Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France
صدر في 2020-09-08 · النص بتاريخ 2026-10-01
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عن هذا القانون
- اللغة
- French
- النوع
- policy
- الدولة
- فرنسا
- الموضوعات
- Energy, Environment
- الكلمات المفتاحية
- emissions, climate change, sustainable development, energy conservation/energy production, research
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1. Faire émerger une filière française de l’électrolyse La production d’hydrogène décarboné est un maillon-clé pour le développement des différents segments de marchés. La croissance du nombre d’unités de production et de leur capacité unitaire permettra des économies d’échelle et la baisse des coûts de production. Parmi les différents procédés, la stratégie retient l’électrolyse qui apparaît comme le plus prometteur, sur lequel la France dispose déjà d’industriels à fort potentiel. Le marché de la production d’hydrogène décarboné par électrolyse doit donc évoluer vers des projets de plus grande taille et de plus importante capacité. La France se fixe ainsi un objectif de 6,5 GW d’électrolyseurs installés en 2030. Pour accélérer le développement de la filière française de production d’hydrogène, la stratégie propose un ensemble d’outils qui permettront de : développer des projets de grande capacité grâce à une visibilité sur la demande ; passer à l’échelle industrielle pour atteindre la rentabilité. Exemple d’action mise en œuvre dès 2021 : la construction d’un Projet Important d’Intérêt Européen Commun (PIIEC/IPCEI) sur l’hydrogène, à l’instar du projet européen sur les batteries. Ce projet pourra par exemple soutenir la R&D et l’industrialisation d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène décarboné et déployer ces solutions dans l’industrie. Il s’agit notamment de faire émerger en France des projets de « gigafactory » d’électrolyseurs, selon un schéma similaire au plan batterie qui prévoit le développement des usines de Nersac puis de Douvrin par ACC, entreprise commune de PSA et Total/Saft (bientôt rejoints par Renault). Ce projet pourra également concerner l’industrialisation d’autres briques technologiques (piles à combustible, réservoirs, matériaux…), dans une logique d’intégration de la chaîne de valeur au niveau européen. La France réservera une dotation financière exceptionnelle de 1,5 milliards d’euros dans le cadre de cette action.
2. Décarboner l’industrie en remplaçant l’hydrogène carboné Aujourd’hui, l’industrie est de loin le premier consommateur d’hydrogène. L’objectif est de remplacer les procédés de production à partir de combustibles fossiles pour décarboner cet hydrogène. C’est un des axes de la programmation pluri-annuelle de l’énergie. En effet, le potentiel de décarbonation est significatif dans l’industrie sur les segments suivants : dans le raffinage, un marché en croissance pour désulfurer les carburants ; dans la chimie avec notamment la production d’ammoniac et de méthanol ; dans certains secteurs, tels que l’électronique ou l’agroalimentaire qui utilisent de l’hydrogène, en plus petites quantités. 8 Pour accélérer la décarbonation de l’industrie française, la stratégie propose un ensemble d’outils qui permettront : de fiabiliser la production par électrolyse ; d’adapter et de développer les procédés industriels ; de soutenir ces solutions (tant à l’investissement que pendant le fonctionnement des installations) tant que le prix de l’hydrogène n’est pas compétitif par rapport aux solutions carbonées. Exemple d’actions qui seront mises en œuvre : Dès lors qu’une offre compétitive d’électrolyseurs sera disponible, différents mécanismes (réglementation, fiscalité…) se mettront en place progressivement : - mécanisme pour soutenir les projets de verdissement de l'hydrogène dans le secteur du raffinage ; - mise en place d’un mécanisme de garanties d’origine permettant de valoriser l’hydrogène décarboné par rapport à l’hydrogène produit à partir de combustibles fossiles ; - élaboration d’un dispositif de soutien de type « complément de rémunération » qui apportera un soutien à l’investissement et au fonctionnement après appels d’offres. 9 Priorité n°2. Développer une mobilité lourde à l’hydrogène décarboné
