Plan opérationnel pour la souveraineté alimentaire et la création d’emplois décents dans le secteur agropastoral. Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025
Made 2023-08 · Text as of 2026-10-01
Public law and official guidance, published as research. Not legal, tax or financial advice.
About this law
- Language
- French
- Kind
- policy
- Country
- Burkina Faso
- Subjects
- Agricultural and rural development, Livestock, Food and nutrition, Fisheries and aquaculture, Cultivated plants
- Keywords
- agricultural commodities, agricultural development, institution, community management, farming, pastoralism, governance, fertilizers/nutrients, smallholders/peasants, irrigation, animal production, youth, labour, poultry, birds, fishery management and conservation, investment, cereals/grains/rice, food safety and quality, food security, food sovereignty, internal trade, international trade, nutrition, vegetables/legumes, seeds/planting material, plant production
- Categories
- *, agriculture
Where to read it
No source link is recorded for this law.
Text
The law's own text, section by section, as held. Each section has its own link.
MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 Plan opérationnel pour la souveraineté alimentaire et la création d’emplois décents dans le secteur agropastoral Version Finale Août 2023 y Sommaire 02 Préambule..........................................................................................................02 Introduction : contexte et justification.................................................................................04 1. Ambition et objectifs de l’offensive agropastorale et halieutique..................05 2. Choix des filières stratégiques prioritaires......................................................05 3. Logique globale d’intervention et domaines d’intervention.............................06 4. Initiatives phares et cibles opérationnelles.....................................................08 5. Réformes nécessaires.....................................................................................10 6. Coût estimatif de l’offensive............................................................................10 7. Instrument de mise en œuvre et mécanisme de financement...................11 8. Dispositions opérationnelles de mise en œuvre, de coordination et de suivi......12 9. Impact économique et financier de la mise en œuvre de l’offensive...............14 10. Feuille de route opérationnelle........................................................................14 Conclusion.................................................................................................15 Annexes ..............................................................................................................................16 • Préambule En vue d’atteindre la souveraineté alimentaire et nutritionnelle dans notre pays conformément aux ambitions de Son Excellence Monsieur Ibrahim TRAORE, Président de la Transition, Chef de l’Etat , nous avons engagé la définition d’un cadre cohérent d’intervention, fédérateur de l’action des multiples acteurs et s’appuyant sur les instruments de la mise en œuvre de la politique du gouvernement de la transition en matière d’agriculture et d’élevage. Ce document, s’inspire des bases programmatiques du Plan stratégique national d’investissement agro-sylvo-pastoral pour déterminer des actions fortes et prioritaires à conduire à l’horizon 2025 en tenant compte des récentes évolutions du contexte national et international. Baptisé "offensive agropastorale et halieutique 2023-2025", la mise en œuvre de ce plan opérationnel devrait enclencher la transformation structurelle de notre secteur pour assurer notre souveraineté alimentaire tout en permettant une création d’emplois massifs au profit des jeunes ainsi que l’édification des bases d’un développement socio-économique durable pour notre pays. 03 Commandant Ismaël SOMBIE Ministre de l'Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques Introduction : contexte et justification La mise en œuvre des politiques et stratégies dans le secteur agropastoral au cours des dernières décennies n’a pas permis de produire des résultats satisfaisants. Ce secteur qui emploie 74% de la population (RGPH, 2019) n’arrive toujours pas à couvrir les besoins alimentaires du pays malgré l’importance de ressources financières injectées chaque année (environ 288 milliards de FCFA en 2020 (Rapport biennal, 2021)). Le nombre de personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire n’a cessé de croître pour atteindre 2 214 188 personnes en 2021 contre 44 115 personnes