification ( DGEP ) La DGEP a pour mission la formulation des politiques de développement à court, moyen et long termes, et de leur traduction en plans et programmes. Elle coordonne et évalue les actions de développement mises en œuvre. M E E M Direction générale de la coopération ( DGCOOP ) La DGCOOP a pour mission d’assurer la gestion des relations de coopération économique, technique et financière avec les partenaires techniques et financiers et les organisations non gouvernementales ( ONG ). M E E M Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation Direction générale de l’aménagement du territoire, de la planification locale et régionale ( DGAT / PLR ) La DGAT / PLR a pour mission : » La coordination des travaux d’élaboration du schéma national, des schémas régionaux et provinciaux ; » L’appui à l’élaboration des autres instruments d’aménagement du territoire et de leur mise à jour régulière en coordination avec les autres départements ministériels ; » La formulation des politiques et stratégies d’aménagement du territoire et de promotion du développement économique des régions ; » La formulation, la mise en œuvre et le suivi de la vision prospective ; et » La formulation de la politique sectorielle en matière d’aménagement du territoire. F F F F 102 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 INSTITUTIONS D’APPUI COMMERCIAL Les institutions ou organismes ci-après fournissent une large gamme de services liés au commerce pour le gou vernement et les entreprises . Nom de l’institution Fonctions / missions Niveau de coordination des IAC ( F-M-E ) Ressources humaines ( F-M-E ) Ressources financières ( F-M-E ) Niveau de communication et de sensibilisation ( F-M-E ) Agence pour la promotion des exportations du Burkina Faso ( APEX BF ) Ses missions sont de : » Collecter, traiter et diffuser l’information économique et commerciale par tous les moyens appropriés au profit des professionnels du commerce extérieur et des autorités ; » Publier les tendances d’évolution nationale et sectorielle des exportations pour les produits et services du Burkina Faso ; » Promouvoir les produits et services burkinabés sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux ; » Réaliser des études marketing spécifiques sur le commerce extérieur et des prospections de marchés. M F F E Chambre de commerce et d’industrie ( Direction des services aux entreprises et de coopération – DSEC ) Elle a pour missions d’assister, d’orienter et de promouvoir le secteur privé par la mise à disposition de services spécifiques destinés à favoriser le développement des entreprises, à assurer la promotion des relations internationales et de coopération de l’institution. M M E E Table filière karité Ses fonctions principales sont de : » Consolider les acquis de la filière ; » Œuvrer au développement de la filière afin d’améliorer la rentabilité des entreprises de production, de transformation et de distribution, et ainsi de contribuer au développement économique et social du Burkina Faso ; et » Sauvegarder et améliorer le cycle de production de l’arbre à karité. M M F E Confédération paysanne du Faso ( CPF ) Ses mandats sont d’être un cadre d’échanges et de concertation, d’assurer la défense des intérêts matériels et moraux des organisations membres, et d’accompagner la professionnalisation des agriculteurs et des agricultrices. F F F F Agence de promotion des produits forestiers non ligneux ( APFNL ) L’APFNL est chargée, entre autres : » De l’appui à l’organisation des filières des PFNL ; » De la coordination, de l’appui à la mise en œuvre et du suivi des activités de collecte, de transformation et de commercialisation des PFNL, dans une perspective de durabilité de la ressource ; » Du renforcement des capacités techniques et opérationnelles des acteurs directs des PFNL. E E M E Fédération nationale des unions de groupements de gestion forestière ( FNUGGF ) Elle a pour mission la prévention et l’atténuation des impacts négatifs des principaux dangers qui menacent les aires protégées. F F F F Coordination nationale du Fonds commun pour les produits de base ( CN-CFC ) Elle a pour rôle de veiller à la mise en œuvre des projets financés par le Fonds commun, d’assurer leur suivi et d’en améliorer la performance. F F F F Maison de l’entreprise du Burkina Faso ( MEBF ) La MEBF est investie des missions suivantes : » La mise en place et l’animation d’un dispositif d’accueil, d’écoute et d’orientation vers les programmes d’appui au secteur privé ; » L’exécution de programmes d’appui au secteur privé ; et » Le rôle d’interface avec les administrations, les institutions d’appui au secteur privé et les prestataires de services, en matière d’information économique, de conseils, de formation et de formalités administratives, etc. M E M M Chambre des métiers et de l’artisanat du Burkina Faso ( CMA BF ) Elle est chargée de la promotion et du développement de l’artisanat au Burkina Faso, par l’organisation et la modernisation du secteur et des métiers de l’artisanat, à travers l’apprentissage et la formation professionnelle. F F F F 103ANNEXE I : ANALYSE DES INSTITUTIONS D’APPUI AU COMMERCE