Stratégie d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) en République Centrafricaine
صدر في 2009-09-01 · النص بتاريخ 2026-10-01
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عن هذا القانون
- اللغة
- French
- النوع
- policy
- المنظمة
- European Union
- الدولة
- جمهورية أفريقيا الوسطى
- الموضوعات
- Agricultural and rural development, Food and nutrition, General
- الكلمات المفتاحية
- social protection, public health, poverty, hazards, agricultural development, public participation, sustainable development, smallholders/peasants, capacity building, research, gender, rural employment, youth, credit, labour, food security, transport/storage, nutrition, breastfeeding/infant food, Codex Alimentarius, food safety and quality, food fortification
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2.1 Politique nationale de santé ………………………………………………………………….8
2.2 Principaux problèmes de santé du couple mère-enfant ………………………………………………………………….8
2.3 Principales interventions récentes dans le domaine de …………………………………………………………………..9 la santé maternelle et infantile III ANALYSE DE LA SITUATION …………………………………………………………………..9
3.1 Situation nutritionnelle …………………………………………………………………..9
3.2 Situation alimentaire du nourrisson et du jeune enfant …………………………………………………………………..9 IV Principaux axes d’intervention de la stratégie ANJE …………………………………………………………………..12
4.1 Alimentation de la femme en âge de procréer …………………………………………………………………..12
4.2 Alimentation de la femme enceinte et allaitante ………………………………………………………………….13
4.3 Pauvreté et insécurité alimentaire des ménages …………………………………………………………………..14
4.4 Pratique d’alimentation du nourrisson et du jeune …………………………………………………………………..14 enfant
4.5 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans le ………………………………………………………………….15 contexte du VIH
4.6 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans les ………………………………………………………………….16 situations d’urgence
4.7 Situation de l’éducation sanitaire et nutritionnelle dans …………………………………………………………………..17 les structures socio-sanitaires, agricoles, environnementales et communautaires
4.8 Insuffisance dans la mise en œuvre des mesures et ………………………………………………………………….17 lois en faveur de l’allaitement maternel : code, IHAB, Déclaration d’Innocenti V OPTIONS STRATEGIQUES ………………………………………………………………….19
5.1 Justification ………………………………………………………………….19
5.2 La vision du pays ………………………………………………………………….19
5.3 Objectifs …………………………………………………………………..20
5.4 Principaux axes d’intervention de l’ANJE …………………………………………………………………..20 VI SUIVI-EVALUATION …………………………………………………………………..23
6.1 Supervision …………………………………………………………………..23
6.2 Monitorage …………………………………………………………………..23
6.3 Evaluation …………………………………………………………………..23 VII CADRE INSTITUTIONNEL DE MISE EN OEUVRE …………………………………………………………………..23
7.1 Mécanismes multisectoriels de la mise en œuvre …………………………………………………………………..23
7.2 Financements des programmes relatifs à l’ANJE ………………………………………………………………….24
7.4 Obligations et responsabilités ………………………………………………………………….24 VIII CONDITIONS DE REUSSITE DES OBJECTIFS ………………………………………………………………….26
8.1 Habilitation des communautés ………………………………………………………………….26
8.2 Renforcement des capacités à tous les niveaux ………………………………………………………………….26
8.3 Plaidoyer IX CONCLUSION BIBLIOGRAPHIES ANNEXES 2 PREFACE La République Centrafricaine a élaboré plusieurs documents de stratégies ces dix dernières années dont ceux intéressant le volet nutrition sont entre autres : la Politique Nationale de Santé de 2004, le Plan de Développement Sanitaire de deuxième génération (PNDS II, 2006-2015), le plan d’accélération pour la Réduction de la Mortalité Maternelle, Néonatale et Infantile (2004 -2015) ; le Plan Stratégique d’Extension de la PCIME (2007-2011), le plan stratégique de surveillance nutritionnelle et de suivi de croissance des enfants de 0-5 ans (2010-2015); Les normes et procédures de surveillance nutritionnelle et de suivi de croissance des enfants intégrant les nouvelles normes standard OMS/UNICEF de croissance des enfants ; les normes et procédures en matière de PTPE, le protocole national de prise en charge de la malnutrition aiguë en juillet 2009 et la présente Stratégie d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) en septembre 2009. Fruit d’un large consensus grâce au processus participatif mis en place pour son élaboration avec l’implication de tous les acteurs et partenaires à divers niveaux du système de santé, l’ANJE se veut une réponse aux nombreux problèmes que rencontrent les femmes et les enfants en matière d’alimentation, de nutrition et de santé. La stratégie ANJE qui est au centre des espoirs de tant de millions de nourrissons et de jeunes enfants à travers le monde et en Centrafrique, va contribuer à sauver des milliers de vies en vue de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement d’ici à 2015. Les formations en cascade sur les nouvelles courbes de croissance des enfants ; l’importance de l’allaitement maternel exclusif bien conduit ; les conseils en allaitement dans le contexte du VIH/SIDA et la lutte contre la malnutrition aigue à tous les niveaux y compris dans les zones d’urgence doivent être effectuées par le Ministère de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte contre le SIDA avec l’appui des autres partenaires. Celles-ci constituent un préalable à la mise en œuvre de la stratégie. Le présent document est l’un des axes stratégiques du Plan National du Développement Sanitaire de deuxième génération. Sa mise en œuvre nécessite l’appui de tous les partenaires au développement et des membres de la communauté en vue de la pérennisation des interventions sur le terrain. L’ANJE n’étant pas une stratégie isolée, elle doit être mise en œuvre en synergie avec les Programmes existants (Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant ; Programme de lutte contre la transmission du VIH Parent Enfant ; Programme Elargi de Vaccination ; Santé de la Reproduction etc.) pour une meilleure visibilité. Ainsi, j’exhorte tous les acteurs à traduire cette intégration dans les faits sur le terrain aux bénéfices des enfants et des femmes de notre pays. La présente Stratégie d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant, constitue un cadre de référence pour tous les partenaires désirant intervenir dans le domaine de la lutte contre la malnutrition en République Centrafricaine. Le Ministre de la Santé Publique, de la Population et de la Lutte contre le SIDA André NALKE DOROGO 3 LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS AME : Allaitement Maternel Exclusif ANJE : Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant ARV : Antirétroviraux ASC : Agent de Santé Communautaire CAP : Connaissances –Attitudes – Pratiques CCC : Communication pour le Changement de Comportement CODE : Code international de commercialisation des substituts du lait maternel CPN : Consultation Prénatale CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté ED : Enquête Démographique EDS : Enquête Démographique et de Santé ECD : Equipe Cadre de District ECVR : Enquêtes sur les Conditions de Vies des ménages en milieu Rural ECVU : Enquête sur les Conditions de Vies des ménages en milieu Urbain EIBC : Enquête Intégrale Budget Consommation FAO : Fonds des Nations Unies pour l’Alimentation et de l’Agriculture FOSA : Formation Sanitaire GAVI : Alliance Mondiale pour les vaccins et la vaccination HCR : Haut Commissariat aux Réfugiés IHAB : Initiative Hôpital Ami des Bébés IEC : Information – Education - Communication IDE : Infirmier Diplômé d’Etat IDH : Indice du Développement Humain IPH : Indice de Pauvreté Humain IRA : Infections Respiratoires Aiguës ISF : Indice Synthétique de Fécondité IST : Infections Sexuellement Transmissibles LMD : Lutte contre les Maladies Diarrhéiques MEG : Médicaments Essentiels Génériques MICS : Enquête à Indicateurs Multiples MII : Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide MSPPLS : Ministère de la Santé Publique de la Population et de la Lutte contre le SIDA OEV : Orphelins et autres Enfants rendus Vulnérables OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS : Organisation Mondiale de la Santé ONG : Organisation Non Gouvernementale ONUSIDA: Programme des Nations Unies sur le VIH/SIDA PAM : Programme Alimentaire Mondial PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PVVIH : Personnes Vivant avec le VIH PCIME : Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant PEV : Programme Elargi de Vaccination PF : Planification Familiale PIS : Plan Intérimaire de Santé PMA : Paquet Minimum d’Activités PNDS : Plan National de Développement Sanitaire PNSR : Politique Nationale de la Santé de la Reproduction 4 PTME : Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant PTPE : Prévention de la Transmission du VIH des Parents à l’Enfant RCA : République Centrafricaine RGPH : Recensement Général de la Population et de l’habitat SANJE : Stratégie de l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune enfant SIDA : Syndrome d’Immunodéficience Acquise SMI : Santé Maternelle et Infantile SMAM : Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel SNIS : Système National d’Information Sanitaire SR : Santé de la Reproduction SSP : Soins de Santé Primaires UE : Union Européenne UNFPA : Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF : Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance VIH : Virus de l’Immunodéficience Humaine 5 INTRODUCTION Les dernières évidences scientifiques publiées par « The Lancet Série » montrent que sur « 45 interventions ciblées prometteuses contre la malnutrition maternelle, néonatale et infantile », figurent la promotion de l’allaitement maternel ; la promotion de l’alimentation de complément ; la supplementation en micronutriments (vitamine A, fer, iode et en zinc) ; l’hygiène générale, la prévention des maladies et les programmes d’éducation. La prise en charge appropriée de la malnutrition aigue sévère des enfants de moins de cinq ans est aussi une des interventions prometteuses pour la réduction de la mortalité infantile et du poids des maladies liées à la malnutrition. La mise en œuvre de toutes ces interventions ainsi que leur expansion pourraient réduire d’un quart (25%) tous les décès d’enfants de moins de cinq ans. La Stratégie Mondiale pour l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) élaborée conjointement par l’OMS et l’UNICEF en 2002, rappelle au monde les effets des mauvaises pratiques d’alimentation sur l’état nutritionnel, la croissance et le développement, la santé ainsi que la survie du nourrisson et du jeune enfant. Après une analyse des taux élevés de morbidité et de mortalité infantile, infanto juvénile et maternelle, la RCA a non seulement souscrit aux objectifs de cette stratégie, mais a développé plusieurs documents entre autres la Politique nationale de santé en 2004, le Plan de Développement Sanitaire de deuxième génération (2006-2015), le Plan d’Accélération de la réduction de la mortalité maternelle et néonatale (2004-2015), le Plan stratégique d’extension de la PCIME (2007-2011), le protocole national de prise en