Stratégie sectorielle de la santé 2020-2030
صدر في 2020 · النص بتاريخ 2026-10-01
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عن هذا القانون
- اللغة
- French
- النوع
- policy
- الدولة
- الكاميرون
- الموضوعات
- Food and nutrition, Water, General
- الكلمات المفتاحية
- access-to-information, capacity building, equity, governance, innovation, public health, research, business/industry/corporations, gender, sustainable development, youth, financing, hazards, One Health approach, food safety and quality, food security, nutrition, freshwater pollution, inland waters, potable water, water supply, pollution control
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1.1. GÉNÉRALITÉS SUR LE CAMEROUN Cameroun était estimé à 15 846 milliards de francs CFA avec un taux de croissance annuel de 5,9% et un 1. Le Cameroun, pays d’Afrique Centrale, a une taux d’inflation de 1,9%iv,v. Les projections actuelles superficie de 475 650 km² dont 466 050 Km2 de situent le taux de croissance annuel moyen à 6,3% superficie continentale et 9600 Km2 de superficie entre 2015 et 2017vi. maritime. Il est limité à l’Ouest par le Nigéria, au Sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale, à 1.3.2. Situation démographique l’Est par la République Centrafricaine, au Nord-Est par le Tchad. 5. A partir des projections démographiques1 réalisées par la Division de la population du 2. Le pays est caractérisé par une diversité Département des affaires économiques et sociales du géographique : les régions (du Centre, de l’Est, du Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies, il Littoral, du Sud et du Sud-Ouest) ont un climat chaud ressort qu’au Cameroun, la population totale du pays et humide aux précipitations abondantes. Les hauts est estimée à 26 134 495 personnes en plateaux de l’Ouest (régions de l’Ouest et du Nord- 2019vii.Actuellement, le taux de croissance annuelle de Ouest) sont une zone de savane et de terres la population est estimé à 2,6% et devrait tomber à volcaniques favorable à l’agriculture. Le Nord 2,0% d'ici 2045. soudano-sahélien (régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord) est une zone de savane et de 6. Cette population est inégalement répartie sur le steppe caractérisée par un climat tropical chaud et sec territoire national : les villes de Douala et de Yaoundé et des précipitations de plus en plus réduites au fur et abritent à elles seules près de 20% de la population à mesure que l’on se rapproche du Lac Tchad. totale. Les régions les plus peuplées sont le Centre (18,7%), l’Extrême-Nord (18%), le Littoral (15,1%) et le Nord (11,0%)viii. Les villes de Douala et de
1.2. ORGANISATION POLITIQUE ET Yaoundé sont les plus grandes agglomérations du ADMINISTRATIVE Cameroun. Yaoundé compte 2,5 millions d’habitants ; ce qui fait d’elle, la deuxième ville du pays après 3. En 2017, le Cameroun comptait 10 régions, Douala, qui compte plus de 3 millions d’habitants. divisées en 58 départements et 360 arrondissements. On dénombre également 360 Communesii parmi 7. Le Cameroun n’a pas encore entamé la phase de lesquelles 14 sont urbaines. La loi d’orientation sur la transition démographique, la fécondité y est encore décentralisation du 22 juillet 2004 prévoit le transfert élevée. Une telle croissance démographique entraîne de compétences et de ressources aux communesiii. Dans un ratio de dépendance élevé (environ 95%) et une le secteur de la santé, le décret No 2010/0246/PM forte pression sur les infrastructures et les services précise les compétences transférées aux communes. Il sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’accès s’agit de la construction, de l’équipement et de la à l’énergie et à l’eau potable, la sécurité gestion des Centres de Santé Intégrés (CSI). Par alimentaire et la sécurité foncièreix. En 2010, 52% de ailleurs, les Maires assurent la présidence des comités la population totale vivaient en milieu urbain, 43,6% de gestion des Hôpitaux de District (HD) et des avaient moins de 15 ans et seulement 5,5% de Centres Médicaux d’Arrondissement (CMA), tandis que personnes avaient 60 ans ou plus x. celle des Hôpitaux Régionaux (HR) et des Hôpitaux Centraux (HC) est confiée aux Délégués du Gouvernement auprès des communautés urbaines (Maire de la ville). 1 Les estimations de la population du Cameroun ont été faites en utilisant les données des RGPH réalisées
1.3. SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE en 1976, 1987 et 2005, et en tenant compte des tendances de la fécondité, de la mortalité et des
1.3.1. Situation macroéconomique migrations internationales du pays. PREMIERE PARTIE : CHAPITRE 1 Ŕ CONTEXTE GLOBAL … 7
1.3.3. Situation sociale 12. Les mouvements de conflits/terrorisme, observés dans le nord du Nigeria et en République 8. En 2014, près de deux personnes sur cinq (37,5%) Centrafricaine (RCA) ont des répercussions sur la vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire, sécurité des personnes et des biens dans des régions principalement en zone rurale (environ 90%) et dans de l’Extrême Nord et de l’Est respectivement. A cela, les régions septentrionales (plus de 52%). En 2010, s’ajoute, les conflits internes et les mouvements 70% de la population était en situation de sous- d’insécurité observés avec plus acuités dans la région emploi global, c’est-à-dire travaillait involontairement de l’Adamaoua et dans les régions du Nord-Ouest et moins de la durée hebdomadaire minimale de 35 du Sud-ouest. heures, ou gagnait moins que le SMIG horaire. 13. Les statistiques disponibles montrent qu’en 2019, le 9. Par ailleurs, le taux net de scolarisation au niveau Cameroun enregistre environ 1 214 714 personnes primaire (personnes ayant un âge compris entre 6 et relevant de la compétence du HCR (POCs) dont 425 11 ans) est de 90% entre 2015xi. Par ailleurs, le taux 570 réfugiés et demandeurs d’asile, 683 238 net de scolarisation au niveau primaire (personnes de personnes déplacées internes (PDIs) et 105 906 6 à 11 ans) est de 90% en 2015xii. Les taux bruts de retournés (anciens PDIs). Les nombres de réfugiés scolarisation au préscolaire et du primaire sont provenant du Nigeria et de la République respectivement de 35,2% (dont 35,0% chez les Centrafricaine (RCA) sont estimés respectivement à Garçons et 35,5% chez les Filles) et de 109% (dont 136 399 personnes et 256 100 personnes en 2019. 115% chez les Garçons et 103% chez les Filles) en La majorité des réfugiés centrafricains se retrouvent 2018xiii. Malgré une amélioration durant les dernières dans les régions de l’Est (17 4076) et de l’Adamaoua années, le taux d’alphabétisation des personnes de 15 (60 404). Quant aux réfugiés nigérians, ils se ans ou plus est estimé à 77,1% en 2018 xiv. retrouvent principalement dans la région de l’Extrême-
1.3.4. Équité Nord (136399). 10. Selon les estimations de l’OMS (2018), l’espérance 14. La dégradation de la situation sécuritaire dans les de vie à la naissance est passé de 54,8 ans en 2005 régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a entrainé et à 58,1 en 2016xv.Avec un Indice de Développement l’augmentation considérable des déplacés internes, Humain (IDH) de 0,556 et une croissance annuelle dont les effectifs sont les plus élevés dans les régions moyenne de 0,87 sur la période 1990-2017, le du Sud-Ouest (246119 PDIs) de l’Extrême-Nord Cameroun occupait le 151ème rang sur les 189 pays (245725 PDIs) d’une part et la destruction des évalués en 2017xvi. L’Indice de Développement infrastructures sociales, y compris les formations Humain ajusté aux Inégalités (IDHI) est passé à 0,366 sanitaires. en 2017 alors que l’Indice de revenus ajusté aux inégalités est de 0,339. Ces indicateurs montrent que 15. Les problèmes de santé des réfugiés et des les inégalités de niveau de vie, notamment dans les migrants sont semblables à ceux du reste de la domaines de la santé, de l’éducation et des revenus, population, même s’il arrive que la prévalence soit au Cameroun restent importantes. plus élevée dans certains groupes spécifiques comme les nouveaux réfugiés, les femmes migrantes, etc. Les 11. Les formations sanitaires publiques sont davantage problèmes de santé fréquemment observés lors des accessibles aux couches sociales les plus aisées : crises sont les suivants : les blessures, la rougeole, les 14,5% pour le quintile le plus pauvre contre 25% maladies diarrhéiques (choléra, dysenterie…), les pour le quintile le plus riche en 2007. En effet, alors infections respiratoires sévères et le paludisme. Des que la part des plus riches dans l’accès aux services épidémies telles que la méningite, la fièvre jaune, d’un médecin public approchait 43%, elle n’était que l’hépatite virale et la typhoïde se manifestent dans ces d’environ 3% pour les plus pauvresxvii. Par ailleurs, on situations d’urgence qui, par ailleurs favorisent observe des disparités dans l’accessibilité l’apparition de problèmes psychiatriques et géographique aux soins en fonction de la zone de psychosociauxxix. résidence (entre le milieu rural et le milieu urbain). À titre d’exemple, seulement 52,5% des accouchements 16. Lors des crises humanitaires, outre les blessures et sont assistés par un personnel qualifié en zone rurale, les morts violentes résultant des combats armés, de la contre 89,5% en zone urbainexviii. pratique de la torture, l’absence de contrôle social, les comportements à risque tels que ceux des militaires,
1.3.5 — Contexte humanitaire et sécuritaire les viols et le recours à la prostitution, favorisent le
1.3.5. Contexte humanitaire et sécuritaire les viols et le recours à la prostitution, favorisent le développement des épidémies, en particulier du PREMIERE PARTIE : CHAPITRE 1 Ŕ CONTEXTE GLOBAL … 8 VIH/sida, le tout dans des situations caractérisées par internet à domicile reste toujours faible, elle a atteint le manque de préservatifs, l’usage de sang infecté lors 15,6% en 2017. On note aussi qu’une personne sur de transfusions sanguines, l’absence d’examens dix a utilisé un ordinateur et moins d’une personne sur sanguins et de services en matière de sexualité et de deux (47%) a eu recours à internet à domicile pour santé périnatale. consulter ses courriels, ses postes et ses messages instantanésxxii. 17. La réponse formulée à ces besoins de santé par les personnes réfugiées et déplacées internes constitue un 22. Avec un taux de pénétration croissant à une vitesse défi. La plupart des personnels de santé intervenant exponentielle, passant de 77,0% en 2014 à 82,8% en situation d’urgence n’a pas été formée pour en 2016, le téléphone mobile est devenu l’outil de répondre, de manière efficace et efficiente, aux communication le plus utilisé par les populations. Le besoins sanitaires des personnes en situation nombre d’abonnés est passé de 15 895 millions à 20 d’urgence, soit en matière de prévention, soit 131 millions entre 2014 et 2015xxiii. concernant la prise en charge des cas. 23. En ce qui concerne l’exposition hebdomadaire aux
1.4. VOIES DE COMMUNICATION medias de masse, les responsables des ménages sont plus fréquemment exposés à la télévision (42%) qu’à 18. Le Cameroun dispose d’infrastructures de transport la radio (24%) ou à la lecture d’un journal (11 %) xxiv. denses intégrant les réseaux routiers et ferroviaire. Le Cependant, un peu plus de la moitié des responsables réseau routier s’est considérablement développé, de ménages (51%) n’est exposée à aucun média atteignant en 2012 près de 77 589 km dont 5133 (radio, télévision, journal) de manière hebdomadaire. seulement étaient revêtusxx. Le réseau routier restant est très peu entretenu. Pour ce qui concerne le réseau 24. L’usage des technologies de l’information et de la ferroviaire, celui-ci est long de 1000km et est peu communication et des réseaux est de plus en plus mis à entretenuxxi. contribution pour la mobilisation et l’éducation des populations. 19. Le pays possède en outre un réseau aérien et maritime. Le réseau aérien comprend 06 aérodromes 25. En ce qui concerne l’exposition hebdomadaire aux fonctionnels dont 03 aéroports internationaux (Douala, médias de masse, la proportion des ménages en Yaoundé-Nsimalen et Garoua) et 03 aéroports possession d’au moins un téléviseur (54,6%) est bien secondaires (Maroua, NGaoundéré, Bafoussam). plus élevé que celle des ménages ayant en leur possession un poste radio (46,6%). Notons que quel 20. Quant au réseau maritime, le pays compte 04 que soit le média choisi, ce sont les ménages se ports autonomes : Douala, Garoua, Kribi et Limbe. trouvant en milieu urbain qui sont les plus nombreux à y avoir accès. L’exposition aux Technologies de
1.5. ACCÈS ET USAGE DES TECHNOLOGIES DE l’Information et de la Communication (TIC) et aux médias s’accroit avec le niveau d’instruction et le L’INFORMATION ET DE LA niveau de revenusxxv. Par conséquent, l’information COMMUNICATION sanitaire n’est pas toujours accessible aux couches les plus défavorisées. 21. En 2017, la proportion des ménages disposant d’un téléphone (fixe et/ou mobile) a augmenté, passant de 30,2% à 89,4% entre 2005 et 2017. Bien que la proportion des ménages disposant d’un accès à CHAPITRE 2 : NOTE METHODOLOGIQUE ________________________________________________ appuyée sur deux documents de références
2.1. MÉTHODE ET PROCESSUS que sont : (i) le Guide Méthodologique de la D’ÉLABORATION DE LA SSS 2016- Planification Stratégique au Cameroun, édition de 2011 (MINEPAT)xxvi et (ii) le Guide de 2030 l’OMS pour l’Élaboration d’une Politique Nationale de Santé et d’un Plan Stratégique 26. Le document de Stratégie Sectorielle de National de Santéxxvii . Santé 2016-2030 est le fruit d’un travail participatif qui a consisté à actualiser la SSS 2016-2027 afin de l’arrimer aux orientations
2.2. CADRE INSTITUTIONNEL ET de la deuxième phase de la vision de ORGANISATIONNEL développement à l’horizon 2035. Ce processus d’actualisation a été précédé par la « Revue 29. Sur le plan institutionnel, le Comité de des politiques publiques de développement Pilotage du Secteur Santé a été réorganisé par 2010-2018 » réalisée dans le cadre des l’arrêté N° 186/PM du 20 Décembre 2010, du travaux de planification de la deuxième phase Premier Ministre Chef du Gouvernement xxviii. de la vision 2035. Ensuite, des rencontres de Présidé par le Ministre de la santé publique, ce planification intersectorielles ont été tenues afin comité a pour mission d’assurer le pilotage du de faciliter l’échange et le partage secteur et le suivi et l’évaluation de la mise en d’expériences entre les secteurs. Comme lors de œuvre de la stratégie sectorielle de santé. À l’élaboration de la SSS 2016-2027, des cet effet, il comprend entre autres un consultations participatives ont été privilégiées Secrétariat Technique, véritable cheville tout au long du processus et ont permis de ouvrière de coordination du processus recueillir les perceptions et les attentes de d’élaboration de la Stratégie Sectorielle de toutes les parties prenantes. Santé (SSS). 27. Ce chapitre n’a pas connu de changement 30. Le cadrage méthodologique était assuré majeur. Les principales phases qui ont jalonné par le Ministère de l’Économie, de la le processus d’élaboration de la SSS 2016- Planification et de l’Aménagement du Territoire 2027 ont été maintenues. A celles-ci l’on peut (MINEPAT) et par les experts du bureau ajouter les rencontres intersectorielles de régional de l’Organisation Mondiale de la planification, la revue documentaire par le Santé (OMS). Le Comité de Pilotage et de Suivi consultant et la relecture en interne par les de la Mise en Œuvre de la Stratégie Sectorielle programmes et les directions techniques du de la Santé a conformément à ses missions MINSANTE. validé le projet ainsi que tous les rapports d’étapes et les documents intermédiaires issus 28. En guise de rappel, les principales phases de ce processus. D’autres experts ad hoc d’élaboration de la SSS ont été : (i) indépendants avaient été mobilisés en raison L’évaluation de la SSS 2001-2015 ; (ii) de leur connaissance des problématiques de L’élaboration du document « État des lieux et santé, de leur maitrise du processus de diagnostic du secteur santé » ; (iii) La planification stratégique ou encore de leur production des documents « Choix stratégiques expertise avérée dans un domaine de la santé. du secteur santé » et Cadre de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Les sections 2.2, 2.3 et 31. Un travail de relecture a permis de 2.4 ci-après rendent compte du processus et réajuster le diagnostic participatif en tenant des outils de travail utilisés dans le cadre de compte des nouvelles problématiques du l’élaboration de la Stratégie Sectorielle de la système de santé et d’identifier les orientations Santé 2016-2027 avant son actualisation. La stratégiques et les réformes dans le secteur de méthodologie d’élaboration suscité s’était la santé. PREMIERE PARTIE : CHAPITRE 2 Ŕ NOTE METHODOLOGIQUE … 10 D’autres experts ad hoc indépendants ont été relevés, catégorisés puis, analysés suivant leur mobilisés en raison de leur connaissance des nature dans la SSS 2016-2027. problématiques de santé, ou de leur maitrise du processus de planification stratégique. 35. L’élaboration du document « État des lieux et diagnostic du secteur santé» a quant à elle
2.3. IMPLICATION ET PARTICIPATION comporte quatre temps forts : (i) la délimitation DES PARTIES PRENANTES du secteur et son positionnement par rapport aux autres secteurs de développement ; (2) la 32. Un effort a été déployé tout au long du segmentation de ce secteur en composantes et processus pour impliquer l’ensemble des parties sous-composantes ; (3) la description des prenantes, y compris les acteurs majeurs de besoins des bénéficiaires dans le secteur ; (4) mise en œuvre de la Stratégie Sectorielle de la description de la situation institutionnelle et Santé, les bénéficiaires des interventions de communautaire de l’offre de services; et enfin santé afin de mieux cerner leurs besoins et (5) l’établissement du diagnostic sectoriel au leurs attentes. Diverses modalités de travail ont moyen de l’analyse causale des problèmes été utilisées : travaux en régie, ateliers, identifiés. Des ateliers multi-acteurs ont par la entretiens individuels, revues documentaires, suite été organisés pour partager cette analyse consultations participatives (focus groups de la situation avec l’ensemble des parties discussion) dans les dix (10) Régions. Toutes ces prenantes du secteur de la santé. modalités de travail ont permis de recueillir non seulement leur avis sur les bonnes pratiques à 36. À l’issue de ce travail, des groupes de encourager mais aussi leurs perceptions des discussions dirigées et des consultations dysfonctionnements structurels et participatives ont été organisés dans les dix organisationnels qui plombent les performances (10) régions auprès des acteurs de mise en du secteur. œuvre de la stratégie échue et auprès des bénéficiaires des interventions de santé. Le but de cet exercice était de recueillir non seulement
2.4. ETAPES MAJEURES ET leurs avis sur les bonnes pratiques à DÉROULEMENT DU PROCESSUS encourager, mais aussi leur perception des dysfonctionnements structurels et 33. Le processus d’élaboration de la SSS 2016- organisationnels qui plombent les performances 2027 s’est articulé autour des étapes majeures du secteur. suivantes : (i) évaluation interne de la SSS 2001-2015 ; (ii) élaboration du document 37. Enfin, la méthode DELPHI, utilisée pour la « Etat des lieux et diagnostic du secteur consultation des acteurs du niveau central, a santé » ; (iii) formulation des choix permis de bâtir le consensus autour des stratégiques ; et (iv) élaboration d’un cadre problèmes du secteur santé, puis de faire le sommaire de pilotage et de suivi/évaluation point sur les principaux enjeux et défis majeurs de la mise en œuvre de la SSS 2016-2027. du secteur. 34. L’évaluation interne de la SSS 2001-2015 38. Par ailleurs, l’absence des données a été faite avec l’outil JANS (Joined Assessment désagrégées (par régions et par quintile de of National Health Strategies, version d’août pauvreté pour certaines variables analysées, a 2013) et la grille d’analyse intitulée « Analyse obligé l’utilisation des valeurs moyennes). Cette d’un document de stratégie » proposée dans le contrainte n’a donc pas permis d’affiner la Guide méthodologique de planification cartographie des problèmes et par conséquent stratégique au Camerounxxix,xxx. Ces outils ont de mieux cibler géographiquement les permis de formuler les questions d’évaluation et interventions dans certains cas. d’analyser le contenu de la mise en œuvre de la stratégie échue. Ensuite, les points faibles et 39. Pour ce qui est de la formulation des choix les points forts de cette stratégie ont été stratégiques nécessaires à la résolution des PREMIERE PARTIE : CHAPITRE 2 Ŕ NOTE METHODOLOGIQUE … 11 problèmes du secteur, des ateliers multisectoriels ont été organisés. À l’issue de cette étape, trois options stratégiques ont été formulées puis analysées et soumises au comité de pilotage de suivi de la mise en œuvre de la SSS qui a validé la meilleure option stratégique pour le secteur santé. Celle-ci a été déclinée en axes stratégiques, objectifs, et stratégies de mise en œuvre. 40. La budgétisation des interventions planifiées a été effectuée à l’aide du logiciel « One Health Tool », l’équipe de planification stratégique ayant été préalablement formée à l’utilisation de cet outilxxxi. 41. Le processus s’est achevé par l’élaboration du cadre de pilotage du secteur, du cadre logique de mise en œuvre et de suivi et évaluation puis des mécanismes de financement de la stratégie. 42. Enfin, la déclinaison des axes stratégiques en sous axes puis en stratégies de mise en œuvre, a permis de disposer d’une nomenclature pour la nouvelle stratégie qui sera utile lors de la planification opérationnelle à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 12 DEUXIEME PARTIE : ETAT DES LIEUX ET DIAGNOSTIC DU SECTEUR DE LA SANTE DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 13 CHAPITRE 3 : ETAT DES LIEUX des enseignements secondaires ; Ministère de l’enseignement supérieur). DU SECTEUR DE LA SANTE _______________________ 45. Un sous-secteur privé constitué des formations sanitaires à but non
3.1. Présentation du secteur santé lucratif (structures appartenant aux confessions
3.1.1. Organisation du secteur santé religieuses, associations et diverses organisations non gouvernementales) et celles à 43. Le secteur de la santé au Cameroun est but lucratif. structuré en trois niveaux formant une pyramide. Il comporte trois sous-secteurs : 46. Un sous-secteur de la médecine traditionnellexxxii. 44. Un sous-secteur public constitué des hôpitaux publics et des structures sanitaires, 47. Par ailleurs, le système de santé au sous-tutelle d’autres départements ministériels Cameroun répond au scénario africain en trois (Ministère de la Défense ; Ministère de l’Emploi, phases, représentées par une pyramide à trois du Travail et de la Prévoyance Sociale ; niveaux pour la mise en œuvre de la politique Ministère de l’éducation de base ; Ministère nationale d santé. Leurs relations fonctionnelles sont précisées dans le tableau ci-après : Tableau 1: Différents niveaux du système de santé Structures Structures Niveau Compétences Structures de santé de administratives dialogue Hôpitaux Généraux, Cabinet du Centre Hospitalier et Conseil Ministre, - Élaboration des Universitaire, Hôpitaux national de Secrétariat d’Etat, concepts, de la Centraux et assimilés, la santé, Secrétariat politique et des Central Hôpitaux Gynéco d’hygiène Général, stratégies obstétriques et des Directions et - Coordination CENAME, CPC, Affaires Structures - Régulation CHRACERH, LANACOME, Sociales assimilées CIRCB, ONSP Hôpitaux régionaux et assimilés ; Centres Fonds Hospitaliers Régionaux Régionaux Appui technique Spécialisés de 2nd niveau 10 Délégations pour la Intermédiaire aux Districts de de référence Centres Régionales Promotion santé Régionaux de la d’Approvisionnement Santé Pharmaceutique COSADI; 189 Districts de Mise en œuvre Hôpitaux de District COGEDI Périphérique Santé des programmes - Cliniques; - CMA; - CSI, COSA; Cabinet de soins COGE Source : MINSANTE. Cadre conceptuel du District de Santé viable complété à partir du décret n° 2013/093 du 03 avril 2013 portant organisation du MINSANTE DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 14 MINEE, MINEDDEVEL, le MINEPAT, le
3.1.2. Délimitation et segmentation du secteur en composantes MINRESI et le MINFI).
3.1.2.1. Délimitation du secteur santé : 50. A ces acteurs étatiques s’ajoutent au plan Principales missions du secteur de la national : les représentations professionnelles santé (ordres professionnels, syndicats et associations) ; les établissements publics et 48. Selon le décret N°2018/190 du 02 mars privés de formation des ressources humaines en 2018 portant organisation du Gouvernement, santé et les structures de recherche en santé; les modifiant et complétant le décret N°2011/408 entreprises parapubliques et privées qui du 9 décembre 2011xxxiii , et conformément au intègrent les préoccupations sanitaires dans décret N° 2013/093 du 3 avril 2013 portant leurs activités à travers leur responsabilité organisation du Ministère de la Santé Publique, sociale; les organisations de la société civile au le MINSANTE est responsable de l’élaboration, sens large, les structures de dialogue, les ONG de la coordination et du suivi-évaluation de la et les Organisations à Base Communautaire politique nationale de santé au Cameroun.xxxiv (OBC). En dehors des acteurs nationaux, le secteur compte également de nombreux
3.1.2.2. Principaux acteurs du secteur Partenaires Techniques et Financiers (PTF). 49. Les acteurs étatiques du secteur de la santé 3.1.2.3. Segmentation du secteur en sont les administrations publiques au niveau composantes et sous-composantes central, leurs services déconcentrés et les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). 51. Le secteur de la santé a été segmenté en Ils sont notamment constitués des : trois composantes verticales qui sont : (i) - Ministères et administrations prestataires promotion de la santé ;(ii) prévention de la des soins de santé (MINDEF, DGSN, maladie ; et (iii) prise en charge des cas ; et en MINEDUB, MINESEC, MINESUP, deux composantes horizontales ou transversales qui sont : la composante renforcement du MINJUSTICE, MINAS, et MINTSS) ; système de santé ; et la composante - Ministères partenaires œuvrant pour la gouvernance et pilotage stratégique. Cette promotion de la santé particulièrement sur segmentation en composantes et sous les déterminants de la santé (MINEDUB, composantes, schématisée ci-dessous, est un MINESEC, MINESUP, MINPROFF, MINAS, artifice pour mieux décrire le secteur de la MINTSS, MINCOM, MINADER, MINEPIA, santéxxxv. MINEE, MINEPDED, MINHDU, MINTP, MINEFOP, MINSEP, MINJEC, MINAC, DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 15 Figure 1: Segmentation du secteur de la santé en composantes et sous-composantes Source : Rapport état des lieux du secteur santé 2014. MINSANTE (ST-CP/SSS NB. La participation communautaire étant transversale, la sous composante « actions de la communauté pour la promotion de la santé » n’aura pas un objectif spécifique qui lui est rattaché. 53. La promotion de la santé est le processus qui
3.2. Composante promotion de la santé et confère aux populations les moyens d'assurer un plus nutrition grand contrôle de leur propre santé et de l’améliorerxxxvi. Elle s’appesantira sur les aspects 52. La promotion de la santé, champ de la santé suivants : (1) actions menées par la communauté pour publique dont les principes majeurs ont été définis la prise en charge de ses problèmes de santé ; (2) dans la charte d’Ottawa (OMS 1986), souligne cadre de vie des populations ; (3) acquisition des l’importance et l’interdépendance des différents aptitudes favorables à la santé ; et (4) les pratiques champs sociaux et environnementaux dans la prise en familiales essentielles notamment la planification charge globale des problèmes de santé. Celle-ci familiale. considère la santé comme un paramètre dynamique, 3.2.1. Actions de la communauté pour la dont les déterminants qui la conditionnent dépassent la promotion de la santé sphère physiologique et épidémiologique. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 16 54. Le Cameroun a adopté en 1993, la politique de d’eau améliorée est néanmoins passée de 68,9% à Réorientation des Soins de Santé Primaires (Réo SSP) 72,9% entre 2011 et 2014. issue de l’Initiative de Bamako. Cette politique se caractérise par le développement des « structures de 58. En 2014, un peu moins de la moitié (47,8%) de la dialogue » et s’appuie sur trois principes essentiels : le proportion des ménages, dont 16,3% en milieu urbain cofinancement, la cogestion et la participation et 76,7% en milieu rural) ne disposaient pas de communautaire. L’action communautaire à ce jour toilettes améliorées. Certes l’utilisation des toilettes s’exprime à travers:xxxvii (i) la participation des améliorées par les ménages au Cameroun a connu une populations au financement des soins de santé ; (ii) la augmentation de 11,2 points entre 2011 (environ participation des représentants des communautés à la 41%) et 2014 (environ 52,2%). Cependant, on note cogestion ; (iii) les actions de plaidoyer, de que c’est seulement 11,8% des ménages qui utilisent communication et de mobilisation sociale des des toilettes avec des chasses d’eau xxxviii,xxxix. organisations de la société civile; (iv) les prestations des agents de santé communautaire ; et (v) les 59. S’agissant de l’hygiène du milieu, la production initiatives communautaires en faveur de la promotion moyenne annuelle des déchets ménagers solides est de de la santé. 312 kg/an/personne avec plus de 23% directement jetés dans les rigoles ou dans la nature. Des usines 55. En ce qui concerne la société civile, plus de 160 implantées en plein centre urbain exposent les organisations non gouvernementales et associations métropoles camerounaises à une importante pollution participent de manière formelle aux activités du des cours d’eau et de l’atmosphère par des résidus Ministère de la Santé Publique (Lettres d’Accord de toxiques. Collaboration, Convention-Cadres, Contrats d’Exécution et Cadres d’Obligations et Moyens). 60. En 2015, on a enregistré sur le plan national, près Plusieurs administrations publiques œuvrent pour le de 1 888 tonnes de déchets Industriels Toxiques et /ou renforcement de l’action communautaire (MINSANTE, dangereux (DIT); 21,26 tonnes de Déchets Médicaux MINAS, MINPROFF, MINEPIA, MINDDEVEL, etc.). Un Pharmaceutiques (DMP) et 2050,87 tonnes de Guide des Interventions sous Directives (Déchets Non Dangereux (DND)xl. Ceux issus des Communautaires, élaboré en 2012, a été actualisé en activités de soins étaient évalués à 55,6 tonnes par 2019 par le MINSANTE. La santé communautaire n’est jourxli. Leur gestion pose un problème malgré pas suffisamment développée dans le système de l’existence d’un Plan National de Gestion des Déchets santé et les agents de santé communautaire opèrent Hospitaliers et la réouverture de l’école de formation sans cadre juridique. Ce qui pourrait expliquer les du génie sanitaire depuis 2007. De même le faibles performances observées. traitement des produits pharmaceutiques impropres à la consommation, (médicaments avariés, périmés et
3.2.2. Cadre de vie des populations médicaments de la rue) est mal assuré. Ceci demeure 56. La description du cadre de vie des populations une réelle préoccupation au vu des coûts liés au portera sur les thématiques suivantes : (1) eau respect des exigences environnementales à observer potable, gestion des déchets, hygiène et lorsqu’ils doivent être détruits. assainissement du milieu ; (2) qualité de l’air ; (3) effets des changements climatiques ; (4) rayonnements 61. La gestion des déchets en milieu urbain (chef-lieu non ionisants ; (5) accès aux équipements et services des régions et certains départements) est assurée par pour la pratique des activités physiques et sportives la société HYSACAM (Hygiène et Salubrité du (APS) ; (6) habitat ; (7) milieu scolaire et universitaire ; Cameroun), mais, les quartiers enclavés ne sont pas (8) milieu carcéral, (9) milieux familiale. encore desservis. Cette insuffisance de desserte est à l’origine des inondations et du développement des
3.2.2.1. Eau potable, gestion des déchets, hygiène maladies à transmission vectorielle et celles du péril et assainissement du milieu fécal. Cependant, des initiatives de pré-collecte sont en cours dans ces quartiers et sont implémentées par 57. Au Cameroun, plus de 27% des ménages n’ont pas certaines communes d’arrondissement à travers le accès à l’eau potable et seuls 10,9% de ces ménages programme PADY II (2013-2017)xlii . L’intervention des utilisent des techniques de traitement appropriées de Organisations non Gouvernementales dans ce l’eau. La proportion des ménages utilisant des sources domaine est peu visible, compte tenu des moyens matériels et techniques encore limités. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 17
3.2.2.2. Qualité de l’air 66. Les efforts consentis dans le cadre du développement des infrastructures de proximité pour 62. En 2004, la pollution de l’air intérieur par la la pratique des activités physiques et sportives (APS) combustion du charbon de bois et du bois de restent insuffisants. On peut néanmoins citer la chauffage et celle de l’air extérieur par les PM10 ont construction de 10 plates-formes sportives de été respectivement à l’origine de 11 400 et de 2 200 proximité, de 03 parcours Vita (Yaoundé, Douala, décès au Camerounxliii. L’INS quant à lui révèle que Bamenda) et de complexes sportifs dans certaines 61,7% des ménages en milieu urbain (97,5% en milieu villes (Bertoua, Bafoussam, Maroua, Ebolowa etc.), rural) utilisent les combustibles solides pour la ainsi que leur réhabilitation pour l’organisation des cuisinexliv. Les oxydes d’azote, principaux polluants en jeux scolaires et universitaires. Cependant, ces milieu urbain, émanent surtout des véhicules ayant plus derniers ne sont pas convenablement entretenus lii. Il de 15 ans d’âgexlv. Ces derniers représentaient près existe également un Programme National de de 92% du parc automobile en juin 2015 xlvi. En 2016, Développement des Infrastructures Sportives (PNDIS) on estime à 14430 le nombre de cas de décès dû à la qui vise notamment à doter toutes les régions et villes pollution de l’air extérieur dont 7805 cas d’hommes et d’infrastructures sportives adaptées à la pratique du 6625 cas de femmesxlvii. sport en général et du sport d’élite en particulier liii. 63. La portée des projets comme « Smoke and Drinking 3.2.2.6. Habitat Water », où seuls 15 artisans locaux ont été formés pour la construction et la commercialisation des foyers 67. D’après l’INS, 85% de la population urbaine vivait améliorés produisant une infime quantité de fumée et dans des logements précaires en 2011 et 70% de de CO2, demeure très faiblexlviii. l’espace urbain était occupé par les quartiers d’habitat spontané, anarchique et indécent17,liv.Les
3.2.2.3. Effets des changements climatiques et de la habitants de ces quartiers spontanés font face au transition énergétique manque d’infrastructures d’assainissement de base ; d’où leur forte exposition au paludisme et aux 64. Les changements climatiques et la transition maladies du péril fécal. énergétique constituent de nouvelles menaces pour la santé publique à l’échelle mondiale. En effet, les 3.2.2.7. Milieu scolaire répercussions des transitions écologique et énergétique imposent de nouvelles stratégies permettant 68. En 2012, seules 19,5% des écoles primaires d’améliorer la résilience des populations et du système disposaient d’électricité et 42,3% avaient de l’eau de santé à ces changements. Lesdits changements ont potablelv. En outre, près de la moitié possédaient des pour conséquences: l’aggravation de l’incidence des toilettes mal entretenues pour la plupart, et environ maladies liées à l’eau, aux aliments, aux vecteurs, seulement un tiers d’entre elles disposait d’une boite à etc. ; et l’aggravation de la pollution de l’air, de la pharmacie. Par ailleurs, très peu d’écoles possédaient pénurie de la nourriture et de l’eauxlix. une cantine scolaire et un espace de jeu.
3.2.2.4. Rayonnements non-ionisants 69. Selon le MINEDUB, près de 45,4% d’écoles du préscolaire et 27,6% d’écoles primaires disposent de 65. Environ 41,6% des logements des personnes âgées l’électricité en 2017. Environ 55,8% d’écoles du sont construits à proximité des lignes de haute tension préscolaire et 50,0% d’écoles primaires disposent qui génèrent des champs magnétiques de très basse d’une source d’eau. Près de 69,4 établissements du fréquencel. Ces derniers sont associés à la survenue de préscolaire et 58,4% du primaire ont en leur la leucémie infantileli. Par ailleurs, ces résultats possession des toilettes. Environ 63,5% des écoles du n’intègrent pas les études portant sur les effets des préscolaire et 40,2 des écoles primaires possèdent au installations de nombreux équipements techniques de moins une boite à pharmacie. Seulement 6,3% des transmission des opérateurs de téléphonie mobile. écoles du préscolaire et 2,4 % des écoles primaires disposent une cantine scolaire. Près de 31,3% des
3.2.2.5 — Accès aux équipements pour la pratique écoles du préscolaire et 31,0% des écoles primaires
3.2.2.5. Accès aux équipements pour la pratique écoles du préscolaire et 31,0% des écoles primaires des activités physiques et sportives disposent d’un espace de jeu. Face à la montée de la problématique des violences en milieu scolaire, de nouveaux défis se présentent dans le domaine de la DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 18 prise en charge médicale des conséquences sanitaires de contacts sociaux et d’apprentissage des membres qui sont souvent importantes. de famille. Il est l’un des facteurs majeurs du bon développement et du bien-être des membres de
3.2.2.8. Milieu carcéral familles. Le but de la promotion de la santé en milieu familial est qu’à terme, ses membres (hommes, femmes, 70. En 2017, l’Etat a poursuivi la réhabilitation et jeunes, adolescent(e)s, enfants, etc.) soient épanouis et l’équipement des prisons. Au Cameroun, on dénombre bien armés pour affronter les défis endogènes et 91 prisons dont 79 qui sont opérationnelles et 12 environnementaux liés à la prise en charge de leur projets de construction en cours. En milieu carcéral, on santé. Selon les résultats de MICS de 2014 sur les enregistre environ 30 701 détenus dont 17 845 violences conjugales, domestiques et familiales, il (58,1%) qui sont des prévenus et 12856 (41,9%) ressort que: 45% de femmes ont subi des violences condamnés. Parmi les détenus, figurent 15553 physiques (gifles, bousculades, coup de poings, bras hommes, 541 femmes, 827 mineurs nationaux et 924 tordu ou les cheveux tirés, utilisation d’un couteau, d’un étrangers. Pour ce qui est des condamnés, on a 11873 pistolet, tentative d’étranglement ou de brulure, etc.); hommes, 282 femmes et 121 mineurs et 580 20% de femmes ont subi des violences sexuelles étrangerslvi. (forcées, y compris lors du premier rapport sexuel); 42% de femmes ont subi des violences émotionnelles 71. Les facteurs de risque auxquels sont exposés les (insultes, rabaissement, humiliation devant d’autres détenus sont : la sédentarité, le stress, la promiscuité et personnes, menaces devant des proches, etc.) ; 67% l’aération insuffisante des cellules qui favorise la d’enfants subissent des châtiments corporels; 36% de survenue de la Tuberculose pulmonairelvii. Une étude filles ont subi le mariage d’enfants ;Etc. réalisée en 2017 sur 21 502 détenus a fourni les informations utiles sur la situation épidémiologique 73. Les principales conséquences au niveau familial dans les prisons. Dans le milieu carcéral, les maladies peuvent être entre autres : Sur le plan psychologique : les plus fréquentes sont par ordre d’importance : le des dépressions, l’anxiété, la démence, etc. sur le plan paludisme (44,8%), les infections respiratoires physique, l’on peut noter : des blessures et (25,5%), les dermatoses (13,2%), les diarrhées traumatismes, des douleurs diffuses dans le corps, des (14,7%), l’infection à VIH/SIDA (15,31%) et la troubles respiratoires, des incapacités temporaires ou tuberculose (5,13%). Le pourcentage des décès permanentes, etc. enregistrés en milieu carcéral est de 0,34% en 2017 et de 0,7% en 2016. En ce qui concerne les ressources 74. Par ailleurs, d’autres phénomènes notoires humaines en santé, le nombre total de personnels perturbent l’harmonie du cadre familial à savoir la pénitentiaires médico-sanitaires s’élèvent à 273 en consommation de la drogue et des substances 2017. Ainsi, le ratio médecin/détenu est de 1 médecin addictives par les jeunes, les violences et les viols sur pour 335 ; le ratio infirmier /détenu est de 1 infirmier les enfants, etc. En résumé, le cadre familial, est le pour 465 détenus ; le ratio aide-soignant /détenu est cadre idéal d’encrage de toute stratégie de de 1 aide-soignant pour 207 détenus ; le ratio prévention primaire de la maladie. technicien de laboratoire/détenu est de 1 technicien de laboratoire pour 853 détenus. Il convient de 3.2.2.10. Milieu du travail signaler que ces personnels ne s’occupent principalement que des activités curativeslviii. De 75. Le milieu de travail comprend aussi bien manière générale, malgré la création des services de l’environnement de travail que, l’environnement du lieu santé dans les prisons, l’organisation et la mise en de travail. L’environnement de travail désigne œuvre des interventions de promotion de la santé et l’ensemble des éléments matériels et humains qui sont de prévention en milieu carcéral sont marginales. susceptibles d’influencer un travailleur dans ses tâches quotidiennes, tandis que l’environnement d’un lieu de
3.2.2.9. Milieu familial travail désigne les conditions de sécurité et d’hygiène des locaux. Ces conditions doivent être maîtrisées par 72. Une action durable sur la santé des populations l’employeur afin de proposer aux employés un n’est possible qu’en agissant à plusieurs niveaux en environnement de travail de qualité. accord avec des partenaires issus de milieux et disciplines très divers, dont le cadre familial. Ce 76. Un milieu de travail sain est indissociable du bien- dernier est, en théorie, la première source d’affection, être des travailleurs. Leurs attentes en termes de DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 19 qualité de vie au travail sont donc importantes, femmes présentait un surpoids ou était obèse en 2011, d’autant qu’ils y passent la plus grande partie de leurs mais cette proportion était plus élevée dans les journées. Une bonne qualité de vie au travail apparaît grandes villes comme Yaoundé et Douala, où elle d’ailleurs comme la 2ème condition la plus importante, atteignait 46%. La prévalence de l’anémie était de juste après l’intérêt porté aux missions du poste. Les 40% en 2014 chez les femmes de 15 à 45 ans et de attentes des salariés vis-à-vis de leur milieu de travail, 50% chez les femmes enceinteslxv,lxvi . La prévalence s’attachent particulièrement à deux types de facteurs : de la carence en vitamine A quant à elle était de les facteurs relatifs à leurs missions et l’environnement 21,4% en 2011 et celles du zinc et de l’acide folique de travail en faveur de la productivité. étaient respectivement de 76,9% et 8,4%lxvii.
