Stratégie pour conservation des populations d'éléphants au Togo (Mai 2003)
صدر في 2003 · النص بتاريخ 2026-10-01
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عن هذا القانون
- اللغة
- French
- النوع
- policy
- المنظمة
- African Union (AU)
- الدولة
- توغو
- الموضوعات
- Wild species and ecosystems
- الكلمات المفتاحية
- wild fauna, management/conservation, data collection/reporting, community management, public participation, alternative dispute settlement, hunting/capture, capacity building, endangered species, protection of species, traditional rights/customary rights, biodiversity
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TOGO USA MINISTERE DE L'ENVIRONNEMENT US FISH AND WILDLIFE ET DES RESSOURCES FORESTIERES SERVICE STRATEGIE POUR CONSERVATION DES POPULATIONS D'ELEPHANTS AU TOGO ( MAI 2003) MAI 2003 2 TABLES DES MATIERES Tables des matières 2 Sigles et acronymes 3 Tableaux et figures 3 Avant propos 4 Remerciements 5 Introduction et contexte 6 Chapitre 1 : Présentation générale du secteur forestier 8 1.1. Brèves présentations du Togo 9 1.2. Etat actuel du secteur forestier 9 1.3. Politiques forestières, institutions, systèmes de gestion 10 Chapitre 2 : Etat des éléphants au Togo 14 2.1. Habitats et situation des éléphants 15 2.1.1. Zone Nord 15 2.1.2. Zone centre 19 2.2. Cause de la destruction des éléphants et de leurs habitats 21 2.3. Actions de conservation existantes 21 2.3.1. Législation 21 2.3.2. Aires protégées 22 2.3.3. Bilan des activités passées 23 2.3.4. Mesures en cours 24 Chapitre 3 : Stratégie nationale de conservation des populations des éléphants au Togo 27 3.1. Cadre logique de la stratégie nationale de conservation des populations d'éléphants au Togo 29 3.2. Mise en œuvre de la stratégie 38 3 SIGLES ET ACRONYMES CCD : Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification CHE : Conflit/Homme/Eléphant CITES : CMS : Convention des Espèces Migratrices DFC : Direction de la Faune et de la Chasse FEM : Fonds pour l'Environnement Mondial FFW : Fondation Franz Weber GSEAF : Groupe des Spécialistes de l'éléphant d'Afrique INADES : institut Africain pour le Développement Economique et Social INFA : Institut National de Formation Agricole ITRA : Institut Togolais de Recherche Agronomique MERF : Ministère de l'Environnement et des Ressources Forestières MIKE : Monitoring of Illegal Killing of Elephant OAB : Organisation Africaine de Bois OIBT : Organisation International des Bois Tropicaux ONG : Organisation Non Gouvernementale PAFN : Programme d'Action Forestier National PAN : Programme National de Lutte Contre la Désertification UE : Union Européenne UICN : Union Mondiale pour la Conservation de la Nature TABLEAUX ET FIGURE Tableau 1 : quelques caractéristiques du Togo Figure 1 : Subdivision écologique du Togo Figure 2 : Sites des éléphants au Nord Togo Figure 3 : Sites des éléphants au centre Togo 4 AVANT PROPOS La conservation des éléphants et de leurs habitats est avant tout un problème de politique de développement. Le Groupe des Spécialistes de l’Eléphant d’Afrique (GSEAF) reconnaît que les pays de l’Afrique occidentale vont perdre toutes leurs populations d’éléphants compte tenu de la très grande dégradation de leur habitat et de leur faible capacité d’adaptation aux nouvelles conditions d’existence. La vie des éléphants est liée aux ressources naturelles. L’Afrique occidentale a perdu plus de 90% des zones de parcours d’éléphants au cours du 20ème siècle. Aujourd’hui, la plupart des populations d’éléphants sont réduites et isolées. Beaucoup de rapports établis indiquent que : 1. Il existe peu de données fiables sur les effectifs d’éléphants, et aucune information n’est disponible sur la distribution par tranche d’âge, la proportion de mâles par rapport aux femelles, le taux de natalité ou de mortalité. Il n’y a pratiquement pas de renseignements sur le commerce national et international de l’ivoire et leurs effets sur les populations d’éléphants ; 2. La population d’éléphants qui était largement étendue, s’est fragmentée maintenant en de nombreuses populations relativement réduites, et les effectifs sont en diminution depuis plusieurs siècles ; 3. Une des causes principales du déclin est la perte dramatique de leurs zones de distribution et la dégradation de l‘habitat restant. La stratégie nationale de conservation pour les populations d’éléphants que nous développons ici est le prolongement de l’atelier de février 1999 organisé à Abidjan par le GSEAF qui a connu la participation des représentants de la plupart des Etats de l’aire de répartition des éléphants en Afrique de l’Ouest. Cet atelier a permis l’élaboration d’une stratégie sous-régionale de conservation et recommande par-là la mise en place au niveau de chaque Etat de la sous-région une stratégie nationale. Le Togo, comme les autres pays de la sous-région souffre des effets néfastes de dégradation des habitats des éléphants et des phénomènes extrêmes de leur réduction. Pour peu que de vivre de l’expérience des autres pays, le présent document de stratégie pour la conservation des éléphants ne doit pas seulement prévoir des mesures qui se limitent à la protection mais des mesures qui doivent aussi aider à assurer la sécurité alimentaire, le choix d’options socio-économiques et culturelles, et contribuer directement ou indirectement à lutter contre la pauvreté. 5 REMERCIEMENTS Le Ministre de l'Environnement et des Ressources Forestières, au nom du Gouvernement togolais exprime ses sincères remerciements à toutes les institutions qui ont bien voulu assister le Togo dans l’élaboration de la stratégie pour la conservation de la population des éléphants. Ces remerciements s’adressent particulièrement : • Au Service de la Faune Sauvage et de la Pêche des Etats-Unis d'Amérique (US Fish and Wildlife Service) qui a mis à la disposition du Togo les ressources financières pour la préparation et l'organisation de l'atelier de l’élaboration de la stratégie pour la conservation de la population des éléphants; • Au GSEAF pour l'assistance technique qu'il a bien fournie dans la préparation et la tenue de cet atelier; • Aux représentants des pays voisins (Bénin, Burkina-Faso, Ghana et Niger) avec lesquels le Togo partage les mêmes populations d'éléphants; • Aux experts internationaux représentés par le Groupe des Spécialistes de l'Eléphant d'Afrique (GSEAF); • Aux représentants locaux (autorités traditionnelles et sociétés civiles, ONG;, Assemblée Nationale, Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation; Ministère de l'Economie); • Aux institutions nationales impliquées qui ont bien voulu mettre à notre disposition les données dont les experts nationaux avaient besoin pour mener à terme les différents études et exposés; • Au comité de Direction du projet qui a aidé la coordination nationale du projet à surmonter tous les obstacles inhérents à la réalisation des objectifs. Le Ministre de l'Environnement et des Ressources Forestières renouvelle ses sincères remerciements à tous les consultants nationaux qui ont participé d'une manière ou d'une autre, à la réalisation de l’élaboration de la stratégie pour la conservation de la population des éléphants. 6 INTRODUCTION ET CONTEXTE En dépit des efforts considérablement déployés par les communautés internationales pour la conservation de la nature pour ralentir le taux de destruction des habitats des animaux, il n'y a presque jamais de satisfaction dans ce domaine. Le braconnage dans les zones protégées et l'augmentation incessante de la demande des produits de la faune sauvage continuent toujours à encourager les chasseurs à abattre davantage d'animaux. Les forêts sont détruites par des nombreuses activités humaines dont l'exploitation de bois. On estime qu'environ 17 millions d'hectares de forêt sont détruites chaque année (FAO 1991). La croissance démographique ainsi que l'instabilité économique et politique que connaissent les pays en développement, ont mené à l'utilisation irrationnelle des ressources. Un grand nombre d'habitats naturels a dû être converti pour des usages divers. Le plus grand mammifère terrestre de la planète, l’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) est fascinant et suscite beaucoup de curiosité en raison de sa taille énorme, de son comportement, de son organisation sociale et de son intelligence. Il est le symbole majestueux du continent africain. Il occupe une variété d’habitats d’Afrique Occidentale, des forêts humides au Sahel aride. Bien que la population d’éléphants dans cette sous-région ait subi plus de perte que n’importe quelle autre d’ailleurs, on doit consacrer un grand effort pour conserver les éléphants qui restent à cause de la valeur qu’ils représentent pour les populations humaines en Afrique Occidentale. Leur rôle est important dans divers domaines tels que la culture, les arts, l’économie, l’écologie. On trouvait dans l’antiquité, des