en 2015 soit une hausse de plus de 4600% (Annuaire statistique, 2021). Selon les résultats du cadre harmonisé, l’insécurité alimentaire ces dernières années touche 16% de la population avec une prévalence de la sous-alimentation de 19,2% au Burkina Faso. Cette dégradation de la situation alimentaire s’explique sans doute par les conséquences de la crise sécuritaire, mais aussi et surtout par l’inefficacité de l’intervention publique. C’est dans ce contexte de faillite de nos politiques agricoles et de dégradation continue de la situation humanitaire que les hautes autorités du pays, depuis l’avènement du nouveau gouvernement en octobre 2022, ambitionnent atteindre la souveraineté alimentaire au Burkina Faso. Pour ce faire, comment accompagner la volonté politique affichée des hautes autorités du pays avec des propositions pertinentes d’actions prioritaires et de réformes permettant d’exploiter les potentialités naturelles du pays en vue d’assurer la souveraineté alimentaire du pays ? Quelles sont les ressources et comment les mobiliser en vue d’assurer une intervention efficace ? Le présent document, cadre cohérent et logique d’intervention doté d’une dimension fédératrice de l’action des multiples acteurs une réponse à ces questions, est un Plan d’action opérationnel déclinant un cadre cohérent et logique d’intervention qui se veut fédérateur de l’action des multiples acteurs et instruments de la mise en œuvre de la politique du gouvernement de la transition en matière d’agriculture et d’élevage pour assurer la souveraineté alimentaire dans notre pays. Il s’inspire du Plan stratégique national d’investissement agro-sylvo-pastoral (PNIASP), exploite les avant-projets de budgets programmes du département, capitalise les réflexions en cours dans le cadre de l’organisation des Etats généraux de l’agriculture et de l’élevage et met à profit une revue de reformes possibles dans le secteur agricole. Baptisé "offensive agropastorale et halieutique 2023-2025", ce Plan est structuré autour de 10 points que sont: (i) l’ambition et les objectifs de l’offensive agropastorale ; (ii) les filières stratégiques prioritaires retenues; (iii) la logique globale d’intervention, les domaines et zones d’intervention; (iv) les initiatives phares et les cibles opérationnelles ; (v) les réformes nécessaires ; (vi) le coût estimatif de l’offensive agropastorale; (vii) les instruments de mise en œuvre et mécanisme de financement ; (viii) les dispositions opérationnelles de mise en œuvre, de coordination et de suivi ; (ix) l’impact économique et financier de la mise en œuvre de l’offensive et enfin (x) la feuille de route opérationnelle. 04• 1. Ambition et objectifs de l’offensive agropastorale et halieutique 2. Choix des filières stratégiques prioritaires 16 I Plan Stratégique National d’Investissement Agro-Sylvo-Pastoral (PNIASP) - 2021-2025 L’ambition première de l’offensive agropastorale est de parvenir à la souveraineté alimentaire pour le pays à l’horizon 2025. Le Plan envisage à cet effet une augmentation substantielle de la production dans les filières stratégiques du pays afin de combler les besoins de consommation de la population et lever notre dépendance à l’importation des produits alimentaires de grande consommation. A cet effet, le plan envisage (i) couvrir 100% des besoins de consommations en riz, (ii) couvrir les besoins de consommation des personnes, des volailles et des industries agroalimentaires en maïs, (iii) couvrir tous les besoins d’importation en pomme de terre, (iv) répondre à 50% des besoins de consommation en poisson, (v) relancer la filière avicole et la production des petits ruminants affectées par les différentes crises (vi) renouveler 15% des superficies de vergers de mangues avec des systèmes d’irrigation et des pieds plus productifs, (vi) créer deux zones pastorales modernes de référence en Afrique de l’Ouest et (vii) relancer la production de blé. La réalisation de cette ambition devrait en outre permettre la création massive d’emplois décents au profit des jeunes ruraux y compris les Personnes Déplacées Internes (PDI) et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ainsi que l’amélioration substantielle des différents agrégats macroéconomiques pour l’édification des bases d’un développement socio-économique durable du pays. L’ambition première de l’offensive agropastorale est de parvenir à la souveraineté alimentaire. Le choix des filières prioritaires s’est fondé sur un principe qui est de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations des produits de grande consommation mais également de bien valoriser le potentiel de production nationale de ces