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قوانين فرنسا

Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Mayotte, Réunion, Îles Éparses

صدر في 2015 · النص بتاريخ 2026-10-01

القانون العام والإرشادات الرسمية منشورة بوصفها أبحاثاً. ليست مشورة قانونية أو ضريبية أو مالية.

البحث نفسه مكتوب بالإنجليزية. العناوين والوسوم مترجمة؛ أما النتائج والاقتباسات فغير مترجمة.

عن هذا القانون

اللغة
French
النوع
أخرى
الدولة
فرنسا
الموضوعات
Wild species and ecosystems
الكلمات المفتاحية
biodiversity, coastal zone management, management/conservation, ecofriendly products/ecofriendly processes, ecosystem conservation, education, migratory species, protection of habitats, protection of species, tourism, turtles, wild fauna, reptiles

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  1. Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Diagnostic, stratégie opérationnelle et actions régionales Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Mayotte, Réunion, Îles Éparses Volume 1 Ch e lo n ia m yd a s. J . B O U R JE A Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Affaire suivie par BENON Patricia – Service SEB (DEAL Réunion) Tél. : 02 62 94 78 11/Fax : 02 62 94 72 55 Courriel : Patricia.Benon@developpement-durable.gouv.fr Rédacteurs Jean-Sébastien PHILIPPE (Biotope), Jérôme BOURJEA (Ifremer), Stéphane CICIONNE (Kélonia), Katia BALLORAIN (Parc naturel marin de Mayotte), Sophie MARINESQUE (TAAF), Zoé GLENARD (Phaethon Traduction). Relecteur Patricia BENON – DEAL Réunion (service Eau et Biodi versité) Remerciements et contributions Les auteurs remercient l’ensemble des personnes ayant contribué à l’élaboration de ce plan national d’actions.  Avec la contribution des membres des Comités de suivi et comité de pilotage Martine BIGAN du MEDDE, Françoise CLARO du MNHN et GTMF, Patricia BENON et Laurence PROVOT de la DEAL de La Réunion, Guillaume DECALF et Capucine CRONIER de la DEAL de Mayotte, Cédric MARTEAU des Terres aus trales et antarctiques françaises, Charles Louis THÉRÈSE de la DMSOI, Sarah CACÉRÈS de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Sonia RIBES du Mu séum d’Histoire Naturel de La Réunion, Marc GIRONDOT de l’Université de Paris VI, de Marc HUGHES (IOSEA), Philippe MONGIN de la Brigade Nature océan Indien, Karine POTHIN de la Réserve nationale marine de La Réunion, Yann FONTAINE du Conservatoire du littoral de La Réunion, Pierrick LIZOT du Conservatoire du lit toral de Mayotte, Julien TRIOLO de l’Office National des Forêts, Jean HIVERT du Conservatoire Bonatique National de Mascarin, David GUYOMARD du Comité département des pêches Maritimes et des élevages marins, Mireille QUILLARD du Conseil Général de Mayotte, Jean-Pierre CONTES d’ESGRANDES et Loïc THOUVIGNON de la Brigade Nature de Mayotte.  Avec la contribution des experts scientifiques Parmi les auteurs de ce PNA, différents experts scien tifiques sont à remercier vivement comme Stéphane CICCIONE (Kélonia), Jérôme BOURJEA (Ifremer) et Katia BALLORAIN (Parc naturel marin de Mayotte). D’autres experts ont participé à ce PNA comme Marc GIRONDOT (Université Paris VI), Françoise CLARO (MNHN-GTMS), Georges HUGHES (IOSEA), Jack FRAZIER (National Mu séum of Natural History) et Simon BENHAMOU (CNRS CEFE).  Remerciement pour leur contribution À l’échelle internationale et régionale Parmi les participants les plus actifs, Douglas HYKLE et Pishum MIGRAINE (IOSEA) ont apporté une contribution substantielle. Suite aux consultations régionales, différ entes structures ont souhaité apporter des informations ou donner un avis comme la DEAL de Martinique, le Parc marin de Mohéli, ou l’Association de développement socio-économique d’Itsamia. Pour La Réunion Des membres du comité de suivi ont largement partici pé à l’élaboration du plan d’actions, comme le Conser vatoire du littoral, la DMSOI, la DEAL Réunion, l’ONCFS ou la Brigade Nature océan Indien. Lors des consulta tions, différentes structures ont également réagi et ont pu apporter des éléments permettant de compléter ce plan. Il s’agit de la commune de Saint-Paul, de la com mune de Saint-Leu, de la communauté d’agglomération CASUD, du Rectorat, de la DRJSCS, de la Réserve natio nale marine de La Réunion, de l’Île de La Réunion Tour isme, de l’association GLOBICE, de l’association SREPEN, du SYPRAL, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion, de l’Université de La Réunion (labora toire Ecomar), du Comité régional d’études et de sports sous-marins de La Réunion, du Grand Port Maritime de La Réunion. Bien entendu, les membres du CSRPN ont également contribué à la qualité de ce document. Pour Mayotte Au-delà de leur rôle de validation, l’ensemble des membres du comité de suivi a contribué à l’élaboration du plan d’actions. Mireille Quillard du Conseil Gé néral de Mayotte a notamment largement contribué à l’établissement du diagnostic. Différentes structures sont également à remercier pour avoir répondu aux consulta tions locales. Il s’agit de la Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL Mayotte), du Parc naturel marin de Mayotte, du Conseil Général de Mayotte, du Conservatoire du Littoral (An tenne Mayotte), de la Brigade Nature de Mayotte (BNM), de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte (DAAF), du Réseau Échouage Mahorais de Mammifères marins et de tortues marines (REMMAT), de l’IFREMER Délégation de La Réunion, de l’Union in ternational pour la conservation de la nature – Antenne Mayotte (UICN), de la Direction de la mer sud océan In dien (DMSOI) – Unité territoriale de Mayotte (UTM), du Conservatoire botanique national de Mascarin – Antenne Mayotte (CBNM). Lors de ces consultations, différentes Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 3 contributions sont à noter : Léonard DURASNEL du Conseil Général de Mayotte, Julie MOLINIER, Alexis GUILLEUX, Jo hanna HERFAUT et Franck CHARLIER du Parc naturel marin de Mayotte/Agence des aires marines protégées, Caro line CREMADES de l’UICN, Philippe MEROT de la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Mayo tte, Serge CHIAROVANO et Maxime LEGATHE de la Direc tion de la mer sud océan Indien, Guillaume VISCARDI du Conservatoire Botanique de Mascarin, les membres du CSPN de Mayotte. Pour les Îles Éparses Les auteurs souhaitent remercier les différents mem bres du comité de suivi local ainsi que les agents des différents services des TAAF (DST, DAIMA, DCPN), et en particulier Clément QUETEL, pour leur investissement dans l’élaboration du plan d’action local pour les Îles Éparses. Plusieurs autres structures partenaires ont également contribué activement à la construction des actions de ce plan, comme le Conservatoire Botanique National de Mascarin, la Gendarmerie nationale ou en core les Forces armées de la zone sud océan Indien. Les auteurs les remercient vivement pour leurs apports et leurs remarques constructives sur ce plan d’actions, notamment en retour des consultations locales. Citation PHILIPPE J.-S., BOURJEA J., CICCIONE S., BALLORAIN K., MARINESQUE S., GLENARD Z. 2014. Plan national d’actions en faveur des tortues marines des territoires français de l’océan Indien : La Réunion, Mayotte et Îles Éparses (2015-2020). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de La Réunion. BIOTOPE, Kélonia, IFREMER, PARC NATUREL MARIN DE MAYOTTE, TAAF, PHAETON TRADUCTION. 4 volumes, 312 p. © K . B al lo ra in Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie SOMMAIRE PRÉAMBULE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 11 Contexte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 11 Territoires du sud-ouest océan Indien (SOOI) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 11 Objectifs/Enjeux de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15 Spécificités du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 16 PARTIE 1 – BILAN DES CONNAISSANCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24 I . ÉTAT DES CONNAISSANCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24 I.1. LES TORTUES MARINES DE L’OCÉAN INDIEN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24 I.1.1. Description des espèces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 24 I.1.2. Statut et outils de protection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 26 I.1.3. Évolution du statut de protection sur chaque territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 29 I.1.4. Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 32 I.2. FACTEURS ÉCOLOGIQUES, DISTRIBUTION ET ABONDANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35 I.2.1. Cycle de vie et généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35 I.2.2. Distribution a l’échelle mondiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 36 I.2.3. Distribution, évolution et caractéristique écologique des tortues marines à l’échelle régionale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38 I.2.4. Échelle locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 48 I.3. ÉTAT DE CONSERVATION DES ESPÈCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 68 I.4. CARACTÉRISATION DES SITES OCCUPÉS PAR LES DIFFÉRENTES ESPÈCES. . . . . . . . . . . . . . . . p. 73 I.5. MENACES ET FACTEURS LIMITANTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 75 I.5.1. Menaces d’origine anthropique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 77 I.5.2. Menaces naturelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 85 I.5.3. Synthèse des menaces et facteurs influençant la restauration des populations . . . . . p. 88 I.5.4. Les changements globaux : impact du changement climatique. . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 89 I.6. ASPECTS ÉCONOMIQUES ET CULTURELS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 92 I.6.1. Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 93 I.6.2. La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 94 I.6.3. Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 95 I.7. ACTIONS DE CONSERVATION DÉJÀ RÉALISÉES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 96 I.7.1. Échelle régionale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 96 I.7.2. Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 99 I.7.3. La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 99 I.7.4. Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 101 I.8. CONNAISSANCES À DÉVELOPPER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 103 I.8.1. Échelle régionale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 103 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 5 I.8.2. Échelle locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 103 I.9. RÉSEAU DE PARTENAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 104 I.9.1. Réseau international . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 104 I.9.2. Partenaires nationaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 105 I.9.3. Acteurs locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 106 I.9.4. Les outils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 111 PARTIE 2 - STRATÉGIE À LONG TERME DE CONSERVATION DES ESPÈCES . . . . . . . . . . . . . . p. 116 II.1. CONTEXTUALISATION DU PNA DANS LES STRATÉGIES INTERNATIONALES ET NATIONALES. p. 116 II.1.1. Échelle régionale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 116 II.1.2. Échelle nationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 117 II.1.3. Échelle locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 117 II.2. BESOINS ET ENJEUX DE CONSERVATION DES ESPÈCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 119 II.3. STRATÉGIE A LONG TERME ET STRATÉGIES OPÉRATIONNELLES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 119 II.3.1. Stratégie à long terme par espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 119 II.3.2. Principales stratégies opérationnelles régionales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 120 II.3.3. Stratégies opérationnelles locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 121 PARTIE 3 – PLAN D’ACTIONS RÉGIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 124 III . PLAN D’ACTION RÉGIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 124 III.1. INTRODUCTION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 124 III.2. PARTIE COMMUNE AUX PLANS D’ACTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 125 III.2.1. Méthodologie pour la définition des actions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 125 III.2.2. Rôle des opérateurs et animateurs du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 127 III.2.3. Les comités de pilotage et de de suivi du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 127 III.2.4. Les financements et financeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 129 III.3. LES OBJECTIFS DU PLAN RÉGIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 132 III.4. DESCRIPTION DES ACTIONS RÉGIONALES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 132 III.5. SYNTHÈSE DU PLAN RÉGIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 149 III.5.1. Estimation financière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 149 III.5.2. Planification des actions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 150 IV . CONCLUSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 151 BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 152 ANNEXES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 160 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Table des cartes, tableaux et figures (illustrations) Liste des cartes Carte 1 : Ensemble des territoires concernés avec ZEE (Natural Earth, GADM, Marine region et Ifremer) . . . . . . . . . . p . 12 Carte 2 : Mayotte (IGN, DAF Mayotte, Kélonia) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 13 Carte 3 : La Réunion (IGN, Ifremer, Hydrorun, Litto 3D) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 14 Carte 4 : Îles Éparses (Kélonia, Ifremer, Université de La Réunion, Ifrecor, Arvam) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 15 Carte 5 : Distribution mondiale des tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP, 2013) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 37 Carte 6 : Carte des unités de gestion des cinq espèces de tortues marines présentes dans le sud-ouest océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 37 Carte 7 : a) Zones de hot spots d’alimentation de Chelonia mydas dans le sud-ouest de l’océan Indien, déterminées à partir de pose de balises Argos sur leur site de reproduction (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region) ; b) Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP du sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, M&C protected ares WIO-2013) . . . . p . 40 Carte 8 : Saisonnalité de ponte de la tortue verte Chelonia mydas sur les sites de reproduction du sud-ouest de l’océan Indien (Bourjea et al ., 2007a ; Bourjea et al ., in prep ; Dalleau et al ., 2012) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 40 Carte 9 : a) Sites de ponte et abondance de femelles estimée des tortues vertes, Chelonia mydas dans le sud-ouest de l’océan Indien ; b) Estimation du nombre annuel de femelles de tortues vertes nidifiant dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . p . 42 Carte 10 : Répartition géographique des fréquences des haplotypes de la tortue verte Chelonia mydas sur les sites de reproduction du sud-ouest de l’océan Indien (Bourjea et al ., 2007b) (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 43 Carte 11 : Trajets migratoires (enregistrements Argos) de tortues vertes, Chelonia mydas en post-ponte dans le SOOI depuis les plages des principaux sites de reproduction de la région . Données des programmes DYMITILE (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 43 Carte 12 : Couloirs de migration et densité d’utilisation de l’espace par les tortues vertes femelles en migration post reproductive (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 44 Carte 13 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues imbriquées Eretmochelys imbricata, dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . p . 45 Carte 14 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues caouanne, Caretta caretta dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 46 Carte 15 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues olivâtres, Lepidochelys olivacea dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . p . 47 Carte 16 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues luth, Dermochelys coriacea dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . p . 48 Carte 17 : Tendance actuelle de l’état des populations des cinq espèces de tortues présentes dans le sud-ouest de l’océan Indien (Wallace et al., 2010 et 2011) (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS SEAMAP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 49 Carte 18 : Distribution des tortues marines et de leurs habitats d’alimentation dans le lagon de Mayotte . a) Herbiers survolés en ULM et sélectionnés sur la présence de tortues vertes et l’uniformité du substrat facilitant l’observation (Ciccione et al ., 2003) ; b) Données issues de recensements ULM de tortues vertes (sur les récifs frangeants de Grande Terre, Petite Terre et l’îlot M’tsamboro et des récifs barrières du complexe de la Passe en S et de la moitié Sud du Grand Récif Nord-Est) et d’observations opportunistes des autres espèces dont l’effort Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 7 d’observation est lié à l’usage du lagon et aux secteurs de pêche . (CARA, Conseil Général de Mayotte, Les Yeux du Lagon) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 51 Carte 19 : fréquentation des plages de Mayotte par les tortues marines, de 2003 à 2008 . Estimations établies à partir de recensements aériens (ULM) des traces de tortues marines sur les plages, pour lesquelles le nombre de survols par année est variable ; le nombre de survols de chaque plage étant dépendant des conditions météorologiques . (D’après les données de Kélonia, Conseil Général de Mayotte) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 53 Carte 20 : Sites de ponte des tortues vertes (C. mydas) et imbriquées (E. imbricata) identifiés comme prioritaires pour la conservation des deux espèces de tortues marines nidifiant à Mayotte (Compilation des données : Fretey 1997, Ciccione et al . 2003, Quillard & Ciccione 2005, Quillard & Ciccione 2007, PAGE 2012, Quillard en prep .) . . . p . 54 Carte 21 : Bilan des observations de tortues marines à La Réunion (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN) . . p . 57 Carte 22 : Répartition spatiale des tortues marines à La Réunion par suivi aérien (ULM) entre Saint-Paul et Saint-Leu (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN, BRGM, RNMR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 57 Carte 23 : Activité de ponte (traces seules ou traces et pontes) entre 1980 et 2012 à La Réunion (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 60 Carte 24 : Habitats de développement des tortues vertes immatures à l’île de Grande Glorieuse (Ifremer, Kélonia) . . .p . 60 Carte 25 : Point de capture des tortues immatures verte et imbriquées à Juan de Nova (Bourjea et al ., 2010) . . . . . p . 60 Carte 26 : Localisation (épingles jaunes) des captures des tortues immatures vertes et imbriquées à Juan de Nova (Bourjea et al ., 2010) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 61 Carte 27 : Localisation des captures de tortues vertes (points verts) et imbriquées (points oranges) immatures dans la mangrove d’Europa . (Bourjea & Dalleau, 2011) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 61 Carte 28 : Points GPS des tortues vertes immatures équipées de balises Argos-GPS (chaque couleur représente une tortue différente) (Bourjea et Dalleau, 2011) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 61 Carte 29 : Plages de ponte faisant l’objet de suivis à Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova et Europa pour les tortues vertes (Chelonia mydas) et imbriquées (Eretmochelys imbricata) (Kélonia, Ifremer, fiches pour le relevé de comptage de traces de tortues dans les Îles Éparses) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 63 Carte 30 : Localisation de la zone de résurgence des eaux externes dans la mangrove (22°21 .512 S et 40°23 .606’ E) décrite en 2006 (Bourjea et al ., 2010) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 65 Carte 31 : Statuts de protection des Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 75 Liste des tableaux Tableau 1 : Statut UICN international (IUCN, 2012) et local des tortues marines du SOOI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 28 Tableau 2 : Statuts de protection nationaux et internationaux des tortues marines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 33 Tableau 3 : Évolution du statut de protection territoriale de Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 33 Tableau 4 : Évolution du statut de protection territoriale de La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 34 Tableau 5 : Évolution du statut de protection des territoriales des Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 34 Tableau 6 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant à Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 55 Tableau 7 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant à Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 55 Tableau 8 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant à La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 59 Tableau 9 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant à La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 59 Tableau 10 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant dans les Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 65 Tableau 11 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant dans les Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 65 Tableau 12 : Utilisation des îles selon les différents stades du cycle biologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 66 Tableau 13 : Synthèse de l’abondance et de la saisonnalité des sites de reproduction pour Mayotte, La Réunion et les Îles Éparses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 67 Tableau 14 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue verte, Chelonia mydas . . . . . . . . . . . p . 69 Tableau 15 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue imbriqué, Eretmochelys imbricata . . p . 70 Tableau 16 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue caouanne, Caretta caretta . . . . . . . . p . 71 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tableau 17 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue olivâtre, Lepidochelys olivacea . . . . p . 71 Tableau 18 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue luth, Dermochelys coriacea . . . . . . . p . 72 Tableau 19 : Récapitulatif de l’état de conservation des espèces par territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 72 Tableau 20 : Caractéristiques des sites exploités par les tortues marines et faisant l’objet d’actions de conservation envers ces espèces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 73 Tableau 21 : Synthèses hiérarchisées des menaces pesant sur les tortues marines sur les différents territoires français du sud-ouest de l’océan Indien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 73 Tableau 22 : Représentations économiques et culturelles actuelles des tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 96 Tableau 23 : Synthèse des actions déjà effectives sur les différents territoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 103 Tableau 24 : Financeurs d’actions engagées depuis 2005 sur les territoires français de l’océan Indien en faveur des tortues marines et de leurs habitats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .172 Tableau 25 : Planification des actions sur les 5 années du plan d’actions à l’échelle régionale . . . . . . . . . . . . . . . . . .203 Tableau 26 : Synthèse du coût des actions sur les 5 années pour le plan d’actions à l’échelle régionale . . . . . . . . . . .204 Liste des figures-illustrations Figure 1 : Les tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien (C. mydas, E. imbricata, L. olivacea, D. coriacea : Ciccione © ; C. caretta Biotope ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 25 Figure 2 : Cycle de vie général des tortues marines (modifié, d’après Lanyon et al ., 1989 in FAO, 2009) . . . . . . . . . p . 35 Figure 3 : Émergence de nouveau-nés sur la plage de Kélonia (Ciccione ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 36 Figure 4 : Les Hollandais à Maurice De Bry, gravure sur bois, 1601 (coll . Kélonia) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 38 Figure 5 : Tortue verte en alimentation à Mayotte © K . Ballorain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 50 Figure 6 : Série temporelle d’abondance de pontes de tortues vertes recensées sur la plage de Grande Saziley à Mayotte de 1998 à 2005 (Bourjea et al ., 2007a) (trait plein : abondance de pontes ; trait discontinu central : tendance de l’abondance des pontes ; traits discontinus supérieur et inférieur : région de confiance bayésienne de niveau 95 %) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 52 Figure 7 : Évolution du nombre de traces annuelles estimées sur les plages de ponte à Tromelin (1987-2006), Glorieuses (1992-2006) et Europa (1984-2006) par les tortues vertes (Chelonia mydas) . Le détail de la collecte et de la qualité des données de ces figures est exposé dans Lauret- Stepler et al . (2007) (Bourjea et al ., 2011) . . p . 62 Figure 8 : Règle d’évaluation de l’état de conservation d’une espèce (Evan et Arvela, 2011) . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 68 Figure 9 a et b : a) Causes de mortalité et de détresse recensées par le REMMAT à Mayotte (Réseau Échouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines) en 2011 et 2012 sur un échantillon de 232 tortues marines (d’après Wagner et al . 2012, Guilleux et al . 2013) ; b) Causes de blessures ou de décès de 164 tortues arrivées au centre de soins Kélonia à La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 76 Figure 10 : : Évolution du nombre mensuel de tortues mortes ou en détresse recensées par le REMMAT en 2012 . En jaune la période approximative du pic de ponte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 78 Figure 11 : : Sites de captures volontaires (braconnage) et accidentelles (pêche) de tortues marines recensés depuis 2005 sur le littoral et dans le lagon de Mayotte . Compilation des données de Pusineri & Quillard 2008, Quillard 2013, Wagner et al ., 2012) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 78 Figure 12 : Constat de braconnage, carapaces retrouvées en arrière-plage et détruites après recensement © M . Madi, M . Quillard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 79 Figure 13 : Cas de braconnage à La Réunion : La tortue Minus, retrouvée morte au Cap Lahoussaye (Kélonia ©) . . . p . 79 Figure 14 a et b : Évolution de la fréquentation touristique a) de Mayotte (tourisme d’agrément, d’affaire, affinitaire et d’autres motifs) . D’après : Insee - CDTM - Enquêtes Flux touristiques à Mayotte 2006 à 2012 ; b) Évolution de la fréquentation touristique à La Réunion . D’après : IRT- Insee, Enquête flux touristique à La Réunion entre 2005 et 2012 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 82 Figure 15 : Une tortue verte (Chelonia mydas) percutée par une hélice de bateau à La Réunion (Ciccione ©) . . . . . p . 83 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 9 Figure 16 : Représentation des couches de déchets plastiques flottant à la surface des océans (en jaune) à l’intérieur de vortex océaniques (flèches) (GTMF-NOAA, 2011) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 84 Figure 17 : Prédateurs de tortues marines, crabe s’attaquant aux œufs sur la plage (Ciccione ©) et requin bouledogue (Biotope©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 86 Figure 18 : Répartition des cas de fibropapillomatose et de chélonitoxisme dans le sud-ouest de l’océan Indien (état des connaissances en 2002 pour le chélonitoxisme d’après Champetier de Ribes et al . 1997, Robinson et al . 1998, ARVAM – Programme ICAM ; état des connaissances en 2011 pour la fibropapillomatose d’après Herbst 1994, Leroux et al . 2010, Ballorain et al . 2011, WIO-MTTF 2012, WIOMSA 2014) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 87 Figure 19 : Cas d’une tortue verte s’alimentant à Mayotte et victime de fibropapillomatose : de 2005 à 2007, un développement des fibropapillomes cutanés et oculaires est observé, auquel succède une phase de régression © K . Ballorain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 88 Figure 20 : Illustrations de menaces exercées sur les tortues marines et leurs habitats ; dans l’ordre de lecture : Braconnage © M . Quillard, Capture accidentelle à la ligne © J . Kiszka, Ingestion d’un hameçon © CHM, Attaque de chiens © M . Quillard, Prédation par les chiens © J . Fretey, Destruction des nids par les chiens errants © T . Crocetta, Enchevêtrement dans un filet © Y . Stephan, Poses illégales de filet maillants non surveillés à l’entrée des mangroves et en zones d’herbiers marins © K . Ballorain, Occlusion intestinale après ingestion d’un fragment de filet © M . Quillard, Pollution des rivières © K . Ballorain, Décharge d’ordures en bord de mer © K . Ballorain, Envasement du lagon © K . Ballorain Perturbation intentionnelle au sein des habitats d’alimentation © inconnu, et sur les plages de ponte © JJ . Guillen, Collision avec un bateau © F . Charlier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 92 Figure 21 : Artisanat en écailles de tortue (Kélonia©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 92 Figure 22 : Livret d’identification des tortues marines et des recommandations de manipulation suite à une capture accidentelle (CTOI, 2012) (Bourjea©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 97 Figure 23 : Actions réalisées en faveur des tortues marines à l’échelle régionale . À gauche une formation sur le développement de balises Argos regroupant des structures de 9 pays (Bourjea ©) . À droite une opération de sensibilisation auprès d’enfants à Mohéli (archipel des Comores) (Bourjea ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 98 Figure 24 : Recensement de cas de braconnage à Mayotte (Ballorain ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 98 Figure 25 : Remise à la mer d’une tortue caouanne (Caretta caretta) balisée (Ciccione ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 100 Figure 26 : a) Collaboration avec les pêcheurs volontaires ; b) Opération de restauration de plage à La Réunion (Ciccione ©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 100 Figure 27 : Exemple de fiche de relevé de comptage de traces, ici pour Tromelin (Kélonia, Ifremer) . . . . . . . . . . . p . 102 Figure 28 : Soins pratiqués à une tortue verte au centre de soins de Kélonia (Ciccione©) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 106 Figure 30 : Réseau des principaux partenaires du PNA OI à l’échelle régionale, natiobnale et locale . . . . . . . . . . . . p . 113 Précision sur l’échelle d’intervention Ce plan national d’actions concerne les territoires français présents dans le sud-ouest de l’océan Indien. Pour les zones visées, différents secteurs d’intervention sont donc précisés : • Local, représentant les 3 territoires français dans les limites réduites de chaque territoire visé (La Réunion, Mayotte ou les Îles Éparses) ; • Régional SOOI (français), représentant uniquement les 3 territoires français de cette région du monde ; • Régional SOOI, représentant l’ensemble des pays de cette région du monde (dont les territoires français) ; • International, pouvant s’appliquer à l’ensemble de l’océan Indien voire plus large. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie SIGLES ET ACRONYMES AAMP : Agence des Aires Marines Protégées ARVAM : Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines BNM : Brigade Nature de Mayotte BNOI : Brigade Nature océan Indien CAPAM : Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte CBNM : Conservatoire Botanique National des Mascarins CDM : Collectivité Départementale de Mayotte CEDTM : Centre d’Étude et de Découverte des Tortues Marines CEFE : Centre d’Écologie Fonctionnelle et Evolutive CELRL : Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres CeTO : Cétacés, Tortues, Oiseaux marins CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique CTM : Comité du tourisme de Mayotte CTOI : Commission des thons de l’océan Indien DAAF : Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt DAF : Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte DCE : Directive européenne Cadre sur l’Eau DEAL : Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement DMSOI : Direction de la mer sud océan Indien DYMITILE : Dynamique Migratoire des Tortues marines nidifiant dans les Îles françaises de l’océan Indien FFEM : Fond Français pour l’Environnement Mondial FMAE : Fédération Mahoraise des Associations Environnementales GTEPA : Groupe de travail sur les écosystèmes et les prises accessoires GTMF : Groupe Tortue Marine France ICAM : Intoxications par Consommation d’Animaux Marins IFRECOR : Initiative Française pour les Récifs Coralliens IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques IOSEA (MoU) : Indian Ocean South East Asia Marine Turtle (Memorandum of Understanding) IPHC : Institut Pluridisciplinaire Hubert-Curien IRD : Institut de Recherche et de Développement LYL : réseau d’observateurs bénévoles Les Yeux du Lagon MEDDE : Ministère de l’Écologie du Développement Durable et de l’Énergie MNE : Mayotte Nature Environnement MTTF : Marine Turtle Task Force ONCFS : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ONEMA : Office de l’Eau et des Milieux Aquatiques ONN : Oulanga na Nyamba (Environnement et Tortues) OTM : Observatoire des Tortues Marines de Mayotte PEDMA : Plan Départemental d’Élimination des Déchets Ménagers et Assimilés PNA : Plan National d’Actions PNMM : Parc naturel marin de Mayotte REMMAT : Réseau Échouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues marines RNMR : Réserve naturelle marine de La Réunion SAR : Schéma d’Aménagement Régional SDA : Schéma Directeur d’Assainissement SDAARM : Schéma directeur de l’aménagement agricole et rural de Mayotte SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux de Mayotte SEF : Service Environnement et Forêt SIG : Système d’Information Géographique SINP : Système d’Information sur la Nature et les Paysages SMPE : Services mixte de police de l’environnement SOOI : sud-ouest de l’océan Indien SREPEN : Société Réunionnaise pour l’Étude et la Protection de l’Environnement SWIOFP : Southwest Indian Ocean Fisheries Project TORSOOI : TORtues du sud-ouest de l’océan Indien UICN : Union International pour la Conservation de la Nature WIO-MTTF : Western Indian Ocean Marine Turtle Task Force ZEE : Zone Économique Exclusive Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 11 PRÉAMBULE Contexte Les premiers fossiles de tortues retrouvés remontent à 110 millions d’années. Ces espèces ont toujours été source de fascination pour l’homme tant d’un point de vue culturel et économique, que d’un point de vue scientifique. Les populations semblent avoir été très abondantes sur la planète il y a encore quelques cen taines d’années, mais leurs populations ont décliné en raison de leur surexploitation à tous les stades de ma turité et de l’impact des activités humaines sur leurs habitats. À ce jour, toutes les espèces de tortues sont classées sur la liste rouge UICN des espèces menacées et à l’annexe I de la convention CITES. Sur les 7 espèces de tortues marines présentes dans le monde, 5 sont connues dans le sud-ouest de l’océan Indien (SOOI), dont 2 qui se reproduisent régulièrement dans les territoires concernés par ce Plan National d’Ac tions. Cette région du monde présente donc un intérêt particulier pour la conservation de ces espèces. À titre d’exemple, il est à noter que l’île Europa (Îles Éparses) constitue un des sites les plus importants au monde pour la reproduction de la tortue verte. Cependant, comme partout dans le monde, les popula tions de tortues ont fortement diminué dans l’océan Indien jusqu’à la fin du XXe siècle. Ainsi à La Réunion, les popula tions nidificatrices ont été décimées, et de nos jours, l’on observe plus que seulement quelques pontes par an. Les réglementations mondiales et nationales ont contri bué à freiner le fort déclin des populations en interdi sant la chasse et la commercialisation de ces espèces, mais cette protection reste insuffisante pour espérer une augmentation significative des effectifs. Il est donc important de mettre en place des actions efficaces lo calement et régionalement, conjointement élaborées par les acteurs concernés, et permettant de favoriser la reproduction des tortues et la conservation de leurs habitats. Ce travail devra permettre d’améliorer l’état de santé de ces populations dans le SOOI et plus large ment à l’échelle de l’océan Indien. Territoires du sud-ouest océan Indien (SOOI) Les territoires insulaires français du sud-ouest de l’océan Indien sont situés autour de Madagascar. Ils comptent deux départements d’outre-mer, La Réunion et Mayotte ainsi que les Îles Éparses qui constituent le cinquième district des TAAF (Terres australes et antarctiques fran çaises). À ces territoires, est également associée une importante zone maritime : la zone économique exclu sive (ZEE), qui représente près de 905 400 km². Ces îles sont situées en milieu tropical où deux saisons alternent au cours de l’année : l’été austral de novembre à avril (avec des pluies régulières et des températures élevées), et l’hiver austral de mai à octobre (pendant laquelle le temps est plus sec et plus frais). Étalées sur presque 15° de latitude, elles présentent une diversité de milieux et d’espèces importantes, avec des habitats favorables aux différents stades de développement des tortues marines (voir carte 1 page suivante). Mayotte Mayotte est une île d’origine volcanique située au nord du canal du Mozambique, entre l’Afrique et Madagas car. Elle fait partie de l’archipel des Comores qui est constitué de 4 îles : Grande Comore, Mohéli, Anjouan (Union des Comores) et Mayotte (France). Cette der nière est la plus ancienne île de l’archipel (environ 8 millions d’années) et présente un littoral de 265 km très découpé. Sa superficie est de 374 km² pour une population de 212 600 habitants (INSEE, 2012). Deve nue département d’outre-mer en 2011, l’île accède au statut de Région Ultrapériphérique Européenne (RUP) en 2014. Elle compte deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre, entourées d’une trentaine de petits îlots répartis dans le lagon. Le lagon de Mayotte est le plus vaste du sud-ouest de l’océan Indien (1 500 km², incluant le banc de l’Iris, soit 4 fois la surface de terres émergées). Il abrite des habi tats naturels remarquables tels que des récifs coralliens frangeants, internes et barrières et des herbiers marins (>700 ha). La barrière corallienne s’étend sur un linéaire de 195 km et une largeur moyenne de 200 m. Les récifs frangeants s’étendent sur un linéaire de 160 km et une largeur de 50 à 800 m (Porcher et al. 2002). Le lagon de Mayotte se différencie également par la présence d’une double barrière récifale de 18 km de long. L’ensemble de ces habitats sont des sites de développement et d’alimentation pour les tortues marines de la région. Le littoral, marqué par l’alternance de nombreux caps rocheux, de falaises (41 % du linéaire côtier), de plages (200 plages courtes < 800 m, 22% du linéaire côtier) et de mangroves (29 sites, 29 % du linéaire côtier) (De la Torre & Aubie 2003, Cremades 2010, Quillard 2012) accueille également deux espèces de tortues marines (Chelonia mydas et Eretmochelys imbricata) : plus d’un Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Carte 1 : Ensemble des territoires concernés avec ZEE (Natural Earth, GADM, Marine region et Ifremer). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 13 tiers des plages recensées sont fréquentées par des femelles en ponte. Depuis une trentaine d’années, la croissance démogra phique importante est accentuée par une immigration clandestine mal maîtrisée en provenance principa lement des autres îles de l’archipel des Comores. L’orga nisation spatiale des populations villageoises concentre l’urbanisation essentiellement sur le littoral. Toutefois, les zones côtières entièrement aménagées restent encore minoritaires et concernaient seulement 8 % du linéaire côtier (soit 21 km, en 2003). Les évolutions démographiques et statutaires que connaît actuellement Mayotte laissent présager une pression accrue des activités humaines sur les espaces naturels marins et littoraux. À l’heure où l’île s’ouvre aux investissements et à de nouvelles logiques de dé veloppement, l’aménagement du littoral et l’usage du milieu marin posent la question de la conciliation des exigences et impératifs économiques, et de la préserva tion d’un patrimoine naturel aussi exceptionnel que fragile. À Mayotte, malgré la réglementation nationale, les tortues sont encore fréquemment bracon nées pour la consommation, faisant l’objet d’un commerce illégal. Ces pratiques sont autant dues à des raisons culturelles et économiques, qu’à la précarité touchant une partie de la popu lation locale. Dans un même temps, les tortues marines sont sources d’intérêts grandissants pour le développement du tourisme. La Réunion L’île de La Réunion fait partie de l’archipel des Mascareignes. Sa superficie est de 2 500 km² pour une population de 837 900 habitants (IN SEE, 2012), ce qui en fait le département fran çais d’Outre-mer le plus peuplé. Cette île vol canique est située à environ 700 km à l’est de Madagascar et à 170 km au sud-ouest de l’île Maurice. L’île est assez récente et a émergé il y a 3 millions d’années. L’un de ses volcans est encore en activité : le piton de la Fournaise culminant à 2 631 mètres. Ce relief très monta gneux entraîne une forte pression anthropique sur le littoral. Cette urbanisation très forte de la côte a conduit à la destruction des deux tiers des habitats naturels indigènes de basse alti tude. Tandis que les milieux naturels de haute altitude, difficilement accessibles, restent rela tivement bien préservés. Malgré toutes ces pressions, La Réunion possède une biodiversité exceptionnelle, faisant partie des 35 hot spots mon diaux en terme de biodiversité, et plus localement à l’échelle des Mascareignes. La richesse de ses écosys tèmes est également reconnue à travers le classement du Parc National et au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui représente 40 % de la surface de l’île. Ce zonage de protection comprend les pitons, cirques et remparts de l’île qui servent d’habitat à un nombre important d’espèces endémiques. Sur la côte ouest, l’île est bordée par un récif corallien, frangeant ou barrière (25 km de longueur), constituant un habitat propice pour le développement des tortues marines et notamment des juvéniles de tortues vertes et imbriquées. Ces milieux sont également fortement dégradés du fait des pressions anthropiques (aménage ment sur le littoral, fréquentation, pollution, etc.), cau sant des menaces fortes sur ces 2 espèces fréquentant ce littoral. De nos jours, les plages de l’île, qui consti tuaient des sites de ponte important au XVIIe siècle, ne Carte 2 : Mayotte (IGN, DAF Mayotte, Kélonia). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie sont plus que rarement fréquentées par les femelles de tortues vertes. L’évolution démographique prévoit un accroissement jusqu’au million d’habitants en 2030, impliquant des aménagements et une urbanisation importante dans les années à venir. Les Îles Éparses Les Îles Éparses ont été administrées depuis 1960 par le Préfet de La Réunion sous l’autorité du ministère de l’Outre-Mer. Elles ont ensuite été confiées en 2005 au Préfet et administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf), un PTOM (pays et ter ritoires d’outre-mer) créé en 1955 et possédant l’auto nomie administrative et financière de ses territoires. Depuis 2007, les Îles Éparses font partie intégrante des Taaf et en constituent le 5e district. Leur disposition disparate dans le SOOI leur a valu le nom d’Îles Éparses. Elles regroupent cinq îles : Bassas da India, un atoll sans terre émergée, et quatre îles coralliennes : Europa, Juan de Nova et Glorieuses distribuées dans le canal du Mozambique. La cinquième, Tromelin, est la seule située à l’Est de Madagascar. Depuis 1950, la France y a implanté des stations mé téorologiques qui jouent dans la région un rôle déterminant dans la surveillance et les prévi sions météorologiques, notamment des phéno mènes cycloniques au bénéfice des territoires français et des pays voisins, membres de la Commission de l’océan Indien. Les Îles Éparses ne font pas partie des Régions Ultrapériphé riques Européennes. Depuis 1973, des déta chements militaires des Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) sont instal lés sur les îles de la Grande Glorieuse, Juan de Nova et Europa. Un gendarme est aussi présent sur chacune de ces trois îles. À Tromelin, la sou veraineté est exercée par le chef de mission de la station météo. Ces îles ont été classées en Réserves Naturelles depuis 1975. Elles forment un « hot spot » de biodiversité marine et ter restre, et constituent de véritables réservoirs de cette biodiversité. En effet, les Îles Éparses sont exemptes de tout impact anthropique notoire depuis 30 ans : végétation quasi originelle pré sentant une grande richesse patrimoniale, en particulier à Europa qui dispose d’une mangrove intacte, d’importantes populations d’oiseaux marins (frégate du Pacifique, frégate Ariel, fou masqué, fou à pieds rouges, sternes fuligi neuses, etc.). Elles présentent également des lieux favorables aux juvéniles de tortues en dévelop pement et aux femelles nidifiantes. Les tortues vertes (Chelonia mydas) viennent pondre en abondance sur Tromelin et Europa. Les tortues imbriquées pondent uni quement sur Les Glorieuses et Juan de Nova. Articulation du PNA Le PNA tortue SOOI comprend une partie commune aux trois territoires où figurent le bilan des connaissances sur les espèces concernées et les stratégies et objectifs globaux mentionnant des spécifications locales. L’ob jectif global de ce plan est de protéger les tortues sur l’ensemble de leurs aires de répartition. Pour un maxi mum d’efficacité, ce plan a fait l’objet d’une réflexion commune entre l’ensemble des acteurs en charge de Carte 3 : La Réunion (IGN, Ifremer, Hydrorun, Litto 3D). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 15 la gestion et protection des tortues dans le cadre d’une coordination globale. Dans cette démarche, la coordina tion avec les îles voisines a été indispensable pour l’éla boration d’actions communes impliquant les trois terri toires et cibler précisément les besoins prioritaires pour la restauration. Cette partie commune a aussi pour but de mutualiser les connaissances sur ces espèces migra trices dont l’aire de répartition ne s’arrête pas à la limite de chaque territoire. Leur forte capacité de migration incite à réfléchir en terme d’échelle régionale en plus de l’échelon local et à coopérer avec les pays voisins qui partagent ces ressources avec la France. Ainsi, des pro grammes de recherche comme DYMITILE ont déjà été lancés à l’échelle régionale. Ce programme de suivi et d’étude des tortues marines porte sur toute la région du sud-ouest de l’océan Indien et a uniformisé ses don nées sous les recommandations du « IUCN Marine Turtle Specialist Group » et de l’IOSEA. Dans ce sens, et suivant cette logique, il a donc semblé cohérent d’harmoniser ce PNA en intégrant une échelle locale, régionale et interrégionale. À cette partie commune sont joints 4 plans d’actions (PA) distincts établis parallèlement pour les 3 territoires locaux français (Mayotte, La Réunion, Îles Éparses) et 1 territoire inter-régional couvrant les actions transver sales aux différents territoires à l’échelle du sud-ouest de l’océan Indien. Un opérateur est ainsi attribué à la rédaction de chaque PA local qui prend en compte les spécificités des territoires : fréquentation par les tor tues, nombre de pontes, habitats, différences socio culturelles et économiques, etc. Les actions sont ici plus ciblées sur ces spécificités et élaborées en dialogue avec les acteurs locaux interagissant de près ou de loin avec les tortues marines et leurs habitats. Les actions locales sont donc inscrites dans une logique de conservation globale. Objectifs/Enjeux de conservation Toutes ces îles forment un « hot spot » de biodiversité soumis à un risque sérieux de dé gradation. Les tortues marines très sensibles à ces dégradations sont des espèces indica trices de la qualité du milieu. La protection de ces espèces permet donc de contribuer à la protection d’un ensemble d’écosystèmes et d’habitats d’espèce. Elles ont également une notion symbolique forte en plus de représen ter un avantage économique pour le déve loppement du tourisme. Il est donc important de conserver les tortues marines au nom de leur valeur d’existence propre. La visée de ce plan d’actions est de coor donner des mesures de protection efficaces sur le long terme. Les objectifs principaux sont les suivants : y Préserver les habitats terrestres de ces espèces y Préserver les habitats côtiers, les sites d’alimentation et les corridors écolo giques y Identifier et réduire les menaces y Amélior er les connaissances sur les po pulations du SOOICarte 4 : Îles Éparses (Kélonia, Ifremer, Université de La Réunion, Ifrecor, Arvam). y Sensibiliser, informer et impliquer les communautés et l’ensemble des acteurs locaux dans la gestion et la préservation des tortues marines et de leurs habitats, y Développer les modes de valorisation non extractifs comme l’écotourisme. Les objectifs et actions ont été définis conjointement avec les différents acteurs en lien avec ces probléma tiques, pour permettre une protection des habitats et la conservation des tortues marines. Spécificités du plan La particularité de ce PNA se traduit au travers de diffé rents critères : • 5 espèces de tortues marines, • des statuts différents pour ces espèces, • des espèces migratrices, • 3 territoires caractérisés par des situations socio économiques et culturelles très contrastées. L’ensemble de ces spécificités implique d’avoir une vision régionale, et oblige à adopter une stratégie de conservation largement plus étendue que les seules échelles locales des territoires français. Ce Plan National d’Actions se décompose donc en 5 volumes : • Volume I – Partie commune : état des lieux, stratégie opérationnelle et plan d’actions régional, éléments communs à l’ensemble des territoires français visés par ce PNA • Volume II – Plan d’actions de Mayotte • Volume III – Plan d’actions de La Réunion • Volume IV – Plan d’actions des Îles Éparses Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune 17 Forward Context The first turtles appear in the fossil record some 110 mil lion years age. These species have long been a source of interest for people from not only a cultural and eco nomic view, but from the scientific perspective as well. Global populations appeared abundant as recently as a few hundred years ago, but these have decreased due to overexploitation of all age ranges as well as from hu man activity habitat impacts. Currently, all sea turtles are listed under the IUCN red list of threatened species and Appendix 1 of the CITES Convention. Of the 7 species of sea turtles in the world, 5 are found the south-west Indian Ocean (SWIO), of which 2 re produce regularly in the area affected by this National Action Plan. This part of the world is therefore of par ticular interest for the conservation of these species. For example, it is notable that Europa Island is one of the world’s most important reproductive sites for the green sea turtle. Meanwhile, as with elsewhere in the world, populations have declined appreciably in the Indian Ocean up to the end of the 20th century. On Reunion Island nesting popu lations were decimated and today only a few nesting turtles are observed each year. International and national regulations have contributed to the slowing of population declines through hunting and trade bans, but these protections remain insufficient for real gains to be realized. It is therefore important to establish effective local and regional actions, in con cert with relevant stakeholders, promoting favourable reproductive conditions and habitat conservation. This work will foster an improvement in the health of these populations within this region and over the larger scale Indian Ocean. South-west Indian Ocean Region (SWIO) The French island territories of the south-west Indian Ocean are located off the coast of Madagascar. They comprise two overseas departments, Reunion and May otte as well as the Scattered Islands which make up the fifth district of the Territory of the French Southern and Antarctic Lands (TAAF). These territories represent an important maritime zone: the Exclusive Economic Zone (EEZ), representing some 905,400 km2. These islands are located in a tropical zone character ized by two seasons over the year: southern hemisphere summer from November to April (with frequent rain and elevated temperatures) and southern hemisphere win ter from May to October (drier and cooler trends). Cov ering some 15° of latitude, they hold a wide variety of habitats and significant species with habitats favourable to the various developmental stages of sea turtles. Mayotte Mayotte is an island of volcanic origin located at the northern end of the Mozambique Channel, between Africa and Madagascar. It is part of the Comores archi pelago comprised of 4 islands: Grande Comore, Mohéli, Anjouan (Union des Comores) and Mayotte (France). This last one is the oldest of the group (8 million years old, approximately) with an irregular coastline of some 265 km. Land area is 374 km2 with a population of 212, 600 (INSEE, 2012). Designated an overseas department in 2011, the island was further designated as outer most region (OMR) in 2014. It is comprised of 2 islands, Grande-Terre and Petite-Terre, surrounded by some 30 smaller islets scattered throughout the lagoon. The lagoon of Mayotte is the largest in the south-west Indian Ocean (1500 km2 including the Iris Bank, some 4 times greater in surface area than the above surface land area). It contains a number of remarkable habitats including fringing, barrier, and lagoon reef, and seagrass beds (>700 ha). The barrier reef is 195 km in length with an average width of 200 m. The fringing reefs are 160 km with widths from 50 m to 800 m (Porcher et al. 2002). Mayotte’s lagoon also stands out due to the presence of a double barrier reef over 18 km in length. Overall, these diverse areas constitute habitat for sea turtles in the region. The shoreline, characterized by nu merous rocky outcrops, cliffs (41 % of the linear coast line), beaches (200 short beaches <800 m, 22% of the coastline) and of mangrove (29 sites, 29% of the coast line) (De la Torre & Aubie 2003, Cremades 2010, Quil lard 2012) which provide habitat for two species of sea turtle (Chelonia mydas and Eretmochelys imbricata). Over one third of assessed beaches are frequented by nesting turtles. Over the last thirty years, the human population growth is characterized by a poorly managed clandestine migra tion from the neighbouring Comores islands. The spatial distribution of urbanization is concentrated along the coastline. Nevertheless, coastal zones completely built up are in the minority and consist of only 8% of the coastline (some 21 km in 2003). These demographic Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Map 1 : Ensemble of territories affected by EEZ (Natural Earth, GADM, Marine region et Ifremer). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 19 trends underway in Mayotte indicate a growing human presence along the coastline along with associated pres sures on the local marine resources. With current devel opment trends encouraging investment and new forms of development, coastal and marine use patterns pose challenges to the reconciling of economic needs with preservation of exceptional, and fragile, natural heritage. In Mayotte, despite international regulations, sea turtles are still frequently subject to poaching for local con sumption, generating illegal trade practices. These prac tices are rooted in cultural as well as economic necessity, where poverty affects a portion of the local population. This is contrasted with the growth in the importance of sea turtles for the tourism industry. Réunion Island The island of Reunion is part of the Mascarene Islands. It is 2500 km2 with a population of 837,900 (INSEE, 2012), making it the most populous overseas department. This volcanic island is some 700 km east of Madagas car and 170 km south of Mauritius. The island is geologically recent, having emerged approxi mately 3 million years ago. One of its volcanoes is still active: Piton de la Fournaise rising to 2631 m. The steep terrain of the island is reflected in the primarily coastal settlement pattern. This coastal urbanization has led to the destruction of two thirds of the native habitats at low alti tudes. However, native habitats at hard to access high altitudes remain relatively well preserved. In spite of these pressures, Reunion is host to remarkable biodiversity, making it one the 35 world’s hot spots as well as at the local Mas carene scale. The richness of its ecosystems is also recognized through the establishment of its National Park and recognition as a UNESCO World Heritage site for an area representing 40% of the island’s surface. This regulatory protective status includes the peaks, cirques and ridges which comprise the habitat for a number of important endemic species. On the west coast, the island is bordered by a fringing and barrier coral reef (25 km long), pro viding habitat for the development of sea tur tles including green and Hawksbill juvenile sea turtles. These habitats are also heavily altered from anthropogenic pressures (coastal develop ment, human use, pollution…), resulting in im portant threats for these two species that inhabit the coastal margin. Today the island’s beaches which were important nesting sites in the 17th century, are only rarely frequented now by female green sea turtles. Demographic trends project an increasing population of up to one million inhabitants in 2030, with the accom panying coastal urban development. Les Îles Éparses (Scattered Islands) The Scattered Island have been governed since 1960 by the Prefect of Reunion under the authority of the Ministère des Outre-mer. Their administration was con ferred in 2005 to the Prefect and senier administrator of the French Southern Lands (TAAF), a French Overseas Territory (OCT) created in 1955 with administrative and financial autonomy of its territories. Since 2007 the Scattered Islands are part of the TAAF and constitute the 5th district. Their widespread nature in the SWIO garnered their name of Scattered Islands. They consist of five islands: Bassas da India, an atoll without above water land, and four coral islands: Europa, Juan Map 2 : Mayotte (IGN, DAF Mayotte, Kélonia). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de Nova and Glorieuses spread across the Mozambique Channel. The fifth, Tromelin, is the only one located east of Madagascar. Since 1950, France has maintained me teorological stations which play a crucial role in weather monitoring, especially with regards to cyclones for the protection of French territories as well as neighbouring countries, notably members of the Indian Ocean Com mission. The Scattered Islands are not part of the Europe an Outermost Regions (OMR). Since 1973, military bases of the zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) are present on the island of Grande Glorieuse, Juan de Nova and Europa. A police presence also exists on each of the three is lands. At Tromelin, local authority is via the station chief of the meteorological station. These islands are classi fied as Nature Reserves since 1975. They are part of a biodiversity hot spot – both marine and terrestrial – and constitute remarkable reservoirs of biodiversity. In fact, the Scattered Islands have had no anthropic impacts for over 30 years: native vegetation provides great natural heritage value, especially on Europa which contains an intact mangrove, important sea bird colonies (great frigatebird, lesser frig atebird, masked booby, red-footed booby, sooty tern…). They also represent suitable habitat for juvenile sea turtles and for nesting females. Green sea turtles (Chelonia mydas) are present in large numbers during the nesting period on Tromelin and Europa. Hawksbill sea turtles nest exclusively on Les Glorieuses and Juan de Nova. NAP (National Action Plan) Framework The sea turtle NAP for the South-west Indian Ocean (SWIO) comprises a section common to the three territories where best available infor mation is derived for the respective species and which includes general strategies and objectives for specific locations. The overall objective of the plan is the protection of sea turtles over the to tality of their range. For maximum efficiency, the plan was evaluated by stakeholders responsible for management and protection of sea turtles within a context of coordinated management. Under this scenario, coordination with neigh bouring islands was key to developing common actions that would involve the three territories and target precisely restauration needs on a pri ority basis. This shared portion also fostered a knowledge sharing and exchange on these mi gratory species whose ranges do not stop at the boundaries of each territory. Their wide ranging migra tory patterns promotes strategizing at the regional scale as well as local scales and cooperation with neighbour ing countries who share these resources with France. As a result, research programs like DYMITILE were scaled up to the regional level. This monitoring program for sea turtles is deployed for the entire SWIO and has standard ized data collection under the recommendations of the IUCN Marine Turtle Specialist Group and the IOSEA. Ac cordingly, it appeared strategic to integrate this NAP at local, regional and inter regional scales. A designated person will be appointed to the post of local action plan, taking into consideration the specific needs of the lo cal area: sea turtle numbers, number of nesting events, habitats, socio-cultural and economic profiles… These actions target the specific needs of each area and are further augmented by discussions with the local stake holders with direct or indirect links with sea turtles and Map 3 : La Réunion (IGN, Ifremer, Hydrorun, Litto 3D). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 21 their habitats. Local action planning is thereby integrat ed into overall planning objectives. Objectives / Conservation stakes The islands, as a group, constitute a hotspot of biodiver sity subject to significant risks of degradation. Sea turtles are very sensitive to these patterns of degradation and are indicators of habitat quality. Protection of these spe cies will therefore contribute to the protection of an in terlinked series of ecosystems and species. They are also significant as cultural icons and represent an economic attraction for tourism. There is therefore an overarching rationale to protect sea turtles for their existence value. The target of this action plan is to coordinate effective protection measures over the long term. The main ob jectives are: • Preserve terrestrial habitats for these species, • Preserve coastal habitats, foraging sites and ecological corridors, • Identify and reduce threats, • Improve the knowledge base for population in the SWIO, • Improve public awareness, inform and engage with local community interests and other stakeholders for the management and preservation of sea turtles and their habitats, • Create value added mechanisms for non-extractive resource explotation, such as tourism. The objectives and actions are the outcome of collabora tive planning with the stakeholders within the context of the known challenges to enable a com prehensive strategy of habitat protection and the conservation of sea turtles. Context specific planning This NAP specifically targets the followoing criteria: • 5 species of sea turtle, • A variety of status designations for the different species, • Migratory species, • 3 territories characterized by contras ting socio-economic and cultural pro files, • In consideration of these unique cha racteristics, a regionally-based and not simply a French territory scaled pro gram would be better suited. This National Action Plan is comprised of 5 volumes: • Volume 1 – Shared elements: baseline assessment, operational strategy, re gional action planning, elements sha red amongst the ensemble of French territories that are targeted by the NAP. • Volume 2 – Action planning for Ma yotte. • Volume 3 – Action planning for Reu nion • Volume 4 – Action planning for the Scattered Islands. Map 4 : Îles Éparses (Kélonia, Ifremer, Université de La Réunion, Ifrecor, Arvam). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tortue olivâtre Lepidochelys olivacea © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 23 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie PARTIE 1 Bilan des connaissances I. ÉTAT DES CONNAISSANCES I.1. LES TORTUES MARINES DE L’OCÉAN INDIEN I.1.1. DescrIptIon Des espèces Il existe actuellement sept espèces de tortues ma rines appartenant à deux familles distinctes : − la famille des Cheloniidae représentée par la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmo chelys imbricata), la tortue olivâtre (Lepidochelys oli vacea), la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii), la tortue caouanne (Caretta caretta), et la tortue à dos plat (Natator depressa. Ces six espèces ont une cara pace osseuse recouverte d’écailles cornées à laquelle sont soudées la colonne vertébrale et les côtes. Le nombre d’écailles sur la dossière et la tête, qui diffère selon les espèces, est un critère d’identification. − la famille des Dermochelyidae repésentée par une seule espèce : la tortue luth (Dermochelys coria cea). Elle se caractérise par une absence d’écaille à l’âge adulte, sa dossière étant formée d’une épaisse couche de graisse recouverte d’une fine couche de peau appelée « cuir ». Sur ces 7 espèces, 5 sont donc présentes dans le sud ouest de l’océan Indien et deux s’y reproduisent fré quemment (la tortue verte et la tortue imbriquée). Les Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune © J. Bourjea Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 25 tortues caouanne et luth ne se reproduisent régulière ment dans cette région qu’en Afrique du Sud, dans le sud du Mozambique et le sud de Madagascar. La tortue olivâtre se reproduit essentiellement dans le nord de l’océan Indien, et occasionnellement dans le sud-ouest de la région. Les deux espèces non présentes dans l’océan Indien sont la tortue de Kemp, présente uni quement en Atlantique nord et se reproduisant dans le golfe du Mexique, et la tortue à dos plat dont l’aire de répartition se limite à l’Océanie. Classification linéenne des tortues marines (Bowen et al., 1993 ; Pritchard & Mortimer, 1999) yy Règne : ANIMAL yy Embranchement : CHORDÉS yy Sous-embranchement : VERTÉBRÉS yy Classe : REPTILE (SAUROPSIDÉS) yy Ordre : TESTUNIDÉS yFamille : CHELONIIDAE > Genre Chelonia − Espèce : Chelonia mydas Tortue verte, tortue franche (fr), Green Turtle (en) > Genre Eretmochelys − Espèce : Eretmochelys imbricata Tortue imbriquée (fr), Hawksbill (en) > Genre Natator − Espèce : Natator depressa Tortue à dos plat (fr), Flatback (en) > Genre Caretta − Espèce : Caretta Caretta Tortue caouanne (fr), Loggerhead (en) > Genre Lepidochelys − Espèce : Lepidochelys olivacea Tortue olivâtre (fr), Olive Ridley (en) − Espèce : Lepidochelys kempii Tortue de Kemp (fr), Kemp’s Ridley (en) yFamille : DERMOCHELYIDAE > Genre Dermochelys − Espèce : Dermochelys coriacea à Tortue luth (fr), Leatherback (en) Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea). Tortue caouanne (Caretta caretta). Tortue verte (Chelonia mydas). Figure 1 : Les tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien. © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Espèces présentes et se reproduisant dans le sud-ouest de l’océan Indien Espèces présentes dans le sud-ouest de l’océan Indien (C. mydas, E. imbricata, L. olivacea, D. coriacea : Philippe Payet / Agence des aires marines protégées © ; C. caretta Biotope ©)1. 1 Les autres espèces, plus rares sur les côtes du sud-ouest de l’océan Indien n’ont pas de noms en langues locales réunionnaise et mahoraise. Tortue luth (Dermochelys coriacea). Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie I.1.2. statut et outIls De protectIon Statut dans les conventions internationales et outils internationaux Convention de Washington ou Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES)  Signée par la France en 1973, ratifiée en 1978 La CITES a pour but de réguler le commerce internatio nal des espèces menacées. Les espèces bénéficient de différents degrés de protection en fonction de leur su rexploitation (annexes I, II et III). Actuellement, les sept espèces de tortues marines sont inscrites à l’annexe I (espèces menacées d’extinction). Le commerce exté rieur des individus ou de leurs dérivés est strictement interdit dans les pays signataires. Le transport interna tional des espèces ou de leurs dérivés est soumis à un permis spécial d’importation délivré par la Direction de l’Eau et de la Biodiversité et ne doit pas être destiné à des fins commerciales. Le règlement CE n°338/97 du Conseil Européen met en application et renforce les accords pris par l’Union Européenne lors de la CITES. Les tortues marines y figurent en annexe A. Le commerce, le transport, la détention d’un animal classé dans cette catégorie sont interdits sauf dérogation. Il est à noter que les Îles Éparses ne faisant pas partie de l’Union Européenne, elles ne sont pas soumises au règlement traduisant la Convention CITES en droit communautaire1 mais directement à la Convention. Convention de Bonn ou Convention sur les espèces migratrices (CMS)  Signée par la France en 1979, ratifiée en 1990 Cette convention vise à protéger les espèces migratrices terrestres et aquatiques sur l’ensemble de leurs aires de répartition. Les parties signataires travaillent conjoin tement pour uniformiser la protection de ces espèces dont l’aire de répartition s’étend sur plusieurs pays. Les tortues sont inscrites à l’annexe I, qui concerne les espèces menacées. Tout prélèvement de ces espèces est interdit. De plus, les parties signataires doivent éga lement prendre des mesures visant à la protection des habitats et favorisant la migration des tortues. Convention de Berne ou Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe  Signée par la France en 1979, ratifiée en 1990 Cette convention relative à la protection de la faune 1 (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996. et la flore sauvages concerne principalement l’Europe continentale. Néanmoins, la directive habitat de 1992 qui se base sur cette convention, classe les tortues ma rines à l’annexe II. À ce titre, est prohibée toute capture intentionnelle des sept espèces de tortues marines, le prélèvement des œufs et la destruction des sites de reproduction. Cette convention européenne n’est pas applicable aux territoires français de l’outre mer. Convention RAMSAR sur la conservation des zones humides  Signée en 1971, ratifiée en 1986 La convention RAMSAR protège les zones humides d’in térêt mondial qui présentent des caractéristiques écolo giques exceptionnelles. Certains sites RAMSAR sont des habitats notables pour les tortues marines. Le sud-ouest de l’océan Indien compte plusieurs sites RAMSAR dont un à Mayotte (vasière des Badamiers) et un à Europa, l’un des plus gros sites de reproduction de la tortue verte dans l’océan Indien. Convention de Rio ou convention sur la diversité biologique (CDB)  Signée par la France en 1992, ratifiée en 1994 Ce texte est le plus global concernant la protection du vivant car il vise à préserver la diversité biologique, à tendre vers une utilisation durable des éléments natu rels et aboutir à un partage juste et équitable des res sources naturelles. La convention ne mentionne pas les eaux internationales mais les parties contractantes doivent appliquer la convention au milieu marin. Le texte préconise également la création d’aires protégées, la réhabilitation d’écosystèmes dégradés et la gestion durable des activités impactant le patrimoine naturel. Statut dans les conventions interrégionales Convention de Nairobi ou convention pour la protection, la gestion et la mise en valeur du milieu marin et côtier de la région de l’océan Indien occidental  Signée en 1985, ratifiée par la France en 1989 La convention est entrée en vigueur en 1996. Son objec tif est d’assurer la protection et la gestion du milieu ma rin et des zones côtières dans la zone d’application de la convention, de prévenir, de réduire et de combattre la pollution de cette zone et d’assurer une gestion des res sources naturelles qui soit rationnelle du point de vue de l’environnement. Cette convention internationale, de portée régionale et applicable dans l’océan Indien, a donné naissance à deux protocoles dont le premier Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 27 est relatif aux zones protégées ainsi qu’à la faune et la flore sauvages dans la région de l’Afrique orientale. Ce premier protocole comprend quatre annexes. Les cinq espèces de tortues visées par le présent PNA figurent à l’annexe II qui concerne les espèces de faune sauvages menacées. Elles sont également inscrites à l’annexe IV protégeant les espèces migratrices. La troisième annexe porte sur les espèces exploitables de faune sauvage exigeant une protection et concerne Chelonia mydas et Eretmochelys imbricata. La Convention a par ailleurs été amendée lors de la conférence des plénipotenti aires et de la sixième réunion des Parties contractantes à la Convention qui a eu lieu à Nairobi du 29 mars au 1er avril 2010. Mémorandum d’accord sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leur habitat de l’océan Indien et de l’Asie du Sud-Est  Entré en vigueur en 2001, ratifié par la France en 2010 Le Indian Ocean South-East Asian Marine turtle Memo randum of Understanding (IOSEA MoU) s’attache à pro téger et à conserver les tortues marines dans l’ensemble de l’océan Indien en se basant sur des données envi ronnementales, socio-économiques et culturelles des pays signataires. Ce mémorandum, sous l’égide de la convention sur les espèces migratrices (CMS), s’articule autour d’un plan de gestion et de conservation des tor tues marines, qui doit faire l’objet d’un consensus entre les pays de l’océan Indien et de l’Asie du Sud-Est. Ce plan vise à s’étendre sur la haute mer pour être applicable à l’échelle de l’océan et assurer une certaine cohérence dans les mesures de protection. Il aborde notamment le problème des prises accidentelles, la recherche, l’édu cation et la sensibilisation à la conservation des tortues. Ce mémorandum est non contraignant juridiquement. La coordination et l’organisation des réunions sont réali sées par un secrétariat basé à Bangkok en Thaïlande. La mise en cohérence du PNA avec ce plan a été réalisée en concertation avec le secrétariat du memorandum. Résolution 12/04 concernant les tortues marines dans le Recueil des Mesures de conservation et de gestion actives de la Commission des Thons de l’océan Indien Entrée en vigueur en 2009, cette résolution contient un volet concernant les bonnes pratiques à adopter pour atténuer l’impact de la pêche hauturière sur les tor tues marines. Les Parties contractantes engagent ainsi les pêcheurs à porter secours aux tortues percutées ou capturées accidentellement et ensuite à les libérer. Ils doivent également rapporter aux autorités compétentes et aux scientifiques toute interaction entre tortues et engins de pêche et prendre des mesures de précaution pour éviter ces interactions. Classification UICN (Liste rouge) La liste rouge de l’Union Internationale pour la Conser vation de la Nature (UICN) constitue l’inventaire mon dial le plus complet de l’état de conservation des es pèces aussi bien animales que végétales, à l’échelle mondiale et nationale. Elle permet ainsi d’évaluer le risque d’extinction des espèces sur la base de critères scientifiques précis tels que : • La taille de la population et son évolution • La répartition géographique • Un effectif minimum d’individus matures • Le déclin constaté d’une population • La probabilité d’extinction à l’état sauvage. L’évaluation aboutit à une classification en différentes catégories selon leur degré de menace. Cette évalua tion indique le degré de patrimonialité des différentes espèces, en considérant différentes échelles (mon diale, nationale, locale). Elle constitue notamment un outil important pour la définition des enjeux et des actions de conservation pour les différents documents de gestion. Les cinq espèces de tortues présentes dans le sud-ouest de l’océan Indien sont classées, au niveau mondial, dans le groupe des espèces menacées à des degrés plus ou moins important dont le détail figure dans le tableau page suivante : Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tableau 1 : Statut UICN international (IUCN, 2012) et local des tortues marines du SOOI International Réunion * Mayotte Îles Éparses Eretmochelys imbricata En danger critique d’extinction (Mortimer & Donnelly, 2008) En danger critique d’extinction Non évalué Non évalué Dermochelys coriacea En danger critique d’extinction (Sarti Martinez, 2000) Données insuffisantes Non évalué Non évalué Chelonia mydas En danger (Seminoff, 2004) En danger Non évalué Non évalué Caretta carette En danger (Marine Turtle Specialist Group, 1996) Données insuffisantes Non évalué Non évalué Lepidochelys olicacea Vulnérable (Abreu-Grobois & Plotkin, 2008) Données insuffisantes Non évalué Non évalué * À l’échelle locale, l’évaluation à La Réunion a été faite en 2010 par le Muséum National d’Histoire Naturelle et le Comité Français de l’UICN en partenariat avec Kélonia. À l’échelle nationale, pour la définition de la liste rouge nationale des reptiles de France métropolitaine, la mé thode d’évaluation de l’UICN ne concerne que la tortue luth et la tortue caouanne, qui ont été classées dans la catégorie données insuffisantes (DD). Pour les Taaf et notamment les Îles Éparses, une étude est en cours de réalisation au Muséum National d’His toire Naturelle, afin d’établir une liste à jour des espèces de vertébrés (hors poissons) des Taaf inscrites sur Liste Rouge.  