éléphants à travers toute l’Afrique Occidentale, depuis les forêts de la côte jusqu’au bord du Sahara (Scrullard, 1974). La demande croissante d’ivoire de l’Europe et de l'Amérique du Nord, les invasions coloniales et l’évolution de l’armement ont conduit à la dévastation des populations d’éléphants au cours du 19ème siècle. Les exportations d’ivoire continuèrent d’augmenter en volume jusqu’aux environs de 1910 lorsque la population d’éléphants s’est effondrée à la suite de la surexploitation (Roth & Douglas-Hamilton, 1991). L'effectif des éléphants ne remonta pas en Afrique Occidentale après la première guerre Mondiale, comme ce fut le cas partout ailleurs (Spinage, 1973). Aujourd'hui on compte 56 populations isolées d’éléphants dans la sous région d’Afrique de l’Ouest, 35 en zone forestière, 20 dans la savane et 1 au Sahel. Pour 75%, le dénombrement de la population n’est qu’une estimation vague car il n’y a eu aucun suivi régulier ces 20 dernières années. Les éléphants occupent seulement 5% de la zone ouest africaine comparée à 17%, 29% et 52% en Afrique de l’est, Afrique du sud et Afrique centrale respectivement (AED, 2000). L’Afrique de l’Ouest est la zone où les éléphants sont les plus menacés. Les conflits civils dans la sous région sont facteurs de risque pour les populations d’éléphants (multiplication des armes lourdes ; le trafic d’ivoire est toujours d’actualité malgré l’interdiction (Bradley-Martin & Stiles, 2000). Au Togo, où la perte d'espèces sauvages végétales et animaux sauvages a été attribuée à situation socio économique des populations, la destruction de l'habitat, la pollution, l'agriculture incompatible et à la surexploitation des ressources vitales, la situation n'est pas différente de celle de la sous-région. En effet, le problème provient d'une part, du fait que le système économique n'a pas pu accorder à l'environnement l'attention nécessaire et d'autre part, de ce que les systèmes législatifs et institutionnels n'ont pu mettre en place un mécanisme cohérent en vue d'une conservation efficace de la nature. Les problèmes qu'on note sont: Explosion démographique et augmentation des surfaces cultivables; Le braconnage; la faiblesse institutionnelle; la législation inadaptée; moyens réduits; 7 la dégradation de l'habitat des éléphants. C'est en face de cet ensemble de problèmes que le Togo, dans le souci de la mise en œuvre d’une des recommandations inscrites par l'atelier d'Abidjan qui consiste à l'élaboration d'une stratégie nationale par chaque pays, a mis en place la sienne qui comporte cinq (5) objectifs : Amélioration des informations scientifiques sur les éléphants; Meilleure implication des populations dans la gestion; Réduction conflits hommes éléphants; Réduction du braconnage; Renforcement des capacités. Le présent document de "Stratégie National pour la conservation des éléphants comporte : − Généralités sur le Togo; − Etat des éléphants au Togo; − Stratégie pour la conservation des éléphants. 8 1. CHAPITRE I PRESENTATION GENERALE DU SECTEUR FORESTIER 9 9 1.1. Brèves présentations du Togo La république du Togo, avec les diversités et contrastes qu'on lui reconnaît, sur seulement 56.785 km² de superficie - en bordure du Golfe de Guinée - est l'un des pays africains les plus "miniaturisés" en surface. Le tableau ci-après présente brièvement ses caractéristiques. Tableau 1: Quelques caractéristiques du Togo Population 4687000 habitants dont 47% de jeunes, 51% de femmes et 75% de ruraux. Densité moyenne 65 habitants par Km2 Taux de croissance 3,1% Population active potentielle{estimation} 1.740.000 Population active occupée 1 1.500.000 dont 40 à 50% de femmes Emplois dans le secteur forestier # 90.000 dont 77% de femmes PIB (1999 termes réels) 1493 millions de dollars E.U PNOMBRE par habitants 1990 : 410 $ EU ; 1999 : 320 $ E.U Contribution réelle du secteur Forestier au PIB 10-11% Dette extérieure totale 1992 1.356 milliards $ EU Service de la dette (1992) 17,3 milliards FCFA Source : Rapport national, étude perspective du secteur forestier 1.2. Etat actuel du secteur forestier La faiblesse générale des précipitations, comparativement aux voisins immédiats du Togo à l’Ouest (Ghana, Côte-d’Ivoire), ne fait pas du Togo un pays naturellement forestier au sens économique et industriel du terme. En dehors de quelques formations forestières denses dans le moyen sud-ouest dues à des conditions orographiques favorables, il persiste des îlots plus ou moins vastes de forêts semi décidues dans le sud-est et le centre et des galeries forestières le long des principaux cours d’eau. Le reste du territoire est couvert dans son ensemble de savanes à des degrés variables de dégradation d’un endroit à l’autre. Les données disponibles (cf. Plan National d’Action pour l’Environnement) indiquent (en millions d’hectares) : Superficie du TOGO 5.660 Superficie totale des terres 5.404 Superficie des eaux continentales 255 Les projections faites à partir des données du Rapport National présenté par la Cellule d’élaboration du Plan d’Action Forestier National (PAFN) à la douzième session de la Commission des Forêts et de la Faune Sauvage pour l’Afrique, donnent les estimations suivantes pour les différentes formations végétales en l’an 2000 (en milliers d’hectare). − Forêts denses semi-décidues 213,200 − Savanes boisées et arborées 501,000 − Forêts denses sèches de plaine 26,800 − Savanes arbustives et herbeuses 245,800 − Forêts denses sèches de montagne 46,500 − Autres terres (zones de cultures, 204,300 − Recrû forestier 53,500 − Jachères agricoles et autres 4075,271 Le taux de dégradation moyen annuel de cet ensemble est de 3,5%. A cette situation de dégradation. accélérée viennent s'ajouter les particularités suivantes : 1 10 10 l'inexistence de forêt dense naturelle de plus de 500 ha d'un seul tenant ; la proportion faible de forêt de production ; la non élaboration d'un plan d'ensemble d'affectation ou d'utilisation des terres ; La surface totale estimée des plantations réalisées fin 2001 se chiffre à 37676 ha. Les efforts de reboisement sont restés très timides et sont loin de couvrir de façon durable les besoins nationaux. Le taux annuel de reboisement est moins de 1.000 hectares contre 20000 à 30000 hectares déboisés. On estime la demande totale de bois à plus de 2.897.000 tonnes de bois ronds. En ce qui concerne les produits forestiers non ligneux, bien que le document "Situation et perspectives du développement " du Ministère du Plan et de l'Industrie, présenté à la conférence des bailleurs de fonds pour le développement du Togo tenue à Lomé en juin 1985 n'en a pas fait mention dans les perspectives de développement, l'importance de ces produits est énorme économiquement et sur le plan de la sécurité alimentaire des populations. La dépendance des populations, surtout rurales, à l'égard des produits forestiers non ligneux est assez forte. C'est ainsi que les produits comme les cure-dents, les plantes médicinales, les éponges végétaux, les nattes, les plantes fourragères, le kapok, les gommes, résines et tanins, le miel et une gamme de produits de la faune (gibier, ivoire, trophées, escargots,...) provenant des forêts, sont extrêmement importants dans la vie quotidienne des populations rurales aussi bien qu'urbaines. La tendance générale des exploitants et commerçants de bois à exporter le brut (les grumes) au détriment de la transformation locale, génératrice de valeur ajoutée plus grande n'a pas été de nature à augmenter l'emploi dans le secteur forestier. Le secteur formel emploie environ 800 agents de l'administration toutes catégories confondues soit environ 2,4% des emplois de la fonction publique où la tendance est à la régression puisque les recrutements nouveaux sont suspendus depuis plusieurs années. Les entreprises privées du secteur forestier emploient environ un millier de salariés. Parallèlement, le secteur est à l'origine de près de 90 000 emplois du secteur informel alimenté à partir des filières d'exploitations forestières 1.3. Politiques forestières, institutions, systèmes de gestion Les aspects politiques Les forêts demeurent pour chaque pays un domaine hautement public en ce qui concerne la préservation des avantages écologiques, sociaux et économiques fondamentaux qu'elles assurent aux populations. Les ressources forestières sont encore considérées dans notre pays comme une réserve minière, un don gratuit et inépuisable de la nature à utiliser sans précaution ni discernement. L'ignorance étroitement associée à la pauvreté est partout relevée comme l'une des causes fondamentales de destruction des forêts. De plus, les forêts malgré leurs rôles économiques, sociaux, culturels et écologiques reconnus, sont un secteur de production facilement marginalisé à tous les niveaux de prises de décisions et de comportement. Pour ces diverses raisons, tout en ne perdant pas de vue, l'option résolument prise pour le désengagement progressif de l'Etat et la responsabilisation des populations bénéficiaires dans les activités de production, celui-ci (Etat) devra continuer à jouer, pour ce qui est du secteur forestier, un rôle clé de chef d'orchestre, d'organisateur, de sensibilisateur, d'informateur, de formateur, d'éducateur, de contrôleur, d'incitateur, de conseiller et de protecteur. Il faudra pour cela une Administration Forestière suffisamment forte, compétente bien structurée, responsable et dotée des moyens nécessaires. Les programmes et les actions forestiers seront néanmoins décentralisés avec une forte implication et une pleine participation responsable des populations bénéficiaires à travers les ONG, les associations et les groupes organisés. 