charge de la malnutrition aigue, la stratégie de surveillance nutritionnelle intégrant les nouvelles courbes de croissance OMS/UNICEF et la présente stratégie d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. I. CONTEXTE GENERAL DU PAYS La République Centrafricaine est un pays enclavé, situé au cœur du continent africain et s’étend sur 623.000Km². Elle est limitée avec le Tchad au Nord, le Soudan à l’Est, le Cameroun à l’Ouest et, au Sud, avec la République Démocratique du Congo et la République du Congo. Ce pays, situé en zone tropicale pluvieuse (jusqu’à 8 mois de pluies au Sud), est caractérisé par une importante couverture forestière (de près de 3,5 millions d’hectares), un relief plat et accidenté et un réseau hydrographique dense qui compte deux grands fleuves et plus de 30 importantes rivières. Par ailleurs, le pays possède de multiples ressources minières; notamment: du diamant, de l’or et de l’uranium dont la plupart demeure inexploitée. Ce contexte physique favorise le développement de nombreuses maladies transmissibles, et constitue un handicap majeur de développement sanitaire en raison de l’impraticabilité des routes et de l’existence de nombreuses zones enclavées. Cependant la bonne pluviométrie, la fertilité de son sol, la richesse de sa faune et la densité de son réseau hydrographique devraient contribuer à assurer une constante sécurité alimentaire des ménages du pays. Sur le plan sociodémographique, la RCA compte une population de 4,2 Millions d’habitants 1 (63% rurale et 37% urbaine), avec un indice de pauvreté très élevé (67% vivent avec moins de 1 dollar US par jour). Les crises militaro-politiques des deux dernières décennies ont engendré des zones d’insécurité, provoquant ainsi des déplacements de populations, ce qui constitue un frein majeur au développement du pays. Sur le plan agricole, le secteur rural occupe 76% de la population active et constitue un secteur stratégique pour la lutte contre la pauvreté et la faim. L’impact du VIH/SIDA (6,2 % prévalence globale) et du paludisme (13,8%) sur la population aggrave la fragilité et la non performance du secteur agricole, contribuant ainsi à la dégradation des conditions de vie des ménages ruraux. Cette situation est caractérisée par le taux de prévalence du VIH qui est de 3,8 % chez les hommes et 5,4% chez les femmes (enquête sérologique 1 Projections RGPH - 2006. 6 du VIH/SIDA 2006). Cette pandémie du VIH/SIDA a pour conséquence l’aggravation de l’insécurité alimentaire des ménages (affectés et infectés) qui va se répercuter sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant. II. CONTEXTE SANITAIRE
2.1. La politique nationale de santé La loi 89.003 du 29 mars 1989 a fixé les principes généraux de la santé en RCA. Dans la perspective d’adaptation de cette loi au contexte actuel, une nouvelle politique de santé, clairement définie, validée au niveau technique en 2001 et révisée en 2004, a été adoptée par le Gouvernement. Cette politique de santé est fondée sur les Soins de Santé Primaires (SSP). Elle est basée sur les principes d’équité, d’accessibilité, d’égalité et de justice sociale. En 2006, après un large consensus sur le bilan du premier plan (PNDS I) et du Plan Intérimaire de Santé (PIS) 2000-2002, le PNDS II fut élaboré et adopté pour une durée de dix ans, couvrant la période 2006–2015. Le PNDS II s’articule autour des grands axes suivants : - le renforcement des capacités du cadre institutionnel et du partenariat ; - la lutte contre la maladie et la gestion des urgences et catastrophes ; - la promotion de la Santé de la Reproduction, - la promotion d’un environnement propice à la Santé.
2.2. Les principaux problèmes de santé du couple mère - enfant Les niveaux d’indicateurs de l’état de santé du couple mère enfant sont alarmants. En effet, en vingt ans, l’espérance de vie à la naissance de la population centrafricaine a reculé pour se situer à 40 ans pour les hommes et à 45,7 ans pour les femmes selon les résultats du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2003. La pandémie du Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA) en RCA, combinée à la profonde détérioration des conditions de vie de la population, explique le niveau de mortalité global élevé à ce jour qui est de 20,1 %o. L’analyse récente des problèmes de santé en rapport avec l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) fait ressortir les tendances suivantes : ▪ Les taux de mortalité infantile et mortalité infanto juvénile sont passés respectivement de 97%o et 157%o en 1995, à 131%o et 194%o en 2000, à 132%o et 220%o en 2003 et à 176%o et 106%o en 2006 (MICS 2006) ; ▪ Le taux de mortalité maternelle est passé de 898 pour 100.000 naissances vivantes en 1995 à respectivement 1335, et 980 pour 100.000 naissances vivantes en 2003 et 2006. ▪ La proportion de femmes ayant accès aux soins prénatals est passée de 62% en 2000 à 69% en 2006 ▪ La couverture vaccinale est passée de 80% en 2006 à environ 43% en fin juin 2009 (Direction du Programme Elargi de vaccination-PEV) ▪ Le taux d’insuffisance pondérale est passé de 23,2% en 1996 à 24,2% et 28,3% respectivement en 2000 et 2006, traduisant une augmentation d’année en année. Les principales causes de morbidité et de mortalité infanto juvénile notées selon l’enquête MICS 2006 sont: les maladies diarrhéiques (15%) ; les infections respiratoires aiguës (19%) ; la malnutrition aiguë modérée et sévère (10%); le faible poids à la naissance (13%) ; le paludisme (19 %) ; le SIDA (12%). Il faut noter que le taux de transmission mère enfant du VIH/SIDA est de 35%. Les causes de morbidité et de mortalité maternelle sont : les hémorragies (38%); les infections puerpérales (16%) ; les éclampsies (4%) ; le paludisme (4%) ; les anémies (4%) ; les avortements compliqués (2%). Le niveau élevé de la mortalité maternelle est aussi imputable aux grossesses non désirées, aux avortements clandestins et 7 d’autres problèmes comportementaux en hausse comme l’alcoolisme, le tabagisme et la drogue. L’analphabétisme chez les femmes (environ 70%, MICS 2006) et les forts taux d’anémie (55,6%) des femmes enceintes sont autant de facteurs aggravants.
2.3. Principales interventions récentes dans le domaine de la santé maternelle et infantile Devant cette situation le gouvernement centrafricain a développé plusieurs programmes :
2.3.1. Dans le domaine de la santé Plusieurs programmes ont été élaborés, adoptés et sont pour la plupart en cours d’exécution ; leur impact pourrait renforcer la santé de la mère et de l’enfant : ▪ Le plan d’accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle, Néonatale et Infantile (2004 -2015) ; avec des plans opérationnels de mise en œuvre ; ▪ L’immunisation plus, avec des interventions à haut impact sur la réduction de la mortalité infanto juvénile ; ▪ La PCIME Plus, dont la couverture en soins intégrés de qualité au niveau national atteint 50% ; ▪ Le Programme de Prévention de la Transmission du VIH des Parents à l’Enfant (PTPE) et la Prise en charge pédiatrique des nourrissons infectés ; ▪ La lutte contre le VIH avec une forte mobilisation des ressources à travers le Fonds Global ; ▪ Les Normes et directives en communication pour la promotion de la santé.
2.3.2 Dans le domaine de la nutrition ▪ Le plan stratégique de surveillance nutritionnelle intégrant les nouvelles courbes de croissance de l’enfant (OMS/UNICEF) ; ▪ Le protocole national de prise en charge de la malnutrition aiguë, intégrant les enfants de moins de 6 mois (allaitement maternel exclusif) et la mobilisation communautaire ; ▪ Les normes et procédures de surveillance nutritionnelle et de suivi de croissance des enfants intégrant les nouvelles courbes de croissance de l’enfant (OMS/UNICEF) ; ▪ La lutte contre les carences nutritionnelles : malnutrition aigue, carences en micronutriments… ▪ La PCIME Communautaire.
2.3.3 Dans le domaine des ressources ▪ Mobilisation des ressources du Fonds Global (paludisme, tuberculose, VIH/SIDA) ; ▪ Renforcement des capacités des acteurs à tous les niveaux ; ▪ Mobilisation des ressources auprès des structures locales. 8 III. ANALYSE DE LA SITUATION
3.1. Situation nutritionnelle La malnutrition demeure un problème réel de santé publique en R.C.A ; elle touche aussi bien les nourrissons, les jeunes enfants que des adultes. Selon les résultats de l’enquête MICS 2006, elle se manifeste par : ▪ Le retard de croissance sévère: 18,7% des enfants âgés de moins de 5 ans ; ▪ L’insuffisance pondérale globale : 28,3% (dont 8,1% sévère) des enfants de 6-59 mois ; ▪ La malnutrition aiguë globale : 10,1% dont 2,3% de forme sévère ▪ Le faible poids à la naissance (poids de naissance < 2500 g) : 13% Dans neuf (09) des seize (16) préfectures que compte le pays (Ombella M’poko, Kémo, Lobaye, Mambéré Kadéi, Ouham-Pendé, Bamingui-Bangoran, Haute-Kotto, Haut-Mbomou et Bangui), le taux de malnutrition aiguë globale était supérieur au seuil d’alerte de 10%. Dans les régions qui connaissent des situations d’urgence comme c’est le cas au Nord de la RCA, l’accès aux services sociaux et aux aliments est généralement difficile et l’état nutritionnel des enfants et des femmes se dégrade continuellement. Selon les statistiques publiées par les organismes humanitaires en 2008, le nombre de déplacés internes et de retournés sur toute la partie nord de la Centrafrique était estimé à 108.000 personnes dont la majorité est constituée de femmes et d’enfants. Dans la zone Sud-ouest du pays, depuis juin 2009, des évaluations nutritionnelles rapides effectuées dans la préfecture de la Mambéré Kadéi, de la Lobaye et de la Sangha Mbaéré ont montré une situation nutritionnelle préoccupante notamment dans la Sous Préfecture de Carnot : sur un total de 231 enfants, 50 présentaient une malnutrition aiguë modérée ; à Berberati, sur 296 enfants, 21 souffraient de malnutrition aiguë sévère. Bien que ces données ne soient pas représentatives de la région, elles témoignent d’un état de dégradation de l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans. Les résultats (ACF) des cinq dernières évaluations (Berberati, Gamboula Nola et Gadzi) confirment la dégradation de l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans. Concernant les carences en micronutriments, selon l’enquête sur l’Avitaminose A réalisée en R.C.A en 1996, 17% des femmes âgées de 15 à 49 ans souffraient de carence en vitamine A et 50,4% d’anémie. Les statistiques sanitaires montrent que ces carences nutritionnelles sont parmi les causes principales de morbidité chez la femme enceinte (UNICEF 2001). La carence en vitamine A infra clinique touche 68,2% des enfants âgés de 6 à 36 mois et 16,8% des femmes enceintes (UNICEF 2001). La carence en fer touche 84,2% des enfants âgés de 6 à 36 mois et 55,6% des femmes enceintes. La carence iodée touche (62,5 %) des enfants de 8 à 18 ans (Enquête sur les TDCI 1991) et le niveau de consommation de sel iodé des ménages a baissé passant de 86% (MICS 2000) à 76,2% (MICS 2006) avec des disparités selon les régions. La région nord est réputée être la porte d’entrée du sel non iodé venant du Soudan.