3.2.3.2. Sécurité routière en milieux urbain et
3.2.3. Acquisition des aptitudes favorables à la interurbain santé 81. En valeur absolue, on a enregistré un total de 77. L’acquisition des aptitudes favorables à la santé 116 081 accidents sur la période 2008-2014 au sera décrite sous les 5 angles suivants : (1) Cameroun, soit en moyenne 16 583 accidents par an alimentation et nutrition ; (2) sécurité routière en milieu et donc, près de 46 accidents par jour. La grande urbain et interurbain ; (3) pratiques des activités majorité de ces accidents (81,25 %) sont survenus physiques et sportives ; (4) usage abusif des dans les milieux urbains, contre 18,75 % pour les substances illicites ou nocives. zones interurbaineslxviii Les décès sont quant à eux passés de 1588 à 1170 au cours de la période
3.2.3.1. Alimentation et nutrition 2011-2013lxix. Le taux de létalité reste encore élevé (près de 40%), ce qui témoigne soit d’une faible 78. Au Cameroun, on observe que l’état nutritionnel promptitude/efficacité dans la prise en charge des des enfants de moins de 5 ans s’est légèrement victimes des AVP, soit de la gravité des cas. Les amélioré sur la période 2011-2018. En effet, la Services d’Assistance Médicale d’Urgence ont été prévalence de la malnutrition chronique est passée de créés à cet effet mais sont peu fonctionnels. 33% en 2011lix pour atteindre 29% en 2018 lx. Sur la période 2011-2014, la prévalence de la malnutrition 3.2.3.3. Pratique des activités physiques et modérée et sévère des enfants de moins de 5 ans est sportives restée au-dessus de la barre de 5%. Les enfants de moins de cinq ans des régions du Nord et de 82. La place et l’importance des activités physiques et l’Extrême-Nord sont les plus affectés avec des sportives pour l’entretien de la santé ne sont pas prévalences respectives de 12% et 10,2%. Le suffisamment ancrées dans les mœurs, ce qui pourrait pourcentage des enfants de moins de 5 ans, en état s’expliquer par : la pénurie et la vétusté des de surcharge pondérale, était de 6,7% en 2014. Le infrastructures sportives, l’absence d’une plateforme pourcentage des enfants de moins de 5 ans en état de de collaboration entre le MINSANTE et les ministères surcharge pondérale est plus élevé en milieu urbain partenaires pour échanger sur l’importance de la (9,0%) qu’en milieu rural (5,1%)lxi,lxii . pratique régulière de l’activité physique, l’insuffisance de personnels qualifiés et la faible diffusion de 79. Taux d’allaitement maternel exclusif au cours des messages d’information et de sensibilisation du grand six premiers mois : qui était de 28,2% en 2014 est publiclxx. passé à 40% en 2018lxiii,lxiv. En ce qui concerne les micronutriments, la prévalence en 2011 de la carence 83. Toutefois, l’on peut relever : (i) la formation de en fer chez les enfants de moins de cinq ans était de 2194 enseignants d’EPS en 2012-2013, lesquels ont 60 %, celle en vitamine A de 34,4% et celle en zinc été majoritairement mis à la disposition des différentes de 69,1%. La consommation de sel iodé a diminué, administrations utilisatrices (MINESEC, MINEDUB, passant de 90,9% à 86% entre 2011 et 2014 alors MINEFOP, MINESUP, etc.) ;(ii) l’institutionnalisation que l’Arrêté N° 0113/A/MSP/SG/DSFM du 29 mai depuis 2005 par les pouvoirs publics de la célébration 1991 institue l’iodation obligatoire du sel sur toute de la Journée Nationale de l’Éducation Physique ; (iii) l’étendue du territoire national. l’existence de nombreuses organisations et structures d’encadrement du sport de masse (Fédération 80. État nutritionnel des adultes y compris des femmes Camerounaise du Sport pour Tous, Fédération en âge de procréer : environ un tiers (32%) de DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 20 Camerounaise du Sport du Travail, Parcours Vita et individuelle (Mise à la disposition des travailleurs des d’autres associations de promotion de la pratique du équipements de protection individuelle (EPI), le cas sport de maintien, etc.)lxxi. échéant*, etc.); (v) des méthodes de prévention collective (Alarme, filets de protection, signaux
3.2.3.4. Usage abusif des substances illicites ou lumineux), le cas échéant2. nocives 88. On parle de stress au travail quand une personne 84. Au Cameroun, le pourcentage des personnes ressent un déséquilibre entre ce qu'on lui demande de âgées de 15-49 ans qui sont fumeurs de tabac en faire dans le cadre professionnel et les ressources dont 2014 est de 11,0% chez les hommes et 0,3% chez les elle dispose pour y répondre. Les situations stressantes femmes. C’est en milieu rural qu’on retrouve une qui s'installent dans la durée ont toujours un coût pour concentration de fumeurs hommes (soit 8,4% en urbain la santé des individus qui les subissent. contre 14,4% en rural) ; alors que c’est en milieu urbain qu’on a plus de femmes fumeuses qu’en zone 89. A Cameroun, les quelques structures disposant d’un rurale (soit 04% en urbain contre 0,3% en rural avec service médical du travail sont surtout les grandes un pourcentage de 0,7% seulement dans Yaoundé et entreprises multinationales. Par ailleurs en 2018 on Douala). Le pourcentage de personnes âgées de 15- dénombrait juste 80 entreprises disposant d’un CHHS 49 ans qui ont été exposées à la fumée du tabac sur fonctionnels. Le système d’information sur la santé au le lieu de travail s’élève à 32,5% chez les hommes et travail quant à lui reste embryonnaires et peu 24,8% chez les femmeslxxii. L’âge moyen d’initiation au performant, ne permettant pas toujours de décrire tabagisme quotidien est d’environ 18,5 ans. Aussi, l’état précis de la situation. En fait dans les rares cas 15% d’adultes fumant quotidiennement avaient où les rapports des services médicaux du travail sont commencé cette pratique avant l’âge de 15 ans en produits ils restent irréguliers et de faibles milieu urbain, contre 5,3% en milieu rurallxxiii. complétudes. La culture de la protection collective et individuelle connait une pénétration encore faible 85. La consommation abusive des substances illicites, tandis que la notion de stress au travail ne fait de psychotropes antidouleur (Tramadol et cannabis) presque pas partie de la culture générale des acteurs est observée dans toutes les régions du pays lxxiv. Pour du monde du travail y remédier, plusieurs interventions de sensibilisation et
3.2.4. Pratiques familiales essentielles, de plaidoyer sont menées dans le cadre du Comité planification familiale, promotion de la National de Lutte contre la Drogue créé en 1992. santé de l’adolescent et soins après Cependant, il n’existe pas de structures appropriées avortement de lutte contre les addictions pour accompagner le sevrage chez les personnes désireuses. 90. Les pratiques familiales essentielles sont des interventions à haut impact qui visent à réduire la 86. La consommation d’alcool est estimée à 8,4 litres morbidité et la mortalité des populations. Il s’agit d’alcool pur par personne et par an chez les plus de notamment de l’alimentation équilibrée ; l’hygiène du 15 anslxxv. La prévalence de l’alcoolisme est de 4% milieu, l’hygiène individuelle et corporelle, de chez les hommes contre 0,9% chez les femmes. Celle l’allaitement maternelle, etc. En termes de santé de la des maladies liées à l’alcool est estimée à 9,5% chez reproduction, l’usage des contraceptifs reste encore les hommes et 1,9% chez les femmeslxxvi. très faible au Cameroun. En 2018, le pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans mariées ou en union libre
3.2.3.5. Santé et sécurité au travail qui utilisent (ou dont le partenaire utilise) une méthode contraceptive (moderne ou traditionnelle) est de 87. La promotion de la santé et du bien-être au travail 19,3% ; avec une proportion de 15,4% pour la renvoie à la capacité pour une entreprise, un contraception moderne (avec une grande disparité établissement ou toute unité de production à appliquer entre les régions)lxxvii. les principes de santé et de sécurité au travail. Ceux-ci regroupent l’existence de : (i) un service médical du travail; (ii) un CHS (Comité d'Hygiène et de Sécurité) fonctionnel; (iii) un dispositif de déclaration des 2 Le cas échéant : selon le niveau de risque attaché Risques Professionnels (Maladies professionnelles et à l’activité de l’entreprise. Par exemple une entreprise Accidents du Travail); (iv) des méthodes de protection commerciale n’a pas le même niveau de risque qu’une entreprise industrielle DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 21 91. En 2018, la demande totale en planification 93. Les problèmes relatifs à la Planification Familiale familiale s’élève donc à 42 % au Cameroun. Elle est sont de plusieurs types : engagement politique satisfaite dans 46 % des cas dont 36 % des cas par insuffisant, ressources humaines insuffisamment des méthodes modernes. Pour ce qui est des besoins qualifiées, manque d’intrants et faible mise en œuvre non satisfaits en matière de planification familiale, des stratégies de communication visant à lever les près de 23 % des femmes se trouvant en union barrières socioculturelleslxxx. Très peu de formations expriment ce besoin. C’est chez les femmes de 35-39 sanitaires offrent des Soins Après Avortement (SAA). ans (28 %), suivies de celles de 15-19 ans (26 %) qu’on enregistre les plus grands pourcentages de 94. En guise de réponse institutionnelle pour femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de l’accompagnement des familles dans la résolution des planification familiale. Parmi les régions du Cameroun, problèmes de santé relevés plus haut, il faut souligner le pourcentage de femmes en union ayant des besoins que le MINPROFF a formé plus de 27000 personnes non satisfaits en PF varie de 34 % dans la région du (chefs et mères de familles) sur diverses thématiques Sud à 13 % dans la région de l’Est. Parmi les femmes telles que la santé de la reproduction, l’éducation non en union sexuellement actives, 34 % d’entre elles prénuptiale, l’infection à VIH/SIDA et les ISTlxxxi. Mais ont des besoins non satisfaits et 47 % utilisent une cet effectif ne permet pas de couvrir tous les besoins. méthode quelconque de contraceptionlxxviii. Par ailleurs sur les 11 794 postes prévus par le texte portant organisation du MINPROFF, seuls 823 sont 92. Dans ce contexte, un grand nombre des grossesses pourvus, ce qui ne représente que 7%lxxxiides besoins non planifiées débouchent sur un avortement. Pourtant, satisfaits en ressources humaines. l’avortement provoqué reste encore interdit au Cameroun, comme dans la plupart des pays africains, 95. Le MINAS, dont la mission est l’encadrement social et n’est autorisé que pour des raisons médicales. La des individus ne dispose que de 32 services d’action majorité des interventions liées à l’avortement se sociale auprès des formations sanitaires sur l’ensemble réalise dans la clandestinité et aboutit très souvent à du territoire national. Au regard des besoins identifiés, des complications qui mettent la santé et la vie des le nombre de travailleurs sociaux en fonction reste femmes en dangerlxxix. donc quantitativement insuffisant lxxxiii. Tableau 2: situation de l’accouchement assisté et de la prévalence contraceptive en 2018 REGIONS Accouchements Prévalence Besoins en Assistés par un Contraceptive planification prestataire moderne familiale non formé satisfaits Adamaoua 47,4 6,0 28,3 Centre 80,4 22,4 28,0 (Sans Yaoundé) Douala 97,4 26,0 22,0 Est 58,2 42,0 13,4 Extrême-Nord 40,0 7,1 22,1 Littoral 96,2 25,4 29,9 (Sans Douala) Nord 39,6 8,0 19,7 Nord-Ouest 90,9 24,3 26,0 Ouest 97,0 25,4 21,3 Sud 83,3 14,9 34,2 Sud-Ouest 99,4 23,3 23,8 Yaoundé 93,7 31,5 22,4 Ensemble 69 15,4 23 Source : EDS 2018 DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 22
3.3. Composante prévention de la maladie 96. La survenue de la crise économique mondiale après 1970 a créé des inégalités flagrantes dans les pays tant sur le plan socioéconomique que sur le plan sanitaire. Elle a notamment eu pour conséquence, une hausse globale de la morbidité au cours de cette période. À partir des années 2010, le pays a connu une baisse globale de la morbidité et une amorce de la transition épidémiologique caractérisée par une baisse de la prévalence des maladies transmissibles et une augmentation de celle des maladies non transmissibles (Cf. figure2). La réduction des maladies transmissibles est liée à celle de leurs facteurs de risque majeurs tels que l’accessibilité à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement de l’environnement immédiat. 97. Malgré cette transition épidémiologique, la prévalence et le poids des maladies transmissibles demeurent nettement plus élevés lxxxiv que celui des maladies non transmissibles DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 23 Figure 2: Évolution du poids global des maladies transmissibles et non-transmissibles au Cameroun de 1990 à 2013. Source : Résultats obtenus des données issues du Global Burden of Diseases of 2015 les zones urbaines et les zones rurales ainsi qu’entre les 98. Entre 2007 et 2015, les financements alloués à la régions. Les régions du Sud (6,3%) et de l’Est (5,9 %) prévention de la maladie et à la prise en charge des enregistrent les prévalences les plus élevées, alors que cas représentaient respectivement 29,7% et 30% du les prévalences sont plus faibles dans les régions de budget du MINSANTE85. Mais, d’après les comptes l’Extrême-Nord (1,5 %), du Nord (1,6 %) et de l’Ouest nationaux de la santé, les dépenses totales relatives à (2,7 %), les prévalences du VIH90. la prévention de la maladie s’élevaient à 13,6 milliards de FCFA en 2011, soit 2,9% seulement des dépenses 100. Les déterminants les plus importants qui totales de santé86. entretiennent l’épidémie au Cameroun sont : la multiplicité des partenaires sexuels au cours de la vie,
3.3.1. Maladies Transmissibles le nombre de partenaires sexuels au cours des 12
3.3.1.1. Maladies transmissibles prioritaires : derniers mois, l’activité sexuelle précoce des jeunes VIH/SIDA, IST, Tuberculose, Paludisme et filles avec des partenaires plus âgés, la prostitution Hépatites virales importante et très mobile, la réticence à l’utilisation des préservatifs, la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et les actes de 99. Infection au VIH et IST : Le taux de prévalence du transfusion sanguine 91. VIH chez les personnes âgées de 15 à 49 ans est passé Pathologies à transmission verticale de 4,3% en 2011 à 2,7% en 2018 au Cameroun87. Ce sont les femmes de 15-49ans (3,4%) qui sont plus 101. Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à exposées par rapport aux hommes de la même tranche l’Enfant (PTME) : le taux de transmission du VIH de la d’âge (1,9%). Le nombre de nouvelles infections liées mère à l’enfant varie entre 15 et 30% pendant la au VIH était quant à lui estimé à 58 757 en 2014 88. grossesse et l’accouchement et entre 10 et 20% durant Les populations les plus exposées au VIH et aux autres l’allaitement92. La Transmission Mère-Enfant est la IST sont : les travailleurs du sexe (36%), les MSM (24- source d’infection VIH, la plus importante chez les 44%), les camionneurs (16%). Les autres populations enfants âgés de moins de 15 ans. En 2013, seuls vulnérables sont : les détenus, les adolescents et jeunes, 13 244 enfants exposés (34,7%) ont bénéficié d’une les réfugiés, et les travailleurs des pôles économiques. prophylaxie ARV à la naissance93. En 2014, le taux de La prévalence du VIH est très élevée parmi les veuves dépistage du VIH chez les femmes enceintes était de (17,9%), les divorcées/séparées (15,7%), et les veufs 59,67% avec un taux de séropositivité de 6,3%. La (10,6%)89. De plus, l’épidémie s’est féminisée dans les couverture en ARV était quant à elle de 53,5% parmi tranches d’âge 15-19 ans et 20-24 ans. En effet, il y a les femmes enceintes dépistées VIH+ 94. Mais en 2015, entre 5 et 6 fois plus de filles que de garçons atteints la proportion des femmes enceintes testées dans ces tranches d’âge. La distribution séropositives et mises sous ARV s’est nettement épidémiologique montre également une disparité entre améliorée. Elle varie en fonction des régions comme DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 24 suit : Adamaoua (87,4%), Est (68,4%), Extrême Nord attendus et les ressources disponibles et le déficit des (62,2%), Nord (78,7%), Centre (92%), Littoral (87%), mécanismes de redevabilité99 . Nord-Ouest (93%) et le Sud-Ouest (88%)95. 106. L’OMS a, dans son rapport 2014, estimé que, le 102. Prévention de la transmission de l’hépatite virale B nombre de cas incidents variait entre 47 000 et 49 (VHB) de la mère à l’enfant : on ne dispose pas de 000, soit un taux compris entre 210 et 265 pour 100 données sur la transmission du VHB de la mère à 000 habitants. La région de l’Est a connu une l’enfant. La vaccination à la naissance des nouveau-nés augmentation des cas de l’ordre de 35% entre 2013 et exposés à l’Hépatite virale B n’est pas systématique. 2014 à cause de l’afflux de populations réfugiées en Cependant une étude de prévalence dans une provenance de la République Centrafricaine100. population d’enfants vaccinés selon le calendrier actuel qui ne comporte la dose à la naissance a trouvé une 107. Paludisme : Le Paludisme demeure une maladie prévalence de 0,7% attribuable en partie à la endémique au Cameroun et constitue une préoccupation transmission verticale96. Une modélisation basée sur la majeure pour les autorités nationales. Les efforts du prévalence des marqueurs viraux HbS et HBe chez la pays, dans le cadre de la lutte contre cette maladie, femme enceinte a estimé à 24,3 sur 1000 naissances ont amélioré l’accès des groupes vulnérables (femmes vivantes le nombre d’infection périnatale en absence de et enfants de moins de 5 ans) au traitement préventif stratégie de prévention spécifique de la transmission intermittent et à la prise en charge gratuite du verticale de l’hépatite virale B97. paludisme simple et grave respectivement. Malgré tout cela, il se trouve que dans l’ensemble, le nombre de cas 103. La vaccination universelle à la naissance de tous suspects de paludisme notifiés ne fait qu’augmenter les nouveaux nouveau-nés ainsi qu’une prophylaxie entre 2014 et 2016, passant ainsi de 571934 cas et antivirale ciblée chez la femmes enceintes infectées sont de 582 décès enregistrés en 2014 contre 740 009 cas des stratégies envisagées pour réduire significativement et 558 décès enregistrés en 2016101 . d’ici 2030 le fardeau épidémiologique de cette transmission verticale98. 108. En 2013, le paludisme (fièvre) représentait la première cause de consultation (28,6%) et 104. Tuberculose : D’après l’OMS, le taux de d’hospitalisation (46%)102. Ces chiffres méritent mortalité dû à la charge de la tuberculose (excluant les toutefois d’être relativisés car de nombreux autres cas de co-infection VIH+TB) est estimé à 30 pour 100 agents pathogènes sont responsables de la fièvre au 000 habitants en 2017. S’agissant des cas de décès Cameroun. A titre illustratif, la Dengue, maladie fébrile, dus à la charge de tuberculose (uniquement chez les cas a une séroprévalence de 61% à Douala, 24% à de co-infection VIH-TB), on estime ce taux de mortalité Garoua et 10% à Yaoundé103. à 25 pour 100 000 habitants. Toujours en 2017, le nombre de cas incidents (y compris les cas de co- 109. Le taux de morbidité du paludisme chez les infections VIH-TB) est estimé à 47 000 personnes en enfants de moins de 5 ans (enfants avec un test de moyenne, soit un taux d’incidence (y compris VIH-TB) de dépistage positif) est passé de 56% en 2008 à 30% 194 pour 100 000 habitants. L’analyse de l’incidence en 2014104. Les anémies sévères des suites de de la tuberculose par groupe d’âge montre que c’est paludisme représentent une proportion importante des chez les personnes de plus 14 ans que l’incidence est le décès chez les enfants de moins de 5 ans. En 2014, plus élevée par rapport au moins de 14 ans. En outre, 37,4% des ménages possédaient une moustiquaire l’incidence de la tuberculose enregistrée chez les imprégnée aux insecticides pour deux personnes105. hommes est plus élevée que celle observée chez les L’utilisation de la moustiquaire imprégnée aux femmes quel que soit le groupe d’âge. Dans le cadre insecticides était de 47,5% dans la population de la couverture sanitaire universelle et protection générale et de 54,8% chez les enfants de 0 à sociale, on évalue à 52% le pourcentage de personnes 59mois106. En ce qui concerne le traitement préventif notifiées qui bénéficie de la couverture de traitement intermittent (TPI), 26% des femmes enceintes ont de tuberculose en 2017. Parmi ces derniers, le taux de bénéficié d’au moins trois doses en 2014107. létalité de la tuberculose enregistré en 2017 était de 0,29%. 110. En 2018, la population totale des ménages avait accès à une MII était de 57,3%. Dans l’ensemble 105. Entre 2014 et 2015, le nombre de nouveaux cas des ménages du Cameroun, près de 41% d’enfants de de tuberculose pulmonaire à microscopie positive a moins de 5 ans et 45% de femmes enceintes de 15-49 augmenté de 4353 cas (11 655 cas en 2004 contre ans avaient dormis sous une MII la nuit avant le 16008 cas en 2015) avec des taux de guérison de passage de l’agent enquêteur108. 85%. Les principaux blocages du système de santé qui ont été identifiés sont : l’absence d’un plan intégré de 111. Hépatites virales : la séroprévalence moyenne suivi et évaluation, l’inadéquation entre les résultats de l’hépatite virale B est de 12% avec un pic de 17% dans la région de l’Extrême-Nord. La prévalence DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 25 moyenne de l’hépatite virale D est de 10,5%. Celle de 116. Lèpre : Parmi les 719 cas enregistrés en 2014, l’hépatite virale C est de 1,03% et est plus élevée chez 315 nouveaux cas étaient localisés dans l’Adamaoua, les 50 ans et plus. La co-morbidité VIH-hépatites virales l’Est, le Nord et le Sud-ouest. À ce jour, une quinzaine B est faible et est de l’ordre de 1,5% 109. Une grande de districts de santé reste hyper-endémique116. proportion des hépatites virales est due aux actes de transfusion sanguine. 117. Ulcère de Buruli : Il sévit principalement dans la vallée du Nyong (région du Centre), la cuvette de
3.3.1.2. Maladies Tropicales Négligées (MTN) Bankim dans l’Adamaoua, et la zone de Mbonge dans le Sud-Ouest. La maladie touche surtout les enfants 112. Sur les 17 Maladies Tropicales Négligées (MNT) âgés de 2 à 15 ans issus des milieux socio-économiques retrouvées dans le monde, 10 sont principalement défavorisés. Un total de 3700 cas cumulés a été notifiées au Cameroun. On peut ainsi les regrouper en enregistrés depuis 2002 dans 64districts de santé, et deux sous-groupes : (i) le groupe des MTN nécessitant 126 cas ont été diagnostiqués et traités dans les une Chimiothérapie Préventive (MTN-CTP) : Centres de Diagnostic de la Tuberculose (CDT) en l’Onchocercose, la Schistosomiase, les helminthiases, la 2014117. Filariose Lymphatique et trachome sont présentes sur toute l’étendue du territoire national ; (ii) le groupe des 118. Trachome : le trachome est la première cause MTN nécessitant une prise en charge des cas (MTN- de cécité infectieuse. Des enquêtes épidémiologiques PCC) : la Trypanosomiase Humaine Africaine (THA), réalisées en 2010, 2011 et 2012 respectivement dans l’ulcère de Buruli, la Leishmaniose, le pian et la lèpre les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de qui nécessitent une prise en charge médicale intensive l’Adamaoua ont révélé qu’il est endémique dans 14 des cas110 districts de santé de la région de l’Extrême-Nord et dans 3 districts de santé de la région du Nord. La 113. Onchocercose et filariose lymphatique : En distribution de masse de l’Azythromicine et la prise en 2013, près de 32 000 personnes infectées à charge du trichiasis sont en cours dans ces régions118. l’Onchocercose étaient atteintes de cécité et plus de 1,5 millions de personnes infectées présentaient des lésions 119. Trypanosomiase humaine africaine : Il existe graves de la peau111. La prévalence de la filariose actuellement cinq foyers actifs sur le territoire national : lymphatique, quant à elle varie de 6% au Nord-Ouest Campo et Bipindi (Région du Sud), Fontem et Mamfé à 1,1% à l’Ouest112 au cours de la même année. En (région du Sud-Ouest); et Doumé (région de l’Est). Des 2006, 111 et 158 districts de santé étaient activités ponctuelles de sensibilisation et de mobilisation respectivement hyper et ou méso-endémiques à des communautés sont organisées dans les foyers l’onchocercose et à la filariose lymphatique 113. Le suscités119. recours au traitement préventif à l’Ivermectine sous Directives Communautaires (TIDC) continue d’être 3.3.1.3. Maladies à potentiel épidémique (MAPE) l’approche de prévention privilégiée de ces dernières années. Le volet de la lutte anti-vectorielle est encore 120. Situation épidémiologique. Au cours des cinq insuffisant. dernières années, le paysage épidémiologique (voir tableau 2) a été particulièrement marqué par la 114. Schistosomiases : La schistosomiase ou survenue des épidémies de : (i) choléra (23152 cas ont bilharziose touche actuellement 2 millions de été suspectés en 2011, et des mesures de prévention camerounais, avec plus de 5 millions de personnes à ont permis de réduire la survenue d’autres risque d’infestation. Les enfants d’âge scolaire de 5 à épidémies) ;(ii) méningite bactérienne (les séro-groupes 14 ans constituent le groupe vulnérable le plus atteint les plus fréquents étaient le A et le MenAfricaW135 par cette maladie114. La lutte contre ces affections est dont les épidémies se sont estompées avec l’introduction axée sur un déparasitage régulier et systématique des du vaccin anti-méningococcique) ; (iii) Grippe ; (iv) populations à risque, en s’appuyant sur la participation Rougeole avec 45 Districts de santé affectés en 2018, communautaire, le partenariat et la multi-sectorialité. 61 en 2019 et 79 en 2020, l’incidence au cours de la dernière épidémie était de 44 pour 100 000 habitant 115. Helminthiases intestinales : Les vers intestinaux avec un taux de létalité de 7 décès pour 1000 cas)120 (ascaris, trichocéphale, ankylostome) touchent plus de et (vi) Poliomyélite (Le Cameroun a été certifié libre de 10 millions de camerounais. L’ascaris et le trichocéphale poliovirus sauvage depuis le 18 juin 2020 mais fait infestent plus de 6 millions d’individus et l’ankylostome face une flambée des cas de poliovirus circulant de environ 2 millions. Les enfants en âge scolaire (6-15 type 2 dérivée de souche vaccinale (cVDPV2) avec 4 ans) constituent le groupe le plus vulnérable (50% pour cas confirmés en 2019 et 15 en 2020. les schistosomiases et 38 à 47% pour les helminthiases intestinales)115. 121. Concernant les zoonoses et les épizooties, le pays a connu au cours de la dernière décennie, la survenue de plusieurs épisodes zoonotiques au nombre DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 26 desquels figurent la fièvre jaune chez les êtres humains, méningocoque et des diarrhées à rota virus, les 3 l’anthrax chez les bovidés et primates, la grippe dernières faisant l’objet d’une surveillance sentinelle. En aviaire H5N1 chez la volaille domestique et l’avifaune, dépit du dispositif de surveillance mis en place (outils la grippe pandémique A (H1N1) en 2009 chez les de gestion, flotte téléphonique, internet, circuit de porcs, la fièvre de la vallée du Rift chez les ruminants et notification, etc.), la collaboration et la coordination les êtres humains, la variole des singes (Monkeypox) multidisciplinaire et multisectorielle de la surveillance chez les chimpanzés. Les risques épidémiques intégrée des maladies ne sont pas optimales. endogènes ou d’importation des cas de maladie à virus Actuellement, il n’existe pas de plan global, Ébola continuent d’être présents. multisectoriel qui pourrait garantir à travers des stratégies dédiées, la riposte ponctuelle et efficace 122. Maladies Evitables par la vaccination (MEV) : devant toute épidémie déclarée sur l’ensemble du À ce jour, 13 maladies sont ciblées par le Programme territoire. Le fonctionnement de la flotte est jusqu'à ce Elargi de Vaccination (PEV) de routine : tuberculose, jour financièrement supporté par les partenaires au poliomyélite, diphtérie, tétanos, coqueluche, Hépatite développement dont le désengagement est à virale B, infection à Hemophilus type B, infection à envisager. Le réseau national des laboratoires n’est pas pneumocoque, diarrhée à Rotavirus, fièvre jaune, fonctionnel. Le Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé rougeole et rubéole121 et les infections à human et son annexe de Garoua, le laboratoire Global Viral papilloma virus (HPV)122. Les difficultés rencontrées Cameroon et le Laboratoire National Vétérinaire dans la mise en œuvre de ce programme sont de (LANAVET) sont actuellement les seuls laboratoires de plusieurs ordres : (i) la couverture des besoins en référence. Cependant, l’acheminement des matériel roulant est insuffisante (36% pour les motos au prélèvements vers ceux-ci n’est pas encore optimal. Le niveau des aires de santé, 54% pour les véhicules dans tableau 2 ci-dessous récapitule l’historique de quelques les districts de santé et 40% pour les hors bords) 123 ; (ii) MAPE de 2011 à 2015127. la couverture des formations sanitaires en matériel de chaîne de froid est de 75% (la norme nationale étant de 80%)124 ; (iii) la faible réalisation des stratégies avancées/mobiles dans plusieurs districts de santé ; (iv) la faible qualité et utilisation des données de routine pour la prise de décisions ; (v) l’insuffisance de la capacités de l’offre de service notamment des équipements de la chaine de froid fonctionnelle (14% des FOSA couverts en équipement homologués, 53% vaccinant sans équipements de la chaine de froid), en matériel roulant (36% des d’AS disposant d’une moto) et en ressources humaines formés sur la vaccination en 125 pratique (12,2%) ; (vi) l’accessibilité difficile d’une bonne partie de la population cible en raison des conditions géographiques et climatiques, l’insécurité et la forte mobilité de la population ; (vii) la baisse de confiance vis-à-vis des vaccins dans un contexte de propagation des rumeurs et des désinformations durant la pandémie de la Covid-19 ayant impacté la génération de la demande de service ; (viii) l’inadéquation des stratégies actuelles aux nouveaux défis que posent l’urbanisation, les urgences sanitaires et humanitaires et la forte mobilité ; (ix) la faible qualité et utilisation des données de routine pour la prise de décisions ; (x) la forte dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. En effet, le Cameroun ne sera plus éligible aux financements extérieurs (Alliance GAVI) lorsque son PIB dépassera $1580 par habitant, ce qui pourrait vraisemblablement arriver en 2020 126 selon les projections de l’évolution dudit PIB . 123. Système de surveillance des MAPE : A ce jour, 7 maladies évitables par vaccination sont sous surveillance au cas par cas. Il s’agit de la Fièvre jaune, de la rougeole, du tétanos, de la poliomyélite du syndrome de rubéole congénitale, de la méningite à DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 27 Tableau 3 : Historique de quelques MAPE au Cameroun de 2011 à 2015 2011 2012 2013 2014 2015 MAPE Cas Létalité Cas Létalité Décè Létalit Cas Létalité Cas Létalité Décès Décès Cas suspects Décès Décès suspects (%) suspects (%) s é (%) suspects (%) suspects (%) Cholera 23 152 843 3,6 125 4 3,2 29 0 0,0 3 355 184 5,5 228 10 4,4 Méningites 2 733 191 7,0 1 128 103 9,1 1 013 68 6,7 1 156 60 5,2 1 230 62 5,0 Rougeole 4 574 27 0,6 14 806 73 0,5 1 681 10 0,6 4 152 16 0,4 9 895 39 0,4 Gastroentérite 1366 2 0,1 21877 60 0,3 46017 63 0,1 53477 80 0,1 56706 70 0,1 aigue sévère* Diarrhées 2 114 4 0,2 7 376 13 0,2 10 966 7 0,1 13 066 11 0,1 12 892 9 0,1 sanglantes Fièvre typhoïde - - - 55100 21 0,0 138758 31 0,0 176899 28 0,0 229849 28 0,0 Grippe humaine 34 087 14 0,0 35 868 37 0,1 70 234 6 0,0 83 640 5 0,0 99 645 12 0,0 Poliomyélite** 187 0 0,0 216 1 0,5 444 2 0,5 700 2 0,3 498 2 0,4 Sources : Historique de quelque MAPE, 2011-2014. (DLMEP, données non publiées) * : surveillance de la diarrhée avec déshydratation chez les enfants de moins de 5 ans ** : surveillance de la Paralysie Flasque Aigue DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 28 Tableau 4 : Historique de quelques MAPE au Cameroun de 2016 à 2020 2016 2017 2018 2019 2020 (SE 50) MAPE Cas Cas Cas Létalité Décè Létalit Cas Létalité Décè Létalit Cas Létalité Décès suspect Décès suspect Décès suspects (%) s é (%) suspects (%) s é (%) suspects (%) s s Cholera 78 1 1,3 20 0 0 993 58 5,8 1168 114 9,8 1885 80 4,2 Méningites 1366 58 4,2 1349 66 4,9 1060 88 8,3 2034 16 0,8 1300 38 2,9 Rougeole 1669 2 0,1 1142 3 0,3 1316 286 21,7 8742 204 2,3 5596 91 1,6 Gastroentérite aigue 11059 62048 99 0,2 54083 74 0,1 63112 562 0,9 389 0,4 112641 242 0,2 sévère* 0 Diarrhées sanglantes 14065 1 0,0 12750 6 0,0 11034 246 2,2 12778 157 1,2 11634 108 0,9 24981 59562 Fièvre typhoïde 275950 16 0,0 7 0,0 341246 1460 0,4 739 0,1 554476 521 0,1 1 0 22839 Syndrome grippal 107334 20 0,0 84591 55 0,1 138941 749 0,5 464 0,2 162090 175 0,1 7 Poliomyélite** 779 1 0,1 598 0 0,0 1046 31 2,9 1176 8 0,7 569 46 8,1 11300 103 169421 26105 421 238836 Paludisme 1400113 1150 0,1 0,1 5538 0,3 0,2 3542 0,1 67 6 6 39 0 9 25449* COVID-19 - - - - - - - - - - - - 447 1,8 ** Infection au VIH * : surveillance de la diarrhée avec déshydratation chez les enfants de moins de 5 ans ** : surveillance de la Paralysie Flasque Aigue *** : nombre de cas confirmés à la semaine 50 Sources : Historique de quelque MAPE, 2011-2014. (DLMEP, données non publiées) DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 29 129. Maladies du 2èmegroupe : Cancers, asthme et 124. Préparation à la gestion des épidémies et affections respiratoires chroniques. En 2012, 14 000 des zoonoses : Les expériences des épidémies nouveaux cas de cancers ont été dépistés et près de antérieures n’ont pas permis de mettre en place une 25 000 personnes vivaient avec le cancer. Plus de 80% structure pérenne de riposte à l’instar de ce qui est des personnes atteintes se font dépister à un stade très recommandé dans le Guide technique National pour la avancé de la maladie et la plupart décèdent dans les Surveillance Intégrée des Maladies et la Riposte 12 mois qui suivent leur diagnostic. Les cancers les plus (comités de gestion, équipes d’intervention rapide, etc.). fréquents sont ceux du sein (18,5%), du col de l’utérus Au-delà de la menace de la maladie à virus Ébola, il (13,8%), de la prostate (7,3%) et du foie (3%)133. La n’y a pas eu d’autres évaluations des besoins ni de pré- prévalence nationale de l’asthme n’est pas connue ; elle positionnement des stocks des produits et équipements. était de 2,3% dans la ville de Yaoundé en 2014 134. Les Il n’existe pas de plan intégré de gestion des taux de mortalité liés aux affections respiratoires épidémies, ni de laboratoires de haut niveau de chroniques s’élèvent à 131 pour 100 000 hommes sécurité biologique (NSB4 : niveau de sécurité contre 85 pour 100 000 femmes135. biologique 4). 130. Maladies du 3èmegroupe : Affections bucco- 125. Par ailleurs, un programme national de dentaires, troubles visuels et auditifs chroniques. Les prévention et de lutte contre les zoonoses émergentes prévalences nationales des affections bucco-dentaires et ré-émergentes a été créé et organisé en avril 2014 et visuelles ne sont pas connues. Néanmoins, certaines et son plan d’action élaboré en décembre 2015. études font état des prévalences des caries dentaires de 73,3% chez les 9-12 ans, de 92,3% chez les 13-17
3.3.2. Maladies Non Transmissibles (MNT) ans en 1999 dans les zones rurales de la Région du 126. Dans un souci d’intégration, les MNT ont été Nord-Ouest136. Pour ce qui concerne les troubles visuels regroupées au Cameroun selon les facteurs de risques chez les sujets âgés, l’opacification partielle ou totale communs en cinq groupes128. Mais leur situation du cristallin (cataracte) est fréquente et est responsable de 50% des cas de cécité et le glaucome représente 2 épidémiologique est faiblement documentée. à 6% des cas137. Pour ce qui est de la prévalence des déficiences auditives, elle est de 1,2% au Cameroun 138. 127. Maladies du 1ergroupe : Hypertension artérielle (HTA), autres affections cardiovasculaires, Dans la Région du Nord-Ouest, elle varie en fonction diabète et maladies rénales chroniques. La des tranches d’âge, atteignant 15% chez les sujets de 50 ans et plus contre 1,1% chez les moins de 17 ans139. prévalence nationale de l’HTA est de 29,7% et celle du Diabète de 6,6% en 2015129. La prévalence nationale 131. Maladies du 4èmegroupe : Épilepsie et autres de la maladie rénale chronique n’est pas connue, mais elle est estimée à 14,2% dans la ville de Douala et à affections neurologiques, drépanocytose, maladies 14,1% dans celle de Dschang130,131. D’après l’INS génétiques et dégénératives y compris les maladies (rapport GATS 2013), le tabagisme est un facteur de mentales et rhumatologiques. La prévalence de risque de maladies cardiovasculaires de plus en plus l’épilepsie au Cameroun était estimée à 5,8% en 2008 en milieu hospitalier140. Les localités les plus touchées préoccupant (voir promotion de la santé)132. D’autres facteurs responsables de la survenue des pathologies sont le Mbam (6%), la Lékié (5,9%), le Nkam, les cardio-vasculaires ont également identifié : surpoids, districts de santé de Mbengwi, de Batibo, Kumbo et obésité, sédentarité etc. L’analyse des capacités de Ndu et la ville de Garoua. La tranche d’âge de 10 à lutte contre les maladies cardiovasculaires révèle des 29 ans en est la plus affectée (89,2%) 141. Selon l’OMS, la prévalence du trait drépanocytaire au Cameroun insuffisances dans le domaine des ressources humaines, varie entre 20% et 30% soit une population d’environ des infrastructures et des équipements malgré les efforts consentis par le Gouvernement et les acteurs du 3,5 millions de personnes avec près de 2% sous-secteur privé (centres d’imagerie dans chaque d’homozygotes142. Très peu de données existent sur le région, centres de chirurgie cardiaque, etc.). plan national en ce qui concerne les maladies rhumatismales. La prévalence de la schizophrénie est estimée à 1% au Cameroun, soit environ 211 430 cas. 128. Pour ce qui est de la prévention proprement Selon l’OMS, le poids des affections mentales, dite, les activités de sensibilisation, d’éducation et de dépistage sont surtout menées par les sociétés savantes neurologiques et d’abus des substances illicites était (Société Camerounaise de Cardiologie, Société estimé à 225 000 Années de Vie Corrigées par Camerounaise de diabétologie) et les organisations de l’Incapacité (AVCI), soit 1432 AVCI pour 100 000 habitants143. la société civile (CAMHEF, ACADIA, etc.). Ces associations développent également des partenariats avec des entreprises du secteur privé pour la mise en 132. Maladies du 5ème Groupe : Traumatismes, œuvre des activités suscitées. Toutefois, les interventions violences, intoxications, urgences et catastrophes. de ces acteurs sont faiblement suivies et mal L’état des lieux des maladies de ce groupe sera coordonnées. présenté dans la composante prise en charge des cas. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 30
3.4. Composante prise en charge des cas population totale avoisine les 49,7% du poids global des 10 maladies identifiées (Tableau 4). 133. En 2017, les 10 principales maladies ayant causé le décès et l’invalidité des populations au 134. Pour ce qui est des maladies non- Cameroun sont présentées dans le tableau 4 par ordre transmissibles, elles sont dominées par les affections décroissant. Dans ce classement, on se rend compte que cardiovasculaires, le diabète et les maladies les trois premières maladies contribuant à la mortalité pulmonaires qui représentent environ 18,1% du poids et à l’invalidité des populations au Cameroun sont des total des 10 maladies classées. Il est important de maladies transmissibles. Il s’agit du VIH/SIDA, du signaler que chez les enfants de moins de 5 ans, c’est le paludisme et des Infections Respiratoires Basses, dont la paludisme, les infections respiratoires basses et les contribution à la mortalité et à l’invalidité de la maladies diarrhéiques qui constituent les principales causes de morbidité et de mortalité144. Tableau 5: Contributions des maladies à la mortalité et à l’invalidité au Cameroun en 2017 Rang Age-Standardized rate Contribution à la mortalité et Maladies ou groupes de maladies per 100 000 (DALYs) à l’invalidité (%) 1 VIH/SIDA 5390.9 19.8% 2 Paludisme 4810.9 17.7% 3 Infections Respiratoires Basses 3320.2 12.2% 4 Maladies néonatales 3085.4 11.4% 5 Maladies diarrhéiques 2914.2 10.7% 6 Accident vasculaire cérébrale 1895 7.0% 7 Cardiopathie ischémique 1807.7 6.7% 8 Tuberculose 1758.1 6.5% 9 Diabète 1193.4 4.4% 10 Maladie pulmonaire obstructive chronique 1003.7 3.7% Total 27179.5 100.0% Légende Inférieur significativement par Modéré significativement par Plus élevé significativement par rapport rapport à la moyenne145 rapport à la moyenne à la moyenne régionale Source: résultats obtenus des données issues du Global Burden of Diseases 2013 135. S’agissant des MTN, les données présentées dans le tableau ci-dessus ne prennent pas suffisamment en compte toutes les Maladies Tropicales Négligées qui, selon certaines études contextuelles, occupent le deuxième rang des maladies infectieuses à forte morbidité après le VIH/SIDA et avant le Paludisme (voir le graphique ci-après)146. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 31 Figure 3 : Charge morbide de certaines maladies infectieuses . Source : Norris J. et al. (2012) contre le VIH provenaient des FINEX, 23,5%des fonds 136. La description de la composante prise en publics et 7% des fonds privés149. charge des cas concernera : (i) les Maladies transmissibles qui comprennent les Maladies Tropicales 139. Parmi les défis qu’il faudra relever pour une Négligées (MTN), (ii) les Maladies Non Transmissibles meilleure prise en charge du VIH, on peut entre-autres (MNT), (iii) les interventions curatives visant les cibles citer : la prévalence croissante de la résistance aux prioritaires (mère, nouveau-né, enfant et adolescent), et ARV au moment du diagnostic (jusqu’à 18% dans le (iv) la situation sur les handicaps moteurs, sensoriels et Nord-Ouest) d’une part et l’accroissement du nombre autres. de PVVIH nécessitant des transfusions
3.4.1. Maladies Transmissibles sanguines d’autre part150, la faible observance du traitement et la sous-utilisation des centres de prise en
3.4.1.1. VIH-SIDA et IST, Paludisme, Tuberculose et charge du VIH( UPEC , CTA), absence de visibilité sur Hépatites virales les sources de financements pour l’acquisition pérenne des ARV avec le départ annoncé de certains bailleurs. 137. VIH/SIDA et IST : selon l’INS (EDS 2011), 4,7% de femmes et 5% d’hommes sexuellement actifs 140. Tuberculose : en 2013, selon l’OMS le nombre ont déclaré avoir eu des symptômes d’IST au cours de de décès dus à la tuberculose au Cameroun était estimé l’année précédente147. Parmi les IST recensées, la à 7 800 cas soit un ratio de 35 décès pour 100 000 gonococcie avait la prévalence la plus élevée (32%), habitants. En 2014, 91 des 126 cas de TB-MR dépistés suivie de la syphilis (30%), de la trichomonase (26%), ont été soumis au traitement. Pour ce qui concerne la co- de l’infection au chlamydiae (8%) et du chancre mou infection TB/VIH, la séroprévalence du VIH observée (4%). L’augmentation de la prévalence des résistances était de 37% chez les tuberculeux à bacilloscopie des microorganismes aux antibiotiques est l’une des positive (TPM+). La prévalence du VIH parmi les principales causes d’échecs thérapeutiques rencontrées. patients tuberculeux varie d’une région à l’autre : de 18% dans l’Extrême-Nord à 60% dans le Nord- 138. Depuis le 1er mai 2007, les ARV sont gratuits Ouest151. pour les patients suivis dans toutes les Unités de Prise En Charge (UPEC) et les Centres de Traitement Agréés 141. Au cours de la même année, 238 CDT étaient (CTA). D’après le MINSANTE, le taux de couverture fonctionnels soit un ratio d’un (01) CDT pour 87886 pour le traitement ARV est passé de 42,6% en 2016148 habitants (la norme OMS étant comprise entre 50000 Ŕ pour atteindre 51,0% en 2018. Les personnes sous 150000 habitants). Le taux de guérison oscille entre traitement ARV sont près de 224.000 personnes en juin 45% à Yaoundé et 84% dans la région du Nord. 2017 dont environ 8500 enfants de moins de 5 ans. En Certains CDT (Hôpital Jamot de Yaoundé, CMA 2012, seuls 10% des patients sous ARV ont catholique de la Dibamba dans la région du Littoral, régulièrement fait leur bilan biologique. En 2013, plus Hôpital régional de Bamenda, CSI de Djarengol de la moitié des fonds dépensés (69,3%) dans la lutte Kodeck dans la région de l’Extrême-Nord, CMA de Lafe Baleng à Bafoussam) sont des centres de DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 32 référence pour la prise en charge de la tuberculose réponse, des campagnes de déparasitage multi-résistante152. systématique dans les écoles et la communauté. Le diagnostic et le traitement de ces infections sont aussi 142. Paludisme : d’une manière générale, sur 19 effectifs dans toutes les formations sanitaires 161. 727 décès enregistrés dans les formations sanitaires en 2013, 22,04% (soit 4349 cas) étaient liés au 147. Lèpre et Ulcère de Buruli : La lutte contre la paludisme153. Ce taux était de 29% en 2009154. Les lèpre et l’ulcère de Buruli est organisée depuis 2009, taux d’incidence et de mortalité liés au Paludisme sont au sein du Programme National de Lutte contre le Pian, en nette régression depuis environ dix ans. En effet, on la Leishmaniose, la Lèpre et l’ulcère de Buruli162.La prise note d’une part une baisse de 15,61% du nombre de en charge des cas est gratuite mais les coûts indirects cas de paludisme entre 2009 et 2012, et d’autre part, constituent un fardeau important pour les malades et les une baisse de 34% de la mortalité hospitalière entre familles affectées163,164. En 2014, la polychimiothérapie 2008 et 2012155. En 2011, les dépenses par habitant des cas de lèpre était disponible dans 189 districts de liées au paludisme étaient de 6752FCFA156. Le santé165 . traitement préventif intermittent du paludisme chez la femme enceinte est gratuit depuis 2006. Il en est de 148. Trypanosomiase humaine africaine (THA) : même pour le traitement du paludisme simple et grave Le Programme National de Lutte contre la chez les enfants de moins de 5 ans depuis 2011 et en Trypanosomiase Humaine Africaine (PNLTHA) a été mis 2014 respectivement157. en place en 1990.Toutefois, la mise en œuvre des activités planifiées est insuffisante. Au cours des cinq 143. Hépatites virales : face à l’ampleur des dernières années, plus de 100 828 personnes ont été hépatites virales B, Delta et C, (cf. paragraphe consultées et 51 cas ont été dépistés et traités166. 3.3.1.1.) la réponse institutionnelle s’organise progressivement. En effet, leur prise en charge est 149. Trachome : Le traitement du trachome fait désormais subventionnée dans trois formations appel à la stratégie « CHANCE » (= Chirurgie du sanitaires des régions du Centre et du Littoral. Bien plus, trichiasis, Antibiothérapie (Tétracycline, Azythromycine), l’évolution se fait vers plus de décentralisation de cette Nettoyage du visage, Changement de l’Environnement). prise en charge. Dans les autres structures, le traitement La prise en charge des cas se fait notamment à travers est encore peu accessible en dépit de la réduction du les distributions de masse de l’Azythromycine et de la coût des médicaments. Les cas de co-infection du virus Tétracycline. Lesdites distributions ont débuté en 2011. de l’hépatite virale B et du VIH sont pris en charge En 2014, 1 156 483 patients ont été traités, et 3 889 gratuitement au niveau des UPEC et des CTA. Pour la cas de trichiasis ont été opérés167. Selon des enquêtes prise en charge de l’hépatite virale C, des efforts sont d’impact réalisées en 2014 dans sept districts de santé préconisés pour rendre disponibles de nouveaux de l’Extrême Nord affectés par le trachome, trois antiviraux à moindre coût158. années de traitement de masse ont permis l’élimination de cette affection dans cinq des sept districts.
3.4.1.2. Maladies Tropicales Négligées (MTN)
3.4.1.3. Prise en charge des maladies à potentiel 144. Ce paragraphe présente la réponse du épidémique système de santé aux différentes maladies tropicales négligées. La situation épidémiologique de ces 150. La prise en charge des MAPE est assurée dans maladies a déjà été décrite dans le chapitre prévention toutes les structures sanitaires du pays. Elle est (cf.- paragraphe 3.3.1.2.). également faite au niveau communautaire pour certains cas de MAPE. Lors des épidémies, la prise en charge 145. Onchocercose et Filariose Lymphatique : la des cas est gratuite. Des centres d’isolement et de prise en charge de ces affections fait appel à la traitement sont nécessaires pour certaines pathologies, polychimiothérapie de masse comme principale notamment pour la maladie à virus Ebola ou la COVID- stratégie de lutte. En 2014, le taux de couverture 19. Des équipes d’intervention rapide ont été formées thérapeutique par le Traitement à l’Ivermectine sous et outillées mais leur nombre reste insuffisant au vue de Directives Communautaires (TIDC) était de 79,84% et le la menace. Pourtant, une prise en charge efficace des taux de couverture géographique s’élevait à MAPE nécessite des ressources matérielles, financières, 98,98%159. En ce qui concerne la filariose Lymphatique, logistiques et humaines multidisciplinaires incluant des la stratégie de lutte est basée sur le traitement de spécialistes en santé animale. Mais ces ressources sont masse à l’Ivermectine et à l’Albendazole dans les zones le plus souvent insuffisantes. endémiques160.
3.4.2. Conditions maternelle, néonatale, infanto- 146. Schistosomiases et helminthiases juvénile et des adolescents intestinales : Face à la grande ampleur de ces affections, l’Etat organise chaque année en guise de DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 33 151. La description des interventions concernant la 157. Planification familiale : (voir promotion de la cible mère-enfant et adolescent portera sur les soins santé paragraphe 3.2.4). obstétricaux, néonataux et d’urgence complets (SONUC) ; les Soins Après Avortement (SAA) ; les soins 158. Prévention de la Transmission du VIH de la prénataux, les conditions d’accouchement, et les soins Mère à l’Enfant (PTME) : (voir prévention de la maladie, postnataux. paragraphe 3.3.2.6)
3.4.2.1. Situation des bénéficiaires 159. Santé de l’enfant : Le taux de mortalité néonatale est passé de 31‰ à 28‰ naissances 152. Santé de la mère et du nouveau-né : Situation vivantes entre 2011 et 2014, et ce taux représente des interventions à haut impact et des indicateurs de près de la moitié de la mortalité infantile 175,176. Le taux santé de la cible mère et nouveau-né. de mortalité infantile est quant à lui passé de 74‰ à 60‰ ; les régions du Nord et de l’Extrême-Nord sont 153. Soins prénataux et conditions d’accouchement : les plus touchées. Enfin, le taux de mortalité infanto- le ratio de mortalité maternelle est passé de 430 à juvénile est passé de 122‰ à 103‰ naissances 782 décès pour 100 000 naissances vivantes entre vivantes au cours de la même période. Chez les enfants 2004 et 2011168,169. Cette augmentation était en de 2 mois à 5 ans, le paludisme (21%), la diarrhée partie due : (i) au faible taux d’accouchements par (17%), la pneumonie (17%) et le VIH/SIDA (7%) césarienne (2,4% en 2014 ) . Ce taux est inférieur à la constituent les principales causes de mortalité 177. La limite minimale acceptable retenue par l’OMS qui est malnutrition chronique est cause de 14,7% des décès de 5%) ; (ii) au fort taux d’accouchement à domicile chez les enfants de moins de cinq ans 178. (35,9%), sans assistance de personnel de santé formé surtout dans les régions septentrionales ; (iii) à la faible 160. Santé des adolescents et des jeunes : La accessibilité financière et géographique aux services prévalence du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans était de soins, (iv) à la faible disponibilité de certains de 1,7% en 2011. Elle était cinq fois plus élevée chez médicaments essentiels dans les FOSA (exemple : les filles (2,6%) que chez les garçons (0,5%). La région sulfate de magnésium) et des produits sanguins pour du Sud avait la plus forte prévalence au VIH (8,5% des sauver la vie des mères et des nouveaux nés; (v) à la filles infectées). Le taux de fécondité des filles de 15 à faible prévalence contraceptive moderne (16% en 19 ans est passé de 127‰ à 119‰ entre 2011 et 2014) ; (vi) à la prévalence élevée du VIH chez les 2014. A l’âge de 15 ans, 8,3% des femmes avaient femmes (5,6% contre 2,9% chez les hommes) 170 ; (vii) déjà eu au moins une naissance et 50% un bébé à aux barrières socio culturelles qui constituent des freins l’âge de 19 ans et demi. Quant à la planification de l’utilisation des services SRMNEA; et enfin, (viii) à la familiale, 91% des filles et 100% des garçons de 15 à couverture en CPN4 encore peu satisfaisante (58,8% 19 ans connaissaient au moins une méthode en 2014)171. Toutefois, l’on peut constater que le taux contraceptive179,180. de mortalité maternelle a baissé. Il se situe à 467 décès pour 100 000 naissances vivantes172 . 3.4.2.2. Réponse du système de santé : Analyse des couvertures des interventions à haut impact 154. Par ailleurs, on observe d’importantes de la cible SRMNEA disparités de la couverture en CPN1 entre les régions d’une part, et mais aussi entre milieu urbain et rural 161. Plusieurs plans d’action ont été élaborés pour d’autre part. réduire la mortalité maternelle et infanto-juvénile, mais les résultats obtenus jusqu’ici restent insuffisants. Le 155. Les trois quarts des décès maternels sont dus à Programme National multisectoriel de Lutte contre la des causes obstétricales directes telles que les Mortalité Maternelle, Néonatale et Infanto-juvénile hémorragies (45,5%), la dystocie (22,3%), la pré- (PLMI) ambitionne d’apporter une réponse globale et éclampsie/l’éclampsie (10,6%) et les infections du post- intégrée aux problèmes de santé de la mère, du partum (8,9%). Les trois quarts des décès maternels nouveau-né et de l’enfant et de l’adolescent181. Cette sont dus aux causes obstétricales directes telles que les action se veut multisectorielle avec l’implication de hémorragies (45,5%), la dystocie (22,3%), la pré- plusieurs administrations. Le MINSANTE assure la éclampsie/l’éclampsie (10,6%) et les infections du post- présidence du Comité National de lutte contre la partum (8,9%)173. mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile et la vice-présidence est assurée par le MINPROFF. 156. Soins postnataux : en 2014, les taux de Concernant particulièrement l’autosuffisance en produits consultation postnatale de la mère et de l’enfant dans sanguins de qualité, l’hémorragie étant l’une des les 48heures suivant la naissance étaient insuffisants respectivement de 65 % et de 68,5%174. principales causes de mortalité chez les femmes en voie d’accouchement et les enfants atteints d’anémie, le Programme National de Transfusion Sanguine créé en DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 34 mars 2013, est également l’une des réponses 167. On dénombre 3 établissements SONUC pour institutionnelles à l’amélioration des indicateurs de 500 000 habitants, au lieu de 5/500 000 habitants 189. mortalité maternelle, néonatale et infanto juvénile. L’étude SONU en 2010 montre que sur les 15% des complications de grossesses attendues, seulement 8,7% 162. Afin de combler l’énorme gap en ressources sont reçues dans les formations sanitaires. humaines qualifiées pour les prestations de services de 3.4.3. Maladies Non Transmissibles (MNT) santé de la mère et du nouveau-né, 10 écoles de sages-femmes ont été créées dans 6 régions du pays, 168. En 2013, ces maladies représentaient près de en 2011 et 2012. 40% du poids global de la maladie au Cameroun (cf. Figure 2). Au cours de la même année, elles ont été 163. La CPNR (consultation prénatale recentrée) et responsables de 882 et 862 décès pour 100 000 chez l’accouchement assisté par un personnel qualifié sont les les hommes et les femmes respectivement190. La situation principaux piliers de la réduction de la mortalité épidémiologique des MNT au Cameroun a été abordée maternelle. Afin d’améliorer l’accès des bénéficiaires dans la composante « prévention de la maladie » (cf. aux soins obstétricaux, le pré-positionnement des kits paragraphe 3.3.3). obstétricaux dans les formations sanitaires a été initié en 2011182. En 2014, il était effectif dans neuf régions. 169. La prise en charge communautaire des MNT Il est prévu dans le cadre du projet chèque-santé, que reste encore embryonnaire. Quelques ONG ou cette stratégie évolue vers la forfaitisation des soins associations ont bénéficié d’une Lettre d’Accord de obstétricaux, avec un coût unique pour tout le paquet Collaboration délivrée par le MINSANTE et travaillent des services obstétricaux (accouchement, césarienne, dans le domaine de la lutte contre les MNT 191. Leurs transfusion sanguine autres complications, transport des activités sont principalement focalisées sur le plaidoyer urgences, etc.). Grâce à la mise en œuvre de ces pour la mobilisation des ressources et la sensibilisation. stratégies, le taux d’accouchement assisté par un personnel qualifié, à légèrement évolué entre 2014 et 170. Groupe 1 : HTA et autres affections 2018 en passant de 64,7% à 69%183,184. cardiovasculaires, Diabète et Maladie rénale chronique. Avec près de 11,56% des décès totaux, les 164. Entre 1991 et 2018, le pourcentage de maladies cardiovasculaires, représentaient la deuxième naissances par césarienne a peu changé : 2,3 % en cause de mortalité au Cameroun en 2013 (Tableau 1991, 2,0 % en 2004, 3,8 % en 2011, 2,4% en 2014 3)192. En 2010, l’épidémie avait touché plus de femmes et 3,5 % en 2018185,186. Cette tendance montre qu’en avec près de 523 décès pour 100 000 contre 472 30 ans, le pays n’a toujours pas réussi à franchir le seuil décès pour 100 000 chez les hommes193. Pour ce qui des 5% retenus par l’OMS comme limite inférieure est de l’hypertension artérielle, la prévalence nationale acceptable. Cette faible performance révèle les de l’HTA est de 29,7%194. insuffisances de la prise en charge des complications obstétricales qui ont pourtant pour conséquences la 171. La prise en charge des affections mortalité maternelle. Ce faible taux indique également cardiovasculaires et du diabète se fait dans les que le système de référence et de contre référence formations sanitaires de la 1e à la 4e catégorie. En ainsi que celui de transfert/évacuation des urgences outre, le pays dispose de trois centres spécifiques de sont peu performants. prise en charge du diabète (Hôpital Central de Yaoundé, Hôpital Régional de Garoua, et Hôpital 165. En ce qui concerne la PTME, le pays a adopté Régional de Bamenda) et de 9 centres spécialisés pour en 2012 l’option B+ pour la prise en charge de la prise en charge du diabète chez l’enfant. Une l’infection au VIH chez la mère et le nouveau-né. cinquantaine d’hôpitaux de districts abrite des cliniques Pour ce qui est de la planification familiale, environ diabétiques et mène des activités d’éducation à la 20% des formations sanitaires ont au moins un prévention de l’hypertension, du diabète et d’autres prestataire formé en technologie contraceptive, 71,3% affections cardiovasculaires. Au niveau opérationnel offrent les méthodes de courte durée ; 19,4% des (district de santé), la qualité de la prise en charge des formations sanitaires disposent d’implants ; 18,8% ont affections cardiovasculaires est très souvent limitée du fait de l’indisponibilité des guides nationaux de prise le DIU et 4,5% offrent la Contraception Chirurgicale en charge. A cela s’ajoute l’insuffisance des plateaux Volontaire (CCV)187. techniques adéquats. 166. La pratique de la PCIME Clinique n’est pas 172. La prise en charge de la maladie rénale et de généralisée dans tous les districts de santé. En 2010, le ses complications est effective dans les 10 régions du pourcentage des DS disposant d’un personnel de santé Cameroun et le coût d’une session d’hémodialyse est formé à la PCIME était estimé à 31%188. subventionné par l’Etat à hauteur de 105 000 FCFA et le patient contribue pour 5000 FCFA/ séance depuis l’année 2002. Malgré cette subvention, les dépenses DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 35 supportées par les malades restent élevées et peuvent 177. Des unités de prise en charge de la parfois atteindre un million de FCFA par mois en phase drépanocytose ont été créées à Yaoundé et Douala d’initiation195. (Centre Mère-Enfant de Yaoundé et Hôpital Laquintinie de Douala) ; cependant, le pays ne dispose que de 10 173. Groupe 2 : Cancers, asthme et autres médecins hématologues qui de surcroît n’exercent pour affections respiratoires chroniques. Le Programme la plupart (6) que dans ces deux grandes villes. National de Lutte contre le Cancer a été créé en 2002, suivi en 2003 par l’ouverture de registres des cancers à 178. La prise en charge des maladies mentales n’est Yaoundé et à Douala196. Le pays dispose de deux pas suffisamment assurée. Le pays possède deux centres de radiothérapie, dont le fonctionnement n’est centres spécialisés avec des plateaux techniques pas optimal. La prise en charge des cancers reste très adéquats pour la prise en charge des maladies couteuse pour les malades et leurs familles malgré les mentales (Hôpital Jamot de Yaoundé et Hôpital subventions accordées par l’État et par certaines ONG. Laquintinie de Douala). A l’échelle nationale, le nombre Les hôpitaux de 1ère et 2ème catégories ont de psychiatres et autres professionnels de la santé généralement des services spécialisés pour la prise en mentale est insuffisant (10 au total et 6 dans le sous- charge des maladies respiratoires chroniques. secteur public). Les populations ont donc souvent, pour Cependant, les équipements et/ou les médicaments et des raisons socio culturelles et économiques, recours aux intrants nécessaires à leur prise en charge sont bien services de la médecine traditionnelle ou à d’autres souvent absents ou insuffisants. Des centres régionaux types de soins. L’absence d’un plan stratégique national d’imagerie médicale ont été créés dans huit régions 197. intégré de santé mentale au Cameroun ne permet pas Ces centres sont parfois à l’arrêt, du fait de l’absence d’organiser et de coordonner efficacement la prise en d’une politique de maintenance structurée. charge des cas de maladies mentales. 179. Pour pallier au déficit de ressources humaines, un cycle de spécialisation en santé mentale a été créé à 174. Groupe 3 : Affections bucco-dentaires, l’Université de Yaoundé I, ainsi qu’une école d’infirmiers troubles visuels et auditifs chroniques. La surdité et la spécialisés en santé mentale. malvoyance représentent les premier et quatrième handicap au Cameroun avec respectivement 38,8% et 180. Groupe 5 : Traumatismes, violences, 10,9% des infirmités198. Le diagnostic et la prise en intoxications, urgences et catastrophes. La protection charge de la cataracte, du glaucome et des déficiences civile : le Cameroun a connu plusieurs catastrophes auditives restent encore limités aux hôpitaux de 1 ère, naturelles (à l’instar des inondations de 2010, 2011 et 2ème et 3ème catégories. Il existe un plan stratégique 2012 qui ont causé près de 60 000 sinistrés dans le national de santé oculaire, mais la lutte contre les septentrion), mais aussi plusieurs flambées et affections oculaires n’est pas organisée et se fait sans résurgences de diverses maladies à potentiel coordination. épidémique. D’autres catastrophes ont également été enregistrées au cours des dernières années : (i) le crash 175. Les services de prise en charge des maladies d’un avion commercial en 2007, (114 décès), (ii) le buccodentaires sont disponibles dans toutes les naufrage d’un navire à Campo (26 décès), (iii) les formations sanitaires du niveau central et régional, mais multiples incendies récurrents dans les marchés des ils sont insuffisamment équipés et/ou mal entretenus. On grandes villes, (iv) les accidents de la voie publique dénombre un chirurgien-dentiste pour 87 500 (AVP) et (v) les guerres et actes terroristes. Un plan habitants199. Ce chiffre est largement inférieur aux national de contingence a été élaboré en 2011 pour la normes de l’OMS qui recommande 1 pour 2 000 gestion des urgences et des catastrophes201. Le système habitants. L’inexistence d’une politique nationale de de secours et d’assistance aux victimes d’accidents est santé bucco-dentaire au Cameroun ne permet pas multisectoriel, le leadership étant assuré par le d’organiser et de coordonner de manière efficace les MINATD. Le secteur santé assure la réponse santé. soins. 181. Les grands fléaux tels que la résurgence des 176. Groupe 4 : Épilepsie et autres affections épidémies, l’insécurité transfrontalière et le terrorisme, neurologiques, drépanocytose, maladies génétiques exigent désormais une pro-activité de tout système de (orphelines), et maladies dégénératives (y compris santé. Au Cameroun, un plan multi risques est en cours les maladies mentales et les affections de préparation dans le cadre du Global Health Security rhumatismales). La mise en œuvre du plan stratégique Agenda (GHSA) pour répondre de façon plus efficace de lutte contre l’épilepsie n’est pas optimale ; toutefois aux multiples urgences et évènements majeurs de santé le pays dispose d’un guide national de prise en charge publique202. à l’usage du personnel médical et d’un guide de prise en charge communautaire200. 182. Pour ce qui est du cas spécifique de la COVID- 19, des équipes ont été mobilisées et formées DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 36 rapidement. Des centres de prise en charge ont été (3,5%) sont les plus fréquentes suivies des déficiences créés et des mécanismes de traçage des cas contact ont motrices (1,5%)207. La prévalence des handicaps varie été mis sur pied. Ces précautions ont permis au en fonction des régions à travers le triangle national et Cameroun de n’enregistrer un faible taux de létalité fait ressortir trois grands groupes à savoir : prévalence estimé à 1,8% au cours de la 50ème semaine élevée au Sud et Littoral (10 à 11%) ; prévalence épidémiologique de l’année 2020. moyenne au Centre, Nord-Ouest, Ouest et Extrême Nord (6 à 7%) ; prévalence faible au Sud-ouest, 183. Les urgences médico-chirurgicales : leurs Est, Nord et Adamaoua (3 à 5%). À ce jour, seul le statistiques au niveau national ne sont pas connues ; département ministériel en charge des affaires sociales toutefois celles enregistrées à l’Hôpital Central de dispose d’une formation sanitaire spécialisée dans la Yaoundé sont de deux types : (i) les urgences médicales réhabilitation des handicapés moteurs. Toutefois, constituées majoritairement par la pathologie quelques services de kinésithérapie et de rééducation infectieuse (50%) avec comme socle l’infection à VIH, fonctionnelle dans certaines formations sanitaires les affections cardiovasculaires (10%), les anémies relevant du Ministère de la santé publique sont sévères (6%), et (ii) les urgences traumatologiques opérationnels. Certaines initiatives sont en outre menées dominées par les AVP (60%), les violences et les dans les régions pour réhabiliter les handicapés accidents domestiques203. De plus, la rage et les moteurs et sensoriels. envenimations sont des fléaux de plus en plus préoccupants avec près d’une trentaine de décès 187. Sur le plan institutionnel, une loi a été cumulés enregistrés à la fin du 3eme trimestre 2015204. promulguée en 2010 pour le renforcement de la prévention médicale des handicaps à travers entre 184. La couverture des besoins en transfusion autres des bilans prénuptiaux et des examens de sanguine est faible. En 2014, alors que les besoins dépistage en milieu scolaire et professionnel. annuels en sang au Cameroun étaient estimés à environ 400 000 poches, seulement 10% étaient couverts205. 188. En effet, la loi N° 2010/002 du 13 Avril Les services de réanimation/soins intensifs ne sont 2010, qui distingue trois types de handicaps à savoir : disponibles que dans les hôpitaux de 1ereet 2eme les handicaps physiques, les handicaps mentaux et les catégories. Peu d’hôpitaux disposent de salles de poly handicaps, encadre juridiquement les actions visant déchoquage. Aucune filière de prise en charge des leur prévention, et leur prise en charge tant sur le plan maladies à haute mortalité n’est disponible : clinique que communautaire. coronarographie pour infarctus, choc septique ou thrombolyse pour accidents vasculaires cérébraux dont 189. Personnes âgées. D’après les projections le nombre est important (tableau 3). démographiques réalisées par le BUCREP en 2011, les personnes âgées de 60 ans et plus auront atteints un 185. Un Service d’Aide Médicale et des Urgences effectif de 1 312 282 personnes en 2020208. Les (SAMU) a été créé pour la prise en charge des personnes âgées rencontrent des difficultés liées aux urgences extra hospitalières, cependant il est très peu problèmes de santé chroniques tels que les maladies fonctionnel. Le Centre des Urgences de Yaoundé cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires (CURY) et les Services d’Accueil et des Urgences (SAU) chroniques, le diabète, la déficience visuelle et auditive des hôpitaux sont des structures dévolues à la prise en et le déclin des capacités mentales. Ce qui nécessite des charge des urgences. Cependant, la prise en charge services de soins de santé à long terme qui sont très des cas y est souvent conditionnée par le paiement des souvent inaccessibles. soins à recevoir. Par ailleurs, les ressources humaines affectées dans ces services sont encore insuffisantes. Le 190. Or, comme dans de nombreux pays d’Afrique taux de satisfaction des usagers des Services d’Accueil subsaharienne, la question du vieillissement en bonne et des Urgences de la ville de Yaoundé était de 51,5% santé n’est pas classée parmi les priorités dans la en 2011. Les cas d’insatisfactions étaient en grande politique sanitaire du pays. A l’exception d’un service partie dues à de longs délais d’attente avant la prise de gériatrie à l’hôpital central de Yaoundé, le système en charge proprement dite, à des coûts directs et national de santé ne dispose pas d’un dispositif qui est indirects de prise en charge élevés, à la survenue approprié et favorable aux personnes âgées malgré le de nombreuses complications et séquelles, ainsi qu’à fait que leur effectif s’accroit rapidement. une forte mortalité206. 191. Le faible accès des personnes âgées aux
3.4.4. Condition des handicapées et des personnes services de soins de santé à long terme a pour source âgées explicative l’insuffisance d’offre de service gériatrique, le manque de qualification du personnel chargé de 186. Handicaps moteurs, sensoriels et autres. Plus l’offre des soins dans les services gériatriques et de 5% de la population souffre d’au moins un handicap l’absence d’un système de sécurité sociale en faveur sensoriel et/ou moteur. Les déficiences sensorielles des personnes âgées. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 37
3.5. Composante renforcement du système de 193. Le Cameroun ne dispose pas encore d’une santé stratégie nationale de financement de la santé. Les différentes fonctions du financement (collecte des 192. Classé 164eme parmi les 191 pays évalués par ressources, mise en commun des ressources et l’OMS en 2001, le système de santé camerounais est mécanismes de partage du risque maladie, et achat faible. Par conséquent, il ne répond pas efficacement des services de santé) ne répondent donc pas à un aux besoins des populations209. L’analyse du système cadre logique national. Le financement de la santé sera de santé sera effectuée suivant ses six piliers, qui sont : présenté à travers ses trois fonctions. i) financement de la santé, ii) offre de services, iii) ressources humaines en santé, iv) information sanitaire 3.5.1.1. Collecte des ressources et recherche en santé, v) pharmacie et médicaments, vi) gouvernance et leadership. Ce dernier pilier sera 194. Selon les Comptes Nationaux de la Santé de analysé séparément dans une deuxième composante l’année 2012, le volume total du financement de la transversale intitulée « Gouvernance et pilotage santé était de 728 milliards FCFA, soit 5,4% du PIB. Les stratégique». principales sources de financement (figure 4) étaient : les ménages (70,6%), le Gouvernement (14,6%), le
3.5.1. Financement de la santé secteur privé (7,7 et les bailleurs de fonds (6,9%)210. 0.2% 0,02% 7,7% Ménages 6,9% Gouvernement Fonds des bailleurs 14,6% Fonds des employeurs ONG nationales 70,6% Autres revenus Figure 4: Répartition du financement de la santé au Cameroun par type de source (2012) Source : Comptes Nationaux de la Santé 2012 195. Financement de l’État : Le montant total du budget national alloué au MINSANTE a augmenté en volume depuis 2008. Cependant le pourcentage par rapport au budget national a baissé entre 2011 et 2015 (figure 5) 211. Figure 5: Évolution du budget alloué au MINSANTÉ depuis 2008. 250 100% Part du budget du MINSANTE 207,1 Budget du MINSANTE 200 80% 162,4165,9 151,8151,4 150 60% Budget du MINSANTE 113,3122,2 (milliard FCFA) 95,5 100 40% Part du budget du 50 20% MINSANTE sur le budget 3.8 4.9 4.8 5.9 5.4 5.0 5.0 5.5 national (%) 0 0% 20082009201020112012201320142015 Année Source : Lois de finances 2008-2015 ministère du secteur. La part du budget de l’Etat 196. Depuis 2013 et l’instauration du budget allouée à la fonction santé reste donc en dessous de programme, le MINSANTE est considéré comme le seul l’engagement pris par les chefs d’Etats africains lors du DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 38 sommet d’Abuja en Avril 2001 qui préconisait d’allouer budget national alloué au MINSANTE montre que celui- 15% du budget national à la fonction santé212. ci a considérablement baissé à partir de 2017 pour se stabiliser autour de 4%. Cette baisse a 197. Entre 2014 et 2019, le montant total du significativement impacté sur le niveau de mise en budget national alloué au MINSANTE a évolué en dent œuvre des interventions planifiées au cours de la de scie. Il a atteint son pic le plus élevé en 2016 (236,2 première phase (PNDS 2016-2020) de mise en œuvre milliards de FCFA). Par ailleurs, l’analyse de la part de de la SSS 2016-2030. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 39 Tableau 6 : Evolution du budget alloué au MINSANTE et de son exécution depuis 2005 PART DU BUDGET DU MINSANTE BUDGET BUDGET TAUX EXERCICE SUR LE BUDGET ETAT MINSANTE D'EXECUTION NATIONAL 2 005 1 742 903 85 588 4,91% 60,20% 2 006 1 861 000 84 250 4,53% 65,58% 2 007 2 251 000 105 266 4,68% 65,46% 2 008 2 482 000 87 629 3,53% 85,55% 2 009 2 301 400 116 740 5,07% 71,11% 2 010 2 530 600 123 701 4,89% 71,63% 2 011 2 571 000 151 810 5,90% 90,24% 2 012 2 800 000 151 420 5,41% 80,72% 2 013 3 236 000 162 048 5,01% 84,89% 2 014 3 312 000 165 870 5,01% 88,01% 2 015 3 746 000 207 600 5,54% 92,12% 2 016 4 234 700 236 157 5,58% 98,92% 2 017 4 373 200 208 195 4,76 % 88,86% 2 018 4 513 500 175 540 3,89% 98,25% 2 019 4 805 500 207 943 4,33% 91,57% 2 020 4 951 700 213 651 4,31% Source : loi des finances 2005-2020. 198. Financement venant des ménages : La contribution des ménages représentait près de 66% des dépenses totales de santé en 2014, soit la 3ème plus importante contribution en Afrique Sub-saharienne derrière le Soudan et le Nigeria (Figure 6)213. On note que cette estimation faite par l’OMS n’est pas très différente de l’estimation nationale des Comptes Nationaux de la Santé (70,6%). Figure 6: Pourcentage de la dépense totale en santé venant directement des patients . 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Seychelles Botswana South Africa Namibia Mozambique Swaziland Malawi Sao Tome and Principe Lesotho Gambia Congo Equatorial Guinea Burundi Gabon Cabo Verde Republic of United Republic of Tanzania Angola Kenya Ghana Rwanda Zambia Liberia Ethiopia Djibouti Zimbabwe Senegal Democratic Republic of the… Burkina Faso Benin Chad Uganda Madagascar Mauritania Comoros Guinea Mali Central African Republic Togo Mauritius Guinea-Bissau Côte d'Ivoire South Sudan Eritrea Niger Sierra Leone Cameroon Nigeria Sudan Source : Base de données des Comptes Nationaux de la Santé, WHO, 2014 199. Financements extérieurs (FINEX) : Le MINSANTE mobilise de nombreux partenaires techniques et financiers internationaux. En 2015, les FINEX (prêts et dons confondus) ont permis de financer à hauteur de 65 milliards les interventions dans les domaines ci-dessous (tableau 4).214 DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 40 Tableau 7: Contributions totales des partenaires par programme en 2015 (milliards FCFA) Domaines 2015 Santé de la mère, de l’enfant, et de l’adolescent 22 34% Lutte contre la maladie et promotion de la santé 25 38% Viabilisation du district de santé 18 28% TOTAL 65 100% Source : MINSANTE - Division de la Coopération, 2015 développement de la para-fiscalité afin d’accroître le 200. Les ressources financières publiques allouées à financement de la santé. la santé sont insuffisantes, ce qui favorise une dépendance aux financements extérieurs. De plus on 204. Financements privés : L’accès aux note que les politiques de santé publique basées sur la financements privés et leur utilisation efficiente constitue gratuité ou la subvention des intrants et prestations sont un enjeu important et une source à fort potentiel pour le essentiellement financées par les FINEX. Cependant, les financement de la santé. Ils constituent une opportunité FINEX sont empreints d’un manque de visibilité dans leur de diversification des sources de financements face aux prévision à moyen terme (3-5ans) et il est prévu une contraintes budgétaires liées aux financements diminution significative de la contribution des publiques. partenaires dans les années à venir, en particulier l’inéligibilité du Cameroun aux financements de
3.5.1.2. Mise en commun des ressources et partage l’Alliance GAVI projetée pour 2020. En effet, les du risque maladie principaux partenaires multilatéraux conditionnent désormais leurs appuis dans la perspective d’un retrait 205. La mise en commun des ressources venant des progressif à l’instar du Fonds Mondial qui développe différentes sources de financement est limitée pour des conditions de co-financement qui exigent une plusieurs raisons. contrepartie progressivement croissante de l’Etat. 206. Premièrement, les paiements des patients 201. La multiplicité des procédures et des instances collectés au niveau des formations sanitaires sont pour de coordination, la fragmentation du financement de la une grande partie (90% environ) réinvestis directement santé et la faible mise en commun des FINEX entrainent dans les activités de celles-ci. Seulement 10% une perte d’efficacité et d’efficience lors de leur alimentent le fonds de solidarité constitué au niveau utilisation. En conséquence, ils contribuent peu au national, qui peut ensuite être mobilise pour répondre à renforcement du système de santé. A titre illustratif, en des problèmes prioritaires dans le secteur santé. 2014, 63% des FINEX couvraient la lutte contre les maladies transmissibles (Paludisme 51%, VIH/SIDA 207. Deuxièmement, les systèmes de prépaiement 12% et Tuberculose 0,3%), 27% étaient alloués aux sont peu développés et fragmentés. En effet, les interventions relatives à la santé de la mère et de dépenses de santé des ménages sont constituées à près l’enfant, et seulement 5% étaient affectés au de 99% des paiements directs au point de contact avec renforcement du système215. l’offre de soins et seulement 1% de ces dépenses passent par des mécanismes de mutualisation du risque 202. Ressources nationales hors budget de l’État : ou de tiers.86 En marge du budget de l’État, de nombreux acteurs nationaux s’investissent, à titre caritatif et humanitaire, 208. En 2014, il existait 43 mutuelles actives pour soutenir des actions de santé. Ces actions se couvrant 63 000 personnes, soit 0.2% de la population traduisent notamment par des campagnes de santé, nationale.216 L’affiliation à une mutuelle se fait sur la s’inscrivant ou non dans le cadre des instruments de la base du volontariat pour une contribution annuelle stratégie partenariale. En l’absence d’un mécanisme allant de 3 000 à 5 000 FCFA par personne. Un ticket intégré de suivi, l’incidence financière de ces modérateur de 10 à 50% des frais des services et soins interventions ne peut être évaluée. de santé reste à la charge du patient. 203. Financements innovants : Le MINSANTE et 209. D’autres initiatives privées non-lucratives ses partenaires techniques et financiers sont engagés assurent la protection financière des patients. C’est le dans les stratégies innovantes de mobilisation des cas de BEPHA (Bamenda Ecclesiastical Province Health ressources additionnelles. On peut citer à titre Assistance) dans les régions du Sud-Ouest et du Nord- illustratif la participation à l’initiative mondiale UNITAID Ouest. L’adhésion n’est pas individuelle et la à travers les fonds issus d’une quotité de 10% de la contribution est volontaire par famille pour éviter la taxe aéroportuaire prélevée sur les billets d’avion des vols internationaux. Les réflexions sont en cours pour le DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 41 sélection inverse3. En 2013, BEPHA comptait 30 000 214. Subvention de la gratuité de certains soins : membres et projetait d’atteindre 80 000 d’ici 2017. 217 Depuis plusieurs années, certains services et soins sont S’agissant des assurances privées, en 2014 on offerts gratuitement aux populations. Parmi ceux-ci, on dénombrait 16 compagnies d’assurance offrant une peut citer : la prise en charge du paludisme pour les couverture du risque maladie pour une souscription enfants de moins de 5 ans et la dispensation des moyenne de 155 000 FCFA par adulte et par an.218 antirétroviraux pour les PVVIH, etc. Or, les lois économiques montrent qu’une gratuité généralisée sans 210. En 2011, on estimait que moins de 3% de la mécanisme de compensation financière adéquat pour population était couverte par un mécanisme de les formations sanitaires n’est pas soutenable et viable protection du risque maladie.219 Les recommandations à long terme. Les effets pervers sont notamment : la de la Conférence Interministérielle d’Examen des dégradation de la qualité des soins, les ruptures de Programmes (CIEP) 2015 préconisent le développement stocks et le développement d’un marché noir. Ces d’une stratégie pour la mise en place de la Couverture politiques de gratuité n’ont pas été précédées par des Santé Universelle (CSU) au Cameroun. 220 Un groupe études économiques de faisabilité et de soutenabilité technique intersectoriel national chargé de la mise en fiables avant leur mise en place. place de la CSU a été créé, les acteurs ont été formés et les différents travaux analytiques et de réflexion 215. Expérimentation du Financement basé sur sont en cours. les résultats (FBR) : Le Financement Basé sur les Résultats a pour objectifs : d’améliorer l’accessibilité
3.5.1.3. Achat des services de santé aux services et soins de qualité, avec pour résultats l’efficience et l’équité du système. Cette approche est 211. Plusieurs mécanismes de paiement des mise en œuvre au Cameroun depuis 2006 et en 2011, prestations de services existent dans le secteur santé, à 400 formations sanitaires dans 26 districts de santé savoir: réparties dans les régions de l’Est, du Littoral, du Nord- ouest et du Sud-ouest étaient enrôlées dans le système. 212. Paiement direct des soins par les ménages : La majorité des coûts des soins (70,6%) sont supportés 216. La revue interne à mi-parcours de ce projet par les ménages qui payent directement ces prestations pilote en Avril-Mai 2013 a montré des résultats au niveau des structures sanitaires.86 Le système de satisfaisants qui ont amené le Gouvernement à prendre paiement direct est source d’inéquité aussi bien dans les décisions suivantes : (i) étendre la phase pilote l’utilisation des services de santé que dans la jusqu’en 2017 pour avoir le temps de préparer le mobilisation des ressources privées et publiques pour la passage à l’échelle nationale, (ii) financer le FBR dans santé. Il expose les ménages à des dépenses très la région du littoral sur le budget de l’État à partir de élevées, conduit aux risques d’appauvrissement dus aux 2014 (670 millions ont été alloués et utilisés à cet soins, et constitue une barrière pour l’accès aux services effet), (iii) étendre le FBR dans les 3 régions de la de santé. Ceci s’explique d’un côté par l’insuffisance du partie septentrionale du pays grâce à un financement financement venant de l’État et de l’autre par le faible additionnel de la Banque Mondiale de 40 millions USD développement des mécanismes de partage du risque soit 20 milliards FCFA (10 milliards de dons et 10 maladie. milliards sous forme de prêts IDA à rembourser). 213. Remboursement des frais de soins par les Depuis l’année 2019, le FBR est passé à échelle. Toutes mutuelles/assurance maladie pour les personnes les régions sont enrôlées et le mécanisme commence à assurées avec ticket modérateur : La majorité des s’implémenter dans les structures du niveau central bien mutuelles sont en faillite et n’arrivent pas à payer les que toutes ne disposent pas encore de contrat de formations sanitaires pour les services offerts à leurs performance. membres. Les raisons de cette faillite sont liées à : (i) une insuffisance dans la conception des mutuelles 217. Le Cameroun a également été éligible au basées sur le volontariat (une telle approche limite le « mécanisme mondial de financement chaque femme partage de risque entre les riches et les pauvres et chaque enfant » (GFF) qui va lui permettre, grâce à un entre les personnes malades et celles en bonne santé) ; cofinancement Gouvernement-Banque Mondiale, de (ii) la modicité de la prime non compensée par un faire passer de façon progressive, le FBR à l’échelle apport extérieur et (iii) une mauvaise gestion des nationale d’ici 2020. Cependant, la mise en œuvre des ressources collectées. meilleures pratiques du FBR se heurte à certains obstacles, notamment les dispositions des lois et textes en vigueur. En outre, la soutenabilité financière de la mise à échelle nationale de cette nouvelle approche 3 La sélection inverse est le fait que les personnes représente un défi majeur à relever. saines ont tendance à moins souscrire aux mutuelles que les personnes qui sont le plus souvent malades, ce qui tend à rendre la mutuelle financièrement non viable. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 42 218. Expérimentation des Chèques santé : Les peu de données permettant de mesurer la performance Chèques Santé sont disponibles dans les établissements de l’allocation budgétaire en matière de santé au du secteur public et privé à but non lucratif accrédités. Cameroun. Toutefois, la mise en application du budget- Les structures SONUB et SONUC préalablement programme depuis 2013 vise à améliorer la gestion accréditées offrent les prestations suivantes : soins de la des ressources financières de l’État et l’efficacité des grossesse, accouchements simples et compliqués, soins interventions de santé. Il convient de relever qu’à partir du post-partum et planning familial, soins de transfert de 2020, ces allocations budgétaires ont été converties et soins néonataux jusqu’au 42ème jour. La rémunération en subsides dans le cadre du passage à échelle du FBR. des prestataires se fait selon deux modes Cette réforme du financement de la santé connait deux complémentaires : (i) une rémunération fixe principaux goulots d’étranglements à savoir : (i) le correspondant aux tarifs des prestations (actes et retard dans le payement des factures ; (ii) la non prise intrants médicaux) adoptés par le MINSANTE ; (ii) une en compte de certains postes de dépenses rémunération variable allouée aux prestataires après incompressibles. audit des critères de qualité et contrôle du respect des procédures de gestion associées au tiers-payant. 221. Malgré la politique de décentralisation en cours, il existe encore une importante centralisation de 219. Le chèque santé utilise les mécanismes l’allocation budgétaire car les fonds décentralisés d’accréditation des FOSA et de paiement des représentaient moins de 3% (6 milliards) du budget du prestataires qui seront capitalisés lors des réflexions MINSANTÉ en 2015. La déconcentration, quant à elle, autour de la CSU. a connu une amélioration ces dernières années avec une ventilation des enveloppes budgétaires ciblant de plus 220. Subvention de l’État pour le fonctionnement en plus le niveau périphérique. En effet, l’allocation des des structures sanitaires. Allocation des ressources : ressources doit être suffisante au niveau opérationnel On note que celle-ci est cadrée par le CBMT (Cadre pour permettre aux structures sanitaires de délivrer un Budgétaire à Moyen Terme) basé sur la conjoncture paquet de soins complet et de qualité aux populations économique, et décliné au niveau Ministériel en CDMT (tableau 5). (Cadre des Dépenses à Moyen Terme). Il existe très Tableau 8 : Ventilation des enveloppes budgétaires 2013-2015 par niveau (en milliards de FCFA) Enveloppes budgétaires (milliards de FCFA) Niveau ANNEE 2013 2014 2015 Central 79,31 62,41 93,49 Périphérique (DA+RT) 82,73 103,46 113,57 Total 162,04 165,87 207,06 Source : Adapté de MINEPAT, MINFI. (Données administratives). DA= Dotation Annuelle, RT= Ressources Transférées 222. La formulation budgétaire se fait verticalement en suivant les plans stratégiques et opérationnels des différents programmes de santé. Ces plans sont budgétisés sur la base des intrants disponibles et non sur les besoins réels des populations couvertes par les structures sanitaires. La formulation budgétaire au niveau périphérique est quasi- inexistante et quand elle est faite les budgets confectionnés ne sont pas toujours consolidés au niveau régional. Or les budgets des districts et des régions devraient être les piliers de la budgétisation nationale, dans une logique bottom-up. Il est par conséquent essentiel de : (i) conduire des études permettant d’évaluer les ressources nécessaires pour la délivrance d’un paquet de soins de qualité par une formation sanitaire à une population donnée ; (ii) former les acteurs du niveau opérationnel à la budgétisation des interventions et (iii) d’allouer les ressources en fonction des priorités validées. 223. Exécution budgétaire : Le taux d’exécution budgétaire (base engagement) a été estimé à 88% en 2014 (tableau 6).221 Cependant, du fait des tensions de trésorerie au niveau du Ministère des Finances, il est parfois difficile de connaitre le niveau réel de dépense effectué par les différents départements ministériels. Par ailleurs, le calcul du taux d’exécution est rendu difficile par l’absence d’un système de collecte et d’analyse de l’information financière. De plus, la lourdeur des procédures de la dépense publique ne garantit pas la visibilité et la prévisibilité de la chaine de dépense. En 2019, il a évolué et se situe à 96,2% soit une augmentation de 8%. (MINFI, Débat d’orientation budgétaire 2020 page 17). DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 43 Tableau 9 : Taux d’exécution (base engagement) du budget MINSANTÉ 2014. Budget Allocation 2014 Montant engagé Taux d’engagement (milliards FCFA) 2014 (milliard FCFA) budgétaire Fonctionnement 91.4 86.9 95% Investissement 74.5 59.0 79% TOTAL 165.9 145.9 88% Source : Document de présentation du budget à l’Assemblée Nationale par le Ministre de la Santé Publique 2015. 224. Suivi et évaluation de l’exécution budgétaire : 227. Soins de santé primaires (SSP). Il n’existe pas, pour l’instant, de système d’information Conformément à l‘orientation stratégique validée par et de suivi global en temps réel de l’exécution les parties prenantes, les Soins de Santé Primaires budgétaire. En effet, le logiciel utilisé pour la constituent la stratégie préconisée pour la satisfaction budgétisation (PROBMIS4) ne permet pas un suivi des besoins de santé de la majorité de la population. prompt de l’utilisation des ressources au niveau Les principes retenus à cet effet sont : une participation décentralisé. Un autre défi majeur lié au contexte communautaire renforcée, une action intersectorielle d’utilisation des ressources est l’absence d’un corpus de plus efficace, la disponibilité des technologies procédures consolidées qui gouverne la gestion des appropriées, l’équité et la justice sociale. L’état des ressources (budget national et financement extérieur) lieux des SSP et le niveau d'atteinte des OMD sont du secteur. Cette situation se traduit sur le terrain par présentés dans le tableau 10 ci-après : des problèmes récurrents de gouvernance et une faible remontée des pièces justificatives. 225. En guise de conclusion sur le financement de la santé, il apparait que le niveau d’efficience des dépenses en santé est faible. À titre illustratif, en 2012, le Cameroun a dépensé $61 par habitant et a eu des résultats comparables à ceux des pays dépensant entre $10 et $15 par habitant.222
3.5.2. Offre de services et de soins 226. La description de l’état des lieux relatif à l’offre de services et des soins concernera les aspects suivants : Types d’offre de services et des soins : o soins de Santé Primaires (paquets d’activités (PMA, PCA) ; o soins spécialisés ; o autres types de soins (médecine traditionnelle et médecine parallèle/médecine alternative) ; o recours informel des populations aux soins de santé (soins à domicile, automédication, pharmacie de la rue). infrastructures et équipements ; modalités d’offres (stratégie fixe, stratégie avancée, système de référence et de contre référence, télémédecine, etc.) ; Initiatives d'amélioration de l’offre de services et de soins ; Stratégies de stimulation de la demande.