11 11 Ainsi, la politique forestière à travers le programme forestier national visera-t-elle à rétablir les équilibres socio-économiques et écologiques en poursuivant les objectifs globaux suivants : − Contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations en assurant de façon durable leurs besoins fondamentaux en produits et sous-produits forestiers; − Préserver les capitaux fonciers, biologiques et reconstituer leurs potentiels productifs; − Lutter contre la dégradation du milieu et la désertification; − Contribuer à la production alimentaire par le biais d'une interaction efficace entre les techniques forestières et agricoles. La législation forestière Au niveau législatif, un effort important a été fait pour doter le pays d’une législation moderne et adaptée à sa réalité (code de l’Environnement, Réforme Agro-foncière). Mais, la promulgation de textes législatifs n’est pas suffisante, il faut une application réelle sur le terrain. En ce qui concerne le code forestier, le décret du 5 février 1938 reste pratiquement en vigueur quoique dépassé à plusieurs égards. Le projet d'un nouveau code est en cours d'élaboration. La réforme agro-foncière promulguée par l’ordonnance N°12 du 6 Février 1974 a connu d’énormes difficultés d’application à cause de l’inadaptation des divers textes aux contextes socioculturels et du manque des moyens techniques, matériels et financiers. Cadre institutionnel Cinq organes publics placés sous le Ministère de l'Environnement et des Ressources Forestières ont en charge la gestion du secteur avec des moyens insuffisants. Le gouvernement a adopté le décret n° 2001 203/PR du 19 novembre 2001 instituant une nouvelle structuration adéquate des services forestiers et de l'environnement afin de redynamiser et renforcer la structure. Les nouvelles directions ne sont pas opérationnelles à ce jour. Elles sont placées sous le Secrétariat Général qui est l’organe d'animation, de coordination et de supervision des programmes des directions centrales, régionales du ministère et des services et institutions sous tutelle du ministère. Il est créé une direction régionale de l’environnement et des ressources forestières au niveau de chaque chef-lieu de région et une direction préfectorale de l’environnement et des ressources forestières en remplacement de l'antenne préfectorale au niveau de chaque préfecture. Bilan de la mise en œuvre des conventions Convention-cadre sur les changements climatiques En ratifiant la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques le 08/03/1995, le Togo est déterminé à apporter sa contribution dans la lutte universelle contre les changements climatiques. Il a bénéficié en 1998 d'un financement de FEM qui lui a permis de formuler sa Communication Nationale Initiale. Son élaboration confirme bien la volonté du Togo à respecter ses engagements vis-à-vis de la Convention.. Conventions cadre des nations unies sur la lutte contre la désertification 12 12 Elle a été signée par le Togo en juin 1994 à la conférence des Nations Unies sur la désertification (CCD), assortie d’un Plan National d’Action (PAN) de lutte contre la désertification élaboré en mai 1999 et validé lors d’un Forum national les 17 et 18 décembre 2001. Le deuxième rapport est adopté le 25 avril 2002 pour témoigner de l’engagement du Togo dans la lutte contre la désertification. Convention sur la diversité biologique Le Togo a ratifié la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique le 04 octobre 1995. Le projet initié sur la biodiversité et mis en exécution à partir de 2000 a débouché sur l'adoption de la monographie nationale. La stratégie nationale de conservation de la diversité biologique est en cours de préparation. Liste des partenaires nationaux et internationaux Les départements ministériels D'autres départements ministériels interviennent directement ou indirectement en matière de la foresterie ou dans l’utilisation des ressources. Les collectivités locales Les collectivités locales (régions, préfectures et communes) jouent un rôle moteur dans la planification, la sensibilisation, la mise en œuvre et la gestion des actions forestières et dans l’organisation et l’encadrement des communautés de base. Les institutions privées En matière de forêt, les principaux domaines d’intervention des ONG et Associations sont les suivantes : • Education, Sensibilisation et information des communautés de base; • Formation en techniques agroforestières et en économie d’énergie ; • Installation de pépinières, production et distribution de plants forestiers et fruitiers ; • Reboisement et création d’espaces verts ; • Vulgarisation de techniques agroforestières ; • Fabrication et vulgarisation de foyers améliorés ; • Lutte contre le braconnage et les feux de brousse ; • etc.. Les ONG et Associations préfectorales et communales travaillent selon leur domaine de compétence. Les principales difficultés auxquelles les ONG et Associations sont confrontées, sont d’ordre technique, matériel, financier et social. Malgré ces difficultés, elles font d’énormes efforts en matière de gestion et de protection de la forêt. Tenure forestière Le régime foncier est essentiellement régi par le droit coutumier traditionnel en vigueur dans le pays dont la conséquence est l'insécurité foncière des domaines forestiers de l'Etat. Le Togo ne dispose de domaine forestier permanent avec toutes les garanties possibles. Les seuls domaines à considérer comme tels sont les domaines forestiers de l'Etat constitués essentiellement de Forêts Classées. Le dispositif actuel inclut 83 forêts classées couvrant initialement un total d'environ 732258 ha dont 628.000 ha de parcs nationaux et réserves de faunes. Cet ensemble (exclusivement forestier, il n’existe aucune aire protégée côtière, marine ou humide) s’avère de fait particulièrement hétérogène puisqu’il inclut aujourd’hui des zones habitées, occupées, cultivées, plantées en essences exotiques, exploitées pour le bois d'œuvre, de service ou d’énergie, la chasse ou le tourisme, et parfois conservées dans des conditions difficiles, où l’éventuelle interdiction de la pénétration humaine et de la mise en valeur agricole ou par exploitation forestière, n’empêche pas celle, par exemple, 13 13 des feux de brousse. En fait, une partie de ces espaces protégées ont été l’objet de conversions, soit spontanées sur l'initiative des populations, soit décidé au travers de la mise en place par l’état ou les autorités coloniales de plantations forestières productives. De fait, aucune distinction n’est faite formellement entre les différentes catégories de vocation forestière à savoir forêts productrices, forêts à protéger et forêts à conserver. A ces domaines forestiers de l'Etat à considérer comme domaine forestier permanent, il faut ajouter, les forêts reliques des zones accidentées (flancs de montagnes), vallées encaissées des montagnes, les forêts denses servant de couverture aux cultures de café - cacao des régions Centrale et des Plateaux, les forêts sacrées ou forêts "fétiches". Système d'aménagement Le Togo ne dispose pas d'un système d'aménagement approprié. Cependant depuis son adhésion à l'OIBT (1990) et l'OAB (2002) a opté pour le principe d'aménagement durable. Ainsi a-t-il adopté au même titre que les pays membres, ces principes comme base de son aménagement. Malheureusement il n'a pas encore procédé à l'adaptation de ces CI au contexte national. Néanmoins des plans d'aménagement sont-ils rédigés et appliqués tant aux formations naturelles (Fazao, de Kéran, de Blitta, de Haho-Baloé, de Missahoe) et artificielles (teckeraies). Système existant d'information et de suivi-évaluation, bases de données, inventaire forestier national et réseaux Au Togo il n'existe pas une structure créée par les textes chargée de la collecte, du traitement et de la diffusion des statistiques forestières. Cette situation est marquée par : − Absence de dispositif de coordination de l’ensemble des données récoltées; − Absence de saisie systématique; − Absence de moyens techniques fiables pour le traitement; − Absence de diffusion des données statistiques. Pour cela le Togo