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قوانين السنغال

Contribution déterminée au niveau national du Sénégal

صدر في 2020-12 · النص بتاريخ 2026-10-01

القانون العام والإرشادات الرسمية منشورة بوصفها أبحاثاً. ليست مشورة قانونية أو ضريبية أو مالية.

البحث نفسه مكتوب بالإنجليزية. العناوين والوسوم مترجمة؛ أما النتائج والاقتباسات فغير مترجمة.

عن هذا القانون

اللغة
French
النوع
policy
المنظمة
Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel (CILSS)
الدولة
السنغال
الموضوعات
Agricultural and rural development, Livestock, Energy, Environment, Fisheries and aquaculture, Forestry, Water, Wild species and ecosystems, Waste and hazardous substances
الكلمات المفتاحية
climate change, emissions, pastoralism, animal production, land-use planning, protection of environment, rainwater, capacity building, data collection/reporting, early warning system, education, afforestation/reforestation, timber, forest management/forest conservation, sustainable development, biodiversity, ecosystem conservation, management/conservation, coal, ecofriendly products/ecofriendly processes, energy conservation/energy production, renewable energy, pollution control, solid waste, waste management
الفئات
energy

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  1. 1. Atténuation ............................................................................................................................................... 41

  2. 2. Adaptation ................................................................................................................................................ 42 VI. Impact macro-économique ......................................................................................................................... 43 a. Articulation entre la CDN et le Plan d’Actions Prioritaires (PAP) du PSE 2 ...................................................... 43 b. Retombées socio- économiques des mesures prévues ................................................................................. 43 Conclusion ........................................................................................................................................................... 47 3 Résumé La Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Sénégal s’inscrit dans le cadre de la vision prospective, « Plan Sénégal Émergent (PSE) », de sa stratégie et des plans de développement ainsi que des programmes sectoriels de gestion durable de ses ressources naturelles et environnementales. La CDN reprend les acquis de la CPDN. La CPDN, du Sénégal a été élaborée par une équipe de consultants locaux sous l’encadrement de la Direction de l ’Environnement et des Établissements Classés (DEEC) du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, en collaboration avec le Comité National sur les Changements Climatiques (COMNACC). Un atelier national tenu le 14 septembre 2015, et présidé par le Ministre de l’Environnement et du développement durable, a permis de valider la CPDN, avec des engagements précis de réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES), par rapport aux émissions projetées, à l’horizon 2035. La CPDN a été adoptée en conseil des ministres le 16 septembre 2015. En 2016, le Sénégal s’est lancé dans le processus de mise à jour de sa CPDN pour en faire une CDN qui constitue l’engagement du pays dans le cadre de l’accord de Paris. Cette transition répond principalement à des impératifs de réactualisation des données (sectorielles, macro-économiques, démographiques etc.) utilisées lors de l’élaboration de la CPDN, mais également à la nécessité de prendre en charge des composantes essentielles telles que la Mesure, la Notification et la Vérification (MNV), les besoins en renforcement de capacités et en transfert de technologie, essentiels pour une bonne mise en œuvre de la CDN ainsi que l’intégration des émissions issues de l’industrie pétrolière et gazière dont le début de production est prévu en 2022. Aussi, une évaluation rigoureuse de la situation environnementale a permis d’identifier : - les secteurs d’émissions de gaz à effet de serre : le transport, les déchets, l’énergie, l’industrie, la foresterie et l’agriculture ; - les domaines sensibles portant de façon prioritaire les activités d’adaptation et de maîtrise des impacts du changement climatique : l’érosion côtière, l’agriculture, la pêche, l’élevage, la santé, la biodiversité et les inondations. Dans les deux composantes de cette CDN, deux objectifs sont fixés : - un objectif inconditionnel, consistant à la réalisation des activités avec les moyens nationaux (État, collectivités locales, secteur privé, ONG, etc.), et - un objectif conditionnel qui sera atteint avec le soutien de la communauté internationale. Ces objectifs ont été déterminés et fixés pour chacun des secteurs et une agrégation de ces objectifs permet d’apprécier l’impact sur les émissions globales du pays. Ceci se traduit par une réduction relative des émissions de gaz à effet de serre de 5% et 7% respectivement, aux horizons 2025 et 2030, par rapport à la situation de référence (Business as usual) pour l’objectif inconditionnel (CDN). Cette réduction pourra être portée à 23% et 29% respectivement, aux horizons 2025 et 2030, par rapport à la situation de référence, si le Sénégal bénéficie du soutien de la communauté internationale avec des financements conséquents, la facilitation du transfert de technologies écologiquement rationnelles et du renforcement de ses capacités institutionnelles et humaines, dans le domaine du changement climatique (CDN+). En 2010, les émissions globales s’établissaient à 16 752 Gg de C02 équivalent. Elles vont connaitre une progression régulière, pour atteindre 37 761 Gg, en 2030. 4 Plusieurs études réalisées au Sénégal renseignent sur les conséquences du changement climatique. Les impacts observés montrent une tendance à la baisse de la pluviométrie, une hausse des températures moyennes, une élévation du niveau de la mer, des perturbations sur la disponibilité des espaces cultivables, des ressources hydrauliques et halieutiques. Elles traduisent une grande vulnérabilité des écosystèmes du Sénégal, nécessitant un recours à des actions précises d’atténuation et d’adaptation face aux perspectives climatiques futures, afin d’en maîtriser les impacts potentiels, notamment en termes socio-économiques sur les 60% de la population dont la subsistance dépend directement de ces ressources. Sur les risques climatiques projetés, leurs impacts potentiels ainsi que les vulnérabilités induites, les modèles montrent globalement une prédominance des risques de sécheresses, des vagues de chaleur et une recrudescence des événements humides extrêmes. L’occurrence de ces risques expose différemment les régions du Sénégal. Les régions les plus affectées par l’augmentation du risque de sécheresse extrême sont situées au nord du Sénégal, la région de Saint Louis montrant le risque le plus intense, pour une augmentation de la fréquence des sécheresses comprises entre 20 et 30%. La fréquence des événements humides extrêmes est plus importante dans le scénario de faible réchauffement et cela, principalement, pour les zones situées au nord et à l’est du Sénégal (Matam, Tambacounda, Louga). La mise en œuvre de la Contribution du Sénégal est estimée à un coût de 13 milliards de dollars US dont : - 8,7 milliards dédiés à l’atténuation avec 3,4 milliards dollars US, en inconditionnel, et 5,3 milliards US en conditionnel ; et - 4,3 milliards US pour l’adaptation, dont 1,4 milliards US d’inconditionnel et 2,9 milliards US de conditionnel. Le total inconditionnel et conditionnel s’élèvent à respectivement 4,8 milliards dollars US et 8,2 milliards dollars US. Elle nécessitera d’importants moyens financiers, humains et technologiques de la part du Sénégal, mais aussi de l’appui de la communauté internationale, afin de permettre des réductions encore plus significatives d’émissions de GES et une résilience aux changements climatiques. Des simulations ont permis d’évaluer les impacts et les retombées socio-économiques escomptées de ces mesures. Bien qu’intervenant directement sur les secteurs cités précédemment, ces mesures constituent un levier d’amélioration de la situation économique nationale, de la santé publique, de la gestion des problèmes liés à l’urbanisation etc. 5 Sigles Acronymes AFAT : Agriculture, Foresterie et Autres Affectations des Terres ; BAU : Cours Normal des Affaires – Business As Usual en anglais ; BRT : Bus à Haut Niveau de Service – Bus Rapid Transit ; CCNUCC : Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ; CET : Centre d’Enfouissement Technique ; CETUD : Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar ; CIVD : Centre Intégré de Valorisation des déchets ; CN : Communications Nationales ; COMNACC : Comité National sur les Changements Climatiques ; CORDEX : Expérimentation des méthodes dites de désagrégation ; CDN : Contribution Déterminée au niveau National ; CPDN : Contribution Prévue Déterminée au niveau National ; CRN : Centre de Regroupement Normalisé CRODT : Centre de Recherche Océanographique Dakar Thiaroye ; CSE : Centre de Suivi Écologique ; CSP : Concentrated Solar Power (Centrale Solaire Thermodynamique) ; DGPRE : Direction de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau ; CO2e : Équivalent en dioxyde de carbone (Équivalent CO2) ; GDT : Gestion Durable des Terres ; GES : Gaz à Effet de Serre ; Gg : Giga Gramme ; GIEC : Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l ’Évolution du Climat ; IDH : Indice de Développement Humain ; IPCC : Intergouvernemental Panel on Climate Change, GIEC en français. MRV: Mesure, Notification et Vérification – Measuring, Reporting and Verification; ONAS : Office National de l ’Assainissement du Sénégal ; PANA : Plan d’Action National d’Adaptation aux changements climatiques ; PAP : Pl an d’Actions Prioritaires ; PAPIL : Programme d’Appui à la Petite Irrigation Locale ; PEID : Petits États Insulaires en Développement ; PGIES : Projet de Gestion Intégrée des Écosystèmes ; PIB : Produit Intérieur Brut ; PIUP : Procédés Industriels et Utilisation des Produits ; PMA : Pays les Moins Avancés ; PNA : Plan National d’Adaptation aux changements climatiques ; PNGD : Programme National de Gestion des Déchets ; PRACAS : Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture sénégalaise ; PSE : Plan Sénégal Émergent ; RCP : Trajectoires Représentatives de Concentration – Représentative Concentration Pathways ; RNA : Régénération Naturelle Assistée ; SRI : Système de Riziculture Intensif ; CO2 : Dioxyde de Carbone 6 CH4 : Méthane ; N2O : Protoxyde d’azote ou oxyde nitreux ; MW : Mégawatt ; MWc : Mégawatt-crête. 7 Introduction Le Plan Sénégal Émergent (PSE) est le cadre de référence de la politique économique et sociale du Sénégal, à l’horizon 2035. Le PSE mise sur une croissance économique reposant principalement sur l’intensification de l’activité dans les secteurs primaire et secondaire. Or, les pertes et préjudices actuels ainsi que les impacts projetés des changements climatiques sur les terres arables, les ressources hydrauliques et halieutiques sont susceptibles de compromettre le succès du PSE. Au regard de la forte exposition et de la vulnérabilité du pays aux changements climatiques et en réponse à l’Accord de Paris, le Sénégal entend contribuer à l’effort collectif, au travers d’une mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation dans les secteurs économiques prioritaires, les communautés, les infrastructures, les écosystèmes et les villes. La stratégie repose sur l’intégration de la dimension changement climatique dans la formulation et la programmation des politiques de développement, tenant compte d’autres priorités telles la santé humaine et animale, la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, la promotion des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique et la prise en compte du genre. Concernant ce dernier, le Sénégal s’est lancé dans la mise en œuvre d’une Stratégie nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre (SNEEG), fondée sur la promotion de l’équité et de l’égalité de genre qui interpelle tous les acteurs de développement. Le Gouvernement a pris l’engagement d’intégrer la problématique du genre dans toutes les politiques publiques. La CDN du Sénégal s’inscrit dans le cadre du PSE, en écho à ses Plans d’actions prioritaires. 8 I. Contexte a. Evolution des Emissions Le Sénégal a soumis trois communications à la CCNUCC en 1997, 2010 et 2015, avec respectivement, comme années de référence : 1994, 2000 et 2005. Il en ressort une augmentation nette des émissions nationales. Les secteurs de l’énergie et de l’agriculture sont les sources majeures comptant respectivement pour 40 et 48% des émissions, en 2005. La dynamique montre une hausse des émissions dans tous les secteurs entre 1994 et 2005, excepté le secteur déchets qui a nécessité un affinement de données en 2005 (Tableau 2). Les informations détaillées concernant les 03 communications soumises sont résumées sur le tableau qui suit : Tableau 1 : Synthèse des émissions des trois communications nationales (Gg CO2e) Année d’inventaire 1994 2000 2005 Secteurs Communication 1 Communication 2 Communication 3 Énergie hors biomasse 3 788,6 4 663 5 178,93 Agriculture 2 957,6 6 275,89 6 359,84 Déchets 2 226,2 2 075,64 979,4 Procédés industriels et 345,5 301, 51 541 Utilisation des Produits Émissions globales 9317,9 13 298 13 084 (Sans absorptions de la foresterie) Sources : communications nationales du Sénégal auprès de la CCNUCC NB : Le secteur de l’utilisation des terres, du changement d’affectation des terres et la foresterie demeure un important puits de carbone dont les absorptions nettes augmentent (Tableau 3). Tableau 2 : Absorptions de carbone dans le secteur de la foresterie et des terres (Gg CO2e) Année d’inventaire 1994 2000 2005 Secteur Communication 1 Communication 2 Communication 3 Foresterie et terres -5 997 -10 555 -11 434 Le Sénégal a progressivement amélioré la méthode d’inventaire des GES dans le secteur de la foresterie, avec l’utilisation de certains facteurs spécifiques, la collecte de données plus précises sur les formations forestières et l’application des directives récentes du GIEC. 9 b. Principales tendances climatiques et risques associés Les tendances climatiques au Sénégal ont été appréciées sur la base de trois paramètres clés, notamment les températures, la pluviométrie et l’état de la mer. Ces tendances ont pu être modélisées grâce aux deux scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5. Les informations sur les scénarios et tendances climatiques sont présentées dans les tableaux qui suivent : Tableau 3 : Changement moyen de la pluviométrie et de la température projeté par zone et par scenario. La pluviométrie est exprimée en mm, tandis que la température est exprimée en degré Celsius. Tableau 4 : Tendances actuelles et futures des paramètres clés climatiques Paramètres climatiques Tendances actuelles Tendances futures Température  Hausse globale des températures minimales entre 1961 et Augmentation moyenne située entre +1,17 et 1,41°C à l’horizon 20351 2010 ; (tableau 3)  Augmentation qui va de 0.58°C, à Dakar, à environ 1.88°C à Ziguinchor qui enregistre une hausse des minima plus importante qu’à Tambacounda (environ 1.06°C). Pluviométrie  Baisse des précipitations de 1951 à 2000 sur les stations de  Baisse (négatif) vers l’horizon 2035. La zone nord du Sénégal verra référence2. Cette tendance a entrainé un glissement des une baisse de 16 mm en moyenne par rapport à la période de isohyètes du nord vers le sud du pays. L’isohyète 500mm qui référence (1976-2005). Partout ailleurs, la baisse serait plus se situait sur l’axe nord-Dakar et Linguère entre 1951 et 1980 prononcée et serait en moyenne de 89 mm (tableau 3). se retrouve au niveau des régions de Kaolack, Fatick. De même l’isohyète 1000 mm a migré du Sud de la Gambie vers la frontière sénégalo-guinéenne entre 1981 et 2013.  Toutefois, il est à noter une tendance à une reprise des pluies notée entre 2000 et 2010.  Augmentation moyenne du niveau de la mer de 1,4 mm par an Sur l’ensemble des côtes sénégalaises et pour une élévation du niveau a été notée. marin de 1 m d’ici 2100, prévoyaient que 55 à 86 km2 de plages  Depuis une cinquantaine d’années, il est observé un taux de disparaîtraient Niveau de la mer recul moyen du trait de côte compris entre 1 et 1,30 m/an3. Environ 6000 km2 de zones basses, essentiellement les zones estuariennes, seraient inondées. Ceci équivaudrait à une disparition de la totalité des mangroves actuelles. Etat de la mer Température Augmentation de la température de surface de la mer d'environ surface de mer 0,04 °C à 0,05 °C par an depuis le début des années 1980. Vitesse des vents Forte variabilité de la vitesse du vent sur la période 1981-2010. La force du vent reste toujours sur une pente descendante entre 2010 et 2015, avec des pics pouvant aller jusqu’à plus de 6 m/s. 1 Données de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) 2 Podor, Dakar, Ziguinchor, Tambacounda 3 Direction de l’Environnement et des établissements classés, 2005 c. Impacts Et Vulnérabilités L’évaluation des différents impacts et vulnérabilités au niveau national montre que l’ensemble des secteurs clés du PSE demeurent tous directement ou indirectement exposés aux impacts du changement