3.5.2.1. Types d’offres de services et des soins 4Program Budget Management Information DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 44 Tableau 10 : Niveau de couverture de quelques interventions de soins de santé primaires Composantes Indicateur Valeur Année Référence Taux d’insécurité alimentaire chez les Femmes (%) 47,6 2018 Taux d’insécurité alimentaire chez les Hommes (%) 62,5 2018 Conditions Allaitement exclusif des enfants de 0-5 mois (%) 40 2018 alimentaire et nutritionnelle Anémie chez les femmes (%) 40 2018 223 Anémie chez les enfants (%) 57 2018 Obésité chez la femme (%) 37 2018 Accès à l’eau potable (%) 79 2018 WASH Accès aux latrines améliorées (%) 61 2018 Mortalité maternelle Intervention 406 2018 (pour 100 000 naissances) centrée sur la 224 Mortalité infanto-juvénile (pour 1 000 naissances) 78 2018 mère et l’enfant Prévalence contraceptive moderne (%) 15 2018 Vaccination Enfants vaccinés par l’antigène de référence DTC3 (%) 79,6 2014 225 Prévention et Morbidité hospitalière due au paludisme (pour 100 000 contrôle des 13 2018 226 habitants) endémies Traitement des Taux de morbidité subjective (%) 25 2007 maladies et 227 lésions courantes Recours aux soins de santé (%) 52,6 2007 Disponibilité des médicaments essentiels (%) 86 2015 Fourniture des Rupture de stock moyenne par an (jour) 18,1 2015 médicaments 228 essentiels Consommation de médicaments essentiels de mauvaise qualité 229 61,4 2012 (%) Éducation pour la Taux de litératie en santé n.d. n.d. Santé Source : Basé sur les données du document « État des lieux et Diagnostic du Secteur santé » (équipements et ressources humaines) peu adéquats, 228. A l’analyse, le niveau de couverture de justifiant ainsi le nombre élevé d’évacuations sanitaires certaines interventions est acceptable mais les à l’étranger. populations ne bénéficient pas encore de l’ensemble des prestations. En effet, elles éprouvent toujours des 230. Autres types de soins (médecine difficultés d’accès à l’ensemble des interventions du traditionnelle et médecine parallèle/médecine Paquet Minimum d’Activités (PMA) et des SSP délivrés alternative). De nos jours, la population a de plus en par les formations sanitaires de premier échelon. La plus recours à d’autres types d’offre de soins et de prestation des services et soins au niveau services de santé à savoir : la médecine traditionnelle communautaire reste faible et limitée à certains et les médecines parallèles dans un environnement programmes prioritaires de santé. Toutefois, une envahi par des « charlatans ». Le faible encadrement expérience avec les Agents de Santé communautaire et suivi des activités des tradi-praticiens ne permet pas polyvalents pour la mise en œuvre des interventions à l’autorité de tutelle d’en avoir la maitrise et le sous directives communautaires est menée dans sept contrôle, ce qui contribue à l’augmentation de la districts de santé des régions du Nord et de l’Extrême- morbidité et de la mortalité. Nord. 231. Recours informel des populations aux soins 229. Soins et services de santé spécialisés. Les de santé (soins à domicile, automédication, formations sanitaires de 3eme et 4eme catégories offrent pharmacie de la rue). Il est important de relever que le des soins spécialisés en chirurgie, pédiatrie, réseau informel des soins de santé s’étend et gagne du gynécologie-obstétrique, imagerie médicale, soins terrain, ceci en raison de l’accroissement de la bucco-dentaires et hémodialyse. Les autres soins et « pharmacie de la rue », des soins offerts à domicile, services spécialisés sont offerts concurremment par les de l’automédication, et de l’expansion des approches hôpitaux de 1e et de 2e catégorie. L’accès aux soins culturelles et spirituelles. Cette situation a des spécialisés est faible en raison des coûts de prestations conséquences néfastes sur la santé des populations et élevés. Toutefois, certains soins comme l’hémodialyse, la exerce un stress considérable sur le système de santé. radio et la chimiothérapie bénéficient de subventions. La qualité des soins reste cependant insuffisante en 3.5.2.2. Infrastructures et équipements raison des infrastructures, plateaux techniques DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 45 232. Disponibilité des formations sanitaires. En réglementaires de traitement ne sont pas respectés par 2020, on dénombrait 5966 formations sanitaires le MINSANTE. Enfin, le contrôle des autorisations publiques et privées (tableau 11). Le même tableau octroyées par le MINSANTE n’est pas effectif. montre que la majorité des formations sanitaire qui existent dans le pays sont des établissements privés- 236. Les normes relatives aux équipements des laïcs (41%). Ajouté aux établissements privé- formations sanitaires du niveau opérationnel ont été confessionnel, il ressort que la proportion des élaborées en 2009, mais ne sont pour la plupart pas formations sanitaires du sous-secteur privé représente respectées. En effet, une étude réalisée en 2012 a plus de la moitié des FOSA du pays (53%). relevé une absence de boîte d’accouchement (24,5%) ; de système de stérilisation à sec (39,5%) ; de boite de 233. Dans certaines régions comme le Centre, le césarienne (67,5%) et de microscopes fonctionnels Littoral et l’Ouest, c’est le sous-secteur privé qui (11,6%) dans certaines formations sanitaires230. constitue l’essentiel de l’offre des soins et des services de santé. Cette situation pourrait en partie s’expliquer 237. En valeur absolue, le nombre de formations par une prolifération anarchique des formations sanitaires au niveau opérationnel est satisfaisant, mais sanitaires privées dans les districts urbains dans ces leur répartition géographique dans le pays est régions. En effet, plusieurs de ces formations sanitaires inéquitable. En effet il existe un déséquilibre ne disposent pas d’agrément du MINSANTE et infrastructurel entre les différentes régions et même échappent ainsi à son contrôle. entre les districts de santé où l’on trouve encore des populations vivant à plus de 20 km d’une formation 234. Cette faible maitrise de la carte sanitaire a sanitaire. pour conséquences une surabondance de l’offre de soins et de services de santé dans les grandes 238. Cette situation est aggravée par l’insuffisance agglomérations. Ceci entraîne un manque d’efficience qualitative et quantitative des plateaux techniques qui pour le secteur en raison des doublons dans les limite l’utilisation de ces formations sanitaires231. Par investissements réalisés. Par ailleurs, cela crée un ailleurs certaines structures ne sont pas fonctionnelles du manque d’efficacité du fait de la sous-utilisation de fait des faiblesses dans le suivi des travaux de certaines RHS et de la promotion des mauvaises réhabilitation/construction d’une part, et de la dotation pratiques liées à la concurrence déloyale entre les insuffisante en équipements et RHS d’autre part. La formations sanitaires. diversité des marques d’équipements médicaux associée à leur état de vétusté ne facilite pas la mise 235. En outre, on relève dans les nombreuses en œuvre d’une stratégie de maintenance préventive et demandes adressées au MINSANTE, l’existence de curative d’une part, et de réalisation des économies « prête-noms » pour l’ouverture des FOSA. Les délais d’échelle, d’autre part. Tableau 11 : Répartition des formations sanitaires par statut et par Région en 2020 Région Public Privé-laïc Privé-confessionnel TOTAL Sud Ouest 234 65 37 336 Centre 475 933 172 1580 Nord Ouest 247 76 86 409 Nord 267 23 23 313 Ouest 430 299 102 831 Est 187 31 45 263 Sud 209 45 55 309 Littoral 223 923 151 1297 Extreme Nord 384 24 36 444 Adamaoua 132 19 33 184 National 2788 2438 740 5966 Source : DHIS-2 DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 46 239. Le tableau 12 ci-après présente la répartition des formations sanitaires par région. En valeur absolue, le nombre de formations sanitaires au niveau opérationnel est satisfaisant, mais leur répartition géographique dans le pays est inéquitable. En effet il existe un déséquilibre infrastructurel entre les différentes régions et même entre les districts de santé où l’on trouve encore des populations vivant à plus de 20 km d’une formation sanitaire. Cette situation est aggravée par l’insuffisance qualitative et quantitative des plateaux techniques qui limite l’utilisation de ces formations sanitaires. Les régions qui comptent le plus grand nombre de FOSA sont le Centre et le Littoral. L’on peut cependant relever que ’extrême-nord qui est la région la plus peuplée (4 967 788 habitants) ne dispose que de 444 formations sanitaires 86% d’entre elles étant des centres de santé intégrés. Tableau 12: Répartition des formations sanitaires par région au Cameroun en 2020 Population HD & Région CSI CMA HR HC & HG Total général 2020 Assimilés Sud-Ouest 1 899 941 276 26 32 2 0 336 Centre 4 965 861 1425 95 49 1 10 1580 Nord-Ouest 1 868 031 346 32 30 1 0 409 Nord 2 996 271 287 9 16 1 0 313 Ouest 2 327 807 727 68 35 1 0 831 Est 1 360 451 220 21 21 1 0 263 Sud 894 878 260 34 13 1 1 309 Littoral 4 277 464 1159 79 53 2 4 1297 Extrême Nord 4 967 788 384 27 30 3 0 444 Adamaoua 1 518 189 154 17 12 1 0 184 Total général 27 076 681 5328 408 291 14 15 5966 Source : DHIS-2 et population cible 2020 tous statuts confondus, suivie de celle du Nord avec 240. Les plateaux techniques des hôpitaux de 1e, 2e environ 1 formation sanitaire pour 9 523 habitants tous et 3e catégorie sont pour la plupart en état de statuts confondus. La région du Sud et celle de l’Ouest dégradation faute de maintenance. Ces hôpitaux sont respectivement les régions ayant les densités de offrent des soins spécialisés sans différentiation et dans formations sanitaires les plus élevés du pays : soit 1 la concurrence, mais ne sont pas régulièrement évalués. formation sanitaire pour 2602 habitants pour la région Par ailleurs, le rôle de structures d’appui et de du Sud et 1 formation sanitaire pour 4274 habitants référence qu’ils sont censés jouer pour les autres pour la région du l’Ouest (Figure 3) formations sanitaires de catégories inférieures n’est que faiblement assuré. Enfin, les laboratoires de référence 242. L’analyse portant essentiellement sur les sont insuffisants et leurs modalités d'accréditation ne formations sanitaires du secteur public montre que sur le sont pas définies. Toutes les 10 Régions ont cependant plan national, la densité de formations sanitaires est de été dotées de centres d’hémodialyse et d'imagerie 1 formation sanitaire pour 8690 habitants. C’est la médicale en 2015. région du littoral qui se présente comme la moins lotie avec 1 formation sanitaire pour 17 071 habitants, suivi 241. Densité des formations sanitaires. Sur le plan de celle de l’Extrême-Nord (1 formation sanitaire pour national, la densité de formations sanitaires est de 1 11 706 habitants) et du Nord (1 formation sanitaire formation sanitaire pour 4274 habitants tous statuts pour 10 965 habitants). Les régions les mieux lotis confondus. La région ayant la plus faible densité de restent celles du Sud (soit 1 formation sanitaire pour formations sanitaires est celle de l’Extrême-Nord avec 3798 habitants) et de l’Ouest (soit 1 formation sanitaire près de 1 formation sanitaire pour 10 000 habitants pour 4 704 habitants). DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 47 Figure 7 : Ratio de population par formation sanitaire par région 17071 11706 10965 9654 10050 10000 9523 8690 8046 6964 5857 5921 4278 4704 4274 3445 3987 3798 3702 3234 2634 2602 Tous les statuts Publiques Source : CIS/DHIS2
3.5.2.3. Modalités d’offres de services expérimentaux de financement des services et soins de santé » (Financement Basé sur les Résultats, kits 243. Stratégies fixes et stratégies avancées. Les obstétricaux, value for results…). paquets minimum et complémentaire d’activités (PMA et PCA) sont le plus souvent délivrés en stratégie fixe. Les 3.5.2.5. Stratégies de stimulation de la demande stratégies avancées ou mobiles destinées aux populations éloignées des formations sanitaires ou dans 247. Il n’existe pas de stratégie globale de les cas de catastrophes et urgences non épidémiques ne stimulation de la demande des services et soins de sont que faiblement mises en œuvre. Or, en 2007, une santé. Néanmoins, plusieurs types de mécanismes étude démontrait que le village le plus éloigné d’un innovants de financement de la demande de santé sont centre de santé se situait à 80 km de celui-ci. mis en œuvre dans les districts de santé : chèques santé, kits obstétricaux, assurances maladies, gratuité du 244. En outre, les populations les plus pauvres traitement du paludisme chez les enfants de moins de mettaient deux fois plus de temps pour accéder au cinq ans et les femmes enceintes etc. Mais ces Centre de Santé Intégré le plus proche (43,2 mn pour le expériences réalisées sont très limitées dans l’espace et quintile le plus pauvre contre 19,4 mn pour le quintile le les résultats obtenus pas suffisamment diffusés. plus riche)232. Une étude d’envergure mériterait d’être
3.5.3. Pharmacie, laboratoire, médicaments et menée pour déterminer la proportion des populations autres produits pharmaceutiques non desservie par les CSI et qui ne bénéficie pas encore du PMA. 3.5.3.1. Pharmacie, médicaments et autres produits pharmaceutiques 245. Le système de référence-contre référence. Il existe peu d’études spécifiques sur la fonctionnalité du 248. Approvisionnement et distribution. Le système de référence et de contre-référence au système national d’approvisionnement en médicaments Cameroun, mais il a été plusieurs fois décrit comme peu essentiels comprend les établissements pharmaceutiques performant 233,234,235. de fabrication et ceux de distribution/vente en gros, les officines et les pharmacies des formations sanitaires
3.5.2.4. Initiatives d'amélioration de l’offre de publiques ou privées. Tous ces établissements sont services et de soins répartis dans trois sous-secteurs, à savoir : (i) le sous- secteur public, (ii) le sous-secteur privé à but lucratif, et 246. De nouvelles initiatives pour l’amélioration de (iii) le sous-secteur privé à but non lucratif. l’offre de services ont récemment vu le jour dans le système de santé. Il s’agit du renforcement du 249. La présente analyse situationnelle concernera partenariat public-privé, du marketing social, de les structures pharmaceutiques du sous-secteur public (la l’implication des communautés surtout des Collectivités CENAME et les pharmacies des formations sanitaires) et Territoriales Décentralisées, de la télémédecine, de la les GIP-FRPS. délégation des tâches et des mécanismes DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 48 250. L’approvisionnement en médicaments est 251. Les dons en médicaments constituent une des organisé autour de la Centrale Nationale sources d’approvisionnement, qui selon les directives en d’Approvisionnement en Médicaments et consommables matière de dons, doivent être intégrés dans le système médicaux Essentiels (CENAME), principal fournisseur des de santé ; mais leur qualité n’est pas toujours maitrisée. FRPS. Toutefois, en cas de rupture de stock au niveau En effet, de nombreux intervenants de la filière de la CENAME, ces derniers sont autorisés à médicament échappent au contrôle de la Direction de s’approvisionner chez un autre fournisseur agréé. En la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires 2015, 9 des 10 CAPR ont été transformés en (DPML). Groupement d'Intérêt Public (GIP) dénommés Fonds De plus, certains projets sont conduits dans le pays avec Régionaux pour la Promotion de la Santé en des mécanismes spécifiques d’approvisionnement et de application de la loi N° 2010/023 du 21 décembre 2010236. En 2020, toutes les régions disposent d’un financement tels que le Financement Basé sur les GIP-FRPS. Résultats (FBR), Value for Results, Chèque santé, etc. Certaines administrations autres que le MINSANTE 252. Par ailleurs, en cas de rupture de stock au disposent de réseaux de formations sanitaires, clientes niveau des FRPS, les formations sanitaires mettant en de la CENAME mais dont les approvisionnements en œuvre le FBR peuvent s’approvisionner chez d’autres médicaments ne sont pas toujours maîtrisés par fournisseurs. Outre les difficultés de maitrise et l’Autorité Nationale de Règlementation Pharmaceutique d’harmonisation des prix des médicaments, cette (ANRP). Il existe en outre un vaste réseau nouvelle option impose une vigilance encore plus accrue d’approvisionnement illicite qui alimente le marché du quant à la qualité desdits médicaments. La figure 8 ci- médicament de la rue et qui pourrait avoir des après représente les flux et principaux acteurs du connexions avec le secteur licite. SYNAME. Figure 8: Organisation du Système National d’Approvisionnement en Médicaments (SYNAME). SYNAME (Système National d’Approvisionnement en Médicaments) Etrangers 90% Fournisseurs (Laboratoires fabricants et distributeurs) Locaux 10% CENAME (Centrale Nationale d’Approvisionnement en Médicaments Médicaments et et consommables consommables médicaux) médicaux Essentiels) Etablissements de vente en gros ou de distribution en gros du Privé à But Lucratif (PBL ) Centrales d’achat du Privé à But Non Lucratif (PBNL ) 10 CAPR/FRSP Pharmacies des hôpitaux publics (structures régionales publiques d’approvisionnement de 1ière et de 2ième catégories en Médicaments Essentiels) Pharmacies des Pharmacies FOSA FOSA de et leurs Pharmacies des HR, HD, CMA, CSI Officines privées de Pharmacies des polycliniques leurs réseaux réseaux respectifs respectifs pharmacie et Cliniques privées Cabinets médicaux privés de soins POPULATIONS BENEFICIAIRES - POPULATIONS BENEFICIAIRES - POPULATIONS BENEFICIAIRES Légende: Flux prioritaire d’approvisionnement Flux alternatif pour approvisionnement d’appoint en cas de besoin Flux de dispensation des produits pharmaceutiques aux populations bénéficiaires FOSA: Formation Sanitaire/ HR: Hôpital Régional / HD: Hôpital de District / CMA : Centre Médical d’Arrondissement/ CSI: Centre de Santé Intégré Source : MINSANTE/Inspection Générale des Services Pharmaceutiques et des Laboratoires - Version de Janvier 2016 fait que l’industrialisation pharmaceutique locale se 253. Le ratio pharmacien par habitant varie de 01 trouve jusqu’aujourd’hui, dans un état embryonnaire. pour 6920 à 01 pour 177 051 habitants avec une répartition inégale entre les milieux rural et urbain. Il en 254. Accessibilité géographique et financière. En est de même de la répartition des professionnels du 2003, l’accès géographique aux médicaments a été médicament à différents niveaux de la pyramide évalué à 66% et le niveau de disponibilité des sanitaire. En général, l’achat des médicaments et médicaments traceurs était estimé à 86% en 2008 238. consommables médicaux représente près de 40% des S’agissant du nombre moyen de jours de rupture de dépenses courantes de santé237. On décrit cependant le stock des médicaments essentiels traceurs, ce chiffre est DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 49 passé de 21 jours en 2012, à 13,69 jours en 2015 médicament. Mais ceux-ci sont encore faiblement indiquant une amélioration de la disponibilité des renseignés. médicaments dans les structures sanitaires239,240.Les difficultés d’approvisionnement, la mauvaise gestion et 261. Contrôle qualité des médicaments et autres l’insuffisance des stocks de roulement à tous les niveaux produits pharmaceutiques. Le système d’assurance du SYNAME sont, entre autres, à l’origine de ces qualité des médicaments repose sur plusieurs piliers à ruptures de stocks. savoir : le contrôle qualité en laboratoire, l’inspection pharmaceutique et la surveillance du marché, 255. Grâce aux appuis des différents partenaires l’homologation, la pharmacovigilance, le contrôle à et aux subventions de l’État, certaines classes l’importation, la sélection rigoureuse au cours du thérapeutiques sont délivrées gratuitement processus d’acquisition, le stockage des médicaments, la (antituberculeux, antirétroviraux de 1ère et 2nde lignes, lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des combinaisons antipaludiques ACT, dérivés de produits pharmaceutiques. L’ensemble de ces activités l’artémisinine injectables pour les enfants de 0 à 5 ans, est faiblement mis en œuvre. En effet, les défaillances anti-lépromateux, etc.). D’autres classes sont disponibles dans le contrôle qualité des médicaments ont entrainé à moindre coût (kits obstétricaux, contraceptifs, insulines, le développement du secteur informel de vente de antipaludiques etc). médicaments (dépôts pharmaceutiques illégaux, dans les marchés, marchands ambulants) qui représenterait 256. Un effort de régulation des prix est fait au 25% du marché242. cours du processus d’homologation des médicaments. Ce qui permet d’obtenir des fabricants de génériques et 262. Le Laboratoire National de Contrôle de de spécialités, des baisses significatives de leurs prix. Qualité des Médicaments et d’Expertise (LANACOME) est la structure en charge du contrôle de qualité. Cette 257. Les médicaments bénéficient d’une exonération activité n’est cependant pas systématique pour les des droits de douane, de la TVA et de la taxe médicaments importés et seule une faible proportion informatique mais, la taxe SGS qui est de l’ordre de des lots circulants est contrôlée en post marketing 1% reste appliquée. La production locale des (après obtention de l’AMM). La contrefaçon s’est médicaments est faible241. En dépit des efforts, une développée et le secteur illicite du médicament frange non-négligeable de la population représenterait environ 30% du marché pharmaceutique s’approvisionne en produits pharmaceutiques dans la dans les pays africains et au Cameroun243. L’inspection rue. des établissements pharmaceutiques reste très irrégulière faute de moyens logistiques et financiers. 258. Régulation des médicaments et autres produits pharmaceutiques. Il n'existe pas de cadre de 263. Industries pharmaceutiques locales. Au concertation entre les différentes structures de l'ANRP Cameroun, il n’existe pas un dispositif national de (IGSPL, DPML, DROS et LANACOME) d’une part, et développement et de promotion des industries entre les différents intervenants du secteur pharmaceutiques locales. L’absence d’une synergie pharmaceutique d’autre part pour le partage des d’actions entre les différents intervenants de la informations et une meilleure application des politique du médicament au Cameroun a renforcé la orientations en matière de régulation du secteur présence des médicaments contrefaits sur le marché et pharmaceutique. le trafic illicite des médicaments et réactifs de laboratoires. En outre, l’absence d’un plan de 259. La tarification des médicaments dans le sous- structuration du sous-secteur de la médecine secteur public est harmonisée sur l’ensemble du traditionnelle a entrainé à la production et la vente des territoire national mais les prix affichés ne sont pas médicaments traditionnels se faisant sans aucun toujours respectés. Dans le sous-secteur privé non contrôle. lucratif, chacune des structures dispose de son propre système de tarification et d’accès à l’ensemble des 3.5.3.2. Laboratoires d’analyse médicales et produits de la CENAME. transfusion sanguine 260. Sur le plan national, il n’existe pas de système 264. Le MINSANTE a élaboré et adopté en 2009 d’information harmonisé en gestion logistique pour les un document de politique nationale de technologie médicaments. Ce qui rend difficile le suivi des stocks. En sanitaire qui définit les équipements de laboratoire par effet, un « Electronic Logistics Management Information niveau. L’exercice de la biologie médicale et les System » (eLMIS) harmonisé et utilisé par toutes les modalités d’organisation et de fonctionnement des structures de santé n’est pas encore disponible. laboratoires d’analyses médicales privés sont Néanmoins, le DHIS-2 permet de suivre l’évolution de réglementés par le décret n° 90/1465 du 09 certains indicateurs traceurs dans le domaine du novembre 1990. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 50 265. Sur le plan institutionnel, le texte de populations à revenus moyens. En dehors des 2013portant organisation du Ministère de la Santé laboratoires des hôpitaux de 1ère et de 2ème catégorie, Publique prévoit une Sous-direction en charge des les équipements disponibles ne permettent pas toujours Laboratoires d’Analyses de biologie médicale et de la de réaliser les activités de laboratoire correspondant transfusion sanguine. L’inspection des laboratoires au Paquet Minimum d’Activités. En matière de d’analyses de biologie médicale est assurée par biosécurité, un grand nombre de laboratoires ont accès l’Inspection Générale des Services Pharmaceutiques et à un incinérateur pour le traitement de leurs déchets. des Laboratoires. La réglementation en vigueur (le Cependant, Il n’existe pas de stratégie nationale de Décret n° 450/PM du 22 octobre 1998 fixant les biosécurité et de gestion des déchets. La plupart des modalités d’homologation des produits laboratoires ne disposent pas d’un système performant pharmaceutiques) prévoit l’homologation des réactifs de maintenance de leurs équipements qui du reste sont de laboratoire après évaluation par une Commission pour la plupart vétustes. spécialisée de la Commission Nationale du Médicament.
3.5.4. Ressources humaines en santé Les services chargés des prestations d’analyses de biologie médicale existent généralement dans la 3.5.4.1. Situation et besoins du secteur (normes et plupart des formations sanitaires publiques ou privées, besoins) surtout en zones urbaines. Des biologistes, ingénieurs et techniciens médico-sanitaires, option laboratoire, sont 269. Les besoins globaux en personnels ont été formés au Cameroun dans des institutions publiques et identifiés au terme du Recensement Général des privées. Cependant, leur nombre est insuffisant et les Personnels de la Santé (RGPS) de 2011 et décrits dans nomenclatures de ces personnels et leurs curricula de le Plan de Développement des Ressources Humaines formation ne sont pas harmonisés. (PDRH)xxxii8. L’effectif des personnels en 2011 a été évalué à 38 207 personnels dont 25 183 dans le 266. Pour ce qui est de la transfusion sanguine, elle public (66%) et 13 024 (34%) dans le privé (tableau est régie par la loi nº 2003/014 du 23 décembre 9)244. 2003 avec certains textes d’application élaborés. Un service du Ministère de la Santé Publique est En 2018, on note une augmentation du personnel de spécialement dédié à la Transfusion Sanguine et un santé avec le recrutement de 460 médecins diplômés, Programme y relatif a été créé en 2013. La plupart de 16 administrateurs principaux de la santé issus de des hôpitaux centraux, généraux et régionaux l’ENAM, tandis que sur concours, 66 médecins disposent de services chargés de la collecte, de la généralistes, 10 pharmaciens, 06 médecins spécialisés, qualification et de la conservation du sang. 148 sages-femmes, 50 aides-soignants, 05 techniciens principaux et 10 techniciens du génie sanitaire, 15 267. Les textes qui régissent l’exercice de la infirmiers principaux, 18 infirmiers diplômés d’État et biologie médicale et la pratique de la transfusion 38 infirmiers diplômés d’État et 38 infirmiers ont sanguine sont insuffisants et pour la plupart obsolètes. accédé à la Fonction Publique. Au total, 1013 Les structures administratives chargées de l’organisation personnels de santé auxquels s’ajoutent 97 personnels et de la régulation des activités de laboratoire et de d’appui au service de la santé des populations. transfusion sanguine ne sont pas suffisamment outillées en termes de ressources humaines, matérielles et 270. Malgré ce recrutement important du personnel financières pour remplir leurs missions de façon de santé au cours des dix dernières années, le besoin optimale. Il n’existe pas encore un organisme en ressource humaine qualifié reste assez élevé au d’accréditation des laboratoires d’analyses de biologie regard de la dynamique démographique. En plus, la médicale. Il n’existe ni un réseau national des gestion actuelle du personnel de santé existant présente laboratoires, ni un système de référence et contre des limites dans la réponse formulée à la demande de référence fonctionnel pour les laboratoires. Il n’existe service de santé : Insuffisance du personnel tant qu’en pas de manuel de procédures, ni des procédures quantité qu’en qualité ; mauvaise répartition du opératoires standardisées validées au niveau national. personnel de santé sur l’ensemble du territoire national, Le circuit de distribution des intrants de laboratoires et absence d’informations sur le personnel actif dans le de transfusion sanguine n’est pas assez maîtrisé et très secteur privé et même dans les administrations peu des réactifs de laboratoires utilisés sont partenaires du secteur santé, etc. homologués. Le Centre National de Transfusion Sanguine a été créé en 2020, mais les autres structures 271. L’effectif du personnel médical exerçant au spécialisées prévues dans la loi sur la transfusion MINSANTE est estimé à 38 207 en 2018 (tableau 7). sanguine sont en attente de création. Sur la base de ces données ainsi que celles du 3 ème RGPH, le ratio personnel/population au Cameroun 268. Le coût des prestations des laboratoires reste largement inférieur à la norme de l’OMS qui est d’analyses médicales privés généralement situés dans de 2,3 pour 1000 habitants. les grandes villes est souvent hors de portée pour les DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 51 Tableau 13: Répartition des ressources humaines en santé par région QUALIFICATION SERVICES CENTRE SUD OUEST ADAMAO EST NORD SUD- EXTREME- LITTORAL NORD- TOTAL CENTRAUX UA OUEST NORD OUEST MEDECINS 99 619 113 180 88 99 71 143 93 535 116 2156 ADMINISTRATIONS 70 26 12 8 12 8 8 9 6 21 8 188 HOSPITALIERE PHARMACIENS 32 78 25 30 22 21 19 32 21 79 20 376 INFIRMIERS 76 2039 438 1030 487 449 707 744 774 1585 652 8981 CHIRUGIEN- 1 39 16 15 10 10 6 10 14 34 11 166 DENTISTES SAGE-FEMME 60 60 23 32 23 31 28 32 54 50 28 421 /MAÏEUTICIEN GENIE-SANITAIRE 27 27 7 13 12 8 7 15 14 16 12 158 TECHNIQUE MEDICO- 27 545 104 158 87 109 70 166 103 330 143 1842 SANITAIRE TECHNIQUE - 9 9 3 2 8 3 1 10 1 9 5 60 BIOMEDICALE AUTRES 538 235 39 120 2019 102 156 180 82 414 157 4042 TOTAL 939 3677 780 1588 2768 840 1073 1341 1162 3073 1152 18390 Source: MINSANTE, SIGIPES, 2019. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 52 272. L’analyse de la répartition du personnel de santé par région montre que c’est la région du Centre qui a le plus grand effectif du personnel médical public, suivi de celui de la région du littoral. La région du Sud est la région du Cameroun avec le plus faible effectif de personnel médical public. En outre, la composition du personnel médical du public sur le plan national montre que ce sont les infirmiers tous grades confondus qui sont majoritaire (8981) suivi des médecins tout grade confondus (2156). Tableau 14 : Estimation des besoins en personnels par niveau de la pyramide sanitaire CATÉGORIES BESOINS EN PERSONNELS TECHNIQUES PROFESSIONNELLES (HD+CMA+CSI) Médecins spécialistes 512 Médecins Généralistes 155 Pharmaciens 102 Chirurgiens-Dentistes 52 Ingénieurs médico-Sanitaires 113 Sages-femmes 538 Techniciens Supérieurs en Soins Infirmiers 729 (Infirmiers supérieurs) IDE (Infirmiers principaux) 1437 TMS 2074 ATMS 1088 ASG 1645 ASC 115 TOTAL 8560 Source : MINSANTE, 2019. privés de formation actuellement fonctionnels, les cibles du DSCE seront probablement atteintes à court 273. En 2020, les besoins en personnel technique, terme. Cependant, on note un important déficit en administratif et d’appui au niveau des districts de médecins spécialistes. Un plan stratégique de santé étaient évalués à environ 8560 personnels pour développement des spécialités médico-chirurgicales a les catégories professionnelles ci-après : les médecins été mis sur pied en 2010. Le début d’exécution de ce spécialistes (512), les médecins généralistes (155), les plan a abouti à la production en 2014 des premières pharmaciens (102), les chirurgiens-dentistes (52), les promotions de spécialistes en néphrologie, neurologie, Ingénieurs médico-Sanitaires (113), les sages-femmes pneumologie, hépato-gastro-entérologie, etc. À cela, il (538), les Infirmiers supérieurs (729), les IDE (1437), faut ajouter les pharmaciens et les chirurgiens- les TMS (2074), les ATMS (1088), les ASG (1645) et dentistes désormais formés localement. A ce jour, le les ASG (115). Ces besoins ne prennent pas en compte nombre de spécialistes est de 626 dont 5 psychiatres les pertes qui sont causées par les retraites, les décès, et 09 néphrologuesccxlv. De nombreuses autres les migrations des professionnels de santé, etc. spécialités restent sous-représentées. C’est le cas de : la gériatrie, de la radiologie interventionnelle,
3.5.4.2. Orientations stratégiques du PDRH l’hématologie, la biologie médicale, infectiologie, etc. (voir annexe 1). En 2014, l’on dénombrait 92 écoles 274. Adopté en 2013, le Plan de Développement publiques et privées de formation des personnels des Ressources Humaines en Santé (PDRH 2013-2017) médico-sanitaires. Le rythme actuel de production des prend son ancrage dans les orientations de la SSS personnels médicaux et paramédicaux est largement 2001-2015. Trois axes stratégiques majeurs ont été supérieur aux capacités d’absorption du sous-secteur identifiés dans ce PDRH : (i) l’amélioration de la public. En fonction des besoins du système, de gestion et de la gouvernance des RHS, (ii) le nouvelles filières ont vu le jour : sages- renforcement de la production des RHS et (iii) le femmes/maïeuticiens (238 + 183 formées depuis renforcement de la veille stratégique sur les RHS. 2011 avec un rythme de production annuel de 250), techniciens médico-sanitaires en optique et réfraction,
3.5.4.3. Production des ressources humaines aides-soignants option santé communautaire, agents techniques médico-sanitaires, préposés de morgue (40 275. Formation initiale : Le niveau de production étudiants en cours de formation). Il est envisagé en ciblé dans le DSCE est de : 500 médecins/an, 150 2016 l’ouverture d’un cycle d’agents techniques pharmaciens par an, et 150 chirurgiens-dentistes/an. médico-sanitaires assistants de pharmacie pour Au regard du nombre d’établissements publics et remplacer progressivement les actuels commis de DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 53 pharmacie. Il s’agira de transférer des compétences formations sanitaires publiques variant entre 2 et aux personnels de santé sur l’approche « One Health» 37%ccxlviii. en tenant compte de la gestion des zoonoses. 278. Il est à noter que cet absentéisme est dû entre 276. Formation continue : dans l’ensemble, la autres à la recherche de revenus alternatifs et à formation continue est insuffisante pour toutes les l'insuffisance des mécanismes de fidélisation des catégories de personnels. Elle est en inadéquation personnels, notamment dans les zones difficiles avec les besoins du secteur faute d’une planification (infrastructures de base, primes spécifiques, distinctions pluriannuelle précise et de ressources financières. honorifiques, assurance maladie, etc.)ccxlix. Par ailleurs, Néanmoins, chaque année, une part des fonds du les affectations sont centralisées et ne répondent pas budget de l'État est allouée aux bourses et stages. souvent aux besoins des structures utilisatrices. Dans le Cette part représentait environ 0,1% du budget total sous-secteur public, on note un taux d’attrition élevé du MINSANTE en 2015 (voir tableau 11 ci-après). Ce faiblement compensé par les recrutements qui chiffre ne concerne que le budget alloué à la Direction dépendent de la compétence exclusive du MINFOPRA. des Ressources Humaines et ne prend pas en compte
3.5.5. Information Sanitaire et Recherche en celui des autres directions, projets et programmes ou Santé organismes spécialisés. Par ailleurs, certains partenaires au développement accompagnent ce 3.5.5.1. Situation du Système National processus de formation continue. Toutefois, ce d’Information Sanitaire (SNIS) financement est orienté pour l’essentiel vers les demandes individuelles de formation plutôt que vers 279. Il n’existe pas encore de manuel de procédure les besoins institutionnels. pour le SNIS. De plus, l’analyse des données pour la prise de décisions ainsi que le feedback restent Tableau 15 : Financements alloués à la formation insuffisantes à tous les niveaux. Toutefois, le système continue de 2010 à 2015 dispose d’un tableau de bord pour le suivi intégré des Année Enveloppe allouée activités du MINSANTE depuis 2016. 2010 217 424 700 2011 227 424 700 280. Un plan stratégique de renforcement du SNIS 2012 217 424 700 pour la période 2009-2015 a été élaboré en 2008, 2013 217 424 700 mais sa mise en œuvre a été peu suivie. Par ailleurs, la verticalisation des programmes de santé dans un souci 2014 235 000 000 d’efficacité pour adresser les problèmes de morbi- 2015 235 000 000 mortalité élevée de certaines maladies dites Source : Budget MINSANTE, 2010 - 2015. prioritaires a plutôt créé une multitude des sous- systèmes d’informations et d’outils de collecte des
3.5.4.4. Recrutement et gestion des RHS données avec plus de 300 indicateurs à renseigner. Ce qui a rendu difficile le suivi de la mise en œuvre 277. Sur le plan quantitatif, les effectifs minimums des interventions de la SSS 2001-2015. requis en 2005 étaient de 49 074 dans le sous- secteur public. En 2010, seulement 19 709 étaient 281. Toutefois, avec l’implémentation depuis 2015 disponiblesxxxii, ce chiffre a atteint 21567 en 2015 du logiciel Dhis2, officiellement adopté comme selon les données administratives de l’Observatoire plateforme électronique de collecte et de transmission National des RHS. La crise économique de 1986 et les des données sanitaires, par lettre circulaire N°D36- programmes d’ajustement structurel ont entraîné une 59/L/MINSANTE/SG/CIS du Ministre de Santé forte émigration des professionnels de la Publique du 22 Novembre 2017, on observe une santéccxlvi,ccxlvii. Au déficit quantitatif et qualitatif transformation de la verticalisation des programmes subséquent, s’est ajoutée une gestion non optimale du de santé vers une intégration positive du système personnel caractérisée par : la non-maitrise des d’informations sanitaires. effectifs, leur sous-utilisation, l’inadéquation entre les profils et les postes de travail, le non-respect du profil 282. En effet, du fait du déploiement de cette de carrière, et un fort taux d’absentéisme dans les plateforme à tous les niveaux de la pyramide DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 54 sanitaire, les données validées au niveau régional et dans les districts de santé sont de plus en plus disponibles. A titre illustratif, le taux de complétude des RMA est passé de 11,4% en 2017 à 80,1% en 2020. La disponibilité des données désagrégées par région et même par district de santé facilite l’identification des zones d’Interventions prioritaires. Tableau 16 : Complétude Globale des RMA par Région de Janvier 2017 à Novembre 2020 REGION 2017 2018 2019 2020 Adamaoua 7,7 98,8 99 85 Centre 3,8 83,3 98,2 85,8 Est 90,5 95,2 95,6 85,5 Extreme Nord 17,9 95,1 106,8 85,3 Littoral 3 42,7 87,3 65,1 Nord 7,6 91,3 100,1 91,8 Nord Ouest 6,2 61,8 79,4 69,6 Ouest 3,3 85,6 97,1 87,9 Sud 5,8 51,6 95,8 83,9 Sud Ouest 32,3 61,9 80,2 74,8 National 11,4 72,8 93,9 80,1 Source : Dhis2 MINSANTE
3.5.5.2. Situation de la recherche en santé 285. Encadrement éthique : le Cameroun ne dispose pas d’un code éthique en matière de recherche en 283. La recherche en santé reste un secteur santé, ni de textes législatifs ou réglementaires d’activités dont les compétences sont réparties entre satisfaisants. Toutefois en 2012, le MINSANTE a mis en plusieurs départements ministériels (MINSANTE, place un système de revue éthique des protocoles de MINRESI et MINESUP etc.).Selon le Décret recherche en santé humaineccl. N°2013/093 du 03 Avril 2013 portant organisation du Ministère de la Santé Publique, le MINSANTE s’est 286. Coordination insuffisante : la recherche sur la doté d'une Division de la Recherche Opérationnelle en maladie est le domaine de prédilection des travaux Santé (DROS) qui a coordonné l’élaboration du Plan de recherche en santé au détriment des autres Stratégique de Recherche Opérationnelle en Santé domaines (système de santé et promotion de la santé). 2011-2015 par la DROS mais la mise en œuvre dudit En effet, la grande majorité des projets de recherche plan a été compromise par l’insuffisance des soumis à la DROS en demande d’Autorisation financements alloués à la recherche. Les principaux Administrative de Recherche (AAR) portent sur des problèmes rencontrés dans le domaine de la recherche thématiques en rapport avec IST/VIH/SIDA, la en santé sont : Tuberculose, le Paludisme, l’Onchocercose, la Grippe ou encore les zoonoses, la résistance aux molécules, 284. Régulation insuffisante : on a relevé un cadre notamment aux antibiotiques, la coïnfection VIH/TB, juridique insuffisant du fait de l’absence de textes l’épidémiologie de différentes maladies. spécifiques et du non-respect des textes existants ; 287. Financement insuffisant : les recommandations internationales prescrivent qu’au moins 2% des DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 55 budgets des ministères en charge de la santé et au 292. Par ailleurs, la tarification des actes médicaux moins 5% des fonds d’aide au développement soient et soins est régie dans les sous-secteurs public et privé affectés à la recherche en santé. A ce jour cette respectivement par deux décrets : le décret proportion est faible (moins de 1%) ; n°63/DF/141 du 24 avril 1963 portant fixation pour la santé publique des tarifs de consultation, visites, 288. Faible vulgarisation et exploitation des résultats : accouchements, certificats médicaux ainsi que la valeur le processus de prise de décisions sur des bases des lettres clefs de la nomenclature des actes factuelles au Cameroun est encore en cours de professionnels d’une part, et le décret n°62/DF/62 du maturation. Cette situation se justifie par la faible 1er mars 1962 portant fixation pour la santé publique capacité nationale dans la réalisation des projets de des tarifs de consultation, visites, accouchements, recherche. Par ailleurs, les résultats des travaux de certificats médicaux ainsi que la valeur des lettres recherche sont faiblement diffusés et les clefs de la nomenclature des actes professionnels pour recommandations formulées sont faiblement prises en la médecine privée d’autre part. Ces instruments compte dans la prise de décision. Des initiatives telles juridiques sont obsolètes et les prix prescrits ne que le Centre de Développement des Bonnes correspondent plus à la situation socioéconomique Pratiques produisent des bases factuelles à partir des actuelle du Cameroun. Il en résulte parfois une travaux de recherche en santé ; violation par plusieurs acteurs des dispositions de ces instruments juridiques qui se traduit par la disparité 289. Absence d’une culture de recherche : très peu des prix pratiqués aussi bien dans le sous-secteur d’acteurs dans le secteur de la santé s’intéressent à la public que privé. rechercheccli. En effet, la production scientifique africaine en termes de recherche atteint à peine 1% 293. Le cadre juridique des interventions est aussi de la production mondialecclii. caractérisé par une multitude d’actes réglementaires aux dispositions parfois concurrentes, discordantes et 290. Cette situation comme on l’a dit plus haut se obsolètes. Ceci s’explique par : (i) le non-respect du justifie non seulement par la faible capacité nationale circuit d’élaboration des instruments juridiques par les à réaliser des projets de recherche ; c’est pourquoi, acteurs du système de santé ; (ii) la méconnaissance des initiatives à l’instar du Centre de Développement des instruments juridiques existants. des Bonnes Pratiques qui met à la disposition du système des bases factuelles des données à partir des 294. Le dispositif organisationnel et structurel mis en travaux de recherche en santé sont à promouvoir. place pour gérer les problématiques juridiques dans le secteur de la santé (MINSANTE) est disponible au niveau central à travers la DAJC (Division des Affaires
3.6. COMPOSANTE GOUVERNANCE ET Juridiques et du Contentieux) qui est le plus souvent PILOTAGE STRATÉGIQUE engorgé.
3.6.1. Gouvernance 3.6.1.2. Audits et contrôles internes
3.6.1.1. Cadre législatif et règlementaire 295. A l’échelon central, la nécessité d’une mise en œuvre effective des missions de régulation, d’audit et 291. En l’absence d’un code de santé publique de contrôle statutairement dévolues aux inspections intégré, de nombreux textes juridiques encadrent les générales couvrant tous les aspects de la gestion du principales fonctions et interventions de santé. secteur s’imposent. Les actions d’audit et de contrôle Toutefois, plusieurs domaines de la santé publique ne sont limitées par l’insuffisance de moyens logistiques et disposent pas encore d’un encadrement juridique financiers, ainsi que par l’absence de mise en œuvre approprié, par exemple : la bioéthique (notamment des recommandations issues des missions d’inspection à l’assistance médicale à la procréation, le don tous les niveauxccliii. Pour pallier à cette dernière d’organes, les transplantations, la gestion de la fin de difficulté, des brigades de contrôle ont été créées et vie et l’euthanasie) ; l’exercice de la médecine dotées de personnels dans les Délégations Régionales traditionnelle et le développement des médecines de la Santé Publiqueccliv. alternatives ; la prestation des soins de santé ambulatoires, etc. 3.6.1.3. Lutte contre la corruption et redevabilité DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 56 296. Le Gouvernement a adopté une stratégie 3.6.2. Pilotage stratégique anticorruption 2010-2017 dont la mise en œuvre concerne tous les secteurs. Une feuille de route basée 299. Le pilotage/gestion stratégique consiste à sur l’approche « PRECIS » (Prévention, Éducation, conduire une organisation vers l’atteinte des objectifs Conditions, Incitation et Sanctions) a été élaborée par préalablement définis en utilisant de façon efficace et les services du Premier Ministre pour accélérer la mise efficiente les ressources disponibles. Dans ce document, en œuvre des stratégies anticorruption, avec comme la description et l’analyse du pilotage stratégique du conditions de réussite la redevabilité, la transparence, secteur de la santé s’articulera autour de quatre la consolidation de l'État de droit et la principaux axes à savoir : (i) la veille stratégique, (ii) décentralisation. Les organisations de la société civile la planification et la coordination stratégiques, (iii) le ont été mises à contribution à travers plusieurs suivi- évaluation des interventions, (iv) le partenariat initiatives telles que CHOC (Changer les attitudes, pour la santé. Opposition à la Corruption). Dans le même ordre d’idée, les comités locaux de lutte contre la corruption 3.6.2.1. La veille stratégique ont été mis en place dans les hôpitaux publics, ainsi que des supports de transparence et de dénonciation 300. Dans le secteur de la santé, le dispositif de (boites à plaintes et à suggestion, etc.). Les Initiatives à veille stratégique est organisé autour de Résultats Rapides (IRR) de lutte contre la corruption ont l’Observatoire National de la Santé Publique (ONSP) été mises en œuvre avec l’appui de la CONAC, dans créé en 2010. Toutefois, ses missions ne sont pas les hôpitaux. Les jalons desdites IRR ont été traduits en efficacement mises en œuvre du fait de l’insuffisance mesures de renforcement de la gouvernance et de des ressources financières et technologiques. sécurisation des recettes et des biens des hôpitaux.