INFLUANT LA FILIÈRE KARITÉ ASSOCIATIONS OU ORGANISATIONS DE SERVICES AUX ENTREPRISES Ce sont les associations ou les principaux représentants des fournisseurs de services commerciaux Nom de l’institution Fonctions / missions Niveau de coordination des IAC ( F-M-E ) Ressources humaines ( F-M-E ) Ressources financières ( F-M-E ) Niveau de communication et de sensibilisation ( F-M-E ) Direction générale du transport terrestre et maritime ( DGTTM ) Elle organise, coordonne, anime et contrôle toutes les activités de transport, et engage les réflexions nécessaires au développement du secteur des transports terrestres, maritimes et fluviaux. F M M F Association des professionnels des banques et établissements financiers ( APBEF ) Elle a pour mission de : » Créer et entretenir des rapports utiles et réguliers entre les membres ; » Veiller au respect des règles ; » Fournir des informations utiles aux banques ; et » Servir d’intermédiaire entre les banques et l’État. M M E M Secrétariat permanent pour la promotion de la microfinance ( SP / PMF ) Le SP / PMF est chargé de la promotion et du développement de la microfinance au Burkina Faso. F M M F Agence burkinabé de normalisation, de métrologie et de la qualité ( ABNORM ) Fusion de l’ex Inspection de la qualité et de la métrologie ( INQM ) et d’AB-Norme. M M M M Centre de formalités des entreprises ( CEFORE ) La mission du CEFORE est d’accompagner la création d’entreprise, de faciliter et simplifier les démarches du promoteur auprès des différentes administrations. F M M F Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation de Ouagadougou ( CAMCO ) Sa mission est d’offrir aux acteurs du monde des affaires des modes alternatifs de règlement des litiges. F M M F Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage ( FAFPA ) Le FAFPA a pour mission de : » Mettre en œuvre la politique gouvernementale en matière de formation professionnelle et d’apprentissage, à travers la mise en place d’un mécanisme et d’un ensemble d’actions et de soutiens adaptés, pour assurer la compétitivité et le développement économique du Burkina Faso ; » Identifier les besoins en matière de formation professionnelle ; » Appuyer l’élaboration de plans de formation et leur mise en œuvre ; et » Appuyer la modernisation des équipements des centres de formation. M E E F Fédération des industries agroalimentaire du Burkina ( FIAB ) La FIAB a pour mission de : » Renforcer les ressources humaines et compléter les compétences de ses membres ; » Promouvoir des produits sains et de qualité, et à terme créer des normes et des labels de qualité ; et » Rechercher la complémentarité et développer les partenariats et échanges nationaux, régionaux et internationaux. F F F M Fédération des caisses populaires du Burkina Faso ( FCPBF ) Elle a pour mission la collecte de l’épargne et l’octroi de micro crédits à ses membres. F E E M (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 105ANNEXE II : COMPOSANTS BIOACTIFS DU BEURRE DE KARITÉ ANNEXE II : COMPOSANTS BIOACTIFS DU BEURRE DE KARITÉ Composants bioactifs du beurre de karité Nom INCI : Butyrospermum parkii ( Vitellaria paradoxa ) Groupe chimique Composants chimiques Propriétés et quantités Utilisations courantes et potentielles Huiles et matières grasses végétales naturelles • Acides gras et leurs triglycérides • Stéarique ( S ), Oléique ( O ), Linoléique ( L ), Palmitique ( P ), etc. • Profil typique du triglycéride d’Afrique de l’Ouest ( % ) : SOS ( 45 ) SOO ( 25 ) OOO ( 10 ) POS ( 6 ) SLO ( 5 ) • Points de fusion variés ( 25 43 o C ) • Plus dur en Afrique de l’Ouest • Plus mou en Afrique de l’Est • Triglycérides >80% du total des lipides • Industries cosmétiques et alimentaires ( confiserie ) • Traitement de la peau ( émollients et humectant ) • Traitement des cheveux • Agents d’augmentation de la viscosité non aqueuse. ( Rouges à lèvres, produits pour le bain, savons, produits nettoyants, maquillage pour les yeux, lotions, crèmes et produits solaires. ) Alcools triterpènes Butyrospermol, lupéol, -et -amyrine • Anti-inflammatoire et activité antiarthritique • Inhibition des protéases • Les esters cinnamiques absorbent les UV • Protection solaire de facteur 2-4 • Contenu insaponifiable typique 5-15% • Insaponifiables composés essentiellement de triterpènes • Cosmétiques, nutriceutiques et pharmaceutiques • Soins et traitements de la peau • Formulations bronzantes Vitamine E α- β- γ- et δ- tocophérols • Antioxydant naturel liposoluble • ~ 200 mg / kg de beurre de karité ( valeur moyenne ) • Nutriceutiques • Stabilise les formulations et le beurre de karité non raffiné (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 106 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Composants bioactifs du beurre de karité Nom INCI : Butyrospermum parkii ( Vitellaria paradoxa ) Groupe chimique Composants chimiques Propriétés et quantités Utilisations courantes et potentielles Phytostérols α-spinastérol, Δ-7-stigmastérol, β-sitostérol • Supposé avoir des propriétés de réduction du cholestérol et du cancer • < 1% du total des lipides • Nutriceutiques et pharmaceutiques Catéchines Acide