climatique. Cette vulnérabilité concerne à la fois les communautés, les écosystèmes, les infrastructures et l’économie nationale. Sur le plan économique, une simulation à l’aide du modèle T21 montre que l’augmentation des températures aura une incidence négative sur la croissance du PIB et entrainera un niveau de pauvreté plus élevé au Sénégal (figures 1 et 2)4. BAU Scénario_Tr2.6_an40 Scénario_Tr2.6_an30 7,00% 6,00% 5,00% 4,00% 3,00% 2,00% 1,00% 0,00% 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 -1,00% 2014 2016 2018 2020 2022 2024 2026 2028 2030 2032 2034 2036 2038 2040 2042 2044 -2,00% Figure 1 : Effets de l’augmentation de la température sur la croissance du PIB mesuré par le modèle T21 Source : Direction de la Planification (MEFP) BAU Scénario_Tr2.6_an40 Scénario_Tr2.6_an30 0,8 0,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2024 2026 2028 2030 2032 2034 2036 2038 2040 2042 2044 Figure 2 : Effets de l’augmentation de la température sur la lutte contre la pauvreté Source : Direction de la Planification (MEFP) 4 Rapport multisectoriel BM, 2017 12 Le maintien des tendances observées dans le passé, notamment la hausse des températures et la baisse des pluies, aura des incidences négatives sur les bases productives de l’économie nationale (biodiversité, agriculture, élevage, ressources en eau, pêche, zone côtière…) à l’horizon 2031-2041. Les changements climatiques apparaissent ainsi comme un frein au développement et à la lutte contre la pauvreté. Ce qui représente un défi majeur pour l’atteinte des objectifs du PSE à l’horizon 2035. d. Équité et Ambition La CDN du Sénégal traduit un engagement soutenu à inscrire le pays sur une trajectoire de développement sobre en carbone et assurant la résilience de l’économie, des communautés, des infrastructures et des villes. La CDN est équitable au regard des capacités nationales et de la vulnérabilité climatique du pays. Elle est ambitieuse en ce qu’elle va au-delà de la proposition de stratégies et de programmes accordées aux PMA et aux PEID dans l’Accord de Paris. 13 II. Composante Atténuation La contribution prévoit une réduction des émissions de GES en 2025 et 2030 dans différents secteurs de l’économie par rapport aux émissions projetées pour les mêmes années, selon un scénario de référence basé sur un certain nombre d’hypothèses. Elle est constituée d’une contribution inconditionnelle (CDN) et d’une contribution conditionnelle (CDN+). Les principales activités prévues dans les contributions inconditionnelles et conditionnelles couvrent chacune des secteurs de l’économie sénégalaise et leurs impacts sont présentés par rapport aux émissions de GES de chaque secteur. Une agrégation de ces réductions d’émissions est aussi présentée pour voir leurs évolutions par rapport aux émissions globales. Le Sénégal s’engage, de façon inconditionnelle et conditionnelle à réduire ses émissions de GES, respectivement en 2025 et 2030, par rapport aux émissions projetées pour les mêmes années, selon un scénario « Business as Usual » dans les secteurs suivants : ÉNERGIE Tableau 5 : Émissions BAU/CDN Énergie (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Scénarios BAU/CDN/CDN+ ENERGIE 25000 BAU 19512 23927 20000 CDN 18022 21523 15000 CDN+ 12615 14048 10000 % réduction CDN 7,6 10 5000 0 % réduction CDN+ 35,3 41,2 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ Figure 2 : Scénarios BAU/CDN/CDN+ Énergie Les émissions liées à la biomasse (production de charbon et de bois) sont comptabilisées au niveau du secteur de la foresterie. La connaissance et maitrise des niveaux d’émissions de la biomasse serviront à définir les actions d’atténuation dudit sous-secteur. Le détail des émissions de la biomasse est consigné dans le tableau qui suit : Tableau 6: Émissions BAU/CDN Biomasse (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Scénario BAU/CDN/CDN+ Biomasse BAU 8533 8867 10000 9000 CDN 7702 7621 8000 7000 6000 CDN+ 7106 6652 5000 4000 % réduction CDN 9,76 16 3000 2000 1000 0 % réduction CDN+ 14 24 2010 2015 2020 2025 2030 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ Figure 3 : Scénarios BAU/CDN/CDN+ Biomasse AGRICULTURE Tableau 7 : Émissions BAU/CDN (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Scénarios BAU/CDN/CDN+ AGRICULTURE BAU 9903 10600 12000 CDN 9732 10350 10000 8000 CDN+ 9034 9329 6000 4000 % réduction CDN 1,72 2,36 2000 % réduction CDN+ 8,76 11,98 0 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ Figure 4 : Scénarios BAU/CDN/CDN+ Agriculture DÉCHETS Tableau 8 : Émissions BAU/CDN DECHETS (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Scénarions BAU/CDN/CDN+ DECHETS BAU 2189 2575 3000 2500 CDN 1948 2292 2000 CDN+ 759 893 1500 1000 500 % réduction CDN 10,99 11,00 0 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 % réduction CDN+ 65,28 65,28 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ PROCÉDÉS INDUSTRIELS ET UTILISATIONS DES PRODUITS Tableau 9 : Émissions BAU/CDN Procédés Industriels (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Scénarios BAU/CDN/CDN+ PROCEDES INDUSTRIELS 4500 BAU 3 953 3 953 4000 3500 3000 CDN 3 953 3 953 2500 2000 1500 CDN+ 3 792 3 631 1000 500 % réduction CDN 0,0 0,0 0 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 % réduction CDN+ 4,0 8,1 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ Figure 6 : Scénarios BAU/CDN/CDN+ PI FORESTRIE Tableau 10 : Absorptions BAU/CDN (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 Absorptions BAU CDN CDN+ BAU -11573,11 -11510,66 0 2010 2015 2020 2025 2030 -5000 CDN -16967,12 -16894,32 -10000 CDN+ -29328,21 -29328,21 -15000 -20000 % absorptions -46,608129 -46,77108 CDN -25000 -30000 % absorptions -153,41684 -154,79173 -35000 CDN+ Absorptions BAU Absorptions CDN Absorptions CDN+ Figure 7 : Scénarios BAU/CDN/CDN+ Foresterie Agrégées, ces réductions d’émissions représenteront respectivement 05 et 07%, en 2025 et 2030 par rapport aux émissions projetées, selon un scénario « Business as Usual », sur la base d’un financement domestique et maitrisé. Ces réductions atteindront 23,7 et 29,5 % respectivement, en 2025 et 2030, à condition de recevoir un soutien substantiel de la communauté internationale. Tableau 11 : Émissions globales BAU/CDN/CDN+ (Gg CO2e) Scénarios 2025 2030 45000 Scénarios Agrégés CDN BAU 32648,6097 37761,1405 40000 CDN 30 987 35 106 35000 30000 CDN+ 24883,0564 26611,0057 25000 20000 5,09 7,03 15000 % réduction 10000 CDN % réduction 23,78 29,53 5000 CDN+ 0 1 2 3 4 5 Emission BAU Emission CDN Emission CDN+ Figure 8 : trajectoire globale des émissions 21 La contribution sera mise en œuvre principalement par :  L’augmentation de la séquestration de carbone, à travers la mise en œuvre de projets liés aux secteurs de l’agriculture et de la foresterie ;  La transition énergétique avec l’intégration des énergies renouvelables et le renforcement de l’efficacité énergétique dans la production électrique, dans les secteurs de l’industrie, du transport et du résidentiel/tertiaire ;  L’amélioration de la gestion des déchets solides et liquides ;  L’amélioration des procédés industriels. Les activités présentées dans le présent rapport, ne sont pas exhaustives. Néanmoins, elles constituent la base de la contribution dans le domaine de l’atténuation. La contribution est définie par la réduction des émissions de GES en 2025 et 2030 par rapport aux émissions projetées dans chacun des secteurs concernés selon un scénario « Business as Usual ». 