Le statut UICN de la tortue luth est actuellement en cours de révision. Pour la région sud-ouest de l’océan In dien, il serait reclassé dans la catégorie « vulnérable » (B2ab(v), C2a(i, ii), D1, D2) (Wallace, Tiwari, Dutton, Girondot, In press). Réglementation nationale Sur le plan national, la réglementation ne concerne ac tuellement pas tous les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien en raison de leurs différents statuts. Les dispositions intervenant dans la protection des tor tues marines trouvent leur base légale originelle dans la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la na ture, elle-même codifiée dans le code rural puis désor mais dans le code de l’environnement. L’ordre juridique environnemental et protecteur des tortues marines se divise en deux axes : la protection des espèces et la pro tection des espaces. Actuellement, l’arrêté ministériel du 14 octobre 2005 (annexe 1), fixant la liste des tor tues marines protégées sur le territoire national et les modalités de leur protection, assure la protection des tortues marines au niveau national, donc à La Réunion et aux Îles Éparses. À ce jour pour Mayotte, en raison de problèmes d’application des textes nationaux, seules les réglementations locales s’appliquent. L’article 1 dudit arrêté liste les espèces concernées : « Article 1er - Le présent arrêté s’applique aux espèces de tortues marines suivantes : – Tortue luth (Dermochelys coriacea) ; – Tortue caouanne (Caretta caretta) ; – Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) ; – Tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) ; – Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) ; – Tortue verte (Chelonia mydas). » Les modalités de protection sont développées dans les articles suivants. Cet arrêté interdit notamment « la des truction ou l’enlèvement des œufs et des nids, la mutila tion, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la natu ralisation, qu’ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat de spécimens de tortues marines, la perturbation intentionnelle des tortues marines. ». Il préconise ainsi la protection des individus, la protection des sites de pontes et des sites d’alimentation (article 3). Comme il est stipulé dans l’article 8, des autorisations spéciales peuvent être délivrées par le préfet, en France métropolitaine et à La Réunion, pour la détention et l’utilisation par les fabricants ou les restaurateurs d’ob jets qui en sont composés, des spécimens : – de l’espèce Eretmochelys imbricata issue des stocks d’écailles déclarés au ministère chargé de l’environne ment avant le 1er octobre 1993 ; – de l’espèce Chelonia mydas issue des stocks d’écailles déclarés au préfet du département du lieu de déten tion avant le 31 décembre 2001 ; Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 29 – des espèces Eretmochelys imbricata et Chelonia my das acquises conformément aux dispositions du règle ment (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 susvisé. » Plus généralement, les tortues sont aussi protégées en vertu du code de l’environnement par les articles L.411 1 à L.411-2 qui définissent la protection des espèces non domestiques. Tout manquement à ces arrêtés est suivi de sanctions figurant à l’article L.415-3 du code de l’environnement, pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La législation concernant la pêche est aussi très impor tante dans la protection des reptiles marins en raison des prises accessoires qui constituent une menace. L’Arrêté Ministériel du 28 août 2009 prévoit des inter dictions de pêche à l’aide de filets maillants dérivant, en considérant notamment qu’il est nécessaire d’éviter les captures accessoires d’espèces marines protégées et notamment des tortues marines et des cétacés. Cependant, l’insuffisance de moyens rend l’application des règles de protection difficile. Dans ce sens, à Mayotte, les agents en charge de la surveillance et de la protection du lagon et du littoral ont un rôle capital. I.1.3. ÉvolutIon Du statut De protectIon sur chaque terrItoIre Si les tortues sont protégées à l’échelle nationale (arrê té ministériel du 14/10/2005), la législation territoriale avait déjà pris en compte ces espèces du fait du déclin important constaté sur ces populations depuis plusieurs décennies. Préalablement à la réglementation en vigueur, l’arrêté ministériel du 9 novembre 2000 régissait la protection des tortues marines. Il était applicable à l’ensemble du territoire national à l’exception des territoires de la Mar tinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, de Mayotte et des Îles Éparses. Ce texte a ensuite été abrogé après la mise en vigueur de l’arrêté du 14 octobre 2005 proté geant les tortues marines, plus conforme notamment à la Directive européenne Habitat (1992) et qui unifor mise la protection intégrale des tortues sur l’ensemble du territoire national (et outre-mer). Mayotte Les réglementations nationales portant sur la protection des tortues marines ne s’appliquent pas encore sur le territoire mahorais. De 1976 à 2008, le droit applicable à Mayotte était régi par le principe de spécialité législative en raison de son statut de collectivité territoriale d’outre-mer à statut particulier. Le droit produit par les instances nationales n’était alors applicable à Mayotte que si le texte dont il était question le mentionnait expressément. Depuis le 1er janvier 2008, le droit applicable à Mayotte est régi par le principe d’identité législative, qui implique que les textes produits nationalement s’appliquent de plein droit à Mayotte sauf mention expresse contraire. Par ailleurs, selon l’article L651-2 du code de l’environnement, les arrêtés et les décisions applicables à Mayotte pris par un ministre en vertu des dispositions dudit code doivent être pris conjointement par ce ministre et par le ministre char gé de l’outre-mer. Or, à ce jour, cette dernière condition n’étant pas respectée, seule la réglementation locale conduit la protection des tortues sur ce territoire. La protection des tortues marines est donc régie par des dispositions locales relevant de la compétence princi pale du Préfet de Mayotte, représentant de l’État. Le premier arrêté préfectoral à Mayotte sur la protec tion des tortues marines date de 1977 (n°4 et 19 du 21 janvier 1977). Aujourd’hui, l’essentiel de la protec tion locale de ces espèces repose sur l’arrêté préfectoral du 7 août 2000, fixant la liste des tortues marines (Che lonia mydas, Eretmochelys imbricata) intégralement protégées et les mesures de protection de ces espèces animales représentées dans la collectivité départemen tale de Mayotte et complétant la liste nationale La protection des habitats de tortues marines repose sur trois arrêtés préfectoraux visant spécifiquement la protection des tortues marines au sein du Parc de Sa ziley (n°518/SG du 08 avril 1991), sur le site de N’Gouja (n°40/DAF du 11 juin 2001) et sur la plage de Papani (n°42/DAF du 05 août 2005). Or, ce dernier, classé au titre de la protection des biotopes, relève du domaine public maritime et aurait dû être pris par le ministre en charge de la mer et non par le Préfet de Mayotte. Un arrêté municipal du 12 octobre 2010 (n°62/CCK) régle mente également sur le site de N’Gouja la pratique et la navigation des engins de type planches nautiques tractées par voile(s). Plus généralement, les sites de ponte de tortues ma rines les plus importants (Saziley, Moya, Charifou et Pa pani) sont maîtrisés foncièrement par le Conservatoire du Littoral dans la limite de la zone des 50 pas géomé triques (acquisition des plages en cours). Le projet de renforcer la réglementation de l’approche des tortues marines et l’usage des habitats de tortues marines est actuellement à l’étude pour les sites de Saziley, Chari fou, Moya, Papani et N’Gouja. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Porté sur la pêche locale, l’arrêté préfectoral n°109/ SG/DAF du 30 décembre 2004 réglemente la pêche au filet dans les eaux intérieures (lagon) de la collectivité départementale de Mayotte, considérée comme dan gereuse pour les récifs et les espèces protégées. L’arrêté préfectoral n°61/AM du 21 mars 2006 interdit la récolte des végétaux marins dans le lagon de Mayotte et pro tège de fait les herbiers marins, nourriciers des tortues vertes. De manière générale, sur le plan local, l’État, qui édicte les règles de protection des tortues marines, doit en assurer le suivi et le respect par l’intermédiaire de la force publique et de l’ensemble des agents assermen tés. Il doit être secondé par la Collectivité de Mayotte (Département) qui possède un rôle majeur dans la pré servation des habitats d’espèce. La Réunion À La Réunion, les premiers textes de protection des tor tues marines remontent à 1690, soit trente ans après l’installation des premiers colons, tant les captures de tortues de mer et de terre étaient importantes. La com pagnie des Indes instaure des limites de prélèvement de la faune sauvage s’appliquant aux navigateurs et habitants de l’île. Le gouverneur Vauboulon limite ainsi la chasse à la tortue à une fois par semaine. En 1703, la chasse est toujours autorisée une fois par semaine et sans chien (ordonnance du Gouverneur de Villers). En 1709, suite à l’ordre du gouverneur J.-B. Drouillard, les habitants sont autorisés à ne prélever que deux tortues par semaine au maximum (Lougnon, 1792). Cependant, ces lois, à l’efficacité restreinte, n’ont pas permis de stopper la chasse abusive, entraînant une diminution des populations de tortues à La Réunion. Par ailleurs, l’introduction d’espèces exotiques comme les chiens, cochons et rats, ainsi que l’urbanisation crois sante du littoral vont avoir un impact important jusqu’à rendre les phénomènes de pontes exceptionnels. Cette réglementation ne va évoluer que deux siècles plus tard suite à la diminution importante des popula tions et à la création de l’élevage en ranch. La protec tion des tortues marines à La Réunion est alors définie par les arrêtés préfectoraux n° 1989/DG 01 et n° 1988/ DAE/CE de 1983. Ces arrêtés interdisent « la destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la destruction et la capture des tortues franches (Chelonia mydas) et des tortues à écailles (Eretmochelys imbricata) d’ori gine sauvage ou indéterminée en tous temps » (article 1). Cependant, l’article 2 autorise le prélèvement des jeunes tortues vertes sur les Îles Éparses (Europa et Tro melin), sous réserve d’une autorisation des pouvoirs pu blics compétents pour l’élevage en ranch (ferme CORAIL de La Réunion). Puis, l’adaptation en droit européen des grandes confé rences internationales sur l’environnement (notam ment en 1984 suite au classement de la tortue verte à l’annexe I de la CITES), interdira l’exportation des pro duits de l’élevage qui seront désormais commercialisés uniquement sur le marché local réunionnais. En 1994, une mission d’expertise est diligentée par le ministère chargé de l’environnement pour statuer sur le devenir de l’élevage en ranch à La Réunion. Elle conclut que le maintien de cette activité n’est pas compatible avec les engagements internationaux de la France en matière de préservation des tortues marines et voit donc la nécessité d’appliquer les réglementations euro péennes et nationales à La Réunion. Cela correspond à la fin de cette activité d’élevage malgré les mesures de protection des populations de tortues vertes accom pagnant le ranch et l’intérêt économique et artisanal qu’il représentait. L’arrêt de la ferme CORAIL se fait en novembre 1994, avec un moratoire de 3 ans pour per mettre la reconversion du site et des entreprises qui en dépendent. Une zone naturelle protégée a également été créée en 2007 le long de la zone littorale ouest de La Réu nion entre les communes de Saint-Paul et Étang Salé : la réserve naturelle marine de La Réunion. Cette réserve comprend le lagon, et assure la protection des princi paux récifs réunionnais qui sont des aires d’alimentation importantes pour les tortues juvéniles. La pêche y est très réglementée, et seules les pêches traditionnelles et de loisirs sont autorisées au sein de la réserve (Arrê tés préfectoraux n°1240 du 26 mai 2008 et n°3122 du 30 décembre 2010). La circulation maritime sur engins motorisés ou non est réglementée. Les récentes pontes observées à La Réunion ont toutes eu lieu sur des plages situées dans la réserve marine. À un moindre degré, une réserve de pêche a été ins taurée en 2010 sur la commune de Sainte-Rose entre la Pointe Corail et la Rivière de l’Est. Bien que les mesures de régulation de la pêche ne concernent pas directement les espèces de tortues, ces pratiques leur demeurent favorables. Îles Éparses La protection des tortues marines dans les Îles Éparses, peu concernées par les menaces d’origine anthropique, passe principalement par la protection de leurs habitats. Le statut de protection des tortues marines a évolué avec le temps, parallèlement à l’évolution du statut administratif des Îles Éparses. En effet, entre 1972 et Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 31 2013, les Îles Éparses ont été gérées par différentes autorités administratives et les mesures de protection locales des espaces et des espèces ont évolué. En paral lèle, leur statut de protection international s’est égale ment développé. De 1972 à 2005, deux autorités administratives ont eu le partage de la responsabilité de l’administration et de la gestion des Îles Éparses : le préfet du département de La Réunion, délégué du gouvernement de la Répu blique et le directeur de Météo France à La Réunion, ad joint au délégué du gouvernement. Ces deux autorités exerçaient les pouvoirs de la République française sans l’assistance d’une assemblée (Oraison, 2001, in Cacérès, 2003). L’arrêté n° 13/DG/IOI du 18 novembre 1975 a classé les îles Tromelin, Glorieuses, Europa et Bassas da India en réserve naturelle, sous l’autorité du délégué du gouver nement et du directeur de Météo France. Il est à noter que Juan de Nova n’est pas concernée par cet arrêté. Ce classement en tant que réserve naturelle interdit « toute déprédation de la nature tant terrestre que marine, aussi bien en ce qui concerne la flore que la faune », texte réglementaire s’appliquant donc égale ment aux tortues marines. Sur les Îles Éparses, la législation vise spécifiquement la protection des tortues marines en 1978, à travers la réglementation des prélèvements de bébés tortues vertes pour l’élevage en ranch de la ferme CORAIL de La Réunion : « ne sont prélevées que les tortues qui ont émergé le jour, dont le taux de prédation est quasi ment de 100 % ». Le nombre de prélèvements fait éga lement l’objet de quotas bien réglementés pour ne pas faire pression sur les populations. L’arrêté n° 1989/DG/01 établi par la préfecture de La Réunion, relatif à la réglementation de la production et de la commercialisation des tortues marines est égale ment appliqué aux Îles Éparses. Ce dernier a été annulé par le Tribunal administratif de Saint-Denis, dans son jugement en 1997 après l’arrêt de l’activité de la ferme. Par ailleurs, l’arrêté préfectoral du 15 février 1994 énonce que « toute pêche est interdite à l’intérieur des eaux territoriales des îles Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India ». Ceci se traduit par une protection intégrale de la faune et de la flore marines dans les eaux territoriales, tortues comprises, avec tout de même des possibilités de dérogation pour les recherches scientifiques (Oraison, 2001). En 2005, la responsabilité de la gestion des Îles Éparses n’appartient plus au préfet de La Réunion (arrêté du 3 janvier 2005). Elle est confiée au préfet administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises, sans pour autant rattacher les îles au territoire. Celles-ci sont intégrées aux Taaf par la loi ordinaire n° 2007-224 du 21 février 2007 « portant dispositions statutaires et institutionnelles relatives à l’outre-mer ». Cette loi fait des Îles Éparses un district des Taaf à part entière dont le préfet, administrateur supérieur des Taaf, assure les fonctions de chef du territoire. Elles sont depuis régies par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur à cette même date dans le territoire des Taaf. L’arrêté n°2007-18 bis du 23 février 2007 énonce la création du cinquième district des TAAF, district des îles de l’océan Indien. Le Code de l’Environnement prévoit expressément les dispositions qui sont applicables aux Taaf (Articles L640-1 à L640-3 et Articles R641-1 à R645 1), la législation nationale y est donc appliquée, justi fiant la protection des tortues marines sur ce territoire par l’arrêté ministériel du 14 octobre 2005. • Les îles Glorieuses Un parc naturel marin (PNM) a été créé aux Glorieuses en 2012 (décret ministériel n° 2012-245 du 22 février 2012). Le Conseil de gestion du Parc, qui a notamment pour mission d’élaborer le plan de gestion du PNM dans les deux ans suivant sa création (soit février 2015), a été mis en place le 22 février 2013. Les actions mises en œuvre dans le cadre de ce plan de gestion devront être en cohérence avec les orientations fixées dans le décret de création du parc marin, parmi lesquelles figure la « protection du patrimoine naturel, particulièrement des tortues, des récifs coralliens et des mammifères marins, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux et la sensibilisation des acteurs et des usagers ». Le parc marin des Glorieuses devrait en conséquence conduire dans les années à venir des ac tions en faveur de la conservation des tortues marines. • Tromelin Suite à plusieurs réunions concernant sa cogestion franco-mauricienne, un accord-cadre a été signé le 7 juin 2010 entre la France et l’île Maurice pour une cogestion économique, scientifique et environnementale (incluant ses espaces maritimes environnants). • Europa Le 27 octobre 2011, cette île est devenue la 42e Zone Humide d’Importance Internationale française (classe ment en site RAMSAR). Parmi les critères avancés pour son inscription, il apparaît que cette île constitue l’un des principaux sites mondiaux de reproduction et de ponte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tableau 2 : Statuts de protection nationaux et internationaux des tortues marines Textes Chelonia mydas Eretmochelys imbricata Caretta caretta Dermochelys coriacea Lepidochelys olivacea Conventions internationales Washington, 1972 CITES (commerce international des espèces) annexe I annexe I annexe I annexe I annexe I Bonn, 1979 CMPS (Convention on Migratory Species) annexes I et II annexes I et II annexe I annexe I annexe I Berne, 1979 Conservation de la vie sauvage annexe II annexe II annexe II annexe II annexe II Rio, juin 1992 Conservation de la diversité biologique Ce texte vise à protéger la diversité biologique en général Conventions régionales IOSEA Mémorandum d’accord (annexé à la convention CMS) Protéger, conserver et reconstituer les populations de tortues marines et leurs habitats dans l’océan Indien : signature de la France le 05 décembre 2008 Nairobi, 1985 Protection et gestion du milieu marin de l’océan Indien Occidental annexes III et IV annexes III et IV annexes II et IV annexes I I et IV annexes II et IV Réglementation nationale Arrêté du 14 octobre 2005 (Code de l’Environnement)* Les cinq espèces figurent sur l’arrêté, qui fixe les modalités de leur protection sur le territoire national Inventaire mondial Liste Rouge UICN danger d’extinction danger critique d’extinction danger d’extinction danger critique d’extinction vulnérable * Non applicable à Mayotte des tortues vertes (Chelonia mydas), et le fait que la mangrove soit un habitat de développement important pour les tortues vertes et imbriquées immatures. Il est prévu de rédiger un plan de gestion qui inclura des ac tions en faveur de la préservation de ces milieux. Par ailleurs, le projet de création d’une réserve naturelle nationale de l’île d’Europa a été inscrit dans le Livre Bleu de la Mer, validé en Comité Interministériel de la mer (CIMer) le 8 décembre 2009. Le dossier de classement est en cours de montage et lorsque cette réserve sera créée, un plan de gestion devra être rédigé, intégrant notamment les enjeux en lien avec les populations de tortues marines. I.1.4. synthèse Les tableaux pages suivantes récapitulent les principales réglementations qui régissent la protection des tortues au niveau mondial, national et territorial (Mayotte, Réunion et Îles Éparses). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 33 Tableau 3 : Évolution du statut de protection territoriale de Mayotte Textes Espèces/Habitats Modalités 21 janvier 1977 Arrêté préfectoral - n°4/AGR Tortues marines Sont interdits sur le territoire : « la capture en mer ou à terre des tortues de mer » et « la recherche, la destruction et le ramassage de leurs œufs ». 04 décembre 1980 Arrêté préfectoral - n°481/ DAGC Habitats d’alimentation Il est interdit sur le territoire de prélever, transporter ou vendre du corail vivant ou mort. 09 novembre 1982 Arrêté préfectoral n°698/SCAE Rivage L’extraction de sable est interdite sur l’ensemble du rivage de la mer. Arrêté abrogé. 08 avril 1991 Arrêté préfectoral - n°518/SG Tortues marines Sont interdits dans le Parc de Saziley : « de les pêcher, de les capturer, de les tuer, de les transporter, de détruire les pontes ou de les emporter ». 07 août 2000 Arrêté préfectoral - n°347/DAF Chelonia mydas, Eretmochelys imbricata L’arrêté n°4 du 21/01/1977 est abrogé. Sont interdits sur le territoire : « la destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation ou, qu’ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat, perturbation intentionnelle et la détention » de tortues marines. 11 juin 2001 Arrêté préfectoral - n°40/DAF Tortues marines/ Habitats d’alimentation et de ponte (N’Gouja) Le dérangement (encercler, toucher, accrocher, éclairer) des tortues marines est interdit sur le site de N’Gouja. La modification du couvert végétal au sein du cordon dunaire y est réglementée. Une zone sanctuaire est créée. Le Secteur A est classé sanctuaire. 30 décembre 2004 Arrêté préfectoral - n°109 Herbiers, récifs, mangroves L’usage du filet de pêche est interdit dans les zones et chenaux internes des mangroves, à l’aplomb des récifs coralliens vivants, en zones d’herbiers et sur les voies de circulation maritime. 05 août 2005 Arrêté préfectoral - n°42/DAF Habitats d’alimentation et de ponte (plage de Papani) L’arrêté considère l’importance et la sensibilité du site naturel de Papani pour la reproduction, l’alimentation et la sauvegarde des populations de tortues marines. 21 mars 2006 Arrêté préfectoral n°61/AM Habitats d’alimentation La récolte de végétaux marins en action de nage est interdite dans les eaux territoriales de Mayotte. 18 janvier 2010 Arrêté de création du parc naturel marin Habitats marins de Mayotte (lagon, ZEE) Création du Parc naturel marin de Mayotte. 12 octobre 2010 Municipal - n°62/CCK Habitats d’alimentation et de ponte (N’Gouja) Les pratiques des activités à planche et à voile sont interdites sur le site de N’Gouja. 27 octobre 2011 Site RAMSAR Vasières des Badamiers Classement en zone humide d’intérêt international (site RAMSAR). À venir (À partir de 2014) Application possible des règlements européens (Directive Habitat, CITES, etc.). Projets d’arrêtés portant création de zones de protection de biotope sur le domaine public maritime visant à garantir la conservation des habitats nécessaires à l’alimentation, à la reproduction, au repos et à la survie de tortues marines. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tableau 4 : Évolution du statut de protection territoriale de La Réunion Textes Espèces/Habitats Modalités 1983 Arrêtés préfectoraux n° 1989/DG 01 et n° 1988/DAE/CE Chelonia mydas, Eretmochelys imbricata Sont interdit « la destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la destruction et la capture des tortues franches (Chelonia mydas) et des tortues à écailles (Eretmochelys imbricata) d’origine sauvage ou indéterminée en tous temps » Novembre 1984 Décision d’arrêt de la ferme CORAIL Chelonia mydas Arrêt de l’élevage en Ranch avec moratoire de 3 ans 21 février 2007 Décret interministériel n°2007-236 Récifs frangeants et lagon Création de la Réserve naturelle marine 26 mai 2008 Arrêté préfectoral - n°1240 Réserve marine Arrêté réglementant l’autorisation de la pêche traditionnelle de loisir dans la réserve marine 30 décembre 2010 Arrêté préfectoral - n°3122 Réserve marine Arrêté réglementant l’autorisation de la pêche maritime de loisir dans les eaux départementales 30 mars 2010 Arrêté préfectoral- n°749 Réserve de pêche de Sainte-Rose Arrêté réglementant l’autorisation de la pêche professionnelle dans les eaux départementales Création de la réserve naturelle de pêche de Sainte Rose Tableau 5 : Évolution du statut de protection des territoriales des Îles Éparses Textes Tromelin Glorieuses Juan de Nova Bassas da India Europa 1972 à 2005 Préfet du département de La Réunion, délégué du gouvernement de la République et directeur de Météo France à La Réunion gèrent les Îles Éparses 18 novembre 1975 Arrêté n° 13/DG/IOI : classement en réserve naturelle oui oui non oui oui 15 février 1994 Arrêté préfectoral : interdiction de toute pêche dans les eaux territoriales oui oui oui oui oui Arrêté du 3 janvier 2005 La gestion des Îles Éparses est confiée au préfet, administrateur supérieur des Taaf. 21 février 2007 : loi ordinaire n° 2007-224 Les Îles Éparses deviennent un district des Taaf 8 décembre 2009 Projet de création de PNM, validé par CIMer Projet de création de RNN, validé par CIMer 7 juin 2010 Accord de cogestion avec Maurice 27 octobre 2011 Classement RAMSAR 22 février 2012 décret ministériel n° 2012-245 Création d’un PNM Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 35 I.2. FACTEURS ÉCOLOGIQUES, DISTRIBUTION ET ABONDANCE I.2.I. cycle De vIe et gÉnÉralItÉs Les tortues marines sont des espèces de grande longé vité qui occupent des habitats très différents au cours de leur cycle biologique. Elles évoluent la plus grande partie de leur temps en mer pour s’alimenter, mais ont conservé une composante terrestre durant leur cycle biologique, lorsque les femelles montent sur les plages pour y déposer leurs œufs. La figure 2 ci-contre illustre le cycle biologique des tortues marines. Phase d’incubation Cette phase se déroule après la ponte, lorsque les œufs ont été déposés et enterrés. Elle est notamment dé pendante de la température, qui détermine le sexe des nouveau-nés au cours de l’embryogenèse. Ainsi, une différence de 1 à 2°C peut avoir une grande influence sur le sexe-ratio au sein d’un nid (Mrosovsky & Yintema, 1980). En effet, au niveau du site de ponte, les tempéra tures élevées favorisent la production de femelles et les températures plus faibles donnent préférentiellement des mâles. Ces températures dites « pivot », comprise entre 28 et 31 °C, varient d’une espèce à l’autre (Ewert et al., 1994) et même au sein d’une espèce (Cheva lier et al., 1999). À la température du sable s’ajoute la température métabolique liée au développement em bryonnaire qui entraîne des températures plus élevées au milieu des nids et plus faible en périphérie. L’incu bation des œufs dure de 50 à 90 jours et varie selon le climat, la région et la période de l’année (Miller, 1997). C’est une période pendant laquelle les échanges gazeux respiratoires et l’humidité sont déterminants pour le développement des embryons (Ackerman, 1980). Nouveau-né Après l’éclosion des œufs (Figure 3 p. 36), les nou veau-nés qui ne mesurent pas plus de quelques centi mètres, remontent vers la surface de la plage. L’émer gence a lieu lorsque les gradients de température du sable s’inversent, généralement en fin de journée ou la nuit, limitant ainsi la prédation. Les nouveau-nés cherchent l’horizon le plus lumineux pour se diriger vers la mer en s’aidant de la pente de la plage et se repérant notamment par les reflets de la lune sur l’eau. Pendant la sortie du nid et durant le trajet jusqu’à la mer, les petites tortues sont très vulnérables et les pré dateurs très nombreux (oiseaux, crabes, chiens, rats, etc.). Arrivées à la mer, les survivantes entament alors une période de nage frénétique de plusieurs jours (3 à 6 selon l’espèce), destinée à s’éloigner de la côte et des courants littoraux. Stade juvénile pélagique Une fois au large, les jeunes tortues se laissent por ter par les courants et dérivent à la surface de l’océan. Durant cette phase de migration passive, elles se nour rissent de plancton. Cette phase pélagique est la moins bien connue du cycle de vie de la tortue en raison de son mode de vie en pleine mer. Appelée « les années perdues » (Carr, 1952 ; Carr, 1986) ou encore la « dé cade perdue » (Musick & Limpus, 1997), elle peut durer plusieurs années. Stade juvénile benthique Durant cette phase pélagique, les tortues grossissent et acquièrent une nage de plus en plus puissante qui leur permettra de s’affranchir des courants. Avec une taille les mettant à l’abri des principaux prédateurs, elles sont en mesure de rejoindre leurs habitats de développe ment côtiers, hormis pour les tortues luth et les tortues caouanne qui restent principalement pélagiques. Elles y restent plusieurs années pour se nourrir et se déve lopper jusqu’à la maturité sexuelle, avant d’entamer leur première migration pour la reproduction. Elles sont généralement fidèles aux zones d’alimentation. Figure 2 : Cycle de vie général des tortues marines (modifié, d’après Lanyon et al., 1989 in FAO, 2009). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Stade adulte Il y a encore des incertitudes sur l’âge de la maturité sexuelle des tortues marines. Il existe une grande va riabilité interespèce mais également interindividuelle (Tucek et al., 2013). La maturité sexuelle atteinte, les adultes effectuent de longues migrations pour rejoindre les aires de reproduction. C’est à proximité des plages de ponte qu’a lieu l’accouplement, qui dure plusieurs heures et durant lequel la femelle règle les apnées. Le temps entre la fécondation et la ponte peut être com pris entre 15 jours et 1 an. Les femelles montent en suite sur la plage où elles creusent un nid dans lequel elles pondent 100 à 200 œufs qu’elles recouvrent de sable. Au cours d’une saison, elles effectuent plusieurs pontes à quelques jours d’intervalle. Il n’y a pas de soins parentaux des œufs ou même des nouveau-nés chez les tortues en général (Miller, 1985). Les tortues adultes regagnent ensuite les aires d’alimentation, où elles re constitueront leurs réserves graisseuses avant d’entre prendre, 3 à 4 ans plus tard, une nouvelle migration de reproduction. L’intervalle entre deux migrations dépend de différents facteurs tels que l’âge de la tortue, la qualité des sites de nourrissage et la taille de la population (Hays, 2000 ; Solow et al., 2002 ; Miller et al., 2003 ; Saba et al., 2008). Les femelles sont en général fidèles à leur site de ponte mais ce degré de fidélité est plus ou moins important selon les espèces. I.2.2.DIstrIbutIon à l’Échelle monDIale Les sept espèces de tortues marines présentent des dis tributions mondiales différentes, s’étalant sur les zones tropicales et sub-tropicales mais également tempérées. De manière générale, les tortues marines ont des aires de répartition larges, du fait notamment de leurs longs trajets migratoires. Les cartes ci-contre (Carte 5) illustrent la distribution mondiale des 5 espèces concernées par le PNA. Pour compléter la distribution mondiale de ces espèces, il est possible, en intégrant l’ensemble des connaissances sur ces différentes espèces, de dégager des unités de gestion par espèce. Les Unités de Gestion Régionales (UGR) telles que définies par Wallace et al. (2010) en globent plusieurs types de données biogéographiques concernant chaque espèce de tortue marine, à savoir les sites de ponte, les stocks génétiques, la distribution géographique, la migration, etc. Ces UGR intègrent suf fisamment d’informations spatiales pour que la com plexité des structures de chaque population soit prise en compte. Par ailleurs, ces UGR ne représentent pas la distribution géographique complète de chaque espèce Figure 3 : Émergence de nouveau-nés sur la plage de Kélonia. © S. Ciccione Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 37 Carte 5 : Distribution mondiale des tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP, 2013) Carte 6 : Carte des unités de gestion des cinq espèces de tortues marines présentes dans le sud-ouest océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie mais plutôt une distribution liée à des sites de ponte connus et/ou à des stocks génétiques connus et définis par des informations biogéographiques. Ces différentes unités de gestion sont présentées en Carte 6 p. 37. Le bilan des connaissances sur les différentes espèces par unité de gestion, à l’échelle mondiale figure à l’an nexe 2. I.2.3.DIstrIbutIon, ÉvolutIon et caractÉrIstIque ÉcologIque Des tortues marInes à l’Échelle rÉgIonale I.2.3.1. Historique Les îles du canal du Mozambique étaient déjà mention nées dans les écrits gréco-romains pour la chasse des tortues de mers et l’exploitation de leurs écailles (l’ano nyme du Périple de la mer Érythrée). De nombreux textes datant du XVIIe siècle témoignent de l’abondance des tortues marines dans l’archipel des Mascareignes (Lougnon, 1992). « Les tortues de mer y terrissent en si grande quantité qu’il n’est pas possible de le croire […] ». (Lougnon, 1992 : 59). Cette citation, datant de 1667, est attribuée à Jacques Ruelle, un marchand de passage sur l’île de La Réunion, anciennement Île Bourbon. Ces textes ne ciblent pas d’espèces de tortues en particulier, mais étant donné la rareté des tortues luth, caouanne et olivâtres dans les Mascareignes, il est raisonnable de penser que les témoignages concernent principalement les tortues vertes, et n’excluent pas la présence de tortues imbri quées. À l’arrivée des colons, les tortues deviennent une source d’alimentation importante de par leur capture fa cile et leur taille permettant de nourrir de nombreuses personnes, comme en atteste Dubois en 1669 : « Cent hommes de bon appétit peuvent rassasier leur faim en un repas d’une seule tortue de mer » (Lougnon, 1992 : 68). En plus de leur chair, les tortues étaient chassées pour les écailles, la peau, la graisse, la carapace, les œufs (…), toutes les parties du corps étant utilisées. Très vul nérables au moment des pontes sur la plage, les tortues étaient retournées à l’aide d’un bâton. Elles étaient alors incapables de se défendre. Les marins embarquaient de nombreuses tortues sur les navires pour s’en nourrir au cours des voyages car elles pouvaient survivre plusieurs semaines sans manger ni boire. Certains témoignages attestent des prélèvements énormes de l’époque, comme celui de Lullier de passage à Bourbon en 1703 : « Le gouverneur donna ordre à ses gens qu’on allât chercher deux cents tortues qu’on apporta le lende main au soir » (Lougnon, 1992). Avec une population en constante augmentation et le ravitaillement des navires, les prélèvements excessifs sont apparus à partir du XVIIe siècle, cela se poursuivant aux XVIIIe et au XIXe siècles. Malgré les réglementations mises en place à l’époque, la surexploitation couplée à l’urbanisation ont décimé certaines populations de tortues en l’espace de 3 siècles, jusqu’à pratiquement disparaître des plages réunionnaises et mauriciennes qui étaient auparavant des sites de pontes importants. Les populations des Îles Éparses ont été relativement préservées sur les îles n’ayant jamais connu de popu lations humaines installées. Par contre aux Glorieuses et surtout à Juan de Nova qui ont connu une implanta tion humaine plus pérenne (exploitation du guano et du coprah), on note une exctinction presque totale des populations de tortues. Depuis l’arrêt de l’exploitation de ces îles au milieu du XXe siècle (début des années 1970 pour Juan de Nova) et de leur classement en réserve naturelle, on observe une évolution des popu lations de tortues avec un accroissement important sur Glorieuses et Europa, stable sur Tromelin et inconnu sur Juan de Nova. Ce fort taux de croissance depuis 20 ans est un indicateur d’une population en reconstruction après une forte période d’exploitation ([Limpus et al., 2003 ; Weishampel et al., 2003 ; Balazs & Chaloupka, 2004 ; Troëng & Rankin, 2005], in Bourjea et al., 2011), ce qui correspond notamment à l’exploitation du coprah Figure 4 : Les Hollandais à Maurice. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 39 jusqu’à la fin des années 1960 (Hoareau, 1993, in Bour jea et al., 2011). À La Réunion, l’évolution est moins positive alors que l’île accueillait de nombreux sites de ponte avant l’ins tallation des premiers colons. Les femelles ont pratique ment disparu des plages, et la reproduction ne concerne plus qu’une femelle par an en moyenne depuis 2004. À ce jour, les habitats côtiers sont utilisés par les tortues marines pour l’alimentation et leur développement. I.2.3.2. Caractéristiques écologiques et populationnelles I.2.3.2.1. La tortue verte, Chelonia mydas Cette espèce est présente dans toutes les mers des régions tropicales et subtropicales (Carte 5). La tortue verte est l’espèce la plus abondante dans la région du SOOI où tous les stades du cycle biologique sont pré sents. L’alimentation Le régime alimentaire de la tortue verte évolue au cours de sa croissance jusqu’à devenir principalement herbivore à l’âge adulte (Seminoff & Jones, 2006). Aux stades nouveau-né et juvénile, elle a un régime alimen taire de type omnivore à dominance carnivore (inver tébrés, œufs de poisson). Lorsqu’elle revient à la côte, elle se nourrit aussi bien d’algues ou de phanérogames que d’éponges ou de coraux mous. Au stade sub-adulte, elle adopte un régime alimentaire de type herbivore qui persiste jusqu’à la fin de sa vie (Bjorndal, 1985). Elle se nourrit alors principalement de phanérogames marines qui se développent sur des fonds sableux (Bjorndal, 1997 ; Ballorain et al., 2010) et d’algues rouges se développant sur des substrats rocheux ou récifaux (Montaggioni, 1978 ; Ciccione, 2001). Les pha nérogames principalement consommées dans l’océan Indien sont des genres Halophila, Thalassia, Halodule, Cymodocea, Syringodium (Ciccione et al., 2005, Bal lorain, 2010). Toutefois, l’espèce n’est pas attachée à un statut d’herbivore exclusif et peut consommer des cnidaires, des spongiaires, ou encore des céphalopodes (Mortimer, 1981 ; 1982 ; Godley et al., 1998 ; Heithaus et al., 2002 ; Hatase et al., 2006 ; Seminoff et al., 2006 ; Ballorain, 2010). Le développement Les tortues immatures sont observées jusque dans des eaux relativement froides le long du Kwazulu Natal en Afrique du Sud. Elles affectionnent particulièrement les habitats coralliens de type lagon et tombant récifal, ou encore les zones de mangrove. Elles recherchent à la fois la protection contre les prédateurs et l’accessibilité à la ressource, essentiellement composée de phanéro games marines et/ou d’algues rouges (Marquez, 1990). Les adultes se nourrissent essentiellement sur des her biers de phanérogames présents le long des côtes est africaines et malgaches, mais aussi autour des îles de la région (e.g. Mayotte, Mohéli, Aldabra). Une récente étude de suivi par satellite a permis de mettre en évi dence des hot spots d’alimentation, se situant essen tiellement au nord du Mozambique, autour de Zanzibar (Tanzanie), au nord-ouest de Madagascar et au sud de Madagascar (Carte 7a p. 40 ; Bourjea et al., in prep). Mayotte peu également être considéré comme un hotspot d’alimentation avec une population de près de 2000 individus (recensement ULM, Ballorain, et al., in prép). Une analyse intéressante révèle que 36 % des tortues suivies se nourrissent à l’intérieur d’une Aire Marine Protégée d’un des 9 pays du SOOI (Carte 7b p. 40). Durant la phase de développement ou d’alimentation, il existe peu d’informations disponibles sur l’abon dance des tortues dans la région du sud-ouest de l’océan Indien. Cependant, compte tenu du nombre très important de femelles en ponte dans cette région de l’océan Indien et de la présence de zones d’alimentation comme les herbiers de phanérogames (e.g. Ballorain et al., 2010), des sites de développement dans les lagons (e.g. Bourjea et al., 2007 ; Bourjea & Benhamou, 2008 ; Bourjea et al., 2009) ou les mangroves (e.g. Bourjea, 2006 ; Bourjea & Dalleau, 2011), cette région semble héberger une abondance très importante de tortues vertes immatures et d’adultes en phase d’alimentation. La reproduction Tous les 2 à 4 ans, elle entreprend des migrations pour rejoindre les sites de ponte où auront lieu l’accouple ment et les pontes (3 à 4 pontes en moyenne par sai son de ponte). Les femelles pondent sur les plages continentales isolées et les îles océaniques. Les adultes se reproduisent principalement dans les îles du SOOI, même si on retrouve également des sites de reproduction le long de la côte Est africaine. Sur la base des études de marquage/relecture disponibles dans la région, pour chaque saison de reproduction, les tortues vertes femelles vont pondre en moyenne 3 fois (Morti mer & Carr, 1987 ; Le Gall, 1988 ; Bourjea et al., 2007a), même si certains individus peuvent pondre plus de 11 fois dans une saison (Bourjea et al., 2007a). Ces mêmes études ont permis de démontrer que les femelles sont extrêmement fidèles à leur site de reproduction, fait Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie confirmé par une étude génétique menée sur l’ADN mitochondrial (Bourjea et al., 2007b). Une récente étude a souligné l’existence d’une varia bilité importante de la saisonalité de la reproduction des tortues vertes dans le sud-ouest de l’océan Indien (Carte 8 ci-contre). Ainsi les tortues se reproduisant dans le sud de la région privilégient l’été austral pour pondre, alors que celles plus au nord privilégient l’hi ver austral (Dalleau et al., 2012). La saisonnalité est beaucoup plus marquée à Europa (Lauret-Stepler et al., 2007) qu’à Mayotte (Bourjea et al., 2007a). La reproduction a généralement lieu tous les 3 à 5 ans pour cette espèce (Miller, 1997 ; Troëng & Chaloupka, 2007), ce qui semble être vérifié dans l’océan Indien (Le Gall et al., 1985, Bourjea et al., 2007a ; Mortimer et al., 2011 ; Bourjea et al., submitted). Au cours de leurs tra jets migratoires, les tortues vertes nidifiant dans le SOOI parcourent en 21 jours (+/- 16 jours) une moyenne de 1 303 km (+/- 797) séparant leur site de reproduc tion de leur aire d’alimentation. Durant ces migrations, elles peuvent traverser jusqu’à 7 pays différents (dans les Zones Économiques Exclusives associées) (3,3 en moyenne). Carte 7 : a) Zones de hot spots d’alimentation de Chelonia mydas dans le sud-ouest de l’océan Indien, déterminées à partir de pose de balises Argos sur leur site de reproduction (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine région) ; b) Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP du sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine région, M&C protected ares WIO-2013) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Carte 8 : Saisonnalité de ponte de la tortue verte Chelonia mydas sur les sites de reproduction du sud-ouest de l’océan Indien (Bourjea et al., 2007a ; Bourjea et al., in prep ; Dalleau et al., 2012). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 41 Les sites de reproduction La région du sud-ouest de l’océan Indien regroupe des sites de reproduction majeurs pour les tortues vertes, en particulier au niveau des îles isolées et peu anthro pisées. Différents suivis montrent que ces îles possèdent des populations reproductrices importantes. Pour les Îles Éparses, 3 îles sont principalement concer nées : • Europa : tortues vertes suivies depuis 1984 avec des variations d’effectifs importantes suivant les années, estimés en moyenne à 10 000 tortues venant se re produire. Le taux de croissance annuel moyen est de +2 % sur la période 1984 – 2006 (Le Gall, 1988 ; Lau ret-Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2010) ; • Glorieuses : tortues vertes suivies depuis 1987 avec 1500 -2500 femelles estimées/an, un taux de crois sance annuel moyen de +3.5 % sur la période 1987 – 2006 (Lauret-Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2010) ; • Tromelin : tortues vertes suivies depuis 1987 avec 1430 +/-430 femelles estimées/an, un taux de crois sance annuel moyen du nombre de traces de ponte de -1,6 % sur la période 1987 – 2006 (Le Gall, 1988 ; Lauret-Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2010). Dans l’archipel des Comores, Mayotte et Mohéli consti tuent des sites importants : • Mayotte : tortues vertes suivies depuis 1994 avec 3000-5000 femelles estimées/an, un taux de crois sance annuel moyen de femelles de +0.9 % sur la période 1998 – 2005 (Bourjea et al., 2007a) ; • Mohéli : tortues vertes suivies depuis 1999 avec plus de 5700 femelles estimées en 2005, taux de crois sance annuel moyen du nombre de traces de ponte de 24.5 % sur la période 2000-2006 (Bourjea et al., 2010). D’autres sites sont également suivis et connus : • Aldabra : tortues vertes suivies depuis 1986 avec 3100–5225 femelles estimées/an, croissance du nombre de traces de ponte de 500 à 800 % en 40 ans (Mortimer et al., 2011) ; • Vamizi (Nord Mozambique) : tortues vertes suivies de puis 2007 avec moins de 50 femelles par an (Garnier et al., 2012) • Iranja (Nord-Ouest Madagascar) : tortues vertes sui vies depuis 2000 avec 50 à150 femelles estimées (Bourjea et al., 2006). Des pontes sont également observées à Juan de Nova (Lauret-stepler et al., 2010), mais aussi dans l’archipel des Seychelles (<200 nids par an ; Mortimer, 1984 ; Bird Island Lodge and North Island Seychelles données non publiées), dans les Amirantes (avec moins de 750 fe melles par an ; Mortimer et al., 2011b ; J.A. Mortimer and Island Conservation Society, données non publiées), Farquhar (avec moins de 500 femelles par an ; Morti mer, 1984) ou encore Cosmoledo. Enfin, des sites de ponte réguliers sont répartis de manière hétérogène le long de la côte est africaine et malgache (Carte 9 p. 42 ; Madagascar : Rakotonirina, 2012 ; Mozambique : Videira et al., 2011 ; Costa et al., 2007 ; Tanzanie : Howell and Mbindo, 1996, Muir, 2005 ; Kenya : Frazier, 1975 ; Okemwa et al., 2004). Données populationnelles et génétiques Une étude génétique a mis en évidence que les tortues vertes dans cette région se structurent en 3 sous-popu lations : une très proche du stock Atlantique dans le sud du canal du Mozambique, une dans le nord du canal, et une centrée au niveau des Seychelles (Bourjea et al., 2007b ; Bourjea et al., in prep). Les tortues vertes nidifiant dans le secteur nord du ca nal du Mozambique (incluant l’archipel des Comores) semblent appartenir à un même ensemble génétique ment différencié des autres populations (Bourjea et al., 2007b). Le nombre et la caractéristique des haplotypes mis en évidence chez des femelles nidifiant à Mayotte confirment le statut particulier du canal du Mozambique comme zone de contact entre les deux métapopula tions de l’Atlantique et de l’Indo-Pacifique, participant au brassage génétique de l’espèce. Si les tortues vertes de Mayotte appartiennent majoritairement au stock In do-Pacifique (>98%), leur variabilité génétique est im portante et révèle l’existence d’haplotypes appartenant à la population Atlantique (Bourjea & Ciccione, 2004). L’île de Mayotte abrite donc une part importante de la variabilité génétique de la zone sud-ouest de l’océan Indien (se référer à la Carte 10 p. 43). De même, les Îles Éparses constituent de véritables ré servoirs de la diversité génétique des océans Atlantique et Indien et plus précisément des stocks génétiques nord du canal du Mozambique (NCM), sud du canal du Mozambique (SCM) et du plateau seychellois (SEY) (Bourjea et al., 2007b, in Bourjea et al., 2011). Déplacements et aires de migration Concernant les migrations, les premières analyses des trajets post-pontes des tortues vertes (Chelonia mydas), effectuées par l’Ifremer (Le Goff et al., 2012), montrent que 9 pays (et ZEE) du sud-ouest de l’océan Indien sont concernées par le passage migratoire des tortues vertes regagnant leurs sites d’alimentation depuis leurs plages Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de ponte (Carte 11 p. 43). Ces sites d’alimentation sont répartis sur les littoraux de 6 pays, avec pour prin cipaux sites la côte est-africaine (du nord du Mozam bique au sud du Kenya) et le nord de Madagascar (Le Goff et al., 2012). En se référant aux données cartographiques ci-dessus, différents trajets migratoires sont mis en évidence : les tortues vertes pondant aux Glorieuses se dirigent majo ritairement vers les côtes tanzaniennes ou kenyanes et mêmes somaliennes, alors que les tortues pondant à Europa rayonnent autour de l’île pour aller se nourrir sur les côtes malgaches (SO et O) et mozambicaines. Les tortues de Tromelin se dirigent essentiellement vers les côtes malgaches (NO, NE et E) sans pour autant s’y cantonner. À Mayotte, le suivi satellitaire (par balises Argos) de femelles lors des migrations post-reproduction révèle des trajectoires en direction de la côte est-africaine et de la côte ouest-malgache (Girard et al., 2004 ; Girard, 2005 ; Dalleau en prép.). Le calcul de la densité d’utilisation de l’espace au niveau régional lors des phases de migration, pondéré par le nombre de femelles en ponte et par la saisonnalité de la reproduction, a fait apparaître l’existence de deux types de couloirs migratoires : un type océanique et un type côtier (voir la Carte 12 p. 44, Dalleau 2013). Les couloirs migratoires océaniques sont larges (entre 300 et 500 km de largeur) et la densité d’utilisation est gé néralement faible. Au contraire, les couloirs migratoires côtiers estimés sont étroits (largeur inférieure à 50 km de largeur) et la densité d’utilisation est généralement forte. Au niveau régional, quatre zones remarquables pour la migration ont été identifiées : deux zones côtières et deux zones océaniques. Les zones régionales côtières qui présentent la plus forte densité d’utilisation lors de la migration sont : • La côte est-africaine, entre les latitudes 16°S (Mozam bique) et 7°S (Tanzanie) ; • L’ensemble de la côte ouest de Madagascar, dans une moindre mesure. L’extrême nord-est de la côte malgache est également une zone côtière importante pour la migration ; Carte 9 : a) Sites de ponte et abondance de femelles estimée des tortues vertes, Chelonia mydas dans le sud-ouest de l’océan Indien ; b) Estimation du nombre annuel de femelles de tortues vertes nidifiant dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 43 • Les zones régionales océaniques les plus fréquentées lors de la migration sont situées : − dans la partie septentrionale du canal du Mozam bique (entre 11°S et 14°S), mais il faut noter que les niveaux de densité d’utilisation sont également im portants entre la pointe nord de Madagascar et Tro melin (entre 15°S et 16°S) du fait du nombre impor tant d’individus migrant vers l’ouest depuis Tromelin ; − dans la partie australe du Canal du Mozambique (entre 17°S et 23°S), plus particulièrement entre le Nord du Mozambique et Europa (entre 38°E et 41°E). Les forts niveaux de densité d’utilisation de cette zone du Canal du Mozambique sont essentiel lement liés à un nombre important de femelles se reproduisant annuellement à Europa. En revanche, au centre du Canal du Mozambique autour de Juan de Nova (17°03’S ; 42°45’E) ainsi qu’autour de l’archipel des Mascareignes (20°S ; 55°E), les niveaux de densité d’utilisation sont quasi nuls. Ces différents résultats mettent également en évi dence la diversité des sites d’alimentation et soulignent l’importance de mettre en œuvre une gestion et une conservation régionale, en concertation avec l’ensemble des pays concernés. I.2.3.2.2. La tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata Parmi les tortues marines, la tortue imbriquée est l’es pèce dont l’aire de répartition est la plus centrée sur l’équateur (cf. Carte 5 p. 37). Elle se reproduit en sai son chaude sur les plages continentales isolées et les îles. Elle utilise différents habitats aux différents stades de son cycle biologique. Après un stade pélagique suivant l’émergence, les juvéniles, d’une taille comprise entre 20 et 25 cm, rejoignent les récifs coralliens qui consti tuent leurs habitats de croissance et d’alimentation. Carte 10 : Répartition géographique des fréquences des haplotypes de la tortue verte Chelonia mydas sur les sites de reproduction du sud-ouest de l’océan Indien (Bourjea et al., 2007b) (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Carte 11 : Trajets migratoires (enregistrements Argos) de tortues vertes, Chelonia mydas en post-ponte dans le SOOI depuis les plages des principaux sites de reproduction de la région. Données des programmes DYMITILE (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS SEAMAP). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie L’alimentation Cette espèce est généralement décrite comme omni vore sur la majorité de sa zone de distribution (Witzell, 1980), et se nourrit d’ascidies, d’éponges, de crustacés, de mollusques, d’oursins, de poissons, d’échinodermes et d’algues marines (Björndal, 1997 ; Mortimer & Don nelly, 2008). Les éponges semblent constituer la plus grande partie de son bol alimentaire (Meylan, 1984 ; Anderes Alvarez & Uchida, 1994). Les tortues juvéniles passent leurs premières années à la surface des océans (Meylan & Donnelly, 1999). Une fois arrivées sur les habitats benthiques, elles passent par une phase omnivore avant de se spécialiser sur les éponges (Meylan, 1984 ; Björndal, 1985 ; Anderes Alva rez & Uchida, 1994). Les adultes vivent dans les eaux peu profondes des récifs coralliens (1 à 30 m) pour se nourrir d’éponges, coraux, oursins et crustacés (Mortimer & Donnelly, 2008). Adultes et juvéniles benthiques sont étroitement associés aux récifs coralliens ou ils se nourrissent sur les pentes externes des récifs, mais peuvent s’alimenter également sur les substrats durs des zones tropicales et subtropicales (Meylan & Donnelly, 1999). Sites de développement ou d’alimentation Durant la phase d’alimentation et de développement, très peu d’informations sur l’abondance de cette espèce sont disponibles dans le sud-ouest de l’océan Indien. Cependant, il existe de nombreux habitats favorables à cette espèce sur les tombants coralliens jusqu’en Afrique du Sud, où on observe des tortues imbriquées sans que l’importance des populations soit connue (e.g. Petersen et al., 2009). La reproduction Les tortues imbriquées ont un cycle biologique très si milaire à celui des tortues vertes, mais la saisonnalité des pontes est généralement centrée sur les périodes les plus chaudes (Bourjea et al., 2006 ; Lauret-setpeler et al., 2010 ; Mortimer et al., 2011b). Les sites de reproduction Dans le sud-ouest de l’océan Indien, les sites de repro duction se trouvent principalement dans l’archipel des Seychelles au niveau du groupe des îles Granitiques et des Amirantes (Mortimer, 1984 ; Mortimer & Donnelly, 2008 ; Allen et al., 2010, par Mortimer et al., 2011). Cet archipel constitue l’un des sites les plus importants pour la reproduction de l’espèce, étant l’un des 5 pays au monde accueillant plus de 1000 femelles reproductrices par an (Meylan et Donnelly, 1999). Les sites importants pour la reproduction ont été recensés dans le Nord, au niveau des îles isolées les moins anthropisées de la ré gion (cf. Carte 13 p. 45) : • Cousin et Cousine (Seychelles, Groupe des îles Grani tiques) : 200-250 individus, avec une population crois sante (Allen et al., 2010). • D’Arros (groupe des Amirantes) : 60-75 femelles par an, avec une population croissante (Mortimer et al., 2011). • Silhouette (Seychelles, Groupe des îles Granitiques) : < 50 individus par an, pas de tendance connue (McCann, 2010). • Iranja (Nord-Ouest Madagascar) : < 20 par an, pas de tendance connue (Bourjea et al., 2006). • Mayotte : < 100 femelles par an, pas de tendance connue (Quillard, 2011). • Juan De Nova (Îles Éparses) : 10-30 femelles estimées par an, en croissance (Lauret-Stepler et al., 2010), site connu le plus méridional la région. D’autres sites de ponte réguliers sont connus à Mada Carte 12 : Couloirs de migration et densité d’utilisation de l’espace par les tortues vertes femelles en migration post-reproductive (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 45 gascar (Sondrona, 2001/Rakotonirina, 2012) ou sur le îles Barrens (Rakotonirina, 2008) ainsi qu’au nord de la côte est-africaine (Tanzanie : Muir, 2005 ; Kenya : Frazier, 1975 ; Okemwa et al., 2003), avec cependant un faible nombre de femelles reproductrices. Données populationnelles et génétiques Aucune étude génétique sur les tortues imbriquées n’a été publiée à ce jour, hormis sur les femelles se repro duisant aux Seychelles (Mortimer & Broderick, 1999). Il est toutefois possible qu’un transfert de gènes s’opère à partir des sites préservés des Seychelles et du nord de Madagascar (Iranja, Nosy Hara) (comm. pers. Stéphane Ciccione, Kélonia). En tout état de cause, il serait perti nent de mettre en place un programme scientifique à ce sujet (comm. pers. Stéphane Ciccione, Kélonia). Déplacements et aires de migration Les tortues imbriquées migrent entre les sites de nidifi cation et d’alimentation, mais le faible nombre d’études de marquage/relecture (Mortimer, 2000) et de suivis par satellite dans cette région n’a pas permis de révéler précisément leurs routes migratoires et la localisation des habitats d’alimentation en fonction de l’origine des sites de ponte. I.2.3.2.3. La tortue caouanne, Caretta caretta Les tortues caouanne sont présentes dans toutes les zones tempérées, subtropicales et tropicales des mers et océans du monde (Marquez, 1990) (cf. Carte 5 p. 37). Elles occupent une large gamme d’habitats subtidaux, que ce soit des récifs coralliens et rocheux, des herbiers et algueraies, des pentes douces à fond sableux ou boueux (estuaires). L’alimentation et le développement Cette espèce s’alimente plutôt au large, contrairement aux tortues vertes et imbriquées inféodées aux milieux à forte luminosité plutôt côtiers. Elle est principalement carnivore, se nourrissant de crustacés, cnidaires, cala mars, méduses. Les aires d’alimentation des femelles en ponte ont été identifiées par recapture d’individus marqués en Afrique du Sud. Elles sont principalement situées le long des côtes de l’Afrique de l’Est, au Mozambique et Tanzanie (Zanzibar), indiquant de manière générale une migration côtière en direction du nord (Hughes, 1989). Les données de suivi par satellite sont en accord avec cette conclusion et confirment que, la plupart des aires d’alimentation se répartissent le long de la côte du Mozambique (Papi et al., 1997, Ronel Nel comm. Pers). Cependant, certains individus dont l’origine reste encore méconnue ont été observés se nourrissant dans le nord ouest de Madagascar (données projet SWIOFP : www. swiofp.net) et à Mayotte (données du réseau d’obser vateurs Les Yeux du Lagon). Les subadultes semblent quant à eux poursuivre une vie pélagique dans le sud-ouest de l’océan Indien. Une récente étude sur la dynamique spatiale de ces stades a montré la présence d’individus en transit principale ment vers l’hémisphère nord, mais également vers les zones de convergence (gyres) en dessous de 30° Sud ou au niveau des hauts fonds et îles océaniques comme Saint-Brandon (cf. annexe 3 : carte de la dynamique spatiale par suivi Argos de tortues caouanne balisées à La Réunion, Dalleau et al., in Prep). Bien que l’espèce soit observée dans cette région de l’océan Indien, aucune donnée ne permet actuellement d’évaluer son abondance sur les habitats d’alimentation côtiers ou pélagiques. Carte 13 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues imbriquées Eretmochelys imbricata, dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/ OBIS-SEAMAP). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie La reproduction La tortue caouanne atteint la maturité sexuelle entre 12 et 30 ans (Frazer & Ehrhart, 1985) et les femelles pondent tous les 2 à 3 ans (Miller, 1997), et sont très fidèles à leur plage de nidification (Limpus, 1985). Les sites de reproduction Peu de données sont disponibles pour cette espèce dans la zone du sud-ouest de l’océan Indien. Les prin cipaux sites de pontes de la région se trouvent dans la partie sud-tropicale du SOOI, en Afrique du Sud où l’espèce est étudiée depuis les années 1960 et au sud du Mozambique où les populations nidifiantes sont éga lement relativement bien suivies depuis des dizaines d’années (Hughes 1971, 1974, 1993, 1996 ; Videira et al., 2008 ; Videira et al., 2010). En Afrique du Sud les pontes s’observent essentiellement sur la côte du Ma putaland (zone de l’aire marine protégée du parc de Isimangaliso Wetland Park) et l’étude des populations nidifiantes a permis d’obtenir une très bonne estimation des paramètres reproductifs sur les plages du Kwazulu Natal (Nel et al., in press). Cette espèce pond égale ment dans le sud de Madagascar, mais peu de données sont actuellement disponibles (Rakotonirina, 2012). Les abondances estimées de femelles sur les sites suivis sont les suivantes (cf. Carte 14 p. 46) : La réserve marine de Maputaland et St-Lucia (Kwazulu Natal, Afrique du Sud) avec moins de 1000 individus, une population en croissance depuis 40 ans (Hughes 2010, Nel et al., 2013) ; Ponta de Ouro à Dobela (Sud du Mozambique), entre 150 et 200 femelles en 2010, pas de tendance connue (Videira et al., 2011) ; • Fort Dauphin (Sud de Madagascar), avec moins de 100 femelles par an, pas de tendance connue (Rako tonirina & Cooke, 1994 ; Rakotonirina, 2012). Données populationnelles et génétiques Aucune étude génétique n’est actuellement disponible pour la région SOOI. Déplacement et aire de migration La migration de cette espèce est peu connue dans cette région. Aucune étude n’a encore été réalisée dans le SOOI sur ce sujet. I.2.3.2.4. La tortue olivâtre, Lepidochelys olivacea La tortue olivâtre est présente dans toute la zone inter tropicale de l’Indo-Pacifique et de l’Atlantique (cf. Carte 15 p. 47). Cette espèce, considérée comme néritique, voyage et se repose dans les eaux de surface et migre généralement le long des plateaux continentaux entre les sites de nidification et d’alimentation (Marquez, 1990). Bien que cette espèce soit largement répandue dans la région, elle reste relativement rare et très peu d’informa tion sont disponibles concernant son comportement et ses traits de vie dans la zone du sud-ouest de l’océan Indien. Elle est capturée occasionnellement dans différentes pê cheries de la région (palangriers réunionnais, thoniers sen neurs océaniques, pêche artisanale malgache). L’alimentation et le développement Cette espèce est omnivore et se nourrit notamment de crabes, méduses, algues ou encore de poissons. Bien qu’elle soit présente dans l’ensemble du sud-ouest de l’océan Indien, aucune donnée n’est actuellement disponible pour évaluer l’abondance des tortues oli vâtres sur les aires d’alimentation et de développement (côtier ou hauturier). Carte 14 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues caouanne, Caretta caretta dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 47 La reproduction Les plus gros sites de ponte de la tortue olivâtre ac cueillent jusqu’à plusieurs centaines de milliers de femelles en l’espace de quelques jours sur une même plage, correspondant au phénomène d’arribadas (ex. : Costa Rica et de l’Inde). Les principaux sites de nidifica tion connus dans l’océan Indien sont en Inde (Shaker et al., 2003). Les sites de reproduction Pour cette espèce, quelques individus ont été obser vés lors de pontes dans le sud-ouest de l’océan Indien (Frazier, 1975 ; Okemwa, 2003). Ces cas restent anecdo tiques, aucun site de ponte régulier n’a été recensé pour cette espèce dans la région (cf. Carte 15 p. 47). Les quelques rares cas de ponte de tortues olivâtres qui ont été répertoriés depuis ces 40 dernières années se trouvent sur la côte Est africaine, l’Afrique du Sud et à Madagascar (cf. Carte 15 ; Frazier, 1975 ; Kenya : Okem wa et al., 2004 ; Okemwa, 2003 ; Seychelles : Remie & Mortimer, 2007 ; Madagascar : Rakotonirina, 2012). En raison de l’absence desite de ponte régulier et d’obser vation en mer, il existe actuellement peu d’information sur le comportement migratoire, et sur l’aire d’alimen tation de l’espèce dans le sud-ouest de l’océan Indien. Données populationnelless et aire de migration Ces paramètres ne sont pas connus pour cette espèce dans cette région. Aucune étude n’a encore été réalisée dans le SOOI sur ce sujet. I.2.3.2.5. La tortue luth, Dermochelys coriacea Les tortues luth sont présentes dans toutes les zones tropicales et tempérées jusqu’à des latitudes élevées (cf. Carte 5 p. 37). C’est la plus pélagique des tortues marines qui ne se rapproche des côtes que lors des périodes de reproduction. Dans le sud-ouest de l’océan Indien, la tortue luth se trouve potentiellement partout dans la région, même si elle semble être peu abon dante. L’alimentation et le développement Elles s’alimentent de proies gélatineuses comme les méduses ou les tuniciers qu’elles trouvent en pleine mer grâce à leurs importantes capacités de nage et d’apnée (Marquez, 1990). Cette espèce est la seule tortue ma rine dont l’alimentation est uniquement pélagique. La tortue luth est en grande majorité pélagique, ses aires d’alimentation sont généralement en pleine mer. Elle se déplace sur de vastes zones océaniques à la re cherche de nourriture, en réalisant des parcours géné ralement complexes (Luschi et al., 2003). Une étude récente montre que sa zone d’alimentation intègre l’Afrique australe et le canal du Mozambique (centre est), du fait de ses caractéristiques environnementales spécifiques, représentant ainsi une zone importante pour l’alimentation de la tortue luth dans la région (Van Canneyt et al., 2010). Même si on retrouve cette espèce un peu partout dans la région, aucune donnée n’est actuellement disponible pour évaluer l’abondance de l’espèce en phase de déve loppement ou d’alimentation. La reproduction La tortue luth semble être l’espèce qui atteint le plus ra pidement la maturité sexuelle, surement autour d’une dizaine d’années, mais une autre étude démontre que l’âge minimum possible pourrait être de 5 ans (Rivalan, 2000). Elle nidifie sur de grandes plages pourvues d’une grosse épaisseur de sable. Carte 15 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues olivâtres, Lepidochelys olivacea dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Les sites de reproduction Les sites de ponte de cette espèce se rencontrent essen tiellement en Afrique du Sud (côte du Maputaland, zone de l’aire marine protégée du parc de Isimangaliso Wet land Park) et au sud du Mozambique où les populations sont relativement bien suivies depuis des dizaines d’an nées (Hughes, 1971, 1974, 1993, 1996 ; Videira et al., 2008 ; Videira et al., 2010) (cf. Carte 16 p. 48). Des observations de tortues luth en ponte ont été signa lées dans le sud de Madagascar, mais ces observations restent extrêmement rares (Rakotonirina, 2012) : • Réserve marine de Maputaland et St Lucia (Kwazulu Natal, Afrique du Sud) avec moins de 100 individus, population décroissante à stable depuis 40 ans (Nel et al., 2013) ; Ponta de Ouro à Dobela (Sud Mozambique), entre 10 et 20 femelles en 2010, pas de tendance connue (Videira et al., 2011). Aires de migration Dans le sud-ouest de l’océan Indien, cette espèce n’ef fectue pas vraiment de migration entre les sites de ponte et ses aires d’alimentation. Grâce à d’importantes campagnes de suivi par satellite, les études révèlent que son parcours post-reproduction est associé à un sé jour prolongé dans les grandes étendues océaniques de la zone septentrionale du continent africain (du Mozam bique à la Namibie ; Luschi et al., 2006), propice à son alimentation (macro-plancton et méduses). I.2.3.3. Synthèse régionale : tendance des populations En se référant aux différentes études et données dispo nibles, il est possible de définir des tendances concer nant les différentes espèces de tortues marines consi dérées en fonction des unités de gestion, à l’échelle mondiale voire régionale. Cette tendance se traduit se lon 4 niveaux : inconnue, stable, croissante ou décrois sante. Ces tendances sont ainsi différentes suivant les espèces considérées dans le sud-ouest de l’océan Indien : • Tortue verte : croissante ; • Tortue imbriquée : stable ; • Tortue caouanne : croissante ; • Tortue luth : stable ; • Tortue olivâtre : décroissante. La Carte 17 p. 49 présente cette synthèse. I.2.4. Échelle locale En considérant les 3 zones d’études locales, il ressort aussi des variations d’abondance et de distribution des populations fréquentant les territoires français du sud ouest de l’océan Indien. Ainsi, la tortue verte présente des populations plus importantes à Mayotte ou aux Îles Éparses qu’à La Réunion. Il apparaît également des niveaux de connaissance différents suivant les espèces et territoires considérés. En fonction des programmes de recherche, les connais sances portent principalement sur les tortues vertes et imbriquées, car ces espèces sont d’avantage inféo dées au littoral durant certaines phases de leur cycle biologique (alimentation/reproduction). Les espèces plus pélagiques, comme la tortue luth, sont moins bien connues. I.2.4.1. Mayotte La tortue verte, Chelonia mydas L’alimentation Déjà signalée au XIXe siècle, Frazier évoque la présence en 1975 d’une population de tortues vertes immatures Carte 16 : Sites de ponte et abondance estimée des tortues luth, Dermochelys coriacea dans le sud-ouest de l’océan Indien (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 49 en phase de développement dans le lagon de Mayotte. Depuis 1994, des tortues vertes juvéniles et adultes sont observées toute l’année sur de nombreux herbiers marins, tels que celui de la baie de N’Gouja au sud de la Grande Terre ou dans le prolongement de la piste de l’aéroport sur Petite Terre (plages de Moya, Papani) (voir Figure 5 p. 50). Les herbiers marins se répartissent de manière homo gène autour de l’île et sont pour la plupart peu denses et plurispécifiques (Loricourt, 2005). Ils se composent de communautés de phanérogames unies par des rela tions spatiales, basées sur le gradient de profondeur, et des relations temporelles, basées sur les capacités de colonisation spécifique (Ballorain et al., 2010). Les herbiers peu profonds (< 5 m) couvrent une superficie approximative de 760 hectares (Loricourt, 2005), et offrent une diversité spécifique d’importance mondiale (Ballorain et al., 2012). À l’exception des formations monospécifiques (T. ciliatum), l’ensemble des herbiers marins (plurispécifiques) et quelques algueraies (e.g. Gracilaria salicornia, Acanthophora spicifera, Sargas sum sp, Hypnea sp) sont exploités par des populations mixtes de tortues vertes en phase d’alimentation ou de développement, comptant des juvéniles et des adultes mâles et femelles (Ciccione & Rolland, 2005 ; Ballorain, 2010). À l’échelle des herbiers, les individus font preuve d’une sélection alimentaire adaptée à leurs besoins et contraintes physiologiques : les juvéniles tendent à sé lectionner soit les espèces végétales les plus digestes en bordure de plage, soit à l’image des adultes, les communautés de phanérogames plus denses et plus riches en biomasse (Ballorain et al., 2010). Le suivi individuel des tortues vertes en phase d’alimen tation révèle une haute fidélité de l’espèce à un herbier marin sur un cycle pluriannuel et un fort attachement spatial à ce secteur (Taquet et al., 2006 ; Ballorain, 2010). L’espèce se nourrit essentiellement de jour et se repose la nuit sur les récifs coralliens adjacents aux habitats nourriciers. Au cours d’un cycle de 24h sa phase d’alimentation, d’une moyenne de 11h, est fortement influencée par le marnage semi-diurne qui rythme l’ac cès aux herbiers (Ballorain et al., 2013) : la consomma tion quotidienne des tortues vertes en herbes marines fraîches est estimée à près de 0,1 kg pour les juvéniles Carte 17 : Tendance actuelle de l’état des populations des cinq espèces de tortues présentes dans le sud-ouest de l’océan Indien (Wallace et al., 2010 et 2011) (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et subadultes et 3 kg pour les adultes (Ballorain, 2010). Par sa pression d’herbivorie, la tortue verte possède un rôle fonctionnel reconnu dans la structure des commu nautés benthiques : une pression équilibrée favorisera le maintien de la biodiversité des herbiers marins pluris pécifiques par la diminution des capacités compétitives des espèces consommées (Ballorain et al., soumis). En ralentissant le parcours de colonisation de l’herbier par les phanérogames, les tortues vertes affectent la dyna mique de la biodiversité associée et participent au bon fonctionnement de l’écosystème. À ce jour, très peu d’informations sont disponibles sur le comportement migratoire des tortues vertes en phase d’alimentation à Mayotte. Seul un exemple est connu, celui d’une femelle baguée en phase de ponte sur la plage d’Itsamia à Mohéli (Comores) et suivie sur plusieurs années en phase d’alimentation dans le lagon de Mayotte (Ballorain, 2010). De même, au moins un cas de sédentarité est également recensé chez une femelle observée, sur plusieurs années, successivement en phase de reproduction et d’alimentation autour du littoral mahorais. Sites de développement ou d’alimentation L’étendue des espaces naturels occupés par les tortues vertes et la difficulté d’accès à certaines zones néces sitent la mise en œuvre de moyens d’observations à plus large échelle. Dans ce contexte, l’intérêt des obser vations aériennes est démontré (Roos et al., 2005). En septembre 2002, un premier recensement en ULM des tortues marines révèle une forte abondance d’individus sur les herbiers du récif frangeant de la Grande Terre (Cic cione et al., 2002) : le secteur Ouest de la Grande-Terre offre 35 % des zones totales d’herbiers (Loricourt, 2005) et correspond aux zones de plus grandes concentrations en tortues vertes (cf. Carte 18 p. 51). Depuis 2008, le recensement aérien de l’ensemble des tortues marines présentes sur les herbiers marins des récifs frangeants de Grande Terre, Petite Terre et l’Ilot M’tsamboro et des récifs barrières du complexe de la Passe en S et de la moitié Sud du Grand Récif Nord-Est, permet d’estimer la population du lagon de Mayotte à près de 2 000 individus (Ballorain et al., données non publiées). Ces données importantes, permettent de statuer Mayotte comme l’un des hot spots d’alimentation de la tortue verte dans la région. Par leur vitesse de déplacement beaucoup plus lente, le paramoteur ou l’autogyre sont utilisés pour réaliser des comptages exhaustifs sur les herbiers lorsque les conditions météorologiques sont favorables, la densité de certains herbiers en tortues vertes peut atteindre 20.10-4 ind.m-2. En 2012, le drone apparaît également comme une nouvelle méthode particulièrement appro priée aux recensements aériens des tortues marines présentes dans le lagon de Mayotte (Ballorain et al., 2013, Wagner et al., 2013). En 2005, bien que la photo-interprétation de l’imagerie aérienne ait permis d’estimer la superficie des herbiers marins à 760 hectares (incertitude de 19 % ; Loricourt, 2005), des relevés de terrain attestent la présence d’herbiers (et de tortues vertes) dans de nombreux autres secteurs du récif frangeant, non détectés par photo-interprétation. Figure 5 : Tortue verte en alimentation à Mayotte. © K. Ballorain Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 51 La reproduction Depuis une vingtaine d’années, plusieurs études ont montré l’importance des plages de Mayotte comme sites de ponte pour la tortue verte (Frazier, 1985 ; Fre tey, 1994 ; Bourjea et al., 2007a ; Quillard, 2012 ; Dal leau et al., 2012). L’espèce s’y reproduit toute l’année. Le pic de ponte s‘étend de mars à octobre et culmine en juin (Bourjea et al., 2007a, Dalleau et al., 2012). Les femelles nidifient sur des plages aux colorations variées (du sable corallien clair au sable basaltique noir), dont la végétation de haut de plage est géné ralement constituée d’une formation supralittorale de haut d’estran à Ipomoea pes-caprae sub-sp. brasiliensis et Sporobolus virginicus et d’un cordon arbustif littoral à Hibiscus tiliaceus, Cordia subcordata, et Thespesia populnea (Boullet, 2005). En assurant le maintien du sable et en régulant l’échauffement lié au soleil, ces formations végétales jouent un rôle important dans le succès d’éclosion des nids. Sur les plages dont le sable est sombre, les femelles nidifient sous la végétation, où la température est plus favorable au succès reproduc teur (Ciccione et al., 2004). Depuis 1994, près de 22 000 pontes ont été compta bilisées et près de 15 000 femelles ont été identifiées sur les plages de l’île par marquage à l’aide de bagues Monel (longueur courbe moyenne de la carapace de 107 cm - Quillard, en prep.). L’estimation des paramètres biologiques des femelles reproductrices repose sur le suivi quasi quotidien d’indi vidus marqués de 1998 à 2005 sur un des principaux sites de ponte (Saziley). Ils sont similaires à ceux me surés sur d’autres îles du sud-ouestde l’océan Indien (Frappier, 2006), à savoir une moyenne de 3 pontes par femelle au cours d’une même saison, un taux moyen du succès de ponte par individu de 0,77, un écart inter ponte moyen de 12 à 14 jours et un écart intersaison moyen de 3 ans (Bourjea et al., 2007a). L’étude des conditions d’incubation des nids révèle un succès repro Carte 18 : Distribution des tortues marines et de leurs habitats d’alimentation dans le lagon de Mayotte. a) Herbiers survolés en ULM et sélectionnés sur la présence de tortues vertes et l’uniformité du substrat facilitant l’observation (Ciccione et al., 2003) ; b) Données issues de recensements ULM de tortues vertes (sur les récifs frangeants de Grande Terre, Petite Terre et l’Ilot M’tsamboro et des récifs barrières du complexe de la Passe en S et de la moitié Sud du Grand Récif Nord-Est) et d’observations opportunistes des autres espèces dont l’effort d’observation est lié à l’usage du lagon et aux secteurs de pêche. (CARA, Conseil Général de Mayotte, Les Yeux du Lagon). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ducteur plus faible en saison humide, et plus important en saison sèche, notamment sur sable clair (Ciccione et al., 2004). La fidélité au site de ponte est discutable à Mayotte puisque plus de 35 % des tortues marquées sur les plages de Saziley et Moya n’ont jamais été recaptu rées. Cela implique un probable changement de plage de ponte (Frappier 2006), ou un effort d’observation insuffisant ne permettant pas un suivi exhaustif des femelles nidifiantes. Cette alternance de plages peut se produire au cours d’une même saison de ponte sur différentes plages de l’île, ou entre différentes saisons (entre les Seychelles et les Comores ; Quillard, en prep.). Par ailleurs, le déploiement de balises Argos sur des femelles au cours de leur saison de nidification montre que celles-ci peuvent momentanément quitter le lagon de Mayotte entre deux pontes successives (Roos et al. 1998, Dalleau en prép.). Sites de reproduction Le comptage de traces de montée à terre des tortues femelles est un indice d’abondance couramment uti lisé pour l’estimation des populations de femelles nidi fiantes. De premiers recensements ponctuels débutent à Mayotte en 1975 (Frazier, 1975). De 1993 à 1997, les comptages de traces sur divers sites de ponte sont réa lisés occasionnellement, puis quotidiennement à partir de 1998 (Grande Saziley et Moya 1 & 2). Dès 2003, les recensements aériens en ULM permettent d’augmenter les capacités d’échantillonnage à l’ensemble des plages de l’île et révèlent une distribution relativement stable des sites de pontes jusqu’en 2008 (cf. Carte 19). Parmi les 200 plages recensées à Mayotte, 135 ont été fré quentées par les tortues vertes depuis 2003 (Ciccione et al., 2004 ; Quillard & Ciccione, 2005 ; Quillard, 2012 ; cf. Carte 19) : près d’un quart des traces comptabilisées sont observées sur les trois plages quotidiennement surveillées par les agents du Conseil Général : Grande Saziley, Moya 1 & 2 (cf. Carte 20 p. 54). Ces résultats confirment que : • Les plages surveillées (Direction de l’Environnement et du Développement Durable/Conseil Général de Mayotte) figurent parmi les sites majeurs de ponte de la tortue verte ; • Les mesures de conservation engagées ont un effet positif sur la fréquentation des plages par les tortues marines. Toutefois, l’évolution du nombre de plages fréquentées sur l’île et du nombre moyen de traces comptabilisées doit être interprétée avec précaution. La reproduction des tortues marines étant caractérisée par des variations intra-annuelles (pic de ponte en juin) et interannuelles (succession d’années à forte et à faible fréquentation ; Figure 6), seul un protocole de recensement standar disé sur le long terme pourra révéler l’évolution de la distribution spatio-temporelle des plages de ponte de l’île (NB : à l’échelle d’une seule génération, les maho rais auraient constaté la disparition des tortues sur des plages réputées fréquentées depuis toujours : Mtzam boro, Sada, Badamiers, Sohoa, Nyambadao, Sakouli, Musicale plage, Dzona plage). Entre 1998 et 2005, l’état de la population reproduc trice est qualifié de stable et sa taille estimée à plus de 3 000 femelles/an, dont ~1 500 femelles/an sur 6 plages du site de Saziley (Maoussi à Majicavo 1 ; Bour jea et al., 2007a, figure 6). La tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata L’alimentation Des tortues imbriquées juvéniles et adultes, mâles et femelles, sont observées toute l’année dans les eaux de Mayotte (40 à 79 cm de longueur courbe de carapace). Leurs habitats nourriciers préférentiels sont les récifs co ralliens (barrières, internes et frangeants), et dans une moindre mesure, les herbiers marins et les mangroves. Leur régime alimentaire semble essentiellement com posé d’algues (e.g. Gracilaria salicornia, Acanthophora spicifera, Hypnea sp., Dyctiota sp.), d’éponges, de cala mars et de coraux. Figure 6 : Série temporelle d’abondance de pontes de tortues vertes recensées sur la plage de Grande Saziley à Mayotte de 1998 à 2005 (Bourjea et al., 2007a) (trait plein : abondance de pontes ; trait discontinu central : tendance de l’abondance des pontes ; traits discontinus supérieur et inférieur : région de confiance bayésienne de niveau 95 %) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 53 Sites de développement ou d’alimentation La présence de tortues imbriquées, adultes et imma tures, dans les eaux du lagon est rapportée depuis une vingtaine d’années (Frazier, 1985). Depuis 2003, l’espèce est décrite en phase d’alimentation (Ballorain, 2003 ; Ciccione et al., 2003 ; Ciccione, 2004 ; Ciccione & Rolland, 2005 ; Quillard & Ciccione, 2007) : chaque an née, des adultes mâles et femelles et des juvéniles sont régulièrement observés sur les récifs barrières, internes et frangeants de l’île et des îlots (dont les îlots Gom bé N’droumé, Handréma, M’tsomgoma, M’tsamboro, M’Bouzi, Bamabo ouest, Chissoua M’titi) et les herbiers marins. Depuis 2003, près de 70 individus juvéniles, mâles et femelles, ont été identifiés dans le lagon par bague Monel ou photo identification, toutefois, aucun recen sement des tortues imbriquées en phase d’alimentation n’a encore été réalisé à l’échelle de l’île. La reproduction L’espèce est observée en phase de nidification sur des plages aux colorations variées (du sable corallien clair au sable basaltique noir), entre fin août et mai, de jour ou de nuit (Quillard, en prep.). Depuis 1994, une centaine de tortues imbriquées a été identifiée sur les plages de l’île par marquage (à l’aide de bagues Monel), ce qui ne permet pas d’évaluer le nombre d’individus fréquentant les eaux et plages mahoraises. Compte tenu du faible échantillon d’indi vidus capturés (1 % des tortues marines marquées), les paramètres biologiques de la population ne sont pas estimés. Sites de reproduction Des pontes de tortues imbriquées sont recensées depuis 1980 sur les plages de Mayotte, dont 63 sont réperto riées comme site de ponte depuis 1994 (Frazier 1980, Fretey 1997, Quillard & Ciccione 2007, Quillard en prep.) (cf. Carte 20). Toutefois, bien que certains sites soient connus, l’inventaire complet n’est pas encore réalisé. La collecte des données est également trop irrégulière pour dresser la tendance de la fréquentation des sites Carte 19 : fréquentation des plages de Mayotte par les tortues marines, de 2003 à 2008. Estimations établies à partir de recensements aériens (ULM) des traces de tortues marines sur les plages, pour lesquelles le nombre de survols par année est variable ; le nombre de survols de chaque plage étant dépendant des conditions météorologiques. (D’après les données de Kélonia, Conseil Général de Mayotte). Notons que l’exposition au soleil des plages de Petite-Terre lors des survols ULM affecte le comptage et conduit à une sous-estimation du nombre de traces de tortues marines. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Carte 20 : Sites de ponte des tortues vertes (C. mydas) et imbriquées (E. imbricata) identifiés comme prioritaires pour la conservation des deux espèces de tortues marines nidifiant à Mayotte (Compilation des données : Fretey 1997, Ciccione et al. 2003, Quillard & Ciccione 2005, Quillard & Ciccione 2007, PAGE 2012, Quillard en prep.). Notons que l’exposition au soleil des plages de Petite-Terre lors des survols ULM affecte le comptage et conduit à une sous-estimation du nombre de traces de tortues marines. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 55 connus par l’espèce, du fait de l’irrégularité des mon tées des tortues imbriquées au cours de l’année ne faci lite pas l’inventaire, et des recensements aériens des traces de montées de tortues marines sur les plages ne permettent pas de différencier les espèces. Les autres espèces : tortue caouanne (Caretta caretta), tortue luth (Dermochelys coriacea), tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) Ces espèces n’ont jamais été observées en phase de reproduction à Mayotte. Elles semblent fréquenter les eaux de l’île pour s’alimenter. Des tortues caouanne adultes (mâles et femelles) sont rencontrées de manière isolée sur les récifs barrières et internes du lagon, et dans les eaux plus océaniques, sans qu’aucune observation ne rapporte de comporte ment de nourrissage. Grâce à une campagne d’infor mation axée sur la reconnaissance de cette espèce, celle-ci est observée depuis 2006 dans les eaux maho raises. Des tortues luth adultes sont observées de manière iso lée depuis 1997 aux abords des passes, dans le lagon ou dans les eaux du large. Elles sont fréquemment vic times de la pêche accidentelle par des palangriers dont les lignes sont appâtées au calamar. Ces observations sont enregistrées depuis 2002. Une seule tortue olivâtre adulte a été observée, victime d’une capture accidentelle à la palangrotte en 2008, attirée par une ligne appâtée au calamar. Les observations sont trop rares pour discuter de l’évo lution de l’abondance et de la distribution pour ces trois espèces C. caretta, D. coriacea, L. olivacea. Évolution des effectifs de populations Tableau 6 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant à Mayotte Espèce Effectifs actuels Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas Important Inconnu inconnu (donnée depuis 1994) Légère augmentation Eretmochelys imbricata Moyen à faible Inconnu Inconnu Inconnu Tableau 7 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant à Mayotte Espèce Effectifs actuels Localisation stade Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas Important Lagon (récifs frangeants et barrières) et ZEE Grands juvéniles (40 cm) à adultes Inconnu Augmentation inconnu Eretmochelys imbricata Moyen Lagon (récifs frangeants et barrières) et ZEE Grands juvéniles (40 cm) à adultes Inconnu inconnu inconnu Caretta caretta Faible Lagon (récifs frangeants et barrières) et ZEE Inconnu Inconnu Inconnu Inconnu Lepidochelys olivacea Très faible ZEE hors lagon inconnu Inconnu Inconnu Inconnu Dermochelys coriacea Très faible ZEE (dont) lagon Adulte Inconnu Inconnu Inconnu Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie I.2.4.2. La Réunion La tortue verte, Chelonia mydas L’alimentation À La Réunion, les tortues vertes se nourrissent d’algues rouges et de phanérogames qu’elles trouvent sur les habitats des littoraux rocheux et coralliens de l’île. Sites de développement ou d’alimentation La tortue verte est l’espèce la plus abondamment obser vée lors des suivis côtiers. Les suivi ULM depuis 1996 (Sauvignet et al., 2000 ; Jean et al., 2010a), et le pro gramme de photo identification depuis 2002 (Jean et al., 2010b ; Chassagneux et al., accepted) montre une population de tortue verte immature est présente le long des tombants coralliens, notamment dans la zone ouest de l’île (cf. Carte 21 p. 57). Les zones lagon naires de l’Ouest sont notamment fréquentées par les tortues la nuit pour se nourrir ou se reposer. La population connue semble faible sur ces habitats d’ali mentation mais les suivis aériens menés entre 2003 et 2009 montrent un accroissement significatif des effec tifs sur la côte Ouest (Jean et al., 2010a ; Ciccione, 2009 comm. pers. ; cf. Carte 22 p. 57). Avec l’accroissement de cette population, il s’observe la recolonisation d’habi tats abandonnés ainsi le programme de photo identifica tion a permis d’identifier plus de 250 spécimens. Ce recrutement régulier s’explique par le fait que le nombre de sites de ponte dans le sud-ouest de l’océan Indien est important et accueille une abondance signifi cative de reproducteurs (tendances considérées comme « stables » ou en « croissance »). La reproduction La tortue verte est la seule espèce qui se reproduit à La Réunion (Ciccione & Bourjea, 2006) mais le nombre de femelles reste extrêmement faible avec 1 femelle en moyenne par an depuis 2004. Les pontes ont lieu entre janvier et mars sur les plages de sable blanc, et de juillet à octobre sur les plages de sable gris, mais ne concerne qu’un nombre très réduit de femelles. Au total, 5 femelles ont été marquées depuis 2004 (et aucune n’a fait l’objet de relecture). Les migrations post-reproduction n’ont pas encore pu être mises en évidence, les suivis mis en place s’étant révélés infruc tueux, 2 balises Argos posées sur des femelles en ponte ont cessé d’émettre sans que les tortues aient quitté les eaux réunionnaises. Sans que ces données soient réellement valorisables, leur analyse semble indiquer que la zone d’alimentation de ces tortues pourrait être également à La Réunion (cas similaires observés à Hawaii et à Mayotte). Site de reproduction Alors que les traces de ponte étaient exceptionnelles à la fin du XXe siècle, 27 traces et 21 nids de tortue verte ont été recensés entre 2004 et 2012 sur 5 plages (Ciccione, 2013, données non publiées ; cf. Carte 23 p. 58). À La Réunion, la population reproductrice est extrême ment faible et vulnérable. Au faible nombre de femelles (moins de 3), s’ajoute un nombre très réduit de site fa vorable pour la ponte, du fait notamment d’une urbani sation importante et des activités humaines constatées sur les plages. La tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata L’alimentation Très peu de données sur l’alimentation des tortues im briquées à La Réunion sont actuellement disponibles. Elles se nourrissent principalement sur les récifs fran geants de coraux mous et d’éponges. Sites de développement et d’alimentation À La Réunion, bien que moins nombreuses que les tor tues vertes, les tortues imbriquées juvéniles sont ob servées régulièrement sur le littoral où elles partagent les mêmes habitats de développement que les tortues vertes (Jean et al., 2010b ; Chassagneux et al., accep ted), alors que les spécimènes adultes restent rares. Les sites les plus fréquentés par cette espèce sont situés au niveau de deux zones littorales : • Dans l’Ouest, du Cap La Houssaye à Saint-Paul ; • Dans l’Est, sur la zone littorale de Sainte-Rose. Elle s’observe en phase d’alimentation, où quelques individus sont régulièrement observés. Alors que sa population réunionnaise semblait diminuer durant le siècle dernier, il semble qu’une légère augmentation apparaît depuis le début des années 2000. La reproduction Aucune ponte de tortue imbriquée n’a encore été recen sée à La Réunion. Les autres espèces : tortue caouanne (Caretta caretta), tortue luth (Dermochelys coriacea), tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) Les autres espèces n’ont jamais été observées en phase de reproduction à La Réunion. Elles semblent fréquenter les eaux de l’île pour s’alimenter. Les tortues caouanne ne sont observées que très excep Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 57 Carte 21 : Bilan des observations de tortues marines à La Réunion (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN) Carte 22 : Répartition spatiale des tortues marines à La Réunion par suivi aérien (ULM) entre Saint-Paul et Saint-Leu (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN, BRGM, RNMR). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie tionnellement près des côtes de La Réunion (individus de quelques centaines de grammes), elles sont princi palement présentes au large. Des spécimens plus gros (17 à 50 kg) sont parfois capturés accidentellement par les palangriers réunionnais (Ciccione & Bourjea, 2010). Les suivis Argos des spécimens relâchés après soins montrent qu’il s’agit de stade pélagique, probablement en transit dans la région, ayant une aire de répartition très vaste allant du Sud au Nord de l’océan Indien (Dal leau et al., en prép.). Des juvéniles de tortues olivâtres sont parfois capturés accidentellement dans les eaux réunionnaises, et de manière générale, ils ne sont que très rarement obser vés (spécimen de 12 à 20 kg). Moins de 3 individus par an sont récupérés par le centre de soins de La Réunion. Aucune étude n’a encore été lancée sur cette espèce à La Réunion. Aucune étude n’a encore été lancée sur cette espèce à La Réunion, si ce n’est un suivi Argos en cours depuis mai 2013. Aucune observation de tortue luth n’a jamais été confir mée dans les eaux côtières de La Réunion, et les obser vations en pleine mer par les pêcheurs restent rares. Les tortus luth sont parfois victimes de pêche accidentelle au large de La Réunion. En effet, elles ont tendance à s’emmêler dans la ligne mère des palangres dérivantes. La taille des tortues ne permet pas de les remonter à bord et de les diriger vers le centre de soins de La Réu nion. Aucune étude n’a été lancée sur cette espèce à La Réunion. De manière générale, les données sont insuffisantes pour établir un diagnostic synthétique pour ces trois espèces à La Réunion. Évolution des effectifs de populations Même si le déclin des tortues marines à La Réunion n’est pas précisement quantifié, les observations et témoignages des siècle précedants démontrent que la baisse des effectifs a été très forte et rapide au vu de la forte exploitation des tortues à cette époque. La légère inversion de cette tendance est due aux chan gements de législation offrant une protection inté grale des tortues marines à partir des années 1980 dont on constate aujourd’hui les effets. Ces évolu tions d’effectifs sont résumées dans les tableaux 8 et 9 suivants. Il subsiste néanmoins un grand manque Carte 23 : Activité de ponte (traces seules ou traces et pontes) entre 1980 et 2012 à La Réunion (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, Globice, IGN). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 59 d’information sur les trois espèces (C. caretta, L. oli vacea et D. coriacea) qui restent aux large des côtes pour qui il est impossible d’évaluer ces tendances évolutives. Tableau 8 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant à La Réunion Espèce Effectifs actuels Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas Très faible Très forte diminution Diminution Légère augmentation Tableau 9 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant à La Réunion Espèce Effectifs actuels localisation stade Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas Faible/résiduel Zone littorale Grands juvéniles (40 cm) à adultes Très forte diminution Diminution Augmentation Eretmochelys imbricata Faible Zone Littorale Grands juvéniles (40 cm) à adultes Inconnu Diminution Légère augmentation Caretta caretta Inconnu Au large Sub-adultes Inconnu Inconnu Inconnu Lepidochelys olivacea Inconnu Au large Sub-adultes Inconnu Inconnu Inconnu Dermochelys coriacea Inconnu Au large Inconnu Inconnu Inconnu Inconnu I.2.4.3. Îles Éparses La tortue verte, Chelonia mydas L’alimentation Aucune information n’est disponible à ce jour sur l’alimentation des tortues vertes à Tromelin (Bourjea et al., 2011). D’importants herbiers de phanérogames marines sont présents aux Glorieuses, mais essentiellement consti tués de Thalassodendron ciliatum. Des taches d’herbiers composés des espèces habituel lement consommées par les tortues vertes ont égale ment été observées dans le lagon de Juan de Nova, mais leur abondance est extrêmement faible et aucune observation de tortue verte adulte en phase d’alimenta tion n’a été faite dans ces îles (Bourjea et al., 2011). En revanche, des tortues vertes immatures ont été obser vées broutant des algues sur le récif à marée basse en zone de déferlement des vagues (Bourjea et al., 2010). Enfin, les herbiers présents dans la mangrove d’Europa sont composés d’une espèce dominante, Halophila ovalis, ainsi que d’Halodule uninervis, de Thalassia sp. et de Cymodocea rotundata. Ces herbiers présentent un taux de recouvrement < 5 % et occasionnellement de l’ordre de 5-25 % (Bourjea et al., 2006, in Bourjea et al., 2011). Cependant, les tortues vertes adultes ne fréquentent pas ces herbiers (Bourjea et al., 2011). Sites de développement et d’alimentation Les tortues vertes immatures restent plusieurs années dans les lagons et mangroves des Glorieuses, de Juan de Nova et d’Europa, constituant des habitats de déve loppement pour cette espèce ([Ciccione, 2005 ; Bourjea et al., 2007c, Bourjea & Benhamou 2008, Bourjea et al., 2009a], in Bourjea et al., 2011). Ceux-ci sont d’une grande valeur, puisque les menaces d’origine anthro pique y sont quasiment nulles. À défaut d’observation d’animaux en phase de nourris sage, on peut penser que les adultes de tortues vertes présentes dans les Îles Éparses sont donc essentielle ment des individus en reproduction et que leurs aires de nourrissage se situent en dehors de ces îles. L’acqui sition de connaissances précises sur les sites d’alimen tation des tortues se reproduisant dans les Îles Éparses, notamment au travers de programme étudiant les migrations de ces dernières (e.g. DYMITILE), est donc primordiale pour mettre en place des réseaux de pro tection pertinents intégrant l’ensemble des cycles bio logiques de l’espèce. Les habitats de développement majeurs des tortues vertes immatures ont été cartographiés par l’Ifremer et Kélonia en 2010 sur l’île de Grande Glorieuse et sont représentés sur la Carte 24 p. 60. Le lagon de Juan de Nova est un habitat important de développement pour les tortues vertes immatures qui y trouvent à la fois nourriture et sécurité contre les préda teurs du tombant (Bourjea et al., 2007c). Pour autant, ils n’ont pas observé une abondance homogène tout au Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie tour de l’île. Ainsi, ils ont pu mettre en lumière une zone d’abondance élevée, sur la côte sud-est de l’île, entre la pointe Est et le bouclier Sud (cf. Carte 25 ; Bourjea et al., 2007c). En effet, 16 parmi 22 tortues capturées l’ont été dans la zone sud-est précédemment décrite (zones 11 et 5 de la Carte 25 ; Bourjea et al., 2007c). En 2010, une nouvelle mission a pu confirmer une plus forte abon dance de tortues immatures sur la côte Sud de l’île que sur la côte Nord (cf. Carte 26 ; Bourjea et al., 2010). Il est à noter que la mission de 2007 ne traite que des tortues vertes, tandis que la mission de 2010 traite également des tortues imbriquées. En 2011, le projet DYMITILE (Ifremer, Kélonia, CNRS) a permis d’étudier les tortues immatures dans la man grove d’Europa. Ainsi, 84 tortues vertes et 14 tortues imbriquées, toutes immatures, ont été étudiées (cap ture, mesure, identification et analyses génétiques/ isotopiques) avant d’être relâchées au point de capture (cf. Carte 27 ; Bourjea & Dalleau, 2011). Afin de mieux comprendre le comportement et la dynamique spatiale des immatures de tortues vertes dans la mangrove d’Europa, 11 tortues vertes immatures ont été équipées d’une balise Argos-GPS permettant une géolocalisation précise des individus (Bourjea & Dalleau, 2011). Une première analyse des données montre que la majorité des tortues vertes immatures restent dans la mangrove sans toutefois rester fidèle à des sites particuliers (cf. Carte 28 ; Bourjea & Dalleau, 2011). Carte 24 : Habitats de développement des tortues vertes immatures à l’île de Grande Glorieuse (Ifremer, Kélonia). Carte 25 : Point de capture des tortues immatures vrte et imbriquées à Juan de Nova (Bourjea et al., 2010). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 61 Cependant, les herbiers de phanérogames, source de nourriture pour les tortues vertes immatures, sont peu abondants dans la mangrove et représentent donc un habitat d’alimentation moins intéressant (Bourjea & Dalleau, 2011), ce qui contraint les tortues à rechercher de nouveaux habitats plus favorables une fois atteint une certaine taille, comme le montrent les suivis Argos (GPS). La reproduction Les adultes viennent essentiellement dans les Îles Éparses pour se reproduire (Carte 29 p. 63). En terme de saisonnalité, il est à noter que les tortues vertes viennent pondre dans ces îles tout au long de l’année, avec tout de même un pic de ponte marqué durant l’été austral à Tromelin (Le Gall et al., 1986 ; Le Gall, 1988) et Europa (de novembre à mars), et un pic de ponte moins marqué durant l’hiver austral aux Glorieuses (de février à août) (Lauret et al., 2007 ; Dalleau et al., 2012). Autre constat, le nombre annuel de femelles pondeuses est en hausse depuis les années 1980, à l’exception de Tromelin, où les causes d’une réduction du nombre de traces ne sont pas clairement connues (Lauret et al., 2007). Enfin, en termes d’abondance, il est à noter que Juan de Nova semble encore souffrir des activités pas sées, tandis que les Glorieuses ont un taux de croissance indiquant une population en reconstruction. Quant à Eu ropa, elle est le site de ponte des tortues vertes le plus important de l’océan Indien. Sites de reproduction À Tromelin, deux études datant de la fin des 1980 ont permis d’estimer la population de tortues vertes en ponte entre 850 et 1 100 individus en 1986 pour une production de 150 000 à 300 000 nouveau-nés par an 1980 ([Le Gall et al., 1986 ; Le Gall 1988], in Bourjea et al., 2011). Un suivi journalier du nombre de traces (défini par Le Gall) y est réalisé depuis mars 1986 sur l’ensemble des plages accessibles par les tortues (Lau ret-Stepler et al. 2007, in Bourjea et al., 2011). Depuis 1987, ce suivi a permis de mettre en évidence une réduction du nombre de traces de -1,6 % par an entre 1987 et 2006 (Figure 7 p. 62 ; Lauret-Stepler et al., 2007, in Bourjea et al., 2011). L’étude des paramètres de reproduction depuis 2008 permettra de déterminer si la réduction du nombre de traces correspond à une diminution de femelles ou à la variation des paramètres de reproduction (Bourjea et al., 2011). L’archipel des Glorieuses accueille des tortues vertes et imbriquées en ponte sur l’île du Lys et sur la Grande Glorieuse, cette dernière étant la plus fréquentée. Le Carte 27 : Localisation des captures de tortues vertes (points verts) et imbriquées (points orange) immatures dans la mangrove d’Europa (Bourjea & Dalleau, 2011) Carte 26 : Localisation (épingles jaunes) des captures des tortues immatures vertes et imbriquées à Juan de Nova (Bourjea et al., 2010). Carte 28 : Points GPS des tortues vertes immatures équipées de balises Argos-GPS (chaque couleur représente une tortue différente) (Bourjea et Dalleau, 2011). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie suivi des traces effectué depuis 1987 ne permet pas d’évaluer l’évolution de la reproduction par espèce car les observations de tortue imbriquée pondant sur cette île ont été extrêmement rares (Bourjea et al., 2011). Les deux espèces sont donc confondues dans un suivi unique. Depuis 1987, sur un linéaire représentant 35 % des plages, un suivi journalier du nombre de traces a permis d’établir que les tortues pondent toute l’année, avec un pic peu marqué s’étalant de février à août2 (Lauret-Stepler et al., 2007, in Bourjea et al., 2011). 2 Cette saisonnalité est identique à celle des îles voisines, Mayotte (Bourjea et al. 2007a, in Bourjea et al., 2011), Nosy Iranja (Madagascar, Bourjea et al., 2006a, in Bourjea et al., 2011) et Mohéli (Bourjea com. pers., in Bourjea et al., 2011). Tromelin (1987-2006) • 1430 (± 430) tortues vertes en ponte par an • Taux de croissance annuel moye, : -1,7 % (1.3 - 1.8) entre 1987 et 2006 • Pas de tortues imbriquées en ponte Glorieuses (1992-2006) • 1500 à 2500 tortues vertes en ponte par an • Taux de croissance annuel moye, : +3.5 % (3.4 - 3.6) entre 1992 et 2006 • Observation de tortues imbriquées en ponte (<10 par an) Europa (1984-2006) • 1 700 à 11 000 tortues en ponte par an • Taux de croissance annuel moyen : +2 % (1.2 - 2.7) entre 1986 et 2006 • Pas de tortues imbriquées en ponte Figure 7 : Évolution du nombre de traces annuelles estimées sur les plages de ponte à Tromelin (1987-2006), Glorieuses (1992-2006) et Europa (1984-2006) par les tortues vertes (Chelonia mydas). Le détail de la collecte et de la qualité des données de ces figures est exposé dans Lauret- Stepler et al. (2007) (Bourjea et al., 2011). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 63 Il a également permis de mettre en évidence que le nombre annuel de traces de ponte est en forte crois sance depuis 1987 (Lauret-Stepler et al., 2007, in Bour jea et al., 2011) et présente un taux d’accroissement de 3,5 % depuis 1982 (Bourjea et al., 2011). Une extrapo lation à l’ensemble de l’île, basée sur les paramètres biologiques des tortues de l’île la plus proche (Mayotte ; Bourjea et al. 2007c, in Bourjea et al., 2011), suggère que la population de tortues marines de la Grande Glo rieuse est de l’ordre de 1 500 à 2 500 femelles par an, avec une large prédominance de tortues vertes. Ce fort taux de croissance depuis 20 ans est un indica teur d’une population en reconstruction après une forte période d’exploitation (Limpus et al., 2003 ; Weisham pel et al., 2003 ; Balazs & Chaloupka, 2004 ; Troëng & Rankin, 2005, in Bourjea et al., 2011) correspondant à l’exploitation du coprah jusqu’à la fin des années 1960 (Hoareau 1993, in Bourjea et al., 2011). Juan de Nova est l’île la moins fréquentée par les tortues marines, sûrement du fait des activités humaines qui s’y Tromelin Juan de Nova Glorieuses Europa Carte 29 : Plages de ponte faisant l’objet de suivis à Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova et Europa pour les tortues vertes (Chelonia mydas) et imbriquées (Eretmochelys imbricata) (Kélonia, Ifremer, fiches pour le relevé de comptage de traces de tortues dans les Îles Éparses). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie sont déroulées dans le passé (Cacérès, 2003, in Bourjea et al., 2011). En 2008, un échantillonnage quotidien a per mis de relever 234 traces de tortues (Lauret-Stepler et al., 2010, in Bourjea et al., 2011). Sur la base des paramètres de reproduction des tortues vertes de Mayotte (Bourjea et al., 2007a, in Bourjea et al., 2011), on peut estimer qu’une soixantaine de tortues vertes et imbriquées aurait pondu en 2008 (Bourjea et al., 2011). Ensuite, une récente étude menée de décembre 2006 à juillet 2009 sur la largeur des traces suggère que sur 455 traces mesurées, 67 % seraient produites par des tortues vertes (Lauret-Stepler et al., 2010, in Bourjea et al., 2011). Sur Europa, les données recueillies entre 1983 et 2007 montrent un accroissement annuel du nombre de traces de 2 % depuis 1983 (Lauret-Stepler et al. 2007, in Bour jea et al., 2011). Europa est bien le plus important site de ponte de tortues vertes de tout l’océan Indien au vu du nombre de tortues vertes en ponte estimées par an (entre 2 000 et 11 000 tortues vertes par an estimées en 1986 et un taux de croissance annuel du nombre de traces de 2 %). Les habitats marins et côtiers d’Europa ont été cartogra phiés dans le cadre du programme scientifique BIORE CIE (IRD - Grellier et al., 2012). Basée sur la typologie EUNIS, il a permis de cartographier les habitats remar quables et de caractériser les pressions et menaces (an thropiques et naturelles). Cela a permis d’identifier les enjeux en termes de connaissances et les orientations en terme de conservation pour l’île (cf. annexe 4). Avec l’intégration de données supplémentaires (données Argos-GPS/Kélonia & Ifremer), il est possible d’analy ser plus finement les habitats exploités par chacune des deux espèces de tortues marines présentes à Europa. Il est à noter que les connaissances sur les habitats ma rins et côtiers de Tromelin, des Glorieuses et de Juan de Nova ne sont pas aussi poussées que les connaissances récemment acquises pour Europa. Aucune cartographie précise n’existe encore pour ces trois îles. La tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata D’une façon générale, les connaissances sur les tortues imbriquées fréquentant les Îles Éparses sont plus par cellaires que celles concernant les tortues vertes. Aussi, si on connaît la présence de tortues imbriquées sur les platiers et récifs, on ne sait s’il s’agit de femelles en ponte ou d’individus venus s’alimenter. L’alimentation Il y a actuellement peu d’information sur l’alimentation des tortues imbriquées sur les sites de nourrissages aux Îles Éparses. Sites de développement et d’alimentation Différentes études traitent à la fois des tortues vertes et des tortues imbriquées. Les données en résultant concernant les tortues imbriquées étant beaucoup moins nombreuses que celles sur les tortues vertes, elles ont été mutualisées avec celles sur la tortue verte (cf. cartes 25, 26, 27 p. 61, figure 7 p. 62 et para graphes sur la tortue verte). Les tortues imbriquées sont présentes sur les récifs d’Europa (Bourjea et al. 2006, in Bourjea et al., 2011), des Glorieuses (Frazier 1975, in Bourjea et al., 2011) et surtout de Juan de Nova (Bourjea et al., 2007c, in Bourjea et al., 2011), qui présentent respectivement 23 km², 160 km² et 310 km² de construction de corail. Les trois îles offrent des habitats de développement exceptionnels aux tortues imbriquées immatures (en particulier Europa). Juan de Nova accueille sur ses platiers est et ouest des tortues imbriquées adultes (Bourjea & Ciccione com. pers., in Bourjea et al., 2011) pouvant être soit des indi vidus en phase de nourrissage, soit des femelles venant pondre sur l’île. La mangrove d’Europa se caractérise par une zone de résurgence des eaux externes, constituant un habitat de développement exceptionnel pour les tortues imbri quées (cf. Carte 30). Cette zone présente un écosystème marin proche de celui du lagon externe, avec la pré sence d’espèces de poissons et de coraux typiques de platiers coralliens tropicaux (Bourjea & Dalleau, 2011). De très nombreuses tortues imbriquées ont été obser vées restant dans un périmètre relativement restreint autour de cette résurgence. Tout semble d’ailleurs indi quer que cette zone est abondante en nourriture (Bour jea & Dalleau, 2011). Bourjea et al. (2011) évaluent la population de tortues imbriquées immatures à 20-40 individus sur une surface de 7 000 à 10 000 m2. De manière générale, un approfondissement des connaissances serait pertinent, avec notamment la mise en place d’un programme de tracking des tortues en ponte afin de connaître leur dynamique migratoire et leurs sites d’alimentation (comm. pers. Stéphane Ciccione, Kélonia). La reproduction Lors de la ponte, ces espèces sont bien moins nombreuses que les tortues vertes, mais tout de même présentes. Pour les Glorieuses, les suivis actuels ne permettent pas toujours de distinguer les deux espèces au moment du comptage des traces, peu de données numériques fiables sont donc disponibles. À Juan de Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 65 Nova, un tiers des tortues en ponte seraient des tortues imbriquées (Lauret et al., 2010), alors que celles-ci ne pondent a priori ni à Europa, ni à Tromelin. Sites de reproduction Les paragraphes antérieurs concernant la reproduction des tortues vertes comprennent des données concernant les tortues imbriquées. Il est important d’ajouter que les tortues imbriquées, ne pondent ni sur Tromelin ni sur Europa à cause de conditions climatiques trop fraîches (comm. pers. Jérôme Bourjea, Ifremer). La population reproductrice de tortue imbriquée est extrêmement faible aux Glorieuses et il n’existe pas de données fiables sur le nombre de tortues imbriquées en ponte sur cette île car les suivis actuels ne permettent pas toujours de distinguer les deux espèces au moment du comptage des traces. Sur Juan de Nova, une récente étude menée de décembre 2006 à juillet 2009 sur la largeur des traces suggère que sur 455 traces mesurées, 33 % seraient produites par des tortues imbriquées (Lauret-Stepler et al., 2010, in Bourjea et al., 2011). Les autres espèces : tortue caouanne (Caretta caretta), tortue luth (Dermochelys coriacea), tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) La tortue caouanne est présente à Europa, où elle s’ali mente, et à Juan de Nova, qui est pour elle une aire de développement. Néanmoins, si on sait avec certi tude que l’espèce est présente sur ces deux îles, aucune information n’est disponible concernant leur importance relative comme aire d’alimentation et de développe ment (Glénard et al., non publié). Quelques tortues luth ont été aperçues dans les envi rons de Bassas da India, sans qu’il soit pour autant pos sible de savoir si elles s’y rendent pour se nourrir ou se développer (R. van der Elst, comm. pers, in Glénard, non publié). Enfin, aucune tortue olivâtre n’a été signalée à ce jour dans les Îles Éparses. Évolution des effectifs de populations Carte 30 : Localisation de la zone de résurgence des eaux externes dans la mangrove (22°21.512 S et 40°23.606’ E) décrite en 2006 (Bourjea et al., 2010) Tableau 10 : Évolution des effectifs des tortues marines nidifiant dans les Îles Éparses Espèce Effectifs actuels Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas EUROPA très Important JDN Faible GLO Important TRO Important Inconnu EUR Stable JDN - GLO Forte diminution TRO Stable EUR Légère augm JDN Légère augm GLO Augmentation TRO Stable Eretmochelys imbricata JDN Moyen GLO Faible inconnu inconnu inconnu Tableau 11 : Évolution des effectifs des tortues marines s’alimentant dans les Îles Éparses Espèce Effectifs actuels Localisation Stade Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Chelonia mydas EUR Moyen JDN Moyen GLO Moyen TRO Faible Zone littorale et lagon interne (EUR) Grands juvéniles (40 cm) à adultes Inconnu inconnu Inconnu Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Espèce Effectifs actuels Localisation Stade Évolution du XVIIe au XIVe siècles Évolution au cours du XXe siècle Évolution depuis 2000 Eretmochelys imbricata EUR Faible JDN Moyen GLO Faible TRO inconnu Zone Littorale et lagon interne (EUR) Grands juvéniles (40 cm) à adultes Inconnu Diminution inconnu Caretta caretta Inconnu Au large inconnu Inconnu Inconnu Inconnu Lepidochelys olivacea Inconnu Au large inconnu Inconnu Inconnu Inconnu Dermochelys coriacea Inconnu Au large Inconnu Inconnu Inconnu Inconnu EUR : Europa/JDN : Juan de Nova/GLO : Glorieuses/TRO : Tromelin I.2.4.4. SYNTHÈSE Les tableaux suivants présentent une synthèse des populations des tortues marines sur les territoires français du SOOI en alimentation ou en reproduction. Tableau 12 : Utilisation des îles selon les différents stades du cycle biologique Espèce Stade du cycle de vie Mayotte Réunion Tromelin Glorieuses Juan de Nova Bassas da india Europa C. mydas Développement des immatures Alimentation des adultes Reproduction Oui – G Oui –G Oui –G (e) Oui - M Oui - F Oui - F (a) OUI -F ? Oui - G (e) Oui - M Oui - F Oui - G (e) Oui - M Oui - F Oui - F (b) ? ? Non Oui - M Oui - F Oui - G (g) E. imbricata Développement des immatures Alimentation des adultes Reproduction Oui – G Oui – G OUI – G (b) Oui ? Non ? ? Non Oui - M Non - P Oui - F (a) Oui Oui - M Oui - G (b) ? ? Non Oui - G Oui - F Non C. caretta Développement des immatures Alimentation des adultes Reproduction ? ? Non ? ? Non ? ? Non ? ? Non ? ? Non Non ? Non Non P ? L. olivacea Développement des immatures Alimentation des adultes Reproduction ? ? Non ? ? Non ? ? non ? ? non ? ? non ? ? non ? ? non D. coriacea Développement des immatures Alimentation des adultes Reproduction X ?x X ?x Non Non Non Non Non Non Non Non Non Non Non Non Non ? ? Non Non Non Non ? Absence de données quant à la présence ou non de l’espèce. P L’espèce est présente avec certitude sur le site mais aucune information n’est disponible concernant l’importance relative de ce site comme aire de ponte, aire d’alimentation et aire de développement. G Ce site relève d’une grande importance pour l’espèce. M Ce site relève d’une importance relative (moyenne) pour l’espèce. F Ce site relève d’une importance faible pour l’espèce. a-h Nombre estimatif de pontes par an : a : 1 à 10/b : 11 à 100/c : 101 à 500/d : 501 à 1 000/e : 1 001 à 5 000/f : 5 001 à 10 000/g : 10 001 à 100 000/h : > 100 000 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 67 Tableau 13 : Synthèse de l’abondance et de la saisonnalité des sites de reproduction pour Mayotte, La Réunion et les Îles Éparses (Kélonia & Ifremer, 2010) * Le Gall et al. 1987/** 1987-2010 / *** 1984-2010/ N/d : absence de données / N/a : ne s’applique pas Îles Éparses La Réunion Mayotte Tromelin Glorieuses Juan de Nova Bassas da India Europa C. mydas C. mydas E. imbricata C. mydas E. imbricata N/a C. mydas C. mydas C. mydas E. imbricata Population pondeuse estimée 1986* 850 à 1 100 individus Très faible N/a 2.000 à 11 000 1 femelle en moyenne par an depuis 2004 21 nids entre 2004 et 2012 (Ciccione, 2013, données non publiées) 3 000-5 000 femelles estimées/ an depuis 1994 (Bourjea et al., 2007a) Faible (Quillard 2011) 1986 2010 1430 (+/- 430) 1 500 à 2 500** < 10 femelles/ an 30 à 50 N/a 4 000 à 11 000*** 2009 846 1 100 25 à 50 N/a 3 000 à 5 000 Pic de ponte été austral février à août 2 pics : faible en hiver, fort en été N/a été austral Hiver aus tral (point culminant en mai juin) Saison de ponte : de fin août à mai Plages de ponte prospectées 100 % (2 km) 100 % (7,6 km) 100 % (9,6 km) N/a 48 % (2,5 km) 5 Plages Saziley et Moya Évolution du nombre de traces (années 80 à aujourd’hui) 1,6 % +3,5 % N/d N/a +28 % Légère aug mentation population stable (en 2005) ? Sources : Le Gall et al, 1986, Le Gall 1988, Lauret-Stepler et al. 2007, Lauret-Stepler et al. 2010, Bourjea et al., 2011. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie I.3. ÉTAT DE CONSERVATION DES ESPÈCES L’évaluation de l’état de conservation d’une espèce caractérise son état actuel dans la zone d’étude considérée (Figure 8 p. 68). Elle peut notamment indiquer le risque d’extinction encouru par l’espèce sur un territoire donné et pour une période donnée. Elle se réalise selon une grille de critères prenant en compte : • L’évolution des effectifs de l’espèce sur le territoire, sur la plus longue période possible, mais aussi les ef fectifs actuels qui influent fortement sur les capacités de renouvellement de l’espèce, notamment chez les tortues marines. • L’évolution des aires de répartitions, ce critère n’étant pas pertinent chez les tortues marines car elles sont de grandes migratrices dont l’aire de répartition varie peu en fonction des effectifs. • L’état des habitats et leur disponibilité pour l’espèce (zones d’alimentation côtière, plages de ponte). • Les menaces actuelles pesant sur les espèces pour permettre de cibler des actions efficaces en fonction de ces menaces. • Les statuts de conservation au niveau mondial sont définis selon les critères de définition des listes rouges de l’Union International de Conservation de la Nature. Ils s’appuient également sur les critères définis dans la directive CEE/92/43 du 21 mai 1992. • Au niveau régional, et suite au travail de Wallace et al. (2010 et 2011), les espèces prioritaires sur les quelles il est nécessaire de focaliser l’attention dans le sud-ouest de l’océan Indien sont : • La tortue imbriquée : même si la population dans cette région est considérée comme stable, le faible effectif de reproducteurs associé à une pression de bracon nage encore forte dans cette région peut mettre en péril cette population. De plus, peu d’informations sont disponibles en termes de biologie et d’écologie de cette espèce dans la région, ce qui ne facilite pas la mise en place d’analyses régionales de qualité. • La tortue olivâtre : la population de l’océan Indien occidentale est actuellement considérée comme décroissante. Très peu d’informations sont actuellement dispo nibles pour la région du sud-ouest de l’océan Indien. Il est important de favoriser l’acqui sition de ces informations pour améliorer la qualité des analyses régionales. • La tortue caouanne : même si la popu lation dans le sud-ouest de l’océan Indien est croissante, une récente étude montre que les individus pélagiques proviennent d’autres zones de l’océan Indien, et notamment du Nord-Ouest où la tendance estimée à court terme des populations est actuellement considérée comme inconnue, voir décrois sante. • La tortue luth : sa population reproduc trice est stable dans le sud-ouest de l’océan Indien, bien que petite et donc extrêmement fragile. De plus, peu d’informations sont dis ponibles en terme de biologie et d’écologie de cette espèce dans la région, ce qui ne facilite pas la mise en place d’analyses régio nales de qualité. Les tableaux ci-après présentent les évalua tions ses états de conservation de ces 5 es pèces pour la région du sud-ouest de l’océan Indien, à des échelles différentes : Figure 8 : Règle d’évaluation de l’état de conservation d’une espèce (Evan et Arvela, 2011) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 69 • Régionale, • Mayotte, • La Réunion, • Îles Éparses. Les paramètres ont été évalués selon la grille suivante : Favorable, stable Défavorable, Inadéquat Défavorable à mauvais Indéterminé L’évaluation de l’état de conservation de chaque espèce par territoire a été réalisée d’après une méthode utili sant la matrice élaborée par le Service du patrimoine naturel du MNHN (Bensettiti et al., 2012). Cette matrice est présentée ci-dessous. L’état de conservation global est estimé en fonction de l’état des quatre paramètres de la grille selon les règles suivantes : • Un indicateur vert pour tous les paramètres ou trois indicateurs verts et un « indéterminé » = état de conservation favorable, stable – Indicateur vert, • Au moins un indicateur orange mais aucun indicateur rouge = état de conservation défavorable, inadéquat – Indicateur orange, • Au moins un indicateur rouge = état de conservation défavorable à mauvais, • Deux ou plus d’indicateurs « indéterminé » associé à des indicateurs verts ou tous les indicateurs « indéter miné » = état de conservation indéterminé. • La tortue verte, Chelonia mydas Cette espèce présente un statut de conservation consi déré comme stable à l’échelle régionale. Suivant les territoires, cet état de conservation est variable, étant jugé majoritairement défavorable à Mayotte et La Réu nion. Tableau 14 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue verte, Chelonia mydas Régionale Mayotte La Réunion Îles Éparses non impactées (TRO/GLO/ EUR) Îles Éparses impactées (JDN) Statut UICN International En danger Aire de répartition Favorable Stable Population reproductrice : Aire plus de 10 % en dessous de l’aire de répartition de référence favorable Effectif Population reproductrice : population suffisante pour assurer la survie à long terme de l’espèce Population en reproduction : stable Population en alimentaion : inconnu Population reproductrice : Effectif largement plus de 25 % en dessous de la population de référence favorable Population très impactée par l’exploitation passée de l’île. Habitat de l’espèce Favorable Forte pression sur les habitats nourriciers, et habitats de pontes non protégés du braconnage, ne permettant pas la survie à long terme de l’espèce Surface insuffisante pour assurer la survie à long terme de l’espèce Perspectives futures (par rapport aux effectifs, à l’aire de répartition et à la disponibilité de l’habitat) Favorable - croissante Fort impact des pressions et des menaces sur l’espèce Fort impact des pressions et des menaces sur l’espèce impact important des pressions et des menaces sur les aires d’alimentation de l’espèce* impact important des pressions et des menaces sur les aires d’alimentation de l’espèce* Évaluation globale de l’état de conservation FAVORABLE DÉFAVORABLE A MAUVAIS DÉFAVORABLE A MAUVAIS DÉFAVORABLE INADÉQUAT DÉFAVORABLE Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Pour les Îles Éparses, l’évaluation de la tortue verte est séparée (JDN d’un côté/Tro-Glo-Eur de l’autre), car les populations sur les différentes îles ne sont pas dans le même état. Ici la grille d’évaluation n’est pas adaptée à l’évaluation simultanée de l’état de conservation de l’espèce sur quatre territoires distincts. * Notons que les populations de tortue verte en ponte sur les sites globalement préservés des Îles Éparses font vraisemblablement face à de très fortes pressions lorsqu’elles se rendent sur leurs aires d’alimentation. Par exemple que de 10 000 à 16 000 tortues sont capturées annuellement dans les seules provinces sud-ouest de Madagascar (Humber et al. 2010), zones identifiées comme sites de développement et d’alimentation pour une partie au moins des tortues se reproduisant sur les Îles Éparses suivies avec des balises Argos dans le cadre du programme de marquage DYMITILE (Bourjea et al., 2013). La tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata Le statut de conservation de cette espèce demeure préoccupant à l’échelle régionale, tout comme à La Réunion, et Mayotte pour certains paramètres. Aux Îles Éparses, la dynamique de l’espèce semble défavorable. Tableau 15 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue imbriqué, Eretmochelys imbricata Régionale Mayotte La Réunion Îles Éparses Statut UICN International En danger critique d’extinction Aire de répartition Favorable Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Effectif Défavorable - Faible Informations disponibles insuffisantes Structure d’age déviant fortement de la normale Défavorable - Faible Habitat de l’espèce Favorable Favorable Mauvaise qualité de l’habitat, ne permettant pas la survie à long terme de l’espèce Informations disponibles insuffisantes Perspectives futures (par rapport aux effectifs, à l’aire de répartition et à la disponibilité de l’habitat) Population reproductrice : impact des pressions et des menaces sur l’espèce ; Perspective mitigée de maintien à long terme Fort impact des pressions et des menaces sur l’espèce Fort impact des pressions et des menaces sur l’espèce Perspective mitigée de maintien à long terme Évaluation globale de l’état de conservation STABLE À DÉFAVORABLE DÉFAVORABLE À MAUVAIS DÉFAVORABLE À MAUVAIS DÉFAVORABLE INADÉQUAT La tortue caouanne, Caretta caretta À l’échelle régionale, le statut de conservation de cette espèce ne reflète pas d’évolution négative, même si une attention particulière est à porter à l’espèce. Du fait de son habitat, le statut local sur les 3 zones d’étude est indéterminé. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 71 Tableau 16 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue caouanne, Caretta caretta Régionale Mayotte Réunion Îles Éparses Statut UICN International En danger Aire de répartition Favorable Informations disponibles insuffisantes Stable Informations disponibles insuffisantes Effectif Favorable Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Habitat de l’espèce Surface d’habitat stable Informations disponibles insuffisantes Surface d’habitat stable Informations disponibles insuffisantes Perspectives futures (par rapport aux effectifs, à l’aire de répartition et à la disponibilité de l’habitat) Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Évaluation globale de l’état de conservation FAVORABLE - CROISSANTE INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ La tortue olivâtre, Lepidochelys olivacea À l’échelle régionale, le statut de conservation de cette espèce suit une évolution difficile à évaluer mais globa lement préoccupante. Le manque de connaissances à l’échelle locale ne permet pas de statuer sur les statuts locaux. Tableau 17 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue olivâtre, Lepidochelys olivacea Régionale Mayotte Réunion Îles Éparses Statut UICN International Vulnérable Aire de répartition Indéterminé Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Effectif Indéterminé Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Habitat de l’espèce Indéterminé Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Perspectives futures (par rapport aux effectifs, à l’aire de répartition et à la disponibilité de l’habitat) Indéterminé Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Évaluation globale de l’état de conservation INDÉTERMINÉ À DÉFAVORABLE INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie La tortue luth, Dermochelys coriacea À l’échelle régionale, le statut de conservation de cette espèce suit une évolution difficile à évaluer mais globa lement préoccupante. Le manque de connaissances à l’échelle locale ne permet pas de statuer sur les statuts locaux. Tableau 18 : Matrice d’évaluation de l’état de conservation global de la tortue luth, Dermochelys coriacea Régionale Mayotte Réunion Îles Éparses Statut UICN International En danger critique d’extinction Aire de répartition Favorable, stable mais faible Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Effectif Favorable Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Habitat de l’espèce Favorable Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Perspectives futures (par rapport aux effectifs, à l’aire de répartition et à la disponibilité de l’habitat) Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Informations disponibles insuffisantes Évaluation globale de l’état de conservation FAVORABLE - MAIS FAIBLE INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ Pour la tortue verte, la caractérisation de son état de conservation apparaît comme mauvais à défavorable pour les 3 territoires. Ce constat vaut également pour les 4 des Îles Éparses, dont l’état de conservation est jugé Défavorable/Inadéquat, ce qui peut paraître sur prenant au vu de la préservation de certaines popula tions à Europa et Tromelin (parmi les plus gros sites de reproduction de l’océan Indien). À l’inverse, il faut rap Synthèse Le tableau ci-après présente une synthèse des états de conservation pour les 5 espèces considérées en fonction de 3 territoires (Mayotte, La Réunion et les Îles Éparses). Tableau 19 : Récapitulatif de l’état de conservation des espèces par territoire Chelonia mydas Eretmochelys imbricata Caretta caretta Lepidochelys olivacea Dermochelys coriacea UICN International En danger En danger critique d’extinction En danger Vulnérable En danger critique d’extinction Mayotte DÉFAVORABLE À MAUVAIS DÉFAVORABLE À MAUVAIS INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ Réunion DÉFAVORABLE À MAUVAIS DÉFAVORABLE À MAUVAIS INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ Îles Éparses DÉFAVORABLE INADÉQUAT DÉFAVORABLE INADÉQUAT INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ INDÉTERMINÉ Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 73 peler que pour Juan de Nova, les populations ont été très impactées du fait d’un passé proche où les pres sions humaines ont été fortes. Cela permet d’expliquer ce biais en termes d’évaluation, du fait notamment que l’indicateur défavorable fait foi sur le plus favorable, sans nécessairement prendre en compte les capacités de résilience des populations. Il faut néanmoins consi dérer les Îles Éparses comme des territoires de réfé rence pour cette espèce, du fait de l’absence de pres sions humaines majeures, liée au statut de protection et à l’isolement de ces territoires, et de leur important gradient latitudinal. En effet, même si les pressions et menaces sont fortes sur les habitats de développement et d’alimentation des populations de tortues nidifiant aux Îles Éparses, les populations sont assez importantes pour se renouveler sans impact significatif sur l’effec tif des tortues. Il en est de même pour Mayotte où la population est jugée en mauvais état alors qu’elle est stable dans l’ensemble malgré des habitats dégradés et des pressions fortes subies par la population repro ductrice. Il faut également souligner que l’évaluation pour les Îles Éparses ne peut se faire globalement sur les cinq territoires sans biais, les situations étant très différentes sur chacune des îles, l’état des populations de tortues varie également d’une île à l’autre. Pour la tortue imbriquée, la réflexion est similaire à celle menée pour la tortue verte. Enfin, pour les 3 autres espèces, les lacunes de connaissances ne facilitent pas la caractérisation des états de conservation. I.4. CARACTÉRISATION DES SITES OCCUPÉS PAR LES DIFFÉRENTES ESPÈCES À l’échelle locale, les différentes îles sont occupées de façon différente par les espèces de tortues marines. Les différents sites et habitats présentent des conditions plus au moins favorables à l’alimentation et à la repro duction des tortues. Mayotte Les informations relatives aux sites exploités par les tor tues marines et faisant l’objet d’actions de conservation à Mayotte sont récapitulées dans le tableau suivant. Les données sont importantes du fait du niveau de connais sances et des moyens engagés. Tableau 20 : Caractéristiques des sites exploités par les tortues marines et faisant l’objet d’actions de conservation envers ces espèces Sites/Habitat Acquisition par le Conservatoire du Littoral Statut (de protection) Gestionnaire Espèces présentes Actions de conservation Évaluation de gestion Moya/Plages ZPG : 2001 Plages : en cours Domaine public maritime Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Présence de gardes et animateurs ; Plan de gestion Manque d’encadrement du public visiteur Moya/Récif - Projet de réglementation C. mydas, E. imbricata Saziley/Plages & récifs ZPG : 2003 Plages : en cours Parc de Saziley protégé par arrêté préfectoral 518/SG depuis 1991 Projet de révision de la réglementation Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Présence de gardes ; Plan de gestion (Mise en place de bouées d’amarrage par le PNMM) Manque d’encadrement du public visiteur N’Gouja/Plage & récif ZPG en cours d’acquisition (hors zone hôtelière) Site Naturel remarquable protégé par arrêté préfectoral 42/DAF depuis 2001 1991 Projet de révision de la réglementation DEAL C. mydas, E. imbricata Programme d’études et de sensibilisation (Mise en place de bouées d’amarrage par le PNMM) Manque d’implication de la Collectivité et de l’État ; les actions de conservation sont menées par l’hôtelier, des partenaires scientifiques et des associations environnementales Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Sites/Habitat Acquisition par le Conservatoire du Littoral Statut (de protection) Gestionnaire Espèces présentes Actions de conservation Évaluation de gestion Charifou/Plages ZPG : 2003 Plages : en cours Projet de réglementation Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Relevés des cas de braconnage ; surveillance ponctuelle ; suivi régulier de la fréquentation par les tortues Absence de surveillance nocturne antibraconnage par agents assermentés Papani Plages : en cours Site Naturel protégé par arrêté préfectoral 40/DAF depuis 2005 Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Relevés des cas de braconnage Absence de surveillance nocturne antibraconnage par agents assermentés Passe en S/ Plages & récif Réserve intégrale de pêche créée par arrêté préfectoral 377/AGR depuis 1990 DEAL C. mydas, E. imbricata, C. caretta, D. coriacea Mise en place de bouées d’amarrage Pas de plan de gestion spécifique mais bénéficie du plan de gestion du PNMM Vasière des Badamiers/ Lagune 2002 Domaine public maritime/RAMSAR en 2012 Projet de réglementation Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Programme d’études et de sensibilisation Ramassage ponctuel des déchets Réflexion sur les pratiques de loisir Pas de plan de gestion ; actions de conservation menées par des associations environnementales et des partenaires scientifiques Mangroves Baie de Bouéni, Hajungua, Dapani 2007 Domaine public maritime Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Actions ponctuelles de sensibilisation Ramassage ponctuel des déchets Absence de surveillance de la pratique de la pêche au filet Ilot M’Bouzi/ Récif 2007 Réserve naturelle nationale (décret 2007-105) Les naturalistes de Mayotte C. mydas, E. imbricata Plan de gestion Manque de communication du plan de gestion et de la réglementation Les îlots/Plages & récifs 2009 Domaine public maritime Conseil Général de Mayotte en partie C. mydas, E. imbricata Plan de gestion en cours d’élaboration Pointes du Nord/Plages 2003 Domaine public maritime Conseil Général de Mayotte C. mydas, E. imbricata Relevés des cas de braconnage Suivi régulier de la fréquentation par les tortues Absence de surveillance nocturne antibraconnage Baie de Dzoumonye Longoni/ Mangrove &récif 2007 Domaine public maritime Conseil Général de Mayotte C. mydas - Lagon et ZEE - Parc naturel marin en 2010 (décret 2010-71) Agence des Aires Marines Protégées/ PNMM C. mydas, E. imbricata, C. caretta, D. coriacea, L. olivacea Plan de gestion Récente validation du plan de gestion La Réunion Les plages de La Réunion font l’objet d’une pression forte liée à l’urbanisation, et à une forte fréquentation de jour mais également de nuit. Des facteurs de dégradation existent comme l’érosion des plages. La reproduction y est très faible même si un léger accroissement est sen sible depuis 2004. Depuis 1999, des mesures de restau ration des plages ont été mises en place, mais doivent être pérennisées et étendues. Les habitats côtiers marins font l’objet de mesures de gestion depuis plusieurs années avec la création de la réserve naturelle marine (création en 2007), qui ont Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 75 permis de réguler les usages. Les populations de tortues sur ces habitats de développement et d’alimentation ont bénéficié de ces mesures et montrent un accroissement. Îles Éparses Différents statuts de conserva tion et de gestion s’appliquent dans les Îles Éparses, en parti culier le statut de Parc naturel marin pour les Glorieuses, de ré serve naturelle nationale (créa tion en cours) et de site Ramsar pour Europa, et d’Arrêté Préfec toral de Protection de Biotope pour Tromelin et Bassas da India. Ainsi, dans ces îles, les zones d’occupation des tortues vertes et imbriquées bénéficient de dif férents statuts de protection et/ ou de gestion (voir la Carte 31 p. 75). Ces zonages réglementaires ne prennent pas en compte les espaces de continuité écologique utilisés par ces deux espèces, ce qui peut être dommageable pour la conservation de ces espèces. En effet, le programme DYMITILE et les différents suivis satellitaires réalisés fournissent 4 types de données en ce qui concerne les tortues vertes, pour Europa, Glorieuses et Tromelin (voir la Carte 11 p. 43) : • migrations post-reproduction ; • effets de la saison sur les migrations post-reproduc tion ; • nombre de migrations post-reproduction par ZEE ; • localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux zonages des aires marines protégées. Il en ressort une diversité des sites d’alimentation des tortues vertes, appuyant l’intérêt d’une définition et d’une mise en œuvre d’une gestion et protection à l’échelle régionale, en concertation avec l’ensemble des pays concernés. Par ailleurs, certaines Zones Écono miques Exclusives sont plus concernées que d’autres par le passage de tortues marines en migration post-ponte, notamment Madagascar, le Mozambique, la Tanzanie et les Seychelles. Par contraste, les Zones Économiques Exclusives de La Réunion, de Maurice, de la Somalie et du Kenya semblent moins traversées par les tortues en migration post-ponte (se référer à l’annexe 3 : trajets de migration post-reproduction de tortues vertes balisées à Europa, aux Glorieuses et à Tromelin). Dans ce sens, il est important de sensibiliser l’ensemble des pays dont les ZEE sont traversées par des tortues en migration post-ponte, sur des problématiques en lien avec les captures accidentelles au cours d’opérations de pêche, qu’elle soit artisanale ou industrielle. Enfin, il ressort que seule une faible proportion de tortues s’ali mente in fine dans des aires marines protégées : 27 % seulement des tortues ayant pondu aux Glorieuses et respectivement 33 % et 39 % des tortues ayant pondu à Tromelin et à Europa (se référer à annexe 4). Cela fait ressortir l’’importance de poursuivre les efforts complé mentaires de suivi satellitaire et de protection des aires marines et habitats marins d’importance pour l’alimen tation des tortues. I.5. MENACES ET FACTEURS LIMITANTS Les principales menaces ou facteurs limitants pesant sur les espèces de tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien sont de 5 ordres : • l’accroissement démographique ; Carte 31 : Statuts de protection des Îles Éparses. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie • le développement des activités humaines littorales ; • le braconnage des tortues et de leurs œufs ; • l’impact accidentel ou volontaire de la pêche ; • les changements globaux. La complexité des enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats tient notamment à la diver sité des origines de ces menaces. Les territoires de cette région de l’océan Indien ne sont pas égaux face aux menaces pesant sur les tortues du fait des contextes économiques et socioculturels très différents et des populations de tortues en présence (en intégrant le stade de développement des espèces consi dérées). Ainsi, il apparaît que la mortalité des juvéniles, entre la naissance et le stade de reproduction, est forte (supérieure à 99 %). Toutefois, au regard du fort taux de fécondité, il ressort que cela n’apparaît pas comme pénalisant pour les espèces. À l’inverse, le braconnage des femelles reproductrices au niveau des plages (ex. : Mayotte) ou la destruction des nids (ex. : Mayotte et Réunion) constituent des menaces extrêmement fortes. À titre d’exemple, sur le territoire de Mayotte, le bracon nage constitue la menace la plus importante (Figure 9a et b). À La Réunion, les différentes causes de blessure ou de décès des tortues sont nombreuses et ne font pas nécessairement apparaître de causes principales, même si la pêche semble constituer une menace importante. Les Îles Éparses représentent un cas particulier car elles n’abritent plus d’habitants permanents depuis les an nées 1960. Tromelin compte une station Météo France occupée par trois personnels (Taaf et Météo France), alors que les îles Glorieuses, Juan de Nova et Europa sont habitées par un détachement militaire et de gen darmerie (15 hommes). L’île du Lys, située à 10 km au nord-est de la Grande Glorieuse, est inhabitée. Enfin, Bassas da India et le Banc du Geyser sont inoccupés de par leurs caractéristiques physiques. Cette quasi-absence de présence humaine limite très fortement les menaces qui pèsent directement sur les sites de ponte, ou sur les femelles reproductrices et les juvéniles en phase de développement dans les lagons. En revanche ces même tortues sont succeptibles de faire face à de très fortes pressions de bracconnage lorsqu’elles se rendent sur leurs aires de développe ment ou d’alimentation, comme par exemple à Mada gascar (Humber et al. 2010). Les menaces existantes sont la pollution par les hydrocarbures, les collisions ac cidentelles avec des bateaux, le braconnage, les débris marins, les captures accidentelles liées à la pêche et les menaces naturelles. Du fait de l’absence de population locale, les menaces suivantes ne s’appliquent pas aux Îles Éparses ou bien sont très faibles : • Destruction des habitats pour des projets touristiques ou immobiliers et/ou prélèvements de sable sur les plages ; • Pollution industrielle ou agricole directe (aucune acti vité économique n’a lieu sur les îles, que ce soit dans les secteurs de l’agriculture ou de l’industrie) ; • Circulation de véhicules sur la plage (les rares véhi cules présents sur les îles restent sur les pistes inté rieures) ; • Lumière artificielle comme à Juan de Nova où les bâti ments habités sont suffisamment éloignés des plages de ponte pour que celle-ci soit insignifiante. À Grande Glorieuse et à Europa, la lumière est faible et a un impact géographique limité (camp militaire et de la gendarmerie). À Tromelin, les lumières n’ont qu’un très faible impact ; Braconnage Cause indéterminée Cause naturelle Attaque de chiens Piège macrodéchets Pêche accidentelle Maladie Collision bateaux 20%0% 40% 60% 80% 100% Pêche accidentelle Collision bateaux Cause indéterminée Maladie Braconnage Piège macrodéchets Attaque de chiens Cause naturelle 20%0% 40% 60% 80% 100% Figure 9 a et b : a) Causes de mortalité et de détresse recensées par le REMMAT à Mayotte (Réseau Echouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines) en 2011 et 2012 sur un échantillon de 232 tortues marines (d’après Wagner et al. 2012, Guilleux et al. 2013) ; b) Causes de blessures ou de décès de 164 tortues arrivées au centre de soins Kélonia à La Réunion. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 77 • Prédateurs errants comme les chiens et chats, quasi absent et concernant notamment les chats errants de Juan de Nova qui n’ont jamais été vus s’attaquant aux nids de tortues ; • Déforestation du littoral. I.5.1. menaces D’orIgIne anthropIque I.5.1.1. Le braconnage Le braconnage, visant la viande de tortue ou les œufs, est très répandu dans les pays du SOOI à l’exception de l’Afrique du Sud et des territoires français de l’océan Indien (exception faite de Mayotte) où les cas de bra connage restent relativement rares et ne sont pas sup posés avoir un impact significatif sur les populations. Au Mozambique par exemple, l’exploitation des œufs, de la viande de tortue ou des carapaces est considérée comme la principale menace qui pèse sur les tortues (Costa et al., 2007, Videira et al., 2008). Ce braconnage est aussi reconnu pour être une menace forte aux Sey chelles (Mortimer 2004, 2006) et aux Comores (ADSEI, données non publiées) où la principale espèce impac tée par cette activité est la tortue verte. Le braconnage est très important à Madagascar (Rakotonirina & Cook, 1994 ; Ciccione et al., 2002) et l’activité de collecte des œufs semble prendre une place importante dans cer taines communautés (Lilette, 2007). Le Kenya, la Tan zanie et Maurice souffrent également de cette menace, même s’il semble que ces impacts soient moins impor tants que ceux de la pêche (Wamukoya et al., 1997 ; Albion, données non publiées). Les tortues ne sont pas inféodées à un territoire mais migrent à travers le sud-ouest de l’océan Indien pour se nourrir et se reproduire. Ainsi, une tortue pondant à Europa y sera préservée du braconnage, ce qui ne lui garantira pas une protection sur son aire d’alimentation à Madagascar, par exemple. En effet, la récente étude DYMITILE (Dynamique Migratoire des Tortues marines nidifiant dans les Îles françaises de l’océan Indien – 2008/2012) menée par Kélonia et l’Ifremer a montré que les tortues vertes femelles, lorsqu’elles sont présentes sur leur aire d’alimentation, ont 23 % de risque d’être capturées (Dubernet et al., 2013). Ainsi, entre 2008 et 2012, l’étude a permis de montrer le braconnage de cinq tortues équipées de balises. Sur les cinq tortues braconnées, l’une avait été marquée aux Glorieuses et a été retrouvée braconnée à la Grande Comore en 2008, la deuxième, marquée à Europa, a été retrouvée en Tanzanie en 2010 et la troisième, une tortue verte juvénile, a été capturée à Madagascar en 2011, deux mois après avoir été marquée à Europa (Dubernet et al., 2013). Dans ce contexte, on voit donc toute l’importance que représentent les sites de ponte protégés. Mayotte À Mayotte, le braconnage des tortues marines est la menace principale pesant sur les tortues marines (es timé à 84 % des causes de mortalité - Guilleux et al. 2013, voir Figure 10 p. 78). Le braconnage des femelles nidifiant sur les plages est considéré comme la plus importante des menaces directes. Jusqu’en 1986, la tortue imbriquée aurait été tuée occasionnellement sur les plages de ponte pour sa carapace et ses écailles, commercialisée par des mar chands indiens (Frazier, 1980 ; Bonnet, 1986). Depuis, aucun commerce d’écaille n’est recensé sur l’île, le bra connage concerne principalement la tortue verte et très occasionnellement la tortue imbriquée, et cible princi palement la consommation et la vente de la viande. Des filières de distribution sont illégalement organisées et permettent des bénéfices importants, puisque les 50 à 100 kg de viande que procure un seul individu se vendent de 5 à 7 €/kg. Cette consommation n’est liée ni à une pénurie alimentaire (bien qu’existante chez des pays voisins), ni aux traditions culturelles. De façon gé nérale, aux Comores, les principes religieux islamiques basés sur l’école de l’imam Shanfi placent les gibiers et les animaux amphibies dans la catégorie des animaux dévalorisés et interdits à la consommation (Lilette, 2007). Toutefois, l’interdit religieux serait de moins en moins respecté, et l’objection à consommer de la tortue imbriquée repose en grande part sur la seule connais sance de sa toxicité occasionnelle. Depuis 2005, les actes de braconnage des femelles nidi fiantes se répartissent sur une cinquantaine de plages (Figure 11, p. 78). De 2007 à 2012, ils sont princi palement réalisés sur les plages du sud-est (Charifou, Saziley), de Petite Terre (Papani, Poudjou, Aéroport océan), du nord-ouest (Apondra, Mtsoumbatsou, Chanfi, Chanfi titi), du Nord-Ouest (Préfet, Ilot Mtsamboro), et du Centre-Ouest (Mtsanga Nyamba) (Quillard en prepr). Une enquête menée auprès des pêcheurs a permis d’évaluer le nombre de tortues braconnées durant une année, variant de 80 à plus de 430 tortues vertes bra connées sur les plages par la population de pêcheurs embarqués (estimée entre 1 500 et 3 500 hommes) (Pusineri & Quillard, 2007). Face à la nécessité de mettre en place une structure coordinatrice du suivi sur le long terme des causes de mortalité des tortues marines, et notamment du bra Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie connage, le Réseau Échouage Mahorais de Mammifères mains et de Tortues marines est créé en 2010 (REMMAT, voir ci-après). Au cours de l’année 2012, 96 cas de bra connage ont été recensés par le réseau (Guilleux et al. 2013). Les variations mensuelles du nombre d’actes de braconnage apparaissent étroitement liées au rythme de fréquentation des plages de pontes par les tortues vertes (Figure 11). Grâce au recensement des carapaces abandonnées en arrière-plage, le braconnage des femelles nidifiantes est souvent plus visible que les captures volontaires réalisées en mer (Figure 12). Des enquêtes auprès des pêcheurs, des constats de tor tues fléchées, ainsi que l’observation de villageois en action de nage et de recherche de tortues marines à l’aide d’un harpon, confirment l’existence de captures (ou tentatives) volontaires en mer de tortues vertes et imbriquées dans le lagon. La Réunion À La Réunion, depuis l’arrêt de l’élevage en ranch (ferme CORAIL) et sa transformation en centre de sensi bilisation et de recherche, la consommation de tortues n’est plus courante. Toutefois quelques tortues bracon nées sont encore constatées comme en 2010, où une tortue verte juvénile a été tuée (Figure 13, pp. 79). Îles Éparses Le braconnage n’existe pas à la Grande Glorieuse, à Juan de Nova et à Europa où la présence militaire dissuade les braconniers. L’accès difficile à Tromelin limite très for tement les possibilités de braconnage où cette activité illicite n’a jamais été constatée. À Bassas da India, malgré le faible nombre d’études scientifiques menées sur les tortues marines, il semblerait qu’il n’y ait pas d’herbiers susceptibles de nourrir des tortues juvéniles, ce qui rend peu probable l’existence d’activités de braconnage. Enfin, aucune information ne permet de dire s’il existe ou non une activité de braconnage au banc du Geyser. En revanche, l’île du Lys, bien que non loin de la Grande Glorieuse, sert parfois d’abri à des pêcheurs. Des actes de braconnage sur les tortues en âge de pondre ont été constatés, comme en attestent plusieurs procès verbaux dressés par les gendarmes en détachement sur Grande Glorieuse. Aucune information ne permet de savoir si les œufs y sont braconnés. Le détachement militaire n’ayant pas de moyens en mer pour patrouil ler dans le lagon, leurs passages sur cet îlot sont très occasionnels et ce braconnage est donc impossible à contrôler en l’état. Figure 10 (graphique ci-dessus) : Évolution du nombre mensuel de tortues mortes ou en détresse recensées par le REMMAT en 2012. En jaune la période approximative du pic de ponte. Figure 11 (carte ci-dessus) : Sites de captures volontaires (braconnage) et accidentelles (pêche) de tortues marines recensées depuis 2005 sur le littoral et dans le lagon de Mayotte. Compilation des données de Pusineri & Quillard 2008, Quillard 2013, Wagner et al., 2012) 40 35 30 25 20 15 10 5 0 jan vie r fév rie r ma rs av ril ma i jui n jui lle t ao ût se pte mb re oc tob re no ve mb re dé ce mb re N om br e de c as re ce ns és autres causes et indéterminées braconnage gradient croissant de fréquentation des plages par les tortues marines Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 79 En rapportant ces rares faits de braconnage à la popu lation de femelles en ponte sur le territoire des Îles Éparses, il apparaît que la menace pesant sur ces tor tues reste très faible. I.5.1.2. La pêche De manière générale, en considérant l’ensemble des espèces de tortues marines, la pêche artisanale ou industrielle est probablement la principale menace qui pèse actuellement sur les tortues marines dans le sud ouest de l’océan Indien. Les préoccupations environ nementales et économiques sur l’impact de la pêche sur la mégafaune marine sont croissantes, surtout dans les pays où la pêche est une importante source écono mique. La pêche peut altérer les habitats et perturber la structure des communautés en augmentant la mortalité et en modifiant sa composition, et affecte par consé quent l’ensemble de l’écosystème (Jennings & Kaiser, 1998 ; Hall et al., 2000 ; Jackson et al., 2001 ; Garcia & Cochrane, 2005 ; Pauly et al., 2005). Les captures ac cessoires ou accidentelles ont été identifiées comme l’une des premières causes du déclin de la mégafaune marine (Lewison et al., 2004). Les grands vertébrés ma rins, comme les tortues marines, mammifères marins et oiseaux de mer, ont peu ou pas de valeur commerciale, mais sont affectés par les activités de pêche en s’em mêlant ou s’accrochant accidentellement aux différents engins de pêche (Hall et al., 2000). Dans le cas du SOOI, 4 rapports font un bilan détaillé de ces interactions et de leurs impacts (FAO, 2006 ; Bourjea et al., 2008 ; Claro et al., 2010 ; Nel et al., 2012). Figure 12 : Constat de braconnage, carapaces retrouvées en arrière-plage et détruites après recensement. © T. Crocetta Figure 13 : Cas de braconnage à La Réunion : La tortue Minus, retrouvée morte au cap Lahoussaye. © R. Ravon Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Pêche industrielle La pêche industrielle et semi industrielle dans le SOOI est représentée par 3 pêcheries : la pêche à la senne tournante pélagique, la palangre dérivante de surface et le chalutage à crevette. Étant interdit dans toutes les petites îles de la région, le chalutage se cantonne à Madagascar et aux pays est africains. Cette activité est toujours une menace importante au Mozambique, sur le Sofala Bank où 2000-5000 tortues sont capturées par an (Gove et al., 2001). Cependant l’introduction de Dispositifs d’Exclusion des Tortues (DET) dans la majo rité des autres pays a permis, semble-t-il de diminuer considérablement les captures (Rakotonirina et al., 2006 ; FAO, 2006). Les thoniers senneurs océaniques en activité dans le SOOI (essentiellement composés de navires espagnols et français) ont également un impact sur les tortues marines en phase pélagique (immatures et adultes) mais une récente étude a démontré que cet impact restait relativement mineur avec moins de 50 tortues mortes par an (Clermont et al., 2012). Enfin, les palangriers représentent probablement la plus grande menace pour les tortues marines. À titre d’exemple, l’équipe de Lewison (et al., 2004) a estimé que plus de 200 000 tortues caouanne étaient capturées acciden tellement tous les ans par ce type de pêcherie dans le monde. Peu de données sont actuellement disponibles pour le SOOI. La seule étude sérieuse a été menée en Afrique du Sud (Petersen et al., 2009) et a révélé des niveaux de captures accidentelles de tortues marines importants (2256 observations en 8 ans). En considé rant que l’activité palangrière en océan Indien (autour de 500M d’hameçons) est extrêmement élevée dans le SOOI (CTOI, 2012 ; Evano & Bourjea, 2012), l’impact potentiel sur les tortues marines peut être considéré comme très important. Pêche artisanale Cette activité à très petite échelle peut avoir un grand impact sur les tortues marines, potentiellement plus important que la pêche industrielle. Une étude récente estime que presque 6000 tortues marines sont captu rées chaque année au Pérou par la petite pêche artisa nale locale (Alfaro-Shigueto et al., 2011). Dans le cas du SOOI, une autre étude récente a montré que les cap tures annuelles de tortues marines dans la seule pro vince de Tuléar (sud-ouest de Madagascar) s’élèverait entre 10 000 et 16 000 individus (Humber et al., 2010), et ce constat est facilement transposable à la majorité des pays du SOOI. Ces principales menaces se traduisent notamment par certains outils de pêche : les sennes de plages et filets artisanaux au Mozambique (Louro et al., 2006), les filets de type ‘Jarife’ et ‘Sinia’ en Tanzanie et au Kenya (Okemwa et al., 2004 ; Sobo et al., 2008), les filets et harpons à Madagascar (Hughes, 1981 ; Ra kotonirina & Cooke, 1994 ; Lilette, 2007 ; Rakotonirina, 2012), les filets à maille fine aux Comores (ADSEI, don nées non publiées), et les lignes à main aux Seychelles (Mortimer, 1998). Cas sur les différents territoires : • Mayotte À Mayotte, la pêche est essentiellement artisanale et se pratique par plus d’un millier de pêcheurs embarqués (Pusineri & Quillard, 2008). Ainsi, 78 % de la flottille sont des pirogues non motorisées dédiées à une pêche familiale occasionnelle dans le lagon ou sur la pente externe du récif barrière (Herfaut, 2006). Des barques motorisées, soit 19,5 % de la flottille, permettent de pêcher plus au large. La palangrotte, les filets et la pêche à la traîne sont les méthodes les plus fréquem ment utilisées (Fouquet, 2001 ; Herfaut, 2006 ; Pusineri & Quillard, 2008). L’usage des filets, régulièrement re mis en question, est réglementé dans le lagon depuis 2004 : la pratique est interdite dans les chenaux des mangroves, à l’aplomb des récifs coralliens vivants, en zones d’herbiers et sur les voies de circulation maritime. Sont également interdites dans le lagon par arrêté pré fectoral, la chasse sous-marine, la pêche à la dynamite et la pêche toxique (par empoisonnement à l’uruva). Les outils de pêche les plus fréquemment responsables des captures accidentelles de tortues marines sont la palangrotte et le filet (Pusineri & Quillard, 2008). D’après une enquête menée en 2007 auprès de 406 pêcheurs (provenant de 41 villages de pêcheurs sur 57 recensés), la palangrotte, technique de pêche traditionnelle la plus utilisée à Mayotte, serait responsable de 73 % des cap tures accidentelles (Pusineri & Quillard, 2008). Bien que l’utilisation des filets soit relativement moins courante dans le lagon, cette pratique serait responsable de 18 % des captures et de 33 % des cas de mortalité par engin de pêche (contre 17 % par la traîne et 4 % pour la palangrotte). Parmi les captures accidentelles docu mentées, 42 % ont eu lieu sur herbier et 41 % en pleine eau. Des études plus récentes révèlent également que des tortues sont encore régulièrement piégées par des filets de pêche ou pêchées accidentellement à la palan grotte (Madi, 2012 ; REMMAT, en prep.). Selon l’estimation du nombre total de pêcheurs embar qués sur l’île (1 500 pêcheurs selon la DMSOI, contre 3 516 pêcheurs selon INSEE 2003 et Huet et al. 2004), 111 à 256 tortues marines seraient victimes de captures involontaires chaque année (80 % tortues vertes, 20 % Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 81 tortues imbriquées ; Pusineri & Quillard, 2008). La pêche accidentelle est donc une des causes de mortalité im portante des tortues marines identifiée à Mayotte. Elle résulte en grande partie du non-respect de la règlemen tation relative à l’usage du filet maillant dans le lagon, de l’absence de techniques de pêche alternatives au filet et de l’absence d’une structure de soins pour tortues ma rines. Ces dernières années, d’autres observations révèlent la capture accidentelle de plusieurs tortues luth et caouanne et d’une tortue olivâtre dans le périmètre de la ZEE. • La Réunion La mise en place d’un partenariat entre les pêcheurs volontaires et le centre de soins de La Réunion permet de réduire sensiblement l’impact des captures acciden telles par les pêcheries palangrières. Les tortues cap turées sont transférées au centre de soins pour retirer les hameçons et relâcher les tortues après cicatrisation. Entre 2007 et 2011, 56 tortues capturées accidentelle ment par la pêcherie palangrière réunionnaise ont été amenées au centre de soins suite à une prise acciden telle dont la plupart étaient des tortues caouanne (Dal leau et al., in prep). On note également que la tortue olivâtre est également capturée accidentellement par cette pêcherie, un événement qui reste cependant rare (en moyenne 3 par an). Le taux de capture ou de mor talité lié à la flotte palangrière réunionnaise est assez faible et ne semble pas représenter un réel danger pour les populations de tortues marines (Bourjea et al., 2003). Il en est de même pour le taux de capture par unité d’effort (Bourjea et al., 2003) qui, pour la tortue luth (0,0004 tortues/1 000 hameçons), est bien infé rieur au taux enregistré par les navires sud-africains (de l’ordre de 0.01 tortues/1 000 hameçons) opérant dans l’océan Indien (Petersen et al., 2009). Par contre, d’autres tortues capturées accidentellement par les lignes à main traditionnelles (pêche côtière) ont été ramenées au centre de soin, mais ces événements restent mineurs (quelques tortues par an). Les stades pélagiques de tortues caouanne et olivâtres présentent systématiquement des lésions au niveau de la carapace dont la cause n’a pu être déterminée à ce jour. Cependant, ces lésions disparaissent durant le sé jour en centre de soins. Il est à signaler que 100 % des caouanne avaient des débris plastiques dans leurs fèces. • Îles Éparses Comme dans la majorité des pays du sud-ouest océan Indien, la principale interaction entre activités hu maines et tortues marines dans les Îles Éparses est la pêche (Bourjea et al., 2008 ; Bourjea et al., 2009b). Les captures accidentelles de tortues marines autour de ces îles sont uniquement dues à l’activité des palangriers pélagiques et des thoniers senneurs océaniques opé rant dans la ZEE des Îles Éparses. Afin de réduire les maillages et la mortalité, les Taaf ont modifié leurs prescriptions techniques en mars 2010 et ont interdit, depuis le 1er janvier 2011, l’utilisation de DCP dérivants comportant des risques d’emmêle ment d’espèces non ciblées comme les tortues marines. Les DCP ne sont désormais plus censés être fabriqués à partir de filets maillants, ce qui est pourtant encore régulièrement constaté (y compris sur des DCP dits « écologiques » pour lesquels les parties en filet sont au départ « boudinées » mais se défont au cours du temps). L’abandon de DCP (radeau sans balises) a éga lement fait l’objet d’une interdiction dans les prescrip tions techniques des Taaf en 2012, dans la perspective de limiter la multiplication des radeaux vieillissants abandonnés et potentiellement pêchant dans les ZEE des Îles Éparses. En parallèle, les Taaf ont mis en place en 2008 un pro gramme d’observateurs visant entre autres à surveiller les niveaux de capture accidentelle de tortues marines par les palangriers et senneurs ainsi que les taux de mortalité qu’ils engendrent. Ces données permettent de constater que les taux de captures sont très faibles (environ une dizaine d’individus chaque année) et la majorité des tortues capturées sont relâchées vivantes. I.5.1.3. Le développement des activités humaines Hormis l’Afrique du Sud, Maurice et les territoires fran çais de l’océan Indien, l’ensemble des pays du SOOI sont des pays en développement. Des pays comme le Mozambique, la Tanzanie ont vu leur population croitre de manière significative ces 30 dernières années. Une croissance associée à un développement galopant et souvent non structuré de la bande côtière, fragilisant trop souvent les habitats naturels des tortues marines (plages, dégradation des habitats d’alimentation et de développement). L’ouverture de ces pays à l’économie mondiale et à l’exploitation à grande échelle de res sources naturelles a également contribué à accroître les menaces pesant sur les tortues et leurs habitats. À titre d’exemple, le plus grand gisement au monde de gaz naturel vient d’être découvert (en 2011) dans le Nord du Mozambique (région des Quirimbas) attirant les lobbies pétroliers du monde entier et entraînant un développement intensif et non raisonné de la région de Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Pemba et une très probable et importante dégradation des habitats marins côtiers. Le développement des lit toraux des pays du SOOI est peut-être l’une des causes de l’absence d’importants sites de reproduction pour les tortues marines que l’on rencontre essentiellement sur des îles (e.g. mafia en Tanzanie, les Barrens à Madagas car) souvent isolées (e.g. les Îles Éparses, les îles coral liennes Seychelloises). Mais là encore, l’important déve loppement touristique qu’a connu cette région ces vingt dernières années a favorisé la construction, parfois illé gale et souvent sans tenir compte de l’environnement, de grands hôtels de luxe sur des plages de pontes de tortues marines. Même si certaines ONG internationales ou locales ont souvent profité de ces implantations pour travailler de concert avec les structures hôtelières pour la préservation de ces espèces, trop souvent l’impact final a été négatif pour les tortues marines. La destruction des habitats de ponte ou d’alimentation La destruction des ressources alimentaires des tortues vertes et des tortues imbriquées résulte principalement d’activités humaines exercées sur les herbiers marins ou les récifs coralliens. Les conditions environnementales des plages influent ainsi directement sur le succès repro ducteur des tortues marines (succès de ponte et d’émer gence). La végétation littorale joue un rôle important, notamment dans le maintien du haut de plage, dans la régulation de l’échauffement des nids au soleil, et dans l’atténuation des nuisances lumineuses d’arrière-plage. Or, sur certains sites de ponte, l’activité touristique (feu, piétinement, déchets) et les défrichements intensifs ont conduit à la réduction et au recul de la végétation. Les Îles Éparses, presque inhabitées, ne sont pas ou très peu concernées par ce problème. À Mayotte, l’envasement et la détérioration des herbiers marins et récifs coralliens menacent indirectement les tortues marines par l’altération de leurs habitats nourri ciers. Ce phénomène est une conséquence de l’emploi de techniques agricoles « agressives » (cultures sur brû lis et sur sols très pentus où 3 800 ha sont cultivés sur des pentes fortes) qui sont associées au défrichement de la végétation naturelle (pour l’augmentation des sur faces cultivables), et qui entraînent une érosion impor tante des terres arables lors des fortes précipitations. Ce phénomène augmente la charge particulaire des eaux du lagon, diminuant la pénétration de la lumière dans la colonne d’eau, et qui accélère la sédimentation des particules fines sur le fond. À La Réunion, la dégradation des habitats d’alimenta tion et de développement est également constatée, avec un récif corallien soumis à de fortes pressions an thropiques. Perturbation intentionnelle L’urbanisation du littoral, le tourisme et la fréquentation des lieux occupés par les tortues sont autant de menaces pouvant perturber leur cycle de vie. Ainsi à Mayotte, près de 30 % des plages de l’île sont dégradées, principale ment sous la pression des activités humaines (déverse ment d’eaux usées, dépôts de déchets, etc. ; De La Torre et al., 2008) et à La Réunion, un tiers des platiers récifaux sont considérés comme fortement dégradés. D’autant plus que le tourisme est en augmentation dans les deux îles (Figure 14a et b). Le piétinement des plages de ponte par les baigneurs 2013 2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 1998 2013 2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 1998 0 10000 Nombre annuel de touristes à Mayotte Nombre annuel de touristes à La Réunion 20000 30000 40000 50000 0 50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000 400000 450000 500000 Figure 14 a et b : Évolution de la fréquentation touristique a) de Mayotte (tourisme d’agrément, d’affaire, affinitaire et d’autres motifs). D’après : Insee - CDTM - Enquêtes Flux touristiques à Mayotte 2006 à 2012 ; b) Évolution de la fréquentation touristique à La Réunion. D’après : IRT- Insee, Enquête flux touristique à La Réunion entre 2005 et 2012. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 83 et les pêcheurs à pieds entraîne un tassement du sable et le rend plus compact, ce qui peut accroître les diffi cultés des bébés tortues pour sortir du nid et remonter à la surface. À Mayotte, l’accroissement important de la fréquen tation par le public des habitats des tortues marines, témoigne de la capacité d’attraction des tortues ma rines auprès du public et des touristes en particulier. Les plages de ponte mahoraises de Moya et Grande Saziley accueillent respectivement 6 500 et 3 500 visiteurs de nuit/an (Quillard, en prep), et le site de N’Gouja 45 000 visiteurs de jour/an (PAGE-N’Gouja, 2012). Or, la per turbation intentionnelle des animaux au sein de leurs habitats est aujourd’hui un phénomène récurrent, no tamment sur les plages de ponte, et révèle un manque important de mesures de sensibilisation et d’encadre ment du public. Face au développement économique de l’île et à la forte croissance démographique de la population, le faible nombre de sites aménagés sur le littoral pour accueillir des activités récréatives (jeux de plage, baignade) semble insuffisant pour prévenir la dégradation de certains habitats majeurs de tortues marines sur-fréquentés par le public. À La Réunion, le tourisme, bien plus important qu’à Mayotte, est en augmentation, ainsi que les infrastruc tures qui y sont associées, ne facilitant pas le retour de populations reproductrices sur les plages réunionnaises. Enfin, aux Îles Éparses, malgré la faible présence hu maine, au cours des relèves militaires, il est fréquent que le personnel détaché sur les îles profite du spectacle des pontes de tortues. Malgré le respect des consignes données par le gendarme (éviter flash d’appareil photo, les contacts, etc.), le nombre élevé de personnes peut conduire au dérangement des tortues. Il est donc néces saire de mettre en place une mesure de sensibilisation efficace. Risques de collisions Ce phénomène est en lien avec l’augmentation de la fréquentation des plages et des espaces littoraux, et du nombre d’embarcations nautiques (opérateurs tou ristiques, flotte de plaisance, pêcheurs). Le risque de collision avec les tortues marines est lié à la présence des embarcations. Les hélices de bateaux ont un effet destructeur qui cause des blessures souvent mortelles. Les délimitations par bouées d’amarrage et de zones de mouillages restent insuffisantes. Des activités de plage comme le kitesurf par exemple à Mayotte, sont principa lement pratiqués sur les platiers qui accueillent de nom breuses tortues vertes. Aujourd’hui, aucune délimitation Figure 15 : Une tortue verte (Chelonia mydas) percutée par une hélice de bateau à La Réunion. © S. Ciccione Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie spatiale (balisage, chenal) de la pratique n’est appliquée. Aux Îles Éparses, aucun bateau ne circule dans les lagons de Grande Glorieuse, Juan de Nova et Europa, ni dans les eaux côtières de Tromelin, sauf quelques bateaux scientifiques occasionnels sur autorisation préfectorale. Bassas da India, le banc du Geyser et l’île du Lys ne faisant pas l’objet d’une surveillance permanente (passage occasionnel de navires de patrouille de la Marine Nationale), aucune donnée n’est disponible pour évaluer l’impact potentiel ou réel de la circulation de bateaux sur les tortues. En ce qui concerne les navires de pêche ou autres na vires de grande taille circulant dans les ZEE, aucune donnée ne permet de savoir si des collisions ont lieu et l’ampleur de la menace. I.5.1.4. La pollution Pollution par hydrocarbures Malgré la Convention MARPOL, dont les annexes I à III réglementent, préviennent et contrôlent les pollutions par l’huile, par des substances liquides nocives et par des substances nuisibles transportées par la mer sous forme de paquets, des dégazages sont encore constatés dans le canal du Mozambique. Ceux-ci représentent une menace potentielle mais réelle pour les aires d’alimen tation et les plages de ponte, comme ce fut le cas avec la pollution constatée à Juan de Nova en 2006. La micro-pollution des masses d’eaux Un développement urbain important et une gestion des eaux usées non maîtrisée ont accentué les pres sions sur la ressource en eau. Le mauvais assainisse ment des eaux des zones urbanisées provenant des rejets domestiques, des rejets agricoles et industriels ou de la résurgence des nappes phréatiques polluées, la mauvaise gestion des déchets et certaines pratiques culturelles (lessive en rivière) sont autant de sources de pollution. Celles-ci affectent les milieux aquatiques dans lesquels se retrouvent, outre les éléments nutritifs issus de la biodégradation des matières organiques, de fortes teneurs en phosphores et phosphates, des traces d’hydrocardures et des micropolluants issus de macro déchets en plastique (DIREN, 2009 ; SDAGE, 2009 ; Winc kel & Jaouen, 2010). La Réunion et Mayotte sont des îles aux réseaux hydro graphiques particuliers composés de cours d’eau tem poraires et de rivières permanentes dont le débit est variable selon les épisodes pluvieux. Le littoral et le lagon correspondent aux zones réceptrices des apports terrigènes et eaux polluées des cours d’eau. Il existe ainsi une forte corrélation entre l’apport terrigène issu des zones terrestres et les apports en sels nutritifs, en matière organique et en micropolluants dans le lagon ou sur les littoraux (DIREN, 2005 ; SADGE, 2009). À Mayotte, la moitié des masses d’eau marines du lagon sont de qualité moyenne et un quart d’entre elles sont qualifiées de médiocre. À La Réunion, hormis dans la zone sud-est où les masses d’eau sont jugées en bon état, l’état de l’eau du milieu littoral est globalement mauvais à moyen (DIREN, 2009). L’impact prépondérant de cette situation est l’altération de l’environnement lagonaire et la dégradation des récifs coralliens frangeants (Porcher et al., 2002 ; Wickel & Thomassin, 2005 ; PARETO & ARVAM, 2006 ; Ahamada et al., 2008 ; Dinhut et al., 2008). Outre la menace exercée sur les habitats de tortues marines, l’impact de la pollution des masses d’eaux sur l’état sanitaire des populations de tortues marines n’est pas connu. Les Îles Éparses ne sont pas ou très peu concernées par ce problème. Les macrodéchets Ce type de déchets est largement représenté en mer, et constitue une menace non négligeable pour les tortues marines, en particulier lors de leur phase pélagique. La répartition des macrodéchets suit les courants océa niques principaux, entraînant des concentrations impor tantes dans certains secteurs. L’ingestion de macrodéchets marins est fréquente chez les tortues marines (Hofer, 2008 ; Claro & Hubert, 2011). Elle intervient soit par ingestion accidentelle soit par confusion avec une source alimentaire. Elle peut pro voquer des lésions internes et obstruer le tube digestif. 100 % des tortues caouanne recueillies par le centre de soins de Kélonia présentent des débris en plastique dans les fèces, et des cas de mortalité par ingestion de débris et cordage ont été constatés chez des tortues vertes et imbriquées à La Réunion. Figure 16 : Représentation des couches de déchets plastiques flottant à la surface des océans (en jaune) à l’intérieur de vortex océaniques (flèches) (GTMF-NOAA, 2011) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 85 La pêche fantôme, qui correspond à l’enchevêtre ment d’un animal marin dans du matériel de pêche volontairement ou accidentellement abandonné, est également une des causes de mortalité par noyade. Même si il y a peu de déchets sur les Îles Éparses, les courants marins, les houles et les marées apportent bon nombre de macrodéchets sur les plages (bouteilles en verre et en plastique, bouchons, savates, morceaux de polystyrène, vêtements, fer, etc.). Aux Glorieuses, à Juan de Nova et à Europa, les déchets sont en partie ramassés par le gendarme en détachement lors de ses patrouilles quotidiennes. Ces débris sont soit stockés pour évacuation avec les déchets du camp militaire, soit brûlé dans le cas de déchets organiques. À Mayotte, des quantités importantes de macrodéchets ont été recensées dans les milieux aquatiques (Picot et al. 2011) et sont à l’origine d’occlusions intestinales chez des tortues imbriquées (Quillard, 2011) ou de pêches fantômes de tortues marines. L’absence d’application d’un plan de gestion des déchets favorise la dispersion des déchets et la prolifération d’oiseaux, prédateurs des œufs et nouveau-nés de tortues marines. À La Réunion, des tortues sont régulièrement recueillies au centre de soin après ingestion de macrodéchets. À titre d’exemple, sur 53 individus soignés à Kélonia entre 2005 et 2010, 17 avaient ingérées des macrodéchets, concernant principalement les tortues caouanne et vertes. Les déchets trouvés dans le système digestif des animaux sont en majorité des fragments de plastique. Pour remédier à cette menace, des actions de sensibili sation ou de nettoyage sont régulièrement entreprises auprès des usagers de la mer (Kélonia, RNMR, etc.). La pollution lumineuse La pollution lumineuse des sites de ponte représente une menace directe pour les nouveau-nés de tortues marines qui possèdent une sensibilité aiguë à la lu mière et utilisent principalement la lumière et d’autres signaux visuels (couleur, forme) pour localiser la mer après l’émergence (Salmon & Witherington, 1995 ; Witherington & Martin, 1996). La lumière artificielle en bord de plage pourrait donc être source de perturba tion pour les tortues qui ont plus de chance de se faire prédater. De plus, les femelles préférant en général des plages non éclairées pour pondre, peuvent se retrou ver plus nombreuses sur ces plages et ainsi détruire des nids creusés précédemment par manque de place. Elles peuvent aussi être dérangées par une lumière mobile au cours de la ponte et s’arrêter et retourner à la mer (Claro & Bardonnet, 2011). Cette nuisance qui concerne les populations nidifiantes de La Réunion mais également de Mayotte, où un risque d’accentuation existe au cours des années à venir en raison d’une urbanisation croissante du littoral et du développement de structures touristiques en arrière de plage (25 % des populations pour La Réunion et 30 % pour Mayotte selon Claro & Bardonnet, 2011). À Juan de Nova, les bâtiments habités sont suffisam ment éloignés des plages de ponte pour que celle-ci soit insignifiante. À Grande Glorieuse et à Europa, la lumière du camp militaire et de la gendarmerie, res pectivement, est faible et a un impact géographique limité. À Tromelin, les lumières n’ont qu’un très faible impact. I.5.1.5. Prédation par les chiens errants La prédation des tortues marines par les chiens errants cible les œufs, les nouveau-nés et les femelles nidi fiantes. Elle est surtout sensible à Mayotte, et à La Réu nion où la présence de chiens sur les plages constitue un dérangement pour les femelles en ponte. Depuis 2002, près d’une trentaine de femelles ont été recen sées mortes suite aux morsures infligées par des chiens à Mayotte (Wagner et al., 2012 ; Quillard, en prep.). De septembre 2010 à août 2011, l’inspection d’une cin quantaine de plages mahoraises réalisée tous les 15 jours par les agents du Conseil Général fait état de 149 nids détruits par les chiens. Les chats errants de Juan de Nova n’ont jamais été vus s’attaquant aux nids de tortues. I.5.2. menaces naturelles I.5.2.1. La dégradation naturelle des habitats d’espèces Les houles australes et cycloniques La dégradation des habitats, et notamment des habitats de reproduction pour la tortue verte est la principale menace des populations à La Réunion où les pontes ne sont plus observées que sur des plages peu fréquentées et très étroites, extrêmement sensibles aux houles aus trales et cycloniques qui entrainent la destruction des nids. Il est donc important de noter que les cyclones, dont il est prévu un renforcement de l’intensité dans l’avenir (Legoff, 2010), sont susceptibles de causer une destruc tion de nids et une dégradation considérable et durable des herbiers et récifs coralliens ainsi que des plages. C’est le cas d’un site à Europa où une plage a été très dégra dée par la saison cyclonique 2012/2013 (comm. pers. Jérôme Bourjea, Ifremer). Cela s’est également produit à Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie La Réunion où plusieurs nids ont été détruits ou déplacés en raison des fortes houles (Ciccione et al., 2008). L’érosion La dynamique des plages a été étudiée en 2003 au cours d’une mission scientifique à Grande Glorieuse (Troadec, 2004). Il a été mis en évidence 2 dynamiques différentes, l’une d’accrétion, sur les plages de la côte Nord-Ouest, l’autre d’érosion, sur la côte Nord-Est et la pointe Sud. Cette dynamique n’est pas stable dans le temps mais montre tout de même que certaines plages présentent un risque d’érosion plus élevé que d’autres, en fonction des courants marins notamment, comme c’est le cas à La Réunion (BRGM, 2004). I.5.2.2. La prédation naturelle Les œufs et les juvéniles de tortues ont beaucoup de prédateurs sur les plages ou pendant la phase juvé nile pélagique : crabes, oiseaux marins ou poissons carnivores semblent avoir un impact conséquent sur le renouvellement des populations de tortues vertes (Fra zier, 1975 ; Barret, 2008). Cependant, cette menace est d’ordre naturelle, les œufs, nouveau-nés et juvéniles faisant partie du régime alimentaire des prédateurs et qui permet le maintien de ces populations. Parmi les prédateurs naturels, les oiseaux peuvent venir chasser les nouveau-nés (cas des oiseaux marins dans les Îles Éparses, du Corbeau-pie à Mayotte), tout comme cer tains gros prédateurs marins (cas des requins). Une autre menace indirecte est le dérèglement des éco systèmes et les changements dans les chaînes alimen taires, certains prédateurs des tortues pouvant alors anormalement se développer et impacter plus que de normal les tortues marines. L’introduction d’espèces exotiques comme les rats, chats et chiens présente aus si un impact significatif sur les nids et les émergences, et concerne l’ensemble des territoires. La prédation par les rats et les chats est observée sur les Îles Éparses. En revanche, à partir d’une certaine taille (environ 80 cm), elles n’ont plus de prédateurs notables mais peuvent être chassées par de grands requins (essentiellement des requins tigres). I.5.2.3. État sanitaire des populations de tortues marines Différentes maladies parasitaires concernent les tortues marines. La fibropapillomatose constitue l’une des plus importantes et suivies (voir figure 18 p. 87 et enca dré ci-dessous). La fibropapillomatose La fibropapillomatose est une maladie épizootique néoplasique, caractérisée par la présence de lésions prolifératives cutanées, simples ou multiples, et pré férentiellement localisées au niveau des tissus mous (cou, nageoires, régions axillaire, inguinale et cloacale) (Figure 19 p. 88). Les lésions engendrent une gêne de la locomotion, de l‘alimentation et/ou de la respira tion des individus atteints. Les tortues sont anorexiques, affaiblies, souvent émaciées, variablement immunodé primées. Certains individus finissent généralement par mourir, non directement de fibropapillomatose, mais par mise en place de déséquilibres métaboliques trop importants ou du développement de maladies oppor Figure 17 : Prédateurs de tortues marines, crabe s’attaquant aux œufs sur la plage. © S. Ciccione Requin bouledogue. © Biotope Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 87 tunistes. À ce jour, la fibropapil lomatose constitue un facteur de mortalité important chez les tor tues marines à l’échelle mondiale (George, 1997 ; Aguire et al., 2002), alors que l’agent étiologique de la maladie et les mécanismes étiopa thogéniques sont encore méconnus. La plupart des études tendent à prouver qu’un nouvel alphaherpes virus (le THV) serait impliqué. Des taux de prévalence élevés semblent être associés à des aires côtières proches de zones d’acti vités humaines et à des eaux peu profondes. Ces co-facteurs environ nementaux pourraient jouer un rôle dans la pathogenèse de la maladie. Il est reconnu par ailleurs que cer tains parasites peuvent être vec teurs de l’alphaherpesvirus suspecté d’être l’agent étiologique, et que certaines bio-toxines marines inter viendraient dans les mécanismes pathogéniques (Baboulin, 2008). Cette maladie, plutôt répartie dans les parties péritropicales et tropi cales n’ont cessé de croître depuis Figure 18 : Répartition des cas de fibropapillomatose et de chélonitoxisme dans le sud-ouest de l’océan Indien (état des connaissances en 2002 pour le chélonitoxisme d’après Champetier de Ribes et al. 1997, Robinson et al. 1998, ARVAM – Programme ICAM ; état des connaissances en 2011 pour la fibropapillomatose d’après Herbst 1994, Leroux et al. 2010, Ballorain et al. 2011, WIO-MTTF 2012, WIOMSA 2014). Risque sanitaire pour l’homme Le chélonitoxisme : une menace pour l’homme Dans le sud-ouest de l’océan Indien, diverses enquêtes ont permis de préciser l’incidence et la répartition géographique des d’ICAM (Intoxications par Consommation d’Animaux Marins), qui affecteraient davantage les pays proches du canal du Mozambique (Madagascar, les Comores, Zanzibar) (ARVAM Programme ICAM, Robinson et al., 1998). Ces intoxications apparaissent suite à la consommation d’animaux marins qui assurent au travers des différents niveaux de la chaîne alimentaire la remontée et la concentration des toxines vers les niveaux supérieurs. Le chélonitoxisme, l’intoxication par consommation de tortues marines, est encore mal connu et peut avoir un caractère fatal pour les consommateurs. Les symptômes sont nombreux : nausées, vomissements, diarrhées, tachycardie, vertiges, froideur des extrémités, pâleur, contractions épigastriques, hypersalivation. Le patient peut tomber graduellement dans un coma, et mourir après des convulsions et des difficultés respiratoires. Sur 36 séries d’intoxications par consommation de tortues marines répertoriées dans le monde entre 1840 et 1998, la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) est responsable dans 78 % des cas, contre 19 % pour Chelonia mydas, et 3 % pour Dermochelys coriacea (Strainchamps 2000). À Madagascar et à Mayotte, les intoxications par Eretmochelys imbricata et Chelonia mydas ont entraîné le décès des consommateurs (Champetier de Ribes et al., 1997 ; Robinson et al., 1998 ; com. pers. S.A. Abdallah). Caretta caretta et Lepidochelys olivacea sont citées comme responsables d’intoxications modérées. Aux Comores, comme à Mayotte, bien que la tortue imbriquée y soit habituellement peu consommée, car jugée toxique (Lilette, 2007), des cas de chélonitoxisme sont recensés depuis plus d’une dizaine d’années sur l’Archipel (Ben Mohadji & Paris, 2000 ; Bacari, 2006). En décembre 2012, le journal Al Watwan rapporte plusieurs cas d’intoxication alimentaire aux Comores liées à la viande de tortue imbriquée : 3 décès et plus d’une trentaine d’hospitalisations. À ce jour, les populations de tortues marines des trois territoires concernés n’ont fait l’objet d’aucune étude éco toxicologique. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie les années 1980. Elle concerne les 5 espèces de tortues marines du présent PNA, à savoir la tortue verte, la tor tue imbriquée, la tortue olivâtre, la tortue caouanne et la tortue luth (Herbst, 1994 ; George, 1997 ; Aguire et al., 2002). La fibropapillomatose est encore rarement rencontrée ou peu décrite dans l’océan Indien. Chez la tortue verte, un premier cas a été reporté aux Seychelles (Herbst, 1994), puis dans l’archipel des Îles Barrens (Madagas car) en 2006 (où 21 % des tortues capturées étaient at teintes, Leroux et al., 2010), à Mayotte (Archipel des Co mores) en 2005 et 2013 chez deux individus (Ballorain et al., 2011, Figure 19 p. 88), en Tanzanie en 2012 (WIO MTTF, 2012), et enfin au Ke nya en 2013 (WIOMSA 2013). I.5.3. cas partIculIer : les changements globaux avec l’Impact Du changement clImatIque Même si les tortues marines ont survécu à de fortes varia tions de température au cours des âges, jamais les chan gements climatiques n’ont été aussi rapides. Il est donc difficile de savoir comment les espèces vont répondre à ces changements actuels et à venir. Les tortues marines qui évoluent en milieux ter restres et marins pourraient donc être particulièrement impactées par le réchauffe ment climatique (Hawkles et al., 2009). Les tortues, qui pondent sur la plage, sont directement concernées par une éven tuelle augmentation du niveau marin. En effet, l’élé vation de l’eau pourrait inon der des nids et les détruire ou rendre certaines plages inaccessibles aux femelles en ponte. Ce phénomène serait également un facteur augmentant l’érosion des plages (Baker et al., 2006). Le réchauffement climatique provoquerait également une augmentation de la fréquence d’événements cli matiques violents tels que les cyclones et les dépres sions. Par exemple, à La Réunion, la fragilité des habitats de reproduction et la destruction déjà très élevée des nids par les houles, rendent la population reproductrice extrêmement vulnérable aux changements climatiques. Figure 19 : Cas d’une tortue verte s’alimentant à Mayotte et victime de fibropapillomatose : de 2005 à 2007, un développement des fibropapillomes cutanés et oculaires est observé, auquel succède une phase de régression. © K. Ballorain Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 89 Les houles cycloniques, en plus de détruire les nids peuvent dégrader les habitats et zones d’alimentation (récifs coralliens, herbiers). Les variations de tempéra ture de surface en mer (Sea Surface Temperature : SST) sont également très influentes sur la qualité des habitats et de manière générale sur les écosystèmes, comme par exemple sur le blanchiment des coraux ou l’altération des herbiers. La SST joue aussi sur l’abondance des es pèces consommées par les tortues et la répartition de leurs proies (Hawkles et al., 2009). Une hausse des températures de 1 °C provoque un changement du sex-ratio des tortues en faveur des femelles, alors qu’une élévation générale de 3 °C en traîne un fort taux de mortalité des œufs (Hawkes et al, 2007). Les plages des Îles Éparses, constituées de sable blanc, ont un albédo fort. En parallèle, le pic de ponte se déroule à des saisons variables dans les Îles Éparses (Dalleau et al. 2012) et des caractéristiques environ nementales (température de l’air, SST, etc.) différentes entre ces îles rendant complexe l’évaluation réelle du sex-ratio. Cependant, dans un contexte global de chan gement climatique et de hausse des températures, ceci aura pour conséquence générale une diminution de la proportion de mâles nouveau-nés. En 2008, une étude des nids de tortue aux Glorieuses a mis en évidence un sex-ratio proche de l’équilibre, estimé à 1 : 1 (Barret, 2008). Dans ce contexte il est important de connaître les réelles relations entre températures et sex-ratio dans les îles éparses afin d’évaluer au mieux les réelle conséquences du changement climatique sur ces popu lations. Les impacts de ces changements sur l’écosystème affec teront très probablement toutes les espèces de tortues marines fréquentant la zone océan Indien à tous les stades de leur développement. Toutefois, il est difficile de savoir pour le moment dans quelles mesures les tortues marines seront affectées par le réchauffement climatique et quelle sera l’ampleur des conséquences sur la dynamique des populations de ces espèces. On ne connaît également pas leurs capacités de résilience. I.5.4. synthèse Des menaces et facteurs Influençant la restauratIon Des populatIons Les principaux facteurs influençant la restauration des habitats au niveau régional concernent différents types d’habitats : • Les habitats de reproduction ; • La phase pélagique ; • Les habitats d’alimentation et de développement. Pour l’habitat de reproduction, 2 facteurs sont à consi dérer : • Le développement des pays riverains : la majorité des pays de la région étant dans une situation économique peu favorable (ou en développement), un des facteurs primordiaux est le développement rapide et faiblement contrôlé du littoral de ces pays. Ce développement induit la dégradation des habitats de ponte et une perturbation significative des plages par augmentation de la fréquentation. Ce facteur affecte aussi bien les adultes que les nouveau-nés ; • Le changement climatique : la montée des eaux pro gressives et l’augmentation de l’activité cyclonique est un risque majeur au niveau régional pour les po pulations de tortues marines nidifiant dans la région. En effet, ces deux facteurs contribuent fortement à la dégradation, voir à la disparition des sites de repro duction. Ce facteur affecte aussi bien les adultes que les nouveau-nés. Pour la phase pélagique, même si les caractéristiques physiques de ce milieu sont peu enclines à la dégrada tion, certains facteurs sont à prendre en compte : • La modification de l’écosystème : les modifications écosystémiques liées à une activité de pêche hautu rière grandissante dans la région restent peu connues (CTOI, 2012) et pourraient avoir un impact significatif sur les phases pélagiques de ces espèces ; • Le changement climatique : il est susceptible de mo difier les paramètres physico-chimiques de ce milieu (acidification, augmentation des températures de surface, modification des courants) qui pourrait avoir des répercussions importantes sur les grands cycles de cette phase ; • Concernant l’habitat d’alimentation et de développe ment, des paramètres sont également à considérer : − Le développement des pays riverains : le dévelop pement inconsidéré de la bande côtière altère et altérera toujours plus les habitats côtiers d’alimen tation des tortues marines. Ce facteur affecte aussi bien les stades les adultes que les immatures en phase côtière ; − La modification de l’écosystème : malgré l’absence de données actuellement disponibles, l’impact de la pêche côtière (chalutage, filets dérivant, pêche artisanale) ainsi que les modifications de l’écosys tème liées au changement climatique pourraient affecter les habitats d’alimentation et de déve loppement côtier. Ce facteur affecte aussi bien les stades adultes que immatures en phase côtière. En considérant l’échelle spatiale et transfrontalière du cycle de développement de ces espèces, la diversité ca Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ractéristique physique des sites et l’ampleur de l’échelle géographique, une coopération régionale cohérente et coordonnée est nécessaire pour mobiliser les acteurs et accroître la capacité à restaurer, ou pour le moins, limiter la dégradation et le déclin des populations de tortues marines de la région du sud-ouest océan Indien. Mayotte Parmi les menaces les plus importantes, le braconnage des tortues marines constitue une cause de mortalité importante (pour plus de 60 % des menaces consta tées). À un degré moindre, la pêche accidentelle, la perturbation intentionnelle par le public (observation nocturne des pontes, observation lors de l’alimenta tion), la prédation par les chiens errants et l’altération ou la disparition de leurs habitats de reproduction et d’alimentation menacent directement et indirectement les populations. La complexité des enjeux de conser vation des tortues marines et de leurs habitats tient notamment à la diversité des origines de ces menaces. Au vu de la complexité et de l’imbrication des diffé rentes menaces pesant sur les tortues marines, et en particulier la tortue verte, les facteurs de restauration sont multiples. Cela doit notamment concerner la sur veillance et la sensibilisation des sites fréquentés par ces espèces, pour limiter les cas de braconnage ou le dérangement. L’information doit également être développée auprès de certains usagers, comme les pêcheurs, pour limiter les captures accidentelles ou intentionnelles. Enfin, la préservation ou la restauration des sites de pontes demeure une priorité dans le sens où Mayotte accueille une population reproductrice non négligeable (notamment la tortue verte). La Réunion À La Réunion, la menace la plus importante pour la reproduction reste la destruction des habitats qu’elle soit d’origine anthropique ou naturelle en raison du très faible nombre de femelles et de pontes. Concernant le développement et l’alimentation des tortues, l’accrois sement des effectifs montre que des recrutements existent, sans que l’origine de ces tortues puissent être identifiée faute d’étude génétique disponible. Les prin cipales menaces qui pèsent sur les tortues en alimenta tion sur les côtes réunionnaises sont les pêches acciden telles, l’ingestion de débris plastique, les chocs avec les engins motorisés et le braconnage. Ce dernier semble en voie de diminution, contrairement aux menaces pré cédemment citées. En conséquence, deux facteurs doivent être pris en compte pour la restauration des populations : • La gestion de la pression humaine lors de la ponte des femelles (éclairage et fréquentation des plages) ; • La variabilité climatique, avec la surveillance des nids (et leurs déplacements) lors des avis de fortes houles ; Le principal facteur influençant l’incubation est la sen sibilité des plages aux fortes houles (inondations des nids ou disparition des plages). La restauration et le suivi des plages de ponte est donc une priorité. Une analyse génétique permettrait de savoir si les fe melles en ponte à La Réunion appartiennent aux stocks de Tromelin et la possibilité de transfert avec ce site de ponte préservé le plus proche. Concernant le développement et l’alimentation des tortues, l’accroissement des effectifs montre que des recrutements existent, sans que l’origine de ces tortues puisse être identifiée faute d’étude génétique dispo nible. Îles Éparses De par leur absence de population, les Îles Éparses sont épargnées par bon nombre de menaces inhérentes à la présence de l’Homme. Malgré cela et bien que quan titativement très limitées, les activités de braconnage sont une réalité qu’il faut prendre en compte. Les autres menaces qui pèsent sur les tortues marines sont plus ou moins complexes à gérer, réglementer ou limiter, soit parce qu’elles relèvent d’une problématique régionale, voire internationale (pollution par les hydrocarbures, débris marins), soit par l’éloignement géographique des îles et, paradoxalement, leur absence de présence humaine continue (le braconnage, les collisions acci dentelles avec des bateaux, les captures accidentelles liées à la pêche). Enfin, les menaces naturelles font partie intégrante de l’évolution des écosystèmes et des espèces, correspondant à une dynamique naturelle des populations. Une action de l’Homme sur ces menaces demeure infondée. Aucune étude de restauration concernant les tortues marines et leurs habitats n’a à ce jour été menée. En revanche, plusieurs études récentes du Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM, en cours de fi nalisation), détaillent la structure des habitats terrestres littoraux et notamment la répartition des espèces vé gétales indigènes et introduites en bordure des plages de ponte de Grande Glorieuse, Juan de Nova et Europa (Hivert et al., 2012). Il semblerait que ces formations végétales bordant les plages de ponte puissent exer cer une influence sur le choix du site de ponte par les tortues (attraction olfactive, contraintes mécaniques, etc.) ou par la suite sur le recrutement (modification Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 91 des caractéristiques physico-chimiques du sol, etc.). Il pourrait être intéressant de profiter de ces zones peu anthropisées (écosystèmes simplifiés) pour développer des études plus poussées à ce sujet, celles-ci pouvant éventuellement permettre de corréler le nombre et le succès des pontes de tortues sur ces plages avec les formations végétales avoisinantes. Ces connaissances pourraient notamment alimenter les questionnements actuels quant à l’opportunité ou non de mettre en œuvre une action de restauration des plages des Îles Éparses passant par la suppression des espèces végé tales introduites, incluant entre autre les filaos. Synthèse Le tableau page suivante présente une synthèse des différentes menaces constatées dans les différentes îles concernées par ce PNA dans le sud-ouest de l’océan Indien. Tableau 21 : Synthèses hiérarchisées des menaces pesant sur les tortues marines sur les différents territoires français du sud-ouest de l’océan Indien MENACES INCONNUE AUCUNE FAIBLE (fait rare) MOYENNE ÉLEVÉE (fait fréquent) Indice d’importance de pr iorité d’action sur les menaces (1 = plus important ; 4 = moins important 4 3 2 1 Braconnage/capture des femelles en ponte TRO/GG/JDN/BAS/EUR/ GEY LYS/RUN MAY Braconnage/capture directe des animaux dans les eaux côtières GEY/BAS TRO/GG/JDN/EUR MAY Collecte, braconnage direct(e) des œufs LYS TRO/GG/GEY/JDN/BAS/ EUR RUN MAY Capture accessoire au cours des activités de pêche GEY/BAS TRO/GLO/JDN/EUR RUN MAY Collision avec des bateaux TRO/GLO/JDN/BAS/EUR MAY RUN Débris marins MAY TRO/GLO/JDN/ BAS/EUR RUN Effluents industriels TRO/GLO/JDN/BAS/EUR MAY RUN Pollution par les hydrocarbures côtiers TRO/GLO/JDN/BAS/ EUR/MAY Développement de l’agriculture, de l’urbanisation, du tourisme, etc. TRO/GLO/JDN/BAS/EUR MAY/RUN Lumière artificielle TRO/LYS/GEY/JDN/BAS GG/EUR MAY RUN Dégradation des habitats TRO/GLO/JDN/BAS/EUR RUN/MAY Véhicules TRO/GLO/JDN/BAS/EUR MAY/RUN Extraction et retrait de sable TRO/GLO/JDN/BAS/EUR/ RUN MAY Menaces naturelles1 BAS TRO/GLO/JDN/EUR MAY/RUN TRO : Tromelin/GLO : îles Glorieuses dans leur ensemble (GG+LYS+GEY)/ GG : île Grande Glorieuse/LYS : île du Lys/GEY : Banc du Geyser/JDN : Juan de Nova/BAS : Bassas da India/EUR : Europa/MAY : Mayotte/RUN : Réunion Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie I.6. ASPECTS ÉCONOMIQUES ET CULTURELS La valeur culturelle des tortues marines dans le sud ouest de l’océan Indien est liée à leur abondance relative mais également aux pratiques culturelles locales liées aux croyances et religions. Si presque partout les tor tues constituent une source de protéines importantes, sa consommation n’est pas systématique en raison d’in terdits religieux notamment, comme aux Comores ou certaines communautés musulmanes ne consomment pas la tortue qui appartient à deux mondes (l’océan et la terre) et est donc l’objet d’un interdit alimentaire. Sa consommation fait aussi l’objet d’une ritualisation forte chez les Vezos de Madagascar, un peuple spécialisé dans la chasse aux tortues (Lilette, 2007). Cela en a limité les captures durant des siècles avant que les tabous ne soient progressivement abandonnés sous les influences extérieures. Aujourd’hui les tortues marines font l’objet de mesures de conservation dans tous les pays de la région, cependant l’application des textes interdisant sa consommation se heurte encore aux traditions autant qu’au contexte économique (Lilette, 2007). Le commerce des tortues marines vers l’Europe et l’Asie s’est fortement développé à partir du XVIIe siècle où les dérivés de tortues servaient à la confection de bijoux, ornements ou remèdes médicinaux. L’exploitation était également importante sur certaines populations de tortues marines de la région, comme les tortues vertes qui étaient très appréciées pour leur chair. Les conséquences de ces captures avaient d’au Figure 20 : Illustrations de menaces exercées sur les tortues marines et leurs habitats ; dans l’ordre de lecture : Braconnage © M. Quillard Capture accidentelle à la ligne © J. Kiszka Ingestion d’un hameçon © CHM Attaque de chiens © M. Quillard Prédation par les chiens © J. Fretey Destruction des nids par les chiens errants © T. Crocetta Enchevêtrement dans un filet © Y. Stephan Poses illégales de filet maillants non surveillés à l’entrée des mangroves et en zones d’herbiers marins © K. Ballorain Occlusion intestinale après ingestion d’un fragment de filet © M. Quillard Pollution des rivières © K. Ballorain Décharge d’ordures en bord de mer © K. Ballorain Envasement du lagon © K. Ballorain Perturbation intentionnelle au sein des habitats d’alimentation © DR sur les plages de ponte © J.-J. Guillen Collision avec un bateau © F. Charlier Figure 21 : Artisanat en écailles de tortue. © Kélonia Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 93 tant plus d’importance sur les populations qu’elles se faisaient principalement sur les femelles reproductrices et sur les œufs. Malgré la mise en place d’une réglementation interna tionale (notamment convention CITES, 1981) et l’effon drement du commerce international, les tortues ont conservé une valeur économique certaine grâce à leur potentiel touristique élevé. En effet, la région du sud ouest de l’océan Indien est une destination très prisée par le tourisme mondial et pour beaucoup d’îles de cette région, le tourisme représente la principale source de devises, se basant sur une image d’île paradisiaque à la nature exceptionnelle. De nos jours, l’enjeu majeur pour ces pays est donc de concilier développement économique et préservation de leur patrimoine naturel, les deux étant étroitement liés. La valorisation économique des ressources natu relles à travers l’écotourisme apparaît comme une stra tégie apte à contribuer au développement durable de la région au fort potentiel écotouristique. Cela permet également de sensibiliser les acteurs locaux aux causes environnementales. Les tortues marines sont devenues l’un des symboles phare du tourisme côtier et insulaire. À titre d’exemple, Kélonia est un des musées les plus fréquenté de La Réunion, accueillant plus de 120 000 visiteurs par an. Le développement de programme de conservation impli quant les touristes permet ainsi de financer des projets dans ce sens, en garantissant des retombées écono miques conséquentes en plus de générer de l’emploi. Il demeure toutefois important que le développement de ces activités touristiques soit géré avec attention et en concertation entre acteurs locaux et organismes de la protection des tortues, pour préserver les populations et ne pas aboutir à un tourisme de masse, entraînant la destruction de l’habitat des tortues, et par conséquent à l’activité touristique associée. I.6.1. mayotte De l’interdit alimentaire à la patrimonialisation des tortues marines Alors que la tortue incarne couramment la longévité et la prudence pour de nombreuses cultures, elle ne pos sède pas de symbolique culturelle forte dans l’Archipel des Comores où elle est régulièrement évoquée comme un animal impur et impropre à la consommation. L’Is lam, implanté aux Comores depuis le XIIe siècle, occupe une place majeure dans l’organisation de la société, représentant la religion majoritaire dans ces îles (95 % de la population mahoraise). L’analyse des interdits ali mentaires religieux permet de distinguer les animaux haram (interdits) et halal (autorisés), qui divergent selon la valorisation du Coran ou des Hadiths (récits rapportant les actes et paroles du Prophète comme des exemples à suivre). Aux Comores, les classifications religieuses et cou tumières ont contribué à la préservation des tortues marines pendant de nombreux siècles. Les principes religieux islamiques, basés sur les Hadiths de l’imam Shanfi, placent les gibiers et les animaux amphibies dans la catégorie des animaux dévalorisés et interdits à la consommation (Lilette, 2007). Ainsi, le système de référence de la société dominante islamique dévalorise la consommation de la tortue marine, considérée haram (impropre à la consommation). Pourtant, la réalité des discours est souvent multiple et les pratiques usuelles ne correspondent pas toujours à l’idéologie dominante. Ainsi, les arguments avancés en faveur de la prohibi tion ou de l’autorisation de la consommation de tortues marines divergent entre les différents représentants religieux. Un dicton comorien explicite bien cette ambi guïté, dans lequel la tortue marine est décrite comme « tsi fii tsi nyama », ni poisson ni viande. Sans qu’il existe de réelle technique de chasse ou de pêche, la tortue a toujours plus ou moins été consom mée par la population la plus pauvre de l’archipel des Comores. Il s’agit de ceux qui, par leurs origines, ne doivent pas obéir aux mêmes préceptes (et invoquent des versets du Coran qui interdisent de se laisser mourir de faim), ou encore par une certaine jeunesse qui doit assumer son autosubsistance et n’est pas encore sou mise totalement aux contraintes sociales. Manger de la tortue revient à appartenir à la classe dévalorisée de la société, la part africaine (Lilette, 2007). Les qualificatifs des mangeurs de tortues se traduisent par mshendzi (nègre), kafiri (mécréant, ennemi de dieu) ou encore mdrumwa (esclave). La consommation de tortues marines s’est plus particulièrement développée à Anjouan et à Mayotte (Ben Mohadji & Paris, 2000). À Mayotte, un tiers de la population est d’origine comorienne-anjouanaise (Sueur et al., 2012) et un tiers possède une origine malgache sakalava (Blanchy, 1992). À Anjouan, les origines arabes, principalement ancrées dans les villes littorales, valorisent les valeurs du Coran et ses dispositions juridiques (Blanchy, 1992) qui contrairement aux Hadiths shaféites, légalisent la consommation de tous les animaux marins. De plus, beaucoup de villages pauvres du littoral anjouanais ont pour ascendance des esclaves. Méprisés par la population, ils sont moins attachés au système de valeur en place et ont probablement Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie conservé des pratiques provenant d’Afrique de l’Est. Au sein de l’Union des Comores et à Mayotte, au-delà des cadres sociaux et religieux, les nouveaux discours environnementalistes et les expériences personnelles (telles que de graves intoxications alimentaires) contri buent à une nouvelle perception des tortues marines et participent à leur conservation (Lilette, 2007). Appropriation des enjeux de conservation Le lagon, lieu chargé de symboles maléfiques, est peu connu de la population mahoraise. L’intérêt porté à ce patrimoine et aux enjeux liés à sa conservation est récent et se développe progressivement. Il est au jourd’hui davantage perçu comme un potentiel de dé veloppement économique, et un espace de loisirs et de récréation. Aussi, les gestionnaires de l’île s’emploient désormais à orienter la conscience collective vers les enjeux qui s’attachent à la conservation du patrimoine marin (Arnaud et al., 2009 ; PNMM, 2012). Les tortues marines ont été et sont encore consommées par une partie de la population mahoraise (voir pré cédemment). Mais il semble que cette consommation ne faisait pas, jusqu’à une époque récente, l’objet de commerce, la tortue étant consommée dans le village où elle était capturée. L’application de la réglementa tion française a limité l’exploitation des tortues marines à Mayotte. Ces dernières sont devenues un atout tou ristique important dès que cette activité s’est dévelop pée sur l’île. Les sites de ponte majeurs sur lesquels les tortues viennent se reproduire tout au long de l’année sont rapidement devenus des destinations prisées par les touristes et les résidents. Des aménagements ont été réalisés pour tenter de canaliser la fréquentation et les usages afin de ne pas nuire à la ponte. En outre, le site de N’Gouja, herbier d’alimentation des tortues et site d’observation prisé, est devenu un des sites de référence pour le tourisme à Mayotte. Les tortues sont également très présentes sur les sites de plongées. De nos jours, la « niche économique » constituée par les tortues marines grâce au développement de l’éco tourisme est perçue comme un accessoire dynamique d’une nouvelle stratégie politique. Ainsi, la présence de ces espèces emblématiques valorise la perception de l’île dans un contexte touristique régional et mondial de plus en plus concurrentiel. Le concept d’écotourisme fait référence à la notion de patrimonialisation de la nature, laquelle devient un pro duit marchand touristique à préserver. Il peut conduire à une véritable reconversion du statut d’un animal déva lorisé et haram, à sa valorisation comme richesse éco nomique du pays (Lilette, 2007). I.6.2. la rÉunIon Aspect culturel La place de la tortue à La Réunion a beaucoup évolué au cours du temps et en fonction de l’évolution des effectifs des populations sauvages. En effet, les tortues étaient abondantes lors de l’arrivée des premiers habitants, qui en ont fait un usage important aussi bien pour nourrir les marins sur les navires que les colons qui s’instal lèrent sur l’île. Très tôt, l’administration qui constatait la diminution de cette importante ressource, tenta de réguler cette consommation, la viande de tortue étant devenue courante dans la cuisine réunionnaise à travers le carri, le civet ou le steak de tortue. Cette tentative fut sans grand succès puisque les tortues commencèrent à devenir rares sur les plages de l’île. L’intérêt pour les tortues revint avec le projet d’élevage en ranch dans les années 1970. L’élevage, qui fut ouvert au public en 1985, devint le site touristique de plus visité de l’île et la polémique sur l’intérêt d’élever une espèce protégée, contribua à faire de la tortue marine un symbole de La Réunion et une espèce phare pour la conservation du milieu marin. L’arrêt de cet élevage et sa reconversion soutenue par la Région Réunion en Centre d’Étude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM) a renforcé cette perception. La tortue marine est maintenant for tement ancrée dans la culture réunionnaise et contribue au rayonnement régional et international de l’île. Aspect économique La ferme CORAIL et l’élevage de tortue verte à La Réunion En 1977, l’élevage en ranch de tortues vertes à l’échelle industrielle est lancé, sous le nom de Ferme CORAIL (COmpagnie Réunionnaise d’Aquaculture et d’Industrie Littorale). Cette activité économique voulait être pour La Réunion, une chance de développer un marché ori ginal et de créer de l’emploi, mais également de parti ciper à la protection des tortues en réduisant fortement la surexploitation d’individus sauvages. À l’époque, la tortue verte classée en annexe II de la CITES pouvait être commercialisée et exportée avec un permis. L’ex ploitation se faisait à partir de tortues nées sur les Îles Éparses, notamment sur Europa et sur Tromelin (sites de pontes importants dans l’océan Indien), l’espèce ayant déserté les plages réunionnaises pour la ponte. Les prélèvements étaient réalisés sur les émergences de jour, pour lesquelles la prédation des oiseaux marins est totale. Les nouveau-nés étaient ramenés à la ferme située à Saint-Leu où ils étaient élevés et engraissés en Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 95 bassin jusqu’à environ 3 à 4 ans avant d’être abattus. Les produits du ranch étaient destinés au marché local et à l’exportation, et des formations étaient mises en place pour la transformation locale de l’écaille. La ferme CORAIL, qui a été la 3e ferme aquacole à exploiter la tor tue marine dans le monde, avait pour objectif de contri buer au rééquilibrage de la balance commerciale de La Réunion et de réduire un chômage endémique élevé. Mais son développement sera stoppé par le classement des tortues vertes à l’annexe I de la convention CITES en 1981, interdisant le commerce international. Parallèlement, un suivi scientifique de la reproduction des tortues marines sur les Îles Éparses avait été mis en place par l’ISTPM (Ifremer), et les îles éparses seront classées réserve naturelle pour préserver les stocks de reproducteurs. Ce projet innovant a pourtant suscité de vives polé miques dès sa création. Il a en effet été grandement critiqué par des associations naturalistes, notamment la Fédération Française des Sociétés de Protection de la Nature (FFSPN), qui estime que le ranching ne res pecte pas les critères de la CITES et ne contribue pas à la conservation des populations. Elle reproche également aux gestionnaires de la ferme de ne pas développer suffisamment la reproduction en captivité. En raison de l’évolution de la réglementation internatio nale et au passage de la tortue verte en annexe I de la CITES, la ferme doit évoluer, réduisant sa production et se limitant au marché local. En 1994, une expertise est demandée par l’état, qui décide de l’arrêt du ranch jugé non compatible avec les engagements internationaux de la France en matière de préservation des espèces mena cées. L’élevage commercial de tortues marines s’arrête définitivement en 1997 après un moratoire de 3 ans. Mais l’arrêt de l’élevage ne signifie pas pour autant l’arrêt de l’intérêt économique de la tortue marine. Car la reconversion de l’élevage en centre de sensibilisation et de recherche permettra, au contraire, de développer l’attrait touristique, les emplois et les recettes. I.6.3. Îles Éparses La petite taille de Tromelin, sa forte exposition aux cyclones et ses abords difficiles, font de cette île hos tile, bordée de plages de sable un refuge idéal pour les tortues marines en période de ponte, en la préservant de toute véritable installation humaine ou tentative de colonisation. On notera toutefois deux périodes au cours desquelles les populations de tortues marines de l’île auraient pu être impactées par l’homme, bien que l’influence de ces événements sur le stock reproducteur n’ait pu être évaluée. La première est un court et tragique épisode d’occu pation, suite au naufrage, le 31 juillet 1761, de l’Utile, une flûte de la Compagnie française des Indes Orien tales transportant illégalement des esclaves provenant de Madagascar et destinés à l’île Maurice. L’équipage survivant abandonna les 60 esclaves sur l’île pour rega gner Madagascar dans une embarcation de fortune, en promettant de revenir les rechercher. Cette promesse ne fut jamais tenue et ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, récupérera huit esclaves survivants (sept femmes et un enfant de huit mois). L’île fut ainsi nommée Tromelin, en hommage au chevalier. On peut imaginer que cette petite popu lation isolée soit en partie subvenue à ses besoins ali mentaires grâce aux tortues en ponte sur l’île. La seconde période correspond au prélèvement diurne des émergences de tortues vertes sur Tromelin et sur Europa pour l’élevage en ranch à La Réunion. Le nombre de tortues prélevées était fixé par la préfecture de La Réunion après étude par l’ISTPM, (qui devint ensuite l’Ifremer) du nombre de traces de montées en ponte relevé chaque jour par le personnel de Météo France présent en permanence sur Tromelin à cette époque. Aux Glorieuses, les tortues marines ont été longtemps chassées pour la consommation des résidents et l’ex portation de viande séchée vers les Seychelles (Lauret Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2008b ; Heithaus et al., 2008). En effet, au XIXe et jusqu’à la moitié du XXe siècle, les captures importantes ont eu une inci dence sur les populations reproductrices et la survie des nids (Lauret-Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2008b). La mise en protection des Glorieuses en 1975 par arrêté préfectoral a permis à la population de remonter ses effectifs (Bourjea et al., 2008b ; Bourjea et al., 2011). Ainsi, le fort taux de croissance du nombre de femelles en ponte sur l’île depuis 20 ans est un indicateur d’une population en reconstruction (Lauret-Stepler et al., 2007 ; Bourjea et al., 2008b). Juan de Nova a connu des tentatives de colonisation depuis le XVIe siècle. Au cours du XIXe siècle, des pêcheurs et des ramasseurs d’œufs malgaches ont exercé une pression importante sur la faune marine et notamment les tortues marines (Cacérès, 2003). Vers 1900, la location de l’île a été octroyée à un français pour une durée de 20 ans. Celui-ci a été à l’origine de la construction de cases, la création d’un jardin potager, la mise en culture d’un terrain d’environ 3,5 ha, la plantation d’arbres fruitiers et de cocotiers Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et de l’exploitation du guano (phosphorite en réalité). Le guano et le phosphate sont donc exploités dès le début du XXe siècle, ce qui entraîne l’implantation d’une usine de traitement de la roche. En 1923, celle ci exporte 53 000 tonnes de guano (Cacérès, 2003). L’exploitation du coprah était également florissante à cette époque-là. Une piste d’atterrissage de fortune est construite en 1929 puis une vraie piste en 1934. Toutes les activités ont cessé pendant la seconde guerre mondiale (Cacérès, 2003). En mars 1952, une première concession d’une durée de 15 ans est accordée à la SOFIM qui est reconduite pour 25 ans suite à l’indépendance de Madagascar. L’île est alors habitée par des ouvriers mauriciens et seychellois qui exploitent le gisement de guano, dans des conditions souvent difficiles (Cacérès, 2003). Cette période marque un important développement des infrastructures présentes sur l’île : un premier phare est édifié entre 1965 et 1966, depuis reconstruit par une équipe de la DDE de La Réunion en 2001. À la suite d’une révolte des ouvriers et de la chute du cours du phosphate en 1968, la SOFIM est dissoute à Juan de Nova (Cacérès, 2003). La présence humaine à Juan de Nova a donc été importante pendant un siècle, avec des impacts importants sur les écosystèmes, tortues marines comprises. Ainsi, à l’échelle des Îles Éparses, les effectifs de tortues pondant à Juan de Nova sont les moins importants et semblent souffrir encore des activités passées (Cacérès, 2003). Europa a été colonisée pour la première fois en 1860 par une famille de Français en provenance de Madagascar. Par la suite, en 1903, une petite concession est accordée à des particuliers qui vivaient sûrement de la pêche et du ramassage des œufs d’oiseaux et de tortues. C’est le cas d’un européen et de quelques malgaches qui y vivent quelque temps avant d’être évacués faute d’eau douce (Cacérès, 2003). Il semblerait également qu’une petite population de pêcheurs et de chasseurs ait été présente en 1910 pour quelques années sûrement. Lorsque le docteur Poisson fait escale sur l’île en 1923, il n’y trouve personne (Cacérès, 2003). Il faut ensuite attendre 1949 et la construction de la station météorologique pour qu’une poignée d’habitants s’installe définitivement à Europa (Cacérès, 2003). Ainsi, les activités humaines ont eu peu d’impact sur les populations de tortues marines. En conclusion, Tromelin et Europa n’ont pas connu de colonisation notable (Cacérès, 2003) et ont de ce fait été beaucoup moins touchées par les activités humaines. L’atoll de Bassas da India n’est évidemment pas concerné par la colonisation humaine. En conséquence, les potentiels efforts de restauration des milieux (couvert végétal en bord de plage par exemple) ne seront pas les mêmes selon les îles et porteront probablement davantage sur les Glorieuses et Juan de Nova. Synthèse Le tableau ci-dessous présente une synthèse des éléments en lien avec les aspects culturels pour les tortues marines. Tableau 22 : Représentations économiques et culturelles actuelles des tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien Régional Mayotte Réunion Îles Éparses Symbolique culturelle Moyenne Nulle Forte Faible Consommation Importante moyenne Faible Nulle Potentialité touristique et économique Forte Forte Forte Faible I.7. ACTIONS DE CONSERVATION DÉJÀ RÉALISÉES I.7.1. Échelle rÉgIonale La pêche au thon est l’une des principales interactions avec les tortues marines. C’est donc à ce niveau-là que des mesures sont prises afin de limiter les interactions et favoriser la restauration et la conservation des tortues marines. Il faut avant tout souligner la formation des observateurs de pêche embarqués à bord des thoniers senneurs exploitant les ZEE des Îles Éparses, de Mayotte, des Seychelles, etc. Depuis 2008, Kélonia, assure une formation « tortues » au sein de la formation Taaf générale des observateurs de pêche. Les observateurs de pêche apprennent ainsi à compléter les formalités administratives (fiches CITES) mais aussi à manipuler les tortues capturées (récupération, remise à l’eau, pose de balises Argos dans le cadre du programme SWIOFP). Bien qu’aucune évaluation n’ait été faite, il semble que la présence des observateurs permette depuis 2008 une amélioration dans la prise en compte des tortues pour les équipages des thonniers senneurs (se référer aux rapports de marée des OBSPEC), au travers d’une adaptation des comportements (rapidité et technique de remise à l’eau si une tortue est salabardée Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 97 ou maillée dans la senne, évacuation de la senne avec le skiff au moment du couliassage si la présence d’une tortue est constatée, démaillage immédiat si prise sous un DCP, etc.). Résolution 12/04 de la Commission des Thons de l’océan Indien – CTOI (CTOI, 2012). La CTOI joue maintenant un rôle très important dans la conservation des tortues marines de l’océan Indien. En 2005, elle a mis en place la résolution 05/08, remplacée par la résolution 09/06 puis la 12/04. Cette résolution s’applique à tous les navires inscrits dans le registre de la CTOI. Elle stipule, entre autres, que les navires doivent ramener à bord dans les meilleurs délais, toute tortue marine capturée et inanimée ou inactive, et faire tout ce qui est possible pour la remettre à l’eau vivante. Les pays membres de la CTOI devront s’assurer que les pêcheurs soient informés des méthodes d’atténuation, d’identifi cation, de manipulation et de décrochage appropriées et les appliquent. Ils doivent également conserver à bord les équipements nécessaires pour relâcher les tortues marines, conformément aux directives de manipulation présentées dans les fiches d’identification des tortues marines de la CTOI. Cette résolution encourage égale ment l’utilisation d’engins de pêche et de méthodes atté nuant les captures accidentelles de tortues marines. De manière générale, elle recommande aux pays de déve lopper des programmes de recherche visant à faire évo luer les engins et techniques de pêche afin de réduire l’impact sur les tortues marines. La CTOI a développé un livret d’identification des tortues marines et de recom mandations de manipulation suite à une capture acciden telle en collaboration avec des experts. Ce livret est inti tulé “Marine turtle identification cards for Indian Ocean fisheries” (CTOI, 2012) et est distribué à l’ensemble des flottilles présentes dans le registre de la CTOI. L’objectif est de promouvoir, à grande échelle, les bonnes pra tiques et d’améliorer l’identification spécifique qui doit être notifiée sur le journal de bord. Ce livret comporte différents types d’informations : • Des cartes d’identification de chaque espèce de tor tue marine ; • Des instructions illustrées de la procédure à suivre en cas de capture accidentelle ; • Des informations de sensibilisation sur l’écologie des tortues ; • Les menaces pesant sur ces espèces ; • Des conseils pour contribuer à leur conservation (à bord des navires de pêche ou sur un site de ponte) ; • Un rappel des mesures de conservation internatio nales (CITES, CMS – IOSEA) ; • Les attentes de la CTOI envers les observateurs de pêche en matière de tortues marines ; • Une aide à l’identification des tortues marines élabo rée par Kélonia et l’Ifremer (IOTC & SPC, 2011). Figure 22 : Livret d’identification des tortues marines et des recommandations de manipulation suite à une capture accidentelle (CTOI, 2012). © Bourjea Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Les actions de formation et de développement des capacités de recherche et de conservation régionale de l’IOSEA MoU Entrée en vigueur en 2001, le protocole d’accord de l’IOSEA met en place un cadre dans lequel les États de l’océan Indien, dont la région du sud-est de l’océan Indien et la région du sud-est asiatique, ainsi que les autres États concernés, peuvent travailler ensemble pour préserver et reconstituer les populations de tor tues marines pour lesquelles ils partagent la respon sabilité. Le plan de conservation et de gestion intègre 24 programmes et 105 activités spécifiques. Il prévoit différents axes : la réduction des menaces, la conserva tion des habitats, l’échange de données scientifiques, la sensibilisation du public et sa participation, la pro motion de la coopération régionale et la recherche des moyens à mettre en œuvre. Sur la base des rapports nationaux des pays membres de la convention, l’IOSEA centralise l’évolution des mesures de gestion/d’atténuation mises en place par les pays. Sur cette base, elle développe des actions de formation et de développement des capacités de recherche et de conservation inter-pays qui favorisent la conservation des tortues marines et de leurs habitats. Ces actions sont sou vent suivies par des projets régionaux qui développent également des formations au niveau régional (e.g. SWIO FP www.swiofp.net : formation d’observateurs embar qués, formation régionale sur le suivi des populations de tortues marines ; Bourjea et al., 2010). Promotion de mise en place d’un réseau d’aires marines protégées dans le SOOI La Commission de l’océan Indien (COI) mène depuis plu sieurs années des projets visant à développer un réseau d’aires marines protégées dans le sud-est de l’océan Figure 23 : Actions réalisées en faveur des tortues marines à l’échelle régionale. En haut, une formation sur le développement de balises Argos regroupant des structures de 9 pays. En bas, une opération de sensibilisation auprès d’enfants à Mohéli (archipel des Comores. © Bourjea Figure 24 : Recensement de cas de braconnage à Mayotte. © K. Ballorain Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 99 Indien (Ratsimbazafy, 2011). Plusieurs études ont déjà montré les bénéfices des aires protégées sur les popula tions de tortues marines (e.g. Godley et al., 2010 ; Jean et al., 2010). Enfin, il est important de noter que les différentes orga nisations nationales et régionales de gestion des pêches, en étroite collaboration avec les 9 pays de la zone sud-est de l’océan Indien et la Commission de l’océan Indien ins taurent présentement un programme régional d’obser vateurs des pêches. La recherche dans ce domaine pour rait approfondir les connaissances sur l’impact des outils de pêche et sur les résultats des premières mesures de modification de ces engins, ainsi que sur les lieux où les interactions pêcheurs-tortues sont les plus nombreuses. Cette approche régionale pourrait être la principale action de conservation, entre autres, des tortues marines jamais mise en place à cette échelle. Cependant, compte tenu de la complexité de ce dossier, un tel projet ne pourra voir le jour que dans plusieurs années. I.7.2. mayotte À Mayotte, compte tenu des populations de tortues présentes et des enjeux et menaces s’y rapportant, un grand nombre d’actions sont en cours ou déjà réalisées dans le cadre des programmes d’études et de conservation des tortues marines et de leurs habitats. Les actions entreprises sont actuellement à poursuivre, à renouveler ou à améliorer. Elles s’illustrent notamment dans les domaines suivants : yy L’évaluation et la réduction des causes directes et indirectes de la mortalité des tortues marines. Les principales orientations d’action sont la lutte contre le braconnage, les captures accidentelles ou la prédation par les chiens errants. Ces dispositifs se traduisent notamment par une surveillance quotidienne de sites de pontes importants depuis 1998, et régulière pour plus d’un quart des plages depuis 2006, un recensement des cas de braconnage depuis 1997, de la réalisation d’enquêtes auprès de pêcheurs et de leurs pratiques ou encore des campagnes de stérilisation de chiens errants. yy L’évaluation et la réduction des perturbations intentionnelles des tortues marines. Pour remédier à cette menace, l’effort a été mis sur la réflexion à une réglementation relative à l’accès et à la fréquentation des sites de pontes et aux activités nautiques ainsi que sur une protection des nids des perturbations liées aux activités balnéaires. yy L’évaluation et la lutte contre l’altération des ha bitats de tortues marines. Cette catégorie d’actions vise à la protection des habitats aussi bien d’alimen tation que de reproduction. Elle inclut diverses études sur les habitats, des campagnes de nettoyages des plages et d’élimination d’espèces envahissantes mais également la restauration végétale des plages de pontes. La mise en place de cette protection passe également par la démarche d’acquisition des princi paux sites de ponte entreprise par le Conservatoire du Littoral. yy Accroissement des connaissances pour une meil leure compréhension de l’écologie des popula tions de tortues marines. Au niveau des connais sances sur les espèces, de nombreuses études ont été lancées sur la reproduction, l’alimentation ou les migrations post-reproduction, notamment sur la tor tue verte qui est la plus abondante à Mayotte. Puis les résultats de ces études ont été valorisés par un travail de diffusion et de vulgarisation. yy La formation et la sensibilisation du public. Plusieurs événements et campagnes de sensibilisation ont déjà eu lieu. Des moyens ont été déployés pour l’organisation de conférences, d’enquêtes publiques et pour la diffusion de dépliants et de spot TV-radio. yy La coopération régionale. Au niveau régional, les données collectées à Mayotte ont été intégrées de manière partielle à la base de données TORSOOI (TOrtues marines du sud-ouest de l’océan Indien). Cette coopération se doit d’être développée et appro fondie par les actions régionales qui seront définies dans ce présent PNA. Cette présente liste n’est pas exhaustive, l’ensemble des actions réalisées à Mayotte sont détaillées dans un tableau en annexe 7. I.7.3. la rÉunIon Les différentes réglementations mises en place à La Réunion ont fortement contribué à la réduction des cap tures de tortues à La Réunion : • L’arrêté préfectoral de 1983, interdisant la capture des tortues marines à La Réunion ; • La mise en place du Parc marin puis de la réserve naturelle marine en 2007, avec les moyens de police associés. Plusieurs actions ont déjà été mises en place sur le ter ritoire : yy Les actions de sensibilisation initiées par la ferme Corail puis développées avec la création du CEDTM Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (devenu Kélonia), ont participé aux changements des mentalités et des comportements vis-à-vis des tor tues marines. Pêchées jusque dans les années 1970, elles sont aujourd’hui considérées comme un atout pour le développement des activités de découverte du milieu marin. yy L’approfondissement des connaissances, comme le suivi des effectifs par suivis aériens (Jean et al., 2010), ou le suivi des nids malgré le faible nombre de ponte. Un programme de suivi par photo identifi cation a également été développé par Kélonia, pour sensibiliser les usagers de la mer à la présence des tortues marines. Plus de 250 tortues ont ainsi été photo identifiées et sont suivies pour certaines d’entre elles depuis 2004. yy Le centre de soins sur le site de Kélonia qui bénéfi cie d’un agrément du ministère chargé de l’environ nement, a été créé sur le site de Kélonia, il accueille les tortues blessées ou malades recueillies autour de La Réunion. Une fois guéries, celles-ci sont relâchées dans le milieu naturel, et sont parrainées par des scolaires. yy Un partenariat entre les pêcheurs, Kélonia et l’Ifremer dans le cadre des activités de pêche (Colla boration volontaire des pêcheurs) a été mis en place pour notamment récupérer les tortues capturées accidentellement sur les palangres. En complément, conformément aux recommandations de la CTOI, des actions visent la pêche palangrière. À titre d’exemple, à La Réunion, les pêcheurs s’équipent de plus en plus d’hameçons circulaires qui permettent de limiter les captures accidentelles de tortues marines. yy Des actions de restauration de plages menées de puis 1999 avec l’opération pilote sur la plage de Saint Leu réalisée suite aux échanges lors du séminaire régional organisé sur Saint-Leu. Ce projet consiste à supprimer les pestes végétales et replanter la végé tation littorale indigène. Cette action a été favorable au retour de femelles car des pontes de tortues vertes ont été observées sur cette plage en 2004. Depuis, ce programme a été étendu aux plages voisines, l’Office National des Forêts l’a développé sur 10 hectares au sud de l’Étang-Salé. De 2004 à 2013, 21 nids de tortues vertes ont été recensés (Ciccione, 2013, données non publiées) dont 15 sur les plages restaurées de St Leu. yy La mise en commun de connaissances régionales où l’’ensemble des données acquises lors des programmes d’étude et de suivi sont saisies dans la base de données TORSOOI (TOrtues marines du sud ouest de l’océan Indien) qui a été développée par Kélonia et Ifremer en partenariat avec l’Université de La Réunion (sur financement de l’Union Européenne, l’État et la Région Réunion). Cette base de données est associée à un SIG. Figure 25 : Remise à la mer d’une tortue caouanne (Caretta caretta) balisée. © S. Ciccione Figure 26 a) Opération de restauration de plage à La Réunion b) Collaboration avec les pêcheurs volontaires. © S. Ciccione Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 101 I.7.4. Îles Éparses Beaucoup d’actions entreprises aux Îles Éparses ré sultent des réglementations concernant la pêche et les captures accidentelles : yy L’arrêté n° 2013-14 du 8 mars 2013 prescrivant les règles encadrant l’exercice de la pêche au thon et autres poissons pélagiques dans les zones économiques exclusives des Îles Éparses tient compte des tortues marines. Les prescriptions communes à tous navires précisent que « les documents électroniques ou en version papier, transmis à l’administration de tutelle, doivent impérativement rendre compte des captures accessoires et accidentelles et tout particulièrement des captures de requins, raies, tortues marines, oiseaux et mammifères marins, relatives à chacune des opérations de pêche réalisées. » Par ailleurs, « les opérateurs de navire [doivent enregistrer] dans leurs registres de pêche tous les incidents impliquant des tortues de mer durant les opérations de pêche et en [faire] rapport aux autorités compétentes. Ils doivent disposer à bord de dispositifs adaptés à la manipulation des tortues marines et les utiliser autant que de besoin. La remise à l’eau la plus rapide possible des tortues marines est obligatoire. La manipulation doit permettre de limiter au maximum le stress des animaux et d’augmenter au maximum leur chance de survie ». Enfin, « l’outillage présent à bord doit permettre de décrocher ou couper les lignes, filets ou hameçons dans lesquels les requins et les tortues de mer sont pris » (arrêté Taaf n° 2013 14). yy Des prescriptions spécifiques aux navires pêchant à la senne interdisent l’utilisation de DCP pouvant comporter des risques « d’emmêlement des espèces non ciblées et des tortues de mer ». De la même façon, « l’utilisation de morceaux de filets de pêche est formellement déconseillée » et « l’abandon en mer, sans balise de repérage, d’une épave modifiée ou d’un radeau artificiel est strictement interdit ». Enfin, « l’encerclement de tortue marine doit être évité autant que possible, et en cas d’encerclement ou d’emmêlement accidentel, la tortue doit être dégagée le plus rapidement possible selon les lignes directrices figurant dans les cartes d’identification de la CTOI ». yy Une formation « tortues » assurée par Kélonia depuis 2008, et destinée aux observateurs de pêche dans le cadre de la formation générale des Taaf. Les observateurs de pêche apprennent ainsi à compléter les formalités administratives (fiches CITES) mais aussi à manipuler les tortues capturées (récupération, remise à l’eau, pose de balises Argos, etc.) dans le cadre du programme SWIOFP. yy Un suivi des captures et une évaluation de l’efficacité des mesures mises en place à travers ces prescriptions techniques réalisés grâce aux données notées dans les registres de pêche et transmises aux autorités (CROSS, DMSOI, Secrétariat de la CTOI, etc.). Toutes ces mesures visent en amont à limiter au maximum les captures accidentelles et la pêche fantôme, devant ainsi maximiser les chances de survie des tortues capturées. On constate cependant que les DCP écologiques obligatoires ne sont pas employés systématiquement comme ce devrait être le cas, mais que les filets sont toujours utilisés pour leur construction. Par ailleurs, les captures ont toujours lieu, malgré un changement important des prescriptions techniques visant justement à réduire les captures accidentelles. Enfin, les données ne sont pas toujours bien relevées, pour des raisons encore mal connues. Ainsi, le Groupe de travail de la CTOI sur les écosystèmes et les prises accessoires (GTEPA) souligne dans le rapport de la huitième session du GTEPA (en 2012) qu’il « existe très peu d’informations disponibles sur les interactions avec les tortues marines dans les bases de données du Secrétariat de la CTOI, et ce pour la plupart des flottilles de palangriers et de senneurs, ainsi que pour toutes les flottilles de fileyeurs opérant dans l’océan Indien » (IOTC–WPEB08, 2012). Les résolutions 10/02, 12/03 et 12/04 de la CTOI (entre autres) demandent pourtant aux Parties contractantes et coopérantes non contractantes (CPC) de « recueillir et déclarer toute donnée sur les interactions avec les tortues marines », ainsi que « d’améliorer la conception des DCP afin de réduire les risques d’emmêlement des tortues marines, y compris par le biais de l’utilisation de matériaux biodégradables ». Il est ainsi primordial de renforcer la mise en place de prescriptions techniques effectives visant à réduire les captures de tortues sur l’ensemble des navires de pêche opérant dans le sud-ouest de l’océan Indien, ainsi que de sensibiliser les équipages à l’importance de tenir à jour et communiquer les données concernant les tortues au Secrétariat de la CTOI (IOTC–WPEB08, 2012). Cette approche et ce travail doivent également se faire à l’échelle régionale au sein du sud-ouest de l’océan Indien, au-delà des territoires français (TAAF, etc.). Plusieurs actions sont mises en œuvre afin de favoriser la conservation des tortues marines sur les Îles Éparses : Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie yy Une formation au comptage des traces de tortues est dispensée aux gendarmes et aux personnels des Taaf amenés à séjourner dans les Îles Éparses avant leur départ. Des fiches de relevé de comptage de traces ont été élaborées par Kélonia et l’Ifremer pour chacune des Îles Éparses (Figure 27 p. 102). Toutes les données récoltées par le biais de ces fiches sont ensuite stockées dans la base de données TORSOOI. C’est ainsi qu’ont pu être étudiés les pics de ponte par île et l’évolution des traces de femelles en ponte (Bourjea et al., 2011 ; Ciccione & Bourjea, 2012). yy Un cahier de « consignes de mission » (élaboré par les Taaf) ainsi distribué au personnel comprenant des instructions complémentaires. Il contient notamment des recommandations visant à éviter le dérangement de la faune et à préserver le milieu. yy Deux journées par an sont consacrées à la sensibilisation des gendarmes amenés à séjourner aux Glorieuses, à Juan de Nova ou à Europa sur les enjeux de conservation de la faune et de la flore de ces îles. La partie « tortues marines » de la formation est assurée par l’Ifremer et Kélonia. Quand ils disposent de suffisamment de temps, les gendarmes approfondissent leur formation dans les locaux de Kélonia, ils apprennent notamment à manipuler les tortues dans la perspective de relever un numéro de bague, aider une tortue à regagner la mer, ou encore effectuer des dissections sur des individus morts. Figure 27 : Exemple de fiche de relevé de comptage de traces, ici pour Tromelin (Kélonia, Ifremer). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 103 SYNTHÈSE Le Tableau 23 page suivante présente une synthèse des actions réalisées sur les 3 territoires d’étude. Tableau 23 : Synthèse des actions déjà effectives sur les différents territoires Domaine d’action Mayotte Réunion Îles Éparses Protection des habitats • Cadre réglementaire • Acquisition de sites de ponte par le conservatoire du littoral • Cadre réglementaire • Réserve marine • Restauration de plages • Cadre réglementaire sur la protection des habitats classement en réserves : zone de non prélèvement stricte (partie terrestre et 12mn des îles EUR, BDI, GLO et TRO Réduction des menaces • Surveillance de plages de pontes • Réflexion sur la réglementation d’accès aux plages de sites de ponte • Partenariat avec les pêcheurs (Kélonia/Ifremer) • Ouverture du centre de soins • Formation des pêcheurs et observateurs embarqués sur les bateaux de pêche pour limiter les captures accidentelles • Organisation de formations • Campagnes et spots publicitaires • Sensibilisation du grand public : centre pédagogique (Kélonia), affichage dans clubs de plongée, panneaux de la Réserve marine, etc. • Formation des gendarmes, du personnel des Taaf et des observateurs de la pêche Approfondissement des connaissances • Études sur l’écologie et la structure des populations (C. mydas et E. imbricata) • Suivi aérien des populations • Suivi des populations par suivi aérien • Photo-identification (C. mydas et E. imbricata) • Comptage de traces • Études sur l’écologie et la structure des populations (C. mydas et E. imbricata) Coopération régionale • Centralisation des données de suivi : base de données TORSOOI • Centralisation des données de suivi : base de données TORSOOI • Centralisation des données de suivi : base de données TORSOOI I.8. CONNAISSANCES À DÉVELOPPER I.8.1. Échelle rÉgIonale Au niveau régional, les différentes lacunes à combler concernent principalement : yy Les menaces liées à la pêche. Il est notamment important d’évaluer plus précisément l’impact des pêcheries artisanale, semi-industrielle et industrielle et d’étudier les interactions entre les engins de pêche et les tortues marines pour pouvoir prendre des mesures efficaces. Il faut également approfondir les connaissances sur les tortues qui ont été capturées pour connaître leur origine. yy L’abondance et la structure des populations. Une évaluation ou réévaluation des abondances sur les sites de reproduction et un suivi des populations sur le long terme sont indispensables. Il manque également des connaissances sur la structure génétique des populations en reproduction et en alimentation sur les différents territoires du SOOI. yy La dynamique spatiale et comportement des espèces. Il sera spécialement intéressant d’étudier le comportement des immatures et leur distribution sur les habitats d’alimentation mais également d’approfondir les connaissances sur le cycle biologique des différentes espèces. I.8.2. Échelle locale Mayotte À Mayotte, la connaissance est à approfondir sur certaines thématiques : yy Apprécier et suivre l’état de conservation des populations de tortues vertes et imbriquées. yy Estimer les potentialités d’accueil des habitats d’ali mentation des tortues vertes et imbriquées. yy Étudier les besoins des populations de tortues vertes et imbriquées en termes d’espaces, de ressources ali mentaires et de qualité d’habitats de ponte et d’ali mentation. yy Évaluer avec précision l’impact du braconnage et des captures accidentelles sur les populations de tortues vertes et imbriquées. yy Étudier la valeur socio-économique des tortues marines. yy Étudier la diversité génétique des tortues imbriquées et leurs migrations de reproduction. yy Renforcer les connaissances sur les espèces rares : tortues caouanne, luth et olivâtres. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie La Réunion À La Réunion, différentes actions sont à mettre en place pour accroître les connaissances mais aussi pour préser ver durablement les populations de tortues concernées : yy Identifier les aires de répartition des tortues marines présentes à La Réunion et compléter les suivis Argos par la génétique et l’étude des isotopes stables pour approfondir les connaissances encore partielles sur la biologie des tortues marines à La Réunion. Cela per mettra notamment d’identifier l’origine des tortues qui recrutent sur les habitats de développement et d’alimentation de La Réunion, et sur les tortues qui transitent par la ZEE réunionnaise. yy Poursuivre et développer le programme sur l’impact des déchets plastiques sur les tortues marines et re chercher l’origine des lésions observées sur les cara paces des tortues caouanne et olivâtres. yy Mieux comprendre les relations tortues marines/ha bitats d’alimentation/développement en s’appuyant sur les programmes environnementaux en cours à La Réunion (Indicateur DCE, Spectrabeth, Hydrorun, etc.). yy Développer le partenariat avec les pêcheurs afin d’ac croître le nombre de bateaux participant au programme de réduction de l’impact des captures accidentelles, tout en complétant les connaissances sur ces espèces. yy Croiser les données acquises lors des programmes « tortues marines » avec ceux concernant les autres espèces de la mégafaune marine pour contribuer à une meilleure compréhension du fonctionnement global des océans. yy Favoriser les programmes qui ont un impact régional, en coopération avec les pays voisins. Les Îles Éparses Aux Îles Éparses les programmes de recherche doivent mettre l’accent sur : yy Les connaissances générales sur les tortues imbri quées (couloirs de migration, leurs aires d’alimen tation, le suivi génétique des populations, les évé nements et les sites de braconnage, etc.) à travers des programmes de suivi satellitaire et des études génétiques. yy L’étude des tortues imbriquées en alimentation à Eu ropa et en développement à Juan de Nova en identi fiant les habitats d’alimentation et les abondances sur ces sites ainsi que l’étude des déplacements migra toires de l’espèce. yy Les potentiels habitats d’alimentation des tortues adultes à Tromelin. yy L’étude de la biologie des tortues à Bassas da India et la présence/absence des tortues sur l’île. yy La cause de décès des tortues retrouvées mortes. yy L’approfondissement des connaissances sur les différents habitats (mangroves et récifs coralliens notamment). yy L’étude sur le développement des immatures de tor tues vertes et imbriquées. yy Le suivi des traces de ponte afin d’alimenter la base de données TORSOOI. yy L’étude sur le changement climatique et ses consé quences sur les tortues marines (érosion, blanchisse ment corallien, réchauffement des eaux et du sable, etc.). I.9. RÉSEAU DE PARTENAIRES Afin de préserver et gérer au mieux les tortues marines, espèces migratoires par excellence se reproduisant, s’alimentant et se développant dans des endroits dis tincts, il est nécessaire que les États gestionnaires soient organisés en réseaux locaux, nationaux, régionaux et internationaux. Seul cet emboîtement d’échelles per met d’appréhender de façon intégrée la gestion des tortues marines. I.9.1. rÉseau InternatIonal The Indian Ocean South East Asia Marine Turtle Memorandum of Understanding (IOSEA Secretariat) Un mémorandum d’accord inter-gouvernemental pour la gestion et la conservation des tortues marines et de leurs habitats de l’océan Indien et du Sud-Est asiatique (IOSEA-MoU) est acté en 2003 sous l’égide de la conven tion sur la conservation des espèces migratrices appar tenant à la faune sauvage (CMS) et signé par la France en 2008. La Western Indian Ocean Marine Turtle Task Force (WIO-MTTF) est un comité technique d’experts de l’IOSEA dont l’objectif est de faciliter la mise en œuvre des projets de conservation et de gestion dans la sous région du sud-ouest de l’océan Indien. En cohérence avec ce mémorandum d’accord régional, le ministère français en charge de l’environnement s’engage dans l’élaboration d’un Plan National d’Actions (PNA) en faveur de la préservation des tortues marines dans les îles françaises de l’océan Indien (Mayotte, Réunion, Îles Éparses). En outre, les Taaf ont également complété en 2010 et à nouveau en 2014 la partie Îles Éparses du rap port national visant à fournir à l’IOSEA des informations concernant la mise en œuvre du Mémorandum d’entente sur les tortues marines sur le territoire français de l’océan Indien (Réunion, Mayotte, Îles Éparses). Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 105 La Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) La CTOI est une organisation intergouvernementale mandatée pour gérer les thons et les espèces apparen tées dans l’océan Indien. Son objectif est de promou voir la coopération entre ses membres en vue d’assurer la conservation et l’utilisation optimale des stocks de thons et de favoriser le développement durable de leur exploitation. Le groupe de travail sur les écosystèmes et les prises accessoires (GTEPA) de la CTOI recommande notamment de renforcer la résolution sur la conservation des tor tues marines. L’objectif est de garantir que les parties contractantes et parties coopérantes non contractantes déclarent chaque année le niveau de prises acciden telles de tortues marines par espèce (IOTC–WPEB 08 2012). À terme, la CTOI devrait être en mesure d’éla borer des avis de gestion sur les tortues marines et de proposer des mesures d’atténuation appropriées. I.9.2. partenaIres natIonaux Le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie (MEDDE) Le MEDDE, initiateur de ce plan, agit en application des lois Grenelle 1 et 2. La première loi instaure la mise en place de plan de conservation ou de restauration qui doivent protéger les espèces en danger critique d’ex tinction en France (métropolitaine et d’outre-mer). La loi Grenelle 2 précise la mise en œuvre des PNA en commandant une procédure de consultation publique avant la validation des plans. Le ministère du Développement durable a été amené à définir des priorités pour la mise en place de plans nationaux d’actions en fonction de la situation des espèces concernées, en particulier des menaces qui pèsent sur elles. Au total, 55 espèces ou groupes d’espèces ont été retenus dans ce cadre, dont le groupe des tortues marines. L’Initiative Française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) Créée en 1999, l’IFRECOR est la déclinaison nationale de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI). Elle agit, sur le plan local, national et international, pour la protection et la gestion durable des récifs coralliens et des écosystèmes associés (mangroves, herbiers, récifs) dans les collectivités françaises d’outre-mer. Elle est composée d’un comité national et d’un réseau de comi tés locaux présents comme acteurs-relais sur le terrain dans chacune des collectivités territoriales d’outre-mer. En tant qu’écosystèmes associés aux récifs coralliens, les herbiers marins sont intégrés dans la dynamique de l’IFRECOR dans le Thème d’Intérêt Transversal (TIT) « Réseaux d’observations » (RESOBS) du plan d’actions 2011-2015. Dans ce cadre, un Observatoire des Herbiers marins de l’ensemble des territoires de l’outre-mer fran çais (OHOM) a récemment été mis en place. Son objectif est d’aboutir à une meilleure concertation des actions en cours sur les herbiers, permettant de disposer de diagnostics actualisés sur leur état écologique et leur évolution. Groupe Tortues Marines France Le Groupe Tortues Marines France (GTMF) du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris a été constitué en 2007 par le ministère du développement durable. Il est animé par le Service du Patrimoine Naturel du Muséum, qui en assure le secrétariat pour le ministère du développement durable. Il a pour objectif de mon ter et d’animer des groupes de réflexion comprenant un grand nombre d’acteurs sur la conservation et la ges tion des tortues marines. Cela se traduit notamment par la coordination de plans de gestion, l’organisation de colloques, etc. Le groupe assure également l’échange d’informations au sein du réseau national (métropole et outre-mer) et international. © J.-S. Philippe Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Figure 28 : Soins pratiqués à une tortue verte au centre de soins de Kélonia. © S. Ciccione I.9.3. acteurs locaux I.9.3.1. Partenaires communs aux trois territoires concernés Kélonia L’observatoire des tortues marines (Kélonia) contri bue au développement de programmes régionaux de recherche et de conservation des tortues marines et de leurs habitats, en répondant notamment à diffé rents objectifs comme les objectifs régionaux du Marine Turtle Task Force (MTTF) et de l’IOSEA Marine Turtle MoU (Indian Ocean and South-East Asian Marine Turtle Me morandum of Understanding), et les objectifs nationaux du Groupe Tortue Marine France (GTMF). De 2002 à 2006, Kélonia et l’IFREMER-Réunion, four nissent une assistance à l’OTM pour l’encadrement et la formation des agents sur des programmes d’étude et de sensibilisation à la conservation des tortues ma rines et de leurs habitats. L’objectif est de permettre aux équipes locales d’acquérir une autonomie sur les programmes en place. Il est aussi décidé de développer et pérenniser les partenariats pour assurer la pertinence des actions, des protocoles et d’ancrer Mayotte dans un réseau régional d’étude et de conservation. IFREMER Le laboratoire « Ressources Halieutiques » de la station de l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER) de La Réunion contribue depuis près de 30 ans, par ses travaux et expertises, à la connais sance et à la surveillance des populations de tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien. Sa collabora tion avec les collectivités de Mayotte, de La Réunion et des Taaf permet de compléter et d’élargir l’axe des programmes d’étude des tortues marines. Dans le cadre d’une convention tripartite entre Kélonia, IFREMER et les Taaf, des dizaines de programmes de re cherche se sont développés dans les Îles Éparses depuis les années 1970. Ces programmes sont actuellement structurés en trois volets : Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 107 Le premier concerne le suivi de la reproduction et le sui vi des nids, le deuxième est le suivi des immatures dans les lagons avec pour objectif de mieux comprendre la dynamique et la croissance de ces individus en fonction des caractéristiques spécifiques et environnementales des habitats, le troisième s’insère dans un programme régional visant à étudier la dynamique spatiale des tor tues marines adultes et des immatures, ainsi que les interactions avec les pêcheries hauturières. Depuis 2004, les laboratoires de recherche CNRS-CEFE (Centre d’Écologie Fonctionnelle et Evolutive) et CNRS IPHC (Institut Pluridisciplinaire Hubert-Curien) déve loppent une expertise sur le suivi des animaux dans leur milieu naturel. En collaboration avec Kélonia/Ifremer, l’OTM et le cabinet CARA ecology (Cabinet de Recherche Appliquée et d’expertise en écologie), des programmes scientifiques sont mis en place sur l’écologie de la re production, l’écologie alimentaire et le comportement migratoire des tortues vertes. Les laboratoires d’Écologie marine (ECOMAR), de géographie et de mathématique de l’Université de La Réunion interviennent en soutien aux programmes portés par Kélonia et Ifremer sur les tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien, et pour l’encadrement de thèse. CLS est associé à Kélonia et Ifremer pour la modélisa tion des déplacements océaniques des tortues marines. Direction de la Mer Sud océan Indien/CROSS La Direction de la Mer constitue les services de l’État assurant les missions régaliennes en lien avec le milieu marin. La DM SOI met en œuvre, dans l’océan Indien, à partir de La Réunion une politique maritime de dé veloppement durable centrée sur certaines priorités comme la réduction des risques maritimes, le déve loppement durable des activités maritimes incluant la sauvegarde de l’environnement marin, la protection des ressources marines et le développement des activités économiques liées à la mer, le soutien de la perfor mance des services, etc. Dans le cadre de la préserva tion des tortues marines, elle constitue donc un acteur incontournable sur différentes thématiques en lien avec les politiques environnementales. Le CROSS Réunion est en charge de la coordination des missions de sauvetage, de la surveillance de la naviga tion, de la surveillance des pêches, de la collecte des informations concernant les pollutions en mer et de la diffusion de renseignements maritimes et des alertes sûreté. Il assure, sous l’autorité de préfet de La Réunion et par délégation du DMSOI, la surveillance des pêches maritimes dans les ZEE françaises de l’océan Indien et des Taaf. En outre, il assure, conformément aux instructions en vigueur, le contrôle opérationnel et la coordination des moyens en mission de surveillance de contrôle des pêches en mer. Il récupère ainsi les données sur les inte ractions entre pêcheurs et tortues qui lui sont transmises. I.9.3.2. Partenaires territoriaux Mayotte L’Observatoire des Tortues Marines de Mayotte (OTM) et le Conseil Général de Mayotte En 1997, un Observatoire des Tortues Marines (OTM) est créé sous la responsabilité du Service Environnement et Forêt de la Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte (SEF/DAF). L’observatoire a pour objectif le suivi des populations de tortues marines afin d’acqué rir des connaissances sur les espèces présentes dans le lagon de Mayotte en vue de leur conservation. Les actions comprennent essentiellement le suivi des sites de ponte et des femelles nidifiantes et des campagnes de sensibilisation. Sa collaboration avec des partenaires scientifiques régionaux et nationaux permet le déve loppement de programmes de recherche et l’améliora tion des connaissances sur les tortues marines et leurs habitats. Sous l’égide de la DAF jusqu’en 2005, l’OTM dépend depuis 2006 du Service du Patrimoine Naturel (SPN) de la Direction de l’Environnement et du Développement Durable du Conseil Général de Mayotte. Au sein du SPN, le Bureau de Gestion des Sites (BGS) assure la gestion des terrains du Conservatoire du Littoral, dont les princi pales plages de pontes de tortues marines. La Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL) En 2011, les missions de la Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte (DAF) sont transférées et parta gées entre la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et la DAAF (Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). La DEAL de Mayotte est un service déconcentré du mi nistère de l’Écologie du Développement Durable et de l’Énergie (MEDDE). Sous l’égide du MEDDE, la DEAL de Mayotte coordonne et finance différentes actions en lien avec la connais sance et la protection des tortues marines. Elle pilote notamment les volets Mayotte des Plans Nationaux d’Actions (PNA) en faveur des tortues marines du sud ouest de l’océan Indien et du dugong. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Brigade Nature de Mayotte (BNM) En 2003, la Brigade Nature de Mayotte (BNM) est créée grâce au partenariat entre la Direction de l’Agriculture et de la Forêt de Mayotte (DAF), l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et le Conseil Général de Mayotte. Sa mission est de mener des actions de protection de l’environnement relevant des domaines d’action prioritaires propres à chaque établissement, priorisé localement par la préfecture. En 2013, un partenariat entre l’ONCFS, l’Office de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA), l’Agence des Aires Marines Protégées (AAMP) et la DEAL conduit à la remise en place de la BNM. La DEAL apporte un soutien financier à la BNM pour le financement de missions de surveillance maritimes entrant dans le cadre du PNA en faveur du dugong (Dugong dugon). Les infractions sont relevées au titre du respect d’un arrêté préfectoral encadrant la pêche au filet dont la pratique menace les dugongs et les tortues marines. Le Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) Créé par décret en 2010, le Parc naturel marin de Ma yotte est un espace classé de 68 381 km², englobant l’ensemble des eaux sous juridiction française autour de Mayotte (Zone Économique Exclusive, ZEE). Les moyens humains, logistiques, matériels et financiers nécessaires au fonctionnement du Parc sont mis à disposition par l’Agence des Aires Marines Protégées, établissement public créé en 2006 et placé sous la tutelle du ministère en charge de l’écologie. Le plan de gestion du PNMM, véritable feuille de route pour la gestion et la protection du milieu marin de 2013 à 2028, se base sur une approche intégrée du patri moine mahorais afin de garantir un bon état de conser vation des habitats naturels et des espèces, tout en favorisant le développement économique durable de l’île. Dans cette logique, l’équipe locale animera les vo lets mahorais des Plans Nationaux d’Actions en faveur des tortues marines et des dugongs. Parallèlement, les agents de terrain du parc assureront des missions de surveillance et de lutte antibraconnage, pour lesquelles une coopération avec des agents armés est envisagée (Brigade Nature et/ou Gendarmerie maritime). Le Conservatoire du Littoral Le Conservatoire de l’Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL) est présent à Mayotte depuis 1995. Grâce à son intervention foncière le Conservatoire du Littoral protège aujourd’hui 1 736 hectares de rivages sableux, rocheux ou boisés répartis sur une quinzaine de sites. Ses actions sont conduites selon 3 axes d’intervention : y Maintenir de grandes entités paysagères naturelles ; y Protéger les écosystèmes littoraux à intérêt écolo gique fort ; y Accueillir le public sur les sites pour la découverte et la sensibilisation aux enjeux de préservation du patri moine naturel et culturel ; y Grâce à l’acquisition notamment des plages et arri ères-plages de Saziley et Moya, des habitats majeurs de ponte de tortues marines sont ainsi préservés ; y Le Conseil Général de Mayotte assure, en grande par tie, la gestion des terrains acquis par le Conservatoire. Les associations environnementales locales L’Association Oulanga na Nyamba (ONN) (Environ nement et Tortues) se consacre depuis sa création en 1998 à l’étude et à la protection des tortues marines et de leurs habitats. Ses actions sont nombreuses : sen sibilisation du grand public et des scolaires, lutte anti braconnage, encadrement d’activités écotouristiques, et recensement des tortues marines. Depuis 2002, les membres de l’association participent également active ment aux programmes scientifiques portant sur l’étude de l’écologie alimentaire des tortues marines. Créée en 1999, l’Association des Naturalistes, Envi ronnement et Patrimoine de Mayotte s’attache à faire connaître et à protéger le patrimoine naturel et culturel de l’île, à travers la publication d’articles et d’ou vrages, l’animation de conférences et de campagnes de sensibilisation, l’organisation de sorties encadrées sur le terrain, ou encore le soutien aux projets de conservation du patrimoine mahorais. La fédération Mayotte Nature Environnement (MNE, fédération départementale de France Nature Environ nement) et la Fédération Mahoraise des Associa tions Environnementales (FMAE), qui regroupent des associations de protection de l’environnement, ont pour principales vocations d’alerter les autorités sur les en jeux environnementaux et d’assurer une liaison entre les acteurs associatifs et institutionnels. L’association Escale, créée en 2014, vise l’étude et la conservation des tortues marines et de leurs habitats, dans la continuité directe des programmes menés ou initiés par Kélonia. Escale représente le correspondant mahorais de Kélonia. Le Réseau Échouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines (REMMAT) Afin d’améliorer l’évaluation des menaces qui pèsent sur les tortues marines et les mammifères marins, le Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 109 REMMAT est créé en 2010 sous l’égide de l’ONCFS et du Conseil Général de Mayotte. Il regroupe des adminis trations locales, des organismes publics, des associa tions environnementales et ONG, des vétérinaires, des bureaux d’études, des opérateurs touristiques et des membres individuels. Sa mission est de recenser les animaux morts ou en détresse, et de collecter les données relatives à leurs états, et secourir les individus en détresse à l’aide des vétérinaires du réseau. Depuis 2011, le Parc naturel marin de Mayotte succède à l’ONCFS et assure l’animation du REMMAT. Le Cabinet de recherche appliquée et d’expertise en écologie (CARA ecology) Depuis 2010, le cabinet CARA ecology, dont une des expertises repose sur l’étude et le suivi des tortues ma rines dans leur milieu naturel, développe avec Kélonia et en collaboration avec l’OTM des programmes scienti fiques sur l’écologie des tortues marines de Mayotte et leurs habitats. La Réunion La Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Réunion (DEAL) La Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) de La Réunion remplace et reprend les compétences de la DIREN (DIrection Régionale de l’ENvironnement), de la DDE (Direction Départemen tale de l’Équipement), de la police de l’Eau de la DAF (Direction de l’Agriculture et de la Forêt) et de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement), hormis le développement indus triel et la métrologie. Créée le 1er janvier 2011, elle coordonne et participe au financement des actions en lien avec les tortues marines à La Réunion, que ce soit pour la connaissance, la gestion ou la protection de ces espèces autour de l’île. Elle pilote également l’actuelle rédaction du PNA régional des tor tues marines de l’océan Indien et le volet Réunion. Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) Établissement public sous la double tutelle du Ministère chargé de l’Agriculture, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage remplit différentes missions principales qui s’inscrivent dans les objectifs gouver nementaux de la Conférence environnementale et de la Stratégie nationale pour la biodiversité (2011-2020), dont la surveillance des territoires et la police de l’envi ronnement et de la chasse, ainsi que les études et la recherche sur la faune sauvage et ses habitats. L’ONCFS est présent à Mayotte et à La Réunion au travers des deux services de police de l’environnement (BNOI et BNM). Sa cellule technique basée à La Réunion apporte son soutien à ces deux services et aux deux DEAL. Brigade Nature océan Indien (BNOI) Créée en 1994, la BNOI est un partenariat entre l’ONCFS, l’ONEMA, le Parc National de La Réunion, l’ONF et le Préfet représenté par la DEAL. Elle s’occupe notamment de la surveillance des territoires et des zones sensibles sur le plan naturel. La BNOI a des missions de surveil lance sur le littoral réunionnais (terre et mer) et apporte son soutien à la BNM en particulier pour la lutte contre le braconnage des tortues marines, mission financée par la DEAL Mayotte. Elle participe également à des missions techniques en appui à Kélonia et Ifremer sur le suivi des tortues marines de La Réunion. Conseil régional de La Réunion Le conseil Régional, propriétaire de Kélonia, participe financièrement à plusieurs projets pilotés par Ifremer et Kélonia sur l’étude des tortues marines. Il finance notamment le projet BYCATCH qui procède au suivi par balise Argos de tortues soignées au centre de soins puis relâchées. La réserve naturelle marine de La Réunion Créée en 2007, la réserve s’étend sur 40 km de côtes, du cap La Houssaye (Saint-Paul) à la Roche aux oi seaux (Étang Salé). La réserve représente une surface de 35 km² et s’articule autour de trois types de zones : périmètre général, protection renforcée (45 %) et pro tection intégrale (5 %). La réserve comprend les principaux sites d’alimenta tion et de pontes des tortues marines recensés jusqu’à maintenant à La Réunion. Le récent plan de gestion de la réserve (2012-2016) comprend plusieurs mesures relatives à la protection des tortues et collabore avec Kélonia pour les mettre en place. Le Conservatoire du littoral de La Réunion Grâce à son intervention foncière, le Conservatoire du littoral tente de préserver des reliquats d’espaces natu rels sur tout le linéaire côtier de La Réunion (210 km). Près de 900 hectares, répartis en 16 sites, sont ainsi protégés à ce jour. Une fois leur maîtrise foncière sécuri sée, le Conservatoire du littoral met en œuvre, avec ses partenaires locaux, des actions de conservation. Celles ci revêtent deux aspects principaux : la restauration éco logique, lorsque la dégradation des habitats naturels Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie n’est pas irréversible, et la gestion des usages. À La Réunion, le Conservatoire du littoral ne maîtrise pas foncièrement les sites de ponte utilisés par les tor tues marines. Associations environnementales Différentes associations sont présentes à La Réunion, et travaillent pour la connaissance ou la protection des tortues marines autour de l’île. Parmi les associa tions engagées dans la protection de l’environnement, la SREPEN ou Sea shepherd sont vigilantes à la prise en compte de ces espèces dans les différents projets d’aménagement notamment. D’autres associations participent à la connaissance de ces espèces (en plus de leur protection), comme Vie Océane ou Nature océan Indien. Enfin, des associations travaillant sur d’autres groupes faunistique participent indirectement au suivi des tor tues marines. Notamment l’association Globice avec laquelle des programmes de suivi communs ont été mis en place : CeTO (cétacés, Tortues, Oiseaux marins) en partenariat également avec ECOMAR. Îles Éparses Il n’existe pas de réseau local du fait de l’inoccupation quasi totale de ces territoires et donc de l’inexistance de structures locales propres au territoire. Toutefois, si l’éloignement des Îles Éparses rend les missions de coopération trop coûteuses pour être développées, il existe diverses formes de collaboration avec les ré seaux à l’échelle régionale, nationale et internationale. Ces collaborations permettent l’échange d’informations scientifiques et techniques mais aussi la réalisation de diverses expertises scientifiques. Les Taaf comptent de nombreux partenariats scientifiques pour des pro grammes de recherche dans les Îles Éparses. Plusieurs d’entre eux sont consacrés aux tortues marines, de ma nière directe ou indirecte. Kélonia et Ifremer Il convient de citer en premier lieu Kélonia et l’Ifremer, qui sont les partenaires historiques des Taaf en matière de recherche sur les tortues. Les études ont commen cé dans les années 1970 dans les Îles Éparses, avec Hugues et Frazier, et dans les années 1980 dans les autres îles, avec Le Gall et Hugues. Le suivi des traces de ponte a d’ailleurs débuté dans les années 1980 grâce à l’initiative de Le Gall d’organiser un partenariat avec la Gendarmerie Nationale et Météo France. Le Centre d’Étude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM), devenu Kélonia, l’observatoire des tortues marines dans les années 1990, poursuit le comptage des traces et, en partenariat avec l’Ifremer, a développé de nom breux programmes de recherche dans les Îles Éparses Ainsi, des dizaines de programmes scientifiques ont été menés depuis les années 1970 dans les Îles Éparses. Les programmes tortues marines dans les Îles Éparses sont actuellement structurés en trois volets, dans le cadre d’une convention tripartite Kélonia/Ifremer/Taaf. Le premier volet concerne le suivi de la reproduction (comptage de traces) et le suivi des nids (production de nouveau-nés), le deuxième est le suivi des imma tures dans les lagons avec pour objectif de mieux com prendre la dynamique et la croissance de ces individus en fonction des caractéristiques spécifiques et environ nementales des habitats et le troisième s’insère dans un programme régional visant à mieux comprendre la dynamique spatiale des tortues marines adultes et des immatures, ainsi que les interactions avec les pêcheries hauturières. Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS), Institut de Recherche et de Développement (IRD), Université de La Réunion (Laboratoire Ecomar) À ces programmes spécifiquement liés aux tortues s’ajoutent divers programmes concernant les habitats des tortues. Le programme SMANG vise à établir un modèle général de structuration et dynamique de la mangrove d’Europa, important habitat de développe ment des tortues immatures. Les programmes BIORECIE et ORCIE s’intéressent tous deux aux récifs coralliens, qui fournissent d’importantes ressources aux tortues marines. Le Parc marin des Glorieuses Le Parc naturel marin des Glorieuses, quatrième parc marin français et deuxième de l’océan Indien, a été créé par décret le 22 février 2012. Il est placé sous l’adminis tration et la gestion des Terres australes et antarctiques françaises. Situé à l’entrée du canal du Mozambique, un des hauts lieux de la biodiversité mondiale, le Parc s’étend jusqu’à la limite de la zone économique exclu sive de Mayotte. Il couvre plus de 43 000 km². Avec le Parc naturel marin de Mayotte, dont il est contigu, la France a su mettre en place une aire marine protégée de plus de 110 000 km2, la plus grande créée en France. Il accueille un récif corallien de plus de 17 km de long et d’une superficie de 165 km², permettant le développe ment d’une faune et flore marines très riches et diversi fiées, et notamment des espèces menacées comme les tortues marines. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 111 Situé dans un archipel très bien conservé, cet espace présente un caractère patrimonial par sa richesse en termes de biodiversité marine (référence sur le plan mondial) et une extraordinaire plate-forme pour la recherche scientifique. Conservatoire Botanique National des Mascarins (CBNM) et le laboratoire ECOMAR de l’Université de La Réunion Du côté terrestre, le Conservatoire Botanique National de Mascarin s’intéresse à la flore des îles, notamment aux espèces introduites, tandis que le Laboratoire Ecomar de l’Université de La Réunion étudie les espèces animales introduites. Ces recherches, ainsi que les programmes d’éradication des rats et des chats menés par les Taaf et Ecomar, ont permis de mieux comprendre l’impact des espèces de la flore et de la faune introduites et de contribuer au retour de l’écosystème d’origine (Bourjea et al, 2011). Les spécialistes des tortues pensent qu’il faut poursuivre ses études, notamment pas la mise en place de programmes visant à : 1) caractériser les plages de ponte ; 2) évaluer l’impact de ces espèces indigènes sur la reproduction des tortues vertes ; 3) établir un plan de réhabilitation de la végétation littorale la plus dégradée (Bourjea et al, 2011). I.9.4. les outIls Les stratégies pour la biodiversité Ces outils permettent de dresser un état des lieux de la biodiversité sur un territoire et d’en définir les stratégies pour sa conservation voire sa restauration. Ces outils sont importants, car au travers d’une vision globale et coordonnée, ils proposent des axes de développement cohérents pour la conservation de la biodiversité. La Réunion et Mayotte sont dotées d’un tel outil, et doivent s’en servir pour permettre la conservation des tortues marines à l’échelle locale et régionale. La base de données régionale TORSOOI La valorisation des données recueillies dans le cadre de programmes d’étude des tortues marines de la région du sud-ouest de l’océan Indien révèle l’intérêt de spa tialiser les données dans un Système d’Information Géographique (SIG) régional pour une meilleure com préhension de la biologie de ces espèces et de leurs habitats. Ainsi, l’objectif du projet TORSOOI (TORtues du sud-ouest de l’océan Indien) est de regrouper les don nées disponibles sur les tortues marines et leurs habi tats dans une base de données régionale associée à un SIG et de faciliter le partage de ces informations au tra vers des partenariats solides entre les pays de la région du sud-ouest de l’océan Indien. Cet outil, développé par Kélonia/Ifremer en partenariat avec l’Université de La Réunion, vise à obtenir une vision régionale réaliste de l’état des populations des tortues marines tout en four nissant des éléments concrets pour la mise en place de stratégies de conservation. Le Système d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP – Volet mer) La grande majorité des données acquises dans le do maine de l’environnement sont difficilement mobili sables en dehors des programmes pour lesquels elles ont été acquises. Aussi, le Parc marin de Mayotte tra vaille sur la mise en place du Système d’Information sur la Nature et les Paysages (SINP – Volet mer), afin de développer une réelle animation des producteurs de données, un recensement des dispositifs de collecte de données, une structuration de la bancarisation et de la valorisation de ces données pour profiter de façon opti male de l’effort de collecte, qu’il soit public ou privé. Les plans de gestion des aires marines protégées Différentes aires marines protégées concernent les zones d’étude visées par ce PNA, à savoir : yy La réserve naturelle nationale marine de La Réunion ; yy Le parc naturel marin de Mayotte ; yy Le parc naturel marin des Glorieuses ; yy La réserve naturelle pour les îles Tromelin, Glorieuses, Europa et Bassas da India en réserve naturelle. Certaines aires marines sont dotées d’un plan de gestion courant sur plusieurs années. Il convient donc d’utiliser ces outils pour la préservation des habitats et des popu lations de tortues marines présentes dans ces zones. Le Plan National d’Actions en faveur du dugong (Dugong dugon) La conservation des dugongs et celle des tortues ma rines présentent de nombreuses problématiques com munes (pêche accidentelle, dégradation des herbiers marins nourriciers, gestion des échouages, etc.). Aussi, la stratégie de conservation du dugong adoptée à Ma yotte contribuera, par ces différentes actions mises en œuvre de 2012 à 2016 par le PNMM et sous l’égide de la DEAL de Mayotte, à renforcer la conservation des tortues marines et de leurs habitats (Pusineri & Cacérès, 2012). Le logigramme ci-après (Figure 30 ci-contre) présente l’ensemble des acteurs impliqués dans différentes ac tions et partenariat en lien avec les tortues marines Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (connaissances, préservation, gestion, etc.). Les autres outils Les documents d’aménagement du territoire En termes d’aménagement du territoire, des outils de planifications sont en place sur certains territoires, en particulier La Réunion et Mayotte. Il s’agit notam ment de documents d’aménagement se déclinant aux échelles régionales (Schéma Régional d’Aménage ment), intercommunales (Schéma de Cohérence Terri toriale) ou communales (Plan Local d’Urbanisme). Ces différents outils doivent notamment intégrer la problé matique des tortues marines, de façon directe ou indi recte (conservation des plages de ponte, protection du bassin versant, aménagement réglementé sur le litto ral, etc.). Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Ce document de planification permet de définir une ges tion concertée des bassins versants du territoire visé, en respect de la loi sur l’eau de 1992 et de la Directive Cadre sur l’Eau de 2000. Ce schéma doit permettre de définir les principes, orientations et actions de gestion et de conservation de la ressource en eau (quantité, qualité, etc.) à l’échelle d’un territoire. Le SDAGE, une fois arrêté par le préfet de bassin, après avis du comité de bassin et consultation, devient ainsi le cadre légal et obligatoire de mise en cohérence des choix de tous les acteurs du bassin dont les activités ou les aménage ments ont un impact sur la ressource en eau. Sur cette base, ce document, en particulier pour La Réu nion et Mayotte, concerne indirectement la préversa tion des tortues marines, en ce qui concerne la qualité de la ressource en eau et du bassin versant en général. Plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés Les plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés ont été rendus obligatoires par la loi du 13 juillet 1992. De la compétence du préfet ou du Conseil Général, ils sont destinés à coordonner et programmer les actions de modernisation de la gestion de ces déchets à engager à 5 et 10 ans notamment par les collectivités locales. Ils fixent les objectifs de recyclage et de valorisation à atteindre, les collectes et équipements à mettre en œuvre à cette fin, les échéanciers à respecter et évaluent les investissements correspondants. Leur importance est primordiale car, lorsqu’un plan a été approuvé, les décisions prises dans le domaine des déchets par les personnes morales de droit public et leurs concessionnaires doivent être compatibles avec ce plan. La gestion des déchets est importante pour les tortues marines car les macrodéchets constituent une menace importante pour ces espèces marines. Une gestion appropriée demeure nécessaire, au travers de cet outil adapté. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 113 pnmg rÉseau Îles Éparses taaf IrD mnhn cbnm cnrs unIversItÉs remmat rÉseau mayotte Deal mayotte bnm pnmm otm/conseIl gÉnÉral conservatoIre Du lIttoral autres partenaIres (assocIatIons, cbnm, unIversItÉs, etc.) rÉseau rÉunIon Deal rÉunIon oncfs bnoI rnmr conservatoIre Du lIttoral conseIl rÉgIonal autres partenaIres (assocIatIons, cbnm, unIversItÉs, etc.) rÉseau local commun KÉlonIa Ifremer DmsoI/cross rÉseau natIonal Ifrecor meDDe gtm france Figure 30 : Réseau des principaux partenaires du PNA OI à l’échelle régionale, natiobnale et locale. Iosea ctoI Iucn Marine Turtle Specialist Group rÉseau InternatIonal Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tortue luth Dermochelys coriacea © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 115 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie PARTIE 2 Stratégie et orientations opérationnelles II. STRATÉGIE À LONG TERME DE CONSERVATION DES ESPÈCES II.1. CONTEXTUALISATION DU PNA DANS LES STRATÉGIES INTERNATIONALES ET NATIONALES II.1.1. Échelle rÉgIonale Ce Plan National d’Action s’inscrit dans une cohérence régionale en accord avec le Mémorandum d’accord sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leur habitat de l’océan Indien et de l’Asie du Sud-Est, si gné par la France en 2001 (annexe 8). Ce mémorandum auquel est annexé un plan de gestion à l’échelle de l’océan Indien, engage les pays signataires à « coopérer étroitement afin de réaliser et de maintenir un état de conservation favorable des tortues marines et des habi tats dont elles dépendent ». Le PNA représente donc la Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune © J.-S. Philippe Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 117 participation française à la mise en place de ce plan de gestion et permettra, au travers d’actions à plus petite échelle (régionale et locale), une approche globale et efficace de la protection des tortues marines. Dès 1995 avec la résolution de Sodwana Bay, les pays du sud-ouest de l’océan Indien ont élaboré une straté gie commune pour la conservation des tortues marines au niveau régional, dont ont découlé les programmes d’orientation de gestion et de protection des tortues de mer dans l’ouest de l’océan Indien (UNEP, 1996). II.1.2. Échelle natIonale Ce Plan National d’Actions s’inscrit également dans le cadre du plan d’action Outre-mer du Grenelle de l’envi ronnement, datant de 2007. L’un des objectifs de ce plan est de mettre en œuvre des stratégies et des outils nécessaires à l’arrêt de la perte de la biodiversité ma rine, à sa préservation et à sa valorisation. Suite au Grenelle de l’environnement, l’État français a souhaité promouvoir la dimension maritime des Outre mer à travers le Livre Bleu qui traduit la stratégie natio nale pour la mer et les océans. Le Livre Bleu Sud océan Indien, déclinaison de cette stratégie dans l’océan In dien, a pour but de réaffirmer la position de la France dans cette partie du monde et d’insuffler une nouvelle dynamique de développement économique et scienti fique ainsi que de préservation sur les territoires de La Réunion, de Mayotte et des Taaf. Le PNA fait aussi partie des mesures élaborées lors du Grenelle de la Mer en 2009 pour la protection des es pèces marines protégées et complète entre autre les mesures de gestion et de création des aires marines protégées. Dans cette région de l’océan Indien, ces me sures se traduisent notamment par la mise en place et l’animation de la réserve naturelle marine de La Réu nion et des parcs naturels marins de Mayotte et des Glorieuses. Le Plan National d’Actions des tortues marines fait éga lement partie intégrante de la Stratégie Réunionnaise pour la Biodiversité (SRB, aboutie en 2005) et de la Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte (élaborée en 2013). Il s’agit de déclinaisons locales de la Stratégie Nationale pour la biodiversité, texte étant destiné à répondre aux engagements de la France pris lors de la convention pour la biodiversité de Rio. Elles constituent un cadre commun d’intervention, visant à améliorer la cohérence des politiques de ces territoires et de lancer une nouvelle dynamique de pro jets et d’actions pour la valorisation et la préservation de leur patrimoine naturel exceptionnel. Enfin, l’action du PNA rejoint celle de l’Initiative Fran çaise sur les Récifs Coralliens (IFRECOR) qui a pour but de protéger les récifs coralliens et les écosystèmes as sociés d’Outre-Mer. Certaines actions proposées dans le plan national de l’IFRECOR sont communes aux objectifs du PNA tortues comme la réduction de la pollution ou de la pêche destructrice. En raison de l’importance de la qualité des habitats pour les tortues marines, celles-ci sont directement concernées par la convention MARPOL et les plans POL MAR. La convention MARPOL (Marine Pollution) est une convention internationale de 1973 sur la prévention de la pollution des mers par les navires, élaborée par l’Or ganisation maritime internationale. Elle concerne diffé rents types de pollution comme les hydrocarbures, les produits chimiques ou les ordures des bateaux entre autres. La convention Marpol fournit des procédures et des règles techniques quant à la conception des navires (double coque pour les pétroliers et chimiquiers), à leur équipement, aux procédures dans les ports, à la tenue des dossiers administratifs et à la réalisation d’inspec tion. Les dispositifs spécifiques POLMAR sont des plans d’application découlant de la convention MARPOL. Ils définissent l’organisation française de lutte contre les pollutions accidentelles marines (par hydrocarbures ou autres produits chimiques). Ces dispositifs départemen taux s’adressent aux organismes en charge de la lutte antipollution et doivent être révisés tous les cinq ans conformément aux recommandations du Guide de révi sion des Plans POLMAR/Terre. II.1.3. Échelle locale Au niveau des territoires concernés par ce Plan Natio nal d’Actions, certaines stratégies sont destinées à per mettre le développement d’une politique favorable au maintien des populations de tortues marines. Ces stratégies de gestion territoriale se déclinent à diffé rentes échelles et concernent différentes thématiques. Le plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte résulte de deux ans d’études et de concertation avec les usagers de la mer et se base sur 7 orientations : yy Faire de l’île un « pôle d’excellence » en matière de connaissance et de suivi des écosystèmes tropicaux et de la mangrove ; yy Retrouver une bonne qualité de l’eau dans le lagon notamment par une gestion appropriée des man groves ; yy Développer en dehors du lagon une pêche profes sionnelle écologiquement exemplaire et pourvoyeuse Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie d’emplois et de produits de la mer pour Mayotte ; yy Développer des filières aquacoles respectueuses de l’environnement et en particulier celles qui bénéfi cient directement aux populations locales ; yy Faire découvrir le milieu marin et la biodiversité grâce à l’organisation des activités de loisirs et la profes sionnalisation des acteurs du tourisme ; yy Pérenniser et valoriser les pratiques vivrières et les savoirs traditionnels dans le cadre d’une gestion pré cautionneuse du lagon ; yy Protéger et mettre en valeur le patrimoine naturel, de la mangrove aux espaces océaniques, notamment par la formation et la sensibilisation du plus grand nombre. De la même manière, le plan de gestion de la réserve naturelle marine de La Réunion (2012-2016) a pour but de valoriser et de protéger un espace remarquable du littoral réunionnais. Parmi les objectifs émis dans sa stratégie, plusieurs concernent l’étude et la pro tection des populations de tortues vertes et d’imbri quées et sont communs à certains objectifs du PNA. Ce plan élaboré conjointement avec des experts, des usagers du littoral et des décideurs se décline selon les enjeux suivants : yy Garantir la conservation du patrimoine naturel de la réserve naturelle marine en améliorant la qualité des eaux et en protégeant les récifs coralliens ; yy Améliorer les connaissances sur l’écologie et la géo morphologie des milieux, les usages et le contexte socio-économique du littoral et sur le patrimoine ; yy Assurer un développement raisonné des activités de pêche et des différents usages conciliables avec la protection de la biodiversité marine ; yy Promouvoir une pédagogie de l’environnement pé renne et diversifiée ; yy Développer une politique d’information et de com munication à destination du grand public et des usa gers et des touristes ; yy Garantir le rayonnement et la mise en réseau de la RNMR dans une optique de bonne gouvernance et de gestion intégrée de l’espace marin. Enfin, le plan de gestion du Parc naturel marin des Glorieuses, qui doit être réalisé d’ici 2015, devra prévoir un ensemble d’actions en cohérence avec les orientations de gestion suivantes : yy Protéger le patrimoine naturel, particulièrement les tortues, les récifs coralliens et les mammifères marins, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux et la sensibilisation des acteurs et des usagers ; yy Faire des eaux de Glorieuses un espace d’excellence en matière de pêches durables (côtières et hautu rières) ; yy Faire de cet espace un lieu privilégié d’observation de la biodiversité marine du canal du Mozambique pouvant intégrer des observatoires pour contribuer à l’amélioration des connaissances ; yy Encadrer les pratiques touristiques et accompagner le développement d’un écotourisme respectant le caractère préservé de cet espace. Aussi, les actions en faveur de la protection des tortues marines qui seront prévues dans le cadre de ce PNA pour les îles Glo rieuses s’inscrivent directement dans la stratégie de gestion (orientation 1) de ce Parc nouvellement créé. Il est également à rappeler que le récent classement de l’île d’Europa et de la vasière des Badamiers à Mayotte en site RAMSAR doit donner lieu à la réalisation d’un plan de gestion spécifique visant la préservation des habitats reconnus comme zones humides d’importance, ainsi que les espèces qui y sont associées. Cette stra tégie, bien qu’elle ne soit pas un outil réglementaire et qu’elle ne donne pas lieu à des financements spéci fiques, permettra néanmoins d’appuyer l’ensemble des actions conduites en faveur des tortues marines et de leurs habitats (lagon, mangrove, etc.). Le Schéma d’Aménagement Régional (SAR) fixe les orientations fondamentales à moyen terme en matière d’aménagement du territoire à l’échelle d’une région, sur la base du développement durable, de la mise en valeur du territoire et de la protection de l’environne ment. Cette planification territoriale prend en compte les zones et habitats à enjeux des tortues marines, en définissant un zonage approprié (ex. : zone de protec tion forte/Espace Naturel Remarquable du Littoral). À La Réunion, le SAR a été approuvé en 2011, alors qu’à Mayotte, il est en cours de réalisation (Plan d’Aménage ment et de Développement Durable en vigueur). En complément, ce plan régional d’aménagement se décline à l’échelle de l’intercommunalité au travers du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), reprenant les principes définis dans le SAR mais déclinés à une échelle plus fine. Ce même exercice est fait à l’échelle communale avec la définition du Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour l’ensemble des communes d’un même territoire. La Réunion possède 4 SCOT et la plupart des communes sont munies d’un PLU. À Mayotte, certaines communes sont munies de PLU, aucun SCOT n’a été défini. Concernant l’agriculture, Mayotte possède un Schéma Directeur de l’Aménagement Agricole et Rural de Mayotte (SDAARM). Il encadre le développement des activités agricoles dans le cadre de l’aménagement glo Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 119 bal du territoire. À Mayotte, un SDAARM a été mis en place en 2011. Concernant la gestion de l’eau, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) énonce une série d’orientations et de dispositions en faveur d’un bon état écologique des masses d’eaux. Il est en vigueur à La Réunion (2010-2015) et à Mayotte (2010-2015). En complément, des Schémas Directeurs d’Assainis sement (SDA) pourront être mis en place. Ces schémas définissent la stratégie globale de l’assainissement, à l’échelle d’un territoire (département). Ils peuvent se décliner à l’échelle communale, où cette déclinaison est intégrée dans les Plans Locaux d’Urbanisme. Le Plan Départemental d’Élimination des Déchets Ménagers et Assimilés (PDEDMA) définit une politique de prévention et de gestion des déchets. Cela concerne indirectement la préservation des tortues marines au travers la limitation des déchets dans le milieu natu rel (dont certains déchets divers comme les sacs plas tiques, fils de pêche et autres). Un projet de révision est en cours à La Réunion, alors qu’à Mayotte, la création du PDEDMA est en cours. Enfin, parmi les stratégies globales, la Stratégie Biodi versité pour un développement durable de Mayotte a été élaborée en 2013 par le comité français de l’Union International pour la Conservation de la Nature (UICN) selon une démarche collaborative, qui a regroupé l’en semble des acteurs mahorais. Cette stratégie constitue un cadre commun d’intervention, permettant d’amé liorer la cohérence des politiques du territoire maho rais et de lancer une nouvelle dynamique de projets et d’actions pour la valorisation et la préservation du patri moine naturel exceptionnel de Mayotte (UICN France 2013). II.2. BESOINS ET ENJEUX DE CONSERVATION DES ESPÈCES La conservation des tortues marines implique une pro tection des milieux terrestres et marins, afin d’englober tous les habitats nécessaires aux différents stades du cycle biologique des espèces, à savoir le milieu marin pour l’alimentation, le développement et la reproduc tion, le milieu terrestre littoral pour la ponte. Même si les enjeux de conservation des tortues marines doivent se définir à grandes échelles pour être réelle ment efficaces, les besoins peuvent différer en fonction des spécificités de chaque territoire et espèce. En effet, chaque territoire possède sa propre identité sur le plan écologique, culturel, économique ou sur le plan démo graphique. À titre d’exemple, le braconnage qui est la principale menace à Mayotte est extrêmement rare à La Réunion, et quasi inexistant dans les Îles Éparses qui ne comptent pas de population humaine fixe. Les dif férences d’abondance des populations de tortues ma rines fréquentant les territoires sont également impor tantes. Ainsi, les enjeux de conservation ne sont pas les mêmes sur l’île d’Europa qui compte une population de femelles nidificatrices très importante et sur La Réunion où elle n’est pour l’instant que résiduelle. En outre, les besoins peuvent également diverger en fonction des espèces qui présentent des comporte ments différents. Si seules deux espèces nidifient dans le sud-ouest de l’océan Indien (la tortue verte et la tor tue imbriquée), la majorité des captures accidentelles dues à la pêche concerne la tortue caouanne. Il est donc important de fixer de grandes orientations opérationnelles communes sur l’ensemble de la région du sud-ouest de l’océan Indien, puis de définir des stra tégies propres aux différents territoires, en spécifiant les espèces concernées. Les besoins optimaux sont globalement les mêmes pour l’ensemble des territoires considérés : 1. Préservation des différents habitats du cycle de vie (phase de développement et d’alimentation, phase pélagique et de transit, phase de reproduction) ; 2. Réduction des menaces d’origine anthropique ; 3. Approfondissement des connaissances sur la dynamique des différentes espèces, sur leur biologie et sur leur état de conservation. Ces besoins sont plus ou moins importants en fonction des territoires, des espèces et de l’état des populations. Les actions définies dans ce PNA découleront donc de ces besoins en prenant en compte des différents contextes définis dans cette première partie. II.3. STRATÉGIE À LONG TERME ET STRATÉGIES OPÉRATIONNELLES II.3.1. stratÉgIe à long terme par espèce L’objectif général de ce document est d’aboutir à l’aug mentation des effectifs de chaque espèce de tortues marines, sans pour autant pouvoir fixer des objectifs pré cis d’abondance à atteindre. En effet, le manque d’infor mations historiques sur les effectifs de populations avant le déclin des espèces ne permet pas, à ce jour, de sta tuer sur un état de référence à atteindre. À la lumière Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie des éléments mis en avant dans cette première partie de diagnostic, il est important de dégager une stratégie générale à adopter par espèce en fonction de son état de conservation et de la situation de chaque territoire qui oriente les actions définies dans la suite du plan pour atteindre l’accroissement des populations. Toutefois, il ne sera probablement pas possible d’arriver à des po pulations aussi abondantes qu’avant la colonisation des îles par l’homme, les habitats favorables et capacités d’accueil de ces îles ayant fortement diminués depuis (notamment sur La Réunion et Mayotte). L’évolution des effectifs suite à la mise en place du plan premettra en suite de préciser les objectifs quantifiés de restauration. Les stratégies générales sur le long terme pour les cinq espèces de tortues marines sont : y Chelonia mydas : les populations sont importantes et en croissance au niveau régional, le principal objectif sera de maintenir les stocks et de favoriser cette ten dance en agissant sur les menaces s’exerçant sur les populations. Les actions seront donc orientées vers la conservation et la protection. À La Réunion, où les po pulations sont très faibles, il est urgent d’adopter une stratégie de restauration des populations nidifiantes et en alimentation en procédant à la réhabilitation d’habitats. Les mesures de conservation et de restau ration de cette espèce sont prioritaires, l’impact de ce plan étant potentiellement fort sur les populations ; y Eretmochelys imbricata : les populations sont stables dans la région même si elles sont faibles. La straté gie adoptée par ce plan sera donc de tendre vers un accroissement de l’espèce, notamment en réduisant les menaces et en favorisant les pontes sur les îles de la région. Cela est d’autant plus nécessaire que cette espèce est en état critique d’extinction au niveau mondial. La stratégie de restauration vise les popula tions nifiantes et en alimentation, et cette espèce est également traitée en priorité par les actions définies dans ce plan ; y Caretta caretta, Lepidochelys olivacea et Dermo chelys coriacea : les informations disponibles sur les populations de ces trois espèces fréquentant la région du sud-ouest de l’océan sont très parcellaires. L’ac tion se situera principalement vers la réduction des menaces anthropiques qui affectent les milieux péla giques, en particulier pour la tortue caouanne dont les populations en alimentation sont spécialement affec tées par les captures accidentelles. Pour ces espèces, les connaissances sont encore partielles, ce qui justifie d’une priorisation moindre en termes de conservation par rapport à la tortue verte et de la tortue imbriquée. II.3.2. prIncIpales stratÉgIes opÉratIonnelles rÉgIonales Une stratégie à long terme pour la conservation des populations de tortues marines présentes sur les ter ritoires français du sud-ouest de l’océan Indien semble reposer sur 4 piliers essentiels : la gestion, la recherche, les réseaux et la sensibilisation. En effet, la gestion des populations migratrices ne peut se faire, à long terme, qu’à l’échelle régionale (IOSEA) et sur la base de connaissances scientifiques. Dans ce sens, il convient de définir les stratégies adap tées, en déclinant les actions favorables à la conser vation des populations de tortues marines dans cette région de l’océan Indien. Cette stratégie repose sur la définition de 5 objectifs spécifiques. Identification et réduction des menaces (principales et secondaires) Cette action doit se réaliser sur le territoire français et hors du territoire français. Il est aussi indispensable de déterminer une échelle régionale d’action et de restau ration. Réduction des mortalités directes d’origine anthropique y Identification des techniques de pêche dangereuses et de leurs impacts (artisanales, semi-industrielles et industrielles). y Réalisation d’enquête sur le braconnage. y Informations sur les modes de pêche et sur le bracon nage (zones de prospection). y Programme de recherche sur l’origine des tortues cap turées. y Surveillance de la prédation par les chiens errants. y Formation d’agents gestionnaires des plages de pontes. y Sensibilisation et information des braconniers sur les conséquences du braconnage. Limitation des menaces en zone de transit y Évolution des engins et techniques de pêche. y Réalisation d’enquête auprès de pêcheurs sur les techniques les plus nuisibles (mise en œuvre par un expert de la pêche). y Sensibilisation et information des pêcheurs. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 121 Maintien et restauration des habitats et des aires d’alimentation/Maintien des connectivités écologiques y Développement de programme de protection des plages et autres habitats clé pour la reproduction, le développement ou l’alimentation des tortues ma rines. y Sensibilisation sur la désorientation lumineuse et autres pollutions. y Étude des principales plages nidificatrices et de leurs menaces. y Étude sur les causes de destruction des plages. y Développement de zones de protection non pêchées. Information et communication sur la conservation des tortues et des habitats y Sensibilisation du grand public à la préservation des tortues marines. y Intégration du PNA dans le contexte économique et social de chaque territoire. y Informations sur le PNA et ses actions. y Développement d’un réseau opérationnel pour la mise en place d’actions. y Association du public aux actions et à la démarche de préservation des tortues marines. y Communication ciblant certaines menaces (exemple : la fréquentation des plages) y Communication des informations récoltées au sein du réseau d’acteurs sur les tortues (local et international) Approfondissement des connaissances sur l’écologie et la structure des populations y Études sur l’abondance et la structure des populations y Études sur la dynamique spatiale et sur la distribution des aires d’alimentation y Bancarisation des données dans une base de données interopérable Identification et évaluation régulière des états de conservation y Évaluation de l’état de santé de la population et de la probabilité de disparition à court terme. y Évolution des effectifs aux échelles régionales et lo cales. y Étude sur la fidélité aux sites de reproduction et d’ali mentation. y Évolution du nombre de captures accidentelles. Renforcement de la coopération régionale (IOSEA) et internationale y Détermination d’une échelle pour le développement d’un programme régional. y Élaboration d’un programme de restauration en colla boration avec les acteurs internationaux. II.3.3. stratÉgIes opÉratIonnelles locales Mayotte La stratégie de conservation à long terme des tortues marines de Mayotte se décline en 6 grandes orienta tions, communes aux populations en phases de repro duction et d’alimentation. y Réduction de la mortalité des tortues marines d’origine anthropique : les actions devront prioriser la lutte antibraconnage, la gestion des individus en détresse, la réduction des captures accidentelles par engins de pêche et la gestion des chiens errants et des déchets. y Garantie des potentialités d’accueil des tortues marines par la protection, la gestion et/ou la res tauration des habitats d’intérêts majeurs pour les espèces et le maintien des connectivités écolo giques : les habitats d’alimentation et de reproduc tion devront rassembler des conditions environne mentales favorables aux besoins des espèces. y Orientation de la conscience collective vers les enjeux qui s’attachent à la conservation des tor tues marines et de leurs habitats : la stratégie de conservation devra s’inscrire dans le contexte socio économique local. y Suivi régulier des populations de tortues marines et de leurs menaces par des protocoles standar disés et harmonisés à l’échelle régionale : l’appli cation répétée des protocoles permettra de révéler des indicateurs fiables de suivi, d’évaluer l’effet des mesures de gestions engagées et d’obtenir une vision régionale réaliste de l’état des populations. y Amélioration des connaissances sur la biologie et l’écologie des populations de tortues marines : l’efficacité de préservation des populations de tortues marines dépendra du niveau de compréhension de leur état de conservation, de leur mode de vie et de leurs besoins, tant en termes d’espaces que de res sources naturelles. y Etendue de la stratégie locale de conservation par la mise en œuvre du plan de conservation régional-IOSEA et le renforcement de la coo pération régionale : l’efficacité de préservation des populations de tortues marines de Mayotte dépendra Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de la cohérence des actions menées sur l’ensemble de leurs aires de répartition. La Réunion À La Réunion, cette stratégie concerne principalement les populations de tortues marines en phase d’alimentation, mais intègre également les sites de pontes favorables à la tortue verte. y Protection et restauration des habitats d’intérêts majeurs : dans la continuité des actions engagées, il convient de permettre une pérennisation et une aug mentation des pontes sur les plages réunionnaises et de préserver les aires d’alimentation des tortues marines. Ce premier point implique la préservation des plages fréquentées par les femelles en ponte et la restauration des plages favorables. y Sensibilisation et communication du public : l’infor mation du public doit porter sur la conservation des tor tues marines en développant notamment les actions du Plan national d’actions, en s’appuyant sur Kélonia et le réseau des acteurs concernés à La Réunion (ex. : EEDD Education à l’Environnement et au Développement Du rable). La communication auprès des usagers de la mer est primordiale en raison de l’étroitesse des territoires concernés et de l’importance des activités existantes. En outre, un réseau régional doit être mis en place pour optimiser les actions proposées, les rendre opération nelles et diffuser des résultats valorisables. y Renforcement de la coopération régionale : la par ticipation aux programmes d’actions régionaux est in dispensable à la conservation à l’échelle locale. Cette orientation s’articule nécessairement avec les pro grammes existants. y Approfondissement des connaissances sur la dis tribution des tortues à La Réunion et les menaces portant sur ces espèces : différentes études ont pour objectifs de mieux connaître les tortues marines autour de l’île et d’en accroître la préservation. Les connais sances acquises sur la distribution des tortues et les menaces portant sur cette espèce permettront d’affiner les actions de préservation et de sensibilisation. Concer nant les menaces, à titre d’exemple, il est important de mieux comprendre et identifier l’origine des blessures des tortues arrivées au centre de soins. Il est égale ment nécessaire de renforcer et poursuivre le partena riat avec les pêcheurs et réduire la mortalité d’origine anthropique (pollution, captures accidentelles, etc.). Îles Éparses Le principal objectif du présent Plan national d’actions est d’améliorer l’état de conservation des populations de tortues marines présentes dans les Îles Éparses, notamment les tortues vertes (Chelonia mydas) et les tortues imbriquées (Eretmochelys imbricata). Pour ce faire, les grandes actions à mettre en œuvre sur le long terme aux Îles Éparses sont : y Reconduite des partenariats pour la recherche et la conservation : l’acquisition des connaissances doit se poursuivre en mettant l’accent sur la poursuite du monitoring de l’ensemble des populations de tortues de ces îles. De même, l’accent devra être mis sur le développement d’études concernant les tortues im briquées, bien moins connues que les tortues vertes. Les programmes d’études sur les habitats des tortues ne doivent pas être oubliés. y Mise en place des mesures de gestion basées sur les connaissances scientifiques : des actions sont déjà mises en place dans les Îles Éparses. Dans cette continuité, ces actions sont à optimiser en intégrant les résultats des recherches et études en cours. Ce tra vail concerne notamment l’ensemble de la probléma tique en lien avec les captures accidentelles liées à la pêche hauturière palangrière et à la senne. y Renforcement de la coopération régionale et implication active dans les réseaux régionaux : la recherche étant déjà bien ancrée dans les Îles Éparses et les mesures de gestion étant pour la plupart déjà en cours, il est surtout primordial de tisser des liens plus étroits au sein du réseau régional, notamment via le Mémorandum d’accord sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leurs habitats de l’océan Indien et de l’Asie du sud-est. y Poursuite des efforts de mise en protection des Îles Éparses : cela a commencé par la création du Parc naturel marin des Glorieuses et le classement en site RAMSAR (Europa). Ce travail doit se poursuivre par la finalisation des dossiers de classement d’Europa en réserve naturelle nationale (et à terme au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO) et par la réalisation du plan de gestion du parc marin des Glorieuses. y Sensibilisation des principaux acteurs de la conser vation des tortues présentes dans les Îles Éparses : différents acteurs et usagers sont présents dans ces îles (gendarmes, militaires, pêcheurs, etc.). Avec des actions déjà menées, il convient de continuer et de renforcer ces actions de sensibilisation, en associant l’ensemble des usagers présents sur site, et plus lar gement le grand public, permettant ainsi de mieux faire comprendre la sensibilité de ces espèces aux échelles locales et régionales. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 123 Tortue caouanne Caretta caretta © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie PARTIE 3 Plan d’actions régional III. PLAN D’ACTION RÉGIONAL III.1. INTRODUCTION Le Plan National d’Actions tortues marines pour les ter ritoires français du sud-ouest de l’océan Indien concerne 5 espèces : la tortue verte Chelonia mydas (Linnaeus, 1758), la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata (Lin naeus, 1766), la tortue caouanne Caretta caretta (Lin naeus, 1758), la tortue olivatre Lepidochelys olivacea (Eschscholtz, 1829) et la tortue luth Dermochelys co riacea (Vandelli, 1761). Ce plan couvre l’ensemble des zones économiques exclusives de 3 territoires français, à savoir Mayotte, La Réunion et les Îles Éparses. Sa réalisation et son animation ont été placées sous la responsabilité de la DEAL de La Réunion, avec l’appui de la DEAL de Mayotte. Ce plan national d’actions reprend le cadre national classique défini pour l’élaboration de ce type de document. Valable sur une durée de 5 ans (2015-2020), ce plan national d’actions fixe la stratégie à mettre en œuvre pour la conservation et restauration des populations d’espèces de tortues marines visées, et en décline les actions nécessaires. L’ensemble de ce plan d’actions se compose de 4 volumes, à savoir : yy Volume I – Partie commune (bilan des connaissances, stratégie opérationnelle et plan d’actions régional) ; yy Volume II – Plan d’actions pour les tortues marines de Mayotte ; © Ifremer Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 125 yy Volume III – Plan d’actions pour les tortues marines de La Réunion ; yy Volume IV – Plan d’actions pour les tortues marines des Îles Éparses. Pour rappel, le terme géographique « régional » peut faire référence à différentes échelles géographiques. Ainsi, pour ce plan national d’actions, l’échelle « régio nale » s’applique au sud-ouest de l’océan Indien, en différenciant 3 niveaux : yy Régional SOOI, représentant l’ensemble des pays de cette région du monde (dont les territoires français) ; yy Régional SOOI (français), représentant uniquement les 3 territoires français de cette région du monde ; yy International, pouvant s’appliquer à l’ensemble de l’océan Indien voire plus large. III.2. PARTIE COMMUNE AUX PLANS D’ACTIONS III.2.1. mÉthoDologIe pour la DÉfInIton Des actIons Objectifs Ce plan permet de planifier les actions sur une durée de 5 ans, entre 2015 et 2020. La définition des actions s’appuie sur l’état des lieux dressé pour les 5 espèces visées par ce PNA, en reprenant les enjeux et la straté gie opérationnelle présentés dans la partie commune (volume 1). Les actions proposées à l’échelle régionale ont été définies en lien avec les autres programmes internationaux et de façon complémentaire. Ces actions ne doivent en aucun cas se substituer aux actions déjà prévues à l’échelle internationale et portant sur diffé rents pays concernés par la zone d’intervention de ce PNA. Ces actions régionales s’appuient donc sur les enjeux définis à l’échelle de l’ensemble du sud-ouest de l’océan pour les 5 espèces visées, en intégrant les 3 ZEE des territoires français et les relations avec les autres pays voisins. L’objectif de ces actions demeure de compléter le travail déjà réalisé à l’échelle international, en inté grant les problématiques des territoires français et pays voisins. La coopération internationale, entre territoires français et pays voisins, apparaît primordiale en terme de coor dination pour la mise en place de ces actions. Aussi, un lien fort doit être établi entre les 3 territoires français et les institutions internationales concernées par ces pro blématiques (ex. IOSEA, etc.). Ce plan d’actions définit le caractère opérationnel de ce PNA à l’échelle régionale. Les structures « pilote » n’ont pas été clairement identifiées dans ces actions, leur portage doit être défini de façon à permettre une réalisation partagée par tous. Contenu Différentes rubriques sont présentées dans chacun des fiches par action : yy Domaine d’action (protection, étude, communication) ; yy Description et nature des opérations à réaliser (mode opératoire simplifié) ; yy Espèces concernées (pour les 5 espèces visées) ; yy Facteurs d’influence et contraintes ; yy Indicateurs de suivi ; yy Actions associées ; yy Engagements internationaux (rubrique spécifique au plan d’actions régional) ; yy Intervenants et acteurs potentiels pressentis (sans préciser les porteurs, maître d’ouvrage ou maître d’œuvre des actions) ; yy Estimation financière ; yy Financeurs potentiels ; yy Planification. Réseau d’acteurs L’élaboration des plans d’actions s’appuie sur un réseau d’acteurs internationaux et locaux. Ces réseaux, denses et dynamiques, comprennent des experts, des institu tions, des gestionnaires et l’ensemble des partenaires susceptibles de participer à la mise en œuvre de ces actions. Pour information, ces acteurs ont été mobilisés dans le cadre de l’élaboration de ce PNA à 2 niveaux : yy Le Comité de pilotage et les comités de suivi locaux, constitués des acteurs incontournables nécessaires à la validation du travail ; yy Les consultations internationales et locales, intégrant les partenaires déjà inscrits dans cette dynamique ; et pouvant apporter leur expérience ou connaissance pour certaines actions. Un comité de pilotage a été proposé et mis en place pour l’élaboration du PNA. Il est représenté par un en semble d’acteurs et partenaires importants : Ministères, services déconcentrés de l’État (DEAL, TAAF, etc.), struc tures et experts des tortues marines à l’échelle natio nale et internationale, etc. Ces membres ont activement participé à l’élaboration du PNA et pourront intégrer ou donner un avis lors de la mise en œuvre des actions du plan d’actions régional (se référer à l’annexe 9 pour la composition précise). Un comité de suivi local a été proposé pour l’élabo ration de chaque plan d’actions local (La Réunion, Ma Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie yotte et Îles Éparses). Il comprend différents experts et spécialistes des tortues marines, des gestionnaires ou des institutions en lien avec les problématiques iden tifiées dans ce plan. Ces membres ont d’ailleurs active ment participé à la réalisation du PNA pour l’ensemble des étapes d’élaboration et de validation du document (se référer à l’annexe 9 pour la constitution précise de ces comités). Concernant les consultations internationales et lo cales, différentes structures ont été associées à la dé marche d’élaboration du PNA comme des partenaires institutionnels, des gestionnaires, des associations di verses (dont les ONG), des représentants d’usagers, des experts et spécialistes, etc. (l’ensemble des partenaires consultés est présenté en annexe 10). L’évaluation du plan d’actions : indicateurs En lien avec l’ensemble des politiques environnemen tales, et conformément aux attentes ministérielles, il convient de définir les indicateurs de suivi permettant de juger de la bonne réalisation des actions et plus lar gement du plan. Cette évaluation doit intégrer différents indicateurs, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs. De même, la prise en compte des dynamiques locales, de la vitalité du réseau d’acteurs sont également des éléments à considérer pour mesurer la bonne réalisation des ac tions. Au-delà des indicateurs factuels (rapport, nombre de réunions, etc.), la prise en compte d’indicateurs plus subjectifs est à considérer (ex. compréhension d’une thématique par les populations locales, etc.). Dans le présent plan d’actions, pour chaque action, les indicateurs de suivi sont précisés dans les fiches corres pondantes. L’évaluation du PNA doit donc notamment se baser sur ces indicateurs. y Critères d’évaluation par espèce Pour chaque espèce, un critère d’évaluation qualitatif doit être précisé, devant constituer la ligne directrice en terme de conservation ou de restauration des popula tions des espèces considérées. Pour la tortue verte, l’objectif consiste en un maintien voire un accroissement des effectifs reproducteurs dans le sud-ouest de l’océan Indien, et conserver les niveaux de populations actuelles (reproduction, développe ment, alimentation, etc.). Pour la tortue imbriquée, au vu du statut de conserva tion très inquiétant de l’espèce, l’objectif principal est la conservation des sites de pontes et la diminution des menaces affectant les zones de reproduction, de façon à maintenir voire augmenter les effectifs reproducteurs. Secondairement, il convient également de garantir l’en semble des conditions (faible niveau de menaces, habi tats d’alimentation) favorables à son développement. Pour la tortue caouanne, la tortue luth et la tortue oli vâtre, l’objectif principal demeure la diminution des menaces anthropiques, permettant ainsi de conserver les conditions propices à leur développement. En outre, pour ces espèces mal connues, un approfondissement des connaissances constitue également un objectif im portant. y Évaluation temporelle Bilan annuel Le suivi annuel du PNA doit permettre d’évaluer l’avan cement et la mise en œuvre du plan d’actions. Ce bilan devra reprendre et présenter l’ensemble du travail réali sé et les actions mises en place. Il sera présenté devant le Comité de suivi du PNA. Ce bilan devra contenir : yy Une synthèse des actions mises en œuvre, yy Le niveau de réalisation par action (100 % : réalisé, 75 % : avancé, 50 % : partiellement réalisé, 25 % : engagé) ; yy Une synthèse par action (indicateurs, compte rendu de réunions, partenaires mobilisés, cartographie de l’action réalisée, moyens de financements développés, difficultés diverses) ; yy Une présentation des actions valorisantes (études, communication, conservation) ; yy Un bilan financier, reprenant les financements dégagés et engagés, les financements mobilisables et à venir, les financements non trouvés, etc. ; yy Une planification des actions à venir. Suivant les actions mises en place et leur avancement, des modifications ou ajustements pourront être appor tés par le Comité de suivi. Cet état de fait devra être repris dans l’évaluation, et donc au niveau des indica teurs retenus. Bilan final L’évaluation de ce PNA sera réalisée en 2020, et reprendra l’ensemble des bilans réalisés annuellement. En outre, une vision globale et extérieure sera vivement souhaitée, permettant ainsi d’apporter un regard neutre, déconnecté du contexte local et partenarial. Cette évaluation devra présenter l’ensemble des bilans, intégrant : yy une synthèse des bilans annuels détaillés ; yy une analyse de l’état de conservation des espèces, en lien avec les connaissances du premier plan ; yy une synthèse des actions réalisées : niveau de réa Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 127 lisation, année de réalisation, partenaires mobilisés, financement ; yy une synthèse des actions réalisées par grands domaines : protection, étude, communication ; yy une synthèse des difficultés et limites rencontrées ; yy un bilan financier global. Validation du PNA Dans la logique d’élaboration du Plan National d’Ac tions, différentes étapes ont été suivies, intégrant des validations successives, au travers d’une concertation élargie. Au-delà des validations locales par les diffé rents comités (comité de pilotage et comités de suivi) et suite aux différentes consultations (locales et régio nales), une validation institutionnelle a été réalisée auprès des instances scientifiques de référence : yy Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), à l’échelle nationale (octobre 2014) ; yy Le Conseil Scientifique de Protection de la Nature de Mayotte (CSPN), pour Mayotte (juillet 2014) ; yy Le Conseil Scientifique Régional de Protection de la Nature de La Réunion (CSRPN), pour La Réunion (juillet 2014) ; yy La Préfecture des TAAF, pour les Îles Éparses (juillet 2014). Ces instances ont validés le présent document. Les différents avis (compte rendus) sont présentés en an nexe 11. III.2.2. rôle Des opÉrateurs et anImateurs Du plan Suite à la validation du présent plan national d’actions, la DEAL coordinatrice de ce plan, en lien avec le Minis tère, désignera les différents opérateurs pour l’anima tion et la coordination des actions des 4 plans d’actions, à savoir : yy Un coordinateur régional et opérateur pour le plan d’actions régional ; yy Un opérateur local pour le plan d’actions de La Réunion ; yy Un opérateur local pour le plan d’actions de Mayotte ; yy Un opérateur local pour le plan d’actions des Îles Éparses. Ces opérateurs devront assurer l’animation, le secréta riat, l’ingénierie et les aspects de la communication du plan sur toute sa durée. Ils seront en charge de prépa rer les programmes d’actions annuels, de les soumettre au comité de pilotage et d’établir le bilan annuel des actions du plan. Leur rôle sera également important en termes de mobi lisation des différents partenaires et du développement du réseau d’acteurs locaux et internationaux. La re cherche de financement fera également partie de leur mission, de façon à mobiliser différents types de fonds, qu’ils soient publics ou privés. Le coordinateur régional assurera le lien entre les dif férents opérateurs locaux, garantissant ainsi la portée globale et internationale du plan, problématique forte du fait de l’aire de distribution élargie des tortues ma rines dans l’océan Indien. Après cinq années d’intervention, une évaluation du plan sera réalisée sur la base des bilans annuels par une structure indépendante. III.2.3. les comItÉs De pIlotage et De suIvI Du plan Dans la circulaire sur les plans nationaux d’actions (DEB/ PEVM N° 09/04 du 08/09/2009), le Ministère (MEDDE) précise que « le comité de pilotage national du plan national d’actions prend le relais du comité de suivi chargé de la rédaction du plan national d’actions. Il intervient dans la phase de mise en œuvre de ce plan (…) Des membres du comité de suivi peuvent égale ment être membres du comité de pilotage. Il propose les orientations stratégiques et budgétaires, il se réunit au moins une fois par an (…) et a pour mission : yy le suivi et l’évaluation de la réalisation et des moyens financiers du plan ; yy la définition des actions prioritaires à mettre en œuvre. À cette fin, les membres du comité de pilotage re çoivent chaque année, avant leur réunion, le bilan annuel de la mise en œuvre du plan rédigé par l’opé rateur. (…) Le plan national d’actions précise, à l’occa sion de la définition des modalités opérationnelles, la composition du comité de pilotage, qui pourra être mo difié, en tant que de besoin, durant le plan. Ce comité doit avoir une taille compatible avec son opérabilité et présentera au minimum, en plus de la DREAL coordina trice et de l’opérateur, les financeurs, deux représen tants scientifiques et un représentant des associations de protection de la nature. Il intègre également des représentants d’acteurs socio-économiques particuliè rement impliqués dans la conservation des espèces » La complexité de ce plan national d’actions nécessite différentes échelles de lecture et d’intervention. Ainsi, une approche régionale est nécessaire pour appréhen der le plan dans sa globalité et à l’échelle régionale/ internationale, et une approche locale est pertinente pour les plans locaux du fait des spécificités de chaque territoire français dans l’océan Indien. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Pour le suivi de ce PNA, 2 grands types de comités sont donc pertinents : yy Un comité de pilotage, pour le suivi du plan régional et de l’articulation globale du plan avec les programmes internationaux et locaux ; yy Un comité de suivi (pour chaque territoire), pour le suivi des plans locaux. Proposition d’un Comité de pilotage pour la mise en œuvre des actions au niveau régional et international Différentes structures sont ainsi proposées pour consti tuer le Comité de pilotage en charge du suivi de l’en semble du PNA et du plan d’actions régional. Services de l’État yy Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ; yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement coordinatrice du plan ; yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement Réunion ou Mayotte (suivant la structure coordinatrice) ; yy Terres australes et antarctiques françaises ; yy Direction de la Mer Sud océan Indien ; yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement du PNA Antilles-Guyane. Institutions et partenaires impliqués yy Muséum national d’Histoire naturelle ; yy IOSEA Marine Turtle (Memorandum understanding/ ONG) ; yy Commission Thonière de l’océan Indien. Experts scientifiques yy Georges HUGHES ; yy Jean Yves LE GALL (selon disponibilité). Les opérateurs des plans locaux seront également conviés au comité de pilotage. De même, suivant le contexte, certains partenaires ou financeurs pourront être conviés (ex. collectivités, AFD, COI, UICN, etc.). Proposition d’un comité de suivi pour la mise en œuvre des actions à La Réunion Les partenaires de comité constituent un réseau d’ac teurs impliqués et concernés par la problématique des tortues marines à La Réunion. Services de l’État yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement Réunion ; yy Direction de la Mer Sud océan Indien ; yy Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale ; yy Rectorat ; yy Brigade Nature océan Indien et Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Collectivités yy Commune de Saint-Paul ; yy Commune de Saint-Leu ; yy Institutions et partenaires impliqués ; yy Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion ; yy Comité Régional des pêches maritimes et des élevages marins ; yy Île de La Réunion Tourisme ; yy Muséum d’Histoire Naturelle de La Réunion ; yy Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres de La Réunion ; yy Syndicat des Professionnels des sports de loisirs de l’île de La Réunion (SYPRAL) ; yy Réserve naturelle nationale marine de La Réunion ; yy Université de La Réunion – Laboratoire ECOMAR. Experts scientifiques yy Kélonia yy Ifremer Associations yy Vie Océane (association locale agréée protection de l’environnement). Enfin, le coordinateur régional et l’opérateur local seront associés à ce comité de suivi. En fonction de l’avancement et du contexte dans la mise en œuvre du présent PNA, certains partenaires pour ront être conviés à certains comités de suivi. C’est le cas de certaines communes ou intercommunalités, mais aussi de partenaires privés potentiellement associés au financement d’action, ou encore de gestionnaires ou experts associés à des thématiques précises (Office National des Forêts, Conservatoire Botanique Natinal de Mascarin, etc.). Proposition d’un comité de suivi pour la mise en œuvre des actions à Mayotte Ce comité intègre différents acteurs sur différents champs et compétences en lien avec les tortues ma rines. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 129 Services de l’État yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement Mayotte ; yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (coordinatrice du plan, si différente de la DEAL Mayotte) ; yy Direction de la Mer Sud océan Indien ; yy Terres australes et antarctiques françaises ; yy Brigade Nature océan Indien et Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Collectivités yy Conseil Général de Mayotte ; yy Institutions et partenaires impliqués ; yy Parc naturel marin de Mayotte (AAMP) ; yy Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres de Mayotte ; yy Union International de Conservation de la Nature (UICN) ; yy Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte : un représentant des pêcheurs (CAPAM) ; yy Comité départemental du tourisme de Mayotte (représentant des activités touristiques sur le littoral et en mer) ; yy Association des maires de Mayotte. Experts scientifiques yy Kélonia ; yy Ifremer. Associations yy Les Naturalistes de Mayotte (association locale agréée protection de l’environnement). Le coordinateur régional et l’opérateur local seront éga lement associés à ce comité de suivi. En fonction de l’avancement et du contexte dans la mise en œuvre du présent PNA, certains partenaires pour ront être conviés à certains comités de suivi. C’est le cas de certaines communes ou intercommunalités, mais aussi de partenaires privés potentiellement associés au financement d’action, ou encore de gestionnaires ou experts associés à des thématiques précises (vice-rec torat, communes, Direction Jeunesse et Sports, CDTM, etc.) Proposition d’un comité de suivi pour la mise en œuvre des actions aux Îles Éparses Le contexte particulier des Îles Éparses mobilise un nombre limité d’acteurs concernés par la préservation des tortues marines. Services de l’État yy Terres australes et antarctiques françaises yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de La Réunion yy Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte yy Direction de la Mer Sud océan Indien Institutions et partenaires impliqués yy Parc naturel marin des Glorieuses. Experts scientifiques yy IFREMER ; yy Kélonia. Le coordinateur régional et l’opérateur local seront également associés à ce comité de suivi. En fonction de l’avancement et du contexte dans la mise en œuvre du présent PNA, d’autres partenaires pourront être conviés au comité de suivi par l’opérateur (ex. partenaires privés ou publics potentiellement associés au financement d’action ou en charge de leur réalisation, experts associés à des thématiques précises, etc.). III.2.4. les fInancements et fInanceurs Les financeurs existants Les tortues marines ont déjà fait l’objet de nombreuses actions depuis plus de 10 ans, portant sur des domaines différents et en particulier : yy la conservation et la gestion des habitats ou populations de tortues marines ; yy la connaissance des tortues marines (populations, migrations et déplacements, régimes alimentaires, structure génétique, etc.). À ce jour, différents financeurs ont déjà participé à la réalisation d’actions, qu’ils soient publics, parapublics ou privés. En outre, des programmes scientifiques ou de conservation ont permis la mobilisation de fonds diversifiés. Le tableau ci-après présente la multitude de financeurs impliqués depuis 2005 dans des actions en faveur des tortues marines. Parmi ces partenaires financiers, l’État demeure incontournable, tout comme l’Europe et les collectivités territoriales qui participent également aux actions. Différents programmes ou partenaires institutionnels ont également été mobilisés (Ifrecor, FFEM, WWF, AFD, etc.), ainsi que des partenaires privés (SFR, Total, hôtels, etc.). Cette diversité de partenaires témoigne du grand nombre de possibilités qui existe pour monter des projets mais aussi de l’importance de multiplier les sources de financements pour réussir à mobiliser la totalité des fonds nécessaires à la mise en œuvre de ces derniers. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tableau 24 : Financeurs d’actions engagées depuis 2005 sur les territoires français de l’océan Indien en faveur des tortues marines et de leurs habitats (Co-) Financeurs Mayotte Îles Éparses La Réunion Échelle régionale État DEAL Réunion X X DEAL Mayotte X X X TAAF X DAAF Mayotte X DMSOI X X Ministère Outre-Mer X X Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énérgie X Ministère de la Défense (FAZSOI) X Europe FEDER EU X X REGPOT EU X Collectivités Conseil Général de Mayotte X Conseil Régional de La Réunion X X X Partenaires/programmes spécifiques (régionaux, nationaux, internationaux) Programme IFRECOR X Fond Français pour l’Environnement Mondial X WWF Biome X Agence des aires marines protégées X Réserve naturelle marine de La Réunion X IFREMER X X X X Agence Française pour le Développement X X Agence Nationale pour la Recherche X Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) X Brigade Nature de Mayotte X X Kélonia- CEDTM X X X X Conservatoire du Littoral X X ONF X CBNM X X X Réserve naturelle nationale de M’Bouzi X Association Les Naturalistes de Mayotte X Financeurs privés Hôtel Le Jardin Maoré X SFR X Crédit Agricole (FIL) X X Fondation Veolia Environnement X Total X X Collecte Localisation Satellites (CLS) X Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 131 L’évaluation du coût des actions du PNA Pour l’ensemble des actions proposées dans le cadre de ce PNA, les coûts ont été estimés en intégrant les frais de fonctionnement (achats inférieurs à 500 €), les frais d’investissement (achats supérieurs à 500 €) et la masse salariale (sur la base commune d’un coût maxi mal de 500 €/jour) nécessaires à la bonne et complète mise en œuvre de chacune des actions. D’autre part, au regard des montants élevés à mobiliser pour la réalisation de ce PNA d’envergure qui couvre cinq espèces et trois territoires, le choix a été fait d’affi cher séparément : yy le coût total de mise en œuvre de chaque action ; yy le montant idéalement sollicité dans le cadre du plan d’action (financement MEDDE) ; yy le montant des éventuels cofinancements qui au raient déjà été identifiés. Si les dotations allouées annuellement à chaque terri toire pour la mise en œuvre spécifique des différents PNA ne permettent pas de couvrir l’ensemble des coûts estimés, des financements complémentaires devront être mobilisés pour assurer la réalisation complète de certaines des actions proposées. En particulier, les études scientifiques, nécessaires pour approfondir les connaissances sur les tortues marines afin de garantir la qualité de leur suivi et la pertinence des mesures de conservation, sont très coûteuses (moyens logistiques, analyses, matériel) et la réalisation de la plupart d’entre elles sera conditionnée par l’obtention de fonds complé mentaires au PNA. À noter : yy Dans les cofinancements affichés, les contributions des opérateurs en charge de la mise en œuvre du plan ou d’organismes partenaires déjà impliqués dans les actions existantes (à poursuivre ou à étendre) ont été identifiées et chiffrées lorsque cela était possible ; yy Ces estimations (contributions déjà existantes) sont toutefois à intégrer avec précautions dans la mesure où ces financements ne sont pas nécessairement pérennes (par exemple associés à des projets d’une durée limitée et inférieure à celle du PNA) et pourront faire l’objet de réévaluation au cours des cinq années de mise en œuvre de ce PNA ; yy Pour le plan d’action de Mayotte, il n’a pas été possible de faire cet exercice d’identification de l’ensemble des financements déjà existants (sources et chiffrage) et par conséquent d’évaluation du coût global des dif férentes actions, du fait de la multitude d’acteurs et de programmes déjà impliqués sur cette thématique et de la complexité des montages financiers. Aussi les montants qui apparaissent dans les différentes fiches actions du plan local de Mayotte correspondent systé matiquement au montant idéalement sollicité dans le cadre du plan (qu’il sera très probablement nécessaire de compléter par d’autres sources de financements) ; yy Pour chacune des fiches action, les partenaires po tentiels publics, parapublics ou privés à démarcher pour cofinancer les actions si besoin ont été identifiés lorsque cela était possible (rubrique dédiée dans les fiches actions). Les financements mobilisables pour les actions de ce PNA La mobilisation de financements extérieurs sera capitale pour assurer la mise en œuvre complète et optimale du présent PNA, étant donné le coût nécessairement élevé d’un tel programme de conservation portant sur 5 espèces et plus de 900 000 km2 de territoire (près de 10 % des ZEE françaises). La mise en œuvre du PNA imposera donc une recherche active de finance ments, auprès de bailleurs de fonds publics et privés. Le présent document constitue une base de travail et de discussion précieuse et un appui crédible pour démar cher des partenaires extérieurs et appuyer le montage de projets ou de programmes concomitants pour les actions les plus coûteuses. Par conséquent, les moyens alloués à l’animation de ce PNA ne doivent donc pas être négligés car ils seront la clé qui permettra de mobi liser l’ensemble des fonds nécessaires. La liste des financeurs présentés dans le tableau pré cédent montre une réelle possibilité de diversifier la recherche de fonds. Le contexte économique actuel ne facilite pas la recherche de financements, ce qui oblige à identifier différents partenaires. Ainsi, les par tenaires publics (et programmes associés) ont toujours été associés aux actions en faveur des tortues marines (ministères, DEALs, TAAF, etc.), et cela doit être pour suivi dans la mesure des possibilités et crédits dispo nibles. Pour les territoires de Mayotte et de La Réunion, les collectivités sont également partie prenante de ce PNA et doivent participer à la mise en place des actions du plan, notamment par rapport au cadre établi par la loi de décentralisation du 27 janvier 2014. Les diffé rents bailleurs de fonds et programmes internationaux constituent également des possibilités de financement, au même titre que certains partenaires locaux (aires marines protégées, ONF, etc.). Enfin, les partenaires pri vés sont également à associer à la recherche de fonds pour le montage des actions. Ce cas de figure peut se présenter dans le cadre de mesures de compensation de certains projets d’aménagement qui impactent les espèces ou habitats des tortues marines. Certaines en Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie treprises ou sociétés peuvent aussi être concernées du fait des activités menées, constituant une menace pour ces espèces marines. La notion de « pollueur-payeur » ou « usager-payeur » peut justifier de l’implication des partenaires privés. III.3. LES OBJECTIFS DU PLAN RÉGIONAL Les différentes actions de ce plan régional se déclinent par objectif spécifique puis par objectif opérationnel. L’ensemble des actions régionales s’appuie sur un grand objectif spécifique, à savoir : y Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Il en découle 5 objectifs opérationnels : 1. Assurer la mise en œuvre du plan d’actions régional 2. Renforcer le réseau existant d’acteurs de la conserva tion à l’échelle régionale ; 3. Développer une communication appropriée à l’échelle régionale française ; 4. Développer la recherche et les partenariats scienti fiques à l’échelle régionale ; 5. Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale. III.4. DESCRIPTION DES ACTIONS RÉGIONALES Cette partie s’inscrit donc dans le volume 1 et concerne le plan d’actions pour les tortues marines à l’échelle régionale, partie commune aux 3 terri toires locaux. Il s’inscrit en complément des 3 plans d’actions « lo caux » qui concernent les 3 territoires français du sud ouest de l’océan Indien (La Réunion, Mayotte et Îles Éparses). De manière générale, ce plan d’actions régional doit répondre aux enjeux et besoins identifiés à l’échelle régionale des territoires français mais également à l’ensemble des engagements internationaux pris par la France pour la conservation des tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien. À ce titre, à travers son adhésion au Mémorandum d’Entente de l’IOSEA pour les Tortues Marines (en 2009), la France s’est enga gée à appliquer les dispositions prévues par le Plan de Conservation et de Gestion (PCG) de l’IOSEA. Dans le cadre de ce PNA, les actions régionales sont proposées pour répondre à ces engagements, en complément des programmes, outils ou initiatives déjà existantes. Enfin, il faut souligner l’importance de cette vision internatio nale pour la conservation des populations de tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien, car ces espèces présentent un cycle biologique couvrant diffé rents pays. En lien avec les enjeux et les objectifs spécifiques et opérationnels, 12 actions régionales ont été définies. Les actions sont présentées ci-après dans des fiches synthétiques. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 133 REG 1.1.1 Assurer le suivi du plan régional, en coordination avec les plans locaux, et promouvoir sa mise en œuvre Priorité : 1 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.1 : Assurer la mise en œuvre du PNA à l’échelle régionale Contexte et description générale : la définition d’un Plan National d’Actions nécessite sa mise en œuvre. L’animation et le suivi du PNA sont indispensables pour sa bonne mise en œuvre, ainsi que pour la réalisation du bilan après 5 années d’actions. Un opérateur est défini pour réaliser le suivi et la mise en œuvre des actions, intégrant des missions de concertation, de pilotage ou de recherche de financement. Il devra également être clairement identifié comme un interlocuteur central entre les opérateurs des plans locaux. L’expérience montre qu’une coordination régionale est nécessaire (cas du PNA Antilles-Guyane). Domaine d’action PROTECTION Description et nature des opérations à réaliser A/Assurer le suivi du plan et réunir le comité de pilotage L’opérateur est en charge du suivi de l’ensemble des actions et de leur mise en œuvre. Suivant le planning et le détail des actions proposées, il a la mission d’animer ce PNA et de permettre l’aboutissement des actions. En outre, il doit également réunir le comité de pilotage chaque année pour présenter l’avancement du PNA (actions réalisées, financement, difficultés, etc.). B/Animer et promouvoir la mise en œuvre du plan, notamment par la recherche de partenariats et de financements publics et privés Dans le cadre de sa mission, l’opérateur doit trouver ou pérenniser les financements des actions identifiées dans ce PNA. Pour cela, un travail de concertation est à mener avec les partenaires financiers potentiels, mais aussi les organismes de recherche pour le montage de programmes divers (programme de recherche, programme de restauration de site, etc.). C/Coordination des actions du PNA en lien avec plans locaux et les programmes internationaux L’opérateur régional de ce plan d’actions est en charge de la mise en place des actions régionales, en lien rapproché avec les opérateurs-animateurs des 3 plans locaux. Ce rôle est important car il garantit un liant entre les opérateurs et une opérationnalité à l’échelle régionale. En outre, en lien avec les partenaires internationaux, il assure l’animation du plan d’actions régional avec les autres programmes internationaux sur les tortues marines. Cet opérateur sera notamment l’interlocuteur principal auprès des instances internationales, et pourra être appuyé de différents experts. D/Évaluation annuelle du plan d’action Les différents bilans annuels seront produits pour synthétiser la mise en œuvre du plan d’action. Ils reprendront l’ensemble des points nécessaires à la bonne réalisation des actions (niveau de réalisation, acteurs mobilisés, localisation, financements mobilisés). Pour l’évaluation de l’ensemble du PNA, une structure indépendante pourrait être sollicitée, offrant une vision indépendante. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Mobilisation des différents partenaires et acteurs • Financements et crédits disponibles • Identification et implication de la structure animatrice Indicateurs de suivi • Nombre de COPIL organisés annuellement (et compte-rendus) • Rapport d’activité annuel de l’opérateur PNA (avec tableau de bord) • Nombre d’actions financées • Compte rendu de réunion dans le cadre de la définition des politiques et programmes • Prise en compte de la problématique « tortues marines » dans les programmes et politiques définies après 2015 Actions associées Ensemble des actions du PNA Intervenants-Acteurs Ensemble des acteurs et partenaires en rapport avec ce PNA : services de l’État, collectivités, organismes de recherche, associations, CCIR Financeurs potentiels État, Europe, Collectivités, etc. Estimation financière Temps de travail : 50 jours par an (500 €/j), soit 25 000 € par an. Coût total : 125 000 € sur 5 ans Coût sollicité : 125 000 € sur 5 ans Autres financements : Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X Année 5 X Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie REG 1.2.1 Contribuer activement aux réseaux existants et aux institutions régionales Priorité : 1 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.2 : Renforcer le réseau existant d’acteurs de la conservation à l’échelle régionale Contexte et description générale : les tortues marines sont une ressource partagée dans l’espace et dans le temps entre plusieurs pays et ZEE de la région sud-ouest de l’océan Indien. La gestion des ressources marines migratrices partagées a, de plus en plus, une considération internationale. Elle est confiée à des organisations non gouvernementales ou définies via des accords internationaux. À titre d’exemple, les grands pélagiques sont gérés par la Commission des Thons de l’océan Indien (CTOI), et les ressources démersales par le South West Indian Ocean Fishery Commission (SWIOFPC). Dans le cas des tortues marines, ces espèces sont prises en compte dans le Mémorandum d’entente pour la Conservation et la Gestion des Tortues Marines et de leurs Habitats de l’océan Indien et l’Asie du Sud Est (IOSEA MoU), et plus particulièrement dans le « Marine Turtle Task Force » du sud-ouest de l’océan Indien (MTTF). Elle rentre également dans les processus d’évaluation de la liste rouge de l’UICN via le Groupe des Spécialistes des Tortues Marines (MTSG). Contribuer aux différents groupes de travail de la CTOI (groupe de Travail sur les captures accidentelles et les écosystèmes), de l’IOSEA, du MTTF, du MTSG est un élément fondamental pour être un acteur actif de la gestion régionale de ces espèces. Domaine d’action PROTECTION Description et nature des opérations à réaliser Cette action s’appuie sur l’ensemble des réseaux d’acteurs en lien avec la gestion et la conservation des tortues marines du SOOI. Cette action se traduit donc par : • La participation et la dynamisation des réseaux d’acteurs actifs de la gestion/conservation régionale des tortues marines dans l’océan Indien ; • La multiplication des échanges et la mise en place de partenariats régionaux ; • Le maintien et le développement des liens avec les acteurs locaux. Ainsi, l’opérateur doit être un acteur actif de ces réseaux, en participant notamment aux échanges projets et réunions de travail régionales (MTTF de l’IOSEA) ou internationales (CTOI, IOSEA, MTSG). Cette action doit ainsi répondre à plusieurs objectifs : – participer et présenter l’ensemble du travail réalisé sur les tortues marines dans les territoires français de l’océan Indien, l’évolution des populations françaises en océan Indien, les relations existant entre ces populations et celles voisines et les menaces qui pèsent sur ces populations au niveau régional ; – être un acteur actif des décisions/recommandations/orientations sur la gestion régionale des tortues marines dans l’océan Indien ; – dynamiser un réseau d’acteurs locaux investis dans la conservation des tortues marines (structures villageoises, acteurs socio-économques, etc.). Ces participations et la dynamisation des réseaux doivent ainsi permettre de suivre les évolutions en terme de connaissances, de retour d’expériences (gestion, recherche, etc.) et au niveau réglementaire sur ces espèces (à l’échelle internationale). Une telle implication va constituer un levier efficace pour la prise en compte de mesures de gestion régionales spécifiques à La France dans ces recommandations. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI Facteurs d’influence Contraintes • Identification des colloques/réunions importantes • Identification des personnes compétentes • Hiérarchisation des implications (Réunion, Mayotte, Îles Éparses) Indicateurs de suivi Comptes rendus de réunions/groupes de travail thématiques ciblant les tortues marines Synthèse annuelle des échanges au sein des réseaux Actions associées Ensemble des actions du PNA Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 5 : Accroître la coopération nationale, régionale et internationale Programme 5.3 – Accroître les mécanismes de coopération et promouvoir l’échange des informations/Activités a, e, g, j. Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Services de l’État, Ifremer, Kélonia, MNHN, AAMP, GTMF, IOSEA, MTTF, etc. Estimation financière Temps de travail : 20 jours annuels soit 10 000 €/an Investissement : frais divers 4 000 €/an (2 déplacements + logistique) Coût total : 70 000 € sur 5 ans Coût sollicité : 50 000 € Autre financement : 25 000 € Financeurs potentiels État, Europe, COI, Banque mondiale Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X Année 5 X Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 135 REG 1.2.2 Développer et optimiser la bancarisation des données régionales interopérable Priorité : 1 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.2 : Renforcer le réseau existant d’acteurs de la conservation à l’échelle régionale Contexte et description générale : des outils de bancarisation des données sont nécessaires pour l’intégration des différentes données standardisées à différentes échelles géographiques. Ce travail permet ainsi l’accumulation de données exploitables tant sur le plan de la connaissance que pour la gestion ou la conservation des populations de tortues marines à l’échelle considérée. Suivant cette logique, pour la France, un travail a été engagé depuis 2010 pour développer un outil de gestion des données relatives aux tortues marines dans l’océan Indien. Cet outil est identifié comme la base de données TORSOOI (www.torsooi.com). Cet outil, compatible avec les bases de données nationales Quadrige² et SINPmer, permet la qualification, le stockage et la sauvegarde de données sur les tortues marines issues de protocoles standardisés et reconnus au niveau international. La mise en place d’un module multi-utilisateur en 2013 par Kélonia et Ifremer a permis de fournir toutes les facilités pour accueillir, dans le respect de la propriété des données, des données des autres pays de la région. L’objectif final de cette base est de regrouper des données de référence standardisées sur l’état de santé des populations de tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien et de les rendre interchangeables et opérationnelles pour les gestionnaires. Un tel processus est une étape clé pour avoir une vision et une évaluation régionale fiable de l’état de santé des populations de tortues marines. Domaine d’action PROTECTION/ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser L’objectif de cette action est de faciliter l’intégration de données relatives aux tortues marines pour l’ensemble des territoires français, voire d’autres pays. Cette base de données s’inscrit dans la continuité et en complément des outils existants comme la base IOSEA (« Online reporting »). Cette dernière compile des informations détaillées sur la mise en œuvre de mesures de conservation des tortues, ainsi que sur des données relatives aux sites de tous les pays de la région, dont la France. Dans le cadre de cette action, la base de données pourrait être TORSOOI, outil fonctionnel et déjà utilisé par différents opérateurs (Réunion, Îles Éparses, différents pays SOOI). À ce jour, TORSOOI intègre déjà une partie des données des Comores (Mohéli) et de Madagascar. Les Seychelles, le Mozambique et la Tanzanie sont d’ores et déjà intéressés par l’outil. Le module multi-utilisateur de la base étant opérationnel, l’objectif est d’accompagner les acteurs et partenaires régionaux intéressés par cet outil. Cette action doit ainsi : • structurer la BDD pour une standardisation de la bancarisation et l’échange des données à différentes échelles ; • identifier les données interopérables pour une transmission entre les bases de données et leur optimisation (« Onling reporting », etc.) ; • développer et transmettre le processus de validation des données ; • poursuivre l’intégration des données. Cet objectif passe avant tout par une mission d’échange avec le partenaire, puis à du temps agent dédié au suivi et à l’animation de l’intégration. Espèce(s) concernée(s) TOUTES Zone(s) visée(s) Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Mobilisation des partenaires intéressés par la démarche, en lien avec IOSEA et l’ensemble des acteurs concernés • Évaluation du format et de la qualité des données collectées, et les dispositifs de collecte du futur partenaire (la nature des données est différente, nécessitant une évaluation pour l’intégration à la base de données) Indicateurs de suivi • Synthèse annuelle des acteurs sollicités et adhérents à la démarche • Nombre de données supplémentaires injectées annuellement dans la base de données. Actions associées Ensemble des actions produisant des données bancarisables Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Programme 1.1. Identifier et documenter les menaces envers les populations de tortues marines et leurs habitats : Activités a, b • Objectif 3. Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.4. Échanger des informations (e) • Objectif 5. Accroître la coopération nationale, régionale et internationale Programme 5.3. Accroître les mécanismes de coopération et promouvoir l’échange des informations (c) Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Ifremer, Kélonia, AAMP, TAAF, IOSEA, autres pays de la zone, ensemble des acteurs et partenaires scientifiques et gestionnaires intéressés par la bancarisation des données Estimation financière Temps de travail : 30 jours annuels soit 15 000 € par an Coût total : 75 000 € Coût sollicité : 75 000 € Autre financement : Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Financeurs potentiels État, collectivités, organismes de recherche (fonds propres), CTOI, IOSEA, COI, etc. Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X Année 5 X REG 1.3.1 Définir et appliquer un plan de communication régional français Priorité : 3 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.3 - Développer une communication appropriée à l’échelle régionale française Contexte et description générale : La gestion régionale d’espèces migratrices passe avant tout par une bonne communication des programmes d’étude et des résultats des différentes équipes de la région travaillant sur ces espèces. Dans le cas des équipes françaises de scientifiques étudiant les tortues marines dans le sud-ouest de l’océan Indien, ainsi que des gestionnaires concernés (Mayotte, les îles éparses et La Réunion), cette contribution à la gestion passe à la fois par une bonne communication des états d’avancement des recherches et des modes de gestion locale de ces espèces entre les différents territoires, mais aussi par des échanges avec les partenaires régionaux et internationaux, qu’ils soient scientifiques ou gestionnaires. Or actuellement, aucun plan de communication concerté n’a été mis en place pour les territoires français de l’océan Indien. La communication se fait généralement au niveau individuel ou institutionnel via des participations à des colloques nationaux ou internationaux et la présentation de résultats ponctuels issus de programme de recherche précis. Domaine d’action COMMUNICATION Description et nature des opérations à réaliser A/Définition d’un plan de communication La communication est aussi une composante essentielle en termes de sensibilisation, éducation et conservation des tortues marines. Elle permet une prise de conscience et l’acquisition des bons comportements en lien avec la préservation de ces espèces marines. Il est proposé de définir un plan de communication en lien avec les tortues marines à l’échelle régionale, couvrant les territoires français (La Réunion, Mayotte, Îles Éparses). Il s’agit de définir un programme réfléchi, cohérent à l’échelle régionale, de façon à structurer la communication en direction de différents types de publics (collectivités, gestionnaires, touristes, grand public, jeunes, etc.). L’ensemble des catégories d’acteurs doit être visé par ce plan de communication. Les actions de communication doivent être structurées et en cohérence avec l’existant. Des objectifs doivent être clairement définis, en répondant aux questions suivantes : quels sont les buts à atteindre : faire connaître quelque chose ? Stimuler un comportement ? Débloquer des résistances ? Le plan de communication peut se dérouler en plusieurs étapes, telles que : 1/ définition des objectifs de la communication du projet ; 2/ définition du contexte du projet (parties impliquées, moyens disponibles et limitations) ; 3/ analyse des groupes cibles (les personnes à atteindre, le public cible) ; 4/ identification des messages (un seul message par action de communication) ; 5/ planification et organisation ; 6/ rapportage et adaptation (évolution du plan de communication) ; 7/ évaluation du plan (indicateurs fiables), en s’appuyant notamment sur les expériences d’autres plans de communication réalisés par ailleurs. La mise en œuvre du plan de communication doit à minima présenter : • Une charte graphique identitaire et commune ; • Des supports de communication adaptés aux cibles ; • Un seul message par action de communication ; • Une communication sans frontières entre différents publics. Le choix de la langue sera à définir (français et/ou anglais). Ce plan de communication sera réalisé en étroite concertation avec acteurs concernés dans les 3 territoires, permettant d’avoir des supports de communication adaptés (exploitable par les gestionnaires, les scientifiques, les publics jeunes, etc.). Différents supports de communication devront être proposés afin de multiplier les vecteurs de communication (poster, livret, multimédias, etc.). B/Mise en place d’actions de ce plan de communication Différents supports de communication peuvent ainsi être proposés pour véhiculer différents types d’informations (bilan des connaissances, modes de gestion, sites protégés, menaces, etc.). Ces supports de communication pourront être constitués de plaquette d’information, posters, film, site internet (sous la forme d’un portail, etc.). Il est proposé de mettre en place différentes actions de plan de communication (à définir dans le plan). Espèce(s) concernée(s) TOUTES Zones visées Régional SOOI (français) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 137 Facteurs d’influence Contraintes • Multiplicité des acteurs et messages par territoire • Nature de l’information diffusée • Moyens financiers disponibles Indicateurs de suivi • Élaboration d’un plan de communication • Production de supports de communication définis (plaquettes, poster, films, portail internet, etc.). • Évaluation de l’impact de la communication sur toutes les cibles visées Actions associées Ensemble des actions de PNA susceptibles d’être associés à des actions de communication Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 4 - Augmenter la sensibilisation du public aux menaces pesant sur les tortues marines et leurs habitats et accroître la participation du public dans les activités de conservation Programme 4.1 Établir des programmes d’enseignement public, de sensibilisation et d’information Programme 4.3. “Faire participer les parties intéressées, notamment les communautés locales, dans la planification et la mise en œuvre des mesures de conservation et de gestion” : activité 3 Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Services de l’État central ou décentralisé ou son mandataire ; Institutions (Ifremer, Kélonia ou AAMP) Estimation financière Investissement : A/Définition d’un plan de communication : 20 000 € (année 1) B/Mise en place des actions : soit 80 000 € sur 4 ans (À titre d’exemple : 35 000 € pour un film, 5 000 € pour des plaquettes et posters, etc.). Coût total : 100 000 € sur 5 ans Coût sollicité : 100 000 € Autre financement : Financeurs potentiels État, collectivités, organismes de recherche (fonds propres), IOSEA, CTOI, COI, etc. Planification Année 1 A Année 2 B Année 2 B Année 2 B Année 2 B Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie REG1.4.1 Développer les partenariats et les projets de recherche et de gestion à l’échelle régionale Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.4 : Développer la recherche et les partenariats scientifiques à l’échelle régionale Contexte et description générale : Les tortues marines sont une ressource partagée dans l’espace et dans le temps entre plusieurs territoires, pays et ZEE de la région sud-ouest de l’océan Indien. Ainsi, différents programmes ou projets de recherche portent sur les tortues marines, à l’échelle mondiale ou régionale. Pour le sud-ouest de l’océan Indien, les acteurs scientifiques et de la recherche sont mobilisés sur des projets portant sur l’approfondissement des connaissances sur les tortues marines. Pour les territoires français, les premiers programmes de recherche et études ont démarré dans les Îles Éparses au début des années 1980, puis dans les années 1990 à Mayotte et à La Réunion. Depuis, des programmes pérennes sont en place pour le suivi d’indicateurs de l’état de santé des populations de tortues marines dans ces territoires. Depuis le début des années 2000, un certain nombre de programmes de recherche sur ces espèces ou des actions de conservation impliquant ces territoires se sont mis en place ponctuellement (sur la structure génétique, sur les déplacements océaniques, la sensibilisation du grand public, etc.). Afin d’accroître les compétences, mutualiser les moyens et homogénéiser les actions de recherche et/ou de conservation, il semble important de faciliter le rapprochement des différents acteurs de la conservation actifs dans ces territoires. Ce rapprochement doit permettre d’homogénéiser le travail déjà réalisé, d’échanger les expériences des uns et des autres et de favoriser la mise en réseau des acteurs français travaillant sur ces thématiques en océan Indien. Outre cet échange d’expérience, ce rapprochement permettra aussi de renforcer la masse critique souvent indispensable pour répondre à des appels d’offre internationaux. Pour le sud-ouest de l’océan Indien, la recherche et la gestion de ces ressources ne peuvent plus être menées uniquement à l’échelle locale et nécessitent la mise en place de collaborations régionales entre gestionnaires et scientifiques au niveau régional et international. Ces collaborations, bilatérales ou plurilatérales, ne peuvent être efficaces que si des priorités entre pays concernés sont au préalable identifiées, en collaboration et avec l’appui des institutions existantes. À ce titre, l’institution IOSEA dispose d’un programme de support technique et de renforcement des capacités, (en cours de discussions au sein du Comité consultatif IOSEA pour définir la structuration la plus optimale et effective à destination des États Signataires bénéficiaires). Compte tenu de sa compétence dans ce domaine, la France pourrait et devrait jouer un rôle actif dans ces délibérations lorsqu’elles seront élevées au niveau des États Signataires. Il sera important que toute initiative que la France prend en rapport avec le renforcement des capacités, soit bien intégrée au sein du programme plus large de l’IOSEA. Des études récentes ont ainsi été réalisées, comme par exemple sur la migration des tortues vertes (Chelonia mydas) ou des caouanne (Caretta caretta). Elles ont mis en évidence que ces espèces présentes dans les eaux françaises de l’océan Indien, passaient une partie de leur temps dans les eaux des pays riverains de l’océan Indien Occidental. En lien avec les partenaires internationaux (comme IOSEA, etc.), cette action doit participer à la mobilisation de l’ensemble des acteurs régionaux et internationaux pour mener à bien les projets de recherche dans le SOOI. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 139 Domaine d’action ÉTUDE - PROTECTION Description et nature des opérations à réaliser A/Accroître la coopération franco-française dans l’océan Indien Cette action se traduit par la mise en place de modalités de fonctionnement pour le partage et la coopération technique et scientifique entre les différents acteurs des 3 territoires français. Pour cela, il est nécessaire de définir un processus partagé pour l’échange et la valorisation des résultats et données obtenus dans le cadre de différents projets ou collaborations internationales. Ainsi, il convient de définir : • Un calendrier annuel pour des réunions techniques et scientifiques d’échange ; • Le contenu des réunions techniques ; • La création d’une plateforme dématérialisée d’échange de données et résultats. Un séminaire pourra également se tenir en définissant un groupe de travail franco-français, et réunissant les principaux acteurs français de la conservation des tortues marines dans les territoires français de l’océan Indien (Instituts de recherche, ONG, gestionnaires. L’objectif de ce séminaire est de : • mettre en place un échange d’expériences sur des thématiques spécifiques (recherche, communication, gestion) ; • favoriser le rapprochement de partenaires (scientifiques ou gestionnaires) sur des problématiques communes ; • identifier les pistes de financement de ces actions spécifiques au niveau régional pour mettre en place une réponse coordonnée. B/Favoriser les échanges et la mise en place de partenariats/projets régionaux Cette action suit la même logique que la coopération franco-française (voir le point A ci-dessus). Cette action doit ainsi permettre de poursuivre ou entamer des collaborations à l’échelle régionale et internationale, notamment dans l’océan Indien occidental. Cela pourra se décliner sous différentes formes : conférence régionale, groupe de travail (ex. : groupe de travail WIO-MTTF de l’IOSEA). Cela devra réunir les principaux acteurs internationaux de l’océan Indien occidental. Cette action devra intégrer un médiateur permettant de cadrer ces échanges et partenariats. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zones visées Régional SOOI Facteurs d’influence Contraintes • Mobilisation de différents acteurs aux compétences et objectifs différents • Organisation lourde d’un séminaire (identification d’un porteur de projet, lieu, etc.) • Cohérence avec les réunions/groupes de travail sur d’autres ateliers/conférences internationales • Moyens financiers disponibles Indicateurs de suivi • Synthèse annuelle des échanges entre partenaires • Réunions/groupes de travail organisés (CR) • Organisation séminaire Actions associées Ensemble des actions du PNA Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3 - Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.2. Réaliser des recherches et surveillances conjointes : activités a, b Programme 3.4. Échanger des informations : activités b, c, d Intervenants-Acteurs potentiels pressentis États, collectivités, GTMF, Institut de recherche (MNHN, Ifremer, Kélonia, etc.), AAMP, Réserves marines, Universités, ONG, COI, WIO-MTTF de l’IOSEA Estimation financière Temps de travail : 20 000 € (10 jours annuels soit 5 000 €/an) Investissement : 50 000 € (déplacements, groupes de travail, séminaire) Coût total : 70 000 € Coût sollicité : 50 000 € Autre financement : 20 000 € Financeurs potentiels État, collectivités, Europe, COI, AFD, Banque mondiale, fondations Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X (Séminaire) Année 5 X Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie REG 1.4.2 Contribuer au développement des capacités de recherche et de gestion régional Priorité : 3 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.4 : Développer la recherche et les partenariats scientifiques à l’échelle régionale Contexte et description générale : l’ensemble des acteurs français possède une expérience importante dans l’océan Indien, en termes de recherche scientifique, de gestion et conservation des tortues marines. En outre, des moyens existent dans ces territoires français, tant sur le plan matériel que scientifique ou humain. Ainsi, il existe des infrastructures (ex. plateforme de modélisation, de génétique), des capacités technologiques et des instruments financiers plus développés que la majorité des autres pays de la région sud-ouest de l’océan Indien (hormis l’Afrique du Sud). Or, les territoires français abritent des ressources en tortues marines (adultes et juvéniles) qui sont partagées dans le temps et l’espace avec les autres pays de la région. Afin d’améliorer la connaissance et la gestion régionale de ces espèces, la France se doit d’être un moteur régional du transfert de connaissance, de compétences, et de savoir-faire aux pays de la région. Cet échange est un des éléments clés pour favoriser la collecte de données selon les standards internationaux, développer les capacités de recherche dans les pays riverains et, in fine, contribuer à améliorer la connaissance sur ces espèces dans un objectif d’assurer une gestion régionale. Domaine d’action FORMATION/DÉVELOPPEMENT Description et nature des opérations à réaliser L’objectif de cette action est de faciliter le transfert de connaissances, de compétences et de savoir-faire français aux pays de la région. Cela va se traduire par la tenue de formations dont l’intérêt réside dans le partage de compétences vers les pays pour lesquels les populations de tortues marines constituent un enjeu en termes de connaissances et de conservation. En étroite association avec l’IOSEA (programme de support technique/ renforcement des capacités), des formations seront dispensées aux pays partenaires sur des approches scientifiques spécifiques ou en lien avec la gestion-conservation des tortues marines (marquage-relecture, suivi de la reproduction, génétique, isotopes, suivi Argos, etc.). Outre l’apprentissage et le transfert de compétence, cette action vise à améliorer la standardisation de la collecte de données sur ces espèces dans la région et favoriser la prise de conscience de l’importance de ces approches pour une gestion régionale. Enfin, une telle approche ne peut être que favorable au développement des partenariats avec les pays de la région. Ainsi, il devra en ressortir la formation d’agents compétents sur certaines thématiques, susceptibles d’être par la suite déployés dans le cadre d’étude ou projets dans leurs pays. Il sera alors possible d’améliorer les connaissances sur les zones peu étudiées, mais d’intérêt majeur pour les tortues marines fréquentant, à un moment de leur cycle de vie, les eaux territoriales françaises. Il est ainsi proposé la tenue de 3 sessions de formation sur diverses thématiques (à définir) : recherche, suivi, gestion, etc. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zones visées Régional SOOI Facteurs d’influence Contraintes • Identifier le porteur de projet • Identifier, en collaboration avec l’IOSEA, les priorités en termes de formation pour la région sud-ouest de l’océan Indien (pays et contenu) Indicateurs de suivi • Nombre formations organisées • Synthèse par formations : supports, pays impliqués, nombre de participants • Projets mis en place par les participants suite à ces formations Actions associées Actions du PNA des objectifs 2, 3 et 4 Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3. Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.4. Échanger des informations : activité a • Objectif 5. Accroître la coopération nationale, régionale et internationale Programme 5.4. Renforcer les capacités afin d’augmenter les mesures de conservation : activités a, b, c, d Intervenants-Acteurs potentiels pressentis États, collectivités, IOSEA, MTTF, MTSG, GTMF, Institut de recherche (Ifremer, Kélonia…), Universités, AAMP, etc. Estimation financière Temps de travail : 40 jours pour la préparation, l’organisation et les formations Investissement : organisation de 3 sessions de formation (10 personnes par session sur 3 jours), soit environ 25 000 € par session. Coût total : 95 000 € Coût sollicité : 95 000 € Autre financement : Financeurs potentiels État, collectivités, ONG, COI, AFD, IOSEA, Banque mondiale, ONG, fondations… Planification Année 1 X Préparation Année 2 X Formation Année 3 X Formation Année 4 X Formation Année 5 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 141 REG 1.5.1 Étudier des interactions avec les pêcheries palangrières Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : Les tortues marines sont une ressource partagée dans l’espace et dans le temps entre plusieurs pays et ZEE de la région sud-ouest de l’océan Indien. Durant leur phase de migration, ou sur les différents habitats qu’elles fréquentent, elles subissent des interactions fortes, et notamment avec les pêcheries industrielles ou semi-industrielles océaniques. Les pêcheries océaniques concernées dans la région sud-ouest de l’océan Indien sont la pêche à la palangre dérivante et la pêche à la senne océanique. Une récente étude a mis en évidence que l’impact direct de l’activité de pêche à la senne sur les tortues marines est extrêmement faible. Par contre, en ce qui concerne la palangre dérivante océanique, il existe actuellement très peu d’informations sur l’impact réel de cette pêcherie sur les tortues marines dans l’océan Indien alors qu’il a été démontré dans d’autres océans que cette activité engendrait des taux de mortalité très importants pour ces espèces. La priorité reste donc d’améliorer les connaissances et quantifier les interactions avec cette pêcherie dans les ZEE françaises de l’océan Indien. Un des principaux moyens d’acquérir cette information passe par les programmes d’observateurs embarqués en cours dans les territoires français. Ces programmes ont entre autre été mis en place pour répondre à une obligation de la France vis-à-vis de la CTOI de couvrir un minimum de 5 % de l’effort de pêche des flottilles sous gestion de la CTOI, à savoir la pêche à la senne et la pêche palangrière. Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser L’objectif de cette action est de favoriser les recherches et l’acquisition de données sur les interactions entre les palangriers et les tortues marines. À ce jour, il existe encore des lacunes importantes relatives aux tortues marines dans la formation des observateurs embarqués français. Le moyen le plus opérationnel pour l’acquisition des informations consiste donc à s’assurer de la mise en place d’un programme d’observateurs embarqués à Mayotte dans les années à venir ou à renforcer les programmes d’observateurs en cours (La Réunion ; TAAF). Sur des palangriers et les thoniers senneurs en activité dans les ZEE des territoires français de l’océan Indien, cela doit se traduire par le renforcement des équipes actuelles d’observateurs de pêche qui doivent être formés dans la collecte de données relatives aux interactions avec les tortues marines. L’objectif de cette action est donc de : • s’assurer de la bonne mise en place des programmes observateurs ; • renforcer les moyens mis en place (nombre d’observateurs par exemple) ; • s’assurer que ces observateurs sont bien formés pour l’acquisition de données sur les tortues marines. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zones visées Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Validation de l’intégration de ces observateurs dans les réseaux actuellement en place dans les TAAF et à La Réunion, et à définir pour Mayotte • Identifier une structure d’accueil gestionnaire des observateurs • Réceptivité de la profession et mobilisation des pêcheurs Indicateurs de suivi • A/ Synthèse annuelle des suivis réalisés (nombre d’observateurs, nombre de filages observés/nombre de marées réalisées, CR d’interactions avec des tortues marines, etc.) • B/ Enquête réalisée (nombre, pays visités, pêcheries suivies). • C/ Rapports de synthèse des études finalisées Actions associées Ensemble des actions en lien avec la pêche et les tortues marines Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 1 - Réduire les causes directes et indirectes de la mortalité des tortues marines Programme 1.1. Identifier et documenter les menaces envers les populations de tortues marines et leurs habitats : activité c • Objectif 3 - Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion : activités b, e Programme 3.3. Analyser les données pour contribuer à atténuer les menaces et évaluer et améliorer les pratiques de conservation : activités b, c Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), représentants et acteurs de la pêche, États (dont TAAF), ONG, IOSEA, AAMP, etc. Estimation financière Hors financement PNA Financeurs potentiels État, collectivités, Europe, COI, AFD, Banque mondiale, ONG, fondations, etc. Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X Année 5 X Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie REG 1.5.2 Étudier des interactions avec les pêcheries artisanales Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : Les tortues marines sont une ressource partagée dans l’espace et dans le temps entre plusieurs pays et ZEE de la région sud-ouest de l’océan Indien. Durant leur phase de migration côtière, ou sur les différents habitats qu’elles fréquentent (habitats d’alimentation, de reproduction, ou de développement), les tortues marines subissent également des interactions fortes avec les activités humaines, et notamment avec les pêcheries artisanales (senne de plage, filets, harpons, etc.) des pays riverains. Très peu d’informations sont actuellement disponibles sur l’impact réel de ces différentes pêcheries. Compte tenu de l’espace concerné (le sud-ouest de l’océan Indien), du nombre d’espèces de tortues marines impliquées, et de la variété des activités de pêche dans la zone, l’acquisition de données fiables reste très difficile. Grâce à des méthodes de type RBA (Rapid By-catch Assement/évaluation rapide des captures accidentelles) validées et reconnues au niveau international, il apparaît envisageable de mettre en place une approche robuste par enquête sur des sites stratégiques du sud-ouest de l’océan Indien. Cette approche devra se faire au niveau des sites prioritaires fréquentés par les tortues marines se reproduisant dans les territoires français de la région (zones identifiées par suivi satellite). Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser Cette étude consiste en la mise en place d’une approche de type RBA (Rapid By-catch Assessment/évaluation rapide des captures accidentelles) sur des sites préalablement identifiés grâce au suivi satellitaire de tortues marines disponible dans le sud-ouest de l’océan Indien. Les résultats des enquêtes permettront d’identifier les pêcheries ayant l’impact le plus important sur les tortues se reproduisant dans les territoires français. Cette identification permettra de mettre en place un système de communication ciblé en coopération avec les pays concernés pour limiter ces impacts. De manière générale, cette identification servira d’argument concret lors des discussions des mesures de gestion locale ou régionale à mettre en place en priorité par les gestionnaires. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI Facteurs d’influence Contraintes • Identifier un sous-traitant compétent pour la mise en place de cette approche • Capacité d’aller sur place pour réaliser les enquêtes Indicateurs de suivi • Nombre de pays visités • Nombre d’enquêtes réalisées Actions associées Ensemble des actions en lien avec la pêche et les tortues marines Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 1 - Réduire les causes directes et indirectes de la mortalité des tortues marines Programme 1.1. Identifier et documenter les menaces envers les populations de tortues marines et leurs habitats : activité c • Objectif 3 - Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion : activités b, e Programme 3.3. Analyser les données pour contribuer à atténuer les menaces et évaluer et améliorer les pratiques de conservation : activités b, c Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), représentants et acteurs de la pêche, États (dont TAAF), ONG, AAMP, etc. Estimation financière Coût de 50 000 € (action ponctuelle de collecte d’information par enquêtes dans au moins 3 pays de la région SOOI) Coût total : 50 000 € Coût sollicité : 50 000 € Investissement : 0 € Financeurs potentiels État, collectivités, Europe, COI, AFD, Banque mondiale, ONG, fondations, etc. Planification Année 1 - Année 2 - X - Année 3 - Année 4 - Année 5 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 143 REG 1.5.3 Étudier de la structure génétique des tortues marines dans le SOOI Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : La connaissance de la structure génétique des populations d’une espèce à l’échelle régionale est un des éléments clés pour mettre en place des mesures de gestion appropriées pour les populations de tortues marines. Cette connaissance permet de mieux comprendre les liens existant entre des individus en phase de développement, d’alimentation et de reproduction, ou encore d’identifier l’origine géographique d’individus capturés accidentellement. Elle permet en effet de fournir des éléments de compréhension de la dispersion des populations et de la connectivité entre différents sites pour chaque espèce. La structure génétique des tortues vertes est actuellement bien connue dans le sud-ouest de l’océan Indien, mais très peu d’éléments sont actuellement disponibles pour les tortues imbriquées, olivâtres, caouanne et luth. Il semble donc indispensable de pouvoir replacer, dans un contexte génétique global, les tortues imbriquées se reproduisant dans les Îles Éparses et Mayotte, mais aussi de définir l’origine des tortues capturées accidentellement par les différentes flottilles françaises en activité dans l’océan Indien (tortue luth, caouanne et olivâtre). Ces informations sont indispensables pour fournir des éléments permettant de définir ou renforcer la conservation et la gestion des tortues marines à l’échelle locale et régionale. Cependant les observations de ces espèces et donc l’accès aux individus restent des événements rares dans les eaux françaises, impliquant une impossibilité de mettre en place un programme spécifique dédié à la structure génétique de ces populations. Par contre, la collecte opportuniste mais systématique d’éléments sur ces individus (et notamment la taille et la réalisation systématique de biopsie) sont une priorité aujourd’hui. Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser Cette action consiste en la réalisation de manière opportuniste mais systématique d’analyses génétiques sur des échantillons de tortues marines peu observées dans les eaux françaises de l’océan Indien. Ces analyses vont porter sur les tortues imbriquées se reproduisant dans les territoires français de l’océan Indien, et aussi les tortues caouanne, luth ou olivâtres capturées accidentellement par les flottilles françaises dans cette région. Cette action se décline en différentes étapes : • Définition des modalités opérationnelles de collecte des échantillons (coordination étroite avec les programmes observateurs en cours, formation des observateurs, mise en place des protocoles CITES, etc.) ; • Mobilisation des partenaires régionaux et construction du réseau de transfert des échantillons (avec l’appui du WIO-MTTF) ; • Mise en place des protocoles de laboratoire d’amplification de l’ADN pour ces 4 espèces ; • Réalisation en routine des analyses des échantillons collectés ; • Bancarisation des données ; • Analyse des données à différentes échelles géographiques et par espèces. Cette étude va permettre, à l’horizon de 5 ans, de disposer d’une banque d’ADN pour ces espèces échantillonnées dans les ZEE et territoires français. Ce travail pourra se faire par l’intermédiaire d’analyses spécifiques portées par la France (si le nombre d’échantillon est suffisant), soit au travers d’une contribution à des programmes sur la génétique des tortues marines portés par des équipes américaines (NOAA) ou australiennes (Université de Brisbane) Espèce(s) concernée(s) Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Identification du porteur de projet • Identification des marqueurs génétiques de référence pour chaque espèce • Identification du système de stockage des échantillons et de sauvegarde des résultats • Mobilisation et définition des partenariats avec les pêcheurs Indicateurs de suivi • Nombre d’échantillons collectés et analyses génétiques réalisées par espèce • Rapport annuel de synthèse • Rapport final (synthèse régionale et interprétation) Actions associées Ensemble des actions du PNA Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3 - Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion : activité c Programme 3.3. Analyser les données pour contribuer à atténuer les menaces et évaluer et améliorer les pratiques de conservation : activité a Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), représentants et acteurs de la pêche, États (dont TAAF), ONG, AAMP, etc. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Estimation financière Coût total : 25 000 €. (Définition des protocoles : 15 000 €/ Analyses (100/an) soit 10 000 € sur 4 ans (25 €/analyse) Année 1 : développement des protocoles et mise en place des partenariats (soit 15 000 €) Année 2/3/4/5 : analyse d’une centaine d’échantillons en routine par an (soit 8 000 €, base 100 échantillons par an – coût 25 € l’échantillon). Coût sollicité : 25 000 € Autre financement : Financeurs potentiels État, collectivités, ONG, COI, AFD, IOSEA, Banque mondiale, ONG, fondations, etc. Planification Année 1 X Année 2 X Année 3 X Année 4 X Année 5 X Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 145 REG 1.5.4 Étudier de la connectivité migratoire des tortues marines dans le SOOI Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : La connaissance des couloirs migratoires des différentes espèces de tortues marines du SOOI est importante pour mieux comprendre les déplacements des différentes populations de tortues aux différents stades et à l’échelle régionale. Il est donc nécessaire de mettre en place des moyens adaptés pour l’acquisition de données sur les couloirs migratoires des tortues marines en phase océanique à tous les stades dans les ZEE françaises de l’océan Indien. Ce suivi concerne particulièrement les tortues caouanne, olivâtres, vertes et imbriquées. Les résultats de ces suivis vont ainsi permettre de mieux connaître les origines des populations suivies, leurs déplacements, les interactions avec la pêche et l’impact réel sur les populations qu’elles impliquent. Une synthèse des données pourra être mise en lien avec les mesures de gestion ou de conservation des tortues marines, et notamment avec l’impact des pêcheries lors des phases pélagiques. L’accès à ces stades dit « pélagiques » reste difficile de par la nature des habitats et la rareté de leurs observations. La prise en compte de ces espèces doit donc se traduire par des collaborations et un travail de manière opportuniste avec les programmes observateurs en cours sur les pêcheries hauturières françaises en activité dans l’océan Indien (pêche à la senne et palangrière). Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser Cette action consiste au déploiement de balises satellites sur des tortues marines en phase pélagique lors de captures accidentelles et via les réseaux d’observateurs. Ces balises seront munies d’un capteur de profondeur. Un système de récupération et de marquage des tortues sera à définir au préalable, permettant de soigner les individus blessés avant le relâcher. Cette opération pourrait se faire au travers de la mobilisation de différents observateurs embarqués en optimisant le temps disponible en mission. Il est ainsi possible de mettre en place un déploiement stratégique de balises argos sur ces stades pélagiques, en s’appuyant sur : • l’expérience et les compétences des différents partenaires dans ce domaine (centres de soin, gestionnaires, organismes de recherche) ; • une bonne formation des observateurs embarqués et la mise en place de protocoles non contraignant pour les observateurs et n’affectant pas leur travail de routine. Les données collectées devront être bancarisées dans une base de données (ex. TORSOOI/IOSEA Satellite Tracking Database). La synthèse et interprétation des résultats devraient permettre d’accroître les connaissances en termes de déplacement et migration des tortues marines dans l’océan Indien durant leur stade pélagique. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Mise en place des possibilités d’étude en fonction des négociations avec les pêcheries et les opportunités • Identification et formation des acteurs compétents dans les différents territoires • Mise en place ou validation si besoin des structures d’accueil de ces tortues (centre de soins) au niveau des territoires • Répartition des balises par territoire • Validation de la gestion des données (ex. TORSOOI) Indicateurs de suivi • Nombre de balises déployées par espèce • Nombre de trajets obtenus • Nombre de jours d’émission Argos par an • Rapport annuel des résultats • Rapport de synthèse Actions associées Ensemble des actions du PNA Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3. Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion. Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), représentants et acteurs de la pêche, États (dont TAAF), ONG, IOSEA, AAMP, centres de soins Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Estimation financière Coût total : 100 000 €. • Année 1 : temps de travail de 20j soit 10 000 € (protocole/organisation) • Année 2+3+4 : temps de travail de 5j par an (suivi = 2 500 €/an) et investissement de 22 500 €/an (matériel/ abonnement) • Année 5 : temps de travail de 30j soit 15 000 € (analyse/synthèse) La première année consiste en la formation des partenaires au déploiement des balises et à la mise en place de la stratégie du projet. Les années 2, 3 et 4 correspondent au déploiement de 10 balises avec capteur de profondeur par an. Coût sollicité : 100 000 € Autre financement : 0 € Financeurs potentiels État, collectivités, ONG, COI, AFD, IOSEA, Banque mondiale, ONG, fondations, etc. Planification Année 1 x Année 2 x Année 3 x Année 4 x Année 5 x Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 147 REG 1.5.5 Étudier de l’influence des changements climatiques sur les habitats des tortues et mesure de leur résilience Priorité : 3 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : Les tortues marines sont des reptiles dont le déterminisme sexuel dépend de la température d’incubation des nids. De plus, la phase de reproduction se déroule en partie à terre, au niveau des plages, et en grande majorité sur des îles distribuées le long d’un gradient latitudinal important dans le sud-ouest de l’océan Indien (4°S à 28°S). Ces espèces sont donc particulièrement sensibles aux changements globaux qui pourront affecter potentiellement le sexe ratio des populations (évolution sur le long terme de la température moyenne d’incubation), mais également l’accessibilité aux habitats de reproduction (augmentation du niveau des eaux, renforcement des événements climatiques exceptionnels impactant la qualité de l’habitat de reproduction, etc.). Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser L’objectif de cette action est de déterminer l’impact potentiel à niveau régional des changements climatiques globaux sur les populations de tortues marines se reproduisant dans les différents territoires français de l’océan Indien. Cet impact, différent en fonction de la latitude du site de reproduction et l’espèce concernée, est de 2 natures : • A/Changement de la température moyenne d’incubation ; • B/Destruction des habitats de reproduction par élévation du niveau de la mer ou augmentation des épisodes climatiques violents. Une telle approche nécessite une étude coordonnée entre les 3 territoires français de l’océan Indien. A/Le changement de la température moyenne d’incubation Afin d’étudier ce facteur, il est nécessaire de mettre en place une étude à large échelle sur la température des nids en fonction de la position géographique et de l’espèce concernée. Cette étude passe par une phase de terrain couplée au suivi des populations reproductrices et la pose de capteurs de température dans les nids (voir la possibilité de mutualisation avec des actions de suivi des populations sur les 3 territoires français). B/Destruction des habitats de reproduction Cette étude passe par la mise en place de scénario modélisé de montée des eaux et d’accélération des phénomènes climatiques exceptionnels (cyclone, etc.) dans la région SOOI. Elle passe également par la mise en place d’une caractérisation du profil des principales plages de pontes, pour ensuite analyser le modèle en lien avec ces sites de ponte. Espèce(s) concernée(s) Cm Zone(s) visée(s) Régional SOOI (français) Facteurs d’influence Contraintes • Moyens disponibles pour le suivi des plages de ponte isolées (mutualisation avec d’autres suivis !?) • Validité/qualité des modèles globaux prévisionnels de changement climatique dans le SOOI • Validation de la gestion des données acquises par les différents acteurs (ex. TORSOOI) Indicateurs de suivi • Nombre de thermomètres déployés par espèce et par site • Nombre de scenarii réalistes réalisés par site • Rapport de synthèse Actions associées Ensemble des actions du PNA concernés par cette problématique Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3. Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion : activité a Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), représentants et acteurs de la pêche, États (dont TAAF), ONG, AAMP Estimation financière • A/Temps de travail : 10 jours annuels soit 5 000 € par an avec mutualisation sur d’autres missions/études Investissement : 300 thermomètres soit 5 000 € • B/Temps de travail : 10 jours (profil des plages et analyse) soit 5 000 € avec mutualisation sur d’autres missions/ études Investissement : modélisation soit 30 000 € Coût total : 65 000 € Coût sollicité : 65 000 € Autre financement : Planification Année 1 A Année 2 A Année 3 A/B Année 4 A/B Année 5 A Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie REG 1.5.6 Élaborer une synthèse régionale des connaissances acquises sur les tortues marines Priorité : 2 Objectif spécifique 1 : Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale Objectif opérationnel 1.5 : Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Contexte et description générale : de nombreuses études sont menées sur les tortues marines dans l’océan Indien. Dans le cadre de plan d’actions, des études et suivis seront réalisées dans la continuité des actions déjà menées, et d’autres présenteront un caractère innovant et novateur. Dans ce sens, dans un souci d’homogénéisation et de centralisation des connaissances, il s’avère important de mener une synthèse à l’échelle régionale de l’ensemble des études et suivis réalisés dans le cadre des plans d’actions et plus largement à l’échelle internationale. Domaine d’action ÉTUDE Description et nature des opérations à réaliser Ce travail correspond à une synthèse de l’ensemble des connaissances (études, suivis, programmes de recherche…) permettant d’aboutir à un état des connaissances sur les tortues marines à l’échelle régionale. Une approche globale apparaît nécessaire pour intégrer un panel large de données (exploitables) et, dans la mesure du possible, à une échelle élargie (ZEE et autres territoires). La démarche s’inscrira en 3 étapes : • Analyse des données ; • Interprétation et extrapolation des résultats ; • Synthèse des données. Ce travail concernera différentes thématiques étudiées à l’échelle de l’océan Indien comme la connectivité migratoire, la structure génétique des populations, les régimes alimentaires, les habitats, etc. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Régional SOOI Facteurs d’influence Contraintes • Protocoles des études comparables • Validité et disponibilité des données • Disponibilité et coopération de l’ensemble des acteurs scientifiques en lien avec les études et données consultées Indicateurs de suivi • Rapport (étude) Actions associées Ensemble des actions du PNA concernés par cette problématique Engagements internationaux Référence Plan de Conservation et de Gestion de l’IOSEA : • Objectif 3. Améliorer la compréhension de l’écologie et des populations de tortues marines par l’intermédiaire de la recherche, de la surveillance et de l’échange d’informations Programme 3.1. Effectuer des études sur les tortues marines et leurs habitats visant à leur conservation et à leur gestion : activité a Intervenants-Acteurs potentiels pressentis Organismes de recherche (Ifremer, Kélonia, IRD, Universités, etc.), bureau d’études, etc. Estimation financière Coût total : 25 000 € Coût sollicité : 25 000 € Autre financement : Planification Année 1 - Année 2 - Année 3 - Année 4 - Année 5 X Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 149 III.5. SYNTHÈSE DU PLAN RÉGIONAL III.5.1. estImatIon fInancIère Ce plan d’actions s’étale donc sur 5 années, entre 2015 et 2020. Le tableau ci-après présente une synthèse de la planification de ces actions dans cet intervalle de temps. Tableau 25 : Planification des actions sur les 5 années du plan d’actions à l’échelle régionale TITRE DE L’ACTION PRIORITÉ ANNÉE 1 ANNÉE 2 ANNÉE 3 ANNÉE 4 ANNÉE 5 REG1.1.1 - Assurer le suivi du plan régional, en coordination avec les plans locaux, et promouvoir sa mise en œuvre 1 X X X X X REG1.2.1 - Dynamiser et pérenniser un réseau d’acteurs de la conservation et gestion des tortues marines à l’échelle régionale 1 X X X X X REG1.2.2 - Développer et optimiser la bancarisation des données régionales interopérables 1 X X X X X REG1.3.1 - Définir et appliquer un plan de communication régional français 3 A B B B B REG1.4.1 - Développer les partenariats et les projets de recherche et de gestion à l’échelle régionale 2 X X X X X REG1.4.2 - Contribuer au développement des capacités de recherche et de gestion régionale 3 X X X X REG1.5.1 - Étudier des interactions avec les pêcheries palangrières 2 X X X X X REG1.5.2 - Étudier des interactions avec les pêcheries artisanales 2 X REG1.5.3 - Étudier de la structure génétique des tortues marines dans le SOOI 2 X X X X X REG1.5.4 - Étudier de la connectivité migratoire des tortues marines dans le SOOI 2 X X X X X REG1.5.5 - Étudier l’influence des changements climatiques sur les habitats des tortues et mesure de leur résilience 3 A A A/B A/B A REG1.5.6 – Élaborer une synthèse régionale des connaissances acquises sur les tortues marines 2 X Les opérations par actions sont différenciées dans la planification (A, B, etc.). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie III.5.2. planIfIcatIon Des actIons Le coût total du plan d’actions pour les tortues marines à l’échelle régionale s’élève à 800 000 € sur 5 ans. Le montant sollicité dans le cadre de ce PNA s’élève à 660 000 € sur 5 ans. Le tableau ci-après présente cette synthèse. Tableau 26 : Synthèse du coût des actions sur les 5 années pour le plan d’actions à l’échelle régionale TITRE DE L’ACTION PRIORITÉ COUT TOTAL COUT SOLLICITÉ REG1.1.1 - Assurer le suivi du plan régional, en coordination avec les plans locaux, et promouvoir sa mise en œuvre 1 125 000 € 125 000 € REG1.2.1 - Dynamiser et pérenniser un réseau d’acteurs de la conservation et gestion des tortues marines à l’échelle régionale 1 70 000 € 50 000 € REG1.2.2 - Développer et optimiser la bancarisation des données régionales interopérables 1 75 000 € 75 000 € REG1.3.1 - Définir et appliquer un plan de communication régional français 3 100 000 € 100 000 € REG1.4.1 - Développer les partenariats et les projets de recherche et de gestion à l’échelle régionale 2 70 000 € 50 000 € REG1.4.2 - Contribuer au développement des capacités de recherche et de gestion régionale 3 95 000 € 95 000 € REG1.5.1 - Étudier des interactions avec les pêcheries palangrières 2 Hors PNA REG1.5.2 - Étudier des interactions avec les pêcheries artisanales 2 50 000 € 50 000 € REG1.5.3 - Étudier de la structure génétique des tortues marines dans le SOOI 2 25 000 € 25 000 € REG1.5.4 - Étudier de la connectivité migratoire des tortues marines dans le SOOI 2 100 000 € 100 000 € REG1.5.5 - Étudier l’influence des changements climatiques sur les habitats des tortues et mesure de leur résilience 3 65 000 € 65 000 € REG1.5.6 – Élaborer une synthèse régionale des connaissances acquises sur les tortues marines 2 25 000 € 25 000 € Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 151 IV. CONCLUSION Cette partie commune (volume 1) a permis de dresser un bilan des connaissances, de définir une stratégie opérationnelle et de proposer un plan d’actions régional en faveur des 5 espèces de tortues marines des territoires français du sud-ouest de l’océan Indien. Ce volume 1 constitue la base du PNA, qui propose une déclinaison locale des plans d’actions pour les 3 territoires français de l’océan Indien, à savoir La Réunion, Mayotte et les Îles Éparses. Les différentes actions définies sur ces territoires sont présentées dans les volumes suivants : yy Volume II – Plan d’actions pour Mayotte ; yy Volume III – Plan d’actions pour La Réunion ; yy Volume IV – Plan d’actions pour Mayotte. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie BIBLIOGRAPHIE Abreu-Grobois, A & Plotkin, P. (IUCN SSC Ma rine Turtle Specialist Group) (2008) Lepi dochelys olivacea. In : IUCN 2012. IUCN Red List of Threatened Species. Version 2012.2. <www.iucnredlist.org>. 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Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 159 © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Tortue imbriquée Eretmochelys imbricata Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ANNEXES Annexe I. Arrêté ministériel du 14 octobre 2005 (non applicable encore à Mayotte) .......................... p. 161 Annexe II. Bilan des connaissances les tortues marines par unité de gestion mondiale ....................... p. 164 Annexe III. Dynamique spatiale par suivi Argos de tortues caouanne balisées à La Réunion ................ p. 167 Annexe IV. Cartographie des habitats de l’île d’Europa ............................................................................. p. 168 Annexe V. Trajets de migration post-reproduction de tortues vertes (Chelonia mydas) balisées à Europa (a), aux Glorieuses (b) et à Tromelin (c) ..................... p. 169 Annexe VI. Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP balisées à Europa (a), aux Glorieuses (b) et à Tromelin (c) ................ p. 172 Annexe VII. Actions en cours ou déjà réalisées dans le cadre des programmes d’études et de conservation des tortues marines et de leurs habitats à Mayotte ................ p. 175 Annexe VIII. Mémorandum d’accord sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leur habitat de l’océan Indien et de l’Asie du Sud-Est ................. p. 177 Annexe IX. Constitution du comité de pilotage du PNA OI (a), du comité de suivi Réunion et Îles Éparses (b) et de Mayotte (c) ................ p. 180 Annexe X. Liste des structures et partenaires sollicités dans le cadre de la consultation régionale et des consultations locales ............................... p. 181 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 161 Annexe I. Arrêté ministériel du 14 octobre 2005 (non applicable encore à Mayotte) Arrêté fixant la liste des tortues marines protégées sur le territoire national et les modalités de leur pro tection J.O du 06/12/2005 Le ministre de l’agriculture et de la pêche, le ministre de la culture et de la communication, la ministre de l’écologie et du développement durable et le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales, Vu la direc tive du Conseil 92/43/CEE du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages ; Vu le règlement (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce ; Vu le code de l’envi ronnement, notamment ses articles L. 411-1 à L. 412-1 et R. 411-1 à R. 412-7 ; Vu le décret n° 78-959 du 30 août 1978 modifié portant publication de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction ; Vu l’arrêté du 30 juin 1998 fixant les modalités d’application de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction et des règlements (CE) n° 338/97 du Conseil européen et (CE) n° 939/97 de la Commission européenne ; Vu l’avis du Conseil national de la protection de la nature en date du 27 octobre 2004, Arrêtent : Article 1 Le présent arrêté s’applique aux espèces de tortues marines suivantes : • Tortue luth (Dermochelys coriacea) ; • Tortue caouanne (Caretta caretta) ; • Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) ; • Tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) ; • Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) ; • Tortue verte (Chelonia mydas). Article 2 On entend par spécimen tout œuf de tortue et toute tortue, vivants ou morts, ainsi que toute partie ou tout produit obtenu à partir de l’œuf ou de la tortue. Est réputé prélevé dans le milieu naturel tout spécimen dont le détenteur ne peut justifier qu’il est issu d’un élevage dont le cheptel a été constitué conformément à la réglementation en vigueur au moment de l’acquisi tion des animaux. Article 3 I. - Sont interdits, sur tout le territoire national et en tout temps : – la destruction, l’altération ou la dégradation du milieu particulier des tortues marines ; – la destruction ou l’enlèvement des œufs et des nids ; – la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlève ment, la perturbation intentionnelle des tortues ma rines. II. - Sont interdits, sur tout le territoire national et en tout temps, la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat, l’uti lisation, commerciale ou non, des spécimens de tortues marines prélevés : – dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France ou du département de la Guyane, après le 17 août 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Guade loupe, après le 19 novembre 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Marti nique, après le 26 mars 1993 ; – dans le milieu naturel du reste du territoire national, après le 7 décembre 2000 ; – dans le milieu naturel du territoire européen des autres États membres de l’Union européenne, après la date d’entrée en vigueur de la directive du 21 mai 1992 susvisée. Article 4 À condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfai sante et que la mesure ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition natu relle, l’autorité administrative compétente peut délivrer, en application des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l’environnement et selon la procédure définie par arrêté du ministre chargé de la protection de la nature, des autorisations exceptionnelles par dérogation aux interdictions fixées à l’article 3 pour les motifs ci-après : a) Dans l’intérêt de la protection de la faune et de la flore sauvages et de la conservation des habitats natu rels ; b) Dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ; c) À des fins de recherche et d’éducation, de repeuple ment et de réintroduction de ces espèces et pour des opérations de reproduction nécessaires à ces fins ainsi que pour l’élevage se rapportant à ces actions. Ces autorisations ne dispensent pas de la délivrance Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie des documents prévus par le règlement (CE) n° 338/97 susvisé pour le transport et l’utilisation de certains spé cimens de tortues marines. Article 5 Sont soumis à autorisation préalable en application de l’article L. 412-1 du code de l’environnement, sur tout le territoire national et en tout temps, la vente, l’achat, le prêt avec contrepartie, l’échange ou l’utilisation à des fins commerciales des spécimens de tortues marines relevant de l’annexe A du règlement (CE) n° 338/97 susvisé, autres que ceux prélevés : – dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France ou du département de la Guyane, après le 17 août 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Guade loupe, après le 19 novembre 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Marti nique, après le 26 mars 1993 ; – dans le milieu naturel du reste du territoire national, après le 7 décembre 2000 ; – dans le milieu naturel du territoire européen des autres États membres de l’Union européenne, après la date d’entrée en vigueur de la directive du 21 mai 1992 susvisée. L’autorisation prend la forme des documents délivrés pour l’application du règlement (CE) n°338/97 susvisé. Elle est délivrée par le préfet du département du domi cile de la personne physique ou morale demanderesse. Pour les spécimens provenant d’un autre État membre de l’Union européenne, l’autorisation délivrée par l’au torité compétente de cet État membre vaut autorisation pour l’application du présent article. Article 6 Par dérogation aux dispositions de l’article 5, ne sont pas soumis à autorisation, sur tout le territoire national, la vente, l’achat, le prêt avec contrepartie, l’échange ou l’utilisation à des fins commerciales des spécimens datant d’avant le 1er juin 1947, dès lors que leur état brut naturel a été largement modifié pour en faire des bijoux, objets décoratifs, artistiques ou utilitaires, ou des instruments de musique, qu’ils peuvent être utilisés sans être sculptés, ouvragés ou transformés davantage et que la facture ou l’attestation de cession mentionne leur ancienneté. Article 7 Est soumis à autorisation préalable en application de l’article L. 412-1 du code de l’environnement, en tout temps et sur tout le territoire national, le transport des spécimens vivants de tortues marines autres que ceux prélevés : – dans le milieu naturel du territoire métropolitain de la France ou du département de la Guyane, après le 17 août 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Guade loupe, après le 19 novembre 1991 ; – dans le milieu naturel du département de la Marti nique, après le 26 mars 1993 ; – dans le milieu naturel du reste du territoire national, après le 7 décembre 2000 ; – dans le milieu naturel du territoire européen des autres États membres de l’Union européenne, après la date d’entrée en vigueur de la directive du 21 mai 1992 susvisée. L’autorisation prend la forme des docu ments délivrés pour l’application du règlement (CE) n°338/97 susvisé. Elle est délivrée par le préfet du département de pro venance du spécimen. Pour les spécimens provenant d’un autre État membre de l’Union européenne, l’auto risation délivrée par l’autorité compétente de cet État membre vaut autorisation pour l’application du présent article. Article 8 Sont soumises à autorisation du préfet du département du siège social de l’entreprise, en France métropolitaine et dans le département de La Réunion, la détention et l’utilisation, par les fabricants ou les restaurateurs d’ob jets qui en sont composés, des spécimens : – de l’espèce Eretmochelys imbricata issus des stocks d’écaille déclarés au ministère en charge de l’environ nement avant le 1er octobre 1993 ; – de l’espèce Chelonia mydas issus des stocks d’écaille déclarés au préfet du département du lieu de déten tion avant le 31 décembre 2001 ; – des espèces Eretmochelys imbricata et Chelonia mydas acquis conformément aux dispositions du règlement (CE) n° 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 susvisé. Article 9 L’autorisation prévue à l’article 8 est individuelle et in cessible. Elle est valable cinq ans et peut être renouve lée à la demande du bénéficiaire. Elle est subordonnée à la tenue à jour par le titulaire d’un registre d’entrées et sorties des spécimens. Elle peut être retirée à tout moment conformément aux dispositions de l’article R. 412-3 du code de l’environnement. L’autorisation prévue à l’article 8 permet : Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 163 – la cession et l’acquisition de stocks d’écaille ou de pro duits semi-finis entre professionnels titulaires d’une autorisation, sous couvert d’une facture comportant les références de l’autorisation du cédant ; – la vente sur le territoire national d’objets finis fabriqués en France à l’aide des stocks d’écaille mentionnés à l’article 8, dès lors que ces objets sont estampillés du poinçon ou de la marque propre au bénéficiaire de l’autorisation, sous couvert d’une facture comportant les références de l’autorisation du cédant ; – le commerce de prestations de restauration d’objets à l’aide des stocks d’écaille mentionnés à l’article 8, sous couvert d’une facture comportant les références de l’autorisation du restaurateur. Le dossier de demande de l’autorisation prévue à l’ar ticle 8 comporte : – le nom du demandeur et son adresse ; – ses références professionnelles ; – le nom et les coordonnées de son entreprise ; – une description de la nature de ses activités ; – un engagement écrit de se soumettre au contrôle des agents de l’administration désignés à l’article L. 415-1 du code de l’environnement ; – une description précise de la marque ou du poinçon spécifique apposé sur les objets fabriqués. Article 10 Les dispositions du présent arrêté ne dispensent pas des autorisations requises pour le franchissement des frontières à destination ou en pro venance d’un État ou d’un territoire non membre de l’Union européenne, notamment en ce qui concerne l’article 7. Article 11 Les arrêtés du 17 juillet 1991 fixant la liste des tortues marines protégées dans le département de la Guyane, du 2 octobre 1991 fixant la liste des tortues marines protégées dans le département de la Guadeloupe, du 16 mars 1993 fixant la liste des tortues marines protégées dans le département de la Martinique et du 9 novembre 2000 fixant la liste des tortues marines protégées sur le territoire national sont abrogés. Article 12 Le directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture, la directrice des musées de France, le directeur de la nature et des paysages et le directeur du commerce, de l’artisanat, des services et des professions libérales sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française. Fait à Paris, le 14 octobre 2005. La ministre de l’écologie et du développement durable, Pour la ministre et par délégation : Le directeur de la nature et des paysages, J.-M. Michel Le ministre de l’agriculture et de la pêche, Pour le ministre et par délégation : Le directeur des pêches maritimes et de l’aquaculture, D. Cazé Le ministre de la culture et de la communication, Pour le ministre et par délégation : La directrice des musées de France, F. Mariani-Ducray Le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales, Pour le ministre et par délégation : Le directeur du commerce, de l’artisanat, des services et des professions libérales, J.-C. Martin Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Annexe II. Bilan des connaissances les tortues marines par unité de gestion mondiale Bilan des connaissances sur Chelonia mydas, la tortue verte au niveau mondial (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 165 Bilan des connaissances sur Eretmochelys imbricata, la tortue imbriquée au niveau mondial (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) Bilan des connaissances sur Caretta caretta, la tortue caouanne au niveau mondial (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Bilan des connaissances sur Lepidochelys olivacea, la tortue olivâtre au niveau mondial (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) Bilan des connaissances sur Dermochelys coriacea, la tortue luth au niveau mondial (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region, SWOT/OBIS-SEAMAP) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 167 Annexe III. Dynamique spatiale par suivi Argos de tortues caouanne balisées à La Réunion Dynamique spatiale de Caretta caretta sub-adulte identifiée par suivi Argos (balisées à La Réunion) (Kélonia, Ifremer, Natural Earth, GADM, Marine region) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Annexe IV : Cartographie des habitats de l’île d’Europa a) Cartographie des habitats marins d’Europa (N=43) (Grellier et al., 2012 – données Pareto Ecoconsult, Taaf, IRD, MNHN, Ifrecor, Ifremer, Kélonia) b) Cartographie des habitats marins d’Europa : zoom sur la mangrove (Grellier et al., 2012 – données Pareto Ecoconsult, Taaf, IRD, MNHN, Ifrecor, Ifremer, Kélonia) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 169 Annexe V. Trajets de migration post-reproduction de tortues vertes (Chelonia mydas) balisées à Europa (a), aux Glorieuses (b) et à Tromelin (c) a) Migrations post-reproduction de Chelonia mydas identifiées par suivi ARGOS (balises posées à Europa) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie b) Migrations post-reproduction de Chelonia mydas identifiées par suivi ARGOS (balises posées aux Glorieuses) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 171 c) Migrations post-reproduction de Chelonia mydas identifiées par suivi ARGOS (balises posées à Tromelin) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Annexe VI. Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP balisées à Europa (a), aux Glorieuses (b) et à Tromelin (c) a) Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP (balises posées à Europa) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region, M&C protected areas WIO-2013) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 173 b) Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP (balises posées aux Glorieuses) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region, M&C protected areas WIO-2013) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie c) Localisation des zones d’alimentation de Chelonia mydas par rapport aux AMP (balises posées à Tromelin) (Ifremer, Kélonia, Natural Earth, GADM, Marine region, M&C protected areas WIO-2013) Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 175 Annexe VII. Actions en cours ou déjà réalisées dans le cadre des programmes d’études et de conservation des tortues marines et de leurs habitats à Mayotte Actions Évaluation Évaluer et réduire les causes directes et indirectes de la mortalité des tortues marines Évaluer le braconnage de tortues marines Recensement opportuniste de cas de braconnage sur l’ensemble des plages depuis 1997 À poursuivre et développer Inspections régulières de 1/4 des plages de pontes depuis 2006 À poursuivre Enquête auprès des pêcheurs en 2007 À renouveler Collecte de l’ensemble des ossements sur les plages en 2013 À renouveler Lutter contre le braconnage de tortues marines Surveillance quotidienne des deux principaux sites de ponte depuis 1998 Nécessite une amélioration de l’encadrement Surveillances ponctuelles de plages de ponte par des agents assermentés Effort insuffisant (~6 missions/an) Surveillance quotidienne d’un site (hôtelier) majeur de ponte depuis 2003 À poursuivre Actions (associatives) de dissuasion ponctuelles sur les plages Médiatisation de constats de braconnage et diffusion ponctuelles de spots TV et radio de sensibilisation À renouveler et pérenniser Campagnes ponctuelles de sensibilisation du public dans les villages À renouveler et pérenniser Campagnes ponctuelles de sensibilisation des scolaires À renouveler et pérenniser Interdiction de l’accès nocturne à un site majeur de ponte non respectée Évaluer les captures par pêches accidentelles Enquête auprès des pêcheurs en 2007 À renouveler Étude sur l’utilisation du filet À compléter et renouveler Réduire les captures par pêches accidentelles Réglementation de la pêche au filet depuis 1997 et renforcement depuis 2004 À réviser, non respectée Organisation d’un workshop régional sur la problématique des captures accidentelles en 2006 À renouveler (dans la région) Expérimentation d’une technique alternative de pêche au filet depuis 2012 À poursuivre Lutter contre les chiens errants Campagnes ponctuelles de capture et de stérilisation À renouveler et pérenniser Gestion des animaux blessés ou en détresse Création et animation d’un réseau échouage depuis 2010 (REMMAT) À poursuivre et développer Réflexion sur la faisabilité de création d’un centre de soin À poursuivre Évaluer et réduire la perturbation intentionnelle des tortues marines Évaluer la perturbation intentionnelle des tortues marines Recensement du public sur des sites majeurs de ponte et d’alimentation À poursuivre Études préliminaires d’évaluation de la perturbation intentionnelle des tortues marines À poursuivre Limiter la perturbation intentionnelle des tortues marines Édition et distribution des consignes d’approche des tortues marines À poursuivre et étendre Aménagement des aires de camping en arrière-plage des principaux sites de ponte et gestion des campeurs et visiteurs À améliorer Réflexion sur la réglementation relative à l’accès et à la fréquentation des sites de ponte À poursuivre Tentative de réglementation de la pratique du kitesurf sur un site majeur d’alimentation À poursuivre Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Actions Évaluation Réflexion sur l’organisation de formations d’écoguide agréés À poursuivre Encadrement de l’observation de la ponte sur des sites majeurs de ponte À améliorer Protection des nids face aux perturbations liées aux activités balnéaires, sur un site de ponte hautement fréquenté par le public À poursuivre Évaluer et lutter contre l’altération des habitats de tortues marines Évaluer l’altération des habitats Étude des herbiers marins À poursuivre et développer Étude du profil des plages À poursuivre Lutter contre l’altération des habitats Acquisition des principaux sites de ponte par le Conservatoire du Littoral (gestion départementale depuis 2006) Gestion à améliorer Campagnes ponctuelles de nettoyage de plages À renouveler Mise en place d’un chenal « piéton » pour baigneurs sur un site majeur d’alimentation (herbier) : à marée basse, depuis 2008 À officialiser et entretenir Campagnes ponctuelles d’élimination des espèces végétales envahissantes À poursuivre Projet de restauration végétale du haut de plage de sites majeurs de ponte en 2012-2013 À poursuivre Réduction des nuisances lumineuses de structures hôtelières situées en arrière-plage de ponte À poursuivre Mise en place de mouillages aux abords des récifs À associer à une réglementation d’usage Renforcer la compréhension de l’écologie des populations de tortues marines Étude : écologie de la reproduction À poursuivre et à développer pour E. imbricata Étude : écologie alimentaire À poursuivre et à développer aux autres espèces Étude : conditions d’incubation À poursuivre et à développer aux autres espèces Étude : migration post-reproduction À poursuivre et à développer aux autres espèces Étude : orientation spatiale À poursuivre et à développer aux autres espèces Eude : structure génétique des populations À poursuivre et à développer aux autres espèces Valorisation scientifique, diffusion et vulgarisation des résultats d’étude À poursuivre Application et valorisation des programmes d’étude dans le cadre de la préservation de patrimoines naturels exceptionnels À poursuivre Former et sensibiliser le public Organisation de journées événementielles thématiques (Journée de la tortue, concours dessins, etc.) À renouveler Création et distribution de mallettes pédagogiques de 1997 à 2001 À renouveler Distribution de dépliants, diffusion de spots TV-radio et campagnes d’affichages À renouveler Enquêtes publiques d’opinions ponctuelles À poursuivre Conférences publiques À renouveler Intervention auprès des populations villageoises, des scolaires, et du public visiteur des habitats de tortues marines À poursuivre Développement d’une plateforme d’observation des tortues marines de la Vasière des Badamiers (structure associative) À soutenir Coopération régionale Intégration partielle de la base de données régionale TORSOOI À poursuivre Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 177 Annexe VIII. Mémorandum d’accord sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leur habitat de l’océan Indien et de l’Asie du Sud-Est LES ÉTATS SIGNATAIRES Conscients que les populations des six espèces de tortues marines de la Région sont inscrites comme vulnérables, menacées d’extinction ou gravement menacées d’extinction sur la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN - Union mondiale pour la nature ; Notant que les tortues marines bénéficient d’une priorité pour les mesures de conservation par leur inscription dans les textes ou les annexes respectifs de la Conven tion sur la conservation des espèces migratrices appar tenant à la faune sauvage (CMS), de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), de la Convention africaine pour la conservation de la nature et des ressources naturelles, et de la Convention pour la protection, la gestion et la mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l’Afrique orientale et des protocoles y relatifs ; Reconnaissant que la conservation des tortues marines et de leurs habitats est spécifiquement traitée dans le Mémorandum d’Accord sur la conservation et la protection des tortues marines des pays de l’ASEAN et dans le Mémorandum d’Accord sur la Turtle Islands Heritage Protected Area (TIHPA) ; Reconnaissant que d’autres instruments internationaux, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable, la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) et la Convention sur la diversité biologique (CDB), s’intéressent à la conservation des tortues marines et de leurs habitats ; Conscients que les organisations régionales existantes, notamment l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), l’Organisation régionale pour la conservation de l’environnement de la mer Rouge et du Golfe d’Aden (PERSGA) et l’Organisation régionale pour la protection de l’environnement marin (ROPME), mettent en œuvre des programmes ayant trait à la conservation des tortues marines et de leurs habitats ; Reconnaissant que les tortues marines migrent et se dispersent sur de grandes distances et qu’en conséquence leur survie dépend de leur conservation dans une vaste zone et dans une grande variété d’habitats marins et côtiers ; Reconnaissant que les activités humaines susceptibles de menacer directement ou indirectement les populations de tortues marines comportent notamment la récolte des œufs et des tortues, des opérations inappropriées d’éclosion, la destruction ou la modification d’habitats, le développement côtier, la pollution, les activités de pêche, la mariculture et le tourisme ; Reconnaissant l’importance d’intégrer les actions de conservation des tortues marines et de leurs habitats avec les activités relatives au développement socio économique des États signataires, y compris le déve loppement côtier et les activités maritimes ; Conscients de leur responsabilité partagée en matière de conservation et de gestion des populations de tortues marines et de leurs habitats ; Reconnaissant l’importance de la participation de tous les États de la Région, des organisations intergouver nementales et non gouvernementales concernées ainsi que du secteur privé, à des activités coopératives de conservation et de gestion des tortues marines et de leurs habitats ; Notant qu’il serait souhaitable de faire participer d’autres États dont les ressortissant ou les navires se livrent à des activités susceptibles d’avoir une incidence sur les tortues marines de la Région, ainsi que les États susceptibles de contribuer par leurs ressources ou leur expérience à promouvoir l’application du présent Mé morandum d’Accord ; Reconnaissant que des mesures concertées et coordon nées doivent être prises immédiatement à l’encontre des menaces pesant sur les populations de tortues marines et leurs habitats ; Désirant établir, par le présent Mémorandum d’Accord, des mesures coopératives pour la protection, la conser vation et la gestion des tortues marines et de leurs habitats dans toute la Région ; SONT CONVENUS d’appliquer individuellement et collec tivement les mesures figurant dans le présent Mémo randum d’Accord pour améliorer l’état de conservation des tortues marines et de leurs habitats. DÉFINITIONS 1. « Tortues marines » désigne toutes les espèces énumérées ci-dessous : • Nom vulgaire Espèce • Tortue caouanne Caretta caretta • Tortue olivâtre Lepidochelys olivacea • Tortue verte Chelonia mydas • Tortue imbriquée Eretmochelys imbricata • Tortue luth Dermochelys coriacea • Tortue à dossière plate Natator depressus Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 2. « Habitats » désigne tous les environnements aqua tiques et terrestres qu’utilisent les tortues marines à tous les stades de leur cycle de vie. 3. « Région » désigne toutes les eaux et tous les États côtiers de l’océan Indien, du Sud-Est asiatique et des mers adjacentes s’étendant à l’est, jusqu’au détroit de Torres. 4. « État de conservation des tortues marines » désigne la somme des influences agissant sur une espèce de tortues marines susceptibles d’affecter sa répartition et ses effectifs à long terme. 5. « L’état de conservation » sera considéré comme « favorable » lorsque : a) les données relatives à la dynamique des populations de l’espèce de tortues marines en question indiquent que cette espèce continue et continuera à long terme à constituer un élément viable des écosystèmes auxquels elle appartient ; b) l’étendue de l’aire de répartition de cette espèce de tortues marines ne diminue ni ne risque de diminuer à long terme ; c) il existe, et il continuera d’exister dans un avenir prévisible, un habitat suffisant pour que la population de cette espèce de tortues marines se maintienne à long terme ; et d) la répartition et les effectifs de la population de cette espèce de tortues marines sont proches de leur étendue et de leurs niveaux historiques dans la mesure où il existe des écosystèmes susceptibles de convenir à ladite espèce et sous réserve de la mise en œuvre d’une gestion prudente de la faune sauvage. OBJECTIF L’objectif du présent Mémorandum d’Accord est de protéger, conserver et reconstituer les populations de tortues marines et leurs habitats, en se basant sur les données scientifiques les plus fiables, en tenant compte de l’environnement et des caractères socio économiques et culturels des États signataires. MESURES Pour atteindre l’objectif du Mémorandum d’Accord, dans un esprit de compréhension et de coopération mutuels, les États signataires : 1. Coopéreront étroitement afin de réaliser et de maintenir un état de conservation favorable des tortues marines et des habitats dont elles dépendent. 2. Appliqueront, sous réserve de la disponibilité des ressources nécessaires, les dispositions du Plan de conservation et de gestion qui sera annexé au présent Mémorandum d’Accord. Le Plan de conservation et de gestion portera sur la protection de l’habitat des tortues marines, sur la gestion du prélèvement et du commerce direct, sur la réduction des menaces, y compris les prises accidentelles des activités de pêche, sur la recherche et l’éducation, sur l’échange d’informations et la création de capacités. 3. Étudieront, formuleront, réviseront et harmoniseront, si besoin est, la législation nationale relative à la conservation des tortues marines et de leurs habitats et mettront tout en œuvre pour appliquer efficacement cette législation. 4. Envisageront de ratifier les instruments internationaux s’appliquant le mieux à la conservation des tortues marines et de leurs habitats, ou d’adhérer à ces instruments, afin de renforcer la protection juridique de ces espèces dans la Région. 5. Établiront un Secrétariat qui aidera à la communica tion, stimulera l’élaboration de rapports et facilitera les activités des États signataires, des institutions sous-régionales et des autres États et organisations intéressés. Le Secrétariat transmettra à tous les États signataires et à chacune des institutions sous-régio nales créées en application des paragraphes 5 et 6 des Principes de Base tous les rapports nationaux qu’il recevra, préparera un aperçu périodique des progrès accomplis dans l’application du Plan de conservation et de gestion et remplira les autres fonctions qui pourront lui être assignées par les États signataires. Le Secrétariat sera installé dans les locaux d’une organisation nationale, régionale ou internationale appropriée, comme convenu par consensus des États signataires à leur première réunion, après examen de toutes les offres reçues. 6. Établiront un Comité consultatif destiné à fournir des conseils scientifiques, techniques et juridiques aux États signataires, individuellement et collectivement, sur la conservation et la gestion des tortues marines et de leurs habitats dans la Région. Les États signataires pourront nommer comme membres du Comité des personnes ayant une expérience dans les domaines suivants : biologie des tortues marines, gestion des ressources marines, développement côtier, socio Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 179 économie, droit, technologie de la pêche et autres disciplines pertinentes. L’importance numérique, la composition et les conditions de nomination du Comité consultatif seront déterminées par les États signataires à leur première réunion. 7. Désigneront une autorité nationale compétente pour remplir les fonctions de correspondant afin d’assurer la communication entre les États signataires et les activités au titre du présent Mémorandum d’Accord, et communiqueront au Secrétariat les coordonnées détaillées de cette autorité (et tout changement s’y rapportant). 8. Fourniront au Secrétariat un rapport régulier sur leur application du présent Mémorandum d’Accord, dont la périodicité sera déterminée à la première réunion des États signataires. 9. Étudieront, à leur première réunion, l’importance des ressources financières nécessaires et la possibilité de les obtenir, y compris la création d’un fonds spécial de manière à : a) faire face aux dépenses nécessaires au fonctionne ment du Secrétariat, du Comité consultatif et aux activités effectuées au titre du présent Mémoran dum d’Accord ; et b) aider les États signataires à faire face à leurs res ponsabilités au titre du présent Mémorandum d’Accord. PRINCIPES DE BASE 1. Le présent Mémorandum d’Accord sera considéré comme un accord au titre du paragraphe 4 de l’Article IV de la CMS. Il entrera en vigueur le premier jour du troisième mois suivant sa signature par le second État. Il restera ouvert à la signature indéfiniment pour les États suivants et entrera en vigueur pour ces États le premier jour du troisième mois après leur signature. 2. Chaque État signataire appliquera, dans les limites de sa juridiction, le Mémorandum d’Accord en ce qui concerne : a) son territoire terrestre de la Région ; b) les zones marines de la Région sous sa juridiction nationale ; et c) les navires naviguant dans la Région sous son pavillon. 3. L’application du présent Mémorandum d’Accord ainsi que du Plan de conservation et de gestion seront évalués lors de réunions régulières auxquelles participeront des représentants de chacun des États signataires et des personnes ou des organisations techniquement qualifiées dans la conservation des tortues marines ou s’y intéressant. Ces réunions seront convoquées par le Secrétariat et seront organisées en collaboration avec un des États signataires qui en assurera l’accueil. Ces réunions seront tenues annuellement tout au moins au début. La périodicité de ces réunions pourra être revue et révisée par consensus des États signataires à l’une quelconque de leurs réunions régulières. 4. Le présent Mémorandum d’Accord ainsi que le Plan de conservation et de gestion pourront être amendés par consensus des États signataires. Le cas échéant, les États signataires envisageront d’amender le présent Mémorandum d’Accord pour le rendre juridiquement contraignant. 5. Des États signataires pourront établir, par consente ment mutuel, des plans de gestion bilatéraux, sous régionaux ou régionaux compatibles avec le présent Mémorandum d’Accord. 6. Les mesures prises au titre du présent Mémorandum d’Accord seront coordonnées avec les États signataires et avec les institutions sous-régionales de la Région. 7. Le texte original du présent Mémorandum d’Accord, en anglais, arabe et français, sera déposé au Secrétariat PNUE/CMS qui sera le Dépositaire. En cas de divergences, la version anglaise fera foi. 8. Rien dans le présent Mémorandum d’Accord n’empê chera les États signataires d’appliquer des mesures nationales plus contraignantes que celles spécifiées dans le Plan de conservation et de gestion, confor mément au droit international. 9. Le présent Mémorandum d’Accord restera en vigueur indéfiniment sous réserve du droit de tout État signa taire de mettre un terme à sa participation en préve nant le Dépositaire un an à l’avance. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Annexe IX. Constitution du comité de pilotage du PNA OI (a), du comité de suivi Réunion et Îles Éparses (b) et de Mayotte (c) • Constitution du Comité de pilotage régional : − Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE) représenté par M. BIGAN − Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN)/ Service du Patrimoine Naturel & Groupe Tortues Marines France (GTM France) représentés par F. CLARO − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL Mayotte) représentée par G. DECALF & C. CROSNIER − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de La Réunion (DEAL Réunion) représentée par P. BENON & L. PROVOT − Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) représentées par C. MARTEAU et S. MARINESQUE − Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) représenté par K. BALLORAIN − Biotope représenté par J.-S. PHILIPPE − Kélonia représenté par S. CICCIONE − IFREMER représenté par J. BOURJEA − Direction de la mer sud océan Indien (DMSOI) représentée par C.-L. THÉRÈSE − Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) représenté par S. Cacérès − Brigade Nature océan Indien représenté par P. MONGIN − Groupe Tortues Marines de France représenté par F. CLARO − M. Girondot/Université Paris-Sud XI − IOSEA Marine Turtle représenté par G. HUGHES et D. HYKLES − M . J.Y. LE GALL/IFREMER • Le Comité de suivi des Îles Éparses étant en majeur partie constitué des membres du Comité de suivi Réunion, les deux comités ont été mutualisés. − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de La Réunion (DEAL Réunion) représentée par P. BENON et L. PROVOT − Biotope représenté par J.-S. PHILIPPE − Kélonia représenté par S. CICCIONE − IFREMER représenté par J. BOURJEA − Brigade Nature océan Indien (BNOI) représenté par P. MONGIN − Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) représenté par S. CACÉRÈS − Direction de la mer sud océan Indien (DMSOI) représentée par C.-L. THÉRÈSE − Réserve naturelle marine de La Réunion (RNMR) représentée par K. POTHIN ou T. RUNGASSAMY − Conservatoire du Littoral de La Réunion représenté par Y. FONTAINE − Conseil Régional de La Réunion représenté par S. RADJASSEGARANE − Conseil général de La Réunion − Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins représenté par D. GUYOMARD − Office National des Forêts (ONF) représenté par J. TRIOLO − Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) représentées par C. MARTEAU et S. MARINESQUE − Phaeton Traduction représenté par Z. GLENARD − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL Mayotte) représentée par G. DECALF & C. CROSNIER puis V. HOUDAIN − Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) représenté par K. BALLORAIN − Laboratoire ECOMAR de l’Université de La Réunion représenté par M. LECORRE − Muséum d’Histoire naturelle de La Réunion représenté par S. RIBES-BAUDEMOULIN • Constitution du Comité de suivi Mayotte : − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de Mayotte (DEAL Mayotte) représentée par G. DECALF & C. CROSNIER puis V. HOUDAIN − Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) représenté par K. BALLORAIN et J. MOLINIER − Conseil Général de Mayotte représenté par M. QUILLARD − Conservatoire du Littoral – Antenne Mayotte – représenté par P. LIZOT − Brigade Nature de Mayotte (BNM) représenté par Jean-Pierre de CONTES d’ESGRANGES et L. THOUVIGNON − Direction de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement de La Réunion (DEAL Réunion) représentée par P. BENON et L. PROVOT − Biotope représenté par J.-S. PHILIPPE − Kélonia représenté par S. CICCIONE − IFREMER représenté par J. BOURJEA − Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) représentées par S. MARINESQUE Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 181 Annexe X. Liste des structures et partenaires sollicités dans le cadre de la consultation régionale et des consultations locales  Ensemble des consultations réalisées entre décembre 2013 et mars 2014 CONSULTATION RÉGIONALE  Institutions et gestionnaires yy Commission de l’océan Indien yy Commission des Thons de l’océan Indien yy DMSOI yy IUCN yy IOSEA Marine Turtle MoU yy Parc Marin de Mayotte yy TAAF yy IFRECOR (DEAL) yy Opérateur/animateur PNA Antilles-Guyane  Experts yy Jacques FRAZIER yy Ronel NEL yy Douglas HYKLE yy Georges HUGHES yy Jeanne MORTIMER yy Marc GIRONDOT yy Jacques FRETEY yy Katia BALLORAIN yy Stéphane CICCIONE yy Jérôme BOURJEA yy Françoise CLARO  Structures (autres pays OI) yy Madagascar yy IHSM Tulear yy WWF Madagascar (ou WCS) yy Caouanne Conservation ou Blue venture yy Seychelles yy Marine Conservation Society Seychelles yy Island Conservation Society yy Nature Seychelles (ONG) yy Maurice yy Forever Blue yy Mauritian marine conservation society yy Zanzibar yy Zanzibar Zooligical Society yy Comores yy Parc marin de Mohéli yy Association pour le développement d’Itsamia yy Mozambique yy AICM Maputo CONSULTATION LOCALE POUR MAYOTTE yy DEAL Mayotte yy Préfecture de Mayotte yy Conseil Général de Mayotte yy Parc naturel marin de Mayotte yy BNOI yy DMSOI (UT Mayotte) yy Réseau Échouage Mahorais de Mammifères Marins et Tortues Marines (REMMAT) yy Comité Départemental du Tourisme yy DAAF yy ARS yy Association des Maires de Mayotte yy École d’Apprentissage de Mayotte yy DJSCS de Mayotte yy Conservatoire du littoral yy UICN (représentant local) yy Chambre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture yy Kélonia, yy Ifremer yy CBNM (Mayotte) yy Associations Oulanga na Nyamba yy Association Les Naturalistes de Mayotte yy Mayotte Nature Environnement yy Fédération Mahoraise des Associations Environnementales yy Coopérative Agricole des Éleveurs Mahorais CONSULTATION LOCALE POUR LA RÉUNION yy DEAL Réunion yy Académie de La Réunion yy École d’Apprentissage Maritime yy DJSCS Réunion yy Région Réunion yy Département de La Réunion yy Communes : Les Avirons, Étang Salé, Petite Île, Le Port, La Possession, Trois Bassins, Saint Joseph, Saint Leu, Saint-Louis, Saint, Paul, Saint Philippe, Saint Pierre, Sainte Rose yy Office de l’eau yy ONF yy Direction Régionale à la Recherche et Technologie yy Réserve Nationale Marine de La Réunion yy Université de La Réunion (dont laboratoire Ecomar) Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie yy Muséum d’Histoire naturelle de La Réunion yy IRD yy Conservatoire du littorale yy BNOI yy Intercommunalités : TCO/CIREST/CIVIS/CA Sud yy SPL Tamarun yy CCIR yy IRT yy Associations : CBNM, Globice, Arvam, Srepen, Vie Océane, Sciences Réunion yy Comité Régional Olympique de La Réunion, yy Comité Régional de Canoë-kayak yy Comité Régional d’Études et de sports sous marins yy CRPMEM CONSULTATION LOCALE POUR LES ÎLES ÉPARSES yy Collectivité des TAAF yy Professionnels de la Pêche (pêche thonière Éparses) via le service des Pêches des TAAF yy Forces Armées de la Zone Sud océan Indien (FAZSOI) yy Gendarmerie de La Réunion yy Conservatoire botanique de Mascarin Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 183 Annexe XI. Différents avis émis pour la validation du PNA Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 185 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 187 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 189 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 191 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 193 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Tortue verte Chelonia mydas Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 1 - Partie commune © Illu. Philippe Payet/ Agence des aires marines protégées Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 195 www .developpement-durable .gouv .fr Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie To rt u e ve rt e. © K . B al lo ra in Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 MAYOTTE Volume 2 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Affaire suivie par BENON Patricia – Service SEB (DEAL Réunion) Tél. : 02 62 94 78 11/Fax : 02 62 94 72 55 Courriel : Patricia.Benon@developpement-durable.gouv.fr Rédactrice Katia BALLORAIN (Parc naturel marin de Mayotte/ Agence des aires marines protégées) Relectrice Patricia BENON – DEAL Réunion (service Eau et Biodi versité) Remerciements et contributions Les auteurs remercient l’ensemble des personnes ayant contribué à l’élaboration de ce plan national d’actions. Les différentes personnes et structures impliquées dans l’élaboration de ce plan d’actions sont remerciées dans la partie commune du présent PNA (volume 1). Citation PHILIPPE JS., BOURJEA J., CICCIONE S., BALLORAIN K., MARINESQUE S., GLENARD Z. 2014. Plan national d’actions en faveur des tortues marines des territoires français de l’océan Indien : La Réunion, Mayotte et Îles Éparses (2015-2020). Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de La Réunion. BIOTOPE, KÉLONIA, IFREMER, PARC NATUREL MARIN DE MAYOTTE, TAAF, PHAETON TRADUCTION. 4 volumes, 312 p. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 3 SOMMAIRE I. PRÉAMBULE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5 2. MÉTHODOLOGIE POUR LA DÉFINITION DES ACTIONS 2.1. OBJECTIF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5 2.2. CONTENU . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5 2.3. LE RÉSEAU RÉGIONAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6 2.4. ÉVALUATION DU PLAN D’ACTIONS : INDICATEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6 2.4.1. Critères d’évaluation par espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6 2.4.2. Évaluation temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6 2.5. COMITÉ DE SUIVI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7 3. DÉFINITION DES OBJECTIFS DU PLAN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7 4. DESCRIPTION DES ACTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 8 5. SYNTHÈSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35 5.1. PLANIFICATION DES ACTIONS SUR LES 5 ANNÉES DU PNA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 35 5.2. ESTIMATION FINANCIÈRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 36 6. ANNEXES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 38 Liste des tableaux Tableau 1 : Liste des actions concernant Mayotte : plan d’actions de Mayotte et plan d’actions régional . . . . . . . . . . . p . 8 Tableau 2 : Planification des actions sur les 5 années du plan d’actions de Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 35 Tableau 3 : Synthèse du coût des actions sur les 5 années pour le plan d’actions de Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . p . 36 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie SIGLES ET ACRONYMES AAMP : Agence des Aires Marines Protégées ADEM : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie BNM : Brigade Nature de Mayotte BNOI : Brigade Nature Océan Indien CAPAM : Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte CEDTM : Centre d’Etude et de Découverte des Tortues Marines CDTM : Comité départemental du tourisme de Mayotte Coop ADEM : Coopérative Agricole Des Éleveurs Mahorais DAAF : Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt DCE : Directive européenne Cadre sur l’Eau DEAL : Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement ERC : : éviter, réduire, et compenser GTMF : Groupe Tortue Marine France IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer IFRECOR : Initiative Française pour les Récifs Coralliens IOSEA (MoU) : Indian Ocean South East Asia Marine Turtle (Memorandum of Understanding) OTM : Observatoire des Tortues Marines de Mayotte PAGE-N’Gouja : Programme actions en faveur d’une gestion éco-intégrée du site naturel remarquable de N’Gouja PEDMA : Plan Départemental d’Élimination des Déchets Ménagers et Assimilés PNA : Plan National d’Actions PNMM : Parc naturel marin de Mayotte REMMAT : Réseau Échouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues marines SAR : Schéma d’Aménagement Régional SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux de Mayotte SIH : Système d’Informations Halieutiques SINP : Système d’Information sur la Nature et les Paysages TORSOOI : TORtues du Sud-Ouest de l’Océan Indien UICN : Union International pour la Conservation de la Nature ZEE : Zone Économique Exclusive ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Floristique et Faunistique ESPÈCES VISÉES Cc : Caretta caretta, tortue caouanne Cm : Chelonia mydas, tortue verte Dc : Dermochelys coriacea, tortue luth Ei : Eretmochelys imbricata, tortue imbriquée Lo : Lepidochelys olivacea, tortue olivâtre Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 5 1 - PRÉAMBULE Le Plan National d’Actions tortues marines pour les terri toires français du sud-ouest de l’Océan Indien concerne 5 espèces : la Tortue verte Chelonia mydas (Linnaeus, 1758), la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata (Lin naeus, 1766), la tortue caouanne Caretta caretta (Lin naeus, 1758), la tortue olivâtre Lepidochelys olivacea (Eschscholtz, 1829) et la tortue luth Dermochelys co riacea (Vandelli, 1761). Ce plan couvre l’ensemble des zones économiques exclusives de 3 territoires français, à savoir Mayotte, La Réunion et les Iles Éparses. Sa réalisation et son animation ont été placées sous la responsabilité de la DEAL de La Réunion, avec l’appui de la DEAL de Mayotte et de la préfecture des TAAF. Ce plan national d’actions reprend le cadre national clas sique défini pour l’élaboration de ce type de document. Valable sur une durée de 5 ans (2015-2020), ce plan national d’actions fixe la stratégie à mettre en œuvre pour la conservation et restauration des populations d’espèces de tortues marines visées, et en décline les actions nécessaires. L’ensemble de ce plan d’actions se compose de 4 volumes, à savoir : • VOLUME 1 – partie commune (bilan des connaissances, stratégie opérationnelle et plan d’actions régional) ; • VOLUME 2 – plan d’actions en faveur des tortues ma rines de Mayotte ; • VOLUME 3 – plan d’actions en faveur des tortues ma rines de La Réunion ; • VOLUME 4 – plan d’actions en faveur des tortues ma rines des Îles Éparses. Le présent volume concerne donc le plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte. Il s’inscrit en complément du plan d’actions régional et des 2 autres plans d’actions « locaux » qui concernent les autres territoires français du sud-ouest de l’océan Indien (La Réunion et Îles Éparses). Pour rappel, le plan d’actions régional s’applique également pour Mayotte, reprenant des actions intégrant ce territoire local, mais s’étendant à l’ensemble de la zone du sud-ouest de l’océan Indien. Le plan d’actions en faveur des tortues marines de Ma yotte répond aux enjeux et besoins identifiés à l’échelle locale mahoraise, en s’inscrivant dans la continuité des programmes existants et en proposant des actions nou velles nécessaires pour permettre la conservation voire la restauration des populations de tortues marines dans cette île de l’Archipel des Comores. 2 - MÉTHODOLOGIE POUR LA DÉFINITION DES ACTIONS 2.1 - OBJECTIF Ce plan permet de planifier les actions sur une durée de 5 ans, entre 2015 et 2020. La définition des actions s’appuie sur l’état des lieux dressé pour les 5 espèces visées par ce PNA, en repre nant les enjeux et la stratégie opérationnelle présentés dans la partie commune (volume 1). Les actions propo sées à l’échelle locale ont été définies de façon à obte nir un tableau clair de l’ensemble des actions néces saires pour la conservation des tortues marines dans ce territoire. Ces actions s’appuient donc sur les enjeux définis à l’échelle locale pour les 5 espèces visées, en intégrant l’ensemble de la ZEE de ce territoire. L’objectif de ces actions doit permettre de dresser un plan d’actions co hérent et opérationnel, reprenant les programmes en cours et en proposant de nouvelles actions, en lien avec les objectifs opérationnels. La coopération régionale, entre Mayotte, les autres ter ritoires français et les pays voisins, est prévue dans le cadre du Volet régional du PNA (voir le volume 1). La désignation de la structure chargée de l’animation et la coordination de ce PNA sera la première étape de la mise en œuvre de ce plan. 2.2 - CONTENU Différentes rubriques sont présentées dans chacune des fiches par action : • Contexte et description générale (intégrant une justi fication de l’action) ; • Domaine d’action (protection, étude, communication) ; • Niveau de priorité de l’action (1, 2 ou 3, le niveau 1 étant le plus prioritaire). Pour Mayotte, un niveau de priorité a également été défini pour les différentes opérations prévues dans chaque action ; • Description et nature des opérations à réaliser (mode opératoire simplifié) : chaque action est déclinée en plusieurs opérations ; • Espèces concernées (parmi les 5 espèces visées) ; • Zones visées par action : la terminologie « ensemble du territoire » inclus la ZEE ; • Facteurs d’influence et contraintes ; • Indicateurs de suivi ; Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie • Actions associées ; • Intervenants et acteurs (partenaires potentiels pres sentis, sans préciser les porteurs, maître d’ouvrage ou maître d’œuvre des actions) ; • Estimation financière (budget sollicité, hors dépenses engagées ou prévues dans le cadre d’activités exis tantes) ; • Financeurs potentiels ; • Planification. Pour Mayotte, l’estimation financière s’est faite sur la base du coût sollicité dans le cadre du PNA, n’incluant par les coûts des actions déjà mises en place dans le cadre d’autres programmes et partenaires. Les finance ments mobilisables pour les actions de ce plan pour ront être mis en place par l’intermédiaire de différents mécanismes, permettant d’obtenir des cofinancements pour certaines actions. Les actions sont présentées dans des fiches synthé tiques (voir la partie 4). 2.3 - LE RÉSEAU RÉGIONAL L’élaboration de ce plan d’actions pour Mayotte s’est appuyée sur un réseau d’acteurs locaux dense et dyna mique, comprenant des experts, des institutions, des gestionnaires, et l’ensemble des partenaires suscep tibles de participer à la mise en œuvre de ces actions. Pour information, ces acteurs ont été mobilisés dans le cadre de l’élaboration de ce PNA à 2 niveaux : • Le Comité de suivi, constitué des acteurs incontour nables nécessaire à la validation du travail (se référer à l’annexe 9 du volume 1 pour sa constitution) ; • Les consultations régionales et internationales, inté grant les partenaires déjà inscrits dans cette dyna mique, et pouvant apporter leur expérience ou connaissance pour certaines actions. 2.4 - ÉVALUATION DU PLAN D’ACTIONS : INDICATEURS En lien avec l’ensemble des politiques environnemen tales, et conformément aux attentes ministérielles, il convient de définir les indicateurs de suivi permettant de juger de la bonne réalisation des actions et plus lar gement du plan. Cette évaluation doit intégrer différents indicateurs, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs. De même, la prise en compte des dynamiques locales, de la vitalité du réseau d’acteurs sont également des éléments à considérer pour mesurer la bonne réalisation des ac tions. Dans le présent plan d’actions, pour chaque action, les indicateurs de suivi sont précisés dans les fiches corres pondantes. L’évaluation du PNA doit donc notamment se baser sur ces indicateurs. 2.4.1. Critères d’évaluation par espèCe Pour chaque espèce, un critère d’évaluation qualitatif doit être précisé, devant constituer la ligne directrice en terme de conservation ou de restauration des popula tions des espèces considérées. Pour la tortue verte, l’objectif consiste en un maintien voire un accroissement des effectifs reproducteurs dans le sud-ouest de l’océan Indien, et conserver les niveaux de populations actuelles en phase de développement et d’alimentation. Cela se traduit notamment par la di minution des menaces exercées sur les populations et leurs habitats. Pour la tortue imbriquée, au vu du statut de conserva tion très inquiétant de l’espèce, l’objectif principal est la conservation des sites de pontes et la diminution des menaces affectant les zones de reproduction, de façon à maintenir voire augmenter les effectifs reproducteurs. Secondairement, il convient également de garantir l’en semble des conditions favorables au maintien des popu lations en phase de développement et d’alimentation. Pour la tortue caouanne, la tortue luth et la tortue oli vâtre, l’objectif principal demeure la diminution des me naces anthropiques, permettant ainsi de conserver les conditions propices à leur développement et leur survie. En outre, pour ces espèces mal connues, un approfon dissement des connaissances constitue également un objectif important. 2.4.2. évaluation temporelle Bilan annuel Le suivi annuel du PNA doit permettre d’évaluer l’avan cement et la mise en œuvre du plan d’actions. Ce bilan devra reprendre et présenter l’ensemble du travail réali sé et les actions mises en place. Il sera présenté devant le Comité de suivi du PNA. Ce bilan devra contenir : Une synthèse des actions mises en œuvre ; • Le niveau de réalisation par action sera réalisé (100 % : réalisé, 75 % : avancé, 50 % : partiellement réalisé, 25 % : engagé) ; Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 7 • Une synthèse par action (indicateurs, compte rendu de réunions, partenaires mobilisés, cartographie de l’action réalisée, moyens de financements développés, difficultés diverses) ; • Une présentation des actions valorisantes (études, communication, conservation) ; • Un bilan financier, reprenant les financements déga gés et engagés, les financements mobilisables et à venir, les financements non trouvés, etc. ; • Une planification des actions à venir. Suivant les actions mises en place et leur avancement, des modifications ou ajustements pourront être appor tés par le Comité de suivi. Cet état de fait devra être repris dans l’évaluation, et donc au niveau des indica teurs retenus. Bilan final L’évaluation de ce PNA sera réalisée en 2020, et re prendra l’ensemble des bilans réalisés annuellement. En outre, une vision globale et extérieure sera vive ment souhaitée, permettant ainsi d’apporter un regard neutre, déconnecté du contexte local et partenarial. Cette évaluation devra présenter l’ensemble des bilans, intégrant : • une synthèse des bilans annuels détaillés ; • une analyse de l’état de conservation des espèces, en lien avec les connaissances du premier plan ; • une synthèse des actions réalisées : niveau de réali sation, année de réalisation, partenaires mobilisés, financement ; • une synthèse des actions réalisées par grands do maines : protection, étude, communication ; • une synthèse des difficultés et limites rencontrées ; • un bilan financier global. 2.5 - COMITÉ DE SUIVI Un comité de suivi a été proposé pour la mise en œuvre de ce plan d’actions. Il comprend différents experts et spécialistes des tortues marines, des gestionnaires et des institutions en lien avec les problématiques du plan. Ces membres ont activement participé à la réalisation du PNA et pourront intégrer ou donner un avis lors de la mise en œuvre des actions du plan d’actions local. En sus, un Comité de pilotage a été proposé pour suivre la mise en œuvre globale du Plan National d’Actions pour les territoires français du sud-ouest de l’Océan In dien. Ce comité, constitué notamment d’experts, pourra se réunir annuellement lors de la mise en œuvre du PNA pour suivre l’ensemble des plans d’actions, et garantir une vision globale nécessaire pour permettre d’inté grer la large aire de distribution et domaines vitaux des espèces visées, en lien avec les coopérations interrégio nales nécessaires pour une évaluation pertinente. Les constitutions du comité de pilotage et du comité de suivi « Mayotte » sont indiquées dans la partie com mune (Volume 1 - Partie 3). 3 - DÉFINITION DES OBJECTIFS DU PLAN Les différentes actions de ce plan local se déclinent par objectifs spécifiques puis par objectifs opérationnels. L’ensemble des actions régionales s’appuie sur 5 grands objectifs spécifiques (OBJ. SPEC.), se déclinant sous la forme de différents objectifs opérationnels (OBJ. OPE.) : • OBJ. SPEC. 1 - Assurer la bonne mise en œuvre du PNA OBJ. OPE. 1.1 – Animer et suivre la mise en œuvre du PNA • OBJ. SPEC. 2 - Réduire la mortalité des tortues ma rines liée aux activités humaines OBJ. OPE. 2.1 – Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines OBJ. OPE. 2.2 – Réduire la mortalité des tortues marines en détresse • OBJ. SPEC. 3 - Protéger et restaurer les habitats priori taires des tortues marines OBJ. OPE. 3.1 – Recenser les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines OBJ. OPE. 3.2 – Conserver les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines • OBJ. SPEC. 4 - Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats OBJ. OPE. 4.1 – Renforcer la compréhension la dynamique des populations de tortues marines OBJ. OPE. 4.2 – Diagnostiquer l’état sanitaire des popula tions de tortues marines • OBJ. SPEC. 5 - Sensibiliser la population aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats OBJ. OPE. 5.2 – Sensibiliser les publics résidents aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats OBJ. OPE. 5.2 – Renforcer la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 4 - DESCRIPTION DES ACTIONS Le Plan National d’Actions en faveur des tortues marines propose donc un ensemble d’actions favorables à ces espèces marines. Du fait des aires de distribution et des cycles biologiques complexes, l’échelle spatiale d’inter vention reste difficile à appréhender. Des populations de tortues marines sont, pour certaines, en interaction et s’étendent sur de très larges territoires. Sur ce prin cipe, différentes actions ont été proposées à l’échelle régionale (SOOI) et locale sur les 3 territoires français. Les tortues marines de Mayotte sont concernées à la fois par des actions locales et régionales, récapitulées dans le tableau ci après. Dans ce volume, seules les ac tions locales sont décrites dans les fiches descriptives. Pour la description des actions régionales, il convient de se référer au Volume 1 – Partie 3. Au total, 17 actions ont été retenues pour le plan d’ac tions de Mayotte, associées aux 12 actions proposées dans le plan régional (se référer au volume 1 – partie 3 pour le détail des actions régionales). Pour rappel, les actions des plans d’actions de La Réu nion et des Îles Éparses sont présentées en annexe 1 du présent document. Tableau 1 – Liste des actions concernant Mayotte : plan d’actions de Mayotte et plan d’actions régional Objectifs (Niveau 1 : Objectifs spécifiques/ Niveau 2 : objectifs opérationnels) Titre de l’action Niveau de priorité Code action Champs d’application PLAN D’ACTIONS DE MAYOTTE 1) Assurer la bonne mise en œuvre du PNA 1.1 Animer et suivre la mise en œuvre du PNA Promouvoir la mise en œuvre du PNA et valoriser ses actions 1 1.1.1 PROTECTION, COMMUNICATION 2) Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines 2.1 Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Évaluer et communiquer sur les causes directes de mortalité des tortues marines 1 2.1.1 ÉTUDE, COMMUNICATION, PROTECTION Renforcer les actions de surveillance et de contrôle 1 2.1.2 PROTECTION Faire évoluer la pratique de la pêche 1 2.1.3 PROTECTION, COMMUNICATION ÉTUDE Lutter contre les chiens errants 1 2.1.4 PROTECTION, COMMUNICATION Lutter contre la pollution physique du littoral et du lagon 1 2.1.5 PROTECTION, COMMUNICATION 2.2 Réduire la mortalité des tortues marines en détresse Améliorer l’encadrement et la prise en charge des tortues en détresse 2 2.2.1 PROTECTION, ÉTUDE 3) Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines 3.1 Recenser les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines Assurer un suivi écologique des populations de tortues marines et des habitats associés 1 3.1.1 ÉTUDE, COMMUNICATION 3.2 Conserver les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines Minimiser les impacts liés aux activités humaines au sein des habitats de tortues marines 1 3.2.1 PROTECTION, COMMUNICATION, ÉTUDE Comprendre les impacts liés aux activités humaines 2 3.2.2 ÉTUDE 4) Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats 4.1 Renforcer la compréhension de la dynamique des populations de tortues marines Étudier l’écologie alimentaire des tortues marines 2 4.1.1 ÉTUDE Étudier l’écologie de la reproduction des tortues marines 3 4.1.2 ÉTUDE Étudier les connectivités des populations de tortues marines 2 4.1.3 ÉTUDE Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 9 Objectifs (Niveau 1 : Objectifs spécifiques/ Niveau 2 : objectifs opérationnels) Titre de l’action Niveau de priorité Code action Champs d’application 4.2 Diagnostiquer l’état sanitaire des populations de tortues marines Recenser les pathologies et les risques sanitaires 3 4.2.1 ÉTUDE, PROTECTION 5) Sensibiliser la population aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats 5.1 Sensibiliser les publics résidents aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Faire connaître les tortues marines et leurs habitats à la population mahoraise 2 5.1.1 ÉTUDE, COMMUNICATION 5.2 Renforcer la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines Améliorer, valoriser et diversifier les produits écotouristiques 3 5.2.1 COMMUNICATION Étudier la place des tortues marines au sein de la population mahoraise 2 5.2.2 ÉTUDE PLAN D’ACTIONS RÉGIONAL 1/ Contribuer à l’étude et à la conservation des tortues marines et de leurs habitats à l’échelle régionale 1.1 - Assurer la mise en œuvre du PNA à l’échelle régionale Assurer le suivi du plan régional, en coordination avec les plans locaux, et promouvoir sa mise en œuvre 1 REG1.1.1 PROTECTION 1.2 - Renforcer le réseau existant d’acteurs de la conservation a l’échelle régionale Dynamiser et pérenniser un réseau d’acteurs de la conservation et gestion des tortues marines à l’échelle régionale 1 REG1.2.1 PROTECTION Développer et optimiser la bancarisation des données régionales interopérables 2 REG1.2.2 PROTECTION - ÉTUDE 1.3 - Développer une communication appropriée à l’échelle régionale française Définition et application d’un plan de communication régional français 3 REG1.3.1 COMMUNICATION 1.4 - Développer la recherche et les partenariats scientifiques à l’échelle régionale Développer les partenariats et les projets de recherche et de gestion à l’échelle régionale 2 REG1.4.1 PROTECTION - ÉTUDE Contribuer au développement des capacités de recherche et de gestion régionale 3 REG1.4.2 PROTECTION - ÉTUDE 1.5 - Accroître les connaissances sur les espèces à large distribution à l’échelle régionale Étudier des interactions avec les pêcheries palangrières 2 REG1.5.1 ÉTUDE Étudier des interactions avec les pêcheries artisanales 2 REG1.5.1 ÉTUDE Étudier de la structure génétique des tortues marines dans le SOOI 2 REG1.5.3 ÉTUDE Étudier de la connectivité migratoire des tortues marines dans le SOOI 2 REG1.5.4 ÉTUDE Étudier l’influence des changements climatiques sur les habitats des tortues et mesure de leur résilience 3 REG1.5.5 ÉTUDE Élaborer une synthèse régionale des connaissances acquises sur les tortues marines 2 REG1.5.6 ÉTUDE Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 1.1.1 Promouvoir la mise en œuvre du PNA et valoriser ses actions Priorité : 1 OBJECTIF 1 : Assurer la bonne mise en œuvre du PNA Mayotte Objectif opérationnel 1.1 : Animer et suivre la mise en œuvre du PNA Mayotte Contexte et description générale : La coordination, l’animation et le suivi d’un Plan National d’Actions (PNA) sont indispensables à sa bonne mise en œuvre, ainsi qu’à la réalisation de son bilan après cinq années d’actions. Dans le cadre du volet Mayotte du PNA en faveur des tortues marines, la DEAL de Mayotte assurera le pilotage du plan pour le compte du ministère en charge de l’Écologie et s’appuiera sur la structure désignée opérateur du plan qui coordonnera sa mise en œuvre. Domaine d’action Protection, Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Animer et promouvoir la mise en œuvre du plan yy L’opérateur sera en charge de l’animation du plan. Il assurera le suivi de l’ensemble des actions et la promotion de leur mise en œuvre, notamment par la recherche ou la pérennisation de partenariats et de financements publics et/ou privés. Au regard de l’ampleur des actions à mener pour la bonne conservation des tortues marines à Mayotte, les financements publics dédiés du Ministère en charge de l’Écologie ne seront pas suffisants. yy L’opérateur constituera un comité de pilotage (), en accord avec la DEAL, qui aura pour fonction de valider les programmes d’actions annuels ou pluriannuels, et de s’assurer de la mise en œuvre des actions du plan. Une ou plusieurs réunions annuelles seront planifiées en fonction des besoins. yy Un bilan annuel d’activités sera rédigé par l’opérateur, à destination du Comité de suivi, du CoPil et des partenaires associés à ce PNA. B/Coordonner les actions du PNA avec les politiques publiques yy L’opérateur s’assurera de la coordination des actions du PNA avec celles prévues dans le cadre des politiques publiques locales et régionales (exemples : SAR, Stratégies Biodiversité, ZNIEFF, plans de gestions d’aires protégées, SDAGE, MoU IOSEA, MoU dugong, PNA dugong, etc.). L’opérateur sera identifié comme l’interlocuteur principal des différentes institutions concernant la prise en compte des tortues marines dans la définition des politiques, programmes et aménagements proposés sur le territoire de Mayotte. y Dans la mesure du possible, les actions seront mutualisées avec celles i) du PNA en faveur du dugong, ii) du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte et iii) du programme de l’Observatoire des Tortues Marines de Mayotte. y La faisabilité de fédérer les acteurs institutionnels locaux engagés dans les programmes d’étude et de conservation des tortues marines sera étudiée (conventions partenariales, restructuration d’un Observatoire des Tortues Marines de Mayotte, etc.). C/Communiquer sur le plan yy Des exemplaires numériques et imprimés du plan seront diffusés auprès des partenaires et réseaux d’acteurs concernés (5 000 exemplaires). Une version numérique du plan sera téléchargeable, à minima, depuis le site internet du Ministère en charge de l’écologie, et de l’Agence des aires marines protégées. yy Une version synthétique du plan sera diffusée auprès des partenaires du plan, des gestionnaires et des élus de Mayotte. yy Une stratégie de communication sera élaborée et harmonisée à l’échelle des territoires français de l’océan Indien. Une communication régulière sera faite sur l’avancée de la mise en œuvre du plan aux échelles locale, régionale et nationale (via, par exemple, les outils multimédias, la presse, des conférences et/ou séminaires (WIOMSA), des brochures, etc.). Elle visera le grand public et les acteurs associés à ce PNA. yy Les résultats obtenus par la mise en œuvre du plan devront être diffusés pour la prise en compte des données dans la gestion des populations de tortues aux échelles locale et régionale et la mise à jour des états de conservation des espèces. Ils seront valorisés auprès des gestionnaires, des décideurs, de la communauté scientifique, ainsi qu’auprès d’un large public au travers des différentes actions de communication. PRIORITÉ 2 : D/Rechercher des leviers d’actions yy Contribuer à la recherche et à l’élaboration de leviers d’actions permettant la prise en compte des enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats au-delà du PNA OI. Exemple : mise à jour de la Liste Rouge de l’UICN, inscription de Mayotte dans le réseau des sites d’importance pour les tortues marines de la région de l’océan Indien et du sud-est asiatique (MoU IOSEA), renseigner les indicateurs biodiversité de l’Observatoire national de Biodiversité). Cette action profitera d’activités existantes : y la mise en œuvre du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte, dont les orientations répondent à des besoins du PNA. y la mise en œuvre du volet Mayotte du PNA en faveur du dugong, dont certaines actions doivent être mutualisées avec celles du PNA en faveur des tortues marines. y le partenariat entre le Parc naturel marin de Mayotte et le Conservatoire du Littoral visant la coordination et la programmation concertée d’opérations menées dans le cadre de leurs orientations stratégiques respectives. y la mise en œuvre de la Stratégie Biodiversité pour un développement durable de Mayotte, sous pilotage de l’UICN Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 11 Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes yy Coordination du comité de pilotage avec d’autres groupes de travail existants (conseil de gestion du Parc, Comité biodiversité, COPIL REMMAT, etc.) ; réactivité des membres ; yy Réunir des fonds à la hauteur des enjeux ; délais entre le montage d’un projet et la collecte de fonds suffisants ; yy Adaptation des supports de communication selon le public ciblé Indicateurs de suivi Bilans annuels d’activités : avancement et financement des actions, identification des difficultés rencontrées, leviers d’actions ; Nombre de participation à des conférences ; Nombre de réunions de coordination et nombre de participants Actions associées Ensemble des actions du PNA OI Intervenants-Acteurs DEAL Mayotte, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Conservatoire du Littoral, UICN, IOSEA, Ministères, GTMF, DEAL Réunion, TAAF, associations, membres du comité de pilotage du PNA Financeurs potentiels État, PNMM/AAMP, financements privés, Europe Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 156 j (500 €/j) = 78 000 € Communication : 6 000 € Déplacements : 15 000 € Coût sollicité : 99 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-C-D Année 2 A-B-C-D Année 3 A-B-C-D Année 4 A-B-C Année 5 A-B-C Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 2.1.1 Évaluer et communiquer sur les causes directes de mortalité des tortues marines Priorité : 1 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.1 : Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Contexte et description générale : La stratégie de conservation des tortues marines à Mayotte a comme priorité à court terme de réduire la mortalité des tortues marines d’origine anthropique. Les principales menaces à l’origine de cette mortalité sont le braconnage, les engins de pêche, la prédation par les chiens errants et l’ingestion de déchets. Face à la nécessité de mettre en place une structure coordinatrice du suivi sur le long terme de ces causes de mortalité, le Réseau Échouage Mahorais de Mammifères mains et de Tortues marines (REMMAT) est créé en 2010. Son objectif est notamment d’argumenter en faveur de mesures de gestion locales ou régionales à mettre en place en priorité par les gestionnaires. Domaine d’action Étude, Communication, Protection Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Recenser les causes directes de mortalité Qualifier et quantifier les causes principales de mortalité, telles que : yy le braconnage : étudier l’évolution de la distribution, de l’abondance et des méthodes de captures de tortues marines. yy la mortalité accidentelle par engins de pêche (lignes et filets) : étudier l’évolution de la distribution, de l’abondance et de la nature des captures accidentelles et des cas de pêche fantôme. Les protocoles de suivi des interactions avec les pêcheries seront harmonisés à l’échelle régionale. yy les attaques de chiens errants : suivre la distribution, l’abondance et la fréquence des attaques de tortues marines par les chiens. yy l’ingestion de macrodéchets : suivre la fréquence des cas de mortalité par ingestion de déchets et étudier la nature et l’origine des déchets. Ces suivis devront être assurés de manière continue via les recensements du REMMAT, et de manière ponctuelle au moyen d’enquêtes standardisées auprès des usagers ; l’enquête réalisée auprès des pêcheurs de Mayotte en 2007 sera renouvelée. La mise en place d’observateurs de pêche, formés à la collecte des données sur les tortues marines, permettrait d’apprécier les interactions entre les palangriers et les tortues marines, à ce jour encore méconnues. yy Étudier la mortalité des nouveau-nés de tortues marines par les corbeaux-pies. B/Sensibiliser les usagers et les acteurs yy Sensibiliser, par les méthodes et les moyens les plus appropriés à la diffusion et à l’intégration de l’information, l’ensemble des usagers et acteurs de la conservation des tortues marines aux menaces qui pèsent sur ces espèces et leurs habitats (grand public, pêcheurs, gestionnaires et décideurs). Les actions de communication seront préalablement approuvées par la DEAL de Mayotte. C/Renforcer les moyens du réseau échouage yy Acquérir les moyens, matériels et logistiques, nécessaires au recensement des causes de mortalité des tortues marines, à minima sur la durée du plan (transport, conditionnement, stockage, manipulation et examens des animaux). yy Renforcer l’effort d’observation du REMMAT sur l’ensemble du territoire, par i) la sensibilisation de l’ensemble des usagers du littoral et du milieu marin, ii) le maintien de l’effort d’observation des agents du Conseil Général de Mayotte sur les plages de l’île, iii) le renforcement de l’effort d’observation des agents du Parc naturel marin de Mayotte sur le littoral et dans le lagon, et iv) le renforcement de l’effort d’observation des agents de la Brigade nature de Mayotte sur le littoral et dans le lagon. yy Poursuivre la formation des membres du REMMAT et créer ou reproduire les supports éducatifs associés. yy Harmoniser, aux échelles régionale et nationale, voire internationale, les protocoles de collectes de données sur les individus morts visant l’étude des causes de mortalité. La valorisation des résultats obtenus facilitera la mise en œuvre de mesures de conservation aux différentes échelles spatiales. yy Améliorer la bancarisation et l’échange d’informations, aux échelles régionale et nationale, en favorisant l’usage de bases de données interopérables. Cette action profitera d’activités existantes : y l’existence du REMMAT et son animation par le Parc naturel marin de Mayotte. y des inspections de plages régulières assurées par le Conseil Général de Mayotte (voir action 3.1.1). y la structuration d’une équipe terrain au PNMM ayant pour partie des missions de contrôle et de surveillance. y les inspections de plages menées par la Brigade nature de Mayotte. y les projets d’intégration des données de Mayotte dans la base de données régionale TORSOOI et la base de données nationale attachée à l’INPN. y la mise en œuvre du volet Mayotte du PNA en faveur du dugong. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 13 Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Mobilisation des acteurs ; Effort de recensement en mer et sur le littoral à augmenter puis à stabiliser afin de pouvoir à terme comparer les données de recensement d’une année sur l’autre ; Accessibilité de certains sites ; Conditions de sécurité ; État de décomposition et stockage des cadavres ; Sous-estimation des cas de mortalité ; Autorisations de manipulation et de transport d’espèces protégées Indicateurs de suivi Recensements des cas de mortalité : bilans annuels d’activités du REMMAT, production d’outils de communication et de sensibilisation Actions associées 2.1.2 / 2.1.3 / 2.1.4 / 2.1.5 / 2.2.1 / 3.1.1 / 3.1.2 / 4.2.1 / 5.1.1 / Actions régionales Intervenants-Acteurs DEAL, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Brigade Nature de Mayotte, REMMAT (administrations, associations, bureaux d’étude, opérateurs touristiques, vétérinaires), GTMF, Kélonia Financeurs potentiels AAMP/PNMM, Conseil Général de Mayotte, État, financements privés, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 90 j (500 €/j) = 45 000 € Matériel : 5 000 € Communication : 9 000 € Prestations (stages, enquêtes, formations REMMAT) : 13 500 € Déplacements : 4 000 € Coût sollicité : 76 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-C Année 2 A-B-C Année 3 A-B-C Année 4 A-B-C Année 5 A-B-C Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 2.1.2 Renforcer les actions de surveillance et de contrôle Priorité : 1 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.1 : Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Contexte et description générale : Le manque, voire parfois l’absence, de contrôles en mer et sur les plages de ponte est aujourd’hui un des facteurs les plus limitant du programme local de conservation des tortues marines. L’implication des communautés locales dans un programme de gestion conservatoire peut être un complément pertinent aux actions de contrôles de police. Domaine d’action Protection Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Renforcer les actions de surveillance et de contrôle de police yy Renforcer les opérations de lutte antibraconnage sur les plages (renforcer les effectifs et les moyens, accroître la fréquence des opérations). Dans l’attente du renforcement des moyens techniques de contrôle, les équipes locales d’agents assermentés (Brigade nature de Mayotte BNM, Parc naturel marin de Mayotte PNMM) mériteraient d’être régulièrement soutenues par des agents de la Brigade Nature Océan Indien (BNOI). Une coordination sera nécessaire entre les équipes de contrôle et les acteurs en charge du recensement et du suivi des populations de tortues marines. yy Renforcer les opérations de surveillance et de contrôle en mer. Les produits de la pêche embarquée, ainsi que le respect de la réglementation de la pêche au filet et de la pêche sous-marine seront régulièrement contrôlés par les équipes locales d’agents assermentés (BNM, UTM/DMSOI, PNMM). yy Renforcer la sensibilisation du public contrôlé. Lors de chaque intervention, les agents missionnés pour le contrôle antibraconnage et le contrôle des pêches communiqueront, dans la mesure du possible, sur les enjeux de conservation des tortues marines, la réglementation en vigueur, et les risques d’intoxication alimentaire liée à la consommation de la viande de tortue marine. yy Renforcer la sensibilisation des instances judiciaires qui jugent les affaires de braconnage de tortues marines. yy L’opérateur du PNA s’assurera de la prise en compte de cette action dans le plan de contrôle annuel élaboré par la mission interservices de l’eau et de l’environnement de Mayotte (MISEEN), dont la vocation est de coordonner les actions de contrôles de police de l’environnement. B/Maintenir une surveillance antibraconnage des principaux sites de ponte yy Maintenir la présence quasi-permanente des « gardes-tortues » (agents du Conseil Général de Mayotte) sur le site de Moya, et redéployer une équipe quasi permanente de « gardes-tortues » sur le site de Saziley. Cette présence permet la dissuasion antibraconnage, l’encadrement du public visiteur et le suivi des populations de tortues marines nidifiantes. Les missions des « gardes-tortues » sont dépendantes de moyens techniques et logistiques coûteux, difficilement mobilisables par le Conseil Général (entretien des locaux, frais de fonctionnement, équipement). yy Maintenir régulièrement informés les agents de terrain du Conseil Général de Mayotte ou du PNMM des analyses des données qu’ils collectent, et de leur valorisation. PRIORITÉ 2 : C/Former des relais villageois yy Former, parmi les habitants des villages littoraux (à proximité de plages de ponte), des ambassadeurs ayant la charge de relayer des messages de sensibilisation et d’informer la population locale des enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats. Cette action profitera d’activités existantes : y la surveillance nocturne et quasi quotidienne des plages de Moya1 et Moya 2 par des agents du Conseil Général de Mayotte, et le projet de réinstaurer une surveillance nocturne et quasi quotidienne sur la plage de Grande Saziley. y des missions ponctuelles nocturnes de surveillance et de contrôles de police menées par la BNM/BNOI sur les plages de ponte (qui nécessitent au moins 3 agents assermentés armés). y une sortie hebdomadaire de surveillance et de contrôle de police menée par la BNM sur le lagon (sous réserve de la disponibilité du bateau). Un message de sensibilisation est transmis au public contrôlé. y la structuration d’une équipe terrain au PNMM ayant pour partie des missions de contrôles, de surveillance et de sensibilisation. y des contrôles maritimes par des agents de l’UTM/DMSOI. y la convention cadre de collaboration entre le Conservatoire du Littoral et le Conseil Général de Mayotte relative à la gestion de sites du Conservatoire. y des initiatives associatives de surveillance de plage. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, (Cc) Zone(s) visée(s) Ensemble des plages de pontes et du lagon ; Sites majeurs de ponte Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 15 Facteurs d’influence Contraintes Moyens humains, matériels et logistiques affectés aux missions de surveillance et de contrôles ; Coordination des équipes de contrôle ; Conditions de sécurité ; accessibilité et isolement de certaines plages Indicateurs de suivi Nombre et nature des sites surveillés ; nombre et fréquence des missions de contrôles d’agents assermentés ; recensement des cas de braconnage Actions associées 2.1.1 / 2.1.3 / 3.1.1 / 3.1.2 / 5.1.1 / 5.2.2 Intervenants-Acteurs Services de l’État, BNM, Conseil Général de Mayotte, PNMM/AAMP, BNOI, DEAL, UTM/DMSOI, Gendarmerie, associations Financeurs potentiels État, DEAL, Conseil Général de Mayotte, PNMM/AAMP, BNM/AAMP, Conservatoire du Littoral, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 15j (500 €/j) = 7 500 € Moyen de fonctionnement hors salaire : 150 000 €/5 ans (2 agents supplémentaires, dédiés à la lutte antibraconnage) + 85 000 € /5 ans (1 sortie nautique hebdomadaire supplémentaire) = 235 000 € Prestations (20 missions BNOI) : 30 000 € Matériel (surveillance et équipement 30 agents) : 91 5 000 € Coût sollicité : 364 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B Année 2 A-B Année 3 A-B-C Année 4 A-B-C Année 5 A-B-C Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 2.1.3 Faire évoluer la pratique de la pêche Priorité : 1 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.1 : Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Contexte et description générale : Les engins de pêche, actifs, dérivants ou fantômes, constituent une menace avérée pour les tortues marines évoluant dans les eaux mahoraises. Aussi, un accompagnement de la pratique de la pêche permettra la prise en compte de ces espèces sensibles dans les activités de pêcherie. Cette action distinguera la pêche professionnelle de la pêche traditionnelle, vivrière ou de plaisance, sachant que i) la pratique non professionnelle du filet est interdite, ii) la pêche au filet est essentiellement pratiquée par des pêcheurs en pirogues et en barques non professionnels, et iii) aucun pêcheur professionnel n’est enregistré comme pêcheur au filet en 2013 auprès de la DMSOI. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 17 Domaine d’action Protection, Communication, Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Réviser la réglementation de la pratique de la pêche professionnelle au filet yy Soutenir les orientations de gestion adoptées dans le Plan National d’Actions en faveur du dugong et dans le Plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte, qui visent à supprimer les captures accidentelles d’espèces protégées par filet de pêche dans le lagon de Mayotte. yy Soutenir les objectifs de conservation adoptés dans le Plan National d’Actions en faveur du dugong. Cela vise à étudier le cadre socio-économique de la pêche au filet afin d’envisager une évolution cohérente de la pratique. yy Faire évoluer le plus rapidement possible l’arrêté n°109/SG/DAF du 28 décembre 2004 portant réglementation de la pêche au filet dans les eaux intérieures (lagon) de Mayotte, afin que tout mode de pêche susceptible d’engendrer des prises accidentelles de tortues marines soit proscrit et que les prescriptions de l’arrêté soient facilement compréhensibles et applicables par les usagers et contrôlables par les services de contrôles, à la lumière de l’expérience de mise en œuvre de la réglementation antérieure. B/Sensibiliser les pêcheurs aux enjeux de conservation des tortues marines yy Le volet Mayotte du PNA en faveur du dugong, ainsi que le plan de gestion du PNMM prévoient la conception d’un module environnement pour les formations dédiées aux pêcheurs. Ce module doit viser à i) sensibiliser les pêcheurs au respect du milieu marin, aux bonnes pratiques liées à leur activité, à la gestion équilibrée de la ressource, ii) rappeler et expliquer la réglementation applicable dans le domaine de la pêche, iii) rappeler la conduite à tenir lors de captures accidentelles d’espèces protégées, et iv) faire la promotion des techniques de pêche durable. L’opérateur du plan devra s’assurer de la bonne prise en compte des enjeux de conservation des tortues marines au sein des formations environnementales dispensées aux pêcheurs. yy Développer des outils de sensibilisation et d’information destinés aux pêcheurs (dont ceux qui ne rentrent pas dans un circuit de formation), afin de i) les sensibiliser au respect du milieu marin, ii) rappeler et expliquer la réglementation applicable dans le domaine de la pêche, iii) communiquer sur la conduite à tenir lors de captures accidentelles d’espèces protégées (la gestion des animaux blessés évoluera avec le projet de création d’un centre de soins vers lequel les tortues pourront être acheminés ; action 2.1.6). yy Impliquer les pêcheurs dans le parcours de soins des animaux : les informer sur le devenir de l’animal, formaliser des témoignages de reconnaissance (exemple : certificat de parrainage). yy Harmoniser au mieux les supports de formation à l’échelle régionale (PNA OI) PRIORITÉ 2 : C/Renforcer les prescriptions techniques de pêche yy Renforcer les prescriptions techniques de la pêche aux poissons pélagiques dans la Zone Économique Exclusive de Mayotte (ZEE) (techniques de la palangre, de la senne, de la canne et de la ligne traînée), à des fins de protection de l’environnement. Les résolutions de la CTOI en matière de pêche accidentelle seront rappelées : enregistrer dans les registres de pêche tous les incidents impliquant des tortues marines durant les opérations de pêche et à en faire rapport aux autorités compétentes. A l’image de la réglementation appliquée dans les ZEE voisines des Îles Éparses, les opérateurs de navires seront encouragés à disposer à bord de manuels et dispositifs adaptés à l’identification, à la manipulation et au sauvetage des tortues marines. L’usage d’hameçons circulaires, reconnus moins blessants que les hameçons droits pour les tortues marines, sera également encouragé. yy Prévoir l’homogénéisation régionale des prescriptions techniques de pêche au regard des captures accidentelles de tortues marines (notamment entre Mayotte et Les Glorieuses). yy Valoriser les comportements respectueux des tortues marines. PRIORITÉ 3 : D/Développer et promouvoir des dispositifs de pêche durables yy Favoriser le développement et l’émergence de techniques alternatives de pêche au filet et durables du point de vue des espèces protégées et des ressources halieutiques. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte, une étude préliminaire axée sur le développement d’une méthode de pêche à la petite senne pour la capture de petits pélagiques est en cours d’expérimentation. L’opérateur du PNA s’assurera de l’adéquation de l’engin avec les besoins de préservation des tortues marines et des mammifères marins. D’autres modes de pêche pourront également être expérimentés. Cette action profitera d’activités existantes : y le groupe de travail piloté par la CAPAM, visant l’évolution de l’arrêté n°109/SG/DAF du 28 décembre 2004 portant réglementation de la pêche au filet dans les eaux intérieures (lagon) de Mayotte (CAPAM/DMSOI/ PNMM/DEAL/représentants de pêcheurs). y la conception d’un module environnement pour les formations dédiées aux pêcheurs dans le cadre de la mise en œuvre du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte et du PNA en faveur du dugong. y les activités du REMMAT et son animation par le Parc naturel marin de Mayotte. y l’expérimentation de la pêche à la petite senne menée dans le cadre de la mise en œuvre du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte. y les recommandations de la CTOI (Commission des thons de l’océan Indien) en matière de pêche accidentelle. y la mise en place du Système d’informations halieutiques (SIH) à Mayotte par le PNMM, en collaboration avec Ifremer. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Mobilisation des acteurs ; Implication des pêcheurs ; Adaptation des supports de communication aux pêcheurs visés ; Faisabilité et efficacité de techniques de pêche alternative, et capacité à les promouvoir ; Absence de centre de soins ; Cohérence régionale Indicateurs de suivi Renforcement de la réglementation de la pêche au filet ; Nombre de pêcheurs formés ; Nombre de pêcheurs impliqués dans le parcours de soins ; Nombre de déclarations de captures accidentelles ; Bilan de l’expérimenta tion de méthodes de pêches alternatives au filet ; Supports de sensibilisation et de formation Actions associées 2.1.1 / 2.1.2 / 2.2.1 / 3.1.1/Actions régionales Intervenants-Acteurs DMSOI, CAPAM, AAMP, DEAL, École d’Apprentissage Maritime, COVIPEM et associations de pêcheurs, Conseil Général de Mayotte, CTOI, Kélonia, Ifremer, TAAF Financeurs potentiels PNMM/AAMP, État, financements privés, Europe, COI, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 25j (500 €/j) = 12 500 € Matériel : 7 200 € Coût sollicité : 19 700 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-D Année 2 B-C-D Année 3 B-C-D Année 4 B-C Année 5 B Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 19 2.1.4 Lutter contre les chiens errants Priorité : 1 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.1 : Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Contexte et description générale : La prédation des tortues marines par les chiens errants cible les œufs, les nouveau nés et les femelles nidifiantes. Le nombre important et croissant de chiens errants est le résultat combiné d’abandons récurrents par les propriétaires et du manque de politiques efficaces de lutte contre la divagation et l’errance des animaux domestiques. Domaine d’action Protection, Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Renforcer les mesures de gestion des chiens errants yy Mettre en œuvre des mesures de gestion des chiens errants, après concertation avec les opérateurs chargés de la lutte contre l’errance canine et définition des modalités opératoires visant une lutte ciblée en lien avec la reproduction des tortues marines. Discuter et étudier la faisabilité de conduire des campagnes de régulation des chiens errants : intervenants, protocoles et évaluation des mesures. PRIORITÉ 2 : B/Lutter contre l’errance et l’abandon des chiens yy Sensibiliser les riverains à la nécessité de contenir leurs animaux de compagnie dans leurs propriétés, notamment en période sensible de ponte des tortues marines. La réglementation en vigueur concernant l’errance animale et l’obligation d’identification des animaux sera rappelée par communiqué de presse et affichage dans les communes. yy Sensibiliser les propriétaires de chiens, notamment dès leur arrivée sur l’île, aux conséquences des abandons, en matière de protection animale, de sécurité et salubrité publiques, et de protection de la biodiversité. yy Aider à prévenir l’élevage de meutes de chiens par les adolescents. Cette action profitera d’activités existantes : y le partenariat entre le PNMM, la DAAF et la CoopADEM pour la capture de chiens errants par cages piège. y le partenariat entre le Jardin Maoré et la DAAF pour la capture de chiens errants par cages piège. y la diffusion annuelle de la réglementation en vigueur concernant l’errance animale et l’obligation d’identification des animaux par les services de la DAAF. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire ; Sites majeurs de pontes Facteurs d’influence Contraintes Moyens logistiques et humains ; Réceptivité et compréhension des propriétaires et de la population locale ; Accessibilité aux sites et aux chiens ; Capacité des chenils ; turn-over des résidents Indicateurs de suivi Définition des mesures de gestion validés par l’ensemble des partenaires ; Nombre de chiens capturés sur les sites de ponte ; Nombre d’attaques de tortues par les chiens/an et taux de mortalités de tortues marines associé ; Nombre d’opérations de communication sur l’errance et l’abandon Actions associées 2.1.1 / 5.1.1 Intervenants-Acteurs DAAF, PNMM/AAMP, DEAL, Conseil Général de Mayotte, Conservatoire du Littoral, associations, communes, coopADEM, compagnies aériennes Financeurs potentiels Services de l’État (DAAF, etc.), PNMM/AAMP, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 12j (500 €/j) = 6 000 € Matériel : 1 000 € Communication : 3 000 € Coût sollicité : 10 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A Année 2 A Année 3 A-B Année 4 A-B Année 5 A-B Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 2.1.5 Lutter contre la pollution physique du littoral et du lagon Priorité : 1 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.1 : Réduire les causes directes de mortalité des tortues marines Contexte et description générale : Les facteurs de dégradation des habitats de tortues marines sont influencés par les niveaux de pollution des différents compartiments : bassin versant, zone littorale (dont plages de ponte), milieu marin (habitat de développement et d’alimentation). Des quantités importantes de macrodéchets ont été recensées dans les milieux aquatiques de Mayotte et sont la conséquence d’une mauvaise gestion des déchets, d’un manque d’infrastructures de gestion des déchets et de certains comportements irresponsables liés de manière combinée à un manque de culture environnementale et à des évolutions excessivement rapides des modes de consommation. L’ingestion de macrodéchets marins, fréquente chez les tortues marines, intervient soit par ingestion accidentelle soit par confusion avec une source alimentaire. Domaine d’action Protection, Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Accompagner des actions concrètes de lutte contre la pollution yy Soutenir des opérations de ramassage de déchets. yy Accompagner l’application de l’arrêté préfectoral interdisant la vente et la mise à disposition de sacs plastiques à usage unique. yy Accompagner toute autre action concrète de lutte contre la pollution par les déchets. B/Sensibiliser les usagers yy Sensibiliser, par les méthodes et les moyens les plus appropriés à la diffusion et à l’intégration de l’information, l’ensemble des usagers aux dangers de la pollution marine par les déchets, responsables de la mortalité de mammifères marins, tortues marines, ou oiseaux marins. yy Communiquer sur les réglementations en vigueur. yy Mobiliser les communes. PRIORITÉ 3 : C/Proposer de réglementer certaines pratiques yy Proposer d’interdire, par exemple et à l’image de nombreuses régions françaises, les lâchers de ballons événementiels dans un souci écologique, et éviter ainsi que les ballons retombent en mer, dégonflés ou en fragments, et soient ingérés par la faune marine. Cette action profitera d’activités existantes : y le Schéma Directeur d’Assainissement et de Gestion des Eaux (SDAGE) prévoit d’aboutir à un bon état écologique des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau et eaux littorales), notamment par la lutte contre les pollutions, la conservation, la restauration et l’entretien des milieux et de leur biodiversité (établi pour une période de 6 ans, de 2010 à 2015, mais peut motiver des échéances plus lointaines : 2028 et sera par ailleurs poursuivi par un nouveau plan dans le cadre du prochain cycle de gestion 2016-2021). y le Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PEDMA) ; l’élaboration du plan régional de prévention et de gestion des déchets dangereux de Mayotte ; le projet mise en place de l’observatoire des déchets de Mayotte. y l’observatoire des macrodéchets aquatiques, commandité par l’ADEM (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) y les opérations de ramassage de déchets à l’initiative des collectivités, d’associations ou de la Réserve Nationale Naturelle de M’Bouzi. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Mobilisation des partenaires et notamment des collectivités en charge de la collecte des déchets ; Modifications des habitudes des consommateurs ; Mise en place d’une collecte fonctionnelle des déchets à Mayotte ; Contrôle et respect de la réglementation ; Difficulté inhérente à la montée en puissance de la société de consommation à mayotte ; Nettoyage et entretien des réseaux d’eaux pluviales Indicateurs de suivi Suivi de la qualité des eaux ; Suivi des macrodéchets sur les plages ; Evolution des pratiques ; Bilans d’actions de lutte contre la pollution ; Taux de mortalité de tortues marines par ingestion de macrodéchets Actions associées 2.1.1 / 3.1.2 Intervenants-Acteurs RNN M’Bouzi, PNMM/AAMP, DEAL, Préfecture, Conseil Général de Mayotte, Associations, communes, SIDEVAM Financeurs potentiels État, Conseil Général de Mayotte, AAMP/PNMM, collectivités, associations, Europe, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 27j (500 €/j) = 13 500 € Coût sollicité : 13 500 € Autres financements : non estimé Autres financements Non estimé Planification des opérations Année 1 A Année 2 A-B Année 3 A-B-C Année 4 A-B-C Année 5 A-B Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 21 2.2.1 Améliorer l’encadrement et la prise en charge des individus en détresse Priorité : 2 OBJECTIF 2 : Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines Objectif opérationnel 2.2 : Réduire la mortalité des tortues marines en détresse Contexte et description générale : Le renforcement du partenariat avec les usagers de la mer, de la mise en œuvre des bonnes pratiques lors de captures accidentelles de tortues marines et des capacités du réseau échouage de Mayotte permettront directement de réduire les taux de mortalité de tortues marines par la prise en charge systématique des spécimens qui ne peuvent être remis en mer. Aujourd’hui, aucune infrastructure ne permet d’accueillir, dans des conditions optimales, des animaux en détresse qui nécessiteraient des soins vétérinaires. Domaine d’action Protection, Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Renforcer les moyens du réseau échouage yy Améliorer l’encadrement des tortues en détresse avant leur renflouement ou leur prise en charge en centre de soins ou par un vétérinaire grâce à l’acquisition de matériel de manipulation et de protection, la création de supports éducatifs (guide de conduite à tenir en cas d’échouage) et la formation des membres du réseau échouage local (REMMAT). yy Travailler en réseau avec d’autres centres de soins de tortues marines. B/Promouvoir la création d’un centre de soins yy Évaluer la faisabilité de création d’un centre d’accueil pour les tortues marines en détresse à des fins de soins et d’observations et en vue de leur réinsertion dans le milieu naturel. Ce centre devra prévoir d’accueillir des tortues marines souffrant de dénutrition ou de mutilations, et de prodiguer tous les soins nécessaires dans des conditions de captivités respectant le bien-être animal et les règles d’hygiène et de sécurité associées. La faisabilité foncière, financière, matérielle, d’encadrement, de fonctionnement d’un tel centre sera étudiée au regard des besoins et de l’état de conservation local des populations de tortues marines. L’étendue de la portée du centre de soins à la faune sauvage sera également étudiée. Enfin, le rapport coût-bénéfice du projet sera évalué au regard des résultats attendus. yy Engager le projet de création d’un centre de soins (selon les résultats de l’étude de faisabilité), afin d’assurer la prise en charge et la dispense de soins aux tortues marines recueillies en détresse à Mayotte. Pérenniser les partenariats et les financements nécessaires au fonctionnement du centre de soins. yy Mise en place d’un plan d’intervention à déclencher en cas de pollution marine accidentelle (dégazage ou marée noire) : conduite à tenir, accueil et soins des animaux, etc. Cette action profitera d’activités existantes : y l’existence du REMMAT et son animation par le Parc naturel marin de Mayotte. y le projet d’étude de faisabilité de création d’un centre de soins pour les tortues marines, encadré par le Parc naturel marin de Mayotte, dans le cadre du projet COCA LOCA, porté par Kélonia : Connectivité des populations de tortues caouannes dans l’ouest de l’océan Indien : mise en place de mesures de gestion locales et régionales. y la mise à jour du plan POLMAR par la DEAL de Mayotte. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Financement et fonctionnement pérennes d’un centre de soins ; Renouvellement et formation des membres du REMMAT ; Autorisation de manipulation et de transport d’espèces protégées ; Difficultés foncières Indicateurs de suivi Nombre de tortues prises en charge et renflouées (rapport d‘activités annuel du REMMAT) ; Rapport d’étude de faisabilité d’un centre de soins, le cas échéant, rapport d’activité annuel du centre de soins Actions associées 2.1.1 / 2.1.3 / 3.1.1 Intervenants-Acteurs REMMAT, PNMM/AAMP, Kélonia, DMSOI, GTMF, centres de soins, associations, vétérinaires, Conseil Général de Mayotte, DEAL Financeurs potentiels État, financements privés, Europe, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 35j (500 €/j) = 17 500 € Fonctionnement (soins pour 6 tortues) : 18 000 € Prestations (stage x 6 mois) : 30 500 € Matériel : 5 000 € Coût solllicités : 71 000 € Autres financements : non estimé Autres financements Non estimé Planification des opérations Année 1 A-B Année 2 A-B Année 3 B Année 4 B Année 5 B Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie N°3.1.1 Assurer un suivi écologique des populations de tortues marines et des habitats associés Priorité : 1 OBJECTIF 3 : Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines Objectif opérationnel 3.1 : Recenser les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines Contexte et description générale : Les suivis de populations de tortues marines et de leurs habitats permettent d’identifier les secteurs prioritaires en termes de gestion conservatoire. Ils fournissent également des informations essentielles à la définition du statut de conservation des espèces de tortues marines et de leurs populations à l’échelle de l’île et de la région Aussi, un suivi régulier des populations de tortues marines et de leurs habitats menés selon des protocoles standardisés et harmonisés à l’échelle régionale permettra de révéler des indicateurs de suivi fiables, d’évaluer l’effet des mesures de gestion engagées et d’obtenir une vision réaliste de l’état des populations de tortues marines. Domaine d’action Étude, Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Assurer un suivi des populations de tortues marines en phase d’alimentation Étudier et suivre la distribution des populations de tortues vertes et imbriquées dans le lagon au regard de la distribution des ressources alimentaires : yy Assurer un suivi régulier et pérenne de la distribution des herbiers marins (en termes de richesse spécifique, de densité/ recouvrement et de biomasses) et de leur fréquentation par les tortues vertes, en termes d’effectifs et de classes d’âges. Ce suivi sera mené à deux échelles : i) sur l’ensemble du lagon tous les 3 à 5 ans, permettant la révélation des habitats majeurs, et ii) sur les habitats majeurs d’alimentation tous les ans. Les survols aériens en ULM permettent d’étendre les recensements à l’échelle de l’île et sont le meilleur moyen d’obtenir une vision globale des populations de tortues marines. yy Poursuivre l’étude des paramètres démographiques des populations de tortues marines par capture-marquage-recapture et photo-identification, et évaluer l’efficacité des matériels et méthodes retenues. yy Réaliser un état des lieux de la distribution des tortues imbriquées dans le lagon et mettre en place un suivi de la population. yy Améliorer la bancarisation et l’échange d’informations en favorisant l’usage de bases de données interopérables. L’usage de la base de données régionale TORSOOI sera privilégié. B/Assurer un suivi des populations de tortues marines en phase de reproduction yy Assurer un suivi régulier et pérenne de la nature, de la morphologie et de la distribution des plages de ponte et de leur fréquentation par les tortues marines. Ce suivi sera mené sur l’ensemble des plages de l’île : la fréquentation des plages par les tortues sera appréciée (bi-)mensuellement tous les ans par survols aériens et le suivi morphologique des plages sera poursuivi bi-annuellement. La fréquentation des principaux habitats de ponte (Saziley, Moya) par les tortues marines seront suivis quotidiennement sur la durée du plan. yy Poursuivre l’étude des paramètres démographiques des populations de tortues marines par capture-marquage-recapture sur les sites majeurs de ponte (Saziley, Moya), et évaluer l’efficacité des matériels et méthodes retenues. Ces paramètres permettront d’estimer l’abondance des femelles reproductrices au regard de leur rythme de fréquentation des plages. yy Améliorer la bancarisation et l’échange d’informations en favorisant l’usage de bases de données interopérables. L’usage de la base de données régionale TORSOOI sera privilégié. La reproduction des tortues marines étant caractérisée par des variations intra-annuelles (pic de ponte en juin) et inter-annuelles (succession d’années à forte et à faible fréquentation), seul un protocole de recensement standardisé sur le long terme pourra révéler l’évolution de la distribution spatio-temporelle des femelles nidifiantes et des plages de ponte de l’île. PRIORITÉ 2 : C/Accroître les connaissances sur les populations de tortues marines méconnues Accroître les connaissances sur l’écologie des populations de tortues marines méconnues C. caretta, D. coriacea, L. olivacea, par, notamment, le développement des réseaux d’observateurs bénévoles. La mise en place d’observateurs de pêche, formés à la collecte des données sur les tortues marines, permettrait également d’accroitre les connaissances sur la distribution des espèces rarement observées dans le lagon : tortues luth, caouannes et olivâtres. Cette action profitera d’activités existantes : y le programme de suivi de la fréquentation des plages de ponte par les tortues piloté par le Conseil Général de Mayotte. y le projet de recensement des tortues vertes sur des habitats d’alimentation majeurs par drone aérien, porté par Kélonia en partenariat avec le Parc naturel marin de Mayotte et l’association Escale. y le suivi des herbiers marins prévu par le Plan National d’Actions en faveur du dugong. y la mise en place de stations pérennes de suivi des herbiers marins dans le cadre du Réseau d’Observation des herbiers marins de l’IFRECOR, de la Directive-cadre sur l’Eau et du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte. y le suivi morphologique biannuel des plages mené par le Conseil Général de Mayotte. y le projet de bancarisation des données de suivis des populations de tortues marines de Mayotte dans la base de données régionale TORSOOI, compatible avec la base de données nationale Quadrige2 alimentant le SINP Mer. y le recensement des observations opportunistes de tortues marines : l’opération « Les Yeux du Lagon » (Kélonia/CARA/ Escale), et le projet de création d’un réseau d’observateurs bénévoles et d’une plateforme fédératrice de réseaux par le Parc naturel marin de Mayotte. y la Feuille de route ÉROSION qui prévoit l’étude de la dynamique sédimentaire du lagon. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 23 Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire ; Habitats majeurs Facteurs d’influence Contraintes Recensements aériens logistiquement contraignants ; Présence quotidienne d’agents sur les habitats majeurs ; Étendue des habitats de E. imbricata ; Observations opportunistes de C. caretta, D. coriacea, L. olivacea. Indicateurs de suivi Distribution spatiale et temporelle des populations et des habitats majeurs ; Alimentation des bases de données régionales et/ou nationales ; Recensement d’espèces méconnues Actions associées 2.1.1 / 4.1.1 / 4.1.2/Actions régionales Intervenants-Acteurs PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Kélonia, Ifremer, REMMAT, Associations, Universités, BRGM Financeurs potentiels État, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Conservatoire du Littoral, financements privés, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 100j (500 €/j) = 50 000 € Prestations : 63 500 € (recensements aériens) + 30 000 € (base de données) + 66 000 (expertise) = 159 500 € Matériel : 51 000 € Communication : 3 000 € Coût total : 263 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-C Année 2 A-B-C Année 3 A-B-C Année 4 A-B-C Année 5 A-B-C Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 3.2.1 Minimiser les impacts liés aux activités humaines au sein des habitats de tortues marines Priorité : 1 OBJECTIF 3 : Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines Objectif opérationnel 3.2 : Conserver les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines Contexte et description générale : A Mayotte, l’accroissement important de la fréquentation par le public des habitats des tortues marines témoigne de la capacité d’attraction de ces espèces auprès du public. Or, certains habitats sensibles connaissent aujourd’hui une fréquentation par le public trop importante au vu des enjeux liés à leur conservation. Par ailleurs, d’autres phénomènes, tels que l’aménagement du territoire, la pollution et l’érosion littorale, menacent l’intégrité des habitats. Aussi, le plan vise à garantir les potentialités d’accueil de tortues marines par la protection, la gestion et/ou la restauration des habitats d’intérêts majeurs pour les espèces et le maintien des connectivités écologiques : les habitats d’alimentation et de reproduction devront rassembler des conditions environnementales favorables aux besoins des espèces. Cette action doit ainsi contribuer à l’atteinte d’une gestion des usagers et du littoral intégrant l’enjeu de conservation des tortues marines et le maintien de la fonctionnalité des écosystèmes. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 25 Domaine d’action Protection, Communication, Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 1 : A/Minimiser les impacts liés à la fréquentation des habitats par le public yy Sensibiliser les usagers et les acteurs à la protection des tortues marines et de leurs habitats d’alimentation et de reproduction. Le respect des habitats, les consignes d’approche et d’observation de tortues marines ainsi que les réglementations en vigueur visant la protection de ces espèces seront diffusés en favorisant une information claire et accessible à tous. B/Mettre en place un statut de protection des habitats majeurs de tortues marines yy Identifier des sites sensibles et prioritaires nécessitant des mesures de gestion, voire réglementaires, adaptées aux enjeux de conservation des tortues marines : aménagement, réhabilitation, acquisition, etc. Une démarche partenariale sera engagée avec les services de l’État, les collectivités concernées et autres acteurs concernés, pour définir la faisabilité et les modalités de protection des habitats. L’opérateur s’assurera de l’aboutissement de la réflexion engagée sur le statut de protection des sites de Papani, Moya, Saziley, Charifou et N’Gouja. yy Identifier les structures gestionnaires des habitats concernés, les former et les accompagner dans leur mission. yy Définir, avec l’ensemble des acteurs concernés, des mesures de gestion de la fréquentation des habitats de tortues marines par le public, en termes d’accès et de pratiques : aménagement des accès aux sites, mise en place d’aires protégées et réglementées, gestion de l’ancrage et des mouillages, encadrement d’activités nautiques, délimitation d’aires de bivouacs/camping, encadrement du public visiteur, formation d’écoguides à l’approche et l’observation des tortues marines, mise en défens ou balisage des nids, interdiction d’accès aux chiens. L’objectif est de constituer un réseau cohérent et conséquent d’espaces protégés permettant d’assurer la conservation des espèces par la mise en place d’une gestion conservatoire durable. yy Contribuer à la mise en œuvre de ces mesures et rechercher les financements nécessaires. C/Évaluer et accompagner les projets d’aménagement du territoire yy S’assurer de la prise en compte des espèces et des habitats (majeurs) dans la planification spatiale et règlementaire et dans les politiques d’aménagement. Suivre la mise en œuvre des mesures ERC (« éviter, réduire et compenser ») des projets ayant un impact sur les tortues marines et/ou leurs habitats. yy Évaluer, accompagner et suivre des projets d’aménagements écologiques en faveur des tortues marines et de leurs habitats. PRIORITÉ 3 : D/Réhabiliter des habitats dégradés par les activités humaines yy Identifier les sites prioritaires à réhabiliter, et définir, avec l’ensemble des acteurs concernés, les méthodes opératoires et les sources de financements associées. Différentes opérations de restauration ou d’aménagement pourront être entreprises : yy Poursuivre les projets de restauration de la végétation littorale de haut de plage et d’arrière-plage (itinéraires techniques, expérimentation, suivi, entretiens, etc.). yy Accompagner les projets de replantation de zones érodées des bassins versants pour limiter l’envasement du lagon. yy Réduction, voire suppression, d’éclairages responsables de la pollution lumineuse de sites de pontes sensibles. yy Expérimenter la restauration des habitats d’alimentation (exemples : bouturage récifal, réhabilitation d’herbiers marins validés par des expérimentations : itinéraires techniques, etc.). yy Régulations éventuelles de populations de prédateurs naturels, dont la démographie serait modifiée par les activités humaines (exemple de la prolifération des corbeaux-pies s’alimentant au sein de décharges à ciel ouvert amenées à disparaître). yy Contribuer à une meilleure compréhension de l’érosion côtière au regard de la fonctionnalité des plages. yy Mettre en place un suivi de l’impact d’éventuelles réhabilitations d’habitats sur les populations de tortues marines. Cette action profitera d’activités existantes : y le Schéma Directeur d’Assainissement et de Gestion des Eaux (SDAGE), qui prévoit de lutter contre les pollutions et l’amélioration de la gestion des eaux usées. y la Feuille de route ÉROSION qui prévoit de lutter contre l’érosion des sols. y un groupe de travail piloté par la DEAL de Mayotte, qui traite de la protection et de la gestion des habitats majeurs des tortues marines. y la mise en place de panneaux d’information sur les tortues marines, sur les sites de Saziley et Moya par le Conservatoire du littoral. y le projet de restauration de la végétation littorale de la pointe de Saziley et de Moya I mené par le Conseil Général de Mayotte et le Conservatoire du littoral. y le projet de re-végétalisation du haut de plage et de réaménagement des éclairages extérieurs de l’hôtel le Jardin Maoré visant la réduction de la pollution lumineuse de la plage. y le suivi morphologique bi-annuel des plages mené par le Conseil Général de Mayotte. y travaux menés dans la région SOOI visant une meilleure compréhension de la fonctionnalité des plages et la lutte contre l’érosion côtière. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, (Cc) Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Concertation des acteurs ; Manque de considération de l’environnement dans des projets économiques ; Manque d’expérience sur les itinéraires techniques de cultures d’espèces végétales littorales ; Urbanisation et mises en culture sauvages ; Faisabilité d’aménagement confrontée à des responsabilités et prérogatives multiples sur certains sites (commune, DMSOI, CDL, CG, privés, etc.) ; Risques de sur-fréquentation de certains sites liés à la question de la sécurité ; Application de la réglementation ; Dynamique naturelle et développement des espèces exotiques envahissantes Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Indicateurs de suivi Comptes-rendus de réunions ; Mise en œuvre effective de mesures de gestion ; Prise en compte des espèces et des habitats dans les projets d’aménagements ; Surface d’habitats réhabilités ; Itinéraires techniques de revégétalisation ; Avis techniques du PNMM et du Conseil Général de Mayotte sur des projets d’aménagement mentionnant les tortues marines et leurs habitats ; Suivi de mesures ERC Actions associées 3.1.1 / 5.1.1 / 5.2.1/ensemble des actions de protection Intervenants-Acteurs DEAL, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Conservatoire du Littoral, Conservatoire Botanique national de Mascarin, opérateurs touristiques, associations, communes, usagers, bureaux d’étude Financeurs potentiels État, Conseil Général de Mayotte, financements privés, PNMM/AAMP, Europe, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 95j (500 €/j) = 47 500 € Prestations : 4 000 € (expertise) + 64 000 € (balisage N’Gouja) = 68 000 € Matériel : 6 000 € Communication : 7 000 € Coût total : 128 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-C Année 2 A-B-C Année 3 A-B-C-D Année 4 A-B-C-D Année 5 A-B-C-D Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 27 3.2.2 Comprendre les impacts liés aux activités humaines Priorité : 2 OBJECTIF 3 : Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines Objectif opérationnel 3.2 : Conserver les habitats d’alimentation et de reproduction des tortues marines Contexte et description générale : La compréhension des pressions exercées sur les tortues marines et leurs habitats par les activités humaines est un prérequis indispensable à la mise en œuvre de mesures de gestion adaptées. Notamment, dans un contexte d’intensification des activités humaines, les capacités de charge touristiques des habitats de tortues marines sont encore méconnues. Domaine d’action Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Évaluer la pollution lumineuse des plages de ponte yy Étudier l’impact de la pollution lumineuse, en termes d’intensité, de nature et de portée, sur la distribution spatiale des nids de tortues marines, et expérimenter des aménagements d’éclairages compatibles avec une activité de reproduction de tortues marines. yy Communiquer les résultats aux gestionnaires et sensibiliser les décideurs. B/Évaluer une capacité de charge touristique d’habitats d’alimentation yy Réaliser une étude comparée de la distribution des tortues vertes au sein d’un habitat d’alimentation selon le niveau de fréquentation de l’habitat par le public. Dans le cadre du Programme Action en faveur d’une Gestion Éco-Intégrée du site naturel remarquable de N’Gouja (PAGE-N’Gouja), un protocole expérimental est envisagé et nécessite les recensements simultanés des tortues vertes sur l’herbier et des visiteurs du site : dans cette étude, le nombre de visiteurs du site sera comparé au nombre de tortues vertes s’alimentant sur l’herbier marin. Suite à une étude de faisabilité du recensement aérien de tortues marines, le drone se révèle être un outil particulièrement approprié aux recensements aériens des tortues vertes en phase d’alimentation sur les herbiers marins de Mayotte. yy Communiquer les résultats aux gestionnaires et sensibiliser les décideurs. Cette action profitera d’une activité existante : y programme de suivi des populations de tortues marines et du public visiteur du site de N’Gouja, porté par Kélonia/CARA/Escale (PAGE-N’Gouja). Espèce(s) concernée(s) Cm Zone(s) visée(s) Site pilote (exemple : N’Gouja) Facteurs d’influence Contraintes Protocole expérimental ; Activités et aménagements préexistants ; Difficulté de caractériser une capacité de charge touristique (habitat/espèce) ; Approvisionnement et entretien d’éclairages adaptés faisabilité technique Indicateurs de suivi Bilan des impacts ; nombre d’aménagements alternatifs consécutifs aux opérations de sensibilisation des gestionnaires de sites Actions associées 1.1.1 / 3.1.1 / 3.1.2 Intervenants-Acteurs CEDTM-Kélonia, PNMM/AAMP, Hôtel Jardin Maoré, associations, CDTM Financeurs potentiels Financements privés, PNMM/AAMP, associations, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 13j (500 €/j) = 6 500 € Prestations (stage x 6 mois + expertise) : 24 600 € Matériel : 1 000 € Coût total : 32 100 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A Année 2 A Année 3 A-B Année 4 A-B Année 5 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 4.1.1 Étudier l’ ologie alimentaire des tortues marines Priorité : 2 OBJECTIF 4 : Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 4.1 : Renforcer la compréhension de la dynamique des populations de tortues marines Contexte et description générale : L’efficacité de préservation des populations de tortues marines dépendra de notre compréhension de leur état de conservation, de leur mode de vie et de leurs besoins, tant en termes d’espaces que de ressources naturelles. Dans le contexte actuel de changement climatique et d’intensification des activités humaines, les interactions existant entre les tortues marines et leurs ressources trophiques doivent être décrites par une approche intégrée, afin de contribuer à une meilleure compréhension de la dynamique de la biodiversité du lagon de Mayotte, et à une gestion raisonnée des écosystèmes associés. L’étude de l’écologie spatiale des tortues marines au sein du lagon, permettra notamment de comprendre leur capacité d’adaptation locale aux modifications de leurs habitats liées aux changements globaux. Aujourd’hui, seul le rôle fonctionnel des tortues vertes dans la structure des communautés benthiques a été étudié. Domaine d’action Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Étudier l’écologie spatiale des tortues marines, interne au lagon yy Étudier les besoins des populations de tortues marines en termes d’espace et de ressources alimentaires par des techniques d’écologie appliquée (telles que : prises d’échantillons biologiques pour l’étude des apports alimentaires, mesures biométriques pour l’évaluation des conditions corporelles, observations directes et suivis individuels par capture-marquage-recapture, photo-identification, déploiement de systèmes d’acquisition de données et de géo-positionnement. yy Faciliter, par la mise à disposition des moyens logistiques, matériels et humains des partenaires, les projets de renforcement des connaissances en matière d’écologie alimentaire des tortues marines. B/Étudier la capacité de charge des herbiers marins en tortues marines yy Mettre en place le suivi de la productivité des herbiers marins nourriciers des tortues vertes : i) créer un modèle de la production primaire des herbiers marins de Mayotte à partir d’un dispositif portable de respirométrie ouverte, et ii) suivre sur le long terme, tous les un à trois ans, la production des herbiers au regard de leur structure et biomasse. L’estimation de cette production sera comparée aux besoins des tortues vertes et à leur pression d’herbivorie effective. L’indice de productivité estimé constituera par ailleurs un indicateur de l’état de santé des herbiers marins. PRIORITÉ 3 : C/Étudier le rôle trophique des tortues imbriquées dans le lagon yy Mettre en place une étude du rôle fonctionnel des tortues imbriquées au sein de leurs habitats nourriciers. Cette action profitera d’activités existantes : y programme de suivi des populations de tortues marines de N’Gouja, porté par Kélonia/Escale. y projet d’étude de la fonctionnalité écologique d’habitats marins remarquables (EFEHMAR) : étude de la productivité des herbiers marins, porté par le Parc naturel marin de Mayotte et financé par IFRECOR. y le suivi des herbiers marins prévu par le Plan National d’Actions en faveur du dugong. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, (Cc) Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire ; habitats majeurs Facteurs d’influence Contraintes Partenariats scientifiques ; Coûts et logistiques des manipulations Indicateurs de suivi Rapports d’étude et valorisations scientifiques Actions associées 3.1.1/Actions régionales Intervenants-Acteurs PNNM/AAMP, DEAL Mayotte, CEDTM-Kélonia, Conseil Général de Mayotte, Ifremer, Universités, associations, partenaires scientifiques, IFRECOR Financeurs potentiels État, financements privés, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, IFRECOR, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 45j (500 €/j) = 22 500 € Prestations (analyses laboratoires + stage x 6 mois) : 57 000 € Matériel : 25 000 € Coût total : 104 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A Année 2 A-B Année 3 A Année 4 A-C Année 5 A-C Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 29 4.1.2 Étudier les stratégies de reproduction des tortues marines Priorité : 3 OBJECTIF 4 : Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 4.1 : Renforcer la compréhension de la dynamique des populations de tortues marines Contexte et description générale : Depuis une vingtaine d’années, plusieurs études ont montré l’importance des plages de Mayotte comme sites de ponte, notamment pour la tortue verte. Seules les tortues vertes et imbriquées se reproduisent sur les plages de Mayotte. Domaine d’action Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 3 : A/Contribuer à l’étude de l’écologie de la reproduction des tortues marines yy Faciliter, par la mise à disposition des moyens logistiques, matériels et humains des partenaires, les projets de renforcement des connaissances en matière d’écologie de la reproduction des tortues vertes et imbriquées : sélection et attachement aux sites de ponte, comportement interponte, etc. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei Zone(s) visée(s) Plages de pontes ; habitats majeurs Facteurs d’influence Contraintes Partenariats scientifiques, coûts des suivis et des analyses Indicateurs de suivi Rapports d’études et valorisations scientifiques Actions associées 3.1.1 / 4.1.3/Actions régionales Intervenants-Acteurs CEDTM-Kélonia, AAMP/PNMM, Conseil Général de Mayotte, DEAL, Associations, Ifremer, Universités, experts Financeurs potentiels État, financements privés et publics Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 15j (500 €/j) = 7 500 € Coût total : 7 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 A Année 5 A Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 4.1.3 Étudier les connectivités des populations de tortues marines Priorité : 2 OBJECTIF 4 : Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 4.1 : Renforcer la compréhension de la dynamique des populations de tortues marines Contexte et description générale : Un des objectifs du plan vise à améliorer les connaissances sur l’origine, la dynamique spatiale et la structure des populations de tortues marines dans l’océan Indien occidental. En favorisant les recherches conjointes sur les aspects biologiques (identité génétique) et écologiques (voies de migration) des tortues marines, cette action devrait permettre d’évaluer les connectivités des populations des tortues rencontrées dans la ZEE de Mayotte et celles des autres territoires de l’océan Indien. Domaine d’action Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Étudier les populations en phase d’alimentation yy Contribuer à l’étude de la dynamique spatiale régionale des espèces méconnues : (tortues imbriquées, caouannes, olivâtre et luth) par marquage, analyses génétiques et suivis satellitaires. Des biopsies et la pose de marques et balises Argos pourront notamment être réalisées sur ces espèces lors de leur éventuelle capture par le réseau échouage, ou par des observateurs de pêches. yy Révéler l’origine des populations de tortues vertes en phase d’alimentation à Mayotte, et leur couloir de migration de reproduction. Cette opération nécessite un travail important de coopération régionale (à Actions régionales). yy Harmoniser, à l’échelle régionale, les protocoles de collecte et d’archivage de données. Favoriser l’usage de bases de données interopérables. yy Faciliter, par la mise à disposition des moyens logistiques, matériels et humains des partenaires, les projets de renforcement des connaissances en matière de connectivité des populations de tortues marines. B/Étudier les populations en phase de reproduction yy Contribuer à l’étude de la dynamique spatiale régionale des tortues imbriquées (femelles nidifiantes) par modélisation, suivi satellitaire et analyses génétiques. yy Harmoniser, à l’échelle régionale, les protocoles de collecte et d’archivage de données. Favoriser l’usage de bases de données interopérables. yy Faciliter, par la mise à disposition des moyens logistiques, matériels et humains des partenaires, les projets de renforcement des connaissances en matière de connectivité des populations de tortues marines. Cette action profitera d’activités existantes : y le projet COCA LOCA, porté par Kélonia : Connectivité des populations de tortues caouannes dans l’ouest de l’océan Indien : mise en place de mesures de gestion locales et régionales. y l’accès à des spécimens de tortues marines évoluant dans la ZEE par les recensements du REMMAT. y l’existence des bases de données régionales TORSOOI et IOSEA. Espèce(s) concernée(s) Ei, Cm Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Captures aléatoires de Cc, Dc, Lo ; Partenariats scientifiques ; Coût des opérations : matériel et analyses Indicateurs de suivi Nombre d’individus suivis ; Rapports d’études ; Valorisations scientifiques Actions associées 2.1.1 / 3.1.1/Actions régionales Intervenants-Acteurs PNNM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, CEDTM-Kélonia, Ifremer, CNRS, Universités, partenaires scientifiques Financeurs potentiels État, financements privés, partenaires, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 10j (500 €/j) = 5 000 € Matériel (suivi télémétrique) : 25 000 € Prestation (expertise) = 48 000 € Coût total : 78 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B Année 2 A-B Année 3 A-B Année 4 A-B Année 5 A-B Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 31 4.2.1 Recenser les pathologies et les risques sanitaires Priorité : 3 OBJECTIF 4 : Parfaire la connaissance de la biologie et de l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 4.2 : Diagnostiquer l’état sanitaire des populations de tortues marines Contexte et description générale : Les populations de tortues marines de Mayotte n’ont fait l’objet d’aucune étude éco-toxicologique ou diagnostic sanitaire. Toutefois, des rapports révèlent l’incidence des cas de fibropapillomatose et de chélonitoxisme. y La fibropapillomatose est une maladie épizootique néoplasique qui constitue un facteur de mortalité important chez les tortues marines à l’échelle mondiale. Elle est encore peu rencontrée ou peu décrite dans l’océan Indien ; deux cas ont été recensés à Mayotte au cours des dix dernières années. y Le chélonitoxisme est une intoxication alimentaire liée à la consommation de tortues marines qui est encore mal connue et pouvant avoir un caractère fatal pour les consommateurs. Des cas sont régulièrement recensés dans l’Archipel des Comores. Domaine d’action Étude, Protection Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 3 : A/Étudier et surveiller les cas de fibropapillomatose yy Le recensement des cas de fibropapillomatose pourra être réalisé à partir i) d’observations directes et de photos opportunistes, sur la base des critères spécifiques soumis à l’avis d’experts, et ii) de biopsies de tumeurs prélevées sur des tortues marines vivantes ou mortes et envoyées à des experts pour analyses. Cette action nécessitera la participation du réseau échouage de Mayotte et des réseaux d’observateurs bénévoles. yy Contribuer à la compréhension de l’étiologie de la fibropapillomatose des tortues marines par l’évaluation du risque écotoxicologique des ressources alimentaires. B/Évaluer les cas de chélonitoxisme yy Enquêter et communiquer, auprès des services médicaux et des villageois, sur les cas d’intoxications alimentaires liées à la consommation de viande de tortues marines. Le formulaire utilisé devra permettre de renseigner les bases de données existantes de l’Agence de Santé de l’Océan Indien (ARS). C/Contribuer au diagnostic sanitaire des populations de tortues marines yy Faciliter, par la mise à disposition des moyens logistiques, matériels et humains des partenaires, les projets d’étude de l’état sanitaire des populations de tortues marines (écotoxicologie, etc.). Cette action profitera d’activités existantes : y le fonctionnement du REMMAT. y le programme de suivi des populations de tortues marines de N’Gouja, porté par Kélonia/Escale. y le programme de suivi des populations de tortues marines nidifiant sur les plages de Saziley et Moya porté par le Conseil Général de Mayotte. y l’opération Les Yeux du Lagon, animé par l’association Escale. y le projet de réseau d’observateurs du Parc naturel marin de Mayotte. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei (Cc, Dc, Lo) Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Enquêtes publiques et réseaux d’observateurs bénévoles ; Partenariats scientifiques ; Difficultés de réalisation d‘enquêtes relatives à des pratiques illégales (consommation d’animal protégé) ; Échantillonnage Indicateurs de suivi Diagnostics, rapports scientifiques Actions associées 2.1.1 / 3.1.1/Actions régionales Intervenants-Acteurs REMMAT, PNMM/AAMP, ARS, DEAL, réseaux d’observateurs bénévoles, experts, Conseil Général de Mayotte, partenaires scientifiques, services médicaux Financeurs potentiels PNMM/AAMP, ARS, financements privés, partenaires/porteurs de projets, Conseil Général de Mayotte, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 35j (500 €/j) = 17 500 € Prestations (échantillonnage) : 5 000 € Coût total : 22 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A Année 2 A Année 3 A-B Année 4 A-B Année 5 A-B Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 5.1.1 Faire connaître les tortues marines et leurs habitats à la population mahoraise Priorité : 2 OBJECTIF 5 : Sensibiliser la population aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 5.1 : Sensibiliser les publics résidents aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Contexte et description générale : La communication est une composante essentielle des programmes de conservation. Elle permet de mobiliser l’attention des acteurs concernés, mais également une meilleure prise de conscience du grand public de l’importance de la préservation de la biodiversité. Les outils de communication seront adaptés au public ciblé et au contexte local. Domaine d’action Étude, Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Évaluer la connaissance yy Évaluer, au moyen d’enquêtes, le niveau de connaissance et la compréhension des enjeux de conservation des tortues marines du grand public et des décideurs. Ces enquêtes devront être réalisées en début et fin du PNA. B/Communiquer yy Communiquer, auprès d’un large public et par les méthodes et les moyens les plus appropriés à la diffusion et à l’intégration de l’information, sur les tortues marines et les enjeux de leur conservation (exemples de supports de communication : campagnes d’affichage et audiovisuelles, événementiels, communiqués de presse, manuels/guides, dépliants, nouvelles technologies, etc.). Les actions de communication seront préalablement approuvées par la DEAL de Mayotte. PRIORITÉ 3 : C/Renforcer les actions et outils pédagogiques yy Collecter, développer, créer et reproduire des outils pédagogiques, afin de les mettre à la disposition des services acteurs de l’éducation à l’environnement. Ces outils se focaliseront sur les tortues marines et leurs habitats, et plus largement sur le fonctionnement et la préservation du milieu marin. yy Organiser des sorties éducatives encadrées, et développer les possibilités de formation. yy Soutenir les projets de fédération des acteurs de l’éducation à l’environnement, par le partage et la valorisation commune des outils pédagogiques. Cette action profitera d’activités existantes : y la mise en œuvre du plan de gestion du Parc naturel marin de Mayotte (conservation des espèces et habitats remarquables, sensibilisation du public et éducation à l’environnement des scolaires) y la mise en œuvre du volet Mayotte du Plan National d’Actions en faveur du dugong. y le projet de création d’une plateforme territoriale d’Education à l’Environnement et au Développement Durable, animé par le Conservatoire Botanique National de Mascarin et financé par la DEAL Mayotte. y les missions de sensibilisation du Conseil Général de Mayotte : service éducation à l’environnement, et interventions en classes, sur plages et en villages de l’Observatoire des tortues marines. y les initiatives associatives liées à l’éducation à l’environnement du grand public et des scolaires. y le projet de rénovation du “Bateau de la tortue“, un outil éducatif d’observation des tortues marines proposé par l’association Oulanga na Nyamba. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, Lo Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Adaptation des outils au public ciblé ; Population mahoraise en forte croissance démographique ; Forte part de la population en état de clandestinité ; Francophonie Indicateurs de suivi Enquêtes ; Étendue et fréquence des campagnes de communication ; Nombre d’outils pédagogiques créés ou acquis Actions associées Ensemble des actions requérant une communication auprès du public Intervenants-Acteurs DEAL Mayotte, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, REMMAT, Associations, Conservatoire Botanique National de Mascarin, Éducation Nationale Financeurs potentiels État, DEAL Mayotte, associations, financements privés, PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 54j (500 €/j) = 27 000 € Animation : 100j (500 €/j) = 50 000 € Prestations (stage x 6 mois + services) : 9 000 € Matériel : (rénovation Bateau de la tortue) : 5 000 € Communication : 50 000 € Coût total : 141 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 A-B-C Année 2 B Année 3 B Année 4 B-C Année 5 A-B-C Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 33 5.2.1 Améliorer, valoriser et diversifier les produits écotouristiques Priorité : 3 OBJECTIF 5 : Sensibiliser la population aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 5.2 : Renforcer la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines Contexte et description générale : Les tortues marines sont des espèces emblématiques du patrimoine naturel de Mayotte, et dont l’image est souvent utilisée pour illustrer la richesse et la beauté du lagon. Le renforcement de la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines devrait favoriser la volonté de sauvegarde des espèces par la population locale et touristique. Domaine d’action Communication Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 3 : A/Améliorer et valoriser les produits écotouristiques yy Former des écoguides à l’approche et à l’observation des tortues marines. Ces guides devront être en mesure de présenter l’environnement selon une approche systémique. yy Labéliser des produits écotouristiques en faveur de la conservation des tortues marines et de leurs habitats, afin que les opérateurs touristiques puissent participer, de manière volontaire, à l’amélioration de la qualité d’une offre orientée vers la découverte et l’appréciation du patrimoine naturel et culturel et la prise de conscience environnementale. B/Diversifier les produits écotouristiques yy Promouvoir les sciences participatives attachées aux tortues marines, telles que le recensement des populations par photo-identification, par comptages sous-marins ou encore par la recherche d’espèces rares. Cette promotion pourra être menée directement pas les opérateurs touristiques et/ou par le biais d’acteurs de la conservation des tortues marines. yy Contribuer au développement de structures touristiques d’accueil ciblant la thématique des tortues marines. Cette action profitera d’activités existantes : y le groupe de travail piloté par la DEAL et visant la préservation des habitats majeurs des tortues marines. y l’encadrement touristique et les sciences participatives proposés par la structure hôtelière Le Jardin Maoré pour l’observation des tortues marines, en partenariat avec Kélonia/CARA/Escale. y le projet création d’une « Maison de la tortue » dans le projet de réaménagement de l’hôtel Le Jardin Maoré. y l’Opération Les Yeux du Lagon (Kélonia/CARA/Escale) : le recensement des observations opportunistes de tortues marines et l’interface web grand public de photo-identification proposée par Kélonia. y le projet de création d’un réseau d’observateurs bénévoles et d’une plateforme fédératrice de réseaux, par le Parc naturel marin de Mayotte. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei, Cc, Dc, (Lo) Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Mobilisation des acteurs ; Sollicitation croissante des opérateurs touristiques par les acteurs de la conservation ; Intérêt croissant du public pour l’observation des tortues marines Indicateurs de suivi Formations ; Labellisations ; Implication du public Actions associées 3.1.1 / 3.1.2 Intervenants-Acteurs Opérateurs touristiques, Comité du Tourisme, PNMM/AAMP, Associations, DEAL, Conservatoire du Littoral, Conseil Général de Mayotte Financeurs potentiels État, Comité départemental du Tourisme, opérateurs touristiques, Conseil Général de Mayotte, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 15j (500 €/j) = 7 500 € Matériel : 25 000 € Coût total : 32 500 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 B Année 2 A-B Année 3 A-B Année 4 A-B Année 5 A-B Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 5.2.2 Étudier la place des tortues marines au sein de la société mahoraise Priorité : 2 OBJECTIF 5 : Sensibiliser la population aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Objectif opérationnel 5.2 : Renforcer la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines Contexte et description générale : L’évaluation de la place des tortues marines au sein de la société mahoraise apparaît comme une information essentielle pour appuyer la sauvegarde de l’espèce. Cette action permettra non seulement d’adapter les outils de communication diffusés auprès de la population locale, mais également de fournir des outils d’aide à la décision aux décideurs et gestionnaires de l’île en faveur de la conservation des tortues marines. Domaine d’action Étude Description et nature des opérations à réaliser PRIORITÉ 2 : A/Étudier les valeurs socio-économiques et culturelles des tortues marines yy Évaluer la place des tortues marines au sein de la culture mahoraise, et son évolution, en termes de représentations symboliques et religieuses, de traditions et de croyances. Cette étude sera réalisée à partir d’enquêtes menées dans les villages de Mayotte et s’appuiera sur les études menées aux Comores. yy Évaluer la valeur socio-économique des tortues marines et contribuer à l’orientation des politiques publiques de Mayotte en informant les décideurs locaux et nationaux de la valeur monétaire des espèces et habitats, et produire une base nécessaire aux analyses coût-bénéfice de mesure de politique publique locale. Cette étude sera menée à travers une approche sociologique et une méthodologie d’enquête. Espèce(s) concernée(s) Cm, Ei Zone(s) visée(s) Ensemble du territoire Facteurs d’influence Contraintes Représentativité des résultats ; Population en forte croissance démographique ; Forte part de la population en état de clandestinité ; Francophonie Indicateurs de suivi Rapports d’études Actions associées 5.1.1 Intervenants-Acteurs PNMM/AAMP, Conseil Général de Mayotte, Universités Financeurs potentiels PNMM/AAMP, partenaires, AFD Coût total de l’action Non estimé Estimation financière Temps de travail : 15j (500 €/j) = 7 500 € Prestations (stage x 12 mois) : 7 500 € Coût total : 15 000 € Autres financements : non estimé Planification des opérations Année 1 Année 2 Année 3 A Année 4 A Année 5 Pour rappel, les actions régionales concernant également Mayotte sont détaillées dans le Volume 1 du PNA. Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 35 5 - SYNTHÈSE 5.1 - PLANIFICATION DES ACTIONS SUR LES 5 ANNÉES DU PNA Ce plan d’actions s’étale donc sur 5 années, entre 2015 et 2020. Le tableau ci-après présente une synthèse de la planification de ces actions dans cet intervalle de temps. Tableau 2 – Planification des actions sur les 5 années du plan d’actions de Mayotte ACTION PRIORITÉ ANNÉE 1 ANNÉE 2 ANNÉE 3 ANNÉE 4 ANNÉE 5 1.1.1 - Promouvoir la mise en œuvre du PNA et valoriser ses actions 1 A-B-C-D A-B-C-D A-B-C-D A-B-C-D A-B-C-D 2.1.1 - Évaluer et communiquer sur les causes directes de mortalité des tortues marines 1 A-B-C A-B-C A-B-C A-B-C A-B-C 2.1.2 - Renforcer les actions de surveillance et de contrôle 1 A-B A-B A-B-C A-B-C A-B-C 2.1.3 - Faire évoluer la pratique de la pêche 1 A-B-D B-C-D B-C-D B-C B 2.1.4 - Lutter contre les chiens errants 1 A A A-B A-B A-B 2.1.5 - Lutter contre la pollution physique du littoral et du lagon 1 A A-B A-B-C A-B-C A-B 2.2.1 - Améliorer l’encadrement et la prise en charge des tortues en détresse 2 A-B A-B B B B 3.1.1 - Assurer un suivi écologique des populations de tortues marines et des habitats associés 1 A-B-C A-B-C A-B-C A-B-C A-B-C 3.2.1 - Minimiser les impacts liés aux activités humaines au sein des habitats de tortues marines 1 A-B-C A-B-C A-B-C-D A-B-C-D A-B-C-D 3.2.2 - Comprendre les impacts liés aux activités humaines 2 A A A-B A-B 4.1.1 - Étudier l’écologie alimentaire des tortues marines 2 A A-B A A-C A-C 4.1.2 - Étudier l’écologie de la reproduction des tortues marines 3 A A 4.1.3 - Étudier les connectivités des populations de tortues marines 2 A-B A-B A-B A-B A-B 4.2.1 - Recenser les pathologies et les risques sanitaires 3 A A A-B A-B A-B 5.1.1 - Faire connaître les tortues marines et leurs habitats à la population mahoraise 2 A-B-C B B B-C A-B-C 5.2.1 - Améliorer, valoriser et diversifier les produits écotouristiques 3 B A-B A-B A-B A-B 5.2.2 - Étudier la place des tortues marines au sein de la population mahoraise 2 A A Pour les sous-actions (ex. A, B, C, etc.), se référer aux fiches action. Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 5.2 - ESTIMATION FINANCIÈRE Le coût total du plan d’actions pour les tortues marines de Mayotte s’élève à 1 478 800 € sur 5 ans. Le tableau ci après présente cette synthèse. Tableau 3 – Synthèse du coût des actions sur les 5 années pour le plan d’actions de Mayotte ACTION Priorité Description et nature des opérations à réaliser Coût total (Euros) Temps de travail/coût (opérateur) (j) (Euros) 1.1.1 - Promouvoir la mise en œuvre du PNA et valoriser ses actions 1 1 A/Animer et promouvoir la mise en œuvre du plan 50 000 99 000 156 78 000 1 B/Coordonner les actions du PNA avec les politiques publiques 7 500 1 C/Communiquer sur le plan 38 500 1 D/Rechercher des leviers d’actions 3 000 2.1.1 - Évaluer et communiquer sur les causes directes de mortalité des tortues marines 1 1 A/Recenser les causes directes de mortalité 32 500 76 500 90 45 000 1 B/Sensibiliser les usagers et les acteurs 16 500 1 C/Renforcer les moyens du réseau échouage 27 500 2.1.2 - Renforcer les actions de surveillance et de contrôle 1 1 A/Renforcer les actions de surveillance et de contrôle de police 279 000 364 000 15 7 5001 B/Maintenir une surveillance antibraconnage des principaux sites de ponte 82 500 1 C/Former des relais villageois 2 500 2.1.3 - Faire évoluer la pratique de la pêche 1 1 A/Réviser la réglementation de la pratique de la pêche au filet dans le lagon 2 500 19 700 25 12 5001 B/Sensibiliser les pêcheurs aux enjeux de conservation des tortues marines 2 500 2 C/Renforcer les prescriptions techniques de pêche 12 200 3 D/Développer et promouvoir des dispositifs de pêche durables 2 500 2.1.4 - Lutter contre les chiens errants 1 1 A/Renforcer les mesures de gestion des chiens errants 2 500 10 000 12 6 000 2 B/Lutter contre l’errance et l’abandon des chiens 7 500 2.1.5 - Lutter contre la pollution physique du littoral et du lagon 1 1 A/Accompagner des actions concrètes de lutte contre la pollution 5 000 13 500 27 13 5001 B/Sensibiliser les usagers 5 000 3 C/Proposer de réglementer certaines pratiques 3 500 2.2.1 - Améliorer l’encadrement et la prise en charge des tortues en détresse 2 2 A/Renforcer les moyens du réseau échouage 15 000 71 000 35 17 500 2 B/Projeter la création d’un centre de soins 56 000 3.1.1 - Assurer un suivi écologique des populations de tortues marines et des habitats associés 1 1 A/Assurer un suivi des populations de tortues marines en phase d’alimentation 67 000 263 500 100 50 0001 B/Assurer un suivi des populations de tortues marines en phase de reproduction 181 000 2 C/Accroître les connaissances sur les populations de tortues marines méconnues 15 500 3.2.1 - Minimiser les impacts liés aux activités humaines au sein des habitats de tortues marines 1 1 A/Minimiser les impacts liés à la fréquentation des habitats par le public 78 500 128 500 95 47 500 1 B/Mettre en place un statut de protection des habitats majeurs de tortues marines 25 000 1 C/Évaluer et accompagner les projets d’urbanisation et de planification touristique durable 7 500 3 D Réhabiliter des habitats dégradés par les activités humaines 17 500 3.2.2 - Comprendre les impacts liés aux activités humaines 2 2 A/Évaluer la pollution lumineuse des plages de ponte 18 600 32 100 13 6 500 2 B/Évaluer la capacité de charge touristique d’habitats d’alimentation 13 500 4.1.1 - Étudier l’écologie alimentaire des tortues marines 2 2 A/Étudier l’écologie spatiales des tortues marines interne au lagon 61 500 104 500 45 22 5002 B/Étudier la capacité de charge des herbiers marins en tortues marines 29 000 3 C/Étudier le rôle trophique des tortues imbriquées dans le lagon 14 000 Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 37 ACTION Priorité Description et nature des opérations à réaliser Coût total (Euros) Temps de travail/coût (opérateur) (j) (Euros) 4.1.2 - Étudier l’écologie de la reproduction des tortues marines 3 3 A/Contribuer à l’étude de l’écologie de la reproduction des tortues marines 7 500 7 500 15 7 500 4.1.3 - Étudier les connectivités des populations de tortues marines 2 2 A/Étudier les populations en phase d’alimentation 26 500 78 000 10 5 000 2 B/Étudier les populations en phase de reproduction 51 500 4.2.1 - Recenser les pathologies et les risques sanitaires 3 3 A/Étudier et surveiller les cas de fibropapillomatose 12 500 22 500 35 17 5003 B/Évaluer les cas de chélonitoxisme 7 500 3 C/Contribuer au diagnostic sanitaire des populations de tortues marines 2 500 5.1.1 - Faire connaître les tortues marines et leurs habitats à la population mahoraise 2 2 A/Évaluer la connaissance 11 000 141 000 54 27 0002 B/Communiquer 62 500 3 C/Renforcer les actions et outils pédagogiques 67 500 5.2.1 - Améliorer, valoriser et diversifier les produits écotouristiques 3 3 A/Améliorer et valoriser les produits écotouristiques 5 000 32 500 15 7 500 3 B/Diversifier les produits écotouristiques 27 500 5.2.2 - Étudier la place des tortues marines au sein de la population mahoraise 2 2 A/Étudier les valeurs socio-économiques et culturelles des tortues marines 15 000 15 000 15 7 500 Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 6 - ANNEXES ANNEXE 1 – TABLEAUX DE SYNTHÈSE DES 2 AUTRES PLANS D’ACTIONS LOCAUX Tableau de synthèse des actions proposées dans le plan d’actions des Îles Éparses Objectifs spécifiques Objectifs opérationnels Titre de l’action Niveau de priorité Code action Champs d’application 1) Assurer la bonne mise en œuvre du PNA 1.1 - Assurer la mise en œuvre des actions du PNA « Îles Éparses » sur les 5 années Mise en œuvre des actions du volet « Îles Éparses » du PNA tortues en cohérence avec le PNA OI et les autres politiques publiques conduites sur les Îles Éparses 1 1.1.1 PROTECTION 1.2 - Communiquer sur le PNA « Îles Éparses », sur son avancement et ses résultats Diffusion du PNA Éparses et information sur son avancement et ses résultats 2 1.2.1 COMMUNICATION 2) Réduire la mortalité des tortues marines liée aux activités humaines 2.1 - Limiter l’impact des pêcheries hauturières sur les tortues marines Renforcement et pérennisation du dispositif d’observateurs de pêche déployés sur les bateaux de pêche hauturiers 2 2.1.1 PROTECTION Pérennisation de la formation des observateurs de pêche sur le volet « tortues marines » 2 2.1.2 PROTECTION 2.2 - Contribuer à limiter les activités de bracconage aux Glorieuses Soutien au renforcement des mesures de surveillance de l’île du Lys et du lagon des Glorieuses 1 2.2.1 PROTECTION 3) Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines 3.1 - Préserver les habitats de ponte Mise en place d’un programme de recherche sur les espèces végétales introduites et leurs impacts potentiel sur l’utilisation des plages de ponte et la reproduction des tortues 2 3.1.1 ÉTUDE 3.2 - Restaurer les habitats de ponte Élaboration, si nécessaire, d’un plan de réhabilitation des végétations littorales les plus dégradées. 3 3.2.1 PROTECTION 3.3 - Renforcer le statut de protection des Îles Éparses Renforcement de la protection des habitats de développement d’importance mondiale en poursuivant le projet de classement d’Europa en RNN 1 3.3.1 PROTECTION 3.4 - Faire reconnaître l’importance internationale des Îles Éparses comme sites de ponte majeurs dans l’OI Inscription des Îles Éparses dans le réseau des sites d’importance pour les tortues marines de l’océan Indien (IOSEA Network) 3 3.4.1 PROTECTION 4) Approfondir les connaissances sur la biologie et l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats 4.1 - Pérenniser le suivi des indicateurs « biodiversité » pour les tortues marines des Îles Éparses (ONB – Outre-mer) Pérennisation des programmes de suivi des traces de ponte et l’alimentation de bases de données (BDD TORSOOI) 1 4.1.1 ÉTUDE 4.2 - Compléter les données scientifiques sur la connectivité régionale des tortues marines du SOOI Identification de la connectivité régionale des tortues vertes se reproduisant dans les Îles Éparses 2 4.2.1 ÉTUDE Réévaluation des paramètres de reproduction des tortues vertes en pontes dans les Îles Éparses 1 4.2.2 ÉTUDE Détermination de l’origine et de la dynamique spatio-temporelle des immatures de tortues vertes et imbriquées présentes dans les Îles Éparses 2 4.2.3 ÉTUDE Détermination de l’origine et de la dynamique spatio-temporelle des tortues imbriquées en ponte à Juan de Nova 1 4.2.4 ÉTUDE 5) Sensibiliser les usagers sur les enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats 5.1 - Sensibiliser les équipages sur les impacts de la pêche hauturière sur les tortues marines Sensibilisation des équipages des navires de pêche sur les impacts directs et indirects de la pêcherie sur les tortues marines 2 5.1.1 COMMUNICATION 5.2 - Limiter le dérangement des populations de tortues en ponte Sensibilisation des usagers des îles 1 5.2.1 COMMUNICATION Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Volume 2 - Plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie 39 Tableau de synthèse des actions proposées dans le plan d’actions de La Réunion Objectifs spécifiques Objectifs opérationnels Titre de l’action Niveau de priorité Code action Champs d’application 1) Assurer la bonne mise en œuvre du PNA 1.1 - Assurer la mise en œuvre du PNA Assurer la coordination des actions du plan et consolider le financement des actions prioritaires 1 1.1.1 PROTECTION 1.2 - Communiquer sur le PNA, valoriser ses objectifs et ses actions Diffuser une version synthétique du plan 2 1.2.1 COMMUNICATION 2) Réduire la mortalité des tortues marines (activités humaines ou autres) 2.1 - Réduire les causes directes de mortalité de tortues marines Accompagner la pratique de pêche en lien avec la conservation des tortues marines 2 2.1.1 PROTECTION/ COMMUNICATION Lutter contre l’errance animale 1 2.1.2 PROTECTION 2.2 - Réduire la mortalité des tortues marines en détresse Pérenniser la prise en charge des tortues blessées par le centre de soins de Kélonia 1 2.2.1 PROTECTION 2.3 - Porter au maximum la survie des nouveau-nés Garantir la survie des nids et nouveau-nés en cas de menaces avérées 1 2.3.1 PROTECTION 3) Protéger et restaurer les habitats prioritaires des tortues marines 3.1 - Conserver et restaurer les habitats d’alimentation et de développement des tortues marines Lutter contre les pollutions organiques et physico chimiques (bassin versant, masses d’eau, lagon, etc.) 2 3.1.1 PROTECTION/ COMMUNICATION 3.2 - Conserver et restaurer les plages de ponte des tortues marines Limiter le dérangement des tortues au niveau des plages de ponte 1 3.2.1 PROTECTION Réhabiliter les plages de ponte 1 3.2.2 PROTECTION 3.3 - Conserver et restaurer les connectivités écologiques entre les habitats Définir et mettre en place une protection des sites de ponte actuels 1 3.3.1 PROTECTION 3.4 - Développer un aménagement durable du territoire en lien avec l’accueil des tortues marines Sensibiliser et former les gestionnaires et les collectivités/Création d’un guide pour les aménagements du littoral 2 3.4.1 PROTECTION/ COMMUNICATION 4) Connaître la biologie et l’écologie des populations de tortues marines et de leurs habitats 4.1 - Renforcer la compréhension de l’écologie alimentaire des populations de tortues marines Étudier les régimes et stratégies alimentaires des tortues marines et leur impact sur la reproduction des espèces 2 4.1.1 ÉTUDE Étudier le rôle fonctionnel des espèces dans leur écosystème 1 4.1.2 ÉTUDE Étudier les conséquences de la fréquentation humaine sur les habitats d’alimentation 3 4.1.3 ÉTUDE 4.2 - Renforcer la compréhension de l’écologie de reproduction des populations de tortues marines Étudier les stratégies de reproduction des tortues marines 1 4.2.1 ÉTUDE 4.3 - Renforcer la compréhension de la dynamique des populations de tortues marines Étudier la génétique des femelles et juvéniles 2 4.3.1 ÉTUDE Pérenniser les programmes de suivi des tortues à La Réunion 1 4.3.2 ÉTUDE 4.4 - Approfondir les connaissances sur les causes de mortalités affectant les tortues marines Poursuivre le suivi des causes de mortalité des tortues marines et mise en relation à l’échelle régionale 3 4.4.1 ÉTUDE 5) Sensibiliser la population sur les enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats 5.1 - Sensibiliser un large public aux enjeux de conservation des tortues marines et leurs habitats Sensibiliser le public et les usagers des plages et de la mer 1 5.1.1 COMMUNICATION 5.2 - Développer la valorisation patrimoniale et touristique des tortues marines Améliorer, valoriser et cadrer l’approche écotouristique en lien avec les tortues marines 2 5.2.1 COMMUNICATION 5.3 - Sensibiliser les scolaires aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats Pérenniser et développer les actions visant à renforcer la place des tortues marines comme élément du patrimoine 1 5.3.1 COMMUNICATION www.developpement-durable.gouv.fr

Plan national d’actions en faveur des tortues marines sur les territoires français du sud-ouest de l’océan Indien 2015-2020 Mayotte, Réunion, Îles Éparses · Nelum