gallique, catéchine, épicatéchine, etc. • Polyphénols antioxydants naturels • Forment environ 0,4% de l’amande séchée de karité • Stabilise les formulations et le beurre de karité non raffiné • Nutriceutiques LE BEURRE DE KARITÉ EST UN PRODUIT PARFAIT POUR LA COSMÉTIQUE NATURELLE • Il ne contient pas de conservateurs artificiels, de colorants artificiels, de pigments ou de produits chimiques synthétiques ; • Le beurre de karité ne provient pas d’animaux, et n’est pas testé sur eux ; • Il ne contient aucun composé issu du pétrole ou de ses dérivés ; • Il est certifié bio et commerce équitable ; • Le processus de transformation traditionnel n’utilise pas de solvants non organiques ; et • La Food and Drug Administration ( FDA - Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux ) considère le beurre de karité comme comestible, « reconnu de manière générale comme sûr ». 107ANNEXE III : COMPARAISON DE L’HUILE DE PALME ENTIÈRE RAFFINÉE ET DU BEURRE DE KARITÉ ENTIER RAFFINÉ ANNEXE III : COMPARAISON DE L’HUILE DE PALME ENTIÈRE RAFFINÉE ET DU BEURRE DE KARITÉ ENTIER RAFFINÉ Description Mesure Huile de palme Beurre de karité Teneur en humidité % du poids 0,1 max sous emballage 0,1 max sous emballage Densité relative g / cc / H2O @ 20oC 0,87 – 0,92 0,89 – 0,94 Indice de saponification mg KOH / g huile 190 – 206 170 – 195 Point de fusion oC 33 – 42 34 – 42 Indice d’iode g I2 / 100g 45 – 60 50 – 70 Insaponifiables g / kg huile comme % 2 5 – 7 Indice de peroxyde mEq KOH / kg huile 2,0 max sous emballage 1,0 max sous emballage Acides gras libres % comme C18:1 0,2 max sous emballage 0,1 max sous emballage Goût Panel de spécialistes Fade, sans arrière-goût rance Fade, sans arrière-goût rance Odeur Panel de spécialistes Fade, sans autres notes Fade – légèrement cacaotée Couleur ( 5 ¼” Lovibond ) 30 – 50 Y / 3 – 4.5 R 4 – 7 Y / 0.5 – 1 R (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 108 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Profil acide gras Notation Composition ( % ) Composition ( % ) Laurique C 12:0 Traces 0 Myristique C 14:0 0,7 – 2,0 0 Palmitique C 16:0 40 – 49 3 – 4 Palmitoléique C 16:1 0 – 0,5 0 Stéarique C 18:0 3 – 9 40 – 45 Oléique C 18:1 34 – 44 44 – 47 Linoléique C 18:2 7 – 12 5,5 – 6,5 Linolénique C 18:3 0 – 1 0,1 – 0,3 Arachidique C 20:0 0 – 1 1,3 – 1,5 Gadoléique C 20:1 0 – 1 0,3 – 0,4 Behénique C 22:0 0 – 1 0,1 – 0,2 Érucique C 22:1 0 0 Lignocérique C 24:0 0 0 – 0,3 109ANNEXE IV : PRINCIPALES ENTREPRISES DE TRAITEMENT ET RAFFINERIES À GRANDE ÉCHELLE ANNEXE IV : PRINCIPALES ENTREPRISES DE TRAITEMENT ET RAFFINERIES À GRANDE ÉCHELLE Société Site Web Description tirée du site Internet AAK http: / / www.aak.com / C’est la plus grosse société de traitement du karité, avec une intégration verticale le long de toute la chaîne d’approvisionnement, depuis l’approvisionnement d’amandes de karité, la consolidation, l’exportation, l’extraction, le fractionnement jusqu’à la formulation en ingrédients comestibles / cosmétiques, et revente. Elle est basée en Europe avec de larges réseaux de distribution mondiaux établis aux États-Unis, en Chine, en Amérique du Sud, etc. Elle est à l’origine de la Table ronde pour la durabilité de l’huile de palme ( RSPO ) et un membre fondateur de GSA. Loders Croklaan http: / / europe.croklaan.com / Deuxième société en taille pour le traitement du karité, avec une intégration verticale le long de toute la chaîne d’approvisionnement, Loders Croklaan est une filiale d’IOI Corporation Bhd, en Malaisie, et son siège est à Wormerveer aux Pays-Bas. Les installations de transformation de base sont situées aux Pays-Bas, en Malaisie et aux États-Unis. Elle est un membre fondateur de GSA et siège à son Conseil d’administration. Fuji Oil / International Oils and Fats http: / / www.fujioileurope.com / http: / / www.iofltd.com / Initialement fondée comme Ghananuts Ldt. – un partenariat germano ghanéen pour traiter les arachides, le soja, le coton, le karité, etc. – il est admis que les ghanéens ont formé une joint-venture avec Fuji Oils et se sont étendus au Burkina Faso. Appartenant en grande partie à Itochu ( grande société commerciale japonaise ), Fuji est une des principales parties prenantes du marché des matières grasses spéciales, et est à présent fortement impliquée dans IOF pour faire remonter la stéarine le long de la chaîne d’approvisionnement. 110 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 Société Site Web Description tirée du site Internet 3F Afrique http: / / www.fff.co.in / ghana. htm Cette entreprise est impliquée dans la culture, la manufacture d’huile alimentaire et de produits dérivés ( shortenings boulangers et margarine, matières grasses spéciales ), le commerce des marchandises, de vêtements, d’énergies, etc. Elle s’est révélée être le plus gros fabricant de matières grasses boulangères et de margarine en Inde, et un « leader mondial dans les technologies de matières grasses spéciales ». Ghana Speciality Fats http: / / www.wilmar international.com / specialty fats-overview / Première entreprise à construire une usine de fractionnement en Afrique, elle est aussi la plus grosse entreprise de traitement et de