3.6.2.2. La planification et la coordination 297. Au niveau national, la redevabilité reste un stratégique de la SSS problème important dans le système de santé et représente un frein principal à l’appropriation de la 301. La planification stratégique au Cameroun a mise en œuvre de la SSS par tous les acteurs. A ce pour cadre de référence la Vision Cameroun 2035, jour, plusieurs dispositifs institutionnels sont mis en déclinée dans le DSCE pour la période 2010-2020 et place pour que les autorités de la santé puissent la SND30 pour la période 2020-2030. Elle rendre compte de la mise en œuvre de leurs activités s’opérationnalise dans le secteur santé à travers les (rapports des performances des administrations). La SSS 2001-2015 et 2016-2030. Mais l’on note une mise en place des plateformes d’échanges (CNLS, faible mise en œuvre de ces cadres de référence du COPIL et ses démembrements, CCIA, réunions de fait de leur faible vulgarisation, appropriation et coordination etc.) met en relief le souci et la volonté utilisation pour la planification à tous les niveaux de la des pouvoirs publics d’associer toutes les parties pyramide sanitaire. prenantes à la mise en œuvre de la SSS et à la prise de décisions. Mais l’insuffisance des ressources 302. Le secteur santé reste caractérisé par une financières pour l’organisation des réunions de multiplicité d’instances de coordination. En effet, la coordination surtout au niveau déconcentré, limite plupart des programmes et projets de santé disposent souvent leur fonctionnalité. d’une instance de pilotage et d’orientation à caractère intersectoriel ou interministériel (Instance de
3.6.1.4. Contrôle social Coordination Nationale pour les financements du Fonds Mondial de lutte contre la TB, le VIH ; le 298. Le contrôle social des interventions de santé Paludisme, le Comité de Coordination Inter Agence, dont l’une des modalités est la participation etc.). Ces instances de coordination des programmes communautaire aux activités du système de santé est verticaux ne disposent pas d’une instance faitière de « assez faible »cclv. Les structures de dialogue existent suivi. Le Comité de Pilotage et de Suivi de la Mise en à tous les niveaux de la pyramide sanitaire et Œuvre de la Stratégie Sectorielle de Santé qui devrait devraient participer aux interventions de co- assurer cette fonction reste en attente de son financement et de cogestion des structures de santé. renouvellement depuis 2017. Ces problèmes de Mais, elles sont peu fonctionnelles pour la plupart. coordination et de pilotage stratégique se répercutent également au niveau régional. DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 3 Ŕ ETAT DES LIEUX … 57 303. Pour le MINSANTE, un comité interne de gestion 306. Le secteur santé a développé une véritable de la chaine Planification, Programmation, dynamique partenariale grâce à laquelle il a élargi Budgétisation et Suivi-Évaluation (PPBS) a été mis en son réseau de partenaires tant sur le plan national place en 2009. Pour assurer son fonctionnement qu’international. annuel, un acte signé du Ministre de la Santé Publique actualiser la composition des membres dudit comité. 307. Sur le plan international, le Cameroun est Cependant, les réunions y relatives ne sont pas tenues membre des partenariats globaux pour la santé, à fréquemment. Il convient de relever que les activités l’instar de l’International Health Partnership (IHP+) ; de planification du niveau central ne sont pas des GAVI alliance, Global Health agenda etc. Il coopère agrégations des besoins exprimés par les niveaux en outre avec les partenaires bilatéraux et inférieurs de la pyramide sanitaire. Par conséquent, multilatéraux qui soutiennent la santé à l’échelle les dotations budgétaires sont faites de manière internationale. égalitaire sans prise en compte des spécificités des différentes régions et structures. 308. Sur le plan national, le portefeuille du partenariat compte plusieurs centaines d’acteurs : les 304. Par ailleurs, les capacités des responsables de Départements ministériels et les Institutions sous tutelle, ce comité n’ont pas été renforcées. L’accent est plutôt les entreprises publiques et privées, les Collectivités mis sur la programmation et la budgétisation au Territoriales Décentralisées, les ONG et les détriment de la planification opérationnelle et de associations. l’arrimage à la stratégie sectorielle de santé décliné dans le PNDS. 309. Le cadre institutionnel et technique de coordination actuel nécessite un renforcement et des
3.6.2.3. Le suivi - évaluation appuis multiformes pour animer, capitaliser et rentabiliser cet important patrimoine partenarial. Par 305. Le Plan Intégré de Suivi-Évaluation (PISE) de la ailleurs, la recherche partenariale gagnerait à être SSS 2016-2020 a été validé mais sa mise en œuvre plus offensive pour anticiper le retrait annoncé de n’a pas encore été évaluée. certains partenaires.
3.6.2.4. Le partenariat pour la santé DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 58 CHAPITRE 4 : DIAGNOSTIC DU SECTEUR DE SANTE ________________________________________________ 310. Le présent chapitre s’articule autour des administratives insuffisante).Le bilan perceptible qui quatre thématiques ci-après : (1) les leçons tirées de peut être fait de la mise en œuvre de cette SSS la mise en œuvre de la SSS 2001-2015, (2) les 2001-2015 est présenté sous forme de points forts principaux problèmes du secteur de la santé par et de points faibles (voir figure ci-après). composante, (3) les facteurs externes significatifs et
4.1.1. Points forts (4) les enjeux et défis majeurs de la stratégie. 315. Des points forts ont été répertoriés dans les domaines suivants : offre infrastructurelle, ressources
4.1. ANALYSE DES POLITIQUES PASSÉES : humaines, médicaments, financement et recherche LEÇONS TIRÉES DE LA MISE EN ŒUVRE DE opérationnelle en santé. LA SSS 2001-2015 316. Offre infrastructurelle : Le Gouvernement 311. La période allant de 2000 à 2009, dite a lancé, dans le cadre du Plan d’Urgence Triennal, de planification stratégique, a vu la naissance de la la réhabilitation des Hôpitaux Généraux de 1ère Stratégie Sectorielle de Santé. Cette Stratégie Yaoundé, de Douala et du Centre Hospitalier et Sectorielle de Santé, qui découlait du Document de Universitaire de Yaoundé ainsi que la construction Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), était de 08 Centres Hospitaliers de Référence. Par une réforme de première génération axée sur ailleurs, les points forts suivants ont été relevés: la quelques programmes de santé. Sa révision, disponibilité des dossiers techniques de intervenue en 2009, a permis de l’arrimer au DSCE réhabilitation des formations sanitaires faisant 2001-2020, d’y incorporer les OMD comme ressortir les possibilités séquentielles de mise en objectifs stratégiques, et surtout de prendre en œuvre des travaux à réaliser (plan de compte la notion de viabilisation des districts de développement architectural et technique des HD santé. L’actualisation en 2009 devait donc aboutir à sur financement interne ordinaire); la disponibilité un changement de paradigme. Il s’agissait en effet des techniciens capables d’élaborer des projets passer de la logique des programmes verticaux à architecturaux ainsi que des plans d’aménagement celle de la viabilisation des districts de santé. Mais selon les normes en collaboration avec les cette logique n’a pas été suivie. différentes administrations techniques concernées (MINTP, MINDCAF, MINHDU et MINEE) ; la 312. En effet, la SSS 2001-2015 avait entre disponibilité d’une stratégie partenariale de la autres objectifs majeurs la décentralisation du santé pour le renforcement du partenariat (public- système de santé256. Les districts de santé devaient privé et public-public); l’existence d’un réseau dense s’autonomiser tandis que le niveau central devait de formations sanitaires et d’institutions de davantage s’occuper du suivi, du contrôle, de la formation au plan national et dans de nouveaux régulation et des normes. Le nombre de domaines; la subvention des formations sanitaires programmes verticaux devait progressivement privées et des établissements privés de formation diminuer et les districts de santé quant à eux des personnels de la santé par l’Etat et; l’existence devaient être viabilisés progressivement pour être à des normes en équipements, bien que celles-ci ne même d’offrir des paquets d’interventions intégrés soient pas actualisées. et globaux aux populations. 317. Ressources Humaines : la gestion des 313. A ce jour, bien que la proportion de DS ressources humaines a connu une amélioration grâce viabilisés ne soit pas connue avec exactitude, les à l’élaboration et à la mise en œuvre du Plan de experts du secteur santé l’estiment à moins de 10 Développement des Ressources Humaines en Santé sur les 189 DS257. Par ailleurs, les résultats attendus (PDRH 2013-2017). En effet, ce plan a permis : (i) et projetés dans la stratégie échue n’ont pas d’améliorer la gestion et la gouvernance des RHS, toujours tenu compte des capacités institutionnelles. (ii) de renforcer la production des RHS et (iii) de renforcer la veille stratégique sur les RHS. L’on 314. En somme, la SSS 2001-2015 a souffert relève avec satisfaction: la disponibilité des données d’une insuffisance de suivi de sa mise en œuvre dans sur l’état des besoins favorisée par divers efforts les districts de santé (financement, supervision, dont l’étude d’estimation des besoins ; l’amélioration contrôle, inspection des activités techniques et de la carte sanitaire ; le recensement des ressources DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 59 humaines, le logiciel de gestion du personnel évaluation), budget/dépenses, disponibilité des (SIGIPES) et des outils de gestion prévisionnelle des infrastructures et recherche opérationnelle. carrières (Logiciel de Cartographie des Postes et des Emplois, Observatoire National des RHS) des 322. Engagement politique : L’engagement effectifs croissants de personnels formés par les politique de haut niveau dans le secteur s’est multiples universités et écoles professionnelles en amélioré mais reste encore insuffisant en ce qui démultiplication. concerne : i) le pourcentage d’allocation budgétaire dans le secteur. Bien que le budget alloué à la 318. Médicaments : des efforts considérables fonction santé ait significativement augmenté en ont été consentis par le Gouvernement afin de valeur absolue, tout au moins pour ce qui concerne faciliter l’accès aux médicaments. Pour ce qui le budget du MINSANTE, il reste encore en dessous concerne la régulation, les prix des médicaments des recommandations d’Abuja (la déclaration essentiels ont été uniformisés dans le secteur public d’Abuja propose en effet d’allouer à la santé 15% et leurs coûts sont abordables, y compris dans les du budget de l’État) ; ii) l’animation du partenariat zones reculées où l’indice de pauvreté est élevé pour la santé (l’échec de la mise en œuvre du (équité). Par ailleurs, une politique de gratuité est SWAp en est un marqueur). En effet, on compte appliquée à plusieurs produits médicaux dans le dans le secteur santé, un nombre important de PTF cadre des programmes prioritaires, particulièrement (bi et multilatéraux), mais très peu de partenaires pour les groupes vulnérables (enfants de moins de œuvrent depuis 2011 pour une approche 5ans, femmes enceintes, etc.). De plus, certaines sectorielle. Par conséquent, l’engagement politique classes thérapeutiques telles que les antituberculeux, de haut niveau a été jugé insuffisant. les anti-lépromateux, et même les antirétroviraux de 1ère et 2nde lignes sont délivrées gratuitement. 323. Législation, réglementation : il n’existe D’autres classes sont disponibles à un coût réduit ; pas de code de santé publique au Cameroun. Par c’est le cas notamment des antipaludiques, des kits ailleurs, le cadre juridique des interventions en obstétricaux, des contraceptifs, de l’insuline, etc. matière de santé, est caractérisé par : l’éparpillement, la prolifération d’actes 319. Financement de la santé : on note comme réglementaires aux dispositions parfois concurrentes progrès : l’introduction et l’opérationnalité de et discordantes, et l’obsolescence de nombreux plusieurs stratégies innovantes pour améliorer le instruments juridiques encore en vigueur. Très financement de la santé dont le FBR, le chèque souvent, les pratiques précèdent l’encadrement santé, les kits obstétricaux, le value for result, etc. juridique et les vides juridiques persistent dans plusieurs domaines. 320. Recherche opérationnelle en Santé : quelques points forts ont été relevés, notamment : le 324. Gestion (planification, direction, contrôle renforcement du cadre institutionnel de la recherche et suivi évaluation) : à ce niveau, les points opérationnelle en santé ; le renforcement de la préoccupants identifiés sont les suivants : régulation par la création d’un Comité National et l’insuffisance dans l’accomplissement de son mandat des Comités Régionaux d’Ethique en Santé Humaine (impulsion et animation du secteur de la santé) par et d’un cadre de concertation des différentes le Secrétariat Technique du Comité de Pilotage et parties prenantes en matière de recherche en santé de suivi de la mise en œuvre de la Stratégie à travers la Commission Consultative Scientifique et Sectorielle de Santé. Cette défaillance a limité la Stratégique pour la Recherche en Santé Humaine performance globale de ce dernier. Les (CCSSRS); l’existence de structures et outils de mise caractéristiques de cette insuffisance managériale à disposition et de vulgarisation des données au niveau du ST-CP/SSS sont : sanitaires et résultats de la recherche en santé L’inadéquation de la planification stratégique : notamment le Centre de Développement des Bonnes les objectifs stratégiques formulés dans la SSS Pratiques en Santé (CDBPS) et le Centre de 2001-2015 et les interventions choisies n’étaient Documentation Numérique du Secteur Santé pas toujours en adéquation avec les capacités (CDNSS). institutionnelles, structurelles et les rythmes de
4.1.2. Points faibles progression antérieurs ; L’inadéquation de la planification 321. Ils concernent les aspects suivants: opérationnelle au niveau régional : les besoins engagement politique, législation, réglementation, exprimés par les régions sanitaires n’ont pas Gestion (planification, direction, contrôle et suivi- tenu compte des contraintes budgétaires et des DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 60 ressources disponibles. L’absence d’objectifs pour conséquences, le double emploi des ressources, régionaux réalistes a constitué un frein à ayant entrainé une fois de plus et subséquemment le l’affectation des ressources en fonction des manque d’efficience observé dans le secteur dans besoins réels. Enfin, la mobilisation locale des certains cas. En effet, la dépense moyenne par ressources est restée faible ; habitant était de 63 USD en 2012, mais les L’absence d’un plan intégré de suivi- résultats obtenus étaient similaires à ceux des pays évaluation : les valeurs de départ et les valeurs dépensant entre 10 et 14 USD (soit respectivement cibles des indicateurs de suivi de la SSS échue 6000 et 8000 FCFA). n’ont pas été renseignées, ce qui a rendu leur suivi difficile. En outre, leur nombre était 326. Dans le même ordre d’idées, on a relevé pléthorique ; que la productivité financière des formations Le déficit de l’anticipation et de la gestion des sanitaires n’est pas suffisamment suivie pour risques : du fait de l’absence d’un plan de favoriser une utilisation optimale des financements gestion des risques, il n’a pas été possible publics ; le système de santé n’assure pas encore d’anticiper sur les entraves structurelles et une protection contre le risque maladie à toute la conjoncturelles à l’atteinte des résultats de la population : seulement 3% de la population est stratégie échue. Cela a entrainé une attitude couverte par des mécanismes y afférents. Les plus réactive que proactive des acteurs de mise paiements directs qui représentent près de 95% des dépenses privées de santé demeurent la principale en œuvre de la stratégie échue ; modalité d’acquisition des soins. De plus, la Une inadéquation entre les ressources persistance des mauvaises pratiques de affectées aux régions et les besoins identifiés gouvernance dans les services publics d’une manière dans ces dernières ; générale reste une pesanteur qui rend difficile Le déficit de redevabilité : peu de mécanismes l’utilisation efficiente des ressources. de redevabilité des acteurs étaient mis en œuvre ou étaient fonctionnels compromettant 327. Enfin, le déficit d’équité important dans la ainsi l’efficience et l’efficacité ; couverture sanitaire a été favorisé par l’inefficacité Certains ministères apparentés prestataires des des stratégies visant à mutualiser le risque maladie soins curatifs, préventifs et promotionnels n’ont et à assurer une couverture sanitaire universelle. pas été identifiés et leurs responsabilités n’ont pas formellement été clarifiées dans les cadres 328. Disponibilité des infrastructures : le de mise en œuvre de la SSS et du PNDS 2011- développement des infrastructures n’a souvent tenu 2015. compte ni des exigences de la carte sanitaire du fait de l’absence d’un plan directeur conçu à cet 325. Financement de la santé : en matière de effet, ni de l’évolution technologique (simplification budget et dépenses, l’existence au Cameroun de des laboratoires avec de plus en plus de "point-of- multiples mécanismes de financement de la santé care tests" et opportunités de la télémédecine entre (30 dénombrés en 2013)3provient de l’absence autres). d’une approche intégrée de financement de la santé. En outre, le faible niveau d’information sur les 329. Recherche en Santé : les points faibles financements déployés dans le secteur (ceux du enregistrés dans ce domaine sont : le non-respect du privé, ceux des ministères partenaires prestataires cadre réglementaire régissant la pratique de la de soins et services de santé, ainsi que ceux des recherche en santé au Cameroun ; l’insuffisance des collectivités territoriales décentralisées) n’a pas ressources financières allouées au fonctionnement contribué à la prévention du double emploi des des instances de régulation et le sous-financement ressources. Ceci n’a pas permis d’agir de façon des activités de recherche par les structures cohérente pour gérer les besoins les plus cruciaux publiques et privées; la faiblesse dans la des populations cibles (équité horizontale). A ce planification, la coordination, le suivi et l’évaluation jour, la collecte des ressources pour la santé des activités de recherche en santé au MINSANTE; (financements privés, financements publiques) et leur l’absence d’une liste nationale des priorités de mise en commun dans la perspective de la CSU ne recherche en santé (il existe par exemple très peu sont pas encore bien organisées dans le secteur. de projets de recherche en santé humaine adressant les zoonoses) ; une faible culture de la recherche, du Par ailleurs, la faiblesse du dispositif de suivi et de l’évaluation; la faiblesse en matière de suivi/évaluation et les insuffisances relevées au diffusion des résultats de la recherche, de niveau de la coordination des interventions ont eu DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 61 disponibilité des bases factuelles fiables et d’utilisation des résultats de recherche dans la prise de décision en santé. 62 STRATEGIE SECTORIELLE DE LA SANTE 2020-2030 Figure 9: Résumé synoptique de l’évaluation qualitative de la SSS 2001-2015 Evaluation de la Evaluation du Evaluation de la Suivi/Evaluati SSS 2001-2015 Processus Mise en œuvre on d’élaboration et du contenu de la Plans Plan de Processus Elaborati Opérationn suivi on els /Evaluatio Légende Mobilisatio Analyse Revues n des de la systématiq ressources Très bien Situation Bien Allocations Supervision Choix des des Moyen ressources priorités, Monitorag axes e intégré stratégiq Gouvernanc Faible e Costing et Très faible Indicateurs cadre Réformes clés budgétaire Structurelle s Produits de Cadre l’informati logiqued’in Pilotage on tervention Stratégique Assurance qualité Cadre de etsécurité des Suivi- Intégration évaluationéla des boré Utilisation interventio pour la prise de decision Coordinatio n Source : MINSANTE Rapport d’évaluation de la SSS 2001-2015 DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 63
4.2. PRINCIPAUX PROBLÈMES DU SECTEUR DE LA SANTÉ PAR COMPOSANTE 330. Le diagnostic du secteur de la santé a permis d’identifier comme problème majeur la « faible capacité du système de santé à répondre aux besoins socio- sanitaires des populations et à contribuer au développement d’un capital humain sain et productif ». 331. En effet, confronté à la faiblesse de ses six piliers (leadership et gouvernance5 ; ressources humaines ; offre de services et de soins ; infrastructures ; médicaments et technologies sanitaires ; financement et système d’information sanitaire), le système de santé actuel ne permet pas de prévenir de façon adéquate les événements qui influencent négativement la santé. Il ne parvient pas à assurer suffisamment et de manière efficace, la promotion de la santé des populations, ou encore à assurer une prise en charge adéquate et globale des cas de maladie. En pratique, la faible capacité du système de santé à répondre efficacement aux besoins de bien-être de la population se traduit par des indicateurs sanitaires peu satisfaisants avec notamment, une morbi-mortalité élevée, un accroissement des dépenses de santé et une diminution de la force de travail. Ce diagnostic global est résumé sous forme schématique dans l’image ci-dessous (figure 9) et dans le tableau 12. 5 Les nombreux défis majeurs liés au pilotage stratégique et à la gouvernance du secteur santé, de même qu’au développement d’une stratégie nationale sur la thématique de la gouvernance ont motivé le choix de l’institution de ce pilier du système de santé en composante transversale entière, pour une meilleure analyse. 64 STRATEGIE SECTORIELLE DE LA SANTE 2020-2030 Figure 10 : Résumé synoptique du diagnostic du secteur de la santé Source : MINSANTE Document Etat des lieux et diagnostic du secteur santé (2015 65 STRATEGIE SECTORIELLE DE LA SANTE 2020-2030 Tableau 17: Problèmes prioritaires relevés dans l’analyse de la situation du secteur de la santé PROBLEME « Faibles capacités du système de santé à répondre aux besoins socio-sanitaires des CENTRAL DU populations et à contribuer au développement d’un capital humain sain et productif » SYSTEME DE SANTE COMPOSANTE : PROMOTION DE LA SANTE ET NUTRITION Problème central de la composante : Capacités insuffisantes des populations à adopter des comportements sains favorables à la santé. CAUSES CAUSES PROFONDES IMMÉDIATES Faibles capacités institutionnelles pour la mise en œuvre des politiques et stratégies de promotion de santé Faible implication de la communauté dans l’élaboration des programmes et projets de Promotion promotion de la santé insuffisante des bonnes habitudes Offre de services pour la promotion de la santé insuffisante (infrastructures de alimentaires, proximité pour la pratique du sport de masse insuffisantes ; déficit d’encadreurs en nutritionnelles, charge du sport-santé, Services de PF ou conviviaux peu disponibles dans les FOSA d’assainissement etc.) du milieu et Ressources financières allouées à la promotion de la santé insuffisantes (< 2 % pour le d’hygiène MINSANTE) individuelle Indigence des populations………. Effectifs des Personnels qualifiés (experts dans le domaine de la santé publique et/ou communautaires) insuffisants Absence d’une stratégie intégrée de promotion de santé Absence d’une approche intégrée de communication pour le changement de comportement Faible prise en compte des aspects de promotion dans les politiques publiques Les déterminants Expertise technique pour l’élaboration des plans stratégiques de lutte contre les sociaux de santé déterminants sociaux insuffisante ne sont pas suffisamment pris en compte dans Planification, suivi et coordination intersectorielle (milieu de travail, scolaire, universitaire, l’offre des services familial.) des interventions de promotion de la santé insuffisants à tous les niveaux et soins de santé et les politiques publiques Faible prise en Formation des RHS davantage axée sur l’approche biomédicale que sur l’approche des compte des déterminants de la santé. aspects de Absence d’un plan stratégique intégré de promotion de la santé promotion dans les politiques Faible diffusion dans les administrations des résolutions prises au niveau international (ex : publiques Charte d’OTTAWA) COMPOSANTE PREVENTION DE LA MALADIE Problème central de la composante : l’incidence et la prévalence des maladies transmissibles et non transmissibles restent élevées Le fardeau (épidémiologique, économique et social) des maladies transmissibles et non transmissible reste élevés (Remplacer incidence et prévalence par fardeau pour prendre en compte les aspects épidémiologique, économiques et social) CAUSES CAUSES PROFONDES IMMÉDIATES Méconnaissance Faible disponibilité des données désagrégées pour la prise de décisions en faveur de la par les populations prévention des maladies non transmissibles (HTA, diabète, cancers etc.) des moyens Communication insuffisante des moyens/actions et des avantages de la prévention de la /actions et des maladie DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 66 avantages de la Campagnes de prévention et de dépistage des maladies faiblement exécutées prévention de la particulièrement dans les aires de santé maladie Allocation budgétaire dédiée aux activités de prévention des maladies insuffisante (surtout pour les maladies non transmissibles) Faible mise en œuvre des modalités d’offre de services pour la prévention adéquate des maladies (stratégies avancées /mobiles, délégations des tâches) Interventions de prévention faiblement planifiées et exécutées dans les plans stratégiques et les documents de politique de lutte contre la maladie Faible positionnement stratégique des interventions de prévention dans les stratégies et projets de santé Absence d’un cadre règlementaire des interventions de santé offerte à titre préventif et prophylactique (vaccination, TPI, déparasitage, supplémentation en vitamine A etc…) Absence d’un plan stratégique intégré de prévention de la maladie Formation du personnel axée prioritairement sur les aspects curatifs au détriment du préventif Synergie d’intervention intersectorielle insuffisante Sous-estimation par Faible disponibilité des données pour une meilleure prise de décisions relative à la les acteurs du prévention système des Faible visibilité des avantages et des effets à long terme de la prévention par les avantages bénéficiaires (Bénéfices de la prévention insuffisamment perçus) comparatifs de la Faible Perception des risques et avantages des interventions préventives de santé prévention par comparativement aux interventions curatives. rapport à la prise Recherches opérationnelles nationales sur les facteurs de risques des maladies insuffisantes en charge des cas Déficit des données probantes (ou des évidences) sur les facteurs de risques des maladies et des bénéfices des interventions de santé préventive sur la réduction du fardeau épidémiologique, économique et social des maladies dans le contexte camerounais Ressources consacrées aux activités de prévention insuffisantes COMPOSANTE PRISE EN CHARGE DES CAS Problème central de la composante : la mortalité globale et la létalité dans les formations sanitaires et dans la communauté sont élevées CAUSES CAUSES PROFONDES IMMÉDIATES Personnels soignants non recyclés à l’utilisation des protocoles et POS pour la prise en Faible utilisation charge des cas de MNT particulièrement au niveau déconcentré des procédures Faible disponibilité des protocoles standardisés de prise en charge des cas dans les opérationnelles et structures sanitaires (surtout pour les maladies non transmissibles) des protocoles pour Absence d’une approche normalisée des soins et services de santé par catégorie des le diagnostic et la structures sanitaires prise en charge Absence d’un niveau communautaire de soins bien organisé hospitalière et Faible planification, coordination, supervision et suivi-évaluation des actions de prise en communautaire des charge des cas à tous les niveaux de la pyramide y compris la référence et contre cas référence Plateaux techniques inappropriés (médicaments d’urgence incomplets, équipements parfois vétustes ou absents), personnels pas suffisamment recyclés etc. Intrants surtout pour la prise en charge des urgences pas toujours disponibles dans les FOSA Qualité des soins (sulfate de magnésie, ACT, Vitamine K etc) offerts insuffisante Faible disponibilité de l’offre de services des soins spécialisés (santé mentale, soins (qualité du palliatifs et d’accompagnement, grands brûlés, etc.) ; diagnostic et de la Faible implication des acteurs communautaires dans la prise en charge des cas prise en charge (continuum des soins) curative des cas encore insuffisante) Faible disponibilité des documents normatifs et standards pour une prise en charge correcte des cas les plus fréquents de MNT dans les FOSA du niveau opérationnel ; (HTA, Diabète, AVC etc.) Système de référence et de contre référence peu fonctionnel DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 67 Offre des services pour la réhabilitation/rééducation des handicaps insuffisante Structures de prise en charge des situations à haute mortalité insuffisantes (salles de déchoquage, soins intensifs, radiologie interventionnelle) Insuffisance qualitative et quantitative des ressources humaines formées et recyclées dans la surveillance intégrée des MAPE Ressources financières, matérielles et logistiques alloués au SMIR insuffisantes Préparation, Faiblesse du système de surveillance électronique des maladies/évènements de santé détection et riposte publique tardive dans la Promptitude et complétude des MAPE insuffisantes prise en charge des Application insuffisante du RSI cas de MAPE Absence de procédure innovante pour la riposte aux épidémies et pandémies émergentes ainsi qu’une centralisation accrue dans la gestion des incidents Surveillance à base communautaire des maladies ou évènements de santé publique insuffisamment organisée Vulnérabilité des ménages (revenu ou pouvoir d’achat des populations faible/instable) Accessibilité Tarification des actes non harmonisée entre FOSA de même catégorie physique et Mécanismes de mutualisation du risque maladie peu développés financière aux Mise en œuvre insuffisante des textes sur la participation communautaire et des CTD formations sanitaires limitée Formations sanitaires inéquitablement reparties sur le plan géographique Faible exécution des activités en stratégie avancée et mobile Mauvaises conditions de travail (Absence de commodités essentielles, faible rémunération, Démotivation du non-respect du plan de carrière, faible implication des personnels à la gestion des FOSA) personnel Faible attractivité des zones rurales ou d’accès difficiles : absence de logements d’astreinte et de prime allouée au personnel travaillant dans les zones d’accès difficile COMPOSANTE : RENFORCEMENT DU SYSTÈME DE SANTÉ Problème central de la composante : Développement insuffisant des piliers du système de santé SOUS-COMPOSANTE/PILIER : FINANCEMENT DE LA SANTÉ Problème central CAUSES IMMEDIATES CAUSES PROFONDES du pilier Absence de plaidoyer structuré et continu par les acteurs clefs (MINFI, MINEPAT, MINSANTE) pour l’augmentation du financement public de la santé Effort de guerre contre le terrorisme et l’insécurité Ressources financières allouées Financements publics de la santé insuffisants à la santé insuffisantes et Faible mobilisation des financements privés pour la utilisation inefficiente de celles santé qui sont octroyées aux structures Accessibilité sanitaires Faible coordination et faible visibilité sur le long financière aux soins terme des financements provenant des PTF et services de santé Cloisonnement des financements des PTFs de qualité limitée Besoins en santé de plus en plus croissants pour les (nombreuses maladies émergentes et re-émergentes) populations, en Faible développement des mécanismes de partage particulier les plus du risque maladie vulnérables Faible coordination des multiples mécanismes de financement de la demande des soins Faible adhésion des populations Absence d’un système national en charge de la aux mécanismes de partage du couverture du risque maladie risque maladie ; Acteurs du système de santé pas suffisamment imprégnés des avantages de la mise en place des mécanismes de mutualisation du risque maladie Culture du prépaiement des soins faiblement ancrée dans les mœurs des populations SOUS-COMPOSANTE/PILIER : OFFRE DES SERVICES ET SOINS DE SANTÉ Problème central CAUSES IMMÉDIATES CAUSES PROFONDES DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 68 du pilier Absence d’un plan de développement des infrastructures et des équipements Gouvernance insuffisante Absence d’un système (dispositif formel) de maintenance dans la plupart des structures sanitaires Répartition/Gestion inappropriée Constructions qui ne tiennent pas toujours compte de l’offre infrastructurelle et des des carences/insuffisances de la carte sanitaire. équipements Pressions politiques pour la construction des FOSA dans des zones déjà suffisamment pourvues Absence d’un système d’assurance qualité en matière d’infrastructures et d’équipements Faible mise en œuvre de la politique nationale de technologie sanitaire Faible pouvoir d’achat des populations et coûts des soins élevés pour certains Système de référence/contre référence, peut Faible utilisation des structures et performant pour permettre une continuité de sois des services de Plateaux techniques insuffisants ou inadéquats au santé regard des missions de la structure sanitaire Intrants insuffisants ou non disponibles (ruptures de stocks de certains médicaments essentiels, nombre d’ASC insuffisant, autres ressources humaines de santé qualifiées, ressources Faible disponibilité et accessibilité financières) pour assurer la mise en place et la à des paquets de services et soins disponibilité des paquets de services et soins de de santé de qualité santé Faible disponibilité des procédures, normes, protocoles et standards pour la prise en charge des cas Exploitation insuffisante de Certaines modalités innovantes d’offre de services (télémédecine, stratégies avancées) Système de référence et contre référence peu performant Existence des barrières socio-culturelles à l’accès aux soins SOUS-COMPOSANTE/PILIER : MEDICAMENTS ET CONSOMMABLES PHARMACEUTIQUES Problème central CAUSES IMMEDIATES CAUSES PROFONDES du pilier RHS non outillées pour l’élaboration des textes Cadre politique et institutionnel du Absence d’une politique de promotion de l’usage secteur des Médicaments et des rationnel du médicament ; consommables pharmaceutiques insuffisant Faible utilisation Faible pouvoir d’achat des ménages des médicaments et Gestion défectueuse des stocks de médicaments dans produits les FOSA du niveau opérationnel pharmaceutiques Capacités managériales limitées des responsables en de qualité Faible disponibilité et accessibilité charge du médicament dans les FOSA du niveau du médicament de qualité opérationnel Faiblesse du système d’approvisionnement Faiblesse du système d’assurance qualité des médicaments (contrôle qualité, inspection, homologation, pharmacovigilance, surveillance du DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 69 marché pharmaceutique) et des réactifs de biologie médicale Verticalisation du système d’approvisionnement Expansion du trafic illicite des médicaments de la rue, des faux médicaments ou médicaments contrefaits Précarité et insuffisance des financements alloués aux médicaments et aux vaccins Faible production pharmaceutique locale et de consommables médicaux Faible priorisation de la mise en place des laboratoires d’analyses médicales de référence Faible disponibilité des Déficits en RHS qualifiés pour la gestion des laboratoires d’analyses médicales laboratoires de référence et des prestations de référence d’analyses médicales de qualité Financements insuffisants pour la création des laboratoires de référence et leur mise en réseau SOUS-COMPOSANTE /PILIER : RESSOURCES HUMAINES Problème central CAUSES IMMEDIATES CAUSES PROFONDES du pilier Migrations importantes des RHS Indisponibilité de certaines spécialités Contraintes budgétaires pour le recrutement de Recrutement insuffisant des RHS nouvelles RHS Faible plaidoyer en faveur du recrutement des RHS dans le sous-secteur public Cadre institutionnel peu adapté à la gestion optimale des RHS Distribution inéquitable des RHS Inadéquation entre les postes et les profils des Gestion des RHS inadéquate personnes qui les occupent Responsables des structures sanitaires à tous les niveaux de la pyramide sanitaire faiblement Ressources capacités pour une gestion optimale des RHS humaines Faible capacité des responsables en Gestion des RH quantitativement et Mécanismes de fidélisation au poste dans les zones qualitativement d’accès difficile faiblement mis en œuvre insuffisantes dans le sous- secteur public Conditions de travail précaires surtout dans les zones rurales Pratiques inéquitables dans l’affectation du personnel Salaires insuffisants du personnel travaillant dans Faible motivation des prestataires le sous- secteur public ; de services et soins du sous-secteur Migrations importantes des RHS public Faible rotation des RHS affectées dans les zones rurales Choix inapproprié (parfois peu équitable) des profils du personnel devant bénéficier des formations continues Inadéquation entre le choix du profil et le poste de travail occupé Formations continues insuffisantes SOUS-COMPOSANTE/PILIER : INFORMATIONS SANITAIRES ET RECHERCHE EN SANTE Problème central CAUSES IMMEDIATES CAUSES PROFONDES DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 70 du pilier Faible utilisation des données de routine pour la prise de décision Plan stratégique de renforcement du SNIS obsolète et faiblement mis en œuvre Mauvaise gestion des Manuel de procédure du SNIS obsolète informations sanitaires Faible Existence des systèmes parallèles d’information développement de sanitaire la recherche en Cadre institutionnel et organisationnel du santé et prise de SNIS fragmenté ; décision pas Vulgarisation insuffisante de Insuffisance des Ressources financières allouées aux toujours basée sur l’information sanitaire et des travaux de recherche insuffisantes des données produits de la recherche à tous les Faibles mécanismes de vulgarisation des résultats probantes niveaux pour une bonne prise de de recherche décision Forte centralisation de la prise de décision Culture de la recherche insuffisante chez les prestataires de services et soins de santé Faible production et disponibilité de l’information sanitaire COMPOSANTE GOUVERNANCE ET PILOTAGE STRATEGIQUE PROBLEME CENTRAL DE LA COMPOSANTE : Faibles performances du système de santé CAUSES CAUSES PROFONDES IMMEDIATES Textes réglementaires et législatifs susceptibles d’améliorer la performance dans le secteur non disponibles ou pas actualisés (textes sur la participation communautaire, réformes pharmaceutiques, réforme hospitalière, la CSU, la carte sanitaire, la structuration de l’offre de soins par niveau, la recherche pour la santé, textes réglementant l’exercice de la médecine traditionnelle et l’encadrement des Réglementation, tradipraticiens, harmonisation de la règlementation des Ordres professionnels et de leadership, leurs modalités d’exercice, réglementation sur la transplantation d’organes humains et planification, la procréation médicalement assistée, etc.) coordination et Capacités des responsables des délégations régionales et des districts de santé à suivi-évaluation appliquer et à mettre en œuvre le processus gestionnaire insuffisantes insuffisants à tous Capacités techniques des responsables des structures sanitaires insuffisantes, surtout pour ce les niveaux de la qui concerne la veille stratégique et la coordination des actions dans le secteur santé pyramide sanitaire Ressources financières insuffisantes pour la mise en œuvre des activités de coordination à tous les niveaux Développement insuffisant des partenariats notamment public-privé (faible contractualisation) Dispositif institutionnel de coordination et de veille stratégique dans le secteur peu performant (existence de nombreux comités de pilotage non coordonnés). Mise en œuvre insuffisante des recommandations issues des rapports de supervision, d’inspection, de contrôle et d’audit Culture de redevabilité insuffisante chez les acteurs du secteur de la santé. Audits internes et externes insuffisants Gouvernance Pratiques persistantes de corruption dans les services publics insuffisante à tous Faible appui technique et financier aux interventions communautaires les niveaux de la pyramide sanitaire Soutien institutionnel aux différents mécanismes de contrôle social insuffisant (CDT, structures de dialogue, associations, comités de développement à tous les niveaux) Faible vulgarisation et maitrise des procédures de gestion à tous les niveaux Suivi, évaluation et coordination des interventions insuffisants à tous les niveaux Sanctions (positives ou négatives) faiblement appliquées DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 71
4.3. FACTEURS EXTERNES SIGNIFICATIFS 334. Les facteurs porteurs d’avenir représentent les principales opportunités que le système de santé 332. Le développement du système de santé pourrait exploiter. Ces facteurs sont : camerounais est fortement influencé par de nombreux Le Plan d’Urgence pour l’Accélération de la facteurs nationaux et internationaux. Ces derniers ont Croissance Economique 2015-2017 qui prévoit la été classés en deux grands groupes : les facteurs construction et la réhabilitation des hôpitaux de contraignants et les facteurs porteurs d’avenircclviii. référence dans toutes les régions du pays, ainsi que le développement des infrastructures sociales
4.3.1. Facteurs contraignants de base ;cclix 333. Les facteurs contraignants sont les principales Le fort taux de pénétration des TIC qui peut menaces qui pèsent sur le développement du secteur faciliter la gestion de l’information et l’utilisation de la santé. Ils peuvent être résumés de la manière des technologies à moindre coûts sous réserve suivante : d’une bonne politique d’implémentation de L’insécurité aux frontières, due aux guerres dans l’informatique médicale et de la télémédecine; les pays voisins (Tchad, RCA), la crise sécuritaire Les grands projets structurants qui, si les risques dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et environnementaux sont contenus, vont améliorer le une partie de l’extrême-nord entrainent un afflux bien-être des populations par les infrastructures et de réfugiés/déplacés internes et la survenue des les emplois nouveaux ; épidémies. La pression sur les services de santé des Les engagements internationaux ratifiés par le populations déplacées qui en découle fragilise le Cameroun, tels que les ODD, qui créent un contexte système de santé et accroit la vulnérabilité des favorable à l’amélioration des politiques sociales populations au niveau local ; en généralcclx ; Les crises financières mondiales limitent la L’évolution vers la décentralisation des politiques disponibilité des financements extérieurs ; sociales en général qui va davantage promouvoir La diminution programmée des financements l’appropriation par les communautés de leurs extérieurs due au retrait éventuel de certains propres problèmes de santé ; bailleurs de fonds ; Le taux d’alphabétisation élevé qui favorise une La forte croissance démographique qui exerce une compréhension des messages de santé et une forte pression sur les services sociaux de base ; adoption de comportements favorables à la L’insuffisance et le mauvais état du réseau routier santé ; qui limitent l’accessibilité géographique aux Le nouveau régime financier de l’État consacrant le services de santé ; budget programme comme modalité de cadrage L’insuffisance du financement public de la santé budgétaire qui garantit plus de visibilité à moyen (moins de 15% du budget national) ; terme. La pauvreté des populations qui limite leur accessibilité financière aux services de santé ; La vulnérabilité des populations aux effets néfastes des changements climatiques et à la dégradation de la biodiversité; La forte croissance du taux d’urbanisation avec le développement de l’habitat spontané ; Les us et coutumes des populations qui sont parfois néfastes pour leur santé ; La rémunération insuffisante du personnel de la santé et les mauvaises conditions de travail La Pandémie de la COVID-19 qui oblige une reconsidération des priorités sanitaires dans le monde.
4.3.2. Facteurs porteurs d’avenir DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 72
4.4. ENJEUX ET DÉFIS MAJEURS DE LA secteur public est faiblement utilisé en raison de son STRATÉGIE délabrement, des ressources humaines insuffisantes en quantité et qualité, d'une faiblesse institutionnelle,
4.4.1. Renforcement de la décentralisation du notamment en matière d'exécution des crédits système de santé d'investissement inscrits au budget. En plus, la majorité des actes de soins sont dispensés dans le secteur 335. La Constitution de 1996 prévoit un processus informel. Tout ceci a conduit à une réforme du seul de décentralisation qui devra s'accompagner d'un secteur public qui reste pourtant insuffisante si elle ne transfert de compétences aux collectivités territoriales, se traduit pas par une réduction significative de la désormais responsables de la gestion et du part du secteur informel. D'autre part, les mauvaises fonctionnement des services de santé. Le renforcement habitudes prises par le personnel de santé, qui de la décentralisation dans le secteur de la santé résultent en partie de l'insuffisance des salaires, ne pourrait constituer une opportunité forte pour sont pas susceptibles d'être modifiées par la seule répondre aux attentes des populations à travers une réforme du secteur public. Les ménages financent autonomisation des districts de santé. La politique de directement l'essentiel des prestations de santé ; décentralisation, telle qu’envisagée, implique un l'intervention majeure devra de ce fait se fonder sur transfert de compétences du niveau central aux les changements d'attitude des ménages en tant que niveaux intermédiaire et périphérique. En effet, l’un consommateurs de santé. Il s'agira d'une part de les de ses principes clé est le transfert d’un maximum de informer et de les sensibiliser, d'autre part d'instaurer responsabilités au niveau opérationnel et restreindre un système de normes de qualité et de les contrôler, le rôle du niveau central d’avantage au suivi, au tant dans le public que le privé. Une part considérable contrôle, à la régulation et à la mise aux normes. Le de l'activité informelle est réalisée par le personnel processus est basé sur un système de vérification fonctionnaire à l'intérieur et à l'extérieur des structures décentralisé afin de régler les questions au plus près publiques. Au regard de toute ces manquements dans du terrain et des acteurs. Ceci permet d’aider les le secteur public de la santé, la solution préconisée est services de santé à prendre des mesures la décentralisation qui devra se construire autour de d’amélioration pertinentes au sein des structures l'autonomisation des structures sanitaires, qui est au sanitaires et d’assurer des prestations de qualité. cœur du procédé de la délégation et devra D’après la loi d’orientation y relative (Cf. Loi déboucher sur une nouvelle conception de la gestion n°2004/017 d’orientation de la décentralisation de des ressources humaines. juillet 2004), il est envisagé à terme que certaines compétences jusque-là exécutées par l’administration 337. La distinction entre les niveaux central, centrale soient transférés aux collectivités territoriales intermédiaire et périphérique, correspond décentralisées (CTD). C’est dans cet esprit que le globalement à une distinction entre les niveaux transfert des compétences et des ressources aux stratégique, technique et opérationnel. La politique de collectivités territoriales décentralisées a véritablement décentralisation se concrétise véritablement autour des commencé en 2010. De manière pratique, ce districts de santé. L'administration du district de santé changement de paradigme pourrait se traduire est en pleine restructuration. Placé sous l’autorité d’un progressivement par i) la décentralisation de la médecin-chef de district, le Service de santé du district gestion du personnel ; ii) l’implication des collectivités devra comprendre des structures de dialogue comme territoriales décentralisées (CTD) dans la gestion des le Comité de Développement, et de décision comme le établissements sanitaires; iii) la gestion des Comité de Santé du district. Le niveau intermédiaire infrastructures ; etc. est chargé d'assurer l'appui technique au district de santé. Il sera de plus responsable du recrutement et de 336. Malgré le retard observé globalement dans la gestion des carrières du personnel. Il comprend des le processus de décentralisation au Cameroun, il structures de dialogue, à savoir le Comité régional de ressort que ce processus a connu beaucoup d’avancées Développement, et de décision avec le Fonds Spécial par rapport aux autres secteurs, avec la mise en place pour la Promotion de la Santé. La Délégation des districts de santé. La décentralisation sectorielle, régionale de la Santé, est placée sous la telle qu'elle est envisagée actuellement dans le secteur responsabilité du Délégué régional qui est chargé de de la santé, correspond globalement à l'idée du la planification, de la gestion et de l'évaluation des recours à la délégation au sein du secteur public, et à activités de santé de la région de santé. Elle est certains éléments de privatisation dans le partenariat responsable des activités de l'hôpital régional, de la à établir avec le secteur privé. La stratégie sectorielle de décentralisation part du constat selon lequel le DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 73 santé publique, de la promotion de la santé, ainsi que partie de la population n'a pas accès aux soins de des équipes régionales spécialisées. santé (37% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté monétaire, selon l'enquête camerounaise 338. La décentralisation se traduira sur le plan auprès des ménagescclxi. financier par une nouvelle ventilation des ressources de l'État. Actuellement, la plus grande partie, soit plus 340. Des scénarii de mise en œuvre de cette de 50 %, est affectée à l'échelon central. Cette politique de CSU ont été élaborés. Un seul scénario a tendance sera progressivement corrigée de façon à ce semblé réaliste et a été adopté à l’issue d’un que, par des augmentations bisannuelles de 10 %, on processus inclusif avec l’implication des représentants parvienne à la grille de répartition suivante : 20 % du Premier Ministère, des Ministères Techniques et des pour le niveau central, les grands hôpitaux disposant partenaires sociaux. De ce choix, il s’est avéré que de leur budget autonome, 30 % pour le niveau pour mettre en place un système de couverture santé intermédiaire et 50 % pour le niveau périphérique. universelle, le gouvernement camerounais aura besoin (85 % des ressources mises à disposition des services d'un montant de 1 300 milliards de francs CFA. Pour extérieurs, soit 30 % à l'échelon intermédiaire et sa mise en œuvre, les soins de base devront être pris 55 % à la périphérie). Pour lutter contre la lourdeur en charge, soit près de 185 interventions et de 101 des procédures, le secteur de santé devra être sous interventions. Or, les données des comptes exempté des procédures budgétaires traditionnelles. nationaux de la santé indiquent que le financement de la santé est supporté à près de 70% par les ménages.