3.2. Situation alimentaire du Nourrisson et du Jeune Enfant Malgré la diversité et la disponibilité des produits alimentaires dans le pays, les problèmes alimentaires sont préoccupants chez les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes ou allaitantes. Parmi les multiples causes fréquemment révélées par les enquêtes, on peut citer : ▪ Les pratiques alimentaires inappropriées : selon l’enquête MICS 2006, le taux d’allaitement exclusif des moins de 6 mois est de 23,4% ; le taux d’allaitement continu (20-23 mois) est de 47,1% ; le taux d’alimentation complémentaire commencé à temps selon les normes OMS-UNICEF est de 55,2%. ▪ Les tabous alimentaires et la méconnaissance des besoins nutritionnels du nourrisson et du jeune enfant sont en partie les causes de ces faibles résultats. ▪ La pauvreté, les troubles militaro politiques et sociaux, l’insécurité, la faiblesse dans les activités de promotion d’autosuffisance alimentaire constituent d’autres causes universellement connues. 9
3.2.1. Principaux problèmes ▪ L’insuffisance des activités de promotion de santé en matière de nutrition (IEC, plaidoyer, CCC, Mobilisation sociale, médiation…) ; ▪ L’absence du Programme Intégré de Communication – Nutrition ; ▪ La faiblesse dans le fonctionnement des structures existantes de contrôle de qualité des aliments et de l’hygiène de l’eau (surtout le contrôle des aliments infantiles vendus); ▪ L’insuffisance d’implication de la communauté dans la surveillance nutritionnelle ; ▪ L’insuffisance de formation/recyclage des agents de santé dans le domaine de la nutrition du nourrisson et du jeune enfant (IHAB ; Déclaration d’Innocenti ; CODE CSLM…) ; ▪ La faiblesse dans l’application des textes protégeant la survie du couple mère enfant ; ▪ L’insuffisance de sensibilisation sur la consommation des produits locaux ; ▪ L’insuffisance des ressources humaines notamment les spécialistes dans le domaine de nutrition et de l’alimentation à différents niveaux de la pyramide sanitaire ; ▪ L’insuffisance de collaboration intersectorielle en matière de nutrition ; ▪ L’insuffisance d’intégration et de coordination des interventions ; ▪ La non fonctionnalité des organes de gestion de Soins de Santé Primaires. .
3.2.2. Principales interventions dans le passé et en cours a) Principales interventions dans le passé ▪ La Politique Nationale pour la protection, l’encouragement, et la promotion de l’Allaitement Maternel a été adoptée le 13 juillet 1993 ; ▪ L’Initiative Hôpitaux Amis des bébés adoptée, mise en œuvre avec attribution de Labels à onze (11) FOSA sur 27 ciblées pour devenir « Amies des bébés. ▪ L’organisation des Semaines Mondiales de l’Allaitement Maternel depuis 1994 au cours de la première semaine d’août de chaque année jusqu’à l’an 2005; ▪ La création du Comité National de Soutien à l’allaitement Maternel le 10 novembre 1995 ; ▪ L’organisation d’une journée de sensibilisation des parlementaires sur les bienfaits de l’Allaitement Maternel et le Code de commercialisation des substituts du lait maternel le 17 avril 2001 à Bangui ; ▪ La mise en place de groupes fonctionnels de soutien à l’allaitement maternel dans toutes les formations sanitaires ; ces groupes ont cessé de mener des activités en 2006 faute de moyens. b) Principales interventions en cours ▪ Renforcement des capacités institutionnelles et de partenariat ; ▪ Renforcement des capacités techniques ; ▪ Développement / renforcement des capacités des unités nutritionnelles en matérielles et certains intrants; ▪ Développement de la surveillance nutritionnelle à assise communautaire ; ▪ Promotion de la nutrition et mise en place d’interventions communautaires ; ▪ Développement d’un système d’alerte précoce pour la notification des cas de malnutrition.
3.2.3. Les défis à relever à court, moyen et long terme a) A court terme ▪ Elaborer et adopter la Stratégie de l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) ; ▪ Mettre en œuvre son plan d’action opérationnel en y affectant les ressources nécessaires ; ▪ Promouvoir l’allaitement maternel optimum et notamment l’allaitement exclusif ; ▪ Promouvoir les aliments de complément à base de produits locaux ; ▪ Renforcer les capacités institutionnelles et les ressources humaines en charge de la nutrition ; ▪ Développer la collaboration intersectorielle en matière de nutrition ; 10 ▪ Renforcer la capacité des communautés en matière de nutrition ; ▪ Développer des actions de promotion de la santé en matière de nutrition. b) A moyen terme ▪ Elaborer et adopter la politique nationale de nutrition avec son plan d’action ; ▪ Prendre en charge tous les cas de malnutrition aigue sévère chez les enfants de moins de 5 ans ; ▪ Accélérer le passage à l’échelle nationale de la PCIME-Communautaire ; ▪ Renforcer les activités de consultation prénatale (CPN) dans toutes les FOSA ; ▪ Redynamiser le programme du Planning familial/utilisation des méthodes contraceptives ; ▪ Développer des activités à haut impact sur la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. ▪ Renforcer le programme de lutte contre les carences en micronutriments. c) A long terme ▪ Enrichir les aliments infantiles en micronutriments ; ▪ Généraliser les activités de promotion de santé dans tous les secteurs relatifs à la nutrition ; ▪ Renforcer la législation sur le contrôle de qualité des aliments pour nourrissons et jeunes enfants.
3.2.4. Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant dans les zones de conflits/d’urgence Le nourrisson et le jeune enfant sont les plus exposés lors des catastrophes naturelles ou celles provoquées par l’homme. Pour la majorité des nourrissons il convient de mettre l’accent sur la protection, l’encouragement et le soutien de l’allaitement maternel et sur une alimentation complémentaire appropriée. Les enfants qui se trouvent dans ces situations difficiles doivent bénéficier d’une attention spéciale et d’un appui pratique afin de leur assurer une alimentation adéquate. Dans de telles situations, l’absence de l’allaitement maternel est plus probable et les dangers liés à une alimentation artificielle ou à une alimentation complémentaire inappropriée augmentent. Chaque fois que cela est possible, la mère et l’enfant doivent rester ensemble et recevoir l’appui nécessaire pour exercer l’option alimentaire la plus appropriée au regard des circonstances.
3.2.5. Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant dans le contexte de VIH En RCA le VIH/SIDA est en phase de devenir la première cause de morbidité et de mortalité. En effet la prévalence globale du VIH est évaluée à 6,2% (MIC 2006). Les femmes sont deux fois plus touchées (7,8%) que les hommes (4,3%) dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans. Selon l’ONUSIDA, en RCA la transmission parents enfants du VIH est estimée à 35% (2003). Le risque absolu de transmission du VIH en cas d’allaitement maternel pendant plus d’un an se situe entre 10 - 20 % dans le monde. Toutes les mères infectées par le VIH doivent être conseillées, sur la façon de satisfaire leurs propres besoins nutritionnels et les risques et avantages des différentes options alimentaires. Elles doivent notamment recevoir des conseils spécifiques pour leur permettre de choisir l’option qui a le plus de chances de convenir à leur situation. Une alimentation adéquate de substitution est nécessaire dans le cas des enfants nés de mères VIH positives qui choisissent de ne pas allaiter. Comme chaque situation est unique, les conseils doivent être adaptés aux besoins de chaque individu. L’évaluation des critères AFASS (Acceptable, Faisable, Accessible, Soutenable, et Sûre) doit permettre aux prestataires d’évaluer si la femme est capable de mettre en œuvre l’allaitement artificiel exclusif. 11 IV. PRINCIPAUX AXES D’INTERVENTION DE LA STRATEGIE ANJE
4.1. Alimentation de la femme en âge de procréer
4.1.1. Alimentation de la jeune fille (Adolescente) Les jeunes filles et les adolescentes ont un besoin accru d’aliments variés et équilibrés pour assurer leurs besoins physiologiques et se développer. En RCA, le programme de Santé de la reproduction (SR) adopté en 2003, met l’accent sur les soins maternels et infantiles et insistent sur les besoins nutritionnels de la jeune fille et des adolescents. Malheureusement dans le pays, très peu de données existent sur la situation nutritionnelle et alimentaire de ces jeunes filles et adolescentes. Les données disponibles sur la carence en iode (Enquête sur l’avitaminose A en 1991) indiquent que la prévalence du goitre chez les sujets âgés de 8 à 18 ans est de 65,5%. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS/RCA 94-95), la fécondité est précoce, environ 36% des adolescentes de 14 à 19 ans ont déjà un enfant. On note aussi une faible scolarisation et une déperdition des filles à tous les niveaux du système éducatif ; le taux brut de scolarisation des filles dans l’enseignement secondaire était de 13% contre 27% chez les garçons ((EDS/RCA 94-95). Selon le MICS 2006, le taux d’inscription au primaire des garçons (14%) est légèrement plus élevé que celui des filles (10,6%). Au regard de ce qui précède, les interventions suivantes sont importantes pour la jeune fille : elle a besoin de fer, de vitamine A, d’iode, de calcium, de zinc ou de tout autre micronutriment pour constituer son stock de base de future mère. Elle doit manger de suppléments d’aliments énergétiques et riches en protéine et en micronutriments. Cette condition n’est pas toujours remplie soit par ignorance soit à cause de certaines habitudes alimentaires qui excluent certains aliments pour la fille (ceux-ci sont dits porteurs de maladies ou de mauvais sort). C’est ainsi que certains gibiers ou poissons disponibles qui sont riches en protéines animales indispensables à la croissance de la jeune fille sont interdits.