commercialisation d’huile de palme et d’huile laurique, une des plus grosse plantation en Indonésie / Malaisie, le plus gros fabricant au monde de biodiesel à base de palme, une des principales entreprises en Chine de production d’huile alimentaire, de concassage d’oléagineux, de raffinerie d’huile alimentaire, et de matières grasses spéciales, le plus gros importateur d’huile alimentaire en Afrique de l’Est, et un des plus gros importateurs d’huile alimentaire en Afrique australe. Elle maintient des liens étroits avec ADM : http: / / www.olenex.com / Fludor http: / / www.fludorbenin.com / FLUDOR BENIN SA est une société anonyme ayant pour promoteur le Groupe TGI, créée dans le but d’étendre les intérêts du groupe en Afrique francophone, en particulier dans l’industrie agro-alimentaire et le négoce de produits tropicaux. La société a démarré la production commerciale de son huile et de ses tourteaux à base de graines de coton en mai 2000. L’usine a la capacité de moudre plusieurs centaines de tonnes de graines de coton, de soja, de noix de palme, de karité, et de tournesol. Son usine d’extraction est équipée d’un système au solvant fourni par De Smet Belgique. Nioto http: / / www.nioto-togo.com / C’est une société anonyme de droit togolais, fondée en 1987. Elle fait partie de la holding française GEOCOTON ( ex DAGRIS acquis le 28 mars 2008 ), dont le principal actionnaire est le groupe ADVENS SA, et fabrique à partir de matériau brut local des huiles alimentaires répondant aux normes internationales. Ses activités incluent : le concassage de graines de coton ( activité initiale ) pour le marché local ou l’exportation de produits bruts ou finis ( huile raffinée, coques et tourteaux ), pour la consommation humaine et animale ; le concassage de graines de soja pour la fabrication d’huile de cuisine et de farine de soja pour la nourriture animalière ; le concassage d’amandes de karité pour l’export ; le raffinage d’oléine de palme. Elle effectue aussi du concassage d’arachides et de karité sur demande. Elle produit et commercialise, notamment sur le marché international, du beurre brut lavé ou du beurre neutre. Elle transforme des amandes de karité pour Loders Croklaan, faisant d’elle la principale unité de concassage en Afrique de l’Ouest. Olam http: / / olamonline.com / C’est une entreprise agroalimentaire majeure opérant de la graine au produit fini dans 65 pays, fournissant aliments et matériaux industriels bruts à plus de 13 600 clients à travers le monde. 23 000 employés sont répartis dans de nombreuses unités traitant du cacao, du café, des noix de cajou, du riz et du coton. En 2011, Olam a racheté Britannia Foods Ltd., un des principaux producteurs de CBA et fournisseur du secteur du chocolat. Olam est engagé dans le commerce durable. Intercontinental Specialty Fats www.nisshin-oillio.com http: / / www.isfsb.com / home. html Nisshin Oillio est une société commerciale japonaise majeure à qui appartient Intercontinental Specialty Fats ( une des principales parties prenantes sur le marché des matières grasses spéciales ). Elle ne constitue pas un des plus gros acheteurs de karité mais a consacré quelques années à explorer ce type d’achat. 111ANNEXE IV : PRINCIPALES ENTREPRISES DE TRAITEMENT ET RAFFINERIES À GRANDE ÉCHELLE Société Site Web Description tirée du site Internet Olvea http: / / www.olvea.com / Avec 85 années d’expérience et de savoir-faire dans l’industrie des acides gras, le Groupe OLVEA est un des principaux fournisseurs mondiaux d’huile végétale et de poisson. Olvea est engagé dans le développement d’une chaîne d’approvisionnement de beurre de karité au Burkina Faso. Berg + Schmidt http: / / www.berg-schmidt. de / en / Cosmetic / News / b13 shea butter.php Berg + Schmidt travaille exclusivement avec Shebu Industries Ltd. dans la région culturale centrale du Ghana pour s’approvisionner en karité. Shebu Industries Ltd s’est engagée à garantir que les personnes qui travaillent en son sein peuvent en retirer des moyens de subsistance durables pour eux-mêmes. « Parce que du beurre de karité produit et commercialisé de manière équitable n’est aujourd’hui disponible qu’en quantités limitées et de la part de quelques fournisseurs seulement, nous avons cherché et obtenus la certification du Programme de l’IMO « Équitable pour la vie – le commerce social et équitable ». Zor http: / / www.zor.nl / about.html Faisant partie du Groupe Cargill, « Zaanlandse Olieraffinaderij » est le premier raffineur sur demande d’Europe, avec plus de 80 années d’expérience dans l’application de différentes étapes de transformation d’huile alimentaire à un large éventail d’huiles spéciales différentes et de lipides organiques. C’est une entreprise agroalimentaire majeure qui a des intérêts et des engagements dans l’utilisation du karité comme matière grasse spéciale en Europe et en Asie. Elle n’est pas pour le moment un grand acheteur de karité comme matériau brut, mais est impliquée dans l’approvisionnement de beurre depuis l’Afrique de l’Ouest, traitant sur demande, et pouvant fournir à ses clients de petites quantités de matières grasses ( cosmétiques ) et de beurre