4.4.2. Système de couverture santé universelle Vu les contraintes budgétaires de l’État et le poids des 339. Dans sa vision stratégique pour garantir un dépenses de santé direct supporté par les ménages, le accès équitable aux soins de santé de qualité aux processus de mise en place et d’appropriation de la camerounais, le Gouvernement a initié un processus politique de CSU reste assez lent. Il faudrait donc que, visant à doter le pays, à terme, d’un système de de manière inclusive, une réflexion poussée soit faite Couverture Santé Universelle (CSU). L’objectif visait pour permettre à ce que, les coûts de soins de santé d’une part rendre disponible les soins de santé de ne soient pas seulement à la charge des malades, mais qualité sur toute l’étendue du territoire national ; et supportés par l'ensemble de la population et de l'État d’autre part, organiser le financement de la demande du Cameroun. Ceci par le biais du prépaiement et de de soins ou de la protection sociale en santé afin que la mise en commun des risques, la définition du mécanisme de partage du risque maladie soutenable ; chaque individu puisse accéder aux soins de santé en cas de besoin, sans être confronté à des difficultés la mobilisation de financements suffisant pour la mise financières. Pour faciliter l’accès aux soins, plusieurs en place d’un système national de partage des risques stratégies ont été développées telles que les mutuelles ; etc. L’option du Gouvernement est de mettre en de santé, les politiques de gratuité et l’assurance. Les place progressivement la CSU en priorisant d’abord politiques de gratuité concernent certaines maladies et les soins maternels et infantiles. services, et la prise en charge de certaines cibles (femmes enceintes, enfants de moins de 5 ans et 341. Les enjeux majeurs identifiés dans le cadre personnes économiquement et socialement de la mise en œuvre de cette stratégie portent défavorisées). Selon une étude réalisée en juin 2016 essentiellement sur la contribution du secteur santé aux par l'équipe d'appui technique du Bureau international objectifs de développement du Cameroun à l’horizon du travail (BIT) pour l'Afrique centrale, il y a moins de 2035. Les défis correspondants sont présentés dans le 2% de la population camerounaise qui bénéficie d'une tableau 18 ci-après. assurance maladie. Selon cette étude, la majeure DEUXIEME PARTIE : CHAPITRE 4 Ŕ DIAGNOSTIC DE LA SANTE … 74 Tableau 18 : Enjeux significatifs et défis majeurs du secteur santé pour la réduction de la pauvreté. ENJEUX DEFIS Renforcement de la fonctionnalité des structures sanitaires et des cadres Réduction de la référentiels de concertation et de coordination ; morbidité et de la Extension des interventions à base et sous directive communautaires ; mortalité de la Amélioration de la disponibilité et de l’utilisation du MEG de qualité ; population pour une Renforcement du cadre de concertation intersectoriel en matière de promotion augmentation de et de prévention ; l’espérance de vie Disponibilité des informations stratégiques Prise de décision basée sur les données factuelles. Définition du mécanisme de partage du risque maladie soutenable ; Mobilisation des financements suffisants pour la mise en place d’un système national de partage des risques ; Amélioration de Couverture des populations vulnérables ; l’accès universel aux Définition des modalités de participation des travailleurs du secteur informel ; soins et services de Renforcement de la disponibilité des services et soins de santé de qualité ; santé de qualité. Coordination des efforts entre le Ministère de la Santé Publique et les ministères partenaires en charge de la CSU. Renforcement du cadre institutionnel et des capacités gestionnaires des responsables des structures sanitaires à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ; Contractualisation avec le secteur privé et public ; Renforcement de l’opérationnalisation de la décentralisation en matière de santé ; Mise en œuvre de la démarche qualité à tous les niveaux du système de santé ; Renforcement du Amélioration de la régulation du secteur ; système de santé Développement des ressources humaines dans le domaine de la santé, des sciences et techniques connexes à travers l’accroissement des effectifs, leur répartition optimale sur le territoire national et l’amélioration des conditions de travail ; Adéquation de la carte sanitaire avec la demande de soins ; Renforcement du système d’information sanitaire, notamment le suivi /évaluation ; Développement d’une stratégie du financement de la santé ; Développement d’un mécanisme d’assurance qualité. Renforcement de la coordination intra et inter sectorielle ; Renforcement du Renforcement de la participation communautaire dans la réponse à leurs partenariat dans le besoins de santé. secteur santé Transfert de compétences du niveau central aux niveaux intermédiaire et périphérique ; Renforcement de la Transformation des Délégations Régionales de la Santé Publique en structures décentralisation du autonomes ; système de santé Implication des collectivités territoriales décentralisées dans la gestion des établissements sanitaires; Décentralisation de la gestion des ressources humaines ; 75 TROISIEME PARTIE : CADRE STRATEGIQUE DU SECTEUR DE LA SANTE TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 76 CHAPITRE 5 : ANCRAGE ET ORIENTATION STRATEGIQUE _________________________________________________ 342. Les choix stratégiques adoptés ici sont 346. Le Document de Stratégie pour la alignés sur les documents de politique générale Croissance et l’Emploi DSCE (2010-2019), et les engagements internationaux ratifiés par document de mise en œuvre de la première le Cameroun. phase de cette vision, a identifié l’amélioration de l’état de santé des populations comme un objectif à la fois de développement social et
4.5. ORIENTATIONS NATIONALES de croissance économiquecclxii. Le DSCE a aussi
4.5.1. La loi cadre dans le domaine de la réaffirmé la volonté du gouvernement de santé poursuivre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dans 343. La loi N° 96/03 du 04 Janvier 1996 leur ensemble. portant loi cadre dans le domaine de la santé stipule en son article 2 que : « la politique
4.5.4. La Stratégie Nationale de nationale de santé a pour objectif l’amélioration Développement du Cameroun de l’état de santé des populations grâce à (SND30) l’accroissement de l’accessibilité aux soins intégrés et de qualité pour l’ensemble de la 347. La Stratégie nationale de population et avec la pleine participation des développement (2020-2030), qui communautés à la gestion et au financement des opérationnalise la seconde phase de la vision activités de santé. » 2035 du Cameroun, en intégrant également les
4.5.2. La Vision Cameroun 2035 ODD, vise entre autres à améliorer les conditions de vie des Camerounais avec 344. En 2009, le Cameroun s’est doté d’une l’accélération de la réduction de la pauvreté, vision à l’horizon 2035 : « Le Cameroun : un de l’amélioration de la situation du sous-emploi, pays émergent, démocratique et uni dans sa et de l’accès des populations aux services diversité ». Dans cette vision, le pays s’est sociaux de base. Dans le domaine de la santé, assigné quatre objectifs généraux parmi trois principes fondamentaux vont guider les lesquels celui de « Réduire la pauvreté à un interventions du Gouvernement, à savoir : i) niveau socialement acceptable ». l’amélioration de la gouvernance du système de santé ; ii) le renforcement du plateau 345. La réalisation de cet objectif, technique des hôpitaux centraux et de nécessitera dans le domaine de la santé, référence ; et iii) la valorisation du potentiel d’améliorer l’offre de soins et de services et de thérapeutique local. garantir l’accès de la majorité aux services de santé de qualitéErreur ! Signet non défini.. eci permettra de relever l’enjeu du 4.6. ORIENTATIONS INTERNATIONALES développement du capital humain qui consiste à doter la population camerounaise d’un bon 348. Sur le plan sanitaire, le Cameroun a état de santé, d’éducation, de connaissances et ratifié de nombreux engagements au niveau d’aptitude professionnelle. Par ailleurs, la vision international. On peut en citer plusieurs : 2035 dans sa deuxième phase (2020-2030) La Déclaration d’Abuja sur le VIH/Sida, la prévoit sur le plan social, les objectifs suivants : tuberculose et les autres maladies (i) la densification des infrastructures sociales ; (ii) l’élargissement du système de sécurité infectieuses (2001). Celle-ci est une sociale ; et (iii) le renforcement des dispositifs résolution prise par les pays africains de lutte contre l’exclusion sociale. d’allouer au moins 15% de leur budget annuel à l’amélioration du secteur santé
4.5.3. Le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 5- ANCRAGE ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES … 77 d’ici 2015. Ceci a été réaffirmé dans la engagements visant à réduire les Déclaration de Maputo (2003) ; inégalités ; La Déclaration d’Addis-Abeba sur la La Déclaration sur la couverture sanitaire Santé Communautaire (2006), universelle, Mexico-City (2012). L’objectif recommande : (i) de rendre les central étant d’assurer un accès équitable communautés autonomes et renforcer les aux services et soins de santé y compris les structures de gestion communautaires, les médicaments qui sont acceptables, activités des consommateurs et les liens avec abordables, accessibles et de qualité ; les systèmes de prestation des services de Le Plan d’action mondial pour les vaccins santé ; (ii) d’assurer l’engagement et la 2011-2020 qui vise l’extension des participation des communautaires dans les avantages de la vaccination à tous les interventions en soins de santé individus, quel que soit leur lieu de (planification, prestation, auto surveillance) ; naissance ; (iii) de renforcer les interactions entre les services de santé et les communautés L’Adhésion à l’International Health desservies ; (iv) de mettre en place des Partnership (IHP+) en 2011 qui montre mécanismes de partage mutuel l’engagement du Cameroun à fédérer les d’informations ; (v) de renforcer les efforts de tous les partenaires du secteur partenariats ; santé autour d’une stratégie unique et à améliorer la gestion de son aide au La Déclaration de Kampala 2006 relative développement ; à la disponibilité des ressources humaines en vue du renforcement du Ending Preventable Child and Maternal système de santé ; Deaths: A Promise Renewed (APR). Il s’agit d’un engagement pris en 2012 par 176 La Déclaration d’Ouagadougou sur les pays membres de l’Organisation des Soins de Santé Primaires et les Systèmes Nations Unies à tenir la promesse des OMD de Santé en Afrique (2008) : réaffirme les 4 et 5 et soutenir les progrès vers ces OMD principes de la déclaration de Alma Ata au-delà de 2015, jusqu’à ce que l’on (1978) surtout pour ce qui concerne la santé remédie aux cas de décès évitables de la en tant que droit humain fondamental et la mère et l’enfant ; responsabilité incombant aux gouvernements de veiller sur la santé de Les Objectifs du Développement Durable leur population ; 2015 (ODD) : l’objectif No 3 est spécifiquement lié à la santé. Cet objectif La Déclaration d’Alger 2008 sur le cible en 2030 la réduction de la mortalité renforcement de la recherche en santé en maternelle et infanto-juvénile, la fin des Afrique ; épidémies liées aux principales maladies La Feuille de route africaine sur la transmissibles et la réduction de la mortalité Campagne pour l’Accélération de la précoce liée aux maladies non- Réduction de la Mortalité Maternelle et en transmissibles, à travers un accès universel Afrique (CARMMA), (Addis-Ababa, aux soins et services de santé. Les ODD 2009) ; mettent également l’accent sur la promotion de comportements sains et le La Déclaration de Rio sur les déterminants développement de milieux de vie sociaux de la santé (2011). Il s’agit d’un favorables à la santé. Le tableau 15 engagement non contraignant par lequel présente de manière détaillée l’arrimage les Etats membres de l’OMS promettent entre la SSS 2016-2030 et les Objectifs du d’améliorer les conditions de travail et de Développement Durable. vie qui influent sur la santé et le bien-être des populations. Elle énonce les cinq TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 5- ANCRAGE ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES … 78
4.7. VISION DU SECTEUR de ses actions et le contrôle social permettront d’être plus efficace.
4.7.1. Énoncé de la vision 356. Le principe de gestion axée sur la 349. Elle découle de la vision 2035 du performance (efficacité, efficience, pertinence, Président de la République et est formulée de viabilité financière, excellence) : La chaîne la manière suivante : « Le Cameroun, un pays PPBS (planification programmation où l’accès universel aux services de santé de budgétisation suivi/évaluation) devra être qualité est assuré pour toutes les couches optimisée pour atteindre les objectifs/cibles sociales à l’horizon 2035, avec la pleine fixés, à partir des ressources disponibles. participation des communautés ». 357. Le principe de partenariat pour la 350. Cette vision est soutenue par des santé : Le partenariat pour la santé consiste à valeurs d’équité, de solidarité nationale, de susciter, à organiser, et à assurer la cohérence responsabilité partagée et de justice sociale. des interventions de tous les partenaires (PTF, CTD, OSC, acteurs du secteur privé, etc.) autour
4.7.2. Principes directeurs d’un plan d’action budgétisé et consensuel. 351. La vision est guidée et soutenue par 358. Le principe de déconcentration et des principes directeurs qui constituent des décentralisation : La déconcentration vise à règles majeures devant encadrer ou inspirer les rapprocher les services et soins de santé des « choix de politique à priori »Erreur ! Signet usagers et à renforcer le pilotage stratégique on défini.. Il s’agit de : au niveau du district de santé dans la perspective de les rendre à même de gérer 352. Le principe d’équité dans l’accès leurs problèmes de santé. géographique, financier et culturel aux services de santé : Au Cameroun, les 359. La décentralisation, inscrite dans la interventions sanitaires prendront à la fois en compte la dimension territoriale et la situation constitution de 1996 et la loi d’orientation de socioéconomique et culturelle des populations 2004, confère aux CTD des responsabilités en (Couverture Santé Universelle). matière de développement social et plus particulièrement dans le secteur santéii,iii. 353. Le principe des soins et services de qualité, le respect des exigences de qualité 360. Le principe de participation et par tous les acteurs : Le secteur de la santé responsabilisation : La santé étant une valeur fournira des prestations de soins et services commune, sa préservation, engage la conformes aux normes et standards nationaux participation et la responsabilisation aussi bien et internationaux. du citoyen, du prestataire de service que des pouvoirs publics avec l’appui de leurs 354. Le principe de participation partenaires. communautaire : La responsabilisation effective des communautés sera favorisée, pour 361. Le principe de gestion optimale des une meilleure implication dans la gestion de informations sanitaires : Il s’agit de mettre en leurs problèmes de santé. place un système intégré de collecte des données, d’analyse, de stockage et de 355. Le principe de gouvernance : La production d’informations factuelles pour une redevabilité, la transparence, et le contrôle meilleure orientation dans la prise de décision social seront renforcés, pour une meilleure en santé. participation et coordination des acteurs, ainsi que des interventions à tous les niveaux. L’obligation de rendre compte (redevabilité)
4.8. CHOIX STRATÉGIQUE DU SECTEUR DE LA SANTÉ TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 5- ANCRAGE ET ORIENTATIONS STRATEGIQUES … 79
4.8.1. Critères de formulation du choix de santé primaires (promotion de la santé, stratégique prévention de la maladie, prise en charge curative des maladies courantes de la 362. Le choix stratégique du secteur s’est communauté). Il s’agit ici d’offrir des paquets effectué sur la base des critères suivants : (i) la de services et soins essentiels et contribution du choix à la réalisation des complémentaires (PMA et PCA), pour lutter objectifs de la vision 2035/DSCE et des contre les principales maladies transmissibles et OMD/ODD ; (ii) la faisabilité technique de non transmissibles, ou faire face aux l’option (les capacités institutionnelles), ainsi que évènements de santé publique au niveaux du sa faisabilité financière (coût de la mise en District de Santé. œuvre) ; (iii) les réformes institutionnelles nécessaires qu’il faudra mettre en œuvre ; (iv) 366. Les services et soins de santé l’acceptabilité de l’option par les parties spécialisés prioritaires : il s’agira dans ce volet prenantes, de même que les possibilités d’accroître l’offre de service pour la prise en d’alliances stratégiques ; (v) la diversification charge des maladies chroniques les plus et l’intégration des interventions de santé ; (vi) fréquentes et des évènements de santé l’atteinte des cibles (accessibilité publique nécessitant des soins ou des mesures géographique) et la réduction des dépenses de spécialisées. santé des ménages (accessibilité financière) ; (vii) l’autonomie/pérennisation/soutenabilité de Il est attendu de cette option que les l’option ; (viii) la capacité de l’option à populations, en particulier les plus vulnérables, inverser les chiffres de morbi/mortalité et à aient en cas de besoin un accès géographique, prendre en compte la transition financier et culturel à des soins et services de épidémiologique actuelle. santé essentiels et aux soins spécialisés de qualité. Cela passera par la création et la
4.8.2. Énoncé du choix stratégique promotion des pôles d’excellence. 363. Le choix stratégique retenu par 367. Le lien entre la santé et le l’ensemble des parties prenantes et validé par développement n’est plus à démontrer de nos le comité de pilotage est le suivant : Garantir un jours. Il existe un réel besoin ressenti et exprimé accès équitable et universel aux services et soins par les communautés d’améliorer leur bien-être de santé de base et aux soins spécialisés et leur niveau de vie. En effet, les populations prioritaires de qualité, avec la pleine aspirent à jouir d’une bonne santé favorable à participation de la communauté et l’implication leurs contributions aux efforts d’augmentation des autres secteurs apparentés. de la croissance. Pour y parvenir, et permettre au pays d’évoluer vers les objectifs de
4.8.3. Description du choix stratégique développement fixés à moyen et à long terme, le secteur santé a pour objectif de : Contribuer 364. Le choix stratégique au développement d’un capital humain sain, permettra d’atteindre les objectifs nationaux et productif et capable de porter une croissance internationaux en matière de santé (ODD, forte, inclusive et durable. SND30) et une progression vers la couverture sanitaire universelle. Il a été choisi avec la pleine participation des différents acteurs du système de santé (bénéficiaires, prestataires et décideurs) et permettra de réduire la mortalité liée aux maladies transmissibles et non- transmissibles. Ce choix se traduira par la mise en œuvre des paquets d’interventions suivants : 365. Les services et soins de santé essentiels de base : les interventions majeures dans cette option seront orientées vers les soins TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 80 CHAPITRE 6 : CADRE LOGIQUE ________________________________________________
4.9. ALIGNEMENT STRATÉGIQUE
4.9.1. Arrimage à la stratégie nationale de développement (SND30) et à la Vision 2035 368. Pour la période allant de 2016 à 2030, le secteur de la santé s’attellera essentiellement à contribuer aux objectifs de développement de la Vision Cameroun 2035 et de la stratégie nationale de développement (SND30). Il s’agira essentiellement de contribuer à l’amélioration de l’état de santé des populations. Le tableau 19 ci-dessous permet de résumer l’ancrage de la SSS au cadre stratégique national. Tableau 19: Arrimage de la SSS à la stratégie nationale de développement (SND30) et à la Vision 2035 Mission principale Objectif global de la Impact de la Cibles Sources de Indicateurs Baseline du secteur santéStratégie stratégie (2030) vérification Espérance de vie à la57,35263 ans 62 ans en 2025 naissance (en 2014) (Vision 2035) Accélération de la BUCREP/INS transition 10,4207 pour 10009 pour 1000 Taux brut de mortalité démographique habitants (en 2014) habitants Contribuer au Ratio de dépendance85,1% développement d’un 70% RGPH/INS démographique (en 2014) capital humain sain, 48 ans OMS Amélioration de Augmentation de laAnnées de vie en bonne productif et capable (en 2013) 51 ans BUCREP/INS l’état de santé des productivité santé de porter une populations croissance forte, Part des ménages dans inclusive et durable 70,6% les dépenses totales de 40% (en 2012) CNS Amélioration du santé consacrées à la niveau de vie des santé ménages Incidence des dépenses 10,1% ECAM 5% catastrophiques en santé (en 2013)
4.9.2. Arrimage aux Objectifs de Développement Durable (ODD) 369. Suite à l’arrivée à échéance des OMD, l’Assemblée Générale des Nations Unies a validé en Novembre 2015, de nouveaux objectifs qui guideront les agendas de développement des pays membres, pour la période 2016-2030. Les objectifs de la SSS 2016-2030 s’arriment aux ODD liés à la santé (ODD n°2, n°3, et n°6). Voir Tableau 20. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 81 Tableau 20: Prise en compte des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans la SSS (arrimage) ODD LIEES À LA SANTE OBJECTIFS SSS 2016-2030 ODD n° :2.1. D’ici à 2030, éliminer la faim et faire en sorte que chacun, en particulier les pauvres et les personnes en situation D’ici 2030 amener 75% des familles à vulnérable, y compris les nourrissons, ait accès tout au long de l’année adopter les pratiques familiales à une alimentation saine, nutritive et suffisante. essentielles, notamment la planification familiale. ODD n°2.2. D’ici à 2030, mettre fin à toutes les formes de malnutrition, y compris en réalisant d’ici à 2025 les objectifs arrêtés à l’échelle D’ici 2030, développer des actions de internationale relatifs aux retards de croissance et à l’émaciation parmi promotion dans au moins 80% des DS, les enfants de moins de 5 ans, et répondre aux besoins nutritionnels des afin de renforcer les aptitudes favorables adolescentes, des femmes enceintes ou allaitantes et des personnes à la santé des individus et des âgées. communautés ODD n°3.1 : d’ici à 2030, faire passer le taux mondial de mortalité maternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes. D’ici 2030, assurer une prise en charge globale et selon les normes des problèmes ODD n°3.2 : d’ici à 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés de santé de la mère, du nouveau-né, de et d’enfants de moins de 5 ans, tous les pays devant chercher à l’enfant et de l’adolescent au niveau ramener la mortalité néonatale à 12 pour 1 000 naissances vivantes communautaire et dans au moins 80% des au plus et la mortalité des enfants de moins de 5 ans à 25 pour 1 000 structures sanitaires naissances vivantes au plus. D’ici 2030 réduire d’au moins 30% ODD n°3.3 : d’ici à 2030, mettre fin à l’épidémie de SIDA, à la l’incidence/prévalence des principales tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées et maladies transmissibles (VIH, paludisme et combattre l’hépatite, les maladies transmises par l’eau et autres tuberculose) et éliminer certaines MTN maladies transmissibles. (filariose lymphatique et THA) ODD n°3.4 : d’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le D’ici 2030, réduire d’au moins 10% la traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non prévalence des principales maladies non- transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être. transmissibles (diabètes et HTA) ODD n°3.5 : Renforcer la prévention et le traitement de l’abus de D’ici 2030, développer des actions de substances psycho actives, notamment de stupéfiants et d’alcool. promotion dans au moins 80% des DS afin ODD n°3.6 : d’ici à 2020, diminuer de moitié à l’échelle mondiale le de renforcer les aptitudes favorables à la nombre de décès et de blessures dus à des accidents de la route. santé des individus et des communautés ODD n°3.7 : d’ici à 2030, assurer l’accès de tous à des services de D’ici 2030 amener 75% des familles à soins de santé sexuelle et procréative, y compris à des fins de adopter les pratiques familiales planification familiale, d’information et d’éducation, et la prise en essentielles notamment la planification compte de la santé procréative dans les stratégies et programmes familiale nationaux ODD n°3.8 : Faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture D’ici 2030, réduire d’au moins 30% les sanitaire universelle, comprenant une protection contre les risques paiements directs des ménages à travers financiers et donnant accès à des services de santé essentiels de qualité une politique de financement équitable et et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et durable d’un coût abordable. D’ici 2030, assurer le développement de la recherche en santé et la disponibilité ODD n°3.10 : Appuyer la recherche et la mise au point de vaccins et d’une information sanitaire de qualité de médicaments contre les maladies, transmissibles ou non pour une prise de décision basée sur les évidences à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ODD n°3.11 : Accroître considérablement le budget de la santé et le D’ici 2030, augmenter selon les besoins recrutement, le perfectionnement, la formation et le maintien en poste priorisés la disponibilité des RHS dans au TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 82 ODD LIEES À LA SANTE OBJECTIFS SSS 2016-2030 du personnel de santé moins 80% des DS, des DRSP et des directions centrales D’ici 2030, assurer la prise en charge des ODD n°3.12 : Renforcer les moyens dont disposent tous les pays, en urgences médico-chirurgicales et des particulier les pays en développement, en matière d’alerte rapide, de évènements de santé publique suivant les réduction des risques nationaux et mondiaux et de gestion des risques procédures opératoires standards (POS) sanitaires dans au moins 80% des districts de santé ODD n°3.9 : d’ici à 2030, réduire nettement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses et la pollution et à la contamination de l’air, de l’eau et du sol ODD n° : 6.2 d’ici à 2030, assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air, en accordant une attention D’ici 2030, améliorer le cadre de vie des particulière aux besoins des femmes et des filles et des personnes en populations dans au moins 70% des situation vulnérable districts de santé ODD n° : 6.3 D’ici à 2030, améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 83 Tableau 21: Cadre logique de la SSS 2016-2030 (axes stratégiques) OBJECTIF GLOBAL DE LA STRATEGIE : Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable INDICATEURS D’IMPACT : Espérance de vie à la naissance : 57,35207 ans en 2014 Taux brut de mortalité : 10,4 pour 1000 habitants en 2014 SOURCES DE VERIFICATION : EDS-MICS, rapports annuels OMS Axe Objectifs stratégiques Cibles Sources de Indicateurs de performance Baseline (2015) stratégique (2030) vérification % de ménages utilisant les 34,9% en 2014 EDS, MICS, 75% toilettes améliorées (MICS 5) ECAM, études Prévalence de l’obésité en 23,5% en 2015 Amener la population à 20% STEPS milieu urbain (Kingue et al.) adopter des Promotion de Pourcentage d'entreprises comportements sains et la santé ciblées qui appliquent les EDS, MICS, favorables à la santé ND 40% principes de santé et de ECAM, études sécurité au travail Taux de malnutrition 14,8% en 2014 EDS, MICS, chronique chez les enfants 11% (MICS 5) ECAM, études de moins de 5 ans Taux de prévalence de 29.7% en 2015 27% STEPS l’HTA en milieu urbain (Kingue et al.) Réduire la mortalité Prévention % d’enfants de 0-5 ans 54,8% en 2014 prématurée due aux 90% EDS-MICS de la dormant sous une MILDA (MICS5) maladies évitables par maladie % des femmes enceintes la prévention 59,3% en 2015 infectées par le VIH 95% Rapport CNLS (Rapport CNLS) recevant un TARV Taux de mortalité péri -50% opératoire dans les Etudes/Enquête ND annuellemen hôpitaux de 3ème et 4ème s t catégorie 782 /100 000 Ratio de mortalité naissances vivantes 350 / 100 EDS-MICS maternelle en 2011 000 (EDS-MICS) Réduire la mortalité 60 / 1 000 Prise en globale et la létalité Taux de mortalité infantile naissances vivantes 36/1 000 EDS-MICS charge des dans les formations en 2014 (MICS 5) cas sanitaires et dans la 28 /1000 communauté Taux de mortalité néo- naissances vivantes 17 /1000 EDS-MICS natale en 2014 (MICS5) 103 / 1 000 Taux de mortalité infanto- naissances vivantes 62 /1000 EDS-MICS juvénile en 2014 (MICS 5) Taux de létalité 1,5% Etudes/Enquête -40 % sur la obstétricale direct intra (Enquête SONU s période hospitalière 2015) SONU Accroître les capacités institutionnelles des structures sanitaires Renforcement Indice Global de pour un accès durable Enquête du Système disponibilité des soins et ND 50% et équitable des SARA/Etudes de santé services de santé populations aux soins et services de santé de qualité Améliorer la Taux de réalisation des Gouvernance performance du objectifs de la SSS 2016- Rapports et pilotage 0% 95% système de santé à tous 2030 COPIL stratégique les niveaux. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 84
4.10.1.1. Objectif spécifique N°1.1 : « D’ici 2030 renforcer les capacités institutionnelles, la
4.10. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES ET STRATÉGIES DE coordination et la participation de la MISE EN ŒUVRE communauté dans le domaine de la promotion de la santé dans 80% des DS»
4.10.1. Axe stratégique promotion de la santé et nutrition 373. Pour atteindre l’objectif susmentionné, il faudra renforcer les capacités des administrations du 370. Rappel de la problématique de la secteur de la santé, des acteurs communautaires (CTD, composante : Les interventions de promotion de la structures de dialogue, ONG/OSC/OBC) et des santé et nutrition sont insuffisamment mises en œuvre populations d’une part ; puis améliorer la coordination au Cameroun à cause de la faible prise en compte multisectorielle des interventions de promotion de la des déterminants sociaux, dans la résolution des santé d’autre part. Par ailleurs, les curricula de problèmes de santé. En effet, l’impact des formation devront être actualisés et harmonisés pour déterminants de la santé n’a pas été analysé avec la une meilleure prise en compte des approches socio- même rigueur que celui de la prévention et de la prise environnementale et culturelle dans les programmes en charge des maladies dites prioritaires. Dans un d’enseignements. Cela permettra de recentrer l’offre pays à faible revenu comme le Cameroun, la mortalité de services de promotion de la santé sur les besoins prématurée reste élevée du fait entre autres des de l’individu dans sa globalité. plateaux techniques insuffisants ou insuffisants dans les FOSA. En effet, l’espérance de vie à la naissance n’est 374. Stratégie de mise en œuvre 1.1.1 : Mise à que de 57,30 anscclxiv. Elle est passée à 58,1 ans en disposition de l’expertise technique et transfert des 2016cclxv, d’où l’intérêt d’anticiper et de développer compétences aux administrations du secteur santé, les interventions de promotion de la santé qui sont pour une mise en œuvre efficace des actions de nécessaires à la réduction des risques de survenue des promotion de la santé et nutrition. La faible prise en maladies. À l’analyse, on constate que le cadre de vie compte de la promotion de la santé et nutrition dans des populations est peu favorable à la santé, et le les politiques publiques et la faible participation système de santé a du mal à faire acquérir aux communautaire dans les actions de santé sont dues populations les aptitudes et comportements sains entre autres à l’insuffisance des capacités favorables à leur santé. En outre, les populations institutionnelles des administrations publiques et à la participent peu à la résolution de leurs problèmes de faible coordination intersectorielle des intervenants du santé. Par ailleurs, le budget de la promotion de la secteur. Pour une mise en œuvre efficace des actions santé qui ne représentait que 0,3% du budget du de promotion de la santé et nutrition, il sera donc CDMT 2007-2009 et 1% de la programmation question de renforcer la disponibilité des intrants mais budgétaire dans le PNDS 2011-2015cclxvi,cclxviis’est surtout les capacités des parties prenantes, en avéré insuffisant au regard des besoins en promotion particulier celles des acteurs institutionnels, pour qu’ils de la santé identifiés. soient capables d’intégrer significativement, dans tous les documents stratégiques, les aspects liés à la 371. Objectif stratégique de cet axe est : « promotion de la santé. Il s’agira aussi d’élaborer des Amener la population à adopter des comportements programmes intégrés intersectoriels de promotion de sains et favorables à la santé ». la santé et nutrition, à tous les niveaux, pour agir efficacement sur les déterminants de la santé. 372. Plus spécifiquement, il s’agira d’ici 2030 de : (i) de renforcer les capacités institutionnelles, la 375. Il sera aussi nécessaire de renforcer l’offre de coordination et la participation de la communauté formation initiale et continue en santé communautaire dans le domaine de la promotion de la santé dans y compris en santé familiale, à tous les niveaux du 80% des DS ; (ii) d’améliorer le cadre de vie des système pour disposer d’un pool de formateurs populations dans au moins 70% des districts de santé ; significatif. Enfin, la poursuite d’un plaidoyer (iii) de développer des actions de promotion dans au permanent à l’effet d’absorber les ressources moins 80% des DS, afin de renforcer les aptitudes humaines formées en santé communautaire constitue favorables à la santé des individus et des également un préalable important pour une mise en communautés ; (iv) d’amener 75% des familles à œuvre efficace des actions de promotion de la santé adopter les pratiques familiales essentielles, et nutrition. notamment la planification familiale. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 85 376. Stratégie de mise en œuvre 1.1.2 : Transfert qu’elles adoptent des modes de vie sains et des compétences aux acteurs communautaires pour participent davantage aux activités liées à la santé. une appropriation des interventions de santé. Le secteur de la santé en général et le MINSANTE en 380. Stratégie de mise en œuvre 1.1.3 : particulier, souffrent d’un déficit quantitatif et Renforcement du cadre juridique pour une meilleure qualitatif de ressources humaines formées en santé participation communautaire. Bien que des efforts communautaire. De ce fait, l’implication de la aient été déployés pour doter les structures de communauté dans la planification et la résolution des dialogue et de participation communautaire (Fonds problèmes de santé se retrouve limitée. Les Régionaux de Promotion de la Santé, COSA, COSADI, interventions retenues dans le cadre de cette stratégie etc.) d’un statut juridique clair, la participation seront axées sur : (i) le renforcement de l’offre de communautaire reste faible et le fonctionnement de formation initiale en santé communautaire (Aides- ces structures de dialogue n’est pas optimal ; il en soignants option santé communautaire, Agents de résulte d’énormes disparités dans leur rendement. santé communautaire, médecins spécialisés en santé Pourtant, il existe un cadre de référence technique qui communautaire…) ; (ii) l’absorption de ce personnel garantit la régulation du fonctionnement desdites dans le système de santé. structures. Le Guide National des Interventions Sous Directives Communautaires, élaboré et validé en 377. Il s’agira également : (i) d’apporter une 2009, qui ambitionne de servir de cadre de référence assistance technique aux communautés pour leur pour les structures de dialogue, est peu connu de la organisation en capitalisant sur les acquis du passé majorité des acteurs. Par ailleurs, les instruments tels que les comités de santé ; (ii) d’élaborer et mettre juridiques (législatifs et réglementaires) régissant la en œuvre un cadre réglementaire pour les activités participation communautaire sont insuffisants dans le des agents de santé communautaire ; (iii) d’organiser secteur. A ce niveau, la stratégie consistera à des formations pour les leaders communautaires sur renforcer le cadre juridique en actualisant les textes leurs rôles civiques dans toute activité de existant en la matière, et à combler les vides développement. juridiques qui entravent l’implication effective de la communauté dans les interventions de santé. 378. Le renforcement de l’action communautaire Notamment en prenant en compte les aspects liés à la permettra de stimuler l'auto-assistance et le soutien motivation des ASC. Toutes ces actions constituent des social au sein de la communauté. Le Guide National préalables à l’implication effective des acteurs des Interventions Sous Directives Communautaires du communautaires dans la résolution de leurs problèmes pays sera le document de référence pour la mise en de santé (Participation communautaire). œuvre des activités au niveau communautaire. Les domaines d’interventions des acteurs communautaires 381. Stratégie de mise en œuvre 1.1.4 : Mise à seront clairement définis en fonction des besoins disposition de l’expertise technique et transfert des identifiés dans le district (mobilisation sociale, compétences aux CTD et aux organisations à base recherche des perdus de vue dans le cadre de la communautaire, (Structures de dialogue, vaccination, de la lutte contre le paludisme, la TB et le Organisations de la Société Civile, Organisations VIH, distribution du Mectizan, auto monitorage etc.). La Non Gouvernementales) dans le domaine de la cartographie des ONG et des OSC sera effectuée en promotion de la santé et nutrition. La fonction de leur type d’expertise et de leurs capacités. décentralisation est une option stratégique qui offre Ces ONG et OSC interviendront, au niveau l’opportunité de mener des politiques publiques de opérationnel, dans les prestations des services ou proximité. Elle balise aussi la voie à la mise en œuvre joueront le rôle d’interface entre les services de santé des interventions à haut impact socio-sanitaire à et la communauté. Des réunions de concertation travers les maires, les présidents de régions, les intersectorielle sous la présidence des autorités différents autres élus et la société civile. Cependant, le administratives seront formellement organisées et niveau d’imprégnation des élus locaux et les capacités constitueront des opportunités pour faciliter le transfert des acteurs des CTD sont souvent limités, d’où leur des compétences. faible implication dans la résolution des problèmes de santé. 379. Il s’agira aussi dans cette stratégie de sensibiliser toutes les tranches des populations pour 382. Il s’agira donc : (i) d’élaborer et mettre en œuvre des plans de renforcement des capacités en TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 86 santé communautaire des responsables des CTD, des formation initiale et continue des RHS des OSC et des structures de dialogue ; (ii) contractualiser administrations concernées pour y inclure les avec les OSC pour qu’elles assurent approches socio-environnementale et culturelle et la l’accompagnement technique des structures de communication en faveur de la santé humaine et dialogue. animale. 383. Stratégie de mise en œuvre 1.1.5 : 385. Stratégie de mise en œuvre 1.1.7 : Amélioration de la coordination multisectorielle Amélioration de l’offre de services de promotion de dans la mise en œuvre des interventions de la santé répondant aux besoins de l’individu dans promotion de la santé et nutrition. Les services de sa globalité. Le but visé est de favoriser l’adéquation santé ont pour vocation d’accompagner les individus et entre l’offre de services institutionnels et les groupes dans leur recherche d'une vie plus saine, communautaires et les besoins des populations. Une en faisant intervenir, à côté du secteur de la santé meilleure connaissance de l’individu, de son proprement dit, d'autres administrations à caractère environnement, de ses représentations dans le social, politique, économique, environnemental, etc. domaine de la santé, de ses besoins perçus et non- Ainsi, pour améliorer la coordination multisectorielle, perçus est un préalable à la mise en œuvre des les actions suivantes seront entreprises : (i) la mise en stratégies visant à le satisfaire. De manière précise, il place à tous les niveaux de la pyramide sanitaire des sera question ici d’amener toutes les structures plateformes multisectorielles de coordination de la sanitaires à tous les niveaux de la pyramide à mise en œuvre des interventions de santé (y compris organiser des ateliers de planification participative, et les interventions de promotion). Ces plateformes à ne retenir dans leur PTA que des paquets de soins auront entre autres pour mission d’assurer le suivi des intégrés, ayant un lien direct et un impact sur la progrès réalisés dans l’amélioration des indicateurs de situation socio-sanitaire de leurs cibles. Les prestations promotion de la santé ; (ii) l’élaboration, la mise en fournies seront centrées sur les individus. œuvre, et le suivi participatif d’un plan stratégique intégré de promotion de la santé et nutrition qui sera 386. Il sera également question de mener des le cadre de référence consensuel de toutes les parties études qui permettront d’identifier les besoins réels prenantes pour obtenir de meilleurs résultats dans le des populations et de les regrouper en segments domaine de la promotion de la santé. Pour réduire homogènes afin que des paquets d’offres de services l’incidence et la prévalence des maladies non adaptés à leurs besoins leurs soient délivrés. transmissibles, des actions concertées et ciblées de sensibilisation sur les déterminants de santé dans les 4.10.1.2. Objectif spécifique N°1.2 : « D’ici 2030, zones urbaines de préférence seront planifiées et améliorer le cadre de vie des réalisées dans une approche multisectorielle. Il en sera populations dans au moins 70% des de même pour la lutte contre les facteurs de risques districts de santé » modifiables des maladies non transmissibles (tabagisme, alimentation malsaine, faibles pratiques 387. La finalité dans cette sous composante est de de l’exercice physique). Le suivi de la mise en œuvre permettre aux populations d’obtenir un environnement du plan stratégique intégré de promotion de la santé de vie sûr et favorable à leur santé. Pour ce faire, et nutrition permettra d’éviter la fragmentation. quatre stratégies ont été retenues : 384. Stratégie de mise en œuvre 1.1.6: 388. Stratégie de mise en œuvre 1.2.1 : Actualisation des curricula de formation pour une Amélioration de l’hygiène du milieu (Eau, hygiène, meilleure prise en compte de les approches socio et assainissement, etc.). L’amélioration de l’hygiène environnementale et culturelle dans les programmes du milieu vise la réduction des risques des maladies d’enseignements. Il existe très peu de personnel dues à l’insalubrité du cadre de vie. Ainsi, cette formé dans le domaine de la promotion de la santé et stratégie reposera sur les sept piliers suivants : (i) nutrition. Par conséquent, la prise en compte des l’amélioration de la gestion des déchets collectifs approches socio environnementale et culturelle est liquides, solides et gazeux (ménagers, industriels et insuffisante. Afin de résoudre ce problème en amont, hospitaliers) pour réduire l’incidence des maladies on procédera à l’actualisation des curricula de vectorielles ; (ii) l’éducation des populations sur TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 87 l’hygiène et l’assainissement du milieu ; (iii) le l’utilisation des foyers améliorés ; l’instauration d’une renforcement des ressources humaines qualifiées en taxe « santé » sur l’importation et l’utilisation des génie sanitaire à tous les niveaux de la pyramide engins à forte émission de CO2 et la vulgarisation des sanitaire ; (iv) l’amélioration de la disponibilité des sources alternatives d’énergie non polluantes ;(ii) le commodités (points d’eau, toilettes) en milieux scolaire, renforcement de la sensibilisation sur les méfaits des carcéral, professionnel, dans les lieux publics et dans changements climatiques sur l’environnement et la les ménages ; (v) le plaidoyer pour l’augmentation des santé ressources financières allouées à la santé environnementale ; (vi) l’assainissement des lieux de 4.10.1.3. Objectif spécifique N°1.3 : « D’ici 2030, vente et de consommation des aliments ; et (vii) la développer des actions de promotion dans promotion de la santé et la prévention des maladies au moins 80% des DS afin de renforcer les non transmissibles en milieu professionnel. aptitudes favorables à la santé des individus et des communautés ». 389. Stratégie de mise en œuvre 1.2.2 : Promotion de l’urbanisation structurée des villes et 392. La majorité des facteurs de risque des aménagement des bidonvilles. La proportion des principales maladies transmissibles, et non ménages vivant dans les bidonvilles ou quartiers transmissibles sont évitables à travers l’adoption des spontanés et exposés aux facteurs de risques de comportements et attitudes favorables à la santé. maladies est importante en milieu urbain. Par Parmi ces facteurs, on distingue l’hypertension conséquent, les interventions de cette stratégie artérielle, la pollution de l’air intérieur, la comprendront : (i) le plaidoyer auprès des structures consommation abusive d’alcool, le tabagisme, le en charge de la gestion des villes, pour l’amélioration diabète, la malnutrition (sous-nutrition et surnutrition de la mise en œuvre des plans d’urbanisme élaborés ; notamment l’obésité), l’insuffisance de l’allaitement (ii) la sensibilisation des communautés vivant dans les maternel, le déficit en micronutriments notamment le zones écologiquement fragiles, sur les risques fer, les risques professionnels, la pollution de l’air sanitaires qu’ils encourent. extérieur, le manque d’activité physique, etc. 390. Stratégie de mise en œuvre 1.2.3 : 393. Stratégie de mise en œuvre 1.3.1 : Renforcement des actions de prévention contre la Promotion de bonnes habitudes alimentaires et pollution des sols, de l’eau et de l’air. La pollution nutritionnelles. Le choix de cette stratégie a pour des sols, de l’eau et de l’air est un problème de plus finalité, la réduction de l’exposition des populations en plus préoccupant. Pour y remédier, les interventions aux maladies dues à la mauvaise alimentation. Dans de cette stratégie seront orientées prioritairement cette perspective, les interventions qui seront vers : (i) la gestion des risques sanitaires en rapport prioritairement mises en œuvre sont:(i) développer un avec le développement des activités agro pastorales plaidoyer pour l’augmentation des ressources et industrielles ; (ii) la sensibilisation des acteurs sur les financières et humaines allouées à la promotion d’une risques morbides de certaines initiatives de alimentation saine et équilibrée ; (ii) améliorer la développement et (iii) l’amélioration de la gestion des sécurité sanitaire des aliments mis sur le marché et déchets collectifs liquides et solides (ménagers, ceux consommés par les populations ; (iii) concevoir et industriels et hospitaliers). mettre en œuvre les programmes d’éducation nutritionnelle adaptés à notre contexte socio culturel et 391. Stratégie de mise en œuvre 1.2.4 : économique, et promouvoir les bonnes pratiques Développement des bonnes pratiques de résilience alimentaires dans chaque région ;(iv) améliorer et de gestion des risques et catastrophes liés au l’accessibilité des populations à un régime alimentaire changement climatique. Les effets nocifs du équilibré ; et (v) améliorer l’étiquetage alimentaire . changement climatique se font de plus en plus ressentir (vi) Mettre en place des programmes spécifiques de au Cameroun. Afin de limiter leurs répercussions sur la lutte contre l’obésité et pour la pratique régulière de santé des populations, cette stratégie sera l’activité physique dans les établissements scolaires ; implémentée à travers : (i) le plaidoyer pour : la (vii) renforcer les actions de dépistage du diabète et réduction des effets de la déforestation sur la santé, de l’HTA en milieu hospitalier et dans la communauté ; la promotion du reboisement ; la promotion de (viii) mettre en œuvre un plan opérationnel de lutte TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 88 contre la malnutrition en ciblant prioritairement les et Sportives. La pratique régulière de l’activité Régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et de physique et sportive permet de prévenir entre autres l’Extrême-Nord. l’obésité, les maladies cardiovasculaires et le stress. Afin de promouvoir l’adoption de ces pratiques au 394. Stratégie de mise en œuvre 1.3.2 : Lutte quotidien par les populations, cette stratégie sera contre le tabagisme, l’abus d’alcool et la préférentiellement orientée vers le plaidoyer consommation des substances illicites (facteurs de politique. Ce plaidoyer visera à obtenir des décisions risque modifiables des maladies non en faveur de : (i) la construction et la réhabilitation des transmissibles). Le tabagisme, l’abus d’alcool, et la infrastructures sportives de proximité pour la pratique consommation des substances illicites constituent des de l’exercice physique ; (ii) la formation et le problèmes de santé publique au Cameroun. Pour recrutement des ressources humaines en APS et ; (iii) garantir l’efficacité et l’appropriation de la lutte l’augmentation des ressources financières destinées au contre ces fléaux, il sera important de renforcer : (i) le développement des infrastructures en milieux carcéral, contrôle de la consommation du tabac, des drogues et éducatif et professionnel. En effet, un espace de autres substances illicites ; (ii) les capacités des jeunes travail intelligemment conçu influence positivement la et améliorer leur accès à l’information sur les méfaits santé des travailleurs. Il existe de nombreuses du tabagisme ; (iii) le plaidoyer en faveur d’une manières de favoriser les mesures en faveur de la réglementation restrictive sur la commercialisation et la santé et du bien-être au travail. Il sera question consommation des boissons alcoolisées ; (iv) la notamment de privilégier l’aménagement des espaces sensibilisation contre l’abus d’alcool, le tabagisme et attractifs ou ludique au lieu du travail, et la consommation des substances illicites surtout chez les l’Établissement d’un environnement relationnel sain. jeunes ; (v) la lutte contre les médicaments de la rue ou contrefaits; (vi) la coordination des acteurs impliqués 397. Stratégie de mise en œuvre 1.3.5 : dans la lutte contre l’abus d’alcool, le tabagisme et la Renforcement de la communication intégrée pour le consommation des substances illicites ; (vii) la développement(C4D) et marketing social. Le but de promotion de la mise en place des centres de cette stratégie est de permettre aux populations désintoxication, de rééducation et de réinsertion d’acquérir des attitudes et aptitudes les motivant, et sociale pour les alcooliques et les toxicomanes facilitant l’accès et l’utilisation des informations notamment dans les grandes métropoles , et des sanitaires. La communication pour le changement de appuis techniques et financiers seront octroyés dans les comportement sera faite de manière intégrée pour DS, aux associations ou collectivités, pour la lutte plus d’efficacité et d’efficience. contre les facteurs de risque des MNT. 398. Elle couvrira les champs de la promotion de 395. Stratégie de mise en œuvre 1.3.3 : la santé, de la prévention de la maladie, de la prise Renforcement de la sécurité routière. Malgré les en charge des cas et de la gouvernance. Il s’agira avancées récentes en matière de sécurité routière, les également d’assurer la promotion des services offerts accidents de la voie publique contribuent dans le secteur de la santé, afin de stimuler la significativement à la morbidité et à la mortalité des demande. populations. Afin de contrôler les causes de ces accidents et d’en réduire la létalité, la stratégie 399. Cette stratégie sera préférentiellement consistera à: (i) renforcer la sensibilisation sur la orientée vers la sensibilisation des populations sur les sécurité routière ;(ii) renforcer les capacités des us et coutumes néfastes à la santé, et le renforcement transporteurs et des riverains des principaux axes de l’éducation pour la santé. accidentogènes (axe routier Bafoussam-Douala- Yaoundé), aux gestes de premiers secours ; (iii) mener 400. La stratégie visera aussi : (i) la mise en œuvre le plaidoyer pour le renforcement de la répression d’un plan stratégique intégré de communication pour aux infractions routières et pour l’amélioration du le développement ; (ii) le plaidoyer pour réseau routier. l’augmentation des ressources allouées aux activités d‘éducation pour la santé ;(iii)le renforcement des 396. Stratégie de mise en œuvre 1.3.4 : aspects de communication en faveur de la santé dans Renforcement de la pratique des Activités Physiques les curricula de formation; (iv) le marketing social en TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 89 faveur d’une meilleure utilisation des services 403. Stratégie de mise en œuvre 1.4.2 : préventifs et promotionnels de santé ; (v) Amélioration de la demande des services de PF. l’amélioration de l’utilisation des media de L’amélioration de la demande des services de PF sera masse (audio-visuel, presse écrite et réseaux sociaux)à réalisée à travers le développement des interventions travers le renforcement de leur régulation pour une suivantes : (i) la communication interpersonnelle et de diffusion des messages de santé conformes à l’éthique; masse en faveur de la PF pour sensibiliser les cibles sur (vi)l’amélioration de la programmation et de la la disponibilité de l’offre des services de PF au niveau qualité des messages relatifs à la santé qui sont opérationnel ; (ii) le renforcement de l’implication des diffusés dans les médias. hommes comme partenaires de la promotion de la PF surtout dans les cultures où les femmes ont un faible
4.10.1.4. Objectif spécifique N°1.4. : « D’ici 2030, pouvoir décisionnel sur leur santé de reproduction ; (iii) amener 75% des familles à adopter les les stratégies communautaires (implication des agents pratiques familiales essentielles notamment communautaires pour la distribution de quelques la planification familiale » intrants sanitaires) 401. Les interventions de cette stratégie 404. Stratégie de mise en œuvre 1.4.3 : comprendront : la promotion des pratiques familiales Amélioration de l’offre et de l’utilisation de services essentielles notamment la PF, l’alimentation de PF. L’amélioration de la disponibilité des services équilibrée ; l’hygiène du milieu, l’hygiène individuelle de PF se fera à travers : (i) l’extension de l’offre des et corporelle lutte contre les violences basées sur le services intégrés de PF ; (ii) l’amélioration de la genre etc. Les efforts seront poursuivis dans le but de disponibilité des intrants par une meilleure gestion du réduire, de manière significative, les besoins non système d’approvisionnement et la mise en place d’un couverts pour les méthodes contraceptives modernes fonds de soutien pour la PF; (iii) le renforcement des de longue durée. Les jeunes et adolescents sont les capacités des ressources humaines en PF pour parer plus concernés à cause du risque d’exposition élevé au déficit important des personnels formés (iv) le aux grossesses précoces et non désirées et aux développement des services de PF adaptés aux jeunes infections sexuellement transmissibles. L’une des causes et aux adolescents ; (v) l’intégration de la PF dans un majeures de cette vulnérabilité élevée des jeunes et paquet minimum des activités de la SR. C’est d’ailleurs adolescents aux grossesses précoces et non désirées et à cet effet que des inventaires seront réalisés pour une aux infections sexuellement transmissibles est le faible bonne cartographie des besoins en intrants et en niveau de connaissances, d’attitudes et de pratiques ressources humaines de qualité. des adolescents et jeunes en matière de santé sexuelle et de la reproduction. Les stratégies suivantes seront 405. En ce qui concerne l’amélioration de déployées à cet effet : l’utilisation des produits contraceptifs, elle se fera par le biais de : (i) la sensibilisation des bénéficiaires ;(ii) 402. Stratégie de mise en œuvre 1.4.1 : la levée des barrières financières (subvention voire Amélioration des politiques publiques en faveur de gratuité pour les cibles vulnérables) et socioculturelles la PF. L’amélioration des politiques publiques en (croyances religieuses, désinformation) ;(iii) matière de PF sera effectuée à travers : (i) l’amélioration de la qualité d’accueil pour accroître la l’actualisation des documents de politiques et de fréquentation des services de PF, particulièrement normes dans le domaine de la PF ; (ii)le renforcement dans les grandes villes. du cadre juridique et règlementaire relatif à la SR et à la PF ; (iii) le renforcement du plaidoyer auprès des 406. Stratégie de mise en œuvre 1.4.4 : décideurs, des élus locaux et nationaux et des autres Renforcement du suivi et de la coordination des acteurs majeurs pour une meilleure prise en compte de interventions de SR/PF. Le renforcement du suivi et de la PF comme stratégie nationale de développement; la coordination des interventions de SR /PF sera (iv) la mobilisation accrue des ressources pour le intégré dans les activités de coordination générale repositionnement de la PF ; (v) la prise en compte des et/ou thématique à tous les niveaux de la pyramide services de PF dans le panier de soins de la sanitaire. Il se fera à travers : (i) l’amélioration des Couverture Santé Universelle. mécanismes de collecte et de gestion des informations relatives à la PF; (ii) l’augmentation des ressources TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 90 pour l’exécution des activités de supervision, de suivi pratiques à encourager afin de réduire et de coordination, ycompris le développement de la significativement les risques de diarrhées chez le recherche opérationnelle en matière de PF. nourrisson. En outre, il s’agira de promouvoir l’administration des compléments alimentaires aux 407. Stratégie de mise en œuvre 1.4.5 : enfants après le sixième mois de vie. Renforcement des autres pratiques familiales essentielles favorables à la santé. Il sera question 409. L’utilisation de la SRO pour le traitement de dans cette stratégie de faire la promotion des autres la diarrhée chez l’enfant dans la communauté : La pratiques familiales essentielles, notamment : diarrhée est l’une des principales causes de mortalité l’alimentation équilibrée, l’hygiène du milieu, l’hygiène infantile au Cameroun. Cela est en partie dû au faible individuelle et corporelle, la lutte contre les violences recours au TRO (Traitement par la Réhydratation conjugales, domestiques et familiales intégrant la lutte Orale). Il sera question de faire la promotion du TRO contre les mutilations génitales féminines etc. pour la prise en charge communautaire de la diarrhée des enfants. 408. L’accent sera mis sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, le traitement 410. L’utilisation des moustiquaires imprégnées : En communautaire de la diarrhée de l’enfant par la dépit des efforts déployés pour assurer l’accès réhydratation orale (SRO et Zinc), la promotion de universelle aux MILDA, leur taux d’utilisation reste très l’utilisation des MILDA. Dans le même sens, faible. Ce faisant, la promotion de l’utilisation des l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers MILDA par les familles sera renforcée afin de réduire mois de vie et la mise au sein immédiate sont des leur exposition aux maladies à transmission vectorielle. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 91 Tableau 22: Cadre logique de la Promotion de la Santé Objectif global de la SSS 2016-2030 Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable Problème central de la composante Faibles capacités des populations à résoudre leurs problèmes de santé et à adopter des comportements favorables à la sante Objectif stratégique Amener la population à adopter des comportements sains et favorables à la santé d’ici 2030 Indicateurs traceurs - % de ménages utilisant les toilettes améliorées - Prévalence de l’obésité en milieu urbain - Pourcentage d'entreprises ciblées qui appliquent les principes de santé et de sécurité au travail au travail - Taux de malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Valeur Cibles Source de Source Actuelle 2018 2020 2025 2030 Vérification D’ici 2030, renforcer les capacités (FDR 2015 et institutionnelles, la coordination et la CDMT 2013- participation de la communauté dans le Proportion des COSADI fonctionnels 65% 2015) 80% 90% 95% 95% Enquêtes domaine de la promotion de la santé dans 80% des DS D’ici 2030, améliorer le cadre de vie des % des ménages ayant accès à l’eau potable 72,9% (MICS 5) 75% 78% 80% 85% EDS, MICS, populations dans au moins 70% des districts ECAM, études de santé % de ménages qui utilisent un combustible 80,4% (MICS 5) 78 % 75% 73 % 70 % solide comme source première d’énergie domestique pour cuisiner D’ici 2030, développer des actions de Prévalence des grossesses chez les 25,2% (MICS5) 22% 19% 17% 14% EDS, MICS, promotion dans au moins 80% des DS afin de adolescentes ECAM renforcer les aptitudes favorables à la santé Prévalence du tabagisme chez les jeunes de 6% (GATS 2013) 5,5% 5% 3% 2% GATS des individus et des communautés 15 ans et plus Taux de malnutrition chez les moins de 5 ans 29% (EDS-V) 30% 28% 25% 22% EDS, ECAM Nombre d’accidentés (blessés et morts) de la 3071 (Rapport 2500 2000 1500 1000 CONAROUTE voie publique en interurbain en 2013 CONAROUTE) %des femmes mettant en œuvre les pratiques NDcclxviii Enquêtes 25% 40% 55% 70% Enquêtes familiales essentielles (y compris l’hygiène nationales nationales bucco-dentaire) D’ici 2030 amener 75% de familles à Taux de prévalence contraceptive moderne 21% (MICS5) 25% 30% 32,50% 35% EDS/MICS adopter des pratiques familiales essentielles Proportion des besoins non satisfaits en PF 18% MICS 5 16% 14% 13% 10% MICS5 notamment la planification familiale TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 92 414. Les Maladies Transmissibles représentent
4.10.2. Axe stratégique prévention de la maladie encore une cause importante de souffrance, de morbidité et de mortalité dans le pays. A ce jour, 411. Rappel de la problématique de la d’importants efforts ont été déployés pour prévenir, composante : De manière générale, les interventions contrôler, traiter et éliminer certaines. de prévention de la maladie ont été peu financées au cours des dernières années, et la plupart d’entre elles 415. La réduction de l’incidence des maladies sont menées par les programmes verticaux de lutte transmissibles et de leur prévalence est donc le contre les principales maladies endémiques et préalable pour alléger le poids et les souffrances épidémiques. Ces programmes connaissent un déficit causées par ces maladies évitables sur le système de de coordination intégrée aux niveaux stratégique et santé. Il sera donc question de consolider les acquis intermédiaire. Par ailleurs, ils ciblent davantage les obtenus dans le domaine de la prévention, d’intensifier maladies infectieuses, alors que le pays connaît un la mise en œuvre d’interventions clefs pour un net recul début de transition épidémiologique due des principales maladies transmissibles. principalement à la modification du style de vie des populations (sédentarité, stress, mauvaise alimentation, 416. Stratégie de mise en œuvre 2.1.1 : alcoolisme, tabagisme, consommation excessive de sel, renforcement de la coordination et de l’intégration etc.), responsable de l’émergence des maladies non des interventions de prévention des maladies transmissibles. Les maladies à potentiel épidémique transmissibles. Le renforcement de l’intégration et de continuent d’être une réelle menace, et ce malgré les la coordination des interventions de prévention efforts fournis dans le domaine de la vaccination. Leur permettra d’améliorer l’efficience des interventions de surveillance est fragilisée par la faible implication de prévention en évitant les doublons. De manière la communauté et des hôpitaux dans la détection et la opérationnelle, il s’agira d’impliquer toutes les parties notification des cas. Enfin, le système fait preuve d’une prenantes (MINSANTE, bénéficiaires des interventions faible réactivité lors de la survenue desdites de santé, Ministères partenaires, CTD, OSC, ONG etc.) épidémies. dans l’élaboration et la mise en œuvre des documents de politiques et des plans pluriannuels consolidés de 412. L’objectif stratégique de cet axe est : prévention. Il sera également question de définir les « Réduire la mortalité prématurée due aux maladies rôles dévolus à chaque acteur, et veiller à ce que leurs évitables par la prévention ». cahiers de charges soient rigoureusement respectés (rôle du comité de pilotage et de suivi évaluation de 413. Plus spécifiquement, il s’agira d’ici 2030 de : la SSS). (i) réduire d’au moins 30% l’incidence/prévalence des principales maladies transmissibles (VIH, paludisme et 417. Ainsi, pour le cas particulier du MINPROFF, il tuberculose) et d’éliminer certaines MTN (filariose sera question de poursuivre le « Développement de la lymphatique et THA) ; (ii) réduire dans au moins 90% famille et protection des droits de l’enfant » à travers la des districts, les risques de survenue des évènements mise en œuvre du plan sectorielle « femmes/familles » de santé publique majeurs et des maladies à potentiel de lutte contre le VIH/Sida et les IST. Il faudra épidémique, y compris les zoonoses ; (iii) accroître également veiller à la prévention, la prise en charge d’au moins 80% la couverture des interventions de psychosociale des personnes infectées et des familles prévention à haut impact pour les cibles mère, affectées, la coordination des interventions du secteur. nouveau-né, et enfant dans au moins 80% des DS ; (iv) -réduire d’au moins 10% la prévalence des 418. Stratégie de mise en œuvre 2.1.2 : principales maladies non-transmissibles. amélioration de la prévention du VIH/SIDA, de la tuberculose, des IST et hépatites virales