22 a. Cibles d’atténuation Tableau 12 : Caractéristiques de la CDN Type d’objectif Déviation par rapport à une pratique courante (BAU) pour chacun des secteurs concernés (Énergie, AFAT, Déchets et Industrie). Réduction inconditionnelle des émissions par rapport à un scénario BAU et suivant l’année de référence. Réduction conditionnelle des émissions des émissions par rapport à un scénario BAU et suivant l’année de référence Année de base 2010 Période de Mise 2025-2030 en œuvre Gaz couverts CO2, CH4, N2O Secteurs couverts Tous les secteurs (IPCC 2006) - Énergie (production d’électricité, combustibles domestiques, efficacité énergétique, Transport) - Procédés Industriels, - Déchets, - AFAT (Agriculture, Foresterie et utilisation terres) Potentiel de Réchauffement Global : CO2 :1, CH4 : 21, N2O : 310 Méthodologie d’inventaire des émissions : IPCC 2006 Objectifs sectoriels Énergie : Objectif inconditionnel 7,6 et 10%, Objectif conditionnel 35,4 et 41,2% Agriculture Objectif inconditionnel 1,72 et 2,36% Objectif conditionnel 8,76 et 11,98 % Déchets Objectif inconditionnel 10,99 et 11% Objectif conditionnel 65,28 et 65,28% Procédés Industriels et Utilisation des Produits Objectif inconditionnel 0% Objectif conditionnel 4 et 8,1% Agrégation des objectifs sectoriels Objectif inconditionnel 5 et 7% de réduction des émissions de GES respectivement en 2025 et 2030 Objectif conditionnel 23,7 et 29,5 % de réduction des émissions de GES respectivement en 2025 et 2030 23 Les émissions de GES de l’année de base 2010 (BAU) se répartissent comme suit : (voir tableau 13) Tableau 13 : Répartition des émissions de GES en 2010 Secteur Niveau d’émissions en Gg Pourcentage CO2e Énergie 6165 36,8 Agriculture 7354 43,8 Déchets 1820,8 10,8 Procédés Industriels et Utilisation des Produits 1412 8 Total 16 752 100 NB : Les émissions nettes du Sénégal en 2010 sont estimées à 3 925 Gg CO2e. Repartition des émissions Globales (sans Foresterie) de GES CDN en 2010 6165 Gg; 36% 7354 Gg; 43% Energie Procédés industriels Dechets 1412 Gg; Agriculture 8% 1820 Gg; 10% Figure 9 : répartition des émissions en Gg de GES en 2010 24 Le secteur agricole représente presque la moitié des émissions du Sénégal en 2010. Cependant, les projections aux horizons 2020-2030 montrent que la tendance va s’inverser au profit du secteur énergétique due notamment à l’augmentation de la demande d’énergie. Les informations détaillées sur les projections d’émissions jusqu’en 2030 sont présentées sur le tableau qui suit : Tableau 14 : Projections des émissions par secteur jusqu’en 2030 (Gg CO2e) Année 2010 2015 2020 2025 2030 Secteurs Énergie 6165 10 080 13 060 19512 23 927 Agriculture 7354 8323,9 9110,7 9903,4 10600 Déchets 1820 2061 2081 2189 2575 Procédés industriels et 1412 1 986 3 146 3 953 3 953 Utilisation des Produits Total 16752 21 637 25 404 32 648 37 761 Deux secteurs se présentent comme les principaux émetteurs de GES au niveau national. Le secteur de l’énergie va connaitre une croissance exponentielle. En effet, Il représentera plus de 50% des émissions globales du pays en 2022. Cette situation peut être expliquée par un dynamisme du secteur avec notamment le début de l’exploitation pétrolière et gazière à partir de 2022. Les émissions du secteur de l’agriculture connaitront une hausse progressive et régulière, jusqu’en 2030. La fermentation entérique va demeurer la catégorie majeure d’émissions de ce secteur. b. Stratégies sectorielles de mise en œuvre de la CDN  Secteur de l’énergie Le secteur de l’énergie constitue un soutien majeur au développement de l’économie et à la réduction des inégalités sociales et territoriales. La facture pétrolière représente près de 34 % des revenus d’exportation du pays. C’est ainsi que la Stratégie d’Émergence mise en place, depuis 2012, traduit l’ambition du Sénégal de garantir un accès universel à l’électricité fiable, durable et accessible, à l’horizon 2025. Le Plan Sénégal Émergent (PSE) renforce les orientations de la Lettre de Politique de Développement du Secteur de l’énergie d’octobre 2012 concernant l’électricité, les hydrocarbures, l’accessibilité à l’Énergie en milieu rural, l’efficacité énergétique et les combustibles domestiques. 25 i. Sous-secteur de la production d’électricité Contexte du Le parc de la production publique d’électricité est essentiellement thermique, soit 93 % de puissance sous-secteur installée et le combustible dominant est le fioul, à hauteur de 75 %. L’accès à l’électricité en milieu rural est toujours limité. Une stratégie nationale du secteur a été développée et déclinée autour des points suivants : - Le développement de l’offre avec de nouvelles capacités de production à hauteur de 1 000 MW ; - L’accès universel à l’électricité pour les zones rurales, à l’horizon 2025 ; - La mise à niveau et le développement du réseau de transport et de distribution ; Actions - Atteinte d’une capacité cumulée installée en solaire de 235 MW, 150MW en éolien, 314 MW en stratégiques hydro électricité en 2030 ; - Injection d’une puissance totale de 699 MW en énergies renouvelables en 2030 ; de la CDN - Atteinte d’un taux de pénétration des énergies renouvelables de 13,68% en puissance installée, hors hydroélectricité, en 2019 dans le réseau électrique ; - L’installation de 6,18MWc dans le cadre de la promotion de l'électrification par voie Solaire, au niveau des systèmes isolés hors Réseau Interconnecté ; Actions - Atteinte d’une capacité installée supplémentaire en solaire de 100 MW, de 100 MW en éolien, stratégiques de 50 MW biomasse, 50 MW de CSP, à l’horizon 2030 ; - Injection d’une puissance totale en énergies renouvelables supplémentaires de 300 MW, de la CDN+ portant le total (CDN et CDN+) à 999 MW en énergies renouvelables ; - Remplacement du fioul par le gaz naturel dans les centrales thermiques dual (fioul/gaz) et de la centrale à charbon de Jindal de 320 MW par des centrales à gaz à cycle combiné, ce qui portera le total de 600 MW installé de gaz naturel entre 2025 et 2030 ; - Atteinte de 18% à l’horizon 2022, d’un taux de pénétration des énergies renouvelables hors hydroélectricité dans le système électrique ; - Electrification rurale par voie solaire en 2025 de :  2292 localités par mini réseaux ;  4356 localités Solar Home System (SHS) ; ii. Sous-secteur des combustibles domestiques Contexte du Les combustibles domestiques (charbon de bois et bois de feu principalement) représentent près de sous- 35% de la consommation d’énergie finale des ménages, en 2016. Le bois de feu et le charbon de bois constituent plus de 75% des sources d’énergie de cuisson des ménages. secteur Le PSE, à travers la LPDSE, se fixe pour objectif la diversification des sources d’énergie, la promotion de l’utilisation des produits de substitution du bois et charbon de bois. 26 Les mesures pour les combustibles domestiques concourent à la préservation de la ressource forestière, avec la substitution du bois de feu et du charbon de bois par des sources durables et des équipements de cuisson efficace. Actions - Diffusion de 800 000 foyers améliorés (FA) par an d’ici 2030, contre environ 350 000 FA en 2016 stratégiques - Réalisation cumulée de 27 000 bio digesteurs en 2030. - Poursuite de la politique sur le gaz butane et promotion du bio-charbon de la CDN Actions - Diffusion d’environ 1 500 000 foyers améliorés par an stratégiques - Réalisation cumulée de plus 48 000 bio digesteurs en 2030 - Promotion du bio-charbon de la CDN+ iii. Sous-secteur de l’efficacité énergétique Contexte du Le gisement national d’économie d’énergie est mobilisable à travers tous les secteurs, dont notamment sous- la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire opérationnel, les actions de généralisation des lampes efficaces (LBC et LED), la normalisation et la labellisation des équipements électroménagers et secteur bureautiques, la gestion durable de l’éclairage public. Il s’agira également de rendre opérationnel le programme issu de la Stratégie de Maitrise de l’Énergie, à l’horizon 2030. Actions - Réalisation d’économies d’énergies de 627,028 GWh (CDN) stratégiques - Baisse de la demande d’énergie électrique de 126,8 MW (CDN) de la CDN Actions - Réalisation d’économies d’énergies de 3402 GWh (CDN+) stratégiques - Baisse de la demande d’énergie électrique de 687,9 MW (CDN+), soit au total 814,4 MW correspondant à 48,9% de baisse sur la pointe attendue en 2030. de la CDN+  Secteur de l’Industrie Contexte du La contribution de l’industrie au PIB totale au Sénégal oscille depuis une décennie entre 20 et 23 %. secteur Le PSE met l’accent sur l’industrialisation avec notamment des choix stratégiques dirigés vers : - Le développement de plateformes et de parcs industriels qui devraient permettre la mise à niveau des chaines de valeur agricoles et le développement d’une industrie manufacturière performante ; - Une meilleure valorisation des ressources minières et l’exploitation de nouveaux gisements de phosphates, de zircon, de fer et d’or. Actions - Amélioration de la règlementation dans le secteur industriel (Études d’approvisionnement en stratégiques énergie, Audits énergétiques périodiques, contrôles, etc.), - Mise à niveau énergétique/ environnementale des entreprises, de la - Valorisation des déchets dans l'agro-industrie, CDN/CDN+ - Efficacité énergétique des cimenteries et la substitution du clinker et l’usage du gaz. 27  Secteur des transports Contexte du secteur Le sous-secteur « transports, poste et télécommunications » représente 22 à 23 % entre 2008 et 2012 du secteur tertiaire. La stratégie décennale 2014-2023 du PSE sous son Pilier 1 repose sur « un secteur des transports efficace pour soutenir la transformation de la production et de la croissance » Les options proposées dans le cadre de la CDN concourent à renforcer les actions ambitieuses e cours. Elles permettront : - Une amélioration globale et durable des conditions de déplacement des populations ; - Une meilleure contribution du sous-secteur à la