produits majeurs. Partant de ce principe général, cinq (05) critères ont servi à classer et retenir les filières. Il s’agit de : (i) l’importance du produit dans la consommation nationale, (ii) la dépendance vis-à-vis des importations, (iii) l’existence de potentiel en matière de capacité de production (iv) l’opportunité de créer des emplois décents et des revenus pour les couches sociales les plus pauvres et vulnérables et (v) le besoin de préservation ou de reconstitution de bases productives stratégiques pour le pays. Sur la base de ces critères, huit filières ont été retenues. Il s’agit de la filière riz, maïs, pomme de terre, blé, poisson, bétail viande, volaille et mangue. En vue de soutenir l’augmentation significative de la production dans les différentes filières, le plan impose des variétés à haut rendement pour les producteurs. Pour le riz, il s’agit de la variété Orylux (5-6 T/Ha) et de la variété TS2 (7-8 T/Ha). Pour le maïs, il s’agit des variétés Komsaya-hybride (8-9,5T/Ha), Bondofa-hybride (7-8T/Ha), SEMAX 4 et 5 (12,4T/Ha). Pour ce qui concerne la pomme de terre, les variétés El Beida (55T/Ha), Naima (98,2T/Ha) et Universa (73,6T/Ha) seront utilisées. 05• L’offensive agropastorale construit une logique d’ensemble mettant en relation harmonieuse les acteurs de production, de transformation et de marché, ainsi qu’une convergence des instruments de mise en œuvre de nos politiques afin de parvenir à un système agropastorale efficace et durable. La figure 1 ci-dessous décrit cette logique globale des interventions. 3. Logique globale et domaines d’intervention 3.1 Logique globale d’intervention 10 000 Jeunes&VDP • fi prornotl!IUl'5 privf!s 10 30 000 petits producteurs 250 propriétaires de vergers 418 producteur, de P. T Elllt: [ 1 J • Projets et programmes Budget APEC, FOI ... 50 000 aviculteurs • 200 fermes avicoles 210 Plsclculteurs Mod • Z0 000 éleveurs de petits ruminants 10 f (, ) - 11 000 ha de périmètre • 30 000 ha de bas-fonds • 250 forage, à gros dôbtt 5 000 ha de mangues 1 500 ha de blé 1 ZOO ha de Pomme de T 50 000 kÏt.5 avicuttur@S • 20 000 Kits petits ruminants 21 000 cages flottantes piscicoles Z zones pastorales Modernes 1 Pomme de Terre : 58 000 T j 1 Blé: 6 ZOO Tonnes j Mangue : 5 000 ha Poisson : 100 000 TDMII!! Poulet : 18 000 000 lites Œuf : 85 000 000 d'unités 144 000 petits ruminants 26 000 ha de zones ---( 5 L CA~ M~ V:ET~&~ CP~ AV~l'.J~==r~ ~ == Agro-Industriels Agro-Industriels ( 12 J Stock semi fini .. 1 1 Production Fil11,1rel : Logique glo ale d'intervention J Commercialisation y,----~ Transformation Flux de ressources Flu• de produit physique - - - Contractual isatio n Ri:li-liblil:1119 - - - Invest issements publ i~s [ ' J Etape l de la feuille de route 3.2 Domaines et zones d’intervention La mise en œuvre de l’offensive appelle à la réalisation de divers investissements dans les différentes régions et sites spécifiques du pays pour les filières retenues. Ces investissements concernent notamment les aménagements de périmètres irrigués et de bas-fonds, la réalisation de forages à grands débits, la mise en place de cages flottantes pour la pisciculture, la mise en place de zones pastorales modèles. En ce qui concerne les périmètres irrigués pour le riz, les nouveaux aménagements concernent Samendéni (6230 ha), Bagré (2000 ha), Dourou (720ha), Douna (600ha), Sindou (232 ha). En ce qui concerne les bas-fonds pour le riz, le maïs et la pomme de terre, les superficies supplémentaires par région sont consignées dans le tableau 1 ci-dessous : Pour le blé, 1500 ha de périmètres irrigués seront réhabilitées à Samendéni. En ce qui concerne la mangue, 250 producteurs seront identifiés dans les zones de fortes productions (Hauts-bassins, cascades, Centre-Ouest et Sud-Ouest) pour le renouvellement d’une superficie de 5000 ha de vergers. En ce qui concerne la volaille, il sera installé 5 éleveurs dans chaque village du pays. Également, 200 aviculteurs modernes affectés par la grippe aviaire seront identifiés et appuyés. Pour le poisson, 105 ha seront mobilisés à Samendeni sur le plan d’eau pour la mise en place de 20 600 cages flottantes. Par ailleurs, les stations piscicoles de -Bagré, Bazega, Ziga, Poa, Réo, Bion, Seboun (Sanguié), Banfora (Bodadjougou) seront réhabilités et renforcées pour supporter la production d’alevins. 