4.10.2.1. Objectif spécifique N 2. 1 : « d’ici 2030 prioritairement pour les groupes les plus réduire d’au moins 30% vulnérables. Les actions de prévention du VIH/SIDA et l’incidence/prévalence des principales des hépatites seront menées à tous les niveaux de la maladies transmissibles (VIH, paludisme et pyramide sanitaire et contribueront à réduire tuberculose) et éliminer certaines MTN l’incidence des maladies précédemment citées. Deux (filariose lymphatique et THA) » stratégies seront privilégiées : la stratégie fixe à travers l’approche « conseil et dépistage initiés par le prestataire (CDIP) » dans les hôpitaux, et la stratégie TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 93 mobile (caravanes et unités mobiles) dans les aires de paludisme saisonnier chez les enfants de moins de 5 santé. ans dans les zones à risque d’épidémie. 419. Dans cette stratégie, il sera principalement 424. En outre, un accent sera mis sur : (i) la question de : (i) renforcer la Communication pour le promotion de la construction d’une usine nationale de Changement de Comportement (CCC), en ciblant fabrication des MILDA ; (ii) la promotion de surtout les populations à risque de VIH (travailleurs du l’intégration des supports pour MILDA sur les lits sexe, MSM, camionneurs, forestiers, etc.) et de importés ou fabriqués localement ; (iii) l’amélioration tuberculose ; (ii) renforcer la sécurité transfusionnelle de l’assainissement du milieu de vie. pour éviter les accidents d’exposition au sang; (iii) renforcer le plaidoyer pour la réduction des coûts des 425. Stratégie de mise en œuvre 2.1.4: tests de dépistage et du traitement des hépatites renforcement de la prévention des MTN et des virales B, C et D. (iv) renforcer la mise en œuvre du autres maladies transmissibles. Les principales MTN plan stratégique de lutte contre le VIH/SIDA. au Cameroun sont : l’onchocercose, la filariose lymphatique, la schistosomiase, les vers intestinaux et 420. De plus, les différents canaux de le trachome. Les interventions de prévention de ces communication (radio, télévision, presse, etc.) de MTN ont pour finalité d’informer le public sur leurs l’espace médiatique seront davantage mis à facteurs de risque. contribution pour véhiculer les messages de prévention. 426. De manière spécifique, il s’agira de : (i) 421. Il faudra également : (i) sensibiliser la renforcer les activités de C4D et la lutte anti population sur les complications morbides d’une vectorielle pour la prévention de l’onchocercose, de la infection par le virus de l’hépatite virale B (cancer du filariose lymphatique, de la schistosomiase, des vers foie) et sur l’importance de la vaccination contre cette intestinaux et du trachome ; (ii) renforcer les capacités maladie;(ii) acquérir le matériel de sensibilisation et du personnel de santé, des enseignants et des des microscopes pour les Centres de Diagnostic de la distributeurs communautaires pour une meilleure Tuberculose (CDTs) ; et (iii) prendre en charge les appropriation de la lutte contre les MTN ; (iii) assurer contacts afin de limiter la propagation de la maladie. la surveillance communautaire du pian, de la leishmaniose, de la lèpre et de l'ulcère de Buruli ainsi 422. La PTME sera intégrée dans toutes les que leur suivi communautaire ; (iv) travailler en Consultations Prénatales (CPN), afin de réduire synergie avec les administrations partenaires en l’incidence du VIH et des hépatites virales chez les charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement de nouveau-nés. l’environnement. 423. Stratégie de mise en œuvre 2.1.3 : 4.10.2.2. Objectif spécifique No 2.2 : « D’ici 2030, renforcement de la prévention du paludisme. La réduire dans au moins 90% des districts de collaboration intersectorielle et le partenariat public Ŕ santé, les risques de survenue des privé, y compris avec les communautés seront mis à évènements de santé publique majeurs et contribution pour améliorer la prévention du des maladies à potentiel épidémique, y paludisme. Il s’agira surtout de renforcer : (i) le compris les zoonoses» plaidoyer et la communication pour la lutte contre le paludisme ; (ii) la lutte anti-vectorielle par l’utilisation 427. Stratégie de mise en œuvre 2.2.1 : des MILDA et les pulvérisations intra-domiciliaires renforcement du système de surveillance d’insecticides notamment dans les régions du Nord et épidémiologique. La survenue des épidémies et/ou de l'Extrême-Nord où la transmission du plasmodium des catastrophes constitue toujours un problème de est particulièrement élevée pendant la saison des santé publique. Pour y faire face, il sera nécessaire de pluies ; (iii) la participation communautaire dans les : (i) réaliser une analyse permanente des facteurs qui activités de prévention du paludisme avec déterminent la survenue et la distribution des maladies l’administration du TPI chez les femmes enceintes ou autres évènements de santé publique (surveillance); pendant les CPN ; (iv) la chimio-prévention du (ii) se préparer en conséquence pour apporter une réponse précoce et opportune basée sur des informations de qualité ; (iii) mettre en place des TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 94 démembrements du Centre des Opération d’Urgences prises en compte par le PEV. Pour ce qui est des de Santé Publique (COUSP) au niveau régional et du maladies à potentiel épidémique (MAPE) non prises en District (CERPLE et ECD). compte par le PEV y compris les zoonoses, il sera question : (i) de renforcer la communication pour le 428. Globalement, Il s’agira ici de développer et changement de comportement;(ii) de renforcer les de mettre en œuvre une stratégie nationale de capacités des acteurs pour la prévention des MAPE surveillance épidémiologique. Celle-ci comportera non prises en compte par le PEV ; et(iii)d’intégrer les entre autres : (i) la détection précoce des cas et la actions de prévention à mener selon l’approche « One riposte en cas d'épidémie ; (ii) le renforcement des Heath » (une santé). actions de vigilance sanitaire et la collaboration intersectorielle; (iii) le renforcement de l’implication 432. Stratégie de mise en œuvre 2.2.4 : des hôpitaux de 1ere et 2èmecatégorie dans le renforcement de la préparation et de la riposte face dispositif de surveillance et de riposte ; (iv) la mise en aux épidémies et aux évènements majeurs de santé place et le suivi des activités des Postes de Santé aux publique. La phase de préparation à une riposte est Frontières et Centre de Vaccination International ; (v) un pré requis important pour répondre efficacement la mise en place d’un laboratoire de haut niveau de aux épidémies et aux crises humanitaires. Cette sécurité biologique (NSB4) et le développement d’un stratégie va consister à élaborer et à mettre en œuvre réseau de laboratoires pour une meilleure surveillance un plan de préparation et de riposte aux principaux des maladies à potentiel épidémique ; (vi) la évènements de santé publique. Les phases de mobilisation des ressources pour la préparation de la préparation devront impérativement inclure des riposte aux épidémies et évènements de santé interventions visant une meilleure implication des publique, (vii) la mise en place d’un cadre juridique populations, dans le but d’accroître leur résilience. pour le développement d’un système de surveillance à base communautaire. 433. Il sera aussi opportun de : (i) développer des plans opérationnels de riposte face aux épidémies 429. Stratégie de mise en œuvre 2.2.2 : dans les districts de santé; (ii) renforcer les capacités amélioration de la prévention des maladies des équipes d’intervention rapide pour la riposte évitables par la vaccination. La prévention de la particulièrement dans les postes de santé aux survenue des maladies les plus meurtrières de la frontières afin d’éviter la régionalisation de première enfance est une stratégie importante pour la l’épidémie; (iii) renforcer les capacités techniques et réduction de la morbidité et de la mortalité chez les logistiques des Centre Régionaux de Prévention et de enfants de moins de 5 ans. Lutte contre les Épidémies (CERPLE) ; (iv) réaliser les cartographies des zones à risque d’épidémie et autres 430. Dans cette stratégie, il sera question de : (i) évènements sanitaires majeurs. (v) renforcer la renforcer la disponibilité de l’offre en vaccins de coordination intersectorielle et la formation en qualité et la logistique nécessaire pour effectuer les épidémiologie d’intervention pour les acteurs du vaccinations ; (ii) développer et promouvoir les niveau régional et opérationnel ; (vi) mettre en place initiatives de lutte accélérée contre les maladies des mesures de surveillance et de riposte contre les évitables par la vaccination ; (iii) renforcer la maladies émergentes y compris la COVID-19 et ré- participation communautaire dans renforcer la émergentes les plus fréquentes ; (vii) développer des participation communautaire dans la génération de la stratégies pour impliquer davantage le sous-secteur demande de services de vaccination; (iv) renforcer la privé dans la notification des MAPE ; (viii) développer qualité les activités de vaccination supplémentaires et mettre en œuvre une stratégie nationale de veille (AVS), (v) prioriser les stratégies avancées et mobiles sanitaire et stratégique. comme mode opératoire de la vaccination dans les zones difficiles d’accès ; (vi) Étendre le bénéfice de la 4.10.2.3. Objectif spécifique N° 2.3 : « D’ici 2030, vaccination à tous les individus quelques soit l’âge et le accroitre d’au moins 80%la couverture des niveau socio-économique. interventions de prévention à haut impact pour les cibles mère, nouveau-né et enfant 431. Stratégie de mise en œuvre 2.2.3 : dans au moins 80% de DS » amélioration de la prévention des autres MAPE non TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 95 434. Pour les stratégies visant à améliorer la partenariats avec le secteur privé en faveur de la couverture des interventions SRMNEA, se référer à la lutte contre les MNT seront encouragés. composante prise en charge des cas. 439. Stratégie de mise en œuvre 2.4.4 :
4.10.2.4. Objectif spécifique N° 2.4 : « D’ici 2030, amélioration de la prévention des affections bucco- réduire d’au moins 10% la prévalence des dentaires, des troubles visuels et auditifs. Les principales maladies non-transmissibles » affections bucco-dentaires et les troubles visuels et auditifs, constituent des problèmes de santé publique, 435. La réduction de la prévalence des Maladies dont la résolution passe essentiellement par la Non Transmissibles passera par l’extension des actions prévention qui présente un meilleur rapport coût de prévention. Celles-ci cibleront toutes les couches de efficacité que la prise en charge des cas. la population, notamment les plus vulnérables des zones rurales et urbaines. Pour y parvenir six 440. Pour une prévention efficace des affections stratégies intégrées seront déployées : bucco-dentaires, il faudra : (i) réaliser des enquêtes nationales de prévalence des affections bucco- 436. Stratégie de mise en œuvre 2.4.1 : dentaires, des troubles visuels et auditifs pour estimer renforcement de la coordination et de l’intégration leur ampleur et leur répartition géographique ; (ii) des interventions de prévention des MNT. La renforcer les capacités des personnels de la santé coordination des interventions de prévention des MNT pour qu’ils soient à même de développer des est un préalable majeur pour améliorer les stratégies de prévention des affections bucco- performances des acteurs dans le secteur de la santé. dentaires, des troubles visuels et auditifs à tous les A cet effet, l’approche participative dans niveaux de la pyramide sanitaire en y associant la l’élaboration et le suivi de la mise en œuvre d’un plan communauté ;(iii) Organiser des campagnes de stratégique national intégré de prévention des MNT dépistage desdites affections auprès des groupes visant principalement la lutte contre l’HTA et le cibles que sont les enfants en âge scolaire et les Diabète sera privilégiée. personnes âgées ; (iv) renforcer le recrutement des médecins dentistes, et l’acquisition des 437. Stratégie de mise en œuvre 2.4.2 : équipements/matériel dentaire, surtout pour les HD. promotion de la recherche pour réduire l’incidence des MNT. Il sera question de sensibiliser les institutions 441. Stratégie de mise en œuvre 2.4.5 : de recherche sur la nécessité de réaliser la renforcement de la prévention de la Drépanocytose cartographie des MNT, d’axer leurs travaux sur la et autres maladies génétiques et dégénératives. La recherche épidémiologique et comportementale (en drépanocytose est une affection génétique qui peut particulier les modes de vie) et sur les déterminants être facilement prévenue par le diagnostic anténatal des MNT les plus fréquentes. (dépistage préalable) chez toutes les personnes ou tous les couples désirant avoir un enfant. 438. Stratégie de mise en œuvre 2.4.3 : sensibilisation de la population sur la 442. Pour prévenir la drépanocytose et les autres problématique des maladies non transmissibles et maladies génétiques et dégénératives, il faudra : (i) incitation à leur prévention. La prévention des mener un plaidoyer pour l’augmentation quantitative maladies non transmissibles nécessite la mise en œuvre et qualitative des ressources humaines appropriées de plusieurs initiatives publiques et privées, parmi (généticiens, biologistes, etc.) ; (ii) renforcer la mise en lesquelles les actions de sensibilisation des œuvre des dispositions de la loi de 2010 sur la communautés dans les aires de santé. Celles-ci viseront prévention médicale des handicaps, à travers : le à faire prendre conscience du problème de la forte counseling prénuptial, le diagnostic anténatal de la propension des MNT, puis à inciter les populations à drépanocytose et des autres maladies génétiques et changer de comportement. Au cours de ces campagnes dégénératives. de sensibilisation, des dépistages seront proposés aux groupes présentant des facteurs de risque des MNT. 443. Stratégie de mise en œuvre 2.4.6 : En outre, le plaidoyer pour une mobilisation accrue renforcement de la prévention des maladies des ressources financières et la négociation des mentales, épilepsies et autres affections TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 96 neurologiques. Les mesures préconisées dans cette populations sur les mesures communautaires visant à stratégie sont de plusieurs types. Il s’agit : (i) prévenir les cancers ; (v) dépistage de masse pour les d’accroitre les ressources humaines et financières pour cancers les plus fréquents (sein, col utérin , prostate adresser les problèmes liés à la prévention des etc.) en milieu hospitalier et dans la communauté. maladies suscitées ; (ii) de renforcer les formations initiales et continues dans les métiers de santé mentale, 446. Stratégie de mise en œuvre 2.4.9: dans la prévention des épilepsies et autres affections renforcement de la prévention des maladies rares. neurologiques ; (iii) de renforcer l’éducation et la Comme pour les autres maladies non transmissibles, il sensibilisation des populations, afin qu’elles soient s’agira ici : (i) d’élaborer et de mettre en place un capables d’éviter les facteurs de risque comme la registre national des maladies rares ;(ii) de mener un consommation abusive de substances addictives. plaidoyer pour l’augmentation des ressources humaines en vue de leur prévention ; (iii) d’appuyer 444. Stratégie de mise en œuvre 2.4.7 : financièrement les groupes communautaires organisés renforcement de la prévention du diabète, de l’HTA, et les associations des malades engagés dans la lutte des autres maladies cardiovasculaires et des contre ces maladies ; et (iv) de mettre en place un maladies rénales. La prévention du diabète et celle programme national de dépistage des maladies de l’HTA constituent un axe stratégique majeur dans la rares. lutte contre les affections cardiovasculaires et rénales. Pour la rendre effective, il faudra : (i) renforcer le plaidoyer pour l’augmentation des ressources en faveur de la prévention des MCNT ; (ii) renforcer l’éducation et la sensibilisation des populations, afin de les amener à éviter les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (abus d’alcool, tabagisme, sédentarité, obésité, stress, automédication…) ; (iii) mener un plaidoyer pour l’application de la Loi sur le tabac, afin d’en réduire l’impact sur la santé des populations ; (iv) mettre en place des programmes spécifiques de lutte contre l’obésité dans les écoles et dans les familles (sensibiliser les populations sur l’importance d’une activité physique régulière); (v) mener un plaidoyer auprès des autres ministères pour l’aménagement des espaces dédiés à l’activité physique dans les districts de santé et les CTD; (vi) élaborer et mettre en place des programmes de dépistage de qualité chez les patients à risque à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. 445. Stratégie de mise en œuvre 2.4.8: renforcement de la prévention du cancer, de l’asthme et des autres affections respiratoires chroniques. Les cancers représentent un fardeau de plus en plus lourd pour le système de santé. Il est donc nécessaire de mettre l’emphase sur les interventions de prévention de ces maladies. Pour réduire leur prévalence les actions suivantes seront menées: (i) renforcement du plaidoyer pour l’augmentation des ressources en faveur de la lutte contre le cancer ; (ii) renforcement de la vaccination des filles de 9 à 13 ans contre le HPV ; (iii)renforcement de la vaccination contre l’hépatite virale B ; et (iv) sensibilisation des TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 97 Tableau 23 : Cadre logique de la Prévention de la maladie « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et Objectif global de la stratégie durable ». Problème central de la composante L’incidence et la prévalence des maladies évitables sont élevées au Cameroun Objectif stratégique de la composante « Réduire la mortalité prématurée due aux maladies évitables par la prévention d’ici 2030 ». Indicateurs traceurs - Prévalence de l’HTA - Incidence de nouveau-nés de faible poids (poids inf. à 2500 grammes) Valeur Cibles Sources de Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Source Actuelle 2018 2020 2025 2030 vérification (Profil des estimations 2,4‰ pays du VIH au Incidence du VIH 2,1‰ 1,9‰ 1,7‰ 1 ‰ Etudes D’ici 2030réduire d’au moins 30% Cameroun 2010-2020 l’incidence/prévalence des principales CNLS) maladies transmissibles (VIH, paludisme Prévalence du VIH 4,3% (EDS-MICS 2011) 4,1 3,9 3,7 3,5 EDS, MICS, et tuberculose) et éliminer certaines MTN Etudes (filariose lymphatique et THA) Prévalence de l’hépatite virale B 11,9% CPC 2015 11% 10% 9% 4% EDS-MICS Couverture de la chimiothérapie (Rapport d’activités PNL Oncho, 80% préventive de l’onchocercose 2015 des MTN) 84% 85% 86% 87% Rapport (couverture TIDC) d’activités MTN Proportion des DS en épidémie 34% Rapport DLMEP 2014 70% 80% 90% 95% Revues D’ici 2030, réduire dans au moins 90% de rougeole confirmée et ayant sectorielles des districts, les risques de survenue des organisé une riposte selon les Rapport évènements de santé publique majeurs et directives nationales DLMEP, des maladies à potentiel épidémique y Rapport PEV compris les zoonoses Proportion d’épidémies de 50 % Rapport DLMEP 2014 70% 80% 90% 95% Revues rougeole notifiées et investiguées sectorielles Couverture vaccinale à l’antigène Rapport PEV 2015 EDS, MICS, D’ici 2030, accroitre d’au moins 80% la 84,5% 87% 92% 93% 95% de référence (Penta3) Rapport PEV couverture des interventions de EDS, MICS, prévention à haut impact pour les cibles Taux de couverture en CPN 1 82,8% MICS 5 85% 90% 95% 95% Etudes mère, nouveau-né et enfants dans au % des femmes enceintes ayant MICS 5 RAP-PNLT moins 80% des DS 26% 40% 55% 60% 75% reçu au moins 3 doses de TPI MICS, Rapport TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 98 « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et Objectif global de la stratégie durable ». Problème central de la composante L’incidence et la prévalence des maladies évitables sont élevées au Cameroun Objectif stratégique de la composante « Réduire la mortalité prématurée due aux maladies évitables par la prévention d’ici 2030 ». Indicateurs traceurs - Prévalence de l’HTA - Incidence de nouveau-nés de faible poids (poids inf. à 2500 grammes) Valeur Cibles Sources de Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Source Actuelle 2018 2020 2025 2030 vérification durant leur grossesse (% TPI3) PNLP % d’enfants 0-5 ans dormant sous MICS5 54,8% 85% 90% 90% 90% EDS, MICS une MILDA % des femmes enceintes infectées Rapport CNLS 2015 SNIS, FDR, 59,3% 80% 85% 90% 95% par le VIH et sous TARV Rapport CNLS D’ici 2030, réduire d’au moins 10% Kingue et al. (2015) SNIS l’incidence/prévalence des principales Prévalence du Diabète type II 6,6% 6% 5,8% 5,6% 4,3% STEPS maladies non-transmissibles TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 99 452. Stratégie de mise en œuvre 3.1.1:
4.10.3. Axe stratégique prise en charge des cas amélioration de la qualité des soins et des services de santé dans les FOSA en mettant l’accent sur 447. Rappel du diagnostic : Un des défis du l’accueil des patients. Le bon accueil est un gage et système de santé à relever est d’assurer une prise en un critère qualitatif d’une prise en charge. En effet, charge adéquate des cas de maladie, de déficiences l’humanisation des soins constitue un impératif pour la et d’handicaps, voire d’offrir un accès équitable à tous satisfaction des usagers, et permet de réduire le stress à des services et soins de santé de qualité. et l’angoisse des clients et des malades. Le bon accueil favorise la guérison et se fera par les hôtesses 448. Conformément au choix stratégique effectué d’accueil ou le personnel hospitalier. Pour l’assurer et dans le secteur de la santé, il sera important de améliorer la prise en charge curative des cas, il renforcer la mise en œuvre à la fois des soins de santé faudra notamment : (i) définir le circuit thérapeutique primaires et des soins spécialisés. A ce jour, la prise en des patients, (ii) aménager les espaces d’attente, (iii) charge des cas dans la majorité des formations sensibiliser le personnel sur l’importance d’un bon sanitaires n’est pas effectuée de manière adéquate. accueil ; (iv) formaliser par voie règlementaire le Cela s’explique entre autres par l’inexistence des dispositif d’accueil, (vi) mettre en place un mécanisme référentiels de prise en charge des cas (POS), mais de mesure systématique de la satisfaction du aussi par leur faible utilisation même quand ils personnel de santé et des usagers. existent. 453. Stratégie de mise en œuvre 3.1.2 : 449. L’objectif stratégique de cet axe est : amélioration du diagnostic et de la prise en charge « Réduire la mortalité globale et la létalité dans les curative des cas de VIH/SIDA, de TB, d’IST et formations sanitaires et dans la communauté ». d’hépatites virales. Un diagnostic précoce des maladies suscitées permettra de les prendre en charge 450. Plus spécifiquement, il s’agira d’ici 2030 : (i) à temps et d’éviter la survenue des complications. Le d’assurer une prise en charge curative selon les normes diagnostic et la prise en charge curative des cas de des maladies transmissibles et non-transmissibles, ainsi VIH/SIDA, de TB, d’IST et d’hépatites virales seront que leurs complications dans au moins 80% des organisés de façon intégrée. Il sera également formations sanitaires ; (ii) d’assurer une prise en question dans cette stratégie de (i) : améliorer l’accès charge globale des problèmes de santé de la mère, au dépistage du VIH (offre systématique du conseil- du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent, selon les dépistage-volontaire aux patients tant en milieu normes dans au moins 80% des structures sanitaires ; hospitalier, que communautaire lors des campagnes de (iii) d’assurer la prise en charge des urgences médico- sensibilisation) ; (ii) mettre systématiquement sous chirurgicales, des catastrophes et des crises traitement les cas positifs dépistés (option B+) ;(iii) humanitaires, selon les procédures opératoires sensibiliser les populations sur la nécessité de recourir standards (POS) dans au moins 80% des districts de aux formations sanitaires agréées pour le dépistage santé ; (iv) de réduire d’au moins 20% la proportion et la prise en charge de ces maladies. de la population présentant au moins un handicap corrigible. 454. Par ailleurs, les prestataires des soins et services de santé seront encouragés à recourir
4.10.3.1. Objectif spécifique No 3.1 : « D’ici 2030, systématiquement aux procédures opérationnelles et assurer une prise en charge curative selon aux protocoles validés pour le diagnostic et la prise les normes des maladies transmissibles et en charge des cas. Pour les structures d’appui (Districts non-transmissibles ainsi que leurs de Santé, DRSP, MINSANTE), un accent particulier sera complications dans au moins 80% des mis sur (i) la supervision des prestataires tant au formations sanitaires » niveau communautaire qu’hospitalier, et sur (ii) la mise 451. A cause des contraintes budgétaires, les à disposition des intrants de dépistage et des médicaments dans les formations sanitaires. interventions ayant un haut impact sur la morbidité/mortalité dues aux maladies transmissibles 455. Enfin, pour assurer la pérennisation de la et non transmissibles seront privilégiées. Cet objectif prise en charge des PVVIH et l’accès pour tous aux sera réalisé à travers les différentes stratégies ci- soins, plusieurs actions seront envisagées, au rang dessous : desquelles la gratuité sélective pour les indigents et TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 100 les personnes vulnérables, ainsi que la mise en place réduire leur poids global. Pour ce faire, il s’agira d’un fonds de soutien pour la subvention des principalement de : (i) sensibiliser la population pour antirétroviraux, etc. un dépistage précoce de ces maladies à tous les niveaux de la pyramide des soins ; (ii) former les 456. Stratégie de mise en œuvre 3.1.3 : prestataires du niveau opérationnel à l’exécution de amélioration du diagnostic et de la prise en charge certaines tâches curatives spécialisées (délégation des des cas de paludisme et des principales causes de tâches pour la prise en charge des MNT) puis, fièvre (Dengue, Typhoïde, Grippe…). Le diagnostic renforcer la supervision des prestataires surtout du et la prise en charge précoce des maladies sus-citées niveau opérationnel surtout pour la prise en charge permettent de réduire la morbi-mortalité liée au de certaines maladies (Exemples : prise en charge des paludisme et les complications subséquentes. Il s’agira maladies mentales, du VIH, de l’HTA , etc.) ; (iii) entre autres dans cette stratégie de : (i) systématiser développer, vulgariser et systématiser le recours aux le recours aux procédures opérationnelles et aux procédures opérationnelles standards et aux protocoles validés, pour le diagnostic et la prise en protocoles validés pour le diagnostic et la prise en charge des cas de paludisme ; (ii) superviser la prise charge des cas de MNT tant en milieu hospitalier que en charge des cas à tous les niveaux de la pyramide communautaire ; (iv) renforcer le système de référence sanitaire ; (iii) rendre permanemment disponibles et de contre référence ;(v) mettre en application les surtout au niveau opérationnel, les intrants de dispositions de la loi N°2003/014 du 22 décembre dépistage et les médicaments de qualité contre le 2003 portant sur la transfusion sanguine (en effet, la paludisme. Le diagnostic par TDR sera renforcé, tout sécurité transfusionnelle sera assurée à travers la mise comme celui des autres causes de fièvre ne nécessitant sur pied d’un Centre National et des centres régionaux pas de traitement anti palustre. Un accent particulier de Transfusion Sanguine) ; (vi) créer des centres sera mis sur les groupes à risque (femmes enceintes, régionaux de prise en charge intégrée des MNT, y enfants et jeunes). compris les maladies gériatriques ; (vii)rendre disponibles et accessibles à tous les niveaux de la 457. Stratégie de mise en œuvre 3.1.4 : pyramide sanitaire les intrants de dépistage et les amélioration du diagnostic et de la prise en charge médicaments pour les MNT les plus courantes (HTA, des cas de Maladies Tropicales Négligées. Le Diabète etc.) ;(viii) élaborer une stratégie pour diagnostic et la prise en charge des cas des MTN développer les soins palliatifs à tous les niveaux ; (ix) permettront de réduire la prévalence de ces assurer la disponibilité des psychotropes essentiels pathologies voire d’en éradiquer quelques-unes. Pour dans les FOSA du niveau opérationnel ainsi que des ce faire, il sera question de : (i) renforcer le antidouleurs après évaluation des besoins réels de la dépistage et la prise en charge précoce de la lèpre, FOSA. du pian, de la leishmaniose, de l’ulcère de Buruli, et de 459. Stratégie de mise en œuvre 3.1.6 : la THA ; (ii) améliorer les couvertures géographiques amélioration de la prise en charge globale et thérapeutiques des MTN ciblées en renforçant la (holistique) des cas à tous les niveaux de la poly-chimiothérapie de masse des pathologies pyramide sanitaire. La prise en charge globale sera suivantes :onchocercose, filariose lymphatique, réalisée à travers le développement et la distribution trachome, helminthiases, schistosomiase ; (iii) des guides, des protocoles et d’algorithmes simplifiés systématiser le recours aux procédures opérationnelles qui prennent en compte les avancées scientifiques et et aux protocoles validés pour le diagnostic et la prise technologiques réalisées dans le domaine de la prise en charge de toutes les MTN en milieux hospitalier, en charge holistique des cas. Les MNT les plus scolaire et communautaire. Enfin superviser la prise en fréquentes (Diabète, HTA et autres maladies charge des cas à tous les niveaux de la pyramide cardiovasculaires, cancer, pathologies mentales) seront sanitaire et rendre disponible les intrants. particulièrement concernées par cette approche de 458. Stratégie de mise en œuvre 3.1.5: prise en charge des cas ; le renforcement du système amélioration du diagnostic et de la prise en charge de référence contre-référence; et le renforcement du des cas de Maladies Non Transmissibles. partenariat avec les autres secteurs intervenant dans L’amélioration du diagnostic et de la prise en charge la lutte ainsi que les formations sanitaires à but lucratif des cas de MNT permettra de stopper la tendance et non lucratif. haussière de la prévalence de ces maladies et de TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 101
4.10.3.2. Objectif spécifique No 3. 2 : « D’ici 2030, l’intégration des services, pour qu’à chaque site de assurer une prise en charge globale des prestations de SRMNEA, on puisse retrouver l’offre de problèmes de santé de la mère, du services de PTME ; (iii) renforcer la disponibilité des nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent intrants de PTME ; et (iv) prioriser les stratégies dans au moins 80% des structures avancées comme modalités d’offre de services pour sanitaires » améliorer l’accessibilité géographique aux services et 460. Les interventions à haut impact sur la santé de soins SRMNEA des femmes enceintes vivant dans les la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent aires de santé enclavées. seront privilégiées dans la perspective de la réduction 465. S’agissant de la prévention de la transmission de la morbidité et de la mortalité maternelle et verticale de l’hépatite virale B, il s’agira ici de rendre infantile. Celle-ci passe par l’exécution des stratégies disponible l’offre de dépistage de cette affection suivantes : dans tous les sites de CPN et de renforcer la 461. Stratégie de mise en œuvre 3.2.1 prévention (vaccination contre l’hépatite B) chez les amélioration de l’accessibilité financière et culturelle nouveau-nés exposés. aux services et soins SRMNEA. 466. Stratégie de mise en œuvre 3.2.3 : 462. La faible accessibilité financière et culturelle amélioration de la qualité de la prise en charge aux services et soins SRMNEA est l’une des causes intégrée des maladies de l’enfant (PCIME clinique et majeures de la sous-utilisation des FOSA. Pour y communautaire). Il s’agira de renforcer tour à tour la remédier, il faudra renforcer les mécanismes visant à PCIME clinique et communautaire. Ces deux approches réduire les dépenses directes des ménages, et de prise en charge des enfants seront utilisées dans promouvoir la subvention et/ou la gratuité ciblée. Il l’ensemble des formations sanitaires et dans les aires est important de rappeler que plusieurs mécanismes de santé. sont déjà en cours d’expérimentation dans l’optique 467. Par ailleurs, l’accent sera également mis sur d’améliorer l’accessibilité financière aux services et la formation à la PCIME pré-emploi qui permet de soins de santé du couple mère enfant : chèque santé et minimiser les coûts liés au renforcement régulier des kits obstétricaux dans les régions septentrionales etc. capacités des prestataires en cours d’emploi. La Une étude sera programmée pour évaluer les forces formation des agents de santé communautaire ; et les faiblesses de ces différents mécanismes de l’approvisionnement en intrants nécessaires pour la financement. Les résultats de cette étude seront prise en charge des enfants et le renforcement de la capitalisés lors de l’élaboration de la stratégie supervision et du suivi-évaluation. Créer des unités de nationale de financement de la santé. Cette action prise en charge des prématurés et des petits poids de sera couplée à une forte sensibilisation des naissance (méthode Kangourou). populations pour lever les barrières socioculturelles qui empêchent l’utilisation des services SRMNEA. 468. Stratégie de mise en œuvre3.2.4 : amélioration de la disponibilité des paquets d’offre 463. Stratégie de mise en œuvre 3.2.2 : des services et soins SRMNEA de qualité. Un système amélioration de la disponibilité et de l’accessibilité de santé capable d’offrir des services et soins géographique aux services de prévention de la SRMNEA de qualité permettra de réduire la mortalité transmission verticale du VIH et de l’hépatite virale maternelle et infanto juvénile de manière significative. B de la mère à l'enfant (mise à échelle de la PTME Dans cette perspective, les acteurs du secteur santé dans l’ensemble des FOSA fonctionnelles). devront s’atteler au cours des prochaines années à 464. La transmission du VIH et de l’hépatite virale renforcer la disponibilité : des paquets d’offre de B de la mère à l’enfant est encore un problème de service suivants : CPNR, CPON, accouchement assisté, santé publique dans le pays. Pour réduire le risque de planning familial, SONEU, PCIME, soins essentiels et transmission des maladies suscitées, il sera soins d’urgence pour le nouveau-né, SAA etc.). A titre question de : (i) renforcer l’extension progressive des illustratif et comme mentionné précédemment, le sites de PTME afin d’assurer une bonne couverture conseil et le dépistage du VIH et des hépatites virales géographique des populations ;(ii) décentraliser le B, D et C seront systématiquement proposés à toutes dépistage et la prise en charge des femmes enceintes les femmes enceintes et à leurs partenaires/conjoints séropositives à travers la délégation des tâches et TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 102 pendant les CPN. La mise en œuvre de l’option B+ en SRMNEA dans les FOSA et au niveau sera assurée à tous les niveaux. communautaire. Une assistance technique aux prestataires de services et de soins de santé est un 469. De manière spécifique, les médecins seront préalable important pour la prise en charge formés en chirurgie obstétricale d’urgences (césarienne), en échographie obstétricale d’urgence et adéquate des problèmes de santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent. Il s’agira en PCIME. Les responsables des centres de santé, des concrètement : (i) d’effectuer un diagnostic maternités et des consultations prénatales bénéficieront des sessions renforcement de capacités communautaire des problèmes de santé de la mère et de l’enfant à l’issue d’une priorisation des zones sur la SONEU et sur la PCIME. Par ailleurs, les d’interventions ; (ii) de former les leaders plateaux techniques seront complétés par les kits familiaux, les kits d’accouchements et les kits de prise communautaires pour qu’ils puissent mobiliser la communauté sur la recherche des solutions pérennes en charge des pathologies mineures en plus des aux problèmes de santé de la mère et de l’enfant ; dotations spéciales pour la prise en charge des urgences obstétricales. (iii) de former les agents de santé communautaire (ASC) sur le contenu de leurs cahiers de charge 470. Enfin, les points suivants seront aussi pris en (interventions sous directives communautaires en compte : (i) prioriser les activités en stratégies SRMNEA). avancées afin de réduire les barrières géographiques 472. Il faudra aussi : (i) renforcer le plaidoyer des populations vivant dans les zones reculées ; (ii) pour le recrutement des sages-femmes/maïeuticiens ; assurer l’implication effective des bénéficiaires dans la programmation, mise en œuvre et évaluation des (ii) former les médecins généralistes des hôpitaux de districts en chirurgie obstétricale d’urgence et en interventions ; (ii) assurer la disponibilité de certains SONEU. Les médecins des hôpitaux des districts des produits et services élémentaires sous directives communautaires ; (iv) renforcer la qualité de l’accueil régions à fort ratio de mortalité maternelle (médecins exerçant dans les régions septentrionales et de l’Est) réservé aux patients par le personnel ; (v) renforcer le seront prioritairement formés. Les responsables des système de référence /contre référence, d’évacuation d’urgence et le kit d’urgence ; (vi) institutionnaliser les maternités et des services de consultation prénatale dans les CSI/CMA bénéficieront aussi des sessions de audits systématiques des mortalités néonatales et renforcement des capacités sur les SONEU et la PCIME maternelles aussi bien dans les formations sanitaires que dans la communauté ; (vii) renforcer le plateau ; (iii) renforcer les équipements dans les services SRMNEA des FOSA ciblées ; (iv) assurer la technique surtout pour les interventions prioritaires (Ex disponibilité des intrants essentiels (produits SONEU kits familiaux pour la prise en charge des pathologies mineures PCIME etc.) et l’administration d’importance vitale pour la mère et l’enfant) dans ces FOSA. des SAA ; (viii) équiper les hôpitaux de districts en banques de sang ; (ix) prioriser les activités en 473. Stratégie de mise en œuvre 3.2.6: stratégies avancées afin de réduire les barrières Renforcement de la communication intégrée à tous géographiques des populations vivant dans les zones les niveaux pour une mobilisation citoyenne autour reculées ; (x) assurer l’implication effective des des problèmes de santé de la mère, du nouveau-né bénéficiaires dans la programmation, la mise en et de l’enfant. Cette stratégie a pour but d’améliorer œuvre et l’évaluation des interventions ; (xi) assurer la les connaissances et d’induire un changement de disponibilité de certains produits et services comportement favorable à la santé des cibles élémentaires sous directives communautaires. Renforcer susmentionnées. Elle met un accent particulier sur le la qualité de l’accueil réservé aux patients par le partage de l’information susceptible d'accroître leur personnel ; (xii) renforcer le système de référence niveau de connaissances et leur permettre d’éviter la /contre référence, d’évacuation d’urgence et le kit survenue des maladies. Il s’agira donc dans cette d’urgence ; (xiii) institutionnaliser les audits stratégie de : (i) mettre en place un programme systématiques des mortalités néonatales et maternelles multisectoriel qui veillera à fédérer les efforts des aussi bien dans les formations sanitaires que dans la administrations sectorielles impliquées dans la mise en communauté. œuvre du plan opérationnel de lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile ; (ii) 471. Stratégie de mise en œuvre
3.2.5 Renforcement des capacités des prestataires mener des actions de communication pour le TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 103 développement des communautés, afin de les 477. Stratégie de mise en œuvre 3.3.3 : responsabiliser, de renforcer leurs capacités renforcement du diagnostic et de la prise en charge cognitives, et faciliter leur adhésion à la mise en curative des cas d’urgences et des évènements de œuvre des interventions et des actions de lutte contre santé publique. L’efficacité de la prise en charge des la mortalité maternelle, néo-natale et infantile ; (iii) cas d’urgences et des évènements de santé publique organiser un plaidoyer auprès des leaders politiques, dépend de la précocité du diagnostic. Par conséquent, pour l’augmentation des allocations budgétaires en pour améliorer la prise en charge de ces cas dans les faveur des cibles mère, nouveau-né, enfant et FOSA, il faudra : (i) élaborer les plans stratégiques adolescent. nationaux et opérationnels de réponses aux évènements majeurs de santé publique ; (ii) mettre en
4.10.3.3. Objectif spécifique N°3.3 : « D’ici 2030, place un réseau de services d’urgences ; (iii) doter les assurer la prise en charge des urgences services d’urgences des hôpitaux de catégories 1, 2, 3 médico-chirurgicales, des catastrophes et en équipements de pointe et de qualité ; (iv) élaborer, des crises humanitaires selon les harmoniser et vulgariser les normes et procédures procédures opératoires standards (POS) opérationnelles de prise en charge des urgences et dans au moins 80% des DS ». des évènements de santé publique. 474. La coordination des interventions 478. Par ailleurs des directives seront élaborées multisectorielles est un préalable incontournable pour pour les responsables des structures sanitaires, afin assurer la synergie, la cohérence et la prise en charge d’améliorer la qualité de l’accueil dans les FOSA en efficace des cas d’urgences et des évènements de général, et dans les services d’urgences en particulier. santé publique. A ce jour, on observe une Face au risque vital toujours présent dans certains cas inadéquation entre la qualité des plateaux techniques d’urgence, il sera important : (i) d’organiser la prise en des services d’urgences (urgentistes, équipements et charge pré-hospitalière des cas (premiers secours) médicaments insuffisants etc.) et les attentes de la dans les DS traversés par les axes routiers les plus population. Il faudra donc : (i) développer les plans accidentogènes (ii) de renforcer les plateaux intégrés de coordination multisectoriels ; (ii) mettre en techniques des FOSA situées dans les axes routiers qui place des équipes multisectorielles d’interventions enregistrent le plus d’accidents (triangle de la mort). rapides dans les FOSA, les DS et les DRSP et renforcer les plateaux techniques de ces structures sanitaires; (iii) 4.10.3.4. Objectif spécifique N 3.4: « D’ici 2030, assurer la coordination des acteurs dans les unités réduire d’au moins 20% la proportion de la multisectorielles d’intervention rapide (UMIR) capables population présentant au moins un de se mobiliser à temps pour des actions rapides sur handicap corrigible ». les sites d’urgence, et (iv) clarifier les rôles et les responsabilités de chaque acteur dans la prise en charge des urgences médico-chirurgicales et des 479. Stratégie de mise en œuvre 3.4.1 : mise en évènements de santé publique. place d’une politique intégrée et coordonnée de la gestion du handicap y compris le handicap mental. 475. Enfin, des exercices de simulation des cas La mise en place d’une politique intégrée de gestion d’urgence et de catastrophes ou d’évènements seront du handicap, permettra de : (i) mobiliser tous les organisés dans toutes les régions. acteurs et de fédérer leurs efforts pour une meilleure 476. Stratégie de mise en œuvre 3.3.2 : prise en charge du handicap ; (ii) clarifier leurs rôles Renforcement du processus de gestion et responsabilités dans la prise en charge tant prévisionnelle des ressources. La gestion hospitalière que communautaire du handicap ; (iii) prévisionnelle des ressources permet de pré mettre en place une plateforme multisectorielle positionner les intrants essentiels du dispositif de susceptible de favoriser les échanges d’expériences, riposte rapide en cas de survenue d’un risque. Il les leçons apprises, et les meilleures pratiques. s’agira, de provisionner les stocks de médicaments et 480. À terme, la mise en œuvre de cette politique intrants essentiels et de préparer les équipes devrait réduire le poids global des maladies multisectorielles d’intervention rapide par des handicapantes sur le système de santé. exercices de simulation. 481. Stratégie de mise en œuvre 3.4.2 : Décentralisation des interventions de prise en TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 104 charge du handicap. La décentralisation permettra de répondre plus efficacement aux besoins des personnes handicapées. De manière spécifique, il s’agira de : (i) créer des centres spécialisés avec des équipes multi disciplinaires de prise en charge du handicap, surtout au niveau opérationnel ; (ii) encourager la création des associations des personnes handicapées ;(iii) renforcer le dépistage des handicaps et la réhabilitation précoce des handicapés ; (iv) développer des mécanismes de prise en charge des handicapés mentaux à tous les niveaux de la pyramide des soins. 482. En outre, il sera également question d’accompagner les communautés, en leur donnant les moyens nécessaires pour assurer la gestion du handicap au niveau communautaire, et de renforcer la collaboration multisectorielle (MINAS, MINSANTE, MINPROFF) dans la gestion du handicap. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 105 Tableau 24 : Cadre logique de la prise en charge des cas Objectif global de la stratégie « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable ». Problème central de la composante Le Diagnostic et la prise en charge curative des cas ne sont pas correctement assurés (Incidence et prévalence élevées des maladies) Objectif stratégique « Réduire la mortalité globale et la létalité dans les formations sanitaires et dans la communauté » - Ratio de mortalité maternelle - Taux de mortalité néonatale Indicateurs traceurs - Taux de mortalité infantile - Taux de létalité obstétricale intra hospitalière Cible Valeur Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Source 203 Sources de vérification Actuelle 2018 2020 2025 0 84% Cohorte 2013, 92 Taux de succès thérapeutique des TPB+ 86% 87% 89% SNIS, Rapport PNLTB D’ici 2030, assurer une prise en charge Rapport PNLTB % curative selon les normes des Taux de mortalité spécifique du paludisme chez Rapport PNLP 22 45% 38% 31% 24% Audit techniques principales maladies transmissibles et les enfants de moins de 5ans 2015 % non-transmissibles ainsi que leurs Rapport complications dans au moins 80% des d’activités MTN Rapport d’enquête, Proportion des cas d’Ulcère de Buruli guéris sans 98 formations sanitaires 80% 95% 95% 98% Rapport d’activités MTN complications % et des FOSA Taux d'accouchements assistés par un personnel 64,7% MICS 5 95 66 % 70% 80% Statistiques sanitaires qualifié % D’ici 2030, assurer une prise en charge MICS5 EDS, MICS, SNIS, % nouveaux nés ayant reçu les soins postnataux 90 globale et selon les normes des 68,5% 70% 75% 80% Rapports supervision dans les 48 heures qui suivent l’accouchement % problèmes de santé de la mère, du DSF nouveau-né, de l’enfant et de Rapport CNLS Taux de transmissions du VIH de la mère à l’adolescent au niveau communautaire 6,5% 2014 5% 4% 3% 2 % Rapport CNLS l’enfant et dans au moins 80% des structures sanitaires Statistiques % des DS disposant d’un personnel de santé 31% Sanitaires 32,5 40 Rapport de la DSF formé avec l’approche PCIME 35% 37% Rapport de la % % Statistiques sanitaires DSF TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 106 Objectif global de la stratégie « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable ». Problème central de la composante Le Diagnostic et la prise en charge curative des cas ne sont pas correctement assurés (Incidence et prévalence élevées des maladies) Objectif stratégique « Réduire la mortalité globale et la létalité dans les formations sanitaires et dans la communauté » - Ratio de mortalité maternelle - Taux de mortalité néonatale Indicateurs traceurs - Taux de mortalité infantile - Taux de létalité obstétricale intra hospitalière Cible Valeur Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Source 203 Sources de vérification Actuelle 2018 2020 2025 0 Proportion d’hôpitaux de 1ère, 2ème et 3ème Rapport DOSTS D’ici 2030, assurer la prise en charge 20 % 100 catégorie disposant d’une unité fonctionnelle de 50 % 60% 80% Rapport d’audit des urgences médico-chirurgicales et % prise en charge des urgences des évènements de santé publique Proportion des régions disposant d’une antenne 100 100 100 suivant les procédures opératoires 0% Rapport DPML 40% Rapport d’activités régionale de transfusion sanguine % % % standards (POS) dans au moins 80% Taux de mortalité péri-opératoire dans les ND des districts de santé hôpitaux de 3eme et 4eme catégorie Moins de 5% à échéance AUDITS D’ici 2030, réduire d’au moins 20% la Proportion de patients souffrant de cataracte et ND Augmentation à échéance proportion de la population présentant ayant recouvré la vue après une intervention EDS, MICS de 50% au moins un handicap corrigible chirurgicale TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 107 développement d’un système de couverture santé
4.10.4. Axe stratégique renforcement du système universel au Cameroun. de santé 489. En outre, il n’existe pas encore de document 483. Rappel du diagnostic : Le système de santé formel de stratégie du financement de la santé au au Cameroun est peu performant en raison du faible Cameroun. Ce dernier est fractionné en de multiples fonctionnement de ses piliers. régimes de financement au demeurant peu efficaces. 484. En effet, l’accessibilité géographique et La collecte, la mise en commun des ressources et le financière des services de santé est limitée, et les partage du risque maladie sont peu organisés. Enfin, plateaux techniques sont le plus souvent vétustes ou l’allocation et l’utilisation des ressources tant publiques incomplets dans les FOSA du niveau opérationnel. En que privées sont inefficientes. outre, le paiement direct est le principal mode de 490. Aussi cinq stratégies de mise en œuvre ont financement de la santé. Par ailleurs, la faible été identifiées pour pallier cette situation. disponibilité d’informations sanitaires de qualité handicape la prise de décision et la disponibilité des 491. Stratégie de mise en œuvre 4.1.1 : médicaments de qualité est réduite. développement des mécanismes de partage du risque maladie. Les mécanismes de partage du risque 485. Les ressources humaines quant à elles sont maladie permettent de réduire les paiements directs insuffisantes, et leur gestion n’est pas optimale. Enfin, il et le poids des dépenses de santé sur les ménages. Il n’existe pas de dispositif d’assurance qualité. s’agira ici d‘harmoniser le développement des 486. L’objectif stratégique de cet axe est : « mécanismes de prépaiement, pour assurer Accroître les capacités institutionnelles des graduellement la couverture des populations dans tous structures sanitaires, pour un accès durable et les secteurs (formels, informels, indigents, etc.), et équitable des populations aux soins et services de d’élaborer des stratégies de paiements des santé de qualité ». prestations pour améliorer la qualité des soins délivrés. Un accent particulier sera donc mis sur les 487. Plus spécifiquement, il s’agira d’ici 2030 : (i) plans tarifaires des soins et services de santé, qui de réduire d’au moins 30% les paiements directs des seront revus et harmonisés. À cet effet, un cadre ménages à travers une politique de financement institutionnel de gestion du système de partage du équitable et durable ; (ii) d’assurer le développement risque maladie sera mis sur pied, et une stratégie pour harmonieux des infrastructures, des équipements et la la mise en place d’une couverture santé disponibilité des paquets de services et de soins de universelle sera développée. santé, selon les normes, dans au moins 80% des formations sanitaires de 3ème, 4ème, 5 ème et 6 ème 492. Stratégie de mise en œuvre 4.1.2 : catégories ; (iii) d’accroître de 50% la disponibilité et rationalisation et renforcement des mécanismes l’utilisation des médicaments et des autres produits institutionnels du financement de la santé. Le cadre pharmaceutiques de qualité dans tous les districts de institutionnel de financement de la santé sera santé ; (iv) d’augmenter, selon les besoins priorisés, la rationalisé et renforcé. Il s’agira à cet effet, d’évaluer disponibilité des RHS dans au moins 80% des DS, des l’intégralité des régimes de financement existant dans DRSP et des directions centrales ; (v) d’assurer le le secteur de la santé (gratuité, subventions, budget de développement de la recherche en santé et la l’État, financement basé sur les résultats, assurances, disponibilité d’une information sanitaire de qualité, mutuelles de santé, kits obstétricaux, chèque santé, pour une prise de décision basée sur les évidences à etc.). tous les niveaux de la pyramide sanitaire. 493. A cet effet, une étude de référence a été réalisée et a abouti à l’élaboration d’une stratégie
4.10.4.1. Objectif spécifique N° 4.1 : « D’ici 2030, nationale de financement de la santé qui n’est pas réduire d’au moins 30% les paiements encore validée. La mise en œuvre d’une telle stratégie directs des ménages à travers une politique permettra d’assurer un financement équitable et de financement équitable et durable ». durable de la santé pour un accès universel à des 488. Compte tenu de l’importance du mode de soins et services de qualité. Dans cette perspective, les paiement des soins (paiement direct), il sera opportun textes portant sur les responsabilités des structures de développer des stratégies visant à atténuer le techniques en charge de la gestion des fonctions du niveau des dépenses de santé supportées par les financement de la santé (collecte, mise en commun, ménages. Ceci passera notamment par le partage du risque et achat des prestations) seront TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 108 élaborés/actualisés. Il sera également développé un aboutira à une reddition systématique des comptes système de gestion de l’information financière intégrée des structures de santé au niveau déconcentré. (ressources et dépenses) à tous les niveaux de la 499. Stratégie de mise en œuvre 4.1.5: pyramide sanitaire. renforcement de la performance et de l’efficience du 494. Stratégie de mise en œuvre 4.1.3: système de santé. Dans cette stratégie, il faudra renforcement de la mobilisation des ressources renforcer les capacités des acteurs à tous les niveaux, financières. La mobilisation des ressources financières dans l’identification de leurs priorités et la recherche est une fonction clé du financement de la santé. Il permanente du meilleur rapport coût/efficacité des s’agit à ce niveau de mettre en place une plateforme solutions envisagées. de dialogue financier entre le Gouvernement et toutes 500. Le FBR, qui vise l’amélioration de la qualité et les parties prenantes. Cette plateforme servira au de la quantité des soins offerts aux populations, ainsi renforcement du plaidoyer pour : une allocation plus que l’efficience et l’équité du système, est l’une des importante du budget national en faveur de la santé ; stratégies à considérer. Il repose sur des principes tels l’identification des opportunités additionnelles de que : l’autonomie de gestion ; la séparation des financements aux niveaux national (y compris fonctions pour assurer la bonne gouvernance ; la partenariat public-privé) et international. collaboration public-privé. A cet effet, les structures de 495. Cette plateforme devrait faciliter santé seront financées sur la base des contrats l’harmonisation des procédures des partenaires d’objectifs ou de performance. extérieurs et leur alignement aux priorités nationales. Ainsi, les interventions et les financements des 4.10.4.2. Objectif spécifique N° 4. 2 : « D’ici 2030, différents acteurs seront complémentaires sans double assurer le développement harmonieux des emploi, permettant d’identifier et de combler les infrastructures, des équipements et la potentiels gaps de financement. disponibilité des paquets de services et de soins de santé selon les normes dans au 496. Stratégie de mise en œuvre 4.1.4: moins 80% des formations sanitaires de renforcement de l’autonomie de gestion des 3ème, 4ème, 5ème et 6ème catégories ». ressources financières au niveau opérationnel. L’autonomie de gestion des ressources financières est 501. L’accessibilité géographique des structures l’un des objectifs clés permettant aux acteurs du sanitaires est limitée dans certains districts, ce qui système d’améliorer leur performance. Celle-ci se fera réduit l’utilisation des paquets d’offre de service mis graduellement et à terme, garantira une flexibilité en place. Cette situation est aggravée par la qualité dans la prise de décisions, au niveau des structures des plateaux techniques, qui se détériorent au fil du déconcentrées. L’avantage d’une telle mesure est de temps, faute de maintenance et de plans permettre aux acteurs locaux de répondre de façon d’amortissement. prompte et adéquate à leurs besoins contextuels. Il 502. Le district est le niveau opérationnel du s’agit d’allouer au niveau déconcentré des crédits système de santé où la plupart des interventions de adéquats pour la mise en œuvre des activités santé sont mises en œuvre de manière multisectorielle, opérationnelles. avec l’implication de la communauté. Il est donc 497. Pour ce faire, un cadrage budgétaire sera important que les piliers du système de santé soient mis sur pied, afin d’améliorer l’affectation des renforcés à ce niveau. Ce renforcement passera par financements au niveau déconcentré. Il sera également un processus de viabilisation en trois étapes : (i) le important : (i) d’élaborer et de faire adopter des démarrage qui correspond à la mise en place des textes ; (ii) de mettre en place des dispositifs mécanismes permettant la mise en œuvre des activités favorisant l'autonomie de gestion financière des FOSA. (District de santé opérationnel), (ii) la consolidation qui mesure la fonctionnalité de ces mécanismes et (iii) 498. Les gestionnaires des structures sanitaires l’autonomisation qui correspond à la pérennisation de seront formés aux procédures de gestion des cette fonctionnalité sur les plans technique, ressources financières et les structures de dialogue institutionnel et financier. Compte tenu des contraintes (comités de santé et de gestion) davantage impliquées financières, la mise en place des infrastructures et la dans la gestion des structures sanitaires. Ce processus dotation en équipements seront réalisés, en privilégiant les districts à fort potentiel de TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 109 développement et ceux ayant des taux de 507. Par ailleurs, la plupart de FOSA n’ont pas de morbidité/mortalité élevés. plan de développement et leur réhabilitation/extension ou dotation en équipement 503. Quatre stratégies de mise en œuvre ont été n’est pas systématiquement planifiée. Pourtant, la retenues dans le but de remédier aux problèmes identifiés : disponibilité d’un plan de développement ou d’extension d’une FOSA, constitue un indicateur 504. Stratégie de mise en œuvre 4.2.1: important de l’aptitude du système de santé à assurer Renforcement des capacités institutionnelles des de manière prospective la disponibilité d’une FOSA pour une meilleure prise en charge des cas à infrastructure de qualité, capable de répondre aux tous les niveaux du système de santé. Le besoins actuels et futurs des populations. Par renforcement des capacités institutionnelles des FOSA conséquent, chaque gestionnaire de FOSA devra pour une meilleure prise en charge des cas constitue disposer d’un plan de développement de sa structure l’un des préalables majeurs pour une prise en charge comme précédemment évoqué. de qualité. Celui-ci se fera de manière consensuelle. 508. Afin de réaliser des économies d’échelle, Ainsi, seront prioritaires les districts de santé à fort potentiel de développement, ainsi que ceux ayant des l’acquisition de certains équipements mériterait d’être centralisée. Aussi, la prolifération anarchique des faibles performances, mais dont le poids démographique est important (DS situés formations sanitaires observée dans les grandes agglomérations, due à la faible maîtrise de la carte majoritairement dans les régions septentrionales). sanitaire, favorise des doublons dans les 505. Spécifiquement, il s’agira dans cette investissements réalisés. Des arbitrages seront donc stratégie: (i) de renforcer les capacités des faits pour rationaliser l’offre de services et éviter ces prestataires des soins de santé, afin qu’ils soient doublons. capables d’offrir des paquets de services et des soins 509. Aux niveaux central et régional, certains de santé intégrés de qualité ; (ii) d’amener les responsables des FOSA à disposer et à mettre en hôpitaux de catégorie 1,2 et 3 seront organisés en pôles d’excellence, pour une meilleure offre des soins œuvre les plans de développement et d’extension de spécialisés (stratégie de spécialisation/focalisation des leurs structures sanitaires ; et (iii) de renforcer les capacités des responsables des structures sanitaires et structures sanitaires offrant des soins tertiaires). La spécialisation desdites formations sanitaires et les inciter à mettre en place le processus gestionnaire, l’amélioration de leurs plateaux techniques vont à en impliquant bien évidemment toutes les parties prenantes. Pour parvenir à cette fin l’accent sera mis terme réduire le nombre d’évacuations sanitaires. sur l’introduction des contrats de performances 510. L’organisation du Championnat d’Afrique des hospitalière pour favoriser la qualité des soins. Nations (CHAN) en 2021 et de la coupe d’Afrique des Nation (CAN) de football en 2022 sont également des 506. Stratégie de mise en œuvre 4.2.2 : amélioration de l’offre infrastructurelle opportunités pour le renforcement des plateaux techniques des hôpitaux des régions concernées par la (construction/ réhabilitation/ extension des structures de santé selon les normes). De manière couverture sanitaire de cet évènement. générale, de nombreux efforts ont été consentis ces 511. Pour les FOSA qui offrent les soins de santé dernières années par l’Etat pour la construction des primaires (CSI, CMA, HD, et assimilés), le partenariat formations sanitaires. Ces efforts doivent être public-privé, sera renforcé. En effet, l’Etat s’emploiera poursuivis. L’accent sera cependant mis sur : (i) la à encourager les initiatives privées tout en renforçant construction des centres hospitaliers régionaux. En leur régulation. Dans les grandes agglomérations effet, l’offre en infrastructures et en équipements sera (Douala, Yaoundé), où l’offre de soins est enrichie par la construction et l’équipement de huit surabondante, des économies en ressources humaines, Centres Hospitaliers Régionaux, ainsi qu’à la financières et infrastructurelles seront réalisées par la réhabilitation des hôpitaux généraux et du Centre fermeture des structures sanitaires publiques qui ne Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY); (ii) la sont pas viables. Ces économies seront ensuite requalification les Hôpitaux régionaux à la lumière réutilisées soit en subventions des structures privées, des centres hospitaliers régionaux ; et (iii) soit en investissements dans les endroits non prisés par l’achèvement des chantiers abandonnés. le sous-secteur privé (subsidiarité). TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 110 512. Les structures de santé privées qui ne sont pas selon les disponibilités budgétaires. Par ailleurs, il sera viables seront également fermées. Un contrôle des mis en place un dispositif opérationnel de agréments octroyés aux formations sanitaires du sous- maintenance, permettant de garantir le secteur privé sera organisé dans la perspective fonctionnement optimal et durable desdits d’assainir la carte sanitaire. Le renouvellement des équipements (exemple contrat avec deux techniciens agréments octroyés aux formations sanitaires privées polyvalents par district, pour assurer la maintenance tiendra compte à la fois des plateaux techniques, mais préventive et curative des équipements). surtout de la valeur ajoutée que la structure apporte 515. Stratégie de mise en œuvre 4.2.4 : dans l’offre de services et soins de santé de qualité. renforcement de l’action communautaire et dotation 513. Par ailleurs, un plan de développement des du niveau communautaire en intrants selon les infrastructures sanitaires sera élaboré. Celui-ci normes et les priorités (offre des services et soins de précisera les choix d’investissement par région et par santé communautaire). Le système de santé est niveau de la pyramide sanitaire, en adéquation avec fortement orienté vers le modèle hospitalier, avec une la carte sanitaire et les spécificités de chaque région. forte orientation vers la prestation des soins curatifs. Un programme architectural et technique pour la Ce qui laisse très peu de places aux actions de réhabilitation/construction/extension des services de promotion, de prévention, de réhabilitation et de prise santé à tous les niveaux, assorti des dossiers en charge communautaire des cas. techniques de réalisation conformes aux normes sera 516. Pour pallier cette insuffisance, il faudra :(i) élaboré et des ressources pour sa mise en œuvre définir des paquets de services et des soins de santé seront mobilisées. Plus spécifiquement, il s’agira : (i) communautaire, conformément au guide national d’actualiser les normes en infrastructures pour les d’intégration des interventions sous directives structures de santé par niveau ; (ii) d’élaborer et de communautaires ; (ii) doter les DS en intrants requis suivre la mise en œuvre du plan national de selon les priorités établies. développement des infrastructures sanitaires ; (iii) d’élaborer les dossiers techniques pour la 517. Stratégie de mise en œuvre 4.2.5 : mise en réhabilitation/construction des services de santé selon place d’un système d’assurance qualité des soins et les normes préétablies ; (iv) de réaliser des études services de santé. Les normes de soins et services de architecturales et technico-financières, des santé seront définies par niveau et par catégorie de infrastructures hospitalières ; (v) d’actualiser la FOSA. Ces normes serviront de base pour l’évaluation cartographie des structures sanitaires ; (vi) de de la qualité des services et soins offerts, et pour construire/réhabiliter et équiper les bâtiments l’accréditation des structures de santé. Des mécanismes administratifs, écoles de formations des personnels de de suivi et d’évaluation périodiques des performances santé et autres infrastructures ; (vii) de suivre la des structures de santé, y compris l’évaluation de leur réalisation des projets d’investissement. productivité seront également mis en place pour encourager l’excellence. 514. Stratégie de mise en œuvre 4.2.3 : renforcement de l’équipement des services de santé 518. Stratégie de mise en œuvre 4.2.6 : selon les normes. Les normes en équipement seront amélioration de la disponibilité des paquets de actualisées en tenant compte de la description des services et de soins de qualité dans les formations postes de travail et des besoins essentiels. En outre, il sanitaires à tous les niveaux : développement des s’agira : (i) de prioriser d’abord les besoins en districts de santé et des pôles d’excellence. La équipements par niveau de la pyramide sanitaire et viabilité des DS est un préalable à la fourniture des par catégorie de structures sanitaires, (ii) ensuite, de paquets de services et des soins de qualité au niveau mettre en place un système harmonisé d’acquisition périphérique du système de santé. C’est la raison pour des technologies sanitaires pour toutes les catégories laquelle, il sera important d’évaluer le niveau de de formations sanitaires (mise en œuvre de la développement des DS, en mettant l’emphase sur leurs politique de technologie sanitaire) et enfin (iii) de capacités opérationnelles. doter les structures de santé en équipements selon les 519. Le développement des DS de santé besoins priorisés (équipements hospitaliers, matériel constituera donc une des priorités majeurs de cette informatique; mobiliers de bureau et autres matériels stratégie ;conformément à l’orientation stratégique techniques spécifiques à la fonction médicale, etc.) et validée par les acteurs et qui met l’accent à la fois sur TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 111 les SSP (PMA et d’un PCA) et les soins spécialisés difficile, du fait de l’absence d’un système prioritaires, il sera question pour le niveau central et d’information et de gestion logistique. régional d’apporter un appui institutionnel nécessaire 523. Quatre stratégies de mise en œuvre ont été au développement des Districts afin de les amener identifiées pour résoudre les problèmes sus cités : vers l’autonomie (3e phase de la viabilisation) conformément aux directives et orientations du cadre 524. Stratégie de mise en œuvre 4.3.1: conceptuel du DS au Cameroun. Les soins ainsi offertes renforcement des mécanismes de régulation du seront globaux, équitables et continus et devront être secteur pharmaceutique, de la biologie médicale et en adéquation parfaite avec les attentes des usagers de la transfusion sanguine. La mise en œuvre de des services de santé. cette stratégie comprendra des actions relatives : (i) au renforcement des capacités managériales des 520. Pour la réalisation d’une telle ambition et gestionnaires à tous les niveaux (planification, pour améliorer la disponibilité de l’offre de services et supervision, coordination, suivi-évaluation, soins de santé, (i) le partenariat avec le sous-secteur audits/contrôles et recherche opérationnelle sur les privé et les associations communautaires sera thématiques du médicament et de la transfusion renforcé ; (ii)les niveaux central et régional sanguine), (ii) à l’élaboration/actualisation des textes apporteront l’appui institutionnel nécessaire au réglementaires, relatifs au médicament et à la développement des DS. Cet appui sera graduellement pharmacie, en les arrimant aux principes des nouvelles octroyé, en tenant compte à la fois de la cartographie réformes, dont la couverture santé universelle des DS, de leur niveau actuel de développement, et constituera une des priorités. La réalisation des surtout des ressources disponibles ; (iii) la célérité dans activités susmentionnées nécessite la mise en place d’un l’acquisition des intrants nécessaires à la dispensation système d’information et de gestion logistique, ainsi des soins promotionnels, préventifs et curatifs sera que la mise en œuvre effective du Plan Directeur renforcée. Les soins spécialisés prioritaires seront Pharmaceutique National actualisé. offerts dans les pôles d’excellence définis au préalable. 525. Une réforme de l’ANRP et de la coordination des activités de transfusion sanguine sera entreprise 521. Stratégie de mise en œuvre 4.2.7 : pour plus d’efficacité. Une telle réforme permettra Renforcement du système de référence et de contre d’évoluer vers la mise en place d’une agence référence. Le développement d’un système de autonome de règlementation pharmaceutique. La mise référence et de contre-référence nécessite la à disposition de ressources humaines, financières, redéfinition ou la mise à jour des missions des matérielles et logistiques adéquates, à tous les formations sanitaires par catégorie ; la production et niveaux, permettra à cette ANRP d’assurer au mieux l’utilisation des outils y afférents ; et la mise en place sa fonction de régulation du secteur pharmaceutique. de la logistique et des procédures de transfert des De manière plus spécifique, il importe d’améliorer la patients. Il s’agira d’assurer la continuité des soins à disponibilité des pharmaciens et techniciens en tous les niveaux de pyramide sanitaire. pharmacie dans les FOSA.