vient de bénéficier de la part de l'OIBT, un financement pour la mise en œuvre d'un projet "Etablissement d'un système national de collecte, saisie, traitement et diffusion des états sur la forêt et le bois". Inventaire national forestier Aucun inventaire forestier national n'a été réalisé récemment au Togo. Les inventaires organisés ont été parcellaire et ont eu lieu dans le cadre des projets spécifiques. La formation L’une des causes de la faiblesse de l’administration forestière est l’insuffisance de cadres qualifiés. Cette situation est due à l’inexistence depuis plusieurs années de programmes et structures de formations appropriés. Une seule école, l’Institut National de Formation Agricole (INFA) offre sur place des options forestières à partir de la 2ème année à des cadres forestiers moyens. Il n’existe pas localement de possibilités de formation supérieure ni un programme officiel planifié de bourses au niveau des ingénieurs de conception. S’agissant des stages, recyclages et autres séminaires et atelier, seuls quelques efforts ont été observés à l’intérieur de certains projets financés de l’extérieur et exécutés soit par les organisations non gouvernementales (ONG); En ce qui concerne la formation des paysans, des actions parfois efficaces mais très limitées ont pu être réalisées toujours dans le cadre des programmes de certains projets gouvernementaux et des ONG. Presque pas d’actions de grande envergure nationale n’ont été entreprises à cause du rôle essentiellement répressif joué par une partie de l’administration forestière ces dernières années. La vulgarisation des thèmes forestiers confiée aux encadreurs agricoles avec une optique de l’unicité de l’encadrement dans le cadre d’une nouvelle stratégie du développement rural prônée à partir de 1985, n’a pas non plus donné les résultats attendus aux productions agricoles ciblées. La Recherche La recherche appliquée en matière forestière est réalisée à travers des programmes spécifiques intégrés aux différents projets d’assistances forestières jusqu’ici exécutés dans le pays. 14 14 Si toutes les actions menées peuvent être considérées comme valables, l’absence d’un organisme de recherche empêche la coordination des travaux, l’assurance d’une rigueur scientifique appropriée et surtout le suivi, l’analyse des résultats et leurs diffusions. Notons qu'un volet sur la recherche forestière vient ses portes à ITRA mais n'est pas encore opérationnel. 15 15 CHAPITRE 2 : ETAT DES ELEPHANTS AU TOGO 2.1. Habitats et situation des éléphants Pour la prise en compte des diversités écologiques, Ern (1979) a proposé une subdivision phytogéographique du pays en 5 zones écologiques comme indiquées suivant la figure 1ci-après :. Légende Zone 1 : zone des plaines du nord, climat tropical avec une saison des pluies de juin à octobre et une saison sèche de novembre à mai (soient six à sept mois écologiquement secs), correspondant essentiellement aux savanes soudaniennes ; Zone 2 : zone des montagnes du nord, climat de type soudano-guinéen d’altitude avec des nuits assez fraîches, une saison pluvieuse (avril octobre) et une saison sèche (octobre-mars) marquée par l’harmattan, domaine de mosaïque de forêts denses sèches et de savanes ; Zone 3 : zone des plaines du centre, climat tropical marqué par une saison des pluies et une saison sèche de 4 mois au moins, domaine des savanes boisées guinéennes ; Zone 4 : zone méridionale des Monts du Togo, climat subéquatorial de transition caractérisé par une grande saison pluvieuse (mars- octobre) interrompue par une légère diminution en août ou septembre, domaine des forêts denses semi caducifoliées ; Zone 5 : plaine côtière du sud Togo, climat subéquatorial marqué par un déficit pluviométrique (800 mm/an à Lomé). Figure 1 : Subdivisions écologiques du Togo. Les zones 1, 2 et le Nord de la zone 3 constituent les habitats principaux des éléphants représentés en particulier par : les Parcs Nationaux de la Kéran, Fosse aux Lions; les Réserves de Faune de Galangashie, Barkoissi et Oti-Mandouri; La Forêt classée de Doungh. le Parc National de Fazao Malfakassa, les Forêts Classées de Tchorogo, d'Anié, d'Abdoulaye 2.1.1. Zone Nord (zone écologiques 1 et 2) Elle est constituée par : 10° 8° 9° 11° 7° 6° 0° 1° 2° 0° 1° 2° 10° 8° 9° 11° 7° 6° BURKINA FASO B E N I N G H A N A OCEAN − La Fosse aux Lions enregistrait la plus grande concentration permanente d'éléphants de tout le territoire dans les années 70-80 faisant sa renommée dans toute l'Afrique de l'Ouest. Les mouvements des éléphants étaient réguliers de la Fosse aux Lions à la Fosse de Doungh et au Ghana. Des séjours saisonniers sont effectués dans les zones suivantes: o le Sud de Doungh -Pana; o les forêts classées de Barkoissi et de Galangashie; la ville de Mango; o le Parc National de la Kéran; o le long de la rivière Oti dans le Nord-Est, descendant le bassin versant en direction de la Kéran. Les populations devenues hostiles à l'augmentation de la population d'éléphants, engagèrent les chasseurs ghanéens pour les abattre afin de se libérer de leur invasion. Cette pression anthropique a atteint son paroxysme pendant les troubles socio-politiques de 1992-93 et a conduit les éléphants vers le Parc National d'Arly (Burkina Faso), le Parc National de la Pendjari (Bénin) et le Red Volta Forestry (Ghana). − Les éléphants au niveau de la Kéran, étaient autrefois présents sur l'ensemble du parc. Chassés lors des événements socio-politiques, ils se réfugièrent dans les aires protégées des pays voisins. Actuellement, les éléphants reviennent mais les incursions dans la Kéran ne durent que quelques jours et par groupes de 4 à 5 individus au maximum. Le couloir de migration des éléphants vers Oti-Mandouri est partiellement occupé par les cultures au niveau de la jonction Kéran-Oti (carrefour de Mogou). On a aucune certitude sur l'existence passée d'un couloir de migration entre le Parc National de Fazao Malfakassa et le parc de la Kéran. Les terres de cette zone sont aujourd'hui toutes exploitées. B U R K I N A F B É N 2 0 k m G H A N A 1 00 P . N . F O S S E A U X L I O N S F . C . B A R K O I S S I R . C . O T I - M A N D O U R I P . N . K É R A N F . C . G A L A N G A C H I E N a m i é l é O t i K o u m o n g o u K a r a K p a l a g o u B i a n k o u r i K o u l o u g o n a O u a n d é g u é G a m b a r a B a m o a n P e n d j a r i O u a l é Y e m b o u r K p e n d j a g a S a n k p o u i nK a n t é M a n g o D a p a o n g M a n d o u r i K o u n t o u a r éN a b o u l g o u K o k o u t a m b e T a m p i a l i m S i s s i a k T a n d j o u a r é N i a n l i D O U N G H B o r g o u N a n o O s s a c r é Figure 2 : Sites des éléphants au Nord Togo (Savanes) 19 2.1.2. Zone centre (nord de la zone écologique 3) − La population d'éléphants du Parc National de Fazao Malfakassa est estimée à environ cinquante (50) individus. En saison sèche, les éléphants se concentrent au niveau des points d'eau (mares de l'entrée du parc, brigade de Binako) et des rivières encore inondées (Kamassi, Mô). En saison des pluies et selon le calendrier agricole, les éléphants maraudent dans la périphérie du parc et prospectent jusque dans la région Kara (Dako, Piyadè, Efolo). Par contre le maraudage est permanent dans les villages limitrophes de la préfecture de Bassar. Les éléphants utilisent les zones refuges le jour (limites du parc, forêts galeries ou contreforts montagneux) et maraudent en période d'obscurité (nuit), en suivant les rives des cours d'eau ou les contreforts montagneux protégés. Si le CHE est permanent dans la zone Malfakassa - Bassar, il n'existe qu'en saison des pluies dans les autres périphéries du parc : o limité aux proches périphéries à l'Est (Alombè, Kalaré, Fazao, etc.); o à l'intérieur de la forêt de Tchorogo, rarement dans les cultures avoisinantes, les éléphants empruntent la rivière Kpei pour sortir dans la zone Sud-Est; o Inexistant sur la partie Sud-ouest. Les enquêtes de M. S. Abeare (représentant de la FFW lors de la tournée) auprès du gestionnaire du Kyabobo Wildlife Reserve et les observations des pisteurs du parc confirment l'existence d'un couloir de migration au Sud-ouest vers le Ghana. L'emplacement exact de ce corridor reste à déterminer. Les anciens parlent également d'une voie de passage le long de la cascade de Souroukou. L'ampleur du CHE en périphérie du parc et en particulier dans la zone de Bassar reste imprécise et méconnue, certains villages victimes n'ayant jamais été signalés dans les rapports forestiers. Il n'existe aucune étude scientifique sur l'éco-éthologie de ces éléphants qui puisse expliciter leur utilisation du milieu et leurs interactions avec les populations riveraines. − Dans la Forêt Classée d'Abdoulaye, les éléphants effectuaient une migration saisonnière du Parc National de Fazao Malfakassa, en suivant la rivière Aou, séjournaient dans la forêt classée. d'Abdoulaye, puis