pris sur ses propres stocks. SRC http: / / www.refinery.nl / La Special Refining Company ( SRC ) s’est spécialisée depuis 1996 dans le raffinage de plusieurs types d’huiles et de graisses végétales pour l’industrie alimentaire. Elle dispose d’une unité de raffinage complète et indépendante à Zaandam, près d’Amsterdam. La SRC raffine sur demande pour les industries alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques. MaasRefinery http: / / www.maasrefinery.eu / MaasRefinery BV est une entreprise jeune et en développement axée sur la transformation d’huile et de graisse végétale pour l’industrie alimentaire, fournissant des huiles et des matières grasses conventionnelles et biologiques. Elle dispose d’une raffinerie entièrement automatisée avec une capacité de raffinage journalière de 150 tonnes d’huile végétale. Le raffinage se fait par javellisation et désodorisation, éventuellement par déparaffinage, wintérisation et / ou démucilagination. Walter Rau http: / / www.walterrauag.com / Walter Rau Neusser Öl & Fett AG est une entreprise centenaire, qui utilise les traitements les plus récents et, en accord avec le système intégré QM, transforme les matériaux végétaux bruts sélectionnés en huiles et matières grasses fonctionnelles de très haute qualité. Elle est aussi le partenaire de CREMER, impliqué au niveau mondial dans les matériaux bruts comme les céréales et les huiles oléagineuses. (cc BY-NC-ND 2.0), Sinsibere@flickr.com 113ANNEXE V : INFORMATIONS SUR LES CBE, LES AGENTS ACTIFS DU KARITÉ, ET AUTRES INFORMATIONS PERTINENTES POUR LA FILIÈRE KARITÉ ANNEXE V : INFORMATIONS SUR LES CBE, LES AGENTS ACTIFS DU KARITÉ, ET AUTRES INFORMATIONS PERTINENTES POUR LA FILIÈRE KARITÉ composition dE l’équivalEnt au bEurrE dE cacao ( cbE ) Le beurre de cacao est composé principalement de trois triglycérides – POP, POSt, StOSt. De nom breuses propriétés du beurre de cacao – la dureté, le point de fusion, le polymorphisme – sont le résultat de cette structure chimique relativement simple. Pour maintenir la miscibilité et la compati bilité avec le beurre de cacao ( comme l’exige la Directive de l’UE* ), il est nécessaire d’utiliser des matières grasses végétales contenant un niveau comparable et élevé de ces triglycérides. Cela im plique que ( a ) ces triglycérides doivent souvent être concentrés en fractionnant les huiles de bases autorisées, et ( b ) la matière grasse résultante doit être homogénéisée afin d’obtenir un mélange optimal de ces trois triglycérides. Les trois triglycérides principaux ont chacun un point de fusion différent, allant de 35,2°C à 38,3°C pour les POP, de 41,7°C à 43,5°C pour les StOSt ( 2 ). Ceci im plique que plus il y a de StOSt dans un mélange CBE, plus le point de fusion est élevé. De plus, le niveau de matière grasse solide présente entre la température ambiante et la température de fusion augmente à un tel degré que le volume de matière grasse solide et le point de fusion sont plus éle vés que ceux du beurre de cacao. De tels produits sont connus comme des améliorant de beurre de cacao ( CBI ). Le point de fusion le plus élevé parmi les matières grasses végétales les plus uti lisées dans les CBE et les CBI, selon la Directive de l’UE, est la stéarine du karité. Parce qu’elle fu sionne à quelques degrés de plus que le beurre de cacao, la stéarine du karité peut être utilisée pour initier la cristallisation du beurre de cacao. Source: Talbot G., Slager H., Cocoa butter equivalents and improvers. Their use in chocolate and chocolate-coated confectionery. Focus on Chocolate supplement to AgroFOOD industry hi-tech, 2008, 19 ( 3 ): 28-29. * Journal official de l’Union européenne (2000) Directive 2000/36/EC du parlement européen et du conseil du 23 juin 2000 relative aux produits de cacao et de chocolat destinés à l'alimentation humaine. 114 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 lE mondE du chocolat L’Europe occidentale demeure le plus gros marché de chocolat au monde, mais la faible crois sance suggère une saturation. La santé est devenue un élément majeur dans le lancement d’un produit : en 2011, 10% des produits ont été présentés comme végétariens, 7% comme produits sans additifs, et 7% comme bio. Selon l’Organisation internationale du cacao, les États-Unis mangent, en volume, plus de choco lat que n’importe quel autre pays. Les consommateurs exigent de la valeur – et des goûts surpre nants, tel que bacon ou wasabi. La santé importe mais n’est pas encore devenue un enjeu majeur. Le large marché hispanique en est la clef. Le gouvernement britannique fait pression sur les fabricants pour s’attaquer à l’obésité, alors que seuls 12% des consommateurs pensent que la matière grasse contenue dans le chocolat peut être un facteur important. Le contrôle des portions est un impératif, avec des barres plus petites et des paquets « à partager », introduits afin d’inverser la courbe des excès alimentaires. Au Mexique, 52% de la population a moins de 20 ans : un gigantesque marché pour les sucreries et le chocolat. Autour de 80 à 90% des produits en chocolat sont destinés aux enfants. Ceci offre des opportunités de fidélisation avec les marques préférées des enfants, mais le niveau croissant d’obésité pourrait entrainer une réglementation. Pâques est une grosse affaire au Brésil, avec 100 millions d’œufs de Pâques consommés chaque année – tendance qui va sans doute encore augmenter. Mais l’obésité des enfants présente un frein à la croissance. Avec plus de 35% des enfants en surpoids, les lancements de produits qui leurs sont destinés ont été diminués de 62%. La Russie est l’une des économies émergentes les plus prometteuses pour les chocolatiers. Le marché vaut plus de $ E.