croissance et à la productivité de l'économie nationale ; - Une baisse sensible de la pollution et de l'impact négatif de celle-ci sur la croissance économique ; - Une diversification des modes de transport avec le recours au transport ferroviaire et maritime. Actions stratégiques - Démultiplication du transport en commun durable (Bus Rapide Transit, Train Express de la CDN/CDN+ Régional) - Promotion des voitures hybrides  Secteur des déchets Contexte du Le secteur des déchets est transversal et en adéquation avec le PSE. Le gouvernement a réalisé secteur d’énormes efforts qui ont abouti à : (1) la réorganisation du secteur, à travers l’élaboration de texte règlementaires adéquats, (2) la mise en œuvre du Programme National de Gestion des Déchets solides, (3) la réalisation d’infrastructures de gestion des déchets solides et liquides, et (4) l’adoption d’un programme de sensibilisation, de formation et de renforcement de capacité. Actions Au niveau de l’assainissement liquide stratégiques - Atteinte d’un taux d’accès au réseau d’assainissement de 85% à l’horizon 2030 (soit à un taux de de la traitement de près de 70% et un taux de dépollution de plus de 55%). Au niveau de l’assainissement solide CDN/CDN+ - Réhabilitation ou fermeture des décharges départementales et sauvages, à l’horizon 2030 ; - Construction des points de regroupement normalisés ainsi que des centres intégrés de gestion des déchets. - Promulgation de textes réglementaires sur la gestion des déchets solides.  Secteur de l’agriculture Contexte du La deuxième phase du Programme de Relance et d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture secteur sénégalaise (PRACAS2 2019-2023), volet agricole du PSE, s’est fixée pour objectif stratégique d’atteindre une production annuelle de 2 100 000 tonnes de riz paddy, 2 000 000 de tonnes d’arachides, 600 000 tonnes d’oignons et 200 000 tonnes d’exportation de fruits et légumes, à l’horizon 2023. La stratégie de 28 mise en œuvre du programme repose sur l’amélioration de la fertilité des terres, l’augmentation des rendements des spéculations ciblées et la maitrise de l’eau. Les emblavures en riz passeront de 677 197 ha, en 2019 à 1 001 640 ha, en 2023 dont 17,5% en irrigué, 32,5% en pluvial et 50% simultanément en irrigué et pluvial. Conformément à la lettre de Politique de Développement de l’Élevage (2017-2021), l’État du Sénégal vise aussi un objectif d’augmenter significativement la productivité et les productions animales à l’horizon 2021, via la modernisation des pratiques d’élevage et l’appui aux filières viandes (bovins et petits ruminants), aviculture (familiale et industrielle) et lait. Actions - Mettre 99 621 ha de terres agricoles sous pratique de Régénération Naturelle Assistée (RNA) et stratégiques 4 500 ha sous compost, à l’horizon 2030 - Mettre à disposition de la fumure organique et du compost amélioré avec la production du biogaz de la CDN Actions - Faire passer 28 500 ha de riz irrigué à un Système de Riziculture Intensif (SRI) réduisant à la fois stratégiques les volumes d’eau utilisés et les quantités de méthane émises. - Passer à 498 105 ha pour la RNA et 14 400 ha pour le compost. de la CDN+  Secteur de la foresterie Contexte du La Lettre de Politique de l’environnement a retenu parmi ses objectifs spécifiques « Réduire la dégradation d secteur l’environnement et des ressources naturelles, lutter contre les effets néfastes du changement climatique et la perte de biodiversité ». Un des programmes porte sur la lutte contre la déforestation et la dégradation de terres en vue de : o Assurer la restauration et la gestion durable des terres ; o Diminuer sensiblement la fréquence et l’ampleur des feux de brousse ; o Réduire la dégradation des ressources forestières. Actions o Augmenter annuellement les superficies reboisées/restaurées d’environ 1297 ha de mangrove et stratégiques de 21000 ha de plantations diverses ; o Réduire les superficies brûlées dues aux feux tardifs de 5% et celles dues aux feux contrôlés de de la CDN 10% par rapport à 2015. Actions - Mettre en défens 500 000 ha de forêts, stratégiques - Reboiser et restaurer 4 000 ha/an de mangroves, - Réaliser 500 000 ha de plantations diverses de la CDN+ - Réduire, de l’ordre de 90%, les superficies brûlées par les feux de brousse, dès la cinquième année de mise en œuvre des plans d’aménagement. Ces efforts permettront de réduire de 25% le taux de déforestation, qui passera de 40 000 ha/an, en 2010, à 30 000 ha/an, en 2030. 29 c. Traitement des réductions d’émissions impliquant les mécanismes liés et non liés aux marchés carbones Les mécanismes de marché constituent un outil de premier choix pour la mise en œuvre des CDN. Comme avec le Mécanisme de Développement Propre (MDP) sous le Protocole de Kyoto, le Sénégal continuera à réaliser des activités d'atténuation dans le cadre des mécanismes de marché carbone international de l’Accord de Paris aux fins de la CDN avec la collaboration des partenaires internationaux. Le Sénégal s'engage à respecter les règles qui garantissent l'intégrité environnementale, promeuvent le développement durable et évitent le double comptage des réductions d'émissions, conformément aux règles qui seront adoptées dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris. Le Sénégal soutient également une transition cohérente de son portefeuille de projets MDP, dans le contexte de l’Accord de Paris, tenant compte des règles qui seront adoptées dans le cadre de l’article 6.4 de l’Accord de Paris. La CDN du Sénégal contient un large éventail d’activités d’atténuation dans les secteurs de l’énergie, de la foresterie, de l’agriculture, de l’industrie et des déchets. La réalisation des objectifs conditionnels pourrait être satisfaite par les mécanismes du marché. Un arrangement de partage approprié de la réduction des émissions entre le Sénégal et les pays partenaires devrait être envisagé. Les projets de marché carbone devront contribuer au financement de l’adaptation. d. Traitement des émissions issues des substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) Quelques substances appauvrissant la couche d’ozone (SAO) sont aussi des GES, avec, plus ou moins, des pouvoirs de réchauffement global très importants L’encadrement de ces substances est assuré par la Convention de Vienne, le Protocole de Montréal ainsi que l’Amendement de Kigali. Au niveau national, des avancées dans la mise en œuvre de ces textes juridiques ont été notées avec la mise en place : o d’un Décret n°2000.73 du 31 janvier 2000 relatif à la consommation des SAO (CFC, HCFC) ; o d’un Arrêté interministériel n°00526 du 15 janvier 2014 relatif aux HCFC, actuellement en application ; o d’un Arrêté interministériel pour intégrer la réduction des HFC qui ont un potentiel de réchauffement très élevé. Des résultats ont été obtenus dans la mise en œuvre d’actions visant à réduire, voire éliminer la consommation des SAO, il s’agit de : - L’élimination à la consommation des CFC depuis 2010 ; - La prévision de la réduction de la consommation des HCFC de 35% en 2020 et l’élimination totale, en 2030 ; - La prévision de la réduction de la consommation des HFC de 10, 30, 50% et 80% respectivement en 2029, 2035,2040 et 2045. Avec l’aide de la communauté internationale, en dehors du Fonds multilatéral du Protocole de Montréal, ce programme pourra être accéléré dans le cadre de l’Amendement de Kigali. Fort de ce constat, le Sénégal manifeste son intérêt à poursuivre la lutte contre les SAO ainsi que la mise en œuvre de programmes phares y relatifs en lien avec les initiatives internationales existantes, portant dans les domaines suivants : o L’efficacité Énergétique dans l’industrie et le gros tertiaire ; 30 o L‘introduction des équipements de froid alimentaire performants ; Une réglementation appropriée sera mise en place sur les normes énergétiques des équipements électroménagers. Les impacts en termes de réduction des émissions de GES attendus de la mise en œuvre de (1) l’Amendement de Kigali (substitution des HFC) (2) de programmes phares complémentaires sur les SAO sont présentés sur le tableau ci-dessous : Tableau 15 : Émissions de HFC évitées Périodes 2009 2035 2040 2045 Émissions évitées (Gg) avec la substitution 267 801 1334 2135 des HFC Émissions évitées (Gg) avec la mise en 294 881 1468 2348 œuvre de programmes complémentaires (scénario additionnels d’élimination de 10%) 31 III. Composante Adaptation a. Objectif d’adaptation L’objectif visé à travers la mise en place des mesures d’adaptation est d’accroitre la résilience des écosystèmes et des populations face aux impacts de la variabilité et du changement climatique. b. Objectifs spécifiques Sur la base des tendances