07 Zones Superficie de bas- Superficie hors Superficie hors basfonds à fonds à aména er basfonds à ex loiter ex loiter Région Riz et mais Riz Pomme de terre Boucle du Mouhoun 2 818 5 243 100 CASCADES 2 310 5 268 150 Centre 1552 1997 57 Centre-Est 2 406 3140 90 Centre-Nord 2 558 3 340 95 Centre-Ouest 465 973 28 Centre-Sud 850 2 387 68 Est 4882 5 251 150 Hauts Bassins 2 098 3 309 94 NORD 4876 5473 156 Plateau Central 1285 2138 61 Sahel 18 49 51 Sud-Ouest 3 882 5 392 154 • 08 Pour la filière bétail, il sera réalisé 2 zones pastorales modernes dont une à Sondré-Est, dans la région du Centre-Sud, d’une superficie de 16 000 ha et une à Bagré, dans la région du Centre-Est, d’une superficie de 10 000 ha. La production fourragère ou de semences fourragères sera assurée également au niveau de ces deux zones. Pour la pomme de terre, 1200 ha seront mobilisés pour la production en campagne sèche. Également, il sera mis en place un centre moderne de production de semence de pomme de terre afin d’approvisionner les différents producteurs en lieu et place des importations. La mise en œuvre de l’offensive nécessitera la contribution de certains départements ministériels comme celui en charge de l’eau, de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de l’administration et de la sécurité. En effet, les aménagements des zones pastorales ainsi que la prise en charge du Plan de gestion environnementale et sociale à Samendéni nécessitent la réalisation d’infrastructures sanitaires, de forages et d’écoles. Également, des pistes rurales seront nécessaires pour desservir certains sites de production. Au regard de la situation sécuritaire, la réalisation des investissements sera en synergie avec les départements en charge de la sécurité. La contribution de ces départements, chacun dans son domaine de compétence, sera sollicitée pour la réalisation des investissements complémentaires identifiés. Pour l’exploitation des différents sites, certains jeunes à installer, recevront une formation et des équipements de Volontaire pour la Défense de la Patrie (VDP). 3.3 Domaines Connexes et besoins d’accompagnement 1 000 000 de tonnes de riz paddy ; Initiative 100 000 tonnes de poissons pour combler la moitié des besoins de consommation burkinabé ; Initiative 2 000 000 de tonnes de maïs ; Initiative 60 000 tonnes de pomme de terre par an ; Initiative 1 800 000 têtes de volaille par an ; Initiative 4. Initiatives phares et cibles opérationnelles La mise en œuvre de l’offensive se fera notamment à travers plusieurs initiatives et opérations spéciales. Il s’agit de : 20 000 éleveurs de petits ruminants ; Opération 26 000 hectares de zones pastorales modèles ; Opération spécial Agropole de Samendeni avec l’implication des promoteurs privés ; Opération Renouvellement de 5 000 Hectares de vergers de manguiers ; Opération relance de la production nationale de blé sur 1 500 ha ; Opération spéciale aménagement de 10 000 de périmètres irrigués et 30 000 ha de bas-fonds ; Opération 09• 5. Réformes nécessaires 6. Coût estimatif de l’offensive La mise en œuvre de l’offensive nécessitera la création des conditions favorables et incitatives pour l’intervention du secteur privé dans la réalisation des investissements identifiés. A cet effet, il est nécessaire de conduire les reformes stratégiques suivantes : La mise en œuvre de l’offensive nécessite la mobilisation de 592 milliards de francs CFA d’investissement dans le secteur sur la période 2023-2025. Ce montant sera financé à hauteur de 46% par les ressources publiques (275 milliards de FCFA) à partir des projets et programmes du Ministère. Le reste équivalent à 317 milliards de F CFA, soit 54% du budget sera financé par le privé. Les coûts des investissements à réaliser par filière sont consignés dans le tableau2 ci-dessous : Tableau 2 : Coût du plan par filière et par source de financement o la mise en place d’un fonds unique, Fonds de Développement Agropastoral (FDAP), destiné au financement du secteur avec trois guichets, un pour les ressources animales, un pour les ressources halieutiques et un dernier pour la production végétale et fruitière ; o l’élargissement du champ de l’assurance agropastorale aux huit produits retenus dans le cadre de l’offensive. Cela devrait permettre aux acteurs concernés d’être couvert par le risque et d’améliorer leur accessibilité aux financements auprès des institutions financières ; o l’instauration d’un quota d’achat de riz et de poisson national par les importateurs ; o la facilitation de l’accès des coopératives agricoles aux achats institutionnels de vivres par un mécanisme d’agriculture contractuelle. Produits Budget Total Investissement privé Investissement public Riz 309 832 915 010 93 654 295 999 216 178 619 011 Maïs 69 761 139 853 51 931 879 523 17 829 260 330 Mangue 18 134 812 500 17 692 500 000 442 312 500 Pomme de terre 3 009 795 097 1 504 897 549 1 504 897 549 Blé 24 354 290 502 23 532 966 666 821 323 837 Poisson 103 814 137 934 101 282 085 