4.10.4.3. Objectif spécifique N° 4.3 : « D’ici 2030, 526. Stratégie de mise en œuvre 4.3.2: accroître de 50% la disponibilité et renforcement des mécanismes d’assurance qualité l’utilisation des médicaments et des autres et de la disponibilité des médicaments et autres produits pharmaceutiques de qualité dans produits pharmaceutiques. La disponibilité des tous les districts de santé » médicaments et autres produits pharmaceutiques surs et de qualité est loin d’être assurée. De même, le sang 522. Le fonctionnement du SYNAME, et des et ses dérivés sont rares. Pour y remédier, cette structures en charge de l’assurance qualité et de la stratégie mettra l’accent sur : le renforcement du pharmacovigilance n’est pas optimal. De même, processus de gestion des médicaments (estimation des l’assurance qualité des actes de biologie médicale et besoins, rythme des commandes, circuits d'achat et celle de la sécurité transfusionnelle sont insuffisantes. d’approvisionnement), l’intégration des données du Par ailleurs, on déplore à la fois le trafic illicite et la médicament dans le SNIS pour améliorer le suivi et circulation de faux médicaments et réactifs de l’augmentation des ressources financières allouées aux laboratoires. En plus, la gestion des stocks est rendue médicaments, afin que les stocks soient conformes aux TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 112 besoins. La présente stratégie veillera également à la médicaments et des procédures de pharmacovigilance mise en place des structures spécialisées de transfusion seront mises à jour et vulgarisées. La liste nationale sanguine, y compris au niveau régional, tout en des médicaments essentiels sera aussi actualisée développant un réseau de donneurs bénévoles non périodiquement. rémunérés, un dispositif de qualification opérationnel 531. La prescription et l’utilisation desdits et un système de distribution performant. médicaments essentiels, sous leur forme générique, 527. Afin de garantir la qualité des médicaments sera privilégiée. Des supports conséquents seront à leur admission, le processus de sélection des élaborés et vulgarisés, y compris le formulaire fournisseurs sera renforcé en mettant un accent sur les national. Les professionnels de la santé seront critères de sélection desdits fournisseurs d’une part, et sensibilisés et formés à la prescription sous DCI sur la qualité et la pré-qualification des médicaments (dénomination commune internationale) et au respect à acquérir d’autre part. Au vu du danger que des protocoles thérapeutiques nationaux (guide représentent le trafic illicite et la vente de faux national de diagnostic et de traitement). Dans la vision médicaments et autres produits pharmaceutiques pour de l’accès universel aux soins de santé, la prescription la santé des populations, les structures de contrôle et le remboursement des médicaments sous leur forme telles que l’Inspection Générale des Services générique seront encouragés. La promotion des Pharmaceutiques, et le LANACOME seront renforcées médicaments et autres produits pharmaceutiques sera sur les plans technique, matériel, logistique et davantage régulée. Par ailleurs, le contrôle de la financier, pour une mise en œuvre optimale de leurs qualité des médicaments génériques sera missions. particulièrement renforcé, pour plus de crédibilité auprès des prescripteurs et des bénéficiaires. Afin de 528. Par ailleurs, la lutte contre les médicaments favoriser une utilisation rationnelle des médicaments, illicites, les produits illicites et faux va continuer en s’intensifiant grâce à une meilleure collaboration des les capacités des prescripteurs et les connaissances des populations seront renforcées, prioritairement dans les acteurs tels que les forces de maintien de l’ordre, la districts de santé ruraux où les risques d’amnésie des douane et la justice. Le Programme National Multisectoriel de Lutte contre les faux médicaments et savoirs sont plus élevés. Il sera également mis sur pied une politique de développement et de promotion des le trafic illicite des produits pharmaceutiques, en voie industries pharmaceutiques locales (valorisation du de création, facilitera cette approche multisectorielle et pluridisciplinaire, et permettra d’obtenir de patrimoine thérapeutique national). Enfin, des mesures seront prises pour réduire le coût des médicaments et meilleurs résultats. Pour l’instant, un comité faciliter ainsi leur accès aux populations. multisectoriel de lutte contre les faux médicaments et le trafic illicite des produits pharmaceutiques a été 532. Stratégie de mise en œuvre 4.3.4: mise en mise en place en 2020 pour fédérer les efforts de place des mécanismes de financement pérenne en tous les acteurs de lutte au niveau national. Les matière de médicaments. Des mécanismes seront mis opportunités de lutte contre les faux médicaments et le en place pour réduire la dépendance aux FINEX et trafic illicite des produits pharmaceutiques seront assurer la pérennité des approvisionnements réguliers mutualisés au niveau sous régional (Nigéria inclus), afin en produits pharmaceutiques. En outre, des mesures de sécuriser le médicament mis à la disposition des seront prises pour une meilleure gestion des dons en populations. médicaments, en vue de les aligner sur les priorités nationales et de les intégrer dans le circuit du 529. Le système national de pharmacovigilance sera renforcé à travers la sensibilisation et la SYNAME. formation des acteurs, l‘opérationnalisation du système 533. Des actions visant le développement des de notification, d’imputabilité/causalité et de prise de industries pharmaceutiques locales doivent être décision. envisagées si l’on veut atteindre l’autosuffisance 530. Stratégie de mise en œuvre 4.3.3: nationale en médicaments et en consommables médicaux. A cet effet, il faudrait mettre en place des promotion de l’usage rationnel des médicaments de actions qui visent à renforcer les mécanismes de lutte qualité. L’usage rationnel des médicaments constitue un véritable défi pour le secteur santé. Afin de le contre la contrefaçon, le trafic illicite des médicaments et réactifs de laboratoires ; mettre en place, de relever, des directives d'utilisation rationnelle des manière ciblée et en liaison avec les CTD (Communes TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 113 et Régions), un dispositif de distribution des 539. Par la suite, un plan d’allocation des effectifs médicaments essentiels aux populations les plus requis à tous les niveaux de la pyramide et de suivi vulnérables des zones défavorisées ; mettre en œuvre des performances des RHS sera élaboré. L’une des un plan de structuration du sous-secteur de la priorités dans le recrutement des RHS sera de médecine traditionnel ; valoriser les résultats de la renforcer la disponibilité des prestataires polyvalents recherche et le patrimoine thérapeutique national au capables de fournir des soins, promotionnels, sein de l’industrie pharmaceutique. préventifs et curatifs au niveau opérationnel, 534. Il faudrait également que soit mis en place un particulièrement dans les districts qui en ont le plus besoin (Districts des zones rurales). Dans la même cadre de soutien formel et organisé qui aura pour optique, il sera question d’encourager les partenariats objectif d’apporter des réponses concrètes aux problèmes majeurs rencontrés par les fabricants et la collaboration entre acteurs des sous-secteurs public et privé, et de tirer parti de chacune de leurs locaux des produits pharmaceutiques. contributions. Par ailleurs, l’application effective des
4.10.4.4. Objectif spécifique No 4.4 : « D’ici 2030, dispositions du cadre organique de 2013, permettra augmenter selon les besoins priorisés la de corriger l’inadéquation entre les profils et les disponibilité des RHS dans au moins 80% postes de travail dans les services administratifs. des DS, des DRSP et des directions 540. En outre, des audits seront menés dans les centrales » écoles de formation professionnelle des RHS, sous la 535. À la faveur des orientations contenues dans le supervision du MINSANTE/MINESUP/MINEFOP. Ils DSCE et de la libéralisation de la formation aboutiront à l’harmonisation des curricula et au universitaire, des efforts sont fournis par les pouvoirs renforcement de la qualité de l’offre de formation. publics pour la provision des ressources humaines en 541. Il s’agira aussi de renforcer les capacités des quantité et en qualité dans les structures sanitaires. prestataires de services et soins de santé Malgré ces efforts, celles-ci restent insuffisantes surtout communautaire, et celles des RHS des autres dans les zones rurales ou difficiles d’accès. La gestion administrations du secteur offrant des services de de ces personnels est peu rationnelle et peu optimale, promotion de santé. Aussi, un plan pluriannuel de ce qui explique leur manque de motivation. formation continu sera élaboré et devra prendre 536. Deux stratégies ont été identifiées pour compte les besoins en formation de toutes les RHS du remédier à cette situation et pour implémenter les secteur santé. nouvelles orientations édictées par la SND30. 542. Stratégie de mise en œuvre 4.4.2 : 537. Stratégie de mise en œuvre 4.4.1 : dotation amélioration de la gestion rationnelle des progressive des structures de santé en ressources ressources humaines. L’amélioration de la gestion humaines selon les normes (qualité et quantité). La prévisionnelle et rationnelle des ressources humaines dotation selon les normes des structures sanitaires en est un autre impératif pour l’atteinte des objectifs de RHS est une condition sine qua non pour l’atteinte des la SSS. Cette stratégie vise à : (i) renforcer les objectifs de la SSS. À cet effet, cette stratégie vise à mécanismes de motivation et de fidélisation des actualiser les normes élaborées en 2011 (voir PDRH), ressources humaines au poste de travail, (ii) améliorer afin d’y inclure, lors de son actualisation, les nouveaux les conditions de travail et (iii) renforcer les profils des personnels (préposés de morgue, aides- mécanismes incitatifs de la performance, soignants, option santé communautaire, etc.). particulièrement, pour les ressources humaines affectées dans les zones rurales (plans de carrière 538. Un état des lieux sur les besoins en RHS sera assuré, promotions, primes, construction de logements effectué, de manière périodique au cours de la mise d’astreinte, etc.) ; (iv) tenir compte de la nécessité de en œuvre de la SSS. Une emphase sera mise sur la l’adéquation entre les profils et les postes de disponibilité ou non des profils suivants : sages- responsabilités conformément au cadre organique de femmes/maïeuticiens, spécialistes prioritaires (voir la santé. tableau en annexe 1). Dans cette perspective, une attention particulière sera accordée pour l’obtention 543. Par ailleurs, la déconcentration et la des informations sur les RHS du secteur privé, ainsi que décentralisation de la gestion du personnel seront celles des administrations partenaires. progressivement renforcées pour plus d’efficacité. En TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 114 ce sens, conformément aux missions qui leur sont recherche. De plus, les capacités des acteurs, (surtout dévolues, les CTD (Régions et communes) seront ceux du niveau opérationnel), seront renforcées. Sur un appelées à jouer un rôle primordial pour la résolution autre plan, les activités de recherche seront des problèmes RHS au niveau local. prioritairement axées sur les piliers du système de 544. Enfin, la collaboration intersectorielle santé et les plantes médicinales, pour le renforcement de la production locale des médicaments. permettra de mieux identifier les besoins en ressources humaines des administrations partenaires, qui mettent 549. Stratégie de mise en œuvre 4.5.3 : en œuvre des interventions de prévention et de amélioration de l’utilisation des données sanitaires promotion de la santé. pour la prise de décision à tous les niveaux. La prise des décisions s’appuiera sur les données probantes de
4.10.4.5. Objectif spécifique N°4.5 : « D’ici 2030, qualité issues des documents produits par le SNIS à assurer le développement de la recherche tous les niveaux. À cet effet, la production régulière en santé et la disponibilité d’une des annuaires statistiques, des « policy brief » et des information sanitaire de qualité pour une rapports annuels sur la situation sanitaire ainsi que leur prise de décision basée sur les évidences à diffusion sera assurée. tous les niveaux de la pyramide sanitaire. » 545. L’information sanitaire de qualité est utile pour la prise de décision. Il s’agira ici : de renforcer le système national intégré d’information sanitaire, d’améliorer l’utilisation des données sanitaires de qualité et, de développer la recherche opérationnelle en santé. Pour ce faire, trois stratégies seront mises en œuvre : 546. Stratégie de mise en œuvre 4.5.1 : renforcement du système national d’informations sanitaires. Le renforcement du SNIS reposera entre autres sur l’amélioration de son cadre institutionnel et sur la mise en œuvre du plan stratégique de la santé numérique. Il sera également important d’assurer la maintenance de la banque de données ainsi que son accessibilité permanente aux acteurs du secteur. Il s’appuiera également sur un système intégré de gestion des données sanitaires. Il sera question de poursuivre les efforts d’harmonisation des outils de collecte des données et de bâtir un consensus sur le nombre optimal d’indicateurs à renseigner pour un suivi efficace de la SSS. 547. Enfin, l’informatisation du SNIS, l’uniformisation des outils de collecte des données et le renforcement des systèmes de sécurisation et d'assurance qualité des données, constitueront des priorités à cet effet. 548. Stratégie de mise en œuvre 4.5.2 : renforcement de la recherche en santé. Le renforcement de la recherche en santé passera par l’amélioration des capacités institutionnelles dans les domaines suivants : financement, régulation, coordination et vulgarisation des produits de la TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 115 Tableau 25 : Cadre logique du Renforcement du Système de Santé Objectif global de la stratégie « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable ». Problème central de la Faible développement des piliers du système de santé composante Objectif stratégique Accroître les capacités institutionnelles des structures sanitaires pour un accès durable et équitable des populations aux soins et services de santé Indicateur traceur Nombre de professionnels de santé (médecins, infirmiers et sages-femmes/maïeuticiens) pour 1000 habitants Indice Global de disponibilité des soins et services de santé Objectifs spécifiques Indicateurs Valeur Cibles Sources de Actuelle Source 2018 2020 2025 203 vérification 0 % des dépenses publiques de santé dans le 5,5% Loi de finance 2015 5,9% 6,6% 8,4% 10,1 Loi de finance budget de l’État % % des dépenses de santé supportées par les 70,6% INS Comptes 65% 60% 50% 40% Comptes Nationaux D’ici 2030, réduire d’au moins 30% ménages Nationaux de la de la Santé les paiements directs des ménages Santé 2012 à travers une politique de financement équitable et durable % de districts de santé sous contrat de 13,6% Évaluation FBR 70% 100 100 100 Rapport Financement Basé sur les Résultats % % % Performance PAISS % de la population couverte par un 3% EDS-MICS 2011 5% 20% 30% 50% EDS-MICS mécanisme de partage du risque maladie D’ici 2030, assurer le Proportion de la population résidant dans un 80,6% ECAM 3 (2007) 85% 90% 95% 100 ECAM, MICS, SNIS, développement harmonieux des rayon de moins de 5 km d’une formation % SARA infrastructures, des équipements et sanitaire (CSI, CMA et HD) la disponibilité des paquets de Proportion des CSI/CMA publics délivrant le ND Rapports d’activités Egal à80% à échéance Rapports d’activités services et de soins de santé selon PMA contextualisé DOSTS DOSTS les normes dans au moins 80% des Proportion des hôpitaux de district délivrant ND Rapports d’activités Egal à 80% à échéance Rapports annuels formations sanitaires de 3ème, 4ème, le PCA contextualisé DOSTS d’activités DOSTS 5ème et 6ème catégories Proportion des DS dont le développement ND Rapports d’activités 25% 35% 65% 80% Rapports annuels est consolidé DOSTS d’activités DOSTS D’ici 2030, accroitre de 50% la % d’établissements de santé sans rupture de 6% Analyse 50% 60% 70% 80% Audits secteur disponibilité et l’utilisation des stock d’au moins un médicament traceur situationnelle pharma médicaments et des autres produits Secteur pharma. SNIS, SARA TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 116 Objectif global de la stratégie « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et durable ». Problème central de la Faible développement des piliers du système de santé composante Objectif stratégique Accroître les capacités institutionnelles des structures sanitaires pour un accès durable et équitable des populations aux soins et services de santé Indicateur traceur Nombre de professionnels de santé (médecins, infirmiers et sages-femmes/maïeuticiens) pour 1000 habitants Indice Global de disponibilité des soins et services de santé Objectifs spécifiques Indicateurs Valeur Cibles Sources de Actuelle Source 2018 2020 2025 203 vérification 0 pharmaceutiques de qualité dans 2008 tous les districts de santé Nombre moyen de jours de rupture des 6jours Rapport MINSANTE 4jrs 2jrs 1 jr 0 jr Rapports d’activités stocks en médicaments essentiels traceur par 2015 DPML trimestre dans les structures sanitaires Proportion des besoins satisfaits en matière 12 % OMS 40% 60% 70% 80% RAP du PNTS, SARA de transfusion sanguine OMS D’ici 2030, augmenter selon les % des structures sanitaires dotées d’au moins 40% Données 45% 50% 55% 60% Rapports annuels besoins priorisés la disponibilité des 50% de ressources humaines selon les administratives mise en œuvre RHS dans au moins 80% des DS, normes (FDR 2013) PDRH, des DRSP et des directions centrales Recensement RHS D’ici 2030, assurer le Taux de complétude des RMA 0% SNIS 50% 60% 70% 80% Rapports annuels développement de la recherche en de la CIS santé et la disponibilité d’une Proportion des résultats de recherches ayant ND DROS 10% 30% 40% 60% Rapports annuels information sanitaire de qualité fait l'objet d'une restitution de la DROS pour une prise de décision basée sur les évidences à tous les niveaux de la pyramide sanitaire Proportion des résultats de recherches ayant ND DROS 10% 20% 30% 40% Rapports annuels fait l'objet d'une prise de décision de la DROS TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 117
4.10.5.1. Objectif spécifique N° 5.1 : « D’ici 2030,
4.10.5. Axe stratégique gouvernance et pilotage améliorer la gouvernance dans le secteur à stratégique du système de santé travers le renforcement de la normalisation, 550. Rappel du diagnostic : la gouvernance et le de la régulation et de la redevabilité ». pilotage stratégique insuffisants font partie des 556. Stratégie de mise en œuvre 5.1.1 : principaux goulots d’étranglement dans le système de renforcement du cadre législatif et règlementaire du santé. En ce qui concerne la gouvernance, elle est secteur. Le renforcement du cadre législatif et caractérisée par les insuffisances relevées au niveau : règlementaire du secteur nécessitera la mise en place du cadre législatif et règlementaire ; de la des réformes, la révision de certains textes existants transparence et redevabilité ; de la participation des et/ou l'élaboration de nouveaux textes adaptés à bénéficiaires au processus gestionnaire et des l’environnement du secteur. Lesdites réformes capacités des responsables à implémenter le processus concerneront les thématiques suivantes : (i) financement gestionnaire. de la santé avec le développement de la couverture 551. Pour ce qui est du pilotage stratégique, il est santé universelle ; (ii) réactualisation de la réforme caractérisé par : un dispositif institutionnel pas hospitalière ;(iii) renforcement de l’autorité nationale dimensionné à la hauteur des performances attendues de réglementation pharmaceutique ; (iii) viabilisation ; un fonctionnement encore à parfaire de la chaine des DS ; (iv) gestion des ressources humaines ; (v) « planification, programmation, budgétisation et suivi- gouvernance et pilotage stratégique. évaluation » dans le secteur ; une faiblesse de la 557. Le cadre juridique sera revu, dans la veille stratégique ; une lenteur du processus de perspective de combler les vides juridiques et déconcentration/décentralisation et une gestion non- d’actualiser les textes obsolètes existant, en vue optimale du partenariat national et international. d’encadrer la mise en œuvre des interventions de 552. L’axe stratégique gouvernance et pilotage santé. Il sera également question d’élaborer et de stratégique vise à : « Disposer d’un système de santé diffuser les manuels de procédures opérationnelles de axé sur la performance sous un leadership santé, et d’élaborer des cahiers de charge pour tous responsable et proactif du MINSANTE, avec la les postes de travail. Cela facilitera le suivi et participation active de toutes les parties prenantes ». l’application des sanctions aux prestataires du secteur. 553. Une bonne gouvernance recherche en 558. Pour compléter ce dispositif, un système permanence l’efficacité, l’efficience, la pertinence, la d’assurance qualité des prestations des soins et viabilité financière et l’excellence à tous les niveaux services de santé, dans les FOSA, sera mis en place et de responsabilité. Elle veille également à ce que les permettra à terme de les accréditer. En plus, il sera politiques, la vision, les stratégies, et le cadre juridique question d’instituer une charte du malade indiquant les et institutionnel adoptés favorisent l’équité, l’accès aux droits et les devoirs du patient au sein des FOSA. soins et les droits des patients. Dans cette perspective, 559. Stratégie de mise en œuvre 5.1.2 : les dirigeants définissent des orientations claires et amélioration de la transparence et de la tirent parti du potentiel de toutes les parties prenantes redevabilité. L’amélioration de la transparence et de et des ressources disponibles à tous les niveaux de la la redevabilité passera par la promotion des principes pyramide sanitaire. Le MINSANTE qui assure le fondamentaux suivants : leadership devra surveiller et orienter l’élaboration et 560. La Subsidiarité, qui consiste à répartir le la mise en œuvre des actions de santé. leadership entre les différents niveaux d'une 554. L’objectif stratégique poursuit par cet axe est organisation, en garantissant la prise de décision au « Améliorer la performance du système de santé à niveau le plus bas possible de la chaîne hiérarchique. tous les niveaux ». 561. La Participation, qui implique la présence 555. Plus spécifiquement, il s’agira d’ici 2030 de : d’acteurs autres que l’État, dans la gouvernance du (i) améliorer la gouvernance dans le secteur à travers secteur de la santé à différents niveaux de la le renforcement de la normalisation, de la régulation pyramide sanitaire et dans tous les processus, depuis et de la redevabilité ; (ii) renforcer la planification, la la formulation des politiques jusqu’à leur évaluation. supervision, la coordination, ainsi que la veille 562. L’Imputabilité, qui est le corollaire de la stratégique et sanitaire à tous les niveaux de la responsabilité et qui consiste à tenir chacun pour pyramide sanitaire. responsable de ses actes et performances. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 118 563. La Transparence : Dans cette stratégie de responsables de structures sanitaires. A terme, les mise en œuvre, il s’agit de développer les mécanismes gestionnaires des structures de santé seront capables d’expression libre des bénéficiaires (ligne verte d’implémenter efficacement le processus gestionnaire. téléphonique, boite à suggestions) et d’instaurer des 568. Stratégie de mise en œuvre 5.1.5 : mesures incitatives, pour les suggestions pertinentes Renforcement du lien logique entre la planification dans le but d’améliorer la gestion des ressources. Par stratégique, la planification opérationnelle, la ailleurs, une gestion participative sera promue à tous budgétisation et le suivi-évaluation. les niveaux de la pyramide, afin de renforcer la transparence dans la gestion administrative et 569. L’élaboration des PTA dans les structures de financière des structures sanitaires. santé permettra d’opérationnaliser la stratégie sectorielle et le PNDS. A ce titre, pour doter les 564. La Redevabilité : La culture de reddition des structures de cet important document de travail (PTA), comptes à tous les niveaux de la pyramide sanitaire il sera important d’organiser des ateliers de sera développée. Elle permet au plus grand nombre planification à tous les niveaux de la pyramide d’acteurs d’avoir accès à l’information sur la gestion sanitaire. Ceci implique une forte collaboration entre technique et financière des structures sanitaires et à la structure en charge de la planification stratégique s'exprimer librement, à travers les réunions des du secteur de la santé et celle en charge de la structures de dialogue, les conseils d’administration des planification opérationnelle au MINSANTE. Ainsi, il FOSA de catégorie 1, 2, 3, et enfin à travers les sera possible de garantir une meilleure cohérence réunions de coordination de routine ou entre les orientations stratégiques, le cadre multisectorielles. stratégique des performances des programmes 565. Il s’agira aussi de renforcer les missions (CDMT) et les plans de travail annuel des structures du d’audit et de contrôle à tous les niveaux de la niveau central et du niveau opérationnel. A moyen et pyramide sanitaire. Ces contrôles et audits seront long terme, cela permettra d’accroître l’efficacité et menés dans le domaine des prestations de services l’efficience du système de santé. (audit technique) et dans la gestion financière et 570. On renforcera donc les capacités des administrative. responsables des structures sanitaires en planification 566. Stratégie de mise en œuvre 5.1.3 : stratégique et opérationnelle, et en suivi des tableaux renforcement de la participation des bénéficiaires et de bord. Ainsi, les structures en charge de la des acteurs de mise en œuvre dans le processus planification stratégique du secteur et la planification gestionnaire. L’implication des bénéficiaires et des opérationnelle du MINSANTE interviendront prestataires des services et soins de santé au processus conjointement avec celle en charge des informations gestionnaire (la planification, l’organisation, la mise en sanitaires. Il sera question pour elles d’accompagner œuvre, et le contrôle) est un préalable important pour les structures du niveau central et déconcentrées dans l’appropriation des actions de santé et l’amélioration l’élaboration de leurs plans de développement des performances dans le secteur. Aussi, il s’agira, au sanitaire, de leurs plans de travail annuels et de leurs cours des prochaines années de (i) créer des rapports annuels de performance. dynamiques communautaires, pour renforcer la 571. Afin d’assurer une gestion efficiente des participation des structures de dialogue à la cogestion ressources du secteur, il est impératif de renforcer le des FOSA ; (ii) faire participer les bénéficiaires et les lien logique entre les différentes opérations de acteurs de mise en œuvre des interventions de santé à planification stratégique, la planification la planification et au suivi des actions de santé. opérationnelle, de programmation, de budgétisation 567. Stratégie de mise en œuvre 5.1.4 : et de suivi (comité PPBS). renforcement des capacités managériales des 572. Sur tout un autre plan, la structure en charge responsables et gestionnaires des structures de du Secrétariat Sectoriel dédié au secteur santé devra santé. Le renforcement des capacités managériales rendre systématique l’élaboration et le suivi de la mise des responsables et gestionnaires des structures de en œuvre des plans opérationnels budgétisés dans santé facilitera la mise en œuvre appropriée de la toutes les administrations du secteur santé. Ainsi, les SSS. A cet effet, des formations continues en structures en charge de la planification dans les management et leadership seront organisées pour les ministères partenaires devront travailler en étroite TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 119 collaboration dans le but d’assurer la cohérence et les doublons d’interventions qui nuisent à l’efficience du l’ancrage des budgets prévus dans lesdits plans, avec système. celui de la stratégie sectorielle de santé et du PNDS. 577. Dans la perspective d’évaluer les progrès 573. Il faudra aussi veiller à développer un réalisés vers la couverture sanitaire universelle, il système d’information et de suivi de l’exécution faudra renforcer le SNIS pour qu’il puisse fournir des budgétaire de l’ensemble des interventions mises en données de couvertures de qualité par district et par œuvre dans le sous- secteur public en matière de région. santé. 578. Il faudra aussi (i) renforcer le fonctionnement 574. Stratégie de mise en œuvre 5.1.6 : des structures de coordination à tous les niveaux amélioration des conditions de travail et (comités de pilotage multisectoriel), réduire leur Informatisation du processus gestionnaire. Afin nombre aux niveaux central et régional, dans la d’optimiser la performance des structures sanitaires, il perspective de réaliser des économies d’échelle et sera nécessaire d’améliorer les conditions de travail améliorer la cohérence globale du système. Un appui des prestataires de soins et services de santé. Il substantiel sera octroyé aux structures du niveau s’agira entre autres de : (i) renforcer le parc opérationnel pour : (i) l’organisation logistique, des automobile ; (ii) construire des logements d’astreinte activités de supervision et des réunions de en privilégiant les DS des zones rurales ; (iii) doter les coordination, et (ii) le suivi de la mise en œuvre de la structures en équipements techniques, d’exploitation et SSS. en logistique. Assurer l’autonomie de fonctionnement 579. Stratégie de mise en œuvre 5.2.1 : desdites structures à travers des systèmes renforcement du cadre institutionnel de pilotage d’approvisionnement en eau et en électricité, et stratégique. Pour une meilleure coordination dans la connexion internet autonomes. Lesdites dotations seront mise en œuvre des interventions de la SSS, il est effectuées en tenant compte des besoins d’équité indispensable de renforcer le cadre institutionnel de entre les structures. Cette stratégie vise aussi pilotage stratégique. Ainsi, il sera nécessaire de créer l’automatisation des procédures de gestion un comité de coordination et de suivi de la MEO de la administratives et le renforcement du dispositif SSS au niveau régional. Présidé par le gouverneur, ce informatique dans les structures sanitaires. comité sera élargi aux sous-comités multisectoriels existants.
4.10.5.2. Objectif spécifique No 5.2 : « D’ici 2030, renforcer la planification, la supervision, la 580. Par ailleurs, il conviendra de mettre en place, coordination, ainsi que la veille stratégique conformément aux prescriptions du guide de et sanitaire à tous les niveaux de la planification au Cameroun, un comité technique de pyramide sanitaire ». suivi qui facilitera l’implémentation des décisions prises 575. Au regard de la pluralité des intervenants par le COPIL. Ce comité validera également les dans le secteur et de l’exigence de l’atteinte de documents techniques préparés par le ST/CP-SSS, l’objectif global, qui est de contribuer au avant leur soumission au COPIL. Le ST/CP-SSS quant à développement d’un capital humain sain, productif et lui, assurera la coordination technique et capable de porter une croissance forte, inclusive et opérationnelle de la MEO de la SSS. durable, la planification stratégique et la coordination 581. L’actualisation des textes régissant les du secteur permettront de d’assurer une plus grande différents cadres de pilotage à tous les niveaux de la cohérence des interventions et d’accroître le niveau de pyramide est un préalable à la bonne mise en œuvre réalisation des objectifs de la SSS. de la SSS. Pour mener à bien leurs missions (voir cadre 576. De manière opérationnelle, il faudra (i) se de MEO et de S&E de la SSS), ces instances de doter d’outils de pilotage et de suivi actualisés et coordination bénéficieront d’un appui financier et efficaces, capables de fournir des informations logistique approprié. pertinentes et d’aider à la prise des décisions ; 582. Stratégie de mise en œuvre 5.2.2 : (ii)renforcer les mécanismes de coordination et de renforcement du dispositif de veille stratégique. La collaboration intersectorielle à tous les niveaux en veille stratégique est indispensable pour le évitant (1) l’enchevêtrement des compétences, et (2) développement de l’intelligence collective, la prospection et la planification stratégique. Ces TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 120 fonctions permettent au système de santé de renforcer obligations contractuelles des parties, soient clairement sa résilience face aux changements de l’environnement définies. Dans cette perspective, l’élaboration interne et externe. Dans cette stratégie, il s'agira de participative et l’adoption par le Gouvernement de la faire fonctionner de manière optimale les structures de stratégie partenariale du secteur santé, qui fixe le pilotage du secteur (Observatoire National de la cadre de collaboration entre l’ensemble des acteurs Santé Publique, Secrétariat Technique du comité de de la santé, constitue une avancée certaine. Il s'agira pilotage, CIS etc.), afin qu'elles remplissent les dans les années à venir de : (i) créer un environnement principales missions de veille stratégique qui sont : la juridique et institutionnel approprié à l’expression du définition du périmètre ou des champs de veille partenariat et des relations contractuelles ; (ii) réviser stratégique ; le développement d’une banque de le cadre juridique de la Stratégie Partenariale et données issues de sources internes et externes au renforcer les capacités des acteurs pour la promotion secteur santé ; la collecte et l’analyse des données et le suivi de l’approche contractuelle ; (iii) favoriser pour la production et la diffusion des informations à les mécanismes de négociation des conventions avec caractère stratégique, et enfin la dissémination de les sociétés privées pour la mobilisation des l’information produite. financements additionnels et capter leurs participations 583. Stratégie de mise en œuvre 5.2.3 : dans la mise en œuvre de la stratégie sectorielle de santé ; (iv) renforcer la pérennité de l’offre de soins renforcement de la déconcentration et de la du sous-secteur privé non lucratif par la mise en place décentralisation. La décentralisation, consiste en un transfert par l’État, aux CTD, des compétences de l’approche contractuelle avec l’État, à travers : la densification du dialogue entre les responsables du particulières et de moyens appropriéscclxix. Comme MINSANTE et les responsables des formations axe fondamental de promotion du développement, de la démocratie et de la bonne gouvernance au niveau sanitaires du sous-secteur privé confessionnel, et la mise en œuvre des conventions-cadres sur la base des local, elle obéit aux principes de subsidiarité, de engagements pris de commun accord. progressivité et de complémentarité. Dans le cadre de sa mise en œuvre, la Circulaire N°001/CAB/PM du 586. Stratégie de mise en œuvre 5.2.5 : 11 janvier 2008, relative à la prise en compte de la amélioration de l’alignement et de l’harmonisation décentralisation dans les stratégies sectorielles prescrit des interventions des PTFs. Dans un contexte où les entre autres ; (i) de former les personnels des services ressources se font rares, alors que les besoins et les centraux et déconcentrés, en vue de la maitrise des défis sont de plus en plus nombreux, il est impératif problématiques de la décentralisation et de la pour le secteur santé d’assurer une gestion cohérente déconcentration ; et (ii) de renforcer l’implication des et efficiente des ressources. Il faudra s'arrimer aux CTD dans la gestion des structures sanitaires à chaque principes de la Déclaration de Paris. Il est question niveau. pour toutes les parties prenantes du secteur de mettre en œuvre la SSS 2016- 2030, d’élaborer la SSS 584. Dans cette perspective, il sera nécessaire de mettre en œuvre, de manière diligente, la loi 2016- 2030, les différents PNDS subséquents, et pour chaque structure sanitaire son plan pluriannuel et son N°2019/024 du 24 Décembre 2019 portant Code général des CTD. Cette loi précise le cadre juridique PTA. Ces derniers doivent être en parfaite cohérence avec les différents PNDS. Quant aux PTFs, ils doivent général de la décentralisation territoriale ; le statut contribuer à la mise en œuvre de la stratégie des élus locaux ; les règles d’organisation et de fonctionnement des Collectivités Territoriales ; le élaborée et s’aligner aux procédures nationales de gestion des ressources financières (alignement). L’Etat régime financier des Collectivités Territoriales. et ses partenaires seront conjointement responsables 585. Stratégie de mise en œuvre 5.2.4 : de la réalisation des objectifs fixés (redevabilité renforcement du partenariat national. La construction mutuelle). d’un système national de santé efficace, qui offre des chances équitables d’accès aux soins et aux services 587. Enfin, un pacte/compact national autour de la de santé à l’ensemble de la population, suppose le mise en œuvre de la stratégie sectorielle de santé développement d’un partenariat entre les différents sera développé et mis en œuvre, pour assurer une intervenants. Au préalable, cela nécessite que les meilleure cohérence et coordination des interventions. interactions et interrelations, existant entre ces différents intervenants ainsi que les rôles, fonctions et TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 121 Tableau 26: Cadre logique Gouvernance et Pilotage stratégique du système de santé OBJECTIF GLOBAL DE LA « Contribuer au développement d’un capital humain sain, productif et capable de porter une croissance forte, inclusive et STRATÉGIE durable ». AXE STRATEGIQUE PILOTAGE ET GOUVERNANCE PROBLEME CENTRAL Faibles performances du système de santé OBJECTIF STRATÉGIQUE Améliorer la performance du système de santé à tous les niveaux - Taux de réalisation des objectifs de la SSS INDICATEURS TRACEURS - Productivité des DS Sources de Cibles Valeur vérifications Objectifs spécifiques Indicateurs traceurs Source Actuelle 201 2020 2025 2030 8 Stratégie Rapport d’audits des nationale de DS Indice de perception de la 7,56/1 lutte contre la Rapport d’évaluation 7% 6% 5% 4% corruption dans le secteur santé 0 corruption des pratiques D’ici 2030, améliorer la 2010-2015 professionnelles gouvernance dans le secteur à travers le renforcement de % de structures sanitaires Rapport 10 3% 15% 20% 25 % RAP-MINSANTE la normalisation, de la inspectées MINSANTE % régulation et de la % des ménages victimes de ECAM 3 24 26% 22% 19% 15% ECAM 3 redevabilité corruption dans le secteur % Proportion d’hôpitaux de 4ème, 5ème et 6ème catégorie qui prennent Rapport d’audit ND Augmentation à échéance de 30% en charge selon les normes les cas externe d’HTA et de diabète reçus D’ici 2030, renforcer la planification, la supervision, Rapport des % des résolutions des instances de la coordination, ainsi que la 70% réunions de 80 PV des réunions de coordination mises en œuvre au 85% 90% 95% veille stratégique et sanitaire coordination % coordination niveau central à tous les niveaux de la 2015 pyramide sanitaire. TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 122 haut impact pour la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, et à (ii) l’implémentation de la CSU.
4.11. PRIORISATION DES OBJECTIFS DE LA SSS 593. Toutefois, la mise en œuvre du Plan 2016-2030 d’Urgence Triennal et le renforcement des piliers du 588. Le secteur santé est subdivisé en 5 système de santé dans les districts de santé se font composantes à savoir : la promotion de la santé, la progressivement en fonction de leur niveau de prévention de la maladie, la prise en charge des cas, développement. Plus concrètement, il était question le renforcement du système de santé ainsi que la de : (i) construire et équiper des Centres Hospitaliers gouvernance et le pilotage stratégique. En principe, la Régionaux ; (ii) réhabiliter les hôpitaux généraux et le mise en œuvre des différentes interventions retenues Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé dans chacune de ces composantes devrait à terme (CHUY) ; (iv) évaluer les districts de santé et de les permettre d’atteindre l’objectif assigné au secteur qui classer selon leur potentiel de développement ; (v) est de « de disposer d’un capital humain sain, sélectionner prioritairement les districts de santé ayant productif et capable de porter une croissance forte, un fort potentiel de développement (districts inclusive et durable ». Cependant, la contrainte de la prioritaires) ; (v) renforcer non seulement le dispositif disponibilité des ressources impose une priorisation des juridique et institutionnel, mais aussi les capacités 19 objectifs retenus dans cette stratégie. Les critères managériales des responsables des districts de santé de priorisation utilisés sont les suivants : (C1) la pour qu’ils soient à même d’apporter un appui cohérence de l’objectif spécifique avec les orientations technique efficace aux formations sanitaires de leur du secteur ; (C2) les capacités des acteurs à réaliser districts de santé ; (vi) renforcer le système national l’objectif spécifique en fonction des Forces, Faiblesses, d’information sanitaire et la recherche opérationnelle Opportunités et Menaces du système ; (C3) le niveau en santé ; (vii) assurer la disponibilité du PMA et du de contribution de l’objectif spécifique à l’atteinte de PCA dans les districts de santé. l’objectif global ; (C4) l’horizon temporel d’atteinte de 594. Toutefois, les interventions retenues dans le l’objectif spécifique ; (C5) le coût opérationnel de la premier cycle qui n’ont pas été implémentées seront mise en œuvre de l’objectif spécifique. reconduite dans le second cycle. 589. Le choix des priorités pour l’horizon 2016- 595. Deuxième cycle de planification 2021-2025 2020, a tenu à la fois compte des scores attribués à (PNDS 2). Pendant ce cycle, l’accent sera mis sur : (i) chaque critère (voir Tableau 22 ci-dessous), et des la consolidation des acquis de la mise en œuvre du orientations stratégiques du secteur de la santé (voir PNDS1 (PNDS 2016-2020) ; (ii) la poursuite des document « Choix Stratégiques du Secteur de la activités visant le renforcement des piliers du système Santé »). de santé (construction/réhabilitation et équipement des structures sanitaires, dotation en ressources
4.11.1. Priorités pour le cycle de planification humaines de qualité ; etc.). 2016-2020 (PNDS 1) 596. Il sera aussi question au cours de ce cycle de : 590. Pour ce qui est du premier quinquennat de la (i) renforcer l’offre des soins spécialisés ; (ii) renforcer mise en œuvre de la SSS 2016-2030, (cycle de la mobilisation des ressources financières pour la santé planification 2016-2020), le renforcement des piliers en vue de poursuivre de manière efficace du système de santé et l’amélioration de la l’implémentation de la CSU ; (iii) renforcer la mise en gouvernance dans le secteur ont été retenus comme œuvre des autres interventions non priorisés dans le des préalables pour l’atteinte des résultats projetés PNDS 2016-2020. dans la SSS, et demeurent par conséquent les priorités de ce cycle de planification. 597. Troisième cycle de planification 2026-2030 (PNDS 3). Ce cycle sera consacré au renforcement de 591. S’agissant des infrastructures, outre la mise en la mise en œuvre des autres interventions non priorisés œuvre du Plan d’Urgence Triennal, le développement dans les deux premier PNDS et à la consolidation des des DS constituera un axe d’intervention majeur de ce acquis issus de leur mise en œuvre. cycle et se fera progressivement en fonction de leur niveau de viabilité. 592. Enfin, une attention particulière sera accordée : (i) à la mise en œuvre des interventions à TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 123 Tableau 27 : Priorisation des objectifs de la SSS 2016-2030 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 D’ici 2030, assurer le - Renforcement du système national - Consolidation des acquis du premier développement de la recherche d’informations sanitaires cycle en santé et la disponibilité d’une -Renforcement de la recherche en santé OS- information sanitaire de qualité -Amélioration de l’utilisation de 10 6 10 9 10 45 4.5 pour une prise de décision basée l’information sanitaire de qualité pour la sur les évidences à tous les prise de décision niveaux de la pyramide sanitaire. - Mise à disposition de l’expertise - Consolidation des acquis du premier technique et transfert des compétences aux cycle administrations du secteur santé pour une - Mise à disposition de l’expertise mise en œuvre efficace des actions de technique et transfert de compétences promotion de la santé aux CTD et aux organisations à base D’ici 2030, renforcer les - Transfert de compétences aux acteurs communautaire, (Structures de capacités institutionnelles, la communautaires pour une appropriation dialogue, Organisations de la Société OS- coordination et la participation des interventions de santé Civile, Organisations Non 1.1 9 8 9 9 9 44 de la communauté dans le - Amélioration de la coordination gouvernementales) dans le domaine domaine de la promotion de la multisectorielle des interventions de de la promotion de la santé santé dans 80% des DS promotion de la santé - Actualisation des curricula de - Amélioration de l’offre de services de formation pour une meilleure prise en promotion de la santé répondant aux compte de l’approche socio besoins de l’individu dans sa globalité environnementale dans les - Renforcement du cadre juridique pour une programmes d’enseignements meilleure participation communautaire -Renforcement du cadre institutionnel de - Consolidation des acquis du premier D’ici 2030, renforcer la pilotage stratégique cycle planification, la supervision, la - Renforcement du partenariat national - Renforcement de la déconcentration OS- coordination, ainsi que la veille 10 7 9 9 9 44 - Renforcement du dispositif de Veille et la décentralisation 5.2 stratégique et sanitaire à tous les stratégique niveaux de la pyramide - Amélioration de l’alignement et de sanitaire l’harmonisation des interventions des PTFs TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 124 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 - Renforcement des mécanismes de - Consolidation des acquis du premier régulation du secteur pharmaceutique, de cycle D’ici 2030, accroitre de 50% la la biologie médicale et de la transfusion - Renforcement de la production disponibilité et l’utilisation des sanguine locale des médicaments OS- médicaments et des autres - Renforcement des mécanismes - Mise en place de mécanismes de 10 8 9 9 7 43 4.3 produits pharmaceutiques de d’assurance qualité et de la disponibilité financement pérenne en matière de qualité dans tous les districts de des médicaments et autres produits médicaments santé pharmaceutiques - Promotion de l’usage rationnel des médicaments de qualité - Renforcement du cadre législatif et - Consolidation des acquis du premier règlementaire du secteur cycle - Amélioration de la transparence et la - Renforcement de la participation redevabilité des bénéficiaires et des acteurs de mise en œuvre dans le processus gestionnaire D’ici 2030, améliorer la - Renforcement des capacités gouvernance dans le secteur à managériales des responsables et OS- travers le renforcement de la 10 5 10 8 10 43 gestionnaires des structures dans le 5.1 normalisation, de la régulation et secteur santé de la redevabilité - Renforcement du lien logique entre la planification stratégique, la formulation, l’allocation, et le suivi de l’exécution du budget -Amélioration des conditions de travail et Informatisation du processus gestionnaire D’ici 2030, réduire dans au - Renforcement du système de surveillance - Consolidation des acquis du premier moins 90% des districts, les épidémiologique cycle OS- risques de survenue des - Amélioration de la prévention des - Amélioration de la prévention des 10 8 8 8 7 41 2.2 évènements de santé publique maladies évitables par la vaccination autres MAPE non prises en compte par majeurs et des maladies à - Renforcement de la préparation et de la le PEV potentiel épidémique y compris riposte face aux épidémies et aux TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 125 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 les zoonoses évènements majeurs de santé publique - Renforcement des capacités -- Consolidation des acquis du institutionnelles (FOSA) et communautaires premier cycle dans le domaine de la SRMNEA - Amélioration de l’accès aux services - Amélioration de l’accessibilité financière de prévention de la transmission D’ici 2030, assurer une prise en et culturelle aux soins et aux services de verticale du VIH et de l’hépatite virale charge globale des problèmes SRMNEA en ciblant prioritairement les B de la mère à l'enfant (mise à de santé de la mère, du OS- populations les plus vulnérables et les l’échelle de la PTME dans l’ensemble nouveau-né, de l’enfant et de 10 8 10 7 6 41 3.2 districts les plus défavorisés des FOSA fonctionnelles) l’adolescent selon les normes - Amélioration de la Prise en charge - Renforcer les capacités du personnel dans au moins 80% des intégrée des maladies de l’enfant (PCIME soignant structures sanitaires clinique et communautaire) - Renforcement de la communication - Amélioration de l’offre de soins SRMNEA intégrée à tous les niveaux pour une de qualité mobilisation citoyenne autour des cibles SRMNEA - Amélioration de l’offre infrastructurelle - Consolidation des acquis du premier D’ici 2030, assurer le (construction/réhabilitation/extension des cycle développement harmonieux des structures de santé selon les normes) - Renforcement de l’action infrastructures, des équipements - Renforcement de l’équipement des communautaire et dotation du niveau et la disponibilité des paquets services de santé selon les normes communautaire en intrants selon les OS- de services et de soins de santé 10 9 6 9 7 41 - Amélioration de la disponibilité des normes et les priorités 4.2 selon les normes dans au moins paquets de services et de soins de qualité - Mise en place d’un système 80% des formations sanitaires dans les formations sanitaires à tous les d’assurance qualité des soins et de 3ème, 4ème, 5ème et 6ème niveaux : développement des districts de services de santé catégories santé et des pôles d’excellence - Renforcement du système de référence et contre référence D’ici 2030, réduire d’au moins - Renforcement de la coordination et de - Consolidation des acquis du premier 30% l’incidence/prévalence des l’intégration des interventions de prévention cycle OS- principales maladies des maladies transmissibles 10 8 9 6 7 40 2.1 transmissibles (VIH, paludisme et - Amélioration de la prévention du tuberculose) et éliminer certaines VIH/SIDA, de la tuberculose, des IST et MTN (filariose lymphatique et hépatites virales prioritairement pour les TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 126 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 THA) groupes les plus vulnérables - Renforcement de la prévention du Paludisme - Renforcement de la prévention des MTN et des autres maladies transmissibles - Promotion de bonnes habitudes - Consolidation des acquis du premier D’ici 2030, développer des alimentaires et nutritionnelles cycle actions de promotion dans au - Lutte contre le tabagisme, l’abus d’alcool - Renforcement de la communication OS- moins 80% des DS afin de 10 7 9 6 7 39 et la consommation des substances illicites intégrée pour le développement(C4D) 1.3 renforcer les aptitudes - Renforcement de la pratique des et marketing social favorables à la santé des Activités Physiques et Sportives individus et des communautés - Renforcement de la sécurité routière - Renforcement des capacités - Consolidation des acquis du premier institutionnelles des DS centré sur le cycle développement des FOSA pour la prise en - Amélioration de la qualité des soins charge des cas à tous les niveaux du et des services de santé dans les D’ici 2030, assurer une prise en système de santé FOSA dans leurs 8 dimensions charge curative selon les normes -Amélioration du diagnostic et de la prise - Amélioration du diagnostic et de la OS- des maladies transmissibles et en charge curative des cas de VIH/SIDA, prise en charge des cas de paludisme 10 8 9 8 4 39 3.1 non-transmissibles, ainsi que leurs de la TB, des IST et des Hépatites virales et des principales causes de fièvre complications dans au moins - Amélioration du diagnostic et de la prise (Dengue, Typhoïde, Grippe…) 80% des formations sanitaires en charge des cas de Maladies Non - Amélioration du diagnostic et de la Transmissibles prise en charge des cas de Maladies - Amélioration de la gestion intégrée de Tropicales Négligées prise en charge des cas à tous les niveaux de la pyramide sanitaire D’ici 2030, assurer la prise en - Renforcement de la coordination --Consolidation des acquis du premier charge des urgences médico- multisectorielle dans la prise en charge des cycle chirurgicales, des catastrophes et urgences OS- des crises humanitaires, selon les 10 8 9 8 4 39 - Renforcement du processus de gestion 3.3 procédures opératoires prévisionnelle des ressources standards (POS) dans au moins - Renforcement du diagnostic et de la prise 80% des districts de santé en charge curative des cas d’urgences et TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 127 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 des évènements de santé publique D’ici 2030, augmenter selon les - Dotation des structures de santé en -Consolidation des acquis du premier besoins priorisés la disponibilité ressources humaines selon les normes cycle OS- des RHS dans au moins 80% des 10 7 9 7 6 39 (qualité et quantité) 4.4 DS, des DRSP et des directions - Amélioration de la gestion rationnelle centrales des ressources humaines - Développement des mécanismes de -Consolidation des acquis du premier partage du risque maladie cycle - Rationalisation et renforcement des -Renforcement de l’autonomie de mécanismes institutionnels du financement gestion des ressources financières au D’ici 2030, réduire d’au moins de la santé niveau opérationnel 30% les paiements directs des OS- - Renforcement de la mobilisation des ménages à travers une politique 10 4 10 7 7 38 4.1 ressources financières de financement équitable et - Renforcement de l’autonomie de gestion durable des ressources financières au niveau opérationnel -Renforcement de la performance et de l’efficience du système de santé -Consolidation des acquis du premier Ŕ Amélioration de l’offre de services de PF cycle - Renforcement des autres pratiques D’ici 2030, amener 75% des familiales essentielles favorables à la santé - Amélioration des politiques OS- familles à adopter les pratiques publiques en faveur de la PF 8 7 7 6 7 35 1.4 familiales essentielles notamment la planification familiale - Amélioration de la demande des services de PF - Renforcement du suivi et de la coordination des interventions de PF D’ici 2030, accroitre d’au moins - Extension de la PTME/eTME avec l’option -Consolidation des acquis du premier OS- 80% la couverture des B+ cycle 9 6 6 6 7 34 2.3 interventions de prévention à - Extension de la prévention de la haut impact pour les cibles transmission verticale de l’hépatite B de la TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 128 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 mère, nouveau-né et enfants PTME et de la TME de l’Hépatite B dans au moins 80% de DS - Promotion des interventions permettant - Consolidation des acquis du premier de réduire les facteurs de risque cycle modifiables de maladies non transmissibles -Renforcement de la coordination et : tabagisme, mauvaise alimentation, de l’intégration des interventions de sédentarité et usage nocif de l’alcool prévention des MNT - Sensibilisation de la population sur la -Promotion de la recherche pour problématique des maladies non réduire l’incidence des MNT transmissibles et incitation à leur prévention - Amélioration de la prévention des - Renforcement de la prévention de la affections bucco-dentaires, des D’ici 2030, réduire d’au moins Drépanocytose et autres maladies troubles visuels et auditifs OS- 10% la prévalence des génétiques et dégénératives - Renforcement de la prévention des 10 6 7 4 5 32 2.4 principales maladies non- maladies mentales, épilepsies et transmissibles (diabètes et HTA) autres affections neurologiques -Renforcement de la prévention du Diabète, de l’HTA, des autres maladies cardiovasculaires et des maladies rénales - Renforcement de la prévention du cancer, de l’asthme et des autres affections respiratoires chroniques - Renforcement de la prévention des maladies rares - Amélioration de l’hygiène du milieu (Eau, - Consolider les acquis du premier hygiène, et assainissement) cycle - Promotion de l’urbanisation structurée des - Renforcement des actions de D’ici 2030, améliorer le cadre villes et aménagement des bidonvilles prévention contre la pollution des OS- de vie des populations dans au 10 5 9 3 3 30 sols, de l’eau et de l’air 1.2 moins 70% des districts de santé - Développement de bonnes pratiques de résilience et de gestion des risques et catastrophes liés au changement climatique TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 6- CADRE LOGIQUE … 129 Stratégies de mise en œuvre prioritaires Stratégies de mise en œuvre OS Objectifs spécifiques C1 C2 C3 C4 C5 TOTAL pour le cycle 2016-2020 prioritaires pour le cycle 2021-2025 - Mise en place d’une politique intégrée et -Consolider les acquis du premier coordonnée de la gestion du handicap y cycle D’ici 2030, réduire d’au moins compris le handicap mental OS- 20% la proportion de la 7 4 7 3 3 24 - Décentralisation des interventions de prise 3.4 population présentant au moins en charge du handicap un handicap corrigible 130 QUATRIEME PARTIE : CADRE DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI-EVALUATION 131 CHAPITRE 7 : DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE ET DE SUIVI- EVALUATION _________________________________________________ 598. Cette section présente le cadre institutionnel interministériel mis en place par le Premier Ministre. et organisationnel du secteur de la santé, les acteurs Bien que l‘atteinte des objectifs de la SSS dépende et leurs rôles, les modalités de mise en œuvre et de des synergies des actions des autres départements suivi évaluation ainsi que les conditions requises pour ministériels, le MSP reste l’institution responsable de la une mise en œuvre réussie de la SSS 2020-2030. mise en œuvre de la politique de santé. Au-delà de cette responsabilité, il est en effet nécessaire que le leadership du pilotage et du S/E de la SSS soit assuré
5.1. CADRE INSTITUTIONNEL ET par le MSP pour plus d’efficacité et de cohérence ORGANISATIONNEL DE MISE EN ŒUVRE avec ses attributions et son champ de compétences. ET DE SUIVI- ÉVALUATION DE LA SSS 604. Par ailleurs pour donner plus de chances à l’exécution des décisions prises par le comité de 599. La Stratégie Sectorielle de Santé 2016-2030 pilotage de la SSS, le profil des membres dudit comité sera mise en œuvre dans un environnement juridique doit être relevé. En effet, les engagements pris par nouveau en matière de finances publiques, caractérisé des décideurs de haut niveau sont susceptibles d’être par l’entrée en vigueur de la loi n° 2007/006 du 26 plus facilement exécutés par les responsables des décembre 2007 portant régime financier de l'État. structures des services déconcentrés. Cette loi consacre le concept de budget programme comme cadre d'élaboration, de présentation, 605. Un Arrêté du Premier Ministre précisera donc d'exécution et de contrôle du budget de l'État. le profil des membres de toutes les instances de coordination, leurs missions, attributions et modes de 600. Le suivi de la mise en œuvre de la Stratégie fonctionnement. Ce Comité de Pilotage et de suivi de Sectorielle Santé sera réalisé à tous les niveaux de la la mise en œuvre de la SSS sera assisté par un Comité pyramide sanitaire. Durant la période de validité de Technique de suivi et un Secrétariat Technique. Ce cette SSS, des plans de développement sanitaire et comité veillera à la synergie des activités, concourant opérationnels seront élaborés par toutes les structures au développement de la santé, exécutées par les sanitaires et leurs objectifs seront respectivement différents ministères impliqués dans la MEO des alignés sur ceux des différents PNDS élaborés (PNDS actions dans ce secteur. 2016-2020 et PNDS 2021-2025, PNDS 2025-2030). 606. Le Comité Technique de suivi : Il sera 601. Par ailleurs, les différents plans de S/E responsable de la coordination stratégique des élaborés par les structures sanitaires seront toujours interventions menées dans le secteur. A ce titre, il sera alignés sur le Plan Intégré de Suivi Evaluation (PISE) en chargé de l’animation, de la coordination vigueur. multisectorielle des interventions et de la validation technique des documents de planification et des
5.1.1. Organes et structures de mise en œuvre et rapports de performances élaborés par le Secrétariat de suivi-évaluation Technique avant leur transmission au Comité de 602. La mise en œuvre et le suivi-évaluation de la Pilotage. Il s’occupera essentiellement des aspects SSS seront assurés à tous les niveaux de la pyramide transversaux aux différents départements ministériels sanitaire. et permettra de lever facilement les goulots techniques, identifiés par le ST/CP-SSS, et qui
5.1.1.1. Niveau central pourraient empêcher l’atteinte des résultats projetés dans la SSS. Le Comité Technique de Suivi (CTS) sera 603. Le Comité de Pilotage du Secteur Santé : Le présidé par le Secrétaire Général du Ministère de la Comité de Pilotage du Secteur Santé : le pilotage et santé publique. Il devrait comprendre entre autres le suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SSS au membres (i) les responsables en charge de la niveau central seront assurés par un comité planification des différents ministères partenaires du QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 132 MINSANTE, (ii) les dix (10) DRSP, (iii) le représentant mesure que l’intégration des programmes sera du Directeur Général de l’Institut National de la réalisée. Statistique, (iv) les représentants des PTF, et (v) le Coordonnateur du Secrétariat Technique du comité de 5.1.1.2. Niveaux intermédiaires et opérationnel pilotage. 610. Afin de faciliter la mobilisation 607. Le Secrétariat Technique du comité de multisectorielle des acteurs autour des objectifs de la pilotage : En tant que Secrétariat Sectoriel dédié à la SSS et pour plus de cohérence et d’efficience, le stratégie du secteur santé, cette structure aura entre comité de coordination et de suivi de la mise en œuvre autres pour missions : (i) la coordination opérationnelle de la SSS au niveau déconcentré sera présidé par le et le suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SSS à Gouverneur de la région représentant du Ministre de travers la supervision et, l’organisation des revues la Santé Publique. Le Délégué régional de la santé thématiques ou sectorielles ;(ii) le renforcement de publique quant à lui assurera la fonction de Secrétaire l’approche sectorielle et de la mise en place d’un Technique dudit comité. compact ; (iii) la confection des outils pour l’élaboration des PTA et des plans pluriannuels des 611. Les Délégations Régionales de la Santé structures sanitaires du niveau déconcentré et du Publique (DRSP) élaboreront des Plans Régionaux niveau central; (iv) l’appui technique aux DRSP et aux Consolidés de Développement Sanitaire (PRCDS) avec DS pour l’élaboration de leurs plans de travail l’appui du Comité technique de suivi et du Secrétariat multisectoriels annuels ou pluriannuels et des plans de Sectoriel dédié à la stratégie du secteur santé (ST/CP- suivi-évaluation correspondants ; (v) des suggestions SSS). Elles accompagneront les Districts de Santé dans de mesures correctrices pour les éventuelles faibles l’élaboration de leurs Plans de Développement performances observées (vi) la participation à la Sanitaire des Districts de santé (PDSD), de leurs PTA et conception des outils de collecte, d’analyse et de de leurs plans de suivi-évaluation. Ces plans seront diffusion des données en étroite collaboration avec la élaborés avec toutes les parties prenantes du District Cellule des Informations Sanitaires (CIS); (vii) la retro- de Santé (y compris les collectivités territoriales information aux acteurs du secteur pour ce qui décentralisées) puis consolidés au niveau de la DRSP. concerne les performances réalisées ; (viii) le suivi du cadre de performance du PNDS 2016-2020 au 612. Toutes les structures de coordination et de MINSANTE et dans les administrations partenaires ; pilotage des niveaux central et déconcentré veilleront (ix) l’évaluation à mi-parcours et finale de la mise en à ce que les Organisations et Associations de la œuvre de la SSS ; (x) l’élaboration d’une nouvelle société civile, les acteurs du secteur privé et les PTF SSS ; (xi) l’appui stratégique et logistique au soient impliqués dans les activités de planification et fonctionnement des groupes thématiques et des sous- de suivi de la mise en œuvre de leur plan. Ceci comités multisectoriels existant dans le secteur ; et (xii) permettra une prise de décision concertée sur la rédaction des comptes rendus de réunions l’ensemble des questions de santé. 608. Le Secrétariat Sectoriel dédié à la stratégie 613. Dans le cadre de la mise en œuvre et du du secteur santé s’assurera également de l’alignement suivi-évaluation de la SSS, des textes réglementaires stratégique des différents documents seront révisés ou élaborés en vue de garantir programmatiques produits (Document de revue des l’effectivité de l’approche sectorielle, la transparence programmes, CDMT, budget programme, PTA, Feuille et la participation de tous les acteurs du de Route du MINSANTE, etc.) avec la SSS, puis développement sanitaire. proposera des ajustements éventuels pour une bonne synergie des interventions dans le secteur. 5.1.2. Les acteurs majeurs et leur rôle 609. Pour plus d’efficacité, d’efficience et de 5.1.2.1. Rôle du Gouvernement cohérence, Secrétariat Sectoriel dédié à la stratégie du secteur santé sera élargi aux autres sous-comités 614. Le Gouvernement est responsable de la multisectoriels existants dans le secteur auxquels il réalisation des objectifs de la présente stratégie pourra recourir en cas de besoin. Le nombre de ces sectorielle. Il valide, adopte et assure sa mise en sous-comités sera progressivement réduit au fur et à œuvre sous le leadership du MINSANTE qui en est le maître d’œuvre. Pour la MEO de la SSS, ledit QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 133 Gouvernement doit mobiliser les financements internes stratégiques. Dans l’esprit de la Déclaration de Paris, et externes annuels nécessaires. ils doivent fournir des indications sur leurs futures contributions au secteur, sur une base pluriannuelle 615. Le MINSANTE assure la gestion des ressources pour une meilleure prévisibilité des actions à mener. mises à sa disposition pour l’atteinte des objectifs de la SSS en liaison avec le MINEPAT, le MINFI, les 621. Le secteur privé, dans le cadre de la ministères partenaires prestataires des services et soins responsabilité sociale des entreprises, sera impliqué et de santé, les bureaux locaux des Agences d’aide au viendra en appui aux structures gouvernementales développement et les autres parties prenantes. Dans dans la mise en œuvre de la SSS. Il interviendra aussi son rôle de régulateur et de leader dans le secteur, il directement dans l’offre des services et soins de santé, coordonnera toutes les interventions de santé. par le biais de la contractualisation. 616. Le Ministre de la Santé Publique tiendra le 622. Les Collectivités Territoriales Décentralisées, Gouvernement informé de l’évolution de la mise en avec l’appui des structures déconcentrées de l’État et œuvre de la SSS, à travers le Rapport Annuel de en collaboration avec les autres acteurs, travailleront Performance du Comité de Pilotage. au niveau opérationnel pour l'élaboration et la mise en œuvre des Plans de Développement Sanitaire des
5.1.2.2. Rôle des autres acteurs du système de Districts. santé 617. Les autres acteurs du système de santé sont 5.2. OUTILS DE MISE EN ŒUVRE ET MODALITÉS des organisations ou des individus ayant pour objectif DE SUIVI-ÉVALUATION principal l’amélioration de la santé des populations. Parmi ces acteurs, on retrouve entre autres : les 623. La SSS sera mise en œuvre à travers trois populations bénéficiaires des interventions de santé, (03) outils majeurs à savoir : (1) le Plan National de les organisations de la société civile, les organisations Développement Sanitaire (PNDS), (2) les plans professionnelles, les professionnels du secteur de la pluriannuels et (3) les Plans de Travail Annuels (PTA) santé, les structures de santé (publiques, privées à buts élaborés à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. lucratif et non lucratif) et les PTF.