d’augmentation de la température et de la baisse de la pluviométrie, les objectifs spécifiques d’adaptation pourraient se structurer autour de trois points : o Renforcer les réseaux d’observation et de collecte de données climatiques, océaniques et côtières ; o Renforcer la résilience des écosystèmes et des activités de production ; o Assurer la santé, le bien-être et la protection des populations contre les risques et catastrophes liés aux évènements extrêmes et au changement climatique. c. Principaux impacts et mesures d’adaptation prioritaires par secteur Eu égard aux conséquences potentielles du changement climatique au niveau de certains axes du PSE (Agriculture, élevage, pêche et aquaculture et agroalimentaire (3.1.1) ; Santé et nutrition (3.2.3) et la Protection sociale (3.2.4), il apparaît nécessaire de renforcer la résilience de l’économie nationale, face aux conséquences de la variabilité et du changement climatique, à travers des mesures d’adaptation actuelles et préventives (Simulations à partir du modèle T21-iSDG-Sénégal). Tableau 16 : Principaux impacts et mesures d’adaptation prioritaires actuelles et préventives par secteur IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario Impacts futurs-scénario Principales mesures d’adaptation prioritaires actuelles Principales mesures d’adaptation 2°C 4°C (horizon 2025-2030 pour 2°C) prioritaires préventives (horizon 2040-2050 pour 4°C)  Augmentation de  Perturbation de la carte  Système d’alerte précoce  Système d’alerte précoce l’évapotranspiration variétale  Gestion Durable des Terres (défense et restauration des  Renforcement de la recherche sur les  Perturbation de la carte  Perturbation des habitudes terres dégradées ; restauration de la fertilité organique des variétés adaptées (cycle court et variétale alimentaires sols ; agroforesterie…) température)  Perturbation du calendrier  Baisse de 30% de la cultural  Récupération des terres salées  Renforcement de la résilience par la production céréalière  Recrudescence des  Utilisation de variétés adaptées (cycle court et température) diversification des systèmes de production attendue à l’horizon 2025 mauvaises herbes et des  Promotion de systèmes de production intégrée agriculture- (promotion de système intégré)  Hausse de insectes ravageurs l’évapotranspiration élevage-agroforesterie  Institutionnalisation de l’utilisation de  Baisse de la fertilité des sols potentielle de l’ordre de 5%  Renforcement de la résilience par la diversification des l’information et des services climatiques  Réduction des terres en Afrique de l’Ouest systèmes de production (amélioration sécurité alimentaire et  Gestion des risques et catastrophes liés au Agriculture agricoles (2 500 000 ha de  Baisse de 8% en 2050 des nutritionnelle…) climat terres arables dégradées en rendements pour le mil  Promotion de l’assurance agricole  Maitrise de l’eau (Promotion de l’irrigation locale, 2014) développement de bassins de rétention pour irrigation de  Stratégies et gestion du post récolte  Baisse production agricole complément) (stockage, séchage…)  Promotion et Utilisation de l’information et des services  Spécialisation des zones agro écologiques climatiques en fonction des projections climatiques  Gestion des risques et catastrophes liés au climat  Pluies artificielles  Assurance agricole  Planification de la production agricole ;  Stratégies et gestion du post récolte (stockage, séchage…)  Transformation et valorisation des produits  Planification de la production agricole agricoles  Transformation et valorisation des produits agricoles IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C Principales mesures d’adaptation prioritaires Principales mesures d’adaptation actuelles (horizon 2025-2030 pour 2°C) prioritaires préventives (horizon 2040- 2050 pour 4°C)  Baisse de la productivité et la  Inflation des prix des produits  Système d’alerte précoce  Système d’alerte précoce Semi qualité des fourrages du bétail qui pourraient  Semi stabulation stabulation  Raréfaction des ressources fortement affecter les revenus  Gestion durable et conservation des ressources  Gestion durable des ressources des éleveurs hydriques et fourragères pastorales (couloirs de transhumance, intégration pastorales (couloirs de transhumance,  Changements dans la sévérité  Compétition accrue pour l’accès à et la propagation des maladies des cultures fourragères, gestion transfrontalière) ; intégration des cultures fourragères, la ressource hydrique animales  Promotion de système durable de collecte et de gestion transfrontalières)  Baisse de la productivité de  Baisse de la qualité des conservation des fourrages  Renforcement de la production, la l’élevage productions animales (viande,  Renforcement de la production, la diffusion et diffusion et l’utilisation de l’information  Recrudescence des maladies lait…). l’utilisation de l’information climatique climatique Élevage animales  Promotion de l’assurance du cheptel  Promotion de l’assurance du cheptel  Amélioration de la Santé animale et de la  Amélioration de la Santé animale et de la productivité animale productivité animale  Développement et renforcement des unités  Développement et renforcement des pastorales (à spécifier) unités pastorales  Amélioration génétique des espèces  Amélioration génétique des espèces IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C  Raréfaction et ou migration de  Effondrement de pêcheries  Gestion durable des ressources  Gestion durable des ressources halieutiques stocks halieutiques (exemples sardinelles, soles, halieutiques et restauration des habitats et restauration des habitats marins  Perte massive d’emplois mollusques…) marins ;  Amélioration de l’efficacité de la gestion et  Augmentation des accidents en mer  Augmentation des conflits d’une  Amélioration de l’efficacité de la gestion extension des aires marines protégées et et destruction d’équipements et part entre pêcheurs artisans et et extension des aires marines des parcs marins (15 AMP) d’infrastructures liées à la pêche d’autre part entre pêcheurs protégées et des parcs marins (10 AMP  Promotion du développement de  Déficit de la balance commerciale artisans et pêcheurs industriels pour 2025) l’aquaculture durable Pêche du Sénégal  Accentuation du déficit de la  Promotion du développement de  Amélioration de la sécurité des  Appauvrissement des balance commerciale du Sénégal l’aquaculture durable ; communautés de pêcheurs et des communautés de pêcheurs   Amélioration de la sécurité des infrastructures liées à la pêche  Augmentation de l’émigration communautés de pêcheurs et des  Amélioration de la recherche sur la clandestine infrastructures liées à la pêche dynamique de développement de la  Restauration et gestion durable des mangrove et les services écosystémiques mangroves connexes  Restauration et gestion durable des mangroves IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES Impacts actuels- Impacts futurs-scénario Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C SECTEUR Scénario 2°C 4°C  Recul généralisé du trait de  Augmentation de l’élévation du niveau  Gestion intégrée des Zones côtières (mise en  Connaissance du climat des houles et de côte (1,25 à 1,30 m/an)5 de la mer place d’un système de suivi du littoral, leur modélisation  Perte des plages sableuses avec  Risque de submersion des zones identification des facteurs de forçages et des  Identification des zones à risques en cas effet négatif immédiat sur le côtières basses processus physiques qui gouvernent le d’élévation du niveau de la mer tourisme balnéaire  Augmentation de la vulnérabilité des fonctionnement et la dynamique du littoral,  Analyse des risques côtiers, de la  Déplacement de communautés petites îles6 et des zones côtières actualisation du cadre juridique et institutionnel vulnérabilité des infrastructures et des côtières basses à l’érosion côtière et à du littoral, modélisation morpho dynamique de populations  Réduction de la taille des îles l’élévation du niveau de la mer la zone côtière, identification des principaux  Règlementation de l’occupation du littoral (risque de disparition des îles)  Accroissement des communautés risques côtiers et zones à risque, planification Zone côtière  Destruction d’infrastructures côtières déplacées de l’occupation du littoral…) côtières  Augmentation de la salinisation des  Protection et aménagement des zones à  Salinisation des nappes nappes phréatiques et des terres risques et restauration des écosystèmes phréatiques et des terres agricoles côtiers dégradés agricoles  Identification des enjeux d’adaptation  Règlementation de l’occupation du littoral 5 UICN, 2004 6 Sr15_spm_final (GIEC, 