789 2 532 052 145 Volaille 40 205 625 000 21 412 500 000 18 793 125 000 Bétail viande 23 677 176 667 6 850 833 333 16 826 343 333 TOTAL 592 789 892 564 317 861 958 859 274 927 933 705 10• La répartition du coût par année montre que 16% des ressources seront dépensées à la première année de mise en œuvre du plan. Les dépenses prévisionnelles pour les deuxième et troisième années sont respectivement de 47% et 37%. Cette structure des coûts s’explique par le fait que le processus de mobilisation des ressources privées pourrait nécessiter du temps et donc l’essentiel des investissements impliquants des promoteurs privés sont programmés en deuxième et troisième année. Le tableau 3 ci-dessous donne la programmation financière triennale pour les trois années du Plan. Tableau3 : Programmation triennal du financement des investissements du Plan En ce qui concerne les investissements physiques, l’agencement de leur réalisation dépend de leur nature. La première année 2023 sera consacrée à la mise en valeur des périmètres irriguées et de bas-fonds aménagés existants et non utilisés se trouvant dans les zones accessibles. Egalement certaines réformes stratégiques ainsi que des investissements dans les filières animales seront engagés. La programmation physique est consignée dans l’annexe1 du document. Le financement de l’offensive agropastorale 2023-2025 nécessitera la mobilisation de 592 milliards de FCFA en trois ans. Le point 6 ci-dessus montre que le financement public à mobiliser représente 46% du montant global contre 54% pour les acteurs privés. La mobilisation des ressources publiques se fera à travers un réaménagement des crédits budgétaires des projets concernés ou une restructuration de ces projets afin d’aligner leurs investissements à ceux du Plan. Ces réorientations permettront notamment de financer les réalisations des infrastructures agropastorales (aménagements agricoles, pastoraux et halieutiques etc.), d’abonder le fonds unique de développement du secteur. Un examen des plans d’actions de ces projets montre que 173 milliards de FCFA sont mobilisables pour la mise en œuvre du Plan, soit 63% de couverture des besoins de financements publics. Il se dégage donc un besoin de financement public de 101 milliards F CFA. Filières 2 023 2 024 2 025 Total Riz 60 267 507 877 140 274 349 317 109 291 057 816 309 832 915 010 Maïs 20 928 341 956 27 904 455 941 20 928 341 956 69 761 139 853 Mangue - 7 253 925 000 10 880 887 500 18 134 812 500 Pomme de terre 902 938 529 1 053 428 284 1 053 428 284 3 009 795 097 Blé - 9 741 716 201 14 612 574 301 24 354 290 502 Poisson - 66 226 536 910 37 587 601 024 103 814 137 934 Volaille 12 061 687 500 14 071 968 750 14 071 968 750 40 205 625 000 Bétail viande 2 685 500 000 10 495 838 333 10 495 838 333 23 677 176 667 Total 96 845 975 862 277 022 218 737 218 921 697 965 592 789 892 564 Poids budgétaire 16% 47% 37% 100% 7. Instrument de mise en œuvre et mécanisme de financement 11• En ce qui concerne le financement privé, il est attendu une contribution des acteurs privés à hauteur de 317 milliards. La réussite du plan déprendra fortement de la capacité de mobilisation de ces acteurs privés. Une attention particulière devrait être accordée à cet aspect. De ce fait, les actions nécessaires à l’implication et l’engagement du secteur privé devront être engagées avant la fin de l’année 2023 pour maximiser les chances de pouvoir commencer les investissements privés en 2024. Pour accompagner la mobilisation des ressources du secteur privé, l’Etat mettra en place un schéma incitatif pour les institutions financières privées afin de faciliter l’accès au crédit par les acteurs ciblés dans le Plan. Ainsi, une ligne de garantie d’un montant de 25 milliards de FCFA sera mise en place pour permettre de réduire le risque chez les institutions de financement privé et faciliter ainsi l’octroi de crédits d’exploitation et d’investissement aux acteurs du Plan. Aussi, le fonds unique de développement, qui sera mis en place et abondé par les ajustements budgétaires des projets contenant des lignes de financements de microprojets ainsi que par l’application future de la Contribution Forfaitaire Obligatoire (CFO) dans les différentes filières, faciliteront l’accès aux crédits notamment aux jeunes pour les fonds de roulement que sont les intrants et les équipements de production et de transformation. L’accès aux facteurs de production, notamment les engrais, sera aussi faciliter par l’arrimage fonctionnel futur qui sera crée entre la CAIMA et la SEPB. Par ailleurs, des unités de production de fertilisants organiques, y compris les biodigesteurs, seront installées ou appuyées