3. Développer une offre de mobilité lourde à l’hydrogène Particulièrement adaptée aux véhicules lourds, les technologies de l’hydrogène offrent une capacité de stockage complémentaire à celle des batteries électrique. L’hydrogène répond aux besoins de fortes puissances motrices ou aux besoins de longue autonomie notamment pour les flottes captives parcourant de longues distances à flux tendus : Véhicules Utilitaires légers (VUL), Poids Lourds (PL), bus, Bennes à ordures Ménagères (BOM), trains régionaux ou inter-régionaux en zone non électrifiée. Le déploiement de l’hydrogène sur ce segment répond à l’objectif de décarbonation de ces mobilités dites « lourdes ». Pourquoi cibler le marché des mobilités lourdes ? il existe des maturités technologiques différentes selon les types de véhicule mais des équipements communs (piles à combustibles, réservoirs, électronique de puissance) sur lesquels capitaliser des développements ; c’est un marché très dynamique qui appelle des solutions technologiques permettant une autonomie supérieure à celle des batteries ; ce secteur (constructeurs et équipementiers automobiles) représente un enjeu économique important, avec un chiffre d’affaires de plus de 100 Md€ et 225 000 emplois ; il existe dans ce secteur des entreprises françaises prometteuses pour le développement ou l’industrialisation de composants stratégiques. Pour accélérer le développement de l’offre française de briques technologiques, la stratégie propose un ensemble d’outils qui permettront de : produire des véhicules fiables, répondant aux besoins des entreprises ; disposer d’équipements performants et évolutifs ; disposer des compétences pour produire et entretenir. Exemple d’action mise en œuvre d’ici la fin de l’année 2020 : Un appel à projets (AAP) « Briques technologiques et démonstrateurs » : cet AAP vise, dans son volet « briques technologiques » à développer ou améliorer les composants et systèmes liés à la production et au transport d’hydrogène, et à ses usages tels que les applications de transport ou de fourniture d’énergie. Il pourra également soutenir des projets de démonstrateurs intégrant une forte création de valeur en France et permettant à la filière de développer de nouvelles solutions et de structurer la filière. Cet AAP est doté de 350 M€ jusqu’en 2023. 10
4. Développer des projets territoriaux d’envergure en incitant à mutualiser les usages Afin d’accélérer le déploiement des mobilités professionnelles à l’hydrogène sur le territoire national, la stratégie propose la mutualisation de la demande, à la fois dans le secteur industriel et dans celui de la mobilité, à l’échelle des territoires. L’objectif de ces projets territoriaux est de faire émerger des partenariats forts entre collectivités et industriels afin de synchroniser au mieux l’émergence de l’offre et le développement des usages. Exemple d’action mise en œuvre d’ici la fin de l’année 2020 : Lancement d’un appel à projets (AAP) « Hub territoriaux d’hydrogène » par l’Ademe pour le déploiement, par des consortiums réunissant des collectivités et des industriels fournisseurs de solutions, d’écosystèmes territoriaux de grande envergure regroupant différents usages (industrie et mobilité), pour favoriser au maximum des économies d’échelle. Cet appel à projet sera doté de 275 M€ d’ici 2023. 11 Priorité n°3. Soutenir la recherche, l’innovation et le développement de compétences afin de favoriser les usages de demain