poursuivaient leur route vers le Bénin en suivant les cours d'eau au niveau du village Bago et des Monts Ofé. A l'heure actuelle, ce couloir est totalement occupé par les champs, routes et nouveaux villages. Selon les paysans quatre (4) éléphants seraient devenus résidents dans la forêt classée d'Abdoulaye. Ils parcourent toute la zone sans s'aventurer vers le Nord de la réserve et maraudent dans les terres agricoles situées entre les fleuves Ogou à l'Ouest et Mono à l'Est pendant toute la saison des pluies. Le passage Bago-Bénin serait toujours pratiqué mais il n'y a aucune certitude sur les époques de traversées, les sens empruntés ni les aires fréquentées au Bénin par les éléphants. Une naissance reportée en 2001 laisse supposer que ce groupe d'éléphant trouve dans ce milieu les aires de gagnage et de refuge nécessaire à sa survie, du moins sur le court terme 20 B É 2 0 k m K y a b o b o W i l d l i f e R e s e r v e 1 0 G H A N A 0 F . C . T C H O R O G O A O U M O N O F . C . A B D O U L A Y E P . N . F A Z A O - M A L F A K A S S A K a t c h a K a m a k a N a O g o u B o u a l é T c h a n g u é B o u z a l o M o n o A n i é M ô B a s s a r K a r a T c h e b e b e B l i t t a D j o m e I I D j o m e I E f o l o D a k o P y a d è B i n a k o A l i b i I T c h a m b a D J A M D È B a f i l o S o k o d é S o t o u b o u a B a g o B o u l o h o u F a z a o Figure 3 : Sites des éléphants au centre Togo (dans la Région Centrale et Kara) 21 2.2. Cause de la destruction des éléphants et de leurs habitats Actuellement, une première analyse consisterait à dire que la pression anthropique intense exercée sur l'espèce dans son milieu naturel serait l'expression d'attitude ou d'événement d'ordre institutionnel, conjoncturel, culturel ou social, et parfois psychologique, tout interdépendants, et plus ou moins identifiables. Au niveau institutionnel, on évoque des difficultés éprouvées par les décideurs politiques tant au plan local que national dans l'application des textes légaux qui régissent les statuts des zones protégées et des espèces qui y vivent. C'est certain que dans la situation socio-politique actuelle qui règne dans le pays, les priorités gouvernementales changent, et de ce fait la survie de la faune n'est pas une priorité majeure. Au niveau de la structure, les rapports de tutelle qui lient les gestionnaires des aires protégées à l'administration centrale souffrent d'un certain relâchement. Les subsides pour le fonctionnement du département ne sont plus assurés. Les moyens logistiques susceptibles de maintenir le système de patrouille de routine sont inadaptés, voire inexistants. Le régime des salaires du personnel souffre d'irrégularité, d'où la démobilisation généralisée. La hiérarchie étant en effritement, les gardes de chasse ou forestiers démotivés sont devenus contre nature braconniers ou complices du braconnage. Ce dysfonctionnement a permis un accroissement très significatif de braconniers et facilité la tâche aux braconniers étrangers. Quant à la situation conjoncturelle, on se rend compte que le délabrement du système régulièrement en place et la situation socio-politique ont bouleversé les habitudes positives dans les milieux paysans. Ainsi les agriculteurs confrontés aux difficultés de l'heure ou de la disponibilité des terres, se convertissent en chasseurs, la chasse étant devenue le seul métier moins contraignant et plus rentable dans les zones forestières ou envahissent les aires protégées converties en aires de cultures. Les éleveurs à leur tour, conduisent leurs animaux n'importe ou pour leur alimentation et leur abreuvage chassant les animaux sauvages de leurs sites. Les manifestations psychologiques se limitent aux revendications du droit coutumier ou ancestral sur les zones protégées. C'est dans cette logique que les forêts classées et les parcs nationaux sont violés et transformés en lieux privilégiés d'approvisionnement en gibiers et de cultures. A ces différents événements, s'ajoutent des modifications d'ordre biologique et écologique dans la vie des animaux éprouvés. Il se produit deux phénomènes, soit les animaux à l'intérieur des zones encore préservées à la recherche des habitats sécurisants ou soit entament une migration en dehors du territoire habituel au profit des pays limitrophes. 2.3. Actions de conservation existantes 2.3.1. Législation Le gouvernement a adopté les lois sur le plan local pour protéger et réglementer la chasse et l'utilisation des habitats de vie sauvage. L'Ordonnance 4 du 16/01/1968 règle la protection de la faune et l'exercice de la chasse au Togo. Le cheptel sauvage appartient à l'Etat et est classé selon son degré de protection : • intégrale (annexe I-A) : cas de Loxodonta africana • partielle (annexe I-B) • espèces prédatrices (annexe II) • petit gibier (annexe III) L'article 19 de ce texte stipule que la destruction systématique des animaux prédateurs et nuisibles ainsi que la chasse coutumière sont strictement interdites dans les zones d'aménagement faunique; la chasse à vocation cynégétique est soumise à amodiations en faveur de sociétés de chasse agréées (cas de la société SITEC et la forêt clssée d'Abdoulaye). 22 Les articles 27 et 43 sont relatifs aux pénalités et répressions engagées en cas de délit sur la faune sauvage. Le décret n° 68-10 du 16 janvier 1968 interdit la chasse de nuit sur toute l'étendue du territoire à toute personne ou groupes de personnes, détenteurs ou non de permis de chasse réguliérement délivré . Le décret n° 79-139 du 18 avril 1979 définit les modalités d'application de l'Ordonnance n° 4 du 16 janvier 1968 qui sont complétées par le décret n° 80-171 du 4 juin 1980. Le décret n° 84-62 du 23/03/84 règle la circulation et les délits d'accidents dans les réserves de faune et parcs nationaux : tout animal percuté doit être déclaré et il est interdit de ramasser et consommer la viande d'un animal blessé dans un parc national ou une réserve de faune. Le Togo est doté d’un code de l’environnement depuis 1988. Il vise à conserver l’environnement, maintenir ou restaurer les ressources naturelles et à prévenir ou limiter les activités susceptibles de les dégrader ; toutes ces activités doivent être précédées d’une étude d’impact et le ministre chargé de l’environnement doit être consulté préalablement à toute décision de construction ou aménagement susceptibles de modifier l’équilibre des réseaux hydrologiques, les courants marins ou le maintien des espèces aquatiques ; Au niveau international le Togo a ratifié : • la Convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles, Alger 1968 ; • la Convention de Bonn le 1er février 1996 relative à la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) ; • Convention sur la diversité biologique, Rio 1992 ; • Convention de Washington, 1973 relative au commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ; pour ce qui concerne l'espèce Loxodonta africana, elle est classée en Annexe I de la CITES pour l'Afrique de l'Ouest; Le Togo fait parti du comité permanent de l’UICN, institution garantissant la conservation de la nature et de la diversité biologique. 2.3.2. Aires protégées: Trois aires ont fait l'objet d'aménagement. il s'agit de : − La Forêt Classée d'Abdoulaye La gestion de cette forêt a été concédée en 2000 à une entreprise belge, SITEC Afrique, qui, après quelques visites et de nombreuses promesses faites à la population, n'a pris aucune mesure d'aménagement de la zone ni de reconnaissance du potentiel faunique. Seuls les contours de l'aire ont été délimités avec la population et une piste a été tracée dans le sens Nord-Sud. Cette forêt, malgré la présence de brigades forestières, est laissée totalement à l'abandon et ne fait l'objet d'aucun plan de gestion ni de protection suivie contre le braconnage et les activités de déforestation. La population n'est pas du tout impliquée dans sa gestion malgré les clauses spécifiques sur la gestion participative de la convention signée avec le MERF. − Le Parc National de Fazao Malfakassa Il constitue aujourd'hui un des derniers puits de biodiversité au Togo. Il est donc préoccupant de constater qu'après 10 ans de gestion externe (concession de gestion à la FFW, fondation Suisse faisant l'objet d'une convention avec le MERF), les efforts de conservation sont insignifiants : 23 pas d'inventaire des ressources fauniques et floristiques; pas de programmes de recherche fondamentale et appliquée; peu d'aménagements in situ (points d'observation de la faune, pistes, mares); peu de circuits touristiques de vision organisés; pas de programmes éco-touristiques; peu de surveillance du parc (pression de braconnage permanente). La collaboration avec les structures d'Etat et les ONG de conservation est par ailleurs limitée et sujette à des tensions. Aucune structure de gestion conjointe entre le gouvernement, la FFW n'a été mise en place, comme stipulé dans