4.1.2. Alimentation de la femme Les femmes centrafricaines mènent des travaux pénibles dans leur grande majorité mais leur alimentation demeure pauvre, non variée et parfois insuffisante selon les saisons. S’agissant de l’accessibilité aux services de santé, la femme centrafricaine en milieu rural est obligée de parcourir plus de 10 km à pied ou en utilisant les moyens de fortune pour atteindre une formation sanitaire. Selon le Plan d’Accélération de la Réduction de la mortalité Maternelle, Néonatale et Infantile (2004-2015), en RCA les ressources humaines sont insuffisantes en quantité et en qualité et sont mal réparties : seulement 17% des médecins pratiquent à l’intérieur du pays et 90% des Sages-femmes exercent à Bangui où vivent moins de 40% de la population. Ce déséquilibre en personnel est vécu par les populations rurales dans plusieurs domaines, ce qui compromet la prise en charge sanitaire et nutritionnelle du couple mère-enfant. S’agissant de la pauvreté, toutes les études convergent pour reconnaître qu’elle se « féminise » en Afrique tout comme le VIH/SIDA Les interventions suivantes peuvent être préconisées : - Développer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) ; - Encourager les Consultations prénatales. 12
4.2. Alimentation de la femme enceinte et de la femme allaitante La situation de la femme enceinte ou de la femme allaitante n’est pas différente de la femme centrafricaine. Cette situation est plus grave chez la femme enceinte ou allaitante du fait de la charge de la grossesse et de l’allaitement.
4.2.1. Alimentation de la femme enceinte Selon la série The Lancet, « la malnutrition a un effet durable sur les mères et leurs enfants. La malnutrition maternelle et infantile est l’un des facteurs sous-jacents intervenant dans plusieurs millions de décès chaque année dans le monde ». En se référant à la dernière enquête MICS (2006), 13% des nouveau-nés présentaient un faible poids à la naissance, c'est-à-dire moins de 2500 grammes. Cet indicateur qui est un indicateur indirect de la malnutrition maternelle traduit aussi les risques de mortalité que ces nouveau-nés encourent avant leur premier anniversaire. L’alimentation de la femme enceinte est inadéquate du fait de la mauvaise qualité de son alimentation,elle manifeste des carences en micronutriments (iode, Vitamine A et fer). Selon l’enquête MICS (2006), 39% des femmes en grossesse sont anémiées contre 41% pour les femmes allaitantes. S’agissant de la vitamine A, seulement environ 2 femmes sur 5 (soit 39,8%) ont reçu au cours des huit semaines qui ont suivi l’accouchement (femmes en post partum immédiat) des suppléments de vitamine A. Les interventions suivantes peuvent être préconisées : - Supplementation systématique des femmes enceintes en micronutriments ; - Renforcement de la ration alimentaire de la femme enceinte.
4.2.2. Alimentation de la femme allaitante Tout comme la femme enceinte, la femme allaitante centrafricaine connaît des difficultés pour se nourrir correctement. Selon les données du MICS 2006, 49% des accouchements se font à domicile. En 2005 seulement 44% des femmes se sont présentées à la consultation prénatale, ce qui montre que la majorité des femmes allaitantes ne bénéficient pas des conseils nutritionnels qui les préparent à l’allaitement maternel dès la première heure après l’accouchement. Cette réalité fait perdre aux nouveau-nés tous les bienfaits du colostrum. Du fait du faible taux d’utilisation des méthodes contraceptives 19% (dont 9% pour les méthodes contraceptives modernes (MICS 2006) et de l’application du planning familial, des grossesses rapprochées ou indésirées interviennent très souvent. Cela crée de sérieux obstacles à l’application de directives pour un allaitement maternel bien conduit. Le taux de 23,4% d’allaitement exclusif (MICS 2006) chez les moins de 6 mois est un niveau qui demeure très faible (moins d’une femme sur quatre). Parmi les interventions réputées efficaces de lutte contre la malnutrition maternelle, néonatale et infantile, l’allaitement maternel et la supplementation en micronutriments figurent en bonne place (The Lancet). Il y a là un défi à relever pour assurer à la femme allaitante centrafricaine une bonne nutrition, un élément clé de sa santé et de celle de son enfant. Les interventions retenues pour ce groupe sont : ▪ Supplementation systématique en vitamine A des femmes en post partum ; ▪ Augmentation de la ration alimentaire. 13
4.3. Pauvreté et insécurité alimentaire des ménages Les sous secteur agriculture et élevage occupe près de 74% de la population active (67 % des hommes et 81% des femmes) et 81% du PIB. Par conséquent le secteur agricole joue un rôle majeur pour l’amélioration de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dont les taux sont de 72% en milieu rural et 67,2% au niveau national (Source RGPH 2003). Les conséquences de cette situation sont les manifestations graves de la malnutrition qui existent particulièrement chez les femmes enceintes et les chez enfants de 0 à 5 ans. En général la couverture des besoins alimentaires n’est pas la même selon les régions et les catégories de la population. Les problèmes identifiés déjà en 1996 lors de l’élaboration du Plan National d’Action pour la Nutrition (PNAN) en matière de sécurité alimentaire demeurent toujours d’actualité. C’est pourquoi il faut : ▪ Améliorer des circuits des produits alimentaires ; ▪ Promouvoir la technologie de transformation des produits locaux;
4.4. Pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant
4.4.1. Allaitement Maternel Exclusif L’Allaitement Maternel Exclusif consiste à nourrir le bébé de moins de 6 mois uniquement au sein sans autres apports alimentaires incluant l’eau, les aliments liquides, semi-solides ou solides, à l’exception des médicaments et des vitamines. Les avantages de l’allaitement maternel dans les pays en développement sont bien connus sur les plans nutritionnel, sanitaire, socio affectif, éducatif, reproductif et économique. De nombreuses études tant hospitalières que communautaires ont révélé le rôle très positif de l’allaitement maternel exclusif dans la réduction de la mortalité infantile. De ce fait, la politique nationale en matière d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant repose sur un allaitement maternel optimal bien conduit dont les principales étapes sont : ▪ Allaiter exclusivement dès la naissance jusqu’à 6 mois ; ▪ Et ajouter des aliments de complément appropriés dès 6 mois ; ▪ Continuer d’allaiter jusqu’à 24 mois. Cette politique nationale en matière d’allaitement de la RCA a été renforcée avec l’adoption de la Loi réglementant la commercialisation des produits d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants en République Centrafricaine.
4.4.2. Pratiques d’alimentation de complément Afin de mieux répondre aux besoins nutritionnels de l’enfant à partir du sixième mois, il est recommandé d’introduire progressivement, en plus du lait maternel, des aliments de complément d’abord liquides, puis semi solides et solides. L’introduction des aliments de complément à cette période est cruciale, car plusieurs études ont montré que c’est souvent à partir de cette période (6 à 9 mois) que la malnutrition commence à se manifester et à s’installer, pour cela, il faut : ▪ Mettre en œuvre les recommandations de l’atelier d’adaptation relative aux aliments et aux liquides, tenu à Bangui en mars 2004 ▪ Mettre en œuvre les recommandations contenues dans les carnets de croissance des enfants (dans les nouvelles courbes de croissance de l’enfant), ▪ Promouvoir la production d’aliment de compléments (unité de transformation et de production) 14
4.4.3. Hygiène et sécurité biologique des aliments pour enfants La situation économique des ménages en Afrique s’est dégradée ces dernières années et la crise alimentaire intervenue en 2008 a mis à nue les difficultés qu’ont les ménages à nourrir les membres de leurs familles. Cette situation a favorisé la circulation d’aliments infantiles peu sûrs et parfois avariés. La RCA connaît les mêmes problèmes surtout que le contrôle de qualité des denrées alimentaires a cessé d’être opérationnel depuis plusieurs années, faute de moyens techniques et humains. La faiblesse du fonctionnement et la mauvaise coordination des structures de contrôle de la qualité et de l’innocuité des aliments ont été identifiés comme obstacles à l’atteinte d’une bonne sécurité des aliments au plan national par le PSSA. Pour cela : ▪ Les aliments infantiles importés ou produits localement doivent être contrôlés par les services de santé et d’hygiène. ▪ Le contrôle des Aliments Prêts à l’Emploi (ATPE, Plumpynut et autres) à tous les niveaux et plus particulièrement dans les zones d’urgence doit être fait.
4.4.4. Enrichissement en micronutriments des aliments infantiles Les carences en micronutriments (iode, vitamine A, fer, zinc) sont répandues et constituent dans la plupart des pays un problème de santé publique. La diversification alimentaire ne se faisant pas avec satisfaction pour procurer des micronutriments aux nourrissons et aux jeunes enfants, la plupart des programmes nationaux de nutrition recommandent l’enrichissement des aliments infantiles avec des micronutriments comme la vitamine A, le fer, le zinc. En république centrafricaine, cette approche pourrait être adoptée suite à des études de faisabilité sur des aliments vecteurs de grande consommation comme le manioc, le mais, le mil etc. Les expériences de fortification en Zambie (sucre enrichi en vitamine A), au Zimbabwe (avec la farine de mais) et en Afrique du Sud (plusieurs aliments) ont montré l’efficacité de cette stratégie d’enrichissement des aliments pour lutter contre les carences en micronutriments.