dans chaque région dans le cadre de la promotion de l’agroécologie. Quant au modèle de partenariat public privé pour les aménagements dans la production du riz, il se fera sous forme de contrat de concession dans les domaines de l’aménagement et de l’exploitation des grands périmètres irrigables dédiés à la production du riz et du blé au niveau des agropoles de Samendeni et de Bagré. Dans ce mécanisme, l’État se contentera de la facilitation de l’accès à la terre et la sécurité des sites d’implantation des gros opérateurs privés capables d’aménager et d’exploiter au moins 1000 ha de périmètres irrigués. L’essentiel des coûts des investissements sera supporté par l’acteur privé. Des documents de projets avec des études de faisabilité détaillées pour l’implémentation de ces modèles sont disponibles. La réussite de ce partenariat nécessitera un bon niveau de portage politique par les premières autorités et une procédure accélérée au regard de l’urgence nationale. 8. Dispositions opérationnelles de mise en œuvre, de coordination et de suivi Au regard de l’urgence et du temps imparti pour la mise en œuvre des investissements de l’offensive, il est nécessaire d’avoir un cadre de facilitation des procédures d’exécution budgétaire semblable à celui du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS). Dans ce cadre le plan de passation de marchés des investissements du Ministère concernant l’offensive sera exécuté suivant les procédures accélérées ou par entente directe. 12 3.3 Domaines Connexes et besoins d’accompagnement • La réussite du plan passe par l’existence d’un dispositif de pilotage proactif apportant des solutions rapides dans la mise en œuvre des investissements, la mobilisation des acteurs privés et la conduite des réformes nécessaires. Pour ce faire, il est envisagé deux instances de coordination et de suivi au niveau central et une instance au niveau régional. Au niveau central, il est institué un Comité de pilotage de l’offensive agropastorale (COAP) présidé par le Ministre qui se tiendra chaque mois. Au côté du COAP, il est mis en place une cellule technique de suivi de l’offensive (CTS), présidée par le Secrétaire général du Ministère et comprenant toutes les structures impliquées dans la mise en œuvre opérationnelle de l’offensive ; le CTS se tient chaque deux semaines. Au niveau déconcentré, le Directeur régional préside le Comité régional de l’offensive agropastorale (CROP) qui se tient chaque semaine avec la participation de tous les services impliqués ainsi que les chefs de sites concernés par l’offensive. Ces chefs de sites sont des ingénieurs compétents et engagés qui y seront déployés dans le cadre de la réforme du système de vulgarisation et d’appui conseil en cours. Au-delà de ces trois instances, une équipe composée des structures de la chaine financière est mise en place sous forme de guichet unique afin de diligenter le traitement des dossiers financiers. Par ailleurs, les différents sites de production bénéficieront d’un appui conseils de proximité pour lequel les mesures appropriées seront mises en œuvre. Le dispositif de coordination et de suivi de l’offensive est schématisé dans la figure 2 ci-dessous : Figure 2 : Dispositif de coordination et de suivi de l’offensive agropastorale Pour permettre un suivi rapproché et une proactivité des différentes instances, l’évolution des différents jalons de la feuille de route est accessible en temps réel, sur une plateforme numérique web mis en place à cet effet. 8.2 Dispositif de coordination et de suivi 13 Equipe de suivi des dossiers financiers Comité régional de l’offensive agropastoral (CROAP) Cellule technique de suivi (CTS) CAIMA, CAMVET CPAVI, SEPB UNPSB FONDS UNIQUE FDAP Chef de Site 1 Chef de Site i Chef de Site n Directions générales opérationnelles Comité régional de l’offensive agropastoral (CROAP) • L’impact simulé, à l’aide du modèle multiplicateur de la matrice de comptabilité sociale (MCS), de la mise en œuvre de l’offensive agropastorale entrainerait, toute chose égale par ailleurs, une hausse de 10,85% du PIB agricole et de 4,85% du PIB global. Les revenus des ménages ruraux connaitront de ce fait une hausse de 8,6% contre 4,5% pour les ménages urbains. Elle permettra également, la création d’au moins 100 000 emplois décents dans le secteur agropastoral pour les jeunes y compris les femmes, les Personnes Déplacées Internes et les Volontaires pour la Défense de la Patrie. 