-U. 8 milliards et doit encore augmenter de 45% jusqu’en 2016. Tandis que les consommateurs montent le long de la chaîne de valeur, les fabricants artisans commencent à prendre leur part du gâteau. Avec $ E.-U. 11,4 milliards, le Japon est le plus grand marché asiatique. Les entreprises artisanales locales sont florissantes, mais les étrangers peinent à prendre pied. La marque Kit-Kat de Nestlé est l’exception, attirant les consommateurs avec 200 goûts inattendus et des éditions spéciales. L’Inde a toujours compté nombre d’amateurs de sucrerie, et le chocolat est en passe de devenir leur gâterie favorite, avec une croissance annuelle du marché de 15%. Cadbury’s contrôle à présent 70% du marché, introduisant des produits innovants qui peuvent résister à d’extrêmes températures. Une intolérance au lactose largement répandue en Chine a contribué à un lent démarrage, mais les ventes de chocolat ont augmenté de 40% depuis 2009. Lindt indique dans son rapport annuel que ses ventes ont augmenté de 30% par an. Les produits de première qualité sont populaires, avec plus de la moitié des ventes réalisées destinées à être offert en cadeau. Le marché du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord devrait atteindre $ E.-U. 5,8 milliards en 2016, 61% de plus qu’au jourd’hui. Presque toutes les régions d’Afrique connaissent une croissance : l’Afrique du Sud est le plus gros marché, mais la confiserie reste encore plus populaire de 22% par rapport au chocolat, selon le Leatherhead Food Research. Source : https: / / www.kpmg.com / UK / en / IssuesAndInsights / ArticlesPublications / Documents / PDF / Market %20Sector / Retail and Consumer Goods / chocolate-of-tomorrow.pdf ( en anglais ) Plusieurs études ont démontré que la stéarine en diète est meilleure pour la santé que d’autres acides gras sa turés, puisqu’elle tend à être moins incorporée aux esters de cholestérol, et a été associée au cholestérol à lipo protéines de basse densité ( LDL ) bien plus que d’autres acides gras saturés ( DGAC, 20102 ). 2. http: / / www.cnpp.usda.gov / dgas2010-dgacreport.htm ( en anglais ) 115ANNEXE V : INFORMATIONS SUR LES CBE, LES AGENTS ACTIFS DU KARITÉ, ET AUTRES INFORMATIONS PERTINENTES POUR LA FILIÈRE KARITÉ Extraits dE divErsEs publications sur lEs agEnts bioactifs du karité « ( … ) Les activités biologiques des acétates triterpènes et des esters cinnamiques, associés avec les taux exceptionnellement hauts de ces triterpènes dans la matière grasse du karité, indiquent ( … ) une source significative de composés anti-inflammatoires et anti-tumeurs. »*1 « La forte concentration d’esters triterpènes efficaces et sûrs font du Lipex Shea Tris un ingrédient bioactif approprié pour les applications de soin et anti-âges. ( … ) Le nouvel extrait enrichi de karité est parfaitement soluble dans l’huile végétale et les émollients à base d’esters au taux recomman dé de 0,1 à 0,5%. Avec ce faible taux d’incorporation, il est facile de formuler des produits légers et élégants pour le soin facial, le soin des yeux et les lotions corporelles. Il est aussi parfaitement compatible avec les ingrédients utilisés dans les cosmétiques de couleur et peut donc être ajouté comme ingrédient bioactif dans les rouges à lèvres et les formules de baumes à lèvres. »*2 « Parmi les premières applications cosmétiques du beurre de karité figuraient les crèmes et lotions solaires, car les capacités d’absorption des UV des esters acides cinnamiques des alcools triter pènes agissaient de manière synergique avec les crèmes solaires. Cependant, la capacité réelle d’absorption des UV du beurre de karité est trop faible pour cette utilisation, et même l’utilisation de grandes quantités de beurre de karité dans une formule n’altère pas le facteur de protection so laire ( FPS ) de manière significative. Une fraction de beurre de karité liquide doublement fraction né avec environ 20% d’esters triterpènes a un FPS de 3-4, ce qui est d’une magnitude trop faible pour avoir de réels effets dans une formule de concentration raisonnable. »*3 « Ces résultats indiquent que pour les patients ayant les plus hauts niveaux de biomarqueurs os téoarthritiques, SheaFlex70TM ( www.powerofshea.com – en anglais ) fait preuve de multiples acti vités bénéfiques consistantes avec le ralentissement du processus de la maladie. » *4 « Bien qu’accompagné d’un avertissement à sa toxicité, Maranz ( 2011 )*5 suggère que les amandes de karité – qui contiennent de forts taux de composés de catéchine / flavanol – contiennent des pro priétés anti-malaria et d’autres propriétés bénéfiques, suite à son