2018) IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C  Variation des cumuls pluviométriques depuis  Baisse des précipitations de l’ordre de 5 à  Gestion intégrée des ressources en  Gestion intégrée des les années 70 20% sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest eau (Maîtrise de la ressource : ressources en eau (Maîtrise  Glissement des isohyètes du Nord vers le Sud  Menaces sur la demande en eau douce connaissances disponibilité, des flux, de la ressource :  Chute brutale des débits moyens annuels des  Augmentation de la durée maximale des de la qualité, de la demande, des connaissances disponibilité, grands fleuves (près de 60% pour le fleuve poches de sécheresse pouvant atteindre usages) des flux, de la qualité, de la Sénégal7) 25% en zone sahélienne  Construction de bassins de rétention demande, des usages)  Assèchement par endroit de certains fleuves  Augmentation de l’intensité et des  Dessalement de l’eau de mer  Construction de bassins de (Casamance, Sine Saloum) ainsi que certaines fréquences des sécheresses8  Transfert d’eau rétention rivières continentales, mares temporelles et  Accentuation du risque de sécheresse et  Démultiplication des forages  Dessalement de l’eau de mer Ressources en eau autres plaines d’inondation du stress hydrique  Transfert d’eau  Baisse générale du niveau des nappes  Forte augmentation des coefficients  Démultiplication des forages phréatiques d’écoulement  Baisse de la recharge des aquifères 7 UICN, 2004 nal (GIEC, 201 8) r15_spm_final (GIEC, 2018) IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario Impacts actuels- Scénario Impacts futurs-scénario 4°C 4°C 2°C  Fragmentation des écosystèmes et pertes  Perte de certains écosystèmes et  Renforcement des bases de  Renforcement des bases de d’habitats services écosystémiques connexes9 connaissance sur la diversité connaissance sur la diversité biologique  Évolution régressive des superficies de  Perte et/ou risque d’extinction de biologique en rapport avec en rapport avec les impacts des forêts de certaines espèces certaines espèces les impacts des changements climatiques  Baisse de la productivité des services  Risque d’augmentation des feux de changements climatiques  Renforcement de la résilience des écosystémiques brousse  Renforcement de la écosystèmes  Régression de la végétation naturelle de  Baisse de la productivité des résilience des écosystèmes Biodiversité l’écosystème des Niayes de l’ordre de 57% services écosystémiques entre 1972 et 2012  Développement d’espèces invasives  Régression de la superficie des forets galeries de l’ordre de 22% en Casamance et 50% au Sénégal oriental entre 1972 et 2012 9 Sr15_spm_final (GIEC, 2018) IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C  Changements de la distribution géographique et de  Changements de la distribution  Renforcement de la surveillance  Renforcement de la surveillance l’incidence des maladies à transmission vectorielle ; géographique et de l’incidence des épidémiologique intégrée ; épidémiologique intégrée ;  Augmentation des maladies transmissibles par voie maladies à transmission vectorielle  Prévention et contrôle des maladies  Prévention et contrôle des maladies aérienne, notamment les infections respiratoires  Augmentation des maladies climato sensibles dans les zones climato sensibles dans les zones sujettes aigües (IRA) ; transmissibles par voie aérienne, sujettes aux risques climatiques aux risques climatiques  Exacerbation de concentrations en substances notamment les infections  Renforcement de la lutte anti  Renforcement de la lutte anti vectorielle allergogènes ; respiratoires aigües (IRA) vectorielle Santé  Augmentation des maladies liées à l’eau ;  Augmentation des maladies liées à  Apparition de gîtes larvaires vecteurs de maladies l’eau graves IMPACTS ET VULNERABILITE PAR SECTEURS MESURES D’ADAPTATION PRIORITAIRES SECTEUR Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C Impacts actuels- Scénario 2°C Impacts futurs-scénario 4°C  Pertes en vies humaines,  Augmentation de la fréquence et de  Mise en œuvre du plan national  Mise en œuvre du plan national  Destruction d’infrastructures (routes, ponts, l’intensité des pluies intenses au d’Aménagement du territoire et des d’Aménagement du territoire et des habitations) ; niveau de plusieurs régions10 y schémas directeurs schémas directeurs  Ralentissement activités économiques compris celles intertropicales  Restructuration urbaine et  Restructuration urbaine et relogement  Apparition des maladies hydriques relogement des zones prioritaires des zones prioritaires Gestion des  Renforcement des infrastructures  Renforcement des infrastructures risques et d’assainissements et des systèmes d’assainissements et des systèmes de catastrophes de drainage des eaux pluviales dans drainage des eaux pluviales dans les dus aux les villes villes inondations 10 Sr15_spm_final (GIEC, 2018) 40 d. Mécanisme de mise en œuvre de l’adaptation Le caractère dynamique de la vulnérabilité, souvent influencé par plusieurs facteurs (environnementaux, socio-économiques, politiques et institutionnels), rend complexe toute action d’adaptation au changement climatique. Les points ci-dessous constituent alors des enjeux majeurs que le Sénégal devra maîtriser : o La planification de l’adaptation au niveau national : les initiatives d’adaptation entreprises et mises en œuvre au niveau national apportent en général des réponses à des situations d’urgence. Le Plan National d’Adaptation (PNA) en cours d’élaboration permettra d’intégrer une approche de planification dans le court, moyen et long terme dans les futures initiatives du Sénégal ; o La bonne maitrise du cadre réglementaire et des moyens de mise en œuvre des engagements : la bonne exécution des engagements nécessitera le renforcement des moyens techniques (système régulier de collecte de données quantitatives et qualitatives), technologiques (équipements appropriés) et humains (renforcement des connaissances et actualisation des curricula). Il faudra également veiller à la mise en place des procédures législatives simplifiées et des codes sectoriels (code de la pêche, code de l’environnement, code forestier…) prenant en charge la dynamique climatique ; o La mise en place d’une approche multisectorielle : le changement climatique impacte de façon transversale les secteurs clés de l’économie nationale. Une résilience efficace face à cette problématique nécessite l’adoption d’une approche multisectorielle et intersectorielle permettant de renforcer la concertation entre les acteurs et faciliter la mise en place d’un cadre harmonisé des interventions futures ; o L’élaboration d’une stratégie de communication efficace : il est essentiel que les acteurs politiques soient sensibilisés aux effets du changement climatique, au même titre que les communautés impactées. L’adoption d’une stratégie de communication orientée « citoyen » et « décideur » devient alors une nécessité, afin de mieux impliquer toutes les parties prenantes dans le processus entamé par le Sénégal ; o Évaluation du coût de l’adaptation : le changement climatique est un processus continu. Il est essentiel en plus de la définition de la manière dont l’adaptation sera menée, de savoir à quel coût pouvons-nous adapter face à un climat sans cesse changeant. Cette évaluation fait souvent défaut à cause du manque de données et de modélisation qui permettent de cerner correctement l’opportunité économique des mesures d’adaptation envisagées. 41 IV. Système de suivi, rapportage et vérification de la CDN Sous la supervision de la Direction de l’Environnement et des Établissements Classés du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et avec l’appui du COMNACC, le suivi et l’évaluation de la CDN seront assurés par les services techniques sectoriels. Il s’agira, entre autres, de veiller au suivi de la mise en œuvre des activités prévues dans la présente contribution ainsi que des différents indicateurs de la CDN. Un plan de renforcement de capacités à l’attention des secteurs concernés par la MNV sera établi dans la stratégie de mise en œuvre de la CDN avec les couts correspondants. V. Mise en œuvre financière de la CDN L’évaluation des besoins en financement des actions d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique prévus dans la présente CDN est basée sur les listes de programmes et projets identifiés (voir annexe 1 et 2). Il faut noter que la réalisation de la CDN est accompagnée de l’élaboration d’une stratégie opérationnelle d’exécution et de financement de la CDN. Cette stratégie permettra d’asseoir les modalités techniques, sociales et financières adéquates favorables à la réalisation de la CDN dans les délais prévus.