9. Impact économique et financier de la mise en œuvre de l’offensive Les investissements, actions et réformes identifiés pour la mise en œuvre de l’offensive se dérouleront suivant la feuille de route indiquée dans l’annexe 2 de ce document. Toutes les activités opérationnelles de la feuille de route seront déclinées en sous activités avec des échéances et des responsabilités bien définies afin de permettre leur opérationnalisation urgente. 10. Feuille de route opérationnelle 14 • ~olehd ier 2023/2 24 '"" mer,..,/ ... WII. ,. du• lun mer.,,,. JI/li. v,,,, !im 1.. "'"'"'" Je, ... ' i .. 1 l 1 2 l 4 s ' 7 a l 10 l J ~ 5 6 1 6 i a t 10 Il ,1 li 12 13 a 15 10 11 9 lO Il 12 13 ]< 1) " 1, 15 15 11 li 18 19 20 21 2] ,1 u 16 11 11 19 lO 11 u 20 21 l2 2J 2, 11 1' 25 25 li 28 ,, IO 2J 24 zs l6 l1 1 li 21 la 29 JO 30 li ,.. .,.,m.,.Jfll..,. d"'I l•n. ...,..., /<u. •tn. • lun. mc, /c• •tn. sa. 1 2 J ~ 5 6 1 1 2 J • l 2 J 1 9 10 11 Il I' Il s ' , 8 9 l Il s ' 8 9 10 lS 16 11 18 19 lr 11 12 IJ ,, 1S 16 11 Il 11 12 IJ u 15 lb li 2l lJ 24 1$ 26 21 li '' 20 li 2l 21 2• 21 IJ ,. 19 JO 31 26 li 28 2' • Uin "'ar mirr jfU ... ""' 1 J 1 ! 6 1 a ID li u Il " 15 Il 18 19 20 21 21 . l• 25 26 li 28 29 lO Jl "'"' mat111tt }fu. .... n, 1 2 J 4 s , 8 9 1n , ...... • Conclusion Le présent document est un plan opérationnel contenant des actions et investissements concrets devant permettre de réaliser la souveraineté alimentaire. Cela passe par l’intensification de la production dans les huit filières stratégiques du pays. Il s’agit des filières riz, maïs, pomme de terre, blé, poisson, bétail viande, volaille et mangue. La mise en œuvre de l’offensive agropastorale pour la période 2023-2025 nécessite la mobilisation de 592 milliards de FCFA. Le financement public à mobiliser est de 275 milliards de FCFA soit 46% du montant global contre 317 milliards de FCFA pour le financement privé représentant 54% du montant total du Plan. Le gap de financement public est de 101 milliards de F CFA soit 36%. La réussite de la mise en œuvre dépendra en grande partie de la mobilisation effective des ressources pour assurer les besoins de financements du privé. Par ailleurs des réformes importantes doivent être conduites pour accompagner les différents acteurs pour la mobilisation des ressources ainsi que pour garantir l’accès à un marché rémunérateur. Sur le plan macroéconomique, la mise en œuvre de l’offensive agropastorale entrainerait une hausse de 10,85% du PIB agricole et de 4,85% du PIB globale. Les revenus des ménages ruraux connaitront de ce fait une hausse de 8,6% contre 4,5% pour les ménages urbains. Elle permettra également, la création de 100 000 emplois décents dans le secteur agropastoral pour les jeunes y compris les PDI et les VDP. 15 Produits Inves�ssements unités 2 023 2 024 2 025 Total Riz Superficie irriguée ha 1 077 5 385 4 308 10 770 Riz Superficie Basfonds ha 6 018 12 037 12 037 30 092 Riz Superficie hors aménagement ha 13 188 17 584 13 188 43 960 Riz Engrais pour irrigué tonnes 1 520 7 602 6 081 15 203 Riz Engrais pour Basfonds tonnes 2 388 11 938 9 551 23 877 Riz Engrais pour hors aménagement tonnes 4 061 20 306 16 245 40 612 Riz Semence pour irrigué tonnes 38 188 151 377 Riz Semence pour Basfonds tonnes 316 421 316 1 053 Riz Semence pour hors aménagement tonnes 462 615 462 1 539 Maïs Superficie irriguée ha - - Maïs Superficie Basfonds ha 812 1 083 812 2 707 Maïs Superficie hors aménagement ha - - - Maïs Engrais pour irrigué tonnes 24 122 98 245 Maïs Engrais pour Basfonds tonnes 804 1 072 804 2 681 Maïs Engrais pour hors aménagement tonnes 40 668 54 224 40 668 135 560 Maïs Semence pour irrigué tonnes - - - Maïs Semence pour Basfonds tonnes 40 54 40 134 Maïs Semence pour hors aménagement tonnes - - - Blé Superficie irriguée ha - 777 777 1 553 Blé Superficie Basfonds ha - - - Blé Superficie hors aménagement ha - - - Blé Engrais pour irrigué tonnes - 233 233 466 Blé Engrais pour Basfonds tonnes - - - Blé Engrais pour hors aménagement tonnes - - - Blé Semence pour irrigué tonnes - 70 70 140 Blé Semence pour Basfonds tonnes - - - Blé Semence pour hors aménagement tonnes - - - Pomme de terre Superficie irriguée ha - - - Pomme de terre Superficie Basfonds ha 376 439 439 1 254 Pomme de terre Superficie hors aménagement ha - - - Pomme de terre Engrais pour irrigué tonnes - - - Pomme de terre Engrais pour Basfonds tonnes 150 176 176 502 Pomme de terre Engrais pour hors aménagement tonnes - - Pomme de terre Semence pour irrigué tonnes - - - Pomme de terre Semence pour Basfonds tonnes 876 1 022 1 022 2 921 Pomme de terre Semence pour hors aménagement tonnes - - - Mange Regenera�on (nouvelles plantules) ha - 1 011 1 517 2 528 Mange Greffage ha - 1 011 1 517 2 528 Poisson Pe�tes cage flo�antes cages - 10 314 10 314 20 629 Poisson Grandes cases flo�antes cages - 129 129 258 Poisson Pirogues pirogues 6 - - 6 Poisson Poste de suivi poste 2 - - 2 Annexe1 : Programmation physique des investissements phares 16 j fi ..