l'article 8 de la convention. Enfin, dans le contexte actuel de gestion participative des aires protégées, il est regrettable de constater que les articles 3 et 4 de la convention portant sur l'implication des populations dans la gestion du parc n'ont pas été respectés par la FFW et qu'elle s'est limitée sur le terrain à des actions isolées et sur le court terme. Les études socio-économiques de 2002 menées par le projet PAIL-Fazao et INADES Formation le témoignent. On note que ces deux aires protégées dont la gestion a été concédée à des entreprises privées étrangères n'ont donc jamais fait l'objet d'un plan de gestion et d'aménagement ni de collaboration réelle et effective avec le ministère de tutelle. − Les Parcs Nationaux de la Kéran et de la Fosse aux Lions Ces aires protégées d'une grande biodiversité bénéficiaient autrefois de plans de gestion des ressources naturelles avec un volet de tourisme de vision bien exploité (campement en brousse, visites guidées, informations) et un volet de surveillance efficace (brigades forestières, patrouilles de surveillance, suivi des délits de braconnage). Ces parcs ont été victimes des débordements liés aux troubles socio-politiques des années 1992-1993; les animaux qui n'ont pas été tués, ont fui dans les pays limitrophes, à savoir le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana. Les populations rurales ne reconnaissent plus les limites de ces aires et ont investi ces terres riches pour les exploiter limitant ainsi le retour de la faune sauvage. Bien que leurs superficies aient été réduites, ces aires ont conservé leur statut. Le programme de réhabilitation des aires protégées mené par la DFC sous l'égide de l'UE (programme COM/STABEX) est entrain de restaurer une dynamique de conservation à l'intérieur de ces aires : sensibilisation des populations, redélimitation et bornage, etc. 2.3.3. Bilan des activités passées : les dénombrements : o 1987 : comptage terrestre dans le P.N Fosse aux Lions : 158 individus. Rapports des brigades forestières. o 1991 : comptage aérien de 130 individus dans le P.N.Fosse aux Lions (Stalmans & Anderson, 1992). Les estimations sont basées sur de petites données et varient de 80 à 400 (MET 1991); o 1991: Comptage aérien par Hall-Martin et Ackermann : estimation de 20 éléphants dans le P.N Kéran atelier sur la conservation de l'espèce: o 1995 : rencontre des responsables des Direction Faune et Chasse de six pays de la sous région : Togo, Bénin, Burkina Faso, Ghana, Mali, Niger dans le Parc National Fazao Malfakassa; études sur le terrain: o 1996: Etude préliminaire des éléphants de l’extrême nord-est Ghana et de l’extrême nord Togo par une équipe DFC-Togo / Wildlife Department -Ghana faisant suite aux recommandations de la rencontre de 1995 (Barnes R. et al., 1996) o 1998 : campagne de sensibilisation menée par la FFW dans les écoles des périphéries du P.N.F.M : concours de dessins présentés en Suisse et dont les bénéfices ont servi au dédommagement d'une partie des riverains touchés par le CHE. 24 Les opérations de comptage effectuées ne peuvent être comparées car les protocoles d'exécution sont variables et les biais trop importants. Il n'existe donc à l'heure actuelle aucune donnée fiable sur le nombre d'éléphants présents sur le territoire togolais et sur leur distribution exacte au cours d'une année. La réunion des services forestiers des pays limitrophes au Togo en 1995 et l'étude sur la répartition des populations d'éléphants et de leurs couloirs de migration dans le nord du Togo et du Ghana sont les premiers jalons d'un effort de conservation national de cette espèce menacée d'extinction en Afrique de l'Ouest. Quant à la sensibilisation des populations à la protection de cette espèce et aux tentatives de résolution des problèmes de CHE, elles sont pratiquement inexistantes dans toutes les zones concernées et n'ont fait l'objet d'aucune concertation entre les experts locaux et internationaux. 2.3.4. Mesures en cours : Le Togo bénéficie depuis 2002 de deux sites inscrits au "Programme MIKE" pour l'évaluation de la pression de braconnage sur les populations d'éléphants. Il s'agit des Parcs Nationaux de la Kéran et de la Fosse aux Lions. Ce programme est mis en œuvre par les services forestiers locaux de la DFC et implique un suivi régulier des populations d'éléphants (effectif, identification des groupes) et des indices de braconnage (campements de braconniers, carcasses, produits dérivés de l'éléphant). Mais l'efficacité de ce programme est relative pour diverses raisons : − les capacités d'interventions sont limitées financièrement : pas de véhicule de terrain et de moyens de communications; − pas de collaboration avec les pays frontaliers (services d'état et institutions privées). Les migrations saisonnières des éléphants ne sont pas suivies au delà des frontières. En conclusion, la situation des éléphants du Togo n'est pas différente des autres populations de la sous-région d'Afrique de l'Ouest. On note, eu égard ce qui précède les difficultés sur lesquelles les stratégies doivent agir. Il s'agit de : la pression démographique avec un taux de démographique continuellement en croissance entraînant des besoins élevés en terre pour l'agriculture, l'élevage et les habitations. Entraînant une réduction considérable de l'espace utilisable par l'éléphant; Le braconnage, sous toutes ses formes, constitue la principale menace directe de l'espèce; la faiblesse institutionnelle caractérisée par l'absence de compétences et de ressources financières pour initier et mettre en œuvre des programmes de gestion durable des éléphants; l'insuffisance en logistique et équipements des institutions en charge de la gestion des éléphants; la législation inadaptée au contexte actuel; la dégradation de l'habitat avec la non disponibilité de végétation nourricière et une réserve en eau pour les besoins des éléphants; les moyens de conservations très limités. Le diagnostic fait ci-dessus appelle la nécessité à : − contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations en assurant de façon durable leurs besoins fondamentaux; − organiser les zones de production des populations; − préserver les habitats des éléphants en luttant contre la dégradation du milieu et contribuer à la production alimentaire et d'eau; − mettre en place la législation appropriée et les institutions dotées de moyens adéquats. 25 Pour y parvenir, il est nécessaire d’adapter un plan pour la conservation des éléphants au niveau national, en raison des problèmes connus, et compte tenu que certaines populations importantes traversent les frontières internationales. 26 CHAPITRE 3 : STRATEGIE NATIONALE DE CONSERVATION DES POPULATIONS DES ELEPHANTS AU TOGO 27 3.1. Cadre logique de la stratégie nationale de conservation des populations des éléphants au Togo BUT : ASSURER LA CONSERVATION DES POPULATIONS D'ELEPHANTS ET LEURS HABITATS AU TOGO OBJECTIF GLOBAL : REDUIRE LE NIVEAU DE VULNERABILITE DES ELEPHANTS AU TOGO OBJECTIF 1 : AMELIORATION DES INFORMATIONS SCIENTIFIQUES SUR LES ELEPHANTS RESULTATS ACTIVITES INDICATEURS SOURCES DE VERIFIION HYPOTHESES Actualisation des aires de répartition des éléphants au Togo En l'an 1 toutes les aires de distribution des éléphants sont connues rapport de mission fiches de renseignements techniques rapport d'études Dénombrement des populations d'éléphant Au cours des années 1,2,3 l'effectif de la population éléphantine est connue rapport de dénombrement base de données climat non favorable non disponibilité du matériel de terrain R1 : meilleure connaissance des populations des éléphants Etude éco-éthologique des éléphants Suivi continu des groupes à partir de l'an 5 est assuré Les caractéristiques des habitats des éléphants sont connus en l'an 5 rapport des services techniques mémoires et thèses des étudiants R2 : meilleure connaissance des corridors des éléphants Etudier l'évolution du paysage de l'aire de répartition à partir des images satellites et photographies aériennes Les cartes thématiques d'évolution du paysage sont disponibles et actualisées en 7 ans images Landsat et Spot anciennes photos aériennes nouvelles photos aériennes Disponibilité de matériel informatique, cartographique (SIG) Disponibilité des photos 28 Réaliser à l'aide de GPS les tracés des couloirs de migration en dehors des aires protégées Le tracé cartographique des couloirs de migration existe et est actualisé à partir de l'an 2 fiches techniques rapport de mission mémoires, thèses des étudiants disponibilité de matériel informatique, cartographique Climat favorable Evaluer les menaces qui pèsent sur les corridors Toutes les menaces sur les corridors sont connues et hiérarchisées en l'an 3 Deux menaces sont étudiées par année à partir de l'an 2 procès verbaux rapports techniques rapports d'étude Estimer les paramètres de la dynamique des populations d'éléphants rapport technique