observation : « L’épicatéchine et autres flavonoïdes présent dans le cacao ont montré qu’ils interagissaient avec les cellules endo théliales qui constituent les parois des vaisseaux sanguins des mammifères, en déclenchant l’aug mentation des niveaux d’oxyde nitrique, en occupant les récepteurs endothéliales ICAM-1 et CD36, en liant dans un sérum les lipides libres et les ICAM-1 solubles, et en abaissant significativement la charge parasitaire de la malaria des rongeurs ». *1. Akihisa T., Kojima N., Kikuchi T., Yasukawa K., Tokuda H., Masters E., Manosroi A., Manosroi J., Anti-inflammatory and che mopreventive effects of triterpene cinnamates and acetates from shea fat. Journal of Oleo Science, 2010, 59(6): 273-80. *2. http://www.aak.com/Global/Lfc/Artikel%20Triterpene%20ester%20June%202011.pdf; (en anglais) http://www.aak.com/Global/Lfc/lipex shea tris dec10.pdf (en anglais) *3. Alander J., Shea Butter – a Multifunctional Ingredient for Food and Cosmetics. Lipid Technology, 2004, 16 (9): 202-216. *4. Cheras, P. A., Myers S. P., Paul-Brent P.-A., Outerbridge K. H., Nielsen G. V. L., Randomized double-blind placebo-controlled trial on the potential modes of action of sheaflex70™ in osteoarthritis. Phytotherapy Research, 2010, 24: 1126–1131. *5. Maranz S, Beyond SOS: The potential of overlooked shea compounds, 2011. Présenté lors de la conférence « Karité 2011 : Solutions durables », à Accra, au Ghana, les 6 et 7 avril 2011. 116 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 invisibilité Et substituabilité du karité sur lE marché mondial Malgré la demande croissante de karité – que ce soit sous forme de beurre complet, de stéarine ou d’oléine fractionnée, d’agents bioactifs concentrés ou de tout autre dérivé du beurre – il demeure malheureusement en core un ingrédient presque totalement remplaçable sur tous les marchés. Comparés à l’industrie mondiale de l’huile végétale, ses volumes commerciaux restent faibles, il reste invisible pour la plupart des consommateurs, et se vend la plupart du temps comme ingrédient dans certaines niches du marché. La production annuelle to tale des 17 huiles et graisses végétales les plus courantes devrait atteindre 193,8 millions de tonnes en 2014*6,7 avec plus des trois quarts de ce total provenant de seulement quatre espèces – palme, canola ( colza ), soja et tournesol – ce qui laisse une faible proportion de karité utilisé dans le monde. Il faut aussi se souvenir qu’environ 20% ( un cinquième ) de la production globale d’huile végétale est consom mée en tant qu’utilisation finale non alimentaire, allant des carburant bio à la production de produits chimiques verts pour quelques-uns des produits cités ci-avant. Les marchés occidentaux modernes peuvent se révéler surprenant, et lorsqu’ils explorent de nouvelles voies, pas une opportunité ne devrait être laissée de côté. Il se pourrait bien que les sous-produits fournissent les prochaines opportunités viables du marché. Par exemple, l’hydrogénation d’oléine de karité pour les productions non alimentaires de cire de bougie durable, pourrait-elle être la prochaine grosse opportunité pour le karité ? Par ailleurs, il existe un « paradoxe du paradoxa »*8 : 90% des publicités et de la connaissance des consom mateurs concernent le beurre de karité artisanal fait à la main ( HSBC ), alors que c’est une faible proportion de toutes les exportations de karité depuis l’Afrique. Même si on y incluait le beurre de karité produit de manière industrielle – qu’il soit raffiné, fractionné, comme agents bioactifs concentrés ou dérivés – la consommation to tale de karité dans le secteur des soins personnels reste estimé à moins de 10 à 15% du total des exportations. En réalité, plus de 85 à 90% de la consommation de karité est probablement totalement invisible pour la plu part des consommateurs internationaux, dans la mesure où la principale demande pour le karité se trouve en fait dans le secteur alimentaire comme indiqué plus haut. Le beurre de karité extrait de manière industrielle puis fractionné permet de produire la stéarine de karité, qui est à son tour utilisée comme ingrédient mineur dans la formulation de matières grasses spéciales en alternative au beurre de cacao ( CBA ) – ou équivalent ( CBE ) ou améliorants ( CBI ) – et se retrouve dans les glaces, ou dans l’industrie pâtissière comme agent de démoulage ou pour séparer les couches des produits feuilletés. L’oléine de karité est également utilisée dans les cosmétiques, ou bien émulsifiée et utilisée dans la production de margarine. D’autres sous-produits incluent les agents bioactifs concentrés ( très recherchés en cosmétiques et nuticeutiques ). Les acides gras libres récupérés lors des processus de raffinage sont souvent utilisés dans la production de savon, tandis que les résidus dégraissés sont utilisés comme aliments pour animaux, comme biocarburant ou comme paillis biologiques agricoles. Tout cela est invisible pour le consommateur moderne. Certains critiquent justement la visibilité du karité sur les étiquettes qui n’est souvent pas en lien avec le vo lume incorporé ( la plupart du temps moins de 1% ). C’est ce voile