4.4.4. Influences néfastes Dans le domaine de la nutrition, il s’agit de tabous ou d’interdits alimentaires (exemples: manger du silure blanc provoque des difficultés respiratoires ; manger du porc provoque la dermatose anale ; manger du phacochère provoque le bec de lièvre etc.), les périodes de soudures et la surveillance des enfants. Pour faire face à cela, il faut élaborer, adopter et mettre en œuvre le Plan Intégré de Communication (PIC) qui pourrait induire un changement de comportement des populations et atténuer l’impact de ces influences négatives.
4.5. Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant dans le contexte de VIH
4.5.1. Allaitement et VIH/PTPE L’emploi de substitut de lait maternel se fait auprès de la mère séropositive avec précaution en cas de nécessité, et après l’établissement d’un certain nombre de conditions (AFASS): ▪ Acceptable : la mère ne voit aucun obstacle majeur qui s’oppose au choix d’une méthode d’alimentation, que ce soit sur le plan culturel ou social ou par peur de stigmatisation ou de discrimination. ▪ Faisable : la mère (ou un autre membre de la famille) dispose du temps, des connaissances, des aptitudes et des ressources nécessaires à la préparation des repas du nourrisson et à son alimentation, et bénéficie du soutien qui lui permet de faire face aux pressions de la famille, de la communauté et de la société. ▪ Abordable Financièrement : la mère et la famille, avec l’appui de la communauté et/ou du système sanitaire, peuvent supporter le coût des aliments de remplacement – y compris celui de tous les 15 ingrédients, du combustible et de l’eau potable – sans compromettre l’équilibre alimentaire et sanitaire du reste de la famille. ▪ Soutenable : la mère bénéficie sans interruption de l’accès à tous les ingrédients et produits nécessaires pour mettre en pratique dans de bonnes conditions de sécurité l’option d’alimentation choisie, et ce aussi longtemps que nécessaire. ▪ Sûre : les aliments de remplacement sont conservés, préparés et donnés à l’enfant correctement et dans de bonnes conditions d’hygiène et en quantité suffisante; la nourriture est donnée à l’enfant avec des mains propres en utilisant des ustensiles propres, de préférence les tasses/gobelets. Dans cette condition il est nécessaire de : - donner des conseils, qui incluent notamment des informations générales sur les risques et les avantages des différentes options d’alimentation du nourrisson ; - aider les mères au choix de l’option la plus appropriée dans leur cas (AFASS) ; - Lutter contre la stigmatisation et la discrimination ; - Renforcer la prise en charge médicale du couple mère enfant VIH+ ; - Renforcer la prise en charge psychosociale - Supplémenter le couple mère enfant VIH+ en micronutriments - Renforcer la prise en charge nutritionnelle du couple mère enfant séropositif - Renforcer la sécurité alimentaire des ménages affectés par le VIH/SIDA
4.6 Alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans les situations d’urgence Le nourrisson et le jeune enfant, quel que soit le lieu où ils se trouvent, doivent bénéficier de toute l’alimentation requise pour se développer harmonieusement. La multiplication des catastrophes naturelles, des conflits armés et des troubles socio politiques, de nombreuses femmes et enfants se retrouvent sur des chemins d’exil ou entassés dans des zones à abris précaires en tant que personnes déplacées ou retournées (IDPs). Dans ces situations, les femmes en grossesse, les femmes allaitantes ont des difficultés à se nourrir et à nourrir correctement leurs enfants. L’allaitement maternel exclusif des nouveau-nés est souvent compromis dans ces situations. C’est pourquoi les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement exposés à un risque de maladie (malnutrition) et de décès. Dans cette condition le nourrisson et le jeune enfant doivent bénéficier de : - Une alimentation requise pour une croissance optimale et un développement harmonieux ; - Une attention spéciale et un appui pratique pour assurer une alimentation adéquate. Veiller à l’application du Code International de Commercialisation des Substituts du Lait Maternel (CISLM) dans les zones d’urgence
4.7. Situation de l’éducation sanitaire et nutritionnelle dans les structures socio-sanitaires, agricoles, environnementales et communautaires Les problèmes en matière de communication pour induire des changements de comportements sont nombreux. Les résultats sont lents à obtenir et les investissements pour y arriver sont coûteux. Il faut intervenir sur les points suivants: - Renforcer la coordination intersectorielle en matière d’IEC nutrition ; - Equiper les structures de communication en matériels éducatifs ; - Former les relais communautaires en matière d’IEC. 16
4.8 — Insuffisance dans la mise en œuvre des mesures et des lois en faveur de l’allaitement maternel
4.8 Insuffisance dans la mise en œuvre des mesures et des lois en faveur de l’allaitement maternel: Code ; IHAB ; déclaration d’Innocenti
4.8.1 Code International de Commercialisation des Substituts du lait maternel (Code CICSLM) Afin de contribuer à procurer aux nourrissons une nutrition sûre et adéquate, l’OMS a adopté en 1981, le Code International de commercialisation des substituts du lait maternel. Il a pour but de protéger et d’encourager l’allaitement au sein. En République Centrafricaine la situation se caractérise par les textes d’application du Code International de Commercialisation des Substituts du lait maternel (CICSLM) qui ont été élaborés depuis 2001, mais ne sont pas encore promulgués ; cependant certains aspects de son contenu sont appliqués (il reste encore des violations de certaines de ses dispositions). Donc, il faut : • Diffuser, et appliquer le Code (CICSLM) • Appliquer le code d’hygiène • Faire appliquer les dispositions du Code (CICSLM) qui ne sont pas encore respectées.
4.8.2 Initiative Hôpitaux Amis des Bébés (IHAB) Cette initiative a été lancée en 1990 conjointement par l’OMS et l’UNICEF en même temps qu’elles adoptaient la Déclaration d’Innocenti sur la protection, l’encouragement et le soutien de l’allaitement maternel. En RCA, son application se heurte à des difficultés. Pour cela, il faut : • Rééquiper les hôpitaux ou FOSA IHAB (matérielles, financières, humaines); • Renforcer le suivi/évaluation des activités dans les structures IHAB ; • Redynamiser les associations des consommateurs • Redynamiser la mise en œuvre des « dix conditions pour le succès de l’allaitement maternel ». • Créer des Initiatives Communautés Amies des Bébés (ICAB) à l’image de l’IHAB ; • Mettre en œuvre les dispositions de la Déclaration d’Innocenti
4.8.3 Les mesures législatives, réglementaires et sociales protégeant la femme allaitante (congé de maternité et autres droits) Le Gouvernement Centrafricaine doit veiller à l’application des dispositions de l’article 11 de la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes. En son point 2, il est dit : afin de prévenir la discrimination à l’égard des femmes en raison de leur mariage ou de leur maternité et de garantir leur droit effectif au travail, les Etats parties s’engagent à prendre des mesures appropriées ayant pour objet : ▪ D’interdire sous peine de sanction, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité et de discrimination dans les licenciements fondés sur le statut matrimonial ; ▪ D’instituer l’octroi de congé de maternité payé ou ouvrant droit à des prestations sociales comparables, avec garantie de maintien de l’emploi antérieur, des droits d’ancienneté et des avantages sociaux ; ▪ D’encourager la fourniture des services sociaux d’appui nécessaire pour permettre aux parents d’assurer les obligations familiales avec les responsabilités professionnelles et la participation à la vie publique en particulier en favorisant l’établissement et le développement d’un réseau de garderies d’enfants.
4.8.4 Protection sociale et encouragement des mères Le Gouvernement de la R.C.A doit veiller à l’application de l’article 11 de la convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes notamment des points qui stipulent :(e) le droit à la sécurité sociale notamment aux prestations de retraite, de chômage, de maladie, d’invalidité et de vieillesse ou pour toute autre perte de capacité de travail, ainsi que le droit à des congés payés ; (f), le droit à la protection de la santé et à la sécurité des conditions de travail, y compris la sauvegarde de la fonction de Reproduction. 17 V. OPTIONS STRATEGIQUES
5.1 Justification Les raisons majeures qui justifient l’élaboration d’une Stratégie hardie pour l’Alimentation du nourrisson et du Jeune Enfant sont de plusieurs ordres, on citera entre autre : • Le contexte du VIH en RCA ; • Les pratiques alimentaires inappropriées (faible taux d’Allaitement Maternel Exclusif, introduction d’aliments inadéquats, comportements néfastes des parents) ; • le taux d’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5 ans est de 28,3% ; Le taux d’insuffisance pondérale sévère est de 8% et le taux d’émaciation sévère est de 2% au niveau national (MICS 2006) ; • De nombreux tabous alimentaires et problèmes d’accessibilité aux aliments qui compromettent une alimentation maternelle essentielle pour la croissance du nouveau-né ; • Les OMD 1 et 4 ne risquent pas d’être atteints si des efforts subséquents ne sont pas faits pour assurer une sécurité alimentaire aux ménages pauvres, une éducation nutritionnelle des familles et une bonne répartition équitable des aliments entre les membres d’une même famille ; • La nutrition est une composante cruciale universellement reconnue des droits que la mère et son enfant doivent jouir pour avoir un niveau de santé le plus élevé possible, comme les prévoit la Convention relative aux Droits de l’Enfant et la Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes ; • La baisse drastique du pouvoir d’achat des ménages du fait de la pauvreté qui a entrainé la réduction considérable du niveau et de la qualité de leur consommation, de même que le déplacement répété des populations du fait des troubles politiques et militaires ont pénalisé les enfants et les femmes, aussi bien dans les zones d’accueil que dans les villages d’une alimentation adéquate ; • La pandémie du VIH et le risque de transmission parent-enfant du VIH (35%) par l’allaitement au sein constituent un défi particulier pour la promotion de l’allaitement maternel ; • Les résultats de recherche de « the Lancet séries » à propos de l’importance de la nutrition maternelle et infantile sur la santé du couple mère-enfant ; • Sur quarante cinq interventions ciblées efficaces contre la malnutrition maternelle et infantile, il y a l’allaitement maternel exclusif et l’alimentation de complément bien conduit.