mémoires Etudier les différents facteurs qui influencent chaque paramètre A partir de l'an 5, les différents facteurs influençant l'effectif des éléphants sont identifiés rapport technique mémoires R3 : les données sur la dynamique des populations d'éléphants sont disponibles Mettre en place une surveillance épidémiologique des populations d'éléphants Un registre des différents cas de mortalité liés aux maladies est mis en place à partir de l'an 3 base de donnée Moyens disponibles Réaliser les études génétiques à partir des crottes et/ou des tissus des éléphants Au moins deux études sont réalisées à partir de l'an 2 mémoires et thèses rapport de consultation Equipements et lieux d'analyse et traitement des données disponibles R4 : une banque de données génétique sur les populations d'éléphants au Togo est constituée Contribuer à améliorer la banque de données génétique africaine Les échantillons togolais sont dans la banque de données continentale à partir de l'an 5 les bases de données Disponibilité d'équipement informatique et de communication OBJECTIF 2 : Meilleure implication des populations dans la gestion 29 organiser les populations riveraines en vue de la création d’un partenariat Chaque aire de distribution dispose d’ici les 5 ans du nombre de comités villageois le plus indiqué nombre de comités villageois crées p.v des réunions entre comités villageois et administration R1 : les populations tirent profit de la gestion créer des emplois dans le cadre de la gestion des activités des Parcs Les membres des comités villageois sont embauchés dans le cadre des activités de gestion des parcs nombre d’emplois crées ; nombre de contrats signés entre organismes villageois et administration forestière faire une évaluation du niveau de compréhension des populations sur les questions d’environnement le niveau de connaissance sur l’environnement est évalué en un an Procès-verbal des réunions élaborer et mettre en œuvre un programme d'information, d'éducation et de communication programme disponible ; nombre de séances de sensibilisation organisées en 3 ans Nombre de radio rurale en place et série des programmes R2 Les populations sont sensibilisées aux questions de conservation des éléphants Faire une étude d’impact du programme de sensibilisation 50% des groupes cibles ont été touchés par le programme en 5 ans Présence fréquente des éléphants Faire le diagnostic participatif des potentialités socio-économiques du milieu potentialités du milieu connues, le niveau de pauvreté est évalué ; une liste des priorités est disponible Rapport d'évaluation disponible identifier et informer les ONG et autres structures génératrices de revenus nombre de réunions d’ateliers ; nombre de structures/ONG identifiées et informées Rapport de réunion organiser des formations et des visites d’échange pour les popu lations nombre de paysans formés nombre de visites d’échange Rapport d'activité R3 Des revenus alternatifs au profit des populations sont créés Initier les activités génératrices de revenus. nombre d’activités alternatives mises en place par comité réduction de 50% en 10 ans le niveau de pauvreté Augmentation du pouvoir d'achat des populations 30 OBJECTIF 3 : Réduction conflits hommes éléphants Faire l'inventaire des droits coutumiers Droits coutumiers connus en l'an 2 Rapport technique R 1 : Droits coutumiers pris en compte Réviser les textes législatifs par les deux partenaires (populations et décideurs Production de documents législatifs à l'an 3 Nouveaux textes produits volonté politique accrue pour l'application des textes Etablir des diagnostics participatifs villageois Etudes effectuées dans chacun des villages Rapport technique et carte du terroir Inciter à la redistribution des terres entre propriétaires terriens et nécessiteux Nombre de propriétaires ayant cédé des parcelles Aménager les zones tampons en vue de leur exploitation rationnelle Un plan d'aménagement est mis en œuvre dans toutes les zones tampons au bout de 10 ans Rapport et carte des zones R :2 Terres autours des parcs et réserve de faune sont mieux gérées Etablir des protocoles de collecte d'information liés aux conflits des terres Les protocoles de collectes sont établis Rapport technique 31 Renforcer les capacités des populations déplacées de leur lieu d'origine lors de la délimitation consensuelle des AP Nombre des infrastructures (sociales, sanitaires, éducatives, etc.) installées dans les villages Mettre en place des protocoles de recherche de gestion des CHE en s'appuyant sur les connaissances et le savoir-faire local Les commissions de recherche sont mises en place Organiser dans les villages un système d'alerte pour informer les gens du passage des éléphants Le système est mis en place R : 3 Les mesures pour résoudre les CHE sont prises Déterminer les périodes de migration des éléphants Période connue par la population Rapports techniques Etablissement de coopération entre les acteurs R : 4 Les conditions de vie des populations sont améliorées Appuyer le développement local par : l'élevage de petit gibier l'élevage de bétail l'apiculture les semences améliorées la création de retenues d'eau pour la promotion des cultures maraîchères la cueillette des plantes utilitaires (paille, écorces, médicaments) l'intervention des services techniques et des ONG l'artisanat l'écotourisme les infrastructures sociales et sanitaires la mise en place de caisses de crédits villageoises autogérées Le nombre d'activités génératrices de revenus actives Nombre de caisses créées Les infrastructures sont réalisées Rapports techniques Etablissement de culture de crédits de la population 32 OBJECTIF 4 : REDUCTION DU BRACONNAGE Développer une stratégie IEC 70% de la population et des décideur sont impliqués en 5 ans nombre de comités locaux de protection de l'éléphant nombre de tournées de sensibilisation nombre d'institutions impliquées motivation de la part des populations et des décideurs implication des femmes Diffuser les textes et conventions 70% de la population et des décideur informés en 10 ans Nombre d'écoles, institutions publiques et privées atteintes R: 1 :les décideurs et populations sont mieux informées et sensibilisées Traduire les textes en langues nationales Edition des textes en langues nationales en 5 ans Nombre de textes traduits et édités Mettre en place une procédure de gestion de l'ivoire saisi ou récupéré 1 texte est pris et diffusé au niveau des autorités concernés Texte réglementaire disponible Recenser les stocks d'ivoire Tous les stocks nationaux sont connus en 2 ans Rapport d'inventaire des stocks coopération des détenteurs Faire un marquage des ivoires conformément aux normes de la CITES Tous les ivoires sont marqués en 2 ans Liste des ivoires immatriculés Elaborer et adopter des textes relatifs au commerce national de l'ivoire Décret et ses textes d'application diffusés Décret et textes disponibles Renforcer les capacités des agents de contrôle au niveau national 100% des agents formés et opérationnels nombre d'agents formés nombre de matériel disponible motivation des agents R : 2 le commerce domestique de l'ivoire est interdit Contribuer à améliorer la banque de données ETIS 100% des saisies sont transmises à ETIS Nombre de rapports à ETIS équipement informatique et de moyens de communication 33 Renforcement des capacités en lutte anti-braconnage nombre de patrouilles organisées nombre de braconniers arrêtés rapport de sortie des patrouilles pv des saisies Constituer un réseau de renseignements nombre de renseignements obtenus sur les pratiques illicites R 3 : organiser la lutte anti-braconnage Constituer des brigades mobiles d'intervention multisectorielle nombre d’intervention par unité de brigade mobile OBJECTIF 5. RENFORCEMENT DES CAPACITES équiper en outils de travail (moyen de communication, de déplacement, équipement de patrouille, etc…) 100% des postes de contrôle sont équipés à partir de l’an 7 Rapport d'activité des brigades et rapport technique Trouver une ligne budgétaire pour la protection de la faune (patrouille de surveillance ; lutte anti braconnage ; fonctionnement des brigades mobiles) Une ligne budgétaire est créée et utilisable à partir de l’an 2 R1 : Les moyens logistiques et financiers pour les agents sont renforcés Créer un fond d’appui pour la gestion des populations d’éléphants (donateurs ; touristes ; concessionnaires ; ong ; les politiques ; opérateurs économiques ; les sponsors ; etc.) 30% des besoins financiers pour la protection des éléphants sont couverts par le fond d’appui en l’an 5 Evaluer les besoins en personnel pour la gestion des aires protégées et des éléphants L’évaluation quantitative et qualitative du personnel forestier est réalisé en l’an 5 Rapport d'évaluation Identifier les centres de formations appropriés au niveau national, sous régional Les centres de formations appropriés sont connus en l’an 2 Liste des