invisible que le karité traîne, qui a fortement motivé la création récente d’une alliance industrielle – The Global Shea Alliance ( GSA ). Une étude d’évaluation des besoins du GSA a récemment montré que ses membres actuels veulent stimuler la promotion de l’utilisa tion du karité, par le développement de labels ou de marques, avec la mise en avant de la transparence et de la viabilité de l’approvisionnement du karité, et encourager à l’utiliser en grandes quantités comme ingrédient. Ces deux dernières années, des développements intéressants ont eu lieu, qui pourraient inverser la situation actuelle d’invisibilité. Le 25 octobre 2011, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne a approu vé une nouvelle réglementation qui inclut le ré-étiquetage des huiles et matières grasses végétales sur les pro duits alimentaires*9 – un texte de compromis qui vise à garantir que les étiquettes alimentaires affichent les informations de manière claire et lisibles. De fait, à compter du 13 décembre 2014, tous les produits contenant du karité devront être étiquetés en conséquence, au lieu de mentionner seulement « matière grasse végétale » ou « beurre autre que le cacao ». *6. http://www.bloomberg.com/news/2013-06-25/world-cooking-oil-production-seen-exceeding-demand-by-oil-world.html (en anglais) *7. http://www.oilworld.biz/ (en anglais) *8. Bello-Bravo J., Lovett P.N., Pittendrigh B.R., Shea butter production as an income generating activity for women in rural Africa: Solving the Paradox of paradoxa, soumis en 2013 à Agrarian South. *9. Règlement (UE) No 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. 117ANNEXE VI : LISTE DES PARTICIPANTS À L’ATELIER D’ÉLABORATION ANNEXE VI : LISTE DES PARTICIPANTS À L’ATELIER D’ÉLABORATION N° NOM ET PRÉNOM STRUCTURE 1 . BAKOUAN Boukary UNMO-CIR 2 . BANSE Mambila DGC/MICA (Ouagadougou) 3 . BARRY Ousmane Omar DGI/MICA 4. BLANCHARD Claire Savonnerie YAMLENDE (Ouahigouya) 5. BOUGOUMA Florent APFNL 6 . COMPAORE Judith DGC/ MICA 7. DABIRE Celina FADEFSO 8 . DABONE Issiaka DGESS MICA 9 . DIALLA/TRAORE Oumou Société ADI SARL 10 . DIALLO Hassane APEX-BF 11 . DJIGUEMDE Jules UNMO-CIR 12 . FAO/ZONGO Abzèta UNMO-CIR 13 . GARANE Malick SOS Sahel 14. GUEBRE Serge OLVEA-BF (Bobo-Dioulasso) 15. GUIRA Souleymane SUCOTROP IMPEX 16 . GUIRO Élise Consultante chargée suivi OCCITANE 17. HIEN Magloire Secrétariat Permanent/Table Filière Karité 18 . KABORE Benéwindé Interprète 19 . KABORE Didier MERH/ (Ouagadougou) 20 . KABORE Poufga CCI-BF 21 . KABORE W. Pauline AfAUDEB Fada N'Gourma 22 . KAFANDO/MINOUNGOU Angèle CN-CFC/MICA 23 . KONATE Moumouni Table filière karité (/Bobo-Dioulasso) 24. KONE Hamza HamCo/ (Bobo-Dioulasso) 25. KY Gérard MEBF/PCESA 118 STRATÉGIE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DE LA FILIÈRE KARITÉ DU BURKINA FASO 2015-2019 N° NOM ET PRÉNOM STRUCTURE 26 . LOMPO/YAMEOGO Alice APEX-BF 27. MAIGA Aboubacar Idrissa Direction des Guichets Uniques 28 . MANDE/NIAMPA Lizeta Savonnerie YAMLENDE (Ouahigouya) 29 . NAON/ZOUNGRANA Françoise UNAPROKA (Koudougou) 30 . NIANGAO K Aschlet Fédération NUNUNA (Léo) 31 . NIKIEMA Assetou UPROKA-BF 32 . NOMBO Ibrahima MEF (Ouagadougou) 33 . NONGUIERMA P. Magloire UGK (/Koudougou) 34. OUARME Madi ABNORM/MICA 35. OUATTARA Amidou Fondation SEMAFO (Ouagadougou) 36 . OUATTARA Isaac MPFG (Ouagadougou) 37. OUATTARA Sériba UNMO-CIR 38 . OUATTARA Soma DCPM/MICA 39 . OUEDRAOGO Antoinette 1re Vice-Présidente TFK (Fada) 40. OUEDRAOGO Bibata DGCOOP (Ouagadougou) 41. OUEDRAOGO BRAHIMA MIDT/DGTTM 42. OUEDRAOGO Denise Association Zems-Taaba (Koudougou) 43. OUEDRAOGO Dramane Interprète 44. OUEDRAOGO Henriette Association Ragussi (Tanghin Dassouri) 45. OUEDRAOGO Libata SP/CONEDD (Ouagadougou) 46. PALM Eric CCI-BF 47. SARAMBE/BINSO Alimata Tougan/Association Mugnu 48. SIMPORE Seydou CN-CFC/MICA 49. SIMPORE W. dit Fidèle MICA/ (Ouagadougou) 50. SORO M. Saïdou APFNL/MERH 51. TAMALGO Gérard Groupe VELEGDA 52. TAMBOURA/SAMBO Aïssatou UGPPK-Comoé (Banfora) 53. TIEMTORE Ablassé IRSAT/DSN 54. TIENDREBEOGO Sabine Association Baotaabo (Manga) 55. TRAORE Adeline UGPPK-Houet (Banfora) 56. TRAORE Félicité ICDE Bureau d'étude 57. TRAORE Tenin RPBHC (Bobo-Dioulasso) 58. TUINA/TIAHO Suzane Asso-Sini 59. VELEGDA Mamounata Groupe VELEGDA 60 . YAMEOGO Félicité KARIKIS 61 . YANOGO Yvette EZDF (Ouagadougou) 62 . YOUL Ini APFG/ (Gaoua) 63 . ZAMBELONGO G. Paulin UNMO-CIR 64. ZEBA Finyele Association Laafi Karité (Tenkodogo) 65. ZEIBA Boukary KARILOR 66 . ZOUNGRANA Jérôme Ets ZOUNGRANA Dénis et Fils 67. ZOUNGRANA/ZOMA S. Monique Association Teegwende Bao Manégré (Koudougou) 119BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE Akihisa T., Kojima N., Kikuchi T., Yasukawa K., Tokuda H., Masters E., Manosroi A., Manosroi J., Anti-inflammatory and chemopreventive effects of triterpene cinnamates and acetates from shea fat. Journal of Oleo Science, 2010, 59( 6 ). Alander J., Shea Butter – a Multifunctional Ingredient for Food and Cosmetics. Lipid Technology, 2004, 16 ( 9 ). 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Stratégie nationale de développement durable de la filière karité du Burkina Faso, 2015-2019 · Nelum