5.2 La Vision du pays. Apres avoir adopté le « plan d’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle, Néonatale et Infantile (2004 -2015) », cette stratégie d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE) vient compléter un dispositif national de lutte contre la mortalité maternelle et infantile dans le pays. L’ambition visée par la Stratégie de l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant dans le contexte du VIH en RCA est que chaque famille ait accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes pour que les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et allaitantes puissent jouir d’une bonne santé. A cet effet, la RCA s’engage à garantir à chaque famille, en permanence, l’accès à une alimentation suffisante, saine et équilibrée afin que les jeunes filles en âge de procréer, les femmes enceintes et allaitantes jouissent d’une bonne santé pour donner naissance à des enfants bien nourris, sains, intelligents et productifs. Le gouvernement s’engage aussi à élaborer au cours des prochains mois la Politique Nationale de Nutrition qui sera un cadre de référence pour tous les intervenants en nutrition en RCA. Telle est la vision du gouvernement dans la longue marche pour l’atteinte des objectifs du millénaire. 18
5.3 OBJECTIFS
5.3.1 Objectif global Contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité infanto juvénile imputables à la malnutrition.
5.3.2 Objectifs spécifiques • Augmenter de 23,4% à 40% la proportion des nourrissons de 0 à 6 mois nourris exclusivement au sein; d’ici fin 2015; • Augmenter de 55,2% à 60% la proportion des mères qui introduisent des aliments de complément à partir de 6 mois d’ici fin 2015 selon les recommandations de l’OMS et de l’UNICEF ; • Réduire la prévalence de l’anémie chez les femmes enceintes et allaitantes de 50,4% à 20% d’ici fin 2015 ; • Assurer les soins préventifs à au moins 80% des enfants de 0 à 59 mois ; • Réduire de 13% à 8% le nombre d’enfants naissant avec un faible poids de naissance d’ici 2015 ; • Augmenter le taux d’utilisation des contraceptifs de 19 à 25% d’ici 2015 ; • Renforcer la supervision, le monitorage et l’évaluation selon le dispositif national existant.
5.3.3 Objectifs opérationnels • Intégration des actions essentielles en nutrition dans le Paquet Minimum d’Activités (PMA) des services de santé à tous les niveaux ; • Plaidoyer pour l’implication des autres secteurs dans les actions de la nutrition ; • Redynamisation du réseau des intervenants en matière de nutrition ; • Le renforcement des capacités des acteurs de mise en œuvre dans tous les secteurs ; • La promotion de la santé comme composante transversale de toutes les interventions.
5.4 Les principaux axes d’intervention de l’ANJE
5.4.1 Promotion d’une bonne alimentation de la jeune fille, de la femme enceinte et allaitante La promotion d’une bonne alimentation passe par les actions suivantes : • Au moins une ration alimentaire de l’aliment de base par jour pendant la grossesse et l’équivalent d’un repas supplémentaire par jour pendant l’allaitement ; • Consommation quotidienne accrue des fruits et légumes, des protéines d’origine animale et d’aliments fortifiés ; • Supplementation en fer acide folique ou avec multiples micronutriments pendant la grossesse et pendant les trois premiers mois après l’accouchement et continuer si cela est nécessaire ; • Apport adéquat en iode ; et apport suffisant de vitamine A ; • Diminution de la charge du travail et plus de repos pendant la grossesse ; • Déparasitage après le premier trimestre de grossesse.
5.4.2 Promotion de l’alimentation appropriée du nourrisson et du jeune enfant Allaitement maternel exclusif 0-6 mois • Application des dix conditions d’allaitement maternel ; • Extension de l’Initiative Hôpitaux Amis de Bébés ; • Initiation de l’initiative Communautaire Amie de Bébés ; • Extension de la PCIME communautaire ; • Surveillance de la croissance. 19
5.4.3 Promotion de l’alimentation de complément des enfants de 6 à 24 mois et plus • Extension de la PCIME communautaire ; • Surveillance de la croissance des enfants ; • Promotion d’un apport suffisant en nutriment essentiel par l’accès aux aliments appropriés ; • Promotion d’une alimentation complémentaire appropriée dans le respect des recommandations de l’OMS/UNICEF consignées dans les nouveaux carnets de santé de l’enfant.
5.4.4. Promotion de la santé en matière de nutrition • Mobilisation communautaire ; • Sensibilisation de la communauté ; • Formation des relais communautaires, ONGs/OAC et les leaders communautaires ; • Plaidoyer envers les leaders ; • Implication des médias ; • Elaboration et harmonisation des outils de communication en faveur de l’ANJE ; • Promotion de la CCC dans les zones rurales et semi urbaines par la formation des leaders communautaires ; .
5.4.5 Lutte contre les carences en micronutriment Compte tenu de l´ampleur des différentes carences en micronutriments observées en RCA et des habitudes alimentaires (alimentation pauvre en fruits, légumes et produits d´origine animale), l´alimentation complémentaire à elle seule ne peut pas combler les déficits en micronutriments. Par conséquent, la supplementation en micronutriment est indispensable. Elle se fera à travers: • L’intégration de la supplementation en micro nutriments (fer, vit A, zinc) dans les activités de routine des différents programmes de santé (PEV, SMI, SR, Nutrition) ; • Les campagnes de masse : JNV, semaine mère – enfant ; • Le contrôle de l´iodation du sel à tous les niveaux ; • La supplementation en vitamine A des femmes allaitantes et des enfants de 6-59 mois en routine, pendant les CPN et les consultations curatives ; • La promotion de la consommation des aliments riches en vitamine A ; • La promotion de la consommation du sel iodé et des aliments riches en iode ; • Le déparasitage des enfants de 12 à 59 mois pendant les SME ; • La collaboration avec les autres programmes notamment la recherche et l’Université.
5.4.6. Protection juridique en faveur de l’allaitement maternel • Intégration des droits de la maternité comme défini dans la législation nationale existante ; • plaidoyer pour la promulgation du projet de loi sur la commercialisation des substituts du lait maternel.
5.4.7. Renfoncement des capacités • introduction /renforcement des notions de nutrition dans le système éducatif à différents niveaux. • formation en cours d’emploi • formation de nutritionnistes ; • Renforcement de l’enseignement de la nutrition dans les écoles de formation médicale et paramédicale (développement de curricula à tous les niveaux).
5.4.8. Amélioration de l’alimentation du nourrisson et de l’enfant dans le contexte du VIH. • Renforcement dans la prise en charge médicale et alimentaire • Renforcement en matière de communication sur les risques de Transmission Parents Enfant (TPE) ; • Extension des groupes de soutien PTPE dans le pays. • Prendre en charge les OEV dans tous les aspects des besoins : médical, nutritionnel, psychosocial. 20
5.4.9 Sécurité alimentaire • L’amélioration de la production et de la productivité des ménages: renforcement des capacités des producteurs, mobilisation des ressources financières, octroi des crédits agricoles, autonomisation de la femme rurale par l’octroi de crédits et d’intrants agricoles • Promotion des unités de transformation des produits locaux au niveau urbain et rural • Renforcement des capacités des cadres de l’agriculture dans le domaine de la nutrition et de la sécurité alimentaire des ménages (production, consommation, conservation) • Développement des activités génératrices de revenus AGR en faveur des femmes, notamment des mères séropositives ; Si toutes ces activités sont réalisées, le nourrisson et le jeune enfant pourraient bénéficier d’une bonne alimentation de leurs parents, et leur nutrition s’en trouvera améliorée.
5.4.10 Promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans les situations d’urgence D’une manière générale, les familles se trouvant dans des situations difficiles doivent bénéficier d’une attention spéciale et d’un appui pratique pour que les enfants reçoivent une alimentation adéquate. Dans de telles situations, l’absence de l’allaitement maternel est plus probable et les dangers liés à une alimentation artificielle ou à une alimentation complémentaire inappropriée augmentent. Chaque fois que cela est possible, la mère et l’enfant doivent rester ensemble et recevoir l’appui nécessaire pour exercer l’option alimentaire la plus appropriée au regard de ces circonstances. En RCA, à cause des conflits, il y a eu des zones de déplacés depuis deux décennies. Dans ces conditions les programmes de nutrition, de SMI ou de PCIME doivent avoir des activités dans ces zones et agir en synergie avec les humanitaires et les ONG sur place pour garantir l’effectivité de ces soutiens : • Mettre en place des « endroits aménagés » pour les consultations prénatales ; • Assurer un minimum de suivi de la croissance des enfants (dès l’entrée au camp) ; • Fournir des stocks de micronutriments aux agents sur terrain ; • Intégrer les activités de supplementation en micronutriments dans les activités de vaccination (avoir un paquet de services à la fois) ; • Mener à chaque fois des séances d’éducation sanitaire et nutritionnelle ; • Bien cibler ceux qui ont le plus besoin de soutien dans ces zones : femmes seules ; enfants abandonnés dans la fuite des parents ; les orphelins ou les veuves du SIDA etc. • Bien coordonner l’aide humanitaire et faire en sorte que l’aide parvienne aux bénéficières et ne soit pas détournée ni vendue • Faire respecter les dispositions du CODE et du Codex Alimentaires dans ces zones de conflits : pas de distribution de laits ; pas de vente de biberons et de tétines, pas de violations du CODE de CSLM, etc. • Assurer la prise en charge des cas de malnutrition (cf protocole national). 21 VI. SUIVI ET EVALUATION DE L’ANJE
6.1. La supervision Sa fréquence variera selon les niveaux d’interventions et s’alignera sur le système national de supervision pyramidal du ministère de la santé publique, de la population et de la lutte contre le SIDA (MPPLS) : - Niveau central : une supervision tous les 6 mois ; - Niveau intermédiaire : une supervision tous les 3 mois par l’ECR (Point focal régional de Nutrition) ; - Niveau du district : une supervision tous les 2 mois par l’ECD ; - Niveau opérationnel : une supervision tous les mois par les chefs de centres de santé. Le service de Nutrition peut en fonction des besoins, faire des missions dans des domaines précis pour appuyer un niveau d’intervention donné. A cet effet, une fiche de supervision intégrée et standardisée prendra en compte les différents niveaux d’interventions. Les fiches du SNIS seront révisées pour pendre en compte les résultats des activités de l’ANJE.