centres de formation R2 : Le personnel qualifié pour la gestion des aires protégées est disponible Mettre en place un programme de formation continue Un programme approprié est mis en place en l’an 2 34 former des cadres spécialisés de haut niveau pour la recherche sur les éléphants et la gestion des aires protégées 50% des besoins en personnel de la recherche sont couverts en l’an 10 Créer une filière écologie et aménagement des ressources naturelles à l’université Une filière de formation est ouverte à partir de l’an 5 à l’Université de Lomé Faire la situation des textes existants Mise en place d'un groupe de travail Identifier les insuffisances de ces textes Elaborer et faire adopter de nouveaux textes Diffuser les textes adoptés au niveau des groupes cibles doter le personnel de surveillance des aires protégées d’un statut particulier. R :3 Les textes législatifs en matière de conservation des éléphants sont actualisés et appliqués Contribuer à la mise en place d’un mécanisme de collaboration sous régional dans le cadre de la lutte anti-braconnage et le trafic des produits dérivés de l’éléphant clarifier le rôle de chaque partenaire intervenant dans le domaine de la conservation R 4 : Le cadre institutionnel de gestion des éléphants est mis en place Mettre en place une cellule de coordination pour la gestion des éléphants et la mise en œuvre de la stratégie nationale 35 3.2. Mise en œuvre de la stratégie: Le succès de la mise en œuvre de la stratégie pour la conservation des éléphants est basé sur les principes fondamentaux du PARTENARIAT et de la PARTICIPATION. Chaque partenaire identifié doit donc pouvoir s’impliquer entièrement et remplir pleinement ses rôles et responsabilités. LES PARTENAIRES LES ROLES ET LES RESPONSABILITES L’ETAT : LE GOUVERNEMENT L’ADMINISTRATION PUBLIQUE LES SERVICES PUBLICS Prendre immédiatement toutes les initiatives et les dispositions requises pour remplir les conditionnalités de la mise en œuvre Impulser et coordonner la mise en œuvre Rechercher des financements nationaux et internationaux et assurer le financement Sensibiliser, informer, former Apporter appui et conseils Suivre et évaluer la mise en œuvre avec autres partenaires... POPULATION - COLLECTIVITES LOCALES - PRIVES - ONG GROUPES ORGANISES.... Apporter une partie du financement des actions sous plusieurs formes. Réaliser directement certaines actions sur le terrain. Participer pleinement à la réalisation de tout le programme. Suivre et évaluer 3. LES PARTENAIRES AU DEVELOPPEMENT : BILATERAUX MULTILATERAUX-ONG... Assistance financière et technique. Appui et conseil. Suivi et évaluation. 36 ANNEXES 37 ANNEXE 1 BIBLIOGRAPHIE Atlas du développement régional du Togo. P.N.U.D -DTCD. 1990; Atsé M. et Sessi K. Septembre 1999: Etude Economique du Secteur Forestier et de Faisabilité pour la Création d'un Fonds National Forestier au Togo/FAO; Brunel, J.F. (1981) Vegetation. Atlas du Togo. Pp. 16-17. Les Editions J.A., Paris. Burrill, A. & Douglas-Hamilton, I. (1987) African elephant database project: final report. UNEP/GRID, Nairobi. CE/FAO, Koffi Sessi- Collecte et Analyse de Données pour l'Aménagement durable des forêts dans les pays ACP ". 2001; EOS-D2C- Mise en œuvre d’un programme de réhabilitation des aires protégées au Togo Etude d’une stratégie globale de mise en valeur – COM-STABEX/91-94 – Février 2001 MDR/MPAT. 1994. Programme d'Action Forestier National (PAFN). (Version 2) vol. 1. République du Togo. Lomé, Septembre; MET (1991) Plan de Conservation de l'Elephant au Togo. Unpublished report, MinistŠre de l'Environnement et du Tourisme, Lome. Okoumassou, K., Barnes, R.F.W. & Sam, M.K. (1998) The distribution of elephants in north-eastern Ghana and northern Togo. Pachyderm 26: 52-60. PNUD/FAO (1991) La degradation des terres dans 14 secteurs DRDR du Togo. Projet PNUD/FAO/TOG/89/001. Unpublished report, PNUD/FAO, Lom‚. Roth, H.H. & Douglas-Hamilton, I. (1991) Distribution and status of elephants in west Africa. Mammalia 55: 489-527. Sam, K.K., Okoumassou, K. & Barnes, R.F.W. (1996) A preliminary survey of the elephants of northeastern Ghana and northern Togo. Unpublished report, Wildlife Department, Accra and Direction des Parcs Nationaux, des Reserves de Faune et de Chasses, Lome‚. Sam, M.K., Barnes, R.F.W. & Okoumassou, K. (1998) Elephants, human ecology and environmental degradation in north-eastern Ghana and northern Togo. Pachyderm 26: 61-68. Sessi K. ,1999: Identification des Modes d'Utilisation des espèces de la faune sauvage commercialisées au Togo; Tanzidani, T.K.T. (1993) Les problèmes sociaux dans les reserves de faune et de flore au Togo. Cahiers d'Outre-Mer 46:61-74. Banque Mondiale (1995) Unpublished report, with title page missing, on the state of the environment in Togo. World Bank, Washington DC. 38 ANNEXE 2 LISTE DES PARTICIPANTS A L'ATELIER DU 02 AU 05 OCTOBRE 2002 N° Nom et Prénoms Fonction Adresse 01 SEYNI Seydou Secrétaire Général adjoint du Ministère de l’Hydrauli que, de l’Environnement et de la lutte contre la Désertification BP. 257 Tél : (227) 72-21 86/38-89 Fax : (227) 72-40 15/73 60-12 ucnpmedp@intenet.nefaun e@intenet.ne 02 RICHARD F.W. Barnes Ecologue Conservation International Division of Biological Sciences 0116 U.C. San Diego La Jolla, California 92093-0116 Etats Unis 03 KONKONMONGOU Souké Chef Canton Tél : 770- 88 18 Dapaong 04 YENTCHABRE Yalebondja Chef Canton Tél : 770-83-58 Dapaong 05 SAMBIANI Matieyendou Chef Canton Tél : 775-30-02 06 OURO-AKALA Issa Régent du Canton BP : 41 Sotouboua 07 SINADOUWIROU Théophile A. Chef Service Ecologie/CENAGREF BP. 75 Kandi Tél : (229) 63 –00-80 tsinad@yahoo.com 08 KIDJO Ferdinand Claude Chef Service Etudes et Prospective/CENAGREF 08BP227 Cotonou Tél : 30-72-82 fkidjo@yahoo.fr 09 ATCHARTCHAO Jules Représentant du Chef S/C Tél : 667-30-04 Kanté 10 ARAHORE Wasr Lanwon President ARPK BP. 28 Kanté Tél : 667-30-04 11 NAYABI Limbila D.P.E de Tandjouaré Tél : 775-30-34 12 GBLOMATSI Kodjo Edoh Conservateur du Parc Kéran S/C Tél : 667-01-11 13 AZOTE Tchaa Hodabalo D.R.E.R.F.C. Tél : 550-01-06 Sokodé 14 BAKEMSA Kokou D.R.E.R.F.K Tél : 660-60-87 Kara 15 DJAKPERE Tignoiti Chef de Canton Tél : 774-00-07 16 ALBARKA Zakari Chef Village Boulohou 17 BELEI Abounam Chef Canton Sotouboua 18 WANZOUMANO Djambara Chef Canton Mango 19 PANIBA Souleymana Chef Canton Koutoaré 20 SAWADOGO Bobodo Blaise Coordonnateur PAGEN/GEPRENAF Président AAPE BP. 7044 Ouagadougou Burkina Faso Tél. 00226 35 64 15 / 24 43 96 bobodo.sawadogo@liptinfo r.bf bobodo sawadogo@hotail. com 21 TITIKPINA B. Oudja-Bouh Chef Canton BP. 75 Tchamba Tél. (00228) 552 00 25 Cél. (00228) 990 3786 22 SIMLIWA Djato Mésétom Directeur PAIL-Fazao BP. 641 Sokodé Tél : 550-09-78/16-63 23 BATAWI Frédéric Représentant FFW Togo Tél : 550-02-96 39 22 ALI Adam Ahoussintché Homme Ressource BP.977 Tél : 250-46-42 Lomé 23 GUELLY Kudzo Atsu Enseignant UL Dpt Botanique Coordonnateur Technique du Projet Biodiversité BP. 1515 Tél : 225-50-94/221-86-90 Cél : 912-25-03 atsuguelly@yahoo.fr 24 GBANDI Malouesson Direction Environnement Tél : 221 33 21 Lomé 25 KOUNDE N'Banta Député Tél : 916-49-96 26 OURO-DJERI Essowè Directeur Production Forestière Tél : 222-39-24 Lomé 27 BATCHASSI Potomsouwè Député à l’Assemblée Nationale Tél : 901-67-91 BP. 327 Lomé 29 TCHASSAMA Bang'na Officier des Sapeurs Pompiers Tél : 222-08-02 Lomé 30 ASSEDI Yao Kubuènalè Directeur Régional des Plateaux Tél : 440 –00-09 Atakpamé 31 DJATO Bama DRERFS Tél : 771-71-28 Mango 32 TCHETIKE Gnagnako Rawou D.F.C Tél : 221-40-29 33 DJALOGUE Goumbéban DRERF/RM - Tabligbo Tél : 905-80-76 Tabligbo 34 MOUMOUNI Abdou-Kérim D.F.C Tél : 221-40-29 BP. 355 35 EDOH K.Gomido Chargé de Mission MERF/CAB Tél : 221-56-58 36 DURLOT Sophie Présidente ONG HNE Tél : 905-08-94 Lomé 37 AFOUTOU Komla Attaché de Presse MERF/CAB 38 AKPAMOU Kokouvi G. Secrétaire Général GEPIB/Agbo Zegue Tél : 990-88-29 39 OKOUMASSOU Kotchikpa Chef Division Faune BP. 355 Lomé 40 SESSI Koffi PAFN/MER BP. 355 Lomé Tél : 222-44-26 41 AKOLY Mawuna Chef Division Flore Tél : 221-04-26 42 BATAWILA K. Kotahè Chef Division Faune BP. 355 Lomé 43 AFFO Agué Adji-Boyé Chef Section CITES Tél : 221-40-29 / BP. 355 Lomé Cél : 905-13-40 affo60@voila.fr 44 ATAYI-AGBOBLY Ayih Directeur Technique ODEF Tél : 221-79-86 - Lomé atayi1@hotmail.com 45 DJERI-ALASSANI Direction Environnement Tél : 221-33-21 Lomé 46 SAM Moses Kofi Head Elephant Programme Wildlife Division POBox M.239 MINISTRY POST OFFICE ACCRA GHANA Tél. 223 21 664654 m ossam@yahoo.com 47 SEBOGO Lamine Chargé de Programme GSEAF Afrique de l’Ouest GSEAF Afrique de l’Ouest 01 BP 1618 Ouagadougou 01 Tél. 226 33 13 57 Cel. 226 25 04 32 lamine.gseaf@fasonet.bf 48 STEEL Martin Coordinateur PAIL FAZAO VSF – SUISSE BP 641 Sokodé Tél. 550 16 83 49 TEHOU Comlan Aristide Chef Service Ecologie du Parc National de Pendjari 02 BP 527 Cotonou houte@avuorg 50 ABEARE Shane Biologiste sabeare@yahoo.com 40