5. Soutenir la recherche et l’innovation Les nouveaux usages de l’hydrogène identifiés par la stratégie sont nombreux. Les exemples suivants en illustrent la diversité : l’hydrogène dans les réseaux énergétiques: l’hydrogène peut être utilisé pour faciliter le déploiement des énergies renouvelables en améliorant la stabilité des réseaux énergétiques; les nouveaux usages dans l’industrie: l’usage d’hydrogène décarboné peut être intégré dans certains procédés industriels afin d’en diminuer les émissions CO2. L’hydrogène pourrait par exemple être utilisé dans la sidérurgie pour la réduction du minerai de fer ou dans l’industrie chimique pour la fabrication d’engrais ; les mobilités lourdes de demain: c’est notamment le cas des avions et navires décarbonés. L’utilisation de l’hydrogène par ces filières pourra faire l’objet de démonstrateurs ; les infrastructures H2 de demain: l’hydrogène représente un potentiel certain à moyen terme pour la décarbonation du secteur gazier (H2 liquide, réutilisation dans le réseau de gaz). Pour accélérer la préparation de la future génération des usages de l’hydrogène, la stratégie propose un ensemble d’outils qui permettront : de poursuivre l’effort de R&D dans le domaine de l’hydrogène et ainsi rester à la pointe au niveau international, la France possédant une recherche de premier plan dans ce domaine ; de soutenir l’innovation en faveur de l’industrialisation de nouvelles technologies. Exemple d’actions mises en œuvre : D’ici la fin de l’année, un programme prioritaire de recherche (PPR) « Applications de l’hydrogène » opéré par l’ANR permettra de soutenir la recherche en amont et de préparer la future génération des technologies de l’hydrogène (piles, réservoirs, matériaux, électrolyseurs…). Il contribuera à l’excellence française dans la recherche sur l’hydrogène et sera doté de 65 M€. 12
6. Développer les compétences La stratégie mise sur le renforcement des compétences, afin de soutenir le développement des usages de l’hydrogène sur le territoire. L’enjeu est de former à la spécificité du gaz hydrogène et de ses utilisations, aux composants et aux modalités d’intervention. Cela concerne à la fois des techniciens qui interviendront sur les véhicules, les responsables qualité – sécurité – environnement, les pompiers, les ingénieurs ou les chercheurs. Pour répondre à ce besoin, l’Etat accompagnera le développement de campus des métiers et qualifications, avec en plus un appui spécifique à l’ingénierie pédagogique et au développement de nouveaux cursus auprès des établissements d’enseignement scolaire (principalement professionnel) et/ou supérieur et auprès des entreprises du secteur qui pourront ainsi développer ensemble de nouvelles formations initiales ou continues. L’ensemble de ces interventions au profit de la formation et de l’enseignement devra favoriser la mobilité – entrante et sortante – des étudiants, en particulier au niveau européen. Exemple d’action mise en œuvre en 2021 : L’accompagnement du développement de campus des métiers et des qualifications rassemblant, dans la même organisation ou sur le même site, lycées d’enseignement technologique et professionnel (baccalauréats technologiques et professionnels, section de techniciens supérieurs), universités (IUT, licences professionnelles ou spécialisées, masters, formations d’ingénieurs, doctorats) et grandes écoles d’ingénieurs. Ces rassemblements présentent un quadruple intérêt : i) ils renforcent l’attractivité des formations liées à la filière ; ii) ils permettent de former ensemble des lycéens et des étudiants de niveau différents en les préparant ainsi aux interactions qu’ils auront les uns avec les autres dans leur futur métier ; iii) ils inscrivent leurs activités dans un territoire donné et participent ainsi des synergies qui s’y développent ; iv) ces campus peuvent intervenir dans le champ de la formation continue pour convertir à l’hydrogène des professionnels spécialistes d’autres gaz ou d’autres technologies. Cette action sera dotée de 30 M€. 13 L’hydrogène, un enjeu européen La Commission européenne a publié le 8 juillet 2020, dans la continuité des travaux sur les chaînes de valeur stratégiques, sa stratégie hydrogène pour l’Union européenne : l’Europe consacre ainsi l’hydrogène comme une technologie clé pour atteindre ses objectifs climatiques et la création d’emplois industriels. A cette occasion, la Commission européenne a créé la Clean Hydrogen Alliance, qui permettra d’organiser et coordonner les travaux collectifs des Etats membres et des différents industriels sur cette thématique, et à laquelle la France contribuera activement. Plusieurs États membres ont déjà exposé leur stratégie sur