6.2. Le monitorage Pour renforcer le plan de suivi et évaluation, les activités de monitorage seront organisées semestriellement à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ainsi que les appuis techniques. Les rapports du monitorage feront l’objet d’un feedback lors des supervisions formatives aux différents échelons de la pyramide sanitaire. Les ajustements et réorientations d’activités pour corriger les imperfections se baseront sur les résultats du monitorage au cours des supervisions.
6.3. L’évaluation Une évaluation (externe ou interne) sera organisée au niveau régional et central afin d’apprécier le degré d’atteinte des objectifs fixés de l’ANJE à mi-parcours et en fin de cycle (2015). VII. CADRE INSTITUTIONNEL DE MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE ANJE
7.1. Mécanismes multisectoriels de la mise en œuvre de l’ANJE La stratégie sera placée sous la tutelle du Ministère de la Santé Publique, de la population et de la lutte contre le Sida qui l’exécutera dans un cadre multisectoriel comprenant les Ministères: de la Santé, du Développement Rural et de l’Agriculture, de l’Education Nationale, de l’enseignement Supérieur et de la Recherche, , des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale et de la Famille, et des ONG. Dans la perspective d’une mise en œuvre efficace de cette stratégie et garantir une approche multisectorielle des problèmes, il est nécessaire de disposer de cadres stratégiques performants de concertation, de programmation, d’exécution et de suivi/évaluation de ce programme (Cela permettra de favoriser des synergies, d’assurer une meilleure coordination des interventions et de mieux apprécier l’impact des différentes activités par rapport aux attentes des bénéficiaires. Ces cadres permettront une représentation équilibrée des acteurs. Les rôles et les responsabilités de chaque acteur seront clairement définis à tous les niveaux. La coordination des intervenants (secteur public, privé, ONG, partenaires au développement et collectivités) est la responsabilité du Gouvernement. L’engagement politique au plus haut niveau (présidence de la république, Assemblée Nationale) est une condition sine qua none pour la réussite de cette stratégie. De plus, les points suivants requièrent une attention particulière : • Désignation d’un point focal national « alimentation du nourrisson et du jeune enfant » ; 22 • Création d’un comité national multisectoriel pour la promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant composé de représentants de services gouvernementaux intéressés par le domaine ; les représentants des ONG et les associations; Les différentes étapes de la mise en œuvre de l’ANJE sont les suivantes : 1. Désignation d’un point focal national ; 2. Mise en place d’un comité national multisectoriel 3. Désignation des points focaux régionaux et préfectoraux ; 4. Désignation des responsables de l’ANJE au niveau des FOSA (SMI/PF) ; 5. Elaboration des plans de mise en œuvre à tous les niveaux 6. Mobilisation des ressources à travers la table ronde des partenaires 7. Mise en œuvre de la stratégie à travers les plans d’action 8. Suivi/Evaluation.
7.2. Financement des programmes relatifs à l’ANJE • Plaidoyer pour la mobilisation des ressources financières auprès des principaux bailleurs bilatéraux et multilatéraux ; • Mobilisation des ressources nationales (contribution du budget de l’état) ; • Contribution de la communauté. Cette stratégie pourrait bénéficier des opportunités qu’offrent la Banque Africaine de Développement (BAD), l’Union Européenne, la Banque Mondiale, le Fonds Mondial, l’OMS et l’UNICEF sur le volet VIH/Nutrition et celui des partenaires bilatéraux de la RCA.
7.3. Obligations et responsabilités
7.3.1. Le Gouvernement • Il est le maître d’œuvre de la mise en œuvre de la stratégie et de son plan opérationnel dans les délais raisonnables ; • Il devra s’approprier de la stratégie ; • Au cas où la politique nationale de nutrition n’existe pas, il faut l’adopter et faire de la stratégie ANJE une composante prioritaire de cette politique et mobiliser les ressources pour sa mise en œuvre ; • Il devra profiter des opportunités qu’offre le Fonds Mondial pour financer les actions en nutrition dans le pays, notamment la stratégie ANJE et le VIH/Nutrition ; • Garantir la sécurité alimentaire des ménages à tous les niveaux en intensifiant les activités à base communautaire et en renforçant le pouvoir économique des femmes ; • Coordonner toutes les interventions en faveur de la santé et de la nutrition maternelle et infantile y compris dans les zones de conflits ; • Ratifier toutes les conventions de protections de la mère et de l’enfant ; • Appliquer en intégralité les dispositions du CODE CSLM et celles du Codex Alimentaires relatives aux normes de qualité et de sécurité des denrées alimentaires destinées aux enfants ; • Mettre en œuvre les stratégies de fortification des aliments locaux pour lutter contre les carences en micronutriments ; • Elaborer et mettre en œuvre le Plan Intégré de Communication en matière de nutrition et d’alimentation. 23
7.3.2. Agences des Nations Unies • Renforcer le volet santé et nutrition dans les accords de coopération avec le pays et en tenir compte dans les Plans d’Action de chaque année ; • Aider les pays à l’adoption des normes, protocoles et standards qui renforcent la santé et la nutrition du couple mère enfant et mobiliser les ressources pour l’application de ces normes et standards (exemple : nouvelles courbes de croissance des enfants (OMS/UNICEF) ; • Aider le gouvernement dans la définition des politiques ou programmes de santé publique qui renforcent les volets de l’ANJE ; • Aider les gouvernements à renforcer les capacités des acteurs à tous les niveaux y compris certaines formations de base (spécialistes) qui nécessitent des bourses de formation ; • Renforcer le volet protection maternelle et infantile dans la définition des priorités de l’UNDAF ; • Mettre en place un système de coordination efficace pour toutes les interventions relatives à la survie et au développement de la mère et de l’enfant en insistant sur les avantages comparatifs (cf. cluster lead) de chacune des agences ; • Appuyer le pays pour l’adoption et l’application des lois et règlements qui garantissent la sécurité sanitaire, hygiénique et nutritionnelle des aliments infantiles (CODE, Codex Alimentarius, Code d’hygiène, autres lois nationales, etc.).
7.3.3. Autres parties prenantes : Société civile, associations et organisations non gouvernementales Les diverses associations (femmes, jeunes, employeurs, syndicats, les associations et observatoires de consommateurs, professionnels de santé, etc.) ainsi que les organisations non gouvernementales ont toutes, de multiples occasions de contribuer à l´application de la présente stratégie. Ces dernières (IBFAN, APAICA, Association des Pédiatres, etc.) ont une grande influence sur leur public cible. Elles auront les principales responsabilités suivantes: • Sensibilisation des populations pour les changements de comportements ; • Education en matière d´alimentation du nourrisson et du jeune enfant ; • Formation de tous les Agents de Santé Communautaire sur les divers aspects de l´alimentation du nourrisson et du jeune enfant; • Prise en charge des enfants malnutris à travers les UNT et UNS ; • Encouragement de la création et de la reconnaissance de groupes d´appui communautaires et orientation des mères vers ces groupes; • Plaidoyer pour une pleine application du code international de commercialisation des substituts du lait maternel; • Intégration d’activités d’alimentation dans les interventions à base communautaire; • Application des dispositions légales sur les lieux de travail pour faciliter l´allaitement maternel après le congé de maternité; • Négociation concernant les lois et politiques de droits en matière de maternité compatible avec la convention et la recommandation de l´OIT sur la protection de la maternité et la sécurité d´emploi des femmes en âe de procréer.
7.3.4. Rôles des Partenaires sociaux et secteur privé Les commerçants, vendeurs grossistes et détaillants doivent adhérer aux objectifs de l’ANJE. Pour cela, ils doivent être informés des dangers de vente d’aliments avariés, falsifiés ou périmés principalement destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants. Les agents communaux de contrôle de qualité et d’hygiène des marchés seront formés pour assurer ces contrôles quotidiens. Les syndicats patronaux seront sensibilisés pour qu’ils adhèrent aux principes des lois garantissant la sécurité sanitaire des aliments et denrées vendues aux populations (respect du CODE, du Codex Alimentarius et des normes nationales d’hygiène et sécurité). 24 VIII. CONDITIONS DE REUSSITE DES OBJECTIFS DE LA STRATEGIE Pour atteindre les résultats escomptés au terme de la mise en œuvre de l’ANJE et dans la perspective de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD I, IV, V et VI), les interventions de la Stratégie se baseront sur trois éléments clés :
8.1. L’habilitation des communautés à travers les activités • La mise à échelle immédiate des activités de nutrition à base communautaire • La mise en place au niveau des communautés de groupes de soutien à l’allaitement maternel (Communautés Amies des Bébés ; mamans lumières ; paires éducateurs etc.) • L’organisation de journées locales/régionales de Santé Mères Enfants (SME) avec un paquet de services à haut impact sur la survie et le développement du couple mère enfant : vaccination multi antigènes ; distribution de moustiquaires imprégnées ; déparasitage ; supplementation en micronutriments (Vitamine A, fer, iode, zinc) ; traitement du paludisme, des IRA, des diarrhées etc. ; • Passage à échelle des services de PTPE, PCIME, CPN au niveau national (dans toutes les FOSA) avec un système de monitorage performant. • Les femmes et les jeunes devront avoir accès à l’information sur les services PTPE et les pratiques de l’allaitement maternel ainsi que sur le statut nutritionnel des personnes vivant avec le VIH/SIDA. • Le développement d’aliments de complément sur base d’aliments locaux à prix accessibles par les ménages pauvres et vulnérables ; • Le renforcement du pouvoir économique de la femme (AGR, accès aux crédits etc.)
8.2. Le renforcement des capacités à tous les niveaux • Tous ceux qui interviennent sur le terrain (agents de l’État, personnes issues des Organisations nationales non gouvernementales et des associations communautaires) devront être formés ; • Au niveau central, les services en charge des problèmes de nutrition devront être renforcés et de nouveaux agents pourraient être formés par l’Université de Bangui ou d’ailleurs ; • Il faudra envisager la révision des curricula de formation des agents paramédicaux pour inclure des thématiques de nutrition (écoles professionnelles de santé, action sociale, agriculture.) • Recruter des médecins/vétérinaires/infirmiers qui pourraient se spécialiser en nutrition sur de courtes périodes dans des universités africaines ou internationales ou qui pourraient faire des échanges d’expériences dans des pays ou le programme de nutrition est dynamique et a de bons résultats ; • Recyclage de tous les infirmiers et sages femmes sur les sujets touchant directement l’ANJE.