5.2.1. Outils de mise en œuvre de la SSS 618. Les structures techniques du niveau central, les DRSP et les Districts de Santé joueront un rôle clé dans 624. PNDS : La SSS sera opérationnalisée à la mobilisation de toutes les parties prenantes et des travers 3 PNDS successifs qui seront des documents de ressources pour la mise en œuvre et le suivi des plans référence pour la planification à tous les niveaux du élaborés. Ils veilleront également à l’ancrage et à la système de santé, et pour le plaidoyer et la cohérence des plans élaborés avec la SSS et le PNDS. mobilisation des fonds. Ces documents déclineront les objectifs à atteindre, les activités prioritaires et les 619. La multiplicité des déterminants de la santé résultats attendus à court et à moyen termes. exige une approche multisectorielle dans la résolution des problèmes de santé. Dans cette perspective, les 625. Plans pluriannuels et Plans de Travail ministères partenaires interviendront dans la mise en Annuels (PTA) : Sur la base de son plan d’action œuvre des activités permettant l’atteinte des résultats pluriannuel découlant du PNDS, chaque structure projetés dans la SSS conformément à l’approche élaborera son PTA de manière participative. Les PTA « one health ». Les Organisations de la Société Civile, des Districts seront consolidés au niveau régional. Le quant à elles, participeront au renforcement des budget des différents PTA sera pris en compte dans le capacités des communautés et au contrôle social. Budget programme de chaque administration. Ce dernier sera confectionné en tenant compte des 620. Les PTF, les représentations des Initiatives besoins exprimés dans les différents PTA et des mondiales de santé, les OSC et les ONG apporteront dispositions prévues par le régime financier de l’Etat un appui technique et financier à l’élaboration et à la en vigueur. mise en œuvre des plans. Ils accompagneront les efforts du Gouvernement dans le développement du secteur santé conformément à ses orientations QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 134
5.2.2. Suivi-évaluation de la mise en œuvre 5.2.3.1. L’évaluation de la SSS 626. Le suivi-évaluation sera assuré au moyen d’un 632. L’évaluation de la SSS sera réalisée à travers cadre des résultats stratégique présentant de façon les 3 modalités suivantes : la surveillance de la mise en mesurable les buts et les objectifs à atteindre. œuvre des interventions, les évaluations périodiques et finale.
5.2.3. Modalités de suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SSS 5.2.3.2. Surveillance de la mise en œuvre des interventions 627. Plusieurs modalités de travail seront utilisées pour le S/E de la mise en œuvre de la SSS, à savoir : 633. La surveillance de la mise en œuvre des les revues sectorielles et thématiques, les supervisions, interventions se fera tous les 6 mois et permettra le monitorage, les réunions de coordination et celles du d’apprécier les tendances des performances réalisées comité de pilotage. pour ajuster au besoin les stratégies /interventions a) Revues sectorielles et thématiques planifiées. Pendant cette surveillance, Les évaluations internes seront réalisées sur la base : (i) des rapports 628. Des revues (semestrielles et annuelles) seront d’exécution des plans à tous les niveaux de la organisées pour servir de cadre de réflexion critique pyramide sanitaire (niveau central, régional et afin de veiller à l’efficacité de la mise en œuvre de la opérationnel ; (ii) des rapports de supervision SSS. périodique de chaque niveau de la pyramide sanitaire ; (iii) des audits techniques financiers et b) Supervision, monitorage, réunions de coordination et comptables. du comité de pilotage
5.2.3.3. Évaluations périodiques 629. La supervision des acteurs de mise en œuvre des plans de travail élaborés s’effectuera en 634. Après 60 mois de mise en œuvre de la SSS, cascade : le niveau central supervisera les acteurs des une évaluation quinquennale sera réalisée pour délégations régionales de santé, qui eux superviseront apprécier le niveau d’atteinte des indicateurs d’impact les équipes cadres de district (ECD). Ces dernières et réajuster les stratégies si besoin est. A cet effet, superviseront à leur tour les prestataires des FOSA deux évaluations quinquennales sont prévues. Elles dans les aires de santé. devraient avoir lieu respectivement en 2020 et en 2025. Le monitorage sera décentralisé et se fera au niveau des AS sous la supervision des ECD avec l’appui du
5.2.3.4. Évaluation finale niveau régional. 635. L’évaluation finale sera faite en 2030, à 630. Les réunions de coordination multisectorielles l’issue de la mise en œuvre de la SSS. Elle appréciera ou de routine seront des opportunités pour le partage le niveau d’atteinte des objectifs de la Stratégie et et le suivi des progrès réalisés. l’impact des plans mis en œuvre, puis en tirera des leçons pour l’élaboration de la nouvelle SSS. 631. A tous les niveaux de la pyramide, le L’évaluation finale permettra aussi d’apprécier les monitorage de la SSS consistera à suivre : (i) la aspects de gestion (administratifs, financiers et mobilisation des ressources et leur affectation, (ii) la techniques de mise en œuvre des plans). mise en œuvre effective des 5 composantes de la SSS (voir interventions du PNDS), (iii) l’atteinte des objectifs en suivant l’évolution des indicateurs retenus dans le PISE et (iv) le niveau des écarts qui permet une bonne
5.3. CONDITIONS DE RÉUSSITE DE LA MISE EN préparation de l'évaluation à mi-parcours. Plusieurs ŒUVRE supports et outils de suivi seront utilisés pour collecter, traiter, analyser et interpréter les données : registres, 636. Pour assurer une bonne mise en œuvre DHIS (2), tableaux de bord ou matrices de suivi, fiches de cette stratégie sectorielle, de nombreuses d’études et d’enquêtes (questionnaires). réformes sont nécessaires. QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 135
5.3.1. Les réformes réglementation pharmaceutique. Cette autonomisation lui permettra entre autres d’améliorer la disponibilité 637. Les réformes envisagées visent un changement et l’utilisation des médicaments essentiels de qualité, et important de l'organisation institutionnelle du système aussi de renforcer la lutte contre les médicaments de santé dans le but d'améliorer son fonctionnement et contrefaits et ceux de la rue. son efficacité. 643. Pour ce qui est de la viabilisation des DS, 638. L’efficacité de la mise en œuvre de la SSS est deux préalables majeurs doivent être envisagés ici : (i) tributaire de l’adoption de certaines réformes dans les la revue du découpage actuel des DS (regroupement domaines suivants : (i) le financement de la santé avec de ceux qui ont une faible population et éclatement le développement de la couverture santé universelle ; de ceux qui sont surpeuplés) ; (ii) le recrutement local (ii) la réactualisation de la réforme hospitalière ; (iii) des ressources humaines selon les besoins. Par ailleurs, le renforcement de l’autorité nationale de en raison de l’absence d’un cadre juridique et réglementation pharmaceutique ; (iii) la viabilisation réglementaire adapté pour les acteurs des DS ; (iv) la gestion des ressources humaines ; (v) la communautaires, ceux-ci n’ont pas pu remplir gouvernance et le pilotage stratégique. correctement leur mission avec toutes les garanties de sécurité juridiques requises. L’actualisation des textes 639. Pour ce qui est du financement de la santé, réglementaires de la participation communautaire est la réforme envisagée est la mise en place progressive donc un préalable important pour la mise en œuvre d'un système de CSU. En effet, l'instauration d'un sécurisée de la SSS 2020-2030. système national de prépaiement des soins et services de santé est nécessaire afin d’améliorer l’accès aux 644. En matière de gouvernance et de pilotage soins pour toutes les couches de la population, y stratégique, conformément aux prescriptions du guide compris les plus démunies. Ce système sera mis en de planification au Cameroun, il sera créé au niveau place sur les principes de solidarité nationale, central un comité technique de suivi chargé de la pré- d’universalité, d’affiliation obligatoire et de validation technique des propositions faites par le responsabilité générale de l’Etat. Secrétariat Sectoriel dédié à la stratégie du secteur santé (ST/CP-SSS) avant leur soumission au COPIL. Il 640. Afin d’assurer la soutenabilité d’un tel s’occupera surtout des aspects transversaux aux système, une Stratégie de Financement de la Santé différents départements ministériels et facilitera la sera élaborée. Celle-ci définira les axes stratégiques mobilisation multisectorielle des acteurs. qui permettront : (i) d’assurer la soutenabilité des financements alloués à la santé, (ii) d’augmenter 645. Au niveau déconcentré, des comités de l’efficience dans l’utilisation des ressources. Une coordination et de suivi de la mise en œuvre de la réforme majeure consistera donc à autonomiser les SSS, démembrements du COPIL seront créés et mis en formations sanitaires afin qu’elles puissent utiliser leurs place. Présidés par le gouverneur, ceux-ci seront recettes propres pour résoudre leurs problèmes et élargis aux sous-comités multisectoriels de santé réaliser les activités définies dans leur plans respectifs existants dans les régions pour éviter la fragmentation (sans cadrage préalable). et l’éparpillement des activités de coordination. Le secrétariat de ce comité régional sera assuré par le 641. S’agissant de la réactualisation de la délégué régional de la santé. réforme hospitalière, les textes régissant l’organisation et le fonctionnement des FOSA et qui 5.3.2. Plan de gestion des risques fixent les coûts des prestations des services et soins de santé sont obsolètes ; il sera donc nécessaire de les 646. L’efficacité de la mise en œuvre de la SSS réactualiser. Dans la perspective de la viabilisation sera liée à la proactivité du système sur deux plans. des DS, cette réforme visera à terme à assurer aux Dans un premier plan, il sera nécessaire que les hôpitaux une autonomie de gestion technique et acteurs de mise en œuvre soient, capables d’anticiper financière. sur les goulots structurels et organisationnels susceptibles d’entraver l’atteinte des objectifs projetés 642. Pour ce qui est de la gestion de la dans la présente stratégie. Dans un second plan, ces pharmacie et du médicament, la principale innovation derniers devront être à même de saisir les consistera à rendre autonome l’autorité nationale de opportunités qui se pourraient faciliter l’atteinte des QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 136 objectifs fixés. D’où la nécessité d’intégrer la gestion des risques à tous les niveaux de la pyramide. Tableau 28 : Plan d’anticipation des aléas négatifs PROMOTION DE LA SANTE Objectif de l’axe stratégique : Amener la population à adopter des comportements sains et favorables à la santé RISQUES IDENTIFIES STRATEGIE RESULTATS ATTENDUS RESPONSABLE D’ANTICIPATION Le faible intérêt accordé Organisation du suivi Les activités de DPS MINSANTE aux questions relatives à la étroit des activités de plaidoyer en faveur de Promotion de Santé peut plaidoyer en faveur de la la promotion de la santé entrainer une allocation promotion de la santé sont implémentées et insuffisante des ressources planifiées dans la SSS rigoureusement suivie dans cette composante et 2016-2030 donc à une faible mise en œuvre des interventions de Développement des Les populations cibles DPS MINSANTE Promotion de la santé stratégies d’amélioration s’approprient des continue des connaissances questions relatives aux des RHS et des déterminants de la santé populations-cibles sur les et les financent problématiques de promotion de la santé RENFORCEMENT DU Objectif de l’axe stratégique : Accroître les capacités institutionnelles SYSTEME des structures sanitaires pour un accès durable et équitable des populations aux soins et services de santé de qualité RISQUES IDENTIFIES MESURES RESULTATS ATTENDUS RESPONSABLE D’ANTICIPATION En l’absence d’une Renforcement du L’accès des couches les DOSTS couverture sanitaire plaidoyer pour le plus vulnérables aux universelle, les paquets financement de la santé et services et soins de santé d’offre de service aux le partage du risque est amélioré couches les plus vulnérables maladie auprès des risquent de rester entreprises citoyennes inaccessibles malgré les efforts de subventions et de gratuité. La faible mise en œuvre des - Renforcer les actions de Les ressources humaines mécanismes de fidélisation plaidoyer pour mobiliser sont équitablement du personnel dans les zones les ressources financières réparties sur le territoire difficiles d’accès peut nécessaires à la national entrainer une inéquité dans fidélisation du personnel la disponibilité de l’offre de affecté dans les zones service. difficiles d’accès MINSANTE/DRH Appliquer les mesures prévues pour la fidélisation des RHS QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 137 Les difficultés liées au Plaidoyer continu auprès Le secteur santé dispose DRH recrutement des prestataires du ministère de la fonction de suffisamment de RHS de soins dans le sous-secteur publique pour le public peuvent rendre recrutement des RHS difficile la prise en charge curative des cas selon les Contractualiser le DRH/DCOOP normes. personnel au niveau opérationnel Identifier et mettre en DRH/DCOOP place des mécanismes d’absorption des RHS. GOUVERNANCE ET Objectif de l’axe stratégique: Augmenter la performance du système de PILOTAGE santé à tous les niveaux RISQUES IDENTIFIES MESURES RESULTATS ATTENDUS RESPONSABLE D’ANTICIPATION La lenteur dans l’adoption Développer des Les réformes nécessaires Secrétariat des réformes peut entraver mécanismes de gestion du pour la mise en œuvre GénéralST/CP- l’atteinte des objectifs fixés. changement efficace de la stratégie SSS sont élaborées Accélérer la mise en Comité œuvre des réformes Technique de suivi La persistance de la Sensibiliser des usagers et L’indice de perception de Les Inspections corruption dans les services bénéficiaires des services la corruption dans le Générales publics reste un obstacle qui et soins de santé sur leurs secteur est réduit limite l’accès des pauvres droits et devoirs. aux soins et aux services de santé. Renforcer la mise en œuvre des Initiatives à Résultats Rapides (IRR) Le niveau central reste Développer des Les structures centrales Secrétariat impliqué dans les activités mécanismes de gestion améliorent leurs Général opérationnelles au axée sur les performances performances et détriment de ses missions à tous les niveaux. permettent aux structures stratégiques. Ce qui risque de niveaux inférieurs de d’affaiblir la performance jouer pleinement leur du système de santé rôle. Difficulté des partenaires à Renforcer le leadership du Les interventions de tous Secrétariat s’intégrer dans une MINSANTE dans le secteur les acteurs du secteur Technique du approche sectorielle et le dialogue à travers un sont orientées vers les Comité de compact national priorités nationales. Pilotage de la Ŕ Stratégie Sectorielle de Santé QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 7- DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE … 138 Tableau 29 : Plan d’anticipation des aléas positifs GOUVERNANCE ET Objectif de l’axe stratégique: Augmenter la performance du système PILOTAGE de santé à tous les niveaux RISQUES IDENTIFIES STRATEGIE RESULTATS ATTENDUS RESPONSABLE D’ANTICIPATION Les conférences des S’appuyer sur les Les conférences regroupant Secrétariat services centraux recommandations de les parties prenantes du Général extérieurs régulièrement ces conférences pour secteur sont mieux organisées peuvent servir affiner la réflexion organisées et les résultats de plateforme d'échange stratégique et le suivi qui en découlent sont entre les intervenants du de la mise en œuvre exploités pour l’amélioration secteur santé de tous les de la SSS. de la gestion stratégique. niveaux de la pyramide sanitaire. L’organisation des coupes Organiser un Les formations sanitaires des DRFP/DEP/DRH d’Afrique de football plaidoyer de haut villes concernes par ces 2016-2019 va entrainer niveau pour compétitions bénéficient de une grande demande des l’amélioration des nouveaux équipements de services et soins de santé. plateaux techniques qualité. dans les DS des régions qui abriteront ces compétitions. QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 8- FINANCEMENT DE LA STRATEGIE … 139 CHAPITRE 8 : FINANCEMENT DE LA STRATEGIE SECTORIELLE DE LA SANTE 2020-2030 _________________________________________________ stratégiques nationaux existants et la formulation d’hypothèses de projections 647. Le présent chapitre présente la vision jusqu’en 2027.D’une part, on projette un flux globale du financement de la santé sur la de financement continu et croissant pour le période 2016-2027 : (i) le cadrage MINSANTE et les ministères partenaires entre budgétaire, (ii) les coûts prévisionnels de la 2016 et 2027. D’autre part, l’hypothèse SSS, (iii) l’analyse des gaps de financement et prévoit une baisse des ressources externes à (iv) l’impact projeté de la Stratégie Sectorielle partir de 2020 traduisant le désengagement 2016-2030. possible de certains partenaires multilatéraux alors que les partenaires bilatéraux
6.1. CADRAGE BUDGÉTAIRE maintiennent leur appui au secteur santé (tableau 30). 648. Le cadrage budgétaire a été réalisé sur la base des documents d’engagement Tableau 30 : Projections de financement (montants en milliards de FCFA) PERIODE 2016 -2020 TOTAL 2016- ANNEE 2016 2017 2018 2019 2020 2027 MINSANTE(CBMT) 143,6 179,4 200,9 227,0 256,5 4 023,9 MINISTERES APPARENTES 15,4 14,3 14,1 15,1 15,5 194,3 PARTENAIRES MULTILATERAUX (GLOBAL FUND, GAVI, BM, OMS, 93,4 98,6 108,4 62,9 62,9 658,3 UNICEF, UNFPA, ONUSIDA, HKI, SABIN VACCINE) PARTENAIRES BILATERAUX (Etats 12,4 12,4 11,6 11,6 11,6 140,8 Unis, Allemagne, France) Plan National d’Urgence Triennal 41,0 50,0 59,0 150,0 FONDS PREVISIONNELS 306,0 354,7 394,0 316,6 346,5 5 230,2 Source : CBMT MINSANTE 2015-2018, CDMT 2015-2018 des ministères apparentés, PPAC 2015- 2019, note conceptuelle 2016-2018 du Paludisme, VIH/TB. Hypothèse de projection : taux de croissance moyen du Cameroun de 5.9%, taux de croissance du budget du MINSANTE 13%, ministères apparentes 2-5%, diminution du budget des partenaires multilatéraux de 15% à partir de 2020, contribution constante des partenaires bilatéraux. l’engagement des chefs d’Etat africains à 649. Sur la base des projections Abuja qui stipule que 15% du budget national d’allocation ministérielles du CBMT, la courbe soit alloué à la santé. Afin que ce niveau de de la figure 10ci-dessous présente l’évolution financement soit atteint, un fort plaidoyer du budget santé par rapport au budget envers les acteurs en charge du cadrage national sur la période 2016 Ŕ 2027. A travers budgétaire national est nécessaire. ce graphique, on note une progression vers Figure 11: Evolution du budget santé par rapport au budget national TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 7- IMPLICATIONS MACROECONOMIQUE … 140 12% 9,5% 10,1% 10% 9,0% 7,9% 8,4% 8% 7,0% 7,5% 6,2% 6,6% 5,8% 5,9% 6% 5,3% 4% 2% 0% 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 Source : projections basées sur le CBMT 2016-2018 Par ailleurs, il intègre l'analyse des goulots
6.2. COÛTS PRÉVISIONNELS DE LA d’étranglements, dont la budgétisation des STRATÉGIE actions correctrices identifiées permet d’avoir une estimation réelle des besoins de
6.2.1. Hypothèses d’estimation financement de la santé. 650. L’estimation des besoins réels de
6.2.2. Analyse du coût prévisionnel global financement de la santé a été réalisée avec l’outil One Health qui permet l'estimation des 651. Le coût prévisionnel global de la mise coûts des interventions dans le domaine de la en œuvre de la SSS 2016-2027 a été estimé à santé, sur la base des cibles fixées. Les 5 824 milliards FCFA sur la période de douze paramètres suivants ont été déterminants pour ans, soit un coût moyen annuel de 485 milliards l’estimation du coût global de la stratégie : (i) FCFA. Conformément aux orientations de la les cibles annuelles visées par chaque stratégie, le renforcement du système de santé programme, service et système de santé pour absorbera une part importante des ressources la période 2016 Ŕ 2027 ; (ii) les coûts unitaires allouées soit 48% (figure 12). extraits des plans des différents programmes, de la Mercuriale 2015, ou estimés en utilisant la méthode qualitative ; (iii) les stratégies définies par la SSS 2016-2030 et les interventions prioritaires pour l’atteinte de l’objectif global de la stratégie. Figure 12: Coûts de la SSS 2016-2030 par composante (en pourcentage du coût global) Source: Analyse One Health Tool prévention des maladies transmissibles ; (iii) la 652. On note que les interventions qui prise en charge des maladies transmissibles ; et nécessiteront le plus de ressources sont celles (iv) le développement des ressources humaines qui concernent : (i) l’amélioration du cadre de (tableau 26). vie des populations pour la promotion ; (ii) la TROISIEME PARTIE : CHAPITRE 7- IMPLICATIONS MACROECONOMIQUE … 141 Tableau 31: Décomposition des coûts de la SSS par sous composante sur la période 2016-2030 (montant en milliards de FCFA). COUTS TOTAL EN COMPOSANTE SOUS-COMPOSANTE FCFA
1.1. Capacités institutionnelles, communautaire et coordination pour 48,0 la promotion de la santé Composante 1 1.2. Cadre de vie des populations 137,5 Promotion de
1.3. Renforcement des aptitudes favorables à la santé 108,4 la santé
1.4. Pratiques familiales essentielles et planification familiale, 69,0 promotion de la santé de l’adolescent et soins après avortement Total Composante 1 362,8
2.1. Prévention des maladies transmissibles 461,3
2.2. MAPE et évènements de santé publique surveillance et réponse Composante 2 aux maladies à potentiel épidémique, aux zoonoses et évènements 119,1 Prévention de de santé publique la maladie 2.3. SRMNEA/PTME 57,8
2.4. Prévention des maladies non transmissibles 44,0 Total Composante 2 682,2
3.1. Prise en charge curative des maladies transmissibles et non 1 112,9 transmissibles Composante 3 3.2. Conditions maternelles, néonatales, infanto-juvéniles et des 265,1 Prise en adolescents charge des cas 3.3. Urgences, catastrophes et crises humanitaires 4,0
3.4. Prise en charge du handicap 3,8 Total Composante 3 1 385,6
4.1. Financement de la santé 219,7 Composante 4 4.2. Offre de services et de soins 712,2 Renforcement 4.3. Médicaments et autres produits pharmaceutiques 495,2 du système de 4.4. Ressources humaines en santé 1 668,9 santé 4.5. Information sanitaire et recherche en santé 5,7 Total Composante 4 3 101,6 Composante 5 5.1. Gouvernance 158,5 Pilotage 5.2. Pilotage stratégique 133,4 stratégique et Gouvernance Total Composante 5 291,9 COUT TOTAL DE LA STRATEGIE SECTORIELLE 5 824,0 Source: Analyse One Health Tool 2027 est totalement financée (figure 12). Cette 653. Les arbitrages du volume de corrélation directe induit que si le volume de financement des interventions de la SSS auront financement n’est pas suffisant, cela aurait une des conséquences directes sur le niveau conséquence négative sur l’évolution des d’atteinte des principaux indicateurs de santé. indicateurs. La figure ci-dessous montre le nombre d’années de vie sauvées par ART/PTME si la SSS 2016- QUATRIEME PARTIE : CHAPITRE 8- FINANCEMENT DE LA STRATEGIE … 142 Figure 13 : Coûts de la SSS 2016-2030 et nombre d’années de vie sauvées par ART/PTME 600 400 350 500 Miliers d'années de vie 300 Cout de la strategie Milliards de FCFA 400 250 300 200 150 Annee de vie sauvee 200 par ART/PTME 100 100 50 - 0 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 Source : Analyse des projections One Health Tool de la santé à FCFA 5 230 milliards (tableau
6.3. ANALYSE DES GAPS DE 27). De ce qui précède, on observe un gap de FINANCEMENT financement de la santé sur la période 2016 Ŕ 2027 de FCFA 594 milliards (tableau 27) ; soit une moyenne annuelle d’environ FCFA 50 654. Les projections de financement milliards. disponibles sur la période de la stratégie estiment les ressources mobilisables en faveur Tableau 32: Comparaison entre les besoins réels et les financements disponibles (milliards de FCFA) Période 2016- Période 2021- Total 2016- 2020 2027 2027 TOTAL FINANCEMENT 1 717,8 3 512,4 5 230,2 PREVISIONNEL COUT DE LA STRATEGIE 2 135,7 3 688,3 5 824,0 SECTORIELLE GAP DE FINANCEMENT 417,9 175,9 594 constitue une source de financement non 655. Ce gap de financement traduit négligeable. Cependant, cette dernière ne l’insuffisance des ressources allouées à la santé. saurait être utilisée pour combler le gap ci- Afin de combler ce gap, un plaidoyer sera dessus, dans l’effort actuel vers la couverture mené auprès du MINEPAT et du MINFI pour une santé universelle. allocation croissante plus forte du budget de l’Etat en faveur de la santé et/ou l’instauration 657. Afin de mobiliser des ressources pour des sources innovantes de financement de la la santé de manière pérenne, un document de santé. stratégie de financement de la santé sera élaboré. Il prônera, entre autres, une utilisation 656. Il est important de noter ici que la plus efficiente des ressources disponibles et contribution des ménages n’est pas prise en permettra d’améliorer la performance des compte dans cette analyse des gaps. Pourtant programmes en vue de l’atteinte des objectifs une grande partie des financements des stratégiques du secteur. ménages non captée dans le système de santé 143 ANNEXES ANNEXES 144
Annexe 1 : Tableau d’évolution des ressources humaines du MINSANTE (spécialistes) de 2009 à 2011 # Spécialité 2009* 2015** Evolution annuelle 1 Anesthésie réanimation 12 31 +3,2 2 Cancérologie 4 4 0,0 3 Cardiologie 12 38 +4,3 4 Chirurgien généraliste 25 13 -2,0 5 Chirurgien spécialiste 18 31 +2,2 6 Dermatologie 10 4 -1,0 7 Endocrinologie 6 13 +1,2 8 Economie de la santé 2 ND ND 9 Gynécologie et Obstétrique 36 97 +10,2 10 Immunologie ND 1 ND 11 Infectiologie 4 5 +0,2 12 Médecine d'urgence 2 3 +0,2 13 Interniste ND 11 ND 14 Néphrologie 4 9 +0,8 15 ORL 11 28 +2,8 16 Ophtalmologie 11 36 +4,2 17 Pédiatrie 24 76 +8,7 18 Pharmacie 17 161 +24,0 19 Psychiatrie 8 5 -0,5 20 Rhumatologie 1 14 +2,2 21 Toxicologie 0 0 0,0 22 Santé Publique 108 ND ND Source : * Rapport de l’analyse situationnelle des ressources humaines en santé au Cameroun 2009 **Données non publiées de l’Observatoire des Ressources Humaines en Santé (Septembre 2015) ANNEXES 145
Annexe 2 : Schéma d’opérationnalisation de la SSS 2016-2030 Vision 2035 DSCE 2010-2020 Stratégie Sectorielle de la Santé (2016-2030) Plan National de Développement Sanitaire 2016-2020 Niveau Strat Cadres stratégiques de égique / Cadres stratégiques de performance des Central performance des actions de programmes du santé menées dans les MINSANTE (3 ans) ministères partenaires (3 Plan de travail Plan de travail annuel (PTA) des annuel (PTA) structures centrales des structures centrales ANNEXES 146
Annexe 3 : Schéma synthétique du dispositif de pilotage COMITÉ DE PILOTAGE DE LA SSS Président : Ministre de la Santé Publique Démembrements du COPIL COMITÉ TECHNIQUE DE SUIVI Président : SG MINSANTE Membres : Directeur /responsable de la planification dans les ministères partenaires, point focal santé des ministères partenaires, les représentants des PTF le CPP du MINSANTE Coordonnateur du secrétariat technique du comité de pilotage, PTF, CPP des ministères partenaires, les dix (10) Délégués régionaux de la santé publique (DRSP), CSE, responsables des programmes de santé du MINSANTE SECRÉTARIAT TECHNIQUE Coordonnateur: Médecin de santé publique Membres : représentant du S/E de la chaine PPBS des Ministères Partenaires ; un statisticien, un expert en Planification et suivi-évaluation, un ingénieur informaticien, un expert en économie de la santé, un expert en finances publiques. Groupe Technique Groupe Groupe Groupe Technique de Travail Technique de Technique de de travail ETC. Ressources travail Mère Travail Partenariat Humaines (GRH) enfant Médicament ANNEXES 147
Annexe 4 : Références ANNEXES 148
Annexe 5 : Matrice d’Actions Prioritaires ANNEXES 149 i Loi n°2004/017 du 22 Juillet 2004 portant orientation de la décentralisation. ii Constitution de la République du Cameroun : Loi n° 96/06 du 18 Janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 Juin 1972. iii Loi n°2004/017 du 22 Juillet 2004 portant orientation de la décentralisation. iv Institut National de la Statistique. Comptes Nationaux 2014. v Banque Mondiale, Base de donnée par pays: Cameroun. 2014. http://www.data.worldbank.org vi Présidence de la République du Cameroun, 2014. Circulaire N 001/CAB/PR du 02 Aout 2014 Relative à la préparation du budget de l’État 2015. vii Division de la population du Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies, ‘World Population Prospects (2019 Revision)’, Lien Http://Worldpopulationreview.Com/Countries/Cameroon- Population/#countryCities, 2019. viii Institut National de la Statistique. Rapport du 3ème Recensement général de la population et de l’habitat (2010) ix MINEPAT & UNFPA. 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International., Rapport Préliminaire de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples Du Cameroun 2018, 2018. xix Carlos. Laidouni, Nouhad. Alvarez-Dardet, ‘Public Health Lessons for Refugee Reception: The Example of Sidi Bulgayz: Table 1’, Journal of Epidemiology and Community Health, 70 (2016) <https://doi.org/10.1136/jech-2016-207277>. xx MINEPAT; UNFPA, Etude Sur Les Conditions de Bénéfice Du Dividende Démographique Au Cameroun, 2012. xxi MINEPAT;UNFPA, Etude Sur Les Conditions de Bénéfice Du Dividende Démographique Au Cameroun, 2012. xxii Ministère des postes et télécommunications, Annuaire Statistique Des Télécommunications et Tic Au Cameroun, 2017. xxiii Ministère des postes et télécommunications. xxiv Programme National de Lutte contre le Paludisme. Enquête post campagne sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide a longue durée d’action. 2013. xxv Programme National de Lutte contre le Paludisme. Enquête post campagne sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide a longue durée d’action. 2013. ANNEXES 150 xxvi MINEPAT, Guide Méthodologique de Planification Stratégique Au Cameroun, 2011. xxvii OMS/Afro, Guide for the Development of a National Health Policy and a National Health Strategic Plan. WHO Regional Office for Africa, 2010. xxviii le Premier Ministre Chef du Gouvernement, Arrêté N° 186/PM; Réorganisation Du Comité de Pilotage et de Suivi de La Mise En Œuvre de La Stratégie Sectorielle de Santé. xxix MINEPAT, Guide Méthodologique de Planification Stratégique au Cameroun, 2011.. xxx World Health Organization, ‘Cost Effectiveness and Strategic Planning (WHO-CHOICE): One Health Tool’, Http://Www.Who.Int/Choice/Onehealthtool/En/, 2015. xxxi World Health Organization. Cost effectiveness and strategic planning (WHO-CHOICE): OneHealth Tool (2015) http://www.who.int/choice/onehealthtool/en/#. xxxii MINSANTE/DRH. Plan de développement des ressources humaines PDRH: État des lieux et diagnostic (2012). Complété à partir de l’organigramme de 2013. xxxiii Présidence de la République du Cameroun, Décret N°2018/190 Du 02 Mars 2018 Modifiant et Complétant Certaines Dispositions Du Décret N°2011/408 Du 09 Décembre 2011 Portant Organisation Du Gouvernement. xxxiv MINSANTE, Recueil des textes organiques du Ministère de la Santé Publique, Mai 2015. xxxv République du Cameroun/Ministère de la Sante Publique. État des lieux et diagnostic du secteur de la santé. (2015). xxxvi Organisation Mondiale de la Santé. Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé. 1986. xxxvii Ministère de la Santé Publique. Déclaration de politique de réorientation de soins de santé primaires au Cameroun. 1993. xxxviii Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International, Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples Du Cameroun 2011. 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ANNEXES 152 lxxii Institut National de la Statistique, 5e Enquête a Indicateurs Multiples (MICS 5) : Rapport Final. lxxiii Institut National de la Statistique (INS) et Ministère de la Santé Publique. Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (Global Adult Tobacco Survey, GATS) - Cameroun 2013. (2014). lxxiv Comité de Lutte Contre la Drogue. Rapport d’activité CNLD, op cit. lxxv OMS. statistiques sanitaires mondiales 2014. lxxvi OMS. Alcohol consumption: levels and patterns. 2014. lxxvii Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2018. Rapport préliminaire de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2018 lxxviii Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2018. Rapport préliminaire de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2018 lxxix Institut de Formation et de Recherche Démographiques et Guttmacher Institute (2014), Avantages à répondre aux besoins de contraception des Camerounaises. Série 2014, No 1 ; juillet 2014 lxxx Ministère de la Santé Publique. Plan Opérationnel de la Planification Familiale au Cameroun 2015-2020 (2014) lxxxi Institut National de la Statistique. Annuaire statistique du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, 2013. lxxxii Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. Rapport Annuel de Performance. 2013. lxxxiii Fichier personnel du Ministère des Affaires Sociales. 2015. lxxxiv Murray, Christopher JL, et al. "Global, regional and national disability-adjusted life years (DALYs) for 306 diseases and injuries and healthy life expectancy (HALE) for 188 countries, 1990– 2013: quantifying the epidemiological transition." The Lancet (2015). 85 Ministère de la Santé Publique. Cadre de Dépenses à Moyen Terme 2011-2013. 86 Ministère de la Santé Publique. Comptes Nationaux de la Santé 2012. 87 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International. 88 Ministère de la Santé Publique. Rapport national de suivi de la déclaration politique sur le VIH/Sida Cameroun. Global Aids Response Progress : GARP 2014 (Juin 2015). 89 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International. 90 CAMPHIA 2017. 91 Ministère de la Santé Publique, Rapport National de Suivi de La Déclaration Politique Sur Le VIH/SIDA Cameroun. Global Aids Response Progress: GARD 2014. 92 Tourei et al. Prévention de la transmission mère enfant du VIH/SIDA en Afrique Sub-saharienne. Africanhealth Monitor. Issue#6, March 2013. 93 Comité National de Lutte contre le SIDA : Rapport annuel d’activités 2014. 94 Comité National de Lutte contre le SIDA. Rapport annuel 2014. Edition de mai 2015. 95 Rapport de progrès PTME n°10 de 2015 du MINSANTE. 96 Programme pour la vaccination à l’horizon 2030 (qui remplace le GVAP pour la décennie 2020- 2030) ANNEXES 153 97 Rapport de l’inventaire des équipements de la chaine du froid et du matériel roulant du PEV au Cameroun, 2015 98 Plan stratégique de lutte contre les hépatites virales 2020-2024 99 Relevé Épidémiologique Mensuel Du Cameroun N° 16/02. 100 Instance de Coordination Nationale du Cameroun. Note conceptuelle unique TB/VIH 2016- 2017. 101 Relevé Épidémiologique Mensuel Du Cameroun N° 16/02. 102 Programme National de lutte contre le Paludisme. Rapport annuel d’activités 2014. 103 Demanou, Maurice, et al. "Evidence of dengue virus transmission and factors associated with the presence of anti-dengue virus antibodies in humans in three major towns in Cameroon." (2014): e2950. 104 Ministère de la Santé Publique, Plan stratégique national de lutte contre le paludisme au Cameroun 2014-2018. 105 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 106 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 107 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 108 Institut National de la Statistique (INS), et ICF. 2019. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2018. 109 Centre Pasteur du Cameroun. Rapport préliminaire de l’étude épidémiologique des hépatites virales B, C et delta au Cameroun. Analyse des échantillons de l’EDS IV. 2015. 110 MINSANTE, Profil Sanitaire Analytique 2016 - Cameroun, 2016. 111 Programme National de Lutte contre l’Onchocercose. Rapport Technique Annuel 2013. 112 Ministère de la Santé Publique. Rapport de l’Enquête de Cartographie de la Filariose Lymphatique au Cameroun. 2010-2012. 113 OMS. Enquête REMO (Rapid Epidemiological Assessment of Onchocerciasis). 2006. 114 Programme National de Lutte contre la Schistosomiase et les Helminthiases. Rapport d’activités 2014. 115 Ministère de la Santé Publique/PNLSHI. Plan Stratégique de lutte contre la schistosomiase et les helminthiases 2005-2010. 116 Programme National de Lutte contre, le pian, la leishmaniose, la lèpre et l’ulcère de Buruli. Rapport d’activités 2014. 117 Programme National de Lutte contre, le pian, la leishmaniose, la lèpre et l’ulcère de Buruli. Rapport d’activités 2014. 118 Ministère de la Santé Publique. Plan directeur de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées 2012-2016. 119 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique national de lutte contre la THA au Cameroun. 2009-2013. 120 Rapport de situation des épidémies (Rougeole, Polio) 121 Programme Élargi de Vaccination. Plan Pluri-AnnuelConsolidée 2014-2018. ANNEXES 154 122 Calendrier vaccinale de routine 2020 123 Programme Élargi de Vaccination. Plan de Travail Annuel 2014. 124 Programme Élargi de Vaccination. Rapport d’Évaluation de la Gestion Efficace des Vaccins. 2013. 125 Rapport annuel PEV 2020 126 GAVI website: Countries eligible for support. (2015). http://www.gavi.org/support/apply/countries-eligible-for-support/.consulté le 20/12/2015 127 Ministère de la Santé publique, DLMEP. 128 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique National Intégré et Multisectoriel de Lutte Contre les Maladies Non Transmissibles du Cameroun (PSNIML-MNT). 2010. 129 Kingue, S. et al. (2015). Prevalence and Risk Factors of Hypertension in Urban Areas of Cameroon: A Nationwide Population‐Based Cross‐Sectional Study. The Journal of Clinical Hypertension. 130 Kaze, F., et al. "Prevalence and risk factors of chronic kidney disease in urban adult Cameroonians according to three common estimators of the glomerular filtration rate: a cross- sectional study." BMC nephrology 16.1 (2015): 96. 131 Kaze et al, BMC Nephrol 2015. 132 Institut National de la Statistique (INS) et Ministère de la Santé Publique. Enquête mondiale sur le tabagisme chez les adultes (Global Adult Tobacco Survey, GATS) - Cameroun 2013. (2014). 133 Ministère de la Santé Publique. Yaoundé Cancer Registry. 2013. 134 Pefura-Yone, EW, Kengne A.P., Balkissou AD, et al. Research Group for Respiratory Disease in Cameroon (RGRDC).Prevalence of Asthma and Allergic Rhinitis among Adults in Yaoundé, Cameroon.PLoS ONE, 10(4), e0123099. 2015. http://doi.org/10.1371/journal.pone.0123099. Consulté le 15 juin 2015 135 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique National Intégré et Multisectoriel de Lutte Contre les Maladies Non Transmissibles du Cameroun (PSNIML-MNT). 2010 136 Attin T. Étude réalisée chez les enfants scolarisés dans une zone rurale du Nord–Ouest du Cameroun. 1999. 137 Ministère de la Santé Publique. État des Lieux et Diagnostic de des Ressources Humaines en Sante Oculaire. 2015 138 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 139 The prevalence of impairments and disabilities in the North West Region, Cameroon.Health Sciences and Disease, 2014. 140 Mbonda NM, Kuate C, Nguefack S, et al. Itinéraire Thérapeutique Des Patients Épileptiques A Yaoundé: A propos de 149 observations. Clinics in Mother and Child Health Vol. 5 (2) 2008: pp. 893-898. 141 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique National Intégré et Multisectoriel de Lutte Contre les Maladies Non Transmissibles du Cameroun (PSNIML-MNT). 2010. 142 WHO/AFRO. 2015. Sickle cell disease prevention and control. 143 WHO. Mental health GAP: Scaling up care for mental, neurological and substance use disorders. 2008 144 et al. Murray, Christopher JL, ‘Global, Regional and National Disability-Adjusted Life Years (DALYs) for 306 Diseases and Injuries and Healthy Life Expectancy (HALE) for 188 Countries, 1990–2017: Quantifying the Epidemiological Transition.’, in The Lancet, 2017. ANNEXES 155 145 Cette moyenne est calculée par le Global Burden of Diseases (GBD), à partir des informations sur la classification régionale faite par le GBD, sur leurs partenaires commerciaux connus, ainsi que sur la base des indicateurs sociodémographiques 146 Norris J. et al. (2012) In Hotez PJ, Molyneux DH, Fenwick A et al. Control of Neglected Tropical Diseases. N Engl J Med 2007; 357:1018-1027. (http://www.globalnetwork.org/sites/default/files/....pdf). 147 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International, Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples Du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International., 2012. 148 Instance de Coordination Nationale du Cameroun, Note Conceptuelle Unique TB/VIH 2016- 2017. 149 Instance de Coordination Nationale du Cameroun. 150 Zoufaly,et al. Virological failure after 1 year of first line ART is not associated with HIV minoritiy drug resistance in rural Cameroon, Journal of antimicrobial Chemotherapy, advance Access, publié en Novembre 2014. 151 Instance de Coordination Nationale du Cameroun. Note conceptuelle unique TB/VIH 2016- 2017. 152 Programme National de Lutte contre la Tuberculose. Rapport annuel 2013. 153 Programme National de lutte contre le Paludisme. Rapport annuel d’activités 2014. 154 Ministère de la Santé Publique. Rapport PNLP 2009. 155 Ministère de la Santé Publique, Plan stratégique national de lutte contre le paludisme au Cameroun 2014-2018. 156 Ministère de la Santé Publique. Comptes Nationaux de la Santé 2011. 157 Ministère de la Santé Publique, Note circulaire 2011 et 2014 (gratuite Paludisme) 158 Ministère de la Santé Publique. Chef du Programme Lutte contre la maladie et Promotion de la santé. 159 Rapport commun Cameroun adressé à l’OMS en 2014 160 Ministère de la Santé Publique. Plan directeur de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées 2012-2016. 161 Ministère de la Santé Publique, Plan Directeur de Lutte Contre Les Maladies Tropicales Négligées 2012-2016. 162 Ministère de la Santé Publique. Décision No 0486/D/Ministère de la Santé Publique/CAB du 2 juin 2009 portant organisation du Comité National de Lutte contre le pian, la leishmaniose, la lèpre et l’ulcère du Buruli 163 Grietens et al. “It is me who endures but my family that suffers”: Social isolation as a consequence of the household cost burden of Buruli ulcer free-of-charge hospital treatment. 2008. PlosNeg. Trop Dis.; 2(10):e321 164 Programme National de Lutte contre, le pian, la leishmaniose, la lèpre et l’ulcère de Buruli. Rapport d’activités 2014. 165 la lèpre et l’ulcère de Buruli Programme National de Lutte contre, le pian, la leishmaniose, Rapport d’activités 2014. 166 Ministère de la Santé Publique. Plan directeur de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées 2012-2016 167 Programme National de Lutte contre la cécité. Rapport d’activité 2014. ANNEXES 156 168 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 169 Ministère de la Santé Publique, RGPS, 2011. 170 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 171 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 172 Correspondance n°4918/INS/DG/DDS/D2 de l’INS adressée à monsieur le Ministre de la santé Publique et portant sur l’estimation sur la mortalité maternelle à partir des données de l’EDSC-V de 2018 173 Ministère de la Santé Publique. Étude sur la disponibilité, l’utilisation et la qualité des soins obstétricaux et néonataux au Cameroun en 2010. (2011). 174 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 175 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International. 176 Institut National de la Statistique, 5e Enquete à Indicateurs Multiples (MICS 5): Rapport Préliminaire. 177 WHO. World HealthStatistics. 2014 178 OMS. (2014) Enfants : réduire la mortalité. Centre des medias, Aide-mémoire No 178. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs178/fr/ consulté le 05 Février 2016 179 Ministère de la Santé Publique, RGPS. 180 e Institut National de la Statistique. 5 Enquête a indicateurs multiples (MICS 5) : Rapport préliminaire. 2015 181 Programme National de Lutte contre la Mortalité Maternelle, Néonatale et Infanto-Juvénile. Plan stratégique 2015-2020. 182 Projet Kits d’accouchement et de césarienne, MSP, 2010. 183 e Institut National de la Statistique. 5 Enquête a indicateurs multiples (MICS 5) : Rapport préliminaire. 2015 184 Institut National de la Statistique (INS), et ICF. 2019. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2018. 185 e Institut National de la Statistique. 5 Enquête a indicateurs multiples (MICS 5) : Rapport préliminaire. 2015 186 Institut National de la Statistique (INS), et ICF. 2019. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2018. 187 Ministère de la Santé Publique. Plan Opérationnel de la Planification Familiale au Cameroun 2015-2020 (2014). 188 Rapport annuel 2010, OMS Cameroun, p.34 citée par le Rapport sur la Santé et le Système de Santé au Cameroun RaSSS 2012 189 Ministère de la Santé Publique. Étude sur la disponibilité, l’utilisation et la qualité des soins obstétricaux et néonataux au Cameroun en 2010. (2011). 190 WHO: Global Status Report on Non Communicable Diseases. 2015 ANNEXES 157 191 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique National Intégré et Multisectoriel de Lutte Contre les Maladies Non Transmissibles du Cameroun (PSNIML-MNT). 2010. 192 Murray, Christopher JL, et al. "Global, regional and national disability-adjusted life years (DALYs) for 306 diseases and injuries and healthy life expectancy (HALE) for 188 countries, 1990– 2013: quantifying the epidemiological transition." The Lancet (2015). 193 WHO: Global Status Report on Non Communicable Diseases. 2015 . 194 Kingue, S. et al. (2015). Prevalence and Risk Factors of Hypertension in Urban Areas of Cameroon: A Nationwide Population‐Based Cross‐Sectional Study. The Journal of Clinical Hypertension. 195 Halle MP, Ashuntantang G, Jimkap NN, et al. Out of Pocket Payment for Care of Hemodialysis is still high in Sub Saharan Africa: An example from Cameroon. ISN World Congress of Nephrology 2015. Mars 13-17, Cape Town, South-Africa. 196 Ministère de la Santé Publique. Décision No 0153/MSP/CAB du 31 janvier 2002 portant réorganisation du Comité National de lutte contre le Cancer. 197 Informations collectées auprès de la SDTS, DOSTS. Février 2015. 198 African Disability Rights Year book. 2013. http://www.saflii.org/za/journals/ADRY/2013/12.pdf consulté le 14 Octobre 2015. 199 Ministère de la Sante Publique. Direction de la Lutte contre la Maladie, les Épidémies et les Pandémies 200 MINSANTE. Plan stratégique de lutte contre l’épilepsie. 2010. 201 République du Cameroun. Plan national de contingence 2011. 202 Yaoundé US Embassy. USA Launches Global Health Security Agenda in Cameroon. 2005. http://yaounde.usembassy.gov/lns_051215.html consulté le 20/12/2015 203 Données non publiées CCAUY de 2005 à 2012 204 Ministère de la Sante Publique. Direction de la Lutte contre la Maladie, les Épidémies et les Pandémies 205 Ministère de la Santé Publique. Plan Stratégique National de la Transfusion Sanguine. 2015 206 Habiba G. &Ongolo Z. P. 2013. Améliorer l’accueil et la prise en charge des urgences dans les hôpitaux nationaux et régionaux du Cameroun. 207 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International.. 208 Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population, Encadrement Familial et Communautaire Des Personnes Âgées : Enjeux et Défis, 2019. 209 Murray, C. J., Lauer, J. A., & Evans, D. B. Measuring overall health system performance for 191 countries. World Health Organisation. (2001). 210 Ministère de la Santé Publique, Comptes Nationaux de La Santé, 2012. 211 Ministère des Finances. Lois de finances pour les années 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015. 212 Ministère de la Santé Publique. Discours du Ministre à l’Assemblée Nationale pour la présentation du budget du Ministère de la santé Publique pour le compte de l’exercice 2015 213 WHO, Global Expenditure database, NHA indicators, accessible at: http://apps.who.int/nha/database/Select/Indicators/fr 214 MINSANTE, Rapport DCOOP 2015 ANNEXES 158 215 HealthMetrics and Evaluation (IHME). 2014. Data visualizations: Development Assistance for Health. http://www.healthdata.org/results/data-visualizations 216 Ministère de la Santé Publique, MINTSS, & BIT. Rapport de l’atelier de validation du projet de plan d’actions pour la mise en œuvre d’une assurance maladie de base a accès universel au Cameroun. 2015 217 BEPHA. Bamenda Ecclesiastical Province of Health Assistance: 2012. www.bepha.org 218 BIT, Inventaires des dispositifs de protection sociale en santé, 2014 219 MINSANTE, EDS-MICS 2011 220 Ministère des Finances. Budget Programme, quel bilan âpres le premier triennat ? (2015) http://www.minfi.gov.cm/index.php/en/pressroom/actualites/347-budget-programme-ciep- 2015 221 Document de présentation du budget à l’Assemblée Nationale par le Ministre de la Santé Publique 2015. 222 Banque Mondiale, Rapport sur la Santé au Cameroun 2013 223 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. 2020. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2018. Yaoundé, Cameroun et Rockville, Maryland, USA : INS et ICF 224 Institut National de la Statistique (INS) et ICF. 2020. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2018. Yaoundé, Cameroun et Rockville, Maryland, USA : INS et ICF 225 Institut National de la Statistique. 2015. Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS5), 2014, Rapport Final. Yaoundé, Cameroun, Institut National de la Statistique. 226 MINSANTE, rapport annuel PNLP 2018 227 Banque Mondiale. Rapport sur la Santé et le Système de Santé au Cameroun (RaSSS). Vol 1. 2012 228 er Rapport d’inspection et de supervision MINSANTE 1 semestre 2015. 229 e Institut National de la Statistique. 2 enquête sur le suivi des dépenses publiques et le niveau de satisfaction des bénéficiaires dans les secteurs de l’éducation et de la santé au Cameroun (PETS 2) : Rapport principal, volet santé. 2010 230 Institut National de la Statistique, 2e Enquete Sur Le Suivi Des Dépenses Publiques et Le Niveau de Satisfaction Des Bénéficiaires Dans Les Secteurs de l’éducation et de La Santé Au Cameroun (PETS 2) : Rapport Principal, Volet Santé. 231 Institut National de la Statistique, 2e Enquete Sur Le Suivi Des Dépenses Publiques et Le Niveau de Satisfaction Des Bénéficiaires Dans Les Secteurs de l’éducation et de La Santé Au Cameroun (PETS 2) : Rapport Principal, Volet Santé, 2010. 232 Banque Mondiale, Rapport Sur La Santé et Le Système de Santé Au Cameroun (RaSSS), 2012, I. 233 KAMGHO TEZANOU. 2012. Mortalité Maternelle et Néonatale au Cameroun: Évaluation des Efforts Consentis Depuis 1990, Défis et Perspectives. 234 Kondji D. 2008. Stratégies d’actions: Améliorer l’accès aux services de santé au Cameroun. JASP 2008, rencontres sur les inégalités en santé. 235 Okalla, R., & Le Vigouroux, A. (2001). Cameroun: de la réorientation des soins de santé primaires au plan national de développement sanitaire. Bulletin de l'APAD, (21). 236 Présidence de la République du Cameroun. Loi n°2010/023 du 21 décembre 2010 fixant le statut du groupement d’intérêt public. ANNEXES 159 237 Ministère de la Santé Publique, Comptes Nationaux de La Santé. 238 Ministère de la Santé Publique & OMS. Enquête sur l’évaluation du secteur pharmaceutique. 2003. 239 er Rapport d’inspection et de supervision MINSANTE 1 semestre 2015. 240 Rapport 2015 du MINSANTE. 241 Ministère de la Santé Publique & Organisation Mondiale de la Santé. PROFIL PHARMACEUTIQUE DU PAYS. Yaoundé, Cameroun. 2011. 242 MINSANTE, Rapport d’inspection et de Supervision 1er Semestre, 2015. 243 Fondation Chirac. L’appel de Cotonou. 2009. 244 Ministère de la santé publique. RGPS. 2011. ccxlv Ministère de la Santé Publique. Données non publiées de l’Observatoire des ressources humaines en santé. Septembre 2015 ccxlvi Ministère de la Santé Publique. Plan de Développement des Ressources Humaines du Système de Sante au Cameroun 2013-2017. Document 2 :Choixstrategiques. 2012 ccxlvii Clemens &Pettersson.New data on African health professionals abroad.Human Resources for Health, 6(1), 1–11. 2008 ccxlviii Tchuinguem, G. 2009. Ampleur, coûts, facteurs personnels et occupationnels de l’absentéisme dans la fonction publique hospitalière au Cameroun. Université de Montréal. ccxlix Adidja A. The health workers crisis in Cameroon.2010 ccl Arrêté N°0977/A/MINSANTE/SESP/SG/DROS du 18 avril 2012 portant Création, Organisation et Fonctionnement des Comités d'Ethique de la Recherche pour la Santé Humaine au sein des Structures relevant du Ministère en charge de la Santé Publique ccli Banque Mondiale. Améliorer la qualité et la quantité de la recherche scientifique en Afrique. Accessible at : http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/publication/improving-the-quality- and-quantity-of-scientific-research-in-africa cclii Banque Mondiale. Améliorer la qualité et la quantité de la recherche scientifique en Afrique. Accessible at : http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/publication/improving-the-quality- and-quantity-of-scientific-research-in-africa ccliii Ministère de la Santé Publique. Rapport Annuel de Performance (RAP) 2013. ccliv Présidence de la République du Cameroun. Décret n° 2013/093 du 03 avril 2013 portant organisation du Ministère de la Santé Publique cclv Ministère de la Santé Publique. Stratégie Sectorielle de la Santé 2001-2010 256 Comité de Pilotage et de Suivi de la Mise en Œuvre de la Stratégie Sectorielle de santé. Stratégie Sectorielle de la Santé 2001-2015 257 Comité de Pilotage et de Suivi de la Mise en Œuvre de la Stratégie Sectorielle de santé. Etat des Lieux et diagnostic du secteur de la santé. version de juillet 2015 cclviii MINEPAT, Guide Méthodologique de planification stratégique au Cameroun, 2011. cclix République du Cameroun. Plan d’Urgence pour l’Accélération de la Croissance Economique. 2014 cclx Christopher J L Murray. (2015) Choosing indicators for the health-related SDG targets.The Lancet386, 1314-1317 cclxi Institut National de la Statistique Quatrième Enquête Camerounaise Après des Ménages (ECAM IV). 2014. cclxii République du Cameroun, Document de Stratégie Pour La Croissance et l’emploi, 2009. 263 CIA world fact book version du 01 Janvier 2015 ANNEXES 160 cclxiv RPGH 2010 cclxv OMS. cclxvi Ministère de la Santé Publique. Cadre de Dépenses à Moyen Terme 2011-2013. cclxvii Ministère de la Santé Publique. Plan National de Développement Sanitaire 2011-2015. cclxviii Pour cet indicateur qui n’a pas de valeurs de référence, des études seront réalisées pour les déterminer et les cibles projetées seront conséquemment affinées. cclxix Constitution du 18 Janvier 1996, et lois N° 2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation, N° 2004/018 fixant les règles applicables aux communes et N° 2004/019 du 22 juillet 2004, fixant les règles applicables aux régions