-X- ,t,'• ;t ~~ .fI''--IJ-" ~ .r- -~ - -.,.-,. .m ·J u ~ ~ , .. ,l' ~ l~ ~ ~ (;~ .. Cl '1 u •, V I . ~ f , ·d j / 1 ,· ,, • 17 Annexe 2 : Feuille de route de la mise en œuvre de l’offensive No Domaine d'action Activités opérationnelles Période Responsable 1 1.1- Visites/localisation des sites 1.2- Validation du budget 1.3- identification et sélection des acteurs 1.4- Signature d 'acte d 'engagement avec les acteurs 1.5- Réajustement des planifications des projets et programmes l.6- Convention avec APEC, FDI et BUMIGEB 1. 7- instituer une Mobilisation des proportion du fonds minier au financement de oût-Novembre acteurs et des l'agriculture 2023 Ressources 1.8- Restructuration du FDA ( et du FODEL ?) 1.9- Convention FDA (et FODEL) et des Banques Commerciales pour un Co-funding 1.10- Convention FONAFI, FBDES et FDA ( et FODEL) pour le financement 1.11- Contrats entre FDA (et FODEL ?) Producteurs-Acheteurs-CAIMA/CAMVET 1.12- Mise en place d'une ligne de garantie dans le Fonds Unique 2 2.1. Remise des sites 2.2. Disponibilisation des ressources des projets Investissements et programmes, des ressources des conventions Septembre 2023 sur les sites et des ressources privées des banques ( l 0) à Mai 2024 2.3. Gros œuvres sur les sites y compris installation des infrastructures 2.4 : réception des sites pour la production 3 3.1- réformes de sécurisation du marché internes (marchés institutionnels, quotas Contrats d'achats d'importation) entre 3.2- identification et sélection des acheteurs commerçants et (grands importateurs, grossistes et acheteurs Août-Novembre acheteurs institutionnels) 2023 institutionnels 3 .3 - identification et répertoire des agro avec les agro- industries industries 3.4- contractualisation libre entre agro industries et acheteurs (institutionnels et privés) 4 4 .1- Mise en relation Agroindustries/acheteurs Contractualisation avec les producteurs entre agro- 4.2- mise en place des accords contractu.els industries (ou incluant les accompagnements en intrants à Février 2024 à acheteurs finaux) travers CAIMA, CAMVET, l'UNPSB et les Juin 2024 et producteurs banques 4.3- mise en place des accords contractuels entre la CAIMA et la SEPB 5 Financement 5.l - Avance de crédit ou crédit documentaire CAIMAet du FDA à la CAIMA et CAMVET Avril-Mai 2024 CAMVET 6 6.1 - Mise à disposition des semences et des engrais au niveau des producteurs par la CAIMA et UNPSB Mise en place des 6.2 - Mise à disposition des produits Août-Novembre intrants vétérinaires, des aliments poissons, des aliments 2023 volailles, SPAI et des alevins 6.3 - Engagement des opérations de labours 6.4 - mise à disposition des kits de noyaux reproducteurs • Annexe2 : Feuille de route de la mise en œuvre de l’offensive (suite) 18 NO Domaine d'action Activités opérationnelles Période Responsable 7 .1- Suivi et encadrement des différentes productions par les agents techniques 7 .2- Productions végétales brutes récoltés 7.3- Productions animales disponibles Disponibilisation 7.4- Evaluation des productions disponibles Toute la période 7 des productions 7.5- production de rapport bilan du maillon production 7.6- stockage/conservation de la production pour les acheteurs 7.7- Contrôle qualité des produits 8.1- Réception des quantités contractuelles par Consen,ation, les acheteurs (agroindustries et ou Fins de transformation et commerçants) campagne de 8 emballage des 8.2 - Conservation et ou transformation des production productions productions 8.3- Contrôle qualité et conditionnement d.es vroduits 9 .1- Ordre de paiement des contrats producteurs après 9.1 9.2- Bilan des avances et règlement des opérateurs intrants (CAMVET, UNPSB, Fins d.e Paiement des CPAVI, CAIMA) campagne de 9 contrats des 9.3- Retenue des intérêts financiers production producteurs 9.4- Prélèvement/contribution Forfaitaire Obligatoire par le FDA pour création d'une ligne de garantie producteurs 9.5- Règlement des contrats des producteurs Réception des 10.1- Analyse d.e conformité par l'acheteur final produits par le 10.2- Réception des produits par l'acheteur final commerçant, ( consommateur) 10 acheteurs institutionnels ou l'acheteur final (consommateur) Règlement du l l.1- Ordre de paiement du contrat signé en 3.4 contrat 3 (entre le 11.2- Bilan des avances et règlement des commerçant/ intérêts financiers 11 acheteurs l l.3- règlement du contrat de l'agroindustrie institutionnels l l.4- Bilan de l'opération avec les agro industries) 19• MINISTERE DE L'AGRICULTURE, DES RESSOURCES ANIMALES ET HALIEUTIQUES 03 BP 7005 Ouaga 03 - BF Av. Pascal ZAGRE Ouaga 2000