8.3. Le plaidoyer • Cette approche s’adresse d’abord au Gouvernement pour une réduction, voire une annulation des frais de soins, surtout préventifs, pour les enfants et les femmes enceintes ; par une augmentation des allocations budgétaires des secteurs relevant de la Survie et Développement de l’Enfant dans le Budget National ; par une contribution progressive à l’achat de micronutriments, de vaccins, de MII, d’intrants alimentaires pour nourrissons et jeunes enfants (ATPE, aliments de compléments etc.) • Ce plaidoyer s’adresse également aux collectivités décentralisées, aux communes, pour leur contribution dans le fonctionnement des services sociaux, des maternités, des SMI, des UNT, des UNS et des centres sociaux de prise en charge des OEV. • Aux organisations internationales qui devraient mettre dans leur agenda ou programme la nutrition et/ou l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant comme des éléments prioritaires pouvant contribuer à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (UNDAF, programmes de coopération pays etc.) 25 La communication en tant que programme transversal à tous ces trois éléments devrait bénéficier de l’appui constant et conséquent du Gouvernement et des partenaires. Un changement de comportements en faveur de la Survie et du Développement de l’Enfant est nécessaire, au niveau des ménages et au niveau des communautés. Ceci sera obtenu à travers un programme de communication, basé sur l’évidence, c'est-à-dire, sur les pratiques actuelles. L’adoption et la mise en œuvre du PIC Nutrition devra intervenir dans les plus brefs délais. Ce PIC devra induire aussi un changement de comportement visant à la réduction de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). La diffusion des expériences réussies (best practices) comme les publications de « The Lancet » devrait être faite à large échelle et tant d’autres résultats de recherches sur les réussites de l’ANJE en Afrique. IX. CONCLUSION La présente stratégie décrit les interventions essentielles visant à protéger, promouvoir et soutenir l’alimentation appropriée du nourrisson et du jeune enfant en République Centrafricaine. Elle met l’accent sur l’importance de l’investissement dans ce domaine crucial afin que l’enfant et la femme puissent s’épanouir complètement, à l’abri des conséquences néfastes d’un état nutritionnel insatisfaisant et des maladies évitables comme les diarrhées, la rougeole, les infections respiratoires aigues et les avitaminoses. La stratégie privilégie le rôle des partenaires clés : Gouvernement, Organisations Internationales et autres parties intéressées, et a assigné des responsabilités spécifiques à chacun afin que la somme des actions collectives contribue à atteindre pleinement le but et les objectifs de la stratégie. Elle se fonde sur les approches existantes, en allant au-delà lorsqu’il le faut, et offre un cadre pour tirer profit en synergie des contributions de nombreux domaines programmatiques, notamment la nutrition, la santé et le développement de l’enfant, et la santé maternelle et génésique. La stratégie doit maintenant faire l’objet d’une application concrète au niveau du pays comme l’ont affirmé les autorités centrafricaines. De nombreux éléments recueillis dans le monde entier montrent que les gouvernements, avec l’appui de la communauté internationale et des autres parties intéressées, prennent au sérieux leur engagement de protéger et d’encourager la santé et le bien-être nutritionnel du nourrisson, du jeune enfant et de la femme enceinte et allaitante. La RCA devra faire sienne la recommandation de la Conférence internationale sur la nutrition (CIN Rome 1992) « que chaque pays élabore et adopte une Politique Nationale de Nutrition et un Plan d’Action pour la Nutrition (PNAN) » qui accompagne cette politique. Pour cela le pays pourra s’appuyer sur la Déclaration Mondiale sur la Nutrition (CIN 1992), qui offre une vision stimulante d’un monde transformé en faveur du nourrisson, du jeune enfant et de la femme. La présente stratégie donne au Gouvernement centrafricain et aux autres principaux agents de la société une occasion précieuse et un instrument pratique pour se vouer une nouvelle fois, individuellement et collectivement, à la protection, à l’encouragement et au soutien d’une alimentation sûre et adéquate pour le nourrisson et le jeune enfant, ce qui constitue un investissement pour et les générations futures. 26 Références Bibliographiques 1. Politique Nationale de Santé en RCA (PNDS I) -2006-2015 : MSPPLS 1996 2. Politique Nationale de Santé en RCA (PNDS II)- 1995-2004 : MSPPLS 2009 3. Documents de Stratégie de Réduction de la pauvreté (DSRP) 2006-2010: MEPCI 4. Accélération de la Réduction de la mortalité maternelle et néonatale/plan opérationnel 2004-2015, MSPPLS 2004 5. Habitat et Cadre de vie de la population Centrafricaine, Rapport d’analyse thématique, RGPH 2003, MEPCI 6. Perspectives et prospectives Démographiques, Rapport d’Analyse Thématique, 7. RGPH 2003, MEPCI 8. Pauvreté d’existence des ménages en Centrafrique, Rapport d’Analyse Thématique 9. RGPH 2003, MEPCI 10. Plan Stratégique de Surveillance Nutritionnelle et de suivi de la croissance des enfants de 0-5 ans en RCA (2007- 20015) : MSPPLS 2009 11. Nouvelles Normes et procédures en Surveillance Nutritionnelle (2009) : MSPPLS 12. Plan d’Action du Programme de Pays : GOUVERNEMENT UNICEF (2007-2011) 13. Stratégie Nationale de Lutte contre les carences en micronutriments (Vitamine A, fer, Iode) en RCA-Mai 2002 14. Complementary Feeding – Family foods for breastfed children WHO/NHD 2000 15. Amélioration de la situation alimentaire et nutritionnelle de la population centrafricaine : PLAN D’ACTION PRIORITAIRE – C.N.A.H.N Mai 1996 16. Guide de formation des agents de santé sur la supplémentation en micronutriments (Vit.A et Fer) et l’intégration de la Vitamine A dans le PEV, MSPPLS/UNICEF Juin 2004 17. Enquête Nationale sur l’avitaminose A, la carence en fer et la consommation du sel iodé Rapport final, GOUVERNEMENT UNICEF, juillet 2000 18. Child Survival. The Lancet Series 2003 19. Santé néonatale. The Lancet Series 2004 20. Maternal and Child Under-nutrition. The Lancet Series. 2008 21. Planning meeting for the implementation of the Global Strategy for Infant and Youth Child feeding. Harare, Zimbabwe. November 2002 22. World Health Organization. Global Strategy for Infant and Young Child feeding. Fifty-fifth World Health Assembly, 16 April 2002. 23. Nutrition Essentials. A Guide for health Managers. WHO, UNICEF, BASICS. 1999 24. MICS (Multi-Indicators Cluster Survey. République Centrafricaine, 2000 & 2006) 24. Facts for Feeding: Recommended Practices to Improve Infant Nutrition During the First Six Months. Linkages Academy for Educational Development, September 2001. 25. Breastfeeding and Maternal Nutrition - Frequently Asked Questions (FAQ), from Linkages Project, July 2003. 26. Essential Health Sector Actions to Improve Maternal Nutrition in Africa, Mother to Mother Support for Breastfeeding and Lactation Amenorrhea Method. A series paper from Linkage Academy for Educational Development. 27. Vitamin A Supplements, (Supplements de vitamin A) Second Edition, Prepared by a WHO/UNICEF/IVACG Task Force. World Health Organization, Geneva, 1997. 28. Facts for Feeding: Breast milk: A Critical Source of Vitamin A for Infants and Young Children. (Faits pour l’alimentation- le lait maternel: une source essentielle de vitamine A pour les enfants et les jeunes enfants) Linkages Academy for Educational Development, October 2001. 29. Anaemia Prevention and Control: What Works, (Prevention et lutte contre l’anémie: ce qui marche), USAID, The World Bank, UNICEF, PAHO, FAO, the Micronutrient Initiative, WHO, June 2003. 30. Assessment of Iodine Deficiency Disorders and Monitoring Their Elimination – A guide for programme managers, (Evaluation des troubles dus à la carence en iode et suivi de leur élimination – un guide pour les responsables de programme) Second Edition.United Nations Children’s Fund, WHO 2001. 31. Assemblée générale des Nations Unies. Convention relative aux Droits de l'enfant. New York, 1989. http://www.unicef.org/crc/crc.htm 27 32. Organisation Mondiale de la Santé. Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant., Organisation Mondiale de la Santé, Genève, 2003.http://www.who.int/child-adolescent health/New Publications/nutrition 33. Assemblée Mondiale de la Santé. Code International de Commercialisation des substituts du lait maternel. OMS, Genève, 1981. http://www.who.int/nut/documents/code 34. UNICEF/OMS. Déclaration d'Innocenti. Florence, 1990 : http://www.unicef.org/programme/breastfeeding/innocenti.htm 35. FAO/OMS. Déclaration mondiale et Plan d'action pour l'alimentation. FAO/OMS, Rome, 1992. http://www.who.int/nut/documents/icn_declaration.pdf 28 ANNEXES 29 LISTE DES MEMBRES DU COMITE TECHNIQUE D’ELABORATION DE L’ANJE PRESIDENT : Directeur Général de la Santé Publique VICE-PRESIDENT : Directeur de la Santé Communautaire RAPPORTEUR GENERAL : Chef de Service de Nutrition et de l’Hygiène Alimentaire RAPPORTEUR GENERAL ADJOINT : Coordonnateur National de la Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant MEMBRES : • Le chef de service de la PTPE • Le chef de service de la SMI/PF • Le chef de Département de la pédiatrie de la faculté des Sciences de la Santé • Le directeur de la communication en matière de Santé • Le nutritionniste de la DSC • Deux représentants de l’Action Contre la FAIM • Un représentant de la coordination du CNLS • Un représentant de l’APAICA • Un représentant de l’ASSOMESCA • L’administrateur du programme Nutrition à UNICEF • Le chef de l’Unité de communication à l’UNICEF • La conseillère en matière de nutrition à l’OMS • Représentants du ministère du développement Rural • PAM, FAO, UNFPA et ONUSIDA • Foyer de Charité ; Amis d’Afrique et OLFCA. 30