l’hydrogène, comme l’Allemagne ou le Portugal. D’autres ont prévu de le faire prochainement. La France sera mobilisée, aux côtés de ses partenaires européens et de la Clean Hydrogen Alliance, pour l’instruction et la construction d’un Projet Important d’Intérêt Européen Commun (PIIEC), qui permet de financer conjointement la création d’une chaîne de valeur à l’échelle européenne sur l’hydrogène, à l’instar des projets qui ont été financés dans le cadre du « plan batteries ». Des échanges rapprochés avec l’Allemagne permettront notamment d’identifier des projets communs à porter dans le cadre de ce PIIEC. La France sera également impliquée dans les travaux permettant de lever différents verrous (règlementaires, normatifs, financiers) afin de favoriser l’émergence d’une chaîne de valeur européenne durable et résiliente. La stratégie française mobilisera également les outils financiers développés par la Commission Européenne dans le cadre du plan de relance, notamment Next Generation EU. La forte implication de la France dans la Clean Hydrogen Alliance permettra de garantir la bonne articulation entre la stratégie française et les travaux menés au niveau européen. 14 Récapitulatif des appels à projets à venir Dès 2020 : Appel à projets (AAP) « Hub territoriaux d’hydrogène » par l’Ademe pour le déploiement, par des consortiums réunissant des collectivités et des industriels fournisseurs de solutions, d’écosystèmes territoriaux de grande envergure regroupant différents usages (industrie et mobilité), pour favoriser au maximum des économies d’échelle. Cet appel à projet sera doté de 275 M€ d’ici 2023. Appel à projets (AAP) « Briques technologiques et démonstrateurs » : cet AAP vise, dans son volet « briques technologiques » à développer ou améliorer les composants et systèmes liés à la production et au transport d’hydrogène, et à ses usages tels que les applications de transport ou de fourniture d’énergie. Il pourra également soutenir des projets de démonstrateurs intégrant une forte création de valeur en France et permettant à la filière de développer de nouvelles solutions et de structurer la filière. Cet AAP est doté de 350 M€ jusqu’en 2023. Mobilisation des dispositifs d’investissement en fonds propres du PIA pour financer les entreprises nécessitant un soutien au développement de technologies innovantes (Fonds Ecotechnologies), à l’industrialisation (fonds SPI) ou au lancement de premières commerciales dans le domaine des infrastructures énergétiques (Ademe Investissements). 2021 : Construction d’un Projet Important d’Intérêt Européen Commun (PIIEC/IPCEI) sur l’hydrogène, à l’instar du projet européen sur les batteries. Ce projet pourra par exemple soutenir la R&D et l’industrialisation d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène décarboné et déployer ces solutions dans l’industrie. Ce projet pourra également concerner des projets de « gigafactory » d’électrolyseurs en France, ainsi que l’industrialisation d’autres briques technologiques (piles à combustible, réservoirs, matériaux…), dans une logique d’intégration de la chaîne de valeur au niveau européen. La France réservera une dotation financière exceptionnelle de 1,5 milliards d’euros dans le cadre de cette action. Appel à manifestation d’intérêt dans le cadre du programme prioritaire de recherche (PPR) « Applications de l’hydrogène » : opéré par l’ANR, ce PPR permettra de soutenir la recherche en amont et de préparer la future génération des technologies de l’hydrogène (piles, réservoirs, matériaux, électrolyseurs…). Il contribuera à l’excellence française dans la recherche sur l’hydrogène et sera doté de 65 M€. 2022 : Appel d’offres dans le cadre du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné, par complément de rémunération. 15 Contacts presse Ministère de la Transition écologique secretariat.communication@ecologie.gouv.fr Ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance presse.mineco@cabinets.finances.gouv.fr Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation secretariat.communication@recherche.gouv.fr Secrétariat général pour l’investissement presse.sgpi@pm.gouv.fr