  3. 1. Atténuation Les besoins en financement pour l’Atténuation des émissions de GES s’élèvent à environ 8,7 milliards de dollars US dont à 3,4 milliards dollars en inconditionnel et 5,3 milliards US en conditionnel. (Voir tableau pour plus de détail) Tableau 17 : Besoins en Financement de la CDN par secteurs en dollars US Secteurs Couts inconditionnels Couts Conditionnels Total Production d’Électricité 729 472 000 1928 640 000 2 658 112 000 Combustibles Domestiques 114 144 000 209 920 000 324 064 000 Efficacité Énergétique 19 090 000 619 258 000 638 348 00 Industrie 42 400 866 488 414 222 530 815 088 Transport 1 582 000 000 13 120 000 1 595 120 000 Déchets 648 883 026 1 185 800 000 1 834 683 026 Agriculture 255 910 688 470 802 202 726 712 890 Foresterie 4 681 100 450 117 000 454 798 100 Total 3 396 581 680 5 366 151 424 8 762 733 104 42

  4. 2. Adaptation Les besoins en financement pour l’Adaptation au changement climatique du Sénégal sur la période s’élèvent à environ 4,3 milliards US dont 1,4 milliards US d’inconditionnel et 2,9 milliards US de conditionnel (tableau 4). Tableau 18 : besoins en financement pour l’adaptation au changement BESOINS EN FINANCEMENT (dollar US) Secteurs Inconditionnel (1) Conditionnel (2) Total (1+2) Agriculture 169 366 600 513 581 286 682 947 886 Élevage 150 721 824 251 305 352 402 027 176 Pêche 39 800 000 238 200 000 278 000 000 Ressources en Eau 317 043 200 537 735 200 854 778 40011 Zones côtières 158 951 052 504 618 800 663 569 800 Biodiversité 15 490 000 202 540 000 217 490 000 Santé 325 653 347 175 351 803 501 005 200 Inondations 213 086 800 504 618 800 717 705 60012 Total 1 387 112 823 2 927 951 241 4 315 064 064 En fin de compte, les besoins financiers de la CDN se chiffrent à 13 milliards US répartis comme suit : o Inconditionnel : 4,8 milliards dollars o Conditionnel : 8,2 milliards US. Remarque : Cette présente estimation ne couvre pas les aspects liés au renforcement de capacités. Ces derniers sont estimés à 100 millions de dollars US durant la période 2020-2030. Cette évaluation des besoins en renforcement de capacités sera détaillée avec la stratégie de mise en œuvre de la CDN. 11 Ce montant n’intègre pas les couts liés (au renforcement des capacités, au système MRV et à l’analyse stratégique évalués à 208 000 000 FCFA 12 Le cout des besoins en adaptation pour le secteur des inondations a été calculé en utilisant 1$ = 600 FCFA 43 VI. Impact macro-économique a. Articulation entre la CDN et le Plan d’Actions Prioritaires (PAP) du PSE 2 Dans le cadre de l’intégration du Changement Climatique dans les politiques publiques de développement, une simulation du niveau de prise en compte des options de la CDN au niveau du PAP-PSE 2 a été proposée. La simulation fait une analyse comparative entre le cout des actions de la CDN inconditionnelle sous ses volets adaptation/atténuation et celui des projets/programmes sobres en carbone et résilients au climat du PAP PSE2. L’analyse a abouti aux conclusions suivantes : o La mise en œuvre des projets « climat » du PAP PSE 2 va permettre le respect des engagements du Sénégal contenus dans la CDN inconditionnelle. Pour preuve, le cout global des projets climat du PAP-PSE2 est évalué à 3162 milliards FCFA, alors que celle de la CDN inconditionnelle est de 2734 milliards FCFA ; o Cette simulation sur la prise en compte du climat dans le PSE2 montre des avancées significatives dans le processus de verdissement de nos politiques publiques. Il est important de poursuivre cette dynamique notée dans certains secteurs (énergie, inondation, industrie etc.) et d’améliorer la prise en compte d’autres (érosion côtière, élevage, santé etc.) dans le PSE2. b. Retombées socio- économiques des mesures prévues L’analyse des retombées des options prévues est faite à l’aide du modèle T21-iSDG-Sénégal qui est un outil de planification intégré à moyen et long terme. Par son approche systémique, il intègre les multiples variables économiques, sociales et environnementales dans un seul cadre cohérent. Un atout majeur du T21-iSDG-Sénégal est que l'outil reproduit le réseau complexe des interdépendances causales et des nombreuses boucles de rétroaction importantes qui sont le moteur de la croissance et du développement. Pour ce faire, deux scénarios sont envisagés : le scénario de base (BAU) et le scénario PSE qui intègre parfaitement les options prévues dans la CDN (voir partie 4). La mise en œuvre des mesures d’adaptation et d’atténuation prévues par le Sénégal dans le cadre du PSE, dans sa phase 2, devrait générer des retombées socioéconomiques importantes dans plusieurs secteurs. Au plan macroéconomique, ces investissements devraient stimuler la croissance économique, créer des emplois et induire une diminution de la pauvreté. En termes de production, les simulations indiquent un taux de croissance annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) de 9,1% sur la seconde phase du PSE (2019-2023) et 7,9% à l’horizon 2035. Cette augmentation de la richesse s’accompagne également d’une amélioration du niveau de vie des sénégalais. En lien avec les options prévues dans le PSE, l’incidence de la pauvreté devrait reculer de 9,4 point de pourcentage par rapport au scénario de référence en 2023 et 6,3 en 2035. 44 Taux de croissance du PIB Proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté 14% 80% 12% 10% 60% 8% 40% 6% 4% 20% 2% 0% 0% BAU PSE BAU PSE Source : Simulations à partir du modèle T21-iSDG-Sénégal Dans le secteur de l’agriculture et de la gestion des terres, les investissements prévus devraient améliorer le niveau de rendement des sols et augmenter la production. Ainsi, la production agricole devrait croitre au taux moyen 3,3% sur la période 2019-2035. Cette performance favoriserait la disponibilité de l’alimentation et contribuerait à une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi, l’indice de qualité de la nutrition devrait augmenter de 27,5 % par rapport au scénario de référence, en 2035. Production agricole en valeur Qualité de la nutrition 1300 1,3 Milliards 1200 1100 1000 1,2 900 800 700 1,1 600 500 400 1 2014 2016 2018 2020 2022 2024 2026 2028 2030 2032 2034 BAU PSE BAU PSE Source : Simulations à partir du modèle T21-iSDG-Sénégal 45 Dans le secteur de l’énergie et de la gestion des déchets, les options prévues dans la CDN devraient réduire les émissions de CO2 grâce à la promotion des énergies renouvelables dans le mix énergétique ainsi que la collecte et le traitement des déchets en milieu urbain. La part d’énergie propre devrait atteindre 40,7% de la production globale d’électricité en 2035, dans le scénario PSE contre 32,8% dans le statut quo. Ces mesures permettront d’élargir l’accès à l’énergie aux populations et d’améliorer le bien-être des ménages. De plus, il est attendu une contribution significative à l’indépendance énergétique du pays. Par ailleurs, l’utilisation des formes d’énergie moderne dans les foyers et la gestion durable des déchets urbains permettront de limiter la pollution atmosphérique et par conséquent de réduire les effets néfastes sur la santé des populations. Part des énergies renouvelable dans le mix Déchets urbains collectés et traités (en %) 50% 100% 40% 80% 30% 20% 60% 10% 0% 40% BAU PSE BAU PSE Source : Simulations à partir du modèle T21-iSDG-Sénégal Pour les secteurs liés à l’adaptation, les impacts attendus sont les suivants : Sols et Agriculture o Réduction de l’incidence de la pauvreté ; o Contribution à une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle ; o Renforcement de la résilience ; o Création d’emplois ; o En 2035, augmentation des rendements agricoles moyens à 3,2 tonnes, pour le scénario tendanciel BAU vs. 4,2 tonnes pour le scénario de la politique volontariste en faveur des sols. 46 Pêche : o Création d’une valeur ajoutée de 9 200 millions de dollars US dans le secteur, à l’horizon 2035 ; o Meilleure contribution économique et sociale du secteur, à travers une gestion durable de la pêche (maîtrise des crises et du climat). Zones côtières : o Réduction des risques socio-économiques impactant négativement les performances économiques du secteur touristique des zones les plus dégradées ; o Lutte contre la diminution du rendement de la pêche et des coûts directs sur les infrastructures côtières. Ressources en eau : o Limitation de l’exode rural et de ses effets néfastes ; o Obtention d’une « eau productive » génératrice de valeur ajoutée dans les régions agricoles grâce aux ouvrages mis en place ; o Création des opportunités d’emplois dans les zones concernées par les travaux d’ouvrage ; o Rechargement des nappes phréatiques ; o Contribution à la lutte contre les problèmes de salinisation ; o Participation à la lutte contre les inondations ; o 9,08 millions de dollars US de bénéfices de l’adaptation au risque de submersion marine à Saint-Louis ; o Réduction du coût actualisé net (CAN) liés à l’érosion côtière, estimé par la Banque Mondiale à 688 millions de dollars US. Santé o Réduction des coûts de détérioration de l’état de santé des populations estimés à 2 400 millions de dollars US, à l’horizon 2035. Inondation o Les bénéfices socio-économiques attendus de la prévention des inondations correspondent aux pertes et dégâts évités ; o Réduction du risque lié à la prolifération des maladies hydriques (diarrhée, dysenterie), du paludisme et des maladies cutanées ; o Réduction du risque de déperdition scolaire due à l’occupation des écoles par les sinistrés ou à l’impossibilité de se rendre dans les salles de classe, lors de la saison des pluies 47 Conclusion La contribution énoncée par le Sénégal traduit la forte volonté du gouvernement à atténuer les émissions des GES dans tous les secteurs de l’économie. Ces réductions sont plus importantes dans les secteurs de l’énergie et l’agriculture qui, aujourd’hui, contribuent le plus aux émissions de CO2 enregistrées au niveau national. Elle énonce également plusieurs mesures d’adaptations spécifiques, compte tenu de l’impact du changement climatique sur des axes clés de l’économie sénégalaise. Cet effort sans précédent constitue une condition de réussite du Plan Sénégal Émergent (PSE), d’où la forte implication des décideurs politiques sénégalais sur la définition et le suivi de cette contribution. Le succès dépendra aussi de la volonté de l’ensemble des pays engagés dans la lutte contre le changement climatique à travailler dans une approche concertée et de mise en commun des moyens.

Contribution déterminée au niveau national du Sénégal · Nelum